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Traversée de l'Afrique en 4x4? English translation pending
by Kako2 · 2008-01-10 · 314 replies
Bonjour, en lisant différents posts, je me suis aperçu que plusieurs équipages se préparent pour effectuer la traversée N-S de l'Afrique en 4x4. Il serait intéressant de nous répertorier afin de pouvoir échanger pendant les préparatifs, voire même pendant la grande balade. Ceci dit, je me jette à l'eau avec qq détails de notre projet:

Equipage:2 adultes (quarantaine) et deux enfants (7 et 10 ans) Véhicule: Land 130 + cellule compacte Date de départ: novembre 2008 Durée: 18 mois Route: descente jusqu'au Cap par l'ouest, remontée par l'est Site: en cours

et vous ?
La Chine sept ans plus tôt English translation pending
by Yangguizi · 2007-01-14 · 88 replies
Sept ans c'est bien peu de chose, c'est juste un septennat, ce n'est même pas un dixième de l'espérance de vie moyenne d'un mâle français. Et pourtant c'est énorme dans ma courte vie de voyageur. Il y a sept ans, ce n'était pas mon premier voyage, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine, et ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine où je sois tombé amoureux de ce pays. Mais pour des raisons que je m'explique mal, c'est probablement le voyage qui m'aura le plus marqué, n'ayant jamais ressenti autant de bonheur à visiter une terre étrangère, et ne pensant pas connaître à nouveau un bonheur aussi intense, hélas. C'est donc un souvenir heureux dont j'entretiens méticuleusement la mémoire, me rappelant souvent de tel ou tel visage ou anecdote au détour d'une rue de Shanghai, ou à l'écoute de certaines musiques.

C'était aussi mon plus long voyage: 5 semaines en tout. Pour certains ça peut paraître peu, mais à cette époque où j'étais étudiant, je pouvais me permettre un voyage que je considère aujourd'hui comme d'une longueur à faire rêver. Il y a sept ans jour pour jour, j'étais encore dedans, et à l'approche du cinquième anniversaire de mon immigration en Chine, je me dis qu'il est peut-être enfin temps de coucher cette expérience par écrit, chose que je ne faisais jamais à cette époque où VF n'existait pas.

J'ai longtemps hésité sur le style à adopter. Il est évident qu'avec sept ans de recul et une expérience chinoise beaucoup plus solide, je ne vois plus les choses de la même façon. Mais je vais malgré tout essayer de faire transparaître l'état d'esprit qui était alors le mien. Je pense aussi me souvenir assez précisément de la plupart des détails de ce voyage, ainsi que de leur chronologie approximative, exploit dont je suis parfaitement incapable pour mes autres voyages de la même époque, où je ne prenais pas non plus de notes. Mais puisque je me suis payé le luxe d'attendre sept ans avant d'écrire tout ça, je vais quand même aussi m'offrir le petit plaisir de l'autocritique et du regard neuf. Il serait dommage de ne pas en profiter!
J'hésite...Vietnam, Cambodge ou à nouveau Thailande English translation pending
by Biquette · 2006-01-10 · 47 replies
Bonjour à tous,

Nous partons avec mon copain 2 semaines en mars. L'année dernière ce fut la découverte de la Thailande : pas vu grand chose (BGK, Rivière kwai et Koh Samui) mais avant adoré...reste un goût de pas assez en fait ! Mais bon c'était notre 1er grand voyage. 😉 Cette année nous hésitons énormément.

Le Vietnam nous attire enormément pour son coté nature, traditionnel. Le Cambodge nous attire principalement pour Angkor + belles plages je crois. Mais après ?? Et la thailande nous attire pour faire le centre/nord + kabri ou Phuket (plages de rêve)

Nous aimerions faire une ou deux randos, un peu de visite de monuments, être en contacts avec les locaux et à la fin de nos vacances (3 jours) profiter d'une belle plage de sable blanc+eau transparente...

A koh samui c'était pas tout à fait ça 😕 et on en rêve un peu (c'est con je sais). Pouvez nous nous conseiller sur ces 3 destinations ? Laquelle choisir ?

Après on ne repartira pas en vacances avant un bon moment et surtout pas ds le délire un peu routard..

Par ailleurs : peut-on bien se débrouiller facilement au Cambodge+Vietnam sur place (type agence TAT ??) En thailande tout me semblait facile à organiser....Et les transports en commun (bus et train qui tiennent la route !!??). Merci bcp 😉 Biquette
Découvrir la Normandie (France)? English translation pending
by Mayri · 2005-09-06 · 21 replies
Nous avons 5 jours en voiture pour visiter de Paris vers Mont St-Michel en passant par la Normandie, y-a-ill des découvertes spéciales à faire? (peut-être moins visité que d'habitude!) ...

merci
En direct d'Inde - Acte II (Madhya Pradesh & Varanasi) English translation pending
by Phil64 · 2005-08-12 · 99 replies
Namaste à tous,

Ca y est me voilà parti pour un nouveau voyage…Cela m’a bien plu de vous le faire partager en direct l’an passé, recevoir vos petits mots sympas, alors pourquoi ne pas renouveler l’expérience ?

Après avoir rêvé de vos voyages toute l’année, ça y est je repars… Et comme 3 semaines furent bien courtes pour aborder un si grand pays, je repars en Inde, cette fois au Madhya Pradesh et Varanasi (Benares) (dans l’Uttar Pradesh). (Pradesh = état, Madhya = centre, Uttar = nord)

Départ ce soir où je vais pouvoir comparer les couchettes SNCF avec leurs consœurs « Sleeper Class » qui m’attendent à plusieurs reprises aux cours de ce voyage… Et demain matin envol vers Delhi, via Bombay… Je rencontre à Paris en coup de vent Babeli entre le train et l’avion… et à Delhi, sir Jaisalmer autour du premier chaï !!!

VF est une grand famille et au cours de cette année et des rencontres (officielles et non-officielles), les liens se sont tissés, renforcés…. Alors je pars avec une pensée particulière pour les copains et copine de VF en vadrouille (Odonate au pays du sourire, Calou autour du monde, Babi dans la cité rose, Vilcanota au pays des geysers, Yangzigui dans les rizières, Deedou qui ne sera pas si loin (j’en oublie c’est sûr !) … sans parler des Zabinouk à la recherche de son Aragorn, Sawadeekha au sommet de l’Everest, Simba de retour chez ses amis les rois de la jungle….là je serais rentré d’ici leur départ… ! et pour ceux pour qui le départ n’est pas proche mais j’en suis sûr ne manquerons pas de voyager avec moi (n’est ce pas Miss Shabaganesh ?? )

Alors voilà, sac bouclé, carnets en poche, crayons affûtés me voilà prêt à replonger dans ce pays que je vais retrouver avec grand plaisir…

Le prochain message sera de là-bas, (il vous faudra à être indulgent avec les accents, les fotes ! A très bientôt….

Modification de Novembre 2005 : J'ai rajouté à la fin de la discussion, l'intégrale du récit, avec accents, après correction des fautes et suppression des codes diverses apparus dans les cyber-cafés indiens... cela perd de son charme mais pour ceux qui le découvre maintenant c'est plus agréable à lire... Pour ceux qui seraient interressés, nous avons publié le carnet comprenant récit, croquis et aquarelles réalisé lors de ce voyage, vous pouvez le découvrir ici. Idem pour le voyage précédent au Rajasthan (voir Acte I) ...

Seule à Bali English translation pending
by Mawine · 2004-03-31 · 29 replies
bonjour, je pars 2 semaines seule sur bali dans deux semaines. c est ma premiere en asie donc ca m impressionne autant que ca me motive. y a t il une ame charitable pour repondre a la foultitude de questions que je me pose ?

tarifs des hotels ou on se fait juste pas bouffer par les moustiques... ?

tarif location voiture chauffeur ?

repas ?

ou resider le plus ?

sorties seule le soir ?

a eviter ? (lieux, comportements, arnaques...)

y a t il qq1 la bas ou ici motiv pour bouger partout, dormir a droite a gauche, triper sur les plages, les temples et les gens ?

merci de vos conseils !
What are the criteria that make you choose one destination over another?
by Attila · 2025-03-02 · 182 replies
Hi there,

The title might be a bit long, but I hope it’s completely understandable!

When it comes to choosing your next trip, what tips the scales in favor of Eritrea over Ibiza?

Why pick Canada over French Polynesia?

The price? A magazine or TV report, a travel journal, an Instagram ad? Ease of travel? Minimal time difference? The country that has the most in common with all the trip participants? Activities? Relaxation? The desire to push your limits?

A photo?



What else, I wonder...

Personally, I often prioritize simple destinations (no administrative hassles), where I’m not at risk (nothing extraordinary like getting kidnapped by Daesh or ending up in a jail cell because the current geopolitics aren’t favorable to my passport, etc.), and where I can drive.

Wide-open natural spaces are more my thing than urban anthills.

Finally, I try not to spend three days on a plane to reach my destination, and I aim for a maximum budget of 3500 € (for 3 weeks) in comfortable conditions—that means charming hotels, good meals, etc.

What about you?🙂
Voyage décevant au Sri Lanka English translation pending
by Ptitbou · 2020-01-01 · 125 replies
Bonjour,

Juste une reflexion, après 13 ans passé tous les ans au sri lanka, nous revenons juste d'un xème séjour au sri Lanka au mois de décembre.

Après un circuit avec un chauffeur local parlant Français, cela s'est très bien passé. Autant pour le circuit que pour les hébergements. Nous avons continué avec 2 semaines de balnéaire dans le sud du pays.

Constat amer : Nous constatons au fur et à mesure des années que le sri lanka change énormément. Autant les habitants, attirés par l'argent des touristes, que le pays, envahis par les touristes des pays de l'est. Le sri lanka se meurt doucement, les touristes Européens ne reviennent pas dans le pays, à cause des dégâts qu'occasionnent les touristes de l'est qui démolissent de plus en plus le pays. Des hôtels se bâtissent dans tous les sens, malgré le manque de touristes Européens. Tout est fait pour faire venir le touriste, même le visa gratuit. Mais rien y fait. Nous mêmes n'y reviendrons plus malheureusement. Chassés d'un hôtel à cause des locaux qui priment sur les touristes, malgré 2 nuits de payées, nous avons dû quitter après 1 nuit. Trop bruyant et sans respect pour le touriste. Malgré leurs dires, que les touristes sont leur priorité, cela n'a jmais été le cas. Nous avions hâte de quitter le pays après 3 semaines, cela est bien malheureux. Nous avons connu le SL il y a bien des années. Aujourd'hui nous ne le reconnaissons pas. Ce pays est merveilleux, mais fait fuir de plus en plus le touriste européens. Le SRI LANKA doit faire un choix un moment donné, les locaux ou les touristes dans les hôtels dotés d'une piscine. A chaque hôtel , nous avons eu les mêmes problèmes. Jusqu'au bout pour le prix du taxi pour l'aéroport, connaisseur du prix, il a été presque doublé à l'arrivée à l'aéroport….. QUELLE ENORME DECEPTION 🙁 Au Revoir le SRI LANKA.
Thailand Travel Journal: From Chiang Mai to Bangkok, We Didn’t Buddha Our Fun
by Jojoone1 · 2017-08-30 · 204 replies


We’re excited to share our sixth travel journal with photos from Southeast Asia, this one entirely dedicated to Thailand. As a reminder, our previous travel journals can be accessed directly by clicking on the username "jojoone1" to the left of each post.

For a change, let’s start with the conclusion: our trip left us with an excellent memory. Very often, everything went like clockwork—short wait times, quick problem-solving, and the curious feeling of being pampered. Sometimes, life isn’t so cruel after all.

It’s only fair to admit that day after day, we encountered Thais who were smiling, helpful, kind, funny, and sometimes even touching. There were a few exceptions, but they were just the trees hiding the (tropical) forest. After this year’s experience, we won’t be the ones to tell you that Thailand isn’t the Land of Smiles or that laughter is just for business. We’ve witnessed so many kind behaviors and gestures that we no longer understand how anyone could complain about the people here—except for bad experiences in ultra-touristy spots packed with travelers lacking any finesse. It got to the point where it made us reflect. And we concluded that we probably have funny, friendly faces (?). We also know we’re the first to smile at them, and every day there, we show respect to everyone we meet. In any case, we have fond thoughts for many of the people we crossed paths with. Thanks to them, our trip took on a whole new human dimension.

A quick note about the photos: last year, the VoyageForum team made a change to how photos are uploaded. This gives us the choice between displaying high-definition photos (but losing ownership rights) or non-HD photos (less sharp, but the originals won’t be spread online without compensation or credit). We opted for the second solution, if only as a matter of principle. It does leave us with some regrets, especially since Françoise switched to the Canon EOS 7D Mark II, whose performance is notably better than the 7D.

Our first trip with Emirates was satisfying but left a mixed impression. Sure, it was the first time all four of our flights were on an Airbus A380. The crews were super friendly, and the meal trays were the best on the first two flights. On the return flights, the meals weren’t great and weren’t filling enough. Overall, the crews seemed disorganized and rushed—clearly some new recruits. The Doha-Paris flight, if memory serves, was on an A380-600, and in that configuration, we were packed in like it hadn’t been in years. In conclusion, it’s hard to say at this stage whether Qatar or Emirates comes out on top.

From our perspective, the journey from northern Thailand to Bangkok can be done via two different routes. This year, we took one of them, which allowed us to alternate between well-known destinations and original visits. Note that some of this year’s visits include cities we’ve already been to. So for a more complete view (Bangkok and Chiang Mai, for example), you’ll need to check out our previous travel journals.

We’ve improved our Thai vocabulary with a few more words and hope next year to move from kindergarten to first grade... For those reading us for the first time, we can only advise against visiting this country on an organized tour or looking for a French-speaking guide. The Thais have organized themselves well—they now have proven tourism practices. Maybe a guidebook for culture, a few basic English words, and a little organization are all you need for a great trip.

CHIANG MAI

Chiang Mai and its region are packed with treasures—so much so that one or two visits might not be enough.

At the airport, you go to a counter that provides a taxi ticket. The fare is 150 baht for a regular car and 200 baht for a larger vehicle. When our turn came, a large vehicle showed up, but we were only charged 150 baht. Okay, fine.

The hotels we’d selected three years ago had significantly increased their rates, so we had to find a new base. In the city center, hotels with large pools are overpriced, and despite the wide selection, it was hard to decide. We ended up at a hotel near the airport, the Baan U Sabai Boutique House. The superior room with a balcony can be negotiated for just under 40 €. It’s a beautiful, fairly new complex in traditional teak style, with very well-kept rooms and a long pool. Given the rather stormy weather in early July, it was the first time in Thailand we swam in cool water. It encouraged us to swim rather than just lounge...



At the end of the hotel street, you come out onto a busy main road where you can hail a songthaew (a kind of shared taxi). It’s easy to be offered a ride to the city center for 2 x 20 baht, but getting a return trip for less than 2 x 40 baht is tough, especially in the evening. Our red songthaew took us straight to Chiang Mai Gate, one of the city’s gates, located southeast of the historic square. We then took Phra Pok Khlao Road for a few dozen meters and chose the first little restaurant that looked nice. Within minutes, we had our dishes and smoothies for a total of 235 baht. Great quality, despite the place looking very touristy. The owner set the tone by handing out smiles left and right.

There’s an amazing spot in Chiang Mai to grab a coffee: Baan Phor Liang Meun. Once you reach Chiang Mai Gate, take Phra Pok Khlao Road for a few meters, then turn onto soi 2 (alley 2). It’s actually the first on the left. After a few dozen meters, you’ll find yourself walking alongside what looks like a Khmer temple.



When you enter, you’re in a vast space—like a temple-garden—where you can eat a small dish or sip a good café crème as if you were in Angkor. The tables are far apart, so you’re as close to birds and squirrels as you are to other customers.



In the small building where the staff works, they provide high-quality mosquito repellent for free—something we’ll now buy regularly at 7/11. They’re small plastic bottles, mostly pink or orange, with Thai writing and "floral fragrance" in English. The scent is actually pleasant. Remember to shake the bottle before opening and pressing, or you’ll end up with cream all over your shorts...

The creator of this space has been sculpting terracotta works since the early 1980s using clay from the Lamphun region—the most consistent clay found in all of Thailand. This café is like visiting an ancient temple, with its abundance of statues, high-reliefs, and bas-reliefs. It’s undeniably a romantic spot for couples—a haven of calm in a very lively city.









Mare au café (Luxembourg ville) English translation pending
by Intrankil · 2016-11-17 · 34 replies
La patronne, une pétillante brunette au regard arabica, est en verve ce matin. Au facteur qui lui demande une signature : - Non, pas besoin de hublots. C’est une des rares choses que ma mère ait réussies. J’ai plus de dix à chaque œil, j’aurais pu être pilote de chasse...

Deux minutes plus tard, elle embraye sur le sujet number one au hitparade des conversations grand-ducales, les bouchons. Elle s’adresse cette fois à un habitué, sans doute un ouvrier occupé sur un chantier voisin. Tignasse explosée, la gueule enfarinée, vautré sur le zinc, il n’a pas pris la peine d’enlever sa doudoune fatiguée pour engloutir un jambon-beurre-cornichons-moutarde qu’il arrose avec des cafés serrés. Au quatrième petit noir, il donne son avis sur la question : - Moi, j’me fais baiser si je pars après six heures moins le quart. Il suffit d’un accrochage et tout est bloqué sur l’A31. Mais le temps passe : - Allez, j’dois du temps à des gens, ça s'appelle l’esclavage… Son voisin et collègue n’a pas pipé mot jusque là. Il se lève pour passer à la caisse et brandit L’essentiel, le quotidien gratuit : - Karine, regarde, aujourd’hui le café est gratuit, c’est marqué dans le journal !

Une Française, sans doute échappée d’une pub pour Europe Ecologie-Les Verts, la trentaine chatoyante, arborant une crinière aux reflets ambrés, pull en laine pesto basilic et pantalon en velours côtelé granny smith, commande un lait de soja. Elle raconte à sa copine ou collègue que, depuis qu’elle a lu dans un journal qu’un Américain avait soigné son cancer métastasé en phase terminale en prenant tous les jours du bicarbonate de soude mélangé à du sirop d’érable alors que, même la chimio ne pouvait plus rien pour lui, elle avale cette mixture tous les matins au petit dej’. - Si t’as pas de sirop d’érable, le miel ça le fait aussi. - T’as un cancer en phase terminale ? s’inquiète l’autre biche. - Non, mais à titre préventif… - Moi, mon gynéco m’a dit que les femmes en manque de vitamine D étaient plus sujettes au cancer du sein que les autres. En même temps, si t’as des carences, peu importe lesquelles, tu peux te choper tous les cancers. - Le mieux pour que l’organisme absorbe la vitamine D au maximum, c’est de prendre le soleil entre 11h et et 15h. Mais bon, en même temps, si tu t’exposes trop, bonjour le cancer de la peau… La conversation ne tarit pas. Il est ensuite question d’un gloss-lèvres à base de potiron, idéal pour affronter hiver.

Un retraité trace des cercles sur le sol avec sa canne. Il explique à la patronne qui lui a demandé en allemand s’il ne voulait pas se laisser tenter par le dernier croissant restant que, si elle n’y voit pas d’inconvénients et si elle ne parle pas luxembourgeois, il préfère lui répondre en français : - Le luxembourgeois, je le comprends mais je ne le parle pas. C’est de la faute aux Luxembourgeois, on nous adresse toujours la parole en français ou en allemand ! - Chez moi, du temps des Boches, on nous forçait à parler allemand… Alors on parlait français en cachette à la maison.

La causette prend un virage à 180°. Il est alors question des jeunes et du système scolaire français.

- Je reconnais que mes fils font souvent les cons et sont flemmards. Je sais que je devrais être plus sévère avec eux, mais j’y arrive pas… Mais alors, dans leur collège, ils sont tout le temps au taquet, y’a un de ces stress ! Les profs ne leur transmettent plus aucune valeur. D’ailleurs, on dirait que, s’ils pouvaient mettre un rideau entre eux et les élèves, ils se sentiraient mieux. De mon temps, les profs savaient se faire respecter et s’impliquaient beaucoup plus. Ils organisaient même des ateliers qui fonctionnaient sur la base du bénévolat. Mais maintenant, y’a plus d’absentéisme chez les eux que chez les élèves !

Les deux ouvriers n’ont toujours pas pris la tangente. Il faut dire que le spectacle de la rue n’invite pas à sortir. Brume, pluie, buée. Un temps de plombier zingueur. L’hirsute demande à la patronne si elle veut toujours changer sa serrure, parce qu’il connait un système blindé de chez blindé, quasi inviolable. La réponse est couverte par les décibels de la radio poussée à fond. Un chanteur égrène en allemand des initiales et des acronymes sur un rythme hiphop... RAF LSD und FKK HNO EKG und AOK… Au dernier refrain, HSV, VfB rime avec olé, olé** (…)

- Les assurances, non merci. Dès que j’ai un problème, y’a jamais personne qui rembourse. La protection juridique, elle sert à rien. Tous les mêmes connards !

** Traduction : RAF : Fraction Armée Rouge LSD : stimulant non dérivé du café FKK : camp de naturistes HNO : ORL EKG : électrocardiogramme AOK : Assurance maladie HSB : club de foot (Hambourg) VfB : club de foot (Stuttgart) Olé olé : olé olé
Loin de la retraite mais déjà j'y pense English translation pending
by Laury13 · 2016-05-11 · 37 replies
Salut tout le monde,

Je ne sais pas si je poste dans le bon post, mais j'ose quand même, vu que c'est le post des "réflexions des voyageurs".

Je suis encore loin de la retraite, mais, pour X raisons, je commence à déjà penser où irais-je vivre ma retraite.

Comme vous je pense que du fait d'aimer voyager, cela ne me pose à ce jour pas trop de problèmes sur le fait d'une éventuelle expatriation pour ma retraite.

En effet, lorsque je voit quel type de bien l'on peut s'offrir en achat ou en location, je me dis que cela ne vaut pas la peine de se priver de faire de sacrées économies, sans parler, bien entendu d'avoir le soleil en plus.

Il va de soit que je suis tout à fait consciente que d'ici là, bien de l'eau coulera sous les ponts, peut-être même que l'âge du départ à la retraite aura encore été décalé...

En tous cas, ça fait déjà quelque temps que j'y pense et que je me rends sur des forums afin de regarder au jour d'aujourd'hui avec un montant de X comme retraite, qu'est-ce que je trouve comme bien à un prix moindre du loyer que je paie à ce jour.

Suis-je la seule ou bien y-a-t-il d'autres personnes comme moi qui ont déjà commencé à prospecter ?

Merci pour vos réponses : Laure
Northern to Southern Alsace
by Jojoone1 · 2016-04-09 · 114 replies
Here’s a travel journal with photos, different from the ones we usually share with you.

Some of you may have heard about the legendary charm of Alsace, this small region in eastern France, right next to Germany. For those who want to visit, we’re offering this journal. While it’s not exhaustive, it covers many of the most interesting sites, and we’d love to help make your trip a success—or maybe even inspire you to take a trip there.

Introduction

" HOW BEAU-TI-FUL OUR ALSACE IS WITH ITS FRESH VALLEYS IN SUMMER, IT RI-PENS THERE WHEAT, VINES, AND HOPS "

This is the start of a little tune our elementary school teacher used to make us sing in class. That was last century. This refrain and its melody have stayed in my heart because they perfectly capture this region. I know many tourists dream of the Christmas market and the magical snowy landscapes, which makes sense, especially for visitors from the south or those with young kids. As for me, I’d recommend visiting between June and September because everything is so much more pleasant and enjoyable during the warm season.

Alsace is a mix of German organization and French art de vivre. The result? A place beautifully shaped by nature, thoughtfully developed by people, and packed with exceptional restaurants and bakeries. Plus, tourists are generally welcomed with courtesy and expertise.

The heart of the region’s tourism lies between Strasbourg and Colmar, spanning the Haut-Rhin and Bas-Rhin departments. To the west of these cities, often on the slopes between the plain and the hills, winds the famous Wine Route. From north to south, it stretches about 150 to 170 kilometers. A proper visit to Alsace takes about five days to a week—or longer if you’re really into it. I think having a car is best, as the terrain isn’t flat.

Let’s start with northern Alsace, which is less known to tourists—except for the Germans, who love strolling around and enjoying good food there.

Wissembourg sits on the border with Germany, at the very north of the Bas-Rhin, about 60 km from Strasbourg. The tourist office has set up signs near the large free parking lot, so you can take a pleasant walk through this small town. Highlights include the Saint-Pierre Saint-Paul Church (the second-largest in Alsace), the 1741 town hall, the Salt House with its unusual roof, the ramparts, and some fascinating old houses.















Hills border Alsace along its entire western frontier and also to the north. Countless hikes are possible in these low- and mid-altitude forests, where you can find chanterelles, sheep’s head mushrooms, and blueberries. Here’s a typical view taken above Wissembourg, near the Pigeonnier Pass:

Calendriers des départs en croisière des membres VF 2018 English translation pending
by Gsnc65 · 2016-03-31 · 917 replies
Mise à jour N°0 –CALENDRIER DES DEPARTS EN CROISIERE VF 2018 AVIS aux membres VF : ne jamais citer une mise à jour !!! Cela créé une confusion pour tous les membres !!! · Regardez TOUJOURS la dernière mise à jour !!! · Vous pouvez signalez votre croisière sur ce post ou en MP bien sûr en respectant au possible le format du calendrier lors de votre inscription (date–pseudo (nationalité) / compagnie + nom du bateau / nombre de jours / secteur de la croisière (départ de la croisière). Merci par avance de me faciliter le travail !!! Dernières Informations: Ø -Total actuel de croisières/membres = 0 !!! Ø – 0 nouvelle (s) information (s) en gras dans la liste (N’hésitez pas à échanger vos infos) !!! JANVIER FÉVRIER MARS AVRIL MAI JUIN JUILLET AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE
Restaurants au Vietnam English translation pending
by Sarouman32 · 2016-03-12 · 26 replies
Bonjour à tous,

J'organise mes 3 semaines de vacances pour cet été, le Vietnam m'intrigue. La restauration jouant un grand rôle dans mon choix. Je me suis dit que je viendrais chercher de l'aide ici. Est ce que vous avez des renseignement sur les restaurants?

merci d'avance pour vos réponses Sarouman
Belles couleurs du Québec/Pow wow en Ontario/septembre-octobre 2014 English translation pending
by Mimimicha · 2016-03-02 · 233 replies
Bonjour à tous ! C'est avec beaucoup de retard que je commence ce carnet (automne 2014 quand même !). Je ne saurais citer tous ceux qui m'ont aidée à construire ce beau voyage, car j'aurais peur d'en oublier. Vous vous reconnaîtrez si vous me lisez.... Merci à vous tous ! Cette fois, c'est à quatre que nous voyagerons, puisqu'une de mes amies rêvait de découvrir le Québec, mais n'osait s'aventurer en "free lance". Et c'est ainsi que nous avons embarqué nos amis pour un magnifique road trip de 28 jours. - Ce voyage s'est articulé autour de 3 impératifs : 1) Les Belles Couleurs d'automne au Québec (et plus particulièrement en Gaspésie), 2) Un pow wow en Ontario, 3) Les Chutes du Niagara. Pari gagné, puisque tout était au rendez-vous... Encore que, les Chutes, elles ne risquaient pas de manquer le rendez-vous !😉 - Avion. La traversée de l'Atlantique s'est faite sur Air Canada, qui présentait à l'époque le meilleur tarif, et nous avons pu vérifier que leur classement de "Meilleure Compagnie d'Amérique" l'année précédente n'était pas usurpé. - Logement. Le choix de l'hébergement s'est porté essentiellement sur des B&B.... Nous dirons ici "Couette et Café" pour rester dans l'ambiance. J'adore cette expression : pas vous ? -Voiture. Il nous fallait une grande voiture pour tous nos bagages : ce sera une Town and Country flambant neuf louée via Authentic Canada (prix très intéressant) pour le compte de l’agence Avis.

Je vous aurais bien donné le chiffrage du voyage, mais nous avons été cambriolés cet automne… 🤪 Envolés les 2 ordis! Avec toutes mes données de voyage. 🙁 Pour les photos, heureusement qu’elles étaient sur un autre disque dur, sauf que…. en version brute uniquement, et je dois refaire tout le tri. Bref, des mois de préparation plus tard, de la version 1 à la version "x" (des tas😉), après avoir rajouté, supprimé, rajouté et supprimé encore, etc. etc., le programme s'est enfin imposé. En attendant le détail journalier, voici comment il s'est organisé : - Ontario (9 jours) - Chemin du Roy et Route du Fleuve (3 jours) - Gaspésie (9 jours) - Bas Saint-Laurent (2 jours 1/2) - Québec et Montréal (5 jours) Les étape journalières ont été modérées, la plus longue ne dépassant pas 350 km environ.
Grand concours de photo – mars 2016 « Mon Village / Ma Ville / Ma Région » English translation pending
by Xrctn · 2016-02-28 · 166 replies
Mon Village / Ma Ville / Ma Région

Comptez sur un mec qui marche déjà la tête à l’envers pour venir avec l’idée de prendre l’essence de ce concours… à l’envers ! Cette fois, il ne s’agit pas de proposer des clichés de voyages à l’étranger avec un thème précis mais plutôt de nous faire découvrir votre propre environnement, celui que vous côtoyez la plus grande partie de l’année, celui que l’on finit presque par oublier qu’il existe, celui auquel on souhaite parfois même échapper en partant découvrir d’autres horizons.

Ce mois-ci, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les lieux proches de chez vous et de nous les faire découvrir afin de nous donner l’envie de venir les voir de plus près. Je vous nomme ambassadeurs/ambassadrices de votre village, de votre ville, de votre région (province/canton/état). Carrément ! A vous de nous le ou les présenter au travers de votre regard.

Deux cas de figure : Le Village/ la Ville/ la Région de votre naissance, Le Village/ la Ville/ la Région où vous résidez actuellement.

Aucun de ces deux cas de figure n’est exclusif, c’est-à-dire que vous pouvez proposer une, deux ou trois photos pour l’un ou/et l’autre de ces deux cas de figure. Limpide non !

Cerise sur le gâteau : Zéro restriction sur le thème de la photo, aucun hors sujet en ce qui me concerne. (une éventuelle censure n’est pas de mon ressort mais de celui du webmaster) Le clocher de l’église, la devanture de la boulangerie, le visage de la charcutière, un monument, une terrasse de café, un arbre, des champs, une chaine de montagnes, une station de métro, un musée, un mur, un château, une fanfare, une fête, un artiste de rue, un détail, une vue panoramique, le banc de votre premier baiser… la liste est infinie.

Cadeau empoisonné : Cette liberté totale risque d’être enivrante mais aussi d’être paralysante puisque tous les thèmes sont permis et qu’il n’y a pas de garde-fou. Je vous lâche dans le grand bain et sans bouée par-dessus le marché !

Mes souhaits : Le premier est celui de vous faire sortir de la maison et d’arpenter les rues de votre village/ville ou les chemins de votre région avec votre appareil photo en bandoulière. Prenez l’air, humez le Printemps qui arrive (enfin ça c’est pour certains !), posez un nouveau regard à ce qui vous entoure. Vaste programme et surtout aucune excuse possible ! Et puis, il est également temps de donner une chance à ceux qui ne partent pas (pour diverses raisons) vers des destinations lointaines.

Le deuxième souhait est que vous vous révéliez… un peu, beaucoup, passionnément. D’en connaitre un peu plus sur qui se cache derrière les pseudos. De savoir d’où vous venez, pourquoi vous habitez à tel endroit et qu’est-ce qui fait que vous aimez un lieu en particulier. J’espère que vous serez nombreux à partager vos photos et tout aussi nombreux à me rejoindre sur le fil de la discussion et surtout qu’il y aura plein de bavardes et de bavards.

« Mais c’est un véritable détournement du concours cette histoire ! » diront les puristes de ce concours de photos. Peut-être, surement même ! Mais en ce me concerne, les photos ne seront ce mois-ci qu’une excuse pour découvrir d’autres regards sur le monde qui nous entoure. Je n’ai pas ni le don ni la passion photographique, j’aime prendre des photos ici et là juste pour me faire des souvenirs, tant mieux quand elles sont réussies. Je l’avoue, mon intérêt cette fois est d’en profiter pour connaitre un peu mieux ceux et celles… derrière l’objectif. Mais rassurez-vous, les discrets et les timides pourront le rester en toute quiétude et pourront se concentrer sur leurs talents photographiques pour que nous puissions tous admirer et envier le résultat de leur travail.

« Ah ouais mais ceux qui habitent à l’étranger ont un avantage, c’est pas juste ça ! » Taratata, tous les expatriés n’habitent pas dans des paradis exotiques, votre village/ville/région contient aussi des merveilleux endroits, des perles cachées… à vous de les découvrir et de donner ainsi le mal du pays à ces expatriés.

Le dernier souhait est que ce concours ne s’essouffle pas, bien au contraire qu’il rassemble davantage de participants. J’espère donc que le sujet de ce mois-ci va permettre de ratisser large, de faire revenir ceux qui se seraient égarés et peut-être même de faire changer d’avis ceux qui auraient des envies de s’égarer !!! Je compte sur vous pour rameuter les autres et je compte également sur le webmaster pour donner plus de proéminence à ce concours en le rendant plus visible sur le site.

La mission du mois : Prouver que le Voyage, l’Aventure et la Découverte commencent bien au coin de la rue et nous donner l’envie de venir… chez vous ! Bonnes balades donc et bonne chance.

Les modalités du concours : Attention, à titre exceptionnel, je me permets deux petites modifications et j’espère que Lahaut (l’investigateur de ces magnifiques concours) ne m’en voudra pas de trop.

La première concerne les heures de fermeture du concours et du vote. Ras-le-bol d’avoir comme référence l’heure de Paris. Cette fois, ce sera l’heure de… Pyongyang, (eh oui j’ose !) Quand il est midi à Londres (GMT – Greenwich Mean Time), il est 13h à Paris (GMT+1h), il est seulement 07h à Montréal (GMT-5h) mais il est déjà 20h30 (GMT+8.30) à Pyongyang (depuis que le Grand Leader en a décidé ainsi en Aout 2015 !). Voilà bien un truc qui va vous faire travailler les méninges.

La seconde modification celle-ci me tient à cœur depuis mes premières participations à ce concours de photos. N’ayant pas lu les instructions concernant l’attribution des points (eh oui j’suis comme ça !), j’avais donné un ½ point (un demi-point) à chacune des deux photos que je n’arrivais pas à départager pour la troisième place. Gros froncements de sourcils de la part de quelques-uns ! C’est qui cet inconnu qui crée l’embrouille ? Je suis donc rentré dans les rangs en me promettant que si un jour je gagnais ce concours, je modifierais cette règle car combien de fois j’ai (nous avons) agonisé au moment du vote et éliminer un participant pour un petit rien. Je remarque que c’était également le cas pour Masterpo cette fois-ci !

Eh bien en Mars je fais ce qui me plait (mon anniversaire étant le 21 Mars). Donc exceptionnellement, si vous hésitez entre deux photos pour la troisième place du podium (et uniquement pour la troisième place), je vous autorise à attribuer deux fois un ½ point (un demi-point) (tiens, je me découvre un coté rebelle, un peu Grand Leader sur les bords !).

Je récapitule vous pouvez poster jusqu'à trois photos (prises par vous-même uniquement), chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toutes les explications concernant ces photos sont plus que bienvenues.

Vous avez jusqu'au Vendredi 25 Mars 2016, 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)) pour présenter vos œuvres. Alors le vote pourra commencer et se terminera le Jeudi 30 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)).

Vous voterez pour trois (ou quatre) photos maximum (et minimum), en indiquant clairement le nom du participant choisi suivi du numéro de sa photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Toutefois, il vous sera possible de placer deux exæquos pour la troisième place. Auquel cas, les deux photos placées à la troisième place se verront attribuer un ½ point (un demi-point) chacune.

Les votes comportant plus de quatre photos ne seront pas pris en compte. Le gagnant est celui qui aura proposé la photo obtenant le plus de points. En cas d'exæquos, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, et à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d’Avril 2016 qu'il organisera. Les exæquos à une autre place que la première ne seront pas départagés. Enfin, il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, puis à compter du Vendredi 25 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)), uniquement les votes.

Un fil de discussions autour de ce concours est ouvert ici : voyageforum.com/...-ma-region-d7387900/

Photorama: photos.google.com/...d3EzSlNVYjJlck5KN2lB
Comme un rêve! Divagations indiennes! (Chroniques d'un long voyage en 1990) English translation pending
by Jeffly · 2016-02-11 · 6 replies
Avant de m'installer en Thaïlande, j'ai parcouru le sous continent indien durant plus de dix ans. J'ai même vécu quelques années dans le sud de l'Inde, au Kérala, au bord de cette magnifique plage de Varkala. Dans cette rubrique, je reviendrais au gré de mes souvenirs (le temps déforme la réalité mais... L'imagination prend le relais ) sur cette période de ma vie, où anecdotes de voyages croustillantes et rencontres inoubliables ont été le lot quasi quotidien de ces aventures ! N'ayant plus de photos de cette épopée, cette rubrique sera illustrée de photographies de mon grand frère Didier, aficionados, disciple de l'Inde et qui m'a transmis très tôt cette passion, le virus de ce pays et de ses peuples magnifiques !

Ce carnet de voyage datant des années 90 comporte une vingtaine d'épisodes. Si vous souhaitez lire ce récit de voyage tout de suite sans attendre la publication sur VF, je vous invite à découvrir la rubrique de mon blog www.jeffdepangkhan.com , "Comme un rêve, divagations indiennes" Ces récits sont aussi illustrés de nombreuses photos.

Dakha, Bangladesh ! (nov 91, Première partie).

« L’Asie … L’Inde … Mother India … »

Ce sont des noms, des lieux qui résonnaient dans ma petite tête d'adolescent et qui continuent bien des années plus tard à me soupirer de biens belles choses ! Plus jeune, une certaine littérature m'avait déjà mené vers ces destinations, racontant des histoires de voyages, de « voyage-voyage »... « Flash », « les chemins de Katmandou », même les saga d’Irène Frain et j'en passe . Après avoir lu ces livres et écouté certains de mes ainés revenant de ces terres mystiques, je n'avais fait alors qu'imaginer ce que pouvait être cette civilisation, ce monde unique que je pourrais assimiler plus tard à un astre à part entière au beau milieu de notre planète! j'allais continuer de grandir, de vieillir, mais par contre dans mon subconscient, tous ces rêves étaient bien ancrés et je n'attendais qu'un signe pour être prêt à les concrétiser, à les vivre un jour futur. Les années passaient et ce jour arriva où un ami me proposa : "- Dit donc Jeff, ne seriez-vous (je fus marié une première fois avec une femme française) pas intéressés de venir avec moi au Népal puis pourquoi pas, prolonger le « trip », toujours en ma compagnie (sous entendu si vous aviez du temps et de l'argent) jusqu'en Inde ?"

"- Quelle question ! Oui, trois fois oui !" Répondais-je, heureux .

Enfin le rêve devenait réalité !

J'avais grandi et j'avais commencé un travail lucratif (qui me permettrait d'ailleurs de vivre en ISAN plus tard jusqu'à aujourd'hui). Ce qui était un rêve d'adolescent, de voyager vers l'Asie, se présentait tel un cadeau ! En plus, mon ami avait déjà passé son examen de « premier voyage en Inde ». On avait donc notre parrain pour la découverte du pays des sadhus et autres gurus, que du bonheur ! J'avais beau en avoir rêver mais devant le fait accompli, j'avais dès lors une petite appréhension de partie loin, c’était la vraie première fois ! Les seuls voyages où je m’étais risqué, étant les Antilles (pour travailler, ce n’était pas la même chose, St Martin et Saint Barthélemy, Saint Barth... avec l'accent trainant comme il faut le dire quand on y est mais c'était loin d’être l'Asie , c'était un gros bout de France, coloré certes , mais la France tout de même ! J'avais aussi traversé du nord au sud l'Italie, le Portugal et le Maroc jusqu'à Tan Tan au volant d'un Ford Transit rallong�� double essieu déglingué. On peut donc dire que ce n’était pas du tout la même chose que de se perdre le long du Gange ou de la rivière Yamuna ! Alors cette proposition, me permettrait de faire le grand saut vers l'inconnu, avec, n'oublions pas , un parrain qui atténuerait cette légère angoisse du premier grand et vrai voyage, du premier départ vers l'autre bout du globe!

