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Quelques jours au Népal: randonnée, activités...? English translation pending
Bonjour à tous.
Je suis actuellement à New Delhi et je vais aller passer quelques jours (5?) au Népal à la fin de ce mois. Mais le problème est que je ne connais pas du tout ce pays et que je ne sais pas où aller. Le but premier de ce trip est de voir des beaux paysages de montagne et de prendre un bon bol d'air frais, je voudrais faire une petite rando de 2-3 jours, pourquoi pas faire des activités genre canoé, rafting..., mais également visiter des villes sympas, temples, découvrir la culture du pays...etc
Donc est ce que vous auriez des endroits à me conseiller? Est ce que Katmandou vaut le coup vu le peu de temps que j'ai? Où est ce que je peux faire une petite rando sympa de 2-3jours?
Sachant que vu que j'arrive de Delhi, je crois que les 2 points de chute les plus facilement atteignables sont Mahendranagar ou Gorakhpur.
Merci beaucoup pour votre aide. 🙂
Je suis actuellement à New Delhi et je vais aller passer quelques jours (5?) au Népal à la fin de ce mois. Mais le problème est que je ne connais pas du tout ce pays et que je ne sais pas où aller. Le but premier de ce trip est de voir des beaux paysages de montagne et de prendre un bon bol d'air frais, je voudrais faire une petite rando de 2-3 jours, pourquoi pas faire des activités genre canoé, rafting..., mais également visiter des villes sympas, temples, découvrir la culture du pays...etc
Donc est ce que vous auriez des endroits à me conseiller? Est ce que Katmandou vaut le coup vu le peu de temps que j'ai? Où est ce que je peux faire une petite rando sympa de 2-3jours?
Sachant que vu que j'arrive de Delhi, je crois que les 2 points de chute les plus facilement atteignables sont Mahendranagar ou Gorakhpur.
Merci beaucoup pour votre aide. 🙂
Népal - deux semaines en juillet - conseils? English translation pending
Namaste !
J'ai mon billet pour Kathmandu. Départ le 9 juillet (impossible de partir à une autre date ...). J'ai déjà bien "potassé" mes guides et fait des recherches sur VF mais malgré tout j'aimerais avoir vos conseils, vu la saison, sur ce qui est mieux de voir et/ou faire, où loger, quels villes/villages à privilégier ou à éviter, etc ...
D'avance, merci pour vos réponses.
@+, Sabaïdee
J'ai mon billet pour Kathmandu. Départ le 9 juillet (impossible de partir à une autre date ...). J'ai déjà bien "potassé" mes guides et fait des recherches sur VF mais malgré tout j'aimerais avoir vos conseils, vu la saison, sur ce qui est mieux de voir et/ou faire, où loger, quels villes/villages à privilégier ou à éviter, etc ...
D'avance, merci pour vos réponses.
@+, Sabaïdee
Népal fin janvier: visites, hébergement, transports? English translation pending
je pars au népal du 24 janvier au 6 février.
J'ai l'intention de faire kathmandu et sits environnants + pokahra (en bus) rester deux jours puis aller passer trois jours au parc royal du chiwan.
Pour ceux qui connaissent, que me conseillez vus ? Quels hébergements, transports bus etc.... Merci de tous vos conseils je suis preneur !!!
Népal ou Uttarakhand (Rishikesh/Haridwar): qu'avez-vous préféré? English translation pending
Bonjour à tous,
Je pars en Inde en Octobre prochain pour 2 mois et demi, et je prévois de me balader dans le nord de l'inde (uttarakhand, varanasi, rajasthan, ...). Le Népal me tente énormément aussi mais ne souhaitant pas me presser et profiter un maximum de chaque étape, je me demande s'il est sage d'y faire un détour, au vue du grand nombre d'heure à passer dans le bus pour y aller.
Pour être plus précise, j'envisage de passer 6 ou 7 jours entre Rishkesh et Haridwar puis eventuelement me rendre à Pokara et/ou Katmandou et sa vallée par la frontière ouest du Népal (par la ville de Mahendranagar) pour une douzaine de jours maximum, puis repartir vers Varanasi. Qu'en pensez-vous? Est-ce trop court? Je pourrais annuler l'etape de l'Uttarakhand pour aller directement au Népal et y passer plus de temps, ou carrément oublier le Népal quitte à y revenir plus tard lors d'un autre voyage (mais je cours le risque de ne plus avoir l'occasion d'y retourner).
Si vous avez visité les 2 régions, j'aimerais beaucoup avoir votre avis et savoir laquelle vous avez préférée pour m'aider à faire mon choix.
Merci !
Je pars en Inde en Octobre prochain pour 2 mois et demi, et je prévois de me balader dans le nord de l'inde (uttarakhand, varanasi, rajasthan, ...). Le Népal me tente énormément aussi mais ne souhaitant pas me presser et profiter un maximum de chaque étape, je me demande s'il est sage d'y faire un détour, au vue du grand nombre d'heure à passer dans le bus pour y aller.
Pour être plus précise, j'envisage de passer 6 ou 7 jours entre Rishkesh et Haridwar puis eventuelement me rendre à Pokara et/ou Katmandou et sa vallée par la frontière ouest du Népal (par la ville de Mahendranagar) pour une douzaine de jours maximum, puis repartir vers Varanasi. Qu'en pensez-vous? Est-ce trop court? Je pourrais annuler l'etape de l'Uttarakhand pour aller directement au Népal et y passer plus de temps, ou carrément oublier le Népal quitte à y revenir plus tard lors d'un autre voyage (mais je cours le risque de ne plus avoir l'occasion d'y retourner).
Si vous avez visité les 2 régions, j'aimerais beaucoup avoir votre avis et savoir laquelle vous avez préférée pour m'aider à faire mon choix.
Merci !
Circuit de douze jours au Népal en juillet English translation pending
Bonjour à tous,
Je sollicite vos précieux avis concernant ce séjour au Népal en Juillet. Qu'en pensez-vous ?
Merci pour vos avis !!!!
Jour 2 DELHI -> KATMANDU
Arrivée à Delhi dans la matinée. Transit, déjeuner libre puis envol pour Kathmandou.
Arrivée dans l’après midi. Accueil et assistance par votre guide, transfert direct à l’hôtel pour installation. Fin d’après midi libre pour vous permettre de vous reposer.
Dîner et nuit à l’hôtel.
Jour 3 KATMANDU – PATAN – KATMANDU (1 heure de route environ)
Katmandu, plus grande ville du Népal et centre économique, administratif et culturel est une ville magique. La ville possède peu d'industries, mais son artisanat est très actif et c’est également un centre touristique important et le point de départ des trekkings vers les hautes vallées himalayennes.
Journée consacrée à la visite de la vieille ville avec ses sanctuaires , ses temples et ses palais qui se transformera en un véritable voyage dans le temps : les temples et pagodes de Durbar Square, Kumari Temple : résidence de la jeune déesse vivante de Katmandu, et changement d’atmosphère en rejoignant le célèbre stupa bouddhique aux yeux bleus de Swayambhunath.
Déjeuner au restaurant.
Visite de la ville Patan, antique cité connue sous le nom de Lalitpur, « la ville de beauté », qui abrite un Golden Temple au cœur de ruelles médiévales peuplées d’artisans. Visite de Krishna Temple, Taleju Temple et le Temple aux mille bouddhas.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 4 KATMANDU – CHITWAN (7 heures de route)
Le parc national royal de Chitwan est le plus vieux parc national du Népal. Créé en 1973, il est classé en 1984 au patrimoine mondial de l’humanité. Il s’étend sur plus de 932km² et abrite plusieurs espèces animales en grand danger d’extinction, comme le rhinocéros unicorne. Chitwan signifie « cœur de la jungle ».
Départ matinal à destination du parc de Chitwan, traversée de paysages fantastiques. Arrêt à Charaundi pour faire du rafting sur la rivière Trishuli jusqu’à Phisling (environ 3 heures) : la descente à la rame mêle des passages de rapides excitants à une navigation plus calme entre villages paisibles et forêt.
Déjeuner sur les berges de la rivière à l’arrivée et continuation en véhicule à toit ouvrant jusqu’à Chitwan: vous aurez le loisir de découvrir le village de Teraï.
Installation à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 5 CHITWAN
Journée exceptionnelle consacrée à la découverte du parc et aux activités dans la jungle : observation des animaux, safari à dos d’éléphants et visite d’un centre, descente de rivière en canoë et, si le temps le permet, excursion dans la nature où vous pourrez observer une faune et une flore uniques.
Repas inclus.
Soirée spectacle culturelle du groupe ethnique Tharu. Nuit à l’hôtel.
Jour 6 CHITWAN – POKHARA (4 heures de route)
Pokhara, situé au pied de la chaîne de l’Annapurna dans l’Himalaya, est connu comme étant le point de départ de nombreux trekkings et de fabuleuses descentes en rafting. Ce lieu offre une vue spectaculaire sur les paysages montagneux environnants.
Réveil matinal et petite ballade sur les rives pour observer la faune : crocodiles, rhinocéros…Retour à l’hôtel pour le petit déjeuner.
Route pour Po khara, installation à l’hôtel puis déjeuner.
Tour d’orientation de la ville : Davis Fall, les chutes les plus célèbres du Népal, Gupteshore Cave, caverne de calcaires, Bindhyabasini Temple, un des temples les plus vieux dans Pokhara. La légende dit que lorsque Pokhara faisait partie du Royaume Kaski, la Déesse du temple Durga, a été apportée de l'Inde.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 7 POKHARA – NAYAPUL – ULLERI (2 heures de route + 4 heures de marche)
Réveil matinal et route en direction de Nayapul, point de départ du trekking avec les porteurs. Le sentier passe par les villages de Shuami, Hille à travers des rizières et des forêts ensuite il grimpe jusqu'à Ulleri à 2075m par une longue série d'escaliers (plus de 3000 marches !).
Déjeuner. Arrivée et installation au guest house. Dîner puis nuit.
Jour 8 ULLERI – GHOREPANI (3 heures de marche)
Réveil matinal et départ du trekking pour Ghorepani en traversant le village de Nayathanti à 2606m par les magnifiques forêts et à travers de pittoresques villages Gurungs où vous rencontrerez différentes ethnies attachantes. Arrivée à Ghorepani à 2853m. Installation à l’hôtel puis déjeuner et après midi libre pour vous permettre de vous reposer et de vous extasier sur les magnifiques points de vue.
Dîner et nuit au guest house.
Jour 9 GHOREPANI – POONHILL (4 heures de marche)
Départ très matinal et début du trekking jusqu’à Poonhill à 3210m où vous assisterez à un spectacle magique : le lever du soleil sur la chaîne himalayenne et une vue splendide sur l’Annapurna.
Retour au guest house pour le petit déjeuner. Départ du nouveau trekking pour Tirkhedhunga à 1577m.
Déjeuner. Installation au guest house puis après midi libre pour vous reposer.
Dîner et nuit au guest house.
Jour 10 POONHILL – NAYAPUL – POKHARA (3 heures de marche + 1 heure de route)
Départ du trekking retour pour Nayapul. Transfert en bus jusqu’à Pokhara et installation à l’hôtel.
Déjeuner.
Promenade en bateau d’une heure environ sur le lac Phewa , alimenté par les eaux du massif de l’Annapurna. Temps libre pour vous reposer.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 11 POKHARA – KATHMANDOU (7 heures de route)
Retour par la route sur Kathmandou et déjeuner en cours de route.
Installation à l’hôtel, après midi libre pour vous permettre de vous reposer ou de découvrir la ville à votre guise.
Dîner dans un restaurant de spécialités népalaises suivi d’un spectacle de danses culturelles. Retour à l’hôtel pour la nuit.
Jour 12 KATMANDU -> DELHI
Matinée et déjeuner libres jusqu’au transfert à l’aéroport en début d’après midi.
Vol pour Delhi. Accueil et assistance à l’aéroport puis transfert à l’hôtel pour installation.
Transfert au restaurant pour le dîner. Retour à l’hôtel pour la nuit.
Transfert matinal à l’aéroport pour le vol à d
Je sollicite vos précieux avis concernant ce séjour au Népal en Juillet. Qu'en pensez-vous ?
Merci pour vos avis !!!!
Jour 2 DELHI -> KATMANDU
Arrivée à Delhi dans la matinée. Transit, déjeuner libre puis envol pour Kathmandou.
Arrivée dans l’après midi. Accueil et assistance par votre guide, transfert direct à l’hôtel pour installation. Fin d’après midi libre pour vous permettre de vous reposer.
Dîner et nuit à l’hôtel.
Jour 3 KATMANDU – PATAN – KATMANDU (1 heure de route environ)
Katmandu, plus grande ville du Népal et centre économique, administratif et culturel est une ville magique. La ville possède peu d'industries, mais son artisanat est très actif et c’est également un centre touristique important et le point de départ des trekkings vers les hautes vallées himalayennes.
Journée consacrée à la visite de la vieille ville avec ses sanctuaires , ses temples et ses palais qui se transformera en un véritable voyage dans le temps : les temples et pagodes de Durbar Square, Kumari Temple : résidence de la jeune déesse vivante de Katmandu, et changement d’atmosphère en rejoignant le célèbre stupa bouddhique aux yeux bleus de Swayambhunath.
Déjeuner au restaurant.
Visite de la ville Patan, antique cité connue sous le nom de Lalitpur, « la ville de beauté », qui abrite un Golden Temple au cœur de ruelles médiévales peuplées d’artisans. Visite de Krishna Temple, Taleju Temple et le Temple aux mille bouddhas.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 4 KATMANDU – CHITWAN (7 heures de route)
Le parc national royal de Chitwan est le plus vieux parc national du Népal. Créé en 1973, il est classé en 1984 au patrimoine mondial de l’humanité. Il s’étend sur plus de 932km² et abrite plusieurs espèces animales en grand danger d’extinction, comme le rhinocéros unicorne. Chitwan signifie « cœur de la jungle ».
Départ matinal à destination du parc de Chitwan, traversée de paysages fantastiques. Arrêt à Charaundi pour faire du rafting sur la rivière Trishuli jusqu’à Phisling (environ 3 heures) : la descente à la rame mêle des passages de rapides excitants à une navigation plus calme entre villages paisibles et forêt.
Déjeuner sur les berges de la rivière à l’arrivée et continuation en véhicule à toit ouvrant jusqu’à Chitwan: vous aurez le loisir de découvrir le village de Teraï.
Installation à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 5 CHITWAN
Journée exceptionnelle consacrée à la découverte du parc et aux activités dans la jungle : observation des animaux, safari à dos d’éléphants et visite d’un centre, descente de rivière en canoë et, si le temps le permet, excursion dans la nature où vous pourrez observer une faune et une flore uniques.
Repas inclus.
Soirée spectacle culturelle du groupe ethnique Tharu. Nuit à l’hôtel.
Jour 6 CHITWAN – POKHARA (4 heures de route)
Pokhara, situé au pied de la chaîne de l’Annapurna dans l’Himalaya, est connu comme étant le point de départ de nombreux trekkings et de fabuleuses descentes en rafting. Ce lieu offre une vue spectaculaire sur les paysages montagneux environnants.
Réveil matinal et petite ballade sur les rives pour observer la faune : crocodiles, rhinocéros…Retour à l’hôtel pour le petit déjeuner.
Route pour Po khara, installation à l’hôtel puis déjeuner.
Tour d’orientation de la ville : Davis Fall, les chutes les plus célèbres du Népal, Gupteshore Cave, caverne de calcaires, Bindhyabasini Temple, un des temples les plus vieux dans Pokhara. La légende dit que lorsque Pokhara faisait partie du Royaume Kaski, la Déesse du temple Durga, a été apportée de l'Inde.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 7 POKHARA – NAYAPUL – ULLERI (2 heures de route + 4 heures de marche)
Réveil matinal et route en direction de Nayapul, point de départ du trekking avec les porteurs. Le sentier passe par les villages de Shuami, Hille à travers des rizières et des forêts ensuite il grimpe jusqu'à Ulleri à 2075m par une longue série d'escaliers (plus de 3000 marches !).
Déjeuner. Arrivée et installation au guest house. Dîner puis nuit.
Jour 8 ULLERI – GHOREPANI (3 heures de marche)
Réveil matinal et départ du trekking pour Ghorepani en traversant le village de Nayathanti à 2606m par les magnifiques forêts et à travers de pittoresques villages Gurungs où vous rencontrerez différentes ethnies attachantes. Arrivée à Ghorepani à 2853m. Installation à l’hôtel puis déjeuner et après midi libre pour vous permettre de vous reposer et de vous extasier sur les magnifiques points de vue.
Dîner et nuit au guest house.
Jour 9 GHOREPANI – POONHILL (4 heures de marche)
Départ très matinal et début du trekking jusqu’à Poonhill à 3210m où vous assisterez à un spectacle magique : le lever du soleil sur la chaîne himalayenne et une vue splendide sur l’Annapurna.
Retour au guest house pour le petit déjeuner. Départ du nouveau trekking pour Tirkhedhunga à 1577m.
Déjeuner. Installation au guest house puis après midi libre pour vous reposer.
Dîner et nuit au guest house.
Jour 10 POONHILL – NAYAPUL – POKHARA (3 heures de marche + 1 heure de route)
Départ du trekking retour pour Nayapul. Transfert en bus jusqu’à Pokhara et installation à l’hôtel.
Déjeuner.
Promenade en bateau d’une heure environ sur le lac Phewa , alimenté par les eaux du massif de l’Annapurna. Temps libre pour vous reposer.
Retour à l’hôtel puis dîner et nuit.
Jour 11 POKHARA – KATHMANDOU (7 heures de route)
Retour par la route sur Kathmandou et déjeuner en cours de route.
Installation à l’hôtel, après midi libre pour vous permettre de vous reposer ou de découvrir la ville à votre guise.
Dîner dans un restaurant de spécialités népalaises suivi d’un spectacle de danses culturelles. Retour à l’hôtel pour la nuit.
Jour 12 KATMANDU -> DELHI
Matinée et déjeuner libres jusqu’au transfert à l’aéroport en début d’après midi.
Vol pour Delhi. Accueil et assistance à l’aéroport puis transfert à l’hôtel pour installation.
Transfert au restaurant pour le dîner. Retour à l’hôtel pour la nuit.
Transfert matinal à l’aéroport pour le vol à d
Népal de fin juin à août, visites pour une semaine? English translation pending
HELLO TUTTI !!!
