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Monument Vallley The View, une belle arnaque! English translation pending
by Caribou44 · 2015-06-11 · 64 replies
Bonsoir à tous,

Un titre volontairement exagéré pour: - faire réagir certains... 😉 - vous donner des nouvelles fraîches!

Quand on planifie un séjour en réservant une chambre au View, c'est, en ce qui me concerne: - une part de rêve à un coût non négligeable - retrouver l'immense plaisir de séjourner dans un endroit exceptionnel

Commençons: - chambre très confortable, enfin, la seconde, car la première se situait juste à côté du distributeur de glaçons... - restaurant abordable avec une vue fabuleuse.

La piste: pas venu depuis 2008 - c'est une véritable Highway désormais - vu une Hyundai I10 tranquillou... donc, oui, définitivement cette piste est facile!





Ben, oui, mais la poisse météo nous poursuit... 😠

En fin d'après midi



Bon, il y a pire comme vue depuis une chambre...

Il pleut toute la nuit et au matin



Puis....



Et enfin



"Where the earth meets the sky " dit le dépliant - c'est exact.... d'une certaine façon. D'où le titre...

Donc:



Déprime passagère, enfilage de cirés et arpentage du Wildcat trail autour de West Mitten (rencontré 4 autres inconscients)



Le désert est bien vert cette année

La pluie s'est arrêtée mais les trajectoires pédestres sont aussi burlesques qu'imprévisibles...



nous avons découvert sur le Trail, un autre John Ford Point, sans le Navajo avec le cheval et le Stetson et surtout sans les 10$ et la foule...



Et, naturellement, au moment de partir...



Bien sûr, ce n'est qu'un billet d'humeur et je mesure la chance que nous avons de nous trouver au milieu de paysages mythiques...😎😎😎😎

Ce soir, à Sedona, beau et chaud...

Alain

Ps j'ai une pensée toute particulière envers ceux et celles qui ont choisi d'arpenter les pistes, notamment Alain-Pierre et son épouse...
Pacific Northwest Motorcycle Trip English translation pending
by Genevois · 2014-08-21 · 70 replies
Comment faire pour ne pas repartir sur les routes US lorsqu'on est un passionné de grands espaces, de moto et d'évasion ? Si rouler en Europe, pour des escapades plus ou moins longues, plus ou moins loin, suffit déjà à notre bonheur, goûter au bitume US a une toute autre saveur.

Une saveur que nous avions déjà testée en 2012 lors d'une mémorable traversée du continent nord-américain entre la Floride et la Californie. Plus qu'un amuse-bouche, déjà un plat principal, accompagné même du dessert tant le plaisir fut au rendez-vous. Dès lors, comment résister à un tel menu, rouler, profiter des espaces, découvrir et avaler des miles dans cette Amérique fascinante et envoûtante. Un goût de "reviens-y" persistant, presque un appel.

Comme en 2012, pas de voyage de groupe, pas d'organisation extérieure, juste la liberté de choisir son itinéraire, son rythme et sa façon de vivre le trip. Une préparation évidemment de longue haleine, pour définir un itinéraire, équilibrer les étapes quotidiennes, ne pas rater l'immanquable, tout en gardant la liberté de rouler où l'envie veut bien nous mener.

Après avoir connu la fameuse traversée, version sud, empruntant des chemins souvent bien loin des hordes touristiques, traversant des endroits de bout du monde, après avoir été abreuvés de musique dans les bars de Nashville et de Memphis lors d'un autre périple, après avoir apprécié les belles demeures coloniales des demoiselles Caroline, après la jeune Histoire américaine dans les environs de Washington DC, un autre coin nous sautait aux yeux : le Pacific Northwest à travers la Californie du nord, l'Oregon et l'état de Washington. La nature, l'Océan et sa fameuse façade pacifique, des villes à découvrir comme Portland et Seattle, des parcs et autres beautés naturelles comme Crater Lake ou encore les abords de la Colombia River et son Mont Hood qui la domine, une Amérique sans doute moins tape-à-l'oeil que New York, Vegas ou L.A., les grands parcs de l'Ouest ou la Floride. Une autre Amérique, celle que nous recherchons, plus profonde, plus vraie, plus authentique.

Des contrées à visiter en Harley-Davidson, comment aurait-il pu en être autrement après ce que nous avons vécu en 2012 ? Comme précédemment, c'est vers Eaglerider que nous nous sommes tournés pour louer l'engin qui nous servira de monture 3 semaines durant. Une Electra Glide off course, pour le confort, pour les bagages et sans doute parce que c'est la moto idéale pour avaler des miles. Eaglerider ne garantit pas le modèle désiré, mais les échanges par mail ont été si cordiaux que nous n'avons jamais eu de doute sur le fait que nous l'aurions avec nous.

Début du trip : Los Angeles. Parce que les vols y sont nombreux, parce que c'était la fin de notre périple de 2012, parce qu'Eaglerider est juste à côté de l'aéroport, et parce qu'il faut bien commencer quelque part. De toutes nos recherches, c'est Air France qui avait le meilleur ratio prix/horaire et même si les nombreuses grèves qui font d'elle une compagnie à risque (de ne pas partir, on s'entend) nous faisaient hésiter, nous avons finalement opté pour ce choix. A peine 45 minutes de vol entre Genève et Paris, 2 heures d'attente à CDG avant d'embarquer dans son Altesse A380 pour un vol d'environ 11h30 pour rallier la Cité des Anges. Cette année, les Américains ont réussi à inventer une nouvelle mesure sécuritaire : tous les appareils électroniques embarqués doivent pouvoir s'enclencher. Les contrôles aléatoires menés par le personnel au sol a donc retardé le décollage du vol de plus de 45 minutes, plus de 150 passagers ayant dû faire des démos de leur téléphone portable, de leur tablette ou notebook. Inutile de dire que voler avec le géant des airs a aussi motivé notre décision d'emprunter Air France. Un monstre que les vents de l'Atlantique Nord ont de la peine à bouger, un aéronef silencieux et pour couronner le tout, un très bon service à bord.

L'arrivée à Los Angeles secoue un peu l'avion quand il perd de l'altitude et de la vitesse. C'est au moment où le train rencontre la piste qu'on se rend vraiment compte du poids de cet engin. Aucun autre avion ne pose de la sorte. Le débarquement se fait assez rapidement compte tenu du fait que nous sommes près de 500 passagers. Ce qui est par contre nettement moins rapide, c'est le passage des douanes, Une quarantaine de guichets, mais surtout un ballet incessant de gros porteurs qui amènent leur lot de touristes et visiteurs. Du coup, une heure est nécessaire pour franchir les contrôles des services de l'immigration. Nous avions choisi le Travelodge LAX pour notre première nuit sur le sol US. Une navette gratuite circule toutes les 30 minutes entre l'hôtel et les arrivées des vols internationaux. Facile à trouver grâce aux indications de l'aéroport (un panneau rouge annonçant les "hotels shuttle"), l'emplacement pour attendre la navette en question est devant la sortie, sur la voie centrale.

Le Travelodge est bien placé sur le Century Blvd, près de l'aéroport et près d'Eaglerider, avec un Denny's pour se restaurer juste à côté. Une fois les sacs posés dans la chambre, nous appelons Eaglerider qiu nous annonce que notre Electra Glide n'attend plus que nous. Un chauffeur de taxi devan l'hôtel veut nous prendre 25 $ pour nous y emmener, alors que le magasin est à environ 2 miles ! Nous attrapons plutôt un taxi à la station-service voisine et 10 $ plus loin, nous voilà chez Eaglerider. Quelques formalités administratives avec le sympathique personnel et nous voilà prêts à prendre possession de notre compagne de route pour les trois prochaines semaines. Une Electra Glide, 35'000 miles au compteur, plus toute neuve donc. Mais ne faisons pas la fine bouche, peu importe son âge, l'essentiel est qu'elle assure ...

Retour à l'hôtel pour vider nos sacs dans les sacoches et le tour-pack. Tout rentre parfaitement, il y a même un peu de marge. Demain, nous enverrons les sacs vides par la poste à notre dernière adresse à San Francisco, une chambre trouvée via Airbnb. Le couple de filles qui va nous héberger nous a donné son accord et ainsi nous n'aurons pas à trimballer les 2 sacs vides. Demain toujours, début de l'aventure, on prend la route direction nord, pour une première étape le long du Pacifique.
Itinéraire de 10 jours en Écosse, août 2014 English translation pending
by Edjeleh2 · 2014-07-17 · 11 replies
Bonjour,

Nous partons cet été 10 jours en Ecosse (du 13 au 23 août) et comme j'ai coutume de le faire, je sollicite les avis du forum afin de m'aider à optimiser mon itinéraire et à identifier les bons plans à ne pas rater.

Pour vous donner un aperçu du parcours que j'envisage : voilà les premières idées d'itinéraire (avec beaucoup de trous pour l'instant) 13/08 : arrivée à Edimbourg en fin de journée / récupération voiture de loc / route jusqu'à Sterling pour y passer la nuit 14/08 : matin visite Sterling / après-midi région des Trossachs - Loch Lomond (nuit à déterminer) 15/08 : région Glencoe + Ben Nevis 16/08 au 18/08 : ile de Skye 18/08 au 19/08 : highlands du Nord (quel itinéraire privilégier depuis l'île de Skye) 20/08 : étape de transition en redescendant sur Edimbourg (à définir) 21/08 au 23/08 : visite Edimbourg puis retour France

Comme vous le voyez, j'ai une idée de canevas de l'itinéraire (Edimbourg - Trossachs - île de Skye - Highlands - Edimbourg) mais tout est loin d'être calé à part la 1ère nuit à Stirling et les 2 dernières à Edimbourg. J'ai déjà pas mal parcouru le forum ce qui a orienté mes choix (notamment la volonté de monter au Nord d'Inverness) mais j'ai besoin d'aide pour bien caler les étapes et avoir le temps de profiter de chaque étape sans passer trop de temps dans la voiture.

Je suis également preneur de bons plans (B&B, lieux insolites, courtes randos magnifiques ...).

Merci d'avance pour votre aide ! Jérôme
Vacances d'été en Ecosse, c'est possible! English translation pending
by Mouriann · 2014-04-30 · 74 replies
Allez, je me lance, le carnet de Pierre m'a donné des remords. Un petit mot d'abord sur le titre. Qui n'a pas eu envie de partir en Ecosse mais y a renoncé par peur du mauvais temps? Nous les premiers ! mais cette année nous devions trouver une destination proche de la France pour des raisons familiales alors nous nous sommes lancés. Oui, il pleut ... mais il fait aussi beau plusieurs fois par jour 😎 Jamais nous ne sommes restés enfermés une journée entière à cause du mauvais temps. Nous avons toujours pu marcher, visiter. Alors, un conseil, sautez le pas : c'est magnifique !

