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Retour de deux semaines au Nicaragua English translation pending
by Vanessa333 · 2017-03-25 · 5 replies
Voici mon petit compte rendu sur notre voyage de 14 jours, du 09 au 24 mars .

Nous sommes partis seuls avec mon mari, en réservant la première et dernière nuit. J'avais fait un itinéraire prévisionnel qui a pu évoluer au fil de notre séjour. Du fait du peu de temps sur place, nous avons dû faire des impasses malheureusement, nous avons donc zappé le rio san Juan et les Corn Island en espérant y retourner à l'occasion d'un second voyage.

J1: Départ de Bordeaux 6h15 avec Delta opéré par Air France, pour une arrivée 20h 55 à Managua après une escale à Paris puis à Atlanta. Nous récupèrons nos bagages, payons la taxe d'entrée de 10$ et sortons de l'aéroport en moins de 15 mn, c'est un record de rapidité! Nous ne souhaitions pas rester sur Managua , nous avons donc demandé à Sandrine de la Barca de Oro à Las Pénitas de nous organiser un transfert par Taxi - Le coût est assez élevé : 85$ mais cela nous a permis de gagner une demie journée de transport le lendemain, de nous éviter une nuit sur Managua et de nous réveiller en bord de mer le lendemain , prêts à profiter. Nuit en cabane pour 28$

J2: après le dej, on prend deux vélos et allons faire un tour à Poneloya le petit village voisin. Baignade, ballade puis retour pour manger. L'après midi, nous partons faire un tour en bateau sur la mangrove, nous étions 8, nous payons 25$ pour nous deux , pour 3 h de promenade. C'est calme, on voit pas mal d'oiseaux et au retour, on stoppe sur une plage où sont récupérés chaque nuit et mis en sécurité les oeufs de tortues venues y pondre. Ce n'est plus la saison mais quelques oeufs ont éclos cette nuit. Au coucher de soleil, nous les amenons en bord de l'eau et les regardons prendre leur départ. Magique. Soirée langouste et dodo, demain nous partons pour Léon.

J3: Après une dernière baignade, nous partons à 9h30 pour Léon. L'arrêt est juste devant l'hôtel et nous mettons moins de 30 mn pour atteindre Léon ( 13 C par pers ) Nous posons notre sac à l'hôtel Trailwinds ( 30 $ ) mais il n'y a pas de piscine et il fait très chaud, Demain nous changerons pour le lazybones ( même prix ) où il y a de la place et une piscine. Après midi visite à pied de la ville , notamment de la cathédrale et de son magnifique toit blanc ( 3$/pers) .

J4: On part à 8h pour le Cerro Négro. On n'avait pas prévu de le faire au vu de l'aspect très touristique de l'activité luge mais vu l'aspect très particulier de ce volcan, on se laisse faire. Bon la blonde que je suis n'avait pas pris en considération qu'il allait falloir monter en haut à PIED avant de pouvoir redescendre. Si l'on fait la conjonction de la chaleur, du sol noir, de la pente et du niveau néant de ma condition physique, la montée a été une réelle souffrance ( juste pour moi visiblement ) mais à 700 m d'altitude, la vue est à couper le souffle. Et la descente en luge ? Cette activité so touristic? terrible ! on a adoré! Du coup l'après midi, on est vannés et on se détend à la piscine de l'hôtel. Demain se prépare une journée marathon.

J5: on veut aller faire le canyon de Somoto. Deux bus seulement: 5h 20 ( quoi! en vacances! c'est effrayant ) ou 12h45. Notre dilemne est de savoir en dehors de l'activité canyon ce à quoi nous allons nous occuper. Pas trop envie de faire les réserves environnantes , on tente le tout en une journée: Départ donc à 5h20, arrivée à Estelli à 8h45. Alors petite précision sur les bus: - pas chers, c'est le moins que l'on puisse dire - pas rapides, parce que c'est vrai que prendre et laisser chaque personne là où il en a envie, cela prend du temps - bondés: parce que quand toi tu penses que plus personne ne va pouvoir rentrer , il rentre encore au moins 20 personnes! Bref, on prend un taxi pour aller réserver le canyon à l'agence Treehuggers et là, coup de bol, en faisant vite, on réserve, reprenons un taxi, sautons dans un bus pour Somoto à 9h30 et arrivons à 11h30. Après un petit en cas, départ pour le canyon pour environ 3 h de ballade, sauts et baignade. Le paysage est magnifique, et même si le niveau de l'eau est bas puisque l'on est en saison sèche, on a adoré! On décide de dormir à la cabinas de Henry qui semble gérer le site. Comment dire? on n'aime pas le luxe mais là c'est assez roots( 20$ ). Propre mais rudimentaire. Ceci dit, vu l'heure à laquelle on s'est levé, on n'envisage pas de redescendre à Esteli pour partir en recherche d'une chambre.

J6: deuxième transfert marathon mais promis après, on lève un peu le pied et on se repose un peu. Direction Granada Bus 1: Du canyon à Somoto départ 6h30 Bus 2: Express de Somoto à Tipitapa ( c'est la ligne de Managua mais l'arrêt à Tipitapa permet de prendre un bus pour Massaya ) Bus 3: Tipitapa à Massaya Bus 4 : Massaya à Granada. Arrivée à 13h, pas mal, pas perte de temps entre les bus donc parfait. Par hasard, on tombe sur l'hotel El Club ( nuit 45$ déj inclus, clim , TV, piscine et eau chaude, se sera la seule fois ) Le but du jour est de trouver un scooter à louer; on y a pris goût en Asie et on a envie de se sentir moins dépendants des bus et excursions organisées. On trouve notre bonheur derrière la cathédrale pour 24$ par jour ( le prix nous surprend comparativement à l'Asie mais on va tellement profiter grâce à lui qu'on ne le regrettera pas ) Petite apparté sur la conduite au Nicaragua: - La corruption? pas vue, les policiers n'ont fait que nous saluer, sans jamais nous arrêter. On avait le peris international au cas où mais on ne l'a jamais sorti. - La circulation? On ne l'a pas trouvé plus dangereuse que chez nous, les Nicas étant plutôt très prudents et prévenants . - Un conseil? Attention au vent. On n'y avait pas pensé mais il y a beaucoup de vent et la conduite en scoot peut s'avérer périlleuse quand il y a de fortes bourrasques. A part cela, quel plaisir de circuler à son rythme et de s'arrêter au gré de ses envies.

Je vous poste la suite très vite...



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Que faire en escale à Abu Dhabi? English translation pending
by Marty1704 · 2017-03-25 · 9 replies
Hello! Je suis tombee sur pas mal de post à ce sujet.. mais je n'ai pas des réponses claires. Nous faisons escale a Abu dhabi de 12h30 à 9H le lendemain. J'ai cru comprendre que je n'avais pas à me soucier de mes bagages. Mais... que faire? Aller a Dubai? A Abu Dhabi? Les deux? Et ou peut on dormir? Jai vu qu'il y avait un hôtel a l'aéroport. Est ce tj d'actualité? Et niveau prix? Merci pour toutes vos réponses.
Voyager seule à Lisbonne English translation pending
by W23li5O · 2017-03-21 · 3 replies
Bonjour à tous :)

Je suis nouvelle sur le forum et également nouvelle dans le monde du "voyage". Actuellement en Espagne pendant 6 mois pour le travail je profite de mes jours de repos pour voyager, profiter et visiter.

Prochaine excursion hors des sentiers espagnols : Lisboa

J'envisage d'y aller mi-mai et seule pour le coup et j'aurai aimé vos conseils et lieux phares (et pourquoi pas originales) à voir en 4 jours. L'idée ce serait aussi de faire des rencontres sur place et beaucoup de gens m'ont conseillé les auberges de jeunesses.

Obrigad' a todos 😊 (une occasion pour améliorer mon portugais niveau 6ème haha)
Voyage en Floride avec 2 enfants English translation pending
by Sandie33 · 2017-03-19 · 13 replies
Bonjour, nous aimerions partir l'hiver prochain en Floride. Nous avons prévu 2 étapes. Nous allons faire quelques jours à Orlando, c'est certain. Mais ensuite? Nous aimerions visiter Miami mais je me dis qu'avec 2 enfants (1 et 6 ans) nous n'allons pas rester une semaine la-bas? Ou pourrions nous aller, qui ne soit pas trop loin de miami? et aussi un peu moins cher :-) Nous allons louer une voiture. Et nous ne voulons pas changer d'hôtel.

Merci d'avance pour votre aide.
Java: Waisak à Borobudur English translation pending
by MaguyGau · 2017-03-15 · 2 replies
Bonjour, Je dois être à Yogya vers le 10 mai pour quelques jours. Il semblerait qu'il y ait à Borobudur le "Waisak", le jour de la pleine lune... A ce sujet, j'ai quelques questions.

Je vois sur Internet cette fête annoncée le 10 mai et parfois le 11 mai. Quelle est la date exacte ? Cette manifestation est-elle intéressante pour des "non-bouddhistes" ? Vers quelle heure vaut-il mieux se trouver sur les lieux ? Peut-on visiter le site de Borobudur malgré cette fête ?

Je remercie tous ceux qui ont eu l'occasion d'assister à ce rassemblement et qui peuvent m'éclairer... Maguy
Circuit à Timimoun et le désert (Algérie) English translation pending
by Panamasia · 2017-03-14 · 26 replies
Bonjour,

Mes parents (d"origine algérienne) souhaitent visiter timimoun et ses alentours en avril pour découvrir le désert. Avez vous des contacts pour des guides dans la région ? Ou des propositions de circuit sur 9 jours ?

Merci beaucoup,
Slovénie versus Monténégro: quoi choisir? English translation pending
by Longeen · 2017-03-11 · 6 replies
Bonjour à tous !

Voila, j'ai beau regarder à droite à gauche, j'hésite toujours autant.

Je suis partie en Croatie l'année dernière (j'ai adoré), et je veux continuer à découvrir la richesse culturelle que l'Europe a à offrir :) !

Cette été, j'ai l'opportunité de pouvoir repartir. Je cherche un pays où je peux prendre une claque en terme de paysage et de vieilles pierres, sans que cela soit trop coûteux pour le porte monnaie, le tout en 7/10 jours.

J'aimerai savoir si des voyageurs ont eu l'occasion de faire ces deux pays, et vers lequel il pencherait le plus :) !