Je vais m'envoler tout prochainement (dans 1 mois) pour le Népal et je suis bien entendu en train de préparer mon "voyaaaage" 😮. Je ne pars pas seulement pour un trekking/tourisme car je pars dans le cadre d'un projet solidaire entre une ONG belge et une ONG népalaise. Je suis responsable d'un groupe de 10 personnes avec une autre personne et nous allons être logés durant notre notre séjour à Panauti qui est à une trentaine de km de KTM.Nous resterons dans un centre au sein duquel des enfants des rues de Katmandou sont pris en charge et rescolarisés par l'ONG.Nous allons donc passer une bonne partie du projet à organiser des activités pour les enfants: randos, bricolages, échanges inter-culturel, etc...Un chouette projet je pense. Nous aurons quand même du temps libre de temps à autre pour faire des visites culturelles et la dernière semaine du projet sera totalement libre au niveau des activités. Voilà pourquoi je demande un petit conseil à "LA COMMUNAUTE" 😎. J'ai déjà lu pas mal de choses et il y a quantité de choses à découvrir/voir mais étant donné le peu de temps dont nous disposons en dehors de notre projet. Pouvez-vous me renseigner sur ce qui selon vous semble être possible: devons-nous nous en tenir à la vallée de KTM (ex: visite de BAkhtapur, etc.) vu le peu de temps, pouvons-nous envisager la dernière semaine de partir jusque Pokhara et même pousser une "pointe" en faisant un mini-trek jusque Poon Hill, la visite d'un Parc naturel semble être envisageable??Cette dernière possibilité et peut-être d'autres semblent être difficiles car nous serons en pleine mousson et de ce fait, nous sommes également limités dans le choix des activités 😕...Enfin, notre beau projet compense bien à lui seul les frustrations dues au manque de temps et à la mousson 😉....Un tout tout tououout grand merci d'avance à tous pour vos avis, renseignements, conseils etc. 🙂
Népal: décembre 2005 - janvier 2006 English translation pending
Cela fait déjà deux mois que je suis rentrée du Népal … voici un mini-compte rendu avec quelques adresses qui pourraient être utiles à ceux qui planfient un voyage dans la region.
Tout d’abord un grand merci à Mile, Tashi, Parmod et Saru, macmizot, Maitairoa et tous ceux qui m’ont aidée dans la prépa du voyage.
Nous avons commencé, bien évidemment, par un vol sur Kathmandou, et le lendemain nous avons directement pris un vol interne (avec Cosmic Air, que nous avons depuis rebaptisée Comic Air) pour le parc national de Bardia.
Je m’étais arrangée avec des gens du Forest Hideaway (🙂🙂🙂) et ils sont venus nous chercher en Jeep à l’aéroport de Nepalganj. Très sympathiques et serviables. Ils se sont mis en 4 pour nous organiser un séjour sur mesure, tournant autour des dauphins du Gange présents dans la rivière Karnali. Nous sommes restés 4 jours complets sur place, dont 2 jours entiers de rafting sur la Karnali. Nous nous sommes aussi promenés dans la forêt à pied et à dos d’éléphant. Outre les dauphins du Gange, nous avons eu la chance de voir 5 rhinos au total : un mâle solitaire, une mère et son petit, et enfin un couple. On ne compte plus les espèces d’oiseaux et les daims que nous avons rencontrés. Aussi un éléphant sauvage, absolument énorme !
Ce séjour a été l’un des moments forts de notre voyage. Malheureusement peu de gens se rendent dans la région puisque Nepalganj est supposée être un repère de Maoïstes. Mais à mon avis, visiter le parc national ne pose pas de risque particulier, du moins en ce qui concerne les Maoïstes. Par contre vous pouvez toujours tomber nez à nez avec un rhino ou un tigre ! Un seul autre touriste était présent dans le « resort » au moment de notre visite. Lui venait pour les tigres, et il en a vu un.
De Bardia, nous avons pris des bus publics (3 au total) vers Lumbini. Nous avons rencontré 7 check-points militaires en cours de route, mais tout s’est très bien passé : les militaires faisaient descendre les népalais, tandis que les népalaises et les touristes pouvaient rester à bord.
Lumbini en soi nous a un peu déçus (😐); il y a de nombreux temples construits par tous les pays bouddhistes du monde, et il y a un temple dédié à Maya Devi, la mère du Bouddha, et dans le temple une pierre marque l’endroit exact (?) de la naissance de Siddartha Gautama. Nous avons également visité Kapilavastu et les sites archéologiques dispersés dans les environs, Kapilavastu étant l’endroit où régnaient les parents du Bouddha. Il reste quelques briques éparses à gauche et à droite mais il faut vraiment faire un gros effort d’imagination pour se représenter « la porte par laquelle le Bouddha est pour la première fois sorti du Palais » 🤪 ... Nous avons ensuite pris l’avion de Bhairawa (minuscule aéroport, légèrement sinistre…) vers KTM avec … Buddha Air. Ca ne s’invente pas.
Nous avons passé une dizaine de jours dans la vallée de KTM et avons visité, dans le désordre, KTM, Patan, Bakthapur, Dulikhel, Swayambunath, Bodnath, encore Patan ...
Nous ne sommes restés qu’une seule nuit à la Khangsar Guest House (😠): soit le personnel roupillait, soit il se foutait royalement de ce qu’on pouvait bien demander, soit encore il comprenait tout de travers mais ne s’en émeuvait de toute façon pas particulièrement. Ou encore il était absent. La guest house en soi était assez sombre et pas spécialement accueillante. Bien sûr cela ne nous a coûté que 6 USD pour une chambre double… c’est OK si vous ne planifiez de rester vraiment qu’une nuit ou 2, mais sinon l’endroit est déprimant et le service est nul. Nous avons donc déménagé vers la International Guest House (🙂🙂🙂) sur Khaldara, un vrai petit paradis un peu à l’extérieur (ô bonheur) de Thamel. Ils ont différents types de chambres ; une chambre double « très basique » avec sdb privée revient à 14 USD, petit déj pour 2 inclus. Une chambre un peu plus classe avec une sdb pourvue d’une baignoire + petit déj pour 2 revient à 18 USD. Nous avons pris le petit-déj au soleil dans le jardin (trèèèès joli !) quasiment tous les jours – oui, c’était en décembre. Le personnel qui sert le petit-déjeuner est parfois un peu lent, mais rien de bien grave, et les réceptionnistes sont très sympas et seviables. Seul défaut : leur service “lessive” est un peu cher mais il y a plein d’endroits dans Thamel où vous pouvez faire laver votre linge pour pas cher.
De là, nous avons encore pris l’avion (avec Co(s)mic Air) pour Pokhara. Nous avons logé au View Point Hotel (🙂🙂), bien nommé (12 USD pour une grande double avec sdb privée, baignoire et vue en plein sur le Macchapucchare ou Fishtail). De là, nous avons pris un avion (devinez quelle compagnie …) pour Jomsom, et avons commencé notre trek – le Jomsom trek, l’auriez-vous deviné.
Nous avons choisi de faire le trek avec un guide, contacté via Adventure Garden Nepal, (🙂🙂) une agence de trek et de voyage de Thamel. Notre guide s’appelle Nirpa Thapa. Son e-mail est nishant_struggle@yahoo.com (🙂🙂🙂); il s’est montré très serviable, très poli et très gentil. Il parle un anglais un peu … haché mais compréhensible, enfin la plupart du temps ;-)) Il connaît bien le trek, et les endroits qu’ils nous a conseillés pour le logement nous ont tous agréablement surpris par leur bon état de propreté, leur confort … et leurs prix très abordables. Ma tea house préférée sur tout le trek est la New Asia GH à Kagbeni (🙂🙂🙂). D’ailleurs j’ai beaucup aimé Kagbeni aussi. Nous avons réalisé le trek (“grimpette” jusqu’à Muktinath et ensuite marche jusqu’à Beni) en 7/8 jours, je ne sais plus exactement (on perd facilement la notion du temps dans ces montagnes !). Nous sommes restés 2 jours à Tatopani, à la fois pour profiter des sources chaudes et pour l’ambiance bien sympathique dans le village. Ici aussi, peu de trekkeurs, nous avons dû rencontrer tout au plus une dizaine de trekkeurs différents tout au long du parcours. On marchait tous plus ou moins au même rythme, et donc on se retrouvait de village en village. On a rencontré un couple de Japonais absolument adorables, ce qui fait que nous avons passé le réveillon de Noël avec eux, à manger de la soupe au miso qu’ils nous ont préparée dans la cuisine de notre guest house, à Lete. Ca changeait du dal bhat !
Retour à Pokhara. Nous pensions n’y rester qu’une nuit et rentrer ensuite sur KTM, mais nous sommes tombés en plein milieu du « Pokhara Street Festival », et avons décidé de prolonger le séjour, ce que nous n’avons pas regretté. Très intéressant, plein de népalais qui s’étaient déplacés pour l’occasion, et encore une fois, peu de touristes. Tous les restaurants avaient mis les petits plats dans les grands, installé des tables et chaises sur la rue – Lakeside était en grande partie fermée à la circulation. L’atmosphère était très détendue, et nous avons assisté à un défilé de différents costumes traditionnels, ainsi que de moines Gelugpa et d’éléphants domestiques. Très sympa.
De là, nous avons repris un bus « Green Line » pour KTM. Bon service, bus confortable, repas à Chitwan inclus dans le prix (12 USD pour Pokhara - KTm si ma mémoire est bonne).
Pendant notre séjour il y a eu une grève générale d’une journée à KTM, à cause d’un massacre qui avait eu lieu à Nagarkot – un soldat avait apparemment pété un plomb et descendu une douzaine de personnes suite à une bagarre. Il y avait des navettes « tourist bus » pour les étrangers devant se rendre à l’aéroport, et sinon tout a été fermé jusqu’à 18h environ, après quoi la vie a repris son cours normal.
Nous avons énormément apprécié notre séjour au Népal, le seul bémol étant parfois les vendeurs de Thamel … sinon les népalais sont très accueillants et souffrent malheureusement pas mal du manque de touristes dans leur pays ; beaucoup d’entre eux tirent en effet leurs revenus de là.
Les endroits que nous avons préférés sont Bodnath, les Annapurnas pendant le trek, et Bardia.
Voilà, j’espère que ces infos seront utiles à quelqu’un et n’hésitez pas à me contacter pour plus de détails. Namasté
Tout d’abord un grand merci à Mile, Tashi, Parmod et Saru, macmizot, Maitairoa et tous ceux qui m’ont aidée dans la prépa du voyage.
Nous avons commencé, bien évidemment, par un vol sur Kathmandou, et le lendemain nous avons directement pris un vol interne (avec Cosmic Air, que nous avons depuis rebaptisée Comic Air) pour le parc national de Bardia.
Je m’étais arrangée avec des gens du Forest Hideaway (🙂🙂🙂) et ils sont venus nous chercher en Jeep à l’aéroport de Nepalganj. Très sympathiques et serviables. Ils se sont mis en 4 pour nous organiser un séjour sur mesure, tournant autour des dauphins du Gange présents dans la rivière Karnali. Nous sommes restés 4 jours complets sur place, dont 2 jours entiers de rafting sur la Karnali. Nous nous sommes aussi promenés dans la forêt à pied et à dos d’éléphant. Outre les dauphins du Gange, nous avons eu la chance de voir 5 rhinos au total : un mâle solitaire, une mère et son petit, et enfin un couple. On ne compte plus les espèces d’oiseaux et les daims que nous avons rencontrés. Aussi un éléphant sauvage, absolument énorme !
Ce séjour a été l’un des moments forts de notre voyage. Malheureusement peu de gens se rendent dans la région puisque Nepalganj est supposée être un repère de Maoïstes. Mais à mon avis, visiter le parc national ne pose pas de risque particulier, du moins en ce qui concerne les Maoïstes. Par contre vous pouvez toujours tomber nez à nez avec un rhino ou un tigre ! Un seul autre touriste était présent dans le « resort » au moment de notre visite. Lui venait pour les tigres, et il en a vu un.
De Bardia, nous avons pris des bus publics (3 au total) vers Lumbini. Nous avons rencontré 7 check-points militaires en cours de route, mais tout s’est très bien passé : les militaires faisaient descendre les népalais, tandis que les népalaises et les touristes pouvaient rester à bord.
Lumbini en soi nous a un peu déçus (😐); il y a de nombreux temples construits par tous les pays bouddhistes du monde, et il y a un temple dédié à Maya Devi, la mère du Bouddha, et dans le temple une pierre marque l’endroit exact (?) de la naissance de Siddartha Gautama. Nous avons également visité Kapilavastu et les sites archéologiques dispersés dans les environs, Kapilavastu étant l’endroit où régnaient les parents du Bouddha. Il reste quelques briques éparses à gauche et à droite mais il faut vraiment faire un gros effort d’imagination pour se représenter « la porte par laquelle le Bouddha est pour la première fois sorti du Palais » 🤪 ... Nous avons ensuite pris l’avion de Bhairawa (minuscule aéroport, légèrement sinistre…) vers KTM avec … Buddha Air. Ca ne s’invente pas.
Nous avons passé une dizaine de jours dans la vallée de KTM et avons visité, dans le désordre, KTM, Patan, Bakthapur, Dulikhel, Swayambunath, Bodnath, encore Patan ...
Nous ne sommes restés qu’une seule nuit à la Khangsar Guest House (😠): soit le personnel roupillait, soit il se foutait royalement de ce qu’on pouvait bien demander, soit encore il comprenait tout de travers mais ne s’en émeuvait de toute façon pas particulièrement. Ou encore il était absent. La guest house en soi était assez sombre et pas spécialement accueillante. Bien sûr cela ne nous a coûté que 6 USD pour une chambre double… c’est OK si vous ne planifiez de rester vraiment qu’une nuit ou 2, mais sinon l’endroit est déprimant et le service est nul. Nous avons donc déménagé vers la International Guest House (🙂🙂🙂) sur Khaldara, un vrai petit paradis un peu à l’extérieur (ô bonheur) de Thamel. Ils ont différents types de chambres ; une chambre double « très basique » avec sdb privée revient à 14 USD, petit déj pour 2 inclus. Une chambre un peu plus classe avec une sdb pourvue d’une baignoire + petit déj pour 2 revient à 18 USD. Nous avons pris le petit-déj au soleil dans le jardin (trèèèès joli !) quasiment tous les jours – oui, c’était en décembre. Le personnel qui sert le petit-déjeuner est parfois un peu lent, mais rien de bien grave, et les réceptionnistes sont très sympas et seviables. Seul défaut : leur service “lessive” est un peu cher mais il y a plein d’endroits dans Thamel où vous pouvez faire laver votre linge pour pas cher.
De là, nous avons encore pris l’avion (avec Co(s)mic Air) pour Pokhara. Nous avons logé au View Point Hotel (🙂🙂), bien nommé (12 USD pour une grande double avec sdb privée, baignoire et vue en plein sur le Macchapucchare ou Fishtail). De là, nous avons pris un avion (devinez quelle compagnie …) pour Jomsom, et avons commencé notre trek – le Jomsom trek, l’auriez-vous deviné.
Nous avons choisi de faire le trek avec un guide, contacté via Adventure Garden Nepal, (🙂🙂) une agence de trek et de voyage de Thamel. Notre guide s’appelle Nirpa Thapa. Son e-mail est nishant_struggle@yahoo.com (🙂🙂🙂); il s’est montré très serviable, très poli et très gentil. Il parle un anglais un peu … haché mais compréhensible, enfin la plupart du temps ;-)) Il connaît bien le trek, et les endroits qu’ils nous a conseillés pour le logement nous ont tous agréablement surpris par leur bon état de propreté, leur confort … et leurs prix très abordables. Ma tea house préférée sur tout le trek est la New Asia GH à Kagbeni (🙂🙂🙂). D’ailleurs j’ai beaucup aimé Kagbeni aussi. Nous avons réalisé le trek (“grimpette” jusqu’à Muktinath et ensuite marche jusqu’à Beni) en 7/8 jours, je ne sais plus exactement (on perd facilement la notion du temps dans ces montagnes !). Nous sommes restés 2 jours à Tatopani, à la fois pour profiter des sources chaudes et pour l’ambiance bien sympathique dans le village. Ici aussi, peu de trekkeurs, nous avons dû rencontrer tout au plus une dizaine de trekkeurs différents tout au long du parcours. On marchait tous plus ou moins au même rythme, et donc on se retrouvait de village en village. On a rencontré un couple de Japonais absolument adorables, ce qui fait que nous avons passé le réveillon de Noël avec eux, à manger de la soupe au miso qu’ils nous ont préparée dans la cuisine de notre guest house, à Lete. Ca changeait du dal bhat !
Retour à Pokhara. Nous pensions n’y rester qu’une nuit et rentrer ensuite sur KTM, mais nous sommes tombés en plein milieu du « Pokhara Street Festival », et avons décidé de prolonger le séjour, ce que nous n’avons pas regretté. Très intéressant, plein de népalais qui s’étaient déplacés pour l’occasion, et encore une fois, peu de touristes. Tous les restaurants avaient mis les petits plats dans les grands, installé des tables et chaises sur la rue – Lakeside était en grande partie fermée à la circulation. L’atmosphère était très détendue, et nous avons assisté à un défilé de différents costumes traditionnels, ainsi que de moines Gelugpa et d’éléphants domestiques. Très sympa.
De là, nous avons repris un bus « Green Line » pour KTM. Bon service, bus confortable, repas à Chitwan inclus dans le prix (12 USD pour Pokhara - KTm si ma mémoire est bonne).
Pendant notre séjour il y a eu une grève générale d’une journée à KTM, à cause d’un massacre qui avait eu lieu à Nagarkot – un soldat avait apparemment pété un plomb et descendu une douzaine de personnes suite à une bagarre. Il y avait des navettes « tourist bus » pour les étrangers devant se rendre à l’aéroport, et sinon tout a été fermé jusqu’à 18h environ, après quoi la vie a repris son cours normal.
Nous avons énormément apprécié notre séjour au Népal, le seul bémol étant parfois les vendeurs de Thamel … sinon les népalais sont très accueillants et souffrent malheureusement pas mal du manque de touristes dans leur pays ; beaucoup d’entre eux tirent en effet leurs revenus de là.
Les endroits que nous avons préférés sont Bodnath, les Annapurnas pendant le trek, et Bardia.
Voilà, j’espère que ces infos seront utiles à quelqu’un et n’hésitez pas à me contacter pour plus de détails. Namasté
Concours photo de juin 2020: "Multicolore" English translation pending
Bonjour,
J'ai le privilège d'organiser le concours photos du moi de juin 2010. J'ai longuement hésité, beaucoup de sujets ont été déjà proposés et faire preuve d’originalité devient de plus en plus compliqué. Il fallait choisir, j'ai choisi : « Multicolore » : « Qui présente des couleurs variées » d 'après la définition. Je n'impose pas le nombre minimum de couleurs présentes, sachant que des photos avec seulement 2 couleurs pourront faire partie du thème, à partir du moment où elles sont en harmonie et que ça « éclate ». En effet, je voudrais que quand on ouvrira une photo, il y ait l'effet : « WHOUAAAAA, les couleurs... « Il faudra malgré tout garder à l'idée la notion de voyage.
Je pense que le thème laisse une grande ouverture.
On pourra présenter une multitude de sujets :
Pourquoi pas des animaux multicolores ?

