Results for "Asie+Centrale+souvenir+artisanat"
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Une page blanche avec du bleu et des points verts
Qu’est VF devenu ?
Après un passage express, ici, l’été dernier, je n’avais plus ni le temps, ni l’énergie, ni même l’envie de me reconnecter.
Parfois, la nuit, je lisais des sujets, sur l’Asie Centrale, sur l’Inde, j’allais au jeu des photos et dans pensées et réflexions jusqu’à ce que l’encarté me dise que pour poursuivre ma lecture il fallait me connecter.
Je me suis dit que François devait être fier d’avoir construit ce grand forum et je me suis demandée ce qui avait changé depuis la décennie écoulée.
Sur la forme, tout me semble identique.
Sur le fond, des noms que je ne connais plus, d’autres qui en ont changé.
Les mêmes questionnements sur les destinations, les mêmes empoignades dans « pensées et réflexions » avec parfois les mêmes mots cariés comme les chicots d’un clavier trop usé, les mêmes débats parfois passionnants où je me sens de temps en temps complètement ignorante, les mêmes gens qui veulent avoir toujours raison, les mêmes gens qui n’ont jamais tort, les mêmes gens qui enflamment le débat ou qui, à l’inverse tentent de ramener une sorte de paix.
Alors, non, rien n’a fondamentalement changé.
Ce qui c’est modifié, c’est une sorte de poésie, une sorte de drôlerie que je ne lis plus.
Comme s’il fallait railler ou se moquer pour rire. Oui, c'est ça, il manque un peu la légèreté d'antan.
C’est quand même bien vf, en tout cas, aujourd’hui, ça me fait du bien...
Dom.
C’est quand même bien vf, en tout cas, aujourd’hui, ça me fait du bien...
Dom.
Recherche une bonne idée pour trois mois de voyage
Je partirai en congé sabatique pour 6 mois en août prochain. Pour les 3 premiers mois, tout est réglé au quart de tour. Je vais être en Europe avec ma blonde, on a loué une maison, auto, etc.. Pour l'autre moitié du voyage, je serai seule (ma blonde retourne à la maison). Je tergiverse sur ma destination en solitaire. J'hésite entre Afrique de l'ouest, l'Inde, la thailande... ou bien une île perdue à quelque part. J'ai 49 ans, je suis en forme, je ne suis pas riche, mais j'ai ce qu'il faut, mon sac à dos est déjà acheté.
J'en conviens, il y a des problèmes qui sont pires que cela.
Qu'est-ce que vous feriez à ma place ?
Jean-Pierre
J'en conviens, il y a des problèmes qui sont pires que cela.
Qu'est-ce que vous feriez à ma place ?
Jean-Pierre
Site de chemins de fer allemands
quelqu'un est il un spécialiste du site de résas des chemins de fer allemands! je m'y casse le nez ! pas simple du tout où je suis un crétin fini !on met le nom d'une ville cela ne convient jamais, il faut un code postal etc.... Une galère pour regarder un simple horaire !!!
Pour une fois la SNCF avec son site fait simple pratique en comparaison mais hélas sur le site SNCF on n'a pas de renseignements sur les parcours internes à l'Allemagne...
j'appelle à l'aide car même si le site est en français c'est bien compliqué !!!
j'appelle à l'aide car même si le site est en français c'est bien compliqué !!!
Questions for planning a Kazakhstan itinerary
hi everyone
I’m just starting to plan a trip to Kazakhstan—I’m thinking 4 weeks in summer ’26—and I’m totally in the dark! What route should I take? First off, for my flight ticket, where should I fly into and out of if I want to book soon?
Is it possible to rent a vehicle with a roof rack? Is that generally tolerated? (Maybe around Almaty?)
I love trains, so I’d prefer that mode of transport.
Anyway, I’m counting on your experiences since it’s tough to find practical info about this country. Thanks in advance for your tips
Is it possible to rent a vehicle with a roof rack? Is that generally tolerated? (Maybe around Almaty?)
I love trains, so I’d prefer that mode of transport.
Anyway, I’m counting on your experiences since it’s tough to find practical info about this country. Thanks in advance for your tips
Entrer en Ukraine en venant de Russie
Bonjour,
🙂, toujours en train de peaufiner notre voyage en Russie !
Nous aimerions repasser au retour par l'Ukraine dont nous gardons un très bon souvenir lorsque nous l'avions visitée il y a quelques années mais nous nous demandons étant données les relations compliquées entre la Russie et l'Ukraine s'il est possible d'entrer en Ukraine en venant de Russie et si oui, quel poste frontière privilégier.
Si quelqu'un a fait ce trajet récemment, merci de nous renseigner.🙂
Nous aimerions repasser au retour par l'Ukraine dont nous gardons un très bon souvenir lorsque nous l'avions visitée il y a quelques années mais nous nous demandons étant données les relations compliquées entre la Russie et l'Ukraine s'il est possible d'entrer en Ukraine en venant de Russie et si oui, quel poste frontière privilégier.
Si quelqu'un a fait ce trajet récemment, merci de nous renseigner.🙂
Itinéraire retour de Finlande en camping-car
Bonjour,
Début Octobre prochain, de retour de Finlande, nous envisageons l'option de passer par les pays baltes (en évitant Russie et Biélorussie) et la Pologne.
ici je pense que beaucoup l'ont déjà fait.
Quel itinéraire nous conseilleriez vous, sachant qu'il ne s'agirait pas pour nous de visiter vraiment ces pays, mais simplement d'expérimenter un nouveau trajet.
Une petite précision : nous ne sommes jamais allés dans ces pays, nous ne parlons ni allemand ni polonais, seulement l'anglais (et le français bien sur).
d'avance, merci.
Visa tadjik à Paris et lettre d'invitation
Bonjour,
Des retours d'expérience sur l'obtention du visa tadjik au consulat de Paris ? J'ai essayé de les voir il y a quinze jours, ils ne m'ont même pas laissé entrer dans leurs locaux. Le site internet vers lequel on m'a dirigé pour entamer la procédure finit par demander la copie d'une lettre d'invitation apparemment nécessaire... Des tuyaux ? Cordialement,
Levelo.
Des retours d'expérience sur l'obtention du visa tadjik au consulat de Paris ? J'ai essayé de les voir il y a quinze jours, ils ne m'ont même pas laissé entrer dans leurs locaux. Le site internet vers lequel on m'a dirigé pour entamer la procédure finit par demander la copie d'une lettre d'invitation apparemment nécessaire... Des tuyaux ? Cordialement,
Levelo.
Endroits à ne pas manquer sur ce périple asiatique en 4x4?
Bonjour,
Je vais faire en 4x4 (voir carte)
- Singapour
- Malaisie
- Thailande
- Cambodge
- Laos
- Inde
- Nepal
- Boutan
- Bungladesh
- Pakistan
- Iran
- Ouzbekistan
- Turkmenistan
- Kazakstan
- Siberie
Est-il encore impossible de passer en Birmanie et vietnam en voiture? Quels sont les endroits (ville, monument, parc...) a ne pas manquer? quels sont ceux a eviter? Quels soucis vous avez rencontre? Quel est votre meilleur souvenir? le pire? Pouvez-vous me donner des conseils aussi pour les douanes et frontieres, bref tout ce qui concerne l'adminsitratif...
Merci d'avance pour vos recommandations, conseils, blogs et surtout votre temps. Jennifer
Est-il encore impossible de passer en Birmanie et vietnam en voiture? Quels sont les endroits (ville, monument, parc...) a ne pas manquer? quels sont ceux a eviter? Quels soucis vous avez rencontre? Quel est votre meilleur souvenir? le pire? Pouvez-vous me donner des conseils aussi pour les douanes et frontieres, bref tout ce qui concerne l'adminsitratif...
Merci d'avance pour vos recommandations, conseils, blogs et surtout votre temps. Jennifer
Kirghizistan à vélo: passer le col du Torugart seul ou avec une agence?
Salut a tous
j ai lu beaucoup de post sur le col du torugart mais ils dataient un peu. Peut on passer le col du torugart seul a present ou faut il toujours faire appel a une agence pour passer la frontiere vers la chine?
Merci d avance a tous
Skyfred
Formalités pour aller en Iran?
Bonjour!!!
Je voudrais connaitre les formalités pour aller en IRAN cet été!!!!🙂
Visa etc!!!!!!!
Merci
Je voudrais connaitre les formalités pour aller en IRAN cet été!!!!🙂
Visa etc!!!!!!!
Merci
Randonnée à cheval au Kirghizistan
Salut,
j'ai fait une rando en 2005 au kirghizistan et je souhaiterai repartir...j'ai pris connaissance d'un site qui propose un treck de 30jours le connaissez vous, avez vous des infos, des avis? le site c www.kyrgyztrek.com
Tcho A +
j'ai fait une rando en 2005 au kirghizistan et je souhaiterai repartir...j'ai pris connaissance d'un site qui propose un treck de 30jours le connaissez vous, avez vous des infos, des avis? le site c www.kyrgyztrek.com
Tcho A +
Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route
J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos
SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎
Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction KilyosSUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Carnet de voyage en Chine
Bonjour à tous,
J’ai décidé de vous faire partager mon périple en Asie et plus particulièrement en Chine mais aussi à Taiwan et au Japon. C’est un voyage que j’ai réalisé en 2001 d’une durée de 5 mois.
Tout d’abord je me présente, j’ai 36 ans et je travaille dans l’hôtellerie en réception, je suis également passionnée de cinéma mais depuis quelques années, j’ai envie de faire autre chose et cet “ autre chose “ c’est la réalisation de documentaire. Evidemment, on ne s’improvise pas du jour au lendemain réalisatrice, mais j’avais suivi un an auparavant un stage qui s’est avéré peu intéressant pour moi. Malgré un premier essai non fructueux en Amérique du sud avec une caméra non numérique, je ne me suis pas démontée.
Bref après avoir potassée des magazines et des bouquins sur le sujet, je me suis achetée une caméra vidéo et des accessoires notamment un micro et une bonnette (protection pour le micro ) très utiles pour les interviews. Je me suis entrainée chez moi 1 mois avant le départ.
Ce que j’aime dans les voyages, c’est de pouvoir rencontrer des gens et des modes de vie différents mais surtout de pouvoir vivre le quotidien de ces gens, c’est pour cette raison que je pars rarement ou jamais moins de 3 mois voire 6. Le summum du voyage pour moi c’est de pouvoir travailler dans le pays et pas forcément en tant que bénévole et c’est peut-être pour cela que je suis tombée par hasard dans l’hôtellerie qui était le moyen le plus facile pour travailler à l’étranger.
Il y a quelques années en 1997, je suis partie en Asie pour une durée indéterminée pour voyager et aussi faire du bénévolat. J’ai commencé par l’Inde, Le Népal, La Thailande, Le Myanmar, Le Laos, Hongkong, La Chine, Taiwan, Le Japon et retour par Les USA . Je me suis retrouvée à enseigner l’anglais au Japon puis à taiwan. Après presque 2 ans de voyage, je suis rentrée à paris avec l’intention de repartir pour parler de choses qui m’avaient titillées où intéressées durant ce voyage et notamment concernant La Chine et Taiwan.
J’avais envie de réaliser un documentaire sur les femmes de mon âge, célibataires mais en comparant la Chine et Taiwan. Car malgré leur différend, ces deux pays ont une une tradition commune. La plupart de mes étudiants à Taiwan étaient des femmes et en discutant avec elles, je me suis aperçue qu’elles étaient en même temps trés indépendantes mais aussi trés traditionnelles dans leur facon d’aborder les relations avec les hommes. Le mariage est trés idéalisé et en même temps elles sont trés diffiçiles . Elles ont des critères encore plus élevés que les miens et c’est peu dire.... Elles attendent le prince charmant et forcément elles se marient trés tard et j’avais aussi envie de voir le côté chinois. Voilà donc comment l’histoire a commencé. Sans avoir vraiment travaillé sur l’écriture du scénario, je suis partie en me disant qu’une fois sur place, j’aurai plus de temps pour y revenir.
Pour ce voyage, j’avais décidé de refaire le chemin à l’envers de ce que j’avais fait en 1998. Départ de HONGKONG, pour rejoindre la province du Yunnan, KUNMING, DALI, LIJIANG, ZHONDJIANG, la province du Sichuan, XIANCHENG, LITANG, KANDING, CHENGDU le tout en bus puis remonter vers la province du Gansu en bus ou en train LANZHOU puis direction le Xinjiang avec URUMQI, TURFAN, KASHGAR, de là, retour en sens inverse par YARKAND, HOTAN, le long du desert de TAKLAMATAN pour rejoindre GOLDMUD ou XINING puis LANZHOU et ensuite direction PEKIN, SHANGHAI puis GUILIN et YANGSHUO et de là, retour sur HONGKONG.
C’était à l’origine le trajet que je voulais suivre. Tout etait prêt pour le grand départ. A chaque fois que je pars je suis toujours excitée mais cette fois-ci j’étais aussi angoissée à l’idée de rater complèment et de me planter...
(à suivre...)
J’ai décidé de vous faire partager mon périple en Asie et plus particulièrement en Chine mais aussi à Taiwan et au Japon. C’est un voyage que j’ai réalisé en 2001 d’une durée de 5 mois.
Tout d’abord je me présente, j’ai 36 ans et je travaille dans l’hôtellerie en réception, je suis également passionnée de cinéma mais depuis quelques années, j’ai envie de faire autre chose et cet “ autre chose “ c’est la réalisation de documentaire. Evidemment, on ne s’improvise pas du jour au lendemain réalisatrice, mais j’avais suivi un an auparavant un stage qui s’est avéré peu intéressant pour moi. Malgré un premier essai non fructueux en Amérique du sud avec une caméra non numérique, je ne me suis pas démontée.
Bref après avoir potassée des magazines et des bouquins sur le sujet, je me suis achetée une caméra vidéo et des accessoires notamment un micro et une bonnette (protection pour le micro ) très utiles pour les interviews. Je me suis entrainée chez moi 1 mois avant le départ.
Ce que j’aime dans les voyages, c’est de pouvoir rencontrer des gens et des modes de vie différents mais surtout de pouvoir vivre le quotidien de ces gens, c’est pour cette raison que je pars rarement ou jamais moins de 3 mois voire 6. Le summum du voyage pour moi c’est de pouvoir travailler dans le pays et pas forcément en tant que bénévole et c’est peut-être pour cela que je suis tombée par hasard dans l’hôtellerie qui était le moyen le plus facile pour travailler à l’étranger.
Il y a quelques années en 1997, je suis partie en Asie pour une durée indéterminée pour voyager et aussi faire du bénévolat. J’ai commencé par l’Inde, Le Népal, La Thailande, Le Myanmar, Le Laos, Hongkong, La Chine, Taiwan, Le Japon et retour par Les USA . Je me suis retrouvée à enseigner l’anglais au Japon puis à taiwan. Après presque 2 ans de voyage, je suis rentrée à paris avec l’intention de repartir pour parler de choses qui m’avaient titillées où intéressées durant ce voyage et notamment concernant La Chine et Taiwan.
J’avais envie de réaliser un documentaire sur les femmes de mon âge, célibataires mais en comparant la Chine et Taiwan. Car malgré leur différend, ces deux pays ont une une tradition commune. La plupart de mes étudiants à Taiwan étaient des femmes et en discutant avec elles, je me suis aperçue qu’elles étaient en même temps trés indépendantes mais aussi trés traditionnelles dans leur facon d’aborder les relations avec les hommes. Le mariage est trés idéalisé et en même temps elles sont trés diffiçiles . Elles ont des critères encore plus élevés que les miens et c’est peu dire.... Elles attendent le prince charmant et forcément elles se marient trés tard et j’avais aussi envie de voir le côté chinois. Voilà donc comment l’histoire a commencé. Sans avoir vraiment travaillé sur l’écriture du scénario, je suis partie en me disant qu’une fois sur place, j’aurai plus de temps pour y revenir.
Pour ce voyage, j’avais décidé de refaire le chemin à l’envers de ce que j’avais fait en 1998. Départ de HONGKONG, pour rejoindre la province du Yunnan, KUNMING, DALI, LIJIANG, ZHONDJIANG, la province du Sichuan, XIANCHENG, LITANG, KANDING, CHENGDU le tout en bus puis remonter vers la province du Gansu en bus ou en train LANZHOU puis direction le Xinjiang avec URUMQI, TURFAN, KASHGAR, de là, retour en sens inverse par YARKAND, HOTAN, le long du desert de TAKLAMATAN pour rejoindre GOLDMUD ou XINING puis LANZHOU et ensuite direction PEKIN, SHANGHAI puis GUILIN et YANGSHUO et de là, retour sur HONGKONG.
C’était à l’origine le trajet que je voulais suivre. Tout etait prêt pour le grand départ. A chaque fois que je pars je suis toujours excitée mais cette fois-ci j’étais aussi angoissée à l’idée de rater complèment et de me planter...
(à suivre...)
Solo woman in Uzbekistan
Hello everyone, after our trip was canceled due to COVID, I’ve decided to travel alone at 66 since my husband is no longer healthy enough to join me. I speak a little English and, while I’m taking this trip as a challenge, I’ll admit it stresses me out a bit. I’ll be leaving in May for 3 weeks. If it’s easy to plan the route and accommodations with Airbnb, I’m a little worried about transportation. Do you think it’s better to hire a guide for visiting the cities? I’d love all your tips. Corinne
Kirghizistan 2018

