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Ahmedabad - Delhi par le Rajasthan en quatorze jours English translation pending
Bonjour a tous,
Ca y est on a nos billets arrivee le 4 oct a Ahmedabad, retour le 18 de Delhi.
Pour le moment rien de prevu, et donc besoin de conseils: La voiture avec chauffeur est-elle vraiment le top? je voulais peut-etre prendre aussi le train peut-etre pour l'experience (par ex au moins pour aller de Ahmedabad a Udaipur)? quelles sont les prob sans la voiture? Comment trouver cette voiture pour un trajet a sens Vaut-il mieux reserver tous les hotels d'avance ( et donc rendre le voyage moins flexible )..? Bien sur pour ce qui ont des convictions quel itineraire pourrait etre le meilleur?
Merci d'avance a tout le monde !!!
Guillaume
Pour le moment rien de prevu, et donc besoin de conseils: La voiture avec chauffeur est-elle vraiment le top? je voulais peut-etre prendre aussi le train peut-etre pour l'experience (par ex au moins pour aller de Ahmedabad a Udaipur)? quelles sont les prob sans la voiture? Comment trouver cette voiture pour un trajet a sens Vaut-il mieux reserver tous les hotels d'avance ( et donc rendre le voyage moins flexible )..? Bien sur pour ce qui ont des convictions quel itineraire pourrait etre le meilleur?
Merci d'avance a tout le monde !!!
Guillaume
Trajet de Assouan à Wadi Haifa au Soudan: visa soudanais à Assouan, carnet de vaccination demandé? English translation pending
BOnjour !!
Je pars en Egypte demain et je voudrais aller au Soudan le lundi 28 Juillet afin de prendre le ferry- J'ai qqes questions : Peut-on avoir le visa soudanais (je suis francais) a Assouan ou faut-il le faire au Caire ??? Est-ce vrai que les officiers d immigration soudanais demandent un carnet de vaccination prouvant le vaccin contre la fievre jaune ??? Est-ce que qqun a pris le train ou le bus qui va directement de Wadi a Khartoum?
Bon voila en esperant de voir Merowe dans qqes jours merci a tous de vos tuyaux !!!
Jorge
Je pars en Egypte demain et je voudrais aller au Soudan le lundi 28 Juillet afin de prendre le ferry- J'ai qqes questions : Peut-on avoir le visa soudanais (je suis francais) a Assouan ou faut-il le faire au Caire ??? Est-ce vrai que les officiers d immigration soudanais demandent un carnet de vaccination prouvant le vaccin contre la fievre jaune ??? Est-ce que qqun a pris le train ou le bus qui va directement de Wadi a Khartoum?
Bon voila en esperant de voir Merowe dans qqes jours merci a tous de vos tuyaux !!!
Jorge
Réunion: moyen de transport en commun pour atteindre Le Brûlé? English translation pending
Retraités, envisageant la traversée de l'île en octobre, nous serions désireux de démarrer du Brulé. Existe-t-il un moyen de transport en commun pour atteindre le village ou doit-on avoir recours au taxi ?
Merci,
Quand la Chine s'éveillera, le voyageur tremblera... English translation pending
Salut à tous, voila je mets en ligne une pensée que j'ai eu hier.....
La chine, aujourd'hui et son milliard trois cents millions d habitants, est en train de s'eveiller, et a plus ou moins long terme elle se democratiseras, enfin on espére tous..... Dés lors, les chinois, pourront facilement partir a l'etranger, plus facilement qu'aujourd'hui du moins. J'ai l'impression que se seras la fin a tout jamais des plages desertes, des campagnes tranquilles. Ben oui si on suit cette logique 1 300 000 000 de touristes en plus sur terre, va bien falloir les mettre quelque part, deja qu avec un pays fermée, y a des china towns de partout......
Conclusion, faut se depacher de partir, de voir tout ce qu on peut voir, et laisser sa place au autres aprés.
PS:same same but not so different pour L inde
La chine, aujourd'hui et son milliard trois cents millions d habitants, est en train de s'eveiller, et a plus ou moins long terme elle se democratiseras, enfin on espére tous..... Dés lors, les chinois, pourront facilement partir a l'etranger, plus facilement qu'aujourd'hui du moins. J'ai l'impression que se seras la fin a tout jamais des plages desertes, des campagnes tranquilles. Ben oui si on suit cette logique 1 300 000 000 de touristes en plus sur terre, va bien falloir les mettre quelque part, deja qu avec un pays fermée, y a des china towns de partout......
Conclusion, faut se depacher de partir, de voir tout ce qu on peut voir, et laisser sa place au autres aprés.
PS:same same but not so different pour L inde
Aéroport international John-F.-Kennedy: attention aux faux taxis! (New York) English translation pending
Attention aux faux taxis...Nous suivions le flots des passagers pour nous diriger vers les taxis, quand un chauffeurs s' est proposé à nous aider en portant les bagages. Curieusement il n' était pas dans la file des taxis jaunes, de plus il a appelé avec son mobile arrivé devant le coffre du véhicule pas jaune ! Nous avons repris avec force nos bagages pour revenir dans la file des taxis officiels...Une arnaque était en train de se mettre en place et cela est parait il connu...sauf de nous ! Donc ouvrez l' oeil et le bon.
Transport de l'aéroport Suvarnabhumi de Bangkok à Khorat English translation pending
Bonjour,
Arrivant à l'aéroport de bangkok (Suvarnabhumi), je voudrais savoir ce qui est mieux pour rejoindre Khorat : train ou bus ? Comment peut-on rejoindre la gare d'Huamlaphong (taxi, métro..) ou le terminal de bus (taxi, métro..) depuis l'aéroport? Merci d'avance
Vivalpaga
Arrivant à l'aéroport de bangkok (Suvarnabhumi), je voudrais savoir ce qui est mieux pour rejoindre Khorat : train ou bus ? Comment peut-on rejoindre la gare d'Huamlaphong (taxi, métro..) ou le terminal de bus (taxi, métro..) depuis l'aéroport? Merci d'avance
Vivalpaga
Hôtel à Washington? English translation pending
Bonjour,
qui connait un hôtel (pas trop cher😉) à Washington pour une nuit en juillet. Nous (moi et ma petite famille) arriverons par le train vers 10h30 et nous repartirons très tot (7h) le lendemain. Faut-il mieux chercher un hotel dans le centre (s'il y a une navette pas trop loin et tôt le matin) ou un hôtel près de l'aéroport?^ Deuxième question: il ya-t-il une consigne à la gare? Un grand merci d'avance Françoise & Co.
qui connait un hôtel (pas trop cher😉) à Washington pour une nuit en juillet. Nous (moi et ma petite famille) arriverons par le train vers 10h30 et nous repartirons très tot (7h) le lendemain. Faut-il mieux chercher un hotel dans le centre (s'il y a une navette pas trop loin et tôt le matin) ou un hôtel près de l'aéroport?^ Deuxième question: il ya-t-il une consigne à la gare? Un grand merci d'avance Françoise & Co.