Des bâtiments multicolores ?

Des personnages ?

Des objets ?

Des scènes de vie ?

Et bien d'autres...

Participation : Chaque participant(e) peut proposer jusqu'à 3 photos, et ce jusqu'au mardi 23/06 à 24h00, heure de Paris. Chaque photo sera présentée dans un seul message, en indiquant son numéro (1, 2 ou 3). Pensez à ajouter une petite explication, commentaire, localisation, date de prise de vue.
Vote : Chaque membre VF peut voter pour les 3 photos qu'il ou elle juge les meilleures selon ses propres critères et en tenant compte du thème.
Les votes se feront du mercredi 24/06 au dimanche 28/06 à 24h00, heure de Paris. Les photos choisies seront citées dans l'ordre de préférence : - la 1re photo : 3 points - la 2e : 2 points - la 3e : 1 point
Un seul et unique vote pour 3 photos est accepté par membre.
Conclusion : Le vainqueur est l'auteur de la photo ayant reçu le plus de points. Les résultats seront publiés le 29/06. En cas d'égalité, le nombre de premières places prévaudra. Le vainqueur aura l'honneur d'organiser le concours du mois de juillet.
La discussion est ici : https://voyageforum.com/discussion/discussions-sujet-concours-photo-juin-2020-multicolore-d10297778/
Philippe
J'ai le privilège d'organiser le concours photos du moi de juin 2010. J'ai longuement hésité, beaucoup de sujets ont été déjà proposés et faire preuve d’originalité devient de plus en plus compliqué. Il fallait choisir, j'ai choisi : « Multicolore » : « Qui présente des couleurs variées » d 'après la définition. Je n'impose pas le nombre minimum de couleurs présentes, sachant que des photos avec seulement 2 couleurs pourront faire partie du thème, à partir du moment où elles sont en harmonie et que ça « éclate ». En effet, je voudrais que quand on ouvrira une photo, il y ait l'effet : « WHOUAAAAA, les couleurs... « Il faudra malgré tout garder à l'idée la notion de voyage.
Je pense que le thème laisse une grande ouverture.
On pourra présenter une multitude de sujets :
Pourquoi pas des animaux multicolores ?

Des bâtiments multicolores ?

Des personnages ?

Des objets ?

Des scènes de vie ?

Et bien d'autres...

Participation : Chaque participant(e) peut proposer jusqu'à 3 photos, et ce jusqu'au mardi 23/06 à 24h00, heure de Paris. Chaque photo sera présentée dans un seul message, en indiquant son numéro (1, 2 ou 3). Pensez à ajouter une petite explication, commentaire, localisation, date de prise de vue.
Vote : Chaque membre VF peut voter pour les 3 photos qu'il ou elle juge les meilleures selon ses propres critères et en tenant compte du thème.
Les votes se feront du mercredi 24/06 au dimanche 28/06 à 24h00, heure de Paris. Les photos choisies seront citées dans l'ordre de préférence : - la 1re photo : 3 points - la 2e : 2 points - la 3e : 1 point
Un seul et unique vote pour 3 photos est accepté par membre.
Conclusion : Le vainqueur est l'auteur de la photo ayant reçu le plus de points. Les résultats seront publiés le 29/06. En cas d'égalité, le nombre de premières places prévaudra. Le vainqueur aura l'honneur d'organiser le concours du mois de juillet.
La discussion est ici : https://voyageforum.com/discussion/discussions-sujet-concours-photo-juin-2020-multicolore-d10297778/
Philippe
Itinéraire pour un premier voyage de 15 jours au Népal English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un couple agés de 57 ans et nous partons au Népal pour la première fois pendant 15 jours sur place au mois de novembre. Notre but n'est pas de faire un trek de plusieurs jours mais plutôt un voyage culturel, à la découverte de la nature et des peuples ethniques. Pour les grandes distances nous aimerions nous déplacer en bus touristiques. Nous avions pensé faire Katmandou et la vallée, une halte à Pandipur puis Pokhara.Puis de là, nous rendre à Chitwan et retour sur Katmandou. Pensez-vous que cela soit réalisable en 15 jours ? Je n'arrive pas à me décider sur le nombre de jours à rester dans chaque endroit notamment dans la vallée de Katmandou où il me semble qu'il y a beaucoup de choses à faire et à voir. Si quelqu'un peut nous aider, c'est avec grand plaisir... Merci d'avance pour vos commentaires. Jim
Nous sommes un couple agés de 57 ans et nous partons au Népal pour la première fois pendant 15 jours sur place au mois de novembre. Notre but n'est pas de faire un trek de plusieurs jours mais plutôt un voyage culturel, à la découverte de la nature et des peuples ethniques. Pour les grandes distances nous aimerions nous déplacer en bus touristiques. Nous avions pensé faire Katmandou et la vallée, une halte à Pandipur puis Pokhara.Puis de là, nous rendre à Chitwan et retour sur Katmandou. Pensez-vous que cela soit réalisable en 15 jours ? Je n'arrive pas à me décider sur le nombre de jours à rester dans chaque endroit notamment dans la vallée de Katmandou où il me semble qu'il y a beaucoup de choses à faire et à voir. Si quelqu'un peut nous aider, c'est avec grand plaisir... Merci d'avance pour vos commentaires. Jim
Organisation d'un voyage au Népal en novembre 2013 English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un groupe de 5 personnes et nous organisons un voyage au Népal du 2/11 au 15/11/2013. J’aurais aimé avoir vos avis sur plusieurs points:
Tout d'abord sur le choix d'un trek de maximum 8 jours : - le langtang - tamang - helambu
Nous souhaitons faire de la marche, avoir une belle vue sur les montagnes et pouvoir partager et échanger avec la population. nous n'avons pas d'itineraires définis juste quelques propositions d'agences locales et du lonely planet.
Pour le visa me conseillez-vous de le prendre en France (revient il beaucoup plus chère? risque de perte par la poste ?) ou de le prendre sur place à l'arrivée à Katmandou (mais risque d'attente longue ? minnimun 2 photos?).
Est-il obligatoire de réserver un logement à l'avance à cette période, vu que nous sommes 5 personnes ? Avez-vous des adresses d'hôtels pas loin du centre-ville et de préférence au calme? Est-il fiable de faire une réservation en ligne ?
Quels vaccins avez-vous fait avant votre départ ?
nous aurons 3 jours pour visiter katmandou et les alentours: quels sont les lieux à ne pas manquer ? combien de liquide prévoir par pers et par jour pour l'hotel + nouriture ?
merci Jennifer
Nous sommes un groupe de 5 personnes et nous organisons un voyage au Népal du 2/11 au 15/11/2013. J’aurais aimé avoir vos avis sur plusieurs points:
Tout d'abord sur le choix d'un trek de maximum 8 jours : - le langtang - tamang - helambu
Nous souhaitons faire de la marche, avoir une belle vue sur les montagnes et pouvoir partager et échanger avec la population. nous n'avons pas d'itineraires définis juste quelques propositions d'agences locales et du lonely planet.
Pour le visa me conseillez-vous de le prendre en France (revient il beaucoup plus chère? risque de perte par la poste ?) ou de le prendre sur place à l'arrivée à Katmandou (mais risque d'attente longue ? minnimun 2 photos?).
Est-il obligatoire de réserver un logement à l'avance à cette période, vu que nous sommes 5 personnes ? Avez-vous des adresses d'hôtels pas loin du centre-ville et de préférence au calme? Est-il fiable de faire une réservation en ligne ?
Quels vaccins avez-vous fait avant votre départ ?
nous aurons 3 jours pour visiter katmandou et les alentours: quels sont les lieux à ne pas manquer ? combien de liquide prévoir par pers et par jour pour l'hotel + nouriture ?
merci Jennifer
Voyage "sur les traces du Bouddha!" en Inde du Sud et Népal English translation pending
bonsoir, nouvelle sur ce site, je suis un peu perdue!🤪
je vous expose mon projet: je souhaiterais partir en inde du nord et népal (lumbini) voir certaines "villes saintes" bouddhistes. (je pense a bodhgaya, Sarnath, Kushinagar..)
je n'en suis encore qu'au stade du rassemblement d'informations, donc tous vos conseils, points de vues, sont bon à prendre pour moi! ;)
es ce que quelqu un ici a deja fait cet itineraire?
vaudrais t il mieux arriver par l'Inde ou par le Népal?
quelle est la meilleure periode pour cette destination?
enfin, j'ai tout un tas de questions pour mettre en place ce beau voyage à venir.
MERCI pour vos idées et vos conseils! 🙂
Voyage Inde/Népal avec nos routards d'enfants English translation pending
Bonjour,
Je suis content de revenir sur ce forum car cela signifie que le voyage n'est pas loin. Nous repartons avec nos enfants et nos sacs à dos mais cette fois sur un continent que nous ne connaissons pas l’Asie. Nous avons choisi l'inde et le Népal. Dans tout nos voyages nous avons privilégié les rencontres avec les locaux et donc les communautés. Nous disposons de 21 jours pour faire les deux pays entre octobre et novembre de cette année. Je commence tout juste à regarder mais aimerais avoir les avis de personnes avisées ayant déjà parcouru ces beaux pays. Nos enfants sont de vrais petits routards, les nombreuses heures de bus dans la cordillère des andes (presque 25 h de suite) ou dans la vallée du rift les ont aguerris. Nous aimerions visiter quelques incontournables en inde (varanasi par ex) mais aussi découvrir le nord de l'inde et des communautés. Disposez vous d'infos la dessus et de conseils ? Ensuite au Népal, je souhaiterais partager le quotidien d'ethnies dans les montagnes pour redescendre vers katmandou à la fin du voyage. En gros l'authenticité des gens et les paysages à couper le souffle. Merci encore pour vos conseils et vos adresses.
Nico
Je suis content de revenir sur ce forum car cela signifie que le voyage n'est pas loin. Nous repartons avec nos enfants et nos sacs à dos mais cette fois sur un continent que nous ne connaissons pas l’Asie. Nous avons choisi l'inde et le Népal. Dans tout nos voyages nous avons privilégié les rencontres avec les locaux et donc les communautés. Nous disposons de 21 jours pour faire les deux pays entre octobre et novembre de cette année. Je commence tout juste à regarder mais aimerais avoir les avis de personnes avisées ayant déjà parcouru ces beaux pays. Nos enfants sont de vrais petits routards, les nombreuses heures de bus dans la cordillère des andes (presque 25 h de suite) ou dans la vallée du rift les ont aguerris. Nous aimerions visiter quelques incontournables en inde (varanasi par ex) mais aussi découvrir le nord de l'inde et des communautés. Disposez vous d'infos la dessus et de conseils ? Ensuite au Népal, je souhaiterais partager le quotidien d'ethnies dans les montagnes pour redescendre vers katmandou à la fin du voyage. En gros l'authenticité des gens et les paysages à couper le souffle. Merci encore pour vos conseils et vos adresses.
Nico
Inde et Népal à l'automne English translation pending
Bonjour,
je suis en train de planifier mon premier voyage en Inde et au Népal. J'envisage de partir un mois vers le 20 octobre. Je n'ai pas encore les billets... Je début dans mes recherches d'information mais je pense faire 3 semaines en Inde et 1 semaine au Népal. Qu'en pensez vous ? Quels sont vos conseils ?
Je pense arriver à Bombay ou New Dehli, visiter ces deux villes et voyager aux alentours. Peut être aller jusqu'à Goa. Je ne me rends pas bien compte de la durée des transports en Inde et je ne sais pas ce que je pourrais faire en 3 semaines ?
ensuite rejoindre le Népal. A cette période, le mieux est il de privilégier l'avion pour faire le trajet entre New Dehly et Kathmandu ? La bas, je n'aurais environ qu'une semaine. C'est court mais je pensai aller à Tokhara et Thamel.
Merci d'avance pour tous vos conseils.
MiK
je suis en train de planifier mon premier voyage en Inde et au Népal. J'envisage de partir un mois vers le 20 octobre. Je n'ai pas encore les billets... Je début dans mes recherches d'information mais je pense faire 3 semaines en Inde et 1 semaine au Népal. Qu'en pensez vous ? Quels sont vos conseils ?
Je pense arriver à Bombay ou New Dehli, visiter ces deux villes et voyager aux alentours. Peut être aller jusqu'à Goa. Je ne me rends pas bien compte de la durée des transports en Inde et je ne sais pas ce que je pourrais faire en 3 semaines ?
ensuite rejoindre le Népal. A cette période, le mieux est il de privilégier l'avion pour faire le trajet entre New Dehly et Kathmandu ? La bas, je n'aurais environ qu'une semaine. C'est court mais je pensai aller à Tokhara et Thamel.
Merci d'avance pour tous vos conseils.
MiK
Népal 2010: fête de Dasain et tourisme? English translation pending
Bonjour,
nous partons au Népal 4 semaines en octobre, nous serons donc là-bas durant les festivités de Dasain. Le pays est-il vraiment bloqué (hebergement, transport) durant cette période ? Est-il préférable d'être à la campagne (en trek) ou bien à Katmandou pour en profiter sans en subir trop les conséquences ?
merci d'avance pour vos réponses !!!
nous partons au Népal 4 semaines en octobre, nous serons donc là-bas durant les festivités de Dasain. Le pays est-il vraiment bloqué (hebergement, transport) durant cette période ? Est-il préférable d'être à la campagne (en trek) ou bien à Katmandou pour en profiter sans en subir trop les conséquences ?
merci d'avance pour vos réponses !!!
La prière dans le monde! English translation pending
La nuit tombe d’un coup et je suis sans cesse étonnée de passer ainsi du clair au noir.
Après cette journée fatigante, je rentre à la maison et jette mes sandales dans un coin.
Dans son petit bassin de bronze, la fleur de lotus est déjà refermée.
Tout est silencieux mais j’entends le léger murmure incantatoire de Tiago.
Il prie.
Assis devant son petit autel, les volutes odorantes des bâtonnets d’encens s’enroulent autour de ses cheveux noirs. Son dos dur et sombre luit et la lueur de la flamme dans la coupelle de ghee danse sur ses épaules.
La grande image de Shiva fixée au mur se décolle dans un angle, pliant les pointes du trident.
Le dieu garde ses yeux mi-clos sur la création du monde et les cycles de l’univers.
Dans sa longue chevelure, au sommet de sa tête s’enroule un serpent.
Un dieu coloré bienveillant dans cette représentation, l’une de ses quatre mains ouverte sur le genou.
Tiago a posé son offrande, une noix de coco est une guirlande de fleurs jaune dont je ne retiens jamais le nom.
Immobile.
Il prie.
__
J’ai vu des gens agenouillés, des gens couchés face contre terre, assis en tailleur, assis mains jointes. J’ai vu des gens danser, j’ai vu des processions colorées, j’ai entendu des mélopées hypnotiques, j’ai écouté des cymbales, des trompettes, de grandes orgues, des chants liturgiques, des psaumes, le fanbai, des chants grégoriens et des gospels, des chants diphoniques qui remuent le ventre.
J’ai vu des flèches perçant les nuages, des coupoles dorées, des dômes de pierre, des cathédrales, des temples, des autels flamboyant de dorures, des allées de chevaux de pierre, des temples de feu et des chapelles de pierre blotties sous les ombrages, de bois ensevelies sous la neige, des cryptes froides et silencieuses, des maisons d’adoration sans effigie, des monastères accrochés à la montagne , des cloîtres dans la ville.
j’ai vu des costumes de cérémonies multicolores, des tenues de fourrure, des saris de fêtes soyeux, des chapeaux rouge étranges, des plumets et des têtes rasées. J’ai vu des hommes tirer des chars la peau du dos distendue par des crochets, j’ai été subjuguée par des mandala de sable, tout est éphémère.
Partout où mes pas ont foulé d’autres terres, j’ai vu des croyants réunis, rassemblés, unis, bruyants, silencieux, exaltés, recueillis.
J’ai touché des chapelets de buis, d’ivoire, en corail, en noyaux, les perles égrenant le nom divin, les mantras, les prières, tenu des croix de roseaux, de feuilles de maïs, porté des couronnes de fleurs, tenu des moulins de prière. J’ai regardé des dieux vêtus d’oripeaux décolorés, vêtus d’habits précieux, nus ceints d’un pagne, l’arbre à souhaits aux rubans multicolores agités par les tourbillons de neige.
J’ai respiré l’odeur de l’encens, j’ai respiré l’odeur de la cire fondue, j’ai respiré le parfum des fleurs fraîches et l’odeur surette des offrandes pourrissantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Et je sais, qu’aujourd’hui, je ne sais rien de cette ferveur puissante qui soulève et porte et emporte les peuples du monde. Je sais aussi que le tremblement de mes jambes et les yeux qui picotent devant la ferveur de Tiago, ce soir là, il y a des lustres, huit peut-être, c’est tellement loin, fut ce qui s’approchait le plus d’une prière. Ou, peut-être étais-je secrètement amoureuse...
Ainsi, je crois que beaucoup ont vécu ces instants étranges de communion, d’observation respectueuse, que beaucoup connaissent les rites et rituels, les byzantins, coptes, maronites, et tant d’autres, des rites de passage et des rites d’intercessions appelant la pluie, la fécondité . Ces rites qui rythment la vie dans tous ces pays que je n’aurais plus le temps de connaître.
Comment se vit la prière en Afrique, chez les aborigènes d’Australie, à Madagascar, à Cuba, en Chine, au Japon, en Indonésie ou ailleurs ?. Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ? Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux, l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous aussi ?
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
J’ai vu des gens agenouillés, des gens couchés face contre terre, assis en tailleur, assis mains jointes. J’ai vu des gens danser, j’ai vu des processions colorées, j’ai entendu des mélopées hypnotiques, j’ai écouté des cymbales, des trompettes, de grandes orgues, des chants liturgiques, des psaumes, le fanbai, des chants grégoriens et des gospels, des chants diphoniques qui remuent le ventre.
J’ai vu des flèches perçant les nuages, des coupoles dorées, des dômes de pierre, des cathédrales, des temples, des autels flamboyant de dorures, des allées de chevaux de pierre, des temples de feu et des chapelles de pierre blotties sous les ombrages, de bois ensevelies sous la neige, des cryptes froides et silencieuses, des maisons d’adoration sans effigie, des monastères accrochés à la montagne , des cloîtres dans la ville.
j’ai vu des costumes de cérémonies multicolores, des tenues de fourrure, des saris de fêtes soyeux, des chapeaux rouge étranges, des plumets et des têtes rasées. J’ai vu des hommes tirer des chars la peau du dos distendue par des crochets, j’ai été subjuguée par des mandala de sable, tout est éphémère.
Partout où mes pas ont foulé d’autres terres, j’ai vu des croyants réunis, rassemblés, unis, bruyants, silencieux, exaltés, recueillis.
