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Surclassement pour une croisière sur le MSC Splendida English translation pending
by Voyageur930 · 2011-01-21 · 126 replies
Bonjour à toutes et tous, Nouveau sur ce site qui me parait après première lecture très intéressant et utile, je désire poser une petite question aux "routards" de la mer : nous avons effectué une première croisière en famille en février 2009 sur le COSTA CONCORDIA. Nous partons le 06 février prochain en changeant de destination et de compagnie, et embarquerons pour une croisière en méditerranée de 12 jours sur le MSC SPLENDIDA. J'ai donc effectué la réservation il y a quinze jours et ai reçu le contrat de réservation que j'ai signé et retourné pour une cabine extérieure avec balcon au pont 12. Avant hier, j'ai reçu le carnet de voyage et je constate à sa lecture que la cabine a été changée, je continue à lire et je vois qu'il est fait état d'une cabine en yacht club ...... je ne comprends pas trop et vais vérifier sur le site de MSC. Je constate en me connectant à l'aide de mon numéro de réservation que la cabine en yacht club nous a bien été attribuée alors que nous n'avions pas du tout fait cette réservation. Je précise que nous sommes passés d'une cabine extérieure avec balcon à une suite familiale en yacht club ...................... Cela est-il déjà arrivé à quelqu'un ? Car là j'ai encore du mal à y croire, mais en même temps je me demande s'il n'y a pas eu un remplissage du bateau après ma réservation faisant que la cabine qui nous était attribuée n'était plus disponible ..... Je précise que nous voyageons à quatre dans la même cabine : ma femme, mes deux enfants de 5 1/2 et 7 1/2 et moi même. Merci d'avance pour vos réponses et au plaisir de poster notre carnet de voyage de la croisière ..... j'ai hâte !!!!!!!!!!!!!
Retour de la croisière "Îles et terres du soleil" à bord du Costa Concordia English translation pending
by Dacy · 2011-01-20 · 90 replies
Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes rentrés hier après-midi et avons passé une très bonne croisière à bord du Concordia ; je voudrais remercier toutes les personnes du forum car grâce à vos renseignements nous avons profité un maximun des escales toutes faites par nous-mêmes.

A mon tour de vous faire un petit résumé :

Le temps a été très agréable pour un mois de Janvier (20° à Barcelone, 21° à Casablanca, 26° à Ténérife, 19° à Funchal avec pluie😠 l'après-midi (Desbell, la malédiction se poursuit😕) 19 à Malaga et 15 à Rome. La mer a été calme sauf entre Casablanca et Ténérife. l'itinéraire pour nous était super car nous ne connaissions pas Casablanca, Madère et Rome par contre les escales de Barcelone 13h-18h et Malaga 8h-13h 'trop courtes.

Quant au bateau, nous connaissions déjà le Concordia ; il y avait environ 3000 personnes à bord avec environ 500 francophones, des allemands, russes, espagnols et une majorité d'italiens. Beau bateau, bien entretenu, les deux piscines, centrale et arrière sont couvertes mais déco un peu trop clinquante ; question pratique, c'est pas le top car les 2 restaurants Roma et Milano (nous étions au Milano) au pont 3 et 4 sont situés de part et d'autre de la cuisine centrale, donc on ne peut traverser entièrement ces deux ponts, il faut toujours passer par le pont 5. Question d'habitude😏 La nourriture était bonne au restaurant avec quelquefois des plats pas assez chauds et correcte au buffet Parigi mais souvent répétitive ; on a préféré le buffet à midi surtout pour les journées en mer car cela nous permettait de manger en étant proche de la mer ; le lido Méditerranéo totalement à l'arrière est assez calme avec une vue imprenable sur le sillon du bateau. Les spectacles ont été agréables (19h15 pour le 2ème service et 21h pour le 1er service) quant à l'équipe d'animation, nous ne l'avons pas beaucoup cotoyée. Par contre, au Piano bar Budapest attenant au casino, Alex a été apprécié par de nombreux danseurs tous les soirs avec sa musique internationale ; dommage, ce lieu était un peu trop petit, il y faisait très chaud et enfumé. D'ailleurs, nous avons trouvé que beaucoup de lieux communs étaient fumeurs ( une partie fumeur et une non fumeur par exemple pour les lido Riviera Magica mais non fumeur au Lido Méditerranéo). La fontaine au chocolat🙂 excellente, le morceau de fruit à 0.95 euros sans taxe à 15% Nous étions au 8ème étage et notre cabine très bien entrenue par notre cabiniste Romel mais 😠 car il y a un mais, seul hic de notre croisière, elle était située sous le buffet du pont 9 donc bruyante le soir jusqu'à tard mais on ne rentrait pas de bonne heure et avec des boules Q😉, cela ne nous a pas gâché la croisière. La prochaine fois, nous serons plus vigilants. Le personnel à bord a été très charmant comme d'habitude, les officiers un peu moins. Quant au bureau des excursions, je ne pourrais pas vous dire car nous n'avons pas fait d'excursion Costa Nous avons un cocktail de bienvenue suivi du repas de gala, un dîner de gala d'au revoir et un buffet de minuit. Des buffets surprises aussi le midi au Lido Riviera Magica sur différents thèmes : fête de la bière avec choucroute, buffet pesto, spécialités espagnoles etc..

Nous avons trouvé les prestations assez identiques à celles du Costa Atlantica mais un peu en regression

Pour résumer, avant de vous détailler les escales, je dirais que nous avons passé une très bonne croisière et que nous sommes prêts à recommencer😉🙂 et que pour avoir voyager en 2010 avec MSC et Costa, les deux Compagnies se valent.

A plus tard la suite ; le quotidien du retour m'attend. Bonne soirée

Dacy
Retour de croisière sur l'Allure of the Seas English translation pending
by Titefille22 · 2011-01-17 · 92 replies
Bonjour cher voyageurs !!!

Je reviens tout juste d'une croisière d'une semaine sur le plus gros bateau au monde,

soit «l'allure of the seas» Comme après tout mes voyages, je trouve important de faire un «review» sur

mon expérience afin d'aider et d'informer les voyageurs !!! Donc, si vous avez des questions à la suite

de mon «review» ne vous gênez pas de me les poser et ça me ferra plaisir de vous renseignez du mieux

que je peux !!!

L'arrivé à Fort Lauderdale

Nous sommes arrivé à l'aéroport vers 11:00 AM dimanche. Il n'y a aucun point de contrôle à l'arrivée.

Nous allons prendre nos bagages et nous sortons de l'aéroport pour prendre un taxi. Il y a une navette

qui vous amène au bateau (coût: 15 $ par pers), mais nous avons pris un taxi pour 15 $. Arrivé au bateau,

c'est la folie !!!!! Beaucoup de taxi, de bruits, de personnes qui sont stressée !!! Alors, on se dirige vers le

«check in» On doit laissé nos bagage avant de rentrer dans l'immeuble. (Notre agent nous avait déjà donné

les banderole indiquant notre chambre que l'on doit mettre sur nos valise) Alors, tu laisses tes bagages à l'extérieur

où il y a pleins de monde !!! Sincèrement, cela me stressait un peu !!! Mais mon conjoint était là pour me rassurer qu'il

n'arriverait rien à mes bagages !!! Puis, «check control» vérification des bagages à main ainsi que nous. Puis, on se

présente à un guichet où il prenne notre photo pour nos «seas pass», la dame nous donnes cartes du bateau, informations

sur l'arrivée et on se dirige vers les photos devant le bateau (affiche). Puis, on monte à bord !!!! Première réaction: « WOW » !!!

Les cabines sont disponibles à partir de 1:00 PM ce qui nous laisse le temps de faire le tour du bateau !!! Et les bagages sont

déposés au bord de la porte de la cabine avant 5:00 PM.

Cabine

Nous avions la cabine avec balcon extérieur !!! La cabine possède une petite salle de bain qui est très bien aménagée !!!

Douche, toilette, lavabo, grand miroir, étagère, plusieurs crochets pour suspendre nos effets personnels, serviette égyptienne !!!

Le garde robe de la cabine est assez grand, il y a de nombreux cintres, étagère et coffre fort. Puis, un bureau avec prise de

courant, chaise, miroir, plusieurs tiroirs et étagères. (Parfait pour se peigner et se maquiller !!!). Ensuite, la cabine est équipée

d'un grand miroir, d'un divan, téléphone, télévision, petit frigo payant, sot de glace, verres, grand lit confortable, etc. Sur le balcon, 2 petites

chaises ainsi qu'une table. Il est possible d'avoir un cendrier si vous êtes fumeurs, il est interdit de fumer dans la chambre, mais permis sur

le balcon.

Restaurant

Une grande parti de mon voyage a été occupé par la nourriture !!! Wow, nous avons tellement bien mangé et il y a beaucoup de choix.

Il y a des resto payant et d'autres gratuit. Nous avons réservé dans un resto payant à chaque soir sauf 1 car nous voulions vivre cette

expérience. Les resto payant demande un prix, mais vous pouvez mangé ce que vous voulez !!! Ça vaut la peine !

Le petit resto rétro sur le boardwalk. 8/10 Le Park café dans le central park est fabuleux pour déjeuner. Menu: muffin, muffiin anglais, fruits, bagel, burritos, céréales, etc. (Très bonne sandwich) 8.5/10 Le windjammer offre un buffet déjeuner varié et succulent ! 8/10 Le dining room. Le plus grand restaurant au monde !!! Ça court dans tout les sens !!! Menu très varié et délicieux. 8/10 L'italien est vraiment merveilleux ... 10/10 Le 150 rue du park offre un menu raffiné et un service parfait 9/10 Le samba grill a un concept original et parfait pour les amateurs de viande 8.5/10 Le restaurant asiatique m'a un peu déçu, mauvais service et sushi fade 5/10 (De plus très dispendieux) Rita's cantina, géniale pour les amateur de nourriture mexicaine 8/10 Le cupcake cupboard !!! COUD DE COEUR !!! Leur cup cake sont fabuleux !!!! 10/10 Le parc promenade offre de bon café et sandwich 7.5/10 La pizzeria sur la promenade offre de fantastique pizza 8/10

Une chose et certaine vous n'allez pas mourir de faim sur le bateau !!! Tout est délicieux !!!!

Pour les breuvages, il est possible d'avoir du jus, eau, café de gratuit à certain endroit (parc promenade et la pizzeria)

Aussi non, il y a le forfait de «soft drink» 45 $ et vous aurez de la liqueur gratuite toute la semaine ...

Forfait vin, jus, boisson, etc. Renseignez vous sur leur site avant de partir. De plus, je vous conseille de réserver

vos restaurants à la carte avant de partir (sur le site internet) car les meilleurs places s'envolent rapidement !!! Nous

n'avons pas pus aller à tout les restos car certains étaient déjà booker à notre arrivée.

Divertissement

Par où commencer !!!! En plus de ne pas mourir de faim durant votre séjour, vous ne vous tournerez pas les pouces !!!

À chaque jour vous recevrez un livret contenant l'horaire des activités. Le bateau a été conçu pour le plaisir !!!!

Mini putt, ping pong, cinéma 3d, tyrolienne, boogie board et surf (a essayé !!! Trop le fun !!! Vous devrez aller remplir un formulaire

de nos responsabilité en cas de blessure, le guichet se trouve prêt du surf à l'arrière du bateau. Allez y tôt durant votre séjour,

car vous pourrez améliorer votre surf !!!Et à la fin de votre voyage, vous serez excellent !!!), basket ball, soccer, jacuzzi +++++,

piscine à vague, jeux d'eau pour enfants, mur d'escalade, etc.

Les spectacles:

CHICAGO !!! À VOIR !!!! 15/10 (Tout comme les restaurants, réservé tôt car ça part vite !!! Je vous conseille de réserver sur internet) Blue Planet ... À voir sans attentes ... J'ai trouvé la musique un peu «quétaine» trop à l'Américaine ... Mais très beaux décors !!! 7/10 Spectacle sur glace ... Il y en a deux ... «Comment dompter son dragon» Très beaux !!! 8.5/10 Comédie show :) Super drôle !!! 8/10 On a pas pu voir le spectacle aquatique ... Toujours pleins à craquer ...

Il y a tellement de chose à faire sur le bateau !!! Regarder l'horaire et écrivez vos choix !!!!! De plus, il y a un merveilleux spa !!!

Massage très dispendieux mais oufff que ça fait du bien !!!!

Service

Très bon service !!! N'oubliez pas que votre pourboire est souvent inclus dans votre voyage. Vous pouvez tippez selon votre

service ! Petit point négatif, peu d'employé parle français, il n'est pas toujours possible d'avoir des menus français ... Il est assez

important de se débrouiller en anglais pour passer un beau séjour.

Les arrêts

NassaU Bahamas... Trop court, une demi journée ce n'est pas assez pour tout voir ... St-Thomas, les îles vierges ... Parfait pour acheter bijoux et appareil électronique moins cher ... Aussi non, la plage Émerald est très sympa !!! St-Martin ... On débarque coté anglais ... Il est possible d'aller à Marigot (coté français) encore là beaucoup de bijoux à vendre. Super plage orient et celle en ville est aussi jolie.

Bon !!!! C'est tout pour aujourd'hui !!!! xxx🤪
Iran en avril 2011: quelle agence choisir? English translation pending
by FineGourmett · 2011-01-15 · 63 replies
Bonjour,

Je viens d'acheter mon billet d'avion pour Téhéran, du 16 avril au 6 mai 2011. Je pars avec une amie. D'habitude, nous voyageons l'une et l'autre plutôt de manière indépendante (c'est-à-dire sac au dos avec un guide dans la poche), mais nous avons eu des échos de plusieurs personnes qui ont fait des voyages en Iran en partie organisés et qui ont été ravies. Considérant la taille du pays et la barrière linguistique, nous nous disons que ce ne serait peut-être pas mal d'envisager cette option (afin d'éviter de perdre trop de temps à vouloir tout organiser toutes seules et de perdre une partie de l'expérience en ne bénéficiant pas d'explications sur place). Alors, quelle agence choisir? J'ai entendu plusieurs commentaires très positifs à propos de l'agence "Pars Tourist Agency" (key2persia.com). Je viens en outre de trouver une recommandation pour l'agence "Iran Sheedee Travel" (persevoyages.com), mais n'ai pas trouvé d'autres commentaires. Est-ce que quelqu'un aurait recouru à ses services? Avez-vous d'autres agences à recommander?

Merci d'avance pour vos réponses!

Meilleures salutations.
Bigoodi en Indonésie: Java, Bali et Lombok en novembre 2010 English translation pending
by Bigoodi · 2011-01-15 · 13 replies
Carnet de voyage de 6 semaines : Voyage individuel en couple, nous n’avons rien réservé à l’avance hormis le billet d’avion, la voiture avec chauffeur-guide pour Java, et la 1ère nuit à Jakarta. Nous connaissons déjà l’Indonésie mais quelques grandes villes principalement, et le sud de Bali, il y a une douzaine d’années. Java d’ouest en est pendant 17 jours, Bali (sauf le sud) pendant 10 petits jours et Lombok également environ 10 jours.

PREPARATION :

-Guides : Lonely Planet indonésie, guide voir Bali et Lombok, et site du Rough guide pour Bali (en anglais)
http://www.roughguides.com/travel/asia/bali.aspx

-Sites internet : - Google maps : itinéraires pour le calcul approximatif des distances et du temps de déplacement (globalement satisfaisant) - Très bon site et beaucoup d’infos pratiques sur http://www.voyageindonesie.net/info.html - De belles photos de l’ensemble du pays : http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=787780 - carnet de voyage sympa : http://www.court-circuit.ch/...ecit_java_jour_1.php

-Billet d’avion : aller retour Lyon-jakarta pris en juin sur le net, directement sur Lufthansa : 882€ par personne toutes taxes comprises… Mais il faut tout de même rajouter les taxes d’aéroport àJakarta pour le retour : 150 000 IDR à payer en cash au moment du check in

-Visa : nous restons dans le pays + de 30 jours sans ressortir, nous avons donc pris par correspondance auprès du consulat de Marseille le visa de 60 jours : 40 euros par personne + 43 euros de Chronopost. Nous les avons reçu en 15 jours environ, le consulat a bien répondu à nos questions par téléphone pour compléter le formulaire. http://konindo.pagesperso-orange.fr/visa_formalite.html

-Déplacements : JAVA : location de voiture avec guide chauffeur Souhaitant parcourir Java de façon assez approfondie, et pas seulement entre grands points touristiques, j’opte pour la recherche d’une location de voiture avec chauffeur. Cela demande de s’y prendre à l’avance pour pouvoir donner un aperçu de l’itinéraire souhaité lors des demandes de cotation. J’ai envoyé 5-6 demandes et mon choix s’est finalement porté sur Nivori ****: Il a toujours été prompt pour répondre et clair dans ses réponses. Par ailleurs, il m’était assez difficile d’anticiper la durée exacte du voyage sur Java et il a été très flexible : au lieu des 19 jours prévus initialement, la durée de location n’aura au final été que de 17 jours sur la base de 625 000 IDR par jour tout compris (voiture, guide dont ses repas et hôtels, essence, parking, péages). Nous ne payons que nos entrées touristiques + d’autres véhicules avec chauffeur pour les visites du Bromo et de Ijen. Email : nivory_boy@yahoo.com.sg Portable : +62 812 963 9223 Nivori a toujours été ponctuel, attentif, patient aussi... par exemple, lorsqu'il fallait parfois tourner un peu longtemps le soir pour trouver le bon hôtel En outre il nous a fait découvrir des facettes de Java que nous n'avions pas prévues au départ : gastronomie, culture, jolis coins... Il est véritablement un guide tout autant qu’un chauffeur. Et tout ça dans un très bon français avec une bonne dose de drôlerie, et l'envie de partager tout simplement... Bref, n'hésitez pas à faire appel à ses services, vous ne le regretterez pas, foi de Bigoodi ! Il est basé à Jakarta, mais peut aussi vous récupérer à Jogjakarta ou Bali. Nivory et le Nivobus

BALI : scooter, bus, taxis et chauffeurs – guides à la journée, bateau rapide jusqu’à Gili trawangan LOMBOK : scooter et voiture conduite nous-mêmes. Retour à Jakarta depuis Mataram-Ampenam par vol Garuda pris environ 1 mois à l’avance dans un bureau Garuda.

-Hotels : Comme d’habitude, nous préférons réserver au jour le jour pour plus de souplesse, ce que nous ne regretterons pas (itinéraire plus ou moins rapide que prévu selon les moments et négociation bien plus efficace sur place !). Je n’ai réservé depuis la France que la 1ere nuit à Jakarta (arrivée vers 17h30). Les prix indiqués ci-après sont pour une chambre double, la plupart du temps avec petit déjeuner et âprement négociés ! Le plus souvent nous ne sommes pas dans les catégories routard mais plutôt bon moyen de gamme, et parfois Deluxe ! les "***" ci après correspondent à mon échelle de valeur personnelle.

-Argent : Comme nous devons payer Nivori en cash dont 4 000 000 IDR au départ, 4 000 000 en milieu de voyage et le solde à la fin, j’ai prévu 1000 euros en billets, 1000 euros en travellers et nous avons 3 cartes bancaires (visa et mastercard). Il y a des distributeurs a peu près partout (sauf à Amed, attention à faire le plein avant de vous y rendre), des money changers quasiment partout aussi (mais le cours des travellers est toujours moins bon que celui des billets), et les hôtels moyens de gammes acceptent pratiquement tous les paiements par carte. Un bémol toutefois à Bali : pratiquement tous les hôtels demandent une commission de 2.5 à 3% si vous payez par carte, ce qui finit par revenir cher quand on y rajoute la commission bancaire… -Cours de la roupie : pendant le voyage le cours a oscillé entre 11 500 et 12 000 IDR pour 1 euro. Pour suivre le cours de la roupie : http://www.oanda.com/.../currency/converter/ -Petit point de situation sur le change lors de l’arrivée On m’avait dit que le taux de change était mauvais à l’aéroport de jakarta…ce qui est souvent le cas dans les aéroports à priori, mais finalement c’est là que j’aurais du retirer : Le money changer aéroport proposait 12 300 IDR pour 1 euro sans commissions Un retrait carte de 2 000 000 m’est revenu à 11 858 IDR toutes commissions inclues Un autre de 4 000 000 m’est revenu à 12 019 IDR Un paiement carte visa (même jour) de 45 euros m’est revenu à 12 164 IDR Les money changers de Jalan jaksa (centre ville) proposaient 11 800 IDR pour les meilleurs Bref, évitez de changer à jalan jaksa en arrivant, préférez les money changers de l’aéroport, le paiement carte ou un gros retrait carte au distributeur.

Voila pour les infos génériques… Passons au détail du voyage :

JAVA http://maps.google.fr/...4d7ca2bd97bc&z=6

Dimanche 31/10 : nous arrivons aux alentours de 17h50 à l’aéroport comme prévu. A noter : une escale technique à Singapour avec internet et ordinateur gratuits dans la salle de transit 🙂, c’est assez rare pour être signalé (quand on pense aux chariots à consigne 1€- top pratiques- de Lyon St Exupery par exemple… Grrrrrrrrr😠) Récupération des bagages et passage à l’immigration rapides. Nous prenons un taxi à l’un des guichets extérieurs : 190 000 IDR (sans doute un peu cher, pas négocié) pour aller jusqu’au quartier de jalan Jaksa, à l’Ibis Arcadia***. http://www.ibishotel.com/...-jakarta/index.shtml C’est dimanche soir, donc pas d’embouteillages, et nous arrivons sans encombre, la chambre est très correcte (du type des ibis France), bien insonorisée, l’emplacement est central, petit déjeuner buffet pour 480 000 IDR, je reviendrai sans doute dans cet hôtel si je repasse par Jakarta. Un petit tour du quartier, puis nous allons manger un murtabak – genre de beignet farci + 2 vrais mangos juice (hummmm !) au resto « Papa » sur jalan jaksa (38 000 idr) et achetons dans la rue 10 satay pour 10 000 IDR (hummmmmmmmm, un vrai plaisir de retrouver les satay, petites brochettes de poulet ou autre et leur sauce cacahuète).

Lundi 01/11 : Nous nous réveillons assez tôt. Le rdv avec Nivori est prévu à 9h00, mais nous sommes prêts à 8h00 et ça tombe bien car il est déjà là : il est parti tôt de chez lui, à 40km de là, pour éviter les sempiternels embouteillages de Jakarta, à noter qu’il sera aussi ponctuel tout au long du voyage… c’est bien simple, nous n’avons jamais eu à l’attendre, ne serait-ce que 10 minutes ! Nous découvrons le Nivobus… Je ne l’imaginais pas aussi spacieux pour seulement nous trois, mais il s’est avéré fiable et bien confortable (et sa clim très appréciable). Sur mon itinéraire j’avais prévu directement de partir sur l’ouest mais Nivori nous propose de visiter la grande mosquée et le vieux port de Jakarta. Je n’avais encore vu ni l’un ni l’autre, et c’est vrai que cela aurait été dommage de passer par là sans s’y arrêter. Miracle, nous passons par batavia (quartier hollandais) et la circulation dans le centre n’est pas aussi pénible que ce que j’aurais pu penser (coup de bol ? Nivory semble le croire en tous cas)… En fin de matinée nous partons en direction d’Anyer, à l’ouest. Environ 45 mn plus tard, notre Nivo qui a du se lever très tôt pour être à l’heure prends un petit coup de pompe et décide de s’arrêter pour se dégourdir les jambes et fumer sa clope girofle… sur la bande d’urgence de la voie rapide…gloups… sur le coup ça fait drôle ! Nous lui proposons d’aller prendre un café sur la prochaine aire d’autoroute (enfin, son équivalent indonésien). Café genre nescafé, Nivori nous fait gouter du tofu (bof, c’est l’un des rares trucs qui m’aura laissée assez perplexe à chaque fois que j’aurai essayé), et un œuf dur bleu, très salé de canne (cuit dans la cendre si je me souviens bien). Et Hop ! c’est reparti… nous arrivons à Anyer en début d’après midi, je pensais à une station balnéaire, mais en fait c’est une route et des commerces, des maisons, de parts et d’autres, nous nous posons sur l’une des plages (parking payant négocié 20 000 IDR sans ticket, ce qui est cher pour le pays). Il s’agit en fait d’une sorte de « zone récréative » où les indonésiens viennent passer la journée, dans de petites cahutes ombragées en bord de mer. C’est là que pour la 1ère fois Nivory nous explique que les amoureux viennent ici pour « se cacher »… ces 2 mots reviendront très souvent tout au long du voyage (jardins botaniques, plages, parcs etc…). Je crois que désormais à chaque fois que je les entendrai, je penserai à lui… Nous nous relaxons là (sans nous cacher), en prenant un en-cas dans une gargote (38 000 IDR pour vous donner une idée des prix), face au Krakatau qui fume (le Mérapi est très actif en ce moment), et 2 jours plus tard, nous apprendrons à la TV que le Krakatau se réveille aussi, et qu’un périmètre de sécurité est mis en place tout autour, il faut dire que nous avions trouvé l’eau de mer plutôt chaude en nous trempant les pieds, et effectivement, il parait qu’elle est montée de plusieurs degrés, mais nous n’avions pas d’éléments de comparaison... Un peu plus tard, nous partons chercher un hôtel plus au sud à Carita : le 1er, krakatau surf, ne nous inspire pas trop : belle vue sur mer mais chambre un peu défraichie. Puis nous trouvons le Mutiara***négocié à 400 000 IDR sans petit déjeuner http://www.mutiara-carita.com/ jolie chambre dans un jardin, belle piscine face au Krakatoa où nous serons seuls à nous baigner sous un beau ciel étoilé – eh oui, la nuit tombe vite ! Une 1ère étape ma fois fort sympathique ! Nous allons diner dans un warung dans la rue : 2 nasi goreng (riz frit avec divers ingrédients), un thé, un coca avec glace (oui, je sais, pas très prudent, mais c’est passé…) 23 000 IDR le tout : pour vous dire qu’en Indonésie, on peut manger très bon marché, ici c’est un peu l’extrême vers le bas (petit resto de rue), à noter que sur les 6 semaines, nous n’avons jamais été malades… Même quand on passe sur des restos de gamme supérieure, on mange très bien pour pas très cher par rapport à nos prix européens.

02/11 : Nous partons pour le sud ouest de java. Petit déjeuner « porridge » avec Nivori au bord de la route (riz gluant avec toute sorte d’ingrédients…ça tient au ventre !). La route est assez défoncée mais très jolie, nous nous arrêtons pour regarder des ouvriers agricoles décortiquer des noix de coco sur des pieux pointus… bonjour le dos à la fin de la journée ! Après Malingping, la route devient vraiment splendide : rizières en terrasse d’un coté, plages et cocotiers de l’autre… wouahh ! Ensuite avant d’arriver à cimaja, nous passons par la « montagne », ça tournicote mais c’est très vert, il y a des petits estancots accrochés en flanc de colline qui donnent sur la cote… Rien que pour la route d’aujourd’hui, ça valait le coup de venir découvrir cette partie sud-ouest de java. Nous arrivons à Cimaja et écumons les hôtels le long de la route entre Cimaja et Pelabuhan Ratu, ville un peu plus animée : la pluparts sont chers (> 450 000 IDR) et moches, nous revenons finalement à l’entrée de Cimaja à spéciale dédicace à Nivori ! Entre la route difficile aujourd’hui et l’étape de ce soir où nous aurons sans doute le plus tourné avant de trouver, il as su rester zen et souriant jusqu’au bout ! Nous nous posons à l’Hotel Desa**, genre « vieillot chic » avec douche qui sort d’un bout de bambou, et murs en faux (vrai ?) torchis fissuré, très jolie piscine. 273 000 idr avec petit déjeuner, rien à dire ! http://desaresort.com/mm_page/home.php Resto en face au surf shop, car il fait nuit et la route n’est pas éclairée, nous n’avons pas eu le temps de repérer ce qu’il y avait en arrivant, la terrasse est sympa mais la rapport qualité prix laisse à désirer. Pour info, ce sera pratiquement toujours le cas lorsque nous irons manger dans des restos au look un peu plus occidental…

03/11 : Un petit tour au port et au marché aux poissons de Pelabuhan Ratu, puis nous remontons vers le nord, direction Bogor. La route est plutôt bonne, sur le papier nous ne devrions pas en avoir pour très longtemps mais c’est sans compter les embouteillages en arrivant avant Bogor. Nous en profitons pour casser la croute et j’achète un poncho, Bogor étant réputée pour ses averses. Nous arrivons enfin en ville, le 1er hôtel est plein, nous posons vite nos affaires à l’hôtel Mirah***, sympa et très confortable (600 000 IDR avec 2 pdj buffet, mais eau chaude limite !) http://www.mirahhotelbogor.com/ puis piquons un sprint pour pouvoir rentrer au jardin botanique avant la fermeture à 16h00 (le jardin reste ensuite ouvert, mais on ne peut plus entrer). Nous arrivons in extremis (le problème, c’est qu’en semaine, seule l’entrée sud est ouverte, ce qui nous oblige à faire tout le tour). Le jardin vaut la visite (20 000 idr pour 2) et nous échappons à l’averse. Quelques jeunes nous demandent de faire une photo avec eux (ce sera très souvent le cas tout au long du voyage, on se prendrait presque pour des vedettes). Il se met à pleuvoir lorsque nous sortons : direction le centre commercial, Mac Do, quelques courses, puis retour à l’hôtel pour profiter de sa belle piscine… sous la pluie !

04/11 : Direction Bandung par la jolie route du col de Puncak (pas de difficultés, ce qui n’aurait sans doute pas été le cas si c’était le week end). Nous visitons une plantation de thé avec vue panoramique sur les environs en route, puis Nivori nous emmène déjeuner dans un très bon petit troquet avant de prendre la route de Cihideung, pas très loin, où toutes sortes d’horticulteurs vendent leurs plantes alignées le long du chemin. C’est joli, ce n’est pas dans les guides, et il y a toutes sortes de plantes que nous ne connaissons pas en France. Dans mon projet de départ, je voulais éviter Bandung et filer directement sur Lembang pour visiter les alentours et notamment le Tangkuban perahu ou le papandayan. Nivori insiste pour nous emmener voir un spectacle à Bandung. Il commence à pleuvoir, nous nous laissons convaincre. 160 000 IDR l’entrée quand même (pour 2), nous nous installons, des groupes de touristes sont là aussi. Le spectacle commence avec les marionnettes traditionnelles… On se regarde, si c’est comme ça pendant 2H, on va trouver le temps long 😐! Il pleut à verses maintenant, ce qui nous fait regretter un peu moins la visite du volcan mais bon… Au bout du compte, nous passerons un très bon moment : les démonstrations de musique, de danses et de folklore traditionnels s’enchainent rapidement, puis le public est mis à contribution pour jouer des morceaux modernes sur des angklungs (instrument en bambou). C’est drôle, et finalement, le temps passe très vite, je vous recommande le détour…même s’il fait beau 🙂! http://www.angklung-udjo.co.id/visit-us/ Lorsque nous sortons il pleut toujours et la nuit tombe, nous optons pour l’hôtel Kedaton**, correct et central, 488 000 IDR avec les petit déjeuners http://www.kedatonhotel.com/ et nous allons diner dans un bon resto chinois (Braga quelque chose) en haut de la rue Braga, rue commerçante et sympa pas très loin à 130 000 IDR pour 2 avec 2 grandes Bintang (bière indonésienne) !

05/11 : C’est aujourd’hui que nous allons voir le Tangkuban perahu : on peut accèder en voiture à proximité du cratère (un volcan pour les touristes flemmards, comme dirait Nivori). Entrée 115 000 IDR pour 2. Nous y sommes à 9h30, la vue est sympa même si c’est très touristique. Nous poursuivons sur Ciater une heure plus tard, sources thermales chaudes bien entretenues (45 000 pour 2 et un peu + si vous voulez tester l’une des piscines d’eau sulfureuse : pour info il y a des cabines). Nous passons ensuite par le Candi Cangkuan, petit temple tranquille au milieu d’un lac (60 000 pour 2 avec la traversée en bateau). Le temple lui-même n’est pas spectaculaire, mais la campagne environnante est jolie (on peut y voir des cidomos : carioles tirées par des chevaux), et la traversée à la rame fut un moment empreint de sérénité. Le temps tourne de nouveau à la pluie et il se fait tard, nous ne verrons pas le Papandayan, la route n’est pas très bonne pour y aller et en plus les volcans de Java sont toujours énervés au moment où nous passons, le Merapi fait des siennes, et il n’est pas très prudent d’aller au Papandayan très actif aussi. Direction Cipanas pour trouver l’hôtel. Nous nous arrêtons au Tirtagangga* qui a l’air correct http://www.tirtagangga-hotel.com/ mais il n’y a aucune insonorisation : entre la rue et les hauts parleurs de la mosquée d’a coté, la nuit n’aura pas été très tranquille. A noter : il dispose d’une grande piscine d’eau de source chaude (40 degrés, un peu chaud quand même pour y rester longtemps, en plus nous sommes vendredi et pour une fois il y a du monde !).425 000 IDR avec les pdj, je chercherais autre chose si je revenais un jour par là. Il se remet à pleuvoir assez fort, nous dinons au 1er warung que nous trouvons à coté de l’hôtel : 30 000 IDR pour 2 nasi goreng et 2 thés.

06/11 Nous poursuivons vers le sud et nous arrêtons en route à Kampung Naga. Un guide local nous fait visiter ce joli village traditionnel et nous explique la construction des maisons, la vie du village (sans électricité), il nous invite à boire un thé chez lui, c’est sympa mais on ne peut pas dire que les villageois soient très souriants… Nous poursuivons jusqu’au mont Galunggung (12 000 IDR pour 2+voiture) après une rude montée d’escaliers, nous arrivons au bord du cratère, un lac turquoise git au fond, ce n’est pas très spectaculaire mais la route pour venir valait le coup. Nous plaisantons et faisons des photos avec un groupe d’indonésiens « apprentis guérisseurs » si j’ai bien compris, qui vient là pour faire le tour du cratère et puiser la force du volcan. Mais le temps se couvre et nous sommes moins courageux, retour au Nivobus direction la mer et Pangandaran. Il fait bientôt nuit et la route n’est pas très bonne entre Banjar et Pangadaran. Nous décidons donc de nous arrêter à Banjar, ville moyenne qui semble assez animée. Le tour des hôtels est vite fait, il n’y en un qu’un seul moyen de gamme : le Banjar indah 355 000 idr avec pdj, c’est un peu bruyant mais propre. L’étape n’est pas très intéressante, en cas rapide à la patisserie d’en face et passage au warnet (cyber café) pour 3000 idr l’heure (nous ne sommes pas dans un coin touristique et ce sera le moins cher du voyage).

07/11 Nous prenons la route vers Pangandaran cette fois et faisons halte avant d’arriver sur la plage de Karang nini (15 000 idr l’entrée pour 2 + la voiture), puis à Batu hiu, le rocher du requin où les familles viennent se promener et d’où la vue sur la cote est assez large (25 000 idr). Nous allons ensuite au Green canyon (75 000 idr) où nous prenons un bateau pour remonter la rivière jusqu’à des gorges assez étroite. C’est assez joli, sans plus, et les moteurs sont du genre très pétaradants : on a un peu l’impression de se promener sur une tondeuse à gazon en pleine action🤪…. Nous terminons la journée par green canyon 2 ou sungai citumang. C’est un peu difficile à trouver et la route est parsemée de « péages » à chaque petit village, ça énerve un peu, mais au bout du compte nous n’aurons pas dépensé plus de 25 000 idr jusqu’aux gamins qui insistent pour nous escorter jusqu’aux chutes d’eau en trimballant des gilets de sauvetage. La fin du chemin au bord de l’eau est très jolie et invite à la baignade, si j’avais su j’aurais sans doute prévu de passer un peu plus de temps ici pour faire trempette ou d’y casser la croute. C’est même plus sympa que green canyon finalement et malgré tous les péages. Assez de visites pour aujourd’hui, nous repartons en « ville » et le 1er hotel proposé par Nivori sera le bon : Nyiur resort***, http://www.nyiurresorthotel.com/ sympa et bien placé, genre hotel pour groupes 375 000 idr avec le pdj buffet. Nous allons nous balader du coté de la plage, le tour est assez vite fait, nous passons au money changer. La commerçante est sympa mais nous dit que toutes la région de jJgjakarta est difficile d’accès à cause du Mérapi (cela ne s’avérera finalement pas vrai)… Bon, on improvisera… c’est aussi ça l’avantage de ne pas réserver à l’avance…

08/11 La route est longue aujourd’hui : nous remontons sur le centre direction Wonosobo. Nivori nous propose de prendre le bateau et de venir nous rejoindre à Cilacap, mais nous préférons rester en voiture, ce sera plus rapide. En route, nous visitons un atelier de poteries, et nous arrêtons pour notre pause café habituelle du milieu de matinée. Nous ne sommes pas loin d’une école et le professeur vient nous voir pour nous proposer de rendre visite à ses élèves et de parler un peu anglais avec eux. La 1ère classe est une classe de filles d’une quinzaine d’années, elles font les timides au début puis se dégourdissent et nous posent quelques questions : sommes nous mariés, avons-nous des enfants, que faisons nous en Indonésie, quels conseils leur donnerions nous pour leur vie future etc etc etc… Même chose dans une deuxième classe, puis séance générale de photos dans la cour. Cela restera dans nos mémoires un moment ma foi bien sympathique ! Bon c’est pas le tout mais on a encore pas mal de route ! Nous arrivons à Wonosobo en début de soirée. Hotel suryia Asia*, correct et proche du centre, 325 000 idr avec pdj http://www.suryaasia.com/, nous faisons un tout en ville et dinons très bien au resto chinois Murni Rasa, situé un peu plus haut que l’hôtel en direction du centre 131 000 idr toujours avec 2 grandes bintang !

09/11 Dieng n’est qu’à 26 km (environ 1 Heure de route) mais sur les conseils de Nivori, nous partons à 7h30 pour éviter le brouillard (la route du retour lui donnera raison). Ce serait dommage de ne pas profiter du panorama : collines et potagers en terrasse. Arrivés à Dieng, nous prenons à pied le chemin qui passe par le complexe d’arjuna (temples), Nivori nous rejoint un peu plus haut et nous conduit au cratère bouillonnant et boueux de kawah sikidang, puis nous faisons un tour au lac turquoise et aux grottes de telaga warna. Là encore, nous sommes les seuls touristes blancs, et nous n’échappons pas aux demandes de photos des groupes scolaires en goguette. Cette visite nous a bien plu pour l’environnement et la route pour rejoindre Dieng, même si au regard de certains temples d’inde du sud le site lui-même n’est pas exceptionnel. Je conseille ! Par contre les points d’intérêts sont assez distants et peut être pas très faciles d’accès sans voiture…(environ 65 000 idr pour 2 pour l’ensemble des visites). Nous repartons par la même route puis prenons la direction de Borobudur, la paysage devient poussiéreux, puis carrément gris… une grosse couche de cendre grise recouvre tout, a cassé les branches des palmiers, ambiance de fin du monde, même Nivori n’a jamais vu ça… Si vous avez vu le film « la route » c’est tout à fait ça. Borobudur est fermé, je prends une photo de loin, à travers les grilles, un masque sur le visage. Ça fait très bizarre, d’autant plus qu’un peu plus au sud, à Jogjakarta, tout à l’air normal. Bon j’avais bien prévu de passer par Kaliurang pour profiter de la vue sur le Mérapi mais ce n’est pas le moment !!! Nous n’aurons donc pas visité Borobudur mais quelque part, nous avons du bol quand même car si tout avait été normal, nous tombions à Jogjakarta en même temps que Obama… et là, les hotels ça n’aurait pas été la même !!!! En effet, l’aéroport de Jogjakarta est fermé, de nombreux touristes ont pris d’autres direction, du coup nous tentons le superbe Phoenix hôtel 🙂🙂🙂🙂🙂********… et nous voila partis pour 2 nuits à 700 000 idr chacune avec un petit dej comme je n’en ai vu nulle part ailleurs, et une belle chambre deluxe avec terrasse donnant sur la piscine http://www.accorhotels.com/...gyakarta/index.shtml La piscine est très chouette, nous ne sommes pas très loin à pied du quartier animé de sosrowikjayan… il y a même un fil à étendage dans la salle de bain, tout va bien ! Après une petite baignade, il se met à pleuvoir à verses, nous allons diner au FM café sous nos ponchos de pluie… bof, ça ne valait pas tant d’efforts !

10/11 Il fait beau ce matin, après un copieux petit dej (on ne sait plus où donner de la tête tellement il y a de buffets), nous voilà partis pour visiter le Kraton (50 000 idr pour 2 avec un guide) sympa. Ensuite, nous allons au Taman sari (bains du sultan) 15 000 idr, à la mosquée souterraine, puis au marché aux oiseaux. Il est encore tôt, du coup Nivori nous conduit à prambanam, à environ 30 mn de jogjakarta. La visite du temple est assez rapide, car une bonne partie du site est en cours de restauration. Il fait vraiment très chaud et nous n’aspirons qu’à une seule chose… ze piscine 😛 !!! Lorsque nous sortons, le temps tourne à nouveau à la pluie du coup ce soir nous n’allons pas loin : ce sera Mac Do !!! (72 000 idr pour 2 menus du genre big mac + 1 hamburger gratuit en prime !). A noter : dans pas mal de Mac Do en indonesie, des postes internet sont à disposition si on consomme (pas très rapide en général, mais mieux que le wifi lorsqu’on voyage sans PC).

11/11 Gros Petit dej re-belote… miam ! puis nous mettons le cap au sud pour aller voir la plage de parangtritis. On y est assez vite, la plage est immense, mais c’est le désert, il n’y a que quelques cahutes ouvertes et apparemment pas grand-chose en hébergement, en plus avec l’activité volcanique soutenue en ce moment, Nivori n’est pas très rassuré concernant les tsunamis… Bref, on ne se voit pas trop rester là toute la journée, du coup nous repartons direction Solo (Surakarta). En route, Nivori nous arrête dans une cour où une indonésienne fabrique des chips à base d’une sorte d’amandes qui poussent dans les arbres alentours, puis nous allons voir le temple Plaosan, perdu dans une jolie campagne que je n’avais pas mis au programme non plus… c’est sympa. Nous arrivons à Solo assez tôt dans l’après midi et visitons le marché avec Nivori comme guide (un vrai plus : ça aide vraiment de l’avoir pour savoir ce que l’on voit, comment ça se mange, ou comment ça se cuisine…), puis nous allons au marché aux antiquités, touristique mais sympa. Aujourd’hui encore il fait très chaud malgré la clim du nivobus et nous nous jetons non sans volupté dans la grande et belle piscine de l’IBIS ! Cet hotel est d’un rapport qualité prix tip top ****: 230 000 idr pour 2 sans le pdj, chambre avec grande baie vitrée donnant sur la ville, couleurs un peu plus flashy et déco plus sympa (plus moderne) que dans les ibis standard, PC internet gratuit dans le lobby, hotel bien placé dans la ville…que demande le peuple ??? c’est sur, si je reviens à Solo, je reviendrai là direct! http://www.ibishotel.com/...bis-solo/index.shtml Nous allons diner dans un resto italien pour changer, (o sole mio, pas loin de l’ibis) mais une fois encore, le look est sympa, mais le rapport qualité prix très médiocre pour le pays.

12/11 Avant de poursuivre vers l’est, nous allons visiter le palais. La guide est très sympa, et même si je ne suis pas fan de vieilleries ni de monuments historiques, il aurait été dommage de l’éviter (et, au passage, de rater la ceinture de chasteté pour homme !) 45 000 idr. Ensuite, nous allons à Candi Ceto, un très joli temple près du mont lawu, qui ne ressemble pas à ceux que nous avons déjà vus. C’est très calme et la vue sur les environs est splendide (20000 idr). Ensuite nous visitons le candi sukuh (20 000 idr), pas très loin. Le temple est à voir aussi, mais l’ambiance n’est pas du tout la même… Les voisins devaient préparer la fête du village ou je ne sais quoi et testaient la sono à plein régime… bref rien à voir avec la sérénité de candi ceto ! Nous retrouvons un peu de paix pour le déjeuner : Nivori nous emmène au sukuh cottage, la terrasse qui donne sur le jardin est splendide (vue panoramique), nous mangeons très bien, une petite fontaine coule à coté, c’est paisible et le propriétaire est fort sympathique… allez y ! (il font hôtel aussi mais c’était trop tôt pour nous) http://sukuh-cottage.com/ Nous repartons sur tawangmangu et allons faire un tour à la cascade grojogan (sympa – 38 000 idr). Ensuite il nous faut trouver un hotel, et là ça se complique, il n’y a pas grand-chose en moyen de gamme et il serait dommage de continuer plus loin car la route qui suit est jolie le matin de bonne heure et à cette heure ci, si nous continuons, nous allons louper le panorama. Nous finissons par trouver le pondok indah*, simple, mais pas si mal finalement, un peu éloigné de la route 287 000 avec pdj (toasts) http://hotelindahpalace.com/tawangmangu/contact-us/ Il fait sombre à la nuit tombée, nous ne voulons pas marcher dans le noir sur une route avec tout de même pas mal de trafic et nous allons donc manger 2 nasi goreng dans un warung non loin de l’hotel (11 000 idr). L’accueil est sympa … mais contrairement à ce que nous avons vu jusque là, il n’y a pas de table avec un banc, une paillasse sur le sol… et une espèce de « banquette » recouverte de la toile cirée… on hésite un peu, se demandant s’il faut s’asseoir sur la banquette😐… la « patronne » ne parle pas anglais… Finalement, non, nous finissons par comprendre qu’en fait c’est ça la table ! Donc maintenant, vous saurez en pareil cas : asseyez vous sur la paillasse (enlevez vos chaussures), et mangez sur la « banquette » !

