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De la Guyane au Surinam (petit budget, avec enfants) English translation pending
Bonjour,
Nous sommes 4 dont 2 enfants (14 et 10 ans) et nous souhaitons passer 2 ou 3 jours au surinam en quittant la guyane.
Qui connait des bons plans (hôtel, resto, guide etc ) notre budget est restreint
Notre voyage est prévu mi juillet 2016
Merci d'avance
Carnet n° 67: Mayotte / 25 - 29 mars 2016 English translation pending
www.youtube.com/watch?v=qGE9WVIeWJQ
Vendredi 25
J’ai toujours eu envie de revenir à Mayotte. Voire même d’y travailler un jour. Pourtant, je prévois ce voyage à la dernière minute en liant le souhait d'une collègue de visiter l’île au lagon et mon éternel besoin de voler. Dans le contexte actuel d’une départementalisation défaillante sur fond d’immigration galopante, il était bien de venir ici faire un tour avant de décider d’y passer quelques mois. Ce que je ne m'avoue qu'à moitié, c'est qu'il s’agit surtout de mes derniers jours de liberté avant de prendre la relève ; à partir de la fin du mois, ce sera à mon tour de m’occuper de ma fille.
Je quitte donc la Réunion en compagnie d'E. alors qu'au travers du hublot je vois une pluie drue inonder le tarmac de Rolland-Garros. Dehors, il fait chaud et moite, comme pour préfigurer ce qui nous attend là-bas, plus au nord, sur cette terre de France perdue au milieu du canal du Mozambique. A l'intérieur de l'avion, un vieux 737 d'Europe Airpost affrété par Air Austral, j'apprécie une nouvelle fois le luxe d'un voyage aux issues sans voisin, uniquement dérangé par toutes ces questions sans réponse que je me pose au sujet de Mayotte.
Dès l’arrivée, je suis comme happé ; je retrouve l’Afrique. Alors que les uniformes et les panneaux de signalisation propres à la France sont tout de même plus discrets que les femmes en boubou, l’état des infrastructures me rappelle plus le Congo que Neuilly-sur-Seine et la chaleur, insupportable, finit de me rappeler où je suis. En sortant de l'aérogare, nous prenons place à bord d'un taxi collectif conduit par un Mahorais en sueur portant une coiffe traditionnelle et rejoignons en moins de dix minutes l'embarcadère de Dzaoudzi. De là, la traversée vers Mamoudzou dure un bon quart d'heure. Tandis qu'on laisse s'échapper Petite Terre, les reliefs de la Grande apparaissent enfin. Là, entre deux eaux, oscillant entre deux terres, je retrouve au loin les points culminants de Mayotte : au sud, le Choungi, devant moi le Pili Pili et le Bénara et derrière Mamoudzou, le Combani. Ce qui saute aux yeux, pour un Réunionnais, c’est qu’en dehors dela capitale, l’ensemble du littoral est constitué de forêts. Oui, de temps en temps, j’aperçois bien un village ou une plage, mais dans l’ensemble, c’est comme si l’île entière était recouverte d’une épaisse forêt tropicale.
En débarquant, le choc des cultures se vit de manière frontale. Assises à même le sol, les bouénis (1) bariolées vendent leurs fruits et légumes quand les hommes se chargent d'aller à la rencontre du client potentiel en brandissant leurs chinoiseries. Les trottoirs, les bâtiments, tout est crade, usé, rapiécé. À part peut être, à droite, le nouveau marché couvert. Il fait chaud, il fait très chaud, et c'est dans la douleur que nous parcourons les neuf-cent mètres qui nous séparent du loueur de voitures. Un instant, entre deux villes, nous longeons la mangrove qui dévoile à marée basse les affres que lui font subir l'inconséquence des hommes : dans la boue qui se mêle au sable, on devine les papiers et les aluminium, les canettes et autres bidons gras.
Je m’empresse de quitter les lieux en mettant la clim’ à fond dans la voiture. La route n’est pas trop mauvaise, seulement, suivant les caprices du littoral, elle n’est véritablement qu’une succession de virages. La vitesse s’en trouve limitée ; on dépasse rarement les 60. Trente minutes après, nous sommes déjà à Bandrélé. Là, nous déposons en coup de vent nos affaires chez nos hôtes car il s’agit ne n’avoir jamais rien dans son coffre alors que la voiture stationne. Il est même recommandé de ne jamais la verrouiller... On se presse. Je tiens à arriver à N’Gouja, dans le sud- ouest de l’île, au moins une heure avant le coucher du soleil pour pouvoir nager avec les tortues, toujours présentes à cet endroit de l’île.
Ravis, nous arrivons à l’heure prévue.Déçus, ce sera pour constater que la mer est grosse et qu’une honnête drache commence à s’abattre sur la plage. Nous nous consolons avec une glace industrielle au bar du Jardin Maoré avant de rentrer au gîte. Il fait nuit à 18h ; il est trop tard pour profiter de la belle vue depuis la terrasse. En contrebas, le bruit de la mer nous donnerait presque envie de dormir porte et fenêtre ouvertes. Seulement, l’humidité accablante ne se corrige qu’avec la clim’, fenêtre fermée, et si le gros portail à l’entrée du jardin nous sécurise depuis la route, nous savons bien que le voleur rode et arrive de la mer par ce même chemin que nous emprunterons plus tard pour quitter le rivage en kayak. Nous fermons donc aussi la porte. Trois moustiques mutants passent. Nous nous endormons.
Samedi 26
Désormais à l’aise, en voyage, avec l’idée de me laisser porter par le mouvement, j’accepte de partir en mer ce jour plutôt que lundi et grappille au passage une substantielle économie. Nous roulons donc trente minutes de Bandrélé au ponton de Mamoudzou en traversant les villages qui se réveillent doucement. Il est 7h30, le soleil cogne déjà fort ; sans la clim’, je serai déjà trempé de sueur. Au ponton, bercé par la brise de mer, je supporte bien l’attente de notre navire avec quelques dizaines de couillons en partance comme nous qui à la plongée, qui en excursion.
Donatien, capitaine 200, me donne l'idée d'être frais comme au premier jour bien que son métier soit des plus routiniers. Affable, patient et extrêmement sympathique, il envoûte ses clients en leur contant le lagon, ses petits secrets et ses grands mammifères. Il m’apprend même, pauvre de moi, que si le requin est un poisson, le dauphin lui, est un mammifère. Subtil. Aussi, fort de ces explications, je décide de me jeter à l’eau entre la barrière de corail et ces îlots paradisiaques qui font la réputation des cartes postales. Oui, je trouve le courage de me mettre a l'eau en pleine mer, à ceci près que ma main reste solidement attachée à l'échelle du navire. Les autres eux, nagent avec vigueur vers les dauphins et autres raies manta désormais à portée de main. Moi, j’ai bien trop peur de l’eau ; je vivrai l’émerveillement depuis le pont.
A proximité de l’îlot M’Tsamboro, nous buvons un punch coco sur un îlot de sable blanc. L’eau est turquoise, le ciel bleu, nous sommes tous ravis d’échapper à la pluie qui était pourtant prévue. À quelques miles, la terre. Et un radar bien visible. Un des quatre radars affectés à la surveillance des côtes et qui indique chaque nuit aux autorités dépassées la présence de kwassas (2) dans les eaux territoriales. Un moment, je me retrouve seul avec Pascal et Jean-Pierre, deux gendarmes en repos aujourd’hui et qui consentent à me raconter brièvement leur quotidien. Brièvement, ça donne ça :
"Notre boulot revient à vouloir écoper l’océan avec un dé à coudre."
Alors pourquoi ne pas stopper l’immigration à la source ? Pourquoi ne pas patrouiller toutes les nuits dans les eaux internationales, à mi-chemin entre Anjouan et Mayotte ? Ou plutôt, pourquoi n’ont-ils réellement patrouillé qu’au plus fort de l’état d’urgence alors qu’il faudrait le faire chaque nuit ? Je n’obtiens pas de réponse. Juste une sorte de parallèle entre ici et la Guyane, juste une légère comparaison entre les orpailleurs surarmés de la jungle équatoriale et les pauvres bougres en guenilles qui tentent ici le tout pour le tout. Sauf que ces pauvres bougres qui représentent à ce jour 40% de la population de l’île saturent les salles de classe, les centres de rétention et les services de soin jusqu’à la Réunion. Moi, je trouve ça prodigieux que notre gouvernement ne se donne pas les moyens d’œuvrer en amont et laisse à ses ouailles le soin de s’en dépatouiller. Oui, c’est cette même France qui donne des leçons aux autres, qui fait si bien pression sur certains pays et qui inflige des embargos. Cette France là doit bien avoir les moyens de la dissuasion ? Pourquoi est-elle si fébrile à l’idée d’être ferme ? La culpabilité ?
A plusieurs reprises, nous nous arrêtons pour nager avec masque & tuba dans ce lagon à la nature encore préservée. L’endroit est exceptionnel, l’instant magique. Le soleil qui joue à cache cache avec les nuages illumine comme un stroboscope fonctionnant au ralenti les coraux blanc, violet, rouge et bleu autour desquels tournoient des milliers de poissons multicolores. Devant ces tombants (3) véritablement renversants, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre le calme et la beauté du littoral et le drame humain qui se joue à l’intérieur des terres.
Il ne pleuvra guère que lors du retour, bien à l’abri de notre Peugeot 107. Ce soir, nous dînons traditionnel au ZamZam, un restaurant sans prétention pourtant délicieux situé dans le centre Bandrélé, entre la tôle ondulée et les barreaux qui façonnent les habitations et l’Hôtel de ville couleur terre cuite flambant neuf.
Dimanche 27
Quand E. part plonger, je tente sinon le diable, la rapide balade au départ de Tsingoni vers la cascade Soulou. Évoluant pourtant au sein de ma République, j’y vais la peur au ventre, incapable de me défaire de ces histoires de violence et de racket qui ont lieu sur les terrains de randonnée. C’est ainsi. Tout ce qui ne se gère pas en amont se paie toujours au bout du compte. Que ce soit dû à l’immigration ou aux adolescents légaux délaissés. Après une descente glissante derrière les dernières maisons de Tsingoni, je me retrouve bloqué devant un marécage inextricable. Finalement, à défaut de bandits, ce sont les pluies diluviennes de la veille qui stoppent ma progression !
Je rebrousse alors chemin puis fait le taxi pour tuer les quelques heures d’attente. J’avance sans but réel. Je prend, je dépose. Je discute, ou non. J'embarque des Malgaches, des Mahorais mais j'embarque aussi et surtout des Comoriens. Chose curieuse, ce sont ces derniers qui parlent le mieux français ; ce qui permet à Ibrahim de me raconter sa vie :
- "Tu vas aller un jour à Grande-Comore ? C’est un pays magnifique ! - Ah oui ? Si c’est si magnifique, pourquoi tu restes à Mayotte alors ? - Hum... Très bonne question..."
Après quelques instants de réflexion, il m’explique :
- "Oui, ici je n’ai pas de travail. Mais ici il y a de l’eau et de la lumière."
De la lumière ? Je cherche. Je réfléchis... Ah oui ! Jean-Louis Borloo : Energie pour l’Afrique ! Pas d’électricité, pas de lumière. Alors que la lumière, à la nuit tombée, c’est véritablement la tranquillité. Moins de viol, moins de vol, moins de crime, moins de complot. J’explique à mon tour à Ibrahim comment même les Mahorais éprouvent des difficultés à trouver du travail. Et je lui fais un cours express de planning familial. Au final, Ibrahim fera comme tout le monde : il travaillera au noir pour un Mahorais qui, en contrepartie, ne le dénoncera pas. Ce qui ne l’empêchera pas de vivre caché dans les montagnes derrière Mamoudzou, à jouer au chat et la souris quand les gendarmes seront d’humeur...
