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Retour du Playa Costa Verde, août 2010, premier voyage! English translation pending
by Baleine79 · 2010-09-11 · 10 replies
Ce texte relate notre voyage, du 19 au 26 aout 2010. C'est mon premier voyage, alors les grands voyageurs seront peut-être navrés de la multitude de détails sur des choses probablement anodines... Veuillez excuser mon enthousiasme narratif délirant!

Jeudi le 19-08-2010 Départ de la maison vers 1:15h, on mange sur la route. Il y a des détours causés par des travaux à Montréal; j’espère qu’on ne se perdra pas... On arrive au stationnement Éconoparc à 3:15h, mais là, on fait quoi? Aucune idée où aller, on s’informe et c’est parti. C’est dont bien grand l’aéroport! Nous trouvons où nous enregistrer, une petite clope avant d’attendre en ligne durant une heure.À la douane, tout se déroule à merveille. Nous étions un peu nerveux car c’était notre première expérience. Arrêt au Duty Free pour des cigarettes, et recherche du meilleur sandwich à 7$! Il était temps; l’embarquement commence! J’ai trop hâte de monter dans l’appareil; j’enfourne la moitié de mon sandwich dans mon bagage à main et piétine d’exaspération pendant que Seb, d’un calme olympien, prend le temps de se laver les mains… Enfin, on y est! Nous voyageons avec CanJet.C’est un petit avion d’environ 200 places qui nous fera survoler l’Atlantique à 35 000 pieds d’altitude! Nous prenons place près d’un hublot, tel que demandé. Les agentes de bord exécutent la chorégraphie de la sécurité aérienne et nous avançons sur la piste. Le décollage nous impressionne, car toutes ces sensations sont nouvelles pour nous. Nos oreilles se bouchent de façon fort déplaisante, mais quel panorama! Je ne peux cesser de regarder la vue, je suis incapable d’écouter Iron man 2, alors que les villes, les forets, les nuages défilent sous mes yeux. Tout devient blanc, plus rien à voir, je m’endors en pleine face sur mon bagage posé sur la tablette! Je me réveille pour le mini bagel au fromage à la crème et le yogourt, mais surtout pour le café! Le ciel et la mer se confondent, c’est indescriptible, et je me décide enfin à demander si il est permis d’utiliser l’appareil photo dans l’avion alors que nous survolons les Bahamas… Wow! Une coupe de champagne, et on redescend… Cette fois c’est insupportable, on dirait que nos oreilles vont exploser et même la vue si prometteuse de Cuba ne peut faire taire nos souffrances auriculaires…(au retour nous macherons de la gomme et tout ira mieux) Nervosité à l’arrivée, peut-être due au tank et aux hommes armés… Aucun pépin là bas non plus, le douanier était plutôt sympa! On ne prend pas de photo de l’aéroport; question de ne pas passer pour des espions. On monte en dernier dans l’autobus, afin de voir nos valises rentrer dans la soute et d’être certains qu’elles y restent…Durant le trajet, Orlando, le représentant de Tour Mont Royal, nous donne les informations relatives au fonctionnement de l’hôtel, aux excursions offertes et aux formalités de départ, alors que des paysages à couper le souffle défilent sous nos yeux. De vertes montagnes, des petits villages, des poules au bord de routes sans nom ni signalisation, des chèvres, des vaches et des chevaux dans les champs, des bananiers, des cannes à sucre, des arbres en fleur et des paysans pieds nus… C’est la campagne! La végétation est luxuriante et très différente du Québec, et des urubus planent dans un ciel sans nuage! Nous sommes sous le charme de Holguin! Pas de doute; nous avons choisi la bonne destination! Arrivés à l’hotel, vers midi, nous sommes accueillis par xxxx qui nous offre une coupe de champagne, un petit buffet d’étranges grignotines est à notre disposition. On nous assigne notre chambre : 3328, une unité de coin, donc 2 fenêtres et grand balcon, chambre fumeurs, un deuxième étage, avec lit king et vue sur la zone écologique protégée (marais) qui mène à la mer! Nous avons obtenus tout ce que nous avions demandé! On s’y installe et on teste le coffret de sûreté, avant d’y ranger nos documents… Ça ne veut plus ouvrir… On nous envoie un technicien qui arrive dans les 5 minutes, et repart en disant qu’il va revenir d’ici 5 minutes. Finalement tout s’arrange et nous quittons enfin la chambre vers 16h. On explore un peu, on se jette dans la mer pour notre première plongée en apnée. C’est merveilleux, il y a des tas de poissons! Nous sommes au comble de la joie en voyant les poissons à long nez, appelés ballyhoo, qui nous avaient tant intrigués sur les vidéos que nous avions vus avant de partir! Une petite douche, il y a deux chevaux qui passent devant la chambre, puis on change un peu d’argent. Nous soupons au buffet, où Seb se fait faire un plat de pâtes à un comptoir alors que j’essaie un peu de tout. Il y a bien sûr des choses que je n’aime pas, et un goût non familier se retrouve dans presque tous les plats, mais bon, c’est Cuba et il est possible de s’y alimenter! Beaucoup de choses sont très bonnes par contre! Une petite gorgée d’eau nous permet d’identifier le goût étrange : c’est leur eau! Potable, soit, mais dégueulasse! Nous avons une eau délicieuse au Québec! Là bas ça goûte la terre, les minéraux… Bref notre instinct nous dit de ne boire que de l’eau embouteillée, et c’est ce que nous faisons à partir de ce moment! Sebastian est mort de fatigue et ne mange presque pas. À la fin du repas, nous demandons à notre serveur, si il est possible d’apporter une bouteille de vin pour la chambre! Nous n’avons eu qu’à attendre le départ de son patron, au bout de quelques minutes et sommes discrètement repartis avec notre bouteille, délestés d’à peine quelques pesos! Un peu de vin à la chambre, coup d’œil à la télé cubaine, par curiosité. Seb est si crevé que je lui concède la permission de ne pas mettre de cadran.

Vendredi le 20-08-2010 Nous nous levons vers 9h, juste à temps pour réserver notre V.I.P. pour le retour (fortement conseillé par mon père, mais finalement, je trouve que ça n'a pas valu 25 pesos! Nous devions sortir du salon pour fumer au fumoir et les files d'attente n'étaient pas longues, alors!) et choisir une excursion, que nous payerons demain par Master Card; le taux de change étant meilleur que changer du contant. Le buffet étant fermé après notre merveilleux café au Lobby, nous déjeunons au snack bar d’un sandwich très acceptable et d’une salade trop vinaigrée. Ensuite, la plage! Et pas question de se prélasser au soleil avec tous ces poissons qui nous attendent! À deux pieds du bord, il y a des milliers de bernards l’hermite; des beiges et des jolis bleus! Des vers marins qui ressemblent à des chenilles poilues se promènent au fond de l’eau, il y a des spirographes et autres variétés de ses cousins, les anfractuosités du corail regorgent d’oursins variés, de petits poissons genre blennies, de crustacés qui semblent être des bébés langoustes et de divers mollusques. Un peu plus loin c’est la danse des poissons, des centaines de poissons de toutes les couleurs! Des petits jaunes, des bleus et orange, des jaune et mauve, des jaunes avec une ocelle près de la queue. Des poissons plus gros, comme une main, (surgeon fish) pâles mais irisés de couleurs changeantes , des poissons perroquets comme on les connaît; avec leurs belles couleurs, et d’autres, mois colorés, des juvéniles je crois… Il y a des poissons bleus violacés, ( blue tang) gros comme une tête humaine mais plats, et des poissons rayés de plusieurs variétés. Bien sûr, les poissons ‘’à long nez’’, qui eux nagent en surface et sont superbes avec leurs tons de bleu et leurs lignes jaune-orangées; en fait, ils ont plutôt un long menton, le long pic est situé sur la mâchoire inférieure. Ces derniers sont les plus téméraires; quoi que tous ces poissons approchent pour manger devant nos yeux les bananes qu’on leur apporte, les long nez passent par dizaines à quelques centimètres du masque et de nos têtes! Nous avons aussi rencontré une petite plie, qui changeait de couleur pour se camoufler et s’est enfouie ! Ça donne faim cette plongée, on partage une petite pizza, pas fantastique mais tout à fait correcte, au snack bar, où se promènent un paon et un gros dindon, et c’est reparti. Un peu de bière, beaucoup de crème solaire, et la plongée continue, avec ses coraux et ses poissons! Un forumniste nous avait demandé d'apporter des photos d'elles à deux barmaid; elles étaient ravies et nous les avons photographiées à nouveau au cours de notre séjour. Nous avons constaté que les cubains aiment se faire photographier et veulent voir la photo!

On rentre se préparer pour souper après un petit tour à la piscine, question de boire un verre les fesses dans l’eau. Sur notre chemin, on rencontre un lapin tout noir et on voit la basse cour, où sont enfermés un aigle et un genre de petit faucon. Nous réalisons que nous avons passé pas moins de 5 heures en apnée durant la journée : Seb, plus résistant, est rouge… De mon côté tout l’arrière de mon corps à l’air d’un homard cuit et ça fait tellement mal! Surtout le bas des fesses, car je m’en sert pour m’asseoir! Ouche! T-shirt pour faire de la plongée à l'avenir!

Nous avons entendu beaucoup de bien du resto japonais, mais comme notre réservation n’est que lundi, on s’essaie quand même! 5 pesos et comme il y avait de la place, l’hôtesse nous installe avec un couple d’Anglais, un couple d’Irlandais et un couple de Québécois, Alain et Josée, tous très sympas! Notre chef parle français avec l’accent québécois, et il connaît la géographie de notre province mieux que moi-même! C’est renversant! Cet homme est un autodidacte et n’a jamais quitté Cuba! Luc parle couramment 3 langues et connaît les rudiments de deux autres! Il semble au fait du reste du monde aussi car il parlait de Liverpool et Belfast, d’où viennent les 2 autres couples, avec une aisance déconcertante! Notre serveuse est très gentille et essaie de nous apprendre quelques mots d’espagnol. Pas moyen d’avoir de l’eau en bouteille par contre! Qu’à cela ne tienne; le champagne coule à flot! La soirée est fantastique, les sushi sont bons et la soupe de miso aussi. Ensuite nous mangeons du riz frit aux légumes, du poulet, du bœuf délicieux accompagné d’oignons marinés sublimes, suivi de crevettes et de poisson grillé. (Désolé, les crevettes sont trop salées!) Il ne reste pas de place pour le dessert; en fait Sebastian a tout mangé, mais je n’ai pas très faim, ce qui est surprenant dans mon cas, et je laisse une assiette presque pleine! Alain et Josée vont voir le spectacle, Seb, en pantalons et souliers fermé, comme l’exige le code vestimentaire des restos à la carte, veut d’abord se changer. J’en profite pour remplacer mes dessous par un bikini, au cas ou! Finalement, il y a un gros cochon noir près du pont de la plage, ce qui retient notre (mon!) attention. Le gardien nous apprend que plusieurs paysans laissent leurs animaux en liberté. Génial! On en profite pour donner un peso au gardien, qui n’en reçoit pas souvent! La soirée se termine à la piscine, car j’ai envie de me baigner. Seb va nous chercher à boire au lobby tout près, où Alain et Josée jasent avec les Irlandais et d’autres personnes. En route vers la chambre, j’attrape un beau crapaud alors que Seb crie Nooon! Ne fais pas ça! … Hé hé!

Samedi le 21-08-2010 Nous déjeûnons au buffet, où Sebastian se fait faire une omelette alors que je me contente d’une demie rotie coiffée d’un œuf et de fromage et de quelques morceaux de fruits.

Après le repas et une courte baignade, nous allons du côté du Blau Costa Verde, o�� un sentier suit le bord de la mer derrière un rideau de végétation. Le sentier est par moment en béton, par moment en roches marines coralliennes semi fossilisées! C’est magnifique! Nous atteignons une plage où il n’y a personne, trouvons des carapaces de tortues, rencontrons des crabes, et mourrons littéralement de chaleur! C’est l’été à Cuba aussi, il faut donc écourter notre randonnée, pour ne pas risquer d’avoir un malaise. Nous partageons un très bon cheeseburger, avec bacon et concombre, au snack bar, où nous sommes de nouveau servis! Un homme de 71 ans, arrive et joue de la guitare…La lumière dans les yeux de mon musicien de conjoint rivalisait avec l’éclat du soleil! Il n’avait plus qu’une idée; emprunter la guitare du monsieur! Il accompagnait sa musique tantôt de son chant, tantôt d’une feuille, dont il se sert comme d’un harmonica. Seb a tenté de ‘’jouer de la feuille’’ alors que je l’ai acompagné en marquant le rythme d’un cha cha avec des claves. C’était très amusant! Nous retournons plonger et voyons une petite rascasse près d’un oursin à très longs piquants! Pas de danger que quelqu’un s’approche trop : quelle défense! Pour souper nous avons une réservation au Vénétia, le resto italien, où nous sommes encore une fois servis par xxx! Nous avons apporté notre bouteille d’eau, et xxx nous apporte des glaçons!La soupe minestrone est bonne, de même que le saumon fumé, qui est très fumé! Les pâtes Da Michelle sont tout à fait correctes, Sebastian a demandé qu’elles soient gratinées. Mon médaillon de bœuf sur proscuito est plutôt un minute steak sur champignons, mais bon; ça va! Comme il y a du gâteau au fromage comme dessert, Seb informe xxxx que j’adore ça! Je me retrouve donc à manger par politesse deux morceaux du moins bon gâteau au fromage de mon existence! Seb n’est pas en reste : xxx voulait qu’il prenne deux desserts aussi… Disons que le dessert n’est pas le point fort de la cuisine cubaine! Une petite trempette, et la soirée se poursuit en amoureux. Nous passons la nuit au balcon avec une bouteille de rhum achetée au magasin de l’hôtel, de la glace rapportée du lobby, et du Tu Kola qui était dans notre frigo. Nous avons parlé jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de rhum. C’était une nuit importante, une nuit qui permet de se remettre au diapason. Ça valait la peine de se coucher à cinq heures du matin!

Dimanche le 22-08-2010 Nous nous levons à midi; qu’importe! On fait changer des sous et on mange un peu au buffet. En fait, je picore et Seb mange! Comme il a encore faim, il se prend un autre de ces hamburgers au snack bar. Les oiseaux de proie sont hors de leur cage! Un aigle sur mon épaule! Je suis émerveillée! Au tour de Seb! Il y a une corde à la patte de l’oiseau et alors que celui-ci part en voletant de l’épaule de Seb, le ‘’dresseur’’ le ramène en tirant brutalement sur la corde! Pauvre bête! Je prends sur mon doigt un autre oiseau, un faucon peut-être, qui est très joli! Nous retournons à la chambre, avec l’intention de prendre l’autobus pour Guardalavaca, mais le coffre fort ne veut plus barrer, alors pas question de partir avant que nos passeports soient en sûreté! Tout s’arrange, mais le bus est passé… Nous décidons donc de prendre le taxi; 24 pesos aller-retour, un prix honnête. (La madame est bien renseignée!) Un seul hic : c’est dimanche et nous ne sommes pas au Québec, donc la plupart des magasins de cigares, raison de notre visite, sont fermés! Seb achète tout de même une boîte de 10 Partagas à 68 pesos! Visite du marché des artisans (J’aurais dû acheter des masques de bois et une tunique crochetée, mais bon!) et de la plage… La plage est bondée, surtout pleine des cubains qui habitent la ville. C’est dimanche et en plus fin de semaine de Carnaval dans la province de Holguin! Grosse musique forte, plage sale, nous nous félicitons de ne pas loger au Club Amigo! Les touristes des hôtels avoisinants semblent avoir choisis de se terrer dans leur complexe! Seb avait oublié son chapeau dans le taxi, le chauffeur nous l’a remis! Au retour, douche rapide car il fait très chaud, et notre plongée nous fait rencontrer un très gros poisson bleu gris! Dommage; il n’est pas intéressé par les bananes! Un tour à la piscine, où ça travaille fort derrière le bar, et nous rencontrons tout un groupe de Québécois, arrivés la veille. En chemin vers la chambre, au crépuscule, j’ai le grand plaisir de voir des chauves-souris!

En quittant la chambre, nous tombons sur deux québécois fort gentils; Richard et Christine. Un joli crabe sur la céramique nous fait faire les présentations, intéressés que nous sommes à le photographier! Lorsqu’un crapaud passe tout près, je le prends pour le leur montrer. Le pauvre animal est si effrayé qu’il urine dans mes mains!

Au resto végétarien, où nous n’avons pas de réservation, la serveuse s’informe auprès de ses patrons, attablés près de la porte, pour savoir si elle peut nous accueillir. Ils acquiescent et elle refuse nos 5 pesos, nous enjoignant de ne les lui donner que si le service et la nourriture les valent! Le restaurant est très charmant; nous sommes attablées sous un toit de palmier, au son de la musique cubaine, devant une table digne de nos grands restaurants; les petits plats dans les grands et même le cendrier est assorti à la vaisselle! Une fois le champagne servi, je vérifie auprès de Ajee, notre serveuse, que les deux hommes sont bien ses patrons, et vais leur dire que leur employée est excellente, et que mon conjoint et moi passons un bon moment. Elle semble emballée, va en parler aux cuisiniers, et les deux patrons nous envoient par la suite un geste de la main. Les entrées sont délicieuses : rouleau de printemps au fromage : il s’agit en fait d’un feuilleté de légumes gratiné, vraiment bon! Champignons sautées : goût surprenant, c’est délicieux! Salade russe à la créole : Très bon, légumes en sauce aux œufs Salade d’épinards aux champignons : surtout bon à cause des champignons, les mêmes que dans l’entrée, donc à ne pas prendre l’un à la suite de l’autre! Plats principaux et accompagnement : lasagne aux légumes : bonne, Tomates farcies : très bonnes Poisson : sec et avec arrêtes. Pommes de terres : Bonnes Pas de place pour le dessert! Nous donnons un pourboire aux cuisiniers, prenons tout le personnel en photo, et partons avec une bouteille de champagne pour plus tard. Lorsque j’ai mentionné à Ajee que je n’avais pas encore mangé de mangue alors que c’est la saison, elle m’a demandé d’attendre et est revenue avec une énorme mangue, une petite d’après elle! Nous déposons le tout à la chambre et continuons la soirée au Beer Corner, où nous discutons avec la serveuse, Dixie, de la vie des cubains. Angelo vient jouer de la guitare et de la feuille, l’Italien chante que sera avec Dixie, Seb essaie à nouveau la feuille, et avant qu’il puisse jouer de la guitare, Angelo doit quitter pour ne pas rater l’autobus. Dixie nous donne 4 bières take out (Don’t tell anyone!).

On boit notre champagne bien tranquillement et bonne nuit!

Lundi le 23-08-2010 Lever à 9 heures, café au lobby, où on voit Christine et Richard. Nous déjeunons au buffet, où pour une fois il y a de la mangue! Pour faire changement, Seb prend une omelette et je me fais faire 2 œufs tournés. Bizarre; même les œufs ont un goût différent! En route pour la plage! Encore du snorkeling! Sur la plage, une grosse guêpe vert pomme creuse le sable! Une petite marche dans le haut de la plage me conduit à un bel oiseau jaune! Diner au snack bar, Seb prend le duo BBQ : porc et poulet, très bon. J’essaie le foccacia : une chance qu’il y avait des frites, grâce à Maria! Un tour à la piscine où, intriguée par un drink bleu, je demande ce que c’est : Water from the pool, me dit Jesus! Super bon, nous buvons plusieurs love in the pool! (Glace, jus de citron, rhum pâle, liqueur de p��ches, vin blanc, curaçao bleu, sprite) J’ai photographié un beau papillon! On retourne à la plage, le gardien des chaises m’attrape un crabe! Ça prend bien de l’insistance pour qu’il accepte un peso! Vers l'heure du souper, les Cubains viennent profiter de la plage, c'est charmant! J'ai plongé avec un enfant adorable qui ne parlait qu'Espagnol! Par contre, on m’a demandé si j’étais mariée, et c’était facile à voir que les hommes de la place cherchent les touristes seules…Il y a même un jeune garçon qui m’a pointé à son père! Seb se promenait partout et j’ai couru à sa rencontre! Il était un peu sceptique là dessus, mais Dixie n’était pas surprise du tout! Nous allons souper au Japonais; cette fois avec réservation, et c’est encore Luc notre chef! Nous avons l'occasion de parler des conditions de vie des employés; très interessant!

La soirée se termine au Beer Corner, Seb emprunte la guitare d'Angelo le temps d'un petit blues de son cru, on parle beaucoup avec Dixie et Angelo, on retourne chercher un petit sac pour Dixie. Angelo nous donne son e-mail, et on rapporte quelques bières à la chambre. Ces fins de soirées sont fantastiques!

Mardi le 24-08-2010 Le wake up call est en retard d’une demie heure; une chance que nous avions aussi notre petit cadran et que nous l’avions prévu plus tôt! À 7 :45h, départ en autobus pour l’excursion à Cayo Saetia (69 pesos chacun). Le bus arrive alors que nous buvons un café, le guide nous dit de le finir; il nous reprend après avoir embarqué les gens du Playa Pesquero! Nous sommes les seuls de notre hôtel et l’autobus embarque des gens à plusieurs hôtels différents. On roule une bonne heure, paysage superbes et routes que l’on jurerait avoir été bombardées! On traverse un petit village, et on embarque sur le catamaran. L’eau est pleine de méduses! Beaucoup de touristes du U.K., on fait la connaissance d’un jeune couple en lune de miel, pas bien riches, qui viennent d’un petit village d’Angleterre. Super gentils! On fait une heure de snorkeling, il n’y a que quelques méduses, mais des beaux poissons, certains déjà vus mais d’autres inédits pour nous; des rouges qui ressemblent à des épinoches, entre autre. Un gros poisson bleu se cache dans les cavernes de coraux, ainsi qu’une énorme rascasse! Retour au catamaran, on arrive bientôt sur l’île; c’est superbe! Le buffet servi est bon et varié, mais le poisson goûte l’eau cubaine! J’ai pu avoir un morceau de mangue, et j’ai donné mes ananas, pas mûrs, à un gros perroquet! Pour 9 pesos chacun, on prend l’excursion en jeep. Quelle chance, nous sommes seuls avec Martin, le conducteur. L’île est superbe, on se croirait dans la savane : Nous rencontrons plein d’antilopes, de chevaux, de buffles d’Asie et d’Afrique, des zèbres… Il y a de grosses termitières et un arbre gigantesque! On arrête à une petite halte où je nourris un crocodile et prend une grosse tortue dans mes mains. Sur le chemin du retour, la route surplombe la mer! C’est splendide! Nous revenons à temps pour une petite baignade, j’observe la vie étrange des rochers alors que la marée descend. On repart en bateau et on joue à la bouteille musicale pour une bouteille de rhum. Quelques gouttes de pluie et un peu de vent : hissez la grande voile! On accoste, des sternes et des pélicans mangent et se posent. Dans l’autobus qui traverse Antilla, le village d’où nous sommes partis en catamaran, on se rend compte que si certains cubains envoient la main à l’autobus, ce n’est pas le cas de tous… En effet, ils nous voient passer, avec notre argent, mais jamais l’autobus ne s’arrête. Ils n’ont même pas une petite chance de nous vendre leur artisanat, de profiter de la manne touristique. On leur passe devant le nez combien de fois par semaine… Devant un parc, Seb remarque le geste d’un petit garçon : il nous indique son pied nu… Je ne peux retenir mes larmes. Sommes nous les seuls passagers à être touchés? Comment ne pas remarquer le dénuement extrême de ces gens vêtus de vieilles hardes? Ces maisons sans toiture? Ces porches délabrés? Nous sommes complètement retournés. La prochaine fois, nous arrêterons l’autobus, nous apporterons des chaussures et des vêtements, nous ferons au moins quelque chose!

Au retour, petite baignade, puis on s’essaie au japonais. Comme ça ne fonctionne pas, on se restaure au buffet alors qu l’heure du souper se termine. On prend un verre au lobby, on ne s’attarde pas sur le spectacle; peu intéressant ce soir-là! Je me baigne dans l’eau beaucoup trop chlorée, alors je me rince! Petit tour au Beer. Petit déjeuner au buffet, je n’ai pas faim, c’est fou! On prend l’autobus pour Guardalavaca, en compagnie de Christine et Richard, et d’un autre couple. Nous visitons un centre commercial gardé par un flic avec un très gros fusil, puis on trouve un magasin où Seb trouve les cigares qu’il cherchait. Je vois passer notre autobus alors qu’il complète la transaction. On s’installe pour fumer un cigare, et on revoit l’autobus! Je cours comme une dératée, un des québécois au deuxième étage tape sur le côté du bus et nous pouvons monter! Merci mon homme; désolée, je ne sais pas ton nom! Nous avions apporté un sac garni des produits que l’hôtel laisse dans la chambre (Impossible de les donner au personnel!) et de quelques vêtements dans le but de faire un chanceux à Guardalavaca, mais comme nous n’avons pas eu le temps, c’est du haut de l’autobus que nous avons repéré une femme à qui nous avons lancé le paquet! Elle avait l’air contente, nous étions satisfaits, et j’espère que ce geste a pu donner aux touristes qui en ont été témoins l’idée de donner aux gens de Cuba tout ce qu’il n’est pas important de ramener au pays! Au retour à l’hôtel, on a encore des problèmes de safe! J’ai tellement le goût de profiter au maximum de cette journée : on file à la plage! On fait un peu de plongée, mais comme Seb n’a pas apporté son rasoir, sa barbe trop longue permet à l’eau d’envahir son masque, qu’il doit vider très souvent! Un Québécois qui a appris plein de choses des cubains nous montre que les oursins blancs ne piquent presque pas, et nous fait voir un poisson bien caché. Lorsque je vois une étoile de mer, il l’attrape et j’ai le plaisir de la tenir! Je vois une superbe rascasse, mais le temps que Sebastian arrive, elle est cachée dans une anfractuosité corallienne. Je reste à distance, espérant qu’elle sorte, alors que Seb explore le récif. Il revient près de moi et, comme il doit vider son masque, pose ses palmes… Juste devant le trou de la rascasse! Heureusement, il a compris que mon cri informe dans le tuba en était un de panique et pas un cri de joie émerveillée! Il s’éloigne promptement à la nage. Par la suite, nous avons eu le grand bonheur de la voir quitter son antre, et avons pu l’observer tout à loisir. Quel magnifique poisson! Seb s’essaie un peu à la planche à voile, mais le vent est trop fort pour une leçon. Il ne se débrouille pas trop mal vu les circonstances! Au bout d’une heure, il est épuisé… C’est qu’il fait 40 degrés à l’ombre! En fait j’ai cru qu’il allait tourner de l’œil! Toute la journée, notre sac de plage nous suit, plein de petits sacs remplis d’ibuprofène, de shampoing, de dessous, etc. à l’intention des cubains. Nous avons préparé ces sacs suite à notre passage à Antilla, et aux conversations avec le personnel. Ils sont toujours chaleureusement accueillis Nous passons de la plage à la piscine, et comme le temps file, qu’une réservation au restaurant cubain nous attend et que nous devons faire provision de rhum, nous laissons nos ensembles de plongée et notre serviette près de la piscine, question de faire toutes ces courses au lobby. Nous rentrons a la chambre et filons droit vers le resto cubain, où nous sommes accueillis par la serveuse sympa du végétarien! Le service à notre table est assuré par notre fameuse xxx! Nous avons des cadeaux pour elles deux! Quel bonheur : Angelo illumine notre repas de sa charmante musique! Le repas est délicieux : la soupe traditionnelle cubaine que xxx nous assure être réellement traditionnelle, est succulente! Dans un bouillon flottent poulet et porc, ainsi que quelques petits légumes et de gros quartiers de pommes de terre. L’autre soupe est bonne, mais sans plus. Bouillon tomaté et pâtes. La langouste est délicieuse; c’est la première fois que nous en mangeons. Elle est servie en moitié avec ses accompagnements et sa saveur est encore relevée en y ajoutant du beurre. Sebastian en reprend une seconde portion! Côté desserts, les glaces ne sont pas convaincantes, mais la tarte à la goyave de grand-mère (à la mangue ce soir là!), est plutôt bonne. À la fin du repas, xxx est absente, nous informons une serveuse que nous avons quelque chose pour elle, et je glisse son sac sous ma serviette de table… Elle ne revient pas, nous donnons son cadeau à Ajee et direction le Beer Corner! Oups! Le paquet pour xxx est sous ma serviette de table! Alors que je laisse tomber, Seb y retourne et demande si ils ont trouvé un paquet. ‘’Oui, le paquet pour xxx!’’, fut la réponse qu’il obtint! Les employés étaient réunis, et montrait à tous le sac à main que nous lui avions offert! Tout semble très ouvert à ce sujet parmi le personnel; je ne doute pas que xxx ait reçu son cadeau! Au Beer Corner l’Italien me fait danser sur la musique d’Angelo, je ne sais pas les pas; qu’importe! Angelo est très gentil, il prête sa guitare à mon bluesman, qui interprète Jonnhy Be Good sous les applaudissements des clients. Il nous donne le e-mail de son fils, qui vit aux îles caïman, afin que nous lui fassions parvenir des photos de lui. Un petit cadeau pour Angelo, un autre pour Dixie, à qui je demande si c’est sécuritaire pour les touristes d’aller sur la plage le soir. Elle nous donne quelques bières pour la plage, et du champagne pour la chambre. Comme c’est notre dernier soir, D. nous fait un beau câlin. A. nous en fait un aussi; comme d’habitude! À la plage, Sebastian me montre la caméra, que je n’avais pas remarquée, et engage la conversation avec le garde alors que je me baigne là où il n’y a pas de corail. Il lui offre une bière, qu’il accepte, et un cigarillo Cohiba, qu’il met dans sa poche plutôt que de l’allumer… Compréhensible : il semble difficile pour un cubain d’acheter ces produits, pourtant produits par leurs concitoyens!Ça fait deux jours que mon amour se demande à qui donner ses sandales de cuir; ce garde est le chanceux qui promet de les donner à quelqu’un d’autre si il n’en a pas besoin. Tout le monde semble s’entraider dans cette Île pleine de charme! Je trouve une cenne de chance; un sous noir Canadien, et aperçoit comme un feu d’artifice qui n’éclate pas; une étrange étoile filante juste pour moi! Je choisis d’y voir la promesse d’un nouveau voyage! J’ai fait un vœu sur ‘’l’étoile’’ et je conserve ma cenne de chance! Nous retournons à la chambre, et je découpe enfin la mangue offerte par Ajee à l’aide d’une bobby pin! C’est la meilleure et plus juteuse mangue de ma vie, que je dévore au dessus du balcon du deuxième étage en buvant du champagne! Ça devait être charmant : moi dans ma petite robe jaune, une fleur dans les cheveux, en pleine face dans un énorme fruit! Nous complétons la préparation des valises, et Seb s’écroule, épuisé, avant la fin. À 3 heures du matin, je réalise que nos ensembles de plongée et la serviette de plage sont restés près de la piscine! J’enfile une robe et file vers la piscine, où plus rien ne se trouve, et c’est à la réception que je récupère le tout, Dieu merci! Très honnêtes, les cubains! En revenant, je passe devant un spa, et je m’y plonge. Bonne nuit!