Dengue en Amazonie (Pérou et Bolivie) English translation pending
bonjour à tous,
je pars pour 6 semaines au Pérou et en Bolivie à partir du 15 mars, et je comptais faire un petit tour dans la selva à Rurrenabaque en Bolivie.
J ai ma vaccination fievre jaune, de la Malarone, mais contre la dengue, y a rien à faire a part les antimoustiques .
Si vous etes sur place, quelle est veritablement la situation, la région de Rurre est elle aussi déconseillée que celle de Santa Cruz, est-ce-que l'épidémie est en train de se calmer?
Savez vous si Iquitos au Perou est egalement touchée?
J'aimerais beaucoup avoir un petit aperçu de l amazonie, mais si c est vraiment pas prudent, je passerai + de temps que prévu dans l'altiplano.
Merci pour vos infos et vos conseils.
Epidémies en Bolivie? English translation pending
hello,
nous sommes actuellement a potosi, ou il ne pleut pas specialement, et sommes sur le point de nous rendre a santa cruz pour prendre le train de la mort afin de nous rendre au bresil. nous avons vu des titres de journeaux parlant des intemperies et des epidemies dans ce coin de bolivie, est ce que quelqu'un pourrais nous informer de l'etat de la situation et si le train l'expresso del oriente est en service? toute info bienvenue merci d'avance..
nous sommes actuellement a potosi, ou il ne pleut pas specialement, et sommes sur le point de nous rendre a santa cruz pour prendre le train de la mort afin de nous rendre au bresil. nous avons vu des titres de journeaux parlant des intemperies et des epidemies dans ce coin de bolivie, est ce que quelqu'un pourrais nous informer de l'etat de la situation et si le train l'expresso del oriente est en service? toute info bienvenue merci d'avance..
France-Sénégal en voiture English translation pending
Bonjour,
On est 3 à partir au Sénégal en voiture début janvier 2007. On est en train de faire le budget et de voir pour les formalités administratives. Est-ce que quelqu'un a une idée du coût d'un tel voyage? (gasoil, visa, douane, hébergement...);Est-ce qu'il y a des gens de Lorraine ici qui ont déjà fait l'expérience? Le mieux serait de partir à 2 voitures, si vous comptez prendre la route pour le Sénégal début janvier, faites moi signe!
merci d'avance pour les infos!
Amélie
On est 3 à partir au Sénégal en voiture début janvier 2007. On est en train de faire le budget et de voir pour les formalités administratives. Est-ce que quelqu'un a une idée du coût d'un tel voyage? (gasoil, visa, douane, hébergement...);Est-ce qu'il y a des gens de Lorraine ici qui ont déjà fait l'expérience? Le mieux serait de partir à 2 voitures, si vous comptez prendre la route pour le Sénégal début janvier, faites moi signe!
merci d'avance pour les infos!
Amélie
Prévoir un bébé et un voyage au Sénégal? English translation pending
Bonjour à tous,
Je dois me rendre au Sud de Dakar mi-avril 2007. Comme c'est une période de vacances scolaires, les vols sont déjà très pleins donc je ne dois pas tarder à acheter mon billet. Mais mon ami et moi prévoyons de faire un enfant. Lors de ce voyage, je serai donc soit enceinte, soit en train d'essayer de le devenir. Or, le Sénégal est en zone 3 de palu (traitement indispensable), il faut aussi le vaccin contre la fièvre jaune, si je suis enceinte, difficile de prévoir de combien de temps, si je veux le devenir, pas envie d'attendre d'avoir fini mon traitement anti-palu, bref ! Les filles, que faire ?
Est-ce bien raisonnable cette histoire de Sénégal ?
Merci d'avance pour votre aide
Desserte de l'aéroport de Delhi English translation pending
Je repars de Delhi le 9 aout . Mais je serai a Bombay la semaine precedente .Donc je suppose que je vais rejoindre delhi en train . Mais de la je desire aller directement a l'aeroport de delhi .
Je souhaite savoir s'il faut reserver des maintenant le train de bombay a delhi .
Et quelles sont les moyens de locomotion jusqu'a l'aeroport, avec le meilleur tarif .
Merci
Itinéraire pour le trajet Troyes (France) - Barcelone (Espagne) English translation pending
😉 Bonjour à tous, j'ai 19 ans, c'est un allemand faisant Hambourg --> Barcelone, rencontré alors qu'il remontait en train, qui m'a réellement donner envie de réaliser un voyage. Je devait deja aller a barcelone par voie aérienne, mais finalement c'est en vélo que je m'élancerai debut Aout.
Je souhaiterais passer aux envirosn de lyon, marseille puis suivre la côte j'usqu'a ma destination.
Auriez vous des conseils d'itinéraire, notemment dans la vallée du rhône puis sur la côte? Sinon un autre itinéraire? voila je suis preneur de toutes informations ( bons plans...) Merci d'avance😄
Auriez vous des conseils d'itinéraire, notemment dans la vallée du rhône puis sur la côte? Sinon un autre itinéraire? voila je suis preneur de toutes informations ( bons plans...) Merci d'avance😄
Passage Bolivie-Brésil English translation pending
Bonjour tous
Presentement au nord de largentine, je quitte vers la bolivie demain pour quelques semaines, pour ensuite retrouver le Bresil. Je me demandais simplement si ca se faisait bien le transfert entre les 2 pays par lamazonie (par bus ou train ) ou si il y a trop peu de villes et quil faut absolument prendre un avion. Je voudrais idealement aller a Manaus apres la Bolivie. Ca se fait bien?
Merci!!
