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Parcourir le nord de la Suède à vélo?
by Svercy · 2010-11-21 · 5 replies
Bonjour a tous,

Je me présente, je suis un jeune étudiant de 18ans et souhaite parcourir le nord de la Suède en vélo. Si certains on déjà parcouru la Suède des forets en vélo, ou tout simplement déjà exploré ce beau pays, pourriez vous me faire part de votre expérience ? Du point de vue des transports je pensais dans un premier temps prendre l'avion pour me rendre a stockholm, puis le train en direction de sundsvall ou umea. pour ces deux types de transports mon vélo peut il poser problème ? Pour ce qui est du logement, je compte opter pour des solutions plus intuitives : chez l'habitant, camping... quelles mesures dois-je prendre pour parrer a tout imprévu ? Enfin compte tenu de mes dispositions, quel budget devrais-je prévoir afin d'éviter la solde de 0€ au coeur du pays ? Merci de répondre a mes attentes, chers amis internautes, en vous remerciant d'avance.
Stockholm en décembre!
by Ithyakor · 2010-10-27 · 22 replies
Bonjour a tous! Je souhaite partir a Stockholm du 25 au 30 décembre 2010! Jaimerai avoir le plus de renseignements possibles😛 Quelles sont les températures ainsi que le climat en décembre? Qui a t il a voir, a faire absolument! Y a t il des vols, des compagnies moins chères? Bref j'ai besoin de toutes les infos possibles! Merci d'avance!!😉
Projet de voyage en Norvège l'été prochain (2011)
by Yodzzz · 2010-10-20 · 10 replies
Bonjour voyageurs!

Avec ma conjointe, nous souhaiterions partir découvrir la Norvège l'été prochain. Très certainement début Juillet! Pour partir, nous aimerions la version "road trip" en partant de Paris avec une Xsara Picasso . Ayant vu des photos des paysages norvégiens, nous sommes convaincus de vouloir voir les fjords, les régions montagneuses, les lacs , les grandes plaines vertes et tout ce qui s'en suit. Biensûr visiter quelques villes serait de rigueur, mais le rêve, serait le camping sauvage . Nous aurions à peu près 20jours pour partir, et un budget qui devra rester correcte malgré tout. ( Norvège = Cher , mais camping sauvage + voyage en auto avec un max de provisions...ça devrait équilibrer!)

1. Est-ce assez facile de camper sauvagement en Norvège? ( genre sur les grandes plaines...) 2. Le climat est-il propice au camping sauvage? 3. Par rapport à tout ce que je viens de décrire de nos souhaits , quelles peuvent être les étapes incontournables pour en prendre plein la tête mais être au calme? 4. Pour le trajet, souhaitant plutôt visiter la côte ouest et le nord, quel est le meilleur moyen? (voiture jusqu'à Kiel, puis ferry jusqu'à Oslo? ou mieux... le moyen le plus rapide et économique?)

Merci de votre aide... Nous attendons vos réponses et si d'autres questions nous viennent nous les écrirons ici!

;)
Premier grand voyage en solitaire: tour d'Europe à vélo!
by Harptallica · 2010-10-05 · 22 replies
Salut a tous et a toutes les voyageur(euses)s ! En fait là je compte préparer mon 1er grand voyage en solo donc j'aurai besoin de l'avis (et surtout de l'expériance) de personne qui aurais déjà réalisé un trip du genre !

Je compte partir vers octobre prochain , mon voyage partirais de Amiens , pour déscendre vers lyon , l'italie , prendre le bateau pour le monténégro/albanie , déscendre en grèce , remonter vers la roumanie/bulgarie , ukraine , remonter par l'estonie , léthonie et passer par st petersburg pour aller vers Helsinki et enfin , grimpé vers la laponie pour redéscendre a Bergen , oslo et revenir en france par le danemark , pays bas et belgique , soit près de 11000km dans les grande lignes

Mais le pbm c'est le manque de connaissance théorique , partir en octobre novembre est il réalisable ? Un amis m'as mis en garde contre le froid des pays de l'est . Budgétairement j'aurais (en toute logique ...) 6500-7000 tout compris pour environ 250-300 j de voyage . Je pensse personnellement que c'est réalisable mais n'ayant jamais réalisé de grand tripe , qui plus es , a l'étranger , je me pose des question ! Quel matériel choisir ? Matos spécifique dûe a la saison ? Concernant le vélo , j'avais penssé prendre un giant crs 2.0 (ayant un 3.0) ou un riverside 7

Quel endroit a voir principallement ou a évité ? Merci de vos réponsse et désolé si je ne suis pas très complet dans mes questions !
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°5)
by Sedonax · 2010-10-05 · 31 replies
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

JOUR 15 : de Cottonwood Canyon Road à Cannonville

La météo ayant annoncé un temps pluvieux à partir de cet après-midi, je ne dois pas traîner si je veux pouvoir réaliser la randonnée prévue ce jour (Red Slot) avant l’arrivée du mauvais temps. En remontant la Cottonwood Canyon Road, qui devient vite impraticable pendant ou après la pluie même en 4x4, je ne ferai donc pas l’exploration dans le secteur de Castle Rock que j’avais prévue initialement pour la matinée 🙁.

Je ne résiste tout de même pas à prendre la piste BLM 430 qui monte à un col d’où la vue sur tout le secteur est superbe, notamment sur Yellow Rock qui se trouve juste en face.





Ces dernières années j’ai déjà pris plusieurs fois cette piste secondaire assez impressionnante car étroite et très pentue, mais cette année je suis surpris par son état qui s’est sensiblement dégradé. Elle est nettement plus défoncée qu’avant et je suis content de disposer d’un SUV performant avec une bonne hauteur de caisse pour parvenir sans encombre jusqu’au col.

En admirant le paysage, je me remémore un événement peu glorieux qui s’était produit ici même lors de mon voyage de 2005. J’avais décidé de faire du camping sauvage au niveau de ce col pour pouvoir à la fois bénéficier du coucher et du lever de soleil à partir de cet endroit stratégique. Par ce jour particulièrement venteux, j’étais sorti du SUV pour vérifier que l’endroit était adéquat pour y camper et j’avais machinalement refermé la portière pour éviter que ma documentation papier et mes cartes ne s’envolent, en laissant bêtement les clés sur le siège du conducteur. J’avais immédiatement réalisé ma funeste erreur en entendant le bruit caractéristique du verrouillage de tout le véhicule 😕. Je me demande encore comment cela s’est produit : avais-je touché sans m’en apercevoir le bouton de verrouillage situé sur l’accoudoir de la portière en sortant ? Avais-je appuyé sur le bouton de verrouillage du blip sur le porte-clé en le posant sur le siège ? Mystère… Toujours est il que je n’étais pas fier de me retrouver en fin de journée à l’extérieur de mon véhicule verrouillé, seul dans un endroit isolé où personne ne passe, simplement en T-shirt alors qu’il commençait déjà à faire frais. C’est mon aversion pour la climatisation qui m’a sauvé de cette situation délicate, car j’avais roulé avec ma fenêtre entrouverte de 3 ou 4 centimètres et je ne l’avais pas refermée. En cherchant dans les environs, j’avais trouvé un morceau de fil de fer barbelé provenant d’une ancienne clôture et, après en avoir aplati tant bien que mal les barbelés à coups de pierre et en avoir tordu le bout en forme de crochet, j’avais été à la pêche au porte-clé à travers l’ouverture de la fenêtre. Je peux vous assurer que cela n’a rien de facile, surtout dans la pénombre, d’abord pour amener le crochet sur sa cible puis arriver à le tourner dans le bon sens pour qu’il se glisse dans l’anneau du porte clé. Et une fois que c’est fait, la lente remontée du porte-clé semble interminable de crainte de le laisser tomber entre le siège et la portière dans un endroit inaccessible. Mais quand on le tient avec deux doigts crispés passés dans la fenêtre entrouverte, quel soulagement 🙂 !

Depuis, je ne suis plus jamais sorti de mon véhicule sans mettre immédiatement la clé dans ma poche et avant de refermer la portière, même pour prendre une photo ou admirer un point de vue, je tâte compulsivement cette poche pour vérifier que la clé s’y trouve bien.

Quelques miles plus au nord, je fais une pause photo en abordant la partie la plus colorée de la Cottonwood Canyon Road, celle qui est surnommée Candyland et est généralement considérée comme le plus beau spot de cette piste. Aujourd’hui, le ciel partiellement couvert qui filtre la lumière écrasante du soleil permet aux belles couleurs dans les tons de rouge de bien ressortir.









Avant d’entamer la dernière partie de la Cottonwood Canyon Road, l’imposante Grosvenor Arch (dont l’accès est aménagé) mérite également un arrêt.



Arrivé près de Kodachrome Basin State Park, compte tenu du ciel qui devient de plus en plus nuageux je dois décider si je maintiens ou non la randonnée assez longue prévue pour visiter le slot canyon que Michael Kelsey appelle Red Slot. S’il se met à pleuvoir (ce ne sont pas des orages qui sont prévus mais une simple pluie), ce n’est pas la marche dans le large wash ni la visite du très court slot canyon sans obstacles qui m’inquiètent mais plutôt les 2 premiers miles de la piste qui est argileuse à cet endroit et comporte la traversée du Rock Springs Creek, ce qui pourrait poser problème au retour même en 4x4. Comme le reste de la piste jusqu’au trailhead est sableux et restera donc praticable même mouillé, je maintiens la randonnée.

Celle-ci n’est pas spécialement enthousiasmante car après être descendu du plateau il faut suivre un long wash plutôt monotone même si l’environnement sauvage contribue au sentiment de solitude.

Sur la dernière partie, quelques portions de slickrock rendent la progression plus intéressante.







Il s’y trouve même des formes et des couleurs esthétiques.





Le lit de slickrock ocre du wash s’interrompt brusquement pour laisser place à une faille de roche wingate rouge dont le fond se trouve une cinquantaine de mètres plus bas, offrant une vue surplombante en enfilade qui est inhabituelle pour un slot canyon.

Les 2 petites buttes de slickrock rouge que l’on voit au loin sont les points de repère pour trouver l’entrée du slot canyon.





Après un détour dans un environnement coloré et la recherche d’une descente pas trop pentue sur le slickrock, j’atteins l’entrée du slot canyon.





Si Red Slot est assez impressionnant compte tenu de sa hauteur, il n’offre pas de lumière réfléchie ni de rais de lumière tels qu’on peut en admirer dans d’autres slots canyons comme Antelope Canyon. Mais les nuages qui commencent à s’accumuler sont aussi sûrement pour quelque chose dans ce manque de lumière intéressante.







C’est au niveau de la petite portion de ciel que l’on voit sur la photo ci-dessous que je me trouvais quelque temps plus tôt quand je surplombais le slot canyon.





Je ne traîne pas dans Red Slot car il me reste à trouver dans le secteur un hoodoo isolé surnommé « Sam Pollock Hoodoo » du nom du gardien de troupeaux de moutons qui y a gravé son nom dans les années 1930.

Cet élégant hoodoo rouge est entouré de beaux cactus jaunes, alors qu’il n’y en a pas dans les environs immédiats, comme s’ils avaient été plantés là pour le mettre en valeur.







La signature encore lisible atteste qu’il s’agit bien du hoodoo en question.



Le ciel s’obscurcit de plus en plus, aussi je marche d’un bon pas pour le retour, en me félicitant d’avoir pris des repères à l’aller pour retrouver l’endroit où il faut quitter le wash pour remonter sur le plateau où m’attend mon véhicule. Au total, randonnée et visite sur place m’auront demandé plus de 5 heures dans un secteur isolé où je n’aurais vu personne et seulement une ancienne trace de pas.

La pluie commence à tomber doucement quand j’atteins la partie argileuse de la piste qui reste encore praticable. Je me rends à Kodachrome Basin SP mais le ranger me signale que le camping (avec douches chaudes) est complet, aussi je ne retourne pas dans ce State Park que je connais déjà bien et qui aujourd’hui ne bénéficie pas d’une lumière favorable.



Entre Kodachrome Basin SP et Cannonville, je me balade un peu au hasard. Je remarque une roulotte ancienne dans une propriété. Je me rends à la maison à proximité pour demander l’autorisation de photographier la roulotte. Un rude gaillard d’au moins 1,90 m ouvre la porte, le visage buriné et pas spécialement avenant, habillé comme un cow-boy avec le stetson vissé sur la tête. Il me répond que j’ai bien fait de venir lui demander l’autorisation d’entrer sur sa propriété car « sinon »… et il mime le geste de celui qui tire avec une carabine (probablement une Winchester !) 😮. Je me demande s’il est sérieux et si j’ai affaire à un véritable redneck sourcilleux et prompt à utiliser son arme chérie ou bien si mon interlocuteur en rajoute volontairement dans le style cow-boy légendaire face au touriste étranger que je suis. Je penche pour la seconde hypothèse car le cow-boy me propose spontanément de me montrer l’intérieur de la roulotte qu’il est en train de finir de restaurer. Il s’agit d’une roulotte de gardien de troupeaux de moutons (aurait-elle été utilisée par Sam Pollock ?) et je suis surpris par son aménagement intérieur (respectant strictement l’équipement d’origine me précise mon interlocuteur), assez complet et optimisé comme dans certaines caravanes, offrant un confort bien supérieur à celui des chariots de pionniers. Je discute un moment avec le cow-boy qui s’avère aimable même si aucun sourire ne viendra éclairer son visage.



D’une manière générale, les américains n’apprécient pas que l’on fasse une intrusion sur leurs terres et le font savoir clairement.



Un peu plus loin, au détour d’une courte piste, je tombe sur un vieux mobile-home délabré qui semble dater d’au moins une cinquantaine d’années.



En sortant pour évaluer si cet endroit sera convenable pour un bivouac dans mon SUV, je suis frappé par une odeur entêtante mais très agréable qui embaume l’atmosphère. Comme c’est la première pluie depuis longtemps, celle-ci fait s’exhaler des parfums de plantes, d’arbustes et de fleurs qui se mélangent harmonieusement. Je me balade tout autour juste pour le plaisir d’humer ces bonnes odeurs et essayer de distinguer d’où elles proviennent exactement.

La pluie fine ayant quasiment cessé, pour terminer la journée je me décide pour la courte balade de Mossy Cave dans la partie Est de Bryce Canyon (côté Tropic). Comme espéré, les couleurs du slickrock et du sol ont été ravivées par la pluie et la douce lumière qui filtre à cette heure tardive créée une ambiance particulière, d’autant qu’il n’y a plus personne aux alentours car tout le monde dîne ou a déjà dîné.







En revenant sur Tropic, un ultime rayon de soleil éclaire Powell Point d’une lumière magique pendant quelques dizaines de secondes.



Après plusieurs jours de camping sauvage et avec l’arrivée de la pluie, ce soir je n’ai plus envie de mon frugal pique-nique mais plutôt d’une bonne pizza bien garnie ! La petite pizzeria de Tropic fera l’affaire mais, compte tenu de l’heure, quand j’y entre les derniers clients en sortent. Bien que la serveuse soit aussi charmante que souriante, je ne peux m’empêcher de penser que manger seul dans une salle de restaurant vide sera un peu tristounet. Mais à peine ai-je passé commande de ma pizza que la serveuse vient discuter avec moi car elle a reconnu mon accent frenchy prononcé qui lui rappelle un agréable séjour en Europe effectué quand elle était à la high school. Aujourd’hui étudiante à l’université de Cedar City, elle découvre les randonnées dans la région avec son boyfriend, aussi se retrouve-t-elle rapidement assise à ma table pour discuter de mon sujet de prédilection et noter les quelques idées de randonnées hors des sentiers battus que je lui conseille… et c’est le cuisinier qui vient directement m’apporter ma pizza quelque peu oubliée. Quand j’ai terminé de manger, l’aimable demoiselle revient pour continuer de discuter et regarder sur l’écran de mon Nikon les photos stockées sur la carte mémoire. Finalement, ce dîner aura été bien loin d’être tristounet comme je pouvais le craindre 😉.

Je retourne à l’endroit du mobile-home un peu trop délabré pour que je puisse passer une nuit à l’intérieur à la mode « Into the wild » et je m’endors dans mon SUV en espérant que la pluie ne sera pas trop présente les jours à venir.

JOUR 16 : de Pink Cliffs à Escalante

Dès le réveil, je peux constater que ce sera une « petite journée » à cause du mauvais temps toujours bien présent après une nuit pluvieuse et pour une fois je prends mon temps. Pas de randonnées possibles dans le wilderness aujourd’hui, il faut donc que j’active un « plan B » dans le secteur car je ne peux pas modifier mon planning en raison d’un rendez-vous le soir même à Escalante avec des amis.

C’est l’occasion de faire un tour aux points de vue des Pink Cliffs, situés au sud-ouest de Bryce Canyon et accessibles par une gravel road empierrée qui ne devrait pas poser de problèmes même détrempée.

Celle-ci longe notamment le Tropic Reservoir.



Ensuite, je dois me traîner pendant des miles à la vitesse de l’escargot (c’est de circonstance…) derrière un convoi de trailers (caravanes tractées par des pick-up) impossible à doubler sur cette piste.

Les points de vue sont accessibles via des petites pistes secondaires qui partent de la gravel road. La première que je tente est trop boueuse et je dois rebrousser chemin. La seconde, plus pentue mais rocailleuse avec moins de risques d’enlisement, me conduit très lentement à un point de vue sur des formations rocheuses dans le style de Bryce Canyon, tout proche à vol d’oiseau.





Malheureusement, je peux aussi constater que le mauvais temps s’accentue et que la petite pluie fine actuelle va bientôt se transformer en grosses averses 🙁, aussi je décide de rejoindre les routes goudronnées et la civilisation sans explorer le secteur plus avant.

Sous une pluie battante, je fais un arrêt à une bakery qui jouxte un motel sur la Highway 12 (tout près de la bifurcation pour Bryce Canyon) et je me console avec de délicieux cookies frais au chocolat. Miam miam 🙂 ! Ensuite, j’occupe mon temps comme je le peux à l’immense boutique du Ruby’s Inn (qui propose aussi bien des souvenirs, que des habits, des livres et tout ce qu’il faut pour le camping) puis au vaste Visitor Center de Bryce Canyon.

A la première éclaircie, malheureusement de courte durée, je vais faire un saut à Sunset Point car, même si je ne compte plus mes visites à Bryce Canyon, je ne me lasse jamais de ses hoodoos colorés et aujourd’hui la pluie a permis de bien en faire ressortir les couleurs.



Puisqu’il se met encore à pleuvoir, je m’installe dans mon SUV sur le parking en face du campground près du Ruby’s Inn (dont la connexion Wifi n’est pas protégée, contrairement à celle du motel), et j’en profite pour consulter mon courrier électronique et envoyer quelques mails avant de faire un petit tour sur Voyage Forum 😇 !