Mon ami « nous » proposait de partir dans un premier temps au Népal pour faire du raft, puis un Trek... Nous sommes alors en 1991 et même si son voyage était organisé, c’était son premier en tant qu'organisateur et accompagnateur, cela était encore du « à peu près » mais j'entendais déjà les anciens sonner clairon et dire « plus facile que dans les années 70... ». Et c'était vrai, je n'aurais osé les contrarier, les vieux de la vieille ! pensais-je sur un ton légèrement moqueur, mais plein de respect et de gentillesse ! Mon ami, guide de rivière et de montagne (nous avons passé notre jeunesse tous les deux en Basse-Bretagne puis nous étions partis habiter et travailler au même endroit, dans les Hautes-Alpes) organisait donc son premier voyage et quelques clients potentiels avaient payé pour s’éclater (le sport, la nature... Etcétéra...), découvrir le Népal et pour palier à deux désistements, deux potes comme nous (moi et ma future ex), non sportifs mais motivés feraient bien l'affaire. Nous en étions ravis...On partait pour notre premier grand voyage, presque tout un hiver... Programme : Népal avec descente en raft de la rivière Trisuli puis Trek autour des Annapurna (un classique à entendre mon ami) avec un départ et une arrivée à Pokara puis retour à Katmandou, le groupe client partirait (ils avaient du travail et à peine un mois de vacances) et nous (mon ami, ma future ex et moi) irions en Inde...Nous rejoindrions Delhi puis irions marcher le long des sources du Gange en passant par Haridwar, Rishikesh, Devprayag , Rutraprayag et plus si nous le pouvions, jusqu'à l'une des sources du fleuve sacré si bien-sur, c’était possible . Ensuite, je rappelle que cela était un programme théorique, mon ami retournerait chercher sa famille (sa femme et ses deux petites filles) à Delhi . Nous, nous irions vers la mythique Bénarès (Varanasi ou l'ancienne Kashi en Sanskrit) et nous nous rejoindrions du coté de Konarak en Orissa, visiter un BABA/SADHU et « baptiser » la plus jeune des filles de mon ami . Konark, on peut le dire aussi ainsi, où se trouve un temple magnifique, le temple de Surya, le dieu Soleil, se trouvait juste après Bhubaneshwar et à 30 Kilomètres au nord de Puri, autre destination réputée « baba cool » par excellence ! Nous étions donc au début du mois de novembre 1991 sur les dalles de l’aérogare de Roissy pour nous envoler vers Katmandou via Dakha au Bangladesh grâce à la compagnie Biman airlines, la compagnie aérienne de l’état du Bangladesh ! Je n'avais pris l'avion qu'à quelques reprises et cet avion qui s’avérait être un DC 10 (je crois, si je me souviens bien) me parut tout à fait en bon état de voler. Je ne me souviens d'aucune appréhension durant le vol , par contre je me rappelle des hôtesses vêtues de magnifique sari, elles etaient d'une beauté inoubliable, je me rappelle aussi qu'avant d'atterrir sur le tarmac de la capitale de l'ancien Pakistan oriental, nous avons fait de nombreux stop and go, à gogo d'ailleurs l'avion arrivait d'Angleterre, transitait donc par Paris, nous nous arrêterions à Ankara, puis l'Iran(je crois ou le Pakistan tout court) et enfin le Bangladesh ! ( je ne sais pas si l'avion continuait vers l'est mais qu'il fasse le tour du monde ne m'aurait pas étonné!). À Dakha, nous devions attendre trois heures et hop... repartir vers Katmandou dans un autre avion...Une petite escale en quelque sorte. Cela ne s'est pas du tout passer comme c'était prévu. L'avion pour le Népal était beaucoup plus petit que l'avion avec lequel nous venions de traverser une partie du globe . Un bus pourri (vraiment pourri de marque TATA) nous attendait en bas de l'escalier-passerelle de l'avion pour nous emmener devant les portes de l’aérogare à ...50 mètres. Nous fûmes invités dans le restaurant tout neuf de l’aéroport, lui-même flambant neuf, enfin de caractère moderne, dirons-nous . Par rapport à Roissy (mais à l’époque, je ne connaissais que celui-ci comme aéroport international), l’activité était plutôt calme, en fait elle était totalement inexistante . Un seul petit avion était à coté du gros que nous venions de quitter. C’était notre avion pour la capitale népalaise. On nous installait donc au restaurant avec vue sur les pistes (la piste) et on nous servit à manger (encore...), puis les heures défilèrent et nous avions théoriquement raté notre correspondance pour Katmandou ! Au bout d'un certain temps, un petit mec rondouillard et moustachu, un visage surmonté de cheveux crépus d'un noir profond, affublé de Rayban et d'une chemise au couleur de la compagnie d'aviation locale vint et commença à nous expliquer que nous ne pourrions pas tous monter dans l'avion en partance pour le Népal. Il fallait qu'une partie d'entre nous se résigne à rester une nuit à Dakha. Cela sonnait moins bien que « ONE NIGHT IN BANGKOK », mais pour nous et mon ami, ce n'était pas problématique et même le groupe n'y voyait pas d’inconvénient. Pour nous, nous étions là pour trois mois tout de même, alors un jour de plus ou de moins... Le reste du groupe était là pour seulement trois à quatre semaines, ce départ différé d'une journée revint comme un reproche dans leur bouche vers la fin du voyage. Certains personnages du groupe (toujours les mêmes chieurs mais on le verrait plus tard) manqueraient de temps pour finir correctement soit disant leur « expédition » ! Dans ces moments où l' on demande à certains de « sacrifier » de leur temps (vous rendez vous compte, aller une nuit à l’hôtel tous frais payés) pour d'autres qui en ont encore moins, on commence à entrevoir ce qu'est l’humanité, même celle qui se veut «cool- cool » parce qu'elle part en Asie ! Mais ces considérations vont vite nous apparaître bien futile, à comparer avec ce que nous allions vivre ! Nous nous sommes donc retrouvés une petite centaine (tout de même) à devoir passer la nuit à Dakha. Le petit homme grassouillet aux cheveux crépus et porteur de Rayban qui apparemment ce jour là, était le chef de la compagnie, du moins s'en donnait l'allure, nous invita à retourner sur le tarmac (à pied du coup) sous les ailes de l'avion, récupérer nos bagages, ce que nous fîmes dans un joyeux bordel... On était au Bangladesh et cette désorganisation était normale à en entendre certains !(les mêmes personnes arrogantes que l'on croise trop souvent dans le monde entier montrant leur supériorité évidente de citoyens issus d'anciennes puissances coloniales). On voulut réintégrer l’aérogare et là, le petit gros à moustache qui commençait à transpirer comme une bête, nous demanda nos passeports : « no visa , no visa », après hésitation, on les lui donna et on nous fit grimper dans deux bus TATA (en fait, un de ces bus était le même avec qui nous avions parcouru les 50 mètres de l'avion à l’entrée de l’aéroport quelques heures auparavant) qui me parurent en piteux état, vibrant de partout, sans vitre (je remarquerais plus tard que tous les bus, à l’époque, n'avait pas de vitre) mais par contre ces ouvertures étaient ornées de grilles, ce qui donnaient aux bus une allure de fourgons cellulaires. On nous dit aussi de prendre nos sacs avec nous, dans les soutes du bus ce n’était pas possible ! (les coffres, soit ne s'ouvraient plus ou un fois ouverts ne fermeraient plus, donc tous les sacs dans la carlingue...avec nous) Je rappelle que nous partions en expédition avec un rafting, des pagaies, deux « airboat » (canoë biplace gonflable), des casques, des rations de survie et puis nos énormes sacs à dos remplis de plus de la moitié de choses inutiles , enfin qui s’avèreraient inutiles mais qui au moment de confectionner ces fameux sacs nous paraissaient alors primordiales voire essentielles. L’européen riche, même moins riche, disons l'occidental qui voyage et qui va vers l'inconnu, a besoin de voyager avec un peu de la sécurité de sa terre natale qui alors se matérialise par le cumul de biens inutiles entassés dans son sac. Enfin, les deux bus partirent dans un bruit fracassant, chaque vitesse passée craquait et paraissait totalement grippée (je venais de passer mon permis transport en commun, alors je regardais tout ça en expert... Quel français je faisais, des fois !). Enfin nous partions et nous allions traverser toute la ville avant de rejoindre l’hôtel où nous passerions la nuit.

Vers l'article original



Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)

À Dakha !

Entre l’aéroport et le centre-ville nous avons commencé à traverser des Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)marécages en pagaille où un nombre incalculable de baraquements (enfin des taudis) flottaient tant bien que mal sur les eaux saumâtres. Beaucoup de monde se déplaçaient sur de petites barques, certains pêchaient, pour moi, les yeux grands ouverts voire totalement hallucinés, beaucoup d'autres autochtones avançaient vers des destinations aléatoires, mais ils semblaient pourtant savoir où aller ! Le long de la route où il n'y avait quasiment pas de voiture , il y avait un nombre insoupçonnable de piétons, un défilé continu d’êtres humains qui marchent et qui marchent encore ! Il y avait bien quelques bicyclettes mais très peu, ce n’était que des gens qui avançaient à pied dans tous les sens, prêts à plier sous d’énormes bardas... Si j'avais été un géant ou Dieu (ça va non !), j'aurais cru voir des fourmis.

Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devenait gigantesque (c'est fou comme cela peut marquer une foule qui marche vers on ne sait où?). Sur le bord de la route, les maisons de bric et de broc commençaient aussi à s’amonceler. Petit à petit, tous nous regardaient et semblaient se passer le mot : « des Sahibs, des faranguis », certains commençaient à courir pour tenter d’agripper les grilles des fenêtres d'un des deux bus qui formaient ce maigre convois. Sur la plateforme d’entrée du TATA bus, un policier, grand, costaud et moustachu (il s’avéra que la caractéristique de l'homme dans cette partie du monde était incontestablement de posséder de grosses moustaches noires), il était aussi équipé d'un long bambou d'un mètre environ et balayait l’entrée avec celui-ci pour dissuader certains de grimper dans les bus. Si par hasard, certains arrivaient à s'accrocher aux grilles, ils n'avaient pas le temps de tendre la main pour vous demander de l'argent car après avoir fait ce mouvement emblématique du mendiant, c'est-à-dire avec leur bras déplié et les bouts de doigts agglutinés les uns aux autres , faire ce mouvement de l'estomac vers la bouche, le grand flic moustachu affublé de Rayban (en Asie, le flic, enfin le fonctionnaire qui travaille en extérieur porte des lunettes foncés de préférence de marque ou copie (surtout copie) Rayban) avançait dans l’allée centrale et leur écrabouillait la main avec laquelle ils étaient accrochés aux grilles des fenêtres, alors en équilibre précaire sur le flan du bus, leurs doigts frêles lâchaient prise et ils tombaient sur le bas-coté ! Certains d'entre nous commencèrent à protester (dont moi) de tant de violence mais le petit gros à moustache de la compagnie qui nous avait accompagné nous expliqua que si le grand costaud moustachu en uniforme couleur moutarde délavé ne fracassait pas les doigts de ses concitoyens, notre bus ressemblerait vite à un essaim d'abeille ambulant. Devant tant de persuasion (en fait, on n'a pas beaucoup protesté, je crois, il faut dire la vérité), on se tut, subissant ce spectacle pitoyable, mais qu'est- ce que pouvait être notre mal être par rapport à ce que pouvaient vivre ces moribonds. On aurait dit qu'ils avaient fait exprès de mettre l’hôtel à l'autre bout de la ville pour que l'on puisse la traverser et que les autorités puissent montrer à la population que des touristes venaient aussi dans leur pays (ils ne savait pas que nous étions contraints et forcés)...Enfin nous avancions et les habitations se firent un peu plus en béton mais elles étaient toujours submergées de cabanes en tôle qui semblaient alors soutenir ces édifices. On avait tendance à penser que si on enlevait ces amas de tôles collés à ces bâtiments sales et cramoisis, qu'ils s’écrouleraient, c’était presque certain ! Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devint un tsunami de gens déambulant en sarong à carreaux et débardeurs Marcel, tous pieds nus mais toujours avec moustaches ! Les femmes étaient plus gracieuses avec leur sari ou leur Kurta, leur démarche était chaloupée car elles portaient pour beaucoup leur fardeau sur la tête, leurs bras servant à porter un gamin morveux en guenille mais malgré tout, cela rendait leur démarche altière. Je regardais ces « pedibus-jambus » qui nous observaient, nous occidentaux, assis là, dans notre bus, qui partiraient bientôt au Népal pour marcher dans la montagne ou participer au marathon de l'Himalaya (la moitié des passagers de l'avion était là pour cet événement), on payait des mille et des cent pour avoir le droit de marcher et autour de nous, tous ces gens qui marchaient sans arrêt pour essayer de gratter un maigre revenu journalier...

Malgré ces pensées, nous avancions encore et toujours et je remarquais à coté des marcheurs, des rickshaws et encore des rickshaws, multicolores, ornés de fleurs en plastique et arabesques. Cela semblait être le moyen de transport principal de cette capitale, pas de voitures, enfin très peu, pas de bus, pas de taxi, des piétons et des pousse-pousses, des trois roues dont de grands gaillards d'une maigreur effrayantes tentaient de faire avancer . Les gens qui y étaient installés étaient pour la plupart de grosses femmes avec enfants ou des hommes bien gros aussi (on me dit plus tard que lorsque l'on était riche sous ces latitudes, il était de bon ton d’être gros). Ces hommes, d'affaire surement, avait la particularité d’être entourer de marchandises en pagailles qui débordaient des banquettes de ces triporteurs. Des bêtes de somme, ils étaient ces gars à la peau sèche et ne recouvrant que leurs os ! Nous atteignîmes alors l’hôtel qui était le seul building avec celui qui se trouvait juste en face et appartenant à la compagnie aérienne Biman, qui avaient l'allure de bâtiments digne d'une capitale. Ils semblaient récents , étaient les seuls de plus ou moins 15 étages. Deux flèches montantes, ils ressemblaient à des joyaux entourés d'édifices noires de moisissures et de crasse semblant sortir d'une mousson perpétuelle. Personne ne les nettoyait au fil des saisons des pluies. Je pense (j'en suis sur) qu'ils avaient d'autres priorités , on ne pouvait les blâmer. On nous apprit que le Bangladesh avait subit au printemps dernier un raz de marée (un de plus) qui avait fait plus de un million de morts et depuis les survivants déferlaient sur la capitale, son lot de réfugiés arrivant des terres inondées bordant le golfe du Bengale. La misère débordait de partout et si nous aurions payés pour être voyeurs (nous l’étions malgré nous), nous en aurions eu pour notre fric ! Le futur démontrerait que pour ces populations, rien n'irait en s'arrangeant, au fur et à mesure des raz de marée et des inondations, ce peuple aurait la tête sous l'eau inexorablement ou devrait partir ailleurs. De futurs migrants en puissance...Nous nous approchions de Mother India mais en attendant, on nous avait installé dans un hôtel qui sentait le moisi (décidément) mais qui était à la norme d'une compagnie internationale d'aviation. Après nous avoir montré nos chambres, on nous proposa de manger (encore !) : « le tea time »...Manifestement, nous, les refoulés de l'avion pour le Népal, étions les seuls clients de l’hôtel. Après le gouter, rassasiés ( sans honte, peut-être, je ne me souviens pas), on voulut aller faire un tour en ville mais le petit gros à moustache et aux Raybans (décidément il était toujours là à nous surveiller) nous dit que « ce n'était pas POSSIBLE, no visa, no passport ». Il nous expliqua qu'il n' y avait pas de sécurité pour nous escorter (là, on a pensé qu'il exagérait, on n'était tout de même pas à Beyrouth ni à Bagdad, (c’était le dernier conflit armé de l’époque). Quelques tergiversations plus tard , il nous dit que nous pouvions y aller car en fait seulement nous et une autre dizaine de Faranguis semblaient vouloir visiter la capitale. Un grand costaud à moustache en uniforme moutarde délavé, équipé d'un long bambou nous accompagnerait (encore un garde, ils y tenaient !), peut-être était-ce d'ailleurs le même qui nous avait accompagné dans le bus nous menant de l'aéroport au centre-ville de Dhaka. A la réception, on nous changea des dollars en Taka, la monnaie locale ; notre groupe, nous étions neuf en tout se scinda en deux avec la ferme intention de larguer le Moustachu en uni...du moins pour un des deux petits groupes. Il eut beau nous expliquer que nous ne pouvions pas faire ça, nous l'avons tout de même fait! On a vite remarqué qu'avec notre argent nous ne pourrions rien acheter car il n'y avait désespérément rien à acheter, à la différence de l'Inde où nous irions plus tard que nous découvririons regorgeant de nourritures et de marchandises. Finalement, nous optâmes pour un tour de rickshaw ! Ce fut vite fait car il n'y avait rien à voir, à part une mosquée dont je me souviens qu'elle était quelconque, un marché de fringues où ils vendaient des sarongs à carreaux de teintes bleus ou mauves et pour le reste à part tourner en rond comme dans un manège au milieu d'une ville où les gens ne faisaient que marcher ou attendre sur le trottoir que le temps passe, il n'y avait rien ! Nos rickshaw wala (on appelle ainsi le conducteur de pousse-pousse) nous délestèrent de nos Taka (ils auraient préféré des dollars mais les billets verts étaient restés à l’hôtel) et sans qu'on leur dise quoi que soit, ils ne nous ramenèrent pas à notre point de départ, qui était loin de l’hôtel, mais directement à celui-ci ! Dakha était comme un village, enfin un énorme village, l'annonce d'une arrivée de touristes au seul hôtel international de la ville avait du faire son chemin ! (Nous saurions plus tard qu'il en était ainsi tous les jours avec les surbooking d'avions). En arrivant nous vîmes donc une énorme foule qui commençait à s’amonceler devant les grilles. Les « joueurs de bambous », les flics, s'en donnèrent à cœur joie pour nous laisser rentrer de nouveau dans notre confortable cocon à l'occidentale, ilot de richesse coincé au milieu de cette misère! On regrettera d’être sortie et d'avoir créer cette émeute qui finit par une bastonnade généralisée ! Ils n'avaient rien à perdre et quelques coups de bâtons n'étaient rien par rapport à leur vie ! Nous sommes donc revenus dans nos chambres et on nous demanda de descendre manger; il fallait toujours manger, mais c'était en fait pour faire passer le temps même si cela commençait à devenir indécent, nous suivions les instructions . L'organisation de la cuisine pour nourrir tout le monde laissa à désirer, nous n'avions pas faim de toute façon. Pour expliquer ce tâtonnement des cuisines, je mettais ça sur le compte que l’hôtel n'avait pas l'habitude de recevoir des délégations si importantes d'un seul coup. On se coucha rapidement car le lendemain on devait partir tôt. Nos consciences d'occidentaux non aguerris à cette misère (je ne pense pas que l'on puisse s'y habituer d'ailleurs) firent que l'on dormit très mal ! L'avion, on nous l'avait promis, partirait vers neuf heures. Après un petit déjeuner (… no comment...), on chargea nos « bagages à cinquante pour cent inutiles » et les « manipulateurs de matraques en bambous » firent une chorégraphie de plus pour dégager la masse de pauvres bougresses, c’était des femmes qui étaient en majorité ce matin là devant les grilles de l'hôtel, désormais accompagnées d'enfants bien-sur ; elles se mettaient le doigt dans l’œil en pensant que les moustachus en uniforme vert moutarde ne les taperaient pas ; Elles voulaient un petit peu d'argent ou quelque chose à manger. Me restant quelques Taka, je les donnais , enfin les jetais et un policier me regarda d'un sale œil, l’émeute grondait. En fait les femmes présentes étaient majoritairement des lépreuses, et très nombreuses marquées au visage de la petite vérole , cela m'avait marqué ! Cela n’empêcha pas la police de bastonner sec. Je regrettais tout de suite d'avoir donné l'espoir que je pouvais distribuer de l'argent à tous, j'avais fait la monnaie au comptoir(je n’étais pas le seul à avoir eu cette « brillante » idée) mais malgré tout cela s’avéra insuffisant. Enfin les bus purent sortir et nous nous regardions tous avec ce sentiments de colère, mélangé à de la honte ainsi que de la peur ; « pour faire court on s’était tapé les boules, mais grave ! » En plus, des petits malins connaissant le trajet du bus vers l’aéroport nous attendaient plus loin et prirent d’assaut notre bus, le premier des bus ayant réussit à accélérer pour s’extirper de cette masse de gens en guenilles. Putain ce qu'on était mal, le cul dans ce bus que nous pensions pourri, même si j’étais mince à l’époque mais je me sentais gras et redondant de l’intérieur...Le flic de bord eut beaucoup de mal à extirper toutes ces mains accrochées au bus, le chauffeur ne put s’arrêter pour l'aider, cela aurait été pire , d'autres gens auraient pu alors y grimper plus aisément...Et puis nous les faranguis, nous étions tétanisés ! Le dernier des mendiants fut trainé par les pieds le long du couloir de bus et éjecter sans ménagement. Plus personne parlait et n'osait se regarder. J'osais un regard vers l’arrière et fut soulager lorsque je vis que celui qui venait de « tomber » du bus à pleine vitesse se relevait, heureusement les bus TATA ne vont pas vite et avec les piétons, vaches, cochons, vélo , rickshaw, tous ces obstacles auraient empêché tout excès de vitesse. Enfin, je fus donc rassuré, notre cascadeur malgré lui s’était relevé et repartait en gueulant après le monde entier. Je pensais pour soulager ma conscience qu'il devait avoir l'habitude de ça , enfin il faut être con pour penser comme cela. C'est-à-dire penser que l'on peut s'habituer à ça ! Stupide! Après de nombreux voyages en Inde, je verrais hélas que j'avais raison ! On ne s'habitue pas, ni d’être pauvre, ni d’être voyeur !

Lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, les bus allèrent directement sous les ailes de l'avions et on nous invita à déposer nos bagages à même le sol ! On nous rendit nos passeport et nous montâmes dans l'avion, ouf, on allait pouvoir partir au Népal et à entendre d'autres passagers « baroudeurs » de l'Asie, là bas c’était cool ! Mais Dakha existait aussi et nous y avions vu ce que les occidentaux ne veulent pas voir de l'Asie ou seulement s'ils sont des voyeurs ou des bons samaritains, enfin cela existe et on ne doit pas l'ignorer de toute manière ! On resta près de deux heures dans l'avion, il faisait chaud dans la carlingue et le petit gros à moustache au Rayban (il était de retour) nous dit que nous attendions une correspondance ! Eh oui, notre avion n’était pas plein! L'autre avion arriva et se plaça à cote de nous... Il arrivait apparemment d'Europe et déposa son lot de trekkeurs et de participants au marathon de l'Everest et nous, nous savions... Ils ne monteraient pas tous dans l'avion. Une partie, les plus « intransigeants » ceux qui n'ont jamais le temps, ceux qui veulent être toujours les premiers nous rejoindraient dans l'avion, les autres, plus discrets , iraient dans le centre ville de la capitale du Bangladesh pour offrir au seul hôtel international de l’époque, ses clients du jour, contraints et forcés dont certains démunis de passeport voudraient aller coûte que coûte se promener dans les rues sales et grouillantes de misère de cette ville où depuis lors je n'y ai plus jamais remis les pieds! L'avion décolla et trois heures plus tard nous survolions la capitale du Népal, Katmandou ! À suivre...

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DAKHA-KATMANDOU ! D'un cliché à l'autre !

On avait beau se déplacer dans les allées et coursives de l'avion, rien à faire, l’Himalaya restait invisible. On aurait aimé apercevoir ces montagnes magnifiques, surtout l'Everest, mais on se serait bien contenté d'un des sommets des autres montagnes au nom mythique que sont les Annapurnas ou bien le Daïlaugiri mais les nuages nous privèrent irrémédiablement de ce spectacle. La première fois que j'avais vu « La chaine de montagne », gigantesque et majestueuse fut lorsque deux jours auparavant survolant la vallée du Gange en direction de Dakha, certains avaient ouverts les volets des hublots au moment où le soleil pointait son nez en pleine face notre avion. Si on regardait vers l'avant, de biais, on remarquait une couleur jaune orangée vive et puissante, à notre perpendiculaire, le jour se levait et les cimes de l'Himalaya s'étaient offertes à nous ! Ce fut un moment inoubliable, les cimes enneigées, des dizaines et des dizaines de sommets prenaient une teinte jaune opaque sur fond de ciel encore mal réveillé. Tout le monde dormait et je m’étais déplacé, me rapprochant d'une femme d'un certain age qui observait, admirait le « show ». Je lui parlais et elle eut la gentillesse de me faire la présentation ! Un panorama époustouflant du Pakistan jusqu'au fin fond du Bouthan ! Eh bien, je crois bien que ce fut la seule et unique fois où j'ai réellement vu ces montagnes dans leur ensemble. Un jour, à Katmandou, une journée où il y avait eu du vent qui avait alors poussé les nuages, nous avions pu apercevoir l'Everest ! Il se retrouve quasiment toute l’année, la tête dans les nuages ! « Trop haut, trop grand » diront certains ! Lors du trek que nous ferions plus tard nous aurions l'occasion de s’émerveiller sur d'autres cimes mais l’Everest, on pouvait le dire alors :

« Rien à signaler ! » .

Ce jour là, au dessus de la capitale népalaise, après avoir fait des ronds dans l'air avec notre avion, l'horizon étant bouché, nous pouvions nous concentrées sur ce que nous voyions au sol. On vit des collines et des collines à perte de vue ornées d'habitations et puis notre ami nous montra la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Katmandou. En l'apercevant en bas, je pouvais alors comprendre la raison, l'obligation de voler sur des avions de moyennes tailles sur cette ligne afin de nous permettre de rejoindre le sol sans encombre. La piste était coincée au milieu de petites montagnes et bloquée plein nord par le mur que représentaient les colosses de l'Himalaya ! Je n’étais pas encore aguerri aux voyages en avion et c'est sans être rassuré que nous avons tant bien que mal atterri sans encombre ! Après les souvenirs sont flous, un taxi qui comme tous les taxis du monde avait repéré ses bizuts de l'Asie et qui nous demanderait un prix exorbitant mais si on y repense, on en n'est pas mort, on en n'est pas moins riche, alors j’espère que cela aura rendu une famille heureuse ! Enfin là, n'est pas le propos !

En arrivant dans l’après-midi, nous étions attendus. Nous, je le rappelle, le groupe hétéroclite de semi sportifs et semi bringueurs invétérés ! Nous arrivâmes dans un hôtel moderne et récent dans un quartier « chic » de la capitale, un jeune népalais francophone et francophile nous accueillit et je me souviens, nous offrit notre premier « Namasté » : les mains jointes sur la poitrine, pointées vers le haut en s'inclinant vers nous légèrement . Nous lui rendîmes sans jamais savoir si nous avions bien opéré ce geste qui quelques années plus tard, en Thaïlande, je pratiquerais presque quotidiennement mais qu'on nommerait « Waï » ! Cet adolescent, Prabin, que je ne revis jamais, est désormais entre la France et le Népal. Jacques Baum, son mentor, est à l'origine de la maison du Népal à Gap, en France et de la promotion de ce pays pour un tourisme responsable. L’hôtel où nous arrivions étaient d'ailleurs une de ces premières réalisations en partenariat avec les autochtones, dans la capitale ! Nous avions donc un jour de retard sur « le programme » et notre journée prévue à arpenter la capitale, n'aurait pas lieu, nous devions partir le lendemain pour la « Trisuli river »...On s'installa donc dans notre chambre qui était loin d’être typique et nous sommes partis nous promener dans les ruelles étroites de Katmandou, l'envie de se muer au milieu de ce que nous pensions être « la vraie Asie » .

Une double artère traversait la vielle ville, de Durbar Square où les temples et palais de Rois oubliés trônaient pour rejoindre une route périphérique moderne où la circulation automobile était dense. Tout le long de ces deux coursives, il y avait des marchands qui étalaient à même le sol, leurs légumes, fruits et autres denrées essentiellement comestibles. C’était un gigantesque marché où se bousculaient des centaines de piétons, de chalands, pas forcement des touristes mais beaucoup d'habitants de la capitale en quête de leur repas du soir. Les maisons étaient toutes de bois, certaines ornées de sculptures, la plupart vermoulues et sales, pas vraiment sales mais comme moisies de ne pas voir le soleil qui devait atteindre le terre battue de la rue que très occasionnellement. Les maisons étaient tellement hautes et serrées les unes contre les autres (peut-être pour se réchauffer entre elles car il faisait vite très froid le soir, au mois de novembre à Katmandou) que le soleil avait donc peut de chance de s'imposer ! On remarquait, derrière les vendeurs de rues, des boutiques vendant toutes sortes de produits, de la quincaillerie à la pharmacie, ouvertes ou non mais qui étaient presque toutes en train de subir un grand nettoyage !

Un ménage de printemps en hiver, étrange, pour nous occidentaux !

Certains propriétaires repeignaient même les devantures, en bleu et blanc (ce ne devait être que les seules couleurs disponibles a l’époque, peut-être) je ne sus jamais, si cela avait une signification, la seule chose que l'on nous a dit est que c’était le début de la fête des lumières ! Ah Ah ! Diwalee(i) ou Dipawallee, l’équivalent de Loy Kratong en Thaïlande, le douzième mois lunaire, le « renouvellement du ciel », changement du thème astral, se laver de ses pêchés et j'en passe. Quelques personnes, le soir, installeront des bougies sur le pas de leur porte . C’était beau et grouillant mais nous avions déjà nos chaussures de marches et nos laines polaires comme des vrais, et je l'avoue que trop de chose à voir ne permettent pas de voir et comprendre ce que l'on voit.

J'avais déjà vu au soleil couchant des temples et encore des temples s'illuminer, certains minuscules d'autres très grands ; des stupas, imbriqués dans les habitations comme si les temples avaient été là avant que les gens n'y construisent leur maison, c’était d'ailleurs vraisemblablement le cas...Les gens bloquaient le passage des ruelles, se tenant à la queue leu leu, ils étaient, tous les cents, peut-être même tous les 50 mètres, ils attendaient leur tour pour déposer leurs offrandes à de multiples dieux qui les protègeraient soit du mal de dents (cela m'avait marqué, dans Durbar Square, des gens accrochaient des dents et bouts de dents pour surement garder celles qui étaient encore saines), du mal de ventre, le dieu qui vous promettrait de nombreuses naissances et j'en passe car Katmandou était truffé de plus de 4000 temples ! On rentra à l’hôtel avec plein de lumière dans les yeux, du bruits, beaucoup de bruits, des odeurs, certaines exécrables. Le lendemain, nous devrions se lever tôt pour rejoindre le départ de la rivière Trisuli. Nous reviendrons à Katmandou, à notre retour de la rivière mais aussi après notre trek mais aussi l’année suivante, cela était envoutant et il faut le dire, si nous voulions revenir, c’était pour essayer de comprendre pourquoi nous étions déjà fasciné par ce qui serait plus tard être une infime partie de ma passion de l'Asie, de l'Inde, qui venait de naitre en moi ! Envouter pour la vie, je l’étais ! Hier encore, dans les rues de Dakha, je n'avais vu que la misère, parce que je ne voulais voir que ça ! Et puis comme par magie, aujourd'hui, j’étais dans un rêve ! Dans les deux endroits rien n’était ni blanc ni noir, en y réfléchissant bien, comme toutes les premières fois, j'étais obnubilé tel un nouveau-né découvrant le monde, on ne voit, on ne ressent que ce que l'on veut voir ou nous montrer !

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Jusqu'à Pokhara ! (suite de "72 kilomètres en 8 heures")

Nos embarcations prêtent et notre gourbis chargés sur les bateaux, nous pouvions partir sur cette belle rivière, la Trisuli. Autour du pont, où notre bus nous avait déposé à notre arrivée de Katmandou, de nombreux curieux de plus en plus nombreux s’étaient amassés le long de la berge. Les villageois des alentours s’étaient donnés le mot "des "Saib" étaient arrivés dans le quartier!". Le soleil commençait déjà à disparaître derrière les pentes abruptes des montagnes encadrant le rivière. Le froid du à l'altitude s'était aussi invité ! Nous décidions de partir tout de même, oh, nous n'avons pas navigué bien longtemps, je ne m'en souviens pas très bien, mais nous nous arrêtions sur une petite plage que les crues successives de la rivière avaient surement façonné au fil des saisons. Nous montions le bivouac. Le long du chemin, en face de nous, des porteurs rentraient dans leur village et nous apercevions l'armoire tant protégée par son propriétaire, lors de notre montée de la capitale, elle grimpait sur les épaules de cet homme, tranquillement le long des pentes abruptes de la montagne ; les derniers rayons du soleil se reflétant dans son miroir préservé et intacte.

Juste au dessus de nous, des enfants approchèrent mais à distance respectable , craintifs. Plus nous montions nos tentes et nous préparions le feux pour le repas du soir, les curieux se faisaient de plus en plus nombreux. Ils s'asseyaient sur les talons, accroupis, ils prenaient le temps de nous observer. Les commentaires fusaient, ils rigolaient la plupart du temps, encombrés de nos équipements compliqués à assembler et à monter, on devait surement ressembler à des extra terrestres et méritions surement la raillerie. La pénombre gagnait. Les enfants, de moins en moins farouches, furent très vite dans le camp à regarder, toucher tout ce que nous avions à déballer le long de cette rivière.

Alors, un vieillard s'approcha, et nous fit comprendre par geste qu'il aimerait nous emmener dans son village un peu plus haut. Yann, mon ex-compagne et moi y allions, les autres restant au camp. Nous montions le long du chemin escarpé et rentrions dans un beau petit village où la population nous attendait, le reste des habitants venus à la rivière suivait le chef venu nous chercher un peu plus bas, telle une procession. Un autre homme arriva avec une ampoule dans les mains et l'enfila dans une douille qui pendouillait au bout d'un fil noué tant bien que mal à une poutre de l’avancée de toit de l'humble maison du chef. En fait, on nous expliqua que l’électricité avait été emmenée par des canadiens mais que ces gens, trop pauvres, avaient seulement les moyens de se payer une ampoule pour tout le village, alors ils se la passaient de maison en maison suivant les évènements ou leur besoin immédiat. Le reste des maisons étaient alors éclairées faiblement par de minuscule lampe à pétrole. La maison était simple et les gens habitaient avec leur bêtes dans la même pièce, juste séparés d'une cloison en bois. Un foyer pour cuisiner trônant au milieu de la pièce, le plafond était noir ébène, à l’étage, le fourrage pour les bêtes. La fumée de la combustion du bois servant à faire le feu avait recouvert toute la pièce d'un noir couleur charbon de bois, les maisons n’étant pas équipées de cheminée. D'ailleurs, j'ai le souvenir que tout le monde toussait fortement , leurs poumons largement et forcément encombrés de monoxyde de carbone. Les enfants, même très jeunes, fumaient déjà de grosses cigarettes roulées, style « tige de huit ». Un peu plus ou un peu moins de fumée dans les poumons ne devait pas faire, hélas, de différence pour eux. Nous apprendrions plus tard qu'au Népal, la population souffrait pour presque de dix pour cent d'entre elle, de tuberculose. La femme du chef du village nous offrit du lait de yak et un bout de fromage, une tomme excellente fait à base du même lait. Les suisses et leur savoir-faire étaient passés par là. On nous tendit aussi des bananes, petites et succulentes ; les villages à flanc de montagne permettaient, vue l'amplitude des différences d'altitude, de faire des cultures très différentes par un aménagement en terrasse, en bas du village, des bananes et du riz par exemple et en haut de celui-ci du blé et des pommes. Notre échange fut des plus simple, la barrière du langage faisant le reste. Des gestes, des sourires et une demande dans les yeux des villageois faisant la conversation . Le chef du village nous raccompagna et la nuit fut belle et calme, enfin presque, quelques singes ayant décidés de venir fouiner dans notre bardas. Le matin, quelques villageois vinrent nous apporter du thé, et des bananes. Ils nous regardaient ranger notre matériel, étonnés surement de la surabondance de celui-ci. Le chef vint nous saluer, il était le doyen et n'avait que quarante deux ans, on ne faisait pas long feu dans ces montagnes !

Je me rappelle de Yann, donnant quelques fournitures scolaires aux enfants. Est-ce que cela leur a servit ? Nous n’avions pas vue d’école ! Nous, occidentaux, pensions bien faire !

A la fraiche du petit matin, nous partions alors sur la rivière. Large et puissante avec très peu de profondeur, en novembre le froid de l'altitude avait stoppé la fonte des glaciers des hautes montagnes de l’Himalaya ! Nous frottions souvent sur un lit de galet descendus des montagnes et tapissant le fond de la Trisuli. Très vite, sur les rives, nous vîmes des hommes s'affairant autour de grandes marmites bouillonnantes. L'odeur ne cachait en rien que l'on s'adonnait à de la distillation d’alcool. En effet pour les fêtes de Diwali, les nombreux villageois s'occupaient à la fabrication de « la Roxi », sorte d'alcool de millet à déguster chaud ou tiède à peine sorti des alambics de fortune. A force de nous interpeller, nous nous arrêtions et partagions volontiers avec les hommes cet alcool pas trop fort, cela devait taper dans les trente degrés. Cela ne nous empêcha pas d’être très rapidement au niveau des bouilleurs de cru, c'est-a-dire « fin saoul ». En fait, plus nous descendions la rivière, plus les arrêts se firent fréquents et finalement nous finîmes en compagnie des derniers « fabricants » et des femmes venues laver leur linge qui nous emmenèrent allègrement dans leur village pour y passer la nuit. Le réveil fut douloureux dans nos têtes et plutôt vasouillard dans nos ventres mais remplit de joie, tellement ces gens étaient accueillant et gentils. Nous avions beaucoup de choses à apprendre en matière d'hospitalité.

Par la suite, les souvenirs sont flous puisque je me souviens d'un passage à Katmandou puis de la route vers Pokhara vers l’ouest. Une route défoncée en construction, à flanc de montagne, avec des chinois, déjà, comme maitre d’œuvre, faisant trimer des népalais, hommes, femmes et enfants d'origine plutôt indiennes, c'est-à-dire très noirs de peau, grands et maigres. Le minibus mit plus de dix heures pour faire moins de deux cents kilomètres, distance séparant les deux villes. On s’arrêta au milieu du trajet dans un gigantesque bazar-gare-de-bus-arrêt-buffet. Nous aurions le droit de nous restaurer dans la famille de Prabin, notre jeune guide, un oncle ou une tante habitant l'endroit. Un repas « royale », un « dal bat »de luxe avec de nombreuses sauces en tous genres. Premier repas où assis en tailleur nous mangions avec la main droite (j'eus du mal étant gaucher pur et dur, c'est surement pour cela que je m'en souviens très bien) tradition tenace, la main gauche servant uniquement à rencontrer et s'occuper des parties basses, impures, de notre corps.

Nous arrivions, le soir, à Pokhara, où des restaurants et des guest-houses pour « trekkeurs » encombraient les abords du lac. Les Annapurna, juste au dessus, n'avaient qu'à bien se tenir, bientôt nous serions à leurs pieds ! (suite au prochain numéro)

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Autour des Annapurna ! (première partie)

Lorsque je suis retourné à Varkala, le mois dernier, la promenade, plutôt une coursive, en haut de la falaise où se nichent les restaurants et hôtels pour touristes “backpackers”, m'a tout de suite fait penser à Pokhara. En effet cette petite ville, départ principal du trek autour des Annapurna, s'est vite développée autour d'un petit lac. La route asphaltée s’arrêtant là. La solution pour monter vers les nombreux villages allant jusqu’à Muktinath sanctuaire indou où un lingam de glace, symbole de Shiva (phallus représentant la fertilité lié au Dieu) fait se déplacer des masses de pèlerins. Forcement les sadhus vont être les principaux voyageurs ue l'on va croiser, car il faut, si l'on s'y rend a pied (à l’époque , le choix n’était pas de mise), plus de une semaine (voire plus) et on peut dire que cela monte raide à plus de 4000 mètres d'altitude. Voici une carte pour situer le sanctuaire : (Voir l'article original)* Donc nous trainions dans les rues de Pokhara en attendant de partir, pour une partie de notre groupe hétéroclite, pour Jomsom. En effet les plus sportifs d'entre nous s’étaient arrêter juste après Muglin (la ville bazar-arrêt-buffet-gare des bus) pour s'engager dans le tour complet des Annapurna. Un trek de plus de 15 jours par le Taurung pass culminant à plus de 5000 mètres. Les autres, moi en l’occurrence, pouvions alors trainer à Pokhara. Les bons restaurants le soir, les guest-house au confort spartiate avec les jeunes s'en occupant toujours à vous proposer de la bonne ganja accompagnée de bières, des balades sur le lac, une drôle d'ambiance tout de même ! La plupart des touristes étant des sportifs confirmés, juste là pour la performance « de se faire les Annapurna ». Nous devions partir rejoindre le groupe des « sportifs » à Jomsom juste en dessous de Muktinath. Pendant une semaine nous devions nous entrainer pour ensuite « supporter » la marche en montagne...No comment ! Yann nous avait aussi dit : « Profitez car en haut ce sera à la dure ! Dal bat tous les jours, finit les pizzas tibétaines et autres « délices » d'occident détournés à la manière népalaise ». Il nous avait tout de même donner une « mission », nous allions rejoindre les autres en avion, eh oui (nous, nous n’étions pas les sportifs, alors ?), un « tagazou » qui de Pokhara allait nous emmener directement, survolant la chaine de l'Himalaya, jusqu'à Jomsom.

On devait emmener là-haut un canoë biplace pour assouvir le désir de Yann et un de ses acolytes (kayakistes dans l’âme) de descendre une rivière extrême, la Saraswati river, rivière que seulement quelques intrépides dans le monde avaient déjà descendu ! On prit donc l'avion avec encore un matériel surabondant... Le trajet dura une demi-heure, mais d'un pur plaisir, au dessus des montagnes... Magnifique ! On atterrissait sur une piste caillouteuse qui devait avoir été enneigée il n'y a pas bien longtemps. On débarqua avec notre bardas au milieu de nul part, des sherpas nous proposèrent tout de suite leur service mais nous devions attendre la troupe dans un lodge, sur place ou dans les alentours. Le propriétaire nous attendrait au pied de l'avion ! Il ne vint jamais, mais on le trouva en fin de journée, enfin il nous trouva serait le terme plus juste.

En attendant, on traversa le chemin de notre futur trek, de l'autre coté de la piste d'atterrissage pour se rendre dans un boui-boui, on y trouverait surement l'occasion de boire un bon chaï. On attendrait et trouverions peut-être notre hôte par l’intermédiaire du tenancier, tout le monde devait se connaître ici ! Rentrant dans la petite maison faisant office de bar-resto-buffet de « l’aéroport », ce souvenir sera à jamais ancré dans ma caboche. Je remarquais avec surprise sur les murs de ce teastall à l’aménagement des plus simple, deux posters, pas de n'importe qui, non ! L'un était la photo de Jimmy Hendrix, mon idole de guitariste en herbe, lors de son fameux « solo avec les dents » mais dédicacée, merde ! Il était donc venu ici ? Pensais-je naïvement. Le proprio me dira qu'il l'avait rencontré à Katmandou « à la grande époque » ! L'autre poster, encore plus étonnant, était un superbe portrait, allez je vous le donne en mille, de Sophie Marceau ! L'ancien porteur, vendeur de ganja à ses heures à Katmandou dans les années 60 avait un faible pour l'actrice, tout de même, à près de 4000 mètres d'altitude, Sophie Marceau ne devait pas le savoir, avoir des admirateurs jusqu'au pied du sanctuaire des Annapurna ! On bu pour la première fois un thé au beurre rance (entre nous, c'est vraiment... Enfin, j'aime pas).

La journée à attendre notre logeur, au soleil, fut agréable, on fit comme en France sur une terrasse de café, on regardait les passants, enfin les marcheurs, sur le chemin de trek. On remarqua vite que ce chemin était une vrai autoroute de trekkeurs, certains à la limite de courir voulant surement faire le tour des Annapurna en mois de...du temps déjà établi...On remarquait aussi des porteurs en pagaille, portant de tout mais on les croisera tout au long de notre parcours montagnard. En milieu d’après-midi, notre hôte vint enfin nous trouver et nous emmena chez lui où il nous installa dans un grenier où des pommes entreposées pour l'hiver nous offrit une nuit plutôt fruitée. Le froid s'installant très vite, on intégra le rez de chaussée de la maison qui était chauffé où il nous proposa un repas royale, toujours pas le droit à notre ration de riz aux lentilles. Assis autour d'une table où dessous des braises réchauffaient les pieds et jambes des convives, on discuta de tout, enfin surtout de la France. En effet, il avait eu le bonheur, et semblait nostalgique d’être venu dans les Alpes à l'invitation de Jacques Baum, créateur de la maison du Népal à Gap, notre hôte étant l'ancien porteur de « l'himalayiste » confirmé, guide de haute montagne dans les Hautes-Alpes. Il respirait la nostalgie et parlait français (eh oui), alors il nous raconta son histoire en partageant avec nous une sorte de « calva » servit tiède, fait à partir de ses pommes. Reconvertit grâce à son ami Jacques en cultivateur de pommes et tenanciers de guest-house, à Marpha, où nous passions donc la nuit. C’était le lieu de rendez-vous avec « nos sportifs » à une heure de marche de Jomsom, altitude 2800 mètres, permettant de faire cette culture fruitière. Une belle reconversion pour cet ancien porteur qui avait fait quasiment tous les sommets du petit royaume du Népal. On se coucha donc dans l'odeur de pomme et avec une demi-cuite au calva locale. Le trek commençait dans les meilleurs hospices. Le lendemain, pas de nouvelle des marcheurs, notre groupe se sépara en deux, certains voulant se rendre à Muktinath mais nous, mon ex compagne et moi resterions dans les alentours avec notre hôte...On visita des membres de sa famille dans les hauteurs de Marpha où se nichait d'autres petits villages, on en prenait plein les yeux ; tissage, élevage, coutumes. On fit aussi le tour des plantations, on fuma pas mal d'herbe de la production locale et on bu forcement beaucoup de leur calva que l'on commençait à vraiment apprécié (dans le groupe, il y avait les sportifs, les ingénieurs (demi-sportif) et nous les soulins ! On ne se refait pas). On découvrit donc l'accueil chaleureux des népalais, peuple souriant et toujours prêt à vous donner, même ce qu'il n'ont pas, quel beau peuple !

Le soir, l'autre sous groupe revint de Muktinath avec les sportifs. Ils avaient eu beaucoup de neige, avaient croisé de nombreux sadhus, transit de froid, habillés de leur simple robe de moine, vu des yacks chargés comme des ânes accompagnant les colonnes de porteurs montant toutes sortes de denrées essentielles à la vie des villages perchés le long des pentes des Annapurna. De vrais autoroutes de trekkeurs certes mais surtout de marchands ! On croisa même une colonne de 50 porteurs qui montait une bobine de fil de ligne électrique moyenne tension pour équiper la future alimentation en électricité de village en amont. La bobine qui devait peser son poids était déroulée de son socle en bois comme on peut le voir en France par exemple, elle était portée sur l’épaule de chaque porteur sur une centaine de mètres, les gamins qui fermaient le convois portaient déjà eux aussi, mais seulement les pots et ustensiles pour subvenir au repas et bivouac du groupe, une charge surement importante. De vrais forçats, sachant que pour arriver de la vallée, ils allaient mettre au moins 20 jours pour acheminer ce modernisme de centaines de kilos dans des altitudes incroyables. Peut-être y aurait-il une route un jour ? (au dernière nouvelle, 20 ans plus tard, la route n'est pas loin de Jomsom!).

Le lendemain, aux aurores, nous allions enfin partir pour rejoindre la vallée, nos deux kayakistes nous retrouveraient à des étapes précises où le chemin rejoignait la rivière. (Suite au prochain numéro...)