Presentement au nord de largentine, je quitte vers la bolivie demain pour quelques semaines, pour ensuite retrouver le Bresil. Je me demandais simplement si ca se faisait bien le transfert entre les 2 pays par lamazonie (par bus ou train ) ou si il y a trop peu de villes et quil faut absolument prendre un avion. Je voudrais idealement aller a Manaus apres la Bolivie. Ca se fait bien?
Merci!!
Trajet aéroport de Tunis-Monastir English translation pending
Bonjour,
J'aimerais savoir quel moyen de transport serait le plus adéquat partant de l'aréoport de Tunis et se rendre à Monastir et ce sans louer de voiture. Et combien cela coute-il ??
Merci pour votre aide!!!
J'aimerais savoir quel moyen de transport serait le plus adéquat partant de l'aréoport de Tunis et se rendre à Monastir et ce sans louer de voiture. Et combien cela coute-il ??
Merci pour votre aide!!!
Mon premier voyage en Amérique Latine: Vénézuela-Bresil English translation pending
Bonjour à tous,
Je m'appelle vincent et pour la 1ère fois je m'en vais la semaine prochaine pour l'amérique latine. Après 10j. à Caracas, pour le forum social mondial, je m'en file jusqu'en Guyane française rendre visite à des amis. Comme je suis en train de finaliser mon parcours, je viens vous demander des conseils qui vous sembleront pertinents de me donner. Alors côté parcours je vous soumets mon idée, sachant que je veux essayer d'éviter au maximum le même trajet A/R. aller (7j. prévus): Caracas - Ciudad Bolivar - Boa Vista - Georges Town - Cayenne et retour (10-15j.): Cayenne - St Georges - Macapa - Manaus - Boa Vista - Ciudad Bolivar - Caracas
Alors voilà... sinon côté langues français, anglais avec quelques notions d'espagnol. Vacciné (fièvre jaune/Hépatites/DTP/Typhoïde) je pars avec une boite de Malarone et de Cippro mais à quel moment vaut-il mieux acheter mon hamac/moustiquaire (250$ à Montréal). Si je remonte l'Amazone pendant 5-6j., faut-il avoir un purificateur d'eau? Des visas (Brésil, Guyana, Surinam) sont-ils nécessaires? Quelle monnaie de bases (us$ ou $can ou €uros) conseillez-vous? On m'a dit qu'au Venezuela on échange plus ses devises "dans la rue" qu'à la banque. Je voyagerais essentiellement seul par les transports en commun mais comme mon budget est vraiment serré (30$/j.) je tenterais bien de lever le pouce.
Merci de votre réponse 🙂
Je m'appelle vincent et pour la 1ère fois je m'en vais la semaine prochaine pour l'amérique latine. Après 10j. à Caracas, pour le forum social mondial, je m'en file jusqu'en Guyane française rendre visite à des amis. Comme je suis en train de finaliser mon parcours, je viens vous demander des conseils qui vous sembleront pertinents de me donner. Alors côté parcours je vous soumets mon idée, sachant que je veux essayer d'éviter au maximum le même trajet A/R. aller (7j. prévus): Caracas - Ciudad Bolivar - Boa Vista - Georges Town - Cayenne et retour (10-15j.): Cayenne - St Georges - Macapa - Manaus - Boa Vista - Ciudad Bolivar - Caracas
Alors voilà... sinon côté langues français, anglais avec quelques notions d'espagnol. Vacciné (fièvre jaune/Hépatites/DTP/Typhoïde) je pars avec une boite de Malarone et de Cippro mais à quel moment vaut-il mieux acheter mon hamac/moustiquaire (250$ à Montréal). Si je remonte l'Amazone pendant 5-6j., faut-il avoir un purificateur d'eau? Des visas (Brésil, Guyana, Surinam) sont-ils nécessaires? Quelle monnaie de bases (us$ ou $can ou €uros) conseillez-vous? On m'a dit qu'au Venezuela on échange plus ses devises "dans la rue" qu'à la banque. Je voyagerais essentiellement seul par les transports en commun mais comme mon budget est vraiment serré (30$/j.) je tenterais bien de lever le pouce.
Merci de votre réponse 🙂
Chine du loess en juillet? English translation pending
projet pour juillet : chine du loess : shanxi, shaanxi
Je cherche des renseignements sur le climat dans cette région en juillet-aout et tout type de renseignement : hébergement, , endroits "incontournables" ou à éviter etc
c'est notre 4ème voyage en chine ; on se déplace en bus, train etc. Sommes 2 qinquas routards encore vaillants !!
merci
Je cherche des renseignements sur le climat dans cette région en juillet-aout et tout type de renseignement : hébergement, , endroits "incontournables" ou à éviter etc
c'est notre 4ème voyage en chine ; on se déplace en bus, train etc. Sommes 2 qinquas routards encore vaillants !!
merci
Obtention pour le visa pour le Mali English translation pending
bonjour à tous
je pars pour le Mali du 20/12 au 27/12 de cette année. Je suis en train de refaire mon passeport et j'ai donc qq questions pour l'obtention du visa. Comme j'habite Marseille, je peux passer par le Consulat du Mali pour l'obtenir :
1/ leur faut il le nouveau passeport valable 6 mois après la date de retour ou celui que j'ai actuellement (valable jusqu'au 25/5/05) suffirait.
2/ leur faut il aussi un justificatif de départ et de retour vers la France? A ce jour je n'ai que le descriptif du voyage et je n'ai pas les billets de vol.
3/ peut on faire le visa à l'arrivée dans le pays? si oui est ce que cela coute plus cher que de le faire en France?
Merci d'avance pour vos réponses, bon dimanche, lulu
je pars pour le Mali du 20/12 au 27/12 de cette année. Je suis en train de refaire mon passeport et j'ai donc qq questions pour l'obtention du visa. Comme j'habite Marseille, je peux passer par le Consulat du Mali pour l'obtenir :
1/ leur faut il le nouveau passeport valable 6 mois après la date de retour ou celui que j'ai actuellement (valable jusqu'au 25/5/05) suffirait.
2/ leur faut il aussi un justificatif de départ et de retour vers la France? A ce jour je n'ai que le descriptif du voyage et je n'ai pas les billets de vol.
3/ peut on faire le visa à l'arrivée dans le pays? si oui est ce que cela coute plus cher que de le faire en France?
