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Location de voiture au Maroc
Bonjour !
Nous aimerions aller au Maroc en Mars pendant 15 jours et nous aimerions louer un voiture afin de visiter en toute liberté. nous aimerions aller aussi vers le désert (sans pour autant y rester trop longtemps ni aller trop loin). Bref nous aimerions une voiture passe-partout et qui tiens le choc.
Auriez vous des bons plans pas trop chers car nous n'avons pas un gros budget..
les agences "officielles" me semblent assez chères et elles proposent surtout des voitures trop "luxueuses" pour le genre de trip qu'on aimerait faire.. quand pensez-vous ??
touch'cie
Nous aimerions aller au Maroc en Mars pendant 15 jours et nous aimerions louer un voiture afin de visiter en toute liberté. nous aimerions aller aussi vers le désert (sans pour autant y rester trop longtemps ni aller trop loin). Bref nous aimerions une voiture passe-partout et qui tiens le choc.
Auriez vous des bons plans pas trop chers car nous n'avons pas un gros budget..
les agences "officielles" me semblent assez chères et elles proposent surtout des voitures trop "luxueuses" pour le genre de trip qu'on aimerait faire.. quand pensez-vous ??
touch'cie
Maroc en voiture?
Bonjour
à ceux qui ont déjà voyagé au Maroc, je voudrais savoir si vous pensez que voyager en voiture au Maroc est faisable ? Nous sommes 2 filles et souhaiterions voyager au Maroc en voiture et dormir sous tente. Les routes sont facilement accessibles ? ça ne craind pas pour les vols..?
Le départ est prévu pour fin février. Que nous conseillez vous?
Merci ! 😉
à ceux qui ont déjà voyagé au Maroc, je voudrais savoir si vous pensez que voyager en voiture au Maroc est faisable ? Nous sommes 2 filles et souhaiterions voyager au Maroc en voiture et dormir sous tente. Les routes sont facilement accessibles ? ça ne craind pas pour les vols..?
Le départ est prévu pour fin février. Que nous conseillez vous?
Merci ! 😉
Façon de s'habiller au Maroc
Bonjour,
Nous sommes deux couples d'amis qui partons dans environ une semaine au Maroc et nous aimerions savoir comment nous devons nous habiller dans ce pays.
Nous allons au Sud et au Nord du Maroc, nous louons une voiture et allons visiter plusieurs villes, donc nous aimerions savoir quels vêtements apporter, s'il y a des vêtements qui sont interdits ou s'il y en a qui sont mal vus, etc.
Je crois que les femmes doivent faire plus attention que les hommes, mais nous ne sommes pas certains.
Merci de bien vouloir nous renseigner et bonne journée,
Olivier
Merci de bien vouloir nous renseigner et bonne journée,
Olivier
Itinéraire Icht - Akka - Tissint - Foum Zguid - Zagora
bonjour, nous sommes un couple avec 3 ados et faisons une boucle sur 2 semaines en fin d'année via Marrakech-Essouira-Agadir-Tifnit- Borj Biramane (Icht-Akka-Tissint-Foum Zguit) -Zagora, Ourzazate, Boulmane Dades-Marrakech.
J'aimerais offrir à nos ados une étape "bivouc-desert" de 2 nuits sur l'axe Icht-Tissint-Foum Zguit et éviter de le faire dans la région Zagora-Mhamid qui est très touristique dans cette période de l'année.
J'apprécierais un conseil éclairé et désintéressé car je veux éviter à tout prix de nous retrouver sur des dromadaires la queue leu leu....
J'appr��cierais aussi des conseil sur des attractions sur l'axe Icht-Akka-Tissint-Foum Zguit-Zagora.
Merci, beaucoup
Retour du Maroc: quelques adresses à retenir ou à éviter
Nous avons apprécié:
A Fès:
l'hôtel Dar Hafsa, bien situé dans la Médina, accueil très chaleureux, bon petit déjeuner et très propre pour environ 38 € à deux.
La chambre est un peu "vieillot", mais sympathique et l'effort de déco est là 😉.
J'avais pris cette info sur le forum et donc merci à celui qui l'avait mise ….( ? ).
Le resto Chez Bouayad, (indiqué sur Le Routard), effectivement ne paye pas de mine mais est très sympa, la cuisine vraiment bonne et les prix …nickel !
A Meknès : En nous promenant dans la médina avec un autochtone qui nous a emmené dans une petite gargote pour manger sur le pouce, nous avons dégusté la meilleure salade marocaine, des beignets de pomme de terre, de la "compotée" d'aubergine ….comme jamais ! Adresse: Aisha Kabt souk, rue Kababine N° 14
Nous avons détesté: A Casablanca: l'hôtel "Les Ambassadeurs": très mal tenu, plutôt sale, en mauvais état ….il a fallu réclamer 3 fois des serviettes de toilettes, qui ne sont jamais arrivées tant et si bien que le veilleur de nuit nous en a passé une …? Hôtel bruyant etc….à éviter ! ( on a eu du mal à trouver un hôtel au dernier moment à Casa) Petit déjeuner : peut vraiment mieux faire…jus d'orange synthétique alors que le Maroc en produit tant !!!!🙁🙁🙁
Pour info: A Essaouira: l'hôtel "Les matins bleus" vous fait payer les frais de carte bleue, 5% du montant ! en plus des frais inhérents à votre carte !😠 Je découvre mais peut-être que vous avez plus l'habitude que moi ...
A Meknès : En nous promenant dans la médina avec un autochtone qui nous a emmené dans une petite gargote pour manger sur le pouce, nous avons dégusté la meilleure salade marocaine, des beignets de pomme de terre, de la "compotée" d'aubergine ….comme jamais ! Adresse: Aisha Kabt souk, rue Kababine N° 14
Nous avons détesté: A Casablanca: l'hôtel "Les Ambassadeurs": très mal tenu, plutôt sale, en mauvais état ….il a fallu réclamer 3 fois des serviettes de toilettes, qui ne sont jamais arrivées tant et si bien que le veilleur de nuit nous en a passé une …? Hôtel bruyant etc….à éviter ! ( on a eu du mal à trouver un hôtel au dernier moment à Casa) Petit déjeuner : peut vraiment mieux faire…jus d'orange synthétique alors que le Maroc en produit tant !!!!🙁🙁🙁
Pour info: A Essaouira: l'hôtel "Les matins bleus" vous fait payer les frais de carte bleue, 5% du montant ! en plus des frais inhérents à votre carte !😠 Je découvre mais peut-être que vous avez plus l'habitude que moi ...
Organiser mon voyage à Marrakech fin mai 2016
Hello!
Alors voilà, je viens de réserver une semaine à Marrakech fin Mai (21-28) et je souhaiterai organiser au mieux mon voyage…(Je voyagerai seul…)
Je m'y suis déjà rendu il y a +/- 8 ans et je dois dire que j'ai gardé un souvenir très amer de ce voyage pour plusieurs raisons... 1) Je me souviens que je me faisais accoster tout les 5 m, c'était très très pénible... que se soit sur la place ou dans les ruelles de la Medina... Pourtant je suis un "grand garçon" (‘1m87/90kg) Je suis un photographe amateur et à chaque photo que je prenais les gens me souriais et ensuite me réclamaient de l’argent…( ce n’était pas des enfants ni l’homme aux singes/serpents dont je sais que c’est leur gagne-pain… Parfois ils étaient même agressifs! J'adorais me perdre dans les souks et c'est à peine si on ne me tirait pas par le bras pour me faire entrer dans les boutiques! 2) J'avais réservé en dernière minute pour le pont du 1er mai dans un très luxueux hôtel (le Sofitel-300€/nuit) et le 2ème jour, après avoir dîner la veille au resto de l'hôtel (des gambas/scampis) je me suis chopé une sérieuse intoxication alimentaire... J'ai donc été cloué dans mon lit avec forte fièvre etc...pour les 3 jours suivant! 3) je me suis rendu compte qu'à mon retour qu'on m'avait vendu avec mon nouvel appareil photo une carte SD défectueuse... résultât: j'ai perdu toute mes photos prise durant mon voyage à travers le Maroc!!! Je souhaite cette fois-ci repartir sur de bonnes bases… et croire encore que Marrakech est une ville incroyablement belle et plaisante! Ca fait longtemps que j’avais envie d’y retourner pour prendre ma revanche au niveau « photographique » ;-) Et je voudrais pour cela avoir vos bons conseils pour que ce voyage de la « nouvelle chance » soit un vrai succès à tous niveaux! Cette fois-ci je m’y suis pris à l’avance pour reserver un Riad en plein centre. (j’ai beaucoup moins de budget qu’il y a 8 ans…) J’ai réservé ma semaine au Riad « NOOS NOOS » dans le quartier juif. Il à l’air sympa (un peu kitch…) et surtout très bon marché (50€/nuit pour l’unique chambre single du Riad) Quelqu’un d’entre vous y a déjà séjourné??? J’aurai aimé loger au superbe « EL Fenn » ( un super hotel/Riad art deco) mais vraiment hors budget…(400€/nuit) Je me contenterai d’y aller pour boire un « thé » ce qui me permettra de pouvoir prendre des photos… ( je compte aussi visiter le Mamounia…) Je souhaiterai avoir vos suggestions pour planifier au mieux ma semaine. Bien sure j’ai l’intention de me perdre volontairement dans les souks et je compte aller au : -Jardin Majorelle -Les tombeaux Saâdiens -Le Palais de Bahia -Le Musée de Marrakech -Le Musée Dar Si-Saïd -La Médersa Ben-Youssef Mais à part ces sites connus, que me conseillez-vous de voir/faire??? Est-il possible de faire un desert-trip en journée? Ourzazate étant trop distant pour faire l’aller-retour dans la journée, n’hésitez pas à me conseiller d’autres endroits « typique » à voir et a photographier! ;-) Que pensez-vous des cascades d’OUZOUD? ( je pense qu’elles sont beaucoup mieux que celles de OURIKA) J’ai l’intention de me rendre en journée à ESSAOUIRA et j’aurai besoin pour cela de savoir la meilleure option pour m’y rendre en journée. J’ai déjà lu sur ce forum qu’il y a 2 options: Taxi à partager à 6 (mais c’est pas du tout fait pour moi… ;-) ) et des bus qui partent chaque jour le matin et reviens en fin d’après midi. Moi évidement je souhaiterai profiter un max de cette journée pour prendre des photos et avoir la possibilité de pouvoir visiter un max durant cette journée( visiter le vieux port/la plage/ramparts et la Medina) Je souhaiterai savoir si vous avez une idée du prix pour m’y rendre avec une voiture privée où le chauffeur pourrait me servir également de guide? L’option d’un chauffeur me permettrai de m’y rendre plus rapidement et d’y rester plus tard (au moins jusqu'au couché du soleil) et de ne pas perdre trop de temps pour voir un max une fois arrivé là. Je ne suis pas du tout contre de partager la voiture/guide avec d’autres (un couple/single…) mais pas voyager serré collé à 6 dans une voiture… Je suis également très très attiré de faire mon baptême de l’air en montgolfière, mais je ne suis pas sure d’avoir le budget pour ça… 200€ pour « s’envoyer en l’air » pendant 1h. je trouve ça tout de même excessif! Avez vous des bon plan pour le faire à un prix réduit? ( du genre une place « last-minute » pour remplir la nacelle…) Je suis un grand adepte des massages/hammams, j’ai déjà lu notamment sur TripAdvisor qu’un des meilleurs serait apparement « les bains de Marrakech, (mais un peu chère…). Etant un pays principalement musulman, je voudrai savoir comment ça fonctionne exactement. Ce sont des hammans mixte ou les hommes sont séparés des femmes? Dois-je penser à me munir d’un maillot? Et lors des massages, fournissent-ils des slips jetables? Dans les autres pays où je me rendais (principalement en Asie) le « nu » était pratiqué/exigé… J’ai également vu qu’il y avait un endroit sympa en dehors de la ville pour y passer la journée qui s’appelle « LA FERME BERBERE » vous connaissez? J’ai hâte de vous lire. Merci d’avance pour tout vos précieux conseils! CD
Alors voilà, je viens de réserver une semaine à Marrakech fin Mai (21-28) et je souhaiterai organiser au mieux mon voyage…(Je voyagerai seul…)
Je m'y suis déjà rendu il y a +/- 8 ans et je dois dire que j'ai gardé un souvenir très amer de ce voyage pour plusieurs raisons... 1) Je me souviens que je me faisais accoster tout les 5 m, c'était très très pénible... que se soit sur la place ou dans les ruelles de la Medina... Pourtant je suis un "grand garçon" (‘1m87/90kg) Je suis un photographe amateur et à chaque photo que je prenais les gens me souriais et ensuite me réclamaient de l’argent…( ce n’était pas des enfants ni l’homme aux singes/serpents dont je sais que c’est leur gagne-pain… Parfois ils étaient même agressifs! J'adorais me perdre dans les souks et c'est à peine si on ne me tirait pas par le bras pour me faire entrer dans les boutiques! 2) J'avais réservé en dernière minute pour le pont du 1er mai dans un très luxueux hôtel (le Sofitel-300€/nuit) et le 2ème jour, après avoir dîner la veille au resto de l'hôtel (des gambas/scampis) je me suis chopé une sérieuse intoxication alimentaire... J'ai donc été cloué dans mon lit avec forte fièvre etc...pour les 3 jours suivant! 3) je me suis rendu compte qu'à mon retour qu'on m'avait vendu avec mon nouvel appareil photo une carte SD défectueuse... résultât: j'ai perdu toute mes photos prise durant mon voyage à travers le Maroc!!! Je souhaite cette fois-ci repartir sur de bonnes bases… et croire encore que Marrakech est une ville incroyablement belle et plaisante! Ca fait longtemps que j’avais envie d’y retourner pour prendre ma revanche au niveau « photographique » ;-) Et je voudrais pour cela avoir vos bons conseils pour que ce voyage de la « nouvelle chance » soit un vrai succès à tous niveaux! Cette fois-ci je m’y suis pris à l’avance pour reserver un Riad en plein centre. (j’ai beaucoup moins de budget qu’il y a 8 ans…) J’ai réservé ma semaine au Riad « NOOS NOOS » dans le quartier juif. Il à l’air sympa (un peu kitch…) et surtout très bon marché (50€/nuit pour l’unique chambre single du Riad) Quelqu’un d’entre vous y a déjà séjourné??? J’aurai aimé loger au superbe « EL Fenn » ( un super hotel/Riad art deco) mais vraiment hors budget…(400€/nuit) Je me contenterai d’y aller pour boire un « thé » ce qui me permettra de pouvoir prendre des photos… ( je compte aussi visiter le Mamounia…) Je souhaiterai avoir vos suggestions pour planifier au mieux ma semaine. Bien sure j’ai l’intention de me perdre volontairement dans les souks et je compte aller au : -Jardin Majorelle -Les tombeaux Saâdiens -Le Palais de Bahia -Le Musée de Marrakech -Le Musée Dar Si-Saïd -La Médersa Ben-Youssef Mais à part ces sites connus, que me conseillez-vous de voir/faire??? Est-il possible de faire un desert-trip en journée? Ourzazate étant trop distant pour faire l’aller-retour dans la journée, n’hésitez pas à me conseiller d’autres endroits « typique » à voir et a photographier! ;-) Que pensez-vous des cascades d’OUZOUD? ( je pense qu’elles sont beaucoup mieux que celles de OURIKA) J’ai l’intention de me rendre en journée à ESSAOUIRA et j’aurai besoin pour cela de savoir la meilleure option pour m’y rendre en journée. J’ai déjà lu sur ce forum qu’il y a 2 options: Taxi à partager à 6 (mais c’est pas du tout fait pour moi… ;-) ) et des bus qui partent chaque jour le matin et reviens en fin d’après midi. Moi évidement je souhaiterai profiter un max de cette journée pour prendre des photos et avoir la possibilité de pouvoir visiter un max durant cette journée( visiter le vieux port/la plage/ramparts et la Medina) Je souhaiterai savoir si vous avez une idée du prix pour m’y rendre avec une voiture privée où le chauffeur pourrait me servir également de guide? L’option d’un chauffeur me permettrai de m’y rendre plus rapidement et d’y rester plus tard (au moins jusqu'au couché du soleil) et de ne pas perdre trop de temps pour voir un max une fois arrivé là. Je ne suis pas du tout contre de partager la voiture/guide avec d’autres (un couple/single…) mais pas voyager serré collé à 6 dans une voiture… Je suis également très très attiré de faire mon baptême de l’air en montgolfière, mais je ne suis pas sure d’avoir le budget pour ça… 200€ pour « s’envoyer en l’air » pendant 1h. je trouve ça tout de même excessif! Avez vous des bon plan pour le faire à un prix réduit? ( du genre une place « last-minute » pour remplir la nacelle…) Je suis un grand adepte des massages/hammams, j’ai déjà lu notamment sur TripAdvisor qu’un des meilleurs serait apparement « les bains de Marrakech, (mais un peu chère…). Etant un pays principalement musulman, je voudrai savoir comment ça fonctionne exactement. Ce sont des hammans mixte ou les hommes sont séparés des femmes? Dois-je penser à me munir d’un maillot? Et lors des massages, fournissent-ils des slips jetables? Dans les autres pays où je me rendais (principalement en Asie) le « nu » était pratiqué/exigé… J’ai également vu qu’il y avait un endroit sympa en dehors de la ville pour y passer la journée qui s’appelle « LA FERME BERBERE » vous connaissez? J’ai hâte de vous lire. Merci d’avance pour tout vos précieux conseils! CD
Quelle route entre Zagora et Tafraoute?
Salut à tous,
Lecteur régulier de ce forum qui me fait rêver depuis mon premier passage en Afrique (il y a 5 ans déjà !), je reviens avec une petite question !
Je suis en train de peaufiner un peu un itinéraire pour un séjour au sud du Maroc le mois prochain et il me reste un doute entre 2 étapes :
Après avoir fait quelques jours autour des oasis et de la vallée du Draa qui se termineront vraisemblablement à Zagora, on souhaite partir vers l'ouest pour aller jusqu'à la côté, l'idée est de passer par Tafraoute (qui semble valoir le détour !) et d'y arriver en 2 étapes depuis Zagora.
Ma question est la suivante : quel itinéraire recommandez-vous pour ça ?
Option Sud : N12 puis R109 (depuis Tata) puis R106 (depuis Igherm)
Option Nord : N9 puis N10 (depuis Ouarzazate) puis R106 (depuis Taliouine, enfin presque !)
A priori, tout a l'air praticable sur la voie sud (et on aura un Duster qui devrait pouvoir sortir de tout ce qu'on lui montre comme piste défoncée) mais est-ce qu'elle est plus belle que la N10 et est-ce que le temps supplémentaire vaut le coup ?
Où est-ce que vous feriez étape pour passer une demi-journée et la nuit, vous ?
Question subsidiaire : les fiches, c'est toujours d'actualité a priori, mais il y a des contrôles de police "à fiche" dans ce coin là aussi où c'est seulement sur le Sahara Occidental (je ne me rappelle plus où ça avait commencé il y a 5 ans) ?
Merci d'avance pour vos réponses et bonne route !
Lecteur régulier de ce forum qui me fait rêver depuis mon premier passage en Afrique (il y a 5 ans déjà !), je reviens avec une petite question !
Je suis en train de peaufiner un peu un itinéraire pour un séjour au sud du Maroc le mois prochain et il me reste un doute entre 2 étapes :
Après avoir fait quelques jours autour des oasis et de la vallée du Draa qui se termineront vraisemblablement à Zagora, on souhaite partir vers l'ouest pour aller jusqu'à la côté, l'idée est de passer par Tafraoute (qui semble valoir le détour !) et d'y arriver en 2 étapes depuis Zagora.
Ma question est la suivante : quel itinéraire recommandez-vous pour ça ?
Option Sud : N12 puis R109 (depuis Tata) puis R106 (depuis Igherm)
Option Nord : N9 puis N10 (depuis Ouarzazate) puis R106 (depuis Taliouine, enfin presque !)
A priori, tout a l'air praticable sur la voie sud (et on aura un Duster qui devrait pouvoir sortir de tout ce qu'on lui montre comme piste défoncée) mais est-ce qu'elle est plus belle que la N10 et est-ce que le temps supplémentaire vaut le coup ?
Où est-ce que vous feriez étape pour passer une demi-journée et la nuit, vous ?
Question subsidiaire : les fiches, c'est toujours d'actualité a priori, mais il y a des contrôles de police "à fiche" dans ce coin là aussi où c'est seulement sur le Sahara Occidental (je ne me rappelle plus où ça avait commencé il y a 5 ans) ?
Merci d'avance pour vos réponses et bonne route !
Boucle dans l'Anti-Atlas: impressions quotidiennes...
