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Palawan à moto! (Philippines) English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un couple qui partons en voyage l'annee prochaine, et les Phillipines sont aux programme, du moins Palawan, car nous restons seulement un mois...Bref, nous aimerions louer une moto (de Puerto princessa certainement) pendant qq jours afin de visiter les environs (le sud peut etre?) ou alors faire le trajet PP a El nido...J ai pu lire que ce sont la plupart du temps de semi automatiques, car je n ai pas bcp d experience de moto!!!🏴☠️ De plus est realiste de vouloir aller a deux sur une moto pdt pls jours (nous comptons bien sur prendre ca relax...pauses etc...) je pense surtout aux crevaisons et autres problemes mecanique...enfin si un pneu creve en plein milieu de la pampa, que se passe t il LOL???y a t il bcp de monde sur la route qui par exemple peut amener une personne au prochain village??ou comment ca se passe, j ai lu a propos d un vulcanisateur , mais bon faut trouver un type qui a cet engin! Bref plusieurs questions pratique que je me pose... si qq peut m eclaircir par son experience!!??
Merci bcp!!🙂
Nous sommes un couple qui partons en voyage l'annee prochaine, et les Phillipines sont aux programme, du moins Palawan, car nous restons seulement un mois...Bref, nous aimerions louer une moto (de Puerto princessa certainement) pendant qq jours afin de visiter les environs (le sud peut etre?) ou alors faire le trajet PP a El nido...J ai pu lire que ce sont la plupart du temps de semi automatiques, car je n ai pas bcp d experience de moto!!!🏴☠️ De plus est realiste de vouloir aller a deux sur une moto pdt pls jours (nous comptons bien sur prendre ca relax...pauses etc...) je pense surtout aux crevaisons et autres problemes mecanique...enfin si un pneu creve en plein milieu de la pampa, que se passe t il LOL???y a t il bcp de monde sur la route qui par exemple peut amener une personne au prochain village??ou comment ca se passe, j ai lu a propos d un vulcanisateur , mais bon faut trouver un type qui a cet engin! Bref plusieurs questions pratique que je me pose... si qq peut m eclaircir par son experience!!??
Merci bcp!!🙂
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (2ème partie) English translation pending
La première partie est là : http://voyageforum.com/..._1e_partie_D3794068/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
Traversée du Lac Iriki en 4x4 en janvier (Maroc) English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaiterai savoir si il est raisonnable d'emprunter le lac Iriki au mois de janvier. La piste que je souhaite faire est la GT3 du Gandini tome 2 (M'Hamid - Tata).
Et au cas ou le Iriki est "humide" est-il possible de contourner la difficulté ?
A vous lire.
Je souhaiterai savoir si il est raisonnable d'emprunter le lac Iriki au mois de janvier. La piste que je souhaite faire est la GT3 du Gandini tome 2 (M'Hamid - Tata).
Et au cas ou le Iriki est "humide" est-il possible de contourner la difficulté ?
A vous lire.
Choix de pneus... English translation pending
Salut a tous
désolé de revenir avec un sujet récurent déja bcp abordé, Les pneus évidement!!
mais j'hésite toujours...
je suis tombé dans le piège de celui qui se renseigne trop!
Je prépare avec un ami, un tour du monde (départ aout 2011, on a encore le temps...) et on monte notre vélo. Arrive le moment le commander les pièces...
Je ne vous apprendrais rien en disant que la gamme marathon de SCHWALBE est au top, j'ai fais le tour autre marques, vitorria, michelin, maxxis, contnental, c'est tjs un peu en dessous de schwalbe :
On fera la grande majorité de notre voyage sur routes en plus ou moins bon état, on rencontreras évidement des pistes (environ 10% je pense)
j'ai retenu 4 modèles :
le marathon classic en 1.5 40-559 - 26 x 1.50 - Kevlar®Guard - Allround - Reflex - 3,0-7,0 bar - 660 g - 100 kg - tringle rigide - 15€ chez Bike components profil polyvalent parfait (gonflé a 7 bar ça doit envoyer!!), pas cher, a fais ses preuves, juste 70g plus lourd que le dureme. Faut juste prendre le modèle 2010 car le modèle 2011 a une nouvelle sous couche anticrevaison (green guard) a partir de materiaux recyclés mais il est un peu plus lourd 730g en 1.5) le modèle 2010 est encore largement trouvable.
le marathon dureme en 2.0 50-559 - 26 x 2.00 - Double Defense - Triple Nano Reflex - 2,0-5,0 bar - 590 g - 140 kg - tringle souple - 35€ chez Bike components profil polyvalent avec bande de roulement pleine, les nouvelles technologies schwalbe, ce pneu serait LE pneu parfait si il existait en 1.5 ou 1.6, même après tout ce que j'ai pu lire sur les pneus larges, c'est psychologique, j'arrive pas a m'y faire!
le marathon supreme en 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - HD Ceramic - Triple Nano Reflex - 3,5-6,0 bar - 440 g - 110 kg - tringle souple - 30€ chez bike components Le plus léger, profil plus orienté route, même en me disant que la grande parti du voyage se fera sur route, certaines photos et récits de voyages que j'ai lu, me font vraiment hésiter. il est aussi moi durable que les autres modèles marathon.
le marathon XR 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - travel guard - Endurance - 3,5-6,0 bar - 590 g - 110 kg - tringle souple - 37€ sur ebay.de LE pneu référence des longs voyage, INDESTRUCTIBLE, apparement c'est le mélange de caoutchouc qui lui donne cette résistance exceptionnelle, profil plus piste que les autres, mois moins roulant le poids idem au dureme, a fait ses preuves, résistance a la crevaison supérieure au classique (qui est déja suffisante). Le hic c'est qu'il n'est plus produit est devient quasi introuvable, j'ai cherché partout, je l'ai trouvé sur ebay allemagne.
Y a aussi le marathon plus plus résistant a la crevaison, mais plus lourd (860g en 1.5), je pense pas que ce soit nécessaire.
les profil ici : http://www.schwalbe.com/...showAllProducts=true
bon apres mon analyse intense de plusieurs jours (et nuits!), j'hésite encore...meme si dans l'absolu, n'importe lequel de ces pneus ferait l'affaire. Des fois vaut mieux pas trop avoir le choix, c'est plus simple 😄
le supreme, n'est pas assez polyvalant et moins durable que les autre, j'elimine... le dureme n'existe qu'en 2.00... c'est psycologiue, mais j'élimine...
nous reste donc les legendes: le marathon classic et le XR
la vraie question est : Est ce que le XR est vraiment moins roulant sur route que le classic?
Si quelqu'un a déjà testé les 2 modèles, y a -t- une réelle différence de rendement sur route? merci de vos retour d'expérience. Loic
Je ne vous apprendrais rien en disant que la gamme marathon de SCHWALBE est au top, j'ai fais le tour autre marques, vitorria, michelin, maxxis, contnental, c'est tjs un peu en dessous de schwalbe :
On fera la grande majorité de notre voyage sur routes en plus ou moins bon état, on rencontreras évidement des pistes (environ 10% je pense)
j'ai retenu 4 modèles :
le marathon classic en 1.5 40-559 - 26 x 1.50 - Kevlar®Guard - Allround - Reflex - 3,0-7,0 bar - 660 g - 100 kg - tringle rigide - 15€ chez Bike components profil polyvalent parfait (gonflé a 7 bar ça doit envoyer!!), pas cher, a fais ses preuves, juste 70g plus lourd que le dureme. Faut juste prendre le modèle 2010 car le modèle 2011 a une nouvelle sous couche anticrevaison (green guard) a partir de materiaux recyclés mais il est un peu plus lourd 730g en 1.5) le modèle 2010 est encore largement trouvable.
le marathon dureme en 2.0 50-559 - 26 x 2.00 - Double Defense - Triple Nano Reflex - 2,0-5,0 bar - 590 g - 140 kg - tringle souple - 35€ chez Bike components profil polyvalent avec bande de roulement pleine, les nouvelles technologies schwalbe, ce pneu serait LE pneu parfait si il existait en 1.5 ou 1.6, même après tout ce que j'ai pu lire sur les pneus larges, c'est psychologique, j'arrive pas a m'y faire!
le marathon supreme en 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - HD Ceramic - Triple Nano Reflex - 3,5-6,0 bar - 440 g - 110 kg - tringle souple - 30€ chez bike components Le plus léger, profil plus orienté route, même en me disant que la grande parti du voyage se fera sur route, certaines photos et récits de voyages que j'ai lu, me font vraiment hésiter. il est aussi moi durable que les autres modèles marathon.
le marathon XR 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - travel guard - Endurance - 3,5-6,0 bar - 590 g - 110 kg - tringle souple - 37€ sur ebay.de LE pneu référence des longs voyage, INDESTRUCTIBLE, apparement c'est le mélange de caoutchouc qui lui donne cette résistance exceptionnelle, profil plus piste que les autres, mois moins roulant le poids idem au dureme, a fait ses preuves, résistance a la crevaison supérieure au classique (qui est déja suffisante). Le hic c'est qu'il n'est plus produit est devient quasi introuvable, j'ai cherché partout, je l'ai trouvé sur ebay allemagne.
Y a aussi le marathon plus plus résistant a la crevaison, mais plus lourd (860g en 1.5), je pense pas que ce soit nécessaire.
les profil ici : http://www.schwalbe.com/...showAllProducts=true
bon apres mon analyse intense de plusieurs jours (et nuits!), j'hésite encore...meme si dans l'absolu, n'importe lequel de ces pneus ferait l'affaire. Des fois vaut mieux pas trop avoir le choix, c'est plus simple 😄
le supreme, n'est pas assez polyvalant et moins durable que les autre, j'elimine... le dureme n'existe qu'en 2.00... c'est psycologiue, mais j'élimine...
nous reste donc les legendes: le marathon classic et le XR
la vraie question est : Est ce que le XR est vraiment moins roulant sur route que le classic?
Si quelqu'un a déjà testé les 2 modèles, y a -t- une réelle différence de rendement sur route? merci de vos retour d'expérience. Loic
État de la route entre Tamatave et Maroantsetra? (Madagascar) English translation pending
bonjour.je cherche des infos sur l etat de la route entre tamatave et maraonsetra.merci
Voyager à vélo, cela veut dire quoi pour vous? English translation pending
Voyager à vélo, cela veut dire quoi pour vous....????
Un rêve possible ou impossible ?
Voyager pour la rencontre ?
Simple échange ?
Expérience du bout du monde ?
Rompre les amarres ?
Serge
Un rêve possible ou impossible ?
Voyager pour la rencontre ?
Simple échange ?
Expérience du bout du monde ?
Rompre les amarres ?
Serge
Tanzanie: quelles alternatives aux parcs nationaux? English translation pending
Cheres et chers voyageurs,
je pars pour un mois en Tanzanie et Zanzibar le mois prochain. Au programme de ces 4 semaines un safari de 7 jours dans les parcs du Nord et 1 semaine à Zanzibar et Pemba. Il me restera +/- 2 semaines pour voir d'autres endroits. Que me conseilleriez-vous d'autre à visiter ? Perso je serai tenté d'aller jusqu'au lac Tanganika. Est-ce que cette région vaut la peine ? Avez-vous d'autres endroits à me conseiller ? (sachant que je ne veux pas faire les parcs du sud). D'avance merci.
Faire la route Ouarzazate - Demnate en 4x4? English translation pending
au dernieres nouvelles le goudron est un peu casse on ne m a pas dit dans quelle mesure mais qu en 4x4 pour le plaisir c etait bien😉
Rejoindre le Kawah Ijen par Banyuwangi-Glagah-Licin et Sempol? English translation pending
Bonsoir,
J'aimerais savoir si quelqu'un a récemment fait le trajet vers le Kawah Ijen depuis Banyuwangi ou depuis l'endroit où les ferries arrivent depuis Gilimanuk.
Pour rejoindre le Kawah Ijen, nous envisageons mon épouse et moi de faire ce trajet en passant par Glagah-Licin-Paltuding-Sempol, je sais il paraîtrait que ce n'est pas le plus facile mais c'est certainement le moins long. Néanmoins, croyez-vous que ce trajet c'est de la folie de vouloirle faire par cette route? Quels sont les moyens de transport par cette route pour arriver à Sempol? Un transport public ou autre jusqu'au point le plus dur et puis un 4x4 jusqu'à destination est-ce envisageable? Chartériser un 4x4 depuis Banywangi ou à la sortie du ferry? Une idée des prix pratiqués?
Merci pour vos réponses.
51DANSLEAU
J'aimerais savoir si quelqu'un a récemment fait le trajet vers le Kawah Ijen depuis Banyuwangi ou depuis l'endroit où les ferries arrivent depuis Gilimanuk.
Pour rejoindre le Kawah Ijen, nous envisageons mon épouse et moi de faire ce trajet en passant par Glagah-Licin-Paltuding-Sempol, je sais il paraîtrait que ce n'est pas le plus facile mais c'est certainement le moins long. Néanmoins, croyez-vous que ce trajet c'est de la folie de vouloirle faire par cette route? Quels sont les moyens de transport par cette route pour arriver à Sempol? Un transport public ou autre jusqu'au point le plus dur et puis un 4x4 jusqu'à destination est-ce envisageable? Chartériser un 4x4 depuis Banywangi ou à la sortie du ferry? Une idée des prix pratiqués?
Merci pour vos réponses.
51DANSLEAU
Retour de 23 jours en self-drive 4x4 au Botswana English translation pending
Bonjour,
3 semaines sont déjà passées depuis notre retour du Botswana. J'ai enfin un peu de temps pour commencer le récit de ce voyage.
En juillet dernier nous sommes partis pour 3 semaines dans les parcs du nord et centre du Botswana. Notre périple en boucle à partir de Maun nous a mené à Moremi, Chobe, Kasane et les Victoria Falls, Nata, Nxai Pan, Lekhubu island et le Central Kalahari. Un voyage magnifique dans ce pays très accueillant. Un premier safari en Afrique réussi même si nous aurions souhaité voir plus de félins. Voici quelques impressions.
· 28th June: Arrivée à Maun. Récupération du 4x4 et nuit au Thamalakane Safari Lodge. Soleil éclatant et température agréable en cette journée d’hiver australe (nous étions un peu inquiets après avoir constaté la fraicheur ambiante lors de notre escale en Afrique du Sud). Le 4x4 semble prêt pour notre périple. Après quelques formalités (booking de personnes complémentaire au DWNP et Kwalates Safaris), nous partons illico pour les courses. Il faut acheter des provisions pour 6 jours. Bonne surprise, le prix des aliments est bien mon cher qu’en Europe. Pour moins de 100€, nous remplissons 2 caddies au Spar de Maun. Vers 19h, nous arrivons enfin au Thamalakane Safari Lodge. Petite anomalie de booking, le chalet réservé ne peut accueillir que 2 personnes. En attendant la résolution du problème, nous nous installons au restaurant pour un repas bien mérité après ce long voyage de près de 24h depuis Paris. Très bonne table et service agréable malgré une timidité et manque d’expérience/assurance des serveurs. A la fin du repas, la patronne nous propose un 2ème chalet pour loger les enfants. Un bon compromis pour le même prix. Nous nous installons dans la confortable honey moon suite (douche, bain jacussi et piscine) pour un sommeil réparateur.
· 29th June: Xakanaxa campsite, Moremi Réveil à 7h30. Le petit-déjeuner à l’anglaise (œufs, bacon, toasts, fruits céréales, etc.) est parfait. Le chargement du 4x4 avec tous nos bagages et les provisions s’avère long et délicat. Il faut veiller à ce que tout soit bien arrimé avant d’attaquer les pistes poussiéreuses. Enfin vers 10h, nous sommes prêts pour le départ….
A suivre…En attendant la suite, vous pouvez dors et déjà voir les photos du voyage.
Bon voyage, Juan
A venir : · 30th June: Khwai campsite, Moremi · 1st & 2nd July: Savuti campsite, Chobe · 3rd July: Linyanti campsite, Chobe · 4th July: Ihaha campsite, Chobe · 5th & 6th July: Garden Lodge , Kasane · 7th July: Nata Lodge · 8th & 9th July: South campsite, Nxai Pan · 10th July: Planet Baobab · 11th & 12th July: Lekhubu Island campsite · 13th & 14th July: Kori campsite, Central Kalahari · 15th July: Sunday Pan campsite, Central Kalahari · 16th & 17th July: Haina Kalahari Lodge · 18th July: Thamalakane Safari Lodge
3 semaines sont déjà passées depuis notre retour du Botswana. J'ai enfin un peu de temps pour commencer le récit de ce voyage.
En juillet dernier nous sommes partis pour 3 semaines dans les parcs du nord et centre du Botswana. Notre périple en boucle à partir de Maun nous a mené à Moremi, Chobe, Kasane et les Victoria Falls, Nata, Nxai Pan, Lekhubu island et le Central Kalahari. Un voyage magnifique dans ce pays très accueillant. Un premier safari en Afrique réussi même si nous aurions souhaité voir plus de félins. Voici quelques impressions.
· 28th June: Arrivée à Maun. Récupération du 4x4 et nuit au Thamalakane Safari Lodge. Soleil éclatant et température agréable en cette journée d’hiver australe (nous étions un peu inquiets après avoir constaté la fraicheur ambiante lors de notre escale en Afrique du Sud). Le 4x4 semble prêt pour notre périple. Après quelques formalités (booking de personnes complémentaire au DWNP et Kwalates Safaris), nous partons illico pour les courses. Il faut acheter des provisions pour 6 jours. Bonne surprise, le prix des aliments est bien mon cher qu’en Europe. Pour moins de 100€, nous remplissons 2 caddies au Spar de Maun. Vers 19h, nous arrivons enfin au Thamalakane Safari Lodge. Petite anomalie de booking, le chalet réservé ne peut accueillir que 2 personnes. En attendant la résolution du problème, nous nous installons au restaurant pour un repas bien mérité après ce long voyage de près de 24h depuis Paris. Très bonne table et service agréable malgré une timidité et manque d’expérience/assurance des serveurs. A la fin du repas, la patronne nous propose un 2ème chalet pour loger les enfants. Un bon compromis pour le même prix. Nous nous installons dans la confortable honey moon suite (douche, bain jacussi et piscine) pour un sommeil réparateur.
· 29th June: Xakanaxa campsite, Moremi Réveil à 7h30. Le petit-déjeuner à l’anglaise (œufs, bacon, toasts, fruits céréales, etc.) est parfait. Le chargement du 4x4 avec tous nos bagages et les provisions s’avère long et délicat. Il faut veiller à ce que tout soit bien arrimé avant d’attaquer les pistes poussiéreuses. Enfin vers 10h, nous sommes prêts pour le départ….
A suivre…En attendant la suite, vous pouvez dors et déjà voir les photos du voyage.
Bon voyage, Juan