Merci d'avance pour vos réponses, bon dimanche, lulu
Vos infos sur les bus aménagés English translation pending
Bonjour a tous etant tres interesse par un bus habitable, je recherche des infos a ce sujet.
Vos experiences sont les bienvenues, vos idees et infos variees a ce sujet egallement.
Merci de vos reponses...
Vos experiences sont les bienvenues, vos idees et infos variees a ce sujet egallement.
Merci de vos reponses...
Soudan ou Jourdanie? English translation pending
Salut tous,
J'ai prévu déjà 3 semaines de voyage toute seule en Egypte, y compris 1 semaine dans le desert. Mais j'ai finalement annulé le semaine dans desert, et maintenant, je voudrais des propositions pour où aller voir pendant cette semaine, je suis en train de comparer le Soudan et Jourdanie, est-ce que vous avez des conseils a propos des soucis comme de sécurité etc. ?
1 semaine peut prolonger à 10j au plus, et d'autre pays proche d'Egypte sont aussi bienvenues! Merci d'avance,
J'ai prévu déjà 3 semaines de voyage toute seule en Egypte, y compris 1 semaine dans le desert. Mais j'ai finalement annulé le semaine dans desert, et maintenant, je voudrais des propositions pour où aller voir pendant cette semaine, je suis en train de comparer le Soudan et Jourdanie, est-ce que vous avez des conseils a propos des soucis comme de sécurité etc. ?
1 semaine peut prolonger à 10j au plus, et d'autre pays proche d'Egypte sont aussi bienvenues! Merci d'avance,
L'UE lance un site d'information pour les vacanciers intra-européens English translation pending
Afin d'aider les vacanciers qui souhaitent séjourner dans un des pays de l'U.E. cet été, la Commission européenne est en train de finaliser un site Web qui permettra à chacun de s'informer quant aux possibilités, restrictions, précautions, etc, prévues dans chaque état ou région.
Lire la suite...
Transports de la Bosnie (région de Tuzla) vers la Bulgarie (Sofia) English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaite me rendre en Février prochain en Bosnie, dans la région de Tuzla pour quelques jours. J'aimerai enchaîner avec la Bulgarie dans la foulée. J'ai regardé un peu les transports pour se rendre à Sofia depuis la Bosnie mais cela me semble compliqué (pas de vol direct, ni de train direct). Y en a-t-il parmi vous qui ont déjà tenté l'expérience ? Quelle serait la meilleure alternative selon vous ?
Merci d'avance !
Je souhaite me rendre en Février prochain en Bosnie, dans la région de Tuzla pour quelques jours. J'aimerai enchaîner avec la Bulgarie dans la foulée. J'ai regardé un peu les transports pour se rendre à Sofia depuis la Bosnie mais cela me semble compliqué (pas de vol direct, ni de train direct). Y en a-t-il parmi vous qui ont déjà tenté l'expérience ? Quelle serait la meilleure alternative selon vous ?
Merci d'avance !
Combats dans l'état Shan English translation pending
Bonsoir,
Des attaques rebelles ont été perpétrées dans l'état Shan ce jeudi et ont fait 15 morts parmi les militaires et les civiles dans les secteurs de Pyi U Lwin et Hsipaw où une cinquantaine de touristes sont bloqués. Les routes étant interdites d'accès pour raisons de sécurité, certains d'entre eux devront quitter la région par train ou rapatriés par avion vers Yangon ou Mandalay. Si vous prévoyez, dans les jours à venir, des déplacements dans ces secteurs, il vaut mieux éviter et revoir votre programme.
http://coupsdecoeurenasie.over-blog.fr/2019/02/les-news-en-birmanie.html
Des attaques rebelles ont été perpétrées dans l'état Shan ce jeudi et ont fait 15 morts parmi les militaires et les civiles dans les secteurs de Pyi U Lwin et Hsipaw où une cinquantaine de touristes sont bloqués. Les routes étant interdites d'accès pour raisons de sécurité, certains d'entre eux devront quitter la région par train ou rapatriés par avion vers Yangon ou Mandalay. Si vous prévoyez, dans les jours à venir, des déplacements dans ces secteurs, il vaut mieux éviter et revoir votre programme.
http://coupsdecoeurenasie.over-blog.fr/2019/02/les-news-en-birmanie.html
Huangshan, dans la province d'Anhui, retour d'expérience English translation pending
Bonjour, voici un retour sur le Huangshan, dans la province d'Anhui.
Nous nous sommes arrêtés à Huangschan bei, la gare de train. Par la suite, il faut prendre un bus dans cette meme gare, pour une heure qui vous mène à la ville de Tangkou D'ici, vous trouverez une ribambelle de foodstore, de restaurants et d'hôtel de tout niveau. De cette ville, vous prendrez un bus pour vous rendre au pied de la montagne, 20minutes.
La chaine de montagnes est divisée en quatre portes d'entrée. Celle-ci est la porte sud. Sur ce dernier bus il faut choisir de monter par le côté est ou ouest. Le premier est plus facile que le second et plus court. Nous dirons 2 h pour le premier et 3h30 pour le second. Néanmoins, dans les des deux cas vous devrez vous preparer à vivre une expérience plus culturelle que naturelle. La chaine de montagnes a été équipée de plus leurs téléphériques, qui vous amènent depuis les quatre portes situées à environ 900m d'altitude au "plateau" à 1700m (amas de pics rocheux néanmoins, où vous trouverez plusieurs hôtels avec dortoir ou chambres doubles). Vous y trouverez de quoi vous restaurer (restau et epicerie simple). La réservation me semble obligatoire pour l'hôtel. Ce "plateau" est rempli de monde. Il faut s'attendre à parfois avoir à marcher en fil indienne, à avoir un bruit de folie (discussion, notification de smartphone et micro des guides en permanence). Pour les quêteurs de nature, ce sera raté (à relativiser, nous y étions début août 2019). Nous n'avons été tranquilles que sur les zones couvertes par un funiculaire ou téléphérique. Les gens preferent les prendre qie de faire landescente ou l'ascension.Cela veut dire qu'en montant depuis la porte sud vers l'est ou l'ouest, vous aurez un peu de monde mais cela reste viable. Une fois arrivés vers 1700m, ce sera bouchon du matin au soir.