Jeudi le 26-08-2010 Nous terminons les valises, prenons une douche, déjeunons, donnons les derniers effets dont nous pouvons nous départir et ça y est! Lina nous assure que nous reviendrons plus vite qu’on pense, je vois ça comme un bon présage plutôt que comme un souhait… On monte dans l’autobus. Nous regardons déjà le paysage avec nostalgie, l’intention de revenir au plus vite au fond du cœur. Viva Cuba!
Récit d’un voyage de trois semaines en Corée du Sud en août 2010 English translation pending
by Sandie75 · 2010-09-10 · 47 replies
Bonjour,

Nous venons de rentrer il y a quelques jours de Corée du Sud.

Je n’ai pas l’habitude de faire des récits de voyage mais vu les difficultés que nous avons eu à préparer ce voyage, à trouver des infos sur le net…, je me suis dit que ça pourrait éventuellement aider certaines personnes désireuses de connaître ce pays.

Dans la suite de mon récit, je ferais quelques comparaisons avec d’autres pays d’Asie car je suppose que, sauf exception, les personnes qui souhaitent aller en Corée du Sud connaissent déjà un peu l’Asie. Je ne pense pas que ce soit un pays où on va en 1ère intention.

Quelques mots sur nous, nous sommes un couple début quarantaine avec une petite puce de 3 ans. On s’est pas mal baladé en Asie notamment en Asie du Sud-est (Thaïlande, Laos, Vietnam, Malaisie, Indonésie) et en Chine. On apprécie beaucoup aussi l’Amérique du Sud (surtout le Brésil) et l’Amérique Centrale.

On voyage toujours en individuel. Pas franchement routard, ni voyageurs de luxe, on est entre le 2. On aime bien voyager confortablement, louer des voitures, prendre des vols intérieurs…

Pourquoi la Corée du Sud ? On avait envie de découvrir une autre facette de l’Asie suite à nos différents voyages en Asie du Sud Est. Depuis quelques années, on a rencontré de plus en plus de coréens en voyage, on apprécie la cuisine coréenne… cela a suffit a aiguisé notre curiosité. On a adoré la Chine, surtout les régions « reculées » (Yunnan, Sichuan) où on a découvert le « plaisir » de voyager sans pratiquement aucun touriste occidental. On s’est dit qu’on pourrait peut-être retrouver ce type de dépaysement en Corée. Le Japon nous attire beaucoup aussi mais nous semble hors budget. On s’est donc dit que la Corée du Sud devrait être un bon intermédiaire entre la Chine et le Japon. On a pensé à Taiwan aussi, mais au moment où on a regardé les prix des billets d’avion, c’était trop cher.

Bref, début mai, nous avons réservé 3 billets pour Séoul.

Les préparatifs du voyage :

C’est là qu’on a commencé à s’inquiéter. Il y a très peu d’infos sur le net, peu de discussions sur les forums, peu de guides, la plupart des sites sont en coréens ! Très peu de rating d’hôtels sur tripadvisor. Peu de choix d’hôtels sur Booking et Agoda. On entend parler des love motel … Avec notre puce de 3 ans, est-ce vraiment le bon choix ??? On a essayé de déterminer un itinéraire et quand on a voulu réserver quelques hôtels, on a vite laissé tomber car en dehors des grandes villes, c’est quasi impossible !

Donc, finalement, on a décidé de réserver les 1ères nuits à Séoul, les suivantes à Sokcho ainsi qu’une location de voiture. Rien d’autre.

L’itinéraire prévu était Seoul – Sokcho – Andong – Gyeongju – Busan et pour finir soit le sud-ouest (Jeollanam), soit Jeju en fonction de la météo.

On est donc partis curieux mais un peu inquiets avec la peur de galérer (pour les hôtels, pour la langue …), de découvrir un pays sans grand intérêt vu le peu de témoignages de voyageurs.

Le voyage en lui-même :

Je le dis d’emblée, nous avons été enchantés de ce voyage !!!

Un magnifique voyage, un dépaysement total, des paysages très beaux, des temples sublimes, des activités extrêmement variées et surtout des coréens adorables !

Mais pourquoi la Corée du Sud est-elle si méconnue des occidentaux ??? Mise à part Séoul, nous n’avons quasiment pas vu d’occidentaux de tout le voyage.

Avant d’en venir à notre itinéraire, je souhaiterais détailler quelques points d’ordre général.MétéoOn s’attendait à suffoquer et à être gênés par la pluie voire par les typhons. On a eu globalement très beau temps, la pluie nous a gâché une seule journée sur tout le voyage. Il a fait chaud effectivement mais pas plus chaud qu’à Bangkok ou à Singapour. Et moins chaud qu’à Bornéo. Il a fait plus chaud dans le sud notamment à Jeju.

Je ne saurais dire si c’est un coup de chance ou non.HébergementOn n’a eu aucun mal à trouver des hôtels même en arrivant en fin de journée alors qu’on était en haute saison (vacances scolaires coréennes). On a vite découvert que les love motels étaient la bonne alternative. La plupart du temps impeccables, pas du tout glauque et bon marché. Quand on suivait les conseils des guides (Lonely Planet en anglais ou Petit Futé), les hôtels décrits comme très confortables étaient en général plutôt vieillots. Les meilleures surprises n’étaient pas décrites dans les guides qui je pense sont très datés. On a donc essayé de se fier plus à notre instinct (ou plutôt aux façades des motels !) qu’aux guides.NourritureOn a globalement bien mangé. Ce n’est pas la divine cuisine thaïlandaise, ni la cuisine de la Chine profonde (qu’on a trouvé exécrable !) mais on s’est régalé d’excellents korean barbecue. C’est sur ce plan que la barrière de la langue s’est fait le plus ressentir. Beaucoup de cartes de restos n’étaient pas traduites donc ce n’était pas évident de choisir. Et comme on n’a pas forcément envie de manger des barbecue à tous les repas, on a eu envie assez régulièrement de manger occidental (italien surtout) ce qui nous arrive très rarement en Asie. La plupart du temps, les italiens étaient mauvais genre Pizza Hut, Mister Pizza …

Sinon, si vous êtes amateurs de poissons crus (ce qui n’est pas notre cas), vous serez comblés ! On en trouve partout dès lors qu’on est proches de la mer. On choisit son poisson vivant et il est préparé tout de suite après. Par contre, attention au porte-monnaie, ça douille !

Sinon, il y a beaucoup de chaînes de restos Hans, VIPS … qui proposent des buffets variés. Ce n’est pas de la grande cuisine mais on y allait par facilité quand on était fatigué de devoir choisir des plats dans des menus non traduits.

Autre alternative de restos dans les grandes villes, les foodcourt. On voit ce qu’on va manger et c’est généralement plutôt bon.

Et la nourriture de rue est souvent délicieuse (raviolis, épis de mais, brochettes en tout genre …).

Dans les endroits les plus reculés, il nous est arrivé de faire des petits pique-niques en achetant quelques bricoles dans les multiples Seven-Eleven, Family Mart (chips, nouilles déshydratées, tomates cerise, fruits …).

Pour les petits-déjeuners, hormis à Séoul où c’était compris, on achetait des laitages et des jus de fruit au 7/11 et quelques viennoiseries dans les chaînes spécialisées (Paris Baguette qu’on trouve un peu partout dans le pays).HygièneOn a été surpris. C’est vraiment propre ! Ca change de l’Asie du Sud-est et surtout de la Chine. Des toilettes la plupart du temps impeccables même dans les petits restos, pas de détritus partout, pas de cracheurs, de mollardeurs, de roteurs (ceux qui connaissent la Chine comprendront …), pas d’odeurs d’égouts écoeurantes…SécuritéAucun problème non plus.

Nous n’avons jamais ressenti le moindre sentiment d’insécurité.

On a vu à plusieurs reprises dans les foodcourt des personnes réserver une table en laissant leur sac à main et s’éloigner sans aucune crainte.TransportNous nous sommes déplacés à Séoul en taxi ou en métro.

Pour le reste du pays, on s’est déplacés en voiture qu’on avait loué à Séoul chez Avis et rendu à l’aéroport. On m’avait déconseillé sur ce forum d’en louer une. Honnêtement, c’est très facile de rouler en voiture en Corée, les routes sont en excellent état, les panneaux traduits, les indications claires. Et les coréens conduisent tout à fait correctement. Une fois qu’on a compris le positionnement des feux rouges (après les carrefours) et des panneaux signalés longtemps à l’avance, la conduite ne pose aucun problème. Il nous a paru infiniment plus facile de conduire en Corée qu’en Thaïlande, en Malaisie, au Vietnam et surtout à Bali (le pire je crois niveau conduite !).

Avis nous a fourni un GPS en coréen (la version anglaise existe mais ils n’en avaient plus). On ne pouvait pas programmer le GPS nous-même mais cela nous a beaucoup servi notamment pour être avertis des radars. Non pas qu’on conduise comme des fous mais les limitations sont assez délirantes, genre 80 à l’heure sur une nationale à 4 voies !!! Et les radars sont très très fréquents. Cela nous a servi aussi pour se repérer grâce aux numéros des routes (notre carte routière n’était pas très détaillée).

On nous a programmé une fois le GPS pour quitter Séoul et aller à Sokcho, heureusement d’ailleurs ! Sinon, nous n’avons pas demandé à le programmer, les panneaux étaient suffisants.

Je sais que les réseaux de bus et de trains sont très bien en Corée du Sud mais franchement la voiture nous a permis de découvrir plein d’endroits reculés, une campagne merveilleuse que nous n’aurons jamais pu voir sans la voiture. De plus, de nombreux sites à visiter sont éloignés des centre-ville (je pense à Gyeongju ou à Andong notamment) donc la voiture donne une liberté de mouvement incomparable.

Nous avons payé 450 000 won pour 16 jours de location de voiture, soit 300 euros ce qui fait 18 euros par jour, ce qui est plus que raisonnable.

J’avais choisi le modèle le moins cher sur internet et on s’est retrouvé avec une belle berline toute neuve (une Hyundai Avante).

Attention, lorsque vous réservez sur internet la voiture chez Avis, le prix est très différent d’une agence à l’autre à Séoul (du simple au double voire plus). On a pris l’agence de Hongik University qui était la moins cher. Nous n’avons pas payé de supplément pour la rendre à Incheon et le GPS nous a été offert (parce qu’il n’y avait pas la version anglaise).

Précision pour ceux qui souhaitent louer une voiture avec un jeune enfant, l’agence Avis n’avait pas de siège enfant. On a essayé d’en acheter un sur Séoul, c’était hors de prix (dans les 300 euros le simple réhausseur avec dossier). On a fini par en trouver un dans une petite boutique de puériculture à Sokcho dans les 100 euros. Donc, je pense que le plus simple, c’est apporter son propre siège enfant.Niveau de vie / ArgentOn s’y attendait, la Corée du Sud est une destination plus chère que l’Asie du Sud-est. On l’a ressenti surtout au niveau des restos où l’addition tournait souvent autour des 20-30 euros pour nous 3 (enfin plutôt 2 ½ ). Les boissons ne sont pas données surtout les jus de fruit frais. On a l’habitude en Asie du Sud-est d’en boire sans compter. Là, à 3.5 euros le verre, on était obligé de se limiter.

Globalement, les visites de sites historiques ou naturels (jardins botaniques, grottes …) sont très bons marchés (souvent 2-3 euros maxi, les enfants de moins de 4 ans ne paient pas).

L’addition monte vite avec les loisirs « fun » type waterpark, parc d’attractions, ballon captif … surtout à Jeju où il y a pléthore d’activités de ce type.

Pour les hôtels, on dormait généralement dans les love motel qui coûtent souvent 50000 won (33 euros).

Le litre d’essence coûte environ 1.20 euro.

Hors hôtels et location de voiture, on a dépensé en moyenne 100 euros par jour (repas, essence, entrées, loisirs …). On ne s’est pas privé en parcs de loisirs ce qui a fait monter l’addition (dans les 70 euros par exemple l’entrée d’un parc aquatique pour 2).

Ce n’est pas vraiment un pays pour routards habitués au niveau de vie de l’Asie du Sud-est mais plus pour voyageurs « intermédiaires ».

Attention, il n’est pas évident de trouver des ATM acceptant les cartes françaises (Visa pour nous) en dehors des grandes villes. Les DAB de la Korean Bank marchent toujours, pour les autres, c’est selon ! Ce qui nous a « sauvé la vie » à plusieurs reprises, ce sont les petits DAB installés dans les 7/11 et les Family Mart.

Le plafond de retrait est souvent à 300 000 won (parfois 100000) donc ça fait cher en commissions.

Astuce : Si vous avez un ado (12-18 ans) dans votre entourage, les banques BNP et Caisse d’Epargne proposent des cartes bancaires rechargeables sans aucune commission sur les paiements et les retraits à l’étranger.LangueSauf exception, les coréens ne parlent pas anglais ou le parlent très mal.

Est-ce gênant ? Un peu mais pas tant que ça.

Ca nous a un peu gêné dans les restos ou lorsqu’on avait des besoins bien précis.

Mais pour trouver une chambre d’hôtel, on peut très bien se débrouiller en échangeant avec les mains (et une calculatrice).

Puis, en cas de besoin, les coréens n’hésitent pas à utiliser un service fantastique ! Une hot-line pour touristes. Cela nous a bien aidé à différentes reprises.

Sinon, si vous avez un iphone, il existe une application gratuite qui s’appelle Linguopal qui traduit quelques phrases basiques en coréen. Ca nous a dépanné à plusieurs reprises (et ça a fait rire beaucoup de coréens occasionnellement !).Voyage avec de jeunes enfantsAucun problème !

La Corée du Sud est un peu pays très facile pour voyager avec des enfants même très jeunes.

J’ai vu que les supermarchés vendaient tout le nécessaire pour les plus petits (couches, petits pots …).

Il est très facile de se promener avec une poussette, les trottoirs sont impeccables, il n’y a pas de dénivelé de 40 cm comme en Thaïlande …

Pour les hôtels, s’il n’y avait pas de lit supplémentaire, on demandait un ondol.

Même si la Corée du Sud n’est pas vraiment une destination balnéaire (il y a des plages agréables quand même mais ce n’est pas la Thaïlande), il y a une multitude d’activités à faire avec des enfants. Parc d’attractions, parc aquatiques, aquarium, curiosités naturelles (grottes, tunnel de lave …)…

Et pour couronner le tout, les coréens adorent les enfants ! On était abordés très souvent, notre fille a été photographiée un nombre incalculable de fois, elle a reçu une multitude de petites gourmandises d’inconnus (bonbons, biscuits, chips, glaces, boissons …). Cela a donné une dimension très sympathique à notre voyage.

Venons-en (enfin !) au parcours que nous avons effectué :Séoul (4 jours)On a logé à l’hôtel Ibis. Il est très bien situé mais je pense qu’on peut trouver un meilleur rapport qualité prix.

On a beaucoup aimé Séoul. On avait peur que ça ressemble à une des multiples mégalopoles asiatiques (Bangkok, Singapour, Kuala Lumpur …) mais en fait, non c’est très différent, une ambiance unique. Plein de quartiers variés, chacun avec sa personnalité. Plein de possibilité de visites, temples, marchés, balade le long du canal, musées, tour de TV pour le point de vue, parc d’attractions…Sokcho (2 jours)La route pour venir de Séoul est très belle surtout lorsqu’on quitte l’autoroute. On a commencé à découvrir les jolis paysages « nature » de la Corée du Sud. On est allé à Sokcho directement mais on a vu qu’il y avait plein de possibilité de balades dans la région avec beaucoup d’activités type rafting, saut à l’élastique, randonnées …

Concernant Sokcho, on n’a pas franchement aimé. La ville est plutôt laide.

On a dormi à la guesthouse House Hostel. C’est le seul hébergement de Corée qu’on n’ait pas aimé ! J’avais réservé une chambre triple et on a eu une chambre très vétuste à ondols. Les draps sentaient mauvais, il y avait des punaises dans la chambre. Bref la cata ! J’ai cru comprendre que les chambres doubles étaient beaucoup mieux.

On avait prévu initialement de rester 3 jours à Sokcho mais la météo n’était pas avec nous, on avait prévu une journée complète au parc du Seorak et c’est la journée où il a plu à torrent ! On a préféré ne pas y aller. On a donc écourté le séjour à Sokcho.

Sinon depuis Sokcho, on est allés jeter un œil à la DMZ. On n’a pas aimé, la route n’avait pas grand intérêt. L’après-midi, on est allés au parc aquatique Waterpia, génial ! Notre fille a adoré et nous aussi.Jeongdongjin (2 jours)On avait envie de découvrir l’arrière-pays de Gangneung et de Donghae après avoir lu le descriptif du Petit Futé. On a vite vu que ces 2 villes étaient assez moches (comme beaucoup de villes secondaires coréennes). On a choisi de loger dans la petite station balnéaire de Jeongdongjin qui est situé entre les 2. C’est là qu’il y a le Sun Cruise Resort, le fameux hôtel paquebot construit à flancs de montagne. La station est plutôt sympathique. On a dormi dans un love motel tout neuf situé juste après le Sun Cruise Resort. 50 000 won.

Après le mauvais épisode de Sokcho et la déception de ne pas avoir visité le Seorak, les vacances ont pris alors une toute autre tournure.

On a visité l’intérieur des terres, la vallée de Mureung notamment et là, on a découvert une campagne vraiment très jolie. L’agriculture sud-coréenne est très diversifiée ce qui donne des paysages merveilleux, des rizières, des champs de lotus, des vergers, des champs de toutes sortes de légumes (piments, sésame …). Quel plaisir des yeux tous ces petits champs avec au loin une jolie ferme à l’architecture traditionnelle.

Cela fait un peu penser à la Dordogne, avec ses rivières, ses méandres, ses grottes …

On a donc sillonné pendant 2 jours cet arrière-pays et on s’est régalé ! Outre les jolis paysages, il y avait très régulièrement des attractions, des sites d’intérêts touristiques (grottes, cascades, méandres …).Tabaek (1 jour)Ce n’est pas très loin de l’étape précédente. Encore une journée de magnifiques balades dans la région. C’est un peu plus montagneux. On a visité un observatoire astronomique ainsi que le musée du charbon (très bien fait). On a dormi tout près de la mine de charbon dans un love motel à 50000 won.Andong (1 jour) Une très belle étape avec notamment la visite du village traditionnel Hahoe. On est en général sceptique sur les villages traditionnels mais, là, on est tombé sous le charme. Magnifique ! De charmantes petites maisons, des ruelles adorables, tout ça dans un cadre bucolique entouré de rizières. On pensait y rester une petite heure, on y a passé plus d’une demi-journée.

Juste après le village traditionnel, il y a une école confucéenne en face d’une rivière. La route est un peu difficile (non goudronnée) mais la visite vaut la peine. L’endroit est vraiment charmant, très paisible.

On a dormi à l’hôtel California. 40000 won. Correct mais défraîchi.Gyeongju (3 jours)La distance n’étant pas grande entre Andong et Gyeongju, nous avons décidé de rejoindre Gyeongju en fin de journée et de découvrir l’est d’Andong où il y a de très beaux lacs. On n’a pas hésité à se perdre dans des petites routes secondaires. Splendide !

On est tombé par hasard sur un endroit référencé dans les guides, le Jirye Artists’ Colony. Une ancienne école confucéenne reconvertie en un lieu regroupant différents artistes. La route pour y aller est sublime, l’endroit très joli.

On a vu également dans le coin le plus grand Ginkgo Biloba de Corée. Cette partie est autour d’Andong est vraiment très très belle. Si on a du temps, je pense que ça vaut le coup de rester plus longtemps.

On est arrivé ensuite à Gyeongju, là aussi, une des plus belles étapes si ce n’est la plus belle étape du voyage.

On a dormi à l’hôtel Bellus. 50000 won, correct mais également un peu défraîchi.

Gyeongju est des villes les plus agréables qu’on ait vu en Corée. Il y a énormément de choses à voir, on est restés 3 jours mais on serait bien restés plus longtemps si on avait eu plus de temps.

Attention, pour ceux qui n’ont pas de voiture, beaucoup de sites à visiter sont assez loin du centre-ville.

Outre les sites « connus », on s’est régalés avec les petites routes secondaires où à nouveau, on a apprécié cette Corée rurale si typique, si délicieuse. Il y a beaucoup de fermes avec des élevages dans la région. On n’hésitait pas à s’arrêter pour montrer à notre fille les vaches, cochons, basse-cour… Cette campagne là est vraiment aux portes de Gyeongju.

Je ne détaillerais pas les multiples sites que nous avons vu (les guides les décrivent bien) mais il y a un endroit qu’on a particulièrement apprécié, ce sont les champs de lotus qui sont en bordure du centre-ville. C’est tout simplement sublime. A voir au petit matin et au coucher du soleil car les fleurs de lotus n’ont pas du tout le même aspect.

Pour se reposer des temples, des balades… et se rafraîchir, on a passé une journée dans un parc aquatique près du lac. Il y avait beaucoup de monde mais on a passé un très bon moment.

Pour ceux qui ont des enfants, la visite de la tour avec un vide en forme de pagode (près du lac) vaut le détour. Il y a un petit musée consacré aux « stars » des dessins animés coréens (Pucca, Pororo …) et une aire de jeu indoor (piscine à balles, châteaux gonflables).

A noter qu’on a très bien mangé à Gyeongju. On a découvert près du lac un korean barbecue (de bœuf uniquement) où on choisissait soi-même sa viande (un peu comme chez le boucher), je ne sais plus le nom mais il est dans le coin des resorts. Le meilleur KB du voyage !

Sinon, en centre-ville, il y a un resto italien très bon qui s’appelle « la cuisine ». Les pizzas et les pâtes sont excellentes !Busan (1 jour)On avait envie de découvrir Busan, notamment son port et son marché aux poissons mais l’immensité de la ville et la circulation nous ont un peu découragés. Il fallait faire un choix si on voulait avoir le temps d’aller à Jeju. En effet, vu que la météo était clémente pour les prochains jours, on avait décidé d’aller à Jeju en prenant un ferry à Wando.

On a donc choisi de faire une visite éclair à Busan et d’avancer notre route en direction de Wando qui n’est pas franchement à côté.

On a vu le marché aux poissons et le port (on aime bien l’ambiance des ports gigantesques) et on a filé.

Je ne doute pas qu’il y ait beaucoup plus de choses à voir à Busan mais on n’avait pas le temps. L’ « appel » de Jeju était trop fort…

On a dormi en chemin à Jinju, petite ville très secondaire dans un love motel correct (50000 won).Wando (1 jour)On a quitté Jinju et pris la direction de Wando avec l’idée de prendre un ferry le lendemain. On a donc pris notre temps pour arriver à Wando.

A nouveau, on s’est régalés avec les petites routes secondaires. Le panorama était splendide notamment autour de Yulpo. Il y a une route magnifique qui descend vers la mer en serpentant les plantations de thé en terrasse. Une merveille !

On a fait une petite halte à Yulpo dans un sympathique petit parc aquatique (encore !) d’eau de mer.

La route de Yulpo à Wando était toujours aussi belle. On serait bien restés plus longtemps dans le coin… Il y a plein d’endroits où on peut s’arrêter et passer un bon moment (baignade dans les rivières …).

On est arrivé en fin de journée à Wando, petit port agréable. Il n’y a pas grand-chose à voir mais l’ambiance est sympa. On a visité une tour avec au sommet un très beau panorama sur les îles environnantes.

On a dormi au Sidney Motel, 50 000 won (comme beaucoup de motels !), impeccable.Jeju (4 jours)On a pris le ferry au petit matin en direction de Jeju.

Cela nous a coûté dans les 110 000 won (dont 70 000 pour la voiture).

La traversée a duré 5 heures (il y a des ferry qui mettent moins de 3h mais les horaires ne nous convenaient pas). Ambiance très sympathique à bord, nous étions une fois de plus les seuls occidentaux. Notre fille a joué du début à la fin avec les petits coréens.

Que dire de Jeju ?

Je sais que c’est une destination controversée, certains conseillent de ne pas y aller, que c’est très « moyen ».

On a beaucoup aimé. Même si ce n’est pas Hawaii, Jeju regorge de coins très jolis, de curiosités naturelles étonnantes et il y a une multitude d’activités à faire dont certaines unique en leur genre !

Je ne saurais énumérer toutes les possibilités de visites tellement elles sont nombreuses mais en voici quelques-unes que nous avons particulièrement apprécié.

Visites des cratères secondaires du volcan, tunnels de lave, le superbe parc Hallim (pour ceux qui ont peu de temps, ce parc comporte aussi un tunnel de lave), falaises avec les cônes de lave, les routes de bord de mer notamment celles du nord-est…

Côté activités étonnantes, nous avons fait une balade en sous-marin, nous ne connaissions pas ce genre d’expérience et évidemment on a adoré !

On est monté aussi dans un ballon captif tout près du stade olympique.

Autre activité très sympa, le kart. Ce n’est pas vraiment notre truc normalement mais là il y avait des karts avec un petit siège enfant et un petit volant. Notre fille était ravie !

Pour ceux qui ont des enfants, il y a le kitschissime Teddy Bear museum. Près de Jungmun, il y a un petit show sympa de dauphins, phoques et singes.

Sinon, côté hébergement, on a dormi à différents endroits.

On aurait bien aimé pour les derniers jours dormir dans un bel hôtel avec piscine mais tous les resorts étaient complets.

On a dormi la 1ère nuit dans un motel à Seogwipo, le Noble Hotel, 50000 won, quelconque.

Les 2 suivantes, on est tombé par hasard sur un lieu paradisiaque à Pyoseon, le Casa Marina. Il est situé tout au bout du petit port. En fait, ce sont des appartements. On avait un magnifique duplex avec en bas un superbe salon avec de grandes baies vitrées donnant sur la mer et une chambre mansardée en haut avec des fenêtres en hublot. C’était vraiment charmant ! On l’a eu à 130000 won la nuit mais ça les valait. Pyoseon est une petite station balnéaire plutôt agréable. La mer forme un lagon à cet endroit, la baignade est très sympa surtout avec de jeunes enfants (peu de profondeur).

