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Préparation Transat MSC Musica Caraïbes vers Venise le 5 avril 2015
by Rcoucou · 2014-10-15 · 687 replies
Bonjour

nous avons réservé avec des amis pour une transatlantique de 25 nuits 1J Romana = embarquement 2J Road Town (iles vierges britanique) 3J St John's (St Martin) 4J Fort de France (Martinique) 5J Castrie (StLucie) 6J Point a pitre (Guadeloupe) 7J Roseau >(escale à découvrir) 8J Bridgetown (Barbade) 9J à 14J en mer

15J Funchal Madère ( excursion MSC offerte) 16J en mer 17J Malaga (Espagne) 18J en mer 19J Palma de majorque (Baléares) 20J en mer 21J la Valette Malte (excursion offerte ) 22J Corfou 23J Kotor > (escale à découvrir) 24J Dubrovnik > ( excursion MSC offerte) 25J Koper > (escale à découvrir) 26J Venise = débarquement à 8H

Ayant l'oportunité d'une promo avec MSC (Vol gratuit et Boissons comprises)

nous sommes déjà allé aux Antilles mais il y a quelques escales que nous ne connaissons pas en gras Roseau Kotor Dubrovnik Koper

pour ceux qui connaissent ses escales pouvez vous nous indiquer les bons plans > à visiter

hors excursion MSC ou avec MSC

Merci par avance
Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car (Namibie et Botswana)
by Corina25 · 2014-10-13 · 32 replies
Avec nos enfants de 10 et 8 ans, cet été nous sommes partis à la découverte de la Namibie et du Botswana, à la recherche des grands espaces que nous aimons tant et des animaux de la savane. Nostalgiques d'un précédent long voyage en camping-car en Amérique du Sud, nous avons décidé d'en louer un à Windhoek pour ces cinq semaines. Tous les détails pratiques de ce voyage font l'objet d'un autre post assez exhaustif, que vous pouvez lire ici:

http://voyageforum.com/discussion/5-semaines-en-namibie-botswana-retour-experience-d6700317/

Des terres arides du désert du Namib en passant par Etosha, puis les rives de la rivière Chobe et les Chutes Victoria, notre voyage nous a portés jusqu'au dédale des canaux du delta de celui qui ne rejoint jamais la mer, l'Okavango.

Avant d'attaquer ce journal de voyage, tel que je l'ai écrit sur place, au jour le jour, voici notre itinéraire sur la carte:



Bonne évasion et bonne lecture!

Première partie: de Windhoek à Sesriem

lundi 28 juillet

Il fait encore nuit noire à 5h du matin heure locale (décalage 1h), lorsque l'A330 de Air Namibia se pose sur la piste. Le froid nous saisit sur le tarmac. Pas de doute, ici c'est l'hiver, il fait près de 0 degrés ce matin! Mais miracle, tous nos bagages, acheminés de Varsovie via Francfort, sont bien là! À la sortie dans le hall public de l'aérogare, un jeune homme nous accueille avec une pancarte "Welcome famille Olszewski". Notre accompagnateur se plaint lui aussi du froid, mais il est en bermuda! Il nous accompagne à la camionnette estampillée Bobo Campers puis nous conduit chez notre loueur. En route, nous apercevons nos premiers springboks et singes dans la vallée assez aride que la route traverse.

Chez Bobo Campers l'accueil est agréable, mais le véhicule nous déçoit un peu dès le premier coup d'œil: c'est vrai qu'il est d'une propreté irréprochable, mais il est néanmoins un peu vieillot et certaines choses auraient pu être mieux conçues. Les explications pour la prise en main sont assez sommaires (on passe plus de temps sur la paperasse), mais cela ne nous inquiète pas plus que ça, vu que nous sommes des "campings caristes expérimentés" ;) . Nous prenons enfin la route, en oubliant le produit pour la cassette des toilettes sur la table de l'accueil!

Pourtant, à peine 2 km plus loin, un voyant orange s'allume sur le tableau de bord (ah le voyant orange...le meilleur ennemi du voyageur au long cours!), et Thomas décide de faire tout de suite demi-tour. Le responsable mécanique de Bobo ne sait pas vraiment ce que ça représente, mais nous dit de ne pas nous inquiéter, de faire monter le moteur dans les tours, pour brûler une éventuelle petite crasse détectée au niveau des injecteurs. Après tout, ce n'est pas notre véhicule, et le louer doit nous fournir une assistance en cas de panne, alors on ne s'inquiète pas outre mesure et on reprend la route.

C'est une journée technique qui nous attend, forcément pénible car ce sont nos premiers pas dans un pays inconnu, dans une ville inconnue, après une nuit dans l'avion... D'abord une étape supermarché et "bottle store" (l'alcool se vend dans des magasins spécialisés), pour faire le plein de provisions. Puis essence, carte SIM pour le téléphone portable et forfait data pour se connecter à Internet via une clé 3G (les réseaux Wifi seront quasi-inexistants sur toute la première partie du voyage). A la station essence, un namibien à qui nous demandons notre route non seulement nous invite à le suivre jusque-là où nous voulons aller, mais nous laisse aussi sa carte de visite pour qu'on puisse l'appeler si on a besoin de quoi que ce soit! Les gens, noirs ou blancs, nous paraissent d'emblée extrêmement gentils et accueillants.

La banlieue de Windhoek ne nous fait pas grande impression, et nous ne souhaitons pas nous attarder plus qu'absolument nécessaire, la conduite à gauche dans un environnement urbain (heureusement le trafic n'est pas dense!) est assez stressante comme ça.

Nous quittons enfin la ville en début d'après-midi, direction le sud, et nous nous arrêtons pour cassez la croûte un peu plus tard sur un parking au bord de la nationale. Les singes curieux s'approchent de notre étrange véhicule.

Nous quittons la route peu avant la petite ville de Rehoboth, et nous engageons sur une large piste sur une dizaine de kilomètres. Nous retrouvons le "ripio" comme on l'appelait en Amérique du Sud, la tôle ondulée formée par le passage des 4x4 à grande vitesse sur la piste de terre tassée. Mais nous sommes quasi seuls à l'emprunter, alors nous pouvons zigzaguer comme nous voulons pour trouver les portions les plus roulantes.

Nous avons prévu de passer la nuit au Lake Oanob Resort, un camping au bord d'un lac de barrage. On nous accueille avec un verre de jus de fruits et nous avons l'embarras du choix de l'emplacement, car l'endroit est presque désert hors-saison et en semaine.



La vue sur le plan d'eau est assez surprenante dans l'environnement aride du centre namibien en plein milieu de la saison sèche. Il n'y a pas d'animaux (à part le chien du resort qui traîne autour de nous toute la soirée), mais ça sent bon les vacances: les enfants jouent au bord du lac et les grands font une petite balade qui offre différents points de vue sur le lac, le soleil se couchant derrière les collines en cadeau.

Nous croisons un couple de français en petite berline de location qui nous racontent être arrivés la veille à Windhoek mais avoir dû passer deux journée à régler tous les aspects pratiques en ville - nous nous estimons donc heureux (et un peu plus organisés ;) ) d'avoir pu tout boucler en une grosse demi-journée.



Il n'y a pas d'eau dans la piscine, mais le bain ne serait de toute manière pas une très bonne idée: à peine le soleil couché, il fait bien frais pour ne pas dire froid! Mais nous passons une très agréable soirée dehors autour de notre premier braai (barbecue): le feu nous réchauffe pendant que l'excellente viande de bœuf est sur la grille et les pommes de terre cuisent dans les braises. En fin de repas, les enfants font griller des chamallows, puis tout le monde profite d'une douche bien chaude dans les "ablutions" privées qui jouxtent notre place de camping.

mardi 29 juillet

Nous quittons le lac Oanob à l'aube : autant prendre le rythme, en Namibie il vaut mieux se réveiller tôt pour profiter de la journée, car la nuit tombe tôt également - nous sommes en hiver.... Après un petit ravitaillement en combustible dans la petite ville de Rehoboth, encore enveloppée dans la brume, nous prenons la piste vers les montagnes du Naukluft, que nous devons traverser, alors que les enfants sont encore au lit. Les secousses dues à l'état de la piste ne semblent pas les déranger outre mesure...



Après le petit déjeuner pris sur le chemin d'accès vers une ferme isolée au milieu de nulle part, un choix se présente: l'itinéraire à travers le Naukluft via le Spreetshoogte pass est réputé grandiose, mais la piste est raide semble-t-il. Le Reemshoogte est le choix le plus sage, mais ça nous titille de prendre le Spreetshoogte! Là où les routes se séparent il y a un minuscule village qui a son poste de police, et nous décidons d'y prendre quelques renseignements. La jeune policière sort de la maison adjacente, avec un petit chien aux trousses. Alors que je discute avec elle, Thomas joue avec le chien et fait semblant de vouloir le prendre avec nous. Elle me confirme qu'on peut emprunter le Spreetshoogte, et elle met Thomas en garde: "If you steal my dog I will arrest you myself!".

On part en rigolant, et un peu plus loin nous ne sommes pas déçus de notre choix: la vue du point culminant du passage dans la montagne est grandiose, à perte de vue. La route est pavée, donc en excellent état, et le marquage impeccable.

Comme souvent, oser, ça paye! Nous faisons une halte photo assez courte, car le vent souffle fort là-haut!



Dans la descente nous croisons une équipe au travail en train de consolider-réparer la route. Ils nous demandent de l'eau et nous leur en offrons, avec toute notre reconnaissance pour leur dur travail dans cet environnement hostile.

La piste rejoint les plaines et devient toute droite jusqu'à l'horizon. les terres clôturées d'une part et d'autres sont couvertes d'herbes sèches et de quelques rares arbres ou arbustes.



Pour déjeuner nous arrivons à Solitaire, une halte bien connue des voyageurs en Namibie, au carrefour des pistes principales du coin, un drôle d'endroit. Il y a une station essence, un petit magasin, un camping mais surtout une boulangerie dont le renom, grâce à son apfel strudel, a dépassé les frontières de la Namibie dans la communauté des voyageurs.



Nous faisons une bonne pause sur sa terrasse ombragée à déguster des pâtisseries salées et sucrées. Mais, pour être francs, nous sommes déçus du fameux apfel strudel, que nous trouvons lourd et la portion généreuse impossible à finir, même à deux!

Andréas profite de cette pause pour grimper dans chaque carcasse de vieille voiture qui décore les lieux et Diane pour nourrir les suricates qui tournent autour des véhicules garés sur le parking.



En s'approchant de Sesriem, notre étape pour les deux prochaines nuits, la piste, victime de l'intérêt touristique majeur du lieu, devient mauvaise et secoue le camping-car au point de faire tomber la porte du placard à vêtements de ses gonds! Mais les environs s'animent, nous voyons dans les plaines des autruches, des gemsboks, des springboks...



Après cette grosse matinée de route, nous voilà enfin à l'entrée du Parc National de Sesriem. Nous prenons possession de notre joli emplacement de camping réservé des mois à l'avance, puis c'est pause détente autour de la piscine...glaciale. Qu'à cela ne tienne, les enfants font des sauts à n'en plus finir!

Nous avons prévu de nous offrir le coucher du soleil derrière la dune Elim, située à quelques kilomètres du camping. La montée, qui ne semble pas si longue ni si dure au premier abord, se montre beaucoup plus longue et ardue une fois passé la première crête, et le soleil est déjà passé derrière la dune! Mais nous ne lâchons pas l'affaire, nous le poursuivons toujours plus loin et toujours plus haut. Enfin au bout, après presqu'une heure de montée ardue, nous arrivons à temps pour le voir se coucher. Belle récompense pour nos efforts!

La nuit est tombée lorsque nous rentrons au camping, et c'est à la lampe torche et par un raccourci à travers champs que nous rejoignons le Sossusvlei lodge voisin. Le buffet de son restaurant est, de l'avis unanime des voyageurs "à ne pas rater", et ce n'est pas nous qui allons les contredire. Sur une belle terrasses sous les étoiles du désert, nous nous régalons d'excellentes grillades de gibier (pas moins de 12 sortes de game, dont nos préférés seront l'impala, le zèbre et le springbok), des légumes à la plancha et une bonne bouteille de rosé sud-africain.

mercredi 30 juillet

Le réveil sonne à 5h10, on franchit la grille du parc à 5h25 et on n'est pas les premiers! Les phares de nombreux véhicules percent la nuit encore noire, lancés sur le ruban d'asphalte, dans la vallée, entre les dunes. La plupart s'arrêtent sur le parking de la dune 45, celle du lever du soleil par excellence. Laissant les enfants encore endormis dans le camping-car, on attaque la montée à notre tour lorsque les premières lueurs du jour commencent à percer à l'horizon.





Nous dépassons beaucoup de monde et nous nous trouvons une place à l'écart tout en haut. Tout autour de nous, petit à petit, les dunes s'embrase dans le soleil levant. Et une fois le disque orange au-dessus de l'horizon, le spectacle n'est pas fini: les couleurs et les contrastes sont saisissants, avec la plaine herbeuse jaune et les quelques arbres au pied des dunes. Un régal pour les photos...



Après la montée assez ardue, la descente est un jeu d'enfant: on s'élance à pleine vitesse dans le sable encore frais, vers le pied de la dune.





Une fois de retour dans Blanche (c'est le nom que les enfants ont donné au camping-car), alors que les enfants émergent doucement, nous parcourons les 15 derniers kilomètres jusqu'au parking "tout véhicule" de Sossusvlei. En effet, les cinq derniers kilomètres se font dans du sable profond, donc après le petit-déjeuner nous prendrons une navette 4x4. Les enfants adorent, ils lèvent les bras comme dans les montagnes russes!



Nous descendons près de Dead Vlei et de Big Daddy, la dune la plus haute du monde. Après une petite marche d'approche, l'étendue blanche de l'ancien lac salé asséché est à nos pieds. Entouré de dunes hautes, le salar est parsemé de troncs d'arbres morts, pour la plupart encore debout. Encore une fois les couleurs sont magnifiques dans la lumière du matin.





Andréas est infatigable, il monte les dunes là où la pente est la plus raide, pour redescendre en roulant. Il veut aller au sommet de Big Daddy et Thomas est d'accord pour l'accompagner!

Ni de une ni de deux, ils partent avec une seule gourde sous un soleil de plomb. Avec Diane, on attend longtemps à l'ombre d'un arbre mort au beau milieu du Vlei...et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter...on voit des toutes petites fourmis gravir la dune...on ne peut même pas être sûres que ce sont bien eux! Au bout d'une petite éternité ils se lancent du sommet, tout droit...et bien entendue la descente est beaucoup plus rapide! La seule victime de cette aventure aura été l'appareil photo de secours qui aura pas bien supporté tout ce sable.



De retour vers le point d'arrêt des navettes, nous devons demander de l'eau à d'autres touristes qui sont avec leur véhicule et toutes leurs provisions...car nous sommes à sec. La navette nous emmène vers Sossusvlei, mais l'endroit nous semble beaucoup moins magique que Deadvlei, et, comme tout le monde est assoiffé, affamé et assoiffé, nous décidons de ne pas nous y arrêter et de retourner au parking des véhicules non-4x4.



En fin d'après-midi, alors que les enfants se reposent devant un film dans Blanche, les adultes descendent dans le Canyon de Sesriem qui se trouve à quelques kilomètres du camping. Dans sa partie la plus étroite, là où le soleil n'arrive jamais jusqu'au fond du canyon, il y a des bassins d'eau verdâtre et de nombreux oiseaux ont fait leurs nids dans les parois. Ici il fait frais et humide, quelle différence avec le climat du désert quelques dix mètres plus haut!



A très bientôt pour la suite du récit!
L'ouest des États-Unis en famille (classement) Colorado, Utah, Wyoming, South Dakota
by VallM17 · 2014-08-25 · 217 replies
Bonjour,

Après avoir lu de nombreux carnets et posé pas mal de questions sur ce forum, je vous propose un compte-rendu de notre voyage qui s’est terminé il y a à peine 1 mois.

Sans les conseils glanés sur VF, notre voyage n’aurait pas été tout à fait le même, j’en suis sûre. Nous serions peut-être passés à côté de sites comme Little Wild Horse canyon ou Valley of the Gods, nous n’aurions pas eu connaissance du point de vue en hauteur sur Grand Prismatic Spring (à vous décrocher la mâchoire !!), nous n’aurions pas passé une journée aux Cheyenne Frontier Days, etc.

Alors un grand merci à tous ceux qui ont contribué à ce que ce circuit frôle la perfection !

Je commence juste par un petit historique : j’avais conçu notre premier circuit (avril 2013) de façon à faire un éventuel deuxième voyage sans repasser 2 fois au même endroit. Ce premier itinéraire partait de Phoenix et se terminait à San Francisco en passant par les classiques (GC, MV, Antelope, Bryce, Zion, LV, DV, Yosemite, un bout de la côte Pacifique). Volontairement, j’avais donc écarté Moab de ce premier circuit, en me disant qu’un combiné Moab/Yellowstone serait sympa pour un deuxième voyage. Donc, à part Bryce canyon, tout était nouveau pour nous.

Qui ? Axel (9 ans), Léo (11 ans), Laurent (41 ans) et moi.

Quand ? Du 1er au 25 juillet 2014. 3 semaines ½ de pur bonheur avec (presque) aucune ombre au tableau.

Comment ? Aller-retour avec la compagnie Icelandair et location de voiture via Alamo.

Concernant Icelandair, je dois dire que je m’attendais à pire. Il y a peu de services en classe éco (pas de repas inclus pour les adultes, par exemple) mais on n’a pas eu à se plaindre. Ah si, juste une chose : tous les films sont en anglais ou islandais seulement, alors il faut bien réviser avant pour suivre l’histoire !

Pour la location de la voiture, tout s’est bien passé. Nous avions réservé en janvier, un mid-size SUV directement sur le site d'Alamo au pris de 890€ pour 25 jours. Peu d’attente au comptoir et pas de forcing de la part de l’agent pour prendre l’assurance roadsafe en supplément (contrairement à l’agent de chez Dollar l’an dernier, que nous étions à 2 doigts de renvoyer dans ses 22 après 3 refus courtois de souscrire son assurance). En revanche, en fin de journée, il y avait peu de choix sur le parking. Il devait y avoir 5 mid-size SUV parmi lesquels faire notre choix. On a opté pour un Hyundai Tucson tout neuf.

Où ? Voici le programme :

J1 - Arrivée à Denver à 19h30. J2 – Denver > Moab par l’UT-128 / Visite d’Arches (The Windows, Balanced Rock, Park Avenue). J3 – Arches(Devil’s Garden Trail le matin à la fraîche, Double arch), piste d’Onion Creek en fin d'après-midi. J4 – Rafting sur le Colorado le matin / Corona et Bow tie arches en fin de journée. J5 – Dead Horse point, Canyonlands (Island in the sky), Delicate arch. J6 – Fiery Furnace le matin, puis route vers Durango. J7 – Mesa Verde J8 – Cortez > Hanksville / Visite du fort de Bluff, Valley of the Gods, Gooseneck SP, Little Egypt. J9 – Goblin Valley et Little Wild Horse canyon le matin, puis route vers Capitol Reef (Scenic drive). J10 – Sulfur creek, puis route vers Kodachrome Basin SP par l’UT-12 via Devils Garden. J11 – Bryce canyon, Kodachrome Basin (Panorama trail). J12 – Grosvenor arch, puis route vers SLC / Visite du Museum of Ancient Life à Lehi. J13 – Journée shopping dans les outlets de Park City, puis route vers Jackson. J14 – Grand Teton (Jenny lake trail), Jackson. J15 – Grand Teton, Yellowstone (West Thumb, VC de OF, Grand Prismatic Spring, Firehole lake drive). J16 – Upper geyser basin, Black Sand Basin, Biscuit Basin, Fountain Paint Pot. J17 – Ice lake, Mud Volcano et Sulphur Caldron, Storm point trail, rdv avec Peggy16 de VF. J18 – Norris Geyser Basin, Mammoth Hot Springs, Lamar Valley. J19 – Grand canyon de la Yellowstone River. J20 – Yellowstone > Cody / Visite de Old Trail Town et Buffalo Bill Center. J21 – Cody > Hulett / Visite de devils Tower. J22 – Deadwood, Mont Rushmore. J23 – Custer SP, Cheyenne Frontier Days. J24 – Cheyenne Frontier Days, puis route vers Denver en fin de journée. J25 – Denver (et ses bouchons monstrueux qui ont failli nous faire rater l'avion 🏴‍☠️) et retour en France.

Plutôt que de vous livrer notre récit et nos impressions jour par jour, je vais vous faire partager notre classement. Comme pour notre premier voyage, chaque membre de la famille a classé les visites par ordre de préférence, ce qui a révélé de grosses différences entre le ressenti des adultes et celui des enfants !

Pour le détail du récit et plus de photos, vous pouvez jeter un œil à mon blog (en signature). J’ai rédigé une page pour chaque étape, à chaud, au jour le jour, pour donner des nouvelles à nos familles et amis lors du voyage.
De Bangkok à Phuket à vélo
by Jclarasso · 2014-07-03 · 1 reply
La Thaïlande est un pays accueillant, stable et d’une rare beauté ; Il nous tenait à cœur de traverser Bangkok à vélo, de longer le littoral du golfe de Thaïlande parsemé de sites magnifiques, de dormir chez les moines bouddhistes et chez les pêcheurs , de plonger à Ko Tao spot international subaquatique, de se promener en « Long tail » dans la réserve de Phang Na, de découvrir les îles encore sauvages de Ko Yao. C ‘est fait Notre récit est un peu long , on espère qu’il suscitera l’envie d’aller. (. JJ et Pat )

SAMEDI 8 MARS 2014

BAMGKOK SUVARNABHIMO- BANGKOK CENTRE ( 45 km a velo)

Nous quittons l’aéroport de Bangkok-Suvarnabhimo par la 4 voies qui permet de prendre la direction du centre ville .Nous sommes un peu perdu dans l’immense échangeur de bitume. Tout est grand , la route , les bus. Le bâtiment de l’aéroport semble sortir d’une autre dimension. Au bout de 10 km de voie rapide nous doutons de notre direction. Nous décidons de faire demi tour, 15 km pour rien sur une voie express. La ville est bruyante , polluée, sale et mal-odorante, les odeurs de poulets grillés, de poissons fris se mêlent aux odeurs d’égout et de gaz d’échappement. Nous pénétrons peu a peu dans cette mégapole extravagante, bouillonnante de vie , d’audace économique, capitale du tourisme sexuel. La circulation est de plus en plus dense, la voie de chemin de fer domine la voie express qui surplombe les avenues qu’enjambent les passerelles et toboggans, tout cela se reflète dans les façades de verre des buildings. Vers 18h , nous quittons Sukhumvit Road pour emprunter Pridà Alley. C’est une rue ombragée ou crache la sono d’ un établissement de nuit. Le quartier nous plait bien, il reflète ce que l’on attend de Bangkok. Nous prenons une chambre au 6 eme étage de l’hôtel « La Promenade » .Notre fenêtre donne sur un parc de verdure , la climatisation est bruyante, , mais l’établissement est propre. Apres la douche, à la nuit tombée nous décidons de découvrir le quartier. L’activité est intense, les « vieux blancs » se promenant main dans la main avec des jeunettes, les stands de poissons et autres victuailles se succèdent . Quelques restaurateurs ont dressé la table dans un jardin arbore de palmiers, kamerops et strelitzias. Nous sommes étonnés par le nombre de Bar trucks. Ce sont pour la circonstance des fourgons Volkswagen Transporter d’anciennes génération décorés de ruban de led multicolores , boules à facettes, le tableau de bord habillé de moquette rose. Le toit a été découpé pour le rendre ouvrant comme un coffre a jouets, les bouteilles de Chivas , Gin, vodka, et autres sont alignées comme des quilles le long d un comptoir rutilant. En regagnant notre hôtel nous passons devant LE KIWI, célèbre volatile de Nouvelle Zélande. Son nom ne trompe pas , il s’agit d un pub tenu par un anglais. Une dizaine d’écran de Tv diffusent des images de Foot, jeu a XIII et rugby. Aujourd’hui, c‘est journée du Tournoi des 6 nations. A cause du décalage horaire le match de l’équipe de France en Ecosse sera proposée à minuit à la suite de celui de l’Italie en Irlande. Deux matches implique 4 mi-temps = 1 Henekein + 3 Guiness. A 2 heures du matin , la France a gagné , je peux aller rejoindre Patricia restée a l’hôtel.. . . .

DIMANCHE 9 MARS

BANGKOK- HAT CHAO SAMRAN (130 km de bus et 40 km a velo

Le réveil est tardif , l’air est moite, la température vers 10h est déjà de 35 degrés. La nuit a lavé les pêchés. Nous reprenons notre raid urbain sur la même avenue ou nous l’avons laissée. En ce dimanche , la circulation est moins dense. Les feux rouges à décompte à rebours se succèdent. Ce système d affichage lumineux indiquant l’attente restant avant de démarrer est présent à tous les carrefours. Les chiffres rouges ou verts sont placés de l’autre coté de l’intersection suspendus à un portique de 5 ou 6 mètres de hauteur tels le Start d’un grand prix de F1. A zéro, l’immense cortège mécanique se met en branle dans un vacarme odorant, et nous en appuis sur nos pédales , masques de papiers sur le nez peinons à reprendre le rythme des tuk-tuks.

Au bout d’une heure soit environ 15 km nous arrivons au centre historique de Bangkok. Palais, demeures royales de l’ancien Siam , temples bouddhistes... se côtoient. Nous faisons une halte au Palais SUTHATTHEPRARAM, une multitude de toiture de tuiles rouges et de panneaux de pierre grise ornés de bois sculptés perchées sur des colonnes blanches protégent 146 bouddhas étincelants disposés dans une galerie en périphérie du temple. Devant l’entrée, une vendeuse d’offrandes enfile à l’aide d’un fil de fer de petites fleurs jaunes et roses sur des colliers de jasmin. Elle nous en propose 3 pour 20 bahts (50 c d Euros). Notre ras le bol de la ville et plus fort que notre curiosité , nous abandonnons la richesse culturelle et historique pour enfourcher nos vélos et fuir vers les cotes verdoyantes du pays. Un grand toboggan nous permet de franchir les eaux grises du CHAO PHRAYA.. Nous sommes contraint d’emprunter les voies express urbaines bondées de bus, camions et véhicules en tout genres. Notre patience et notre entêtement à n’utiliser que l’énergie de nos mollets pour rejoindre Phuket situé à 1000 km plus au sud sont bafoués lorsque nous nous retrouvons au centre de la jonction de 2 motorways de 4 voies chacune. Le zébra central est l’unique refuge qui nous permet de retrouver de la lucidité pour glisser dans le flot incessant de voitures. Encore quelques kilomètres et nous capitulons à la vue de la grande gare routière de Bangkok.. Il est 13 heures , la température de rapproche des 40 degrés. C’en est trop. Patricia se laisse convaincre du raisonnable. Quinze minutes plus tard nous sommes installes séparément dans un vieux modèle de bus, une poche de beignets de poisson froid négociée à la dernière minute en guise de déjeuner. Nos vélos sont compressés dans la soute à bagages contre la batterie de réservoir de GPL. Patricia s ‘endort, pendant que je rédige le journal du voyage. A 14h30, le bus éjecte ses baroudeurs et leurs bardas sur le trottoir de PHETCHABURY, petite ville tranquille à 130 km de la capitale. Nous traversons en 2 coups de pédale son centre sans intérêt et nous prenons la direction du golfe de Thaïlande en suivant une allée ombragée bordée de grands arbres. Puis une longue route jalonnée de poteaux métalliques surmontés de pelotes de fils électriques inextricables et de belvédères poussiéreux nous conduit a KWANG . Sur notre gauche, sous le squelette d’une structure en béton se tiens le marche du dimanche. Magnifique, chaleureux, authentique , original. Nous n’avons pas de mot pour qualifier cette ambiance tropicale. La vie y est intacte. Des dizaines de femmes s’ affairent à la cuisine sur des frêles brûleurs de gaz, beignets de calamars, friture d’oeufs de caille, plats traditionnels thaï, fruits en tout genres, produits de la mer, brochettes de poulets et poulet frit.... à coup de 20 bahts par ci ou par là, nous remplissons notre pense à grands risques de turista. On osera même la dégustation de larves, de criquets et de sauterelles grillés. Encore dix kilomètres sur une route presque tranquille et sur notre gauche nous sommes intrigues par l’originalité d’un abri bus à l’architecture locale. Photo souvenir prise par une passante à moto qui nous rencarde sur la présence de bungalow a louer juste au bout du chemin. C est un ancien hangar agricole transforme en gite. Les alveoles du fourrage ont ete equipes en logements confortables , seul bemol ...pas de fenetre. Tampis pour 10 euros la nuit , son confort est suffissant. Nous voila installes et douches. Le village balneaire de HAT CHAO SAMRAN est a 2 km. Frontale sur le front, nous enfourchons nos velos pour s y rendre. Superbe site , plage de cocotier , maisons de pecheurs et quelques et etablissements touristiques de petites tailles, l endroit est sympa. Nous poussons notre curiosite au fond d une traverse qui semble animee. Nous debouchons sur ce qui doit etre la place centrale ou se deroule une fete boudhiste. Au centre de la place de dresse la reproduction d un temple en haut du quel prone un cerceuil , a chaque angle des efigies en l honneur du defunt : un moine venere et respecte dont nous ne serions repete le nom. Tout au tour se trouvent des tribunes drappees de blanc et de jaunes mangue, au premier rang des bancs scultes pour acceuillir les honorables, derriere les chaises sont habillees de houses immaculees. En arriere plan une enfilade d’instruments de musiques graves de pierres precieuses laissent echapper un son himalayen, pendant que les monks murmurent une priere. La fete ne serait pas totale s il n y avait de kermesse locale. Une jeep course un avion qui survole un bateau lequel tante de rattrapper la moto qui le precede. Entieremet construit par son proprietaire chaque sujet du manege est suspendu a une charpente en rotation , laquelle pivote propulsee par un ventilateur domestique. Les jeux gonflables, peche au gupies, carabine a bouchon et jeux de flechettes completent la foire. On s attable devant une assiette de vermicelle a l omelette de seches, puis on deguste le kaolam (riz thai cuit dans un morceaux de cane a sucre). Feu d artifice et illumination de feu de bingale cloture la soiree. Nous retournons a velo dans le douceur de la nuit a notre hebergement de campagne.