Nous sommes partis en famille pendant 4 semaines en Ecosse. Départ de Zeebruges en ferry avec notre voiture le 25 juillet. Au cours de la traversée, il n'y a pas grand chose à voir à la surface de l'eau à part quelques champs d'éoliennes ... Du coup, coucher vers 21h30. Gros grognement de mon second de 16 ans qui avait l'impression d'avoir à nouveau 5 ans ! Ceci dit après quelques rigolades qui faisaient penser à une soirée de colonie de vacances, tout le monde s'est endormi assez vite. Est-ce que cela bouge sur le bateau ? Oui, un peu, mais c'est plus gênant si la couchette est parallèle à la coque du bateau. Arrivée le lendemain matin à 8h15 heure locale. Le temps de débarquer, de s'habituer à la conduite à gauche, nous sommes partis pour Hexham qui est proche du mur d'Hadrien. Un petit tour au visitor center et au supermarché du coin pour le picnic de midi et nous voici prêts. Allez, on enfile les chaussures de rando et direction le chemin qui longe le mur. Un petit bout de campagne anglaise

nous attaquons la grimpette. Vous remarquerez les manches courtes : il peut faire beau et chaud.😛

La campagne anglaise est plutôt jolie vue d'en haut

Après quelques montées et descentes le long du mur . nous sommes arrivés en vue du but principal de notre randonnée : Sycamore gap

le fameux arbre qui apparaît dans le film Robin des Bois Prince des voleurs



Le temps se maintenant, nous avons poursuivi un petit moment avant de faire demi-tour et de nous diriger vers notre B&B à Hexham. Avant le dîner nous avons fait un tour dans le charmant centre ville





Pour être tout à fait honnête, c'est là qu'il s'est mis à pleuvoir à verse ... Nous nous sommes donc vite réfugiés dans un pub recommandé par la dame qui tenait le B&B et nous avons dîné à ... 18h. Voilà, le rythme anglais était pris !
Discussion autour du concours photo avril 2014 "Fragments de rêves, fragments d'ailleurs" English translation pending
by Eversmile · 2014-04-01 · 293 replies
Bonjour à tous!

La discussion autour du concours photo d'avril 2014 "Fragments de rêves, fragments d'ailleurs"; c'est ici! Au plaisir de vous y retrouver...
Hôtels aux volcans Bromo et Kawa Ijen (Java) English translation pending
by Floflo1 · 2014-01-15 · 44 replies
Bonjour,

tous les comptes rendus que j'ai lus sur les tours de 3 jours qui partent de Yogyakarta vers les volcans Bromo et Ijen parlent d'hôtels vraiment pas top, voire sales et très sommaires. Ceux qui y sont allés pourraient-ils me conseiller des logements simples mais avec un minimum de confort et de propreté ? Merci d'avance pour vos réponses
10 jours au Québec en revenant tous les soirs à Sherbrooke English translation pending
by Lolau06 · 2013-07-25 · 73 replies
Bonjour,

Des amis partent au Quebec pour 10 jours en logeant à Sherbrooke. J'essaie de leur préparer un itinéraire/circuit pour voir le maximum de choses.

Je sais qu'il y a déjà bcp de discussion sur le sujet, mais ce que je trouve, ce sont des conseils pour des circuits en se déplaçant tous les jours mais en dormant dans des lieux différents. La contrainte, ici, est qu'il faut rentrer dormir tous les soir à SHerbrooke ou éventuellement 1 nuit (peut-être 2?) ailleurs pour faire de belles visites, mais pas plus. Le budget étant sérré et le logement déjà trouvé pour le s10 jours, le mieux est de ne pas re-payer un logement durant le séjour. Du coup, je vous avoue, je galère ! Les distances sont grandes et par exemple pour aller voir les balein à Tadoussac, c'est tout de suite 5h de route aller et 5h pour le retour.

Pouvez-vous m'aider à les aider ??!!! Quel seriat le meilleur circuit?

D'avance, je vous remercie !!!!!

Bonne journée🙂
Idées de visites au Québec/Canada depuis Montréal? English translation pending
by Martinederel · 2013-06-12 · 32 replies
Bonjour, Nous partons tous le mois de septembre au Canada, la voiture est louée le retour prévu pour le 29 septembre; Nous avons loué un B&B à Montréal pour les 3 premiers jours. A votre avis quels sont les incontournables en tenant compte que nous comptons le faire cool (nous avons 59 et 69 ans). Apparemment j'ai déjà éliminé les chutes du Niagara beaucoup trop touristique.. Sinon pour le logement j'ai l'intention de ne rien réserver ou alors d'une ville à l'autre (nous comptons un budget de 60 euros la nuit avec pt déjeuner) d'après vous est-ce faisable? Merci pour vos réponses!! Martine
Campervan ou camping-car inutile pour la Nouvelle-Zélande! English translation pending
by Santorino · 2013-04-07 · 37 replies
Revenant d'un voyage de 5 semaines en NZ en janvier 2013, je recommande fortement de ne pas louer de campervan car trop cher et obligation de payer les nuits passées dans des endroits autorisés, sous peine de forte amende en cas de "camping sauvage"! Il existe cependant quelques sites gratuits mais alors complètement "perdus" dans des zones pas forcément digne d’intérêt et souvent truffées de moustiques! Solution: Louer un véhicule standard et passer ses nuits en auberge de jeunesse ou autres hébergements! De plus on consomme nettement moins de carburant...! Il est à noter que de plus en plus de touristes semble-t-il optent pour cette solution! Bons voyages à tous...🙂
Australie: dix jours dans le Cape York en 4x4 English translation pending
by Kerizou · 2013-01-24 · 18 replies
bonjour à tous, Je pars deux semaines en aout avec deux amis pour faire le cap york!! On voudrait passer 4 jours à port douglas le temps de se poser et de faire la grande bariere de corail!! J'ai l'impression en lisant les guides que port douglas est un peu moins grosse ville et pas dorcement plus cher... On aimerait ensuite passer 10 jours dans le cap york!! Avez-vous des endroits incontournables à conseiller ou eviter? De plus je me demandais si vous aviez des infos sur les differentes sites de location de voiture (notament les moins cherà et surtout sur quoi ne pas se faire avoir?

merci à tous!!
Itinéraire de sept jours en Floride en février 2013 English translation pending
by LeTigre · 2012-12-23 · 500 replies
Le début du voyage sera une semaine en Rep Dom en baie de Samana début février pour voir les baleines à bosses.

Ensuite, étant donné les vols et le fait que je ne tienne pas à perdre trop de temps en X correspondances d'avion, le plus simple est de faire suivre par une semaine en Floride.

J'ai lu une bonne partir des sujets sur le ... sujet 🙂 et je vous propose un itinéraire sachant que je ne met pas un pied dans les parcs d'attraction .

J'arriverais donc à Miami en début de matinée (probablement un dimanche même si rien n'est encore complètement calé ) et je louerais une voiture de l'aéroport ( probablement un cabriolet une nouvelle fois 😉 )

J0 (Dim) Arrivée Miami /jour Miami / Nuit Miami J1 (Lun) Miami / Nuit Miami J2 (Mar) Go to Key West / Nuit KW J3 (Mer) Everglades / Nuit Naples ? J4 (Jeu) ? J5 (Ven) ? J6 (Sam) ? J7 (Dim) Retour France depuis MIAmi ou ORLando ...

Des conseils sur la seconde partie de la semaine ?
Tour du monde en fourgon aménagé English translation pending
by Monierst · 2012-07-28 · 15 replies
Bonjour à tous, Nouveaux sur le forum et on l'espère futurs grands voyageurs; ma femme et moi avons besoin d'aide pour notre nouveau projet, un tour du monde en fourgon aménagé.!

Départ souhaité début d'année 2015 pour une durée d'environ 9 mois, par la route d'est en ouest. (nous commençons les recherches de bonne heure pour cause d'emploi du temps relativement chargé).

Pour commencer la présentation du projet on va vous décrire dans un premier temps le gros du voyage et par la même occasion les différents points à aborder:

- Achat d'un fourgon aménagé (type trafic, transit..) - Première partie du voyage sur environ 3 mois, France-Pakistan en longeant la Méditerranée. - Seconde partie, 3 mois, Asie (Inde, Népal, Chine). - Traversée de l'Océan Pacifique par cargo, environ 15 jours. - Troisième partie, 3 mois, Etats-Unis (route 66). - Retour en France.

En espérant pouvoir partager avec vous votre expérience et vos conseils.
Lochs, châteaux, whisky: neuf jours en Écosse English translation pending
by Senmout · 2012-06-25 · 14 replies
Lochs, châteaux, whisky ... 9 jours en Ecosse

Comme je l’ai expliqué dans le carnet : ‘ La Sicile volcanique’ , cette année, nous avons choisi trois voyages en Europe d’une bonne semaine chacun. Après avoir donc gravi l’Etna , arpenter les ruelles baroques de la Sicile, vu briller une mer turquoise , nous avons volontairement choisi un opposé pour s’éviter les comparaisons... Nous voici donc en Ecosse ! L’Ecosse, la gothique , la médiévale, la protestante, la verte , les eaux foncées des lochs, l’aridité des Highlands , la météo incertaine ... Un autre contact à la Nature , une autre Histoire , d’autres mythes... Nous voulions découvrir l’histoire écossaise, croiser les highland’s cows , entendre la musqiue des cornemuses, sentir le vent nous fouetter sur les côtes, enfin voir ces hommes ‘ en jupe’ qui m’intriguaient enfant , débusquer Nessie , connaître la brume pesante des lochs, râler du manque de soleil dés le deuxième jour, comprendre la fabrication du whisky... Bref beaucoup d’ images mais pas encore associées à des goûts , saveurs, ressentis... Le tracé de l’itinéraire fut plus ardu qu’il ne me laissait présager car embrasser autant d’attente en si peu de temps ... en plus étroites sont les routes ...

Je vous propose comme d’habitude un petit compte rendu qui n’engage que moi et un carnet de voyage pour ceux qui en souhaitent plus.

ITINERAIRE : du 7 au 17 mai

Il peut paraître illogique mais voici les raisons: 😛 Il évite certains points considérés stratégiques comme Abberdeen... mais pour nous trop décentrés. Les chassés-croisés car nous aurions pu passer d’ Oban à Skye sont dus à l’excés de popularité des îles lors des week-ends ( nous nous y rendions pour le calme) et les prix exhorbitants des logements pendant le we Tenir compte de ce que souhaitions découvrir J1 : Valence / Paris / Glasgow et route vers Stirling

J2 : Visite du château de Stirling / Callander / Les Trossachs ( Pass adray, Aberfoyle, Balloch, Luss... ) Oban

J3 : Oban / Port Appin / Fort Williams / Invermorison / Urquhart Castle / Inverness J4 : Inverness / Glen Affric / Fort Augustus / Rives Est du loch Ness ( Foyers , inverfarigraig, errogie, torness, loch ruthen, dores, ) / Inverness

J4 : Inverness / Fort Georges / Nairn / Elgin / Route du whisky

J5 : Inverness / Falls of Meseach / Gruinar Bay / Gairloch / Rubha Reich / Loch Maree / Torridon / Applecross / Loch carron / Kyle of Lochalsh / Portree : la wester coastal road

J6 : Ile de Skye : Peninsule de Trotternish : old man of storr, kilt rock, staffin bay, quirain, portree

J7 : Ile de Skye : le sud : portree, bradfort, elgol ( AR) , Armadale, point of sleat, pont de skye, Eilaan Donnan Castle / Portree

J8 : Portree / Edimbourg

J9 : Edimbourg

J10 : Glasgow et retour

LES TRANSPORTS

- Aérien : vol Paris / Glasgow avec Easyjet AR / 105 E / personne avec 1 bagage en soute

- TGV / Valence / Paris AR 90 e par pers Location d’une voiture par Autoescape ( Avis) en km illimité , kia ceed : 237 e Carburant ( diesel ) : 204 e pour 2167 km HEBERGEMENTS

J’avais tout réservé via Booking.

