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Voyage à vélo rêves et cauchemards
by Chuperdu · 2010-01-10 · 41 replies
Voici le récit de mon voyage à vélo de 3 mois. Je suis rentré depuis le mois de Septembre, du coup je pense qu’il est grand temps de conter mon aventure. Donc c’est plutôt long, à lire quand on a un peu de temps libre !

Le but est de partager mon expérience afin qu’elle puisse servir à d’autres (voir novice), donc j’essayerai de développer surtout les points positifs et négatifs, tant sur le matériel, la logistique…plutôt que le voyage, les paysages, rencontres…donc désolé mais je garde pour moi toute la partie sympa du voyage.

Des rêves de voyages insolites plein la tête depuis la vingtaine, mais bientôt la trentaine et pas grand chose de réalisé, voir même très peu voyagé…j’ai l’impression de passer à côté de la vie, car moi ce qui m’intéresse c’est l’Aventure ! l’inconnu, les rencontres, paysages, galères… Quand j’avais encore un boulot (intérim), je rêvais de tour du Monde, mais je sais que si je pars, je mettrai une croix définitive sur mes perspectives de trouver un emploi intéressant (diplômé mais sans expérience dans mon domaine).

Après des mois de recherche d’emploi n’aboutissant à rien (crise ?!), je décide donc de réaliser une partie de mon rêve et de partir pour un tour d’Europe de 6 mois de voyage à vélo (mais ne voyagerai que durant 3 mois)

LE MATERIEL :

Vélo Giant crs2 (450 euros) : vélo dont je suis très satisfait !!! Aucune panne ! Uniquement 1 cable du levier de vitesse du plateau et 1 seule crevaison, mais c’est en regonflant j’ai du forcer sur la valve et ça l’a crevé. C’est tout ! (pas mal nan ?) Vélo robuste, léger, fiable, et pas « trop chère ». Parfait pour un voyage lointain, tant qu’on reste sur des routes correctes ! Les points négatifs (selon moi) : largeur du guidon insuffisante, levier des vitesse du plateau dure à actionner (notamment quand on a les doigt gelés, ça devient vraiment pénible…mais peut être est ce un cas isolé…ou alors il faut que je me muscle les doigts). Il y a aussi le fait que l’on ne peut pas mouliner assez dans les longues montées, c’est fatiguant ! C’est sûre sans bagages, ça passe, mais une fois chargé, on regrette de pas pouvoir mouliner autant que sur son vtt. Enfin, le fait que ça soit du 28 pouce et non du 26…

Selle brooks B17 : très agréable, fini les sensations d’échauffement du derrière ! Je n’imagine même pas partir sans (sur un voyage test de 4 jours, douleur et échauffement du derrière avec celle d’origine). Inconvénient : la selle est je trouve un peu trop large, je l’aurai préféré plus fine, pour éviter tout frottement avec la partie intérieur de la cuisse.

Porte bagage avant (Tara) et arrière (Cargo) de marque Tubus. Du costaud !

Sacoches Ortlieb, avant Roller et arrière Classique. Sacoches solides et étanches. Même si j’ai eu la surprise de trouver une de mes sacoches arrière avec les affaires trempés, dès la première pluie…je pense que l’eau devait rentrer par l’arrière de la sacoche (au niveau des fixations)…problèmes réglé en mettant une bâche plastique sur le dessus pour le reste du voyage…pas très pratique mais bon (tiens d’ailleurs ça me rappel qu’il faut que je vérifie ça). Attention aussi, aux bagues en plastiques (fournies avec) que l’on mets pour adapter les fixations selon le diamètre du porte bagage, elles ont tendance à s’enlever et se perdre quand on enlève les sacoches !

Je précise que j’ai investis dans du matériel de « qualité » pour les sacoches et porte bagage, car au début je pensais partir pour un voyage « plus lointain » et que rien ne vous oblige à prendre du Ortlieb, Tubus…on peut voyager avec 3 fois rien, c’est ensuite juste une question de confort (rencontré un grand voyageur au camping en Danemark, qui voyage avec un vieux vélo, des cabas (sacs), un caddie à main…)

Un « boudin » étanche (taille M) dans lequel je mettais le tapis de sol, le duvet, et la tente. C’est de tout mon matériel, celui que j’ai le plus préféré, car pour le prix (moins de 20 euros), il vous permets de ranger bien plus de choses que dans les sacoches ! Parfaitement étanche ! Je le posais en long sur les sacoches arrières, maintenus par 2 tendeurs élastiques.

J’ai aussi récupéré une « tige » souple et robuste (ce qui permet de fermer les rideaux). Posée en long sur les sacoches, ça faisait un écarteur de voiture très efficace, sur route on le fait dépasser plus à gauche (avec du scotch rouge au bout pour être vu !). Accroché sous la selle, ça me permettait d’y suspendre mon linge pour le laisser séché tout en roulant. Et enfin, ça peut toujours servir pour repousser un animale qui veut vous manger (un ours ?) car c’est aussi « vif » qu’un fouet…Objet fort utile que je regretterai d’avoir perdu au Nord de la Suède en passant par une route en travaux, véritable piste de cailloux et poussière de 30 km !

Sacoche frontale : une espèce de grande banane (destinée à être porté sur soi), acheté 5 euros à carrefour ! Fixé par des sangles maison (donc détachable). Très spacieuse et efficace ! J’y rangeais mes choses précieuses, stockés dans une grande boite alimentaire étanche (pas la meilleure idée la boite, car vide ou pleine, elle prends autant de place). Il n’y a pas dire, une sacoche frontale, c’est hyper agréable pour avoir à portée de main des choses, poser dessus une carte…plutôt que de s’arrêter pour fouiller dans la sacoche. J’ai aussi utilisé des boites de chewing gum (celle où y’a plein de dragées), car on peut y mettre à grignoter (céréales, amandes …), et l’utiliser pour manger d’une seule main, tout en roulant !

Réchaud : j’ai utilisé un réchaud à alcool que j’ai fabriqué grâce au site : randonné léger :
http://www.randonner-leger.org/wiki/doku.php?id=p3rs (site internet que je recommande à tous ce qui veulent apprendre à voyager léger !). C’est un réchaud très simple à fabriquer (essayez, vous épaterez vos amis, voire l’utiliserai lors de vos pic nique) à partir d’une cannette. + : réchaud pas chère, tout petit et léger, utilisable partout. - : non utilisable par grand froid, nécessite de trouver de l’alcool à bruler (surtout pas d’essence !), non utilisable dans un endroit non aéré (gaz), puissance non réglable. Au départ je pensais acheter un réchaud multi fuel, mais l’idée de prendre un appareil qui allait me prendre et de la place et « couteux », sans parler du faite qu’il faut ou non prendre un kit d’entretien (fiabilité ?) donc je me suis tourné vers cette solution simple et efficace pour mon utilisation (cuissons de courte durée et pas trop puissante). Seul « défaut », trouver ensuite de l’alcool, pas toujours évident à l’étranger. Je suis parti avec 2 litres de la maison, qui m’ont permis de tenir jusqu’en Norvège (au début repas chaud midi et soir, puis que soir). Seulement, le prix de la bouteille d’alcool étant hors de prix, j’ai ensuite cuisiné au bois (j’ai récupéré une vieille grille de barbecue que j’ai plié en forme de U, dessous on met du bois, dessus la gamelle. + : pas chère, puissance de cuisson supérieur, c’est beau un feu qui brûle. - : prends bien plus de temps, nécessite du bois sec, donc avec la pluie, on est obligé de se faire un stock, quand il pleut on peut pas cuisiner, consomme énormément de petits bois, ça fume !

Lampe : une frontale (très peu utilisé) et une petite lampe solaire à led (Nature et Découverte), produit que je vous recommande (héhé non non je n’ai pas de partenariat) j’en suis super satisfait ! Petite, légère, se recharge facilement (posé sur la sacoche). Dommage qu’il n’y ai pas d’interrupteur (j’utilisais un élastique et un bout de papier). Bien mieux je pense qu’une lampe à dynamo (bruit, autonomie limité). Défaut : quand il fait toujours gris, ben comment c’est qu’on la recharge ?! En tout cas c’est un produit que j’utilise au quotidien, même chez moi.

Sandales : des Décathlon…au départ j’étais un peu réticent à leur achat (c’est moche). Mais 3 jours après mon départ je les ai enfilé (peur de mouiller mes baskets avec la pluie), pour finalement les garder par tous les temps ! Surtout si il pleut ! Car les baskets ça résiste un peu et une fois que c’est trempés tu as encore plus froid. En plus, ça fait moins de chaussettes à laver. Du coup, c’est les baskets que j’ai eu envie de jeter…mais elle me servait surtout le soir lorsque je me faisait attaquer par les moustiques (piquent à travers les chaussettes).

Sur chaussures « étanches » : alors ça en ce qui me concerne, je l’ai acheté express pour ce voyage (30 euros). Garantie étanche mais pas contre le froid m’avais dit le vendeur. Essayé 1 fois avant de partir, un doute, car les pieds étaient mouillées. Utilisés 2 fois par pluie glaciale en Suède, puis jeté à la poubelle (mes baskets en cuir résiste mieux à elle-même)…du coup on ressort les sandales, plus des sacs plastiques dans ces situations « d’urgence » (berk sac plastique ça respire pas). Je regrette de ne pas avoir tout simplement pris des chaussettes en néoprène que j’aurai mis avec mes sandales (bien sûre ça peut sembler louche quand on est chez soi, mais quand on est seul sur la route, trempé, glacé, on en rêve). En plus ça prends pas de place dans le sac.

LES PREPARATIFS

Malgré que je sois quelqu’un d’organisé dans la vie, le voyage pour moi, c’est d’ouvrir la porte et seulement ensuite de se poser les questions (où je vais manger, quel chemin je prends…) donc je me suis juste promis que j’irai vers les pays du Nord d’abord, puis je redescendrai jusqu’à la Turquie, ensuite…on verra !

Donc je ne vais pas m’étaler sur la préparation, car hormis l’achat du matériel, et un surentrainement pour être sûre d’avoir la forme (débile du coup j’ai attrapé froid et le jour de mon départ c’est malade et épuisé que je suis parti !), il n’y a eu aucune préparation, si ce n’est beaucoup de lecture sur ce forum sur des voyages similaires. Au fur et à mesure, j’ai tout simplement mis de côté tout ce que j’avais l’intention d’emmener. Et la veille j’ai tout regroupé…et réalisé qu’il fallait faire du tri ! Donc hormis l’abondance de nourriture, j’ai fais attention sur la quantité de vêtement et autres affaires…globalement je suis plutôt satisfait des affaires que j’ai pris, j’ai tout utilisé régulièrement, sauf un polaire que je n’ai mis que sur le site du Cap Nord ! Une fois mes provisions diminués, je me retrouvais d’ailleurs avec les sacoches vides ! Seulement dès que je tombais sur un magasin, horrible…à chaque fois le même scénario, j’achetais beaucoup trop de chose et je me retrouvais à nouveau à stocker (haha heureusement avec le temps j’ai appris à me limiter, mais pas facile !)

Seul, un doute subsiste…pourquoi ce voyage ?! pourquoi ??? voilà une question que je me poserai avant, pendant et après ce voyage !