Je ne comprends vraiment pas le jeu de la France. Si nous sommes véritablement gouvernés par la démagogie, les français eux sont plutôt généreux. Et s’ils ne le sont pas, la morale sociale aura tôt fait de les culpabiliser pour qu’ils rentrent dans le rang. En Métropole, on impose aux citoyens une immigration comprenant une part non négligeable de gens non assimilables pour ensuite clamer haut et fort les vertus du vivre ensemble ! Ici à Mayotte, on laisse s’infiltrer, sans réellement légiférer, une immigration régionale qui à terme fera imploser l’île. En attendant que les Mahorais réalisent qu’ils se sont fait duper par un gouvernement de pacotille, ils font comme la plupart des gens : ils accueillent, ils tolèrent. Si je suis incapable, moi, de refuser une course à un illégal, comment pourrais-je critiquer ceux qui les soignent ?
De retour à Mamoudzou, je me pose près du ponton et sirote une THB au Camion Blanc. Je repense à l’Afrique et à sa logique pourrie. Au-delà de la notion même de contraception, les gens y font des gosses à tour de bras pour assurer leur propre survie. Plus ils ont d’enfants, plus ils s’assurent d’être pris en charge. Et c’est intéressant de constater que plus on grimpe dans l’échelle sociale, moins les gens font d’enfants. En effet, en capitalisant sur deux ou trois enfants, en leur donnant les moyens d’étudier, ils s’assurent tout autant leur survie. Mayotte, c’est la croisée entre deux mondes. Alors que dans les années 80 on enseignait aux Mahoraises la règle du 1, 2, 3 STOP, leurs consœurs comoriennes rattrapent le temps perdu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ça me rappelle vaguement le Kosovo. Oui, si les 25 naissances quotidiennes (4) de l’île assurent aux parents leur survie, elles assurent surtout aux Comores la réappropriation prochaine de leur île dont l’avenir fut scellé en 1841. Ou, pour reprendre le mot de Philippe Boggio : la migration à outrance, comme une forme de revanche historique.
Ici, au Camion Blanc, quelques souvenirs me reviennent alors que je regarde cette clientèle hétéroclite qui s’agite sur des trottoirs cramés entre la mer sale et deux poubelles défoncées. Le jour, on croise plutôt de pauvres hères en quête d’une ivresse passagère. Le soir, les M’zungus viennent dépenser leur majoration de salaire. Le cadre, je vous l’assure, n’a rien de bucolique. Je pense que c’est un art de vivre, ou est-ce simplement le seul endroit où l’on puisse se retrouver ?
Nous retournons ensuite déposer nos affaires à Bandrélé avant de revenir sur nos pas, pour déjeuner à Sakouli, sur l’une des deux plus grandes plages de l’île. Au beau milieu d’un weekend pascal l’établissement est bondé. Tout comme pour N’Gouja, le chemin d’accès à la plage, impraticable, est largement saturé de voitures stationnant en dépit du bon sens. Imaginez ! Deux grandes plages sur une île et pas même une route digne de ce nom avec de quoi garer la centaine de véhicules qui y stationne chaque weekend ! Décidément, je ne comprends pas ce qui pousse les gens à vivre ici. Nous déjeunons au bar, chacune des terrasses situées sous un gros baobab étant prise d’assaut. Quant au kayak, nous n’y pensons même pas ; tous les équipements sont loués pour la journée.
Fort heureusement, nos hôtes à Bandrélé ont la gentillesse de nous prêter les leurs aussi, c’est ravis et pleins d’énergie que nous partons en début d’après-midi à la conquête de l’îlot Bambo situé à quelques quarante minutes de pagaie. Entouré d’un tombant auquel on accède en quelques coups de palmes, cet Îlot sauvage et inhabité peut aussi être contourné à pied en une demi-heure. Pour multiplier les points de vue tantôt vers la terre, tantôt vers le large, je m’amuse à escalader les gros pitons rocheux que vient lécher la marée montante. Parfois, fruit de la paranoïa ambiante, je crois deviner des yeux qui m’observent depuis la haute futaie qui coiffe l’îlot.
Ce soir, au ZamZam, je mange un mataba en dégoulinant littéralement. Pas que ce plat soit épicé, non, mais que l’atmosphère encore plus lourde que la veille soit manifestement saturée d’humidité.
Lundi 28
Pas résignés, nous retournons à N'Gouja avant les heures maudites d’un lundi de Pâques. A cette heure matinale, le chemin est aussi pourri qu’à toute heure de la journée mais il offre au moins l’avantage de pouvoir s’y garer convenablement. Puis c’est véritablement le festival de la tortue de mer ! En nageant quelques dizaines de mètres en direction du large, on survole les herbiers où se nourrissent les tortues. Évoluant par cinq ou six mètres de fond, accompagnées ou non d’un poisson rémora, elles ne dévoilent réellement toute leur grâce que lorsqu’elles remontent à la surface.
Avant de rentrer à Bandrélé, nous entreprenons le tour de la presqu’île de Boueni, l'occasion pour nous de voir ce qui se fait partout sur l'île, à savoir des Hôtels de Ville tout neufs érigés au beau milieu d’un capharnaüm de tôles et de détritus. Mayotte, premier importateur de tôle ondulé au monde ? Quoique. Ah non, c'est l'Afrique. Oui, c'est bien ce que je disais. Ah... Qu’elles sont loin ces belles propriétés canadiennes qui se passent de barrières. Ici, je ne vois pas de pelouse. Je vois de la boue. Je vois des gens qui traînent dehors jusqu'à pas d'heure comme s'ils se réchauffaient au lampadaire du coin. Mais leurs conversations, je n'en doute pas un seul instant, valent cent fois plus que celles de la télévision. Et c'est une bonne chose que cette dernière n'ait pas été ici aussi démocratisée que dans le reste du monde occidental. Ici, les gens se parlent. Et ça c'est chouette.
- Excusez moi, on cherche la Baie des Tortues ! - Ha ? Je ne sais pas. Il faut demander... - Bah, c'est ce qu'on fait, non ?
On a bien ri !
Songeant à rejoindre Mamoudzou, nous quittons un peu un regret L. & Y., un couple charmant qui donne l’impression de vivre en paix sur cette terre controversée. Sur la route, nous prenons en stop quelques uns de ces éternels marcheurs avant que la pluie ne tombe encore. L’image de ces gens qui marchent au bord des routes reste pour moi propre à l’Afrique. Pas assez d’argent pour se véhiculer, pas assez de gens pour organiser des transports en commun fiables et réguliers. Quand je dépose la voiture de location, je m’étonne quand même que personne ne s’arrête pour me prendre en stop sur le kilomètre qui me sépare du ponton... Ça valait bien la peine que je trimballe hier la moitié de l’île pour me retrouver aujourd’hui au bord de la route, cramé par le soleil, contraint de prendre un taxi collectif !
Puis l’après-midi s’enchaîne à merveille : déjeuner au Camion Blanc, traversée en barge vers Petite Terre, installation au Rocher, un hôtel vieillissant mais bien situé et randonnée vers les plages jumelles de Moya. Quand il est l’heure de partir en randonnée, il ne reste qu'un taxi tout pourri qui attend près de la barge. Son conducteur accepte avec joie de nous mener à Labattoir, commune de France, ou plutôt à l’arrière de cette dernière, au point de départ du sentier. Pourtant, aussi trivial que puisse paraitre le nom de ce charmant village, le traverser aura suffi pour convenir qu’il ne porte pas si mal son nom : de part et d’autre des ruelles crades et défoncées, la tôle ondulée brille en plein soleil. Un chien finit de vider ce qui doit être une poubelle. Deux ou trois chèvres traversent sans regarder.
On démarre le chemin menant au Lac Dziani, puis je me laisse porter. Je décide des bifurcations à l’instinct, aidé tout de même par l’omniprésence de la mer encore plus manifeste sur cette petite terre. Signe que le sentier n’est plus entretenu, nous marchons dans les broussailles hautes. Par endroit, nous admirons des vues époustouflantes sur le lagon, la Grande Terre, le lac vert de souffre au sein du cratère et les plages de Moya auxquelles nous accédons par un sentier abrupt. Sous le regard incrédule des roussettes à l’envergure impressionnante, nous y descendons et nous y nageons puis à 17h30, remontant du parking, j'arrête une voiture : Pierre consent à nous ramener vers la ville. Ravis de n’avoir pas à marcher deux bonnes heures sur cette route désastreuse et bénissant son Duster poussiéreux, j’interroge Pierre sur sa vie mahoraise. Employé d’une entreprise du bâtiment de renom, il mène à Mayotte la grande vie d’expat’. Il est souriant, enjoué, il apprendra demain le lieu de sa prochaine expatriation. L., son garçon de trois ans ne comprend pas tout. Il aura toute sa vie pour digérer tous ces voyages et ces déménagements. En tout cas son père est un chic type, il fait un petit détour et nous ramène au Rocher avec un grand sourire. Et c’est alors que la pluie commence à tomber ! Deux minutes après, le ciel nous tombe littéralement sur la terre en faisant ce bruit si particulier du Concorde au décollage.
Le timing est parfait. Seul bémol : pour les tortues, c’est foutu ! Si les plages de Moya sont réputées pour les pontes nocturnes, ce soir, personne ne voudra nous conduire au bout de cette route impossible. Je reste rationnel, on ne peut pas tout obtenir. E., elle, souhaite noyer sa déception dans une pizzéria. A Dzaoudzi. Un lundi soir. Tandis qu’au dehors tout est éteint, j’avise une dame fermant le rideau de ce qui était jusqu’alors notre unique chance. C’est la patronne. Elle ne faisait que passer pour régler des papiers. Elle propose de nous rapprocher de Pamandzi, seul espoir de salut gastronomique. La pizzeria de son mari ne paie pas de mine mais elle fera le job et une fois rassasiés, nous sommes même reconduits à l'hôtel. Je découvre à Mayotte un concept intéressant : si chez nous on passe commande, ici, on apporte les clients !
Mardi 29
Nous quittons. Face à Grande Terre, le grand aérogare tout neuf survit grâce à un ingénieux système de courants d’air. Depuis la salle d’attente au premier étage, devant le spectacle saisissant d’un magnifique arc-en-ciel surplombant l’archipel, je ne m’explique toujours pas cette nostalgie qui m’anime. Nous décollons face au sud et, laissant sous notre aile l’exubérante vie sous-marine de la passe en S, nous saluons d’un dernier regard cette terre au destin aussi compliqué qu’inattendu.
Epilogue
L’archipel des Comores est géographiquement composé de quatre îles principales : Grande- Comore, Mohéli, Anjouan & Mayotte. Si cette dernière est française depuis 1841 (5), les trois autres îles, divisées en royaumes ou sultanats distincts, deviennent en 1886 des protectorats sous l’autorité du gouverneur de Mayotte (colonie). En 1946, séparées administrativement de Madagascar, les quatre îles forment alors un Territoire d’Outre-Mer. C’est la première fois de leur histoire qu’elles existent en tant qu’entité unie et reconnue. Au décours du processus de décolonisation voulu par l’ONU, le référendum de décembre 1974 est sans appel : Mayotte vote pour son maintien dans la République ; les trois autres îles, pour leur indépendance. Seulement, et c’est toute la subtilité, fallait-il considérer le vote île par île ou bien dans son ensemble ?