Durant cette ascension vous trouverez régulièrement de quoi acheter à boire soda, eau ou à manger, avec des toilettes gratuites. (Un peu moins côté est). Vous ne "randonnerez" que sur des marches d'escaliers en béton en armés. Aucun chemin ! Néanmoins, rembardes et marches sont recouvertes d'un enduit qui "fait" nature: c'est assez bien fait et vois avez presque l'impression de marcher sur des escaliers datant de plusieurs siècles.
Certains diront que ceci permet de limiter l'impact sur la nature (au sens où il n'y a pas de seconde trace de marche possible, où on ne coupe pas). Cela permet de faire accéder le tout venant à la montagne (personne âgées, enfants en bas âge) qui marchent, souvent entourés de barrières sur des marches bien faites, toujours planes. On sensibilise plus de gens... De l'autre côté, on dénature totalement le site en bétonnant (même joliment) le site, en créant une couverture réseau permanente (les gens montent en regardant des vidéos, en passant leur coup de fil), et en assumant les embouteillages. Ce "communisme de montagne" s'oppose à notre logique française où les paysages ne s'obtiennent qu'après effort, s'offrent àceux qui sont un minimum au point
C'est pour cela que je parle d'expérience culturelle et non naturelle.
Néanmoins, l'ascension, et la descente restent éprouvantes physiquement. Les marches ne font pas de lacets, et montent parfois à la verticale. Les pauses seront nombreuses. Mais en prenant le temps, ça passera Aller randonner au Huangschan, c'est accepter ce type de marche.
La marche du Défilé de la Mer de l'ouest est à faire. Elle n'est pas plus dangereuse que le reste même si certains passages sont impressionnants. En effet, les marches sont fixées à flanc de montagne, et il n'y a donc rien sous vos pieds. Pour notre part , cela a été un embouteillage permanent de l'hôtel (Payun Lou) jusqu'au départ du funiculaire (portion avec les deux rings). Nous avons même terminé à 300m de ce départ de funi, coincé dans la queue de 40min, avant de pouvoir sortir pour continuer la descente. Mais à partir de là nous avons été seuls sur la randonnée (6 personnes croisées sur 3h). Nous avons fini la descente jusqu'à 1000m puis remonter par le Fairy Bridge. C'était époustouflant. De retour à 1700m, de nouveau le monde. Cette dernière portion est très physique mais avec des pauses fréquentes... Ca passe. Surtout que le décor est tjs top. A noter que l'ancien sentier qui passe parfois sous la montagne est fermé. Il faut donc bien descendre à 1000m pour remonter à 1700.
Au final, selon la période sûrement, il faut savoir que se rendre là bas vous conduira à une randonnée très différente de vos standards français. Lorsque vous serez seuls, ce sera sur les portions parallèles au funi et au téléphérique. Sinon, ce sera cul à cul. L'entrée est à 40€, à payer lors de votre passage à la porte d'entrée. Compter 3€ pour le mini bus aller (15minutes) Les cartes de marche sont nécessaires mais sont très schématiques : pas d'échelle, pas forcément de respect des points cardinaux. Mais durant la rando, vous aurez suffisamment de panneaux. Vous devez juste avoir des points de repères réguliers car votre point de chute sera donné tardivement. Vous trouverez les cartes dans les hôtels, ou dans les magasins. Elles sont en lettres latine et chinoises, et vous pourrez demander régulièrement votre chemin aux personnes croisées. Prévoir un vêtement pour la pluie, il y a quasiment une averse par jour. Vous pouvez mettre votre tente en haut, mais sur une place publique, sur du béton (donc tente autoportante) et savoir que votre voisin peut être à 10cm face à votre porte. Là aussi c'est cul à cul, et pour un campeur "nature" ce sera compliqué. Fan de bivouac, les chemins pentus ne semblent pas le permettre, même une micro tente. Sur le "plateau" plus de place, plein de monde, cela me semble impossible de se cacher. Il n'est pas stipulé que c'est interdit, mais je ne suis pas sûr que cela soit autorisé pour autant
Pour notre part, nous sommes passé à l'aller par la porte sud, côté ouest. 6h de grimpe pauses comprises jusqu'au Payun Lou hotel (l'un des plus excentrés). Une nuit puis rando du Défilé de la mer de l'ouest (6h30). Re nuit puis descente par le côté est à la porte sud...qui nous a pris...2 h pour la descente. Il ne faut pas obligatoirement être une star du sport, mais savoir ne pas abandonner. Malgré le monde, je recommande vivement !
En espérant que cela puisse être utile.
Nous nous sommes arrêtés à Huangschan bei, la gare de train. Par la suite, il faut prendre un bus dans cette meme gare, pour une heure qui vous mène à la ville de Tangkou D'ici, vous trouverez une ribambelle de foodstore, de restaurants et d'hôtel de tout niveau. De cette ville, vous prendrez un bus pour vous rendre au pied de la montagne, 20minutes.
La chaine de montagnes est divisée en quatre portes d'entrée. Celle-ci est la porte sud. Sur ce dernier bus il faut choisir de monter par le côté est ou ouest. Le premier est plus facile que le second et plus court. Nous dirons 2 h pour le premier et 3h30 pour le second. Néanmoins, dans les des deux cas vous devrez vous preparer à vivre une expérience plus culturelle que naturelle. La chaine de montagnes a été équipée de plus leurs téléphériques, qui vous amènent depuis les quatre portes situées à environ 900m d'altitude au "plateau" à 1700m (amas de pics rocheux néanmoins, où vous trouverez plusieurs hôtels avec dortoir ou chambres doubles). Vous y trouverez de quoi vous restaurer (restau et epicerie simple). La réservation me semble obligatoire pour l'hôtel. Ce "plateau" est rempli de monde. Il faut s'attendre à parfois avoir à marcher en fil indienne, à avoir un bruit de folie (discussion, notification de smartphone et micro des guides en permanence). Pour les quêteurs de nature, ce sera raté (à relativiser, nous y étions début août 2019). Nous n'avons été tranquilles que sur les zones couvertes par un funiculaire ou téléphérique. Les gens preferent les prendre qie de faire landescente ou l'ascension.Cela veut dire qu'en montant depuis la porte sud vers l'est ou l'ouest, vous aurez un peu de monde mais cela reste viable. Une fois arrivés vers 1700m, ce sera bouchon du matin au soir.