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Autour des Annapurna ! (deuxième partie & fin)

La première partie du trek jusqu'à Kallopani (littéralement voulant dire « eaux froides ») fut des plus facile puisque nous longions la rivière Saraswati, une grande gravière en pente douce, à cette époque le lit de la rivière était d'une telle largeur que les eaux devaient être tumultueuses lors de la période de crue. Nous prenions le temps d’observer le paysage somptueux, nos sacs-à-dos ne nous faisant pas encore trop souffrir. Les Annapurna étaient somptueux, ils fendaient le ciel d'un bleu étincelant, nous passions aussi tout prêt du glacier Daulaïgiri, les blocs de glace, énormes, tombant de la montagne presque à portée de mains. Nous avancions et remarquions dans de petits champs délimités par des murets de pierre des cultures de ganja et à force d'en voir on décida de se servir de quelques têtes que nous ferions sécher sur le haut de notre sac-à-dos au cour de nos marches journalières. Cela fut trop tentant...de toute façon, cela poussait même le long des chemins à l’état sauvage.

Le soir, après presque 12 heures de marche tout de même, bien fatigués, nous nous arrêtions dans un lodge et là encore, le repas proposé n’était toujours le dal bat promis...Décidément, le népalais savait y faire pour faire monter à dos d'hommes du Coca entre autre (décidément la firme d'Atlanta est implantée partout) et tout ce qu'il fallait pour confectionner toutes sortes de mets de la cuisine internationale. Avant d'aller nous coucher, un groupe de trekkeurs arriva donc très tard, avec fracas. Des israéliens ! Bruyants et arrogants, sans dire le moindre bonjour, accompagnés de leurs porteurs, très en colère contre eux. Un des leurs était malade et avait passé le col de Taurong pass, pieds nus avec ses kilos sur le dos, il était déjà malade. Personne ne lui avait donner de médicaments, ne serait-ce que du paracétamol pour lui faire baisser la fièvre. Personne ne lui avait payé ou offert de nouvelles chaussures, à les entendre, ce n’était pas prévu dans le contrat ! On s'empressa de lui donner de l'aspirine et on lui refilait une paire de basket, celle que l'on portait dans l'avion ! Vous auriez vu l'expression de son visage, tellement il était heureux, et nous qu'est-ce cela nous avait couté ? Pour la suite du trek de ce groupe d’israélien, cela était compromis, la grève guettait du coté des porteurs. Nous remarquerions au cours de nos nombreux voyages le comportement de la plupart de ses touristes un peu spécial. Après leur armée obligatoire, un congé avec solde leur était offert à condition qu'il parte à l’étranger. Le problème, très peu de pays acceptaient leur présence (musulmans principalement) et l'Inde et le Népal était la destination phare de leur périple à l’étranger. La guerre en Palestine devait les rendre ainsi, c'est à dire à la limite du fréquentable, on leur cherchait des excuses mais au fil du temps on verrait que leur comportement était ainsi, personne les aimait. Encore aujourd'hui, demandez aux thaïs ce qu'ils en pensent, venant aussi en masse sur khaosan road et dans les iles du sud !

Les jours suivant furent un peu plus difficile, du à notre manque d'entrainement mais le plaisir de marcher devenait réel. Les népalais étaient toujours aussi souriant, les gamins, morveux et sales n'avaient vraiment que faire de l’école mais surtout les adultes ne s'en souciaient guère. Une ritournelle, agaçante à force, était ce que l'on leur avait dit de répéter tout le temps à notre passage : « one roupie, one pen ». On se demande bien qui de leurs parents ou des touristes leur avaient mis cela dans la tête. On perdit de vue nos kayakistes qui avaient surement du être obliger de bivouaquer, les chemins devenant escarpés, nous longions de magnifiques gorges . Nous commencions à traverser de plus en plus souvent de grandes passerelles suspendues au dessus de rivières et cours d'eau. Souvent en bas nous pouvions voir une ancienne passerelle qui avait rompue un jour...Cela n’était pas trop rassurant. Les chemins passaient aussi très souvent au bord de la montagne, taillés dans celle -ci où le passage étroit permettait à peine de croiser d'autres marcheurs ! Le précipice étant très souvent de plusieurs centaines de mètres. On croisa très souvent des caravanes d’ânes chargées de tout ce qui permettait d'alimenter la foule des guest-house le long du chemins de trek, et croyez moi, eux les ânes, une fois partis, ils ne s’arrêtent pas et deux fois je dus me rabattre contre la paroi, l'impression de vertige étant de plus en plus forte. Aussi un autre conseil, lorsque vous traversez ces passerelles tendues au dessus de vide gigantesque pour passer d'une montagne à l'autre, ne vous arrêtez jamais au milieu ! Marchez régulièrement et ne faites pas attention à l’oscillation, sinon si elle s'accentue la panique peut vous faire faire de grave connerie. Mon ex, prise de panique au milieu d'une d'entre elle, pensait tomber, attirée par le vide, la passerelle dodelinait de plus en plus, nous avions beau lui dire d'avancer, rien y faisait, heureusement une caravane d’ânes s’étant engagée sur la passerelle lui fit bouger son cul et sortir de cette situation délicate.

Enfin nous arrivions à Tatopani « les eaux chaudes », à moins de 1000 mètres d'altitude, là où les orangers peuvent pousser. Nous retrouvions nos deux aventuriers et s’offrions une pause pour profiter des source d'eaux chaudes, pour nous relaxer. Des petites piscines aménagées le long de la rivière permettait de faire rentrer de l'eau de la rivière dans le bassin de la source d'eau chaude presque bouillante...Un SPA naturel au milieu d'un décor de rêve. Nous rencontrions aussi les femmes, car comme dans beaucoup de pays du sud où il y a de l'eau, il y a des femmes ! Soit pour transporter l'eau et l'emmener dans leur maison ou alors pour y laver leur linge et faire leur toilette...Nous passions du temps avec elles et apparemment, on s’était trompé de source ou d'heure car elles rirent de nous voir là. On ne comprit pas tout ! Mon ex épuisée des marches forcées n’était pas là et nous n’étions que Yann et deux autres hommes. On nous avait bien dit que les mœurs des femmes de certaines ethnies étaient légères, enfin légère du jugement des judéo-chrétiens. Souvent au Népal, au sein de certaines tribus, les femmes avaient plusieurs maris et non l'inverse comme dans beaucoup d'endroit du monde. Dans les villages que nous traversions elles étaient souvent seules avec des enfants mais nous ne voyions que très peu d'hommes, quelques vieillards, enfin qui le paraissaient. Les hommes étaient simplement porteurs et alors absents ou alors mort, la moyenne de vie à l’époque n’étant que de 40 ans et des poussières pour les hommes ou comme elles nous le dirent près de la source, juste avant leurs ablutions, elles les avaient virées de chez elle et c’était mieux ainsi ? L’après-midi fut torride pas seulement du à l'eau chaude et au magnifique paysage...Elle n’attendirent pas notre sortie du bain pour y plonger à leur tour, mais je ne m’étendrais pas, même s'il y a prescription désormais !

Nous mangions bien et dormions bien malgré les courbatures, et si nos deux bateliers continuèrent tout droit plein sud leur descente de la rivière, nous allions commencer notre approche de Pokhara. Encore trois jours. Pourtant sur la carte IGN, cela représentait que quelques centimètres alors qu'en 5 jours nous avions parcouru dix fois voire vingt fois plus que ce qu'il nous restait à faire pour terminer le trek. Ce n’était pas sans compter sur les petites lignes noires de ces cartes très bien faites, marquant les différences de palier d'altitude. La dureté du chemin nous obligea vraiment à nous délester du superflu de nos sacs, pas le choix. De 800 mètres d’altitude exactement à Tatopani puis après quelques passerelles gigantesques enjambant trois rivières, un col se présentait devant nous, abrupte à plus de 3000 mètres. Nous mettrons la journée à grimper sans arriver en haut du col. Le délire ! Des passages où il fallait même s'accrocher au tronc de quelques petits arbres pour nous hisser et continuer l'ascension. À cet endroit plus de caravane d’ânes, impossible mais des porteurs qui vous attendent à chaque coin du parcours avec leur dextérité à transporter des charges « d’ânes » juste avec une sangle sur le front, leur charge pendante dans le dos nous rendit admiratif. Les reposoirs en pierre aménagés tous les 50 mètres pour qu'ils puissent poser leur lourde charge et souffler. Ils avançaient pieds nus sans rien dire, même avec le sourire parfois . La souffrance en souriant, incroyable! De notre coté, on commença à comprendre très vite la difficulté car de nombreux jeunes gamins voyant notre souffrance marchaient près de nous et nous interpellaient : « porteurs, porteurs ? ». Nos sacs-à-dos de 15 kilos représentaient un amusement pour eux car pour les porteurs aguerris la charge devait être énorme , on en a même croisé un avec quatre caisses de Coca Cola de 24 bouteille en verre chacune, près de 80 kilos. Tout cela pour que l'on ait du Coca à 4000 mètres d’altitude, n'importe quoi !

Il est vrai que les porteurs ne faisaient que des aller et retour entre la route aménagée non loin de Pokhara et Tatopani où là, les ânes prenaient le relais, mais tout de même . S'ils peinaient dans la montée et c'est le moins que l'on puisse dire dans la descente du col toujours pieds nus, nous le constaterions, ils couraient et sifflaient pour que l'on dégage la voie, nous empotés et les genoux fracassés pour nous freiner et tenter de descendre sans nous casser la figure... Impressionnant ! Alors ? Lors de cette ascension, avions-nous craqué à l'offre alléchante des porteurs ? Eh bien non, par contre, nous nous délestions de la moitié de notre sac. Adieu laine polaire et tout le toutim...A Tatopani, il faisait déjà très chaud, je le rappelle, les orangers y poussaient ! Par contre lors de notre stop dans la montée du col, ils nous restaient qu'une heure de marche pour l'atteindre mais on était à bout, on le regrettera, car on s'est pris un coup de froid phénoménal. Le lendemain, nous repartirions, de la neige craquant sous nos chaussures de marche, car je le rappelle nous, nous étions équipés du feu de dieu alors que les népalais, eux, étaient pieds nus...Un peuple de montagne, endurant, courageux et dur à la tache...

Un peuple magnifique et d'une gentillesse incroyable, car le dernier soir, un jour avant de retrouver la route en cours de construction montant vers je ne sais où, on passa la soirée avec eux à picoler de la « roxi ». Ils logeaient dans les lodges gratuitement, en fait avant que des couillons comme nous viennent perturber cet équilibre, avant que l'on ait envie d'acheter des pizza, du Coca et je ne sais quoi tout au long du tour des Annapurna ! Désormais, les temps changeaient, ils devaient payer leur nuit, certes cinq fois moins cher que nous mais ils dormaient sur des nattes et en groupe autour d'un feu. Le couvert était aussi devenu payant et là, je vous le promet qu'il mangeait que du dal bat, en fait du riz recouvert d'une louche d'un curry de lentilles et c'est tout. Avant de quitter les porteurs-camionneurs, un de ceux-la, nous dira que pour eux à l'instar des porteurs à touriste, tout était gratuit pour eux, seul le troc ou l'apport de denrées importantes leur permettaient de dormir où ils le voulaient.

Le dernier jour, nous repartions donc vers Pokhara, vers ce confort qui nous avait à peine abandonner durant notre trek. Nous y reviendrions l’année d’après pour revoir nos amis népalais de notre premier voyage et ce fut encore un autre choc tellement cela était devenu encore plus grand et moderne, même ceux que l'on avait vu l’année d'avant avaient radicalement changés depuis, peut-être était-ce nous qui avions changés d'ailleurs ? Depuis, je n'y ai jamais remis les pieds, la route monte désormais, à ce qu'il paraît très haut dans la montagne ! Les porteurs sont ils devenus juste des guides ou chauffeurs de camions et bus en tous genres ou les a t-on oublié sur le bord du chemin sans le sous ? C'est fort possible ! Il y a donc vingt ans nous repartions vers Katmandou, heureux de « notre exploit sportif », mais remettons tout cela dans l'ordre...Le tour des Annapurna était déjà une autoroute à touristes en mal d'aventure, nous en faisions partis à l'invitation de mon ami, et cela reste un beau souvenir, un très beau souvenir, un challenge pour un non sportif, je n'ai plus de photo de cette époque mais elles sont toujours dans ma tête . L’émotion, les sourires de ces gens magnifiques que j'ai pu croisé sur ces chemins de montagne sont encore, tel le premier jour de ce voyage, intacts et émouvants !

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Katmandou ! Freak street...

Nous continuions donc notre voyage, notre visa népalais valable un mois arrivant à expiration. (Pour ceux qui n'auraient pas suivi cette série d'articles dont celui-ci comme d'ailleurs encore quelques autres qui suivront, décrit ma première rencontre avec le continent asiatique en 1991). Nous partions de Pokhara avec la ferme intention de rejoindre Katmandou pour y passer nos derniers jours dans ce magnifique pays. Nous étions déjà passés deux fois, mais très rapidement, trop rapidement. On prenait donc cette route passant par Muglin, de nuit, toujours totalement défoncée, elle nous emmenait dans la capitale népalaise .

Au petit matin, à notre arrivée, le reste du groupe, ingénieurs , semi-sportifs et le reste repartaient vers leur dur labeur en France. Ouf ! En effet, être parachuté dans un groupe dont on ne connait personne où l'on doit supporter les défauts de chacun pour que le voyage se passe bien n'est pas chose aisée. Je ne leur jette pas la pierre car nous devions, mon ex compagne et moi, être aussi pour eux une source de conflit renfloué ! Enfin, le destin (écrit) faisait que nos chemins se sépareraient enfin là, ce matin de novembre 1991.

Une brume épaisse et un froid de canard galbaient la ville. Nous ne serions plus que trois, Yann resterait avec nous. L'obligation d'organiser quoique soit n’étant plus de mise, nous allions nous installer dans le quartier mystique de Freak street, le lieu où dans les années soixante, nombreux hippies du monde entier se donnèrent rendez-vous. On avait bien-sur l'intention de croiser quelques rescapés de cette époque ! On en verra aucun ! On s'installa dans un lodge, « friendly home ». Un livre d'or à l’entrée du bâtiment totalement désordonné où des couloirs et escaliers à n'en plus finir auraient découragé un amateur de labyrinthe, un vrai dédale, nous montra que nous ne nous étions pas trompés d'endroit. On pouvait lire des appréciations diverses émises par des routards, petits billets datant d'avant 1970. Des adresses, des liens, des appels au secours, des rendez-vous manqués, de tout mais nous ne pourrions pas tout lire, même si l'envie fut forte, on y aurait passé le reste de la semaine. Freak street se trouve derrière Durbar Square, lieu où temples et palais s'enchevêtrent. Le quartier ne représentait à peine que deux rues où restos, boutiques en tous genres et lodges occupaient tout l'espace.

Un nouveau quartier, Thamel, à l'opposé de la ville prenait forme, Freak street devenait « hasbeen » à entendre les jeunes gamins-guides qui devaient être commissionnés pour emmener le chaland à l'autre bout de la ville, hôtels modernes et tout le toutim étaient devenus dans l'air du temps ; le tourisme de masse pourraitKatmandou ! Freak street... bientôt commencer. Le Népal voulait également se débarrasser de sa réputation de ville des hippies ou pseudo fumeurs de Shilum. Le pays convoitait ce nouveau touriste, le trekkeur, plus fortuné et plus propre sur lui (en apparence seulement). La drogue devenue illégale, les visas court-terme étaient privilégiés et l'Everest et autres sommets dont l’accès étaient depuis facilité (administrativement), la mutation pouvait donc débuter.

Enfin, il y avait de beau reste du coté de Friendly home. Le bâtiment, moderne, au fond d'une coursive collait une bâtisse moyenâgeuse comme tous les édifices du centre de Katmandou, des maisons construites telles des œuvres d'art. Tout le quartier était fait de vieilles maisons dont l’étage était de bois sculpté et de fenêtre au panneaux de bois rivalisant de virtuosité artistique. Les népalais sont talentueux et cela ne datent pas d'hier, ils travaillent le bois merveilleusement, la terre, les tissus et sont d'une ingéniosité sans limite !

Nous partagions donc une chambre à trois lits sous les toits de tôle ; je précise « de tôle » car aux aurores, chaque matin, nous étions réveillés par des pigeons, eux-mêmes s’éveillant à chaque nouveau jour, trottant, fricotant, faisant un barouf du feu de dieu sur « notre toit » et nous obligeant à nous lever tôt, mais cela nous procurerait le bonheur de profiter du lever de soleil. Nous avions désormais un bon entrainement de marcheur et nous voulions parcourir la ville et rencontrer les gens de Katmandou. Nous irions dans l'ancienne capitale Bhaktapur (à pied bien-sur), visiter le Sawanbhunat et rencontrer nos premiers babouins à cul rouge qui attendaient le moindre faux-pas des touristes montant à la stupa pour leur voler de la nourriture. Nous irions sur les ghats des crémations, un peu en dehors de la ville, lieu où les gens de la ville mais aussi de nombreux sadhus venaient se dématérialiser pour pouvoir renaitre dans de meilleurs hospices ou même pour les plus méritants, atteindre le nirvana. Nous irions donc un peu partout, adeptes de la marche ; nous découvrions une nouvelle drogue : Le sport ! Nous éviterions au maximum les extérieurs du périphérique, tout simplement pour éviter de le traverser ou de s'en approcher, totalement englué de rickshaws et véhicules en tous genres, l'endroit étaient déjà totalement pollué, irrespirable. Aujourd'hui, il paraît que c'est l'enfer. Comme des entrailles de la terre, la fumée envahit le moindre centimètre carré de la nouvelle ville. Katmandou est une cuvette (un peu comme Chiang Maï, ici en Thaïlande) et les fumées des pots d’échappements ont du mal à rejoindre l’atmosphère. Nous allions passer beaucoup de temps dans Durbar Square, assis sur les marches des nombreux temples, à contempler la vie grouillante de la vieille ville quasiment interdit d’accès à quelconque véhicule ; la taille des rues et le monde, obligeant l'endroit à être d'office « piétonnier ». Les ruelles traversant cette vieille ville étant un gigantesque marché de légumes, fruits et tout ce qui était nécessaire à la ménagère de Katmandou, mais aussi aux touristes très nombreux, enfin touristes très visibles, (je dis cela, car en INDE, on est totalement noyé dans l'espace et la foule !). On rencontrera beaucoup de tibétains, des moines bien-sur en grand nombre, les népalais que l'on croisera étant toujours là pour nous proposer un business quelconque ou une arnaque possible (j’exagère forcément mais cela n'en était pas loin).

Nous aurions aussi le privilège de voir la Kumari, dont les gens venaient se recueillir devant la fenêtre de son palais, pour les aider dans leur désir de procréation. La Kumari, une petite fille choisie presque au hasard parmi les gens de la montagne. Une condition, elle devait être vierge, pauvre et correspondre au cycle des réincarnations de la toute première princesse. Dès le premier jour de ses menstrues, elle serait remplacée par une autre jeune fille choisie par les prêtres qui géraient l'affaire, parcourant sans cesse le pays pour trouver la gamine idéale dont la date de naissance, les comportements, les signes divins devaient correspondre à la légende de cette déesse vivante. Une aubaine pour les paysans népalais qui espéraient tous que leur fille soit choisie par les prêtres...Leur conditions de vie changerait pour toujours !

On découvrait aussi la cuisine tibétaine car la cuisine népalaise, (comme je le dis dans des articles précédents) je ne parle pas de « l'international food à la mode du Népal », se cantonnait au Dal Bat ou au mieux à un semblant de cuisine indienne. Les tibétains eux emmenaient des nouveautés, des ragouts mais surtout leur fameux « momo » dont nous étions friands (les momo étant des bouchées de farce de viandes ou de légumes enveloppées d'une pâte cuite à la vapeur ou simplement frite, un peu comme des friands d’où « nous en étions friands », stop Jeff, tu divagues!).

Nous passions donc nos derniers jours aussi dans la contemplation, pas seulement à marcher (il fallait bien finir le stock d'herbe cueillit dans la montagne avant de passer la frontière indienne) ! On reviendrait l’année suivante mais sans que cela nous donnent l'envie d'y retourner...Eh ! Entre temps nous avions découvert l'Inde (comme je le dis plus haut) et comme vous le diront nombreuses personnes, si on accroche dès la première fois avec « Mother INDIA », il est difficile de s'en passer et donc d’apprécier à sa juste valeur ses pays limitrophes (en ce qui me concerne à part L'ISAN dont je suis totalement en addiction, le reste est du pipi de chat, enfin cela est un avis personnel car comme je le dis souvent et comme le disait feu mon grand-père, « les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas »).

Nous faisions notre paquetage et décidions de nous rendre en Inde par le bus, un bus VIP et direct en plus, une nouveauté, à entendre le mec de l'agence de voyage, une nouvelle route vers l'est et pas de changement de bus à la frontière comme cela se faisait habituellement à Sonauli par la route rejoignant Gorakpur au nord de Bénarès du coté indien. Katmandou-Delhi en 36 heures à les entendre, un pur confort. Départ à 5 heures du soir de Katmandou. Inde nous te rejoindrions le lendemain aux aurores et en fin d’après-midi nous serions à Delhi. Que du bonheur, le « trip » allait pouvoir débuter !

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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (Première partie)

À cinq heures du soir, dans la pénombre d'une ruelle de Katmandou, nous étions prêts pour embarquer dans notre bus qui allait nous emmener en Inde. Nous faisions déjà le pied de grue devant l'agence qui nous avait vendue les billets la veille et déjà, le départ prévu à cinq heures, ne pourrait pas avoir lieu à l'heure dite. Tous les trois avec nos sacs à dos désormais réellement allégés depuis notre arrivée au Népal un mois plus tôt, attendions. Le superflu avait déjà été donné ou abandonné sur place. Le matériel servant à nos descentes de rivières avait été vendu à une agence de rafting de Thamel. L’agence de voyage était donc encore fermée et le fameux bus VIP n’était ni devant, ni à proximité du lieu de départ prévu ! Cela commençait bien ! Enfin nous avions nos tickets, on attendrait, il fallait s'y faire, en Asie , l'attente fait partie de la vie du voyageur.

Un jeune arriva enfin et nous dit que le bus allait arriver. Il devait être sept heures lorsque le bus bariolé de couleurs vive arriva, hurlant de tous ses klaxons pour nous prévenir de son arrivée. Extérieurement très kitch, par la porte de la montée des passagers, nous reconnaissions le petit jeune de l'agence. Grand sourire et Namasté de rigueur, les sacs furent chargés sur la galerie, nous gardions un petit sac avec passeport et petit nécessaire pour un voyage qui allait durer tout de même 36 heures. Vous rendez vous compte, 36 heures. Alors qu'en France on venait de mettre le TGV pour relier Nantes à Paris en deux heures pour éviter les quatre heures avec le train corail ! C’était notre premier voyage en Asie et notre notion du temps devait être totalement relativiser lorsque l'on voyageait par là-bas , enfin du moins en INDE, Népal et même en Thaïlande. Nous montions dans le bus et nous retrouvions la configuration des sièges habituellement proposée au Népal : une rangée faite de deux sièges, une coursive centrale puis trois sièges. Pour une carrure européenne, c'est un peu léger mais comme nous étions seuls, nous nous sommes dit que vu l'heure, on pourrait surement s’étaler sur les sièges par la suite. Là encore, il ne faut pas rêver, en Asie, on ne voyage ni à vide, ni à moitié vide, on voyage à plein coûte que coûte, d'autant plus sur un trajet de presque deux milles kilomètres, il faut rentabiliser, optimiser !

Le bus s’ébranla et tourna un moment dans les petites rues de la capitale. Nous fîmes un premier arrêt pour prendre deux passagers, un couple d'indien qui devait faire du business vu le nombre de colis emballés dans de la toile de jute cousue qu'ils hissèrent sur le toit. Nous repartions et roulions pas mal de temps, assez pour l'on commence à croire que nous voyagerions avec un tout petit nombre de passagers, en plus nous nous arrêtions même pour manger mais nous étions toujours dans la grande banlieue de Katmandou; tournait-on en rond ? Les rues non éclairées, et le nombre de détour que nous faisions nous donna l'espoir que nous partirions à cinq avec l’équipe des chauffeurs-mécanos qui eux étaient trois. Tout d'un coup, on vira dans un chemin en terre où les nids de poules, plutôt d'autruches d'ailleurs, faisaient légion. On avançait doucement et je reconnaissais la rivière qui traverse les faubourg de Katmandou. Des cabanes en tôles longeaient le chemin. L'odeur allait de paire avec cette rivière quasiment à sec qui était un vaste dépotoir. On avançait donc tant bien que mal puis le bus stoppa dans la nuit noire. On ne voyait rien à travers les vitres du bus. Par contre, on entendait nos chauffeurs partis dans de grandes discutions, très animées. On ne voyait rien, mais on sentait du mouvement, de l’activité, on entendait bien qu'il y avait de la négociation dans l'air. Un des gars du bus monta et ouvrit toutes les fenêtres, il devait être déjà minuit.

Tout d'un coup, on entendit un grand bruit, le bus bougeait de tous les cotés, on chargeait de quoi sur la galerie. Puis par les fenêtres, on vit d'abord des valises d'un autre temps passer par celle-ci puis des gens, d'abord des enfants porter à bout de bras pleurant à chaudes larmes, puis par la coursive des femmes et des hommes apparemment pressés de prendre leur place. Nous resserrions les rangs sur la première rangée de l'habitacle. Tous les trois sur une banquette et le couple d'indien sur les deux sièges opposés. Un flux continu de personnes rentrait par le couloir et par les fenêtres, dans une excitation impressionnante. Le staff gueulait, je ne sais quoi. Il y avait de l'ambiance. Nos compagnons de voyages une fois tous installés, plutôt entassés dans le bus, durent redescendre pour certains avec leurs valises pour ne pas avoir à voyager avec celles-ci sur leur genoux. Nos futurs camarades de route se retrouvaient presque à quatre voire cinq par banquette. Lorsque je disais que nous ne voyagerions pas à vide! Puis solennellement, deux personnages montèrent en dernier. Un prêtre tibétain, apparemment très respecté, accompagné d'un jeune homme d'origine chinoise, on le su plus tard, habillé d'un costume style année 50 avec une grande écharpe blanche autour du cou, bénédiction que les Bouddhistes tibétains offrent généralement à leurs hôtes. Ils nous saluèrent. Le moine parla et le silence se fit automatiquement. Nous étions déhanchés et regardions la scène. Le couple d'indien restait dans leur carapace, droits dans leur bottes, apparemment agacé par la situation et inquiets, demandant à un jeune du staff dans une voie feutrée de faire attention à leur chargement. Tous nos compagnons de voyage, sans exception, nous firent alors un « waï, Namasté » mains jointes et nous retournèrent un magnifique sourire. Yann nous dit que ces gens étaient des tibétains, alors nous leur lancions un "Tashi Delek”, le Namasté tibétain. Les indiens continuèrent de les ignorer.

Le bus s’ébranla dans la nuit froide, tous fermèrent les fenêtres, très rapidement l'odeur fut très forte. Nous ne le savions pas, mais les tibétains du cru n'avaient pas l'habitude de se laver, il est vrai que sur les hauts plateaux, l'eau doit être plutôt glaciale pour s'adonner au plaisir de l'ablution quotidienne. On s'habitua, à force. Le bus sortit de la capitale et presque tous les gens du bus entonnaient des chants religieux. Le grand moine qui s’avéra être un Rinpoche, un vénérable, nous expliqua la situation. Tous ces gens étaient des réfugiés tibétains qui avaient survécus à la traversée de l'Himalaya pour rejoindre le Népal. Il s'excusa de leur rusticité, nous présenta son jeune voisin qui s’avéra être un jeune étudiant dissident qui avait traversé lui aussi l'Himalaya pour fuir la République Populaire de Chine. Il nous rappela que deux ans auparavant, il était sur la place Tien an Men et qu'il fuyait le régime communiste, se cachant sur les hauts plateaux du Tibet depuis plus deux ans. Nous venions de prendre au « Tibetan refugies Camp »de Katmandou de pauvres paysans persécutés par l’armée chinoise, ils voulaient juste rejoindre le Dalaï-lama, en Inde à Dharamsala.

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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (deuxième partie & fin)

Après deux heures de routes, nous nous arrêtâmes en pleine nuit dans un bled où s’échelonnaient tout le long de la route, des boutiques de réparation automobile, des teastall et restos. Les jeunes nous invitèrent à descendre pour une pause toilette, réveillèrent un pauvre gars dormant sur un charpoï devant une des boutiques pour qu'il fasse du thé pour tout le monde. Rinpoche distribua de l'argent à chaque passager pour qu'ils puissent s'acheter des friandises et boire un thé. Apparemment l'argent, « nos tibétains »(je les appellerais ainsi...) n'en avaient jamais vraiment vu, le moine leur expliqua le fonctionnement et alors tous achetèrent tout et n'importe quoi à manger dans une frénésie consumériste. Ils mangeaient comme des bêtes affamées et tout leur argent fut très vite dans les poches des boutiquiers de ce bled dédié à la route. Une bonne heure plus tard voire plus, tous remontaient dans le bus, non sans difficulté car deux ou trois manquèrent et le bus dût faire marche arrière pour récupérer tout le monde. On commençait à s'assoupir et là, commença la ritournelle des gens malades, enfin subissant le mal des transports !

Tout devait être la première fois pour eux et le fait d'avoir englouti tout et n'importe quoi, ajouté à cela le tangage du bus fit que quasiment tous se mirent à vomir. Une horreur, et puis comme nous n’étions pas en reste, nous aussi on s'y est mis, il n' y avait pas de raison. Le couple d'indien était au comble de l'outrage. Le jour se leva, une odeur insoutenable nous accompagnant, on s’arrêta dans un vrai village ou de petits restos proposaient le fameux DalBat. Pendant ce temps la staff avec le grand moine aidé de femmes tibétaines nettoyèrent le bus. Nous, nous mangions mais je ne me rappelle plus avoir vu un seul tibétain se restaurer ; Il se méfiait désormais, peut-être étaient-ils malades pour de bon ? Par contre, ils restaient joyeux, ils regardaient toutes les boutiques, n’arrêtaient pas de nous sourire comme pour nous remercier de leur liberté soudaine. Nous avancions vers l’ouest puisque le soleil gros comme une énorme orange se profila a l'horizon à l'arrière du bus puis au moment où il disparut derrière la montagne plein ouest, nous avions fait une journée de trajet complet, le ciel se transformerait bientôt en une myriade d'étoiles, on nous indiqua alors que nous étions arrivés à la frontière indienne.

Les tibétains voyageaient sans passeport, un accord entre les autorités tibétaines en exil et le gouvernement indien leur permettant de rejoindre l'inde sans le moindre titre de voyage, une évidence, le Tibet n'était pas un pays et les autorités chinoises n'étaient pas prêtes à délivrer des passeport comme ça, encore moins aux tibétains ! On nous demanda de sortir et nous fîmes alors connaissance du douanier indien. Grand, moustachu avec un air pas du tout rigolo, je me rappelais alors les grands flics bangladais. On nous fit passer la frontière à pied pour vérifier nos visas et passeport. Le bus était toujours de l'autre coté , au Népal. Rinpoche négociait, enfin avait une vive altercation avec ce qui devait être le chef du poste frontière. Enfin tous remontèrent dans le bus qui avança vers nous. Tous redescendirent très rapidement et nous, les deux indiens et nous trois, on nous invita à remonter à l’intérieur et de ne pas en bouger. On voulait surement pas que l'on assiste pas à ce qui allait se passer. On voyait bien de toute manière qu'il y avait un hic. On était à la fenêtre. Ils descendirent alors tous les sacs, valises et colis du toit. Le staff nous remis nos sacs que nous devions garder avec nous. Ensuite, avant d'identifier leurs sacs et valises, "nos tibétains" les ouvrirent, le moine lui passait par derrière avec une grande besace et récupérait des affaires que leur donnait ses congénères. Il grimpa dans le bus et nous demanda si l'on pouvait pas mettre dans nos sacs ce qu'il avait collecté. Il avait peur du racket des douaniers indiens. On accepta sans rechigner, même si certaines lectures de récits d'aventures ou d'avertissement des ambassades françaises à leurs ressortissants auraient du nous faire refuser. Les douaniers se mirent alors à fouiller et vider tous les sacs. Les tibétains ne disaient rien, soumis, et remirent leurs maigres biens dans leurs sacs. Tout le monde aida à hisser de nouveau tout le barda sur le toit et tous remontèrent dans le bus qui démarra enfin, mais nous ne fîmes que 50 mètres et de nouveau les douaniers montèrent dans le bus. Un nouvel officier encore plus typé « rajput »qui devait être le grand chef demanda à ses sbires de fouiller une nouvelle fois tous les sacs, ceux qui étaient à l’intérieur du bus. Tous s’exécutèrent mais étrangement, au moment où nous présentions nos sacs, on ne nous demanda pas de les ouvrir. Le grand chef indien était en colère et commença à s'en prendre à notre moine. Ils descendirent et on voyait bien qu'il nous désignait très souvent de sa courte matraque. Tout le monde flippait et nous aussi. Ils avaient fouillés deux fois les sacs et apparemment ce qu'ils cherchaient n’étaient plus dans les sacs des réfugiés tibétains. Il en avait déduit que, ce qu'il voulait récupérer devait être dans nos sacs. On commença à se dire que cela allait chauffer pour nous. On avait encore « Midnight Express » en tête, le film de Charlie Parker, pour ne pas exagérer. Après deux heures d’âpres négociations de la part de notre moine, il sortit une liasse de roupies, impressionnante et s’agenouillant devant le douanier, les mains jointes, lui tendit l'argent tout en lui disant quelques choses en mode répétitif. La colère était dans les yeux du chef, puis au bout d'un moment, remarquant la peur dans nos yeux et dans celles de nos humbles compagnons de voyage, sûrement satisfait de sa supériorité, prit l'argent, tourna sur ses talons et descendit du bus, cria au chauffeur un « jallo », et sans se faire prier, en première à fond les bielles, nous laissâmes ce no man's land derrière nous. Il faisait nuit noire, nous avions passé plus de six heures à la frontière.

On attendit un bon moment avant de parler, le calme était dans dans tous les coins du bus puis nous redonnions à Rinpoche, ce qu'il nous avait donné à cacher dans nos sacs. Il était désolé de ce qui s’était passé et se confondit en excuse, il voulut nous dédommager avec de l'argent pour le désagrément, on refusa bien-sur, puis avec un sourire retrouvé, il nous raconta l'altercation qu'il avait eu avec le douanier, qu'il leur avait tout donner, enfin du moins tout ce qui était de valeur, enfin presque sourit-il. Nous avions passé un malheureux appareil photo, une théière en argent, quelques bijoux qu'il s'empressa de redonner à leur propriétaire. Tous nous remercièrent les uns après les autres venant près de nos sièges et s'agenouillant mains jointes devant nous devant le regard décidément toujours aussi outré du couple d'indien qui commençait, lui aussi à nous taper sur le système . Leur air hautain était déplacé et ils auraient du plutôt s'excuser du comportement de « leurs douaniers ». Le moine puis l’étudiant nous expliqua « in fine » d’où vint réellement le problème à la frontière. À la première fouille, les douaniers firent l'inventaire des biens de chaque passager et reçurent leur bakchich. Mais lorsque le grand, le chef sut que l’étudiant chinois avait des diapos compromettantes, il décida une deuxième fouille pour les récupérer, mais entre temps tout avait fini dans nos sacs. Ses sbires dirent qu'ils n'avaient rien trouvés à la deuxième fouille et par déduction en conclut que c’était nous qui cachions ce témoignage politique. Il voulait les diapos de l’étudiant chinois et devant le refus du moine, dit qu'il nous fouillerait et que nous aurions alors de sérieux problèmes...Le moine négocia le second bakchich pour ne pas nous mettre dans l'embarras. L’étudiant nous montra alors les diapos et effectivement elles étaient toutes liées aux évènements de la place Tien an Men. On voyait des exécutions sommaires, l’armée tirant dans le foule d’étudiants. Nous faisions donc désormais partie de la même famille, Rinpoche nous mis autour du cou une écharpe blanche et la suite du voyage fut vraiment agréable. Rinpoche nous raconta comment il allait très souvent au Népal, chercher des réfugiés. L’étudiant qui parlait un anglais parfait nous raconta son périple du Tibet vers le Népal Tous vinrent nous présenter leur enfant, pendant les longs trajets sans interruption, ils chantaient des mantras. À chaque arrêt, il voulait nous offrir à manger et à boire, du coup nous aurions été vraiment malade si nous avions accepté.

On roula encore une bonne partie de la journée après notre deuxième nuit de voyage. Notre odeur se confondait désormais avec celle de nos amis tibétains. Même le couple d'indien se dérida et commença à nous parler, même avec l’étudiant et le moine Rinpoche, mais pas avec les rustres tout de même, on ne pouvait pas trop leur demander. Un jeunes du Staff nous dit que nous allions arriver à Delhi vers deux heures de l’après-midi mais l’imprévu fut encore au tournant ; on cassa des lames de suspensions et le temps de réparer, nous rejoignions enfin la capitale indienne en début de nuit.

On restait à Tourist Camp dans le Old Delhi près de la Old India Gate pas très loin du Fort Rouge. On se dit adieu, enfin presque, car le moine insista pour nous donner l'adresse du camp de réfugiés dont il était responsable et nous invita à y passer. Le camp se trouvait dans le Karnataka au sud de Bombay près de la ville de Hubli, une ville au pied des contreforts du plateau du Décan. On s'y rendra l’année d’après, lors de notre second voyage et nous fumes reçu , je ne vous l'explique même pas mais cela sera l'objet un autre billet dans les semaines suivantes. L’étudiant, nous ne le revîmes jamais mais Rinpoche nous dit lorsque l'on se revit qu'il avait gagné les États-Unis. Le couple d'indien nous donna leur adresse mais nous ne les recontacterons jamais. Tous les réfugiés tibétains devaient remonter à Dharamsala pour voir le Dalaï-lama, on nous invita de s'y rendre avec eux mais cela n’était pas à notre programme, ce fut un regret. « Nos tibétains », une fois un laisser-passer en poche, étaient dispatchés par les autorités indiennes dans des camps leur étant réservés et ceci sur tout le territoire indien.

Nous venions de rejoindre Delhi, la gigantesque, fourbus mais heureux de cette rencontre unique, de cette amitié naissante avec des gens au grand cœur. En ce qui concerne le trajet en bus on se dit que l'on ne nous y reprendrait pas : Katmandou-Delhi , nous avions finalement mis 50 heures, tout de même.

Enfin l’année suivante puisque nous atterririons à Delhi, on reprit le bus mais dans le sens inverse pour rejoindre Katmandou. On connaissait, on savait à quoi s'attendre. On passa alors par la frontière normale, frontière où l’activité est énorme, où pour des douaniers non scrupuleux, il est plus difficile de vaquer à leurs basses exactions ! Ce fut un voyage plutôt tranquille mis à part que je fus oublié dans un bled en pleine nuit, le bus s’arrêta et pris d'une tourista, je descendais alors que tous dormaient. Moi, le cul dans des jacinthes d'eau derrière des boutiques de bord de route, entendit le bus klaxonner et partir. Mon ex heureusement alerta les chauffeurs qui plus d'une heure plus tard revinrent me chercher. J’étais totalement perdu , sans le sou, sans passeport au milieu de nul part. Mais qu'est ce que c’était par rapport à nos amis tibétains qui avaient quittés leur terre natale sûrement pour toujours ayant laissé derrière eux, leurs racines, leurs ancêtres, leurs coutumes pour se retrouver dans ce grand pays qu'est l'Inde qui les accueille certes, mais qui apparemment n'est pas du gout de tous ses concitoyens ?

Suite du voyage au prochain numéro...

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DELHI ! (1991-1998)

Lors de mes nombreux voyages en Inde, New Delhi- Old Delhi fut très souvent pour moi la porte d’entrée de ce grand pays. Comme je le décrivais dans mon dernier article sur mon épique voyage en bus de Katmandou vers la capitale indienne nous arrivions près de Old Delhi Gate dans ce qu'on appelait « Tourist Camp », se trouvant en face de la bourse de Delhi, jouxtant les quartiers musulmans de la ville. À chaque passage dans la capitale, j'irais dans cet « hôtel-camping-bungalow », tenu par des anciens de l’armée indienne, se trouvant sur un terre-plein entre deux rues de quatre voies où la circulation ne s’arrêtait jamais. Un havre de paix pour ceux qui connaissent la capitale indienne, bruyante, polluée et grouillante de population en continuelle mouvement.

[...]

Tourist Camp était donc le point de départ et d’arrivée des bus direct vers le Népal, le lieu de transit des bus, motos, camping-car faisant un tour du monde, DELHI ! (1991-1998)voire une simple traversée de l'Europe vers l'Asie. On y croisait alors souvent des allemands, des hollandais, même des français, équipés de monstrueux bus aménagés pour traverser n'importe quel désert du monde. On côtoyait aussi des motards qui affichaient des milliers de kilomètres à travers la Russie, le Pakistan, la Chine et j'en passe. On pouvait planter sa tente dans un magnifique jardin très bien entretenu. Un restaurant proposait aussi quelques plats confectionnés par des népalais (encore!), déjà capable de cuisiner quelques plats occidentaux. Les rencontres étaient nombreuses et les discussions DELHI ! (1991-1998)des bons plans et aventures de chacun allaient bon train. Les chambres étaient minuscules, mais faites en torchis, restaient fraiches quelques soient les saisons. Enfin, pour conclure sur ce grand jardin où l'on pouvait vraiment se reposer avant de continuer « la route », n'est plus aujourd'hui et depuis apparemment un sacré bout de temps. La modernisation de la capitale indienne aura eu raison de ce petit coin de tranquillité.

DELHI ! (1991-1998)Par contre la situation de ce « camp » était idéal ! On pouvait commencer des marches interminables dans les rues de la capitale ! À deux pas de la gare principale, on pouvait y accéder par l’arrière de celle-ci et par des ponts piétons enjambant les 20 ou 30 quais de cette gare, on rejoignait alors Pahar Ganj se situant en face de son entrée principale.

DELHI ! (1991-1998)

Pahar Ganj, lieu emblématique où les « travellers » se retrouvaient, une sorte de DELHI ! (1991-1998)« beatnik street ». Cette rue où restaurants et lodges bon marchés abondaient. De nombreux revendeurs de bijoux fantaisies et « souvenirs » de toute l'Inde avaient aussi pignon sur rue ; ils vendaient au poids pour la plupart du temps ces bagues et boucles d'oreilles que l'on retrouvait inévitablement sur les marchés d’été des stations balnéaires françaises, leurs marchands espérant vendre ces bijoux pour repartir à l'automne vers ce pays fascinant ! À l’entrée de cette rue cosmopolite, était « Le lieu » où les junkies venaient se fournir en Brown et Blanche pas si blanche que ça ! La foule était dense et souvent des occidentaux sans le sous, aidés d'indiens encore plus déshérités flairaient le voyageur non averti pour le soulever, l'encadrant, bloquant ses bras, pris dans la foule sans pouvoir bouger, il se voyait alors dépouiller de ce qu'il pouvait avoir dans les poches mais aussi se faire alléger de son éventuel petit sac-à-dos...

Un peu plus loin, laissant Pahar Ganj derrière nous sur notre droite, on rejoignait la fameuse Connaught Circle Place où en son sein, on trouvait un grand parc où toute une faune vivait , se promenait, travaillait là. Autour de ces grandes pelouses plutôt miteuses de nombreuses rues circulaires, s'enchainant les unes derrière les autres, offraient de nombreux restaurants, boutiques en tous genres, même de luxe, mais on trouvait aussi la fameuse antenne indienne de la banque gérant les fameux traveller’s chèques. Se bousculaient devant la porte ceux qui voulaient changer en liquide ces chèques de voyages, mais aussi tous les « changeurs au black » proposant des taux de changes beaucoup plus élevés que le cours officiel. Dans un pays qui venait de s'ouvrir aux marchés extérieur, les commerçants cherchaient du Dollars, des devises pour acheter des denrées importables et forcément à très fortes plus-value. Nombreux étaient aussi les voyageurs qui essayaient de se faire rembourser leur chèque de voyages soit-disant volés (pour la plupart)...Avec quelques centaines de dollars, on pouvait alors continuer le voyage en doublant sa mise de départ...Les années passant, on me dit que cela devenait, bien-sûr, de plus en plus improbable de pratiquer « cette arnaque ». Et puis sur les cotés de l’entrée-escalier de la banque, mis à part les traditionnels mendiants, surtout des femmes avec des bébés, ce devait être porteur à cet endroit, on trouvait des étrangers qui sans un sou, espéraient que quelques généreux « backpackers » leur donnent l’aumône pour qu'ils puissent pour nombreux aller s'acheter leur dose de Brown Sugar. New Delhi était ainsi, sa réputation lui collait à la peau ! En face du parc, où on trainait, regardait le spectacle de « l'Inde », faisant le coin d'un des anneaux , il y avait le fameux Wimpees, fast-food où l'on pouvait manger (pour changer du riz) des hamburgers au mouton (attention vache sacrée) accompagnés de frites et de Thumb Up, le Coke local...Un étrange délice, mais la répétition des thalis( riz accompagné de son éternelle soupe de lentilles) nous faisait apprécier et courir vers de drôle de choses.