Merci beaucoup !
De Siem Reap à Koh Chang par voie terrestre English translation pending
by MS13011 · 2017-03-06 · 16 replies
Bonjour, Après un séjour au Cambodge (Siem Reap), Je compte revenir en Thailande (TRAT et Kho Chang) en partant de Siem Reap par la voie terrestre. Passée la frontiére à Poaoy Pet , Y a t il des bus ou taxis allant de la frontière à Trat puis à l'embarcadère du ferry pour Kho Chang ? Merci pour la réponse. MS13011
Visiter les sites de Nikko en venant de Tokyo English translation pending
by Ygon · 2017-03-05 · 1 reply
Bonjour,

est-il possible de visiter les différents sites de Nikko sur une journée en venant de Tokyo? Merci
Forfait pour visiter l'Italie English translation pending
by Christian6 · 2017-02-26 · 12 replies
bonjour.. nous somme un couple de montreal.. nous aimerions visiter l Italie pour la premiere fois est ce possible de trouver un forfait incluant les repas ou en partis pour 7 -10 jrs pour $ 2000 PAR PERS fin aout debut sept 2017...quel serait les meilleurs endroit a visiter..ns somme pas mal des explorateurs urbains ns aimons vivre comme les gens du pays visiter les petites boutiques petit cafe mais ns aimons aussi la plage visiter les sites touristiques un peu moins...par contre un musee d art ou autre a l occasion..si vs avez d autres suggestions qui ne rencontrait pas nos attentes ...ns somme tres ouverts...merci de ns faire partager vos reves
Sarajevo deux époques English translation pending
by Lucbertrand · 2017-02-26 · 17 replies
Les Balkans sont une région, où foisonnent les sociétés, zone d'achoppement et de conflits entre les cultures, où longtemps l'empire ottoman a affronté la chrétienté. Les influences ont fluctué au gré des fortunes de guerre. Tous ces pays je les ai visités plus ou moins longuement. Chacun d'entre eux a eu sa période de gloire au cours du millénaire écoulé, et pour la Grèce son apogée remonte encore bien plus loin. L'un d'eux, je le connais assez bien pour y avoir vécu trois ans. J'y ai laissé une partie de mon cœur, l’Albanie, pays dans lequel je me suis forgé des amitiés très fortes et indéfectibles. La Bosnie je l'ai aussi arpentée à différentes occasions, tout particulièrement au cours d'un long épisode dramatique de son histoire, le siège de Sarajevo. Mes voyages dans ce coin d'Europe, où l'on se sent très loin, plongé dans cette constellation de petits pays, qui chacun a une identité forte, j'en ai fait déjà plusieurs compte-rendus dans les carnets de voyage forum. L'un de ces écrits je ne l'avais jamais publié, car il pourrait s’apparenter quelque part à un voyage dans la guerre. Mais j'ai décidé de vous le soumettre, car il pourra intéresser les amoureux de cette ville extraordinaire qu'est Sarajevo, et que je trouve toujours aussi envoûtante chaque fois que j'y retourne. Donc voici ce texte, et désolé si certains le trouveront très très long et manquant de photos, mais j'espère qu'il donnera envie d'aller visiter ces terres balkaniques qui sont pétries par deux mille ans d'histoire:

Sarajevo deux époques, souvenirs, anecdotes

Sarajevo, cette ville au nom évocateur, qui tient une place particulière dans l'histoire de l'Europe, j'ai eu l'opportunité de la connaître à deux époques relativement rapprochées mais très différentes. La première fois, quatre mois durant le siège en 1994 en pleine guerre de Bosnie, et la seconde en effectuant un bref passage de deux jours en 2008 au cours d'un périple balkanique. Ces deux expériences dans des contextes opposés, me permettent de mettre en exergue tous les contrastes d'atmosphère au gré des circonstances et des événements que cette ville magique a connus. L'été 1994 arrive à grands pas, j'ai programmé mes vacances, j'irai faire de l'alpinisme du côté de la Vanoise. Brutalement à deux jours du départ, changement de destination, on m'informe que je pars à court terme pour Sarajevo dans le cadre des missions de guidage d'avions de combat. A peine le temps de prendre quelques habits, prévenir ma famille et je suis en route pour une formation accélérée afin de me remettre en tête les techniques aéronautiques appropriées. Les cours théoriques et pratiques sont prodigués par de braves Américains qui n'ont jamais imaginé que sur la terre des gens pouvaient parler autre chose que leur langage qui s'apparente plus à une suite d'acronymes et d'onomatopées à peine prononcés qu'à de l'anglais ! Après une injection à haute dose d'une semaine, je prends la direction de la Bosnie, plus spécialement Sarajevo et son siège. Survol des Alpes, je distingue très nettement les montagnes que je voulais grimper à proximité du col du Mont Cenis, mais l'aventure sera différente.

Je suis arrivé sur l'aéroport surchargé de matériels et d'hommes. La première urgence est de trouver à se loger avec mon équipe, nous sommes 7. On déniche un petit réduit, digne des plus minuscules refuges que j'ai connus en montagne. A 7 nous nous empilons sur 6 mètres carrés, mais ça va. Il ne fait pas froid nous sommes en juillet. D'ailleurs on pourrait avoir très, très chaud, car notre réduit est adossé au dépôt de munitions de la légion étrangère, un obus mal placé et nous prenons un billet direct pour la vaporisation. Nous allons vivre dans cet espace réduit quelques semaines, mais l'activité était si intense que lorsque nous le rejoignions nous nous écroulions dans le sommeil.

Ma première sortie dans la ville me permet de saisir immédiatement l'atmosphère qui y règne. Cité complètement bloquée où tout le monde se cache. Les rues sont désertes, la population vit, comme des rats, terrée. Les militaires dans les blindés et engoncés dans leur gilet pare-balles sont les seuls à donner un peu d'animation à la cité. Rarement, toujours furtivement on aperçoit un civil qui presse le pas dans une rue et disparaît bien vite pour éviter d'être tué par une balle qu'elle soit perdue ou non.

La ville de Sarajevo occupe le fond d'une cuvette toute en longueur. Du fait de son développement, les maisons par manque de place ont colonisé les collines environnantes. Des quartiers serrés se pressent tout au long des pentes de cette multitude de buttes raides, qui rentrent carrément dans la ville basse et l'encerclent de toutes parts. En levant les yeux, la première chose qui frappe, ce sont les façades de maisons individuelles qui constellent tous les reliefs environnants. Il ne faut pas de grandes explications pour comprendre, que de toutes ces fenêtres en encorbellement, des multitudes d'yeux vous regardent voire vous surveillent. Elles sont innombrables, les unes sur les autres, tout au long de ces grandes pentes qui tombent dans la ville. Tels de gros yeux inexpressifs mais lourds de menaces dissimulées, elles peuvent à tout moment prêter assistance à l'auteur d'un assassinat, tapi à l'abri de la lumière, son arme de précision à la main. On imagine facilement tous ces guetteurs scrutant l'immobilité de la ville. Combien de snipers, qui vous prennent dans leur croisillon, se cachent derrière ces ouvertures, à dessein pleines de pénombre ? Combien de fois, montant les escaliers de la fameuse patinoire la Skandéria j'ai senti ces regards sur moi. L'impression est étrange et désagréable, mais il ne sert à rien de lever les yeux, cela pourrait juste être pris pour un acte de provocation, et souvent la susceptibilité du tireur est proportionnelle à son taux d'imbibition à la slibovitch, alcool blanc de prune.

Au cours de différentes missions, je suis amené à remonter des rues remplies de carcasses de voitures et de trams bombardés et incendiés, on se croit dans un film de fiction, des spectacles dantesques de rouille et de fer tordu, mais non c'est la réalité. Par endroits, il faut bousculer certains obstacles avec le blindé pour passer sur ces chaussées recouvertes de gravats. Lors de ces déplacements en véhicules, des gens nous regardent à la dérobée. Dans les jardins de nombreuses maisons particulières les voitures sont bâchées et protégées dans un recoin de terrasse, en attendant des jours meilleurs où il y aura de l'essence, des routes en état et plus d'obus qui s’abattent selon une logique parfois difficile à saisir.

Assister au bombardement d'une ville est une expérience étrange. De gros obus frappent de plein fouet des façades qui s'écroulent dans des nuages de fumée. Les obus lorsqu'ils vous survolent, vous réalisez avec précision le danger qu'ils représentent. S'ils font un bruit strident et aigu, cela signifie qu'ils ont une vitesse élevée et qu'ils vont aller frapper plus loin. Par contre s'ils font un bruit plus mat avec des flop flop, cela trahit une vitesse faible et un engin qui commence à tanguer sur son axe, d'où une chute dans les environs. On apprend très vite, en regardant les autres, à réagir. J'ai fait cette découverte sur une colline en présence d'un groupe de Bosniaques, alors que je faisais des repérages concernant le positionnement des différentes forces en présence. La ville était sous le bombardement régulier de canons serbes de gros calibre. Nous nous trouvions sur la trajectoire des obus, mais bien en-deçà de leur point d'impact. Nous les entendions donc nous survoler dans un sifflement strident. Soudain, un bruit beaucoup plus bas, accompagné du fameux flop flop, décrit si souvent par les poilus de la grande guerre, a provoqué une réaction de fuite immédiate de mes interlocuteurs bosniaques. Effectivement un gros obus est tombé beaucoup plus près que les précédents mais à une distance, où le danger restait faible. C'est ce qu'on appelle apprendre par l'expérience ou sur le tas.

Dans la ville de Sarajevo une petite communauté de Croates se trouve prise en otage entre les Serbes et les Bosniaques. Participer à un office religieux parmi ce groupe catholique est très poignant. Même là, il faut se méfier du scoop journalistique, on pourrait rapidement faire croire en juxtaposant sur une même photo un militaire français et une religieuse croate que nous sommes là pour prendre parti en leur faveur. Bien sûr que leur situation nous émeut, bien sûr que dans la mesure de nos moyens nous les pourvoyons en nourriture, mais nous le ferions de la même manière pour les autres communautés, lorsque des êtres humains sont dans la nécessité impérieuse ils méritent une égalité de traitement. Dans cette petite communauté acculée, la ferveur est très importante, jeunes et vieux montrent la même foi. Je me souviens d'une anecdote amusante malgré la situation. Le prêtre de la légion étrangère française célèbre l'office au cours duquel il se réfère aux noces de Cana. Le légionnaire d'origine croate, lui servant d'interprète, traduit par noces de canard, d'où éclat de rire franc de toute la communauté croate. La difficulté et l'incertitude extrêmes n'enlèvent pas à l'être humain son sens de l'humour et son envie de rire. C'est rassurant. Bien que n'étant pas particulièrement pratiquant, ces offices me bouleversaient par la conviction et l'espérance qui émanaient de cette population martyrisée. Le fait d'y penser quinze ans après, je sens toujours monter en moi de l'émotion.

Observateur de cette situation dramatique que vit une population à trois entités et aussi un peu acteur pour essayer d’y remédier, on ne peut qu'éprouver un réel malaise en constatant toute la frénésie de ce qu'on appelle l'information pour contenter le voyeurisme de nos populations occidentales. Il faut dire que c'est tentant, bien installé chez soi le soir à vingt heures de regarder le sacro-saint journal télévisé qui distille sa kyrielle de faits divers sordides. Montrer des obus écraser une cité qui vit ou plutôt survit dans une immense détresse, c'est l'assurance de faire exploser l'audimat. Pourquoi le spectateur qui se cache en chacun de nous est-il si friand de ce genre de spectacle ? Voyeurisme par rapport à la mort, réconfort de voir qu'il y a plus malheureux que nous, oublier ses petits déboires quotidiens professionnels ou sentimentaux ?

J'ai été au cours de mes nombreux déplacements témoin de situations curieuses, que je ne comprenais pas toujours. Sur la fameuse « snipers allée » complètement déserte, un cycliste, seul sur l'immense ruban de goudron, marche recroquevillé son vélo à la main, et semble se protéger derrière le cadre de sa bicyclette, étrange ! Face à lui les hautes façades d'immeubles, desquelles des yeux amis et d’autres hostiles le surveillent, ces derniers prêts à délivrer la mort. Cette scène est surréaliste, le temps semble suspendu. L'hésitation de l'individu, de toute évidence dans une mauvaise situation est angoissante. À chaque instant on s'attend à entendre un bruit sec se répercutant le long des murs et voir l'homme et son vélo s'abattre au sol. Ce spectacle fait véritablement mal par la tension qu'il engendre. En bruit de fond permanent le son des détonations rappelle que la guerre est présente. On s'y adapte au point que l'absence de tir semble anormale. Se réveiller au bruit de la poudre devient une habitude, un peu à la manière du chant des oiseaux au printemps qui accompagne la reprise de conscience au sortir du sommeil. Lorsque je suis rentré en France, la première semaine j'étais réveillé tôt à cause justement de l'absence de ce bruit de fond qui m'avait accompagné durant quatre mois. L'accoutumance est telle, que le retour à la vie normale semble bizarre. Dès mon arrivée chez moi, je suis parti en montagne remonter le canyon de la Niscle dans les Pyrénées espagnoles. Ne plus avoir à porter un gilet pare-balles, ne plus faire attention aux mines, ne plus chercher le sniper embusqué, pouvoir se déplacer sans contrainte sur de grands espaces, cela procure une sensation étrange, comme si le retour à la normale nécessitait une rééducation. En quatre mois de conditions particulières, on s'adapte très fortement à la situation locale et l'on ne réalise pas à quel point cette adaptation formate les actions réflexes. De façon étrange dans ce canyon de la Niscle, qui est une œuvre de la nature titanesque et de grande beauté, je me sentais comme dans un environnement inhabituel par cette absence de dangers. Il faut se réhabituer à la normalité, et je comprends très bien qu'après des expériences extrêmes, ce qui n'a pas été mon cas, cette réadaptation soit très longue, voire impossible.

