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Vos avis sur circuit de trois mois en Inde? English translation pending
by GGalarneau · 2009-07-12 · 7 replies
Bonjour,

j'ai décidé de partir découvrir l'Asie version sac à dos pour une période de 11 mois et mon début de voyage débutera par l'Inde dont voici l'itinéraire prévu. J'aimerais avoir vos commentaires. Est-ce trop de déplacements pour un epériode de 90 jours? Y a t'il des endroits à découvrir qui ne font pas partis de mon itinéraire? y aurait-il des avenues plus plausible de mon itinéraire? etc.. Merci à l'avance.

Voici l'itinéraire prévu :

Villes

Mumbai

Goa/Baga Beach

Gokarna

Hampi

ERNAKULAM COCHIN

Allepey / Quilion

VARKALA

Madurai

KODAIKANAL

Benares

Orchha

Agra

Rajasthan/ JAISALMER

New Delhi

RISHIKESH 1 semaine méditation

Varanasi bus ou avion vers le Népal
Semaine de relâche 2010 dans les Antilles: quand réserver les forfaits? English translation pending
by Liberte32 · 2009-07-10 · 4 replies
Bonjour !

Grande première ! L'an prochain, je voyagerai avec les enfants dans la semaine de relâche. 😛

Ma question est la suivante: J'ai toujours acheté mes voyages en dernière minute. Toutefois, comme s'il s'agit d'un voyage avec enfants et qu'il s'agit d'une semaine achalandée, je voudrais "booker" d'avance pour avoir le choix des destinations/hôtels ...

Certains forfaits sont déjà affichés pour la semaine de relâche et j'en ai retenu 2. Sauf que les heures de vol ne sont pas affichés.

Est-il trop tôt pour réserver un voyage en mars 2010 ? Est-il préférable d'attendre les spéciaux réservés tôt que l'on voit à l'automne pour la saison hivernale ? Peut-on réserver même si les heures de vols ne sont pas affichés ?

Merci de vos conseils car je suis très très très embêtée. 🤪🤪🤪
Itinéraire en Inde du Nord pour trois semaines? English translation pending
by Opheluc · 2009-07-06 · 7 replies
Bonjour, J'aurais voulu avoir vos conseils concernant un itinéraire sur 3 semaines en Inde du nord... Je sais c'est un peu short 😕 mais on fait comme on peut avec les vacances qu'on a!!! On voyage en couple version sac a dos + godasse rando... en moyenne on aime bien faire les qques immanquables mais sans trop s'y attarder non plus mais surtout on préfères se mélanger et échanger avec les populations préférant le calme et le caractère traditionnel des campagnes et des petits villages loin du rafu. des touristes... Dans les immanquables on m'a dit qu'il y avait le Rajasthan... après je ne sais pas combien de temps il faut y consacrer... avez vous des propostions pour le coté echanges, traditions calme etc??????

Merci d'avance
Idées d'itinéraires pour un nouveau voyage en Inde? English translation pending
by Beatamaria · 2009-06-16 · 10 replies
Bonjour,

C'est une question pour des vrais connaisseurs et des vrais amoureux de l'Inde : nous avons fait déjà 4 voyages en Inde : Rajasthan, Gujarat, Orissa et Tamil Nadu plus quelques villes : New Delhi, Bombay, Chennai, Mysore, Ahmedabad, Calcutta (Agra et Bénares - pas encore...). Chaque année en janvier on se pose la même question : on va en Inde ou ailleurs? La dernière fois c'était "ailleurs", donc, en janvier prochain ça devrait être de nouveau l'Inde, mais OU? J'avoue que je ne sais plus, d'où ma question : où peut-on encore aller en Inde en sachant que ce qu'on aime surtout ce sont les gens, les marchés colorés, les tribus, la nature, les plantes médicinales, les jardins, l'artisanat, les textiles et le tissage, la cuisine (et ce qu'on n'aime pas c'est : les plages, les touristes, la bière, la frime et les grands hôtels) ? Peut-être connaissez-vous des endroits encore pas très connus et intéressants?

Merci pour vos suggestions.

Béata
Effondrement d'un temple birman vieux de 2,300 ans English translation pending
by Barbot · 2009-05-31 · 15 replies
Une partie d'un temple birman vieux de 2.300 ans, situé dans le sud de Rangoon, s'est effondrée samedi alors que des ouvriers y menaient des travaux de rénovation, faisant au moins deux morts et plusieurs dizaines de blessés, selon des responsables de la sécurité.

Des témoins avaient initialement fait état de six morts et d'une trentaine de blessés. Plusieurs personnes étaient toujours coincées dimanche sous un amas de briques, de bambous et d'échafaudages, selon Tin Shwe, qui tient un commerce à proximité du temple. Le temple Danoc s'est effondré en raison de sa vétusté, a affirmé un responsable des lieux, Tin Tin Win, précisant que la plupart des blessés étaient des soldats de la marine birmane effectuant des travaux de rénovation. Des détériorations avaient été détectées sur l'édifice en 2006.

L'accident n'a pas été annoncé par les médias officiels birmans, mais des responsables de la sécurité supervisant les opérations de secours ont indiqué, sous couvert de l'anonymat, que deux personnes avaient péri. Le 7 mai dernier, l'épouse et la famille du chef de la junte militaire birmane, Than Shwe, avaient assisté à une cérémonie religieuse au temple Danoc lors de laquelle un diamant avait été placé au sommet de la structure. Ce diamant fait partie des trésors perdus ou endommagés dans l'effondrement. "Les autorités sont à la recherche du diamant, des reliques et d'autres ornements précieux" qui se trouvent dans les débris, a déclaré Tin Tin Win. AP

Source >>> ICI .
Déménagement au Vanuatu English translation pending
by Louisaa · 2009-05-29 · 13 replies
J'ai bientôt 16 ans et mon père ayant été muté au Vanuatu, nous déménageons donc cet été à Port Vila. Je me dis que ce sera la belle vie : plage, soleil, etc . . . mais je me demande si il y a d'autres activités ? si il y a des magasins ? J'aimerais en savoir plus sur ce pays et comme je serais au lycée français de Port Vila, j'aimerais savoir si vous avez des informations à m'apporter sur ce lycée ? Merci d'avance.

Recherche adresses woofing en Italie English translation pending
by Autonomade · 2009-03-15 · 9 replies
salut!

j aimerais travailler dans des fermes italiennes prochainement et j ai vu que quelques personnes avaient experimente le woofing la bas si je peux avoir la liste et quelques commentaires de vos experiences ca serait super pour moi en echange je peux filer la liste du woofing portugal et espagne

voila

belle route a tous et a toutes

autonomade
Bons plans pour deux semaines en Inde du Sud au mois d'avril? English translation pending
by Vinzpak · 2009-02-22 · 3 replies
Coucou,

nous partons à deux du 4 au 18 avril 2009, atterrissage et décollage à Bombay.

2 semaines, c court... quels seraient vos conseils pour ne pas rater l'essentiel, l'incontournable ?

MERCI

Vinz
Avis sur itinéraire Delhi-Calcutta en deux mois? English translation pending
by Myritra · 2009-01-26 · 5 replies
Bonjour à tous,

Je suis nouvelle sur le forum. J'envisage de partir pour la 1ère fois en Inde, deux mois, en juillet et août. Je pense arriver à Delhi et faire cet itinéraire :

Delhi - Dehra Dun - Rishikesh - Hardwar - Varanasi - Gaya / Bodgaya - Calcutta. Je suis aussi tentée de pousser jusqu'à Darjeeling et de revenir ensuite à Calcutta.

J'avais aussi envie de visiter l'Inde du Sud mais je pense que ce n'est pas raisonnable en seulement 2 mois. Ai-je raison ? Je n'ai pas envie de perdre mon temps dans le bus ou le train, et comme j'ai un petit budget, je ne peux pas me permettre de prendre l'avion à l'intérieur de l'Inde.

Que pensez-vous de cet itinéraire en Inde du Nord ? Est-ce faisable ? Et à votre avis, est-il possible de reprendre l'avion pour Paris depuis Calcutta ou dois-je revenir à Delhi ?

Je précise aussi que je suis passionnée par les religions et la spiritualité de l'Inde. Ce serait le thème de mon voyage à vrai dire.

Je vous remercie d'avance pour vos conseils.😉
Itinéraire de huit semaines en Inde: poste frontière pour le Népal? English translation pending
by Stellasima · 2008-12-23 · 4 replies
Bonsoir,

Je suis en train d'organiser en ce moment mon itinéraire en Inde, je prévois d'y rester 8 semaines en mars et avril dans le cadre d'un tour du monde. En sachant qu'on atterrira à Bombay, et qu'après on rejoindra le Népal par voie terrestre, le trajet que j'ai établi pour le moment donne cela : Bombay Goa Mysore Ooty Cochin Madurai Pondichéry Mahabalipuram Madras Hampi Ellora Ajanta Jaipur New Delhi Agra Gwalior Khajuraha Bénarès Bodhgaya Siliguri, puis Népal

Je voulais savoir ce que vous pensiez de cet itinéraire ? est-ce faisable en 8 semaines ? Est-ce logique de le faire dans cet ordre là ? Et y a t'il un poste frontière pour le Népal dans les environs de Siliguri ?