La pluie finit par cesser et, même si le ciel reste nuageux, le soleil fait une timide apparition. Ayant une furieuse envie de me dégourdir les jambes, j’ai alors l’idée de faire un tour à Willis Creek, car je me souviens que la portion de piste qui y mène n’est pas argileuse et devrait être praticable même trempée. Quant aux Narrows, ils sont formés de courtes sections non piégeuses a priori et il n’y coule généralement que peu d’eau même en cas de pluie.

Malgré la lumière trop douce pour être vraiment photogénique, j’apprécie cette balade tranquille qui suit un filet d’eau et permet d’apprécier les formes et les textures originales que prend la roche de ce canyon étroit (à conseiller pour une visite familiale).













Après cette balade agréable, je passe à Tropic pour improviser une visite aux propriétaires de l’ex « Francisco’s Bed & Breakfast » où je suis allé plusieurs fois entre 1998 et 2003, avec ma femme, ma fille ou bien mon père. Nos hôtes, Francisco et sa femme, qui demandaient qu’on les appelle Grand Pa et Grand Ma, nous accueillaient chaleureusement comme des membres de leur famille dans l’une des 2 chambres d’invités de la maison qu’ils avaient construite de leurs propres mains.

Le soir, à la fraîche sous le porche, nous discutions longuement, Grand Ma et Grand Pa nous racontant la rude vie dans cette région de l’Utah avant qu’elle ne devienne si touristique grâce au parc de Bryce Canyon. Les histoires de Grand Pa m’intéressaient d’autant plus que lui et ses parents avaient été les tout derniers habitants de Pahreah, le petit village qui existait auparavant à proximité de l’Old Paria Movie Set implanté là-bas en raison des superbes badlands environnantes. Sa famille et lui avaient dû abandonner Pahreah en raison des flash floods de la Paria River qui dévastaient régulièrement le secteur, mais il en avait conservé des photos noir et blanc qu’il a données aux rangers et que l’on peut aujourd’hui voir reproduites sur les panneaux explicatifs du Paria Movie Set. Parmi les photos qu’il nous montrait quand on logeait au Bed & Breakfast, je me souviens particulièrement de celle où il posait fièrement à cheval avec ses amis sur le sommet de Yellow Rock (où je ne me suis rendu que plusieurs années plus tard), preuve de ses capacités de cavalier émérite compte tenu de la difficulté d’accès du lieu. Ce sont ses qualités de cavalier, notamment celle peu fréquente de pouvoir monter à cru un cheval galopant, qui lui valaient systématiquement un rôle de figurant pour jouer un Indien lors des tournages effectués au Paria Movie Set, en dépit du fait qu’il arborait des yeux bleus et une stature à la John Wayne qui auraient dû lui valoir le rôle d’un cow-boy.

Derrière le Bed & Breakfast, Francisco avait conservé une mini-ferme où il élevait des chevaux, des chèvres, un peu de bétail et des volailles. Si des enfants faisaient partie des invités, il leur proposait d’aller nourrir les animaux, traire les chèvres puis donner le lait fraîchement tiré aux petits chevreaux, ce qui plaisait beaucoup à notre fille Flora qui a ainsi trait une chèvre pour la première (et unique) fois, comme le montre cette photo prise en 2002.



Francisco et sa femme ont dû abandonner à contrecœur leur activité de Bed & Breakfast en raison de problèmes de santé qui expliquent qu’aujourd’hui je ne verrai pas Grand Ma en convalescence à Saint George. Mais Francisco m’accueille toujours aussi chaleureusement et nous passons une demi-heure à nous remémorer quelques souvenirs et à nous donner des nouvelles de nos familles respectives.

Je prends ensuite la route pour la petite ville d’Escalante où mes amis Harriet et Philip, qui tiennent la Serenidad Gallery à côté du motel Prospector Lodge, m’attendent pour le dîner.

C’est grâce à Laurent Martres que j’ai fait la connaissance de Harriet et Philip au tout début des années 2000, lors d’une livraison de photos grand format et de guides Photographing the Southwest, car ce sont eux qui ont les premiers exposé les photos de Laurent dans leur galerie et l’ont poussé à se lancer complètement dans le business photographique. Le succès qu’il a ensuite rencontré prouve qu’ils ont « eu du nez » ! Depuis, je leur rends visite chaque année, souvent accompagné de ma femme Elisabeth, et nous avons toujours plaisir à les revoir 🙂. Philip est peu expansif mais son vécu dans plusieurs Etats où il a exercé des métiers très différents est révélateur de l’esprit d’adaptation américain. Harriet, très chaleureuse et qui a le cœur sur la main, est une artiste qui pratique (entre autres) avec talent la peinture sur céramique. Bien qu’ayant atteint l’age de la retraite, ils continuent à tenir la galerie Serenidad, autant pour en tirer un revenu de complément qui leur permet de rénover la maison qu’ils ont achetée à Escalante que pour conserver une activité amenant des contacts humains avec l’extérieur.

Après le dîner et avant de rejoindre la chambre d’amis dans le confortable « trailer » (vaste mobile home dont la surface habitable est plus grande que notre appartement familial en France) situé derrière la galerie Serenidad, je consulte la prévision météo des jours suivants qui est désastreuse 😕. Pour le lendemain, je me réjouis cependant du repas familial prévu avec Winnie (la mère d’Harriet) et Harriet m’apprend qu’il y aura une animation en ville l’après-midi et le soir, ce qui tombe bien puisqu’en raison de la pluie je vais devoir supprimer la randonnée planifiée initialement.

JOUR 17 : Escalante

Au réveil, j’entends la pluie tomber sur le toit du trailer mais le moral remonte grâce au délicieux petit déjeuner complet à l’américaine qu’a préparé Harriet, avec une majorité de produits locaux dont des œufs biologiques que lui a offerts une de ses amies (qui assure actuellement un remplacement en tant que « host » à la Calf Creek Recreation Area) sachant qu’elle avait un invité.

Philip et Harriet me font visiter leur jolie maison dans Escalante, qu’ils rénovent et aménagent progressivement, Philip faisant le maximum de travaux par lui-même. Il y fait un travail remarquable, cette maison où ils vont bientôt emménager va être très « cosy », confortable et joliment décorée.

En attendant l’arrivée de Winnie et de l’un de ses fils (John, frère d’Harriet installé en Californie) qui viennent en voiture de Cedar City, je décide d’aller photographier le panel de pictographs surnommé « Circle of Friends », que je connais déjà et qui ne devrait a priori pas poser de problème d’accès malgré la pluie puisqu’il ne nécessite que moins de 2 miles de conduite sur une bonne piste sur laquelle même une berline classique peut rouler habituellement à plus de 40 miles à l’heure. Mais, arrivé sur la piste, je déchante vite car si par temps sec son revêtement est compact et bien égalisé comme celui d’une « gravel road », il est également argileux et se transforme en glaise avec la pluie. Non seulement la glaise devient une véritable patinoire mais elle s’accroche aux pneus en les recouvrant d’une épaisseur de plusieurs centimètres. Je dois conduire à moins de 10 miles à l’heure, bien au milieu de la piste, sans freiner et en touchant à peine au volant car le plus léger changement de direction ou la plus faible déclivité me font déraper de manière incontrôlée et m’attirent irrémédiablement vers le fossé. Heureusement que la distance à conduire est très courte car sinon j’aurais abandonné.

Le panel, peint sur un des blocs tombés au pied de la falaise, n’est pas du tout indiqué et il faut connaître son emplacement pour le trouver. Presque uniquement visité par des locaux, cela n’a pas empêché qu’il soit vandalisé par des idiots qui se sont crus obligés d’y graver leur nom 😠, notamment un certain Joseph qui affiche ainsi son irrespect et sa ridicule vanité pour les quelques centaines d’années à venir.





C’est la ronde des personnages se donnant la main qui fait l’originalité de ce panel et lui a valu son surnom de « Circle of friends ». Mais s’agit-il d’adultes et/ou d’enfants, d’une famille ou d’amis, ou bien d’un groupe participant à une cérémonie religieuse, nul ne le sait…



Je trouve quelque chose d’émouvant dans cette ronde de personnages se donnant la main et qui dansent peut-être au son de la flûte de ce qui semble être un Kokopelli (partiellement effacé) sur leur gauche.



De retour à Escalante après quelques glissades involontaires sur la piste, j’attends l’arrivée de Winnie et de John, en route depuis Cedar City où habite Winnie depuis qu’elle a quitté Escalante il y a environ deux ans (pour être moins isolée médicalement). Winnie est une dame exceptionnelle de plus de 90 ans que ma femme et moi avons la chance de connaître depuis le début des années 2000, puisque chaque année elle nous a invités quelques jours chez elle à Escalante ou à Cedar City et, même si nous randonnions seuls dans la journée, nous avons eu le plaisir de passer beaucoup de temps avec elle 🙂. Californienne d’origine et veuve d’un pasteur avec lequel elle a voyagé dans plusieurs pays durant des années (cela a sans doute contribué à sa grande ouverture d’esprit et à sa tolérance), ce qui la caractérise avant tout c’est son extrême gentillesse et sa bonté entièrement tournée au service des autres (elles s’est consacrée toute sa vie à aider les personnes âgées et les enfants « difficiles », elle continuait encore ces dernières années à Escalante), sa profonde empathie, ses valeurs morales (sans jamais faire de prosélytisme), son sens aigu de la psychologie et de la persuasion, mais aussi son humour presque malicieux. Bien que restant toujours modeste, Winnie accumule un nombre de connaissances et de compétences impressionnantes : elle a obtenu trois masters de grandes universités américaines (Education, Gériatrie et Théologie), elle est experte en botanique (elle a créé et a été présidente de plusieurs associations « Garden of Eden » pour l’acclimatation de plantes et de fleurs dans les différentes régions où elle a habité), elle possède une très large culture générale avec une expertise en arts et notamment en peinture (elle a créé une association pour initier les personnes âgées aux différentes formes d’art), c’est une pianiste émérite, elle est à l’aise avec les nouvelles technologies (elle a commencé à se mettre à l’informatique à 60 ans, dès la sortie du premier IBM PC sous MS/DOS en 1981 et maintenant, avec son PC dernier cri, elle réalise elle-même les news letters de ses associations) et elle utilisait un appareil photo numérique bien des années avant moi, sans oublier ses qualités de cuisinière dont nous avons maintes fois profité y compris pour les pique-niques (qu’elle agrémentait toujours de gâteaux qu’elle avait préparés). Toujours très « classe », avec un port altier malgré les années, impeccablement soignée et habillée (même quand on passe la voir à l’improviste), Winnie est parfaitement autonome et hyper active à plus de 90 ans et elle a toujours plein de projets ! Chaque fois que je la vois, je me demande comment quelqu’un peut accumuler tant de qualités et, même si ce n’est pas l’objet d’un carnet de voyage, je tenais par ces quelques lignes à témoigner publiquement de mon admiration, de mon respect et de mon amitié pour une des personnes les plus rares qu’il m’ait été donné de rencontrer.

Le monospace de Winnie entre sur le parking de la galerie Serenidad. Compte tenu de la météo pluvieuse et de la difficulté des routes sinueuses qui mènent de Cedar City à Escalante (en passant par les hauteurs de Cedar Breaks), je m’attendais à voir John au volant mais c’est Winnie qui descend de la place du conducteur, fraîche comme si elle venait de son ancienne maison d’Escalante à quelques blocs de là. En lui faisant le hug traditionnel, je m’étonne que ce ne soit pas John qui ait pris le volant et elle me répond avec un sourire désarmant et un léger clin d’œil 😉 : « Mais c’est ma voiture, pourquoi donc John aurait-il conduit ? » Sacrée Winnie !

Winnie a amené un plat (des travers de porc à l’ananas) et va préparer le reste du repas avec sa fille Harriet.



Pendant ce temps, je passe un coup de téléphone portable sur le parking du Prospector Lodge pour capter du réseau. M’ayant entendu parler français, une compatriote me demande un renseignement et de fil en aiguille j’apprends que c’est sa partenaire qui a préparé le voyage, avec notamment l’aide de OuestUsa.fr et de Voyage Forum, et que celle-ci s’appelle Laurence. Il s’agit de Laurence49b de VF, avec qui j’avais échangé quelques messages publics et privés pour la préparation de son voyage, et par un hasard amusant elle est justement dans la chambre du Prospector Lodge en train de consulter OuestUsa.fr pour trouver un « Plan B » compte tenu de la météo qui interdit les visites prévues. Après un échange trop court mais sympathique, je dois aller rejoindre mes amis pour déjeuner. Avec Laurence (depuis accompagnée de son célèbre Spartiate), nous aurons davantage le temps de discuter lors de notre rencontre à Moab en 2010.

La traditionnelle photo souvenir avec Philip, Winnie, Harriet et moi (merci John !) avant un excellent repas pris dans une chaleureuse ambiance familiale :



Cet après-midi, dans les locaux de la High School d’Escalante, il y a une présentation par un habitant local de la randonnée de Boulder Mail Trail qu’il a récemment réalisée à cheval avec quelques amis. Je suis d’autant plus intéressé qu’Elisabeth et moi avons fait il y a quelques années la première moitié de cette randonnée (la plus intéressante) en aller/retour car effectuer la totalité de la randonnée aurait nécessité de disposer de 2 véhicules ou d’un shuttle.

Nous nous y rendons avec Harriet. Dans le hall d’entrée de la High School, il y a quelques stands où des locaux vendent leur production artisanale. Parmi eux se trouve une vénérable Indienne Navajo venue vendre des bijoux ornés de turquoise. Je repère un bracelet qui me plaît pour mon épouse mais le problème est que la vieille dame dort du sommeil du juste ! Ce n’est pas grave, je ne vais pas la réveiller et j’achèterai le bijou après la présentation. J’en profiterai pour lui demander l’autorisation de la prendre en photo, ce qui ne pose généralement pas de problème pour un commerçant Navajo vendant dans un lieu public hors de la Réserve, à condition qu’on lui achète quelque chose bien entendu. En attendant, je ne résiste pas à la photographier telle quelle, assoupie derrière son petit stand. De retour en France, je ferai aussi une déclinaison en quasi noir et blanc de cette photo.





Une bonne trentaine de personnes assistent à la présentation, toutes sont locales à part moi. Le narrateur est un homme de plus de 80 ans que tout le monde semble connaître. Je le trouve excellent car il commente son diaporama avec un réel entrain, alternant descriptions, rappels historiques, suspens et humour (avec beaucoup d’autodérision). Il faut dire que le Boulder Mail Trail, qui est le chemin qui était emprunté pour amener courrier et provisions sur des mules avant que la route de Boulder à Escalante ne soit construite, n’est pas une randonnée de tout repos avec ses plus de 25 km sur des chemins sableux ou sur du slickrock, avec la traversée de trois dépressions dont le profond canyon de Death Hollow dans lequel il faut descendre sur une pente à pic de slickrock (voir la photo ci-dessous, de l’endroit où je l’ai prise il faut atteindre la pointe de verdure en bas à gauche) pour remonter l’équivalent de l’autre côté. A pied, c’est déjà impressionnant et il faut être très prudent pour ne pas faire un faux pas, alors imaginez en tenant par la bride un cheval ou des mules chargées ! Et dire que notre conteur a fait cette randonnée cavalière à plus de 80 ans ! Respect !



Les réactions étonnées de l’assistance et les questions posées montrent que personne (à part un outfitter et moi) ne semble avoir fait tout ou partie de cette randonnée pourtant classique, alors que son départ ne se situe qu’à 25 miles par la route et que son arrivée est tout près d’où nous sommes. Au premier abord cela me surprend mais, à la réflexion, si un intervenant venait où j’habite faire une présentation sur une belle randonnée en Vallée de Chevreuse ou dans la forêt de Rambouillet (qui se trouvent à une distance équivalente de mon domicile que le départ du Boulder Mail Trail l’est d’Escalante), je la découvrirais probablement aussi !

En sortant de la présentation, je suis déçu de constater que la vendeuse Navajo n’est plus là, donc plus d’achat du bijou ni de possibilité de faire un portrait photographique intéressant 😐.

Comme pratiquement chaque fois que je passe à Escalante, je vais saluer Catherine qui tient le Rainbow Country Bed & Breakfast sur une hauteur près de l’entrée est d’Escalante. Avant d’être accueillis chez Winnie, nous logions systématiquement au Rainbow Country Bed & Breakfast, en famille et même avec Laurent Martres, où nous avons beaucoup échangé et vraiment sympathisé avec Catherine qui est une personne formidable. Elle a quitté un poste de responsabilité à Salt Lake City pour tenir ce Bed & Breakfast, notamment pour respecter la promesse faite à son ancien propriétaire et ami proche quand celui-ci est décédé. J’ai conseillé le Rainbow Country Bed & Breakfast à plusieurs amis et forumeurs (n’hésitez pas à vous recommander de « Philippe » si vous y allez aussi) et tous ont apprécié l’accueil chaleureux de Catherine, son amabilité et sa disponibilité pour conseiller visites et randonnées dans le secteur, sans compter ses confortables chambres et aménagements (les invités disposent d’un jacuzzi et d’un sous-sol aménagé qui leur est réservé, avec même un billard américain !) et son remarquable petit déjeuner aussi copieux que délicieux. Il ne faut pas escompter un départ matinal si on loge chez Catherine car ce serait dommage de ne pas profiter tranquillement de ce moment privilégié et convivial autour d’une bonne table. Comme d’habitude, cette année nous avons plein de choses à nous dire et ma visite qui se voulait rapide durera près d’une heure.

Comme il pleut toujours, je traîne dans une boutique d’outfitter, jusqu’au moment où une éclaircie diffuse une belle lumière et fait apparaître un arc-en-ciel qui matérialise opportunément le nom du Bed and Breakfast de Catherine.







Les prévisions météo ne s’arrangeant pas, bien au contraire, j’organise un « Plan B » pour les deux jours à venir afin d’essayer d’échapper à la pluie en faisant une courte incursion à Zion NP et à la frontière du Nevada et de l'Arizona.

Winnie retourne à Cedar City avec John et c’est, comme à chaque fois, le cœur serré et la gorge nouée 😐 que je lui dis au revoir en espérant que j’aurai l’occasion de la rencontrer à nouveau toujours en bonne santé lors d’un prochain voyage.

Après un dîner frugal, Harriet et moi nous rendons de nouveau à la High School où est donnée dans l’amphithéâtre une représentation unique, préparée et jouée par les locaux pour les locaux, sur la vie et l’histoire d’Escalante. Même si je n’ai vu en ville aucune publicité pour cette représentation, cette fois-ci il y a bien plus d’une centaine de personnes et tout le monde semble se connaître (je suis quasiment certain d’être le seul touriste).

Tout le long de la soirée, un couple de narrateurs assure la présentation sous la forme d’un dialogue entre eux.