Deux jours avant mon départ, un message a faillit tout faire basculer, mon ancienne agence d’intérim qui me demande de la rappeler pour me proposer une mission…gloups ! Je m’étais promis que la priorité c’était de décrocher un boulot, mais…arghhh tant je me dis que je pourrai repartir un autre jour (de toute façon maintenant que je suis équipé). Donc je rappel…ouf sauvé ! C’est juste pour me proposer une mission qui n’a absolument rien à voir avec mes attentes (préparation de commande), donc je peux partir tranquille.

Bon allez, je vais en effrayer certain, mais bon le but c’est aussi de partager mon expérience (et mes erreurs) pour permettre à d’autres de mieux se préparer, donc…je suis parti surchargé de poids de la maison : 1 kg pates, 1kg riz, 1 kg semoule, 750 g céréales, 2 L alcool à bruler, abricots secs, pruneaux secs, amandes, 4 boites thons…mais aussi 48 petites boites de conserves de haricots à la Louisiane !!! Oui, je sais c’est énorme et lourds, mais voilà, j’ai découvert ces boites de haricots rouges et blancs avec de l’ananas et des épices juste avant de partir et je les ai trouvé génial car c’est délicieux, énergique, et on peut soit les manger froid (quand on est pressé ou qu’on peut pas cuisiner), soit chaud, mélangé à du riz, semoule…et croyez moi que lorsque j’ai fini mes dernières boites (au Cap Nord), et bien il m’a été difficile de leurs trouver un remplaçant ! Mais d’un autre côté en partant de la maison, j’avoue que ma famille et moi-même, on a été surpris de voir que je n’arrivais pas à démarrer, car le vélo à cause du poids faisait que de zigzaguer ! Ma petite sœur me lance « t’es sure que tu pars en voyage « et là on se sent pas fier en poussant le vélo dans la légère pente de la rue (dans ces cas le plus important héhé c’est de s’esquiver avant de tomber sur quelqu’un, ou que la Maman finalement réalise que vous êtes encore plus fou qu’elle ne le craignait et décide de vous rattraper…ce qui ne serait guère difficile).

LE VOYAGE

J1, début Juin, me voilà parti direction le Nord. 3 jours pour rejoindre la Belgique et la fameuse voie cyclable LF1B. Il est pénible de se retrouver avec leurs fléchage et on est souvent dans le doute, voire perdue. L’itinéraire emprunté est sympa, on longe beaucoup l’océan (même si on ne le voit pas toujours)…les paysages sont somptueux, mais kit à refaire un voyage vers les pays du Nord, je n’emprunterai que partiellement cette voie cyclable.

J5, entré au Pays bas, beaux paysages, mais gens moins chaleureux que les Belges ou Français.

J7, alors que je viens de faire 140 km dans la journée pour dormir à Amsterdam, je suis déçue de l’ambiance « sexe, alcool, drogue » et reprends ma route dès le lendemain.

J15, 1er repos avec enfin 2 jours dans le même camping (Allemagne) ! Ah je me dis que je vais pouvoir souffler…mais je perds énormément de temps le 1er jour à laver mes vêtements (forcément une fois mis à sécher il se met à pleuvoir) du coup ce n’est que le lendemain que j’irai me promener au centre ville où je passerai mon temps à…manger et faire les courses ! En effet, ce n’est que le début, car plus j’avance et plus je mange !!! Impensable de manger autant (une bouteille de nutela ou confiture, finie en 3 à 5 jours en me contrôlant ! D’ailleurs, ce n’est ni les km, ni la fatigue, ni…c’est surtout les indigestions qui auront été le plus difficile pour mon corps tout au long de ce voyage (surtout à la fin ! Mon corps n’en pouvait plus de sur-manger-pédaler).

J16, Dodo dans une camping luxueux (bien chère) au Danemark. Mais une fois de plus pas le temps de profiter des loisirs mis à disposition, car comme souvent, je m’arrête vers la tombée de la nuit, fait un peu de lessive, à manger et dodo !

Du coup je me pose de plus en plus de question sur le sens de ce voyage ?! J’espérais faire des rencontres, voir des paysages somptueux, différents de ce qu’on a l’habitude de voir, mais…tout n’est que champs, campagne, route, bord de mer…pas franchement dépaysant. Et le comble c’est que je n’arrive pas à calmer ma frénésie kilométrique, car je roule du matin au soir…et ne m’arrête que pour mettre mon K-way, pause pipi ; manger, prendre une photo…j’ai du mal à profiter de ce voyage qui ressemble plus à une course à finir au plus vite !

J21, me voilà en Suède ! Je fais à nouveau le plein de courses au 1er centre commercial trouvé en me disant qu’ensuite, tout ne sera que forêt et ours sauvage…surprise ! finalement des magasins partout (et donc de la civilisation), du coup je pédale encore et toujours pour…fuir. Pire, impossible de trouver de camping ou autre, et que des propriétés privé partout, heureusement je découvre enfin ces « fameuses » aires de repos (pour les autoroutes normalement). Et fin de l’effet kisscool, eh bien je réalise à quel point j’ai un peu trop idéaliser ces pays du Nord (Suède, Norvège) comme des eldorado pour le camping sauvage. Car d’après la lecture de certains récits, c’est des pays géniaux où on peut camper partout ! Je me permets juste de rappeler (d’apprendre) que ces fameuses aires de repos sont juste destinés à faire en théorie une petite pause pic nique avec son véhicule…mais bon il est vrai que c’est pas comme chez nous, les gens sont polis, sympas et soit vous ignore, soit au contraire vienne vers vous (peu, voire pas d’insécurité). Du coup j’ai fait beaucoup de camping sauvage, en variant tantôt par une aire de repos, tantôt chemin en bord de forêt (mais jamais en forêt même)…le plus pénible, c’est quand t’es crevé, que tu trouves un coin sympa, mais qu’il n’est encore que 17, 18 heures, alors tu te dis « allez encore un peu, de toute façon sinon qu’est ce que je vais faire en attendant, seul » et au final tu te retrouves à pédaler dans le noir parce qu’il n’y a aucun coin où tu puisse camper !

25 Juillet, 19h, je franchis la frontière vers la Norvège. Quel bonheur de voir ces reliefs au loin et fini les interminables lignes droites traversant une interminable forêt de Suède. La Norvège c’est vraiment un pays magnifique (mais pfff vallonné). En prime, j’ai enfin le droit à un magnifique beau temps, qui nous accompagnera jusqu’au Cap Nord. Pour la première fois, je croise régulièrement d’autres cyclotouristes. Je ferai d’ailleurs un bout de route jusqu’au Cap Nord avec un bien sympathique Français, passionnée de Nature.

Malheureusement, le froid, la grisaille et la pluie ont pris place à partir des Iles Lofoten (pendant ma redescente vers le Sud de la Norvège) et là, on ne profite plus de rie, on serre les dents, on baisse la tête et on avance (si seulement j’avais pris des chaussettes néoprènes…). Petite précision, plus on descends au Sud, plus il devient difficile de trouver un endroit pour camper et plus il y a de circulation et plus il est difficile de rester sur la route (souvent transformé en route pour automobiles).

05 Septembre, ça y’est je suis arrivé hier soir par bateau en Allemagne ! Je suis crevé ! Après avoir pédalé dès 6 heures du matin (comme souvent), je prends la direction vers la Pologne où j’espère arriver le lendemain. Ah fini la Suède et son temps capricieux…mais hélas il pleut ici aussi ! Ajoutez à cela, des traversés de ville, où comme souvent on y entre mais on en trouve pas la sortie (à vélo), puis une piste cyclable « obligatoire » de 25 km de pavé !!! (arghhh quel idée de mettre des pavés). Vers 13h, j’arrive à une grande ville et là, surprise, je décide que cette fois ci (j’avais déjà envisagé de rentrer au début en Suède, après avoir subi la colère de méga orages depuis 3 jours, horribles, mais à 50 km de Stockholm, j’avais refusé d’abandonner), ça en était trop de lutter contre les éléments, et j’en avais marre de pédaler pour pédaler et du coup je prends le train pour Berlin où je resterai 4 jours, puis retour à la maison par train.

BILAN

Cet aventure, vélo, a été mon premier voyage de ce type. Donc je pense qu’il n’est pas étonnant que je sois surpris du déroulement de ce voyage. Outre le fait de partir seul, le plus difficile pour moi aura été de comprendre ce qui me poussait tant à partir. Car je dois avouer, que même si il n’y a pas eu un jour où je sois heureux de faire ce voyage, il n’y a aussi pas eu un seul jour où je ne me sois pas demandé ce que je faisais là notamment, de culpabiliser d’être là à rêvasser au lieu de faire comme tous le monde et chercher du boulot (mais j’ai pas envie d’être comme tous le monde…).

Je savais par avance que j’aurai quelques difficulté à gérer « ma soif kilométrique » (jamais moins de 100 km par jour, et souvent entre 120 et 130 km, quoique en Norvège…). Pourtant je pensais qu’avec la fatigue je me calmerai, je changerai, mais rien à y faire, je roulais tant que je pouvais. Inconvénient de partir seul, dès que tu t’arrêtes, tu t’ennuies, alors je roule !

Voyager à vélo me plaît pourtant, malgré l’effort ! C’est une invitation au changement, à la rencontre, à la découverte de soi et des autres. Mais voyager en vélo en Europe, je ne le referai peut être pas…à moins de finir mon voyage (aller jusqu’en Turquie ?!)…mais bon…

Entre le vent (allez savoir pourquoi il n’est jamais de votre côté ?), la pluie…mais surtout toutes ces routes qui allez comprendre pourquoi deviennent des routes pour automobiles, vous obligeant à changer de direction, voir faire demi-tour (haha combien de fois j’ai pu tourner en rond !), ou même ces routes où passent des camions, tractant des remorques et vous sur le bas côté, trempé, à vous demander ce que vous faites là, alors que c’est limité à 110 km/h ! Il y a aussi toutes ces fois où tu ne sais pas du tout où tu vas pouvoir dormir. Où encore ces changement si soudain de temps qu’on ne peut imaginer (il commence à pleuvioter, tu continues et te dis que ça va passer, ça s’accélère, tu sais que ça va passer alors tu continue, finalement, tu t’arrêtes, mets ton k-way, 10 minutes après ça s’arrête, mais tu le garde, car tu sais que ça va retomber, mais ça grimpe, tu as chaud, dans la descente tu as froid, puis…ça recommence haha)….bref tant de point à prendre en considération…mais attention, je précise que j’ai énormément fait de camping sauvage donc ça y joue !

Finalement, c’est surtout par fierté (hors de question que j’abandonne !) que je suis allé jusqu’au bout (enfin au moins jusqu’au Cap Nord) puis je me suis dis qu’il serait plus facile de retrouver un travail après 3 mois d’absence que 6…car si j’entrais en Pologne, je savais bien que j’irai au bout (fierté oblige). Aujourd’hui, depuis mon retour, le marché de l’emploi a bien repris, j’ai même eu des entretiens, mais toujours pas de boulot ! Du coup forcément, j’ai les boules, je me dis que j’aurai pu continué…mais bon, ce qui me tue le plus c’est cette attente stupide ! Je me fais chi…alors que je veux bosser ! Enfin bon…en attendant reste plus qu’à rêver derrière l’écran (de voyage et d’un boulot héhé). Je ne sais pas quand est ce que j’aurai l’occasion de repartir, mais du coup je me pose des questions quand à un autre voyage à vélo ?! Eventuellement, en Amérique du Sud…mais à vélo ?!