13/11 Une longue route nous attend aujourd’hui. Nous partons assez tôt pour profiter du très chouette paysage entre tawangmangu et semarang avant que le brouillard ne se lève. Puis nous poursuivons sur Pacitan, là aussi la route est pleine de virages, mais l’on se trouve dans des coins vallonnés avec rivières et forêt… c’est très sympa. Nous allons directement voir Goa gong en arrivant car il pleut, comme ça nous serons a l’abri ! (à environ 45 mn du village). Ce sont des grottes, comme tant d’autres me direz vous, mais ce que j’ai trouvé sympa, c’est que pour la 1ère fois, on nous laisse seuls faire le parcours : nous évitons donc les sempiternels commentaires sur la crème glacée, les formes parfois équivoques des formations calcaires ou le traditionnel cours sur la formation des stalag mites et tiques😕. C’était donc sympa : 13 000 idr avec location d’une grosse lampe de poche. En plus il ne pleut plus quand nous sortons. Un petit en-cas, et direction Pacitan centro. Nous passons d’abord par la grande et jolie plage de pantai Ria teleng (10 000 idr). Nivori me fait essayer le nivobus (avec vitesses au volant… ça me rappelle un peu ma bonne vieille 4L). Pendant ce temps, Franck essaie de trouver une chambre dans les bungalows en bordure de plage (sans succès, tout est plein). Nous allons donc dans le centre, le 1er hotel ne nous inspire guère… Là non plus il n’y a pas grand-chose en milieu de gamme… Nous optons finalement pour la « queen suite » du Srikandi**. C’est très bien, calme, entre 2 jolies rizières. Il faut juste s’expliquer un peu pour avoir drap du dessous + drap du dessus à la place de la couverture ! 300 000 idr avec pdj (pancake). Leur resto est délicieux lui aussi et super bonus, la carte est traduite en anglais et assortie de photos ! 94 000 idr pour 3 plats et du riz… et un lassi à la bière… nous avions d’abord cru qu’il s’agissait d’une appellation déguisée pour « bintang », mais non… c’est spécial mais finalement ça se boit ! http://www.eastjava.com/...n/accommodation.html

14/11 Je me lève tôt (en fait, dans quasiment toutes les chambres, le jour nous réveille de très bonne heure) pour prendre quelques photos du lever de soleil sur les rizières autour de l’hotel. La route est encore longue aujourd’hui. Tout d’abord Nivori nous emmène à nouveau à environ 30mn aller vers l’ouest pour voir la magnifique Srau beach😮 que je n’avais pas prévue (ça vaut franchement le détour, c’est sans doute la plus belle plage que nous ayons vue a Java) 8000 idr, pour ceux que ça tente, sachez toutefois qu’il n’y a pas d’hébergement sur place. Initialement, à partir de Pacitan, je voulais aller sur Blitar, voir le temple de penataran et le gunung kelud (volcan) à proximité. Mais apparemment cette route est très mauvaise et Nivori nous suggère plutôt d’aller sur Batu, avant Malang. Je ne sais pas si nous avons bien fait car cette étape n’aura pas été d’un grand intérêt : la route entre Pacitan et Ponorogo est toujours jolie mais nous l’avions déjà prise à l’aller, et ensuite, il n’y a plus grand-chose d’intéressant jusqu’à Batu où nous arrivons tard (enfin, il fait déjà nuit, donc nous ne pouvons pas voir grand chose). Si quelqu’un connaît la route pacitan-blitar je suis preneuse d’infos histoire d’en avoir le cœur net… Un truc par contre que Nivori nous montre et que je n'avais jamais vu : la "maison des hirondelles" : des bâtiments, assez hauts, sans fenêtre, climatisés et surveillés, sensés reproduire l'intérieur de grottes où les hirondelles aiment s'installer : si ça marche, c'est le jack pot avec la récolte des nids...mais ça ne marche pas toujours.... A Batu nous nous posons dans un hotel sympa mais assez cher pour le niveau et pour le pays, par rapport à ce que nous avons eu jusque là. Kartika wijaya** 575 000 idr avec pdj + PC internet gratuits + jolie piscine. http://www.kartikawijaya.com/ Nous allons diner dans un warung à coté (avec table et bancs cette fois !) bons petits satays, riz et thé pour 28 000 IDR.

15/11 Ce matin nous commençons par aller voir les sources de sumber brantas (6000 idr). Un local nous indique un petit chemin qui nous conduit au bord de la rivière chaude et dans un coin où il n’y a personne, une petite cascade un peu plus haut…c’est très sympa (à droite en bas des escaliers puis encore a droite sur un tout petit sentier, à 5mn des escaliers). Sinon, ça ressemble un peu à Ciater : des piscines où les indonésiens viennent se tremper… et Nivori qui goute l’eau de la piscine pour savoir si elle est sulfureuse 😐 !!! Nous prenons ensuite la direction de Malang, nous arrêtons sur la place principale (alun alun) et allons prendre un verre dans un restaurant hollandais qui a gardé son aspect colonial le Toko oen, apparemment une institution…pleine de guides et de touristes mais bon ! http://www.toko-oen.nl/index.php Quoi qu’il en soit j’en profite pour gouter un jus d’avocat : en Indonésie ça se boit sucré… et c’est délicieux ! Nous nous arrêtons ensuite au temple de Singosari (5000 idr), puis prenons la longue route vers le Bromo. Nous arrivons en fin d’après midi, au départ Nivori nous propose un hotel bien en amont de Cemoro lawang… Le problème c’est que c’est désert, pas très cher, mais il n’y aura pas moyen de négocier la jeep et ça fait loin pour le réveil du lendemain. Nous décidons donc de poursuivre sans trop savoir ce qui nous attend. Nous allons voir yoshi guest house**, le 1er hotel avant cemoro lawang (village « terminal » avant la piste pour le Bromo). C’est très sympa, (déco un peu rococo), il y a du monde : nous nous arrêtons là. Chambre + resto +petit déjeuner nous reviennent à 451 000 idr. En plus nous faisons la rencontre d’une française gemmologue et passionnée de volcans : soirée intéressante ! Au départ, je n’avais pas envie de faire le tour au lever de soleil pour éviter la foule. Le problème, c’est que si nous voulons aller au point de vue plus tard, il nous faut réserver une jeep pour 2, ça coute 350 000 idr alors qu’en partageant la jeep avec d’autres, cela nous revient à 90 000 idr par personne (+ 25 000 idr de permis qu’on paie dans tous les cas). Nous prenons donc finalement la 2ème solution avec départ à 3h30 de yoshi…(pas de problème, ils vous réveillent à l’heure !).

16/11 Lever de bonne heure donc, et direction le point de vue sur le Bromo à 6 dans la jeep avec le chauffeur. Nous arrivons au point de vue (Penanjakan) un peu avant le lever de soleil… je ne suis pas sure qu’on puisse faire autrement pour arriver là qu’en louant ces jeeps…je n’ai pas vu d’autre véhicule en tous cas. Bon arrivé là haut, c’est un peu décevant, il y a effectivement beaucoup de monde (je n’imagine même pas ce que ça doit être en haute saison), c’est quand même assez étendu pour que chacun puisse admirer le point de vue, mais le lever de soleil est plutôt gris et ça ne sera surement pas la photo du siècle ! A noter aussi, il ne fait pas aussi froid que ça (peut etre 10 degrés ?) : un tee shirt, un sweat et une polaire suffisent si vous êtes « normalement frileux », si vous avez un doute ne vous chargez pas trop dans les bagages car ils louent des doudounes sur place de toutes façons. En redescendant pour aller sur la caldeira, nous nous arrêtons à un autre point de vue que je trouve plus chouette : en plus la lumière est un peu plus dorée maintenant. Cela confirme ma 1ère idée, si vous arrivez suffisamment tôt la veille pour trouver d’autres touristes ou négocier directement avec un chauffeur, partez plus tard ! (ceci dit il y a peut être de très beaux levers de soleil aussi, mais pour ma part, c’est ce que je referais avec le recul). La jeep nous emmène ensuite dans la caldeira, et nous marchons environ 30mn (vous pouvez prendre un cheval) + escaliers pour arriver tout au bord du cratère du Bromo : on l’entend gronder et on voit très bien sortir la fumée… Quelques jours plus tard d’ailleurs, l’accès sera interdit car il s’énerve un peu trop lui aussi ! La vue sur la caldeira avec les nuages qui commencent de s’y déverser est presque plus chouette que celle du volcan lui-même… C’est à voir ! Nous nous retrouvons au Yoshi vers 10h00 pour le petit déjeuner puis reprenons la route. J’ai demandé à Nivori de nous emmener à Kalibaru plutôt qu’à Sempol pour aller voir le Kawah ijen le lendemain : la route et les accommodations semblaient plus sympas. En effet, nous nous arrêtons en route voir les plantations de cacao et d’arbres pour faire la térébenthine (je ne sais plus le nom), et nous trouvons un joli hôtel où nous sommes encore une fois tous seuls à profiter de la jolie piscine. Margo Utomo cottage , 575 000 idr avec un casse croute inclus car nous allons encore devoir nous lever tôt demain… http://www.margoutomo.com/...tomo-facilities.html Nous dinons à l’hôtel 144 000 idr, correct.

17/11 Lever à 4h30 pour ne pas arriver trop tard à Ijen (apparemment c’est tôt aussi depuis sempol…). Les villageois sont des lève-tôt aussi, on voit les maisons s’éclairer les unes après les autres… Il faut dire que c’est un jour spécial, l’équivalent indonésien de l’Aïd el Kebir (fête du sacrifice). C’est férié aujourd’hui et on voit beaucoup de monde se diriger vers les mosquées… Le problème c’est que c’est désert aussi lorsque nous arrivons à Licin à 6h15 (village terminus avant la piste pour Pos Paltuding). Ca tombe mal, il n’y a qu’une jeep qui accepte de nous emmener pour 450 000 idr (gloups !🏴‍☠️ ). C’est cher et on a bien l’impression d’être les pigeons du jour, mais nous n’avons pas le choix. En temps normal les prix peuvent se négocier autour de 300 000 – 400 000 idr la jeep. Bref… Nous arrivons à Pos Paltuding à 7h15, prenons le permis (60 000 idr avec le permis photo), et partons sur le long sentier qui conduit au cratère. Ca grimpe ! Nous y sommes vers 8h30. Pas trop de monde là haut ! Au début c’est très couvert et les vapeurs de souffre montent jusque là, au bord du cratère c’est assez comique, il ya un panneau directionnel qui montre que c’est interdit de descendre… par là ! De toutes façons il n’y a pas beaucoup de porteurs de souffre aujourd’hui… mais même sans ça, je ne pense pas que je serais descendue, de crainte de me retrouver dans leurs pattes… ils ont mieux à faire que d’éviter les touristes je pense. Regardez plutôt ce très bon documentaire les concernant : http://documentaires.france5.fr/...es-forcats-du-volcan Par moment le cratère jaune, et le lac d’acide turquoise se découvrent, c’est splendide, sans doute plus spectaculaire que le Bromo… en tous cas ça valait bien l’effort. En redescendant nous déjeunons avec les box remises par l’hôtel puis retrouvons la jeep à 10h15, et Licin à 11h15… Nous n’avons pas eu envie de nous arrêter voir les plantations de caféiers en route. A noter pour ceux qui souhaitent se lever moins tôt : l’ijen resort n’est pas loin de Licin (mais un peu cher et il n’y a rien d’autre à coté, je ne sais pas si on peut négocier facilement en arrivant à l’improviste) http://www.ijendiscovery.com/ Dernière étape avec Nivori jusqu’à Ketapang… En terme de timing sachez que vous pouvez faire tout ça et arriver tranquillement au ferry à 14h30. Nous allons dans un dernier resto avec vue sur Bali, histoire de ne pas se dire au revoir bêtement sur un parking, puis Nivori nous accompagne au ferry. Il mettra 2 jours pour rentrer chez lui, et pour moi les adieux sont toujours aussi durs, je crois que je ne m’y habituerai jamais… Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste !!!!!!!!!!!!!!! 🙁🙁🙁🙁🙁🙁

BALI http://maps.google.fr/...06,0.110378&z=13

La traversée vers Bali dure environ 30mn (11 400 idr pour 2). Nous arrivons à Gilimanuk…et là… je m’attendais à des taxis, des bémos mais non ! i ! n’y a rien au débarcadère… Un premier policier nous demande si on veut un taxi et propose 400 000 idr pour aller à Pemuteran (heureusement que Nivori nous avait donné une idée des prix), nous passons une espèce de douane où 2 autres agents finissent pas appeler un copain (policier) qui nous emmène (en dehors de son service) pour 160 000 idr après négociation démarrée à 300 000, et 2-3 coups de fils, c’est à même pas 30mn, la route est bonne, mais il doit faire le retour aussi… Nous n’avons rien réservé et lui avons demandé de nous arrêter dans plusieurs hôtels si le 1er ne nous convient pas (Pemuteran est assez étendu). Finalement, le 1er sera le bon : Pondok Sari***, pur style balinais comme on l’imagine, très jolie piscine d’où l’on peut voir les oiseaux se promener sur les nénuphars dans le bassin juste à coté, accès à la plage, petit –petit déjeuner- ce sera toujours le cas à Bali : ils sont rapiats sur les petits déj et aiment bien le cash, une commission de 2.5 à 3% est souvent demandée si vous voulez payer par carte ! http://pondoksaribungalow.com/ 540 000 idr. Par contre ça change tout de suite de l’ambiance javanaise où nous étions souvent les seuls blancs… le nord de Bali a beau ne pas être très touristique le contraste nous surprend ! Nous mangeons très très bien en face de l’hotel au restaurant suka sari 135 000 idr barracuda frais et 2 bintangs. A savoir (nous ne nous en sommes pas aperçu tout de suite), il ya 1H de plus à Bali qu’à Java (changement de fuseau horaire)!!!

18/11 Nous avons envie de nous reposer un peu et avons repéré la veille le Taman Sari***, similaire et un peu moins cher (450 000 idr, piscine et chambre sont légèrement moins sympa qu’au Pondok, mais tout à fait correctes). C’est là que nous resterons les 2 nuits suivantes. http://www.balitamansari.com/cottages-acc.htm Nous flemmardons et louons un scooter l’après midi 40 000 idr pour aller voir les alentours. Nous louons le scooter chez une dame qui habite à coté de l’hôtel et nous le propose depuis sa fenêtre… il y a 2 casques, mais il ne faut pas compter sur l’assurance (ce sera toujours le cas), et la jauge n’est pas très fiable mais bon…il y a des « stations » service de partout : des gargotes avec des bouteilles en verre de 1 litre : c’est 5000 idr le litre ici, ou 4500 dans les « grandes » stations… mais bizarrement pour un pays producteur, les stations sont assez régulièrement à sec à Bali… A savoir ! Nouveau diner au suka sari : nous sommes abonnés maintenant !

19/11 Le patron du suka sari nous a négocié le tour de snorkeling sur l’ile Menjangan (300 000 idr pour 2), il nous a préparé le pic nic de midi et nous emmène lui-même au débarcadère vers 9h00(pas très bien indiqué si on ne connaît pas, mais ce doit être faisable en scooter). Nous embarquons avec un petit groupe d’australiennes fort sympathiques et commençons par un spot sur le sud de l’ile. Ca faisait un moment que je n’avais pas fait de snorkeling, et comme le vent souffle, nous partons directement du bateau, ça brasse et c’est un peu hard pour une reprise ! Les coraux sont sympas mais la mer est par endroit jonchée de sacs plastiques… pas très glamour… Heureusement, Nivori nous avait conseillé de négocier aussi le coral garden dans le package. Nous déjeunons sur l’ile puis le bateau nous emmène a Coral Garden, effectivement, de ce coté là c’est calme et propre… on se laisse tranquillement porter par le courant jusqu’au temple de ganesh en admirant les coraux et les poissons de toutes sortes… là c’est sympa ! Retour à 14h00, fin d’après midi tranquille à l’hôtel et nouveau repas …au Suka sari bien sûr !

20/11 A l’hôtel nous avons fait la rencontre d’un charmant couple de retraités suisses qui connaissent bien Bali et nous ont donné des tas d’infos sur le secteur. Nous avons donc réservé l’hotel qu’ils nous conseillaient à Lovina. Il y en a pour à peu près une heure de route, c’est étendu donc nous y serions allé en taxi si nous avions eu l’hotel à trouver pour ne pas avoir à marcher dans la chaleur avec les sacs à dos, mais là on se dit, on va prendre le bus. A peine arrivés sur la route qu’il y en a justement un qui arrive (il suffit de faire signe, il n’y a pas de « station »). C’est un « grand » bus, mais assez bondé… L’assistant du chauffeur, n’est pas très grand mais costaud ! Il grimpe sur le toit et hisse d’un bras le gros sac de Franck, on installe mon sac à dos où on peut, je trouve une place assise, mais Franck sera debout tout le long (la route est plutôt droite mais il n’y a pas de clim et il fait chaud !). On arrive en se demandant bien comment on va pouvoir descendre entre les sacs de riz, les gens debout dans l’allée centrale, mais « l’assistant » est tip top, il nous arrête à coté de l’hôtel, m’aide à descendre mon sac, et descend celui du toit. 50 000 idr pour 2 + les sacs. Nous faisons notre check-in au Malamun***. Les suisses avaient raison, c’est l’un de nos meilleurs rapport qualité prix à Bali : jolies chambres modernes et calmes donnant sur la piscine et le jardin, pas très loin du centre, thé et café à volonté, personnel charmant, Suzie, la propriétaire australienne est très sympa, bref, notez cette adresse si vous allez à Lovina ! Du coup nous restons 2 nuits ! (350 000 idr la nuit avec petit dej) http://www.hotelmelamun.com/ Nous allons faire un tour sur la plage à deux pas de là, mais elle n’incite pas franchement à la baignade…(sable noir, eau pas très claire…), il fait très chaud, nous glandouillons à la piscine après nous être renseignés sans grand succès sur les locations de voitures sans chauffeur avec restitution ailleurs qu’à Lovina…On verra ça plus tard puisque nous restons 2 jours ici. Nous en profitons pour faire faire une grosse lessive dans une boutique dans la rue (60 000 idr pour peut être 4-5 kilos sans le repassage). Diner dans la même rue que l’hotel, resto le plus proche de la plage le « dolphin », bintang, king prawns (miam) et musique live pour 220 000 idr

21/11 Dernier jour à Lovina. Nous n’avons pas envie d’aller voir les dauphins (tour habituel ici), car il parait que beaucoup de bateaux à moteurs leur tournent autour et les dérangent, je n’adhère pas franchement… Donc aujourd’hui nous louons un scooter à l’un des employés du Melamun (40 000 idr la journée). Nous commençons par faire un tour à la cascade de singsing, assez sympa, il y a une 2ème cascade un peu plus haut, pas très loin. A savoir : en face des lieux touristiques, il y a en général toujours une gargote où vous payez à peu près 2000 idr pour les scooters (ça ne craint rien à Bali). Nous prenons ensuite la route de Munduk. Il n’y a pas beaucoup de panneaux (ou ils sont souvent cachés par les arbres), mais en scooter c’est facile de s’arrêter pour demander, nous n’avons pas eu besoin d’acheter une carte, le Lonely planet et le guide voir nous ont toujours suffit. Nous nous retrouvons au pas dans une procession hindouiste. C’est sympa, les balinais nous proposent de prendre des photos. Puis nous continuons à grimper, le paysage est très vert, très chouette, et plus on monte, plus ça se rafraichit… Nous nous arrêtons visiter une autre cascade juste avant Munduk, mais bientôt, le temps tourne à la pluie… Nous verrons les lacs Tambligan et Buyan dans la grisaille, mais c’est sympa quand même (beaucoup de champs d’hortensias bleus revendus pour les offrandes dans ce secteur). Nous rejoignons ensuite la « grand route » direction Singaraja, nous mettons à l’abri d’une grosse averse dans un resto juste en face de la cascade Gitgit (celle-ci est la plus jolie des 3 vues ce jour là, avec un petit temple devant). Si vous venez du sud, comme nous, la « vraie » cascade n’est pas celle correspondant aux 1ers panneaux que vous verrez, mais peut être 1 ou 2 km plus bas sur la route (escaliers en béton sur la gauche 5000 idr par personne). Nous arrivons à Singaraja… On commence d’avoir un peu mal aux fesses mais puisque nous sommes dans le coin nous allons voit un peu plus à l’est à Sangsit les très jolis temples pura beji, pura dalem et le pura meduwe karang où l’accueil est franchement moins sympa (un espèce de jeune prêtre qui dormait quand nous sommes arrivés et qui a du se lever du pied gauche…). Là aussi, pour tous les temples que nous avons vus, la plupart du temps un bermuda qui descend en dessous du genou suffit pour rentrer, parfois on vous demande de passer une ceinture (plus rarement un sarong), compris dans la donation ou le prix de l’entrée : ne vous embêtez donc pas à trimballer un sarong avec vous ou à porter un pantalon (il fait chaud !). La journée était chouette. Mais après 120 km de scoot (3 litres d’essence), sur les petites routes balinaises, nous sommes de retour à Lovina un peu avant 17h00 en avons plein le … dos !🤪 Piscine et Dolphin et dodo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

22/11 Puisque nous n’avons pas trouvé de voiture que nous pouvions conduire nous-mêmes, via les employés du Melamun nous prenons les services d’un chauffeur à la journée : pour 320 000 idr ce sera plus souple et que la « navette » vers Ubud (160 000 idr pour 2). Nous négocions de passer par la jolie route pupuan-antosari, d’aller voir tanah lot, mengwi, puis de tourner pour chercher un hotel à Ubud. Nous perdons un peu de temps en partant pour trouver une station approvisionnée, la route vers antosari est magnifique : nous surplombons des rizières, nous arrêtons dans un joli temple très calme (vihara darma giri), puis allons faire un tour à Tanah lot, le temple qui donne sur la mer, chouette (25 000 idr pour 2). Mengwi est à voir aussi (6000 idr pour 2), il se met à pleuvoir quand nous en partons. Nous voulions aller au alam indah au sud de la monkey forest mais c’est plein, nous nous rabattons sur le swasti cottage non loin de là 403 000 idr la nuit avec pdj. Sur le coup ça nous parait bien : chambre avec jolie terrasse donnant sur le jardin et la piscine. Mais finalement je déconseillerai : sans la clim nous avons très mal dormi pendant 3 jours. Nous avons fait quelques autres hotels, en fait, Ubud n’est pas d’un bon rapport qualité prix pour l’hébergement, mais à la réflexion nous aurions sans doute du rester au Artini 3… Nous longeons la monkey forest à pied à la nuit tombée avec une petite lampe de poche (c’est sur que nous ne le ferions pas tous les pays !), remontons monkey forest road, très « commerçante » c’est le moins que l’on puisse dire, rien ne me rappelle ce que j’avais vu il y a une 12zaine d’année, mais ce n’est pas désagréable. Nous allons manger le babi guling (toutes sortes de morceaux de cochon) au fameux warung « Ibu oka », en face du palais. 12 000 idr, très bon rapport qualité prix, mais pas aussi exceptionnel que ce à quoi je m’attendais…

23/11 Scooter le retour 😛! 60 000 idr en face de l’hôtel pour 2 jours (ils proposent toujours 50 000/ jour au départ). Nous partons voir Goa gajah à l’est (sympa 30 000 idr pour 2), puis revenons par mas (artisanat) direction sayang et les rizières en terrasse dans la vallée de l’ayung au nord ouest d’ubud. Fin d’après midi à la pistache et direction le bebek bengil *** !!!!!!!! C’est cher (268 000 idr, avec 2 bières) mais très joli (on se croirait le soir dans un jardin des milles et unes nuits, alors que la façade ne paie pas spécialement de mine), et le crispy duck est très bon (quoi que pas très copieux)…si j’avais su j’aurais pris la commande spéciale de canard entier mijoté à réserver la veille… allez y absolument ! http://www.agungraka.com/bebekbengil/default.asp

24/11 Re-scooter, cette fois ci nous remontons vers le nord pour aller voir le pura danu bratan comme « posé » sur le lac bratan, juste après bedugul (22 000 idr pour 2). Pour revenir nous passons par la petite route qui traverse les rizières en terrasses autour de jatiluwih, puis par la encore plus petite route qui retombe sur Marga (un conseil pour vos postérieurs : ne suivez pas les panneaux, faites confiance aux locaux, même si ça parait plus long sur la carte !). Nous dinons en face du bebek, dans un très bon resto qui propose de délicieuses ribs sauce balinaise ! (150 000 idr)

25/11 Hier nous avons négocié un chauffeur à la journée sur monkey forest road. Nous sommes tombés sur Made Mangku 🙂🙂🙂 qui nous emmène à Amed en passant par le mont Batur pour 350 000 idr. Il est très pro et très sympa, parle bien anglais, n’hésitez pas à faire appel à ses services : gd_mangku@yahoo.com – tel 62 (0) 81-338 348 383. Il nous arrête d’abord au money changer. Le meilleur que nous ayons trouvé à ubud est le dernier avant le stade en remontant monkey forest road, mais ils n’acceptent de ne changer que 200 euros par jours, soyez prévoyants ! (à Amed, pas de distributeur et les cours dans les boutiques ne sont pas très favorables). Nous quittons ubud par une très jolie petite route de campagne, nous nous arrêtons dans une plantation de café sympa où Made nous montre différents arbres, nous dégustons plusieurs thés et cafés, je goute enfin le fameux rambutan (fruit très parfumé), ils ne sont pas insistants pour nous pousser à acheter, c’est agréable, et la vue sur la forêt est très chouette. Nous continuons sur Penelokan, vue panoramique sur le Batur (lac et volcan). Puis nous voila partis sur Amed. La route est jolie, amed est en fait le 1er village au nord de de la cote est, nous continuons un peu plus loin et essayons le Santai 440 000 idr avec pdj. Le personnel est très sympa, le bungalow à priori agréable, la piscine assez chouette et l’hotel donne sur la mer, avec coraux à portée de brasse. Tout semble donc pour le mieux…à part que notre bungalow est tout près de la route et que la nuit, on a l’impression de dormir fenêtres ouvertes au dessus du périph… Le resto qu’un couple de français nous avait conseillé s’avèrera lui aussi très moyen…

26/11 Nous louons donc un scoot (50 000 idr la journée) et allons visiter les hôtels alentours. Nous ne tournons pas longtemps avant d’opter pour le Arya amed resort****, un peu plus au sud sur la route : c’est tranquille, belle piscine, jolie chambre avec bonne literie, et super clim pour 400 000 idr la nuit avec pdj (prix négocié sur la base de 3 nuits). http://www.tripadvisor.fr/...esort-Amed_Bali.html Ils viennent me chercher avec les bagages pendant que Franck suit à scooter. Puis nous partons en scooter, nager un peu plus bas sur la cote au « japanese garden » (en face de l’hotel kiriku ou quelque chose comme ça, avec un hippocampe. Le site est très chouette : beaucoup de coraux, et surtout, une épave que l’on peut voir en snorkeling en partant de la cote… c’est assez rare pour être signalé. Sinon le snorkeling sur la gauche du arya amed (quand on regarde la mer) est très sympa aussi, il faut juste marcher un peu sur la plage de galets avant d’atteindre les coraux (face à l’hotel apak abar à peu près). Ce soir nous avons réservé au « sails » sur la route du japanese garden, qui nous propose le free pick up. La vue et le cadre sont chouettes mais la cuisine s’avèrera d’un rapport qualité prix malheureusement très médiocre… je ne vous conseille pas.

27/11 Glandouille, snorkeling en face de l’hotel et diner à la vie en rose, petit resto sympa en terrasse, pas très loin du santai. 150 000 idr le poisson frais avec musique live (nous sommes samedi !)

28/11 Allez, encore un petit tour en scooter : nous longeons la jolie route cotière vers le sud, puis prenons direction la campagne de Sidemen. C’est un peu long, en plus le temps tourne à la pluie et sur le chemin du retour, nous manquons de nous foutre en l’air… pneu crevé sous la pluie au milieu de … rien (route et forêt, vous voyez le genre ?)… Gloups🤪. Nous poussons le scooter sur peut être bien… 200 mètres avant de tomber sur une gargote où on nous indique qu’il ya justement un « mécanic » 50 mètres plus loin… 😛😛😛😛La chance !!!!!!!!!!!!! ¼ d’heure et 30 000 roupies plus tard, nous repartons avec une chambre à air neuve ! Nous terminons la journée au bord de la piscine et allons manger cette fois au warung « c’est bon » (à coté et même genre que la vie en rose). 154 000 idr.

LOMBOK http://maps.google.fr/...847,1.766052&z=9

29/11 Le Arya Resort nous a vendu les billets du fast boat pour Gili un bon prix : 325 000 idr par personne, négocié avec le manager (bien moins cher que ce que j’avais repéré sur internet avant de venir, je suis contente de n’avoir pas réservé). Un taxi vient nous chercher à l’hotel et nous emmène au petit embarcadère à Amed. Nous devons grimper sur la navette depuis la plage, les pieds dans l’eau. Des indonésiennes nous aident à porter les bagages. Nous arrivons environ 1h plus tard à Gili trawangan, dans le centre. L’arrivée est tout de suite sympa, encore une autre ambiance : rue en sable, calèches (cidomos) et vélos, pas de moteur ! Nous n’avons pas envie de rester sur le centre un peu trop animé à notre goût et partons vers le nord à pied en nous arrêtant visiter quelques hotels ou bungalows. La jolie piscine de la villa Unggul***, pas très loin du centre, mais dans un coin plus calme http://villaunggul.com/gallery/ nous attire l’œil, et c’est là que nous restons dans une jolie chambre bien climatisée, avec eau douce (j’avais lu qu’il n’y avait que des douches à l’eau de mer sur Gili T, mais pas du tout…) donnant sur le jardin (très calme) pour 700 000 idr avec petit déj buffet (ah ! on retrouve enfin les « vrais » bons petits dej à Lombok !...en plus ils prennent les cartes sans commission supplémentaire !)… Nous allons explorer le nord de l’ile à pied et en profitons pour repérer quelques autres hotels… Si vous cherchez quelque chose de très calme vous pouvez rester dans ce coin, pour notre part, le secteur au nord du centre nous a paru d’un meilleur compromis calme – proximité des boutiques et restos. Après quelques visites le karma kayak est nous a semblé d’un bon rapport qualité prix (500 000 avec la clim), mais le plus beau, et plus cher, est sans conteste le villa grasia (850 000) http://www.villagrasia-lombok.com/ Nous tentons un petit coup de snorkeling de ce coté, mais on a de l’eau seulement jusqu’aux genoux jusque très loin du rivage : pas tip top pour accèder aux coraux. Nous repartons donc en face de notre hotel (avec sa plage et ses transats bien sur), et là le snorkeling est bien sympa en partant du bord : on est vite sur les coraux, puis on tombe sur un a-pic. Pas de courant fort, des poissons, des tortues…c’est sympa ! on va rester plusieurs jours !!! Resto café fortuna sympa en repartant vers le centre : poisson grillé et salade variée à volonté + bières pour 190 000 idr

30/11 et 01/12 Nous avons repéré un autre hotel juste à coté du villa Unggul : le villa almarick***, légèrement plus haut de gamme pour le même prix (700 000 idr, et entre autres, nutella au petit dej !) http://www.almarik-lombok.com/fr/resort.html Glandouille et snorkeling 1er soir, Re café fortuna : calamar et king prawns et salade variée à volonté + bières pour 230 000 idr. Très copieux ! 2ème soir on en a un peu mlarre du poisson et allons plus bas dans le centre manger… une pizza pas mémorable (oui… je sais !). Nous réservons aussi le ticket pour le bateau + minibus pour Senggigi le lendemain (150 000 idr pour 2)

02/12 Le bateau « des touristes » part à 8h15. On embarque (encore une fois les pieds dans l’eau), et arrivons à peu près 1h plus tard à Bangsal. Et là, pas de minibus… On se fait avoir comme des bleus : un chauffeur de cidomo nous dit que le parking des bus est loin, il nous emmène avec sa charrette bien… 200 mètres plus loin ! 20000 idr le tour en cidomo, tout ça pour attendre le minibus pendant ½ heures. Bref, si vous y passez vous êtes prévenus ! Enh arrivant à l’entrée de Senggigi le chauffeur du bus veut absolument nous laisser vers des copains « tourist info » à lui qui vont bien sur nous aider à trouver un hôtel. Nous refusons de descendre et lui disons que nous avons déjà réservé au villa Santosa (ce qui n’est pas vrai, mais il nous lâche la grappe et nous rapproche du centre). Bref, entre l’accueil à l’arrivée du bateau et le chauffeur du bus, on ne peut pas dire que Lombok nous donne une super bonne 1ère impression… Nous tentons le Santosa***, qui fait un peu grand hotel pour groupes, ils nous donnent une chambre standard sans grand charme, mais calme pour 500 000 idr la nuit avec pdj buffet. http://www.lombokhotelsandvillas.com/...antosa-senggigi.html La piscine, par contre, est gigantesque et très agréable (nous sommes tous seuls en plus). Nous restons dans le coin, repas du soir du coté du marché touristique (vers le nord), au bord de la mer au coco loco (sympa 164000 idr)

03/12 Nous demandons à l’hôtel de rester 2 nuits de plus, mais problème : un groupe arrive et ils n’ont plus de chambres standard. Après négociation avec le manager, il accepte de nous « upgrader » dans le bungalow deluxe, face à la mer, pour le même prix…Sympa 😉! En fin de matinée, nous louons un scooter pour 1.5 jour, 60 000 idr. Nous partons vers le sud : Joli temple de Batu bolong donnant sur la mer (Lombok est à la fois hindouiste et musulmane, mais les mosquées sont plus présentes), puis nous passons par ampenam, la « capitale », avant de poursuivre la petite route cotière qui rejoint la pointe sud ouest de l’ile, vers bangko bangko. Nous n’irons pas jusqu’au bout, la route n’est pas très bonne (il a plu), et en scooter ça fait long, même si certains portions le long de la mer sont assez chouettes. Au retour, durant la traversée d’un village, 100 mètres devant nous un chien traverse sans prévenir et fait tomber un jeune en scooter… Il se relève tout de suite et semble avoir eu plus de peur que de mal, mais ça calme🏴‍☠️ ! Nous avons rencontré une française au cyber café qui s’était mangé le goudron elle aussi en dérapant dans une zone où la route était en travaux. Encore une fois méfiance en scooter !!!! D’une façon générale à Lombok, les routes principales sont assez bonnes, mais dès qu’on part sur les routes secondaires, notamment au sud de l’ile, ça se corse ! On en a une fois de plus plein le dos en rentrant : piscine et resto dans le mêm coin qu’hier au lotus bayview. Le cadre est chouette, le personnel sympa, mais ils font croire qu’ils ont du Ayam betutu (poulet farci grillé, avec légumes, tapioca et noix de coco) alors qu’il s’agit de vulgaires blancs de poulet vaguement épicés…

04/12 Aujourd’hui nous partons en direction du nord. La route cotière est très jolie (plages et rizières). De chouettes complexes hoteliers sont dispersés tout au long de la cote, et il semble y avoir du bon snorkeling ici… Par contre il vous faut un moyen de transport pour aller en ville, c’est pourquoi nous avons préféré rester à Senggigi. Nous remontons jusqu'à Tanjung puis revenons, accompagnés par les écoliers en uniformes en « camion de ramassage scolaire », c’est l’heure de la sortie ! Fin d’après midi à la pisbaque et 3ème resto dans le même coin qui nous plait bien en bord de mer, « de Quake » sympa aussi 180 000 idr.

05/12 Nous voulons aller au sud de l’île, à Kuta. Hier nous avons négocié la location d’une jeep « jimmy » à conduire nous-mêmes pour 3 jours, au même endroit où nous avions loué le scoot. : 405 000 idr les 3 jours à comparer aux 5 ou 600 000 idr pour 2 en « shuttle » kuta-senggigi aller retour. En plus nous aurons notre moyen de transport sur place. Moyen de transport, il faut le dire vite, le coffre ne s’ouvre pas, l’assurance est limite (comme pour le scoot) et ça grince un peu de tous les cotés mais ça roule, c’est le principal… En route ! Nous changeons de l’argent au meilleur money changer de senggigi, à gauche en partant vers le sud de la ville, juste avant la sortie et la montée. Nous partons par le centre, dans la région du Rinjani, vers tetebatu. La saison des pluies est malheureusement commencée (il pleut pratiquement toutes les nuits), et ce n’est pas la bonne période pour l’excursion… Ce sera peut être pour une autre fois car ça à l’air très chouette. De la cote est (tanjung luar) à Kuta la route est plutot mauvaise, nous arrivons en milieu d’après midi et essayons le Novotel********** …(qui ne tente rien n’à rien)… Bingo ! Ils nous upgradent dans une chambre supérieure (avec terrasse) pour 600 000 idr par nuit. Cet hotel est un coup de cœur, la chambre est calme et très jolie, l’hotel ressemble de loin à un village aux toits de chaume et le site est splendide : magnifique plage arrondie entourée de petites collines. La piscine à débordement donne sur la plage et la mer… On se croirait au paradis… http://www.novotel.com/...l-lombok/index.shtml On se trouve plus que bien ici, et nous resterons diner ce soir (294 000 idr 2 plats et bières)

06/12 Petit dej, buffet, copieux, varié et délicieux … et agrémenté d’une attraction inattendue… Good et Morning, 2 vaches qui viennent ratisser le sable sur la plage devant le resto…Allez, je ne résiste pas à l’envie de vous passer la photo. Bon d’accord, c’est hyper « touristique » mais j’ai trouvé l’idée géniale !

Nous partons à pied voir la plage derrière la falaise (toutes les plages sont belles dans ce coin), celle-ci est plus « surf » avec de gros rouleaux par rapport à celle de l’hôtel, bien plus calme. Puis nous prenons la voiture vers l’est, jusqu’à Gerupuk, petit village de pêcheurs où ils cultivent aussi les algues. Là aussi la route est défoncée, mais la plage de tanjung aan, juste avant vaut de détour : sable blanc, eaux turquoises, aucune construction…c’est beau!!!! Retour à l’hôtel, on ne se fait pas prier pour en profiter… Ce soir, c’est buffet brochettes, adjugé ! 500 000 idr avec les bières mais ça les vaut… en plus devinez quoi… il y a du roquefort ! Nous nous ruons dessus dès l’entrée et nous avons bien fait… Ils n’ont pas réapprovisionné et le stock a vite été épuisé !!! Un spectacle de danses locales est organisé pendant le diner, sympa… et drôle : le commentateur qui commente les coutumes locales nous explique qu’ici, il faut des enfants pour assurer ses vieux jours, ce n’est pas comme en occident où les pauvres petits vieux qui n’ont pas pu avoir d’enfants bénéficient d’une assurance pour les aider !

07/12 Dernier jour au paradis… Cette fois ci nous partons à l’ouest, la route est encore plus défoncée mais la vue depuis les collines au dessus de Kuta est splendide, nous nous arrêtons pour admirer plusieurs jolies plages puis reprenons vers le nord à partir de selong blanak, la route est plus longue, guère meilleure que la route côtière en fait, mais ça change. Nous passons devant le futur aéroport international flambant neuf mais encore pas en service. Il faut dire que dans ce coin on trouve de partout des panneaux proposant du foncier à vendre…ça à l’air de durer depuis de nombreuses années…espérons que le coin ne deviendra pas trop bétonné et qu’ils sauront préserver leur littoral ! On a trop mangé ces derniers jours, pas de buffet ce soir : ce soir nous allons dans le village, au « lombok lounge » (ce n’est pas sur la route donnant sur la plage, plus a l’intérieur en partant vers l’ouest). J’opte pour un chili crab qu’on me présente vivant… Miaam ! Dommage qu’il y ait tant de moustiques (j’ai oublié le répulsif), mais le patron est très sympa et le crabe est délicieux, épicé juste comme il faut… En tous cas évitez de mettre une chemise blanche si vous y allez ! (258 000 idr). Nous partons en pleine coupure de courant, pas très facile pour l’addition ! Il parait que c’est…courant justement à Lombok, quand il pleut. Nous ne nous en étions pas aperçus au Novotel qui dispose d’un groupe électrogène.

08/12 dernier petit déj et adieu beau Novotel 😕!!! Nous mettons bien 3h pour revenir sur Senggigi. Nous avions réservé la dernière nuit au Santosa, toujours pour le même prix, mais pas en deluxe cette fois ! Nous rendons la voiture, son proprio avait l’air de s’inquiéter, et nous négocions avec lui le taxi pour l’aéroport le lendemain (50 000 idr). Piscine et dernier diner à nouveau au "quake" en bord de mer : je prends un bacam ayam, super bon poulet croustillant et mariné dans une sauce genre « ribs » (181 000 idr avec nos 2 dernières grandes bintang)

09/12 Fini la belle vie !!!!!!!!!!!!!! Le taxi nous emmène comme prévu à l’aéroport, le chauffeur, sachant qu’il a affaire à des français, n’arrête pas de nous dire « oh la la » tout au long du trajet. L’embarquement et le vol Garuda se passent sans encombre. J’avais pris un peu de marge au cas où, et nous arrivons à l’aéroport de Jakarta environ 15 mn avant l’ouverture du chek in pour le retour sur l’Europe. Nous sommes donc seuls quand le comptoir ouvre. L’employé nous dit qu’il y a un petit problème : les vols de Lufthansa de Singapour à francfort et de francfort à Lyon n’ont pas de problème…mais celui de Jakarta à Singapour est annulé ! Gloups, on va pas y aller à la nage ! En fait cela est du à la neige tombée à Francfort qui a retardé le départ de l’avion qui fait d’habitude la navette… Là je dis chapeau Lufthansa🙂🙂🙂 ! Je ne sais pas comment ça ce serait passé si nous étions arrivés avec le gros des troupes à embarquer, mais là l’employé nous a accompagné d’abord jusqu’à Singapour airlines qui finalement n’avait plus de place, puis chez Garuda où il nous a attendu jusqu’à ce que nous ayons reçu les cartes d’embarquement, en s’assurant bien que les bagages étaient enregistrés jusqu’à Lyon. Le vol de Garuda nous laissait cependant très peu de temps à Singapour (45 mn) mais nous n’avons pas le choix : il nous dit que l’avion pour Francfort nous attendra… nous sommes perplexes et persuadés qu’en tous cas les bagages ne suivront pas… En fait dès la sortie de l’avion, on nous attend avec une voiturette électrique qui nous emmène illico à l’embarquement pour Francfort, de l’autre coté de l’aéroport… vavavoum !!! L’embarquement est en pleine action quand nous arrivons, même pas en retard ! Moi je dis Bravo Singapour airport, Garuda et Lufthansa 🙂🙂🙂🙂! (en plus nous avons même eu nos bagages à l’arrivée). Il faut dire qu’en arrivant à francfort, c’est assez impressionnant, des centaines de lits de camp sont alignés dans le hall… on imagine aisément ce que ça a du être comme pagaille la veille !