Durant cette ascension vous trouverez régulièrement de quoi acheter à boire soda, eau ou à manger, avec des toilettes gratuites. (Un peu moins côté est). Vous ne "randonnerez" que sur des marches d'escaliers en béton en armés. Aucun chemin ! Néanmoins, rembardes et marches sont recouvertes d'un enduit qui "fait" nature: c'est assez bien fait et vois avez presque l'impression de marcher sur des escaliers datant de plusieurs siècles.
Certains diront que ceci permet de limiter l'impact sur la nature (au sens où il n'y a pas de seconde trace de marche possible, où on ne coupe pas). Cela permet de faire accéder le tout venant à la montagne (personne âgées, enfants en bas âge) qui marchent, souvent entourés de barrières sur des marches bien faites, toujours planes. On sensibilise plus de gens... De l'autre côté, on dénature totalement le site en bétonnant (même joliment) le site, en créant une couverture réseau permanente (les gens montent en regardant des vidéos, en passant leur coup de fil), et en assumant les embouteillages. Ce "communisme de montagne" s'oppose à notre logique française où les paysages ne s'obtiennent qu'après effort, s'offrent àceux qui sont un minimum au point
C'est pour cela que je parle d'expérience culturelle et non naturelle.
Néanmoins, l'ascension, et la descente restent éprouvantes physiquement. Les marches ne font pas de lacets, et montent parfois à la verticale. Les pauses seront nombreuses. Mais en prenant le temps, ça passera Aller randonner au Huangschan, c'est accepter ce type de marche.
La marche du Défilé de la Mer de l'ouest est à faire. Elle n'est pas plus dangereuse que le reste même si certains passages sont impressionnants. En effet, les marches sont fixées à flanc de montagne, et il n'y a donc rien sous vos pieds. Pour notre part , cela a été un embouteillage permanent de l'hôtel (Payun Lou) jusqu'au départ du funiculaire (portion avec les deux rings). Nous avons même terminé à 300m de ce départ de funi, coincé dans la queue de 40min, avant de pouvoir sortir pour continuer la descente. Mais à partir de là nous avons été seuls sur la randonnée (6 personnes croisées sur 3h). Nous avons fini la descente jusqu'à 1000m puis remonter par le Fairy Bridge. C'était époustouflant. De retour à 1700m, de nouveau le monde. Cette dernière portion est très physique mais avec des pauses fréquentes... Ca passe. Surtout que le décor est tjs top. A noter que l'ancien sentier qui passe parfois sous la montagne est fermé. Il faut donc bien descendre à 1000m pour remonter à 1700.
Au final, selon la période sûrement, il faut savoir que se rendre là bas vous conduira à une randonnée très différente de vos standards français. Lorsque vous serez seuls, ce sera sur les portions parallèles au funi et au téléphérique. Sinon, ce sera cul à cul. L'entrée est à 40€, à payer lors de votre passage à la porte d'entrée. Compter 3€ pour le mini bus aller (15minutes) Les cartes de marche sont nécessaires mais sont très schématiques : pas d'échelle, pas forcément de respect des points cardinaux. Mais durant la rando, vous aurez suffisamment de panneaux. Vous devez juste avoir des points de repères réguliers car votre point de chute sera donné tardivement. Vous trouverez les cartes dans les hôtels, ou dans les magasins. Elles sont en lettres latine et chinoises, et vous pourrez demander régulièrement votre chemin aux personnes croisées. Prévoir un vêtement pour la pluie, il y a quasiment une averse par jour. Vous pouvez mettre votre tente en haut, mais sur une place publique, sur du béton (donc tente autoportante) et savoir que votre voisin peut être à 10cm face à votre porte. Là aussi c'est cul à cul, et pour un campeur "nature" ce sera compliqué. Fan de bivouac, les chemins pentus ne semblent pas le permettre, même une micro tente. Sur le "plateau" plus de place, plein de monde, cela me semble impossible de se cacher. Il n'est pas stipulé que c'est interdit, mais je ne suis pas sûr que cela soit autorisé pour autant
Pour notre part, nous sommes passé à l'aller par la porte sud, côté ouest. 6h de grimpe pauses comprises jusqu'au Payun Lou hotel (l'un des plus excentrés). Une nuit puis rando du Défilé de la mer de l'ouest (6h30). Re nuit puis descente par le côté est à la porte sud...qui nous a pris...2 h pour la descente. Il ne faut pas obligatoirement être une star du sport, mais savoir ne pas abandonner. Malgré le monde, je recommande vivement !
En espérant que cela puisse être utile.
Tour de Bretagne à vélo English translation pending
bjr
je cherche un itinéraire pour faire le tour de la bretagne de saint malo à vannes en suivant le plus la cote
merci
Une semaine à Fortaleza dans le Ceara English translation pending
Samedi 26 janvier
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Transfert à Doha English translation pending
peut on vraiment faire les formalités de transfert pour Calcutta en45 minutes et traverser tout l'aéroports a Doha par Qatar Airways ??
est ce que le bagages suivent
merci
De La Havane à Santiago en avion English translation pending
Bonjour,
Afin d'optimiser mon séjour à Cuba en avril j'aurais souhaité prendre un vol La Havane Santiago puis remonter vers La Havane en bus ..Les moyens de transport cubains sont très critiqués (bus) qu'en est-il des vols intérieurs ? Nous serions très intéressés par les avis concernant ce mode de transport..Qu'en est-il du train ?
Merci à l'avance pour vos réponses
ROYO1
Traversée de la France est - ouest à vélo English translation pending
Hello tout le monde,
J'ai prévu de faire de traverser la France d'est à l'ouest en partant de la suisse (Genève) pour arriver les pieds dans l'Atlantique (je pensais à la Rochelle). Pour le retour je ne me suis pas encore décidé si je le fais en train ou à vélo. Niveau entrainement, je fais entre 100 et 150km par semaines mais je n'ai pas vraiment encore d'expérience de grand voyage à vélo.