À Delhi, on passait donc nos journées à marcher, à contempler mais aussi et surtout à se rendre dans les gares et stations de bus pour d'interminables queues afin de réserver des billets pour continuer le voyage...

Le soir, en revenant vers Old Delhi vers Tourist Camp, on se rapprochait du grand quartier musulman entourant la grande mosquée, pas très loin du Fort Rouge et du mémorial de Ghandi, où au bord de la Yamuna, le Mahatma fut incinéré après son assassinat lors des mois qui suivirent indépendance de l'Inde en 1947 ; encore un grand parc où il était agréable d'y passer la journée. Non loin se trouvait « Old Delhi Gate », une sorte de d'arc de triomphe séparant la nouvelle, de l'ancienne Delhi. À coté du monument, tel un énorme panneau publicitaire, se trouvait un compteur démographique en temps réel, affichant fièrement l’évolution du nombre de la population indienne, espérant que pour l'an 2000, le milliard d'habitants serait dépassé...Qu'il se rassure, c'est fait, et depuis bien longtemps !

Le bazar entourant la grande mosquée était aussi vraiment magnifique : Magasins colorés très « indiens », magasin de sari, de bracelets en verre ou plastique, bijoux préférés de l'indienne lambda, confiseurs et marchands de pâtisseries orientales et porteur de thé à chaque coin de rue, vendeurs de cassettes audio des derniers films « made in Bollywwod », marchands de vaisselle en inox, étincelante dans la nuit indienne, et puis tous ces magasins débordants de marchandises en tous genres où dans un gigantesque « bordel organisé », on trouvait sûrement ce que toutes ménagères indiennes et bricoleurs en herbe devaient avoir besoin. Les Hindous emplissaient la rue comme les musulmans dans une harmonie bon enfant. Les vaches qui arpentaient les rue de la capitale étaient rentrées chez leur propriétaire pour se faire traire et y passer la nuit après leur errance quotidienne dans les rues embouteillées de la ville. Le bazar se fermait petit à petit au fil de la soirée et en rentrant dans notre jardin-hôtel, on ne pouvait plus marcher sur les trottoirs, devenus de gigantesque dortoirs à ciel ouvert, principalement des rickshaws-walla dormant dans la rue après avoir pédaler et trainer leurs clients toute la journée dans la ville tumultueuse. Dans ce quartier on trouvait aussi les « abattoirs », en effet, les musulmans s'occupaient de tuer et dépiauter les bêtes à cornes, chèvres et buffles entre autre, choses que les Hindous ne voulaient pas entendre parler. Un jour se trompant de rue et s’enfonçant dans le méandre du bazar, j’étais arrivé où les vaches, pas toutes sacrées donc, enfin pas pour tous du moins, finissaient leur vie avant de finir dans les assiettes des mangeurs de barbaques ; en pleine ville, dans des rues parallèles se trouvaient aussi les tanneurs, évidemment. J'aurais du m'en douter à l'odeur, mais jeune voyageur, on ne se rend pas compte tout ! Les mouches et les gargouilles remplies de sang auraient du aussi me mettre la puce à l'oreille...

C’était donc aussi cela Delhi. La campagne à la ville. Des gens venus s'y entasser tous les jours, pleins de rêves de réussites, fuyant la pauvreté des villages mais vivant de la même manière au sein de la ville, ce qui, au niveau sanitaire était plutôt problématique. Je suppose que ce doit encore pire aujourd'hui, mais désormais cela doit se passer dans des banlieues lointaines, la nouvelle ville ayant surement pris ses aises et repoussé la majorité de ces populations arrivées avec ses illusions d'une nouvelle vie heureuse. Non concernées par l’émergence économique du pays, elles auront été parquées vers des quartiers éloignés de cette ville tentaculaires qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'habitant ! Mais ce phénomène de « nettoyage » des centre-ville est un phénomène mondiale, en France, à Bangkok et j'en passe...Les fameuses « zones vertes » ! En dehors de cette zone, le CHAOS !

Lors de notre premier voyage en 1991, après notre arrivée en compagnie de nos amis tibétains, nous avions prévu de nous rendre aux sources du Gange, d’où notre refus aimable de nous rendre avec Rinpoché à Dharamsala. Dans la lancée de nos marches himalayennes, nous irions vers la source du Gange de façon non-ordinaire, c'est-à-dire, à pied, par l'ancien chemin de montagne, se trouvant sur l'autre rive de la rivière où désormais une route (de tous les dangers) emmenait les pèlerins dans toutes sortes d'engins motorisés vers leur « Graal ». Pour quitter Delhi, nous devions d'abord prendre un bus à Cachemire Gate, gare routière gigantesque, qui nous emmènerait dans un premier temps à Haridwar, une des quatre villes mythiques où a lieu tous les douze ans, la Khumba Mela. Le voyage initiatique pouvait continuer vers Mother GANGA !

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Delhi-Haridwar

Nous avions à peine passé quelques jours à Delhi, le temps de s'en « prendre plein la gueule » parce qu'il faut le dire avec les mots tels qu'ils déclenchent vos émotions, n'est-ce-pas ? Et nous étions envoutés ! L’Inde est comme toutes les premières fois, un énorme « Wahou », elle vous laisse bouche bée, elle vous cloue le bec, et forcément, on en voulait encore et encore...

On décidait donc, toujours le trio, Yann, mon ex et moi-même de se rendre à Cachemire Gate pour grimper dans un bus qui nous emmènerait vers les sources du Gange pour une première étape : Haridwar, ville profondément religieuse où tous les jours sur les bords du fleuve sacré, les pèlerins affluaient en nombre mais surtout tous les douze ans lors de la fameuse Khumba Mela (littéralement le rassemblement de la coupe) . En effet lors de la création du monde, d’après les hindous, les dieux ayant vaincu les démons, auraient récupérer La coupe avec de l'eau sacrée en son sein et lors de leur combat victorieux, quelques gouttes tombèrent par ci par là, sur notre terre, mais particulièrement sur quatre endroits, en Inde, dont Haridwar.

Nous décidions donc en arrivant au milieu du gigantesque brouhaha de la station de bus de Cachemire Gate, de trouver seul notre bus pour Haridwar, ville qui allait être notre point de départ vers notre remontée du fleuve Gange.

Nous arrivions dans les faubourg nord de Delhi à la tombée de la nuit, vers six heures du soir et trouvions étonnamment, assez facilement, le guichet pour acheter nos tickets. Nous devions attendre, le bus arriverait vers huit heures. Sur le quai, nous nous assîmes sur nos sacs en refusant les sollicitations de nombreux indiens nous proposant leur service pour réussir à monter dans notre futur bus, enfin quoi ! On était tout de même capable de monter dans bus sans l'aide de qui que soit ! On avait nos tickets, nous pensions alors qu'il n'y aurait pas de problèmes...

On regardait donc le manège des bus qui arrivaient dans un flot continu au sein de cette gare en sous-sol où les gaz d’échappement vous mettaient dans un état second, à la limite de la suffocation ; pas besoin de rajouter une couche, on avait suffisamment la tête en vrac. Si on y additionnait la foule, mais en Inde cela relevait plutôt du pléonasme, nous n'étions pas loin de l'apocalypse, mais que nous le vivions tel le nirvana.

Nous étions déjà depuis quelques jours à Delhi et la foule nous submergeait, nous recouvrait de tous les cotés. Si nous voulions rester en Inde, nous devrions nous y faire...Les bus défilaient, les "titis-les contrôleurs" comme on les nomme en Inde, nous interpellaient en criant le nom de la destination du bus dont ils avaient la charge. Des rabatteurs, de leur coté, tentaient de nous embarquer dans des bus privés, mais for de nos tickets bien calés au creux de notre main, nous n'avions franchement pas de soucis à nous faire. À chaque bus entrant en gare, on voyait des gens courir vers leurs flancs pour s'accrocher aux fenêtres, pas pour y grimper, car les bus, comme les trains que nous aurions la « grande joie »de prendre plus tard, étaient tous équipés de fenêtres munies de barreaux, empêchant toutes montées intempestives et bien-sur en cas où de s’échapper, ce qui en cas d'accident devait être plutôt compliqué, pensais-je...

Enfin, en plein éveil, assis sur nos sacs-à-dos, on était au spectacle et sur grand écran. Notre titre de transport en mains, le numéro du bus bien imprimé dans notre tête, à force de lire et relire ce ridicule bout de papier faisant office de ticket...Nous attendions...

Le bus arriva, enfin, sûrement en retard, mais nous commencions a être fataliste (déjà) sur la ponctualité des transports dans cette partie du monde, malgré notre peu d’expérience ! Le même rituel recommença, de nombreux jeunes indiens courraient en sautillant le long du bus et glissant, au top de leur extension, leur bras à travers les barreaux des fenêtres du bus...La bousculade pouvait commencer. Le « titi » haranguait les gens sur le quai : « Hardwar, Hardwar, jallo jallo ! ». Notre sac sur le dos, nous étions plutôt sereins, certes, mais l’excitation générale et à force d’être tamponner, malaxer, tourbillonner par les futurs passagers de notre bus, nous accélérions malgré nous...

Très rapidement, nous nous trouvions enfin devant la porte de la bête en ferraille de couleur verte, les bus de l’état de l'Utar Pradesh étant de couleur verte avec une bande de peinture jaune pisse les ceinturant à hauteur des roues ! Nous n’étions pas les premiers mais pas loin, heureux de notre débrouillardise, à peine cinq jours en Inde et nous pensions déjà avoir tout compris...Pfft...Présomptueux va ! Pour grimper par la porte étroite, poussés par la foule, nous avons du plus que gueuler car avec nos sacs ça ne passait pas, on était compressés, on devait les enlever, ce qui nous obligea à contrecarrer, à repousser vers l’arrière nos futurs compagnons de route qui entre temps avaient décider de nous écrabouiller coûte que coûte sur les montants de porte ; pour agrémenter le tout, le titi, en équilibre par la fenêtre du conducteur, la seule sans grillage, nous criait dessus nous intimant de nous presser...Tant bien que mal, nous réussissions à monter, nos gros sacs à bout de bras, les faisant avancer devant nous par saccades avec nos genoux. On s'engagea vers le fond du bus, situation que l'on tentera d’éviter dans nos futurs voyages, tellement on est secoués lorsque l'on est assis en arrière des roues motrices d'un bus indien utilisant forcément des routes indiennes, c'est-à-dire, la plupart du temps, totalement défoncées. La seule ampoule en fonctionnement, pendouillant du plafond, nous permit tout de même de remarquer que sur quasiment tous les sièges, il y a avait, posé dessus, des mouchoirs, des bonnets, ou bien des écharpes, étranges ? On remarquait alors un siège sur la gauche, sur la rangée où l'on pouvait, enfin devait, s'assoir à deux de front, se trouvant alors libre de toute marque de territoire, car ces attributs jonchant les assises devaient être des marques de réservations ? Mon ex s'asseyait et avant de me presser contre elle, je restais debout, pas la peine de se « blottir » l'un sur l'autre, nous aurions largement le temps de le faire durant notre trajet qui devait durer toute la nuit.

Je scrutais et comprenais désormais, tous ces petits gars qui nous avaient demander contre dix roupies si nous voulions leur aide, c'était donc pour réserver un siège. En fait nous n'avions rien compris. Les places assises n’étant pas numérotées, enfin si, elles l’étaient, mais non attribuées, la coutume ou l'usage voulait que lorsque votre bus arrivait, ces fameux petits gars en échange de ces quelques roupies agrippaient le bus et glissaient sur les sièges un signe distinctif qui vous appartenait et vous assurait alors d'avoir votre place assise. Pas bêtes ? Et pas question de retirer ou dissimuler l'attribut de celui qui avait payer ces p'tits gars, vous alliez alors vers de gros soucis, voir risquiez le pugilat. Je sais de quoi je parle, me croyant plus malin que les autres, quelques années plus tard à Hyderabad, dans le sud, j'en fis l’amère expérience et même si je ne fus ni lyncher, ni expulser du bus, un policier, sûrement commissionné par un « réservateur-sauteur », m'avait menacé de m'emmener au poste : « Non mais ! Saïb, cela ne se fait pas ! » me menaça t-il, brandissant alors dans ma direction sa grande matraque en bambou ! Enfin mon ex et moi avions tout de même un siège mais Yann dû rester debout. Durant le trajet qui dura une partie de la nuit, on jouera l’alternance, une fois sur le siège, une autre fois plus ou moins vautrer sur nos sac-à-dos qui, d'ailleurs, encombraient le couloir et forçaient ceux qui étaient dans l’allée, debout, d’être encore plus compresser les uns sur les autres. On sentait des regards noirs de la part de certains.

Une fois tout le monde «en place », le chauffeur qui manifestement n'avait jamais conduit un « car pullman » fit craquer la première vitesse, envoya le klaxon surpuissant et après de nombreux freinages-accélérations, d'invectives envers des passants ou vers des « coolies » traversant n'importe comment dans les allées de cette gare, il réussit à s'extirper des sous-sols pour rejoindre la circulation totalement embouteillée de la sortie nord de la capitale. Nous voyageâmes ainsi durant quasiment toute la nuit, fîmes de nombreux arrêts, autant vous dire que nous n'avons pas pu fermer l’œil ...Malgré tout, nos voisins de sièges , eux, réussirent à dormir. Enfin, on y était, on avançait, c’était l'essentiel...On s'approchait des dieux, certes d'une façon étrange, mais n'ayant aucune expérience en la matière, ce devait être ainsi que les dieux devaient être rejoint ?

Devant nous, inscrit sur l’arrière en bois du siège de devant, était écrit de bien vérifier sous notre banquette s'il n'y avait pas de bombes ! Si si, il n’était pas écrit « colis suspects » mais il s'agissait bien du mot « bomb, in ingliss ». En effet de nombreux bus avaient été la cible d'attentat de la part des séparatistes cachemiris. Par contre aucune méthode explicative si malencontreusement nous trouvions une « bombasse » ! Tout pour nous rassurer quoi ! On s’arrêta aussi plusieurs fois durant le voyage. Boire un thé, manger...Nos compagnons de voyages avec qui nous aurions pu nous battre au moment de la montée dans le bus devinrent alors très agréables avec nous, nous posant des questions, faisant la conversation, partageant même leur nourriture avec nous...Mais à chaque fois, je le verrai dans le futur, une fois le stress de l'embarquement passé, plus de rancune, rien, on pouvait alors devenir des amis jusqu'à la descente en fin de trajet ou alors, nous pourrions redevenir sans hésitation des ennemis...afin de s'extirper du bus où la ritournelle de la bousculade pouvait recommencée !

Huit heures plus tard, nous arrivions à Haridwar, aux alentours de quatre heures du matin, il faisait très froid. Nous étions en décembre. Pour descendre du bus ce fut encore des plus compliqué que je ne pensait et disait plus haut, les marches étant engluées de chauffeurs de rickshaws (taxi trois roues) voulant tous nous emmener, en ce qui nous concernait, dans une lodge ou je ne sais où, se battant pour « pécher » le client, empêchant alors tout le monde de pouvoir descendre dans de bonnes conditions. Du forcing, il fallait faire du forcing ! Tant bien que mal, nous sortions et respirions alors l'air vivifiant d'Haridwar. Nous fumions une cigarette, la pollution devait nous manquer, puis nous laissions discrètement tous ces Rickshaw-walla, emmitouflés dans leurs écharpes et grandes couvertures de laine se prendre la tête pour savoir qui allait bien pouvoir nous embarquer vers un hôtel. Ils étaient tellement occupés à s'invectiver que nous partions sans qu'ils le remarquent . On se retrouva alors dans la rue, mais nous ne rêvions pas, nous n'allions tout de même pas nous en sortir comme ça !.

Cela n'allait donc pas durer car très vite « une abeille- autre nom de la Vespa à trois roues» vint à notre hauteur et nous proposa de nous emmener où nous le désirions, sans imposer un lieu, un vrai taxi quoi, normal, mais méfiance...On se tassa à l’arrière du véhicule, plutôt étriqués avec nos trois gros sacs, Yann s'assit à coté du chauffeur. On peut le dire, nous optimisions l'espace et forcément le trajet. Devenions-nous indien ? On lui dit alors que nous voulions rejoindre les rives du Gange, le ciel commençait à s’éclaircir, le spectacle serait surement à la hauteur. Pas plus d'un kilomètre plus loin, après avoir essuyer le vent glacial du à la vitesse de l'engin, nous arrivions devant l’entrée du sanctuaire aménagé sur les rives du fleuve. Le soleil pointait derrière les montagnes, le ciel se teintant d'un dégradé de rose vers le mauve...Notre chauffeur nous proposa de nous attendre avec nos sacs, et malgré notre méfiance, « on le sentait notre chauffeur », nous décidions d'opter pour cette solution, trop heureux de rencontrer le fleuve. Il nous emmènerait, après cette première rencontre mystique, dans une guest-house de notre choix, il nous le promit. Fatigués mais zen à l'approche du fleuve, nous arrivâmes en fait au bord d'un canal détourné du fleuve où les pèlerins pouvaient vaquer à leurs ablutions et prières. Le fleuve qui devait être tumultueux à cet endroit avait surement poussé les autorités à aménager de la sorte l'endroit pour éviter les noyades qui devaient être nombreuses, particulièrement lors des grands rassemblements et grandes processions. Des haut-parleurs crachaient des « Hare Krishna, Hare Rama, Hare OM Nama Shiva Ya ». Les marches accédant à l'eau sacrée du fleuve, que l'on nomme d'ailleurs « Ghats » en Inde, étaient bondées. On réussit tout de même à s'approcher, l'eau était glacée. On nous sollicita de toute part pour une Punja, ce coup ci, c’était des brahmanes en quête de business religieux, mais nous y étions alors nous participâmes, nous voulions faire partis du « TOUT » ! . l'Inde était donc le pays des « invitations », certes intéressées, mais des invitations tout de même. Lorsque le soleil pointa derrière la colline, l’atmosphère se réchauffa enfin, pourtant nos cœurs et nos âmes étaient déjà chaud, mais nos mains et nos pieds que nous avions du mettre à l'eau pour la Punja étaient eux, totalement gelés ! On récupérait nos pompes auprès du « gardien de chaussures », si si, tout est bon pour gagner quelques roupies , et nous pouvions rejoindre notre chauffeur et enfin nous rendre dans une guest-house, et surtout dormir !

Malgré sa promesse, il nous sollicita (encore!) pour nous emmener dans un de « ses hôtels » à lui, nous n’étions pas obligés d'accepter, nous pouvions voir, « palper » la marchandise avant d'accepter de toute manière, mais lui toucherait une commission ! On décida de jouer le jeux, fatigués, on se laissa faire, et les premières chambres furent les bonnes, on allait enfin pouvoir dormir...On demanda à notre chauffeur s'il était libre, en début d’après-midi pour nous faire le tour du patelin et avec un grand sourire, il accepta bien-sur ...On allait enfin pouvoir allonger nos jambes, mais nous devions avant tout repos se faire solliciter (décidément) par le patron ou gardien de la guest-house qui nous demanda si nous voulions du Charas (haschich) ou du plus fort (opium, brown...etc, un vrai supermarché ce bonhomme) ; il proposa même à Yann s'il voulait « une couverture » avant de s'assoupir, malin le boss , il avait remarqué qu'il était seul...

Nous refusions toutes propositions...On voulait juste dormir, au calme !

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Haridwar-Devprayag.

Nous nous rapprochions des dieux, pas de doute, l'enfer devait être bien loin tellement le froid nous saisît à notre réveil, dans cette petite guest-house située sur les bord du Gange. Un thé nous réchauffa ! « Notre rickshaw » était déjà là, assis devant le comptoir de la réception, tout sourire, satisfait ; il avait ses clients pour la journée. Nous avions faim alors ils nous emmena dans un restaurant où il avait ses habitudes malgré lui puisqu'il tenta de nous faire déjeuner dans un restaurant pour touristes indiens au sein d'un hôtel de luxe. Il devait penser que nous n’étions pas de bons clients, du moins pas vraiment malléable.

On se régala de Chapatis cuits dans un Tandoori avec un merveilleux Paneer Butter Masala. Le tandoor est le four en terre traditionnel indien se chargeant par le haut. On peut faire cuire, collé sur les parois internes de « cette jarre-four » le pain, ici les Chapatis, sorte de galette de pain, mais on peut aussi y faire saisir toutes sortes de viandes et poissons embrochés puis suspendus à la verticale au centre de ce four juste au dessus des braises qui tapissent le fond du Tandoori.

Le Paneer est lui tout simplement une sorte de Tofu non pas de soja mais fait à base de lait de vache, ce matin là, préparé dans une sauce curry (Masala veut dire mélange, dans notre cas, mélange d’épices) rouge additionnée de beurre clarifié, un délice.

Repu, on décida de faire le tour du quartier, une balade aux alentours de Haridwar, qui à part ses ghats, était une ville indienne dédiée aux pèlerinages, très bruyante. Des ashrams, mandirs, hôtels, temples multiples et restaurants pour pèlerins ne semblaient être que la seule et unique activité de cette ville dédiée au fleuve Gange. La journée fut courte, le soleil disparaissant derrière la montagne dès cinq heures de l’après- midi, le froid s'installant irrémédiablement. Nous étions encore bien fatigués.

Le lendemain, nous avions programmé avec notre ami rickshaw (on devint de plus en plus proche) la visite de Rishikesh, tout près de Haridwar, village où dans les années soixante, les Beatles vinrent se ressourcer, méditer dans un ashram. Rendez-vous fut donc pris avec notre rickshaw, tôt le lendemain matin pour une journée en immersion au milieu des babas, en effet notre chauffeur nous prévînt : « Ah, Rishi ( Rishikesh), c'est désormais la Mecque des occidentaux en mal « d'indianité » ! ».

Aux aurores, le lendemain, nous nous levions plein de bonne volonté et surtout vraiment reposés. Notre chauffeur n’était pas là , « ça y est, ça commence à foirer, c'était trop beau !», nous dirons nous, mais on le saura plus tard, il avait pris du retard lors de sa Punja quotidienne, celle-ci particulièrement plus longue que d'habitude, il voulait remercier les dieux de lui avoir mis sur sa route des clients comme nous. On prit alors notre petit déjeuner à l’hôtel et dans un timing presque parfait, notre pitance à peine terminés, le rickshaw-wala arriva les bras chargés de colliers de fleurs qu'il s’empressa de nous mettre autour du cou, il avait aussi dans des feuilles d'arbre, de la pâte de santal qu'il nous badigeonna sur le front. A l'horizontal tel trois traits, la marque de Shiva, pour nous les garçons et une ligne verticale rouge pour mon ex, marque de Vishnou. Il nous expliqua que son retard était lié à cette offrande, il avait du faire deux temples pour cette punja livrée à domicile. Nous étions donc parés pour Rishikesh.

Le chemin fut court, on emprunta la route montant vers les cimes de l’Himalaya, après une heure de trajet, sur la rive opposée du fleuve, nous apercevions la ville sanctuaire. Il nous déposa donc à l’entrée d'un gigantesque pont suspendu, qui nous emmena vers de majestueux ashrams. Même de loin, on sentait l'argent. Les donateurs avaient du être généreux. À l’entrée de Rishikesh, on tomba sur de nombreux étrangers, la plupart habillés de blanc, un air illuminé, voulant dégager la sagesse, et le sérieux de leur état proche de la lévitation. On fut tout de suite sollicité pour savoir si nous voulions pratiquer méditation et yoga, stage en tous genre, bouffe végétarienne, voire du jeun, à des tarifs défiant toutes concurrences : C'est-à-dire, réveil aux aurores, toilette dans les eaux glacées du Gange, puis méditation, puis yoga , un seul repas frugal et nuit sur une natte pour des tarifs dignes d’hôtels cinq étoiles. Un bon business qui expliquait ces ashrams somptueux, sûrement financés par des occidentaux en mal de spiritualité, de retour aux sources...À chaque coin de ruelles, on continuait de nous interpeller, même des pseudos guru-européens s'y mettaient. Il nous fallut très peu de temps pour fuir ce Dysneyland de l'indouisme. Eh ! Fallait pas déconner! On n’était pas des gogos ! En rebroussant chemin, nous croisions deux sadhous qui nous proposèrent de venir dans leur retraite, une sorte de grotte au bout d'un chemin rocailleux. La curiosité nous fit les suivre. Après le partage d'un shilum, ils commencèrent à nous demander tout et n'importe quoi, ils cherchaient des sponsors, une fois de plus nous fuyions, on ne serait pas décidément des gogos à babas, enfin pas tout de suite. On repassa le pont suspendu où perchés sur les grands filins d'acier, des babouins assez hargneux ne comprenaient pas que nous n'ayons rien à leur donner à manger...À Rishikesh, même les bêtes voulaient vous alléger de vos dollars !

« Fuyons, fuyons ! » fut donc le mot d'ordre...

On grimpa dans le rickshaw pour retourner à Haridwar, le lendemain matin, décision fut prise que nous partirions en bus car le chemin de pèlerinage que nous recherchions pour notre marche vers les sources avait été englobé par la route asphaltée ; il n’était pas question de marcher le long la route ! Il fallait continuer en bus pour trouver un sentier de montagne. On passa la fin d’après-midi au petit resto de notre chauffeur qui voulu par la suite nous inviter chez lui, il voulait nous présenter à sa famille. On rencontra sa femme qui nous offrit une thé délicieux et nous rencontrions deux beaux enfants arrivant de l’école dans leur uniforme impeccable. Des gens simples mais vrais...Nous avions donc décider de partir très tôt le lendemain matin, nous rentrions à notre hôtel pour y passer une vraie nuit. Notre ami-chauffeur viendrait le lendemain nous emmener à la gare des bus.

Aux aurores, après notre punja, délivrée par notre chauffeur, nous rejoignîmes la gare des bus. On le paya de son dévouement et de ses services et il nous remercia avec les mains jointes sur la poitrine : « Namasté, Ji » ! Il avait le sourire, on n'avait pas du être radin, tant mieux. Nous nous fîmes nos adieux en se promettant de se revoir ; on ne le revit jamais mais on lui envoya les nombreuses photos que nous avions prises de sa famille et de nos excursions en sa compagnie. On ne saura jamais s'il les reçut.

Le dernier service qu'il nous rendit fut de nous dégoter un bus où nous trouvions d'ailleurs des places assises, il n’était même pas plein ce bus ! Manifestement, nous allions vers des régions moins habitées de l'Inde.

La route fut majestueuse, avançant au dessus de vides gigantesques, au dessus de nous des montagnes vertigineuses, quelques fois, on pouvait apercevoir des bus qui avaient terminés leur parcours au fond des gorges abruptes, nous n’étions pas vraiment rassurés mais au milieu de nulle part, nous n'allions tout de même pas descendre du bus, les passagers nous auraient pris pour des fous ou encore pour d’étranges étrangers, confirmant alors leurs pensées que nous n’étions qu'alors que de misérables personnes non fréquentables! De tout façon, les dieux étaient avec nous. Notre ami nous avait offert, une malla (collier), une protection qu'il nous avait passer autour du cou avant notre départ. Avec un médaillon de Shiva sur la poitrine, que pouvait-il bien nous arriver ? Nous avions notre assurance multirisque !

Nous arrivâmes dans l’après-midi à Devprayag. Le bus nous déposa sur la route surplombant le village qui lui se terrait à flanc de montagne aux confins de la Barghavati river et l'Anakhanda river, ces deux rivières se rejoignant au pied de ce village et formant alors le fleuve Gange.

Le touriste commençait vraiment à se faire rare, sur le bord de la route où le bus nous laissa, il y avait de nombreux bouis-bouis s'imbriquant dans la rocaille grise de la montagne. On chercha un hôtel, mais il n'y en avait pas, seuls les mandirs (en principe réservés aux hindous) pouvaient nous offrir un toit pour dormir. Un brahmane accepta malgré notre face de non-hindou, de nous héberger dans un dortoir prévu pour quelques centaines de pèlerins. Il nous offrit même le thé. Il faisait encore plus froid, le soleil se couchait, et malgré le fait d'être impies, il nous invita à partager son repas, puis de retour dans notre dortoir gigantesque, nous nous enroulâmes bien vite dans nos duvets de montagnes que l'on maudissait il y a encore quelques jours, tellement ils encombraient, prêts à les laisser à Delhi ; désormais, vu le froid presque polaire, nous étions vraiment heureux de les avoir transbahuter jusqu'ici. On dormit comme des bébés !

Avant le lever du jour, notre hôte vint nous réveiller avec un thé très très chaud mais tellement réconfortant. Il nous intima de nous passer un coup de flotte sur la figure, il allait nous faire la punja au sein du petit temple du mandir. Il fallait accepter les règles, c’était aussi pour les brahmanes du temple l'occasion de récolter des offrandes, le gite , lui, étant gratuit.

Nous passions ensuite la journée dans les ruelles du petit village en contre-bas de la route. On se renseigna pour savoir laquelle des deux rivières allions nous suivre ? En effet, les sources du Gange n’étaient pas vraiment définies, trois possibilités s'offraient à nous. La remontée le long de la Barghavati river fut vite abandonnée, par ce chemin nous aurions pu aller rejoindre la route de Gangotri mais apparemment la neige et les éboulements nous empêcheraient de suivre cette rivière. C’était peut-être de l'intox, car nous nous rendrons compte que les habitants des trois vallées revendiquant les sources du Gange se faisaient une guéguerre de bon aloi pour attirer le pèlerin vers sa source déclarée ! On partit donc en repérage le long de l'Anakanda river, nous prendrions ensuite la direction soit de Badrinath ou Kerdanath... On vit très vite l'ancien chemin de pèlerins, suivant la rivière, sur la rive opposée à la route aménagée pour rejoindre ces deux sources du Gange revendiquées. On partirai le lendemain matin, très tôt ! On calcula qu'il nous faudrait deux jours pour rejoindre Rutraprayag !

On revint passer l’après-midi au pied du village, au bord de l'eau, au plus près du lieu où les deux rivières se rejoignaient. À l’époque, l'endroit n’était pas aménagé comme on peut le voir sur les photos, car dans une grotte au ras de la rivière, un sadhou ermite y vivait. On s'assit avec lui et ses deux disciples. On fuma bien-sur et nous partageâmes leur déjeuner. On discuta de tout et de rien, le sadhou parlait un parfait anglais (largement mieux que nous autres). Il avait décidé quelques années en arrière, une fois ses enfants mariés et sa femme désirant alors retourner chez ses parents, de quitter son travail dans la banque et de se démunir de tout, puis de consacrer sa vie à la méditation...Il voulait stopper le cycle de ses vies, de ses réincarnations et atteindre le nirvana ! Un vrai sadhou, qui nous donna sa bénédiction pour notre voyage vers les sources du Gange. Ils nous trouvaient atypiques, vouloir y aller à pied n’était pas commun et apparemment cela lui plaisait. On fit bien-sur une offrande avant de le quitter et on lui promit de repasser le voir lors de notre retour des cimes de l'Himalaya ! Fort de sa protection mais aussi plutôt « zen » voire très très haut dans nos têtes grâce aux flots de shilums que nous avions partagés avec lui, nous rejoignîmes notre mandir tant bien que mal ! Notre hôte reconnu tout de suite notre bénédiction étalée sur notre front par le sadhou, gardien de la rivière et nous gratifia de nombreux namastés ! On dina en sa compagnie puis on s'endormit très vite et plutôt bien, nous n'avions plus froid !

Décidément, nous nous sentions de plus en plus proche des dieux...

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Devprayag-Rutraprayag.

Le bout du nez glacé et nos corps engourdis des excès de la veille, nous nous extirpions difficilement de nos duvets lorsqu'un ciel limpide commençait à apparaitre doucement derrière les montagnes abruptes entourant Devprayag. Dans l'antichambre de notre dortoir, nous entendions notre brahmane, gardien du mandir, s'affairer à faire chauffer, probablement de l'eau sur son réchaud au kérosène. Il nous entendit nous réveiller et vint nous offrir le thé. Nos mains froides entourant le verre brulant, nous nous réchauffions tant bien que mal. Nous fîmes une toilette succincte, deux jours que l'on ne s’était pas vraiment laver, il faisait, décidément trop froid ; Cela nous permit tout de même de nous rendre devant le petit temple de notre hôte où on nous promit tout le bonheur du monde, où on nous souhaita un bon voyage, et sûrement beaucoup plus ! Nous étions parés...

On se quitta donc après une dernière offrande et chargés de nos sacs, nous descendîmes vers la grotte de notre baba. On le salua et nous nous engageâmes sur le chemin repéré la veille. Le début de notre « pèlerinage » nous parut difficile, nous étions quelque peu paralysés par le froid et de nature fébrile du aux excès de ces derniers jours, mais avec l'apparition du soleil « la mécanique » se mit en route...Nous marchions à flanc de montagne, laissant la rivière en contre-bas, sur l'autre versant, nous apercevions la route avec ses jeeps et ses bus qui, même sans que la circulation soit vraiment encombrée, avaient la fâcheuse habitude de klaxonner à tout va et alors de nous rappeler que nous étions toujours bien en Inde. Le chauffeur indien aimait vraiment sa trompe de véhicule! Nous avancions, certes au sein de la nature, mais toujours très près de la civilisation, trop près à notre gout. Nous traversions des villages où comme d'habitude les femmes régnaient en maitre. On nous offrit souvent le thé et même des gâteaux, mais à la différence du Népal, les femmes étaient plutôt méfiantes, plus soumises, plus réservées, dirons-nous, à l’éventuel retour des hommes. On avançait bien et le soir nous nous arrêtions à Srinagar (du même nom que celle du bord du lac Dahl au cachemire). Le chemin, après avoir traverser de nouveau la rivière, ne faisait alors plus qu'un avec la route. Nous trouvions une guest-house, petite maison coquette tenue par un allemand (qui n’était pas là d'ailleurs), on se serait presque cru en Bavière, il ne manquait plus que les nains de jardin ! On eut par contre le bonheur de profiter d'une salle de bain équipée d'un chauffe-eau ! Je n'ai plus de souvenir de cette soirée, mais le lendemain nous reprenions la route et il fallut pour rejoindre le chemin passer une fois de plus la rivière, mais ce coup-ci grâce à un baquet suspendu sur une poulie glissant le long d'un filin en acier. Une nouveauté et surtout une sacrée frayeur. On passa avec l'aide de quelques hommes qui venaient de traverser, car théoriquement on pouvait se débrouiller seul pour rejoindre l'autre rive, c'est-à-dire grâce à une corde, de tirer dessus à la force des bras pour faire avancer la nacelle. Mais là, l'attraction de « saïb » prenant ce mode de transport, fit qu'ils nous firent passer sur l'autre rive chacun notre tour, puis nous envoyèrent nos sacs, ouf ! On aurait pu éviter ce passage rocambolesque dans le vide au dessus de la rivière mais le pont suspendu le plus proche était à quelques kilomètres et nous ne voulions pas continuer à marcher sur le bas coté de la route avec tous ces véhicules qui n’arrêtaient toujours pas de nous klaxonner dessus, pour le coup! Notre traversée acrobatique nous prit tout de même un certain temps, nous avions du retard. Sûrement, nous ne pourrions pas rejoindre Rutraprayag le soir même.

En effet, juste avant le coucher de soleil après avoir passé un dernier village et pensant ne pas pouvoir rejoindre avant la nuit noire le pont suspendu permettant de rejoindre Rutraprayag, nous n'avions pas de cartes, on se fiait aux personnes que l'on croisait et de notes prises avant notre voyage, nous décidions donc de dormir à la belle étoile. Yann avait tout prévu, nouilles lyophilisées et barres énergétiques ainsi que du thé. On trouva un endroit pour le bivouac, au milieu de la foret où la pente n’était pas trop raide et surtout pas trop loin du chemin, dormir dans la jungle ne nous rassurait pas vraiment. On fit un feu pour chauffer de l'eau. Le froid nous gagnait et nous avions faim. Sur le chemin en contrebas de nombreux hommes rentraient dans leur village respectif. Souvent, ils s’arrêtèrent pour nous regarder et pour ceux qui parlaient anglais pour partager une conversation autour de notre feu. Nous arrivions à manger et le feu avait besoin d’être alimenter souvent car nous ne trouvions que très peu de bois mort, surement récupérer quotidiennement par les villageoises, nous ne trouvions que des feuilles et des branchages légers pas très loin du campement ; il n’était pas question de trop s’éloigner du feu, pas vraiment téméraires, les Indiana Jones en herbe. Le feu mourrait rapidement faute d'approvisionnement .

La nuit commençait à englober la vallée et les lumières des petites villes et villages de l'autre coté de la rivière nous rappelèrent que la civilisation n'avait pas disparu. Le feu était encore vaillant lorsqu'un groupe d'homme (le dernier d'ailleurs) passa et s’arrêta pour nous mettre en garde, qu'il n’était pas raisonnable de dormir comme ça dans la foret. Il y avait des tigres, des léopard nous dirent-ils! On acquiesçait mais on se dit qu'ils exagéraient sûrement. Ils nous dirent de venir au village, le dernier que nous avions laisser derrière nous en fin d’après-midi. Nous n’étions pas téméraire mais têtus, nous l’étions et avions décidé de dormir dehors, alors nous dormirions à l’orée de la jungle. Déçus et nous prenant pour des dingues, le petit groupe repartit.

La nuit était désormais vraiment profonde et véritablement silencieuse, seulement quelques cris d'oiseaux se perdaient sous le ciel étoilé. Notre réserve de bois s’épuisait comme neige au soleil. Nous n'entendions plus le bruit des véhicules de l'autre coté de la vallée, on aurait dit que la vie s'était arrêtée. Plus personnes ne passaient sur le chemin. On installa alors des couverture de survie sur le sol et décidions de dormir, le feu allait s’éteindre. Yann couchait au dessus de moi et mon ex. Je commençais à m'endormir lorsque Yann me dit « tu as entendu ? » . Je n'avais rien entendu, mais je tendis l'oreille et on commença à entendre une sorte de rugissement, ou plutôt comme un énorme cri que l’écho renvoyait à l'infini sur les flancs de la montagne. Je lui dis que ce n'était peut-être rien, pour me rassurer d'ailleurs, et finissais par dire que je ne pensais pas qu'il y ait de problèmes. On entendit alors des pétards, explosant de partout, enfin des pétards, nous le saurions le lendemain seulement, car nous pensions que c’était plutôt des coups de fusils. L’écho n'arrangeait rien et cela ressembla vite au tintamarre d'un feu d'artifice. Le rugissement de la bête se faisait de plus en plus prononcée. Ce cri roque et profond se rapprochait. Plus ça allait et les rugissements étaient espacés d'au moins un minute et manifestement la bête venait en notre direction. Cela se fit de plus conséquent et nous commencions à avoir le trouillomètre à zéro! Je me souviens, je prenais alors mon ridicule couteau suisse et l'ouvrait et le gardait en main au cas où. Je pensais à fortiori, à la stupidité de la réaction . On se s'imaginait même pas ce que pouvait être ce félin et surement des fantasmes de chasseur contrarié nous firent imaginer le pire. Et si c’était un tigre! Je scrutais les alentours et me dit que si la bête arrivait, nous pourrions grimper dans les arbres mais très vite, je pensais, un félin grimpe aux arbres nettement mieux qu'un homme. Entre nous, nous ne parlions plus, faisant le silence totale, à l'affut du moindre cri de la bête ! Nous entendîmes alors un rugissement tout proche... Une minute passa sans le moindre bruit, puis le félin rugit une nouvelle fois mais le son venait désormais de la droite, puis le suivant toujours à droite mais déjà plus lointain...On entendit encore des pétards d'effarouchement, au niveau du village que nous avions passé en fin d’après-midi, où nous aurions du aller dormir si nous avions écouté les villageois, il y a encore à peine une heure en arrière. Les cris continuèrent mais s’espacèrent pour enfin s'estomper dans la montagne pour qu'enfin nous n’entendîmes plus rien. Le silence ! Nous ne parlions toujours pas, la peur nous avait saisit. Nous n'avions jamais entendu un rugissement et franchement encore aujourd'hui, il sera imprimé à jamais dans ma mémoire. On se mit à parler, plutôt à chuchoter et à rire discrètement de notre peur, à évoquer mon plan B où j'avais prévu avec mon petit couteau rouge à croix blanche de défier un tigre ! Ce devait être parfait pour décapsuler une bière, mais pour le reste, il fallait plutôt oublier ! On rigola franchement lorsque j’évoquais le volonté de monter dans un arbre, imaginant la situation, perché dans un arbre avec une lame évoquant surement un cure-dent pour un tigre prêt à vous dévorer! On se dit que si cela avait été un tigre nous serions déjà mort...Les villageois avaient raisons, on aurait du accepter leur invitation...

On s'endormit lorsque nous étions certain que le silence ne serait plus rompu par le cri du félin. Lorsque le jour se leva, nous avions glissé de notre couche à cause de la pente mais surtout à cause des couvertures de survie de matières totalement lisses ; nous nous retrouvions quasiment sur le chemin. On se mit en quête de bois pour faire un thé. En m'approchant du chemin , vierge de tout passant, je remarquais des traces au sol. J'appelais Yann et on regarda cette trace de coussinets d'un air dubitatif. Elle était un peu moins large que notre main. On en remarqua d'autres qui allaient vers le village, celui se trouvant tout près de notre campement. La bête était passée à dix mètres de nous et avait heureusement passé son chemin. Les premiers villageois passèrent pour se rendre de l'autre coté de la rivière, à Rutraprayag. Ils étaient habillés élégamment et parlaient un très bon anglais. Ils étaient des fonctionnaires rejoignant leur lieu de travail. On reconnu presque les mêmes personnes de la veille au soir qui nous avaient mis en garde de coucher à la belle étoile. On leur montra les traces et ils nous affirmèrent qu'elles étaient celles d'un léopard, d'une panthère des neiges. Ils nous parlèrent alors de certaines de ces bestioles qui pouvaient être mangeuses d'hommes ou de chiens et bétails, d’où les pétards d'effarouchement que l'on avait entendu la veille. On n'y cru pas vraiment, pensant que c’étaient des légendes. Ces félins n’étant pas de réputations, mangeurs de chairs humaines, peut-être attaquaient-ils l'homme pour se défendre, c'était sur. Une fois de plus, les occidentaux que nous étions, savions mieux que les autochtones. Enfin pour eux, nous l'avions échappé belle, nous, nous pensions « cause toujours mon coco ». Le chemin se fit de plus en plus fréquenté par des hommes se rendant en ville. Notre paquetage fait, on prit le flot de circulation et très rapidement nous arrivions en face d'un pont suspendu rejoignant la route asphaltée ; si nous avions su qu'il fut si près, nous aurions continué à marcher la veille au soir. On nous dit que pour Rutraprayg , il fallait traverser, le chemin continuant sur le même versant de la montagne allait plus haut dans la montagne et il n'y avait plus de pont, du moins, pas à proximité. On traversa, la plupart des hommes attendait des bus pour descendre ou remonter la vallée et vaquer à leurs occupations.