Les Comores s’appuient sur la résolution 3385 du 12 novembre 1975 qui, en réaffirmant la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel (elle cite les quatre îles), impliquerait tacitement que les Comores ne sauraient être sans Mayotte (6). Cette résolution de l’Assemblée Générale n’a qu’une valeur facultative ; à l’inverse d’une résolution du Conseil de Sécurité, elle n’est pas contraignante.
La France elle, s’appuie sur un second référendum tenu début 1976 qui réaffirme la volonté de Mayotte de rester française. L’ONU n’en conteste pas le caractère démocratique pourtant, elle le déclarera nul et non avenu (7). Que la France ait entendu le message des Mahorais, c’est beau, c’est sport. Mais que la France n’ait pas pris la peine d’imposer a minima que les Mahorais parlent français me pose question. Comment s’affranchir alors de la question du colonialisme ? Où sont les notions de partage, d’entraide ? Comment vivre ensemble si on ne parle pas la même langue ? À Mayotte, à défaut de vivre ensemble, les Blancs tiennent les postes clés avec majoration de salaires quand la plupart des Mahorais vivent avec moins de cent euros par mois.
Après que l’ONU ait réaffirmé ses positions fin décembre 1994 (8), Edouard Balladur met fin à la libre circulation des personnes entre les Comores et Mayotte (9). Depuis cette date, la France considère comme clandestins ceux que les Comores considèrent comme autochtones sillonnant entre îles à l’image de leurs aïeux. Les associations de défense des migrants hurlent au scandale, les Comores parlent d’un mur de division, la France elle, applique son règlement. Chaque nuit en mer entre Anjouan et Mayotte, deux personnes en moyenne meurent noyées.
La raison familiale est souvent invoquée, comme pour mieux cacher les raisons médicales et la raison suprême : accoucher en France. Il est presque plus simple de risquer sa vie sur un kwassa que de se faire soigner aux Comores. Au Centre Hospitalier de Mayotte, où il n’est pas rare de traiter des pathologies ou des situations dignes de la médecine humanitaire, les femmes enceintes deviennent une arme d’immigration massive. Alors que mon pays pratique 230 000 avortements par an, je reste abasourdi devant la condescendance emprunte de repentance avec laquelle la France traite les femmes enceintes Comoriennes. Prises en charge à Mayotte, il suffit d’un rien pour les faire évacuer et hospitaliser à la Réunion aux frais du contribuable. Et si l’on diagnostique un souci majeur chez l’enfant à naître, on ira jusqu’à les transférer à Paris ! Dans les deux cas, à la Réunion ou à Paris, ces femmes sont assignées à l’hôpital ; en situation irrégulière, elles ne peuvent évoluer à l’extérieur. Pendant ce temps, à la Réunion et en Métropole, des dizaines de milliers de personnes qui vivent largement sous le seuil de pauvreté n’ont pas accès aux soins...
Peut-on lier délinquance et clandestinité ou est-il plus juste d’assumer que la jeunesse mahoraise, rebelle et dévoyée, est tout aussi responsable, sinon entièrement, du climat d’insécurité qui règne sur l’île ? Les cambriolages, les vols, les agressions, les chiens torturés à mort en pleine nuit, c’est l’affaire des clandestins ? Avec une telle inégalité sociale, avec autant de promesses non tenues, avec une telle démagogie, sans pour autant l’expliquer, je pourrai presque comprendre cette violence devenue sur l’île de plus en plus palpable. D’un côté, de jeunes Mahorais en colère, de l’autre, de jeunes Comoriens, abandonnés avec raison par leur parents reconduits (10) et qui s’entassent dans des bidonvilles aux abords de Mamoudzou. Et pour gérer tout ça, pour consoler, canaliser, une Aide Sociale à l’Enfance dont les moyens sont complètement sous évalués.
Enfin, ce qui me pose aussi question, c’est l’incroyable rupture entre l’ambition départementale et les moyens mis en oeuvre. Il y a quelque chose de louche. Pourquoi une telle urgence quand bien même la Cour des Comptes relevait dix ans auparavant les difficultés générées par une telle entreprise (11) ? Pourquoi le reste de la République n’a-t-il pas été consulté sur la question ? N’aurait-il pas été judicieux d’entreprendre les réformes de fond avant la départementalisation ? Agencement des rues et numérotation, réforme du droit coutumier, gestion du foncier et du cadastre, alphabétisation des populations pour ne citer que cela. Alors qu’à l’évidence, le pilotage de l’État dans le processus de départementalisation a été bâclé, je sens comme une odeur d’orgueil et de cupidité dans cette décision ; je ne crois pas en l’altruisme de ma République.
S’il apparait à l’issue de cette brève analyse que la présence française à Mayotte n’est pas si contestable, il n’en demeure pas moins que la situation sur l’île est, sinon le laboratoire du manque de courage politique, au bord de la catastrophe. Les autorités se voilent la face ! Si les subventions et autres dotations sont directement liées aux chiffres officiels, elles prennent en compte 200 000 âmes quand il se vend sur l’île l’équivalent en riz de 300 000 bouches ! Les écoles sont saturées d’élèves et désertées des professeurs. Les hôpitaux sont saturés de patients mais désertés des médecins. Et la délinquance, galopante, est aussi peu prévenue que réprimée.
Pour permettre au peuple Mahorais de vivre convenablement, le législateur devra faire voter une loi plus stricte quant au droit du sol (12) pour dissuader enfin l’immigration obstétricale. Et si l’État doit véritablement revoir sa copie en reprenant point par point les éléments en faveur d’une départementalisation réussie, le Département devra lui se donner les moyens d’investir correctement les missions et responsabilités qui lui ont été transférées. Alors alphabétisée et forte de son identité, Mayotte pourra entrer de plain-pied dans la République : à l’égal des autres départements, prenant conscience de ses devoirs elle pourra enfin jouir pleinement de ses droits.
NOTES :
1 Les Bouénis sont à Mayotte les femmes qui ont un certain âge et, pour avoir en général porté de nombreux enfants, en ont conservé une corpulence respectable...
2 Petits canots de pêche rapides de 7 mètres, à fond plat et nantis de deux moteurs qui tanguent énormément (comme les corps en mouvement sur la danse congolaise éponyme).
3 Un tombant est une paroi rocheuse sous-marine très vivante donc riche à explorer.
4 www.clicanoo.re/...mp;id_article=506782
5 Andriantsoly hérite du sultanat en 1832. Conscient des menaces qui pèsent sur son île et souhaitant en préserver l'autonomie île face aux autres souverains comoriens, il se tourne vers les Français qui viennent de s'emparer de Nosy Be (Nord-ouest de Madagascar). Le 25 avril 1841, le sultan vend Mayotte à la France (Louis-Philippe Ier) en échange d’une rente viagère et d’autres avantages. Ce traité est ratifié officiellement par l'État français en 1843.
6 www.un.org/...%28XXX%29&Lang=F
7 www.un.org/.../RES/31/4&Lang=F
8 www.un.org/...RES/49/18&Lang=F
9 Le gouvernement d’Edouard Balladur décide, le 18 janvier 1995, d’instaurer un visa aux conditions draconiennes pour contrôler l’entrée des Comoriens sur le territoire de Mayotte
10 L'article L. 511-48 prévoit qu’un mineur de 18 ans ne peut pas faire l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.
11 La Cour des comptes rend public, le 13 janvier 2016, un rapport thématique consacré à la départementalisation de Mayotte. Mise en œuvre dans un contexte socio-économique préoccupant, marqué par une forte démographie et une importante immigration irrégulière, cette départementalisation rapide a été mal préparée et mal pilotée. La situation financière du Département et des communes de Mayotte est dégradée. Le manque de clarté des perspectives financières dans lesquelles s’inscrit cette évolution institutionnelle complique encore la situation. Les préalables identifiés dès 2008 dans le « Pacte pour la départementalisation » n’ont pas été remplis en temps voulu : alignement de la réglementation et de la législation applicables, passage à la fiscalité de droit commun, problématiques foncières, notamment. Face à l’urgence de répondre aux besoins d’infrastructures de base (eau, assainissement, habitat, constructions scolaires) et aux problèmes sociaux que connaît l’île (aide sociale à l’enfance, chômage, notamment), le Département et l’État doivent dresser des priorités claires et entreprendre sans délai la mise en œuvre des mesures appropriées : www.ccomptes.fr/...9/2110702/version/1/ file/20160113-rapport-thematique-departementalisation-Mayotte.pdf
12 Pour les enfants nés en France de parents étrangers, c’est le "droit du sol" qui s’applique. L'enfant obtiendra donc la citoyenneté française à 18 ans, sous certaines conditions : posséder un certificat de naissance en France, résider en France et y avoir vécu durant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Avant sa majorité, il peut acquérir la nationalité sur demande de ses parents (entre 13 et 16 ans), ou sur demande personnelle (entre 16 et 18 ans), avec des conditions de durée de résidence en France.
J’ai toujours eu envie de revenir à Mayotte. Voire même d’y travailler un jour. Pourtant, je prévois ce voyage à la dernière minute en liant le souhait d'une collègue de visiter l’île au lagon et mon éternel besoin de voler. Dans le contexte actuel d’une départementalisation défaillante sur fond d’immigration galopante, il était bien de venir ici faire un tour avant de décider d’y passer quelques mois. Ce que je ne m'avoue qu'à moitié, c'est qu'il s’agit surtout de mes derniers jours de liberté avant de prendre la relève ; à partir de la fin du mois, ce sera à mon tour de m’occuper de ma fille.
Je quitte donc la Réunion en compagnie d'E. alors qu'au travers du hublot je vois une pluie drue inonder le tarmac de Rolland-Garros. Dehors, il fait chaud et moite, comme pour préfigurer ce qui nous attend là-bas, plus au nord, sur cette terre de France perdue au milieu du canal du Mozambique. A l'intérieur de l'avion, un vieux 737 d'Europe Airpost affrété par Air Austral, j'apprécie une nouvelle fois le luxe d'un voyage aux issues sans voisin, uniquement dérangé par toutes ces questions sans réponse que je me pose au sujet de Mayotte.
Dès l’arrivée, je suis comme happé ; je retrouve l’Afrique. Alors que les uniformes et les panneaux de signalisation propres à la France sont tout de même plus discrets que les femmes en boubou, l’état des infrastructures me rappelle plus le Congo que Neuilly-sur-Seine et la chaleur, insupportable, finit de me rappeler où je suis. En sortant de l'aérogare, nous prenons place à bord d'un taxi collectif conduit par un Mahorais en sueur portant une coiffe traditionnelle et rejoignons en moins de dix minutes l'embarcadère de Dzaoudzi. De là, la traversée vers Mamoudzou dure un bon quart d'heure. Tandis qu'on laisse s'échapper Petite Terre, les reliefs de la Grande apparaissent enfin. Là, entre deux eaux, oscillant entre deux terres, je retrouve au loin les points culminants de Mayotte : au sud, le Choungi, devant moi le Pili Pili et le Bénara et derrière Mamoudzou, le Combani. Ce qui saute aux yeux, pour un Réunionnais, c’est qu’en dehors dela capitale, l’ensemble du littoral est constitué de forêts. Oui, de temps en temps, j’aperçois bien un village ou une plage, mais dans l’ensemble, c’est comme si l’île entière était recouverte d’une épaisse forêt tropicale.