J’ai touché des chapelets de buis, d’ivoire, en corail, en noyaux, les perles égrenant le nom divin, les mantras, les prières, tenu des croix de roseaux, de feuilles de maïs, porté des couronnes de fleurs, tenu des moulins de prière. J’ai regardé des dieux vêtus d’oripeaux décolorés, vêtus d’habits précieux, nus ceints d’un pagne, l’arbre à souhaits aux rubans multicolores agités par les tourbillons de neige.
J’ai respiré l’odeur de l’encens, j’ai respiré l’odeur de la cire fondue, j’ai respiré le parfum des fleurs fraîches et l’odeur surette des offrandes pourrissantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Et je sais, qu’aujourd’hui, je ne sais rien de cette ferveur puissante qui soulève et porte et emporte les peuples du monde. Je sais aussi que le tremblement de mes jambes et les yeux qui picotent devant la ferveur de Tiago, ce soir là, il y a des lustres, huit peut-être, c’est tellement loin, fut ce qui s’approchait le plus d’une prière. Ou, peut-être étais-je secrètement amoureuse...
Ainsi, je crois que beaucoup ont vécu ces instants étranges de communion, d’observation respectueuse, que beaucoup connaissent les rites et rituels, les byzantins, coptes, maronites, et tant d’autres, des rites de passage et des rites d’intercessions appelant la pluie, la fécondité . Ces rites qui rythment la vie dans tous ces pays que je n’aurais plus le temps de connaître.
Comment se vit la prière en Afrique, chez les aborigènes d’Australie, à Madagascar, à Cuba, en Chine, au Japon, en Indonésie ou ailleurs ?. Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ? Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux, l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous aussi ?
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
On remonte le temps: Népal 2000, Camp de base de l'Everest English translation pending
Allez on se retrouve en Asie cette fois pour tutoyer le toit du monde 😛 Là internet commençait à pointer le bout de son nez, VF en 1999 je sais pas si ça existait, en tout cas je ne connaissait pas 🙂. Il y avait la possibilité de partir tout seul et de trouver un guide, des porteurs sur place ..... J'ai préféré passer par un agence spécialisée dans le trekking pour réaliser se voyage !
C'est un voyage de 22 jours que je vais vous conter !
Le groupe est constitué de 15 personnes, dont l'age va de 23 à 62 ans. Mise à part un couple particulièrement pénible tout le monde à fait les efforts nécessaires pour que le voyage se passe bien. Des parties acharnées de Uno tous les soirs ont grandement contribué à la bonne humeur du groupe et des porteurs qui ne comprenaient pas pourquoi un jeu de carte pouvait nous faire autant rire.
Le guide un accompagnateur en haute montagne, c'est en grande partie grâce à lui si le voyage c'est aussi bien passé il a toujours était disponible pour tout le monde et il a su désamorcer tous les petits conflits, inhérent à ce type de voyage, dans l’œuf.
Vendredi 21/04/2000 : Paris Katmandou
Le rendez vous est fixé 20 heures à l'aéroport Charles de Gaulle, pour un décollage à 23h30 la compagnie que nous allons prendre est Pakistan Airlines ce qui est loin d'être le top. Nous partons finalement avec 1 heure de retard. J'adore les consignes qui sont ponctués avec un à la grâce de dieu 🤪, J'ai dormi tout le long du vol, dors du sommeil du juste jusqu'à notre première escale Islamabad, capitale du Pakistan. Maintenant j'ai plus de mal à dormir en avion pas parce que j'en ai peur, mais avec l'age j'ai besoin d'un peux plus de confort 😇
Nous allons prendre notre deuxième avion à destination de Katmandou terminus de notre voyage, bonjour les formalités dans l'aéroport 4 contrôles de passeport et des bagages de soute, alors que nous sommes toujours dans la zone franche. Nous atterrissons à l'aéroport de Katmandou, un court transfert en car nous fait découvrir la ville, les premières impressions sont la pauvreté et la pollution qui entourent la ville, nous finissons par arriver dans un magnifique Hotel, dans le centre de la ville, vers 17 h 50. Le temps de déposer nos affaires, nous descendons manger et direction le lit.
Là vous vous dites quelle mémoire, ben non faut pas croire, j'ai pris des notes pour ce voyage et je les ai encore 🙂
Pour le moment mon record d'altitude ( 5 895 m) va-t-il être battu ? Vous le saurez en me suivant
A demain
C'est un voyage de 22 jours que je vais vous conter !
Le groupe est constitué de 15 personnes, dont l'age va de 23 à 62 ans. Mise à part un couple particulièrement pénible tout le monde à fait les efforts nécessaires pour que le voyage se passe bien. Des parties acharnées de Uno tous les soirs ont grandement contribué à la bonne humeur du groupe et des porteurs qui ne comprenaient pas pourquoi un jeu de carte pouvait nous faire autant rire.
Le guide un accompagnateur en haute montagne, c'est en grande partie grâce à lui si le voyage c'est aussi bien passé il a toujours était disponible pour tout le monde et il a su désamorcer tous les petits conflits, inhérent à ce type de voyage, dans l’œuf.
Vendredi 21/04/2000 : Paris Katmandou
Le rendez vous est fixé 20 heures à l'aéroport Charles de Gaulle, pour un décollage à 23h30 la compagnie que nous allons prendre est Pakistan Airlines ce qui est loin d'être le top. Nous partons finalement avec 1 heure de retard. J'adore les consignes qui sont ponctués avec un à la grâce de dieu 🤪, J'ai dormi tout le long du vol, dors du sommeil du juste jusqu'à notre première escale Islamabad, capitale du Pakistan. Maintenant j'ai plus de mal à dormir en avion pas parce que j'en ai peur, mais avec l'age j'ai besoin d'un peux plus de confort 😇
Nous allons prendre notre deuxième avion à destination de Katmandou terminus de notre voyage, bonjour les formalités dans l'aéroport 4 contrôles de passeport et des bagages de soute, alors que nous sommes toujours dans la zone franche. Nous atterrissons à l'aéroport de Katmandou, un court transfert en car nous fait découvrir la ville, les premières impressions sont la pauvreté et la pollution qui entourent la ville, nous finissons par arriver dans un magnifique Hotel, dans le centre de la ville, vers 17 h 50. Le temps de déposer nos affaires, nous descendons manger et direction le lit.
Là vous vous dites quelle mémoire, ben non faut pas croire, j'ai pris des notes pour ce voyage et je les ai encore 🙂
Pour le moment mon record d'altitude ( 5 895 m) va-t-il être battu ? Vous le saurez en me suivant
A demain
Guest house à Bhaktapur / trip à Bardia (Népal) English translation pending
Bonjour tout le monde,
après quelques recherches, je me tourne vers la communauté VF pour plusieurs questions concernant mon prochain trip au nepal avec un ami.
1/ Pas envie de respirer l'air de Katmandu cette fois-ci, donc on compte aller directement à Bhaktapur dès notre arrivée le 16/10 prochain à 6h30 du mat. Connaissez-vous une GH sympa, pas chère (500/1000rps la nuit) pour se poser 2/3 jours ? On a l'habitude de voyager en "routard". Confirmez-vous qu'il faut réserver pour cette période ? Combien coute le taxi de l'aéroport à Bhaktapur ?
2/ Connaissant Chitwan, on a envie d'aller à Bardia. Etant donné qu'on a prévu d'aller buller à Pokhara, vaut mieux partir de là plutôt de que de ktm ? Connaissez vous le prix indicatif d'une voiture Pokhara/Bardia? Et enfin, la route Pokhara/Bardia passe obligatoirement par Lumbini?
Merci de vos infos
après quelques recherches, je me tourne vers la communauté VF pour plusieurs questions concernant mon prochain trip au nepal avec un ami.
1/ Pas envie de respirer l'air de Katmandu cette fois-ci, donc on compte aller directement à Bhaktapur dès notre arrivée le 16/10 prochain à 6h30 du mat. Connaissez-vous une GH sympa, pas chère (500/1000rps la nuit) pour se poser 2/3 jours ? On a l'habitude de voyager en "routard". Confirmez-vous qu'il faut réserver pour cette période ? Combien coute le taxi de l'aéroport à Bhaktapur ?
2/ Connaissant Chitwan, on a envie d'aller à Bardia. Etant donné qu'on a prévu d'aller buller à Pokhara, vaut mieux partir de là plutôt de que de ktm ? Connaissez vous le prix indicatif d'une voiture Pokhara/Bardia? Et enfin, la route Pokhara/Bardia passe obligatoirement par Lumbini?
Merci de vos infos
Concours Photo Mars 2015: Textures du monde entier English translation pending
Bonsoir,
Je déclare ouvert ce jour le 56e concours de photo VF.
L'année dernière, j'avais renoncé à proposer un thème purement graphique, mais cette fois-ci, soyons fous, je prends le risque, je me lance !
Le thème de ce mois de mars sera donc : Textures du monde entier (mars 2015).
Ces textures pourront être végétales, minérales ou animales, naturelles ou manufacturées. Bois, métal, pierre, feuilles, peau, tout est possible. Les briques d'un mur, un tapis de fleurs, une porte, de l'herbe, un étal de légumes, de la tôle, des pièces de monnaie, du tissu, un container, de l'eau... tout, sauf du ciel.
Des éléments étrangers peuvent y figurer, comme une gouttière sur le mur, ou une poignée sur la porte, l'on peut casser l'uniformité.
Pour fixer davantage les choses, vous pouvez prendre des idées (mais pas des photos) sur ce site. N'hésitez pas à proposer quelque chose de plus vivant, d'inhabituel, de dépaysant !
Pour participer, merci de poster jusqu'à trois photos prises par vous, et non sur Internet, de préférence chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toute explication sur ces photos sera la bienvenue (mettez au moins la localisation). Ces photos devront respecter le thème tout en étant une invitation au voyage, ce qui ne sera sans doute pas facile. Essayez d'apporter du plaisir à ceux qui regarderont vos photos.
Vous avez jusqu'au lundi 23 mars 2015, 23h03 (heure de Paris) pour présenter vos oeuvres. Le vote aura lieu du lendemain, mardi 24 mars, zéro heure au dimanche 29 mars, 23h29. Vous voterez pour trois photos maximum, en indiquant le plus clairement possible le nom de l'auteur(e) et le numéro de la photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Les votes comportant plus de trois photos ne seront pas pris en compte.
Le gagnant est celui qui obtiendra le plus de points. En cas d'ex aequo, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d'avril qu'il organisera. Les ex aequo à une autre place que la première ne seront pas départagés.
Il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, et à compter du dimanche 23, seulement les votes. Un fil Discussions autour de ce concours a été ouvert.
Bon concours !
Fil parallèle consacré aux discussions : ici, Diaporama présentant les photos proposées : là
Je déclare ouvert ce jour le 56e concours de photo VF.
L'année dernière, j'avais renoncé à proposer un thème purement graphique, mais cette fois-ci, soyons fous, je prends le risque, je me lance !
Le thème de ce mois de mars sera donc : Textures du monde entier (mars 2015).
Ces textures pourront être végétales, minérales ou animales, naturelles ou manufacturées. Bois, métal, pierre, feuilles, peau, tout est possible. Les briques d'un mur, un tapis de fleurs, une porte, de l'herbe, un étal de légumes, de la tôle, des pièces de monnaie, du tissu, un container, de l'eau... tout, sauf du ciel.
Des éléments étrangers peuvent y figurer, comme une gouttière sur le mur, ou une poignée sur la porte, l'on peut casser l'uniformité.
Pour fixer davantage les choses, vous pouvez prendre des idées (mais pas des photos) sur ce site. N'hésitez pas à proposer quelque chose de plus vivant, d'inhabituel, de dépaysant !
Pour participer, merci de poster jusqu'à trois photos prises par vous, et non sur Internet, de préférence chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toute explication sur ces photos sera la bienvenue (mettez au moins la localisation). Ces photos devront respecter le thème tout en étant une invitation au voyage, ce qui ne sera sans doute pas facile. Essayez d'apporter du plaisir à ceux qui regarderont vos photos.
Vous avez jusqu'au lundi 23 mars 2015, 23h03 (heure de Paris) pour présenter vos oeuvres. Le vote aura lieu du lendemain, mardi 24 mars, zéro heure au dimanche 29 mars, 23h29. Vous voterez pour trois photos maximum, en indiquant le plus clairement possible le nom de l'auteur(e) et le numéro de la photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Les votes comportant plus de trois photos ne seront pas pris en compte.
Le gagnant est celui qui obtiendra le plus de points. En cas d'ex aequo, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d'avril qu'il organisera. Les ex aequo à une autre place que la première ne seront pas départagés.
Il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, et à compter du dimanche 23, seulement les votes. Un fil Discussions autour de ce concours a été ouvert.
Bon concours !
Fil parallèle consacré aux discussions : ici, Diaporama présentant les photos proposées : là
Vallée du Langtang avril 2015 English translation pending
Bonsoir à tous !
Habitués aux voyages en Asie du Sud Est avec nos deux enfants, on prévoit cette fois un voyage à deux en avril au Népal. Ce sera malheureusement très court pour ce premier voyage : 12 jours pleins sur place.
Depuis qu'on a nos billets on a passé pas mal de temps à éplucher ce forum et divers blogs, je sens d'ailleurs déjà que ce voyage ne sera probablement pas le dernier dans ce pays !! 🙂
Puisqu'il faut faire des choix, on passera quelques jours dans la vallée de Katmandou, aussi pour passer le nouvel an népalais à Bhaktapur ; puis il restera une semaine trajets compris pour faire un trek.
Du coup on s'oriente vers la vallée du Langtang. Le Tamang heritage a l'air super aussi, on a longuement hésité mais si la météo le permet on se dit qu'on essayera de prendre un peu d'altitude et de se rapprocher plus des sommets.
- On pensait peut-être faire le trajet aller en jeep : un peu moins de temps et de fatigue, et possibilité de commencer un peu à marcher l'après midi ? Comment réserve-t-on ces jeeps : auriez vous les coordonnées d'un chauffeur ou d'une agence ? Combien de places, possibilité de partager avec d'autres voyageurs ?
- A priori le trek semble pouvoir de faire sans guide ni porteur : on pensait partir léger et ne prendre qu'un drap en soie et pas de duvet (si toutes les lodges prêtent suffisamment de couvertures ?)
- A cette saison, est-il utile de réserver les lodges ?
- Peut-on trouver un guide sur place à Kyanjin Gompa, dans l'idée de faire un sommet à la journée depuis le village ? Apparemment dans la vallée on ne peut pas se perdre mais pour faire un sommet c'est peut-être mieux d'être accompagné ?
- Les lodges ont-elles parfois l'électricité (panneaux solaires ?) pour recharger les batteries d'appareil photo, GPS...?
Question subsidiaire, y a-t-il du réseau téléphonique dans la vallée ? par sécurité si on n'a pas de guide.
Ces questions vous paraîtront peut-être naïves mais comme on ne connait pas du tout le pays on a parfois du mal à visualiser ! Merci d'avance de vos éclairages 😎
Julien
Habitués aux voyages en Asie du Sud Est avec nos deux enfants, on prévoit cette fois un voyage à deux en avril au Népal. Ce sera malheureusement très court pour ce premier voyage : 12 jours pleins sur place.
Depuis qu'on a nos billets on a passé pas mal de temps à éplucher ce forum et divers blogs, je sens d'ailleurs déjà que ce voyage ne sera probablement pas le dernier dans ce pays !! 🙂
Puisqu'il faut faire des choix, on passera quelques jours dans la vallée de Katmandou, aussi pour passer le nouvel an népalais à Bhaktapur ; puis il restera une semaine trajets compris pour faire un trek.
Du coup on s'oriente vers la vallée du Langtang. Le Tamang heritage a l'air super aussi, on a longuement hésité mais si la météo le permet on se dit qu'on essayera de prendre un peu d'altitude et de se rapprocher plus des sommets.
- On pensait peut-être faire le trajet aller en jeep : un peu moins de temps et de fatigue, et possibilité de commencer un peu à marcher l'après midi ? Comment réserve-t-on ces jeeps : auriez vous les coordonnées d'un chauffeur ou d'une agence ? Combien de places, possibilité de partager avec d'autres voyageurs ?
- A priori le trek semble pouvoir de faire sans guide ni porteur : on pensait partir léger et ne prendre qu'un drap en soie et pas de duvet (si toutes les lodges prêtent suffisamment de couvertures ?)
- A cette saison, est-il utile de réserver les lodges ?
- Peut-on trouver un guide sur place à Kyanjin Gompa, dans l'idée de faire un sommet à la journée depuis le village ? Apparemment dans la vallée on ne peut pas se perdre mais pour faire un sommet c'est peut-être mieux d'être accompagné ?
- Les lodges ont-elles parfois l'électricité (panneaux solaires ?) pour recharger les batteries d'appareil photo, GPS...?
Question subsidiaire, y a-t-il du réseau téléphonique dans la vallée ? par sécurité si on n'a pas de guide.
Ces questions vous paraîtront peut-être naïves mais comme on ne connait pas du tout le pays on a parfois du mal à visualiser ! Merci d'avance de vos éclairages 😎
Julien
Meilleur itinéraire pour Lumbini-Kushinagar-Varanasi-Bodhgaya-Kathmandu English translation pending
Bonjour,
je projete un voyage au Népal avec l'option de faire un détour sur l'Inde du Nord. J'ai besoin de trouver le meilleur trajet pour l'itinéraire suivant (détour sur l'Inde), en partant de Kathmandu vers le 17 juin 2014. Le meilleur ordre est à déterminer. Note : je serai en solo (seul), avec mon sac à l'épaule :
1. départ de Kathmandu, vers le 17 juin. 2. Vol en avion pour Lumbini. Je prévoit y rester deux ou trois jours pour prendre mon temps. Je ne veux pas de stress ! 3. Kushinagar. Je prévois y rester deux ou trois jours (prendre mon temps, me reposer, pas stresser, etc). 4. Varanasi, Je veux y rester au moins 4 jours. Faire du Yoga, prendre mon temps, pépère, etc. 5. Bodhgaya. Y rester trois jours. 6. Retour à Kathmandu pour le 4 juillet.
Je ne suis pas sûr de l'ordre 4 et 5, et je ne sais pas quel est le meilleur chemin pour le retour à Kathmandu (avion ?).
Quel est votre avis ? Ce détour est-il réaliste pour un voyage seul, surtout en tenant compte des températures infernales qui va régner en Inde entre le 17 juin et le 4 juillet ?
Modification :
L'itinéraire suivant est peut être plus adéquat, avec un vol aérien pour le retour de Varanasi à Kathmandu :
0. Arrivée à Kathmandu (de Montréal, Canada) vers le 15 juin. Trois jours pour me reposer. 1. Départ de Kathmandu, vers le 18 juin. Vol en avion pour Lumbini. Je prévoit y rester deux ou trois jours. 2. Kushinagar. Je prévois y rester deux ou trois jours. 3. Patna. Deux jours ? 4. Bodhgaya. Trois jours ? 5. Varanasi, Je veux y rester au moins 4 ou 5 jours. 6. Vol Varanasi-Kathmandu. Retour à Kathmandu pour le 2 ou 3 juillet.