Un tour dans l'Anti-Atlas
J'ai construit une boucle à partir d'Agadir (du 14 au 28 novembre 2015 depuis Toulouse). C'est une combinaison d'échauffements le long de l'océan Atlantique, de montées de cols, d'oasis dans la montagne, de passages dans des zones un peu désertiques, de descentes modérées pour le retour vers Agadir. La carte avec les dates donne les prévisions journalières. J'ai pu respecter le programme avec une modification à la fin du périple du fait de l'obligation d'aller trouver un pneu neuf à Tafraout.
Pour voir les photos jour après jour, aller sur mon site : etchelec.free.fr

Samedi 14 novembre 2015 Impensable ! Le drame terroriste d'hier soir nous laisse hébétés. L'ignominie n'a de sens que pour l'humain ... Comment peut-on basculer ainsi de l'amour à la haine, du respect de l'autre à la tuerie aveugle, du pardon à l'extermination ? Ce matin, la stupeur est partout. L'état d'urgence est décrété ... Partira, partira pas ? Si beaucoup de compagnies aériennes étrangères annulent momentanément les vols vers la France, le vol EasyJet pour Agadir est maintenu. Coïncidence ? Lors de mon dernier tour au Maroc, montant le Tizi n'Tichka et parti de Marakech de très bonne heure, mon fils m'annonce par téléphone que ce matin là s'est produit une énorme explosion à la place Jemaa-el-Fna de Marakech, soufflant un restaurant où j'avais pris une bière la veille au soir. Aujourd'hui, retour vers le Maroc avec encore une fois un assassinat aveugle à Paris. L'aéroport de Blagnac est étonnamment paisible : pas de police pas de militaire. Les gens éprouvent le besoin de sourire, sans doute pour se montrer qu'on n'a pas rêvé. L'enregistrement du sac contenant les bagages en sacoches se passe rapidement avec une hôtesse très souriante qui, de plus, m'accompagne pour étiqueter mon vélo joliment emballé dans un beau carton. C'est EasyJet : no problem. Pas de surprise, tout est en ordre. Sac en soute de 18 kg (pour 20 kg autorisés), vélo dans un carton (24 kg pour 32 kg autorisés) pour un aller-retour Toulouse-Agadir à 240 euros ... Un tarif de très loin inférieur à toutes les autres compagnies avec, en outre, un trajet direct, ce que ne fait aucune autre compagnie. Le passage sous le portique, l'annonce de la porte d'embarquement, les formalités douanières et de police, l'entrée dans l'avion, tout se fait dans un ordre exemplaire. Qu'Air France prenne de la graine d'EasyJet ! L'A320 est plein comme un oeuf : j'ai compté 150 sièges clients occupés, 4 hôtesses, les 2 pilotes et ... mon Mulet ! Le départ se fait avec 10 minutes d'avance, l'arrivée avec 15 minutes d'avance. Un atterrissage tout doux ... Tout va bien à Agadir : grand beau temps. Bagages, vélo compris, police, douane en une petite demi-heure. Mon nom sur une feuille blanche. Ahmid est là, le taxi. Mais ... une vieille mercedes berline sans porte-bagage. Aïe ! le vélo ... Pas de problème, Ahmid a tout prévu : on pose le carton couché à même le toit, il sort des bouts de ficelle du coffre, des dépliants publicitaires de l'office du tourisme pour que les ficelles ne cisaillent pas trop le carton, on ouvre les quatre glaces des portières et on.. serre. Le jeu latéral semble maîtrisé mais les coups de freins ou les accélérations un peu trop virils vont faire glisser le carton ! Mais non, c'est un raisonnement d'intellectuel pas de marocain. Je lui enjoins de ne pas dépasser 60 km/h et de passer les ronds-points à 20 km/h. Ahmid me fait plaisir. Il obéira. Mais ... une heure pour arriver aux Chtis d'Agadir, une auberge-restaurant tenue par un breton marié à une chti. Apparence très propre. On discute avec Didier, le patron, du match de foot d'hier soir et, évidemment, des événements terroristes. Je finis par me poser dans la chambre. Dîner à 20h, m'a-t-il dit (soit 21h en France avec le décalage horaire).
Dimanche 15 novembre 2015 Autour d'un mérou, poisson remarquablement cuisiné (accompagnement tomates, pommes de terre rehaussées par les senteurs de fines herbes dont le nom reste secret), je fais la connaissance de Serge Dupuis, un français habitué du Riad des chtis d'Agadir, qui connait le Rwanda, qui fait du vélo, qui a été universitaire. Je finis par comprendre que je suis en pays de connaissance avec même des amis communs. Curieux ! On a beau aller au fin fond de la planète, il y a toujours quelque chose qui n'est jamais inconnu. Seulement Serge a un vélo de 5,5 kg ! Je ne l'ai pas dit au Mulet (qui pèse tout nu 17 kg ...). Du coup, Didier, le propriétaire du Riad, s'est joint à nous. La soirée s'est donc un peu allongée ... Car, lui aussi, a eu un parcours professionnel atypique : avec un brevet professionnel d'électrotechnicien, il a voulu aller plus loin, a passé avec succès une maîtrise de droit par cours du soir, est devenu spécialiste en relations humaines chez France télécom puis a passé plus de dix années à Bruxelles à la Direction des ressources humaines. Jacques Delors et Martine Aubry sont pour lui presque de la famille. Aujourd'hui, suite à la rencontre de sa femme, il a composé ce riad avec compétences et gout certain. Plus de 90 nationalités différentes ont été hébergées dans son établissement. Ce matin, grand beau ... mais il est prévu du beau temps durant les deux semaines de mon périple. Trois objectifs : trouver à changer euros contre dirhams, remonter le vélo, acheter les provisions habituelles pour la survie. C'est dimanche, beaucoup de magasins sont fermés. Un bureau de change est à 500 mètres du Riad. En gros, c'est 10 dirhams pour 1 euro. Pour remonter le vélo, pas trop de difficultés non plus. Le carton n'a que très peu été abîmé durant le vol. Les pédales sont remises à l'endroit avec la clef de 15, le guidon est réinstallé avec un peu de mal pour serrer le gros écrou évitant au guidon de basculer vers l'avant, la selle est ajustée, la béquille retourne à sa place, les portes-bidons sont fixés, la roue avant est centrée, le compteur kilométrique remis en marche, les pneus sont gonflés avec 100 coups de pompe Lapiz (très ancien modèle mais qui permet de mettre les 4 bars nécessaires pour éviter au maximum les crevaisons), le rétroviseur est recalé, la trousse à outils suspendue à la selle Brooks. Après, direction le souk d'Agadir qui serait le plus grand d'Afrique. Je me dirige à pied avec le plan papier d'Agadir mais.. certains noms de rue ne sont pas les mêmes sur le plan papier et sur les panonceaux accrochés dans les rues. Au total, comme d'habitude en ville j'ai pris trois directions différentes avant de trouver la bonne. Comment ? En demandant. Il faut se méfier un peu car c'est toujours bon, toujours oui. J'ai suivi un papi qui y allait avec son petit-fils "parce qu'il avait bien travaillé à l'école". Porte 7 : c'est l'entrée pour trouver un pantalon ! Vu le soleil et les coups de soleil inévitables, il faut absolument que je me couvre les cuisses, sinon ce sera la biafine assurée tous les jours. Et, bien sur, je n'ai pris que des cyclistes courts et un short. Un pantacourt en coton est vite trouvé par "le frère du cousin qui en a". Je marchande à moitié prix. Il me fusille des yeux en me disant que c'est un pantalon de marque, que le prix que j'en donne est moins cher que ... Je me laisse amadouer et on finit par transiger aux deux tiers du prix initial. Mais, c'est vrai que la qualité semble être là. Donc, tout le monde est content. Un tajine ? pourquoi pas, au poisson ! Pas terrible néanmoins avec beaucoup d'arêtes. Et le thé ? oui mais le thé marocain ! avec la théière remplie à moitié de sucre et de menthe, et mélangé et remélangé au moins 7 fois pour être vraiment le meilleur thé du monde (bien meilleur à mon gout que le thé de Chine). Après, il me faut trouver mes aliments de survie. Je finis pas trouver des petites épiceries ouvertes (c'est dimanche) avec mon quota d'aliments et de boissons pour me rassurer : une bouteille d'1,5 litre de coca-cola, une bouteille d'1,5 litre de fanta, une bouteille 1,5 litre d'eau minérale, un croissant, une chocolatine, cinq bananes, cinq pommes. Au moins, ma tête sera tranquille avec les deux sachets lyophilisés de taboulé indien, quelques barres à la pâte d'amande, quelques bonbons acidulés piqués chez mon fils Thomas. Il me reste à tester mon vélo. La chaleur est très forte lorsque vers 15h je décide de repérer la sortie de la ville pour la direction Tiznit. Pas de souci : le vélo piaffe sans faire de bruit. Une bonne quarantaine de minutes néanmoins sont nécessaires pour respirer un peu mieux après l'embranchement vers l'aéroport international. Didier au Riad est au four et au moulin. Son établissement est plein. Il faut dire qu'il est recommandé par le guide du Routard 2015 et par Tripadvisor alors qu'il n'a rien demandé. Ce soir pas de dîner au Riad, Amina, son employée, ne travaillant pas le dimanche. Pour demain matin, comme je pars au lever du jour bien avant l'heure du déjeuner, j'aurai néanmoins de quoi m'alimenter avec un petit plateau dans la chambre. Service au top donc. Riad des Chtis d'Agadir : à fortement recommander pour 28 euros petit-déjeuner compris. Lundi 16 novembre 2015 - Chaud déjà ! Hier soir, Didier mon hôtelier m'a conseillé un couscous royal au restaurant Jardin d'Eau. Navette assurée, préparation personnalisée avec l'ajout d'huile d'argan "bio". Je n'en demandais pas tant. De fait, tout a été avalé goulûment. La préparation des légumes valait, à elle seule, le déplacement. Ce matin, 6h10, réveil. Nous étions six personnes du Riad à partir à 7h. Aussi, Didier s'est levé plus tot pour nous préparer le petit-déjeuner. Je lui laisse le carton-vélo, mon sac d'emballage des sacoches. Mon départ est remarqué au pied du Riad avec moult photos du bonhomme et son Mulet. L'air est frais mais très doux. La veste fluo est enfilée. Tout roule. Le repérage d'hier m'a bien aidé mais ... jusqu'à un certain moment car, bien sur, comme souvent dans les sorties de ville, je me perds. Avantage, j'ai traversé un immense marché en plein air en préparation. Quelques kilomètres en trop mais bon ... aujourd'hui ce n'est pas bien gênant. Il m'a fallu quand même 20 bons kilomètres pour sortir de l'agglomération d'Agadir. La vitesse tourne autour de 20 km/h ce qui, compte tenu du chargement, est correct. Le paysage reste assez lugubre : de grandes étendues avec, parfois, d'immenses serres de plastique, quelques rares troupeaux de brebis gardés par un jeune berger, puis, après une cinquantaine de kilomètres, des plantations de ce qui ressemble à des amandiers. Je me force à m'arrêter de temps à autre pour avaler quelques fruits secs, une banane et boire un coup (cocacola et fanta orange). Mais le Monsieur Soleil là-haut commence à me griller le crane. J'enfile le chapeau sous le casque. La chaleur ressentie baisse nettement. Fin de la deux fois deux voies : je suis sur la N1. Après, c'est un peu l'enfer avec les véhicules un peu larges pour un cycliste car, si le doublement de la chaussée est terrassé sur ma droite, c'est soit en contrebas de 40 centimètres soit à l'inverse par un relief impossible à utiliser en vélo. Et le gymkhana commence, l'oeil rivé dans le petit rétroviseur. La circulation est parfois très dense et parfois ... nulle : curieux ... J'ai eu à me balancer sur le bas-coté trois fois, mes sacoches refusant de serrer les fesses devant le camion qui arrivait derrière. Le vélo a tenu bon malgré les sauts. La chaleur est là, surtout avec le pic du soleil qui arrive. Tiznit se montre à l'horizon. Devant une station de carburants, un immense marché-vitrine à ciel ouvert : des marbres, des poteries, du carrelage, de la faïence. Très beau mais.. j'ai de plus en plus soif ! Direction l'hôtel des touristes (ça me va bien !) en pleine place de la médina de Tiznit. C'est une petite pension familiale recommandée. Accueil sympathique par Ahmed qui me dit que les marocains ne comprennent pas ce qui se passe en France : "qui est Daech ? Aucune des trois grandes religions du Livre (chrétiens, juifs, musulmans) ne peut être concernée par ces attentats. Ce que veulent les marocains ? Vivre tranquillement en famille et laisser la politique au Roi puisqu'il y en a un." Pas facile de trouver une bière ici. Des français m'indiquent le Mauritania. Finalement j'y mange un ... (devinez !) ... poulet frites, et je bois deux bières succulentes. C'est vrai qu'il commence à faire très chaud. Agadir - Tiznit, 7h15 - 12h30, 98 km +339 m -93 m
Mardi 17 novembre 2015 - Grosse journée Un peu plus de 100 km avec 3 cols, 1600 m de dénivellation montante cumulée, près de 10 heures de pédalage avec toutefois trois arrêts pour boire et manger un peu. Heureusement, la veille j'avais bien mangé. Mauritania, très sympa avec le cycliste. Double ration de brochettes, grosse salade riz tomate carotte. Ce matin, départ à 7h de Tiznit. Arrivée vers 17h pour profiter un peu du coucher de soleil, car je campe. Je suis monté avec grande économie de moyen pour faire les 100 km de la journée. J'écris dans ma petite tente donc dans une position pas très confortable. J'ai pris la route de Tafraout sur 70 km. Au départ, pas mal de circulation. Pourtant le jour se lève à peine. Les petits villages se succèdent, de plus en plus éloignés l'un de l'autre. Plus je monte plus le paysage invite à la sérénité. Deux premiers cols mais le troisième (col de Kerdous apparemment mais au Maroc pas facile de trouver le nom d'un col) est un vrai, un bon, quasi semblable en montée au Tizi n'Test. Aux carrefours, les directions sont en arabe. Alors, tempête sous mon crane surtout que ma tablette qui me permet de voir ma position par satellite (sur fond de carte siouplait) refuse de s'allumer. J'interroge : "c'est toujours tout droit mon ami" ... jusqu'au moment où je dois impérativement tourner au Sud. Ma tablette m'a pris en pitié et ... a daigné s'allumer, donc ma position s'est affichée et j'ai pu alors prendre la bonne piste très étroite mais asphaltée jusqu'à Aghoudid. Très bel itinéraire après 80 km. On ondule en altitude sans village mais avec des terres proches griffées par un tracteur, et avec moult pierres. Depuis le lever du jour et tout le long de l'itinéraire, j'entends le même chant d'oiseau. A le voir, je crois bien que c'est une espèce d'alouette. J'ai monté la tente après quelques kilomètres de piste tout-terrain un peu plus loin qu'Aghoudid. Le vélo saute pas mal mais il faudra qu'il tienne car demain pour atteindre Amtoudi, ce sera de la piste cross tout le temps. Tiznit - 3 km après Aghoudid, 102 km, +1675 m -547 m
Mercredi 18 novembre 2015 - Amtoudi, un agadir somptueux La nuit sous tente a été sans vent, calme. Pas un animal n'est venu roder. Lever de soleil multicolore au milieu d'un paysage naturel à 360°. Haro sur le Mulet ! Il saute, se cabre, glisse mais reste toujours d'aplomb. La piste est en descente la plupart du temps et ... bon choix dans ce sens car pour remonter ce terrain défoncé il aurait fallu sortir les tripes ! Cahin caha à petite vitesse - je crains toujours la petite faute sur ce type de terrain car les conséquences peuvent être imprévisibles, pas un chat ne passant à l'horizon ... sauf un âne trottinant tout seul avec empressement ! Les kilomètres défilent lentement, quelques gués chaotiques à franchir, des terrains agricoles apparaissent. Là-bas, au loin, un âne tire une araire qu'un homme essaie de tenir droite. M'approchant, je me demande bien ce qu'il compte cultiver : il n'y a que des pierres que le soc bouge à peine sans un quelconque sillon. J'applaudis le monsieur et l'âne. Il me répond en faisant de même. A un méandre de l'oued, un bel ensemble potager que fignolent des femmes arrachant, plantant, papotant ... La piste s'améliore. Bientôt la sortie et la rencontre avec la vraie route, bien asphaltée celle-là, qui me conduit en retournant au Nord, vers Amtoudi. Amtoudi, ce village dont personne ne connait le nom sauf ses habitants. Hier, j'ai eu toutes les peines du monde à me renseigner. Mais, mon tracé sur la carte et le point gps où je me trouvais coïncidaient parfaitement. J'étais donc sur la bonne voie. Un haut lieu du tourisme mais sans touristes. L'auberge "On dirait le Sud" vantée dans tous les guides comme le lieu où séjourner, est fermée. Le patron a mis la clef sous la porte. A Tiznit, le jeune Abdou de l'hôtel des touristes m'a dit que je devais contacter Abdou (un autre bien sur) à Amtoudi. J'ai donc demandé Abdou de la part d'Abdou, et je tombe sur le fils d'Abdou qui s'appelle Mohamed. Pas de problème, tu as faim, on va te faire à manger, tu cherches une chambre, pas de problème, on va te trouver cela. Mais c'est vrai que j'avais très soif et très faim. Je rentre dans la première boutique trouvée et je refais le plein de boissons et de nourriture de survie. Hier soir, j'avais très très soif ayant pourtant bu quatre litres dans la montée des trois cols. Chez Abdou, je suis comme un pacha : tout un appartement tout confort qu'Abdou gère pour des propriétaires français absents. J'ai faim donc de suite omelette thé marocain (le vrai, autre chose que le thé d'Agadir). Tout là haut à 300 mètres au-dessus est pitée une extraordinaire forteresse dénommée ici agadir Id Aissa qui est admirablement conservée (XIIe). J'y monte à pied en un demi-heure après qu'Abdou ait téléphoné au gardien qui là-haut fait la visite. C'était principalement un grenier où l'on stockait de la nourriture : orge, mais, carottes, amandes ... Mais c'était aussi un gigantesque rucher disposé en étages avec des ruches horizontales cylindriques comme on en trouve encore quelques exemplaires en Aragon (l'arnaaragonaise). Aujourd'hui, plus de ruches car, aux dires du gardien, plus de nourriture pour les abeilles. Cet agadir permettait aussi aux populations de se réfugier en cas de razzias, plusieurs citernes d'eau recueillant les eaux de pluie ayant été creusées et fonctionnant encore. L'ensemble est bati en pierres séches. Quelques gravures rupestres tout en haut de cette fortification. Très, très beau ! Tajine de poulet à la descente, chez Abdou bien sur qui m'allume la télévision avec les dernières nouvelles sur la recherche des terroristes dans la région parisienne. "Tu ne veux pas aller voir La Source ?". Abdou aime montrer les petits trésors de son village. "Tu suis le bord de l'oued, c'est tout droit, tu arrives devant un autre agadir et c'est plus loin au fond ! Tu veux un guide ?" Fier comme un basque pas fatigué, je lui réponds que je vais bien trouver ! De fait, on peut difficilement se tromper car il faut suivre une gorge rocheuse dont le fond est pourvu d'une luxuriante végétation. Sauf qu'il faut une bonne heure pour y aller. Un cheminement se devine d'abord le long du petit canal d'écoulement qui alimente le village en eau, ensuite en écartant les branchages tout en regardant le ciel pour pointer la bonne direction, enfin quelques pas sur des gros rochers qui surplombent une puis deux très belles cascades. Très agréable cette petite balade à l'ombre des parois rocheuses de la gorge. Journée un peu éclectique mais plein de belles choses et un petit repos aussi pour regonfler les batteries. Du coup, j'ai probablement trois fois plus de liquide que de besoin, et plein de vaches qui rit ! Au diable l'hypoglycémie ... Au fait, si vous allez à Amtoudi, ne pas hésiter à contacter Abdou Amoudi. Aghoudid + 3 km de piste (tente) - Amtoudi, 31 km (dont 25 de piste), +686 m -1233 m