C'est pour cela que j'aurais quelques questions aux plus experimentés d'entres vous: - Combien de Km par jour est-t-il faisable de faire? Sachant que je serai équipé en vélo de route et sacoches type bikepacking? Est-ce que faire en moyenne 150km/jour est réalisable? - Avez vous des routes à me conseiller/déconseiller? Comme je ne connais vraiment pas bien le coin, j'essaie de m'organiser pour éviter les routes trop dangereuses. - J'ai prévu de dormir chez des amis/couchsurfing/warmshower, donc je ne prends pas de tente. Est-ce que ça vous semble réalisable pour un trajet comme ceci? - J'ai actuellement des pneus 700x23, type courses. Est ce que ça vaut le coup d'investir dans des 700x25 ou la différence est minime?
Voilà, n'hésitez pas à partager vos astuces/tips si vous avez fait un voyage un peu semblable! Toute info est bonne à prendre!
Merci d'avance pour vos réponses. 🙂
J'ai prévu de faire de traverser la France d'est à l'ouest en partant de la suisse (Genève) pour arriver les pieds dans l'Atlantique (je pensais à la Rochelle). Pour le retour je ne me suis pas encore décidé si je le fais en train ou à vélo. Niveau entrainement, je fais entre 100 et 150km par semaines mais je n'ai pas vraiment encore d'expérience de grand voyage à vélo.
C'est pour cela que j'aurais quelques questions aux plus experimentés d'entres vous: - Combien de Km par jour est-t-il faisable de faire? Sachant que je serai équipé en vélo de route et sacoches type bikepacking? Est-ce que faire en moyenne 150km/jour est réalisable? - Avez vous des routes à me conseiller/déconseiller? Comme je ne connais vraiment pas bien le coin, j'essaie de m'organiser pour éviter les routes trop dangereuses. - J'ai prévu de dormir chez des amis/couchsurfing/warmshower, donc je ne prends pas de tente. Est-ce que ça vous semble réalisable pour un trajet comme ceci? - J'ai actuellement des pneus 700x23, type courses. Est ce que ça vaut le coup d'investir dans des 700x25 ou la différence est minime?
Voilà, n'hésitez pas à partager vos astuces/tips si vous avez fait un voyage un peu semblable! Toute info est bonne à prendre!
Merci d'avance pour vos réponses. 🙂
Athènes, Milos, Sifnos English translation pending
Nous venons de rentrés et voici notre carnet de beau voyage de Paris à Milos et Sifnos.
De l’Aéroport au Piree
Pour prendre le métro ou le train, c’est la même gare.
L'entrée de la station est à l'extérieur de l'aéroport d'Athènes (100m). Vous suivez les panneaux et vous montez un niveau pour atteindre l'entrée principale de la station. Après avoir acheté vos tickets, il faudra se rendre un étage plus bas avec les escalators.
Billet à 10€ depuis l’aéroport, valable 90'. Au choix métro avec 1 toutes les 30' et un changement ou train direct toutes les heures.
Il y a aussi un bus à 6€, le X96, 90’ de trajet, toutes les 20’
On a pris le train, une bonne heure de trajet.
30’ du terminus à l'hôtel à pied, chaud avec les valises, bonne transpiration
Hotel bien, chambre très petite, super sympa
Dîner sur le port, resto grec
L'hôtel assure le transfert au port par une navette : c'est confortable et appréciable
Départ à l’heure du Pirée à 7h. Seajet 2, siege affecté, clim très froide à nos places en tête du bateau.Mer plate.
MILOS Restriction de circulation pour les voitures de location, une petite partie à l’est de l'île, une grande partie à l’ouest Essence 95 à 2€ ( 1,6€ en france ) Consommé 22€ en 6 jours. On roule peu, pas vite. Location 25€ jour Il y a des bus, mais faible fréquence. A faire à pied : le chemin côtier au nord ouest. Pas balisé mais on longe la mer Du port Adamantas aller à Tripiti, catacombes à voir quand même, le site de la Venus, l’amphithéatre. Descendre à Klima, belles photos, Plaka à visiter les ruelles, et monter au château pour la vue
Pour nous guider, on a utilisé LOCUS MAP une application sur smartphone car il y a de nombreux chemins mais balisage absent sur le terrain Pour se diriger en voiture la même application car Google map n’est pas assez précis. Et l’orthographe des noms de ville est variable.
On a logé à Adamantas, le port d’arrivée Petit port bien animé surtout le soir Tous commerces sur place. Les supermarchés sont bien garnis, ferment à 21h. Il y a des distributeurs d’argent, on peut toujours payer avec sa carte. Les restaurants ouvrent à 13h, rarement avant et ferment vers 23h, service continu Avec Bouygues réception en 4g sur toute l'île, en 3g ou H avec Free.
Excursion en bateau à faire avec Armi Sea au départ de Aghia Kiriaki .: on était 6 (max 17 ), super sympa, 5h, 2 arrêts, rafraîchissement et collation mais prendre son sandwich. Nos plages coup de coeur pour la baignade : Adamantas, près resto o’xamos, ombre, peu de monde Pollonia, plage bien protégée, ombre
Les sites exceptionnels ( on a fait presque toutes les plages ) Sarakiniko…. Avec le sentier côtier Kleftiko…. Accès en bateau, nage sous des arches Firiplaka. …. Pour la couleur de la falaise
SIFNOS Petite île, on y a passé 7 nuits On logeait à Platis Galios, petite station, calme. Location avec piscine, chambre 15m2, peu de rangement, gérant super sympa. On a bien aimé Vathy, Faros et Kastro pour le site sur la colline On avait une voiture car on partait tôt vers 7h, location à 28€ en cherchant bien, au port Il y a des bus. Voir horaire sur Internet. Peu de routes. En 30’ on va du port de Kamares à Platis Galios. Toutes les routes passent par le centre de l'île à Apollonia. De très beaux chemins, bien balisés, souvent dallés. Panneaux indicateurs avec numéros des chemins, durées, distances. On a fait les boucles du 6 et du 4. On a fait d’autres boucles en combinant les chemins existants, un total de 72 km avec 3800 m de dénivelée. On a utilisé l’application Sifnos Trail sur le smartphone et la carte donnée par l'hébergeur. Les super marchés sont petits mais on trouve de tout. Dans l’ensemble, les restos sont bons, prix abordable. Par exemple, bière locale de 500 ml, 3-4 €, en bord de mer, les pieds dans le sable !