LUNDI 10 MARS 2014

HAT CHAO SAMRAN- HUA HIN

Nous ouvrons la porte de la chambre , le gardien se tiens debout a quelques metres les bras croises. Il attendais notre apparition pour nous proposer le cafe. Nous repassons a HAT CHAO SAMRAN , triste comme un lendemain de fetes, les ouvriers s affairent au demontage puis nous longeons le littoral par une belle route bordee d’une piste cyclable. Nous nous arretons sous une tonnelle qui abrite un commerce de bord de route , la patronne fend des coques semblables a des nooix de coco, elle en extrait trois fruits gros comme des abricots et de la couleur du litchi. Elle nous tend ce fruit en disant : thin, c est le nom de ce fruit. Deux allemandes a velo qui envisagent le meme parcours que nous s arretent egalement pour nous saluer. Apres 30 km nous arrivons a CHA-AM , petite station balneaire qui a conserve son patrimoine architectural et son port de peche artisanal malgre la construction de hauts immeubles d appartememts et de vasques complexes hoteliers . Quelle joie nous empli a la vue de ses dizaines de bateaux multicolores decores de pavillon bleu rouge et jaune amares au ponton de leurs maisons sur pilotis reparties de part et d autre de l’embouchure de la riviere. La peche est une activite bien vivante qui mobilise une main d oeuvre locale tres experimemtee aux methodes de travail traditionnelles. C est ainsi que l on a pu assister au dechargemet de centaines de caisses de calamars pesees meticuleusememt l une apres l autre a l aide d une balance plus proche du pese personnes que de la bascule. En meme temps un marin bascule des pains de glace d une centaine de litres dans un concasseur a couteaux , lequel se deverse sur une vis sans fin qui monte les eclats de glaces au sommet d une goulotte. De la , la glace pilee glisse jusque dans les cales d’un navire pret a appareiller. Poisson grille , brochettes de cuisse de poulet et riz comblent notre appetit sur une table revetue d une toile ciree qui nous colle les coudes. Une passerelle jaune enjambant le cour d’eau verdatre nous permet de pousuivre notre route vers HUA-HIN , d abord le long des plages puis sur une deux fois trois voies qu’il est impossible de contourner. Nous tentons bien a plusieurs reprises de chercher une route parallele au front de mer, mais en vain, chaque traverse se termine en cul de sac au pied d’un recent hotel. Vers 14h00 la temperature atteind les 40 degres.Au 70 eme kilometre de la journee nous penetrons dans la ville de HUA-HIN. Nous nous arretons a un marchand ambulant proposant des coca frais et des fruits peles. Annanas , pasteque et papaie. Jean jacques s’eclipse le temps d un besoin pressant et reviens 10 mn plus tard. Si tu veux un endroit sympa pour la nuit, j’ai ce que tu cherches. Nous enfourchons nos velos et a travers un dedalle de petites ruelles traversant un bidon- ville puis en suivant un canal profond securise par un grillage et degageant une odeur noseabonde nous progressons a la stupefaction des habitants qui tentent de nous dissuader de continuer dans cette direction. Les touristes ne viennent jamais ici ... Puis nous foulons de nos pieds le sable de la plage, poussant peniblement nos pesant velos.Nous contournons quelques maisons de pecheur pour decouvrir la case de notre hote Nylan. Nylan habite une petite case de bois de 6 ou 7 m2 seulement, sur l’avant se trouve une plateforme de planche sureleve du sable de 50 cm et recouvert de plaques de fibrociment et sur l’arriere un appentis sert de rangement a son materiel. La marree est basse et sa barque de peche git sur la greve amarree a une grosse ancre dont le jas est plante dans le sol. Nylan repare ses fillets assis sur la marche de sa porte. La population se mobilise pour nous accueillir. Un ami a Nylan nous montre le tuyau d’eau pour la toilette et reviens avec du poisson seche , des brochettes et des beignets alors que la voisine cuisine du poisson bouilli et du riz. On a pas faim car il n’est que 16h , mais nous ne pouvons faire autrement que d’avaler tous ces aliments. Pour ne pas arriver les mains vides nous avons apporte 4 Changs.(biere locale). Nylan continue ses travaux. Nous nous installons a l exterieur sur la terrasse, nous faisons face a la mer le dos appuye sur un amas de filet , les jambes glissées dans nos sacs a viande. Elle est pas belle la vie ? Plus tard Nylan nous propose 2 boites de coca frais, une autre voisine nous apporte un bol de riz recouvert d’oeuf poelle et d’oignons fris , puis un homme apporte un ventilateur en simulant le bruit du moustique. La nuit avance, Nylan a ete se coucher et a arreter la radio qui jusque la accompagne notre soiree en musique Thailandaise.

MARDI 11 MARS 2014

HUA HIN- BO NOK 96 km. (Velo) La radio de Nylan a gueule toute la nuit a croire qu’ il ne s ‘est pas couche, et le neon blanc au dessus de nos tetes ne s’est eteint que vers 2h00. Un cauchemar dans un cadre idillyque. Nylan nous propose un seau pour la toilette et nous prepare l’eau pour le cafe, puis il prepare le petit dejeuner : poissons bouillis avec des oignons et riz blanc, un regal. Nous avons quitte notre hote vers 9h00 avec beaucoup de re gret. A peine sorti du sable , crevaisson. Le ciel est voile et la temperature grimpe a 34 degres. La route pour quitter HUA HIN n’est pas tres agreable pendant 20 km , puis nous bifurquons vers le littotal pour atteindre PAK NAM PRAN , jolie plage de sable blanc et de cocotiers. Quelques bateaux de peche secoues par la houle mouillent dans la baie. A proximite 2 temples boudhistes se font face. Un decors de carte postale Nous poursuivons la route qui longe le bord de mer, parfois la chaussee rentre dans les terres, traverse des cocoteraies ou des rizieres pour re apparaitre quelques kilometres plus loin. Ce petit jeu de cache-cache complique notre etape et la rallonge un peu. Vers 14h00 , en contre bas de la route sous un auvent de palmes un dizaine de femme s affairent activement. Nous prenons la rampe menant a cet atelier, il s agit d’une fabrique de fruit fris. Certaines coupent des bananes , des patates rouges et des racines de bambous en roudelle tres fines ou en batonnets pendant que d’autres les plongent dans des bacs d’huile bouillante a la chaleur d’un feu de bois. Ces chips de bananes et autres sont ensuite conditionnes dans des sachets en plastiques. L ‘autre specialite est la puree d’ Ananas ou de papayes maceree dans du lait de coco puis confite, un vrai regal. La patronne nous en donne 2 barquettes. Nous longeons ensuite la longue plage de Ban Nong Khaem Noi desertique, quelques guest houses et etablissements de plage ont pris place sur ce site superbe, mais a en juger par les importants travaux d’amenagement en cours, il y a peu de chance de conserver cet endroit intact tres longtemps. A l’horizon se detachent la masse importante des collines du parc National de Khao Sam Roi Yat hautes de 650m. Apres 70 km avec le vent de face nous traversons le Parc, les plages ont fait place aux etangs entoures d, une epaisseur et haute vegetation au dessus de laquelle parfois depassent les toitures d’un temple.Puis quelques singes suivent des yeux notre passage perches sur les panneaux indicateurs.Nous arrivons apres 95 km a Ban Bo Nok, un des cinq bungallows super kitch a 100 m de la plage sera a nous pour la nuit contre le paiememt de 500 baths environ 11 euros, petitdej compris.

MERCREDI 12 MARS 2014 Ban Bo Nok – Thap Sakae. ( 110 km a velo)

Depart a la fraiche ce matin et arret au temple tout proche qui heberge les ecoliers du village, sceance photo pour Patricia emmerveillee par tous ces ecoliers en tenue orange qui la regardent avec admiration , il faut dire qu’elle passe pas inapercue avec son casque qui surmonte sa casquette rouge posee a l’envers et sa peau teinte equrevisse. Ce matin la route qui fuit le village vers l’ouest est quasi deserte, nous empruntons le toboggan tout neuf qui enjambe la voie ferree et obliquons vers l’ouest pour eviter la route a 2x4 voies qui descend vers le sud. Sur le bord de la route a l’ombre d’un abri de planche une thailandaise propulse des projectiles pour faire fuir les oiseaux interesses par ses semances de riz, l’occasion est trop belle pour s’initier a l’art du lance pierre. Un baton en forme de Y equipe d’un elastique lui sert a lancer a une centaine de metres des billes d’argile qu’elle a soigneusememt roulees dans ses doigts. Avec beaucoup d’adresse elle fait deguerpir les nombreux volatiles. Apres 2 ou 3 essais nous sommes satisfait de notre niveau technique. Le goudron fait place a la latterite, la piste traverse des exploitations de figues de barbarie, d’ananas, de mangues. Les seuls vehicules qui utilisent cette voie transportent les produits agricoles vers la ville. Nous croisons une procession de villageois coiffes de chapeau de paille colores et portant un habit traditionnel orne de chapelets d’offrande. Ils se rendent au Wat en cortege de 4x4 donc le premier transporte un orchestre qui ne passe pas inapercu. Nous aercevois au loin le temple perche sur la colline de PRACHUAP.C’est le signe que nous approchons de la route numero 4 qui relie la capitale au sud du pays a l’image de la RN 7 en France. IL nous faut traverser cet axe et rejoindre une route secondaire qui parallele a la voie ferree traverse des cocoteraies ombragees et des etangs habritant des oiseux migateurs. La temperature est de 38 degres en ce debut d apres midi nous avons 62 km dans les mollets. Retour sur la route numero 4 pendant 20km, ras le bol de la circulation nous fuyons dans la cocoteraie et decouvrons une piste de terre longeant le chemin de fer. Un vrai regal pendant 5 km de paysage polynesiens avant d’aboutir dans une exploitation de coco d’un autre temps. Ressemblant a une maison coloniale , teintee de bleu pale la grande batisse toise les cocotiers avec beaucoup d’arogance, les chiens aboient et un jeune thai sort sur le seuil de la porte. Il joint ses mains au niveau de son torse, s’incline plusieurs fois lentement dans notre direction en signe de bienvenu. Nous sommes au pays du sourire. Le rythme de pedalage est de plus en plus aisee. Ca devient presque facile, boustes par l’euphorie nous avalons les km a bonne vitesse. Au 100 eme nous quittons definitivement la route numero 4 pour rejoindre le littoral a Thap Sakae. Un grand chapiteau habritant une foire est insatlle au centre de l’agglomeration. Comme a l’accoutume les stands de cuisine thai y sont nombreux, vu l’heure avancee , c’est pour nous l’occasion de se restaurer. Puis dans la penombre nous repartons 45 mn plus tard a la recherche d’un hebergement. Nous essuyons deux refus de locaux estimant que leur maison n’est pa assez bien pour nous, puis nous tentons notre chance aupres d’un bureau de l’ EGAP ( = EDF), pas possible non plus. Un peu plus loin deux pecheurs sous leur abris de fortune nous proposent le gite et le couvert. Le cadre est superbe , sable blanc palmier et cocotier , et couchage possible sur le pont du bateau a sec. Mais l’ un des deux est emeche , ce sera non merci pour Patricia.... A deux cents metres de la, trois bungallows offrent une vue superbe sur le golfe de thailande. Onze euros la nuit. Une Chang (biere thai) et le cul dans le sable face a la mer a contempler la mer. JEUDI 13 MARS 2014 Thap Sakae- Chumphon (170 km a velo). Puis Chumphom- Ko Tao par le Ferry de nuit.

Partageant le meme sentiment de guili-guili toute la nuit, nous concluons que nous avons dormi parmis les puces rouges, Avant de quitter le bungallow a 8h00, je prend renseignement aupres du patron pour connaitre la disatance separant Thap Sakae de Chumphon. Dans un anglais approximatif assez proche du mien , il me repond apres avoir consulter Internet : One hundread and fifthy et je comprend : One hundread and Fiftheen , ce qui est tres different surtout lorsque on circule a velo. La temperature est inferieur a 30 degre, il y a un air frais , ca change un peu. Apres 15 km nous faisons une premiere halte pour le petit dejeuner cher Than , un charmant Thai selon Patricia. Deux jus d’ananas frais et deux bols de riz agrementes d’oeuf et de legumes soit 90 baths (environ 2 euros). Nous parcourons la, la plus belle etape depuis Bangkok. De petites routes sans aucune circulation qui longe le sable borde de pelouse , de l’autre cote une succession de petites maisons Thai aux couleurs chatoyante rose, bleu , vert pistache...Plus loin la route enjambe et longe un bras la lagune pendant quelques kilometres ; des bateaux de pecheurs sont amarres de chaque cote.Au bout de la lagune se trouve un groupe de maisons sur pilotis. Nous nous arretons a une exploitation de poissons seches. Les petits poissons sechent au soleil sur des centaines de clayettes posees sur des piquets a 50 cm du sol dans un decors paradisiaque, seul le bruissement des branches de cocotiers et les rouleau des vagues sur le sable blance perturbent le silence. Deux Thai retournent methodiquement les clayettes une a une. Le poisson est prealablement bouilli dans de grands bacs matalliques encastres dans des fours en maconnerie alimentes par un feu de bois.

Nous arrivons Ban Tha Manao, deux grandes digues sur pilotis, l’une en bois l’autre en beton retiennent des dizaines de bateaux de peche bordees de rampes lumineuses. Au bout du ponton, le dernier rentre decharge sa cargaisson alors qu’un camion au soleil est en cours de chargement de glace pilee.

Nous traversons de grande foret de cahoutchou et des palmeraies, il est 15h la temperature est de 38 degres.

Le bord de mer disparait et la route se transforme maintenant un grand huit , les monta-calas se succedent nous obligeant a des efforts supplementaires en plein soleil. Le but de l’etape du jour est d’arrivee a Chumphon avant le depart du ferry pour Ko Tao qui quitte le quai a 22 heures. Nous passons le 90e km. Un automobiliste nous aborde alors que nous sommes arretes a une intersection. En lui disant que nous allons a Chumphon il repond Eighthy ( je comprend Eightheen )betement je calcule 90 + 18 = 108 km. C’est a peu pret ce que l’on nous a dit avant notre depart. (soit 115 km ) Dix km plus loin nous nous arretons a un marche pour acheter du ravitaillement , beignets de crabe, grillage de pate de viande et coca. Nous redemandons la distance restant pour Chumphon , la jeune fille affiche 7 doigt , c est bon on y est presque sauf que sept doigts c’est SOIXANTE DIX KILOMETRE. Les quiprocos se multiplient et se tiennent jusqu’ au moment ou un panneaux affiche-- Chumphon 48 km-- Douche froide, la nuit tombe, la fatigue est la et en plus je creve la roue arriere par un grosse vis. Mutinerie a bord, Patricia ne veux plus avancer, elle veut arreter un pick up, je lui propose de prendre une chambre des que possible. Elle a des brulures sur les levres, une allergies au soleil sur les cuisses et le derriere en feu. Mais le temps necessaire a la reparation calme les ardeurs et nous repartons de plus belle. La nuit tombe, nous enfilons les gilets fluo, et sortons frontales et feux rouges. Notre progression se fait maintenant de nuit , il reste 30 km. Fort heureusement le bas cote est en bon etat. C’est super agreable de rouler de nuit, torse nu et gilet ouvert offrant le torse a la fraicheur. Nous sommes vigilant aux divers obstacles qui pourraient se presenter, trous , sable, absence de revetement, chiens.....Nous avons penser a tout sauf a une petite dame vetue de noir, en appuis sur sa bequille qui clodique lentement sur le cote de la route...juste le temps de crier ATTENTION et de donner un coup de frein qui siffle dans la nuit et elle est deja derriere encore sur ses jambes. Je n’ai vu que le reflet de sa bequille et sa frele silhouette. Patricia plus decalee que moi l’ a aussi evitee de justesse. En cas de choc , c, est hopital pour la pauvre dame et prison pour nous. Chumphon n’est plus qu’ a 15 kilometres, puis a 10 puis a 3 km. On s’ arrete au coin d’ une avenue pour avoir confirmation que le port est bien vers la gauche.....grands signes positifs de la tete de tous les hommes attables a la terrasse d’un bar , on redemarre et on entend –Thirstheen- kilo à Nous avons bien compris 13 km , le port est encore a une demi heure. C’est au bout de 170 km et 13 heures de voyage que nous prenons a 21h10 nos billets de ferry pour Ko Tao. Un bloc sanitaire rudimentaire sur le port nous offre une douche appreciee. Les velos accroches au bastaingage, le batteau appareille a 22h00.

VENDREDI 14 et SAMEDI 15 MARS 2014

Sur l’ile de Ko Tao (ko= Iles Tao=Tortue) Puis traversee de nuit jusqu’a Surratthanit.

La traversee depuis CHUMPHON s’effectue de nuit, bercee par le boucan metallique du moteur similaire a un bruit de marteau piqueur.Patricia , boules kyes fichees dans les orielles a dormi comme un bebe et moi comme un pepe engoisse. 96 couchettes equipent l’ unique dortoir du bateau a l’exception des cabines d’equipage situees au pont inferieur. Le bateau est charge de materiaux de construction, de bois, de citernes en plastique et autres palettes bachees dissimulant leur contenant, bouteilles d’eau minerale .Tout ce qui est necessaire a l’organisation de la vie insulaire est a bord. A 6h00 du matin , il fait encore nuit , les lumieres de la cote se rapprochent et le moteur ralenti son rythme appaissant nos tympants. Le debarquement est tres rapide. Nous remontons la rue principale de BAM MAE HAT, pentue et bordee de commerce pour trouver refuge dans un petit restaurant local. Le jour se leve et la population aussi. Plus de touristes , moins de chaleur dans le sourire des Thai. Une soupe de vermicelle agrementee de je ne sais quoi pour petit dej. Puis nous allons au quartier de Hat Sairee, ou se trouve une grande partie des clubs de plongee. Il parait qu’ici se trouvent les plus beau spots au monde.Le club Francophone Aqua Tao a notre preference et nous reservons des places pour la sortie du lendemain puis nous partons visiter l’ile a velo. Le relief est assez scabreux , les 21 km2 de l’ile sont tres boises, deux routes principales en forme de Y permettent de desservir par des voies betonnees tres pemtues les petites criques de plage de sable fin. De charmants bungallows bien integres au site batis sur les gros blocs de granite a moitie immerges offrent un decor de cartes postales. Malheureusement la constructions de grosses batisses ou de somptueuses villas commemcent a marquer l’environnement. La population est faite d’ indigenes, de touristes generalement jeunes (20 a 30 ans) et de travailleurs saisonniers embauches en grande partie par les centre de plongee comme moniteurs (jeunes aussi). De ce fait, Patricia et moi representons la quai totalite de Seniors de l’ile. Nous louons un bungallow dans un coin assez calme et repartons deambuler dans le quartier et consommer au coin de la rue un plat thai et un jus de Dragon-fruit. Le rendez vous au club de plongee est fixe a 6h15 du matin pour un depart a bord d’ un tres beau bateau en bois a 3 ponts pouvant acceuillir jusqu’ a 50 plongeurs. Nous sommes 18 a bord , on a donc la place pour preparer le materiel. Nous nous immergeons avec Max le dive-master et Alex , breton d’origine et boulanger sur l’ ile de Ko Phangan , sur le site appelle CHUMPHON PINACCLE. Les deux plongees se font sur le meme spot, Rien d’exceptionnel peut etre a cause d’un luminosite faible. Beaucoup de petits poissons et peu de coraux, nous ne regrettons pas cette belle plongee. L’apres midi est consacre au fareniente , balade et baignade sur la plage, biere a la terrasse d’ un troquet. Nous avions envisage de prendre le bateau pour Ko Phangan cet apres midi (Samedi), mais en raison de ce qui est appelle ici , the full moon , les compagnie refusent de transporter nos velos. La Full Moon est un rassemblement de fetards sur l’ile voisine ou fete , alcool et musique a donf sont ininterrompus pendant 24heures. Nous prenons donc a 21h30 le ferry de nuit pour aller directement sur le continent a SURRATTHANIS. Double interet pour nous, eviter la zone trop touristique de Ko Phangan et de Ko Samuit et gagner deux jours pour profiter d’avantage de la region de Krabi et de la baie de Phang Nga, la plus belle du monde. Le bateau est assez confortable et moins bruyant que celui qui nous a amene a Ko Tao. Nous trouvons le sommeil avant qu’il large ses amarres.

DIMANCHE 16 MARS 2014.

Surratthani – Ban Playkorn (95 km a velo)

Le JASOEN a effectue la traversee par une mer belle et remonte la riviere dans la nuit jusqu’a un appontement. Il est environ 5h00 et le chef de cabine allume la lumiere du dortoir en criant : -The boat is arrived at Surratthani – une premiere fois en Anglais et une deuxieme fois en Thai. Nous avons a peine le temps de sortir sur le pont que la cargaisson est deja a terre grace a l’efficacite des jeunes matelots Birman , visage perturlure et deja en sueur. Les services maritimes ont mis a disposition une table et propose du cafe gratuitement. Nous rencontrons un americain du Massassuchett vivant a Changmail et sa compagne Thailandaise qui effectuent un voyage a moto.Vers 6h15 le jour est a peine leve, nous enfourchons nos velos, tranversons le grand pont en beton qui enjambe la riviere et nous dirigeons vers la ville en direction du sud. Nous n’avons pas track sur le GPS, il faut donc s’orienter a la boussole en se refairant a la carte insuffisamemt precise. On s’en sort bien et 5km plus loin la ville sans interet de Surratthanis est derriere nous. Nous empruntons la route 4002 en direction de Ban Na San. Cette grande route est generalement tres frequentee, mais ce dimanche et a cette heure matinale la circulation est faible, ce qui nous permet de gagner rapidement vers le sud. Nous arrivons a Lum Sai ou la 4002 prend fin devant un grand toboggan en travaux qui permettrat prochainement de franchir la route 44 sans carrefour. Sur le bas cote , une peite echoppe tenue par une thailandaise et ses 2 filles propose des grillade de poulet, et diverses preparations a base de riz et de jus de coco grillees et roulees dans des feuilles de differents vegetaux. Nous gouttons a presque tout. Nous poursuivons a bon rythme de pedalage notre descente jusqu’ Ban Na San ou nous faisons un nouvelle halte a la terrasse ombragee d’un commercant avide de rencontre. Celui ci parle bien l’anglais pour avoir travailler dans un hotel sur l’ile de Ko Samui. Les seuls interets touristiques du coin se resument a une cascade , trop loin de notre route, et une grotte que nous decidons d’aller visiter. Helas l’accueil est repoussant et la caissiere n’a pas la monaie de nos 1000 baths. Nous arrivons a Nam Phu, petit village comme tant d’autres sur notre route. A la difference pour celui ci est qu’un barnum a larges bandes jaunes et noires joliment decore emprunte sur la route au deux tiers de sa largeur comme si la fete qu il abrite est plus importante que la circulation des usagers. Sous le barnum un groupe de personne atable emballe dans un papier cellophane des statuettes de boudhat, a cote le portrait d’un homme trone sur un chevalet. Eleve a 2m du sol au dessus d’une cascade de fleurs, un cerceuil blanc entoure d’ornements dores domine la scene. Il s’agit d’une ceremonie de funeraille. La fille du defunt et son fiance maitrisant l’anglais viennent a notre rencontre et nous invite a table. Au coin de la rue , les tentes destinees a acceuillir les convivies s’etalent sur une trentaine de metres et de gros poellons sur feu de bois migottent les plats de poisson, porc et poulet. Un groupe de femme sous un auvent epluche n’inombrables legumes. La veuve nous offrent une statuette de boudhat que l’on s’engage a suspendre a notre coucou en respect pour son epoux. Nous repartons en direction de Phukett le ventre plein. Le reseaux routier du sud de la thailande est assez simpliste, il cadrie le pays en petits polygones de 15 a 50 km de cote.L’echelle de notre carte est trop petite (1cm pour 9km) pour envisager de traverser l’un d’eux. Mais au sud de Ban Na San, l’exploitation du cahoutchou a permi la construction de pistes de terre ou betonnees qui desservent les habiattions et les forets. C’est en s’engouffrant sur l’une d’elles que l’on decouvre une autre facette de ce pays. Une vie a l’ombre des grands arbres , organisee en bourgade lineaire le long de la piste ou de petites maisons d’architecture tres variees se succedent avec un point commun- le Krae-. Petite plateforme de bois surmontee d’une toiture qui accceuillent toute la famille pour un rassemblement de convivialite ou jeunes et vieux echangent dans une ambiance rieuse en regardant les rares passages sur la piste qui constituent les seules animations du quartier. Il nous faut trouver un accueil pour la nuit. Nous faisons halte a plusieurs reprises devant les-Krae- en adressant de chaleureux –See weut dii ke- (bonjour), parfois les habitants ne nous portent pas grand interet, et nous poursuivons notre chemin, parfois il en suit une tentative de communication. Vers le 92 eme kilometre , nous passons le portail de la famille de Mee Kitt. Il est en train de couper une branche d’un arbre avec sa femme, au fond du jardin le reste de la famille se protege du soleil. A notre vue, il va chercher une perche au bout de laquelle se touve une lame courbee. Avec dexterite et a bout bras , il deccroche 2 noix de coco qui tombent et roulent au sol. Sa femme en decapite une a l’aide d’une feuille de boucher, lui creer une ouverture grosse comme une piece de 2 euros et la tend a Patricia qui , basculant la tete en arriere avale de grosses goulees tiedes de son jus. A tour de role nous sechons son contenu. Puis la femme fend la noix en deux et nous donne moitie chacun ainsi q’une ceuilliere pour en deguster la chair. Tout cela a durer moins de 5mn. Accusant un coup de chaleur Jean jacques s’endort sur un muret pendant que Patricia discute avec les enfants et petit enfants du couple. Au reveil, Monsieur Kitt nous propose une douche dans son toilette de jardin. Il refuse de nous heberger pour la nuit mais nous propose de nous conduire au temple se trouvant plus loin sur la piste a environ 3 km. Nous voila repartis , lui en petite moto, nous a velo. Trois kilometres plus loin , alors qu’ un autre thai en moto lui aussi s’est joint a nous, monsieur Kitt arrete sa moto sous un immense arbre au tronc multi-centenaire. Sur la droite un moine en tunique orangee s’active a la construction d’un temple. Nous sommes a Ban Playkorn, bourgade de 300 habitants. Le moine deroule deux nattes sur le sol de l’autel a cote de la statue de boudhatet nous demande de bien vouloir dormir dans une orientation precise. Les pieds a l’oppose de Boudhat. . Les jeunes filles viennent nous rendre visite ainsi que la famille antiere de Fharan, torse nu, l’air emeche mais super amusant. Il nous initie a la –water tumtum- , sa formule pour decrire la douche a l’ecuelle. Oreillets , ventilateur, bouteilles d’eau sont gracieusement mis a notre disposition. Bien que la natte sente le pied de moine, la nuit profite du calme et de la fraicheur de la foret.

LUNDI 17 MARS 2014.

Ban Playkorn- Leam Sak (99 km a velo)

A 6h15 , Mam la fille de Fharan ouvre sa boutique face au grand arbre multi-centenaire.Le jour se leve et la lumiere de soleil decoupe la silhouette des branches. Peu de temps apres une dame arrive pres de l’autel pour y deposer le plateau en inox de notre petit dejeuner. Dessus se trouvent un bol de riz , un plat de porc epice, 2 morceaux de poisson aludres que l’om trouve chez nous. Le riz et le porc feront l’affaire. Nous plions bagages vers 10 heures et quittons le temple apres d’intermonable remerciements justifies. Cinq kilometres de piste nous conduisent a la route 44 descendant vers Phukett.Direction Sud Ouest de la Thailande, la temperature est de 43 degres. Au bout d’une vingtaine de kilometres nous quittons la 44 et commencons a apercevoir les pitons granitiques de la regin de Krabi. Vers 12h30 nous nous arretons dans une boutique a Play Phraia pour se proteger de la chaleur et boire une boisson fraiche et sucree. Jean Jacques s’endors sur le carrelage pendant que Patricia ecrit son journal.La generosite des thai sera encore prouver puisque il nous sera offert riz et porc.La noix de coco offerte la veille par Monsieur Kitt sera notre desert. La route est frequentee par de nombreux camions, de plus la bande reservee aux deux roues est presque inexistante , elle est pour nous la portion la plus dangereuse depuis Bangkok. Un panneau sur la droite de la route annonce la presence d’un centred’entrainement de boxe thai, sport national en thailande. Apres 1km de piste en foret nous arrivons a un complexe en pleine nature comprenant un grand chapiteau protegeant le ring , 2 maisons sommaires et un petit temple boudhiste. Un veil homme assis en tailleur fait face a son maitre, les mains jointes contre le torse. Il se tourne pou me saluer. C’est un ancien champion de boxe , il nous presente les differents posters ou il apparait tout jeune et au sommet de sa gloire. Il offre a Patricia un flottant de boxe. Un peu plus loin nous empruntons une piste cherchant a pompre la monotonie du gondron, apres avois traverser des decors somptueux , nous nous retrouvons 2 km en arriere. Il nous reste environ 25 km de route lassante pour rejoindre Leam Sak situe dans la baie de Phukett. Nous decouvrons un bord de mer inaccessible car occupe en bande continue par de petites La grande curiosite de Leam Sak est son temple, occasion pour nous d’aller demander l ;hospitalite. Nou sommes recu froidement et prudemment par l’un d’entre eux , ils somt sept dans cet immense domaine , plusieurs grands batiments, un grand parc ceinture par un grand mur et ferme par un grand portail. Avant de donner son accord , accours vers le grand chef que nous ne voyont pas, verifie sur nos passeport la veracite de nos declarations puis nous accompagne vers un batiment situe en contrebas. A l’angle d’un batiment il nous designe un moine assis en tailleur revetu de sa tunique orange et n’exprimamt par les trait de son visage aucun sentiment. He’s big chief. Il nous demabde de nous agenouiller en joignant les mains devant notre torse.C’est ce que nous faisons immediatement. Puis demontant un grand rideau metallique , Il nous installe dans une salle ventilee, sur des nattes et des matelas. Nous disposont de toutes les commodites.