À la limite, je pourrais sacrifier Patna-Bodhgaya et descendre directement de Kushinagar à Varanasi, puis prendre l'avion pour retourner à Kathmandu, si ça me permet de sauver pas mal de fatigue en transport et en température infernale. Je ne sais même pas dans quoi je m'embarque !
je projete un voyage au Népal avec l'option de faire un détour sur l'Inde du Nord. J'ai besoin de trouver le meilleur trajet pour l'itinéraire suivant (détour sur l'Inde), en partant de Kathmandu vers le 17 juin 2014. Le meilleur ordre est à déterminer. Note : je serai en solo (seul), avec mon sac à l'épaule :
1. départ de Kathmandu, vers le 17 juin. 2. Vol en avion pour Lumbini. Je prévoit y rester deux ou trois jours pour prendre mon temps. Je ne veux pas de stress ! 3. Kushinagar. Je prévois y rester deux ou trois jours (prendre mon temps, me reposer, pas stresser, etc). 4. Varanasi, Je veux y rester au moins 4 jours. Faire du Yoga, prendre mon temps, pépère, etc. 5. Bodhgaya. Y rester trois jours. 6. Retour à Kathmandu pour le 4 juillet.
Je ne suis pas sûr de l'ordre 4 et 5, et je ne sais pas quel est le meilleur chemin pour le retour à Kathmandu (avion ?).
Quel est votre avis ? Ce détour est-il réaliste pour un voyage seul, surtout en tenant compte des températures infernales qui va régner en Inde entre le 17 juin et le 4 juillet ?
Modification :
L'itinéraire suivant est peut être plus adéquat, avec un vol aérien pour le retour de Varanasi à Kathmandu :
0. Arrivée à Kathmandu (de Montréal, Canada) vers le 15 juin. Trois jours pour me reposer. 1. Départ de Kathmandu, vers le 18 juin. Vol en avion pour Lumbini. Je prévoit y rester deux ou trois jours. 2. Kushinagar. Je prévois y rester deux ou trois jours. 3. Patna. Deux jours ? 4. Bodhgaya. Trois jours ? 5. Varanasi, Je veux y rester au moins 4 ou 5 jours. 6. Vol Varanasi-Kathmandu. Retour à Kathmandu pour le 2 ou 3 juillet.
À la limite, je pourrais sacrifier Patna-Bodhgaya et descendre directement de Kushinagar à Varanasi, puis prendre l'avion pour retourner à Kathmandu, si ça me permet de sauver pas mal de fatigue en transport et en température infernale. Je ne sais même pas dans quoi je m'embarque !
Itinéraire de quinze jours au Népal English translation pending
Bonjour à tous,
Nous projetons mon ami et moi de nous rendre au Népal en novembre prochain.
Nous n'avons que 15 jours, voici donc le programme mis en place :
29-octPAR / KTM30-octKTM31-octKTM01-novKTM / BHAKTAPUR / NAGARKOT 02-novNAGARKOT / DHULIKEL / PANAUTI / KTM 03-novKTM / PATAN / KTM04-novKTM05-novKTM / POKHARA06-novPOKHARA07-novPOKHARA / CHITWAN08-novCHITWAN09-novCHITWAN / KTM10-novKTM11-novKTM / PAR12-novPAR
Ma première question : étant donné le peu de temps que nous avons sur place, nous ne pouvons envisager un trek de plus de 3 jours... Est-il possible de faire la visite des 1er et 2 novembre, avec éventuellement 1 jour de plus si nécessaire en mini-trekking avec une agence locale ? Quand je cherche sur internet, la plupart propose des trekking longs, ou des circuits organisés dans tout le Népal... ce qui n'est pas ce que nous recherchons. 2ème question : le Parc Chitwan vaut-il réellement le coup ? Je ne sais pas, c'est une question comme ça... Je me demande si je ne préfèrerais pas passer plus de temps dans la région de Pokhara à la place... mais sans connaître, c'est difficile de se faire une idée...
Merci beaucoup pour votre aide !
Carmen
Nous projetons mon ami et moi de nous rendre au Népal en novembre prochain.
Nous n'avons que 15 jours, voici donc le programme mis en place :
29-octPAR / KTM30-octKTM31-octKTM01-novKTM / BHAKTAPUR / NAGARKOT 02-novNAGARKOT / DHULIKEL / PANAUTI / KTM 03-novKTM / PATAN / KTM04-novKTM05-novKTM / POKHARA06-novPOKHARA07-novPOKHARA / CHITWAN08-novCHITWAN09-novCHITWAN / KTM10-novKTM11-novKTM / PAR12-novPAR
Ma première question : étant donné le peu de temps que nous avons sur place, nous ne pouvons envisager un trek de plus de 3 jours... Est-il possible de faire la visite des 1er et 2 novembre, avec éventuellement 1 jour de plus si nécessaire en mini-trekking avec une agence locale ? Quand je cherche sur internet, la plupart propose des trekking longs, ou des circuits organisés dans tout le Népal... ce qui n'est pas ce que nous recherchons. 2ème question : le Parc Chitwan vaut-il réellement le coup ? Je ne sais pas, c'est une question comme ça... Je me demande si je ne préfèrerais pas passer plus de temps dans la région de Pokhara à la place... mais sans connaître, c'est difficile de se faire une idée...
Merci beaucoup pour votre aide !
Carmen
Népal en Juillet? English translation pending
Bonjour,
Après maintes recherches et changements de programme (Equateur -> Islande -> Népal 🤪), je pense partir au Népal cet été - vraissemblablement 3 semaines en juillet avec ma femme et de 10 a 20 jours supplémentaires seul par la suite.
J'ai bien compris que c'était la saison des moussons à ce moment-là, mais après avoir parcouru de nombreux fils sur le sujet, sur ce forum et d'autres, il semblerait qu'il y ait quand même des treks possibles à faire pendant cette période, en tout cas dans les régions un peu plus abritées (certains disent même que les Annapurna sont plus agréables à faire en été par exemple). En dehors du trekking de longue durée, j'ai lu que Katmandou n'est pas non plus trop affecté et que les visites dans les environs peuvent ètre sympas.
Pourriez-vous me donner une idée de ce qui est tout à fait faisable a cette période de l'année (treks, régions à visiter, autres attractions, ...), et de ce qui est par contre totalement à oublier? Est-ce que je peux trouver de quoi m'occuper pour entre 3 et 6 semaines?
J'ai commencé à lire le Lonely Planet en diagonale mais il a l'air d'exclure a priori cette période pour voyager au Nepal, donc ca ne m'aide pas beaucoup. Quelles sont en fait les inconvénients majeurs liés a la mousson: est-ce une question de logistique (problèmes de transport dus aux routes impraticables, parcs fermés), de confort (on est trempés en permanence), ou autres.... ?
En fait mon choix s'est porté sur le Népal pour plusieurs raisons: coût (billets abordables, vie bon marché), mais surtout le fait qu'on aimerait faire de longues marches sans avoir à dormir sous la tente. En Islande je croix qu'il est déjà trop tard pour reserver les dortoirs des huttes - sans compter que ca coûte 40€ la nuitée pour deux. Sinon certains ont recommandé le Zanskar/Ladakh (mais je crois qu'une tente est quand même indispensable), ou le Kirghizistan (là non plus je n'ai pas compris s'il existait des parcours de trek où il est possible de dormir à l'abri à chaque étape). Si le Népal est quand même un peu ric-rac pour juillet, et si vous avez d'autres suggestions de régions ou l'on pourrait marcher de refuges en refuges (s'il le faut, porter de la nourriture ne me gêne pas, mais on veut eviter de dormir sous la tente), dans des endroits quand même relativement sauvages et spectaculaires, je serais tres interessé.
Merci beaucoup d'avance!
Nicolas
Après maintes recherches et changements de programme (Equateur -> Islande -> Népal 🤪), je pense partir au Népal cet été - vraissemblablement 3 semaines en juillet avec ma femme et de 10 a 20 jours supplémentaires seul par la suite.
J'ai bien compris que c'était la saison des moussons à ce moment-là, mais après avoir parcouru de nombreux fils sur le sujet, sur ce forum et d'autres, il semblerait qu'il y ait quand même des treks possibles à faire pendant cette période, en tout cas dans les régions un peu plus abritées (certains disent même que les Annapurna sont plus agréables à faire en été par exemple). En dehors du trekking de longue durée, j'ai lu que Katmandou n'est pas non plus trop affecté et que les visites dans les environs peuvent ètre sympas.
Pourriez-vous me donner une idée de ce qui est tout à fait faisable a cette période de l'année (treks, régions à visiter, autres attractions, ...), et de ce qui est par contre totalement à oublier? Est-ce que je peux trouver de quoi m'occuper pour entre 3 et 6 semaines?
J'ai commencé à lire le Lonely Planet en diagonale mais il a l'air d'exclure a priori cette période pour voyager au Nepal, donc ca ne m'aide pas beaucoup. Quelles sont en fait les inconvénients majeurs liés a la mousson: est-ce une question de logistique (problèmes de transport dus aux routes impraticables, parcs fermés), de confort (on est trempés en permanence), ou autres.... ?
En fait mon choix s'est porté sur le Népal pour plusieurs raisons: coût (billets abordables, vie bon marché), mais surtout le fait qu'on aimerait faire de longues marches sans avoir à dormir sous la tente. En Islande je croix qu'il est déjà trop tard pour reserver les dortoirs des huttes - sans compter que ca coûte 40€ la nuitée pour deux. Sinon certains ont recommandé le Zanskar/Ladakh (mais je crois qu'une tente est quand même indispensable), ou le Kirghizistan (là non plus je n'ai pas compris s'il existait des parcours de trek où il est possible de dormir à l'abri à chaque étape). Si le Népal est quand même un peu ric-rac pour juillet, et si vous avez d'autres suggestions de régions ou l'on pourrait marcher de refuges en refuges (s'il le faut, porter de la nourriture ne me gêne pas, mais on veut eviter de dormir sous la tente), dans des endroits quand même relativement sauvages et spectaculaires, je serais tres interessé.
Merci beaucoup d'avance!
Nicolas
Partir faire le tour des Annapurnas en février? (Népal) English translation pending
Bonjour, je souhaite partir au Népal en février 1011. Le treck du tour des annapurnas m'intéresse particulièrement et j'aimerais etre certaine qu'il me sera possible de franchire le col de Thorung La à cette période. Certaines informations me disent que non puisque la neige bloque l'endroit et d'autres me disent que oui on peut le faire habillé chaudement. J'ai un mois pour visiter le népal et je peux le faire en février ou en mars puisque je me rend en Inde par la suite. De plus, est-ce que vous croyez que 10 jours pour visiter la vallée de Katmandou et Pokhara vous semble inssufisant? Je crois qu'il y a moyen de faire une partie du tour des annapurnas et revenir e avion de Jomson ou Manang.....Est-ce que sa vaut la peine de faire la moitié et quelle moitié feriez vous? MErrci beaucoup
Faire un voyage au Népal avec cette agence? English translation pending
Bonjour,
Je souhaite partir au Népal avec l'agence de voyage asie-online située à Nantes. Connaissez-vous cette agence ? Est-elle sérieuse ? Si oui avez-vous passé un bon séjour ?
Merci d'avance pour vos avis et vos commentaires
Je souhaite partir au Népal avec l'agence de voyage asie-online située à Nantes. Connaissez-vous cette agence ? Est-elle sérieuse ? Si oui avez-vous passé un bon séjour ?
Merci d'avance pour vos avis et vos commentaires
Vers l'Orient dans les années 1970 English translation pending
Beaucoup de gens traversent la vie à un rythme pépère marqué par une succession de petits événements d’une tranquillité relative. D’autres, une minorité peut-être, passent par des étapes bouleversantes qui les marquent à tout jamais. J’appartiens à cette deuxième catégorie. L’une des expériences les plus marquantes de ma vie s’est déroulée dans les années 1970 et quelques, au Pakistan. Si j’ai pensé à plusieurs reprises qu’il vaudrait la peine de la « coucher sur papier », je ne l’ai pas fait jusqu’ici. C’est à peine si j’en ai raconté quelques fragments à mes meilleurs amis. La raison en est que bien des aspects de cette histoire sont très personnels, et aussi que la disponibilité des autres, même proches, est souvent limitée. De plus, une vie très active ne m’a pas laissé beaucoup de temps libre pour me mettre à écrire.
C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.
Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.
Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.
En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.
Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.
Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.
La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.
Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir passé la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.
« Suite au prochain numéro ! »
C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.
Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.
Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.
En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.
Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.
Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.
La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.
Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir passé la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.
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Octobre 2008 au Népal en groupe English translation pending
Un voyage en groupe, un voyage de presque un mois, c'est une longue période. Lorsque le groupe est constitué de 11 personnes cela fait 22 paires d'yeux et 22 paires d'oreilles sans compter tout le reste, un nombre considérable de capteurs surtout dans un pays comme le Népal, alors comment rendre compte de tout ce qui a été vu, entendu, senti, ressenti, alors que les activités y ont été denses et variées? Visite de la capitale sous toutes ses coutures ou plutôt sous tous ses monastères et autres dieux en particulier Ganesh pour n'en citer qu'un, mais pas le moindre, puisque c'est le dieu des voyageurs et de la sagesse, les trajets aller et retour de Katmandou au lieu du trek, la manière de conduire pour le moins surprenante pour ne pas dire inquiétante. Cette conduite automobile me rappelle un vieil Albanais de langue grecque que je conduisais sur des routes tortueuses et vertigineuses, et qui à chaque virage murmurait ''siga siga'' (doucement doucement en grec) en se signant. Mais entre la manière de conduire dans ces deux pays il y a une différence non négligeable, même si les Albanais comme les Népalais roulent n'importe où, et même si la visibilité n'est pas un élément vraiment pris en compte lors d'une décision de dépassement. La différence de taille provient tout simplement du fait que, contrairement aux Népalais les Albanais roulent souvent à fond la caisse!!! Je reviens à l'énumération des activités : un trek de 18 jours autour des Annnapurna véritable dépaysement avec cette végétation qui s'étage de la jungle au désert de cailloux et de neige en passant par de belles pinèdes qui font penser à la Haute Provence au Vercors ou à la vallée de la Durance, et puis cette plongée dans l'architecture locale différente d'un vallée à l'autre au gré des ethnies qui peuplent ces hauts lieux, et ce foisonnement de sites religieux, et encore cette foule constante que l'on côtoie en commençant par notre guide, ses adjoints, nos porteurs et ceux des autres, les autochtones de tous genres, et l'immense sarabande de trekkeurs comme nous, coulant tel un immense fleuve à jet continu au milieu d'une multitude hétéroclite de charges en mouvement à deux jambes ou quatre pattes, les premières étant souvent plus volumineuses et plus lourdes que les secondes.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
La demeure des dieux: le Népal English translation pending
Dans la demeure des dieux : le Népal
Minuscule royaume, " la demeure des dieux ", l’Himalaya, le lieu de naissance de Bouddha, ce n’est pourtant pas en ces termes que j’ai rêvé du Népal et de Kathmandu la première fois ! A l’apogée de ma crise d’ado, je rêvais des baba cool. J’ai lu " les chemins de kathmandu " et j’ai vu les yeux de Bouddha que j’ai eu envie de croiser.
Ce voyage a deux particularités. La première étant que cette fois au lieu de laisser les enfants choisir, j’ai imposé la destination ! ben oui, en tout égoîsme, au bout de 6 ans c’était mon tour de choisir ! La seconde est que nous avons voyagé avec un élément de moi à notre tribu car notre fils aîné pour des raisons scolaires est resté en France. Personne avant le départ, ni lui, ni nous, ne pensions que ce serait aussi difficile !😕
Alors toutes résolutions prises, que faire au Népal ? On avait plus pensé aux côtés culturels de la vallée de Katmandou, au côté humain, à la rencontre avec l’hindouisme et le bouddhisme, qu’au trek . C’était avant que Nancy ne vienne nous perturber ! Nous avons donc choisi un mini-trek dans la vallée de Kathmandu pour se mettre en appétit et tester notre condition physique, la suite vous dira que ce ne sera pas un réel succès !
AVANT LE DEPART : Formalités Visas de transit pour l’Inde : 232 e Visas pour Népal : pris sur place 25$ (payable en $, euros…) Nous avons pris par souci d’économie, deux vols : Lyon-Delhi puis Delhi-Kathmandu. Quelle galére, on allait s’offrir ! Transiter par l’Inde est une vraie épreuve de force tant sur l’obtention des visas( onéreux 50e et que mon mari a dû aller chercher à l’ambassade après 6 semaines, la veille du départ, car ils n’étaient toujours pas traités !) que sur les conditions, dans des salles parqués comme des bêtes ! Vous avez compris, la prochaine fois, nous prendrons un vol direct !
TRANSPORTS
Aérien Lyon-Delhi via Bruxelles : 2600 e Delhi- Kathmandu : 888e Soit par personne : 872 e
Local Notre point faible en négociation !😕 Nous avons essayé de tenir compte des prix annoncés sur le forum et de la hausse des carburants. Nous avons favorisé les taxis car à 4 c’est facile et vite amorti ! Journée Kathmandu avec attente du chauffeur : 800 rp Baktapur – Patan ( grand taxi type van) 600 Hôtel summit- durbar square Patan : 200 Patan-thamel : 300 Thamel-Pashupatinah : 300 Bodnath- Thamel : 300
BUDGET Par personne comprenant les transports aériens mais hors achats des souvenirs : 1640 e
ITINERAIRE 22 oct : Lyon/ Delhi 23 oct : Delhi / Kathmandu 24 oct : Visite Kath. et swayambu 25 oct : Trek : sanghu / Nagarkot 26 oct : Nagarkot / Nala/ banepa/ Dulikhel 27 oct : Dulikhel- Panauti ( bus local) – Godavari 28 Oct : Chitwan 29 oct : Chitwan 30 oct : Chitwan / Bhaktapur 31 oct : Bhaktapur 1er nov : Bhaktapur – Patan 2 nov : Patan- Kath 3 nov : Pashupatinah- Bodnath 4 nov : retour
HEBERGEMENT Une des surprises du voyage ! Je n’estime pas être une chochotte ! Je ne suis pas déranger par le rudimentaire mais pour être à l’aise il nous faut du " propre ! ! ! ! ! c’est la première fois que nous avons souffert du manque d’hygiène. J’avais réservé dans la catégorie " moyenne ou chic " mais ce fut quand même parfois limite.
Kathmandou : International GH😇 Réservation par internet pour 2 deluxe mais sur place une standard et une suite pour le prix convenu à la réservation. Soit 50e par nuit pour deux chambres avec petit déj Un peu à l’écart de Thamel mais à 5mn à pied. Chouette jardin. Chambre standard plus ou moins tristounette mais suite très belle et agréable. Pensez à réserver car c’est toujours complet.