Une chose est sûre, c’est qu’au-delà de mes attentes de rencontres et dépaysement, j’ai surtout appris à me découvrir, me surpasser, me respecter. Mais aussi à apprécier toutes ces choses simples. Appris à recevoir (quel bonheur de se voir offrir de l’eau, un café, un sourire). Quel plaisir de voir tant de gens chaleureux, souriant à votre passage, vous faisant un petit signe. Combien de fois j’ai pu être pris en photo ?! (haha un jour alors que j’entends une voiture qui s’apprête à me doubler, elle reste juste derrière moi, du coup je sers au max le bas côté ne quittant pas les yeux de la route, de peur de dévier de ma trajectoire et finit par m’arrêter sur le bas côté…haha ils étaient en train de me photographier !)

MOMENTS FORTS

Tous ces gens, toutes ces rencontres ! Cette chaleur humaine que j’ai habituellement tendance à fuir ! Ces gens qui t’offrent un café, un ptit déjeuner, des fraises… Me laver dans un cours d’eau rapide en Norvège ! Fraicheur et plaisir garantie ! Le camping sauvage : être libre ! Avoir un truc sympa de plus à me souvenir pour mes vieux jours ! D’être fier de soi…….

MOMENTS PAS COOL

Se retrouver en plein cœur d’un orage, terrible !!! Trouver des tiques sur ma jambe en camping en Allemagne, et une autre fois d’en voir un qui remonte le long de ma main en Suède (je venais de ramasser un bâton dans les hautes herbes) Casser ma béquille pour le vélo dès le 1er jour (ce n’est qu’en Suède que j’ai utilisé un bâton pour le maintenir…très efficace, que je garderai jusqu’au bout). En Suède, plus on va au Nord, plus les villes sont espacés, plus il est difficile de trouver à boire, plus les magasins sont rares. La Norvège c’est magique, mais pfff difficile à vélo, et surtout par mauvais temps. Ce papy louche qui m’a donné de l’eau propre dans ma bouteille transparente, mais de sale (du jardin ?) dans ma gourde…soyez vigilant !

Bilan, ce genre de voyage vous rends plus humble de ce que vous êtes, des autres et de la vie, plus de gens devraient pédaler.

Merci d’avoir lu jusque là héhé au plaisir de vous raconter d’autres Aventures !
Les Renseignementicides
by Jysuisjyrest · 2009-12-20 · 63 replies
Sauf messages antiques, je ne crois pas que le sujet ait été abordé, mais il me tient à coeur ces jours-ci. Parmi les Forumistes vivant au VietNam, nous sommes nombreux je pense à être sollicités en messages privés pour des demandes de renseignements et nous sommes je pense tout aussi nombreux à volontiers y répondre.

Comme le problème s'est répété ces derniers temps, je viens non pousser un coup de gueule, mais, disons, grimacer un coup sur la légèreté de certains comportements.

Pour mettre au préalable les choses au clair, je ne possède ni hôtel, ni restaurant, ni aucune action commerciale au VietNam, je rends simplement service comme j'ai aimé qu'on me rende service avant mon arrivée.

Premier exemple : la semaine dernière, j'ai pris un taxi pendant une matinée - j'ai très peur en moto - et j'ai fait le tour de nouvelles guest-house qu'on m'avait signalées pour être sûre d'être assez précise dans mes réponses, parce que le parc hôtelier de Mui Ne s'élargit à une vitesse exponentielle.

J'ai passé une autre demi-journée à répondre aux demandes de renseignements, avec les tarifs, les avantages et les inconvénients de chaque hôtel, bref, j'ai fait mon guide touristique en direct live, D-Day.

Je suis assez étonnée de constater que je n'ai reçu aucune réponse. Ce n'est pas la première fois, mais là, comme j'ai reçu des demandes en masse, la déception est de masse aussi !

Autre exemple : j'ai négocié un tarif avec un hôtel voisin que je considère comme un des meilleurs rapports qualité-prix du coin, qui est toujours plein parce que l'adresse se passe de bouche à oreille. Monsieur Hyen a accepté de baisser la nuit au prix souhaité par la famille, simplement par amitié. Je retarde le moment de lui dire que sa chambre reste libre, parce que je ne suis pas très fière de l'avoir dérangé pour des personnes qui n'ont pas pris la peine de répondre. Bien sûr qu'il la louera, mais je me demande quelle fiabilité je garde à ses yeux...

Alors si je peux donner un conseil aux Forumiste qui demandent des renseignements en message public ou privé, ayez au moins la courtoisie de prendre deux minutes pour renvoyer un message à la personne que vous avez sollicitée, ne serait-ce pour lui dire que ça ne vous intéresse pas, ou que vous avez changé d'avis, d'itinéraire, ou simplement envoyer un petit merci.

Le risque à la longue est que nous vous envoyions des réponses stéréotypées que vous trouveriez dans n'importe quel guide, ce qui serait à mon avis tout à fait contraire à l'esprit de ce forum.

P.S. : Bisou à Géraldine, globe-trotteuse, rencontre heureuse malheureusement trop brève, absolument pas concernée par ce post.
Quel materiel est nécessaire pour un tour du monde à pied?
by Cyrilo · 2009-10-19 · 23 replies
Bonjour à tous!😉

S'il y a des "professionnelles" ds le domaine de la randonnée ou encore des grands voyageurs a travers le monde, je souhaiterai qu'ils me donnent quelques informations Importantes quant au matériel nécessaire et indispensable à avoir afin d'envisager un tour du monde à pied ds des conditions optimales....

Je sais qd meme qu'il me faudra au minimum du materiel de base comme: - une bonne paire de chaussure, voir 2! - tente, duvet, un tapi de sol??, - necessaire de cuisines (réchaud, ptite casserolle, couvert, tasse, gourde...), - des vetements d'hiver, d'ete, chaussette, gant, poncho, k-way.... - carte d'orientation, médicaments, briquet...

Je dois oublié tout plein de choses ou peut etre meme vais-je meme m'encombrer avec certains détails que j'ai énuméré ci dessus?? AIDEZ MOI🙂

c'est la que j'ai besoin de vos précieuses informations qui me permettront de rassembler le materiel afin de partir pour l'automne 2010...

si vous pouviez me donner le maximum d'info sur les medicaments indispensable a prendre, le genre de vetement a se fournir et toutes les choses que j'ai oublié alors j'en serai tres heureux et vous participerez a votre maniere a l'elaboration de mon projet qui me tient tant a coeur!

Bien entendu et je l'ai déjà annoncé a plusieurs reprises sur ce site, je suis toujours a la recherche de compagnons courageux, volontaires et doté d'un mental solide pour que ns pussions partager cette aventure a plusieurs!

Je le redis une fois encore: "TOUR DU MONDE A PIED ET SANS ARGENT"héhéhé et oui!

ou du moins, peut etre juste ce qu'il faut pour les visas mais pour cela on en reparlera qd vous aurez decidé de vs lancez, on mettra sa sur pied quant aux "details" et pas des moindres, relatif a cette belle aventure!!

Pour l'heure je remercie d'avance celles et ceux qui m'accorderont un peu de leur temps pour repondre a mes questions concernant le matériel indispensable et necessaire pour realiser un de mes reves!!

MERCIIIIII BEAUCOUP!😛
Passeport électronique valable pour la Thaïlande?
by Dicato · 2009-09-16 · 25 replies
bonjour à tous je pars en thailande au mois de fevrier avec une escale à abu dabhi et souhaiterais savoir si mon passeport electronique est toujours valable ou faut-il que je fasse une demande de passeport biometrique. Merci à l'avance pour vos reponses.
Cap Nord et coût de la vie? (Norvège)
by Michelacc · 2009-06-23 · 38 replies
Bonjour, nous prévoyons de partir cet été pour Cap Nord, suite à des echos et la lecture de guides, nous sommes un peu effrayés par le coût de la vie en Norvège et tout ce qui s'y rapporte ( carburant, nourriture, péages...), nous nous sommes dits qu'il vaudrait peut-être mieux monter par la Finlande où le coût serait moins cher, car à ce jour il nous semble que cela va être exhorbitant ! qu'en pensez-vous ?
Islande en 4x4: la traversée nord-sud
by Swain · 2009-06-15 · 18 replies
Bonjour,

Nous partons en Islande en aout prochain . Nous faisons le voyage avec un 4x4 depuis la France, en prenant le ferry au Danemark via les Iles Féroé. Nous restons deux semaines sur place. Nous envisageons de ne visiter que la partie Est de l'île en effectuant la traversée nord-sud (ou sud-nord, on n'a pas encore décidé du sens de notre périple). Cependant, on se pose la question de l'autonomie en gasoil. Le réservoir du véhicule est de 90 litres. On pense prendre un ou deux jerricans. Est ce que vous pensez que c'est suffisant ou faut il mieux installer un second réservoir sur la voiture? Bref, s'il y a des gens qui sont déjà allé en Islande, combien avez vous consommé au cours de ce type de trajet? J'ai mis en pièce jointe une carte de l'Islande avec la piste qu'on voudrait prendre en noir (et qui correspondrait à une section sans station service...)

Merci d'avance pour votre aide,

Claire
Votre projet à vélo en préparation?
by Janodou · 2009-04-08 · 90 replies
Combien sommes-nous à préparer notre projet prévu dans l'année ? Nombreux sans doute.

Quel est le vôtre qui vous fait crever d'impatience depuis bien longtemps, trop longtemps peut-être ? Nous, c'est modestement PARIS-ROME en juin 2009. Et vous ?

Que la passion continue de vous gagner avant, pendant et après ! Bons préparatifs et bon vent à toutes et à tous.
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"
by Cochize · 2009-02-26 · 96 replies
sur la suggestion de Kashtin je reprends son post à mon compte pour poursuivre les récits de petites histoires vécues près de la nature en invitant tous ceux qui pourraient en avoir à nous les faire partager.

Sauver les ours de la décharge de Z

Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.

Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.

(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )

Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.

Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂

Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).

La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.

Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).



Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).

Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.

Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…" - --

Les ablutions du grizzly

Un petit matin brumeux dans les Monts Skeena en Colombie Britannique... Ce jour là, après avoir quitté notre camp, je me trouve seul à marcher en montagne, et avance dans une zone oû une végétation relativement dense cède sa place vers la hauteur à des pierriers chaotiques puis à des reliefs rocheux. Une forte brume matinale traîne autour des zones humides basses et le paysage y a un aspect cotonneux qui amorti les sonorités. Pour progresser plus facilement, sortir de ces zones basses et atteindre les hauts terrains rocheux (qui m'intéressent) j'ai emprunté fortuitement une sente animale d'à peine plus de 50cm de large sur laquelle ma démarche involontairement feutrée n'aurait pas paru ridicule à un Mohican😉...Et voilà qu'il me semble entendre un bruit rythmé sortir de la brume devant moi; il devient plus net au fur et à mesure que j'avance, maintenant avec précaution, sur l'étroit passage. C'est une sorte de '''splash'' qui me rappelle celui qu'égrennent les castors au fil des nuits passées au bord de l'eau en frappant la surface avec leur queue...sauf que, a priori, il me semble que nous sommes plutôt dans un environnement à marmottes qu'à castors ...En arrivant près d'une trouée, sur un large replat occupé par un lac de la taille d'un à deux terrains de football, je comprends l'origine de ce ''splash''😮... Au travers du dernier écran d'une sorte d'épinettes et à moitié noyé dans la brume qui stagne sur le plan d'eau, à une cinquantaine de mètres, peut être, je le vois de trois quarts. Le grizzly, en bon plantigrade, debout dans l'eau, frappe l'eau de ses ''bras'' de manière répétée, il semble s'asperger ''le torse'' comme le ferait un homme..Il ne m'a, à l'évidence, ni vu, ni entendu ni surtout senti.. tout celà probablement à cause du brouillard.. et continue ses ''ablutions''. J'imagine qu'il se gratte en même temps qu'il s'asperge, pour se débarrasser de parasites, j'imagine car je ne tiens pas à m'approcher pour mieux voir .. J'en reste bouche bée pendant un instant😮😮 car si j'avais déjà vu des ours batifoler dans l'eau', chose plutôt banale, je n'en avais jamais vu se comporter de cette manière particulière. Mais comme je ne tiens pas à passer pour un intrus et déranger l'intimité de mon voisin car j'ai reçu une bonne éducation, je fais demi-tour et m'éclipse en douceur sur la sente..en veillant maintenant à ne pas faire de bruit, et en regardant fréquemment derrière moi..



le camp: cinq tentes blanches au fond de la vallée dans les montagnes Skeena--

Le prospecteur intrépide

En Amérique du Nord pendant, disons …un siècle et demi, le prospecteur, héros de la tradition orale, de fictions écrites, voire d’œuvres cinématographiques a participé au mythe : trouver le bon filon (the mother lode) et faire fortune( strike it rich). Il est, pour moi en tous cas, indissociable de la saga de l’Ouest, notamment de ses diverses ruées vers l’or tant Américaines que Canadiennes. Souvent doté d’une forte personnalité, individualiste, frugal, rustique, apte à vivre ou survivre seul en montagne ou dans le désert, dans le chaud et dans le froid il était aussi communément haut en couleur.

Le prospecteur traditionnel, n’a certes pas disparu mais son âge d’or est malheureusement bien derrière lui, pour nombre de raisons. A l’intention de Marie j’ajouterai que la prospection, la recherche minière existent toujours en Amérique du Nord, en particulier au Canada, ou sur d’autres continents. Elles ont d'ailleurs existé bien avant la prospection pétrolière ( depuis le Néolithique à vrai dire… çà ne date pas d’hier😉), et à mon avis existeront encore bien après l’âge du pétrole. Mais, un peu comme pour le pétrole les outils sont devenus plus complexes, largement hors de portée de notre personnage.

La variante la plus emblématique, celle qui frappait le plus l’imaginaire collectif était bien sur le chercheur d’or. Accompagné de son fidèle burro, armé de son pic, de sa pelle et de sa bâtée (le chapeau chinois), il parcourait au XIX siècle et une partie du XX ème sierras, déserts et rivières. J’aime bien celui qui vous accueille à l’entrée du Museum des Superstitions Mountains près de Apache Junction, pas loin de Phoenix.



Des personnages proches de çà, avec barbe et chapeau informe, une paire de bottes éculées, la jeep ayant néanmoins détrôné le burro, on en rencontrait encore un ou deux au début des années 70 dans les casinos du centre-ville ‘historique’ de Las Vegas attablés aux bars du Frémont alors que le Strip était encore, pour partie, proche du terrain vague . A cette même époque on rencontrait d’ailleurs autant de prospecteurs que de touristes étrangers sur les routes du sud Utah !! . . L’or n’était pas le seul rêve poursuivi, l’argent, le cuivre, l’uranium et d’autres métaux pouvaient également faire la fortune de ceux qui outre les connaissances techniques, le flair et la chance étaient également pourvus du sens des affaires pour mener à bien les discussions avec les compagnies minières ou les associés qu’ils devaient forcément trouver pour mener leur aventure à terme. Quelques uns ont effectivement fait fortune, d’autres, plus nombreux ont réussi à gagner correctement leur vie mais la majorité n’a fait que survivre ou poursuivre un chimère…

Voici donc une anecdote qui concerne un prospecteur de Colombie Britannique au caractère bien trempé quoique quelque peu déroutant parfois...

Cet homme là prospectait dans le Nord de la Province, notamment la région de Terrace, Hazelton, Smithers les Omineca, les Skeena et plus au nord…..où il avait acquis les droits miniers sur un certain nombre de terrain en altitude et éloignés de tout. Pour s’y rendre, ayant déjà eu l’occasion de faire une ou deux bonnes affaires ( a couple of nice deals comme il disait) il avait son propre Cessna lui donnant accès aux lacs qu’il utilisait pour se rendre rapidement sur ses ‘’propriétés’’. A la fin de cet hiver là, au moment de reprendre la saison de prospection, se posa le problème habituel. Il faut évaluer l’avancement de la fonte des glaces : le lac sera-t-il pris ou sera-t-il libre ? Est-ce que j’équipe mon avion de flotteurs (pour l’eau) ou de skis (pour la neige et la glace) ? That is the question… comme aurait dit Hamlet. Notre homme aurait pu pratiquer un vol de reconnaissance afin de vérifier. Mais ce fort caractère discutant de la question en passant me voir, estime que ‘’y’a pas de problèmes, on est pas trop haut, la glace doit être fondue et le lac libre donc je pars avec mes flotteurs et on verra bien…’’ . Il est venu, il a vu, il est revenu mais .. sans son avion😠. Il a vu en effet que la ''débacle" n'était pas achevée, la glace n’était pas toute fondue sur tout le lac.. donc avec ses flotteurs il a atterri sur la partie libre, laquelle s’est avérée trop courte, il est donc monté sur la glace qu’il a traversé sans coup férir, est rentré derechef dans la forêt, poursuivi son chemin, la tête baissée (çà c’est moi qui l’imagine), fauchant une rangée de petites épinettes à gauche, une rangée de petites épinettes à droite laissant de ce fait derrière lui une aile à gauche, une aile à droite, pour finalement s’immobiliser à court d’énergie cinétique. Il s’en est sorti avec des contusions mais son avion… doit toujours être là bas quelque part dans la montagne…au milieu des épinettes qui ont dû grossir depuis😉…

L’année suivante mon chemin a de nouveau croisé celui de ce personnage dans des conditions différentes mais tout aussi insolites, encore dans la région des Monts Omineca du nord de la Colombie Britannique à quelques heures de piste de Germansen Landing. Me trouvant la nuit tombée au camp, en bordure de cette piste en principe utilisée par des 4x4, j’entends un bruit curieux, sorte de raclement métallique, venant de loin et associé au son, plus familier, d’un moteur . Qu’est ce que ce truc peut bien être… cela fait un peu penser au cliquetis produit par un engin chenillé (genre char d’assaut ou bulldozer) qui roulerait sur une surface dure, mais.. non çà ne ressemble en vérité vraiment à rien que nous connaissions…Intrigués, nous sortons de la tente et scrutons l’obscurité . Le bruit devient plus fort mais toujours aussi mystérieux.. peut être une rencontre du troisième type ? Non !! Mais qu’est ce que c’est que cette patente me dit mon Raynald le cook venu de l’Est pour l’été😮 . Une faible lueur apparaît, de toute évidence associée à ce bruit et l’ensemble, bruit et lumignon, progresse en se déhanchant vers notre camp à l’entrée duquel il stoppe. Alors que la patente approche du camp notre projecteur l’illumine et la scène est beaucoup plus triviale que ce que l’on pouvait imaginer : simplement une voiture banale, un sedan... banal sauf qu’il n’a plus aucun pneu et roule donc sur ses 4 jantes ou plutôt ce qu’il en reste, des moignons de jantes à vrai dire, de déformation inégale qui plus est d’oû le déhanchement. Un feu de stationnement est tout ce qui subsiste du système d’éclairage de cet équipage d’où débarquent mon prospecteur et son fils de 14 ans….tabarouet…il est pas mal maganné son char me dit Raynald

Ils sont partis de Smithers, le père et le fils, il y a une dizaine de jours pour une tournée de prospection. Le père a emmené son fils pour lui apprendre les premiers rudiments et le former à la vie rustique dans le ‘’bush’’ A cet égard ils n’ont pas été déçus …. En effet ils n’ont pas eu de chance… au retour de leur tournée à pied dans la montagne, ils ont crevé successivement tous leur pneus dont les lambeaux jalonnent maintenant la piste, et comme la saison de chasse n’est pas encore ouverte : personne sur leur route pour leur fournir de l’aide😠. Ce caractère bien trempé, sachant que les géologues étaient présents plus au nord dans les montagnes a décidé de tenter de les rejoindre. Ils n’avaient cependant emporté que des provisions bien insuffisantes, presque complètement épuisées, et ne se nourrissent depuis deux ou trois jours que d’oignons, d’une boîte de thon et de quelques tranches de pain au fond d’un sac . ‘’Bon sang si vous pouviez nous offrir quelque chose à manger…’’.

Cà a été un vrai plaisir de voir de quelle manière ils ont dévoré T-bones, patates et pie à la mode et avalé la cafetière de café que Raynald leur a servis. Un vrai plaisir de les regarder

cochize
Croisière sur le Concordia: escales et excursions?
by Noisette20 · 2009-02-04 · 11 replies
bonjour,

je pars en croisière du 12 au 23 février je souhaite préparer mon voyage premier voyage de ce type je voudrais savoir quels sont les escales pour lesquels je peux organiser mes visites sans prendre celles proposées sur le bateau je trouve les montants élévés avez vous organisé vos excursions par vous même comment je dois faire quels précautions et conseils me donnerez vous escales : katakolon athènes izmir rhodes limassol alexandrie rome

merci😏
Trajet Varsovie-Moscou sans passer par la Biélorussie
by Jobob · 2009-01-30 · 24 replies
bonjour à tous et toutes

Nous sommes deux amies et nous désirons nous rendre à moscou en train (si possible) de varsovie et bien sur éviter la bielorussie. Est ce que quequ'un peu nous conseiller sur un trajet, nous avons un peu de mal à trouver les infos! Pour l'option bus je suis déjà allée voir sur le site ecolines.net, doit on passer obligatoirement par riga? Nous aimerions vraiment faire le trajet en train merci virginie et isa
Etats-Unis: L'Alpine Loop praticable uniquement en 4x4? (San Juan mountains)
by Aconstance · 2009-01-28 · 24 replies
Bonjour,

Alpine loop road entre Ouray et Silverton par Animas Forks n'est-elle seulement praticables que par des 4x4?

Merci,

Anne.
Un projet fou de tour du monde
by LordAnonymo · 2008-11-10 · 133 replies
Bonjour à tous,

J'ai quasiment 30 ans, une petite famille avec 2 enfants (actuellement 3 ans et 6 mois) et je projette de faire un tour du monde en quelques années. Quand je dis "tour du monde", je m'intéresse surtout à l'Afrique, le Proche Orient et si possible l'Asie. Ce n'est pas pour l'immédiat, mais plutôt d'ici 5-10 ans car j'ai un projet "de folie" (comme beaucoup ici) à mettre en place, et que je vais détailler plus loin.

Mais d'abord, pourquoi cette envie de voyager?

Mes grands parents avaient déjà la bougeotte dans les années 60. Ils ont parcouru la Scandinavie, le Maroc, la Turquie, l'Iran, la Grèce... en voiture lors de leurs congés, pendant 1 mois ou 1 mois et demi à chaque fois. Mes parents nous ont baladé, mes frères et soeurs, du Portugal jusqu'en Norvège également. Peu de pays d'Europe de l'Ouest ont échappé à notre présence. En plus de cela, il se trouve que je suis un inconditionnel de Jules Verne, qui m'a certainement inspiré plus d'une idée de Voyage Extraordinaire... Et puis surtout: pour casser avec notre vie actuelle (travail, vie en appartement, routine trop bien établie), et pour "respirer un peu la vraie vie".