A venir : · 30th June: Khwai campsite, Moremi · 1st & 2nd July: Savuti campsite, Chobe · 3rd July: Linyanti campsite, Chobe · 4th July: Ihaha campsite, Chobe · 5th & 6th July: Garden Lodge , Kasane · 7th July: Nata Lodge · 8th & 9th July: South campsite, Nxai Pan · 10th July: Planet Baobab · 11th & 12th July: Lekhubu Island campsite · 13th & 14th July: Kori campsite, Central Kalahari · 15th July: Sunday Pan campsite, Central Kalahari · 16th & 17th July: Haina Kalahari Lodge · 18th July: Thamalakane Safari Lodge
Hôtel Sensi Paradise ou le Charm Churee pour un voyage de noces? (Thaïlande) English translation pending
Bonjour
je prépare ctuellement le voyage de noces de mon frère et sur tao j'hésite entre sensi et charm churee...Oui je sais de nombreux post ont déjà eu lieu sur le sujet, mais j'hésite toujours... D'abord je lis que les plages ne sont pas belles à cause de la proximité du port...Pourtant les photos sont magnifiques...Est-il facile à Tao de se déplacer en mob de plage en plage ou bien l'état des routes ne le permet pas? Ensuite, je préfère les chambres du sensi ( et moins cheres) que celles du charm churee, en plus il ya une piscine au sensi! Mais est-il vrai que jamson bay est la plage privée du charm churee? Si oui peut-on quand même y aller, j'entends qu'il y un droit de passage à payer? Combien?
Voilà, si vous avez une autre petite perle n'hésitez pas, je cherche un endroit charmant pas trop cher, l'idéal étant max 50e et où il est facile de se déplacer pour avoir un peu d'animation au cas où l'envie s'en fait sentir( pieds ou mob)
Merci beaucoup pour votre aide😎
je prépare ctuellement le voyage de noces de mon frère et sur tao j'hésite entre sensi et charm churee...Oui je sais de nombreux post ont déjà eu lieu sur le sujet, mais j'hésite toujours... D'abord je lis que les plages ne sont pas belles à cause de la proximité du port...Pourtant les photos sont magnifiques...Est-il facile à Tao de se déplacer en mob de plage en plage ou bien l'état des routes ne le permet pas? Ensuite, je préfère les chambres du sensi ( et moins cheres) que celles du charm churee, en plus il ya une piscine au sensi! Mais est-il vrai que jamson bay est la plage privée du charm churee? Si oui peut-on quand même y aller, j'entends qu'il y un droit de passage à payer? Combien?
Voilà, si vous avez une autre petite perle n'hésitez pas, je cherche un endroit charmant pas trop cher, l'idéal étant max 50e et où il est facile de se déplacer pour avoir un peu d'animation au cas où l'envie s'en fait sentir( pieds ou mob)
Merci beaucoup pour votre aide😎
Choix d'un porte bagage avant pour une fourche suspendue? English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis récent lecteur de ce forum et je le trouve très bien renseigné. Cependant je me pose une question qui il me semble n'a pas été traitée ici.
Je suis parti l'été dernier en vélo sur les routes bretonnes avec mon VTT (un Qbikes Method plus 07). M'étant décidé au dernier moment, je suis parti avec mes pneus de VTT et un sac à dos.
J'aimerais me refaire une petite semaine dans le même genre. J'ai dans ce but acheté des pneus plus roulants (marathons 1.5), et je me pose la question des bagages.
Je ne souhaite pas prendre de remorque et vu mon poids (90kg) je pense qu'il est plus intéressant de charger l'avant de mon vélo pour répartir la charge et de prendre un sac à dos léger. Pour info j'ai également une sacoche de guidon Gosport.
Vu que j'ai une fourche suspendue (Rockshox Dart3) il y a deux solutions de porte sacoches :
Le tubus Swing qui porte sur le cadre. Un lowrider genre Zefal avec des colliers pour les fourreaux de la fourche
Quel est la solution qui génère le moins de gène dans le comportement du vélo (sachant que j'aimerais plus tard faire un peu de vrai VTT itinérant)?
Le numéro spécial vélo de Carnet D'aventure semble indiquer que seule la solution tubus est satisfaisante car "les autres systèmes chargent la partie mobile et diminuent très nettement l'efficacité de la suspension". Je pense au contraire que c'est la partie "fourche plus roue" qui est fixe (en contact permanent avec le sol) et qu'en surchargeant le cadre l'effet de pompe est très amplifié. Perso je pense que la suspension est faite pour soulager le bonhomme en priorité, le matériel ensuite. De plus le centre de gravité de la solution Tubus est plus élevé.
Bref je suis un peu perdu car tout cela n'est que théorie. Si quelqu'un a un retour d'expérience sur la gène occasionnée par ces deux solutions.
Merci.
Je suis récent lecteur de ce forum et je le trouve très bien renseigné. Cependant je me pose une question qui il me semble n'a pas été traitée ici.
Je suis parti l'été dernier en vélo sur les routes bretonnes avec mon VTT (un Qbikes Method plus 07). M'étant décidé au dernier moment, je suis parti avec mes pneus de VTT et un sac à dos.
J'aimerais me refaire une petite semaine dans le même genre. J'ai dans ce but acheté des pneus plus roulants (marathons 1.5), et je me pose la question des bagages.
Je ne souhaite pas prendre de remorque et vu mon poids (90kg) je pense qu'il est plus intéressant de charger l'avant de mon vélo pour répartir la charge et de prendre un sac à dos léger. Pour info j'ai également une sacoche de guidon Gosport.
Vu que j'ai une fourche suspendue (Rockshox Dart3) il y a deux solutions de porte sacoches :
Le tubus Swing qui porte sur le cadre. Un lowrider genre Zefal avec des colliers pour les fourreaux de la fourche
Quel est la solution qui génère le moins de gène dans le comportement du vélo (sachant que j'aimerais plus tard faire un peu de vrai VTT itinérant)?
Le numéro spécial vélo de Carnet D'aventure semble indiquer que seule la solution tubus est satisfaisante car "les autres systèmes chargent la partie mobile et diminuent très nettement l'efficacité de la suspension". Je pense au contraire que c'est la partie "fourche plus roue" qui est fixe (en contact permanent avec le sol) et qu'en surchargeant le cadre l'effet de pompe est très amplifié. Perso je pense que la suspension est faite pour soulager le bonhomme en priorité, le matériel ensuite. De plus le centre de gravité de la solution Tubus est plus élevé.
Bref je suis un peu perdu car tout cela n'est que théorie. Si quelqu'un a un retour d'expérience sur la gène occasionnée par ces deux solutions.
Merci.
Dix-sept jours à vélo à travers les Préalpes françaises English translation pending
Préalpes juin 2010
Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.
Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.
Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.
Lundi 7 juin
Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.
Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.
Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.
Mardi 8 juin
Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.
Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.
Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.
Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.
Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.
Mercredi 9 Juin
La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.
Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.
Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?
Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !
Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.
Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.
Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.
Jeudi 10 juin
La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.
La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.
La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.
Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.
La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.
Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du café après le déjeuner.
A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.
Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.
Vendredi 11 juin
Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.
Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.
Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.
Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.
Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.
Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.
Samedi 12 juin
Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.
Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.
Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.
Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.
Dimanche 13 juin
Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.
En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.
Lundi 14 juin
Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.
Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.
Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.
Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !
Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.
Mardi 15 juin
Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.
Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.
Mercredi 16 juin
Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.
En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.
Jeudi 17 juin
Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.
Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.
Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.
Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.
Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.
Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.
De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.
Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.
Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.
Vendredi 18 juin
La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.
Samedi 19 juin
Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.
Dimanche 20 juin
Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.
Lundi 21 juin
Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !
A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.
Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.
Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.
Lundi 7 juin
Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.
Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.
Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.
Mardi 8 juin
Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.
Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.
Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.
Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.
Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.
Mercredi 9 Juin
La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.
Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.
Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?
Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !
Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.
Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.
Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.
Jeudi 10 juin
La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.
La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.
La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.
Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.
La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.
Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du café après le déjeuner.
A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.
Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.
Vendredi 11 juin
Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.
Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.
Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.
Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.
Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.
Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.
Samedi 12 juin
Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.
Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.
Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.
Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.
Dimanche 13 juin
Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.
En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.
Lundi 14 juin
Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.
Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.
Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.
Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !
Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.
Mardi 15 juin
Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.
Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.
Mercredi 16 juin
Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.
En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.
Jeudi 17 juin
Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.
Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.
Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.
Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.
Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.
Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.
De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.
Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.
Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.
Vendredi 18 juin
La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.
Samedi 19 juin
Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.
Dimanche 20 juin
Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.
Lundi 21 juin
Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !
A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
Itinéraire de vingt-six jours au Myanmar English translation pending
Bon alors, voila l'ébauche de mon itineraire!Avec les jours et les dates, ca peut paraitre très rigide!!😛 Mais ce n'est qu'à titre indicatif, pour avoir une idée si c'est faisable ou non, sachant très bien que comme d'habitude je ne le suivrais pas à la lettre!
Jeudi 24 juin : Paris Ch De Gaulle
Vendredi 25 juin : arrivée à Rangoon a 8h + visite de Rangoon+ nuit a Rangoon
Samedi 26 juin : Rangoon + nuit a Rangoon
Dimanche 27 juin : départ pour Kinpun en Bus le matin puis visite du Rocher D’or. Nuit à Kinpun
Lundi 28 juin : kinpun-Bago, en bus le matin. Visite de Bago + nuit a Bago (Et-ce assez logique comme parcours pour aller voir le Rocher D’or ou y’at-il plus simple ??)
Mardi 29 juin : Bago + départ pour Madalay en bus de nuit (est-ce vraiment compliqué d’avoir une place dan le bus Bago-Mandalay ???car c’est ce qui est écrit dans le LP. Si oui, quelle serait la solution plus simple ?)
Mercredi 30 juin : Mandalay
Jeudi 1er juillet : amarapura + Sagaing nuit à Mandalay
Vendredi 2 juillet : train pour Hsipaw (apparemment départ à 4h30 et 10h de trajet…)
Samedi 3 juillet : Hsipaw (avec la mousson les randos a la journée dans les village sou collines environnantes sont possibles ?)
Dimanche 4 juillet : retour a Mandalay (connaissez-vous les horaires des bus ?)
Lundi 5 juillet : Monywa + nuit à Monywa
Mardi 6 juillet : Monywa + nuit a Mandalay
Mercredi 7 juillet : Bateau lent pour Bagan (Pensez-vous qu’il est mieux de prendre le bateau lent Mandalay-Bagan ou de partir directement de Monywa, prendre le bus jusqu’a Pakkoku puis le bateau jusqu'à Bagan ?)
Jeudi 8 juillet : Bagan
Vendredi 9 juillet : Bagan
Samedi 10 juillet : Bagan + bus pour Kalaw (Savez-vous a peu près les horaires du bus et la durée du trajet?)
Dimanche 11 juillet : Kalaw
Lundi 12 juillet : Treck Kalaw -Inle
Mardi 13 juillet : Treck Kalaw
Mercredi 14 juillet :Treck kalaw (avec la mousson est-ce que ac risque d'etre difficile?)
Jeudi 15 juillet : Inle
Vendredi 16 juillet : Inle
Samedi 17 juillet : Inle
Dimanche 18 juillet : Inle + depart en bus (13h environ) pour Rangoon
Lundi 19 juillet : Arrivée a Rangoon le matin, Rangoon + nuit a Rangoon
Mardi 20 juillet : Rangoon : avion a 19h45
Mercredi 21 juillet : Arrivée a Paris Ch De Gaulle à 7h05
Autres questions ! : 😛
- Par rapport a la mousson, est-ce que ca change qqch si je décide de faire le rocher d'Or plutot à la fin du séjour?
- Est-ce que Monywa vaut vraiment le détour?? ou est-il préférable que je passe plus de temps pour bien visiter Sagaing et faire Inwa et faire une journée de plus de balade a Hsipaw?
Voila! Je suis ouverte a toutes suggestions, propositions, conseils et autres remarques!😉
Merci !!!!!!
Jeudi 24 juin : Paris Ch De Gaulle
Vendredi 25 juin : arrivée à Rangoon a 8h + visite de Rangoon+ nuit a Rangoon
Samedi 26 juin : Rangoon + nuit a Rangoon
Dimanche 27 juin : départ pour Kinpun en Bus le matin puis visite du Rocher D’or. Nuit à Kinpun
Lundi 28 juin : kinpun-Bago, en bus le matin. Visite de Bago + nuit a Bago (Et-ce assez logique comme parcours pour aller voir le Rocher D’or ou y’at-il plus simple ??)
Mardi 29 juin : Bago + départ pour Madalay en bus de nuit (est-ce vraiment compliqué d’avoir une place dan le bus Bago-Mandalay ???car c’est ce qui est écrit dans le LP. Si oui, quelle serait la solution plus simple ?)
Mercredi 30 juin : Mandalay
Jeudi 1er juillet : amarapura + Sagaing nuit à Mandalay
Vendredi 2 juillet : train pour Hsipaw (apparemment départ à 4h30 et 10h de trajet…)
Samedi 3 juillet : Hsipaw (avec la mousson les randos a la journée dans les village sou collines environnantes sont possibles ?)
Dimanche 4 juillet : retour a Mandalay (connaissez-vous les horaires des bus ?)
Lundi 5 juillet : Monywa + nuit à Monywa
Mardi 6 juillet : Monywa + nuit a Mandalay
Mercredi 7 juillet : Bateau lent pour Bagan (Pensez-vous qu’il est mieux de prendre le bateau lent Mandalay-Bagan ou de partir directement de Monywa, prendre le bus jusqu’a Pakkoku puis le bateau jusqu'à Bagan ?)
Jeudi 8 juillet : Bagan
Vendredi 9 juillet : Bagan
Samedi 10 juillet : Bagan + bus pour Kalaw (Savez-vous a peu près les horaires du bus et la durée du trajet?)
Dimanche 11 juillet : Kalaw
Lundi 12 juillet : Treck Kalaw -Inle
Mardi 13 juillet : Treck Kalaw
Mercredi 14 juillet :Treck kalaw (avec la mousson est-ce que ac risque d'etre difficile?)
Jeudi 15 juillet : Inle
Vendredi 16 juillet : Inle
Samedi 17 juillet : Inle
Dimanche 18 juillet : Inle + depart en bus (13h environ) pour Rangoon
Lundi 19 juillet : Arrivée a Rangoon le matin, Rangoon + nuit a Rangoon
Mardi 20 juillet : Rangoon : avion a 19h45
Mercredi 21 juillet : Arrivée a Paris Ch De Gaulle à 7h05
Autres questions ! : 😛