Un long sketch relate un concours de tir qui a réellement eu lieu ici à la fin du siècle dernier. Un tireur d’élite (ancien officier de l’armée) faisait le tour des villes et villages et prenait des paris sur le résultat du concours de tir qu’il organisait et dont il sortait systématiquement vainqueur. A Escalante, un local (présenté ce soir comme un redneck caricatural et clownesque pour faire rire l’assistance) a tenu le pari durant trois manches et devinez qui a gagné au final les 300 $ (une grosse somme pour l’époque) !





Après ce sketch humoristique, c’est la séquence « émotion » avec une évocation de la crise de 1929 à Escalante. Plusieurs membres de la communauté ont survécu grâce à la générosité de celui qui tenait le General Store : il avait su préserver ses économies en faisant les bons choix et faisait crédit à tous ceux qui n’avaient pas eu cette chance, sans grand espoir qu’ils le remboursent un jour. Comme en mai 2009 nous sommes aussi en pleine crise économique, cette évocation n’a pas été choisie par hasard…





Ensuite, se succèdent une série de petits sketches, de chansons, de danses, toujours interprétés par des locaux. Je remarque tout particulièrement un jeune homme qui participe très souvent et est fort doué pour faire le spectacle.

On l’avait vu chanter avec son père lors de l’évocation de la crise de 1929 (voir photo précédente), on le voit faire le pitre lors d’un sketch sur l’école…



… puis chanter avec ses frères et sa sœur…



… avant de participer à une danse endiablée (bien que ce qualificatif ne convienne pas vraiment pour des Mormons 😛).



Plusieurs familles viennent chanter a cappella…



… ainsi que les enfants de l’école.



J’ai été très agréablement surpris par ce spectacle, varié, vivant, rythmé, égayé d’humour (que je n’ai pas pu toujours comprendre contrairement au reste de l’assistance qui rigolait bien), minutieusement préparé et interprété avec un quasi-professionnalisme par des personnes motivées qui ont dû lui consacrer beaucoup de temps. En raison de l’ambiance enthousiaste, de l’émotion et de l’interaction qu’il y avait entre des acteurs et des spectateurs qui se connaissaient visiblement bien, on sentait que ce spectacle était un moment fort pour la communauté d’Escalante.

Comme j’ai remarqué que personne ou presque n’avait pris de photos pendant le spectacle, de retour à Paris j’en ai envoyé toute une série à Harriet qui les a redistribuées aux personnes intéressées.

A la sortie de la représentation, je rencontre trois sœurs qui ont joué dans plusieurs sketches et se prêtent de bon cœur à une séance photo improvisée.



Cette nouvelle nuit dans le trailer de mes hôtes fut certainement peuplée de rêves concernant une vie rude et simple dans une « Petite maison dans la prairie » près d’Escalante.

JOUR 18 : d’Escalante à Little Finland

Le réveil est très matinal aujourd’hui car le programme est chargé, mais le copieux petit déjeuner préparé par Harriet me recharge en énergie pour les heures à venir.

La météo doit rester correcte à Zion National Park jusque dans l’après-midi, puis la pluie va de nouveau sévir, mais je partirai alors pour le Nevada où le temps devrait être ensoleillé.

Sur le chemin de Zion, je ne résiste pas à la courte balade de Pink Ledges dans le Red Canyon au bord de la Highway 12. Comme il est encore tôt, le soleil n’a pas encore pénétré tout le canyon et la lumière réfléchie sur certaines de ses parois colorées fait paraître celles-ci encore plus rouges.







Au bord du chemin, des rochers jumeaux semblent converser.



En arrivant à Zion NP, je constate qu’il y a beaucoup de monde. C’était prévisible puisque c’est le week-end du Memorial Day, un des plus chargés aux USA car il marque le véritable début de la saison touristique. C’est pourquoi j’ai prévu une randonnée vraiment hors des sentiers battus (East Temple Loop), puisqu’elle ne suit aucun chemin tracé mais seulement une simple description trouvée sur l’excellent site du photographe Joe Braun.

Par chance, je trouve encore une place sur le petit parking du Canyon Overlook Trail et je me rends au point de vue via cet agréable chemin très fréquenté aujourd’hui. Il est vrai que la vue de l’overlook est impressionnante et vaut cette courte balade.



Rapidement, je m’éloigne de mes semblables pour entamer une montée raide, à même le slickrock, qui mène au col situé au pied de l’East Temple.



La vue sur Zion s’élargit et devient de plus en plus belle.





Il me faut maintenant trouver une voie pour descendre dans la vallée de slickrock rouge qui se trouve de l’autre côté du col.



Ici, c’est nettement plus pentu et il faut bien choisir ses options de descente car tout faux pas est à proscrire dans ce secteur isolé où personne ne passe.







En continuant dans la vallée, j’arrive au superbe point de vue sur Shelf Canyon. Ce secteur sauvage où on ne voit pas trace humaine, tourmenté et très coloré, est probablement un de mes préférés de tout le parc de Zion que j’ai déjà parcouru dans tous les sens depuis 10 ans de voyages dans la région.







En chemin, je rencontre un beau cactus bicolore.





Je rejoins tranquillement mon SUV via Upper Pine Creek juste avant que la pluie ne finisse par arriver sur Zion NP, comme prévu par la météo. Il m’a fallu environ 3 heures (en prenant mon temps) pour réaliser cette superbe randonnée qui, bien que courte et pas très fatigante, n’est à conseiller qu’à des randonneurs expérimentés car elle nécessite un bon sens de l’orientation (et les explications de Joe Braun), une expérience de la marche sur du slickrock pentu et aucune peur du vide ou vertige.

Pour échapper au mauvais temps, il ne me reste que la solution d’aller dans le Nevada (à la frontière de l'Arizona) qui devrait être épargné par la pluie. C’est l’occasion de retourner visiter un site que j’affectionne pour sa solitude, son originalité et son potentiel photographique : Little Finland.

Cet endroit perdu au milieu de nulle part n’est resté longtemps connu que de quelques très rares locaux (sans publication d’informations ni de photos) et sa « découverte » par les aficionados de sites originaux et photogéniques est le résultat d’une recherche collective aidée par le hasard.

En 2003, mes amis photographes et moi étions à la recherche d’un rocher à la forme extraordinaire, photographié par le talentueux Michael Fatali qui avait intitulé sa photo « Back of Beyond ». Nul ne savait où cette curiosité se trouvait (ni même dans quel Etat des USA) et on montrait, directement ou via Internet, la photo de Michael Fatali aux rangers et autres spécialistes dans l’espoir que l’un d’entre eux nous indique l’endroit nécessairement reculé où se trouvait cette merveille de la nature. Suite à un de mes mails au Visitor Center du BLM de Saint George, j’avais reçu une réponse d’un ranger avec le scan d’un extrait de carte sur lequel il avait dessiné un cerce de plusieurs kilomètres de diamètre indiquant un secteur où pouvait se trouver ce type de rocher (d’après certains locaux de la ville de Mesquite dans le Nevada). Le ranger me disait aussi de passer le voir au BLM de Saint George quand je viendrai dans la région. Fin juin 2003, en voyage avec ma fille Flora qui avait à l’époque 16 ans, je me présentais au BLM de Saint George mais celui-ci était exceptionnellement fermé pour cause de travaux. Aussi, sommes nous partis tenter de trouver le fameux rocher uniquement avec l’extrait de carte et son cercle dessiné dessus. Situé en plein désert du Nevada, ce secteur est caniculaire en été et son exploration systématique d’ouest en est pendant plusieurs heures fut vraiment éprouvante sous le cagnard. Presque arrivés à l’extrémité est du cercle, alors que nous commencions à présenter les premiers signes du coup de chaleur et que ce qui semblait être un grand vautour tournoyait autour de nous comme s’il attendait notre fin, j’avais par prudence interrompu l’exploration pour que nous puissions nous rafraîchir à Mesquite au lieu de nous dessécher dans cet endroit très isolé et quasiment jamais fréquenté. Notre programme serré ne nous avait pas permis de revenir continuer l’exploration. Quand on cherche de « nouveaux » endroits, toutes les explorations ne sont pas des succès, ce n’est pas la première fois que ce type d’échec m’arrivait 😐 !

Ayant fourni mes informations à Laurent Martres, celui-ci se rendit dans le secteur quelques mois plus tard, après avoir obtenu des renseignements complémentaires de la part du ranger de Saint George. Il trouva l’endroit où se situent les rochers curieusement érodés de Little Finland. Quand il m’en indiqua les coordonnées, j’ai trouvé rageant que ce site se trouve à moins de 500 m d’où j’avais terminé mon exploration avec Flora et j’ai dû attendre le printemps 2006 pour pouvoir le découvrir à mon tour en compagnie de mes amis Steffen et Isa. Comme Laurent a inclus ce site dans Photographing the Southwest Volume 2, il est désormais régulièrement visité et apprécié par les adeptes de la photographie dans le wilderness.

Quant au fameux rocher « Back of Beyond » de Michael Fatali, il se situait bien loin de là, au nord de l’Utah, non pas caché au beau milieu du wilderness comme nous le supposions mais facilement accessible dans la Recreational Aera de Fantasy Canyon (au centre d’une région d’exploitation de pétrole et de gaz) où les locaux viennent régulièrement pique-niquer le week-end (il y avait même un banc de bois au pied du fameux rocher !). Je m’y suis rendu en 2005 mais malheureusement la fragile formation rocheuse s’est écroulée en septembre 2006 (sans que la raison de cet écroulement n’ait pu être clairement déterminée).

Depuis ma visite à Little Finland en avril 2006, une barrière a été installée par le BLM dans le canyon d’accès à environ 1 km du site, ce qui empêche de bivouaquer au pied même du site comme nous l’avions fait avec Steffen et Isa. Une raison en est peut être aussi la marche de slickrock surmontant du sable qui se situe maintenant peu après la barrière, car même si elle n'est pas impressionnante elle était traîtresse pour les SUV. Après notre exploration du site en 2006, alors que ma Jeep Grand Cherokee avait descendu cette marche sans problème, le Chevrolet Trailblazer de Steffen et Isa (avec moins de garde au sol) s’était retrouvé avec le bas de caisse coincé sur la marche, les roues avant patinant dans le sable et les roues arrière ne touchant quasiment plus le sol 😕. Il nous avait fallu une heure et demie à trois pour se sortir de ce mauvais pas en montant la voiture sur le cric (qui s’enfonçait dans le sol) pour construire une rampe de pierres sous chaque roue arrière. Puis Steffen avait réussi à faire avancer en force le véhicule, en faisant rugir le moteur et avec un lugubre bruit de frottement du bas de caisse, tandis qu’Isa et moi nous accrochions à l’arrière de la voiture pour ajouter du poids sur les roues arrière afin qu’elles assurent une bonne traction sur nos rampes de pierres (immédiatement écroulées dès que la voiture a avancé).

Après l'évocation de ces quelques souvenirs, revenons à mon voyage de cette année. La route en provenance de Zion NP via l’I-15 et la Gold Butte Back Country Byway a été longue (SUV au minimum AWD pour la dernière partie de la piste), aussi la fin d’après-midi est déjà bien avancée et je dois me dépêcher d’aller sur le site pour bénéficier de l’éclairage de la « golden hour », indispensable pour espérer de bons résultats photographiques.

Les formations rocheuses de Little Finland sont situées au bord d’une petite falaise qui surplombe les environs. Au pied de cette falaise, une source a permis à trois ou quatre palmiers de survivre.



Sur ce plateau de slickrock…



… l’érosion a réalisé des sculptures aux formes étonnantes. C’est un véritable plaisir pour les yeux mais également un jeu de chercher à les capter avec son appareil photo en essayant de les isoler sous le meilleur éclairage possible.













Les couleurs sont particulièrement exacerbées au coucher du soleil :





On peut trouver de petites arches…



… et des roches finement découpées.



Je ne peux m’empêcher de laisser courir mon imagination dans ce délire de roche et je me laisse prendre à « reconnaître » des personnages, des animaux, des créatures fantasmagoriques… Et pourtant je promets de n’avoir avalé aucune substance illicite ni d’avoir forcé sur la bouteille 🤪 !

Voici une silhouette en train de consulter un message sur son iPhone :



Un petit éléphant volant comme Dumbo :



Un démon qui ricane (est-ce celui de « Devil’s throat » devant lequel on passe pour venir à Little Finland ?):



Un monstre agressif…



… puis un autre qui l’est moins :



Un petit dinosaure :



Un rapace géant :



Le soleil s’est couché depuis un moment mais je reste sur place à errer jusqu’au crépuscule pour m’imprégner d’une ambiance qui devient très particulière, plutôt inquiétante surtout dans cette totale solitude…





Il fait nuit quand je retourne à mon SUV, à la pâle lueur des étoiles que je ne veux pas gâcher par la lumière de ma lampe frontale qui reste dans le sac à dos. Heureusement que mon véhicule n’est pas très loin et que j’avais bien repéré le chemin car il ne m’apparaît qu’au tout dernier moment.

Quand je me glisse dans le sac de couchage à l’issue de cette journée bien remplie, j’ai quand même une légère appréhension car je me demande si toutes les créatures pétrifiées de Little Finland ne vont pas se réveiller et m’empêcher de dormir en paix parce que je les ai dérangées. Si c’est le cas, ici personne ne viendra me secourir 😐 !

JOUR 19 : de Little Finland à Escalante

Ce matin le réveil sonne très tôt car je veux retourner à Little Finland dès l’aube pour bénéficier du court laps de temps pendant lequel la lumière est belle autour du lever du soleil.

Cette nuit, aucune créature n’est venue perturber mon sommeil : pas de monstre essayant de me croquer, pas de démon me tirant par les pieds, pas de dinosaure maltraitant mon véhicule comme dans un film de Spielberg, pas d’éléphant volant atterrissant sur le toit du SUV... Ouf 😛 !

La lumière de l’aube est très douce et j’attends tranquillement le lever du soleil en prenant quelques clichés.







J’assiste au réveil d’une autre créature à la mâchoire impressionnante…





… mais qui s’en va paisiblement en ondulant.



Je retrouve mes « amis » de la veille sous un nouvel éclairage :

Le monstre agressif.



Le petit dinosaure.



Et mon préféré, le rapace qui semble toujours à l’affût d’une nouvelle proie.





D’autres formations rocheuses se révèlent avec l’éclairage du matin, comme celle-ci :



Quelques détails attirent mon attention, comme cet orifice d’où semble jaillir du slickrock…



… ou ce « Grand Téton » pétrifié.



Une curieuse substance blanche recouvre partiellement certaines sections rocheuses du site en semblant suinter de la roche. J’apprendrai plus tard que c’est un phénomène naturel qui se produit ici pendant l’hiver et se résorbe progressivement dès les premières chaleurs pour quasiment disparaître pendant l’été.



Après un petit déjeuner où je prends tout mon temps pour profiter du site avant que la lumière ne devienne trop crue, je quitte Little Finland en passant au pied d’un immense champignon rocheux pointant vers le ciel.



De retour sur la Gold Butte Back Country Byway, je fais un arrêt à Whitney Pocket, un secteur très prisé des locaux pour y faire du camping sauvage avec leurs trailers sur des sites isolés au pied de formations rocheuses colorées facilement accessibles (car la petite route goudronnée parvient jusque-là avant de se transformer en piste).



Je quitte le Nevada pour revenir en Utah où il est prévu que le temps s’améliore progressivement dans les jours à venir. Quand j’arrive à Saint George, je constate que l’amélioration n’est pas pour tout de suite 🙁 aussi j’en profite pour faire un ravitaillement au Wal-Mart et je vais même faire un tour dans les outlets à la recherche d’un magasin Abercrombie & Fitch, pour ramener quelque chose à ma fille sans risquer de me tromper de marque 😇, mais en l’absence de ce magasin je ne m’attarde pas longtemps.

Pour revenir à Escalante, je repasse par Zion NP et donc par Springdale à l’entrée ouest du parc. Comme quasiment chaque année depuis 10 ans, je m’arrête à la galerie de Michael Fatali, qui se trouve désormais dans le bâtiment du Zion IMAX Theatre Complex, pour y admirer ses magnifiques photos tirées en grand format et particulièrement lumineuses grâce au procédé Cibachrome. Bien que son assertion : « No computer imaging, artificial lighting, or unnatural filtration were used in the creation of these photographs » fasse rire ou agace la majorité de la communauté photographique qui n’est pas dupe 😛, et que sa condamnation judiciaire pour avoir noirci la base de Delicate Arch (nettoyée depuis) en faisant brûler des grosses briquettes pour aider un peu la « God’s light » lui ait valu de nombreux détracteurs 😠, Michael Fatali n’en reste pas moins un maître de la photographie et un précurseur qui fait référence pour la découverte des endroits les plus beaux à photographier sur le plateau du Colorado 🙂. Comme la plupart des photographes professionnels, il ne dévoile pas ses secrets et nomme rarement les sites immortalisés sur ses photos, aussi a-t-il fallu plusieurs années à notre petit groupe de fans du Southwest pour découvrir la localisation de tous les sites de ses portefolios et pour nous y rendre personnellement (il me reste encore à visiter Elve's Chasm, mais pour cela il faut pouvoir payer une descente du Colorado en rafting dans le Grand Canyon ou bien faire un backpacking difficile de plusieurs jours).

A l’occasion des visites dans sa galerie, j’avais rencontré deux fois Michael Fatali mais « le Maître » était distant et ne souhaitait pas perdre de temps avec un admirateur également tombé amoureux du Southwest mais dont la dégaine montrait qu’il n’achèterait jamais une des très onéreuses photos exposées.

Quand je me rends dans sa galerie cette année, je suis surpris de constater qu’il n’y a pas d’autres visiteurs en ce début d’après-midi (alors que nous sommes pourtant le week-end du Memorial Day), par contre Michael Fatali est présent derrière le comptoir. En admirant une fois de plus ses superbes photos, je remarque une guitare électrique qui est exposée sur un mur car plusieurs grands guitaristes l’ont signée. Je l’évoque à Michael Fatali en lui disant que je me doutais qu’il aimait le rock puisqu’il avait pris il y a longtemps une photo de Calvin Russell jouant de la guitare dans Antelope Canyon pour la pochette d’un de ses albums. Il semble sidéré de cette remarque, d’abord parce que je connais les albums de Calvin Russell (Michael ignore que, si Calvin Russell est quasiment inconnu aux USA, il est assez connu en France) et surtout que je connaisse cette photo « de jeunesse » qu’il n’évoque jamais. Du coup, il abandonne l’attitude du « Maître » et devient accessible et très aimable, on discute un bon moment à bâtons rompus de musique et des beautés du Southwest. Quand il me demande si je ne peux pas lui indiquer de nouveaux sites encore « secrets » dans la région pour qu’il puisse faire de nouvelles photos, je suis interloqué par une telle question venant de lui et je ne trouve à répondre que : « Je ne connais rien de plus que ce que vous avez déjà exploré »… ce qui n’est probablement pas tout à fait vrai.

Après cet agréable moment de convivialité 🙂, je poursuis ma route vers Escalante, en faisant un premier arrêt pour photographier ce témoignage du Memorial Day…



… et un autre pour immortaliser un vieux pick-up Chevrolet qui a du vécu.