Nous marchâmes le long de la route puis en fin de matinée nous arrivâmes enfin à Rutraprayag. On nous accepta dans un mandir. Il était confortable, et équipé de dortoirs de dix personnes. En cette saison, nous étions seuls et le brahmane, gardien des lieux, nous fit un bref plan de la petite ville. Elle se résumait en deux rangées de maisons bordant la route montant vers les cimes de l’Himalaya. On lui raconta notre aventure de la nuit précédente et il nous raconta l'histoire de ce léopard des neiges qui terrorisa toute la population de la vallée, il y a à peine une centaine d’année. Elle avait eu à son actif plus de deux cents attaques d'enfants et de femmes des villages environnants. Le Royaume Uni, alors puissance coloniale, envoya le plus fameux chasseur de félin du royaume des Indes, Jim corbett. Il vint traquer la bête et réussit à la tuer après avoir décimer un grande partie la population des léopards de la vallée, faut-il le rappeler. Enfin, la légende était encore vivante car tous les habitants connaissaient cette histoire et le remerciaient encore. D'ailleurs, au centre de Rutraprayag, une statut à l'effigie de Corbett était vénérée, les indiens lui mettant au pied du statuaire, des offrandes comme à une divinité du panthéon hindou. On passa la journée dans la petite ville bien sympathique. On se renseigna pour savoir de laquelle des deux vallées nous pourrions arpenter, vers Badrinath ou Kedarnath ? Tous nous dirent que les deux routes étaient bloquées un peu plus haut par la neige tout d'abord et par de nombreux éboulements. On se renseigna pour le chemin de pèlerins et tous nous dirent que c’était plutôt compliqué car les deux vallées devenaient très abruptes et la plupart du temps, la route avait emprunté le tracé de l'ancien chemin. On rentra alors au mandir à la tombée du jour, le froid était mordant. On passa la soirée autour d'un feu avec notre hôte qui nous raconta, une fois de plus, l'histoire de Jim Corbett. Décidément, ce chasseur écossais était une vraie légende par ici, un demi dieu.

Le lendemain nous avions décidé de reconnaître, malgré les avertissements, le chemin montant vers les cimes himalayennes. On se promena des deux cotés de la montagne, au départ des deux vallées et nous constations que la montagne était bien aménagée ; Système d'irrigation judicieux alimentant une méandre de culture en terrasse. Ce fut une très belle balade dans un cadre idyllique, mais nous le constations, les anciens chemins de pèlerinages se perdaient dans dans le vide des gorges de l'Alaknanda river. Nous trouvions même un chemin magnifique rejoignant les bords de la rivière, abruptes mais nous nous trouvions vite dans « les toilettes publiques ». Nous verrions au cours de nos voyages que les indiens dont leurs maisons sont très peu équipées de latrines vaquent à leurs besoins, dans la nature et particulièrement dans des lieux où le panorama est magnifique...Caguer avec vue, un must et une certaine classe! En revenant dans la petite ville avant la nuit, nous remarquions que les camions s'accumulaient sur le bord de la route. Tous le disaient : ils avaient du rebrousser chemin , du à la neige mais surtout la route s’étaient carrément effondrée un peu plus haut. Le soir, en compagnie de notre brahmane, nous prenions la décision de repartir en arrière.

Ici, à Rutraprayag, s’arrêterait notre ascension vers les sources du Gange ! Yann accueillerait sa femme et ses filles à Delhi dans moins d'un semaine et faire un détour pour monter vers les sources du Gange du coté de Gangotri nous prendrait trop de temps. Nous étions tout proche des dieux mais ils avaient donc décidé de pas nous accepter dans leur sanctuaire. Les cimes de l’Himalaya ne resteraient donc qu'une vision lointaine. Nous étions, certes déçus, mais ce fut sans regret, l'homme avait façonné la montagne pour y faire passer des camions et n' avait laissé que très peu de place pour les marcheurs. Place aux bus, aux jeep, aux camions, nous, nous retournerions vers la capitale indienne. Yann accueillerait sa petite famille, nous nous séparerions et avant de rejoindre à nouveau notre ami et sa famille à Konark en Orissa sur les bord du golfe du Bengale, nous irions à Agra et Jaïpur « faire du tourisme », le Taj Mahal, magnifique, envoutant, le palais des vents de Jaïpur, les palais de Maharadja, les portes du Rajasthan. Un beau souvenir de monuments, au milieu d'un tourisme de masse organisé. Nous y retournerions plus longuement quelques années plus tard.

En attendant, nous désirions Bénares, l'actuelle Varanasi, l'ancienne Kashi, patrie des dieux, où le cours du Gange, bordé de ses ghats toujours débordantes d'une foule de pèlerins, pointe son lit plein nord, vers les cimes de l’Himalaya où Shiva réside. De sa longue chevelure nait le fleuve avant qu'il ne déferle sur des milliers de kilomètres pour enfin se jeter dans le golfe du Bengale. Ville mystique où si l'on y meurt, on peut briser le cycle des réincarnations et rejoindre alors le nirvana. Nous ne voulions pas mourir mais c'est donc là, dans l'une des plus vieilles villes du monde que nous voulions aller, pour retrouver et rester, décidément, toujours près des dieux . Lire l'article original



Bénarès (déc 91)...Et pour l'éternité !

Nous avions échoué dans l’Himalaya indien, dans l'impossibilité de rejoindre le domaine des dieux, mais nous étions persévérants, devenions-nous de plus en plus mystiques ? L'Inde faisait-elle toujours cet effet sur les occidentaux, la visitant la première fois ? Lorsque l'on parlait de celle-ci avec ceux qui y avaient déjà trainer leurs guêtres, ils vous disaient la plupart du temps : « soit vous en devenez accros, et alors une seule chose vous hante, vous tarabuste, y retourner, toujours et toujours, ou bien vous la détestez et alors vous la fuyez pour toujours sans même lui donner une seconde chance de vous séduire, puis vous l’éviterez à tout jamais ; de toute manière, elle ne vous laissera pas indifférente ! ». Vous avez pu comprendre, pour ceux qui auraient lus mes précédents récits de voyages que je faisais parti de la première catégorie de voyageurs. Après moult tours en Inde, si je devais donner « mon palmarès » des lieux qui ne vous laissent en rien indifférent, Bénarès obtiendrait la médaille d'argent, évidemment Varkala au Kérala reste et restera mon record olympique, mais cette ville incroyable qu'est Bénarès est, dès cette première rencontre en décembre 91 , devenue la destination qui serait au centre de tous mes voyages en Inde, une halte toujours programmée, je passerais coute que coute à Varanasi, son nom actuel, du au deux rivières qui l'encadre au nord et au sud, la Varuna et l'Assi...Son nom Sanskrit, très ancien, connu de nombres d'indiens, bien avant le joug colonial britannique qui eux la nommaient donc Bénares, étant Kashi, la lumineuse (traduction Sankrit), centre culturelle et du savoir depuis la nuit des temps, enfin, depuis des temps immémoriaux. À en croire les historiens, Varanasi serait donc la ville la plus ancienne du monde dans sa configuration actuelle et encore en activité telle qu'elle l'était, il y a au moins trois mille ans, selon des témoignages de voyageurs venus de Chine ! Impressionnant, forcément pour un petit occidental tel que moi ?

Nous (mon ex qui ne l'était pas encore et moi-même) nous y rendions donc après notre courte escapade au Rajasthan et arriverions le matin très tôt, par la grande gare de la ville, Varanasi Junction. Une horde de mendiants nous attendait, enfin habitait sur les quais et le hall de la gare mais aussi aux alentours. Le grand nombre de pèlerins décuplait le nombre de « crève-la-faim », c'était toujours difficile à supporter, une culpabilité en soit, une honte, une volonté de ne pas voir, mais nous apprendrions au fil des années que cela était aussi ça, l'Inde ! Les rickshaws, très très nombreux aussi, nous assaillirent, mais nous arrivions à leur imposer notre destination, enfin du moins à un d'entre eux : Sri Venkateshwar lodge, située dans le Chowk tout prêt des ghats principales, Dasashasmeda ghat (le ghat est le nom donné aux marches et quais aménagés descendant de la ville vers le fleuve, il y en a des dizaines, qui ont chacune une activité spécifique liée à un métier) ! Nous traversions alors une ville engourdie par le froid, mais où l’activité humaine ne semblait jamais s’arrêter, même dès quatre heures du matin, mais l'Inde s’arrêtait-elle des fois ? Ce qui nous sauta aux yeux fut la saleté, des détritus partout, jonchant les moindres coins de rue, la surpopulation en étant surement la raison. Après ce bref aperçu matinal, notre taxi-vélo nous déposa devant l’entrée d'une ruelle inaccessible, du moins grâce à un quelconque véhicule quel qu’il soit. Elle s'engouffrait dans le Chowk, vaste bazar, un peu dans le style des médinas arabes. Un panneau annonçait « temple d'Or » et « Mosquée(??) », un endroit partagé entre deux communautés qui pourtant vivaient totalement séparément, dans des quartiers bien distincts dont nous ferons la visite plus tard au cours de nos passages dans la ville. En effet, si la ville de Bénarès était profondément hindou, elle était aussi très musulmane ; les communautés avaient d'ailleurs des activités très différentes. Les hindous avaient les commerces et restaient à la « lumière », faisant du commerce et les musulmans fabriquaient ce que les hindous vendaient ; particulièrement la soie, la ville ayant cette réputation d’être un lieu en Inde où l'on fabriquait les plus belles soieries brodées de fils d'or, les fameux brocards et saris de Varanasi ! La culture du vers à soie, être vivant, ne pouvait être opérée par les hindous, alors les musulmans, convertis il y a des lustres devaient être, lorsqu'ils étaient hindous, des « hors castes » faisant les besognes « impurs » que les hindous de castes supérieurs se refusaient à faire, malgré tout, la tradition perdurait et l'activité autour la culture du ver à soie en faisant partie.

Nous nous engagions donc dans cette ruelle encore endormi et devions contourner vaches et buffles vautrés sur le pavé, devions aussi éviter d'ailleurs, les innombrables bouses de ces ruminants, jonchant le sol. Elles seraient ramassées plus tard, pour la plupart par des femmes et des jeunes filles qui ensuite les faisaient sécher sur un ghat qui leur était dédié ou sur le mur extérieur des maisons ; on en faisait des galettes pour s'en servir comme combustibles pour la cuisine.

Nous arrivions devant la porte magnifiquement sculptée du lodge, ce qui devait annoncer son caractère très ancien. Après de nombreux « toc toc » et tambourinages, on vint nous ouvrir. Nous rentrions alors dans une maison traditionnelle de Bénarès, transformée en chambres d’hôtes. Une sorte de maison à quatre étages avec une cour intérieure, des balcons donnant sur ce puits de lumière. Durant la décennie où nous passerions régulièrement dans la ville, nous retournerions toujours dans cette guest-house, de magnifique architecture et de bonne tenue (Sri Venkateshwar Lodge existe toujours à l'heure actuelle). Un chauffe-eau ne fut installé que quelques années plus tard, dans la douche commune, mais les petits jeunes s'occupant du lodge, sur demande, vous faisaient volontiers chauffer un baquet d'eau pour vos ablutions, ce qui permettait de supporter les matins d'hiver souvent glacials .

Nous nous trouvions donc à quelques pas du ghat principal, celui où les pèlerins affluaient pour leur prière ou pour se confier à des astrologues, ou simplement se faire raser le crane pour les hommes, symbole de se débarrasser d'un certain passé, de certains péchés, tout cela, avant de se plonger dans les eaux sacrées du Gange. Les touristes aussi arrivaient en masse, ceux des tour-opérateurs arrivaient par ce ghat pour le lever ou le coucher de soleil et faire un tour de barque sur les eaux du fleuve. Fourmillant autour d'eux, des dizaines de vendeurs ne lâchaient jamais prises pour leur vendre tout et n'importe quoi : « Souvenirs de Bénarès » ! Pour se rendre sur le ghat, la route principale était bordée, telle une haie d'honneur, de mendiants attendant l’aumône des pèlerins, ils étaient des centaines mais si l'on regardait sur la gauche, une patte d'oie se formait et une petite allée, plutôt discrète, rejoignait alors le même ghat. Ce petit passage était un marché aux légumes. Nous y prendrions nos habitudes, deux petits échoppes de thé, en vendaient un particulièrement délicieux, à la cardamone, alors simplement assis, on assistait au spectacle quotidien des marchands bataillant avec les vaches ou les singes voulant leur chiper de la verdure. La plupart d'entre eux, entre quelques clients et deux coups de bambous pour effrayer ruminants et agiles macaques, s'adonnaient au plaisir du jeu d'Échecs. Je ferais de nombreuses partis avec un homme qui avait la dernière échoppe de thé au bout de l’allée, surplombant le fleuve, il était aussi bateleur et avait la nostalgie de la France. Il avait été « le passeur » du film documentaire de Louis Malle « l'Inde fantôme » (entre nous, extraordinaire vue de l'Inde d'ailleurs, que je vous invite à apprécier si vous le pouvez) . D’année en année, nous passerions la plupart de notre temps sur ce petit marché, nous nous y ferions des amis, des jeunes gens, originaire du Tamil Nadu , Arjun, Harry que nous verrions grandir, se marier puis avoir des enfants et que mon frère et ma belle-sœur lors de leurs voyages récents nous donneraient de leur nouvelles à leur retour. Juste au dessus de ce petit marché, sur le coté d'un ancien palais de maharadjah, tous les matins, nous avions aussi le droit à l'entrainement des lutteurs, personnages surpuissant soulevant des kilos de fontes.

Arjun, assis juste derrière moi improvisé en bateleur (pour la photo surement?) lors d'une promenade en famille sur le Gange. Devant à droite la femme de Harry alors enceinte. Il y a trois ans, mon frère et ma belle-sœur les rencontraient de nouveau, je n'ai jamais perdu contact avec eux ! Au cours de notre premier séjour, nous visiterions les temples, les ghats du nord au sud . Ghat des laveurs (dhobi), des gardiens de buffles, des tanneurs, des faiseurs de galettes de bouse etcétéra... Bien sur le ghat de Manikartika où les crémations traditionnelles, grâce à du bois, avaient lieu. Lieu étrange, serein et sordide en même temps, en activité 24 heures sur 24, où une fois le bois consumé, on poussait les cendres et les restes non brulés (c'était souvent le cas) dans les eaux du fleuve. De l'eau grasse jusqu'aux genoux, de nombreuses gamines et gamins récupéraient or et attributs des défunts et des chiens galeux attendaient leur part du festin, des tortues d'eau s'affairaient à nettoyer le tout. Le fleuve sacré était en fait un vrai dépotoir, les vaches et les jeunes enfants, considérés comme des êtres purs ne passaient pas par la case crémation et étaient immergés lestés d'une grosse pierre tels quels dans les eaux du fleuve. Pourtant on y voyait de nombreux dauphins au long museau, toute sorte de vie animale, on y voyait bien de nombreux pèlerins boire l'eau du fleuve ; le caractère sacré faisait-il que ses eaux étaient aseptisées par les dieux ? J'en doute mais Bénarès était ainsi, magique, envoutante malgré toute cette crasse...Des sadhous, des vieillards restaient dans de petites niches aménagées, le long des palais de maharadjah longeant les ghats, tous ces palais décrépis par les crus du fleuve et le manque d'entretien, alors à leur pied, tous ces anciens attendaient la mort et leur ticket d’entrée pour le nirvana, la ville sacrée leur permettant enfin de briser le cycle des réincarnations.

Si nous rejoignions le centre-ville, la route, plus ou moins parallèle au fleuve était totalement embouteillée du matin au soir, particulièrement par une pléiade de Rickshaw-vélo, se faisant régulièrement lattés par des flics (toujours aussi sympathique, ceux-là) qui avaient le coup de bambous facile. Il était donc impossible de se déplacer correctement dans cette ville. Décidément, elle accumulait les défauts !

Gaudowlia, au bout de la route de Dasashamedha ghats était aussi un endroit privilégié pour rester en béatitude devant le spectacle de la rue. D'ailleurs, sur cette sorte de rond point où un flic tentait de réguler la circulation, un vendeur de lassi (yogourt liquide, ressemblant à du yaourt grec )nous offrait dans sa boutique, une place privilégiée sur ce spectacle dantesque, proche du chaos. Non négligeable, notre vendeur y concoctait le fameux « bang lassi », une boisson plutôt méditative, si vous voyez ce que je veux dire, dont je ne vous ferais pas un dessin.

Je pourrais vous raconter notre passage en 1992, nous étions alors dans la ville lorsque déferla plus d'un million de fanatiques nationalistes hindous se rendant à Ayodya y détruire une mosquée battit il y a plus de cinq cents ans sur les ruines d'un temple hindou qui selon la légende y était battit sur l'endroit où naquit le dieu Rama, Dieu particulièrement vénéré dans le panthéon hindou. En une journée la mosquée fut détruite sous le regard complice de la police restant les bras ballant, le pays plongea alors pendant plus de quatre mois dans la pénombre, il y eu des milliers de morts entre les communautés hindous et musulmanes !

Vous pourrez alors vous demander légitimement : « Mais qu'est-ce qu'il a pu trouver à cette ville, pour y retourner tout le temps ? La description qu'il vient d'en faire, saleté, chaos, mendiants, surpopulation, communautarisme etcétéra... aurait du le faire fuir de cette soi-disant cité lumière ».

Mais je pourrais vous en raconter pendant des lignes et des lignes sur les ruelles immaculées de traces rouges venant des crachats des mâcheurs de bétel, incontournable activité des hommes de Bénarès ; le soir, tous les hommes, toutes conditions sociales confondues se « faisaient l’apéro » au bétel ! On pourrait en dire et en redire sur la vie des ghats et ses habitants ; je pourrais aussi vous parler de Sarnath , dans la banlieue de Bénarès, lieu magique où dans le parc aux cerfs, Siddharta fit son premier prêche et envoya ses cinq disciples à travers toute l'Asie pour répandre la bonne parole du Bouddhisme. Je pourrais vous parler de toutes ces petites boutiques où d’innombrables artisans travaillent du matin au soir, rouleurs de bidis, barbiers, graveurs, joueur et fabricants de tabla, cithare et tampura, la liste serait trop longue, mais cette ville et ses habitants vous donnaient cette impression de sérénité ! Je ne peux pas vraiment l'expliquer, Bénarès est envoutante et attirante à l'infini, c'est une ambiance, un tout qu'il est difficile d'expliquer. Nous l'aimerions tellement que lors de ce premier voyage après notre départ de Konark, prochaine étape de notre voyage, nous nous y arrêterions de nouveau en revenant vers Delhi. Même lorsque nous fûmes à Varkala plus tard dans le sud, on se tapait des 50 voire 72 heures de train (un record ?) pour rejoindre cette cité merveilleuse, la cité des dieux, la ville de Shiva, dont nous ne pouvions réellement plus nous passer.

On quittait donc provisoirement Bénarès lors de ce premier voyage, direction l'Orissa, pour une histoire de train qui nous emmènerait sur les bords du golfe du Bengale. Allait-on laisser les dieux derrière nous , le « virus » Bénarès nous laisserait-il tranquille ? Nous ne le savions pas encore, mais non, on reviendrait à Bénarès mais Konark allait aussi nous étonner ! Les dieux y avaient aussi une résidence secondaire...

Notre petit ticket de train en main, grand comme un ticket de métro où tout était étonnamment écrit dessus : Subha yatra (bon voyage), le numéro de train, la destination, le numéro de siège, le numéro de wagon, un vrai roman écrit sur un morceau de carton de 6 centimètres sur trois...Nous retournions à la gare de Vanarasi Junction pour continuer notre périple vers l'est, toujours au plus proche des dieux...

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Konark ! (déc 91). Le temple du soleil !

Nous quittions donc Bénarès avec la promesse d'y revenir très vite... En attendant, nous voulions rejoindre Konark en Orissa. On allait prendre le train, moyen le plus efficace de se déplacer en Inde pour les longues distances. On prit d'abord un « express », un grand mot, les trains en Inde étant loin d’être des TGV. Nous partirions le soir pour voyager toute la nuit en « second sleeper », couchette assurée avec ambiance garantie ! Nous passerions aux aurores à Lucknow dans le Bihar puis devrions changer de train à Howra Junction aux portes de Calcutta.

La gare de Howra était une vraie cour des miracles, point de chute de hordes de paysans déshérités venant de toutes les régions limitrophes pour tenter leur chance dans la capitale du Bengale. Beaucoup n'iraient jamais plus loin...

Au sein de cette gigantesque gare, on pouvait d'ailleurs y trouver le plus long quai du monde, plus de 900 mètres de long... Vous pouviez tenter un marathon en y faisant 47 fois la distance. Nous, nous devions juste y prendre un train « omnibus » partant vers le sud, vers Bubhaneswar, capitale de l’état de l'Orissa. Non sans appréhension. Nous étions donc obligés d'attendre à Howra Junction, ville gare ou gare ville ? Howra, où un pont de fer tout aussi démesuré, datant de l’époque coloniale britannique, traverse le Gange pour atteindre sa rive nord, pour rejoindre la mégalopole de Calcutta. Des années plus tard, je traverserais ce pont à trois niveaux, un pour les trains, un autre pour les petits véhicules à moteur et le dernier pour les piétons et véhicules lents en tous genres, ce dernier niveau étant entre autre un campement à ciel ouvert, où des familles entières, ayant malgré tout réussit à s'extirper de la gare, n'avaient jamais eu les moyens de rejoindre la capitale, même dans un de ses bidonvilles de tristes réputations. C’était juste un énorme village, tout au long d'un pont, peuplé de pauvres gens !

Nous descendions donc de notre train après une nuit relativement confortable où une fois la cohue de l'embarquement, tout le monde avait trouvé sa place (indiquée sur le petit ticket) tant bien que mal. On arrivait à dormir dans les trains en Inde malgré le confort précaire. À Howra, à peine le temps de pouvoir trouver le quai puis le train partant vers l'Orissa, nous étions assaillis par des hordes de gamins, crasseux, pouilleux, désirant des piécettes ou de quoi manger. Ce fut très oppressant et notre statut d’européen nous rendait mal à l'aise, mais nous continuions et trouvions relativement rapidement notre voie pour partir vers Bubhaneshwar.

Le trajet de jour serait beaucoup plus « ruts », pas de réservation et s’arrêtant dans toutes les gares, la foule était au rendez-vous. Nous réussissions à nous extirper du train malgré le monde et en milieu d’après-midi, nous débarquions au sein de la gare de la capitale de l’état de l'Orissa. Nous n'avions pas encore la pratique des nombreux voyages que nous ferions en Inde, nous le saurions plus tard, toujours prévoir une gare à l'avance (si l'on arrivait à se repérer bien évidemment, ne pas hésiter à demander à vos voisins non plus) pour rejoindre la porte de sortie et descendre ensuite dans la bonne gare. Les couloirs totalement englués de voyageurs au long cours, étudiants, pèlerins, mendiants, fonctionnaires, voleurs, paysans fauchés déménageant de leur campagne avec femmes, enfants et bardas, chanteuses et musiciens, montreurs de serpents et j'en passe, ah ! cela change des trains en Europe ? Eh bien, ces couloirs surchargés permettaient tout de même à de nombreux marchands ambulants de vendre toutes sortes de choses, surtout du thé, des petits encas, des fruits permettant de faire passer ces voyages qui, en Inde duraient des heures et des heures, on finissait même par profiter de gouter les spécialités culinaires des régions traversées ; les voyages ne sont jamais assez long en Inde ! Lors des longs trajets, même dans des postures parfois démantibulées, les gens toujours aussi avenant vous faisaient la conversation, les touristes étrangers voyageant habituellement en première classe, alors voyant des « saïb » au milieu de la populace, ils en profitaient ; les questions fusaient, les interrogations de toutes sortes, à notre sujet, ces étranges « blancs » venus se perdre dans un pays archaïque, ils étaient fiers de voir ces étrangers visiter leur pays et surtout l'apprécier alors qu'eux-même avaient du mal à le supporter, mais eux y vivaient tous les jours, nous, nous n'étions qu’éphémère, juste de passage . Il n’était pas rare non plus, de rencontrer d'autres voyageurs vous invitant chez eux, en dix ans cela nous arriva au moins une fois tous les ans, ou alors simplement vous offrant leurs services pour trouver des correspondances aléatoires dans les gares, aux arrêts de bus, d'ailleurs dans le cas qui nous intéresse, la gare des bus de Bubhaneshwar, pour enfin, rejoindre Konark (ou Konarak) sur la cote, au bord de la mer... Enfin du repos !

Bhubneswar était une petite ville, sans beaucoup de bousculades , ni d'embouteillages, un vrai petit air de province, étonnant pour l'Inde, après nos passages à Delhi, Agra, Jaipur, Bénares, Calcutta ou le gigantisme et le fourmillement humain était de rigueur. On voulut donc chopper un bus pour Konark mais l’après -midi, il n'y en avait plus, on devait prendre la direction de Puri, la Goa de l'Orissa, et trouver une autre correspondance. Depuis longtemps cette ville côtière (Puri, c'est pourri?) était un « spot » pour hippies devenu une destination de « backpackers ». Nous ne voulions pas y aller, alors on descendit du bus au milieu du trajet, à Pipli, ville très colorée par le fait qu'elle avait fait de sa spécialité, de la teinture à dominante rouge sur cotonnade, agrémentée de motifs naïfs. Toutes les rues de la ville en regorgeaient et les boutiques rivalisaient du meilleur décor attractif, une vraie explosion de couleur !

A Pipli, cela devenait de plus en plus compliqué pour les correspondances, très peu de gens parlant anglais, mais en fait on commençait surtout à être fatigué et à saturer de la foule, il était temps que l'on arrive, et puis enfin, on trouva une sorte d'énorme rickshaw collectif, surpeuplé et nous pûmes rejoindre Konark. Nos amis nous attendaient dans un lodge des plus calme, à la sortie du bled...Un guide, se tenant à la sortie du taxi collectif, un dénommé Rupo, qui serait par la suite de tous nos déplacements et visites du fameux temple du soleil puisqu'il en était un guide officiel, nous emmena enfin dans cette petite guest-house coquette et bien tenue. Nous y passerions notre séjour, un bonne dizaine de jours, le temps de traverser l’année 1991 vers 1992. Nous n'avions d'ailleurs pas le choix, puisqu'elle était la seule de l'endroit, nous pouvions enfin nous poser !

Idéalement, étions nous à la sortie de Konark sur la route de la plage, un rickshaw vélo nous emmènerait quotidiennement sur la plage de sable blanc non loin, façonnée par les vagues et les courants puissants de la mer du golfe du Bengale. Nous y passerions nos après-midis, des kilomètres de plage sans un clampin, juste un village de pécheurs nomades y était provisoirement installé. Un petit temple d'Hanuman, le dieu singe et un baba-sadhou, maitre des lieux, finissait de nous rendre l'horizon d'une beauté assez rare et unique. Un vrai plaisir.

Bien-sur, nous étions venus à Konark pour le temple du soleil, réputé entre autres pour ses sculptures érotiques. Les pèlerins indiens y venaient pour y faire des offrandes et « optimiser » leur fertilité. Lorsque Surya Temple fut construit au tout début du second millénaire , l'Inde avait une population décroissante (eh oui, comme quoi les temps changent...) et le roi du moment avait engagé des sculpteurs pour y tailler dans la pierre, des scènes de fornications en tous genres pour stimuler la libido de ses concitoyens. Notre futur guide Rupo nous fit la visite « colorée et détaillée » du temple et je conseillerai à ceux qui voudrait visiter le fameux Surya Temple, de prendre un guide, le spectacle et la verve de ceux-ci est garantie, et une franche rigolade accompagne les descriptions scabreuses de ces statues. Inoubliable ! Nous verrions que les habitants des villages alentours étaient d'ailleurs très portés sur la chose ! Le roi de l’époque avait donc réussit son coup ! La population de l'Inde allait dépasser celle de la Chine dans les années 2020 ?

En fait, Konark n’était qu'un temple et des boutique l'entourant, le soir, les bus de pèlerins et de touristes étant retourner dans leurs pénates, tous rentraient dans des villages disséminés dans la campagne, seulement accessibles à pied ou en vélo par des sentes traversant des rizières. Un paysage magnifique, un petit air d'ISAN.

Mais nous étions arrivés là, surtout sur les conseils d'un ami de Yann, qui dans les années soixante avait fait une retraite en compagnie d'un baba, Propulo Baba, que nous côtoierons tous les soirs. Avec ses disciples, tous guides au temple nous formerions une sacrée bande de fumeurs de shilum, discussions interminables, méditations et notre Baba, ancien fonctionnaire de police, qui avait laissé sa vie civile depuis des lustres, avait tellement d'histoires à raconter que nous étions fascinés et nos soirées étaient un vrai plaisir. À coté de sa case d'ermite, faite de feuille de cocotier , un petit ashram s’était installé. Oh ! tout simple, rien à voir avec ceux de Rishikesh, non, ce n’était qu'une dalle recouverte d'un toit en branchage, une statue trônait, le dieu soleil bien-sur, surplombant le parterre où des disciples, des locaux venaient y faire de la musique, venaient y célébrer des mariages des naissances, venaient y méditer, ou bien s'adonner au plaisir du yoga, tout cela sous l’égide de ce tout petit homme, homme saint, Propulo Baba.

Yann qui était déjà venu l’année précédente, avait décidé d'y revenir avec sa fille de huit mois pour lui prodiguer un baptême hindous, ce fut une belle fête, où les femmes de nos amis cuisinèrent, où nous fîmes de la musique, où nous fumerions des shilums grands comme des avant-bras...Sa petit fille était d'une blancheur immaculée, et grosse comme un bouddha chinois. Elle fascina tout le monde. Yann et Claire l'avaient appelés Surya, soleil en hindi, un vraie petit soleil, comme le nom du dieu du temple de Konark ; alors préméditations, prémonitions ? Surya a toujours un air lumineux de nos jours !

Nous reviendrons encore deux fois à Konark et elle restera dans mon cœur, forte de cette première rencontre inoubliable.

Notre premier voyage s'achevait donc, il fallait juste rentrer à Delhi, retraverser tout le nord de l'Inde, mais nous ferions « un stop » à Bénarès avant de rejoindre l'Europe. Nous allions revenir en terre française totalement transformés, déboussolés, avec une seule envie, revenir en Inde et découvrir le reste du pays. Nous y reviendrons dix années de suite, la traversant en long et en large, y faisant plusieurs fois le tour de ce pays continent qui serait pour toujours pour moi "Mother India".

S’achève donc cette série d'articles sur ce que fut cette découverte de l'Inde, ce qui m'aura permis de vouloir aller plus loin, visiter d'autres pays en Asie, pour avoir atterri depuis plus de dix ans en ISAN, au nord est de la Thaïlande. Un cheminement de plus de vingt ans, mais qui avait donc sa source en Inde, comme une nouvelle naissance vers une nouvelle vie. Après une première vie française, Mother India m'aurait vu grandir, Mother India m'aurait accompagné dans une enfance asiatique et depuis que je traine mon éternelle adolescence en ISAN, jamais elle ne m'a abandonné. Aujourd'hui, adulte ? Pas encore. Je revenais et reviendrai régulièrement en Inde, je lui ai fait et je lui ferai souvent des appels comme elle me fait régulièrement des signes même si l'ISAN est désormais, ma plaine de jeux, pour les années à venir...Mais ceci, toujours sous son regard protecteur, toujours auprès des dieux !

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Je vous ai donc présenté "Mon Inde à moi" comme je l'avais ressentie lors de ce premier voyage. Je rajouterai quatre articles à propos de Varkala, petite bourgade du sud de l'Inde située au sud du Kérala. Tombé sous le charme lors de mon deuxième voyage, je retournerai pour aller m'y installer pendant une petite dizaine d'années, construisant une maison et partageant tous mes hivers, à l'époque, lorsqu'elle n'était pas encore devenue une station balnéaire très prisée des "backpakers" et des indiens branchés...

En attendant voici le lien vers cette série d'articles.



Varkala, Kérala, South India.(4)

Il y a des lieux dans le monde qui ne laissent pas indifférents, et Varkala en fait parti !

J'aurais pu en parler dans ma rubrique "Divagations indiennes" mais Varkala, ou petite baie charmante donnant sur la mer d'Oman, mérite que l'on y consacre plusieurs articles. Par hasard, je m'y suis arrêté lors d'un voyage en 1992, puis j'y ai passé presque 10 hivers consécutifs ! Les gens que j'ai pu y rencontrer, vous donnent de l'inspiration ! Des amitiés exceptionnelles s'y sont construites, de l'amour, ce petit bout de pays, en regorge et mon voyage récent en Octobre 2011 après presque dix ans d'absence va me permettre de vous présenter un autre petit paradis, différent de l'ISAN certes, mais tout aussi authentique !

Varkala, un p'tit coin de paradis? (première partie)

Il y a une semaine, je suis retourné à Varkala après dix ans d’absence mais ma première rencontre avec ce lieu si particulier se passa durant l'hiver 1992 , lors de mon deuxième voyage en Inde.

Pour la première fois, nous avions (avec ma compagne de l’époque) repris les trajets de notre première déambulation indienne, c'est à dire le Nepal puis le bassin du Gange mais une fois à Bhubaneshwar, nous avions tracés vers le sud, jusqu'à Kanyakhumari (ancien Cap Cormorin) puis remontant la cote ouest, arrivés à Trivandrum (Thiruvanantapuram), capitale de l'état du Kérala, nous cherchions une plage. La cote de l'ancien Malabar en était truffée ! Fallait-il en trouver une , digne de ce nom ?

Lors d’arrêt sur la cote est de l'Inde, ses plages magnifiques étaient bien là, mais elle servait comme beaucoup de plage du sous-continent, de toilette publique. Nager au milieu des étrons, n'est pas forcément idyllique ! L'indien, lui cherche de l'eau pour ses soulagements matinaux, et la mer, donc la plage, est un endroit rêvé. La sensation de se « libérer » avec vue magnifique sur le golfe du Bengale au moment du lever du soleil, quoi de plus beau ? Nous, nous cherchions donc une plage où l'on pourrait se baigner et pourquoi pas buller, se reposer de trois mois de voyage intense !

Nous avions un guide de voyages comme tout bon routard et le « Lonely Planet »était la référence du vrai baroudeur. On n’échappe pas au cliché ! A l’époque, la version française n'existait pas encore et avec notre pavé (il faut le dire, pour voyager léger le « Lonely » n'est pas l’idéal) sous le bras, nous remarquions un entrefilet dans les lieux à voir, proche de Trivandrum :

Varkala ! En deux lignes, ils disaient que c’était le seul endroit de l'Inde où l'on trouvait un centre de cure dépendant du gouvernement, des sources d'eau thermale tombant des falaises sur la plage, plage d'ailleurs appartenant au temple (peut-être l'indien ne s'en servirait-il pas de toilette, nous verrions), par contre aucun hôtel ni guest-house n’étaient recensés !

A la gare des bus de Trivandrum, dans un bordel pas possible, comme toujours en Inde, nous trouvions un bus de l’état du Kérala qui faisait la ligne jusqu'à cette plage. Ils nous l’affirmèrent. Nous montions dans ce bus couleur rouge/sable et longions la cote escarpée de la mer d'Oman jusqu'au temple de Varkala, le temple de Swami Janardhana...On était un dimanche, je me souviens et les bus n’étaient pas encombrés d’écoliers. Après deux heures de trajet, nous arrivions dans la ville proprement dite de Varkala, le temple et la plage étant trois kilomètres en aval de la ville. Nous n’étions alors plus que tous les deux dans le bus. Pas de pèlerins ni personne pour se rendre à la mer. Il faut dire qu'il était déjà presque cinq heures de l’après-midi, le pèlerin voyageant vers sa Punja se matérialisant plutôt vers cinq heures du matin !

Nous descendions du bus sous l'injonction du chauffeur : fin de parcours !

Il n'y avait quasiment personne. Personne pour nous solliciter pour un hôtel (normal, il n'y en avait pas) ou même un rickshaw walla (Conducteur de petit taxi à trois roues, style Tuk Tuk thaï, en Inde la plupart de couleur noire et jaune) pour nous proposer de nous rendre dans un lieu de notre choix ou de son choix (comme souvent en Inde)...Un petit resto faisait le coin et les gens y prenaient le thé en grignotant des sortes de beignets de bananes. On entra avec nos gros sacs (décidément), s'asseyant, nous prenions alors la place de quatre, voire six indiens lambda. On ressortit alors et posions nos sacs dehors, ce qui parut être apprécié et considéré comme un geste civilisé. Nous buvions notre thé et demandions au patron/caissier où se trouvait la plage. Il s'extirpa de son poste de vigie et nous indiqua une petite route en terre et nous dit dans un anglais plus que correct que la plage était à un peu moins de un kilomètre.

Nous prenions notre bardas et marchions à l'ombre de gigantesques cocotiers (Kerala veut dire « le pays des cocotiers »). Nous croisions que très peu de monde. Étonnant pour l'Inde. Sur la gauche, en hauteur, nous passions le temple, ce qui devait être celui de Swami Janardhana, à droite un grand bassin pour les ablutions qui devait dépendre du temple. On avançait toujours au milieu de cet havre de paix, nous remarquions des rizières tombant de la colline vers ce qui commençait à sentir la mer. C’était magnifique, calme, seulement quelques explosions de pétards venant du temple nous indiquait qu'il y avait une Punja (prières rituelles). Une brise légère nous signala que l'on arrivait au bord de la mer. Le soleil se couchait à l'horizon, une orange gigantesque suspendue au dessus de la mer d'Oman ! Un muret en pierre montra l’entrée de la plage. Un ruisselet s’écoulait dans le prolongement de la plage surgissant de derrière les rizières pour se jeter dans la mer ! Magnifique.

Une marchande de cacahouètes nous offrit son sourire et dans un cornet de papier journal , elle nous en vendit pour une roupie de cacahouètes encore tièdes. Nous laissions nos sacs près de sa charrette et nous nous aventurions sur la plage. De chaque coté, de hautes falaises rouge-ocre se dressaient à presque 40 mètres de hauteur. Le ru se jetait enfin dans la mer et nous le traversions. Personne ne déambulait sur le sable, à part quelques enfants endimanchés s'amusant dans les vagues puissantes de l'océan indien, surveillés par des mamans vêtues de superbes Sari (pièce de tissu de 7 mètres environ dont les femmes indiennes aiment s'enrouler) . Nous retournions sur nos pas et remarquions alors la remontée de la rizière, encombrée de cocotiers en pagaille, engoncés de part et d'autres de ces majestueux remparts couleur ocre, parsemés de yuccas et autres essences d'un vert étincelant, faisant face à la mer fracassant son écume bouillonnante à ses pieds ! Le soleil disparaissait petit à petit vers la péninsule arabique et donnait au ciel des teintes violacées entremêlées de nuages d'altitude d'une couleur presque rouge sang !

« Putain, qu'c'était beau ». Était-ce là, le paradis sur terre ?

Presque trois mois que nous étions dans la cohue indienne et là, nous étions presque seule face à l'immensité du panorama. L’idée de s'installer sous un cocotier pour la nuit nous vint à l'esprit mais ce n’était pas franchement quelque chose à faire, une noix de coco est si vite tombée de l'arbre. Le rêve se serait alors évanoui !

Nous rebroussions chemin dans le crépuscule et en haut des trois marches de l’accès à la plage, près de la charrette de la vendeuse de cacahouètes, un jeune ado se tenait là, semblant nous guetter. Il nous fit un sourire et nous posa les questions rituelles auxquelles chaque voyageur doit se plier continuellement lors de son périple indien :

"what is your country ? What is your name ? What job ? " Etcétéra... Puis il nous demanda si nous cherchions un endroit pour dormir ! Harry (comme il aimât se faire appeler plus tard) nous dit que son oncle avait une maison à cinquante mètre de là, qu'il y vivait avec sa grand-mère et qu'il avait une chambre de libre ! Nous remontions vers sa maison toute proche et nous découvrions une belle maison traditionnelle kéralaise à toit en tuiles . Quelques marches pour y accéder, un puits sur la droite marquait l'entrée de la cour intérieure où une vieille femme était assise à mâcher son bétel (noix d'arec mélangée avec du tabac noir entourée d'une feuille de bétel badigeonnée de chaux. Coupe faim parfois hallucinogène, particulièrement amer, appréciés des indiens comme par les gens d'ISAN d'ailleurs). Nous lui prodiguions un Namasté (plus tard nous apprendrions qu'au sud , on doit dire « Namaskaram » accompagné du rituelle « mains jointes vers le haut sur la poitrine » tel le Waï en Thaïlande. Harry, notre hôte, nous montra une petite chambre , une petite pièce faisant office de salle de bain près du puits, nous dit aussi qu'il pouvait nous faire le petit déjeuner tous les matins, si nous le désirions...Tout était rudimentaire, la gentillesse respirait, une certaine sagesse transpirait de ces deux personnages et cela nous plût tout de suite et plus que tout.

C'était donc là ? Le Paradis, juste là, époustouflant !

Harry nous dit qu'il nous trouverait un lit pour le lendemain, en attendant nous devions nous contenter d'une natte. Nous acceptâmes sa proposition, je ne sais plus pour quelle somme d'argent mais cela était dérisoire et le paradis n'a pas de prix, non ?

Je me sentais bien...Je venais de mettre un pied dans un lieu que je ne croyais pas pouvoir exister ! Mon âme était ensorcelée... Définitivement !

Varkala serait alors dix ans d'une passion intense, puis de déchirement, puis d'une absence trop longue enfin contrarié depuis le mois dernier, mais la passion, l'amour du lieu et des gens ne sont toujours pas effacés et je ne pense pas que cela passera, d'ailleurs pourquoi cela devrait-il arriver ?

Un p'tit coin de paradis niché au fond de son cœur reste indélébile !

Fin de la première partie... Lire l'article original



Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)

Au petit matin, ce jour de décembre 1992, nous nous sommes réveillés avec une délicieuse humeur venue de la mer. Notre petite maison en était vraiment proche. La maisonnée était déjà debout, la grand-mère confectionnait son stock de bétel pour la journée. Le long de la route rejoignant la plage, il y avait du chalands, des femmes essentiellement, toutes de blanc vêtus, nous le saurons au fil des années, c’étaient des veuves qui les jours de pleines lunes venaient au temple pour rendre hommage à leur défunt mari. Elle venait sur la plage de Varkala pour son caractère sacré ; la connexion avec le soleil et la lune (les jours de pleine lune, le coucher de lune coïncidait avec le lever du soleil, énergie est-ouest, la plage plein axe sud-nord. Toutes ces polarités donnaient à la plage du temple le jouxtant (le temple de Janardhana, on l'apprendrait plus tard , était déjà au même endroit, il y a plus de 2000 ans!) sa puissance mystique. Toutes ces femmes nous entrainèrent vers la plage. Harry, notre hôte, nous dit que le petit déjeuner serait prêt lors de notre retour de notre balade. A l’entrée de la plage de sable d'une étrange combinaison de couleur blanche rouge et noire, de nombreux Brahmanes (prêtre indou de la haute caste) officiaient des punjas. Les veuves attendaient sagement leur tour. Nous traversions le ru et là, un éléphant prenait son bain. Saraswati l’éléphante (plus tard elle serait notre voisine) du temple comme chaque temple du Kérala en « possède » un ou une ! Nous avancions sur la plage sous les grandes falaises. Nous allions vers le fond de la baie. Des pêcheurs (des musulmans, Varkala est peuplé des trois communautés monothéistes qui vivent en harmonie, il faut le signaler) réparaient leurs filets ou pour certains s’apprêtaient à assembler les trois troncs de Balsa formant leur embarcation pour partir en mer, une pêche de poissons côtiers, crustacés et de mollusques. Plus loin, nous découvrions les sources tombant en cascade sur la plage. De nombreux hommes se lavaient , remplissaient aussi des bouteilles de cette eau sortie de la roche , d'ailleurs nous ne boiront que de cette eau minérale pendant toutes les années où nous sommes resteés à Varkala. Pourquoi s'en priver ? minérale et dotée de facultés thérapeutiques, lesquelles, je ne l'ai jamais vraiment su mais une chose est sur , elle est toujours très bonnes à boire, et ne nous ne sommes jamais tombés malades! La mer était d'huile le matin, l'envie de se baigner et nager étant plus forte, on se jeta à l'eau. Devant la plage, une sorte de petit bras de mer avec très peu de profondeur longeait la plage, puis à trente mètres, une cassure, une barrière, avec, nous le verrions au fil du temps, suivant les époques, des rouleaux plus ou moins énormes s'écrasant au sol ! L'eau était bonne et l'envie de jouer dans la vague fut plus forte. Je pris quelques claques, le flux m’écrasant sur le sable. Nous étions seules dans l'eau et de surcroit j’étais vraiment seul dans la vague, ma compagne n’étant pas la sœur de « l'homme de l’Atlantide ». Le bonheur ! Les indiens qui se lavaient me prirent pour un « fada » et quelques uns me prièrent de revenir. Je le fis, pour une première rencontre, il était mieux d’écouter les avis des locaux qui se lavaient sous la cascade le matin , ce fut aussi un bon moyen de faire connaissance. Lorsque nous nous installerions tous les hivers, nous nagerions alors avec les mêmes qui se risqueraient petit à petit à braver la vague. Après cette toute première baignade, je décidais d'aller à la source, au milieu de ces hommes robustes comme le sont les kéralais, et tout de suite, les « mecs » me firent une place et même, me passèrent du savon ; le lien était fait ! Ils me posèrent des questions et tout de suite je sentais que j’étais le bienvenu. Ma compagne aurait bien aimé participer mais en Inde en 1992 et encore aujourd'hui certaines choses permises aux hommes ne le sont pas pour les femmes (l'Inde n'est pas exception, n'est-ce pas mesdames ?).