Jeudi 19 novembre 2015 - Aux portes du désert Je suis parti d'Amtoudi ce matin avec un peu de regret, tant ce site est remarquable et mon hôte Abdou accueillant. "Quand tu reviendras, je te ferai visiter en 4x4 toute la région". Car Amtoudi n'est que le nom de la région et ce n'est qu'avec le succès touristique de l'agadir Id Aissa que l'on a attribué le nom d'Amtoudi au douar Id Aissa. En voulant sortir de ma maison flanquée à flanc de montagne, je coince la clef dans la serrure ! Je tape fort, encore plus fort. Il fait encore nuit. Mon proche voisin Abdou est à plus de 200 mètres ... Après 10 minutes de compréhension (les serrures sont parfois coriaces à apprivoiser), je finis par trouver le tout petit espace qui m'a permis d'enfin faire tourner le barillet. Mais ... en descendant, le vélo chargé dans le presque noir, chute dans le virage, cul par dessus tête. Le mur d'Abdou m'a bloqué. Le petit-déjeuner est servi. Mon ami Abdou s'est levé pour me saluer. "Ti va toujours tout droit jusqu'à la mairie". Salut mon frère ! Sur la route, je croise le boulanger qui vient ravitailler le village. Droit, droit, le ruban asphalté est en très légère pente descendante. J'enlève très vite une épaisseur. Il fait très bon. "A 15 km, ti tourrne à gauche". Pas mal, il y avait 16 km. Les enfants sont aimantés vers l'école du village. Au bout de 30 km, je rejoins une route qui a l'air plus importante. Mais le trafic des véhicules est très calme. Heureusement, car un vélo plus un car ou un camion, ça ne peut pas rester sur le bitume en même temps ! Il s'ensuit de longues, longues lignes droites qui tracent dans un désert de pierre bordé des derniers ressauts de l'Anti-Atlas. Ca me fait penser à la canal de Berdun entre puente la Reina et Sabinanigo en Espagne. Arrêt vache qui rit, banane, coca-colac. Je croise quelques tentes berbères, mais personne n'en sort. Grand carrefour vers Tafraout. Pas pour moi, je file en face vers Icht. Plus que 15 km. Juste avant le village, à gauche, le camping-hotel Borj Biramane dont l'appellation aurait pour signification la tour du propriétaire des chameaux. Tenu par deux frères français plantés là depuis huit années, c'est plus qu'un camping aux portes du désert, un havre pour les toutous comme moi qui cherchent à bien dormir, bien manger et boire, et qui dispose d'une connexion internet. Pas la peine d'aller plus loin. La place est bonne. Seul petit bémol : une quinzaine de motards (français) sont en troupeau et causent fort mécanique ! Je prends un petit bloc en dur au bout du camping : toujours très propre, lit avec draps ... Le Mulet est content. Abdalah me propose une visite de la médina d'Icht. Lampe de poche obligatoire. La vieille cité en pisé conserve encore quelques labyrinthes accessibles. Je découvre les trois niveaux d'habitation avec un étage par épouse, mais une cuisine commune, les réduits qui sont des chambres pour les enfants, pour la femme, mais pour l'homme ... Abdalah ne m'a rien dit. Très instructif ce parcours qui montre encore une fois un jeune marocain marié avec quatre enfants ne pas accepter le terrorisme au nom de la religion musulmane. L'eau, source de vie, prend bien plus de valeur aux portes du désert que chez nous. Elle est précieusement répartie pour les jardins selon des règles acceptées par tous. Abdalah a créé une association qui a pour mission de récupérer tous les plastiques, les emballages jetés, de les recycler et de faire des petits bracelets, des sacs à main, des petits bijoux ... Ce sont les femmes qui s'en occupent. J'en ai vu de très beaux réalisés avec des capsules de canettes en aluminium. Le muezzin se fait entendre. Le soleil se couche à Icht. Amtoudi - Icht, 70 km, 7h - 12h, + 666 m -1212 m Vendredi 20 novembre 2015 - Tu vas chez Boujmaou ! En fait, c'est le seul endroit où l'on peut dormir en dur à Akka. Personne n'est levé avant 8h au camping-hôtel Borj Biramane à Icht. La veille, on m'a donné un petit-déjeuner plateau avec presque tout ce que j'avais demandé : jus d'orange pressée, vache qui rit, pain, confiture, oeuf dur. Dans mon bloc, la nuit a été perturbée par un satané moustique. Lever de soleil toujours majestueux avec les beaux dégradés célestes du bleu au rouge que rehaussent les silhouettes noires des mosquées. La sortie du camping se fait dans le silence mais avec la polaire sur le dos. La route est alors un long ruban noir pas très large, comme hier, mais bien tracée. Pédalage un peu automatique dans cette lueur du matin, le bonhomme dort encore d'un oeil. Seul bruit mais il faut etre attentif : les alouettes m'accompagnent encore de part et d'autre de la chaussée me précédant de quelques mètres puis repartant lorsque j'arrive à leur niveau. Ballet étonnant et réconfortant. Je rejoins la route plus importante qui aboutit à Ouarzazate. A gauche toute ! C'est alors que commence une longue très longue virée droite mais droite qui ... va bien me mener quelque part ! De part et d'autre, le désert de sable et surtout de pierres. Pas un animal sauf quelques petits oiseaux tout noirs à la queue blanche intrigués de voir ainsi circuler un bipède à vélo. Ce sont plutôt des autos, des camions, des bus qui passent ici. J'ai vu quelques anciens véhicules de l'armée reclassés par des particuliers déguisés en Laurence d'Arabie, venus sans doute ici sauter sur les dunes de sable comme les motards d'hier. Ca distrait le Mulet ! Un petit vent trois quart de face me rafraîchit un peu mais me fait rétrograder souvent. Les montées et les descentes ne sont pas très fortes. Après une cinquantaine de kilomètres, des engins de chantier terrassent, goudronnent, dament ce qui, à terme, devrait devenir un axe majeur de Ouarzazate à Tan-Tan. Quelques déviations obligent à emprunter quelques kilomètres un peu boueux. Le trafic est ici très rare, ce qui fait le bonheur du Mulet. Je subis de temps à autre d'énormes nuages de poussières fines et aveuglantes lors de croisements de camions qui doivent certainement faire bien rigoler les chauffeurs qui ne ralentissent pas du tout leur bolide. Akka est en vue. Encore 10 kilomètres : "Si tout droit" ! Oui, c'est bien vrai que c'est tout droit ! Un panneau : Akka, histoire et culture. L'entrée au douar est unique. Je cherche du regard le café de Boujmaou recommandé par Brahim du camping Borj Biramane. "Tu verras des chaises dehors". C'est vendredi, le muezzin harangue à tue-tête dans le micro de la mosquée. Un petit souk à gauche. Je commande un thé et demande le café de Boujmaou. "Pas de problème, c'est juste là derrière et puis à droite" ! Boujmaou est à Tata. Je ne peux pas me recommander de Brahim ! Le tenancier s'appelle Omar. Il me fait tout pour 120 dirhams : chambre, couscous maintenant, tajine ce soir, eau, petit-déjeuner, avec li vilo là fermé à clef ! Il faut dire qu'entrer à Akka est assez impressionnant quand on est français. D'abord on est seul, tous les regards berbères dirigés sur li cicliste. Mais l'accueil individuel est toujours très affable, très gentil. En mangeant le couscous - qui est loin de valoir le couscous royal d'Agadir ! - je me rends compte que les berbères prennent aussi un berlingo de lait qu'ils mélangent à la semoule. On apprend tous les jours. Pas d'internet mais à coté il y aurait un cybercafé. Alors ... Cette étape est avec celle de demain jusqu'à Tata, une sorte de transition dans une zone assez désertique. Je n'ai pas rencontré une seule tente berbère à la différence d'hier, mais quelques rares panneaux avec une vache dessinée, sauf ... qu'il n'y a pas de vaches, seulement brebis et chèvres. Icht - Akka, 6h45 - 12h45, 86 km, +260 m -214 m Samedi 21 novembre 2015 - De Tata à Tagmoute, une merveille Depuis mon arrivée à Akka, j'ai l'impression d'être entré dans un autre monde. On m'avait dit à Amtoudi que les locaux qui travaillent dans le tourisme sont les plus ouverts. Cela s'avère exact. Il est vrai qu'on est ici dans le Sud du Maroc, pays des berbères, relié par quelques routes goudronnées depuis très peu d'années. Est-ce l'éloignement avec les centres de décision politique marocain ? Est-ce l'identité berbère qui rend un peu méfiant ? Si l'accueil quand on dit bonjour est toujours poli, on se sent observé en permanence. Peut-être est-ce dans ma tête ? Je suis parti comme d'habitude au point du jour, direction Tata. Cette étape est comme celle d'hier, une liaison par le désert sud marocain de la partie orientale de l'Anti-Atlas, très proche de l'Algérie. Il ne faut pas trop réfléchir, y aller sans rencontrer âme qui vive durant quasiment 65 km. Désert, désert de pierres et de sable. On longe de belles structures rocheuses longilignes orientées Est-Ouest qui forment des sortes de murs naturels contre lesquels la route est tracée. Comme hier, seulement quelques rares bus, camions, voitures. A chaque croisement de véhicules, toujours un petit signe du chauffeur : bien sympathique pour le bipède qui a parfois l'impression de pédaler pour encore pédaler. L'entrée de Tata est un peu à l'image de ce que j'ai déjà trouvé à Ouarzazate, à Akka : un défilé de lampadaires d'une douzaine de mètres de haut de part et d'autre de la chaussée élargie à 3 ou 4 voies à l'entrée de la ville, sur un bon kilomètre. Mais à Tata, il y a un rond-point qui se trouve juste avant la monumentale entrée. Et, sous la monumentale entrée se trouvent des policiers que je n'avais pas vus, car j'ai été attiré par un grand panneau mentionnant le jumelage de Tata avec une ville française. Photo ! Mais arrivé sous la monumentale entrée, les policiers m'arrêtent : passeport immédiatement sans dire bonjour. On me dit que c'est interdit de prendre une photo si l'on voit le panneau posé par terre Police. Le chef veut visionner ma dernière photo : il y voit le panneau et me demande donc de la supprimer, ce que je fais sur le champ. Puis, il m'invite à reprendre la photo sans le panneau Police. Je le salue poliment et m'échappe. Je suis étonné de cette raideur car habituellement la police (ou les gendarmes) sont toujours avenants, cherchent à parler voire serrent la main. Après avoir pris une omelette berbère (oeufs mollets avec olives, tomates, le tout cuit dans un tajine) et un thé, je décide de filer plus haut et de commencer l'étape prévue pour demain. Le soleil cogne fort. Je pars quand même avec peut-être l'objectif soit de camper soit d'atteindre Tagmout à une quarantaine de kilomètres. Cette route fut un émerveillement, apparemment récemment asphaltée. On ne cesse de découvrir de nouveaux tableaux paysagers après chaque virage. La montagne est là, présente, avec un festival de plissements aux contours, formes, ajustements très insolites. On a l'impression qu'on s'enfonce comme une petite souris dans un livre géant de Nature et que chaque virage est une page nouvelle qui se tourne, en relief bien sur. Magnifique ! Les policiers ont bien fait de me faire fuir de Tata. Un seul gite à Tagmoute, où je suis ce soir. Accueil normal mais un peu en-dessous des accueils que j'ai eus jusqu'à maintenant, jusqu'à Icht. Akka - Tagmoute, 107 km, 7h - 16h, +985 m -460 m Dimanche 22 novembre 2015 - Couleurs chaudes mais pentes ... dures Pas mal le gite de Tagmoute tenu par Abdelah. Le tajine pour quatre m'a bien revigoré hier soir. Départ guidé par la trouée de la petite route à travers les palmiers dattiers surplombants les cultures bien bordées de terre pour maintenir au mieux l'eau distribuée avec parcimonie. On m'a dit que ça allait monter dur jusqu'à Igherm, qu'il valait mieux prendre le bus. Que nenni ! La route monte mais pas trop. On reconnait bien les endroits humides avec les palmiers et les petits jardins. Les ouvriers travaillent tot à la réfection de la chaussée. Un grand bonjour, ça va ? Le soleil fait flamboyer les couleurs ocres de la montagne. Beaucoup de clic-clac. Mais la pente devient plus sérieuse, et même d'une raideur et de longueurs très inhabituelles. C'est la première fois que je suis obligé de mettre tout à gauche : petit plateau, toute petite vitesse. C'est jusqu'à 4 km/h, la limite de l'équilibre. Les pentes dépassent les 13% ressemblant à celle du col Agnel versant italien dans les plus forts passages. Le bonhomme tient le coup mais on n'avance pas vite. Après 42 km de montée dont une vingtaine petit-petit, Igherm pointe son nez. C'est dimanche mais un café me permet de manger l'omelette berbère et de boire le thé. Un jeune diplomé d'anglais est intrigué par ce vélo bizarrement habillé. Du coup, il m'accompagne avec son vtt durant une vingtaine de kilomètres sur la route de Tafraout. Car j'ai décidé d'aller plus loin qu'Igherm redoutant un peu la longueur et surtout les bosses de l'étape de demain. Bien m'en a pris. J'ai fait près de 40 km après Igherm tout en montées-descentes, montagnes "russes". Brahim le vététiste qui dit avoir une licence d'anglais m'a saoulé de paroles durant la vingtaine de kilomètres. Une crevaison à la roue arrière ! Je désosse le Mulet de ses sacoches, démonte la roue, le pneu, remplace la chambre à air, remonte tout et ... essaie de semer mon berbère anglais. Je lui fais comprendre que c'est loin Igherm, qu'il faut retourner. Dans les descentes, je le sème mais il me rattrape dans les montées. Il a fini par se décider à me fiche la paix lui ayant dit que je ne pouvais plus parler, que je m'étouffais. Depuis Igherm, je pédale entre 1500 m et 1800 m d'altitude au gré des bosses. Vers 16h30, je me décide de trouver un coin pour piter ma tente. En contrebas de la route, je pose mon abri sur un plat de cailloux. Au menu, taboulet à l'indienne mais il faut verser de l'eau bouillante ! N'ayant pas porté de réchaud ni de gamelle, j'y mets de l'eau froide. Pas terrible le résultat mais je pense que la semoule devrait bien passer quand même. Deux vaches qui rient, un petit coup de coca, et ...dodo dans la tente car le froid est bien là à cette altitude. Tagmoute - 40 km après Igherm, 82 km, 7h - 16h30, +1230 m -950 m Lundi 23 novembre 2015 - La poisse mais ... de la chance quand même La nuit sous tente fut plutôt inconfortable car allongé comme si j'étais sur du ballast de chemin de fer. Est-ce le froid ? Ma montre s'est complètement déréglée. Ce qui est sur, c'est que la tente est totalement givré par le froid. Alors que le climat est très sec, j'ai devant l'entrée un beau tapis blanchâtre et le double toit est comme amidonné ! Glagla ! Mon réveil s'est fait à la lueur du jour mais sans soleil. Dur de plier tout et de mettre tout le bazar dans les sacoches. Je fais grimper le Mulet sur la route et ... descente mais vraiment lentement car c'est glacial. Ca fait longtemps que je n'ai pas attrapé ainsi l'onglet. Le frigo a duré plus d'une heure, le temps que Monsieur Soleil me réchauffe un peu. Pédalage en montagnes russes comme hier. Paysages rondelets déserts ! Quelques cols, donc quelques descentes aussi et ... le guidon devient dur ! crevé de la roue avant ! La guigne ! Quelle n'est pas ma stupéfaction de constater en démontant le pneu que c'est l'armature métallique du pneu qui est rentrée dans chambre à air. Impossible à réparer sans changer le pneu ! Pas âme qui vive - tout le monde a du rester au chaud ! Que faire ? En observant bien le fer cassé, je me rends compte que je peux le plier un peu. J'ose une solution qui s'avérera efficace : pliant le fil de fer du pneu et le coupant au plus ras de la jante (j'ai toujours une pince !), le bout pointu métallique appuie maintenant contre la jante et non plus contre la chambre à air. Je mets la rustine et remonte tant bien que mal. Je gonfle à fond (100 coups de pompe Lapize !!) et je pars doucement en veillant à ne pas trop appuyer latéralement sur la roue avant. Inutile de dire que j'ai l'oeil plus sur ma roue que sur le paysage ! Pas chaud du tout là haut où je pédale entre 1500 m et 1800 m. Au carrefour où je dois bifurquer vers Id Ougnidif, je rencontre les gendarmes bien au chauds dans un kangoo. Je leur expose mon cas en leur disant qu'il faut absolument que je trouve un autre pneu. Affirmatifs sont-ils tous les deux : aller à Tafraout et non à Id Ougnidif. J'obtempère et file encore 22 kilomètres, très attentionné à ne pas vexer la roue avant ! Au bout de deux kilomètres, une grande, une énorme descente ! Je n'ose pas freiner avec le frein avant de peur de trop chauffer la jante. Tafraout n'arrive jamais ! Quelques douars mais pas de cycliste. Il faut aller à Tafraout. Je ne reconnais que le coeur de ce gros village pour y etre allé voici bien longtemps. On a construit énormément depuis. C'est dans ce coeur que je trouve l'inespéré mécanicien cycliste. Le bonheur est là, tout rond, tout neuf, cranté à souhait. Du 26 pouces, on en trouve partout dans le monde ! Qu'on se le dise ... En cinq minutes, le Mulet a les pattes avant refaites à neuf. Mais ... j'ai eu chaud quand même ! 