MARDI 18 MARS 2014

Leam Sak- Ko Yao Noi (70 km a velo + 14 km long Tail)

On s’active dans la piece voisine. Des hommes et des femmes preparent dans la salle des prieres la ceremonie matinale. Intrigues nous nous glissons a tour de role parmis les fideles, La ceremonie a commence face a l’autel de Boudhat, une douzaine de personne recite in lassablement l’ incantation au prophete. A gauche les sept moines assis en taille, saisissent de leur main gauche la nourriture deposee dans un contenant spherique enveloppee dans une etoffe. Il mange goulument pendant toute la ceremonie.Au bout d’un demi heure tout le monde ressort de la salle. Les fideles s’orientent vers une cour et s’installe a table pour le petit dejeuner. Ils nous invitent a manger avec eux le reste des plats apportes en offrandes. Poisson, riz, et Koa Lam. Seule uns dame parle correctement l’anglais, elle nous apprend qu’il n’y a pas de bateau au depart de Leam Sak pour Ko Yao Noi et qu’il faut de rendre a Tha Lane qui est le port le plus proche disposant de liaison reguliere. Tha Lane est a 60 km par la route. Avant de quitter le temple , nous allons remercier nos hotes qui ont regagner leurs appartements.Nous allons a la rencntre des locaux pour verifier les dires de cette dame. Un gamin a cyclo nous guide jusqu’ au port qui se resume a un ponton sur pilotis dans uns baie d’une beaute incroyable. En arriere plan des montagne arrondies , couvertes de vegetations dominent une superbe mangrove qui en raison de la marree basse decouvre ses racines. Sur le plan d’eau, des maisons de bois gris sur pilotis s’isolent de la surface en revelant leur reflet. Trois grands Long Tail et quelques barques de pecheur constituent la flotte disponible. Trois mille baths est le prix de la course que me propose le Boat-Man (75 euros). Il faut compter 10 fois moins a partir de Tha Lane. La route qui quitte Leam Sak est une 4 voies tres large, bordee de cabanes souvant couvertes de tole. Ouvrage surdimmensionne presageant certainement a un developpement touristique prochain. Il est 10 heures, la temperature est de 35 degres. Nous sommes obliges d’emprunter un troncon de route 42 frequente par des camions se rendant a Krabi pendant une vingtaine de kilometres, puis nous bifirquons par une route secondaire a travers la foret et se dirigeant vers le littoral. Cette route sillonne dans une vrai foret vierge ou s’entremelent de grands arbres feuillus , des bananiers, des lianes et palmiers, les grands cocotiers depassent leurs tetes de cet ecrins de verdure. Nous traversons de nombreux villages et remarquons la presence de mosquee signe que nous entrons dans la region de Krabi. La route glisse entre des grosses montagnes arrondies, verdoyante ce qui lui rajoute encore a sa beaute. Les quelques vehicules qui utilisent cette route sont essentiellement des canionnettes transportant la production locale de........... Ce sont de grosses grappes de fruit rouges agglutines en boule, se developpant comme se reproduisent des dattes en haut des trons a la naissance des palmes. Ce vegetal est utilise pour la roduction de carburant et d’huile. En Debut d’apres midi le ciel se charge de gros nuages blancs et la temperature de rafraichit en descendant a 37 degres, puis se rafraichit encore avec la venue de l’air marin. Nous arrivons a Tha Lane, la route passe en corniche au dessus de la baie, nous decouvrons un point de vue exceptionnel sur une mer truffee de monticules luxuriants, derriere l’archipel des Pakoh se decoupent les profils de KoYao Noi et Ko Yao Ya. La luminosite a baisse et rend l’horizon un peu flou. Le muezzin appelle a la priere. Nous suivons le flechage indiquant l’embarcadere Tha Lane Pier et arrivons sur un ponton en beton, 4 ou 5m au dessus du niveau de la mer. En bas de l’escalier un Long Tail vient d’accoster et decharge ses passagers et marchandises, une moto est monte a bout de bras par l’equipage. C’est le Long Tail de 17h00 nous affirme une parisienne vivant depuis peu sur Ko Yao Noi. , le dernier de la journee pour rejoindre l’ile. Trente minutes plus tard, une vingtaine de passagers et leurs bagages , un sac de riz, une moto et nos deux velos sont embarques. Le – 4 cylindres- demarre dans une petarade, le bateau manoeuvre et prend la direction du large dans l’axe les bouees qui definissent le chenal. L’archipel Pakoh se situ au sud-est de la baie de Phang Nga, il est compose d’une douzaine d’iles que nous tranversons lentement, le spectacle est exceptionnel. 45 mn plus tard le long tail par manque de place est oblige d’aborder un autre bateau deja a quai a Thakhao. Le debarquement est assez scabreux , d’autant que la marre basse nous impose d’escaler une echelle glissante avant de monter l’escalier jusqu’ au ponton. Des les premiers coups de pedales nous nous sentons bien sur cette ile. Ko Yao Noi mesure 25 km de long sur 7 de large, une belle route etroite mais en tres bon etat la parcours. La moitie Nord n’est accessible qu’a pieds. Nous avons tot fait de trouver un accueuil pour la nuit. Il se fait tard et nous prenons place a table sous les palmiers Nipa d’un modeste restaurant. Dans sa pelouse se trouvent 3 kraes, nous reperons le plus petit mais aussi le plus eloigne des tables , a 3 metres seuleument du bord de l’eau. Apres le repas nous discutons avec le patron et sollicitons sous accord pour investir le petit auvent pour la nuit , ce qu’il accepte.. Il nous propose meme des matelas , oreillets et couverture. Les toilettes et water Tum Tum a disposition. Une nuit dans un coin de paradis.

MERCREDI 19 MARS

Sur l’ile Ko Yao Noi. (55 km de velo)

Nous nous levons en meme temps que le soleil, rougeoyant comme lui au dessus des montagnes de Krabi.La mer s’est retiree au loin et a abandonner un fond vaseux ou s’agitent quelques crabes. La journee sera consacree a la visite de l’ile. Apres un cafe vite avale, nous partons en direction de Market qui constitue le coeur commercial de Ko Yao Noi. Nous decouvrons une ile préservée. Les maisons traditionnelles sont élégantes et fonctionnelles, adaptées au climat et a la vie de famille. Ces habitations sur pilotis, en bois, bambou ou palme sont généralement composes d’ un pièce unique permettant de se prémunir des inondations. Pendant la saison sèche le dessous de la maison protege de la chaleur et sert aussi de cuisine. Les toits sont très pentus et sont souvent décores aux angles d‘un Naga (serpent). Ces maisons sont modestes , de petites tailles et bien incorporees a la vegetation. Une route bétonnée parcours le littoral offrant des vues magifiques sur la mer. Quelques restaurant de plage au nom enchanteurs se succedent face a la plage de Klong Jark puis face a celle de Pasai. Puis la route s’eleve pour franchir la nervure d’un cap et nous voila sur la ligne droite qui mene a Market. Ptit dej devant l’etal de vendeur de tout, beignet , mangue ...nos velos sont ranges contre un poteau au soleil, le thermometre de mon GPS affiche 54 degres. Puis apres quelques achats et fouineries dans les boutiques de Market nous filons vers Manoh Pier lieu d’embarquement pour Ko Yao Yai. Sur place nous discutons avec un boatman qui nous propose pour 3500 baths de nous amener a la reserve nationale de Phang Nga. Phang Nga est sans doute la baie la plus belle du globe. Nous ne pensions pas que cela etait possible au depart de Ko Yao Noi. Rendez vous est pris pour le lendemain. Nous restons donc sur cette ile 1 nuit de plus. Nous poursuivons notre visite a velo par la route bordant la mangrove ou les sonneratias et les avicennias baignent leurs racines inextricables dans une eau saumatre, puis nous rentrons dans le centre de l’ile pour aller vers Thakhao , la meme ou nous avons debarque la veille. Sur la gauche un panneau indique Had Yao Beach 3 km. Nous prenons cette direction , au bout de 200m la route betonnee laisse place a un chemin de terre zig zaguant dans la foret et au travers de plantations d’heveas. De temps en autre , nous laissons sur le bord du chemin la demeure de bois et de branchage sur pilotis d’une famille d’exploitatant jouxtant les installations d’extraction et de stockage du latex. Chiens, coqs et poules assurent l’ambiance sonore. Enfin le chemin plonge vers la mer, traverse la cocoteraie pour aboutir sur une plage isolee. Sceances de balancoire, sabaye-sabaye dans un hamac avant de revenir sur nos traces de roues .Sur le retour, de jeunes thai ont tendu un filet entre deux heveas , au sol une aire de jeu est delimitee par une corde fixee par des pics enterres , c’est un terrain de TAKRAW. Organises par equipe de trois, et jouant pour de l’argent les participants faisaient preuve de souplesse , agilete et precision. Sorte de volley- ball joue avec les pieds, il n’etait pas rare de voir un joueur , generalement de petite taille, parvenir a smatcher la balle vegetale avec le pied. Nous bouclons le tour de l’ile et repassons devant le restaurant NAIDAB qui nous a heberge puis retour a Market pour un repas sous les etoiles , les pieds dans la pelouse. Mais ou va-t-on dormir cette nuit ? Patricia a la mission un peu imposee de trouver un hebergement, nous partons du restaurant dans la nuit a la lumiere de nos frontales en direction de Manoh Pier, elle a dans l’apres midi repere un stade et a l’intention de s’y installer. Le portail est ouvert malgre l’heure tardive , nous passond devant la guerite du gardien absent et longeons le grand batiment. Au 1er etage la lumiere d’un bureau est encore allumee, elle y trouve le directeur de l’etablissement. Celui ci nous explique que le terrain de sport fait parti du college , que celui est ferme pour les vacances. Il nous propose de dormir sue le parquet du palier de l’escalier d’acces aux salles de cours , et de profiter des toilettes et de la douche au meme etage. Mission accomplie, l’endroit est tres correct pour de l’imprevu. Un chat blanc vient s’installer pres de nous dans la nuit.

JEUDI 20 MARS 2014 ou 2557 De l’ile Ko Yao Noi a l’ile de KoYao Yai en passant par Phang Nga (70 km log tail = 13 km de velo)

Le parquet du collège comme le réveil est un peu dur. Nous prenons le peti dej dans une cantine traditionnelle dans Market, beignets, riz et mauvais cafe au lait. Patricia retrouve le boat man au bord de la route et nous le suivons vers son Long tail amarré à Manoh Pier. Nous embarquons sur le ..... à destination du parc national de la baie de Phang Nga. Nous atteignons la première île après 40 mn de navigation sur une mer très calme, distante de 14 km de Ko Yao Noi. L’île est assez grande et très haute, de gigantesques de falaises grises et noires plongent dans la mer. Notre boat man Dee oriente la prou de son bateau en direction d’une grotte a ras de l’eau , avance lentement et nous laisse quelques minutes contempler l’immensité de la voûte sur laquelle s’accrochent de grandes stalactites. Au fond quelques plantes vertes donnent de la fraîcheur a l’endroit. Une petite plage de sable très étroite permet de poser pieds a terre. La boite a vitesse craque et le Long Tail amorce une marche arrière. Un peu plus loin le bateau reprend la direction des falaises vers une plage bloquée entre deux parois, le boat man pose l’avant du bateau sur la grève sous l’œil habitue d’un groupe de singe. Nous sautons a terre , escaladons une échelle de bois et pénétrons dans une grotte d’une cinquantaine de mètres qui offrent un très beau spectacle de stalactites et de concrétions calcaires . A l’extrémité , une fenêtre verticale et étroite donne un point de vue sur un cratère inonde. Lorsque nous ressortons de la grotte , nous croisons un groupe d’une trentaine de touristes casques , débarquant d’un speed boat en provenant de Phukett , ouf , on a échappe au pire. Le Long Tail longe la base des falaises jusqu’a passer sous le toit forme par l’érosion marine, Le plafond est découpé, déchiqueté par la mer formant des dentelles de calcaire qui plongent à ras de l’eau. Le baot man procède a un troisième accostement pour nous déposer sur une vire rocheuse a l’entrée d’un boyau horizontal traversant la roche pour déboucher sur une cavité surplombant un autre cratère inonde. Nous quittons cette île pour en regagner Ko Hong, beaucoup plus fréquentée. Un restaurant-buvette est installe sur une plate-forme flottante sert aussi de base a la location de kayak. Ainsi des dizaines d’embarcation explorent la baie. Des bouts de corde pendent au ras de l’eau permettant aux kayakistes de s’y amarrer. Ko hong est une baie fermée entre deux pitons calcaires, dont un est percé d’un tunnel franchissable à marée basse. L’approche de Tham loc est vraiment impressionnante. Le boat man dirige son bateau vers la voûte d’un tunnel qui semble trop basse, on imagine aisément que seuls les kayaks peuvent passer, pourtant le Long Tail ne ralentit que modérément, on pense que la proue massive du bateau cerclée d’écharpes multicolores qui s’érige vers le ciel va s’écraser contre l’arche calcaire, effet d’optique ou magie du boat man , le bateau glisse sans bruit dans la pénombre slalomant entre les larmes de calcite. Superbes sensations. De l’autre cote du rocher , apparaît à la lumière le rivage couvert de mangrove verdoyante qui jadis hébergeait les plus grands crocodiles du monde. Nous faisons route vers Ko Ping Kan, c’est le coin le plus visite du parc. Une plage de sable est bloquée entre deux pitons, envahie par des boutiques de souvenirs et barrant la vue sur le rocher de James Bond, obligeant les visiteurs a payer une taxe pour accéder au point de vue sur Ko Tapu ( James bond Rock’s). Trop de monde, nous poursuivons notre visite vers le village de pêcheurs de Panyi. Ce que nous apercevons en premier a l’approche de Panyi, c’est les coupoles dorées de sa mosquée, seul édifice bâti sur la terre ferme, tout le reste est sur pilotis a quelques décimètres de l’eau . Le village est un dédalle de pontons en béton donnant accès a une centaine de maison de tôle, de bois ou en maçonnerie. La vie de tout les jours a pris sa place, puisqu’il y a une école, un stade, un gymnase et tout autres bâtiments nécessaires a la société moderne. Une lignée de restaurants faisant face au large isole une partie du village de la mer. Nous regagnons notre bateau, et Dee met le cap sur Ko Yao Yai. Le bateau s’amarre à Chong Lad Pier au nord de l’île vers 15 heures d’ou nous repartons a velo. Ko Yao Yai s’étend sur 27 km du nord au sud sur 5 km de largeur environ. Cette île est assez peu touchée par le tourisme, principalement boisée de forets primaires, de plantations d’hévéas, de cocotiers et de palmiers. C’est pour nous un site paradisiaque. Nous avons a peine quitter le ponton et pris la route vers le sud qu’un salon de massage nous aguiche. C’est maintenant ou jamais. Nous nous allongeons cote a cote a plat ventre sur les matelas et les deux masseuses se mettent en action. Détente, relaxation sont réparateurs. Oublions les coups de marteau et les hurlements de la scie circulaire de l’ouvrier qui posait les gouttières.... Retour sur nos vélos, la route escalade un mamelon et offre un panorama sur la passe entre les deux îles, sur les rivages de sable, sur les cocotiers et sur l’archipel des Pakoh, plus a l’est on devine la baie de Krabi. L’heure avance, nous nous mettons a la recherche d’une cantine, endroit populaire ou les Thai viennent se restaurer. On les trouve au bord de la route généralement dans les bourgades. Toujours organisées de la même façon : Un coin préparation des plats ou on épluche les légumes ou prépare les pâtes , un coin cuisson avec un tri pattes a gaz et une grande poêle a frire, une vieille glacière pour conserver la glace pilée et quelques tables et chaises pour les clients qui sont bien souvent devenus des amis. Nous adorons manger dans cet environnement. Mais aujour d’hui pas de cantine qui nous convienne. Nous arrivons a Loh Poh Bay, un chemin rectiligne sur la droite descend vers la mer a l’Est, on aperçois en bas un ponton et un panneau indique Restaurant Sea Food. L’endroit nous parait magnifique d’autant qu’il est 18h et que le soleil descend sur l’horizon. En roue libre nous dévalons la pente. En bas, la grande terrasse du restaurant est perchée 3 m au dessus du sable délaisse par la marée, en face un ouvrier répare un Long Tail. Il purge habillement l’ancien mastic d’etancheite qui comble le joint entre les planches de la coque pour le remplacer par un cordon en coton servant de fond de joint a une résine d’etancheite. A cote, un vieux bateau en bois sec et rabougri, couvert d’un tau de toile bleu ferait bien notre affaire pour la nuit. Avec l’accord du charpentier et de Nieung venu par curiosité , nous installons un platelage dans l’étrave. Nieung est le propriétaire du restaurant, il est amusant et avenant alors nous prenons place a une ses tables en contemplant le coucher de soleil sur les pitons de la baie de Phang Gna. Nieung nous sert a table et son humour nous amuse toute la soirée. Ce soir il y a Full Moon, pas besoin de frontale pour retourner dans la cocoteraie et se coucher dans le Long Tail.

VENDREDI 21 MARS 2014 ou 2557 du calendrier Boudhiste.

De Ko Yao Yai a Nai Yang Beach par Phuket (26 km velo + 20 km Ferry + 60 km de velo.

Le chant des grillons comparable a celui de cigales provençales enrouées nous tire du sommeil , puis un grand bruit nous rappelle qu’il est dangereux de rester sous les cocotiers. La mer est venue dans la nuit lécher l’herbe verte de la cocoteraie et s’est retirée a plus de 300 m. Une aubaine pour les ramasseuses de fruits de mer. Elles sont deja a l’oeuvre. Pieds nus nous descendons l’escalier du ponton pour marcher dans le sable mou parfois visqueux jusqu’a elles. La première ramasse de petits mollusques gris portant une carapace a deux faces d’ou sort une queue grise et molle. A l’aide d‘une bêche arrondie qu’elle enfonce judicieusement dans le sable au droit de petits trous invisibles pour nous , elle extrait une motte qui en retombant au sol se sépare en deux et délivre la bestiole . Son panier en feuilles sèches se remplit rapidement. Plus loin, les filets maintenues par des bâtons plantes au sol ont fait prisonniers des centaines d’escargots qu’une famille entiere vient ramasser. Nieung est parti a la pêche cette nuit et ne sera de retour qu’en fin de matinée avec la Water- Up. Nous partons sans le remercier vers 7h45. Comme tous les matins nous faisons halte a une cantine pour le peti dej. Apres Pru Nai situe sur la seule route qui gagne le sud, nous bifurquons en direction de Loh Balai Bay. Une piste de terre traverse la foret pendant 7 km pour aboutir a Hua Lam Lan, a l’extrémité sud de l’ile. La nous découvrons un village de pêcheur sur pilotis d’une beauté et d’une conservation exceptionnelle. Comme isole du monde, la communauté vie de la pêche et de la richesse de la nature. Un baleze Thai décortique les noix de coco a la méthode traditionnelle sur une lame plantée dans le sol il empale la coque , la fait pivoter sur elle même ce qui arrache la structure filandreuse puis recommence 4 ou 5 fois jusqu’ a en avoir fait le tour. Les noix qu’il récolte sont différentes de celles que nous avons vu dans la région de Surratthani. Lorsqu‘ il les fend, il jette le liquide qu’elles contiennent et en extrait un fruit que nous n’avions jamais vu avant. Souple et onctueux a la fois, il a l’apparence de la meringue et le goût du coco. En repartant du village, un chemin en sous bois conduit en une centaine de mètres a la plage isolée de Aow Say Beach. Nous cédons au plaisir d’un bain naturiste. Nous repartons vers Loh Jark Pier pour prendre le ferry de 14h en partance pour Phuket. Lorsque le bateau quitte le ponton et qu’ il s’éloigne de la cote, nous comprenons en voyant cette image de carte postale que nous sommes au bout de notre périple. Il faut un peu plus d’une heure pour parcourir les 20 km qui séparent Ko Yao Yai de Rassada Arbours à Phuket. L’équipage débarque nous vélo acrobatiquement , se les passant a bout de bras du pont supérieur au quai. La faim se fait sentir , un marche qui se tient a proximité le vendredi nous permet de déjeuner de la manière que nous préférons : Flâner en picorant de stand en stand tout un tas de spécialités locales. A deux pas de la, nous achetons dans une boutique de (c’est un secret)…… le cadeau que Patricia envisage pour la fête des mères. Chargée et sanglée sur mon porte bagage , notre traversée de Phuket Town ne passe pas inaperçue. Nous prenons la route en direction de Patong en appréciant au passage les maisons Sino-portugaises bâties au siècle dernier. La route a 4 voies qui s’éloigne du centre-ville, d’abord plane et sécurisante se transforme au bout d’une dizaine de kilomètres en piège a cyclistes. La pseudo-piste cyclable disparaît et la ligne blanche du bas cote flirte avec le rail métallique de sécurité. La route fait face a une haute colline boisée qu’elle doit franchir sans détour par manque de place. Une seule solution, réduire sa largeur et se tortiller sur elle même au péril des moteurs diesels des bus et camions surcharges. C’est ainsi que nous nous retrouvons transpirant a grosses gouttes, coudes baissés, dos courbés, petit braquet, en appuis saccadés sur les manivelles à lutter contre la file discontinue de véhicules crachotant des gaz mal consumés. Une , puis deux épingles avalées , nous commençons à apercevoir le sommet lorsque deux mastodontes vitres et climatises, au coude a coude, se disputant l’autorité de la voie , négligent la frêle existence de la bicyclette de Patricia , bardée de sacoches rouges qui pour la circonstance font office d’airbags entre le rail et les portes de soutes de l’autobus. Guère plus rapide que le vélo, le car de touriste défile sa publicité a quelques centimètres de des oreilles de Patoune pendant de longues secondes. Le sommet de la bosse permet de récupérer de l’effort et de l’émotion. La descente qui s’en suit nous conduit en quelques minutes au cœur de Patong , bruyante, surchauffée, grouillant d’une foule agitée beurrée d’ambre solaire languissant des activités nocturnes et des décibels techno-iques. On est a Golfe-Juan en plein mois d’Août. Deux ou trois raidillons nous extraient de cet enfer , puis nous retrouvons pendant des kilomètres les files de voitures , les stationnement en double file sur les routes commerçantes qui fuient l’agglomération. A la nuit tombante , les premiers panneaux routiers indiquant Nai Yang Beach et l’aéroport sont enfin la. Une enseigne lumineuse super kitch affiche – Rooms to rent- , sans se poser de question , nous répondons favorablement a la proposition. Sur une longue façade jaune perpendiculaire a la route , une enfilade de 6 portes blanches donnant directement sur le trottoir accède a autant de chambres confortables mais mal tenues. Nous nous y installons pour les 2 ultimes nuits.

SAMEDI 22 MARS 2014

Visite de Nai Yang Beach et prepartif pour le retour.

Tour complet de l'Islande à bord du FRAM (mai/juin 2014)
by Jjmmsa · 2014-06-30 · 10 replies
Ci-dessous récit d'une croisière autour de l'Islande à bord du MS FRAM de la compagnie HURTIGRUTEN du 25 Mai au 4 Juin 2014.

Plus de détails et des photos sur mon blog :
http://nmjjm.blogspot.fr/...lande-le-retour.html

ENVOL VERS REYKJAVIK Samedi 24 Mai 2014 Les valises ont été bouclées à la dernière minute mais toujours dans la crainte de rater l'avion, ce matin c'est 06h00 debout ! Et notre comité d'accueil qui attendait à Saint-Lazare nous a emmenés directement et sans encombre à l'aéroport Charles de Gaulle. Le faitque l'Islande soit rattachée à l'espace Schengen nous a épargné un passage douloureux à travers les boutiques duty-free… Après un enregistrement cafouilleux, une sécurité tatillonne et un retard d'avion, ce n'est qu'à 15h20 que nous parvenions enfin en bout de piste à Roissy, prêts à décoller ! Le reste du vol fut sans histoire pour rallier l'aéroport de Keflavik en 02h50. Le plafond est si bas que la piste apparaît au dernier moment. Bienvenue en Islande ! Cet aéroport est de taille réduite et il est facile d'y circuler et d'y récupérer rapidement ses bagages. Il est situé à 50 km de la capitale, que l'on rejoint aisément en bus entraversant les champs de lave de la presqu'île de Reykjanes. Ce service de bus est bien pratique et efficace ; il prévoit même la mise à disposition de navettes qui desservent les hôtels ou chambres d'hôtes à la demande des passagers. Nous sommes les derniers à être déposés, ce qui nous vaut un circuit complet serpentant à travers les rues de la ville et qui nous permet déjà de se repérer sans fatigue. Nous avions réservé une chambre dans le gîte "Chez Monique", tenu par une Normande que les hasards de lavie ont amené en Islande il y a plus de 40 ans et qui y est restée. Une femme charmante au parcours atypique. Sa maison est située à deux pas du centre ville, juste derrière la nouvelle mairie et en bordure du petit lac Tjörnin, l'une des attractions de Reykjavik. En quelques minutes nous sommes sur le port pour déguster des brochettes de poissons au "Seabaron", un petit restaurant un peu folklo situé dans un ancien entrepôt et créé par un ancien pêcheur qui s'est reconverti dans la soupe de langoustines, le steak debaleine ou les célèbres brochettes que l'on choisit dans des armoires réfrigérées. Ensuite, en jouant des coudes, on cherche une place pour dîner sur des planches en bois, assis sur des barils en plastique. Folklo, je vous disais ! En attendant d'être servis, nous avons eu tout le loisir de contempler la déco murale faite de tout et de rien en rapport avec la mer et la pêche. Un resto incontournable pour qui vient àReykjavik. Après dîner, il nous reste assez de temps pour commencer à arpenter les rues de la ville, dont Laugavegur. C'est samedi soir, c'est très animé. De nombreux bars sont ouverts et semblent très fréquentés par la jeunesse locale. Cela nous amène tout doucement au sommet d'une colline dominée par le haut clocher de l'église Hallgrimskirkja, dont la façade est inspirée par la forme des colonnes de basalte, typiques de l'Islande. Il est 20h45, cela semble encore ouvert. Nous avons juste le temps de jeter un œil à l'intérieur. C'est très lumineux, mais la décoration n'incitepas à la distraction. C'est moins que minimaliste ! Ce qui dénote juste dans cettenef austère, c'est un magnifique orgue contemporain de plus de 5.700 tuyaux. Un monument à lui tout seul, splendide à regarder !

A REYKJAVIK Dimanche 25 Mai 2014 Aparté : Au risque de contrarier les puristes les plus absolus, je n'ai pas eu vraiment l'intention d'investir dans un clavier islandais pour rédiger cette page. Déjà qu'avec deux doigts ça ne va pas bien vite, les multiples caractères particuliers dont est faite l'écriture islandaise (Ð, ð, Þ, þ á, í, ó, ú, ý, æ, ö), ne feraient que ralentir la saisie du récit, sans forcément améliorer la lisibilité et la compréhension du texte ou des noms de lieux. J'ai donc choisi de franciser l'orthographe de la plupart des noms islandais et je l'assume pleinement dans ce qui va suivre. Et que les islandographes les plus convaincus me pardonnent !

Lemot nuit n'a pas beaucoup de sens à cette époque en Islande. La luminosité avait à peine baissé vers minuit et, à 04h00 il faisait déjà grand jour ! Celane nous a pas empêché de récupérer. Hier, c'était vent ; ce matin, c'est pluie ! Après le petit déjeuner, départ à pied vers le port, histoire de se rassurer et de constater que le MS FRAM est bien amarré au bon quai. La taille du bateau lui permet de profiter des installations de l'ancien port en ville plutôt que de celles du terminalcroisière situé bien à l'extérieur. Près du port, il est maintenant impossible de rater Harpa, une construction récente et imposante abritant plusieurs salles de concerts et de réunions, bars et restaurants, dont on peut douter de la pertinence au regard du nombre d'habitants du pays. Sur le plan architectural, c'est assez massif et incongru dans le paysage urbain du Reykjavik historique. Les immenses façades faites d'une multitude de prismes de verre éclairent les murs intérieurs noirs ou gris anthracite : Une belle étude de la diffusion de la lumière ! L'architecture contemporaine, on aime ou on n'aime pas. Nous avons nettement préféré l'intérieur du bâtiment et son éclairage naturel ! La tête enfoncée dans la capuche de l'anorak, nous avons poursuivi sur Saebraut, large mail sans arbres en bord de mer, jusqu'à une immense sculpture en acier inox, baptisée Sun Voyager. C'est un ouvrage étrange qui selon la position d'où on le regarde peut être une coque de drakkar, un squelette humain ou celui d'une baleine, à moins que cela ne ressemble à un scorpion… Il parait que le soir, les rayons rasants du soleil éclairent et colorent le métal de teintes changeantes, d'où le nom de Sun Voyager. Nous, on ne pouvait pas voir cela, nous étions le matin… Plus sérieusement, pour nous, c'était Rain Voyager !

De l'autre côté de Seabraut, un quartier entier est en cours de restructuration. Des immeublesde belle hauteur sont alignés le long de l'avenue et font penser à Manhattan ou Dubaï, à l'échelle de l'Islande bien sûr. Il pleut, et nous pensons trouver un abri salvateur dans Hallgrimskirkja, que nous avions vu trop rapidement hier soir. C'est dimanche, et nous arrivons en plein office religieux. La nef de la grande église est pleine de fidèles, des choristes sont debout sur deux estrades et l'orgue résonne de tout son souffle.Un grand moment de communion musicale. Nous avons donc suivi le culte luthérien, mais nous avons eu du mal avec un long prêche en islandais. Là, nous nous sommes sentis un peu perdus ! Dans l'après-midi, la pluie redouble et c'est au pas de charge que nous rejoignons le FRAM en traînant nos quatre lourdes valises. Nous avons bien apprécié que le bateau soit amarré quasiment au pied de notre gîte… Sans le faire exprès, nous sommes dans les premiers à monter à bord et à procéder aux formalités d'embarquement. Le personnel de la réception semble fébrile et cafouille. Nous comprendrons vite que l'informatisation de toute la gestion des passagers vient d'être changée le jour même et que cela ne se fait pas sans douleur. Sur ce coup là, nous avons été les meilleurs, ceux arrivés après nous ont été moins chanceux et ont dû patienter plus qu'à l'habitude. Rapidement, nous retrouvons parmi le staff quelques têtes déjà vues lors de notre précédent voyage en Antarctique, dont Steffen qui nous reconnaît. Nous avons déjà noshabitudes à bord. Nous nous installons dans la cabine 336, jouxtant celle quenous avions il y a trois ans, au pont 3 et au centre du bateau, là où à priori cela remue le moins. Rapidement, nous récupérons notre parka bleue puis nous investissons la cafet du pont 4 enattendant d'être convoqués pour l'exercice de sécurité obligatoire avantl'appareillage. A 20h00 précises, le FRAM quitte lentement le quai, les toits de Reykjavik s'estompent derrière le crachin. Les sommets environnants sont sous une épaisse couche de nuages. La légendaire lumière et la visibilité infinie caractéristiques de l'Islande ne sont pas au rendez-vous ce soir ! Après les nourritures spirituelles de la matinée, il est normal de penser aux nourritures terrestres et ce soir, devant le buffet du FRAM, commence la cure de poisson. On est presque venu pour cela ! 21h30, pot de bienvenue du Commandant. C'est surtout l'occasion de faire connaissance avec les membres de l'équipage et du "staff d'expédition". Nous retrouvons le Commandant qui nous avait sorti avec tant de brio du violent coup de vent que nous avions subi en Antarctique. Le FRAM a déjà par le passé relâché à Reykjavik, mais c'est la première fois quela compagnie organise le tour complet de l'Islande en faisant escale dans de petits ports. Line, une norvégienne, qui est notre "team leader" complimente tous les passagers d'avoir osé être des pionniers et des explorateurs lors de ce voyage inaugural. Rien moins ! Bon, même si c'est un peu exagéré, cela fait toujours plaisir… Le FRAM fait maintenant cap au nord-ouest vers sa prochaine escale : la péninsule de Snaeffellsnes. Après une journée bien remplie, ce soir je m'octroie un quart réduit, d'autant que la pluie ne cesse pas. Pas chaud sur les coursives extérieures !