Quand j'avais 11-12 ans, j'avais déjà des projets de voyages aux longs cours en Afrique, car ce continent m'a toujours attiré. Je me voyais passer de village en village, faire de la piste difficile, aller à la rencontre de peuples et de coutumes différentes des nôtres. Vers 16 ans, le projet s'est davantage précisé: j'envisageais alors de parcourir tout le continent eurasiatique en suivant les côtes, ce qui ferait faire le tour de la Méditerranée, suivre les côtes de l'Afrique, du Moyen Orient, de l'Inde, de l'Asie du Sud est, de la Chine, Corée(s), Russie pour revenir par la Finlande, la Norvège, Suède, les pays Baltiques et revenir en France. Un projet d'envergure, mais trop difficilement réalisable je pense, et trop aléatoire (je pense au passage en Chine, Corée, et tout le nord de la Russie)...

Il se trouve que je suis maintenant marié avec une malgache depuis plus de 5 ans. L'occasion pour moi de découvrir l'Afrique en vrai, même si les malgaches admettent difficilement qu'ils sont africains... Les pistes, les conditions de vie, les rencontres, cela m'a passionné et me passionnera toujours je crois. J'y suis allé 3 fois, j'ai goûté aux joies de l'administration africaine, de l'organisation et de tous les désagréments que cela peut provoquer... J'ajouterais que si je n'avais pas été marié, je serais probablement mécanicien dans le maritime, et peut être déjà sur les routes du monde.

Une idée est née suite à ma découverte de Madagascar: refaire la Croisière Noire, que Citroën avait entrepris dans les années 30 avec des autochenilles avant de réaliser la fameuse Croisière Jaune, bien mieux connue. En clair: j'avais pour idée de rallier Tananarive en voiture en partant depuis Paris, avec une auto modifiée au minimum: surélevée, protections inférieures et filtre à air supplémentaire. J'ai toujours ce projet en tête et je pense que je le réaliserai un jour.

Je suis déjà depuis un bon moment le site de Géraldine et Yann: Les chemins du monde et j'ai également découvert depuis peu que de nombreux voyageurs n'hésitent pas à se lancer à la découverte de notre globe en famille, et ce, sans forcément être millionnaire au Loto. Par exemple La Tortue Sélène ou bien encore Ballade à quatre... Et je me suis dit: pourquoi pas nous?

Je voudrais donc voyager, principalement en Afrique, pendant un long moment, dont l'échelle se compterait en années. L'originalité de ce projet se trouvera essentiellement dans son moyen de transport puisqu'il consistera à voyager en... tracteur. Non, vous n'hallucinez pas, j'ai bien écrit: un TRACTEUR, genre ce que vous voyez dans les champs (ou presque). Je lierais ainsi 2 passions qui m'animent depuis très longtemps. D'autres fous l'ont déjà fait, voir le site de TRAKTODAK même si le projet est bien différent. J'en vois déjà qui rigolent au fond, et attendez ce n'est pas fini! Ce tracteur, en plus d'être un moyen de transport "lent", est un ancien tracteur, et là il est temps que je commence à donner des précisions.

Pourquoi un tracteur? Parce que déjà, ça me passionne depuis un temps... que je ne compte même plus. Parce qu'un tracteur ça passe partout, surtout celui que je compte employer. Parce que ce tracteur, il a une mécanique simple, réparable en toutes circonstances. Et puis d'abord, parce que j'ai envie, que je suis un peu excentrique et que si certains font le tour du monde à vélo, pourquoi pas en tracteur? Mais quel est ce tracteur? Le voici en image:



1959, donc c'est un ancien. Y'a pas la clim... C'est un forestier, donc 4 roues motrices, et qui peut être 4 roues directrices aussi en cas de besoin (débrayable, ce qui donne un rayon de braquage de 4m50 entre murs). Mine de rien, cet engin monte à 50 km/h environ et un de ses avantages, c'est qu'il ne pèse pas trop lourd, à peu près 3 tonnes avec le treuil. Il ne sera donc pas trop lourd, comme certains camions aménagés que d'autres voyageurs utilisent, et aura une capacité de franchissement que n'égale aucun 4*4. Autre avantage? Ce tracteur possède des amortisseurs, contrairement à la plupart de ses congénères, il est donc relativement confortable. Il a un régulateur de vitesse (en fait un accélérateur à main qu'on peut bloquer à la position voulue) idéal pour garder toute sa concentration sur la trajectoire à adopter en conditions très difficiles. Quel meilleur 4*4 pour de la piste très difficile en saison des pluies? Il était construit pour sortir des fûts de bois dans de rudes conditions, il sera bien capable de nous tirer d'une mauvaise passe. La mécanique? Simple, fiable et robuste. La consommation? Une journée de travail dans le bois, avec la route pour y accéder, utilisait une dizaine de litres de gasoil, pas plus. Sur route en continu ça doit pomper un peu plus, mais mon grand père me disait qu'il était plus économique qu'une 2CV et même s'il exagère un peu, je pense qu'on n'est pas très loin de la vérité. Le bruit? Pas plus que dans une ancienne camionnette diesel peu insonorisée, même si ça semble difficilement croyable (je pense aux vans Mazda à moteur central). Par contre ça vibre, donc tous les silents block sont à réétudier. Sa taille? Moins de 5m de long, moins de 2m de large, et moins de 2m50 de hauteur, donc maniable comme une auto à peu de choses près.

Bien entendu, il ne prendrait la route qu'une fois entièrement rénové et aménagé pour faire un voyage dans des conditions correctes. Evidemment, tant qu'on sera en Europe, ça ne sera pas le pied pour voyager sur nos grandes routes, mais une fois que le continent africain sera abordé, je pense que les conditions seront bien différentes.

Le véhicule dans lequel je projette de faire une habitation serait une remorque, un peu à l'image d'une caravane mais avec 4 roues, et avec des capacités de franchissement égales à celles du tracteur. Dans mon idée, cette remorque habitable serait construite sur un châssis de ce type de tracteur avec les mêmes roues, la même garde au sol, le même amortissement et une cellule ancré sur 3 points et correctement amortie de façon à contourner les problèmes de torsion. Equipé, je pense qu'il est possible de s'en tirer pour un peu moins de 3 tonnes.

Le trajet? Indéfini pour le moment, mais dans ma première idée, parcourir l'Afrique de l'Ouest et arrivé à la hauteur du Gabon, passer à l'Est si les conditions politiques au Congo sont favorables. Remonter la vallée du Nil, rejoindre le Moyen Orient et passer en Asie. Je chercherai à éviter le transport maritime sauf impossibilité absolue.

Le projet? Recueillir les musiques du monde, et les faire connaitre via un DVD (films, extraits), un livre et site Internet. A définir davantage, je ne sais pas si c'est bien original...

Date de départ? Indéfini, mais d'ici 5 à 10 ans. Je veux attendre que mes enfants soient sortis de la maternelle au moins, et avant qu'ils soient au lycée. Ca me laissera le temps de bien préparer le projet et de faire des économies pour le réaliser.

Le financement? Indéfini. Probablement des économies et peut être un peu de sponsoring? Je n'en sais rien. Je me lierais bien aussi à un projet humanitaire, genre réalisation de forages et implantation de pompes de forage solaires. Peut être aussi aider au travail en certains lieux où la mécanisation n'est pas arrivée, la présence d'un tracteur peut donner quelques idées aux autochtones.

Voici dans les grandes lignes ce que je compte faire... Il se peut que le projet tombe à l'eau à un moment donné pour une raison X ou Y, ce que j'écris ici n'engage que moi, mais peut être aussi que j'y arriverai... Peut être aussi que je donnerai des idées à d'autres...

1) Convaincre mon épouse et ma famille... Vous êtes peut être passé par là et comprenez ce que cela signifie. 2) Remettre le tracteur à neuf et l'équiper pour de la longue distance. Actuellement 2 places assises. Il faudra le modifier en 4 (ou mieux: 6) places assises, donc installer un banc supplémentaire et confortable, bien capoter l'ensemble (fibre composite?) et bien ventiler tout en pouvant maintenir l'étanchéité en cas de vents de sable. A mon avis une des grosses difficultés à ce niveau, car il faudra très probablement passer le tracteur à la DRIRE pour la réception en 4 (ou 6) places assises. Cet engin a toujours sa carte grise normale, et le barré rouge est également disponible même si la marque n'existe plus. Donc même dans le cas où le projet est avorté, au moins le tracteur aura été rénové, et ça ne sera pas perdu, puisque quoi qu'il advienne, cette rénovation fait partie de mes projets. 3) Contruire la remorque sur le châssis d'un tracteur de ce type. Il faudra donc que j'étudie la faisabilité de ce projet avec un ingénieur de la DRIRE... Je compte la concevoir et l'aménager moi-même, j'envisage une surface au sol d'environ 12m² en essayant de ne pas excéder 3 tonnes. Je sais également qu'il y a une norme à respecter pour la construction d'une remorque ainsi que pour son aménagement. Le freinage de cette remorque sera pneumatique, assuré par le circuit pneumatique du tracteur (freins type Westinghouse). 4) Toutes ces étapes étant passées, il sera temps de songer à tout l'aspect administratif que toute personne ayant entamé un tour du monde est amenée à découvrir: 5) Définir précisément le projet, trouver un partenariat si possible, du sponsoring si possible 6) Partant de là, définir une ébauche de parcours et prévoir des "points de passage obligatoires" afin de revenir en famille en avion de temps en temps 7) Préparer correctement le départ (démarches, assurances, couverture assurance maladie, carnet de passage en douane, passeports, vaccination, enseignement pour les enfants, préparation site internet...) 8) Partir!

Voilà donc le projet excentrique d'un fêlé.

Avantages du tracteur: assez rapide malgré tout (quand on voit les moyennes permises en Afrique...) léger très bon rayon de braquage grip au sol inégalé à priori consommation assez faible confort (à relativiser)

Inconvénients du tracteur Lent sur bonne route (45 à 50 km/h) Confort incertain sur longue distance Pas de clim! Cabine à construire et étanchéifier Réception DRIRE pour le nombre de places assises... Direction dure à très petite vitesse, (mais vraiment dure!), mais tout de même une possibilité de l'assister

Mes atouts: Bon mécanicien Ingénieux (je pense) Persévérant (sinon je ne serais pas marié avec ma femme!) Assez prévoyant et réfléchi Mon calme dans toutes les situations

Mes défauts: Opiniâtre, voire têtu Souvent trop optimiste Pas peur du risque Fêlé du bocal et a des idées de voyages impossibles.

Pour finir avant que de vous laisser la parole et que vous me disiez ce que vous pensez du projet, je citerai Marcel Pagnol:

"Tout le monde disait que c'était impossible à faire. Un idiot est venu qui ne le savait pas, et il l'a fait!"

A vous la parole!