Dulikhel : Royal GH🏴☠️ Initialement prévu par le guide mais pourrie ! ! ! ! Après première inspection : moquette très sale, serviettes de toilette non changées, lit humide, rideau tâchés, …et j’en passe ! On s’est d’abord dit qu’on coucherait dans nos sacs de couchage mais finalement on a quitté les lieux !
Dulikhel : Dulikhel lodge resort : coup de cœur !😇😇😇 90$ pour 2 chambres avec vue sur Himalaya et petit déjeuner ( buffet) En contrebas de la rue principale, bien au calme. Chambre spacieuse, très propre, agréable, terrasse Super ! ! ! !
Nagarkot : Galaxy tower view Gh rustique dans des bâtiments disséminés dans un jardin. Chambre triple. Très rudimentaire mais propre
Godavari : Birkuti hôtel L’hôtel va fermer ses portes, je ne m’étends pas.
Chitwan : Safari adventure lodge😇 Beau lodge avec chambres dans bâtiment principal ou en cabanon disséminés. Sommaires mais beaucoup de charme et très propre. Situé en dehors de la ville à côté de l’Elephant Center dans un village Taru. Très bon repas. Bonne organisation des activités et guide anglophone. Personnel extrémement serviable et attentionné ; eau purifiée à volonté. Piscine
Bhaktapur: Bhadgaon GH Idéalement situé en plein centre, en face du temple Nyatapola. Chambre quadruple spacieuse, propre : 50e avec petit déjeuner Resto dans jardinet.
Patan : Summit Hotel😇 Du haut standing ( et pour une fois, cela nous a fait beaucoup de bien !) Chambre sur jardin, très propre, déco soignée : 2 ch double : 120e Piscine Situé à l’est de la ville, taxi conseillé pour durbar square. Excellent et copieux petit déjeuner ( buffet)
REPAS
On a toujours trouvé toute sorte de cuisine ( locale, italienne, chinoise...) .
La cuisine népalaise est épicée. Plats les plus connus : Dal (lentilles) bath ( riz) le plat national se composant de soupe de lentilles, riz, et curry de légumes parfois de viande. : les momos : raviolis de viande ou légumes frits ou vapeur : le yaourt de Bhaktapur
Prix moyen : toujours très bon marché Soda : entre 30 et 50 Fried rice : entre 100 et 150 Momos : entre 90 et 150 Pizza : entre 220 et 350
Roadhouse à Thamel Accueil sympa Large choix de pizzas, pâtes…
Diyalo Freak street prés durbar square à Kathmandou Dans un petit jardin à l’écart du bruit. Prix sympa
Badhgaon café à Bhaktapur Un peu plus cher que le Sunny mais service extrêmement lent !
Sunny restaurant à Bhaktapur😉 Du newar, chinois, italien… Très bon rapport qualité/prix Patron parlant français, très sympa Terrasse sur Thaumadi square
GUIDES Le lonely planet pour ce qui est à visiter Le routard pour débrousailler et les adresses resto et hôtel.
CHANGE Taux sensiblement pareil partout. Environ 1 e = 98 rp Pas de commission
CLIMAT Soleil tous les jours au programme ! Frais le matin et le soir mais juste une petite veste Pas eu besoin de sac de couchage même à Nagarkot ( oui, oui c’est bien moi la grande frileuse qui le dit !)
SOUVENIRS Aie, aie, aie ! Nous adorons le bois, les masques, le bouddhisme, les poteries. 🤪 Au choix ( c’est vrai, nous n’en avons pas beaucoup fait !😉) :sculptures, masques, bronze, moulin à prières, bol chantant, marionnettes, tangka, laine (ouf on n’aime pas ça gratte ! ), couteaux… Marchandage indispensable mais dans la bonne humeur !
VISITES
Durbar square à Kathmandou : 250 / pers . Pass possible pour la durée du visa avec photo et passeport Durbar square à Bhaktapur : 750 / Pers idem Durbar square à Patan : 200/ pers . Enfant demi-tarif Musée de Patan : 200 / pers . Enfant demi-tarif Pashupatinah : 250 / adulte Bodnath : 200 / adulte Swayambunath :
TREK Réservé sur les conseils de Nancy et d’autres vfétistes à Nepal ecology trek. Prix légèrement supérieur à d’autres agences mais une partie des bénéfices est reversé dans un but humanitaire à un dispensaire, ce qui nous plaisait.
Prix : 209 e par personne Comprenant : le trek dans la vallée de kathmandu 4 nuits/ 5 j : un guide et deux porteurs : 3 repas par jour : hébergement : transferts aéroport et trek
Nos accompagnateurs : Un guide Rishi : jeune homme de 26 ans, parfaitement francophone, très proche de nous et adorable avec les enfants . ce fut très intéressant de pouvoir échanger sur la vie au Népal . Il travaille aussi en solo basnet_rishi2004@hotmail.com . n'hesitez pas!!!
Les porteurs : Souas et Kuma . Quand Thomas et Lucie les ont vus, ils nous ont dit : " il y a un jeune et un vieux " . On apprendra pendant le trek que " le vieux monsieur " au visage buriné a, en fait, 42 ans, c’est à dire notre âge : gloups !🤪 et qu’il est deux fois grand-père : regloups ! 🤪Merci les enfants ! ! ! ! ! 🤪🤪Ils étaient charmants. On avait deux sacs pour nous quatre ( et deux petits que nous portions nous même). Nous avons limité au maximum la charge car au début, nous ne voulions pas de porteurs. L’agence nous a fait comprendre que ce serait plus confortable et qu’au Népal c’était une source de revenus. Le jour J, nous donnons les deux sacs (entre 8 et 10 kg chacun), le regard baissé . Au bout de 10 mn, Rishi nous dit qu’ils sont très contents car les sacs sont légers ! Hourra, nous sommes soulagés, l’aventure peut commencer ! Tout le trek se fera à la même cadence, jamais les uns sans les autres . Nous prendrons tous nos repas ensemble. Super sympa !
Pourboire : on a tenu compte de la moyenne annoncée mais aussi de ce que nous avions envie de donner et tant pis si certains disent que c’est excessif ! ( 20 e par porteurs et 40 pour le guide)
Contenu du sac : On est parti avec une tenue propre Une tenue de rechange : tee-shirt, slips, chaussettes Une trousse de toilette Pyjama Une polaire zippé avec un coupe-vent Un tee-shirt longue manche pour les soirée Des chaussons Une trousse d’occupation : jeux de cartes, livres, dés, carnet de voyage, livres Une trousse médecine Lampes frontales
Journée type Lever 6h Petit-déj : 6h30 Départ 7h Marche 5h Pause déj 1h Marche 1à 2 h Pause au lodge entre 15/ 16h à 18h Balade dans village 1h Dîner 19h Gros dodo !
Repas Compris dans forfait Très simple mais copieux La vallée de Kathmandu n’offre que peu de gargotes, petites boutiques, nous n’avons donc pas réussi à prendre de repas 2j sur 4 .
Les lodges On s’imaginait dans des refuges de montagnes et là fut notre grande déception car en fait, nous sommes redescendus chaque jour en ville pour loger dans des GH. Le confort est vraiment rudimentaire ( là n’est pas le souci) mais dés le 2éme jour c’était en plus sale . Nous avons demandé à changer et avons payé un supplément . Le routard extrême ce n’est pas pour nous . Dommage pour l’ambiance refuge !
Condition physique Donnée pour 2200 m maxi d’alt. Ne nécessitant pas d’expérience de la rando et à la portée de tout le monde . Là on n’est pas tout à fait d’accord ! Voir J3. Nous n’avions pas choisi Jom Som en pensant que notre condition physique ne nous le permettrait pas, ce qui a bien fait rire le guide qui nous a avoué que premièrement les guides ne se battaient pas pour accompagner les treks de la vallée de Kath, car il faut chaque jour monter ( souvent entre 800 et 1000 m ) puis redescendre coucher dans la vallée et que deux le trek de Jom son demande moins de conditions physiques car moins de denivellé sur une journée. Bon ben tant pis, on sera obligé d’y retourner pour faire la comparaison ! ! ! ! !
Nous avons adoré : les petits village de montagne : l’accueil et les bons moments passés avec la population : la bonne ambiance du groupe : le cachet du village de Nala : les cultures en terrasse
Nous avons moins aimé : les nuages accrochés à l’Himalaya : la route poussiéreuse et embouteillée entre Nala et Banepa : plus aucune motivation à marcher : Ne pas être prévenu qu’il n’y aurait rien pour se restaurer et s’approvisionner : se perdre : toujours inquiétant ! : ne pas profiter de l’ambiance refuge.
SAFARI A CHITWAN
Prix : 95 e par pers : 2 nuits / 3 j : comprenant : le lodge et les 3 repas : les activités : le guide naturologue anglophone : boisson à volonté dont eau purifiée
Organisation : Le guide vous annonce le programme de la journée. J1 : Village Taru visite, danses locales J2 : Pirogue : balade dans la jungle 2h : Visite de l’elephant center : observation des oiseaux le long de la rivière : safari à dos d’éléphant 2h J3 retour sur Kathmandu
Transport en voiture privée Supplément de 55 e le trajet mais totalement hors de prix ! Nous avons choisi cette formule car nous nous sommes décidés le matin pour la journée même et que le jour du retour les bus touristiques ne fonctionnaient pas à cause de la fête. J’ai aussi voulu tenir compte des remarques quant aux nombreux accidents avec les bus sur cette route ;
On a aimé : Le safari à dos d’éléphant Voir les derniers rhino unicorne Le calme du Teraï L’atmosphère africaine
On a moins aimé : Se retrouver, pour le prix exhorbitant de la prestation, à 7 dans une berline !
En bref : Chitwan n’était pas prévu au programme car j’avais privilégié la vallée de Kath. à cause de l’instabilité politique de l’époque et que j’avais eu peur du côté trop bien bordé des activités. Au final, nous avons fait toutes les activités seuls ! Bref Foncez ! ! ! ! ! c’est un autre aspect du Népal !
LE CARNET DE ROUTE
22 octobre : vol pour Delhi
23 octobre Delhi – Kathmandou avec en toile de fond l’Himalaya ! ! ! Passage de l’immigration ( 1h) en prenant visa sur place L’agence nous attend comme prévu. Nous faisons connaissance de Rishi, notre guide, qui bonne surprise est parfaitement francophone ! Accueil avec un collier de fleurs et premier : Namasté ! Installation à l’International GH et grooossse sieste réparatrice. Découverte de Thamel, de la pollution, des klaxons, des boutiques touristiques, des crachats, de la population… déroutant mais fascinant
24 octobre Petit déjeuner copieux On prend un taxi à la journée pour visiter kathmandou . Durbar square : les bâtiments en bois sont tous plus beaux les uns que les autres, on ne sait plus où donner du regard. A cette ambiance médiévale, se mêlent les ricksaws, les femmes aux saris multicolores, les vendeurs en tout genre, les faux shadus, : du grand spectacle ! un régal ! ! ! ! !😇 Visite de la maison de la Kumari : dernière déesse vivante dont l’histoire nous fait frissonner… Je vous passe le détail de chaque temple. Nous avons aimé : la finesse des sculptures, le bois ( style newar ) de partout, la vie sur la place, être assis en haut du Megu dal et observer la vie plus bas, la ferveur des hindous devant Hanuman. Balade à Chow Indra. On se mêle à la foule, on se perd, on fouine. On est, à nouveau, admiratif devant la ferveur hindouiste . inculte en la matiére, on essaie de comprendre. On observe, en retrait, dans un petit coin, les rituels. Ici la pratique religieuse prend toute sa dimension !
Repas au diyalo et découverte des momos ( avec une petite pensée pour Nancy et Fifi)
Visite de Swayambu C’est le temple des singes, ben oui, ça c’est sur ! ! ! Premiers temples, premiers drapeaux de prière qui flottent au vent, et à mesure qu’on gravit les escaliers l’émotion m’envahit… j’attends, j’attends de voir les yeux de Bouddha. Mon émotion est palpable et Thomas me dit " tu vas pleurer, maman, ? " suis-je prévisible à ce point ? On arpente les ruelles, on s’arrête ici et là observer les sculptures sur ardoise, les moulins à priére … on s’approche… Et là, au détour d’une rue, aux sons du Om mani padme um, j’ai mes yeux dans les yeux de Bouddha. Ben oui, je pleure ! ! Je pleure de joie d’être ici à réaliser mes rêves ( quelle chance !), d’émotion à l’idée que cette fois, mon fils ne partage pas cela avec nous, de tristesse en pensant à mes deux patients( 43 et 48 ans) dont une bouddhiste, décédés et qui auraient tant aimé rencontrer les yeux de Bouddhas . Le regard plongé dans son regard, je fais le tour, deux tour. On admire la vallée. A 15h, on va s’installer dans un coin pour assister à l’office, de l’école tibétaine, aux sons des cors, trompettes, cymbales, on est subjugué. Le temps passe… On finit par quitter les lieux, à contre cœur.
25 Octobre
Rishi et les porteurs nous attendent à l’hôtel pour le trek .
Départ en bus local jusqu’à Sanghu. On utilise rarement les bus locaux car en famille un taxi est vite amorti. On découvre ici comment partir assis un peu prés confortablement et finir entassés avec le panier de la paysanne sur les genoux et les bidons du laitier au pied, le tout avec les relents de transpiration de chacun. Certains sont tout étonnés de nous trouver ici avec les enfants…sourires, regards interrogateurs, un jeune se lance " d’où venez-vous ? ", " de France, mais pourquoi venir ici alors que la France est paraît-il un magnifique pays ? " Et ben oui mais ici, on vous sourit, on vous parle… et tant d’autres choses.🙂
A Sanghu, départ pour Nagarkot, soi-disant en légère montée, je dirai en montée ou alors le poids de nos 42 ans ? Il fait très chaud et c’est parti ! Jamais de faux –plats pour se reprendre alors on grimpe !
Pause déjeuner dans une gargote avec apparition de l’Himalaya . je n’ai jamais été impressionnée par les montagnes. Le Mont-Blanc, 4807 m, oui et alors ? mais ici, je suis bluffée ! ! ! ! On est à 2000m, il y a des montagnes plus hautes et encore tout derrière des sommets immenses, à la même hauteur que notre avion à l’arrivée ! Respect ! Encore une heure de grimpette et nous voici à Nagarkot, les cuisses un peu endolories. Douche froide mais ô combien bénéfique. Pause carnet de voyage, lecture…
En soirée, balade avec l’équipe dans le village. Repas convivial au lodge où on découvre les saveurs du dal bat.
On décide de se coucher tôt ( 21h) pour être en forme demain sans savoir que l’hôtel est bondé par une troupe de jeunes venus de Kath. faire la fête : rires, guitare…A 22h30, Eddy péte les plombs ; on finit par s’endormir vers minuit .
26 octobre : 1er jour de la fête de Tihar : on célèbre les corbeaux
Au petit-déjeuner le patron ose nous demander si on a bien dormi ? On lui dira le reste ! Départ jusqu’à la Tower view tout en grimpette puis descente vers Nala à travers une campagne magnifique, des jardins, des fleurs, bambous, rizières…On est aux anges. La population est adorable ! Dés que nous lançons un Namaste, les sourires apparaissent et les réponses fusent ! Scènes de vie pittoresques à Nala avec ses allures médiévales. Route totalement inintéressante entre Nala et Banepa. Le soleil cogne dur ! On débarque dans un Gh complétement pourrie à Dulikhel😕. Nous refusons d’y dormir ( conf. Hebergement) et finissons dans le merveilleux Dulikhel Lodge resort pour le bonheur de tous ! Dans un moment d’éclaircie, Lucie aperçoit enfin l’Everest ( enfin ce qu’on en voit…), elle exulte !
27 octobre : 2éme jour de la fête : on célèbre les chiens ( car ils aident les âmes à traverser la rivière de la mort ;
Lever 6h et petit dej avec vue sur l’Himalaya
Départ en bus local pour Panauti. Visite de la ville, temple… pendant 1h.
Départ pour Godavari. On abandonne rapidement le goudron pour un magnifique sentier qui suit la rivière. La vie des champs, les pêcheurs, les mêmes sourires, les enfants qui réclament à être pris en photo… en l’écrivant, j’y suis encore !
Puis on quitte les villages pour la montagnes par un chemin escarpé, très escarpé ! ça grimpe, devient glissant, plus d’ échoppe mais nous ne savons encore pas que le porteur a voulu montrer un raccourci au guide, qu’il va se perdre, que nous ne rencontrerons plus du tout d’échoppe, que nous sommes donc en pleine nature sans rien à manger, ni à boire, à marcher encore jusqu’à 16h sans aucun ravitaillement possible : l’hypoglycémie nous guette. Dénivelle 1000m en monter puis en descente. Un villageois propose de nous guider pendant 2h durant que nous remercierons en lui offrant deux paquets de cigarettes car il refuse le modeste billet qu’Eddy lui tend . D’autres villageois nous proposeront à 16h quelques biscuits et un thé ! Nous arriverons à la tombée de la nuit à Godavari. On débarque dans un hôtel complètement vide ; cette nuit ont peut faire la fête, encore faut-il le pouvoir car nous sommes épuisés !
28 octobre : 3éme jour de la fête : On célèbre les vaches et Lakshmi, la déesse de la lumière qui vient visiter chaque foyer éclairé, les maisons sont donc ornées de bougies.
Lever difficile. La nuit ayant portée conseil et les enfants nous ayant fait part la veille de leur déception de ne pas aller à Chitwan, dés l’arrivée de Rishi, nous lui demandons s’il est possible d’organiser Chitwan dés demain. Quelques coups de téléphone, et la réponse tombe : oui si c’est dés aujourd’hui ! alors on se lance ! Nous abandonnons la dernière journée de trek qui ne correspond de toute façon pas à notre réelle attente ( et puis nous reviendrons pour Jomson !) pour un départ vers Chitwan. Passage éclair à l’international GH pour y récupérer du linge propre et nous quittons Kat. Arrivée à 15h Le Népal a ici complètement changé de visage : paysage plat, chaleur torride, maisons en torchis…Magnifique coucher de soleil, danses Taru, repas et gros dodo.
29 octobre : 4éme jour : on célèbre les bœufs et la nouvelle année Newar . Nous sommes en 1129
Départ en jeep pour remonter la rivière et la redescendre ensuite en pirogue : oiseaux multicolores, crocodiles, singes… en toute quiétude, au fil de l’eau … on savoure !
Balade à pied dans la jungle. On n’a pas la chance d’apercevoir de rhino mais ambiance Indiana Jones assurée !
On revient par l’éléphant center. Cela nous fend le cœur.
Pause piscine et dej
On pense faire une sieste mais le guide nous emmene observer les oiseaux .