Ouf! Séquestrée par la canicule, j'en ai profité pour faire le carnet de notre dernier voyage! Bonne lecture! Marie
Tout le récit en images en cliquant ici
Texte seul ci-dessous
Kirghistan Juillet 2018 Après un très beau voyage en Mongolie en 2017 où nous avions loué un 4X4 sur place, nous avions envie de découvrir un autre pays d’Asie Centrale cette fois. Va pour le Kirghistan, un petit état assez tranquille (il y a tout de même eu des soulèvements politiques dans l‘extrême SO, où nous n’irons pas, il y a quelques années), très montagneux, où il est aussi désormais possible de louer un 4X4. Cette fois nos 2 filles nous accompagnent et comme la dernière fois nous choisissons d’être totalement autonomes en prenant notre grande tente. Le loueur de voiture nous fournit table, chaises et réchaud. Je lis tout ce que je trouve comme carnets de voyage, scrute Google Earth en long en large et en travers, épluche le guide Bradt (bof), achète la carte papier Gizi Map au 1 :750000 (qq erreurs mais pas trop), télécharge l’application Maps.me et nous concocte un itinéraire sur mesure. Deux semaines devraient déjà nous offrir un bon aperçu du pays! Dimanche 15 juillet Nous atterrissons bien crevés à l’aéroport de Bishkek après 2 vols Turkish Airlines via Istambul, depuis Bâle Mulhouse très pénibles car on a crevé de chaud ! Sergeï de l’agence Travel Expert est bien là. Il patiente le temps que nous retirions qq sous, achetions une carte SIM (de Megacom seul opérateur présent à l’aéroport : les data sont « données », ça ne coûte que qq euros pour 20 Go/semaine ! La voiture est là, toute propre bien qu’un peu cabossée avec 230 000 au compteur ! On réalisera qq jours plus tard qu’il s’agit en fait de miles ce qui fait pas loin de 400 000 km ! Gros V8 qui ne flanchera pas mais amortisseurs en fin de vie ! Le matos de camping est bien là, nous déclinons la popote et le compresseur car nous avons ce qu’il faut. Nous gardons la sangle par contre. Il y a environ 25 km jusqu’à l’hôtel Soluxe réservé à Bishkek. J’avais demandé un early check in mais la chambre n’est pas prête : ils nous permettent gentiment de petit-déjeuner même si à 11h le service est théoriquement terminé. Douche, sieste, et nous partons faire un tour et qq courses alimentaires en ville. Malgré la chaleur (plus de 30°C), la ville nous a semblé agréable à vivre car très verte et aérée. Tous les commerces sont ouverts en ce dimanche après-midi. Il y a un peu partout d’énormes monuments évoquant la période communiste (le pays n’a son indépendance que depuis 1991 !) Tout est un peu déglingué/usé mais propre ! L’islam est la religion dominante mais son application est très soft. Il y a une grosse minorité de russes blancs si bien que nous passons assez inaperçus ce qui est bien agréable. De retour à l’hôtel, il est trop tard pour commander le dîner (ils offrent un service de restauration) alors nous commandons des pizzas que nous dégustons vautrés devant…la finale de coupe du Monde de Foot ! Il n’y a que 4h de décalage horaire et la fatigue du voyage (et la clim) aidant, nous passerons une très bonne nuit ! Lundi 16 juillet Cap à l’ouest par une pénible route en travaux vers Kara Balta puis plein sud vers le village de Suusamir. Dès l’entrée dans la très belle vallée de Suusamir, les yourtes se succèdent le long du bitume : chacun essaie d’améliorer l’ordinaire en vendant fromage et kumis (lait de jument fermenté, la boisson traditionnelle) Chaque étal est pourvu d’une ficelle qui actionne une « sonnette » à quelques mètres dans la yourte ou la roulotte. Je ne sais pas d’où viennent ces roulettes mais il y en a partout ! Très vite nous prenons vers l’est et le village de Suusamir, où après quelques errements nous finissons par dégotter la pompe (en bidons de 5l !) J’ai prévu d’essayer de faire le tour du massif de Sari Kamish, au sud de Kizil-Oy, en partie bordé par la rivière Kökömeren, et je préfère avoir le plein car je ne connais pas l’état des pistes Un joli cimetière surplombe le village, l’occasion de se dégourdir un peu les jambes ! Cette puissante rivière est un affluent de la Naryn qui se jette dans l’Amou-Daria puis dans la mer d’Aral. Elle est presqu’en crue, ça dépote ! Quelques petits villages ponctuent la piste, souvent dotés d’une mosquée clinquante (payée parfois par le Qatar, parfois pour l’Arabie Saoudite, pour ce qu’on en a vu) Cette vallée de la Kökömeren est magnifique. Nous prenons un stop une dame à la sorte de Kizil Oï, qui va comme nous vers le sud. Communication difficile car ici presque personne ne parle anglais et nous ne parlons ni Kirghize ni Russe. Elle nous offre gentiment une flopée de bonbons et beignets qu’elle emballe dans un sac en plastique dont elle retire qq morceaux de mouton, miam ! Nous la déposons 50 km plus loin à Tabilgiti et continuons de longer la rivière en rive droite vers l’ouest. La route est goudronnée depuis la bifurcation vers Sari Bulung sans doute du fait de la présence de la mine d’uranium de Ming-Kush, plus haut à l’est dans la montagne. Les travaux – en cours- sont menés par…des Chinois. Je pense qu’à terme cette route rejoindra la M41 vers le lac de barrage de Toktogul. Nous nous trouvons un bel emplacement de bivouac au bord de la rivière. Nous ne sommes qu’à 1200 m d’altitude et il fait chaud ! Espérons qu’il n’y ait pas trop de déchets radio-actifs dans la rivière ! (sur le coup je n’y ai plus pensé !)
Mardi 17 Juillet Nuit un peu trop chaude… Nous quittons à présent la rivière pour remonter vers le nord-ouest. En prenant de l’altitude, le vert réapparait et nous remontons une vallée assez humide (boue possible si pluie), très fertile, avec jolies fermes assez soignées. Un petit air de Suisse. Que des maisons en « dur », parfois aux toits de chaume. D’ailleurs l’unique voiture rencontrée sur cette boucle est…Suisse, en route depuis 2 mois. Notre trace s’infléchit ensuite vers l’est et nous remontons une longue vallée vers le col de Kirk Kiz Ashuusu. Une vallée très sauvage file vers le nord, dont quelques yourtes gardent l’entrée. Quelques pierres plus ou moins dressées (la faute au bétail) dont l’une est gravée marquent le col (3339m) où le fond de l’air est trop frais pour pique-niquer. Il nous faut descendre un peu pour trouver un coin abrité du vent et près d’un ruisseau, avant de boucler la boucle près de Kizil Oï. Petit problème technique, nous avons actionné la boîte courte et même si la voiture semble fonctionner normalement, il y a plusieurs messages d’alerte au tableau de bord… Nous retournons vers la Vallée de Suusamir, en prenant en stop un kirghize jovial dans le village de Suusamir qui reconnait de suite à notre « salam » que nous sommes Français (ou belges) Il est allé acheter une voiture à Charleroi qu’il a bien sûr ramenée par la route et connait qq mots de Français et d’Anglais. Il a été animateur en Egypte, et son job est d’acheter et de vendre des chevaux. Un sacré numéro ! Nous le déposons qq km plus loin, non sans avoir dû lui promettre que la prochaine fois nous louerons une voiture par son intermédiaire car il pourra nous avoir un bien meilleur prix (j’ai ses coordonnées pour les amateurs !) Nous reprenons de l’essence à la grosse station Gasprom dans la vallée de Suusamir et j’en profite pour envoyer un mail à Sergeï et des photos du tableau de bord. Il répond aussitôt mais son anglais et le mien sont trop mauvais pour se comprendre par téléphone. Il nous suggère de trouver quelqu’un qui parle russe (comme lui) Je sollicite un gars avec une bonne tête qui a un gros 4X4 tout neuf, espérant qu’il parle un peu anglais : très peu en fait mais après m’avoir offert le snikers qu’il venait d’acheter, il skype illico presto son fils, qui lui traduit ma demande. Dans la foulée il « what’s ap « Sergei avec lequel il va passer une heure à faire différents tests et essais sur la voiture. Quand il se met à débrancher la batterie, je lui demande quel est son job : building business me dit-il et il me montre la photo d’un énorme immeuble flambant neuf à Bishkek, qu’il a construit. On n’en revient pas de tant de gentillesse ! Bref, en conclusion, la voiture fonctionne mais les voyants restent allumés. Sergeï me propose de nous amener une autre voiture (il en a pour une bonne demi-journée aller) ou de nous faire une ristourne de 150 $ (engagement qu’il tiendra). On choisit la 2ème option et nous n’aurons plus de problème par la suite (sauf avec l’alarme un peu fantaisiste mais ça n’émeut personne de toute façon) Soulagés nous reprenons la route vers l’ouest dans la belle mais très touristique vallée de Suusamir, puis prenons une piste vers le sud puis l’est afin de nous éloigner de l’axe principal) La lumière de fin de journée est superbe. Nous trouvons un joli coin de bivouac au bord d‘une rivière, et nous installons rapidement, sous le regard attentif des habitants des yourtes situées un peu plus haut, rassemblés en haut de la petite colline. Examen de nomade réussi ! Il nous faut 20 mn chronomètre en main pour tout installer, matelas gonflables (pff…) compris. Un peu plus tard, notre « voisin » dont la yourte est située de l’autre côté de la rivière nous fait une petite visite de courtoisie alors qu’il rentre chez lui. Je lui fais visiter les lieux. Il tâte d’un doigt expert la tension des haubans et d’un coup de botte renfonce 1 ou 2 piquets ! Il a l’air de trouver notre « yourte » un peu trop fragile. C’est pourquoi nous plaçons souvent la voiture du côté au vent afin de la protéger. Satisfait il enfourche son cheval pour traverser la rivière tandis que ses chiens empruntent des petites passerelles que nous n’avions pas vues. Cool, car demain est prévue une grande balade vers les montagnes où j’ai repéré un petit lac d’altitude. Joli ciel de fin de journée… Nous sommes à 2500 m et il fait bon. Mercredi 18 Juillet Grand beau temps au réveil, on a beaucoup de chance avec la météo. J’avais lu pas mal de récit de gens qui avaient eu froid, de la pluie, du brouillard voire de la neige et notre garde-robe n’est pas adaptée, tant mieux ! Après avoir évité un léopard des neiges (comme il est grand par rapport à la tente !), nous nous élevons au milieu des fleurs, au GPS, bientôt rejoints par… Nourik, notre voisin accompagné de ses 2 braves chiens. Ici les cavaliers cheminent toujours sur les crêtes, ce qui permet d’observer à 360° et rien ne leur échappe ! Ansare nous a vus de très loin et nous rejoint. Je ne sais comment, les filles se retrouvent à cheval ! Du moins le temps que je rejoigne la petite troupe. On a vu plusieurs de ces drôles de chiens, mélange de border collie et de lévrier afghan. Plus haut 3 autres cavaliers nous rendent une petite visite : essai des chevaux, photos, pose avec le chien. Du coup j’en oublie de regarder le GPS et on se trompe de vallée ! On aurait pourtant bien vu un petit lac au pied de cette montagne ! En plus un des bergers je le comprends a posteriori a essayé de m’indiquer la bonne direction mais je n’ai pas capté. Bref, on se repose un peu au milieu des fleurs avant de changer de vallée. Ansare s’en retourne avec ses chèvres et son chien a du mal à quitter les filles ! Les filles ne veulent pas perdre d’altitude et vont crapahuter par le haut. Fred et moi prenons le sentier indiqué par le berger (ayé j‘ai compris !) Voilà un lac mais Le lac est encore plus haut au-dessus de ce verrou glaciaire : on en a plein les pattes après 900 m de dénivelé positive ! Les filles nous rejoignent : elles ont vu le lac d’au-dessus et il est « bof » au milieu d’un grand pierrier donc on laisse tomber. On continue vers un autre col plus à l’ouest, avec l’idée de descendre par une autre vallée. Nous sommes rejoints par Nourik et le jeune berger, qui nous amènent le pique-nique ! Bel endroit aux roches tarabiscotées pour goûter au kumis, lait de jument fermenté dont les kirghizes boivent plusieurs litres par jour. Pas mauvais, je m’attendais à pire. J’en reprends même 2 ou 3 fois. Il nous offre aussi du pain et une sorte de fromage dans un petit pot, que Fred a apprécié. Nous partageons qq fruits secs achetés à Bishkek. Le tchaï (thé) bien sucré est excellent. Nourik nous déconseille de changer de vallée, en effet c’est très raide ! On redescend jusqu’à la tente : déjeuner, « douche » puis on remballe tout et nous prenons la route vers le sud en direction du lac de barrage de Toktogul. C’est la route du miel et des framboises (écrasées dommage) Plein de petits stands au bord de la route où les gens vendent leur production : des km de miel puis de km de framboises ! Le lac est à 1000 m d’altitude et il fait chaud ! J’ai repéré un coin de bivouac, hélas rendu inaccessible par le niveau du lac. On se trouve un coin près du village de Sargata, pas très glamour mais au bord d’un ruisseau. Jeudi 19 Juillet Encore une nuit un peu trop chaude… Nous poursuivons notre route vers le sud, en direction de la frontière Tadjik et du Pic Lénine (une des 3 sommets de plus de 7000 m du pays) La Naryn est le principal fleuve du pays, elle coule d’est en ouest et après avoir déposé ses limons dans le lac Toktogul, elle prend une incroyable couleur azur alors que nous la longeons sur plusieurs dizaines de km sur la route M41. Impossible de ne pas y faire une petit pause fraicheur, dans un coin qui invite d’ailleurs au bivouac (pas si facile sur cette portion de la M41) A mesure que nous approchons de Jalal-Abad, le paysage s’urbanise et la circulation se densifie. Il faut avoir un peu de culot et pas mal de sang-froid pour conduire au Kirghistan : même si dans les zones urbanisées, la police et ses radars veille (en général à l’ombre d’un arbre. Si pas d’ombre, pas de radar…) c’est un peu la chevauchée sauvage avec plus d’inconscience que de malice d’ailleurs. Les limitations de vitesse ne sont pas toujours bien claires et il faut être attentif et se calquer sur les autres. Moyennant quoi, on n’a pas été embêté par la police…
On flirte sur plusieurs km avec la frontière avec l’Ouzbékistan (de l’autre côté de ce lac) On arrive en fin de journée vers Gülchö : toute cette portion de route entre Tash Komur et Gülchö est bien pénible. Enfin, la circulation se raréfie et les paysages nous enchantent à nouveau. A Kichi Karakol, nous trouvons un joli coin de bivouac (mais on entend la circulation sur la M41) Vendredi 20 juillet Il ne nous reste plus qu’à franchir le col de Taldiik(3615m) avant de basculer sur Sari-Tash. Quelques indices de chamanisme sur ce cimetière musulman. Dans ce coin du monde, les frontières et les cultures sont intriquées. Vers l’est à 80 km, la frontière chinoise. Vers le sud à 45 km, le col de Kizil Art (4280 m) à la frontière Tadjike. Nous allons vers l’ouest en direction du Pic Lénine (7134m) en descendant la majestueuse Alay valley où coule la Kizil Suu, dont je sais que nous devrons la traverser, ce qui me m’inquiète un peu vu son aspect.. A Sari-Mogol nous tournons vers le sud, et un joli pont nous rassure aussitôt ! Nous sommes à 3000 m et il y a plein de marmottes ! Nous suivons un moment la piste qui mène au camp de base du Pic Lénine puis prenons à gauche vers le Tulpar Lake, en rive droite de la rivière, où aucun permis n’est requis. Nous dépassons une ferme (ou de jeunes enfants tendent la main pour des bonbons, nous n’aurons cela nulle part ailleurs au K.) Nous dépassons le lac et les quelques yourtes touristiques qui le bordent pour piqueniquer un peu plus haut avant de partir randonner vers le haut de la vallée. A droite le Tulpar Lake, devant la voiture et dans la vallée une passerelle permettant d’accéder à pied au camp de base. Il y a de quoi accueillir des dizaines d’alpinistes, dans un certain confort. Le temps est mitigé et il nous faut un peu motiver les troupes pour aller jusqu’au bout du sentier. Bien nous en a pris, nous sommes en face de la moraine glaciaire, en surplomb de la confluence de 2 rivières colorées. On distingue un des 3 ou 4 camps intermédiaires pour aller au sommet (sans doute le camp 1) et plus haut on distingue une trace avec 2 petites silhouettes qui crapahutent. Restons plutôt du côté des fleurs ! On traine un peu espérant que le sommet se dégage, en vain… Demi-tour… Nous trouvons un beau coin de bivouac, près d’un ruisseau avec vue sur le Pic Lénine…sous les nuages. Belles lumières orageuses de fin de journée mais finalement à peine 3 gouttes. Samedi 21 Juillet Le soleil se lève vers 6h00 dans un ciel parfaitement pur… A l’extrême droite notre tente, on aperçoit la dizaine de yourtes touristiques du Tulpar Lake. J’ai repéré une autre belle vallée à l’est de celle où nous avons dormi. Une piste permet de la rejoindre. Il y a des marmottes partout (on ne se les signale même plus) et aussi un beau troupeau de yaks. Petit problème technique avec l’appareil photo qui a pris des libertés artistiques, pff… Très belle vallée qu’il faudrait explorer plus avant… Retour sur Sari Mogol ou de bon matin un groupe chante et danse… Pause déjeuner en redescendant du col Taldiik Ashuu, encore des yaks. Nous reprenons la M41 vers Gülchö (délicieux abricots vendus au seau pour 3 fois rien ! C’est étonnant d’avoir en même temps -certes pas au même endroit- des framboises et des abricots. Nous aurons même des pommes !) Puis à nouveau la route pénible vers Jalal-Abad avant de bifurquer vers Kazarman, à l’est. La piste est peu roulante…on trouve miraculeusement un coin plat avec ruisseau dans le début de la montée vers le col de Kok Art (3335m). Nous sommes visibles de la piste (certes peu fréquentée) mais ne seront pas dérangés. Les gens répondent à notre salut et continuent leur route tranquillement. C’est bien agréable ! Je ne sais pas dire si c’est de la timidité, de la politesse ? Dimanche 22 Juillet Nous reprenons la montée, sur une piste très poussiéreuse et abimée par le passage de camions lourdement chargés de fûts d’aspect peu engageant (je pense qu’ils vont à la mine d’or de Mak Mal au sud de Kazarman) Kazarman, si elle abrite quelques immeubles décrépits, n’est pas si moche que décrite dans le Bradt. Il y a de la verdure, de l’essence et plusieurs commerces dont un supermarché pas trop mal achalandé. Le fond de la vallée que nous suivons jusqu’à Kara-Bulung, baigné par la Narin, évoque une oasis. La région est très agricole et même si nous avons aperçu qq antiques moissonneuses batteuses, la moisson se fait souvent à la faux ! Nous quittons ensuite la vallée fertile en direction du col de Kara-Koo (2625m) Un peu avant celui-ci nous faisons une pause pique nique dans le lit d’une rivière cristalline, à l’ombre d’un cottonwood, au pied de falaises d’un ocre qui nous évoque à tous une fois de plus l’ouest américain. La diversité des paysages nous émerveille ! Il suffit de changer d’altitude, de vallée pour changer de tableau : vert, rouge, jaune ou noir, croupes ondulées, pics acérés, plateaux entaillés de canyons, rivières multicolores. Les villages ne sont pas vilains, toujours très arborés (je trouve que les peupliers sont vraiment l’Arbre de l’Asie Centrale), les maisons décrépies mais pas misérables. Et partout, sauf vraiment dans les endroits les plus reculés, des troupeaux et leurs bergers qui vivent en yourtes, du moins durant la saison estivale. En hiver, il fait très froid, jusqu’à moins 30°C ! On se demande où vont tous ces animaux durant l’hiver ? En tout cas, les réserves de foin sont abondantes, mais les troupeaux immenses ! La présence de ces yourtes implique un réseau de pistes très développé, et sauf quand elles sont détériorées par un passage intensif, elles sont généralement en bon état (rien à voir avec la Mongolie) Elles permettent d’accéder à des vallées perdues, uniquement fréquentées par le bétail et les bergers. Il faut passer au-dessus de 3000 voire 3500 m pour voir des marmottes et des yaks, c’est leur domaine. La population génère très peu d’ordures et nous avons du mal à trouver…des poubelles ! Alors nous profitons du lit de la rivière jonché de bois flotté pour en faire une petite flambée. Après le col, nous redescendons vers la Narin et sa verdure, toujours entourée de badlands. A Jangi Talap, nous jetons un œil à un ancien caravansérail restauré et faisons un bref aller-retour à Ak Tal pour un plein d’essence. Ensuite nous repartons vers le nord en direction du Lac Son Kul : la piste remonte doucement la jolie vallée de la Kurka puis s’élève brutalement vers les alpages. La grimpette est raide mais charmante, au milieu des sapins et des fleurs de montagne. L’arrivée au lac est grandiose : nous sommes à 3000 m, et les sommets qui nous entourent 4000m. Des milliers d’animaux paissent sur ses rives. Les yourtes sont nombreuses mais pas tant que je le craignais car l’endroit est un des « marronniers » de tout voyage au Kirghistan. Il reste de la place ! Après avoir installé le camp, les filles reprennent la voiture pour aller négocier une rando à cheval pour le lendemain. C’est OK pour 8h, 1000 Som (13 euro) pour 2 chevaux pendant 2h. Lundi 23 juillet Nous déposons les filles au camp de yourtes touristiques : leurs chevaux arrivent montés par les 2 bout d’choux d’une « vraie » yourte située un peu plus haut dans la montagne. Elles partent tranquillement vers les crêtes, tandis que nous prenons la voiture pour aller vers le côté est du lac. Nous découvrons d’étranges pierres alignées, avec une succession de cercles de gros cailloux dont le sens nous échappe. Si quelqu’un sait ? Le paysage ne change pas beaucoup mais c’est beau partout ! Nous récupérons les filles, un peu claquées par leur galop à 3000m ! Puis nous redescendons vers Ak-Tal, en faisant une petite pause pique nique au pied du col près de la Kurtka (très bon coin de bivouac !) On continue ensuite en direction de Baetov, où nous reprenons de l’eau à une sorte de fontaine (il s’agit plutôt d’un tuyau sortant du sol que l’on repère grâce aux gens qui viennent s’y désaltérer ou faire le plein de gros bidons, car il semble que toutes les maisons n’ont pas l’eau courante) Faire le plein d’eau n’est pas si simple que je l’aurais cru au Kirghistan, où les rivières sont certes nombreuses, mais souvent en aval de gros troupeaux, et/ou souvent très limoneuses car d’origine glaciaire. Dans tous les villages ou presque on trouve donc ces « tuyaux » qui délivrent une eau que nous avons supposée potable. Nous avons aussi parfois fait le plein (d’eau !) dans des stations services (parfois avec un infect goût de plastique en particulier à Kazarman) Nous avons systématiquement traité l’eau des ruisseaux (avec de l’Aquatabs) et nous n’avons pas été malades. Nous avons mangé profusion de fruits (abricots, pommes) et légumes (tomates, oignons, pommes de terre, concombre) et beaucoup d’œufs (comme en Mongolie, garder précieusement les boites des œufs achetés dans la capitale car ensuite, les œufs sont vendus « tous nus » ) ! Aucun problème non plus.
Après Baetov, nous replongeons dans l’ouest américain et c’est la découverte inattendue de ce vieux caravansérail qui nous ramène en Asie ! Plus loin nous dépassons une ferme qui semble abandonnée avant de commencer l’ascension du col de Börülü (3262 m). La piste est époustouflante, de bonne qualité et il n’y a personne ! On a une pensée émue pour tous ces cyclistes croisés sur l’abominable M41 au nord de Gülcho…. Après le col, quel contraste entre les doux vallons verdoyants et cette haute falaise grise dont le soleil révèle les moindres détails ! La piste redescend vers le hameau de Orto Sirt et la vallée de la Terek. J’ai repéré une piste qui continue de l’autre côté vers l’ouest que l’on distingue sur cette photo. Nous traversons la Terek et continuons vers l’ouest en grimpant dans les alpages. La piste est excellente, ne dessert pourtant que quelques yourtes éparses et une ferme plus haut dans la montagne, que nous dépassons pour finalement nous poser au bord d’un ruisseau, en fond de vallée, au pied de ce glacier. Comme souvent au K, les anciennes moraines sont végétalisées et ça donne un aspect tout-à-fait original au paysage. Nuit paisible à 3000 m, c’est l’altitude idéale pour dormir sans avoir trop chaud !
Mardi 24 Juillet En traversant la Terek hier, nous avons remarqué qu’elle s’écoule au nord du gué dans une jolie gorge que nous avons envie d’explorer. Nous la retraversons donc, la longeons sur sa rive droite presque jusqu’à l’entrée de la gorge et découvrons par hasard une source captée, ça tombe bien ! Nous nous y garons et continuons à pied, pas bien loin hélas car c’est trop accidenté. Bonne petite balade matinale rafraichissante cependant ! Nous reprenons la piste vers le sud, en rive gauche cette fois et nous rapprochons de cette fascinante falaise. On se régale ! Après l’avoir contournée par le col de Kulak(3390 m), nous trouvons une piste qui permet de se rapprocher de sa face sud-est, hélas vite interrompue par le lit effondré d’une rivière. Ce coin mériterait vraiment une exploration plus approfondie mais il est midi, il fait chaud et soif : petite pause piquenique et on envoie le drone à notre place ! Le soleil au zénith n’est pas l’idéal mais il nous semble distinguer plein de jolis tipis (un peu comme certaines formations rencontrées dans l’ouest US, certes moins colorées) Nous sommes inspectés par quelques vautours curieux qui profitent des ascendances. Recharge de la batterie de l’appareil photo directement sur la batterie car en route la prise allume cigare a déjà du boulot : smartphone qui nous sert de GPS, batteries du drone, de sa télécommande, gopro, routeur internet et tutti quanti ! Il nous nous reste ensuite qu’à redescendre vers la routeE125 qui mène en Chine via le Torugart Pass. Nous prenons à G vers le nord et la ville de At Bashi et, comme nous passons devant, nous prenons la piste qui mène au caravansérail de Tash Rabat (autre marronnier), entouré de diverses yourtes commerciales et petits commerces. Il nous a laissés assez indifférents. Après qq courses à At Bashi (il faut en moyenne faire 2 ou 3 boutiques pour trouver des fruits, du pain, des œufs, des légumes, du lai, des jus de fruit et du yaourt), nous prenons en rive gauche une piste qui longe vers l’aval la rivière at-Bashi vers le nord, au nord de la ville. Les badlands aperçu sur Google Earth m ‘avaient donné envie d’aller voir par là mais hélas, il est très difficile d’approcher de la rivière car les pistes secondaires sont souvent effondrées. Il existe une autre piste en rive droite, peut-être est-elle plus propice ? Bref ! demi-tour pour l’amont de la même rivière, plus à l’est où j’ai repéré (toujours sur les vues satellites) de jolies gorges. Nous longeons la rive nord de l’At Bashi et contournons par l’est le massif de At Bashi Kirka. Ensuite nous prenons une piste qui remonte la rivière en rive gauche dans une très jolie vallée parsemée de yourtes. Nous la remontons sur une trentaine de km, jusqu’à surplomber un pont qui permet de passer en rive droite puis de continuer vers l’est, sans doute à perpète (encore un coin à explorer !) Mais la portion de piste qui descend au pont n’inspire pas Fred et le temps est à l’orage alors nous préférons ne pas descendre au bord de la rivière et camper un peu plus haut. Le pont est juste en aval de la confluence entre les rivières At Bashi la rouge et Balikti la bleue. 3 orages et beaucoup de pluie durant la nuit ! La tente a tenu le choc, faut dire qu’elle a déjà fait ses preuves en Islande ! Mercredi 25 Juillet Petite balade matinale en remontant les gorges de la Balitki, puis nous reprenons la piste cette fois vers l’ouest. Quel peut bien être ce système de balancier près de cette yourte ? Après Bosogo, nous repassons en rive droite de l’At Bashi, traversons le village de Ak-Muz, puis son cimetière ( !) avant de continuer jusqu’à Naryn où nous refaisons qq courses. Bien malin qui pourra deviner ce qu’on vend là-dedans ! Nous allons maintenant rejoindre en 2 jours le lac Issik Kul en prenant la piste qui file de Narin vers Tosor (environ 200 km) Vallée très agricole sur les 20 premiers km, la moisson bat son plein ! Nous piqueniquons à la confluence entre Kichi Narin la bleue et Chong Narin la grise, près de ces yourtes inoccupées. Puis nous remontons des gorges, où nous rencontrons des russes équipés de kayaks (sur le toit !) en phase de reconnaissance de la rivière. Le débit est fort mais il y a très peu d’obstacles et ce sur des dizaines de km : avec un très bon niveau de kayak, ça doit être fantastique ! Un e fois franchies les gorges, nous sommes à 2500 m et le paysage, ouvert, grandiose et paisible à la fois s’élève en pente douce jusqu’à la source chaude de Jiluu Suu à 3000 m : cette portion de piste est splendide ! Rencontre avec des yaks… Et même avec un chameau ! On s’arrête pour le gratouiller car il a une bonne tête et les enfants qui jouaient un peu plus haut nous rejoignent. L’ainé ne se fait pas prier pour escalader la bestiole, tout fiérot ! Voilà où habitent les enfants. Ce sont les grandes vacances et il y a de la marmaille partout ! Nous arrivons aux sources chaudes en fin de journée et c’est un peu la foule ! Le bain n’est pas bien grand et ne peut accueillir que 4 personnes à la fois. On continuer la piste sur 1 ou 2 km pour se trouver un coin tranquille au bord de la rivière Üch Emchek, encore une fois au pied d’un glacier. Nuit paisible à 3000 m.
Jeudi 26 Juillet Nous refaisons le plein d’eau dans un torrent d’eau claire puis démarrons de cet endroit la rando vers le Techik Kol, un lac d’altitude situé au-dessus de la source chaude. On tâtonne un peu avant de trouver cette antique passerelle pour traverser le torrent. En contrebas, on aperçoit les « cyclistes courageux » qui quittent le camp, les cyclistes « fainéants » accompagnés d’un véhicule d’assistance qui roupillent encore (mea culpa, cycliste et fainéant c’est antinomique !) et les cavaliers russes (avec la Lada Verte) qui se lèvent tranquillement. La montée (en partie sur une ancienne piste ce qui gâche un peu le paysage) se fait tranquillement. Curiosité géologique : un lac se déverse dans un autre via un torrent au bon débit et voilà ! Pas d’issue visible à ce lac pour l’empêcher de déborder ! Voilà le lac et la passerelle de l’ancienne piste (en partie effondrée) est toujours présente. En redescendant nous croisons les cyclistes « fainéants » russes (à pied sauf un) et les cavaliers russes (à cheval) qui je pense vont continuer vers l’ouest par cette ancienne piste. Fred et les filles redescendent tout schuss tandis que je prends mon temps. Ils veulent se baigner avant que tout ce petit monde ne redescende. Finalement les filles devront patienter un peu le temps que des hommes musulmans et surtout tous nus finissent d’infuser. Fred se joint à eux mais l’eau à 43°C ne lui permet pas de tremper bien longtemps. Je m’abstiens, pas fan du béton, de la promiscuité et de l’eau brûlante. On a pu se laver tous les jours, puisque nous avons toujours campé au bord de l’eau, quitte à faire chauffer un peu d’eau sur le réchaud. Mes troupes bien ramollies par leur baignade, nous reprenons la piste vers le col de Tosor. A l’est de la source chaude, elle devient bien moins roulante car elle flirte avec le lit d’une rivière et traverse aussi plusieurs pierriers. Nous hésitons un peu lors d’un gué pas mal creusé par le courant et recevons l’aide bienvenue d’un kirghize qui habite la yourte juste au-dessus qui nous conseille un passage un peu en aval. Sympa ! Plus loin pas de gué difficile, l’eau est claire et il n’y a pas plus de 30 cm. Les vallées glaciaires perpendiculaires à la nôtre se succèdent, très austères avec ce temps. Un peu plus haut dans la vallée nous sommes intrigués par la présence de formes humanoïdes perchées sur des piquets, mi figures chamanoïdes mi épouvantails…. Il s’agit en fait d’une originale opération markéting orchestrée par cette petite famille kirghize pour capter l’attention des touristes, à la fois amusés et étonnés de croiser cette petite boutique volante dans ce coin perdu ! Ils ont bien mérité qu’on leur achète qq babioles ! La yourte fait aussi restaurant mais nous déclinons la proposition car on n’avance vraiment pas vite sur cette mauvaise piste ! Bien nous en a pris car les choses se corsent encore dans la montée vers le col. Nous dépassons qq cyclistes russes à l’agonie puis les copains plus fringants qui les attendent au col en se caillant. Il est situé à 3893 m au niveau d’un glacier. Il pleuviote, il y a du vent, on les plaint d’autant plus que le bivouac est impossible encore avant plusieurs km. Nous passons enfin sous les nuages et apercevons le lac Issyk Kul (162 X 80 km, 668 m de profondeur) et les montagnes sur sa rive nord. La descente, jolie, nous semble toutefois interminable (le lac est à 1600 m) après cette longue journée. J’ai repéré une presqu’île au nord-est de Tosor qui semble propice au bivouac : il s’agit en fait d’un « camping » sans aucun aménagement, il faut juste payer l‘équivalent de qq euro à la yourte située au début de la piste. Le coin semble connu puisque pour une fois nous ne sommes pas seuls mais l’endroit est assez grand pour que chacun garde sa tranquillité. Il y a qq cyclistes et des Russes et des Kazakhs venus pour pêcher et faire du windsurf. On se pose côté lagune avec la vue sur les montagnes de la rive sud. Bel orage de fin de journée qui passera à côté finalement.
Vendredi 27 juillet Nuit calme bien qu’un peu chaude. Nous sommes tout près du Fairy tale ou Skazka canyon, autre marronnier, dont je n’attends pas grand-chose et qui finalement est très plaisant. Il faut dire que nous y sommes à 8h et que nous y serons tranquille jusqu’à 9h passées. Ensuite les gens arrivent, par lots de 18 en Marchroutka… Le site est assez étendu finalement et nous n’avons pas pu tout explorer car la chaleur monte vite et la belle lumière ne dure pas. Donc venir très tôt ! On a payé (50 som-0,6 €/personne) en sortant. Comme il est tôt nous décidons d’aller chercher un peu de fraicheur en remontant la Vallée de Barskoon jusqu’au col de Ara bel d’où part une vallée désertique parsemée de petits lacs d’altitude. La piste est excellente, arrosée pour éviter la poussière, ça nous change d’hier. Nous dépassons un convoi d’une dizaine de gros camions citernes, siglés Kumtor. C’est la mine d’or gérée par des Canadiens beaucoup plus haut dans la montagne. Nous passons devant la cascade de Barskoon où la profusion de yourtes commerciales nous décourage. Une photo de loin suffira ! Plus haut nous sommes malheureusement obligés de faire demi-tour à une sorte de check point gardé par des hommes portant l’uniforme de la Kumtor. Niet, impossible d’aller plus loin. Pourquoi ? On redescend pour se poser au bord du lac, un peu à l’ouest de Skazka Valley. Nous allons y buller toute l’après-midi (et y prendre qq coups de soleil pour certaine !) C’est amusant de voir tous ces gros cumulus se former à la périphérie du lac sur les sommets des montagnes. En fin d’après-midi nous repartons vers l’ouest (la route goudronnée sur la rive sud du lac est très « ondulante », bien pire que pas mal de pistes) Il fait chaud, c’est vendredi, il y a du monde à la plage ! Petit arrêt à Bokonbaïevo, où ici comme ailleurs nous sommes étonnés de voir ces portraits (plein de personnages différents) accrochés aux réverbères ? Aucune idée de leur signification ? En approchant de Balitchky à l’extrémité est du lac, je me rends compte que la région est beaucoup plus urbanisée et qu’il va être difficile de trouver un coin de bivouac agréable. Pour 4800 som (60 €), nous prenons 2 jolies chambres à l’hôtel Azimut à l’entrée ouest de la ville. Ils acceptent de nous servir le petit-déjeuner dès 7h car nous allons demain faire une balade dans un canyon et vu la chaleur, je préfère démarrer tôt. Pour dîner, nous allons au Smack café et testons quelques plats « typiques » : intérêt plus documentaire que gustatif. Par contre la glace à la pistache est un délice !
Samedi 28 juillet Nous avons bien dormi, les filles ont eu trop chaud (pas de clim et trop de bruit pour ouvrir la fenêtre) A 8h nous commençons la rando dans le Konorchek Canyon (1/2h de route depuis Balitchky) Le début est assez moche et ingrat, puis la vallée se rétrécit et se transforme en canyon avec qq ressauts à escalader. Après 1h de marche on débouche sur une large vallée cernée de badlands. Un petit coup de drone pour cerner les coins les plus intéressants : à gauche toute (donc vers le sud) en remontant le wash. Pas mal de formations tarabiscotées ! De là-haut on aperçoit des collines colorées que nous essayons d’atteindre en remontant un autre canyon, longuet car très sinueux. Finalement nous renonçons peu avant le but car le ciel noircit et ça tonne au loin. Demi-tour sur un bon rythme donc. Arrivés à l’entrée du 1er canyon, nous croisons pas mal de monde (Japonais, Anglais) accompagnés de guides locaux, qui montent en dépit de l’orage. Il y a certes pas mal d’endroits où s’échapper du fond du canyon, mais ce n’est pas possible partout… Money is money… Au total, rando d’un assez mauvais rapport effort/intérêt. Sans doute exagérément promue du fait de sa proximité avec Bishkek et l’Issyk Kul. Dans le même genre, nous faisons sur la route vers Bishkek un détour par la Burana Tower, vantée dans tous les guides. Bof…Enorme parking, plein de marchroutka, seul Fred a eu le courage de descendre de la voiture ! On est vraiment des sauvageons. Nous retrouvons avec plaisir notre hôtel de Bishkek et sa clim (4800 som/ 60 € pour une grande chambre de 4 avec kitchenette et SDB et clim). Cette fois nous commandons à temps pour dîner sur place ! Nous faisons les bagages tandis que Fred va faire laver la voiture (intérieur / extérieur) Excellent dîner sur place, on se régale ! (pour environ 6 ou 7 euro/personne) Dimanche 29 juillet Nous quittons l’hôtel à 7h00. Ils nous ont préparé des breakfast box, très bons) Nous retrouvons Sergeï à 7h30 sur le parking de l’aéroport. Après une rapide inspection, il me rend ma caution (340 €) et la ristourne promise (120 €) Notre avion décolle à 10h30 et après une courte escale à Istanbul nous atterrissons à Bâle vers 17h00. On a ENCORE crevé de chaud avec Turkish Airlines…pfff… Et il fait 37°C en arrivant ! Conclusion : Superbe voyage ! Paysages fantastiques, population discrète et très accueillante ! On a adoré !
Budget pour 2 semaines à 4 Avion pour 4 : 1800 € Location de 4X4, inclus 300 km/j (on a fait 3000 km) : 1070-120 = 950 € 3 nuits d’hôtel à 4 : environ 180 € Sur place (bouffe, essence +/- 0,6 €/l) : 420 € Total : 3350 € soit 840 €/personne.
Quelques jours à Bamiyan
L'Afghanistan, c'est un rêve, pour moi comme pour d'autres, depuis des années.
J'ai choisi d'y vivre, engagée dans une ONG avec laquelle j'ai signé un contrat d'un an. Fière de l'action qu'on y mène, et rêvant de pouvoir me balader dans le pays à la moindre occasion.
J'ai eu une chance inouïe: celle de passer 5 jours de vacances en son cœur, la région de Bamiyan, avec des amis. J'en suis revenue juste.... heureuse.
Le contexte : Nowruz.
Nowruz signifie littéralement ¨Nouvelle année¨ en persan. C’est une grande fête d’origine préislamique, célébrée chaque année le jour du printemps chez de nombreux peuples du Moyen-Orient et d’Asie Centrale : Perses, Kurdes, Turkmènes, Afghans, Ouzbeks, Azéris…
Les jours qui précèdent le 21 mars sont l’occasion de préparatifs fiévreux : on retire les bokharis, on nettoie la maison de fond en comble, on fait des courses de fruits secs et de vêtements neufs… La nuit de Nowruz, les gens allument de grands feux par-dessus lesquels ils sautent pour symboliser le passage à la nouvelle année.
Le jour de Nowruz, on pose sur la table les Haft sin (les sept « s ») : sept objets dont le nom commence par la lettre « sin » en persan : pommes, ail, germes de blé, pièces, sumac… Et bien sûr, un bon repas familial est organisé.
En Afghanistan, le plus gros de la fête se passe à Mazar-e-Sharif, au tombeau d’Ali : chaque année, des centaines de milliers d’Afghans, principalement chiites, s’y réunissent pour le djanda bâla : la levée du drapeau. Conjuguer fête païenne et fête religieuse, voilà un tour de force qui n’a pas manqué de me surprendre ! Malheureusement, impossible pour nous de nous y rendre car les risques d’attentats par les « garants de la foi pure » n’étaient pas négligeables.
Plus tristes encore, la plupart des afghans n’ont pas pu fêter Nowruz comme ils le souhaitaient, dans les parcs et les jardins, à rendre visite à leur famille élargie, tant les risques d’attentats leur semblaient élevés… De la réalité de vivre dans un pays en guerre.
Nous-même, à Bamiyan, avons eu deux jours de restrictions, avec comme consigne d’éviter soigneusement les rassemblements car des illuminés à ceinture explosives avaient été annoncés comme voulant gâcher la fête. Trois d’entre eux ont d’ailleurs été arrêtés la veille….
Le lieu : Bamiyan
Il y a quatre ans, en vadrouille quelque part en Asie Centrale, je découvrais, éblouie Les cavaliers de Kessel. L’ouvrage traînait pourtant depuis des années sur une de mes étagères, au rayons « à lire » mais la quatrième de couverture ne m’inspirait pas plus que ça. Et pourtant, dès que je commençai à le lire, émerveillement et obsession de l’Afghanistan émergèrent au fond de mes tripes. Kessel faisant la part belle à la région de Bamiyan, je décidai de l’embarquer avec moi pour ce séjour au cœur de l’Afghanistan. C’est donc avec régal que je vous recopie ci-dessous, en italique, quelques passages correspondant aux lieux les plus marquants de cette région….
Bamiyan a en effet l’extrême bon goût d’être à la fois la région la plus sûre d’Afghanistan, de conserver des traces d’un passé des plus fascinant, et d’offrir des possibilités de vadrouille très variées à ses visiteurs contemporains. Et même sans ces friandises, avoir la possibilité de marcher, oui simplement marcher, du bazar à la guesthouse qui nous accueille, juste chaperonnés par un mahram masculin qui peut être occidental…. Immense félicité, en vérité.
Shar-e-Gholghola