- Par rapport a la mousson, est-ce que ca change qqch si je décide de faire le rocher d'Or plutot à la fin du séjour?
- Est-ce que Monywa vaut vraiment le détour?? ou est-il préférable que je passe plus de temps pour bien visiter Sagaing et faire Inwa et faire une journée de plus de balade a Hsipaw?
Voila! Je suis ouverte a toutes suggestions, propositions, conseils et autres remarques!😉
Merci !!!!!!
Maniabilité sacoche/remorque English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai déjà effectué quelques recherches et posté quelques fois ici, et j'ai toujours eu des réponses "éclairantes". Du coup, je récidive...🙂
Je poursuis ma réfléxion pour me mettre au voyage à vélo. J'ai essayé une remorque bob ibex qu'on m'a prêté et que j'ai attelé à mon vtt. Chargée à 25kg. Bon... ch'ui un peu déçu: c'est lourd, c'est lent. (Je suis également bien conscient qu'il va falloir que je change ma façon de voir le vélo, stop à la "performance"). J'ai été agréablement surpris à la descente, y compris dans des chemins cassants. Sur le plat ça va pas trop mal. Dans les montées... Par ailleurs, la sensation de flou à l'avant est perturbante (mais ma fourche suspendue est en mauvaise état et se tortille allègrement)
J'ai l'impression que le cadre du vtt est très (TROP) sollicité. Est-ce que cette solution de traquetage est dévastatrice pour un cadre de vtt alu plutôt light?
Impossible de se mettre en danseuse avec cette remorque, ça ondule: manque de savoir faire ou impossibilité avec une remorque?
Peut-on se mettre en danseuse avec un vélo équipé de sacoches?
La maniabilité est-elle bien meilleur avec un vélo+sacoches que vélo+remorque?
Quelle est la solution la plus adaptée entre sacoches et remorques pour la montagne?
Merci encore pour vos réponses! 🙂
J'ai déjà effectué quelques recherches et posté quelques fois ici, et j'ai toujours eu des réponses "éclairantes". Du coup, je récidive...🙂
Je poursuis ma réfléxion pour me mettre au voyage à vélo. J'ai essayé une remorque bob ibex qu'on m'a prêté et que j'ai attelé à mon vtt. Chargée à 25kg. Bon... ch'ui un peu déçu: c'est lourd, c'est lent. (Je suis également bien conscient qu'il va falloir que je change ma façon de voir le vélo, stop à la "performance"). J'ai été agréablement surpris à la descente, y compris dans des chemins cassants. Sur le plat ça va pas trop mal. Dans les montées... Par ailleurs, la sensation de flou à l'avant est perturbante (mais ma fourche suspendue est en mauvaise état et se tortille allègrement)
J'ai l'impression que le cadre du vtt est très (TROP) sollicité. Est-ce que cette solution de traquetage est dévastatrice pour un cadre de vtt alu plutôt light?
Impossible de se mettre en danseuse avec cette remorque, ça ondule: manque de savoir faire ou impossibilité avec une remorque?
Peut-on se mettre en danseuse avec un vélo équipé de sacoches?
La maniabilité est-elle bien meilleur avec un vélo+sacoches que vélo+remorque?
Quelle est la solution la plus adaptée entre sacoches et remorques pour la montagne?
Merci encore pour vos réponses! 🙂
Voie verte du Haut-Languedoc à vélo entre Bédarieux et Mazamet? English translation pending
Bonjour !
Nous souhaitons rejoindre le Lac du Salagou (à côté de Clermont l'Hérault) à Toulouse à vélo et une carriole avec bébé. Nous pensions rejoindre le Canal du Midi à Bézier, mais nous avons vu une autre alternative en passant par la Montagne Noire sur le site d'AFV3 http://www.af3v.org/-Fiche-VVV-.html?voie=95 càd gagner Mazamet depuis Bédarieux.
Connaissez-vous cette voie verte ? En lisant les commentaires sur ce site (voir lien), certains disent que dans ce sens ça monte, d'autre que ça descend, alors nous sommes un peu perdus! Détail qui est plutôt important quand on tracte une carriole chargée!
Une fois à Mazamet, pour éviter le "relief" (même doux), nous pensions passer par Revel puis rejoindre le Canal du Midi vers Castelnaudary ou Villefranche de Lauragais (encore plus direct) pour gagner Toulouse. J'ai vu sur le forum qu'on pouvait suivreune rigole entre le lac de St Férréol et le seuil de Naurouze. Est-ce que c'est praticable avec une carriole?
Voilà j'espère qu'il y a des connaisseurs de ce coin histoire d'avoir quelques tuyaux pour changer du fameux canal du midi 😉...
Merci pour votre aide! Wanclo
Nous souhaitons rejoindre le Lac du Salagou (à côté de Clermont l'Hérault) à Toulouse à vélo et une carriole avec bébé. Nous pensions rejoindre le Canal du Midi à Bézier, mais nous avons vu une autre alternative en passant par la Montagne Noire sur le site d'AFV3 http://www.af3v.org/-Fiche-VVV-.html?voie=95 càd gagner Mazamet depuis Bédarieux.
Connaissez-vous cette voie verte ? En lisant les commentaires sur ce site (voir lien), certains disent que dans ce sens ça monte, d'autre que ça descend, alors nous sommes un peu perdus! Détail qui est plutôt important quand on tracte une carriole chargée!
Une fois à Mazamet, pour éviter le "relief" (même doux), nous pensions passer par Revel puis rejoindre le Canal du Midi vers Castelnaudary ou Villefranche de Lauragais (encore plus direct) pour gagner Toulouse. J'ai vu sur le forum qu'on pouvait suivreune rigole entre le lac de St Férréol et le seuil de Naurouze. Est-ce que c'est praticable avec une carriole?
Voilà j'espère qu'il y a des connaisseurs de ce coin histoire d'avoir quelques tuyaux pour changer du fameux canal du midi 😉...
Merci pour votre aide! Wanclo
Quelques informations récentes sur l'état des routes et pistes du sud du Maroc English translation pending
Bonsoir.
Quelques informations sur l"état des pistes et routes que j'ai parcourues en 4x4 fin mars/début avril 2010:
- Pistes telouet/ait benhadou. Cet itinéraire perd de son charme, beaucoup de poussière, des voitures de tourisme qui s'y risquent ainsi que des gros campings cars conduits par des imprudents, qui peinaient à monter une pente abrupte. - la piste toundout/amezri, ouverte, est en travaux de terrassement. Le tronçon de la piste amezri/ichbaken qui était dans le lit d'oued a été déplacé à flan de montagne. Celui de ichbaken à ait ali nito, ne pourra pas être déplacé(l'oued occupant tout le lit de la vallée)et est impraticable pour le moment(niveau d'eau très haut du fait de la fonte des neiges). Pour ceux qui veulent visiter cette belle vallée en 4x4, Il est conseillé de faire le parcours de toufrine à ait ali nito et de poursuivre jusqu'au superbe village de magdaz puis de revenir à toufrine.De là route pour demnate ou celle pour ouerzazate. - La route ouerzazate/demnate est en très mauvais état surtout dans son tronçon de assermo à toufrine.Elle ne risque pas d'être réparée de sitôt. - La magnifique boucle par piste-aguerd-kantola-assaka-ammassine-imi oulaoun-aguerd est coupée entre amassine et assaka - Les travaux de la nouvelle route ouerzazate/taznakht(qui passe près de l'oasis de fint)sont bien avancés. La piste de 2 km pour rejoindre l'oasis de fint sera épargnée par le goudron.Le proprio de l'auberge "les delices..est en train de construire une piste en hauteur, pour éviter le passage par l'oued. - La piste el- goumt/tamalout dans la vallée des roses par l'ancienne piste avec une magnifique vue sur la vallée des roses est abimée, mais faisable en 4x4 en roulant doucement. - la piste tamalout/ait youl est en très mauvais état. - Celle qui part avant alemdoun et passe par la belle vallée des ait mrao et ces villages;issoumar-imi ouaqqua-igherm aqdim-tizguine et sort au nord de ait youl a été réparée.Prudence au niveau de la traversée de l'oued mgoun. Les travaux de terrassement de bouthrarar à sebt ait ahmed sont terminés, le goudron suivra et se prolongera jusqu'à issoumar dans la vallée des ait mrao. - La piste imejgag/mrabitine dans la vallée de l'ouzighimt a été ouverte. - la boucle par piste de msemir/tamtatocht est ouverte est devient facile, du fait de déplacement de plusieurs parties de cette piste pour éviter les tronçons dégradés.Cette piste est appelée à être goudronnée. - la piste msemrir/agoudal a été réparée sommairement et ouverte. - la piste tinhir/ikniouin est en travaux de terrassement et sera goudronnée. - la piste alnif ikniouin via le jbel boughafer sera également mise en travaux d'élargissement et de terrassement. La route de imi nifri à ait blal, puis piste de ait blal à abachkou et goudron de abachkou à agouti est opérationnelle. - La piste agouti-ifrane-zawiat ahansal-cathédrale-imi nwarg-tilouguite est ouverte. - la piste ait mhamed -tamda-zawiat ahansal est en travaux de goudronnage. - la piste imi nwarg-anergui via l'assif melloul est toujours coupée. Bon voyage.
- Pistes telouet/ait benhadou. Cet itinéraire perd de son charme, beaucoup de poussière, des voitures de tourisme qui s'y risquent ainsi que des gros campings cars conduits par des imprudents, qui peinaient à monter une pente abrupte. - la piste toundout/amezri, ouverte, est en travaux de terrassement. Le tronçon de la piste amezri/ichbaken qui était dans le lit d'oued a été déplacé à flan de montagne. Celui de ichbaken à ait ali nito, ne pourra pas être déplacé(l'oued occupant tout le lit de la vallée)et est impraticable pour le moment(niveau d'eau très haut du fait de la fonte des neiges). Pour ceux qui veulent visiter cette belle vallée en 4x4, Il est conseillé de faire le parcours de toufrine à ait ali nito et de poursuivre jusqu'au superbe village de magdaz puis de revenir à toufrine.De là route pour demnate ou celle pour ouerzazate. - La route ouerzazate/demnate est en très mauvais état surtout dans son tronçon de assermo à toufrine.Elle ne risque pas d'être réparée de sitôt. - La magnifique boucle par piste-aguerd-kantola-assaka-ammassine-imi oulaoun-aguerd est coupée entre amassine et assaka - Les travaux de la nouvelle route ouerzazate/taznakht(qui passe près de l'oasis de fint)sont bien avancés. La piste de 2 km pour rejoindre l'oasis de fint sera épargnée par le goudron.Le proprio de l'auberge "les delices..est en train de construire une piste en hauteur, pour éviter le passage par l'oued. - La piste el- goumt/tamalout dans la vallée des roses par l'ancienne piste avec une magnifique vue sur la vallée des roses est abimée, mais faisable en 4x4 en roulant doucement. - la piste tamalout/ait youl est en très mauvais état. - Celle qui part avant alemdoun et passe par la belle vallée des ait mrao et ces villages;issoumar-imi ouaqqua-igherm aqdim-tizguine et sort au nord de ait youl a été réparée.Prudence au niveau de la traversée de l'oued mgoun. Les travaux de terrassement de bouthrarar à sebt ait ahmed sont terminés, le goudron suivra et se prolongera jusqu'à issoumar dans la vallée des ait mrao. - La piste imejgag/mrabitine dans la vallée de l'ouzighimt a été ouverte. - la boucle par piste de msemir/tamtatocht est ouverte est devient facile, du fait de déplacement de plusieurs parties de cette piste pour éviter les tronçons dégradés.Cette piste est appelée à être goudronnée. - la piste msemrir/agoudal a été réparée sommairement et ouverte. - la piste tinhir/ikniouin est en travaux de terrassement et sera goudronnée. - la piste alnif ikniouin via le jbel boughafer sera également mise en travaux d'élargissement et de terrassement. La route de imi nifri à ait blal, puis piste de ait blal à abachkou et goudron de abachkou à agouti est opérationnelle. - La piste agouti-ifrane-zawiat ahansal-cathédrale-imi nwarg-tilouguite est ouverte. - la piste ait mhamed -tamda-zawiat ahansal est en travaux de goudronnage. - la piste imi nwarg-anergui via l'assif melloul est toujours coupée. Bon voyage.
Boucle en camping-car jusqu'en Mongolie English translation pending
Bonjour à tous et joyeuses pâques,
Voici où j'en suis de mes réflexions pour un voyage en camping-car de l'été 2011 à l'été 2012, à 6. Ou la première partie d'un voyage. J'ai plusieurs questions de débutantes et vous pourrez peut-être m'aider, je me perds dans mes recherches. - Voici donc ce que j'imagine : un trajet via MOscou (Notre aîné veut monter jusqu'à St Petersburg je ne sais pas si nous aurons le temps) et la Russie pour entrer en Mongolie. Puis de MOngolie passer au Kazakhstan-Kirghi-OUzbé-Kazakhstan-Ukraine puis maison : ça ne vous paraît pas absurde point de vue frontière ou autre déjà ? - Point de vue visas... Je n'arrive pas bien à comprendre ce que je peux faire pour la Russie. Il me faut un triple entrée (6 fois, merci les nouveaux passeports !!!), pour l'aller, puis le passage vers Kazakhstan puis entre Ouzbé et Ukraine. Mais savez-vous, si par exemple nous avons un visa de 3 mois (j'ai cru comprendre que c'était possible mais je ne suis pas sure), est-ce que ce sont 3 mois d'affilée ou 3 mois sur place ? (je vais encore chercher sur les forums) - Un peu la même question pour le Kazakhstan, quid du visa double entrée ? Il peut être assez long ou il faut en prendre deux successifs ? - Question météo maintenant : nous ne pouvons pas partir avant juillet. D'après vous, à quel moment devrons nous quitter la Mongolie pour n'avoir pas trop froid ni là-bas ni dans les pays suivants (on peut supporter des températures hivernales froides, mais rien d'extraordinaire quand même - 4 enfants dont un qui sera petit) ? C'est à dire que je suis tentée par ce que vont faire d'autres voyageurs (croisés en d'autres temps sur les plages indiennes ;) ), laisser le ccar à Ulan Bator et aller faire un petit tour en Chine (histoire de nous venger de notre ratage en 2007). Seulement je pense que ce sera trop juste au vu de l'hiver... Un avis sur la question ?
Merci à ceux qui peuvent m'aider, et salutations aux autres !
Thérèse
Voici où j'en suis de mes réflexions pour un voyage en camping-car de l'été 2011 à l'été 2012, à 6. Ou la première partie d'un voyage. J'ai plusieurs questions de débutantes et vous pourrez peut-être m'aider, je me perds dans mes recherches. - Voici donc ce que j'imagine : un trajet via MOscou (Notre aîné veut monter jusqu'à St Petersburg je ne sais pas si nous aurons le temps) et la Russie pour entrer en Mongolie. Puis de MOngolie passer au Kazakhstan-Kirghi-OUzbé-Kazakhstan-Ukraine puis maison : ça ne vous paraît pas absurde point de vue frontière ou autre déjà ? - Point de vue visas... Je n'arrive pas bien à comprendre ce que je peux faire pour la Russie. Il me faut un triple entrée (6 fois, merci les nouveaux passeports !!!), pour l'aller, puis le passage vers Kazakhstan puis entre Ouzbé et Ukraine. Mais savez-vous, si par exemple nous avons un visa de 3 mois (j'ai cru comprendre que c'était possible mais je ne suis pas sure), est-ce que ce sont 3 mois d'affilée ou 3 mois sur place ? (je vais encore chercher sur les forums) - Un peu la même question pour le Kazakhstan, quid du visa double entrée ? Il peut être assez long ou il faut en prendre deux successifs ? - Question météo maintenant : nous ne pouvons pas partir avant juillet. D'après vous, à quel moment devrons nous quitter la Mongolie pour n'avoir pas trop froid ni là-bas ni dans les pays suivants (on peut supporter des températures hivernales froides, mais rien d'extraordinaire quand même - 4 enfants dont un qui sera petit) ? C'est à dire que je suis tentée par ce que vont faire d'autres voyageurs (croisés en d'autres temps sur les plages indiennes ;) ), laisser le ccar à Ulan Bator et aller faire un petit tour en Chine (histoire de nous venger de notre ratage en 2007). Seulement je pense que ce sera trop juste au vu de l'hiver... Un avis sur la question ?
Merci à ceux qui peuvent m'aider, et salutations aux autres !
Thérèse
Pistes cyclables pour aller de Paris jusqu'à Reims en Champagne? English translation pending
Bonjour,
J'envisage de faire une randonnée à vélo avec ma chérie cette été. Je souhaite remonter la Marne depuis Paris jusqu'en Champagne. Je sais qu'il y a des pistes cyclables le long de la Marne jusqu'à environ 40 km de Paris (Je l'ai déjà prise depuis Joinville le Pont jusqu'au lac de Vaires sur Marne), mais j'ignore si il est possible de suivre la Marne tout le long jusqu'en Champagne et notamment jusqu'à Reims.
Si vous possédez des infos à ce sujet elles sont bienvenues.
Par ailleurs, j'effectuerai cette rando avec ma femme. Personnellement je n'aurai rien contre l'option toile de tente et camping mais ma chérie est beaucoup moins motivée. Savez vous s'il est possible de trouver des chambres d'hote le long de la marne à intervalles à peu près régulier (j'envisage 60-70 kilomètres par jour).
Merci d'avance pour vos réponses
Monument Valley et Valley of the Gods en voiture normale (pas en 4X4) English translation pending
Bonjour,
au mois de juillet, je compte visiter La MV et Valley of the Gods, je souhaiterai savoir si l'on peut emprunter les pistes de ces 2 parcs avec une voiture normale (type monospace) et non en 4X4? Bien sur en temps sec.
Merci pour vos réponses.
au mois de juillet, je compte visiter La MV et Valley of the Gods, je souhaiterai savoir si l'on peut emprunter les pistes de ces 2 parcs avec une voiture normale (type monospace) et non en 4X4? Bien sur en temps sec.
Merci pour vos réponses.
Aventures dans la Biosfera Maya (chapitre 7) Rio Azul (Guatemala) English translation pending
Avant Propos
C'est mon 7ième séjour dans la Biosfera Maya. C'est une zone sauvage et naturelle qui s'étend au nord du Guatemala dans le département du Petén. Elle est couverte en quasi totalité de forêt tropicale et de forêt sèche d'arbustes. Je compte lors de ce séjour ( en décembre 2009 ) m'y "promener" 😉 avec tout mon matériel. J'en ai pour 20 kg avec 10 jours de rations. Et voilà le récit :
Dimanche 20 décembre 2009 Cancun Flores
En route de nouveau pour Flores, arrivée à l'aéroport de Cancun. Pour s'enregistrer pour Flores au comptoir de TACA c'est incroyable comme cela prend du temps. Il faut faire la queue pendant plus d'une heure c'est à rien n'y comprendre. Une fois les contrôles passés c'est tout juste si on a le temps d'embarquer dans l'ATR42 de la TACA. Pendant le vol petite crainte ! une partie située en dessous de l'aile, proche du volet se met à vibrer continuellement comme si elle allait se détacher. Nous survolons la Riviera Maya, Chetumal, le Belize, la forêt autour de Tikal noyée sous les nuages puis cap plein est pour faire une approche au-dessus de l'ile de Flores.