Au Visitor Center d’Escalante, je m’enquiers des prévisions météo ainsi que de l’état des pistes et des slots canyons dans le secteur. Le ranger m’indique que Zebra Slot est noyé, qu’il n’en sait rien pour Peek-A-Boo et Spooky slots, que la piste d’Egypt Bench (pour Neon Canyon) est impraticable mais que je peux tenter demain la piste pour Harris Wash (pour me rendre au Volcano en passant par le slot de Red Breaks) mais uniquement si elle a séché car aujourd’hui un SUV 4x4 s’y est embourbé et il a fallu lui envoyer la dépanneuse (pour quelques centaines de dollars). Il va donc falloir que je revoie mon programme… 🙁

Ce soir, c’est le dernier dîner avec Harriet et Philip et la dernière nuit confortable dans leur trailer, car à partir de demain je repars pour une dizaine de nuits de bivouac dans mon SUV.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partir au Japon sans préparation?
by Keidjin · 2010-09-23 · 25 replies
Salut à tout les voyageurs !

Juste pour vous soumettre mes quelques angoisses après avoir éplucher bien des topics sur ce forum. Je me suis décidé à réserver un vol et partir au Japon aujourd'hui et vient de réserver mes billets d'avion ainsi que le JR Pass sur 14 jours. Je pars le 04/10 et rentre le 20/10, j'ai un budget d'environ 3000E sur place mais n'ai absolument rien planifié hormis l'achat de quelques guides type Lonely Planet pour pouvoir me débrouiller sur place.

Mon objectif : une itinérance (en partie en train), m'immerger dans le japon rural et plutôt traditionnel de la côte ouest bien qu'un crochet à Tokyo s'avère quand même indispensable. Mais mon voyage est plutôt placé sous le signe de flânerie...

Après pas mal de lecture je m'interroge : peut-on errer au Japon sans rien planifié ( et accessoirement en bredouillant un peu d'anglais et de japonais). Est-ce possible sans crever le plafond de son budget?

Bref, j'ai besoin d'être rassuré !!!
Classes Affaires et Première (suite)
by Legolas0606 · 2010-09-13 · 502 replies
Pour continuer ce sujet, vos TR, vos impressions et vos critiques sont appréciés sur n'importe quelle compagnie qui vole dans le monde!
Cinq mois en Europe: visa, trains, assurances, sécurité?
by GuillaumeSka · 2010-08-25 · 11 replies
bonjours a vous je suis en train de planifier un voyage et je part dans même pas un mois j aimerais simplement m assurer que tout les info que je possède sont exacte et j aurais besoin de quelque conseille. premièrement je vous dit mon itinéraire je débarquerais en Angleterre suivie du pays bas, Belgique, France .suisse, Italie, Espagne et Portugal.

coté visa l'info que je dispose c, est que les pays la sont tous ensemble et que j aurais le droit daller en simple touriste sans visa pour une limite de trois mois dans chaque pays mais que j aurais le droit daller en France 2 mois aller en Italie 1 mois et revenir 2 mois en France exemple... j aimerais être éclairer la déçu si vous pouvez confirmer mes dire.

deuxièmement j aimerais un peu d'info sur le train je prévoie de me déplacer en train donc je sait pas si il a des passe similaire pour tout ces pays sinon si vous pouvez m expliquer le fonctionnement cela serais très apprécier

.il me faut t'il une assurance et ou que je la trouve si oui.

il me faut tu des vacin? si oui les quel?

j aimerais aussi savoir les principales danger ou les chose a pas faire, ou les endroit a ne pas aller durant mon voyage. je sait quil me reste peut de temps mais merci a l avance de m aider a ce que ce voyage ce réalise bien.

pour finir j aimerais savoir ou trouver un liste complète des auberge jeunesse dans tout c pays et faut t'il réserver? et si jamais quelqun veux ce joindre et faire un bout ensemble gêner vous pas !
Norvège 2009: partie 2 des îles Vesteralen à la frontière russe
by Jjmmsa · 2010-08-23 · 1 reply
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

2ème Partie - ÎLES VESTERÅLEN - FRONTIERE RUSSE

Jour 13 - Di 28/06/2009 - Handelsand - Fiskebol - Stø



08 h 00, réveil en pleine nature après une nuit calme et sans histoire. Météo toujours mitigée. Toilette et maquillage "sauvages" avec les moyens du bord.

Au moment du départ, discussion avec l'un des 2 camping-caristes de l'Orne qui font le trajet inverse.

Arrivée à Fiskebol et attente du bac. Ce ferry permet de passer des îles Lofoten vers les Vesterålen. Des Italiens en camping-car pêchent sur l'appontement et… ça mord ! Peu de véhicules dans la file. Ce ferry a perdu quelque peu de son intérêt depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon de la E10 qui, avec ponts et tunnels, relie maintenant les îles Vesterålen au continent.

10 h 30, embarquement sur le ferry, démesuré par rapport au nombre de voitures. Vaste salon intérieur avec cafétéria où J-J sacrifie au rituel norvégien en mangeant un hot-dog local. 3 niveaux de ponts extérieurs permettent de profiter au mieux du paysage. En arrière, temps gris sur les Lofoten dont les sommets sont pris dans d'épais nuages bas. A quelques kilomètres vers l'avant, grand soleil sur les Vesterålen. La météo norvégienne n'est pas à une bizarrerie près !

11 h 00, débarquement à Melbu (Hadseløya). Arrêt à l'église rouge octogonale de Hadsel. C'est dimanche, il y a une messe, plein de fidèles à l'intérieur, donc pas de visite possible. Quelques personnes quittent momentanément l'office pour téléphoner ou pour se rendre (aux toilettes, sans doute), dans un bâtiment annexe, curieux !

Peu après nous franchissons le pont de Stokmarknes (Langøya). Nous passerons sous ce pont plus tard avec l'Hurtigruten. Ce port est lié à la fondation de l'Hurtigruten en 1881.

En route, halte à Sortland, agglomération importante des Vesterålen. Complété le plein avec du gas-oil détaxé, apparemment, pas de problèmes. Motivés par notre chasse au soleil de minuit, nous quittons la route principale pour suivre la R820 et nous diriger vers le nord de l'île.

12 h 45, peu avant Myre, pique-nique sur une minuscule aire aménagée d'une table et de bancs en bois, face à la mer. Arrivée à Nyksund, au bout d'une route sinueuse et très étroite, tout au nord de Langøya. Ce village de pêcheurs que ses habitants ont dû abandonner dans les années 1970 était devenu fantomatique au fil des années… Ce qui en faisait un intérêt touristique certain, jusqu'à ce qu'une poignée d'acharnés commence à le réhabiliter et ne remette un à un les hangars et les habitations en état. Le village abandonné, ne l'est plus tant que cela et en en passe de (re)devenir très touristique et un rien branché.... Les mouettes, elles, n'ont jamais déserté l'endroit.

Il reste quand même une impression de bout du monde. Sinon, de beaux hangars sur le port et des quais à 2 étages sur pilotis dans un joli cadre naturel. Nous constatons que l'endroit n'est finalement pas vraiment propice à l'observation du soleil de minuit, nous modifions le programme et nous dirigeons vers Stø, située sur la pointe nord-est de l'île.

16 h 45, arrivée au camping de Stø, situé tout au bout du village. Peu fréquenté et très sommaire, mais bel endroit dans une anse à l'écart du port.

Transfert des films et photos sur l'ordinateur. Dîner, soupe et crêpes.

20 h 30, pêche aux bigorneaux, au pied du Home Espace. Un saladier rempli en 5 minutes. Miraculeux !

Le ciel est clair et le soleil brille partout… sauf à notre nord où un long et épais banc de nuages risque de compromettre la soirée.

A 00 h 00, le soleil est bien au-dessus de ce banc de nuages qui n'a pas bougé d'un pouce et restera masqué, dommage. Néanmoins, entre l'horizon et la base des nuages, nous sommes gratifiés d'une belle lumière avec tous les effets possibles de jaune, de rose ou d'orange. Le contre-jour est magnifique et nous restons presque une heure sur les rochers pour admirer le spectacle. Nous n'avons pas tout perdu.

Au loin, vers le nord-est et à 40 km, nous devinons la silhouette des rochers de Bleik sur l'île d'Andøya. La mer et les falaises au lointain dans une légère brume sont devenues roses sous le soleil de minuit. Etonnant !



Jour 14 - Lu 29/06/2009 - Stø - Andenes - Senja Steinfjord



Le temps a changé durant la seconde partie de la nuit. Au réveil, ciel couvert, sommets dans les nuages, légère bruine et température de 9°C. Nous reprenons la route vers Sortland en faisant un crochet par Alsvåg (après Myre).

10 h 45, arrêt à Sortland dans un grand magasin Coop, intégré dans un centre commercial important. Trouvé la bibliothèque pour envoyer un mail, mais l'Internet ne fonctionne pas.

Passage sur le pont de Sortland (sous lequel nous passerons plus tard avec l'Hurtigruten), et nous suivons la rive ouest de l'île d'Hinnøya, avant de franchir le pont de Risøyhamn, sur Andøya (mêmes éléments, même motif pour le pont). La géographie et la circulation sont plutôt complexes dans ces îles. Peu après Risøyhamn, nous passons sur la rive occidentale d'Andøya, face au large.

12 h 45, entre la route peu fréquentée et le bord de mer, nous trouvons un coin de pique-nique au pied des hautes falaises de Nordmela. Nous faisons un sort aux bigorneaux pêchés hier soir, de jolis spécimens ! Et puis, le soleil revient progressivement et il n'y a plus un souffle de vent.

Nous poursuivons en longeant plus ou moins la mer, en traversant des paysages plats, sablonneux et presque désertiques. Nous traversons le village verdoyant de Bleik, avec sa route centrale bordée de hauts arbres de part et d'autre, inhabituel en Norvège.

Après la traversée de Bleik, changement de décor. Nous faisons un arrêt sur une plage de sable absolument blanc. Sans vent, la surface de l'eau est plate comme un miroir. Avec le soleil et de faibles fonds sableux, la mer prend une couleur improbable et difficilement définissable : mélange ou fusion de bleu turquoise et de blanc laiteux. Surprenant !

Une multitude de roches plates émergent à peine, et au fond un énorme pain de sucre jaillit de la mer. Splendide ! Et l'on en vient à penser qu'avec quelques cocotiers, ce pourrait être le paradis. Tout y est, le franc soleil, la mer turquoise, le sable blanc. Eh non, c'est la Norvège !

Juste après cette magnifique plage, la montagne descend en dents de scie jusqu'à la mer au point qu'un tunnel a été creusé pour rejoindre Andenes, à l'extrémité nord d'Andøya et des Vesterålen.

14 h 15, peu de choses à faire dans cette petite ville, si ce n'est chercher la bibliothèque. Après renseignement, nous l'avons trouvée jouxtant l'école. Nous avons rédigé un mail, mais impossible de l'envoyer ! Après plusieurs essais infructueux, la chef-bibliothécaire vient à notre secours et retape notre mail depuis son PC, mais n'a pas pu joindre le texte stocké sur notre clé USB. Elle n'a donc pu envoyer que le texte du mail seul. Très serviable, elle avait surtout envie de parler (!), ou d'entendre parler, français. Son mauvais français mélangé au mauvais anglais de J-J a donné une conversation plutôt surréaliste !

15 h 50, arrivée à l'embarcadère du ferry pour passer sur l'île de Senja. Le départ est dans plus d'une heure, mais il n'y a que 3 ferries par jour en haute saison. Pas question de le rater, sinon c'est demain 9 heures ! Résultat impossible à prévoir à l'avance : 3 voitures, 4 motos et 2 vélos, ça ne se bouscule donc pas !

En attendant, Nelly prépare le goûter sur le parking et fait un cours magistral sur la préparation du café en poudre… immortalisé à jamais en vidéo.

17 h 00, appareillage sur le ferry M/S Lødingen, pas bien grand, ni de la première jeunesse ! Direction Gryllfjord sur la côte ouest de l'île de Senja. 1 heure 40 d'une traversée de rêve, grand soleil, belle visibilité, pas de vent et une mer bleue absolument plate au point que les nuages se reflètent dans l'eau. Vers le nord, difficile de distinguer l'horizon parce qu'il est impossible de séparer la mer du ciel, tout est intensément bleu. Quant à la côte de Senja, très éclairée, elle étale devant nous, sur une cinquantaine de kilomètres, une succession de pointes enneigées. Jamais il n'aurait été possible d'imaginer un tel spectacle en Norvège. Impossible de quitter le pont extérieur du ferry dans de telles conditions. Une traversée idyllique !

18 h 40, arrivée dans le Gryllfjord, toujours sous un généreux soleil. Le fjord est large et peu profond, presqu'en forme de cirque fermé par de hauts sommets qui se découpent sur fond de ciel bleu. Splendide sous un éclairage idéal. En début de soirée, le village de Gryllfjord apparaît illuminé par des couleurs chaudes mettant en valeur chaque maison. Une belle arrivée !

Le ferry accoste au centre du village, et non pas comme souvent au bout d'une route dans un endroit isolé. Pour la première fois, nous voyons des villageois ou des touristes se rassembler sur le quai, pour assister à l'arrivée du bateau. De simples curieux qui n'attendent personne, puisque nous sommes seulement une petite dizaine de passagers étrangers à débarquer.

Là encore, un village du bout du monde, au bout de tout, à l'extrémité ouest de Senja, à l'extrémité de la rive sud du fjord qu'il faut contourner complètement. A l'ombre la majeure partie de l'année au pied de la montagne, sauf l'été bien sûr quand le soleil est le soir au nord. Idyllique l'été, mais l'hiver ? Pour quoi, pour qui ? Difficile de comprendre sans y être né.

Encore plus isolé, le village de Torsken, sur la côte nord de la même montagne, mieux orienté sur la rive d'un autre fjord, mais au bout d'une méchante route longue, sinueuse et très escarpée. Quelques habitations, un appontement, une petite usine de transformation de poisson, c'est tout !

Après Torsken, nous prenons la route vers la côte nord de l'île de Senja, celle face à l'Atlantique, la plus accidentée d'où nous pouvons admirer de beaux paysages de montagnes abruptes et de roches dans l'eau au soleil descendant (ici, impossible de dire couchant !).

Pas (ou si peu), de terrains de camping sur Senja, aussi nous cherchons un coin pour dormir dans la nature cette nuit, si possible, face au soleil de minuit. Cela s'avère difficile, le relief est escarpé, et il y a peu de débouchés intéressants en dehors de la route. Cela devient vite fastidieux et nous gâche quelque peu le plaisir de la découverte de cette île aux paysages magnifiques. Nous roulons, nous roulons, le temps passe (même s'il n'y a pas urgence à cause du jour permanent), nous voudrions bien nous poser quelque part.

21 h 20, nous gravissons un petit col qui mène ensuite vers un tunnel. De ce tunnel, nous débouchons sur l'extrémité du Steinfjord qui semble l'endroit idéal pour passer la nuit. Enfin ! Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique sommairement aménagée en contrebas de la route et juste en bord de mer, face au soleil.

L'endroit rêvé ! Personne d'autre que nous, pas un bruit, même pas une ride sur l'eau, face au soleil qui descend lentement. Idéal ! Dîner au calme sur les tables et bancs en bois : reste des bigorneaux pêchés la veille à Stø, pavés de saumon.

23 h 00, un énorme camping-car occupé par un couple de norvégiens s'installe près de nous. Ils nous prennent en photo face au soleil… descendant !

Et nous passons tout le reste de la soirée à buller face à la mer, sous un ciel clair et bien bleu. La météo est excellente, et cette fois-ci, c'est sûr, nous verrons le soleil à minuit. Malgré l'heure tardive, le soleil est bien haut au-dessus de la mer et brille encore généreusement. S'il ne descend plus, nous le voyons se déplacer lentement vers le nord. A minuit, il brille toujours et à minuit cinq, il passe derrière la rive orientale du fjord. Autour de nous, les montagnes sont copieusement éclairées d'une lumière chaude. Il fait grand jour !

Ces heures-là resterons pour nous un moment exceptionnel et privilégié, qui a lui seul valait tout le voyage et nous venons de vivre, sans aucun doute, la plus belle soirée de notre périple norvégien.

Plage de Bleik - Gryllfjord (Île de Senja)

Jour 15 - Ma 30/06/2009 - Senja Steinfjord - Tromsø

08 h 00, réveil face à la mer toujours aussi calme, pas de vent, toujours du soleil mais il reste encore caché derrière les montagnes. Notre nuit a été plus que tranquille, sans un bruit, sans une alerte, mais finalement très courte et nous avons les têtes de circonstance… Nous serions bien restés plus longtemps dans ce site, face à un tel décor, mais il faut bien avancer, la route est encore longue jusqu'à Kirkenes.

09 h 30, départ et arrêt quelques kilomètres plus loin pour admirer le site de Tungeneset. De hautes falaises verticales plongent de 500 mètres à l'extrémité d'un fjord et se prolongent par une série de pointes acérées. Impressionnant ! (Les qualificatifs vont vite manquer !).

Personne, et si ce point de vue est plutôt bien aménagé, c'est qu'il doit être fréquenté. Depuis la route, un long cheminement en béton et en pente douce permet aux handicapés d'aller presque à la plage. De part et d'autre, un garde-corps en lamelles de bois et puis un local sanitaire aux formes très "design" de grandes dimensions, construit aussi en bois. Ce serait le site spécialement aménagé le plus cher de Norvège (± 3.000.000 de NOK, soit 390.000 € en 2008… ce qui fait grincer certains norvégiens !).

10 h 30, long arrêt au port de Mefjordvær, village de pêcheurs construit au pied de montagnes verticales. De grandes et belles maisons en bois au bord du fjord, une église blanche donnent un air coquet à ce petit port qui semble se vouer au tourisme, on y a même rencontré un français qui y passait ses vacances…

Route jusqu'à Laukvik à la pointe nord de Senja et attente d'un ferry à Botnhamn pour passer sur l'île de Kvaløya. Pique-nique sur le quai.

Cette île de Senja que nous avons effleurée semble particulièrement belle et bizarrement, à l'écart des routes touristiques. Elle est surtout fréquentée par les Norvégiens, et d'après eux, les paysages de Senja sont un résumé des paysages de Norvège. Donc, à visiter plus en détail.

12 h 30, embarquement sur un petit ferry vers Brensholmen en descendant le Malangenfjord durant 45 minutes. Nous vivons là nos dernières heures d'une météo qui nous a favorisés jusqu'alors. Sans le savoir, nous ne reverrons pas le soleil avant longtemps… Le ciel se voile rapidement, le vent se lève et il fait frisquet sur le pont extérieur, ce qui n'empêche pas J-J de profiter du paysage ou de discuter un long moment en "franglais" avec un Norvégien de Stavanger qui venait dans cette région pour la première fois, (il y a plus de 2 000 km de distance entre Stavanger et Tromsø !), il fut aussi question des incursions des Vikings en Normandie et que ce voyage était peut-être pour nous un retour aux sources.