Enfin bref, si vous avez des idées ou suggestions, ce serait super !

Merci d'avance, et bonnes fêtes à tous !
Offrir Venise à ma femme pour son anniversaire English translation pending
by Bayeux · 2008-11-05 · 8 replies
Chers amis de VF, Décembre arrive à grands pas et ...l'anniversaire de ma femme également !

J'ai choisi de lui offrir ...VENISE !!!

Merci à tous ceux qui ont été charmés par cette ville de bien vouloir me faire partager vos plus grands souvenirs. Dévoilez-moi votre Venise Gourmand, Venise Insolite, Venise Incontournable, Venise Romantique et ...surtout votre Venise Coquin 😊 !

En vous remerciant d'avance...

Mick.
1er janvier en République Dominicaine: avion Las Terrenas-Saint Domingue? English translation pending
by Ninet · 2008-10-07 · 12 replies
Bonjour,

J'ai besoin d'un petit renseignement avant départ svp. Mon voyage à Las Terrenas se terminera le 1er janvier. A cette date, je vais devoir rejoindre Santo Domingo dans la journée car départ à 21h15. Mon souci : les avionnettes fonctionnent-elles ce jour-là ?

Merci de vos réponses...

PS : pardon si je poste dans la mauvaise rubrique mais quand je clique République Dominicaine, aucune case "démarrer nouveau sujet" ne se présente sur la page.
Itinéraire et mode de transport entre Patna et Kushinagar? (Inde) English translation pending
by Miconette · 2008-09-26 · 4 replies
Bonjour à toutes et à tous,

Pouvez-vous me conseiller pour savoir quel itinéraire et quel mode de transport faut-il prendre pour se rendre de Patna à Kushinagar? Faut-il prendre le train ou privilégier un taxi ou encore le bus? Sachant que je voyage seule et que je n'ai pas trop envie d'arriver en pleine nuit à Gorakhpur ou à Kushinagar, suivant le mode de transport.

Si quelqu'un a déjà fait cet itinéraire (aux alentours de Bodhgaya, Rajgir, Nalanda, Patna), vos conseils sont les bienvenus..🙂

a bientôt 🙂
Quel circuit pour un voyage de six mois en Inde? English translation pending
by Minibixx · 2008-09-25 · 7 replies
Bonjour,

Nous partons avec ma moitié pour un voyage de 6 mois en Inde (du 07 Oct 08 au 23 Mars 09), notre premier voyage dans ce pays.

1 / On arrive à Mumbai le 07 Octobre et on hésite entre commencer par faire un tour dans le Nord du côté des récoltes et descendre vers le Sud en Novembre, ou alors commencer directement par le sud en arrivant (prendre un vol Mumbai - Goa) et planifier tranquillement notre voyage depuis Goa.

2 / Aussi on hésite à faire les achats en France avant de partir (Micropur, adaptateur, moustiquaire, pochette ventrale... etc) ou faire les achats en arrivant en Inde. Dans le second cas faudrait il prévoir quelques jours à Mumbai pour les achats avant d'aller à Goa ou trouve t on tout ces articles à Goa aussi ?

3 / Dernière question, pour 6 mois à deux quel mix (euro/travelers cheques) devrait on prendre avec nous au départ de Paris (sachant qu'on aura aussi une mastercard avec nous)

Voila beaucoup de questions en vrac ;) merci d'avance pour vos conseils avisés.
Itinéraire Delhi-Bombay en dix jours English translation pending
by Natouchkaya · 2008-09-18 · 7 replies
Bonjour, J'ai 10 jours fin octobre pour un voyage en Inde, c'est super court mais c'est mieux que rien. Cette fois-ci, j'ai envie d'atterrir à Delhi et de repartir de Mumbai. J'ai déjà repéré pas mal de lieux intéressants sur la route. Mais si quelqu'un a déjà fait ce parcours, je serai heureuse d'avoir des idées et des conseils. Merci.
École d'arts en Inde? English translation pending
by Colinelcoco · 2008-08-13 · 4 replies
je souhaite partir en inde pour continuer les beaux arts là bas? je voudrais savoir si quelqu'un peut me dire ce qu'il en est... j'arrive pas à trouver d'école... et je dois faire un dossier très complet pour que mon école me laisse partir...
Voyage au Chili en septembre English translation pending
by Fabii · 2008-07-06 · 6 replies
Bonjour a tous

J'ai la chance et la joie de connaitre une personne qui peut m'héberger à Santiago et d'avoir quelque rudiments solides d'espagnol, ni une ni deux, je saute sur l'occasion et j'achète un billet PARIS/SANTIAGO via Madrid par Lanchilé ... je serai là bas du 11 au 29 septembre ...

Je prévois entre autres de visiter Santiago, la région de Valparaiso, d'aller à Rancagua voir un rodéo mais mon rêve serait de voir le désert à San Pedro.

Je prévois donc de prendre le bus (20h!!) pour me rendre dans le nord !! Avez vous plus d'infos sur le voyage en bus car sur les sites pullman ou tur bus rien en vue ?!?

Combien de jour doit on passer à San Pedro pour bien profiter de la région ... j'en prévois 3 ... ???

Avez vous d'autres lieux à me conseiller à voir .. sachant que je me limite à Santiago, ces alentours (200/300 km) ainsi que le nord ...

Merci à tous pour vos précieux conseils j'espère qu'il m'aideront à organiser au mieu ce super voyage!
Briançon-Nice GR5 juin 2007 English translation pending
by Lucbertrand · 2008-06-05 · 7 replies
Briançon Nice

Tout a commencé par un trajet en train, Lyon Briançon. Une épopée, en effet huit heures de transport, un premier changement à Grenoble, puis un TER faisant toutes les petites gares jusqu'à Gap. Une fois dans cette ville sans que cela soit prévu arrêt définitif du train et poursuite du voyage, après une petite heure d'attente, en bus. Huit heures pour effectuer 250 kilomètres. On est loin du Paris Lyon et ses 450 kilomètres en moins de deux heures. Mais il serait dommage d'aller plus vite, car le paysage est tellement diversifié d'une part au départ de Grenoble en direction du Vercors puis dans cet immense contour des massifs du Dévoluy et de l'Oisans, qui dévoilent au fur et à mesure du cheminement une partie de leurs joyaux . Je débarque à 18h à la gare.

Le temps n'est pas très engageant mais en juin, bien que la journée soit bien avancée, il reste quatre heures de jour. Je vais donc aller dormir quelque part au pied du col des Ayes. La montée est magnifique, des fleurs partout. Ce long vallon n'est absolument pas monotone, de plus la forme est bonne et j'avance vite. Le temps est de plus en plus menaçant, puis il se met à pleuvoir des hallebardes. Pas de panique, mon altimètre indique 2350 m, cela suffira pour aujourd'hui. Je m'abrite sous le double toit de ma tente sorti à la hâte. J'attends la fin de l'averse, persuadé que c'est une question de minutes. Mais après une demie-heure passée recroquevillé et enroulé sous cette bâche protectrice, la vigueur de la pluie ne faiblit pas et les frissons me gagnent. Donc l'installation aura lieu sous des trombes, beau baptême pour cette nouvelle tente. Enfin je suis dessous mais mouillé, je m'enfonce dans mon duvet. Je commence par avoir un peu froid, il est 21h. Manifestement mon abri est étanche et bien aéré, ce qui sera une garantie de non condensation, bien que cela implique une petite déperdition de chaleur. Une fois bien allongé, les qualités calorifiques de mon sac de couchage font rapidement effet, et comme bien souvent dans ces conditions j'ai la flemme de me faire à manger et je m'endors. Réveil avec le jour. Pas de bruit d'eau sur la toile, la luminosité est intense, je sors la tête, grand ciel bleu. Joie immense de se trouver comme cela en pleine montagne et se sentir complètement à sa place dans ce décor majestueux. A l'ouest, l'Oisans apparaît dans toute sa majesté. La tente épatante, elle n'a absolument pas pris l'eau et pas produit de condensation non plus. Pourtant elle ne pèse qu'un kilo deux cents avec piquets, de plus l'espace intérieur est très grand. J'aurai même l'occasion de l'expérimenter avec un bon confort durant trois nuits consécutives huit moins plus tard à deux en hiver avec un camarade de bonne corpulence. Vive la toile à parachute.

Au-dessus, le col des Ayes, en une petite demi-heure j'y suis, il est barré par un gros névé. Temps splendide, absence de vent, mon itinéraire vers le sud se découvre jusqu'au delà du Pic de la Font-Sancte. A mes pieds la vallée d'Arvieux. Quel bonheur de marcher sur ce chemin souvent si fréquenté et qui est désert à cette période de l'année. La limpidité de l'air après une bonne nuit de pluie donne un aspect très avenant au paysage. Arvieux est vite dépassé. A la sortie du village le chemin se dirige vers la gauche, son tracé est matérialisé par une petite sente très agréable bordée de sapins. Au niveau du lac après le bourg des Maisons, je rencontre un homme lourdement chargé qui suit le même itinéraire que moi. Manifestement il en a plein les bottes, vu la grosseur de sa charge et de ses chaussures, cela me semble normal. Originaire de Saint-Etienne il a emprunté le matériel à son fils pour se mettre quelques jours en rupture de société. Après avoir échangé quelques considérations d'ordre général je le laisse et m'engage dans la descente sur Château Queyras. La pente est raide. Subitement on sent les prémices des Alpes du sud. Le sol semble moins gras, les arbres plus secs, les senteurs même se modifient légèrement. Enfin Château Queyras se dévoile juste au détour d'un lacet. J'ai presque l'impression de survoler les bâtiments tellement la déclivité est importante.