Stirling : Golden Lion : 104 e On l’a choisi pour faire au moins un hôtel . Très ancien hôtel ( 1796 ) en plein coeur de Stirling . Grande chambre à l’ancienne , tout confort, très bien insonorisées entre elles mais assez mal de la rue. On se retrouve un siècle en arrière , assez sympa comme expérience... Bar très sympa et excellent et pur petit déjeuner à l’écossaise.

Oban : Invercloy GH : 84 e Tout prés de la Craig Tower sur les hauteurs de la ville . Toute petite GH de 6 chambres , tout confort, chambre jolie, bien équipée et très lumineuse. Pas de petit dej de compris mais , à disposition dans la chambre , chocolat, café, thé, cookies... Jolie terrasse sur le port d’ Oban. demandez sur l’avant la chambre .

Inverness : By the bridge appartment ‘ : 160 e la nuit ( 3 nuits) Coup de coeur !!!!! 🙂🙂🙂 Un petit bijou en plein centre d’Inverness. Un petit bijou car superbe appartement chic et cosy , le long de la rivière Ness, au pied du château , dans les rues piétonnes , . Equipé grand confort , un séjour, cuisine américaine avec tout équipements utra moderne , lave vaisselle ..., une très belle chambre , TV, Wifi, écrans plats dans séjour et chambre , place dans garage privé... Mieux qu’à la maison lol... On a adoré cette pause citadine !!!

Portree ( Ile de Skye) : Dunsgiath appartment : 170 e la nuit ( 3 nuits) 🙂🙂 Au bord d’un loch , complètement isolé, une ancienne maison rénové en deux appartements . Déco design , vaste pièce décloisonnée avec un coin nuit , une cuisine américaine et un coin séjour , tout équipé , tv, lecteur dvd... jardinet, terrasse bois avec mobilier jardin ... Très romantique . Pas petit dej compris mais on a tout trouvé dans l’appartement pour nous le préparer: beurre, miel, confiture, thé, café, jus d’orange, pain... une délicate attention ! Attention : les mobiles ne passent pas !

Edimbourg : Premier Inn Haymarket : 120 e la nuit ( deux nuits ) Revenons sur terre avec cet hôtel de chaîne ... A 500 m de la gare Haymarket et 2, 5 km du centre à pied. J’ai eu beaucoup de mal à trouver pour 3 raisons: sur le week end , il fallait souvent réserver trois nuits car nous étions à trois jours de l’ouverture du festival donc énormement de monde , les B&B étaient pris d’assaut Je cherchais une situation centrale pour nous éviter les déplacements en voiture ( on n’a pas réussi) Je cherchais un prix raisonnable mais Edimbourd est vraiment cher ... Donc on a choisi cet hôtel de chaîne , trés convenable sans petit dej et parking en sus mais bon ... bref peut mieux faire , je pense !

RESTAURANTS

Nous avions fait les choix d’appartements pour nous éviter le restaurants deux fois par jour car la vie est chère ... Cela nous a permis de pique niquer le midi et manger à l’appartement le soir... un peu plus de tracas mais necessaire ... Difficile de manger dans un restaurant pour moins de 20 à 25 e et dans les pizzeria , brasserie, chinois... pour moins de 15 e . Restent les fish and chips pas chers certes mais ... pas tous les jours !

Malgré tout quelques petites adresses :

- Mountain coffee company : Gairloch 😎

C’est un coffe shop. On y a bu un thé en terrasse , en y dégustant le meilleur ‘scone’ du séjour !! Le bar fait aussi librairie , ambiance trés sympa ... bon accueil. Ne vous fiez pas au commentaire du routard , notre expérience est tout autre !

- The mussel and steak : Grassmarket Edimbourg. 🙂🙂

Notre petit extra du séjour !! Un régal !!!! On a pris l’assiette de fruits de mer : gambas, huitres chaudes , saumon cuisiné, St Jacques, moules , clams... avec un verre de vin . Un délice , cadre super et accueil au top ! Excellente adresse à prix raisonnable . On a payé 60e pour le tout avec pain et beurre. Attention , il est victime de sa réputation : réservez ! Bar Napoli Hanover street Edimbourg ( New town) Un bon petit italien où nous nous sommes retrouvés, un samedi soir , faute de réservation ailleurs ... C’est incroyable , les restaurants sont toujours bondés ... Très bon rapport qualité / Prix et excellent accueil de Fabio ! Plat généreux ! Les fish and chips : notre meilleur : le Chippy Glasgow style art déco ! Une excellente alternative à un repas rapide. Partout !! mais de qualité différente...

LES VISITES

Là aussi , le budget peut vite grimper en flèche ... A la première visite au château de Stirling , sachant que nous en visiterions surement d’autres et à coup sûr celui d’Edimbourg , nous avons pris le pass explorer valable deux semaines pour 51 e par personne . Nous l’avons rentabilisé ( Edimbourg et Stirling à eux seuls représentaient 38 e) . Nous avons aussi visité : Urquhart Castle et Fort Georges ( chacun 10e )

Autre : Château Mac Donald à Armadale ( île de Skye) : env 10 e Three lochs forest drive , queen Elisabeth : 2,8 e au guichet automatique et sur sa simple bonne foi ... à chacun de faire avec sa conscience . Glenfiddish distillerie : gratuit Glen Affric : même principe de la caisse automatique et même prix Royal museum of Scotlands à Edimbourg : gratuit Ligthouse Museum , Glasgow : gratuit A propos des musées : partout audioguides en français , très ludiques et pas barbants disponibles gratuitement ... Nous avons adoré !! cela nous a beaucoup aidé et nous a donné une certaine passion à découvrir l’histoire de l’Ecosse . Seule exception , le château d’Edimbourg ( 4e) mais indispensable ...

NB : quasiment tous les musées d’Etat de Glasgow et Edimbourd sont gratuits !!

GUIDES Le Routard ... on l’achète à chaque fois, à chaque fois , on s’étonne de ces commentaires nuls mais il synthetise ... Cette fois , on l’a vraiment trouvé plus particulièrement nul, injuste et pas d’actualité ! Voilà c’est dit !😠 Le guide vert ! Très bien mais bien en dessous de l’audio-guide bien sûr ! On y apprécie beaucoup les itinéraires pour découvrir une région. ‘Favorite walks’ dans la rand collection de Paul et Helen Webster ( commandés sur Amazon) par région. Un excellent apport pour les balades et randos en tout types et tous niveaux. CHANGE On ne gagne pas à tous les coups... le change est ici pour nous défavorable ... Entre 1, 45 à l’aéroport de Glasgow et 1, 37 ...

LA METEO Il faut quand même partir avec l’état d’esprit qu’on va en Ecosse ... et que si le paysage est verdoyant , ce n’est pas pour rien :)

On a connu le meilleur à Skye avec soleil et 15 degrés, le moins bon : bruine et gris avec 12 degrés à Inverness et les lochs, le pire à Edimbourg avec deux jours de pluie sans discontinuer , brouillard , vent et 7 degrés...

Bref , le temps est changeant :)

LES ROUTES Essentiellement reseau routier de petites routes bien entretenus. Dans les Highlands , la loi du ‘passing place’ : route pour une voiture et des places sur le côté pour laisser passer la seconde voiture. Cela rallonge terriblement le temps de route. Ce n’est pas deplaisant mais à prendre en considération sur le calcul de l’itinéraire. Et puis il faut compter avec les moutons et les cattle grids...

APPRECIATION GENERALE DU SEJOUR

Nous avons adoré :🙂🙂 La wester coastal road entre falls of Meseach et kyle of Lochalsh Le château d’Edimbourg avec audioguide ( 3H ) Les terres arides , desertes, avec ses moutons et ses lochs pour un paysage grandiose des Highlands L’atmosphère d’Oban Nous avons aimé :🙂 La sympathie et convialité des écossais ( rien à voir avec le style british ) , toujours souriants, plaisantins, et avides de partager leurs vies et traditions. La ville d’Inverness , à taille humaine et notre appartement La diversité, possibilité et aménagements des randonnées Les toilettes publics GRATUITS ET PROPRES partout !!! On est bien loin de la France!!! Le bakked potatoes, le thé, les scones... etc Toucher l’Old Man of Storr La vue du château insulaire d’Eilaan Donnan Le musée des îles et les jardins du Mac Donald center à Armadale Les audioguides gratuits , succincts, partout ! Ma pause déjeuner à l’Elephant house , berceau d’ Harry Potter :) Nous n’avons pas aimé :😠 La vie chére ... Avoir voulu attendre voir passer la flamme olympique au point de s’en être glacé les os pour finir par capituler... la pluie ininterrompue à Edimbourg L’atmosphère d’un bar un samedi soir : trop sauvage , trop mal tombé... une mauvaise expérience Nous avons détesté :😕 NE PAS VOIR NESSIE !!!!!!!! On nous a menti :)

REMERCIEMENTS 😉 A tous les moutons , vaches... qui ont pris la pose quand je leur ai demandé!! Chose promise , chose due, je leur avais promis de dire à tous les forum que les moutons des Highlands sont super sympas :)

LIEN PHOTO :
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.257029064405605.52303.100002955416595&type=3&l=b106393bfc

CARNET DE VOYAGE

7 Juin : Pluie Départ avec Valence / Paris/ Glasgow sans embrouille, sans retard ...

Récupération de la voiture chez Avis et route vers Stirling environ une heure.

Le temps est pitoyable : gris, froid, pluie et vent... Pas question , cependant, de se cantonner au confort de la chambre du Golden Lion qui nous replonge un siècle en arrière...

Armés de parka, on arpente les rues ... Le premier jour , on aime juste cela : prendre nos repères , étudier le milieu qui nous accueille, comprendre . Bien sûr c’est beaucoup plus facile dans le monde occidental mais c’est quand même intéressant de noter les différences de culture .. donc oui , beaucoup d’écossaises sont rousses , la population ( au vu des multiples magasins de trek etc) est proches de la Nature, le fish and chips est le plat de référence, ... tiens les écossais aiment les glaces ... bref un tour d’horizon...

Retour à l’hôtel , pause au bar autour d’un thé pour madame ( humm) et d’une bière pour monsieur .... le séjour s’annonce bien:) Repas au ‘chinois ‘ à côté , avec un buffet, bien sympa et ce qu’il fallait pour notre petite faim. Gros dodo réparateur.

8 juin : Très gris et venteux... éclaircissement très progressif.

On pensait partir directement vers les Trossachs mais le temps est vraiment incertain et le château de Stirling semble offrir une excellente mise en bouche à l’histoire écossaise que je ne maîtrise pas du tout. Nous ne regretterons absolument pas cette visite très ludique et instructive; beau panorama sur les alentours et la tour Wallace même si le gris domine .

Premier fish and chips à Callander .

Route Callander , loch Katrine bucolique. Scenic road des ‘three lochs ‘ : un pur moment de bonheur de grand air et de Nature. Nous regrettons de ne pas avoir prévu un jour de plus pour y randonner... Passage dans les petits villages d’Aberfoyle, Luss...

Route vers Oban , charmant village côtier que nous avons beaucoup aimé par sa taille , sa disposition étagé, son air de bout du monde , ambiance portuaire , cri des mouettes et la vue imprenable sur les lochs et la mer depuis la Graig tower ... Le soleil couchant sublime le tableau.