En résumé : C'était presque 3 voyages en un seul - Java plus authentique, Bali plus commerciale mais agréable aussi, Lombok relax et encore préservée pour le moment... - De partout -sauf à l’arrivée à Lombok- les indonésiens sont accueillants, souriants et ouverts 🙂🙂🙂🙂 - Dommage qu’il fasse nuit si tôt - Saison des pluies : j'hésitais un peu sur le choix de la destination à cette période sensée être pluvieuse. Finalement, pas de regrets : la pluie tombait plutôt le soir et la nuit, nous n'avons jamais eu de journée entière de pluie... Mais c'est peut être un coup de chance ! -Budget total : 2800 euros par personne tout compris. Très bon rapport qualité prix de l’hôtellerie et des restos pour des occidentaux. Un beau voyage !
Danger en Tunisie? (janvier 2011) English translation pending
by Biscotte75 · 2011-01-13 · 370 replies
BONJOUR TOUT LE MONDE! JAI un doute je doit aller en Tunisie le 4fevrier au 12 FEVRIER, je doit atterir a TUNIS est apres prendre un louage juska Hammamet , je serais seule c risqué pour ou pas avec les emeutes qui c passe.???? Merci beaucoup
Brochure Costa 2012 English translation pending
by Biloutrun · 2011-01-13 · 244 replies
j'attends impatiemment la nouvelle brochure costa 2012. Elle devrait sortir au début du mois de février 2011. Je me demande quelles sont les nouveautés.
Soixante-quatorze jours dans l'Ouest américain du 29 mars au 11 juin English translation pending
by Ninou98 · 2011-01-12 · 579 replies
Voyage Forum me demande de créer une nouvelle file parce que la précédente est trop longue. Donc, voici notre programme "à jour", jusqu'au 21 avril rien ne devrait plus bouger, au-delà ça peut encore évoluer.

Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.

1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas

2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff

3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona

4 - 1 avril - Sedona

5 - 2 avril - Sedona

6 - 3 avril - Sedona

7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman

8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield

9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West

10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands

11 - 8 avril - White Sands

12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)

13 - 10 avril - Guadalupe NP

14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)

15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe

16 - 13 avril - Santa Fe

17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture

18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands

19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)

20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly

21 - 18 avril - Canyon de Chelly

22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit

23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods

24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)

25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point

26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles

27 - 24 avril - The Needles

28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)

29 - 26 avril - Moab

30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky

31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)

32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil

33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim

34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch

35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon

36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville

37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef

38 - 5 mai - Capitol Reef

39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley

40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake

41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground

42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden

43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral

44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch

45 - 12 mai - Coyotte Gulch

46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin

47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin

48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin

49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road

50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point

51 - 18 mai - Page

52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set

53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall

54 - 21 mai - CBN

55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch

56 - 23 mai - Page

57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest

58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon

59 - 26 mai - Grand Canyon

60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman

61 - 28 mai - Seligman > Havasupai

62 - 29 mai - Havasupai

63 - 30 mai - Havasupai > Seligman

64 - 31 mai - Seligman > Zion

65 - 1 juin - Zion

66 - 2 juin - Zion > Toroweap

67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite

68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)

69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire

70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon

71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley

72 - 8 juin - Death Valley

73 - 9 juin - Death Valley

74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas

75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
Présentez vos éléments de bagagerie English translation pending
by NixM · 2011-01-11 · 75 replies
A la manière de "Présentez vos tentes", voici le sujet concernant les sacoches, les portes sacoches, remorques, tout ce qui concerne la bagagerie pour les voyages à vélo. Sacoches étanches ? Sacoches imperméables avec couverture de protection en cas de pluie ? Seulement sur l'arrière, à l'avant, plutôt une remorque. Quels sont les avantages de vos modèles, les inconvénients...
Voyage en Afrique de l'Ouest English translation pending
by Foutadecouv · 2011-01-09 · 2 replies
A chacun son aventure

Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie

08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l��Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !

De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.

Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.

C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.

Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.

10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.

Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.

La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.

Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.

Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.

A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.

Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !

Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.

Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.

Le voyage : de la théorie à la pratique

Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec très peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.

1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.

Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.

Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.

Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.

2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.

En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.

3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.

On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.

4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).

Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.

Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.

Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.

Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).

Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !

Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués » (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.

Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.

5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.

Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».

L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dépôt du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.

La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.

6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.

7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.

Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.

Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !

Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.

8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.

9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.

Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Croisière "Tour du Monde" sur le Costa Deliziosa: excursions? English translation pending
by Esculape · 2011-01-08 · 436 replies
BONJOUR ET BONNE ANNEE A TOUS LES MEMBRES ET ORGANISATEURS DU FORUM §POUR CEUX QUI SONT INSCRITS POUR LE TOUR DU MONDE DU DELIZIOSA , UNE PARTIE DES EXCURSIONS EST EN LIGNE SUR LE SITE COSTA (A CE JOUR DE SINGAPOUR A MARSEILLE) LE RESTE VIENDRA PLUS TARD JE PENSE.. BON CHAMADOU, KYPRIS, CIBC, MARIGOT, LES CARTES BLEUS VONT POUVOIR COMMENCER A CHAUFFER!! A BIENTOT.. CORDIALEMENT
Vos moyens pour économiser de l’argent au quotidien pour voyager? English translation pending
by Fabd · 2011-01-07 · 69 replies
Certaines personnes, et qui pourtant sont célibataire et ont un salaire dans la moyenne, se plaignent qu’elles ne peuvent voyager faute d’argent. Elles en sont persuadées. Or, bien souvent, ce n’est qu’une question de priorité, de motivation et d’organisation.

Se passer de voiture, vivire en coloc, reduire ses achats....j' en parle sur mon blog.

Et vous, avez-vous des "trucs"?
Rio sans langue de bois English translation pending
by Ginkosan · 2011-01-06 · 74 replies
Je reviens d'un séjour de 10 jours au Brésil. J'y ai fait Rio, Ilha Grande et Iguaçu, et j'ai passé Noël et le nouvel an à Rio.

J'ai beaucoup potassé les différents guides, forums, et j'ai lu énormément d'avis qui disent un peu tout et n'importe quoi, surtout question vie sur place et sécurité. Je vais vous épargner les heures d'écumages de forums et de posts dans un français (presque) aussi approximatif que celui de Ribéry. Ça puis les guides qui restent dans le bien consensuel, "faites ce qu'on vous dit et ça se passera comme un charme". On peut diviser les avis en trois idées: - Rio est une ville dangeureuse, *insérer ici une anecdote avec des morts, des couteaux, des pistolets ou les trois*. - Rio ça craint rien, je me balade avec ma Rolex et j'ai jamais eu de problème. - Rio, si on fait attention, ça craint pas plus que Paris.

Difficile de séparer le bon grain de l'ivraie. Mon coté misanthrope et hautain ayant la vie dure, je me suis remémoré des images des hordes de touristes qui pullulent sur les sites et suis parti en me disant que "oui ça doit probablement craindre si on se balade avec son reflex autour du coup et son maillot du Brésil fraichement acheté (pour faire local, of course)". Moi je suis pas si con, je ferais gaffe et ça va bien se passer.

Je m'en suis donc allé, avec l'idée de faire quelques belles photos, j'avais donc investi dans un bridge de 300 et quelques euros, des habits qui je trouvais sobres et/ou de mauvais goûts (oui vous voyez ce T Shirt que vous mettez le dimanche avec délectation car -vous vous en branlez après tout personne ne vous voit-). Ça et puis quelques habits plus corrects, histoire de faire une ou deux photos où ma présence ne viendrait pas gâter la magnificence des paysages.

Règles auto imposées: - Arriver sur place le plus dégueulasse possible, afin de prendre la température, ne rien laisser apparaitre d'intéressant, et aller jeter le plus vite possible à mon hotel la grosse valise qui fait bien touriste. - demander un coffre fort dans chaque hotel, y mettre les objets de valeur + les passeports à chaque départ et faire la grosse valise avec un cadenas. - un peu d'argent dans une poche afin de donner un os à ronger en cas d'attaque, le reste dans une poche cachée. - sortir avec des photocopies du passeport - pas de montres, bijoux, boucle d'oreilles, carré hermès ...

Quant à l'appareil photo: - vérifier d'être entouré de gens pas trop suspects - vérifier la position du représentant des forces de l'ordre le plus proche - revérifier la faune alentour - sortir l'appareil, prendre les photos, ranger l'appareil, revérifier.

Voilà les précautions que j'ai prises.

Les brésiliens: Sont des gens très chaleureux, accueillants, toujours prêts à vous aider. Peuple très bigarré, on voit de toutes les couleurs, mais ne croyez pas que vous passerez pour un brésilien si facilement. En effet, ça ne sera pas la couleur de votre peau qui vous trahira, mais vos vêtements. Si vous voulez vous fondre dans la masse il vous faudra investir, munissez vous de 50 euros, allez à Tati achetez 10 T shirts unis, 5 shorts moches, 1 paire de chaussures (moches, attention c'est important), 2 paires de tongs. Vous voilà brésilien. Si vous vous baladez avec plus de 15 euros sur le dos, vous resterez El Gringo. Les habitants de Rio n'ont aucun goût vestimentaire, et je serais tenté de dire aucun goût tout court. Musique aseptisée, architecture sans charme, même les maillots de bain font surannés. Bref n'y allez pas pour faire sensation, ni même du shopping. (Brasilia serait déjà plus porté mode).

Si vous ne parlez pas portugais, passez champion de pictonnary, tabou, whatever... En effet le brésilien, quel que soit l'age, ne pane pas un mot d'anglais/français/espagnol. A part dans les hotels, et dans certains centres d'informations touristiques. En gros si vous parlez français -anglais et baragouinez une autre langue, plaquez tout, apprenez le portugais et vous pourrez briguer un poste de diplomate au Brésil. Cependant il faut avouer qu'on se fait bien comprendre pour les choses simples, bouffe, taxi, directions, bus, vous vous ferez comprendre assez facilement, et vous serez bien renseignés. Pour lancer une conversation et demander quelque chose de pointu amusez vous.

Le climat: Chaud et humide toute l'année apparemment. J'ai eu des journées changeantes, du style gris le matin, soleil de plomb l'après midi et grosses pluies en fin de journée. Et c'est toujours comme ça. Ne sortez jamais sans un K Way dans votre sac du coup, un pull est amplement suffisant, même si vous êtes frileux.

Arrivée à l'aéroport : Deux choix pour en partir: - navette, pas chère, rapide et sure, vérifiez son trajet avant de vous lancer dedans, car si vous avez 500 mètres à faire pour aller de l'arrêt à l'hotel c'est déjà trop. 2 Reals par personne à peu près. - taxi: demandez de mettre le compteur, vous pouvez rallier Copacabana pour une trentaine de Reals max alors qu'ils vous proposeront tous des courses pour 60/70 Reals.

ATTENTION : Si votre hotel est dans le centre et que vous arrivez le matin, le soir, ou en week end prenez le TAXI, jusqu'à la porte de votre hotel car le centre est un véritable coupe gorge pendant ces périodes. D'ailleurs privilégiez le taxi même pour quitter votre hotel du coup. Si vous tenez à améliorer votre temps au 100 mètres allez donc vous balader dans le quartier le dimanche matin par exemple.

A voir à faire :

Le Pain de Sucre

Allez y en bus, vous avez un téléphérique qui peut vous emmener au premier promontoire. La place et la plage qui sont au pied du téléphérique sont mignonnes et pleines de charme, à gauche de la plage vous trouverez un petit chemin bétonné qui permet de faire le tour de la première montagne, très agréable. Au milieu de ce chemin vous trouverez un chemin de terre qui grimpe à travers la jungle et qui vous emmènera en haut de la première montagne. La balade dure près d'une heure 30, ça grimpe sec, c'est plutôt sympa. Prenez de l'eau et de vraies chaussures par contre. Pas d'autre recommandation pour le pain de sucre, c'est sublime.

Copacabana et Ipanema

Deux immenses plages, bétonnées certes, mais magnifiques, superbe panorama des deux cotés. Vous pouvez aller à Arpoador, sorte de pointe entre les deux plages pour avoir une vue sur les deux. Restez sur vos gardes sur ces deux plages, des touristes se font détrousser en pleine journée au milieu de la plage (pourtant toujours bondée). Evitez à tout prix les petits restos face àa la mer, qui ont l'air de sympathiques cantines. Niveau bouffe, le rapport qualité prix est pire que le Mac Do. C'est tout bonnement infect, et hors de prix (du genre 25 euros la pizza dont même votre chien ne voudrait pas).

Corcovado

Je suis monté par le petit train et redescendu à pied par la route qui traverse la forêt. En passant par le mirador, on marche entre des arbres de 30 mêtres, j'ai même eu le loisir de filmer une famille de singes qui cassait la croûte 10 mètres au dessus de nos têtes. Le mirador est à faire après le Corcovado, car moins bondé et je trouve, plus charmant. (c'est là qu'à été tourné la scène d'OSS117 avec les pétards). Concernant la descente, je l'ai trouvé délectable à souhait mais NE LA FAITES PAS A PIED comme nous. (je vous renvoie à ma conclusion pour le pourquoi du comment).

Prenez un taxi pour vous emmener au mirador, demandez lui de vous attendre et repartez en bas avec lui. D'ailleurs en bas de la descente se trouve une favela, qu'on a traversé en faisant du stop.

Lapa (déconseillé)

Le montmartre de Rio. Vous y croiserez des ruelles crades, et une faune assez variées, des vendeurs à la sauvette côtoient des clochards dans l'indifférence des jeunes cadres dynamiques qui déambulent sous le regard concupiscent de travelos accoudés à la fenêtre de maisons délabrées. Ne vous trompez d'ailleurs pas de rue, il y'a une favela collée au quartier, et il est de ces ruelles qu'on s'essaie à emprunter, mais dès lors qu'on aperçoit les regards interloqués des passants et d'une bande au fond qui stoppe ses activités pour mieux vous regardez arriver, on se dit humblement que plutôt que de satisfaire la curiosité de ces braves gens, on va quand même rebrousser chemin hein. Voilà, à vous de voir si vous voulez sortir votre appareil photo ou arborer votre sac à dos dans ces eaux là. Les seuls trucs à voir seraient les arches de Lapa qui sont très photogéniques (attention j'ai pas dit jolies), et sur la même place se trouve une bâtisse complétement délabrée avec néanmoins un cachet certain avec ses couches de peinture écaillée et une légère mousse qui vient redonner une touche d'authenticité au tout. C'est tout. Pas besoin d'aller plus loin.

J'ai visité ce quartier de jour, l'ambiance change peut être la nuit, mais bon ça m'étonnerait que ça passe du Mordor à Disneyland sitôt le soleil couché.

Beaucoup de guides/gens, disent de venir danser le soir à Lapa, j'ai vu le "quartier dansant" la nuit, en gros c'est trois bars pleins de brésiliens avec de la musique. M'est avis que ça n'a absolument aucun intérêt si vous ne parlez pas brésilien Si vous avez la fibre bobo allez y donc, c'est "so typical", mais allez y en taxi, faites vous poser pile devant, et repartez en taxi. Et ne vous éloignez pas du bar. Et que Toutatis vous garde.

Noel et jour de l'an à Rio.

Noel pas grand chose à en dire, si ce n'est que tout est fermé. Pas évident de trouver un resto à un prix abordable. Jour de l'an, prenez Copacabana, les hotels et restos avec vue sur la mer, prenez les prix pratiqués en général, multipliez les par 20 et vous avez le compte. Un menu le soir du réveillon coute de 200 à 400 Réals. Par personne. Cherchez plutôt des Mc Do, Subway si vous n'avez pas les moyens.

Santa Theresa

Aaaah Santa Theresa. Le quartier bourge de Rio, où il fait bon vivre, où les guides disent que la police rode, où les locaux nous disent que "ne vous inquiétez pas ça craint rien", le quartier où je me suis fait tirer mon appareil photo par un camé à 50 mètres du poste de police. Vous pouvez prendre le Bonde (arrivez y tôt, c'est blindé) pour rejoindre ce quartier plutôt vert où vous trouverez de jolies maisons bourgeoises, des murs avec des tags qui tendent plus vers l'art que vers la dégradation. Ambiance plutôt bobo crassouille dans ces ruelles qui semblent paisibles en somme. On a donc déambulé quelques heures dans ce quartier, en respectant la routine habituelle, pour arriver à l'arrêt de tram où les guides disent de descendre pour commencer la visite. Après quelques arrêts dans des magasins de souvenirs en compagnie de touriste en mode relachés: boucles d'oreilles, appareils photos à la main. La fleur au fusil en somme. En sortant nous nous sommes engouffrés dans une rue, qui semblait tranquille, quand un camé est sorti de derrière une porte (il devait nous avoir repéré depuis quelques ruelles déjà), a agrippé ma lanière d'appareil photo. Là c'est le désespoir qui m'envahit, ce que je redoutais le plus arrivait, malgré les précautions, et j'allais perdre mon appareil avec mes 300 photos et avec lui l'image que j'avais du Brésil, je me suis dit "NON, FUCK THAT BASTARD", j'ai agrippé la lanière moi aussi et ai tenté de lui résister. Dans la panique je me suis rappelé des "si on vous attaque, lâchez tout, ils sont armés et tuent facilement", et dans le flou j'ai cru que ce crevard m'attaquait sans arme, je vais donc pour lui mettre un pain, quand mon père s'est écrié "lâche, lâche putain", j'ai lâche la lanière, et l'autre s'est enfuit avec derrière sa porte pour retourner dans son trou à rat. Il avait un couteau, en fait, et moi la main en sang, j'ai du prendre un coup sans m'en apercevoir. C'est arrivé à 50 mêtres du commissariat, 40 du magasin de souvenir, avec des gens dans la rue. Voilà. Je suis allé au commissariat accompagné par un habitant totalement désespéré pour moi, pour y trouver un policier ne parlant que brésilien, qui avait l'air vraiment désolé pour moi. Il a appelé sa patrouille, sont arrivés deux vermines, qui n'ont pas eu besoin de bien longtemps pour me faire comprendre qu'il étaient pourris jusqu'à la moelle. Il m'ont toisé sans sourciller, sans surprise, sans émotion, eux étaient sous disant partis faire une patrouille de l'autre coté, comme par hasard. Je me suis ensuite rendu à l'hôpital pour 4 points de suture, c'était ce genre d'hôpital où vous vous dites que vous allez repartir de là avec un truc pire que ce pourquoi vous étiez venu.

Conclusion

Si vous allez à Rio, ne sortez avec rien que nous n'accepterez pas de vous faire voler. Vous voulez faire de belles photos, transcendés par la beauté des paysages qui vous entourent ? Oubliez. Ou alors prenez 5/6 cartes mémoires, changez les chaque soir, assurez votre appareil car il a de grandes chances d'y passer. Reste aussi l'option du pc portable et du transfert des photos dessus tous les soirs, tellement agréable à faire en plein voyage, et surtout cela implique de se faire un sang d'encre pour le PC portable aussi. Si on vous attaque, ne résistez pas, j'ai eu énormément de chance. Ces pourritures des favelas sont des tarés, à mon retour j'ai raconté ça et j'ai eu un nombre d'anecdotes ahurissant, des mecs qui se faisaient planter en plein Copacabana pour un sac à dos, des cars de touristes qui se faisaient braquer à Lapa (tiens, Lapa), les mecs qui s'arrêtent pas au feu rouge la nuit de peur de se prendre une balle par un mec planqué près du feu, des mecs qui se font kidnapper contre une rançon ... Cette ville est une ville dangereuse pour les touristes, car de partout on a un faux sentiment de sécurité. Exemple à la descente du Corcovado : on a croisé une voiture de flic ou un taxi toutes les 3 minutes. On se dit "c'est bon c'est tranquille". Durée de l'agression : 20 secondes, et j'ai "résisté". Devinez combien de temps il leur faut pour vous crever et vous dépouiller ? Tous les guides vous le diront, la descente du Corcovado c'est un vrai coupe gorge et seuls les inconscients la descendent à pied. Et rétrospectivement c'est compréhensible. La police est la police de "troupe d'élites", sur 5 gars, vous en avez un qui veut faire bouger les choses et qui s'investit, 2 qui veulent juste pas se faire tuer et 2 qui trafiquent avec les favelas. N'attendez rien des policiers, rien. Rio est une ville sublime, les brésiliens sont des gens charmants, mais elle est gangrénée par ces favelas, et ça désole tous les gens honnêtes.

Je poste ce pavé car sans cette agression, je serais revenu de Rio comme une fleur "ville magnifique blabla, si on fait bien attention ça craint rien, allez y les yeux fermés. Il y'a que les touristes négligents qui ont des problèmes". Là, j'ai une vision plus complète.

Ah et sinon aller visiter une favela avec un guide ça redéfinit le mètre étalon de la connerie. On vous emmène dans une favela en vous disant "attention c'est dangereux mais regardez, bousculez vos aprioris, ça craint pas tant que ça c'est juste que ... Gnagnagna". Vous allez visiter un truc aseptisé, comme un safari avec un lion limite dressé qui bouge pas quand la voiture de touristes arrive. Vous pourrez rentrer et lancer à vos diners mondains des "oui j'ai vu des lions, on s'en fait toute une histoire mais c'est plutôt peinard comme bestiole." Les guides vous diront "aller visiter les favelas peut être un acte humanitaire et bousculer les préjugés", mais par contre y aura d'autres sections où on vous rabâchera de pas entrer dans une favela seul, vous saisissez la nuance ? Bref un bon truc à gogos.

Rideau.

Rajouts:

Les cartes postales (EDIT)

J'avais posé une diatribe sur la poste brésilienne car au bout d'un mois aucune de mes cartes n'était arrivée. En fait elles ont mis un moins et demi, mieux vaut tard que jamais. Elles sont d'ailleurs toutes arrivées, sauf une pour le Canada mais j''ai probablement du mal l'affranchir. Mea culpa donc.

On m'a aussi fait très justement remarquer que je n'avais pas donné mon avis sur le voyage.

Bilan:

En fait c'est assez difficile à décrire en peu de mots, sans tomber dans l'étalage de superlatifs, donc je vais faire court et sobre. Rétrospectivement, c'était merveilleux. Disons que ça m'aurait fait chier de mourir avant d'avoir vu ça, et à chaque fois que je tombe sur des photos ou des vidéos de lieux visités le pincement au cœur ne se fait pas attendre. Extrêmement enrichissant. Pourtant à chaque fois qu'on me parlera d'un futur voyage au Brésil j'émettrai une réserve, c'est une destination que je recommanderai chaudement mais sous certaines conditions.
Préparation de notre future croisière sur le Costa Concordia en mai English translation pending
by Bruno06220 · 2011-01-04 · 377 replies
bonjour à toutes et tous. j'espère vous voir nombreux sur cette discussion. j'en ai déjà parler sur la discussion de notre ami jean Claude (ALCATI) et je reproduis ici les explication du pourquoi de cette croisière.

j'ai hésité à créé une discussion mais on a toujours besoin de conseils même si je commence à en connaître un rayon en terme de croisière.

ca sera la 6eme. 😉 pour le moment, 3 costa, une NCL, une MSC. celle de mai sera la 4eme costa.

* ***********************

bonjour à tous.

la prochaine est réservée.

costa concordia du 09/05/2011 au 15/05/2011

itinéraire : Savone, Barcelone, Palma de Majorque, Tunis, Palerme, Cicitavecchia/Rome, Savone.

tout d'abord, pourquoi ce choix alors que normalement, on ne devait pas reprendre un bateau sur lequel une croisière a déjà été effectuée. notre fils part avec nous et nous lui avons laissé la priorité pour le choix.

au départ j'avais vu le magica sur un itinéraire identique (+ Marseille) mais avec des escales plus courtes. l'agence nous a dit que l'itinéraire sur le magica était annulé pour cause départ au Havre. je me suis aperçu après que notre conseillère avait fait une erreur, ou qu'il y avait changement de date pour ce départ au Havre, puisqu'a la date choisie le magica fera bien cet itinéraire jusqu'a la semaine suivante. pas bien grave étant donné que les escales sont identiques. c'est même plus intéressant en terme de temps sur place. il n'y a que des escles "journée" sauf à Barcelone mais c'est du 13h/20h quand même.

mais il y avait aussi la possibilité serena mais avec Naples à la place de Rome. le fiston l'a éliminé. moi, ca m'aurait bien tenté. autre déco non connue..

il y avait aussi le splendida, le fantasia et le lirica avec des itinéraires quasi identiques à celui du concordia.

nous lui avions proposé aussi au départ de Venise, le jade de NCL, le splendour de RCI, le fortuna de costa. ces propositions ont toutes été déclinées car il avait envie de voir de grandes villes européennes comme Rome ou Barcelone. il y aussi Tunis qui lui plaisait bien. notre choix c'est donc porté sur l'itinéraire du concordia malgré ce bateau que nous avions bien aimé mais on aime bien découvrir des bateaux différents. c'est loupé pour cette fois-ci... 😛

sur le fantasia, les intérieures étaient déjà toutes prises. de toute façon, on avait quand même envie de repartir avec costa après deux ans d'infidélité.. 😊

cela nous permettra aussi de passer membre pearl lors de cette croisière.

nous avons réservé auprès d'azur croisière comme celle du NCL Gem de novembre 2009. celle du magnifica 2010 avait été réservée auprès de planète croisière comme celle de janvier 2009 sur le concordia. chez azur nous avons eu affaire à Sandra. toujours aussi disponible est sympatique. pour finaliser et payer, nous sommes allés directement dans leur bureau de Villeneuve Loubet. cela nous a permis de faire connaissance avec toute l'équipe azur. soit 4 personnes.

sur ces 5 escales, nous connaissons Rome et Barcelone. nous allons découvrir Palma, Palerme et Tunis.

normalement, on ne prendra aucune excursion. il est facile de se débrouiller seuls dans ces villes. il faut bien sur un minimum de préparation mais j'ai encore le temps de m'en occuper.

j'ai choisi de ne pas prendre le transfert bus de costa. gain : presque 150 €. à noter que cela nous a été proposé par Sandra. personne ne me l'avais proposé sur les deux départs de Savone que nous avons effectué. encore un bon point.

bien sur, il faut payer le parking, le carburant et l'autoroute et le bénéfice n'est pas très important mais cela va nous permettre d'être autonome et arriver avant midi sur place. on aime bien embarquer tôt afin de découvrir le bateau avant que la foule arrive. bon OK, je le connais par coeur le concordia...😉 commencez pas à être désagréables avec moi et vous moquer !!! certaines vont se sentir visées... hein les filles ? 😉 (je cite : véro, steph, val, mathilde ! entre autres...)

le parking n'est pas encore réservé mais ca ne saurait tarder. je ne sais pas si c'est utile de réserver tôt.

on est bien enregistrés sur le site costa. RAS de ce côté la.

à noter également que si notre fils ne venait pas avec nous, nous n'aurions pas choisie cette croisière. il n'y a que Tunis que nous avions envie de faire un jour. Palerme et Palma ne nous passionnent pas plus que ca mais qui sait ! peut-être que ces villes méritent d'être découvertes.

premières infos sur ce que nous allons visiter. mais ca changera surement d'ici le départ.

Barcelone : parc guëll, sagrada familia, ramblas. nous on connait mais fiston va choisir... 😉 13h30/20h

Palma : aucune idée... 8h/1h du matin

Tunis : train jusqu'a Sidi Bou Saïd le matin. l'après midi direction Tunis et programme à définir. 7h/20h

Palerme : aucune idée. 8h/17h

civitavecchia : 8h/19h

pour civitavecchia, on prendra peut-être le train à 9 € mais vu que l'escale tombe un dimanche, il y a surement moins de trains. si les horaires ne conviennent pas, on prendra le bus costa : Rome en toute liberté afin de gagner un maximun de temps sur place et surtout ne pas prendre de risques et loupé le train. on verra ! rien de défini pour les visites.

voila pour la description et le cheminement qui nous a ammener à choisir cette croisière. vous l'aurez bien compris, le fait que notre fils vient avec nous à été prépondérant dans le choix.

petite annecdote : lorsque nous avons annoncé notre départ sur le magnifica, il nous a dit : vous n'en avez pas marre de faire des croisières ? vous pourriez changer un peu... comme quoi... 😉
Appareil Photo Nikon D5000: quel objectif choisir pour voyager? English translation pending
by Caelina · 2011-01-04 · 51 replies
Bonjour,

Ayant acheté un Nikon D5000 dernièrement, avec un kit d'objectif 18-55 et 55-200, je me suis aperçu lors de voyage que ce n'était pas toujours évident de changer les objectifs selon les situations à photographier, parfois on est pris par le temps et du coup on ne peut pas faire les photos que l'on souhaiterais. Comme je dois voyager prochainement (en circuit organisé), je voulais m'acheter un 18-200 VR pour n'avoir qu'un seul objectif à emmener sans avoir à tout le temps changer, mais je ne m'y connais pas encore assez pour savoir si c'est ce type d'objectif qui conviendrait le mieux.

on m'a conseillé le 18-135 également, tout ce que je sais, c'est que je veux en acheter un stabilisé, ceux que j'ai actuellement ont aussi le mode manuel et automatique. est-ce possible d'en trouver d'occasion à moins de 400€?

merci
Qui revient de Baru (Carthagène, Colombie)? English translation pending
by Rabais · 2011-01-04 · 36 replies
Qui revient de Baru, venez nous en parler s.v.p.
Circuit de trois semaines (ou plus?) dans l'Ouest américain en mai/juin English translation pending
by Nounoupoun · 2010-12-28 · 150 replies
Bonsoir,

j'ai vu beaucoup de topics sur le sujet mentionné plus haut: l'ouest US.

Je vais vous dire ce que je souhaite faire. Je n'ai pas encore d'ordre précis et j'en suis à la préparation du circuit. Je voudrais partir en mai/juin (dates encore non définies) Je me suis pour le moment (on est 3) basé sur 3 semaines pleines (j'exclue doncl'aller et le retour) mais je me demande s'il ne me faudra pas plus de temps.

Pour les villes: - San Francisco : 3 jours - Las Vegas : 2 nuits - Los angeles : 2 jours

Pour les parcs nationaux: - Grand Canyon - Antelope Canyon

- Yosemite

- Monument Valley - Lake Powell

- Cannyon land - Parc des Arches

- Bryce Canyon - Zion Park

- Sequoias park - Vallée de la mort

- Yeloowstone (même si je pense l'annuler car je crois que c'est bcp plus au nord que l'ensemble de mon parcours) - Lake Tahoe (idem, un poil trop au nord)

Canyon de Chelly et Mesa Verde? Ou y penser plutot pour un autre voyage dans quelques années?

Cela fait beaucoup je pense (en 3 semaines c'est quasiment sûr). A votre avis de combien je dois rallonger? Je ne sais pas encore si j'arriverais à LA ou à SF et je me tate: boucle ou pas? La côte entre LA et SF vaut-elle véritablement à fond le coup?

Merci de votre aide en tout cas !
Vos mésaventures en escales de croisières? English translation pending
by PAP86 · 2010-12-26 · 38 replies
Les récents échanges humoristiques entre nous m'ont donné l'idée de lancer ce fil :

Avez vous une "escale maudite" ?

Soit parce que de façon répétitive, il s'est passé quelque chose d'inattendu ou pas passé quelque chose d'attendu Soit parce qu'il s'est passé "une fois" quelque chose d'exceptionnel

Ainsi, les habitués de ce forum savent maintenant que

Pour Bruno, c'est Katakolon... et les caprices de la météo 😉

Pour Desbell, c'est Madère... et les caprices de la mer 😉

Moi, j'ai trois souvenirs d' "escales maudites" :

1) souvenir ponctuel exceptionnel : Agadir 2003 : j'ai mangé une glace à la terrasse d'un petit café... résultat : trois jours après, la plus "belle" 🤪 intoxication alimentaire de ma vie... Perdu plus de 5 kg en une matinée, avec presque 40 de fièvre.. et une belle panique sur l'European Star (car a priori, la source pouvait aussi être sur le bateau... 😮 ) dans l'équipe médicale et les officiers... Moralité : ne rien manger de "cru" à terre ni boire quoi que ce soit qui ne soit en bouteilles *fermées* lors des escales notamment méditerranéennes... Ensuite, pratiquement rien pu avaler pendant trois jours (une pomme par repas...) : seule croisière où j'étais moins lourd à l'arrivée qu'au départ... 😮

2) souvenir répétitif : En 23 croisières depuis 1998, Mme PAP et moi avons eu trois "prises de bec" (d'aucuns parlent de "scènes de ménage", mais on n'a pas cassé de vaisselle, et ça n'a pas duré très longtemps 😉) et rien que trois, pas une de plus, et les trois foi, s pour un motif absolument futile... eh bien les trois fois, c 'était pendant l'escale à Mykonos... 😠🤪 Et dans notre vie, on n'a fait que trois escales dans cette île... Alors "Mykonos la romantique"... ben on est passé à côté... 🤪 😊

3) souvenir ponctuel exceptionnel (pour moi) : en novembre 2007, sur l'Europa, à cause de la panne d'un moteur, on a passé à quai (à Alexandrie) la seule nuit de toutes nos croisières... Eh bien, on a très mal dormi... 😏 c'était trop silencieux, et trop immobile... 🤪

A vous !
Ville peu chère au Brésil? English translation pending
by Typist · 2010-12-21 · 8 replies
Bonjour à tous!

J'ai besoin de vos conseils à propos d'un voyage que m'aprète à faire au Brésil. Je pars du 10 janvier 2011 pour 3 mois. J'ai prévu d'arriver et de rester un peu à Rio et de retourner à Salvador ou j'ai déjà quelques amis. Dans ces deux villes j'ai des contacts et amis qui peuvent m'héberger. Seulement j'aimerai visiter une 3e ville et je ne sais pas trop laquelle choisir, pourriez vous m'aider svp? voici mes critères :

- très très peu de moyens (j'envisage de travailler un peu sur place pour me payer les transports entre les villes) donc je cherche un endroit où il fait bon vivre et ou le coût de la vie est peu élevé (on m'a dit d'éviter Sao Paolo par exemple)

- une ville moins concernée par le tourisme et donc l'inflation en période faste

- j'y vais principalement pour visiter, voir de beaux paysages, m'en mettre plein la vue, l'ouïe ou les papilles :D, connaitre la culture, rencontrer des gens, sympatiser et faire de la capoeira (pas spécialement intéressée par la fiesta, l'alcool, la playa ni le camping toute seule.. mais bon je ne cracherai pas sur une ou deux expériences tout de même si c'est un must :) )

- limité aux régions non concernées par la fièvre jaune ou le palu car j'ai pas pris de précaution

- et toujours cette grande question : où serait-ce le mieux de passer carnaval? sachant que la foule ne me dérange pas et que ce qui compte pour moi c'est le spectaculaire qu'on trouve nulle part ailleurs (au niveau fête j'ai assisté à la fête nationale et la gaie pride à Bahia de cette année 2010)

Je fais appel aux plus routards d'entre vous! merci d'avance pour vos conseils que j'attends avec impatience pour lancer une recherche de couchsurfing ciblée :D
Trois à quatre semaines au Japon en été 2011 avec trois enfants English translation pending
by Lkjc · 2010-12-21 · 21 replies
Bonjour,

nous hesitons encore mais nous pensons aller au japon 3 à 4 semaines cet été avec nos 3 enfants de 7,7 et 6 ans ( et oui, presque des triplés..) ( En fait on hesite entre ça et 5 semaines vietnam laos cambodge... à priori le budget pour l'un ou l'autre voyage se tiendrait)

j'ai un peu regardé et je pense louer un appartement une semaine à Tokyo, une semaine à Kyoto, pour le reste pas trop d'idée. je suis plutot dans la location d'appartement pour ces 2 villes car cela nous reviendra moins cher que l'hotel ( surtout à 5 car nous devons prendre 2 Chambres à priori)

J'ai bien conscience que je devrais louer en guesthouse et prendre des nuits d'hotels pour le reste de mon voyage car cela va être difficile de trouver des locations pour 2 ou 3 jours.

comme nos enfants sont petits, nous devons mixer entre visites et loisirs. connaissez vous des plages ou nous pourrions séjourner quelques jours?

nous pensons prendre des trains pour aller dans les differents endroits ou nous serons amenés à nous rendre. (on va essayer d'eviter les vols interieurs car là le budget exploserait)

Concernant le budget pensez vous que 1200 euros semaine soient OK ?

pour les appartements que j'ai vu on est en moyenne à 100 euros jours soit 700 semaine, donc il reste 500 pour la nourriture les deplacements, les entrées des visites (les enfants payent ils moins cher ?)

je vous remercie de toutes les infos que vous voudrez bien me donner.
Croisière sur le MSC Fantasia, départ le 29 janvier 2011 English translation pending
by Toulois · 2010-12-18 · 77 replies
Pour nous se sera depart de nice le 29 janvier 2011 pour 12 jours Croisière sur le MSC Fantasia

Qui sur cette meme date ?

Se sera une 1ère pour ce genre de croisiere. L'année derniere nous sommes parti en catamaran pour les iles grenadines. Et l'année d'avant sur un bateau egalement mais sur le nil.

Une experience tres differente je pense mais toujours plus ou moins avec la meme optique. Ne pas faire ses valises chaque jour et voir de nouveau horizon. Visiter et se reposer. Decouvrir des horizons variés sans subir la fatigue des transferts.

D'ailleur nous irons à nice en train de nuit avec couchette histoire d'arriver en forme et de profiter d'une journée supplementaire de vacances à Nice.
Un mois seule en Inde par amour du pays English translation pending
by Mariespagne · 2010-12-17 · 4 replies
UN MOIS SEULE EN INDE PAR AMOUR DU PAYS