J'ai lu à plusieurs reprises des comptes-rendus de voyages en zones de guerre. Ces pratiques suscitent des critiques parfois acerbes, le voyeurisme étant considéré comme indécent. Cela me semble logique, et effectivement, je ne sais pas ce que j'aurais ressenti si j'étais venu simplement me promener, attiré par une curiosité malsaine. Je n'étais pas dans ce cas. Je me demande quelle différence existe entre le touriste en zone de guerre et le journaliste qui couvre l’événement ? Ce dernier ne fournit-il pas un document et des photos, choc des images oblige, à des gens curieux de voir plus que de savoir, poussés par ce qu'il faut appeler l'attrait du spectaculaire morbide donc du voyeurisme ? Mon premier réflexe serait de condamner le tourisme en zone de conflit, alors pourquoi permettre les scoops souvent violents des reporters, qui sous couvert d’information visent au sensationnel si possible bien sanguinolent ? Bien sûr, il me sera répondu qu'il s'agit du devoir d'information. Mais s'agit-il vraiment d'information ou d'un business lucratif à la limite de la décence ? Les journalistes, j'en ai croisé un certain nombre durant cette saison en Bosnie. Comme nous tous, ils faisaient leur métier, même si parfois « JT » oblige, contrainte de temps incompressible du 20h, les informations étaient à mon sens un peu arrangées voire beaucoup. L'obus de mortier filmé était peut-être payé et pas forcément attribué au bon camp, d'où l’ire du camp en question. Il nous arrivait même de recevoir des obus après le fameux JT en guise de protestations, tout du moins c'est ce que j'ai ressenti.

Cependant la visite des journalistes était toujours intéressante, révélatrice du mode de fonctionnement de nos sociétés, prises sous le feu des scoops et de l'information immédiate. Cette précipitation à rapporter de l'information, conditionnée par l'urgence du produit à livrer, quelles que soient les conditions de la collecte et la crédibilité des sources, conduit très logiquement à la désinformation ou même dans certains cas à la manipulation. Je me souviens avoir vu certains impacts de balles troublants sur certains véhicules, qui me faisaient penser qu'ils avaient été demandés par les occupants du dit véhicule pour les besoins du sensationnel à médiatiser. Peut-être ai-je l'esprit mal tourné ? En effet lorsque l'on me présente des traces de balles prétendument tirées par un sniper et que je vois des impacts très rapprochés, semblables à une rafale d'arme du style kalachnikov, je me pose des questions ! Mais imaginons le ou la reporter qui couvre l'événement du siège de Sarajevo et qui un soir ne rapporte rien de très spectaculaire pour la ‘grand-messe’ de 20heures, alors que ses concurrents des autres chaînes font un tabac. Il est fort à parier que ce journaliste va se retrouver très rapidement dans un placard à couvrir le fait divers en province. Donc dans cette surenchère de la précipitation, pour ne pas perdre son emploi, on est prêt à tout pour ne pas priver le bon peuple de France de son coup d'adrénaline en mangeant sa soupe devant son téléviseur. Il est important de lui montrer que ça pète, et mon Dieu que ce soit les uns ou les autres qui font péter ça n'a pas d'importance. Cela en a d'autant moins, qu'entre Serbes, Croates et Bosniaques la majorité des spectateurs ne fait pas la différence et puis s'en fout. L'important étant que ça pète autant que dans la série américaine sur laquelle ils vont embrayer dès le JT terminé. Je ne citerai pas les noms de chaînes dont j'ai vu, je dirais même subi les sarcasmes des représentants, qui dans l'anxiété de ne pas avoir suffisamment de matière à transférer par leur antenne satellite, me reprochaient de faire de la rétention d'information. Mais comment se prononcer sur une situation que l'on ne cerne pas complètement, mouvante à souhait, toute erreur d'interprétation pouvant avoir des répercussions graves. Tout particulièrement étaient concernés ceux qui restaient sur le terrain, les représailles n'étaient pas exclues de la part d'une faction que l'on aurait accusée à tort d'une action perpétrée par l'ennemi. Je trouvais dommage d'avoir à considérer les journalistes de mon propre pays comme un danger pour ma sécurité et essayer de les fuir autant que je pouvais. Je me souviens cependant d'un journaliste de Libération qui venait sur les zones de confrontation et qui posait peu de questions, mais cherchait à se faire sa propre idée de la situation. En le regardant, je comprenais qu'il mûrissait son article et qu'il n'était pas pressé. Ce qu'il fournirait serait certainement le fruit de sa conviction après son expérience sur le terrain et non un show médiatique à consommer le soir même.

Vie en zone de danger, comme il est étrange en tant que militaire de vivre dans des endroits où l'on se sent menacé sans être confronté à la guerre telle que nous l'avons tous gravée en nous par la narration des grands massacres entre Occidentaux. En effet, les deux conflagrations mondiales ont conditionné notre vision d'un conflit. Nous imaginons tout d'abord une hécatombe de militaires, comme par exemple sur les plages de Normandie ou dans les tranchées de Verdun ou de la Somme. Cela ne veut pas dire que les civils ont été épargnés dans ces périodes troublées. Là à Sarajevo pour les soldats internationaux, il s'agit plutôt de vie sous menaces multiples, mais non de danger de mort immédiate comme à Omaha Beach. En effet, durant mon séjour pas un seul soldat des forces internationales ne sera tué, tant mieux. Pour se préserver sur les itinéraires que nous empruntons à pied, des levées de terre ont été faites, ce qui permet un abri relatif contre les snipers. Mais par endroits, il y a des interruptions, par exemple aux carrefours, et là, on reste à découvert. C'est le cas en particulier pour accéder à la machine à laver, un petit passage devant le croisillon d'un fusil à lunette, mais on va quand même nettoyer son linge. C'est aussi le cas pour se rendre à une citerne où nous allons puiser de l'eau pour nettoyer les WC, égalité de traitement, quel que soit le grade chacun va chercher son seau pour les toilettes. Cette ambiance sous contrainte, on s'y habitue tellement que parfois cela en devient dangereux. Je me souviens de ce militaire monté en haut de la protection de terre et qui fumait tranquillement sa cigarette sous le regard de snipers. Il m'a de toute évidence pris pour un mauvais coucheur, lorsque je lui ai donné sèchement l'ordre de redescendre fumer à l'abri. Je pourrais relater d'autres anecdotes de ce genre qui me viennent à l'esprit, cependant ne vous y trompez pas cela n'enlève rien à l'extrême compétence et au dévouement sans faille des militaires français. Dans le cadre de ces coalitions aux ordres de l'ONU, on se trouve comme pris dans une énorme machine administrative à la réaction molle, alors que des populations vivent des situations dramatiques. Srebrenica et son massacre en sont la preuve manifeste. Assez vite, en ce qui me concerne je me suis fait une idée du niveau de danger auquel j'étais confronté. Bien sûr cela est statistique en fonction des événements que l'on constate. Comme je l'ai dit, malgré les tirs de tous calibres permanents, en tant que soldats de la force internationale, à la période où je me trouvais à Sarajevo, nous étions peu visés. À d'autres périodes ce n'était plus le cas, mais durant les quatre mois où j'ai été présent, nous n'avons eu à déplorer qu'un seul blessé. Par contre parmi les trois entités, bosniaques, croates et serbes les morts se comptaient par centaines, combattants et civils confondus. On prend rapidement conscience, que sur un même lieu, nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes conditions et aux mêmes dangers. Parfois je pensais à Chamonix en été et à sa ronde permanente d'hélicoptères lancés dans des sauvetages souvent périlleux pour aider de nombreux alpinistes, ou malheureusement récupérer les corps de ceux qui y laissent leur vie. Durant les deux mois d'une saison à la « Mecque de l’alpinisme » la liste des blessés et de ceux qui ne reviendront pas est longue. Je ne pouvais m'empêcher de penser que statistiquement durant cet été 1994, le grimpeur dans les Alpes était plus en danger que le militaire plongé dans le siège de Sarajevo. Cette comparaison me troublait beaucoup. Comment l'assouvissement d'une passion peut-elle se révéler plus dangereuse que la participation à ce qu'on appelle une guerre, même s'il s'agit de mission d’interposition ?

Les sorties nocturnes dans la ville pour faire des essais de transmissions avec les avions, alors que les rues ont été rendues aux factions est une expérience pour le moins impressionnante. De nuit comme de jour le travail se fait généralement à partir d'un blindé. Espace carcéral auquel on s'habitue. On a parfois l'impression d'être en immersion dans un milieu glauque, entouré de bruits de tirs, à serpenter parmi des carcasses détruites, parfois des balles de petit calibre claquent sur le blindage. Ne rêve-t-on pas ? Sommes-nous dans un film d'anticipation au centre d'une ville soumise à la plus abominable des insurrections ? Non, il s'agit bien de la réalité. Dans cette ambiance tendue, la voix nasillarde d'un pilote américain, anglais ou français se fait entendre dans les écouteurs et la procédure de guidage commence. Être le maillon d'une énorme machine de guerre ou de paix, selon le point de vue, raccroche à une réalité palpable et par certains côtés est rassurante, surtout lorsqu'on pense être dans le camp des gentils. De toute évidence être le soldat d'un pays démocratique évite les états d'âme. Notre Président, à cette époque s'appelait François Mitterrand, même lorsque l'on n'a pas voté pour lui, l'image d'humanisme qui lui est attachée rassure le soldat engagé sur sa décision.

La vie dans une ville assiégée et affamée par encerclement laisse des souvenirs profonds. Circuler dans un quartier sous bombardement est une situation étrange. Le souffle puissant des déflagrations qui remonte les rues dans un râle rauque est impressionnant. Cela produit un bruit presque épais à la manière d'un gémissement profond et lugubre, canalisé par de hautes façades qui le compriment en lui donnant longueur et gravité. Il se propage accompagné d'une multitude d'échos tout aussi graves qui entretiennent le son. On sait qu'un obus est tombé à proximité, mais on ne voit rien entre les bâtiments, seul ce souffle renseigne sur la proximité de l'explosion. On est d'autant plus surpris, que le sifflement de la munition en vol a été atténué par le bruit du moteur de notre véhicule. Un jour où les tirs étaient particulièrement nourris, j'ai assisté à ce spectacle incompréhensible de civils qui n'avaient pas l'air de paniquer, comme s'il y avait un accord tacite sur le lieu précis du bombardement. Ils restaient sur le pas de leur porte, alors que le bombardement était tout proche. Je n'ai jamais eu d'explications. J'ai vu avec surprise le fameux marché de Sarajevo qui se tenait, même misérablement, alors qu'autour des munitions de gros calibres tombaient.