Une fois l'avion posé et sorti de l'appareil, le terminal des arrivées est totalement désert. Nous ne sommes 4 ou 5 à descendre pour Flores, l'avion continuant pour la capitale. De retour à l'hôtel Mesa de Los mayas pour une autre fois ( situé sur l'ile de Flores).

Le ciel est très nuageux, il fait un peu frais et obligé de conserver un pull-over léger. Passage à la gare routière à Santa Elena pour des renseignements pour les bus de Carmelita et Uaxactùn. Celle-ci est un peu lugubre et vieillote, tout est fermé. Puis une bruine fine se met à tomber. Passage à l'agence San Juan située avant le pont de Flores:c'est l'occasion d'acheter un billet pour Tikal à 09h00 le lendemain.
Lundi 21 décembre Flores Uaxactun
Juste avant 07h00 je saute dans un "rotativo" pour prendre de l'essence dans une "gasolinera" face à l'aéroport. Cela me permettra de remplir les 2 bouteilles du réchaud à essence MSR. En 15minutes montre en main c'est fait. Le ciel demeure encore un peu couvert. Le minibus arrive vers les 09h20, direction Tikal. Le sac à dos pèse lourd.
Je veux me rendre à Uaxactùn et suis obligé de passer par Tikal. Une fois arrivé sur le site archéologique, au resto du musée je négocie pour laisser un petit sac-à-dos pour plusieurs jours pour quelques quetzales.
Les serveurs me reconnaissent puisqu'étant passé par Tikal l'année précédente. Il y a même un guide de Tikal qui me reconnait parce qu'il m'avait emmené dans sa voiture à Uaxactùn. Il faut de nouveau attendre les 3heures de l'après-midi pour attraper l'hypothétique bus pour Uaxactùn.
Visite du petit musée de la céramique proche de l'hôtel Jaguar Inn. Il n'y apersonne : quelques belles pièces et intéressantes mais de taille limitée.
Ensuite en marchant au bout de l'ancienne piste d'atterissage j'aperçois un superbe "venado" qui se laisse difficilement approcher et s'échappe dans la dense végétation.
Retour au comedor pour repas de la mi-journée. Puis attente de 2heures au moins juste en face de là où achète les billets pour rentrer sur le site de Tikal à côté d'une paillote où des habitantes locales vendent des "munequitas" faites avec de l'osier.
Enfin le bus ! Qui part normalement de Flores vers les 13h30 ) arrive vers 16h00/16h30 Il y a beaucoup de monde à l'intérieur.
Après une heure de trajet environ le bus passe l'éternelle piste abandonnée de Uaxactun. Pour s'arrêter pas loin de l.hébergement "Campamento El Chiclero".