En débarquant, le choc des cultures se vit de manière frontale. Assises à même le sol, les bouénis (1) bariolées vendent leurs fruits et légumes quand les hommes se chargent d'aller à la rencontre du client potentiel en brandissant leurs chinoiseries. Les trottoirs, les bâtiments, tout est crade, usé, rapiécé. À part peut être, à droite, le nouveau marché couvert. Il fait chaud, il fait très chaud, et c'est dans la douleur que nous parcourons les neuf-cent mètres qui nous séparent du loueur de voitures. Un instant, entre deux villes, nous longeons la mangrove qui dévoile à marée basse les affres que lui font subir l'inconséquence des hommes : dans la boue qui se mêle au sable, on devine les papiers et les aluminium, les canettes et autres bidons gras.
Je m’empresse de quitter les lieux en mettant la clim’ à fond dans la voiture. La route n’est pas trop mauvaise, seulement, suivant les caprices du littoral, elle n’est véritablement qu’une succession de virages. La vitesse s’en trouve limitée ; on dépasse rarement les 60. Trente minutes après, nous sommes déjà à Bandrélé. Là, nous déposons en coup de vent nos affaires chez nos hôtes car il s’agit ne n’avoir jamais rien dans son coffre alors que la voiture stationne. Il est même recommandé de ne jamais la verrouiller... On se presse. Je tiens à arriver à N’Gouja, dans le sud- ouest de l’île, au moins une heure avant le coucher du soleil pour pouvoir nager avec les tortues, toujours présentes à cet endroit de l’île.
Ravis, nous arrivons à l’heure prévue.Déçus, ce sera pour constater que la mer est grosse et qu’une honnête drache commence à s’abattre sur la plage. Nous nous consolons avec une glace industrielle au bar du Jardin Maoré avant de rentrer au gîte. Il fait nuit à 18h ; il est trop tard pour profiter de la belle vue depuis la terrasse. En contrebas, le bruit de la mer nous donnerait presque envie de dormir porte et fenêtre ouvertes. Seulement, l’humidité accablante ne se corrige qu’avec la clim’, fenêtre fermée, et si le gros portail à l’entrée du jardin nous sécurise depuis la route, nous savons bien que le voleur rode et arrive de la mer par ce même chemin que nous emprunterons plus tard pour quitter le rivage en kayak. Nous fermons donc aussi la porte. Trois moustiques mutants passent. Nous nous endormons.
Samedi 26
Désormais à l’aise, en voyage, avec l’idée de me laisser porter par le mouvement, j’accepte de partir en mer ce jour plutôt que lundi et grappille au passage une substantielle économie. Nous roulons donc trente minutes de Bandrélé au ponton de Mamoudzou en traversant les villages qui se réveillent doucement. Il est 7h30, le soleil cogne déjà fort ; sans la clim’, je serai déjà trempé de sueur. Au ponton, bercé par la brise de mer, je supporte bien l’attente de notre navire avec quelques dizaines de couillons en partance comme nous qui à la plongée, qui en excursion.
Donatien, capitaine 200, me donne l'idée d'être frais comme au premier jour bien que son métier soit des plus routiniers. Affable, patient et extrêmement sympathique, il envoûte ses clients en leur contant le lagon, ses petits secrets et ses grands mammifères. Il m’apprend même, pauvre de moi, que si le requin est un poisson, le dauphin lui, est un mammifère. Subtil. Aussi, fort de ces explications, je décide de me jeter à l’eau entre la barrière de corail et ces îlots paradisiaques qui font la réputation des cartes postales. Oui, je trouve le courage de me mettre a l'eau en pleine mer, à ceci près que ma main reste solidement attachée à l'échelle du navire. Les autres eux, nagent avec vigueur vers les dauphins et autres raies manta désormais à portée de main. Moi, j’ai bien trop peur de l’eau ; je vivrai l’émerveillement depuis le pont.
A proximité de l’îlot M’Tsamboro, nous buvons un punch coco sur un îlot de sable blanc. L’eau est turquoise, le ciel bleu, nous sommes tous ravis d’échapper à la pluie qui était pourtant prévue. À quelques miles, la terre. Et un radar bien visible. Un des quatre radars affectés à la surveillance des côtes et qui indique chaque nuit aux autorités dépassées la présence de kwassas (2) dans les eaux territoriales. Un moment, je me retrouve seul avec Pascal et Jean-Pierre, deux gendarmes en repos aujourd’hui et qui consentent à me raconter brièvement leur quotidien. Brièvement, ça donne ça :
"Notre boulot revient à vouloir écoper l’océan avec un dé à coudre."
Alors pourquoi ne pas stopper l’immigration à la source ? Pourquoi ne pas patrouiller toutes les nuits dans les eaux internationales, à mi-chemin entre Anjouan et Mayotte ? Ou plutôt, pourquoi n’ont-ils réellement patrouillé qu’au plus fort de l’état d’urgence alors qu’il faudrait le faire chaque nuit ? Je n’obtiens pas de réponse. Juste une sorte de parallèle entre ici et la Guyane, juste une légère comparaison entre les orpailleurs surarmés de la jungle équatoriale et les pauvres bougres en guenilles qui tentent ici le tout pour le tout. Sauf que ces pauvres bougres qui représentent à ce jour 40% de la population de l’île saturent les salles de classe, les centres de rétention et les services de soin jusqu’à la Réunion. Moi, je trouve ça prodigieux que notre gouvernement ne se donne pas les moyens d’œuvrer en amont et laisse à ses ouailles le soin de s’en dépatouiller. Oui, c’est cette même France qui donne des leçons aux autres, qui fait si bien pression sur certains pays et qui inflige des embargos. Cette France là doit bien avoir les moyens de la dissuasion ? Pourquoi est-elle si fébrile à l’idée d’être ferme ? La culpabilité ?
A plusieurs reprises, nous nous arrêtons pour nager avec masque & tuba dans ce lagon à la nature encore préservée. L’endroit est exceptionnel, l’instant magique. Le soleil qui joue à cache cache avec les nuages illumine comme un stroboscope fonctionnant au ralenti les coraux blanc, violet, rouge et bleu autour desquels tournoient des milliers de poissons multicolores. Devant ces tombants (3) véritablement renversants, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre le calme et la beauté du littoral et le drame humain qui se joue à l’intérieur des terres.
Il ne pleuvra guère que lors du retour, bien à l’abri de notre Peugeot 107. Ce soir, nous dînons traditionnel au ZamZam, un restaurant sans prétention pourtant délicieux situé dans le centre Bandrélé, entre la tôle ondulée et les barreaux qui façonnent les habitations et l’Hôtel de ville couleur terre cuite flambant neuf.
Dimanche 27
Quand E. part plonger, je tente sinon le diable, la rapide balade au départ de Tsingoni vers la cascade Soulou. Évoluant pourtant au sein de ma République, j’y vais la peur au ventre, incapable de me défaire de ces histoires de violence et de racket qui ont lieu sur les terrains de randonnée. C’est ainsi. Tout ce qui ne se gère pas en amont se paie toujours au bout du compte. Que ce soit dû à l’immigration ou aux adolescents légaux délaissés. Après une descente glissante derrière les dernières maisons de Tsingoni, je me retrouve bloqué devant un marécage inextricable. Finalement, à défaut de bandits, ce sont les pluies diluviennes de la veille qui stoppent ma progression !
Je rebrousse alors chemin puis fait le taxi pour tuer les quelques heures d’attente. J’avance sans but réel. Je prend, je dépose. Je discute, ou non. J'embarque des Malgaches, des Mahorais mais j'embarque aussi et surtout des Comoriens. Chose curieuse, ce sont ces derniers qui parlent le mieux français ; ce qui permet à Ibrahim de me raconter sa vie :
- "Tu vas aller un jour à Grande-Comore ? C’est un pays magnifique ! - Ah oui ? Si c’est si magnifique, pourquoi tu restes à Mayotte alors ? - Hum... Très bonne question..."
Après quelques instants de réflexion, il m’explique :
- "Oui, ici je n’ai pas de travail. Mais ici il y a de l’eau et de la lumière."
De la lumière ? Je cherche. Je réfléchis... Ah oui ! Jean-Louis Borloo : Energie pour l’Afrique ! Pas d’électricité, pas de lumière. Alors que la lumière, à la nuit tombée, c’est véritablement la tranquillité. Moins de viol, moins de vol, moins de crime, moins de complot. J’explique à mon tour à Ibrahim comment même les Mahorais éprouvent des difficultés à trouver du travail. Et je lui fais un cours express de planning familial. Au final, Ibrahim fera comme tout le monde : il travaillera au noir pour un Mahorais qui, en contrepartie, ne le dénoncera pas. Ce qui ne l’empêchera pas de vivre caché dans les montagnes derrière Mamoudzou, à jouer au chat et la souris quand les gendarmes seront d’humeur...
Je ne comprends vraiment pas le jeu de la France. Si nous sommes véritablement gouvernés par la démagogie, les français eux sont plutôt généreux. Et s’ils ne le sont pas, la morale sociale aura tôt fait de les culpabiliser pour qu’ils rentrent dans le rang. En Métropole, on impose aux citoyens une immigration comprenant une part non négligeable de gens non assimilables pour ensuite clamer haut et fort les vertus du vivre ensemble ! Ici à Mayotte, on laisse s’infiltrer, sans réellement légiférer, une immigration régionale qui à terme fera imploser l’île. En attendant que les Mahorais réalisent qu’ils se sont fait duper par un gouvernement de pacotille, ils font comme la plupart des gens : ils accueillent, ils tolèrent. Si je suis incapable, moi, de refuser une course à un illégal, comment pourrais-je critiquer ceux qui les soignent ?
De retour à Mamoudzou, je me pose près du ponton et sirote une THB au Camion Blanc. Je repense à l’Afrique et à sa logique pourrie. Au-delà de la notion même de contraception, les gens y font des gosses à tour de bras pour assurer leur propre survie. Plus ils ont d’enfants, plus ils s’assurent d’être pris en charge. Et c’est intéressant de constater que plus on grimpe dans l’échelle sociale, moins les gens font d’enfants. En effet, en capitalisant sur deux ou trois enfants, en leur donnant les moyens d’étudier, ils s’assurent tout autant leur survie. Mayotte, c’est la croisée entre deux mondes. Alors que dans les années 80 on enseignait aux Mahoraises la règle du 1, 2, 3 STOP, leurs consœurs comoriennes rattrapent le temps perdu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ça me rappelle vaguement le Kosovo. Oui, si les 25 naissances quotidiennes (4) de l’île assurent aux parents leur survie, elles assurent surtout aux Comores la réappropriation prochaine de leur île dont l’avenir fut scellé en 1841. Ou, pour reprendre le mot de Philippe Boggio : la migration à outrance, comme une forme de revanche historique.
Ici, au Camion Blanc, quelques souvenirs me reviennent alors que je regarde cette clientèle hétéroclite qui s’agite sur des trottoirs cramés entre la mer sale et deux poubelles défoncées. Le jour, on croise plutôt de pauvres hères en quête d’une ivresse passagère. Le soir, les M’zungus viennent dépenser leur majoration de salaire. Le cadre, je vous l’assure, n’a rien de bucolique. Je pense que c’est un art de vivre, ou est-ce simplement le seul endroit où l’on puisse se retrouver ?
Nous retournons ensuite déposer nos affaires à Bandrélé avant de revenir sur nos pas, pour déjeuner à Sakouli, sur l’une des deux plus grandes plages de l’île. Au beau milieu d’un weekend pascal l’établissement est bondé. Tout comme pour N’Gouja, le chemin d’accès à la plage, impraticable, est largement saturé de voitures stationnant en dépit du bon sens. Imaginez ! Deux grandes plages sur une île et pas même une route digne de ce nom avec de quoi garer la centaine de véhicules qui y stationne chaque weekend ! Décidément, je ne comprends pas ce qui pousse les gens à vivre ici. Nous déjeunons au bar, chacune des terrasses situées sous un gros baobab étant prise d’assaut. Quant au kayak, nous n’y pensons même pas ; tous les équipements sont loués pour la journée.