Dès la sortie du ferry, nous voyons un grand renne avec des grands bois déambuler et brouter à travers les maisons. Curieux, il semble bien loin de son biotope habituel, il nous faudra rouler longtemps pour en voir d'autres plus régulièrement vers le nord.

Nous franchissons sur un pont à voie unique pour passer sur Sommarøya, "l'île de l'été". Pause café en surplombant une plage où quelques jeunes se baignent… Il fait un vent glacial et nous sommes en blouson. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire sur cette île, sauf un beau paysage d'îlots et de petites plages au sud-ouest, mais sans l'éclairage idoine, cela semble terne.

Nous poursuivons par la côte nord de Kvaløya pour rejoindre Tromsø, la grande ville du Nord, 3ème ville du pays. Le centre ville est situé sur une île au milieu d'un vaste fjord, nous l'atteignons par un réseau de tunnels avec croisements et ronds-points. Nous rejoignons rapidement la bibliothèque, vaste édifice contemporain. A l'intérieur, sur 3 étages très lumineux, les rayonnages sont bien pourvus pour toutes les tranches d'âge : livres, vidéos, DVD, journaux en consultation en norvégien et en anglais, pour les petits et les grands. Et bien sûr, consultation de documents sur PC et des postes pour l'Internet.

Nanti de notre portable, nous nous connectons au réseau Wi-fi gratuit de la bibliothèque et après quelques tâtonnements, nous pouvons rédiger et expédier un mail. C'est beau le progrès !

16 h 30, balade en ville, dans les coins parcourus l'hiver dernier. Le 2 Janvier à la même heure, il faisait nuit. Aujourd'hui, tout est complètement différent, les perspectives et les dimensions ne sont plus les mêmes. Cela paraît plus animé, plus vaste.

Storgata, la rue principale était couverte de neige, les trottoirs à moitié envahis par des tas de neige ; aujourd'hui, c'est une longue et large rue où la foule déambule. De grandes maisons en bois coloré bordent cette rue, elles abritent des vitrines un peu surannées. Mais la magie n'opère pas comme lors de notre passage en Janvier, sans la nuit mystérieuse, sans les illuminations des rues et les décors de Noël… Curieux de revoir les mêmes endroits ou les mêmes boutiques sous un éclairage différent !

Nelly retourne dans la même galerie marchande près du port. Ensuite, nous visitons la cathédrale (Domkirke). Construite en 1861, de couleur café au lait et gris, c'est la plus grande église en bois de Norvège. Nous écoutons la fin d'un concert d'orgue donné sur un bel instrument de style néoclassique en bois peint en blanc et or. S'y trouve également une belle galerie de tableaux des portraits des pasteurs successifs.

18 h 15, nous empruntons le Tromsøbrua pour rejoindre le quartier de Tromsdalen où se trouve le terrain de camping. Celui-ci est quasiment complet, et on nous attribue une place de parking avec un petit bout d'herbe en contrebas de la route d'accès. Ce n'est plus le cadre royal d'hier soir !

Nous prenons notre dîner dans la salle commune du camp et après le repas, nous profitons des infrastructures pour transférer films et photos sur l'ordinateur.

Jour 16 - Me 01/07/2009 - Tromsø - Alta



Petit-déjeuner dans la salle commune du camping, car il a plu dans la nuit et l'herbe est détrempée derrière l'Espace. Le temps est bouché et les sommets environnants sont dans les nuages. D'ores et déjà, l'excursion au Storsteinen "le gros rocher", à 420 m d'altitude en téléphérique est compromise, pas de panorama sur Tromsø et les environs !

Nous visitons la Cathédrale Arctique toute proche. Très beau monument blanc contemporain de forme triangulaire voulant rappeler les arêtes d'un iceberg que l'on aperçoit de toute la ville. Belle étude de la diffusion de la lumière à l'intérieur. Grand vitrail triangulaire de 140 m² au fond et un buffet d'orgue moderne à l'opposé. Droit d'entrée de 30 NOK (3.40 €), pour l'entretien et pour une fois justifié.

10 h 40, par un temps mitigé, nous quittons Tromsø par la E8, puis la R91 jusqu'à Breidvikseidet où nous attend le ferry qui nous permet de traverser l'Ullsfjord en 20 minutes. Route de liaison de 20 km pour de nouveau emprunter un autre ferry à Lyngseidet et traverser le Lyngenfjord en 45 minutes. Même si le gain de temps n'est pas significatif, ces 2 ferries successifs permettent d'éviter 150 km de trajet.

Nous pique-niquons dans le salon du 2ème ferry entre Lyngseidet et Olderdalen.

13 h 25, le soleil revenu, nous débarquons du ferry et roulons vers le nord, en longeant le Lyngenfjord avec des vues spectaculaires sur le massif de Lyngen, aux cimes encore bien enneigées plongeant dans l'eau verte du fjord.

Nous voyons le premier panneau indiquant la direction de Kirkenes : 790 km (sans compter le crochet prévu par le Cap Nord !!!). Progressivement, nous abordons le Finnmark. Nous longeons plusieurs fjords. La végétation évolue selon les lieux ou l'altitude, les sapins disparaissent peu à peu, les bouleaux rapetissent et se clarifient, et nous traversons de plus en plus de zones désertiques seulement recouvertes de mousses ou d'arbrisseaux rampants. Vastes paysages de toundra sous un ciel de plus en plus couvert.

Au bord de la route, quelques campements samé (lapons), avec 4x4 et paraboles satellites, et aussi les premiers troupeaux de rennes.

18 h 00, arrivée à Alta, la capitale du Finnmark. Ville déconcertante, toute en longueur avec beaucoup de centres commerciaux peu animés. L'ambiance générale est glaciale, tout comme la température extérieure, 8 à 9°C à cause du vent froid.

19 h 00, installation au camping Alta Strand, au sud de la ville au bord de la rivière Altaelv. Repas de crêpes, soupe, café, Pique-nique très froid.

Transfert des films et photos sur l'ordi dans la salle commune. Discuté avec une suissesse de Neuchâtel, qui revient du Cap Nord où elle a eu très froid et du temps agité. Elle nous donne les prévisions météo : peu engageant.

Paysages du Lyngenfjord

Jour 17 - Je 02/07/2009 - Alta - Honningsvåg - Skarsvåg - Cap Nord



Petit déjeuner dans la salle commune du camping, tant il fait froid et qu'il vente. Puis, départ et plein de gas-oil détaxé à Alta.

La route traverse quelques forêts de bouleaux (de plus en plus rares et de plus en plus chétifs), entrecoupées de plateaux arides, désolés, sans arbres, de vastes zones désertiques à perte de vue, juste agrémentées de larges plaques de neige dans les dépressions du terrain. Il n'y a de végétation qu'au ras du sol, arbrisseaux rampants, bruyère, mousses ou lichens. Vu aussi quelques troupeaux de rennes qui broutent ces maigres plantes tout en marchant. Que ce soit par le paysage ou la météo, nous entrons dans l'antichambre du Cap Nord, et il s'en dégage déjà une profonde impression de désolation. La température extérieure oscille entre 5 et 8°C, et nous subissons de nombreux grains.

Après une longue descente sur le hameau d'Oldenfjord, nous quittons la E6 pour emprunter la E69 qui va nous emmener jusqu'au Cap Nord en suivant le Porsangerfjord, très long (120 km), et très large (20 km), fjord, orienté nord/sud entre Honningsvåg et Lakselv.

Des falaises, où la roche est disposée en strates longues et régulières, tombent à pic dans le fjord et ne laissent juste le passage de la route. Le ciel est bas et le vent est froid et fort. Parfois la mer fume sous les rafales. Les grains violents succèdent aux brèves éclaircies. T° = 5°C. Les approches du Grand Nord ne se font pas sous les meilleurs auspices !

13 h 00, passage du tunnel de Kafjord pour accéder à l'île de Magerøya, l'île du Cap Nord. 6 870 m de longueur, creusé sous la mer jusqu'à 212 m de profondeur, des pentes et rampes de 12% à l'entrée et à la sortie. De la belle ouvrage, chèrement payée (192 NOK, ± 22 € l'aller et autant au retour) ! Le Grand Nord, ça se mérite !

13 h 30, arrivée à Honningsvåg. Pluie, froid, vent, donc pique-nique rapide dans la voiture sur le quai Hurtigruten. (Le MS Vesterålen est en escale). Passage à l'office du tourisme (peu avenant), et à la boutique qui y est accolée. Beaucoup de Français, passagers du paquebot en escale Adriana III, y font leurs achats de souvenirs. Pour notre part, nous achetons des gants en laine (2 Juillet !), qui nous seront bien utiles dans quelques heures.

15 h 30, route vers Skarsvåg, sinueuse, accidentée à travers des hauts plateaux complètement nus, sans un arbre, juste une végétation tapie au ras du sol : Herbe ? Mousse ? Bruyère ? Face à nous, sous un ciel plombé, un paysage noir, de désolation, de bout du monde dans le froid, le crachin et le vent qui cingle.

Installation au Kirkeporten Camping de Skarvåg, le camping le plus septentrional du monde dans le port le plus septentrional du monde. Nous sommes dans une région de superlatifs, toujours le plus au nord… C'est vrai, nous sommes à plus de 71° de latitude Nord.

Il fait froid, il crachine, il y a du vent, nous louons à bon prix une hytte pour 2 nuits pour s'octroyer un peu de confort et nous affranchir des conditions météo. Cela fait 17 jours que nous avons quitté la Normandie, et si nous avons voyagé sans précipitation, nous n'avons jamais perdu de temps non plus. Un petit break nous fera le plus grand bien. Et pendant que la pluie tombe, nous nous accordons une petite sieste réconfortante dans un vrai lit.

Et pour marquer notre arrivée dans le Grand Nord, ce soir, c'est pavé de saumon, vin rosé dans notre hutte bien chauffée.

Nous avions prévu dans notre programme d'effectuer une randonnée pédestre au Knivskjelodden, "la lame de couteau", pour observer tranquillement le soleil à minuit, (18 km de marche aller et retour). En réalité, "la lame de couteau", c'est le véritable Cap Nord géographique situé 1 600 m plus au nord que le Cap Nord touristique hyper fréquenté. En plus de l'intérêt de l'exercice physique, il y a aussi une satisfaction intellectuelle (un peu perverse), à rejoindre cet endroit quasiment ignoré et d'être arrivé encore plus au nord que le touriste lambda.

La climat a vite raison de ces belles intentions, le vent, le crachin, la température (1°C), nous font renoncer à ce projet. La météo est trop incertaine pour s'aventurer seuls sans risques dans la traversée d'une région aussi isolée, d'autant que cela nous aurait pris la majeure partie de… la nuit. L'exploit, certes ; mais le plaisir avant tout ! Et ce soir, les conditions ne sont pas réunies pour que cette randonnée soit agréable. Dommage !

22 h 00, départ pour le Cap Nord (touristique), en roulant dans un paysage de hauts plateaux légèrement vallonnés. Pas un arbre, rien, le vide absolu, le désert du Nord. Sous le ciel bas, c'en est grandiose et sublime de désolation. C'est lunaire, nous roulons dans un environnement de plus en plus hostile avec le sentiment étrange de progresser inexorablement vers une fin. La météo et le paysage nous mettent vraiment en condition : nous nous approchons du bout du monde, du bout de tout.

Mais au bout de la route… nous sommes ramenés à la réalité : l'entrée du site du Cap Nord est payante, et bien payante (ce que nous savions), 215 NOK par personne valable pour 2 visites, soit ± 24 € ! Ce site est pour la Norvège une vraie mine d'or. Où va toute cette manne ? A part le Nordkapphallen, le centre touristique, aucun aménagement spécifique n'a été aménagé pour faciliter la vie des usagers. Parkings en cailloux à peine nivelés ou en terre battue, pas d'installation pour faciliter l'ordinaire des camping-caristes pourtant fort nombreux, rien !

Mais nous y sommes ! Et nous ne sommes pas les seuls : un mur de camping-cars sur 2 ou 3 rangs, déjà des bus déversent leur lot de visiteurs venus des paquebots en escale à Honningsvåg. Et cela ne cesse d'arriver.

Nous supportons facilement notre harnachement vestimentaire : veste polaire, blouson fourré, bonnets et gants en laine. T° = 1°C !

Alors que la majorité des touristes s'engouffre dans le Nordkapphallen, nous allons d'abord à l'écart voir le panorama sur "la lame de couteau" que l'on voulait rejoindre à pied. Le nom est assez bien choisi, il s'agit en effet d'un long cap effilé qui s'avance loin en mer. Devant nous, c'est vraiment le nord du Monde. Plus au nord, il n'y a plus que le Spitzberg et le Pôle ! Nous sommes seuls à contempler ce site, la majorité des touristes qui viennent au cap Nord ignorent sans doute son existence !

Nous sommes arrivés au but ! Nous avons fait 4 800 km pour en arriver là ! Avec le sentiment étrange d'être des privilégiés dans un endroit exceptionnel, au cœur d'un site hors norme. Et pourtant, nous sommes loin d'être les premiers, il y en aura encore bien d'autres après nous, nous n'avons rien fait de surhumain pour en arriver là, mais nous l'avons fait. Cela ne changera rien à la marche du Monde, cela ne changera pas le cours de nos vies, c'est vrai. Mais qu'importe, nous y sommes ! Fiers et heureux de tutoyer les limites de la Terre !

Nous nous dirigeons vers la plate-forme où se trouve le signal du Cap Nord : une armature métallique symbolisant le globe terrestre avec l'équateur, les cercles polaires, les tropiques et les méridiens. Symbolique, mais efficace car tous les visiteurs se précipitent au pied du monument pour se faire photographier et apporter la preuve de leur présence au bout du Monde. Et nous-mêmes, sacrifierons au rituel. Quelques mètres après, c'est le bord de la falaise, un à-pic de 300 m, la mer et plus rien d'autre que le Pôle Nord à 2 100 km au-delà de l'horizon. En fait, c'est vraiment le bout du Monde. C'est attirant et cela attire la foule.

Nous restons un long moment à parcourir ce plateau noir battu par tous les vents du diable, face au large. Nous subissons un petit grain de neige fondue. A l'évidence, il n'y aura pas de soleil à contempler ce soir. Ce qui n'empêche pas les badauds de s'agglutiner le long de la balustrade et d'attendre au plus près l'éclaircie miraculeuse qui ne se produira pas.

Nous visitons le hall touristique, bondé. Ambiance internationale et multilingue, mais beaucoup de Français à cause de l'escale du paquebot Adriana III. On y trouve tout ce qu'il faut pour mettre le touriste à l'aise : une grande boutique de souvenirs, bar, cafétéria, restaurant, bureau de poste ainsi que des gradins permettant, si les conditions sont trop rudes, de contempler le site derrière une grande verrière ; et ce soir, il y a des amateurs !

Un long souterrain en pente douce mène vers une salle de projection et des vitrines où sont exposés des dioramas retraçant l'histoire du Cap, une chapelle, un temple thaï (!?), une salle où est exposée un buste du roi Louis-Philippe (ancien visiteur des lieux). Ce souterrain débouche dans une grotte artificielle avec un bar étagé en gradins où il est de bon ton de boire le champagne face au nord, bien à l'abri derrière une large baie vitrée. L'exploitation commerciale des lieux n'est pas du meilleur goût et s'avère bien décevante par rapport à la symbolique du site. Mais, vu la fréquentation, quel jackpot !

Nous retournons à l'extérieur, près du globe maintenant éclairé. Beaucoup de monde partout. La visibilité est bonne mais le ciel est sombre, donc pas de soleil à espérer.

24 h 00, quelques rayons de soleil réussissent à passer furtivement à travers la masse de nuages et éclairent parcimonieusement la mer. C'est tout pour ce soir. Grosse, très grosse déception !

00 h 30, quelque peu dépités, et quand même frustrés d'un si maigre résultat après tant d'efforts, nous retournons au camping de Skarsvåg. En chemin, la température extérieure tombe à 0°C, et nous savons déjà que demain la météo ne sera pas meilleure !

L'île de Magerøya - Le Cap Nord

Jour 18 - Ve 03/07/2009 - Skarsvåg - Cap Nord

09 h 15, réveil et petit-déjeuner dans la hytte, après une bonne nuit bien au chaud. A l'extérieur, vent, pluie, froid à 3°C.

Dans la matinée, à proximité du port de Skarsvåg, visite et achats à la boutique de Noël, "Nordkapp Jul & Vinterhus", installée dans la maison particulière d'une habitante du village, capharnaüm d'objets divers et variés ayant plus ou moins de rapport avec Noël. Bien sûr, le rouge domine, c'est la couleur préférée des norvégiens et aussi la couleur de Noël. Dans tout le fouillis, Nelly à réussi à trouver avec six mois d'avance quelques décors de Noël à sa convenance ! Ouvert toute l'année, mais ce matin, il n'y a vraiment pas foule.

Retour à la hytte, puis rédaction d'un mail, sélection des photos à joindre, et opération cartes postales… En réalité, bulle et relax. Nous comprenons que nous avions besoin de souffler. Repas : cuisses de canard que Nelly a eu le temps de préparer tranquillement et confortablement. On s'est bien régalé !

15 h 45, balade à pied à la Kirkeporten "la porte de l'église", à l'ouest de Skarsvåg. Un petit chemin grimpe et serpente allègrement avant de redescendre tout autant vers une arche en pierre d'où l'on peut voir l'arrière du plateau du Cap Nord et la pointe du Hornet. La mer bat violemment contre les rochers et explose en larges panaches d'écume. Il pleut, le vent d'ouest est assourdissant et dans les bourrasques, on tient à peine debout au point que nous sommes obligés d'écourter la visite. C'était l'activité du jour, un bon bol d'air !

18 h 00, repas de crêpes… Puis à 18 h 45, départ sous la pluie vers le Cap Nord pour expédier toutes les cartes postales que nous avons rédigées afin qu'elles soient revêtues du tampon spécial du bureau de poste… le plus septentrional du monde.

Nous rencontrons le brouillard en cours de trajet, ce qui nous donne une vision surréaliste du paysage de part et d'autre de la route. Cela devient quelque peu hostile et angoissant. Nous croisons un cycliste solitaire qui revient du Cap et qui émerge de la brume. Une violente bourrasque lui fait faire un écart et manque de le renverser. Ambiance !

19 h 00, tout le plateau du Cap est dans la brume. Beaucoup moins de camping-cars que la veille sur le parking, beaucoup moins de monde dans le Nordkapphallen, qui devient plus respirable. Ce soir la fréquentation est majoritairement coréenne. Nelly en profite pour explorer la boutique sans bousculade, il est vrai que ce n'est pas encore l'heure de pointe.