Au cours de nos missions il nous arrivait de dialoguer avec des avions alors que nous étions en pleine ville. Un après-midi, alors que nous stationnons sur la petite place de la patinoire, nous allons commencer une séance d'entraînement aux procédures de guidage avec des pilotes. Le lieu où nous nous trouvons est sous le feu permanent des belligérants qui se battent entre eux. Les armes qu'ils utilisent, principalement de petit calibre, ne représentent pas un réel danger pour nous, dans la mesure où nous restons dans notre véhicule blindé. Avant que la séance d'entraînement commence, je donne mes consignes à l'équipage du véhicule. Je leur précise qu'il s'agit d'un entraînement donc en aucun cas nous ne devons prendre de risque inutile. C'est à dire que tout problème technique de transmission qui nécessiterait une intervention extérieure au blindé ne doit pas être pris en compte, sécurité du personnel est prioritaire. Le contact est établi avec un A10 américain. Au début tout se passe bien, puis le contact radio se détériore. J'ai de plus en plus de mal à communiquer avec l'avion. Tout absorbé à mon travail à essayer d'interpréter les paroles de l'aviateur hachées et baignées dans une importante friture, je ne prête plus attention à mon environnement immédiat. Alors subitement la liaison redevient parfaite et la compréhension mutuelle facile. L'avion ayant fini son passage le calme revient dans l'habitacle de notre blindé. Alors discutant avec l'adjudant des transmissions qui m'assiste, je réalise qu'il était sorti sur le toit changer une antenne pour rétablir la communication, alors que partout autour nous entendions les bruits secs des balles qui frappaient les façades et parfois le métal de notre véhicule. Sans chercher à comprendre, régissant à son seul réflexe de technicien, l'adjudant était monté sur le toit pour changer un embout d'antenne restant exposé de longues secondes aux balles qui fusaient dans tous les sens. Il considérait qu'il avait simplement rempli sa mission. Cependant pour le principe, alors qu’il avait fait preuve d’un véritable courage, je lui ai reproché d'être sorti alors que j'avais demandé de limiter les risques. Mais je ne pouvais m'empêcher de penser que si la situation se dégradait et si l’on passait à une phase plus offensive, j'étais entouré de vrais combattants qui iraient jusqu'au bout sans se poser de question. Les périodes de vie en ville alternaient avec les périodes de vie en montagne, sur le fameux mont de Bijelasnica. Lorsqu'on est montagnard, que l'on soit en temps de paix ou de guerre l'attrait de l'ambiance de la montagne reste très fort. Nous logions dans un chalet de bois dans lequel des photos de montagnes prestigieuses étaient accrochées aux murs, en particulier les Tre Cime di Lavaredo et l'Everest. J'ai même trouvé un topo d'escalade écrit en yougoslave. Décor immense autour de ce point haut qui était le départ de la descente de ski des JO de Sarajevo. Quelques soldats français habitent ce lieu. En fonction des missions le nombre varie de cinq à une petite trentaine. Nous y sommes venus pour la première fois au mois d'août, après que les belligérants l'aient quitté suite à des accords internationaux. À notre arrivée nous découvrons un site dévasté, dans un état de grande saleté. Les derniers occupants ayant déféqué au beau milieu des pièces et saccagé le mobilier. Nous prenons donc régulièrement nos quartiers dans ces montagnes et remettons de l'ordre dans ce magnifique refuge. Ma mission principale était la détection de tous les matériels militaires dans les plaines environnantes pour les signaler à l'aviation. En conséquence j'ai passé beaucoup de temps assis tout en haut d'une cime à scruter. Il ne m'était jamais arrivé de rester au sommet d'une montagne une semaine complète. Expérience étonnante et enrichissante, je ne trouvais pas le temps long. Pouvoir assister au cours des jours qui s'écoulent à l'évolution météorologique autour d'un sommet, quel plaisir ! Bien entendu, j'y ai connu tous les temps : beau, chaud, soleil, couvert, venteux, pluvieux, froid et même la neige.

Le site était d'une grande beauté et très sauvage, bien qu'il s'agisse du sommet d'une station de ski. Le dénivelé était important par rapport à la plaine que nous dominions. De ce point, vers le nord, la vue donnait sur les Monts Igman et ensuite embrassait la cuvette de Sarajevo. Certains jours où la brume remplissait les terres basses, de Sarajevo ne surnageaient au-dessus du brouillard que les tours de retransmission détruites, qui comme des statues fracassées, portaient témoignage de la folie des hommes, qui plus bas s'affamaient et s'entretuaient. Il m'arrivait souvent de venir m'isoler seul assis au sommet. Tous les matins au lever du jour j'étais un spectateur assidu de ce moment magique, que tout alpiniste apprécie plus que tout. Pour le montagnard, généralement assister à l'apparition du soleil d'un sommet signifie que l'entreprise de la journée a été un succès puisqu'on est arrivé au but que l'on s'était fixé, donc tout à loisir, l'esprit libre on peut se livrer à ce fantastique spectacle de la nature. Bien évidemment ma situation et les raisons de ma présence étaient bien différentes de la motivation habituelle du grimpeur partant à l'assaut d'une face. Un matin, à cinq heures, alors que la nuit ne va pas tarder à céder la place à la lumière, assis seul, tous les sens en éveil je m'imprègne de ce spectacle dans ce contexte particulier du siège. Sous Bijelasnica une mer de nuages s'étale, de laquelle sortent quelques points hauts des collines enserrant Sarajevo. La distance à la ville amortit le bruit du canon qui est quasi permanent, et le transforme en une rumeur lointaine, sourde et diffuse. Y a-t-il vraiment la guerre ? Ce moment de joie intense que tout alpiniste gardera pour toujours dans son cœur va se produire. À l'est, la clarté se fait de plus en plus nette et les nuages prennent des teintes irisées qui s'étalent du rouge vif au marron sombre presque noir, dans un dégradé continu d'est en ouest. Alors, le soleil perce la couche et apparaît déformé du fait de la distorsion de la lumière traversant l'atmosphère. À cet instant, j'aperçois dans la direction de l'astre du jour deux « bateaux » chevauchant à vive allure cette mer de nuages calme. Enfin, je distingue leurs silhouettes surmontées de leurs doubles dérives caractéristiques. Il s'agit de deux F14 de l'US Navy qui convergent vers ma position, point caractéristique connu de tous les aviateurs de la coalition. Arrivés au pied de la montagne, ils l'escaladent en patrouille serrée au plus près du relief. J'ai tout loisir de les regarder monter vers ma position. L'un des avions me survole de quelques mètres, tandis que le second passe en dessous dans le petit col qui est à ma droite en contrebas. Je peux voir très distinctement les casques de l'équipage de l'aéronef lancé à vive allure. Heureusement que je me suis levé, dire que j'aurais pu rater un tel spectacle, qui restera gravé en moi à jamais. Je ne peux m'empêcher de penser à ma chère maman à laquelle j'ai dit, que j'étais en Italie. Si elle pouvait imaginer « l’enfer » qui est le mien. Je sais que ce genre de réflexion peut choquer, mais c’était bien mon état d’âme à ce moment, confronté à un double spectacle de beauté de la nature au lever du jour et de merveille technologique, le tout dans un environnement de guerre. Les journées étaient bien remplies, entre le travail technique, les visites d'autorités alliées ou serbes, de journalistes et même de troupes tentant des actions tout du moins d'intimidation. Dans ce contexte, pris entre les positions des Serbes et des Bosniaques, ce que nous craignions le plus c'était de nous faire attaquer par une faction, qui essaierait d'en rejeter la faute sur leurs ennemis afin que nous les attaquions à notre tour en guise de représailles. Du fait de cette insécurité, lorsque nous restions peu nombreux, nous prenions des précautions particulières, car nous ne pouvions rester éveillés toute la nuit. Nous déployions autour de notre refuge, des systèmes d'alarme constitués de fils fins reliés à des mines éclairantes. Un soir alors que nous sommes seulement cinq au sommet de cette montagne, réunis pour dîner, une explosion nous indique qu'une mine a été déclenchée. Branle-bas, nous montons rapidement sur le toit, prêts à répliquer en cas d'attaque. Que constatons-nous ? Un gros lièvre qui détale et qui de toute évidence était le responsable du déclenchement de notre alarme. Il est étrange de se retrouver couché à plat ventre sur le toit d'un refuge en montagne un pistolet mitrailleur à la main. L'adrénaline dans ces cas est la même que celle qui inonde lors d'un passage difficile d'escalade, tout l'esprit tendu vers l'action. De plus le groupe réagit comme un seul homme, chacun se positionnant au meilleur endroit prêt à faire front. L'esprit d'équipe dans ces situations lorsqu'il est bien rôdé est un atout indéniable. Je ne dirais pas presque déçus, nous retournons terminer notre dîner.

A deux mille mètres d'altitude, en l'absence de toute lumière parasite, la nuit est magnifique. En Bosnie à l'été 1994, des lumières parasites il n'y en avait pas, le pays n'étant plus approvisionné en électricité. Au mois d'août à l'époque des grands passages d'étoiles filantes, j'ai assisté de mon promontoire à de véritables feux d'artifices. Ce qui était aussi très curieux à regarder, c'était la ligne de démarcation ou ligne de front entre les belligérants. Autant la journée, elle n'était pas matérialisée à travers les forêts qui s'étalaient à nos pieds, la nuit par contre, les lampes de poche et les petits feux ponctuaient très nettement cette ligne qui séparait des hommes en guerre. Un soir j'étais en train de la regarder serpenter au gré des mouvements de terrain. Un avion m'a contacté pour venir étudier la zone. Dès que le bruit de son réacteur, très ténu à peine perceptible du fait de sa hauteur, s'est fait entendre, la ligne de front s'est presque instantanément éteinte. Dans cette quiétude de l'été, il ne fallait pas se fier aux apparences. Les hommes restaient très vigilants et se guettaient, prêts à donner la mort à l'imprudent qui se serait laissé prendre par la douceur de l'été.

Parfois nous étions confrontés à des situations difficiles. Un exemple, à quelques centaines de mètres de notre refuge, se trouvait le cadavre d'un combattant bosniaque en zone serbe. Des tractations par radio sont engagées afin que ses camarades puissent le récupérer. Les Serbes ne s'y opposent pas dans la mesure où, on leur rend la dépouille de l'un des leurs en échange. La réponse du camp adverse est simple : nous ne détenons pas de cadavre serbe, par contre nous avons des prisonniers, nous allons en tuer un, et vous donner son cadavre en échange. La négociation s'est égarée et a traîné quelques jours. Au mois d'août la chaleur aidant, le corps du combattant s'est rapidement métamorphosé et ce sont les soldats français qui sont allés le ramasser afin que les siens puissent lui donner une sépulture décente.

Il m'est arrivé d'avoir à participer à des reconnaissances le long de lignes de crêtes, afin de nous assurer que les différentes factions de combattants respectaient bien le retrait auquel elles s'étaient engagées. Hors le contexte très particulier de cette guerre balkanique, le déplacement en lui-même consistait en une magnifique balade sur une crête aérienne, offrant de toutes parts une vue magnifique sur un pays sauvage, très peu habité. Le problème des mines nous préoccupait cependant, et nous faisions attention. Sur ce sol de rocher dénudé, le risque de marcher sur l'une d'elles était faible. Par contre déclencher un système de piège en tirant du pied sur un fil me semblait possible.

Un jour où l'activité aérienne était interrompue pour cause de météo très mauvaise, je suis parti me balader dans le brouillard en pleine montagne avec l'un de mes camarades. Outre le danger inhérent à la montagne par mauvais temps, nous ressentions des impressions fortes à l'idée du contexte général de la région à ce moment. Devant nous, une masse sombre apparaît, nous marquons l'arrêt puis nous approchons. Il s'agit d'une stèle à la mémoire de randonneurs morts de froid après s'être égarés dans le mauvais temps. Cet accident remontait à plusieurs années avant le début de la guerre.