Propres et détendus, nous revinrent et la chaleur pesait déjà son poids, le soleil commençait à apparaître au dessus des cocotiers. A la maison , Harry nous accueillit et nous installa sur une natte et nous servit un « PUTU » (bambou cake) sorte de gâteau cuit à la vapeur dans un cylindre où à sa base il y a un petit réservoir d'eau, on le pose sur le feu à la verticale. Dans ce tube on mélange de la farine complète, de la noix de coco râpée et un peu de farine de lentilles. Un fois cuit, on le démoule et dessus, on le badigeonne de miel ou de sucre (on peut le manger aussi avec « du salé », curry etc...). Puis avec de délicieuses petites bananes bien mures, on écrase le toute de sa main (la droite c'est mieux) et franchement, c'est peut-être bourratif mais extrêmement agréable, plein d’énergie et en pleine osmose avec le paysage, les psalmodies des punjas et l'air ambiant. Une fois terminés, nous remarquions une femme, tirant de l'eau du puits ! A ses cotés, deux enfants, une petite fille toute menu et un petit garçon apparemment ne sachant pas marcher ! Ils nous observaient de leurs grands yeux noirs. Les trois nous souriaientVarkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie) et nous n'avions qu'à leur rendre ce sourire radieux. Harry s’occupait de sa grand-mère et l'installait sur le minuscule parvis de la petit maison jouxtant notre petite chambre . La cour était fraichement balayée, le balai de nervures de feuilles de cocotiers sèches laissant des traces de propres sur la terre battue. Nous étions bien et ces regards, ces sourires, feraient que nous resterions plus de un mois dans cet havre de paix...Nous y reviendrions d'ailleurs Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)pendant plus de dix saisons hivernales, nous y construirions une maison, y aurions beaucoup d’amitiés et de joies, y construirions une famille recomposée ; nous ne le savions pas encore mais le regard de cette petite fille, la timidité et la maladresse infantile de son petit frère et le sourire de leur mère y seraient pour beaucoup.

Suite au prochain numéro...

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Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)

Préambule :

J'aurais pu continuer à écrire des dizaines d'articles sur mes 10 années passées à Varkala, puis sur les raisons de mes dix années d'absence puis finir de disserter sur mon voyage récent au Kérala, mais cela aurait été long et fastidieux alors j'ai préféré commencer à essayer d’écrire un roman autobiographique sur cette passion, jamais oubliée, enfouie, cachée au fond de mon être qui a ressurgit lors de ce retour au source, lors de ce dernier voyage à Varkala le mois dernier ! (Lorsque je dis « écrire un roman », je n'ai pas la prétention de savoir écrire, mais c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? Comme le disait mon grand-père ou...) Avant d'en arriver à la conclusion de cette série d'article sur Varkala (dans le prochain article, "Varkala , 20 ans plus tard !"), je vais résumer en quelques lignes le pourquoi du comment de cette passion qu'est devenue ce petit bout de terre pour moi. Je n'ai hélas que très peu de photos de l’époque, ma compagne du moment ayant tout gardé, après notre séparation rocambolesque ! Voici dix années de vie en un peu plus de dix lignes ! Au paradis ?

En cet hiver 1992, nous restions donc plus d' un mois au sein de la maison de Harry. Nous rencontrions que très peu d’étrangers, les guides de voyages n'ayant pas jeté leur dévolu sur la plage de Varkala. Je me rappelle du nouvel an où nous étions une dizaine de « saïbs » (le farang en Inde) à fêter la nouvelle année. Seul un suisse allemand, berger dans ses montagnes en été, venait ici depuis de nombreuses années L'entrée de la plage (il se mariera avec une fille du cru quelques années plus tard). Il devait déjà penser que cette petite dizaine de «touristes» était plus que suffisant. « la Cliff », c'est à dire le haut de la falaise vers le sud était vierge de toute construction, les habitants de Varkala estimant que l'endroit était maléfique et dangereux lorsque la mousson du début du mois de juin déferlait sur cet endroit maudit. Seuls, de pauvres récupérateurs d'ordures ménagères recyclables y habitaient dans des cahutes faites de feuilles de cocotiers tressées !

Ce premier hiver près de la plage et à proximité du ru descendant des rizières, les propriétaires du restaurant de la jonction de Janardhanapuram dit « Alta La Mut ») où nous avions pris notre premier thé, avaient commencé à faire tourner « un tea stall » fait lui aussi de palmes de coco, vendant quelques friandises et encas, cet endroit devint alors très naturellement le rendez vous des « backpackers » (voyageurs en sac à dos) !

En haut de la rizière, à l'opposé de la gargote à thé, avait aussi débuté depuis trois ans la construction d'un hôtel de luxe de la chaine « TAJ », qui se terminera quatre ans plus tard. Cela donna du travail à beaucoup de petites gens de la région, la plupart de la caste des « kuravan » (littéralement plus petit que petit). La petite famille que nous venions de rencontrer Sarojini la mère, Lathika et Vinu ses enfants en font encore partis (tel un tatouage, l'appartenance à une caste est indéfectible en Inde) ! Chez Harry, le travail de la petite famille se bornait à un rôle de « serviteurs ». Les petites castes se bornaient donc aux travaux du bâtiments ou de domestiques !

On allait, cette première année, être inviter une fois dans leur famille, où sur un bout de terrain près du bassin « des indigents », cette étendue d'eau anciennement réservée aux hors caste près de leur habitacle loin des castes privilégiées habitant eux près du temple où le grand bassin était de leur usage exclusif , ils vivaient a plus de trente en comptant les enfants. Harry nous fit aussi rencontrer nombreux de ses amis, des jeunes assoiffés de rencontres occidentales. Ils devinrent tous nos amis au fil des ans, Manikutam, Sham, Vijay et j'en passe... Avant notre départ en ce début d’année 1993, nous passions déjà beaucoup de temps avec « notre petite famille ». Lathika apprit très très vite à baragouiner l'anglais, Vinu plus petit et qui s’avérera plus réservé par la suite, mettrait plus longtemps à le parler ; il fut toujours plus proche de sa mère Sarojini qui par contre encore aujourd'hui ne pratique que quelques mots de la langue de Shakespeare. Les deux petits n'allaient pas à l’école (surtout Lathika, Vinu était encore trop petit) et nous proposions à la mère de lui payer les frais de scolarité, même si l’école était gratuite , les frais annexes (uniformes, cahiers etcétéra.) étaient trop élevés pour cette pauvre femme sans mari, et dans la société indienne , une femme avec des enfants sans mari, je ne vous fait pas de dessin, pas question d'aides ni de solidarité compassionnelle. Il n'avait vraiment rien et nous le constaterions en allant à Perrilkullam , en haut du temple, à l’écart des gens de castes ou se situait de leur maison. Ainsi de suite, nous reviendrons d’année en année dans ce petit coin qui sembla être « notre paradis » qui devint aussi sur la « cliff », très très vite dans le prolongement de l’hôtel Taj l'endroit où les « voyageurs » feraient une halte paisible au bord de cette plage magnifique. Deux ans plus tard, le routard et le Lonely, guides de voyages, répertorièrent Varkala et le défilé des sacs à dos a pu commencer. Les constructions se développèrent d’année en année. Nous nous restions près du temple au milieu des « locaux »pas très loin de la « famille ». D'abord chez Vijay, nous resterions trois ans et après Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)nous ferions construire une maison à 50 mètres du temple entre la falaise nord et l’entrée sud du temple. Ce ne fut pas de tout repos de la construire, mais nous apprendrions à mieux connaître les gens et certaines de leurs coutumes. Nous y habiterions avec Sarojini, Vinu et Lathika. Ils y resteraient toute l’année, non sans difficulté, les abords du temple étant réservés aux castes les plus élevées. On venait de chambouler un ordre établie que la constitution indienne avait pourtant abolit dès 1947...Dans les textes seulement ! Les hivers furent délicieux, malheureux par moment mais très rarement ! Nous nous fîmes de vrai amis, le tourisme augmentait d’année en année mais cela donnait du boulot. Restaurant pour les plus aguerris, travaux du bâtiments pour les gens comme les oncles et tantes de Lathika.

Lathika et Vinu grandissait, allaient à l’école, le soir, je leur donnais des leçons d'anglais, de géographie et même de français. Nous partions en excursion chaque hiver, vers Munnar, Cochin, Madurai, Changanacherry et j'en passe. Tout le monde nous connaissait et nous appréciaient autant dans le milieu chic de la ville (avocat, entrepreneur, police) que chez les jeunes, occupés désormais à travailler avec les touristes ; les gens de Perrilkulam furent les plus proches de nous...Nous irions loin, peut-être trop loin... Puis un voyage en Thaïlande avec un certain Alex (sa femme suisse ne voulait pas y aller, alors il m'a proposé le billet gratis pour y aller voir son ex beau frère qui y résidait, pourquoi refuser un tel cadeau ?) révéla à notre retour la fin de la complicité que l'on avait ma compagne et moi ! Je la retrouvais habillée en SARI, marquée du syndrome indien, entichée d'un beau kéralais. La maison fut un problème, moi je restais avec la famille, la jalousie, et tout le toutim prirent le relais et je pense que nos amis ont alors vu la face cachée de l’européen , face cachée qu'ils pensaient ne pas nous habiter...

Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Durant ces dix années , je fus le premier étranger à être accepter dans l'enceinte même du temple de Janardhana et pouvoir participer à une punja rituelle; je m'en irais avec mes jeunes amis au pèlerinage du dieu Ayyapa, traversant la jungle et alors faire parti des millions d'hommes se rendant sur cette colline sacrée ; impressionnant! Je fus aussi le premier “Saib” qui aurait pu inaugurer la prison, comme étranger, du poste de police de Varkala !

Le soir du nouvel an 98, le chef de la police , totalement saoul, s'en pris à Lathika alors que nous traversions devant l’entrée de la plage, la traitant de petite pute fricotant avec les étrangers, putain merde (excusez-moi) ! Elle n'avait que 12 ans ! La bousculant, l'agrippant par les cheveux, je voulu la protéger et je le poussais à mon tour, il tomba à terre et je pus voir déferler sur moi les flics présents, armés de grands bambous...Leur chef les arrêta avant la bastonnade mais il avait perdu la face ! Le lendemain à 5H 40, je devais partir, c’était prévu, à Delhi, chercher mon ami Yann, ce qui fut interprété par le chef de la police comme une fuite. Le « circle inspector », lors de mon retour une quinzaine de jour plus tard, avait préparé sa vengeance. Ma compagne parti avec son belle indien, lui aussi marié, me convoqua et me dit que j’étais responsable de ma femme et que l'abandon de foyer de l'indien était donc de ma responsabilité, j'en croyais pas mes yeux. A peine deux heures dans la maison que je fus emmené au poste, interrogatoire etc...Mon ami Yann fit le pied de grue toute la journée devant les locaux de la police de Varkala, avec le numéro du consulat français en poche, en cas d'emprisonnement. Heureusement, mes relations, Vijayan Naïr, leader politique du district et VijayKumar , avocat, ne me laissèrent pas tomber. Le chef de la police, violant et alcoolique, de surcroit natif d'une région éloignée de Varkala, n’était pas aimé des gens de Varkala et depuis une année, les citoyens protestaient par des pétitions et des manifestations, affichant leur désir de le voir partir. La famille, Sarojini, Lathika et Vinu, furent convoques tard le soir, emmener par une jeep de la police à la vue de tous, une honte pour eux, pour répondre des relations que je pouvais avoir avec ma fille, mon ex compagne avait fait courir le bruit , par jalousie, de Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)notre complicité trop importante, a son goût, à entre Lathika et moi , je vous laisse interpréter cela. Il jouait sa dernière carte, le flic ! Les pleurs de la famille , le refus l'inspecteur de me recevoir, je voulais avoir une confrontation directe avec lui, voire m'excuser de l'avoir poussé. L'interrogatoire et le procès verbal fut fait par un ami policier qui me laissa partir pour passer une dernière nuit dans la maison de Varkala, j'avais éviter la cellule, puis le même ami flic vint me voir dans la nuit, on partagea un fiole de mauvais rhum avec Yann, entourés de Lathika et Sarojini, totalement apeurés, Vinu dormait. A l'aube, dans une tristesse infinie, épuisés, l'ami flic me dit de partir le plus tôt possible, le chef de la police trouverait probablement un kilo de Ganja dans ma maison le lendemain, je prendrais alors dix ans de taule minimum...Putain, en une nuit parce que j'avais fait perdre la face au chef de la police, parce que mon ex compagne ne voulait pas assumer sa nouvelle relation, je devenais personne non gratta de Varkala. Je partis avec Yann au petit matin avec le taxi de Prépagavan à Kovalam, une plage près de Trivandrum, déjà très touristique, en fait un avant goût de ce qu'allait devenir Varkala ! Harry ne me laissa pas tomber et son oncle qui travaillait au sein des services secrets indiens, au service « des grandes oreilles » connaissait le grand chef de la police du Kérala et ...Le chef inspecteur fut muté à peine une semaine plus tard...Mon ex interdite momentanément de revenir à Varkala. Je fus reçu par le chef de la police du Kérala en compagnie de l'oncle de Harry, descendu exprès de Bombay, qui me l'annonça de vive voie. Il posa une condition, que j’emmène une bouteille de Black Label ...On est pas grand chose. Je revins alors passer les trois dernier jour dans notre maison au bord de la falaise, Lathika Vilasam...Je revins par la suite deux fois en coup de vent, l’année suivante où je léguais mes parts de la maison à la famille puis en 2002, mais quelque chose était brisé, par la suite les frasques de mon ex finirent de convaincre les plus sceptiques que nous étions, les étrangers, de drôles de gens pas très fréquentables.

Le paradis peut devenir très vite un enfer et je n'ai qu'effleuré l'histoire...

Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Aujourd'hui, je reviens de Varkala, j'y étais le mois dernier et je peux vous assurer que tous mes amis sont encore mes amis et que le regard de Vinu, Lathika et Sarojini n'ont pas changé. Il y a de l'amour, du désir de continuer « notre histoire indéfectible ». Habitant en ISAN désormais, superbe endroit, vert étincelant, côtoyant également de vrais gens, je suis tout de même toujours sur mes gardes ! Nous sommes toujours très très près dans la distance avec la famille, même si nous voyons que trop rarement mais nous n'avons jamais été séparés dans notre cœur ! Si une certaine appréhension, un genre de triste tropique m'avait freiné à remettre les pieds à Varkala depuis dix ans, le développement des communication ne nous ont jamais séparé ! Merci Nokia ! Nous devons être à nouveau réunis plus souvent !

Varkala, un petit paradis, oui, au fond de soi, dans le creux de sa main pour celui qui cherche, au fond de son cœur pour celui qui le veut et qui sait donner, il n'est pas forcement au bord d'une plage de sable blanc bordée de cocotiers, mais si on vous propose les deux ensembles alors n’hésitez pas, courrez , c'est si rare !

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Varkala, vingt ans plus tard !

À l'approche de l’aéroport international de Bangkok, à la bourre comme d'habitude, survolant par les voies express, les prémices de l'inondation qui guettait la capitale Thaïlandaise, dans le taxi du beau-frère, j'allais laisser ma petite famille d'ISAN pour m'immerger vers un passé jamais oublié.

Je partais pour le Kérala, pour Varkala, après dix ans d’absence, retrouver un lieu, des gens, une famille qui m'avaient tellement donnés de bonheur à l'aube de l'an deux mille ! J'avais une petite appréhension. Normal, je me disais !

J'enregistrais avec la Srilankan Airlines, compagnie d'aviation qui m'emmenait pour la première fois douze ans plus tôt vers la Thaïlande et l'ISAN. L'accueil était toujours aussi charmant et chaleureux. À Colombo, capitale de l'ancien Ceylan, je retrouvais le même aéroport, où durant la nuit du nouvel an deux mille, je fêtais ce passage vers le nouveau millénaire en compagnie d'un japonais et du seul barman du seul bistrot ouvert pour la circonstance. Nous étions trois dans l’aéroport, le monde ayant fuit l'endroit par peur du fameux « one two key », un nouvel an inoubliable !

Le transit vers L'inde se passa comme toujours dans un hôtel de luxe sur la cote, à Négombo puis réveillé à quatre-cinq heures du matin sans avoir pu fermer l’œil d'ailleurs, j'embarquais pour Trivandrum. Je me retrouvais seul dans la salle Varkala, vingt ans plus tard! (fin)d'avant-vol entouré de kéralais, tout de suite, comme ressurgit d'un passé jamais oublié, j’écoutais ces hommes revenant de leur dur labeur dans les pays du golf persique. Leur hochement de tête de gauche à droite, pour dire OUI à un ami lors d'une conversation, m'imprégnait d'un léger frisson, j’étais très près de « Mother India ». Ils parlaient en malayalam et je retrouvais les mots que je n'avais plus utilisés depuis si longtemps. Le vol fut rapide, les gars revenait au pays et je crois bien qu'ils avaient le même état d'esprit que moi : Une joie infinie, accompagnée d'une peur sourde. Qu'allait on retrouver en revenant, là, après tant d’années d'absence ?

Nous débarquions dans le nouveau terminal flambant neuf de Trivandrum. Seul européen, je passais plus vite tous les contrôles, je tentais d’apercevoir Lathika peut-être Vinu venus me chercher comme convenu. J'avais oublier que les gens venus chercher leurs amis ou familles ne pouvaient rentrer dans l'enceinte de l’aéroport. Les vitres fumées empêchant de voir vers l’extérieur. Lorsque les portes coulissantes s'ouvrirent, la chaleur humide m'assaillait. Comme auparavant des centaines de personnes vêtus de leurs plus beaux habits pour accueillir « leur revenant » me dévisagèrent sans un bruit. Le calme était de mise. L'angoisse de retrouver des personnes que l'on avait pas vu depuis si longtemps se faisait sentir. Un sorte de zone de « no man's land » où tout le monde s'observe et puis jaillissant de derrière cette foule, Lathika me fit de grand signe, je contournais la masse de personne et nous nous retrouvions l'un en face de l'autre. Nous n’eûmes pas d'effusion comme cela arrive en occident mais comme en ISAN, ici, on est pudique dans les retrouvailles. Nos cœurs battaient fort. Derrière elle, un grand jeune homme me regardait avec ce même regard que lorsqu’il était enfant, toujours réservé, c’était Vinu... À ses cotés, deux enfants souriant et se tortillant de timidité...Les enfants de Lathika. On avança vers le taxi, je pensais alors à la bonne vieille Ambassador, mais ce fut un taxi Toyota, eh oui, aussi ici ! Le chauffeur me gratifia d'un grand sourire et je reconnu Ajain, une belle moustache, un homme , je l'avais laissé tout jeune adolescent prépubère. On grimpa dans le taxi et petit à petit, nous échangeâmes quelques banalités. Comment ça va ? Tu as bien changé ? Etcétéra.

Sortie de l'enceinte de l’aéroport, l'air conditionné du taxi me parut inapproprié. J'ouvrais les fenêtres, je voulais humer, écouter le brouhaha des routes indiennes, regarder les gens, les maisons... Je voulais sentir toutes les sensations et tout de suite, cela faisait si longtemps. Je ne trouvais pas trop de différence avec la dernière fois de mon passage par cette route remontant vers le nord du Kérala. Des klaxons comme avant, mais c’était encore plus fort. Il y avait deux, trois fois, je ne sais pas, plus de véhicules . Plus de monde, plus de constructions, des fois très modernes, des condominium pour les nouveaux riches, la route, par contre, n'avait pas changé . Deux voies mal entretenues où un flot discontinu de véhicules s'acharnait à avancer tant bien que mal ! On approchait, Attingal et son marché ainsi que sa gare des bus toujours aussi bordélique. On s'engouffrait dans la campagne vers la mer. Plus on avançait, les constructions de luxe s'agglutinaient le long de la route. Les travailleurs du « gulf » faisant leur maison tape à l’œil pour leur futurs vieux jours. Ils le mériteraient, après avoir supporté des années de dur labeur, considérés comme des sous-hommes dans ces contrées de la péninsule arabique. Varkala apparut grouillant de monde. On s’arrêta pour acheter je ne sais quoi. Je regardais tout, je me souvenais de tout, les magasins, les marchés, les jonctions. On arriva à Perrilkulam, une partie de la famille était là avec quelques cheveux blancs supplémentaires pour les tantes, les enfants tous devenus adultes. Sur leur terrain, deux nouvelles constructions. La famille s’était agrandie.

Des mariages, Manju, Asha des nouveaux nés... Lathika et ses enfants Varkala, vingt ans plus tard! (fin)m’emmenèrent sur la « cliff », une chambre vue sur mer m'y attendait . Shinu, le patron, un jeune ado que je connaissais était devenu patron. NousVarkala, vingt ans plus tard! (fin) parcourions deux jours cette « cliff » surpeuplée de construction, d’hôtels et de restaurants. Lathika voulait présenter son "Pappa" à ceux qui ne me connaissaient pas. Elle était apparemment très connue, ayant tenu un salon de beauté durant plus de six saisons. Je revus tout ceux que je connaissais et ceux que je n'avais pas vu vinrent me saluer dans ma chambre, devenue par instant, tribune, lieu d’apéro et je ne m'étends pas... Je revis Vijay aussi, devenu un vieil homme toujours puissant et toujours élu du parti du Congrès. Les conversations furent toujours quasiment les mêmes, qu'est-ce que nous étions devenus depuis tout ce temps ?

La ville de Varkala avec son poste de police s’était, elle, encore agrandie. Les commerçants se rappelaient de moi « le français » de l'ouest du temple...La maison était toujours là, mais la famille a du partir et une action de justice est en cours pour la récupérer, l'ex de mon ex (OK?) ayant après avoir dépouillé mon ex compagne, pris aussi possession de cette maison.

L'avocat de Lathika qui s'occupe aussi de ses papiers pour sa venue en France, ah oui, elle est mariée à Nico, un français, ils ont de beaux enfants et ont décidé de vivre là-bas. Pourquoi pas ? Ma grande fille, femme accomplie, a mon soutient. Vinu travaille dans le bâtiment mais parle un bon anglais désormais!

Il manifesta un désir de moto, (comme tous les jeunes de son age) mais je lui préconisais un Auto-Rickshaw, au moins il pourrait gagner de l'argent en faisant le taxi. Il a trouvé la perle rare et j’espère qu'il en fera quelques chose de bien pour lui, sa future famille. En effet, il va bientôt se marier.

Comme Ajain, venu à l’aéroport, j'ai pu assister à son mariage et voir les membres de la famille que je n'avais pas encore vu. Un mariage simple, de gens de petites castes et un trajet en bus inoubliable !

On fit aussi une fête, à Perrilkullam pour l'anniversaire de Nohan (le plus jeune des fils de Lathika), une journée passée avec la famille, une journée douce , un repas de fête « fait maison » délicieux, concocté par Lathika aidée de ses tantes.

On a fait quelques soirées sur la « Cliff » avec les anciennes connaissances mais aussi Lathika. Du rock des années 70, de la Ganja et des Mojitos ! Varkala, c'est aussi cela désormais. Des « backpackers » cherchant des connections WIFI pour leur Iphone voire même leur Ipad...Les temps changent ! Des « hippies » des années deux mille. Les regards des « saïbs » sur moi et ma fille marchant le long du précipice, de la falaise, se demandant, plein de préjugés (?), ce qu'un « vieux » (pas si vieux, non ?) comme moi pouvait bien faire avec une belle jeune fille comme ça. Rien à leur répondre, à leur expliquer, trop long , on s'en foutait, on s’était retrouvé, c’était l'essentiel ! Par contre le nombre de « riches mamies » avec de jeunes kéralais...No comment, cela change de la Thaïlande ! C'est aussi devenu ça Varkala ! Les restaurants délivrant de la bouffe italienne, allemande (ça existe?), thaïs (eh oui) et bien-sur indienne et j'en passe, des menus comme des romans. On se serait cru au Népal, à Pokara, vingt ans plus tôt, les mêmes types de resto mais aussi les serveurs et cuisiniers étant pour la plupart népalais, ou du Darjeeling voire du Sikkim. Les managers aussi. Les propriétaires des terrains restant les kéralais.

Tous les matins, aux aurores, je me baladais lorsque toute la « CLIFF » dormait, j'allais au temple pour participer aux premières punjas mais désormais l’accès dans l'enceinte même du temple est interdite au non-indhou et si l'on veut prendre des photos c'est 100 roupies. C'est encore devenu cela Varkala. Des hordes de pèlerins indiens sont aussi là désormais pour les punjas sur la plage. Le succès touristique emmène aussi des « locaux » en masse.

Pour conclure, il y a aussi de très nombreux bars, wine shop...Ils ont proliféré.. La queue devant ces échoppes montrent que ce peuple est en train de s'alcooliser gravement, j'ai pu le constater !

Dix jours venaient de passer, au petit matin du dernier jour, à 5h00, Sajain, Vinu et Lathika revenaient dans le dédale des chemins bordés d’hôtel remplissant l’arrière de la « cliff ». Je repartais. Dix jours déjà, c'est tellement passé vite. Trop vite mais ma vie est en ISAN, je n'attendrais pas dix ans pour revoir tous ceux que j'aime, c'est trop long. Vinu va bosser avec les touristes, Lathika va aller vivre en France et moi je retourne en ISAN. J'ouvrais les vitres du taxi sur la fin la nuit du Kérala. Encore une fois, humer, respirer, sentir, accumuler les images, Dans la voiture, un silence pesant... Les gens marchaient de partout., allant au temple ou je ne sais où ! On s'approchait de l’aéroport international de Trivandrum. La même sensation qu'au départ de Bangkok, il y a dix jours ! Une appréhension de laisser une nouvelles fois des gens que l'on aime mais aussi la joie de retrouver ceux que l'on a laissé il y a dix jours. Devant les portes de l’aéroport, une foule, les mêmes, peut-être, qui avaient accueillis un frère, une sœur, un mari, dix jours plus tôt. Des signes de la main, des bras tendus, des larmes renflouées avant que les portes ne se referment. Un silence impressionnant après ce chaos de la route indienne. Lathika avec ses grands yeux et derrière, Vinu, avec son regard timide me demandant silencieusement, quand est-ce que l'on se reverrait ? Bientôt ! J'essayais de leur faire comprendre ! Pas d'embrassade ni d'accolage, juste un pincement de bras, les yeux recouvert d'un voile de larmes...Un dernier attouchement de la main, un dernier signe de la main par dessus la foule, un flic indien qui vous demande votre passeport et votre billet d'avion, on se retourne une dernière fois et on aperçoit encore un bout de main, les portes s'ouvrent, on rentre en se disant bien que bientôt on sera de retour dans ce magnifique endroit qu'est Varkala, certes un nouveau Varkala mais tout aussi attachant et émouvant !

Lire l'article original

Ce carnet de voyage fut écrit entre 2010 et 2011 et publié au sein de mon blog Jeff de Pangkhan, l'homme des rizières. Vous y retrouverez tous les articles dans leur intégralité, agrémentés de nombreuses photos, vidéos, plan etc. Si vous m'avez lu, vous aurez aussi compris que ce blog s'occupe à décrire dans son ensemble ma "nouvelle" vie au sein du petit village de Ban Pangkhan, en Isan, au nord-est de la Thaïlande. Mon premier roman "Un os dans le riz" est finalement sorti en mai 2015, publié aux éditions Gope. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies et les revendeurs web habituels. En cette fin d'année 2016, mon deuxième roman, "Du poison dans le Mékong" sera publié par le même éditeur.
Premier circuit en Californie, 12 jours English translation pending
by Erlia31000 · 2014-11-25 · 104 replies
Bonjour, Nous avons décider de partir au mois de mai 2015, une troisième fois aux USA, cette fois-ci en Californie. Si d'habitude je n'ai pas eu de difficulté pour créer nos itinéraires, la tâche me semble ici différente tellement les distances sont éloignées... Voici un premier itinéraire, j'attends vos avis, car je ne suis pas sûre d'avoir maximiser nos journées, ou au contraire, j'ai peut-être trop chargé... Notre souhait profiter un max et avoir le temps de prendre le temps, passer sur la Côte Pacifique (on ne privilégiera pas les parcs cette fois-ci), et voir un max de chose sans stress... J'ai noté les heures de trajet grâce à l'aide de Google Maps. J'avais opté en premier lieu pour les trois derniers jours à Vegas, mais je me suis rendue compte que le prix des hôtels doublaient pendant le we, et qu'il était risqué de quitter Vegas le jour de notre départ. Merci à vous !

J1 Arrivée SF / 14H35 Nuit SF

J2 Visite SF Nuit SF

J3 Matinée SF Après-midi Alcatraz Nuit SF

J4 Location voiture matin Passage par Twin Peaks Direction Muir Woods (40min route ) minimum 1h de ballade Direction Monterey 2h de route - visite ville fin de journée Nuit Monterey

J5 Visite Monterey Direction Carmel 10min visite de la ville et de la mission Départ pour San Luis Obispo 3h de route par la côte Passage par Hearsth Castel ? Nuit San Luis Obispo

J6 Visite San Luis Obispo Direction Santa Barbara – 1H30 de route Direction Barstow en soirée – 3H15 de route Nuit Barstow

J7 Direction Vegas Passage par Mojave National Preserve / Route 66 (Barstow/Arrêt Bagdad Cafe/puis Kelbaker Road qui traverse le Mokave pour récupérer Vegas) 3h de route Nuit Vegas

J8 Journée Vegas Nuit Vegas

J9 Retour LA 4H30 de route Nuit LA

J10 Hollywood Studio Nuit LA

J11 Journée LA Nuit LA

J12 Journée LA Départ 21H45 retour Toulouse
Retour voyage Italie-Croatie-Monténégro-Albanie-Macédoine-Grèce English translation pending
by Mguibentif · 2014-10-22 · 39 replies
1er jour – mardi 9 septembre 2014

Départ 7 h 05, 33'666 km au compteur de la voiture.

Autoroute via Lausanne, Sierre, Simplon...

Arrêt 15 min. avant Viège pour essence à 9 h 30. 20 litres de super sans plomb à 1.79 frs = 35.40 frs. 3 croissants = 3.40 frs.

10 h, début de la montée du Simplon, ça ne va pas vite, 4 ou 5 arrêts feux rouges – travaux... 10 h 35 on est au sommet du col.

11 h 05, douane Gondo.

Passage par Stresa, Arona, Sesto Calende.

12 h 35, arrêt à Sesto Calende, restaurant Bobo Cuba Libre, Via Sempione 32.

Petit parking, terrasse couverte assez éloignée de la rue, agréable. 2 menus à 9 euros, 1 eau minérale, 1 coca, 2 cafés = 21 euros. 2 spaghetti aux légumes, 2 côtelettes de porc, 1 pommes duchesse, 1 salade mêlée.

Départ vers 13 h 30.

Route par Varese, Como, Bergamo et Brescia où nous arrivons vers 17 h 10. Environ 500 km aujourd'hui.

On s'égare un peu et on retrouve l'hôtel (où nous étions déjà venus) vers 17 h 30.

Hôtel Al Ronchi Motor, chambre 306. Déjà réglée 55 euros sans petit déjeuner via Booking.

Chambre tout en haut à l'arrière, éloignée de la route, 2 lits contigus, (avec un 3 lit perpendiculaire) et une grande salle de bain/WC avec baignoire. La 305 doit être du même genre. WIFI gratuit.

Installation, on ressort faire quelques pas alentours.

Arrêt au Taxi Bar, viale Venezia 97, petite terrasse. 1 coca et 1 eau minérale = 3 euros.

Retour à l'hôtel vers 20 h.

Pas très faim, nous mangeons des fruits emmenés de chez nous ce matin...

2e jour – mercredi 10 septembre 2014

Départ vers 7 h 10, en bas, personne à la réception, bon je pose les clefs, on sort du garage...

On s'arrête juste à côté au bar de la station service. 2 cafés, 2 croissants = 4 euros.

Départ vers 7 h 30 pour Mantoue (Mantova), on ne se perd pas, on arrive droit dessus, pas mal de camions, surtout en face, mais ça va, on tient un bon 80 km/h.

Environ 12 km avant Mantova, 2 stations service affichant 1.605 euro le litre de sans plomb, ce doit être les 2 seules de toute l'Italie... ! Arrêt à celle IP, environ 15 litres = 25 euros.

Vers 9 h, garés à l'entrée de Mantova, place Porta Giulia.

Parking gratuit dans le secteur. Suis entrée dans un hôtel 2 étoiles, dont le patron semble avoir changé récemment, Hôtel Mantova, Piazza Porta Giulia 3. La personne à l'entrée nous a dit 60 euros pour une chambre double.

Nous partons à pied par le pont pour longer le lac. On peut passer à droite de la Porta Giulia sur un chemin en pierres (piste cyclable), puis en bois, pour longer le lac, ensuite, on rejoint le pont et on arrive en centre ville en tournant à gauche.

9 h 30, on est sur la place Sordello. Petit tour de la place, palais ducal, etc. On n'entre que dans une salle du musée archéologique (gratuit et pas grand à visiter) et dans la cathédrale. On aurait voulu voir la maison romaine sur la place, mais fermée pour travaux jusqu'à fin octobre environ nous dit-on... Entrée 2 euros sinon.

Puis place aux Herbes, on entre dans la Rotonde et dans la basilique proche.

WC publics et surveillés à droite de la Rotonde.

On revient via le parc, la statue de Virgile, une porte dans la muraille, on la longe, parkings gratuits également ici. On se retrouve au début du pont pris ce matin et on retourne vers la voiture.

On est déjà venus et on reviendra pour revisiter plusieurs monuments, musées, etc.

Vers 12 h, repas en face de la voiture, Bar Cittadella. 2 tagliatelles aux bolets, 2 salades mêlées, 2 glaces, 2 cocas light, 1 eau minérale, 2 cafés = 31 euros.

Vers 13 h 10, on repart pour Ferrare, on ne se perd pas et on y arrive vers 14 h 45 h. Là, l'appartement réservé se trouve à côté de l'hôpital. Je vois un écriteau « hôpital » à l'entrée de la ville, je le suis, grosse erreur, on s'égare complètement en dehors du centre ville... Bien, on revient et on retrouve l'autre hôpital, le bon. Parkés devant, gratuitement, à 100 mètres de l'appartement.

15 h 30, on y est, en même temps que 2 autres clients, donc ça freine un peu...

Allogio Low Cost 2.0, via Mortara 1. Donc, ce sont des appartements dans une ancienne église, ce dont on ne se rend compte que depuis l'extérieur. Ascenseur, 2 appartements par étage.

On a l'appartement no 1 au premier étage. 1 grande pièce salon entrée et cuisine, il se pourrait que le canapé présent soit transformable en lit, pas essayé. 1 pièce moyenne pour 1 personne, 1 grande chambre pour nous deux avec lit double. Salle de bains/WC assez grande, confortable, douche, bidet, sèche-cheveux, radiateur chauffant. Tout est très propre et assez neuf. Climatisation dans l'appartement. WIFI gratuit.

J'ai entrevu l'appartement no 2. Il semble se composer de 2 chambres de 2 lits (A et B) avec, je pense, chacune salle de bains et WC et d'une entrée avec salon et cuisine commune. La chambre A et la B pouvant être louée à des personnes ne se connaissant pas apparemment. A vérifier.

Les 2 chambres de l'appartement no 1 donnent sur le Corso, le départ aux feux rouges en dessous ressemble au départ du grand prix d'Imola... Les chambres de l'appartement no 2 donnent sur une rue latérale peut-être plus calme... Nous avons le sommeil lourd, mais certains pourraient être gênés...

J'avais réservé par Booking. On paie les 45 euros et 3 euros de taxe de séjour pour les deux personnes, donc 48 euros.

Demain matin, on peut laisser la clef sur la porte et partir quand on le souhaite (tôt donc...).

Vers 16 h 30, après installation, on repart à pied sur le Corso, tour en centre ville, place centrale, duomo, rues piétonnes, retour en passant autour du Château (dont le haut des 4 tours est en travaux) et par le Corso.

En route, un arrêt pour 2 cocas light via Bocca Canale 12, au Café le Saint-Etienne = 5 euros. C'était calme sur la terrasse, mais l'arrivée de 3 « singes » hurleurs nous ont vite fait fuir...

Plus tard, via Garibaldi 108, arrêt sur la terrasse du resto Glamour. 2 menus à 8 euros = 16 euros.

2 risotto aux bolets, 1 coca light, 1 verre de vin rouge, 2 cafés. Tout simple, et pas trop lourd pour le soir...

On revient vers 19 h 45 à l'hôtel.

3e jour – jeudi 11 septembre 2014

Petit déjeuner dans le bar en face de l'hôtel, 4 cafés, 1 croissant = 5 euros.

Départ avec la voiture vers 7 h 10.

8 h 15 Ravenne

On passe par Cesenatico, on reste un peu au bord, traversée de Rimini pour revoir le pont romain, etc. Ca ne va pas vite, il pleut depuis Ravenne...

10 h 30, sortie de Rimini, on reprend la SS16, nombreux feux rouges...

2 cafés en route = 2 euros pour s'arrêter 15 min.

Pesaro

Fano à 11 h 30

12 h 45, arrêt dans un Autogrill une quinzaine de kilomètres avant Ancona, sous un déluge de flotte...

1 orrechiette au pesto, 1 spaghetti carbonara, 1 sandwich, 1 petit gâteau, 1 portion de fruits, 1 coca light, 1 eau minérale, 2 cafés = 18.90 euros.

Départ vers 13 h 45, on va au port à Ancona. Il s'arrête de pleuvoir, grand soleil maintenant, ouf !

Echange de la réservation sur internet aux guichets, on peut laisser la voiture là et sortir à pied pour aller en ville. 14 h 40 départ.

On prend le quai, on monte au duomo, on redescend, on découvre un ascenseur à côté du Palais des Anziani... on descend de 4 niveaux. En bas, WC tout neufs, chouette, on ne peut pas remonter, l'ascenseur refuse... on poursuit à pied, retour vers le bateau...

Achat en route de 2 paninis et 1 eau minérale pour ce soir dans le bateau = 8 euros.

On revient attendre au terminal, il est 17 h 45, on ne peut pas poursuivre avant 18 h 30 paraît-il...

On attend sagement.

18 h 15, on se déplace jusqu'au bateau. Bloqués devant le portail jusqu'à 19 h.

Bateau SNAV Adriatico. J'avais réservé sur Blue Lines. Réservation faite il y a environ 3 mois, 2 personnes, la voiture et cabine intérieure pour 2 = 218 euros aller simple.

Il est affiché qu'on peut avoir un accès WIFI pendant la traversée = 10 euros, on ne le prend pas.

Ensuite, on entre, pont 4. Ascenseur jusqu'au niveau 6 pour qu'on nous attribue une cabine... 19 h 20, nous y sommes.

Cabine intérieure 6649, presqu'à côté de la réception. Très bien, 2 lits superposés, une table, une penderie, douche, WC. Il y a de la place.

On mange notre petit piquenique et on monte voir les monuments éclairés et le départ d'Ancona. Départ 20 h 25 au lieu de 20 h 15, on s'en sort bien. Arrivée prévue 7 h demain à Split.

Ca bouge un peu, on renonce au café... Retour à la cabine à 21 h.

4e jour – vendredi 12 septembre 2014

On a très bien dormi... 5 h 30, gong de réveil je suppose...

Promenade sur le pont pour voir l'arrivée à Split, magnifique...

2 cafés = 2.60 euros.

On arrive à l'heure à 7 h.

7 h 06, on est dehors avec la voiture, passage de la douane, ça traîne un petit peu, enregistrement des papiers des voitures de devant (voitures du Monténégro et de Bosnie), à la vue du passeport suisse, nous passons directement, sans enregistrement de papiers, sans regarder les cartes verte et grise..

On trouve assez facilement l'appartement réservé sur Booking, on y arrive à 7 h 30, nous pouvons laisser la voiture dans la cour devant et revenir dans l'après-midi, parfait.

Appartements Nina, appartement no 3 au 1er étage, cuisine, salon, chambre à coucher 2 lits avec grand balcon, calme, ça donne à l'arrière. 42 euros pour la nuit (320 kunas). Dans la cour au rez-de-chaussée, il y a 2 appartements (no 1 et no 2) également qui, peut-être, donnent dans un jardin arrière (pas vu l'intérieur des appartements, juste leur 2 portes d'entrée). WIFI gratuit.

Prises électriques comme en France.

A 7 h 45, nous repartons à pied direction le centre ville où nous sommes déjà venus il y a 2 ans.

On descend en passant vers la plage de Bakvice, très jolie, puis on rejoint la gare routière et les ferries en face.

On nous remet les horaires pour demain matin pour aller à Supetar (île de Brac), se présenter 1 h avant et aller acheter les tickets sur place, on ne peut pas les acheter aujourd'hui ; ça fera 226 kunas pour nous deux et la voiture...

On passe devant la gare routière, la gare des trains, on regarde un peu les taux de change qui varient en ville de 7.30 à 7.56 kunas pour 1 euro.

Près du marché, on change 100 euros = 742 kunas.

Plus tard en ville, on rechangera 100 euros pour 750 kunas.

Près du marché, 1 café, 1 eau minérale dans un bar = 13 kunas.

On traverse la vieille ville et on se dirige vers le musée archéologique que l'on n'avait pas pu voir la dernière fois...

En route, 3 croissants dans une boulangerie = 17.40 kunas

Vers 9 h 30, on arrive au musée. 2 entrées = 40 kunas. L'intérieur est assez petit, la cour extérieure est agréable, plusieurs mosaïques notamment . On y reste 1 h. environ

De nombreux objets en provenance de Salona (Solin), voir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Solin_(Croatie)

On redescend en coupant sur la droite pour traverser le quartier de Varos.

Promenade en bord de mer.

Vers 12 h 15, arrêt à l'ombre dans une rue ventée pour manger...

Restaurant Sperun, rue Sperun, terrasse à l'air, on respire car il fait très chaud ce jour...

2 poulets aux champignon, patates à l'eau, 1 petite salade mêlée, 3 cocas light, 1 verre de vin, 2 cafés = 244 kunas. Très simple, rien de notoire, mais surtout de l'ombre et de l'air !

Départ vers 13 h 15.

On va encore voir une petite église ancienne au dessus, puis retour vers le centre ville.

Tiens, le bateau de croisière « Horizon » est à quai...

1 glace cornet, 2 boules = 14 kunas.

1 bouteille d'eau dans un tabac = 8 kunas.

3 cartes postales dans 2 endroits différents = 8 kunas

3 timbres encore ailleurs, dans un kiosque, pas facile à trouver... = 16.50 kunas. On revient en direction de l'appartement.

Visite d'un Second Hand, rue Svobode 3, assez grand d'ailleurs... Pas mal du tout, mais on n'a rien trouvé...

Vers 15 h 45, on revient à l'appartement, installation, rangements, tri, lavage, douches, repos, WIFI... La personne présente est sympathique et habite sur place au dessus de notre appartement.

18 h, on va en face au supermarché Tommy acheter quelques victuailles pour piqueniquer ce soir = 37.80 kunas.

Retour, consommation des achats, puis café en face de l'appartement, dans un café fumeur, tiens ça existe encore... Dans le café, une personne debout s'adresse à nous et se présente comme étant Nina, la propriétaire des appartements Nina où nous logeons.

2 cafés = 16 kunas

Retour vers 19 h 30, juste avant un orage...

5e jour – samedi 13 septembre 2014

2 cafés dans le café en face de l'appartement = 16 kunas

On part avec la voiture vers 7 h 40 pour le port prendre le bateau pour Supetar à 9 h.

Là, un instant d'inattention, je me mets dans la file pour Stari Grad... Je pars à pied au guichet acheter les billets et je m'étonne lorsqu'on m'annonce plus de 400 kunas, vu qu'hier on m'avait dit 226... Je montre l'horaire qu'on m'a donné hier avec les 226 marqués à la main dessus, la caissière se marre et me dit que ce n'est pas la même île... Je retourne à la voiture, j'arrive à m'extraire de la file et à ressortir pour rentrer au bout du port pour la file Supetar, ouf !!!