Fatigués en une fin de journée passée à marcher, pressés par des nuages menaçants qui obscurcissent le ciel, nous décidons tout de même d’y faire un détour, plus pour reculer l’heure du retour au bercail que par réelle fascination. Et pourtant, pourtant…. Quel spectacle incroyable s’offrit à nous, dressés sur ses ruines…
« La vallée de Bamiyan apparut d’un seul coup.
Sur son seuil, les voyageurs s’arrêtèrent encore. Cette fois, leur surprise n’était qu’enchantement. Une oasis immense, presque fabuleuse pour une altitude qui approchait de mille pieds, s’étalait devant eux. Elle était toute sillonnée par le vif-argent des eaux, toute verdoyante de massifs feuillus, de bosquets, de jardins, de vergers, toute semée de hameaux. A gauche, très loin et adoucies par la lumière du soir, des montagnes sauvages chevauchaient jusqu’au ciel. Sur la droite, contre la piste, continuait de s’élever la falaise empourprée. »
Les mots de Kessel inscrits dans votre tête, imaginez-vous donc, au moment où vous arrivez au sommet d’une colline, voir les nuages qui se déchirent et qui laissent passer les derniers rayons du soleil, et au même moment la grêle s’abattre sur vos têtes et un arc-en-ciel faire une apparition légère et délicate.
Et tout ça sur les ruines d’une citadelle du XIIème siècle, ravagée par Gengis Khan assoiffé par un désir de vengeance depuis la mort dans la région de son unique petit fils. Shar-e-Gholghloa : la cité du bruit.
Devant ce spectacle, mon cœur emballé en sautait dans ma poitrine. Je me sentais légère comme une plume, portée par un enchantement enfantin. Nez offerts à la grêle, nous cherchions des qualificatifs sans en trouver qui convienne exactement. Instant de grâce…
Les bouddhas