30 km après Igherm - Tafraout, 59 km, +450 m -1240 m Mardi 24 novembre 2015 - La Kasbah de Tizourgane, nid d'aigle à ne pas louper ! Tafraout ... je ne devais pas y passer mais le pneu à changer impérativement m'a détourné de mon itinéraire. Et comme je n'avais pas prévu de journée supplémentaire dans mon tour de l'Anti-Atlas, je suis obligé, demain, d'aller à Ait Baha et, après-demain, de rejoindre directement Agadir. J'évite donc Taroudant. Dommage, peut-etre aurai-je pu me faire inviter par les Chirac qui, d'après ce qu'on m'a dit ici, aurait un très bel hôtel. Toute la nuit, j'ai été obsédé par la remontée de Tafraout, 21 km pour rejoindre le col d'où je suis descendu hier. Cette descente m'avait paru effrayante par la continuité et par la raideur de la pente. Il me semblait que je n'allais pas y arriver avec ma charge. Petit-déjeuner très léger yaourt-banane-cocacola. Je piste le compteur avec les kilomètres qui défilent très lentement mais ça va. Une chaussée bitumée d'à peine 4 mètres avec un soleil de face aveuglant, la pente, la charge, la très petite vitesse, tout ça me fait dépenser pas mal d'énergie lorsqu'un véhicule me croise ou me dépasse, cela, bien sur, pour ne pas balancer le vélo hors de l'asphalte. Bien concentré pour ne pas fournir plus d'effort que nécessaire, je finis par lorgner le col tout là-haut mais avec bon espoir d'y arriver sans trop de problème. Deux petites pauses biscuit-fanta orange avec quelques clic-clac. Et ... finalement, je ne trouve pas cette montée de 21 km si impossible ! De l'autre côté du col, au rond-point, je retrouve à nouveau la police. Pas très causants en uniforme. Et j'entame la "descente" - en réalité toujours en montagnes russes - vers Ida Ougnidif pour trouver la Kasbah Tizourgane vantée par Stéphane. Le vent n'est pas chaud. Un thé s'impose. Au bord de la route assis devant ce qui semble etre un café, je rencontre un natif de Ida Ougnidif qui habite depuis longtemps Saint-Denis et qui est en vacances. Parlant parfaitement le français de Paris, il m'accompagne en buvant le thé, redoutant un peu de rentrer en France. Je finis par voir la Kasbah Tizourgane perché comme un agadir mais ayant été utilisé non comme un grenier mais comme une protection contre les razzias. Très belle oeuvre de 23 années de restauration et d'aménagement presque luxueux pour des gîtes, on y monte les sacoches à l'aide ... d'un monte-charge ! Le Mulet a trouvé plus sur de se mettre à l'abri au pied de cette citadelle. Accueil très agréable par la femme du patron, la cuisinière, l'homme à tout faire ... La vue de la terrasse supérieure aménagée est imprenable : un paysage de montagne avec des arganiers implantés ça et là, et ... des ruches au pied de la citadelle. Enfin, je peux voir trois ruches anciennes horizontales et cylindriques en activité. Une assez grosse entrée ronde d'environ 4 cm de diamètre est creusée dans le couvercle de façade qui parait tout en terre séchée. Le petit rucher est typiquement traditionnel, un bâti ouvert en pierres sèches, avec plusieurs étages constitués de roseaux ou de moitiés de tiges de bambous mélangés à de la terre, avec un toit assez épais fait d'un mélange de terre et de végétation herbacée. Si la construction de ces ruches est semblable aux anciennesarnas aragonaises, le diamètre de ces ruches apparaît un peu plus petit que celui des arnas. Ces abeilles butinent de préférence les fleurs d'arganiers juste en dessous des ruches. Un miel d'arganier, tiens ! C'est propre au Maroc certainement. Tafraout - Ida Ougnidif, 58 km, 7h-15h, +1054 m -840 m Mercredi 25 novembre 2015 - La guigne ! nouvelle crevaison ... Tizourgane Kasbah à Ida Ougnidif est le top de ce qu'on peut espérer trouver au Maroc. On y est tellement bien que je n'ai pas entendu la montre sonner le clairon du réveil ! Le patron m'a décrit ses difficultés pour réhabiliter ce monument appartenant en indivision à sa famille. Persévérance est le mot que l'on peut retenir pour aboutir à ce prestigieux établissement d'accueil : un modèle pour une bâtisse datant du XIIIe siècle mise aux normes de confort actuelles. Il manque juste un savon pour se laver. Sinon, tout y est : pas de fautes majeures de gout dans la restauration, travail d'artisans inventifs et compétents - notamment pour toutes les menuiseries faites sur mesure, oeuvre pédagogique avec des étudiants en master patrimoine d'Agadir, accueil parfait, cuisine excellente avec les produits locaux, chambres très grandes avec salle de bain, eau chaude solaire.. Un rapide bonjour aux abeilles entrevues hier dans le très beau rucher à la mode antique, au pied de la Kasbah, niché versant sud juste au-dessus des arganiers, et me voilà reparti. Mes sacoches ont été descendues par le monte-charge. Tout se présente bien pour joindre tranquillement Ait Baha, dernière étape avant Agadir. Dans le silence du matin, le jour se levant, rouler est un privilège qui, dans ces circonstances, permet de ressentir ce que les paysages peuvent offrir de meilleur à l'âme humaine. Mais ... une drôle d'impression me ramène aux réalités moins agréables : ma roue arrière se dégonfle ! Pourtant avant de mettre une chambre à air neuve il y a trois jours j'avais bien pris la précaution de toucher tout l'intérieur du pneu pour etre certain qu'il n'y avait pas d'épine, de morceau de fer susceptible de faire une nouvelle crevaison. Bien des morceaux de route sont actuellement en travaux lourds avec ferraillage, béton, engins de toutes sortes, et ... des cailloux très pointus sur lesquels on est obligé de rouler. J'enlève tout le barda pour extirper la roue arrière, démonte le pneu, sort la chambre à air neuve qui ne semble pas tout à fait dégonflée. J'opte pour mettre à la place la chambre à air de la roue avant d'hier que j'ai remplacée par une chambre à air neuve. La rustine est encore à moitié collée : je gonfle un peu, ça a l'air de tenir. Je me dis qu'avec la pression la rustine restera bien plaquée contre le pneu. Je remonte tout. 100 coups de pompe Lapize, et ça repart. Le paysage n'a plus la meme saveur après ce nouveau coup du sort. Un dromadaire au milieu de la chaussée ! En réalité, il y a tout un troupeau qui se délecte des noix d'argan. Le berger, plus que véritable gardien, suit les dromadaires des yeux et les accompagnent. Très belles bêtes bien propres. L'un essaie de s'approcher de l'appareil photo ... et c'est dans la boite ! ... Le pneu a l'air de tenir. Encore une bonne dizaine de kilomètres pour arriver à Ait Baha, grosse ville si l'on peut dire, où je peux trouver des chambres à air neuves. C'est le jour du marché. Le souk se fait dans la rue principale mais aussi dans les ruelles adjacentes. Il y a de tout, en particulier toutes les petites choses qui faisaient le bonheur des bricoleurs "d'avant" avec les quincailleries et les drogueries. J'avais pisté un hôtel qui avait de bons avis. Impression confirmée par un passant qui m'indique son adresse. Mais avant, il me faut trouver le réparateur de cycles qui me vendra deux chambres à air neuves et solides. Je suis tombé sur un brave homme qui trouvera ce que je cherche et qui, aussi, voyant que mes mains étaient noires de cambouis, m'a porté de l'eau, de la poudre pour me laver les mains. Sympathique homme ! Je suis désormais armé pour crever au moins deux fois demain entre Ait Baha et Agadir ! La petite ville grouille de monde. Plein de vieilles landrover, de peugeot et surtout de renault. Au Maroc, les constructeurs automobiles de marques françaises ont (eu) un marché prometteur. Les dacia sont très prisés. La barbe a poussé depuis que je n'ai plus de bombe à raser et que le rasoir a rendu l'âme. Trouver un barbier ! Bonne idée, et puis lui faire aussi raccourcir les poils sur la tête ! Je tombe sur un maître du coupe-choux. Trois fois, il me badigeonne de mousse à croire que le rasoir ne coupait pas ! Je ressors avec la tête plus légère ... Ida Ougnidif - Ait Baha, 49 km, 7h30 - 13h, +253 m -895 m Jeudi 26 novembre 2015 - Retour chez les Chtis De crainte de ne pas me réveiller comme la veille, j'ai mis l'alarme à la tablette, au téléphone et à la montre. Total : je me suis réveillé une heure plus tôt ! n'ayant appliqué le décalage horaire que sur la montre ... Toujours très beau lever du jour ! Le vélo a sa roue arrière encore gonflée : magie du bricolage même avec la moitié d'une rustine collée ! Cela fait toujours impression, semble-t-il, de voir un bipède casqué sur une machine à pédales gorgée de paquets noirs. J'attire toujours autant les regards. 8°C ce matin à Ait Baha. La route est magnifique, large et sans circulation, durant les 30 premiers kilomètres. De beaux et fantomatiques douars apparaissent, pour la plupart en ruines. L'éclairage du soleil levant allonge fortement les ombres, accentuant un relief déjà bien présent. Crèvera, crèvera pas ? Quelques portions encore empierrées me font lever de la selle pour mettre un maximum de poids sur la roue avant maintenant équipée de neuf. La pression du pneu arrière parait tenir. Beaucoup de contours sur cette portion qui me conduit à la plaine menant à Agadir. Un lac ! La vision est surprenante ici mais le barrage est bien réel. De longues et planes lignes droites maintenant me mènent à Biougra, puis à Ait Melloul où j'ai envie d'une ... omelette. Cuite directement dans un plat en aluminium, ... je mets les mains là où il ne faut pas, et ... je lache tout ... mais ce fut bien bon ! Le plat est bien agréable pour pédaler maintenant cahin-caha. Je passe Inezgane, reconnais la route qui mène à l'aéroport ... Ca y est, on sent l'écurie ! Avant d'aller chez les Chtis d'Agadir, je file au port de pêche. Impressionnant, le nombre de bateaux présents ainsi que la dimension du port. L'entrée s'y fait sous surveillance policière et douanière. Magnifiques, les charpentiers de marine qui construisent encore là de très gros chalutiers tout en bois. Tout un secteur du port est dédié au dépeçage des bateaux retraités, à la coque toute cabossée, rouillée. Les chalumeaux en action tronçonnent par le feu ces vieux rafiots qui doivent en avoir des choses à raconter. Le sentiment de sécurité est total - ce qui n'est pas le cas en général dans les ports. Beaucoup de monde s'active sur chaque bateau pour charger le matériel nécessaire à la reprise en mer. Des tout petits bateaux, des barques presque, avec deux ou trois hommes à bord, partent ou reviennent de l'océan, la peche n'étant pas seulement le fait de gros bateaux usines - qui sont aussi présents - ou des chalutiers traditionnels. Pas mal de monde à mobylette ou avec une remorque tirée à la main négocie quelques surplus de poissons invendus car pas aux normes. Sur un quai, plein de filets de peche sont aux prises avec des petites mains qui raccomodent, rafistolent les mailles déchirés. Même les orteils sont à l'oeuvre en même temps que les mains pour bien tendre le filet à réparer. Casse-croûte sur le port avec calamars grillés/frites. Retour chez les Chtis où Didier me reçoit avec toujours autant d'attention : le carton du vélo et mes vêtements "de ville" sont bien là. Il est 14h. Ca y est l'Anti-Atlas est emballé. La boucle est bouclée. Ait Baha - Agadir, 65 km, 7h15 - 14h, +110 m -598 m Vendredi 27 novembre 2015 - Vécu d'Agadir Ce matin, Les Chtis d'Agadir sont un havre de paix. Confort et détente au milieu de personnes de nationalités multiples. Un suédois travaillant au Mali est inquiet de retourner à Bamako. Un couple québécois, un autre germanique, deux franco-asiatiques. C'est aussi un couple polonais à l'histoire étonnante. Décidés à fuir la misère, mari et femme embarque dans une voiture usée. Arrivé aux environs de Berlin, de nuit, panne de batterie : l'alternateur a rendu l'âme. Passe et s'arrête une voiture avec une dame seule à bord. Elle embarque le couple polonais, lui trouve une chambre. Le lendemain, le mari de la dame a fait le nécessaire : l'alternateur a été changé. La voiture des polonais est prête pour continuer le voyage. Aucun frais à payer. Belle histoire ... Midi : au casse-croûte ! En déambulant sans trop réfléchir, je vois des petites tables pas mal occupées, avec un panneau indiquant "restaurant". Bien prétentieux peut-être le terme, mais assiettes appétissantes si j'en crois ce qui est servi. Le serveur - aussi patron - est habillé très propre : "oui, bien sûr, on fait le couscous le vendredi". Quelques minutes après, une magnifique assiette fumante arrive accompagnée d'une boisson inédite pour moi : jus de carotte avec orange. Arrive un couple avec deux petits enfants : lui en costume - cravate très chic, les petits habillés en "dimanche", elle complètement enveloppée de noir de la tête au pied. On ne voit même pas les yeux ... Entre l'avenue Mohammed V et l'océan Atlantique, un autre Agadir : grandes et larges avenues, résidences de luxe, multiples hôtels 4 et 5 étoiles, kyrielle de taxis, bus de tours operators. Très peu de monde. De plantureux bipèdes aux tours de taille conséquents sirotent tranquillement. Mais les bars, les restaurants de luxe restent presque vides malgré les tarifs promotionnels ostensiblement affichés. Passe une jeune fille court vêtue. Deux Agadir ... Samedi 28 novembre 2015 - Retour à Toulouse C'est l'heure de faire rentrer le vélo dans le carton. Le Mulet se plie de bonne grâce à l'opération : pédales à l'envers, guidon en travers, selle et béquille démontés, pneus dégonflés. On insère la tente, le matelas, le casque. Le carton est bouclé. Didier, le patron des Chtis d'Agadir a un lodgy qui permet au vélo d'être transporté sans risque jusqu'à l'aéroport. Quarante minutes quand même pour accéder à l'aérogare avec des embouteillages qu'une meilleure conception du maillage routier pourrait éviter. Au revoir à Didier qui m'a royalement reçu. Bonne continuation au Riad ! L'arrestation il y a deux jours de présumés terroristes autour d'Agadir laissait penser que les contrôles à l'aéroport allait être renforcés. Petite aérogare avec un grand hall d'embarquement, les passagers y font déjà la queue plus de deux heures avant l'embarquement. Les comptoirs d'enregistrement EasyJet sont très actifs et sans histoire. Jusqu'à l'arrivée des bagages à Toulouse-Blagnac, je retrouve la même efficacité dans l'organisation et dans le service à l'usager. L'avion est bondé et les places ne sont dimensionnées que pour des bipèdes petits et moyens. Le départ se fait avec 20 minutes d'avance ! "On va être détourné, c'est sûr : pourquoi part-on ainsi avec autant d'avance sur l'horaire !". C'est un clin d'oeil des passagers toulousains très en verve qui se trouvent derrière moi. Dans la nuit noire, on peut voir que l'on suit le littoral méditerranéen espagnol : lumières de Valence, de Barcelone ... mais aussi surprenante boule orangée de la lune ... L'atterrissage à Blagnac se fait en douceur. Il est 21h. Aïe ! pas de pièce de 1 euro ! Comment prendre un caddie pour charger le carton-vélo et les sacoches. Heureux hasard : la pièce de 5 dirhams a la même dimension. Thomas est là pour m'accueillir. Ambiance normale à l'aéroport. La raclette a été très appréciée ... Douce réalité ... Retour à Eysus le lendemain : une grande barre nuageuse épouse les montagnes. La neige est bientôt là !
Un Bilan ? L'Anti-Atlas est bien une montagne. Le petit tour fait en une douzaine de jours de vélo fait grimper au total près de 8000 mètres. Pas mal de montagnes russes. Trois grandes montées : le col de Kerdous depuis Tiznit, la portion spectaculaire de Tamgoute à Igherm avec de longues pentes supérieures à 12%, le col sans nom 20 km à l'Est de Tafraout. Un coup de coeur : les extraordinaires plissements rocheux de la portion Tata - Tamgoute - Igherm. De bonnes adresses avec de belles rencontres et discussions : chez Didier aux Chtis d'Agadir, l'hôtel des touristes à Tiznit, chez Abdou à Amtoudi, la Kasbah Tizourgane. Ce voyage s'est inscrit dans un contexte très particulier puisque je suis parti le lendemain de la tragédie terroriste de Paris. Partout où je suis passé, j'ai eu les mêmes réactions spontanées avec le besoin de dire à l'étranger que la religion ne peut pas justifier de tels crimes. Le sentiment de sécurité a été total avec quelques gestes toutefois qui m'indiquaient clairement que je devais passer, m'éloigner, partir. Mais beaucoup plus souvent, j'ai eu de très nombreux témoignages d'attentions alors que je ne demandais rien : par exemple lorsque j'ai dû changer mon pneu avant, ayant les mains noires de cambouis, on m'a spontanément porté de la lessive et de l'eau pour me laver ; par exemple pour me recommander un "ami" qui me trouvera logement et nourriture. Quatre images flash restent présentes dans ma tête : au souk d'Agadir, les visages épuisés de deux femmes, assises à même le sol, pétrissant indéfiniment la pâte d'argan (photos vendredi 27 novembre) ; toujours à Agadir, une mère de famille, tout de noir vêtue en voilage intégral, le mari en costume-cravate tenant par la main un petit garçon endimanché ; à Akka, la convergence de nombreuses femmes adultes se dirigeant vers l'école pour des cours d'alphabétisation ; toujours à Akka, de très beaux objets confectionnés par des femmes avec les plastiques ramassés dans le douar. Kaleidoscope du cycliste ...

Samedi 14 novembre 2015 Impensable ! Le drame terroriste d'hier soir nous laisse hébétés. L'ignominie n'a de sens que pour l'humain ... Comment peut-on basculer ainsi de l'amour à la haine, du respect de l'autre à la tuerie aveugle, du pardon à l'extermination ? Ce matin, la stupeur est partout. L'état d'urgence est décrété ... Partira, partira pas ? Si beaucoup de compagnies aériennes étrangères annulent momentanément les vols vers la France, le vol EasyJet pour Agadir est maintenu. Coïncidence ? Lors de mon dernier tour au Maroc, montant le Tizi n'Tichka et parti de Marakech de très bonne heure, mon fils m'annonce par téléphone que ce matin là s'est produit une énorme explosion à la place Jemaa-el-Fna de Marakech, soufflant un restaurant où j'avais pris une bière la veille au soir. Aujourd'hui, retour vers le Maroc avec encore une fois un assassinat aveugle à Paris. L'aéroport de Blagnac est étonnamment paisible : pas de police pas de militaire. Les gens éprouvent le besoin de sourire, sans doute pour se montrer qu'on n'a pas rêvé. L'enregistrement du sac contenant les bagages en sacoches se passe rapidement avec une hôtesse très souriante qui, de plus, m'accompagne pour étiqueter mon vélo joliment emballé dans un beau carton. C'est EasyJet : no problem. Pas de surprise, tout est en ordre. Sac en soute de 18 kg (pour 20 kg autorisés), vélo dans un carton (24 kg pour 32 kg autorisés) pour un aller-retour Toulouse-Agadir à 240 euros ... Un tarif de très loin inférieur à toutes les autres compagnies avec, en outre, un trajet direct, ce que ne fait aucune autre compagnie. Le passage sous le portique, l'annonce de la porte d'embarquement, les formalités douanières et de police, l'entrée dans l'avion, tout se fait dans un ordre exemplaire. Qu'Air France prenne de la graine d'EasyJet ! L'A320 est plein comme un oeuf : j'ai compté 150 sièges clients occupés, 4 hôtesses, les 2 pilotes et ... mon Mulet ! Le départ se fait avec 10 minutes d'avance, l'arrivée avec 15 minutes d'avance. Un atterrissage tout doux ... Tout va bien à Agadir : grand beau temps. Bagages, vélo compris, police, douane en une petite demi-heure. Mon nom sur une feuille blanche. Ahmid est là, le taxi. Mais ... une vieille mercedes berline sans porte-bagage. Aïe ! le vélo ... Pas de problème, Ahmid a tout prévu : on pose le carton couché à même le toit, il sort des bouts de ficelle du coffre, des dépliants publicitaires de l'office du tourisme pour que les ficelles ne cisaillent pas trop le carton, on ouvre les quatre glaces des portières et on.. serre. Le jeu latéral semble maîtrisé mais les coups de freins ou les accélérations un peu trop virils vont faire glisser le carton ! Mais non, c'est un raisonnement d'intellectuel pas de marocain. Je lui enjoins de ne pas dépasser 60 km/h et de passer les ronds-points à 20 km/h. Ahmid me fait plaisir. Il obéira. Mais ... une heure pour arriver aux Chtis d'Agadir, une auberge-restaurant tenue par un breton marié à une chti. Apparence très propre. On discute avec Didier, le patron, du match de foot d'hier soir et, évidemment, des événements terroristes. Je finis par me poser dans la chambre. Dîner à 20h, m'a-t-il dit (soit 21h en France avec le décalage horaire).