Je débouche sur la route et rentre dans le village. Oh! Surprise tout est fermé, pas de ravitaillement. Un bistrot est ouvert, la tenancière avenante me propose de me servir une boisson mais rien de solide. Cela m'embête car depuis hier matin lors de mon départ de Lyon, je n'ai pas mangé grand chose. Il est treize heures et j'aimerais bien pousser jusqu'à Ceillac, cela fait encore un bon bout de chemin, surtout le ventre creux. Alors gentiment, elle m'avoue qu'elle a bien quelques boîtes qu'elle destinait aux promenades dans les environs avec son mari. Donc enfin quelque chose de solide à se mettre sous la dent, il s'agit de thon à l'escabèche par dessus lequel je bois un coca cola et deux cafés bien sucrés, pas très équilibré mais ça donne du combustible. Alors que je déguste mon second café, mon Stéphanois arrive et comme moi, il est affamé. Mais là, la charmante dame reste intraitable et ne lui propose que du liquide, de l'intérêt égoïste d'être le premier. Sa boisson prise, nous nous retrouvons ensemble dehors. Rapidement je suis le point de départ du chemin très raide, qui conduit au col du Fromage est atteint.

Peu de temps après je me retrouve seul, la marche est agréable et la satisfaction grande de constater que le dénivelé est vite avalé. Je ressens une fois encore ce plaisir immense que procure la sensation de s'élever d'un pas alerte en contemplant le panorama toujours plus vaste, alors que la machine fonctionne bien. Le temps change, de gros nuages commencent à s'accumuler à grande vitesse, et de fortes bourrasques de vent se lèvent. Un petit grain accompagné d'une pluie serrée me cingle le visage. Mais le rythme rapide me permet d'interpréter cette ondée comme un simple refroidissement supplémentaire du moteur. Là aussi l'impression est très agréable de se faire mouiller sans que cela altère en aucune manière le moral. Le lieu est assez escarpé, de grandes ravines bordent le chemin. Le col de Fromage est atteint dans un début de petite tourmente et rapidement je m'engage dans la descente sur Ceillac.

Soudainement les nuages se déchirent et le soleil fait de belles apparitions intermittentes. Sur ce versant il n'y a plus un brin de vent. Je distingue très bien les toits gris de Ceillac qui brillent sous les rayons du soleil. Là encore la marche n'est que plaisir, bien qu'il faille faire attention de ne pas glisser sur le sol gorgé d'eau. Le vert de l'herbe mouillée, ponctué de perles brillantes multicolores, que sont les fleurs, ressort de façon intense à la lumière. Une fois dans le village j'essaie de me remémorer le gîte sympathique dans lequel j'avais l'habitude de venir il y a plus de vingt ans. Mais ma mémoire me trahit quelque peu et je me décide au hasard pour l'un de ceux que propose le lieu. Il me semble que c'est bien celui que je fréquentais mais je ne peux l'affirmer. Il n'est pas tard, un lit m'est attribué dans un dortoir . Une douche réconfortante me délasse, puis je m'allonge en attendant l'heure du souper. Il ne fait pas de doute que deux autres lits sont occupés, la masse d'affaires hétéroclites que j'y vois, l'indique sans ambiguïté. En effet, deux jeunes entrent, nous entamons la discussion et ils m'expliquent qu'ils effectuent un stage de fin de formation d'une école de travaux publics. Cette formation consiste à participer au travail de conception d'une équipe construisant une nouvelle via ferrata. Ils ont l'air tout à fait enchantés par leur activité qui va s'étaler sur plusieurs semaines. A dix neuf heures l'heure du souper ayant sonné, je me dirige vers la salle de restauration. Il y a beaucoup de monde, mais de jeunes peu. Notre société est un peu inquiétante, tandis que les trentenaires en bavent au boulot de nombreux quinquas, dont je fais partie, profitent paisiblement d'une retraite sans doute bien méritée. Mais cela me laisse un certain malaise. La nourriture est copieuse et excellente, le vin gouleyant à souhait coule presque à flot. Une fois regagné le dortoir, le sommeil me prend rapidement. Après une nuit paisible et un copieux petit déjeuner l'esprit tendu vers le but de l'étape de ce jour, Fouillouze, je me retrouve dehors. Je constate que la journée à venir s'avère magnifique. Tellement sûr de l'itinéraire, sans regarder la carte, je pars tête baissée pour rejoindre un petit vallon qui doit me conduire au pied de la Font- Sancte. A vrai dire je viens buter sur les premières pentes de la pointe de Saume. Mais j'insiste et cherche à rejoindre mon vallon par la droite . Après un bon kilomètre, je me dis que ma direction plein ouest ne semble pas coïncider avec l'itinéraire. Je m'arrête, sors la carte. En effet, j'ai fait un 180 degrés à la sortie du gîte en me focalisant sur un vallon qui n'était pas le bon. Demi-tour, faire une telle erreur sur un chemin comme le GR5 pas jojo!!! Enfin personne ne le saura. Rapidement j'atteins le départ du chemin qui monte au col Girardin, plus de mille mètres de dénivelé en perspective. Le soleil darde sur la pierre, il fait chaud dès le matin. Mais la vexation due à mon erreur m'a fouetté les sangs et j'attaque à vive allure, sur un rythme de 600 mètres à l'heure, seul moyen de me réhabiliter à mes yeux. Avoir un fonctionnement binaire permet parfois de se réconcilier à bon compte avec soi-même. Je double à fond de train un certain nombre de groupes d'anciens, attention j'en ferai bientôt partie. La cascade de la Pisse dévale toute couverte d'écume resplendissante parmi les mélèzes et autres rhododendrons. Son cours est ponctué de gros blocs qui ne la freinent pas, étant donné la raideur de la pente. Son courant déclenche un souffle d'air frais du meilleur effet sur la peau.

Je débouche sur le replat du lac des Près. Petite étendue d'eau peu profonde, entourée d'herbe constellée de gentianes sauvages au mauve profond. Site au-dessus duquel trône majestueusement le Pic de la Font-Sancte du haut de ses presque 3400 mètres. L'étape suivante, en cheminant le long des pistes de ski, me conduit au lac Sainte Anne avec sa jolie petite chapelle dédiée à la sainte du même nom. Ce coin merveilleux me rappelle de bons souvenirs et le prénom Anne a toujours tenu une place très importante dans le cœur des hommes de ma famille depuis plusieurs générations, et je ne déroge pas à la règle. De la chapelle un peu surélevée on contemple ce lac turquoise à la forme circulaire enserré dans un site presque minéral. Pas une ride n'en perturbe la surface parfaite. Quelques centaines de mètres au-dessus, le col Giradin se protège par une pente raide de caillasses aux couleurs sombres, piquetée de plaques de neige. Le ciel s'assombrit, cela donne un caractère d'austérité au lieu. Il est extraordinaire de constater l'influence de la présence ou de l'absence d'un rayon de soleil quant'au ressenti que l'on éprouve en regardant un paysage de montagne.