On a bougé le dernier jour car on voulait voir la partie ouest de l’île et Pyoseon est trop excentré.

On a dormi enfin près du parc Hallim dont un motel (je ne sais pas le nom) à 70000 won.

Pour ceux qui n’aiment pas changer d’hôtels trop souvent, je pense que loger à Seogwipo ou Jungmun est la meilleure option.

Pour quitter Jeju et revenir vers Séoul, on a étudié différentes possibilités :

- Soit prendre un ferry vers Mokpo ou Wando et tracer jusqu’à Incheon (on n’avait plus de temps pour visiter l’ouest),

- Soit essayer de rendre la voiture à l’aéroport de Jeju et rentrer en avion sur Séoul (vols qu’on n’avait pas encore réservé),

- Soit prendre un ferry directement pour Incheon (13 heures), il y en 3 par semaine à 19h. Dans notre cas, cela nous faisait arriver à 8h30 au port d’Incheon avec un vol à 13h40. Ayant entendu parlé d’annulations fréquentes des bateaux, cette solution était risquée.

On a éliminé la 1ère solution car on n’avait pas envie de faire 400 km d’autoroute avec les innombrables radars et les limitations à 80.

On a essayé de rendre la voiture chez Avis à Jeju. Après une heure de parlementation, d’appels au siège d’Avis, les employés nous ont annoncé un supplément de 350000 wons pour le drop off. On a laissé tomber d’autant plus qu’il fallait rajouter les 3 billets Jeju – Seoul, cela faisait trop cher.

On a pris le risque finalement de rentrer en ferry directement jusqu’à Incheon avec peu de manœuvre pour arriver ensuite à l’aéroport. Il n’ y avait pas de typhons en perspective, les risques étaient donc limités. On s’est décidé au dernier moment (la veille) pour être quasi sûr de la météo.

Cela nous a permis de profiter de Jeju une journée supplémentaire.

Pour les tarifs du ferry, on a payé 170000 won pour la voiture. Côté passager, c’est 65000 won par personne (notre fille devait payer plein tarif) en dormant dans des cabines collectives à ondols.

Il y a aussi des cabines privées avec salles de bains de 2, 4 ou 8 personnes. Quand on a réservé, il ne restait que les plus chères celles à 365000 won.

Vu qu’on devait enchaîner le ferry et les 12 heures de vol jusqu’à Paris, on a préféré prendre la cabine. Elle était top ! Superbe chambre avec 2 lits en boiseries, couettes moelleuses, grandes fenêtres, salle de bains avec baignoire … On n’a pas regretté notre choix !

Tout s’est bien passé, le bateau est parti à l’heure et nous sommes arrivés vers 9 heures au port d’Incheon. On s’est rendu directement à l’aéroport.

Voilà, j’ai été un peu longue mais j’avais vraiment envie de donner un maximum de détails vu le peu d’informations dont on disposait avant le départ.

J’espère que cela vous aura donné envie de découvrir ce pays si injustement méconnu.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas !
L'Ouest des États-Unis en famille en 2010 English translation pending
by Lathoune · 2010-09-06 · 47 replies
Bonjour à tous, eh oui, un nouveau carnet sur l'Ouest des USA ! J'en ai lu quelques-uns avant de me lancer et j'ai hésité au vu de la qualité de certains. Malgré tout, mon expérience en famille pourrait peut-être servir alors je me lance !

Nous sommes une famille de 5 : Didier, Nathalie (votre serviteur !), Mélina (19 ans), Julien (10 ans) et Jonathan (7 ans). Le voyage s'effectue du 28 juin au 22 juillet, vols par Air France, voiture chez Avis, chaine d'hôtels "Choice Hotels". Budget global : 9 000 € (tout compris !)

Programme

J 01 - L 28/06 : CDG - LAX - Nuit à Los Angeles J 02 - M 29/06 : Los Angeles : Beverly Hills - Santa Monica - Venice - Downtown - Hollywood - Nuit à Los Angeles J 03 - m 30/06 : Universal Studios - Nuit à Ventura J 04 - J 01/07 : Santa Barbara - Monterey Bay Aquarium - 17 Mile Drive - Carmel - Nuit à Monterey J 05 - V 02/07 : San Francisco : Downtown - Fisherman's Wharf - Nuit à San Francisco J 06 - S 03/07 : Golden Gate Bridge - Alcatraz - Nuit à Sacramento J 07 - D 04/07 : Sacramento : Old Town - California State Railroad Museum - Lac Tahoe - Nuit à Carson City J 08 - L 05/07 : Mono Lake - Yosemite National Park - Nuit à Fresno J 09 - M 06/07 : King's Canyon NP - Generals Highway - Sequoia NP - Nuit à Bakersfield J 10 - m 07/07 : Death Valley NP - Nuit à Las Vegas J 11 - J 08/07 : Las Vegas : Le Strip et Hôtels-Casinos - Nuit à Hurricane J 12 - V 09/07 : Zion NP - Mount Carmel Highway - Nuit à Kanab J 13 - S 10/07 : Bryce Canyon NP - Capitol Reef Scenic Drive - Nuit à Caineville J 14 - D 11/07 : Arches NP - Nuit à Moab J 15 - L 12/07 : Dead Horse Point State park - Canyonlands NP - Nuit à Monticello J 16 - M 13/07 : Mesa Verde NP - Nuit à Cortez J 17 - m 14/07 : Canyon de Chelly National Monument - Nuit à Blanding J 18 - J 15/07 : Valley of the Gods - Goosenecks State Park - Monument Valley Navajo Tribal Park - Lake Powel - Nuit à Page J 19 - V 16/07 : Grand Canyon NP - Nuit à Williams J 20 - S 17/07 : Historic 66 Route - Déjeuner au "Bagdad Cafe" - Barstow Outlet - Nuit à Barstow J 21 - D 18/07 : San Diego : Zoo - Old Town - Nuit à San Diego J 22 - L 19/07 : Sea World - Nuit à Anaheim J 23 - M 20/07 : Disneyland Resort - Nuit à Anaheim J 24 - m 21/07 : Disneyland Resort - Long Beach - Venice - LAX-Paris CDG

Petites précisions : 1) Didier a pris ses billets avec ses "Miles" donc il partait de CDG, en revanche j'ai dû aller avec les enfants à Heathrow pour le vol aller -Londres-Paris-Los Angeles-. Ce qui me prendra environ 8h pour faire Paris-Paris !!! 2) Concernant les hôtels nous avons réservé des chambres pour 4 sauf à 3 reprises où nous avons pris des suites (pour 6), nous n'aurons aucun souci non plus de ce côté là. Nous avons choisi cette chaine pour la piscine (quelques fois intérieure) et pour les petits déjeuners inclus. 3) Pour les bagages nous avions 2 gros sacs de presque 25 kilos chacuns plus une valise taille cabine plus tout l'attirail électronique afin d'immortaliser ce périple. Le principe pour ne pas décharger la voiture tous les soirs : ne prendre que la petite valise en y mettant les trousses de toilettes, les pyjamas, les maillots de bains et les tenues pour le lendemain de façon à ce que le matin on échange le linge sale (dans les sacs fournis à l'hôtel) contre le linge propre pour le lendemain, enfin le but du jeu était de ne pas sortir les gros sacs du coffre et se trimballer les 50 kilos de fringues tous les soirs.

JOUR 1

La nuit a été courte, et c'est fin prêts que nous allons à la Gare du Nord prendre l'Eurostar de 8h10 qui nous conduit à Londres. Je ne me charge pas inutilement de bagages car c'est Didier qui les passe en Business. Une seule petite valise nous suffit amplement pour traverser cette ville que nous n'aurons malheureusement pas le temps de visiter. Les enfants sont pressés de monter dans l'A380 pour ce court vol pour Paris où Didier nous attend avec impatience pour notre vol de 16h35.

Joie qui sera de courte durée car arrivés à CDG nous sommes bloqués sur une piste par un remorqueur tombé en panne. Normalement nous aurions eu le temps de faire la correspondance, surtout que dans le Terminal 2 nous devons prendre un train automatique pour nous mener à notre porte. Après moult appels téléphoniques avec mon chéri et 45 minutes passées à s'énerver et à piaffer d'impatience, le remorqueur est enfin dégagé et ni une, ni deux, une course folle commence dans le Terminal. Nous courrons si vite que nous en bousculons quelques personnes mais j'ai décidé qu'il était hors de question que je dorme à l'hôtel ce soir et les enfants sont d'accord avec moi. Je n'ai jamais passé la douane aussi vite et tant pis pour les ceintures, nous les remettrons plus tard. A l'arrivée à la porte d'embarquement, quel soulagement de voir que Didier nous attend encore et de ce fait, notre avion aussi. C'est tout essoufflés et le coeur battant la chamade que nous embarquons enfin après les formalités. Ceci étant dit, ce sera la seule anicroche du voyage ! Le vol Paris-Los Angeles se passe sans encombre, Mélina et moi dormons par bribes, les enfants arrivent à dormir plusieurs heures d'affilé et Didier dort comme un loir, le pacha !

Nous arrivons à LAX à 19h05, sautons dans une navette Avis et le temps de récupérer notre Crossover Nissan Murano, il fait déjà nuit. Quelle déception pour Nathalie et Mélina ! La découverte de L.A en voiture à 20h n'est pas très engageante, nous devons rejoindre le Downtown par l'autoroute pour nous rendre à l'hôtel. La chose qui nous a surpris en sortant de l'aéroport c'est le nombre de restaurants "restauration rapide", il y en a partout et pour tous les goûts, ceci nous met déjà l'eau à la bouche, gourmands que nous sommes ! Les enfants ouvrent grand leurs yeux à l'approche du centre-ville, et là, la déception du départ s'évapore pour laisser place à l'enchantement des buildings illuminés et agglutinés les uns sur les autres. C'est notre premier soir aux Etats-Unis et je crois qu'il n'en fallait pas beaucoup pour nous émerveiller. Ah oui, je tenais à dire également que nous n'avions pas de "Tom-tom" et consorts et que nous nous sommes très bien débrouillés sans. Tous les trajets avaient été conçus avec Google map et imprimés à la maison, le lutin ne quittera pas la boite à gants pendant ces 24 jours.

Nous logeons au Comfort Inn City Center, dans un quartier populaire, pas loin de la station de métro Mc Arthur Park. La piscine est à l'extérieur, donnant sur le parking et vu la température dehors nous n'avons pas trop envie de nous baigner. Nous montons finalement nous coucher sans dîner car nous avons bien mangé dans l'avion et n'aurons pas assez d'énergie pour ressortir au Mc Do du coin.

JOUR 2

Le soleil s'est levé tôt, et nous avec. Le jet lag ne nous fait pas de cadeau et à 5h30 tout le monde est sur le pied de guerre. Il faut attendre que la salle de petit déjeuner ouvre à 6h30, d'ailleurs nous y sommes les premiers et nous délectons de gauffres, muffins et autres tartines.

Première déception de la journée, il fait un froid de canard : 18 ° tout au plus et on dirait que les nuages ont décidé de venir se frotter aux toits des immeubles. Ça commence bien ! surtout que toutes les visites sont prévues en transports en commun et à pied. Tant pis, nous attrapons un gilet et en route pour l'aventure Californienne ! Mais quand même, Mélina et moi on se dit que c'est pas ce qu'ils nous vendent à la télé, on a cru qu'à Los Angeles il faisait toujours beau. Remboursés !!!

Nous prenons le métro à la station Mc-Arthur Park afin de rejoindre Wilshire Blvd, où le "Metrobus" rapide nous pousse jusqu'à Beverly Hills. Pour ce faire, nous avons acheté 5 DayPass à 5$ l'unité, qui seront vite amortis.
Quels atouts possède Madagascar pour développer le tourisme? English translation pending
by Tamerlan95 · 2010-09-04 · 226 replies
Bonjour😉

Un sujet qui va nous permettre de pouvoir débattre de tous les avantages et inconvénients que possèdent Madagascar pour son futur développement touristique qui tarde à venir, 😕 quoique que nous en connaissons un peu les raisons en ce moment en pleine crise politique🙁.......mais essayons d'anticipiter l'avenir avec un brin d'optimisme qui des fois, ne fait pas de mal.😏

J'aimerais tout particulièrement que ce post reste dans le contexe uniquement touristique.........😮

Merci
Ségou (Mali): la communauté des flageurs, capitale des buveurs de bière et autres spiritueux English translation pending
by Brunlatino · 2010-09-03 · 528 replies
Et bien voili voilou, Ce post est une spéciale dédicace à tous les Flageurs du Mali, et de Ségou. Tous ceux qui passent par Ségou doivent se présenter au bureau de contrôle et se soumettre au test d'aptitude pour l'obtention de sa carte d'adhérent à la communauté. Plusieurs lieux semblent être retenus pour établir une base de flagueurs routards. L'espace Arianne (de l'espace Kora de bamako), pas mal, select, permet de choisir une clientèle haut de gamme dans un cadre respirant la douceur de dégustation flagante. Musique agréable (quoique forte pour mes portugaises), proche du centre ville et pas trop cher. Il y a de la place aussi pour tous et le comptoir est long... La route de Markala, le futur bâtiment, je vois pas trop où il se trouve mais cela me semble assez éloigné du centre et pour rallier des âmes perdues qui ne connaissent pas le site ça risque d'être dur! Enfin "le golf", pas très loin de l'espace Arianne, musique le vendredi et samedi par orchestre et le mardi petits groupes locaux.. avantage : toujours de la glace pour le Bony!! bouffe pas cher et bonne mais parfois en rupture de Flag ce qui m'a souvent frustré 🤪 ! Donc je me remet au Bony ou sinon castel (personne n'est parfait).. je connais le proprio de Arianne qui peut nous faire décoller ou le prorio du golf qui est aussi un poto et qui nous fera swinguer.. Pour les Tshirts il ne nous reste p^lus qu'a trouver notre logo et savoir quoi mettre devant car derrière on pense aux ânes de Colette (arawani quoi!) et on milite. L'année dernière des potes toubab on louer une charrue et un âne pour se déplacer dans ségou.. grosse sensation avec des africains qui s'arrêtait pour photographier les toubabs sur la charrue, ça changeait un peu.. bon allez à l'attaque, sachant que Colette est sur place vers le 18 octobre, moi j'y suis vers le 20 décembre mais elle repart pour revenir en janvier. Faut qu'on s'organise pour faire notre première AG !! Allez Tchinnnn,
Nouvelle croisière du Cap vers Istanbul et la Grèce sur le Coral (suite) English translation pending
by Choune857 · 2010-08-26 · 178 replies
Bonjour , Je viens de recevoir le message suivant de Voyage Forum, par conséquent, j'ai décidé d'ouvrir une suite à ce post

Bonjour,

Nous venons de nous apercevoir que votre discussion a nettement dépassé les 500 posts. Au delà de ce nombre, nous devons fermer la discussion car elle consomme trop de ressources au niveau de nos serveurs.

Nous vous invitons à reposter une discussion sur ce sujet avec un lien vers l'ancienne. Merci de votre compréhension.

Cordialement,

L'équipe de VoyageForum.com

Sandrine
L'Ouest américain! c'est beau, c'est très beau et c'est possible aussi quand on n'est plus tout jeune English translation pending
by Ninou98 · 2010-08-24 · 132 replies
Bonsoir,

Nous sommes deux "novices" question voyages. A part quelques voyages professionnels, hyper organisés et quelques courtes échappées, en 18 ans de vie commune, nous ne sommes jamais partis en vacances.

En 2003, mon mari (dit Le Grand) a eu un cancer du pancréas. Il avait 53 ans à ce moment là, moi 48. On croyait notre vie finie. Les années 2003/2004 ont duré longtemps... très longtemps et notre terreur était de voir le cauchemar se terminer, car nous n'avions que peu d'espoir d'un réveil heureux. Pendant qu'il se battait contre cette saloperie, un de nos amis m'a demandé ce qu'il pouvait lui offrir pour lui faire vraiment plaisir. Je lui ai expliqué que le rêve d'enfant du Grand avait été de "voir en vrai les paysages des vrais westerns". Il lui a offert un livre somptueux qui n'a plus quitté sa "table de nuit" d'abord à la clinique, puis à la maison.

En 2005, Il a bénéficié d'une opportunité intéressante pour s'arrêter de travailler en janvier. Le 21 juin 2005 nous nous sommes envolés. Bien entendu, en raison de notre grand âge il n'était pas question de crapahuter en nous mettant dans des situations délicates. Donc le voyage que je vais vous raconter risque fort de décevoir les "aventuriers", quoique...

Nous n'avons rien préparé, nous avons juste réservé une voiture (chez Alamo via Auto Escape) et nos billets d'avion (par Expedia) : Paris-Montréal le 21 juin 2005 Toronto-San Francisco le 11 juillet San Francisco-Montréal le 20 septembre Montréal-Paris le 12 octobre.

Dans nos bagages le Guide vert et le Routard.

Le Grand a été un petit peu scout quand il était gamin, moi je n'ai jamais campé de ma vie et, surtout, je n'ai jamais imaginé que je camperai un jour. Pourtant, la veille du départ nous avons acheté une tente Quechua "On ne sait jamais..."

Après quelques jours au Québec,



le 11 juillet 2005 nous embarquons à Toronto pour San Franscico, c'est la journée des mésaventures. Et ça commence très tôt le matin. Les formalités de police se font directement avant l'embarquement. Nous tombons sur un policier américain qui affiche son nom sur une jolie petite étiquette agrafée sur le revers de sa poche poitrine : A. Di Narco, ça me fait rigoler mais je ne vais rigoler longtemps.

Il épluche nos passeport et la carte sur laquelle on doit tout décrire de nous : "I need an address in San Francisco". Oh, mais nous comprenons bien cher Monsieur, mais nous n'avons pas d'adresse à San Francisco. Nous atterrissons là-bas, nous prenons la voiture de location, dont voici le contrat, et nous partons à l'aventure. "I need an address in San Francisco". On se regarde éberlués. Ben, il ne nous a pas compris. Notre accent peut-être ? On recommence en articulant. "I need an address in San Francisco". Ca a duré au moins 20 minutes. Plus on s'énervait, plus il restait froid comme un zombie. Il a répété de sa voix monocorde "I need an address in San Francisco" une quinzaine de fois, jusqu'à ce que le Grand retourne dans le hall, appelle un hôtel de chaîne et demande à la réception l'adresse de leur hôtel à San Francisco. On écrit avec application l'adresse de cet hôtel où nous ne mettrons jamais les pieds et Monsieur Di Narco toujours aussi "souriant" nous donne le coup de tampon sésame pour nous permettre d'entrer aux Etats-Unis !

Il n'est pas 9 heures du matin, je suis déjà bien énervée par mon pote Di Narco, on a quelques 8 heures à passer dans les aéroports et les avions et je m'aperçois que j'ai oublié d'acheter des cigarettes et de "m'en griller une" avant d'entrer dans l'aéroport. Un paquet de cigarettes dans les boutiques de l'aéroport : 13 $can 😮 et une zone fumeurs infecte. Je sens que la journée va être géniale !

Comme nous n'avons rien préparé, nous choisissons dans l'avion notre première destination. Je propose au Grand de partir vers le nord pour visiter dans un premier temps Redwood National Park, puis nous irons vers Crater Lake.

On atterrit vers 17 heures. On récupère nos sacs de voyage tous sens dessus-dessous, verrous forcés. J'ai pris la précaution de répartir les médocs du Grand dans les trois sacs pour éviter toute catastrophe que ne manquerait pas de provoquer la perte de ses précieux remèdes. Heureusement que j'ai mis avec chaque paquet de gélules une copie de la lettre que son médecin a faite pour ses confrères américains "au cas où", sinon je pense qu'ils nous auraient arrêtés pour nous demander ce que l'on trafiquait LOL ! On va chercher la voiture... je n'ai toujours pas fumé. Sur le parking, pendant que le Grand fait son choix, je m'en allume une avec bonheur. La préposée de l'agence se précipite sur moi, hystérique, ici aussi on n'a pas le droit de fumer 😛. L'heure tourne, le Grand a faim, comme d'hab, j'ai envie de fumer, comme d'hab - enfin... encore plus que d'hab. On file vers le Nord. Objectif : un restau et un p'tit coin où il n'y a pas de panneau "No smoking".

On roule, la circulation est infernale. Je surveille les panneaux de limitation de vitesse et je rappelle à l'ordre Le Grand chaque fois qu'il dépasse le bon niveau sur le compteur. Ce qui l'énerve, puisque tous les autres roulent beaucoup plus vite. Mais je commence une crise de parano qui va me durer deux, trois jours. J'ai une peur bleue que l'on nous arrête pour excès de vitesse et que l'on se retrouve en prison, pour fausse déclaration à notre cher ami Di Narco.

On roule. En consultant la carte, j'ai décidé qu'on allait dormir à Petaluna, parce que le nom me plaît et que pour ce soir c'est bien assez loin. Péage sur le Richmond - San Rafael Bridge. Et qu'est-ce qu'ils ont oublié les deux gros malins ? ... de prendre des dollars à la machine à sous ! Le péage n'accepte ni nos euros, ni les dollars canadiens, ni les cartes Visa. Imaginez le sketch : faire demi tour, à un péage, dans la circulation dense, quand on ne connait pas la voiture et qu'on est passablement énervés, lui parce qu'il a de plus en plus faim, moi parce qu'on n'a toujours pas trouvé, sur cette 🤪 d'autoroute, une aire de repos... Ca commence à me plaire l'Amérique LOL ! On a fini par trouver des sous autochtones, on a eu beaucoup de mal à trouver un restau encore ouvert passé 22 heures et on s'est endormis comme des souches dans le premier motel venu.

Nous n'aurons plus de galère pendant tout notre voyage. On a tout concentré sur le premier jour.

12 juillet

Après quelques achats de première nécessité - glacière, eau, pique-nique - nous passons la première journée à découvrir la cote sur la route 1 entre Salmon Creek et Eureka. Il fait beau, il fait chaud, les paysages sont somptueux. On est heureux.





Notre premier coucher de soleil sur le Pacifique à Humbold bay me met les larmes aux yeux.



On dort à Eureka dans un joli petit motel. On nous avait dit qu'on pouvait "négocier" les prix dans les motels. On n'imaginait pas le faire. Mais quand la charmante réceptioniste nous voit discuter entre nous une fois qu'elle nous a annoncé son prix, d'elle même, elle descend de 65 $ à 40 😏. Le pli est pri. Lorsque que nous arrivons dans un hôtel, Le Grand demande le prix, se tourne vers moi, me dit quelque chose en français, je réponds systématiquement n'importe quoi en faisant "non" de la tête et presque à chaque fois le prix chute de 20 à 30%.

13 juillet

Redwood National Park. Nous découvrons les Visitors centers que nous allons beaucoup fréquenter. Nous prenons notre pass pour les parcs nationaux et pour un tout petit droit de passage le ranger nous explique que nous pouvons aller à Tall Trees Grove. Nous nous acquittons de ce droit et il nous donne la combinaison d'un cadenas. La gentillesse des rangers et des gens en général nous enchante.

Le parc est magique. Un océan vert cotoie le bleu. Les séquoia sont ici, on le découvrira plus tard, moins gros que ceux du Yosemite ou de Sequoia Park mais ils sont immenses. Deux jeunes femmes rangers avec qui nous allons dicuter un bon moment nous expliqueront d'ailleurs que la "bataille des sequoias" entre les parcs est sévère. L'un revendique le plus vieux, l'autre le plus gros, ici, ils ont les plus grands. Avec beaucoup d'humour d'ailleurs, elles nous diront "vous verrez aux USA, c'est toujours "le plus".





La balade à Tall Trees Grove est superbe. Nous marchons tous les deux seuls dans cette immense cathédrale de troncs rouges. La flore est abondante et colorée, en particulier les digitales qui ont du être génétiquement modifiées par les gènes des sequoias. Certaines sont plus grandes que moi - bon ça d'accord, ce n'est pas difficile - mais que le Grand aussi, donc elles font plus de 2 m ! Et je ne parle pas des fougères ! Je crois bien avoir entrevu un ours, mais cela s'est passé si vite... Ai-je rêvé ? Le Grand joue au trappeur et cherche des empreintes d'animaux. Ca marche ! Il repère des traces mais de là à savoir de quel animal il s'agit ? Tout ce qu'il peut dire c'est que ce doit être un gros félin. Un cougar peut être ?

Après un pique nique où de superbes oiseaux bleus tentent de nous piquer nos provisions, nous marchons jusqu'à Lady Bird Johnson Grove. Les séquoias sont un peu moins haut dans cette partie du parc, mais que c'est beau. Ici les sous bois sont envahis de rhododendrons et malgré l'époque tardive, certains sont encore en fleurs. Blanc limpide, jaune citron, rose nacré, rose bonbon, jaune vert. Impossible de choisir "le plus" beau. Ils ont tous un plus.

Nous reprenons notre route vers le nord, toujours en longeant la cote et en nous arrêtant pour admirer certains points. On aperçoit au loin quelques baleines. Direction Crescent City et Point St George. Le ranger, ce matin, nous a dit qu'il fallait voir le coucher du soleil à Point St George. Il avait raison.