Dimanche 15 novembre 2015 Autour d'un mérou, poisson remarquablement cuisiné (accompagnement tomates, pommes de terre rehaussées par les senteurs de fines herbes dont le nom reste secret), je fais la connaissance de Serge Dupuis, un français habitué du Riad des chtis d'Agadir, qui connait le Rwanda, qui fait du vélo, qui a été universitaire. Je finis par comprendre que je suis en pays de connaissance avec même des amis communs. Curieux ! On a beau aller au fin fond de la planète, il y a toujours quelque chose qui n'est jamais inconnu. Seulement Serge a un vélo de 5,5 kg ! Je ne l'ai pas dit au Mulet (qui pèse tout nu 17 kg ...). Du coup, Didier, le propriétaire du Riad, s'est joint à nous. La soirée s'est donc un peu allongée ... Car, lui aussi, a eu un parcours professionnel atypique : avec un brevet professionnel d'électrotechnicien, il a voulu aller plus loin, a passé avec succès une maîtrise de droit par cours du soir, est devenu spécialiste en relations humaines chez France télécom puis a passé plus de dix années à Bruxelles à la Direction des ressources humaines. Jacques Delors et Martine Aubry sont pour lui presque de la famille. Aujourd'hui, suite à la rencontre de sa femme, il a composé ce riad avec compétences et gout certain. Plus de 90 nationalités différentes ont été hébergées dans son établissement. Ce matin, grand beau ... mais il est prévu du beau temps durant les deux semaines de mon périple. Trois objectifs : trouver à changer euros contre dirhams, remonter le vélo, acheter les provisions habituelles pour la survie. C'est dimanche, beaucoup de magasins sont fermés. Un bureau de change est à 500 mètres du Riad. En gros, c'est 10 dirhams pour 1 euro. Pour remonter le vélo, pas trop de difficultés non plus. Le carton n'a que très peu été abîmé durant le vol. Les pédales sont remises à l'endroit avec la clef de 15, le guidon est réinstallé avec un peu de mal pour serrer le gros écrou évitant au guidon de basculer vers l'avant, la selle est ajustée, la béquille retourne à sa place, les portes-bidons sont fixés, la roue avant est centrée, le compteur kilométrique remis en marche, les pneus sont gonflés avec 100 coups de pompe Lapiz (très ancien modèle mais qui permet de mettre les 4 bars nécessaires pour éviter au maximum les crevaisons), le rétroviseur est recalé, la trousse à outils suspendue à la selle Brooks. Après, direction le souk d'Agadir qui serait le plus grand d'Afrique. Je me dirige à pied avec le plan papier d'Agadir mais.. certains noms de rue ne sont pas les mêmes sur le plan papier et sur les panonceaux accrochés dans les rues. Au total, comme d'habitude en ville j'ai pris trois directions différentes avant de trouver la bonne. Comment ? En demandant. Il faut se méfier un peu car c'est toujours bon, toujours oui. J'ai suivi un papi qui y allait avec son petit-fils "parce qu'il avait bien travaillé à l'école". Porte 7 : c'est l'entrée pour trouver un pantalon ! Vu le soleil et les coups de soleil inévitables, il faut absolument que je me couvre les cuisses, sinon ce sera la biafine assurée tous les jours. Et, bien sur, je n'ai pris que des cyclistes courts et un short. Un pantacourt en coton est vite trouvé par "le frère du cousin qui en a". Je marchande à moitié prix. Il me fusille des yeux en me disant que c'est un pantalon de marque, que le prix que j'en donne est moins cher que ... Je me laisse amadouer et on finit par transiger aux deux tiers du prix initial. Mais, c'est vrai que la qualité semble être là. Donc, tout le monde est content. Un tajine ? pourquoi pas, au poisson ! Pas terrible néanmoins avec beaucoup d'arêtes. Et le thé ? oui mais le thé marocain ! avec la théière remplie à moitié de sucre et de menthe, et mélangé et remélangé au moins 7 fois pour être vraiment le meilleur thé du monde (bien meilleur à mon gout que le thé de Chine). Après, il me faut trouver mes aliments de survie. Je finis pas trouver des petites épiceries ouvertes (c'est dimanche) avec mon quota d'aliments et de boissons pour me rassurer : une bouteille d'1,5 litre de coca-cola, une bouteille d'1,5 litre de fanta, une bouteille 1,5 litre d'eau minérale, un croissant, une chocolatine, cinq bananes, cinq pommes. Au moins, ma tête sera tranquille avec les deux sachets lyophilisés de taboulé indien, quelques barres à la pâte d'amande, quelques bonbons acidulés piqués chez mon fils Thomas. Il me reste à tester mon vélo. La chaleur est très forte lorsque vers 15h je décide de repérer la sortie de la ville pour la direction Tiznit. Pas de souci : le vélo piaffe sans faire de bruit. Une bonne quarantaine de minutes néanmoins sont nécessaires pour respirer un peu mieux après l'embranchement vers l'aéroport international. Didier au Riad est au four et au moulin. Son établissement est plein. Il faut dire qu'il est recommandé par le guide du Routard 2015 et par Tripadvisor alors qu'il n'a rien demandé. Ce soir pas de dîner au Riad, Amina, son employée, ne travaillant pas le dimanche. Pour demain matin, comme je pars au lever du jour bien avant l'heure du déjeuner, j'aurai néanmoins de quoi m'alimenter avec un petit plateau dans la chambre. Service au top donc. Riad des Chtis d'Agadir : à fortement recommander pour 28 euros petit-déjeuner compris. Lundi 16 novembre 2015 - Chaud déjà ! Hier soir, Didier mon hôtelier m'a conseillé un couscous royal au restaurant Jardin d'Eau. Navette assurée, préparation personnalisée avec l'ajout d'huile d'argan "bio". Je n'en demandais pas tant. De fait, tout a été avalé goulûment. La préparation des légumes valait, à elle seule, le déplacement. Ce matin, 6h10, réveil. Nous étions six personnes du Riad à partir à 7h. Aussi, Didier s'est levé plus tot pour nous préparer le petit-déjeuner. Je lui laisse le carton-vélo, mon sac d'emballage des sacoches. Mon départ est remarqué au pied du Riad avec moult photos du bonhomme et son Mulet. L'air est frais mais très doux. La veste fluo est enfilée. Tout roule. Le repérage d'hier m'a bien aidé mais ... jusqu'à un certain moment car, bien sur, comme souvent dans les sorties de ville, je me perds. Avantage, j'ai traversé un immense marché en plein air en préparation. Quelques kilomètres en trop mais bon ... aujourd'hui ce n'est pas bien gênant. Il m'a fallu quand même 20 bons kilomètres pour sortir de l'agglomération d'Agadir. La vitesse tourne autour de 20 km/h ce qui, compte tenu du chargement, est correct. Le paysage reste assez lugubre : de grandes étendues avec, parfois, d'immenses serres de plastique, quelques rares troupeaux de brebis gardés par un jeune berger, puis, après une cinquantaine de kilomètres, des plantations de ce qui ressemble à des amandiers. Je me force à m'arrêter de temps à autre pour avaler quelques fruits secs, une banane et boire un coup (cocacola et fanta orange). Mais le Monsieur Soleil là-haut commence à me griller le crane. J'enfile le chapeau sous le casque. La chaleur ressentie baisse nettement. Fin de la deux fois deux voies : je suis sur la N1. Après, c'est un peu l'enfer avec les véhicules un peu larges pour un cycliste car, si le doublement de la chaussée est terrassé sur ma droite, c'est soit en contrebas de 40 centimètres soit à l'inverse par un relief impossible à utiliser en vélo. Et le gymkhana commence, l'oeil rivé dans le petit rétroviseur. La circulation est parfois très dense et parfois ... nulle : curieux ... J'ai eu à me balancer sur le bas-coté trois fois, mes sacoches refusant de serrer les fesses devant le camion qui arrivait derrière. Le vélo a tenu bon malgré les sauts. La chaleur est là, surtout avec le pic du soleil qui arrive. Tiznit se montre à l'horizon. Devant une station de carburants, un immense marché-vitrine à ciel ouvert : des marbres, des poteries, du carrelage, de la faïence. Très beau mais.. j'ai de plus en plus soif ! Direction l'hôtel des touristes (ça me va bien !) en pleine place de la médina de Tiznit. C'est une petite pension familiale recommandée. Accueil sympathique par Ahmed qui me dit que les marocains ne comprennent pas ce qui se passe en France : "qui est Daech ? Aucune des trois grandes religions du Livre (chrétiens, juifs, musulmans) ne peut être concernée par ces attentats. Ce que veulent les marocains ? Vivre tranquillement en famille et laisser la politique au Roi puisqu'il y en a un." Pas facile de trouver une bière ici. Des français m'indiquent le Mauritania. Finalement j'y mange un ... (devinez !) ... poulet frites, et je bois deux bières succulentes. C'est vrai qu'il commence à faire très chaud. Agadir - Tiznit, 7h15 - 12h30, 98 km +339 m -93 m
Mardi 17 novembre 2015 - Grosse journée Un peu plus de 100 km avec 3 cols, 1600 m de dénivellation montante cumulée, près de 10 heures de pédalage avec toutefois trois arrêts pour boire et manger un peu. Heureusement, la veille j'avais bien mangé. Mauritania, très sympa avec le cycliste. Double ration de brochettes, grosse salade riz tomate carotte. Ce matin, départ à 7h de Tiznit. Arrivée vers 17h pour profiter un peu du coucher de soleil, car je campe. Je suis monté avec grande économie de moyen pour faire les 100 km de la journée. J'écris dans ma petite tente donc dans une position pas très confortable. J'ai pris la route de Tafraout sur 70 km. Au départ, pas mal de circulation. Pourtant le jour se lève à peine. Les petits villages se succèdent, de plus en plus éloignés l'un de l'autre. Plus je monte plus le paysage invite à la sérénité. Deux premiers cols mais le troisième (col de Kerdous apparemment mais au Maroc pas facile de trouver le nom d'un col) est un vrai, un bon, quasi semblable en montée au Tizi n'Test. Aux carrefours, les directions sont en arabe. Alors, tempête sous mon crane surtout que ma tablette qui me permet de voir ma position par satellite (sur fond de carte siouplait) refuse de s'allumer. J'interroge : "c'est toujours tout droit mon ami" ... jusqu'au moment où je dois impérativement tourner au Sud. Ma tablette m'a pris en pitié et ... a daigné s'allumer, donc ma position s'est affichée et j'ai pu alors prendre la bonne piste très étroite mais asphaltée jusqu'à Aghoudid. Très bel itinéraire après 80 km. On ondule en altitude sans village mais avec des terres proches griffées par un tracteur, et avec moult pierres. Depuis le lever du jour et tout le long de l'itinéraire, j'entends le même chant d'oiseau. A le voir, je crois bien que c'est une espèce d'alouette. J'ai monté la tente après quelques kilomètres de piste tout-terrain un peu plus loin qu'Aghoudid. Le vélo saute pas mal mais il faudra qu'il tienne car demain pour atteindre Amtoudi, ce sera de la piste cross tout le temps. Tiznit - 3 km après Aghoudid, 102 km, +1675 m -547 m
Mercredi 18 novembre 2015 - Amtoudi, un agadir somptueux La nuit sous tente a été sans vent, calme. Pas un animal n'est venu roder. Lever de soleil multicolore au milieu d'un paysage naturel à 360°. Haro sur le Mulet ! Il saute, se cabre, glisse mais reste toujours d'aplomb. La piste est en descente la plupart du temps et ... bon choix dans ce sens car pour remonter ce terrain défoncé il aurait fallu sortir les tripes ! Cahin caha à petite vitesse - je crains toujours la petite faute sur ce type de terrain car les conséquences peuvent être imprévisibles, pas un chat ne passant à l'horizon ... sauf un âne trottinant tout seul avec empressement ! Les kilomètres défilent lentement, quelques gués chaotiques à franchir, des terrains agricoles apparaissent. Là-bas, au loin, un âne tire une araire qu'un homme essaie de tenir droite. M'approchant, je me demande bien ce qu'il compte cultiver : il n'y a que des pierres que le soc bouge à peine sans un quelconque sillon. J'applaudis le monsieur et l'âne. Il me répond en faisant de même. A un méandre de l'oued, un bel ensemble potager que fignolent des femmes arrachant, plantant, papotant ... La piste s'améliore. Bientôt la sortie et la rencontre avec la vraie route, bien asphaltée celle-là, qui me conduit en retournant au Nord, vers Amtoudi. Amtoudi, ce village dont personne ne connait le nom sauf ses habitants. Hier, j'ai eu toutes les peines du monde à me renseigner. Mais, mon tracé sur la carte et le point gps où je me trouvais coïncidaient parfaitement. J'étais donc sur la bonne voie. Un haut lieu du tourisme mais sans touristes. L'auberge "On dirait le Sud" vantée dans tous les guides comme le lieu où séjourner, est fermée. Le patron a mis la clef sous la porte. A Tiznit, le jeune Abdou de l'hôtel des touristes m'a dit que je devais contacter Abdou (un autre bien sur) à Amtoudi. J'ai donc demandé Abdou de la part d'Abdou, et je tombe sur le fils d'Abdou qui s'appelle Mohamed. Pas de problème, tu as faim, on va te faire à manger, tu cherches une chambre, pas de problème, on va te trouver cela. Mais c'est vrai que j'avais très soif et très faim. Je rentre dans la première boutique trouvée et je refais le plein de boissons et de nourriture de survie. Hier soir, j'avais très très soif ayant pourtant bu quatre litres dans la montée des trois cols. Chez Abdou, je suis comme un pacha : tout un appartement tout confort qu'Abdou gère pour des propriétaires français absents. J'ai faim donc de suite omelette thé marocain (le vrai, autre chose que le thé d'Agadir). Tout là haut à 300 mètres au-dessus est pitée une extraordinaire forteresse dénommée ici agadir Id Aissa qui est admirablement conservée (XIIe). J'y monte à pied en un demi-heure après qu'Abdou ait téléphoné au gardien qui là-haut fait la visite. C'était principalement un grenier où l'on stockait de la nourriture : orge, mais, carottes, amandes ... Mais c'était aussi un gigantesque rucher disposé en étages avec des ruches horizontales cylindriques comme on en trouve encore quelques exemplaires en Aragon (l'arnaaragonaise). Aujourd'hui, plus de ruches car, aux dires du gardien, plus de nourriture pour les abeilles. Cet agadir permettait aussi aux populations de se réfugier en cas de razzias, plusieurs citernes d'eau recueillant les eaux de pluie ayant été creusées et fonctionnant encore. L'ensemble est bati en pierres séches. Quelques gravures rupestres tout en haut de cette fortification. Très, très beau ! Tajine de poulet à la descente, chez Abdou bien sur qui m'allume la télévision avec les dernières nouvelles sur la recherche des terroristes dans la région parisienne. "Tu ne veux pas aller voir La Source ?". Abdou aime montrer les petits trésors de son village. "Tu suis le bord de l'oued, c'est tout droit, tu arrives devant un autre agadir et c'est plus loin au fond ! Tu veux un guide ?" Fier comme un basque pas fatigué, je lui réponds que je vais bien trouver ! De fait, on peut difficilement se tromper car il faut suivre une gorge rocheuse dont le fond est pourvu d'une luxuriante végétation. Sauf qu'il faut une bonne heure pour y aller. Un cheminement se devine d'abord le long du petit canal d'écoulement qui alimente le village en eau, ensuite en écartant les branchages tout en regardant le ciel pour pointer la bonne direction, enfin quelques pas sur des gros rochers qui surplombent une puis deux très belles cascades. Très agréable cette petite balade à l'ombre des parois rocheuses de la gorge. Journée un peu éclectique mais plein de belles choses et un petit repos aussi pour regonfler les batteries. Du coup, j'ai probablement trois fois plus de liquide que de besoin, et plein de vaches qui rit ! Au diable l'hypoglycémie ... Au fait, si vous allez à Amtoudi, ne pas hésiter à contacter Abdou Amoudi. Aghoudid + 3 km de piste (tente) - Amtoudi, 31 km (dont 25 de piste), +686 m -1233 m
Jeudi 19 novembre 2015 - Aux portes du désert Je suis parti d'Amtoudi ce matin avec un peu de regret, tant ce site est remarquable et mon hôte Abdou accueillant. "Quand tu reviendras, je te ferai visiter en 4x4 toute la région". Car Amtoudi n'est que le nom de la région et ce n'est qu'avec le succès touristique de l'agadir Id Aissa que l'on a attribué le nom d'Amtoudi au douar Id Aissa. En voulant sortir de ma maison flanquée à flanc de montagne, je coince la clef dans la serrure ! Je tape fort, encore plus fort. Il fait encore nuit. Mon proche voisin Abdou est à plus de 200 mètres ... Après 10 minutes de compréhension (les serrures sont parfois coriaces à apprivoiser), je finis par trouver le tout petit espace qui m'a permis d'enfin faire tourner le barillet. Mais ... en descendant, le vélo chargé dans le presque noir, chute dans le virage, cul par dessus tête. Le mur d'Abdou m'a bloqué. Le petit-déjeuner est servi. Mon ami Abdou s'est levé pour me saluer. "Ti va toujours tout droit jusqu'à la mairie". Salut mon frère ! Sur la route, je croise le boulanger qui vient ravitailler le village. Droit, droit, le ruban asphalté est en très légère pente descendante. J'enlève très vite une épaisseur. Il fait très bon. "A 15 km, ti tourrne à gauche". Pas mal, il y avait 16 km. Les enfants sont aimantés vers l'école du village. Au bout de 30 km, je rejoins une route qui a l'air plus importante. Mais le trafic des véhicules est très calme. Heureusement, car un vélo plus un car ou un camion, ça ne peut pas rester sur le bitume en même temps ! Il s'ensuit de longues, longues lignes droites qui tracent dans un désert de pierre bordé des derniers ressauts de l'Anti-Atlas. Ca me fait penser à la canal de Berdun entre puente la Reina et Sabinanigo en Espagne. Arrêt vache qui rit, banane, coca-colac. Je croise quelques tentes berbères, mais personne n'en sort. Grand carrefour vers Tafraout. Pas pour moi, je file en face vers Icht. Plus que 15 km. Juste avant le village, à gauche, le camping-hotel Borj Biramane dont l'appellation aurait pour signification la tour du propriétaire des chameaux. Tenu par deux frères français plantés là depuis huit années, c'est plus qu'un camping aux portes du désert, un havre pour les toutous comme moi qui cherchent à bien dormir, bien manger et boire, et qui dispose d'une connexion internet. Pas la peine d'aller plus loin. La place est bonne. Seul petit bémol : une quinzaine de motards (français) sont en troupeau et causent fort mécanique ! Je prends un petit bloc en dur au bout du camping : toujours très propre, lit avec draps ... Le Mulet est content. Abdalah me propose une visite de la médina d'Icht. Lampe de poche obligatoire. La vieille cité en pisé conserve encore quelques labyrinthes accessibles. Je découvre les trois niveaux d'habitation avec un étage par épouse, mais une cuisine commune, les réduits qui sont des chambres pour les enfants, pour la femme, mais pour l'homme ... Abdalah ne m'a rien dit. Très instructif ce parcours qui montre encore une fois un jeune marocain marié avec quatre enfants ne pas accepter le terrorisme au nom de la religion musulmane. L'eau, source de vie, prend bien plus de valeur aux portes du désert que chez nous. Elle est précieusement répartie pour les jardins selon des règles acceptées par tous. Abdalah a créé une association qui a pour mission de récupérer tous les plastiques, les emballages jetés, de les recycler et de faire des petits bracelets, des sacs à main, des petits bijoux ... Ce sont les femmes qui s'en occupent. J'en ai vu de très beaux réalisés avec des capsules de canettes en aluminium. Le muezzin se fait entendre. Le soleil se couche à Icht. Amtoudi - Icht, 70 km, 7h - 12h, + 666 m -1212 m Vendredi 20 novembre 2015 - Tu vas chez Boujmaou ! En fait, c'est le seul endroit où l'on peut dormir en dur à Akka. Personne n'est levé avant 8h au camping-hôtel Borj Biramane à Icht. La veille, on m'a donné un petit-déjeuner plateau avec presque tout ce que j'avais demandé : jus d'orange pressée, vache qui rit, pain, confiture, oeuf dur. Dans mon bloc, la nuit a été perturbée par un satané moustique. Lever de soleil toujours majestueux avec les beaux dégradés célestes du bleu au rouge que rehaussent les silhouettes noires des mosquées. La sortie du camping se fait dans le silence mais avec la polaire sur le dos. La route est alors un long ruban noir pas très large, comme hier, mais bien tracée. Pédalage un peu automatique dans cette lueur du matin, le bonhomme dort encore d'un oeil. Seul bruit mais il faut etre attentif : les alouettes m'accompagnent encore de part et d'autre de la chaussée me précédant de quelques mètres puis repartant lorsque j'arrive à leur niveau. Ballet étonnant et réconfortant. Je rejoins la route plus importante qui aboutit à Ouarzazate. A gauche toute ! C'est alors que commence une longue très longue virée droite mais droite qui ... va bien me mener quelque part ! De part et d'autre, le désert de sable et surtout de pierres. Pas un animal sauf quelques petits oiseaux tout noirs à la queue blanche intrigués de voir ainsi circuler un bipède à vélo. Ce sont plutôt des autos, des camions, des bus qui passent ici. J'ai vu quelques anciens véhicules de l'armée reclassés par des particuliers déguisés en Laurence d'Arabie, venus sans doute ici sauter sur les dunes de sable comme les motards d'hier. Ca distrait le Mulet ! Un petit vent trois quart de face me rafraîchit un peu mais me fait rétrograder souvent. Les montées et les descentes ne sont pas très fortes. Après une cinquantaine de kilomètres, des engins de chantier terrassent, goudronnent, dament ce qui, à terme, devrait devenir un axe majeur de Ouarzazate à Tan-Tan. Quelques déviations obligent à emprunter quelques kilomètres un peu boueux. Le trafic est ici très rare, ce qui fait le bonheur du Mulet. Je subis de temps à autre d'énormes nuages de poussières fines et aveuglantes lors de croisements de camions qui doivent certainement faire bien rigoler les chauffeurs qui ne ralentissent pas du tout leur bolide. Akka est en vue. Encore 10 kilomètres : "Si tout droit" ! Oui, c'est bien vrai que c'est tout droit ! Un panneau : Akka, histoire et culture. L'entrée au douar est unique. Je cherche du regard le café de Boujmaou recommandé par Brahim du camping Borj Biramane. "Tu verras des chaises dehors". C'est vendredi, le muezzin harangue à tue-tête dans le micro de la mosquée. Un petit souk à gauche. Je commande un thé et demande le café de Boujmaou. "Pas de problème, c'est juste là derrière et puis à droite" ! Boujmaou est à Tata. Je ne peux pas me recommander de Brahim ! Le tenancier s'appelle Omar. Il me fait tout pour 120 dirhams : chambre, couscous maintenant, tajine ce soir, eau, petit-déjeuner, avec li vilo là fermé à clef ! Il faut dire qu'entrer à Akka est assez impressionnant quand on est français. D'abord on est seul, tous les regards berbères dirigés sur li cicliste. Mais l'accueil individuel est toujours très affable, très gentil. En mangeant le couscous - qui est loin de valoir le couscous royal d'Agadir ! - je me rends compte que les berbères prennent aussi un berlingo de lait qu'ils mélangent à la semoule. On apprend tous les jours. Pas d'internet mais à coté il y aurait un cybercafé. Alors ... Cette étape est avec celle de demain jusqu'à Tata, une sorte de transition dans une zone assez désertique. Je n'ai pas rencontré une seule tente berbère à la différence d'hier, mais quelques rares panneaux avec une vache dessinée, sauf ... qu'il n'y a pas de vaches, seulement brebis et chèvres. Icht - Akka, 6h45 - 12h45, 86 km, +260 m -214 m Samedi 21 novembre 2015 - De Tata à Tagmoute, une merveille Depuis mon arrivée à Akka, j'ai l'impression d'être entré dans un autre monde. On m'avait dit à Amtoudi que les locaux qui travaillent dans le tourisme sont les plus ouverts. Cela s'avère exact. Il est vrai qu'on est ici dans le Sud du Maroc, pays des berbères, relié par quelques routes goudronnées depuis très peu d'années. Est-ce l'éloignement avec les centres de décision politique marocain ? Est-ce l'identité berbère qui rend un peu méfiant ? Si l'accueil quand on dit bonjour est toujours poli, on se sent observé en permanence. Peut-être est-ce dans