Les chambres sont très modestes , juste un lit confortable mais tout ce qu'il y a de plus modeste. Il n'y a de l'éléctricité qu'a partir de 7heures le soir, à la nuit tombée, délivrée par un groupe électrogène. La propriétaire me propose un repas sommaire pour le soir. Pendant la nuit quelques averses et les chiens qui n'arrêtent pas d'aboyer...

Mardi 22 décembre 2009 El Cedro
Le dromadory de 4l étant rempli d'eau en route vers le nord sur un sentier habituellement très boueux à travers la jungle.
Plus loin je croise des jeunes une fois avec mule une autre fois à moto qui me disent aller dans une "caceria" ou "milpa".
Ils ont des fusils de chasse ce qui n'est pas sans provoquer quelques inquiétudes.
Une heure de progression après , le réchaud à essence est installé pour faire chauffer un café.
C'est très curieux aucun moustique (!)
Le sac pèse lourd sur les épaules il est mal ajusté.
Puis 1h30-02h00 après , un 4x4 arrive à ma hauteur...il va...vers El Cedro.
El Cedro est une sorte de poste de passage à mi-chemin presque entre Ixcan Rio ( Rio Azul ) et El Mirador. Il fait partie du parc national Rio Azul-El Mirador. I y a quelques cabannes avec des gardiens.

Les employés du parc me proposent de m'y emmener. Instant de réflexion c'est l'occasion ou jamais d'atteindre Rio Azul. Il faut grimper à l'arrière, pas beaucoup de place et c'est pas trés confortable.. c'est parti pour 4heures comme cela , un peu dur dur de se tenir parce qu'il y a des gros sacs de mais de provisions. A un moment il ya un arbre tombé en travers de la route; le guide de Carmelita sort sa tronçonneuse, l'un des "vigilantes" lui dit d'en prendre soin comme si c'était une femme. Pour rouler c'est un peu une édition du Camel Trophy. Le 4x4 est sacrément robuste pour progresser dans les ornières de boues. Parfois on s'enfonce littéralement dans la boue. Quelques instants après c'est une grande côte qui monte puis l'entrée du parc Rio Azul-Mirador. On arrive enfin à El Cedro lorsque la nuit est en train de tomber.. je reconnais Walter un "vigilante" qui était là l'année dernière. Le sac à dos est posé dans une cabanne.. Le chauffeur a vite mangé et vite allé au lit. Le soir c'est incroyable aucun moustique ! Et puis il fait un peu frais. Avec le réchaud de l'eau chaude pour la soupe.
Mercredi 23 décembre 2009 vers Ixcan Rio.
Vers les 04h00 du mat c'est l'agitation le 4x4 pickup repart. Pour ma part ce sera vers les 08h00 du matin après un café et des céréales Et en route vers Ixcan Rio ( 25 km indiqués) part une belle journée ensoleillée.. Comme pour progresser de Uaxactun à El Cedro, le sentier passe en plein dans la jungle mais celui-ci est un peu plus étroit.

Une heure après environ première pause pour prendre un point GPS. Je ne sais trop comment Il y a une barba amarilla qui passe près du sac ! . Le serpent est court à peine 20cm de long. Après une heure 30 de progression on peut trouver une sorte de ruisseau à sec. Il devait y avoir là peut-être un ruisseau il y a longtemps. Plus loin un groupe de monticules sur le côté du sentier c'est à dire des anciennes tombes mayas pillées malheureusement.

Le réchaud à essence permet de faire chauffer de l'eau pour faire cuire du riz. Avec le riz un sachet de sauce agrémente le repas. Puis arrive la fin de la journée ; la végétation change sur les derniers kilomètres.. de la forêt primaire tropicale on passe à une sorte de taillis plus dense avec des arbres courts un peu comme la forêt que l'on peut voir dans le Yucatan. Chance : un petit peu d'eau sur le côté comme une résurgence ! La tente est plantée à côté du point d'eau. La nuit tombée, la lune est presque pleine. Quelques craintes : il y a des jaguars qui rôdent dans le coin mais je n'entendrai aucun bruit de la nuit. Le Dromadory de 4l, suspendu à une branche d'arbre fait parfait office de douche dans la brousse. C'est agréable de se laver un peu. Même avec 4l d'eau on arrive à se savonner le corps et se laver les cheveux.

Jeudi 24 décembre 2009 Ixcan Rio Azul
Aujourd'hui ce sont les derniers km avant Ixcan Rio encore une fois par une belle journée ensoleillée. Le sol par endroits est sablonneux. A un endroit panneau "El desierto" ( selon les gardes de Ixcan Rio c'est une une zone sans végétation de 1km par 1 km. Puis enfin.....ça y est Ixcan Rio endroit tant espéré !

Mais je déchante un peu : il ya un autre panneau pour arriver à Rio Azul 7km et El Kinal 12km. Ixcan Rio c'est une zone dégagée à côté d'un gros ruisseau où il ya peu d'eau; Comparativement il y a un peu plus de cabannes qu'à El Cedro Les premiers instants les vigilantes ne me remarquent même pas ils sont seulement 2 dans leur cabanne. Puis après salutations d'usage je laisse le gros sac à dos et prend la housse du sac de couchage avec lampe pour en faire un petit sac. Un des gardiens de l'endroit me propose de m'accompagner au site de Rio Azul. Une fois arrivé, le site est assez petit , totalement perdu dans l'ombre de la forêt. Aucune pyramide distincte comme à Tikal il y a en a bien une sur l'endroit principal mais elle est partiellement dégagée. Il y a une belle représentation sur une ormentation parietale d'un jaguar. Rio Azul comporte également des murs peints dans certaines parties tombales. Malheureusement elles sont fermées. Le vigilante m'a dit que normalement un archéologue travaille fréquemment sur le site. La pyramide principale possède un mirador qui donne une vaste vue avoisinante comme sur le temple IV de Tikal ou de El Cedro. Je grimpe tout en haut du point de vue et on distingue des milpas côté mexicain; le vigilante me dit que c'est Arroyo Negro. On peut atteindre à pied ce village en partant de Ixcan Rio en 4heures environ. Il y a un poste militaire et de là bus en principe pour Chetumal. Il me dit que de temps en temps il va à Arroyo Negro pour commodités ou lorsqu'il en a besoin. Sur le chemin du retour un gros serpent se tortille brusquement c'est un mazacuate boa de plus de 1m ! De retour à Ixcan Rio jon m'offre quelques tortillas et frijoles. Départ vers les 3heures et progression de retour vers El Cedro. Les 2 poches à eau sont de nouveau remplies au cas où je manquerais d'eau. La tente est plantée exactement au même endroit que la nuit précédente ( panneau 5km)
Vendredi 25 décembre 2009 retour à El Cedro
Progression de retour et de nouveau la forêt profonde.
J'ai un eu peur de ne pas trouver de points d'eau pour redescendre sur Uaxactun en partant d'el Cedro. Pour faire ce tronçon-là ça va jusqu'à El Cedro mais c'est après. je m'installe pour le repas de la mi-journée. Une fois celui-ci chauffé sur le réchaud à essence, je remarque que à quelques cm d'une poche à eau, il ya ...une barba amarilla enroulée sur elle-même quasiment invisible !

Je m'amuse à faire bouger le serpent totalement amorphe encore une fois.. Puis il ne faut pas trop trainer ; la nuit commence à tomber je me dépêche pour arriver à El Cedro avec la lampe torche sortie. La crainte de marcher sans le savoir sur d'autres serpents au sol me préoccupe. Enfin une zone un peu dégagée et c'est El Cedro , arrivé vers 17h50.
Les vigilantes commençaient à s'inquiéter et venaient de contacter Ixcan Rio par radio. Une fois le sac à dos posé dans une cabanne, les vigilantes m'offrent des tortillas. Discussion avec le "jefe": il me dit que El mirador posséde un tunnel et El Mirador est à l'abandon.
Ils me montrent un sérum anti-venimeux qu'on peut s'injecter par soi-même en cas de morsure de barba-amarilla La prochaine fois j'en acheterai un ! Les 2 matelas pour la nuit sont réinstallés pour la nuit et toujours pas de moustiques.
Samedi 26 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Après avoir rempli les 2 poches et dit au revoir aux gardiens c'est le chemin de retour vers Uxactun le matin. La grosse inquiétude c'est de ne pas arriver à trouver de l'eau sur le chemin.
On atteint à pied une quarantaine de minutes après une sorte de panneau "La Danta" matérialisant la zone protégée El Mirador-Rio Azul.

Plus loin sur le sentier un citronnier qui donne généreusement des fruits... c'est parfait pour donner du gout à l'eau de boisson.
A un endroit le sentier descend avec une pente prononcée ( la grande côte de l'aller) Il y a peu de relief dans cette partie du Peten.
Après le repas de midi le croisement pour le chemin de Dos Lagunas est atteint. De là on peut atteindre Dos Lagunas distant de 8km. Dos Lagunas c'est un autre endroit avec des cabanes et des gardiens. Le nom vient de 2 petits lacs.Il y avait quelques années auparavant une piste d'atterrisage comme à Carmelita, Uaxactun et Tikal.
Mais pour le moment je continue sur le sentier de retour pour Uaxactun. Enfin en fin de soirée vers les 17heures je retrouve un "campamento" où j'avais bivouaqué l'année d'avant. Il y a une mare à proximité mais elle est à sec cette fois-ci.

Dimanche 27 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Progression sur piste vers Nord Ouest et pour découvrir un peu la nature. Cela permet de faire un relevé de points GPS.. Une heure après il y a des monticules sur le bord du sentier. Alors que j'examine les pierres du "monticules", à croire que cela soit un signe du destin : je redécouvre une autre barba amarilla enroulée sur elle-même !
Sans un regard vraiment attentif, assez difficile à voir !

Au bout du sentier et après quelques heures de progression, c'est un campamento abandonné et le sentier qui s'efface dans la végétation.
Le repas de la mi-journé avalé, il ne reste plus qu'à rebrousser chemin. De nouveau la piste principale Uxactun El Cedro. Le biouvac est installé sur un autre "campamento abandonné".