Du col, la vue plonge dans la vallée de l'Ubaye. Je ne m'attarde pas, un petit air frais désagréable me fait quitter les lieux et m'engager à la rencontre de cette belle vallée très encaissée entre de sévères parois rocheuses qui à ma connaissance sont peu parcourues, mise à part la Pierre Andrée. Quelques centaines de mètres sous le col, je rencontre une marmotte pour le moins pas farouche. J'ai constaté que d'une vallée à l'autre le comportement de ces charmants animaux était différent. Je me demande si les cols ne sont pas des frontières délimitant les pays de marmottes, zones à partir desquelles des règles spécifiques sont édictées. Je distingue nettement le groupe de maisons bien groupées de la Chalp. Le chemin se fait plus raide et semble se diriger directement sur le village, alors que la carte indique un contournement par l'ouest, ce qui fait deux kilomètres de moins. Il faut dire que pour des contingences de poids j'utilise les cartes au 100 000 de l'IGN, dont la vocation principale n'est pas d'indiquer les GR. A plusieurs reprises, il m'est arrivé d'y relever des imprécisions, sans doute dues à des modifications qui n'ont pas été prises en compte. En effet, parfois pour des problèmes d'érosion, les tracés sont modifiés, d'autres fois ce sont des propriétaires qui ne veulent plus laisser le chemin traverser leur terre, à moins qu'au contraire ce ne soit par commodité de conduire les randonneurs près de lieux de logement et de restauration. La sente est bordée par endroits de grands cairns dépassant le mètre de hauteur, qui donnent un petit air himalayen, d'autant plus que la vallée de l'Ubaye se développe à l'ouest sur une grande distance. Donc n'ayant pas l'intention de faire le détour, je m'engage dans le petit ruisseau à ma droite qui descend directement à la route. Manifestement il n'y aucune trace d'ancien chemin. C'est raide et ça glisse. De brèves interruptions presque verticales sont à négocier avec prudence. Un petit saut à faire pour me rétablir sur un pan d'herbe raide. A la réception, le pied droit dérape et se tord, j'accompagne le mouvement en faisant un roulé-boulé. Je m'immobilise quelques mètres plus bas. Je prends ma cheville et la masse. De toute évidence il y a plus de peur que de mal. Les réflexes acquis en trente années de pratique du parachutisme m'ont probablement permis une anticipation salvatrice. La morale de cette histoire, pour vouloir gagner une demie-heure, on risque de ne jamais arriver. Mais philosophe je me remémore la pensée de Saint-Exupéry de l'importance de la démarche et non du but, donc de l'intérêt d'arriver!!! Une fois à la route je vais suivre ce vallon durant à peu près huit kilomètres jusqu'au fameux pont de Fouillouze, qui enjambe une gorge étroite absolument splendide. Je rencontre un chien de berger qui décide de m'accompagner. Le premier petit village traversé, la Barge, avec ses maisons un peu délabrées surmontées de ces hautes faces rocheuses sombres dégage une impression forte, d'autant plus qu'il n'y a pas âme qui vive. Au centre une magnifique petite église, qui manifestement souffre de la rigueur du climat local, au nom évocateur de Notre Dame des Neiges renforce encore la puissance de l'ambiance. Puis un peu plus loin sur la droite, le Grand Bec de la Blachière se fait de plus en plus imposant au fur et à mesure que je m'en rapproche. Cette belle face élancée est couronnée d'une crête très dentelée caractéristique. Dans un champ deux jeunes randonneurs se restaurent. J'en profite pour leur céder mon chien qui me suit maintenant depuis plusieurs kilomètres, quémandent en permanence le jet de bâtons, exercice finissant par être fatigant. Manifestement il semble les avoir adoptés. Traîtreusement j'accélère le pas avec un sourire sardonique. Un kilomètre plus loin je me sens définitivement délivré de mon compagnon . Le pont en arc de cercle commence à être bien visible. Il est franchement étonnant au-dessus de cette gorge étroite aux hautes falaises sinueuses. Je recherche le meilleur angle pour effectuer quelques photos, ce qui me conduit un peu en dehors de la route. Je réalise que je n'ai rien mangé et très peu bu depuis le matin, j'en profite pour faire une petite halte. Au moment de repartir, que vois-je arriver, mon jeune couple de randonneurs accompagné du chien qui se précipite sur moi. Bon tout est à refaire, c'est peut-être eux maintenant qui arborent un petit sourire sardonique. Ils cheminent un peu devant moi. Je les retrouve au pont, d'où la vue sur le torrent est vraiment impressionnante. Nous restons un moment pris par la beauté du site, échangeant quelques mots. Ils m'apprennent que leur destination est Nice et que ce soir, ils ont l'intention d'aller bivouaquer un peu au-dessus du village. Je me décide à fuir le premier par le sentier raide montant directement à Fouillouze. Une fois de plus je mets la PC (post-combustion) avec l'espoir de leur abandonner notre ami. Ça dénivelle vite, en contre-bas je les vois et ne relâche pas mon effort. Ils se mettent en route, ils marchent quasiment au pas, très proches l'un de l'autre à un rythme pour le moins rapide. Au détour d'un lacet, juste éclairée par un rayon de soleil apparaît une vieille bergerie à moitié détruite. Des poutres, en équilibre instable, semblent indiquer toutes les directions de la terre dans leur posture totalement erratique. Une partie du toit métallique dissipe un éclat étrange. Le tout se découpe sur une vaste paroi rocheuse blanche éclairée d'une lumière vive filtrant entre deux nuages. Je suis saisi par le spectacle et reste un bon moment contemplatif.

Alors j'entends une cavalcade, c'est notre camarade Gros Chien qui rapplique à fond. Je l'interpelle d'une voix autoritaire, il s'arrête et se cache à une cinquantaine de mètres derrière un arbre, croyant que je ne le vois pas. Alors je lui crie «retourne à ta maison». A ces mots il sort de sa cachette et repart tristement vers le bas. Je constate que les deux jeunes ne chôment pas et que la compétition a commencé. En gardant notre espacement nous atteignons rapidement le hameau. La première bâtisse sur laquelle je bute est le gîte d'étape. Je décide de m'y arrêter, il est presque désert. Le jeune couple a continué stoïquement alors que le temps se fait de plus en plus menaçant. Le lieu est très agréable. Il est assez tôt, vers les seize heures. Après une bière bien fraîche, alors que l'ondée a pris fin, sur les conseils du propriétaire je rejoins un petit promontoire duquel je pourrai passer mon appel téléphonique journalier. Petit rite que je m'impose, lorsque cela est possible, pour rassurer ma famille qui ne goûte pas vraiment mon plaisir de la balade seul. Oh stupeur! Je tombe sur mon camarade, nos regards se croisent, mais manifestement je ne fais plus partie de ses fréquentations, c'est une bonne nouvelle. Le repas est très bon, la maison a une gamme de cartes postales, ayant trait à la nature vraiment remarquable. Nulle part ailleurs je n'ai vu de telles choses, j'en profite pour en envoyer plusieurs. Lorsque qu'un lit m'a été attribué dans l'après-midi, j'étais seul dans le dortoir. Au cours du dîner je vois passer dans l'encoignure de la porte un être un peu étrange avec un sac qui ne ressemble pas à celui d'un arpenteur de l'Alpe. Une fois bien rassasié, je rejoins mon lit, et de l'autre côté du dortoir je reconnais le sac entrevu rapidement. Je m'installe en laissant la lumière allumée, mais au bout d'un bon moment le propriétaire du dit sac ne venant pas j'éteins. Je sombre à moitié dans le sommeil, lorsque je sens une présence dans la pièce. Alors je dis «n'hésitez pas, il n'y a pas de problème allumez». Une voix monocorde, froide et inquiétante me répond «la lumière me fait peur». Ce type de contact peu engageant, me réveille immédiatement. J'entends quelques bruits assez diffus, puis plus rien . Manifestement mon «drôle de client doit être couché». Je n'en reste pas moins relativement troublé. Nous sommes seuls et son intonation m'a vraiment surpris. Le silence s'installe, rien ne semble se produire. S'est-il endormi? Probablement, mon imagination me joue des tours. Puis d'un coup, dans le noir cette voix si particulière se fait entendre très clairement et s'adresse à moi: -Puisque vous semblez ne pas dormir, on pourrait discuter! -Si vous voulez, posez la première question -Quel est votre but dans la vie? -Etant donné l'heure ce type de question ne me semble pas à propos. Un silence s'ensuit, mon interlocuteur aurait-il été vexé par ma réplique sèche au ton sans doute un peu irrité? Dans le doute, je considère que la discussion a tourné court et je me prépare à m'endormir. Alors à nouveau cette voix monocorde comme désincarnée et angoissante s'élève dans la nuit: -Connaissez-vous le club des entendeurs de voix? Alors là plus de doute, je suis en présence d'un être à la recherche d'un absolu qui n'est pas le mien. Je lui réponds simplement non. Il me demande alors si j'ai déjà entendu des voix. Là, ça devient vraiment inquiétant. Je lui réponds par la négative, n'ayant qu'une envie, qu'il se taise. Il poursuit son monologue par une suite de phrases plus ou moins incohérentes. Il commencerait à me foutre plus ou moins la trouille. Soit je me lève et vais dormir ailleurs ou j'essaie de m'endormir en espérant qu'il ne bouge pas de la nuit. Étant de nature assez fataliste et de plus fatigué j'opte pour ce deuxième choix. Le jour se lève, je me réveille et oh miracle! je suis en vie. Mon lascar que je distingue dans le jour naissant dort à poings fermés. Sans bruit je rassemble mes affaires et quitte le dortoir. Une fois installé devant un plantureux petit déjeuner, je dis au patron «vous avez de drôles de clients».Cela le fait sourire. De toute évidence il avait jaugé le quidam et ne l'avait pas jugé dangereux. On est vite suspicieux dans notre société. Je m'en veux presque. D'ailleurs ces rencontres donnent du piquant au voyage et dans les souvenirs elles laissent une petite note qui fait sourire. Ce gîte je le recommande fortement.

Une fois dehors, les ondes positives de la montagne me lavent radicalement les méninges. En levant la tête, je vois le Brec de Chamberon qui domine de sa pyramide massive et tronquée très reconnaissable. Je remonte la rue du village, à la sortie de ce dernier une jolie petite église se laisse admirer, puis l'espace du grand vallon qui conduit au col du Vallonnet, m'ouvre tous les espoirs d'une belle journée de plaisir.

Le ciel est gris vers le sud et relativement dégagé au nord. De grands bancs de brouillard s'accrochent aux murailles rocheuses. Ayant l'intention de dépasser le col de la Cavale après l'Arche, je prie pour que le temps se maintienne. Étant encore assez tôt en saison, de larges traces de neige profitant de toutes les petites anfractuosités constellent de façon anarchique le cirque.