PS destiné aux modérateurs, si vous pensez que je ne suis pas dans la bonne section (voyage en Afrique, en Famille, en camping car), le sujet peut être déplacé!
Est-il possible de traverser la Russie à moto?
by Protokalys · 2008-10-02 · 32 replies
Voila si quelqun a des infos concernant la traversée de la Russie en longeant la frontiere Kazak ca serait sympa !

merci d'avance
Treks en Islande: condensé des informations
by LeCalmar · 2008-09-15 · 7 replies
Bonjour à tous. Comme beaucoup de gens posent des questions sur les treks en Islande et que je viens d'en faire quelqu'uns, je vais essayer de faire un résumé de toutes les infos importantes.

Généralitées: Nouritures: Considérer qu'il est impossible d'acheter de la nourriture pendant la randonnée. Emmenez des portions sèches depuis le continent, on en trouve difficilement en Islande. Il est possible de trouve des pâtes dans les stations service, ainsi que des bombones de gaz. L'eau ne pose par contre aucun problème, pas besoin de transporter plus d'une journée d'eau. Transport: Les bus sont cher et peu fréquents, mais fiables. Avoir son propre véhicule peut être un problème car la plupart des randonnées ne vous ramène pas à votre point de départ, et il faut alors retourner à son véhicule. Seul, le stop fonctionne extrêment bien et permet d'aller vraiment presque partout. Il faut parfois attendre plusieurs heures (jusqu'à 3 pour les endroits les plus difficiles), mais les paysages sont tellement beau que ça ne pose pas de problème. Sur les routes principales, on peut faire 400 km par jour. Les gens voyageant à 2 divisent cette distance par 4. à plus, mieux vaut se séparer. Matériel : Des vêtements étanches pour tous le corps sont extrêmement agréables, sinon indispensables. Questions températures, en été, il ne fait pas très froid. Si vous pouvez l'utilisez (sac de couchage, tente et vêtements) en moyenne montagne sous nos latitudes, (entre 1000 et 2000 mètres), vous aurez suffisement chaud.

Hornstrandir:

Accès En bâteau: Il y a un trajet régulier entre Isafjordur (achats des billets à l'office du tourisme) et deux endroits sur la péninsule. Heysteri, presque tous les jours 4000 ISK. Hornvik 2 fois par semaine 8000 ISK. A pied: Il est possible de marcher depuis kaldalon ou djupavik. Aucun bus n'y va mais seul il est tout à fait possible d'y aller en stop.

Matériel: Carte et boussole indispensables. Beaucoup de sentiers ne sont ni balisés, ni bien tracés. Le brouillard peut rendre la navigation à vue impossible, spécialement lors des passages de col. Soyez sures de vos capacités si vous prévoyez une marche de plusieurs jours. La carte peut être achetée à l'office du tourisme d'isafjordur. Le personnel connaît bien la péninsule, et n'hésitez pas à demander des conseils sur votre itinéraire. Par contre, ils comptent des journées de marche très légères. Il est possible de faire le double de ce qu'ils vous disent.

Itinéraire: En général peu visible. Beaucoup de possibilités. par exemple, de heysteri à hornvik (1 jour et demi), en passant par Fjotvatn (2 jours et demi) ou par nordur adalvik (3 jours et demi).

Laugavegur jusqu'à Skogar

Accès: Des bus vont jusqu'à Thorsmork et Landmanalaugar, ainsi que Skogar. En stop, Skogar est le plus facile d'accès, étant sur la route 1. Le landmanalaugar est aussi accessible en stop ( route F26 puis F228). Je n'ai par contre pas essayé d'aller jusqu'à Thorsmork en stop.

Matériel : Le Sentier est bien visible tout du long, et bien qu'il arrive que des gens se perdent et meurent, il n'est pas nescéssaire d'avoir une carte et une boussole. En cas de neige et de gros brouillard par contre, même avec du matériel de navigation, je n'y irais pas. Prévoir des piolets et des chaussures pour passer les gués (je l'ai fait sans piolets, et le dernier gué, 45 minutes avant Thorsmork à failli me faire tomber). Si vous n'êtes pas surs, une petite corde d'une 15aine de mètres peut être une bonne idée

Itinéraire: De Landmanalaugar à Thorsmork, comptez entre 2 et 4 jours suivant votre motivation. De thorsmork à skogar, 1 jour sauf si vous savez que 1000 mètres de montée vont vous fatiguer beaucoup. Il est même surement possible d'aller de Landmanalaugar à Skogar en 2 jours, mais il n'y a plus de plaisir, car par endroit le sentier est très fatiguant pour les chevilles et les pieds (gros caillou, descente raide).

Jokulsagjolfur :

Accès : ATTENTION, pour arriver à detifoss, prendre la F862, à l'ouest de la rivière, pas moyen de traverser. Il y a des bus. Le stop était assez difficile depuis la route principal, sinon, rajouter une journée de marche. Pour Asbyrgi, il y a aussi des bus.

Matériel : Randonnée assez facile, pas de matériel particulier. L'itinéraire qui longe la rivière depuis Detifoss exige de pouvoir porter son poids(et son sac) avec ses bras.

Itinéraire: Dans le sens detifoss Asbyrgi, la première moitié de l'itinéraire n'est pas très longue en distance (19 km), mais assez fatiguante (il m'a fallu presque 6 heures), je n'avais pas envie d'aller plus loin en arrivant. La deuxième journée est par contre extremement facile (3 heures de marche, 16 km)

Kjölur, hverarvellir, hvitarnes :

Accès : Il y a des bus qui vont près des deux. pour hvitarnes, traverser la rivière, et suivre le chemin vers le lac et le glacier. Pour hverarvellir, suivre le chemin depuis la route principale sur 2 km. C'est possible d'y aller en stop seul, mais j'ai attendu 3 heures à l'aller.

Matériel : On est assez haut, donc prévoir un bon sac de couchage, j'ai eu du beau temps, donc le mien à suffit, mais il peut faire très froid paraît il, si quelqu'un peut complèter.

Itinéraire : Facile à suivre, pas besoin de carte. Depuis hveravellir jusqu'à thjosfadalur, tourner derrière l'aérodrome puis marcher 3 heures, en restant sur la piste carrosable le plus longtemps possible. Entre ce refuge et le suivant, vous devrez traverser une rivière par un tout petit pont en métal puis monter sur une colline. Là il est peut-être possible de se perdre par brouillard. Si vous perdez les piquets, dans la descente, suivez le fond de la combe puis allez tout droit. vous trouverez soit le refuge soit une rivière. S'il y a une colline derrière la rivière, longez la vers la droite. Sinon, vers la gauche. Le dernier tronçon ne devrait pas poser de problème

Voilà, peut-être que je complèterai à l'occasion. Si vous avez des questions, ou des choses à ajouter, répondez et j'éditerez mon message
Tour du monde au féminin en solitaire
by Pascale2006 · 2008-09-03 · 18 replies
Hello,

Je souhaite préparer un tour du monde pour l'an prochain et j'aimerai avoir des avis de femmes qui ont voyagé toute seule. Est-ce sécurisé, avez-vous rencontré des problèmes ???

Merci de vos retours !
Îles Féroé à vélo
by Haggisfrog · 2008-01-30 · 4 replies
Bonjour à tous,

Je voulais faire un petit CR de mon voyage à vélo cet été aux iles Faroes si ça peut donner des idées de déstination. C'est un endroit hyper sympa d'une taille abordable en une semaine à vélo. Pour les îlophiles, il y en a 18 dont 17 'visitables'. En 10 jours, j'en ai visité 9 sans trop forcer ayant parcouru que 525kms.

Les iles ont un statut semi autonome mais sont rattachés au Danemark. La monnaie est la couronne danoise (billets spécifiques mais on peut utiliser aussi des couronnes danoises)

Transport - je suis allé par avion en passant par Copenhagen. Atlantic Airways est le seul opérateur. Départs aussi de Londres, Aberdeen (rares), et 2 aeroports régionales au Danemark. L'avantage de Copenhagen est les 4 départs par jour en été. Tarif depuis copenhagen - 280 livres sterling (pourquoi livres? je ne sais pas). Pour le transport du vélo, j’ai payé 40€ sur Air France pour aller à Copenhagen. Atlantic disait par téléphone qu’ils n’avaient pas de forfait et qu’il fallait payer au kilo excédant à l’aéroport. Au final, je n’ai payé ni à l’aller ni au retour malgré un dépassement de 7kg. Pour info, le vélo était entièrement démonté dans un sac à vélo.

Routes - d'excellente qualité. Seul hic sont les tunnels routiers. Il y en a bcp…. Les tunnels sous-marins sont éclairés mais assez longues– 6 kms pour Vagar – Stremoy et pour Esturoy – Bordoy et un peu pollué au point le plus bas. Assez pentu donc la sortie est un peu pénible (bien qu’on atteint des vitesses intéressantes en descendant)… Pour les tunnels sous montagne, il y en a une ou 2 éclairés (proximité de Thorshavn) mais les autres ne le sont pas. Au-delà d’1 km, on se retrouve totalement dans le noir et sans repères. Je roulais assez vite pour abréger mais à tout moment, je m’attendais à prendre un mur. Un éclairage vélo aide peu car la route ainsi que les parois sont noirs. Sur les iles plus au nord, ils sont à voie unique, ce qui donne des moments intéressants quand on croise une voiture. Pensez à amener de l’éclairage puissant et un gilet réfléchissant… En ce qui concerne la circulation, toutes les routes qui relayent Klaksvik (Bordoy) et Thorshavn sont chargées comme une route nationale en France. Faut pas croire ! Pas mal de poids lourds.

Manger – pour les possesseurs de Trangia, pas de souci pour l’alcool à bruler dans les drogueries. Suite à plusieurs problèmes de ce genre lors de précédents voyages dans des pays nordiques, je me suis ai mis au MSR multifuel. Excellent et rapide. Il y a des magasins assez bien approvisionnés dans le plupart des villages, même les moins importants. Sinon, les stations essence font tous alimentation aussi.

Météo – Lors de ma visite en juillet, je ne pense pas que ça a pu dépasser 16°. Au soleil, il peut faire chaud mais dès qu’on est à l’hombre et surtout si on roule à une vitesse correcte, on met sa petite laine… La nuit, je n’ai pas eu spécialement froid mais le soir devant la tente, c’est pantalon, polaire et coupe vent…

Guide – Bradt Guides – Faroe Islands . C’est en Anglais uniquement. J’ai trouvé excellent, de loin le meilleur guide que j’ai eu à ce jour. C’est clair, concis, bien structuré et les infos à part qques changements intervenus dernièrement sont exactes. Je réutiliserai ces guides pour d’autres voyages en préférence aux Lonely Planet/Routard etc…

Itinéraire - jour 1 – Après un séjour à l’auberge de jeunesse de Midvagur sur Vagar, une visite à l’ile de Mykines – un havre ornithologique. Seul mauvaise surprise est qu’il faut réserver le bateau. J’ai failli ne pas partir. Seul (autre) mauvaise surprise était le brouillard qui a duré toute la journée…. J’ai pu néanmoins prendre d’excellentes photos de macareux qui se laissent approcher de près.

Jour 2 – Vagar – Torshavn. Passage du tunnel soumarin de 5.4km. Sur l’ile de Stremoy, j’ai pris l’ancienne route vers Thorshavn pour profiter de la route de montagne spectaculaire et pour éviter le tunnel sur la nouvelle route. Dormi au camping de Thoshavn – un peu glauque mais assez centrale et douches chaudes/cuisine etc.