Maintenant que vous avez une idée du panorama qu’offre la ville à qui s’aventure sur ses auteurs, passons au gros morceau, aux géants dont la destruction les a rendus plus célèbres que lorsqu’ils étaient encore sur pieds.
« Dans la vertigineuse muraille qu’ils côtoyaient, roc dressé à pic, lisse, et comme teint du sang le plus pur, ils découvrirent une ouverture aux dimensions prodigieuses. Et l’entaille n’était pas hasard naturel, mais œuvre d’homme. Elle avait la forme d’un cube que dominait une sorte de coupole. Au fond, adossé à l’ombre, veillait un être colossal. Sa stature dépassait la hauteur de trois tours de guet, l’une sur l’autre posés. Son corps emplissait tout l’abri. La tête occupait toute la coupole. L’ovale en était rond et doux et sans visage. Il avait disparu, comme tranché. Le front, dans le clair-obscur de la niche semblait, cependant, vivre et penser.
Par les récits que les conteurs, voyageurs, caravaniers en avaient fait de siècle en siècle, Ouroz, Mokkhi et Zéré elle-même savaient qu’existaient à Bamiyan des monuments immenses, élevés pour un ancien dieu du nom de Boudha. Mais après tant de fatigues et d’épreuves, ils furent terrifiés par cet être géant. Un cavalier n’était qu’un insecte infime auprès de la masse encastrée dabs la roche flamboyante. »
Les bouddhas, oh ces bouddhas, qu’on continue de nommer, qu’on continuer de visiter, même s’il ne reste plus que des cavités vides…. Face à leur immensité, on ne peut qu’être pris de vertige à l’idée de l’acharnement qu’il a fallu aux talibans pour en venir à bout.
Ces monuments datant des alentours du Vème siècle sont les plus hautes statues de bouddhas jamais fabriquées (38 et 55m). Elles témoignaient d’une époque où cette ville était le carrefour du bouddhisme dans cette région du monde : chacune des cavités qui parsèment les falaises était alors habitée par un moine, décorée de statues et de peintures vives. Et nous, sur les traces de cette époque, de grimper les marches, de passer de grotte en cavité, de scruter les parois à la recherche des traces de cette période, et d’être profondément émus par le génie délirant de l’être humain, dans sa folie créatrice comme destructrice….
Shar-e-Zohak (la cité rouge)