Depuis mon observatoire, j'ai aussi assisté à la destruction totale de la station de ski olympique par les Serbes. En effet, lorsqu'ils se sont retirés de cette zone, afin d'être sûrs que les Bosniaques n'utiliseraient pas les installations, ils ont tout dynamité. Par un bel après-midi, j'ai vu les pylônes des remontées mécaniques plier sous les charges d'explosif. Le feu d'artifice a duré un certain temps, avec en bouquet le dynamitage avec une très forte charge de bunkers qui se trouvaient à quelques mille cinq cents mètres de ma position. Des blocs énormes ont été projetés et un immense panache de fumée s'est élevé tel un geyser. L'onde de choc forte a sérieusement secoué notre bâtiment. Ce soir-là, tout autour dans un ciel clair il n'y avait que désolation et incendies. En contrebas un très bel ensemble hôtelier finissait de se consumer dans la nuit qui s'installait.

Bien que souvent isolé sur mon piton, je savais que très vite l'actualité pouvait me propulser au premier plan, au travers d'une déclaration à des reporters français mais aussi serbes. Il m'est arrivé à ce titre une expérience très intéressante et pleine d'enseignements. Ce jour-là, nous étions assez nombreux au sommet de la montagne, mon équipe, six en comptant le spécialiste du renseignement, un petit détachement de la Légion pour assurer notre sécurité et un détachement de parachutistes qui effectuait une mission spécifique. En tout, nous étions une bonne vingtaine. Un nuage de poussière tout en bas de notre montagne attire mon attention. Un véhicule monte. Lorsque j'arrive à le discerner clairement, je constate qu'il s'agit d'une voiture civile non blindée et non tout terrain, donc ce ne sont pas les journalistes habituels, reconnaissables à leur 4x4 aux vitres blindées. Immédiatement j'interroge le spécialiste du renseignement, qui me dit reconnaître ce véhicule. Il s'agit d'une équipe de télévision serbe venant de Belgrade. Qu'est-ce que cela signifie ? Le chemin est long pour arriver jusqu'à nous le long de ce chemin très caillouteux. Nous avons tout le temps de nous perdre en interrogations. Enfin la voilà cette voiture qui débouche sur l'esplanade devant notre bâtiment. Il s'agit d'une petite auto à la silhouette carrée, bien dans la tradition des véhicules des pays de l'est. En sortent deux journalistes, une femme et un homme à l'aspect assez miteux. Ils ne sont pas armés, donc pas considérés comme hostiles. Leur hostilité résidant cependant dans leur caméra. En effet, ne faisant pas confiance aux journalistes français, il est encore moins question de faire confiance à une équipe serbe, qui vient probablement sur instruction. Je demande à chacun de ne pas communiquer avec les nouveaux arrivants. Ayant enlevé mes différents attributs de grade, de nom et surtout d'appartenance à l'armée de l'air, je les laisse s'approcher. Une fois au contact, j'engage la conversation, et je ne juge pas utile de les empêcher de filmer, dans la mesure où nous ne leur parlons pas, afin d'éviter toute tentative de manipulation. Rapidement ils ne semblent plus motivés pour nous filmer, je pense les avoir découragés. Alors le spécialiste du renseignement attire mon attention sur le nouveau nuage de poussière qui vient à notre rencontre. Très vite les véhicules sont identifiés. Il s'agit de l'un des généraux de l'armée serbe de Bosnie accompagné de certains de ses adjoints. Les véhicules s'arrêtent à proximité de celui des journalistes. Le général et l'un de ses subordonnés descendent du premier ainsi que quelques officiers du second. Les journalistes se sont mis en position pour filmer. Je n'ai aucun mandat pour recevoir qui que ce soit de l'un des camps belligérants. Je me tiens donc en retrait, montrant très clairement que je n'ai pas l'intention d'accueillir cette délégation même si à sa tête se trouve un général. Ce dernier juge vite la situation et entreprend de faire le tour de la position. N'étant pas menaçant, ses adjoints non plus, je ne juge pas utile de leur en interdire l'accès. Cependant je les fais suivre par un légionnaire d'origine yougoslave, lui demandant de se tenir à la distance nécessaire et suffisante pour écouter ce qui se dit. La conversation entre ces officiers serbes est édifiante. En gros le général dit : les Français sont là mais n'en n'ont rien à foutre. Ensuite il revient se camper au milieu du terre-plein et attend que l'un d'entre nous vienne à son contact. J'interdis à quiconque de bouger. Alors le journaliste serbe s'approche et me dit que le général désirerait me parler. Ayant pris précédemment les précautions nécessaires afin que les caractéristiques de mon uniforme ne puissent être utilisées à des fins de propagande proserbe, je m'approche. Le général me tend la main, j'en fais de même. Et commence un grand serrage de mains à la mode communiste sous l'œil de la caméra. Je n'apprécie pas et me mets à tourner, pour perturber la prise de vue. Mon interlocuteur me pose un certain nombre de questions que j'élude et il me fait constater que je suis particulièrement prudent. A l'une d'entre elles je réponds que les montagnes de son pays sont très jolies et que j'apprécie d'avoir à m'y trouver. Il regarde les siens un peu interloqué et sourit. Je ne me sens pas particulièrement à l'aise, d'autant plus que le journaliste essaie de me coller le micro sous le nez. Je parle donc le moins distinctement possible tout en tournant, et la langue anglaise se prête bien à la non-articulation. Nous sommes donc tous à tourner sur ce terre-plein au sommet d'une montagne. Même si cela n'a pas duré très longtemps, j'ai eu l'impression d'une éternité. En effet, mes interlocuteurs sont aguerris beaucoup plus que je ne le suis à l'art de la manipulation et de la désinformation, donc je me sens dans cet entretien en position de vulnérabilité. Le général voyant toute l'hostilité passive que je manifeste à son encontre n'insiste pas trop. Il me dit au-revoir et repart avec ses adjoints. La voiture des journalistes les suit dans la foulée. Je ne pense pas qu'ils puissent exploiter les images qu'ils viennent de faire. Cette visite me semble étrange et surréaliste.

Nous sommes vraiment dans une situation bizarre au milieu de belligérants qui peuvent investir notre position dans la mesure où ils ne sont pas hostiles, mais auxquels nous nous opposerons s'ils sont armés. Alors que je me perds depuis une heure en conjectures sur la signification réelle de cette visite, l'un des parachutistes attire mon attention sur un groupe d'hommes à pied qui monte la pente raide qui conduit à notre position. Nous identifions tout de suite un groupe de combat d'une dizaine de soldats serbes, cette fois armés. Immédiatement je réunis les légionnaires et les parachutistes et les fais se positionner face à la menace. Les intrus constatent que nous réagissons mais continuent leur progression. À ma droite les légionnaires à ma gauche les parachutistes, échelonnés le long de la crête. Les armes sont clairement mises en position de tir. Ils montent toujours. Par contre ils ne lèvent pas leurs armes. J'y suis particulièrement attentif, car s'ils ont ordre d'attaquer il est fort probable que la première balle sera pour moi. La tension monte très clairement. Le lieutenant commandant le détachement de parachutistes positionné à quelques mètres de moi, tenant son pistolet mitrailleur prêt, m'interroge d'un regard insistant et n'attend qu'un signe de ma part pour tirer dans le tas. Pas de panique, mais ça ne va pas tarder à urger! Ils continuent de monter. Même s'ils ne sont pas directement menaçants, il n'est pas question de les laisser arriver avec leurs armes. Ils ne sont plus qu'à deux cents mètres. Les deux chefs de détachements légion et parachutiste guettent la moindre de mes réactions. J'ai clairement conscience de la décision rapide et lourde de conséquences, que je peux être amené à prendre à la moindre évolution de la situation. Les Serbes sentent que cela ne va pas tarder à dégénérer. Nous avons l'avantage de la hauteur, ce qui psychologiquement est confortable. Alors je vois le chef de groupe de combat serbe poser son arme, tous ses hommes en font de même, mais ils continuent de monter. Pour moi, cela est différent par rapport à mes directives. Je demande aux militaires français tout en restant extrêmement vigilants de ne plus les viser directement. Les Serbes arrivent à notre contact. Ils nous demandent de l'eau. Nous leur en offrons. Nous échangeons quelques paroles en restant les uns et les autres sur nos gardes, faisant attention à tout geste mal interprété, car après ces minutes de grosse tension, il faut revenir au calme psychologique. Puis ils repartent par où ils étaient arrivés. Au passage ils récupèrent leurs armes et disparaissent au bas de la montagne. De toute évidence, leur général les a envoyés pour nous tester. Je ne sais pas à quelle réaction il s'attendait. Par contre, je sais qu'il aurait suffi d'un détail, un petit incident, par exemple un soldat serbe qui trébuche en levant malencontreusement son arme de façon menaçante, et que j'interprète comme un déclenchement d'offensive pour que je fasse tirer sur le groupe.

À la fin de ma mission de quatre mois, la passation de consignes à mon successeur m'a une fois de plus amené à vivre une situation chargée en adrénaline. En effet, alors que je le conduisais sur les différents sites environnant Sarajevo à partir desquels nous guidions les avions, il se montra très curieux concernant l'un d'eux. Il s'agissait d'un point haut sur l'une des collines dominant la ville. Sur le mouvement de terrain en face de nous se trouvait une ligne de canons serbes. Afin de les faire désigner aux avions de combat, nous prenions comme point de repère initial une usine dans la vallée sous nos pieds. Cette usine nous ne la voyions pas du fait d'une rupture de pente. Cependant, je savais précisément où elle se situait et j'en connaissais les caractéristiques, car l'aéronavale française m'avait fait parvenir des photos de qualité. Mais mon camarade ne voulant se satisfaire des photos, il me demanda donc que nous allions voir de nos propres yeux cette fameuse usine. Pour ce faire, il fallait passer une petite ligne de crête à partir de laquelle la vue était plongeante sur le fond de la vallée. Je lui dis que cette manœuvre je ne l'avais jamais faite, elle était inutile et de plus fort dangereuse, car considérée à coup sûr comme une provocation par les Serbes. Nous nous dirigeons à pied vers ce lieu, alors que je m'efforce de le convaincre de la stupidité de ce que nous sommes en train d'accomplir. Au moment de passer cette fameuse ligne de crête, un sifflement strident et violent se fait entendre. L'air autour de nous est comme déchiré par une vibration puissante. Nous réalisons immédiatement que nous avons été la cible d'un tir direct. L'obus à pleine vitesse a dû passer dans un rayon d'une dizaine de mètres, mais heureusement un peu au-dessus. Du fait de notre position dominante il a franchi la colline et s'est écrasé loin derrière. Là j'ai dit à mon camarade que je refuse de continuer et je fais demi-tour, il me suit. Un deuxième obus s’abat à une centaine de mètres dans le jardin potager d'une villa en contrebas. Nous nous mettons à courir vers notre véhicule blindé. Une fois que nous sommes à l'intérieur, un troisième obus éclate à proximité et nous recevons quelques pierres projetées par le souffle de la déflagration. De toute évidence les Serbes nous ont fait passer un message, quant aux limites à ne pas dépasser. Je l'ai bien senti depuis quelques mois que je travaille dans ce secteur, qu'il y a un code de comportement non écrit mais bien établi entre eux et nous. S'ils avaient voulu nous tuer je pense que le premier coup aurait été le bon. Cependant plus j'y pense et plus je me dis que ce premier obus est passé très, très près. La moindre erreur de tir de leur part et nous le recevions directement et nous étions transformés en poussière. Ce sont là des expériences uniques, qui lorsque vous les avez vécues, vous marquent pour votre vie. Face à des décisions lourdes de conséquences que l'on peut être amené à prendre, je constate que je ne me pose plus de questions annexes. Toute la réflexion, que chaque militaire a dû avoir en amont concernant le métier des armes, permet de réagir sans état d'âme mais en gardant en tête les principes de démocratie et d'importance de la vie humaine.

