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Amalgame
Bonjour aux Forumistes de tout horizon,
Revenu en France depuis six mois, le ras-le-bol et, surtout, la nostalgie m'ont poussé vers un peu d'exotisme en relisant certaines rubriques de notre Forum préféré, en terminant par les réponses qui furent faites à certains de mes posts.
C'est ainsi que je retrouve ce que Williama disait le 8 septembre 2010 à 10h47 :
<< ... Concernant le manque de respect général des gens à l'étranger, je ne suis pas certain que, pendant les périodes colonialistes, les Français, Belges ou Anglais se conduisaient spécialement bien dans les pays colonisés... >> Et ce fragment appelle une petite mise au point personnelle :
1 — Il ne faut pas confondre colonie et colonialisme. 2 — Mettre dans un même sac " les Français, Belges ou Anglais ", donc sans aucune nuance, tous les ressortissants de ces nations (?), quel amalgame !
S'il y eut certains excès coloniaux - Afrique du Sud, Namibie, Japon (en Mandchourie et Chine), Amérique du Sud (conquêtes espagnoles) - je répondrais, quant à la période coloniale en ex-Indochine française, que, bien sûr, il y eut des comportement et se produisirent des actes condamnables, mais qui, pour autant, ne sont pas le reflet systématique de la politique qu'y menèrent les Français. Dans ce sens, un bref retour sur cette période de notre histoire peut éclairer certains esprits quelque peu confus :
— Lors de la signature des accords de protectorat de la France sur le Royaume Khmer (le Cambodge), le premier ministre du roi Norodom 1er remercia la France qui apportait la sécurité des biens et des personnes et supprimait les châtiments corporels (sic)... — Au début du siècle dernier, Lyautey (alors chef d'état major de Gallieni à Ha Noi) écrivait à sa sœur, .. la matinée commence par la bastonnade des justiciables - trente à cinquante coups de bâton, voire plus - ; c'est l'apéritif du mandarin !...
Détestant toute polémique, je m'arrêterai là ; on peut, en effet longuement étaler l'œuvre que les Français des colonies ont bâtie outre-mer - Indochine, Maghreb, Afrique Noire - mais, bien que restant dans le sujet, cela nécessiterait de longs développements et des controverses passionnées, qui seraient mieux à leur place dans d'autres lieux. Cela dit, ayant pris le parti d'aller vivre six à huit mois chaque année au Viet Nam, si certaines et certains forumistes veulent correspondre avec moi, ce sera avec grand plaisir que j'échangerai avec elles et eux, sachant que mon prochain départ est fixé au 2 novembre qui arrive à grands pas (billet d'avion déjà acheté pour HCM City/Sai Gon). Amitiés bien cordiales pour tous qui aimez les voyages et... le savoir-vivre dont il ne faut jamais se départir, où que l'on soit (pas toujours aisé, mais souhaitable !). Bien à vous, — Vietalier
<< ... Concernant le manque de respect général des gens à l'étranger, je ne suis pas certain que, pendant les périodes colonialistes, les Français, Belges ou Anglais se conduisaient spécialement bien dans les pays colonisés... >> Et ce fragment appelle une petite mise au point personnelle :
1 — Il ne faut pas confondre colonie et colonialisme. 2 — Mettre dans un même sac " les Français, Belges ou Anglais ", donc sans aucune nuance, tous les ressortissants de ces nations (?), quel amalgame !
S'il y eut certains excès coloniaux - Afrique du Sud, Namibie, Japon (en Mandchourie et Chine), Amérique du Sud (conquêtes espagnoles) - je répondrais, quant à la période coloniale en ex-Indochine française, que, bien sûr, il y eut des comportement et se produisirent des actes condamnables, mais qui, pour autant, ne sont pas le reflet systématique de la politique qu'y menèrent les Français. Dans ce sens, un bref retour sur cette période de notre histoire peut éclairer certains esprits quelque peu confus :
— Lors de la signature des accords de protectorat de la France sur le Royaume Khmer (le Cambodge), le premier ministre du roi Norodom 1er remercia la France qui apportait la sécurité des biens et des personnes et supprimait les châtiments corporels (sic)... — Au début du siècle dernier, Lyautey (alors chef d'état major de Gallieni à Ha Noi) écrivait à sa sœur, .. la matinée commence par la bastonnade des justiciables - trente à cinquante coups de bâton, voire plus - ; c'est l'apéritif du mandarin !...
Détestant toute polémique, je m'arrêterai là ; on peut, en effet longuement étaler l'œuvre que les Français des colonies ont bâtie outre-mer - Indochine, Maghreb, Afrique Noire - mais, bien que restant dans le sujet, cela nécessiterait de longs développements et des controverses passionnées, qui seraient mieux à leur place dans d'autres lieux. Cela dit, ayant pris le parti d'aller vivre six à huit mois chaque année au Viet Nam, si certaines et certains forumistes veulent correspondre avec moi, ce sera avec grand plaisir que j'échangerai avec elles et eux, sachant que mon prochain départ est fixé au 2 novembre qui arrive à grands pas (billet d'avion déjà acheté pour HCM City/Sai Gon). Amitiés bien cordiales pour tous qui aimez les voyages et... le savoir-vivre dont il ne faut jamais se départir, où que l'on soit (pas toujours aisé, mais souhaitable !). Bien à vous, — Vietalier
Savoir vivre
Entendu de multiples fois lors de mes voyages au Viet Nam :
" Respectez l'autre... Et vous vous repecterez vous-même !