Donc une très longue journée mais très diversifiée entre lochs, village , château, mer... Nous ne pouvons plus la mettre à profit et nous couchons éreintés

9 juin : Matin ensoleillé mais après-midi froid et venteux.

Réveillés tôt , nous partons... Route vers Fort Williams.

Arrêt à Port Appin pour admirer les restes du Castle Starkler au centre d’un îlot.

Vallée de Glencoe et ses ‘three sisters’ , comme nous l’avez proposé le guide vert : A NE PAS MANQUER ! Paysages de bord de loch superbe et multiples reflets dans l’eau ... C’est Bôooo :) . Dans un village, nous nous arrêterons nous faire expliquer et étudier le ‘grass bwol’ , sorte de bowling sur l’herbe ... Un grand moment de convivialité :)

Pause déjeuner à Fort Williams où nous degustons le premier ‘bakked potatoes’ . Miamm !!

Route vers Inverness avec quelques arrêts dont à Invermorrison avec ses anciens ponts, chutes d’eau , vaches de Highlands .

Visite du château d’Urquhart. Le ruines se marient à merveille avec le loch Ness , étrange et sombre . Ce fameux loch Ness... tout un mythe et partout l’un des moins beau à notre humble avis car très large. La visite ne vaut que pour le mélange ruines / loch car il n’en reste qu’en même pas grand chose... Bon , on a scruté les trois jours passés dans la région le loch Ness : on nous a menti !! pas l’ombre d’une bestiole ... En tout cas , cela crée un sacré business lol . Nous n’avons pas visité les deux musées consacrés à Nessie , nous nous sommes contentés de lire les explications scientifiques du guide vert ( oui... oui ! j’ai lu des explications scientifiques , je ne veux voir personne sourire en coin et encore moins nos parisiens préférés )

Nous arrivons dans un Inverness en émoi et qui attend le passage de la flamme olympique ( décidemment , cela nous était déjà arrivés à Sacramento ) ! De suite , on accroche bien avec cette ville à taille humaine , ses bords du Ness... L’appartement nous enchante :) , on va enfin pouvoir se poser un peu après ces trois jours intenses ... c’est du moins ce que nous pensions ... On s’installe, petit sms à nos futurs bacheliers qui révisent d’arrache pied, quelques explications sur notre situation et nos visites ..... et bang tout bascule à la réponse de Thomas : ‘ la flamme !! whaouh quelle chance !!! vous allez la voir j’espère et vous penserez bien à moi :( ‘ Pfff... on se sent tout à coup bêtement fautifs de ne pas être capable de profiter de cette occasion.... on hésite ... mouarf , il a peut être raison le fiston.. et c’est parti ! Grrr , maudit Thomas !! Deux heures à attendre dans le froid , les os glacés ... la flamme est en retard de plus de deux heures ... Pas d’estimation ... On capitule surtout qu’on a une vue de biais sur le parcours de l’appart ... AU CHAUD !!!! Et on l’a vue .. c’est furtif et mouais bof.. une flamme

10 juin : Gris puis très gris... entre 10 et 12 degrés

Aujourd’hui , c’est la journée Nature ! Parrtis à 9h d’ Inverness vers Glen Affric annoncé par les guides comme un des ‘must’ de la nature écossaise, ce n’était pas faux ! Totalement reculé dans les Highlands , de grands espaces verts, des sapins, des rivières, des chutes d’eau... Nous avons la chance que ce soit peu fréquenté. Nous avons enchaîné deux petites randos d’une heure chacune : Plogga falls , 2,5 km et une magnifique chute d’eau qu’on supervise. Dogg’s falls : 3,5 km en forêt , le long d’un cours d’eau. Nous avons eu un peu peur au départ car les écossais avaient revétus la tenue ‘anti - midge ( sales petites bestioles comme des mouches mais qui piquent ) mais rien :) Puis cap sur la rive est ( la B 862) du Loch Ness, beaucoup plus sauvage et en passing road. Autant le Loch Ness paraît quelconque par l’ A 29 qu’ici , il prend une tout autre dimension. On traverse aussi de hauts plateaux arides ( j’adooore) , couverts de bruyéres, avec des centaines , que dis-je , des milliers de moutons ... Gros coups de coeur pour la vue de Foyers et la petite route moussue ( oui, c’est un mot de mon dictionnaire propre :) ) entre Inverfarigraig et Croachy.

Retour à Inverness , quelques courses et repas à l’appart dont nous apprécions , une fois de plus, le confort ... on vieillit ...

11 juin : gris sombre et vent . Froid .

On part par la côte pour rejoindre ‘ la route du malt ‘. Arrêt à Fort Georges ( encore occupé d’ailleurs par des highlanders) . Historique , sympa, très beaux panoramas sur blak island avec la possibilité d’apercevoir les dauphins Bottlenose. Je suis fan des animaux mais , là , très franchement , je n’ai pas eu le courage d’attendre ... le froid , le vent et la pluie ont eu raison de moi illico!

Route vers Elgin , balade dans le petit centre et à la Cathédrale . la paysage est bucolique mais nous déçoit un peu ... C’est ainsi , je me lasse très vite de ce type de paysage. Mais on est là essentiellement pour la route du whisky .

La route du whisky : nous ne sommes pas consommateurs, ni amateurs , ni connaisseurs... alors choisir entre telle et telle distillerie pour visiter ( pas question non plus de les visiter une à une ) n’a donc pas été un choix facile. On a fini par choisir la facilité : une visite simple , en français, pas trop longue et sans avoir à se ridiculiser à la fin au moment de la dégustation : Glenfiddish répondait à nos critères. On commence par un petit film assez gnagnan sur la généalogie et les débuts de la distillerie. Le cadre posé , on passe aux différentes parties de la fabrication en suivant les étapes de distillation. On y a appris l’essentiel et on a trouvé cela très intéressant . On voit le whisky , désormais, autrement . cependant , je pense que pour des connaisseurs la visite est trop succincte. Nous avons été surpris par les odeurs et vapeurs d’alcool autour de la distillerie. La dégustation : whaouhh , ça décoiffe . Large préférence , pour moi , pour le 12 ans d’âge ... Mais cela s’arrêtera à cette expérience , car trois fonds de verre et hop maux de tête et sieste ... Je n’aurais pu être amie avec le capitaine Haddock! Nous sommes passés devant Glenlivet, Strathisl, Aberlour... pour associer des noms à des lieux.

Retour à Inverness en fin de soirée et longue balade le long de la rivière Ness pour s’éclaircir les idées... quelques rayons de soleil viennent raviver la vie en nous ... c’est dur sans soleil ... Journée mitigé ce jour avec déception des paysages ... L’Ecosse est elle vraiment ce que nous attendions ?

12 juin : Soleil sur les côtes et gris dans les lochs. Entre 9 et 12 degrés...

Nous quittons presque à regret Inverness , charmante petite ville et notre bel appartement...

Cap sur le Ross occidental et l’île de Skye par la wester coastal road qui nous a offert des paysages grandioses, des panoramas époustouflants et des vues sans cesse renouvellées ... Ce que nous attendions de l’Ecosse était ici :) . Les routes sont étroites ( enpaasing road) , sinueuses et demandent donc la motivation d’une scenic road car nous avons mis 8 h pour faire environ 180 km.. mais le bonheur était là à tout moment , quelques arrêts, de nombreuses pauses photo et une halte d’une heure totalement Nature au bout du monde. Premier arrêt aux Falls of meseach. A 10 mn , on se retrouve sur un pont suspendu au dessus des gorges corriesballoch pour y admirer les chutes d’eau. On a aussi une vue d’ensemble à 5mn de là au ‘point of vieuw’ . très sympa. Se succède ensuite le loch Broom où on a aperçu des phoques batifoler. On débouche sur la Gruinard Bay et son panorama exceptionnel mais à l’histoire qui fait froid dans le dos ( expériences de l’anthrax, de l’Homme qui se permet d’imposer ses lois à la Nature ). Pause à Gairloch. on pensait y déjeuner mais l’agréable coffee shop qui fait aussi office de librairie et ses tables à l’extérieur et AU SOLEIL ! nous ont invitées à prolonger la pause en y svaourant thé et à découvrir le ‘scone ‘... On s’est régalé et resservi ( ben quoi ? ça creuse le grand air !) ... On est reparti repus:)

On souhaitait se rendre aux plages de Red Point mais une erreur routière et nous voilà partis vers Rubha Reidh, sans même le savoir , 14 miles de passing road à faire en AR. On ne s’en est aperçu qu’une fois arrivés au phare ... Le hasard faisant souvent bien les choses , ce fut géant de bout du monde grandiose!!!!!!! Pierres, et gorges rouges sur mer turquoise ... Longue pause , Eddy s’éclatant en photographie et moi en pause zen mandala. Sans réservation à Skye , nous y serions restés beaucoup plus longtemps...Chemin en sens inverse ( non! pour les mauvaises langues , nous n’avons pas repris de scone ... nous n’avions pas le temps :) ) et cap sur les victoria falls et le loch Maree.

La sagesse eut été que nous gagnions l’île de Skye par la A832 ... mais en voyage faut il être sage ? Subjugués par les paysages , nous nous sommes quand même lancés vers Torridon, Applecross, l’austérité du Beinn Ethau ... Nous ne sommes arrivés à Kyle of Lochsalch qu’à 19H soit plus de 2H45 pour 60 km. Le manque de sagesse a forcément un prix mais que nenni, nous ne regrettons rien car passer toutes les minutes de la côte au loch nous a émerveillés... à chaque virage , nous retenions notre souffle.

On a rejoint notre nouvel appartement , joli nid douillet , romantiquement placé au bord d’un loch et me permettant de voir par la fenêtre , le fameux Old Man of Storr , LA raison de ma venue à Skye...

Certains jours nous offrent ainsi des merveilles sans cesse renouveller ... de l’Ecosse bucolique s’est succédé l’Ecosse des highlands , sauvage : rudesse des terres, éclat de la mer , austérité des lochs.. Vous avez compris : on a adoré!!!!

13 juin : temps de rêve : grand soleil et 12 degrés... Les écossais l’appellent ‘lovely weather ‘

Grasse matinée enfin et copieux petit dej ... départ en rando pour dépenser nos calories.

Randonnée de l’Old Man of Storr que nous avons trouvée , somme toute , éprouvante. Elle est donnée pour 1H15 dans le routard : méfiance les 2H annoncées dans notre guide de rando étaient d’usage . On part dans un paysage de montagne , entre les apins mais on ne s’attend pas aprés une demi heure de marche à se trouver face à un vrai mur ... Le chaos rocheux, le menhir de 49 m , la vue fantastique sur les lochs avoisinants et la mer se méritent donc... Nous nous sommes posés un long moment au pied de ce géant à admirer le paysage ; la roche m’a donnée la même impression de vie qu’à Uluru ( Australie) . descente gravilloneuse et ‘ casse gueule’ .

Reprise de la route pour la Peninsule de Trotternish : kilt roch, baie de Staffin, retour par la chaîne de Quiraing ( ne pas manquer )

On voulait manger un petit quelque chose mais aujourd’hui tous les coffee shops sont fermés pour ‘funeral’ ... c’est aussi cela la vie insulaire.