Personne au pied du globe, que l'on devine plus qu'on ne le voit derrière la grande baie vitrée. En comparaison, le temps hier était radieux.

20 h 00, nous assistons à la projection sur écran panoramique d'un film de 15 minutes résumant le déroulement des saisons dans la région du Cap. Survol plutôt bien fait, avec de belles images et une musique adaptée.

20 h 30, nous nous rendons au pied du globe, nous y sommes quasiment seuls. Vent fort et quelques photos dans la brume.

Sur la route du retour, attendant stoïquement au milieu de nulle part, un type fait du stop. Vu la fréquentation de la route à cette heure et la pluie glaciale, nous le prenons à l'arrière de l'Espace après lui avoir fait un peu de place. On n'a pas tout compris, il nous dit être hongrois et venir de Berlin en vélo. Il est venu ce soir en stop sur le site pour acheter des souvenirs à sa famille et loge dans le même camping que nous. Nous le déposons transi au pied de sa tente. Quel courage !

Conclusion : nous n'avons pas vu le soleil briller à minuit au nord du Monde et nous en sommes bien déçus, car c'était l'un des buts de ce long voyage. La nature qui commande en à décidé autrement. Finalement, le Cap Nord se sera montré à la hauteur de sa réputation. Nous y avons trouvé en plein été des conditions climatiques que nous avons parfois l'hiver en Normandie. Ce qui n'a rien d'étonnant : c'est le nord de la Norvège, à 71° 10' 21'' de latitude nord, à 2 100 km du Pôle. Ce n'est tout de même pas rien !

Jour 19 - Sa 04/07/2009 - Skarsvåg - Honningsvåg - Karasjok

Réveil et petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, puis rangement de celle-ci. Au moment du départ, nous discutons quelques minutes avec un couple d'angevins, montés ici avec chacun leur moto.

09 h 45, départ du camping. Temps bouché, plafond bas, brouillard, vent. Nous roulons sans rien voir. Bifurcation vers Gjesvær, port de pêche (relativement), important à l'ouest de Magerøya. Nous faisons un tour rapide du port et du village où il y a peu d'activité visible. Dans la brume qui se déchire à peine, rien ne semble bien attrayant.

Nous avions prévu de consacrer quelques heures à un "safari oiseaux" à la réserve naturelle de Gjesværstappan située sur un îlot à 15 km à l’ouest du plateau du Cap Nord. Mais vu l'état de la mer aujourd'hui et la brume ambiante, nous renonçons à cette expédition qui aurait pu être spectaculaire.

La visibilité s'améliore ensuite légèrement, mais le ciel reste bien bas. Les derniers kilomètres sur l'île de Magerøya se font dans une ambiance lunaire. Quelle contrée ! Nous nous arrêtons de nouveau à Honningsvåg, c'est la ville la plus importante et le point de rassemblement de toute l'île. C'est un port de pêche actif, une importante escale de l'Hurtigruten, d'ailleurs nous assistons à l'accostage du MS Finnmarken venant du sud. Il y a aussi quelques commerces que Nelly ne manque pas de visiter.

J-J repère la bibliothèque pour expédier un mail, mais celle-ci est fermée le samedi. Tout à côté se trouvent l'église et le cimetière. Par rapport au mois de Janvier dernier où nous étions à la même heure, il fait jour et il ne neige pas, mais il y a autant de vent. Là encore, la nuit hivernale enveloppait la ville d'un côté magique qu'elle n'a plus aujourd'hui.

12 h 30, nous quittons Honningsvåg et nous acquittons du péage avant de reprendre le long tunnel de Kafjord pour rejoindre le continent norvégien. De l'autre côte du tunnel, la météo n'a pas changé. Impossible de pique-niquer à l'extérieur ce midi. Nous prenons juste un casse-croute dans la voiture à Repvåg, port sur une petite presqu'île à l'écart de la E69.

16 h 00, arrêt pour quelques courses dans un magasin REMA 1000 (chaîne de supérettes), à Lakselv, petite agglomération dispersée et sans âme, située à l'extrémité du Porsangerfjord et à l'embouchure de la rivière Lakselv. Arrêt café, au bout d'un petit chemin débouchant sur la rivière.

18 h 00, arrivée à Karasjok après avoir traversé plusieurs plateaux désertiques, puis une grande zone de lacs et de forêts de conifères en parcourant une route de plus en plus rectiligne qui nous donne un avant-goût de la Finlande.

Nous sommes à 18 km de la frontière finlandaise. Cette petite ville est la capitale des Samés (les Lapons), dont elle abrite le Parlement. Hormis une petite église de 1807, bien peu de choses à voir, si ce n'est le Parlement lui-même dont l'architecture moderne s'inspire de la forme conique des tentes laponnes. Visite gratuite (suffisamment rare pour être signalé), mais fermé le samedi. Raté !

Installation au camping, confortable et bien tenu. Dîner dans la salle commune à cause de la température. Ce camping est équipé de Wi-fi, aussi nous envoyons à tous le mail que nous avions rédigé à Skarsvåg, et qui relatait nos exploits au Cap Nord.

Reipvåg

Jour 20 - Di 05/07/2009 - Karasjok (N) - Inari (FIN)

La météo est d'une stabilité exemplaire, donc petit déjeuner dans la salle commune du camping.

Peu après avoir quitté le camping de Karasjok, nous passons sans encombre et sans formalités la frontière finlandaise sans voir aucun garde, ni douanier. Il faut juste avancer la montre d'une heure et se familiariser avec une nouvelle langue, tous les panneaux ou affiches sont bilingues : finlandais et lapon, pas évident au premier abord. Et nous retrouvons la zone euro.

Nous aurions pu rester en Norvège pour rejoindre Kirkenes, mais pour enrichir notre connaissance du monde, nous avons choisi de transiter par le nord de la Finlande. Pour voir… En distance, l'écart entre les deux itinéraires n'est pas significatif. Va donc pour la Finlande…

Contre toute logique, nous nous dirigeons d'abord vers le sud-est en suivant la route 92, une longue ligne droite à perte de vue entre Karasjok et Kaamanen, et bordée à l'infini de forêts de bouleaux et de conifères. Et puis, des lacs, des rivières. Aucun relief pour attirer l'œil.

Nous nous arrêtons en chemin en lisière d'une réserve naturelle pour une courte promenade à pied. Sur des cheminements précaires, nous nous enfonçons dans les bois, parcourus de petits ruisseaux, de zones marécageuses, d'espaces où poussent mousses et lichens. Les moustiques qui s'en donnent à cœur joie depuis notre arrivée nous font vite battre en retraite.

Vers 12 h 30, pique-nique sur un parking à l'écart de la route. Nous dégustons les crevettes achetées hier à Lakselv. Sur les 90 km de trajet jusqu'à Kaamanen, nous n'avons pas vu un seul village, pas une seule maison, que de la forêt.

14 h 00, arrivée à Inari, petite agglomération à l'habitat très dispersé. Nelly fait quelques achats dans un magasin de souvenirs, (en prévision de Noël, il est vrai que la Finlande est le pays du Père Noël, qui réside avec ses rennes à Rovaniemi, 300 km plus au sud).

Le temps froid et maussade n'incite pas à l'exploration des environs.

16 h 00, arrivée au camping d'Inari, dans un joli cadre reposant à l'extrémité du lac d'Inarijärvi (l'un des plus grands lacs de Finlande). Petite plage, appontement, barques ne sont guère fréquentés.

18 h 30, repas de crêpes dans la salle commune.

20 h 00, à cause du vent froid, au lit. Emmitouflée sous la couette dans la voiture, Nelly regarde un film sur le PC. Cette nuit qui s'annonce sera la plus glaciale de tout le voyage.

Au cœur de la forêt finlandaise

Jour 21 - Lu 06/07/2009 - Inari (FIN) - Kirkenes (N) La nuit, en effet, a été particulièrement glaciale et nous réveillons complètement frigorifiés.

10 h 00, nous quittons le camping et roulons, cette fois-ci vers le nord-est pendant 100 km pour retrouver la Norvège en suivant une petite route qui longe le lac d'Inari à peu de distance. Mais nous ne verrons que rarement ce lac pourtant immense, souvent caché par la forêt.

Ce n'est pas le relief qui permet d'avoir des points de vue spectaculaires… Les forêts de bouleaux et de conifères semblent tout absorber. En roulant on ne voit rien d'autre que… des bois. Pas de villages, la grande majorité des rares maisons est souvent cachée derrière les arbres. Seuls, au bord de la route, de curieux petits abris pour protéger les boites à lettres signalent l'existence d'une habitation en retrait.

Ce qui semble être un village sur la carte routière ne correspond à rien de visible sur place. Cette partie de la Finlande nous laisse une impression étrange, celle d'un désert verdoyant, sans activité humaine visible. Seuls quelques troupeaux de rennes animent la matinée, nous en voyons quelques beaux spécimens qui débouchent à l'improviste de la forêt et surgissent sur la route inopinément, dangereux ! Nous essayons de photographier ou filmer les plus beaux, ceux qui portent de grands bois, encore faut-il qu'ils soient en train de paître pour y arriver, car ces animaux se déplacent perpétuellement !

Nous voulions voir la Finlande, nous avons vu… une région sablonneuse peu accidentée, la forêt continue de bouleaux et de conifères, quelques lacs, des étangs et des marécages, de grandes routes rectilignes jusqu'à l'ennui. Et nous n'avons rencontré… personne !

12 h 45, enfin, un petit village ! Arrêt au "Market" (supérette), de Näätämö pour quelques achats alimentaires. Même en euros, les tarifs ne sont pas vraiment attractifs. L'intérêt est surtout pour les Norvégiens qui viennent y faire le plein d'alcool à meilleur compte.

Aussitôt après, nous passons la frontière. Personne pour nous demander quoi que ce soit. Nous sommes de nouveau en Norvège. Une longue descente nous permet de rejoindre Neiden.

Pique-nique dans la voiture près de la Skoltefossen, chute d'eau de peu de hauteur mais d'un gros débit de la rivière Neidenelva.

En roulant, nous sommes presque rassurés et soulagés de retrouver les paysages norvégiens, avec leurs montagnes noires et pelées, même si elles sont dans cette région moins abruptes et moins élevées qu'ailleurs.

15 h 30, arrivée à Kirkenes qui est le but ultime de notre voyage avant de reprendre l'Hurtigruten. Pour cela, nous avons parcouru 5 540 km depuis la Normandie. 5 540 km, on n'imagine pas que le bout de la Terre puisse être si loin ! Quel périple !

Bien peu d'animation dans les rues de Kirkenes ! Comparativement à d'autres, c'est une agglomération importante, qui vivait autrefois de l'extraction du fer et qui s'est reconvertie maintenant dans la pêche au crabe royal et à la réparation navale.

Du fait de l'existence des mines de fer et de la proximité de l'U.R.S.S. Kirkenes à payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation allemande : destructions, pillages, exactions et incendies y ont été particulièrement sévères. S'il n'en reste plus trace, quelques statues ou monuments érigés par les voisins russes sont là pour rappeler ce passé douloureux.

Kirkenes est maintenant devenue une ville d'échanges avec la Russie toute proche. Il y a des objets russes à vendre dans les boutiques, des femmes russes viennent vendre leurs produits au marché hebdomadaire, les plaques de rues et les panneaux de signalisation sont en double affichage dont le cyrillique et dans les boutiques on parle russe couramment. Etrange, nous avons l'impression de déjà ne plus être en Europe !

Nous parcourrons rapidement la ville et visitons un centre commercial, mais les magasins ferment systématiquement à 16 h 30. On a fait des économies !

17 h 00, arrivée au camping de Kirkenes, à 10 km vers l'aéroport. Comme le temps ne varie pas, nous nous installons dans une hutte pour la soirée et la nuit. L'aménagement du terrain est sommaire.

Jour 22 - Ma 07/07/2009 - Kirkenes - Jakobselv - Kirkenes



Ce jour était prévu comme jour tampon, la marge de sécurité pour compenser un éventuel retard qui aurait pu se produire au cours du voyage : une étape qui s'éternise, un ennui mécanique ou autre. Cette journée permettait rejoindre le bateau sans stress et surtout ne pas le rater.

Le planning prévisionnel concocté avant le départ a pratiquement été respecté tous les jours à quelques kilomètres près… Preuve qu'il avait été bien pensé. Nous venons de parcourir 5 540 km sans hâte, sans précipitation, sans traîner non plus. Jamais nous n'avons eu l'impression de perdre notre temps, jamais nous n'avons eu le sentiment de courir contre la montre. Hormis les activités contrariées par la météo dans le Finnmark, nous avons pu admirer tous les principaux sites que nous avions envie de voir sur notre trajet. Bien sûr, nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails, visité tous les musées (en fait, aucun), suivi toutes les manifestations folkloriques, mais nous avons quand même maintenant une vision étendue de la Norvège.

Le Cap Nord était un but que l'on a atteint ; Kirkenes en est un autre où nous sommes aujourd'hui.

Grâce à une si belle organisation, nous nous retrouvons une journée trop tôt à l'embarcadère de l'Hurtigruten, et les occupations paraissant limitées à Kirkenes, nous avons largement le temps de faire une excursion non prévue dans le planning initial.

Quant aux conditions météo, elles n'évoluent guère. Nous n'avons plus vu le soleil depuis l'après-midi du 1er Juillet, la température n'est jamais montée au-dessus de 9°C et le vent du nord souffle continuellement depuis le même soir, il a plu tous les jours. Ce temps désespérément stable dure depuis 6 jours, et ce matin, cela continue… Donc, la journée démarre doucement…

08 h 15, petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, séance de lessive, et un peu de cuisine pour la préparation du pique-nique de midi, rangement et nettoyage de la hytte.

10 h 30, retour à Kirkenes pour se rendre à l'office du tourisme, que l'on avait repéré hier, pour expédier notre mail. Cela se fait rapidement, nous sommes rôdés maintenant à cette pratique. Le clavier Qwerty et les caractères norvégiens n'ont plus de secrets pour nous.

11 h 15, route vers Grense Jakobelv, aux confins de la Norvège. A la sortie d'un rond-point, un immense panneau routier jaune nous indique d'abord en caractères latins et cyrilliques la direction de… Mourmansk. Mourmansk ! 245 km. La destination n'a rien d'exotique, loin s'en faut.

Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se diriger vers Mourmansk… Cela laisse songeur. C'est une fois au pied de ce panneau que nous comprenons que nous sommes vraiment arrivés loin. Encore un pas à faire et nous sommes… en Russie, en Russie ! Que de chemin parcouru depuis Rouen !

A défaut de pénétrer en Russie, (ce que nous est impossible, puisque nous n'avons aucun visa pour le faire), nous allons donc tutoyer la frontière entre les deux pays. 15 km après Kirkenes, nous faisons un léger détour jusqu'au poste frontière de Storskog où nous nous arrêtons. En réalité, à part de grands panneaux bleus multilingues (où il est indiqué "Entrée interdite sauf pour affaires" !), et une échoppe de souvenirs tenue par un Russe, il n'a rien à voir.

Le poste norvégien est lui-même loin en retrait derrière un portail gardé par 2 militaires norvégiens. Pas facile d'accès la Russie ! Quant au poste russe, il est impossible de le voir d'où nous sommes, tant le no man's land doit être important.

Le lieu est hautement symbolique et stratégique. C'est le seul point de passage entre les deux pays. Cet endroit est même vendu comme lieu d'excursion aux passagers d'Hurtigruten en escale. Quelques touristes nous accompagnent, et comme nous, écarquillent les yeux en espérant apercevoir quelque chose d'insolite. Mais rien… L'activité n'y est pas débordante. Visiblement, il n'y a pas beaucoup de volontaires pour passer à l'Est sauf un camion russe qui rentre au pays. Dans l'autre sens, juste une voiture immatriculée en Suisse.

Nous poursuivons sur une petite route tellement fréquentée que des groupes de moutons s'y prélassent au milieu. Puis, nous traversons un vaste plateau, royaume du minéral, camaïeu de larges blocs brun rouge, gris vert, noir, entrecoupés d'une végétation tapissante d’où émergent quelques rares bouleaux qui n'ont guère plus de 1.50 mètre de haut. Quelques lacs gris acier essaient d'animer le décor. Sous le ciel plombé, le paysage est dense, sombre, triste. Un large canyon serpente au milieu de ce plateau, au fond coule la rivière Jakobselv. Pas gai !

Comme au Cap Nord, nous avons ici le sentiment d'arriver au bout du monde, au bout d'un monde. C'est différent, pas tout à fait le bout du monde, mais l'impression d'arriver aux confins non seulement de la Norvège, mais aussi de l'Europe, d'arriver aux confins du monde occidental. La géographie est là, mais il y a aussi le poids de l'Histoire qui influe sur ce que nous ressentons. A quelques kilomètres, c'est l'Est, la Russie, un énorme pays inquiétant, une autre civilisation, d'autres méthodes…

La route se transforme en piste et redescend vers le lit de la rivière Jakobselv qui est à partir d'ici la frontière naturelle avec la Russie. Et maintenant, ça ne rigole plus ! Plusieurs grands panneaux bleus rédigés en norvégien, russe, finlandais et anglais fixent des interdictions strictes. Ce qui déjà, met dans l'ambiance.

Il est interdit :

· De traverser la frontière

· D'avoir des contacts à travers la frontière

· De photographier le personnel militaire russe et les équipements situés en territoire russe

· D'utiliser des téléobjectifs supérieurs à 200 mm et/ou des trépieds

· La pêche dans la rivière ne peut être pratiquée que par des Norvégiens résidant en Norvège

Toute information peut être demandée à la commission de frontière, à la police ou aux gardes frontière

La piste longe maintenant la rivière, et au bout de quelques mètres, les choses se présentent ainsi, un potelet jaune matérialisant le côté norvégien, la rivière Jakobselv, un potelet rayé rouge et vert concrétisant le côté russe. La frontière est l'équidistance ente les deux potelets.

Ceux-ci n'ont pas été plantés au hasard. Conséquence de la seconde guerre mondiale, les frontières entre la Norvège, la Finlande et l'U.R.S.S. ont été rectifiées en 1945. Leur tracé exact à nécessité en son temps la création d'une commission ad-hoc, qui a confirmé contradictoirement chaque point litigieux sur le terrain à l'aide des poteaux, bien mis en évidence et bien entretenus. Apparemment, cette commission est toujours d'actualité.

Nous ne résisterons pas au plaisir de photographier ces poteaux, tant norvégiens que russes (avec un téléobjectif inférieur à 200 mm !), ni de nous faire tirer le portrait près d'un de ces poteaux (norvégien, bien sûr !).

Bien que nous n'ayons rien vu durant notre bref passage, la paranoïa héritée du régime soviétique et la protection de l'espace Schengen font que cette zone est hautement militarisée et doit sans aucun doute être bien surveillée de part et d'autre.