Jour 3 – Visite de Thorshavn. Super mignonne. La plus petite capitale au monde apparemment. Quelques restaus sympas et pas mal de musées pour ceux qui ont un peu de temps à passer. Aussi, l’opportunité de faire le plein de courses au SMS shopping centre avant de partir vers le Grand Nord… Départ vers le Nord. La route pour sortir de Thorshavn est assez chargé et on passe dans le tunnel. Evitez les heures de pointe – c’est pénible. Nuitée idyllique dans un coin calme au bord d’un ruisseau 10km avant Saksun.

Jour 4 – Saksun – village au bout du monde très sympa avec sa petite église blanche à toit en terre gazonné. Baie et fjord qui mène à la mer. Super tranquille. Demi tour et route sur Esturoy. On traverse par un pont sur un détroit très venté. Vers le nord, par Eidi (intérieur de l’église magnifique) puis un bon col à côté de la montagne le plus haut des îles (850m approx). Déscente vers Gjogv, une petite village pittoresque au nord de l’ile. Nuitée au camping (+ auberge de jeunesse+hôtel).

Jour 5 – Déscente vers le sud pour aller sur Bordoy. Route assez sympa jusqu’au rencontre avec la route qui relaye Klaksvik/Thorhavn. Crochet par Fuglafjordur pour manger suite envie d’autre chôse que des tartines, pâtes et lyophilisé… J’ai essayé de trouver la source chaude (tiède apparemment) mais ce n’est pas très bien balisé et je ne l’ai pas trouvé. Tunnel de Leirvik à Klaksvik (6km). J’ai poussé jusqu’à Muli sur Bordoy (en passant par 2 tunnels de la mort à voie unique non éclairés) par curiosité car c’était censé être abandonné selon le guide mais selon le journal du lendemain (et les voitures que j’ai vu passer) il est de nouveau habité… Nuitée au bord du fjord au seul endroit plat à 5 kms autours… Deuxième plus grosse journée à 92 kms.

Jour 6 – Le program (établi la veille) était de visiter les îles de Swinoy et Fugloy, les 2 îles les plus à l’est. Le bateau part à 9h de Hvannasund. Finalement comme le météo n’était pas terrible, je craignais une repetition de Mykines (visibilité zéro) et j’ai décidé de rentrer au sud pour tenter Suduroy (ile plus au sud comme son nom l’indique). Re-tunnels de la mort, visite de Klaksvik (5 mins + patisserie), re-tunnel sousmarin de 6kms puis suivi de la route principal vers Thorshavn (camions et tunnels). Usine / Magasin de pulls Faroèses (ortho…§* ?!) à Sudrugota qui vaut la visite – si vous vous interessez au pulls bien sûr. Il y a des trucs vraiment hyper sympas. Nuitée à Thorshavn. 98kms.

Jour 7 - Bateau (plutôt paquebot) vers suduroy. C’est pas mal comme trajet. On passe à côté de bcp d’iles du sud et on voit de près notamment Stora et Litla Dimun, la dernière étant habité par une famille. C’est impressionnant. Ca vaut le coup de faire ce voyage ne serait ce que pour faire l’aller retour dans la journée surtout si vous avez un pass pour les bus et bateaux. Arrivée puis route vers le sud. Crochet vers Famijn en déscendant. Très mignonne et surtout on passe un col assez sportif – d’autant plus que c’est un cul de sac et il faut revenir.. Pour info, l’auberge de jeunesse à Oravik ne l’est plus. Il fait plus qu’hôtel. Il y a un tunnel (encore un) en construction entre Oravik et Hov ce qui éviterait un grand boucle et montée. Passage du tunnel avant Sumba assez flippant – 4km5 dans le noir total. Nuitée au bord de la falaise à Akraberg (pointe sud) avec un coucher de soleil et un panorama de la mer sur 270° en ésperant qu’il n’y a pas de vent le lendemain.

Jour 8 – Pliage de tente au bord de la falaise par fort vent :O) Rebroussage de chemin vers le nord sous la pluie (première de la semaine) et fort vent. Visite éclair de Tvoroyri et attente du bateau. Retour sur Torshavn. J’étais moins enchanté par suduroy que par les autres iles. C’est une perception personnelle peut-être liée à un état de fatigue ou au météo. Je pense que pour les amateurs de rando pedestre, c’est un bon plan.

Jour 9 – Torshavn – Vagar pour être en place pour l’avion. Re-route de montagne car c’est vraiment beau. C’est finalement mon endroit préferé de l’archipèle. Il y a des vues magnifiques. Nuitée encore une fois à l’auberge/camping de Midvagur sur Vagar.

Si je dois résumer, à vélo ou à pied, ca vaut le coup de prendre dix jours. Ceux qui visitent en voiture (en général étape en route vers l’islande) font le tour en 3 jours, le temps que le bateau fait son aller-retour à Bergen. Les distances ne sont pas énormes ce qui permet de prendre son temps et profiter plutôt qu’avaler des kms. Pour les visiteurs à pied, il y a un réseau de bus exceptionnel. Tout est desservi assez fréquemment et on peut faire des randos à la journée d’un point à un autre et revenir en bus. Destination assez atypique pour les amateurs de pays nordiques, de beau paysages et de repos voir déconnexion totale… J’ai surement oublié plein de choses car je n’ai pas trop l’habitude mais si vous avez des questions, n’hésitez pas.

A suivre quand j'aurai un peu de temps - Compte rendu d'un mini-tour de la mer Balte en tandem Hase Pino- Estonie, Finlande, Suède .
Tour de l'Europe en train avec InterRail
by Kikassem · 2008-01-06 · 13 replies
Bonjours à tous!!!! j'ai 20 ans Je suis de Strasbourg. J'ai un projet pour les vacances d'été 2008. Avec des copains on aimerez faire le tour de l'europe en utilisant le système de pass interrail (un méga tour à vrai dire^^)

Voila ce que j'ai pensé, le voyage durera à peu pres un mois et demion commence par prendre un vol lowcost à déstination de l'Espagne en Andalousie (y resté une semaine environ pour y faire le tour)ensuite utiliser le pass interrail un mois pr partir vers barcelone (2-3jours)puis destination Italie (je pense à Rome et Florence (ptete venise)(une semaine environ aussi)prendre le bateau pour la grèce (visiter athènes spartes et une iles au choix)un petit tour par istanbulvisite de la bulgarie ou roumaniepassage par l'autriche hongrieun tour en pologne pour visiter les camps de concentrationsun bref passage à BerlinContinué via Copenhage et Stockholmmonté plus haut en Scandinavie pour voir les Fjord et dépassé le cercle polaire (Narvik par exemple)redescendre au Sud direction Pays Bas et BelgiquesContinuer vers La Grande Bretagne avant que le pass n'expire y resté environs une semaine pour visiter l'ensemble(londres dublin .....)Puis finalement prendre un vol (lowcost ou pas) pour rentré à la maison

Pour cette raison j'ai plusieur questions à vous poser: Ce voyage est t-il réalisable (un mois et demi)? Quel est le budget à prevoir (transport-herbergement-nourriture- ou autres...)? Quelles sont les endroits ou villes qu'il faudrait visiter?? Toutes experiences de ce genre est la bienvenue en ce qui concernes les étapes... la durée....

Merci de bien vouloir me répondre😉
Cap Nord à moto en août 2008
by Usulle · 2007-12-09 · 37 replies
Bonjour à tous,

Je prépare depuis quelques temps, une "petite" virée à moto pour ce mois d'août.

Il s'agit en fait d'un "long way" sur la moitié Nord de l'Europe avec pour but principal, la Finlande et plus précisément le Cap Nord (qui lui est en Norvège).

12.000 kms, 21 jours, 16 pays. Budget de l'ordre de 3.000 €uros grand maximum. (incuant pneus et entretien moto pour cette distance)

Les grandes lignes :

Moyenne de 500 kms par jour, visite de quelques sites "forts" (en gras), hébergement en auberge de jeunesse, en B&B, en chambre d'hôte, en chalet, selon l'endroit. Départ prévu 1° semaine d'août.

Le parcours :

1° jour : Tours - Suisse (à affiner hôtels suisses hors de prix) 2° jour : Route le long des lacs suisses, traversée de la Bavière, Munich 3° jour : Prague. Visite. 4° jour : Brno, Ostrawa, entrée en Pologne par la montagne. Cracovie. 5° jour : Traversée de la pologne. Arrivée à Kaliningrad, enclave Russe 6° jour : Lituanie, petit roulage. Kaunas, Vilnuis. Visite. Restau typique 7° jour : Lettonie puis Estonie par route côtière. Arrivée à Tallinn 8° jour : Arrivée en Russie. Visite de St Petersbourg 9° jour : Finlande, jusqu'à Kuopio. 10° jour : Traversée des 1000 lacs. Arrivée au cercle polaire. Rovaniemi 11° jour : Arrivée en Laponie : Inari, son lac, chalet, habitants, husky, .. 12° jour : Nouveau chalet à 30 kms, puis aller retour jusqu'au Cap Nord 13° jour : Norvège. Remontée jusqu'à Alta dernière ville au Grand Nord 14° jour : Descente le long de la côte de l'Océan Arctique 15° Jour : Arrivée à Trondheim, cité des Rois. Pays Viking. 16° jour : Dernière journée "nature", arrivée en Suède. Stockholm 17° jour : Malmoe. La sirène de Copenhague. Visite de la ville 18° jour : Odense, arrivée à Brême. 19° jour : Groningen, Amsterdam, Bruges. Canaux.. 20° jour : Bruxelles, Liège, Luxembourg, Ardennes, Sarrebruck 21° jour : Vosges, Bourgogne, Tours

J'ai terminé 80% de la préparation. Au début, je pensais tout préparer et ensuite proposer le trajet "fini" à ceux qui désireraient partager cette balade. Mais pour finaliser le road, les étapes, les visites, il faut que je réserve dès à présent.

L'idéal serait de constituer un groupe de 3 ou 4 maxi.

Je cherche donc des co-équipiers (moto). Si ça vous intéresse....

D'autre part, tout les conseils, avis, astuces sont les bienvenus.

Bonne route à tous
Tour du monde à 18 ans
by Axance · 2007-11-13 · 33 replies
Salut à tous!🙂 Je voudrais savoir ce que vous pensez - en tant que voyageurs/backpackers expérimentés - de faire un tour du monde à mon age (je précise que j'aimerai vraiment le faire seule : tellement plus de liberté, de rencontres possibles...). On me dit que je suis folle (que ferais-t-on sans Folie??), je n'ai pas envie d'y croire. Quand on veut on peux, non?? Le problème c'est que juste par écrit il est difficile de montrer toute ma motivation. J'ai besoin de partir vers l'inconnu, l'aventure...Tout ce qu'on nous fait apprendre ça ne sert à rien si on ne fait rien par nous même, si on ne sort pas de notre petit quotidien rassurant et sur-sécurisé. Je veux voir autre chose, faire de Vraies rencontres, il y a tellement à apprendre de moi et des autres... Je sais que ça demande du temps, de l'argent, de l'organisation, de la paperasse. Mais je sais aussi que c'est un question de volonté. Bref, suis-je aveuglée par mes rêves et cet instinct si puissant qui me pousse à voyager, ou bien...est-ce faisable??? Et si vous connaissez des filles dans le même cas, se serait avec plaisir!!😉 Merci beaucoup!
Une journée de stop
by Montagne666 · 2007-07-09 · 4 replies
Voilà je voulais écrire ma journée de stop de samedi dernier, avant d'en oublier les détails, parce que vraiment des virées en stop de cet accabit, j'en veux bien à chaque fois.