Balade à Portree, très joli village avec ses maisons colorées, ces quelques boutiques, son ambiance balnéaire. Si vous le pouvez , descendez jusqu’au port et entrez dans la Fish shop où comme pour nous acheter du poisson, St Jacques ou Langoustine ou pour voir ... Fraîcheur et odeurs garanties

Retour à l’appartement vers 17h pour se reposer et profiter de notre soirée dans ce cadre superbe; et avouons le : la rando nous a mis sur les rotules ( et avec mes problèmes de genoux , le mot n’est pas abusé.

14 juin : soleil et nuages : température : 17 degrés !!!!!

Départ tôt le matin pour le sud de l’île et les Cullins Hills. Le ciel tantôt ensoleillé tantôt gris , avec les nuages laissant filtrer quelques rayons nous offre un effet enchanteur... Route AR jusqu’à Elgol, minuscule port perdu au bout de la lande ... Le ciel rend inquiétant les lieux où ne régnent que le bruit strident des goélands et de la mer.

Visite du Château Mac Donald et le musée des îles à Armadale. On n’y va pas , en tout cas pour nous, pour le château en ruine mais pour les jardins avec ses arbres centenaires voire millénaires , ses mares, ses fleurs et le panorama sur le loch ... Le soleil plombé a rendu l’atmosphére féerique et empreint d’une incroyable sérénité. On y est aussi allée pour le musée des îles qui expliquent trés bien la place des îles dans l’histoire de l’Ecosse, s es origines celtiques, gaéliques, les Clans, les héros, les défaites, les jacobites mais aussi le folklore : kilt, cornemuse... Excellent complément au château de Stirling... petit à petit les liens se font et l’histoire s’écrit...

Pique nique au milieu des moutons inquiets ou envieux à point of seal .

On a vu que la météo , ce jour clémente , passait à la pluie dés demain, on se décide donc daller à Eilaan Donnan castle pour faire LA PHOTO du séjour ... vous savez celle qu’on a vu et revu et dont on veut le même tirage :) Une fois dans la boîte , ( eh bien sûr comme je la voulais ) , nous nous dégourdissons les jambes sur une balade dans la forêt de Lochalsch... sans plus car elle longe en partie la route bruyante. Mais nous voici oxygénés :)

Retour à Portree pour une ‘cup of te and pastries’ Miam le millionnaire :) . On y a aussi découvert un fonctionnement bien différent des bars /resto . Arrivés à 17H20 , nous avons été servis en thé et pâtisseries , à 17H25 , toutes les pâtisseries étaient enlevées, à 17H30 , tous les menus du repas du soir étaient sur les tables et à 17H34 , un groupe de français se voit refuser l’accès pour un café car c’est l’heure du souper ... Ah on ne badine pas avec l’heure et ces british quelle rigueur !!!

15 juin : temps affreux ! pluie, vent et 7 degrés...

Départ de Skye à 9h sous la pluie et arrivée à Edimbourg à 14H30 sous des trombes d’eau et du vent...

Visite du royal museum of Scothland, un petit bijou pour la civilisation , la technologie, l’histoire naturelle... Nous y avons passé deux heures et nous n’en n’avons pas fait la moitié ! On a adoré les galeries d’histoire naturelle. On y a vu la brebis clonée Dolly ... Beaucoup d’activités ludiques et bornes interactives , mais ne nous y trompons pas , on s’y est amusé autant que les enfants .

Balade sous la pluie dans old town vraiment superbe et tellement bien conservé. Une beauté de l’art médiéval.

Pour oublier la pluie :), on s’est ensuite dégoté un excellent restaurant et régalé de fruits de mer et rechauffé avec un verre de vin au ‘Mussels ans steaks ! On recommande !!!!

ATTENTION : aux parc-mètres à Edimbourg , c’est draconien !!! Il y a deux policiers par rue et ils ne sont pas là pour faire de la figuration ! Nous avions notre stationnement qui se terminait à 16H10 . Nous arrivons à 16H05 , et on se faisait verbaliser !!! On demande des explications . Il nous repond qu’il est 16H14 ... gloups ! Nous montrons la montre d’Eddy , il montre la sienne... regloups , nous n’avions pas remarqué que la montre d’Eddy avait quelques minutes de retard. On lui explique en toute bonne foi , il nous laisse partir ... ouf... Les français de la voiture d’à côté avec leurs 20mn de retard sont repartis avec leur PV...

16 juin : Vent , pluie continue, 7 degrés.

On se lève le moral en berne : il pleut !!!!!!!!! vent et du brouillard. On n’a absolument pas envie de se mouiller comme hier et pourtant ... ce sera une de nos journée record : detrempés et glacés...

On part directement visiter la Rosslyn chapel , non pour son apparition dans Da Vinci code mais pour ses voutes ses sculptures et surtout pour le pilier de l’apprenti ( je vous laisse découvrir) ... Nous y sommes en 20 mn et bien loin de l’affluence annoncée dans le routard donc satisfaits ! Et bien ce la ne va pas durer car comme à chaque voyage , allez savoir pourquoi , il y a toujours un moment où un tarif nous semble démesuremment abusif !!! et bien c’est aujourd’hui : 9 £ plus 3 pour l’audioguide !! quand même c’est une chapelle pas une cathédrale ! et la visite dure 20 à 30 mn ! Tant pis , on passe notre chemin... On assume , moral doublement en berne !

On rejoint le centre , se stationne au parking St James , très onéreux mais bien central ( 17 £ les 7 h) et moins risqué que les horodateurs :) ...

Le monuments d’Edimbourg sont fabuleux ... Ils s’égrenent sur notre passage . On va de merveilles en merveilles et on en oublie( parfois , certes ) la pluie . Le guide vert est là pour votre visite donc je passe . Notez une excellente vue du château de north bridge . On a beaucoup aimé la chapelle du chardon dans St Gil Cathédral , on y serait resté des heures ( non , pas pour avoir chaud ) mais pour admirer cette dentelles de sculpture... Grassmarket, la Greyfiard church ( assez terrifiante dans le fog , même pas besoin de prendre un des innombrable ghost tour) , la statue de Bobby ( ben oui je les aime ces animaux .... ) .... etc....

Pause dejeuner à’ l’elephant house ‘ . Bon , le sujet peut prêter à polémique et faire sourire ... pas grave ... j’ai gardé mon âme d’enfant, j’ai adoré les livres ( livres et non films) d’Harry Potter et c’est ici que JK Rollings a donné naissance à ce petit héros ! C’était donc pour moi une étape essentielle d’Edimbourg! On y a passé une excellent moment , la nourriture n’est pas moins bonne qu’ailleurs comme le laisse sous-entendre le routard... J’étais ravie et pas la seule fan présente !

Revenons à plus concret : visite du château d’Edimbourg construit sur un ancien volcan !!! On a pris comme de coutume les audioguides et on s’est régalé pendant 3h , oubliant la météo, et parfaisant notre apprentissage de l’histoire écossaise . On a beaucoup aimé la chapelle St Marguerite ( sans doute à nouveau car l’histoire contée sur l’audioguide est prenante ) , les ‘honneurs de la couronne ‘ . Moment d’émotion au mémorial écossais de la guerre . Par contre , les détails sur la batterie de canons quelle barbe , on a finit par zapper... Bref un grand livre d’histoire à lui seul !! Sans doute aussi de superbes vues sur la ville mais là , il nous faudra revenir sous le soleil.

Retour vers New Town de l’architecte Craig en 1770., style géorgien qui nous a d’abord paru austère puis à bien y regarder assez allégé par de grands espaces verts...

Pause thé chaud largement mérité!

Enfin grosse galère pour trouver un restaurant sans réservation( eh oui dans une aussi grande ville et pourtant sans grande prétention de notre part) . On a fini dans un italien très animé...

Donc une journée exceptionnellement riche en culture , et historiquement mais très éprouvante part la météo. Ainsi froide, grise, sombre, énigmatique , je comprends l’imagination débordante de JK Rollings. C’est une des plus belles villes que j’ai visitée ( et encore brièvement) et j’aimerai beaucoup y retourner sous le soleil:)

17 juin : Pluie à Edimbourg / gris à Glasgow

Il pleut !!!!!! Nooooonnnnnn ! Cette fois , non ! Donc direction Glasgow. J’avoue que certains commentaires sur le forum m’avaient un peu découragé de visiter Glasgow... Mais tant pis, en espérant une météo plus clémente , on s’y lance ( et cela a marché !) . On a franchement bien fait car son côté ‘art nouveau’ mérite d’être vu!

Vue extérieure de la cathédrale Mungo car le dimanche , elle n’ouvre qu’à 13h .

Visite du centre ville et des réalisations de Mackintosh dont le Lighthouse avec son petit film sur l’art nouveau très bien fait et sa vue panoramique sur la ville , le Willow tea room , school of art, la vieille ville ...

Dernier dejeuner à ‘the chippy’ ensemble art moderne aussi et dernier fish ans chips ..

13H30 direction aéroport . Grand regret de ne pas avoir plus de temps à consacrer à Glasgow et ne pas avoir vu de prés la clyde arch...

Tout à une fin et je vous passe les formalités de retour :)
Deux semaines au Québec en avril 2012 English translation pending
by Tibibiousk · 2012-02-22 · 55 replies
Bonjour à tous !

Je pars au Québec avec deux amis du 04 avril au 19 avril. Cette période est choisie car nous allons voir une copine qui fête ses trente ans durant cette période (donc bonne excuse pour aller au Canada :-) J'ai bien noté que ce n'est pas forcement la bonne période (dégel, temps variable) mais ca ne me pose pas plus de soucis que ca, j'aime bien voyager un peu différemment, et surtout en basse saison 😎 Nous louerons une voiture bien entendu.

J'aurais besoin de vos lumières concernant le planning, sachant qu'il ya a quelques impondérables : - Montreal du 04/04 au 09/04 - Passage vers Nominingues pour voir une autre connaissance - Retour à Montreal le 18/04 pour retour en france le lendemain

Je ne souhaite pas forcement faire beaucoup de route , et à ce que j'ai compris les activités risquant d'etre difficilement prévisible à cause du temps (vrai ou pas ?)

J'ai pensé en premier jet à ce planning :

J1 (04/04/12) : Arrivée Montreal J1 - J5 : Montreal J6 : Montreal => Nominingues J7 : Nominingues J8 : Nominingues => GrandMere (Parc Naturel Mauricie) J9 - J10 : Parc Naturel Mauricie J11 : Mauricie => Quebec J12 : Quebec J13 : Quebec (Parc naturel Jacques Cartier) J14 : Quebec => Drummondville J15 : Drummondville => Montreal J16 : Départ Paris

Qu'en pensez vous ? Y a t'il des choses a ne pas manquer dans ce coin (routard acheté mais pas encore épluché 😊

Merci d'avance de votre aide, et a bientot pour échanger la dessus !

😇
Plonger avec les dauphins, requins, etc aux Philippines? English translation pending
by Grandseb · 2011-11-04 · 40 replies
slt à tous,

j'aimerais pratiquer la plongée en apnée ou snorkeling aux phlippines et surtout avoir la chance de rencontrer des dauphins , requin, baleines etc...

Nous partons en novembre, est ce que cettre periodes est bonnes, si oui dans quels coins me conseillés vous d'aller?

Merci d'avance

seb
Patagonie australe: El Fin del Mundo ou le Pays du vent English translation pending
by Kashtin · 2011-06-19 · 160 replies
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.