Lundi 28 décembre 2009 piste vers Nakbé
Une fois la tente pliée sur le sentier passe un chiclero avec sa mule.
Dans la forêt du Petén, il y a nombre de paysans locaux qui travaillent à récolter le "chicle" ( gomme ) et le "Xate" feuille qui sert à l'ornementation.
Je laisse le lieu de biouvac et progression sur la piste principale; il y a un autre départ de sentier vers le Nord-Ouest. Est-ce le sentier vers Nakbé puis El Mirador ? Quelques hésitations pour l'emprunter et m'y aventurer dessus. Et finalement c'est parti.
Il n'y a pas âme qui vive, perdu dans la forêt profonde. Le sentier monte un peu..
Dans une petite ornière de boue une petite tortue nage dedans. Quelques kilomètres plus loin une "champa" abandonnée. C'est l'occasion de faire le repas . Puis encore quelques kilomètres plus loin une autre "champa". Super ! il y a une mare recouverte de plantes aquatiques mais largement irrigée pour reprendre de l'eau. Il est 15h00 environ c'est là où sera installé le bivouac pour la nuit.
Mais je souhaite poursuivre sur le chemin quelques minutes pour savoir où il peut mener. Et c'est donc 45 minutes après que le dernier point GPS sera pris, en pleine jungle. Epilogue : de retour de voyage, en transférant les points GPS dans Google Earth, il ya à 2km de ce dernier point GPS une zone dégagée sans doute un ancien site archéologique ou bien une "aguada". Le sentier semble mener selon Google Earth vers Nakbé ( et donc El Mirador ). Affaire à suivre en décembre 2010. :-)
Et retour vers le campamento où il y a la mare. La nuit tombée les moustiques commencent à faire leur apparition. Une bougie à la citronnelle est placée sans aucun résultat concluant.
Mardi 29 décembre retour sur Uaxactun
Redescente rapide vers la piste principale et retour vers Uaxa. Embarqué juste une poche à eau remplie.
Quelques moment après ce sont 2 personnes/chasseurs de Uaxactun qui passent sur une seule bicyclette. Ils me disent qu'un pick-up jaune va passer à partir de 16heures ( entre 16 et 17heures).
Petit moment d'inquiétude : pas moyen de trouver un point d'eau.
Enfin une ornière avec de l'eau un peu trouble : je re remplis les 2 poches. J'ai bien une pompe pour filtrer mais elle ne sert pas à grand chose l'eau est trouble de toute façon. Si vous vous promenez dans le coin vous pouvez remarquer l'entrée d'une "finca" avec barbelés et crâne de cache.
En fait c'est l'entrée de El Cibal... Puis vers les 16h00 un endroit qui s'appelle El Ramonal est atteint. Les cartes du Guatemala le mentionnent. C'est un ancien site archéologique abandonné, il n`y a que des monticules. Lors de mon premier passage il y a quelques années , il y avait un campamento où vivaient des chicleros. La zone était un petit peu dégagée avec une mare. Maintenant la végétation a tout recouvert.
Puis le....4x4 jaune qui arrive vers 16h30 précisément. Il ya le conducteur relativement jeune de 10ans environ sans doute sa femme à côté, un monsieur plus agé et 3 enfants derrière plus les chiens. Etonnement le conducteur est totalement réticent pour me prendre sans doute parce que le véhicule est trop chargé. Ils parlent entre eux un moment puis finissent par accepter.
Et c'est là ou je vais passer un des pires moments de l'existence ! Je m'installe entre les sacs énormes, les enfants, les chiens. C'est totalement impossible de se tenir confortablement il faut faire des efforts surhumains , épouvantable ! Et pour couronner le tout la pluie tombe commence à tomber doucement. J'en bave vraiment je n'ai pas de place pour m'asseoir. Et puis si je laisse les pieds à l'extérieur peur de les avoir coincés contre un arbre. Un des enfants me dit de faire attention aux branches que je risque de recevoir sur la figure, elles ont parfois des épines. Plus loin il y a un moment ou on est totalement coincé. Quelques temps après, on ramasse une des 2 personnes croisées à El Cibal. Par moments j'ai envie de pleurer littéralement tellement c'est inconfortable. Enfin la nuit tombée on arrive à Uaxactun
Au "campamento chiclero" il y a un couple de 2 polonais. Je ne tarde pas pour me coucher pardon m'écrouler sur le lit.
Mercredi 30 décembre Tikal Flores
Uaxactun se réveille doucement dans la brume... Le départ du bus est à 07h45 cette fois-ci et non pas vers les 06h00 parce que la piste est à sec c'est la raison évoquée.
Le bus est parqué dans le garage d'une habitation et j'attends un petit moment pour le départ; on m'offre sympathiquement un café.
Le véhicule est totalement vide puis se remplit progressivement pour devenir carrèment plein de monde. Tikal.
Le ciel est gris et malheureusement la pluie commence à tomber. Je revisite les ruines de Tikal pour la 6ième fois de mon existence !
Incroyablement un manque d'énergie se fait sentir.
Paradoxalement visiter le site doucement est plus fatiguant que de porter des kilos et à marcher dans la jungle.
En haut du temple IV , bref rayon de soleil ( à peine quelques minutes ) , les temples I et II qui émergent de la forêt et de la brume.

Le regard se pose sur cet océan de végétation, souvenir des moments passés dans la forêt... Puis retour vers la civilisation et le monde moderne à Flores. La prochaine fois je compte tenter atteindre Nakbé par la piste forestière découverte..
Si vous voulez aller à Rio Azul par vos propres moyens :
on peut trouver des guides à Flores ou demander à Antonio au Campamento El Chiclero à Uaxactun. Compter peut-être 400/500 dollars pour une personne seule, moins si à plusieurs...
C'est mon 7ième séjour dans la Biosfera Maya. C'est une zone sauvage et naturelle qui s'étend au nord du Guatemala dans le département du Petén. Elle est couverte en quasi totalité de forêt tropicale et de forêt sèche d'arbustes. Je compte lors de ce séjour ( en décembre 2009 ) m'y "promener" 😉 avec tout mon matériel. J'en ai pour 20 kg avec 10 jours de rations. Et voilà le récit :
Dimanche 20 décembre 2009 Cancun Flores
En route de nouveau pour Flores, arrivée à l'aéroport de Cancun. Pour s'enregistrer pour Flores au comptoir de TACA c'est incroyable comme cela prend du temps. Il faut faire la queue pendant plus d'une heure c'est à rien n'y comprendre. Une fois les contrôles passés c'est tout juste si on a le temps d'embarquer dans l'ATR42 de la TACA. Pendant le vol petite crainte ! une partie située en dessous de l'aile, proche du volet se met à vibrer continuellement comme si elle allait se détacher. Nous survolons la Riviera Maya, Chetumal, le Belize, la forêt autour de Tikal noyée sous les nuages puis cap plein est pour faire une approche au-dessus de l'ile de Flores.

Une fois l'avion posé et sorti de l'appareil, le terminal des arrivées est totalement désert. Nous ne sommes 4 ou 5 à descendre pour Flores, l'avion continuant pour la capitale. De retour à l'hôtel Mesa de Los mayas pour une autre fois ( situé sur l'ile de Flores).

Le ciel est très nuageux, il fait un peu frais et obligé de conserver un pull-over léger. Passage à la gare routière à Santa Elena pour des renseignements pour les bus de Carmelita et Uaxactùn. Celle-ci est un peu lugubre et vieillote, tout est fermé. Puis une bruine fine se met à tomber. Passage à l'agence San Juan située avant le pont de Flores:c'est l'occasion d'acheter un billet pour Tikal à 09h00 le lendemain.
Lundi 21 décembre Flores Uaxactun
Juste avant 07h00 je saute dans un "rotativo" pour prendre de l'essence dans une "gasolinera" face à l'aéroport. Cela me permettra de remplir les 2 bouteilles du réchaud à essence MSR. En 15minutes montre en main c'est fait. Le ciel demeure encore un peu couvert. Le minibus arrive vers les 09h20, direction Tikal. Le sac à dos pèse lourd.
Je veux me rendre à Uaxactùn et suis obligé de passer par Tikal. Une fois arrivé sur le site archéologique, au resto du musée je négocie pour laisser un petit sac-à-dos pour plusieurs jours pour quelques quetzales.
Les serveurs me reconnaissent puisqu'étant passé par Tikal l'année précédente. Il y a même un guide de Tikal qui me reconnait parce qu'il m'avait emmené dans sa voiture à Uaxactùn. Il faut de nouveau attendre les 3heures de l'après-midi pour attraper l'hypothétique bus pour Uaxactùn.
Visite du petit musée de la céramique proche de l'hôtel Jaguar Inn. Il n'y apersonne : quelques belles pièces et intéressantes mais de taille limitée.
Ensuite en marchant au bout de l'ancienne piste d'atterissage j'aperçois un superbe "venado" qui se laisse difficilement approcher et s'échappe dans la dense végétation.
Retour au comedor pour repas de la mi-journée. Puis attente de 2heures au moins juste en face de là où achète les billets pour rentrer sur le site de Tikal à côté d'une paillote où des habitantes locales vendent des "munequitas" faites avec de l'osier.
Enfin le bus ! Qui part normalement de Flores vers les 13h30 ) arrive vers 16h00/16h30 Il y a beaucoup de monde à l'intérieur.
Après une heure de trajet environ le bus passe l'éternelle piste abandonnée de Uaxactun. Pour s'arrêter pas loin de l.hébergement "Campamento El Chiclero".

Les chambres sont très modestes , juste un lit confortable mais tout ce qu'il y a de plus modeste. Il n'y a de l'éléctricité qu'a partir de 7heures le soir, à la nuit tombée, délivrée par un groupe électrogène. La propriétaire me propose un repas sommaire pour le soir. Pendant la nuit quelques averses et les chiens qui n'arrêtent pas d'aboyer...

Mardi 22 décembre 2009 El Cedro
Le dromadory de 4l étant rempli d'eau en route vers le nord sur un sentier habituellement très boueux à travers la jungle.
Plus loin je croise des jeunes une fois avec mule une autre fois à moto qui me disent aller dans une "caceria" ou "milpa".
Ils ont des fusils de chasse ce qui n'est pas sans provoquer quelques inquiétudes.
Une heure de progression après , le réchaud à essence est installé pour faire chauffer un café.
C'est très curieux aucun moustique (!)
Le sac pèse lourd sur les épaules il est mal ajusté.
Puis 1h30-02h00 après , un 4x4 arrive à ma hauteur...il va...vers El Cedro.El Cedro est une sorte de poste de passage à mi-chemin presque entre Ixcan Rio ( Rio Azul ) et El Mirador. Il fait partie du parc national Rio Azul-El Mirador. I y a quelques cabannes avec des gardiens.

Les employés du parc me proposent de m'y emmener. Instant de réflexion c'est l'occasion ou jamais d'atteindre Rio Azul. Il faut grimper à l'arrière, pas beaucoup de place et c'est pas trés confortable.. c'est parti pour 4heures comme cela , un peu dur dur de se tenir parce qu'il y a des gros sacs de mais de provisions. A un moment il ya un arbre tombé en travers de la route; le guide de Carmelita sort sa tronçonneuse, l'un des "vigilantes" lui dit d'en prendre soin comme si c'était une femme. Pour rouler c'est un peu une édition du Camel Trophy. Le 4x4 est sacrément robuste pour progresser dans les ornières de boues. Parfois on s'enfonce littéralement dans la boue. Quelques instants après c'est une grande côte qui monte puis l'entrée du parc Rio Azul-Mirador. On arrive enfin à El Cedro lorsque la nuit est en train de tomber.. je reconnais Walter un "vigilante" qui était là l'année dernière. Le sac à dos est posé dans une cabanne.. Le chauffeur a vite mangé et vite allé au lit. Le soir c'est incroyable aucun moustique ! Et puis il fait un peu frais. Avec le réchaud de l'eau chaude pour la soupe.
Mercredi 23 décembre 2009 vers Ixcan Rio.
Vers les 04h00 du mat c'est l'agitation le 4x4 pickup repart. Pour ma part ce sera vers les 08h00 du matin après un café et des céréales Et en route vers Ixcan Rio ( 25 km indiqués) part une belle journée ensoleillée.. Comme pour progresser de Uaxactun à El Cedro, le sentier passe en plein dans la jungle mais celui-ci est un peu plus étroit.

Une heure après environ première pause pour prendre un point GPS. Je ne sais trop comment Il y a une barba amarilla qui passe près du sac ! . Le serpent est court à peine 20cm de long. Après une heure 30 de progression on peut trouver une sorte de ruisseau à sec. Il devait y avoir là peut-être un ruisseau il y a longtemps. Plus loin un groupe de monticules sur le côté du sentier c'est à dire des anciennes tombes mayas pillées malheureusement.

Le réchaud à essence permet de faire chauffer de l'eau pour faire cuire du riz. Avec le riz un sachet de sauce agrémente le repas. Puis arrive la fin de la journée ; la végétation change sur les derniers kilomètres.. de la forêt primaire tropicale on passe à une sorte de taillis plus dense avec des arbres courts un peu comme la forêt que l'on peut voir dans le Yucatan. Chance : un petit peu d'eau sur le côté comme une résurgence ! La tente est plantée à côté du point d'eau. La nuit tombée, la lune est presque pleine. Quelques craintes : il y a des jaguars qui rôdent dans le coin mais je n'entendrai aucun bruit de la nuit. Le Dromadory de 4l, suspendu à une branche d'arbre fait parfait office de douche dans la brousse. C'est agréable de se laver un peu. Même avec 4l d'eau on arrive à se savonner le corps et se laver les cheveux.

Jeudi 24 décembre 2009 Ixcan Rio Azul
Aujourd'hui ce sont les derniers km avant Ixcan Rio encore une fois par une belle journée ensoleillée. Le sol par endroits est sablonneux. A un endroit panneau "El desierto" ( selon les gardes de Ixcan Rio c'est une une zone sans végétation de 1km par 1 km. Puis enfin.....ça y est Ixcan Rio endroit tant espéré !