https://voyageforum.com/discussion/mois-seule-en-inde-par-amour-pays-d3872411/

A Peine rentrée de mon voyage en Inde de janvier que je programme de visiter le Rajasthan avec comme but la «Camel fair» à Pushkar.Rajasthan: second état d’Inde par sa superficie; à l’est des monts Aravalli. Capitale: Jaipur. Guerriers aux longues moustaches et turbans multicolores étaient de farouches combattants, défendant leur indépendance contre les musulmans. Leur grande gloire était de se lancer dans un dernier assaut fatal, vêtus de la robe jaune du sacrifice. En même temps, derrière les remparts, leurs femmes s’immolaient sur un bûcher voulant mourir libres plutôt qu’être au pouvoir de l’ennemi. Ce passé de sang et de bravoure résonne encore dans les murs des forts et des palais. DEPART de Belgique le 26 octobre 2010 à 10H: je quitte mon patelin car le voyage en Inde du Nord comprenant le Rajasthan et le Punjab démarre aujourd'hui pour un mois. La personne qui m’emmène à la gare est quelque peu énervée donc je m'empresse de me rendre sur le quai où je fais un peu d'exercices vu qu'en portant mes bagages, je viens déjà de me coincer une vertèbre. Bon, ça y est, le train est là, je m'arrête à Bruxelles centrale exprès car j'y ai toujours vu des escalators donc mieux pour mon dos. Pas de chance, aujourd'hui, c’est jour d'entretien ce qui m’oblige à grimper les marches pour atteindre le quai n°5. On annonce que le train pour l'aéroport aura du retard «problème de locomotive» toutefois vite réglé. Le contrôleur vient me demander pour payer «la taxe Diabolo» de 2,05€, je lui demande s’il blague et bien non, c’est pour payer le nouveau tunnel. Arrivée à l’aéroport, on n'accepte pas mes 2 bagages à l’enregistrement sous peine d'une taxe de 45 dollars. Je décide d'aller les scotcher ensemble ce qui me coûtera 10€. Bon début de journée! Je suis en avance et téléphone à mon chéri qui commence à s'inquiéter de mon silence. L'avion pour Londres est prévu à 15H25 mais le vol est retardé à 17H30 «problème de moteur». Il faut se rendre à l’évidence que ma correspondance Londres-Delhi à 17H est loupée! Je verrai à Londres si j’ai un autre vol. En attendant, j'ai reçu un voucher de 8€ pour me restaurer. Je m’en vais boire une bonne bière avec une tartine au poulet. Je fais internet 1/4h pour 3€. Départ imminent : 18H. Je ne vois ni le décollage ni l'atterrissage car je dors au point de ne pas avoir ma collation. Arrivée à Londres, je me dis que voici le moment où tout va se décider. British Airways me propose un de leur vol faisant escale à Bombay et arrivant à Delhi le lendemain après-midi. Le personnel de l’aéroport ne parle pas un mot de français. Je fais comprendre que ce vol ne m'intéresse pas. On me trouve un autre vol avec Virgin Atlantic à 22H. J'accepte. Du terminal 5, je vais au terminal 3 (10 min de bus). Très grand aéroport. Beaucoup de boutiques. Marche de 20 min pour arriver à la porte où on embarque à 21H25. Le récit pour l'Europe se termine ici..... Le 27 octobre 2010 à 23 h: Je m’envole donc avec Virgin Atlantic, assise au hublot à côté d'une indienne; le discours est réduit à "bonjour", ni l'une ni l'autre n'avions envie de parler mais plutôt de manger, dormir et arriver. On nous sert un excellent repas végétarien. Je tente de voir un film à l’ordi mais le bruit des moteurs est trop fort. Je dors en gigotant beaucoup. Je m’éveille à l'odeur du déjeuner chaud. Je replonge aussitôt et m’éveille à l'atterrissage. Bon vol. J’attends mes bagages mais le tapis défile et rien. Ceux-ci n'ont pas suivi. Durant 3H, je discute tant bien que mal avec les responsables bagagistes. Raj, de l’agence Milna qui s’est occupée de mes réservations, traduisait par téléphone. Evidemment, le taxi qui m’attendait n’est plus là quand je sors. Je prends un taxi-prépaie pour me rendre à l‘hôtel SMYLE INN dans le quartier Paharganj. Un gars de Milna me livre les roupies commandées. Je profite pour lui montrer ma minuscule chambre atroce. Il y a des trous entre les vitres et le plâtre donc bonjour les moustiques et ma moustiquaire, bien sûr, est dans les bagages. Le matelas est haut de 3 cm. Hors de question de rester là et vais en face, à l’hôtel MY INN où j'ai une belle chambre. Je m’endors tard car j'ai dû aller acheter des habits puis j'ai rendez-vous en soirée avec un étudiant en langue française avec qui je communique depuis six mois. Après avoir été achet�� une petite culotte que j’ai oubliée lors des mes achats «ça fait bien avec un jeune gars que je vois pour la première fois! Nous discutons devant un thaï masala à l’hôtel. Nous découvrons que nous avons une connaissance à Delhi en commun: Raj de l‘agence Milna. Je reverrai ce jeune étudiant en fin de séjour. J’ai deux autres rendez-vous; un est remis à plus tard et l’autre, je ne l’ai pas trouvé; vu que la carte indienne de mon mobile est périmée, je ne peux l’appeler. Je démarre le circuit demain matin à 10H. Jeudi 28 octobre 2010: Je me lève en catastrophe à 9H45; je me suis endormie tard la veille; le taxi est là. Il m'attend. Nous partons. Il est garé loin et marche vite dans ses vieilles petites rues du vieux Delhi. Je l'arrête un instant pour acheter une crème de jour vu que je n'ai toujours pas mes bagages. Quelques mètres plus loin, je pars sur le côté de la chaussée et m'étale de tout mon long; comme la dernière fois que je suis venue à Delhi, c'était le 1er jour aussi! Comme parfois, les choses dans la vie se reproduisent… J'ai des égratignures aux 2 genoux et aux 2 mains; j'ai surtout très mal mon pied droit qui s'est tordu. Comme toujours, un attroupement d'indiens pour m'aider à me relever alors que je restais figée à terre me disant "non, ce n'est pas possible, pas encore ". Le chauffeur me donne du sparadrap et, comme si rien n'était, nous partons. C'est ainsi que se termine mon mini séjour à Delhi. En route pour la 1ère destination soit la ville de MANDAWA qui se trouve dans la région duSHEKHAVATI à 250 kilomètres de DELHI. La voiture correspond à ce que j'avais demandé une «tata indigo»; elle est propre; le chauffeur doit avoir 35 ans, s'appelle Kamur. A peine dans la voiture, je m'endors jusque midi. Nous passons dans un petit village typique où j’achète des pommes, des bananes et un jus d'orange. On ne s’attarde et démarre pour la suite du parcours. Vers 15H, Kamur me demande si je veux un thé; j'accepte mais une fois là, je vois que c'est le grand resto à touristes; le thé coûte 50 roupies. Je ne suis pas radine mais connaissant le prix ailleurs, je me contente d'aller aux toilettes. Je dois attendre le chauffeur car lui, mange. Je croise un car de français mais je n'ai pas envie de leur parler. Je suis un peu déprimée car j'ai très mal au pied. Je marche à peine. J’ai peur pour mon séjour! Enfin, Kamur a fini. Nous partons. Je lui demande de m'arrêter dans une pharmacie pour acheter une pommade mais se contente de me dire "after". Après 1H de route, nous arrivons à JHUNHUNU. J'ai prévu de visiter un des plus beaux temples du Rajasthan "le TEMPLE de RANI SATI" qui est très fréquenté par les indiens et très peu visité par les touristes; effectivement, j'étais la seule. C'est un haut lieu de pèlerinage hindou qui a lieu au mois d'août/septembre et des milliers de fidèles y viennent. Il y a 800 chambres dans la cour pour accueillir les pèlerins. Il a la particularité d'avoir pratiquer "le SATI" qui est le rituel de la veuve qui s'immole sur le bûcher après la mort de son mari. C'est immense. C’est beau. Joliment décoré de scènes de la vie de Rani Sati (la reine du sacrifice). Je suis éblouie par ce sanctuaire. Je marche très difficilement. Je bois un thé dans le temple. En sortant, j'aperçois une sorte d’officine. Je n'ai rien à perdre. J'explique mon cas. La personne me regarde, ne touche pas mon pied, et me donne des pilules homéopathiques. Je ne paye rien. Bizarre. A peine prises, il me semble que mon pied va déjà mieux. Psychologique ou non? Je suis très étonnée de voir que la nuit tombe déjà et qu'il n'est que 17H30. Nous partons; le chauffeur ne trouve pas le puits que je demande. Par contre, il m'arrête voir un petit temple à 200 mètres du premier. Maintenant, il est 18H, il fait noir. Il y a encore 1H de voiture pour Mandawa et le chemin est très chaotique. J'aperçois le SHEKHAWATI Hôtel en haut de la petite ville; il parait sympa. Un garçon à la réception parle français. Il propose de me guider le lendemain matin. J'accepte. Mais déjà le soir même, nous descendons au village chercher ma pommade que je n'ai toujours pas acheté ainsi que tout un attirail pour les moustiques car toujours pas de bagages et donc pas de moustiquaires ni de produit répulsif. Et là, il y a des moustiques. Dans la chambre, je tire les draps et je trouve une bête rampante dans le lit. Le patron constate par lui-même et me change immédiatement de chambre. Le Skehavali hôtel est propre et le service excellent, aux petits soins pour leurs clients. La cuisine est succulente. De retour à l'hôtel, je soupe sur la terrasse qui est sur le toit; repas délicieux; j'ai choisi du mouton curry en sauce et deux galettes de pain fourrées. Je prends une bière de 660 ml. Elles sont grandes ici mais elle s'est bue quand même. Je rencontre un couple de français et nous échangeons quelques mots. Je rentre, me douche, vais dormir; il est 23H. Vendredi 29 octobre : je me lève tôt. J'ai bien dormi. Je suis au petit déj. à 8H. Omelette et toast avec 2 bons cafés. Avec le petit guide de l'hôtel, nous commençons la visite de MANDAWA. On commence par la grande particularité du Shekhavati, soit la visite des Haveli qui sont d‘anciennes demeures qui appartenaient à de riches commerçants partis pour la plupart dans les villes de Bombay et Calcutta. Très peu sont encore habitées par les descendants mais souvent par des gardiens. Elles sont pour la plupart très délabrées mais on retrouve les dessins faits à l'époque représentant toutes sortes de scènes soit religieuses soit des animaux ou autres. On les distingue par leur façade dessinée. On entre dans la 1ère cour décorée qui était la cour des hommes où souvent se réglaient les négociations. La 2ème cour appartenait aux femmes où elles participaient à tous les travaux ménagers. A l’étage, les chambres hébergeaient les commerçants de passage. Je visite quatre havelis à Mandawa. Je me régale ensuite à visiter le fort médiéval où je passe un bon moment côté historique; j'ai renoncé au côté transformé en hôtel. J’y vois une chambre de Maharaja que je trouve toute petite et mignonne. Je découvre aussi la salle de danse avec ses petits balcons. Il y en a aussi dans certaines havelis. Le petit guide me conduire chez son père qui est artiste peintre mais la visite fut de courte durée. J’ai envie d’un thé et il est très étonné quand je demande de le boire au même titre que les indiens sur une chaise à trois pieds et demi; il propose que je le boive à l'hôtel. Je suis têtue, il n'insiste pas. J'achète des bananes et une pomme. Je rentre à l'hôtel où le chauffeur m‘attend. Toujours pas de bagages. Il est midi, nous partons pour visiterNAWALGARH, une petite ville aux multiples havelis également. Il y en a plus de 5000 dans la région. Le petit guide du matin s'est déjà mis en rapport avec un copain qui attendait sur le chemin près du village. Il parle français aussi. C'est une région où les jeunes et les enfants parlent volontiers français. Je m'étais concoctée un petit itinéraire que nous ne respecterons qu'à moitié car ces havelis sont plus grandes et surtout un musée-haveli me prendra beaucoup de temps. Le premier est le Choti Haveli. Le suivant est le Murarka haveli, très grand et très bien entretenu; j'y ai même vu la cour aux bestiaux. Ensuite, le Podar Haveli muséum qui vaut vraiment le coup d'être vu même si l'entrée coûte 100 roupies. Je demande au guide, qui croyait avoir fini son travail, de voir le haveli des huit frères qui possédait chacun la leur. Original. Elles sont délabrées. Puis, le Khedeval Bhavan recommandé par le routard comme une des plus belles havelis; je n'ai vu que l'extérieur assez minable! Il me restait sur la liste le temple de Ganga Mai. Le guide ne veut pas y aller disant que c'est fermé mais, j���avais lu qu’en demandant à l'arrière du temple, on nous ouvrirait. Ce fut le cas. Pas très intéressant. Il est 17H, je libère le guide. Au départ, je pensais aller aussi à DUNDLOOD, RAMGARH, MAHANSAR et SIKAR mais ça y est, j'en ai vu assez. Après, c'est trop. Par contre, je profite d'être dans les heures des offices religieux pour assister à une cérémonie au temple de Mandawa. Mon chauffeur est rentré seul à l'hôtel. En rentrant, je me laisse séduire par une paire de sandales car toujours pas de bagages. Je cherche internet mais c'est en panne partout. Au retour, je passe devant l'hôtel où je devais loger en premier mais que Milna a changé; il est luxueux et avait des chambres libres à 600 roupies. Toutefois, je ne regrette pas celui où je suis. Pour souper, je monte à la terrasse sur le toit et je déguste une spécialité de la région, un plat végétarien succulent "mandorri" je pense! Je vois arriver mon chauffeur à ma table "pour ne pas me laisser seule, comme il dit", c’est gentil et sympa mais pas de dialogue vu qu'il parle anglais et ne fait pas d‘effort pour me comprendre. Quoiqu’il insiste sur quelque chose, je dis «yes» au hasard. Pas de surprise. J'ai dû bien répondre. Je rentre, me douche, rédige ce texte et me couche. Le départ demain est prévu à 9H. Samedi 30 octobre 2010 : 7H du matin et déjà réveillée, en pleine forme. Je m'habille et vais prendre le petit déj. à la terrasse. Ma première préoccupation est de demander au garçon si mes bagages sont arrivés; il me répond par la négative mais voyant ma tête, rigole et dit «oui, ils sont arrivés à 3H du matin». Ouf....Comme le jour avant, je prends 2 cafés et une omelette. Du toit, j'observe la vie paisible des habitants qui se mettent en train. Certains regardent le passage; les femmes font le ménage; les chiens jouent entre eux; les petits marchands déambulent à vélo en criant pour vendre je ne sais quoi. Hier, j'ai eu la visite d'un corbeau qui m'a piqué le beurre; il est de retour et repique le beurre. Il est 8H. Je salue le garçon. Je termine de ranger mes affaires et rédige ces quelques mots puis je pars à 9H. La première escale sera FATEHPUR à 30 km d'ici. Mon souhait en arrivant là est de visiter UNE HAVELI que NADINE LEPRINCE a achetée en 1999 pour en faire un centre culturel puisqu'elle même est artiste-peintre. Elle a fait retaper cette haveli datant de 1802, qui est maintenant resplendissante. Dans les pièces qui ont été épargnées par les pigeons et l'humidité, les peintures sont restées authentiques. Le gardien de Nadine LEPRINCE est d’origine française. Il regrette que la municipalité ne rénove pas les autres havelis pour attirer le tourisme. Il me fait visiter les lieux en m’expliquant d’abord que si les portes sont petites pour entrer dans les havelis, c'est pour saluer le maître en entrant: vrai ou faux? Les guides de Mandawa m'avait dit que c'est parce que les gens étaient petits à l’époque! Je ne les avais pas crus… Le gardien m'apprend que toutes les fresques représentant des animaux datent des mongols. Il me dit aussi que les petits morceaux de miroirs, servant à la décoration des œuvres, viennent du Val St Lambert à Liège en Belgique. Par contre, les guides de Mandawa me l’avaient dit mais j’ai cru qu’ils disaient cela parce que je suis belge! A savoir que la cristallerie du Val St Lambert existe encore à l’heure actuelle Je ne visiterais rien d'autre à FATEHPUR car je me suis bien attardée et il faut prendre la route car il est déjà midi. A 13H, nous arrivons à DESHNOKE: le TEMPLE DE KARNI MATRA dit le temple des rats". Quel horreur! J'étais pétrifiée sur place jusqu'au moment où un petit rat; heureusement car les autres sont gros est passé sur mon pied. Ils sont là à jouer, manger, boire du lait. Les fidèles les vénèrent parce que la Sainte femme Karni Matra a renoncé à croire aux Dieux humains vu que malgré ses prières "Yama" le dieu de la mort n'a pas pu sauver un jeune enfant. Heureusement que je n'ai pas écrasé un rat sinon j'aurais dû le remplacer par un rat en or ou en argent. Je n'ai pas, non plus, rencontré un rat blanc qui aurait été signe de bon augure. Ce n'est pas le temple que je choisirais pour rester de longs moments assise à terre pour méditer. La visite fut assez brève pour une fois. En sortant, je m’empresse de désinfecter mes pieds avec des lingettes au citron. En quittant ce temple, je demande au chauffeur de faire une halte à la FERME AUX CHAMEAUX à 7 km de Bîkaner. Il n'a pas l'air de connaître puisqu'il demande le chemin. Nous trouvons mais devons attendre 15H pour faire la visite qui n’est pas du tout spectaculaire. En sortant, je déguste un thé au lait de chamelle. Le chauffeur est content car la visite est finie mais déchante quand je lui demande de me conduire visiter le site DEVI KUND à 7 km de Bîkaner. Evidemment, je l’aurais juré, il ne connait pas non plus lui qui se vantait connaitre tout le Rajasthan. Après s’être renseigné, nous arrivons sur ce lieu de crémation où j’admire les superbes cénotaphes, pour la plupart en marbre blanc, des maharajas et leur famille. Le gardien m’ouvre une petite porte qui donne sur le "lac de la déesse" où résident des poissons à moustaches, énormes au point que je demande s'ils mangent aussi les humains. La réponse est négative mais j'aime mieux ne pas m'y baigner. Il est 19H quand nous arrivons à BIKANER. Le chauffeur a du mal à trouver l'hôtel MARUDHAR HERITAGE. Je range mes sacs puis vais manger à l'extérieur un thalli végétarien exquis avant de rentrer me doucher, taper ces quelques lignes puis me coucher. Demain matin, j'ai l'intention de visiter le fort mais aurais-je le temps? J'ai du mal à m'endormir à cause de drôles de bêtes sur le mur. Dimanche 31 Octobre 2010 : 8H, je commande toasts au fromage et café au service room. Je suis prête à 9H pour la visite du JUNAGARTH FORT. J’arrive trop tôt; on me laisse juste visiter le musée en attendant l’ouverture; ce musée n’est pas extraordinaire. 10H, les portes du fort s’ouvrent. La particularité de ce fort est qu'il n'est pas construit en hauteur du tout; ça doit être le seul, je pense! Je loue un autoguide en français, plus cher mais quel luxe! Il n'y a qu'à suivre les flèches et tout est expliqué; ça permet de faire la visite à l’aise et de revenir en arrière autant de fois qu‘on veut, d‘avoir toutes les explications en français. Je mets 2H pour visiter l'intérieur du fort qui est remarquablement bien entretenu et en parfait état. Sa beauté est inexplicable. Il est vrai que j'ai lu dans le guide du routard que c'est le plus beau du Rajasthan. Il a été initié au 16ème siècle parle Raja Rai Sing. J'ai beaucoup aimé les grandes cours, les salles richement décorées, la chambre du Maharaja et ses miroirs pour lui permettre de voir qui arrivait. Son lit est très simple car depuis qu'un Maharaja a été assassiné, ligoté dans son lit, ils avaient des lits simples pour pouvoir se débattre au cas où! Départ pour JAISALMER; j'avais encore des choses à voir mais le chauffeur, qui est toujours pressé de partir, dit qu'il faut 7H pour faire la route. Préférant rouler le jour, je renonce à ce qu'il me reste à faire. Midi. La grand-route est fermée. Nous traversons un dédale de ruelles poussiéreuses. La route bétonnée reprise, nous roulons jusqu'à 14H. Je m'endors. Le chauffeur s'arrête à une de ses étapes habituelles évidemment pour prendre un café et manger. Moi, j'ai prévu une banane, une pomme et le reste des toasts bacon du matin. Bref, je prends quand même un café mais je regrette car il est super mauvais. Après réclamation, on me le remplace par identiquement le même. L'addition arrive: 100 roupies. Je refuse. Le serveur me montre la carte. C'est le prix. Je refuse quand même. Le chauffeur discute et je paye la moitié mais toujours en discutant. Je redis pour la 2ème fois au chauffeur de ne pas m'arrêter dans les endroits à touristes, que je suis habituée à manger et à boire "local". Il me dit "yes". Nous reprenons la route. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que JAISALMER est annoncé à 45 km; il n'est que 16H. J'aurais eu le temps de finir mes visites à Bîkaner. Je ne suis pas contente sur lui. Il me dit quelque chose que je ne comprends évidemment pas et insiste pour que je dise "OK". Je lui répète que je ne comprends pas. Nous arrivons à JAISALMER "la cité dorée ou la ville d'or du désert". Maintenant, je comprends ce que le chauffeur tentait de m'expliquer à tout prix depuis Mandawa. En fait, un de ses amis nous attendait à Jaisalmer pour m'accompagner en tant que guide. Je refuse lui expliquant que je me débrouille seule et que j'aime traîner à ma guise. Ils ne sont contents aucun des deux. Puisque nous sommes arrivés plus tôt que prévu, je descends au lac artificiel "LE GADI SAGAR". C'est un endroit reposant et agréable, propice à la méditation. Je me suis régalée avec mon petit "moi" toute seule. Je me suis retrouvée à faire du pédalo au milieu du lac! J’apprécie d’autant plus que le soleil va bientôt se coucher. Je photographie les poissons à moustaches. Ils sont voraces. Après ce tour, je monte une petite rue et me retrouve à boire un thé dans un petit bar dominant le lac. J’y suis reçue comme une reine régnant sur son lac! Le garçon demande de revenir demain car il a reçu un bon pourboire! Je dis peut-être»! Il est 18H. Je rejoins le chauffeur qui me dit «now hôtel» d’un ton autoritaire. J'ai des appréhensions concernant l’hôtel SHAHI PALACE car le gardien de Nadine Leprince m'a dit qu’il était crado. Je suis agréablement surprise car hôtel propre, bien tenu, personnel sympa; la terrasse est superbe, éclairée à la bougie et petites lampes rouges, et en prime vue sur la forteresse. La nourriture est très bonne. J'ai repris mouton/riz cuisiné autrement. D'un coup, je reçois 5 sms de mon chéri Alain. Cette fois, c'est le mien qui bloque. Je lui téléphone 3 minutes pour 50 roupies (-de 1€)! Maintenant, il est temps d’aller un peu ranger puis me doucher. Demain, j'ai donné congé au chauffeur jusque 15H. Je prévois visiter le fort à pied. A ce moment de mon voyage, je peux dire que le temps passe très vite. Je râle sur moi de ne pas savoir l'anglais mais on ne peut pas être doué en tout! Lundi 1er novembre 2010: 8H; je me réveille. J'ai bien dormi. Finalement, je décide de ne pas faire la forteresse aujourd'hui mais plutôt la vieille ville. Je déjeune. J'emporte avec moi quelques jouets et des chaussures pour enfants que j‘ai emmené de Belgique. Je rencontre deux gamins à qui je donne un jouet. Le reste a suivi rapidement car il a appelé ses copains en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ils ont tout pris y compris les lignes de chocolat qui étaient prévues pour Praveen, l’étudiant de Delhi, mais qu’il n’a pas su avoir compte tenu du retard des bagages. Je ne peux pas continuer à les emmener. Il fait très chaud ici. Tout ça me fait un sac en moins à porter, je me sens plus légère. J'arrive à l'entrée de la vieille ville pour visiter trois havelis et déambuler dans les rues. J'accepte toutefois l’aide d’un jeune homme car c'est un peu le souk ici et finalement, je me dis que pour m’y retrouver, ça va être un casse-tête. Il ne met pas longtemps à me casser les pieds pour me faire voir tel ou tel magasin. Je n'arrête pas de lui répéter que je ne veux rien acheter mais visiter. Il parle et comprend le français. Donc pas d'excuses. Je le garde avec moi un moment. Il me conduit voir deux havelis. En premier, je visite est le PATWON-KI-HAVELI, qui est magnifique, encore meublé au premier étage avec des collections de toutes sortes d’objets. A noter que le jeune guide m’avait dit que cette haveli n’était pas bien. Bien sûr, là, il n'a pas de commission. En second, je visite le NATHMAL-JIKI-HAVELI qui appartenait à deux frères, moins intéressante que la première. Le jeune m'attend pendant que je visite à mon aise. Ça l'agace. Il arrive quand même à me conduire dans un magasin d'état, me faisant croire que c'est un musée. Ils sont rusés. Je m'arrête pour manger une bricole. Le jeune me dit d'un ton irrité "viens ça va être fermé" en parlant de la troisième haveli. Il m‘ennuie. Je lui dis que je continue seule en m’offrant au passage un jus d'ananas frais; je sympathise avec le serveur qui se débrouille un peu en français. C’est une ville touristique donc les jeunes savent le français comme moi je sais l'anglais. C'est toujours ça! On s'en sort toujours avec beaucoup de gestes, de la volonté et parfois le dictionnaire quand même! Il m'explique comment me rendre à la troisième haveli, le SALIM-SINGH-Ki-HAVELI, qui appartenait à un tyran. Je fais la visite guidée avec un bel indien aux cheveux et aux yeux noirs comme du charbon tranchant sur ses habits blancs. Nous sympathisons. A la fin de la visite, je lui demande où est le centre ayurvédique. Il m'y emmène; je prends rendez-vous pour le soir. Maintenant, je rentre à l'hôtel car j'ai rendez-vous avec le chauffeur à 15H et il est déjà 14H30. Le bel hidalgo se propose de me ramener à l'hôtel avec sa moto. Je me retrouve donc encore une fois sur une moto en Inde. Il y a des choses qui se réitèrent par rapport au voyage de janvier! J'arrive mais le chauffeur n'est pas encore là, je profite de remonter quelques minutes à la chambre. 15H, nous partons pour une petite excursion à la recherche des TEMPLES JAINS. A 10 km de Jaisalmer, le temple de LODRUVA est splendide et est protégé par deux cobras! On voit le trou par où ils rentrent. Tous les jours, on leur donne du lait. Quelques kilomètres plus loin, il y a le site d’AMAR SAGAR où nous faisons une halte pour admirer les merveilleux temples. La dernière visite pour aujourd’hui sera le site MAHARAJA BAGH où il y a des cénotaphes à l’infini. Je suis bien placée pour admirer le coucher du soleil à 18H. Un jeune homme me tient compagnie en voulant me vendre le livre du Kamasutra. L'excursion terminée, je me rends à mon rendez-vous ayurvédique. Le massage dure 2H au lieu d'une heure prévue car il trouve des nœuds partout. C'est spécial comme massage. Ça débloque les énergies et les nœuds. En plein milieu du massage, le bel hidalgo à la moto fait son apparition et veut assister à la séance; je refuse bien entendu. Le taxi m'attend. Je rentre à l'hôtel pour téléphoner à mon chéri puis mange du poulet tandoori; c'est délicieux. Je rentre me doucher, rédiger ces lignes, ranger mon fouillis habituel et m’endort. Mardi 2 novembre 2010:J'ai eu une migraine cette nuit et elle m'incommode encore ce matin. Je me force à manger un peu car je n'ai jamais faim avec la migraine. Bon ça peut aller quand même. Au déjeuner, je constate que nous sommes quatre femmes seules! Je rejoins le chauffeur qui me conduit au pied de la FORTERESSE de JAISAILMER. Il ne peut pas monter jusqu'au dessus et comme je n'ai pas envie de me fatiguer dès le matin, j’y vais en rickshaw. Je suis maintenant au cœur même du fort. Je commence par visiter deux temples Jains, merveilleusement décorés. Je ne peux pas emmener ma bouteille d'eau à l'intérieur. Tout à coup, je ne me sens pas très bien. Je suis barbouillée à cause de mes médicaments pour la migraine. J'ai le cœur qui bat très vite. Je me retrouve en pleine crise de tachycardie aux portes du désert! Je bois un coca et de fil en aiguille, je me retrouve face à un centre de massage ayurvédique. Je ne me fais pas trop prier après le thé offert par la maison. J’accepte 1H de massage, fait très consciencieusement par une indienne. Je me sens mieux. Il est presque midi et il me reste 1/2H pour visiter les deux autres temples Jains qui n’étaient pas ouverts avant 11H. Dans un temple, il y a des chauves-souris! Ces temples sont d’une immense beauté. Je poursuis ma visite comptant visiter le palais mais des jeunes hommes me disent qu’il n’est pas très beau et que celui de Jodhpur est mieux. Je n'ai quand même pas trop envie de le faire donc j'opte pour leur avis qui m'arrange. Je continue mon chemin parmi les vaches, les taureaux, les vendeurs de tout et de rien. Tout ça me plait. Mais on ne fait pas un grand chemin en Inde sans être accostée. Encore un prétexte pour m'arrêter. Je me laisse embarquer à aller boire un thé à la terrasse d'un resto. Je suis bien accueillie par deux jeunes avec qui je discute à bâtons rompus. C'est quand même fou, eux en anglais moi en français, chacun mélangeant un peu de chaque langue. Je me sens bien. Ils m'ont bien installée sur un matelas et je vois toute la ville. Un français venant de Bourgogne dormait chez eux et est venu me parler un moment. On n'est jamais seule en Inde. Le serveur téléphone au taxi pour qu'il vienne me chercher au pied du fort plutôt qu’à l'hôtel, comme prévu. Je le rejoins à 15H pour faire une excursion vers les VILLAGES FANTOMES. Epoustouflant. C'est fabuleux de voir plus de 700 maisons abandonnées. Je demande au taxi de me laisser marcher er m’attendre plus loin près du temple abandonné. Je n'ai jamais entendu unsilence pareil. Rien. Pas un bruit. Calme plat. J’aimerais m'asseoir et méditer mais une vipère pourrait ne pas être loin donc je m'abstiens. Quelle n'est pas ma surprise en entendant de la musique moderne à tue-tête. C‘est mon chauffeur. Non mais, il le fait exprès, un endroit ainsi…Je l'aurais tué mais j'en ai encore besoin! Il y a un deuxième village fantôme près d'un fort. Il ne connaît pas plus que le premier mais se renseigne et y arrivons. Il y a une bande de 3 mètres de sable; la voiture ne passe pas. J'y vais à pied. Il faut vraiment le vouloir!!! Je suis encore épatée par ce paysage désertique. En revenant, je m'amuse avec deux enfants sympas. Il est 17H30, je rentre en passant par le lac artificiel où je vais visiter un petit musée et boire un thé, hé oui encore, à cet endroit qui m'avait plu deux jours plus tôt. Le soir, je retourne faire un massage ayurvédique mais ça ne se passe pas bien. Le masseur arrête à tout moment soit pour téléphoner, soir pour voir un client qui arrive, enfin toujours pour quelque chose. Un moment, je profite qu’il est de nouveau occupé à autre chose pour me rhabiller et partir. Je refuse de le payer. Il n'est pas content. Moi non plus. Je rentre à l'hôtel boire une bière, manger et discuter en français avec une anglaise. Demain, je pars à 9H30 pour Jodhpur. Bon souvenir de Jaisalmer. Mercredi 3 novembre 2010:8H30, j'ai déjà pris ma douche et le petit-déjeuner. Départ à 9H30 pour JODHPUR. En chemin, je demande de m'arrêter pour prendre un thé. Il s'arrête et prend un aussi mais ne le boit pas disant qu'il n'est pas bon. Trop tard, j'ai bu le mien! On verra! Il n'est pas marrant ce chauffeur. Il ne s'arrête jamais pour me faire voir quelque chose ou me laisser prendre une photo. En fait, je crois qu’il ne connaît rien à part le chemin qui relie les grandes villes. Heureusement que je suis bien documentée et tenace sinon je ne verrais pas grand chose. Il est 13H quand nous arrivons à JODHPUR, 2ème grande ville du Rajasthan, appelée «ville bleue». Les maisons sont peintes en bleu pour éloigner les moustiques et garder la fraicheur; tradition datant des brahmanes (prêtres). Il n'y a que 18 jours dans l'année où il n'y a pas de soleil à JODHPUR. Cette ville est trépidante. Le chauffeur est furieux de ne pas trouver de parking près de l'hôtel. Il téléphone à Raj de chez MILNA pour lui dire qu’il ne me conduira pas le lendemain à la forteresse. C'est vrai que c'est la foire ici, aux deux sens du terme puisqu'il y a la préparation de la fête de DIWALI. Il y a du trafic et les gens sont fort excités à l'approche de cette fête. Il y a des lumières partout... Et déjà les pétards retentissent. Le chauffeur viendra donc me chercher demain à 16H, à ma demande, pour me conduire à MANDORE, petite ville à 10 km sûrement moins agitée. Je range ma chambre puis à 15H, je vais visiter la vieille ville. Là, ne circule que piétons, vélos et rickshaws. Le guide du routard indiquait qu'il n'y avait pas de touristes là-bas; il ne s'est pas trompé; j'étais la seule et me suis demandée un court instant ce que je faisais là. Je vire et revire dans les ruelles. Tout le monde me salue, veut me donner la main. Je suis la créature rare du coin! Je distribue des jouets aux enfants et vite une émeute s’est formée à mes côtés. Pas bien méchant! C’est un peu St. Nicolas! Après avoir bu un thé dans une gargote, je pars à la découverte de la TOUR DE L’HORLOGE et du SADAR BAZAR. Toujours aucun touriste juste sur la fin où je croise un petit groupe de français. C’est quand même une grande ville et je suis étonnée. Je me balade encore, fais des photos, mange des spécialités épicées. C'est vraiment le délire ici. Ils préparent la fête avec vigueur. C'est vrai que c’est la nouvelle année pour eux. Je suis fatiguée et traîne encore un peu la migraine donc tente de rentrer à l'hôtel à pied puis en rickshaws car je ne sais plus le chemin. Je me douche et essaye de m'endormir tôt. Demain, j'irai visiter la forteresse. Je me sentirais moins bête rare! Je suis déçue du chauffeur; je me fais comprendre par tout le monde sauf par lui à cause de sa mauvaise volonté, son empressement et de ce fait, ne prend pas le temps de comprendre. Tant pis pour lui à la fin du voyage! Je m’endors vers 20H mais suis réveillée à 3H du matin en sentant quelque chose se promener sur moi. Quel horreur, c’est une grosse bêbête de 3 cm de long avec une carapace et des longues antennes. Elle est dans le lit. Je me bats avec pour la tuer. J'y arrive. Une autre surgit. Ca devait être le couple. Tuée aussi. Oh, je pense ne plus dormir cette fin de nuit! J'ai une moustiquaire mais pas bien mise puisqu'il n'y a rien pour l'accrocher donc je fais avec les moyens du bord mais pas bien apparemment!!! Il est 7H30 chez nous, comme mon chéri se lève tôt, je lui téléphone; j'ai toujours beaucoup de joie à entendre sa voix. Je l'aime. Il me manque mais je sais qu'ici, il ne pourrait pas être bien. C'est vraiment spécial l'Inde! A cet instant, je m’interroge si un mois ne sera pas trop long? Mais ça doit être un sentiment passager à cause des bêtes et la fatigue. Ma chambre ressemble à un champ de bataille. Comment je fais pour avoir un bazar ainsi à moi seule et en rien de temps? Je range un peu. Il est 5H et m’endors un peu. Jeudi 4 novembre 2010: A 8H, au déjeuner, je parle avec une anglaise: n'y aurait-il que les anglais qui voyagent? La dame me dit qu’ils n'ont pas de mérite à parler anglais, c'est leur langue maternelle. Après le petit déj, à croire ou à ne pas croire: en rentrant à la chambre, je rate une marche dans le couloir et me voilà à mesurer celui-ci de long en large; il n'y a qu'en Inde que je tombe; j'ai fait une de ses mascarades avant de tomber, mal à la main et à la jambe! Je me couche un peu, prends des comprimés homéopathiques. Me voilà repartie. Achat d'eau. Négociation du rickshaw puisque mon chauffeur ne veut pas m’y conduire; quoi qu’en arrivant là, les autres touristes étaient avec leur taxi ou bus. Non mais.... à déduire sur son pourboire, enfin on verra! Forteresse de MEHRANGARH, j'arrive!!! Le guide du routard dit que c'est la plus belle forteresse du Rajasthan, je confirme; elle est magnifique; j'ai rarement vu quelque chose du genre aussi beau. C'est comme si l'histoire ne s’était pas vraiment arrêtée, que quelqu'un va arriver, qu'on va être de la partie. Je m'évade dans le rêve en me replonge dans l'histoire des marahajas, des combats, des femmes derrière leurs "puschas" qui sont ces fenêtres à trous dont elles voient tout sans être vues. Je suis éblouie en voyant les diverses salles du palais si bien entretenues. Ce qui m'interpelle le plus, ce sont les empreintes des mains, toujours visibles, que les femmes ont laissé avant de s’adonner au «sati». Équipée du guide oral, j‘écoute les explications compréhensibles pour tout un chacun. Tout ce que j'ai vu dans ma documentation avant de partir est décrypté dans les moindres détails. Je passe 3H dans cette forteresse sans perdre une minute à flâner. Je termine en me faisant disputer par le chauffeur du rickshaw à qui j’ai dit que j'en avais pour 2H. Il n'a jamais dû visiter la forteresse sinon il saurait que 3H est le temps min pour une visite correcte. Je n'ai pas eu assez de temps pour me balader sur les remparts, dommage! A 1 km de là, sur le chemin du retour, on s'arrête au JASWANT THADA au bord d'un mini lac. C'est un grand cénotaphe tout en marbre blanc, datant de 1899, érigé à la mémoire du maharadjah Jaswan Singh. Lieu toujours destiné aux crémations actuellement. A l’intérieur, on découvre des objets personnels du Maharaja, des photographies. On peut aisément imaginer cet endroit à l’époque! Continuation du périple vers le PALAIS UMAID BHAWAN qui comporte 350 pièces. Le maharaja Umaid Singh le fit construire pour donner du travail aux habitants car, à cette époque, régnait la famine. Ce n'est pas possible de tout visiter car une partie est restaurée en hôtel de luxe et l'autre en appartements personnels du maharaja de Jodhpur. Le chauffeur du rickshaw dit de me dépêcher car j'ai mis trop de temps à la forteresse. Je n'ai que faire de ce qu'il dit et je continue à prendre mon temps. Il me ramène à 15H. Je fais internet à l'hôtel en attendant mon chauffeur attitré. Encore à ma demande, excursion vers MANDORE à 9 km de Jodhpur; lui ne propose toujours rien. Je préviens RAJ de Milna que je ne suis pas satisfaite des services du taxi. Raj lui parle mais "le driver" invente et raconte n'importe quoi! Il n'aura pas de pourboire, c'est quasi décidé. Nous partons quand même pourMANDORE. Il ne connait pas!!! Doit encore demander le chemin. A croire qu'il fait le Rajasthan pour la première fois. Je me promène 2H dans ce Garden magnifique avec les singes qui me dévisagent. J'ai retiré mes lunettes, je porte mon sac sur le ventre et n'ose pas les prendre en photo. Mais, ils sont beaux avec leur tête noire et leurs poils blancs. Ils sont joueurs. Hop, ils sautent d'une branche à l'autre! Ils retournent un tonneau en faisant un chahut de tous les diables. Je les admire; un vieux monsieur me dépasse en me disant qu'ils mordent. Oust, je décampe. De toute façon, il fait presque noir. Mieux vaut les laisser entre-eux… Je fais quand même fait la promenade pour aller voir les cénotaphes des reines et admirer le coucher du soleil de là. Je voulais encore allez voir quelques villages VISHNOIS mais j'abandonne car Kamur ne connaitra pas encore. Je décide de rentrer à l'hôtel manger une spécialité râjasthâni, bien épicée. Je parle au patron des bestioles venues me tenir compagnie la nuit; il met un serpentin d’encens dans la chambre. Demain, départ pourMONT ABU à la rencontre des ours! Ce sera la DIWALI "nouvel an hindou et le retour du Dieu Rama" qui revient d’une victoire contre le démon; tout le monde l'attend, c'est pourquoi, il y a des lumières partout. Je vais fêter ça; je ne sais pas encore avec qui. Vendredi 5 novembre 2010. Je me lève à 7H45 comme souvent. Me douche et hop, au petit-déjeuner. L'anglaise rencontrée le jour avant demande si elle peut se joindre à ma table, ce que j'accepte avec grand plaisir. Elle est sympa. Elle a toujours voulu venir en Inde et là, elle y est pour deux mois, sans aucune réservation. C'est ce que je ferai la prochaine fois. Nous papotons toujours tandis que le chauffeur m’attend depuis 1/2H mais je m'en fous, ce qui n'est pas mon genre habituellement. Mais lui, il m'énerve, alors... Pas de scrupules! La rencontre avec l'anglaise est mieux. 10H, nous démarrons pour RANAKPUR où il y a les plus beaux temples JAINS. Je dors un peu dans la voiture. Après 2H30, lemont ARAWELLI commence à se dessiner. Un peu plus tard, arrivée à RANAKPUR où se pointent CINQ TEMPLES JAINS fascinants. Tout est d'une élégance, d'une perfection, d’une finesse et d'une propreté impeccables. Je commence par le plus petit avant d'arriver dans le spectaculaire Temple d'ADINATH ou de CHAUMUKHA. Chaumukha veut dire "4 faces". Il est interdit d’entrer dans ces temples Jains avec boisson, cigarettes ou chaussures. C'est le plus grand temple Jain de l'INDE. Il a été construit au 15ème siècle sur une durée de 50 ans. Tout de marbre blanc, en plein milieu de la forêt, s'étendant sur 1500 m², haut de 33 mètres, 29 salles et 1444 piliers décorés de manière inimaginable. Un des piliers n'est pas droit volontairement car il n'y a que Dieu qui est parfait, donc il fallait une faille à cette merveille! J'ai cherché lequel mais ne l'ai pas trouvé… L'architecture du temple Jain est basée sur des règles cosmiques précises; tout est réglé en fonction du mandala. Il existe encore une petite communauté Janaïste dans ce site. Leur religion ne leur permet pas de nuire aux animaux à tel point que les femmes mettent un voile sur leur figure et les hommes un masque afin de ne pas avaler involontairement un insecte. Ils pratiquent la non-violence, ne possèdent pas d'armes ce qui fait qu’ils n’ont jamais été persécutés au fil du temps. Ils sont respectés des indiens de croyance différence. Ils sont peu nombreux; on en compte 4 millions en Inde dont un million au Rajasthan. Ils recherchent la libération de l'âme en la libérant de son karma. Les cinq règles sont: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger la nuit afin de ne pas avaler un insecte sans le voir. Ils sont tolérants. Je termine la visite en me posant la question : pourquoi ces temples sont-ils construits si loin de tout? Comment les gens y arrivaient-ils? A moins qu'ils aient été tous moines résidant au temple? Aurais-je une réponse? On reprend la route en s'arrêtant pour que le chauffeur mange et partons pour leMONT ABU, appelé aussi le MONT DE LA SAGESSE avec son étrange rocher qui ressemble à un crapaud! Le paysage est spectaculaire; la route est de mieux en mieux et on commence l'ascension vers le Mont Abu. Le chemin est pittoresque. Il y a des singes partout. Une pancarte annonce aussi des tigres et des ours. Mais je n’en verrai sûrement pas car avec le bruit des pétards de la Diwali, ils doivent être cachés au fin fond de la foret. Au SRI GANESH Hôtel, Je visionne ma chambre puis vais manger. J'invite le chauffeur à venir à ma table pour la fête! Le chien de la maison s'invite aussi, restant toute la soirée à mes pieds. Nous discutons en anglais. Dictionnaire en main, papier, bic et surtout beaucoup de gestes. Pétards et feux d'artifice partout. Bruit intense. A 11H, je suis au lit avec mon MP3. A 5H du matin; ca pète toujours. Je me rendors. J'ai bien dormi protégée sous ma moustiquaire. Samedi 6 novembre 2010 :8H du matin, je rédige ces lignes. Pétards encore. Je pense que je suis enrhumée. Il fait froid ici. Nous sommes à 1200 mètres d'altitude. Je bois un bon café, un lassis (yaourt+banane) et un jus d'ananas. A 10H, je libère la chambre et commence ma visite par un MUSEE SPIRITUEL où on me propose une expérience de méditation que j’accepte! Étonné? Ce n'est pas terrible mais ça me plait. Il y a des milliers d'indiens qui viennent à Mont Abu pour ce jour de l'an. Ils sont contents. Pour eux, c'est jour de sortie voire vacances pour certains. Ici personne ne mendie, ce sont des indiens aisés. Ils sourient en me voyant, veulent me toucher la main, me prendre en photo. Pour eux, c'est un honneur! Comment ne pas se sentir bien voyant ces gens heureux autour de moi? Je descends au lac NAKKI (lac des crocodiles) faire le tour en barque, refusant le pédalo cette fois. Je ne vois pas de croco, tant mieux. Ensuite, je vais sur le grand bateau en béton boire deux thés délicieux. On dit que c'est le toit du bateau Titanic!!! Comment savoir si c'est vrai ou si c’est une légende! Je veux voir un petit temple le RAGHUNATHYI mais il est fermé. Je prends beaucoup de temps à faire à photographier les indiens qui me le demande car ici ils peuvent louer des costumes dignes de maharajas et maharanis pour passer la journée. Il est 13H et le chauffeur m'attend mais je prends le temps quand même d’aller manger un thalli: plusieurs petits plats végétariens sur un plateau. Après-midi, je le prie d’aller aux TEMPLES de DELWARA à 3 km. Très beau site. Je dois laisser ma caméra à l'entrée mais j’achèterai un petit livre à la sortie pour garder ce souvenir. Je suis vraiment de plus en plus épatée de la finesse du travail. Le premier des cinq temples le VIMALA VASAHI, bâti en 1031, n'a que 240 piliers mais ce qui fait sa splendeur, ce sont les 52 petits plafonds, tous différents! Incroyable travail! En entrant, il y a un "smosan" qui est une représentation symbolique de la montagne sacrée: je pense bien que c'est le triangle en argent que je vois mais je n'en suis pas sûr car normalement il devait être entouré de statues d'éléphants, que je n'ai pas vues. On y trouve une impressionnante statue d'Adinath tout en marbre blanc. Le deuxième sera le LUNA VASAHI, bâti en 1230, est aussi impressionnant; on y trouve une statue de Néminath, toute noire. Au plafond central, 64 danseurs dans 64 pauses différentes sont sculptés. Je verrai encore un troisième où là, le Dieu est tout en or. Il y a des milliers d'indiens qui viennent visiter ce site. Nous sommes maximum dix touristes à traîner à cet endroit. A se demander où les touristes vont! Il est maintenant 15H et la prochaine étape est UDAIPUR. Je garde un merveilleux souvenir du MONT ABU! Un jour de plus là m'aurait bien plu. Après 3H de route, arrivée àUDAIPUR à 290 km de Jodhpur. Ca commence mal, le taxi ne peut pas entrer dans la vieille ville et devons porter les bagages jusqu'au NIWAS hôtel. Je suis au 5ème étage, sur la terrasse, pas d'ascenseur. Je ne descends pas pour souper et mange très bien à la terrasse. Dimanche 7 novembre 2010: Je m'éveille à 8H30, rédige ces lignes et me prépare pour la visite de la vieille ville, à pied. En fait, je quitte ma chambre à 11H. Je commence par faire recharger mes piles et acheter une bouteille d'eau. Je vérifie le prix sur l'étiquette et «plouf», voilà mes lunettes de soleil tombées dans la mini rigole où les égouts passent. Je les récupère à la main. Elles sont crado et puent. En plus, je m’éclabousse les chaussettes et chaussures. Bon début de journée après avoir fait 100 mètres! Il y a trop longtemps qu'il ne m'était arrivé quelque chose! Un peu plus loin, j'arrive au JAGDISH TEMPLE, construit en 1651, dédié à Vishnou. A l'entrée, deux grandes statues d'éléphants. Il y a beaucoup de Sâdhus qui sont des hommes démunis de tout, ne vivant que de ce qu'on leur donne à manger. Ils aiment être pris en photo pour recevoir une pièce. Dans le sanctuaire, il y a une statue noire représentant Vishnou. Voyant que je suis intéressée, un indien me dit qu'il y a un office à 18H30. Je promets d'y aller. Je change de la monnaie puis visite un atelier de peinture sur soie et sur os de chameau. C’est très joli et très cher. Je me restaure avec un beignet local, un gâteau et du thé à l’entrée du City Palace. Je me répète mais j'adore le thé masala. J'espère pouvoir le refaire chez moi… Le CITY PALACE est le plus grand palais du Rajasthan. Il a été construit vers 1560 et a été régulièrement agrandi au fil du temps jusqu'à la fin du 19ème siècle. Ce palais est séparé en trois parties. Une aile toujours habitée par le maharaja actuel qui y passe trois mois par an, puis six mois à Londres et trois mois à Mumbay. Une autre aile fait office d'hôtel. La troisième est celle qu'on peut visiter. Je me muni toujours d’un autoguide; par contre, la taxe pour l'appareil photo est trop chère, donc pas de photos. Les cours du palais sont superbes. On retrouve comme d’habitude la cour des hommes et la cour des femmes, la zanana où seul le Maharaja peut entrer; les énuques servent d'intermédiaire. Je suis surprise par la salle aux miroirs, c'est d'une beauté! Ils aimaient se regarder les maharajas. Dans la salle des audiences, il y a les "Jhalis" petits balcons d’où les femmes pouvaient suivre les discussions sans être vues. Les vitraux d'une salle proviennent de Belgique, sûrement aussi du Val St. Lambert; les pavés de décoration proviennent du Portugal et de Hollande. Le marbre utilisé ici est local. J'imagine mal comment ils transportaient tout cela à l'époque et j'imagine encore moins comment ils pouvaient bâtir des bâtiments d'une telle importance. On remarque aussi que les couloirs du palais sont étroits et les marches irrégulières, ce qui est volontaire pour ne pas donner de l'élan à l'ennemi qui pourrait s'introduire…Dans ce palais, on fait souvent référence au Dieu Rama (Dieu du soleil); sa femme est Sita; ils ont deux enfants. Il s'est passé un drame dans ce palais; cette histoire m'a marqué: «une jeune fille du Maharaja avait été promise par son père à deux prétendants, le maharaja de Jaipur et celui de Jodhpur. Ne pouvant faire son choix, elle s'empoissonna". La visite dure plus de 2H dans un brouhaha terrible car les nombreux indiens en visite sont bruyants. Je rends l'écouteur et sors faire quelques photos à l’extérieur du palais avant de retrouver le chauffeur qui me conduit, à ma demande, aux jardins de SAHELION-ki-BARI où il y a une atmosphère sereine. C'est un havre de paix où les dames de la famille royale venaient se promener. Il y a 4 bassins. C’est agréable d'entendre le bruit des fontaines, fonctionnant toujours au moyen du système hydraulique élaboré en 1700 (unique à l'époque). Les gens sourient, se promènent. La balade dure peu mais est bénéfique. Si je me presse un peu, c'est qu'il fait noir à 18H et je veux encore aller au MEMORIAL PRATAP, érigé sur la colline de Modi Magri. Il y a un monde fou. Je me balade et fais la visite du petit musée. J’aimerais voir le son et lumière mais il faut repayer et attendre 1H. Je suis fatiguée et prend le chemin du retour. J'ai oublié d'aller à l'office de 18H30 au Jagdish temple. Je ne peux pas tout faire. Je rentre, mange, n'ai plus la force de rien. Je me suis endormie sur ma chaise au resto. Je file dans mon lit. Lundi 8 novembre 2010: il est 7H, je m’éveille, rédige ces lignes après ma douche, range mes bagages. J'ai mal la jambe et le bas du dos. Après le petit déj, je fais un massage ayurvédique et j’achète de l'huile qui j’espère soulagera ma jambe, enfin normalement! Je ne visiterai pas tout ce que j'avais prévu car j'ai besoin de me reposer un peu. A midi, je mange dans un hôtel renseigné par le guide du routard "Ambrai restaurant, au-dessus de l’hôtel Baba". Je ne suis pas déçue, c’est bon et en plus, j'ai vue directe sur le temple hindou Jasdish. Je suis juste surprise du prix du coca light:40 roupies (1€) cher! Ensuite, je prends un rickshaw; Il m'emmène le long du lac et je profite pour faire une petite balade en bateau sur le lac PICHOLA; je ne vois pas de crocodiles or il y en a. J'embarque avec tous indiens en vacances. Ils sont contents que je sois avec eux. Il va sans dire que les photos vont bon train de part et d‘autre! Les indiens en vacances dans une de leur ville sont toujours heureux, bien habillés et ne demandent jamais rien d'autre que des photos et de quel pays on vient. Le gars du rickshaws veut m'arnaquer me comptant 400 roupies les 2H. Il en aura 100 et pas de discussion; il ne rouspète pas trop car un policier est juste à côté de nous. D'un côté, je regrette un peu de ne pas avoir pris le bateau à l'embarcadère du City Palace où le tour aurait été plus grand avec vue du palais au milieu du lac de plus près mais d'un autre côté, j'ai vécu un bon moment avec les indiens sur le grand bateau traditionnel ! J'abandonne l'idée d'aller au zoo Garden. Il reste juste assez de temps pour boire un thé à l'entrée du City Palace où je suis allée hier; il est délicieux et coûte cinq roupies (soit 9 cents). A 15H, nous démarrons et arrivons à 17H30 àCHITTORGARH où le PADMINI Hôtel est clean ainsi que la chambre. Il y a un grand jardin. Je m'y installe directement et quoi de mieux qu'une bonne bière et un papad (petite crêpe craquante). Le régime ne sera pas encore pour aujourd'hui! Le garçon me fait remarquer que sous ma chaise, il y a un petit chiot qui s'est installé. Il ne me quitte pas, me regarde avec des yeux craquants, trop mignon; je voudrais l’emmener. Le moment de l’apéro était agréable. Je mange, ne déballe pas mes habits, tape ces lignes et m'endors. Mardi 9 novembre 2010: éveil à 3H du matin découvrant la bouteille d'huile de massage renversée dans le lit; je me suis endormie en me massant la jambe. Je pouvais bien mettre tout ce temps à la choisir! Il ne me reste plus qu'à en retrouver. J'ai été dormir tôt et me voilà en pleine nuit en train de terminer mon récit. J'espère me rendormir un peu car demain matin, rendez-vous à 9H pour la visite du fort qui est gigantesque paraît-il! C'est une belle grande chambre, propre, dommage que j'ai sali les draps avec l'huile. Voilà, une bien courte nuit dans une si belle chambre. A 9H, petit déj et à 10H, visite de la FORTERESSE DE CHITTOR. Le tour est long donc je vais de temples en palais avec la voiture. La forteresse, bâtie au 7ème, fait 13 km de circonférence. Les bâtiments sont éparpillés. Il y a sept portes pour arriver à l'entrée. La "Rama Pol" est la dernière et la plus belle; je la photographie en sortant. Le temple de SAMADHISVARA sera le premier site. Il est tout en ruine mais on imagine la beauté de celui-ci à l'époque. Je pense à ces batailles qui ont eu lieu ici. En 1303, vivait ici la reine Padmini et son mari. La beauté de la reine Padmini était célèbre et attira le Sultan de Delhi qui demanda au mari de la contempler. Celui-ci accepta pour éviter une guerre mais à la condition que ce soit par le biais d'un miroir où l'image de la reine reflèterait. Il accepta mais mécontent, en sortant, et par traîtrise, le Sultan de Delhi fit le mari prisonnier. Les Rajpoutes voulant sauver leur roi se firent tous tuer. Au même moment, eu lieu à cet endroit le premier DJOBAR, qui veut dire que la reine et 3000 autres femmes se firent brûler sur un bûcher pour ne pas survivre à leurs époux. Deux autres Djohars eurent encore lieu sur ce site. Les Rajpoutes mettaient leur robe jaune-safran pour partir au combat quand ils savaient qu'ils ne reviendraient certainement pas. Là, je suis en plein dans l'histoire du fort.... Je continue ma visite par le musée archéologique qui possède des objets ayant été retrouvés sur le site. Ensuite, j’entre dans un temple Jain puis le temple de Meera. Le bâtiment célèbre la «tour de la Victoire» comporte 9 étages et 157 marches; je réfléchi beaucoup avant d'y entrer; finalement, je me décide mais j’en ressors après 5 min; je n'ai pas été plus haut que le 1er étage. J'arrive au temple de Shiva où je rencontre un très jeune Brahmane qui parle un peu français et veut étudier la langue française. Je lui donne mon traducteur qui va trop lentement pour moi et trois livres que j'ai dans la voiture, destinés à ma copine de Delhi. Il reçoit un livre sur la méditation indienne, l'Alchimiste et la prophétie des Andes. Il m'emmène voir la fontaine sacrée où la vache a reçu la première goutte d'eau dans sa bouche d'où depuis le lac est sacré. Ensuite, je passe voir le Palais de Padmini avant de terminer au temple de Kalika Mata, dédié à Kali. Il y a encore beaucoup à voir mais voilà déjà près de 4H que je déambule dans la forteresse et j'en ai assez. Direction BUNDI, à 120 km de Chittorgarh, avec arrêt aux fameuses cascades Bemlatts Fall dont Manu (contact VF) m'a tant vanté. Je ne sais pas si c'est le bon endroit mais il n'y a pas d'eau qui coule dans le petit lac. C'est un site archéologique. Manu m’a dit qu’elles se trouvent à 30 km de Bundi et on en a encore bien fait 60 km après donc j'ai vraiment un doute sur l’endroit! À vérifier près de Manu. Et moi qui avais déjà pris mes affaires pour piquer une tête, raté! Déçue de ne pas avoir vu la cascade, on reprend le chemin de Bundi pour y arriver à 18H. Je dors dans à HAVELI KATKOUN, richement décorée, restaurée en hôtel. La chambre est très bien. Tout est grillagé pour les singes. Ils sautent sur le grillage. Il y en a des centaines. J'ai un peu peur d’aller demain au fort. BUNDI se trouve à 165 km d'Ajmer. On l'appelait autrefois "la cité des sources" pour les nombreux puits "baolis" qu'elle possédait. Je fais un massage de jambes, achète des produits ayurvédiques, mange et dodo. Mercredi 10 novembre 2010: je me réveille à 6H du matin mais me rendort un peu. Après le petit déj, le chauffeur qui devait me conduire au fort me dit que ce n’est pas possible en voiture et me laisse au pied du palais. Je n'irai donc pas au fort car je m’aperçois que pour une fois, il a raison et il faut y aller à pied; pour moi, c'est impossible. Déjà, le Palais, ça grimpe. J'arrive, après trois pauses, à l'entrée du GARTH PALACE. Il faut dire que la vue est belle; on voit les maisons peintes en bleu lavande. C'est plus grand que je ne pensais. Un guide parlant français insiste pour me guider; je refuse. Heureusement, car je suis restée 4H dans ce palais. C'est pourtant un des moins bien conservé mais j'ai eu la chance de rencontrer un couple de français; nous avons bien discuté. Eux avaient l’intention de monter au Fort mais voyant le chemin pour y grimper, ont renoncé. Je ne citerai pas les salles car finalement c'est toujours la même chose; je commence à en avoir assez des palais et des forts. C'est très fatiguant 15 jours de visites intensives surtout que ça grimpe tout le temps, des escaliers, des descentes, des montées et ma jambe qui me fait toujours mal. Je descends aussi difficilement que pour monter tellement les pierres sont lisses, glissantes et mal foutues. Ouf, je suis en bas! Je n'ai pas aperçu de singes au Palais. Ils sont au Fort. Je m'offre un thai masala dans le petit bar où le patron, artiste-peintre, a six