Où se loger dans le nord du Vietnam? English translation pending
by Henrileger · 2010-08-24 · 29 replies
bonjour ns arriverons à hanoi le 15/11 ( 2eme voyage) pour 2 nuits puis le Nord-Ouest/Nord et retour à hanoi et descente sur Saigon en 3 semaines avec les sacs à dos comme tjrs (69 et 62 balais) en prenant les moyens locaux de transports et en vivant comme les locaux ( la Birmanie en Fevrier de cette annèe) : alors si vs avez de bonnes G Houses ou hotels à Hanoi , à Son La , à Muong Lay, à Lai chau , à Sapa et à Lao cai ?....ça ns aiderait bcp ! pour Hanoi en particulier . Peut-on rejoindre Son La voire au mieux Muong lay façilement ds une 1re etape ? merçi ++ pour les tuyaux de toutes espèces . Henri
John Muir et les parcs nationaux English translation pending
by Logaro · 2010-08-20 · 0 replies
John Muir et les parcs nationauxCet article est surtout un hommage à l'un des pionniers qui a, par sa ténacité et sa vision, compris qu'il fallait sauver certaines régions des Etats-Unis des effets d'une civilisation galopante.Quand vous visitez un parc, si bien organisé, ayez une pensée pour celui qui s'est battu pour garder ce lieu si magique. Quand vous entrez au Yosemite Park, n('oubliez pas que, sans John Muir, le parc n'existerait pas.Voyager de par le monde doit inclure ce genre de pensées envers celles ou ceux qui ont consacré leur vie à la défense de sites sacrés.Caltecor a choisi : l’île en deux est coupée. La plaine et le plateau sont à l’agriculture. La partie sauvage, par la faune occupée, S’étend au Nord : elle est refuge et sépulture   A tous les animaux qui librement s’ébattent, Chassent, tuent le gibier par instinct prédateur. Naturelle est leur mort : le froid, un coup de patte, Non la lâche visée dans un collimateur.   Celui qui s’aventure au risque de sa vie Est responsable seul de son vaillant retour. Sans armes et sans poudre, il n’a de sa survie Pas toujours le destin : qu’il regarde alentour :   Immense est la nature et l’homme par la ruse L’a souvent dominée et l’a même réduite A un charnier puant dont le spectacle accuse L’humanité de son exécrable conduite.   Le danger va de pair avec la vraie beauté. La profonde forêt révèle à tous moments D’admirables profils qu’il soit peine d’ôter, Si grand serait le risque, aux soupirs des amants.                                                           Caltecor 5127, Vision XI 2, André Girod 1978   Quel plus bel hommage pourrait être rendu à un seul homme qui, par sa vision, son action, sa témérité et sa persévérance, transforma l’Amérique dans les années 1870. Un nom à retenir : John Muir, véritable naturaliste et écologiste par sa façon de voir la nature et de vivre en son sein. « Only by going alone in silence, without bagage, can one truly get into the heart of the wilderness. All other travel is mere dust and hôtels and bagage and chatter. » ( C’est seul et  dans le silence, sans bagage, que l’on peut aller dans le cœur de la nature sauvage. Tout autre voyage n’est que poussière et hôtels et bagage et bavardages.)   Radicalement influencé par le poète écossais Robbie Burns dont il lisait souvent les œuvres, puis plus tard par Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson dont il avait une copie dans son sac, John Muir va s’enfoncer, loin de toute civilisation, dans la forêt profonde. Il rappelle, bien qu’il en ait vaguement entendu parler, le parcours du philosophe suisse, Jean Jacques Rousseau. Si je dis suisse, c’est qu’à l’époque de John Muir, Rousseau était considéré comme un philosophe suisse de Genève. L’idée de s’accaparer de son œuvre par les Français, n’a jamais convaincu les anglo-saxons de la véritable identité de Jean Jacques !   John Muir aurait bien pu écrire, tout comme Rousseau dans les «  Rêveries » : « Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. » Ou : «  Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi que dans les voyages que j’ai faits seul et à pieds. »   On est loin du raffut des hélicoptères, avions, équipes techniques,   cirque Barnum des écologistes reporters de notre époque : imaginez Hulot et Arthus Bertrand, Pernoud et bien d’autres sauver la nature sans leurs cinq étoiles, voyages première classe, 4X4 tonitruants et armada de véhicules ! Pauvre John Muir, qui sans un sou, a réussi à faire plus pour sauver la nature et défendre les vastes étendues sauvages de l’Amérique que ne feront jamais nos pieds-nickelés verts ! Avec ses seuls carnets, ses crayons, ses jambes et son courage, il s’est dressé contre tous et a gagné. Son influence restera à jamais gravée dans le cœur des Américains !   Ce fut surtout le pionnier dans le domaine de la préservation de la beauté de Yosemite.   Né en Ecosse en 1838, il émigra aux Etats-Unis à l’âge de onze ans (1849). Sa famille s’installa dans une ferme dans le Wisconsin : « Fountain Lake Farm ». Puis il alla à l’université du Wisconsin à Madison et eut son premier cours de botanique : «  Ce petit cours m’a envoûté et m’a fait voler par-delà les forêts et les prairies avec un enthousiasme sauvage. »   Pas à la Yann Arthus-Bertrand, en hélicoptère et en avion mais spirituellement sans pollution !   En 1868, il arrive dans une magnifique vallée qu’il veut explorer : Yosemite Valley. Il est simplement subjugué par la vue et l’émotion le prend au corps : «  Aucun temple construit de la main de l’homme ne peut être comparé à Yosemite. »  écrira-t-il dans son carnet de notes.   Mais les dangers rôdent : exploitation du bois, pâturages pour moutons qui détruisent tout sur leur passage, ignorance du grand public, cynisme et critiques des  scientifiques et des politiques. Alors il prend une plume virulente et s’élève contre ceux qui, pour un appât de gains, détruisent les arbres millénaires à coups de dynamite :   «  Any fool can destroy a tree.   Any fool can destroy trees. They cannot run away ; and if they could, they would still be destroyed – chased and hunted down as long as fun or a dollar could be got out their bark hides, branching horns or magnificent bole backbones. Few that fell trees plant them ; nor would planting avail much toward getting back anything like the noble primeval forests…. God has cared for these trees… but he cannot save them from fools – only Uncle Sam can do that. » ( N’importe quel idiot peut détruire un arbre : Ils ne peuvent pas se sauver et s’ils le pouvaient , ils seraient quand même détruits, chassés et poursuivis tant qu’un dollar peut être obtenu de leur peau en écorce, de leurs branches en forme de cornes, de leur magnifique colonne vertébrale. Peu de ceux qui abattent les arbres en replantent. Cela ne servirait à rien pour retrouver les nobles forêts primales. Dieu a pris soin de ces arbres mais il ne peut pas les sauver de ces idiots –seul l’oncle Sam peut le faire ! »   John Muir n’était pas du tout aveuglé par sa religion : il connaissait les limites de Dieu qui avait tout créé à ses yeux mais ne pouvait rien sauver !   Pourtant son courage et sa persévérance  vont réussir à protéger ce paradis. En 1890, sur le modèle du premier parc national créé au monde: Yellowstone Park, une loi déclare Yosemite Valley, un parc national. C’est le deuxième en Amérique.   Grâce à une vision nouvelle de certains hommes explorateurs, la société va réfléchir à la défense de sites encore vierges et naturels, qui existent intacts sur terre depuis des millions d’années. La Nature dans toute sa splendeur et son aspect sauvage.  L’Amérique était le seul pays à pouvoir le faire, l’Europe étant ravagé depuis des siècles par une civilisation rampante.   Pendant que Napoléon partait à la conquête sanglante de l’Europe en 1806, un homme se retrouvait seul dans un endroit encore inexploré des Etats-Unis : John Colter était le premier blanc d’origine européenne à observer les éléments géothermiques de la région : fumerolles, sources d’eau chaude, émanations de soufre, geysers. A la suite de nombreuses expéditions, le Président des Etats-Unis, Ulysses Grant signe le décret qui déclare Yellowstone, premier parc national, le 1er mars 1872.   Quant à John Muir, bien déterminé à sauver Yosemite des griffes des investisseurs et des forestiers, il se battra toute sa vie pour y parvenir. Avec succès surtout lorsqu’il passa une nuit à la belle étoile avec le président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt. Ce dernier comprit l’importance de mettre de côté des pans du pays et les protéger d’une civilisation destructrice galopante.   Les parcs, à leur instauration, étaient encore des lieux sacrés, accessibles uniquement à des aventuriers qui avaient le courage de défier la nature : le froid, les animaux sauvages (ours, bisons, loups), la solitude, le risque d’accidents. John Muir était l’un d’eux. Il partait dans les coins les plus reculés de Yosemite, seul, sans armes, avec juste ses vêtements et un peu de pain dur. Il devait camper dans les forêts, entretenant un feu en se réveillant toutes les demi-heures. La pénétration de cette nature sauvage n’était pas le privilège des riches mais des téméraires, des hommes peu attachés aux choses matérielles.   Le dictionnaire Larousse de 1875, trois ans après l’instauration du premier parc américain, rappelle qu’aimer la nature, c’est faire comme Rousseau : « Rousseau donne le premier exemple aux touristes par ses longs voyages pédestres en Suisse et en Italie (il est banni de France), qu’il accomplissait le sac au dos et le bâton à la main, se nourrissant de pain bis, de laitage et de cerises, en véritable enfant de la nature. »   Mais Rousseau, tout comme Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, est un doux rêveur, pas un homme d’action, comme le sera John Muir. Ce n’est pas avec de vagues réflexions sur son désarroi devant la société qu’il la changera. Quand Thoreau écrit ; «  I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life. » ( Je suis allé dans les bois parce que je voulais vivre selon mon désir, n’affronter que les actes essentiels de la vie) ou quand Emerson déclare : «  Do not go where the path may lead, go instead where there is no path and leave a trail. » ( Ne va pas où mène le sentier, va plutôt où il n’y a pas de sentier et laisse ta trace. » ce ne sont que des réflexions qui inspireront sans doute les autres mais ne changeront rien au comportement des hommes.   Au contraire, John Muir s’enfoncera dans la forêt, non pas uniquement pour fuir la société mais surtout pour la défendre des prédateurs qui commençaient à la dépecer. Et il y réussira brillamment, ce qui n’était nullement dans les intentions de nos pacifistes «  sauvages ».   Hélas, trois fois hélas ! C’est là que ma modeste personne entre en jeu !   Mais encore une fois parlons chiffres avant.   Le progrès envahit tout et n’a aucun respect pour ce qui peut être exploité. En 1880, une ligne de chemin de fer est construite à proximité de Yellowstone. Le reste du trajet se fait encore à cheval ou en diligence. Le nombre de visiteurs est donc restreint. On en a compté, dans l ‘année 1872, trois cents, un par jour à peine. L’itinéraire correspondait à une véritable expédition. Mais en 1883, la horde commence à apparaître, des touristes qui n’auraient jamais parcouru plus d’un kilomètre à pied. Ils sont plus de cinq mille en 1883. On fait pire pour améliorer le tourisme de masse : en 1908, une deuxième ligne est construite par la «  Union Pacific Railroad » : elle conduit directement à l’entrée du parc. Ce sera la déferlante surtout qu’une route avait été taillée dans les parois de la vallée, la «  Grand Loop Road », en 1905. Avec l’ère de la voiture, c’est un tsunami de métal et de caoutchouc qui submerge le parc. En 1915, plus de mille véhicules, pétaradant et polluant entrent dans le parc.   Rengaine, routine, suite prévisible de cette invasion. Il y a besoin de construire d’autres routes, des hôtels, des magasins, des restaurants, des aires de stationnement, des terrains de camping, des toilettes et les concessions se distribuent comme des pains bénits. Un village sera même construit en 1966 pour accommoder ce qui est devenu un torrent de roues. Maintenant, 3700 employés travaillent dans le parc, 2 238 chambres sont disponibles dans 9 hôtels. Les stations-services sont présentes. Tout ce trafic rapportait 80 millions de dollars au Parc en 2001, laissés par trois millions de visiteurs.   Mais la circulation et l’arrivée du tourisme de masse a fait inscrire le parc sur la liste du «  patrimoine mondial en péril » en 1995. Et personne ne sait ou ne veut enrayer ce raz de marée.   Comme tout le long de ce livre, j’apporte un témoignage direct et vécu.   En 1960, ma femme et moi, après notre session au NDEA à l’université de Kansas en juillet et août 1960, décidâmes de nous rendre à San Francisco avant de partir pour l’Australie. A bord d’une Ford Falcon, nous nous dirigeâmes vers l’ouest en prenant des petites routes de traverse. A cette époque, une grande partie du réseau d’autoroutes  fédérales n’était pas  encore construite. Par la 30 puis la fameuse 66, nous approchâmes des Montagnes Rocheuses, site des plus beaux parcs nationaux : Grand Canyon, Yellowstone, Bryce Canyon, Yosemite, Sequoia park. L’un après l’autre, nous les explorâmes.    Je me rappelle ( voir Flammes du père inconnu, Publibook) que nous étions rentrés dans le Yellowstone, accueillis par une famille d’ours. La mère faisait la manche au bord de la route tandis que ses oursons, accrochés aux branches d’un arbre proche, surveillaient la scène. Quelques mètres plus loin, deux adultes fouillaient dans une poubelle. A la fin du séjour dans le parc, on ne s’est même plus arrêtés pour les photographier tellement ils étaient nombreux. Nous passâmes deux nuits inconfortables à dormir dans la voiture puisqu’il n’y avait pas d’accommodations en ce temps-là. Au milieu de la nuit, un bruit  énorme nous réveilla : deux grizzlis se disputaient le contenu de bagages qu’un touriste inconscient avait retirés du coffre !  Puis ils vinrent rôder autour de notre véhicule et je pouvais distinguer nettement leur museau, leurs yeux et surtout leurs crocs !   Mais 1960 marque un tournant : la prospérité s’accélère, les autoroutes apparaissent, des aéroports sont construits à proximité et de quelques milliers en 1960,  le nombre passera à trois millions de visiteurs en 2001.

Par la suite j’y retournai souvent, visite incontournable pour les enfants. En 1980, 1985, 2000, 2 001 et  trois ans de suite en 2004, le parc s’était métamorphosé en cirque. L’été, il est parfois impossible de stationner dans les parkings prévus à cet effet et les gens s’arrêtent n’importe où. Les embouteillages valaient ceux de l’entrée à Paris un jour de semaine. Les queues sont partout : aux toilettes, dans les cafétérias, pour acheter une carte postale, une boisson. Même la file de voitures à l’entrée payante ( $ 20.00) du parc qui attendent le signal des rangers pour avancer. Ces derniers, par talkie walkie, attendent que des touristes ressortent à l’autre bout pour dégager la voie ! Les parcs étaient devenus les lieux de visite privilégiés des Américains : 80% des entrées.   Evidemment une autre conséquence me saute aux yeux tout de suite : ceux qui vous accueillent portent un chapeau et sont munis de badges. Les ours, pendant tout le parcours, se cachent au fond des bois et il ne reste plus que quelques caribous de service, loin dans une vallée. La faune a totalement disparu.   Je suis heureux d’avoir pu connaître les parcs, non comme Colter ou Muir mais au moins presqu’encore en privé.   John Muir conclut sans illusion pourtant : « Devotees of ravaging commercialism, instead of lifting their eyes to the God of the mountains, lift them to the Almighty Dollar. » ( Ces dévoués de la  commercialisation ravageuse, au lieu de lever les yeux vers le Dieu des montagnes, les lèvent vers le Dollar Tout-Puissant.)  
Arnaque au taxi en Malaisie English translation pending
by Calimerolele · 2010-08-19 · 10 replies
Petite anecdote qui m'est arrivée lors de mon dernier voyage en malaisie. Alors que je flanais dans un des centres commerciaux de Johor Bahru pour me rafraichir un peu, un type m'aborde, se présentant comme un singapourien venu pour affaire et me demandant d'ou je venais, ce que je faisais, etc... , questions classiques .. Puis il me demande ce que j'ai visité dans le coin, qu'il y a des trucs sympa à voir un peu en dehors de la ville, que pour 3 fois rien un taxi peut me faire un petit tour "touristique". De fil en aiguille il se propose de me trouver un taxi et de lui expliquer afin d'eviter toute incompréhenion, toute façon il a du temps aussi, pas de pb pour m'aider, ... On descend dans la rue, et là je commence à flairer l'embrouille car bizarrement il laisse passer pas mal de taxi malais pour arrêter ensuite un chinois. Dialogue en chinois puis grand sourire, c'est bon je peux monter, et comme il n'a rien à faire il va me servir de guide ... Avec le recul, grosse prise de risque à ce moment là, mais en bon pigeon je monte dans le taxi. On me fait donc faire le tour de la ville, visite d'un Kampang (qui ressemble qd meme plus à un bidonville, limite decharge) avec des indigènes (quelques malheureux en guenilles), le palais du sultan, quelques monuments et enfin un grand parc avec un memorial, un peu loin du centre où j'étais monté dans le taxi. Là mon cher guide me donne le prix de la course, environ 100 euros. Bon je m'attendais bien à une petite embrouille du genre, mais là je trouve qu'il y va fort. Donc discussion, je lui explique qu'il abuse, que je n'avais rien demandé au départ et que de toute façon je n'ai pas 100 euros. Le chauffeur chinois commence à s'impatienter, s'embrouille avec mon guide. Ayant l'habitude de mettre mes billets dans différentes poches, je lui sors une des "liasses" qui contient en tout et pour tout 70 S$ (soit 35 euros), et que c'est ça ou rien et qu'au pire on peut aller à la police du tourisme ou bien s'expliquer avec le garde du mémorial ; celui ci commençait à s'approcher, trouvant certainement bizarre ce taxi arrêté en plein milieu. Petite discussion en chinois, finalement mes 2 larrons acceptent et moi je sors du taxi. Je n'ai pas eu le culot de leur demander de me raccompagner au centre ville. Sur le coup, assez enervé de mettre fait avoir, parce que ça frole quand même le cas d'école, avec le recul plutot content de m'en être bien sorti, j'aurais pu finir à poil dans un des bidonvilles. Pour l'argent perdu, j'aurais certainement pu me sauver du taxi et ne rien payer, mais j'aime autant éviter les embrouilles avec les forces de l'ordre, et puis je considère que c'etait le prix à payer pour ma bêtise, et la leçon que j'ai eu ce jour là.

<< il jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus>> - La Fontaine
Compte rendu de quatre croisières transatlantiques inaugurales sur le Norwegian Epic English translation pending
by Mlej5287 · 2010-08-18 · 55 replies
Bonjour à tous.

Me voila de retour d'un périple de 4 croisières ce qui nous fait un total de 12 croisières effectuées avec différentes compagnies. Voici donc pour commencer mon compte rendu concernant le Norwegian Epic, Premier navire de type F3 (freestyle 3) de NCL.

Tout d'abord, il faut savoir que nous étions environ 3500 passagers sur le bateau qui peut en accueillir environ 4500. A cela, il faut rajouter les ouvriers encore sur celui ci pour cette transatlantique inaugurale.

Le bateau extérieurement est assez beau quoique très particulier avec son "chapeau" à l'avant qui comprend les villas et diverses suites. (tout est question de gout!)

Nous avons embarquer sans trop de problème malgré la file d'embarquement prioritaire plus longue que la file normale. (cela peut se comprendre qu'il y aie, pour une croisière inaugurale, plus de gens ayant déjà voyager avec la compagnie et ceux ci ont un embarquement prioritaire)

Pas de verre de bienvenue...petit manque d'organisation du début??

Nous allons donc à la découverte des ponts extérieurs. Ceux ci sont spacieux, deux petites piscines (un peu faible vu le nombre de passager que peut accueillir l'Epic), de superbes toboggans et le fameux Epic plunge. En route vers le Spice H2O de grands "parkings" à transats mais le spice H2O est très agréable, un bar et grill. au pied de l'écran on devine un plancher amovible pour une 3ème piscine mais nous ne la verrons jamais.

Ma conclusion: nous avons préférés les ponts extérieurs du Gem et surtout du Dawn pour NCL. Sur l'Epic, pas de vue sur l'avant, peu de vue sur l'extérieur en général et, si tout le monde est sur le pont...faudra vous battre...

Un petit arrêt au buffet pour suivre, très agréablement décoré comme tout l'intérieur du navire d'ailleurs. Nouriture équivalente aux autres "garden café" de NCL, rien à redire.

voici quelque photos de l'extérieur et... la suite de mon compte rendu (intérieurs, restos, animations, spectacles, ...) dans quelques jours.

Je reste bien entendu à votre dispo pour toute question ou commentaire.

toutes mes photos sur:
http://picasaweb.google.com/mlej5287/PeripleJuillet2010#
Visites merveilleuses à découvrir au Cambodge? English translation pending
by Julia43 · 2010-08-17 · 35 replies
Bonjour à tous et a toutes, Au mois de novembre je pars au Cambodge pendant 2 mois avec mon copain 😄 c'est notre premier vrai voyage (mais pas le dernier) Bien sur nous irons voir Angkor, Phnom Penh. Nous savons qu'il y a énormément de choses merveilleuses à découvrir au Cambodge. Nous aurions aimé avoir des conseils de ville, de monuments à visiter. Mais à côté des villes et des monuments touristiques, nous souhaiterions aussi connaître le Cambodge hors des sentiers battus, nous voulons vraiment découvrir les cambodgiens loin des sites touristiques. J'espère que je me suis bien fait comprendre 🙂 .

J'ai également deux questions qui me turlupines : " pensez vous que l'on puisse remonter le Mékong jusqu'au Laos ?? " et " Est-il possible de dormir chez l'habitant ??"

merci d'avance 😏
L'Espagne et le Portugal: un émerveillement English translation pending
by Leonlemay · 2010-08-16 · 6 replies
RÉCIT DE VOYAGE EN ESPAGNE ET PORTUGAL

par Léon A. Lemay Partie 1Intro Septembre 2007, nouveau séjour en Europe. Cette fois : Le Portugal et l’Espagne. Je connais très peu l’Espagne pour n’y avoir séjourné qu’une fois. Le Portugal m’est encore inconnu. Certes, on peut vivre sans connaître la péninsule ibérique mais je veux ajouter dès maintenant ces pays à ma collection. Pourquoi cette partie de l’Europe ? Pour parodier Sir Edmund Hilary à qui on demandait pourquoi vaincre l’Everest, ce sommet de l’Himalaya ? : « Parce qu’il est là » aurait-il répondu.

Le service sur Suisse Air est impeccable. D’abord un choix d’apéro, de Perrier à cognac servi avec un bon chocolat suisse évidemment. Puis une autre décision difficile, pâtes ou poulet, avec vin ou autres breuvages. Écran individuel, hôtesses et stewards des plus affables, deux voisins Guylaine et Laurent qui feront aussi la même virée, ça commence bien. L’envolée vers Zurich prendra près de sept heures à l’aller mais huit heures vingt au retour. À Madrid, Rosa, notre guide de l’Agence Allambra choisie par Tours Chanteclerc nous attend. La cinquantaine, bonne expérience à cette fonction, belle culture historique, français difficile mais bien agréable malgré un accent terrible, terrible. Madrid Enfin, nous voici à l’Hôtel Castalonia-Gaudi. C’est la première occasion de rencontre des trente et un (le un, c’est moi) compères et commères qui vivront ensemble cette expérience de tour organisé. La plupart sont des retraités avec moult expériences de voyage apprendrai-je au fil des jours par des allusions aux différences et ressemblances avec le Vietnam, la Chine, le Brésil ou Haïti pour moi. Les couples plus jeunes sont des travailleurs en vacances. Tous m’apparaissent sympathiques a priori. On vient de tous les coins du Québec, notamment Québec, Ste-Hyacinthe, Huntington, Lotbinière et le grand Montréal. Deux couples de Franco-Ontariens sont aussi des nôtres.

L’hôtel est luxueux comme d’ailleurs le seront tous les autres établissements offerts par notre Tour-opérateur. Une heure ou deux de sommeil pour me remettre d’une longue veille et je m’empresse d’aller visiter le fameux musée Prado situé tout près de l’hôtel. La ville de Madrid est très représentative des autres grandes capitales européennes que je connais : des parcs, des monuments et, beaucoup de circulation. Je me réjouis de voir autant d’arbres le long des boulevards, surtout des platanes au tronc ressemblant au costume de camouflage des militaires, Les Madrilènes sont calmes, courtois et propres. Beaucoup de touristes aussi avec sacs à épaules et appareils photos qui, en couple, qui, en cortège suivent la guide à drapeau.

Le Prado est immense. Et vieux. Il aurait grandement besoin d’une cure de rafraîchissement mais d’abord un bon nettoyage tant à l’interne qu’à l’extérieur. Mais n’est-ce pas le contenu qui compte d’abord ? Sa collection, l’une des plus importantes au monde, réunit les œuvres de tous les âges, de nombreux pays, de tous les genres. Évidemment les artistes espagnols sont les mieux représentés à la pinacothèque avec Goya, Le Greco, Vélasquez et Murillo. Faute de temps, je n’ai pu me rendre aux peintres modernes comme Dali, Picasso et Miro. Mais j’ai admiré des œuvres de génies comme Titien, Le Tintorêt, Van Dyck et tant d’autres dont on retrouve les illustrations dans tout bon dictionnaire. Celui qui m’a le plus frappé est Raphaël, ce collègue de Michel-Ange, tant dans ses petits formats que dans d’immenses toiles à motifs religieux.

Mais où s’en va l’art ? Dali, Picasso et Miro sont morts. Et moi, je ne me sens pas tellement bien, me faut-il avouer !

En matinée du lendemain, un grand tour de Madrid. Au-delà des places fleuries, des monuments équestres et des fontaines où l’eau jaillit en cascades sur un rythme flamenco, ce qui séduit le touriste est le faste des devantures de commerces et résidences sur les grands boulevards. Les fenêtres sont couronnées de festons en forme de guirlande et les toits, de colonnades, de dentelles de pierre ou de personnages mythiques voire même au faite d’une banque j’ai vu un char romain avec attelage de chevaux qui semblent s’emballer sous le fouet de gladiateurs. Et combien de caryatides au drapé révélateur et de guerriers à la pudeur protégée par une feuille de vigne ! Je crois que c’est l’ensemble de ces détails qui fait la beauté d’une ville. On dirait que, ici, on s’impose d’ajouter l’esthétique à la froideur grisâtre de la pierre.

Mais, ce qu’il y a du monde en soirée ! On se dirait à la sortie d’un spectacle au Centre Bell. En groupe de 5 ou 10 ou davantage, on parle, on rit, on circule, on vit. Ici et là, on prend une glace. En fin d’après-midi, il est trop tôt pour les travailleurs de rentrer à la maison. On prend donc une bière ou un vin accompagné de tapas, ces délicieux canapés ou encore quelques pointes de pizza qui permettront d’attendre le souper servi après 21h. si non plus tard Ces apéros consommés aux bars et terrasses de tous les centres ville d’Espagne font partie de la culture locale. La température est fantastique soit de 28°en après-midi à 23° en fin de soirée. Vers 22h, on renouvelle l’apéro qui sera suivi d’une paella ou d’un poisson au nom fort exotique ou d’un des 100 choix au menu de tous les restaurants. Partout, du bon vin, j’en atteste. À minuit, toujours autant de bruit dans les rues. On dit qu’il n’est pas indiqué d’arriver dans un bar avant 23h. Tolède Bonne décision d’accepter, après hésitation, la sortie facultative vers Tolède. Ville médiévale et, pour un temps, la capitale de l’Espagne, cette petite ville construite en montagnes respire le calme et la paix. Les rues sont étroites et toutes en pentes. Les maisons sont basses, modestes et souvent regroupées à la mode arabe autour d’une petite cour où des plantes conservent une certaine fraîcheur. Beaucoup de couleurs surtout à cause des mille géraniums aux fenêtres. C’est l’après-midi, les rues sont quasi-désertes, les boutiques, en sieste. Est-ce l’euphorie de ce début de voyage : je ressens une joie de vivre toute méditerranéenne ?

De retour à Madrid, une longue marche au centre-ville permet de vraiment découvrir la qualité de vie en pays castillan. Le coût de la vie est cher surtout depuis l’avènement de l’euro. On nous met en garde contre les pick pockets et les gitans. Dès 20h, sur l’une des rues principales, une trentaine de prostituées offrent leurs services aux centaines de passants qu’elles ne semblent pas déranger outre mesure. Elles font partie de la vie du milieu. Quelques-unes me sollicitent du regard mais elles me font plus pitié qu’envie. Je prendrai plutôt le dîner avec trois sapeurs-pompiers suisses dont l’un m’annonce adorer le Québec où il est déjà venu. Où ? À Saint-Louis dans la province du Missouri ! Ma relation avec les partenaires Déjà le 8 septembre, l’anniversaire de Nicole, ma douce comme je l’appelle. Je parle souvent d’elle car nombre de mes co-voyageurs s’étonnent de son absence même si certains ont constaté qui j’utilise souvent l’Internet à son adresse. J’ai aussi consulté deux d’entre elles dans l’achat d’un bracelet. La référence à sa polyarthrite répond aux interrogations verbales ou souhaitées. J’aimerais devenir copain-copains avec plusieurs de mes collègues voyageurs plus jeunes mais dois-je constater à mon désarroi, ma crinière blanche me voue davantage de respect que d’amitié. Je déteste souper en solitaire mais me retiens de m’imposer à qui que ce soit. J’attends les invitations ou encore je choisis les tables à couverts multiples où j’ai ma place sans devoir quémander. Aussitôt au sein d’un groupe, je deviens me semble-t-il, le centre d’intérêts car je suis très verbal, parfois drôle et toujours intéressé à entendre mes partenaires parler de leurs intérêts.

Ce soir, je soupe avec Mireille et Guy, Micheline et Pierre ainsi qu’avec « Bibi » l’aînée du groupe. Micheline raconte avec enthousiasme son mariage récent et la grande noce qui a suivi. Les Vachon sont très discrets mais fort sympathiques. Quant à Bibi, notre belle grand-maman, elle ose tout en rougissant, raconter une p’tite histoire osée. On s’amuse. L’Escurial Une autre belle journée de découvertes s’amorce à l’Escurial, une résidence d’été pour je ne sais plus quelles familles royales. Résidence d’été seulement compte tenu de la fraîcheur du site et non le palais de leurs majestés. Le siège officiel de la royauté est au Palais Royal de nos jours bien que le roi n’y habite pas. Avec sa famille, il a sa résidence privée sur des terres sises à quelque vingt km de Madrid. Cette région située au nord-ouest de la capitale est la plus élevée de l’Espagne. Il y a de la neige et du froid pendant leur court hiver. On y fait même du ski. Au temps des cathédrales comme dit Plamondon, les gens avaient froid dans leurs maisons non chauffées et encore plus dans les grands palais.

Selon notre guide local, un jeune historien fort cultivé, la suite des rois de l’époque comprenait quelque 3000 serviteurs soit 1200 rattachés au roi et autant à sa conjointe. Quelque 600 autres s’occupaient des enfants. Il fallait donc loger et nourrir tout ce monde d’où la grandeur des installations aujourd’hui converties en centre administratif pour le gouvernement et en locaux universitaires. À l’Escurial, un pavillon était réservé aux visiteurs étrangers venus de l’une des possessions espagnoles en Amérique du Sud, aux Philippines, au Mexique ou autres colonies. Ces hommes d’affaires ou militaires ou ambassadeurs pouvaient attendre des semaines pour obtenir une audience ou même une seule signature sur un traité, une concession ou un projet d’implantation ou d’exploration ou de conquête militaire.