Guichet, effectivement 226 kunas (33 kunas par personne et 160 kunas pour la voiture).

Horaires donnés par Jadrolinja : du 30 mai au 28 septembre 2014

Départs de Split pour Supetar : trajet de 50 min.

5 h 15, 6 h 15, 7 h 45, 9 h 00, 11 h 15, 12 h 45, 14 h 15, 16 h 45, 18 h 00, 19 h 30, 21 h 00 et 23 h 59. En plus, du 27.6 au 31.08, départs à 10 h 30, 15 h 15

Départs de Supetar pour Split : trajet de 50 min.

5 h 00, 6 h 30, 7 h 45, 9 h 00, 10 h 30, 12 h 30, 14 h 00, 15 h 30, 18 h 00, 19 h 30, 20 h 45 et 22 h 45. En plus, du 27.6 au 31.08, départs à 11 h 45 et 16 h 30.

Le bateau part à l'heure à 9 h ; à 10 h, nous sommes garés gratuitement à l'entrée de Supetar. Tour en ville, église, mosaïques du VIe siècle (très endommagée la mosaïque et pas protégée... dommage), tour du village.

2 cafés sur le port = 14 kunas, 1 énorme croissant pour deux dans une boulangerie = 5 kunas.

Devant nous, le parking, il est affiché 8 kunas de l'heure.

Nous repartons pour Bol vers 11 h 20

Jolie route, belles vues sur Hvar, quelques chèvres qui se promènent...

12 h, nous sommes garés à l'entrée de Bol devant Adria Tours où j'ai réservé un appartement pour ce soir, 27.30 euros déjà réglés à la réservation par Booking.

Enormément d'Autrichiens, de Tchèques, de Polonais et d'Allemands sur l'île...

Paperasse, on laisse les passeports car on ne sait pas encore si on va rester une 2e nuit et aller à Hvar sans la voiture demain, nous repasserons plus tard pour le leur dire.

On nous prie de suivre une moto pour nous amener à notre appartement, appartement Mare 1, au dessus de la taverne Konoba Mendula. Il y a un WIFI de la ville dans le secteur, mais trop faible, ça ne fonctionne pas dans l'appartement ou sur la terrasse...

Nous y sommes à 12 h 30, installation. C'est calme. Il n'en sera pas de même vers 19 h 30 quand nous rentrerons... la taverne sera envahie de touristes... un peu de bruit et quelques fumets... En fermant les fenêtres, ça ira... On est samedi soir...

Nous laissons la voiture en face et descendons à pied dans le village, très joli...

Vers 13 h 15, repas au restaurant Jadranka, sur une terrasse en meubles faits de bois d'olivier, très rustique... 2 côtelettes de porc, frites. 1 salade mêlée, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 210 kunas. La patronne est sympathique et parle bien allemand et anglais.

14 h 30, on va voir un peu les horaires des bateaux sur le port.

Il y a des excursions pour Hvar, avec 2 heures d'arrêt et 2 heures d'arrêt en route sur une plage, apparemment pas demain pour 19 euros.

Sinon, il y a un catamaran (pas de voiture à bord!) le matin pour Jelsa et un le soir pour rentrer...

Horaires donnés par Jadrolinja : du 30 mai au 28 septembre 2014

Départs de Jelsa : 6 h 00, arrivée à Bol à 6 h 20, départ de Bol pour Split à 6 h 30 et arrivée à Split à 7 h 40. Le dimanche, le départ de Jelsa est à 7 h.

Départ de Split : 16 h 30, arrivée à Bol à 17 h 40, départ de Bol pour Jelsa à 17 h 50 et arrivée à Jelsa à 18 h 10. Pas de différence pour le dimanche dans ce sens-là...

Donc, on décide de ne pas rester ici demain.

Nous allons voir le monastère à l'entrée de la ville, la petite église à côté, tout ceci est fermé malheureusement...

Arrêt un moment devant la plage vers le monastère.

1 glace = 16 euros.

On remonte depuis là à l'appartement où on arrive vers 16 h.

Départ avec la voiture vers 16 h 20. On la gare vers l'agence Adria Tours, on va récupérer nos passeports et annoncer qu'on ne restera pas. Nous pouvons laisser la clef dans l'appartement demain et partir sans autres.

Nous descendons à pied et suivons le chemin ombragé pour aller voir la plage triangulaire de Zlata Rad. Magnifique promenade avec un temps splendide.

Nous revenons en centre ville en longeant la mer et nous nous arrêtons peu avant la poste. Superbe promenade...

2 gâteaux, 1 coca light, 2 cafés = 51 kunas. Repos un bon moment après le kilomètre lancé...

Nous remontons par la rue arrière jusqu'à Adria Tours, reprenons la voiture et rentrons à l'appartement où nous arriverons vers 19 h 15, un peu mal aux pieds...

6e jour – dimanche 14 septembre 2014

Départ vers 7 h 15

On arrive au ferry à Sumartin vers 7 h 45, il part à 8 h, capacité maximum 25 voitures... il y en a 12 présentes...

Tickets ferry = 226 kunas (33 kunas par personne, 160 kunas pour la voiture)

Entrée dans le ferry en marche arrière...

Départ à 8 h 05, arrivée à Makarska à 8 h 55

Horaires donnés par Jadrolinja : du 30 mai au 28 septembre 2014

Durée trajet : 60 min.

Départs de Makarska du 30 mai au 26 juin et du 1er septembre au 28 septembre 2014 : 9 h 00, 12 h 30, 17 h et 20 h 00 (le 7 septembre seulement à 21 h).

Départs de Makarska du 27 juin au 31 août 2014 : 8 h 00, 11 h 00, 14 h 30, 18 h 00 et 21 h.

Départs de Sumartin du 30 mai au 26 juin et du 1er septembre au 28 septembre 2014 : 6 h 00, 11 h 00, 15 h 00 et 18 h 30. Le dimanche, le départ est à 7 h au lieu de 6 h.

Départs de Sumartin du 27 juin au 31 août 2014 : 6 h 00, 9 h 30, 13 h 00, 16 h 30 et 20 h 00. Pas de différence le dimanche.

On s'arrête sur le quai, parcomètre 10 kunas pour 1 h. Je mets 8 kunas, on en a jusqu'à 10 h.

On change 200 euros, cours 7.43. On verra plus loin 7.53 et 7.56...

Petite promenade en ville, église (on ne peut pas entrer, messe).

1 croissant et 1 petite tresse dans une boulangerie = 11.50 kunas

2 cafés dans la rue arrière = 10 kunas

On repart vers 10 h.

Essence à la sortie de la ville à 10.89 kunas le litre de 95 sans plomb = 150 kunas.

On roule jusqu'à Drevenik où on arrive à 10 h 32 pour voir partir le ferry de 10 h 30...

Capacité du ferry, 30 voitures... 6 voitures présentes n'arriveront pas à y monter...

On se met dans la file pour le suivant (à 12 h).

Achat des tickets du ferry = 140 kunas (32 kunas par personne et 108 kunas pour la voiture)

Horaires donnés par Jadrolinja : du 30 mai au 28 septembre 2014

Durée trajet : 35 min.

Départs de Drevenic : 7 h 30, 9 h 00, 10 h 30, 12 h 00, 13 h 45, 15 h 45, 17 h 15, 19 h 00, 20 h 30 et 22 h 35. En plus, du 26.7 au 17.8, un départ à 5 h 45.

Départs de Sucuraj : 6 h 30, 8 h 15, 9 h 45, 11 h 15, 13 h 00, 15 h 00, 16 h 30, 18 h 00, 19 h 45 et 22 h. En plus, du 26.7 au 17.8, un départ à 5 h 00.

Petite ballade le long de la plage en attendant, puis 2 Coca dans le bar à côté du ferry (avec WIFI) = 26 kunas.

Entrée dans le ferry en marche avant, on ressortira de l'autre côté.

On partira finalement vers 12 h 10.

Arrivée à 12 h 45 à Sucuraj.

On prend la route pour Jelsa (env. 50 km), arrivée à 13 h 55, on se gare avant l'entrée du village.

Il y a plusieurs places pour camping, tentes, campings-car juste avant l'entrée du village, avec baignade possible au dessous.

Vers 14 h, arrêt à l'entrée pour manger, bistrot Laguna. Menus à 40 kunas (penne bolognaise, salade, crêpe). 2 menus, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 124 kunas.

Départ vers 15 h, petite promenade en ville.

15 h 30, demi-tour, on remonte sur la route principale.

16 h 30, on arrive à Hvar.

On dépasse le parking à l'entrée, 50 mètres à droite, route pour Selca, on fait 10 mètres, il y a un appartement à louer sur la droite. Seul « problème », une rampe étroite de 20 mètres à monter en marche arrière pour ceux qui auraient peur...

Grand appartement, pour 3 personnes (peut-être 5 ? car il y a un clic clac dans le salon), superbe, tout neuf, balcon avec vue sur le château. 20 euros par personne que nous règlons tout de suite. WIFI gratuit. Il paraît que c'est 100 euros pour 3 personnes en août... Rooms & Appartements Dolac, famille Matic.

Installation, puis nous repartons vers 17 h à pied au centre ville distant de 100 mètres.

Parking à l'entrée, prix affiché = 15 kunas l'heure et 150 kunas pour 24 heures...

Gare routière (bus) à côté du parking ; à côté, derrière le marché, WC, consignes bagages et laundrette.

Visite du centre, promenade d'une église à l'autre... Magnifiques maisons. Nous ne monterons pas au château. Il faut faire abstraction du côté bling bling du lieu pour surtout apprécier les bâtiments...

Achat de 2 pommes au marché = 4.50 kunas.

Retour vers 20 h à l'appartement.

7e jour – lundi 15 septembre 2014

On va à pied à l'entrée de Hvar.

1 croissant = 8 kunas

2 cafés = 20 kunas.

Départ de l'appartement avec la voiture à 7 h 15.

7 h 45, Jelsa

8 h 50, on est au ferry à Sucuraj, 3-4 voitures devant nous, on se met dans la file.

Tickets du ferry = 140 kunas (32 kunas par personne, 108 kunas pour la voiture).

Capacité du ferry 30 voitures...

Horaires donnés par Jadrolinja : du 30 mai au 28 septembre 2014

Durée trajet : 35 min.

Départs de Drevenic : 7 h 30, 9 h 00, 10 h 30, 12 h 00, 13 h 45, 15 h 45, 17 h 15, 19 h 00, 20 h 30 et 22 h 35. En plus, du 26.7 au 17.8, un départ à 5 h 45.

Départs de Sucuraj : 6 h 30, 8 h 15, 9 h 45, 11 h 15, 13 h 00, 15 h 00, 16 h 30, 18 h 00, 19 h 45 et 22 h. En plus, du 26.7 au 17.8, un départ à 5 h 00.

Petite ballade dans le secteur.

2 croissants = 16 kunas

2 doubles cafés = 24 kunas.

9 h 30, on embarque, on monte en marche avant et on ressortira de l'autre côté du bateau ; il partira à l'heure exacte à 9 h 45.

10 h 15, on est dehors du ferry à Drevenic.

Route côtière.

11 h, frontière de la Bosnie.

2 files, une pour les voitures européennes et suisses, une pour les autres nationalités. Arrêt de 10 secondes, le douanier ne sort pas, ne regarde aucun document...

Arrêt essence à Neum. 1.35 euros le litre de super sans plomb = 35 euros

Autre arrêt pour regarder un supermarché. Pour info, cartouche Malboro à 22 euros et Winston à 20 euros.

On repasse la frontière de la même manière qu'à l'entrée...

11 h 50, arrêt près de la plage publique de Slano. Joli endroit.

Dans le village, parcomètres à 4 kunas l'heure.

Dans le village, restaurant Kolarin, terrasse sous une tonnelle, très agréable. 2 escalopes de veau, frites, légumes, 1 verre de vin rouge, 1 coca light, 2 cafés = 220 kunas.

Départ vers 13 h 30 avec la voiture.

14 h, arrêt quelques minutes au dessus de Dubrovnik pour revoir le panorama général, il y a un bateau de croisière ancré au large, magnifique vue d'ensemble.

14 h 30, on est dans Cavtat, on cherche pour ce soir... On se gare et on part à pied...

On trouve un peu en dessus du village Appartements Bellevue (famille Guljemovic), parking ombragé devant, piscine, chambres ou appartements. Chambre 3 A (la 4A et la 5A doivent être similaires), avec balcon vue sur le bateau de croisière et Dubrovnik au loin. Douche/WC, très bien et très propre. WIFI gratuit. On règle tout de suite = 30 euros pour une nuit. On retourne chercher la voiture, on revient, installation, lavage, tentative d'utiliser la piscine, mais eau trop froide, on renonce, déjà qu'on vient d'avoir tous les deux un gros rhume, on ne va pas tenter le diable...

On reprend la voiture, on va au parking payant à l'entrée de Cavtat, 5 kunas de l'heure. On y est à 16 h 45.

Gare routière (bus) à côté. A droite, rue piétonne avec consignes/WC.

Il semble y avoir un bus no 10 pour aller à Dubrovnik.

Taxis, prix affichés : 15 euros pour aller à l'aéroport et 35-40 euros pour aller à Dubrovnik.

Petite promenade en ville, 2 églises, le long de la mer... Assez calme, moins snob que Hvar... On entend quelques avions car l'aéroport est proche, mais on ne peut pas dire que ce soit vraiment très gênant. Très agréable pour une fin d'après-midi...

On revient vers le parking.

Taverne Konoba Kolona, terrasse en hauteur. Pas très faim, 2 salades grecques, 2 glaces, 1 coca light, 1 verre de vin rouge, couverts payants 10 kunas par personne = 217 kunas. Bof, un peu attrape-touristes..., c'était mieux à midi...

19 h 15, on retourne au parking, tiens il pleut un peu...

3 h. de parking = 15 kunas

19 h 30, retour à l'hôtel.

8e jour – mardi 16 septembre 2014

Départ vers 7 h.

Arrêt à Cilipi, 2 cafés = 14 kunas, 2 croissants au supermarché = 13 kunas Départ vers 7 h 45

7 h, 55 frontière Croatie/Montenegro

Ennuyeux car depuis Cavtat, pas vu de bureau de change jusqu'à la douane...

Douanier croate : regarde les plaques, demande les passeports, voit les passeports suisses, ne les prend pas, on passe en 15 secondes, il n'y a personne devant nous en plus

Douanier monténégrien : demande les 2 passeports, la carte grise et la carte verte de la voiture, ça dure 2 minutes, il n'y a personne devant nous.

8 h 05, on est garé à Igalo, parking Hôtel Igalo (avec guérite, sinon SMS au bord du trottoir...)

On va voir une boutique Vypex que l'on connaît et on cherche une banque pour liquider nos derniers kunas... On nous envoie à la banque CPK à la sortie d'Ivalo.

On arrive à récupérer chacun environ 25 euros qui nous restaient en kunas (ne prend pas les pièces en revanche).

On reprend la voiture à 9 h, 1 euro pour le parking (c'est affiché 1 euro de l'heure d'ailleurs).

On traverse Herzeg Novi par une petite route au bas de la ville, ça ne va pas vite...

9 h 25, on arrive au ferry. Passage = 4.50 euros.

Le ferry part à 9 h 30, 5 minutes après, nous sommes en face, on tourne à droite, direction Tivat.

On continue via Budva, Sveti Stefan et on arrive à Bar vers 11 h.

On retrouve un peu difficilement l'un de nos magasins derrière la gare, magasin Trendy, puis retour et parking en ville derrière le centre commercial central.

12 h 30, restaurant Karuba

2 cocas light, 1 omelette, 1 plat de poulpes, 1 riz avec champignons, 1 coupe de fruit, 2 cafés = 23.80 euros. Là, on n'a plus faim...

Vers 13 h 45, suite du petit tour des magasins en centre ville

On revient vers 15 h 20 au même restaurant, il fait chaud... 2 cocas light = 3.60 euros.

A 16 h, on reprend la voiture et on cherche les appartements Villa Jadran où nous étions déjà il y a 2 ans.

16 h. 30, on y est, chambre/appartement no 12, avec cuisine, divan, 1 lit double, 1 lit simple et une TV satellite avec chaînes françaises et suisses !, tout ça pour 30 euros. WIFI. Parking dans la cour. On ne prend pas le petit déjeuner (2.50 euros par personne) car on se souvient de la quantité de nourriture qui était arrivée la dernière fois, on se contentera d'un café croissant en ville avant de partir pour l'Albanie...

Prises électriques comme en France.

Repos et internet un moment...

Vers 18 h, retour en ville en voiture.

Restaurant pizzeria Pulena. 1 vin rouge, 1 coca light, 1 grosse salade au thon, 1 plat de poulet rôti avec légumes, 2 cafés = 14.70 euros.

Retour à l'hôtel vers 19 h 30.

9e jour – mercredi 17 septembre 2014

Départ vers 7 h.

Essence à côté de l'hôtel à 1.35 euro le litre de super sans plomb 95 = 15 euros. Le prix est le même partout au Monténégro.

Arrêt au centre ville, 4 cafés = 4 euros, 4 croissants = 1.20 euros

Départ vers 8 h 05

On prend la route via Ulcinj, Vladimir, pour aller à la frontière albanaise.

8 h 35, Ulcinj

La route devient plus étroite ensuite, mais en bon état.

Vladimir, magasins, essence, restaurants, etc.

9 h 15, frontière Monténégro/Albanie, une dizaine de voitures devant nous, les bus étant dans une autre file. Ca n'avance pas...

Arrêt, vérification passeports, carte verte, carte grise, ça prend 5 min. pour nous.

9 h 50, on a passé la douane...

Essence super sans plomb 95 affichée à 1.30 euros après la douane, ensuite aux alentours de 180 leks.

Route en bon état, mais ça devient un peu folklorique, vélos, animaux, charrettes, piétons...

On arrive au château de Rozana, je loupe l'entrée de Skodder dans le giratoire... bon, on s'en rend compte env. 3 km après, on revient...

Vers 10 h 30, on arrive dans Skodder, ça roule n'importe comment, piétons et vélos au milieu de la route, toutes sortes de stands sur les trottoirs, on tourne un peu dans ce bord... pour voir les hôtels.

Je vois la banque d'Albanie avec un parking devant. Arrêt, on rentre pour faire du change. Nous changeons 200 euros à 1.387. Ce n'est pas le meilleur taux, mais au moins, c'est fait.

Vers 11 h 15, j'entre dans un parking en plein centre ville, à côté de la place centrale et face à la mosquée. Là, 2 gardiens en uniforme, on me fait arrêter sur une place. En fait, je suis entrée dans le parking de l'hôtel Rozana. A l'heure actuelle, toujours pas vu le nom de l'hôtel sur ce bâtiment disons un peu délabré, surtout les 2 derniers étages qui paraissent condamnés...

Une discussion avec les 2 gardiens qui ne parlent qu'albanais pour leur expliquer qu'on veut simplement aller voir à côté à l'hôtel Kaduku s'il y a de la place. Evidemment, ils ne comprennent rien. Surgit providentiellement un Albanais qui parle français, bon, finalement, il suffit qu'on donne 5 euros aux 2 gardiens pour qu'on puisse rester là 24 h. si on décide de rester... hum... ça sent la magouille, mais ça nous arrange...

Bon, on va voir l'autre hôtel, OK pour une nuit. Hôtel Kaduku, Chambre no 2, 50 euros avec le petit déjeuner. WIFI. La chambre est très bien, calme sur l'arrière. L'hôtel a un très petit parking devant également...

Les prises électriques dans l'hôtel sont comme en Italie. Dans d'autres hôtels, nous aurons des prises de types français, voire les 2 sortes dans la même chambre...

En Albanie, ne jamais traverser la chaussée avec la voiture et se garer à contre sens le long du trottoir d'en face... les flics verbalisent ceci, nous le verrons plusieurs fois (environ 10 euros d'amende paraît-il)...

On ressort, on file 5 euros aux 2 gars, OK, c'est fini, on est tranquille jusqu'à demain matin...

Après installation, on va voir la mosquée (datant de 1995), puis la rue piétonne à l'arrière.

Autour de la mosquée, bureaux de change avec taux affiché 1 euro = 140 leks. Un ou deux gars avec des billets dans les main dans la rue proposant de faire du change. Plusieurs vendeurs de téléphones portables sur le trottoir...

Dans la rue piétonne, Green Tavern. 1 assiette de mixed grill 3 sortes de viande 500gr. 1 salade grecque, 1 coca, 1 verre de vin. = 1.460 leks

Puis, on se déplace dans une boulangerie pour 2 gâteaux = 140 leks.

Puis, 2 cafés ailleurs = 100 leks.

1 carte postale = 30 leks, on va à la poste pour le timbre = 90 leks

Discussion devant l'hôtel Rozana avec un Albanais qui vient travailler en Suisse parfois...

Petit tour pour aller voir la cathédrale catholique (fermée)

Office du tourisme, qui n'a plus de plan de la ville (l'hôtel non plus d'ailleurs)...

On va à pied en direction du château Rozafa, pour voir un peu les magasins, etc. On visite 2 mosquées en route, à mon avis plus belles que celle du centre ville...

Nous irons voir le château et le vieux pont en voiture demain matin en partant. La rue principale qui sort de la ville est assez propre, la chaussée est en bon état, les immeubles ne sont pas très beaux ; les rues arrière, pas terribles... mais pas très sales. Le centre ville est assez agréable, même si l'architecture de certains bâtiments n'est pas trop à notre goût...

En route, 1 coca, 1 eau minérale = 150 leks.

On a bien dû faire 3 km jusque vers le château... Il y a un arrêt de bus, je trouve un Albanais qui parle anglais ; oui, on peut prendre le bus à cet endroit, on paie le ticket à l'intérieur.

Arrive un bus quelques minutes après, on monte devant et on paie à quelqu'un debout au milieu du bus... 30 leks par personne.

Retour à l'hôtel vers 18 h, repos un moment, internet...

Vers 19 h 15, dans la rue piétonne, restaurant « Country club », 1 spaghetti bolognaise, 1 spaghetti ail/huile/piment, 1 coca, 1 eau minérale, 2 cafés = 750 leks

Retour à l'hôtel vers 21 h.

10e jour – jeudi 18 septembre 2014

Petit déjeuner vers 7 h 40. Fromage, beurre, confiture maison, yaourt de Skodder, pain, 4 cafés expresso, omelette... On ne prend pas l'omelette, ni la confiture, ni les yaourts...

Vers 8 h 35, on est au parking au dessous du château Rozafa, parking 100 leks. Si nécessaire, WC sur place à 50 leks. En fait, il y aurait un parking plus haut, mais barrière fermée, donc obligés de se garer en bas...

Une dizaine de minutes pour monter, chemin avec grosses pierres parfois glissantes, éviter les talons aiguilles...

Entrée pour le château, 200 leks par personne.

Magnifiques vues d'en haut.

Dans le château, musée, qui devrait être ouvert à 9 h. A 9 h 20, toujours personne... Un stand de souvenirs, un restaurant avec terrasse qui n'ouvre qu'à 10 h. On abandonne pour le musée...

On redescend, on tourne un peu avec la voiture pour aller à la vieille mosquée au dessous (Mosquée des Plombs). A nouveau, très bien, mais fermé, pas âme qui vive alentours...

10 h 20, on quitte Skodder pour aller au lac Koman, route de Tirana pendant 16 km, tourner à gauche pour aller à Vau Dejes. Jusque là, ça va, environ 30 min. Après, route pour Koman, 36 km. Route assez large, mais ça ne va pas vite... trous, chutes de pierres, animaux, peu de véhicules... 1 h 30 après, nous sommes à Koman. Les paysages en route sont déjà magnifiques.

On passe le tunnel sous le barrage, tiens un gars avec un mitraillette dans le tunnel qui semble défendre l'entrée sous le barrage... Tunnel environ 500 mètres. On arrive sur une place avec le débarcadère, le bureau de renseignement pour les bateaux, un hôtel-restaurant... Il est 12 h 20.

Parking sur la place, on va manger... ça ne va pas vite, mais on y arrive... 1 truite du lac, 1 assiette de côtelettes de porc, 1 frites, 1 salade mêlée, 1 coca, 1 eau minérale, 2 cafés = 1'800 leks. Excellente la truite, le reste assez quelconque.

Là, on décide de ne pas rester ce soir à l'hôtel pour prendre le bateau demain.

Sinon, à l'entrée de Koman, avant le tunnel, 1 camping, 1 autre hôtel fléché, 1 mini-market, 1 ou 2 petits restaurants.

14 h, on repart avec la voiture.

15 h 30, on a rejoint la grande route Skodder-Tirana.

On va à Lehze où on arrive vers 16 h 15. On le traverse, on revient en arrière par la route parallèle.

16 h 30, hôtel Europa, chambre 12, simple, propre, pas d'ascenseur, parking devant. 20 euros avec le petit déjeuner (le petit déjeuner = soit un café, soit un capuccino, c'est tout). WIFI au rez-de-chaussée dans le bar, pas dans les chambres.

Repos et rangement un moment.

Vers 18 h, on reprend la voiture pour monter à la citadelle. Beau chemin, bien aménagé.

Parking 100 mètres avant le site.

Normalement, fermé à 18 h. Il est 18 h 30, on nous vend quand même 2 tickets, 100 leks par personne.

La citadelle est surtout jolie d'en bas et les vues depuis l'intérieur sur la mer sont belles, sinon que des ruines, on distingue encore les restes d'une mosquée.

On revient se garer à l'hôtel, on part à pied voir les rues principales.

Restaurant Veronica, 2 assiettes genre pot-au-feu, 1 salade mêlée, 1 coca, 1 verre de vin rouge, 2 cafés = 1'200 leks. Excellent.

Retour à 21 h 15 à l'hôtel. Au loin, une fête (?) musulmane avec danse dans la cour, c'est un peu bruyant...

11e jour – vendredi 19 septembre 2014

On prend les 2 cafés du petit déjeuner.

Départ vers 7 h 20.

8 h 25, on est garés à Krujé, au dessous de l'hôtel Europa.

On monte à pied jusqu'à l'hôtel Panorama, pas encore trop de monde, on monte la fameuse rue avec le bazar, ils sont en train de s'installer. Eviter les talons aiguilles ici aussi...

En haut, musée ethnographique et Skanderberg, on n'entre pas, petit tour jusqu'au sommet.

2 cafés en attendant un peu que les magasins ouvrent = 200 leks.

On redescend en regardant mieux la rue bazar.

Nous nous faisons proposer du brandy, du koniak, du raki à 2 euros, 1 tapis env. 50 x 70 à 18 euros, 1 nappe en coton à 5 euros, pour donner une idée des prix. Sinon, diverses sortes de dentelles, chaussettes, etc...

La partie ancienne de la ville, dont le bazar, est très agréable à visiter.

En bas, c'est le marché aux vêtements, chaussures, poules, poissons, légumes, etc.

Nous repartons à 10 h 50 avec la voiture pour aller à Tirana. Nous aurions voulu aller d'abord à Durres, mais dimanche, le pape vient à Tirana, donc on va essayer d'éviter cela...

11 h 30, entrée dans Tirana, ça conduit assez sec, mais pas si grave que cela.

On tourne un peu, on voit les divers préparatifs en vue de la visite du pape, certaines rues sont coupées, etc.

Je longe la rivière et je vois un hôtel Town House. Arrêt dans une rue arrière vers 12 h 15, on revient à pied.

Chambre 302, à l'arrière sur une cour calme. La 301 donne devant, c'est l'autoroute quasiment...

45 euros avec petit déjeuner (dès 8 h. demain). WIFI, pas d'ascenseur... Très bien, neuf et propre. Baignoire, coffre-fort, frigo.

Nous payons et allons manger au restaurant de l'hôtel, Il Posto. 1 linguine aux fruits de mer, 1 tagliatelle aux saucisses, 1 salade mêlée, 1 sabayon, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 1'970 leks.

On retourne chercher les valises à la voiture, le garçon nous les monte.

Installation et départ à pied vers 14 h 20.

Il manque effectivement plusieurs plaques d'égoûts en bordure des rues de la ville, notamment celles le long de la rivière.

La rivière a, paraît-il, été nettoyée. Hum... l'eau est boueuse, par endroit mousse de savon, déchets jetés des ponts, ça pue sur chaque pont...

Tour du centre ville, pyramide, place Skanderberg, château, vieux pont, etc. On renonce aux mosaïques qui sont un peu plus loin vu la chaleur.

La mosquée sur la place Skanderberg est magnifique, le reste, j'ai de la peine... si je reviens en Albanie, je ne pense pas revenir à Tirana...

A côté, 2 cocas light sous une tonnelle au calme = 300 leks. Il fait 31 degrés...

Près du château, 2 x 2 boules de glace = 200 leks

Vers 18 h, on repasse à l'hôtel, un bref moment de repos au calme.

On ressort manger sur la terrasse du restaurant Medusa, près du vieux pont. On l'avait repéré cet après-midi, calme ; ce soir, musique à fond... 1 pizza Capriciosa, 1 köfte, 1 verre de vin, 1 coca. On renonce au café vu le bruit... = 1'350 leks.

Retour à l'hôtel vers 20 h 30, quel havre de paix...

12e jour – samedi 20 septembre 2014

On descend vers 7 h 45 avec les valises.

Le petit déjeuner est déjà prêt, donc on ira à la voiture après avec les valises.

Buffet avec beaucoup de choix.

Départ avec la voiture vers 8 h 30 pour aller à Durres.

On reprend la rue le long de la rivière dans l'autre sens, on suit les écriteaux Durres. Route SH56 apparemment.

Parking à Durres à 9 h 45 à côté du forum/marché byzantin. A l'arrière, en partie sous une maison, restes de thermes.

On part à pied visiter l'amphithéâtre.

En route, 2 grands cafés = 200 leks.

Amphithéâtre, on verrait assez bien de l'extérieur, mais on va entrer pour voir les 2 mosaïques dans la chapelle à l'intérieur = 300 leks par personne (ou 2.50 euros)

On descend voir le musée archéologique, fermé jusqu'en octobre environ nous dit-on pour travaux... Dommage, cela aurait été intéressant. Le guide ne semblait pas formel pour octobre, peut-être davantage...

On revient sur le bord de mer, pas extraordinaire, et voir les restes des remparts, on contourne l'amphithéâtre et on revient vers la voiture.

Le quartier est assez plaisant, en 2 h. on en a fait le tour, sans visiter le musée.

Sinon, il y a également un musée ethnographique.

Devant le théâtre, petit restaurant à 12 h. 2 kebabs avec riz, 1 grande salade mêlée, 2 coca light, 2 cafés = 940 leks. Pas d'autre choix de toute façon... mais c'était très bon.

Départ vers 14 h 10 avec la voiture pour Elbasan, via la côte, autoroute d'abord, ensuite non, mais route regoudronnée récemment apparemment, pas de problème.

Essence en route, 25 litres de super 95 sans plomb à 180 leks le litre = 4'500 leks. Quelques stations avec essence à 175 leks le litre, d'autres à 189 leks...

Vers 15 h, on est à Elbasan, on tourne un peu avec la voiture, la rue centrale à l'entrée est en travaux... Restes de murailles, vieille ville, très bien pour une promenade ce soir.

15 h 30, on est installés au Grand Hôtel, à l'entrée de la ville, les travaux commencent au bout de cette rue... Chambre 106, premier étage, pas d'ascenseur, 30 euros. Grande terrasse commune avec les 2 chambres contigües, avec une table, chaise pour chaque chambre. WIFI. Frigo. Très bien, très propre.

Repos un moment, il fait chaud et lourd...

16 h 30, on repart à pied pour le centre ville en traversant le chantier...

Passage le long des murailles, visite de la plus ancienne mosquée d'Albanie (l'intérieur n'a pas d'intérêt, l'extérieur et le minaret en pierres sont beaux), visite du jardin de l'hôtel Guri et du café/salon de lecture qu'ils ont aménagé assez récemment avec beaucoup de goût dans une des tours de la muraille.

Change de 100 euros en ville au cours de 138,69.

En route, 4 gâteaux = 360 leks

Sur une terrasse, 1 eau minérale, 1 coca = 200 leks

Une petite promenade agréable pour une fin d'après-midi...

19 h 30, on est de retour à l'hôtel.

13e jour – dimanche 21 septembre 2014

Petit déjeuner vers 7 h 20.

Départ vers 8 h.

On roule en direction de la Macédoine (route SH3), route en bon état et assez large.

Sur la route, de nombreuses sources et de nombreux lavages auto, alimentés par des sources... Le propriétaire de l'appartement loué à Ohrid nous dira ce soir que toutes ces sources sont alimentées par le lac d'Ohrid (situé au dessus à 600 mètres).

9 h 15, on est au sommet du col, soit on tourne à gauche pour aller en Macédoine, soit on poursuit en direction de Korce.

On descend quelques kilomètres en direction de Korce pour aller à Lin.

Parking à l'entrée du village (ça vaut mieux!) vers 9 h 20, devant l'hôtel Leza, pas mal au bord du lac avec restaurant en terrasse sur le lac.

2 cafés = 200 leks.

Dans le café de l'hôtel, reproductions de mosaïques de la basilique du lieu et de mosaïques d'autres endroits en Albanie.

Les restes de la basilique, si j'ai bien compris l'explication, se trouvent à 15 min. à pied sur la colline, par un chemin en pierre à l'entrée du village, un peu avant l'hôtel. On renonce à monter.

On va à pied jusqu'au bout du village, très joli endroit, maisons anciennes, agréable promenade.

Départ vers 10 h 20, on remonte le col pour tourner à droite et entrer en Macédoine.

10 h 35, douane albanaise, 4 voitures devant nous, on traîne environ 10 min. vérification des passeports, carte grise, carte verte.

Ensuite, douane de la Macédoine, ça recommence, passeports, carte grise, carte verte, police qui ouvre certains coffres de voiture, on nous demande où on va, combien de temps on va rester en Macédoine...

10 h 55, on a passé.

On descend une route à 3 voies pas très plate, mais ça va.

Essence sans plomb 95 un tout petit peu moins chère qu'en Albanie.

Entrée de Struga, on descend au bord du lac. Avant de longer le lac en direction d'Ohrid, on va voir sur le côté droit ce qui s'y trouve... Mauvaise idée, gros embouteillage, peut-être parce qu'on est dimanche, 2 campings, plusieurs chambres et appartements à louer... on fait demi-tour et on traverse Struga, bord de mer assez quelconque...

On continue par la petite route du bord de mer jusqu'à Ohrid.

Vers 12 h, on y est. Je suis un écriteau amphithéâtre, on s'arrête à l'entrée d'un complexe ancien regroupant l'amphithéâtre, quelques églises anciennes, les murailles du château, etc.

On monte à pied l'allée centrale. En haut, entrée pour église et basilique à 100 dinari par personne. Rien à faire, on ne veut pas de mes euros... Bon, pas trop de restos dans le coin, on reprend la voiture et on va se garer en bas, sur le bout du quai...

On trouve un restaurant CMETKA (c'est en cyrillique...) qui accepte qu'on paie en euros et qui me rendra en dinari, ça nous arrange....

1 euro = 61 dinari (taux affiché dans le bureau de change)

2 escalopes de veau, pommes nature, 2 assiettes de champignons, 2 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 1220 dinari. Je donne 50 euros et je récupère environ 1800 dinari.

Si on ne trouve pas de bureau de change, ça ira pour les entrées de sites, etc. aujourd'hui...

En fait, il y aura 2 bureaux de change ouverts dans la rue centrale piétonne...

Vers 14 h, on repart à pied le long de la mer voir le centre ville, quelques maisons anciennes, l'église Sainte-Sophie, 2 entrées à 100 dinari, qu'on ne paiera pas vu qu'il n'y a personne de présent pour encaisser ni à notre entrée ni à notre sortie...

Tour des magasins.

1 carte postale = 50 dinari

1 timbre = 30 dinari 1 bouteille d'1,5 litre d'eau minérale = 30 dinari. Vers 16 h 30, on revient à la voiture.

Le propriétaire des appartements tout proche se promène à vélo, donc on va voir ce qu'il propose...

Appartements « Roze ». 25 euros, WIFI, parking gratuit devant, calme, c'est parfait. Téléphone : 00389 70 85 67 59, bd Maréchal Tito, no 25. Le propriétaire parle anglais.

Dans le jardin, source en provenance de la montagne, on peut la boire... Les 4 studios sont au rez-de-chaussée avec chacun une table dans le jardin. Nous sommes dans le no 4, le mieux placé à mon goût. Il y a un lit simple en plus dans le studio.

Le propriétaire et son fils semblent grands amateurs de vélos, local à vélos dans le jardin aussi...

Installation, repos un moment.

17 h 45, on remonte en voiture dans la partie ancienne où nous étions à midi.

Visite d'une église orthodoxe, Saint Clément ?, magnifiques fresques, entrée 100 dinari par personne. Puis, on remonte voir l'autre église, Saint Pantaleon ?, tombeau de Saint Pantaleon à l'intérieur, moins belle que la précédente et les mosaïques de la basilique à côté. Le même personnage qui ne voulait pas de mes euros à midi, maintenant, il nous laisse entrer sans payer, faut pas s'énerver là... Sinon, 100 dinari par personne.

On jette un oeil sur l'amphithéâtre en redescendant, bof bof...

On ne monte pas jusqu'aux murailles du château. C'est très beau éclairé la nuit, visible du quai en bas également, mais on a vu une vue aérienne montrant qu'apparemment il n'y a strictement rien à l'intérieur de la muraille...

On revient à l'appartement avec la voiture.

Petits achats à l'épicerie du coin, on n'a pas très faim, 153 dinari.

Retour vers 19 h 30 à l'appartement.

14e jour – lundi 22 septembre 2014

Il pleut, ça commence mal, mais ça va s'arranger 1 h après, ouf.

Départ vers 7 h 30

On continue la route autour du lac en direction de Pogradec.

C'est plus sauvage, parc naturel sur notre gauche, route correcte, plus étroite qu'avant Ohrid.

Arrêt dans un hôtel pour 2 cafés = 120 leks

Arrêt dans un supermarché pour acheter diverses choses pour finir notre monnaie macédonienne...

Cigarettes pour info = env. 60 dinari le paquet

On passe à Sv. Naum. Petit détour, parking payant, on renonce vu qu'on a débarrassé toute notre monnaie.

9 h 30, douane macédonnienne, personne devant nous. 10 min. pour les papiers, puis on nous demande si l'on a quelque chose à déclarer, où on va et si on retourne en Macédoine ensuite...

9 h 40, douane albanaise, personne devant nous. 3 min. pour les papiers

9 h 45, on est en Albanie

Juste avant Pogradec, autre parc naturel à notre gauche.

Entrée de Pogradec et dans Pogradec, routes en mauvais état, travaux, ça ne va pas vite...

Arrêt dans Pogradec, 2 cafés = 200 leks

On poursuit jusqu'à Korce.

La route est bonne et assez large.

11 h 15, entrée de Korce, travaux partout, marché... ça n'avance pas fort.

On trouve près de la gare routière et du marché l'hôtel Regency, place de parking en face, le long du trottoir. 11 h 30.

Chambre 101, 30 euros sans le petit déjeuner (ou 40 euros avec le petit déjeuner). On prend la version à 30 euros. WIFI, minibar, chambre assez grande. Ascenseur. La douche, le lavabo et la chasse d'eau s'avéreront assez capricieux...

On ressort vers 11 h 45. On se dirige vers le marché, puis vers le centre ville.

Dans la rue piétonne centrale menant à la cathédrale, restaurant Alfa, sur la terrasse. 1 veau avec sauce fromage/riz, 1 kebab avec aubergine/poivron, 1 salade mêlée pour les deux, 1 tranche de glace, 2 cocas light, 2 cafés = 2'500 leks.

On va voir la cathédrale, assez neuve, les lustres en bois sont gigantesques : le quartier à l'arrière, le musée archéologique est fermé entre 14 h et 17 h

On revient à la voiture, départ à 15 pour Voskopoje. On se fait expliquer où est la route, je me trompe et suis un panneau Voskop qui ne devait pas être un fléchage mais une indication des communes je pense, on revient, on va un giratoire plus loin, là, c'est bien marqué Voskopojé 18 km.

Départ de là à 15 h 15, on arrivera à 15 h 35, route en bon état, petit col, belles vues.

A l'entrée de la ville, on tente de suivre le fléchage à droite pour un ancien monastère à 1.7 km. Chemin peu plat, ça va 400 mètres à 10 km/h jusqu'à un hôtel, après, il faudrait un 4x4... On renonce...

On retourne en centre ville. Arrêt sur le giratoire central, on part à pied à gauche.

A 400 mètres, on peut visiter l'église Saint Nicolas. Magnifiques fresques extérieures et intérieures, celles de l'extérieur abimées par des idiots y ayant gravé leurs noms dessus...

On revient au giratoire et on part sur la droite.

A 200 mètres, on arrive à l'église Cathédral Ste Mary. C'est fermé, mais quelqu'un arrive avec la clef, ouf. Là, l'entrée est payante. 200 leks par personne. L'extérieur de l'église ressemble à une grange, l'intérieur est superbe, fresques, etc.

Il faudrait s'installer dans un hôtel à Voskopoje et aller à pied dans les diverses autres monastères/églises, fléchés à 3, 4 ou parfois 8 km...

17 h 10, nous repartons avec la voiture ; 17 h 45, nous sommes à Korce, on fait le tour du centre ville et on retrouve l'hôtel à 18 h.

Arrêt et repos un moment.

Vers 19 h, on ressort.

3 gâteaux dans une pâtisserie, 2 croissants au chocolat pour demain matin et 2 cafés dans un pub = 400 leks. Pour situer, tout ceci égale le prix d'un café à Genève...

Il recommence à pleuvoir, orage, on revient à l'hôtel vers 20 h 30, juste à temps...

15e jour – mardi 23 septembre 2014

2 cafés à l'hôtel avant de partir = 150 leks

Il pleut à verse, mais ça s'arrêtera au bout d'une heure, heureusement, parce qu'on va pas mal errer dans les chemins de montagne ce jour...

Départ 7 h 50

On va à Maliq pour essayer de rejoindre Gramsh... A la sortie de Maliq, panneau qui signale que la route est coupée plus loin, on va encore 2 km et on demande, effectivement, on ne peut aller que jusqu'à Moglice nous dit-on.

Bon, on redescend à Korce où on arrive vers 8 h 50

On veut aller à Leskovik, mais on se trompe... on part jusqu'à Bilisht où on se rend compte de la bévue... c'est reparti, on retourne à Korce où on arrive vers 9 h 50. Bonne route jusqu'à Bilisht.

9 h 50, on part enfin pour Erseke et Leskovik...

11 h 00 Erseke

Essence, 23 litres de super sans plomb 95 à 1.80 lek le litre = 4'320 leks.

On entre dans un café juste à côté, 2 cafés = 120 leks. Pas de toilettes pour femmes, juste un urinoir... Bien, qu'à cela ne tienne, on va boire un coca dans l'hôtel à côté = 120 leks. Là, il y a des toilettes turques mixtes au moins...

Départ 11 h 30

Route de montagne, trous, etc, ça ne va pas vite. Magnifiques vues sur les montagnes et paysages.

13 h 10, on arrive à Leskovik.

Restaurant de l'hôtel Jorgo. 1 veau avec patates, 1 veau avec flageollets, 1 salade mêlée, 1 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 1'250 leks. Très simple mais très bon.

14 h 10, on repart dans l'idée d'aller à Berat ; ça recommence, route de montagne, trous, etc. Jusqu'à Permet.

16 h Permet, la route est en plaine, ça a l'air d'aller mieux, large, bien goudronnée...On arrive à Ballaban qu'on traverse, pont sur la rivière, on fait encore 1 km. Là, la route se sépare en 3 routes impraticables sans 4x4 ; et encore faudrait-il savoir laquelle prendre... On revient au centre du village où on nous dit que ce n'est pas possible et qu'il faut aller à Tepelene à 18 km...

La route n'est pas trop mauvaise depuis Ballaban.

On arrive à Tepelene vers 17 h 50 ; ça devient pénible, donc, on renonce à Berat pour ce jour.

On débouche sur la SH4 en très bon état, on décide d'aller à Girokaster à 24 km.