doigts à une main. En rentrant à l'hôtel, un jeune homme devant une boutique m'invite à prendre un thai, ce que j'accepte puisqu'il parle un peu français et que j'aime les contacts. Le thé se boit un peu plus loin chez lui où en fait c'est un petit hébergement. J’y rencontre là deux espagnols, une dame de Tarragone, qui parle catalan et un homme au look "fun «de Madrid qui parle français; le moment est agréable. Le jeune homme m'invite à faire un tour sur sa moto le soir au bord du lac; j'accepte pour m'en tirer mais je n'irai pas à ce rendez-vous; tout d'un coup, je ne le sens pas et je préfère ne pas prendre de risques. Je rentre à l'hôtel 10 min. Il est déjà 15H. Je repars pour aller au puits et au marché. Je trouve d'abord la poste pour envoyer une carte à Dédé, un ami de Reims, mais je ne sais pas s'il l’a recevra! A force de tourner et de virer, j’arrive au marché où je m'achète un ananas, qu’on me coupe et met dans du journal. Je le mange en marchant et ne fais pas trop attention où je vais me disant que je prendrai un taxi pour rentrer à l'hôtel où que je sois. Quelle erreur!!! Je me suis embringuée dans des ruelles de plus en plus étroites sans m’en rendre compte. Il y avait beaucoup d’enfants qui voulaient être pris en photos. Je les photographie mais il en arrive toujours de plus en plus. Je continue cette séance de cinéma tout en avançant dans ces ruelles où les gens sont de plus en plus sales. Voyant que je m‘égare bien, je demande aux enfants si on arrive au Palais en continuant au bout de ces ruelles; le palais étant mon point de repère car l’hôtel n’est pas loin. Ils confirment et m'emmènent. Dieu du ciel…, je me retrouve à grimper de nouveau alors que je n'ai jamais descendu en partant. J'arrive sur la grand-route de Chittoor à Bundi. Les gosses demandent des roupies, je refuse. Ils s'excitent, tirent sur ma bouteille d'eau, dansent autour de moi un rituel de singe, font des grimaces, disent je me demande bien quoi! Je commence à paniquer et me fâche. Ils s'en vont en me lançant des pierres. J'ai de la chance car un groupe d'enfants ainsi, ça peut être fatal!!! Je suis au bord de cette rue où camions et bus passent à toute allure. Il n'y a pas de trottoir. Je sais que je suis loin de l’hôtel puisque je suis passée par là en arrivant de Chittorgarh. Evidemment, pas de taxis aux alentours. Rien. Pas même un tuc-tuc. Je redescends une volée d'escaliers un peu plus loin car je vois le lac artificiel et mon hôtel est en face. Je me rends vite compte que ça va être la même galère que je viens de vivre et remonte ma volée d'escaliers. Que les marches sont hautes ici! Je n'en peux plus. Je transpire sans arrêt. Je marche. J'arrive au lac. Je pense pouvoir le contourner vers la gauche mais il n'y a pas de rue, je dois faire marche arrière et repartir. Sur le pont, je suis à bout. Il reste 1 km mais je ne peux plus avancer. Il passe un tuc-tuc quand même envoyé par les Dieux. Je le prends. Les Dieux auraient pu me l'envoyer plus tôt. Je n'ai donc pas vu le "baori" (puits) mais vécut l'ambiance rurale et vu le lac artificiel. Je rentre à l'hôtel pour récupérer un bagage que le chauffeur devait déposer. Bien entendu, il a mal compris et pas de bagage! Pour m'en sortir, je fais appel à un interprète sinon j'y étais toujours. Ca y est, c'est arrangé, il arrive en courant me donner le bagage qui est dans la voiture. Je bois un thaï (un de plus!). Je me rends au massage bien mérité. Après celui-ci, je mange du mouton et fais internet. Je m'énerve un peu car ma fille ne répond jamais à mes emails et c'est agaçant. Je m'inquiète en plus. Je téléphone à mon ex-mari qui s'affole de mon coup de fil et qui fait téléphoner ma fille. Tout va bien mais elle doit être très occupée à "autre chose" comme dit mon chéri à qui je téléphone aussi. La visite des Palais et des Forts est terminée sauf à Jaipur (Amber). Demain, départ pour Puskhar où règne là une autre ambiance: le festival des chameaux (la CAMEL FAIR). En terminant ces lignes, je vois un énorme lézard sur l’armoire; je n'ai jamais vu un si gros. En fait, la nuit j'ai cru sentir quelque chose de mouillé sur le lit mais en allumant, rien n'était mouillé, maintenant je sais: j'ai dû mettre la main sur le lézard. Qu'en faire? Je réfléchi, le regarde. Lui aussi me regarde avec ses petits yeux. Il est beau mais il ressemble à un dinosaure en miniature. Je n’ai jamais vu de lézard ayant cette allure. Je tente de l'attraper avec une boite pour le sortir mais n'y arrive pas. Il est parti au-dessus de la garde-robe puis ailleurs puisque je ne le vois même plus là. Je ne sais pas où il est. Vais-je pouvoir dormir sachant qu'il peut encore venir sur mon lit? Et toujours rien pour accrocher la moustiquaire. Je l'ai pris en photo. On dit que ça porte chance… pour autant que ce soit vraiment un lézard! Jeudi 11 novembre 2010, direction PUSHKAR, mignonne petite ville sainte au bord du désert, de 15000 habitants, 11km d'Ajmer et 150km de Jaipur. C’était ici le RV des hippies du monde dans les années 1970. La vie ici est restée assez baba cool. C'est un havre de paix sauf à la «Camel fair» qui a lieu à l'occasion de la Kartnik Purnima (anniversaire de la mort de Brahmâ), liée à la pleine lune. C’est la plus grande foire de chameaux de l'Inde. Les nomades du désert du Thar et les paysans du coin y débarquent pour acheter et vendre des chameaux et des chevaux. Pendant le festival, femmes et hommes mettent leurs plus beaux habits traditionnels. On y voit les beaux turbans colorés des hommes et les plus beaux saris colorés des femmes; elles mettront tous leurs bijoux. Avant d’arriver à Pushkar, je prévoyais visiter la mosquée d'un grand Saint à AJMER mais il pleut à seau et je renonce. En direction de PUSHKAR, le paysage est majestueux, ce ne sont que montagnes tout autour. C'est de celles-ci que descendent les nomades avec leurs dromadaires et chevaux pour la Camel fair; ils pourront ainsi les vendre pour acheter des marchandises. Ils en achèteront aussi. Nous trouvons avec difficultés le PARAMOUT PALACE. Un hôtel est vite un palace en Inde. L’accueil est bon enfant. Je suis à l'aise. La chambre est propre mais les robinets coulent et le chauffe eau est archaïque. Comme prévu, là, je libère définitivement le chauffeur pour continuer seule mon périple. Je lui donne, malgré ce que j’ai dit, un bon pourboire pour le fait qu’il conduisait prudemment!!! Il est content. J'ai toujours très mal la jambe et un peu dans le dos. Je mange un plat végétarien et vais me reposer. Ah ça y est, je vois un lézard mais nettement plus petit que celui d’hier. Je mets ma moustiquaire de façon folklorique; pourquoi n’y a-t-il pas de crochets?? Mes attaches autocollantes ne tiennent pas ce qui fait que je reçois la moustiquaire sur la tête en pleine nuit. C'est décidé la prochaine fois, je prends le petit marteau que j‘ai hérité de mon père qui fait tournevis en même temps ainsi que des petits crampons. Au moins, après moi, les autres en profiteront!!! A 19H, je descends marcher, faire internet et acheter une bombe pour moustiques. Je ne résiste pas à un jus d'ananas frais. C’est l’heure de manger, toujours végétarien; il n'y a ni viande, ni œuf, ni alcool à Pushkar cause que c’est une ville Sainte où près de 2000 pèlerins par jour viennent de toute l’Inde. C'est un haut lieu de l'hindouisme. Il est dit dans les Védas (textes sacrés) que pour achever le parcours mystique qui purifie leur âme, les pèlerins doivent faire 4 pèlerinages et se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il y a 400 temples dont l’unique temple de toute l'INDE dédié au Dieu Brahma, créateur de l'univers. Une version de l'histoire sacrée dit qu’au 12ème siècle, Brahmâ tua un démon et lâcha 3 pétales de lotus; là apparurent 3 lacs d'où le nom «Push» signifiant fleur et «kar» signifiant main qui fit donc «PUSHKAR». De l’hôtel, j'aperçois le lac sacré. La mousson fut bonne cette année donc le lac n'est pas à sec. Il y a 52 gaths (escaliers qui descendent au lac). On dit que se baigner dans le lac à cette période porte chance, mais je n'irais pas, j'ai déjà eu de la chance avec le lézard!!! Il y a des moustiques car on passe avec un camion pour asperger les rues d'un répulsif. Il est tard; j’attends demain pour aller voir les dromadaires. Je me réjouis. L’ambiance ne doit pas être triste. En fait, à l'hôtel, mon palace quoi, il y a beaucoup de français. Ici, je dois voir Jacques de Bruxelles et Martine de France; j'espère avoir plus de chance qu'avec Manu que j'ai loupé à Delhi! Voyant le garçon de chambre de l'hôtel boiter, le lui explique que j'ai aussi mal à la jambe, il m’explique qu’en fait, lui c’est la polio! J'ai l'air con... Il me conseille de me rendre dans un temple à 80 km de Pushkar où il s'y passe des miracles; c'est là que tous les handicapés vont. Lui y est allé alors qu'il était en chaise roulante ne sachant ni marcher ni faire aller un bras, il en est ressorti en marchant mal mais en marchant et son bras fonctionnait normalement. Je n'aurais pas le temps d'y aller sinon j'aurais tenté l'expérience! Vendredi 12 novembre 2010, je m'éveille à 8H et n'ai toujours pas de douche. A la guerre comme à la guerre, eau froide, et en avant pour le petit-déj. Ensuite visite de la ville. J’ai la chance de ne pas devoir chercher le temple consacré à Brahmâ car il est sur le chemin du lac sacré. La visite est sereine. Je fais une offrande. J'aperçois la statue de Brahmâ à 4 têtes. Je suis des indiens qui se rendent dans un autre petit temple souterrain! Voilà, j'ai vu le seul temple hindou dédié à ce Dieu. Maintenant, je dois trouver le lac; je marche derrière des gens croyant qu‘ils y vont certainement. Mais on monte une route sableuse ! Pour le lac, c’est mauvais signe… Renseignements pris, ce sont des pèlerins qui se rendent au temple situé en-haut de la montagne. Je fais demi-tour; ce n’est pas mon intention de monter là-haut! En rebroussant chemin, je m'arrête pour boire un thaï masala. Petit mais bon. Je le paye, attends ma monnaie mais il ne veut pas; j'attends encore en insistant; il ne veut toujours pas; je m'en vais emmenant une bouteille d'eau. Oh là là, il m'a vite rendu la monnaie!!! Cet arrêt m'aura permis d'être à l'abri pendant l'averse. En chemin, je tombe sous le charme d'un foulard bleu, un de plus, je l'achète pour 50 roupies (-de 1€). Par contre, je marchande un sac à main mais sans résultat. On verra demain. Enfin, je vois des pèlerins se purifiant dans le lac. Il est interdit de photographier mais je fais quand même une ou deux photos en vitesse. Je m'assois sur les ghâts. Je reste un long moment en pleine méditation. Je me sens bien là. On dit que les cendres de Gandhi ont été éparpillées dans ce lac...Je viens de me renseigner: non ce n'est pas lui car c'est dans le Gange... Je suis attirée par les beaux singes à tête noire. Les uns jouent, d'autres donnent à boire à leur bébé et puis, sur le mur, un couple d'amoureux main dans la main, tête contre tête. C'est attendrissant. Ils s'aiment. Ils ne se quitteront pas de tout le temps que je reste là pendant que les autres courent et mangent des cacahuètes. Je me découvre une nouvelle passion: les singes. Un petit qui n'a pas encore de poils est accroché sous le ventre de sa maman; on dirait la tête d'un bébé humain. Quand ils ont un peu de poils et sont un rien plus gros, ils vont sur le dos de leur maman. En tout cas, les mères s'occupent bien de leurs petits. Un homme s'est approché un peu trop d'un bébé singe et la mère lui a montré les dents. Je ne voudrais pas lui prendre son bébé… En remontant la rue, je bois un jus de bambou. Je tombe par hasard sur un resto indiqué dans le routard le Shiva Juice; j’y mange une pizza succulente; ça me plait la nourriture végétarienne. En chemin, un coiffeur me propose un massage gratuit de la tête "pas pour de l'argent" comme il dit! Je rentre. Il me fait n'importe quoi sur le cuir chevelu pendant 5 minutes puis me demande 450 roupies. Je refuse puisqu’il a dit que c'était gratuit! Il rouspète mais je m'en vais quand même sans rien lui donner. Je ne lui ai rien demandé après tout et en plus, c'était du n'importe quoi! J’ai envie de revoir le lac à un endroit différent. Il est 15H, Il est temps d’aller voir les chameaux. J'y arrive facilement. La ville est petite. Ce sont les chevaux qui sont à l‘entrée du site; ils sont bien peignés et lissés. J’admire un cheval blanc aux yeux bleus, ça doit être une race du Rajasthan car au final, j’en ai vu plusieurs. Je confirme par la même occasion que Théodore, un âne que je connais en Espagne, est bien un âne indien. Je me laisse tenter pour faire un tour en chameau mais sur la charrette. Quel problème pour grimper dessus. Le gamin va chercher une chaise et hop, j‘y suis. Un jeune homme parlant un peu français m'accompagne voir les bébés dromadaires que j'aurais bien trouvé toute seule mais c'est ça l'Inde! Il veut ensuite que je lui paye un sac de farine. Je lui donne 20 roupies car je sais que ce n'est pas vrai. Je retourne seule faire un tour sur le site. C'est magnifique tous ces dromadaires décorés, tatoués. J’admire un homme qui coupe les cils et la moustache à son dromadaire; normal, chacun veut que son animal soit le plus beau pour le concours de beauté, concours de la plus belle moustache, etc… pour le vendre au meilleur prix. Les tentes commencent à se mettre en place. Les nomades font des feux de bois, cuisent leur pain, font du thé. L'ambiance est sereine. Le soir tombant, certains dromadaires sont attachés par une patte et d‘autres partent, je ne sais où. Je téléphone à Jacques (contact VF) pour savoir s'il est arrivé à Pushkar. En fait, il était aussi à la foire, essayant de m'appeler mais mon GSM reste éteint car il m'envoie des pubs sans arrêt et la batterie se décharge trop vite. On a du mal à se trouver mais ça y est, je le vois. Nous somme ensemble pour photographier le coucher de soleil. La rencontre est sympa. On discute beaucoup «voyage» en l'occurrence l'Inde! Il fait nuit; on va prendre l’apéro puis souper à mon hôtel où les prix sont plus raisonnables que vers la foire. On se reverra sûrement demain soir. Il est 2H30 du matin! Le temps passe très vite ici. Je n'imagine pas que j'en suis déjà à ce stade de mon séjour... Samedi 13 novembre 2010: 10H. Je bois 2 thés à la terrasse en parlant avec un couple de français. Il est 11H et je suis encore fatiguée. Je me remets au lit et dors jusqu'à 14H. J'en avais vraiment besoin. Je vais ensuite déambuler dans les rues de la ville; il est trop tôt pour aller à la foire. Je tombe face au restaurant «Om Shiva» où nous voulions aller manger le soir avec Jacques (buffet libre à 80 roupies). Je jette un œil en buvant un délicieux lassis mixte. Je mange aussi 2 bananes. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement donc je prends un pouce-pouce pour aller à la foire aux chameaux. Je commence par m’attarder longuement m'attarder près des chevaux. Il y en a de toutes sortes; beaucoup plus qu'hier. Je fais beaucoup de photos d’animaux et leurs maîtres. Les nomades sont bien sympathiques, la plupart ont tout leur nécessaire sous la tente. Ils cuisinent. Je leur demande pour les photographier; ils acceptent mais veulent aussi m'inviter à leur repas que je refuse malgré que ça a l'air bon mais j'ai peur de l'hygiène. Ils cuisent le pain sur les crottes de chameaux; ils se font cuire aussi légumes et pommes de terre. Il va faire noir d'autant plus qu’aujourd’hui, il n'y a pas de soleil. Ce qui veut dire qu’il est grand temps d’aller voir les chameaux qui sont aussi plus nombreux qu‘hier. Je passe entre-eux. Ils me regardent. Ils sont marrants. Je me sens bien avec eux. Ils me relaxent. Une cafétéria en hauteur semble m’appeler, je me laisse tenter pour un thé. Je dois partir, il est 18H et il fait noir. Ce qui est désagréable sur le site, ce sont les enfants qui demandent des roupies et ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas. Avec moi, pas de chances! Il faut encore arriver à se fâcher pour que certains partent mais d'autres restent et rient. A la longue, ça devient pénible la mendicité. J’ai rendez-vous avec Jacques à 18H30. Nous partons en direction du restaurant "Om Shiva". A peine avais-je fais 4 mètres que je suis projetée en avant, surprise, je venais de recevoir une corne de vache dans la fesse. Jacques pense que ça va remettre mon nerf sciatique en place mais c'est l'autre fesse! Je n'ai pas eu mal mais c'est surprenant. Cela m’était déjà arrivé une fois dans mon pays, mais dans le bras; les vaches ne m'aiment pas...Nous faisons 4 mètres qu'il se met à pleuvoir à seau. On ira prendre un verre en attendant que ça passe. En chemin, on est bloqué. L'averse a créé une inondation importante sur la route et devons prendre un pouce-pouce. Le buffet du resto est bien achalandé. Avec Jacques, on se salue promettant de rester en contact. Je n'ai pas pu voir Martine (contact VF) vu ses problèmes et le manque de temps aussi. Je rentre prendre une douche puis reçois un sms de Jacques qui m’informe que suite aux inondations, il a dû prendre un cyclo-rickshaws pour rentrer à son hôtel un peu éloigné. Il craignait que le véhicule ne se verse dans le fossé à cause des trous; trop tard, il a culbuté! (il n’a rien). Départ demain matin en bus pour Ajmer où je prends le train qui m’emmènera à JAIPUR. Je regrette ne pas pouvoir rester encore un jour à Puskhar pour le début du festival qui commence le jour de mon départ, le 14 au lieu du 13 comme je pensais. Bon souvenir de Pushkar et du pré-festival. Dimanche 14 novembre 2010: après déjeuner, je trouve le pouce-pouce réservé le jour avant; je n’aurais pas cru qu'il viendrait. Il est 9H pile. Il me conduit à l'arrêt des bus qui vont àAJMER. Je ne visite pas cette ville. Ce bus là n'est pas pire que ceux qu'on rencontre au Maroc. J'ai une place assise, je paye 7 roupies (12 cents). Un indien a embarqué dans le bus avec l'intention de me conduire à bon port à la gare et de toucher sa commission, comme si je ne savais pas me débrouiller seule… Il a reçu le prix du bus. Je ne lui ai rien demandé moi. Il n'a pas discuté car à ce moment, le jeune de l'hôtel, celui qui voulait m'emmener au «temple miracle» m'appelle… Il m’attend à la gare pour me dire au-revoir. Amoureux de moi? Pas de chance, j'aime mon chéri! Je bois quand 2 cafés avec lui puis je me dirige vers le quai n°1 comme m’a renseigné un militaire. En attendant dans la salle d'attente, une grosse dame vient me trouver pour voir mon ticket. Elle ne s'y retrouve pas et appelle du renfort qui ne s'y retrouve pas plus. Cinq minutes après, je me rends compte que je lui ai donné mon voucher d'hôtel. On a bien rigolé. Changement, c’est le quai N°3. Mon train arrive. Je m'installe, bois un thé, mange du poulet-riz, m'endort un peu. 2H plus tard, le train arrive à JAIPUR, appelée la ville rose. C'est la capitale du Rajasthan où vivent près de 2.000.000 d'habitants. Elle est située à 259 km de Delhi. Je saute dans le premier rickshaw venu sinon c'est pénible aux gares. L'hôtel ATITHI est grand, la fenêtre de la chambre donne sur un mur; je demande à changer. On m’installe dans une autre chambre mais le matelas est trop fin; je réclame et on m'installe un matelas supplémentaire. Je fais un peu sur internet. Je téléphone à mon contact de Jaipur qui est à Delhi. Il veut m'envoyer son frère demain avec une voiture, je refuse car ce frère ne parle pas français. Il est trop tard pour visiter. Je soupe dans un joli resto situé une ruelle plus loin. Ensuite, je rentre à l'hôtel et voilà, la journée finie. Lundi 15 novembre 2010, à 9H, visite du CITY PALACE, munie d’un autoguide. A signaler la «salle des armes» où celles-ci sont représentées en grand nombre, témoignant de l'aspect guerrier et combattant des Rajpoutes. On y trouve une des ses épées du Maharaja pesant 5 kilos. Je les imagine à cheval, avec armures et boucliers ou en habits avec de jolis rubans multicolores et de longues moustaches, le tout accompagné d'épées, révolvers, poignards. Je m’évade… La salle des audiences est très bien conservée. On y voit l’immense trône du Maharaja Madho Singh II; c’était un géant de 2 mètres, pesant 225 kgs. Cette salle semble toujours d'actualité tellement tout est resté authentique notamment le plafond dont la peinture est nickel malgré ses 200 ans d'âge! En hauteur, il y a les «djarokas», fenêtres en marbre et à trous d'où les femmes suivaient toutes les discussions sans être vues. La cour des femmes est également magnifique avec ses quatre grandes portes représentant les saisons. Dans le hall des audiences, on voit 2 énormes jarres de 345 kilos servant à transporter l'eau du Gange pour les ablutions rituelles du Maharaja lors de ses voyages notamment à Londres en 1902; elles peuvent contenir 8500 litres d'eau. Dans le «palais de Lune», de 7 étages, résident encore le Maharaja actuel et sa famille. Le drapeau de 5 couleurs flotte au sommet quand il est présent; il est levé quand la Maharani est présente. Le rez-de-chaussée est transformé en musée. Je mange sous un arbre 2 «rôtis» (galette farine/eau) et un thé. Je donne 20 rps; il rouspète; il veut plus; connaissant le prix, je m'en vais. Je prends ensuite une glace au lait; au moment où je mords dedans, il dit 20 rps alors que c'est 5 pour les indiens; je rends la glace avec un morceau en moins! Je me dirigé vers le Jantar Manhar; l'observatoire qui a été construit en 1727 et dont les travaux ont duré 7 ans. Un appareil n'a jamais été achevé. Chef d'œuvre astronomique, c’est le plus grand des 5 observatoires fondés en Inde: Delhi, Mathura, Ujjain, Bénarès. L'engin le plus spectaculaire est le cadran solaire qui mesure 28 mètres de haut/47 mètres de long. J'ai pu y lire l'heure en suivant les explications. J'étais juste à 1/2H près! Je loue un autoguide mais c'est trop compliqué à comprendre! Je me creuse les méninges, sans succès! Je bois un Coca puis je me rends, en pousse-pousse, direction Hawar Mahal (Palais des Vents). Je l'avais déjà vu lors d'un précédent voyage avec Jet Air, il y a 16 ans, mais cette fois, je visite aussi l'intérieur. C'est le symbole de la ville. D’architecture rajpoute, il fut construit par un roi-poète en 1799. C'est une énorme façade à 5 étages percés de 953 fenêtres à trous pour que les femmes puissent suivre les manifestations dans la rue puisqu'elles n'avaient pas le droit d'y aller. On dirait un nid d'abeilles; ce sont des alvéoles. L'intérieur est moins spectaculaire que l'extérieur. Je suis montée tout en haut. En sortant, un jeune homme guète les touristes qui essayent de prendre une photo de l’immense façade, vient les interpeller pour aller chez lui, en face, d’où la vue sur le palais des vents est superbe, gratuitement ajoute t‘il! On sent l'arnaque mais j'y vais pour la photo. Effectivement, superbe vue sur le Palais des Vents. Il a été dit dans le routard qu'il fallait se méfier, des jeunes attiraient les routardes et les violaient. Moi, j'ai eu droit à une démonstration de bijoux; j'ai du mal à m'en tirer mais prétexte que je vais réfléchir et revenir demain. Je profite qu'un autre touriste arrive sur la terrasse pour m'évader! Je prends un rickshaw pour faire ma dernière visite de la journée, le musée Surabhi Manson, trouvé avec toutes les difficultés du monde, qui représente tous les rubans de différentes classes. Au ruban, on pouvait reconnaître à quel rang appartenait le porteur. Les turbans mesurent de 9 à 40 mètres de long et ils leurs faut 10 min pour le faire. Il y en a de toutes les sortes. Après, visite du magasin de livres, cartes etc... Puis invitation au restaurant. J'ai regardé la carte, non merci, une autre fois! Je me contente d'aller manger dans le petit resto sympa de hier soir. Je n'aime pas celui de l'hôtel. A peine ma douche prise, le rickshaw qui devait passer me prendre le matin me fait appeler dans la chambre pour me dire qu'on s'est loupé ce matin (sans blague) mais OK pour «Amber» demain. J'accepte; je lui avais promis en arrivant à la gare. Je n'ai pas le temps d'aller à Samode. Mardi 16 novembre 2010: je suis prête pour aller voir le Fort d'Amber; cela me tient à cœur puisque c'est là que je suis tombée amoureuse à fond de l'Inde, en visitant le temple de ma déesse Kali. Le rickshaw est au rendez-vous; il ne veut pas dire son prix disant que je jugerai d'après ses services. OK mais je n'aime pas trop ça. Nous partons àAMBER à 10 km de Jaipur. Nous passons par le pire des petits quartiers; je n'ai jamais vu autant de cochons en rue ni de chèvres. En plus, ça ne sent pas très bon et je fais des bonds dans la charrette tellement les rues sont en mauvais état. A peine arrivé sur la grand route, le chauffeur s'arrête à une station essence et me demande 200 rps; je refuse mais insistant, je lui en donne 100 que je compte bien décompter au final. Nous redémarrons. Plus loin, sur la route où ne passent que des véhicules à toute vitesse, le type s'arrête et annonce que sa course sera de 400 roupies+l'essence. On verra selon ses services. Il me dépose devant le fort me donnant 1H; je lui rappelle «slow»; il me laisse 2H. J'y vais; il verra bien; je reviens 2H30 plus tard. Je n'ai pas jugé utile de faire la montée à dos d'éléphant pour 400 roupies (env. 7 €), il faut dix minutes pour la monter à pied et j'ai mieux vu les éléphants pour les photographier. De plus, j'ai lu que ces animaux sont maltraités et qu’il vaut mieux ne pas encourager cette association. LE FORT D’AMBER date de 1592 et fut complété en 1727; il se trouve sur une colline dominant le lac Maotha. Les fortifications font 9 km. Ce n'est que collines aux alentours. Le fort domine tout sauf la forteresse de Jaigarth. Certaines salles dont la salle des audiences sont encore en très bon état. Dans celle-ci, on peut imaginer le maharaja trôner au milieu. Dans une autre salle, le Diwan-i-Khass (salle des audiences privées), on y trouve une décoration à base de pierres semi-précieuses et une foule de mini-miroirs. Ce sera un des rares palais du Rajasthan où il y a un jardin fleuri magnifique que les femmes pouvaient voir de leur balcon privé. C'est aussi le seul où j'ai trouvé un hammam turc avec un bassin et un peu plus loin des latrines. Il y a 12 passages secrets menant aux appartements des 12 favorites du Maharaja. Les 300 autres concubines vivent à l'extérieur. Les hommes qui lisent ceci doivent se dire qu'ils en avaient de la chance les Maharajas. Je termine cette visite. En sortant je vois l'indication "tunnel"; je descends dans ce souterrain accompagnée d'un militaire. Encore ces grandes marches! Pas pour rien que personne n'y va et en plus pour ne rien voir de particulier puisque ce sont des passages secrets. Ensuite, je cherche letemple de Kali& puisque je voulais absolument y retourner. Il est à l'entrée!!! J’arrive au moment de ma fermeture. J'ai eu bon supplié, rien à faire, on ne m'ouvre pas la porte : fermé jusqu'à 16H. Je redescends vraiment triste de n'avoir pu retourner dans ce petit temple au point que j'en avais les larmes aux yeux. Le rickshaw pressé et moi démarrons. 3 km plus loin, il faut tourner à droite pour le «FORT DE JAIGARTH». Là ça va se corser l'histoire! Il ne veut pas… Moi je veux. Il dit que le fort n'est pas bien! J'insiste que je veux. Il prétend qu'on ne peut y arriver en rickshaw et qu'il n'a d'essence assez. Dans ce cas, je descends du véhicule. Finalement, il me récupère en acceptant mais fait demi-tour après quelques mètres et s'arrête me demandant 300 roupies en plus pour y aller. Je refuse. Cette fois, je descends définitivement. Je me retrouve dans un endroit où il n’y a nul autre taxi; c’est à pied que j’arrive à la bifurcation. Là, problème, plusieurs types en moto attendent proposant leur service pour faire la montée à un prix horrifiant. Je signale que ça monte très fort pendant 9 kilomètres. Je sens l'arnaque à fond… Un car de touristes indiens tourne à ce moment pour y aller, donc roulant très lentement, et portière ouverte. Je fais un signe, le type aussi et je saute dans le bus en marche comme quoi, mes jambes sont encore en bon état parfois. Je suis sauvée me dis-je. Les touristes indiens sont heureux de m'avoir dans leur bus. Je m'assois où je peux vers le début du car. On croit arriver au ciel en faisant cette montée mais j'ai bien cru vraiment aller au ciel!!!! Mon Dieu. Rue étroite, montante, croisement d'autres véhicules dont des bus, le ravin à gauche. J'ai tellement peur que je ne décide de ne pas redescendre pas en engin motorisé. La forteresse est absolument magnifique, dominant tout d'où un paysage inimaginable. En fait, les rickshaws y accèdent puisqu'il y en avait. Dans cette forteresse, se trouve le «canon Jaivana», fondu ici en 1720, de 6 mètres de long et pesant 50 tonnes. Quatre éléphants étaient nécessaires pour le faire tourner mais il n'a jamais servi sauf pour son coup d'essai! Vive le guide du routard, car je lis qu'il y a un sentier qui descend du fort vers la forteresse d'Amber où je pourrais prendre un bus. Ah, je voulais voir le fort d'Amber et bien, je l'ai vu et revu. J'entame ce sentier en pierre qui descend vers Amber tout en me renseignant d'abord s'il n'y a pas de singes. Je suis accompagnée presque tout le chemin par un ou l'autre jeune homme en promenade. Je n'ai eu aucun problème et ai beaucoup discuté en chemin. Cette descente permet d’admirer ce beau paysage que j'ai dans la tête depuis 16 ans, soit la première fois que j'y suis allée. Cette muraille dans les collines est fabuleuse. En fait, maintenant, il est 16H, le temple de Kali a rouvert ses portes. Cette fois, j'y rentre sans problème. Je me recueille un court instant. Le Brahmane me met un point rouge sur le front. J'aurais dû être plus attentive le matin car je lis qu’il y avait une puja (brève cérémonie) à 10H du matin. Maintenant, je me rends à l'arrêt de bus pour rentrer à Jaipur; il est 5H passé. Le bus arrive déjà rempli d'indiens. Plus un siège de libre. Je fais le chemin assise à terre. Je me lève juste pour prendre une photo au niveau du lac Man Sagar où se dresse le Palais Jal Mahal. Nous sommes à 10 km de Jaipur mettons 1H10 pour le trajet. Toujours assise à terre, les indiennes me regardent car ce n'est pas les indiennes qui feraient ça avec leur beau sari. Je termine ma course en cyclo-rickshaws qui me fait faire un tour de ville pour me ramener à l’hôtel alors qu‘on était à 5 min. Je l'engueule mais il est content quand même. Toutefois, je regrette un peu de ne pas lui avoir donné plus; ils ont tellement de mal à se faire un peu d'argent, en galérant quand même! Bon trop tard, il est parti. Je rentre souper à l'hôtel pour ne pas perdre trop de temps en soirée mais il y a quand même un long délai d'attente. Je vais faire mes sacs. Demain, je pars à 5H du matin. Le train est à 8H mais c'est tellement compliqué que je préfère partir tôt! Ce séjour à Jaipur aura été fort chargé. Je me demande où je trouve cette force et cette énergie car, en plus, je ne dors pas beaucoup la nuit et encore moins de la journée bien sûr! Demain destination ALWAR. Je crois que ce sera repos, enfin, je crois! Mercredi 17 novembre 2010: déjà 20 jours que je suis en Inde, je pars pour la gare à 6H du matin. Je suis tôt car le train est à 8H, qui en plus a du retard. J'attends sur la mauvaise voie car ils annoncent un changement de voie au dernier moment que je n'ai pas compris vu mes faibles compétences en hindi ou anglais! J’ai failli le rater. Dans le compartiment, les gens sont sympas. On bavarde jusqu'au moment où je tombe endormie. J'ai dû ronfler car tout le monde rit quand je m’éveille. J'arrive à ALWAR à 11H et me rend directement à l'hôtel. Cette petite ville est à 170 km de Delhi. L’hôtel ALWAR n'a pas de restaurant donc je sors pour aller manger. En circulant dans les petites rues, j'entends de la musique: une fête. Je vais voir. On me voit arriver dans la foule indienne à 100% et on me donne la place d'honneur! Pas embêtée d'avoir mis les pieds là, me voilà bien maintenant!!! J'apprends qu'en fait, on marie dix couples en même temps, et je vois apparaître deux par deux les futurs maris tandis que les femmes sont cachées totalement derrière un voile, entourées des femmes d'honneur. On me propose à manger mais j'essaie petit à petit de m'éclipser car je vois des billets de 100 roupies au cou de chaque marié; je me dis que je vais être de la revue. Avec tout ça, je ne sais plus où je suis. Je marche. Il pleut à seau. J'ai faim. Je dois mettre de l'argent sur mon GSM. J'essaie de revenir par mes propres moyens mais n'y arrivant pas, c'est encore sur une moto que je fini ma course. Je finis la soirée dans ma chambre. J'ai heureusement une belle chambre avec le wifi gratuit qui me fait passer le temps. J'entends la musique des mariages. Jeudi 18 novembre 2010: je me réveille tôt. J'ai mal dormi et mal partout. C'est dommage d'avoir des belles chambres et de ne pas y mettre des matelas confortables. Malgré que je double mon matelas avec celui du 2ème lit, je sens la ferraille. Aujourd'hui, il va faire bon. C’est à la gare que je compte déposer mes sacs mais changement d'avis au dernier moment, le réceptionniste accepte que je les laisse à l'hôtel et accepte également que je vienne prendre une douche le soir. De ce fait, je lui laisse un pourboire. Je commence mon périple par le Palace d‘Alwar. Le musée est très grand. Je vois un tigre mal empaillé, c'est très gros: une patte à lui vaut mes 2 jambes. Il y a encore des tigres dans la forêt d'Alwar, j'ai vu le panneau. Je vois aussi un ours brun dans la vitrine; il me fixe et m’impressionne au point que je pense qu’il va sortir de la vitrine. On m’avait dit que si je croise un ours, il faut le regarder dans les yeux pour l'impressionner!!! Je m'imagine mal le faire, entendant ses grognements. Il y a des collections de toutes sortes comme dans les autres salles du musée. Je suis sidérée devant la collection de livres allant du minuscule au plus gros, souvent livres religieux. Ceux-ci sont écrits en lettre d'or pour certains et à l'encre de chine pour d'autres, en sanscrit, quelle finesse!!! En sortant du musée, un gamin me suit, j'ai bon lui dire de partir, il reste, s'accroche; je démissionne. Il reste avec moi. Il me conduit au début de la forêt pour me montrer un temple hors du commun, en tête de cobra. On longeant le passage, on repère des singes agressifs. Je veux les photographier mais un me montre ses dents. Je cache mon appareil. Il est méfiant et se retourne pour voir si je ne le prends pas en traite puis fait mine de revenir en arrière. Le gamin me fait signe de ne pas le fixer; c'est vrai, j'avais oublié. Le fort se trouve très haut, impossible pour moi d'y aller. Le gamin insiste pour avoir 150 roupies!! Non. Il descend à 50 roupies! Non. Je finis par lui en donner 20. Il a été les donner directement à son père qui tenait une échoppe à manger. Quand il a vu que je regardais, il a fait mine de prendre à manger! Il avait entre 10 et 11 ans et ne va plus à l'école; peut-être n'y est-il jamais allé. Je descends le chemin tout doucement en mangeant un mixte végétal dans un plat fabriqué en feuilles séchées. J'arrive direct au temple Jagannath que j'ai prévu au programme; le temple est ouvert mais le lieu où se trouve le Dieu est fermé; deux gardiennes sont gentilles et l'ouvrent; je les prends en photo et blaguons un peu. En reprenant mon chemin, je goûte un petit gâteau bien sucré mais bon. En continuant, j'arrive au Circus qui est en fait, au-dessus, un temple dédié à Rama. C'est fermé aussi mais le Sâdhu me laisse rentrer voir ce qui est visible; lui n'ouvre pas le tabernacle. Je reste un long moment assise sur une pierre au circus. En me baladant, j'arrive dans un immense parc où il y a une serre magnifique et visitable. Je pense que je suis peut-être au réservoir de la ville; en tout cas, ce n'est pas le parc «Nehru» car je l'ai vu après. Dans le parc, les enfants demandent "monnaie, monnaie"; Après un refus catégorique, ils demandent un autographe sur un billet de 10 roupies. Pas moyen de se reposer. Je vais rentrer. C'est surprenant de voir toutes ses artères en pleine ébullition. Je finis par prendre un cyclo-rickshaws car à force de tourner, je suis fatiguée. Il est 5H. Je rentre à l’hôtel où sont mes bagages pour prendre une douche, comme prévu avec le réceptionniste. Le patron refuse. Je reprends mon pourboire du matin au garçon. Je m'en vais d’abord à pied puis en Pousse-pousse. Je suis donc en avance de 5H! Je mets mes bagages à la consigne de la gare et vais manger dans une gargote. En mangeant, je vois trois rats dont un court sur la table voisine. Je continue à manger contrecœur mais je dois arrêter, je suis dégoutée. Je retourne à la gare mais j'ai encore des heures devant moi. Je bois des cafés. Je marche. Je regarde les trains arrivés et repartir. Le fourbi que provoque l’arrivée d’un train. Les gares indiennes n'ont plus de secret pour moi. Je sais comment trouver son quai, son wagon, sa place, être à la bonne place où le wagon s'arrête. Je sais tout! Je fais un peu d'anglais par écrit avec mon dictionnaire quand deux jeunes viennent mettre l’anglais en pratique. Je dis toujours, on n'est jamais seul (e) en Inde. En fait, Jacques m'a donné des nouvelles de Pushkar, il paraît qu'il y fait noir de monde; beaucoup de touristes ce qui l'ennuie pour ses photos! J‘aurais dû rester un jour de plus à Pushkar; j’ai raté la course aux chameaux. Par contre, j'aurais pu me passer d'Alwar qui d'après certains sur VF trouvaient cette ville formidable. Je trouve les gens encore plus racoleurs qu'ailleurs; ils vous dévisagent au point du malaise; de plus, ce n'est pas possible de circuler au gré des ruelles comme tant le disent. Il y a de la circulation. Je crois ne pas me tromper si je dis que j'étais la seule touriste dans la ville. Les devants de certains rickshaws sont faits avec d'anciens camions ou tracteurs. Les gens me regardent comme si j'étais une martienne. Je ne me suis pas sentie bien dans cette ville. Pour en revenir au train. Le mien arrive, avec 45 minutes de retard. Je n'ai pas fait attention que Raj de l'agence Milna m'a réservé en A3 n’y comprenant pas grand-chose, maintenant, ça aussi je connais! Mon fils m'a dit avant de partir de bien dormir «si j'y arrive»; j'avais été affirmative connaissant mes nuitées antérieures. Je me suis trouvée dans un AC tiers qui sont des compartiments, non fermés, de six places et deux places en face. Pas de tentures pour séparer et encore moins de cloison avec porte. Bon, je trouve ma place N°9, c'est en bas. Ils sont déjà tous couchés. Impossible de me tenir assise à cause de la banquette au-dessus de moi. Plus de place pour mettre mes sacs. Une énorme dame qui dormait au-dessus de moi s'est levée pour faire place. Je n'avais pas envie de traficoter leurs sacs moi-même. Bref, sur le coup, je téléphone à MILNA et lui demande pourquoi il m'a réservé dans cette classe. Il prétend qu’il n'y avait plus place en A2. Je le crois puisque sur le ticket, la date de réservation indique le «22/10» alors qu'on peut les réserver 3 mois à l'avance. Je lui ferai la remarque. Il me donne le conseil de voir s'il n'y a pas un lit libre où se trouvent les 2 places puis demander au contrôleur si la place restera libre jusqu’à la fin du voyage. Après vérification, j’ai la confirmation que cette place reste libre et peux y rester. Tout le monde a coupé ses lumières et beaucoup ronflent. Moi, je fais un remue-ménage comme seul mon chéri peut comprendre. Je vois des bestioles. Je mets de la bombe pour insecte et de la citronnelle sur moi. Ah, il y a de l'odeur dans mon compartiment. Voyant qu'il est plus de minuit et que je ne peux pas dormir, je prends un somnifère et m‘endors directement. Vendredi 19 novembre 2010: Je me réveille à 8H à l'arrêt du train, descends sur le quai chercher un thé. Le bois puis me rendors jusqu'à midi. Les omelettes arrivent, je prends une et commence à ranger la couchette et mes affaires. Je fais un peu d'ordi mais m'endors dessus. J'ai passé 16H dans le train. J'arrive à AMRITSAR; je bois un café à la gare puis je prends un rickshaw pour aller au SHARMA Guets Housse. Il me demande 50 roupies. En arrivant devant une rue, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin. Or, comme je suis têtue et vois justement un autre rickshaw qui passe. Je ne quitte donc pas son véhicule et lui dit de demander à la police le droit de passage. Il n'a jamais voulu le faire. C'est moi qui l'ai demandé via un signe; ce fut accepté. Arrivée spectaculaire à l'hôtel puisqu'il fait un scandale. Je tiens bon, pas une roupie de plus, il y a 2 km. Ma chambre est au 3ème étage. Toujours ces grandes marches fatigantes. Cette chambre a besoin d'un bon coup de peinture! Je la nettoie avec un gant de chirurgien et une vieille chaussette; je préfère car j’y dors 3 nuits! Après ce nettoyage, je pars à la recherche d’un restaurant. Dans les rues, il n'y a qu'échoppes avec des cadres du temple d'Or, des gurus, etc... C'est Lourdes de chez nous quoi! Je trouve un resto bien et décide de changer le style de hier à savoir celui des rats... Les rations sont énormes; je mange végétarien. Je jette un coup d'œil au temple d'Or, de loin, car je le réserve pour demain. Toutefois, en arpentant le coin, je découvre la "cour dortoir" où les pèlerins sont acceptés pour dormir gratuitement; ils sont couchés sur un sac ou un drap avec une couverture, un oreiller et les voilà qui dorment. La cour est pleine. Il y a aussi des chambres aux étages. Je rentre faire ce résumé; il est 1H du matin. Je commence par dire qu'AMRITSAR est la ville sacrée des sikhs par excellence. Là où tous les pèlerins se rassemblent lors des fêtes comme c'est le cas aujourd'hui. C'est la 2ème plus grande ville du Pendjab avec un million d'habitants. La ville est peuplée et polluée. Elle reçoit les hindous et les musulmans sans problème. Cette ville est très fertile. De ce fait, les sikhs sont dans une catégorie aisée d'indiens qui ont le plus haut revenu moyen par habitant de tout le pays. Tous les sikhs ont le même nom de famille "Singh" qui veut dire lion. L'état civil doit se régaler! Il y a eu ici des milliers de morts parmi les civils suite à la guerre qui dura 11 ans. C'est la seule religion hindoue qui ne croit qu'en un seul Dieu. Elle date du 15ème siècle. Les sikhs ont comme règles de ne jamais se couper la barbe ni les cheveux, d'avoir un peigne sous le turban, avoir un bracelet à la main droite, avoir une épée, un sabre ou un poignard de défense autour de la taille. Ils sont loyaux, droits, obéissants, généreux, pardonnent, sont hospitaliers et supportent l'injustice. Ils croient au karma et à la réincarnation mais rien n’y met un terme, contrairement au bouddhisme. Leur Dieu est créateur, conservateur et destructeur; il est dans l'âme de tout un chacun. Samedi 20 novembre 2010: 11H je quitte l'hôtel. Je me rends au TEMPLE D’OR mais surprise que j'avais oubliée: aujourd'hui est un jour de fête pour les Sikhs; ils fêtent le «GURU NANAK», né en 1469, qui est le fondateur du sikhisme. Les festivités commencent trois jours avant. Voilà pourquoi j'ai trouvé tant de monde hier soir dans la cour qui sert aussi de dortoir. Aujourd'hui, donc jour J, le «Granth Sahib», livre sacré, sort du temple couvert de guirlandes, escorté par des gardes brandissant le drapeau sikh. Dès l'aube, les fidèles processionnent. Il y avait au moins 30 groupes d'enfants soit jouant un instrument, soit représentant une scène de combat avec une arme, le tout au son d'une musique spécifique. On offre à manger aux passants. Je reçois chappattis avec des «dags», pois chiches à la crème indienne. Je préfère faire des films plus que des photos pour la circonstance. Je bois un café puis vais voir le défilé. 3H debout. Ensuite, je rentre dans l'enceinte du temple mais ne vais pas encore au temple d'Or aujourd'hui car il y a une file d'attente à ne pas en finir; j’ai rendez-vous à 15H avec les taxis qui vont à «WAGAH BORDER» dans le village d'ATTARI à 30 km d'Amritsar. Je prends un taxi collectif, nous étions 8 avec le chauffeur. Il nous dépose au pied de la rampe, précisant qu’il sera là au final du spectacle. Je suis les indiens et me retrouve dans les gradins avec eux. Je peux aller au VIP en tant que touristes mais dans la foule, je n'ai pas vu l'endroit. Toujours est-il que j'étais dans l'ambiance très chaude et excitante des indiens! Par contre, je n'ai rien vu. J’aurais pu être à un match de foot ou rugby que ça aurait été la même chose. Par contre, je vois la descente des 2 drapeaux: le Pakistanais et l'Indien. Normal, ils sont en hauteur! En sortant de la cérémonie, je ne vois pas le taxi mais après tout le bazar mené autour de moi, on me l'a retrouvé. Il était bien où il avait dit et les autres passagers étaient déjà là aussi. J'ai dû louper une instruction. Il m'a bien engueulé et les autres ont ri. Il a rouspété un bon moment. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais ce n'est sûrement pas des compliments. Il se venge en roulant comme un fou Je termine en précisant qu'aujourd'hui, je n'ai pas besoin de transférer mes photos car j'ai perdu mon appareil. J'ai espéré un moment l'avoir oublié dans le taxi mais un indien et mon copain de Delhi lui ont téléphoné et il a déjà fouillé 2 fois sans le retrouver. Il devait être sur mes genoux et en sortant, sera tombé. J'ai horreur de perdre. Bien que je comptais acheter un neuf, ça aurait pu encore attendre quelques jours. Dimanche 21 novembre 2010, je ressens la fatigue car je ne me réveille plus si tôt le matin. Il est 10H45 quand je quitte l'hôtel pour me diriger tout droit acheter, en tout cas voir dans un premier temps, un nouvel appareil photo. Je suis séduite par le Samsung qui me convient bien et est à un prix tout à fait raisonnable. Je l'ai vite en main car il est assez simple mais quand même plus sophistiqué que l'ancien. Je suis contente. Je me dirige vers le temple d'Or pour aller refaire de nouvelles photos. J'aurais juste perdu le cortège de hier car à la frontière, je n'ai rien su faire comme photos puisque je n'ai rien vu. Aujourd'hui, je vais pénétrer dans le fameux temple d'Or qui fut détruit par les Afghans en 1757 et reconstruit en 1765, embelli ultérieurement de feuilles d'or. Pour entrer dans l'enceinte du temple, pavée tout de marbre blanc, il est obligatoire de se déchausser et de passer ses pieds dans un bassin d'eau et en principe, laver ses mains mais ça je l'ai su après. Moi je les ai lavées en sortant. Il est 13H15 et je fais la file 1H1/2 pour passer la passerelle de marbre longue de 60 mètres et qui mène au temple d'or proprement dit "le Harmandir Sahib". Le pavillon est couvert d'une plaque en cuivre doré et date de 1764. Toute la journée, des prêtres chantent et les musiciens jouent des hymnes du livre sacré; ils se relaient régulièrement. Quand ce fût mon tour d'y rentrer, je suis restée sidérée de la beauté de ce temple, c'est majestueux; on ne peut être qu'en extase devant cette merveille. Il y a un guru dans la salle du bas, à qui on jette énormément d'argent ou des offrandes. Au second étage, il y a un autre guru qui, à mon avis, reçois moins d'argent et au troisième étage, encore un autre. De là, la vue est sublime. On voit les pèlerins sur la passerelle. Celle-ci supportera le poids des âmes pieuses et les autres iront en enfer. En fait, je suis restée 8 H dans l'enceinte et j'ai toujours vu la passerelle pleine à craquer; ça n'arrête pas. Je redescends mais m'inquiète de ne pas avoir vu le livre sacré donc je me mets dans un coin pour relire ma documentation. C'est au 2ème étage que je dois remonter pour le découvrir, bien à sa place, posé sur un tissu inséré de pierres semi-précieuses. Il est géant ce livre. Tous les soirs à 22H, il y a la cérémonie de transfère du livre sacré sur un palanquin, du temple au siège du comité directeur, pour le ramener le lendemain à 5H du matin. La version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne. Cinq mois plus tard, le 31 octobre, Indira Gandhi, premier ministre de l'Inde, était assassinée par 2 gardes sikhs, en représailles. En sortant définitivement du temple pour repasser la passerelle en sens inverse, je profite pour faire quelques photos avant de retourner dans la cour d'où on voit le temple d'or qui semble flotter sur une île. Je déambule dans les couloirs de la cour. Je bois du thé qu'on m’offre. Je vais visiter le musée où se trouvent des tableaux relatant les évènements historiques sanglants. Les sikhs ont dû faire face aux hindous et aux musulmans avec cruauté. Quelques photos sont franchement parlantes puisqu'on y voit des sikhs tués, souvent fort défigurés. Puis il y a de plus belles photos de gurus. En sortant, je tombe tout à fait par hasard sur les cuisines et vais manger avec les pèlerins, assise à terre. On me verse du riz dans un bol et une sauce dans l'autre avec des chapatis. Ils servent 10000 repas par jour gratuitement. En allant me rechausser, je vois une cabane où des gens se font soigner. Bien entendu, je m’arrête; on me fait de l'accu pression sur les doigts de main et pied gauches pour soigner ma jambe droite! On verra, c'est une expérience. (À ce moment, j’en déduis que ce traitement n’a pas marché). Maintenant, il fait noir. Je vais me redéchausser pour prendre en photo le temple. Je l’admire sous toutes les lumières qui reflètent dans le bassin sacré. C'est royalement beau. On est saisi par les milliers de lumière qui, de plus, reflètent sur l'eau. Il y a des milliers de personnes qui se trouvent là en cet instant. A 19H, il y a un énorme feu d'artifice qui sera renouvelé puisque je l'ai encore entendu après. Le bassin d'eau est entouré de petites bougies où certains pèlerins font des ablutions. Il y en a qui garde leur poignard pendant le bain. On voit d'énormes carpes grises et rouges. Je n'ai pas jugé utile de faire d'autres visites sur Amritsar. J'ai préféré l'ambiance du temple. Je remange un bout et bois un verre de lait avant de rentrer à l'hôtel préparer mes sacs et rédiger ces lignes. Demain matin, départ pourDELHI à 5H. Il faudra donc se lever très tôt... J'ai eu des nouvelles de Jacques qui est à Pushkar et qui m'annonce aujourd'hui, qu'on lui a volé sa petite caméra qu'il venait d'acheter «lui» pour 400 euros. Pour lui qui adore photographier, ce n'est pas marrant du tout. Lundi 22 novembre, je me lève à 3H du matin pour prendre le taxi à 4H et le train à 5H. Il part pile à l'heure et je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas en première classe alors que j'ai payé des mois à l'avance. Encore une fois, l'agence n'a pas réservé directement! Pourquoi? On le devine... J'arrive à DELHI et vais directement à l’hôtel MY INN où le chauffeur du Rajasthan devait déposer mon bagage; évidemment, pas de bagage! Encore toute une histoire...Je téléphone à Milna qui le contacte. Le verdict est qu’il l'a laissé à son agence alors que je lui ai expliqué 1000 fois que c'était à l'hôtel où il est venu me chercher le premier jour. J'ai vraiment été trop généreuse dans le pourboire, finalement il ne le méritait pas… à part qu'il m'a ramenée entière... Bref, après 2H, un gars de l’agence m’amène mon bagage. Heureusement, car je vais voir ma copine Chavti à qui je dois remettre des livres qui sont dans ce bagage. Le lit de la chambre n'est pas fait. On me dit à midi après maintes demandes de ma part, qu'il sera fait dans l'heure qui suit. Je rentre à 21H et toujours pas de lit fait, pas de drap de lit, pas de serviette de bain sans compter que j’ai nettoyé la chambre comme souvent, à quatre pattes avec une vieille chaussette! En fait, plus tu te fâches avec les indiens, plus ils prennent du plaisir et continuent... Ils rigolent même quand tu les engueules, je connais un qui fait cela et il est bien belge; mon Loulou si tu te reconnais dis le!!! (Petit-fils). La journée n’a pas été intéressante; j'aurais dû aller dormir chez ma copine comme elle l'avait proposé. La nuit tombe, je cherche un endroit pour manger. Tout à coup, une enseigne m'attire comme un aimant "bar- restaurant". Je m’offre 2 bières et un resto; je rouspète car j'ai demandé "non space" et c'est "space"... Le patron me dit qu'il s'occupera spécialement de moi demain, mais irais-je???? Mardi 23 novembre 2010, je commence ma journée en me disputant avec le garçon d'étage car il m'apporte un thé et un toast grillé à un prix trop élevé... au final, il a gain de cause car il m'apporte la carte! Je ne m'attarde pas trop car j'ai beaucoup à faire aujourd'hui. Il y a certains sites que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter donc c'est le moment, j'ai une journée complète. Je prends un rickshaw pour me conduire à HUMAYUM’S TOMB; je devrais plutôt dire, je voudrais prendre un rickshaw car ils ne veulent pas m'y conduire: trop loin. Sauf un qui voulait bien mais pour faire la journée à un prix de fou. Comme ça dure une éternité pour se mettre d'accord sur un prix correct, je descends et prends un cyclo-rishwach jusqu'à la place Connaught car il ne peut pas aller plus loin. Là, je trouve un qui m'accepte pour une somme dérisoire mais ils sont malins: une fois en chemin, ils s'arrêtent et proposent d’attendre à l‘entrée. Je commence par aller voir l'INDIA GHAT que j'avais déjà aperçue plusieurs fois de loin. Son arc de triomphe mesure 42 mètres de haut et y sont inscrits le nom des 85000 indiens morts pendant la première guerre mondiale et la guerre afghane en 1919. Je ne peux pas apercevoir les noms car c'est interdit de passer en dessous de l'arc où brûle «l'Amar Jawan Jyoti» c'est à dire la flamme éternelle du souvenir. Je fais quelques photos puis visite de «Humayn's Tomb» où là, le chauffeur dit qu'il va travailler un peu et reviendra dans 1H. Il ne me connaît pas, en effet, j'ai mis 2H30. Je l'avais prévenu. Praeven, l'étudiant français viendra me rejoindre après ses cours à 14H. Humayum's tomb est le mausolée de l’empereur Humayum’s, né en 1508, qui fit une chute mortelle en 1556 dans sa bibliothèque, se trébuchant sur une marche descellée. Comme quoi, il faut regarder où l'on met les pieds. C'est le fils de Bâbur e le père d'Akbar. Il régna dix ans. Ce monument est classé comme une des plus beaux de Delhi et fut créé par sa veuve en 1564. Il a servi de modèle pour construire le Taj Mahal. Il est dressé sur une plateforme; il est en grès rouge et a des sculptures en marbre. Il comporte quatre étages. Il y a aussi deux autres mausolées où il y a trois tombeaux dans l’un et deux dans l’autre. Tout autour, un grand jardin où j'ai eu beaucoup de plaisir à me balader dans les petites allées; en fait, c'est un carré lui-même divisé en carrés de verdure, séparés par de petits canaux. Il y a quatre fontaines dont le bruit que fait l'eau est reposant. On est loin de la foule. Si je n’avais pas rendez-vous avec Praeven et Le rickshaws, j'y serais restée davantage. J'y rencontre deux couples de français avec qui je papote un moment. A 14H, Praeven me téléphone qu'il est arrivé. Je termine donc cette visible plaisante. Je propose à ce jeune homme, qui n'a pas beaucoup d'idées, d'aller visiter le PURANA QUILA: il accepte mais je ne suis pas sûr que ça l'emballe; tant pis. Il n'avait jamais visité ce lieu alors qu'il a 20 ans et habite Delhi. Cet endroit aurait été le refuge des croyants lors d'un grand massacre. Nous commençons par le musée archéologique et là, j'ai vu que ce n'était pas sa tasse de thé; il a passé toute la visite à téléphoner. Moi j'aime beaucoup et je m'inquiétais de savoir ce que voulait dire les lettres inscrites après la date. Il me renseigne que ça signifie après ou avant JC. J'ai eu un peu de mal à comprendre; pourquoi JC, en Inde, alors que leur religion est beaucoup plus ancienne que le christianisme. Pourquoi se réfèrent-ils à JC? Je reste avec mon point d'interrogation… Nous poursuivons le chemin. J'annonce à mon jeune ami que c’est un parcours de 2 km. Il souffle; ça ne doit pas beaucoup l'amuser. Nous avons bavardé tout en marchant et je ne me suis finalement pas trop intéressée au bâtiment en lui-même. Il faut dire que j'en ai un peu marre des visites. Là, c'est le dernier site que je visite en Inde; pour cette fois. Ma jambe me fait toujours mal. Je quitte le jeune homme qui a certainement mieux à faire. Je ne trouve pas de rickshaw qui veut bien me ramener à Main Bazar où j'ai mon hôtel. C'est trop loin et il y a beaucoup de trafic. Je décide d'avancer à pied jusqu'à la porte de l'Inde. C'est loin et fatiguant après avoir visité toute la journée. Je traverse une grand-route pour prendre un raccourci mais j'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, quel trafic et quelle vitesse en plus! Ceci dit, j'arrive au lieu dit et ai un véhicule qui me ramène en m'arrêtant deux fois devant des magasins; Ce soir, je vais souper avec Jacques qui m'invite dans un bon restaurant pour le quartier. Après ce repas, nous partons chacun de notre côté faire nos valises respectives. Lui part au Népal. Moi, je rentre en Belgique. Je vais me coucher à 1H du matin pour me lever à 2H. Le chauffeur de Milna, celui qui m’a amené l’argent en début de séjour, vient me chercher à 3H pour me conduire à l'aéroport. Voilà le tour est bouclé. Un mois d'aventures. J'ai passé un fabuleux séjour. J'ai fait un bon circuit sur mesure, que j'avais établi. Je crois avoir fait ce qu'il y a d'important dans le Nord. S'il y a une suite à l'Inde, ce sera le Sud. En voyant certaines photos anciennes, je pense que l'Inde ne change pas. On retrouve les mêmes habits, les mêmes bâtiments, les mêmes scènes de vie. On pourrait croire que le temps s'est arrêté. Pour moi, en tout cas, le temps a passé vite. Je remercie mon compagnon de me faire confiance et me permettre de vivre ma passion. MARIE