Connexe à la résidence royale, un immense monastère a été élevé en hommage à San Lorenzo. Il est remarquable notamment par la hauteur de sa voûte centrale et la richesse de sa décoration de fresques, de tapisseries de Goya, de peintures de Vélasquez, de Greco et de peintres flamands. D’une fenêtre dissimulée aux regards des autres participants, la famille royale pouvait assister à la messe sans être vue des clercs et notables qui occupaient la nef. Dans toutes ces églises du Moyen-Âge, le peuple, ces simples roturiers, était confiné derrière un mur à l’arrière de l’église d’où il ne pouvait qu’entendre l’office religieux.

Encore aujourd’hui, quelque cinquante moines exercent leur ministère à San Lorenzo, surtout en éducation et sans doute en recherches bibliques si on se fie à l’importance de la bibliothèque où se retrouvent notamment de gros volumes bien archivés produits localement depuis le temps de la contre-réforme. Une pièce de ce complexe immobilier est remarquable, la nécropole. Tous les rois et reines de l’histoire espagnole et leurs enfants qu’on appelle infantes et non princes ou princesses, y ont leur sépulture. Le tombeau du roi actuel est préparé même si le corps devra attendre un « purgatoire » de vingt-cinq ans après sa mort avant d’y être enseveli.

Les changements climatiques L’Espagne souffre beaucoup du réchauffement de la planète. Il n’y pleut presque plus. On a connu une canicule de plus de 40° cet été dont trois jours de plus de 48° dans la région de Granada. Les green peace locaux prétendent même que dans moins de vingt-cinq ans, une importante partie de son territoire deviendra désertique. Déjà les cultures et l’élevage subissent l’effet des sécheresses. Or, l’Espagne est d’abord un pays agricole ! C’est toute l’économie du pays qui doit désormais compter avec ce phénomène.

Salamanca Un autre trou dans ma culture : je ne connaissais pas Salamanca, la capitale du nord de l’Espagne. Ville universitaire de quelque 120,000 habitants, elle ne compte aucune industrie autre que le tourisme et l’éducation. Deux universités dont l’une, laïque, accueille 30 000 étudiants et l’autre, dite pontificale avec sa charte romaine, 10 000. Ce centre éducatif serait le troisième plus vieux d’Europe après les universités de Paris et d’Oxford. Christophe Colomb dit-on, y est venu en 1486 défendre son projet de voyage à la recherche de la route des Indes. Dès 1929, Franco y établit son quartier général par mesure de protection. La proximité du Portugal lui assurait un corridor de fuite au cas où il devrait partir rapidement. Le bien-aimé Jean-Paul II y est aussi venu en 1996 inaugurer de nouveaux locaux à son centre pontifical.

Notre guide local est féru de connaissances historiques, architecturales et artistiques. Grâce à lui, on découvre des merveilles d’ordre technique et esthétique dans la construction et la décoration d’édifices, de places et de parcs, autant de réalisations qui révèlent le génie des artistes, ingénieurs et architectes depuis le Moyen-Âge. Ainsi les deux cathédrales construites comme des siamoises l’une au 11e siècle, l’autre au XVIe émerveillent les touristes. Je retiens notamment le retable de la plus ancienne qui, à partir de 51 tableaux aux cadres dorés et aux illustrations aux couleurs vives de la Renaissance présentent l’histoire de Marie, de son enfance, de sa vie avec Jésus et de son couronnement dans le ciel. En complément dans le dôme du chœur, la grande allégorie du Jugement dernier où Dieu le Père sépare les bons (en robes blanches) des méchants (nus). Ces derniers glissent vers la grande gueule d’un dragon pendant que la Vierge et Saint Jean Baptiste intercèdent auprès du Père pour des malheureux non encore jugés. Que de travail ! Que de magnificence !

Avec quelques collègues dont les sœurs Carmen et Thérèse, nous assistons à une partie de la messe dans la ‘’nouvelle’’ cathédrale. Après vingt minutes, il n’y a eu que la lecture chantée de deux épîtres et de l’évangile du jour suivie d’un interminable sermon lu par l’un des quinze vénérables chanoines. Peut-être parle-t-il encore ! Il n’y a certes pas plus d’une cinquantaine de fidèles à cette célébration dominicale. Bien moins que les touristes qui ont déjoué la surveillance de deux gardes pour s’infiltrer dans le sanctuaire.

La tauromachie La campagne est jaunie par le soleil. Les foins sont engrangés mais il y a encore des grains à moissonner. Cette région agricole du nord de l’Espagne est réputée pour l’élevage de taureaux à corridas. Le prix d’une bête de quatre ans d’une race particulière dont j’oublie le nom, élevée et nourrie selon un guide strict peut atteindre 6 000 euros. On reconnaît un bon taureau à ses cornes effilées et à sa musculature athlétique. Dans leur environnement bucolique, ces bêtes sont calmes et non agressives mais avec le stress du transport, le confinement dans un étroit enclos et le bruit ambiant d’une foule pouvant atteindre 60,000 personnes, le petit bœuf fonce sur tout ce qui bouge dès son entrée en arène. Les fléchettes des picadors dans son échine l’attisent davantage.

La tauromachie n’est pas un sport ni un simple spectacle en Espagne, au Mexique, au Portugal et dans quelques amphithéâtres du sud de la France. C’est un culte, c’est le traditionnel combat entre la force brute et l’intelligence. C’est une démonstration de courage et d’habileté élevée au rang d’art. Les grands toréadors aspirent au statut de matadors pour devenir des héros nationaux pour lesquels on voue une quasi-vénération. Chaque grande ville espagnole et plusieurs centres urbains portugais ont leur « plaza de torros » où des dizaines de milliers de participants soulignent par d’enthousiastes « OLÉ » l’élégante esquive d’un rein cambré ou la spectaculaire arabesque de la cape aux couleurs de feu. Notre guide Rosa Castella semble déplorer notre peu d’intérêt à assister à une corrida le dimanche suivant. « Autre pays, autres nurses » comme dit mon médecin libanais. Tout le monde ne peut apprécier la poutine ! Le Portugal Nous sommes maintenant en route vers Porto. Déjà la prairie passe d’un jaune de foin séché du côté espagnol au vert tendre des nouvelles pousses dès qu’approche la frontière lusitanienne. Ce riche coloris révèle une plus grande pluviosité d’où possiblement une troisième récolte au lieu des deux seules moissons chez le voisin castillan. Région peu peuplée, on rencontre néanmoins plusieurs villages et même une petite ville nichée sur les flancs d’une colline. Rosa nous informe que le Portugal présente le plus bas taux de chômage de l’Union européenne. Non à cause d’un plus grand nombre d’emplois mais, dit-elle, parce que les chômeurs s’expatrient. Les Portugais en exil préfèrent les autres pays de l’UE au voisin immédiat. Les relations avec l’Espagne sont tièdes au plan économique et en plusieurs autres domaines. C’est évident, les Portugais n’aiment pas les Espagnols et ce, in secula seculorum.

Porto Les mesures d’aide sociale seraient-elles peu généreuses pour les sans-emplois ? Nous rencontrons davantage de gitanes, d’handicapés et de clochards qui tendent la main au portail des églises et même sur la rue. Porto est une grande ville industrielle de deux millions d’habitants, la plus importante après Lisbonne. Les édifices publics, le mobilier urbain, les places, rues et parcs auraient grandement besoin d’une cure de rajeunissement ou, à tout le moins d’un bon ménage. On semble se relever difficilement de l’austérité du régime Salazar qui a imposé sa dictature sur le pays pendant quelque quarante ans.

Porto c’est évidemment le pays de ce vin fortifié le plus exporté de par le monde. Nous avons droit à une visite-dégustation-vente chez le producteur Ramos-Pinto. Des jeunes filles dans la vingtaine nous accueillent dans un excellent français, langue qui, à ma grande surprise, à moins que j’aie mal compris, serait la langue seconde enseignée dans les écoles portugaises.

Les différentes maisons, presque toutes anglaises, qui produisent du Porto choisissent de cinq à dix cépages parmi les quelque vingt variétés cultivées dans la vallée du Douro à quelque cent kms de Porto. Pour le vinifier et le fortifier d’alcool, on apporte les raisins à Gaïa, ville sise en face de Porto sur l’autre rive du Douro, ce long fleuve de près de 1000 km qui traverse l’Espagne et le Portugal pour se jeter dans l’Atlantique à Porto. Vieillie en fûts de chêne plus ou moins longtemps selon la qualité désirée, on distingue trois sortes principales de cette divine boisson. D’abord les Tawny qui sont un mélange de portos de différentes années, donc non-millésimés. On conseille de ne pas les laisser vieillir plus de trois ans. Ils se conservent jusqu’à un an après le premier décapsulage. Les Vintage pour leur part continuent à vieillir jusqu’à 90 ans (j’en doute mais j’en fais l’expérience) s’ils sont conservés couchés et protégés de la lumière. Bonne nouvelle : on ne peut les conserver plus de 2-3 jours après leur ouverture. Les Very Late Vintage sont des vins de qualité supérieure élevés plus longtemps en fûts de chêne français. Enfin on produit aussi des portos blancs dont la couleur fonce en vieillissant sans toutefois altérer le goût.

La cathédrale de Porto, l’une des 100 églises de la ville est aussi un monument qui date de plusieurs siècles. Elle compte trois nefs. Le chœur et le retable (de retro tabula soit derrière l’autel, ai-je appris) sont d’une magnificence qu’on ne saurait retrouver de nos jours. Comme nombre d’autres édifices historiques portugais, cette église devrait être restaurée pour faire mieux valoir ses richesses. Qui en assumerait le coût ? La fréquentation des lieux de culte tant en Espagne qu’au Portugal diminue bien qu’elle soit encore de l’ordre de 50% des fidèles toujours selon notre guide. Étonnant car la pratique se situe à quelque 10 à 15% des catholiques chez-nous.

Fatima En route vers Lisbonne, nous faisons un crochet pour rejoindre Fatima, cette petite ville si renommée pour les neuf apparitions de la Vierge à trois enfants les premiers vendredis de septembre 1917 à mai suivant. Il n’y a pas foule en ce lundi après-midi de septembre. J’y vois deux types de visiteurs : les touristes de passage comme nous et de véritables pèlerins imbus de foi. Une dizaine de personnes terminent à genoux, à une chapelle extérieure près de la haute basilique, leur « chemin de croix ». Comme le veut la coutume locale, je brûle un cierge en faveur de ceux qui souffrent, tant dans leur cœur que dans leur corps. Dans une chapelle latérale à l’intérieur de la basilique, se trouvent les cercueils de Jacinthe et de François au lieu même des apparitions de la Vierge. La troisième témoin de ces manifestations homologuées par l’Église est Lucie devenue religieuse et décédée en 2004. Sa dépouille rejoindra sans doute celles de sa sœur et de son frère un de ces jours.

La basilique est plutôt modeste surtout quand on la compare à ces immenses édifices gothiques du Moyen-Âge visités au cours de ce périple. Quelques vitraux au haut des murs, un chœur simplement décoré d’une statue de la Vierge, autel et retable très simples et des bancs qui ne sauraient être plus ordinaires. Les murs n’ont ni tableaux ou fresques, ni chemin de croix. Ils sont nus. Les visiteurs déambulent lentement et avec foi jusqu’au lieu des apparitions. Notre guide signale que plus de 70 000 personnes ont été témoins de l’obscurcissement du ciel et d’une danse du soleil lors de la dernière manifestation de la Vierge en 1918. La partie arrière de l’église débouche sur un chœur extérieur avec autel face à une immense esplanade pavée qui peut certes accueillir 100 000 personnes lors de manifestations exceptionnelles comme la visite du pape. Au fond de ce terrain, s’élève une immense croix au Christ tordu comme celui de la croix pastorale de Jean-Paul II. Tout autour du sanctuaire, des boutiques fort nombreuses offrent des souvenirs de type religieux surtout : chapelets, statues de plâtre représentant la Vierge, les petits bergers, des personnages de crèches de Noël et autres colifichets. Moi qui ai été élevé dans la vénération de ce mystère de Fatima, je m’étonne de ma faible participation émotive à l’occasion de la visite en ces lieux. Il faut croire que ma foi devient avantage intériorisée.

Lisbonne Que d’autobus ! Chanceux d’avoir un bon véhicule, confortable et climatisé, et un bon chauffeur qui, en manque de nicotine, nous arrête pour des pauses techniques en haltes routières après quelque 100 à 150 kms de route. Aux approches de Lisbonne nous longeons le Tage, ce fleuve si important notamment pour le transport de marchandises de et vers la mer. Une centrale atomique, de nombreuses industries, des quartiers résidentiels de banlieue… somme toute une entrée semblable à celle de toute grande capitale européenne. La grande agglomération de Lisbonne compte plus de deux millions d’habitants. Plusieurs buildings de plus de douze étages voisinent notre hôtel situé assez loin du centre-ville. Le quartier pourrait être très joli si l’environnement était davantage soigné. Peu d’arbres, peu de parcs. Le pavé troué ressemble davantage à celui de Montréal. Papiers, sacs de plastique, mégots de cigarettes polluent le paysage. Bref, ce secteur n’est pas valorisant pour ces magnifiques hôtels ou maisons d’affaires aux devantures de verre et de marbre qui rivalisent de futurisme architectural.

Heureusement, ce commentaire ne s’applique qu’à ce quartier de Lisbonne. Dès qu’on rejoint le Vieux Lisbonne, de belles avenues ombragées de platanes, des monuments en l’honneur de personnages historiques dont Pombale, le premier ministre lors du terrible tremblement de terre de 1755, des places et des parcs avec arbres majestueux, monuments et fontaines remarquables, beaux édifices richement décorés, églises moyenâgeuses que d’aucuns aimeraient visiter et enfin, une particularité portugaise, des avenues piétonnières aux marqueteries de céramique dessinant d’élégantes ondulations aux couleurs noir et blanc comme celles du drapeau national. Bref, une ville et un pays qui entrent dans le 21e siècle en s’efforçant de rattraper le temps perdu lors des années de la dictature de Salazar et de ses successeurs jusqu’en 1975.

Un mot sur le plus dévastateur séisme de l’histoire portugaise qui emporta la vie de plus de 40 000 personnes et détruisit la plus grande partie de la ville. Profitant des circonstances, Pombale a fait redessiner la ville selon des perpendiculaires au Tage. On créa alors de beaux espaces verts, de larges avenues et des zones protégées en bordure du fleuve pour d’éventuels développements urbanistiques. Un visionnaire pour l’époque dont s’inspira sans doute Haussmann dans la transformation de Paris quelque 100 ans plus tard.

Un pont de plus de trois kms enjambe le Tage dont l’estuaire à Lisbonne est très très large. Il fut construit par les mêmes ingénieurs et selon la même technologie que le Golden Gate de San Francisco. Sur les quais, on retrouve les installations portuaires et une longue promenade à l’ombre de la Tour de Garde. Récemment rénovée, cette tour contrôlait jadis les entrées et sorties de et vers la mer. On y a aussi élevé un élégant monument en hommage aux explorateurs portugais qui ont ouvert les portes du monde à l’Europe faisant ainsi bénéficier leur pays et même tout le continent d’importantes richesses importées du Mozambique, de l’Angola et du Brésil.

La cathédrale de Lisbonne souligne aussi sa reconnaissance envers les explorateurs. Des fresques et des tableaux présentent des produits exotiques à cette époque comme le maïs, la canne à sucre, l’ananas et aussi des fleurs et des arbres rapportés par Vespucci, Colomb, Vasco de Gama et autres découvreurs. Lieu de culte ou attraction touristique, la foule à la cathédrale serait telle en périodes touristiques, qu’on ne peut plus y célébrer d’offices religieux tant il y a du bruit, de la circulation et des éclairs d’appareils photos.

Coût de la vie On poursuit l’exploration de ce coin de pays par une visite de la région balnéaire de l’Estoril. Peu de gens à la plage par ce temps nuageux.. Le sable est pâle et les plages sont longues contrairement à celles que nous retrouverons à Torremolinos dans les prochains jours. On dirait que la nature a festonné le rivage en de multiples sections par des hauts-fonds ou des caps rocheux s’avançant dans la mer créant ainsi des «domaines privés.» Il n’y a jamais foule tant les gens se répartissent leur coin d’Atlantique.

Au Portugal, les restaurants présentent toujours des poissons, des viandes et des pâtes au menu. Crème caramel, tarte et salade de fruits, gâteaux de toutes sortes et, un délice, des biscuits à la pâte d’amandes comblent les becs sucrés. Plus chers sur la carte, le veau et l’agneau. Le vin de la région est bon et peu dispendieux. Le coût des alcools, terrible, terrible. Un rhum au bar de l’hôtel à Lisbonne coûte 9 euros soit quelque 13 $ pour deux onces de Havana Club d’un an. De façon générale, les prix sont devenus semblables à ceux des autres pays de l’Europe depuis la venue de l’euro. Le mythe des vacances économiques en Espagne et Portugal doit être dénoncé. Certes ce n’est pas encore l’inflation de Paris, Genève, Londres et Rome mais on ne rééditera plus « Spain for 10$ a day »

RÉCIT DE VOYAGE Espagne-PortugalPartie II Adieu Lisboa Au jour 7 du voyage, nous entreprenons le retour en Espagne. Le trajet est long, 450 km de Lisbonne à Séville. Peu habitée, cette région au sud-est de la capitale est uniquement agricole. On y cultive surtout le chêne-liège dont l’écorce récoltée aux huit ans sert à la production non seulement des bouchons de bouteilles de vin mais des babillards, des revêtements de murs et, à ma grande surprise, de jolis sacs à main aussi résistants et hydrofuges que du cuir, m’assure une vendeuse. L’arbre n’est pas grand soit tout au plus cinq mètres. L’exfoliation de l’écorce sur le tronc et les plus grosses branches ne le fait pas mourir contrairement au sort qui attendrait les conifères et feuillus de chez-nous.

Ici et là, des élevages de bœuf à boucherie et vaches laitières. Du maïs-grain sèche sur pieds, le foin bien enveloppé dans le papier plastic blanc attend d’être engrangé (je présume). Aucune vigne cependant, l’environnement ne s’y prête pas sans doute. Pourtant je me rappelle avoir appris que dans la région de Porto, les ceps de vigne sont plantés dans le schiste soit cette pierre stratifiée et friable à travers laquelle les racines se fraient un chemin jusqu’à la nappe phréatique distante de 3 à 10 mètres. Ici, c’est pourtant de la bonne terre me semble-t-il. Tiens, des oliviers maintenant ! Il apparaît que de bonnes pluies seraient bénéfiques à cette nature tellement sèche. Et nous roulons, nous roulons par monts et par vaux, ce qui ne trouble pas plusieurs de mes co-voyageurs bien endormis par le ronronnement de l’autocar et les ronflements de Raymond.

Mais quel paysage dépaysant pour des Québécois ! Ici et là, gît un château abandonné et rongé par le temps, Et des fortifications au milieu de nulle part : pour qui, contre qui ? Et ces grottes, sont-elles habitées ? Des ponts au-dessus de rivières, mais il n’y a plus d’eau, bâtard ! comme dit Gérard Laflaque. Voilà maintenant des moutons, que mangent-ils, y a pas d’herbe, ou si peu ? Sur la cime d’arbres plus grands, des cigognes ont installé des pieds-en-l’air, des haltes dans leur livraison de bébés sans doute. Par ailleurs, il n’y a que très peu d’oiseaux sinon de beaux pi-que-beus comme on appelle ces si gracieux oiseaux blancs en Guadeloupe. Au faîte des collines plus ou moins éloignées, on distingue de nombreuses éoliennes vouées me semble-t-il à rafraîchir la région de leurs longues pales. Mon esprit vagabonde. Je divague. Je dors.

À 200 kms de la frontière espagnole, nous dînons à Vilamoura, l’un des plus jolis centres de vacances de l’Algarve et même de l’Andalousie voisine. C’est l’une des oasis préférées des Anglais. On dit d’ailleurs que le Portugal serait devenu LA destination- vacances préférée des riches fils d’Albion depuis que Peter Mayle, par ses deux best sellers, a fait vendre la Provence. Ils y ont aménagé un aéroport presque privé, des golfs et autres installations sportives et culturelles. Ils font aussi vivre des hôteliers et des restaurateurs, des constructeurs de villas, tennis et piscines et aussi, des aides domestiques. D’où leur présence constitue-t-elle un apport économique important pour cette région où sévit malgré tout un taux de chômage important.

Une autre richesse de la région est la culture des amandiers dont les fruits sont exportés dans tout l’Europe. Localement on en fait des biscuits et des gâteaux « divins », j’en témoigne. Dans des marais près de la mer, on produit aussi du sel. Partout, des oliviers et encore du chêne et encore des caroubiers, ce grand arbre de 10 à 12 mètres dont les fruits nourrissent surtout les animaux de ferme.

L’Espagne, un ravissement ! Enfin, c’est l’Espagne. Un superbe pont dont la structure en forme d’un grand A nous accueille en Andalousie, le pays du flamenco. L’origine arabe du pays se manifeste par plusieurs signes dont les constructions et les appellations de personnes, de lieux, de rivières, de mets et de boissons. On retrouve de nombreux gitans dans cette région. Ils peuvent vous tirer à la fois la bonne aventure et votre porte-monnaie prétendent de tenaces préjugés. Sur presque tous les pylônes de la ligne de distribution de l’électricité, on voit des nids de cigogne désertés semble-t-il en cette période de l’année.

Mireille, une compagne de voyage de Saint-Agapit de Lotbinière, a constaté dans un élan d’enthousiasme réaliste comme nous sommes chanceux de vivre cette expérience de voyage. D’emblée, je partage cette opinion. Nous poursuivons un périple de luxe tant dans les hôtels et restaurants que dans le choix des lieux et richesses patrimoniales de la péninsule ibérique. Et ces châteaux, ces musées, ces cathédrales nous révèlent la grandeur du génie de l’homme ! Certes, on peut aujourd’hui aller sur la lune et bientôt encore plus loin mais n’était-ce pas une prouesse semblable de construire au Moyen-Âge une cathédrale aussi grandiose que celle de Séville ? Sa grandeur, sa hauteur, son esthétique sont l’illustration même de la splendeur du style gothique. La finesse des parements de maçonnerie ou d’ébénisterie, les sculptures et les toiles qui l’ornementent, enfin les richesses en orfèvrerie et en joyaux de pierres précieuses de son musée soulèvent l’émerveillement de tous les visiteurs. Du moins de ceux et celles qui conservent encore cette faculté qui, mieux que tout autre indicateur, distingue les jeunes d’esprit.

Comme la plupart de mes collègues, je suis ravi de cette expérience de voyage jusqu’à maintenant. Je reconnais cette chance, ce privilège de le vivre. À ma mesure, je peux admirer les œuvres d’art ici rassemblées au cours des siècles mais une personne mieux formée pourrait certes apprécier davantage. Ainsi, un architecte ou ingénieur pourrait-il s’enthousiasmer de la réussite de l’élévation de ces ogives qui supportent les voûtes gothiques au poids énorme. Autre exemple, André, un architecte de Québec m’a signalé l’ingéniosité des constructeurs de palais à gérer les écarts de température par le choix des matériaux et l’aménagement de jardins et d’aires de circulation. De même un joaillier ou orfèvre jouirait de découvrir un ostensoir comme celui de la salle du trésor de cette même cathédrale de Séville où la couronne d’or autour de la cellule de l’hostie est constellée de rubis, de saphirs, d’émeraudes et autres pierres précieuses pour moi non-estimables.

Outre les connaissances scientifiques, l’intérêt influence aussi l’émerveillement. Ainsi un gamin de huit ans sera-t-il ébloui face à un vélo rouge mais indifférent à la beauté d’une rose au parfum subtil et à la robe au camaïeu d’oranger. Donc qu’on ne s’offusque pas si je passe rapidement devant une dentelle de Bruges ou une création de Saint-Laurent à la vitrine de ces belles boutiques du centre-ville de la capitale de la communauté autonome d’Andalousie. Séville Séville est certes la plus belle ville d’Espagne en autant qu’une aussi rapide visite permette un classement. Deux grandes expositions universelles en 1929 et en 1992 (je crois) ont permis d’ajouter plusieurs remarquables pavillons au patrimoine déjà tellement riche de ce royaume. À quelque horizon que les yeux curieux peuvent se balader, un monument, une tour, une porte, une place, un palais, une cathédrale, mosquée ou synagogue vient séduire le touriste et assurément l’objectif de la caméra-vidéo du collègue-voyageur Jean-Guy qui a tout photographi�� ou filmé pendant le voyage.

Le flamenco

Une diversion en soirée : un spectacle de flamenco. Haut en couleurs et certes en douleur pour les genoux de ces artistes de la « gigue espagnole ». Qu’on me pardonne cet affront à cette danse folklorique au rythme emballant. En groupe, en duo ou en solo, jeunes hommes et dames d’âges divers donnent en claquettes et en rapides torsions de tête et de bras la réplique à un quatuor de guitares, d’infatigables « performers » qui par la musique nous communiquent l’esprit espagnol. Cet esprit qui comprend non seulement la danse, la musique et les chants andalous soit cet ensemble qu’on appelle flamenco, mais aussi la corrida, les gitans, la paella et ce si doux parler mélodieux que j’aimerais tant maîtriser. Pourquoi une telle association de concepts ? Pour moi, c’est ça l’Espagne.

Ai-je déjà parlé de la Giralda, cette ancienne mosquée convertie en cathédrale suite à l’édit de je sais plus quel empereur qui, en 1492, rendit illégale toute autre religion que le catholicisme ? C’est à voir pour ceux dont le « disque dur » peut encore enregistrer les particularités d’un autre monument, si riches soient-elles. Faute de n’avoir pas suffisamment noté, je ne me rappelle que de ces superbes plafonds aux dentelles de cèdre. Or, d’une cathédrale à l’autre, on en vient à confondre les unes et les autres me semble-t-il. So watt ! comme dirait l’électricien. Et notre guide nous entraîne maintenant à l’Alcazar, la résidence d’été des rois à la construction et décoration de laquelle nombre d’artistes des écoles espagnole, française et italienne de l’architecture, de la peinture et de la sculpture ont contribué. Ce palais révélateur du génie arabe, l’Al-Cazar (Le Palais en arabe) doit certes figurer parmi les plus grands châteaux européens. Toute visite en Espagne devrait comprendre un arrêt ici.

Cordoba Au jour 10 de cette tournée éblouissante, nous nous arrêtons trop brièvement à Cordoue. Une course à travers l’ancienne cathédrale transformée en mosquée vers le 11è siècle, agrandie à quelques reprises aux 12e et 13e siècles tant la population musulmane devenait importante et finalement redevenue chrétienne au 15e sous Charles Quint. Pressée par le temps qu’on lui a imparti, la guide locale, une gentille Suissesse, a néanmoins réussi à nous faire admirer moult détails dans la conception de ce temple où se révèlent les influences du Coran et de la Bible. Plus tard, nous visiterons aussi une synagogue construite du temps où les trois principales religions monothéistes cohabitaient harmonieusement en Espagne. On nous rappelle que dès le 15e siècle, l’antisémitisme a sévi ici. Ainsi 400 000 Juifs ont dû se convertir au catholicisme et 200 000 autres s’exiler lorsque le roi imposa le catholicisme comme seule religion autorisée.

Torremolinos La route vers cette station balnéaire tellement connue de par le monde nous permet de contempler les nombreux attraits du paysage. Peu peuplé, le terrain est fort accidenté et vallonné. On croirait voir une photo d’une piscine à remous en pleine action. Les très grandes plantations présentent une géométrie telle que, peu importe l’angle de vision, les orangers sont alignés avec la précision d’un arpenteur géomètre. On doit présumer de bons systèmes d’irrigation pour obtenir des fruits aussi juteux que ceux vendus à prix très modique dans les haltes routières.

Mené par Bernard, le fun est dans le bus aujourd’hui. Le rire tonitruant de Gérald et le sourire séduisant de Micheline encouragent la relance des mots d’esprit d’un siège à l’autre. Nous sommes trente et une personnes dans le groupe. Au fil des jours, des alliances se forment. Deux quatuors seulement étaient déjà organisés avant le voyage. Plusieurs professions sont représentées dont architecture, commerce, éducation et médecine. Je me plais à fréquenter tout le monde avec qui un dialogue s’avère possible pour moi. Mais quelle source d’enrichissement ces échanges !