Je ne m’y attendais pas. Je ne me souvenais pas avoir lu sa description dans Les cavaliers, je n’avais jamais lu sérieusement mon Petit Futé Afghanistan, et je n’avais pas trifouillé sur Internet pour connaitre de manière exhaustive tout ce qu’il y a à voir dans la région de Bamiyan.
J’en suis restée scotchée.
Des forteresses, j’en ai vu au cours de mes voyages, je sais comme les anciens Moyen-Orientaux ont privilégié les pics rocheux, les à pic impossibles pour y bâtir leurs forts. Mais arrivés là-haut, tout là-haut…. Accéder à une telle palette de rouge à la convergence de trois vallées, nous en sommes restés époustouflés.
« Les voyageurs débouchèrent alors sur la gorge creusée à l’aube des siècles par la rivière de Bamiyan et là s’arrêtèrent : ils ne savaient plus ce qu’ils éprouvaient.
Le monde subitement était en feu. Les rayons du soleil couchant qui prenait en enfilade l’entaille énorme avaient moins de part dans cet incendie que la couleur de la pierre elle-même. De la base au sommet et à perte de vue, rouges étaient les murailles à pic entre lesquelles écumait et chantait la rivière. Rouges, les colonnades, frontons, portiques, reliefs et fissures. Chaque arête, chaque pli brûlait, étincelait de vermillon, de pourpre, d’écarlate. Quand la paroi était lisse, des flammes en jaillissaient, comme si elles étaient renvoyées par de gigantesque miroirs suspendus au-dessus de l’eau, au cœur des brasiers. Et les formidables ruines de l’ancienne cité forte qui dominait la gorge, haussée sur un piédestal de roc et tirées de sa flamboyante substance, semblaient un bûcher allumé depuis tous les temps passés et pour ceux à venir. »
Datant des XIIème et XIIIème siècle, la citadelle protégeait l’entrée de la cité de Bamiyan. Ce furent donc elle que les mongols trouvèrent en premier sur leur passage lors de leur terrible conquête afghane, ce fut cette bataille qui provoqua la mort du petit-fils de Gengis Khan et entraina les représailles que je vous ai décrites plus haut.
Les ruines restent superbes, l’emplacement majestueux, et la vue époustouflante. Nous y passâmes un moment enchanté, à dominer le monde les cheveux au vent et à se prendre en photo sous toutes les coutures.
Darya Adjahar (la vallée des dragons)