Voilà ce que j'ai vécu dans cette ville et ses environs durant quatre mois de l'année 1994. C'est avec beaucoup d'intérêt et une curiosité exacerbée que j'y reviens en mai 2008, au cours d'un périple à travers les Balkans.

Mon arrivée se fait par une route à forte circulation, alors que je connaissais ce pays au travers d'un trafic inexistant hormis les véhicules militaires de la coalition de l'ONU. Donc tout surpris je rentre dans une ville qui n'a plus rien à voir avec celle où j'avais vécu. Très rapidement j'arrive au carrefour où durant quatre mois j'avais connu cette carcasse de tramway tordue et rouillée. Je suis impressionné par l'activité de la ville. Les façades des immeubles gardent les traces de la guerre. Comme il est étrange de voir cette foule dans ces rues dont je garde le souvenir d'un lieu désert, où seules les déflagrations perturbaient le silence pesant. Ce qui me frappe tout de suite une fois de plus, c'est cette foule de constructions escaladant les collines, mélange de maisons de quartiers, de mosquées et de cimetières. Ces derniers ne sont pas cachés par de grands murs afin de les soustraire à la vue. Bien au contraire ces véritables forêts de stèles blanches éclatantes, surgissent un peu partout au gré des reliefs qui enserrent la ville, par groupes plus ou moins importants. Au cours de mon séjour précédent, cette cité, je ne l'avais pas perçue de cette façon, sans doute accaparé à guider des avions à partir de mon blindé.

Après renseignement je vais loger chez l'habitant à mi-chemin du sommet d'une colline, où je me rendais fréquemment pour accomplir ma mission. Lorsque je parle au propriétaire de cet endroit que j'avais fréquenté pendant le siège, je le sens un peu gêné. Il me dira au fil de la conversation qu'à cette époque il était réfugié en Suisse. Il n'a pas à se sentir gêné. En effet, qu'aurait-il bien pu apporter en restant ici durant cette période de terreur ? Le quartier est superbe, constitué de petites rues en pente, délimitées par des maisons très balkaniques, un étage maximum, bien propres, badigeonnées à la chaux. De temps à autre une mosquée aux dimensions réduites, avec un minaret noir en bois dépasse au-dessus des toits. Que ce quartier est esthétique ! Sur une fenêtre deux chats sont langoureusement étalés, l'un d'eux est d'une blancheur immaculée et l'absence de contraste sur le mur blanc est étonnante. Sans délimitation aucune on passe de la rue à l'un des multiples cimetières. Les stèles funéraires relèvent plus de monuments historiques que des froides demeures de défunts que l'on rencontre chez nous. En s'y promenant on ressent tout le poids de l'histoire récente et dramatique, mais aussi et surtout de l'histoire ancienne et multiple, chrétienne et principalement ottomane. Le syncrétisme est palpable dans ce mélange de cultures. Ce qui est étonnant c'est qu'une guerre ait pu éclater. Pourquoi des peuples qui ont de tels points de convergence peuvent arriver à se battre. Des origines différentes qui subsistent malgré le temps et qui resurgissent sous le poids des évolutions géostratégiques, sous la pression de systèmes idéologiques du passé. Des chefs à l'esprit obtus, exacerbent les peurs par rapport à l'autre et tout éclate ? Cette différence culturelle entre orthodoxes, catholiques et musulmans, je l'ai connue en Albanie. Mais les situations ne peuvent se comparer. Dans ce petit pays, quelles que soient les origines religieuses, le voisin n'est pas ressenti comme une menace, même si on s'en moque parfois. Sans doute est-ce là tout le côté néfaste d'un politicien, qui de par son formatage idéologique, entretient des barrières entre les différents groupes, alors que son prédécesseur avait maintenu l'union, certes d'une main de fer. Sans doute est-ce facile de dire ce que je dis, la réalité de la relation humaine étant complexe. Peut-être les groupes d'origine différente ne sont pas vraiment solubles entre eux? Adieu les belles illusions de citoyen du monde, image idyllique que nos démocraties colportent de façon un peu hypocrite. Dans notre pays, la France la fraction ethnique est une réalité qui semble devenir de plus en plus visible. On comprend d'autant mieux, alors que nous sommes un pays encore prospère qui se veut démocratique, pays des droits de l'homme, que dans un pays pauvre régi par des règles sorties du communisme stalinien, les explosions entre groupes soient inévitables. Ces clivages qui montent les hommes les uns contre les autres, n'empêchent pas qu'individuellement ces mêmes hommes soient accueillants et très sensibles, c'est tout le paradoxe de la race humaine.

En tout cas je ne suis pas très optimiste pour le devenir de la Bosnie et de Sarajevo en particulier. Ce que j'y ai vu en 2008 n'est pas très rassurant. J'ai ressenti que si en apparence les frontières n'existaient plus, les différents groupes les situaient toujours avec précision. Si nous, Occidentaux, nous pouvons passer dans les différentes zones de Bosnie, les autochtones semblent beaucoup plus cantonnés par secteur. Par exemple il n'est pas possible de faire le tour de l'aéroport de Sarajevo en bus. De façon inexplicable à première vue, il s'arrête à un endroit et ne va pas plus loin. Cela semble correspondre aux limites de la zone de front que j'ai connue il y a plus de vingt ans.

Ayant donc utilisé le bus jusqu'à son terminus je continue mon tour à pied et je tombe sur le fameux tunnel, dont à l'époque nous ne savions pas s'il s'agissait d'un mythe ou d'une réalité. Que d'émotion cela me procure d'y pénétrer. Ce tunnel permettait aux Bosniaques de rejoindre la ville de Sarajevo en passant sous l'aéroport, car tous les accès terrestres étaient tenus par les Serbes, ou maintenus sous leur menace. De son point d'entrée sous terre je distingue très nettement le bâtiment de l'aéroport dans lequel j'avais été logé au cours de mon dernier mois de présence. Me revient à l'esprit mon installation dans la pièce qui m'avait été attribuée avec mon équipe. La fenêtre détruite ne protégeait pas la pièce des intempéries, mais surtout des tirs éventuels de snipers bien identifiés à proximité. Donc très humblement nous avions mis des sacs de sable dans le trou béant de la fenêtre, laissant un petit espace latéral afin que la lumière entre. Aucun sniper ne nous a jamais tiré dessus. Par contre je n'ai jamais cherché à les narguer. S'il avait été question de les détruire, alors il y aurait eu le choix entre un tir de blindé ou un passage d'avion, mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Cependant mon successeur, sans doute plus joueur, s'est amusé à attirer l'attention d'un sniper. De ce fait de temps à autre, il se rappelait à son bon souvenir en lui tirant une balle dans la pièce, rien que pour le « fun ». Je suis content de ne pas avoir goûté ce genre de plaisir !

En regardant les vastes espaces dégagés de cet aérodrome, me reviennent en mémoire les soirées, où alors incorporé dans un régiment de légion je prenais des tours d'officier de service, dont la mission principale la nuit était de suivre la fameuse mission dite de « crossing ». Il s'agissait de gérer le flux de Bosniaques qui traversait en surface la zone de l'aéroport contrôlée par la force internationale. Tous ne pouvant pas emprunter le tunnel, le passage à l'air libre se faisait sous les yeux des Serbes qui avaient une vue directe sur la scène, car ils tenaient les deux extrémités de la piste. Or en vertu d'un accord international, la force militaire de l'ONU avait la responsabilité d'interdire aux Bosniaques de traverser en ce lieu. Il en résultait une situation ubuesque. Les Serbes nous menaçaient de tirer dans le tas si nous n'empêchions pas les Bosniaques de passer. Avec des véhicules blindés coordonnés de la tour de contrôle à l'aide d'intensificateurs de lumière infrarouge nous surveillions les passages. Avec nos blindés nous interceptions les personnes en train de traverser et les ramenions à leur point de départ. Dans une même nuit il n'était pas rare de ramener plusieurs fois la même personne. Et la population essayant de traverser était très diverse, ça allait de la jeune fille en mini-jupe au paysan qui traversait avec sa vache. Bien évidemment cette dernière il n'était pas question de la faire monter dans le blindé, on l'accrochait donc à l'extérieur. Tout ce ballet était observé par les Serbes qui parfois nous appelaient au téléphone pour nous dire d'être plus efficaces, en nous menaçant d'ouvrir le feu au canon si nous n'obtempérions pas. Me trouver là en bordure du terrain d'aviation avec tous ces souvenirs qui me reviennent à l'esprit est très émouvant. Prendre les transports en commun le long de « sniper allée » que cela me semble étonnant. Cette avenue est longue, je n'en avais plus un tel souvenir. Une ville déserte se traverse effectivement plus facilement qu'une ville noyée dans un trafic important. Des grappes humaines dans ces bus, cela prouve que la vie a repris malgré les problèmes qui subsistent. La visite du musée national, qui délimitait quasiment la ligne de front est aussi un moment unique. L'un de ses conservateurs qui y est demeuré tout au long de la guerre, vous montre la position de la ligne de front, qui passait pratiquement dans le petit bout de pelouse attenant au bâtiment.

Je pénètre dans l'enceinte de l'université. Une partie des bâtiments est abandonnée, étant trop endommagée et les réparations tardent. Ce qui est frappant, ce sont ces murs criblés de balles. Ces scènes je les ai aussi beaucoup vues en Croatie, autre pays dévasté par cette guerre de désagrégation de la Yougoslavie. Mais lorsque l'on regarde les façades de nombre de nos cathédrales on y voit les mêmes traces, souvenirs des conflits passés. Une fois dans les bâtiments occupés, un cerbère femme à l'allure peu sympathique me demande ce que je fais en ce lieu. Je lui réponds que je cherche la bibliothèque, qu'elle m'indique. Cela me permet de continuer à me promener pour m'imprégner de l'ambiance de cette université. Beaucoup d'étudiants y circulent l'air empressé, mais il m'est difficile de me faire une idée de l'activité réelle qui y est menée. Nombreux sont ceux qui parlent au moins un peu l'anglais, me semble-t-il.

Cette ville de Sarajevo la nuit est magnifique. Y manger dans un petit restaurant du centre, attablé sur la terrasse en pleine rue piétonne, au milieu d'une foule dense qui déambule, permet de bien prendre le pouls de la population. Beaucoup de jeunes, moins cependant que dans la ville de Prisren, capitale historique du Kosovo, que j'ai traversée la semaine précédente. Un pourcentage non négligeable de jeunes femmes sont voilées. Mais contrairement à ce que l'on voit généralement, ces voilages sont multicolores de tissu de belle qualité et moulants sur tout le corps. Ce que je pensais être le but du voilage, cacher les formes féminines, a ici l'effet inverse et révèle toute la grâce et l'esthétique de la passante. Que faut-il y comprendre ?

Le soir après ce bain de foule agréable, dans cette zone bien éclairée, que j'avais connue lugubre et déserte durant de longues nuits, je remonte à ma chambre. Il fait bon. La ville vue de haut est une véritable splendeur. Les collines environnantes enserrent de leurs lumières plongeantes cette cité qui s'étire en longueur. Une multitude de mosquées pointent leurs minarets couronnés d'ampoules. Je longe un grand cimetière aux stèles centenaires, elles débordent de l'autre côté de la rue qui le délimite, en colonisant quelques plates-bandes. On dirait qu’elles ont décidé d’aller se promener en prenant quelque liberté. Toutes ces pierres blanches érigées de facture ottomane, aux formes arrondies et pleines d'harmonie, reflètent la lumière environnante. Il règne en ce lieu une grande quiétude et cette atmosphère prend aux tripes. De telles rencontres faites au hasard vous tombent dessus par surprise et brutalement déclenchent une émotion très forte. Dans ces instants, l'émoi qui monte et vous envahit, procure une forme de béatitude que l'on aimerait garder en soi longtemps. Il me faut m'engager ensuite dans une petite rue en pente raide, pleine de pénombre. Au détour d'un mur, une mosquée au minaret de bois noir luit faiblement, tel un fanal sombre. Cette ville de nuit m'a bouleversé.