PENINSULE DE SNAEFELLSNES Lundi 26 Mai 2014 07h15, le FRAM est en vue du port de Grundarfjordur, au nord de la péninsule de Snaeffellsnes. En vue ! En vue ? En vue n'est pas le terme qui convienne vraiment. Plafond bas et lumière en berne, la journée ne s'annonce pas bien. Depuis le pont du bateau, les contours de la pyramide abrupte de Kirkjufell, la Montagne de l'Eglise, sont complètement brouillés. Quelques instants plus tard, son sommet va disparaître dans les nuages bas. Cette montagne caractéristique annonce notre arrivée imminente dans le port de Grundarfjordur, que l'on distingue à peine derrière le rideau de pluie fine. La péninsule de Snaefellsnes est paraît-il un concentré des paysages d'Islande ; depuis hier nous avons surtout droit à un concentré météorologique ! Toute la région est dominée par le Snaefell, un stratovolcan éteint culminant à plus de 1.400 m surmonté d'un glacier, le Snaeffelsjökull. Inutile de préciser que nous n'avons rien vu de tout cela. Jules Verne avait inscrit ce site pour la postérité dans le "Voyage au centre de la Terre", mais aujourd'hui les héros de sonroman n'auraient sans doute pas pu vivre leur aventure, tant l'entrée du volcan était invisible. Nous nous étions inscrits pour une excursion en bus et une randonnée pour faire le tour du Snaeffell. Le peu que nous pouvions voir nous a juste permis d'imaginer que tout le reste devait être très beau… Malgré tout, bravant le vent et la pluie, nous avons pu faire une marche en partant du petit port d'Arnarstapi, cerné de falaises de basalte noir servant de refuge à plusieurs colonies de mouettes tridactyles. La poursuite de la rando s'est faite en longeant une côte rocheuse très découpée où les grottes alternent avec les portes et autres pics. La mer y bat avec violence. Le contraste entre le blanc des vagues qui explosent sur le noir des formations basaltiques est du plus bel effet. Le guide Lonely Planet évoque cette balade, expliquant "que les paysages sont encore plus enchanteurs sous la pluie". Tu parles ! On peut imaginer que par beau temps, cela doit être encore mieux Ensuite, une courte marche vers la plage de gros graviers noirs de Djupalonssandur que l'on atteint par un méchant chemin serpentant à travers des formations menaçantes de lave sombre. L'état de la mer ne donne guère envie de s'y baigner. Et quand on voit sur quelle surface les débris d'un chalutier qui y fit naufrage en 1948 sont dispersés, cela donne une petite idée de la violence de la mer dans la région. Dans l'après-midi, le Fram relâche pour la première fois à Stykkisholmur, la capitale de la région. C'est un petit port accessible par une passe étroite sinuant entre récifs et îlots. Mais comment y faire entrer un paquebot ? Le Commandant nous a encore apporté la preuve de sa dextérité en encastrant son bateau en marche arrière entre lequai et une île de basalte et en s'amarrant à un quai trop court pour le navire. Stykkisholmur, un port, une petite ville d'Islande où les entrepôts côtoient des maisons bardées et couvertes de tôles ondulées multicolores. Profitant d'une éclaircie, nous marchons vers l'église bâtie sur une colline. Une construction futuriste complètement décalée avec le classicisme du village. L'architecte a visiblement déliré. Il n'y a que les cloches en bronze qui ne laissent aucun doute sur la destination de l'édifice. Un escalier très raide permet d'atteindre le sommet de la petite île qui ferme le port. Une opportunité pour admirer le FRAM d'en haut. Un petit phare rouge domine le site et constitue un excellent point de vue dominant le semis de roches qui encombrent l'accès direct au port. Au moment de l'appareillage, vers20h00, le FRAM donne trois coups de sirène à l'issue de son escale inaugurale à Stykkisholmur avant de faire route vers les fjords du Nord-Ouest. Et la pluie tombe de nouveau !

LES FJORDS DU NORD-OUEST Mardi 27 Mai 2014 Si en Bretagne il peut faire beau plusieurs fois par jour, ici en Islande, il se dit qu'il suffit d'attendre juste cinq minutes pour trouver du temps à sa convenance. Eh ben, on ne peut pas dire que nous soyons récompensés de notre patience. La météo est désespérément stable depuis notre arrivée dans le pays et la matinée ne s'annonce pas meilleure que les précédentes. L'arrivée dans le petit port de Flateyri se fait dans la grisaille. Nouvelle escale inaugurale. L'accostage se fait en douceur, mais on voit que les deux lamaneurs ne sont pas habitués à l'arrivée d'un bateau si imposant et ont des difficultés à manipuler les lourdes aussières. Il faut dire que Flateyri ne compte que 300 âmes et une poignée de chalutiers. Le trafic maritime ne doit pas être bien important. Flateyri s'étale sur une courte péninsule et l'on se demande ce qui a pu motiver l'organisateur de la croisière pour y faire escaler le FRAM… Avant même le débarquement, nous comprenons que le tour du village sera vite bouclé. Malgré l'heure matinale, tous ceux qui ont quelque chose à vendre ou à faire voir, ont ouvert leur échoppe ou leur maison pour tenter de capter les économies de la clientèle du FRAM… avec plus ou moins de succès semble-t-il. Nous visitons la librairie du village où l'on vend des livres d'occasion au poids. Elle est installée dans une ancienne habitation et c'est le propriétaire des lieux qui nous reçoit. Un jeune homme bon chic, bon genre qui a revêtu le costume d'époque pour mieux se fondre dans le décor très kitsch de la maison de ses arrière-grands-parents. Visite de l'église à l'intérieur joliment coloré. Deux jeunes filles y donnent un mini récital de voix et piano pour le plaisir de quelques passagers. Il ne nous reste plus qu'à escalader un gigantesque talus paravalanche. Le gouvernement islandais a fait transporter et mis en œuvre des millions de mètres cubes de remblais pour protéger le village. En 1995, une avalanche en avait enseveli une partie etfait une quarantaine de morts ; et quand ont voit la hauteur et la pente de la montagne en surplomb, on comprend mieux la nécessité d'un tel ouvrage. C'est tout simplement colossal. Le talus de forme triangulaire permet de dévier la trajectoire de l'avalanche, le centre servant de rétention. Vu du village, cela n'a l'air de rien, mais une fois grimpé dessus on se rend compte de la hauteur importante de l'ouvrage qui domine largement l'agglomération. On nous avait également vendu la vue panoramique sur le fjord, mais ce matin, c'est raté ! En début d'après-midi, le FRAM y va de ses trois coups de sirène en quittant Flateyri. Nous longeons maintenant de hautes falaises avant de pénétrer dans l'imposant fjord d'Isafjordur. Lapluie a cessé mais l'air reste bien humide au point de brouiller le paysage. Les fjords du nord-ouest sont l'une des régions les plus spectaculaires d'Islande, c'est rageant de ne pouvoir admirer convenablement ces falaises grandioses que masquent les nuages bas. En fin d'après-midi, le bateau jette l'ancre au fond du fjord au large de l'île de Vigur. Il y est prévu un débarquement à l'aide des PolarCircle Boats (PCB). (Les PolarCircle Boats sont de puissants bateaux de travail norvégiens qui ont été adaptés pour débarquer les passagers dans des lieux dépourvus de quai. Nous avions déjà testé leur robustesse et leur efficacité à toute épreuve en Antarctique). Le FRAM est éloigné de l'île et les PCB font la navette. En dehors de son côté bucolique, cette île est réputée pour sa population aviaire abondante et variée qui piaille bruyamment : sternes, guillemots, macareux, huitriers-pie, mais surtout pour l'imposante population d'eiders. Les canes eiders sont en ce moment à couver partout dans l'herbe ou les galets des plages. Une ferme occupait cette île dont il subsiste encore quelques bâtiments colorés caractéristiques. La saison venue, les enfants des fermiers se consacraient à la collecte du duvet d'eiders dans les nids. 21h00, le FRAM fait demi-tour vers le port d'Isafjordur. Et là, miracle ! L'air devient plus sec, plus pur, plus lumineux et les nuages prennent un peu d'altitude. On commence à voir quelque chose ! Enfin, je peux profiter des coursives extérieures et de la plate-forme avant du pont 5, cela commençait à me manquer de ne pouvoir assurer mes quarts régulièrement et ce soir, j'y reprends goût ! Isafjordur est abrité au fond d'une ancienne vallée glaciaire en forme caractéristique de U. Un vrai U aux flancs quasi verticaux où là neige peine à s'accrocher. Les falaises noires striées de neige se reflètent dans l'eau lisse et sombre du fjord, le paysage se dédouble.Le bateau accoste doucement, une belle arrivée !

ISAFJORDUR Mercredi 28 Mai 2014 Journée complète de relâche àIsafjordur. Les prémices d'amélioration météorologique entrevus hier soir se précisent. L'atmosphère est limpide, les sommets des montagnes environnantessont nets, et surtout dégagés de leur couche nuageuse qui a pris de la hauteur. Pas encore de soleil, mais nous ne désespérons pas. Isafjordur est la ville la plus importante des Fjords du Nord-Ouest. 2.600 habitants ! Comme à Flateyri, la ville est construite sur une longue péninsule qui barre le fond du fjord. C'est un important port de pêche, quelques gros chalutiers sont amarrés à quai mais comme partout, la pêche artisanale semble en voie de disparition. La ville est vite parcourue. Quelques rares commerces traditionnels, un supermarché et deux fast-food sontles seuls points d'attraction. Il subsiste un nombre important de maisons anciennes bien préservées, aux toits et façades en tôle ondulée. Le charme vient des différentes couleurs de ces maisons. Et les décors ou expositions d'objets derrière les fenêtres doivent témoigner de la personnalité des occupants. Ce détail est une constante des pays nordiques, bien que cela semble ici moins léché qu'en Norvège. Résider ou vivre dans cette région ne doit pas être qu'une partie de plaisir. C'est loin de tout à cause des kilomètres à parcourir pour contourner l'un après l'autre chacun des nombreux fjords ou franchir des montagnes escarpées qui sont autant d'obstacles à un déplacement aisé. Sans parler de l'obscurité, de la neige et du froid qui y règnent durant le long hiver. Ici, c'est pire que le bout du monde ! Et tout au nord de cette zone de fjords, il n'y a que les oiseaux qui peuvent s'y plaire, il n'y a jamais eu de routes pour s'y rendre. 21h30, tout le monde sur le pont pour l'appareillage d'Isafjordur ! Temps clair, belle visibilité, l'immense chape de nuages est en altitude. Cela change des jours précédents et c'est tant mieux. Le FRAM quitte un fjord pour faire un détour vers un autre, le commandant veut nous faire admirer une ancienne station baleinière norvégienne en activité jusqu'en 1930. Sur un replat de la côte, subsistent quelques bâtiments, une vieille cheminée… Le fond du fjord est complètement enneigé. Le FRAM fait lentement demi-tour. Impossible de trouver la sortie ! L'horizon est complètement barré par des montagnes tabulaires noires rayées de longues strates horizontales. Et toujours beaucoup de neige. En avant lente, le FRAM rase les berges du fjord. Une belle visibilité et peu de vent ressenti, il est agréable de prendre le quart sur la plateforme du pont 5 où je suis seul. Le bateau ayant enfin trouvé la sortie du vaste réseau de fjords, le vent se lève et la température fraîchit. Il est près de minuit, il fait grand jour, et si ce n'était le poids des paupières, je serai encore bien resté à contempler ces paysages grandioses.

HORNBJARG & SIGLUFJORDUR Jeudi 29 Mai2014 Bien que couché vers minuit, quelque chose me dit qu'à 04h30 il serait grand temps que je sorte du lit. Atravers le hublot, je comprends que le soleil éclaire déjà de hautes falaiseset que le bateau est quasiment arrêté. Cela mérite bien un petit toursur le pont, mais malgré l'heure, j'ai déjà été devancé… Le bateau est immobile au milieude la baie de Hornvik, à l'extrême nord-ouest de l'Islande. La neige recouvreen abondance les pentes abruptes des montagnes. Et ce qui ne gâte rien, c'estque le soleil est encore sous les nuages pour illuminer le cirque que forme lefond de la baie. La lumière rasante souligne chaque plissement du relief en yapportant des teintes chaudes du plus bel effet. C'est réellement splendide. Nous sommes deux ou troiscourageux passagers à admirer un tel décor, mais quelle récompense ! Ces petitsmatins spectaculaires sont un réel plaisir encore augmenté par le fait d'être àpeu près seul pour les admirer. Je sais, c'est très égoïste, mais c'est lacontrepartie d'une nuit écourtée… Je reste ainsi jusqu'à ce que lesoleil disparaisse au-dessus de la couche de nuages. Tout devient plus terne etsurtout, la température chute immédiatement. A 06h00, il est temps de finir lanuit ! Sauf qu'à 07h00, nouveau réveilpar la radio du bord. Le FRAM s'est approché très près de la falaise bordant labaie de Hornvik, qui est un site d'observation ornithologique d'importance. LeFRAM est entouré d'une multitude d'oiseaux qui plongent ou s'envolent en largesgroupes, essentiellement des guillemots ou des pétrels fulmar. Les guillemotsont un envol poussif et doivent battre frénétiquement des ailes et des pattesavant de pouvoir décoller, c'est plutôt cocasse à regarder ; les plus malinspréfèrent plonger furtivement à l'approche du bateau. Ce sont des oiseaux de petitetaille, mais ils sont des centaines de milliers bien alignés, à nicher dans lamoindre anfractuosité ou la moindre faille dans les strates de la falaise. Plushaut, ce sont les mouettes tridactyles qui tournoient en rasant la roche. Cette région est faite de hautset très anciens volcans brutalement effondrés dans la mer, une moitié émerge, l'autre a définitivement disparu. Le relief du secteur est très mouvementé, tellement difficile d'accès qu'il n'a jamais été habité, sauf occasionnellementprès de quelques rares plages où la mer permettait de débarquer. Les maîtresdes lieux sont les trolls et les sorcières, c'est dire ! C'est l'un des derniers endroitsencore sauvage d'Europe et c'est devenu un parc national très protégé. On nepeut y venir qu'en bateau depuis Isafjordur, et après c'est trois jours demarche éprouvante, même pour les trekkeurs les plus forcenés pour traverser lapresqu'île. Nous sommes ici face auHornbjarg, le point le plus nord de l'Islande. Horn ? Y aurait-il un rapportavec le cousin Horn de l'hémisphère sud ? Vue de la mer, la similitude entreles deux caps est troublante… même falaise, même couleur noire, même formeconique, et bien que cela ne soit pas le cas aujourd'hui, mêmes souffrancespour le passer. Une nouvelle fois nous sommescap-horniers ! Ensuite, nous avons été gratifiésd'une belle matinée de navigation, mer calme et visibilité islandaise portantloin. Vers le sud, la côte prend un profil plus alpin avec des cimes toujours trèsenneigées et vers le nord-ouest, à une quarantaine de kilomètres, tel unmirage, l'île de Grimsey émerge à peine de l'horizon. J'ai passé un long momentsur l'avant du pont 5. La météo pluvieuse des derniers jours est déjà oubliée.Je retrouve l'Islande que je connaissais. Pourvu que cela dure ! En début d'après-midi, nousaccostons à Siglufjordur, au fond d'un petit fjord. Toujours beaucoup de neigesur les pentes. Ce port a largement prospéré grâce à la pêche au hareng pendantplusieurs décennies, mais brutalement périclité lorsque les bancs ontsubitement et définitivement quitté la région en 1960. J'y avais fait escale lors de mon1er voyage en Islande en 1977, et je me souviens de l'état dedélabrement des quais en bois construits sur pilotis, des rues désertes etd'habitants tristounets. Une vraie ambiance de far north ! En 2014, le villagesemble de nouveau faire preuve de dynamisme et d'animation. Le cabillaud a remplacé lehareng. A peine quitté le FRAM, nous assistons à la débarque de ce poisson parbacs entiers. Durant l'escale, une partie de pêche à la ligne est organisée àbord des PCB, les participants sont revenus avec des prises de belle taille. Lesoir, cette pêche miraculeuse a été découpée devant nous sur le pont 7 par lescuisiniers du bord qui en ont tiré de superbes filets.

AKUREYRI & GRIMSEY Vendredi 30 Mai 2014 Ce matin escale à Akureyri, seconde ville d'Islande (17.000 habitants), située au fond d'un fjord de 55 kmde longueur. La matinée aurait pu démarrermoyennement mais la météo islandaise qui n'est pas à une contradiction près vaen décider tout autrement. Vers 09h00, alors que nous commençons notre visitede la ville, les nuages disparaissent rapidement pour laisser la place à unsoleil généreux. Dans la matinée, il fait si chaud que nous devons ôter anoraket pull. Nous parcourons une petite villebien proprette, aérée et relativement animée qui s'étage en pente douce le longdu fjord. Du haut des escaliers qui mènent à la grande église contemporaine, nous avons une jolie vue sur l'agglomération, les eaux du fjord et la riveopposée. Sous le soleil, la neige abondante qui recouvre encore les sommets, étincelle. Nous poursuivons notre balade entraversant un quartier composé de maisons cossues entourées de jardins oùpoussent tulipes et jonquilles, et chose plus rare en Islande, des arbres ! Noussommes à proximité du jardin botanique de la ville qui rassemble une collectionde plantes islandaises et arctiques. La moindre plante est étiquetée, c'esthyper soigné et entretenu par de très jeunes gens. Les enfants viennent s'ydistraire. C'est un endroit bucolique au cœur de la rude Islande… Appareillage en débutd'après-midi pour une sortie somptueuse du fjord qui va durer un peu plus dedeux heures. Grand soleil, ciel bleu. Sur la faible pente des rives, alternentfermes, champs de fourrage, petits hameaux. C'est très verdoyant. En arrièreplan, les montagnes sont couvertes de neige. Sous le soleil, le paysage estéblouissant (dans tous les sens du terme). Vent de l'arrière, l'atmosphèreest très agréable. Les chaises transat et les fauteuils ont été judicieusementdisposés sur les ponts extérieurs, et de nombreux passagers en profitentnonchalamment pour… bronzer ! Je passe ainsi mon quart, à en prendre plein lesyeux en observant les eaux calmes du fjord ou les cimes environnantes… Uneréelle impression de naviguer sur un lac de haute montagne tant l'air estlimpide. Dès la sortie du fjord, le FRAMmet le cap sur l'île de Grimsey à 45 kilomètres au large. Grimsey serait restéedans l'anonymat, si elle n'était le seul point d'Islande traversé par le CerclePolaire Arctique, qui lui a fait sa réputation. Elle reste une île très peuvisitée à cause des liaisons maritimes ou aériennes aléatoires dues à une météoimprévisible, même l'été. La taille du FRAM permet de s'affranchir de cesconsidérations, d'autant qu'aujourd'hui, c'est calme plat. Aussitôt en mer, le vent serenforce quelque peu et la température diminue en conséquence, mais avec lesoleil cela reste très supportable. Sur l'arrière, la côte se profile nettementen un alignement de cimes copieusement enneigées qui irradient dans ledemi-contre-jour. C'est plus que splendide, l'Islande nous fait son spectacle. J'attendais beaucoup de ce voyage, etaujourd'hui j'en ai plus que je n'osais espérer. Les mots manquent. C'est beau, tout simplement beau. Beau à s'en faire mal aux yeux, beau à pleurer. Toutl'après-midi, je reste de quart sur le pont dans la contemplation des paysages. En toute fin d'après-midi, nousdébarquons en PCB dans le petit port de Grimsey. L'attraction principale, c'estque cette ile est traversée par le Cercle Polaire par 66° 33' Nord. C'est leseul endroit d'Islande où en théorie, le soleil tangente l'horizon au solsticed'été le 21 juin, et où il n'apparaît plus le jour du solstice d'hiver le 21décembre. En théorie ! En réalité, c'est un peu plus compliqué que cela… Lignesimaginaires, les cercles polaires, comme les tropiques, l'Equateur ou leméridien de Greenwich, sont des repères fictifs sur la surface du globe. On neles voit pas, mais c'est quand même bien utile pour connaître l'heure, lessaisons ou sa position. A Grimsey, le lieu estmatérialisé dans la partie nord, derrière le petit aérodrome, par un tube enacier inox de trois mètres de long, que l'on enjambe grâce à quelques marchesen bois. Tout le monde vient s'y faire photographier. Cela reste trèssymbolique. N'empêche que c'est la quatrième fois que l'on passe cette ligne et…que l'on s'y fait photographier aussi ! Grimsey est également connuecomme repaire d'oiseaux marins. Les sternes occupent une grande partie del'ile, ils peuvent être très menaçants si l'on s'approche trop de leurterritoire et le font bruyamment savoir aux intrus que nous sommes ; ça piailleà tout va au-dessus de nos têtes. Nous déambulons au bord desfalaises en contemplant à bonne distance les nids de fulmars ou de mouettes.Les macareux font leurs nids en creusant des terriers tout au sommet de cesfalaises. Mais la plupart sont en pêche au large, pourtant nous en voyons deuxs'envoler entre nos jambes, alors que nous étions confortablement assis dans lamousse au-dessus de ces terriers sans le savoir… C'est le début de soirée, il faitgrand jour. De l'île, on voit le FRAM en premier plan et à 45 km au-delà versle Sud, on distingue clairement la succession des cimes couvertes de neige quele soleil éclaire encore largement. Quelle journée ! Et ce n'est pasfini ! 21h30, appareillage. Le FRAMcontourne Grimsey pour ainsi pouvoir franchir le Cercle Polaire. Pour nous, c'est donc la cinquième fois ! Cette longue expérience nous autorise à nousdispenser de la petite cérémonie du baptême de la ligne qui a lieu à l'avant dupont 5… Il y a quelques novices à bord qui se font introniser par un dieuNeptune plus vrai que nature et qui ne fait pas semblant en leur déversant unecopieuse louche de glaçons dans le cou et le dos. Hurlements et rires ! Etchacun des courageux se voit offrir un petit verre d'aquavit pour dissiper lesfrissons… On aurait pu croire la soiréeterminée. En ralliant l'escale suivante, nous croisons la route d'un groupe debaleines qui fait son show… Toujours un peu trop loin et jamais assezlongtemps. Mais le capitaine a arrêté son bateau presque une heure pour que lespassagers puissent les admirer. J'ai rarement quitté mon quartdepuis le début de l'après-midi. J'en profite au maximum, il y a tant à voir !Peu à peu les coursives se vident. 23h30, le soleil presqu'au Nord, ne descendplus vraiment et ses derniers rayons éclairent la côte. Au loin, les montagnesse teintent de rose… Magie du lieu, magie de l'instant. Il n'y avait pas grandmonde à bord pour admirer cela ! Oui vraiment, une journéeexceptionnelle en Islande !

HUSAVIK & TORSHÖFN Samedi 31 Mai2014 Nous nous réveillons en mêmetemps que le bateau accoste à Husavik. Il pleut un peu, mais si cela ternit lepaysage, cela n'altère en rien la visibilité. La grande majorité des passagersa débarqué pour une excursion vers le lac Myvatn, un haut-lieu du tourismenord-islandais (nous devrions voir ces sites dans la seconde partie de notrevoyage). Le FRAM semble presque vide et nous prenons le petit-déjeuner aucalme. Si les Islandais ne pratiquentplus la chasse aux cétacés depuis plusieurs années, ils ont fait de Husavik lacapitale de l'observation des baleines en armant toute une flottille d'ancienschalutiers qui emmènent passagers et curieux. Cela se fait également sur delongs canots ultra-rapides. L'industrie semble florissante et les baleines dela baie d'Husavik n'ont qu'à bien se tenir ! Chaque passager de ces bateauxest équipé d'une superbe combinaison de survie rouge avec une jolie capuchejaune fluo, et revêt également une brassière de sauvetage. Les quais de Husaviksont ainsi animés par les allées et venues des ces petits hommes rouges auxtêtes jaunes et ce matin, quelques passagers du FRAM agrémentent la palette decouleur grâce à leur belle parka bleue électrique… La flottille d'observateurs debaleines partie, la petite ville s'apaise. En dehors des cétacés, son intérêtréside dans son église d'inspiration norvégienne et son clocher blanc et rouge. Nouvel appareillage du FRAM entout début d'après-midi. Nous longeons alors une côte basse d'où émergentquelques rares sommets, contrastant avec les paysages vus auparavant. Comme iln'y a pas de chose de spectaculaire à voir, nous nous octroyons un long momentde détente dans le jacuzzi situé à l'extérieur du pont 7, heureux de clapoterdans les bulles. On s'y sent bien… jusqu'au moment de sortir ! C'est ainsi que nous arrivons àTorshöfn en début de soirée. Une fois de plus, notre commandant nous a montrétout son savoir-faire en glissant son bateau dans la passe d'entrée fortétroite. Là encore, quelle a été lamotivation du concepteur de la croisière pour programmer une escale dans cepetit port ? Nous débarquons dans un petit village, tout au nord-est du pays età l'écart des itinéraires conventionnels, où il n'y rien d'autre qu'une énormeusine de transformation de poissons. A 21h00, les déambulations despassagers du FRAM ont perturbé le paisible village. Quelques habitants ont faitce qu'ils ont pu pour nous vanter leurs hobbies : objets sculptés, peintures, tricotage de gants ou de bonnets à mille années-lumière de la mode de Paris.L'église était même restée ouverte pour nous, là encore, pas grand-chose à voir! Le spectacle, c'est nous quil'avons fait lors de l'appareillage, à 23h00. Les personnels du port quin'avaient sans doute jamais accueilli d'aussi gros navire et sans doute jamaisde paquebot, saluaient les passagers avec leurs casquettes en nous criant derevenir l'année prochaine… Le FRAM y a été de ses troiscoups de sirène et Torshöfn a retrouvé son calme… pour un an, peut-être ! 23h30, le soleil effleure toutdoucement la surface de l'océan, mais une nouvelle fois ce sont les nuages quigagnent la partie et tout le ciel commence à s'embraser.

SEYDISFJORDUR & ESKIFJORDUR Dimanche 1er Juin 2014 Le FRAM a contourné la pointenord-est de l'Islande durant la nuit et fait maintenant route vers le sud, autrement dit, nous attaquons la seconde moitié du parcours en longeant larégion des Fjords de l'Est. Et depuis le tout début de lamatinée, l'Islande nous refait son show. Ciel pur, air limpide, franc soleil, étonnant ! Cette météo inédite nous incite à quitter la couchette au plus vite. Nous suivons à toucher une côtemontagneuse incrustée de multiples fjords. C'est moins abrupt, moins haut quece nous avions vu précédemment, mais les cimes sont tout autant couvertes deneige. C'est tout simplement éblouissant ! Le FRAM navigue à petite vitessesur les eaux calmes et incroyablement bleues du fjord de Seydisfjordur. Al'avant du bateau, c'est le rêve. Du grand spectacle ! Les cimes enneigées sereflètent dans l'eau, de nombreuses et très hautes cascades dévalent les pentesen stries parallèles, près des berges quelques fermes se sont implantées. Tranquillement, le FRAM gagne lefond du fjord et accoste au quai où s'amarre habituellement le ferry qui assurela liaison hebdomadaire entre le nord du Danemark et l'Islande. Et une foisn'est pas coutume durant cette croisière, nous avons droit à de vraiesinstallations portuaires. Blotti au fond d'une anse cernéepar les montagnes, Seydisfjordur est un village unique en Islande, réputé pourses jolies maisons. Cela tient peut-être à leur architecture un peu plusélaborée qu'ailleurs, la palette de leur teinte pastel, ou leur implantationautour de ce qui ressemble à un lac. Le phare de tous lescroisiéristes en escale, c'est l'église. Et celle-ci ne déroge pas à la règle.Une jolie petite église en bois bleu pastel qui ajoute beaucoup de charme auvillage. La voute de la nef en arc de cercle est aussi peinte en bleu plussoutenu. Des fenêtres à petits carreaux éclairent la nef et le chœur, etlaissent la vue sur la verdure environnante et quelques bouleaux rabougris. Nous passons ainsi une bonnepartie de la matinée, sous un généreux soleil, à déambuler dans les rues dupetit village. Une jolie parenthèse dans le rythme de la croisière. Néanmoins, appareillage en débutd'après-midi ! La descente du fjord est aussi lumineuse que sa montée ce matin.Tous les fauteuils sont pris d'assaut et ça bronze à tout va, chacun enprofite. Dès le changement de cap à la sortie du fjord, les nuages sont arrivéset le vent est monté brutalement. Sauve-qui-peut général ! Nous naviguons quelques millesavant de pénétrer dans le fjord d'Eskifjordur, notre escale de find'après-midi. Le ciel est resté bien voilé et nous découvrons un village auxmaisons basses bien alignées, toutes construites parallèlement à la berge etétagées sur les pentes de la montagne. Chacune en soi n'a rien d'exceptionnelmais l'ensemble est assez harmonieux. Chacune de ces escales est leprétexte pour que quelques uns partent en excursion organisées sur des thèmesou des destinations différentes. Pour nous, on verra plus tard.