La vallée des dragons, c’est une curiosité géologique mêlant croyances anciennes et islamique.
Dans les temps anciens, un dragon terrorisait les habitants de cette vallée, brûlant tout jusqu’à ce que le roi noue un pacte avec lui : tranquillité retrouvée contre livraison d’une jeune fille par jour. Cela dura jusqu’à ce que la demoiselle promise au dragon soit la fiancée d’Hazrat Ali, le cousin de Mahomet. Bien sûr, le valeureux se présenta épée au poing et entama un combat avec la bête d’où il sortit victorieux. D’un coup d’épée, il le fendit dans sa longueur et le dragon s’abattit sur le sol, du sang jaillissant de sa tête.
Aujourd’hui, on peut voir sur la ligne de crête une fissure de 30 m de long qui aboutit à une source d’eau gazeuse qui teinte la roche sous elle.
Et sur ses contreforts, un mausolée où les habitants du coin se réunissent en ce jour de fête pour pratiquer le djanda bâla. Moment heureux où nous sommes intégrés à la vie locale, où nous engageons la discussion avec les femmes, photographions les gosses et partageons les friandises.
Band-e-Amir

Idée intolérable que celle d’aller en Afghanistan et, peut-être, d’en repartir sans avoir vu ces fameux lacs. C’est ce qui est arrivé à notre ancien chef de mission, et je ne pouvais supporter l’idée que cela puisse se produire pour moi aussi. J’y suis allée donc, et quels souvenirs !
« Malgré la douceur de la lumière du soir, Ouroz ferma les yeux, pareil à un avare qui tombe soudain sur un monceau de pièces d’or et y plonge les doigts aussitôt, pour s’assurer, quoi qu’il arrive, au moins d’une poignée. ¨Si même c’est un mirage d’un instant, je garderai ce que j’ai aperçu¨, se disait Ouroz, les paupières serrées.
Elles se levèrent craintivement et restèrent grandes ouvertes sans ciller. Ce n’était pas un mirage.
De la plage grise où s’était arrêté Jehol, une fissure colossale, gardée sur ses deux flancs par des falaises rouges s’évasait et s’élevait sans cesse vers l’indécise et lointaine frontière du ciel. Cette immense crevasse appartenait toute entière au royaume des eaux. Et si étrange était ce royaume que la raison ne pouvait pas comprendre qu’il existât.
Car l’onde qui accourait de la ligne de crête, au lieu de filer et bouillonner, ainsi qu’elle aurait dû, sur la pente, s’arrêtait soudain – pourquoi et contre quel obstacle ? - et devenait paisible, un étale miroir. Elle ne restait pas inactive pour autant. Sous la surface immobile et lisse, elle filtrait à travers bord, glissait le long de canaux souterrains et, juste au bord du premier bassin, en composait un nouveau que retenait à nouveau une invisible digue. Là, point de repos. L’invisible et merveilleux cheminement reprenait son cours. Le flot du Band-Y-Amir inondait, emplissait, l’un après l’autre les réservoirs ajustés comme des marches. La dernière avait pour seuil la plage qui portait Ouroz ».
Band-e-Amir ne s’est pas présentée ainsi à nous. Fin du printemps, altitude supérieure à 3000m, nous arrivons dans un territoire blanc. Le ciel chargé, nous nous engageons sur la neige gelée afin d’arriver au-dessus des lacs. A peine partis, le ciel se découvre, le bleu s’étire, et nous en prenons plein les yeux avec ces superbes montagnes gelées. Surplomber le lac gelé est terriblement émouvant : une grande étendue de glace emprisonne les eaux gelées, on y voit même un renard s’y promener. A un endroit, où peut être l’eau est plus vive, on voit un trou d’eau bleu profond, un autre d’eau verte. Les lacs succèdent les uns aux autres, le ciel nous fait la fête, nous y sommes, nous nous promettons d’y retourner en été, et nous en profitons, ébahis.
Et puis vient l’heure du retour. Il fait beau, donc, vous l’avez compris. Et donc, forcément…. La neige fond. Et nous nous retrouvons à ne pas pouvoir faire trois pas sans s’enfoncer jusqu’aux genoux, jusqu’à mi-cuisse, jusqu’à ne pas pouvoir toucher le sol même ! Explosions de rire, et en même temps épuisement des forces, nous nous félicitons de n’être pas partis trop loin, le retour est bien assez long comme ça…
Finalement, nous nous approchons de l’étendue d’eau gelée, nous faisons confiance à des gamins qui nous assurent qu’on peut s’y aventurer, et en effet, la glace est solide sous nos pieds. Pour la première fois de ma vie, je marche sur un lac gelé ! Nous nous extasions, mais nous commençons à sentir notre peau du visage qui tire…
Hé oui…. Altitude + soleil + neige + oubli de crème solaire = de méchants coups de soleil sur tout le visage. Quelques jours après, nous changerions entièrement de peau, par petits bouts, pétrifiés de honte devant nos collègues. Leçon apprise ! Mais aucun regret.
Et le bonus…
Une balade en raquettes….