Nous voici maintenant à Torremolinos. La région est montagneuse. Nous joignons aussitôt notre luxueux hôtel Cervantes qui, presque au sommet d’une colline, domine de nombreux hôtels, boutiques, auberges, restaurants et autres commerces cordés le long d’un rue étroite qui serpente jusqu’à la plage. Chaque mètre carré de terrain même s’il est dénivelé à 15° est utilisé par les commerçants. Étonnamment les prix aux restaurants et boutiques sont relativement modiques voire même inférieurs à ceux des autres villes visitées jusqu’à ce jour. Pourtant cette jolie ville serait la station balnéaire la plus « in » de la côte méditerranéenne !

La plage est courte, le fond de mer disparaît sous nos pas dès une vingtaine de pieds. Le sable est de couleur foncée et la mer invitante par la clarté et la bonne température de l’eau, soit quelque 20° peut-être. En compagnie de Jean-Claude et de sa compagne Lise, nous nous joignons aux nombreux baigneurs qui profitent des derniers rayons de soleil de ce bel après-midi. À trois, nous dégustons toute une bouteille de Porto accompagnée de croustilles. Dommage que ladite bouteille n’ait contenu que 110 ml ! Voulant poursuivre une fort agréable conversation sur nos valeurs respectives en matières de relations de couple, les deux copains m’invitent pour l’apéro et de là au restaurant où nous partageons une grande assiette de fruits de mer dans laquelle se retrouvent écrevisses, calmar, sardines, pétoncles et autre bibites non-identifiées. Heureux moment avec cette infirmière du CH de Joliette et de son non moins sympathique conjoint, ex-chirurgien vasculaire recyclé en fonctionnaire de l’Agence régionale de la Santé de Lanaudière. La température est certes à 23° à 22h30. C’est ça les vacances ! Je suis presque heureux. Gibraltar 35 euros pour une visite au rocher. J’y vais, je n’y vais pas ? Bon it’s now or never. Ça aurait dû être never car je n’y trouve rien de particulièrement intéressant. Terre ou plutôt rocher anglais depuis sa conquête en 1714, Gibraltar a maintes fois été réclamé par l’Espagne. No way, Sa Majesté n’a jamais accepté de restituer ce bout de terrain où s’entassent plus de 29000 citoyens britanniques dont plusieurs ex-Marocains. L’importance stratégique au plan militaire de cet observatoire sur le détroit du même nom était évidente depuis fort longtemps mais l’est moins depuis l’arrivée des images satellites. Déjà au Moyen-Âge, les Arabes ont établi un poste à Tariffe pour pouvoir imposer des frais ou « tarifs » comme droits de passage des navires entre l’Afrique et l’Europe. Lors de la guerre de ’39, des sous-marins allemands ont réussi à déjouer les Alliés en franchissant le détroit sans moteur, portés uniquement par les forts courants marins.

Pour améliorer la valeur touristique des lieux, les Anglais entretiennent une colonie de quelque deux cents singes importés du Maroc. Ils semblent bien accommodés au lieu et peu dérangés dans leur épouillage par les flashes des appareils photos. On visite la grotte bien parée de stalactites et stalagmites. On y a aménagé une salle de concert pour profiter d’une bonne acoustique, paraît-il. C’est tout ce qu’il y a à voir. Des vendeurs de fringues et de colifichets pour touristes essaient de nous attirer dans les boutiques à ras de mer. Celles parmi nous qui succombent au shopping pourront payer en euros mais seulement après conversion en livres sterling. D’où des prix beaucoup plus élevés que « chez-nous » en Espagne

Sur la voie du retour vers Torremolinos, de nombreux et fort élégants complexes immobiliers habitent le paysage. Construits à flanc de montagnes ces condos de luxe monochromes, d’un beige pâle semblent avoir été construits tout récemment. À un endroit appelé Marbella, c’est le rendez-vous du jet set international et aussi un lieu d’habitation saisonnier pour les rois du pétrole du Golfe Persique et leurs imposantes suites. Un km plus loin, oh la-la mes amis, des yachts et voiliers dont la valeur dépasse certainement le million d’euros sont exhibés à la vue du pauvre peuple que nous sommes. Trente mètres sur dix de largeur pour certains. Sur l’un, deux couples prennent un cognac (?). Sur l’autre, une jeune naïade se fait bronzer les nounous. La plupart des embarcations semblent désertées pour le moment. « Mais à 16h, c’est la siesta, voyons »

Dans la rue du port, toutes les boutiques offrent des porcelaines Lladro. Les marques Gucci, Cartier, Rolex semblent attirer les Ferrari, Lexus et Mercedes. Je n’ai pas vu de maisons de haute couture bien que du prêt-à-porter haute gamme savamment disposé en vitrines ait suscité des regards presque concupiscents de plusieurs dames de notre groupe de joyeux naufragés.

Par monts et par vaux voire même par de nombreux tunnels taillés dans le granit, nous poursuivons notre retour vers notre hôtel Cervantes. Le soleil est encore là, l’air est toujours aussi doux. Avec tous ces buildings dispendieux implantés depuis moins d’une génération, je me demande où vivent maintenant les pêcheurs et autres roturiers qui habitaient les côtes ? Les a-t-on achetés, expropriés ou évincés ? À remarquer, notre parcours évite les zones de pauvreté à l’exception de la banlieue de Gibraltar où vivent les Marocains légaux et illégaux.

Sur le flanc de la montagne que nous côtoyons se trouvent de nombreuses habitations troglodytes creusées dans le roc ou dans des cavités naturelles. Des gitans les ont aménagées avec tout le confort moderne incluant l’eau courante, l’électricité et autres commodités. Un réseau souterrain de câbles alimente ces grottes. On nous dit que dans la région de Valence à Barcelone, une grotte bien modernisée peut valoir jusqu’à 70 000 euros. Il serait très IN d’habiter un trou semblable.

Granada Granada, Granada, écoute ma voix qui t'appelle, Granada, Granada, pourquoi Dieu te fit-il si belle ? Que j'aime tes douces guitares pleurant sous la lune Les jupes des brunes Gitanes, Où le vent qui flâne Vous fait croire un jour à l'amour...

Sur une introduction de cette délicieuse chanson de Jacques Larue (merci à Internet), nous nous dirigeons vers cette ville que tant de poètes ont chantée. La route qui nous y mène est fantastique et a dû coûter une fortune à construire. Nous sommes en pleines montagnes, c’est la chaîne Sierra Nevada. Parfois nous survolons presque des agglomérations tout au fond dans la vallée, parfois nos cheminons dans des cols qui rappellent le Grand Cayon. Des sommets jusqu’à récemment enneigés se perdent dans les nuages. Là où les pentes sont plus douces, des forêts d’oliviers permettent d’anticiper une bonne récolte dans les prochains mois car des fruits en quantité sont presque rendus à maturité.

Et voilà Grenade. C’est dimanche, la fête de la Vierge patronne de l’Andalousie. À l’église qui lui est consacrée, deux présentoirs de fleurs de quelque 5m par 5m se dressent à l’entrée. Leur parfum envahit la rue de ses effluves. Les fidèles contribuent une certaine somme et un bouquet s’ajoute aux centaines d’autres déjà étalés. Le profit servira à payer la rénovation du temple. Une très belle place au centre-ville est envahie par une foule de quidams tranquilles qui profitent de la douceur du temps et de la joyeuse compagnie de copains pour siroter une consommation ou une glace.

Une note sur l’économie La région de Grenade est aussi essentiellement agricole. Aucune industrie dans cette municipalité de plus de 250 000 habitants autre que le brasseur de la bière la plus populaire du sud-est espagnol, l’Alhambra. Selon notre guide Rosa, l’Espagne serait le pays qui connaît la plus grande croissance économique de l’Union Européenne. Les impôts sont modérés, il y a de plus en plus d’emplois surtout dans la construction. Les mesures de sécurité sociale sont peu généreuses contrairement à la France, ce qui aide vraisemblablement le Trésor public. Ainsi il n’y a pas d’aide aux chômeurs. Une veuve de travailleur n’aurait que 450 E par mois ce qui est nettement insuffisant pour vivre convenablement. Le logement et la propriété foncière connaissent une inflation démesurée depuis l’entrée du pays dans la zone européenne et aussi à cause de l’immigration des Européens du nord a la recherche de soleil pour adoucir leurs vieux jours. Conscients que ce boom économique n’est pas éternel, la population locale s’inquiète pour l’avenir.

L’augmentation du PIB serait de 3,8% pour 2007, toujours selon Rosa. Ce taux qui m’apparaît très fort devrait cependant être confirmé à une source plus sure. Rappelons-nous que l’Espagne était l’un des pays les plus pauvres de l’Europe à la naissance du l’Union européenne par le Traité de Maastricht en 1992. Comme plusieurs autres pays, il lui a fallu redresser le facteur endettement par rapport au PIB (produit intérieur brut) pour être admis au sein de l’UE.

Qualité de notre hébergement

Ma chambre est petite et donne sur un mur aveugle. On dirait que les personnes voyageant seules sont traitées avec moins d’égards que les couples même si un supplément important est exigé. On soigne particulièrement les salles de bain toutes garnies de super belles céramiques d’environ 10 po. par 15. Celles d’aujourd’hui sont signées Pierre Cardin, s’il vous plaît. La robinetterie est en equipolant comme dit mon plombier. Nos plus beaux hôtels à ce jour furent ceux du Portugal. Les lobby, les bars et les salles à manger étalaient les plus beaux marbres d’Europe.

Au programme aujourd’hui : la visite du château-cathédrale l’Alhambra (c’est-à-dire La Maison Rouge en arabe) et non la brasserie, hélas.

L’Alhambra Mosquée à l’origine, cette forteresse a été transformée en cathédrale vers 1515 (j’oublie le mois). Faut-il croire en un certain désabusement, je ne ressens plus d’émerveillement face aux dorures, aux dentelles dans l’agrégat de plâtre pourtant très remarquables, aux bassins et fontaines qui semblent défier les lois de la gravité, bref tout me semble du déjà-vu. La seule nouveauté réside dans les commentaires de la guide locale sur le sort des femmes du harem des sultans. Insultant ! dirions-nous aujourd’hui. Avec leurs jeunes enfants, elles étaient confinées à l’étage supérieur des appartements du pontife et gardées par des eunuques. Une véritable prison où aucun autre homme que leur « propriétaire » pouvait les voir.

Lors de son voyage de noces qui dura plus de six mois (la mariée ne parlait ni espagnol ni allemand, fallait bien apprendre à causer !), Charles Quint, nouveau roi d’Espagne et empereur germanique, décida après la mort de Ferdinand d’établir ses appartements royaux dans l’ancienne mosquée et d’y juxtaposer une cathédrale. Il édicta même que Granada serait la capitale du royaume et de ses possessions outremer, un territoire « sur lequel le soleil jamais ne se couche » dit la littérature. Son fils rétablit le tout après la mort du grand Charles V trente ans plus tard.

Pour qui a de bonnes jambes et du temps à disposer, la visite de ce complexe et de ses jardins fleuris vaut un cours d’histoire de l’art. Jusqu’à la venue récente de l’église Sagrada Familia à Barcelone, l’Alhambra était le site touristique le plus fréquenté d’Espagne. Je ne répéterai pas les superlatifs pour caractériser le tout. Je réfère plutôt le lecteur à Internet ou aux mille volumes publiés sur cette richesse si importante du patrimoine espagnol pour ne pas dire mondial.

Pour la première fois depuis treize jours, je suis épuisé en soirée. Le cumul de cette vie de bohème et trois heures de marche dans le palais et les jardins de l’Alhambra ont vaincu ma résistance. Mais il ne reste plus que trois jours avant de retrouver mon chez-moi. Il est temps car le décolleté plongeant de Rosa exhibe de généreuses boules qui me font loucher. Ça doit être ça la boulimie !

La solidarité dans l’équipe

Un incident : Mme Pellerin, notre aînée, a perdu son sac « kangourou » contenant son passeport et sa carte Visa. Elle est paniquée. Déjà que sa surdité l’isole des autres voyageurs. Elle se présente à la salle à manger pour s’enquérir si quelqu’un…À la course, elle repart aussitôt vers sa chambre. Instantanément, Guylaine et Lisette dans un élan de solidarité toute féminine partent à sa suite. La dame fouille frénétiquement ses bagages jusqu’à ce que « les filles » l’amènent à réfléchir sur ses activités depuis son arrivée d’excursion deux heures plus tôt. Elle se rappelle alors avoir sagement placé son sac sous l’oreiller. Ouf!

Je cause souvent avec Guylaine et son conjoint Laurent, un couple des plus charmants de Brossard. Laurent a le sourire et l’entregent d’André-Philippe Gagnon, un sourire explosif dès le premier contact avec un interlocuteur et un rire sonore qui révèle la belle joie de vivre de ce fils d’entrepreneur saguenéen. Guylaine est charmante. Jolie femme, elle n’accuse jamais ses 50 ans qu’ils célébreront à Paris l’été prochain. Professionnelle à la Caisse de dépôts et placements du Québec, elle est vive et spontanée mais, personne n’étant parfait, elle serait une magasineuse insatiable surtout dans les souliers selon son conjoint. Une vraie Imelda Marcos et ses mille paires de godasses!

Alicante, la blanche Les routes du Portugal et de l’Espagne sont des plus agréables. Malgré l’affluence de touristes en cette fin d’été, nous n’avons jamais souffert de bouchons de circulation. La E-15 appelée l’Autoroute méditerranéenne est sans péage jusqu’à Alicante. Cette ville de 250 000 habitants est appelée La blanche à cause de sa luminosité incomparable. Sa température est idéale soit 25 à 30° le jour et autour de 20° la nuit. Elle connaît une croissance incroyable depuis les dernières années. Le coût de la vie y aurait suivi la même courbe apprend-on. En banlieue, c’est Benidorm surnommé Manhattan à cause de ses nombreux gratte-ciel dont un hôtel de 54 étages.

Mais ce que la route est longue : 550 km à parcourir encore jusqu’à Barcelone dont 140 aujourd’hui. Le régulateur de vitesse est barré à 100 km/h. Nous traversons maintenant la Chaîne du littoral après avoir laissé la Chaîne blanche et auparavant la Sierra nevada. Tout le flanc de la montagne est orné de superbes villas et logements multiples aux formes des plus étonnantes et ravissantes, Mais de quelle vie est-il possible de jouir sur un plan aussi incliné ? Ce sont certes des résidences secondaires. Je vois mal des gamins jouer au foot sans devoir perdre le ballon dans les abysses.

Valence

À l’entrée de Valence nous faisons un court arrêt-photos à la Cité des Arts et des Sciences. On m’accusera d’abuser des superlatifs mais là, vraiment il y a de quoi tomber en bas de ses souliers. La conception et la réalisation de cet ensemble de bâtiments sont fantastiques. Ancien marécage, le site constitue désormais un environnement d’eau et de végétation judicieusement aménagé. Les édifices futuristes qui y sont installés sont d’une légèreté, d’une élégance incomparable à tout ce que j’ai pu admirer à quelque autre endroit. Pour réaliser ce grand complexe rassembleur d’artistes, de scientifiques et de touristes de tout acabit, on a détourné une rivière. On utilise maintenant ses eaux pour alimenter les nombreux bassins qui deviennent autant de miroirs où se reflètent les grandes œuvres architecturales. Ces plans d’eau sont reliés les uns aux autres par un canal où l’eau circule par gravité. Mon enthousiasme m’amène à prédire qu’on utilisera sans doute cette Cité dans les futurs manuels d’art pour représenter le 21e siècle. Dommage qu’on ne puisse s’attarder davantage. On rate ainsi l’occasion de pénétrer dans ces centres d’exposition, de rencontres, d’enseignement et sans doute d’édification pour tous ces groupes d’écoliers qu’on voit circuler. Si le contenu est semblable au contenant, le programme de notre circuit touristique devrait être réaménagé en renonçant à quelques cathédrales au profit de ce centre d’art et de science.

Quatre des nôtres ont convenu d’y retourner en soirée dont Denis, 6’2’’, 210 lbs et Laurent, 5’9’’, foulé dur. D’un pavillon à l’autre, un jeune homme à l’allure inquiétante talonnait nos solides bonhommes accompagnés de leurs méfiantes partenaires. Redoutant les voleurs à la tire ou au couteau contre lesquels on nous a maintes fois prévenus, nos collègues étaient sur leurs gardes. Voyant leur poursuivant se rapprocher, on a vite établi une stratégie de défense des plus astucieuses contre une possible attaque : en se retournant vivement, click-click en photos. L’adolescent s’est aussitôt enfui les jambes à son cou.

Ici et là à Valence, on procède à d’importants travaux de voirie préalables à la relocalisation du circuit du Grand Prix d’Espagne de Formule 1. La piste pénétrera notamment dans la Cité des Arts et des Sciences lui accordant ainsi une exposition privilégiée à travers la planète. Déjà plusieurs tours d’habitations de luxe s’élèvent tout autour de la Cité. Partout, de hautes grues annoncent l’essor du développement de la ville nouvelle.

Par ailleurs, la visite de la Cathédrale de Valence, de ses vieux et nouveau marché et de la ville ancienne avec ces lourdes tours du X!Vième siècle ne suscite plus autant de flashes que lors des premiers jours d’excursion.

Quelques observations Nous reprenons la route pour un dernier long trajet. Mme Pellerin conserve jalousement son siège au premier banc, les sœurs Joyal, les leurs à l’arrière du bus. Les autres font la rotation à chaque jour, ce qui facilite les échanges entre nouveaux voisins tout en permettant à chacun de profiter pour une journée de la vue panoramique du devant du bus. Presque à mi-hauteur de la Chaîne du littoral, nous traversons des vergers et encore des vergers d’orangers et autres agrumes. À la droite, des villes de grosseur moyenne ou petite enjolivent le littoral.

Ici et là dans la montagne subsistent de vieux châteaux qui ont perdu toute prétention sur leur fonction originale de gardien de l’environnement. Sur les terres basses près de la mer, on produit du riz selon une méthode d’inondation contrôlée dont je n’ai pas saisi le mode d’opération tel qu’expliqué par Rosa. Il n’y a qu’une récolte par année contrairement à certains pays d’Asie qui peuvent en compter trois.

On parle plusieurs langues ou dialectes en Espagne. Franco a échoué à imposer le castillan à toutes les provinces du pays. À remarquer que chacune des dix-sept provinces est autonome, le gouvernement central n’ayant que les affaires extérieures, la défense, la monnaie et autres gros dossiers à gérer. Barcelone La région de Barcelone est la plus autonomiste si l’on exclut le pays basque où règne l’ÉTA. Ici en Catalogne on enseigne le catalan (por que no ?) dans les écoles publiques. Le castillan devient la langue seconde. La rivalité entre Madrid et Barcelone se manifeste à tous les niveaux politiques, économiques, culturelles et autres. La plus évidente se révèle au niveau du football (soccer) où le Real Madrid est l’adversaire pour ne pas dire l’ennemi avoué de l’équipe Barcelona. Plus du tiers de la production industrielle du pays est concentré dans cette région voisine de la France. Le coût de la vie est aussi plus cher qu’ailleurs. Ainsi une salade au restaurant d’autoroute a coûté 6,9 euros, une bière 2,40, une pointe de tarte 3,45, un petit pain, 0,90 et, en ajoutant le beurre et la vinaigrette vendus séparément, la facture totalise 14,40 euros soit 20$. Des chips Pringles se vendent 3,45 E, 300 gr de biscuits Oreo 3,25 et un chocolat Kit Kat 1,8. Vraiment plus cher que chez-nous. Une astuce de restaurateurs : dès notre arrivée à table, on sert des petits pains et un plat d’olives, lesquels seront chargés 1,6 euro par personne sur la facture, consommés ou non.

Oublions ces attrape-touristes pour commenter trop rapidement le tour de Barcelone. La ville est super propre grâce notamment à une armée de balayeurs et aux nombreuses poubelles placées sur tous les trottoirs. Du nord au sud (mettons, car je ne m’oriente pas) une grande promenade piétonnière, la Ramblas, est bordée de platanes longs de 20 m qui se rejoignent au niveau du feuillage. Partout des îlots de fleurs et des petites boutiques ou terrasses de restaurants. Le pavé entièrement fabriqué de céramiques (à moins que ce soit du ciment) de 3’’ X 20’’, légèrement courbées et de deux teintes de brun réparties en bandes parallèles, le pavé dis-je, s’harmonise avec la couleur des édifices commerciaux environnants. Il y a continuellement des centaines voire des milliers de promeneurs dont beaucoup de touristes qui vont et viennent sans paraître pressés. La ville est constellée d’immeubles à voir, de monuments à admirer, de musées, de salles d’exposition, d’églises et d’œuvres de Gaudi à ne pas manquer de visiter sous peine d’être considérés comme béotiens.

Gaudi Il est 15 h. La température est stable à 24°. Je suis fatigué. Avec une bière, je m’installe sur la Place de la Catalogne pour observer la foule et les alentours tout en prenant des notes pour le présent récit. Je me remémore cette visite des œuvres du grand artiste Gaudi ce matin dont notamment le Parc Gaël, l’une de ses œuvres principales avec l’église Sagrada Familia (Sainte Famille). Quel génie ce Gaudi ! Gaël c’est son mécène, un riche baron. Ensemble ils ont voulu développer un complexe résidentiel de quelque soixante habitations. Gaudi construisit d’abord une maison modèle laquelle hélas ne trouva pas d’acheteur. Il décida donc de l’habiter tout en occupant ses temps libres à créer tout un environnement fantaisiste, coloré et tout à fait « pété » comme disent les jeunes. On dirait un village de pain d’épices créé pour une émission de télévision où habiteraient des créatures de Walt Disney ou les Schtroumps ou autres génies fantastiques. Le clocher de l’église de ce village flyé, notons que Gaudi était un grand catholique au service de sa foi d’abord, est bâti comme un cône de crème glacée à plusieurs boules. Une colonne du parc prend la forme d’une lavandière moulée dans le béton et couronnée de son panier à lessive. Elle monte la garde d’une longue tonnelle ombragée de lierre. Des murets qu’on dirait construit de colombins entièrement couverts de céramiques multicolores encadrent la voie de circulation et sont festonnés comme s’ils étaient fabriqués à la main par des enfants. Ici, c’est une fontaine au méchant dragon qui crache un feu de fleurs; là, une arche remplie d’animaux fantastiques mais pas du tout menaçants.

Merci aux appareils photos numériques sans lesquels nombre de Japonais seraient sortis d’ici appauvris. Je les vois attendre l’éclair de la caméra, debout, stoïques, statufiés, les bras pendants devant un âne à deux têtes et plus loin devant un bassin aux mille carpes de céramique multicolores. Là, c’est encore ce même oriental (anyway, ils se ressemblent tellement!) qui passe de posé à poseur. On dirait ces Orientaux tout désorientés dans ce monde joyeux. De vraies photos de passeport !

Et la cathédrale alors ! Bien qu’il faudra encore attendre près d’un siècle pour sortir les grues et les dizaines d’ouvriers, sculpteurs, céramistes et peintres qui s’y affairent, je suis, encore une fois, émerveillé par ce monument religieux auquel Gaudi a travaillé quelque quarante ans soit jusqu’à sa mort accidentelle en 1925 (je crois). L’église compte actuellement huit tours sur les douze dédiées aux apôtres. Quatre autres sont ou seront élevées en hommage aux évangélistes, une autre, plus grande encore, honore la Vierge et la dernière, le clocher de Jésus, culminera ce sanctuaire à nul autre pareil.

En façade, une centaine de personnages aux formes naturelles pour les plus petits et stylisées pour les plus importants forment un exceptionnel chemin de croix, c’est la Passion. Au sommet, un Christ ressuscité semble s’élever dans le ciel. Sur la façade arrière, c’est l’histoire de la Nativité qui est présentée dans la pierre. Il y a tellement de personnages que d’aucuns prétendent que le tout devient surchargé. Enfin, sur la troisième façade principale, c’est la Gloire du salut qui est représentée.

Encore une fois, le temps file. Il n’est plus possible de pénétrer et de pouvoir vérifier si une telle enveloppe annonce un contenu aussi remarquable. Le lecteur des présentes en sort chanceux. Je serais incapable de décrire adéquatement une telle œuvre d’art. Nos petits-enfants verront-ils ce chef d’œuvre complété ? Gaudi a exigé que les sculptures prévues soient des parties intégrantes de la structure de ce temple-musée. En conséquence elles doivent être exécutées par les artistes et ouvriers sur place, ce qui rend l’opération lente et dispendieuse. On compte sur les mécènes pour financer l’œuvre et aussi sur les milliers de visiteurs qui, à chaque année, paient 10 euros pour être admis sur le terrain et encore d’autre argent comme contribution volontaire ou pour l’achat de souvenirs. À noter que les Japonais sont très sensibles au fait que le chef actuel du chantier soit l’un des leurs. Un tel choix pourrait-il délier les bourses jaunes ?

Et voilà Au dernier soir, l’agence nous reçoit pour un dîner d’au revoir dans un chic hôtel du centre ville. Excellent repas arrosé de bon vin et couronné d’un champagne espagnol pour accompagner les profiteroles. L’atmosphère est des plus détendus. On remet la propina à Mme Rosa Mayné Castella et à Carlos au taux suggéré de 3 $ par jour pour la guide et 2 $ à cet excellent chauffeur qui nous a si habilement conduits sur les routes ibériques et dans le dédale des boulevards urbains.

Photos, échanges d’adresses, promesses de se revoir bref, les bonnes relations qui se sont nouées au cours de cette quinzaine de proximité se poursuivent et certaines pourront continuer au-delà du retour au pays.

Voilà qui complète la narration de cette autre belle expérience de voyage. J’ai fortement apprécié découvrir les richesses de l’Espagne et du Portugal, on l’aura deviné.

Je salue et remercie ceux et celles qui me font l’honneur de partager ce récit. Puisse-t-il vous inciter à le vivre avec autant d’intensité. Je vous le souhaite vivement.

Léon A. Lemay
Hôtel Breezes Trewalny English translation pending
by Johamax · 2010-08-13 · 11 replies
Est-ce quelqu'un peut me dire si l'hotel est loin de l'aeroport, quels sont vos commentaires sur cette hotel, combiens coutent l'excursion avec les dauphins
Rencontre VF à Paris le 28 août 2010 English translation pending
by Amyonite · 2010-08-12 · 182 replies
Salut a tous, Je propose un rencontre de voyageurs a Paris le 28 aout 2010 Je me disais qu'un pic nic au jardin du luxembourg pourrait etre une bonne idee s il fait beau! Des motives ? See you soon :)
Carnet de voyage: Inde et Népal English translation pending
by Péninsule · 2010-08-10 · 3 replies
Depart: 12 juillet 2010, Gare centrale, Montreal

Heure: 23h45

C'est le coeur étourdi par les émotions que j'ai vu s'éloigner derrière moi la gare centrale. Un oubli, des préoccupations, des questionnements, des gens que j'aime (merci les filles!!)… je ne pouvais plus rien y faire. Il n'y avait que le présent et l'avenir qui m'attendait. L'excitation était palpable entre moi et Chloe. Main dans la main, yeux étincelants, sourire aux lèvres, nous laissions les images ensoleillées bercer tranquillement notre esprit. Je ne pouvais m'empêcher de rire et de réfléchir a l'importance de vivre l'instant, sans se soucier de demain. La folie apporte bien un brin de fantaisie dans ce monde trop souvent… crispé.

Le sommeil ne tardait pas a contrôler chacun des muscles de mon corps. Huit longues heures ont fallu avant d'arriver au terminus d'autobus de NY.

C'est ainsi, assise a l'aéroport JFK que j'observa au travers de la fenetre, l'engin qui nous mènera jusqu'à notre premier et dernier escale.

Depart: 13 juillet, Aeroport de Zurich, Suisse

Heure: 9h50 (heure locale)

Completement crevée, mais a la fois, débordante d'énergie a l'idée d'atterir, d'ici 8 heures, au pays des mille et une couleurs. Nous avions très hate de rencontrer nos hôtes, Hilda et Sreemar.

Arrive: 13 juillet, Mumbai, Inde

Heure: 21h50

Ainsi, c'est avec le plus grand des sourires que j'aperçois Sreemar parmi la foule exubérante. A travers ces gens, les cris, les odeurs, l'ecrasante humidité, j'entendis mon nom. "Marian?" qu'il disait. Des que mon regard se posa sur lui, j'ai tout de suite ressenti un attendrissement pour cet homme. Les vibrations négatives et surtout… étranges de d'une femme rencontre dans l'avion ont finalement laisse la place, quelques instants plus tard, a une énergie nouvelle et agréable. A bord de sa voiture, Sreemar nous prévient de la course folle qui nous attendait!

"Fermez vos yeux si vous sentez que vous avez peur, mais faites-moi confiance!"