Le sentier bien dessiné permet d'entrée d'afficher un bon rythme. Très vite au-dessus de moi, se dessine le couple, toujours aussi synchronisé. Je force l'allure mais nous gardons nos distances. L'air frais du matin rend cette course agréable. De nombreux ouvrages militaires datant de la seconde guerre mondiale, du genre souterrains ou abris, jalonnent le terrain. Je débouche au col, il n'y a personne.

Un peu plus loin, au bord d'un petit lac, je les vois arrêtés. De loin je leur fais signe et continue mon chemin. Le site est magnifique, les nuages donnent une impression de haute montagne. L'eau prend des reflets presque noirs. La face ouest de la Tête du Sautron en contre-jour a fière allure. Après une légère descente, à nouveau l'itinéraire monte en direction du col de Mallemort.

Ce vallon assez long est emprunté par un large chemin, qui a servi à construire d'importants ouvrages militaires. Au pied du col un grand casernement en ruine rappelle que des centaines de soldats ont attendu et combattu dans ces lieux à 2500 mètres d'altitude. Au-dessus domine la Tête de Viraysse du haut de ses 2765 mètres. L'ampleur du fort militaire qui y a été construit m'intrigue. Que d'efforts a-t-il fallu développer pour conduire ces travaux à terme.

Plongé dans mes pensées, j'attaque les dernières pentes du col, et là face à moi je vois arriver un individu en short, qui en vient. Nous nous arrêtons et engageons la conversation. Il est parti de Menton, cela fait plus d'une semaine. Il a subi un temps exécrable pratiquement tout le temps, dormi dehors devant des refuges fermés. Il n'a plus que quelques croûtes de fromage à manger. Il se demande ce qu'il fait là alors que nous sommes en période de vacances scolaires dans le Nord et que ses enfants l'attendent. Mais qu'est-ce que ses yeux pétillent!!! Nous rigolons une vingtaine de minutes. Je l'assure d'une belle étape gastronomique à Fouillouze, puis nous reprenons notre route, lui vers Mondane et moi vers la mer. Le col de Mallemort est raide et de petite dimension. J'y fait une courte halte, le fond de l'air est frais, le Chti est en short, à croire que c'est le grand nord là-bas. L'itinéraire se dévoile très nettement jusqu'au col de la Cavale. Que cela semble loin, et dire que j'ai déjà 1200 ou 1400 mètres de dénivelé dans les jambes. Tout en-bas le village de Larche se dessine dans tous ses détails.

Au moment où je m'arrache à ce spectacle, les deux jeunes arrivent au col. La descente jusqu'au village me semble longue et monotone. Parfois des petits coups au moral, heureusement temporaires, rendent la marche plus pénible. Sans doute cela me vient d'avoir entrevu dans le lointain les nuages, qui enveloppent le col de la Cavale. Une fois au village, comme d'habitude rien d'ouvert, même pas de quoi boire un café. Je m'assois près de la fontaine en me couvrant et mange un mars arrosé d'un bon litre d'eau. Mes deux jeunes arrivent et semblent embêtés car ils auraient bien aimé faire quelques provisions. A croire qu'en dehors des deux mois d'été les Alpes sont désertes. Cela m'étonne d'autant plus, que la route du col de l'Arche occasionne du passage.

Je m'engage en direction de l'Italie en suivant le goudron sur quelque distance, puis une petite route sur la droite me permet de franchir l'Ubayette et de rejoindre en quatre kilomètres le vallon de la Cavale. Là un parking marque le terminus pour les véhicules à moteur. Un chemin succède à cette route monotone et la pente devient plus importante. Monter est toujours bon pour le mental. En effet, en montagne l'étalon c'est plus souvent le dénivelé que la distance parcourue, ce type de raisonnement rend les longues distances à plat pénibles, car presque considérées comme une perte de temps. Je rencontre un groupe d'enfants accompagnés de leurs institutrices. Je dis «bonjour Mesdames». Elles me répondent gentiment, mais les bambins regardent leurs chaussures, je réalise que j'ai oublié de les saluer et ils l'ont bien noté. Trop tard pour rattraper le coup. Je ferai plus attention la prochaine fois. Je me souviens de ce jour, où une petite fille m'avait répondu «bonjour monsieur le randonneur».

Ce long vallon est agréable, les jeux de lumière provoqués par les conditions météorologiques sont du meilleur effet. Je rejoins un groupe de promeneurs qui donne des carottes aux marmottes. Il paraît que le chocolat leur fait du mal, sans doute pas les légumes. Je fais un arrêt au lac du Lauzanier. Ce petit lac entouré de pelouse, marque la dernière limite de la végétation avant la caillasse aride. Le ciel est noir, le vent souffle, l'itinéraire se dirige très nettement vers la neige. Si les conditions se dégradent cela risque de devenir sportif.

D'un pas alerte je repars en espérant faire le maximum de trajet hors du brouillard. De toute façon une fois au col, il est peu probable que je trouve de la neige en versant sud. Le chemin serpente entre de gros blocs, parmi lesquels des marmottes presque indifférentes à ma présence se roulent dans les rares plaques d'herbe.

J'arrive à un cirque austère où trois petits lacs s'étalent au pied du col, le site est grandiose. Le vent chasse les brumes et la visibilité devient excellente. Deux chamois détalent. Les deux cents derniers mètres dans la caillasse et la neige sont pénibles, le col se rapproche lentement. En contre-bas un magnifique lac minuscule, caché jusqu'à présent, encore partiellement gelé se détache sur la neige et quelques grosses pierres.

Enfin le col, son altitude avoisine les 2700 mètres. La fatigue commence à se faire sentir. La vue vers le sud porte jusqu'au Mont Mounier. Cela paraît être au bout du monde. On verra bien. L'expérience me dit que ce n'est pas si loin. Sur la carte au 100 000, mon étalonnage à grands coups de main déployée me donne pratiquement toujours une bonne approximation des temps de parcours. Dans le cas présent cela fait une «grosse patte», à la louche 25 kilomètres à vol d'oiseau, avec certes un certain nombre de cols. Après un petit repos à l'abri du vent, il est temps de partir si je ne veux pas m'endormir. Que ce versant est raide. Le chemin se faufile au-dessus de barres, la neige rendrait la marche dangereuse, heureusement il n'y en a pas la moindre trace. Quelque cinq cents mètres plus bas, deux petits lacs circulaires en bordure de sentier donnent une touche particulière à ce vallon à l'aspect désolé. Je distingue très nettement un vaste replat à partir duquel le chemin remonte en lacets serrés jusqu'au col de la Fourche. Il reste encore plusieurs heures de jour, je devrais sans problème le dépasser.

Un peu avant d'arriver à cette prairie, alors que je dévale à bonne allure, mon pied gauche roule sur de petits cailloux. Par réflexe, tout naturellement je prends un appui arrière sur mon bâton gauche, mais ce dernier ne rencontre que le vide. Me voilà parti en salto demi-arrière dans un petit à-pic. Après une chute de deux bons mètres j'atterris épaule en premier sur une pierre. Je reste sonné, n'osant bouger, pensant m'être blessé. Reprenant mes esprits, je tente les premiers mouvements, ça marche et ça ne fait pas mal. Le sac a dû amortir une partie du choc. Mais je ne peux pas continuer à prendre une grosse gamelle par jour, cela va forcément mal se terminer! Sans autre atteinte qu'un petit coup au moral, je rejoins la prairie au pied du col des Fourches. Brusquement un accès de fatigue m'écrase, l'émotion et la faim. Je décide de m'arrêter, et monte ma tente.

Je réalise que mon podomètre a disparu. Une fois remonté jusqu'au lieu de la chute je ne trouve rien. A ce moment le jeune couple arrive. Je pense qu'ils vont faire comme moi et bivouaquer au pied du col. Mais non, ils continuent, et je suis triste à l'idée de me retrouver seul. Je les regarde enchaîner les lacets, ils sont vraiment impressionnants, depuis deux jours je les vois progresser, rigoureusement dans la même attitude, à cinquante centimètres l'un de l'autre, avançant au pas à vive allure. Ils ont rapidement avalé la distance les séparant du col et alors ils disparaissent de mon champ de vision. Je me dis avec un petit pincement au cœur que je serai seul ce soir, mais c'est bien ce que je viens chercher. Je me lave au torrent, c'est frisquet, puis une gamelle de purée avec une soupe rapidement avalée, je m'enfonce dans mon sac de couchage. Regarder tomber la nuit seul en montagne est un plaisir à chaque fois renouvelé. Le spectacle est d'autant plus intéressant ce soir, que je peux observer tout à loisir une harde de chamois qui semble se préparer à passer la nuit à proximité. Quelques gouttes de pluie font bruire la toile de tente. Le sommeil me gagne.

Six heures du matin, j'ouvre les yeux. Les conditions météorologiques semblent bonnes. Mes affaires rapidement pliées je démarre en mangeant une barre de chocolat. Une certaine fatigue subsiste. Je passe un petit ravin au pied du col. Une petite bergerie en équilibre n'attend que la prochaine forte crue du ruisseau pour être emportée. Les lacets sont vite négociés dans cette petite sente très raide. Je débouche au col, qui se situe à 2261 mètres avec les premiers rayons du soleil. Là je suis accueilli par une succession de forts, dont les meurtrières à mitrailleuses me jettent de sombres regards.