Je dédie ceci à bien des voyageurs français que j'ai vu - HÉLAS !!! - se comporter commes de véritables rustauds, et le qualificatif reste faible, tant le spectacle fut " ad nauseam " ; quant à la trace laissée... je ne vous explique même pas !
Cordialissimes amitiés voyageuses de Vietalier.
PS : un hochement de la tête pour dire bonjour, des mains jointes devant le visage pour remercier ; tout ceci est bien simple et ouvre bien des portes, même à celles et ceux qui ne parlent pas la langue du Pays qui les accueille. PENSEZ-Y.
PS : un hochement de la tête pour dire bonjour, des mains jointes devant le visage pour remercier ; tout ceci est bien simple et ouvre bien des portes, même à celles et ceux qui ne parlent pas la langue du Pays qui les accueille. PENSEZ-Y.
Souvenirs d'un voyage au Vietnam
Je viens d'essayer de vous trnsmettre un texte en pièce jointe, mais cette dernière n'est pas apparue sur l'archive que j'ai conservée ; alors, et des fois qu'elle n'aurait pu passer, je réitère l'envoi dans les lignes ci-dessous.
Merci et cordiales amitiés de VIETALIER.
Souvenirs de voyage au Viet Nam
14 novembre 2009 à 22:58

Vos pages sont souvent occupées par une polémique à propos de motos et de permis de conduire ces engins au VN ; d'autres fois, les " Carnets de voyages " révèlent " de beaux instants de plaisir que je partage volontiers avec leurs auteurs.
A mon tour, je vais vous faire part d'un souvenir de voyage au VN, comportant également les deux sujets, en espérant qu'il plaira à certains " Forumistes ".
Cordiales salutations pour tous de VIETALIER.
HHà Nôi – 24.10.2007 – Mort du motocycliste sur la digue de Bát Tràng L'autre jour, en passant par Bát Tràng, j'ai oublié d'acheter un petit service à café en porcelaine qu'un ami m'a demandé de lui rapporter. Je loue une moto et prends la route vers ce village dont la population entière travaille la belle matière que révèle la magie du feu. Je suis des trains de camions, qui vont et viennent, transportant et livrant les sables et les graviers destinés au béton des chantiers. La poussière vole partout, de grosses bennes me côtoient parfois d'un peu trop près à mon goût. Je vais tout droit chez mon céramiste, qui m'offre le thé, emballe ma commande et me sert une nouvelle tasse de ce breuvage, qui sent bon le jasmin. Lorsque je le quitte enfin, il glisse dans ma sacoche un pochon en jonc tressé dont il me dit que c'est pour me remercier de mes deux passages chez lui[1]. Nous échangeons une poignée de main cordiale et je m'en vais prendre quelques photographies au hasard des ruelles noircies par le charbon, qui serpentent entre les ateliers tout blancs des traces laissées par le kaolin. J'espère que mes clichés seront à la hauteur de mes espérances car les gestes des mouleuses, la sûreté du pinceau des poseuses de décors, sont prodigieux de goût et d'élégance. Encore deux ou trois images de ces étonnants forçats, qui poussent leurs extraordinaires bicyclettes genre Dien Bien Phu chargées de plus de deux cents kilos de poteries bien arrimées ; voilà qui est fait et je prends le chemin du retour. Je presse un peu l'allure afin d'éviter les encombrements de fin d'après-midi et je prends un raccourci qui passe par la digue nord du Fleuve Rouge ; au sortir d'un de ses méandres, la circulation est bloquée par une suite de véhicules arrêtés au milieu d'une foule considérable ; j'arrive à me faufiler et je parviens jusqu'à la cause de cette paralysie routière : des policiers sont en train de mesurer des axes et des distances entre un énorme camion inerte et certains points de repère. Les roues du monstre de ferraille écrasent une moto fracassée et je pense immédiatement au motocycliste que je découvre - devine conviendrait mieux - une dizaine de mètres plus loin. Il gît sous une natte de jonc ; un pied déchaussé dépasse de ce linceul, trois briques rassemblées vers ce qui semble être sa tête enserrent une poignée de bâtonnets d'encens allumés. Sur le trottoir de terre battue, quatre vieilles femmes pleurent et se lamentent en psalmodiant des litanies à la façon des pleureuses antiques ; elles ne connaissent pas le mort et pourtant ce sont elles qui en ont pris soin et qui veillent sur son âme alors que tous les autres acteurs du drame ne s'occupent froidement que de l'accident. À voir ce qui se passe là, j'ai la tête qui tourne tant la nausée me serre les tripes. Quelle différence, en effet, entre ces gens d'un " monde moderne " qui ne s'occupent que du présent et de ce qui va survenir – la gestion de l'accident, ses conséquences immédiates : combien cela va-t-il coûter ? – et ces vieilles femmes qui offrent spontanément toute la compassion naturelle que des siècles de Confucianisme ont fait parvenir jusqu'à elles ! Je suis bouleversé et je vais jusqu'au village voisin acheter quelques bâtonnets d'encens pour revenir les ficher à côté de ceux déjà offerts à celui qui vient de partir si brutalement et que je ne connaissais pas...