Il est vrai qu'il n'est pas facile de se frayer un chemin parmi ces voitures ou le clignotant ne semble pas exister… :) Qu'en est-il des accidents? A première vue, nous pourrions croire que c'est chose courante!

"Il n'y a pas vraiment d'accidents. En fait, oui, il y en a, mais des petits. Il existe rarement des accidents graves ou mortels".

Normal! Rouler a une vitesse si lente sur l'autoroute… Nous étions loin des 130 km\h au Quebec.

Finalement, la voiture prend un petit chemin et se bute a une grande grille. De l'autre cote, un homme arrive et nous ouvre gentiment la porte. Sommes-nous arrives? Parmi le "slam" et les nombreux itinérants couches sur le bord des routes dans l'espoir de recevoir un bout de pain, se cache de spacieuses maisons. Du haut de ses trois etages, la maison de Sreemar abritait une terasse sur le toit nous permettant d'être les témoins de la vie quotidienne des gens de Borivali (quartier dans Mumbai).

Hilda nous attendait dans toute sa splendeur. Suite a un tour guide des lieux, elle nous amene vers notre chambre. Deux petits lits, deux ventilateurs, deux fenetres… Nous n'avions qu'une idée en tete: dormir! Enfin… suite a ces 24hres sans sommeil, notre corps ne se faisait pas prier. Le temps de déposer notre tete sur l'oreiller que nous nous retrouvions deja vers d'autres cieux.

Le lendemain matin, l'odeur du cafe me chatouilla le nez! Hilda nous avait prepare un petit dejeune très américain: corn flakes, bananes, cafe… Semble-t-il que notre choc serait attenue de cette façon! :)

Le ventre bien rempli, Chloe et moi avons termine d'écrire notre premier article pour le journal de Mont Laurier, communément appelé Le Courant (pour ceux et celles qui n'étiez pas au courant, nous avons droit a un espace dans le journal afin de partager des détails de nos aventures… sans compter nos émotions (joies, peines) et nos réflexions).

Sans rentrer dans les détails, je voulais simplement vous dire que nous avons découvert certaines rues de Mumbai ou des marches s'etendent a l'infini. Nous avons bien observe Hilda qui s'est fait une joie de nous enseigner les rudiments de base d'un bon marchandage a Mumbai.

Regle #1: Demontrer un fort désaccord sur le prix, peu importe s'il y a exagération ou non.

Regle #2: Faire "semblant" de vouloir partir. D'un pas decide, marchez l'équivalent de 2m environ, puis… ralentissez! Permettez au moins au vendeur de vous crier un prix plus qu'alléchant.

Regle #3: Se retourner, marcher vers le vendeur en lui démontrant que le prix est encore exorbitant, mais que vous accepter. L'important est l'expression du visage: ayez l'air sur de vous!

Quel caractère cette femme! Nous adorons et je me faisais une joie d'appliquer les leçons juste pour le plaisir de la chose!

Sreemar, quant a lui, nous a fait découvrir les différents moyens de transport indien! D'abord, nous avons pris le ricksaw (taxi sur 3 roues) afin de nous rendre a la gare de train. Le train, bonde (separant les hommes des femmes), semble nous transporter tout droit dans un jeu video.

Objectif du jeu?

1. D'abord être capable d'entrer dans le train.

2. Bien s'agripper dans l'espoir de ne pas tomber sur les rails.

3. Lorsque le train s'arrête et que ce n'est pas notre destination, tenir fermement la barre ou son voisin afin d'empêcher les autres occupants de nous sortir du train!

Nous ne l'avons pas pris, mais nous avons eu un plaisir fou a observer le spectacle qui s'offrait devant nous.

Entre les tours guides de la ville a bord de la voiture de Sreemar, la visite du Musee Chhatrapati Shivajo Maharaj Vastu Sangrahalaya (on dit en anglais... Prince of Wales Museum of Western India), les delicieux repas prepares par Hilda, les nombreuses conversations enrichissantes... nous avons developpe une belle relation avec nos hotes. Nous avons decouvert des gens empreint d'une grande generosite et d'une merveilleuse sensibilite. Il ne s'est pas passe une seule journee ou je n'ai pas ete emue par les propos attendrissant qu'Hilda ou Sreemar pouvait nous raconter.

Bref, je vous laisse ici… Chloe et moi venons tout juste d'acheter notre billet d'avion pour Kathmandu. Depart: demain matin, 8h05.

John, le directeur de l'orphelinat Grace Home, devra nous attendre a l'areoport. Il est présentement 00h41, heure de Mumbai… Une courte nuit m'attend.

Je sens qu'il sera difficile de se séparer de Sreemar et d'Hilda. Nous avons été accueilli comme des reines… Demain, du sirop d'érable et du miel biologique les attendent en guise de remerciement.

Au revoir, Inde! Bonjour, Nepal!!
Voyage solidaire à l'île Sainte-Marie (Madagascar, du 2 au 9 septembre 2009) English translation pending
by Takama · 2010-08-09 · 8 replies
~ Voyage solidaire à l’Ile Sainte-Marie ~ du 2 au 9 septembre 2009 Bilan de l’opération

Chaque année, l'association du personnel des agents de la Région prépare et organise un voyage solidaire à destination des enfants et de la population à travers diverses animations et activités sportives. Je tiens à votre disposition notre programme d'actions pour 2010 qui se déroulera du 27/08 au 8/09 pour ceux qui séjourneraient sur l'île Ste-Marie pendant cette période.

Ci-après notre bilan de l'opéation 2009 :

1. Tous mobilisés dans la préparation du voyage

Bien en amont, les candidats au voyage se sont impliqués dans la collecte de fonds et la recherche de sponsors destinés à financer une partie de l’opération. Certains partenaires ont ainsi pu renouveler leur contribution tandis que d’autres ont accepté d’y participer pour la première fois. Le personnel de la Collectivité a également été sensibilisé lors des habituelles ventes de gâteaux qui a permis de récolter près de 700 €.

Des marchandises ont aussi été rassemblées (vêtements pour enfants, casquettes, t-shirts, petit matériel scolaire, produits pharmaceutiques de première nécessité, couettes, etc). Ainsi, c’est l’équivalent d’une tonne de fret qui a pu être expédiée grâce notamment au soutien essentiel de la SPSM (Société de pêche de Ste-Marie) et de la compagnie Air Madagascar qui a gracieusement offert le transport aérien de 130 kilos.

L’énergie et le temps dévolus par les agents sont exemplaires : pas moins de 77 cartons ont été préparés durant le mois d’août !

Pour toutes les diligences et formalités administratives auprès du vice consulat pour la délivrance des visas, nous remercions également les services de la Région pour leur soutien depuis quatre ans, celui de la direction générale des services et de la direction de la coopération régionale et de son représentant basé sur Tananarive.

Les contacts pris et entretenus toute l’année avec les personnes ressources en place sur l’île Sainte-Marie par le biais du nouveau directeur de l’Alliance Française ont également contribué au succès de l’opération.

2. Le groupe Oscar attendu : témoignage de liens solidement tissés

L’accueil qui nous a été réservé par l’Alliance Française lors de notre arrivée dans leurs nouveaux locaux à Ambodifototra atteste de la qualité des relations nouées avec les autorités et relais institutionnels localement.

Le groupe OSCAR a été invité à découvrir une exposition permanente d’une riche collection de cartes postales de Madagascar à la fin du XXème siècle, et à assister à la représentation de quelques extraits de la pièce de théâtre de « La Fabuleuse Histoire de l'Île Sainte-Marie » (Tantara Nosy Boraha) interprétée par l'Alliance française de Sainte-Marie et le Théâtre du Ravinala dirigé par Jean-Claude Scant. Une fresque historique inédite qui retrace en plusieurs tableaux une période décisive de l'histoire de Sainte-Marie.

Un cocktail de bienvenue a ensuite été partagé avec les officiels à qui des cadeaux protocolaires ont été remis parmi lesquels le Consul Honoraire, la Chef de District qui nous a de nouveau honorés de sa présence et le nouveau Président de Délégation Spéciale de Sainte-Marie (fonction de « super maire »), en fonction depuis 3 mois.

La rencontre avec David Randrianarivelo, Volontaire du Progrès et directeur de l’Alliance Française depuis juin 2009 en remplacement de Laurent Bicchierrelli, et les retrouvailles avec Marc Blondel, hôtelier de la place et acteur fortement impliqué à titre personnel dans l’action d’OSCAR, se sont placés sous le signe d’une franche amitié et d’un vrai désir de s’entendre.

Les directrices du groupe (pré)scolaire La Colombe du Nord à Ambatoroa, de l’école La Frégate et de la crèche à Ambodifototra, avec qui un contact avait déjà été pris les années précédentes, ont également été rencontrées .

Enfin, les saint-mariens ont manifesté une grande joie à notre arrivée dans les villages. Des enfants courraient sur les plages rejoindre ceux déjà rassemblés à attendre l’accostage des bateaux. Certains se souvenaient même des prénoms de certains d’entre nous présents en 2008 !

La générosité des agents de la Région a permis de distribuer également plus d’une quinzaine de cartons de vêtements enfants aux orphelinats « Zazakely » dans le nord et à Agniribé au « Foyer de l’espérance » sur l’île aux Nattes.

Parmi les retrouvailles, la jeune proviseure du seul lycée de Ste-Marie nous a également accueilli à notre arrivée. Deux cartons de livres d’enseignements destinés aux professeurs lui ont été remis.

3. A la rencontre des écoliers : notre action de fond …

Comme lors des précédents déplacements, OSCAR a orienté l’essentiel de son action vers les enfants.

Quatre villages du nord, région la plus défavorisée de l’île, ont reçu notre visite : Ambatoroa, Ambodiatafana, Ifotatra et Agnafafy, village de la côte est que nous visitions pour la première fois. Le déroulé d’une journée type prévoyait le partage du repas avec les enfants suivi d’un spectacle de magie et/ou la projection d’un dessin-animé et enfin la distribution de petits matériels scolaires (cahiers et stylos essentiellement) aux enfants. En complément et comme demandé lors de notre dernier passage par les directeurs d’école, des livres de lecture ainsi que des kits de traçage (règle, équerre et rapporteur) ont été réservés pour l’usage des enseignants (30 par école).

D’une façon générale, les villageois ont largement participé à la préparation (tri et cuisson du riz, découpe de la viande, dressage des feuilles de « falaf ») et à la distribution du repas aux enfants, aux anciens et aux figures du village. Toutes les bonnes volontés de l’équipe ont pu s’associer à ces différentes phases pour le bonheur des uns et des autres.

Parfois dépassés par notre propre succès, le groupe a du composer pour que l’ensemble des villageois qui s’étaient invités à la fête puisse également partager ces repas. Ce fut le cas notamment à Ambodiatafane, dernier village situé dans la partie la plus septentrionale de l’île. Du riz et de la viande supplémentaires ont pu être achetés sur place.

Une certaine tension était palpable d’un point de vue alimentaire, les conséquences du cyclone Ivan liées à la crise actuelle ont aggravé la situation déjà difficile dans ce village ensablé perché sur les dunes et de fait plus exposé aux vents. Les cocotiers n’ont pas retrouvé de leur splendeur ni de leur rendement habituel.

Au cours de chaque journée passée dans les villages, les membres du groupe OSCAR ont eu le loisir de distribuer friandises et ballons, d’organiser jeux et animations faisant le bonheur des enfants.

L’animation phare a sans nulle doute été le spectacle de magie qui a su capter l’attention des petits (et des grands !) et fasciner l’ensemble du public par des tours participatifs toujours bien rôdés et plein d’humour !

Cette année, une attention toute particulière a été portée aux femmes qui ont pu profité d’un atelier manucure. Un moindre remerciement pour l’accueil des plus chaleureux qui nous était offert à chaque arrivée dans les villages.

Il a régné lors de ces moments passés dans les villages un véritable esprit de partage. L’échange, pas uniquement matériel, a lieu à tout niveau, tant en sourires qu’en paroles. Une énergie débordante animait les enfants, au point de nous déborder par moments !

4. … ponctuee de rendez-vous sportifs :

A l’origine de notre première idylle avec l’île Ste-Marie en 2006, le football a été l’entremetteur d’une relation durable qui noue aujourd’hui nos deux îles.

Chaque année, nous nous efforçons, sans que cette activité ne soit un critère de sélection parmi les volontaires candidats au voyage, d’organiser un mini tournoi de football dédié à la mémoire de notre regretté Daniel Kichenin, qui nous avait accompagné il y a deux ans.

Cette rencontre sportive a rassemblé trois équipes : Ifofatra, Geto et l’équipe d’OSCAR renforcée de quelques malgaches dont, pour la petite anecdote, le Président de Délégation Spéciale a l’initiative du premier but !

Celles-ci se sont respectivement classées première, troisième et seconde à l’issue de la compétition balayée par une alternance de nuages diluviens et d’éclaircies.

Les deux équipes locales ont été dotées d’une coupe, de tee-shirts, de casquettes et de ballons. Certains agents d’OSCAR ont fait don de tout ou partie de leurs équipements personnels. Un lot complet de tenues a également été offert aux joueurs d’Ifofatra, la moins équipée.

Enfin, annonce a été faite de la volonté pour OSCAR de voir une équipe de Ste-Marie, en invité d’honneur, au tournoi inter régions programmé et organisé par la Région Réunion pour mai 2010 à La Réunion. Cette perspective nécessite à présent de préciser les modalités pratiques qui permettront de les inviter. Cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup d’excitation et d’enthousiasme !

Au passage, nous avons pu constater, en comparaison avec les années précédentes, la nette amélioration du terrain (limites matérialisées) et de son accès où le « passage à gué » à travers la rizière a été remplacé par des passerelles de bois.

Les Premières Foulées de l’Ile Sainte-Marie, course pédestre d’environ 13 kilomètres, ont rassemblé plus d’une cinquantaine de concurrents (ce qui peut être considéré comme un succès à l’échelle de l’île) dont le maire de la ville (!) sur un parcours allant de l’aéroport de Sainte-Marie à l’extrême sud de l’île jusqu’aux locaux de l’Alliance Française à Ambodifototra (chef-lieu).

Nous avons pu saluer la performance des malgaches dont les temps relèvent d’un très bon niveau. Le premier à inscrire son nom au palmarès réalise un temps remarqué de 42 ‘. Les représentants d’OSCAR n’ont pas démérité, une équipe de relayeuses a même pris le départ et terminé bien au delà des espérances de chacune ! La première féminine, malgache de surcroît, se prénomme comme par évocation … Oscarine !

Des Vélos-Tout-Terrain, coupes, chemises, lecteurs MP3, tee-shirts, casquettes, médailles et lots en tous genres comptaient parmi les récompenses distribuées aux participants.

Un déjeuner en ville avec les organisateurs et les autorités locales a clôturé cette première édition des Foulées, lors duquel de nouvelles idées ont surgi pour l’organisation des deuxièmes foulées 2010...

Enfin, pour la seconde année consécutive, une vingtaine d’équipages a pris le départ de la Course des Pirogues organisée à Agnivorano, loin de la ville. Les villageois venus en nombre soutenir leurs marins ont créé une ambiance survoltée empreinte de chants, d’encouragements et d’applaudissements. La prestation de l’unique équipage d’OSCAR a été largement saluée malgré un départ incertain !

L’annonce des festivités a été diffusée au préalable sur la radio nationale et une brève a été reprise dans la presse écrite le lendemain.

La présence renouvelée de la marine à bord de son zodiac était de nature à garantir la sécurité de tous les participants et de notre équipage en particulier moins aguerri à ce type de bataille navale d’un autre genre. Deux canoës kayak, gracieusement offert par le centre nautique de St-Leu, ont également pu encadrer le départ de la course.

Des médailles, kits de plongée et imperméables ont récompensé tous les concurrents ; l’équipage vainqueur s’est quant à lui vu offrir un zébu.

5. D’autres moments forts …

Comme l’année dernière, nous avons eu l’immense privilège de croiser les baleines en route vers le sud lors de nos navettes quotidiennes en bateau vers les villages.

En chemin vers Ambodiatafana nous avons retrouvé Modestine, la directrice du centre pré-scolaire privé La Colombe du Nord, qui a insisté pour nous faire visiter son école réhabilitée en partie grâce à la contribution financière de certains membres du groupe OSCAR en 2008.

La toiture du bâtiment, entièrement refaite à neuf, attestant de l’utilisation à bon escient du don recueilli a motivé l’ensemble du groupe à se cotiser : une centaine d’euros a été remise à Modestine qui a promis, comme l’année passée, de respecter son engagement quant à l’usage de cette modeste contribution.

Modestine a par ailleurs insisté, dans un laïus inquiétant, sur le contexte actuel dans lequel évoluent les enfants du nord de l’île, rendu difficile par la conjoncture politique du pays. Elle a notamment annoncé la cessation de son service de cantine, faute de moyens. Certaines familles ne semblent plus par conséquent en capacité d’assumer la scolarisation de leurs enfants.

Notre passage à la crèche d’Ambodifototra et à l’école La Frégate plus au sud compte également parmi les temps forts du séjour. Une distribution de jouets s’est faite sous le regard ébahi des enfants qui, pour les plus grands, se sont montrés d’une politesse remarquable.

Des cartons de vêtements ont été remis à la directrice de la crèche.

La directrice de La Frégate a promis de tenir le groupe OSCAR informé du programme de parrainage scolaire en faveur des enfants qu’elle accueille.

En marge de notre action, de belles surprises sont venues égayer le séjour.

Vilon’Androy, formation musicale de Tuléar, a donné un mémorable concert de Salegy à l’hôtel La Crique, où nous étions hébergés, pour le plaisir de tout le groupe OSCAR qui s’est courageusement essayé au rythme effréné des pas de danse malgache ! Pour la petite histoire, Vilon’Androy s’était produit le mois précédent à la Réunion, sur la scène du Sakifo.

Une distribution de vêtements et de jouets ainsi qu’un spectacle de magie ont été proposés en remerciement au personnel de l’hôtel La Crique que nous avons côtoyé pendant toute une semaine.

Enfin, il a pu être ménagé quelques rares moments de repos et/ou de découverte au cours du séjour, et qui se sont révélés être bénéfiques pour tous.

Les deux parcours de randonnée pédestre ont donné l’occasion à ceux qui le souhaitaient de traverser l’île d’ouest en est et de profiter de superbes paysages (dans les denses forêts de ravenales et de gréviléas…) et points de vue (sur la baie d’Ampanihy et les piscines naturelles à l’extrême nord de l’île…).

Un périple en pirogues à travers la mangrove nous a conduit sur une plage déserte de sable fin où le bain pris en plein océan indien a revigoré le groupe.

La visite de l’école d’Agnafafy dans l’est a été une agréable surprise où la discipline tranchait avec le joyeux brouhaha de nos rencontres habituelles. Les anciens du village représentent à la fois les sages et les gardiens des bonnes valeurs. C’est dans un très bon français, académique, qu’ils exprimèrent leurs quelques desideratas parmi lesquels la reconstruction d���une classe détruite par le cyclone Ivan, disposer de livres de français niveau primaire et de ballons mousse, considérés comme démodés mais réputés increvables !

Un devis sera établi par le directeur d’école et le « fokontany » (chef du village) pour préciser le montant de la reconstruction de la classe estimée à 1500 €.

Nous avons été accueillis pour cette unique nuit sur la côte orientale de l’île au « Paradis d’Ampanihy », nom évocateur non pas pour les prestations de la structure dépourvue d’eau courante et d’électricité mais pour le cadre idyllique et enchanteur des lieux. A notre départ, plusieurs sacs d’eau chaude solaire ont été offerts à la gérante de l’hôtel.

Le séjour s’est achevé par un repas pris et une nuit passée au Baboo Village sur l’île aux Nattes. Ce très bel endroit n’a malheureusement pas eu le loisir de nous dévoiler tous ses charmes du fait de notre arrivée tardive sur le site, et de notre départ aux aurores et sous la pluie le lendemain.

6. Les perspectives de coopération

Suite aux échanges que les membres de notre groupe ont pu avoir avec certaines autorités de l’île Sainte Marie (Chef de district, PDS, directeur de l’hôpital) ainsi qu’avec les Volontaires du Progrès réunionnais (VP) affectés sur place, des actions de co-développement, pour lesquelles des réflexions ont été engagées, pourraient se mettre en place dans les mois à venir.

Il convient tout d’abord de signaler que des jouets supplémentaires seront expédiés, récupérés avec l’entreprise Ravate, comme les années précédentes, à un certain nombre de crèches et d’écoles de Sainte Marie à l’occasion des fêtes de Noël et acheminés gratuitement par la société de pêche SPSM.

Par ailleurs, par le biais d’OSCAR et grâce à la générosité de coopératives agricoles de La Réunion, des semences seront envoyées prochainement à notre VP en charge de la Maison de l’Agriculture et de l’Environnement de l’île Sainte Marie. L’impact sera d’envergure puisque ce sont près de 500 paysans sainte-mariens qui sont actifs dans le projet de développement de la filière maraîchage mené par le VP.

S’agissant de projets plus structurants, des contacts très prometteurs ont pu être pris auprès de partenaires malgaches et réunionnais.

Equipement des dispensaires en eau chaude solaire :

En partenariat avec un solariste réunionnais et le Rotary club, un programme d’équipement des dispensaires de l’île en chauffe eaux solaires est à l’étude. Cette opération serait intégrée dans les actions de coopération que mènent actuellement le Rotary Club de la Réunion et l’hôpital d’Ambodifotatra.

9 dispensaires et 1 hôpital ont été recensés sur toute l’île dont 2 ne bénéficient pas de citernes ou sont endommagées (de type béton, fissurées). Aucune de ces structures ne bénéficient de l’eau courante du réseau public. Elles sont toutes alimentées par des citernes qui récupèrent les eaux de pluie de la toiture.

Réhabilitation du petit marché :

Projet de réalisation d’une structure métallique avec les élèves de BTS du lycée technique de Bel Air à Ste-Suzanne dans le cadre de leur stage collectif de fin d’année. Plusieurs pistes ont été avancées avec les différents acteurs locaux : réhabilitation de la crèche municipale, réalisation d’un point info-santé de la Croix Rouge, prolongement ou annexe d’un dispensaire ou d’une école…

La dernière proposition qui a été soumise et qui semble recueillir l’unanimité serait la reconstruction du petit marché couvert qui est une structure métallique vieillissante et complètement rouillée. Ce projet fait le lien avec l’aide au développement de la culture maraîchère que mène actuellement un VP affecté à cette mission. Un partenariat pourrait s’envisager avec Transmad qui a été le coordonnateur de travaux pour la réalisation du nouveau bâtiment de l’Alliance Française.

Aide à la reforestation :

Dans le prolongement des actions entreprises par l’association « Planète urgence » et identifiées à la suite du colloque sur la biodiversité qui s’est tenue sur l’île de la Réunion, l’aide à la reforestation doit se poursuivre en lien avec l’ensemble des acteurs locaux.

L’office du tourisme de Ste-Marie, très actif dans ce domaine, souhaite prioriser les actions qui tendent à préserver les richesses naturelles, culturelles et historiques de l’île. Dans ce cadre, elle a signé une convention de partenariat avec l’ONG Fanamby fin 2008 afin de délimiter, protéger et reconstituer trois massifs forestiers situés au nord est de l’île.

Echanges sportifs à la Réunion :

Afin d’appliquer la coopération à double sens, deux évènements sportifs permettraient de concrétiser la venue de nos amis malgaches :

- Participation d’une équipe sainte-marienne au Tournoi inter-régional :

A l’occasion de la 9è édition du tournoi inter-régional de football en 2010 qui sera organisée par la Région Réunion et qui réunira l’ensemble des Régions françaises sur notre île en mai prochain, il est envisagé de faire venir en invité d’honneur une équipe sainte-marienne, sous le signe de la fraternité et de la solidarité.

- Participation au prochain marathon Tram Train :

Lors de la 4è édition du marathon Tram Train qui sera organisée par la Région Réunion en avril 2010, le vainqueur des 1ères foulées de l’île Ste-Marie pourrait faire partie de la dizaine de coureurs extérieurs invités chaque année.

Sur le plus long terme, il pourrait être envisagé qu’un véritable partenariat se développe entre notre Collectivité et l’île Sainte Marie et se concrétise par la signature d’une convention entre notre Collectivité et le District de Sainte Marie. Les déplacements d’OSCAR sur l’île depuis 2006 ont, en effet, permis de créer des contacts privilégiés entre les acteurs du développement local de Sainte Marie et des partenaires réunionnais. Un véritable programme d’actions pourrait s’élaborer sur la base des diagnostics réalisés par notre équipe et par les VP travaillant sur place. Une île comme Sainte Marie se prêterait d’ailleurs très bien à une opération intégrée de développement qui pourrait être portée par un Volontaire réunionnais.

En effet, du fait de son contexte géographique et de ses besoins particuliers, Sainte Marie pourrait bénéficier d’approches plus intégrées de la gestion durable du territoire et des ressources (terre, eau, forêt) et ce afin de faire face aux menaces qui pèsent sur son territoire (cyclones, inondations, déforestation…). Un tel projet faciliterait l’analyse des problèmes environnementaux et l’établissement de priorités précises concernant les modifications à apporter aux politiques et activités sectorielles de l’île.

En conclusion, il semble que la formule du tourisme solidaire ait emporté l’adhésion de tous, ce choix de voyage offrant véritablement la possibilité d’approcher, de découvrir et de vivre le pays et ses coutumes de l’intérieur.

La compilation des photos et films du séjour sera bientôt disponibles sur un blog dont l’adresse sera prochainement communiquée.

Pour finir, sur des mots empruntés à Charles BEAUDELAIRE extraits de Parfum Exotique (Les Fleurs du Mal, 1857), Sainte-Marie est un peu … :

« Une île paresseuse où la nature donne Des arbres singuliers et des fruits savoureux ; Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne »

Sans oublier les enfants saint-mariens, sans qui rien de tout cela n’aurait de sens …

Nos plus sincères remerciements aux partenaires, amis et financeurs qui ont contribué à la réussite de cette opération, tant pour leur soutien, leur participation financière, matérielle et logistique.

Spécial remerciement à Nolwenn pour avoir activement contribuer à ce récit.😉
Classes Affaires et Première (suite) English translation pending
by Esteban100 · 2010-08-09 · 476 replies
Hello, Je m'autorise à copier notre ami Posseidon ci après pour ce nouveau post concernant les classes Affaires et Premiere 😎 Cordialement Esteban

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Bonjour à tous,

La précédente discussion sur les Classes Haute-Contribution ayant atteint près de 500 messages, je vous propose d'en recréer une pour nous permettre de continuer à échanger sur les classes avant des différentes compagnies aériennes.

Les Trips Reports, qu'ils soient élogieux ou critiques, sont les bienvenus dans cette rubrique, en particulier quand ils sont accompagnés de photos illustratives.

Merci à tous pour vos contributions. 🙂
Nouveau symbole de la roupie indienne English translation pending
by Lula · 2010-08-08 · 27 replies


Va falloir s'y faire! Ça a été voté dernièrement. Le symbole devait représenter la philosophie indienne..., il y a eu un concours, avec un prix. 5 symboles avaient été choisis: mais le gagnant n'en faisait pas partie. Allez y comprendre qlq chose. Le gouvernement estime que d'ici 1 à 2 ans, la population indienne s'y sera acoutumé. Par contre, le jour où ça arrivera sur nos claviers n'est pas encore arrivé. Mais c'est plutôt sympa, non?
Transport de Bangkok à Koh Phayam puis Ranong? English translation pending
by Zanza · 2010-08-02 · 10 replies
Bonjour nous projetons de nous rendre à Koh Phayam en octobre de cette année.... Un ami qui y est allé m'assure avoir pris l'avion pour s'y rendre depuis BKK et ce en janvier 2009.

Après quelques recherche sur le forum, je découvre des discussions datant de 2006 ou 2007, mais rien de vraiment plus récents.

Ma question est: peut-on se rendre de BKK à Ranong en avion, car je n'arrive pas à trouver d'infos à ce sujet sur AsiaAir.com par exemple ?
Retour d'expérience: de la trek traversée ouest-est de Bali English translation pending
by Sjeanmarc · 2010-07-24 · 9 replies
Bonjour

Je rentre de Bali où j'ai fait une superbe traversée de l'ile ouest-est (en fait de Sarinbuana au nord de Tabanan à Muntigunung au nord d'Amed). 6 jours de marche dans un Bali loin des touristes et des paysages superbes et variés (cultures, rizières, forêts, volcans...)