La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):

www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html



Lundi 22 novembre

Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.

Mardi 23

Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.

Mercredi 24

La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?

Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...

En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.

Jeudi 25

J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...

Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.

En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:

www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html

Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!

Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!

16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.

Vendredi 26

A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.

Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.

Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...

Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...

Samedi 27

Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.

Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...

A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...

145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.

Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...

Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... 
 Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.

Dimanche 28

Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.

Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.

16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.

19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...

Lundi 29

Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.

Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet apr��s-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.

Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...

Mardi 30

En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.

Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.

La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.

Mercredi 1er décembre

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...

Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...

Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...

Jeudi 2

Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.

9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...

Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...

Vendredi 3

Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.

Samedi 4

Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.

Dimanche 5

Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...

El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.

Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.

Lundi 6

Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...

Mardi 7

Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).

Mercredi 8

J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.

Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!

Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.

Jeudi 9

5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!

7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.

12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).

(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)

Vendredi 10

5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits.
Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.

Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...

Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.

Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.

Samedi 11

A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.

16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...

Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:

si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.

Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...

Dimanche 12

Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.

Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...

A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.

Lundi 13

Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.

Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.

Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.

Mardi 14

On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.

Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.

20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.

Mercredi 15

Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.

En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.

Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...

Jeudi 16

Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...

Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.

Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...

Vendredi 17

Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!

A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.

La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.

Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.

Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.

Samedi 18

Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.

Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.

Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!

Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...

Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...

Dimanche 19

La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...

Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!

Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.

Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…

Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!

Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk

Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!

A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.

Lundi 20

Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...

Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…

Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.

14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.

Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…

Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.

Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!

Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.

Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21

Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !

Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.

Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!

En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...

Mercredi 22

Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…

Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.

Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.

Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.

Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.

Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.

Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.

Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...

Jeudi 23

Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.

Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.

La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
Été 2009: trois semaines à Bornéo (côté malaisien) en famille English translation pending
by Bluequark · 2010-07-04 · 25 replies
Cette année, après bien des hésitations et des changements, nous sommes finalement partis trois semaines à Bornéo en famille. Voyage placé sous le double signe de la chaleur et des animaux. Initialement, nous avions hésité entre plusieurs destinations. On semblait s’être stabilisé sur le Laos, lorsqu’une connaissance de mon tendre et cher lui a fait valoir que les enfants étaient peut-être encore trop jeunes pour bien apprécier ce pays qui vaut surtout par son atmosphère et risquaient donc de s’ennuyer. Vrai ou pas, le carnet d’Ericb a fait le reste (merci à lui) : animaux et mer, voilà une destination qui semblait bien adaptée pour un voyage avec des enfants.

C’est ainsi que nous avons décidé de visiter le Sarawak et le Sabah. Option a été prise de ne pas chercher à trop faire et de retenir des conditions de voyage confortables. L’avenir nous montrera que c’était une sage décision.

Le parcours !

J1 : Arrivée Kuching J2 : Kuching J3 : Kuching J4 : Kuching – Nuit à Miri J5 à 7 : Mulu J8 : Mulu (séjour prolongé pour cause de non départ de l’avion). J9 : Semporna J10 et 11 : Mabul J12 et 13 : Semporna J14 et 15 : Sadakan-Uncle Tan J15 : Sadakan J17 : Kuching J18 et 19 : Bako J20 et 21 : Damai J22 : Retour



Quelques repères :

- le père : celui qui d’habitude conduit ; cette fois, il n’a pas été mis à contribution puisque nous n’avons loué aucun véhicule ; - la mère : celle qui organise les voyages, gardienne du planning et des diverses réservations, accro à FV depuis qu’elle l’a découvert dix-huit mois auparavant ; - la fille, 11 ans : celle qui a attrapé une angine une semaine avant le départ qui se double rapidement d’une desmodontite. Manger lui est quasiment impossible et boire difficile. Le jour de notre départ, elle n’a quasiment pas mangé depuis plusieurs jours et il paraît que c’est susceptible de durer encore quelques temps. Nous nous demandons avec quelques appréhensions comment ce début de vacances va se passer : se promener dans la chaleur des tropiques en ayant rien dans le ventre et la bouche en feu ne doit pas être évident ; - le fils, 9 ans : celui qui apprendra à respirer avec un tuba et qui parfois sera las de « chercher des singes ».

Vendredi 31 Juillet :

Départ aux aurores pour Londres d’où décolle notre avion pour Kuala Lumpur. En effet, lorsque nous avons réservé nos billets (fin mai) les tarifs depuis Londres étaient bien plus avantageux ; plus surprenant : les billets Londres–Kuching via KL étaient aussi moins chers que les Londres–KL.

Voyage sans histoire avec Malaysia Airlines. Tout est impeccable : nous sommes tous les quatre ensemble ; il y a de la place même pour les longues jambes du père ; certains films sont en français que ce soit pour les parents ou les enfants et nous arrivons même à dormir bien que le vol soit de midi à minuit. Le levé aux aurores doit y être pour quelque chose.

Samedi 1er Août :

Arrivée matinale à Kuala Lumpur. Le ciel est couvert, il pleut même un peu. Je suis un peu inquiète pour la suite du voyage. En fait, nous espérerons souvent que la pluie vienne apporter un peu de « fraîcheur » bienvenue.

Passage de la frontière avec questionnaires dûment remplis. Nouvel avion pour Kuching. Cette fois nous sommes séparés : deux + deux. Du coté des filles, tout le monde dormira la totalité du trajet et nous manquerons la collation avec TROIS rochers Ferrero. Autant dire que même si elle n’était pas capable de les manger, lorsqu’elle l’apprend, notre fille l’a mauvaise et guettera les rochers à chacune des nombreuses fois où nous prendrons l’avion.

Une fois arrivés à Kuching, petite promenade dans la ville. Deux choses nous – les parents – frappent d’emblée :

- l’augmentation considérable du niveau de vie depuis la dernière fois où nous étions venus en Malaisie avec apparition d’une classe moyenne et multiplication du nombre de voitures. D’accord, c’était il y a quinze ans, mais c’est quand même impressionnant ; - la chaleur très importante, bien plus que dans nos souvenirs. Serait-ce l’âge ? Il fait vraiment très chaud et je me surprendrai par la suite à espérer qu’il ne fasse pas trop beau – id. que le ciel soit voilé – pour gagner (perde ?) quelques degrés, voire qu’il pleuve.



Nous arrivons en plein festival : des courses de bateaux sont organisées sur le fleuve et le front de rivière est bondé de familles venant se promener. Pour des raisons mystérieuses, je suis fortement dévisagée surtout par les femmes, même ma fille me le fait remarquer. Pourtant, je suis vêtue de façon tout à fait décente, promis – pantalon et T-shirt ; ce sera la seule fois du voyage et je n’ai toujours pas compris pourquoi. Il y a de nombreux stands installés : nourriture, vêtements, souvenirs… Sympa mais chaud. La piscine de l’hôtel est la bienvenue.





Ce soir c’est dodo pour tout le monde à 8 heures.

Dimanche 2 Août :

Nous pensions nous réveiller naturellement aux aurores après notre coucher « avec les poules » et nous n’avions donc pas mis de réveil. Et bien, c’est à 9 heures passées que les grands (les parents) se réveillent et nous devons même secouer un peu les enfants. Autant dire que pour une visite de bonne heure du marché, c’est un échec ; d’autant plus que le buffet du petit-déjeuner n’est pas là pour faire accélérer la cadence. C’est donc à 11 heures bien sonnées que nous partons pour ce fameux marché et je crains qu’il soit déjà quasi terminé. Ce n’est heureusement pas le cas. C’est le premier marché d’Asie des enfants et ils sont tout surpris par l’intensité des odeurs ; non pas qu’il sente mauvais, non tout simplement il sent fort. Pour les marchés, je suis toujours assez bonne spectatrice et celui-là me plaît bien. Nous nous y promenons un bon moment, peut-être pas aussi longtemps que si nous avions été en couple car il fait chaud et les enfants fatiguent.







Puis c’est le retour vers le centre ville : nous nous faisons déposer en taxi à l’entrée d’indian street. C’est rempli de monde et d’étales de textile, de stands de brochettes aussi. Un petit tour par Brooke Memorial où nous voulons payer la nuit réservée pour Bako, mais c’est fermé.



Retour à l’hôtel où nous passons la fin de l’après-midi à la piscine à la grande satisfaction des enfants. Qui veut aller loin ménage sa monture. Notre deuxième qui ne maîtrise pas très bien la technique du tuba – il hyperventile – commence des séances d’entraînement avec son père en vue du snorkeling à Semporna.

Le soir nous allons dîner dans le fameux food-stall situé sur le toit d’un parking. C’est convivial et il n’y pas encore trop de monde à notre arrivée. On y sert du poisson et des fruits de mer, mais aussi du poulet. Je ferai pouffer les enfants lorsque voyant arriver les verres remplis de glaçons, je les viderai sous les yeux éberlués du garçon – et accessoirement sur son plateau – en disant « no ice ». Les enfants en rient encore et mon tendre et cher me dit que, parfois, j’ai des méthodes de brute, ce qui pour cette fois, je dois le reconnaître, est vrai.

Lundi 3 Août :

La journée commence par une visite du centre des orangs-outangs à Semenggoh. Pour mettre toutes les chances de notre côté nous avons décidé d’aller au « feeding » du matin (9 heures), réputé comme étant celui attirant le plus d’animaux. Lorsque nous arrivons, bien en avance grâce au recours à un taxi, il fait encore relativement « frais » et il n’y a que quelques personnes. Je me plais à espérer que nous ne serons pas trop nombreux. Assez rapidement, un premier orang-outang arrive, qui reste relativement loin. Le nombre de touristes augmente progressivement. C’est l’heure du feeding proprement dit : l’orang-outang s’approche et nous pouvons le voir de près. Les rangers sont assez nerveux et veillent à ce que personne ne s’approche de trop près. Un deuxième orang-outang suit ; en fait une mère avec son rejeton. Nous pouvons l’observer un bon moment. Les rangers nous disent chanceux car en cette saison, il y a beaucoup de fruits sauvages et les orangs-outangs viennent moins sur les plates-formes de nourrissage. D’ailleurs, aucun ne viendra sur la deuxième plate-forme.





Soyons honnête : il y a dix fois plus de touristes que d’orangs-outangs ; mais c’est quand même sympathique de les voir d’aussi près, surtout la mère et son petit.

Nous redescendons le chemin qui mène jusqu’à la route, histoire de profiter de la forêt. La température a considérablement monté entre temps.

Le taxi nous dépose Brooke Memorial où nous avons l’heureuse surprise de pouvoir réserver une deuxième nuit à Bako. En revanche, l’hôtesse refuse que nous payons car le centre est à court d’eau et dans ces cas-là, il est recommandé de ne rester qu’une nuit. « Vous paierez plus tard, nous dit-elle, lorsque vous saurez si vous restez une ou deux nuits ; d’ici là , il se sera peut-être remis à pleuvoir. » Sympa.

Un petit tour par le Musée du Sarawak où nous passons un agréable moment, qui plus est pour ne rien gâcher au frais. Nous pouvons observer la faune de l’île ainsi que coquillages et squelettes divers et variés. Le musée comprend aussi une partie intéressante sur le forage pétrolier (sponsorisée par Shell), mais les enfants ne veulent pas trop s’y attarder. De l’étage, je retiendrai surtout les maquettes de maisons traditionnelles ainsi que la reproduction à l’échelle d’une partie de longhouse. Les enfants ont du mal à croire qu’il puisse s’agir d’une maison « pour de vrai ». L’aile moderne du musée est en revanche moins intéressante et, pour tout dire, assez confuse.