ma tête ? Je suis parti comme d'habitude au point du jour, direction Tata. Cette étape est comme celle d'hier, une liaison par le désert sud marocain de la partie orientale de l'Anti-Atlas, très proche de l'Algérie. Il ne faut pas trop réfléchir, y aller sans rencontrer âme qui vive durant quasiment 65 km. Désert, désert de pierres et de sable. On longe de belles structures rocheuses longilignes orientées Est-Ouest qui forment des sortes de murs naturels contre lesquels la route est tracée. Comme hier, seulement quelques rares bus, camions, voitures. A chaque croisement de véhicules, toujours un petit signe du chauffeur : bien sympathique pour le bipède qui a parfois l'impression de pédaler pour encore pédaler. L'entrée de Tata est un peu à l'image de ce que j'ai déjà trouvé à Ouarzazate, à Akka : un défilé de lampadaires d'une douzaine de mètres de haut de part et d'autre de la chaussée élargie à 3 ou 4 voies à l'entrée de la ville, sur un bon kilomètre. Mais à Tata, il y a un rond-point qui se trouve juste avant la monumentale entrée. Et, sous la monumentale entrée se trouvent des policiers que je n'avais pas vus, car j'ai été attiré par un grand panneau mentionnant le jumelage de Tata avec une ville française. Photo ! Mais arrivé sous la monumentale entrée, les policiers m'arrêtent : passeport immédiatement sans dire bonjour. On me dit que c'est interdit de prendre une photo si l'on voit le panneau posé par terre Police. Le chef veut visionner ma dernière photo : il y voit le panneau et me demande donc de la supprimer, ce que je fais sur le champ. Puis, il m'invite à reprendre la photo sans le panneau Police. Je le salue poliment et m'échappe. Je suis étonné de cette raideur car habituellement la police (ou les gendarmes) sont toujours avenants, cherchent à parler voire serrent la main. Après avoir pris une omelette berbère (oeufs mollets avec olives, tomates, le tout cuit dans un tajine) et un thé, je décide de filer plus haut et de commencer l'étape prévue pour demain. Le soleil cogne fort. Je pars quand même avec peut-être l'objectif soit de camper soit d'atteindre Tagmout à une quarantaine de kilomètres. Cette route fut un émerveillement, apparemment récemment asphaltée. On ne cesse de découvrir de nouveaux tableaux paysagers après chaque virage. La montagne est là, présente, avec un festival de plissements aux contours, formes, ajustements très insolites. On a l'impression qu'on s'enfonce comme une petite souris dans un livre géant de Nature et que chaque virage est une page nouvelle qui se tourne, en relief bien sur. Magnifique ! Les policiers ont bien fait de me faire fuir de Tata. Un seul gite à Tagmoute, où je suis ce soir. Accueil normal mais un peu en-dessous des accueils que j'ai eus jusqu'à maintenant, jusqu'à Icht. Akka - Tagmoute, 107 km, 7h - 16h, +985 m -460 m Dimanche 22 novembre 2015 - Couleurs chaudes mais pentes ... dures Pas mal le gite de Tagmoute tenu par Abdelah. Le tajine pour quatre m'a bien revigoré hier soir. Départ guidé par la trouée de la petite route à travers les palmiers dattiers surplombants les cultures bien bordées de terre pour maintenir au mieux l'eau distribuée avec parcimonie. On m'a dit que ça allait monter dur jusqu'à Igherm, qu'il valait mieux prendre le bus. Que nenni ! La route monte mais pas trop. On reconnait bien les endroits humides avec les palmiers et les petits jardins. Les ouvriers travaillent tot à la réfection de la chaussée. Un grand bonjour, ça va ? Le soleil fait flamboyer les couleurs ocres de la montagne. Beaucoup de clic-clac. Mais la pente devient plus sérieuse, et même d'une raideur et de longueurs très inhabituelles. C'est la première fois que je suis obligé de mettre tout à gauche : petit plateau, toute petite vitesse. C'est jusqu'à 4 km/h, la limite de l'équilibre. Les pentes dépassent les 13% ressemblant à celle du col Agnel versant italien dans les plus forts passages. Le bonhomme tient le coup mais on n'avance pas vite. Après 42 km de montée dont une vingtaine petit-petit, Igherm pointe son nez. C'est dimanche mais un café me permet de manger l'omelette berbère et de boire le thé. Un jeune diplomé d'anglais est intrigué par ce vélo bizarrement habillé. Du coup, il m'accompagne avec son vtt durant une vingtaine de kilomètres sur la route de Tafraout. Car j'ai décidé d'aller plus loin qu'Igherm redoutant un peu la longueur et surtout les bosses de l'étape de demain. Bien m'en a pris. J'ai fait près de 40 km après Igherm tout en montées-descentes, montagnes "russes". Brahim le vététiste qui dit avoir une licence d'anglais m'a saoulé de paroles durant la vingtaine de kilomètres. Une crevaison à la roue arrière ! Je désosse le Mulet de ses sacoches, démonte la roue, le pneu, remplace la chambre à air, remonte tout et ... essaie de semer mon berbère anglais. Je lui fais comprendre que c'est loin Igherm, qu'il faut retourner. Dans les descentes, je le sème mais il me rattrape dans les montées. Il a fini par se décider à me fiche la paix lui ayant dit que je ne pouvais plus parler, que je m'étouffais. Depuis Igherm, je pédale entre 1500 m et 1800 m d'altitude au gré des bosses. Vers 16h30, je me décide de trouver un coin pour piter ma tente. En contrebas de la route, je pose mon abri sur un plat de cailloux. Au menu, taboulet à l'indienne mais il faut verser de l'eau bouillante ! N'ayant pas porté de réchaud ni de gamelle, j'y mets de l'eau froide. Pas terrible le résultat mais je pense que la semoule devrait bien passer quand même. Deux vaches qui rient, un petit coup de coca, et ...dodo dans la tente car le froid est bien là à cette altitude. Tagmoute - 40 km après Igherm, 82 km, 7h - 16h30, +1230 m -950 m Lundi 23 novembre 2015 - La poisse mais ... de la chance quand même La nuit sous tente fut plutôt inconfortable car allongé comme si j'étais sur du ballast de chemin de fer. Est-ce le froid ? Ma montre s'est complètement déréglée. Ce qui est sur, c'est que la tente est totalement givré par le froid. Alors que le climat est très sec, j'ai devant l'entrée un beau tapis blanchâtre et le double toit est comme amidonné ! Glagla ! Mon réveil s'est fait à la lueur du jour mais sans soleil. Dur de plier tout et de mettre tout le bazar dans les sacoches. Je fais grimper le Mulet sur la route et ... descente mais vraiment lentement car c'est glacial. Ca fait longtemps que je n'ai pas attrapé ainsi l'onglet. Le frigo a duré plus d'une heure, le temps que Monsieur Soleil me réchauffe un peu. Pédalage en montagnes russes comme hier. Paysages rondelets déserts ! Quelques cols, donc quelques descentes aussi et ... le guidon devient dur ! crevé de la roue avant ! La guigne ! Quelle n'est pas ma stupéfaction de constater en démontant le pneu que c'est l'armature métallique du pneu qui est rentrée dans chambre à air. Impossible à réparer sans changer le pneu ! Pas âme qui vive - tout le monde a du rester au chaud ! Que faire ? En observant bien le fer cassé, je me rends compte que je peux le plier un peu. J'ose une solution qui s'avérera efficace : pliant le fil de fer du pneu et le coupant au plus ras de la jante (j'ai toujours une pince !), le bout pointu métallique appuie maintenant contre la jante et non plus contre la chambre à air. Je mets la rustine et remonte tant bien que mal. Je gonfle à fond (100 coups de pompe Lapize !!) et je pars doucement en veillant à ne pas trop appuyer latéralement sur la roue avant. Inutile de dire que j'ai l'oeil plus sur ma roue que sur le paysage ! Pas chaud du tout là haut où je pédale entre 1500 m et 1800 m. Au carrefour où je dois bifurquer vers Id Ougnidif, je rencontre les gendarmes bien au chauds dans un kangoo. Je leur expose mon cas en leur disant qu'il faut absolument que je trouve un autre pneu. Affirmatifs sont-ils tous les deux : aller à Tafraout et non à Id Ougnidif. J'obtempère et file encore 22 kilomètres, très attentionné à ne pas vexer la roue avant ! Au bout de deux kilomètres, une grande, une énorme descente ! Je n'ose pas freiner avec le frein avant de peur de trop chauffer la jante. Tafraout n'arrive jamais ! Quelques douars mais pas de cycliste. Il faut aller à Tafraout. Je ne reconnais que le coeur de ce gros village pour y etre allé voici bien longtemps. On a construit énormément depuis. C'est dans ce coeur que je trouve l'inespéré mécanicien cycliste. Le bonheur est là, tout rond, tout neuf, cranté à souhait. Du 26 pouces, on en trouve partout dans le monde ! Qu'on se le dise ... En cinq minutes, le Mulet a les pattes avant refaites à neuf. Mais ... j'ai eu chaud quand même ! 30 km après Igherm - Tafraout, 59 km, +450 m -1240 m Mardi 24 novembre 2015 - La Kasbah de Tizourgane, nid d'aigle à ne pas louper ! Tafraout ... je ne devais pas y passer mais le pneu à changer impérativement m'a détourné de mon itinéraire. Et comme je n'avais pas prévu de journée supplémentaire dans mon tour de l'Anti-Atlas, je suis obligé, demain, d'aller à Ait Baha et, après-demain, de rejoindre directement Agadir. J'évite donc Taroudant. Dommage, peut-etre aurai-je pu me faire inviter par les Chirac qui, d'après ce qu'on m'a dit ici, aurait un très bel hôtel. Toute la nuit, j'ai été obsédé par la remontée de Tafraout, 21 km pour rejoindre le col d'où je suis descendu hier. Cette descente m'avait paru effrayante par la continuité et par la raideur de la pente. Il me semblait que je n'allais pas y arriver avec ma charge. Petit-déjeuner très léger yaourt-banane-cocacola. Je piste le compteur avec les kilomètres qui défilent très lentement mais ça va. Une chaussée bitumée d'à peine 4 mètres avec un soleil de face aveuglant, la pente, la charge, la très petite vitesse, tout ça me fait dépenser pas mal d'énergie lorsqu'un véhicule me croise ou me dépasse, cela, bien sur, pour ne pas balancer le vélo hors de l'asphalte. Bien concentré pour ne pas fournir plus d'effort que nécessaire, je finis par lorgner le col tout là-haut mais avec bon espoir d'y arriver sans trop de problème. Deux petites pauses biscuit-fanta orange avec quelques clic-clac. Et ... finalement, je ne trouve pas cette montée de 21 km si impossible ! De l'autre côté du col, au rond-point, je retrouve à nouveau la police. Pas très causants en uniforme. Et j'entame la "descente" - en réalité toujours en montagnes russes - vers Ida Ougnidif pour trouver la Kasbah Tizourgane vantée par Stéphane. Le vent n'est pas chaud. Un thé s'impose. Au bord de la route assis devant ce qui semble etre un café, je rencontre un natif de Ida Ougnidif qui habite depuis longtemps Saint-Denis et qui est en vacances. Parlant parfaitement le français de Paris, il m'accompagne en buvant le thé, redoutant un peu de rentrer en France. Je finis par voir la Kasbah Tizourgane perché comme un agadir mais ayant été utilisé non comme un grenier mais comme une protection contre les razzias. Très belle oeuvre de 23 années de restauration et d'aménagement presque luxueux pour des gîtes, on y monte les sacoches à l'aide ... d'un monte-charge ! Le Mulet a trouvé plus sur de se mettre à l'abri au pied de cette citadelle. Accueil très agréable par la femme du patron, la cuisinière, l'homme à tout faire ... La vue de la terrasse supérieure aménagée est imprenable : un paysage de montagne avec des arganiers implantés ça et là, et ... des ruches au pied de la citadelle. Enfin, je peux voir trois ruches anciennes horizontales et cylindriques en activité. Une assez grosse entrée ronde d'environ 4 cm de diamètre est creusée dans le couvercle de façade qui parait tout en terre séchée. Le petit rucher est typiquement traditionnel, un bâti ouvert en pierres sèches, avec plusieurs étages constitués de roseaux ou de moitiés de tiges de bambous mélangés à de la terre, avec un toit assez épais fait d'un mélange de terre et de végétation herbacée. Si la construction de ces ruches est semblable aux anciennesarnas aragonaises, le diamètre de ces ruches apparaît un peu plus petit que celui des arnas. Ces abeilles butinent de préférence les fleurs d'arganiers juste en dessous des ruches. Un miel d'arganier, tiens ! C'est propre au Maroc certainement. Tafraout - Ida Ougnidif, 58 km, 7h-15h, +1054 m -840 m Mercredi 25 novembre 2015 - La guigne ! nouvelle crevaison ... Tizourgane Kasbah à Ida Ougnidif est le top de ce qu'on peut espérer trouver au Maroc. On y est tellement bien que je n'ai pas entendu la montre sonner le clairon du réveil ! Le patron m'a décrit ses difficultés pour réhabiliter ce monument appartenant en indivision à sa famille. Persévérance est le mot que l'on peut retenir pour aboutir à ce prestigieux établissement d'accueil : un modèle pour une bâtisse datant du XIIIe siècle mise aux normes de confort actuelles. Il manque juste un savon pour se laver. Sinon, tout y est : pas de fautes majeures de gout dans la restauration, travail d'artisans inventifs et compétents - notamment pour toutes les menuiseries faites sur mesure, oeuvre pédagogique avec des étudiants en master patrimoine d'Agadir, accueil parfait, cuisine excellente avec les produits locaux, chambres très grandes avec salle de bain, eau chaude solaire.. Un rapide bonjour aux abeilles entrevues hier dans le très beau rucher à la mode antique, au pied de la Kasbah, niché versant sud juste au-dessus des arganiers, et me voilà reparti. Mes sacoches ont été descendues par le monte-charge. Tout se présente bien pour joindre tranquillement Ait Baha, dernière étape avant Agadir. Dans le silence du matin, le jour se levant, rouler est un privilège qui, dans ces circonstances, permet de ressentir ce que les paysages peuvent offrir de meilleur à l'âme humaine. Mais ... une drôle d'impression me ramène aux réalités moins agréables : ma roue arrière se dégonfle ! Pourtant avant de mettre une chambre à air neuve il y a trois jours j'avais bien pris la précaution de toucher tout l'intérieur du pneu pour etre certain qu'il n'y avait pas d'épine, de morceau de fer susceptible de faire une nouvelle crevaison. Bien des morceaux de route sont actuellement en travaux lourds avec ferraillage, béton, engins de toutes sortes, et ... des cailloux très pointus sur lesquels on est obligé de rouler. J'enlève tout le barda pour extirper la roue arrière, démonte le pneu, sort la chambre à air neuve qui ne semble pas tout à fait dégonflée. J'opte pour mettre à la place la chambre à air de la roue avant d'hier que j'ai remplacée par une chambre à air neuve. La rustine est encore à moitié collée : je gonfle un peu, ça a l'air de tenir. Je me dis qu'avec la pression la rustine restera bien plaquée contre le pneu. Je remonte tout. 100 coups de pompe Lapize, et ça repart. Le paysage n'a plus la meme saveur après ce nouveau coup du sort. Un dromadaire au milieu de la chaussée ! En réalité, il y a tout un troupeau qui se délecte des noix d'argan. Le berger, plus que véritable gardien, suit les dromadaires des yeux et les accompagnent. Très belles bêtes bien propres. L'un essaie de s'approcher de l'appareil photo ... et c'est dans la boite ! ... Le pneu a l'air de tenir. Encore une bonne dizaine de kilomètres pour arriver à Ait Baha, grosse ville si l'on peut dire, où je peux trouver des chambres à air neuves. C'est le jour du marché. Le souk se fait dans la rue principale mais aussi dans les ruelles adjacentes. Il y a de tout, en particulier toutes les petites choses qui faisaient le bonheur des bricoleurs "d'avant" avec les quincailleries et les drogueries. J'avais pisté un hôtel qui avait de bons avis. Impression confirmée par un passant qui m'indique son adresse. Mais avant, il me faut trouver le réparateur de cycles qui me vendra deux chambres à air neuves et solides. Je suis tombé sur un brave homme qui trouvera ce que je cherche et qui, aussi, voyant que mes mains étaient noires de cambouis, m'a porté de l'eau, de la poudre pour me laver les mains. Sympathique homme ! Je suis désormais armé pour crever au moins deux fois demain entre Ait Baha et Agadir ! La petite ville grouille de monde. Plein de vieilles landrover, de peugeot et surtout de renault. Au Maroc, les constructeurs automobiles de marques françaises ont (eu) un marché prometteur. Les dacia sont très prisés. La barbe a poussé depuis que je n'ai plus de bombe à raser et que le rasoir a rendu l'âme. Trouver un barbier ! Bonne idée, et puis lui faire aussi raccourcir les poils sur la tête ! Je tombe sur un maître du coupe-choux. Trois fois, il me badigeonne de mousse à croire que le rasoir ne coupait pas ! Je ressors avec la tête plus légère ... Ida Ougnidif - Ait Baha, 49 km, 7h30 - 13h, +253 m -895 m Jeudi 26 novembre 2015 - Retour chez les Chtis De crainte de ne pas me réveiller comme la veille, j'ai mis l'alarme à la tablette, au téléphone et à la montre. Total : je me suis réveillé une heure plus tôt ! n'ayant appliqué le décalage horaire que sur la montre ... Toujours très beau lever du jour ! Le vélo a sa roue arrière encore gonflée : magie du bricolage même avec la moitié d'une rustine collée ! Cela fait toujours impression, semble-t-il, de voir un bipède casqué sur une machine à pédales gorgée de paquets noirs. J'attire toujours autant les regards. 8°C ce matin à Ait Baha. La route est magnifique, large et sans circulation, durant les 30 premiers kilomètres. De beaux et fantomatiques douars apparaissent, pour la plupart en ruines. L'éclairage du soleil levant allonge fortement les ombres, accentuant un relief déjà bien présent. Crèvera, crèvera pas ? Quelques portions encore empierrées me font lever de la selle pour mettre un maximum de poids sur la roue avant maintenant équipée de neuf. La pression du pneu arrière parait tenir. Beaucoup de contours sur cette portion qui me conduit à la plaine menant à Agadir. Un lac ! La vision est surprenante ici mais le barrage est bien réel. De longues et planes lignes droites maintenant me mènent à Biougra, puis à Ait Melloul où j'ai envie d'une ... omelette. Cuite directement dans un plat en aluminium, ... je mets les mains là où il ne faut pas, et ... je lache tout ... mais ce fut bien bon ! Le plat est bien agréable pour pédaler maintenant cahin-caha. Je passe Inezgane, reconnais la route qui mène à l'aéroport ... Ca y est, on sent l'écurie ! Avant d'aller chez les Chtis d'Agadir, je file au port de pêche. Impressionnant, le nombre de bateaux présents ainsi que la dimension du port. L'entrée s'y fait sous surveillance policière et douanière. Magnifiques, les charpentiers de marine qui construisent encore là de très gros chalutiers tout en bois. Tout un secteur du port est dédié au dépeçage des bateaux retraités, à la coque toute cabossée, rouillée. Les chalumeaux en action tronçonnent par le feu ces vieux rafiots qui doivent en avoir des choses à raconter. Le sentiment de sécurité est total - ce qui n'est pas le cas en général dans les ports. Beaucoup de monde s'active sur chaque bateau pour charger le matériel nécessaire à la reprise en mer. Des tout petits bateaux, des barques presque, avec deux ou trois hommes à bord, partent ou reviennent de l'océan, la peche n'étant pas seulement le fait de gros bateaux usines - qui sont aussi présents - ou des chalutiers traditionnels. Pas mal de monde à mobylette ou avec une remorque tirée à la main négocie quelques surplus de poissons invendus car pas aux normes. Sur un quai, plein de filets de peche sont aux prises avec des petites mains qui raccomodent, rafistolent les mailles déchirés. Même les orteils sont à l'oeuvre en même temps que les mains pour bien tendre le filet à réparer. Casse-croûte sur le port avec calamars grillés/frites. Retour chez les Chtis où Didier me reçoit avec toujours autant d'attention : le carton du vélo et mes vêtements "de ville" sont bien là. Il est 14h. Ca y est l'Anti-Atlas est emballé. La boucle est bouclée. Ait Baha - Agadir, 65 km, 7h15 - 14h, +110 m -598 m Vendredi 27 novembre 2015 - Vécu d'Agadir Ce matin, Les Chtis d'Agadir sont un havre de paix. Confort et détente au milieu de personnes de nationalités multiples. Un suédois travaillant au Mali est inquiet de retourner à Bamako. Un couple québécois, un autre germanique, deux franco-asiatiques. C'est aussi un couple polonais à l'histoire étonnante. Décidés à fuir la misère, mari et femme embarque dans une voiture usée. Arrivé aux environs de Berlin, de nuit, panne de batterie : l'alternateur a rendu l'âme. Passe et s'arrête une voiture avec une dame seule à bord. Elle embarque le couple polonais, lui trouve une chambre. Le lendemain, le mari de la dame a fait le nécessaire : l'alternateur a été changé. La voiture des polonais est prête pour continuer le voyage. Aucun frais à payer. Belle histoire ... Midi : au casse-croûte ! En déambulant sans trop réfléchir, je vois des petites tables pas mal occupées, avec un panneau indiquant "restaurant". Bien prétentieux peut-être le terme, mais assiettes appétissantes si j'en crois ce qui est servi. Le serveur - aussi patron - est habillé très propre : "oui, bien sûr, on fait le couscous le vendredi". Quelques minutes après, une magnifique assiette fumante arrive accompagnée d'une boisson inédite pour moi : jus de carotte avec orange. Arrive un couple avec deux petits enfants : lui en costume - cravate très chic, les petits habillés en "dimanche", elle complètement enveloppée de noir de la tête au pied. On ne voit même pas les yeux ... Entre l'avenue Mohammed V et l'océan Atlantique, un autre Agadir : grandes et larges avenues, résidences de luxe, multiples hôtels 4 et 5 étoiles, kyrielle de taxis, bus de tours operators. Très peu de monde. De plantureux bipèdes aux tours de taille conséquents sirotent tranquillement. Mais les bars, les restaurants de luxe restent presque vides malgré les tarifs promotionnels ostensiblement affichés. Passe une jeune fille court vêtue. Deux Agadir ... Samedi 28 novembre 2015 - Retour à Toulouse C'est l'heure de faire rentrer le vélo dans le carton. Le Mulet se plie de bonne grâce à l'opération : pédales à l'envers, guidon en travers, selle et béquille démontés, pneus dégonflés. On insère la tente, le matelas, le casque. Le carton est bouclé. Didier, le patron des Chtis d'Agadir a un lodgy qui permet au vélo d'être transporté sans risque jusqu'à l'aéroport. Quarante minutes quand même pour accéder à l'aérogare avec des embouteillages qu'une meilleure conception du maillage routier pourrait éviter. Au revoir à Didier qui m'a royalement reçu. Bonne continuation au Riad ! L'arrestation il y a deux jours de présumés terroristes autour d'Agadir laissait penser que les contrôles à l'aéroport allait être renforcés. Petite aérogare avec un grand hall d'embarquement, les passagers y font déjà la queue plus de deux heures avant l'embarquement. Les comptoirs d'enregistrement EasyJet sont très actifs et sans histoire. Jusqu'à l'arrivée des bagages à Toulouse-Blagnac, je retrouve la même efficacité dans l'organisation et dans le service à l'usager. L'avion est bondé et les places ne sont dimensionnées que pour des bipèdes petits et moyens. Le départ se fait avec 20 minutes d'avance ! "On va être détourné, c'est sûr : pourquoi part-on ainsi avec autant d'avance sur l'horaire !". C'est un clin d'oeil des passagers toulousains très en verve qui se trouvent derrière moi. Dans la nuit noire, on peut voir que l'on suit le littoral méditerranéen espagnol : lumières de Valence, de Barcelone ... mais aussi surprenante boule orangée de la lune ... L'atterrissage à Blagnac se fait en douceur. Il est 21h. Aïe ! pas de pièce de 1 euro ! Comment prendre un caddie pour charger le carton-vélo et les sacoches. Heureux hasard : la pièce de 5 dirhams a la même dimension. Thomas est là pour m'accueillir. Ambiance normale à l'aéroport. La raclette a été très appréciée ... Douce réalité ... Retour à Eysus le lendemain : une grande barre nuageuse épouse les montagnes. La neige est bientôt là !