Fort heureusement, nos hôtes à Bandrélé ont la gentillesse de nous prêter les leurs aussi, c’est ravis et pleins d’énergie que nous partons en début d’après-midi à la conquête de l’îlot Bambo situé à quelques quarante minutes de pagaie. Entouré d’un tombant auquel on accède en quelques coups de palmes, cet Îlot sauvage et inhabité peut aussi être contourné à pied en une demi-heure. Pour multiplier les points de vue tantôt vers la terre, tantôt vers le large, je m’amuse à escalader les gros pitons rocheux que vient lécher la marée montante. Parfois, fruit de la paranoïa ambiante, je crois deviner des yeux qui m’observent depuis la haute futaie qui coiffe l’îlot.
Ce soir, au ZamZam, je mange un mataba en dégoulinant littéralement. Pas que ce plat soit épicé, non, mais que l’atmosphère encore plus lourde que la veille soit manifestement saturée d’humidité.
Lundi 28
Pas résignés, nous retournons à N'Gouja avant les heures maudites d’un lundi de Pâques. A cette heure matinale, le chemin est aussi pourri qu’à toute heure de la journée mais il offre au moins l’avantage de pouvoir s’y garer convenablement. Puis c’est véritablement le festival de la tortue de mer ! En nageant quelques dizaines de mètres en direction du large, on survole les herbiers où se nourrissent les tortues. Évoluant par cinq ou six mètres de fond, accompagnées ou non d’un poisson rémora, elles ne dévoilent réellement toute leur grâce que lorsqu’elles remontent à la surface.
Avant de rentrer à Bandrélé, nous entreprenons le tour de la presqu’île de Boueni, l'occasion pour nous de voir ce qui se fait partout sur l'île, à savoir des Hôtels de Ville tout neufs érigés au beau milieu d’un capharnaüm de tôles et de détritus. Mayotte, premier importateur de tôle ondulé au monde ? Quoique. Ah non, c'est l'Afrique. Oui, c'est bien ce que je disais. Ah... Qu’elles sont loin ces belles propriétés canadiennes qui se passent de barrières. Ici, je ne vois pas de pelouse. Je vois de la boue. Je vois des gens qui traînent dehors jusqu'à pas d'heure comme s'ils se réchauffaient au lampadaire du coin. Mais leurs conversations, je n'en doute pas un seul instant, valent cent fois plus que celles de la télévision. Et c'est une bonne chose que cette dernière n'ait pas été ici aussi démocratisée que dans le reste du monde occidental. Ici, les gens se parlent. Et ça c'est chouette.
- Excusez moi, on cherche la Baie des Tortues ! - Ha ? Je ne sais pas. Il faut demander... - Bah, c'est ce qu'on fait, non ?
On a bien ri !
Songeant à rejoindre Mamoudzou, nous quittons un peu un regret L. & Y., un couple charmant qui donne l’impression de vivre en paix sur cette terre controversée. Sur la route, nous prenons en stop quelques uns de ces éternels marcheurs avant que la pluie ne tombe encore. L’image de ces gens qui marchent au bord des routes reste pour moi propre à l’Afrique. Pas assez d’argent pour se véhiculer, pas assez de gens pour organiser des transports en commun fiables et réguliers. Quand je dépose la voiture de location, je m’étonne quand même que personne ne s’arrête pour me prendre en stop sur le kilomètre qui me sépare du ponton... Ça valait bien la peine que je trimballe hier la moitié de l’île pour me retrouver aujourd’hui au bord de la route, cramé par le soleil, contraint de prendre un taxi collectif !
Puis l’après-midi s’enchaîne à merveille : déjeuner au Camion Blanc, traversée en barge vers Petite Terre, installation au Rocher, un hôtel vieillissant mais bien situé et randonnée vers les plages jumelles de Moya. Quand il est l’heure de partir en randonnée, il ne reste qu'un taxi tout pourri qui attend près de la barge. Son conducteur accepte avec joie de nous mener à Labattoir, commune de France, ou plutôt à l’arrière de cette dernière, au point de départ du sentier. Pourtant, aussi trivial que puisse paraitre le nom de ce charmant village, le traverser aura suffi pour convenir qu’il ne porte pas si mal son nom : de part et d’autre des ruelles crades et défoncées, la tôle ondulée brille en plein soleil. Un chien finit de vider ce qui doit être une poubelle. Deux ou trois chèvres traversent sans regarder.
On démarre le chemin menant au Lac Dziani, puis je me laisse porter. Je décide des bifurcations à l’instinct, aidé tout de même par l’omniprésence de la mer encore plus manifeste sur cette petite terre. Signe que le sentier n’est plus entretenu, nous marchons dans les broussailles hautes. Par endroit, nous admirons des vues époustouflantes sur le lagon, la Grande Terre, le lac vert de souffre au sein du cratère et les plages de Moya auxquelles nous accédons par un sentier abrupt. Sous le regard incrédule des roussettes à l’envergure impressionnante, nous y descendons et nous y nageons puis à 17h30, remontant du parking, j'arrête une voiture : Pierre consent à nous ramener vers la ville. Ravis de n’avoir pas à marcher deux bonnes heures sur cette route désastreuse et bénissant son Duster poussiéreux, j’interroge Pierre sur sa vie mahoraise. Employé d’une entreprise du bâtiment de renom, il mène à Mayotte la grande vie d’expat’. Il est souriant, enjoué, il apprendra demain le lieu de sa prochaine expatriation. L., son garçon de trois ans ne comprend pas tout. Il aura toute sa vie pour digérer tous ces voyages et ces déménagements. En tout cas son père est un chic type, il fait un petit détour et nous ramène au Rocher avec un grand sourire. Et c’est alors que la pluie commence à tomber ! Deux minutes après, le ciel nous tombe littéralement sur la terre en faisant ce bruit si particulier du Concorde au décollage.
Le timing est parfait. Seul bémol : pour les tortues, c’est foutu ! Si les plages de Moya sont réputées pour les pontes nocturnes, ce soir, personne ne voudra nous conduire au bout de cette route impossible. Je reste rationnel, on ne peut pas tout obtenir. E., elle, souhaite noyer sa déception dans une pizzéria. A Dzaoudzi. Un lundi soir. Tandis qu’au dehors tout est éteint, j’avise une dame fermant le rideau de ce qui était jusqu’alors notre unique chance. C’est la patronne. Elle ne faisait que passer pour régler des papiers. Elle propose de nous rapprocher de Pamandzi, seul espoir de salut gastronomique. La pizzeria de son mari ne paie pas de mine mais elle fera le job et une fois rassasiés, nous sommes même reconduits à l'hôtel. Je découvre à Mayotte un concept intéressant : si chez nous on passe commande, ici, on apporte les clients !
Mardi 29
Nous quittons. Face à Grande Terre, le grand aérogare tout neuf survit grâce à un ingénieux système de courants d’air. Depuis la salle d’attente au premier étage, devant le spectacle saisissant d’un magnifique arc-en-ciel surplombant l’archipel, je ne m’explique toujours pas cette nostalgie qui m’anime. Nous décollons face au sud et, laissant sous notre aile l’exubérante vie sous-marine de la passe en S, nous saluons d’un dernier regard cette terre au destin aussi compliqué qu’inattendu.
Epilogue
L’archipel des Comores est géographiquement composé de quatre îles principales : Grande- Comore, Mohéli, Anjouan & Mayotte. Si cette dernière est française depuis 1841 (5), les trois autres îles, divisées en royaumes ou sultanats distincts, deviennent en 1886 des protectorats sous l’autorité du gouverneur de Mayotte (colonie). En 1946, séparées administrativement de Madagascar, les quatre îles forment alors un Territoire d’Outre-Mer. C’est la première fois de leur histoire qu’elles existent en tant qu’entité unie et reconnue. Au décours du processus de décolonisation voulu par l’ONU, le référendum de décembre 1974 est sans appel : Mayotte vote pour son maintien dans la République ; les trois autres îles, pour leur indépendance. Seulement, et c’est toute la subtilité, fallait-il considérer le vote île par île ou bien dans son ensemble ?
Les Comores s’appuient sur la résolution 3385 du 12 novembre 1975 qui, en réaffirmant la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel (elle cite les quatre îles), impliquerait tacitement que les Comores ne sauraient être sans Mayotte (6). Cette résolution de l’Assemblée Générale n’a qu’une valeur facultative ; à l’inverse d’une résolution du Conseil de Sécurité, elle n’est pas contraignante.
La France elle, s’appuie sur un second référendum tenu début 1976 qui réaffirme la volonté de Mayotte de rester française. L’ONU n’en conteste pas le caractère démocratique pourtant, elle le déclarera nul et non avenu (7). Que la France ait entendu le message des Mahorais, c’est beau, c’est sport. Mais que la France n’ait pas pris la peine d’imposer a minima que les Mahorais parlent français me pose question. Comment s’affranchir alors de la question du colonialisme ? Où sont les notions de partage, d’entraide ? Comment vivre ensemble si on ne parle pas la même langue ? À Mayotte, à défaut de vivre ensemble, les Blancs tiennent les postes clés avec majoration de salaires quand la plupart des Mahorais vivent avec moins de cent euros par mois.
Après que l’ONU ait réaffirmé ses positions fin décembre 1994 (8), Edouard Balladur met fin à la libre circulation des personnes entre les Comores et Mayotte (9). Depuis cette date, la France considère comme clandestins ceux que les Comores considèrent comme autochtones sillonnant entre îles à l’image de leurs aïeux. Les associations de défense des migrants hurlent au scandale, les Comores parlent d’un mur de division, la France elle, applique son règlement. Chaque nuit en mer entre Anjouan et Mayotte, deux personnes en moyenne meurent noyées.
La raison familiale est souvent invoquée, comme pour mieux cacher les raisons médicales et la raison suprême : accoucher en France. Il est presque plus simple de risquer sa vie sur un kwassa que de se faire soigner aux Comores. Au Centre Hospitalier de Mayotte, où il n’est pas rare de traiter des pathologies ou des situations dignes de la médecine humanitaire, les femmes enceintes deviennent une arme d’immigration massive. Alors que mon pays pratique 230 000 avortements par an, je reste abasourdi devant la condescendance emprunte de repentance avec laquelle la France traite les femmes enceintes Comoriennes. Prises en charge à Mayotte, il suffit d’un rien pour les faire évacuer et hospitaliser à la Réunion aux frais du contribuable. Et si l’on diagnostique un souci majeur chez l’enfant à naître, on ira jusqu’à les transférer à Paris ! Dans les deux cas, à la Réunion ou à Paris, ces femmes sont assignées à l’hôpital ; en situation irrégulière, elles ne peuvent évoluer à l’extérieur. Pendant ce temps, à la Réunion et en Métropole, des dizaines de milliers de personnes qui vivent largement sous le seuil de pauvreté n’ont pas accès aux soins...