Puis, c’est le retour vers l’hôtel en passant par les temples chinois. Le reste de l’après-midi se passe à nouveau à la piscine.

Mardi 4 Août :

Cette quatrième matinée devait être consacrée à la visite du village culturel de Damai ; mais au réveil, notre aînée est patraque et devient vraiment brûlante au cours du petit déjeuner. Incontestablement, elle ne va pas fort. Il n’est pas raisonnable de partir dans ces conditions et nous décidons de rester à l’hôtel. Je me demande même si nous allons pouvoir prendre l’avion pour Miri en fin d’après-midi comme prévu. Nous négocions un « late check out » : 12 heures, 14 heures puis 16 heures.

A sa plus grande satisfaction, notre numéro deux passe une bonne partie de sa journée à la piscine accompagné d’un parent pendant que l’autre reste avec la numéro un qui, elle, passe sa journée à dormir. Le numéro deux est plutôt content du changement de programme. Je l’entendrai dire plus tard à sa sœur : « De toute façon, je n’avais pas envie d’y aller à leur village machin ! »

Vers 14 heures/15 heures, la numéro un émerge un peu et nous pouvons finalement prendre notre avion. Espérons qu’elle ira mieux demain.
Voyage à Wilmington (Caroline du Nord) English translation pending
by GwenEtClem · 2010-06-20 · 24 replies
Bonjour à tous ! 🙂

Je prépare actuellement un voyage à Wilmington pour le mois d'Octobre, afin de me rendre sur les lieux de tournage de la série "Les frères Scott". Et j'aurais vraiment besoin de conseil étant novice consernant les voyages à l'étranger.

Pour commencer, l'aéroport... J'ai quelques notions d'anglais, mais seulement celles apprisent à l'école. Pensez vous que je puisses quand même me débrouiller par rapport aux démarches a faire à l'aéroport?

Ensuite, pour me déplacer dans Wilmington, j'ai d'abord pensé a louer une voiture. Mais j'ai assez peur de conduire là bas. Et si jamais j'ai un petit accrochage ou autre avec la voiture louée, je ne sais pas si je serais capable de me débrouiller a cause de la barrière du language... Et je ne comprends pas trop les tarifs : La voiture est à 22€ par jour (a payer par internet avec carte bancaire) , mais j'ai vu que pour les jeunes conducteurs (de 21 à 24 ans), il fallait payer 25 USD par jour (a payer au garage avec la monnaie locale). Est-ce que je devrais payer 25 euros la journée (j'ai 21ans), ou 22€ + 25 USD par jour ?

Sinon, étant donné que les lieux que je veux visiter n'éxèdent pas les 5 kilomètres de distance, j'ai aussi pensé au vélo. Savez-vous si il y a des magasins qui louent des vélos à Wilmington, et si oui, lesquels ?

Et aussi, connaissez-vous les prix des taxis à Wilmington ?

Pour ce qui est de l'alimentation, pensez vous que 140€ suffiront pour une semaine à Wilmington ?

Ma dernière question se portera plus sur le tournage de la série "les frères Scott" ou "one tree hill" en Amérique. Avez vous des adresses a me suggérer pour les lieux de tournage? J'en ai déjà pas mal, mais pas concernant les dernières saisons. Par exemple, où se situe la maison de Clay et Quinn ?

Voila toutes mes interrogations !!! 😛

En vous remerciant tous par avance de vos réponses et de votre aide. 😊

Gwen.
Itinéraire de dix-neuf jours au Québec: votre avis? English translation pending
by Nous2voyage · 2010-02-07 · 37 replies
Bonjour, Nous avons choisi le Quebec pour notre voyage de noces cet été : nous pensons partir du 23 juillet au 10 août. Au départ, nous pensions passer par une agence de voyage mais suite à ce que j'ai pu lire notamment sur ce site, nous nous sommes décidés à l'organiser nous mêmes. Après avoir épluché ce site et d'autres depuis quelques temps, nous avons fait un itinéraire avec ce qui nous semble intéressant visite mais nous ne savons pas si le programme prévu est faisable ou trop dense. Si vous pensez que c'est trop dense, pouvez vous nous dire ce qui vous semble prioritaires comme visite. Nous avons aussi jeté un coup d'oeil aux hébergements à quelques endroits. Si vous connaissez, merci de nous donner votre avis. Il manque 2 jours à notre itinéraire (nous pensons partir avec Air Transat de Province en vol direct et je me suis trompée dans les dates quand nous avons organisé l'itinéraire). Où pensez vous qu'il faut les rajouter ? Nous pensons en mettre un à la fin pour avoir un jour supplémentaire plus reposant mais l'autre ?

Jour 1 : Arrivée à Montréal 10h05 Rejoindre le centre de Montréal !, Mont Royal et Oratoire St Joseph

Jour 2 : Montréal Vieux Montréal (Visite du Musée d’Archéologie et d’Histoire de Montréal, balade dans les rues, visite de la Basilique Notre Dame, visite du Musée Sir George-Etienne Cartier)

Jour 3 : Montréal Jardin botanique et Insectarium, Parc Olympique et Tour, Biodôme

On pensait aussi éventuellement voir le spectacle “Et la lumière fut” à Notre Dame et participer à une activité des « Fantômes du Vieux Montréal »

Jour 4 : Montréal - Québec Récupérer la voiture !, Chemin du Roy à partir de Trois Rivières (en particulier Deschambault et Cap Santé), commencer à se balader à Quebec, balade en calèche le soir à Québec

Jour 5 : Québec Vieux Québec (balade, visite du Musée de l’Amérique Française, visite du Musée du Fort, Tour Price, Place de l’Hôtel de Ville, visite du Château Frontenac, terrasse Dufferin, balade sur les remparts : visite guidée)

Jour 6 : Québec La Haute ville (Plaine d’Abraham, Assemblée nationale, Observatoire de la Capitale ou Restau Astral), Le Petit Champlain (balade, Place Royale, visite du Musée de la civilisation), Le Vieux Port Jour 7 : Québec Le village Huron Wendake, Les chutes de Montmorency

Jour 8 : Québec - La Malbaie Programme : Basilique St Anne de Beaupré, Canyon des chutes St Anne, Baie St Paul - La Malbaie par la côte, Port au Persil

Jour 9 : La Malbaie - La Baie Parc national des Hautes Gorges de la Rivière Malbaie, Route 381 vers la Baie, Site de la Nouvelle France si temps

Jour 10 : La Baie - Anse St Jean Rivière Eternité (Centre d’interprétation du parc du Saguenay, une randonnée, croisière sur le fjord), Anse St Jean

Jour 11 : Anse St Jean - Les Bergeronnes Petit Saguenay, Baie Ste Catherine (Centre d’interprétation et d’observation de Pointe Noire), Sacré Cœur (Rando obs du beluga, Safari ours noir au Domaine de nos Ancêtres)

Jour 12 : Les Bergeronnes - Tadoussac Tadoussac (Centre d’interprétation des mammifères marins, la chapelle des Indiens : la visiter ?, le poste de traite Chauvin : le visiter ?, l’hôtel Tadoussac (juste le voir)), Les Bergeronnes : excursions aux baleines ?

Jour 13 : Les Bergeronnes - Saint Félicien Ste Rose du Nord, Trou de la fée à Desbiens

Jour 14 : Saint Félicien Zoo St Félicien

Jour 15 : Saint Félicien - Saint Alexis des Monts (par exemple) Le village historique de Val Jalbert, Route vers St Alexis des Monts

Jour 16 : Saint Alexis des Monts (par exemple) Profiter de l’hôtel et de ses activités nature !

Jour 17 : Saint Alexis des Monts - Montréal – départ à 23h30 Profiter encore un peu de l’hôtel avant de rejoindre Montréal

Auberge du Trésor à Quebec Auberge la Fjordelaise à l’Anse St Jean Au gite fleuri aux Bergeronnes Gite A Fleur d’eau à St Felicien Hotel Sacacomie à St Alexis des Monts ou Pourvoirie du Lc Blanc ou Pourvoirie du lac à l'eau claire ou tout autre lieu où l'on pourrait se reposer en profitant de la nature. Si vous avez une autre idée !

Merci à tous ceux qui auront réussi à lire tout ce pavé !
Rencontre VF à New York au Washington Square Park, Manhattan le 26 décembre 2009 English translation pending
by Guess40 · 2009-10-24 · 60 replies
Bonjour à tous et à toutes,

Je m'appelle Jérôme, j'ai 30 ans et je suis amoureux de New York. J'ai la chance de pouvoir me rendre à New York assez facilement et j'y passe justement les fêtes de cette fin d'année 2009.

Je propose aux français (et autres bien sûr) résident à Manhattan ou tout simplement étant présent à cette date de nous retrouver afin de passer un moment sympa. Le RDV serait fixé à Washington Square, à hauteur de la 5eme avenue et de Washington Square North à 18h. Le 26 étant un samedi, cela nous permettra de garder la main pour le réveillon du 31...

Je pense qu'il y a moyen de passer une soirée tranquille, de faire connaissance et d'échanger...

Prenons contact alors !!! 😉😉😉

@ bientôt
Où manger du homard au Canada ou aux Etats-Unis? English translation pending
by Magkey · 2009-07-06 · 53 replies
Bonjour, Etant en vacances de mi à fin septembre sur la Côte Est + Nouveau Brunswick, pouvez vous me dire s'il est préférable de manger le homard au Canada ou aux Etats Unis ? et avez vous une idée du prix ? D'avance je vous remercie de vos réponses. Magkey
Que pensez-vous de cet itinéraire pour l'Ecosse? English translation pending
by Eguillau · 2009-04-16 · 21 replies
Bonjour à tous

J'ai prévu pour mon copain et moi un voyage en Ecosse fin août/début septembre. On arrive en avion à Edimbourg et on repart de Glasgow. On a 10j pleins là-bas, on aura une voiture louée.

J'ai construit mon itinéraire en me fiant à ce que propose le Routard pour 10j mais certaines journées me semblent énorme (j'ai déjà étalé une de "leur" journée sur deux, en sacrifiant une journée à Glasgow). Je vous le soumets, si vous avez l'expérience des balades en voiture là-haut, vous pourrez me dire si c'est raisonnable ... Merci !