DJUPIVOGUR, OU LES BRUMES D'ISLANDE Lundi 02 Juin 2014 07h00, le FRAM jette l'ancre àDjupivogur, au large d'une côte basse et rocheuse qui vue de l'avant du pont 5pourrait ressembler à certains paysages de Bretagne Nord. Une succession depointes et un semis de roches empêchent le FRAM d'aller plus en avant. De l'arrière du bateau la vue estbien différente, de longues falaises noires dominent de larges plaines, et plusen arrière-plan les montagnes sont faiblement enneigées. A part quelques petits nuagesaccrochés aux lointains sommets, la matinée s'annonce radieuse. Nous sommes enescale ici pour une grande partie de la journée et comptons en profiter pourfaire un peu de tourisme pédestre autour du village. Après le débarquement en PCB, nous commençons donc notre randonnée vers l'attraction majeure de Djupivogur, un ensemble de 34 énormes œufs en pierre polie, baptisé "Eggin iGleidivik" (les œufs de la baie heureuse). Ces 34 œufs tous différentscorrespondent à 34 sortes d'oiseaux présents sur l'ile, et respectent la formeet l'échelle. Cette visite à peine terminéenous avons été rapidement surpris par l'arrivée de petits bancs de brumemasquant de temps à autre un paysage devenant de plus en plus incertain. Apriori, un joli point de vue domine le village et offre de belles vues sur lacôte, mais le temps d'y arriver, tout avait disparu… Retour à bord en PCB, le FRAM estbien caché derrière la brume épaisse, n'apparaissant qu'au tout dernier moment, tel un vaisseau fantôme… Les GPS à bord de ces engins de débarquement ont bienaidé les pilotes. A 17h00, c'est un brouillarddense qui tombe, cernant le FRAM juste au moment de l'appareillage. De l'avant, on ne voit pas clairement l'arrière du bateau. Cela va durer deux heures. LeFRAM navigue dans l'un des coins les plus mal famés d'Islande, (côte rectiligneet basse, roches éparses, etc, un vrai cimetière à bateaux !). Pas rassurant !Heureusement, la technologie est là pour se situer sur la carte ! Au bout de deux heures, cettebrume épaisse s'effiloche progressivement, laissant d'abord voir des petits boutsde ciel, puis la surface de la mer, pour enfin disparaitre définitivement. Noussommes sauvés ! Dans la soirée, les nuagescachent les hauts sommets de l'énorme glacier Vatnajökull. Dans la lumière quidescend, nous pouvons voir dans le lointain plusieurs langues glaciaires, typiques des paysages de la côte sud. Une autre facette de l'Islande.

SURTSEY & LES ÎLES VESTMANN Mardi 03 Juin 2014 Le ciel a du mal à s'éclaircir cematin. De gros nuages stagnent sur la côte. Durant quelques instants, il estpossible de voir le sommet du glacier Myrdalsjokull et de son voisinl'Eyjafjallajokull, qui recouvre le célèbre volcan ayant provoqué tant deperturbations dans le trafic aérien en avril 2010. Deux grandes tacheslumineuses dans un ciel chargé. La côte sud de l'Islande estdépourvue d'abris naturels, aussi le FRAM a-t-il navigué toute la nuit et toutecette matinée en mettant directement le cap sur Surtsey, l'île la plus ausud-ouest du pays. Cette île est apparue sans prévenir, un matin de novembre1963, sortant de la mer en bouillonnant. L'éruption sous-marine dura plus dequatre ans formant une nouvelle île de basalte et de cendres noires d'environ2.7 km², mais les érosions marine et éolienne en ont quelque peu diminué lasurface depuis 60 ans. Vu du pont du FRAM, c'est sombreet guère accueillant. Cette île est sous très haute protection. Seuls, nedébarquent que quelques scientifiques venant y étudier comment la vie peut apparaîtredans une nature vierge et hostile : d'abord quelques mousses ou lichens, desinsectes et récemment quelques couples de macareux. Et le périmètre deprotection est étendu puisque le FRAM reste à bonne distance, nous laissant unpeu sur notre faim. Néanmoins, ce tour de Surtsey estplutôt inédit dans un programme de croisière et enrichit notre connaissance duMonde. Nous sommes sans doute des privilégiés car je doute fort qu'il y aitbeaucoup de navires qui viennent se perdre dans un endroit aussi isolé. Le bateau fait ensuite route aunord vers les îles Vestmann, un archipel d'une quinzaine d'îlots inabordables, sauf Heimaey, la plus grande de ces îles. Heimaey est pour moi l'un destemps forts de cette croisière. Cette île et son port sont en effet liés auxmeilleurs moments de mes vieux exploits nautiques. La première fois était à lasuite d'un changement d'équipage à Reykjavik. J'arrivais ici en ferry (pasvraiment un exploit…), et c'était en 1977, quatre ans après l'éruption quiavait à moitié enseveli la ville. Une luminosité exceptionnelle valorisait alorsles couleurs jaune, rouge et noir du volcan dont la masse semblait encoreécraser le village. Impressionnant ! Ce volcan était entré en éruptionen janvier 1973, surprenant la population dans son sommeil, qui avait étéévacuée dans l'urgence à bord des chalutiers restés au port à cause d'unetempête. L'éruption avait égalementendommagé un câble électrique relié au continent. Sans électricité sur l'île, il avait également fallu évacuer les stocks de poissons vers l'extérieur. Etenfin, les Islandais ont gagné le pari insensé de pomper l'eau de mer pourarrêter la coulée de lave qui menaçait d'obstruer l'entrée du port, ce quiaurait été fatal à la survie de l'île, complètement tributaire de la pêche. Arriver sur cette île, puisgravir le volcan quatre ans après un tel cataclysme, ça laisse des souvenirs !Et que sont quatre ans à l'échelle géologique de la Terre ? Brrr ! La seconde fois était en 1979, etcette fois-ci à la voile sans escale depuis Paimpol. Une arrivée en pleinpassage de front froid, sous des rafales violentes perturbées par les hautesfalaises, à tirer des bords insensés dans un chenal sinueux et étroit avec unvoilier sans moteur… Egalement impressionnant ! Aujourd'hui, du pont du FRAM quipénètre dans le port, je revois immédiatement tout cela. Les hautes falaises àdroite, l'étroit chenal puis le champ de lave noire à gauche, le tout toujoursdominé par l'Eldfell, le volcan toujours rouge et noir, toujoursimpressionnant. Seule, l'agglomération semble s'être étendue. Nous sommes en escale à Heimaeypour l'après-midi, largement le temps de gravir le volcan Eldfell. Avantl'ascension, il faut traverser le champ de lave qui a enseveli plus de 400maisons. Mais en presque 40 ans, les choses ont un peu changé. Ce champ de lavea été "domestiqué". Je me souviens de sentiers étroits, serpentant augré de cette lave noire figée dans des formes fantasmagoriques, menaçantes etencore fumantes. Dans le contre-jour, c'était flippant ! Aujourd'hui, plus rien de toutcela, le champ de lave est toujours là, bien sûr. Mais l'érosion naturelle oul'action de l'homme ont fait leur œuvre, des lupins bleus (plante invasive enIslande), ont réussi à y pousser, la mousse vert-de-gris gagne du terrain. Unelarge route bitumée dessert des carrières de matériaux et mène à une… déchèterie! Eh oui, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Le tri sélectif peut mener àce genre d'aberration ! Le volcan lui, est resté le même, une imposante masse de scories noires et rouge brique que nous gravissonslentement. Au sommet, les fumerolles et les odeurs de soufre ont disparu, maisde temps à autre nous sommes entourés d'air tiède dégagé par le sol. A quelquesendroits, il est impossible de poser la main sur la pierre encore chaude. Nous sommes arrivés aux portesdes Enfers. Le volcan assoupi respire encore faiblement. Pourvu qu'il ne se réveille pas sous nospieds ! De son sommet, nous dominons le champ de lave, la ville, le portet toutes les îles Vestmann. Un joli spectacle bien mérité. L'escale se termine dans lasoirée. Le commandant du FRAM nous fait preuve de toute son expérience enfaisant faire à son bateau un demi-tour sur place dans le petit port, la proueet la poupe à toucher les quais opposés. En rasant les falaises qui bordent lechenal, le FRAM quitte sa dernière escale vers Reykjavik, le terme de sacroisière. Une fois de plus, la croisièreaurait pu durer bien plus longtemps. Les Vestmann disparaissent derrièrel'horizon. Petit coup de blues passager…

RETOUR A REYKJAVIK Mercredi 04 Juin 2014 Déjà ! Les toits de Reykjaviksont bien en vue lorsque je prends mon dernier quart sur le pont 5. J'y seraisencore bien resté davantage ! Irrémédiablement, le FRAM pénètre dans le bassindu vieux port et accoste. Les aussières sont raidies et tout s'arrête ! Les premiers passagers débarquentpour prendre leur avion, pressés de passer à autre chose. Pour nous, pasd'urgence, nous restons en Islande et nous jouons les prolongations à borddevant un dernier café et un dernier cookie à la cafet du pont 4. Vers 10h00, nous nous résignons àquitter le FRAM bien à regret, et rejoignons notre gîte "ChezMonique" où nous passerons une autre nuit avant de partir à l'aventurepour un second tour d'Islande, dans le même sens, mais cette fois-ci en voiturede location. L'aventure, c'est bien mais leprogramme est chargé et je crois que je n'aurai pas beaucoup de temps pourpoursuivre cette chronique quotidienne. On en reparlera plus tard !

L'heure du bilan Nous avons réellement apprécié cette croisière qui était totalement inédite pour la compagnie Hurtigruten. Elle nous a permis de faire escale dans des ports parmi les plus isolés du pays, bien à l'écart du tourisme de masse. Nous devons cela aussi au fait d'avoir embarqué sur un petit paquebot très manœuvrant qui pouvait se faufiler ou accoster quasiment partout, ce que les mastodontes des mers ne peuvent pas se permettre. Cela fait aussi que nous avons toujours été en vue des côtes pour la plupart spectaculaires à contempler. Les deux premiers jours nous avons eu une météo qui nous a fort désappointés, et finalement du très beau temps dans le nord et l'est de l'Islande, plus en demi-teinte dans le sud. Mais cela aurait pu être bien pire. Globalement, nous avons eu beaucoup de chance. En conséquence, la mer s'est montrée clémente avec les passagers et tout le monde a fréquenté assidument le restaurant. Juste un peu de houle entre Djupivogur et les Vestmann. Bien qu'à bord du FRAM, le rythme était plutôt croisière. Différentes excursions animaient les escales et chacun pouvait y trouver son compte en toute indépendance. Ces excursions n'étaient pas la priorité pour nous, sauf deux dans des sites où nous étions sûrs de ne pouvoir accéder ultérieurement en voiture. Pour faire court, nous sommes très contents de notre périple et quelque chose me dit que l'on recommencera bientôt !
Concours photos du mois de juin 2014: "Le monde vu de là-haut"
by Lahaut · 2014-06-02 · 282 replies
🙂Bonjour à tous

Le 48ème Grand Concours International de photos de voyage est lancé, sur le thème: "le monde vu de là-haut" .....et non le monde vu de Lahaut 😉 ! Chaque voyageur a déjà pris au moins ( je pense 😉!)un transport aérien (avion , montgolfière, téléphérique , hélicoptère , etc ....) et a photographié ce qui se passait sous ses pieds .

Chaque voyageur est au moins une fois monté sur une hauteur qu'elle soit naturelle (montagne , falaise , arbre etc ...)ou humaine ( pont, building , bélvédère , tour , balcon etc ...) et a shooté ce qui se passait en bas .

Chaque voyageur a déjà passé sa tête par une fenêtre , orifice ou ouverture d'un immeuble ou édifice et à mis sur pellicule le tumulte , le brouhaha , les scènes de rue situées en contre bas .

Alors je demande à tous les Yann Arthus Bertrand de Vf de présenter ses clichés "du monde vu de là-haut" du moment que vos clichés soient pris du haut vers le bas .(voir un bout de ciel sur le cliché n'est pas bon car pas assez vertical !) et tous les sujets sont possibles (paysages , habitations , gens, etc .....)

Ne pas oublier que le sens du voyage soit présent sur vos propositions !(En espérant que ce nouveau thème plaira à tout le monde )

Publication des photos jusqu'au 20 juin à minuit.

Chaque participant peut poster jusqu'à 3 photos numérotées: Photo n°1, Photo n°2, Photo n°3 dans 3 messages différents, accompagnées d’un petit commentaire.

Votes ouverts à tous (participants ou non) du 21 au 28 juin à minuit. (Interdit de voter pour ses propres clichés !)

Photo n°1 = 3 pts

Photo n°2 = 2 pts

Photo n°3 = 1 pt

La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. Le vainqueur aura l’immense privilège d'organiser le concours du mois de juillet. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.(Valable aussi pour départager les places d'honneur du podium) En cas de désistement du gagnant, le numéro 2 pourra mener le concours suivant.

La discussion autour du concours en cours http://voyageforum.com/v.f?post=6573153;live=1;

Le diaporama d'Herikles, bien pratique pour voter, voici.

L'ensemble des thèmes proposés depuis le début des concours, c'est par ici

*En tant qu'organisateur je ne participerai pas au concours.(voilà quelques clichés ci dessous comme exemple)
Manifestations en Thaïlande (à l'intention des voyageurs)
by Sunhae · 2014-02-10 · 991 replies
Hello everybody

Pour ceux que l'analyse politique relative aux evenements en cours interesse moyennement mais qui s'inquietent de la bonne reussite de leur sejour futur ou en cours, je vous propose de nous echanger ici de bons tuyaux concernant la circulation, les coins a eviter, et toutes autres petites infos du meme acabit. J'essaierai moi meme de participer a mon humble mesure, etant sur place, a Bangkok pour encore 3 semaines. Mes sources : - Les employes de ma residence hoteliere qui me donnent chaque jour les dernieres infos en anglais. (J'ai bien acces a 8 chaines de TV mais aucune connaissances en langue thai). - Les tweets de Richard Barrow.

Ce qui serait cool, ca serait que des touristes actuelement en Thailande et venant a passer sur VF, nous fassent part ici des desagrements qu'ils auraient pu rencontrer en rapport avec la crise actuelle. Ceci dans le but de mettre en garde les autres. Et ce qui serait tout aussi cool c'est que cette discussion soit exempte d'attaques personnelles et de gueguerre d'opinions, ces 2 parasitages supremes... Qu'en pensez vous ?
5ème voyage dans l'ouest américain... et certainement pas le dernier
by Bastinj · 2013-09-25 · 313 replies
Hello à tous,

Comme promis, voici le compte-rendu de notre 5ème voyage ds l'ouest américain. Il s'est déroulé du 7 au 22 septembre. Je suis accompagnée de mes 3 grands enfants (29, 26 et 22 ans... enfin, ma fille fêtera son anniversaire à Supai... elle aurait qd même préféré Vegas pour avoir droit à un gâteau d'anniversaire... ) Et le programme comporte des pistes pour (presque) chaque jour:

J1: samedi 7 septembre: départ de Bruxelles à 14h00, arrivée à Las Vegas à 19h00 (escale à Londres) http://voyageforum.com/v.f?post=6187193#6187193

J2: di 8: Las Vegas (matin: achat glacière, nourriture, boissons…diner à Las Vegas) – Valley of Fire – (Lost City Museum >16h30) – nuit à Overton http://voyageforum.com/v.f?post=6188127#6188127

J3: lu 9: Overton – Valley of Fire – Lake Mead (Northshore Summit Trail ou/et Anniversary Narrows et/ou Bowl of Fire Southwest) – Henderson ? (achat au Galleria Mall) – Chloride ghost town Nuit à Kingman http://voyageforum.com/v.f?post=6189597#6189597

J4: ma 10: Kingman – descente à pied > Havasupai ou Kingman – Williams – Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6192029#6192029

J5: me 11: Havasupai ou Sedona http://voyageforum.com/v.f?post=6194416#6194416

J6 : je 12 : remontée en hélico – Wiiliams – Coal Mine Canyon + Alstrom Point/Wiregrass Canyon Trail ? – nuit à Page ou Sedona – Page http://voyageforum.com/v.f?post=6194810#6194810

J7: ve 13: Page: jet ski sur le lac Powell – sunset à Stud Horse Point ? – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6196310#6196310

J8: sa 14: Page: CBS/White Pocket (sans outfitter) – nuit à Page http://voyageforum.com/v.f?post=6214668#6214668

J9: di 15: Lower Antelope Canyon – Buckskin Gulch (Edmaïers’Secret) – Toadstool Hoodoos? – sunset à Old Paria Nuit à Kanab http://voyageforum.com/v.f?post=6222790#6222790

J10: lu 16: Cedar Breaks NM en matinée + les Narrows ou Hidden Canyon (Zion NP) l’après-midi – Nuit à Springdale http://voyageforum.com/v.f?post=6227662#6227662

J11: ma 17: Progeny Peak (Zion NP) – ghost town Grafton (à Rockville) – Red Cliffs ? – Little Finland au sunset – Nuit à Las Vegas ou Yant Flat en matinée et Little Finland au sunset http://voyageforum.com/v.f?post=6230147#6230147

J12: me 18: Las Vegas (tte la journée et soirée-spectacle) http://voyageforum.com/v.f?post=6232698;#6232698

J13: je 19: Las Vegas – Rhyolite – Titus Canyon– Stovepipes Wells (Mosaic Canyon) – Golden Canyon – nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6238566#6238566

J14: ve 20: Death Valley (loc 4x4 chez Farabee) Ubehebe Crater – Racetrack Playa – Hidden Valley –Hunter Mountain Rd – Panamint Valley – Nuit au Furnace Creek http://voyageforum.com/v.f?post=6242512#6242512

J15: sa 21 septembre : Death Valley (sunrise ds les dunes de Stovepipes Wells ) – Lone Pine (Alabama Hills) – Red Rock Canyon SP – Los Angeles : vol retour à 19h50 http://voyageforum.com/v.f?post=6250594#6250594

Région visitée (Nord Arizona - Extrême Sud Utah - Extrême Sud Nevada - Sud Californie)

Circuit de 3500 km

Il faut savoir que 1 mois 1/2 avant la date du départ je fais une vilaine chute, me retrouvant avec d'importants hématomes internes au niveau des 2 jambes. Malgré les soins appropriés (ponction du sang, kiné, etc...) et l'optimisme des médecins, à une semaine du départ, il faut se rendre à l'évidence: je ne serai pas complètement rétablie ... et les 2 longues randos prévues au programme ( Havasupai et Buckskin Gulch) me font un peu peur... De plus, la météo qui règne à ce moment ds l'ouest américain est catastrophique (je suis de près le carnet en live de Annie Molinet/Aiassa)... et les prévisions n'annoncent rien de bon pour les 5 premiers jours de notre séjour😕.... Je vois fondre comme neige au soleil notre rêve d'aller à Havasupai et de voir enfin CBS/White Pocket (après une 1ère tentative infructueuse en 2011 pour cause de mauvais temps). Du coup, je pense profiter de de ma chute et de mes problèmes aux jambes pour annuler gratuitement notre voyage, via l'assurance.... mais les enfants ne sont pas d'accord et veulent qd même tenter l'aventure....

Je me procure donc des bas de contention qui selon le médecin me permettront de pouvoir randonner sans trop de douleurs (reste à savoir si je pourrai les supporter ds la chaleur de l'ouest américain)... et ma fille apprend les rudiments d'un massage drainant efficace ... il faudra qu'elle joue à l'infirmière chaque soir...

En vitesse, je ressors mon fichier sur Sedona (région déjà visitée sommairement en avril 2010) pour préparer un plan B car je pressens qu'on va en avoir besoin... (alors que les enfants bcp plus optimistes se voient déjà se baignant ds les bassins turquoises d'Havasupai) Et j'ajoute à mon RB ttes les infos dont je dispose sur la région de Page, au cas où notre séjour ds cette ville devrait se prolonger...

Une chose est certaine: vu la météo et le programme prévu, il va falloir obtenir un très bon 4x4 chez Alamo à notre arrivée à Las Vegas.

Récit du jour 1 voir
http://voyageforum.com/...post=6187193#6187193
Mer des Caraïbes avec transat retour Costa Mediterranea, mars 2014
by Virginie1978 · 2013-06-26 · 51 replies
Bonjour à tous,

La première discussion ouverte étant un peu confuse avec les différents changements de Costa sur cette croisière, j'ouvre cette nouvelle discussion en espérant qu'il n'y aura plus de changement !

Réservation faite donc pour la croisière à bord du Mediterranea départ le 14 mars

1 Guadeloupe (Antilles) - 23:59 2 Antigua (Antilles) 12:00 18:00 3 … Plaisirs en mer … - - 4 Grenade (Antilles) 09:00 18:00 5 Barbados (Antilles) 08:00 18:00 6 St. Lucia (Antilles) 08:00 18:00 7 Martinique (Antilles) 08:00 18:00 8 Guadeloupe (Antilles) 08:00 23:59 9 St.Martin (Antilles Néerlandaises) 13:00 23:00 10 Tortola (Iles Vierges Britanniques) 08:00 17:00 11 St. Kitts (AntilleS) 09:00 17:00 12 Roseau (Dominique) 08:00 18:00 13 … Plaisirs en mer … - - 14 … Plaisirs en mer … - - 15 … Plaisirs en mer … - - 16 … Plaisirs en mer … - - 17 … Plaisirs en mer … - - 18 … Plaisirs en mer … - - 19 Santa Cruz De Tenerife (Canaries) 09:00 17:00 20 … Plaisirs en mer … - - 21 Gibraltar (Royaume-Uni) 12:00 18:00 22 … Plaisirs en mer … - - 23 Marseille (France) 13:00
Notre voyage en Indonésie (avril-mai 2013)
by Lesneophytes · 2013-06-07 · 5 replies
Voici le récit de notre voyage en Indonésie. Si vous avez des questions, nous nous ferons un plaisir d'y répondre.

Préambule Nous voyageons en mode routard avec un sac à dos à roulettes (roulé la grande majorite du temps). Nous choisissons generalement des hôtels ou homestays avec sdb et ventilateur. Nous privilégions les transports locaux (bus, van ou becak). Nous aimons prendre nos repas sur les marchés, mais ne dédaignons pas un bon petit resto de temps a autre. Les prix que nous indiquons sont pour une personne, sauf pour l'hôtel ou nous donnons le prix de la chambre. Pour ce qui concerne les transports, nous indiquons les prix que nous avons payés, sachant que les tarifs ne sont affichés qu'aux terminaux de bus. Certains rabatteurs en profitent pour augmenter le prix (jusqu'à 4x). Nous avons passe presque 2 mois en Indonésie. C'est un vaste pays très intéressant. Il y a de grandes différences entre les îles. Sumatra, la grande île, est encore peu touchée par le tourisme. Java est l'île la plus peuplée, Bali la plus touristique (de meme que l'ouest de Lombok) avec les avantages et inconvénients que cela comporte. Sumbawa ne reçoit que peu de touristes. Flores, (avec les Komodos) cherche a attirer les touristes qui auparavant restaient a Bali. Du côté religieux, l'Indonesie est un pays musulman. Il est difficile, dans les endroits bon marche, d'echapper au muezzin (a partir de 4h30 le matin). 2 exceptions : Bali qui est majoritairement hindouiste et Flores essentiellement catholique.

Les + variété des paysages et des religions nombreux volcans actifs très beaux fonds marins (Komodos, Flores). Nous n'avons pas visite Sulawesi. population amicale et serviable dans la majorité des cas Les - les habitants ne sont pas toujours sympas dans les endroits fréquentes par les touristes. toujours bien négocier les prix pour éviter une inflation galopante en dehors de Bali, beaucoup de gens ne parlent pas anglais. Il vaut mieux apprendre quelques rudiments d'indonésien.

Nos préférences: Yogyakarta, ville culturelle avec un beau kraton et une population super accueillante. Nos regrets: Ne pas avoir pu passer plus de temps sur l'île de Flores (10 jours au moins)

Déplacements: Se deplacer par la route en Indonésie est folklorique et prend énormément de temps. A Sumatra et Flores, 25 km/h est une bonne moyenne. Sur Java ou Bali il faut compter environ 35 km/h.

Coût de la vie (pour ceux qui voyagent long terme) Voyager en Indonésie nous a coûte la même chose qu'aux Philippines. Nous avons reserve des arrangements via des agences de voyages lorsque le faire par nous-mêmes était compliqué (Bromo-Kawah Ijen et retour de Labuanbajo a Lombok). Le coût de la vie est plus élevé qu'au Laos ou Cambodge.

Cela dit, voici notre carnet de voyage proprement dit

Medan Nous atterrissons a Medan en matinée (vol Firefly de Penang en Malaysie pour 221 MYR). Les formalités accomplies (nous avons un visa de 60 jours que nous avions pris a Kuala Lumpur), nous sortons de l'aéroport pour prendre un becak pour le centre ville que nous payons 8000 IDR après négociation. Le Kesawan hotel est en plein centre ville (200000 IDR la double standard). L'arrivee a Medan est rude. Cette ville est bruyante et polluee. La circulation est infernale. Nous allons voir la mosquee Raya, splendide et imposante. Ici, nous constatons qu'il faut négocier a l'avance le prix de chaque chose pour éviter de mauvaises surprises. Les individus qui nous abordent en premier pour nous offrir des billets de bus n'hésitent pas a multiplier les prix par 2, 3, 4 ou même plus. Il faut aussi toujours vérifier la monnaie rendue. Mais tout est fait avec le sourire, sans agressivité.

Bukit Lawang (Orang Outans Réhabilitation Center) Nous négocions un becak (25000 IDR) pour la gare tourière de Pinang Baris. La, nous prenons un minibus pour Bukit Lawang que nous payons 25000 IDR. Arrivés a destination, nous reprenons un becak (5000 IDR pp) jusqu'au pont. Nous choisissons une chambre au Wisma Leuser, tout près des ponts qui enjambent la rivière (50000 IDR). Cela nous évite de transporter nos bagages sur un chemin pas facile par endroits. A Bukit Lawang, nous sommes sans cesse questionnés sur nos projets par des guides, chauffeurs de minivans, etc. Le tout avec gentillesse et parfois insistance. Le lendemain, nous allons chercher nos permis pour assister au nourrissage des orang outans qui ne sont pas encore tout a fait capables de se débrouiller seuls (20000 IDR pp + 50000 IDR pour l'appareil photos). Ce centre a ete cree par le WWF pour sauver les orang outans de la disparition, leur habitat étant de plus en plus rapidement remplace par des plantations de palmiers a huile. Le centre est maintenant géré par le gouvernement indonesien. A l emplacement du nourrissage, le ranger qui transporte des bananes et autres fruits dans son sac a dos frappe plusieurs coups sur les planches. Au bout de quelques minutes, nous apercevons une femelle et son petit cramponne a elle. Elle s'approche. Le ranger lui tend une douzaine de bananes qu'elle prend de ses mains. Nous sommes ravis d'avoir pu voir un orang outan d'aussi prêt . Plus tard, nous verrons un jeune orang outan qui vient se sustenter. D'autres singes, surtout des macaques, sont également la et tentent de grappiller quelques restes de nourriture. Sur le chemin du retour, nous verrons un autre orang outan qui se balance tranquillement entre les arbres.

Tuktuk (île de Samosir sur le lac Toba) Nous prenons un minibus direct de Bukit Lawang a destination du lac Toba (150000 IDR) car nous voulons éviter une nuit supplémentaire a Medan. Le chauffeur traverse Medan avec sa circulation cauchemardesque et nous conduit jusqu'à Parapat, lieu de départ des ferrys pour l'île de Samosir. Nous prenons le dernier ferry (18h) pour Tuktuk (inclus dans le prix du minivan) et demandons que l'on nous dépose au Carolina Cottages. L'hôtel n'a pas de place pour toute la période qui nous intéresse car nous sommes a quelques jours de Pâques. Il commence a faire nuit. Nous nous arrêtons au Sibigo GH tout près ou on nous offre une chambre au bord du lac. Après négociation et plusieurs tergiversations de leur part, nous louons une chambre pour 4 jours a 70000 IDR/jour. Notre chambre donne sur le lac et la vue est belle. Il ne manque que la moustiquaire, mais la GH n'en fournit pas. Tuktuk ne semble composée que d'hôtels, restaurants, locations de vélos ou motos et revendeurs de billets de bus ou autres. Nous louons une petite moto (70000 IDR) pour faire le tour de l'île. Nous commençons par Tomok et son marche ou nous achetons des avocats. Nous poursuivons notre route vers la montagne d'où le panorama est superbe. La route est generalement bonne sauf certains tronçons qui sont vraiment en mauvais état. Il y a des glissements de terrain et parfois, il manque une partie de la route. Nous voyons des Indonésiens qui travaillent dans des rizières en terrasses. Nous photographions les curieuses maisons Batak avec leur toit recourbe. Les Batak étaient animistes jusqu'à ce qu'un missionnaire allemand les convertisse au protestantisme. Lorsque la route longe le lac, nous apercevons des parcs d'élevage de poissons. En effet, les Batak élèvent un poisson a grosses écailles qui ressemble un peu au tilapia que nous avons vu aux Philippines. Le lendemain, nous prenons le ferry pour Parapat (10000 IDR) et nous rendons au terminal de bus pour à acheter nos billets pour Bukit Tinggi (180000 IDR pour un bus executive avec air conditionne). Le départ est a 15h; l'arrivée est prévue à 7h le lendemain matin. Nous visitons aussi Parapat et constatons que les locaux se rendent a quelques centaines de mètres a droite du départ du ferry. La, ils s'installent sous de grandes tentes, pique-niquent, achètent des fruits auprès de petits vendeurs de rue, louent des bouées (chambres a air de camion ) et se baignent tout habillés, tout cela dans un joyeux brouhaha.

Bukit Tinggi Notre bus a une heure de retard au départ. Il a plusieurs fissures au parebrise, le chauffeur a de la peine a rentrer les vitesses et l'embrayage hoquète. Nous comprendrons vite que la Trans Sumateran Highway est en fait une petite route étroite avec des virages serrés qui n'en finissent pas. A quoi s'ajoutent des éboulis, glissements de terrain et des nids de poule ÉNORMES. En fait, nos 2 chauffeurs sont des conducteurs hors pairs car amener un vehicule et ses passagers a bon port dans de telles conditions relève de l'exploit. Notre trajet durera 18h en tout. Nous logeons au Hello GH (120000 IDR avec eau chaude et wifi dans la chambre). La patronne est une jeune Chinoise très sympa qui fait tout pour rendre notre séjour agréable. Nous tombons sur un couple de Suisses qui voyagent a vélo avec leurs 2 jeunes enfants. Nous admirons leur courage car les conditions sont parfois éprouvantes. Le lendemain, nous louons une petite moto (60000 IDR) pour visiter les environs. Nous traversons de très beaux paysages de rizières en terrasses et de caféiers. Les habitants cultivent aussi la pomme de terre, le tapioca, l'avocat ainsi que differents fruits. Les méthodes d'agriculture sont rudimentaires et le travail pénible. Au loin, nous apercevons le volcan Merapi d'où sort une fumée blanche. Nous allons voir des maisons traditionnelles aux toits recourbés a Balimbing et nous arrêtons a Pagaruyung pour admirer une réplique du palais du roi et du palais de la reine. Le royaume Minangkabau était matrilinéaire. Seules les femmes héritaient des biens. Cette journée nous a bien plu. Les Indonésiens sont curieux et accueillants. Ils viennent souvent nous questionner et rient de tout. Nous avons réservé nos billets d'avion a destination de Jakarta (610000 IDR avec Lion Air) plus le transfert jusqu'à l'aéroport de Padang pour 40000 IDR pp. Le chauffeur passera nous prendre entre 5h30 et 6h car les embouteillages peuvent considérablement ralentir la circulation.