Un Bilan ? L'Anti-Atlas est bien une montagne. Le petit tour fait en une douzaine de jours de vélo fait grimper au total près de 8000 mètres. Pas mal de montagnes russes. Trois grandes montées : le col de Kerdous depuis Tiznit, la portion spectaculaire de Tamgoute à Igherm avec de longues pentes supérieures à 12%, le col sans nom 20 km à l'Est de Tafraout. Un coup de coeur : les extraordinaires plissements rocheux de la portion Tata - Tamgoute - Igherm. De bonnes adresses avec de belles rencontres et discussions : chez Didier aux Chtis d'Agadir, l'hôtel des touristes à Tiznit, chez Abdou à Amtoudi, la Kasbah Tizourgane. Ce voyage s'est inscrit dans un contexte très particulier puisque je suis parti le lendemain de la tragédie terroriste de Paris. Partout où je suis passé, j'ai eu les mêmes réactions spontanées avec le besoin de dire à l'étranger que la religion ne peut pas justifier de tels crimes. Le sentiment de sécurité a été total avec quelques gestes toutefois qui m'indiquaient clairement que je devais passer, m'éloigner, partir. Mais beaucoup plus souvent, j'ai eu de très nombreux témoignages d'attentions alors que je ne demandais rien : par exemple lorsque j'ai dû changer mon pneu avant, ayant les mains noires de cambouis, on m'a spontanément porté de la lessive et de l'eau pour me laver ; par exemple pour me recommander un "ami" qui me trouvera logement et nourriture. Quatre images flash restent présentes dans ma tête : au souk d'Agadir, les visages épuisés de deux femmes, assises à même le sol, pétrissant indéfiniment la pâte d'argan (photos vendredi 27 novembre) ; toujours à Agadir, une mère de famille, tout de noir vêtue en voilage intégral, le mari en costume-cravate tenant par la main un petit garçon endimanché ; à Akka, la convergence de nombreuses femmes adultes se dirigeant vers l'école pour des cours d'alphabétisation ; toujours à Akka, de très beaux objets confectionnés par des femmes avec les plastiques ramassés dans le douar. Kaleidoscope du cycliste ...
Le Maroc est-il encore une destination touristique?
Bonsoir à tous,
J ai lu dans les journaux récemment :
-Deux jeunes femmes arrêtées pour tenue indécente a Agadir.
-Deux jeunes hommes accusés d homosexualite condamnés à 4 mois de prison à Rabat .
-Concert d un rappeur (Mourad belghouat dit "El 7a9ed") annule à Casablanca pour ....
-des surfeurs ne veulent pas de bikini sur les plages le mois de Ramadan a Agadir.
Je ne suis pas homo, je ne me baigne pas en bikini, j aime pas trop le rap ...mais j ai peur pour mes prochains
Vacances au Maroc.
Rassurez moi svp!
Tourisme: les Pays-Bas déconseillent le Maroc
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a mis en garde mercredi ses ressortissants qui souhaitent se rendre au Maroc. Il leur est conseillé d’éviter certaines zones du territoire marocain en raison de la "menace terroriste et la forte criminalité".
Selon l’agence presse néerlandaise ANP, le ministère conseille aux ressortissants néerlandais de rester sur leurs gardes dans les villes touristiques comme Agadir etMarrakech, les régions frontalières avec l’Algérie et la Mauritanie et au Sahara. Le Maroc avait élevé le niveau d’alerte il y a plusieurs mois déjà en raison de la menace terroriste croissante. Le gouvernement marocain avait annoncé en octobre 2014 la mise en place d’un nouveau plan antiterroriste auquel participent l’armée, la Gendarmerie Royale et la police. L’une des mesures phare de ce plan sont les patrouilles Hadar dans les grandes villes marocaines. Le Maroc craint surtout des attaques terroristes de ses ressortissants revenus au pays après avoir combattu pour l’organisation terroriste État Islamique. Il y a peu de temps, le Maroc avait également annoncé la création d’un FBI marocain, le BCIJ. En à peine quelques semaines cette nouvelle police a démantelé plusieurs cellules terroristes.
http://www.bladi.net/tourisme-pays-bas-terrorisme-maroc,41975.html
Selon l’agence presse néerlandaise ANP, le ministère conseille aux ressortissants néerlandais de rester sur leurs gardes dans les villes touristiques comme Agadir etMarrakech, les régions frontalières avec l’Algérie et la Mauritanie et au Sahara. Le Maroc avait élevé le niveau d’alerte il y a plusieurs mois déjà en raison de la menace terroriste croissante. Le gouvernement marocain avait annoncé en octobre 2014 la mise en place d’un nouveau plan antiterroriste auquel participent l’armée, la Gendarmerie Royale et la police. L’une des mesures phare de ce plan sont les patrouilles Hadar dans les grandes villes marocaines. Le Maroc craint surtout des attaques terroristes de ses ressortissants revenus au pays après avoir combattu pour l’organisation terroriste État Islamique. Il y a peu de temps, le Maroc avait également annoncé la création d’un FBI marocain, le BCIJ. En à peine quelques semaines cette nouvelle police a démantelé plusieurs cellules terroristes.
http://www.bladi.net/tourisme-pays-bas-terrorisme-maroc,41975.html
Retraite au Maroc
BONJOUR A TOUS (TES)
...RETRAITéS au maroc j"ai besoin de votre expérience
1/administrative (forme et formulaires de résidence pour ( 6 mois /an )
2/fiscale ( impots... taxes... redevance ....) qui sont ( pour moi ) les attraits de résidence
3/mon implantation sera sur la cote est ( méditerranée )
les us et coutumes me seraient bénéfiques...vos erreurs et vos déconvenues aussi
comme une bouteille a la mer...:: si d"autres pays (sans racket fiscal ) me correspondent je suis preneur merci pour vos expériences d"expatriation .: je pense a panama et a tout l"arc antillais ....
JE RECHERCHE UN PAYS DE LIBERTE de responsabilité et d'individualité sous le soleil ( cotier ou pas ) peu couteux en ponctions obligatoires MERCI A VOUS TOUS ( TES )😏
Pratiques très contestables! (Maroc)
Bonjour à tous les amoureux du Maroc, et des autres pays que l'on peut parcourir en CC,
Nous venons de rentrer d'un long périple au Maroc et sur la route du retour nous nous sommes arrêtés une nuit à Tafraoute que nous aimons beaucoup.
Il n'y avait plus de place dans les campings et nous nous sommes installés dans la palmeraie à l'entrée de la ville. Il y avait du monde là aussi, beaucoup de monde ...
Le matin, alors que je préparais le café je vois passer à quelques mètres de moi un campeur, sa cassette de WC à la main.
J'ai pensé que la mairie ou le SI avait installé une borne à eaux noires à proximité. Mais non, le monsieur s'est dirigé vers un buisson et a versé le contenu de sa cassette. Révoltée par cette pratique j'ai ouvert bruyamment la porte de mon véhicule pour lui faire savoir que je l'avais vu. Quelques minutes plus tard il est revenu, sûrement pris de remords (!!!), avec une pelle et a enfoui ce qu'il avait déversé.
Franchement, je trouve cela inadmissible. Des enfants jouaient à proximité la veille au soir ...
Quelle idée se fait ce monsieur des règlements sanitaires, sans parler d'écologie?
Il n'est probablement pas le seul à agir de cette façon, malheureusement.
Voilà, je voulais signaler ce comportement révoltant! Qui le révolterait lui aussi si un CCiste de passage venait déverser les mêmes choses sur le territoire de sa commune. Vous ne croyez pas?
A part ça, le Maroc est toujours aussi beau et accueillant!
Junolu
Passer l'hiver 2014/2015 au Maroc et au Portugal en camping-car
Bonjour à tous.....Camping caristes........
Qui souhaite passer l'hiver prochain au Maroc
Au plaisir de vous lire
Sommes couple de retraités, bonne humeur et savoir vivre indispensables...
Partir seule à Marrakech
Bonjour,
J'ai prévu d'aller passer 5 jours à Marrakech au mois de septembre. Je pars seule, j'ai quelques contacts là-bas mais sans plus. Est-ce dangeureux de partir toute seule ? J'y suis déjà allée mais en voyage organisé. Merci pour vos réponses.
J'ai prévu d'aller passer 5 jours à Marrakech au mois de septembre. Je pars seule, j'ai quelques contacts là-bas mais sans plus. Est-ce dangeureux de partir toute seule ? J'y suis déjà allée mais en voyage organisé. Merci pour vos réponses.
Balade entre palmeraies, routes insolites, peintures rupestres et désert... (Maroc)
Bonjour,
Voici à peu près l'itinéraire que je lance en premier jet; je pense qu'il faudra éliminer ou ajouter ... Je compte sur vous pour m'aider car c'est pour la semaine prochaine. J'ai un mois pour faire ce circuit. Le but du voyage: voir des oasis, des peintures rupestres, des beaux paysages, de l'insolite, de la beauté et du calme, un peu de désert si possible...
1. Y a t'il des endroits où je peux passer sans séjourner? Et d'autres, où il faut rester plus d'une nuit???
2. Puis-je faire tous celà en petite voiture? Sans passer par une 4/4
Agadir, Aglou, Sidi Ifni, Tighmert ait Boukha, Fask, Taghjijt, Tazount, Akka, Tata, Je peux couper sans passer par Tata s'il n'y a rien à voir..... Igherm, Talouine, Aoulouz, Tizi n Test, si c'est possible en cette période de l'année.... Ijoukak, Ouirgane, Imlil, Marrakech.....
Merci pour vos conseils. MARIE
Voici à peu près l'itinéraire que je lance en premier jet; je pense qu'il faudra éliminer ou ajouter ... Je compte sur vous pour m'aider car c'est pour la semaine prochaine. J'ai un mois pour faire ce circuit. Le but du voyage: voir des oasis, des peintures rupestres, des beaux paysages, de l'insolite, de la beauté et du calme, un peu de désert si possible...
1. Y a t'il des endroits où je peux passer sans séjourner? Et d'autres, où il faut rester plus d'une nuit???
2. Puis-je faire tous celà en petite voiture? Sans passer par une 4/4
Agadir, Aglou, Sidi Ifni, Tighmert ait Boukha, Fask, Taghjijt, Tazount, Akka, Tata, Je peux couper sans passer par Tata s'il n'y a rien à voir..... Igherm, Talouine, Aoulouz, Tizi n Test, si c'est possible en cette période de l'année.... Ijoukak, Ouirgane, Imlil, Marrakech.....
Merci pour vos conseils. MARIE
Rencontre avec les Berbères dans le Haut-Atlas Marocain
RENCONTRE AVEC LES BERBERES😎
Ce voyage est organisé pour me vider la tête, me ressourcer, me rétablir de ma rupture.
J’espère quitter le Maroc ayant fait mon deuil en bouclant le circuit (jargon de globe-trotter): la boucle de mon amour fini.
Je choisi le Haut Atlas pour ses paysages grandioses; je sais que ça m’aidera.
Un petit mot sur les Berbères. Ils sont marocains mais pas Arabes et sont vexés si on dit qu‘ils sont Arabes.. En fait, ils occupaient le Maroc bien avant les Arabes venus d’Arabie, etc… Ils parlent Berbère mais connaissent l’Arabe car ce n’est que depuis deux ans que le Berbère est permis à l’école. Ils sont accueillants mais toutefois, toujours un peu intéressés…. je crois moins que l’arabe. C’est mon avis personnel; mais comme partout, Il y a des biens et des moins biens.
Lundi 6 mai
A 17 heures, j’arrive à MARRAKECH, ville que je connais bien et que j’aime. Ce ne sera pas la dernière fois que j’y viendrais même si le circuit de l’amour est bouclé.
Je me rends à l’hôtel Ali pour changer mes devises avant de faire mon apparition à l’hôtel Faouzi où j’ai mes petites habitudes; l’accueil est chaleureux et les chambres propres. Je mange sur la grand place avant de me plonger dans un sommeil profond.
Mardi 7 mai
Je parcours la rue des Princes pour aller déjeuner à mon café habituel. Puis, je prends un bus pour aller à Supratours réserver un billet de bus pour Skoura. On me dit qu’il n’y a pas d’arrêt là; je partirai donc avec CTM. J’achète mon billet à 90 dirhams (9€). Un seul départ à 7H30 du matin. Ceci étant fait, je me balade à Bab Doukala espérant trouver un coordonier pour réparer mes baskets. Le travail est fait pour 30 dirhams. En attendant, je bois un thé à la menthe. Après avoir récupéré mes baskets, je rentre à pied par la médina. De nouvelles échoppes sont apparues, d’autres ont disparu.
J’achète de l’huile d’argan pour hydrater ma peau. Il fait très chaud. Après-midi, je fais un hammam de haute qualité et un massage chez Didi où je vais chaque fois.
J’ai organisé une rencontre OVS au café l’Atlas à 18H. Je sors du massage et file direct vers le bus pour me rendre à mon lieu de rencontre. Nous sommes cinq: deux françaises vivant à Marrakech, une marocaine, un marocain de Casa et moi la belge.
Après la rencontre, je vais boire seule une bière à l’intérieur. A cet instant, je me rends compte que c’est là que j’ai bu pour la première fois une bière avec Alain. Est-ce un hasard? Là aussi, je clôture… Je n’y retournerai plus.
Je finis la journée sur la place animée; je mange du mouton et bois un thé aux épices.
Mercredi 8 mai
Debout à 5H45. Je prends un taxi pour CTM; en bus, il y a un bout de chemin à pied.
Je déjeune à la gare. Départ à 7H30. Assise à côté d’un vieux monsieur, il me raconte plein de choses intéressantes sur la région de Skoura. J’ai oublié les 3/4. C’est trop à la fois. Je dois écrire pour retenir. Il rentrait après une opération du cœur à Rabat.
Arrivée à SKOURA à 13H. J’appelle le proprio de la kasbah la Datte d’Or, qui vient me chercher. C’est une bonne petite adresse mais je pensais qu’elle se trouvait dans la palmeraie mais elle est dans le village. Je me détend dans ma chambre jusque 16H. Puis, je me force à sortir sous le soleil de plomb. Je me lance dans la première partie de la palmeraie. Je longe un chemin pierreux sous la chaleur étouffante avant de bifurquer vers un sentier au bout duquel j’analyse la texture d’une vieille kasbah en ruine; c’est du pisé soit de la terre, du foin et quelques pierres par ci par là; le tout mélangé faisait tenir les mille et une kasbahs de la vallée du Dadès!
Je continue à aller et venir, me perdant dans la palmeraie sans perdre de vue le plan dans ma tête afin de ne pas m’éloigner trop. Après deux heures, je fais une pause méditative avant de rebrousser chemin pour rentrer sous le soleil plombant.
Après la douche, je descends me détendre au jardin en sirotant un thé à la menthe et attendant le repas du soir qui sera une tagine maison copieuse et délicieuse. Le personnel n’est pas très souriant; c’est dommage…
Jeudi 9 mai
Ce matin, je compte aller marcher dans la grande palmeraie mais Abdel, le patron du gîte, demande à un jeune couple si je peux les accompagner aux gorges Sidi Flat. Je suis un peu gênée mais le courant passe et nous partons vers 10H.
Après un chemin de piste, nous entamons une descente à pied vers les petites mais jolies gorges décorées au passage par des lauriers roses. Les semelles de mes baskets sont lisses; je fais attention de ne pas glisser. Boum! je m’étale m’éraflant le genou.
Profitant que le couple pousse un peu plus loin que moi la randonnée, je me baigne dans la rivière limpide; je n’ai pas de maillot; je me déshabille discrètement et suis nue sous mon paréo. Mais, il n’y a pas une âme aux alentours. Le courant de la rivière est très fort; je me régale mais j‘ai du mal à résister car je me fais emporter. J’ai beaucoup de difficultés à rejoindre la berge sous l’œil attentif mais lointain du jeune couple qui vient me chercher ayant trouvé un coin d’ombre sur les rochers volcaïques. On y pic nique puis on se repose. La détente est assurée; nous sommes tous trois en osmose, profitant du silence et du paysage, piquant un petit somme.
Le pire est le démarrage car le soleil plus brûlant que jamais. Après une heure de marche, on retrouve la voiture plutôt dire le sauna roulant. Quelle belle aventure!
Au retour, nous passons dans un village berbère authentique puis prenons la piste durant dix kilomètres. A plusieurs reprises, nous voyons des lézards énormes de couleur jaune-vert-orange: magnifiques; difficile à photographier car ils se sauvent après nous avoir narguer. Ils mordent si on les ennuie et ne lâchent pas leur proie…
Le soir, nous mangeons ensemble un copieux couscous.
Vendredi 10 mai
Je pense repartir avec le bus CTM mais à cause du festival des roses, il est complet. Je prends un taxi collectif qui m’emmène en 1 heure à EL KEELA EL GOUNA.