Ces deux passages séparés par 15 ans dans Sarajevo m'ont inspiré les quelques pages précédentes. Cette ville dans laquelle des événements capitaux pour l'Europe se sont déroulés au cours de toutes les époques de notre histoire, en particulier l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand héritier du trône d'Autriche par un jeune Serbe le 28 juin 1914, lieu permanent d'affrontement de civilisations et de religions, revêt à mes yeux une grande importance. Elle représente la ville balkanique dans toute sa splendeur et sa complexité historique. Avoir assisté, et participé à mon niveau, à l'un de ses épisodes historiques, l'un sans doute des plus dramatiques, me laisse une impression forte et des images indélébiles. La simple évocation de ce nom, Sarajevo, réveille en moi le souvenir d'une période passée, vécue avec intensité. Cette saison en Bosnie est probablement à l'origine de cette passion balkanique que j'éprouve fortement et que j'ai cultivée à travers d'autres pays, en particulier l'Albanie. D'ailleurs le jour où je changerai de véhicule, nécessairement j'aurai droit à une plaque avec nouvelle immatriculation qui laisse le choix du département. Et si j'en ai la possibilité à la place du 69 dans le coin inférieur droit j'aimerais mettre un aigle albanais, symbole balkanique par excellence, qui transcende les frontières de plusieurs pays.
Semaine sainte aux Philippines et itinéraire de 12 jours English translation pending
by Dywenn · 2017-02-23 · 2 replies
Bonjour à tous ! J'ai pris sur un coup de tête un vol sec Paris Manille, du 4 au 18 avril. Qui dis coup de tête dis non réfléchis (quoique les Philippines me font rêver depuis des années... donc c'est un peu réfléchis quand même !), du coup, j'ai pas fais attention, mais j'y serai pendant la semaine sainte. J'y vais dans l'objectif de plonger, snorkeler, voir les requins baleines si possible, me reposer et pourquoi pas si l'occasion se présente d'assister à des fêtes traditionnelles. Pour l'instant j'imaginais aller à Donsol, y rester 4 ou 5 jours pour également faire li'le de Ticao, puis aller sur Mindoro pour me poser à Sablayan. N'est ce pas un peu speed de combiner ces 2 options ? par ailleurs, est ce qu'il faut impérativement réserver à l'avance le logement ou est ce uniquement recommandé pour les villes où se produiront des fêtes locales ? Merci par avance pour vos précieux conseils !
Prix billet avion Paris - Pékin - Bangkok Air China English translation pending
by Hanna81 · 2017-02-20 · 3 replies
Bonjour,

Oui, oui, je sais, de nouveau sur le prix des billets :) Je n'ai pas trouvé des réponses récentes, alors je souhaiterais connaitre votre avis. J'organise un voyage pour les 40 ans de mon mari. Ça fait des mois que je regarde les prix, finalement j'ai trouvé:

Paris - Pékin départ le 05 août Pékin - Bangkok départ le 10 août Bangkok - Paris départ le 24 août pour 704 euros avec Air China. Est-ce que j’achète ou j'attends encore?!

Je crains un peu les conditions de vol, surtout que mon mari a régulièrement mal au dos, la chaleur et la foule à Pékin, mais bon, c'est un bonne occasion de se lancer.

Merci d'avance pour vos réponses. Ana
Recherche camping-car ou camion aménagé au Pérou English translation pending
by Aumajuga · 2017-02-19 · 4 replies
Bonjour,

Nous sommes une famille avec 2 jeunes enfants et nous prévoyons de partir 3 mois en Amérique du Sud d'août 2017 à fin octobre 2017. Nous envisageons de faire Pérou-Bolivie-Chili-Argentine ou Pérou-Bolivie-Argentine. Nous cherchons une famille qui terminerait son périple fin juillet / début août au Pérou et qui vendrait son véhicule. Nous sommes aussi preneurs de vos bons plans et conseils;-)

Merci! A.
Deuxième séjour de 3 semaines au Japon English translation pending
by Dowmed · 2017-02-19 · 27 replies
Bonjour tout le monde !

Je me permet de reposter un message ici, car lors de mon dernier séjour au Japon, vous m'aviez beaucoup aider lors de son organisation, et ce voyage à clairement était le meilleure voyage de ma vie !

Je suis en train de refaire un planning pour mon voyage (cf planning de mon précedent séjour : Cliquez ici !)

Il me reste 3 jours à planifier, je sais pas trop quoi visiter malheureusement, j'aimerais peut être visiter des rizières, j'ai pas eu l'occasion d'en voir lors de mon dernier séjour.

Voici ou j'en suis pour l'instant :

Vendredi 19 mai : Arrivée et prise de l’hotel ou airbnb vers Ikebukuro

Samedi 20 mai : Chercher JRPass le matin Nakano Broadway (faire les boutiques) Mairie de Tokyo Omoide yokocho flaner et manger

Dimanche 21 Mai : Musée Ghibli Jindai-ji Vallée Todoroki Gotoku-ji

Lundi 22 Mai : Roppongi Shibuya Tokyo tower

Mardi 23 Mai : Gundam FujiTV Legoland Mercredi 24 Mai: Tsukiji Hama Rikyu Tsukishima Zoo de Ueno Parc de Ueno Jeudi 25 Mai Okinawa

Vendredi 26 Mai Okinawa

Samedi 27 Mai Okinawa

Dimanche 28 Mai Mt fuji depuis shunjuku (cf :
http://highway-buses.jp/fuji/)

Dormir a kawaguchiko

Lundi 29 Mai : Visite kawaguchiko Visite du mont kachi kachi depart pour himeji

Mardi 30 Mai : Visite d’himeji Engyo-ji

Mercredi 31 Mai : Partir pour ShikokuVallée d'Iya Naoshima Oboke et Koboke

Jeudi 01 Juin : Kakashi no Sato Yashima Vendredi 02 Juin : Partance pour FukuokaParc Ohori Fukuoka Tower Momochihama

Samedi 03 Juin : visite fukuoka

Dimanche 04 Juin :

Lundi 05 Juin :

Mardi 06 Juin :

Mercredi 07 Juin : Studio universal Osaka

Jeudi 08 Juin : Studio Universal Osaka Vendredi 09 Juin : Fin des vacances :-( Départ d'Osaka

Voila mon planning pour l'instant ! N'hésitez pas à me dire si vous pensez que j'ai mis trop/pas assez de jour à certains endroits !

En vous remerciant.
La Cité impériale de Huê sera ouverte en soirée pour les touristes à partir du 22 avril English translation pending
by Huetourist1 · 2017-02-18 · 2 replies
La Cité impériale de Huê sera ouverte en soirée pour les touristes à partir du 22 avril. À compter du 22 avril prochain, la Cité impériale (Dai Nôi) de Huê, dans la province centrale de Thua Thiên-Huê (Centre), sera ouverte aux touristes en soirée, de 19h00 à 22h00. Elle sera un point d’orgue du parcours du patrimoine dans le Centre du Vietnam. Le prix du ticket d’entrée sera de 120.000 dôngs par personne pour les Vietnamiens, et de 150.000 dôngs pour les étrangers. En allant à Dai Nôi en soirée, les visiteurs auront l’occasion d’admirer les rites royaux en lumière comme la cérémonie de relève de la garde à la Porte du Midi (Ngo Môn), la représentation de «Tiêu nhac» (petite musique du «Nha nhac», musique de cour vietnamienne) dans la cour du Palais de Thai Hoà, dans la Cité pourpre interdite (Tu Câm Thành) et au Jardin Cô Hà, le concert de «Dai nhac» (grande musique du «Nha nhac» dans la cour du temple Thê (ou temple des générations), mais aussi de chant de Huê au Palais de Truong Sanh…
2 semaines à Lombok English translation pending
by Nicoulai · 2017-02-06 · 7 replies
Bonjour,

Lombok est dans un petit coin de ma tête depuis quelques temps et je viens de craquer pour des billets Paris - Bali.

Comme le dit le titre de mon message je ne prévois pas de séjourner à Bali mais à Lombok. J'arrive à Bali à 15h, je pense que ça fait un peu juste pour prendre un vol pour Lombok le jour même. Je prévois donc la première nuit proche de l'aéroport et reprendre l'avion le lendemain matin pour Lombok. Ce sera peut être une bonne occasion de changer de l'argent à Bali où on peut peut être trouver de meilleurs taux? Avez-vous des endroits à conseillers pour le change?

Pour le retour, notre vol part de Bali à 17h40. Un vol Lombok-Bali Wings Air 11h45-12h15, ça doit laisser un peu de marge normalement, qu'en pensez-vous? D'ailleurs quelqu'un saura peut être me dire pourquoi Lion/Wings met 30 minutes quand Garuda met 50 minutes pour le même trajet?

Une fois arrivés à Lombok voici les 2 options de séjour que nous envisageons. Le 1er inclue un trek de 2 jours / 1 nuit pour le Rinjani et le second non. Nous allons prendre le temps de réfléchir avec ma femme sur le fait d'inclure ou pas ce trek qui semble tout de même assez physique. Nous sommes un couple de 36 ans et ma femme n'est pas particulièrement une grande sportive mais ça a l'air tellement beau que ça nous semble valoir le coup de se surpasser. Je ne cherche donc pas particulièrement de réponse à savoir si il faut ou pas faire ce trek mais plutôt sur la cohérence des 2 itinéraires et vos conseils.

Option 1: 03 au 07/05: Gili Asahan, Layar ou Sekotong. L'idée est de se poser quelques jours pour se mettre dans le bain tranquillement. Est-ce qu'il vaut mieux loger sur Lombok vers Sekotong plutôt que sur Gili Asahan? Cela laisse la possibilité de se déplacer dans le coin, notamment vers Blongas. Est-ce possible de louer un scooter à Sekotong?

07 au 12/05: Tetebatu. 1 jour pour se balader dans les rizières, cascade. 1 jour pour une excursion vers Gili Lampu. 2 jours pour le trek Rinjani.

12 au 17/05: Kuta pour explorer les environs à l'ouest et à l'est de Kuta.

Option 2: Si on exclue de faire le trek du Rinjani, est-ce que ça vaut tout de même le coup de dormir vers Tetebatu ou ailleurs aux alentours du Rinjani? Les cascades Benang stokel & Benang Kelambu peuvent elles se faire depuis Kuta? Idem pour Gili Lampu, ça semble un peu loin?

Du coup dans cette option on resterait plutôt au sud en répartissant nos 14 nuits du genre 4 nuits Gili Asahan, Layar ou Sekotong, 5 nuits Kuta, 4 nuits vers Ekas.

Si nous ne dormons pas sur une des Gili mais plutôt à Sekotong, est-ce que ça vous semble une meilleure idée de louer un scooter pour les 2 semaines. Dans ce cas il faudra qu'on allège notre sac pour pouvoir faire les transferts en scooter. Est-ce possible de louer à l'aéroport? Sinon faire les transferts en taxi et louer un scooter à Sekotong, puis Kuta puis Ekas?

Désolé pour la longueur du message et merci d'avance pour votre aide!