Au fur et à mesure de notre avancée, nous verrons donc quantité de ces potelets sur chaque berge de la rivière. Et de l'autre côté de la Jakobselv, la forêt de bouleaux, les collines noirâtres, c'est la Russie, que nous pourrions presque toucher en tendant le bras tant la rivière est étroite, à peine une trentaine de mètres de largeur. Mais nous sommes bien prévenus, nous n'allons pas nous y risquer.

La conjonction des mises en garde, de la configuration des lieux, de l'austérité du paysage confèrent à cette zone une atmosphère pesante et quelque peu angoissante. Même si ce n'est pas flagrant, il s'en dégage une ambiance particulière, sinistre et inquiétante. Cela est sans doute très subjectif, mais la région n'est pas neutre.

13 h 15, nous arrivons au hameau de Grense Jakobselv, au pied de la chapelle que le roi Oscar II (de Suède-Norvège), fit édifier en 1869 pour (déjà) servir de bastion spirituel contre l'influence orientale et servir d'amer aux pêcheurs des 2 pays qui (déjà) se querellaient sur les zones de pêche.

Ambiance : côté norvégien, une haute colline couronnée d'installations militaires, un estuaire sablonneux et bosselé recouvert d'une végétation rasante, des potelets jaunes bien alignés le long d'une longue plage complètement close, la masse noire des collines russes avec blockhaus, radars et miradors, puis vers le large, l'étendue de la mer de Barents… Nous voilà face à la mer de Barents, face à l'océan Glacial Arctique… Ce ne sont pas des noms qui invitent à l'exotisme !

Quelques mètres encore, nous parvenons à une petite plage battue par le vent, encadrée de gros rochers gris frappés par le violent ressac de la mer de Barents.

Cette fois-ci, nous avons atteint l'extrême limite de ce qu'il était possible d'atteindre, nous ne pouvons plus aller plus loin. Kirkenes, la Russie, la mer de Barents, l'océan Arctique… Des noms qui ne nous sont pas ordinairement familiers… Nous sommes bien parvenus au bout du Monde !

17 h 45, retour au camping de Kirkenes, mais cette nuit nous dormirons dans l'Espace. 19 h 00, dîner dans la salle commune, quelque peu squattée par 3 couples d'allemands, les places sont chères ! Comme à l'accoutumée, la cuisine est fort bien équipée : dans un tiroir, il y a même les couverts à disposition… C'est la Norvège !

Dans les rues de Kirkenes - Le bout du bout... La mer de Barents

A suivre...

1ère Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie

Itinéraire de quatre semaines au Rajasthan
by Boullette · 2010-08-18 · 16 replies
Bonjour à tous, ça y ai je croix que l'on s'est enfin décidé sur notre voyage prévu entre mi octobre mi novembre (4 semaines) je vais pouvoir enfin mettre un pied en Inde... et plus précisément au Rajasthan. Je viens de lire pas mal de discussions et une question me turlupine... beaucoup de gens prennent un chauffeur pour leur circuit, est ce vraiment nécessaire ou pouvons nous nous débrouiller seul (sans trop se prendre la tête). J'ai lu aussi que beaucoup réserve à l'avance les trajets en train ???? En fait j'ai toujours eu l'habitude en voyage de voir au jour le jour (sans non plus être bloqué pendant des jours fautes de transports), donc réservation de France ou réservation en gare ? D'ailleurs connaissez vous le tarif du train car je trouve que la location de voiture n'est pas cher du tout (environs 30 euros/jour essence compris) et comme nous sommes 3... a voir (avez vous un site pour les liaisons en train)

Encore une question j'ai commencé à élaborer un pseudo trajet qu'en pensez vous (un peu touristique non ???) DELHI 2 jours: Red Fort, Jama Masjid MANDAWA & BIKANER 1 jour : Mandawa, Junagarh JAISALMER & DESERT 2 jours : Jaisalmer, Desert JODHPUR 1 ou 2 jours : Vieille Ville, Meherangarh UDAIPUR & RANAKPUR 2 jours : Le Lac, Ranakpur PUSHKAR & AJMER 1 jour: Le Lac JAIPUR 2 jours : City Palace, l'Observatoire, Le Fort d'Amber FATEHPUR SIKRI sur la route : Palais, Jama Masjid AGRA 2 ou 3 jours : Taj Mahal, Le Fort d'Agra KHAJURAHO 1 ou 2 jours :Temples, Kama Sutra VARANASI (BENARES) 2 ou 3 jours:Dasaswamedh Ghat, Vishwanath Temple

Merci pour toutes les réponses que vous pouvez me donner
Une nouvelle parmi vous
by Adelinedu59 · 2010-08-13 · 16 replies
Merhaba !

Me voici arrivée ici comme par .. "hasard". Je me présente 🙂 Je m'apelle Adeline, j'ai 16 ans, je passe en terminale L et j'habite dans le Nord de la France.

Je suis issue d'une fratrie de 4 enfants et je suis la seule à avoir en moi cette envie de bouger, mes frères et soeurs sont très sédentaires et ce mode de vie ne me correspond absolument pas. J'ai soif de voyage ! Depuis toute petite je m'émerveille devant les catalogues, ou encore devant des émissions telles qu'Ushuaïa Nature. Lorsque je suis sur l'ordinateur, je n'écoute que des radios étrangères. Le Nord de la France commence à me peser et j'ai hâte de le quitter.

Je suis plus particulièrement attirée vers un pays: La Turquie, je suis très amoureuse de cette terre, de la culture, de l'Orient, de leur sens du partage .. Je ressens un tel bien être dans ce pays ! C'est inexplicable ..J'y suis allée uniquement deux fois mais je compte bien y retourner et pourquoi pas y vivre quand je serais adulte..?

Mais j'ai quelques petites questions.. - J'aurais aimé passé un an de mes études à l'étranger, mais je pense qu'il est trop tard, qu'en pensez vous ?

- L'été prochain ma mère part à l'aventure en Grèce avec une copine sans moi (Et oui je serais en plein écrit de bac ! ) Donc j'aimerais partir par mes propres moyens, j'aurais aimé bosser dans un job humanitaire ou quelque chose du genre, je connais le projet zellidja , projects-abroads , AFS vivre sans frontière .. Est-ce un rêve possible ?

En attente de réponses, la bise 🙂
Avis sur parcours d'un mois à deux en individuel en Chine
by Kevo · 2010-08-10 · 55 replies
😉 Nous préparons à 2 notre premier voyage en Chine sur 1 durée de 1 mois environ en individuel (sauf petit séjour de 3 jours à Hong Kong il ya 10 ans).Nous nous déplacerons essentiellement en train Nuit/Jour voir en Bus.

J'ai préparé déjà un parcours (première version), j'aurai besoin de savoir si cela tient la route par rapport à la durée du voyage et durée des étapes? Trop longues ou trop courtes?, des étapes à enlever ou rajouter?.J'aurai aimer voir le barrage des trois gorges dans le Hubei mais le temps?????.

J'attends votre avis et suggestions pour ceux l'ayant fait en individuel (par leurs propres moyens)😏

le parcours :

Samedi 03/09/2011 Départ pour Pekin

Dimanche 04/09/2011 Arrivée à Pekin

Lundi 05/09/2011 Pekin

Mardi 06/09/2011 Pekin

Mercredi 07/09/2011 Pekin

Jeudi 08/09/2011 Chengde

Vendredi 09/09/2011 Chengde

Samedi 10/09/2011 Datong

Dimanche 11/09/2011 Datong

Lundi 12/09/2011 Wutaishan

Mardi 13/09/2011 Wutaishan

Mercredi 14/09/2011 Pingyao

Jeudi 15/09/2011 Pingyao Vendredi 16/09/2011 Xi’an

Samedi 17/09/2011 Xi’an

Dimanche 18/09/2011 Shanghai

Lundi 19/09/2011 Shanghai

Mardi 20/09/2011 Shanghai

Mercredi 21/09/2011 Suzhou + région

Jeudi 22/09/2011 Suzhou + région

Vendredi 23/09/2011 Hangzhou

Samedi 24/09/2011 Hangzhou + Wuzhen

Dimanche 25/09/2011 Hangzhou + Wuzhen

Lundi 26/09/2011 La montagne Jaune(Huang Shan)

Mardi 27/09/2011 La montagne Jaune(Huang Shan)

Mercredi 28/09/2011 La montagne Jaune(Huang Shan)

Jeudi 29/09/2011 Guilin

Vendredi 30/09/2011 Guilin

Samedi 01/10/2011 Retour à Pekin ou Shanghai

Dimanche 02/10/2011 Départ pour Paris

Australie: 4x4, randonnées, plongées et "wilderness"
by Krikri6792 · 2010-08-04 · 93 replies
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en Australie (30 mai au 5 juillet 2010)... de Darwin à Perth, en passant par les parcs nationaux du Top End, du Kimberley, du Pilbara et de la côte occidentale.

Au programme : 4X4, randonnées, plongées et wilderness.

La version complète avec davantage de photos est ici :

sites.google.com/...euxvoyagesaustralie/

Bonne lecture à tous !



Présentation

L’Australie, on y pensait depuis plusieurs années déjà !

Dès 2006, j’ai acheté un guide. Après l’avoir parcouru, je l’ai abandonné sur une étagère, n’ayant pas réussi à surmonter le dilemme qui se pose à tout voyageur vers ce pays-continent : par où commencer ? J’ai fini par renoncer à ce géant.

Mais, cette année, c’est décidé ! On a envie de pistes, de grands espaces sauvages, d’outback… c’est l’Australie qu’il nous faut ! Je décide de prendre le problème à bras-le-corps afin de déterminer le meilleur itinéraire. Pas facile !

Après avoir parcouru mon forum de voyages préféré (merci à Nomad74, Nuggets et Platypup) et compulsé le fameux guide, quelques sites me paraissent vite incontournables. Je les mets en tête de liste : Kakadu NP, Katherine Gorge et le Kimberley.

Mais ensuite ? Faut-il y ajouter le Centre Rouge… et/ou la barrière de Corail… et/ou la côte occidentale ? Après réflexion et contrairement à la majorité des touristes européens (et pour ne pas faire comme tout le monde !), nous décidons de zapper le Centre Rouge … tant pis, ce sera pour une autre fois. Quant à la barrière de Corail uniquement accessible en bateau et architouristique, nous lui préférons une petite barrière proche de la côte (occidentale) accessible à la nage : Ningaloo Reef.

A partir de là, le parcours devient très clair : départ Darwin, retour Perth en passant par Kakadu NP, Katherine Gorge, le Kimberley par la Gibb River Road avec une extension au sud vers les Bungle Bungle et au nord vers Mitchell Plateau, puis Broome, Karijini NP, Coral Bay et Cape Range, Shark Bay et Cape Peron, Kalbarri NP, Yanchep NP et Pinnacles Desert.

Afin d’allier confort et wilderness, nous choisissons d’alterner l’hébergement en hôtel ou B&B quand c’est possible et le camping sous tente dans les coins les plus reculés. Pour nous permettre de rouler sur les pistes de l’outback et de traverser des gués, nous optons pour la location d’un solide 4X4 équipé d’un snorkel. Afin d’adapter le parcours avec un maximum de liberté, nous ne réservons que quelques hôtels, avec une option d’annulation. Seul le séjour de cinq nuits à Coral Bay est réservé de façon ferme.

Prévision : plus de 6000 kilomètres en cinq semaines.

Juin nous paraît être une bonne période : c’est certes l’hiver mais dans le nord tropical, c’est la saison sèche, il devrait faire beau et chaud puis de plus en plus frais en allant vers le sud.

A partir du début du mois de mai, je commence à surveiller la météo et les conditions d’ouverture des parcs nationaux après la saison des pluies censée se terminer en avril. Pas de chance, cette année, non seulement la pluie perdure dans le Top End mais certains parcs du Kimberley qui avaient ouvert début mai sont à nouveau fermés mi-mai en raison d’un important épisode pluvieux inhabituel en cette saison. A la veille de notre départ, la plupart des sites concernés ne sont toujours pas rouverts. Alors… wait and see !

Autre désagrément de dernière minute : la British Airways qui opère nos vols Paris – Londres et Londres – Singapour prévoit un mouvement de grève de son personnel de bord entre le 25 mai et le 9 juin. Notre vol Paris – Londres est finalement annulé mais la compagnie nous reporte sur le vol précédent. Résultat : deux heures d’attente de plus à Londres et en tout un voyage de plus de vingt-sept heures.

Notre parcours

Vingt-sept heures de voyage et premières impressions

J1 & 2 : Dim 30 & Lu 31/05/10

C’est vraiment très chargés que nous nous présentons au comptoir d’enregistrement de la British Airways à Roissy : 45,4 kg sur les 46 kg autorisés pour nous deux, cinq bagages en tout dont une tente « deux secondes » plus un bagage à main de près de 10 kg chacun. La BA étant réputée pour perdre souvent des bagages, nous avons prévu des vêtements de rechange dans notre sac. D’ailleurs ce n’est sans doute pas pour rien que l’hôtesse au check-in nous précise de vérifier à Londres si nos bagages apparaissent bien dans le système (informatique).

C’est donc la première démarche que nous nous empressons d’effectuer en posant le pied à Heathrow. Derrière son comptoir, l’employé nous annonce qu’ils n’y sont pas ! Ils sont probablement restés à Paris (?).

Oh ! Non, pas de chance ! Une heure avant notre vol suivant, il nous confirme qu’ils ne sont toujours pas visibles dans le système.

Alors c’est un peu fébriles que nous nous présentons treize heures plus tard au comptoir d’enregistrement de Jetstar qui opère notre dernier vol, Singapour – Darwin.

Des bagages, toujours pas de trace. En revanche, pour nous délivrer nos cartes d’embarquement, l’hôtesse nous demande nos visas. Des visas ? Quels visas ? Il faut un visa pour l’Australie ? Je tombe des nues et, incrédule, j’extirpe mon guide du fin fond du sac. Eh ! oui, au chapitre « Visas », j’apprends qu’il faut une « autorisation électronique de voyage » = ETA, le pendant de l’ESTA américaine. J’en ai pourtant lu des tonnes avant de partir mais ce chapitre-là m’a complètement échappé et à aucun moment, ni la compagnie aérienne, ni l’agence en ligne (celle avec trois O) n’a attiré notre attention sur cette obligation.

Heureusement, au point Internet voisin, quelques clics suffisent pour obtenir le fameux sésame… en principe… car pour moi, ça marche illico mais pour Hervé, rien à faire ! Il a fallu l’intervention d’une responsable de la compagnie aérienne pour persuader les services de l’immigration de bien vouloir le laisser partir ! Pour un peu, je partais seule en Australie !

Voilà un premier épisode qui se finit bien. Le suivant se déroule devant le tapis à bagages à Darwin. Quel ne fut notre étonnement de voir arriver un, puis deux, puis trois, quatre et cinq bagages. Hourra ! Nos vacances vont pouvoir enfin commencer !

J3 : Mar 01/06/10

Après toutes ces heures de voyage de nuit, on a hâte de voir le jour. Mais il faut patienter encore un peu, car il est 4 h 30 du matin. Requinqués par un cappuccino extra-fort, nous piaffons d’impatience dans l’aérogare et tentons de tuer le temps jusqu’aux premières lueurs du jour.

A 7 h 30, un taxi nous dépose devant les bureaux de Britz. Le temps de remplir les papiers (en précisant bien quelles pistes nous prévoyons d’emprunter) et de visionner un DVD nous présentant les subtilités de notre véhicule, nous voilà prêts à réceptionner le carrosse : un 4X4 Toyota Land Cruiser, boîte manuelle, 140 554 km au compteur, équipé d’une glacière électrique et d’un snorkel, un véhicule dans lequel nous entassons nos 60 kg de bagages.

Les premiers instants de conduite sont hésitants : attention à bien rouler à gauche, à ne pas confondre clignotantessuie-glace et à bien passer les vitesses de la main gauche. Une véritable rééducation !

En route vers l’est et les parcs de Kakadu et Mary River. Les traditionnelles premières courses sont faites à la sortie de Darwin : notre glacière électrique va bien nous simplifier les choses, nous la remplissons à ras bord de fruits, légumes et produits frais pour plusieurs jours.

Comme nous sommes un peu en avance sur notre planning, je propose de faire notre pause du midi vers Fogg Dam, une réserve naturelle fréquentée par une multitude d’oiseaux aquatiques.

Mais de la réserve nous n’aurons qu’un bref aperçu car en voulant déballer le matériel de pique-nique, je m’aperçois qu’un des sacs (celui contenant tout le matériel de camping) a été oublié chez le loueur. Il n’y a plus qu’à faire demi-tour et un aller-retour de 120 km. Quelles têtes de linotte !

Une fois le sac récupéré, nous pouvons enfin poursuivre sur Arnhem Hwy dans des paysages mêlant eucalyptus et pandanus. Nous découvrons aussi les premières termitières géantes au bord de la route.

Mais bientôt nous quittons la Highway pour emprunter la petite route du Point Stuart, et après avoir jeté un œil à la Mary River au bout de la piste de Rockhole, notre première journée s’achève au Point Stuart Wilderness Lodge.

Perdu au beau milieu des billabongs, le lodge n’est guère fréquenté à cette période, pas plus de trois chambres occupées, mais sur les pelouses, en revanche, il y a du monde… des dizaines de wallabies qui détalent comme des lapins dès qu’on les approche. Dommage !

Au dîner, je goûte la spécialité dede la région, le barramundi, un poisson de rivière à grandes écailles, alors qu’Hervé préfère un classique « scotch filet » qu’il va vite regretter.

Après ça, au lit de bonne heure car on a quelques heures de sommeil à rattraper !

Mistake Billabong

Kakadu Ubirr Rock

J4 : Me 02/06/10 Il faut croire que nous sommes vraiment décalés : après un petit déjeuner en pleine nuit à 2 heures du matin, nous refaisons un petit somme. Alors quand le jour se lève (ici, il se lève à 7 heures), nous partons directement explorer la forêt humide derrière le lodge.

Jimmy Creek Trail nous emmène dans une jungle impénétrable, peuplée d’oiseaux mais aussi de quelques beaux spécimens d’arachnides. Par précaution, Hervé agite sa casquette devant lui pour éviter les toiles et leurs occupantes.

Après cette petite balade matinale et un deuxième petit déjeuner, il est temps de prendre la route en direction du parc national de Kakadu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour des critères naturels et culturels.

Forêt humide, plaines marécageuses et savanes boisées se succèdent.

Mais déjà un stop… car on a aperçu des oiseaux ! Le premier est un Galah, Cacatua roseicapilla, un cacatoès rose et gris endémique d’Australie, notre favori… l’autre un cacatoès à huppe jaune Cacatua galerita, très répandu dans le nord du pays !

Le but du jour est de rallier Ubirr Rock en fin de journée, 186 kilomètres.

A l’entrée du parc, nous sommes tout étonnés de ne voir aucune guérite. Nous achetons sagement nos pass (25 AUD/pers. valable 14 jours) au Kakadu Resort, voisin de l’entrée. Entre nous soit dit, ils ne nous seront jamais ni réclamés ni vérifiés.