BUDJET Avion 535€ (Bruxelles/Londres/Delhi) A/R. British Airways Voiture Rajasthan 440 € (400€+40€ pourboire) Taxi, bus, pousse-pousse 47€ avec train pour Bruxelles compris Les pourboires bagages, etc 11€ Les divers trains+réservation faite par milna 48€ Retour aéroport - milna 15€ Soit un total de déplacement de 1096 € Frais HOTELS +Réserv milna: 428€ FRAIS BOISSONS+NOURRITURE: 182€ FRAIS VISITES: 68€ FRAIS VISA 90€ (avec trajets trains pour Bruxelles) FRAIS PERSONNELS DIVERS: 168€ FRAIS MASSAGES: 47€ FRAIS MEDICAMENTS ET PRODUITS: 39€ FRAIS encre, copies, guide du routard guide et dico anglais: 45€ FRAIS téléph et internet: 64€ FRAIS Pressing 3€ TOTAL 2230 €
Islande, Terre de Glace et de Feu English translation pending
by Grisemote · 2010-12-15 · 62 replies


Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec les photos l'illustrant ici:
http://sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

Prologue« -Tu vas en Islande ? C’est pas vrai, on t’a obligé ! Il pleut tout le temps et c’est plein de moustiques. Encore ta femme hein … dur dur !!!!! - Tu crois ? Il y a le soleil de minuit et pour les moustiques je pense que l’on t’a mal renseigné. - Partir en Islande c’est une chose, mais t’es pas sûr d’atterrir ni de repartir avec les poussières volcaniques du truc que l’on n’arrive même pas à nommer. - Mouai, c’est pas faux qu’il est imprononçable ce volcan, c’est ça l’exotisme. » Mitigé, voilà comment honnêtement j’ai abordé ce nouveau périple, encouragé par mes collègues de bureau totalement enthousiastes. L’Islande représente bien à sa manière le chaud et le froid entremêlés. Le soleil est là toute la journée, mais tu peux éventuellement ne jamais le voir, blotti entre les nuages. Les volcans crachent du feu, mais ils sont recouverts de glaciers. Ta valise est pleine d’habits chauds, mais éventuellement tu ne t’en serviras pas (ben y parait que c’est arrivé à quelqu’un … si ! Il y a longtemps je crois …. Bon, c’est à confirmer). Tu pars en balade d’été mais tu as l’impression d’aller vers l’hiver. C’est le pays des trolls, mais tu n’en vois pas un. Ils écrivent des panneaux mais tu n’arrives pas à les lire… Bref, seuls ceux qui y sont allés peuvent en parler et sur ce registre on lit de tout allant de l’effroyable au plus enchanteur. Comme nous souhaitons nous aussi raconter notre version, nous tentons notre chance. Conclusion, il faudra prendre les choses comme elles viennent, puisque de toute façon les billets sont encaissés.

9 juillet 2010Doutes et craintes de GrisemoteC’est la canicule sur la France. 36°C à Lyon ! Nous partons à Paris pour prendre l’avion le lendemain. Il fait beau et nous goûtons avec délice et déjà une pointe de nostalgie nos derniers instants d’été, tel des condamnés qui mangent leur dernier steak et boivent leur dernier verre de Beaujolais. Au moment de partir, Grisemote semble douter, ce qui est grave pour le reste de l’équipe déjà un peu sceptique sur la destination. Comment allons-nous gérer la pluie, le vent, voire la tempête ? Quelle idée aussi de partir sous la tente (d’un autre côté, vu les prix du dur, les vacances auraient été courtes) ? Du coup, pour l’occasion, nous avons investi dans une énorme tente (7 mètres de long et 2m10 de haut) capable de résister à des trombes et des trombes d’eau, et dans laquelle on peut jouer au tennis de table. Mais vu le volume, va-t-elle résister au vent furieux d’Islande ? En plus, c’est une marque pas connue achetée sur Ebay et qui s’avère fabriquée en Chine. Va-t-elle être à la hauteur ? Aura-t-on la place à chaque fois de la monter ? Et puis, le poids : 23 kilos avérés ! Bref, une tempête majeure sévie sous le casque Grismotien, qui envisage d’invoquer les dieux nordiques pour qu’ils soient cléments avec nous : par Thor et par Tons. Pour ma part, je retiens que l’Islande se situe à 4° de latitude au sud du cercle polaire, et que dès que l’on parle de « sud », ça réchauffe !



10 juillet : la tête dans les nuagesNous débarquons en voiture à Charles de Gaulle dont on peut dire en plus qu’il est moche et remoche, qu’il est truffé de pièges : aérogare = terminal, parking P3 = aller au terminal 3 pour le trouver, si tu te trompes une fois, tu pars en vrille sans trop savoir comment tu vas rattraper le coup. Oublions ! Au début on se demandait pourquoi tout le monde nous regardait. Pourtant ça ne se voit pas sur notre visage qu’on va en Islande. Si ça se trouve, c’est à cause de nos fourrures polaires, grosses chaussures de rando et anoraks alors que nous sommes en pleine canicule. Les gens sont observateurs quand même. De toute façon on n’avait pas le choix, 20 kg par personne, avec les affaires d’été, d’hiver, contre la pluie, le soleil et le froid, sans parler de la tente en conséquence et de tout le nécessaire qui va avec, il a fallu prendre sur nous, c’est le cas de le dire, pour rentrer dans les clous au niveau du poids. Première épreuve donc, l’enregistrement des bagages. Chaque sac a été pesé, repesé. Exit, le dentifrice et shampooing par personne, out la glacière (une petite souple a été emmenée, mais comble du comble, au pays des glaciers, pas moyen de trouver de la glace). On allège aussi côté médicaments (ça on va le regretter) et on charge au maximum les sacs à main de cabine : les chambres de la tente dans un sac à dos, les tabourets dans un autre, le matériel photo et électronique occuperont les sacs à dos restants (6 kilos par personne sont autorisés dans l’avion). On est rik rak en poids, mais comme c’est dix euros le kilo supplémentaire, l’effort devrait être payant ! Nous regardons avec un certain stress notre hôtesse enregistrer nos bagages. Damned, au premier sac sa balance compte beaucoup plus de kilos que la nôtre … on va s’en tirer pour une fortune ! Et c’est là que les dieux nordiques ont décidé d’intercéder une première fois en notre faveur et cela sur le sol français : par Tonne Air ! Le sac le plus lourd est mal posé sur le tapis et son poids en est allégé. Bingo, on frise les cent kilos, mais du bon côté. C’est donc le cœur léger, et accessoirement les bras aussi, que nous nous dirigeons vers l’embarquement.

Nous quittons le sol français sous un ciel limpide. Du voyage on peut en retenir qu’il est court (trois heures et demie), que l’on ne mange rien - ce qui met tout le monde d’accord sur la qualité de la restauration sur Icelandair - et que plus on allait vers le nord plus il y avait de nuages. A noter les volutes fluviales de la Tamise au-dessus de Londres. L’arrivée à Reykjavik nous plonge tout de suite dans l’ambiance. Disons que pour un mois de novembre, on a vu pire… Des nuages gris épais laissaient quand même une marge avec le sol, ce qui nous a permis de voir notre futur terrain de jeu : sol noir volcanique avec du vert, et ça et là, des fumerolles. Ça a l’air globalement tout vide et minéral. A l’aéroport nous récupérons un peu de liquide (150 krones pour 1€), le gros 4X4 Ford Explorer qui nous a été attribué par Reykjavik Car Rental, notre loueur, et chargeons l’ensemble dans le coffre. Ouf, ça tient, on pourra optimiser plus tard. La voiture a un girafon (la vitre arrière permet à une girafe, lorsque l’on en possède une, de passer sa tête à l’extérieur): super pratique pour réussir à tout caser. Premier acte culturel en terre Viking… aller au super marché : pour comprendre un peuple, il faut savoir ce qu’il mange (je ne sais plus qui a dit cela, mais cela nous a paru cohérent sur le moment). Il faut dire aussi en deuxième rideau que nous avions faim. Pour le coup, les choses ne commencent pas très bien : misère. Comme dans les pays anglo-saxon, les rayons gâteaux et boissons gazeuses sont pleins à ras bord. Pour le reste c’est un peu tristouille. On arrive quand même à trouver du lait UHT ce qui nous enlève une épine du pied pour les petits déjeuner. D’un autre côté, on se demande si un système de froid est nécessaire. Ne suffit-il pas de les laisser dehors ? … Nous ne faisons que passer à Reykjavik et nous filons vers Geysir. Il y eut la première pluie, fine. Puis la deuxième, soutenue. La troisième je ne me souviens plus. Après, on a arrêté de compter car on s’y perd vite. De toute façon c’était intermittent, donc globalement permanent. Rapidement on comprend que l’un des organes les plus importants de la voiture est l’essuie-glace. Toutes les vitesses sont nécessaires pour être en harmonie avec le climat. Même sous la pluie, le paysage est magnifique autour de nous. Le noir de la roche volcanique fait ressortir le vert de l’herbe ou de la mousse. Rien d’étonnant en tout cas dans le fait que ce soit vert ! Les arbres sont rares et ceci sera une constante quasiment partout sur l’île. Nous devions nous arrêter au parc naturel de Thingvellir, pile-poil sur la médiane dorso-océanique qui sépare les plaques tectoniques européenne et américaine. Avec une explication comme celle-là, plus la fatigue de s’être levé tôt, plus la pluie, il nous a semblé opportun de passer notre chemin sachant qu’il serait possible d’y revenir plus tard dans le parcours. Arrivés à Geysir, nous inaugurons nos pantalons de pluie, nos anoraks et bonnets. Certains iront jusqu’à pousser le détail en mettant les gants. Tout à fait saillant en tout cas notre costume de touriste. Les Islandais, eux, sont sous la pluie avec leur pull. Et dire qu’en France il fait 38° à l’ombre. Les pauvres, ils doivent être complètement rétamés par cette chaleur. Petit pensée émue. De notre côté nous restons mobiles pour nous abriter à bon escient. La boutique du site est très attractive, avec notamment les fameux pulls islandais, pur laine de mouton. Bien entendu, Grisemote n’y résiste pas et investit dans un bonnet de laine local, immédiatement utilisé ! Nous profitons d’une accalmie passagère pour voir les fameux geysers. Le moteur est simple, on chauffe de l’eau dans une cavité. Cela finit par faire une bulle qui en remontant brusquement produit un geyser. La colonne d’eau peut monter ici sur trente mètres! L’objectif photo rivé sur la surface de l’eau pour figer la bulle au moment où elle se forme, nous avons une chance toutes les cinq à dix minutes de faire The cliché. Mais attention, la marmite est perfide. Elle fait des simulations, des fausses bulles et des éructations pour nous faire baisser la garde, ou bien nous fait attendre très longtemps puis lance deux jets en trois minutes. Nous en coincerons quelques-unes quand même ! Il n’y a pas que des geysers ici. On trouve également des sources d’eau chaude aux couleurs vives, même avec la lumière terne ambiante. L’odeur est également caractéristique, soufrée, que je ne trouve pas personnellement désagréable. Elle nous accompagnera sur de nombreux sites et bien entendu dans tous nos bains naturels. Nous plantons pour la première fois la tente sur la pelouse molletonnée du camping d’à côté, un large tube spacieux, fortement hydrophobe et qui possède un tapis de sol étanche sur toute la surface. Cela nous change de nos habituelles tentes 3 secondes des années précédentes. Autre nouveauté de l’année, nous avons une table et des tabourets, ainsi qu’une grande malle pour ranger tous les ustensiles (merci les Marie). Certains diront que tout cela permet de passer de longs après-midi pluvieux au sec en jouant aux cartes … mais loin de nous cette pensée. Le silence de la nuit fut fréquemment interrompu par le crépitement des gouttes. Enfin, quand je dis la nuit, je parle de l’heure bien sûr, car le soleil s’éclipse au raz de l’horizon vers onze heures trente, nous laissant un coucher de soleil qui dure deux ou trois heures, avant d’entamer une nouvelle journée.



En route pour le Landmannalaugar : le jeu des trois erreurs Après un pliage de tente plutôt rapide, les premières réjouissances commencent par les chutes de Gulfoss, impressionnantes par leur débit et les embruns qu’elles soulèvent, puis continuent en s’enfonçant vers le centre de l’île.



Le noir et le vert sont encore les couleurs qui dominent. La pluie persistante aussi domine ! La halte suivante programmée est la reconstitution d’une vieille ferme d’antan d’un obscur viking « célèbre » tué par son frère : la ferme Stöng. Bon, c’est vieux et pas très bien mis en valeur, mais on y voit des murs construits en tourbe, caractéristiques du pays. C’est costaud, isolant, mais ça ne passe pas des siècles non plus (donc pas simple de laisser une trace tangible dans l’histoire). Pour y aller, nous traversons notre premier gué, pas très profond et sans histoire. Au retour, un gros galet tape sourdement sur le fond. Costaud le 4X4. C’est en tout cas un avertissement. Il faut choisir sa trajectoire avec soin … L’étape suivante nous transporte dans un petit jardin Japonais fait de petites chutes toutes mignonnes au milieu de la verdure. Nous poursuivons notre journée par la recherche de cascades « qui valent le détour » : Haïfoss . Après quinze kilomètres de piste, sans cascade, nous tombons sur un gué plus rapide que celui de la ferme Stöng mais qui ne parait pas très profond et semble abordable (certainement la rivière Fossa), du moins pour ce que nous en voyons. Première vitesse 4x4 courte, comme il se doit, et nous nous engageons dans la rivière. Si les premiers mètres sont faciles, l’eau devient plus profonde et nous tapons à nouveau le châssis sur de gros galets qui roulent. « Arghhh ! Le marchepied part en miette», me crie-t-on à l’arrière. Tant pis, vu la profondeur, il n’est pas question de s’arrêter au risque de poser notre carcasse entre les galets. Nous devons aller jusqu’au bout. Nous poussons un ouf de soulagement une fois sortis de cette galère, avant qu’une petite voix intérieur nous susurre doucement « Aahh parfait, et maintenant, on fait comment pour le retour ». Gloups, nous verrons bien ! Pour l’heure, elles ont intérêt à valoir le coup ces fichues cascades. Le marchepied est rectifié correctement pour pouvoir passer des obstacles plus hauts (sans être totalement cassé). Espérons que se soit un avantage auquel sera sensible notre loueur ! Les kilomètres s’enchaînent, la tension monte, le terrain aussi, mais toujours pas de cascade. Avec tous ces kilomètres, on ne va pas lâcher l’affaire si près du but … Deuxième erreur, un petit torrent nous barre la route et fait un « V « sur la piste. La raison aurait voulu que l’on cherche à l’éviter. Et bien non, on les aura ces cascades. Résultat, après un plongeon de l’avant sans soucis, le pare-chocs arrière rabote copieusement le sol en remontant. Le pare-chocs fait maintenant beaucoup plus aventure que précédemment. La patine de la piste est d’un charme sans égal par rapport à la laque noire monotone d’origine. Espérons que notre loueur ait le sens artistique… «- Avec tout ce que l’on a fait, on ne va pas abandonner maintenant … » Non, bien sûr, mais l’idée commence à germer dans les têtes des plus lucides d’entre nous. Et la piste continue, toujours plus mauvaise et plus raide. Et le sommet que l’on doit atteindre recule sans cesse à la colline suivante, qui cache la suivante … Le couperet tombe brutalement. STOP ! Assez de bêtise et d’entêtement pour aujourd’hui. De toute façon, vu la lumière blafarde, les photos n’auraient pas été belles, c’est évident. De plus, depuis le début nous sommes désespérément seuls, c’est quand même louche pour de belles cascades. Le demi-tour est périlleux sur cette piste très étroite au ras de la pente. Puis nous repassons notre « V » en comblant le trou avec des pierres pour ne pas raccrocher, avant d’apercevoir une piste de déviation. Et enfin, comme prévu et redouté, nous arrivons au niveau de notre torrent flingueur, qui coule des eaux limpides. Nous montons sur le toit de la voiture pour mieux appréhender la « bonne » trajectoire, puis nous passons à la pratique. Mauvaise pioche. Dès les premiers tours de roue la voiture glisse sur de grosses pierres, tape fortement sur le bas de caisse et reste bloquée portée par les galets. Décidemment ! Enfer et putréfaction. Impossible d’avancer, les roues patinent dans le vide. Si on cale, l’eau remonte par le pot d’échappement et le moteur s’arrête (ceci dit, peu probable avec une boite automatique et un gros V8). Pas de panique, nous n’avons pas encore laminé l’autre marchepied et nous savons nager … La pousser semble hasardeux car le niveau de l’eau est haut, le courant fort et la température à congeler les arpions … Heureusement, une marche arrière salvatrice nous permettra de revenir sur le sec. La trajectoire suivante sera plus favorable bien que très chaotique et nous permettra de franchir l’obstacle sans encombre. Nous préférons ne pas imaginer ce qui se serait produit si nous n’avions pas pu sortir de notre ornière … On ne nous y reprendra plus. Maintenant, c’est ceinture, bretelles et pantalon gonflé à l’hélium pour le prochain gué. Super solide quand même cette voiture. L’inspection de la caisse ne révèlera aucune anomalie, confirmée lors de la conduite. L’heure tourne, le soleil que nous devinons derrière les nuages aussi (ici il fait presque un tour complet). Nous empruntons, un peu échaudés par notre petite échappée champêtre, la fameuse piste F225 en direction du Landmannalaugar. La piste est belle, très roulante, en poudre noire de basalte au milieu d’un paysage volcanique aux formes arrondies. Un vrai bonheur, un peu entaché par un problème d’essence : aucun souci pour arriver à destination, mais nous n’en aurons pas suffisamment pour prendre la piste vers Vik. Chaque chose en son temps, car pour finir, il nous reste deux derniers gués à passer juste avant le camping du bout du monde, qui parait-il sont profonds. Ce n’est pas sans une certaine hésitation que nous plongeons l’avant de la voiture dans l’eau. En effet, elle est profonde et monte au-dessus du niveau des portières. Mais ici, point de gros galets pour entraver la marche. Ce fut juste une formalité, voire un plaisir.



Landmannalaugar : Le camping du bout du monde. Au milieu d’un site volcanique aux couleurs inouïes coule une rivière chaude près de laquelle quelques amoureux des grands espaces essaient de planter leur tente. Pas si simple ici de trouver un emplacement accueillant. Nous avons le choix entre une zone assez caillouteuse mais qui a des chances de ne pas subir de problème d’écoulement en cas de forte pluie, et une autre beaucoup plus verte et moelleuse, mais près des eaux chaudes et gorgée d’eau. Nous optons sur les recommandations de la GO du camping pour les cailloux. Nous arrimons solidement la tente en plus des piquets avec de grosses pierres, au cas où … Le bout du monde reste quand même bien équipé avec des sanitaires spacieux, propres mais avec des douches payantes. Consolation pour ceux qui font la vaisselle, l’eau chaude est à volonté. Il faut dire que ce n’est pas ce qui manque dans le coin. Aucun problème non plus pour la faire à n’importe quelle heure du jour, puisqu’il n’y a pas de nuit. En tout cas, jour ou pas, Morphée nous a tous cueillis le temps de l’écrire.



rando Blahnukur (la montagne bleue) : mortelle randonnée (environ 4 heures)La journée est bien avancée à l’heure où nous quittons la tente pour notre premier trek, équipés de nos grosses chaussures, de guêtres et dans le sac à dos tout le nécessaire du parfait marin. Au-dessus de nous brille le soleil, enfin, au milieu d’une grande tâche bleue ourlée de gros nuages gris couleur plomb. La météo annonce de la pluie, pas besoin d’être une grenouille pour voir qu’elle a peu de chance de se tromper. La belle lumière fait ressortir les couleurs des monts découpés à la serpe qui nous entourent. Ça promet … d’être ardu à la montée. Comme tout cela est cent pour cent volcanique, à chaque pas vers le sommet il faut soustraire un tiers de redescente. Disons que ça ralenti fortement l’élan du départ, entrainant pour certains des réflexions compliquées sur le calcul de l’énergie perdue pour cause de sol instable, et pour d’autres sur l’inutilité de monter si haut si c’est pour redescendre. Ce qui est sûr, c’est que la pente est raide et très régulière et que ce n’est pas le moment de tomber. Le vide, c’est peut être ça finalement qui a attiré irrésistiblement l’un des objectifs photo de Grisemote, son préféré, la prunelle de ses yeux ! Prenant son indépendance en solitaire dans son bel étui molletonné noir en se détachant de sa ceinture, il est allé, guilleret, visiter la pente, en sautillant de rochers en rochers pour finir sa course deux cents mètres plus bas. Diagnostique après un bon quart d’heure pour ramener le fugueur : « - Il va falloir me desserrer cette mâchoire-là, sinon tu vas tétaniser… bon, pour l’objectif, il doit bien y avoir quelques lentilles de récupérables pour faire des loupes. Ca peut toujours servir … ». J’ai le souvenir ensuite d’une vague phrase prononcée opportunément pour galvaniser à nouveau les troupes vers notre objectif �� heu, vers le sommet « Cette offrande n’aura pas servi à rien, nous le monterons ce mont … » Quant à Grisemote, elle a désormais le choix entre un 10-20mm ou un zoom pour ses photos. Trop de choix engendre des hésitations. Comme ça au moins c’est plus simple. « Ma-gni-fi-que, grandiose ». Tels sont les mots qui viennent à la bouche sur le toit de notre gros tas de lave. Entre ombre et faisceaux de lumière, les couleurs flamboyantes des volcans sont hors du commun. Côté couleur justement, les plus observateurs avaient également remarqué les belles nuances grises des nuages sombres qui arrivaient sur nous. La redescente fut longue, sous une pluie battante, pénétrante, glacée parfois sous forme de neige fondue, puis de grêle. Nous sommes trempés jusqu’aux os. Nous traversons rapidement une zone de fumerolles mais vu le taux d’humidité, nous aspirons à nous abriter au plus vite. Les derniers kilomètres sont parcourus au milieu d’une grosse coulée de lave basaltique d’un noir profond et aux formes déchiquetées. Quelle balade inoubliable (chacun pour ses raisons !). Du trois étoiles . C’est dans ces conditions-là qu’une bonne tente où l’on peut se tenir debout ou assis à une table, bien sèche à l’intérieur, prend tout son sens. Tous les vêtements portés sont trempés. Les faire sécher ne va pas être une mince affaire ! Après une sieste réparatrice, la répartition des tâches est équilibrée. Pendant qu’un certain part chercher de l’essence à une quarantaine de kilomètres de piste de là, les autres vont à la corvée de bain chaud. Chauffage à fond dans la voiture pour faire sécher les vêtements, la fenêtre ouverte, je traverse des paysages lunaires jusqu’à un point essence complètement perdu (Hrauneyjarfoss). Au retour, un auto-stoppeur français profitera lui aussi du chauffage à fond. Il parcourt le pays avec le minimum syndical. C’est courageux, surtout compte tenu des conditions climatiques du pays, et particulièrement dans le centre de l’île. Côté bain chaud (à accès libre), vu les sourires de ceux qui en reviennent, c’était visiblement une corvée acceptable. Le site est naturel, à part l’escalier en bois pour y entrer et le sol qui est fait de petits cailloux doux aux pieds. Les bains sont alimentés en direct par des courants chauds descendus des monts volcaniques. Chacun choisi sa température en fonction de l’endroit où il se situe par rapport au courant. Gare, on doit pouvoir sortir totalement écrevisse si on va au mauvais endroit quand même.