Mais je déchante un peu : il ya un autre panneau pour arriver à Rio Azul 7km et El Kinal 12km. Ixcan Rio c'est une zone dégagée à côté d'un gros ruisseau où il ya peu d'eau; Comparativement il y a un peu plus de cabannes qu'à El Cedro Les premiers instants les vigilantes ne me remarquent même pas ils sont seulement 2 dans leur cabanne. Puis après salutations d'usage je laisse le gros sac à dos et prend la housse du sac de couchage avec lampe pour en faire un petit sac. Un des gardiens de l'endroit me propose de m'accompagner au site de Rio Azul. Une fois arrivé, le site est assez petit , totalement perdu dans l'ombre de la forêt. Aucune pyramide distincte comme à Tikal il y a en a bien une sur l'endroit principal mais elle est partiellement dégagée. Il y a une belle représentation sur une ormentation parietale d'un jaguar. Rio Azul comporte également des murs peints dans certaines parties tombales. Malheureusement elles sont fermées. Le vigilante m'a dit que normalement un archéologue travaille fréquemment sur le site. La pyramide principale possède un mirador qui donne une vaste vue avoisinante comme sur le temple IV de Tikal ou de El Cedro. Je grimpe tout en haut du point de vue et on distingue des milpas côté mexicain; le vigilante me dit que c'est Arroyo Negro. On peut atteindre à pied ce village en partant de Ixcan Rio en 4heures environ. Il y a un poste militaire et de là bus en principe pour Chetumal. Il me dit que de temps en temps il va à Arroyo Negro pour commodités ou lorsqu'il en a besoin. Sur le chemin du retour un gros serpent se tortille brusquement c'est un mazacuate boa de plus de 1m ! De retour à Ixcan Rio jon m'offre quelques tortillas et frijoles. Départ vers les 3heures et progression de retour vers El Cedro. Les 2 poches à eau sont de nouveau remplies au cas où je manquerais d'eau. La tente est plantée exactement au même endroit que la nuit précédente ( panneau 5km)
Vendredi 25 décembre 2009 retour à El Cedro
Progression de retour et de nouveau la forêt profonde.
J'ai un eu peur de ne pas trouver de points d'eau pour redescendre sur Uaxactun en partant d'el Cedro. Pour faire ce tronçon-là ça va jusqu'à El Cedro mais c'est après. je m'installe pour le repas de la mi-journée. Une fois celui-ci chauffé sur le réchaud à essence, je remarque que à quelques cm d'une poche à eau, il ya ...une barba amarilla enroulée sur elle-même quasiment invisible !

Je m'amuse à faire bouger le serpent totalement amorphe encore une fois.. Puis il ne faut pas trop trainer ; la nuit commence à tomber je me dépêche pour arriver à El Cedro avec la lampe torche sortie. La crainte de marcher sans le savoir sur d'autres serpents au sol me préoccupe. Enfin une zone un peu dégagée et c'est El Cedro , arrivé vers 17h50.
Les vigilantes commençaient à s'inquiéter et venaient de contacter Ixcan Rio par radio. Une fois le sac à dos posé dans une cabanne, les vigilantes m'offrent des tortillas. Discussion avec le "jefe": il me dit que El mirador posséde un tunnel et El Mirador est à l'abandon.
Ils me montrent un sérum anti-venimeux qu'on peut s'injecter par soi-même en cas de morsure de barba-amarilla La prochaine fois j'en acheterai un ! Les 2 matelas pour la nuit sont réinstallés pour la nuit et toujours pas de moustiques.
Samedi 26 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Après avoir rempli les 2 poches et dit au revoir aux gardiens c'est le chemin de retour vers Uxactun le matin. La grosse inquiétude c'est de ne pas arriver à trouver de l'eau sur le chemin.
On atteint à pied une quarantaine de minutes après une sorte de panneau "La Danta" matérialisant la zone protégée El Mirador-Rio Azul.

Plus loin sur le sentier un citronnier qui donne généreusement des fruits... c'est parfait pour donner du gout à l'eau de boisson.
A un endroit le sentier descend avec une pente prononcée ( la grande côte de l'aller) Il y a peu de relief dans cette partie du Peten.
Après le repas de midi le croisement pour le chemin de Dos Lagunas est atteint. De là on peut atteindre Dos Lagunas distant de 8km. Dos Lagunas c'est un autre endroit avec des cabanes et des gardiens. Le nom vient de 2 petits lacs.Il y avait quelques années auparavant une piste d'atterrisage comme à Carmelita, Uaxactun et Tikal.
Mais pour le moment je continue sur le sentier de retour pour Uaxactun. Enfin en fin de soirée vers les 17heures je retrouve un "campamento" où j'avais bivouaqué l'année d'avant. Il y a une mare à proximité mais elle est à sec cette fois-ci.

Dimanche 27 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Progression sur piste vers Nord Ouest et pour découvrir un peu la nature. Cela permet de faire un relevé de points GPS.. Une heure après il y a des monticules sur le bord du sentier. Alors que j'examine les pierres du "monticules", à croire que cela soit un signe du destin : je redécouvre une autre barba amarilla enroulée sur elle-même !
Sans un regard vraiment attentif, assez difficile à voir !

Au bout du sentier et après quelques heures de progression, c'est un campamento abandonné et le sentier qui s'efface dans la végétation.
Le repas de la mi-journé avalé, il ne reste plus qu'à rebrousser chemin. De nouveau la piste principale Uxactun El Cedro. Le biouvac est installé sur un autre "campamento abandonné".