15h30 safari à dos d’éléphant. 4 personnes par éléphant pendant 2h en pleine jungle( pantalon conseillé) : ça finit par faire mal aux fesses en chantant " la balade des éléphants " ( mais t’inquiète Fifi pour la trompe tu restes le meilleur !😉) Mais quel spectacle ! ! ! ! ! ! ! ! On y verra 4 rhino unicorne, des paons, biches, oiseaux…A mesure que le soleil baisse, les couleurs changent. On traverse tantôt la jungle, tantôt les herbes grasses. On traverse les rivières afin que Basenti kali puisse se désaltérer ( non, elle ne nous a pas arrosé bien que cela nous aie frôlé l’esprit ). On a apprécié que le maoté ne cherche pas à suivre les copains car nous avons ainsi passé les 2h seuls et non à la file, les uns derrière les autres. Très belle relation entre le maoté et son éléphant ; nous y serons très sensibles. Fin de soirée au lodge . Notre séjour à Chitwan nous a enchanté ! 🙂
30 octobre : 5éme jour de la fête : on célèbre les frères et sœurs.
Départ de Chitwan pour Bhaktapur. Arrivée à Bhaktapur à 13h. La situation idéale de la Gh nous permet de partir de suite se promener et découvrir taumadhi tole. On admire le temple Nyatapola. On ne se fixe rien, on erre dans les rues à notre gré, le nez tantôt levé pour admirer les sculptures Newar, tantôt baissé pour savourer les mélanges de couleurs, de fruits, de légumes et toute l’animation du dernier jour de fête . Aujourd’hui, les frères et sœurs s’offrent colliers et sucrerie ; thomas et Lucie se joignent au rituel !
31 octobre Grasse mâtinée : ouf ! ! ! ! ! ! Visite d’une école de Tangkas tibétains. Passionnant ! Visite du Durbar square avec une mention particulière pour le palais aux 55 fenêtres. Tout est calme aujourd’hui et on apprécie la sérénité des lieux.
1er novembre Départ en taxi pour Patan. Visite de la ville( circuit lonely planet), du Durbar square, et du musée : super car bien mis en valeur et excellente présentation de l’hindouisme et du bouddhisme. Flânerie l’après midi dans les jardins de l’hôtel.
2 novembre Retour à l’international GH. Balade à pied jusqu’à Durbar square( itinéraire lonely planet) et retour. On apprécie mieux encore le Durbar car notre œil est plus avisé et moins attiré par le tumulte qui règne autour de nous, ce qui nous permet de voir certains détails qui nous avaient échappés.
3 novembre Taxi jusqu’à Pashupatinah, ensemble de temples ( dont le principal interdit aux non-hindouistes) et lieu de crémation sur la rivière sacrée Bagmati. On s’est posé la question sur notre présence. Thomas y était opposé mais la majorité l’a emportée. On était cependant tous unanimes sur le fait que nous ne prendrions pas de photos. Pour moi, me présence se justifiait par le fait que nous étions là pour comprendre une culture différente de la nôtre, tout comme nous nous serions posés pour observer un mariage ; la mort n’est pas tabou. Nous déclinons l’offre des 2 hindous qui nous proposent de monter sur le toit pour filmer. Nous avons traversé la rivière et nous sommes assis sur la rive opposée des ghats. Nous avons pu observer trois accompagnements à la mort différents : un avec la famille, un avec des voisins et un sans personne. Trois choses nous ont marquées : l’humilité de la cérémonie, le fait que la crémation ait lieu sans personne qui accompagne le défunt, la fascination morbide de certains touristes à se mêler aux famille et à filmer à 20 cm du visage du mort ou télé-objectif et jumelles en mains( nous ne le jugeons pas, nous nous en étonnons ! car au retour et sorti de son contexte culturel avec qui partager cela ?)
En quittant les lieux, Thomas parle le premier : " cela m’a miné ! on n’est rien ! " Et bien oui, on en discutera beaucoup de suite puis dans la soirée, nous ne sommes rien et nous prenons ici une belle leçon d’humilité. Je demande aux enfants de ne retenir qu’une chose : rien ne sert d’être méprisant envers les autres car avec 100 kg de bois et 4h sur un bûcher, nous sommes tous égaux : il ne restera de nous que ce qu’on a bien voulu donner aux autres.
Nous rejoignons Bodnath à pied avec les explications du lonely planet ( en 30 mn). Nous attendons tous ce jour depuis notre arrivée ! Et au détour d’une rue, de la foule, des klaxons : les yeux de Bouddha, la sérénité des lieux aux sons du " Om mani padme um ". On est ébloui par les blancheur du dôme et par la paix qui règne ici. On se met à tourner, les larmes se mettent à couler ( Thomas ne m’a pas demander cette fois si j’allais pleurer car je crois qu’il connaissait déjà la réponse !) . On aura du mal à s’arracher des lieux…
Retour à Thamel, à la pollution, aux bruits, aux couleurs, au marchandage, bref à la vie après une journée de reflexion…
4 novembre
Nous quittons aujourd’hui le Népal qui me manque déjà ! Mais la belle leçon de vie va me laisser sur mon nuage encore longtemps car je n’ai toujours pas quitté le Népal en pensée à l’heure d’aujourd’hui.
On a aimé : La quiétude de Bhaktapur Etre au pied de l’Himalaya L’artisanat La gentillesse et les sourires de la population Le Népal africain de Chitwan Les couleurs partout et toujours ! L’art Newar
On a moins aimé : Avoir à mettre cher en hôtellerie pour avoir du propre La formule trek que nous avons choisie La lenteur du service à table ( pas question de dej en moins d’une heure) L’amplitude permanente des décibels à Kath.
Minuscule royaume, " la demeure des dieux ", l’Himalaya, le lieu de naissance de Bouddha, ce n’est pourtant pas en ces termes que j’ai rêvé du Népal et de Kathmandu la première fois ! A l’apogée de ma crise d’ado, je rêvais des baba cool. J’ai lu " les chemins de kathmandu " et j’ai vu les yeux de Bouddha que j’ai eu envie de croiser.
Ce voyage a deux particularités. La première étant que cette fois au lieu de laisser les enfants choisir, j’ai imposé la destination ! ben oui, en tout égoîsme, au bout de 6 ans c’était mon tour de choisir ! La seconde est que nous avons voyagé avec un élément de moi à notre tribu car notre fils aîné pour des raisons scolaires est resté en France. Personne avant le départ, ni lui, ni nous, ne pensions que ce serait aussi difficile !😕
Alors toutes résolutions prises, que faire au Népal ? On avait plus pensé aux côtés culturels de la vallée de Katmandou, au côté humain, à la rencontre avec l’hindouisme et le bouddhisme, qu’au trek . C’était avant que Nancy ne vienne nous perturber ! Nous avons donc choisi un mini-trek dans la vallée de Kathmandu pour se mettre en appétit et tester notre condition physique, la suite vous dira que ce ne sera pas un réel succès !
AVANT LE DEPART : Formalités Visas de transit pour l’Inde : 232 e Visas pour Népal : pris sur place 25$ (payable en $, euros…) Nous avons pris par souci d’économie, deux vols : Lyon-Delhi puis Delhi-Kathmandu. Quelle galére, on allait s’offrir ! Transiter par l’Inde est une vraie épreuve de force tant sur l’obtention des visas( onéreux 50e et que mon mari a dû aller chercher à l’ambassade après 6 semaines, la veille du départ, car ils n’étaient toujours pas traités !) que sur les conditions, dans des salles parqués comme des bêtes ! Vous avez compris, la prochaine fois, nous prendrons un vol direct !
TRANSPORTS
Aérien Lyon-Delhi via Bruxelles : 2600 e Delhi- Kathmandu : 888e Soit par personne : 872 e
Local Notre point faible en négociation !😕 Nous avons essayé de tenir compte des prix annoncés sur le forum et de la hausse des carburants. Nous avons favorisé les taxis car à 4 c’est facile et vite amorti ! Journée Kathmandu avec attente du chauffeur : 800 rp Baktapur – Patan ( grand taxi type van) 600 Hôtel summit- durbar square Patan : 200 Patan-thamel : 300 Thamel-Pashupatinah : 300 Bodnath- Thamel : 300
BUDGET Par personne comprenant les transports aériens mais hors achats des souvenirs : 1640 e
ITINERAIRE 22 oct : Lyon/ Delhi 23 oct : Delhi / Kathmandu 24 oct : Visite Kath. et swayambu 25 oct : Trek : sanghu / Nagarkot 26 oct : Nagarkot / Nala/ banepa/ Dulikhel 27 oct : Dulikhel- Panauti ( bus local) – Godavari 28 Oct : Chitwan 29 oct : Chitwan 30 oct : Chitwan / Bhaktapur 31 oct : Bhaktapur 1er nov : Bhaktapur – Patan 2 nov : Patan- Kath 3 nov : Pashupatinah- Bodnath 4 nov : retour
HEBERGEMENT Une des surprises du voyage ! Je n’estime pas être une chochotte ! Je ne suis pas déranger par le rudimentaire mais pour être à l’aise il nous faut du " propre ! ! ! ! ! c’est la première fois que nous avons souffert du manque d’hygiène. J’avais réservé dans la catégorie " moyenne ou chic " mais ce fut quand même parfois limite.
Kathmandou : International GH😇 Réservation par internet pour 2 deluxe mais sur place une standard et une suite pour le prix convenu à la réservation. Soit 50e par nuit pour deux chambres avec petit déj Un peu à l’écart de Thamel mais à 5mn à pied. Chouette jardin. Chambre standard plus ou moins tristounette mais suite très belle et agréable. Pensez à réserver car c’est toujours complet.
Dulikhel : Royal GH🏴☠️ Initialement prévu par le guide mais pourrie ! ! ! ! Après première inspection : moquette très sale, serviettes de toilette non changées, lit humide, rideau tâchés, …et j’en passe ! On s’est d’abord dit qu’on coucherait dans nos sacs de couchage mais finalement on a quitté les lieux !
Dulikhel : Dulikhel lodge resort : coup de cœur !😇😇😇 90$ pour 2 chambres avec vue sur Himalaya et petit déjeuner ( buffet) En contrebas de la rue principale, bien au calme. Chambre spacieuse, très propre, agréable, terrasse Super ! ! ! !
Nagarkot : Galaxy tower view Gh rustique dans des bâtiments disséminés dans un jardin. Chambre triple. Très rudimentaire mais propre
Godavari : Birkuti hôtel L’hôtel va fermer ses portes, je ne m’étends pas.
Chitwan : Safari adventure lodge😇 Beau lodge avec chambres dans bâtiment principal ou en cabanon disséminés. Sommaires mais beaucoup de charme et très propre. Situé en dehors de la ville à côté de l’Elephant Center dans un village Taru. Très bon repas. Bonne organisation des activités et guide anglophone. Personnel extrémement serviable et attentionné ; eau purifiée à volonté. Piscine
Bhaktapur: Bhadgaon GH Idéalement situé en plein centre, en face du temple Nyatapola. Chambre quadruple spacieuse, propre : 50e avec petit déjeuner Resto dans jardinet.
Patan : Summit Hotel😇 Du haut standing ( et pour une fois, cela nous a fait beaucoup de bien !) Chambre sur jardin, très propre, déco soignée : 2 ch double : 120e Piscine Situé à l’est de la ville, taxi conseillé pour durbar square. Excellent et copieux petit déjeuner ( buffet)
REPAS
On a toujours trouvé toute sorte de cuisine ( locale, italienne, chinoise...) .
La cuisine népalaise est épicée. Plats les plus connus : Dal (lentilles) bath ( riz) le plat national se composant de soupe de lentilles, riz, et curry de légumes parfois de viande. : les momos : raviolis de viande ou légumes frits ou vapeur : le yaourt de Bhaktapur
Prix moyen : toujours très bon marché Soda : entre 30 et 50 Fried rice : entre 100 et 150 Momos : entre 90 et 150 Pizza : entre 220 et 350
Roadhouse à Thamel Accueil sympa Large choix de pizzas, pâtes…
Diyalo Freak street prés durbar square à Kathmandou Dans un petit jardin à l’écart du bruit. Prix sympa
Badhgaon café à Bhaktapur Un peu plus cher que le Sunny mais service extrêmement lent !
Sunny restaurant à Bhaktapur😉 Du newar, chinois, italien… Très bon rapport qualité/prix Patron parlant français, très sympa Terrasse sur Thaumadi square
GUIDES Le lonely planet pour ce qui est à visiter Le routard pour débrousailler et les adresses resto et hôtel.
CHANGE Taux sensiblement pareil partout. Environ 1 e = 98 rp Pas de commission
CLIMAT Soleil tous les jours au programme ! Frais le matin et le soir mais juste une petite veste Pas eu besoin de sac de couchage même à Nagarkot ( oui, oui c’est bien moi la grande frileuse qui le dit !)
SOUVENIRS Aie, aie, aie ! Nous adorons le bois, les masques, le bouddhisme, les poteries. 🤪 Au choix ( c’est vrai, nous n’en avons pas beaucoup fait !😉) :sculptures, masques, bronze, moulin à prières, bol chantant, marionnettes, tangka, laine (ouf on n’aime pas ça gratte ! ), couteaux… Marchandage indispensable mais dans la bonne humeur !
VISITES
Durbar square à Kathmandou : 250 / pers . Pass possible pour la durée du visa avec photo et passeport Durbar square à Bhaktapur : 750 / Pers idem Durbar square à Patan : 200/ pers . Enfant demi-tarif Musée de Patan : 200 / pers . Enfant demi-tarif Pashupatinah : 250 / adulte Bodnath : 200 / adulte Swayambunath :
TREK Réservé sur les conseils de Nancy et d’autres vfétistes à Nepal ecology trek. Prix légèrement supérieur à d’autres agences mais une partie des bénéfices est reversé dans un but humanitaire à un dispensaire, ce qui nous plaisait.
Prix : 209 e par personne Comprenant : le trek dans la vallée de kathmandu 4 nuits/ 5 j : un guide et deux porteurs : 3 repas par jour : hébergement : transferts aéroport et trek
Nos accompagnateurs : Un guide Rishi : jeune homme de 26 ans, parfaitement francophone, très proche de nous et adorable avec les enfants . ce fut très intéressant de pouvoir échanger sur la vie au Népal . Il travaille aussi en solo basnet_rishi2004@hotmail.com . n'hesitez pas!!!
Les porteurs : Souas et Kuma . Quand Thomas et Lucie les ont vus, ils nous ont dit : " il y a un jeune et un vieux " . On apprendra pendant le trek que " le vieux monsieur " au visage buriné a, en fait, 42 ans, c’est à dire notre âge : gloups !🤪 et qu’il est deux fois grand-père : regloups ! 🤪Merci les enfants ! ! ! ! ! 🤪🤪Ils étaient charmants. On avait deux sacs pour nous quatre ( et deux petits que nous portions nous même). Nous avons limité au maximum la charge car au début, nous ne voulions pas de porteurs. L’agence nous a fait comprendre que ce serait plus confortable et qu’au Népal c’était une source de revenus. Le jour J, nous donnons les deux sacs (entre 8 et 10 kg chacun), le regard baissé . Au bout de 10 mn, Rishi nous dit qu’ils sont très contents car les sacs sont légers ! Hourra, nous sommes soulagés, l’aventure peut commencer ! Tout le trek se fera à la même cadence, jamais les uns sans les autres . Nous prendrons tous nos repas ensemble. Super sympa !
Pourboire : on a tenu compte de la moyenne annoncée mais aussi de ce que nous avions envie de donner et tant pis si certains disent que c’est excessif ! ( 20 e par porteurs et 40 pour le guide)
Contenu du sac : On est parti avec une tenue propre Une tenue de rechange : tee-shirt, slips, chaussettes Une trousse de toilette Pyjama Une polaire zippé avec un coupe-vent Un tee-shirt longue manche pour les soirée Des chaussons Une trousse d’occupation : jeux de cartes, livres, dés, carnet de voyage, livres Une trousse médecine Lampes frontales
Journée type Lever 6h Petit-déj : 6h30 Départ 7h Marche 5h Pause déj 1h Marche 1à 2 h Pause au lodge entre 15/ 16h à 18h Balade dans village 1h Dîner 19h Gros dodo !
Repas Compris dans forfait Très simple mais copieux La vallée de Kathmandu n’offre que peu de gargotes, petites boutiques, nous n’avons donc pas réussi à prendre de repas 2j sur 4 .
Les lodges On s’imaginait dans des refuges de montagnes et là fut notre grande déception car en fait, nous sommes redescendus chaque jour en ville pour loger dans des GH. Le confort est vraiment rudimentaire ( là n’est pas le souci) mais dés le 2éme jour c’était en plus sale . Nous avons demandé à changer et avons payé un supplément . Le routard extrême ce n’est pas pour nous . Dommage pour l’ambiance refuge !
Condition physique Donnée pour 2200 m maxi d’alt. Ne nécessitant pas d’expérience de la rando et à la portée de tout le monde . Là on n’est pas tout à fait d’accord ! Voir J3. Nous n’avions pas choisi Jom Som en pensant que notre condition physique ne nous le permettrait pas, ce qui a bien fait rire le guide qui nous a avoué que premièrement les guides ne se battaient pas pour accompagner les treks de la vallée de Kath, car il faut chaque jour monter ( souvent entre 800 et 1000 m ) puis redescendre coucher dans la vallée et que deux le trek de Jom son demande moins de conditions physiques car moins de denivellé sur une journée. Bon ben tant pis, on sera obligé d’y retourner pour faire la comparaison ! ! ! ! !
Nous avons adoré : les petits village de montagne : l’accueil et les bons moments passés avec la population : la bonne ambiance du groupe : le cachet du village de Nala : les cultures en terrasse
Nous avons moins aimé : les nuages accrochés à l’Himalaya : la route poussiéreuse et embouteillée entre Nala et Banepa : plus aucune motivation à marcher : Ne pas être prévenu qu’il n’y aurait rien pour se restaurer et s’approvisionner : se perdre : toujours inquiétant ! : ne pas profiter de l’ambiance refuge.
SAFARI A CHITWAN
Prix : 95 e par pers : 2 nuits / 3 j : comprenant : le lodge et les 3 repas : les activités : le guide naturologue anglophone : boisson à volonté dont eau purifiée
Organisation : Le guide vous annonce le programme de la journée. J1 : Village Taru visite, danses locales J2 : Pirogue : balade dans la jungle 2h : Visite de l’elephant center : observation des oiseaux le long de la rivière : safari à dos d’éléphant 2h J3 retour sur Kathmandu
Transport en voiture privée Supplément de 55 e le trajet mais totalement hors de prix ! Nous avons choisi cette formule car nous nous sommes décidés le matin pour la journée même et que le jour du retour les bus touristiques ne fonctionnaient pas à cause de la fête. J’ai aussi voulu tenir compte des remarques quant aux nombreux accidents avec les bus sur cette route ;
On a aimé : Le safari à dos d’éléphant Voir les derniers rhino unicorne Le calme du Teraï L’atmosphère africaine
On a moins aimé : Se retrouver, pour le prix exhorbitant de la prestation, à 7 dans une berline !