Samedi 7 Juillet 2007, Rennes, Les 3 Soleils. Il est 14h30, je quitte Sylvie et les sandwichs pour enfin profiter du week-end, après un dur labeur d'une semaine. J'ai prévu d'aller à Sentelie, petit village pittoresque minuscule au sud d'Amiens, où des ami-e-s organisent un petit festival. En fait, c'est surtout l'occasion annuelle de revoir tous ces gens que j'ai rencontré quand j'avais 16 ans tout mouillé (et eux la 25-aine en moyenne), qui se sont tous dispatchés mais qui restent toujours dans un coin de ma tête. Seulement je ne peux pas partir directement, parce que j'ai déposé le vélo de ma tante la veille au village d'à côté pour attraper le bus du matin, et non je ne vais quand même pas laisser un vélo qui n'est pas à moi traîner tout un week-end sous une pluie plus que probable. Hop, en route pour le bus, vélo jusqu'à chez ma tante. Je regarde un peu le trajet sur internet, appelle un pote qui finalement n'y va plus, pris par sa préparation de centre de loisirs. Il me dit qu'il y en a pour 5 heures de route. Ah bon!! Bon, ben je ne vais pas trop traîner alors! Il est déjà... 15h30. Je reregarde sur mappy le trajet, prépare quelques affaires indispenables (un duvet, les clés du boulot pour lundi au cas où, une montre, un pull, quatre pelotes de coton, un crochet et "Le crochet en 250 points"... ben oui, au cas où je m'ennuie sur le bord de la route 😛 ). Hop, en route en stop pour Rennes (là ça va, y a dix km).

Arrivée place Ste-Anne, je regarde les horaires des bus qui vont dans le nord de Rennes, direction Caen. ben oui mais bon, on est samedi, et y en a pas des masses. Je tergiverse, tergiverse, finis par choisir un bus, en loupe un autre qui allait mieux dans mon sens, me dis que de toutes façons c'est vraiment trop un plan galère mon histoire, mais bon c'est décidé c'est décidé, je vais quand même pas passser tous mes demi-week-ends (je bosse tous les samedis) comme une vieille fille à tricoter des gilets pour l'hiver. Mes gilets, je préfère les tricoter en Picardie... Bref, je finis par prendre un bus. Mais comme j'ai pas les yeux en face des trous après m'être levée toute une semaine à 5h du mat' sans faire de sieste l'aprème, je me plante de bus. Oh pas de beaucoup hein, je me retrouve quand même dans le nord de Rennes, au milieu d'un lôtissement... "Mais qu'est-ce que je fous moi, à partir comme ça à l'arrache, sans même un numéro de téléphone pour appeler quelqu'un là-bas en cas de pépin", me dis-je, hyper confiante en l'avenir proche. Bon, je me dirige à l'ouïe vers la rocade, me retrouve dans un endroit qu'on dirait presque la campagne, joli, c'est plutôt agréable de marcher dans le coin. Mais je suis pas rendue... Mais comme j'ai un bon sens de l'orientation, et une ouïe somme toute assez correcte, je finis par rejoindre une grosse avenue, où je vois un gros panneau "Caen". Cool, c'est déjà ça. Il est presque 18h... Je suis super bien organisée, grâce à ma tante, j'ai un grand carton et un gros marqueur, ma pancarte arbore un beau CAEN énorme hyper lisible (je n'ai jamais eu une aussi belle pancarte de stop). Je marche vers la rocade, et le porte de façon à ce qu'il soit visible derrière moi, au cas où... Le truc que je fais tout le temps, mais qui n'a jamais marché. Je marche je marche, me rend compte qu'en fait, l'entrée de la rocade est encore loin à gauche du rond-point, me dis que ça a l'air pourri comme endroit pour faire du stop, il n'y aura que des Rennais qui vont en périphérie... Mais pourquoi est-ce que je fais du stop à cette heure-ci... je vais jamais y arriver, sûr que je vais rester bloquée une heure ici, et ptêt bien que je vais jamais arriver ce soir et dormir je ne sais où... Hyper optimiste que je suis... Oui, mais là, on est le 07/07/07, et c'est mon jour de chance. Il est 18h05, et une camionnette s'arrête à quelques mètres devant moi. Un jeune homme très sympathique, qui se rend... à Caen. Mais c'est parfait! Le trajet est bien agréable, mon conducteur revient d'une année en Suède où il était dans une école de violon, pour apprendre la musique trad suédoise. Il me dépose sur un rond-point à l'entrée de la rocade de Caen. Là je me dis... ça y est, les emmerdes vont commencer, il faut que je réussisse à contourner Caen pour être au bon endroit pour faire du stop pour Rouen, bonjour la galère. Bon, je vais tenter le coup sans pancarte, ce sera peut-être plus efficace. Je tend le pouce, disons, pour faire large, au moins 5 minutes. Une jeune femme s'arrête. Je lui demande si elle peut me déposer à l'endroit adéquat pour aller vers Rouen. Pas de problème. On cause boulot et patrons inhumains... Elle me met pile sur l'entrée de la quatre-voies vers Rouen, nickel. Là, je fais ma pancarte Rouen, et la tend à la vue des automobilistes. Je patiente, disons pour faire large, au moins 3 minutes. Une deuxième camionnette s'arrête, à l'arrache, plus loin que la sortie. Je me dis, drôle d'énergumène, est-il bien sûr qu'il va vers Rouen celui-là? "Où allez-vous?" "Je vais à Rouen, veinarde". "Ah bon, mais vous venez de dépasser l'entrée là!" "Ah? Euh oui, mais c'est pas grave, il faut que je fasse de l'essence". Le gars a un sacré bagou, et une langue bien pendue, ben oui forcément, il est camelot. D'emblée, je me marre bien, tout en me disant qu'il conduit vraiment comme un pied, et heureusement que je suis là pour voir les pancartes "Carrefour", sinon on était pas rendus, pour son essence, et Rouen, n'en parlons pas. Bref il fait de l'essence, et je lui évite de rater l'entrée sur la 4voies. Pendant tout le chemin, il me raconte ses histoires de camelot, son nouveau produit qu'il testait aujourd'hui, un mini-hélicoptère téléguidé. Il était à la braderie de Caen, sauf qu'il y avait du vent, et que c'est un machin qu'on doit utiliser en intérieur, résultat, le mini-hélico montait, montait montait, et puis après, la téléchommande n'arrivait plus à communiquer avec lui. Ce type est vraiment d'une jovialité comme on en voit rarement, et je suis bien contente d'être montée dans sa voiture. On s'marre bien. Tellement bien, que je me rends compte trop tard que la station que l'on vient de passer, ben c'était la dernière avant Rouen. Lulu, mon conducteur, va sur Paris, et entre les deux, il n'y a qu'un échangeur, la hantise de tout autostoppeur... Mais Lulu est une crème, et me dit que c'est pas grave, il va me déposer à un bon endroit pour faire du stop après Rouen. Wa, ben dis dont c'est drôlement gentil ça! On traverse Rouen par une espèce de rocade au milieu de zones industrielles toutes moches. On roule, on roule, on finit par voir un panneau Amiens/Caen... Je lui dis: Ben c'est bon t'as qu'à me poser là, je vais me débrouiller. "Non, non, non, je vais faire comme si t'étais un mec et que t'avais pas de chance, et te déposer sur la bonne direction". Bon, ben je vais pas dire non non plus 😛 . Et on roule, on roule, on roule... Lulu a décidé de me déposer sur la prochaine station-service de l'auortoute vers Amiens... A peine trente-cinq km de rab, sans compter qu'il doit changer son itinéraire, et passer par Beauvais pour repartir vers Paris. Arrivés sur l'aire d'autoroute, il descend aussi pour prendre un café. Moi je fais une visite expresse aux toilettes, je n'ai pas de temps à perdre, la course du soleil joue contre moi, il commence à être tard. Je dis au revoir à Lulu, qui me dit: "Avec la chance que t'as, je suis sûre que tu seras repartie avant que j'aie fini mon café". Je lui dis un grand merci, et je pars me poser à la sortie de l'aire de service, avec ma pancarte "Amiens". Je me dis, cette fois, je vais rester coincée, c'est sûr. Il fait à moitié nuit, je vais être obligée de pioncer ici, bonjour le week-end de rêve. Une voiture passe, puis deux, une troisième s'arrête. Un Belge qui rentre à Bruxelles. J'aurai attendu une dixaine de minutes. Et derrière, qui vois-je? Lulu dans sa camionnette! Il ne croyait pas si bien dire tout à l'heure! Il me fait de grands signes de la main auxquels je réponds en rigolant. Je monte donc dans la voiture avec le Belge et ses deux enfants. On papote, il arrive de Carnac, d'où il est parti à 4h de l'après-midi... décidément, je n'ai vraiment pas traîné moi! Je lui avoue que je n'ai jamais mis un pied en Belgique. Alors il me dit, c'est un tort, je vais te laisser mon adresse, et tu viens quand tu veux... Ah ben ça alors! Si je m'attendais! Il me dépose à la sortie de Poix-de-Picardie, et on s'échange les e-mails. Vive internet, moi qui n'ai pas de téléphone, ça me facilite la vie :-)

Il est à présent 22h30, la nuit tombe. Je passe le péage de sortie, et rejoins la route vers Poix. Je tends le pouce, des voitures passent mais ne s'arrêtent pas. Je me dis que cette fois, je suis bonne pour faire le reste à pied, mais je m'en fous, là je suis sûre d'arriver, alors peu importe. 10km c'est quoi quand on vient d'en faire 490? Mais comme la chance ne s'est pas encore endormie, pof, une voiture s'arrête. "Tu vas où?" "Je vais à Sentelie". "Bon, normalement je vais pas à Poix, mais je te pousse jusque là, je suis pas à 4km près". Ok, super! 4km plus loin "Bon, je vais quand même te mettre sur la route Bergicourt-Sentelie, sinon t'es pas rendue". Ah ben c'est une chouette idée ça! 1km plus loin:" Allez, Bergicourt est à 2 km, je t'emmène, mais ch'te préviens, après tu te débrouilles pour aller à Sentelie" "Oh ben de toutes façons, je peux le faire à pied, c'est vraiment pas un souci, maintenant je suis arrivée". 2km plus loin, Bergicourt. "Bon, y a pas un rat à cette heure-ci sur ces routes, allez, je t'emmène à Sentelie, c'est pas pour 2km de plus...". 😎 Panneau Sentelie: "Je t'emmène pas plus loin hein, cette fois tu fais le reste à pied" Oh ben c'est sûr que pour 300 m, je vais pouvoir user un peu mes chaussures... Je propose au type et son fils de venir au concert, mais ils sont fatigués, et rentrent chez eux. Et moi, je n'en reviens toujours pas de ce qui vient de se terminer... Rennes-Sentelie en à peine 5h... le tout en partant à 6h du soir, le truc complètement casse-gueule qui se transforme en un immense coup de chance. En plus, je n'ai prévenu personne que je venais, tout le monde est surpris (et heureux, non mais bande de mauvaises langues😛 ) de me voir. Je suis heureuse de tous les revoir, et rien de tel qu'un bon trajet en stop pour encore mieux apprécier l'arrivée. C'est comme un voyage, même si ça n'est ni très long, ni très loin...

Qui a dit que le stop, c'est dangereux (surtout pour une fille seule), galère, et long?

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