La route du fameux col de Restefond la Bonnette, le plus haut de France, déroule ses virages serrés. Je la suis quelques dizaines de mètres, jusqu'aux ruines d'un grand camp militaire. Je la quitte et me dirige vers le refuge de Bousiéyas et Saint-Dalmas-le-Sélevage. Et là, au sortir du groupe de bâtiments, sur un petit promontoire herbeux tout inondé de soleil, je vois la tente du jeune couple. Manifestement, ils ne sont pas levés, profitent-ils de ce moment sublime, lorsque le soleil apparaissant vient vous caresser? Je me fais discret et m'éloigne rapidement. Le chemin est mal défini et passe au-milieu de grandes touffes d'herbe mouillée. Attention de ne pas commencer la journée par une roulade.

J'arrive sur le coup des sept heures du matin au refuge de Bousiéyas. Il a un aspect très sympathique de chalet partiellement en bois. Un escalier extérieur conduit à la salle de restauration. J'ouvre la porte, la pièce est petite et semble bondée. En réalité deux groupes prennent leur petit déjeuner, deux couples de Français et cinq Allemands.

La jeune tenancière me propose gentiment un copieux et succulent chocolat au lait accompagné d'un pain moelleux et de confitures faites sur place, un vrai régal. Les Allemands quittent la salle et nous restons à discuter. Les personnes présentes sont intriguées de me voir arriver de si bon matin. Elles me font presque regretter de ne pas avoir poussé jusqu'au gîte hier. En effet, elles me décrivent par le menu l'excellent repas qui leur a été servi, dont le clou fut la magnifique omelette aux mousserons ramassés à proximité. La gardienne nous dévoile une partie des trésors de la région, qu'il s'agisse de promenades, de visites de villages ou de cueillettes de champignons. Une heure très agréable s'écoule, et je me sens bien requinqué. Par la fenêtre je vois le groupe d'Allemands qui attaque la montée du col de la Colombière. De toute évidence ils empruntent le GR5.

Un fois dehors, je me sens en pleine forme et ne tarde pa à les rattraper. Je discute un moment en allemand avec la femme qui marche en tête. Puis je reprends mon rythme et lâche rapidement le groupe. Comme souvent je regarde mes chaussures et fonce. Au détour d'un virage que vois-je mes Allemands qui arrivent à mon niveau par un chemin à quatre vingt dix degrés. Je me suis précipité, comme j'en ai trop l'habitude, sans voir que le chemin de randonnée prenait un raccourci. Je m'exclame «Incredible, nein unmöglich was habe ich gemacht» et tous d'éclater de rire. Cela me permet de rattraper l'Allemande de tête et de reprendre la conversation. Elle avance d'un pas alerte mais ne peut abandonner ses compagnons. J'apprends qu'ils viennent d'Allemagne à pied en faisant un tronçon chaque année. Là ce sera la dernière étape, car ils ont aussi comme destination Nice. Je reprends ma marche solitaire et rejoins rapidement le col de la Colombière qui est à plus de deux mille deux cents mètres. L'air est calme, il fait un temps merveilleux. Je ne résiste pas à l'envie de monter sur le petit sommet qui me domine et qui a pour nom la Tête de Vinaigre. De ce point j'embrasse un vaste panorama, aussi bien sur le chemin que j'ai parcouru que sur celui à venir. Tout au fond, je vois le petit emplacement où j'ai passé la nuit, que surplombe le col de la Cavale. Au sud le Mont Mounier barre l'horizon. Le groupe d'Allemands arrive au col, mais ne réalise pas que je suis sur le petit sommet.

Le chemin descendant sur Saint-Dalmas-le-Selvage est une petite sente à flanc qui du point où je me trouve est impressionnante. Mon interlocutrice, manifestement laisse ses compagnons et se lance dans une course effrénée vers le village. Je quitte mon belvédère et rejoins rapidement la petite troupe qui s'est mise en mouvement. Il faut faire attention, car par endroits la chute ne pardonnerait pas.

L'influence du climat méditerranéen se fait nettement sentir. Le sol devient de plus en plus aride, surtout sur ce raide versant sud. Cela n'empêche pas de jolies petites fleurs comme la clématite alpine de s'accrocher parmi les cailloux, ou bien une jolie petite touffe de marguerites naines de s'épanouir.

Un peu avant le village de grands genêts donnent une belle touche jaune sur le fond rouge d'un vaste champ de coquelicots, le tout sous un soleil radieux aux rayons encore obliques. Cette arrivée dans ce joli hameau est une splendeur.

Je descends une petite rue qui me conduit à la place centrale. Là assise, mon Allemande toute étonnée de me voir arriver par derrière, elle me croyait déjà loin. Je lui demande quelle sera leur point de chute pour ce soir, Saint-Etienne-de-Tinée. Elle m'indique même le nom de leur hôtel. Pour ma part j'ai l'intention de pousser jusqu'à la Roya.

Je reprends mon chemin dans une nature en pleine explosion. Ces derniers temps, les épisodes de pluie ont alterné avec les moments de soleil . Le résultat ne s'est pas fait attendre, des fleurs multicolores envahissent les moindres recoins, et même de gros mais vraiment très gros champignons se laissent admirer.

Le chemin est encore long jusqu'à Saint-Etienne-de-Tinée. En effet, il faut franchir un autre mouvement de terrain et amorcer une descente importante, la ville se situant vers les mille mètres d'altitude. Le temps s'est amélioré, mais une chaleur orageuse rend la marche pénible, et cela d'autant plus en perdant de l'altitude.

Vers treize heures je me trouve sur la place centrale. L'idée de repartir après déjeuner ne m'enthousiasme plus. La Roya me semble subitement très loin. Je me mets à la recherche d'un hôtel. Les premiers essais sont infructueux et alors on me conseille d'aller à l'hôtel que m'a indiqué l'Allemande. En effet, une chambre m'est proposée. Je m'installe sur la terrasse pour déjeuner.

Tout à loisir je peux observer les différents types de touristes qui s'arrêtent. Les marcheurs comme moi, peu nombreux, les cyclistes, les motards, les automobilistes, les campingcaristes. J'imagine ces fonds de vallée à vélo avec cette circulation dense, ce ne doit pas toujours être une partie de plaisir, mais chacun ses motivations.

L'étape de la journée aura été relativement courte, mais mon organisme a sans doute besoin d'un peu de répit après deux grosses étapes en début de randonnée. Dans l'après-midi le groupe d'Allemands arrive. Le soir nous dînerons ensemble dans une ambiance très sympathique, même si le vin n'était pas très bon.

Lever matinal, en ce qui me concerne, car j'espère dépasser le mont Mounier, au moins aller jusqu'au refuge de la Vacherie et pourquoi pas atteindre Saint-Sauveur- sur-Tinée. Le temps est particulièrement mauvais, les prévisions l'avaient prédit. Seul rayon de soleil, l'Allemande s'est levée et vient déjeuner avec moi. Moment très agréable, elle connaît bien les Pyrénées, ce qui est aussi mon cas ayant habité dix ans à Toulouse. Elle me parle en français et je m'efforce de lui répondre en allemand. Le moment de se séparer arrive, je sors, toque un petit coup au carreau en guise d'au-revoir et nous échangeons un dernier regard.

Ce fond de vallée encaissé complètement envahi de gros nuages menaçants ne m'est pas très sympathique. Je sens que la journée va être sportive. La forme est de retour. La montée à la station d'Auron se fait sous une pluie régulière mais modérée, pourvu que cela continue comme cela, c'est encore acceptable.

Une fois dans le village, les conditions empirent. La montée au col du Blainon, qui est raide, est accomplie sous de véritables trombes. Je commence à douter de la possibilité d'arriver jusqu'au refuge de la Vacherie aujourd'hui. Des multitudes de fleurs rutilent sous la pluie malgré la pénombre due à la couche nuageuse épaisse. Je longe un immense champ de myosotis. La nature par conditions humides est toujours resplendissante. Pour pouvoir l'admirer ainsi, j'accepte volontiers de me faire mouiller. Je me souviens d'un article lu dans une revue de montagne, il y a maintenant bien longtemps qui s'intitulait «réhabilitons la pluie». J'en comprends bien la philosophie aujourd'hui. Le gîte de la Roya n'est plus très loin et il sera toujours temps d'évaluer la situation.

Je bascule dans le vallon du même nom. La visibilité est réduite, les chutes d'eau redoublent et par dessus le marché le tonnerre fait son apparition. Des nuées tournent dans la vallée, le grondement s'approche puis s'éloigne. Je n'aime pas beaucoup ce genre d'ambiance, même si cela donne une forte impression. Alors à trois quatre reprises des éclairs frappent à proximité, à une distance de l'ordre de la centaine de mètres, avec un bruit de déchirement suivi d'un claquement sec.