C’est également là que sont disponibles les mises à jour concernant les sites ouverts. Comme je le craignais, Mamukala Trail, prévu ce matin, n’est pas accessible. Je décide de le remplacer par Gungarre Walk (3,6 km) qui traverse la forêt derrière le resort et aboutit à un plan d’eau, un billabong comme on l’appelle ici, recouvert d’une mer de nénuphars… pas exceptionnel !

A présent, cap encore plus à l’est vers le mythique Ubirr Rock. En quittant la Highway pour la petite Oenpelli Road, on imagine bien à quoi doit ressembler le parc pendant la saison des pluies. A Magela Crossing, l’eau passe sur la route et toute la zone a encore les pieds dans l’eau ! En fait, il ne fait sec que depuis quelques jours.

Pourtant, peu après ces plaines marécageuses, se dresse devant nous l’escarpement de la Terre d’Arnhem, une majestueuse ligne de falaises de grès culminant par endroits à 200 mètres. La route s’arrête en cul de sac au pied du rocher d’Ubirr, un affleurement isolé, mondialement réputé pour ses galeries d’art aborigène.

Nous découvrons une à une ces merveilles.

Puis nous grimpons au point de vue de Nardab où s’offre à nous un panorama à 360° sur les plaines inondables environnantes.

Là, nous attendons tranquillement le coucher de soleil.

A force de nous attarder, nous oublions qu’ici la nuit tombe vite après le coucher du soleil. Nous n’avons que quelques kilomètres à parcourir jusqu’au camping de Merl mais déjà il fait nuit.

Nous nous arrêtons au premier emplacement disponible et plantons la tente en deux secondes… qui nous paraissent être une éternité tant les moustiques nous assaillent. Nous ne trouvons pas d’autre issue que de nous réfugier sous la toile… sans même dîner… d’ailleurs, tout ça nous a coupé l’appétit !

Mais alors qu’Hervé finit par s’endormir à poings fermés, je dresse l’oreille au moindre bruit : les rires des voisins, le claquement de porte d’un camping-car, l’envol d’un oiseau, les bonds d’un kangourou, le frôlement d’une feuille… sans compter la chaleur… Bref, je ne parviens pas à fermer l’œil de la nuit !

Ubirr Rock Art

Kakadu : Nourlangie Rock

J5 : Jeu 03/06/10

Après cette nuit blanche et toujours sous le coup du décalage horaire, je suis assez vaseuse ce matin. Les moustiques nous attendent au tournant et dès qu’on sort la tête de la tente, ils sont là. Pas question de s’attarder ! Nous replions notre toile en un peu plus de deux secondes… et des centaines de moustiques avec ! Dire qu’il y en a encore autant qui sont arrivés à s’introduire dans le 4X4 !

Pas question d’envisager quoi que ce soit avant d’avoir acheté une bombe insecticide pour lutter contre ce fléau. Détour par le supermarché de Jabiru. La bombe en main, on va pouvoir réellement démarrer la journée.

Jim Jim Falls et Twin Falls, initialement prévues, font partie des sites encore inaccessibles en raison des intempéries récentes, leur ouverture prévue début juin a été repoussée à la première quinzaine de juillet.

Ayant fait le deuil des fameuses chutes, nous nous dirigeons vers Nourlangie Rock à 62 km du camping. Cette masse longiligne de grès rouge strié d’orange, de blanc et de noir, émerge des forêts environnantes pour tomber d’un côté en falaises escarpées, au pied desquelles se trouve un autre site d’art aborigène très connu.

Nous aurions pu nous contenter de voir les galeries de peintures rupestres au bout d’un court sentier asphalté mais on avait envie de quelque chose de plus consistant. Qu’à cela ne tienne, Barrk Walk suit l’avancée rocheuse à sa base sur 12 kilomètres en six heures d’après notre documentation. La randonnée est censée s’adresser à un public « fit and well prepared » et il vaut mieux la commencer avant 10 heures du matin.

Nous avons tout faux car je ne suis pas sûre que nous soyons au top côté forme… et en plus, il est déjà plus de 10 h 30 quand, enfin, nous quittons le parking.

D’abord un coup d’œil aux peintures !

Puis la grimpette commence, raide dans un éboulis rocheux où on manque à chaque pas de se tordre une cheville. L’avancée est lente et pénible : aurions-nous présumé de nos forces ? J’ai l’impression de faire du sur-place et je n’en vois plus la fin.

Sous la falaise ombragée à laquelle s’accrochent quelques pandanus téméraires, nous goûtons à un peu de fraîcheur tout en admirant la vue.

A l’horizon, on devine de la fumée : le feu est un élément déterminant pour régénérer la végétation.

Nous sommes à présent sur le plateau, partout autour de nous des rochers… un air de déjà vu… Chiricahua NP (Arizona USA) peut-être ? Avec les pandanus en plus !

Balanced Rocks ?

Elephant Rock ?

A mi-parcours, on domine toutes les terres basses et la forêt à perte de vue ! Dire qu’il va falloir redescendre tout ça… et nous sommes encore loin !

Heureusement après avoir atteint le pied de la falaise, un sentier plat et facile nous permet d’accélérer le rythme et c’est une véritable autoroute qui nous ramène au point de départ… après un ultime détour par Nanguluwur Gallery.

Avouons que seul Hervé s’y rend. Alors qu’il y a à peine 300 mètres A/R entre le chemin et la galerie, je comprends qu’il y a 3 kilomètres, ce qui me paraît au-dessus de mes forces, je préfère m’économiser pour la fin du retour.

Dommage… car il y a là quelques belles fresques, certaines anciennes, d’autres plus contemporaines.

Bon, finalement nous serons de retour à la voiture avant 15 heures… soit seulement quatre heures trente (au lieu des six heures escomptées)… pas mal pour quelqu’un qui n’a pas fermé l’œil de la nuit ! A croire que les Australiens comptent très largement leur temps de randonnée. C’est bon à savoir !

Le trajet jusqu’au Gagudju Lodge à Cooinda (35 km) se fait au radar ! Nous avons, tous les deux, du mal à garder les yeux ouverts et arrivés à l’hôtel, nous n’avons plus la force de quitter la chambre, même pas pour la très belle piscine !

D… O… D… O !

Nourlangie Rock Art

Kakadu : Gubara Pools et Yellow Water Cruise J6 : Ve 04/06/10

Voici Koolpin Gorge, uniquement réservée à une quarantaine de personnes par jour, munies d’un permis. Ce permis, nous l’avons… pour aujourd’hui… mais hélas, l’accès à cette gorge est toujours fermé. L’ouverture prévue fin mai a été retardée de plus d’un mois, le site ouvrira le 19 juin. A cette date, nous étions loin ! Une nouvelle fois, il faut adapter nos activités.

Notre hôtel se trouve à proximité du Yellow Water Billabong et une croisière sur ce plan d’eau est considérée comme un point fort d’une visite du Kakadu. La plus matinale (à 6 h 30) est sans doute la plus propice pour observer les oiseaux en pleine activité, mais honnêtement ce matin, nous n’avons pas le courage de nous lever aux aurores.

Parmi les autres horaires proposés, nous réservons celui de 16 heures afin d’assister du même coup au coucher du soleil. Cela nous laisse le temps de faire autre chose jusqu’au milieu de l’après-midi.

Pas énormément de choix dans les destinations, il faut faire avec ce qui est ouvert. Je propose de retourner dans le même secteur qu’hier, sauf qu’à cinq kilomètres de Nourlangie, il faut prendre la direction de Gubara Pools.

Au bout d’une piste facile de neuf kilomètres, truffée de quelques nids-de-poule bien signalés, un sentier de 3 kilomètres serpente dans un environnement vert tendre !

Et au bout… plusieurs bassins bien ombragés dans la forêt humide ! Personne… jusqu’à ce que je me retourne : « Oh ! C’est quoi, ça ? » Un très beau varan nous fait face !

Soudain, l’animal plonge dans le bassin et refait surface avec un poisson qu’il déguste sous nos yeux, puis une fois repu, se repose sur un rocher.

J’ai moi aussi une furieuse envie de me tremper. Un panneau indique que la baignade n’est pas interdite mais signale néanmoins la présence possible de crocodiles d’eau douce. Alors je me tâte : y vais-je ou pas ?

Finalement, j’y vais… pendant qu’Hervé surveille les crocos. L’eau est délicieuse.

Nous restons à flâner au bord de l’eau jusqu’à la mi-journée goûtant une relative solitude partagée avec deux autres couples. Sur le chemin du retour, bien qu’étant en hiver, nous sommes étonnés de voir autant de fleurs.

La galerie d’art aborigène que j’ai loupée hier n’est qu’à 1,7 km de la piste, alors nous faisons le détour afin que je puisse admirer le fameux trois-mâts… et cette drôle de « Lighting Women ». La photo n’est pas à l’envers… c’est la dame qui a la tête en bas !

En revenant à l’hôtel, nous avons tout juste le temps de profiter de la belle piscine avant la croisière de deux heures sur Yellow Waters à 16 heures.

Le point de rendez-vous est devant l’hôtel. C’est un minibus haut sur pattes qui nous conduit sur les lieux pourtant à peine éloignés d’un kilomètre mais, ici aussi, l’eau passe toujours sur la route et les parkings sont inondés. L’ouverture du boardwalk n’est pas prévue avant début juillet.

Le bateau, une sorte de bateau-mouche, glisse sur les eaux calmes miroitant dans une belle lumière à travers les marécages… le décor est planté !

Déjà un crocodile de mer (Crocodylus Porosus) se montre !

De plus près ! Bad look !

Repu sur la berge !

Cet aigle marin, un Pygargue blagre (Haliaeetus leucogaster) vient de se faire attaquer en vol par d’autres oiseaux à qui il venait de subtiliser un oisillon. On ne l’aperçoit pas sur la photo, mais il tient sa proie entre ses serres. Le même… à contre-jour!

En s’approchant du bord, des centaines de canards (Dendrocygna eytoni) caquettent… On se croirait dans une basse-cour !

Une oie semi-palmée (Anseranas semipalmata) atterrit au sommet d’un arbre… alors que des jabirus (Ephippiorhynchus asiaticus) ont fait leur nid sur l’arbre voisin.

Le guêpier arc-en-ciel (Merops ornatus) est rayonnant !

Un Anhinga australien, une sorte de cormoran à long cou (Anhinga melanogaster novaehollandiae) pêche en direct et remonte un poisson qu’il dévore devant nous !

Le Jacana à crête (Irediparra gallinacea)est tellement léger qu’il peut sans problème marcher sur l’eau de feuille en feuille.

Voici les fameuses fleurs et feuilles de nénuphars !

Cette croisière reposante et instructive tire sur sa fin. Le bateau s’immobilise au cœur du billabong pour le spectacle final du coucher de soleil ! Vraiment à recommander !

Deuxième nuit au Gagudju Lodge à Cooinda.

Yellow Water Cruise

Kakadu : Gunlom Falls & Pools J7 : Sa 05/06/10

Avant de quitter le parc par le sud en direction de Pine Creek puis de Katherine, consacrons une partie de la journée à un dernier site du Kakadu, en l’occurrence Gunlom Falls & Pools, où a été tournée une scène du célèbre film Crocodile Dundee.

Engagés sur la Kakadu Hwy de bon matin, nous ne tardons pas à traverser le pont sur South Alligator River, une large rivière recouverte de brume. Les Aborigènes n’appellent-ils pas cette période allant de mai à mi-juin « Yekke », la saison des brumes ?

Vues de part et d’autre du pont.

Puis la route, sur les 93 kilomètres suivants, nous livre un paysage de bush, dans lequel se dressent de nombreuses termitières.

Les chutes de Gunlom se méritent, elles se trouvent à l’extrémité d’une piste poussiéreuse (gravel road) de 37 kilomètres. En plus, pour atteindre les piscines naturelles, un ultime effort est nécessaire pour parcourir le dernier kilomètre jusqu'au sommet des Falls

Ça y est ! On y arrive enfin !

Pas d’hésitation ! Après cette grimpette, on est mieux dans l’eau. Et les crocodiles ? Après la saison des pluies, les rangers contrôlent les bassins avant de les ouvrir aupublic, en y installant des pièges, mais on ne peut jamais être assuré à 100 % qu’il n’en reste pas. La baignade se fait toujours à ses propres risques.

Comme les autres baigneurs, on prend le risque ! La piscine à débordement est un vrai régal !

En remontant le cours d’eau, d’autres piscines toutes aussi belles se dévoilent. La fin de matinée passe à lézarder sur les rochers.

En début d’après-midi, le voyage se poursuit vers Katherine, 170 km, soit deux bonnes heures de route.

A la sortie du parc, une termitière retient tout particulièrement notre attention.

A Pine Creek, nous retrouvons la Stuart Highway qui relie Darwin à Alice Springs mais la vitesse maximale autorisée est la même sur toutes les routes du Territoire du Nord, soit 130 km/heure. Avec notre tacot, nous ne dépassons pas souvent les 100 km/heure… nous prenons notre temps et une conduite économique permet de sauver quelques dollars !

A Katherine, nous avons réservé une nuit au All Seasons Hotel, un hôtel de la chaîne française Accor : un excellent rapport qualité/prix pour ce motel sans prétention, situé un peu à l’écart du centre, proposant toute la gamme des services : piscine, tennis, laverie, restaurant, espaces pour barbecue… et même camping. Pour le restaurant, inutile de chercher bien loin, ce sera celui de l’hôtel. Nous demeurons fidèles au barramundi local… honnête… mais le service est lent, même en vacances.

Gunlom Pools

Nitmiluk (Katherine Gorge) : Smitt’s Rock... A SUIVRE !
Quelle est la mentalité des Québécois?
by Registoubkal · 2010-07-26 · 405 replies
Bonjour,

Je ne connais absolument pas l'Amérique du nord, et j'aimerai, un jour, visiter le Canada. En particulier le Québec. Je rêve de voir l'été indien... Mais, au Québec, j'imagine surtout rencontrer des gens décontractés, "cool", avec une certaine convivialité... Je crois qu'il y a aussi le tutoiement spontané ?!?

La mentalité est-elle bien différente par rapport à celle en France, en Europe ?

Je sais qu'il y a énormément de québecois sur le forum, je pense que je serai bien renseigné.

Merci !
Quelle destination choisir en Europe pour les températures les plus agréables en été: France, Allemagne, Angleterre ou autre?
by Mousseliine · 2010-07-26 · 43 replies
Je pense à nos prochaines vacances, été 2011, et pourquoi pas l'Europe on n'y est jamais allé.

Je me demande quelle destination choisir pour les températures les plus agréables (pas de canicule ou de chaleurs extrêmes... d'ailleurs j'ai abandonné mon idée de la Thaïlande en égard à la chaleur) et pour des attractions qui peuvent intéressées toute la famille... autant les parents que les enfants... musées-un peu et beaucoup de nature.

Pour un séjour de 2 à 3 semaines.
Voyage de vingt jours jours aux Lofotens à vélo
by Sylvain34800 · 2010-07-25 · 20 replies
Bonjour à tous,

J'ai prévu d'arriver le 13 Aout sur Bodo pour passer environ 20 jours sur les Lofotens. J'ai déjà pas mal parcouru toutes les discussions concernant les Lofotens, mais je me pose encore quelque questions :

- A ce que j'ai compris, la vélo serait un moyen vraiment sympa de visiter les Lofotens (je comptais faire ça au départ). Je compte prendre le ferry de Bodo/Svoalver, puis redescendre les Lofotens jusqu'en bas. Est-il plus judicieux de louer des vélo par exemple sur Bodo et ensuite de les ramener à mon retour (via Moskenes/Bodo), ou vaut-il mieux les louer a Svoalver par exemple? En admettant qu'on puisse louer (déjà?) des vélo sur Svoalver et les rendre dans les Sud des îles? Je demande ça question de budget notamment? Quelqu'un aurait une idée des prix de loc à la semaine ou 2 semaines par exemple? Moins cher sur Bodo ou sur les Lofotens?

- Au niveau camping, on en trouve vraiment "partout", ou est ce que le camping sauvage doit-être envisagé si on est en vélo? (je demande ça par rapport au matos à prendre dans le sac). Je veux dire peut-on rallier tous les soirs facilement un camping? Un idée du prix moyen des camping sur les Lofotens? (question de budget) ;-)

Enfin dernière question, selon vous est-il plus intéressant de louer un vélo pour 2 semaines afin de se déplacer sur les îles ou alors plutôt de faire marche/stop/rando et de temps en temps louer un vélo quand on voudrait faire un trip en vélo? Car je n'ai pas franchement envi de louer une voiture (...), mais je voudrais pouvoir facilement me déplacer à ma guise sur les îles sans être contraint par les horaires de bus ou les voitures qui passe pour le stop!!?

Merci d'avance pour vos réponses Sylvain
Polynésie-Française: Air Tahiti Nui demande l'Esta même si on a le visa
by Colysee · 2010-07-24 · 59 replies
Je viens d' avoir ATN au Téléphone qui me confirme que l'ESTA est demandé à tous les passagers y compris ceux qui ont le visa... Je suis surprise J' ai demandé l 4 esta pour mon mari J' ai un visaa valble jusqu' en 2016 Est ce nouveau spécifique à ATN J ai entendu dire qu' il ne fallait pas demander les 2

Merci Quelle la position des autres compagnies desservant la PF via LAX
Chaleur et exposition universelle à Shanghai en août?
by Julyye · 2010-07-17 · 26 replies
bonjour, je me permets de vous écrire parce que je m'inquiète. j'ai prévu de partir une semaine à shanghai mi août pour visiter la ville, et l'expo universelle. je lis partout que la chaleur est écrasante. Est il quand meme possible de faire du tourisme ou devrais je m'abstenir? Quelqu'un a t-il visité l'expo cet été? qu'en avez vous pensé? (petite précision je suis architecte) en vous remerciant
Traversée du Niger à Koulikoro, Mali
by Jlmg · 2010-07-16 · 27 replies
Bonjour, l'un de vous as t-il traversé le Niger (sur un bac) en voiture a cette ville cela permet d'éviter de traverser Bamako pour aller sur Ségou. merci jlmg
Moscou: transfert entre l'aéroport Domodiedovo à l'hôtel Cosmos?
by Jeanjean18 · 2010-07-07 · 14 replies
Je dois me rendre à Moscou le 21 juillet.2010 avec des amis. Nous allons être 6 adultes pour aller de l'aéroport Domodedovo à l'hotel Cosmos , 150 Mira Prospect, un peu au Nord de Moscou. Je suis un peu perdu pour trouver d'abord un minivan 6 places, on dirait qu'il n'est pas en location. Si non, connaitre le moyen le moins cher pour se rendre à l'hotel Cosmos. Impossible d'avoir des renseignements par l'hotel et il me semble que les prix des navettes et des taxis soient exhorbitants. Merci pour votre aide.

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