Lundi 28 décembre 2009 piste vers Nakbé
Une fois la tente pliée sur le sentier passe un chiclero avec sa mule.
Dans la forêt du Petén, il y a nombre de paysans locaux qui travaillent à récolter le "chicle" ( gomme ) et le "Xate" feuille qui sert à l'ornementation.
Je laisse le lieu de biouvac et progression sur la piste principale; il y a un autre départ de sentier vers le Nord-Ouest. Est-ce le sentier vers Nakbé puis El Mirador ? Quelques hésitations pour l'emprunter et m'y aventurer dessus. Et finalement c'est parti.
Il n'y a pas âme qui vive, perdu dans la forêt profonde. Le sentier monte un peu..
Dans une petite ornière de boue une petite tortue nage dedans. Quelques kilomètres plus loin une "champa" abandonnée. C'est l'occasion de faire le repas . Puis encore quelques kilomètres plus loin une autre "champa". Super ! il y a une mare recouverte de plantes aquatiques mais largement irrigée pour reprendre de l'eau. Il est 15h00 environ c'est là où sera installé le bivouac pour la nuit.
Mais je souhaite poursuivre sur le chemin quelques minutes pour savoir où il peut mener. Et c'est donc 45 minutes après que le dernier point GPS sera pris, en pleine jungle. Epilogue : de retour de voyage, en transférant les points GPS dans Google Earth, il ya à 2km de ce dernier point GPS une zone dégagée sans doute un ancien site archéologique ou bien une "aguada". Le sentier semble mener selon Google Earth vers Nakbé ( et donc El Mirador ). Affaire à suivre en décembre 2010. :-)
Et retour vers le campamento où il y a la mare. La nuit tombée les moustiques commencent à faire leur apparition. Une bougie à la citronnelle est placée sans aucun résultat concluant.
Mardi 29 décembre retour sur Uaxactun
Redescente rapide vers la piste principale et retour vers Uaxa. Embarqué juste une poche à eau remplie.
Quelques moment après ce sont 2 personnes/chasseurs de Uaxactun qui passent sur une seule bicyclette. Ils me disent qu'un pick-up jaune va passer à partir de 16heures ( entre 16 et 17heures).
Petit moment d'inquiétude : pas moyen de trouver un point d'eau.
Enfin une ornière avec de l'eau un peu trouble : je re remplis les 2 poches. J'ai bien une pompe pour filtrer mais elle ne sert pas à grand chose l'eau est trouble de toute façon. Si vous vous promenez dans le coin vous pouvez remarquer l'entrée d'une "finca" avec barbelés et crâne de cache.
En fait c'est l'entrée de El Cibal... Puis vers les 16h00 un endroit qui s'appelle El Ramonal est atteint. Les cartes du Guatemala le mentionnent. C'est un ancien site archéologique abandonné, il n`y a que des monticules. Lors de mon premier passage il y a quelques années , il y avait un campamento où vivaient des chicleros. La zone était un petit peu dégagée avec une mare. Maintenant la végétation a tout recouvert.
Puis le....4x4 jaune qui arrive vers 16h30 précisément. Il ya le conducteur relativement jeune de 10ans environ sans doute sa femme à côté, un monsieur plus agé et 3 enfants derrière plus les chiens. Etonnement le conducteur est totalement réticent pour me prendre sans doute parce que le véhicule est trop chargé. Ils parlent entre eux un moment puis finissent par accepter.
Et c'est là ou je vais passer un des pires moments de l'existence ! Je m'installe entre les sacs énormes, les enfants, les chiens. C'est totalement impossible de se tenir confortablement il faut faire des efforts surhumains , épouvantable ! Et pour couronner le tout la pluie tombe commence à tomber doucement. J'en bave vraiment je n'ai pas de place pour m'asseoir. Et puis si je laisse les pieds à l'extérieur peur de les avoir coincés contre un arbre. Un des enfants me dit de faire attention aux branches que je risque de recevoir sur la figure, elles ont parfois des épines. Plus loin il y a un moment ou on est totalement coincé. Quelques temps après, on ramasse une des 2 personnes croisées à El Cibal. Par moments j'ai envie de pleurer littéralement tellement c'est inconfortable. Enfin la nuit tombée on arrive à Uaxactun
Au "campamento chiclero" il y a un couple de 2 polonais. Je ne tarde pas pour me coucher pardon m'écrouler sur le lit.
Mercredi 30 décembre Tikal Flores
Uaxactun se réveille doucement dans la brume... Le départ du bus est à 07h45 cette fois-ci et non pas vers les 06h00 parce que la piste est à sec c'est la raison évoquée.
Le bus est parqué dans le garage d'une habitation et j'attends un petit moment pour le départ; on m'offre sympathiquement un café.
Le véhicule est totalement vide puis se remplit progressivement pour devenir carrèment plein de monde. Tikal.
Le ciel est gris et malheureusement la pluie commence à tomber. Je revisite les ruines de Tikal pour la 6ième fois de mon existence !
Incroyablement un manque d'énergie se fait sentir.
Paradoxalement visiter le site doucement est plus fatiguant que de porter des kilos et à marcher dans la jungle.
En haut du temple IV , bref rayon de soleil ( à peine quelques minutes ) , les temples I et II qui émergent de la forêt et de la brume.
Le regard se pose sur cet océan de végétation, souvenir des moments passés dans la forêt... Puis retour vers la civilisation et le monde moderne à Flores. La prochaine fois je compte tenter atteindre Nakbé par la piste forestière découverte..
Si vous voulez aller à Rio Azul par vos propres moyens :
on peut trouver des guides à Flores ou demander à Antonio au Campamento El Chiclero à Uaxactun. Compter peut-être 400/500 dollars pour une personne seule, moins si à plusieurs...
Séjour marocain à moto, principalement en montagne English translation pending
Salut à tous,
Nous approchons sérieusement de notre départ pour le Maroc ( le 2 Avril).
Notre périple est bouclé plus que les bagages à préparer.
Nous savons comme vous tous que l'hiver a été rude aussi au Maroc et très arrosé.
Nous avons peu de renseignements sur l'état des routes si certains d'entre vous ont des nouvelles "fraiches" ça nous intéresse..
Notre parcours est principalement en montagne ( voir mail plus haut )
Merci d'avance
Et pour ceux qui partent en Avril et Mai où en êtes-vous de vos prépas?
Christian
État des pistes en Tanzanie? English translation pending
Bonjour voyageurs !
Je souhaite partir en Tanzanie pour mon voyage de noces à partir de mi-juin (safari + zanzibar) Mon futur mari a eu des problèmes de dos il y a quelques temps..du coup, je me demande si ça secoue beaucoup dans les 4x4 pendant les safaris ? Est-ce que les chauffeurs peuvent y aller "tranquillement" si on leur demande ou c'est vraiment impossible ?
Merci d'avance pour vos réponses qui à chaque voyage me sont trés utiles 🙂
Je souhaite partir en Tanzanie pour mon voyage de noces à partir de mi-juin (safari + zanzibar) Mon futur mari a eu des problèmes de dos il y a quelques temps..du coup, je me demande si ça secoue beaucoup dans les 4x4 pendant les safaris ? Est-ce que les chauffeurs peuvent y aller "tranquillement" si on leur demande ou c'est vraiment impossible ?
Merci d'avance pour vos réponses qui à chaque voyage me sont trés utiles 🙂
Rencontre VF à vélo (proche de Paris) sur les bords de Marne le dimanche 11 avril 2010 English translation pending
🙂 Chers véfistes vététistes , chères véfistes vététistes ,
Bon après mes rencontres VF sportives canoës , randonnées pédestres , découvertes enigmatiques de Paris des années précédentes, 😉 etc ... je vous propose pour ma première rencontre 2010 une nouvelle activité à tous les véfistes voyageurs "cyclopédiques" faisant le tour du monde , d'Europe ou de France sur cet engin écologique une sortie à la découverte des bords de Marne (bon c'est vrai c'est moins typique qu' à la découverte du Sahara ou de la jungle amazonienne mais bon ...😕 mais si on a de la chance on verra des animaux exotiques ......des ragondins et des canards sur les rives😏 )pour partir de bons pieds euh..... dérailleurs en cet été rapprochant.
Le RDV sera alors le dimanche 11 avril à 9H30 heures devant la gare de Joinville- le- Pont (sur la ligne RER A et voir bas du message pour ceux venant en RER) pour rejoindre le bord de Marne et suivre la piste cyclable jusqu'à la base nautique de Vaires-sur-Marne puis éventuellement continuation vers Lagny-sur-Marne (ou plus loin selon la forme de chacun)le long de la Marne sur les chemins de halage puis retour au point de départ pour ceux qui viendront au RDV en voiture(dont je fais parti ). Ce qui fera alors environ entre 30 et 80 kms environ🤪 .(Eventuellement pour ceux qui sont fatigués retour en train par divers gare RER situées à proximité de la Marne)
Attention cela n'est pas une course contre la montre c'est juste une balade en vélo 😛
Le mieux c'est d'avoir un VTT ou engin de ce type car il y aura des chemins caillouteux et chemins avec ornières (évitez les vélos de course et les vélibs !)
Je rappelle qu'il faudra respecter le code la route car quelques portions routières et un matériel en règle (lumière sur vélo notamment) .L'organisateur décline toute responsabilité en cas de contravention ou d'accident et avoir une assurance à jour .
Prévoir pique nique du midi , boisson, matériel de réparation en cas de crevaison , appareil photo et quelques euros pour prendre un verre sur les bords de Marne au retour .
Attention cette rencontre sera annulée en cas de : Pluie ou orage ( annulation 48 heure avant le jour J selon la météo annoncée et la rencontre sera reportée à une date ultérieure )😠 Organisateur malade ou décédé 😕
Attention cette rencontre sera maintenue en cas de : Soleil et beau temps 😎 Organisateur en pleine forme😇 (alléluia !)
Bon j'espère qu'a cette sortie il y aura au moins un (e) participant (e) sinon ce sera alors la première rencontre Vf avec un seul et unique participant !!😏😏
PS: je donnerai mon portable en Mp
- -- Message copié sur le net pour ceux arrivant en RER
Avec votre vélo vous pouvez utiliser les lignes et et l’ensemble des correspondances entre toutes les lignes du RER, y compris dans Paris. ceci est également valable pour les trains de banlieue. L’entrée et la sortie sont possibles dans toutes les gares (portiques poussettes / handicapés) Vous pouvez vous déplacer avec votre vélo toute la journée, excepté pendant les heures de pointe en semaine, dans le sens de la pointe : de 6h30 à 9 h et de 16 h 30 à 19 h. Utilisez les voitures marquées du symbole vélo sur les RER A et B, elles disposent d’une plate-forme destinée à cet effet. Ces plate-forme sont souvent en tête et en queue de train, mais parfois aussi à chaque extrémité de rame. On compte donc entre 4 et 6 plate-forme vélo par train sur le RER A par exemple. Les RER C, D, et E acceptent aussi les vélos, toujours à l’exception des heures de pointe en semaine dans le sens de la pointe. Il vous est également possible de prendre, avec votre vélo, la ligne 1 du métro les dimanches et jours fériés, avant 16h30 :
Bon après mes rencontres VF sportives canoës , randonnées pédestres , découvertes enigmatiques de Paris des années précédentes, 😉 etc ... je vous propose pour ma première rencontre 2010 une nouvelle activité à tous les véfistes voyageurs "cyclopédiques" faisant le tour du monde , d'Europe ou de France sur cet engin écologique une sortie à la découverte des bords de Marne (bon c'est vrai c'est moins typique qu' à la découverte du Sahara ou de la jungle amazonienne mais bon ...😕 mais si on a de la chance on verra des animaux exotiques ......des ragondins et des canards sur les rives😏 )pour partir de bons pieds euh..... dérailleurs en cet été rapprochant.
Le RDV sera alors le dimanche 11 avril à 9H30 heures devant la gare de Joinville- le- Pont (sur la ligne RER A et voir bas du message pour ceux venant en RER) pour rejoindre le bord de Marne et suivre la piste cyclable jusqu'à la base nautique de Vaires-sur-Marne puis éventuellement continuation vers Lagny-sur-Marne (ou plus loin selon la forme de chacun)le long de la Marne sur les chemins de halage puis retour au point de départ pour ceux qui viendront au RDV en voiture(dont je fais parti ). Ce qui fera alors environ entre 30 et 80 kms environ🤪 .(Eventuellement pour ceux qui sont fatigués retour en train par divers gare RER situées à proximité de la Marne)
Attention cela n'est pas une course contre la montre c'est juste une balade en vélo 😛
Le mieux c'est d'avoir un VTT ou engin de ce type car il y aura des chemins caillouteux et chemins avec ornières (évitez les vélos de course et les vélibs !)
Je rappelle qu'il faudra respecter le code la route car quelques portions routières et un matériel en règle (lumière sur vélo notamment) .L'organisateur décline toute responsabilité en cas de contravention ou d'accident et avoir une assurance à jour .
Prévoir pique nique du midi , boisson, matériel de réparation en cas de crevaison , appareil photo et quelques euros pour prendre un verre sur les bords de Marne au retour .
Attention cette rencontre sera annulée en cas de : Pluie ou orage ( annulation 48 heure avant le jour J selon la météo annoncée et la rencontre sera reportée à une date ultérieure )😠 Organisateur malade ou décédé 😕
Attention cette rencontre sera maintenue en cas de : Soleil et beau temps 😎 Organisateur en pleine forme😇 (alléluia !)
Bon j'espère qu'a cette sortie il y aura au moins un (e) participant (e) sinon ce sera alors la première rencontre Vf avec un seul et unique participant !!😏😏
PS: je donnerai mon portable en Mp
- -- Message copié sur le net pour ceux arrivant en RER
Avec votre vélo vous pouvez utiliser les lignes et et l’ensemble des correspondances entre toutes les lignes du RER, y compris dans Paris. ceci est également valable pour les trains de banlieue. L’entrée et la sortie sont possibles dans toutes les gares (portiques poussettes / handicapés) Vous pouvez vous déplacer avec votre vélo toute la journée, excepté pendant les heures de pointe en semaine, dans le sens de la pointe : de 6h30 à 9 h et de 16 h 30 à 19 h. Utilisez les voitures marquées du symbole vélo sur les RER A et B, elles disposent d’une plate-forme destinée à cet effet. Ces plate-forme sont souvent en tête et en queue de train, mais parfois aussi à chaque extrémité de rame. On compte donc entre 4 et 6 plate-forme vélo par train sur le RER A par exemple. Les RER C, D, et E acceptent aussi les vélos, toujours à l’exception des heures de pointe en semaine dans le sens de la pointe. Il vous est également possible de prendre, avec votre vélo, la ligne 1 du métro les dimanches et jours fériés, avant 16h30 :
Circuit Namibie/Botswana pour 1 mois en été 2010 English translation pending
Bonjour à tous,
Après de longues discussions, visites de sites web et rélexions, je suis arrivé au circuit suivant finalisé pour notre voyage en Namibie / Bostwana en Août 2010:
01-août WINDHOEK
02-août SESRIEM
03-août NAUKLUFT
04-août SWAKOPMUND
05-août SWAKOPMUND
06-août SPITZKOPPE
07-août TWYFELFONTEIN
08-août PALMWAG
09-août OPUWO
10-août KAOKOLAND Epupa Falls
11-août KAMANJAB
12-août ETOSHA Okaukuejo
13-août ETOSHA Halali
14-août ETOSHA Namutoni
15-août BAGANI
16-août BAGANI
17-août KONGOLA
18-août LIVINGSTONE
19-août KASANE
20-août KASANE - Hihaha
21-août KASANE
22-août MAKGADIKGADI
23-août MOREMI - North Gate camping
24-août MOREMI - North Gate camping
25-août MOREMI - Xakanaxa camping
26-août MAUN
27-août KALAHARI
28-août DEPART 4x4 équipé camping loué chez AfricanTracks et résa dans les lodges et campings / réserves bouclées. Il n'a pas été possible de trouver une place de libre pour Savute fin Août même avec autant d'avance (nous avons commencé les résa fin Décembre / début Janvier) mais vous m'aviez prévenu. Enfin, nous ferons tout de même le Chobe River Front et Moremi avec, tant pis, une étape de transition sur les pans. Galère tout de même pour les résa au Botswana. Pas de problème pour la Namibie. Je tenais à remercier Pierre77N, Ericarole, Grisemote et Voyageur08 pour tous vos conseils et superbes compte rendus et/ou blogs qui m'ont bien aidé à la préparation de ce voyage. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le mois d'Août....et se préparer pour la conduite 4x4 sur les pistes car je ne suis pas un expert, loin de là.
Une question: pour notre journée du 3/08 sur Naukluft, est-il posible de faire l'Olive trail le matin en partant à l'aube et rejoindre Swakopmund pour le soir dans la même journée sans prendre des risques inconsidérés de vitesse sur les pistes? J'ai lu des avis contradictoires...et si vous pouviez préciser ce qu'il est réellement possible de faire, c'est serait super
Un autre point, si par hasard des personnes en solo comme nous seraient présent sur Moremi aux mêmes dates et souhaiteraient se joindre à nous pour s'entre aider à 2 véhicules en cas de pépin sur ces pistes de l'Okavango qui semblent "délicates", on est preneur et n'hésitez pas à nous contacter pour voir comment on peut se retrouver.
Merci à tous Samuel et Marie-Pierre
01-août WINDHOEK
02-août SESRIEM
03-août NAUKLUFT
04-août SWAKOPMUND
05-août SWAKOPMUND
06-août SPITZKOPPE
07-août TWYFELFONTEIN
08-août PALMWAG
09-août OPUWO
10-août KAOKOLAND Epupa Falls
11-août KAMANJAB
12-août ETOSHA Okaukuejo
13-août ETOSHA Halali
14-août ETOSHA Namutoni
15-août BAGANI
16-août BAGANI
17-août KONGOLA
18-août LIVINGSTONE
19-août KASANE
20-août KASANE - Hihaha
21-août KASANE
22-août MAKGADIKGADI
23-août MOREMI - North Gate camping
24-août MOREMI - North Gate camping
25-août MOREMI - Xakanaxa camping
26-août MAUN
27-août KALAHARI
28-août DEPART 4x4 équipé camping loué chez AfricanTracks et résa dans les lodges et campings / réserves bouclées. Il n'a pas été possible de trouver une place de libre pour Savute fin Août même avec autant d'avance (nous avons commencé les résa fin Décembre / début Janvier) mais vous m'aviez prévenu. Enfin, nous ferons tout de même le Chobe River Front et Moremi avec, tant pis, une étape de transition sur les pans. Galère tout de même pour les résa au Botswana. Pas de problème pour la Namibie. Je tenais à remercier Pierre77N, Ericarole, Grisemote et Voyageur08 pour tous vos conseils et superbes compte rendus et/ou blogs qui m'ont bien aidé à la préparation de ce voyage. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le mois d'Août....et se préparer pour la conduite 4x4 sur les pistes car je ne suis pas un expert, loin de là.
Une question: pour notre journée du 3/08 sur Naukluft, est-il posible de faire l'Olive trail le matin en partant à l'aube et rejoindre Swakopmund pour le soir dans la même journée sans prendre des risques inconsidérés de vitesse sur les pistes? J'ai lu des avis contradictoires...et si vous pouviez préciser ce qu'il est réellement possible de faire, c'est serait super
Un autre point, si par hasard des personnes en solo comme nous seraient présent sur Moremi aux mêmes dates et souhaiteraient se joindre à nous pour s'entre aider à 2 véhicules en cas de pépin sur ces pistes de l'Okavango qui semblent "délicates", on est preneur et n'hésitez pas à nous contacter pour voir comment on peut se retrouver.
Merci à tous Samuel et Marie-Pierre
Passage du "no man's land" Maroc-Mauritanie English translation pending
😊 Toc toc...Bonjour hum hum...c'est la premiére foi...
Existe t'il une possibité de passer benoitement cette chose sans trop de stress ni trop de sable?...
Amitié aux voyageurs... Michel
Existe t'il une possibité de passer benoitement cette chose sans trop de stress ni trop de sable?...
Amitié aux voyageurs... Michel
Traverser Toulouse en longeant le canal à tandem avec remorque? English translation pending
bonjour, prevoyant un voyage vers la meditéranée avec retour par le canal du midi de narbonne a toulouse .est-il possible de traverer cette ville en longeant le canal en toute securité a tandem avec remorque? merci
Voir les Fisher Towers à Moab depuis le parking? (États-Unis) English translation pending
Bonjour,
pendant les 3 jours que nous restons a Moab, nous souhaitons en tre autre alle voir les Fisher Towers et a ce sujet nous avons besoin d'une présicion.
Sont elles visibles et peuvent elles être prises en photo depuis le parking ou bien faut il faire la randonnée de 7Km(aller/retour) pour pouvoir les voir?
Quelques metres ne nous font pas peur mais nous ne sommes pas faire de grandes randonnées.
Merci
pendant les 3 jours que nous restons a Moab, nous souhaitons en tre autre alle voir les Fisher Towers et a ce sujet nous avons besoin d'une présicion.
Sont elles visibles et peuvent elles être prises en photo depuis le parking ou bien faut il faire la randonnée de 7Km(aller/retour) pour pouvoir les voir?
Quelques metres ne nous font pas peur mais nous ne sommes pas faire de grandes randonnées.
Merci
Prendre un visa mauritanien au barrage de Diama (Sénégal)? English translation pending
bjr comment est la piste entre diama et rosso et peut on prendre le visa au barrage pour la mauritanie merci de vos reponses😏
Passe-avant pour le Sénégal? English translation pending
Bonjour, Nous voulons passer à Diama, traveser le Sénégal pour aller au Mali avec notre fourgon de plus de 10 ans en janvier 2010. Nous entendons parler de passavant, laisser-passer, ... Quels documents exactement faut-il ? Comment se les procurer ? Où, et combien ça coûte ? Pouvons-nous toujours prendre les visas à la frontière en venant de Mauritanie ?