Un cousin de Youssef, proprio de la kasbah, vient me chercher avec un ami. Nous mangeons une tagine, faisons des achats de produits de roses avant d’arriver à la Kasbah AMNAY à 26 km. C’est la vallée des roses à BOUTAGHAR. L’endroit est magnifique. C’est le calme que je voulais, vraiment l’endroit recherché. Je suis seule dans l’établissement. Le paradis. L’accueil est chaleureux.
Samedi 11 mai
A 11H, départ pour un circuit pédestre de 4H dans la vallée des roses accompagnée d’un guide de fortune. Il n’y a pas de mots assez forts pour dire combien c’est beau. Je suis fatiguée mais vraiment heureuse d’avoir fait cette marche de dix kilomètres.
J’ai vu des roses mais pas trop toutefois en cet endroit, beaucoup de figuiers, des amandiers, des hautes vignes, des dames lavant leur linge dans la rivière. J’ai joué au funambule pour passer le pont qui n’était qu’un fin tronc d’arbre. Cette rando m’a vidé la tête pour faire place au plaisir des yeux au milieu de cette vallée entourée de montagnes. J'ai des piqûres de puces ou de moustiques!
Je descends au jardin et rencontre un pharmacien d’El Keela venu se relaxer fuyant le festival surpeuplé.
Il a amené des bières, m’en propose, j’accepte volontiers.
Nous soupons avec Hassan, maître des lieux. Dernière soirée dans cet Eden. J’ai promis d’y revenir au retour!!! Hassan est content!!!!
Dimanche 12 mai
C’est la fête des mères en Belgique. Je téléphone à maman qui me dit qu’il fait froid. je vais déjeuner sur la terrasse où là, il fait bien chaud. Je me relaxe sur les pierres et m’endors un moment. C’est le départ. Le pharmacien m’emmène à mon nouveau hôtel.
En passant par El Kelaa m'Gouna où il fait bondé, j’achète des produits de soin à base de roses.
Je suis maintenant dans la vallée du Dadès dans le douar (village) de TAZAKHT à 30 Km. Je ne suis plus au calme; l’hôtel Mandar Saghrou Tazakht est situé le long de la seule route qui relie Ouarzazate à Errachidia.
Fin d’après-midi, Hassan me rejoind avec un cousin pour faire un petit tour dans les champs remplis de roses. Je mange une tagine pas trop bonne dans ma chambre... pas marrant ça... Journée pas très enrichissante… Fatigue de hier et retour au bruit…
Lundi 13 mai
Hassan qui est de cette région vient me chercher pour visiter les champs; il connait tous les détours par cœur; c’est là qu’il a grandi. Seule je me serais perdue ou je n’y serais pas allée. Au cours de ma balade de 3H, je vois de nombreuses roses, assiste à la cueillette et à la pesée. Lorsque les femmes ont ramassé les roses, elles les portent à un peseur qui les payera 13 dirhams (1,3€) le kilo…. Celles-ci sont envoyées en usine pour extraire l‘huile essentielle qui sera exportée à l‘étranger pour y faire des parfums de qualité.
Les produits faits à El Keela m’Gouna sont fait par de petits industriels et n‘ont aucun label de qualité d‘où le prix attractif.
Aux champs, les femmes cueillent les roses, arrachent les herbes dans le blé et les hommes chargent les ânes et les mules.
Hassan me fait voir le cimetière juif puis m’emmène dans sa famille manger la tagine. Les femmes m’offrent des roses séchées qui arrivent chez moi en état de poudre... Ben oui 😠 quoi, après un circuit d'un mois...
Son frère est instituteur comme lui l’a été ainsi que leur père. L’école se trouve à côté de la maison. Je suis invitée à m’y rendre. Surprise en passant la tenture de l’école, les 25 élèves se lèvent et chantent pour moi. Gros moment d’émotion car je n'ai jamais eu droit à un tel privilège😄 . Ils comptent en français, récitent l’alphabet sous l’œil vigilant du prof. J’achète 25 gâteaux et du fanta à boutique voisine. C’est la fête pour eux. Moi, je me remets de mes émotions.
Je vais en ville où le calme est revenu vu que le festival est terminé. J'y visite l’usine de roses, achète de l’eau de rose.
Il y avait ici une terrible prison qui renfermait les hommes ayant des opinions opposées au roi Hassan II. Les prisonniers vivaient dans le noir, étaient piqués des scorpions, ne savaient la date que de festival en festival. Les pratiques étaient austères. Quand le roi fut questionné par une journaliste d’Algésiras, il s’est contenté d’allumer son cigare et répondre: madame, ici c’est la capitale de la rose…
Petit tour à la rivière puis retour à l’hôtel. Journée bien remplie...
Mardi 14 mai
Départ pour la vallée du Dades, gîte des Jardins de Dades à 6 km de BOUMALNE. Très mauvaise adresse; le personnel est glacial, le matelas dur, la nourriture infecte.
Hassan a décidé de ne pas me quitter!!! nous marchons 3 H en passant par le village et en montant voir l’autre côté de la montagne… Je suis fière de moi quand même. Quand Hassan part, je continue à vagabonder dans les champs avant de rejoindre l’auberge. A ce moment, Je ne compte pas faire les gorges car déjà faites avant.
Mercredi 15 mai
J’ai très mal dormi sur ce matelas dur comme une planche. Départ pour la maison d’hôte Valentine dans les gorges de Thodra. J’attends un taxi devant l’auberge mais ce sont des français qui finalement me chargeront jusqu’à Boumalne. De là, je prends le bus local pour TINGHIR. Le paysage tout au long de la route est magnifique. Dans la ville, je prends un taxi collectif pour les gorges de Toudra. A la maison d’hôte, je refuse la chambre trop petite et fenêtre très haut placée. Karim me transfère. Après un bref repos, je mets mes chaussures de marche et direction les gorges. 4 H parmi ce décor féérique. Je les trouve plus jolies que celles de Dades.
On me propose de faire le tour de la montagne pour voir les nomades. Trop dur… Je refuse...
Je fais une balade dans les gorges d’une splendeur inexplicable. Beauté à l’état pur!
Le soir, après la tagine, je bois du vin à la terrasse avec Aissam sous le ciel étoilé.Jeudi 16 mai
Après une courte nuit, je vais me promener dans la palmeraie avec Aissam qui me guidera. Heureusement, seule je n’aurais pas pu faire ce que j’ai fait. Par de petits chemins qui n’en sont pas, en fait, j’arrive à la source des poissons sacrés. On fait du stop pour rentrer. Après-midi, je pars seule refaire les gorges, toujours émerveillée…
Vendredi 17 mai
Je pars à IMILCHIL, ville où les fiancés se marient tous ensemble lors d’un grand festival en septembre. On les marie en 3 min du moment qu’ils ont leurs papiers.
Je compte aller en bus mais Aissam veut m’accompagner et trouve une voiture. Je me laisse séduire par la proposition qui finalement je regrette car ce n’était prévu dans mon budget. Mais bon, l’erreur est humaine…
Avant de partir, je rejoins la rivière par les jardins de la palmeraie jusqu’aux gorges.
Départ à 2H. La vue tout le long du chemin est spectaculaire. Des montagnes à perdre de vue, des petits villages d‘un autre monde...
Après 2H30, arrivée à Imilchil. Il y a deux lacs: selon une légende, il y a le lac de la femme et celui de l‘homme. On voit le premier mais le lac de l’homme doit se faire à pied ou en 4/4. Sous réserve: propos d‘Aissam…donc on ne le fait pas...😠 trop froid et vent.
Aissam propose qu’on loge à TAMTATOUCHE (19 km des gorges) à l’auberge des Amis. Confort au rendez-vous; le prix aussi!!!!
Samedi 18 mai
Je retourne à BOUMALNE et décide finalement de faire les gorges du DADES pour voir la différence avec celles de TOUDRA.
Après un conflit avec Aissam qui me réclame plus d‘argent que prévu (qu'il n'aura pas bien entendu), j’embarque dans un taxi collectif pour Boumalne puis dans un second pour arriver aux gorges.
Je tente l’auberge TISSADRINE. Je suis bien accueillie et le prix me convient. Je me repose un peu puis prend la route vers le col; j’abandonne vite et continue en stop. J’arrive au bord de l’oued; j’y étais déjà venue il y a 2 ans avec une copine canadienne. J’admire l’endroit majestueux et me lance alors le défit de retourner à pied: 7 km avec des difficultés et route en lacets. Je m’arrête régulièrement pour ne fatiguer ni le cœur ni les pieds. Je fais de nombreux arrêts, VIVE le plaisir de voyager seule… Malgré qu’on propose de m’emmener, je refuse et continue ma randonnée. Je suis fière de moi; j’ai gagné le défit. Je dors la nuit comme un bébé.
Dimanche19 mai
Je décide de rester là une 2ème nuit. Le garçon m’explique une balade à faire le long de l’oued. La randonnée dure 6 H et se fait dans un calme étourdissant, rien que le bruit de la rivière et mon souffle. Je traverse la rivière sur un tronc d’arbre tel un funambule, bras à l'horizontale pour garder l'équilibre. J'arrive au bout de mon tronc de 4 mètres de long qui paraît 4 kilomètres... ça relève du miracle!
Je croise des enfants en arrivant au village où je fais du stop pour me rendre 18 km plus loin visiter la kasbah du GLAOUI à Ait-Moutel. Amine, le jeune marocain de Rabat qui me prend en stop est en visite lui-même. Je lui explique que nous allons passer devant la falaise de TAMLALT qu’on appelle vallée des doigts de singes ou vallée des corps humains. Il fera la visite de la kasbah avec moi.
Je fais du stop pendant 4 km afin d’aller voir les cascades. Je me fais expliquer le chemin par le patron de l’hôtel des cascades. Ca parait rude mais j’y vais. A mi-chemin, je rencontre 2 filles m’induisent en erreur et me font monter voir la source; elles ont confondu avec cascades. Je râle. Je dois redescendre accompagnée d’un marocain cette fois pour arriver à la première cascade. Je n’irais pas voir les suivantes car il faut escalader. Je reste là un moment pour prendre un bain de pieds et profiter du bruit de l'eau.
Re-départ pour l’ascension afin de rejoindre la route. Taxi pour l’hôtel où un festin m’attend.
Lundi 20 mai
Je quitte les gorges de Dades à midi; l’endroit était sympa. J’y serais encore restée mais j’ai un autre engagement: repasser par BOUTAGRAR: la vallée des roses.
Je fais la première partie du trajet avec le jeune homme de l’hôtel qui me laisse au village pour prendre le taxi collectif de Boumalne. Puis bus pour El Keela m’Gouna; enfin, taxi collectif jusqu’à la kasbah. C’est le parcours du combattant…Il fait chaud.
Après le thé, j’apprends des mots français à Haida; ça relève du défit…On se marre! Je vais au village recharger les piles de mon appareil photo, me doucher et me détend en attendant la tagine (hé oui, encore 😐) et l’eau de vie que je ne boirai pas.
Mardi 21 mai
Ce matin, avec Saïda, la femme de ménage de 22 ans, j’escalade une montagne pour arriver sur un plateau d’où on peut voir tous les versants. 3H pour faire l’aller-retour. L’ascension et la descente sont périlleuses; on glisse plusieurs fois. J’ai vu deux énormes sauterelles: une verte la plus petite et une énorme que j’ai cru être une pierre car elle était grise; je l’ai un peu assommée en lui jetant une pierre dessus pour m’assurer que c’était une bête. Elle ne savait plus s’envoler et je m’en suis voulue mais à force de l’aider en la poussant, elle est repartie…. ouf... J'ai eu peur.
Après-midi, Saîda me fait un bon massage à la crème de rose. Quoi de plus naturelle dans la vallée des roses!
Le soir, un bon couscous mais comme à mon habitude, j’ai mangé trop vite car trop bon…. Résultat…. Tout le monde, le connaît!!!!
Mercredi 22 mai
Je quitte Boutharar pour me rendre à l’oasis de Fint à 15 Km de OUARZAZATE dont 10 km de piste…Pour m’y rendre: taxi collectif de Boutharar à El Kelaa m’Gouna, puis taxi collectif pour Ouarzazate; c’est dur; le chemin est long, il fait chaud; on est serré comme des sardines. A Ouarzazate, ça se complique car pour l’oasis de Fint, pas de taxis collectifs. Les privés demandent 300 dirhams. Je téléphone au gîte; il m’envoie un client français pour venir me chercher. Je n’aime pas Ouarzazate. J’arrive en fin d’après-midi à Fint. Effectivement, ce petit oasis est une merveille mais je découvrirais demain….
Le soir, nous fêtons le départ de l’hôte français qui a séjourné un mois là-bas!
Jeudi 23 mai
Découverte de l’oasis de Fint. Je croise un paysan avec qui je poursuis la visite durant 4H. S’il y a un endroit qui ressemble au paradis, c’est ici. Entre montagnes, rivières, petites cascades, lauriers roses, arbres fruitiers, il y a le silence. Il doit certainement aussi avoir le serpent 😉 mais en tout cas, il y a le bruit des grenouilles, des oiseaux et d’un animal qui aboie dans la montagne; je fini par l’apercevoir. Il est roux, a la taille d’un renard et descend de la montagne pour venir boire. En chemin, je mange des petits abricots. Je termine la boucle en passant par l’école des trois villages du Fint. Le paysan m’invite à boire le thé et à manger chez lui. Je rentre et m’endort pendant 3H. Je commence à être très fatiguée…
Vendredi 24 mai
Je quitte l’oasis de Fint à 9H, profitant qu’Abdou doit se rendre à Ouarzazate car il n’y a qu’un bus et il est passé depuis longtemps. De là, je prends un taxi collectif pour TELOUET à 85 km. Je dormirai au Lion d’Or; bâtiment datant de 5 siècles avant la construction de la kasbah qui a 2 siècles. Le paysage est surprenant, changeant de couleur avec un décor différent à chaque instant. Ce village est renommé pour la kasbah du pacha El-Glaoui. On voit toujours le salon, le harem, la chambre à coucher avec des décorations en mosaïque et des tapis de soie au mur. Je fais un tour dans la vallée. Ali me fait voir le village des esclaves et un autre avec son hôpital. On passe par la kasbah du grand père du Sultan; il ne reste qu'un pan de mur... difficile de se rendre compte...
Le samedi 25 mai
J’ai décidé de ne pas marcher aujourd’hui mais à 2H, je ne tiens plus; j’enfile mes chaussures et vais faire une marche méditative dans la montagne. Je fais une boucle de 3-4 km qui me fait psychologiquement le plus grand bien.
Je comprends lors de cette méditation que mon objectif principal est atteint.😉
Je me suis retrouvée face à moi-même durant 18 jours et ça fait réfléchir.
Le dimanche 26 mai
Je prends le bus de 6H30 ce matin pour me rapatrier sur Marrakech. La route est magnifique. Je passe le col du Tichka d’où la vue vertigineuse coupe le souffle. A Marrakech, je vais à mon hôtel habituel (Faouzi).
Le lundi 27 mai
Hammam et massage chez Didi avant de conduire de or chez le bijoutier juif que m’a renseigné Hassan de Boutharar. C’est dans le quartier du Mélah. Je lui parle des photos que j’ai fait dans le cimetière juif de M’Gouna dont il est responsable; il est content.
Il agrandi ma bague, répare mes boucles d’oreilles et un bracelet pour 50 euros. Je vais à mon herboristerie habituelle. Je fais encore réparer mes baskets. Je me fais couper les cheveux 😛 puis passe à l’Escale boire une bière avant d'aller imprimer mon billet d’avion.
Mardi 28 mai
Bus pour la vallée d’Ourika à 11H30; taxi collectif pour SITI FATMA où j’ai réservé une chambre à la maison d’hôte Au bord de l’eau.
L’accueil de Martine (une compatriote) et de Poulou (portugais) est chaleureu. L’établissement est pimpant et la petite chambre sac ) dos magnifique; je me sens à l’aise. Apéro puis Poulou me cuisine un filet de viande de la vallée qui fond dans la bouche. Toutefois, les prix sont un peu excessifs surtout qu'ils ne sont pas précisés. Dommage...😕
Mercredi 29 mai
Je fais les cascades avec Brahim, un guide que Martine me conseille. La montée est rude mais le paysage de toutes ses montagnes est grandiose. A un moment, on voit les quatre premières cascades. J’arrête ma montée à la 5ème cascade. trop pour moi d’aller jusqu’à la 7ème. Pour faire ce tour, je mets 6H avec des arrêts réguliers. Je suis contente d’avoir fait ce trek: cerise sur le gâteau…
Jeudi 30 mai
Départ pour Marrakech pour ma dernière journée; je fais mes derniers achats.
Vendredi 31 mai
Retour en Belgique.
Ce voyage aura magnifique. Je suis contente d’avoir pris la décision de venir au Maroc plutôt que de retourner en Espagne.
J’ai raté mon objectif de partir léger et ai dépassé un peu mon budget.
J’ai réussi le plus grand objectif qui était de me vider la tête, me ressourcer et faire le deuil d'un amour fini.
Merci la vie pour ce cadeau…😉
Marie
Partir seule au Maroc
Bonjour,
Je compte partir d'ici l'année prochaine quelques jours au Maroc et certainement à Marrakech. Etant donné que je serais probablement seule, est ce que ce n'est pas trop risqué de s'aventurer en tant que femme ? Je comptais partir vers Octobre Novembre, en formule avion + hôtel. Je précise que je n'ai pas le permis, suis un froussarde😛 mais j'ai vraiment envie d'y aller
Je compte partir d'ici l'année prochaine quelques jours au Maroc et certainement à Marrakech. Etant donné que je serais probablement seule, est ce que ce n'est pas trop risqué de s'aventurer en tant que femme ? Je comptais partir vers Octobre Novembre, en formule avion + hôtel. Je précise que je n'ai pas le permis, suis un froussarde😛 mais j'ai vraiment envie d'y aller
Voyage entre copines: Maroc, Égypte ou Malte?
Bonjour,
Nous sommes 3 copines, ayant 18ans et nous souhaitons partir en octobre prochain une semaine afin de profiter, faire la fête et voyager un peu ensemble, nous hésitons entre ces trois destinations (Maroc, Egypte ou Malte..) Nous avons un budget de 450euros par personne, vu que je pars déjà à Madagascar en juin prochain en humanitaire le budget est sérré. Y-a t-il une destination plus dangereuse qu'une autre ? Dans l'attente de vos conseils ! 🙂
Nous sommes 3 copines, ayant 18ans et nous souhaitons partir en octobre prochain une semaine afin de profiter, faire la fête et voyager un peu ensemble, nous hésitons entre ces trois destinations (Maroc, Egypte ou Malte..) Nous avons un budget de 450euros par personne, vu que je pars déjà à Madagascar en juin prochain en humanitaire le budget est sérré. Y-a t-il une destination plus dangereuse qu'une autre ? Dans l'attente de vos conseils ! 🙂
Avez-vous remarqué des changements très marqués au Maroc entre 1998 et 2012?
Bonjour
Premières vacances sur le continent africain en 1998 ... Un enchantement !!!
Cette année, j'aimerais bien y retourner, mais beaucoup me disent que ce n'est plus le même Maroc. En presque 15 ans, ça a changé tant que ça ? Nous nous garions sur des parkings gardés, les gens étaient extrêmement accueillants. De magnifiques souvenirs de paysages somptueux. Pas un instant nous nous sommes sentis en insécurité... Merci aux habitués de me donner leur ressenti.
Cordialement
Premières vacances sur le continent africain en 1998 ... Un enchantement !!!
Cette année, j'aimerais bien y retourner, mais beaucoup me disent que ce n'est plus le même Maroc. En presque 15 ans, ça a changé tant que ça ? Nous nous garions sur des parkings gardés, les gens étaient extrêmement accueillants. De magnifiques souvenirs de paysages somptueux. Pas un instant nous nous sommes sentis en insécurité... Merci aux habitués de me donner leur ressenti.
Cordialement
Femme seule au Maroc: est-ce dangereux?
J'ai suis à Malaga (Spain) en 07 décembre. Je pense aller pendant la nuit à Tarifa pour prendre le ferry boat à la première heure du matin.
Je dois rester au Maroc jusqu'au 12 de décembre. Je peux aller pendant ce temps a fez, rabat, casablanca et marraqueche?
Il y a une entreprise pas cher que fait ce circuit pendant ce temps?
Le programme c'est possible?
Merci et pardon pour mes fautes!
Je dois rester au Maroc jusqu'au 12 de décembre. Je peux aller pendant ce temps a fez, rabat, casablanca et marraqueche?
Il y a une entreprise pas cher que fait ce circuit pendant ce temps?
Le programme c'est possible?
Merci et pardon pour mes fautes!