Lundi 24 août : Arrivée vers 23h à Edimbourg

Mardi 25 août : Visite Edimbourg

Mercredu 26 août : Visite Edimbourg

Jeudi 27 août : Prendre la voiture tôt le matin Départ pour Drumnadrochit (280km) ; a priori 4h de route donc arrivée en début/milieu aprèm Balade dans le coin ;château d’Urquhart et Loch Ness Se rendre à Inverness Visite des Clava cairns à 7 miles à l’est + Cawdor castle + Fort George (attention horaires ?) dodo à Inverness

Vendredi 28 août : se lever tôt Fin des visites pas faites hier à l’est de Inverness ? Départ pour Ullapool : 1h30 de route Petit village de pêcheurs, visiter musée

Route de Gairloch : 1h30 – 90km Succession de lochs Faire corrieshalloch gorge Inverewe gardens ( beaux points de vue sur Loch Ewe) Plages de Gairloch / Loch Maree

Route vers Torridon magnifique : 48km Y dormir ou a Shieldaig

Samedi 29 août : 2h30 de route vers Lochcarron via Applecross Promenade à Lochcarron Promenade à Plockton Traversée pour l’île de Skye

Dimanche 30 août : île de Skye

Lundi 31 août : île de Skye Départ pour Fort William (3h route depuis Portree), promenade dans le glen Nevis Dormir dans la péninsule d’Ardnamurchan

Mardi 1er septembre : Balades dans la péninsule, départ pour Glencoe (2h) Randonnées dans le coin de Glencoe Route vers les trossachs (2h) AJ à Callander

Mercredi 2 septembre : Callander, Abberfoyle et Stirling Nuit proche Glasgow

Jeudi 3 septembre : rendre voiture Visite Glasgow express

Vendredi 4 septembre : avion-

A part ça, j'aurais aimé tenir dans les 1500euros pour nous deux mais si je compte l'avion et la location de la voiture, ça nous laisse grand max 80 livres par jour pour deux pour le dodo, la nourriture, les visites, les bières et les petits souvenirs ... c'est pas vraiment jouable, n'est-ce pas ? Je n'ose pas tenter le camping à cause du temps et des midges ... :-(

Merci de vos conseils A bientôt

Emilie
Retour de quinze jours à Panglao du 23 février au 10 mars (Philippines) English translation pending
by Defre45 · 2009-03-12 · 14 replies
bonjour a toutes et tous, voila on est rentréle 10.03.09 de panglao.nous sommes parti le 23.02.09 les motivations de notre voyage etaient ;la plongée, la detente et les rencontres apres avoir parcouru le forum je me suis mis en relation avec Yannick et eva(yapen64) avant le depart et nous avons réserver une chambre dans son hotel ou plutot sa maison d'hotes. nous avons pris cathays pacific de paris a hong kong puis vers cebu qui c'est tres bien passé arrivé a cebu nous avons été rabattu vers un taxi pour le boat, avant de prendre le boat j'appele yanick pour qu'il vienne me chercher(si possible) il m'envoie son beau frere("Troye") tres sympa, on arrive a la villa belza et la super accueil (:"pose tes bagages, viens boire un verre on s'occupe de tes bagages etc...") apres le voyage cela fais vraiment du bien de se poser. De là, présentation avec d'autres pensionnaires, on mange en faisant une grande table et on nous branche pour aller le lendemain faire du snorkling a plusieurs a balicasaye et virgin island avec la banca de yapen64 .Vraiment passé une pure journée en compagnie de deux couples(papillon et sa femme et la vahiné avec son mari), on arrive a balicasaye, on commande notre repas (poisson, squid, gambas) on va faire du snorkling et on mange sur la plage, puis un passage a virgin island (preparer votre creme car meme quand il fais gris ça cogne severe!!)de retour chez yannick on demande a son filsTOPHER ("divemaster") de nous emmener pour plonger nous avons pris un pack de 10 plonger et ça vaut vraiment le coup surtout cabilao(tortue, pygmé, etc...)donc quand on ne plongeais pas on s'est balader car yannick aurait pu nous vendre une excursion mais meme pas il a essayer au contraire il nous donnait toutes les explications pour y aller en motorcycle car on avait louer une bécane donc on a été a chocolattes hills(50ps pour visiter) on a été manger a ancestral house c'est a voir des gens charmants de plus il vous font visitez la maisons (avec un meuble qui a 60ans et non le whyskie lol) puis les tarsiez avec une balade en petite banca sur loboc river (baignade et saut de la cascade, tres rafraichissant) le samedi soir la fete au oops bar, plein de rencontre des gens du forum(bidoodiver, jojolecuistot dis D comme Dusse, scubamanu) et d'autre français installer la bas :dédé qui ne fait pas que de la pizza lol, Béa, liza, et d'autre en vacance comme nous: lolo, guy et sa femme, damien, fred, etc... on a été voir les combats de coq, on a été sur une plage ou il ya essentielement des philippins(apres alona beach) vraiment de super vacances et on reviendra pour approfondir car 15 jours c'est super juste mais que du bohneur on a partciper a l'inauguration de chez Yannick et Eval, nos dernieres plongées on les a faites avec la banca de yannick par contre le retour la galere cebu hongkong en retard donc plus d'avion pour paris rapatrier sur londre puis paris du coup pas bosser en rentrant😎 pour plonger n'hesitez pas a contacter bidoodiver ou manu les deux sont super sympa, et peut etre par la suite jojolecuistot car il etait entrain de passer son divemaster

un grand merci a tous ceux qui on fait que nos vacances sont inoubliables, les philippins sont un peuple tres souriants et super acceuillant merci eva pour ta gentillesse, ta patience et ton sourire😎 pour plus de detail je me tiens a votre disposition
Retour de trois semaines en Malaisie English translation pending
by Ssandrine91 · 2008-08-25 · 19 replies
Nous rentrons tout juste de 3 semaines en Malaisie et sommes enchantés de notre voyage. Nous avons fait Sarawak (Borneo) pendant 10 jours, puis Kuala Lumpur, Malacca et les Cameron Highlands.

Si vous avez besoin d'infos, n'hésitez pas.

Cordialement
Voyager au Québec English translation pending
by Jlollivier · 2008-04-10 · 17 replies
Je profite de la présence sur ce blog de personnes qui connaissent bien le Québec pour demander différentes choses et je remercie par avance tous ceux qui me répondront .Pour la location de voitures, y-a-t-il une compagnie qui se détache ou proposent-elles sensiblement toutes les mêmes produits ?(Je pense réserver de France avant mon départ ) .Pour l'hébergement( nous serons 3 ) je pense réserver ( gîtes, chez l'habitant, Bed and Breakfast ....) avant le départ pour Montréal et Québec-ville .( nous partons du 16 juillet au 1er aout) et voir au jour le jour dans la province du Québec .Pensez-vous qu'il est préférable de réserver aussi en dehors des grandes villes ? A Montréal et à Québec-ville, est-il préférable de loger en centre-ville ( avec une voiture ) ou faut-il mieux s'en éloigner ? Enfin, pour voir les baleines, est-il préférable d'aller à Tadoussac ou faut-il privilégier les petites villes autour de Tadoussac ? Merci !!! JL Ollivier - Toulon .
Quel transport utiliser en Australie? English translation pending
by Jentony · 2008-04-08 · 9 replies
Bonjour,

Nous sommes 3 adultes ( les 3 ont permis de conduite) et un bébé. Prévu de partir en Australie pour 1 mois. J'hésite entre location de camping-car et voyager par le car et l'avion. Je cherche le moins cher et si possible le plus pratique.

Si avec Camping-car, on dépense les essences+des courses à manger. Si avec le car et l'avion, on dépense les hotels+resto.

Itinéaire souhaité: Sydney Blues Mountains Melbourne Great Ocean Road Kangaroo Island Flinders Rangers Ayers Rock-Uluru- Mont Olga-Alice Springs Parc national de Kakadu Grande barrière de corail Whitsunday Island Brisbane

Merci de votre aide.

Une question: le mois de septembre est bonne période pour visiter et se baigner!!

Jen
Centre commercial souterrain et Mont Royal à Montréal? English translation pending
by Babedou · 2008-01-25 · 28 replies
Toujours dans notre projet des vacances ce printemps en côte Est du Canada, nous visiterons bien entendu Montréal. J'ai lu pas mal sur le net et dans ma brochure de voyage qu'il y avait un centre commercial souterrain qui s'étendait sur plusieurs kilomètres... Mais j'ai beau chercher, je ne trouve pas plus d'information... Le nom de ce centre, (est-ce seulement un centre? j'ai lu qu'il y avait aussi des hôtels 🤪), comment on y accède? (station de métro) etc.

Puis le fameux Mont Royal... Qu'est-ce que c'est? Une colline? Un petit village, un quartier de Montréal? Un parc? je ne trouve pas de réponse exacte... Et peut-on s'y rendre en taxi ? Afin d'avoir la magnifique vue sur Montréal comme sur les nombreuses photos qu'on peut trouver et qui auraient été prises justement à cet endroit?

Voilà, toutes les réponses me seront utiles :-)
Île sympathique en Indonésie? English translation pending
by Doodwin · 2008-01-09 · 29 replies
Salut a tous. En fait je voulais savoir si vous connaisiez des iles sympa en indonésie ou on peut rester quelques temps. enfin quand je dit quelques temps c'est genre 1 ou 2 ans. tout en rencontrant des gens qui puissent transmettre des connaissances sur la nature et la terre. en fait j'aimerai recontrer des gens et qu'il m'apprennet leur culture, leur facon de vivre et leur facon de voir les choses.

par la meme occassion, je voulais savoir combien de temps dure le visa maximum? Si on est en dehors la société la bas, il y a de quoi vivre(eau potable ou riviere, et si il y a moyen de trouver de la nouriture?) cb coute la vie la bas quand on est en société? peut on bouger facilement d'une ile a l'autre? peut on facilement trouver du travail? y'a t'il une quelquonque hostilité envers les européens? quelle est la religion prédominante? et combien coute un allé retour la bas

voila si quelqu'un a des réponses ou meme juste des conseils ou des connaissances a partager ... je serai ravi de les recevoir. Cordialement, Doodwin
Trois mois en Australie en camping-car avec enfants English translation pending
by Thelea · 2006-10-16 · 11 replies
Bonjour, Nous commençons à préparer notre "tour du monde" qui débutera fin juin 2007. Nous avons 2 enfants qui auront 3 et 7 ans au moment du départ. Nous pensons rester 3 mois en Australie (août-septembre-octobre). Voilà ce que nous aimerions faire : Perth->Darwin en camping-car, Darwin->Alice Spring en avion, Alice Springs->Ayers Rock en 4x4, Ayers Rock->Cairns en avion et Cairns->Melbourne ou Adelaïde en camping-car. Pensez-vous qu'en 3 mois nous puissions faire tout ça (sachant qu'il y a 2 enfants)? Serait-il mieux de tout faire en 4x4 qu'en camping-car ? Est-il facile en camping-car d'arriver dans les grandes villes ? Trouve t-on facilement des campings ? J'ai en fait beaucoup de questions qui se bousculent, les conseils (en plus de vos réponses à mes questions) seront donc les bienvenus. D'avance je vous remercie de m'aider à organiser correctement notre voyage.
Votre avis sur notre itinéraire au Québec et en Ontario English translation pending
by Ptitepeg · 2006-03-11 · 20 replies
Bonjour,

en juillet et août nous partons au Canada. Etant invités à un mariage le 12 aout en Ontario voici ce que nous imaginions... Nous avons imaginé l'itinéraire mais ne l'avons pas encore rempli. Nous attendons vos suggestions 😉. Nous sommes très nature et aimerions passer le plus de temps possible dans les parcs et décors pittoresques.

Arrivée le 19 juillet à Toronto.

(Toronto - niagara falls - niagara on the lake - et environs)

Montréal

Québec

Lac saint jean ? - laurentides ?

Descente vers Ottawa

Départ vers l'Ontario par le Nord -> Sudbury

Bateau vers Tobermory - Bruce penesula

Arrivée à Mildmay (lieu du mariage)

Départ vers Toronto pour le retour en Belgique.

Des bons plans à nous proposer ?

A bientôt

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