Nico
Voyage à vélo dans l'ouest de la France English translation pending
by Claudecath25 · 2017-02-03 · 7 replies
bonjour à tous cet été nous projetons de faire l'itinéraire suivant a vélo en totale autonomie

depart de angers -saumur -niort -la rochelle -saint brevin les pins -angers

nous aurions besoin de connaitre votre vécu pour ceux qui ont déjà fais ce ou cette partie de parcours

en sachant que st brevin - saumur nous connaissons

notre inquiétude serait plutôt pour saumur-niort-la Rochelle

nous irons par la même occasion une journée sur l'ile de noirmoutier et une sur celle de re

si quelqu'un connait des campings sympas

bonne journée a tous
TGV Paris - Côte d'Azur les 18 et 19 mars 2017 English translation pending
by Mguibentif · 2017-01-27 · 1 reply
Communiqué de la SNCF

En raison de travaux en gare de Lyon ce week-end là, les TGV en provenance ou vers la Côte d'Azur partiront d'autres gares les 18 et 19 mars prochain, a annoncé jeudi la SNCF.

C'est un chantier énorme que va connaître la gare de Lyon, à Paris: le changement du poste d'aiguillage qui date de 1993.

A cette occasion, la gare parisienne d'où partent les TGV vers Nice ou qui desservent la Côte d'Azur sera fermée au trafic le week end des 18 et 19 mars prochain.

Evidemment le trafic des TGV ne sera pas interrompu, mais la Côte d'Azur sera desservie depuis la gare de l'aéroport Charles de Gaulle 2 TGV et Marne-la-Vallée pour les départs et les arrivées.
3 mois aux Philippines: Visayas English translation pending
by Ekay · 2017-01-26 · 4 replies
Hellow everybody,

Apres 2 voyages aux phils en 2013 et en 2014, on se prépare maintenant à un nouveau long voyage au pays des 7000 iles, et cette fois c'est pour 3 mois ! Ce forum a été lors de nos précédents voyages une de meilleures sources d'informations qu'on a pu trouver alors je reviens vers vous pour avoir votre aide et conseils et pour aider ceux qui comme nous veulent découvrir ce paradis méconnu.

La 1ère année on a atterri à Manille puis nous nous sommes dirigés vers Dumaguete ou on a passé le plus essentiel de notre temps. On a eu l'occasion de découvrir les environs et c'etait enivrant. On a pu découvrir les petites villes de Dauin, Zamboanguita, Bais City, l'ile d'Apo, la sandbar de Majuyod, les twin lakes, on a passé notre certif de plongée PADI.. 3 semaines trop vite écoulées. La 2ème année, on est parti sur l'ile de Coron pendant 3 jours avant de participer a une expedition TAO, une aventure que je conseille a tout le monde, on a traversé l'archipel des bacuits en direction de El Nido. Un reve de 5 jours..

Pour ce 3ème voyage, on a décidé d'atterrir a Cebu puisque Emirates et Qatar ont rajouté l'aéroport de Mactan a leurs destinations et que Manille a été a chaque fois la pire étape de notre voyage.. Pour cette fois on a décidé d'explorer les Visayas mais rien n'est encore arrêté et c'est là que j'aurais besoin de certains de vos conseils, et cette fois on est accompagné de notre bébé née fin septembre.. et en même temps on est dispo pour vous aider et conseiller sur les parties qu'on connaît..

En réalité, notre objectif cette fois c'est non seulement de continuer a découvrir le pays mais également de voir si on peut s'y installer pour y vivre.. C'est pourquoi notre voyage se composera essentiellement de 2 parties. Une première d'environ 3 semaines, de pur voyage.. et une 2ème de 2 mois et une semaine ou on essayera d'y vivre comme des philippines. On cherchera à louer une villa/appart du coté de Dumaguete à première vue..

Alors on arrive a Cebu le 27/04 on y passe 2-3 jours le temps de récupérer du voyage et de decouvrir un petit peu la ville, on a hésité entre un hébergement sur Mactan ou sur Cebu meme mais on a opté pour un petit hotel de ville en plein Cebu.. Pour le reste du programme, nous avons en tete les destinations suivantes :

Les Camotes Island Palompon Malapascua Bantayan Moalbal Oslob Siquijor Dumaguete Bohol et Panglao Pamilacan Balicasag Camiguin

plein de destinations nous tentent, après on n'a pas envie de passer tout notre voyage dans des bus et des bateaux.. l'idée maintenant et de sélectionner les meilleures destinations en optimisant au mieux le temps de transport..

On a aussi créé une map google très pratique et qui peut ptet aussi vous intéresser que voilà : www.google.com/...81035898441&z=10

alors pour commencer j'aurais une premiere question (a laquelle y a deja pas mal de réponses sur le forum mais comme les choses changent, je voudrais des avoir des retours plus actualisés) d'apres vous laquelle de ces 3 iles sont les plus intéressantes : - Les Camotes Island - Malapascua - ou Bantayan

On ne cherche pas la foule, mais plutôt les plages tranquilles, le snorkeling, la plongée, la nature, la rando, rencontrer du monde sympa, mais on aimerait bien trouver ou manger de la bonne bouffe pas trop chère et des hotels acceptables..
Excursion de 4 jours au départ de Santiago du Chili English translation pending
by Yothope · 2017-01-25 · 25 replies
Bonjour à tous,

Je dois me rendre à Santiago en Mars pour des raisons Professionnelles. Mon séjour sera d'une quinzaine de jours, et je prévois de bloquer 4 jours pour visiter un coin intéressant. Je suis déjà allé à Santiago l'an dernier et je connais déjà bien la ville ainsi que Valparaison et Vina del Mar. Je recherche plutôt une destination "nature" et dépaysante.

Option 1 : Ile de Pâques C'est peut-être l'occasion de visiter cette île dont beaucoup disent beaucoup de bien. Timing sans doute un peu serré par contre compte tenu des 4-5 h de vol.

Option 2 : Un Parc ou un désert J'ai entendu parler de la région de San Pedro de Atacama au Nord, mais je ne sais pas trop comment y aller ni si cela vaut vraiment le coup. Ou alors un autre parc plus au Sud ?

Option 3 : Excursions journalières Faire différentes visites à la journée au départ de Santiago. Visites organisées ou en louant une voiture.

Bref c'est encore le plus grand flou et votre aide me sera précieuse :)

Je vous remercie Pierre
Croisière: une vraie information sur la répartition des frais de service? English translation pending
by Christian20 · 2017-01-22 · 12 replies
Bonjour, Je ne souhaite pas relancer une nouvelle discussion stérile sur les frais de services... Autant le préciser je suis pour en fonction des raisons suivantes : 1) Certes les frais sont élevés mais l'information est claire et vous devez les intégrer dans le prix du voyage. 2) Je pense que cela assure une meilleure répartition des pourboires face aux radins et au fait que nous n'avons pas l'occasion de rencontrer une grande partie du personnel ( personnel de navigation / cuisiniers / blanchisserie... ) Par contre je trouve que les compagnies manquent de transparence dans la clé de répartition ce qui permet à toutes sortes de rumeurs de courir (sur les frais de gestion ou sur le fait que la hiérarchie capte l'essentiel des frais de services ) Je voudrais connaître la clé de répartition des frais de services mais sur base d'une vraie information vérifiée... pas de rumeurs ou de fantasmes de passagers mécontents de payer des frais de services.
Photos de mariage aux Philippines English translation pending
by Sissi3892 · 2017-01-21 · 2 replies
Bonjour a tous!

Voila mon soucis, Mon mari et moi souhaiterions nous marier a boracay aux philippines en mars 2017, et nous sommes donc a la recherche d'un photographe et cameraman.

Ca sera un tout petit mariage, nous sommes deja maries en france mais comme nous n'avons pas pu faire de fete ni de photos, nous voudrions nous rattrapper en faisant cela pendant nos vacances la bas. Nous ne serons donc que 4 : mon mari, ma maman , ma fille de 2 ans et moi meme.

Je suis une habituee du sud est asiatique, tout specialement la thailande, et j'ai eu l'occasion de partir aux philippines une seule fois il y a quelques annees mais la je suis abassourdie par les prix!

On me demande 1000€ au moins, voir plus, pour les photos et videos. C'est le prix des photographes en france. Non pas que parce que c'est l'asie ca doit etre gratuit , loin de la, mais il est connu que tout est beaucoup moins cher la bas.. d'ou ma surprise.

Si quelqu'un a donc un contact a me donner je suis preneuse svp car la date approche et je n'ai pas trouve!

J'ai eu lu sur un blog un couple qui avait fait une ceremonie pour 100 personnes, avec les repas, la voiture, les vans pr les invites, les faire parts, le photographe etc.. pour 100000 php, soit environ 2000€.. Je n'arrive pas a contacter cette personne mais cela m'a confirmer qu'en effet les prix que j'ai trouve sont bien trop chers...

Merci d'avance a tous pour vos reponses qui me seront d'un grand secours.
Nécessité d'un 4x4 en République Dominicaine English translation pending
by Laurent186 · 2017-01-21 · 23 replies
Bonjour,

Je suis en train de planifier un voyage en république Dominicaine et en Haïti, en voiture de location. Le forum me met en garde sur l'état des routes qui peuvent être parfois très endommagées et qui, de ce fait, nécessiteraient la location d'un 4x4. Personnellement, je fais la différence entre une piste de sable et des rivières à traverser où, effectivement, un 4x4 est nécessaire et une route avec de gros nids de poules, une piste de pierraille qui nécessite la location d'un SUV. A quoi serons nous confronté dans ces deux pays ? Sachant que nous n'hésiterons pas à sortir des sentiers battu si l'occasion se présente, quel est le type de véhicule que vous me conseilleriez de louer ? Merci d'avance pour vos conseils avisés 🙂

PS: Je tiens à rappeler que le sujet de cette discussion ne traite pas de "faut-il ou ne faut-il pas louer une voiture en république Dominicaine ou en Haïti", merci
Croisière Perle des Antilles 3 février 2017 English translation pending
by Agnès04 · 2017-01-20 · 21 replies
Nous partons faire la croisière perle des Antilles sur le Costa favolosa, nous embarquerons à fort de france le 03 février, notre vol se fera de Orly à pointe à pitre et pointe à pitre fort de france. Nous cherchons des passagers qui sont sur le même vol que nous. - départ Orly 11h55 arrivée 15h35 pointe à pitre - depart 17h15 pointe à pitre arrivée 18h fort de france
Voyage 4 semaines à Bali avec petit garçon de 2 ans English translation pending
by Egres08 · 2017-01-17 · 1 reply
Bonjour , est il facile de trouver des couches et petits pots etc en voyageant à Bali ou faut il amener tout cela de France ? Quel moyen de couchage faut il prévoir pour notre enfant si nous en avons besoin ( lit pop up ? ) et enfin aura t'il besoin d'avoir ce dernier fermé ( par filet ou moustiquaire ) pour les insectes . Un grand merci pour vos réponses !!! Nous partons le 28 / 01 / 2017 egres08
Un nouveau danger du selfie English translation pending
by Christiang · 2017-01-15 · 9 replies
En tous cas, une bonne nouvelle, amusante et rafraichissante, en ce week-end :

www.20minutes.fr/...empreintes-digitales

Heureusement, on notera dans l'article la phrase "Ces données peuvent être obtenues si les empreintes digitales sont bien nettes et la photo bien exposée" ce qui devrait rassurer tous les mauvais photographes qui parviennent régulièrement à produire sans effort des photos floues et surexposées ! (ce qui, avec les appareils autofocus et automatiques modernes, nécessite désormais un vrai talent 😏) En revanche, ça devrait beaucoup inquiéter les Japonais, qui ne manquent jamais une occasion de faire le "V" de la victoire (et donc désormais le "V" du virus) sur leurs photos mièvres "Coucou, maman, c'est moi" 🤪 Vade retro, Photonase !

BON WE

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