Quelques infos générales : Carte : Pas de carte de sentier, j'ai utilisé l'atlas routier Bali Street Map de Periplus avec des plans au 1/60000ème. L'intérêt est d'avoir tous les petits villages indiqués, les routes et les rivières (mais pas les sentiers). Cela m'a permis de passer de village en village. Mon conseil plutôt que de demander une destination éloignée (la fin de l'étape), indiquer le village ou hameau suivant, sinon en général, on vous indique la route. La formule piochée dans un post précédent "Ke mana djalann setapak ke le village suivant" (par où le sentier pour le village suivant) est bien utile. Il faut bien insister djalann setapak (sentier) pour éviter les routes. Les balinais ne comprennent pas que l'on souhaite marcher dans la campagne... Intendance : beaucoup de hameau et village et dans chaque village des petits kiosques avec biscuits, eau, jus de fruit et parfois des warungs (petits stands restaurants). La plupart des villages ont un réseau d'eau (à purifier avant de boire...). J'avais organisé mes étapes en fonction des hôtels.

Itinéraire (si plus de précisions sur une étape, me demander) Départ à Sarinbuana : nuit dans la rice house de Bali Mountain Retreat (180000Rs soit 16€ environ) Sarinbuana - Temple Pura Luhur Batu Karu - Jatiluwih : belle étape sans trop de difficultés mais le chemin pas toujours facile à trouver. A partir du temple Pura Luhur, j'ai suivi la route jusqu'aux rizières de Jatiluwih. Nuit à Galang Kangin Inn (30€ environ). J'ai passé une journée à me promener dans les rizières de Jatiluwih et bains chauds. Jatiluwih - Candikuning : initialement, je souhaitais rejoindre Munduk par le sommet Lubang Nagaloka mais on me l'a deconseillé. Je suis donc passé par des traversées de village en village, pas trop de route. Belle montée quand même pour rejoindre Candikuning. Journée de battement à Candikuning (cérémonie au temple...). Mieux vaut dormir à Candikuning qu'à Bedugul. Bedugul - Pura Pucak Mangu - Pelaga : très belle étape en forêt. Le chemin est assez facile à trouver (possibilité de se tromper au départ; j'avais pris un guide jusqu'au temple au sommet pour environ 15€); la redescente sur Pelaga est très facile; on ne peut pas se tromper. La montée sur le temple est par endroit raide et glissante. Nuit à Bagus Agro Pelaga. Endroit d'exception absolument sublime (75US$ mais cela en vaut la peine...) Pelaga - Kintamani : longue étape d'autant plus que je me suis planté au démarrage et j'ai un peu galéré. Mais ensuite de Mengani à Kintamani, plein de village, assez facile à trouver. Mais étape longue et qui monte et descend (plus de montée que de descente pour rejoindre Kintamani). Pour réussir cette étape, il faudrait trouver le sentier entre Belok Sidan et Mendani... Nuit à Miranda Home Stay (environ 7€) Kintamani - Toya Bungkah : possibilité de le faire via le Batur avec le patron du Miranda. Je l'ai fait en longeant essentiellement la route (pour des raisons de logistique : nécessité de changer de l'argent à Penelokan...). J'ai fait le jour suivant l'ascension du Batur Toya Bungkah - Munti Gunung : très belle étape avec d'abord la montée le matin sur la caldera avec de belles vues sur le lac et le volcan puis un superbe sentier descendant sur la mer. A Munti Gunung, j'ai fait les derniers kilomètres en ojek (moto taxi) jusqu'à la route Singaraja - Amlapura. Là j'ai pris un bemo jusqu'à Culik puis à nouveau ojek pour Amed. Repos et snorkling. Ascension du Mont Agung au retour à partir de Sidemen.

J'ai plus de détails sur les étapes pour ceux qui le souhaitent.
Juste pour sourire... English translation pending
by Myloose88 · 2010-07-21 · 55 replies
Conversation réelle captée sur le canal 106 fréquence des secours maritimes de la côte du Finistère (Galice).

Entre des Galiciens et des Nord-Américans

Galiciens (bruit de fond) : •Ici le A-853, merci de bien vouloir dévier votre trajectoire de 15degré au sud pour éviter d’entrer en collision avec nous. Vous arrivez directement sur nous une distance de 25 milles nautiques.

* Américains (bruit de fond) : * Nous vous recommandons de dévier vous-même votre trajectoire de 15° nord pour éviter la collision.

Galiciens : •Négatif ! Nous répétons : déviez votre trajectoire de 15 degré sud pour éviter la collision.

Américains (une voie différentes) : * Ici le capitaine ! Le capitaine d’un navire des Etats-Unis d’Amérique. Nous insistons, déviez votre trajectoire de 15° nord pour éviter la collision.

Galiciens : •Négatif ! Nous ne pensons pas que cette alternative puisse convenir, nous vous suggérons donc de dévier votre trajectoire de 15 degrés sud pour éviter la collision.

Américains (voix irritée) :

* Ici le capitaine Richard James Howard, au commandement du porte-avions USS LINCOLN, de la marine nationale des Etats-Unis d’Amérique, le second plus gros navire de guerre de la flotte américaine ! Nous sommes escortés par 2 cuirassiers, 6 destroyers, 5 croiseurs, 4 sous-marins et de nombreuses embarcations d’appui. Nous nous dirigeons vers les eaux du Golfe Persique pour préparer les manœuvres militaires en prévision d’une éventuelle offensive Irakienne. Nous ne vous suggérons pas, nous vous ordonnons, de dévier votre route de 15° nord ! Dans le cas contraire nous nous verrions obligés de prendre les mesures qui s’imposent pour garantir la sécurité de cette flotte et de la force de cette coalition. Vous appartenez à un pays allié, membre de l’OTAN et de cette coalition, s’il vous plaît, obéissez immédiatement et sortez de notre trajectoire.

Galiciens :

•C’est Juan Manuel Salas Alcantara qui vous parle, nous sommes deux personnes, nous sommes escortés par notre chien, par notre bouffe, deux bières et un canari qui est actuellement en train de dormir. •Nous avons l’appui de la radio de la Corogne et du canal 106 ‘urgences maritimes ». •Nous ne nous dirigeons nulle part, dans la mesure où nous vous parlons de la terre ferme. Nous sommes dans le phare A-853, au Finistère de la côte de Galice. Nous n’avons pas la moindre putain d’idée de la position que nous occupons au classement des phares espagnols. Vous pouvez prendre toutes les mesures que vous considérez opportunes car nous vous laissons le putain de soin de garantir la sécurité de votre flotte de merde qui va se ramasser la gueule contre les rochers ! C��est pour cela que nous insistons à nouveau et vous rappelons que le mieux à faire, le plus logique et le plus raisonnable serait que deviez votre trajectoire de 15° degrés sud pour éviter de nous rentrer dedans !

Américains :

* Bien reçu, merci…….

Itinéraire à la Réunion et peut-être l'île Maurice du 29 septembre au 13 octobre English translation pending
by Clansayes · 2010-07-16 · 37 replies
🙂bonjour à tous ! je pars avec une amie à la réunion et peut-être maurice du 29 septembre au 13 octobre 2010, nous avons nos billets d'avion et loué voiture sur "govoyages". Je commence à établir mes itinéraires en me calquant sur un circuit autotour, mais je suis un peu inquiète ! donc j'aimerai avoir votre avis !

- nous arriverons le 30.09 à 6h45 si tout va bien nous aurons notre voiture vers les 8h, et nous commencerons notre périple , direction le cirque de salazie helbourg, par ste marie ste suzanne st andré, nous pensons en passant visiter la cascade blanche, cascade voile de la mariée, rejoindre helbourg où nous passerons la nuit chez Alice nous attendons sa réponse ! visiter du village, la maison folio, la maison guétali.

- 1er octobre 6H du matin, retour st st andré bras pranon st benoit et descente vers la plaine des palmistes et foret de bebourg belouve, découvrir la cascade biberon 1h A/R, la forêt de bébour bélouve le guide du routard nous dit que pour s'y rendre il faut prendre la route de petite plaine sur env 5 kms puis à droite vers la forêt, et précise ATTENTION la route est fermée le WE du vendredi 12H au lundi 7H, on s'inquiète nous serons en WE ! nous aimerions aussi aller au moins au belvédère du trou du fer 3h A/R. Nous aimerions avoir des conseils pour l'accés, savoir où nous pourrons laisser notre voiture , ensuite revenir sur st benoit, redescendre ste anne, ste rose les coulées de lave de 2007, et passer la nuit à st philippe hotel les vanillers déjà réservé. cette journée du 1er octobre n'est elle pas trop remplie pensez vous qu'i vaut mieux rester une journée de plus dans cette partie de la réunion ?

- le samedi 2 octobre 6h du matin st philippe bourg murat plaine des cafres langevin cascade de grand galet, grande anse, st joseph, st pierre : le marché couvert, direction le tampon, la maison du volcan, nuit à bourg murat (pas encore réservé)

- dimanche 3 octobre au levé du jour l'enclos, la plaine des sables, le piton de la fournaise la rando de 6h. descente et nuit à l'entre deux.

- lundi 4 octobre 6h du matin, poursuivre sur cilaos, marche jusqu'au point de vue de la roche merveilleuse, ilet à cordes, redescendre sur st louis nuit à étang salé (pas réservé)

- mardi 5 octobre 6h du matin, st leu, la saline, nuit à st gilles les bains. (pas réservé)

- mercredi 6 octobre 6h du mat, st paul piton maido, mercredi soir le port bâteau pour maurice, nuit sur le bâteau, rien n'est décidé ni réservé !

- jeudi 7, vendredi 8, samedi 9, dimanche 10 le soir nuit sur le bâteau.

- lundi 11 st denis et nuit à st denis

- mardi 12 st denis départ à 23h pour marseille.

Merci infiniment pour vos conseils dans l'attente ! je vous salue ! amicalement. Dany
Cheminer entre Porto Douro et Minho Verde (Portugal) English translation pending
by Tomas3 · 2010-07-15 · 57 replies
quand la canicule frôle les 37° et que les alizés portugais vous narguent, rien de tel que de prendre un vol low-coast à Andrezieux-Bouthéon(aéroport de Saint Etienne) et d'attérrir deux heures plus tard dans l'estuaire du Douro et la patrie de Magellan...

Bonheur du voyage: Joao, portugais de Clermont-Ferrand et la belle Angeles, routarde espagnole et galicienne, partagent de front les trois sièges de votre Boeing 737...

Joao a quitté le Portugal à 17 ans, il y retourne avec sa maman de 88 ans...

Angeles est responsable du Parque Natural do Monte Aloia à quelques kilomètres de TUY en Galice...sur les bords du Rio Minho...

Elle est bronzée comme un brugnon, sèche comme une sportive de l'extrême, son rire sonore vaut toutes les approches du Minho...

Le Minho est la région la plus septentrionale du Portugal, la plus verte et la plus boisée, celle qui relie le Portugal à la Galice, région de toutes les sources et de tous les ruisseaux...

Par 33° degrés à l'ombre, tous ces détails vaudront leur pesant d'or...

Pour le moment Ulysse, Angeles et Joao refont le monde après la défaite du Portugal face à l'Espagne(0-1) Joao est honteux, surtout devant Angeles l'espagnole, qui, d'ailleurs, ne connaît rien de l'actualité sportive... et tombe des nues...

Ulysse feint d'être passionné par cette affreuse actualité...

Les bras d'Angéles frôlent ceux d'Ulysse dans l'étroitesse de la cabine du 737, et c'est un vrai bonheur... d'atterrir à Porto en partageant son regard et son sourire quand les passagers applaudissent le pilote pour le remercier d'avoir fait son boulot: atterrir à Porto...
Situation actuelle à Sapa au Vietnam (mi-juillet 2010) English translation pending
by Satoli · 2010-07-12 · 19 replies
Des nouvelles fraîches concernant Sapa... Comme évoqué par Larsay dans un post précédent, il est désormais impossible de conduire une moto. Le permis international n'étant même pas reconnu au Vietnam, il nous faut désormais laisser tomber ce fabuleux moyen de transport. La fin d'une belle époque, la fin aussi d'agences telle que l'excellente Compagnie Bourlingue certainement aussi 😕

Place aux villages maintenant. Sachez que les montagnes et la nature ne nous appartiennent plus! Impossible d'y aller par soi-même même en payant le stupide ticket d'entrée dont les bénéfices sont soi-disant reversés aux habitants de la région. Un vaste contrôle a été mis en place depuis une semaine maintenant. Un exemple qui m'a été rapporté hier par deux canadiens est sans équivoque. Ils sont descendus jusqu'à la petite maison qui délivre les tickets. Jusque-là tout va bien. Ils se sont acquittés des 15'000 dongs pour obtenir le sésame. Jusque-là tout va bien. Et là paf! Juste après le virage contrôle de police, impossible d'aller plus loin, amende de 200'000 dongs chacun. Rien n'va plus. Incroyable tout de même qu'ils n'aient pas été mis au courant qu'ils ne pouvaient pas aller au villages seuls à la petite maison de tickets 🤪

Bref, amis forumeurs, vous qui venez à Sapa pour découvrir la culture hmong, dao, giay et autre tay, laissez tomber! Avec un parc de guides composé à plus de 75% de vietnamiens, ce n'est certainement pas eux qui vous expliqueront correctement comment faire de l'indigo, le travail aux champs de maïs, riz et chanvre, comment se passe la confection des habits, les coutumes avant et après un mariage, etc., etc., etc. Pourquoi ils sont incapables d'expliquer tout ça? Parce que ces mecs ne viennent même pas de la région pour la majeure partie, parce que (et je vais pas avoir que des amis sur ce forum) ces mecs n'aiment pas les hmongs. Pour être en couple depuis deux ans avec une jeune femme hmong, j'ai déjà assisté des centaines de fois à des comportements carrément racistes des vietnamiens envers eux. Quelques guides viets sont toutefois adorables et compétents mais sur la masse totale, cela ne représente finalement pas grand chose.

En conclusion, si vous venez tout de même à Sapa, exigez une guide hmong ou dao. Si vous ne l'avez pas, ne partez pas!

Amoureux de la culture hmong depuis bientôt cinq ans maintenant, c'est la mort dans l'âme que je constate les changements dans la région. C'est la mort dans l'âme également que je vois mon boulot dans la région s'effondrer. SapaTrek n'existe plus, il m'est même impossible d'être simple accompagnateur. J'ai passé huit heures avec la police il y a quelques jours. Résultat une petite amende de 200'000 dongs parce que mon passeport et mon visa se trouvaient à Hanoi. Pour l'avenir à court terme, je vais essayer d'infiltrer l'ennemi 😛 de l'intérieur en bossant à l'office de tourisme de Sapa. En tout cas, si vous venez par ici, envoyez-moi un MP, qu'on boive une bia hoi ensemble, qu'on fasse connaissance, bref que je continue à faire des rencontres avec des gens qui ont jusqu'à présent ont été adorables durant ces deux dernières années.

Amicalement, Satoli
Dans le couple, la femme voyage-t-elle seule? English translation pending
by Registoubkal · 2010-07-11 · 84 replies
Bonjour !

Dans un couple... Qui voyage ???

Lorsque je pars en trek (je précise : Voyage organisé, sportif, et en groupe), beaucoup de personnes partent seules.

Je vois de plus en plus de personnes laissant leurs conjoints à la maison. Et, bien souvent, c'est la femme qui part ! L'homme reste tranquillement à la maison... Serait-il casanier et plan-plan ? La femme part donc, seule, en voyage. Elle prend une certaine liberté... Serait-elle plus aventurière, plus curieuse, plus sportive ?

Je constate que ce sont plutôt des couples d'un certain âge, je dirais de 40 à 60 ans.

Serait-ce dû à une lassitude, à un ennui dans le couple vieillissant ?
Nuit blanche en Afrique noire sur le Kilimandjaro English translation pending
by Registoubkal · 2010-07-10 · 12 replies
Bonjour !

Je retrace ma dernière étape (de nuit) de l'ascension du Kilimandjaro, par la voie Machame. Les conditions météo étaient particulièrement défavorables cette nuit là ! Ca reste mes impressions... Chacun réagit différemment !

"Il est 18 H 30. Nous sommes à Barafut Hut, à 4600 mètres d'altitude, dernier campement avant l'ascension finale du Kilimandjaro. Nous avons terminé le repas... Pour manger, nous nous réunissions chaque soir du trek dans une tente mess bien trop petite. Nous étions 15. Seules 12 personnes entraient correctement dans la tente. Alors, il fallait se tasser, trouver différentes positions, s'asseoir en quinconce. La nourriture a toujours été bonne. Ce soir là, à 4600 mètres, c'était plutôt quelconque. Beaucoup de pâtes... trop cuites ! Mais, pour attaquer le Kili, pour un effort très soutenu, pourquoi pas ?!? Nous sommes déjà tous enmitouflés, engoncés ! Rama, notre guide, légèrement francophone, nous annonce les consignes pour l'ascension finale. Le réveil sera à 22H30. Nous sommes tous surpris ! Nous nous attendions à 1H du matin... Mais, bon ! Rama nous explique qu'il faudra au moins 7 heures de marche pour atteindre le sommet. De 4600 à 5895 mètres d'altitude, il faut sûrement celà car le souffle est court. Il insiste sur le fait que nous formerons qu'un seul groupe. Lui derrière, et Anthony le deuxième guide officiel anglophone à la tête. Rama souligne qu'il faudra mettre absolument toutes nos fringues, se couvrir le maximum possible... Chacun retourne donc à sa tente. La nuit va être très courte. Installé dans ma tente, j'ai peur qu'elle s'arrache ou qu'elle s'envole. Ca bouge énormément, le vent souffle très fort ! La tente est pourtant bien lestée par de grosses pierres. Je ne m'endors pas ! Le vent fait un vacarme si assourdissant ! Je vois toutes les heures passer... Et, c'est déjà le réveil ! Il est 22H30 !!! Après avoir enfilé toutes les couches possibles de vêtements contre le froid, je m'extirpe de ma tente. Ca souffle terriblement, c'est glacial ! Je rejoins la tente mess en contrebas, en slalomant dans la nuit noire africaine à travers les gros blocs de roches volcaniques. Le groupe se compose... Jacques, l'enseignant de Bagnères de Bigorre est déjà tout paniqué... Il me dit : " Tu te rends compte, c'est impossible, l'ascension est annulée avec un vent pareil. On ne peut pas monter ! J'ai déjà eu une mauvaise expérience il y a 20 ans, avec ma femme en pleine montagne. Accidentée, emportée par le vent, on ne l'a jamais revue !!! " Bref ! On se réunit dans la tente mess pour se restaurer, avant d'affronter la montée au Kili ( qui aura bien lieu ). Rama et Anthony confirment l'ascension. Ils sont " zen ". Il n'y a pas de problème ! Tout le monde est prêt, on sort de la tente. Mais, où sont passés Jean-Louis (le psy qui nous booste) et Hervé ? Ils ont raté le réveil de 22h30 !!! Rama les réveille. Frigorifiés, tétanisés, nous attendons dans le vent !!! Une heure vient de passer... Il est 23H30. Ca y est ! C'est parti ! La marche peut commencer... Nous progressons lentement, très lentement, il faut s'économiser. Anthony impose le rythme (africain). Rama reste à la queue. La respiration est très importante : " One step, one breath " (un pas, un souffle).

( Au camp précédent, un groupe d'allemands (médecins), étudiant les effets de l'altitude sur le corps humain, nous l'avait bien expliqué. Ce jour là, au camp de Barranco, à 3950 mètres, Gérard avait dû nous quitter. Il faisait partie du groupe. Ce marathonien d'un cinquantaine d'années avait souffert du mal des montagnes. C'était un jour d'acclimatation de Shira Hut à Barranco Hut, avec un passage à 4500 mètres à Lava Tower. Ce jour a faillit lui être fatal. Vomissant tout son petit déjeuner à 4500 mètres, il redescendit à Barranco dans un état déplorable, comme un zombie... Epuisé, il se reposa sous la tente à l'arrivée. Les allemands, voisins de notre campement, l'auscultèrent. Ils avaient tout le matériel de mesure... Gérard, le malheureux, commençait à avoir de l'eau dans les poumons !!! Peut-être un début d'embolie pulmonaire ?!? Il fallait redescendre absolument. C'était le seul remède. Gérard redescendit le lendemain matin avec un porteur qui s'appelle :" Iao Bou ". Facile à retenir... Gérard ira au bout !).

Donc, le rythme de la marche restera le même. Trois pas très lents, puis un arrêt. c'est saccadé et régulier à la fois. La pente est raide, le terrain instable, et le vent glacial nous balaye de plus en plus... Epuisant !!! Je lutte et je regarde ma montre ... Le temps ne passe pas ... Le temps ne passe plus ... Se serait-il arrêté ? Le froid transperce les vêtements. Nous marchons comme des automates. Je regarde machinalement les pas de la personne devant moi. Il n'y a rien d'autre à faire. Avancer pour le mieux. Parfois, nous mettons les mains pour nous hisser entre des rochers... Nous montons dans un silence implacable. Il faut pleinement respirer. Jean-Louis, le psychologue, ne pousse plus son cri de guerre :" Alleeeeeeez !!!!!!!! " Son cri si particulier pour booster le rythme africain ! Chacun se concentre. Le froid s'intensifie. Je resserre ma cagoule pour me protéger le visage au maximum, mais ça ne suffit pas. J'enlève les gants et j'enfile les moufles à la place. Il est minuit trente, et ce sera le premier arrêt. Cinq minutes, pas plus ! Et il faut repartir ! La montée est interminable, je m'endors pratiquement debout. Mon souffle va (par contre) plutôt bien, malgré l'altitude d'environ 5000 mètres. Mais je vacille et mes pas sont imprécis... Il est deux heures du matin. Ma frontale s'éteind soudainement. Les piles neuves à 23H, n'ont pas supporté le froid. Je fouille dans mon sac pour retrouver des piles de rechange... Mais impossible ! Je ne les retrouve pas ! Jean-Louis m'indique qu'il faut faire vite et ne pas perdre de temps. Rama me prête sa vieille lampe torche. Elle éclaire mal, mais c'est toujours ça ! C'est reparti ! Il est seulement 2H30 du matin, et j'attends avec impatience le soleil. Le temps s'est comme figé. Il fait nuit noire, elle est si longue qu'elle nous endort. Le vent glacial nous épuise tous. Aucune zone abritée ! Nous sommes dans des éboulis, sur un vallon très raide, et rien n'arrête le vent... Derrière, une partie du groupe a déjà abandonné. Le mal des montagnes a fait des ravages sur les organismes. Vers 3H du matin, je vois redescendre à toute allure le guide Anthony avec Renaud et Cécile (2 jeunes avocats de Paris). Renaud ne tient plus debout. Il est porté par Anthony. Les images de ce moment sont furtives. Je me souviens juste que Renaud a le regard ailleurs, il semble inconscient ! La marche continue... Sur un vague sentier toujours raide. Vers 4H du matin, je suis K.O. Je demande une pause. Mes souvenirs restent flous. Mais Anthony est à nouveau en tête du groupe. Sur 15 personnes, nous ne sommes plus apparemment que 6 avec le guide. Anthony est donc à nouveau là. A t-il redescendu Renaud rapidement, puis récupéré notre groupe ? Mystère ! Je n'ai rien vu, mais c'est ce qu'il s'est visiblement passé. Pour la pause, Anthony recherche un endroit à l'abri du vent violent. C'est difficile, il y a très peu de recoins, très peu de gros rochers. Mais, c'est trouvé ! Je m'asseois. Je n'ai plus de forces. Je suis lessivé. Je demande 5 minutes d'arrêt. Je mange un peu. Mes jambes tremblent fortement !!! La position assise reste encore plus fatigante que debout. Très rapidement, Anthony et le petit groupe décident de repartir. Je reste sur place. Je n'arrive plus à avancer. C'est hallucinant, mais je me retrouve donc sans guide ! A quelques mètres de moi, en contrebas, un mec est assis au bord du sentier. Il se repose... Il sort sa couverture de survie... Je pense que c'est Henri, le fils de Jacques (les 2 de Bagnères de Bigorre). Je lui demande : " Il est pas là ton père ? " Il faut dire qu'ils marchaient toujours ensemble... Il me répond :" Mon père ?!?! Je ne suis pas venu avec mon père, je suis avec un ami. " C'était un autre français que je confondais avec Henri. Je suis seul à présent. Je me refroidis. Je me dis qu'il faut bouger. Mais, descendre ou monter ??? La descente me semble trop risquée... La montée serait la solution pour me réchauffer... Mais, seul ? C'est dangereux aussi ! Je réfléchis........ Plusieurs cordées passent devant moi. J'interpelle finalement un groupe d'américains. Très sympas, ils me proposent de les suivre. Leur guide tanzanien me dit qu'il reste environ 1H30 jusqu'au cratère sommital. Ca me semble possible même si je me sens faible. Je persiste et je les suis. La marche est lente, je tiens leur rythme... Une américaine me dit quelques mots en français. Je me réchauffe. Nous cheminons en zigzag. Le ciel s'éclaircit. On commence à distinguer la lueur du jour. La nuit était si longue et si noire !!! Le vent se calme !!! Ca y est ! Voici le lever du soleil, avec le Mawenzi en toile de fond. Grandiose !!! Sa silhouette déchiquetée tranche sur un fond rouge orangé. A l'horizon, on remarque l'arc de la terre. C'est immense ! La ligne de crête apparaît. Il ne reste que quelques pas, que quelques mètres... Sur le côté gauche, on découvre de magnifiques séracs en étages... Leur couleur change, varie du rouge à l'orange... Nous marchons sur un terrrain lunaire, nos ombres sont encore grandes. L'univers est minéral et le sol couleur ocre. Voici les tous derniers mètres avant le rebord du cratère et nous admirons, juste à nos pieds, des pénitents de glace, mini stalagmites de glace. Superbes !!! Nous y sommes. Les américains se serrent la main. Le sommet immense m'impressionne. Vers la gauche, la ligne de crête enneigée se prolonge jusque Uhuru Peak (point culminant à 5895 mètres). C'est le toit de l'Afrique. En face, dans le cratère, on peut distinguer un glacier ou plutôt des séracs en forme de cubes, posés à plat. Soudain !!! Mon guide Anthony apparaît !!! Comme un fantôme !!! Je quitte les américains. Je monte vers Uhuru Peak avec Anthony. On se parle un peu. Pourquoi m'a t-il laissé dans la pente ? Seul ? En pleine nuit ?!? Aucune réponse précise... Il faut 45 minutes pour rejoindre Uhuru Peak. La neige est plus ou moins gelée, les bâtons servent bien ! Le chemin est facile, quelques bosses, mais il n'y a plus de pente raide. Je me sens léger. J'ai comme une sensation de flottement. Le soleil chauffe et il fait presque bon ! La marche devient facile, je respire sans problème. Je fais quelques photos de l'immense barre de séracs sur ma gauche. Du grand spectacle ! Nous arrivons au sommet. Il est 8H du matin. Anthony me félicite. Je reste dans un état second, un peu insensible... Je réalise difficilement que je suis arrivé. Je suis bien. Je respire facilement. Tout me semble léger. Je suis pourtant à presque 6000 mètres d'altitude !

Comme dirait l'éminent Docteur Furst de Sarrebourg (Moselle) : " Le Kilimandjaro !!! C'est les Vosges en plus haut !!! "
Dix-sept jours à vélo à travers les Préalpes françaises English translation pending
by Lucbertrand · 2010-07-09 · 3 replies
Préalpes juin 2010

Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.

Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.

Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.

Lundi 7 juin

Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.

Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.

Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.

Mardi 8 juin

Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.

Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.

Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.

Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.

Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.

Mercredi 9 Juin

La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.

Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.

Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?

Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !

Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.

Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.

Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.

Jeudi 10 juin

La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.

La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.

La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.

Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.

La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.

Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du café après le déjeuner.

A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.

Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.

Vendredi 11 juin

Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.

Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.

Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.

Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.

Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.

Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.

Samedi 12 juin

Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.

Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.

Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.

Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.

Dimanche 13 juin

Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.

En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.

Lundi 14 juin

Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.

Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.

Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.

Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !

Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.

Mardi 15 juin

Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.

Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.

Mercredi 16 juin

Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.

En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.

Jeudi 17 juin

Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.

Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.

Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.

Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.

Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.

Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.

De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.

Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.

Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.

Vendredi 18 juin

La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.

Samedi 19 juin

Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.

Dimanche 20 juin

Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.

Lundi 21 juin

Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !

A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
Les marchés du nord Vietnam? English translation pending
by Williama · 2010-07-09 · 20 replies
Bonjour,

Pouvez-vous me préciser les jours de marché et moyens d'atteindre ces lieux comme Can Cau et autres endroits proches de Sapa merci

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