Nous devions marcher deux petites heures pour aller « de vallée en vallée » mais…
Il s’est avéré que le guide qui devait nous accompagner était en fait au bazar de Bamiyan. Le vieux du village nous a confié à un ado d’une quinzaine d’année ne parlant pas un mot d’anglais, chargé donc de nous escorter à travers les montagnes. Mais nous avions perdu du temps dans cette affaire, et une de nos amies, prise de panique et d’asthme, ne s’est pas sentie d’aller jusqu’au bout. Nous avons donc dû retourner sur nos pas et siroter le thé au bord du chemin en attendant le retour de notre chauffeur, parti pour la deuxième vallée. Dommage !
Une balade à cheval

LA décision irraisonnable de la semaine : alors que nous ne savons pas chevaucher, monter sur des chevaux ayant participé à un bozkachi la veille et partir en balade sur les chemins d’Afghanistan, sans casque sur la tête.
Au début tout allait bien, je me souvenais de mes sensations mongoles, j’étais à l’aise. Mais un cheval a doublé le mien, qui a moyennement apprécié et est parti au galop le long de la route. Première frayeur, mais j’ai réussi à l’arrêter. C’est lorsqu’il a mis les pieds sur la terre nue d’un chemin de traverse que ma bestiole s’est échauffée. Mais pourquoi, pourquoi donc aller au pas dans un tel cadre ? Une autre amie a voulu tester le trot, ma monture n’a pu se retenir plus longtemps et est partie au grand galop, droit devant, seul dans les montagnes. Quelle trouille ! J’avais beau tirer sur les mors, il ne voulait pas m’obéir, j’ai donc fini par laisser tomber cette idée, juste préoccupée par l’idée de ne pas tomber. Notre guide a fini par me rattraper et arrêter ma monture, mais le retour s’est fait avec une cavalière toute flageolante et préoccupée par freiner les ardeurs d’une bête toute prête à remettre ça.
A l’arrivée, les propriétaires ont fait les beaux, la parade, ils ont cabré les chevaux devant nous. Je me remettais doucement de mes émotions mais je n’ai pu m’empêcher de les admirer, si habitués l’un à l’autre, si fiers et si nobles….
Il me reste encore du boulot pour devenir une vraie tchopendoz, mais sacré souvenir !
« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. » Christophe Colomb
Le contexte : Nowruz.
Nowruz signifie littéralement ¨Nouvelle année¨ en persan. C’est une grande fête d’origine préislamique, célébrée chaque année le jour du printemps chez de nombreux peuples du Moyen-Orient et d’Asie Centrale : Perses, Kurdes, Turkmènes, Afghans, Ouzbeks, Azéris…
Les jours qui précèdent le 21 mars sont l’occasion de préparatifs fiévreux : on retire les bokharis, on nettoie la maison de fond en comble, on fait des courses de fruits secs et de vêtements neufs… La nuit de Nowruz, les gens allument de grands feux par-dessus lesquels ils sautent pour symboliser le passage à la nouvelle année.
Le jour de Nowruz, on pose sur la table les Haft sin (les sept « s ») : sept objets dont le nom commence par la lettre « sin » en persan : pommes, ail, germes de blé, pièces, sumac… Et bien sûr, un bon repas familial est organisé.
En Afghanistan, le plus gros de la fête se passe à Mazar-e-Sharif, au tombeau d’Ali : chaque année, des centaines de milliers d’Afghans, principalement chiites, s’y réunissent pour le djanda bâla : la levée du drapeau. Conjuguer fête païenne et fête religieuse, voilà un tour de force qui n’a pas manqué de me surprendre ! Malheureusement, impossible pour nous de nous y rendre car les risques d’attentats par les « garants de la foi pure » n’étaient pas négligeables.
Plus tristes encore, la plupart des afghans n’ont pas pu fêter Nowruz comme ils le souhaitaient, dans les parcs et les jardins, à rendre visite à leur famille élargie, tant les risques d’attentats leur semblaient élevés… De la réalité de vivre dans un pays en guerre.
Nous-même, à Bamiyan, avons eu deux jours de restrictions, avec comme consigne d’éviter soigneusement les rassemblements car des illuminés à ceinture explosives avaient été annoncés comme voulant gâcher la fête. Trois d’entre eux ont d’ailleurs été arrêtés la veille….
Le lieu : Bamiyan
Il y a quatre ans, en vadrouille quelque part en Asie Centrale, je découvrais, éblouie Les cavaliers de Kessel. L’ouvrage traînait pourtant depuis des années sur une de mes étagères, au rayons « à lire » mais la quatrième de couverture ne m’inspirait pas plus que ça. Et pourtant, dès que je commençai à le lire, émerveillement et obsession de l’Afghanistan émergèrent au fond de mes tripes. Kessel faisant la part belle à la région de Bamiyan, je décidai de l’embarquer avec moi pour ce séjour au cœur de l’Afghanistan. C’est donc avec régal que je vous recopie ci-dessous, en italique, quelques passages correspondant aux lieux les plus marquants de cette région….
Bamiyan a en effet l’extrême bon goût d’être à la fois la région la plus sûre d’Afghanistan, de conserver des traces d’un passé des plus fascinant, et d’offrir des possibilités de vadrouille très variées à ses visiteurs contemporains. Et même sans ces friandises, avoir la possibilité de marcher, oui simplement marcher, du bazar à la guesthouse qui nous accueille, juste chaperonnés par un mahram masculin qui peut être occidental…. Immense félicité, en vérité.
Shar-e-Gholghola

Fatigués en une fin de journée passée à marcher, pressés par des nuages menaçants qui obscurcissent le ciel, nous décidons tout de même d’y faire un détour, plus pour reculer l’heure du retour au bercail que par réelle fascination. Et pourtant, pourtant…. Quel spectacle incroyable s’offrit à nous, dressés sur ses ruines…
« La vallée de Bamiyan apparut d’un seul coup.
Sur son seuil, les voyageurs s’arrêtèrent encore. Cette fois, leur surprise n’était qu’enchantement. Une oasis immense, presque fabuleuse pour une altitude qui approchait de mille pieds, s’étalait devant eux. Elle était toute sillonnée par le vif-argent des eaux, toute verdoyante de massifs feuillus, de bosquets, de jardins, de vergers, toute semée de hameaux. A gauche, très loin et adoucies par la lumière du soir, des montagnes sauvages chevauchaient jusqu’au ciel. Sur la droite, contre la piste, continuait de s’élever la falaise empourprée. »
Les mots de Kessel inscrits dans votre tête, imaginez-vous donc, au moment où vous arrivez au sommet d’une colline, voir les nuages qui se déchirent et qui laissent passer les derniers rayons du soleil, et au même moment la grêle s’abattre sur vos têtes et un arc-en-ciel faire une apparition légère et délicate.
Et tout ça sur les ruines d’une citadelle du XIIème siècle, ravagée par Gengis Khan assoiffé par un désir de vengeance depuis la mort dans la région de son unique petit fils. Shar-e-Gholghloa : la cité du bruit.
Devant ce spectacle, mon cœur emballé en sautait dans ma poitrine. Je me sentais légère comme une plume, portée par un enchantement enfantin. Nez offerts à la grêle, nous cherchions des qualificatifs sans en trouver qui convienne exactement. Instant de grâce…
Les bouddhas

Maintenant que vous avez une idée du panorama qu’offre la ville à qui s’aventure sur ses auteurs, passons au gros morceau, aux géants dont la destruction les a rendus plus célèbres que lorsqu’ils étaient encore sur pieds.
« Dans la vertigineuse muraille qu’ils côtoyaient, roc dressé à pic, lisse, et comme teint du sang le plus pur, ils découvrirent une ouverture aux dimensions prodigieuses. Et l’entaille n’était pas hasard naturel, mais œuvre d’homme. Elle avait la forme d’un cube que dominait une sorte de coupole. Au fond, adossé à l’ombre, veillait un être colossal. Sa stature dépassait la hauteur de trois tours de guet, l’une sur l’autre posés. Son corps emplissait tout l’abri. La tête occupait toute la coupole. L’ovale en était rond et doux et sans visage. Il avait disparu, comme tranché. Le front, dans le clair-obscur de la niche semblait, cependant, vivre et penser.
Par les récits que les conteurs, voyageurs, caravaniers en avaient fait de siècle en siècle, Ouroz, Mokkhi et Zéré elle-même savaient qu’existaient à Bamiyan des monuments immenses, élevés pour un ancien dieu du nom de Boudha. Mais après tant de fatigues et d’épreuves, ils furent terrifiés par cet être géant. Un cavalier n’était qu’un insecte infime auprès de la masse encastrée dabs la roche flamboyante. »
Les bouddhas, oh ces bouddhas, qu’on continue de nommer, qu’on continuer de visiter, même s’il ne reste plus que des cavités vides…. Face à leur immensité, on ne peut qu’être pris de vertige à l’idée de l’acharnement qu’il a fallu aux talibans pour en venir à bout.
Ces monuments datant des alentours du Vème siècle sont les plus hautes statues de bouddhas jamais fabriquées (38 et 55m). Elles témoignaient d’une époque où cette ville était le carrefour du bouddhisme dans cette région du monde : chacune des cavités qui parsèment les falaises était alors habitée par un moine, décorée de statues et de peintures vives. Et nous, sur les traces de cette époque, de grimper les marches, de passer de grotte en cavité, de scruter les parois à la recherche des traces de cette période, et d’être profondément émus par le génie délirant de l’être humain, dans sa folie créatrice comme destructrice….
Shar-e-Zohak (la cité rouge)

Je ne m’y attendais pas. Je ne me souvenais pas avoir lu sa description dans Les cavaliers, je n’avais jamais lu sérieusement mon Petit Futé Afghanistan, et je n’avais pas trifouillé sur Internet pour connaitre de manière exhaustive tout ce qu’il y a à voir dans la région de Bamiyan.
J’en suis restée scotchée.
Des forteresses, j’en ai vu au cours de mes voyages, je sais comme les anciens Moyen-Orientaux ont privilégié les pics rocheux, les à pic impossibles pour y bâtir leurs forts. Mais arrivés là-haut, tout là-haut…. Accéder à une telle palette de rouge à la convergence de trois vallées, nous en sommes restés époustouflés.
« Les voyageurs débouchèrent alors sur la gorge creusée à l’aube des siècles par la rivière de Bamiyan et là s’arrêtèrent : ils ne savaient plus ce qu’ils éprouvaient.
Le monde subitement était en feu. Les rayons du soleil couchant qui prenait en enfilade l’entaille énorme avaient moins de part dans cet incendie que la couleur de la pierre elle-même. De la base au sommet et à perte de vue, rouges étaient les murailles à pic entre lesquelles écumait et chantait la rivière. Rouges, les colonnades, frontons, portiques, reliefs et fissures. Chaque arête, chaque pli brûlait, étincelait de vermillon, de pourpre, d’écarlate. Quand la paroi était lisse, des flammes en jaillissaient, comme si elles étaient renvoyées par de gigantesque miroirs suspendus au-dessus de l’eau, au cœur des brasiers. Et les formidables ruines de l’ancienne cité forte qui dominait la gorge, haussée sur un piédestal de roc et tirées de sa flamboyante substance, semblaient un bûcher allumé depuis tous les temps passés et pour ceux à venir. »
Datant des XIIème et XIIIème siècle, la citadelle protégeait l’entrée de la cité de Bamiyan. Ce furent donc elle que les mongols trouvèrent en premier sur leur passage lors de leur terrible conquête afghane, ce fut cette bataille qui provoqua la mort du petit-fils de Gengis Khan et entraina les représailles que je vous ai décrites plus haut.
Les ruines restent superbes, l’emplacement majestueux, et la vue époustouflante. Nous y passâmes un moment enchanté, à dominer le monde les cheveux au vent et à se prendre en photo sous toutes les coutures.
Darya Adjahar (la vallée des dragons)