Peut-on lier délinquance et clandestinité ou est-il plus juste d’assumer que la jeunesse mahoraise, rebelle et dévoyée, est tout aussi responsable, sinon entièrement, du climat d’insécurité qui règne sur l’île ? Les cambriolages, les vols, les agressions, les chiens torturés à mort en pleine nuit, c’est l’affaire des clandestins ? Avec une telle inégalité sociale, avec autant de promesses non tenues, avec une telle démagogie, sans pour autant l’expliquer, je pourrai presque comprendre cette violence devenue sur l’île de plus en plus palpable. D’un côté, de jeunes Mahorais en colère, de l’autre, de jeunes Comoriens, abandonnés avec raison par leur parents reconduits (10) et qui s’entassent dans des bidonvilles aux abords de Mamoudzou. Et pour gérer tout ça, pour consoler, canaliser, une Aide Sociale à l’Enfance dont les moyens sont complètement sous évalués.
Enfin, ce qui me pose aussi question, c’est l’incroyable rupture entre l’ambition départementale et les moyens mis en oeuvre. Il y a quelque chose de louche. Pourquoi une telle urgence quand bien même la Cour des Comptes relevait dix ans auparavant les difficultés générées par une telle entreprise (11) ? Pourquoi le reste de la République n’a-t-il pas été consulté sur la question ? N’aurait-il pas été judicieux d’entreprendre les réformes de fond avant la départementalisation ? Agencement des rues et numérotation, réforme du droit coutumier, gestion du foncier et du cadastre, alphabétisation des populations pour ne citer que cela. Alors qu’à l’évidence, le pilotage de l’État dans le processus de départementalisation a été bâclé, je sens comme une odeur d’orgueil et de cupidité dans cette décision ; je ne crois pas en l’altruisme de ma République.
S’il apparait à l’issue de cette brève analyse que la présence française à Mayotte n’est pas si contestable, il n’en demeure pas moins que la situation sur l’île est, sinon le laboratoire du manque de courage politique, au bord de la catastrophe. Les autorités se voilent la face ! Si les subventions et autres dotations sont directement liées aux chiffres officiels, elles prennent en compte 200 000 âmes quand il se vend sur l’île l’équivalent en riz de 300 000 bouches ! Les écoles sont saturées d’élèves et désertées des professeurs. Les hôpitaux sont saturés de patients mais désertés des médecins. Et la délinquance, galopante, est aussi peu prévenue que réprimée.
Pour permettre au peuple Mahorais de vivre convenablement, le législateur devra faire voter une loi plus stricte quant au droit du sol (12) pour dissuader enfin l’immigration obstétricale. Et si l’État doit véritablement revoir sa copie en reprenant point par point les éléments en faveur d’une départementalisation réussie, le Département devra lui se donner les moyens d’investir correctement les missions et responsabilités qui lui ont été transférées. Alors alphabétisée et forte de son identité, Mayotte pourra entrer de plain-pied dans la République : à l’égal des autres départements, prenant conscience de ses devoirs elle pourra enfin jouir pleinement de ses droits.
NOTES :
1 Les Bouénis sont à Mayotte les femmes qui ont un certain âge et, pour avoir en général porté de nombreux enfants, en ont conservé une corpulence respectable...
2 Petits canots de pêche rapides de 7 mètres, à fond plat et nantis de deux moteurs qui tanguent énormément (comme les corps en mouvement sur la danse congolaise éponyme).
3 Un tombant est une paroi rocheuse sous-marine très vivante donc riche à explorer.
4 www.clicanoo.re/...mp;id_article=506782
5 Andriantsoly hérite du sultanat en 1832. Conscient des menaces qui pèsent sur son île et souhaitant en préserver l'autonomie île face aux autres souverains comoriens, il se tourne vers les Français qui viennent de s'emparer de Nosy Be (Nord-ouest de Madagascar). Le 25 avril 1841, le sultan vend Mayotte à la France (Louis-Philippe Ier) en échange d’une rente viagère et d’autres avantages. Ce traité est ratifié officiellement par l'État français en 1843.
6 www.un.org/...%28XXX%29&Lang=F
7 www.un.org/.../RES/31/4&Lang=F
8 www.un.org/...RES/49/18&Lang=F
9 Le gouvernement d’Edouard Balladur décide, le 18 janvier 1995, d’instaurer un visa aux conditions draconiennes pour contrôler l’entrée des Comoriens sur le territoire de Mayotte
10 L'article L. 511-48 prévoit qu’un mineur de 18 ans ne peut pas faire l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.
11 La Cour des comptes rend public, le 13 janvier 2016, un rapport thématique consacré à la départementalisation de Mayotte. Mise en œuvre dans un contexte socio-économique préoccupant, marqué par une forte démographie et une importante immigration irrégulière, cette départementalisation rapide a été mal préparée et mal pilotée. La situation financière du Département et des communes de Mayotte est dégradée. Le manque de clarté des perspectives financières dans lesquelles s’inscrit cette évolution institutionnelle complique encore la situation. Les préalables identifiés dès 2008 dans le « Pacte pour la départementalisation » n’ont pas été remplis en temps voulu : alignement de la réglementation et de la législation applicables, passage à la fiscalité de droit commun, problématiques foncières, notamment. Face à l’urgence de répondre aux besoins d’infrastructures de base (eau, assainissement, habitat, constructions scolaires) et aux problèmes sociaux que connaît l’île (aide sociale à l’enfance, chômage, notamment), le Département et l’État doivent dresser des priorités claires et entreprendre sans délai la mise en œuvre des mesures appropriées : www.ccomptes.fr/...9/2110702/version/1/ file/20160113-rapport-thematique-departementalisation-Mayotte.pdf
12 Pour les enfants nés en France de parents étrangers, c’est le "droit du sol" qui s’applique. L'enfant obtiendra donc la citoyenneté française à 18 ans, sous certaines conditions : posséder un certificat de naissance en France, résider en France et y avoir vécu durant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Avant sa majorité, il peut acquérir la nationalité sur demande de ses parents (entre 13 et 16 ans), ou sur demande personnelle (entre 16 et 18 ans), avec des conditions de durée de résidence en France.
Voyage de 20 jours en Nouvelle-Calédonie (avec enfant) English translation pending
bonjour ,
voila nous partons une 20 de jours en nouvelle Calédonie 3 adultes et un enfant voyage un peu précipiter mais nous souhaitons profiter un max quand même
j'aimerai savoir si il est mieux et surtout niveau tarif préférable de louer un bungalow ou un appartement ???
que faut il absolument faire ou visiter durant se court séjour???
en attendant vos reponses merci
voila nous partons une 20 de jours en nouvelle Calédonie 3 adultes et un enfant voyage un peu précipiter mais nous souhaitons profiter un max quand même
j'aimerai savoir si il est mieux et surtout niveau tarif préférable de louer un bungalow ou un appartement ???
que faut il absolument faire ou visiter durant se court séjour???
en attendant vos reponses merci
Parc Tanjung Puting, orangs-outans, Kalimantan English translation pending
Nous souhaiterions approcher les Orang Outans du Parc de Tanjung Puting. Avec quelles agence nous conseillez vous d'organiser ce circuit? Quels sont les prix pratiqués pour un circuit de 3 jours et 2 nuits? Merci d'avance pour vos bons conseils.
Côte ouest côt�� mer d'Andaman English translation pending
Bonjour à toutes et tous,
Mon épouse et moi projetons de passer environ 3 semaines, en février prochain, dans l’ouest de la Thaïlande. Nous ne sommes pas de grands itinérants. Nous aimons nous trouver un endroit qui nous plaît et y rester, rayonner un peu, mais surtout découvrir un endroit et des gens. A titre d’exemple, nous avons bien aimé Bang Saphang en Thaïlande ou Port Barton aux Philippines. Phuket ou autres Pattaya, ce n’est pas pour nous. Un joli hôtel sur une plage sans touristes, même sans airco ou eau chaude, c’est parfait. Pour autant que ce soit (quand même) propre, qu’il y ait quelques bons restos dans le coin (mais en Thaïlande, ce n’est pas un problème) et des gens simples et gentils. Donc, auriez-vous des suggestions à nous proposer sur la côte ouest, mer d’Andaman ? Des endroits ou tout n’est que beauté, calme et volupté … J’ai déjà loué des véhicules et l’emplacement ne pose donc pas de problème majeur.
D’avance merci pour les suggestions.
Au plaisir de vous lire !
Patrick
Mon épouse et moi projetons de passer environ 3 semaines, en février prochain, dans l’ouest de la Thaïlande. Nous ne sommes pas de grands itinérants. Nous aimons nous trouver un endroit qui nous plaît et y rester, rayonner un peu, mais surtout découvrir un endroit et des gens. A titre d’exemple, nous avons bien aimé Bang Saphang en Thaïlande ou Port Barton aux Philippines. Phuket ou autres Pattaya, ce n’est pas pour nous. Un joli hôtel sur une plage sans touristes, même sans airco ou eau chaude, c’est parfait. Pour autant que ce soit (quand même) propre, qu’il y ait quelques bons restos dans le coin (mais en Thaïlande, ce n’est pas un problème) et des gens simples et gentils. Donc, auriez-vous des suggestions à nous proposer sur la côte ouest, mer d’Andaman ? Des endroits ou tout n’est que beauté, calme et volupté … J’ai déjà loué des véhicules et l’emplacement ne pose donc pas de problème majeur.
D’avance merci pour les suggestions.
Au plaisir de vous lire !
Patrick
Nouvelle-Calédonie en août: kite et véhicule utilitaire English translation pending
Bonjour, je pars au mois d'août pour un mois en nouvelle Calédonie, j'ai plusieurs questions...!
concernant le Kitesurf, apparemment ce n'est pas vraiment la saison des alizés, je me demande si j'emmène mon matos ou si je loue sur place en fonction des conditions...des avis??
Je pense aller à l'île des pins et balader sur la grande terre la première quinzaine accompagnée de mon ami non kiteur, et la 2eme quinzaine je serais avec des amis qui vivent à lifou en face de la baie de chateaubriand. Spot de Kite réputé et sans location possible...
J'ai donc également prévu randos, snorkelling, plongee...il y a de quoi faire!!
Autre question concernant la possibilité de louer Un véhicule utilitaire et dormir dedans, pour faire un tour sur la grande terre, j'ai entendu dire que c'était possible et aussi que ca ne l'était pas!! J'aimerais alterner camping sauvage et camping payants, je comprends que cela puisse gêner de squatter sur les terres des kanaks, mais ça permettrait aussi de ne pas emporter de tente et de laisser le matos de Kite à l'intérieur du véhicule. D'ailleurs à quelles températures s'attendre la nuit en août??
Merci pour tout!
Road trip en voiture du sud de l'Argentine au Chili English translation pending
🙂Bonjour à tous, 🙂
nous partons du 29 octobre au 23 novembre 2016 dans le sud de l'Argentine.
Ayant déjà fait le nord auparavant 8200 kms en logan ! trop bien.
Nous sommes 3 personnes et aimerions faire le road-trip en voiture.
Nous pensons qu'il y a un problème pour passer à la frontière d'Argentine au Chili avec une voiture de location, pour relier USHUAIA. Quelqu'un a-t-il une solution ?
Dans l'hypothèse où nous atterrissons à Buenos Aires, puis vol intérieur pour Bariloche, où nous avons trouvé une voiture de location à un prix intéressant, comment faire pour rejoindre USHUAIA ?
Ou deuxième hypothèse : si nous atterrissons à Santagio du Chili, est-il possible de faire le même trajet en voiture ?
Nous sommes preneurs des propositions d'itinéraires pour ceux qui y sont déjà allés.