Des crampons et des Hommes : Rando Ljotipollur (disons 4 heures)Le lendemain, nous repartons par un temps mitigé vers le Ljotipollur. La balade est simple pour monter au lac bleu, au centre d’un très beau cône volcanique. Il suffit de mettre un pied devant l’autre. Réputé pour sa belle couleur, nous n’en voyons que des reflets au début. « Si le temps ne te convient pas en Islande, il te suffit d’attendre quelques minutes ». Et bien, ce ne sont pas des ragots, mais l’inconvénient est que ça marche dans les deux sens. Quelques rayons de soleil furtifs illuminent le site et nous permettent de faire nos clichés réglementaires. Le rouge et le noir se marient bien sur les flans du volcan. Un petit mont supplémentaire pour une vue à couper le souffle et nous rentrons à la tente pour midi et une petite sieste réparatrice.



Des Hommes avec de moins en moins de crampons : Rando Brennisteinsalda (pas loin de 5 heures) L’après-midi est consacré au retour vers le site de fumerolles vu la veille, au pied du mont arc en ciel. Une merveille. Les fumerolles en elles-mêmes n’ont rien d’extraordinaire, mais tout autour de nous, les couleurs fusent et les formes très géométriques du relief font de cet endroit, très photogénique, un délice pour les yeux. Nous continuons la balade jusqu’au sommet du volcan Brennisteinsalda (la montagne sulfureuse) pour admirer sur 360° un monde en pleine construction, puis redescendons par une sorte de vallée verdoyante au fond plat où coule en de multiples bras une rivière d’origine glacière. Comme très souvent dans ce pays dès que l’on parle « herbe », on voit des moutons, beaucoup de moutons, en liberté. Rien d’étonnant à cela me direz vous. Avec les nuits blanches, il faut donner de la matière à ceux qui n’arrivent pas à dormir… De retour à la tente, après presque six heures de marche, nous terminons la soirée à faire trempette dans l’eau chaude pour nous délasser. Même quand il commence à faire froid le soir (dans les 10°c), sortir des bains chaud n’est pas un problème tant nous accumulons de chaleur.

Vik : ses falaises balaises et ses environs ron ron



Le Landmannalaugar est un site coup de cœur. Quelque chose à ne pas rater, mais que nous devons déjà quitter après trois nuits sur place pour rejoindre sur la côte le village de Vik y Myrdal. Après un dernier bain chaud, nous empruntons la piste F208 pour laquelle un 4x4 est fortement recommandé. Nous passons de vallée en vallée, et pour chacune d’elle, un ou plusieurs gués sont généralement de mise. Nous n’avons eu aucun problème avec ceux-là. Il faut dire qu’en général le courant n’est pas fort et que même s’ils peuvent être assez profonds (de l’ordre de 50 cm ou plus), le fond ne recèle aucun piège. Peut-être qu’en d’autres circonstances ils sont plus trapus à passer … Cette piste possède un réel charme et les arrêts photo sont si fréquents qu’ils finissent par saoûler ceux qui n’en font pas (les enfants !). Ils ont dû probablement faire un vœu à destination des Dieux locaux pour que nous avancions plus vite : par Appluie. Du coup, une grosse pluie finie par boucher le paysage au point qu’il est bien difficile de distinguer quoi que ce soit. Ainsi, la visite de l’Eldgja (un ravin et une belle cascade) est zappée. Le relief, en se rapprochant de la côte, devient moins prononcé et nous suivons sur de longs kilomètres un cours d’eau très large avant de distinguer la mer. Plus la journée avance et plus le temps se dégage. Côté camping, nous optons pour le site de Thakgil, à une vingtaine de kilomètres de Vik. Nous empruntons pour cela une piste pleine de surprises et vraiment agréable. « - Ça a intérêt à être grandiose » n’arrêtons-nous pas de dire sur la fin du parcours, car le chemin est quand même un poil dur et carrément long (18 km de piste). Nous pensions que le camping précédent était « le camping du bout du monde », mais que dire de celui-là ? Au final, nous n’avons rien à regretter car c’est sûr, il est magnifique, perdu au milieu d’un relief trollesque digne du Seigneur des Anneaux. Ce sera notre camp de base pour deux nuits et cette piste nous la parcourrons un nombre certain de fois. Après l’installation de « nos appartements » au camping, sous un petit crachin vivifiant, nous partons profiter un peu de Vik.



Bon, il faut quand même ramener Vik à ce que c’est : un petit village planté sur un beau site près de falaises de taille respectable qui veillent sur une grosse poignée de maisons et une église qui surplombe celles-ci. Comme il se doit, nous passons à l’église, au supermarché (ce qui représente chez nous une supérette) puis nous finissons par un petit tour au magasin de pulls, renommé semble-t-il, avant de filer vers les falaises de Dirholaey à une quinzaine de kilomètres.



La vue y est superbe et le ciel menaçant rajoute un peu de mystère à l’endroit. Nous espérons voir des macareux, mais nous n’en apercevons que le vol (c’est ce que nous supposons) de très très loin, qui évoque celui d’une chauve-souris. C’est une grosse déception pour Grisemote, mais sans gravité : nous devrions avoir d’autres lieux propices aux macareux pour nous rattraper ! Ce soir-là, fatigués, nous optons pour un restau. Bien entendu, nous ne disposons pas d’un panel important de solutions, mais comme l’endroit est touristique, il y a quand même le choix. Ce sera pizzas pour ne pas entamer trop notre portefeuille vu les tarifs bien plus élevés qu’en France. En prime, le serveur nous apprend définitivement à prononcer correctement le nom du volcan qui fit bafouiller tant de journalistes avant notre arrivée : « Eyjafjallajökull », répète après moi !

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le mouton ! Un petit chapitre « moutons », inévitable en Islande, s’impose. Où que vous soyez, pourvu que ce soit vert, des moutons bien ronds vous croiserez. Compromis heureux entre nos moutons et nos chèvres angoras, indissociables du paysage vous êtes. Moutons joyeux qui gambadent dans les hautes herbes, moutons paisibles qui roupillent à l’abri du vent, moutons peureux qui déguerpissent dès que l’on approche, moutons blancs ou moutons noirs, (pour toute autre couleur, c’est qu’ils sont sous contrat avec Benetton), vous fûtes l’un des sujets préférés de l’appareil photo de Grisemote. Libres ils semblent être, car aucune barrière ne les arrête. Et pourtant, chacun d’entre eux appartient à un bipède. Comment font-ils pour savoir qui est à qui (je pense aux moutons bien sûr) ? Une question nous a taraudé l’esprit : où sont les papas ? Mystère. Une maman accompagnée de deux rejetons constitue le standard universel que l’on rencontre le long des routes. Discipliné, le mouton islandais évite de se jeter sous vos roues, sauf, si la maman ne choisit pas le même bas-côté que sa marmaille. Alors sachez compter jusqu’à trois avant de passer … Pour finir, bien que les côtelettes soient prisées en cette contrée, si je devais être réincarné en mouton, franchement, aucune autre destination je n’accepterais.



Vers Skogar: chutes à gogo Après une bonne nuit au calme au milieu des montagnes, le petit déjeuner se fait sous le soleil, enfin ! C’est donc possible. La journée est consacrée à écumer la région : falaises et chutes d’eaux sont au programme, dans la zone du volcan que nous savions si bien prononcer la veille. Pour nous mettre en jambes, rien de vaut une bonne grimpette sur les falaises (en 4x4 -> oui, c’est moins glorieux, mais on a aussi moins de chance de se faire rincer).



Ce point haut offre une très belle vue sur l’océan et le littoral, ce qui, convenons-en, est le moins que puissent faire une falaise. Nous passons un bon moment à observer les allers et venues des différents oiseaux : c’est un peu comme dans un aéroport. Au dire de certains, c’est un fameux endroit pour admirer les petits tas de plumes noir et blanc dont Grisemote est si friande : des macareux ! Mouai … pas gagné, toujours pas l’ombre d’une plume de macareux. Mais au plus profond du désespoir, alors que la vue est sublime quand même pour les autres, nous croisons deux français, reconnaissables aux habits « quechua » et au guide du routard : « Des macareux ? Certainement que l’on peut en voir ici, de loin, mais la vraie source, je dis bien la vraie … se trouve aux lointaines falaises de Latrabjarg, tout au bout de la zone des fjords, là où la main de l’homme n’y a pas beaucoup mis le pied (comme diraient les Dupont) tant c’est hors des sentiers battus par le vent et la mer. Pour ceux qui y arrivent quand même, la récompense est à la hauteur des efforts consentis. On approche les oiseaux à quelques mètres, voire centimètres, si près que l’on peut presque les toucher ». Aïe aïe aïe. Les inconscients. Le ver est maintenant dans le fruit. Les yeux de Grisemote d’un coup se sont illuminés. De là à penser que cette destination initialement écartée car jugée beaucoup trop loin risque de redevenir au goût du jour, il n’y a qu’un pas. Pourvu que des macareux inconscients se posent près de nous avant, à moins que la visite de la réserve naturelle d’oiseaux que nous devons voir d’ici quelques jours, permette d’en approcher d’aussi près… Quittant les falaises, nous partons du côté de Skogar à cinquante kilomètres de Vik, pour rendre visite à trois belles cascades. C’est aussi par-là qu’a sévi le monstre, l’Eyjafjallajökull… L’éruption se décline bien au passé. Le volcan qui a fait trembler l’aviation mondiale s’est soigné de son gros rhume et s’est plongé à nouveau en hibernation sous son gros bonnet blanc de glace. On ne sait pas si le sommeil est lourd, mais en tout cas il semble ne plus respirer. Pas la moindre petite fumerolle ne s’échappe désormais de son sommet. Décevant, car assister à une éruption n’aurait pas manqué d’intérêt.

L’arrivée au niveau d’une langue glacière, le Solheimajökull, près du volcan, nous permet de voir tous les stigmates du drame qui s’est joué ici. Tout est noir. Sous une couche de quelques centimètres de cendres on peut distinguer une glace limpide. Nous en profitons pour ramasser notre quota de cendres-souvenir (que l’on trouvera par ailleurs en boutique pour une somme respectable). L’effet frigo dû à la glace plus un gros nuage presque aussi sombre que la cendre nous font regagner prématurément la voiture pour l’étape suivante : Skogar et sa spectaculaire cascade skogafoss de soixante mètres de hauteur. L’ennui avec les nuages qui vont dans la même direction que nous, c’est qu’ils finissent par nous rattraper si nous nous arrêtons. Très discipliné, notre gros nuage menaçant fait son boulot d’animation local et nous gratifie d’un grain puissant que nous appréhendons tranquillement au chaud dans la voiture. « Si le temps ne te plait pas dit le dicton Islandais, … » bon, bon, on connaît la suite. Effectivement, vingt minutes après, dans une atmosphère bien lavée, un soleil chaud allume l’arc en ciel adossé à la cascade. Pour la première fois, nous quittons les polaires et sortons en tee-shirt. C’est donc possible ! La seconde cascade est un voile que nous pouvons voir sous toutes les coutures puisque l’on peut passer derrière. Un trésor, paraît-il serait encore dissimulé derrière son rideau. Bon …



La troisième, tout à côté, se mérite pour être observée dans son ensemble. C’est Glufrafoss ! On ne l’entraperçoit qu’au travers d’une fente entre deux rochers. Deux techniques peuvent être employées pour une vision complète : par le haut en escaladant les rochers ou par le bas en remontant les trente à quarante centimètres d’eau glacée sur une quinzaine de mètres. Comme les chaussures risquent de mettre très longtemps à sécher, nous y allons pieds nus et gambettes à l’air. Soyons honnête, cela ne relève pas de l’exploit, mais quand même. Une minute dans l’eau glacé n’est pas loin d’être intenable tant cela brûle la peau. En très peu de temps, on ne sent plus nos jambes ! L’antre mystérieux est en fait un vaporisateur géant, mais cela vaut le coup d’œil !



Près des cascades nous pouvons voir le ballet incessant des camions qui transportent de la terre pour refaire la route emportée par les boues et les eaux furieuses de fonte dues à l’éruption. C’est aussi au travers de cela que l’on mesure la puissance de ce qui s’est passé ici. De retour à Vik, nous arpentons la plage toute de sable noire vêtue et traversée en tous sens par des myriades d’oiseaux.



Très agréable moment, suivi par notre première glace trempée dans du chocolat liquide, réglisse ou autre smarties en copeaux et qui deviendra notre pêché mignon régulièrement tout au long de ce voyage.



En route pour Kirkjubaejarklaustur (à vos souhaits) et le Lakagigar : du lourd pour les braves. Nous quittons Vik et notre camping paumé, après avoir monté un des sommets qui le domine. Monter n’est pas simple, car le sol est fait d’une sorte de boue molle et collante d’origine volcanique. Des pans entiers de ciel sont bleus ce qui est très encourageant pour le reste de la journée. Nous restons près de la côte et notre trajet vers l’est nous permet de voir des langues glaciaires qui s’épuisent avant de se transformer en torrents qui se jettent dans la mer. La route passe à travers de vastes étendues de mousse qui semblent avoir recouvert une coulée de lave. Quelle moelleux ! Nous ne résistons pas à l’envie de tester cette espèce de grosse moquette épaisse grise. En fait, c’est plus que moelleux. Nos pieds s’enfoncent de trente à quarante centimètres, voire beaucoup plus. Nous plantons la tente à Kirkjubaejarklaustur, dans un camping un peu fréquenté, à nouveau sur une belle pelouse. Comme nous avons été rapides à nous installer, nous décidons de nous lancer dans la fameuse piste du Lakagigar , prévue normalement le lendemain, après être passés au visitor center pour connaître le niveau d’eau des gués. Au dire des Islandais, un homme est vraiment un homme qu’une fois qu’il est allé au bout de cette piste. Comme rien n’est dit pour les femmes, Grisemote s’installe comme co-pilote, ce qui est une place moyennement enviée lorsqu’il faut aller tester les gués de ses orteils.



Le Lakagigar, mais qu’est-ce donc ? Un volcan exterminateur : le Laki et à sa suite, une enfilade de cent trente rejetons , dont l'explosion simultanée en 1783 fit trembler l'Europe entière, peut-être même d’avantage selon certaines sources. L'éruption qui dura un an, fut telle qu'elle obscurcit le ciel du continent et rejeta une quantité phénoménale d'acide sulfurique qui créa famines et maladies, voire … une révolution en France quelques années plus tard. Autant dire qu’ici, ça ne plaisante pas. Kilomètres après kilomètres, la piste n’est pas limpide mais ne constitue pas réellement ce que nous pourrions appeler une épreuve, si ce n’est qu’elle est longue et pas très roulante. De quoi sont faits les hommes d’ici ? Le niveau d’eau étant raisonnable, le passage des gués est une formalité, sous contrôle quand même (nous placions un enfant sur le toit pour mieux évaluer les éléments). Le paysage traversé n’est pas non plus transcendantal. Mais alors me direz-vous, qu’êtes-vous allés faire dans ce drakkar ? Le bout de la piste forme une grande boucle, c’est là que se trouve les joyaux de la couronne de volcans. Lunaire, tel est le qualificatif qui vient à la bouche lorsque l’on traverse ce désert de cendres ponctué par les reliefs volcaniques. A un point haut, nous affrontons un vent tellement puissant que nous avons tenté d’apprendre à voler. Puis nous passons de lacs de volcan en cheminées ou coulées de lave, le tout dans un désordre un peu déroutant.



Seulement voilà, à l’issue de la boucle (environ trois heures), Grisemote n’est pas satisfaite. Certains carnets de voyage font état d’une enfilade de volcans que nous n’avons pas même entraperçue. Autant dire que nous n’avons rien vu ! Une certaine lassitude s’exprime pourtant dans les rangs, après tout ce chemin à explorer le site dans les moindres recoins. Mais bon, pas question de lever le camp tant que notre alignée de volcans n’a pas été vue. Pas question de lever le camp donc tant que notre alignée n’a pas été vue. De retour au point culminant de la piste, ultra venteux, nous décidons de monter le mont Laki, en quatrième vitesse car le ciel bleu n’est plus qu’un lointain souvenir. Et là, oh magie, tout s’éclaire.



Ce qui semblait n’être que désordre et chaos vu d’en bas, s’avère être d’une grande logique observé de haut : tous nos cônes sont rangés sagement tout au long d’une gigantesque faille bien visible et qui d’ailleurs passe très clairement sous nos pieds. Allez, il faut être honnête et rendre à Grisemote ce qui lui appartient, la persévérance, car sans elle nous rations ce spectacle grandiose qui est indéniablement le clou de la journée et qui vaut à lui seul tout le parcours, quand bien même à la fin nous ne gagnerions pas notre brevet de vrai homme promis à ceux qui vont au bout de la piste.

Rando Klaustur et route vers Skaftafell : la paix du mollet Avant de lever le camp pour d’autres cieux, Grisemote nous a sélectionné une rando autour du village, restée dans toutes les mémoires pour … les glaces que nous avons mangées à l’arrivée. Hormis une prairie moutonneuse dans des hautes herbes, le seul intérêt était une magnifique dalle d’orgues basaltiques près de la route à l’arrivée. La nature sait aussi faire de la géométrie, et sans règle s’il vous plait. Nous reprenons la voiture pour les langues glaciaires impressionnantes du fameux glacier Vatnajökull, le plus grand d’Islande (et même d’Europe !).



La tente est montée en quarante minutes chrono, tout compris. Nous commençons à être experts en planté de piquets dans les belles pelouses des campings. Le camping Flosi de Skaftafell a aussi un autre atout de poids, il dispose d’une piscine chauffée (et payante) qui fait saliver les enfants, d’autant que la chaleur solaire est au rendez-vous. Nous enfilons le short ! Et oui, c’est arrivé chez nous. Nous privilégions dans un premier temps la visite du glacier le plus proche : le Skaftafelljökull. Comme d’hab, près de ces frigos naturels, un vent glacial descend geler nos jambes à l’air. Un torrent puissant nous empêche d’accéder aux glaces, ce qui nous permet de classer également cette balade dans la catégorie des « Bof ! ».



Heureusement, la piscine remet du baume au cœur de tous.

Chapitre piscine : Avant de rentrer dans l’eau, la douche est obligatoire. Rien d’anormal me direz-vous. En effet, sauf qu’ici, on vous explique, dessins à l’appui, ce qu’il faut laver, et il n’y a pas que le dessous des bras. Les douches se prennent dans le plus simple appareil, ce qui gêne un peu les enfants au début, mais on s’y fait très bien car ici c’est naturel (les sanitaires ne sont pas mixtes quand même !) La soirée est conviviale avec un petit foot avec des islandais du camping. Un point obscur quand même : ils sont bien plus forts que nous. Grisemote l’insatiable ne peut tenir en place tant que les piles sont bonnes, les adultes laisseront les enfants à leurs jeux pour faire un petit saut vers le glacier juste à côté du camping : le Svinafellsjökull. La lumière est déjà basse, mais c’est quand même bien sympa. Une sensation bizarre nous envahie juste avant de nous coucher : ça chauffe et sa picote au niveau du visage et des jambes. Après un long diagnostique, nous sommes formels : ce sont des coups de soleil. Par pudeur pour tous ceux qui n’ont vu que de la pluie en Islande, nous avons préféré ne pas prendre de photo pour témoigner du fait que cela est possible … ainsi planera toujours le doute.

Skaftafell : Hundafoss, Svartifoss, bergerie de sel. Fjallsarlon et Jökulsarlon. Levé de paresseux vers neuf heures trente pour un petit trek vers la cascade de Svartifoss, célèbre en Islande pour ses orgues basaltiques. C’est un sentier très emprunté par les locaux et bien balisé. Nous entamons notre marche par la cascade de Hundafoss, suivi sur le chemin par la visite de la bergerie de «Sel » avec ses toits recouverts d’herbe.



Après un pique-nique sommaire sous le soleil, nous atteignons la fameuse chute d’eau. Elle vaut en effet le détour, avec ses longues orgues suspendues, taillées avec soin suivant les lois de la cristallisation. Nous la surnommerons la cascade aux dreadlocks.



L’après- midi est consacrée à la visite du glacier Vatnajökull dans sa partie basse, puisque nous ne sommes pas équipés ni aptes à le parcourir sur sa surface. A quarante kilomètres à l’est de notre camping, nous nous approchons d’une des langues de glace : Fjallsarlon. Comme la veille, un grand lac nous sépare des séracs, mais celui-ci est rempli de tous les débris de glace qui se sont détachés. Le point de vue est surprenant.



À quelques kilomètres de ce premier arrêt, nous escaladons un talus de résidus poudreux et de gros galets formés par le glacier lorsqu’il descendait jusque-là. Du haut de ce point, nous découvrons un spectacle exceptionnel : un cimetière de blocs de glace qui agonisent avant de lentement fondre et s’échouer à nos pieds. Le bleu limpide de l’eau et du ciel mêlé au blanc éclatant et transparent des formes torturées de la glace, sur fond de Vatnajökull, donnent à l’endroit un aspect mystérieux. C’est le Jökullsarlon. Le lac a un accès à la mer qui se situe à quelques centaines de mètres de là. Du coup, les blocs glissent lentement vers la sortie. Tout cela est hautement photogénique. Le long de la berge nous croisons un couple dont la femme sort de l’eau en combinaison de plongée. Sourire aux lèvres, elle semble avoir apprécié également la vue d’en-dessous sachant que comme tout iceberg, même de petite taille, l’essentiel est sous la ligne de flottaison. Cette berge est pleine de surprise décidemment. Nous rencontrons à nouveau notre auto-stoppeur français du Landmannalaugar qui nous raconte le trek de trois jours qu’il a fait là-bas. Entre la beauté du paysage, le froid, la pluie, la neige et l’eau glacée d’un torrent qu’il a essayé de traverser pour rejoindre l’autre rive après des kilomètres de recherche d’un point de passage, on sent que ce fut inoubliable, … mais dans quel sens ? Pas tout public le truc. Pour couronner la fin de cette belle journée lumineuse, nous finissons par la visite de l’embouchure entre le flux puissant de l’eau du lac chargé des blocs de glace et la mer. Sur la plage, la glace finit sa route après avoir été rejetée par les vagues. Fabuleux ! Avons-nous eu de la chance ? En tout cas, alors que l'endroit est généralement noté surpeuplé et bruyant, nous étions seuls le long de la berge du lac, dans un silence total juste interrompu par les craquements de la glace en agonie et les ploufs des ricochets de ceux d'entre nous qui étaient moins contemplatifs. Notre arrivée tardive y est peut être pour quelque chose... Côté mer, en revanche, la plage était plus habitée.

Presqu’île d’Ingolfshöfdi, route vers le lac Myvatn



Debout les campeurs et hauts les cœurs, c’est la journée de visite, de la réserve ornithologique. Macareux paresseux, faites de votre mieux, pour que l’objectif de Grisemote immortalise vos trognes. La tente est à nouveau repliée et après une courte visite de l'église de Hof, nous sommes entassés dans une grande charrette tiré par un gros tracteur, pour aller jusqu’à une île dont l’accès ne semble possible qu’à marée basse. Le trajet dure bien une bonne vingtaine de minutes sur du sable noir, avec un vent froid. Pas donné d’ailleurs la visite - 10 000 krones pour cinq - mais pour ce prix- là il y a une guide charmante en prime pour cinquante à soixante personnes. L’île est entourée de falaises, d’où la grande diversité de volatiles que nous pouvons y voir. Certes, il vole de tout, mais ce doit être l’heure de la sieste pour les macareux. Les seuls oiseaux que nous pouvons vraiment voir de près sont des grands labbes qui piquent sur nous lorsque nous nous approchons des nids au sol qui se trouvent un peu partout. Notre guide, après nous avoir expliqué à quel point il était important de marcher à la queue-leu-leu pour protéger le site et ne pas déranger les oiseaux, nous réunit tous autour d’un oisillon apeuré par tous ces monstres. La conception de protection de la nature nous a un peu laissés pantois sur ce coup. En tout cas, les grands labbes défendent bien leurs progénitures et n’hésitent pas à attaquer tout ce qui dépasse et s’approche de leur nid. Pour cela nous avons pris un bâton de randonnée qui une fois levé sert de paratonnerre anti-oiseau. Ils visent le point le plus haut de la personne. En dehors des oisillons, tout ce que nous voyons est loin et il se peut que dans le lot des points volants il y ait eu des macareux. Le casting est un échec cuisant une fois de plus. Tout cela est un peu, comment dire, décevant, même si l’ensemble de cette promenade gentillette et sans relief n’est pas désagréable. Mais au fait, les oisillons savent se défendre aussi. Alors que les enfants s’approchaient d’une petite falaise pour faire un concours de sauts dans le sable en contre-bas, un petit oiseau tout mignon dans son nid, proche de la ligne de départ des sauts, leur a envoyé une sorte de vomi super odorant, à plus d’un mètre. Ce répulsif anti humain a en tout cas marché du tonnerre.



Nous retrouvons la route numéro 1 pour un long trajet qui doit nous mener au lac Myvatn, en contournant l’immense Vatnajökull. La route est réputée belle avec des fjords et des passages montagneux. Ça tombe bien, nous ne demandons que cela. Le ciel bleu lors de notre périple ornithologique commence à se charger de nuages par l’est. Phénomène local également, des nuages descendent rapidement des monts qui longent la mer, comme un torrent gazeux. Puis la pluie arrive, accompagnée de brouillard. Des fjords, nous n’en avons vu que le fond des vallées et les virages. Höfn, au pied du Vatnajökull, nous ne la verrons pas non plus. Vers vingt heures, las de la route grisonnante et sans visibilité, nous nous arrêtons au restau « routier », type fast food, de Egilsstadir. Dehors, il fait un petit 5°C avec un bon vent. Une météo d’été Islandais qui semble dans la norme si l’on en croit la sérénité des locaux, qui ne sont jamais loin de leur pulls … comme les moutons. Le temps d’un repars et nous repartons sous le soleil du soir. La deuxième partie du parcours nous amène à rentrer dans les terres. Forcément, cela se traduit par de la montée, plutôt soutenue, au début sur route puis sur piste. Nous enchaînons virages sur virages : un col quoi ! Intéressant pour la conduite, mais nul d’un point de vue touristique, car plus nous montons, moins nous voyons. Nous sommes complètement dans les nuages et découvrons la piste au dernier moment. Arrivés à ce que nous pourrions appeler le sommet, vers vingt deux heures, nous sentons que le soleil n’est pas si loin que cela et qu’il ne faudrait pas aller encore bien haut pour passer au-dessus des nuages. Alors que nous roulons relativement lentement dans le « blanc », sur ce qui doit probablement être une sorte de grand plateau, nous voyons soudain apparaître sur le bas-côté de la piste … un auto-stoppeur, guitare à la main. Nous sommes cinq et il est bien difficile de prendre quelqu’un de plus. Mais là, à cette heure, cet homme tout seul dans le brouillard le plus opaque, avec son air tout confus, nous décidons de nous arrêter au moins pour prendre sa guitare…. Bartholomeïu, polonais, (pardon pour l’orthographe incertaine) son gros sac à dos et son instrument ne sont pas bavard. Frigorifié et visiblement un peu abasourdi par ce qui lui est arrivé, il a du mal à nous tendre son morceau de carte pour nous expliquer son trajet tellement il tremble. A priori il s’est trouvé piégé pour on ne sait quelle raison exactement dans cette purée de pois, là où il n’y a personne, à une heure où les voitures ne circulent plus depuis longtemps … Quelques kilomètres plus loin, nous sortons brusquement des nuages : plein soleil, ciel bleu, lumière chaude sur un immense plateau volcanique habillé de quelques monts de ci de là. Derrière nous, nous pouvons voir un spectacle peu commun. Le brouillard entoure un mont en suivant son relief, comme une sorte de manteau translucide. Les kilomètres défilent, Bartholomeïu se réchauffe. C’est un désert grandiose qui nous accompagne jusqu’aux fumerolles de Namajfall suivi par le site hautement géothermique de Reykjahlid et sa piscine d’un bleu azur d’où s’échappe une sorte de brume de chaleur. Juste avant d’arriver à notre camping, à sa demande, nous laissons Bartholomeïu sur le bord de la route. A priori il doit être à Reykjavik le lendemain, et pour cela il doit continuer à faire du stop. « Vous n’avez sauvé la vie » nous déclare-t-il avant de partir. Sans exagération (car il avait encore sa guitare à brûler pour se réchauffer), disons que nous l’avons sorti d’une bien fâcheuse situation. Dans ce pays où les conditions météo changent si rapidement, avec des écarts importants de température, il semble qu’il soit assez facile de se faire piéger lorsque l’on est à pied. Le précédent autostoppeur nous avait bien dit lui aussi qu’il avait eu peur pour sa vie lors de son périple dans le Landmannalaugar, à cause du froid… La journée n’est pas finie. Nous foulons la pelouse du camping, alors que le soleil vient juste de disparaître à l’horizon. IL est minuit 15. Nous sommes néanmoins accueillis par le gérant et nous trouvons une belle place, face au lac, au milieu de nombreuses tentes. Gros bémol, les voitures ne sont pas autorisées près des tentes et nous devons tout transporter à la main, dans le silence (qui est d’ailleurs très bien respecté dans les campings). Inutile de dire que le sommeil ne fut pas long à trouver. Autre fait plus inquiétant, Robin tousse depuis la veille et cela semble empirer. Il a de la fièvre. Un malade sous la tente, c’est le scénario catastrophe …

Lac Myvatn : l’usine à volcans (Krafla, Viti, Leirhnjukur, Namafjall)





C’est sous le soleil matinal radieux que nous partons vers le volcan Krafla et sa zone géothermique, en short et tee-shirt, à une dizaine de kilomètres du camping. La chaleur devient une habitude. Nous tombons sur une grosse structure industrielle qui crache de la vapeur avec un sifflement assourdissant. C’est le style d’installation qui permet au pays de produire son électricité et de se chauffer « à l’œil ». Au cratère Viti, juste à côté, nous profitons d’une plaque de neige pour remplir notre glacière puisqu’ici il semble saugrenu de vendre de la glace.



Nous passons ensuite le début d’après-midi au milieu d’un site fortement volcanique récent, à quelques kilomètres du cratère Viti, le Leirhnjukur, au milieu de coulées de lave noire, de fumerolles et de petits cônes de volcan. Sur le sol, il faut faire attention là où on marche car certains endroits sont bouillants et souvent marqués par des couleurs vives. Çà et là sont disposés des séismographes pour prévenir des éruptions, et vu la configuration, on sent que la terre ne demande qu’à s’embraser à nouveau. Pierres ponces, joyaux noirs bleutés, « éponges » rouges à peine plus lourdes que du polystyrène, nous remplissons nos poches. Il faut parfois prendre une longue respiration pour passer un barrage de fumerolles à l’odeur fortement soufrée. Au moins cela dégage le nez. Suite à un différent familial de taille sur un type de roche incorrectement nommé, les uns tentent leur chance à droite, vers des cônes et des fumerolles, et les incurables ignorants partent à gauche, vers des fumerolles puis des cônes. Robin, malgré sa fièvre du matin (traitée assez efficacement par de l’advil), reste encore très valide. Comme à son habitude, il délivre une interprétation continue de ce qu’il voit, de ce qu’il imagine et de ce qu’il a déjà vécu. Puisque le sujet ne porte pas sur LES fameuses roches qui posent problème, ce fleuve de parole est le bienvenu.



Nous continuons par un site également très actif près de la route principale, Namafjall. Dame nature nous a concocté en condensé, des stands attractifs avec toutes les techniques dont elle dispose sur les manifestations de taille humaine : coulées d’eau chaude qui se déversent dans des bassins dont les pourtours sont marqués par des couleurs vives – certainement du sang de troll, rouge, orange, vert- , grosses cheminées qui crachent de la vapeur en sifflant suivant des tonalités propres à chacune d’elle, bains bouillants à grosses bulles dans une eau limpide, marmite glauque de boue qui glapie de gros gloop, petites pustules qui laissent échapper des senteurs nauséabondes … en quatre mots : la foire aux sorcières. De jour, c’est sympathique, de nuit, il faudra patienter quelques mois … Avant de regagner nos pénates, sur le chemin du retour, nous faisons halte à une grotte presque remplie d’une belle eau nacrée bleue. Ce n’est pas une surprise, elle est chaude et on s’y baignerait bien, mais comme il n’y a aucun islandais et qu’il est bien difficile de savoir si le côté limpide est obtenu par une forte acidité par exemple, nous restons sagement dans nos maillots de bain, bien au sec et nous consolons avec des photos. Une grosse fissure au-dessus de nos têtes semble communiquer avec l’extérieur. Nous sortons et grimpons sur le « toit » et là … surprise ! Ce n’est pas à proprement parler une fissure, mais carrément une faille, une gigantesque balafre qui inscrit son sillon sur toute la région visible, de part en part. Ils ne font pas les choses à moitié dans ce pays.



En route pour l’Askja : On a marché sur la lune C’est sous un ciel anticyclonique bleu dense que nous partons pour une contrée hors du temps et de l’espace : l’Askja, un site volcanique loin de tout, accessible par une piste chaotique et sans concession d’une bonne centaine de kilomètres quand même. L’autre bout du monde quoi (puisque nous en avons visité déjà un). Pourvu que l’univers ne soit pas courbe quand même sinon nous risquons de retomber sur le premier bout et ça fait une trotte. La littérature forumistique en la matière est terrifiante, du type : « nous sommes partis sous un ciel bleu et soudain ça a viré au cauchemar. Une tempête s’est levée et même les doudounes les plus épaisses ne suffisaient pas pour arrêter le froid ». C’est donc prudents que nous quittons notre tente, en short et chemisette, mais avec le nécessaire pour affronter les conditions polaires dans le coffre. Robin va mieux et sa fièvre a bien baissé. La piste est longue mais enchanteresse. Un vrai petit parcours du combattant. La première vingtaine de kilomètres est roulante au milieu d’une immense plaine plate enjolivée de scories. Lunaire. Il parait que les astronautes se sont entrainés dans le coin. Pas étonnant. Au milieu de rien, on ne trouve pas grand-chose, à moins d’aimer les cailloux ou la photo noir et blanc. Superbe donc. Puis la piste s’égaie avec quelques passages de gués ma foi pas désagréable. Hissé sur le toit pour ne pas avoir à nager en cas de problème, le plus petit d’entre nous indique la « bonne » voie. Mais compte tenu du niveau d’eau, nous n’avons eu aucune difficulté. Après, les choses se corsent avec la traversée d’une coulée de lave, noire, biscornue, qui a figé des silhouettes de trolls et leur environnement. La piste serpente tant bien que mal en milieu fortement hostile. La crainte est de croiser un véhicule en face, car il n’y a pas toujours la place pour deux. Un régal pour le pilote. Au sortir des ténèbres, nous entamons une partie très roulante, toute en grands virages, sur un sol volcanique gris, jaune ou rouge de pierre ponce qui ressemble à du sable. Notre passage laisse un panache de fumée derrière nous. Quelle grande bouffée de liberté… Tout au bout des cent kilomètres de piste nous tombons en hyperespace sur la lune. Apocalyptique. Il faut une petite demi-heure de marche pour atteindre enfin le cratère Viti, aux eaux tièdes d’un bleu laiteux tendre, chauffé gentiment à la géothermie, qui occupe le centre d’un volcan. Le tout est juste à côté d’un lac bleu foncé gigantesque en contre bas : l’ Öskjuvatn (une ancienne caldera pour les intimes). Sur le chemin, le bruit de nos pas résonne à certains endroits sur ce sol formé de cendres et de pierres ponces. Etonnant !







Les enfants jouent à Obelix en portant de gros blocs de pierre d’une main tant ils sont légers. Après un tour de cratère sacrement pentu, nous descendons au lac pour un plouf dans cette eau qui ressemble à du lait. Comme d’hab dans le coin, les locaux y vont dans le plus simple appareil. Nous restons encore un peu coincés du slip, ce qui ne nous empêche pas de goûter au plaisir voluptueux de faire quelques brasses alors qu’à l’extérieur, même avec du soleil, il fait un peu frisquet. Robin malheureusement reste sur la berge, toujours un peu fiévreux. Un petit tour sur le sommet le plus proche pour avoir une vue d’ensemble puis nous reprenons la piste dans l’autre sens avec Thibaud qui est autorisé à conduire prudemment. La rencontre insolite d’un 33 tonnes qui transportait une citerne au milieu des sinusoïdes de la coulée de lave et pour finir des essais de « gerbe la plus haute » sur une grosse flaque assez profonde furent les dernières animations du parcours. Certes, cela fait des kilomètres mais nous en avons pris plein les yeux. Note de 3 étoiles. De retour à la tente, nous entamons les tâches quotidiennes : repas au soleil du soir devant le lac, Robin à soigner, appareils photos à vider … La routine quoi. Une mouette vient innocemment se poser près de nous. Bien entendu, les enfants lui donnent un petit quelque chose. Innocemment deux, puis cinq, puis quinze, puis vingt mouettes s’installent dans le coin. Il y a visiblement une hiérarchie intéressante à observer et tout ce petit monde piaille gentiment jusqu’à ce qu’un gros lourdaud français de G.O de %$@# du groupe de tentes d’à côté ne vienne interrompre cette étude des mœurs et expression orale des volatiles, en nous prenant pour des enfants mal ��levés qui nourrissent les oiseaux qui risquent d’entacher ses tentes. Calme et zénitude nous ont permis de garder la maîtrise de la situation, mais lorsqu’au petit matin nous avons pu voir quelques déjections « mouetteuses » copieusement étalées sur sa tente, nous y avons tous vu une forme de reconnaissance de celles-ci au travers de ce geste de sympathie, pour le bon repas que nous leur avions offert. Après cette petite altercation, l’insatiable Grisemote ne peut se résoudre à baisser sa garde. Il est presque minuit, mais il reste un peu de lumière, et nous partons à deux dans l’antre des Trolls, un labyrinthe géant conçu au milieu d’anciens petits cônes volcaniques aux allures aussi découpées qu’inquiétantes : Dimmuborgir, les châteaux noirs. L’endroit est désert, sombre mais attirant comme tout ce qui fait « un peu peur », surtout en cette fin de règne du soleil. Côté Trolls, c’est comme pour les macareux, nous pensons avoir vu quelques silhouettes en contre-jour, mais cela reste à confirmer. En tout cas, encore une journée limpide, sans un nuage. Serions nous toujours sous la protection des Dieux locaux : par Adis ?



La foire aux chutes : le parc national de Jökulsargljufur « Pour ce matin, des chutes d’eau, cela vous dit ? ». Qui dirait non, puisque de toute façon c’est au programme. En mon fort intérieur, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y aurait peut-être un petit caractère de déjà vu sur le sujet, mais cela reste du domaine de la pensée furtive. Une petite heure trente plus tard, après avoir eu l’impression de tourner la nouvelle pub d’Orangina sur une piste défoncée, nous arrivons donc aux premières chutes : Dettifoss. Robin a conduit : niveau 3 avec 130 points. Bonne direction mais attention quand même aux nids de poules. Le brevet de conduite Grismotien est pour bientôt…



Chutes, vous avez dit chutes ? Ici ça décoiffe vraiment. Le volume d’eau qui s’élance furieusement dans le vide est tout simplement impressionnant. Rien d’étonnant donc à ce qu’un brouillard fluctuant s’élève au gré du vent généré par tant d’énergie. Top ! (en fait c’est la plus puissante chute d’eau d’Europe , 44m de haut, 100m de large!) Les deuxièmes chutes, Selfoss, sont plus petites, plus sages et plus dispersées, mais l’endroit très large dégage une belle harmonie que nous essayons de capter avec nos objectifs.



La troisième, Hafragilsfoss, a opté pour la quiétude d’un site revêtu d’orgues basaltiques, étriqué entre deux flans de montagne. Plus discrète, elle n’en reste pas moins belle avec des eaux bleu profond qui se mélangent avec une sorte de liquide du type boueux. Il y en a donc pour tous les goûts et couleurs.



Pour finir, nous entamons un trek de trois bonnes heures au souk international des orgues basaltiques : Hljodaklettar, puis Raudholar. En tous sens, de toutes tailles, les cristallisations de roches octaédriques fusent de partout. Gare à l’indigestion.



La montée du « fameux « mont rouge » , le Raudholar, sera un peu gâchée par … l’interdiction d’aller jusqu’au bout. Bon, pas grave de toute façon on en avait plein les bottes. Pour le retour, c’est Lucas qui conduit. Bien, mais attention aux virages un peu tronqués à la corde. Après l’effort, rien ne vaut le réconfort d’un bain bien chaud : le pays est conçu pour cela. A quelques kilomètres de notre campement nous filons à une large piscine très aménagée d’eau naturelle (Jardbödin Vid Myvatn). Odeur de souffre, bains de toutes tailles, chaleur graduelle en fonction de la distance avec la source, cela reste toujours un grand plaisir que de se laisser rouiller tranquillement dans cette eau énergétique. Beau moment islandais ! Détrempés à souhait et pour tout dire un peu mou, nous descendons dans une petite auberge pour finir la soirée : soupe, hamburger … de la grande cuisine quoi mais dans une bonne ambiance. N’est-ce pas le principal ?

Tiens, voilà du Dauphin. Cela devait arriver, nous levons le camp et quittons notre lac paisible bien aimé. Le repliage est rapide et le programme est fortement chargé. En premier lieu, nous passons à l’infirmerie pour Robin dont la fièvre a décru mais ne se résorbe toujours pas et dont la toux est persistante. L’infirmière ne se risque à aucun diagnostic et nous prend rendez-vous pour le début d’après-midi à Husavik, où se situe le premier médecin du secteur. Avant le départ, nous montons un dernier cratère, le Hverfjall pour avoir une vue sur le lac et ses multiples petits cônes. La montée n’est pas longue pour un point de vue vraiment intéressant : nous pouvons apercevoir une gigantesque faille qui traverse le paysage de part en part et que nous avions déjà observé au ras du sol au niveau de la grotte de Grjotagja. Tous les phénomènes géologiques ici présentés sont gigantesques et dépassent de loin les causes locales. Pas la peine d’être grand Vizir pour comprendre que tout cela se transformera rapidement dans les années à venir (ce qui peut quand même être long à l’échelle géologique). Notre changement à nous sera plus rapide. Nous « descendons » vers la mer, dans le port de Husavik. Cette petite ville plantée au fond d’un Fjord, boostée par son port, est très attractive. Tout est mignon : les maisons colorées, l’église plus travaillée que ce que nous avons vu jusque-là et, bien entendu, le port très animé. C’est la fête à Husavik. A l’entrée de la ville, une gigantesque panthère rose nous salue. Bigre ! La ville est découpée en quartiers de couleur : un rose, un vert et un orange. C’est le maerudagar, a priori la fête des bonbons. Chaque maison, chaque jardin est décoré avec des rappels de la couleur du quartier. Plutôt sympa !