Une grande croix lugubre se dresse dans la tourmente, je n'ose interpréter cette apparition comme un présage. La trouille aidant, je détale dans le but de rejoindre le plus rapidement possible un abri dans le village. Quand on court on a moins peur, mais peut-être augmente-on les risques? Mais je ne suis pas en état de réfléchir.

Enfin le village, la route est une véritable rivière, l'eau passe au-dessus des chaussures. Personne pour m'indiquer le gîte, les quelques minutes afin de le situer me semblent une éternité. Je m'y engouffre. Il est désert. Je m'installe et me change. Le gérant qui était en train de travailler dans les étages arrive. Je commande un repas et il me raconte la vie dans le village et me décrit la population qui fréquente son établissement. Depuis le début de l'année il a vu passer une trentaine de groupes, généralement de deux personnes ou de solitaires qui se lançaient sur la traversée des Alpes. Pour l'un des couples il s'agissait de leur voyage de noces. Vers les trois heures de l'après-midi le temps change brusquement. La pluie s'arrête, les nuages se déchirent laissant en partie la place à un magnifique ciel bleu. Je m'installe sur la terrasse. La motivation pour repartir n'est pas grande. Un groupe d'une vingtaine de randonneurs pas tous jeunes, le plus âgé a plus de soixante dix ans arrive à grand renfort d'éclats de rire. Ils étaient partis avec l'intention de traverser le col de Crousette et de se faire récupérer de l'autre côté. Juste sous le col, ils se sont retrouvés au milieu de l'orage. Trois d'entre eux se sont sentis mal. L'accompagnateur a demandé aux valides de redescendre jusqu'à une bergerie et s'est occupé de gérer les trois personnes en difficulté. Tout s'est bien terminé, mais tous s'en souviendront. Le bus étant revenu les chercher, seul reste l'accompagnateur. Il me racontera sa matinée. C'est la première fois de sa vie qu'il rencontre de telles conditions. Son récit est très impressionnant, pourtant il s'agit d'un professionnel calme et expérimenté. Métier difficile, si le matin il prend la décision de ne pas partir et que le temps s'améliore il sera cloué au pilori, mais s'il engage son groupe et qu'il arrive un accident le juge ne le loupera pas. Je n'aimerais pas être à sa place.

Vers les dix sept heures les Allemands arrivent. La soirée sera encore très agréable, cependant j'écouterai surtout l'accompagnateur qui parle si bien de sa région. Le lendemain matin alors que le groupe d'Allemands est déjà parti je m'attarde encore à écouter les histoires de la vallée. Enfin, il est temps de quitter ce gîte à l'accueil particulièrement chaleureux. Après deux jours de faible activité, je me sens en grosse forme. La montée au col de Crousette se fait à un rythme rapide, plus de 600 mètres à l'heure. Je double les Allemands, fais une dernière photo en me disant que cette fois il est fort possible que nous ne nous revoyions plus. Le chemin du col est très joli, le tracé bien dessiné, l'eau ruisselle partout en petites cascades lumineuses. Une fois au col, le chemin continue à monter en direction de l'arête sud du Mounier et la dépasse au-dessus des deux mille sept cents mètres. De magnifiques petites fleurs s'accrochent à la caillaisse à cette altitude. Le contraste entre leurs couleurs et le gris de ce monde minéral est extraordinaire.

La vue vers le sud ne me permet pas encore de distinguer la mer, bien qu'il n'y ait plus de point plus haut. La descente est longue, de plus il y a un joli raidillon à remonter avant d'arriver au refuge de la Vacherie.

Vers les treize heures, j'y fais halte. Il vient juste d'ouvrir pour la saison. La gardienne me prépare une succulente omelette aux mousserons, qu'elle a ramassés. L'itinéraire jusqu'au village de Roure n'est pas très attractif. De plus, le fait de quitter les zones d'altitude est toujours un peu frustrant, on a l'impression d'être moins en montagne. Le village est magnifique. En finale la vue sur la vallée est très impressionnante. La traversée de ce hameau perché est magnifique. Les Allemands ont prévu d'y faire halte cette nuit. Je ne suis pas certain qu'ils y arriveront, l'un d'entre eux ayant mal aux pieds. Il est encore tôt et j'espère bien atteindre Saint-Sauveur, voire Rimplas de l'autre côté de la vallée de la Tinée. La sortie du Roure est pittoresque, le long d'un petit sentier aérien en encorbellement entre le vide et les façades de belles vieilles maisons.

L'altitude de Saint-Sauveur est de l'ordre de quatre cents mètres, et la remontée sur Rimplas semble bien longue, vue de ce côté de la vallée.

Une fois au bord de la Tinée, la température est vraiment estivale, c'est le cagnard du midi. Je croise un couple de Hollandais à la recherche d'un camping. Je leur indique mais il avait l'air fermé. Avant les vacances ce n'est manifestement pas les vacances. J'attaque les quatre ou cinq cents mètres de dénivelé qui conduisent au village de Rimplas. Malgré la chaleur et la distance dans les jambes l'allure reste soutenue. Les champignons devaient être supervitaminés. Cinquante minutes plus tard, j'arrive dans ce magnifique village médiéval. A l'entrée dominant le chemin, un hôtel m'attire inexorablement. De la fenêtre de ma chambre j'ai une vue imprenable sur le Mont Mounier, et de ce fait sur une bonne partie de l'itinéraire de la journée. On est toujours étonné de voir ce qu'on arrive à faire à pied.

Le propriétaire ne lésine pas sur la qualité ni sur la quantité. De plus sa conversation est un enchantement, ancien baroudeur devant l'éternel il me tient en haleine toute la soirée.

Après une nuit réparatrice et un bon petit déjeuner, l'étape du jour devrait me conduire à Utelle. Le patron doute que j'y arrive. Ce n'est pas grave car j'ai ma tente et je devrais trouver de l'eau. Le sentier commence par descendre, toujours désagréable lorsqu'on ne l'avait pas prévu. Il me faut trois heures pour arriver à Saint Dalmas et la montagne n'a pas encore commencé. Par moments, on a l'impression de se traîner puis ensuite l'itinéraire se déroule comme par enchantement. Donc, ne pas se laisser abattre le moral. La montée au col des deux Caïres est rondement menée. Au milieu rencontre avec deux couples, ils m'offrent gentiment des abricots secs. Une fois au col, une vision tant désirée m'apparaît: la mer.

Le chemin jusqu'à Utelle, bien qu'encore long procure un vif plaisir. En effet, il se déroule en permanence le long d'une crête aérienne, bordée à l'est par la Vésubie et à l'ouest par la Tinée puis par le Var. La pluie se met de la partie et les immenses volutes de nuages m'enveloppant par intermittence procurent une belle impression. Je monte au Brec d'Utelle. Malheureusement la visibilité ne dépasse pas cinquante mètres. Vers les dix sept heures j'arrive à Utelle, magnifique village perché.

Le gîte municipal est très original. La visite du hameau et en particulier de son église est très intéressante. Un bon moment passé dans le bistrot de la place à déguster les spécialités locales, solides et liquides, et à écouter les histoires du cru, me ravit. L'ambiance sympathique me fait presque oublier que demain ma balade prend fin.

Départ matinal, sans faire de bruit car deux personnes dorment. Cette dernière étape se déroule vraiment dans le midi, ce qui est évident. A la sortie du village, un regard à l'est ne laisse aucun doute sur le mauvais temps qui reste accroché au Mercantour. Le chemin zigzague parmi des formations de calcaire blanc, comme on en trouve sur les chemins de la Sainte-Victoire ou de la Sainte-Baume. Il est par moments très aérien, surplombant la vallée de la Vésubie de plusieurs centaines de mètres.

Les dénivelés sont importants. La descente dans la vallée est interminable. Je rencontre un premier olivier à proximité d'une jolie petite chapelle. Elle est dédiée à Saint Antoine. Son clocher est joli et semble d'inspiration bourguignonne.

Le pont par lequel je franchis la rivière est à moins de deux cents mètres d'altitude. J'arrive dans le village de Levens. Je croise un solitaire de langue anglaise, j'ai l'impression qu'il va loin. Mais alors que je termine mon voyage, je n'ose l'interroger sur son but car il attaque seulement son projet. Je me perds dans les rues et sors par le mauvais côté. Mon orientation plein ouest ne me dit rien qui vaille. Je remonte la route sur un bon kilomètre et retrouve le chemin. La densité des maisons commence à ne plus laisser la vue errer parmi les fleurs, les arbres et les rochers. Une rencontre avec un couple en train d'achever un périple de dix jours autour de la Vésubie m'offre une discussion intéressante. Ils me proposent aussi très gentiment des abricots . Après quelques raccourcis et libertés prises par rapport au tracé du GR5, je négocie mon passage sur une propriété privée. Le village d'Aspremont me fait prendre conscience que la fin est imminente. Dernière défense du chemin, des taons qui piquent même lorsqu'on marche, je n'avais jamais vu, plutôt jamais senti.