[1] Rentré à mon hôtel, je défais le paquet, qui contient deux tasses à thé et leurs soucoupes. Merci du fond du cœur, cher artiste de Bát Tràng.
Souvenirs de voyage au Viet Nam
14 novembre 2009 à 22:58

Vos pages sont souvent occupées par une polémique à propos de motos et de permis de conduire ces engins au VN ; d'autres fois, les " Carnets de voyages " révèlent " de beaux instants de plaisir que je partage volontiers avec leurs auteurs.
A mon tour, je vais vous faire part d'un souvenir de voyage au VN, comportant également les deux sujets, en espérant qu'il plaira à certains " Forumistes ".
Cordiales salutations pour tous de VIETALIER.HHà Nôi – 24.10.2007 – Mort du motocycliste sur la digue de Bát Tràng L'autre jour, en passant par Bát Tràng, j'ai oublié d'acheter un petit service à café en porcelaine qu'un ami m'a demandé de lui rapporter. Je loue une moto et prends la route vers ce village dont la population entière travaille la belle matière que révèle la magie du feu. Je suis des trains de camions, qui vont et viennent, transportant et livrant les sables et les graviers destinés au béton des chantiers. La poussière vole partout, de grosses bennes me côtoient parfois d'un peu trop près à mon goût. Je vais tout droit chez mon céramiste, qui m'offre le thé, emballe ma commande et me sert une nouvelle tasse de ce breuvage, qui sent bon le jasmin. Lorsque je le quitte enfin, il glisse dans ma sacoche un pochon en jonc tressé dont il me dit que c'est pour me remercier de mes deux passages chez lui[1]. Nous échangeons une poignée de main cordiale et je m'en vais prendre quelques photographies au hasard des ruelles noircies par le charbon, qui serpentent entre les ateliers tout blancs des traces laissées par le kaolin. J'espère que mes clichés seront à la hauteur de mes espérances car les gestes des mouleuses, la sûreté du pinceau des poseuses de décors, sont prodigieux de goût et d'élégance. Encore deux ou trois images de ces étonnants forçats, qui poussent leurs extraordinaires bicyclettes genre Dien Bien Phu chargées de plus de deux cents kilos de poteries bien arrimées ; voilà qui est fait et je prends le chemin du retour. Je presse un peu l'allure afin d'éviter les encombrements de fin d'après-midi et je prends un raccourci qui passe par la digue nord du Fleuve Rouge ; au sortir d'un de ses méandres, la circulation est bloquée par une suite de véhicules arrêtés au milieu d'une foule considérable ; j'arrive à me faufiler et je parviens jusqu'à la cause de cette paralysie routière : des policiers sont en train de mesurer des axes et des distances entre un énorme camion inerte et certains points de repère. Les roues du monstre de ferraille écrasent une moto fracassée et je pense immédiatement au motocycliste que je découvre - devine conviendrait mieux - une dizaine de mètres plus loin. Il gît sous une natte de jonc ; un pied déchaussé dépasse de ce linceul, trois briques rassemblées vers ce qui semble être sa tête enserrent une poignée de bâtonnets d'encens allumés. Sur le trottoir de terre battue, quatre vieilles femmes pleurent et se lamentent en psalmodiant des litanies à la façon des pleureuses antiques ; elles ne connaissent pas le mort et pourtant ce sont elles qui en ont pris soin et qui veillent sur son âme alors que tous les autres acteurs du drame ne s'occupent froidement que de l'accident. À voir ce qui se passe là, j'ai la tête qui tourne tant la nausée me serre les tripes. Quelle différence, en effet, entre ces gens d'un " monde moderne " qui ne s'occupent que du présent et de ce qui va survenir – la gestion de l'accident, ses conséquences immédiates : combien cela va-t-il coûter ? – et ces vieilles femmes qui offrent spontanément toute la compassion naturelle que des siècles de Confucianisme ont fait parvenir jusqu'à elles ! Je suis bouleversé et je vais jusqu'au village voisin acheter quelques bâtonnets d'encens pour revenir les ficher à côté de ceux déjà offerts à celui qui vient de partir si brutalement et que je ne connaissais pas...
[1] Rentré à mon hôtel, je défais le paquet, qui contient deux tasses à thé et leurs soucoupes. Merci du fond du cœur, cher artiste de Bát Tràng.