Jakarta - Bogor Tout s'est bien passe. La mère de la jeune Chinoise nous a même offert un porridge de riz pour le petit déjeuner a 4 heure du matin. Nous apprécions cette marque de gentillesse. Le chauffeur nous a déposés a l'aéroport avant 8h (décollage à 10h40). A Jakarta, nous avons pris un bus Damri (air conditionne et wifi a bord) devant l'aéroport directement pour Bogor (40000 IDR). En effet, nous n'avons aucune envie de rester dans cette mégalopole tentaculaire. A Bogor, un angkot nous conduit de la gare routiere a la gare (2000 IDR). L'ennui, a Bogor, c'est que les hôtels pas trop chers sont éparpillés un peu dans toute la ville, ce qui ne facilite pas la recherche. La pension Abu coûte 200000 IDR la nuit et offre un rapport qualité-prix correct. Nous visitons le jardin botanique situe en plein centre ville (entrée 25000 IDR). Il est gigantesque et abrite un nombre impressionnant d'arbres des tropiques. Nous apprécions notamment la collection de palmiers, le jardin d'eau avec des nénuphars et le jardin mexicain et ses cactus. Mais le clou de la visite, ce sont les orchidées. Certaines sont si parfaites que l'on croirait avoir affaire à des fleurs artificielles. De nombreux ecoliers et etudiants sont la. Les enfants, tous vêtus de la même manière, sont appelés par leur responsable au moyen d'un porte-voix. Les accompagnateurs portent le pique-nique ainsi que des bâches pour asseoir les éleves. Certains portent des guitares. Les groupes sont joyeux. Plusieurs étudiants demandent a nous photographier. En fait, ils viennent a tour de role nous faire la conversation en anglais et nous demander une photo. Nous remarquons qu'une mosquée est construite dans l'enceinte du jardin. Il se met a pleuvoir et cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Bogor est réputé pour son climat pluvieux. Nous allons visiter la "gong factory", l'une des dernières forges de Java qui fabrique des gamelans. Le travail est tout a fait artisanal et la sécurité inexistante. Le métal est chauffé et travaille par des ouvriers en tongs sur la terre battue. Ici, on ne travaille que sur commande et exclusivement pour le marche indonésien. A la fin de la visite, on nous demande une obole, ce que nous faisons volontiers.

Pangandaran Nous prenons un bus pour Bandung (40000 IDR). La, des employés en uniforme nous disent que nous devons changer de terminal de bus. Ils nous mettent dans le bus qui assure la liaison entre les 2 terminaux (3000 IDR). Nous attrapons le bus pour Pangandaran de 13h (35000 IDR). Il pleut toujours et le bus a de nombreuses fuites par les fenêtres et par l'air conditionne. Nous sommes obligés de nous protéger sous une pèlerine. Nous n'avons pas d'hôtel à Pangandaran et n'avons plus de crédit sur notre forfait telephonique indonésien. Nous demandons de l'aide a notre voisin, un jeune étudiant qui nous met 10000 IDR sur notre carte. Nous devons insister pour le rembourser. Nous sommes sidérés par la gentillesse des Javanais qui n'hésitent pas a aider de parfaits inconnus pour eux. Nous réservons par telephone une chambre au Bamboo House (100000 IDR avec petit déjeuner). Le bus mettra 9h pour effectuer le trajet. Nous arrivons a Pangandaran a 22h et nous rendons a pied directement a notre hotel. Les employés de l'hôtel sont souriants et aimables. Nous passons un agréable séjour. Pangandaran est la station balnéaire locale. La petite ville est construite sur un isthme. nous visitons les deux cotes qui sont differents. Du côté plutôt balnéaire, tous les habitants semblent avoir des chambres a louer. Il y a d'innombrables boutiques de vente de vêtements. Des jeunes s'adonnent a une sorte de surf, sport pratique sur la vague au moyen de petites planches recourbées. Les visiteurs Indonésiens louent des petites voitures a pédales ou des tandems a 3, 4 ou même 5 places. Comme toujours, ils s'amusent de tout et se photographient sous toutes les coutures. De l'autre côté, il y a moins d'hotels et plus de pêcheurs. Ces derniers halent leurs filets depuis la côte en formant une poche. Cette opération requière beaucoup d'hommes. Ce jour la, la pêche est maigre. Il n'y a que des petits poissons et pas mal de sacs plastiques qui sont immédiatement rejetés a la mer. La nuit tombée, sur la plage, nous voyons une dizaine de cerfs qui proviennent sans doute du parc national voisin. Ils viennent se nourrir dans les poubelles. Un soir, alors que nous prenons notre repas dans un restaurant, un orage violent accompagné de pluies diluviennes s'abat sur la petite ville. Un arbre tombe sur une ligne électrique, et l'électricité est coupée au bord de la mer. Au lever du jour, nous constatons que plusieurs arbres sont tombés, des toitures se sont partiellement envolées, un homme qui dormait a l'intérieur de sa petite cahutte a senti un arbre s'abattre et écraser son habitation. Heureusement, seuls des dégâts matériels sont a déplorer. Les habitants se mettent au travail pour nettoyer et réparer. En 2006, Pangandaran avait subi un tsunami dévastateur toujours présent dans les mémoires.

Le plateau Dieng Nous prenons un bus local pour Bantaj (négocié 25000 IDR, le chauffeur en demandait 40000), puis un bus pour Wonosobo (50000 IDR) ou nous arrivons a la tombée de la nuit. Nous nous rendons directement au Parana Hotel ou nous avons retenu une chambre par téléphone (150000 la double avec sdb eau chaude). Nous serons déçus par cet hotel (propreté, odeur, accueil, bruit). Tôt le lendemain, nous prenons le bus pour le plateau de Dieng (10000 IDR) et passons de l'altitude de 900m a 2000m en l'espace d'une heure environ. Les paysages sont de toute beaute. Rizières en terrasses avec différents degrés de vert, montagne dans la brume, virages serres sur une route étroite et vertigineuse. A Dieng, le patron du BuJono nous dit qu'il y a env 70 GH ici (homestay) et que les prix sont similaires partout. Nous ne nous installons pas chez lui, mais prenons une chambre au Dieng Pass Homestay juste au coin de la rue (150000 IDR avec eau chaude) et commençons notre visite. Il pleut. A Dieng se trouvaient les plus anciens temples hindouistes construits sur Java aux 8me et 9me siecles. Aujourd'hui, la plupart sont en ruines. Les lieux ont été abandonnes sans que l'on sache pourquoi. On peut visiter le complexe Arjuna (25000 IDR) et quelques autres temples, mais le temps ne nous rend pas courageux. Nous profitons d'une brève éclaircie pour suivre un chemin a peu pres pave qui court dans les cultures de légumes. Ici, les paysans cultivent la pomme de terre, le chou, la carotte, l'oignon. La terre est noire et aérée et semble très fertile. Il faut dire que la chimie fait egalement partie de la panoplie de leurs outils. Notre appareil photos crepite tant les paysages sont grandioses. Nous sommes a 2000m, la température est fraîche. La pluie reprend et la brume enveloppe Dieng. Nous n'aurons pas de chance avec le temps a Dieng.

Yogyakarta (Yogya) Pour arriver a Yogya, de Dieng nous prenons d'abord un petit bus qui nous dépose au centre de Wonosobo, puis un autre bus de ville pour la gare routière (2000 IDR). La, on nous met dans un bus pour Magelang (25000 IDR), puis dans un autre bus Ekonomi (comme ils disent) pour Yogya (8000 IDR). A la gare de Jombor, nous sautons dans le bus 2B (3000 IDR) qui nous amène tout près de Prawirothanan II ou se trouve notre hotel, le Mercury GH (150000 IDR la double avec sdb et eau chaude quasi bouillante. Le petit déjeuner est inclus). Cet hotel a une piscine. Partis de Dieng a 6h45, nous arrivons a Yogya vers 13h30, ce qui est plutôt pas mal. L'office du tourisme nous apprend qu'un spectacle de marionnettes en cuir a lieu tous les 15 jours et que c'est ce soir. Nous avons de la chance ! Le soir, nous prenons un becak (cycliste) de notre hotel au square sud du palais ou a lieu la représentation (15000 IDR). L'orchestre est compose de xylophones et des gamelans. Un homme joue le rôle de marionnettiste-conteur-chanteur-bruiteur. Il incarne tous les personnages du conte de ce soir. Nous ne comprenons pas l'histoire bien sur car le spectacle est donne en langue indonésienne, mais ce qui est certain, c'est que le marionnettiste est très doué. Il tient la salle en haleine et il nous est facile de comprendre quand des personnages concluent un accord, se disputent, ont peur ou encore se battent. Les spectateurs rient de bon cœur. D'ailleurs, le spectacle a lieu aussi dans la salle. Les musiciens, lorsqu'ils ne jouent pas, fument, photographient ou consomment les boissons et nourriture que l'on leur a apportés. Il faut dire que la pièce commence a 21h et se termine à 5h30 le lendemain ! Les spectateurs aussi fument, téléphonent, mangent et boivent, bavardent, se lèvent et se rassoient. Nous n'assisterons qu'aux premières heures de la représentation et rentrerons a notre hotel très heureux. Nous visitons le kraton ou palais du sultan de Yogya (entrée 12500 IDR + 1000 pour l'appareil photos). Le kraton est une petite ville en elle-meme; 25000 personnes y vivent et travaillent encore aujourd'hui. Le palais est entouré de murailles et comporte différents niveaux. Le centre du palais se nomme Bangsal Kencono et est richement decore. Au second degré, on trouve la partie qui accueille les visiteurs, le musée, etc. La grande enceinte inclut un marche, des artisans et un théâtre. Nous sommes dimanche et de nombreux touristes Indonésiens sont la. Nous assistons a une représentation de danses traditionnelles accompagnée par un orchestre de gamelans. A la fin de la représentation, les danseurs se prêtent de bonne grâce au jeu des photos. Quelques jours plus tard, nous nous rendons a pied au marche aux oiseaux qui ne se trouve pas loin de notre GH. Ce marche regroupe des vendeurs d'oiseaux petits et grands, mais aussi ceux qui vendent des poissons d'aquarium, geckos, reptiles, un petit varan, tortues, hérissons, souris, lapins, chats et chiens. On y trouve de très belles cages a oiseaux ainsi que tout le matériel nécessaire a ceux qui souhaitent acquérir un animal. On peut de même acheter la nourriture desdits animaux (grillons, vers et asticots vivants en tous genres). Cette visite est très intéressante. Juste en face du marche aux oiseaux se trouve un marche aux fleurs et arbrisseaux. Les marchands y vendent de jolies fleurs qui semblent pousser sur des troncs et évidemment des orchidées. Nous prenons un bus pour la gare (3000 IDR) et cherchons des renseignements sur la visite du volcan Bromo. La 1re possibilité consiste a prendre le train de Yogya a Probolinggo qui part vers 7h30 le matin et arrive vers 16h (35000 IDR en classe économique). Si nous choisissons cette option, nous devrons nous débrouiller par nos propres moyens pour la suite. L'alternative consiste a prendre un tour organise.

Borobudur et Prambanan Nous réservons une excursion pour Borobudur et Prambanan (70000 IDR avec le petit déjeuner + entrée Borodubur 175000 IDR + entrée Prambanan 160000 IDR) auprès de l'agence Cakra Travel que l'on nous avait recommandée. Le départ est prévu a 4h40 pour voir Borobudur au lever du soleil. Notre chauffeur est ponctuel. Nous sommes les seuls clients dans la voiture. Sur la route de Borodubur, il nous arrête a un endroit pour faire une photo du Merapi fumant, celui qui a explosé en 2010. Les dégâts sont encore bien visibles. Le volcan est sous haute surveillance. Il parait qu'une éruption se produit tous les 4 ans. Nous arrivons a Borobudur vers 7h du matin. Quelques visiteurs sont deja la. Borodubur est un ensemble architectural compose d'une base de 118m sur 118. Les 6 terrasses des niveaux inférieurs sont carrées. Elles sont surmontées par 3 terrasses rondes. Le monument a survécu a plusieurs catastrophes naturelles. De gros travaux ont été entrepris pour consolider la base de l'édifice. Les sculptures ont été restaurées ce qui fait que le temple est en bon état. Le monument suivant se situe assez près de Borobudur. Il se nomme le Mendut (entrée 3300 IDR). C'est un temple assez petit; il abrite une statue de 3m de Bouddha assis. Nous nous rendons enfin a Prambanan, a 17km de Yogya. Cet ensemble nous a immédiatement fait penser a Angkot Vat. Les temples principaux sont dédiés a Shiva, Brahma et Vishnou. Leur état de renovation est bon et nous avons pu admirer de fins détails dans les sculptures. Contrairement a Angkor qui a été bâti pendant une très longue période, ces temples ont été construits pendant 2 siècles seulement, donc il n'y a qu'un seul style.

Yogya (bis) Nous réservons auprès de notre agence de voyages, Cakra Tours, le tour Mont Bromo, plateau d'Ijen, dépose au ferry pour Bali. Ce prix inclut le transport et 2 nuits d'hôtel resp. a Bromo et Sempol (550000 IDR). Nous réservons cet arrangement pour nous simplifier la vie et éviter les risques dont parle le LP. Nous assistons a une ultime représentation de theatre marionnettes en bois a dans le palais du sultan. Le principe est le même que pour les marionnettes en cuir. L'artiste joue tous les rôles, sauf l'interprétation des voix féminines qui sont chantées par un chœur. Les marionnettes sont très belles et très travaillées. C'est notre dernier jour a Yogya et nous faisons quelques achats pour nos familles.

Bromo et plateau d'Ijen Notre chauffeur passe nous prendre a l'heure prévue et nous commençons la tournée des GH pour collecter 6 passagers supplémentaires. Nous serons donc 8 dans le minibus ce qui laisse suffisamment de place pour les jambes. Le minibus roule sur des routes étroites et encombrées. Il commence a pleuvoir. La pluie s'intensifie au fur et a mesure que nous approchons de Probolinggo jusqu'a devenir torrentielle. Nous nous demandons comment va se passer notre excursion au Bromo. A Probolinggo, le minibus s'arrête a l'agence Metrotama Tours ou les passagers de plusieurs minibus sont regroupés dans 2 minibus de transport de la ville de Probolinggo. Nous sommes conduits au Yoschi's hotel a Sukapura (www.yoschihotel.com). Il est presque 22h. Nous avons juste le temps de commander un repas car les cuisines ferment a 22h. Les chambres standard du Yoschi n'ont pas d'eau chaude, mais il est possible d'avoir une douche chaude a l'extérieur du bâtiment. Heureusement, la pluie a cesse durant la nuit. Nous nous réveillons a 3h et on nous remet un petit déjeuner dans un carton. Le carton contient un verre d'eau, 2 tranches de pain toast, une plaquette de beurre, une de confiture et une petite banane. Nous avons décidé de grimper au Bromo a pied malgré toutes les tentatives pour nous en dissuader . A 3h30, nous prenons place dans une jeep qui monte des touristes au Bromo (15000 IDR jusqu'au parking de Cemoro Lawang, soit 4 ou 5 km de montée raide). Le 4x4 nous dépose. Nous demandons notre chemin et on nous dit qu'il faut suivre la route des jeeps. La route descend, puis fait un virage a droite. Des motos et des meneurs de chevaux nous proposent de nous mener au Bromo moyennant rémunération, mais pas de nous indiquer notre chemin. A la lueur de nos lampes frontales, nous voyons un panneau indicateur pour voitures et des traces de pas qui partent en diagonale du panneau. Il fait nuit noire et rien ne nous aide a nous orienter. Nous avions vu sur la carte de l'agence Métrotama qu'il fallait prendre a gauche. Nous partons en direction des traces de pas dans le sable. Nous marchons et, a un moment donne, nous distinguons une lumiere au loins , en nous retournant nous apercevons 2 lampes frontales qui marchent rapidement dans notre direction. Un jeune couple nous rejoint. Ils semblent connaître la route et nous les suivons. En effet, ils nous mèneront jusqu'à l'endroit ou est installée une sorte de cantine ou l'on vend café et boissons. La cantine ouvre vers 4h15 et a une lumière repérable de loin. A env. 200m de la, on peut distinguer les escaliers qui mènent au volcan. Nous montons et avons la joie d'admirer le lever du soleil en compagnie d'une dizaine d'autres visiteurs. Nous remercions le jeune couple qui nous a servi involontairement de guide. Lui est Espagnol et propriétaire d'un centre de plongée en Indonésie. Les jeeps arriveront un peu plus tard. Elles déposent d'abord leurs touristes au point de vue pour assister au lever du soleil. On nous a dit que nous n'avions rien manque, a cause du nombres de touristes (plus d'une centaine parait-il) qui se pressent au point de vue. Puis les 4x4 viennent au Bromo ou les chevaux attendent ceux qui ne veulent pas marcher jusqu'en bas de l'escalier. Nous redescendons juste avant leur arrivée et rentrons a pied jusqu'à l'hôtel Yoschi. Sur le chemin du retour, Jean-Pierre relève qu'il faut bifurquer au panneau indicateur et prendre un cap a 221 degrés. A 10h, nous reprenons notre minibus de la ville qui nous ramène a Probolinggo ou les touristes sont répartis dans les différents véhicules en fonction de leur destination. Nous montons dans un autre minibus en direction de Bondowoso ou nous arrivons a la tombée de la nuit. Notre GH est le Catimore. Nous nous installons dans notre chambre. La sdb est équipée d'eau chaude. Quelqu'un nous dit que nous devons payer une taxe de 25000 IDR pour l'entree du parc. Nous nous apercevrons plus tard que ce quelqu'un est en fait le chauffeur d'un autre minibus. Le même chauffeur nous propose de manger a l'hôtel pour 50000 IDR, ce que tous les touristes de notre bus refusent. Nous irons ensemble dans un warung voisin manger un bakso pour un prix dérisoire. Certains touristes ont décidé de partir a 1h du matin pour voir les flammes bleues qui sortent du cratère. Pour cela, le chauffeur leur réclame un supplément de 100000 IDR par personne. Le lendemain, nous prenons notre petit déjeuner a l'hôtel Catimore. Un employé de l'hôtel nous tend 2 papiers avec un tampon qui mentionne "entrée avec un appareil photos 55000 IDR". Tiens, le prix a augmente depuis hier !! Nous refusons de payer en disant que nous n'avons qu'un seul appareil photos pour 2 et que nous paierons le droit d'entrée a l'entrée du parc. Nous ne sommes plus que 2 dans le minibus et notre chauffeur nous dépose a Postpaltuding a 5h. L'heure est parfaite pour nous car le jour commence a se lever et nous pouvons monter sans l'aide de nos lampes frontales. Le chemin est large. Il est un peu raide par endroits, mais ne présente aucune difficulté. Un mineur nous accompagne. Il nous explique que le souffre est expulse du cratere sous forme de vapeur, puis devient liquide. Il est alors de couleur orange. Puis, le souffre se solidifie et devient jaune. Les mineurs le cassent au moyen d'une barre a mine et le transportent jusqu'en bas du volcan. Les mineurs portent entre 80 et 100 kg a chaque voyage, mais certains transportent jusqu'à 120 kg. Ils sont payés au poids de leur cargaison. Leur rémunération est de moins de 10 centimes le kg. C'est une societe privée qui achete les blocs de souffre. Nous avons été frappés par leur gaité malgré la dureté de leurs conditions de travail. Ils rient et plaisantent avec nous. Aucune mesure sécurité n'est prise. Ils s'occupent eux-mêmes de l'entretien du chemin qui mène au cratère et font en sorte que le sentier ne soit pas trop glissant pour les porteurs qui descendent chargés. En montant, nous croisons les touristes qui sont partis a 1h30 le matin. Ils ont bien vu les flammes bleues et sont descendus dans le cratère alors qu'ils faisait encore nuit. Leurs photos sont superbes ! Mais la descente dans le cratère de nuit, ce n'est pas vraiment pour nous... Les mineurs nous demandent des cigarettes et des biscuits. Celui qui nous accompagne descend dans le cratère avec notre appareil photos et nous rapporte de magnifiques prises de vues. Il nous demande de l'argent. Nous lui en donnons. Nous retournons a l'entrée du parc et voyons une banderole qui indique que le site est temporairement ferme. Il n'y a donc pas lieu de payer de droit d'entrée a qui que ce soit. A 8h, le chauffeur du minibus nous conduit au ferry a destination de Bali. Nous prenons le ferry (6000 IDR), puis un bus pour Denpasar (50000 IDR) et enfin une sorte de taxi pour Ubud (100000 IDR pour le taxi). Nous trouvons un homestay (Anggada) dans une petite rue tout près de l'office du tourisme (100000 IDR une grande chambre sur la rivière avec sdb eau chaude, petit déjeuner et wifi). Nous mangeons dans un petit restau du coin et partons nous coucher, épuises par les horaires et trajets de ces derniers jours.

Ubud Tout d'abord, nous nous reposons et nous promenons un peu dans Ubud. L'actuelle petite ville d'Ubud englobe les petits villages environnants. Le centre ville est agité. De nombreuses boutiques s'y sont installées et nous recevons d'incessantes propositions de taxis, agences de voyage ou vendeurs de souvenirs. Ubud est une cité culturelle. Tous les soirs, on peut assister a des spectacles de danses, de musique traditionnelle ou occidentale ou encore de marionnettes. Beaucoup de Balinais s'adonnent a la peinture (sur toile ou sur bois), la sculpture sur bois et sur pierre (volcanique), au tissage ou encore a la poterie. Les artisans sont habiles et certaines pièces sont magnifiques. Nous flânons dans le marche en quête de souvenirs a rapporter, malheureusement, les prix sont élevés. Il y a nombreux temples publics ou prives dans la ville. Certains sont vraiment imposants. Les Balinais sont majoritairement hindouistes et nous voyons régulièrement des gens déposer des offrandes dans les temples. Sur Monkey Forest Road, il y a un parc avec des singes, sans doute des macaques. Avant que nous ayons le temps de réaliser ce qui se passe, l'un des singes a grimpé sur mon dos et arrache le paquet de cacahouètes que j'avais place dans une poche latérale de mon sac a dos. J'avais oublie l'existence de ce paquet de cacahouètes, mais le singe l'a bien vu ! Nous louons une moto afin de visiter les environs d'Ubud. Nous commençons par le marche artisanal de Sukawati qui est très étendu. Il y a beaucoup de choix et les prix sont très inférieurs a ceux d'Ubud. Nous voyons quelques artisans a l'œuvre et sommes impressionnés par leur adresse. Nous visitons aussi quelques temples au nord d'Ubud, dont le Gunnung Kawi (entree 15000 IDR) avec ses sculptures dans la falaise. Nous poursuivons notre route vers le lac Batur (entrée du site 11000 IDR). En chemin, nous traversons des plantations de cafe. Le lac Batur a été forme dans la caldeira d'un volcan. Le volcan s'est scindé en 2 ou 3 volcans. La région a une activité sismique importante. Entre 1800 et nos jours, je crois qu'il y a eu 22 ou 23 éruptions volcaniques, la dernière en 2000. On voit nettement qu'il y a 2 caldeiras. Nous profitons aussi de notre moto pour aller a Amed et Tulampan. Il n'est pas facile de se rendre d'Ubud a Amed ou Tulampan (ou n'importe ou d'ailleurs) en transports publics car, a Bali, personne ne veut nous donner les informations necessaires. Meme l'office du tourisme rechigne a nous aider. Les conducteurs de bemos nous annoncent des prix deraisonnables pour de petites distances. On dirait qu'ils veulent fonctionner comme des taxis. Amed nous plaît bien. La plage est constituee de sable noir, le snorkeling est bon lorsque l'on part depuis la plage face a Ecodive. Nous trouvons quelques homestays qui offrent des chambres a des prix raisonnables. Quant a Tulampan, c'est un village tout en longueur. Tulampan s'est développé en raison de la présence, pas très loin du rivage, de l'épave du bateau américain "Liberty" qui a apporté la visite de nombreux plongeurs. Ici, pas de plage. On enjambe un muret et descend directement dans l'eau. Un jour a Ubud, nous décidons de suivre le sentier des rizières. Nous nous trompons et prenons le chemin en sens inverse. Par la suite, nous nous apercevrons qu'il est beaucoup plus facile de le faire dans ce sens. Les rizières sont très belles. Les couleurs vont du vert pâle de la jeune pousse au jaune éclatant de l'épi de riz mur. Les paysages sont très reposants. En chemin, nous croisons des touristes qui effectuent le circuit à velo ou a pied, parfois en compagnie d'un guide. Le chemin est très bien trace. Plusieurs echoppes sont installées sur le chemin et des artistes peignent des tableaux ou dessinent au fusain. Nous voyons des agriculteurs qui récoltent le riz, battent les épis de riz mûrs pour en extraire la céréale ou encore tamisent le riz. Ils nous font signe de la main. On est bien loin de l'agitation et du côté commercial de Monkey Forest Road. Et pourtant, nous sommes tout au plus a 3-4km du centre ville. Pour notre dernier jour a Ubud, nous visitons le musée ARMA (entrée 50000 IDR avec une boisson) qui expose des œuvres d'artistes balinais et étrangers. Nous profitons de notre visite pour assister au cours de danse balinaise donne aux enfants. En voyant la professeure corriger ses eleves, nous nous rendons compte des difficultés de cette danse traditionnelle. De plus, les éleves ont tous les âges et tous les niveaux et donner un tel cours ne doit pas être de tout repos. Les Balinais ont fini par avoir raison de nos tentatives d'utiliser les transports publics. Nous allons partir en minibus pour Pandangbai (50000 IDR). En effet, nous craignons qu'être obligés de changer de bus a diverses reprises augmente sérieusement le risque de payer notre trajet plus cher en bus qu'en minivan. Nous en avons eu de nombreux exemples.

Ubud - Labuanbajo Le minibus pour Padangbai nous dépose au départ des bateaux rapides pour les îles Gillis. Nous nous rendons au départ du ferry lent qui relie Padangbai (Bali) a Lembar (Lombok) pour le prix de 36000 IDR. Le ferry part peu après 9h et nous arrivons a Lembar vers 14h. Entretemps, nous téléphonons a un charmant monsieur au bureau de la compagnie nationale Pelni qui dessert les îles (www.pelni.co.id) a Mataram. Ce monsieur nous a confirme que le navire Tilong Kabila part bien demain a 15h de Lembar pour Labuanbajo Bajo via Bima sur l'île de Sumbawa (159000 IDR en classe pont dite Ekonomi). A notre arrivee au port de Lembar, nous prenons un minibus-bémo-taxi (la différence n'est pas claire) pour le bureau de la Pelni a Ampenan, un quartier de Mataram ou nous avons juste le temps d'acheter nos billets avant la fermeture du guichet. Notre chauffeur nous conduit ensuite a Cakra, le quartier des hôtels bon marche (coût total du taxi 100000 IDR). Nous prenons une chambre au OKA homestay (90000 IDR avec sdb eau froide et petit déjeuner). Le lendemain, nous achetons quelques victuailles en prévision de notre voyage en bateau. Nous avons lu sur les forums que la nourriture n'est pas fameuse et surtout qu'il n'y en a souvent pas assez pour tous les passagers. Au départ du bateau, il y a foule. Tout le monde veut monter en même temps. Se pressent porteurs, petits vendeurs, voyageurs et leurs accompagnants. Ca pousse fort et nous avons de la peine a trouver des matelas. Nous finissons par dénicher un endroit sur le pont no. 3 ou il y a des places libres. Après le départ du bateau, un marin distribue des matelas a tous ceux qui en font la demande. Nous passons 26h sur ce bateau dans un espace confine en compagnie d'un jeune couple de Français rencontre a Mataram et de centaines d'Indonesiens. Ces derniers ont l'habitude de conditions spartiates. Nous avons de la peine a nous habituer a la fumee des cigarettes, aux odeurs de WC ou de cuisine, au bruit et a la lumière toujours allumée. Les Indonésiens font la queue pendant longtemps pour aller aux toilettes ou se laver. A un moment donne, les marins interdisent l'accès des toilettes et ferment toutes les portes a clé pour procéder au contrôle des billets. Le voyage se passe bien. A Bima, un nombre important de passagers monte dans le bateau. L'équipage ouvre un nouveau pont pour les accueillir, mais cela n'est pas suffisant et certains dorment dans les escaliers ou sur le pont. Nous sommes heureux d'arriver a Labuanbajo vers 18h le dimanche. A l'arrivée, nous constatons qu'une foule nombreuse attend sur le quai pour monter dans le Tilong Kabila. Mais ou vont-ils caser tous ces gens ? Nous prenons une chambre au Gardena (175000 IDR la double sdb eau froide avec petit déjeuner et sans wifi). Un peu cher a notre avis, mais la réceptionniste est inflexible.

Labuanbajo et île de Seraya Nous nous renseignons sur les diverses possibilités sur place (excursion aux Komodos, bus pour Ruteng ou Riung, et aussi notre voyage de retour qui peut se faire soit a nouveau sur le Tilong Kabila, soit en bus et ferry (coût 250000 IDR pour presque 30h de trajet) ou encore "croisière" qui comprend une visite aux Komodos, du snorkeling et dépose a Mataram ou Sengiggi (1550000 IDR pp) avec l'agence Kencana. Nous avons de la peine a faire un choix. Notre temps est limité maintenant. Un Français qui réside a Florès depuis 15 ans nous affirme que le meilleur snorkeling se trouve près de Labuanbajo. Il faut aller sur les îles car l'eau n'est pas propre ici. Nous avions déjà constaté que les marins du Tilong Kabila jetaient tous les déchets par dessus le bord. Nous finissons pas opter pour un hotel sur l'île de Suraya (coût 260000 IDR par jour la double avec petit déjeuner + 10000 pour l'eau, transfert sur l'île inclus, minimum 2 jours). Le passage en bateau de pêcheur dure environ 1h. Nous nous installons dans un petit bungalow ultra basique (bungalow en bois et bambou tresse, WC et douche a l'exterieur (mais prives) eau froide. Le WC se rince a l'eau de mer. L'électricité fonctionne de 18 a 22 heures). Apres un repas de midi simple (25000 IDR un gagogado et 25000 IDR un nasi goreng), nous louons des palmes (15000 IDR palmes seules) et allons explorer les fonds marins. Lorsque le soleil éclaire parfaitement le récif, nous pouvons admirer un nombre incroyable de poissons. Il y a des bans de poissons rayés noir et blanc, d'innombrables petits poissons d'un bleu électrique. Certains poissons sont presque transparents et semblent nous regarder avec curiosité. Nous voyons des poissons perroquets, une raie, au moins 2 types d'étoiles de mer. J'en vois même une a 4 branches. L'une de nos voisines crie qu'il y a une tortue, mais elle est trop loin pour que nous puissions la voir. Toutes les couleurs et tous les motifs sont représentés. Un vrai aquarium. Le récif est encore en bon état car les coraux sont le plus souvent colorés. Nous apercevons d'énormes bénitiers qui doivent mesurer pas loin d'un mètre. Le soir, nous grimpons sur la colline pour admirer un coucher de soleil rougeoyant derrière une petite île. De retour a Labuanbajo, nous nous installons au Matahari GH (100000 IDR la double eau froide, WC asiatiques, wifi). Nous réservons notre retour par le bateau de l'agence Kencana (tour de 4 jours/3 nuits).