La vallée des dragons, c’est une curiosité géologique mêlant croyances anciennes et islamique.
Dans les temps anciens, un dragon terrorisait les habitants de cette vallée, brûlant tout jusqu’à ce que le roi noue un pacte avec lui : tranquillité retrouvée contre livraison d’une jeune fille par jour. Cela dura jusqu’à ce que la demoiselle promise au dragon soit la fiancée d’Hazrat Ali, le cousin de Mahomet. Bien sûr, le valeureux se présenta épée au poing et entama un combat avec la bête d’où il sortit victorieux. D’un coup d’épée, il le fendit dans sa longueur et le dragon s’abattit sur le sol, du sang jaillissant de sa tête.
Aujourd’hui, on peut voir sur la ligne de crête une fissure de 30 m de long qui aboutit à une source d’eau gazeuse qui teinte la roche sous elle.
Et sur ses contreforts, un mausolée où les habitants du coin se réunissent en ce jour de fête pour pratiquer le djanda bâla. Moment heureux où nous sommes intégrés à la vie locale, où nous engageons la discussion avec les femmes, photographions les gosses et partageons les friandises.
Band-e-Amir

Idée intolérable que celle d’aller en Afghanistan et, peut-être, d’en repartir sans avoir vu ces fameux lacs. C’est ce qui est arrivé à notre ancien chef de mission, et je ne pouvais supporter l’idée que cela puisse se produire pour moi aussi. J’y suis allée donc, et quels souvenirs !
« Malgré la douceur de la lumière du soir, Ouroz ferma les yeux, pareil à un avare qui tombe soudain sur un monceau de pièces d’or et y plonge les doigts aussitôt, pour s’assurer, quoi qu’il arrive, au moins d’une poignée. ¨Si même c’est un mirage d’un instant, je garderai ce que j’ai aperçu¨, se disait Ouroz, les paupières serrées.
Elles se levèrent craintivement et restèrent grandes ouvertes sans ciller. Ce n’était pas un mirage.
De la plage grise où s’était arrêté Jehol, une fissure colossale, gardée sur ses deux flancs par des falaises rouges s’évasait et s’élevait sans cesse vers l’indécise et lointaine frontière du ciel. Cette immense crevasse appartenait toute entière au royaume des eaux. Et si étrange était ce royaume que la raison ne pouvait pas comprendre qu’il existât.
Car l’onde qui accourait de la ligne de crête, au lieu de filer et bouillonner, ainsi qu’elle aurait dû, sur la pente, s’arrêtait soudain – pourquoi et contre quel obstacle ? - et devenait paisible, un étale miroir. Elle ne restait pas inactive pour autant. Sous la surface immobile et lisse, elle filtrait à travers bord, glissait le long de canaux souterrains et, juste au bord du premier bassin, en composait un nouveau que retenait à nouveau une invisible digue. Là, point de repos. L’invisible et merveilleux cheminement reprenait son cours. Le flot du Band-Y-Amir inondait, emplissait, l’un après l’autre les réservoirs ajustés comme des marches. La dernière avait pour seuil la plage qui portait Ouroz ».
Band-e-Amir ne s’est pas présentée ainsi à nous. Fin du printemps, altitude supérieure à 3000m, nous arrivons dans un territoire blanc. Le ciel chargé, nous nous engageons sur la neige gelée afin d’arriver au-dessus des lacs. A peine partis, le ciel se découvre, le bleu s’étire, et nous en prenons plein les yeux avec ces superbes montagnes gelées. Surplomber le lac gelé est terriblement émouvant : une grande étendue de glace emprisonne les eaux gelées, on y voit même un renard s’y promener. A un endroit, où peut être l’eau est plus vive, on voit un trou d’eau bleu profond, un autre d’eau verte. Les lacs succèdent les uns aux autres, le ciel nous fait la fête, nous y sommes, nous nous promettons d’y retourner en été, et nous en profitons, ébahis.
Et puis vient l’heure du retour. Il fait beau, donc, vous l’avez compris. Et donc, forcément…. La neige fond. Et nous nous retrouvons à ne pas pouvoir faire trois pas sans s’enfoncer jusqu’aux genoux, jusqu’à mi-cuisse, jusqu’à ne pas pouvoir toucher le sol même ! Explosions de rire, et en même temps épuisement des forces, nous nous félicitons de n’être pas partis trop loin, le retour est bien assez long comme ça…
Finalement, nous nous approchons de l’étendue d’eau gelée, nous faisons confiance à des gamins qui nous assurent qu’on peut s’y aventurer, et en effet, la glace est solide sous nos pieds. Pour la première fois de ma vie, je marche sur un lac gelé ! Nous nous extasions, mais nous commençons à sentir notre peau du visage qui tire…
Hé oui…. Altitude + soleil + neige + oubli de crème solaire = de méchants coups de soleil sur tout le visage. Quelques jours après, nous changerions entièrement de peau, par petits bouts, pétrifiés de honte devant nos collègues. Leçon apprise ! Mais aucun regret.
Et le bonus…
Une balade en raquettes….

Nous devions marcher deux petites heures pour aller « de vallée en vallée » mais…
Il s’est avéré que le guide qui devait nous accompagner était en fait au bazar de Bamiyan. Le vieux du village nous a confié à un ado d’une quinzaine d’année ne parlant pas un mot d’anglais, chargé donc de nous escorter à travers les montagnes. Mais nous avions perdu du temps dans cette affaire, et une de nos amies, prise de panique et d’asthme, ne s’est pas sentie d’aller jusqu’au bout. Nous avons donc dû retourner sur nos pas et siroter le thé au bord du chemin en attendant le retour de notre chauffeur, parti pour la deuxième vallée. Dommage !
Une balade à cheval

LA décision irraisonnable de la semaine : alors que nous ne savons pas chevaucher, monter sur des chevaux ayant participé à un bozkachi la veille et partir en balade sur les chemins d’Afghanistan, sans casque sur la tête.
Au début tout allait bien, je me souvenais de mes sensations mongoles, j’étais à l’aise. Mais un cheval a doublé le mien, qui a moyennement apprécié et est parti au galop le long de la route. Première frayeur, mais j’ai réussi à l’arrêter. C’est lorsqu’il a mis les pieds sur la terre nue d’un chemin de traverse que ma bestiole s’est échauffée. Mais pourquoi, pourquoi donc aller au pas dans un tel cadre ? Une autre amie a voulu tester le trot, ma monture n’a pu se retenir plus longtemps et est partie au grand galop, droit devant, seul dans les montagnes. Quelle trouille ! J’avais beau tirer sur les mors, il ne voulait pas m’obéir, j’ai donc fini par laisser tomber cette idée, juste préoccupée par l’idée de ne pas tomber. Notre guide a fini par me rattraper et arrêter ma monture, mais le retour s’est fait avec une cavalière toute flageolante et préoccupée par freiner les ardeurs d’une bête toute prête à remettre ça.
A l’arrivée, les propriétaires ont fait les beaux, la parade, ils ont cabré les chevaux devant nous. Je me remettais doucement de mes émotions mais je n’ai pu m’empêcher de les admirer, si habitués l’un à l’autre, si fiers et si nobles….
Il me reste encore du boulot pour devenir une vraie tchopendoz, mais sacré souvenir !
« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. » Christophe Colomb
Blogs tour du monde 2015-2016
Bonjour à tous,
Comme l'a déjà fait un autre membre du forum pour les tours du monde 2013/2014, je souhaite regrouper ici les différents blogs de voyageurs qui vont partir en 2015/2016. Pour ne rien rater des beaux projets de chacun, que l'on puisse s'aider, se suivre ou se rencontrer à l'autre bout du monde… Alors si vous partez sur les routes du monde, en 2015/2016, je compte sur vous pour laisser ici votre adresse de blog !!
BLOGS TOUR DU MONDE 2015/2016:
voici le notre : Free As 2 Birds : http://freeas2birds.com Et notre page facebook : https://www.facebook.com/Freeas2birds
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Musique de voyage
Bonjour à tous,
La musique occupe une place très importante dans notre vie ! Je voulais simplement que vous partagiez les différentes musiques que vous écoutez en voyageant.
Les musiques que vous ne pouvez plus dissocier à un voyage...
Pour ma part, j'ai beaucoup écouté l'album d'Avicii - True lorsque je suis partis en Islande, depuis certains titres me font penser à des paysages en particulier et j'en garde un excellent souvenir 🙂
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Projet tour du monde en famille
Bonjour à tous,
Nous projetons de faire le tour du monde en famille d'ici 2-3ans. Rien d'original sur ce forum !
Nos enfants ont 4 et 7 ans à ce jour.
Nous pouvons partir un an, de janvier à janvier.
Notre budget est entre 40-50K€ tout compris.
Possibilité d'acheter un Camping car et le revendre après (hors budget mentionné ci-dessus)
Aujourd'hui nous nous posons deux questions :
- Trip en camping car en totale liberté et plutôt improvisé avec comme itinéraire Europe du sud, Turquie, moyen orient, inde, asie du sud-est jusqu'à Singapour (3mois env.), traversée jusqu'en Australie (3/4 mois), puis USA (4/5 mois).
- Ou trip bcp plus planifié avec le fameux billet tour du monde, USA, Australie Océanie, Asie du sud-est puis retour à la maison. Avec de longues escales par exemple 1 mois à NYC, 1 mois à San Francisco, 1 mois à Sydney....
Ce qui m'intéresse c'est de connaître vos retours d'expériences en terme de coût, de facilité pour les cours des enfants....
Tout conseil est le bienvenu.
Nous avons une préférence pour le camping car mais ça à l'air un peu compliqué pour le choix du véhicule, les équipements supplémentaires, les cours de mécanique indispensable, les embarquements sur les cargos, puis il y a certains pays inévitables à traverser comme l'Iran, la Syrie, le Pakistan, qui ne m'inspirent pas confiance.... A côté de ça c'est la liberté ; je vais presque où je veux, presque quand je veux !
Un grand merci par avance de nous donner un coup de main pour préparer le voyage de notre vie qui restera à jamais un souvenir impérissable j'en suis sur !
bon vent ! lorenzo - montpellier
Nous avons une préférence pour le camping car mais ça à l'air un peu compliqué pour le choix du véhicule, les équipements supplémentaires, les cours de mécanique indispensable, les embarquements sur les cargos, puis il y a certains pays inévitables à traverser comme l'Iran, la Syrie, le Pakistan, qui ne m'inspirent pas confiance.... A côté de ça c'est la liberté ; je vais presque où je veux, presque quand je veux !
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Passage de la douane à Tachkent à la mi-avril
..j'entends bcp de 'plaintes''..;j'ai compris qu'il faiiait compter 2h 30 ! pas grave !
😉
que ne doit on PAS avoir dans sa valise ??? drogues alcool mais quoi d'autres ?
j'emmene tout un traitt medoc , avec Boites et ordonnance !!
cote argent ! il faut declarer la somme qu'on apporte ??? c'est vérifié .???. et idem à la sortie ??
pour le change : les hotel s -luxe le font ils?--ou il est preferable de faire cela à l'aeroport des l'arrivée..je n'ai jms les bons horaires pour les banques! qui peut me dire l'actuel valeur du soum ?
autrement quels produit peuvent etre confisqué..?mais tout cela a t il changé ??
les douaniers ont ils l'habitude de se servir ds les valises ??.;;vieux souvenir de Roumanie :un reveil , un poste radio !!..................................................;merci !
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cote argent ! il faut declarer la somme qu'on apporte ??? c'est vérifié .???. et idem à la sortie ??
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autrement quels produit peuvent etre confisqué..?mais tout cela a t il changé ??
les douaniers ont ils l'habitude de se servir ds les valises ??.;;vieux souvenir de Roumanie :un reveil , un poste radio !!..................................................;merci !