Un grand merci pour vos réponses
A bientôt
Yves Ghislaine Nad
Voyage aller-retour France - Maroc - France avec attelage English translation pending
Bonjour à tous,
Nous comptons partir cet hiver pour un périple au long court depuis le sud de la France en traversant l’Espagne et le Portugal pour finalement arriver au Maroc avec un attelage composé de un âne, une mule et une petite roulotte. J' aimerai savoir si certains d'entre vous on des pistes à me donner pour les formalités douanières et vétérinaires pour passer les animaux et l' attelage entre l’Espagne et le Maroc, sachant que les animaux ont des papiers francais et qu'il feront l'aller retour. Que nous n'aurons à priori pas de véhicule pour transporter les bêtes dans le ferry( juste la roulotte). Y a t 'il une manière plus facile pour procéder? Un endroit particulier ou ce serait plus simple de traverser? Y a t il des exigences particulières ( quarantaine ou autre) avant le retour en Espagne?
Merci beaucoup de votre aide
Nous comptons partir cet hiver pour un périple au long court depuis le sud de la France en traversant l’Espagne et le Portugal pour finalement arriver au Maroc avec un attelage composé de un âne, une mule et une petite roulotte. J' aimerai savoir si certains d'entre vous on des pistes à me donner pour les formalités douanières et vétérinaires pour passer les animaux et l' attelage entre l’Espagne et le Maroc, sachant que les animaux ont des papiers francais et qu'il feront l'aller retour. Que nous n'aurons à priori pas de véhicule pour transporter les bêtes dans le ferry( juste la roulotte). Y a t 'il une manière plus facile pour procéder? Un endroit particulier ou ce serait plus simple de traverser? Y a t il des exigences particulières ( quarantaine ou autre) avant le retour en Espagne?
Merci beaucoup de votre aide
Trogir - Ciovo (Croatie): voiture ou pas? English translation pending
Bonjour,
Nous partons en Croatie fin juillet début aout et allons séjourner une semaine à Zadar, puis sur l'île de Ciovo la deuxième semaine début aout. Hors nous avons vu qu'il y a visiblement de gros problèmes de circulations entre Trogir et l'ile en question. Nous souhaiterions donc savoir si certains en ont fait l'expérience, ce qu'il en est vraiment ? Nous pensons effectivement louer une voiture pour avoir plus de liberté dans nos déplacements. Avez vous des astuces pour éviter les embouteillages ?
Merci d'avance pour vos conseils ! 🙂
Mathieu
Nous partons en Croatie fin juillet début aout et allons séjourner une semaine à Zadar, puis sur l'île de Ciovo la deuxième semaine début aout. Hors nous avons vu qu'il y a visiblement de gros problèmes de circulations entre Trogir et l'ile en question. Nous souhaiterions donc savoir si certains en ont fait l'expérience, ce qu'il en est vraiment ? Nous pensons effectivement louer une voiture pour avoir plus de liberté dans nos déplacements. Avez vous des astuces pour éviter les embouteillages ?
Merci d'avance pour vos conseils ! 🙂
Mathieu
Passer 3/4 jours dans une estancia proche de Buenos Aires English translation pending
Bonjour ,
entre des cours de tango sur 2 week end
je cherche des infos pour séjourner 3/4 jours dans une estancia fin octobre début novembre
possibilité de faire du cheval de se détendre sans que cela soit trop pour touristes y a t-il un site dédié à cette recherche
merci
possibilité de faire du cheval de se détendre sans que cela soit trop pour touristes y a t-il un site dédié à cette recherche
merci
La mama English translation pending
Une cérémonie familiale très émouvante
La mama est alitée depuis plus de quatre mois. Étendue sur son lit, elle ne bouge pas. Il y a deux semaines, se sentant mourir, elle a demandé la présence de toute sa famille. Tous sont venus la voir.
Hier, une invitation a été lancée pour une cérémonie religieuse. Ses quatre fils, ses deux filles, les gendres, les brus, les neveux, les nièces, les petits-enfants, tous étaient là. Une vingtaine de personnes.
Assis par terre ou agenouillés au pied du lit de la mama, ils ont fait une prière à haute voix. Puis, chacun, à tour de rôle, est venu laver les pieds de la mama. Avec une petite louche, on verse de l’eau sur ses pieds tout en les massant légèrement. J’avoue que j’étais très ému quand j’ai posé le geste. Cela me rappelait la cérémonie du lavement des pieds que le Pape fait une fois par année, le Jeudi saint.
Cette cérémonie se rapproche du sacrement de l’extrême-onction, pratiqué autrefois. La nièce m’expliquait que cette coutume avait pour but de donner un regain de vie à la mama ou bien de lui donner un coup de pouce pour le grand départ.
Tout le long de la cérémonie, la mama avait les mains jointes comme dans une prière. Elle était bien consciente. Au départ, quand je l’ai saluée, elle m’a fait un grand sourire. Je lui rends visite tous les jours. On s’aime bien tous les deux.
La mama est alitée depuis plus de quatre mois. Étendue sur son lit, elle ne bouge pas. Il y a deux semaines, se sentant mourir, elle a demandé la présence de toute sa famille. Tous sont venus la voir.
Hier, une invitation a été lancée pour une cérémonie religieuse. Ses quatre fils, ses deux filles, les gendres, les brus, les neveux, les nièces, les petits-enfants, tous étaient là. Une vingtaine de personnes.
Assis par terre ou agenouillés au pied du lit de la mama, ils ont fait une prière à haute voix. Puis, chacun, à tour de rôle, est venu laver les pieds de la mama. Avec une petite louche, on verse de l’eau sur ses pieds tout en les massant légèrement. J’avoue que j’étais très ému quand j’ai posé le geste. Cela me rappelait la cérémonie du lavement des pieds que le Pape fait une fois par année, le Jeudi saint.
Cette cérémonie se rapproche du sacrement de l’extrême-onction, pratiqué autrefois. La nièce m’expliquait que cette coutume avait pour but de donner un regain de vie à la mama ou bien de lui donner un coup de pouce pour le grand départ.
Tout le long de la cérémonie, la mama avait les mains jointes comme dans une prière. Elle était bien consciente. Au départ, quand je l’ai saluée, elle m’a fait un grand sourire. Je lui rends visite tous les jours. On s’aime bien tous les deux.
Festival "Partir Autrement" à Paris les 18 et 19 juin English translation pending
HELLO à tous ! 😎
Permettez-moi de vous parler de cet événement :
L'association Au Bout du Monde, Magazine Globe-Trotter organise son 9ème Festival Partir Autrement dans le cadre exceptionnel du theatre Monfort et de son jardin.
WEEK DU 18 & 19 JUIN : L'APPEL D'AIR D'ABM
Pour porter un autre regard sur le monde, “Embrasser la terre”, partager encore et toujours notre passion du voyage, avec générosité, sens, humour, émotions.
En un week-end, vous ferez le tour du monde à vélo, a pied, en solo ou en famille, sur les routes de la Foi, en Siberie, en Islande et au quatre coins du monde. Vous pourrez partager les différentes expériences de chacun à travers les films, conférences et débats, vous laissant guider et même tenter à partir sur les routes...
Je vous laisse découvrir la programmation sur le sitewww.partirautrement.fr/
Vous pouvez aussi découvrir un extrait sur le site du Libération dans le lien suivant : http://www.liberation.fr/voyages/2016/06/01/le-18-juin-l-appel-d-air-d-abm_1456656
On vous y attends nombreux !
Vous pouvez aussi découvrir un extrait sur le site du Libération dans le lien suivant : http://www.liberation.fr/voyages/2016/06/01/le-18-juin-l-appel-d-air-d-abm_1456656
On vous y attends nombreux !
Costa Club English translation pending
Costa vient de m'envoyer leur nouvelle brochure avec mon nouveau décompte de points....selon leur nouveau calcul j'ai maintenant 2240 points en classe corail ( la n 2) alors que j'étais depuis longtemps pearl et 10000 points...c'est vrai que je prends des croisières en flash, ce genre de clientèle n'intéresse pas Costa, on nous prend pour des quantités négligeables malgré mes 15 croisières Costa... La fidélité ne paie pas...lamentable..pourquoi faire des prix flash...ils sont quand même bien contents de remplir leurs bateaux !!!
Retour du MSC Splendida du 19 au 30 mai 2016 English translation pending
Pour commencer je souhaite a tous les futurs croisiéristes dans les fjords d'avoir la meme meteo que nous l'apres midi a Honningsvag nous nous promenions en tee shirt malheureusement le soir brume et vent nous avions pris l'excursion avec l'office du tourisme beaucoup plus complete que MSC super guide mais uniquement en anglais. Comme il y a deja beaucoup de compte rendu d'escales qui m'ont d'ailleurs beaucoup aides aussi je n'en ferai pas mais repondrai a toutes les personnes qui auraient des questions particulières. Une chose qui n'est pas beaucoup mentionnée dans le forum ce sont les navettes gratuites MSC a la sortie du bateau vous pouvez aller a la gare ou il y a une consigne a bagage et visiter Hambourg en fonction de votre heure de vol ou aller directement a l'aeroport. Devant la gare il y avait une tonnelle msc et des cars qui embarquait les passagers nous ne l'avions pas vus a l'aller car nous y etions un jour plus tot. A deconseiller fortement l'excursion 40 euros par personne pour visiter Hambourg et vous conduire a l'aeroport en fonction de votre vol retour . Nous avions dans notre vol a 19 heures des personnes qui avaient ete deposées a 11heures a l'aeroport alors que l'heure prevue etait 16h30.
Voila n'hésitez pas a poser vos questions si je peut vous aider.
Willy et Patricia.
Lodges à Kongde (Népal) English translation pending
Bonjour, 😉
Pour mon deuxième trek dans le Khumbu, j'aimerai redescendre de Thame directement sans passer par Namche Bazar. Quelqu'un pourrait-il me dire s'il est possible de coucher à Kongde en évitant le Yéti mountain home? Y-a-t'il des lodges comme sur le reste du parcours ?
Merci pour toutes vos réponses.
Babou.😏😏😏
Embarquement en croisière et handicap English translation pending
Bonjour à tous,
Suite à une maladie, j'ai des problèmes de marché et ne peux rester longtemps debout même avec ma canne. Je suis reconnue handicapée et ai la carte d'invalidité. Savez vous si lors de l'embarquement, je peux embarquer en priorité. J'ai envoyé un message à MSC mais je n'ai toujours pas réponse. Merci pour les vôtres et à bientôt 😉
Suite à une maladie, j'ai des problèmes de marché et ne peux rester longtemps debout même avec ma canne. Je suis reconnue handicapée et ai la carte d'invalidité. Savez vous si lors de l'embarquement, je peux embarquer en priorité. J'ai envoyé un message à MSC mais je n'ai toujours pas réponse. Merci pour les vôtres et à bientôt 😉
10 jours en Martinique et Guadeloupe English translation pending
Bonjour, j aimerais voyager a Martinique et Guadeloupe , mais j ai seulement 10 jours
reals lá, 30 decembre au 8 janvier, vous pensez est sufi?
merci beaucoup
Carmen
Météo actuelle côte est du Sri Lanka English translation pending
Je suis a Trincomalee, arrivee vendredi sous le soleil,
Samedi juska mardi 4 jr de pluies intenses,
Cote ouest ya des inondations
La petite mousson arrive ....
Fermeture des frontières du Tibet du 18 au 23 juin English translation pending
Bonjour
Notre guide vient de nous annoncer par mail que la Chine allait fermer les frontières du Tibet du 18 au 23 juin prochain. Cela nous mets bien dans l'embarras car c'était en plein pendant notre voyage.
Nous avons déjà booké un Pekin Lhassa le 14 juin, et un Chengdhu-Lhassa le 3 juillet...