ATHÈNES Retour à l’heure au port. On voulait prendre le métro …. Petite erreur de gare. On est retourné à la gare du départ, mais c’est la gare des trains. Les métros partent d’une autre gare, un bâtiment jaune, 500 m avant celle des trains. Pensez à acheter les billets à l’avance 1,4 € pour 90’ après validation mais 10€ pour l’aéroport Il y a des billets à 22€, 3 jours, A/R aéroport, trajets illimités. ( voir sur Internet ). Hotel près de Syntagma…., chambre sur rue, très bruyante, mais en centre ville, visite des monuments à pied. A faire, dans le quartier de Plaka, un petit chemin, au pied de l’Acropole, on se croit dans les îles.
Remarques générales :
On est séduit, on va refaire d’autres îles
Très bon rapport prix/dépaysement/prestation
Lles grecs des îles sont sympas
Tous nos bateaux étaient à l’heure
J’aurai peur du monde et de la chaleur en juillet et août.
Ne pas y aller si allergie au blanc, au bleu, à la chaleur
Sur les chemins, 9 randonneurs sur 10 sont français
Les menus, les informations touristiques sont en anglais, très rarement en français
Idéal pour la lessive, il fait chaud et sec ! Ça peut faire sourire mais ça rend bien service
Avec les smartphones, on n’a plus de surcoût d’itinérance donc on a Internet et ça aide
Toutes les réservations avaient été faites par Internet avec Booking, Hôtel.com, des mails pour les voitures. Aucun problème sur place
l’application Sifnos Trails peut être utilisée sur de nombreuses îles, bonne cartographie
il fait bien moins chaud sur les îles qu'à Athènes
Remarque finale : on a bien aimé Milos pour ses sites exceptionnels et Sifnos pour les belles randonnées
MILOS Restriction de circulation pour les voitures de location, une petite partie à l’est de l'île, une grande partie à l’ouest Essence 95 à 2€ ( 1,6€ en france ) Consommé 22€ en 6 jours. On roule peu, pas vite. Location 25€ jour Il y a des bus, mais faible fréquence. A faire à pied : le chemin côtier au nord ouest. Pas balisé mais on longe la mer Du port Adamantas aller à Tripiti, catacombes à voir quand même, le site de la Venus, l’amphithéatre. Descendre à Klima, belles photos, Plaka à visiter les ruelles, et monter au château pour la vue
Pour nous guider, on a utilisé LOCUS MAP une application sur smartphone car il y a de nombreux chemins mais balisage absent sur le terrain Pour se diriger en voiture la même application car Google map n’est pas assez précis. Et l’orthographe des noms de ville est variable.
On a logé à Adamantas, le port d’arrivée Petit port bien animé surtout le soir Tous commerces sur place. Les supermarchés sont bien garnis, ferment à 21h. Il y a des distributeurs d’argent, on peut toujours payer avec sa carte. Les restaurants ouvrent à 13h, rarement avant et ferment vers 23h, service continu Avec Bouygues réception en 4g sur toute l'île, en 3g ou H avec Free.
Excursion en bateau à faire avec Armi Sea au départ de Aghia Kiriaki .: on était 6 (max 17 ), super sympa, 5h, 2 arrêts, rafraîchissement et collation mais prendre son sandwich. Nos plages coup de coeur pour la baignade : Adamantas, près resto o’xamos, ombre, peu de monde Pollonia, plage bien protégée, ombre
Les sites exceptionnels ( on a fait presque toutes les plages ) Sarakiniko…. Avec le sentier côtier Kleftiko…. Accès en bateau, nage sous des arches Firiplaka. …. Pour la couleur de la falaise
SIFNOS Petite île, on y a passé 7 nuits On logeait à Platis Galios, petite station, calme. Location avec piscine, chambre 15m2, peu de rangement, gérant super sympa. On a bien aimé Vathy, Faros et Kastro pour le site sur la colline On avait une voiture car on partait tôt vers 7h, location à 28€ en cherchant bien, au port Il y a des bus. Voir horaire sur Internet. Peu de routes. En 30’ on va du port de Kamares à Platis Galios. Toutes les routes passent par le centre de l'île à Apollonia. De très beaux chemins, bien balisés, souvent dallés. Panneaux indicateurs avec numéros des chemins, durées, distances. On a fait les boucles du 6 et du 4. On a fait d’autres boucles en combinant les chemins existants, un total de 72 km avec 3800 m de dénivelée. On a utilisé l’application Sifnos Trail sur le smartphone et la carte donnée par l'hébergeur. Les super marchés sont petits mais on trouve de tout. Dans l’ensemble, les restos sont bons, prix abordable. Par exemple, bière locale de 500 ml, 3-4 €, en bord de mer, les pieds dans le sable !
ATHÈNES Retour à l’heure au port. On voulait prendre le métro …. Petite erreur de gare. On est retourné à la gare du départ, mais c’est la gare des trains. Les métros partent d’une autre gare, un bâtiment jaune, 500 m avant celle des trains. Pensez à acheter les billets à l’avance 1,4 € pour 90’ après validation mais 10€ pour l’aéroport Il y a des billets à 22€, 3 jours, A/R aéroport, trajets illimités. ( voir sur Internet ). Hotel près de Syntagma…., chambre sur rue, très bruyante, mais en centre ville, visite des monuments à pied. A faire, dans le quartier de Plaka, un petit chemin, au pied de l’Acropole, on se croit dans les îles.
Remarques générales :
On est séduit, on va refaire d’autres îles
Très bon rapport prix/dépaysement/prestation
Lles grecs des îles sont sympas
Tous nos bateaux étaient à l’heure
J’aurai peur du monde et de la chaleur en juillet et août.
Ne pas y aller si allergie au blanc, au bleu, à la chaleur
Sur les chemins, 9 randonneurs sur 10 sont français
Les menus, les informations touristiques sont en anglais, très rarement en français
Idéal pour la lessive, il fait chaud et sec ! Ça peut faire sourire mais ça rend bien service
Avec les smartphones, on n’a plus de surcoût d’itinérance donc on a Internet et ça aide
Toutes les réservations avaient été faites par Internet avec Booking, Hôtel.com, des mails pour les voitures. Aucun problème sur place
l’application Sifnos Trails peut être utilisée sur de nombreuses îles, bonne cartographie
il fait bien moins chaud sur les îles qu'à Athènes
Remarque finale : on a bien aimé Milos pour ses sites exceptionnels et Sifnos pour les belles randonnées