La dernière bosse jusqu'à Nice je la fais en courant. Sur le plateau au pied du Mont Chauve, je distingue deux silhouettes rapprochées, qui me font penser au jeune couple. J'accélère franchement avec l'espoir de les rattraper. Mais ils disparaissent, ai-je rêvé? La grande ville s'étale à mes pieds. Une fois dans les premiers faubourgs, je sors mon portable et appelle ma cousine. Du côté de mon père nous sommes pieds-noirs. Donc, dans la bonne tradition de là-bas, les femmes sont des vraies mamans bien présentes et très affectueuses. Je vais passer deux jours d'enfer dans cette belle ville animée, aïe aïe aïe mon fils!!!
Camping-car vers la Guyane: arriver en cargo? English translation pending
by Cocopoup · 2008-05-26 · 10 replies
Bonjour,

J'envisage un voyage en camping car en amerique du sud, parmis vous, certains sont-ils arrivés en cargo en GUYANE? J'ai vu que c'était possible moins long que d'arriver à Buenos aires. Est-il facile ensuite de rejoindre le Pérou par la route?

Merci de vos réponse
Circuit d'onze jours au départ de Delhi? English translation pending
by Veedasaraylo · 2008-03-05 · 6 replies
Partant à six à Noël, une agence locale nous propose un circuit ; nous voulons faire des étapes de deux jours pour ne pas faire trop d'heures chaque jour en voiture ! onze jours sur place au départ de Delhi. Voici : Delhi, puis train de nuit pour Udaipur, puis rawla Jojawar et deux nuits à Pushkar (sans doute tour en chameau et nuit dans le désert) puis visite de Fatehpur SIkri et enfin Agras puis Delhi. Quelqu'un peut-il me dire ce qu'il en pense ? Quid de la nuit dans le désert ? Nous ferions le circuit en individuel avec chauffeur. Merci à tous ! Véronique : il y a tant de choses à voir qu'il est difficile de trier !
Poste d'enseignant en Guyane sur le fleuve Maroni English translation pending
by Barbarav34 · 2008-02-24 · 12 replies
bonjour,

je souhaite demander ma mutation pour la guyane, en tant qu'instit, avec mon mari nous avons 2 enfants qui auront alors 4 ans et demi et presque 2 ans

on est très attirés par la guyane un peu sauvage et isolée, pas par les villes, donc on voudrait demander un poste sur le fleuve, par exemple Apatou... on est aussi tentés par Mana, ou bien Cacao... Mais je dois dire que d'ici c'est dur de trouver des infos... j'ai trouvé qqs infos sur les écoles le long du fleuve, mais c'est difficile de se faire une idée de comment on vit

si on avait pas les enfants, on irait bien du côté de Maripasoula, ou même plus loin, mais avec les enfants on a un peu peur d'être trop isolés, surtout en cas de pb médical....

bon, bref, si vous avez des infos, des conseils, n'hésitez pas !!!!

est-on fous de vouloir aller là-bas avec deux jeunes enfants ?????

merci de votre aide !
Inde du Sud du 20 juillet au 3 septembre English translation pending
by Lescousines · 2008-02-22 · 9 replies
Salut! On part en Inde en juillet et on voulait savoir si Ellora et Ajanta valaient vraiment le coup.on pense enchainer sur Bénarès.Est-ce qu'il y à des choses à voir entre les deux? Sinon, on a essayé de chercher les horaires de trains entre petites villes et soit on est pas douées...soit le site est quand même pas très bien fait....genre la liaison Jalgaon-bénarès...chou blanc! On se fait un peu peur en lisant les messages sur la moisson....heuuuu, on est d'accord, il pleut mais c'est pas l'horreur où tu peux pas bouger? 😕 On pense aller assez rapidement vers le sud-est, sans trainer à Mumbai et remonter plutot en aout la côte sud ouest, est-ce qu'on évite le gros de la moisson? En parlant de mousson, traitement anti-palu ou pas???tellement d'avis differents...que un peu perdues! Fans d'ayurveda, on cherche un stage ou une formation de 10-15 jours dans les massages ayurvediques dans le Kerala.Y a t'il des bonnes addresses?des mauvaises? quel budjet prévoir? On a choisi l'inde du sud car on est deux petites minettes qui font leur premier grand voyage, est-ce etre parano que de ne pas faire le nord ou plutôt recommandé?Y a t'il des endroits où ne pas aller ds le sud ou le nord? Vis-àvis du budget, on prevoit 10 euros par jour chacune pour trajet, hebergements et bouffe, est-ce qu'on est bonnes?est-ce qu'on peux compter les visites dans ces 10 euors?

Merci par avance de vos réponses, et désolé pour cette vague de questions!! OM SHANTI SHANTI SHANTI
Sites calmes et ruraux pour Orchhâ et Madhya Pradesh? English translation pending
by Nadie · 2008-02-04 · 3 replies
Namaste, Auriez vous quelques conseils, impressions sur Orchha et sa région?

Nous partons le 21 février et souhaitons rayonner entre Gwalior, Khajuraho et le Madhya Pradesh pendant une quinzaine de jours au départ de Delhi....

Quels sites, coins plutôt calmes et ruraux à ne pas manquer? Le but étant de prendre son temps, faire des balades, du vélo et profiter de la campagne.... Merci d'avance à tous,
Travellers chèques en euro pour l'Inde? English translation pending
by Kito06 · 2008-02-02 · 11 replies
😉 bonjour nous partons le 10 pour Delhi et voulons savoir s il est judicieux d emmener des travellers en euro vue les taxes prises par les banques lors de retraits.Est il facile de faire le change dans les banques dans les petites villes? Merci pour l info. Christophe
Etat de la route entre Luang Prabang et Ventiane? (Laos) English translation pending
by Bougeur · 2007-12-03 · 7 replies
Je cherche des infos sur l'état de la route entre Louang Prabang et Ventiane en terme de confort, de sécurité... La ville de Kasi et de ses alentours sont-ils toujours à éviter pour cause de banditisme ou est ce une rumeur ancienne ? Je souhaite rejoindre rapidement Ventiane avant de poursuivre vers Paksé. Avez vous une idée du délai pour effectuer ce parcours en train ou en bus ? Racontez moi. Merci de vos conseils.
Deux mois en Inde: sud ou nord? English translation pending
by CécileFlo · 2007-07-24 · 9 replies
Bonjour à tous,

je pars deux mois en inde (mi novembre- mi janvier)... et tout ce que je vois et lis me fais réver!! L'inde du sud, L'inde du nord... Dois je choisir entre les deux, sachant que je ne veux pas courrir, je préfère prendre le temps de m'imprégner de l'ambiance de ce pays. si choix il y a à faire: lequel me conseillerai vous?? Le nord me parait plus majestueux, les montagnes ne sont pas loin: mais n'y fait t'il pas froid en décembre - janvier??

Merci pour vos réponses, qui sera le premier pas de cette construction de voyages!

cécile
Itinéraire d'un mois en Inde? English translation pending
by Chlore · 2007-05-27 · 7 replies
nous comptons faire delhi, agra, bhopal, nagpur, hyderabad, bangalore, mysore, mangalore, goa, bombay. qu'en pensez vous, quels conseils pourriez vous nous donner ? est ce le pass india rail serai plus interressant ? ps : nous sommes deux filles.
Hôtel à Samana pour voir les baleines English translation pending
by Choupimam · 2007-04-25 · 6 replies
bonjour à tous, j'aimerais emmener mes enfants (14 et 6 ans ) en voyage. ce sera d'ailleurs la première fois que nous partirons quelque part... elles aiment beaucoup les baleines, et mon choix porte donc sur la république dominicaine. il apparait que c'est à samana qu'il faut aller pour les voir. quel hotel me proposez vous, en évitant les plus chers... l'excursion en bateau pour voir les baleines est-elle chère. quels conseils pouvez vous me donner, concernant le voyagiste, l'hotel, les excursions et déplacements? je vous remercie d'avance
Avis sur itinéraire un peu atypique en Inde centrale English translation pending
by LBruno · 2007-04-20 · 7 replies
Bonjour,

je part du 10 juillet au 5 septembre, et je compte rallier:

Bombay / Nagpur / Jabalpur (en s'arretant en chemin) en 10 jrs rester 1 semaine à jabalpur (pour voir qqun) et remonter vers delhi : Jabalpur / Benares / Khajuraho / Orchha / Agra / Delhi. en 1 semaine...

Peut on voyager rapidement en train sur ces distances, ou faut il prendre des bus? (j'ai envi d'esseyer le train pour le coup) La mousson sera t elle terminée, oui ? Qu-y a t il a voir au centre de l'inde vers Nagpur?

merci!
Dix-huit jours au Rajasthan et à Bénares English translation pending
by Camilla · 2007-02-24 · 14 replies
Bonjour à vous, voyageurs du monde entier !

Je compte partir au rajasthan. Je n'ai que 18 jours et j'aimerais aller également à Bénares. Donc je ne pourrai pas visiter tout ce que j'avais prévu dans cette région de l'Inde. Je connais ce pays et je sais que les transports peuvent parfois être longs. Qui est déjà aller là bas et peut me conseiller ? Je comptais aller à Agra, Jaipur, Puschkar, Jodpur, Udaipur et Jaiselmer. Selon vous, quelle est la ville à "sacrifier" ( car moins jolie ou trop touristique ...) pour avoir du temps pour aller aussi à Bénares ? merci beaucoup bises à tous Camille

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