Donc, avez-vous des conseils à nous donner ? que faire ? y aller quand même et voir sur place si c'est vraiment fermé ? S'arrêter en train quelques gares avant la région autonome et visiter le reste du Tibet "pas autonome" ? changer complètement notre voyage ?
merci pour vos conseils. on est un peu dégouté et surtout un peu perdus sur ce qu'on devrait faire...
Gab
Notre guide vient de nous annoncer par mail que la Chine allait fermer les frontières du Tibet du 18 au 23 juin prochain. Cela nous mets bien dans l'embarras car c'était en plein pendant notre voyage.
Nous avons déjà booké un Pekin Lhassa le 14 juin, et un Chengdhu-Lhassa le 3 juillet...
Donc, avez-vous des conseils à nous donner ? que faire ? y aller quand même et voir sur place si c'est vraiment fermé ? S'arrêter en train quelques gares avant la région autonome et visiter le reste du Tibet "pas autonome" ? changer complètement notre voyage ?
merci pour vos conseils. on est un peu dégouté et surtout un peu perdus sur ce qu'on devrait faire...
Gab
Passer au Népal par le Tibet, Inde - Iran: visas English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
Nouveau sur ce précieux forum, je suis Erwan, j'habite à Pékin. Je voulais savoir si quelqu'un aurai des infos concernant la possibilité de passer au Népal par le Tibet ? ( par le bus , sans s'arreter à Lhassa ( ou transit )). je prévoit de rejoindre par la suite l'inde et faire New Delhi - Téhéran pour accéder au continent européen. Ma deuxième question concerne les visas, à savoir si il était impératif ou non, de demander les visa indien et iranien longtemps à l'avance ou si c'était possible de les demander sur place. merci pour vos éclairaiges bonne route !
Nouveau sur ce précieux forum, je suis Erwan, j'habite à Pékin. Je voulais savoir si quelqu'un aurai des infos concernant la possibilité de passer au Népal par le Tibet ? ( par le bus , sans s'arreter à Lhassa ( ou transit )). je prévoit de rejoindre par la suite l'inde et faire New Delhi - Téhéran pour accéder au continent européen. Ma deuxième question concerne les visas, à savoir si il était impératif ou non, de demander les visa indien et iranien longtemps à l'avance ou si c'était possible de les demander sur place. merci pour vos éclairaiges bonne route !
Aurore boréale en Ecosse l'été English translation pending
Bonjour,
Après avoir m'être informé sur plusieurs sites j'ai constaté que les aurores boréales sont bien plus facilement apercevables en hiver dans les iles du nord de l'Ecosse, mais est il possible d'en voir en aout quand même?
Après avoir m'être informé sur plusieurs sites j'ai constaté que les aurores boréales sont bien plus facilement apercevables en hiver dans les iles du nord de l'Ecosse, mais est il possible d'en voir en aout quand même?
Croisière MSC Armonia English translation pending
bonsoir a tous je recherche des informations sur une croisière MSC armonia pour le mois de février qui dure 15 jours en passant par Belize , ile de Roantan , Costa Maya , Montego Bay Cozumel, George Town si quelqu'un la faite , pourriez vous me dire si les excursions sont vraiment longue plusieurs heures car je me sert du bateau comme hôtel et je préfère rester a terre le plus longtemps possible
merci pour tout les renseignements
Pérou cet été: agence English translation pending
Bonjour,
Voilà je souhaite partir au Pérou 2 semaines (ou 3) fin juillet.
Je suis seule, et je souhaiterais partir avec une agence pour être avec un petit groupe. J'aimerais si possible faire un treck de 3 jours soit Canyon de la Colca soit La Cordillère Vilcanota...
Je serais beaucoup plus séduite par une agence solidaire. Aucunement envie du type Nouvelle Frontière.
J'ai contacté plusieurs organisations Eco Tour, Huwans (3 700 € 15 j !!!), Terra Andina (j'attends le devis).
Est-ce que qqn part à cette période via une agence ?
Difficile de trouver des covoyageurs :)
J'attends vos conseils avec impatience :)
Merci bcp.
Laëtitia
L'aéroport de Londres Stansted est-il ouvert la nuit? English translation pending
Bonjour, Bonsoir !
J'arrive dans l'après-midi à l'aéroport de Londres Stansted, et je dois repartir pour un nouveau vol vers 5 h du matin, donc je vais rester à l'aéroport, est-il ouvert la nuit ? y-a-t'il un endroit où l'on peut se reposer, fauteuil ou autre ?
Merci pour les infos
Dominique
J'arrive dans l'après-midi à l'aéroport de Londres Stansted, et je dois repartir pour un nouveau vol vers 5 h du matin, donc je vais rester à l'aéroport, est-il ouvert la nuit ? y-a-t'il un endroit où l'on peut se reposer, fauteuil ou autre ?
Merci pour les infos
Dominique
Recherche propositions de "trajet" avec nos 2 filles en bas âge English translation pending
Bonjour!
Nous pensons partir environ 2 semaines debut septembre avec nos deux filles en bas age.
Nous aimerions votre avis sur les destinations possibles et où ça vaut la peine de s'attarder. Nous partons des Iles de la Madeleine, pour ensuite se diriger vers le Nouveau Brunswick. Nous ne voulons pas visiter cette région, car nous l'avons déjà fait. Pensons plutôt nous diriger vers l'est des E-unis. Pensons faire une petite boucle pour remonter vers Montreal et revenir vers le Nouveau Brunswick pour retourner à la maison, aux Iles.
Alors vos suggestions?
Merci :)
CDF: quel circuit choisir en méditerranée? English translation pending
Bonjour,
Je souhaite partir 1 semaine en juillet avec "croisière de france" sur la méditerranée, mais j'hésite entre 2 circuits :
Allegria avec escale à Barcelone, Port Mahon, Civitavecchia, Livourne, et Bastia.
Italie secrète avec escale à Livourne, Civitavecchia, Naples, Messine, et La Valette.
Avez vous des conseils à me donner, avez vous déjà fait ces circuits, et quelles sont vos impressions ? Les escales sont elles intéressantes ?
J'aimerai pouvoir me rendre aux "Cinque Terre", mais est ce possible de Livourne ?
Pouvez vous m'aider en me faisant part de vos expériences ... ?
Un grand merci d'avance ! 🙂
Fête des bougies / lanternes en Thaïlande, juillet 2016 English translation pending
Bonjour
J'ai lu que la fête des bougies ou des lanternes se tiendrait cette année le 19 juillet.
Quelqu'un pourrait-il me dire combien de temps durent les cérémonies ?
J'atterris à Bangkok le 20 au soir, et je voulais savoir si j'avais une petite chance de pouvoir en profiter...
Merci d'avance à tous ceux qui pourront me répondre 🙂
Christine
Retour du Maroc: quelques adresses à retenir ou à éviter English translation pending
Nous avons apprécié:
A Fès:
l'hôtel Dar Hafsa, bien situé dans la Médina, accueil très chaleureux, bon petit déjeuner et très propre pour environ 38 € à deux.
La chambre est un peu "vieillot", mais sympathique et l'effort de déco est là 😉.
J'avais pris cette info sur le forum et donc merci à celui qui l'avait mise ….( ? ).
Le resto Chez Bouayad, (indiqué sur Le Routard), effectivement ne paye pas de mine mais est très sympa, la cuisine vraiment bonne et les prix …nickel !
A Meknès : En nous promenant dans la médina avec un autochtone qui nous a emmené dans une petite gargote pour manger sur le pouce, nous avons dégusté la meilleure salade marocaine, des beignets de pomme de terre, de la "compotée" d'aubergine ….comme jamais ! Adresse: Aisha Kabt souk, rue Kababine N° 14
Nous avons détesté: A Casablanca: l'hôtel "Les Ambassadeurs": très mal tenu, plutôt sale, en mauvais état ….il a fallu réclamer 3 fois des serviettes de toilettes, qui ne sont jamais arrivées tant et si bien que le veilleur de nuit nous en a passé une …? Hôtel bruyant etc….à éviter ! ( on a eu du mal à trouver un hôtel au dernier moment à Casa) Petit déjeuner : peut vraiment mieux faire…jus d'orange synthétique alors que le Maroc en produit tant !!!!🙁🙁🙁
Pour info: A Essaouira: l'hôtel "Les matins bleus" vous fait payer les frais de carte bleue, 5% du montant ! en plus des frais inhérents à votre carte !😠 Je découvre mais peut-être que vous avez plus l'habitude que moi ...
A Meknès : En nous promenant dans la médina avec un autochtone qui nous a emmené dans une petite gargote pour manger sur le pouce, nous avons dégusté la meilleure salade marocaine, des beignets de pomme de terre, de la "compotée" d'aubergine ….comme jamais ! Adresse: Aisha Kabt souk, rue Kababine N° 14
Nous avons détesté: A Casablanca: l'hôtel "Les Ambassadeurs": très mal tenu, plutôt sale, en mauvais état ….il a fallu réclamer 3 fois des serviettes de toilettes, qui ne sont jamais arrivées tant et si bien que le veilleur de nuit nous en a passé une …? Hôtel bruyant etc….à éviter ! ( on a eu du mal à trouver un hôtel au dernier moment à Casa) Petit déjeuner : peut vraiment mieux faire…jus d'orange synthétique alors que le Maroc en produit tant !!!!🙁🙁🙁
Pour info: A Essaouira: l'hôtel "Les matins bleus" vous fait payer les frais de carte bleue, 5% du montant ! en plus des frais inhérents à votre carte !😠 Je découvre mais peut-être que vous avez plus l'habitude que moi ...
Croisière en Antarctique: quel type de jumelles? English translation pending
Bonjour à tous,
Voilà mon sujet, pas à proprement parler photo et vidéo mais on s'en approche. Je dois aller dans quelques mois faire une croisière en antarctique et je pense ne pas être déçu en ce qui concerne les animaux. seulement voilà, j'ai bien l'intention de me munir de jumelles pour en rater le moins possible. Ma demande est donc : quel type de jumelles me conseillez vous, sachant que mes recherches sur le net orientent vers un grossissement 10 pour une ouverture à 50 ( ce sont des moyennes ) pour l'observation des dits animaux. Au delà de l'avis des marchands, j'aimerais bien le vôtre. Alors par avance, merci à toutes et tous.
Voilà mon sujet, pas à proprement parler photo et vidéo mais on s'en approche. Je dois aller dans quelques mois faire une croisière en antarctique et je pense ne pas être déçu en ce qui concerne les animaux. seulement voilà, j'ai bien l'intention de me munir de jumelles pour en rater le moins possible. Ma demande est donc : quel type de jumelles me conseillez vous, sachant que mes recherches sur le net orientent vers un grossissement 10 pour une ouverture à 50 ( ce sont des moyennes ) pour l'observation des dits animaux. Au delà de l'avis des marchands, j'aimerais bien le vôtre. Alors par avance, merci à toutes et tous.
15 jours en Guadeloupe English translation pending
Bonjour à tous et toutes,
Je suis proche de la retraite et j'aimerai allez passer plusieurs mois en Guadeloupe... et peut-être y vivre à l'année plus tard.
En attendant ce moment, j'aimerais allez l'année prochaine 15j pour "tater le terrain".....
Je suis une femme seule sans gros revenus, j'avais penser louer une chambre chez l'habitant ou un studio et louer une voiture pour visiter car je ne connais pas et ne sais pas ou poser mes valises.
Pourriez vous m'aider??? et me donner plein d'idées et de renseignements.
Peut-être aussi faut-il que je prenne un guide local....mais comment savoir s'il sera sérieux et me conseillera bien.
Merci d'avance de toutes vos réponses
Annémone
Merci d'avance de toutes vos réponses
Annémone