Environs de Labuanbajo (location de moto) Vers 10h, Jean-Pierre finit par obtenir une moto automatique pour 2 jours (75000 IDR pour un jour, 120000 pour 2 jours). Nous prenons la route de Ruteng. Des que l'on sort de Labuanbajo et que l'on grimpe sur les collines, les paysages sont de toute beaute. Nous profitons d'une splendide vue sur les montagnes couvertes de verdure. Les enfants nous saluent en criant et en riant, ils essaient de nous toucher. Les habitants sont amicaux. Le tourisme de masse n'est pas encore arrive jusqu'ici. La route est goudronnée, mais, a certains endroits, le bitume a été creusé, sans doute pour faire place a un goudronnage tout neuf. Malheureusement, la plupart des trous ne sont pas signalés et, s'ils le sont, c'est par des pierres posées au bord desdits trous. Jean-Pierre doit sans cesse être en alerte car tout peut arriver. A certains endroits la route est très dégradée. A ceci s'ajoutent les bus et camions stationnes ou en panne au bord de la route. Nous nous arreterons a Cancar pour admirer les rizieres disposees en toile d'araignee. En retournant vers Labuanbajo, nous apprecions les paysages idylliques sur un fond d'Ocean Indien. Sur la route, il y a des chutes d'eau. Il y a apparemment aussi un lac dont on peut faire le tour a pied, ce que nous ne faisons pas par manque de temps. Pour visiter Flores, il faut avoir du temps. Nous avons regretté de ne pas avoir pu aller jusqu'à Ende, Maumere et aussi d'avoir manque la visite du Kelimutu, volcan pourvu de 3 lacs de couleurs différentes. Ce que nous avons pu voir de l'île nous a beaucoup plu. Les habitants sont charmants. Ils paraissent heureux d'avoir des visiteurs. Lorsque nous avons eu des difficultés pour faire démarrer la moto, ils se sont immédiatement arrêtes pour nous aider.

Labuanbajo - Mataram (tour de l'agence Kencana) En compagnie de 6 autres touristes, nous embarquons sur un bateau en bois. Le voyage inclut la nourriture ainsi que l'entree du parc des Komodos (sauf pour l'appareil photos 50000 IDR). 5 marins sont du voyage. Il y a le guide, Yoyo et 4 autres personnes (capitaine et membres d'équipage) qui s'occupent de barrer le bateau, preparer la nourriture et entretenir le bateau. Nous dormons sur des matelas juste au dessous du toit. Le 1er jour, nous faisons d'abord un arrêt snorkeling ou nous embarquons 3 autres touristes polonais. Puis, les marins nous conduisent a Rinca Island pour voir les dragons des Komodos. 3 rangers du parc, armés de batons qui se terminent en fourche, accompagnent notre groupe. Il est midi et les varans paraissent apathiques. Ils dorment pres des cuisines du camp. Les rangers nous expliquent que les dragons sont extrêmement rapides lorsqu'ils chassent une proie et qu'il faut se tenir à plus de 5 mètres d'eux. Nous reprenons la mer jusqu'à un endroit (Red Beach je crois) ou le snorkeling est bien plus beau qu'avant. Malheureusement, il est plus de 16h30, le soleil décline et la visibilité est moins bonne. Dommage, car ici les coraux ne sont pas endommagés. Nous repartons pour Kalong island ou nous arrivons juste avant la tombée de la nuit. Nous avons le temps d'apercevoir quantité de chauve-souris géantes (flying foxes). Nous passons la nuit au mouillage devant Kalong Island. Le lendemain matin, nous retournons au parc des Komodos, mais sur une autre île. Il est près de 8h du matin, nous effectuons une petite boucle. Les rangers nous donnent des explications intéressantes sur la vie des varans, leur nourriture, etc. Ces animaux mangent leurs propres petits. La femelle couve ses œufs jusqu'a l'eclosion. Puis, elle les abandonne et les petits varans partent trouver refuge dans les arbres jusqu'a ce qu'ils soient assez forts pour survivre a terre. Quand nous arrivons sur la plage, il y a des varans de grande taille. Le plus gros doit mesurer 3.5 mètres. Cela doit être un mâle dominant car lorsqu'il se lève, un autre varan lui cède sa place en souflant bruyamment pour marquer son mecontentement. Impressionnant. Nous reprenons la route pour Manta Point. La, nous nous mettons a l'eau équipés de masques et tubas. Il y a du courant et nous dérivons sur les raies manta. Le bateau nous suit. Ces raies sont énormes. Elles se deplacent tout en douceur. Nous garderons un merveilleux souvenir de cette expérience. Nous rentrons au bateau, ravis de notre journée. Le bateau repart et les marins barrent toute la nuit. Au petit matin, ils jettent l'ancre au large de la petite île de Satonda (Sumbawa Island). Après le petit déjeuner, nous faisons un peu de snorkeling sur un recif, puis Yoyo nous mène a un lac d'eau salée ou certains font un voeu symbolise par une pierre attachée à un arbre. Le bateau repart jusqu'à un endroit près duquel se trouvent des chutes d'eau. Tous les touristes sont très heureux de prendre une douche dans cette chute d'eau douce et rafraîchissante. Les marins remplissent des jerrycans pour le bateau. Nous repartons jusqu'à Gili Bola ou nous ancrons. En pleine nuit, le capitaine met en marche le moteur et nous conduit jusqu'à Labuhan Lombok ou nous arrivons vers 7h du matin. Un minibus nous attend. Nous allons jusqu'à Mataram en compagnie d'un couple de Belges. Les autres touristes continuent jusqu'à Sengiggi. Nous prenons congé d'eux. Avec les Belges, nous prenons un taxi avec compteur pour le port de Lembar (62000 IDR le taxi), puis le ferry pour Padangbai (36000 IDR). Le ferry doit patienter une bonne heure avant d'obtenir l'autorisation d'entrer au port de Padangbai qui semble trop petit pour accueillir tout ce trafic. Nous débarquons enfin et partageons un minibus avec nos amis belges (100000 IDR pour nous 2 pour Ubud et 120000 IDR pour eux 2 a destination de Denpasar). Nous les quittons a Ubud et nous rendons immédiatement au Anggada House ou nous avions pris la précaution de téléphoner auparavant. Nous sommes très heureux de retrouver notre logeuse et sa famille.

Ubud Nous voici de retour a Ubud. Nous louons a nouveau un scooter et nous rendons a Singaraja dans le nord de Bali. La route grimpe dans la montagne ou la temperature devient fraiche. Nous faisons un petit arrêt au marche de Candikuning ou les vendeuses proposent, en plus des fruits et légumes habituels, toutes sortes d'épices, comme de la vanille ou du safran. A cet endroit, nous goutons nos premieres fraises de l'annee. Tout près de la se trouvent les lacs Bratan et Buyan. Les bords des lacs sont tres reposants. La région compte egalement plusieurs temples richement décorés. Nous rejoignons ensuite le lac Batur que nous avions déjà visite lors de notre premier passage. Au retour, nous nous arrêtons dans une "plantation de café" qui n'est qu'un endroit ou l'on vend du café, du the, des épices ou des parfums a des prix prohibitifs. Pour notre dernier jour de location de moto. Nous visitons le marche de Gianyar ou nous achetons quelques denrées et goutons a la spécialité locale, le babi goreng, délicieux cochon grille assez épicé. Depuis plusieurs jours, la maison de notre homestay est remplie de membres de la famille, amis, voisins et connaissances des propriétaires. En effet, le corps du grand-père, décédé au mois de mars, va être incinéré. La date du 14 mai, favorable pour assurer au défunt un bon passage dans l'eau delà, a été choisie en fonction du calendrier balinais. Notre homestay se transforme en ruche bourdonnante de visiteurs. Tous s'activent pour produire des décorations d'une grande qualité artistique. Les hommes préparent une tour de bambou de plusieurs étages ou sera place le corps du grand-pere decede ainsi qu'un taureau confectionne d'env. 2 mètres de haut. Les femmes s'occupent de la nourriture et de la décoration. Les amis et connaissances leur rendent visitent et apportent des offrandes. Nous avons compte pas moins de 6 palettes de decorations et offrandes déposées devant la maison et recouvertes de bâches en vue de la crémation. Un orchestre de gamelans a ete installe dans la cour interieure, pour le plus grand bonheur des enfants. Demain sera le grand jour. En nous promenant dans Ubud, nous constatons qu'une rue a été barrée car on y a dépose l'immense statue d'un taureau noir pose sur des bambous ainsi qu'une énorme tour. Ces elements sont magnifiquement decores. L'office du tourisme nous explique que l'un des fils du roi d'Ubud est décédé a Jakarta en février a l'âge de 90 ans et que sa crémation va avoir lieu demain. Tous les habitants d'Ubud et des villages environnants viennent lui rendre hommage. Cette cérémonie n'est pas du tout conçue pour les touristes; au contraire, elle est rare et nous sommes conscients que nous avons de la chance d'être a Ubud a ce moment. En l'honneur du souverain décédé, un spectacle de legong est donne un soir. Nous y assistons et sommes impressionnés par ces danses très précises. Chaque mouvement du corps et des mains, le déplacement des yeux, les pas de danse sont très élaborés. L'orchestre est parfaitement en rythme et un homme chante l'histoire qui se déroule. Les costumes sont de couleurs chamarrées. Nous sommes très contents d'avoir pu assister a ce spectacle de danse balinaise. Au début de l'apres-midi du 14 mai, nous assistons en compagnie de la population au defile qui precede la crémation du fils du roi d'Ubud. Le depart est donne a 13h et ..... la pluie commence a 13h pile. Les porteurs portent tous le costume traditionnel balinais. La cérémonie est joyeuse car selon la croyance hindouiste, le défunt va pouvoir passer dans une vie meilleure car la crémation le délie de ses attaches terrestres. La pluie redouble et les porteurs accompagnes par les enfants du coin courent en riant sous des trombes d'eau. Le corps est transporté jusqu'au cimetière, puis brûle selon le rite hindou. Le coût d'une telle cérémonie est exorbitant et les pauvres profitent de la crémation d'une personne aisée pour incinérer leurs morts a un prix abordable pour eux. Pour notre départ d'Indonesie, nous avons réservé un minibus pour l'aéroport de Denpasar pour 50000 IDR. Le lendemain, nous quittons Bali pour rentrer chez nous. Nous sommes heureux de retrouver notre famille et nos amis après cette longue absence.
Buenos Aires - Valparaíso: des chutes d'Iguazú au cœur des Andes, de la côte chilienne à l'Atacama
by Kashtin · 2012-12-28 · 484 replies
Buenos Aires - Valparaíso. Des chutes d'Iguazu au cœur des Andes, de la côte chilienne à l'Atacama.

Pour ce troisième printemps austral en Argentine et au Chili, ce sont des noms porteurs de rêves anciens qui ont guidé notre itinéraire, tout comme Ushuaia, le Perito Moreno et le Fitz Roy l’avaient fait en 2010 : Iguazú et ses chutes, l’Aconcagua, Valparaíso... 1400 km séparent Buenos Aires de Puerto Iguazú. Nous avons pris un bus pour rejoindre l’extrême Nord-Est du pays, puis un avion d'Iguazú à Salta. De là, comme d’habitude, nous avons loué chez Argentina Excepción une petite berline – cette année une Chevrolet Agil – pour faire une boucle au sud en traversant les Andes au pied de l’immense et magnifique Aconcagua (6962 m), et redescendre sur Valparaíso, sa baie, son port et ses pirates, ses collines et ses fleurs… En remontant vers le nord, la côte chilienne était par endroits brumeuse ou noyée de pluie, le Pacifique glacial, les goélands marins dansaient dans les vagues écumantes, mais elle cachait aussi des criques de sable étincelant et des merveilles géologiques. L’aridité a peu à peu repris le dessus, nous avons rejoint le désert d’Atacama, San Pedro, l’altiplano, la puna… puis Salta, d’où nous nous sommes envolés pour Buenos Aires.

Je tiens cette année encore à remercier Krikri que j'avais mise à contribution pour nous dénicher de bonnes adresses et grâce à qui nous avons passé un excellent séjour à Valparaíso!

La version avec photos est visible ici: carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_152...



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Pour plus de clarté, je suis l'exemple de Trois14, et donc fais un Index du carnet. Chaque lien renvoie à la page concernée lorsqu'on est connecté :

Buenos Aires. La Querencia, Puerto Madero, Recoleta Buenos Aires - Puerto Iguazú Chutes d'Iguazú(1), Garganta del Diablo, Paseo Superior Chutes d'Iguazú(2), Paseo Inferior, isla San Martin Chutes d'Iguaçu côté brésilien Iguaçu (Brésil), Parc des oiseaux De Salta à Villa Unión via San Carlos et Belén En route pour la Laguna Brava... Parc national de Talampaya Ischigualasto, « là où se pose la Lune » De San Agustin de Valle fértil à Barréal en passant par San Juan La route des Andes (1). De Barréal à Puente del inca La route des Andes (2). Parc provincial de l'Aconcagua De Puente del Inca à Valparaiso Valparaiso (1) Valparaiso (2) Valparaiso (3). Museo a cielo abierto La côte Pacifique (1). De Valparaiso à La Serena La côte Pacifique (2). De La Serena à Bahia Inglesa La côte Pacifique (3). De Bahia Inglesa à Taltal via le parc Pan de Azucar La côte Pacifique (4). De Taltal à San Pedro de Atacama via Antofagasta De San Pedro de Atacama à San Antonio de los Cobres via le Paso de Sico Tolar Grande De San Antonio de los Cobres à Salta. Museo de Arqueología de Alta Montaña Buenos Aires. Tigre, La Boca

Renseignements divers

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Buenos Aires. La Querencia, Puerto Madero, Recoleta

Mardi 16 octobre

Le voyage a plutôt moyennement commencé… A Roissy, alors que je veux passer un texto à Loïc, impossible de trouver le portable. Je fouille partout, rien… En désespoir de cause, je m’adresse à un homme qui a l’air sympa et lui demande s'il veut bien appeler mon numéro pour que je l'entende sonner. Ça doit être assez comique, car nous avons ouvert les bagages à même le sol et j'ai l'oreille collée sur les vêtements tandis que lui, à côté, égrène régulièrement d’une voix forte le nombre de sonneries avant que le répondeur se déclenche: Une…, deux…, trois…, quatre!!! Mais il faut se résoudre à l’évidence, je l'ai bien oublié à Paris. Le taxi qu'on avait commandé est arrivé avec un quart d'heure d'avance et a envoyé un sms pour prévenir, j'ai sorti le portable de mon sac, lui ai répondu et... dans la précipitation j'ai dû le reposer sur une table!...

Mercredi 17

Le vol a duré dix-sept heures au lieu de treize heures trente-cinq. Une fois au-dessus de Buenos Aires (14 °C et de la pluie!), l'avion a tourné, tourné, tourné... L'atterrissage était prévu à 8 h 5, puis à 8 h 15, mais dix minutes plus tard on est remontés à 3000 mètres et on y est restés jusqu'à l'annonce du commandant de bord disant que les orages au-dessus de Buenos Aires nous obligeaient à aller nous poser à Montevideo, en Uruguay. En fait, le 777 ne pouvait de toute façon ni atterrir à cause des orages ni rester en vol parce que les réservoirs étaient presque vides. Je préférais très nettement ça, je me faisais tout un film avec le train d'atterrissage qui était peut-être bloqué... ;-)

De retour à EZE – l’aéroport international de Buenos Aires – à 11 h 35, le remis n'est évidemment plus là. On attend encore et encore, étant quasi certains que Yann s'est tenu au courant et aura fait le nécessaire. C'est bien le cas. Le chauffeur revient vers 1 h 15 mais réclame ensuite deux fois la course – ce qui en somme est normal puisqu’il a fait un aller-retour pour rien; un remis est un taxi privé que rien ne distingue des autres voitures, il travaille au forfait et ne peut embarquer d’autres personnes que celles convenues au départ. A cela s'ajoutent les quarts d'heure d'attente supplémentaires au-delà de l'heure prévue avant qu'il ne se soit décidé à repartir, et la note monte à 380 pesos – aussi cher que pour faire Paris - Roissy. A La Querencia, Yann discute âprement et arrive à faire baisser le prix à 320 pesos.

Second petit accroc, la souris du Netbook a disparu du sac de voyage entre Paris et Buenos Aires. Le bagage cabine étant plein, je l'ai posée sur le dessus du sac alors qu'il n'avait pas de cadenas, une habitude prise sur les vols à destination des Etats-Unis où l’on doit tout laisser ouvert ou avoir un cadenas TSA.

On est très contents de revoir Yann, on discute longuement avec lui l'après-midi en buvant du thé, de tout, du bébé à venir, de ses travaux très réussis, de notre travail, de la situation en Argentine, de Cristina Kirchner, etc. On retrouve aussi la grande chambre en duplex si agréable de l'an dernier avec Val et Guy, et les patios fleuris. Et le soir, les pizzas chez le traiteur voisin et sa « gata » (sa chatte), qui nous reconnaît et tient avec un enthousiasme aussi débordant que l'an dernier à transformer nos bas de pantalons en bonnets de hussards!

Jeudi 18

Quand on est à BsAs, nos pas nous mènent invariablement vers San Telmo et son mercado couvert, quel que soit notre planning, aujourd'hui comme hier et comme demain sans doute; en l'occurrence, Yann nous ayant indiqué un magasin sur Carlos Calvo pour racheter une souris, de l'autre côté de l'avenida 9 de Julio, nous ne pouvons faire autrement que de prendre la rue Carlos Calvo en direction de... San Telmo. D'autant que nous voulons aussi rejoindre Puerto Madero, ancien port de BsAs devenu rapidement obsolète après sa construction et laissé des décennies à l'abandon avant sa remise à neuf et sa transformation en quartier branché et hors de prix. Mais il est très sympa, surtout sous le soleil, traversé par le río de la Plata qui charrie une terre ocre généreusement amenée par les ríos Parana et Uruguay.



Pas de chance, au terminal de bus où nous allons chercher nos billets pour Puerto Iguazú, tout est complet en « tutto letto » avec Via Bariloche ou en « suite ejécutivo » (les deux catégories ont des sièges inclinables à 180°) avec Crucero del Norte. Seule cette dernière compagnie a encore des sièges camas (à 160°) pour le 19, côte à côte et au milieu du bus.

Ensuite, toujours à pied, nous voilà repartis pour le cimetière de Recoleta, ou cimetière de toutes les démesures si l'on excepte sa taille, que l'on n'avait jamais visité au cours de nos précédents séjours. Ici sont enterrés généraux, politiques, grands bourgeois, intellectuels et artistes, dans des mausolées dominés par des anges, des archanges et des vierges de tous les âges et de toutes les tailles.



Le marbre noir ou rose côtoie le béton envahi par de délicates guirlandes de plantes grimpantes ou de fleurs sauvages.

Par les portes, la plupart du temps vitrées, on aperçoit à l’intérieur deux cercueils, l'un au-dessus de l'autre, et à droite un escalier qui descend dans la froideur, le silence et la pénombre de la terre. Une grille, souvent ouvragée, permet de distinguer, lorsqu'un rayon de soleil se glisse au travers, l'empilement des morts dans leurs boîtes luxueuses... Le dernier arrivé prend la place du cercueil qui est en haut et fait descendre au sous-sol le cercueil du bas. Dehors, le ciel est bleu, les promeneurs défilent à la recherche de la tombe d'Eva Perón, les chats au poil en bataille roulent des mécaniques, la vie poursuit son cours...

Nous quittons le cimetière et ses quatre mille tombes – dont près d’une centaine classées monuments historiques. Parmi elles on trouve de tout, du kitchissime, avec souvent un brin de mégalomanie, mais aussi de très belles choses. Encore une bonne marche pour rejoindre le métro à Callao; changement à Catedral, linea E, sortie à Independencia, et à 16 heures nous avons rejoint nos pénates.

Vietnam: voyage en famille en juillet 2012
by LaLee · 2012-08-24 · 32 replies
Voici le récit avec photos de notre belle aventure en famille

Cet été, nous avons été rechercher le soleil au Vietnam. Bonne idée car nous avons eu un temps magnifique sur place et échappé ainsi à presque 3 semaines de pluie en Belgique. Il a fait beau presque tout le temps et jamais de pluie lors de nos activités. Parfois une belle douche tropicale le soir ou la nuit, une averse à Sapa et une journée de ciel couvert à Hué. Sinon, le temps parfait. On a eu chaud, très chaud même, jamais eu aussi chaud en fait pourtant on avait déjà visité la Thaïlande et Angor Wat en juillet 2010 et là on pensait avoir connu le plus chaud…ben non ! Les paysages du Vietnam nous ont enchanté, émerveillé. Partout nous avons rencontré des gens fort sympathiques et mêmes dans les endroits les plus touristiques, les vendeuses ne nous ont jamais irrité ni été désagréables, que du contraire. Parfois même, elles se marraient avec moi quand je roulais des yeux en riant lorsqu’elles me donnaient des prix absurdes lors des marchandages. Bien sûr, il y a le prix « touristes » et « locaux » mais on ne se promène pas avec le même pouvoir d’achat, elle essaie de gagner leur vie et je suis souvent arrivée à un prix raisonnable pour les 2 partis. J’ai beaucoup de respect pour les Vietnamiens que j’ai découvert très fiers dans le bon sens du terme, travailleurs, ingénieux, souriants, curieux, … Donc, contrairement à certains récits et commentaires du forum, je reviens avec une expérience des plus positives. Nous sommes partis à 2 familles. Mon mari, ma fille de 17 ans, mon fils de 14 ans et moi. Et puis le frère de mon mari avec sa femme et leurs 2 petites filles de 5 et 3 ans. Après avoir passé bons nombres d’heures sur le forum et avoir décidé des endroits que je voulais voir absolument, je me suis mise en contact avec GP Travel qui nous a finalisé notre circuit et fait toutes les réservations sur place. Tout s’est déroulé comme sur des roulettes. Nous avons été totalement satisfait par leurs services, les guides, les chauffeurs, leur organisation, leur honnêteté . Ils nous ont même remboursé les activités non faites! En fait, nous devions prendre un vol un matin d’Hanoi pour Hué mais le vol fut retardé jusqu’au soir à cause d’un taureau sauvage qui se trouvait sur les pistes d’atterrissages de Hué. Figurez vous que la bête était d’une espèce protégée et donc l’armée ne pouvait pas l’abattre. Ils ont fait venir des experts pour l’endormir. Hélas, ils ont utilisé trop de produit et finalement le taureau est quand même mort. Enfin, bref, tout ceci a causé pas mal de problème à Hué car impossible de faire atterrir des avions là où un taureau fou de 1000kg pouvait à tout moment galoper sur les pistes d’atterrissage…. Nous avons donc perdu quelques visites qui nous ont été remboursée par GP Travel. Dans notre circuit, les lunchs étaient compris et nous avons toujours reçu des repas délicieux aussi bien dans des restaurants où d’autres groupes venaient manger, que dans de tous petits restos, ou encore chez l’habitant, on est aussi passé Chez Loan. Vraiment pour moi, ce fut aussi un voyage gastronomique, j’adore la cuisine asiatique (et l’Asie)… j’ai du vivre en Asie dans une autre vie. J’avais choisi certains hôtels, d’autres m’ont été conseillé par GP Travel et toujours on a été fort bien logé, même au Cong Fu à Bac Ha, on a eu d’assez bonnes chambres. Point de vue des moustiques et autres bêbêtes, on a été épaté! On a à peine vu un moustique sauf dans un resto à Bac Ha qui en était plein. Moi, qui avait mon stock de produits pour la peau avec Deet dans ma valise…on a presque rien utilisé et c’était très agréable! (quelle différence avec la Thaïlande). Chez nous, on ne peut pas ouvrir la porte ou manger dehors sans être envahi de mouches, taons et guêpes et là avec 20 degrés de plus et l’humidité, aucun ennui! Tout au long de notre circuit, nous avons vu finalement très peu de touristes et on a jamais eu la sensation qu’il y avait du monde, bien souvent on était seul dans le paysage. Mes enfants de 17 et 14 ans ont beaucoup apprécié le voyage, le dépaysement, le choc culturel, les rencontres, les paysages, … Ma fille avait le blues de devoir rentrer au pays. Pour les petites, durant tout le voyage, elles ont grimpé, sauté, rigolé, … Même avec la chaleur, elles trouvaient encore l’énergie de courir partout. Les Vietnamiens adorent les enfants et partout elles ont reçus des fruits et des attentions. C’est un pays sans aucun inconvénient pour voyager avec des petits enfants, aucun danger particulier, à condition de bien boire et de porter un chapeau, la nourriture est bonne et saine et la majorité des excursions sont tout à fait faisables avec des petits. Lors des promenades, on alternait en les faisant marcher et en les portant. Nous sommes restés 18 jours complets sur place. J'avoue qu'après nos jours de repos, on aurait bien été encore découvrir le sud et le delta du Mékong. Mais bon on devait rentrer...en tous les cas, merci à ceux qui m'ont conseillé de surtout passer du temps dans le nord car c'était fantastique. Un tout grand merci aux "experts" et "amoureux" du Vietnam qui m'ont inspiré sur le forum avec leurs interventions et photos, à ceux qui ont répondu à mes questions et messages privés, à ceux qui m'ont conseillé, car nous avons eu un superbe voyage. J'ai commencé mon blog depuis quelques mois et je viens juste de terminer ma page VIETNAM, donc pour lire le récit avec les photos, c’est ici :

http://voyageslalie.blogspot.be/p/vietnam.html

Uniquement le récit:

12 juillet : nous quittons la maison sous la pluie et 16 degrés, quel été cette année! Nous avons un billet combiné avec TGV de Bruxelles midi vers Paris CDG. Première bonne surprise: nous avons droit à voyager en 1ère classe avec des sièges très confortables et recevons une boisson avec des cacahuètes. 1h10 après nous sommes à Paris CDG qui nous épate par sa modernité et ses facilités. Notre vol pour Hanoi décolle à 14h et nous avons juste le temps d’enregistrer les bagages, de manger notre pic-nic et d’embarquer. Le vol Air France/Vietnam Airlines se passe très bien, repas pas trop mauvais, eau, jus et coca à volonté, nouilles instant si désiré et un bon choix de films pour les écrans dans les dossiers. 13 juillet : Quelques 11h plus tard nous arrivons à Hanoi, il est 6h30 et la chaleur moite nous accueille. Nous passons facilement et assez rapidement par les formalités de visa avec notre lettre d’invitation (25 dollars par visa) et récupérons nos bagages. Notre chauffeur est là et nous conduit à l’hôtel Indochina Queen II. Nos chambres n’attendent que nous pour une douche et un peu de repos. En début d’après-midi, avec mon beau-frère et les petites, je pars visiter un peu les alentours pendant que les autres dorment. Nous nous promenons le long du Lac de l’épée et visitons le petit temple. Les gamines qui sont blondes ont un succès fou et forment l’attraction de l’après-midi pour les Vietnamiens assis sur les bancs. Nous passons aussi chez GP Travel pour faire connaissance et régler le solde de notre voyage. En fin d’après-midi, le reste du groupe a repris des forces et nous partons tous ensemble pour manger au New Day. Le repas est bon mais on a tous hâte de se mettre au lit de bonne heure….sur le chemin du retour, un orage éclate et nous sommes contraints de prendre un taxi pour éviter d’être trempé. 14 juillet : lever 6h30, départ à 8h vers la baie d’Halong, en minibus. Nous faisons connaissance avec Hien qui sera notre guide pour toute la partie Nord. La route est un peu longue mais Hien nous raconte des tas de choses. Les rizières défilent, paraît que le Vietnam est le 2ième exportateur mondial de riz. Il y a pleins de choses à voir, on pose des questions, on s’étonne de voir les barrières des passages de chemins de fer qui sont ouvertes et fermées manuellement par des femmes. Nous arrivons au port et sommes transférés sur notre jonque privée (4 cabines), le Lagoon Explorer 2 de Indochina Junk. Tout est beau et agréable, tout de suite on se relaxe et on profite de notre croisière. Le ciel est bleu, le soleil brille, le bateau glisse, les paysages splendides défilent et le lunch sur le pont supérieur est un délice ! Dans l’après-midi, nous débarquons sur une petite plage privée idyllique. Après la visite d’une grotte sans grand intérêt, nous nous baignons tranquillement et profitons de ce très bel endroit. Dommage qu’il y ait de nombreuses méduses plus au large car nous aimerions bien nager plus loin. Mon beau-frère se fait piquer au poignet mais sans gravité. Au coucher du soleil, nous regagnons le bateau. Le repas du soir est sublime et délicieux. (crevettes, salades, crabes, poissons, nems, légumes). Nous regardons encore les étoiles sur le pont, profitons du calme et passons ensuite une excellente nuit. 15 juillet : je me lève aux aurores pour assister au lever du soleil. Il est 4h40 et la lumière revient, les couleurs roses argentées scintillent sur l’eau. C’est un beau moment de calme et de sérénité. Puis les premiers oiseaux chantent, suivis par les cigales, finalement les oiseaux quittent leurs nids et s’envolent, il ne fait pas encore tout à fait jour… Je regagne mon lit jusqu’au petit-déjeuner. Nous visitons un village flottant de pêcheurs, continuons la croisière en profitant des paysages, et après le lunch nous faisons nos adieux à l’équipage qui s’est si bien occupé de nous et débarquons. On serait encore bien resté un jour et une nuit de plus ! Route vers Ninh Binh et visite du temple dédié au général Tran Hung Dao. On s’installe à l’hôtel Nam Hoa à Tam Coc pour 3 nuits. Très chouette, chambre très spacieuse, bon petit-déj et patronne très sympa. Son ami qui est guide et parle très bien français est là pour l’aider et nous aurons un excellent contact. 16 juillet : visite de Trang An ce matin. Le cadre est magnifique, on y est seul, on fait de superbes photos, génial ! Après le lunch, nous passons par le village de Kenh Ga. Le but est de passer aux sources d’eau thermale, mais le complexe est quasi à l’abandon. Par contre, l’endroit nous amuse, c’est sympathique et photogénique. Une très jolie route, nous rallie ensuite à la réserve de Van Long. L’endroit est une merveille, nous embarquons à 16h et sommes les dernières barques ce qui fait que nous serons presque seuls sur l’eau tout le temps. Nous nous régalons des paysages, du calme, les enfants s’amusent lors des 9 passages dans les grottes, on voit mêmes des martins pêcheurs ! Au retour, le chauffeur nous fait passer par un village le long des rizières : les enfants se baignent, les canards rentrent pour la nuit, …de jolies scènes de la vie de tous les jours. Délicieux repas à l’hôtel. 17 juillet : ce matin à 8h45, nous sommes aux barques pour faire la visite de Tam Coc. Il y a très très peu de monde et mêmes les vendeuses ne sont pas encore en place, le plan est parfait, nous visitons ce magnifique site dans les meilleures conditions. Nos 2 rameuses sont mère et fille et nous leur achetons quelques petits souvenirs qui plaisent bien à ma fille. Le lunch chez Loan est un régal (salade de fleurs de bananiers, la spécialité locale de chèvre, des nems, des crevettes, des calamars aux ananas). Nous faisons une petite sieste durant les heures les plus chaudes puis partons faire une belle balade à vélo dans les environs. C’est tellement joli que je voudrais prendre des photos sans cesse. 18 juillet : les enfants restent à l’hôtel ce matin et nous partons à 4 adultes faire la montée au point de vue de Hang Mua. Que dire à nouveau : c’est magnifique, c’est magique ! En bas, de belles rizières, puis un petit lac ombragé et romantique, ensuite l’escalier de 545 marches débute avec un dragon en pierre. Plus on monte, plus on sue mais plus les vues deviennent belles et finalement tout en haut, la récompense : le panorama sur la rivière de Tam Coc avec les minuscules petites barques tout en bas. Nous restons un long moment à contempler, à nous imprégner des lieux. Un coup de cœur ! En fin d’après-midi, nous regagnons Hanoi pour y prendre le train de nuit à 21h en direction de Sapa. Nous avons un compartiment avec couchettes. Les enfants sont enchantés par cette nouvelle aventure. Les couchettes sont confortables mais le train fait un boucan terrible en roulant et tangue dans tous les sens. Avec un somnifère et des boules Quiès, j’arrive à dormir quelques heures. 19 juillet : Arrivée en gare de Lao Cai à 5h30, transfert en minibus vers Sapa. Nous logeons à l’hôtel Sapa Boutique et j’ai réservé des chambres avec vue, ce que je ne regrette pas car la vue est belle. Nous prenons le petit-déj au « Lotus », excellent. Puis, nous partons faire la ballade de Ta Van et Ta Chai. Il y a des nuages mais le soleil brille quand même et les températures sont très agréables (25-26°). En descendant du minibus, nous sommes assaillis par les H’Mongs qui veulent nous vendre leur artisanat. Les femmes nous suivront une toute petite partie de la promenade, j’ai trouvé ça plus comique que dérangeant. Avec notre guide, nous visitons une maison et il nous explique leur artisanat et leurs activités. Ensuite, on profite du paysage en marchant. La vallée fait un peu penser aux vallées des Alpes mais en plus vert, en plus tropical, avec les cultures de riz en terrasses. Retour vers Sapa qui est une petite ville bien agréable, certes touristique mais charmante. On fait un petit tour au marché qui nous plaît bien et puis on va flâner du côté des souvenirs et ma fille achète un joli sac à une vieille dame H’Mong. 20 juillet : départ à 10h vers Ta Phin où nous ferons la promenade et visite du village. La route entre entre Ta Phin et Lao Cai est très jolie avec les rizières en terrasse, les cascades, la rivière. Lunch délicieux à Lao Cai, juste en face de la gare. Visite de la frontière chinoise, on peut regarder mais pas y mettre les pieds. Puis, route vers Bac Ha. A nouveau très belle route avec les rizières, les plantations de thé, manioc, bananes, ananas, une végétation tropicale riche et verte comme j’aime. La dernière dizaine de km avant Bac Ha est de toute beauté, montagnes, vallée, rizières, on pousse des grands « Whao » à chaque tournant ! A Bac Ha, nous logeons au Cong Fu hotel, hôtel simple mais propre, les lits sont durs et le patron pas super sympa mais sinon on y est pas mal, à condition de pas être dans les chambres côté rue (bruits). Le soir, on mange au restaurant « Highlands », cuisine correcte et très gentil patron mais pleins de moustiques (on dirait qu’ils se sont tous donner rendez-vous là). 21 juillet : visite du marché de Can Cau à 30 km de Bac Ha. Très belle route pour y arriver, je me tord le cou dans tous les sens pour ne pas en perdre une miette. On arrive vers 9h30 et il fait déjà fort chaud. Le cadre est magnifique, il y a un splendide paysage de rizières juste à côté du marché, on dirait qu’il a été placé là rien que pour les touristes. On en profite pour faire pleins de belles photos en s’éloignant en peu sur les sentiers. Pas sûr que notre guide comprenne notre enthousiasme, on était pas là pour le marché ? Si, si et on y va de ce pas ! Le marché nous plaît bien, on fait quelques achats de souvenirs. Il y a peu de touristes et dès qu’on s’intéresse à quelque chose la vendeuse fait tout pour conclure le deal. Sur la route du retour, nous visitons le village de Phu La et sommes invités dans une maison. Le lunch se fera « Chez l’habitant » chez un ami du guide un peu en dehors de Bac Ha. Une cuisine des plus savoureuses ! Nous consacrons l’après-midi à la très jolie promenade de Ban Pho qui nous a tous vraiment ravi. Et trinquons avec un mango lassi à ce beau voyage ! 22 juillet : marché de Bac Ha ! Comme nous sommes sur place, nous faisons une première visite à 7h30. On va aux échoppes de viandes et de poissons en passant devant le resto-cafeteria local. C’est sûr qu’il y a un tas de choses à voir et à découvrir ! Les poissons sont encore vivants dans les bassins de l’échoppe et sont apportés en scooter (sur le porte-paquet dans un panier bâché avec les poissons dans de l’eau). Plus loin, des gens palabrent pour l’achat de graisse ou d’intestins et on ne comprend pas bien l’intérêt de dérouler 10x le même intestin ou de secouer 10x les mêmes couches de graisse avant de les acheter. A la vue des étales (une dame hache à grands coups un tas de « déchets » de viande), des plats consommés sur place ou des marmites fumantes, une seule conclusion s’impose : ici rien ne se jette, tout se transforme… et se consomme ! Nous rentrons à l’hôtel pour prendre le petit-déj et puis reprenons le chemin du marché. Les petites charrettes de glaces (Kem) ont un succès fou et ils y vont fort avec leurs klaxons. Comment font-ils pour que les glaces ne soient pas fondues avec cette chaleur ?? Du côté des animaux, ils vendent de tout (buffles, chevaux, oiseaux, canards, poules, cochons, …). Pour certains animaux c’est un peu dur à voir car ils ont très peu d’espace dans les cages et halètent sous le soleil de plomb. Petits chiots cotoyent chiens adultes pour un futur proche très différent. De petits cochons sont attachés à une sorte de « brancard » en bambou pour les transporter plus facilement, pas sûr qu’ils apprécient la moto. C’est sûr que le choc culturel est là mais c’est passionnant ! Et puis, ils y a les femmes et les jeunes filles des H’Mongs fleuris qui sont dans leurs plus beaux habits et franchement elles sont très jolies. On voit les jeunes gens qui s’observent et se jettent des regards, pour eux c’est jour de fête et on voit que tout le monde s’amuse bien. Nous gardons une chambre au Cong Fu jusqu’à 15h30 puis mettons le cap sur Lao Cai où nous prenons le repas du soir avant de prendre à 20h, le train couchette du retour vers Hanoi. 23 juillet : on arrive en gare à 4h45, on est transféré à l’hôtel Indochina Queen II où nous recevons une grande chambre pour nous doucher et nous reposer. J’arrive encore à fermer l’œil 1h ou 2. Normalement, nous devions partir vers Hué mais ce fameux taureau sauvage retardent nos plans. Donc, nous visitons Hanoi (pagode Tran Quoc au lac de l’Ouest, mausolée et maison d’Ho Chi Minh, pagode du pilier unique, temple de la litérature) jusqu’à ce qu’il soit l’heure de se rendre à l’aéroport. On est un peu surpris par le manque de modernité de l’aéroport et le temps que cela prend de faire enregistrer les bagages ! Le vol de 18 :10 prend 30 min de retard à cause d’un bel orage qu’il vaut mieux laisser un peu passer et j’avoue que les éclairs qui entourent l’avion au début du vol plus les turbulences me mettent légèrement mal à l’aise. Nous arrivons sans problème à Hué où nous attend notre guide Ngia, un gars bien sympa, agréable, très instruit, parlant un excellent français et connaissant pleins de choses. Nous l’avons franchement fort bien apprécié durant notre séjour dans le centre. Nous logeons à l’hôtel Romance, génial !! Très bel hôtel, des lits douillets, chambres spacieuses et joliment décorées, super salle de bain et un petit-déj en forme de buffet avec tout ce qu’on peut désirer (asiatique et continental). On est tellement fatigué, il est déjà tard, on décide de manger un petit truc au restaurant de l’hôtel, c’est un peu cher mais bon. Les 2 petiotes qui s’étaient endormies dans l’avion, ont continué de dormir tout le transfert et ne se sont réveillées que le lendemain !! Les parents ont mangé en commandant « room service ». 24 juillet : visite de Hué en condensé à cause du taureau. Comme dit Ngia, on fait « les visites essentielles ». Nous commençons par le bateau sur la rivière des parfums jusqu’à la pagode de la Dame Céleste. Ensuite visite de la Cité Impériale. Lunch et nous continuons vers les mausolées de Tu Duc (où nous serons seuls) et de Minh Mang (un peu plus de monde). Ces 2 dernières visites nous plaisent même mieux que la Cité Impériale. Heureusement, il fait moins chaud. Hué est aussi beaucoup plus calme qu’Hanoi et en fait on a bien aimé même si on y est resté si peu de temps. 25 juillet : excellente nuit, excellent petit-déj en nous prenons la route vers Hoi An. Seulement 110 km à parcourir mais cela nous prend plusieurs heures. Passage par le col des nuages. Visite du musée Cham (bof, quand on a vu Angkor Wat). Arrivée à Hoi An à 13h où nous prenons le lunch et dégustons les spécialités du coin : White Rose, fried wontons, fish in claypot, …j’adore !!! Avec notre guide, nous visitons Hoi An (pont japonais, la plus vieille maison, le temple de Phuc Kien, …) puis il nous conduit au Windbell Homestay où nous avons 4 nuits de réservées dans la villa Carambola et villa Jackfruit. Un mot : génial ! ou encore 2 : petit paradis ! Ce sera vraiment l’endroit idéal pour nous détendre et nous reposer après un circuit passionnant mais aussi fatigant par moment. Les villas sont très spacieuses, très confortables, modernes, décorées avec goût. La nôtre a 2 chambres et 2 salles de bains. Le patron aussi est très sympathique. On se jette dans la piscine, profitons du joli jardin et mangeons sur place. 26-27-28-29 juillet : nos journées ici sont très relax et extrêmement agréables. Il fait de nouveau très chaud. Le matin, très tôt nous plongeons dans la piscine, puis prenons notre petit-déj (on peut commander de tout à volonté ! chouette système), puis replongeons dans la piscine. Ensuite, on décide de nos activités du jour. Voici ce qu’on a fait durant ces journées. La plage de Cua Dai : bien jolie, l’eau est bonne et quand on regarde le large depuis l’ombre des cocotiers la vue est paradisiaque. Une ballade à vélo de 2h30 en fin d’après-midi avec « Heaven & Earth bicycle tours » (à recommander, très sympa). Une matinée au « Aly Spa & Beauty salon » : massage (1h30 qui fait vraiment du bien !), manucure et pour mon beau-frère rasage et coupe de cheveux en plus. Et puis, nous avons beaucoup flâner à Hoi An. Nous y achetons quelques souvenirs, des lampions et ma fille se fait faire 2 robes, moi 1 pantalon, mon beau-frère 2 costumes et ma belle-sœur 2 robes et 2 pantalons. Incroyable, la qualité et le délai de 24h ! Hoi An est touristique mais c’est une petite ville fort sympathique et pleine de charme, surtout le soir avec tous les lampions illuminés. Nous avons adoré notre séjour ici. Nous découvrons les endroits où nous aimons bien manger et prenons nos habitudes. Les enfants adorent prendre le lunch au Cargo Club pour leurs très bons snacks à l’européenne, les smoothies et lassies délicieux et les pâtisseries sont tout simplement merveilleuses. Le soir, c’est toujours cuisine vietnamienne, nous testons le Tam-Tam café (le fish claypot est très bon) mais le restaurant qui nous séduira le plus ici c’est le Morning Glory. Nous testerons de très nombreux plats et ne serons jamais déçus ! OK, c’est assez cher mais pour manger comme ça en Europe, on paie au moins 3x le prix d’ici. La diversité des plats et des goûts, les créations de Mne Vy, les salades avec les légumes et herbes fraîches du village de Tra Qué…quels délices ! Et puis, hélas, il nous faut quitter notre petit paradis, c’est presque la fin des vacances. Nous prenons le vol de 21h30 de Danang à Hanoi. Danang nous surprend par son luxe, sa richesse, sa modernité, les hôtels mega grand le long de la côte. C’est dimanche soir et partout c’est la fête. Nous arrivons vers minuit à l’hôtel Indochina Queen II à Hanoi. 30 juillet : voilà c’est notre dernier jour. On se lève à l’aise puis on passe chez GP Travel qui nous offre une heure en tuk-tuk électrique dans le vieux quartier et nous faisons nos adieux. Nous mangeons au « New Day » puis faisons encore un peu de shopping. Après le calme à Hoi An, les rues bruyantes, la circulation et les klaxons sont dérangeants…et puis on a tous le blues de la fin des vacances. Même le temps est assez maussade, une averse tombe régulièrement. Le vol du retour décolle à 23h50 et nous atteignons Paris CDG à 6h30. Notre TGV est prévu à 10h30 mais heureusement Air France nous voyant arriver si tôt, a déjà réservé des places sur le TGV de 8h05 (qui arrive avec 25 min de retard). Nous sommes enchantés par le service car du coup nous devons à peine attendre et arrivons à la maison 2h plus tôt que prévu. Et puis, … ben, c’est la routine qui reprend mais avec pleins de magnifiques souvenirs dans la tête !
Mais que se passe t-il à Madagascar actuellement?
by Kaoui · 2012-08-01 · 1145 replies
Bonjour, Étant amoureux de Mada et souhaitant y résider un jour prochain, je me pose des questions quant à y aller ou pas???🤪 tant l'insécurité y est grandissante de jours en jours!!... Mais que se passe t-il donc???... Que font les autorités????....Si quelqu'un peut m'éclairer, ce serait gentil. (j'affectionne plus particulièrement Tamatave et sa région..) Merci à tous!..
Insécurité actuelle à Madagascar?
by Giloudespich · 2012-04-25 · 156 replies
Bonjour, Quelqu'un peut-il me donner son avis sur le climat d'insécurité qui semble régner à Mada en ce moment ? Majunga reste t elle une ville "sans pb" pour les vazahas ? Merci à tous
Eté 2011: Laos-Perhentians-Bangkok en famille
by Bluequark · 2012-04-09 · 58 replies
Bonjour,

Le Laos, cela faisait plus de 10 ans que j’avais envie d’y aller. Nous avions failli y partir à l’été 2009. Mais une connaissance de mon tendre et cher avait fait valoir que les enfants étaient peut-être trop petits – 9 et 11 ans à l’époque – pour bien apprécier ce pays qui vaut surtout pour son atmosphère et qu’ils risquaient de s’ennuyer : nous étions finalement allés à Bornéo.

Cette année, quand la destination a été à nouveau sur la table, les mêmes questions se sont posées ; les mêmes hésitations ont vu le jour : aimeront-ils ? n’aimeront-ils pas ? Nous n’avions pas envie d’avoir trois semaines de soupirs et de grognements ; quand, soudain, un éclair d’illumination – je n’ose dire de génie – m’a traversé l’esprit : devant de toute façon passer par Bangkok, il suffisait de raccourcir le temps passé au Laos pour rajouter une carotte, c’est-à-dire quelques jours sur la plage en Thaïlande pour faire du snorkelling, les enfants aimant vraiment cette activité. Ce sera donc deux grosses semaines au Laos et une petite de plage ; de plage ou plutôt de Palmes-Masque-Tuba. De fils en aiguilles et au fur et à mesure de mes investigations sur Internet, la plage en Thaïlande est devenue la plage en Malaisie aux Perhentians : à cette période de l’année, le temps y est plus sur, pour un snorkelling de meilleure qualité, tout en n’étant finalement pas énormément plus loin. On rajoute une journée tampon à la fin des vacances à Bangkok pour être sur de ne pas manquer l’avion retour et c’est bouclé.



Restait à faire un choix dans les lieux au Laos ; deux semaines, c’est court. Surtout si comme nous, on ne veut pas courir et on souhaite prendre son temps. Nous avons donc décidé qu’il n’était pas possible d’aller au Laos sans passer par Luang Prabang, exit donc le sud. Arbitraire, mais il faut bien objectiver ses choix. Le reste du choix, c’est Frank Gros, notre chauffeur-guide connu grâce à ce forum, qui l’a fait pour nous. En effet comme je voulais sortir un peu de l’axe traditionnel Ventiane – Vang Vieng – LP et grâce à l’expérience des voyages en transport en commun au Vietnam et en Birmanie, acquise il y a maintenant presque vingt ans, nous savions que nous ne voulions pas vivre une telle aventure avec des enfants, j’avais contacté Frank et il m’avait proposé une boucle de dix jours : Ventiane – Vang Vieng par le route 10 – Ponsaven – Sam Neua – Vieng Thong – Nong Kwiau – LP.

Spontanément, j’aurais choisi une boucle plus au nord mais Frank m’a expliqué que l’avantage de celle-ci était sa route goudronnée tout le long et pas trop mauvaise, ce qui limitait les risques de problèmes en cas de pluies abondantes. A quoi bon demander des conseils aux gens qui connaissent pour ne pas en tenir compte? Va donc pour la boucle par Ponsaven. Le fait que peu de gens semblait l’emprunter me faisait balancer entre la satisfaction de savoir qu’il n’y aurait pas beaucoup de touristes et la crainte que si peu de monde passait par là, c’est que justement qu’il n’y avait pas grand chose à voir. Finalement, cette boucle était parfaite et correspondait à ce que nous recherchions : voir le Laos rural, hors des sentiers battus. Nous avons toutefois raccourci un peu le parcours pour rester un peu plus chaque endroit, les trajets en voiture, même agrémentés de pauses, étant longs. Nous ne sommes donc pas allés jusqu’à Sam Neua. Si c’était à refaire je rajouterais deux-trois jours pour pouvoir le faire.



Deux grandes incertitudes pour ce voyage et son succès :

- la présence du chauffeur-guide. Nous avons maintenant l’habitude de faire des « grands » voyages depuis plusieurs années mais toujours seulement nous 4. Comment la présence de cet « intrus » allait-elle modifier l’équilibre familial ? Déjà, lorsque j’avais annoncé aux enfants que nous allions avoir à une voiture avec chauffeur pendant une dizaine de jours, j’avais eu le droit à « Hein ! mais il va rester avec nous pendant TOUT ce temps ! ? ». Un « C’est ça ou les transports en commun tout serrés dans la chaleur intense et humide » avait coupé court au débat mais l’intégration n’était pas gagnée. En réalité, tout c’est très bien passé. Frank est quelqu’un d’une très grande gentillesse, cherchant vraiment à faire plaisir. Mariée à une laotienne et ayant trois filles sensiblement de l’âge de nos enfants, il aime vraiment le Laos et cherche à faire partager cette passion. Sans sa présence et son lao courant, nous n’aurions, je crois, pas vu le même pays. Seul petit défaut, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans un autre post, Frank est vraiment bavard et du coup, les pauses ont tendance à s’allonger. Pas vraiment dérangeant quand on aime prendre son temps – et c’est un peur le revers de la médaille, mais sans doute difficilement supportable pour qui aime les voyages cadencés. Il faut le savoir donc ;

- le temps. Et oui ! Juillet-Août, c’est la saison des pluies. A vrai dire, la pluie ne nous a pas vraiment dérangés. Certes, il a parfois fallu se mettre à l’abri, attendre que l’averse passe, mais jamais très longtemps ou à des moments où ces pauses nous gênaient. Mais pendant, que nous gambadions gaiement dans les montagnes pratiquement sans pluie, la tempête tropicale Nok Ten se déchaînait dans les plaines et sur Ventiane, entraînant inondations et glissements de terrain. Le train depuis Bangkok que nous avions pris quelques jours avant ne passait plus pour cause de voie ferrée sous l’eau. Alors chance ou pas chance ? Difficile à dire. Disons que le voyage a été super mais qu’à quelques jours près, c’était galère. Par contre, le ciel est rarement bleu, souvent blanc laiteux, pas terrible pour les photos. C’est mon principal regret.

Bon, après cette longue introduction, un bref bilan avant de rentrer au vif du récit : nous avons tout quatre bien aimé le Laos et sa douceur de vie. « Ponpedian » est le maître mot. Quand j’ai demandé à mon tendre et cher, ce qu’il avait bien aimé, il m’a répondu les habitants. Comme il a déjà été dit maintes fois, le Laos ne se visite pas, il se vit. La présence de quelqu’un comme Frank n’en est que plus précieuse. Le Laos, c’est une douceur de vie, une gentillesse voire une nonchalance à peine imaginables. Quand on voit les voisins qui l’entourent, Thaïlande, Chine, Vietnam, on se dit que le Laos risque d’être mangé tout cru et on craint pour son avenir. C’est aussi pays « silencieux » : pas de klaxons et de musique à tue-tête comme dans d’autres pays que nous avons pu visiter. C’est enfin un pays avec des conditions d’hygiène auxquelles je ne m’attendais pas : ni papier ni détritus qui traînent ; mis à part dans les villages de montagne, l’utilisation de l’eau potable venant de grosses bonbonnes semble largement répandue.
Retour d'une croisière Hurtigruten, printemps 2012
by Cajoline2 · 2012-04-06 · 37 replies
😉 Nous voilà de retour après un périple extraordinaire, que du bonheur, j'ai commencé un compte rendu, je demande beaucoup d'indulgence car je ne suis pas très douée en informatique, si vous avez des questions n'hésitez pas
Nord-Ouest argentin et Nord chilien - D'un océan à l'autre en traversant les Andes (1re et 2 partie)
by Kashtin · 2012-04-04 · 320 replies
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción. De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama. Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique. Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.

Bon voyage...

Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.

********** Première partie ********************

De Buenos Aires à Colchane

La version avec photos est visible ici:

carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Jeudi 13 octobre

Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...

Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.

Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.

Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…

Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)

Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...

Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))

En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.

En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.

Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J

Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.

Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)

Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.

Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.

Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.

Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.

Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.

Dimanche 16

Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.

Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.

Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…

Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.

Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...

Lundi 17

Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.

Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!

Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…

La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.

Mardi 18 Salta la Linda

Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…

Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.

Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)

L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.

La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.

Dehors, la nuit tombe déjà…

Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.

Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...

De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…

Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía

Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.

De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...

Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.

Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.

Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.

Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:

1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).

Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !

Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !

Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d���un air impérial.

Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...

Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...

En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.

Jeudi 20

Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.

Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…

Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.

Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.

Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…

Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.

Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !

Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.

De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.

Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.

Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...

Vendredi 21 De Humahuaca à Susques

Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.

Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.

Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.

Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.

Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!

A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.

Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)

En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.

Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...

L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.

Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama

J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...

Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!

Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!

La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.

La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.

Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.

Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.

Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...

Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…

Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».

Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…

Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)

Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.

L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...

Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.

Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.

Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...

Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)

Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...

Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…

Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse

La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.

Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.

Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.

Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…

Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…

Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…

Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.

Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de probl��me, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.

Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)

Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.

Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !

Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.

La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.

Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...

La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.

Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.

Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.

Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)

A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.

Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...

Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.

Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...

En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.

Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)

Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..

Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.

Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment ��voqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.

Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.

Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).

Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique

Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.

Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...

Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.

Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.

En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.

On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.

Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.

Samedi 29 D'Iquique à Arica

Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...

Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !

Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.

Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).

Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.

Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.

* *****

L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.

La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm

Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.

Dimanche 30 Arica

Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.

Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.

Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.

Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…

La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…

Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.

Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.

Lundi 31

7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.

Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...

Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.

Mardi 1er novembre D'Arica à Putre

Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...

Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !

La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.

La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.

Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)

Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.

La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.

Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...

Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)

Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.

Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.

La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d���herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).

Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).

Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…

Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).

Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…

Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.

Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.

Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…

Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !

Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...

Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.

(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)

Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…

Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »

Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !

L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.

Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.

A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!

Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...

Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane

Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.

La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.

L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...

L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.

Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.

Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.

Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.

Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...

Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.

Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...

A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.

Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.

Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.

Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.

Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.

Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.

Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.

Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.

Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.

Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.

La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...

********** Seconde partie ********************

De Colchane à Buenos Aires

La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique

Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…

On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.

Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.

Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.

Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...

Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.

Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.

Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama

Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...

Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).

Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.

Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !

Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.

A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.

Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.

Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.

Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!

De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :

« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)

San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.

J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).

L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.

Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).

Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)

Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.

Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.

De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.

Les panneaux sont en général très instructifs…

Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...

Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.

La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.

A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.

Le soir, retour à La Casona.

Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama

Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.

A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.

A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.

En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !

Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.

Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...

J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.

Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.

En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.

Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !

A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…

Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.

Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...

Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...

Mardi 8 De la puna à Salta

En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.

Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !

La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.

Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…

A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).

Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!

L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J

Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.

Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!

A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.

Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes

Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.

La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!

La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.

La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).

Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.

Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.

Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!

Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.

Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).

Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)

Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.

Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.

Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...

Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.

Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.

Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)

Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.

La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).

Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.

Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.

De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.

San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…

Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) �� notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.

Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes

Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.

A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.

Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.

Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.

A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...

Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.

Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas

Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.

Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.

Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.

Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.

Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.

Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.

Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.

Lundi 14 Salta - Buenos Aires

Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.

Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)

Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.

Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.

Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...

Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)

Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.

Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.

Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).

Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires

Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.

Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !

Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…

Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.

En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!

Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.

Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.

Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.

Mercredi 16

Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.

Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...

(Renseignements)

Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.

L'Ouest américain autrement: de Seattle à San Diego
by Maguiloma · 2011-09-14 · 86 replies
Bonjour,

Voici notre carnet sur le trajet Seattle / San Diego, que nous avons fait en été 2011, avec une grosse boucle en Oregon.

Présentation du voyage

Comment en est-on venu à déterminer ce circuit ?

Eh bien, notre fille a fait un séjour de 3 semaines en été 2010 à Eugene, ville inconnue de nous jusque là (156 000 habitants quand même !)en Oregon dans une famille. Elle est revenue, bien entendu, enchantée de son séjour et nous a ramené un superbe livre sur l'Oregon avec des photos somptueuses ! De là, l'idée a fait son chemin, assez rapidement finalement, de faire la Côte ouest, puisqu'en octobre les billets d'avion pour Seattle avec retour de San Diego étaient déjà achetés. Nous avions d'abord pensé commencer à Vancouver mais la difficulté de louer une voiture au Canada et de la rendre aux USA plus le fait qu'il y avait beaucoup à découvrir autour de Vancouver et que ça méritait un autre voyage, nous ont fait renoncer.

Pour choisir les dates, il a fallu jongler entre les études de l'un et la rentrée des classes de l'autre. Donc, nous sommes partis le 10 juillet à 4 : 2 adultes et 2 enfants de 9 et 16 ans, le 3ème de 19 ans finissant son année d'études seulement le 28 juillet et nous rejoignant à San Francisco sur la dernière partie du voyage jusqu'au 12 août, la rentrée scolaire du petit dernier étant prévue pour le 15 août déjà.

Il a fallu ensuite choisir les étapes et nous avons essayé au mieux de faire un mélange de petites à grandes villes, de forêts primaires, d'océan et de paysages quasi désertiques sans oublier quelques cases shopping ! Il en fallait aussi pour tous les goûts: côté grande nature et western pour les uns, aviation (ah non, c'est pas incompatible), lieux de tournage de films ou séries, parcs à thème, baignade, beaucoup d'océan car on ne s'en lasse pas ... avec un seul rendez-vous fixé à Eugene, pour rencontrer la famille d'accueil de notre fille. Ca nous a donc donné ce circuit de 3700 km sur 32 jours, sans compter les kms en ville et aux alentours, moins donc que notre aller-retour Berlin-Paris-Nice de l'an dernier mais largement suffisant à notre goût !

Nous avons tenu un carnet de route où chacun devait écrire à tour de rôle mais bon finalement, c'est moi qui m'y suis collé la plupart du temps ! Malheureusement, notre grand qui a la plume facile n'était là que pour le dernier tiers du voyage. Je l'indiquerai quand c'est lui qui a écrit.

Nos étapes Dans l'Etat de Washington : - Jours 1 à 5 : Seattle - Jour 6 : Kalaloch en passant par Port Angeles et ForksEn Oregon : - Jour 7 : Astoria - Jours 8 et 9 : Portland - Jours 10 et 11 : Pendleton - Jours 12 et 13 : Mitchell (John Day Fossil Beds) - Jours 14 et 15 : EugeneEn Californie : - Jours 16 et 17 : Crescent City (Redwood National Park) - Jours 18 et 19 : Fort Bragg - Jour 20 : Sacramento - Jours 21 à 26 : San Francisco - Jour 27 : Monterey - Jour 28 : Lompoc (à côté de Santa Barbara) - Jour 29 à 31 : Los Angeles - Jour 32 : San Diego - Jour 33 : Retour à Berlin
NW Canada, Alaska et Nord Arizona
by Trois14 · 2011-07-18 · 409 replies
préambule

L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.

Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.

La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.

Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.

Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================

Notre trajet a été le suivant :

(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :

- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.

===================================================

Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue). Vol AF CDG-LAX

A l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier. Huntington Beach

Vol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !

Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle. Mount Rainier

La réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.

Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.

Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska. On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).

Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.

En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.

Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, Seattle

Nous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.

Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !

Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.

Seattle waterfront

Notre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito). Lake Union

Mais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !

Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).

Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.

la transcanadienne

pont flottant de Kelowna

des cultures à perte de vue

vallée de l'Okanagan

Nous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.

Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
Réunion et île Maurice: logement, restaurants, visites?
by Milou2607 · 2011-04-25 · 22 replies
bonjour nous voulons faire un voyage en novembre sur les iles de la reunion et maurice que faut il voir sur ces iles ou loger ou manger que faire que voir bref tous renseignements qui nous permettront de construire un beau voyage de 2 a 3 semaines par avance merci salutations

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