L’attraction ici pour les touristes ce sont les baleines et autres cétacés que l’on peut voir parait il « à foison » : La capitale de l’observation des baleines en Europe quand même. Bien entendu, Grisemote boue d’impatience de voir ces navires amiraux du règne marin. C’est une petite revanche sur les orques que nous n’avons pas vus sur l’île de Vancouver, sous des trombes d’eau, alors que la probabilité d’en croiser était de plus de 90 % (mais nous avions vu pas mal d’animaux à commencer par des dauphins qui jouaient près du bateau). Malgré l’ambiance festive du lieu, dopée par l’enthousiasme de tous, au fond de moi cependant, deux petits diablotins me troublent l’esprit, un rouge et un bleu : « - Tu vas encore te faire rouler dans la farine de poisson – c’est un bel attrape touristes, et pas donné en plus. - Voir des cétacés faire des pirouettes devant soi est une expérience unique et inoubliable, tu ne peux pas rater ça ! » En tout cas, les prospectus qui nous sont distribués de tous côtés dès que l’on fait un pas dans le port sont formels : « Des cétacés, vous en verrez, en quantité et plutôt de prés (pour la rime) ». Ceci s’accompagne de la photo du vol d’une baleine qui pose avec le sourire pour une bonne cause … la sienne. Alors pourquoi me direz-vous, fichtre pourquoi hésiter ? Et bien tout simplement parce que si c’est juste pour voir des dos de baleines ou des jets d’eau au moment de la respiration, je ne sais pas si cela ne va pas vite me lasser, même de près. Bon, de toute façon les dés étaient pipés à l’avance. Le diablotin optimiste n’avait aucune chance de perdre, d’autant que l’eau est bleue, calme, tout comme le ciel qui est sans nuage. L’inscription est prise rapidement pour clore toute tentative de repli. Avant l’embarquement nous filons à l’hôpital pour notre rendez-vous pendant que les deux grands vont écumer le port à la recherche d’un sandwich à leur goût. Surprise, au portillon de l’hôpital on laisse ses chaussures et on marche en chaussettes. Après une attente assez longue, une belle doctoresse nous prend en charge. Grande blonde aux yeux bleus, Robin est tombé sous le charme tout de suite, même lorsqu’elle a annoncé son verdict : 15 jours d’antibiotiques pour une grosse inflammation des bronches et autorisation pour le bateau de l’après midi. Un petit tour à la pharmacie (avec une attente interminable car ils prennent leur temps) et nous voilà fins prêts pour notre périple en mer de 3 heures. Le bateau a un certain charme mais il a aussi la caractéristique d’être bondé. Il est possible de voir les choses d’en haut, mais les quatre ou cinq places possibles sont occupées pas de grands gaillards indéboulonnables. Il reste tout le pont et l'espoir que le saut de baleine sera suffisamment haut pour l’apercevoir au-dessus des têtes. La vue sur la ville est imprenable, puis nous remontons le fjord vers la mer, passant non loin d’une île où il y aurait des macareux. Pour l’heure, ce n’est pas le jour, chacun son tour ! Comme il fait beau et finalement plutôt chaud, nous nous installons vers la proue. Soudain, un dos de baleine passe près du bateau. Ce fut furtif mais grandiose. Il fut accueilli par une grosse salve de photos et une envolée de bonne humeur collective. Il fut suivi d’un deuxième, puis d’un troisième. Le suivant fut très nettement reconnu par notre guide : un dos de dauphin.

Puis il y eu LE magnifique dos de baleine au raz du bateau que j’ai raté car je n’étais pas du bon côté. La chasse est sélective… Un dos présenta en plongeant un bout de queue. Le crépitement des appareils photos était à son comble. Pour ma part, je n’ai pas pu le prendre à cause d’une tête d’humanoïde hilare entre l’appareil et le monstre marin. Bien entendu, c’est contractuel, les cétacés ne manquent pas de se signaler par quelques jets d’eau bien senti. Au bout d’un moment, notre guide, entièrement satisfait de la session, nous annonce fièrement nos « prises » : - « des baleines de type rorqual (a priori les milieux autorisés se seraient laissés dire que tous ces dos là provenaient du même corps, celui de la baleine de garde) et trois ailerons de dauphins. Le tout fut vu de très près. Un festin indiscutable ! Il faut penser à rentrer cependant mais pour couronner le tout, nous allons passer près de l’île aux macareux et boire une boisson chaude. » Nous frôlons l’extase. Après l’île aux macareux, nous profitons enfin du point de vue haut libéré pour voir … le paysage. Aller, il faut être honnête. On a passé un bon moment, parce que le site est magnifique, le temps était parfait et qu’il y a eu des cétacés qui ont montrés leur nageoire caudale comme apéritif. J’entends quand même au fond de moi mon diablotin pessimiste qui me susurre : « Bienfait ! Je te l’avais dit. Je suis même sûr que la prochaine fois tu replongeras … » Pas faux ! C’est pas tout ça, mais il reste un bon bout de route avant l’arrivée prévue. Nous filons à une station service/ fast food pour nous sustenter rapidement, ce qui m’a permis de goûter le hamburger le plus ignoble de ma carrière, puis nous repartons « on the road again ». Sur le chemin, nous passons aux chutes de Godafoss , toutes mignonnes mais sans rentrer dans la catégorie de celles qui marquent une vie.



Puis nous déposons les armes au camping Hamrar d’Akurery (deuxième ville du pays) par une belle lumière chaude du soir qui n’en fini pas de se prolonger. Ce camping est très bien aménagé avec des aires de jeux pour les enfants au-dessus de lacs, et comme d’habitude une pelouse « moquette » qui est un appel irrésistible au posé de ripatons fatigués. Nous inventons un nouveau type de « night soccer » qui fera fureur entre nous les jours suivants…

Akurery



Après un repliage toujours aussi rapide de la tente, nous partons visiter Akurery, belle ville plutôt attractive avec ses petites maisons très colorées, sa belle église et son centre un peu commercial où il est possible de faire quelques achats – ce qui est finalement assez rare. Il y a du teeshirt et des cartes postales dans l’air, mais Grisemote n’arrive pas encore à se décider pour son pull. Robin craque pour un couteau Suisse Islandais absolument unique que ses impitoyables parents refusent d’acheter. Pas assez typique mon fils. Nous reprenons les routes champêtres pleines de pelouses aux mille fleurs, de chevaux photogéniques la crinière au vent et d’arrière-trains de moutons qui fuient les photographes, dans un paysage au relief mi rond mi pointu, pour arriver à la ferme Glaumbaer, ancienne demeure typique Islandaise.



La visite est vraiment très intéressante. Cette ferme est constituée de plusieurs toits recouverts d’herbes, sous lesquels l’aménagement intérieur nous fait revivre les conditions de vie de nos ancêtres pas si lointains. Les murs sont en tourbe, matériaux fortement isolant, et l’usage du bois, pas très courant sur l’île, est mesuré. En tout cas, la ferme est grande et derrière la petite entrée principale, le long couloir nous permet de passer du cellier au garde-manger, à la cuisine, la salle de classe et les chambres de type « salle commune ». Tout est bien aménagé et illustré par de nombreux clichés de l’ère primitive de la photographie. Trois étoiles sans hésitation. Ne pas oublier aussi la demeure principale, plus moderne, qui ressemble à une maison de poupée.



Nous prenons ensuite la piste qui conduit à la péninsule de Vatsnes, avec les arrêts programmés au fort viking de Borgarvirki sorte de « fort » mi naturel mi construit de main d’homme sur un socle basaltique plus élevé que la moyenne. Disons qu’il convient d’avoir un peu d’imagination pour retrouver l’ambiance d’une troupe en ce lieu globalement très minéral. Puis il y eu le fameux rocher basaltique en pleine eau à quelques dizaines de mètre de la côte. Bien, mais la lumière du soir était cachée en partie par la falaise.



A Illugastadir, en recherchant les phoques que l’on peut apercevoir vers la pointe de la péninsule, nous tombons sous le charme du petit camping installé paisiblement près de la mer, dont la pelouse vert cru n’attendait que notre tente. Le propriétaire n’est pas présent, mais ici cela ne pose aucun problème. Cela marche sur la confiance. C’est très reposant. Tout près du camping réside sur la plage une nurserie d’oisillons piailleurs qui attendent avec impatience leur pitance. Au-dessus de nos têtes, les parents s’affairent et font des aller-retours incessants pour les nourrir entre la plage et un champ situé juste derrière le camping à une bonne centaine de mètres. On ne distingue pas leurs cernes, mais on se doute que ces ingrats de nouveaux nés leur en font vraiment baver. En plus, dès que nous nous approchons d’un petit, ils se doivent de défendre le morceau avec véhémence. Dur dur d’être parent ! Ceci dit, ils apprendrons qu’ados c’est pas toujours drôle non plus. Nous finissons la soirée sur fond de soleil qui essaye désespérément de se coucher dans un ciel limpide. Bière, côtelettes d’agneau (désolé), eau chaude pour la vaisselle, night soccer façon Grisemote : le bonheur quoi, le tout sous le ballet incessant des volatiles qui s’affairent dans un sens à vide et dans l’autre avec des vers ou autres mets délicats pour les palais braillards.

La matinée du lendemain commence sous un ciel et une température clémente par la visite à nouveau de nos oiseaux et la recherche de quelques phoques. Un site de protection de ceux-ci existe non loin sans que nous n’ayons pu y accéder la veille. Il y en a, mais ces messieurs-dames nous boudent allègrement et restent avachis langoureusement à bonne distance de la plage ou dans l’eau. Nous enchaînons la visite par des arrêts chevaux, moutons (et oui, Grisemote ne s’en lasse pas, ce qui n’est pas le cas de tout le monde) et pour finir, clou de la matinée, par un site un peu atypique d’orgues basaltiques baignant dans la mer.



Ah qu’elle était douce cette matinée d’été en bord de mer, avec son ciel dégagé, sa piste roulante, ses herbes folles et ses hautes falaises. Trop facile en tout cas, car le reste du parcours de la journée file vers le centre de l’île, vers des monts sombres qui ressemblent à ceux du Mordor, entourés de nuages inquiétants. Au fur et à mesure que nous entrons dans les terres, la lumière diminue, la piste devient technique et cassante, le relief s’accentue, les pulls refont leur apparition tandis que les shorts sont remisés en fond de cale. Nous n’avons pas d’anneau à détruire, juste l’envie d’en découdre avec Dame nature qui semble vouloir nous faire payer cher notre incartade dans ses terres secrètes.



L’arrivée au camping ne fut pas réjouissante: ambiance refuge et foutage de gueule de façon institutionnelle. Certes on ne peut pas penser à tout mais disons que dans un camping, on s’attend à trouver un semblant de terrain à peu près dégagé pour y planter une tente… et bien ce ne fut pas simple de trouver un espace correct. Avec deux petits sanitaires miteux (un pour les hommes et un pour les femmes), bravement équipés d’un lavabo pour trente personnes, d’une douche et d’un robinet dehors pour la vaisselle, c’est ce que l’on peut qualifier sans risque de camping spartiate. Cerise sur le gâteau, il faut laisser la voiture au parking et donc se transporter nos 100kg à la mimine. Pas très attractif tout cela ! En revanche, le chalet de l’accueil sert des repas chauds dans une petite salle remplie de buveurs de bière et de simples touristes qui cherchent un peu de chaleur humaine. Le vent est assez fort et nous sommes prudents en déballant la tente pour qu’elle ne s’envole pas. Nous consolidons fortement nos attaches avec de grosses pierres et des sangles pour espérer la conserver au même endroit toute une journée. C’est le retour vers l’automne côté température. Tout cela n’entame pas notre moral d’acier. Nous chaussons les crampons, équipons nos sacs à dos avec le nécessaire contre la pluie et nous voilà partis avec allégresse vers le volcan Strytur, petite rando qui n’excède pas dix kilomètres. La première heure fut tranquille. Le vent avait baissé d’un ou deux tons et le soleil tentait des percées ponctuellement réussies. C’est la deuxième heure que nous n’avons pas aimé. De gros nuages avaient rempli le ciel, lâchant par intermittence des éternuements humides. Ce bon sang de foutu volcan devait apparaître derrière chaque colline mais à chaque fois il reculait à la suivante. Un grand classique. Un vent soutenu s’est mis à siffler à nos oreilles et à nous glacer le peu de sang liquide que nos corps transis contenaient encore. Un plaisir intégral. Mais comment rebrousser chemin après tant d’effort, alors que « le paysage à ne rater sous aucun prétexte » est là, à quelques ridicules encablures ? Robin, est le premier à se planter derrière un gros rocher et à abandonner la lutte. Comme l’arrivée est imminente nous lui laissons les sacs à dos et partons à l’assaut des derniers mètres. La terre est de plus en plus désolée et les conditions se durcissent. Il faudra encore presque trente minutes pour arriver au site, ce qui n’était pas vraiment prévu. Oui, il est beau. Splendide certainement par beau temps. La visibilité réduite et la lassitude de tant d’efforts pour un résultat mitigé dans ces conditions feront que nous n’insisterons pas particulièrement dans la phase contemplative. L’avantage de monter avec le vent de face, c’est que l’on descend avec le vent dans le dos. Cette lapalissade se traduit par une redescente fulgurante en courant, pour rejoindre un Robin que nous imaginions glacé derrière son rocher. Le gaillard est solide et bien au chaud avec les vêtements que nous lui avions laissés. Lucas chute et se blesse à la main. Même si le but a été atteint, c’est un trek qui restera dans les mémoires pour sa difficulté et l’énergie qu’il nous aura coûté. Sous un soleil radieux, c’est peut être une balade champêtre … Et dire que l’on bronzait le matin même … Nous goûtons le plaisir de rentrer au chaud dans notre tente spacieuse. Toute la nuit, elle s’est tordue de tous les côtés, avec des couinements inquiétants au niveau des arceaux. Mais comme le roseau, elle plie mais ne rompt pas. Elle a tenu Éole en échec, par Avent.

C’est toujours avec un vent plutôt fort que nous replions la tente le lendemain, après une douche chaude (c’est quand même un des avantages de ce camping). Non loin du camp il y a des sources chaudes, mais aller se baigner par ce temps maussade et ce vent, non merci ! Nous passons donc voir les solfatares avant de partir.



La piste pour aller à Kerlingarfjöll est belle et sans histoire, si ce n’est que Thibaud conduit un bout de chemin. Robin va mieux avec ses antibiotiques, mais ce n’est pas encore ça. Arrivés sur le site à caractère volcanique, un vent violent rend l’approche difficile pour voir en contrebas ce point chaud aux couleurs multiples qui dégage des fumerolles de toutes parts. Tout cela est très attrayant mais les conditions sont un poil hostiles quand même entre vent et gros nuages de pluie actifs. Nous optons pour l’installation en premier lieu au camping, quelques kilomètres plus bas, ce qui laisse le temps au temps de changer. L’humidité ambiante, le froid et la lumière triste ne soulèvent pas vraiment l’enthousiasme dans les rangs à l’idée du planter de piquets. Il y a de petits chalets, nous tentons le coup auprès de l’accueil. Hormis le coût justement, c’est une belle aubaine. Dormir dans du dur, avec du chauffage, de l’eau chaude – mais pas de douche – et pouvoir faire sécher les affaires, nous ne réfléchissons pas longtemps. Après un repas et une bonne sieste qui nous mène vers 17h00, nous nous préparons à affronter les conditions extérieures hasardeuses pour monter à notre site d’activités volcaniques, par un chemin de montagne plutôt que par la piste du matin. Le vent est tombé, mais le plafond reste bas et instable. Le crachin est là. Les plus impatients partent devant. Un bon quart d’heure plus tard le reste de l’équipe les croisent en sens inverse. Il fait froid et ce n’est vraiment pas raisonnable pour la santé de Robin. Il y a du 4x4 dans l’air pour se rendre à destination … Avec les deux grands, nous montons entre les monts sur un chemin fait d’une sorte de boue un peu collante de différentes couleurs entre le bleu, le vert, le jaune et le gris suivant les terrains et l’origine volcanique. Nous terminons par la traversée de grands névés ou résidus de glacier sous une pluie froide. Ça a intérêt à valoir le coup d’œil, parce que deux heures de montée dans ces conditions n’est pas une sinécure … Pendant ce temps, l’équipe Grisemote-Robin, elle, attaque le trek N°7, dans des conditions pas faciles non plus. Magique ! Cette zone est un vrai régal pour les yeux et les narines. En arrivant, le ciel se dégage partiellement et une belle lumière modulée par les percées du soleil illumine en contrebas des zones aux couleurs vives que l’on entraperçoit entre les fumerolles blanches. Un petit ruisseau rose serpente en fond de vallée en perdant sa chaleur. Au niveau des crêtes, des cheminées sifflent, bloblotent, crachent, gargouillent. C’est une exposition à ciel ouvert sur ce qui se fait de mieux dans le genre « point chaud » … Une réussite. Nous faisons la jonction avec les deux fugitifs au niveau bas, près de la rivière et d’un bain chaud installé par notre loueur de bungalow : juste une retenue d’eau. Au moment où nous arrivons, un homme est en train de le vider et de creuser le fond qui se remplit régulièrement d’une sorte de boue glaiseuse. Avant de nous baigner, nous avons une demi-heure à perdre, ce qui n’est pas une galère dans un endroit aussi enchanteur. Ce petit coin d’enfer est un paradis pour les photographes notamment, avec un festival de couleurs réunies avec harmonie dès que le terrain « chauffe » ou dès qu’une source d’eau apparaît. Nous aurions aimé faire le trek N° 7 en entier (l’équipe arrivée en voiture l’a fait en grande partie), mais compte tenu de l’heure tardive de notre arrivée et du côté incertain du temps, nous explorons uniquement le secteur, remontant quand même jusqu’au glacier le plus proche. Comme nous n’avions pas prévu de baignade et que l’endroit est presque désert, nous la jouons à l’Islandaise et nous laissons détremper un bon moment dans cette eau chaude certes boueuse mais revigorante. Comme les autres fois, la sortie du bain ne nous transforme pas en glaçon tremblotant tant nous avons accumulé de chaleur. Ce site est un gros coup de cœur et un de nos préférés.

Nous quittons notre petit chalet le lendemain à regret et repartons faire une dernière visite à nos fumerolles avant d’affronter la piste vers Geysir. Les paysages sont larges, immenses, avec, où que porte le regard, des monts sombres auréolés de verdure. Passant près d’un glacier de taille plus que respectable entouré de pics inquiétants, nous ne pouvons résister à l’idée de sortir de notre piste pour en prendre une autre autrement moins carrossable, qui y mène. Même avec un 4x4, la négociation de chaque mètre est compliquée et nous finissons par faire demi-tour. Les pistes s’enchaînent, puis vient la route et le retour sur des lieux plus civilisés. Plus nous nous rapprochons de la côte, plus le ciel s’éclaircit. C’est donc sous des cieux lumineux et cléments que nous revisitons le point chaud de Geysir pour une deuxième chance de reprendre notre bulle annonciatrice du geyser.

Des hommes et des lieux



Une petite glace trempée dans du chocolat pour fêter notre retour au chaud et nous atteignons le fameux site de Thingvellir. Fameux pour qui ? Là est la question. C’est en ces lieux qu’à partir du Xème siècle les différents chefs de clans se réunirent et créèrent un parlement, l’Althing, le tout premier en Europe, pour gouverner le pays dans la paix (cela dura jusqu’auXVIIIème siècle). Se battre pour des rochers, des volcans et un peu d’herbe semble déraisonnable de toute façon, mais n’y en a-t-il pas qui se battent pour moins que cela, même encore de nos jours ? Donc, chapeau Messieurs les Islandais (car je doute quand même que les femmes aient eu leur mot à dire, au moins en public) pour cette belle leçon de démocratie en avance sur son temps. A la deuxième question qui brûle les lèvres - pourquoi là ? Et bien la réponse est toute simple : parce que le site est remarquable d’un point de vue géologique : il se trouve sur la dorsale océanique, dans une zone d’effondrement d’un terrain que l’on étire entre deux plaques, avec la faille qui passe en son milieu. Bref, c’est beau, cela impression et donne envie de rester humble lorsque l’on voit les forces colossales que peut déployer notre petite planète pour construire de nouvelles terres habitables. L’appellation de « fameux » en tout cas à un coût : le grand parking avant d’accéder au site est rempli de cars qui déversent leur quota de touristes cosmopolites dès leur arrivée. Idéal pour apprendre les langues mais pas simple pour les photos … Ceci dit, une fois éloignés du chemin « officiel » il y a moyen de goûter au moins partiellement au silence et à la quiétude du lieu. Avec le déclin de la lumière, nous repartons pour un très beau camping, celui de Fossatun, bien aménagé et qui surplombe un torrent photogénique : la Hvita. Nous sommes fin juillet et déjà nous ressentons la fin proche de la journée continue. Une fois n’est pas coutume, nous prenons notre temps le matin et profitons pleinement des installations du camping. Grosse machine à laver suivi du séchage. Parallèlement nous passons aux bains chauds dans de petites « piscines » synthétiques, suivi de la visite d’un parcours de trolls qui raconte une histoire bien triste d’un pauv’ papa troll emporté par la rivière. Ah, quelle imagination ces Islandais. L’hiver doit être bien long … Le tout se vit très bien, à commencer par le paysage. Il est temps de lever le camp pour la chasse aux macareux.



« Ce qui est rare se mérite » C’est certainement à partir d’un tel principe, qui ne vaut peut-être pas tripette, que des macareux ont, dans des temps très anciens, décidé de migrer à la pointe sud des fjords du nord-ouest, hors du commerce des hommes. « Ceux qui viendront là, seront cajolés comme des rois. Les autres paresseux, ne verront jamais que nos œufs ». Fort de ces paroles murmurées par le vent, nous partons d’un pneu sûr affronter les volcans, chemins chaotiques qui mènent au Nirvana, de ce beau volatile de tout premier choix. Pour y parvenir, la piste il faut aimer et les virages enchaîner, car la route est longue, près de la côte toute de dentelles découpée, sculptée par l’échancrure des fjords. En arrivant sur la mer nous découvrons mille et une îles, comme si le bout de la terre s’était cassé en petits morceaux. Ça monte, ça descend, ça tourne. Tantôt le ciel est partiellement dégagé, tantôt le brouillard estompe la visibilité. Pour qui aime la diversité, c’est une bonne route, pas vraiment reposante, mais agréable et pleine de surprise, sans atteindre non plus des sommets dans l’art paysagé. Un cargo sur le sable rouille tranquillement. Un musée sur le bord de la route est signalé par un drakkar. Tout cela a un petit caractère assez insolite qui va bien avec cette piste hors norme. Le camping est atteint tard le soir, vers 23h00 après avoir traversés une zone de brouillard dense. Nous sommes loin du premier village et pourtant le camping est bien fréquenté, preuve s’il en fallait que ce que nous devons voir le lendemain doit être intéressant. Le camping est bien aménagé et nous mangeons à l’intérieur du grand bâtiment de l’accueil visiblement conçu pour affronter les rigueurs de l’hiver et les caprices de l’été.



Un ciel voilé et une température de l’ordre de 10° nous accompagne au matin lorsque nous parcourons la plage de sable jaune, une curiosité ici ! Avec une petite vingtaine de degrés de plus nous nous serions presque baignés car le sable est agréable et les vagues de belle taille. Il faut ensuite moins d’une demie heure pour atteindre The site de Latrabjarg, en longeant des falaises, tout au bout de la route.



Côté falaise ici on est servi. Au niveau du parking elles sont au point le plus bas puis elles ne cessent de monter pour atteindre plusieurs centaines de mètres. Lorsque nous, humains, voyons la falaise comme une belle rupture de pente qui nous fait frissonner lorsque l’on s’approche de trop près, les oiseaux y voient une cité HLM avec tout le confort sur le palier et le supermarché juste en-dessous. Chaque famille se trouve une anfractuosité dans le rocher pour aménager son appartement. Côté sanitaire, cela reste limite salubre mais au global, la roche noire de la falaise est avantageusement décorée de tags blancs. Ça, c’est pour le décor, mais va-t-on enfin voir ces bon sang de macareux de près et justifier ainsi d’avoir fait tant de route ?



Au début, nous nous approchons à tâtons, à deux mètres de notre première proie. Poli, le petit gars s’était apprêté de son costume noir à chemise blanche et chaussures rouges pour nous recevoir. Comme notre présence ne semble pas le perturber, nous tentons le mètre. A cinquante centimètres il commence à reculer et à se méfier. Au plus près, nous avons dû pouvoir en approcher à moins de vingt centimètres pour les moins farouches. Cela dépasse nos espérances, nous, communs des mortels, mais également ceux de Grisemote qui attendait de cela quelque chose d’exceptionnel. Nous passons sur les falaises plusieurs heures à prendre en photo tout ce qui vole, qui atterrit ou qui décolle, sous toutes les coutures et toutes les lumières. Le soleil fini par être de la partie et nous terminons en tee-shirt. Très belle matinée. Comme il n’y a qu’une seule route pour venir, on se doute que le retour se fait sur le même parcours qui semble quand même un peu plus long qu’à l’aller. Nous optons pour un camping improvisé à la sortie de la presqu’île, le dernier du voyage. Nous goûtons une dernière fois une pelouse tendre et moelleuse qui a généralement caractérisée les campings du bord de mer. Petit night soccer sous une lumière à la limite de la nuit avant de plonger dans nos duvets …



Au petit matin, la première mission est le pliage complet et définitif de la tente – et oui, déjà. Notre crainte était qu’il pleuve, ce qui aurait eu pour conséquence de devoir la faire sécher avant le départ en avion pour ne pas alourdir notre plus gros bagage. Le soleil vient gentiment évaporer l’humidité résiduelle de la « nuit » pendant le petit déjeuner ce qui rend cette opération aussi simple que d’habitude. Nous passons à la ferme voisine avant de partir pour régler la note du camping. La confiance et le respect des installations même sans la « supervision » d’un accueil est vraiment quelque chose de formidable dans ce pays. Bien sûr ici les conditions sont certainement plus difficiles qu’ailleurs et la population n’est pas nombreuse, mais ce mode de fonctionnement est vraiment reposant et retire une pression permanente qui plane chez nous au-dessus de nos têtes dès que l’on est dans un espace public. Nous avions déjà trouvé cette confiance en Finlande et en Norvège où des personnes pouvaient laisser leur sac à dos à la gare le matin pour visiter la ville et le retrouver le soir … ça fait rêver (mais cela a peut être changé car c’était en 91).

La journée est consacrée à la visite de la péninsule de Snaefellsnes, dans sa partie nord, avec ses différents « spots », sur un parcours bien étudié par Grisemote. Nous commençons par la montée d’une curiosité locale, le mont Helgafell , près de Stykkisholmur. Ce petit monticule doit être gravi sans mot dire et trois vœux peuvent être faits au sommet en regardant vers l’est pour qu’ils se réalisent. « Trop Facile !» Mais il y a des pièges que nous ne soupçonnions pas. Pour commencer, le mutisme est une épreuve pour certains dont la langue ne connait le repos que la nuit. Sur le chemin, nous croisons des personnes qui devaient certainement être chargées de mettre à l’épreuve le touriste trop confiant. Ils nous saluent très gentiment et essayent d’engager la conversation. Heureusement nous ne nous laissons pas distraire. Nous hochons la tête puis continuons un peu gêné notre chemin, au risque de passer pour un groupe de demeurés ou de mal polis si ce sont de vrais touristes, mais peu de chance. Troisième difficulté, regarder vers l’est .Chez nous, c’est simple. L’est c’est là où se lève le soleil. Oui, mais ici le soleil se lève et se couche au nord et fait presque un tour complet la journée. Nous estimons la bonne direction avant de prononcer notre vœu. En tout cas, je peux témoigner que pour un petit vœu, ça marche … j’ai eu ma glace.

Ensuite, vient la visite d’une petite ville (ou d’un grand village), Stykkisholmur, avec ses maisons colorées, son petit port aux eaux propres, son phare rouge qui est un appel aux photos (à tel point qu’il faut attendre longtemps pour pouvoir en griller une sans personne) et sa belle église moderne qui tranche une nouvelle fois radicalement avec les clochers standard.



Petit passage par les ports de Grundafjördur et Olafsvik, puis nous enchaînons par un arrêt à la plage de Skardsvik. Ses gros galets sombres tous ronds et ses criques à croquer de basalte sculpté en font un endroit qui serait un must dans un pays chaud. L’avantage, c’est qu’ici il n’est pas nécessaire d’enjamber les serviettes pour visiter, car à part une baigneuse à sang froid qui doit être croisée avec un poisson, ce n’est pas le rush.

L’étape d’après est une nouvelle visite de falaises truffées d’oiseaux piailleurs, cris caractéristiques que nous commençons à bien connaitre, près d’un très beau phare (Svörtuloft). A cet endroit la falaise est découpée en arches généreusement décorées à coup de pinceau de croupion de volatiles. Toute cette agitation aéronautique reste quand même captivante et nous restons encore un bon moment à regarder les allées et venues des macareux, sternes et autres mouettes qui animent l’endroit. Le cadre tout au long de cette péninsule est magnifique avec ses monts volcaniques aux couleurs souvent inhabituelles. Nous contournons la pointe et partons rejoindre une magnifique plage de petits galets ronds tous mignons qui roulent sous nos pieds (Dritvik) blottie entre les falaises. Sur le parcours pour y accéder, les restes d’un bateau métallique jonchent le sol. Vu l’état des tôles et l’éloignement de l’eau, cela donne une idée de la violence de la mer en ces lieux lors des tempêtes. L’anse ainsi formée par la plage est vraiment de toute beauté, avec ses grosses vagues qui se fracassent presque à nos pieds, sa petite brume d’embruns et ses falaises basaltiques découpées qui viennent mourir dans l’eau. Le coin idéal pour les doux rêveurs, les photographes ou les penseurs. Comment juger de la force des mousses au temps des bateaux à voiles qui faisaient le commerce du sel et abordaient la côte non loin de cette plage ? En soulevant de gros galets calibrés. Ce sont ces galets que nous pouvons voir sur le chemin d’accès. Nos enfants n’en soulèveront pas un !

Nous finissons notre périple du jour en arrivant à Arnarstapi, au camping où nous avons retenu une chambre d’hôte. Plutôt pas donné et très moyennement rendu : la chambre est ridiculement petite pour cinq. Une petite table commune à l’extérieur pour manger, destinée à une trentaine de personnes, rien pour faire la vaisselle et deux salles de bains toujours habitées constitueront le confort très relatif du lieu. Bref, pour une fois, une grosse déception. Le peu d’aménagements à disposition pour les repas cacherait il le souhait de nous voir nous attabler au restau tenu par les tenanciers ? Tout n’est pas négatif cependant, les falaises environnantes sont un véritable trésor, protégées par des gardiens des airs, les sternes, qui nous attaquent dès que l’on quitte la route. Un bâton est fortement recommandé.

Avant dernière journée. Le programme est simple : un petit peu de falaise pour le petit déjeuner et comme plat de résistance le retour à Reykjavik et sa visite. Toujours sous une belle lumière entrecoupée de zones cotonneuses nous arpentons les falaises de Hellnar, joyeusement garnies d’oiseaux en tous genres. Ce qui caractérise le plus ce lieu c’est le découpage de celles-ci en arches complexes ou cavités qui forment des dortoirs, cuisines et salles à manger pour cette population décidemment très bruyante. Si ailleurs il convient de faire gaffe au gorille, ici gare aux sternes qui occupent une bonne partie de nos pensées. Sans être Hitchcockien, il y a quand même de quoi être un peu inquiet. Le retour à la capitale se déroule sans problème, avec un premier arrêt à l’église toute noire de Budir, puis un second à la plage de Ytri-Tunga où nous espérons voir des phoques. « Grommel, grommel » entend-on bougonner ceux qui n’attendent que de revoir la ville. « Que vient -on faire sur cette plage paumée ? ». Pas si paumée que cela en fait, car l’œil de lynx de Grisemote, qui décidemment ne laisse rien passer, débusquera de gros fainéants de mammifères marins en train de bronzer au loin entre des troncs échoués. Si de loin on peut ne pas les voir, de près, il n’y a aucun risque de ne pas les sentir.



La circulation dans la capitale n’est pas fluide sans être vraiment gênante et comme dans toute grande ville qui se respecte, se garer reste une épreuve. Nous débarquons à Baldursbra notre gîte, tenu par des français. Très serviables, ils nous aident à contacter notre loueur pour « discuter » des quelques dégâts de notre premier gué. Celui-ci se déplace et inspecte la voiture. Verdict : le marchepied était déjà abimé, il l’est un peu plus. Idem pour le pare-chocs. Rien donc ne nous sera retenu au final. Ouf ! Il faut dire aussi que cette voiture, pourtant en très bon état, a dépassé les 100 000 kms. Disons qu’elle est amortie. Pour finir, la voiture doit être rendue au parking de l’aéroport, le lendemain, en laissant les clés dans la boîte à gants (donc non verrouillée). Confiance, vous avez dit confiance ! Nous prenons possession des locaux qui nous sont affectés, ou plutôt devrais-je dire de notre appartement car il est constitué d’une belle chambre, une salle à manger / chambre, d’une cuisine aménagée et garnie pour le petit déjeuner et d’une salle de bain. Le grand luxe et rien à voir avec le gourbi ridicule de la veille. Il est situé à quelques centaines de mètres de la guesthouse principale et pas loin des rues commerçantes. Très bien ! Pour fêter ces bonnes nouvelles, nous enchaînons par le traditionnel shopping de fin de séjour avec l’achat de pulls islandais (dont on n’a jamais douté qu’ils viendraient compléter notre panoplie de bagages). Visite au gré de notre inspiration dans les rues du centre, bien agréables. Ce ne sont pas les monuments ni l’architecture qui retiendra notre attention car en la matière rien de grandiose n’est à signaler, mais l’ambiance générale bon enfant. Comme il se doit, nous cherchons dans la soirée un restaurant. Dès que l’on parle d’autre chose que de pizza, chinois ou fast food, les prix grimpent vite et haut. Nous nous rabattons donc vers … une pizzeria que nous regretterons amèrement à deux titre : le lieu et le contenu de l’assiette étaient vraiment quelconques, le plus costaud d’entre nous a été complètement rétamé par une grosse intoxication alimentaire toute la nuit �� grrrr (heureusement qu’à cet effet nous avons eu la chance de bénéficier d’un appartement pour nous tous seuls, car la nuit fut vraiment difficile !) Tiens, en parlant de la nuit, c’est la première que nous voyons depuis notre arrivée. La saison des grands soirs est quand même courte et la décroissance des heures de jour semble déjà assez importante début août.

Dernière journée. Réveil paresseux. Grisaille. Nous nous activons pour tout replier, ranger et caser en espérant que nous restions dans l’épure des cent kilos autorisés. Côté cailloux, notre stock est, comme d’habitude, assez important. Heureusement, il y a beaucoup de pierres ponce pour lesquelles on se demande si elles ne sont pas gonflées à l’hélium tant elles sont légères... Comme au premier jour, le coffre est désorganisé par tous ces nouveaux formats de bagage mais cela tient. Petit saut à Hallgrimskirkja, église modernissime juste à côté de la guesthouse, suivi d’une escapade hors de la ville pour monter en haut du réservoir géothermique « le Perlan » pour sa vue sur la capitale. Nous sortons à nouveau de la zone urbaine pour voir nos dernières manifestations volcaniques sur la péninsule de Reykjanes.



La piste est roulante, sombre et nous procure nos dernières sensations d’explorateurs de terrains hostiles. Nous nous arrêtons au milieu d’une zone de séchage de poissons (probablement de la morue). Warfff, ça fouette les narines ce petit air marin. L’accessoire vital indispensable est ici la pince à linge. Seule Grisemote brave ce danger olfactif pour prendre quelques clichés. Le point chaud de destination, les solfatares de Seltun, est intéressant avec ses multiples bassins ronds d’acide sulfurique qui produisent des boues grises blobloteuses et ses zones de fumerolles odorantes qu’il faut traverser en courant pour ne pas prendre les couleurs vives locales avant de virer au vert . Rien de neuf par rapport à ce que nous avons déjà vu, mais c’est bien fait, accessible et de bon goût (au moins au nôtre). La fin de cette visite déclenche une certaine effervescence au niveau de la banquette arrière de la voiture : Nous nous dirigeons vers THE grande piscine de l’île : Le blue Lagoon. Avant de l’atteindre, il nous reste quelques étapes : - Le lac Graenvatn. Même avec cette lumière tamisée triste, on ne peut pas manquer cette eau bleue azur qui donnerait envie de nager … en combinaison de plongée. - La visite d’une église ancestrale : Krisuvikurkirkja. Bigre, nous avons beau chercher, à l’endroit prévu il n’y a que l’herbe qui verdoie. Aurait-elle brûlé ? De toute façon, avec un nom comme celui-là, elle était mal partie. Le centre aquatique est situé au beau milieu d’une ancienne coulée de lave. La pierre d’un noir profond contraste singulièrement avec la couleur bleue lagon des bassins en partie provoquée par les dépôts « blancs » charriés par l’eau chaude naturelle en provenance du sous-sol (surplus de captage de la centrale géothermique). C’est beau, c’est chaud, large et très bien aménagé avec ses grands bassins lumineux, ses grands pots de « crème » blanche (dépôtsriches en sels et en silice) qui a priori serait excellent pour la peau et les cheveux. Nous en abusons. Quelques activités annexes sont proposées : massage tonique par des cascades chaudes, sauna, hammam. Bref, un long et doux moment où nous sortons totalement détrempés et sereins pour affronter notre dernière épreuve : l’embarquement à l’aéroport. Il pleut. Sur le chemin final, ayant un peu d’avance, nous décidons malgré le mauvais temps de faire un saut aux falaises de Reykjanesta et à leur phare, en empruntant une piste chaotique. Au milieu du brouillard et des nuages bas nous peinons à distinguer quoi que soit. Les Dieux d’Islande font en cela un dernier petit geste pour que nous partions le cœur léger après tout ce beau temps accumulé. Par Thon.

Après le plein de la voiture à la station essence située à quelques kilomètres de l’aéroport, nous déposons notre 4x4 avec un brin de nostalgie au parking final en suivant les consignes qui nous avaient été données. A notre grande surprise, la pesée des bagages fut une formalité. Chaque bagage a été enregistré mais nous n’avons pas eu l’impression que le poids total ait été calculé. Mince, nous aurions pu en mettre plus dans nos bagages en soute et ressembler moins à des bibendums … L’aéroport est bien aménagé pour la longue nuit d’hiver et a reçu un prix européen pour cela. Malheureusement nous n’aurons pas le temps d’en profiter. Au décollage, nous traversons rapidement le plafond nuageux qui empêchera définitivement de voir nos dernières fumerolles, déjà presque plongées dans l’obscurité. Quelques lueurs rouges rappellent qu’ici, il y a peu, le jour régnait en maître absolu. Puis la nuit s’étend, plus profonde à mesure que nous allons vers le sud.

Epilogue : Même si cela fait plaisir de redormir dans un lit, après trois semaines sur un tapis de sol, le gros matelas fait mal au dos. Côté temps, le mois d’août en France fut triste et froid, à peine plus chaud que ce que nous avons connu dans le nord. La vision des grands espaces vides où on respire à pleins poumons, les monts que l’on gravit en écoutant les histoires ou les délires d’imagination des uns et des autres, le froid qui vous fait pester et le chaud que l’on apprécie d’autant plus qu’il n’est pas assuré de durer, les « night soccer » à minuit en pleine lumière, les bains naturels qui vous transforment en accumulateur à chaleur, les prairies vertes et moutonneuses et les sols lunaires de cendre noire, tout ceci fait de cette terre un endroit unique, attachant, vraiment dépaysant qui ne ressemble à rien que nous ayons connu auparavant. Sceptiques en tout genre comme je pouvais l’être en partant, si vous aimez ce sentiment de liberté d’un monde en pleine construction, alors n’hésitez pas, cette terre de feu et de glace est faite pour vous. Comme d’habitude, Grisemote, durant les longues semaines qui ont précédées le voyage, a lu les multiples carnets de voyages de nos prédécesseurs, des livres, des documentaires et autres conseils pour nous concocter un cocktail équilibré entre les bords de mer souvent ensoleillés et les incursions pimentées du centre de l’île. Merci à tous ceux qui l’ont inspirée. Merci Grisemote pour toutes ces heures passées à la construction méticuleuse de cette belle aventure qui une fois de plus nous a permis de vivre de grands moments en famille et nous a transporté dans un autre univers. Voyager construit un trésor intérieur. Grâce à l’Islande, cette année encore nous sommes plus riches … Gilles - Dimanche 12 décembre 00h42

Données pratiques: à lire sur le site http://sites.google.com/...es/donnees-pratiques

Air France La Première: nombre de destinations en diminution English translation pending
by Sscfbtsd · 2010-12-11 · 82 replies
La stratégie d'AF de se recentrer sur une offre orientée "Low Yield" se confirme : à l'été 2011, l'offre La Première est supprimée sur Osaka et Bombay. Ces 2 villes seront desservies avec des avions "haute densité" B777 ou A343.

Est-ce le début d'un processus ?
Appartement en Espagne pour un non résident: impôt sur le patrimoine? English translation pending
by Vetea13600 · 2010-12-10 · 40 replies
a combien s eleve l impot sur le patrimoine pour un appart en espagne pour un non resident...merci pour les infos....
Coût de la vie au Maroc, budget pour les dîners? English translation pending
by Vide · 2010-12-07 · 42 replies
Bonjour, je quitte pour le Maroc et mes repas ne sont pas inclus, combien dois-je prévoir pour les diners pour 2 personnes.

Merci
Somaliland, bienvenus nulle part English translation pending
by Colombiano · 2010-12-07 · 15 replies
Somalie Éthiopienne

Une vaste plaine verdie par les pluies, telle m’apparaît la région Somali d’Éthiopie lorsque je la survole. J’ai embarqué dans une sorte de bus volant qui part d’Addis-Abeba et dessert plusieurs villes du « Far East » éthiopien. Les passagers me dévisagent avec étonnement lorsqu’ils réalisent que je vais descendre à Jijiga, la capitale de la région. Géographiquement parlant, je suis toujours en Éthiopie, mais sur le terrain la situation est plus complexe. Cette région, peuplée de Somalis, un peuple musulman aux traditions très différentes de celles de l’Éthiopie chrétienne, est encore affectée par les combats qui opposent toujours le FLO, le Front de Libération de l’Ogaden (partie de la région limitrophe de la Somalie), à l’armée éthiopienne.

A l’aéroport je suis accueilli par Yaya, un chauffeur du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU. Il me dépose à mon hôtel et s’excuse de devoir me laisser mais il est appelé sur le terrain pour fixer quelques poutres dans un camp de réfugiés situé à proximité. Assis sur la terrasse, j’ai le temps d’observer ce qui se trame autour de moi. Les assemblées d’anciens débattent du commerce, des affaires de familles, des mariages dont le but est surtout d’apaiser les tensions et/ou agrandir les troupeaux. Je me remémore les mots de mon amie à Addis lorsque nous discutions de Jijiga : « Toi, tu ne réalises pas vraiment où tu vas atterrir! »

La ville est coupée en deux par une artère qui ressemble plus à une piste d’atterrissage qu’à une avenue. D’un côté le quartier Amhara, où se sont installés les premiers fonctionnaires coloniaux éthiopiens. On y trouve de nombreux bars crasseux dans lesquels trône une table de billard et où l’on peut parier une bière avec son voisin sur l’issue de la partie. De l’autre côté, le quartier des Somalis, plus commerçant, où les marchandises électroniques fraîchement arrivées du Somaliland voisin sont plus faciles à trouver que la moindre goutte d’alcool. Pour la plupart des habitants, les relations sont cordiales mais distantes avec les membres de l’autre groupe. On ne peut ignorer les tensions qui existent à quelques kilomètres de là. Au marché, on ne demande pas à un étranger s’il est en visite mais s’il travaille pour la CIA où le Mossad. Dès que la nuit tombe, les portes des hôtels sont cadenassées, les fenêtres barrées. Tout le monde est soumis à une fouille plus ou moins rigoureuse à l’entrée dans un bar où un restaurant. Les conversations tournant autour du FLO sont prohibées en public. Enfin, l’armée impose un semi couvre-feu à partir de 19h00, seules les voitures privées sont autorisées à circuler.

Je traîne deux jours à Jijiga pour tenter d’en savoir plus sur le Somaliland et m’assurer des contacts. Puis enfin, me voilà en route pour Hargeisa, la capitale. Une camionnette archi-bondée me mène jusqu’à la frontière où je devrai trouver un camion de marchandises acceptant quelques passagers pour arrondir ses fins de mois. À la frontière, l’ambiance tout à coup s’anime. Alors que Jijiga et ses environs paraissent vivre sous une chape de plomb, la ville frontière de Wajaale grouille d’activité. Des camions chargés de qat arrivent d’Ethiopie et repartent pleins produits électroniques échangés contre leur chargement avec des camions somalis, ceci à longueur de journée. Comme toute ville frontière, elle grouille de petits contrebandiers qui font des allers-retours avec téléphones portables, pierres précieuses ou cigarettes.

Une fois réglées les formalités administratives, je réalise brusquement que, voilà, j’y suis, au Somaliland, cette région sécessionniste de la Somalie réputée pour être l’une des plus dangereuses au monde. Peu de personnes osent s’y aventurer, les informations dont on dispose sont maigres. Je n’ai pas la prétention d’apporter une vision éclairée sur les problématiques somaliennes, je veux seulement témoigner de ce que j’ai pu observer sur place.

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