En bref : Chitwan n’était pas prévu au programme car j’avais privilégié la vallée de Kath. à cause de l’instabilité politique de l’époque et que j’avais eu peur du côté trop bien bordé des activités. Au final, nous avons fait toutes les activités seuls ! Bref Foncez ! ! ! ! ! c’est un autre aspect du Népal !
LE CARNET DE ROUTE
22 octobre : vol pour Delhi
23 octobre Delhi – Kathmandou avec en toile de fond l’Himalaya ! ! ! Passage de l’immigration ( 1h) en prenant visa sur place L’agence nous attend comme prévu. Nous faisons connaissance de Rishi, notre guide, qui bonne surprise est parfaitement francophone ! Accueil avec un collier de fleurs et premier : Namasté ! Installation à l’International GH et grooossse sieste réparatrice. Découverte de Thamel, de la pollution, des klaxons, des boutiques touristiques, des crachats, de la population… déroutant mais fascinant
24 octobre Petit déjeuner copieux On prend un taxi à la journée pour visiter kathmandou . Durbar square : les bâtiments en bois sont tous plus beaux les uns que les autres, on ne sait plus où donner du regard. A cette ambiance médiévale, se mêlent les ricksaws, les femmes aux saris multicolores, les vendeurs en tout genre, les faux shadus, : du grand spectacle ! un régal ! ! ! ! !😇 Visite de la maison de la Kumari : dernière déesse vivante dont l’histoire nous fait frissonner… Je vous passe le détail de chaque temple. Nous avons aimé : la finesse des sculptures, le bois ( style newar ) de partout, la vie sur la place, être assis en haut du Megu dal et observer la vie plus bas, la ferveur des hindous devant Hanuman. Balade à Chow Indra. On se mêle à la foule, on se perd, on fouine. On est, à nouveau, admiratif devant la ferveur hindouiste . inculte en la matiére, on essaie de comprendre. On observe, en retrait, dans un petit coin, les rituels. Ici la pratique religieuse prend toute sa dimension !
Repas au diyalo et découverte des momos ( avec une petite pensée pour Nancy et Fifi)
Visite de Swayambu C’est le temple des singes, ben oui, ça c’est sur ! ! ! Premiers temples, premiers drapeaux de prière qui flottent au vent, et à mesure qu’on gravit les escaliers l’émotion m’envahit… j’attends, j’attends de voir les yeux de Bouddha. Mon émotion est palpable et Thomas me dit " tu vas pleurer, maman, ? " suis-je prévisible à ce point ? On arpente les ruelles, on s’arrête ici et là observer les sculptures sur ardoise, les moulins à priére … on s’approche… Et là, au détour d’une rue, aux sons du Om mani padme um, j’ai mes yeux dans les yeux de Bouddha. Ben oui, je pleure ! ! Je pleure de joie d’être ici à réaliser mes rêves ( quelle chance !), d’émotion à l’idée que cette fois, mon fils ne partage pas cela avec nous, de tristesse en pensant à mes deux patients( 43 et 48 ans) dont une bouddhiste, décédés et qui auraient tant aimé rencontrer les yeux de Bouddhas . Le regard plongé dans son regard, je fais le tour, deux tour. On admire la vallée. A 15h, on va s’installer dans un coin pour assister à l’office, de l’école tibétaine, aux sons des cors, trompettes, cymbales, on est subjugué. Le temps passe… On finit par quitter les lieux, à contre cœur.
25 Octobre
Rishi et les porteurs nous attendent à l’hôtel pour le trek .
Départ en bus local jusqu’à Sanghu. On utilise rarement les bus locaux car en famille un taxi est vite amorti. On découvre ici comment partir assis un peu prés confortablement et finir entassés avec le panier de la paysanne sur les genoux et les bidons du laitier au pied, le tout avec les relents de transpiration de chacun. Certains sont tout étonnés de nous trouver ici avec les enfants…sourires, regards interrogateurs, un jeune se lance " d’où venez-vous ? ", " de France, mais pourquoi venir ici alors que la France est paraît-il un magnifique pays ? " Et ben oui mais ici, on vous sourit, on vous parle… et tant d’autres choses.🙂
A Sanghu, départ pour Nagarkot, soi-disant en légère montée, je dirai en montée ou alors le poids de nos 42 ans ? Il fait très chaud et c’est parti ! Jamais de faux –plats pour se reprendre alors on grimpe !
Pause déjeuner dans une gargote avec apparition de l’Himalaya . je n’ai jamais été impressionnée par les montagnes. Le Mont-Blanc, 4807 m, oui et alors ? mais ici, je suis bluffée ! ! ! ! On est à 2000m, il y a des montagnes plus hautes et encore tout derrière des sommets immenses, à la même hauteur que notre avion à l’arrivée ! Respect ! Encore une heure de grimpette et nous voici à Nagarkot, les cuisses un peu endolories. Douche froide mais ô combien bénéfique. Pause carnet de voyage, lecture…
En soirée, balade avec l’équipe dans le village. Repas convivial au lodge où on découvre les saveurs du dal bat.
On décide de se coucher tôt ( 21h) pour être en forme demain sans savoir que l’hôtel est bondé par une troupe de jeunes venus de Kath. faire la fête : rires, guitare…A 22h30, Eddy péte les plombs ; on finit par s’endormir vers minuit .
26 octobre : 1er jour de la fête de Tihar : on célèbre les corbeaux
Au petit-déjeuner le patron ose nous demander si on a bien dormi ? On lui dira le reste ! Départ jusqu’à la Tower view tout en grimpette puis descente vers Nala à travers une campagne magnifique, des jardins, des fleurs, bambous, rizières…On est aux anges. La population est adorable ! Dés que nous lançons un Namaste, les sourires apparaissent et les réponses fusent ! Scènes de vie pittoresques à Nala avec ses allures médiévales. Route totalement inintéressante entre Nala et Banepa. Le soleil cogne dur ! On débarque dans un Gh complétement pourrie à Dulikhel😕. Nous refusons d’y dormir ( conf. Hebergement) et finissons dans le merveilleux Dulikhel Lodge resort pour le bonheur de tous ! Dans un moment d’éclaircie, Lucie aperçoit enfin l’Everest ( enfin ce qu’on en voit…), elle exulte !
27 octobre : 2éme jour de la fête : on célèbre les chiens ( car ils aident les âmes à traverser la rivière de la mort ;
Lever 6h et petit dej avec vue sur l’Himalaya
Départ en bus local pour Panauti. Visite de la ville, temple… pendant 1h.
Départ pour Godavari. On abandonne rapidement le goudron pour un magnifique sentier qui suit la rivière. La vie des champs, les pêcheurs, les mêmes sourires, les enfants qui réclament à être pris en photo… en l’écrivant, j’y suis encore !
Puis on quitte les villages pour la montagnes par un chemin escarpé, très escarpé ! ça grimpe, devient glissant, plus d’ échoppe mais nous ne savons encore pas que le porteur a voulu montrer un raccourci au guide, qu’il va se perdre, que nous ne rencontrerons plus du tout d’échoppe, que nous sommes donc en pleine nature sans rien à manger, ni à boire, à marcher encore jusqu’à 16h sans aucun ravitaillement possible : l’hypoglycémie nous guette. Dénivelle 1000m en monter puis en descente. Un villageois propose de nous guider pendant 2h durant que nous remercierons en lui offrant deux paquets de cigarettes car il refuse le modeste billet qu’Eddy lui tend . D’autres villageois nous proposeront à 16h quelques biscuits et un thé ! Nous arriverons à la tombée de la nuit à Godavari. On débarque dans un hôtel complètement vide ; cette nuit ont peut faire la fête, encore faut-il le pouvoir car nous sommes épuisés !
28 octobre : 3éme jour de la fête : On célèbre les vaches et Lakshmi, la déesse de la lumière qui vient visiter chaque foyer éclairé, les maisons sont donc ornées de bougies.
Lever difficile. La nuit ayant portée conseil et les enfants nous ayant fait part la veille de leur déception de ne pas aller à Chitwan, dés l’arrivée de Rishi, nous lui demandons s’il est possible d’organiser Chitwan dés demain. Quelques coups de téléphone, et la réponse tombe : oui si c’est dés aujourd’hui ! alors on se lance ! Nous abandonnons la dernière journée de trek qui ne correspond de toute façon pas à notre réelle attente ( et puis nous reviendrons pour Jomson !) pour un départ vers Chitwan. Passage éclair à l’international GH pour y récupérer du linge propre et nous quittons Kat. Arrivée à 15h Le Népal a ici complètement changé de visage : paysage plat, chaleur torride, maisons en torchis…Magnifique coucher de soleil, danses Taru, repas et gros dodo.
29 octobre : 4éme jour : on célèbre les bœufs et la nouvelle année Newar . Nous sommes en 1129
Départ en jeep pour remonter la rivière et la redescendre ensuite en pirogue : oiseaux multicolores, crocodiles, singes… en toute quiétude, au fil de l’eau … on savoure !
Balade à pied dans la jungle. On n’a pas la chance d’apercevoir de rhino mais ambiance Indiana Jones assurée !
On revient par l’éléphant center. Cela nous fend le cœur.
Pause piscine et dej
On pense faire une sieste mais le guide nous emmene observer les oiseaux .
15h30 safari à dos d’éléphant. 4 personnes par éléphant pendant 2h en pleine jungle( pantalon conseillé) : ça finit par faire mal aux fesses en chantant " la balade des éléphants " ( mais t’inquiète Fifi pour la trompe tu restes le meilleur !😉) Mais quel spectacle ! ! ! ! ! ! ! ! On y verra 4 rhino unicorne, des paons, biches, oiseaux…A mesure que le soleil baisse, les couleurs changent. On traverse tantôt la jungle, tantôt les herbes grasses. On traverse les rivières afin que Basenti kali puisse se désaltérer ( non, elle ne nous a pas arrosé bien que cela nous aie frôlé l’esprit ). On a apprécié que le maoté ne cherche pas à suivre les copains car nous avons ainsi passé les 2h seuls et non à la file, les uns derrière les autres. Très belle relation entre le maoté et son éléphant ; nous y serons très sensibles. Fin de soirée au lodge . Notre séjour à Chitwan nous a enchanté ! 🙂
30 octobre : 5éme jour de la fête : on célèbre les frères et sœurs.
Départ de Chitwan pour Bhaktapur. Arrivée à Bhaktapur à 13h. La situation idéale de la Gh nous permet de partir de suite se promener et découvrir taumadhi tole. On admire le temple Nyatapola. On ne se fixe rien, on erre dans les rues à notre gré, le nez tantôt levé pour admirer les sculptures Newar, tantôt baissé pour savourer les mélanges de couleurs, de fruits, de légumes et toute l’animation du dernier jour de fête . Aujourd’hui, les frères et sœurs s’offrent colliers et sucrerie ; thomas et Lucie se joignent au rituel !
31 octobre Grasse mâtinée : ouf ! ! ! ! ! ! Visite d’une école de Tangkas tibétains. Passionnant ! Visite du Durbar square avec une mention particulière pour le palais aux 55 fenêtres. Tout est calme aujourd’hui et on apprécie la sérénité des lieux.
1er novembre Départ en taxi pour Patan. Visite de la ville( circuit lonely planet), du Durbar square, et du musée : super car bien mis en valeur et excellente présentation de l’hindouisme et du bouddhisme. Flânerie l’après midi dans les jardins de l’hôtel.
2 novembre Retour à l’international GH. Balade à pied jusqu’à Durbar square( itinéraire lonely planet) et retour. On apprécie mieux encore le Durbar car notre œil est plus avisé et moins attiré par le tumulte qui règne autour de nous, ce qui nous permet de voir certains détails qui nous avaient échappés.
3 novembre Taxi jusqu’à Pashupatinah, ensemble de temples ( dont le principal interdit aux non-hindouistes) et lieu de crémation sur la rivière sacrée Bagmati. On s’est posé la question sur notre présence. Thomas y était opposé mais la majorité l’a emportée. On était cependant tous unanimes sur le fait que nous ne prendrions pas de photos. Pour moi, me présence se justifiait par le fait que nous étions là pour comprendre une culture différente de la nôtre, tout comme nous nous serions posés pour observer un mariage ; la mort n’est pas tabou. Nous déclinons l’offre des 2 hindous qui nous proposent de monter sur le toit pour filmer. Nous avons traversé la rivière et nous sommes assis sur la rive opposée des ghats. Nous avons pu observer trois accompagnements à la mort différents : un avec la famille, un avec des voisins et un sans personne. Trois choses nous ont marquées : l’humilité de la cérémonie, le fait que la crémation ait lieu sans personne qui accompagne le défunt, la fascination morbide de certains touristes à se mêler aux famille et à filmer à 20 cm du visage du mort ou télé-objectif et jumelles en mains( nous ne le jugeons pas, nous nous en étonnons ! car au retour et sorti de son contexte culturel avec qui partager cela ?)
En quittant les lieux, Thomas parle le premier : " cela m’a miné ! on n’est rien ! " Et bien oui, on en discutera beaucoup de suite puis dans la soirée, nous ne sommes rien et nous prenons ici une belle leçon d’humilité. Je demande aux enfants de ne retenir qu’une chose : rien ne sert d’être méprisant envers les autres car avec 100 kg de bois et 4h sur un bûcher, nous sommes tous égaux : il ne restera de nous que ce qu’on a bien voulu donner aux autres.
Nous rejoignons Bodnath à pied avec les explications du lonely planet ( en 30 mn). Nous attendons tous ce jour depuis notre arrivée ! Et au détour d’une rue, de la foule, des klaxons : les yeux de Bouddha, la sérénité des lieux aux sons du " Om mani padme um ". On est ébloui par les blancheur du dôme et par la paix qui règne ici. On se met à tourner, les larmes se mettent à couler ( Thomas ne m’a pas demander cette fois si j’allais pleurer car je crois qu’il connaissait déjà la réponse !) . On aura du mal à s’arracher des lieux…
Retour à Thamel, à la pollution, aux bruits, aux couleurs, au marchandage, bref à la vie après une journée de reflexion…
4 novembre
Nous quittons aujourd’hui le Népal qui me manque déjà ! Mais la belle leçon de vie va me laisser sur mon nuage encore longtemps car je n’ai toujours pas quitté le Népal en pensée à l’heure d’aujourd’hui.
On a aimé : La quiétude de Bhaktapur Etre au pied de l’Himalaya L’artisanat La gentillesse et les sourires de la population Le Népal africain de Chitwan Les couleurs partout et toujours ! L’art Newar
On a moins aimé : Avoir à mettre cher en hôtellerie pour avoir du propre La formule trek que nous avons choisie La lenteur du service à table ( pas question de dej en moins d’une heure) L’amplitude permanente des décibels à Kath.
Itinéraire de quinze jours dans la vallée de Kathmandu English translation pending
Bonjour,
Que pensez vous de l'itinéraire que l'on me propose pour 15 jours au Népal, pour 520 $ USD Soit 380 € (hors vol).
Day 01: Departure from Paris
Day 02: Arrive at Kathmandu airport and transfer to hotel Manaslu
Day 03: Morning visit Patan and Tibetan refugee camp. Afternoon is free
Day 04: Morning visit Kathmandu city and Swoyambhunath. Afternoon is free
Day 05: Morning visit Bhadgaon / Pashupatinath and Boudhanath
Day 06: After breakfast drive to Chitwan (180Km) Overnight at Green mansion
Day 07: Full day Jungle activities in Chitwan including Elephant ride, canoeing and nature walk
Day 08: After breakfast drive to Pokhara Overnight at Hotel Basecamp resort
Day 09: After breakfast visit pokhara city. Afternoon is free
Day 10: After breakfast drive back to Kathmandu overnight at Hotel Manaslu
Day 11: Free day
Day 12: After breakfast visit Panauti and Dhulikhel
Day 13: Free day
Day 14 transfer to airport to connect the flight to Paris
Day 15: Arrive Paris.
Merci d'avance
Merci d'avance
Tensions politiques au Népal? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je dois partir au Népal le 10 mars 06 sur un circuit organisé et j'ai un peu peur que le voyage soit annulé en raison de la situation politique. Si vous revenez du Népal ou si vous allez aussi y partir, toutes vos info m'intéressent.
Merci d'avance
Je dois partir au Népal le 10 mars 06 sur un circuit organisé et j'ai un peu peur que le voyage soit annulé en raison de la situation politique. Si vous revenez du Népal ou si vous allez aussi y partir, toutes vos info m'intéressent.
Merci d'avance
Itinéraires pour 2 mois en Inde et Népal English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai déjà fait Dharamsala l'année dernière, pendant 1 mois. Mais cette année, je veux étendre mon périple si le "temps" (timing) me le permet....
Voilà les données, j'atterris à Colombo (Sri Lanka) le 31 mars et repars de Kathmandou le 30 mai 2004 (deux mois).
Je vais passer une dizaine de jours à Ceylan, jusqu'aux environs du 12 avril....mais après?
Pensez-vous que je puisse raisonnablement faire Cochin et ses mangroves, Goa, Bombay, puis filer sur le Rajastan, aller sur Delhi pour remonter sur Dharamsala (imperatif), redescendre sur Delhi, faire Agra, Varanasi, filer sur Kathmandou, puis Lhasa (avec aller en 4x4 et retour en avion=7jours), visiter (un peu) le Népal et retour Paris CDG....?
Que me conseillez-vous? Y'a t-il des endroits à ne pas louper? Est-ce raisonnable? Et comment organiseriez-vous un tel périple?
Vos réponses sont les bienvenues... J'ai peur de me planter sur le timing.
Bien cordialement,
Jean-Michel
J'ai déjà fait Dharamsala l'année dernière, pendant 1 mois. Mais cette année, je veux étendre mon périple si le "temps" (timing) me le permet....
Voilà les données, j'atterris à Colombo (Sri Lanka) le 31 mars et repars de Kathmandou le 30 mai 2004 (deux mois).
Je vais passer une dizaine de jours à Ceylan, jusqu'aux environs du 12 avril....mais après?
Pensez-vous que je puisse raisonnablement faire Cochin et ses mangroves, Goa, Bombay, puis filer sur le Rajastan, aller sur Delhi pour remonter sur Dharamsala (imperatif), redescendre sur Delhi, faire Agra, Varanasi, filer sur Kathmandou, puis Lhasa (avec aller en 4x4 et retour en avion=7jours), visiter (un peu) le Népal et retour Paris CDG....?
Que me conseillez-vous? Y'a t-il des endroits à ne pas louper? Est-ce raisonnable? Et comment organiseriez-vous un tel périple?
Vos réponses sont les bienvenues... J'ai peur de me planter sur le timing.
Bien cordialement,
Jean-Michel