18 h 20, on est à Girokaster, un hôtel Geraldo à gauche du giratoire d'entrée, 1 place devant. Il reste 1 chambre au premier étage, chambre 13, sans ascenseur. Balcon depuis lequel on voit le château éclairé la nuit. C'est moche, mais c'est propre, ça ira, ras-le-bol pour aujourd'hui. 25 euros sans le petit déjeuner. Pas de WIFI (ou en panne). Un peu bruyant la route devant si on laisse la fenêtre ouverte...

18 h 45, on part à pied en ville, sans monter dans la partie ancienne.

2 cafés et 2 gâteaux = 260 leks.

20 h 30, retour à l'hôtel.

16e jour – mercredi 24 septembre 2014

2 cafés à l'hôtel, servis avec une bouteille d'eau = 250 leks

Départ 7 h 30.

On met les valises dans le coffre et on laisse la voiture là, on monte à pied à la vieille ville.

En route, 2 croissants = 250 leks

Après, la rue centrale, on tourne à gauche pour la vieille ville. A partir de là, mieux vaut s'abstenir des talons aiguilles...

Belles maisons anciennes, on regarde les boutiques d'artisanat, la mosquée (rien de notoire à l'intérieur).

Achat d'une carte récente de l'Albanie, 1'250 leks.

On continue à monter jusqu'au château, qui ouvre à 9 h. On y arrive vers 9 h 05, la vendeuse de billets arrive à 9 h 15... 2 entrées à 200 leks par personne. On fait le tour de la cour, quelques canons, un vieil avion, la tour de l'horloge, la vue sur les montagnes surtout. Les WC dans la cour s'ouvrent péniblement vers 9 h 45... sont pas pressées les miss dans le secteur...

A l'intérieur du château, possibilité de visiter un musée sur les armes pour 200 leks supplémentaires, ça ne nous intéresse pas et cela semble hermétiquement clos d'ailleurs...

On ressort vers 9 h 50.

On va encore brièvement voir le début du bazar et on redescend dans la ville moderne.

On s'arrête pour reposer nos pieds endoloris par les pavés...

1 coca, 1 eau minérale = 150 leks.

Change de 100 euros dans un bureau de change près de la voiture au taux de 1 euros = 140 leks.

11 h 45, départ avec la voiture par la route SH4, via Tepelene. Elle semble avoir été regoudronnée récemment sur plusieurs kilomètres après Tepelene. Excellent état général (surtout par rapport aux routes d'hier...).

On prend la route via Levan. Il existe une route qui tourne à droite pour aller à Hekal. Ca nous intéresse pour aller l'un des prochains jours à Byllis et éviter de passer par Balsh, on verra...

Vers 13 h, on s'arrête au bord de la route dans un resto « Grill 33 » (qui n'existe que depuis 6 mois nous dit-on).

2 spaghettis bolognaise, 1 salade verte, 1 salade mêlée, 1 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 1'400 leks.

Départ vers 14 h.

14 h 35 environ, on est à l'entrée de Fier.

Direction la rue où se trouvent l'hôpital régional, la maternité, la clinique américaine etc. pour trouver l'hôtel Internacional. On y est à 15 h.

3 nuits à 35 euros (sans petit déjeuner), que je règle tout de suite pour pouvoir récupérer nos 2 passeports...

Chambre 101, 1er étage, sans ascenseur, assez grande, frigo, balcon, parfait, Calme, donne sur le parking de l'hôtel et non sur la rue.

Repos et installation.

Vers 16 h 30, on ressort à pied pour aller au centre. Rien de notoire, mosquée moche, église orthodoxe, une université toute neuve assez spectaculaire, les immeubles sont hétéroclites...

On mange sur une terrasse du Café Deira. 1 poulet au grill, 1 tranches de porc au grill, 1 frites, 1 coca, 1 eau minérale, 2 cafés = 1'200 leks. Très bon

Vers 19 h 15, on est de retour à l'hôtel.

17e jour – jeudi 25 septembre 2014

2 cafés dans un bar face à l'hôtel = 200 leks 2 croissants = 100 leks

On part à 8 h avec la voiture pour Berat...

A priori, ça semble bien parti, route en bon état... jusqu'au croisement avec celle pour Balsh...

Après, ça recommence, trous, travaux, etc. jusqu'à Kuman... 20 km/heure maximum...

Ensuite, ça va un peu mieux, mais encore quelques trous et travaux...

9 h 50, on est garé à Berat.

Visite mosquées et alentours = 100 leks par personne. Très bel intérieur de la mosquée.

Je trouve la ville encore plus belle que Girokaster. Vue d'ensemble sur les maisons anciennes.

On passe à pied le pont central (en travaux), on va sur l'autre rive, vue sur l'église au dessous de la citadelle (dont la porte semble fermée...), on revient par l'autre pont (également en travaux)...

On a décidé de ne pas monter à la citadelle cette fois-ci pour épargner nos chevilles... !

On va dans le centre nouveau, rue piétonne terminée, travaux dans le parc et sur le quai de la rivière. Au bout de la rue piétonne, on revient par l'arrière, route des voitures...

A nouveau, bâtiment de l'université assez spectaculaire...

11 h 40, on tombe sur le restaurant Petrit où certains mangent déjà. Très bien, ça nous arrange, on s'installe.

4 köfte, 1 riz, 1 filet de veau, 1 salade mêlée, 1 coca, 1 verre de vin. La machine à café semble en panne... = 1'100 leks. Simple et très bon.

12 h 45, départ avec la voiture.

On décide de passer par Lushne et de reprendre l'autoroute en direction de Fier pour aller à Ardeniça.

Au début, encore quelques trous et travaux, mais c'est mieux que ce matin...

13 h 50, arrêt à l'entrée de Lushne.

2 cafés, 1 bouteille d'eau = 130 leks

Départ vers 14 h 10, autoroute en bon état

Vers 14 h 30, on sort à Kolonjé. Dans le village, Ardeniça est fléché, bonne route pour y monter, étonnant...

14 h 45, on est garé au pied du monastère, on monte à pied 100 mètres.

Il faut frapper avec le heurtoir, on nous ouvre pour la visite. Magnifique bâtiment et l'intérieur de l'église est presque encore plus beau que les 2 intérieurs vus à Voskopojé.

Ne sachant que faire, nous laissons 200 leks au gardien des lieux, qui semble satisfait.

15 h 15, départ, on retrouve l'autoroute, on traverse un « lac », c'est-à-dire une conduite d'eau qui a dû sauter... ça nettoyera le chassis...

J'aurais bien besoin d'un lavage de la voiture au bord de la route avant de quitter le pays, couverte de poussière, de sable, de boue, etc. On verra ça plus tard...

15 h 30, garés à l'hôtel.

On part à pied à la recherche d'une glace... pas évident... on retrouve une pâtisserie vue l'autre jour qui en produit...

2 x 2 boules de glace = 120 leks

Retour à l'hôtel à 16 h 30

Rangements, nettoyages, internet, etc.

18 h 30, on ressort.

Pas très faim... 1 petite pizza hallal pour deux, 1 eau minérale, 1 coca = 550 leks. Un peu plus loin, 2 cafés = 120 leks.

Retour à l'hôtel à 20 h.

18e jour – vendredi 26 septembre 2014

Il pleut, mais pas trop fort. Cela va s'arrêter vers 9 h 30

2 cafés en face de l'hôtel = 150 leks 3 croissants = 150 leks

Départ avec la voiture vers 8 h 10 pour Byllis

Bonne route dans l'ensemble, via Balsh et Hekal.

9 h 30, on arrive au site, portail, on nous dit d'aller nous garer devant le restaurant, au centre.

2 tickets d'entrée à 300 leks par personne.

On fait le tour du site à pied, il y a des panneaux explicatifs en albanais et anglais.

Belles vues également au loin, notamment sur la rivière.

Impossible de voir les mosaïques, recouvertes de sable... Sinon, le site est intéressant, peut-être moins que celui d'Apolonia où nous irons cet après-midi.

Derrière le restaurant, également quelques tombes dans une maison.

Départ vers 11 h 10 On redescend par la même route, on a bien vu une route qui descendait sur Klos pour reprendre la grande route au bas ? Ca ne semblait pas être un chemin en bon état, donc on a renoncé à essayer...

On décide de s'arrêter à Patos, vers 11 h 45.

Petit tour en ville et repas dans un petit restaurant avec boucherie à côté, grill, etc. 4 saucisses de porc, 4 côtelettes de porc (la moitié aurait suffi...), 1 frites, 1 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 1'430 leks. Bon, là, on n'aura plus faim pendant un moment...

Départ vers 13 h 45 pour Apolonia, via Fier.

Parking à Apolonia à 14 h 20.

Il fait grand beau, belle promenade en perspective...

On nous vend 4 billets d'entrée à 150 leks, un pour le site et un pour le musée par personne.

Visite de l'église, du musée, puis tour du site, odéon, etc. On monte à l'arrière de l'odéon, petit café restaurant avec places assises pour piqueniquer, WC dans le jardin.

2 glaces, 1 bouteille d'eau = 400 leks

On finit la visite du site, puis on va encore à pied jusqu'aux restes de l'amphithéâtre... pas grand chose là, on renonce au nymphéa plus loin.

Très belle église et de magnifiques pièces dans le musée.

Départ avec la voiture à 17 h.

A 17 h 25, on est garés dans le parking de l'hôtel.

Repos un moment.

Pas très faim après les agapes de midi, on ressort acheter une pomme et 4 bananes = 140 leks.

2 cafés en face de l'hôtel = 200 leks.

20 h 30, on est de retour.

19e jour – samedi 27 septembre 2014

2 cafés en face de l'hôtel = 200 leks 3 croissants = 150 leks

Départ de l'hôtel avec la voiture à 8 h 15

Essence en route, à la sortie de Fier, à 1.75 leks le litre de super sans plomb 95 = 4'800 leks.

Bonne route, puis autoroute jusqu'à Vlore.

9 h 15, on est garé à Vloré au dessus de la place de l'Indépendance. Petit tour dans le marché, puis place de l'Indépendance, mosquée ancienne à côté mais fermée, ruines du château...

2 cafés = 100 leks

11 h 00, on repart par la route côtière.

Vers 11 h 30, Orikum. On cherche le parc archéologique, on s'égare et on arrive devant l'entrée de la base navale... Il y a aussi un écriteau parc archéologique sur le mur...

Le gardien nous laisse entrer après avoir conservé un de nos passeports et noté ma plaque de voiture. On doit aller 2 km plus loin, là nous attend quelqu'un qui nous dit de tourner à gauche dans un chemin en terre sur env. 500 mètres... Lui, il coupe à pied à travers la colline et nous retrouve au pied du théâtre.

2 entrées à 200 leks par personne.

On nous explique que l'Université de Genève avait fait des fouilles ici en 2013... !

Apparemment, le théâtre serait plutôt, selon ces dernières fouilles, un nymphéa et non un théâtre...

Certaines personnes sont d'ailleurs encore en train de travailler aujourd'hui à gratter la terre...

Nous montons également au dessus par les escaliers taillés dans la pierre. Belles vues sur Vlore et Orikum.

Nous ressortons et nous arrêtons dans la ville d'Orikum en voyant un petit restaurant, il est 12 h 40.

1 salade mêlée, 1 spaghetti ail/huile, 1 penne arabiata, 1 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 850 leks.

Départ vers 13 h 30.

Magnifique route en direction de Saranda avec vues superbes.

La route n'est pas en très bon état dans la montée du col après Orikum, dès que l'on redescend, ça va mieux à part quelques petits trous par ci par là...

Parc national, puis petit arrêt pour vue panoramique au bord de la route.

Vue générale sur Dhermi, on se croirait déjà en Grèce...

Traversée d'Himaré par le bord de mer.

16 h 30, on est à Sarranda.

Hôtel Myrtaj, juste au dessus des restes de l'ancienne synagogue. Très simple, mais propre. Chambre no 3, avec balcon latéral. WIFI. On va rester au moins 2 nuits. Je paie 40 euros pour les 2 nuits.

Apparemment, terminal bus devant l'hôtel, le long des vestiges de la synagogue.

17 h. On ressort à pied, on descend jusqu'au dessus du port voir les bateaux pour Corfou. On revient le long du quai jusqu'à l'Hôtel Butrint 5 étoiles, on rentre par une rue arrière.

19 h 10, Taverne « Léo ». 2 demi-poulets à la braise, 1 assiette de pommes de terre, 1 eau minérale, 1 coca, 2 cafés = 1'300 leks. Très simple et très bon.

20 h 30, on est de retour à l'hôtel.

20e jour – dimanche 28 septembre 2014

2 cafés dans le café au bas de l'hôtel = 120 leks

1 paquet de 6 croissants au Conad au bas de l'hôtel = 235 leks

Départ vers 8 h 10 avec la voiture.

Excellente route jusqu'à Butrint (a été regoudronnée)

8 h 30, on s'arrête avant le bac, devant l'entrée de Butrint

2 entrées à 700 leks par personne.

Tour du site à pied en suivant le plan donné à l'entrée, on termine par le musée et on redescend tout droit sur l'entrée.

Dans le musée, on peut acheter 2 types de cartes routières d'Albanie.

WC près du théâtre et dans la cour du musée.

Très agréable promenade par un temps splendide et nous sommes tout seuls...

On ne peut voir qu'un petit bout de mosaïque dans la basilique et une mosaïque dans le musée, c'est fort dommage...

Le circuit est intéressant, agrémenté d'explications en anglais et en albanais.

Vers 10 h 40, départ avec la voiture, c'est le moment, il y a déjà 4 cars de touristes...

Nous décidons de passer avec le bac pour aller à Mesopotam et à l'Oeil bleu par l'autre côté du lac.

Aucun affichage de prix, j'essaie de payer avec des euros, refus net, seulement des leks...

Passage voiture et 2 personnes à bord = 500 leks.

La route de l'autre côté du lac offre de splendides panoramas de Butrint vu d'en haut.

11 h 50, on arrive à Mesopotam. On voit une église qui nous paraît trop moderne, je monte me renseigner, non c'est l'église du village, le monastère est plus loin sur la route, à la sortie près du cimetière sur le côté droit de la route. On repart.

12 h 00, arrêt devant un portail assez nouveau semble-t-il qui condamne l'accès au cimetière et au monastère. 2 personnes se promènent avec une échelle, c'est bon, on peut passer, ils ne ferment pas le portail...

On fait 100 mètres à pied jusqu'au cimetière, un berger nous court après pour nous vendre des billets d'entrée à 100 leks par personne... Je n'ai pas assez de pièces pour faire 200 leks et il n'a pas la monnaie de 1'000 leks, ça dure 10 min... finalement, il nous vend 1 seul billet à 100 leks pour les deux... L'église est magnifique à l'extérieur, mais fermée pour rénovation, cerclée de fer pour qu'elle ne tombe pas...

On ressort vers 12 h 30. Ah, les deux personnes avec l'échelle sont en train de coller un écriteau officiel annonçant le monastère...!

On continue la route pour aller voir l'Oeil bleu qu'on atteint vers 13 h, après avoir payé 200 leks pour passer avec la voiture... Les 2 derniers kilomètres sont assez « défoncés »...

On se gare, il y a une partie « café » au bord de l'eau (avec un mariage), et plus loin, un hôtel restaurant avec terrasse au bord de l'eau... Très sympathique tout ça... on s'atable au dessus de l'eau avant d'aller voir l'Oeil Bleu proprement dit 100 mètres plus loin... Pour un dimanche à midi, on ne peut pas dire qu'il y ait foule dans le restaurant...

1 steak, 1 truite (de la rivière d'à côté selon le garçon), 1 assiette de patates, 1 coca, 1 verre de vin, 2 cafés = 2'200 leks.

Après le repas, on va voir l'Oeil bleu (petite terrasse au dessus). Effectivement, magnifiques couleurs...

On décide de poursuivre la route et de rentrer par Delvine. Départ vers 15 h.

Je vois un écriteau « Delvine 10 km » sur la gauche... Je crois que ce devait être un raccourci... et c'est reparti pour un bison futé plein de trous... Sinon, belles vues sur les montagnes à nouveau...

16 h, on arrive péniblement à Delvine...

17 h, on est garé devant l'hôtel. Personne n'est venu faire la chambre, personne en vue non plus, le WIFI ne marchait plus ce matin, idem cet après-midi, c'est un peu n'importe quoi cet hôtel... En fait, un plomb qui a sauté dans le couloir...

Repos un moment.

Vers18 h, on ressort voir un peu au delà de l'hôtel Butrint, puis le quai.

2 cafés et 2 gâteaux sur le quai = 500 leks

Beau coucher de soleil...

Retour à 20 h à l'hôtel.

21e jour – lundi 29 septembre 2014

2 cafés dans le café en bas de l'hôtel = 120 leks 1 croissant et 1 petit pain à la boulangerie = 120 leks

Départ avec la voiture à 8 h

Essence à Ksamil pour terminer nos leks. 12 litres de super sans plomb à 187 leks le litre = 2'200 leks.

On a vu en passant à Ksamil une banque (Tirana Bank), un distributeur dans la station service susmentionnée (banque Raiffeisen) et un bureau de change dans l'office du tourisme. Un ou deux campings également.

8 h 30, passage du bac à Butrint, 500 leks

On continue jusqu'à Mursi, ensuite, certainement encore un bison futé, ça recommence avec une route pleine de trous. On finit par rejoindre la route principale peu avant Konispol.

9 h 30, douane albanaise, personne devant nous, passeports, papiers de la voiture, on passe en 3 min.

9 h 35, douane grecque, ils ont fermé la file pour les voitures à plaques européennes et suisses, on se retrouve dans une file unique derrière 4 voitures albanaises, passeports, papiers de la voiture, ça dure 10 min...

On roule jusqu'à Igoumenitsa.

Vers 10 h 20, on est garé sur l'ancien port pour les ferries pour Corfou.

Le prochain ferry pour Lefkimi part à 14 h.

On laisse la voiture là et on part se promener.

2 cocas light = 3 euros

Pour faire simple, repas au Goodyes, 1 poisson panés, salade, 4 petits sandwichs avec frites, 1 coca light = 9.90 euros.

2 cafés dans un bar à côté = 3 euros

On retourne vers 12 h 20 acheter les billets pour le bateau.

1 voiture et 2 piétons = 39.40 euros (26.40 euros pour la voiture et 6.50 euros par personne), compagnie Sarris Lines.

On peut déjà monter à bord.

Là, le bateau part à 13 h 05... C'est là que je me souviens qu'en Grèce il faut avancer sa montre d'une heure, j'avais totalement zappé ceci bien que je le sache... Heureusement qu'on est revenu assez tôt.

Donc, il est 14 h 05 au départ en fait.

Arrivée à 15 h 05.

Environ 42 km entre le port de Lefkimi et Corfou ville. Cela nous prendra une heure environ, y compris un petit détour pour aller voir où était l'Achilleon pour demain matin (ça ouvre à 8 h).

On arrive vers 16 h 30 à l'hôtel Atlantis (2 étoiles paraît-il), devant le nouveau port.

Chambre no 305, avec balcon et vue sur le port, très bien, on a de la place. On y restera 3 nuits. 55 euros par nuit, sans petit déjeuner, que je règle tout de suite. Parking gratuit devant, ou de l'autre côté de la rue, voire dans une rue latérale en cul-de-sac. Ascenseur, WIFI.

Vers 17 h, on part à pied revoir le centre ville.

19 h, repas dans un restaurant en route (Opama). 1 salade grecque, 1 spaghetti bolognaise, 1 moussaka, 1 verre de vin, 1 coca light = 32 euros.

A côté de l'hôtel, 2 cafés = 3 euros

Retour vers 20 h 15 à l'hôtel

22e jour – mardi 30 septembre 2014

Vers 8 h 30, 4 cafés et 2 croissants au bar à côté de l'hôtel = 8.90 euros

Un bateau de croisière Iberostar arrive et un autre, Aida, arrivera plus tard. Toute la journée, nous allons avoir des bus en provenance des ces bateaux... à l'Achilleion et à Paleokastritsas...

Départ vers 9 h avec la voiture, on retrouve la route pour l'Achilleion après un ou 2 essais...

9 h 30, on est garé au dessous du monument.

Le bus no 10 en provenance de Corfou s'arrête devant.

Entrée 7 euros par personne (il existe une entrée « famille » à 15 euros). Audioguide possible pour 3 euros. Photo faite à l'entrée vendue 4 euros à la sortie pour les intéressés...

Visite en jouant au chat et à la souris entre les divers groupes, on y arrive. Beau palais avec des vues splendides bien entendu.

Départ vers 11 h 30 pour aller à Pelekas.

12 h 15, on est garé dans le village. Petit tour à pied...

Repas à la taverne Agnes, ça ne va pas vite...

1 salade grecque, 1 steack hâché, 1 côtelette agneau, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 glaces 3 boules, pas pris de café = 39.50 euros.

Vers 14 h, on reprend la voiture et on monte au sommet du village voir un point de vue = « Trône de l'Empereur ». De là, vue impressionnante et même sur les bateaux du nouveau port de Corfou...

14 h 30, départ pour le monastère de Paleokatritsas où nous arrivons vers 15 h.

Visite monastère, petit musée, moulin à huile, très intéressant.

Avant la petite montée au monastère (avec route alternée et feu rouge), parking pour plages alentours et aquarium de Corfou à côté.

Le site en général est très beau.

Départ vers 16 h, on arrive à l'hôtel à 16 h 35.

Repos un moment.

17 h 30, on va voir au port en face les tarifs du bateau Corfou ville – Igoumenitsa, 60 euros pour 2 personnes et la voiture.

Nous allons certainement retourner en voiture à Lefkimi après-demain pour y prendre le bateau pour Igoumenitsa.

Ensuite, nous allons au centre ville nous promener.

En route, dans une pâtisserie, 3 gâteaux et 2 cafés = 9.90 euros.

Superbe coucher de soleil sur la citadelle, rues avec magasins éclairés, très agréable promenade...

Retour à l'hôtel à 20 h 30.

23e jour - mercredi 1er octobre 2014

4 cafés et 2 croissants dans le bar à côté de l'hôtel = 8.60 euros

2 bateaux de croisière à quai... Costa Fascinosa et Princendam...

Départ vers 8 h 45

9 h 30, on est garé à côté du monastère de Vlacherna, à Kanoni.

L'extérieur, la position du monastère, est magnifique, l'intérieur ne contient rien d'extraordinaire.

Ensuite on traverse à pied la digue piétonne au bout de la piste de l'aéroport, on assiste à un décollage et un atterrissage... puis on monte vers le café Kanoni pour la vue générale sur le monastère et l'île voisine (Pontikonissi).

Le bus no 2 en provenance de Corfou s'arrête devant le café. On peut le prendre à Corfou à 20 mètres après l'hôtel Atlantis, on a vu l'arrêt devant notre hôtel en sortant à pied...

Départ vers 10 h 45, dans un embouteillage de 10 bus Costa et autres devant le café, 10 minutes pour en ressortir...

Nous allons à Benitses ensuite.

Arrivée vers 11 h 30, petit tour plage et village, assez calme, ouf, plus de bus de croisière...

12 h 15, repas à la Taverne Benitses/Spiros Ca ne va pas vite bien qu'il y ait peu de clients, pas grave, on est bien sous les arbres... 1 espadon, 1 gyros, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 28.70 euros. Très bon, sauf le café qui n'a pas dû être fait avec une machine expresso...

13 h 30, on reprend la voiture et on va se garer à Corfou vers l'hôtel. Arrivée vers 14 h.

Repos un moment.

Vers 15 h 30, promenade en ville à pied

1 carte postale et 1 timbre = 1.10 euros

En route, 1 gâteau, 1 sandwich, 2 coca light, 2 cafés = 7.80 euros

Retour à l'hôtel à 19 h 30.

24e jour - jeudi 2 octobre 2014

2 croissants et 4 cafés dans le bar à côté de l'hôtel = 8.60 euros

Départ à 7 h 30 avec la voiture pour Lefkimi.

8 h 45, on est au bateau pour Igoumenitsa. Le guichet vendant les tickets ouvre à 9 h. Le bateau est prévu pour 9 h 30. Même bateau qu'à l'aller = F/B Lefkimi

Billets pour voiture et 2 adultes = 39.40 euros (26.40 euros pour la voiture et 6.50 euros par personne).

On part à 9 h 32.

10 h 35, on est sorti à Igoumenitsa.

Route pour Parga.

11 h 30 garés à l'entrée de Parga. On est déjà venu, petit tour en ville, il fait 28 degrés...

12 h 15, taverne Sideris. 1 salade au thon pour les deux, 1 rôti de veau avec patates, 1 foie de veau avec patates, 2 cocas light, 1 verre de vin, 2 cafés = 29 euros.

Départ vers 13 h 30 pour Arta.

En route, essence sans plomb 95 à 1.649 euro le litre = 43 euros.

Arta, 15 h 15. On s'arrête brièvement à l'entrée de la ville pour voir le vieux pont.

Grand hôpital à l'entrée de la ville, de nombreux cabinets médicaux de toutes sortes en ville et de nombreuses pharmacies... Jamais vu ça, ce doit être le centre régional de tous les toubibs...

15 h 30, on trouve un hôtel au centre ville, il n'y en a pas d'autre apparemment au centre, = Hôtel Cronos. Chambre 209, avec balcon, frigo, coffre-fort, ascenseur, 55 euros avec le petit déjeuner. (Sinon possibilité de prendre la chambre seule pour 45 euros). Parking dans la rue, sinon parking privé souterrain de l'hôtel à 2 euros par 24 heures.

Repos un moment, il fait 27 degrés...

Vers 17 h, on ressort à pied.

Pas de plan disponible, on y va au bol...

Tour de la ville, visite de plusieurs petites églises byzantines, anciennes et moins anciennes, très belles peintures en général à l'intérieur. Vue sur le petit théâtre. On va voir la tour et la citadelle qui semble en rénovation (fermée).

La grande église byzantine est un musée, qui semble fermé, aucun horaire affiché... Voir notamment l'église Saint-Basile (qui était fermée) et l'église Saint Théodore (ouverte et splendide).

En route, 2 x 3 boules de glaces = 7.20 euros.

Avant de rentrer, 1 gâteau au chocolat, 1 croque-monsieur, 1 Pago, 1 eau minérale, 2 cafés = 10.40 euros.

Retour à l'hôtel vers 20 h 30.

25e jour - vendredi 3 octobre 2014

Petit déjeuner à l'hôtel.

Départ vers 8 h 10.

9 h 10, arrêt 15 min. à Amfilocha pour 2 cafés = 4 euros

L'autoroute n'est pas terminée, avant la coupure pour Agrinio, on pourrait la prendre sur quelques kilomètres. On fait quand même le tour par Agrinio, rien d'extraordinaire, on aurait pu aller tout droit...

Vers 11 h 10, Messolongi, on fait un petit tour en voiture, ça ne nous emballe pas, on repart à 11 h 30 pour Naupacte.

12 h, on est garé à Naupacte, nettement plus jolie. Petit tour du port et en ville, sans monter au château.

Repas taverne Nikos. 1 plat de diverses viandes pour nous deux, 1 patates, 1 salade verte, 1 plat de gros haricots, bon là il y en a pour 4 personnes, on ne finira pas tout... mais très bon. 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 37.60 euros.

Départ vers 14 h 25

14 h 35, on passe le pont Rion, 13.20 euros pour 1 voiture aller simple.

On a déjà fait l'autoroute Patras-Corinthe, donc on prend la petite route côtière. Travaux sur la petite route et sur l'autoroute, avec des camions qui passent d'un chantier à l'autre, d'une route à l'autre... ça ne va pas vite donc...

Vers 16 h 50, arrêt 1/4 d'heure à la plage à Xilocastro pour 2 coca light = 4 euros.

18 h, on est à Corinthe, hôtel Ephira. Chambre 208, avec balcon, à l'arrière et au calme, frigo, WIFI, ascenseur, très bien. 45 euros sans petit déjeuner.

Installation et petit tour en ville à proximité, il me semble qu'il y a davantage de rues piétonnes que lors de notre dernier passage...

En route, 2 gâteaux = 3.80 euros et 4 cafés = 4.80 euros.

Retour à l'hôtel vers 20 h.

26e jour - samedi 4 octobre 2014

4 cafés près de l'hôtel = 4.80 euros, 2 croissants = 2.40 euros

Départ avec la voiture vers 9 h 30.

Arrêt 15 min. pour revoir le canal de Corinthe depuis le pont.

Départ vers 10 h 15 pour Epidaure où on arrive à 11 h 15.

Nous voulions revoir le théâtre surtout... 2 entrées à 6 euros par personne.

Départ vers 12 h 20 avec la voiture pour Nauplie.

Essence à l'entrée de Nauplie à 1.599 euro le litre de super sans plomb 95 = 35 euros.

13 h on est à Nauplie, on tourne un peu...

13 h 30, garés sur le port

Restaurant Gyrokomeio sur la place, sous les arbres. 3 souvlaki, 1/4 poulet, 1 salade grecque pour les deux, 1 coca light, 1 verre de vin rouge, 2 cafés = 27.40 euros.

Vers 15 h, on trouve l'hôtel Elena, chambre 119 sur la cour pour être au calme, 40 euros avec le petit déjeuner. WIFI, frigo, balcon, très bien.

Repos et tri un moment.

On ressort vers 16 h.

Avec la voiture, montée à la tour de l'horloge, puis au château Palamidi.

2 entrées à 4 euros par personne. Magnifique forteresse avec vues impressionnantes sur Nauplie. Eviter les talons aiguilles dans le château...

Vers 18 h, nous sommes garés vers l'hôtel.

On part à pied faire le tour de la vieille ville et de ses rues piétonnes, très agréable promenade, belles maisons et beaux magasins, église également magnifique.

En route, 2 glaces de 3 boules chacun = 12 euros.

Retour à l'hôtel vers 20 h. après avoir vu de loin le château éclairé la nuit, très beau également.

27e jour - dimanche 5 octobre 2014

Petit déjeuner à l'hôtel, buffet avec pas mal de choix.

Départ avec la voiture vers 8 h 15.

On roule jusqu'à Tripoli où on arrive à 9 h 20. Route de montagne avec belles vues sur Nauplie au début.

Depuis Tripoli, problèmes de poubelles, tas d'ordures partout... Grève ? On se croirait presque à Naples...

Petit arrêt au centre ville, rien d'extraordinaire, petite visite à l'église, mais enterrement, donc on n'insiste pas.

2 cafés = 4 euros

On repart vers 10 h 30.

Le fléchage pour Pyrgos à la sortie de Tripoli est fabuleux... Il a fallu demander 3 fois où aller pour trouver la route enfin...

On roule jusqu'à Olympie où l'on souhaite ne revoir que le musée archéologique. Route de montagne, parfois étroite, paysages splendides.

On traverse Legada, joli village, artisanat, hôtels.

Un peu après, gros orage, trombes d'eau... un point positif : ça lavera la voiture des restes des routes albanaises...

On arrive vers 13 h à Olympie, il pleut encore.

Repas à l'entrée d'Olympie dans un petit self-service, en compagnie d'un car d'Argoviens, on n'est pas dépaysés... 2 tomates farcies, 1 salade grecque, 1 coca light, 1 verre de vin = 24.70 euros. 2 glaces = 3.60 euros, 2 cafés = 3 euros.

Vers 14 h, départ à pied, on traverse le village en regardant les magasins. Davantage de choix de reproductions diverses que dans la boutique du musée d'ailleurs...

14 h 40, on est à l'entrée du site. Choix entre : 1 billet à 6 euros pour le musée archéologique, 1 billet à 6 euros pour le site archéologique et 1 billet à 9 euros pour le site archéologique et un musée sur l'olympisme (qui semble fermé le dimanche d'ailleurs)

Heures d'ouverture du site et du musée archéologique, tous les jours de 8 h à 18 h.

Pour le musée archéologique, il faut aller acheter le billet au musée, non à l'entrée du site.

2 billets à 6 euros par personne pour le musée archéologique.

On y reste environ 1 h et on revient à pied en regardant les boutiques de l'autre côté de la rue centrale et la gare.

Départ avec la voiture vers 16 h 15, il pleut encore, pour aller à Pyrgos à 16 km environ.

16 h 45, Pyrgos.

Il nous restera 95 km environ à faire demain matin pour aller prendre le bateau à 15 h. à Patras, en principe aucun problème donc...

Là, c'est la totale, c'est dimanche, beaucoup de magasins fermés, il pleut, il y a des tas d'ordures partout...

On s'encourage et on trouve l'hôtel Panthéon, près de la gare. Chouette, en plus, il y a des Roms qui font la manche devant et il faut rouler dans un tas d'ordures pour y accéder... Qu'à cela ne tienne, on y arrive.

Chambre 302, 45 euros sans petit déjeuner. Ascenseur, WIFI, coffre-fort, frigo, balcon, pas si mal que ça par rapport à l'extérieur... Un seul reproche, une personne forte n'entrera pas dans la douche...

On reste tranquille un moment, puis on ressort voir la zone piétonne. Il pleut encore.

Un petit peu mieux que vers la gare, quelques cafés, etc. sur la place centrale, l'église est en rénovation (échafaudages la masquant totalement). Aucun tas d'ordures dans la zone piétonne en revanche...

En route, 3 gâteaux = 5.70 euros, 4 cafés = 6 euros.

Retour vers 20 h 30 à l'hôtel.

28e jour - lundi 6 octobre 2014

4 cafés dans un café près de l'hôtel = 8 euros, 2 croissants = 3.50 euros

Départ avec la voiture vers 8 h 40

Excellente route jusqu'à Patras, où on arrive vers 9 h 50.

On reste sur l'autoroute jusqu'à la sortie Patras Centre/Port (sortie A).

On arrive dans Patras, là on connaît...

Essence sans plomb 95 à 1.579 euro le litre = 32 euros.

Surprise de voir qu'il y a encore des ferries en centre ville et qu'ils ne sont pas tous au nouveau port à 5 km au sud (c'est fléché "South Port" d'ailleurs...)

On se gare après la gare routière vers 10 h 30.

On revient à pied, on passe par la gare qui semble toujours fonctionner... 4 trains par jour pour Kiato, dont un vers 11 h, il y a des gens qui l'attendent...

Petit tour en centre ville, non on ne remontera pas les 250 marches pour aller au château...

Vers 11 h 45, on s'attable dans un resto italien près de la gare.

Pas grand chose disponible sur leur carte...

2 spaghettis bolognaise, 1 salade mêlée, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 21.30 euros.

Achats de sandwiches et boissons pour ce soir et croissants pour demain matin sur le bateau dans une boulangerie juste à côté = 7 euros.

On retourne à la voiture et on roule le long de la mer les 5 km jusqu'au nouveau port.

On y est vers 14 h.

Devant la sortie piétonne du port, bus no 18 pour aller à Patras Centre (et donc à la gare routière j'imagine).

Dans le port, bus no 1 gratuit qui tourne entre les bateaux présents à quai et la sortie piétonne (dans le bâtiment du terminal). Ca ne sert pas à grand chose, s'il y a 200 mètres entre les bateaux et le bâtiment, c'est déjà beaucoup...

Echange de la réservation internet pour les billets au bureau de Grimaldi ferries dans le terminal.

J'avais acheté les billets il y a 3-4 mois, pour une voiture et 2 personnes dans une cabine intérieure = 232 euros.

Nous avons fait exprès de prendre le ferry Patras-Brindisi plutôt que le même d'Igoumenitsa à Brindisi. En effet, pour le même prix, nous partons à 17 h, heure grecque, de Patras, et nous faisons une halte à Igoumenitsa où d'autres personnes vont embarquer à 1 h du matin, heure grecque. Nous préférons passer une bonne nuit dans la cabine plutôt que de monter à 1 h du matin pour ressortir 6 h 30 plus tard si l'on tient compte du décalage horaire...

On passe le contrôle douanier vers 14 h 10. Les grilles d'entrée s'ouvrent à 14 h.

Ensuite, on attend un moment au pied du bateau qu'ils chargent quelques remorques, etc.

On peut monter avec la voiture à 15 h 30. (Lors de l'échange de billets, on m'avait dit 16 h...)

On s'installe tranquillement dans la cabine 787, parfait, 2 lits séparés non superposés, douche, WC, il y a de la place. Le bateau est le "Euroferry Brindisi".

16 h. tout est prêt, on va se promener sur le bateau. Un bar, un casino avec une dizaine de machines à sous, un restaurant self service (qui ouvre à 19 h 30 heure italienne), un magasin.

A partir de maintenant, on recule nos montres d'une heure, il est 15 h (heure de Brindisi...). On arrive normalement demain matin à 8 h 30 à Brindisi.

Le bateau part avec 30 min. de retard à 17 h 30...

1 coca light = 2.60 euros Au bar, les Marlboro sont affichées à 3.90 euros le paquet pour les intéressés, d'autres marques moins cher.

2 cafés = 2.40 euros.

Gros éclairs en soirée, ça tonne, mais le bateau ne bouge pratiquement pas, ouf...

29e jour - mardi 7 octobre 2014

4 cafés au bar = 4.80 euros.

On est censé arriver à 8 h 30 heure italienne...

A 9 h 30, on peut rejoindre les voitures dans le parking du bateau...

9 h 45, on est à l'extérieur, un premier contrôle de certains passeports, puis arrêt douane, passeports et ouverture du coffre...

10 h 15, on est enfin sorti du port...

Autoroute / SS16 pour Bari.

10 h 35 Ostuni

11 h 30, on a fini de tourner autour de Bari

11 h 40, on sort pour aller manger à Bitonto dans un resto où nous sommes déjà allés.

Un piaggio branlant avec une échelle à 20 km/h, je le dépasse, un flic me siffle, paraît que j'ai passé une double ligne blanche, disons quasiment effacée... Dans ces cas-là, on ne parle que le français bien sûr... Las, il abandonne le débat...

12 h 20, parking à Bitonto, 40 ct dans le parcomètre pour être tranquille jusqu'à 13 h, surtout qu'on est presque devant le bureau de police... on s'est déjà fait remarquer avec le piaggio...

On retrouve notre resto = Ragno Verde 1 penne tomate, 1 pâtes aux fruits de mer, 1 dorade au four, 1 tranche de boeuf, 1 salade verte, 1 coca, 1/4 de vin, 2 cafés = 37 euros. Toujours aussi bon... le patron parle quelques mots de français. Le resto fait aussi pizzeria (au feu de bois) le soir.

Vers 14 h, départ, on se perd un peu, on rejoint la SS16 à côté de l'aéroport de Bari.

15 h 30, on traverse Foggia, on se paume pour changer.

16 h 15, on est à Lucera, à l'hôtel réservé sur Booking.

Hôtel Villa Imperiale, 4 étoiles, chambre 52, 59 euros sans petit déjeuner. WIFI Quelques fruits nous attendent dans la chambre en guise de bienvenue, ainsi que de l'eau minérale. C'est grand, presque trop grand...

A côté de l'hôtel, station de bus. La gare des trains est au bas de la rue de l'hôtel.

Repos un moment, on ressort à pied vers 17 h.

En plein dans une procession sortant de l'église San Domenico... visite de l'église, puis d'une autre (la basilique mineure, avec reliques de Fasini), puis footing jusqu'à l'amphithéâtre où on arrive à 18 h 40 et ça ferme à 19 h...

2 billets à 3 euros par personne.

Très bien restauré (en 2009), la personne à l'accueil est charmante.

On revient en centre ville, sur la place du Duomo. On peut y entrer, mais messe en cours... Belle façade, assez sobre.

On s'installe dans une boulangerie à côté du duomo. 2 gâteaux glacés au chocolat, 2 cafés = 9.40 euros.

Retour à l'hôtel vers 20 h 15.

La ville est assez belle, palais, château, etc. On pourrait y passer un peu plus de temps pour y flaner...

30e jour - mercredi 8 octobre 2014

4 cafés et 3 croissants dans le bar à côté de l'hôtel = 7 euros

Départ avec la voiture vers 8 h 15, on va voir l'extérieur du château (qui n'ouvre qu'à 9 h 30). Belle façade et 2 tours assez bien restaurées.

Départ vers 8 h 45 pour Campobasso, on perd quelques minutes pour retrouver la route, mais on y arrive... Pendant les 30 premières minutes, la route est en mauvais état, trous, etc... enfin trois fois rien par rapport à l'Albanie..., après nettement mieux...

10 h, on est garé au pied du château à Campobasso, exactement au pied de la Voie des Pins Sacrés (plantés en 1927 en mémoire des morts de la 1ère guerre mondiale, un nom par arbre, plus d'une centaines d'arbres).

On monte à pied la Voie des Pins Sacrés, on visite le château avec terrasses et mémorial des morts des deux guerres, l'église à côté. On redescend la Voie des Pins Sacrés; au bas 2 églises, San Giorgio fermée (beau portail et chapiteaux) et au dessous San Bartolomeo ouverte (beau portail, à l'intérieur croix en pierre, icônes). 2 magnifiques églises.

Vers 11 h 15, on reprend la voiture et on descend se garer en centre ville près de la Mairie.

Parcomètre jusqu'à 14 h 30 = 2.60 euros

On va visiter la Cathédrale, une petite place avec artisans à l'arrière, le marché.

Vers 12 h 15, juste avant la gare, Bar-trattoria Molise, avec menus à prix fixe = 12 euros.

1 penne aux fruits de mer, 1 spaghetti tomate, 1 saumon aux petits pois, 1 saucisse grillée, 1 patates, 1 brocoli, 1 litre eau minérale, 2 cafés + 1 coca et 1 verre de vin = 26.30 euros. Très bon et la patronne est charmante en plus.

Départ avec la voiture de Campobasso vers 14 h après avoir tourné au moins 10 min. dans les sens interdits, etc. pour trouver la route d'Isernia...

15 h 15, on arrive à Isernia et on trouve tout de suite l'hôtel réservé en plus fléché dès l'entrée de la ville, un miracle...

Hôtel Sayonara, chambre 23, 55 euros avec le petit déjeuner. Ascenseur, WIFI, coffre-fort, frigo, grande chambre, balcon. 1 lit double pour nous et un lit simple. D'autres chambres sont plus petites, sans balcon, etc. Parfait. Parking dans la rue devant. L'hôtel est assez proche de la gare de trains d'Isernia.

Repos un moment.

16 h 20, on part à pied pour aller visiter la vieille ville toute en longueur.

Fontaine très spéciale, églises, cathédrale et visite du sous-sol de celle-ci (entrée à côté).

Une très jolie vieille ville habitée avec des commerces pour la promenade, c'est plaisant.

En route, place du X septembre, 1 pizza Margarita au feu de bois pour deux et 1 coca chez un artisan = 4.80 euros. Une table dans le magasin pour s'asseoir et la manger parfait...

Le 10 septembre 1943, bombardement sur la ville, environ 4'000 morts et beaucoup de bâtiments détruits. Le souvenir de ce jour semble encore très présent (monuments, plaques commémoratives, etc.).

On revient en direction de l'hôtel.

En route, 2 glaces citron = 4 euros, 2 cafés = 2 euros.

Retour vers 20 h à l'hôtel

31e jour - jeudi 9 octobre 2014

Petit déjeuner à l'hôtel (café expresso, croissants, beurre, confiture, jus d'orange).

Départ vers 8 h. avec la voiture.

Essence super sans plomb 95 à 1.685 euros le litre = 45 euros.

Sulmona vers 9 h.

Un premier arrêt avec la voiture vers la cathédrale basilique San Panfilo, devant le parc. Visite de la basilique et surtout magnifique crypte.

On a vu un fléchage pour une abbaye à l'arrière. On reprend la voiture et on arrive à l'abbaye à Badia = abbaye Santo Spirito al Morrone, il est 10 h environ. Jusqu'en 1994, c'était la prison de Sulmona...

C'est noté qu'on ne peut visiter gratuitement qu'accompagné d'un membre du personnel, on entre, personne, on voit deux cours, on ne peut pas entrer dans l'église en travaux.

Il y a également une partie occupée par la direction du parc national Majella.

voir http://www.parcomajella.it/ Dehors, il est écrit qu'il y a un sentier de 66 km dans le parc faisable en 4 jours. Au dessus de l'abbaye, dans le parc, plusieurs ermitages adossés à la montagne.

Surgit donc un membre du personnel qui va en chercher un autre parlant français, et on est parti pour le tour intérieur du monument, sauf l'église en travaux... Il y a même plusieurs pièces stockées là en provenance de L'Aquila suite au tremblement de terre de 2009... Intéressant et inattendu...

11 h 30, on repart avec la voiture pour retourner au centre ville.

La ville est spécialisée dans la fabrication de dragées (confettis), soit en paquets, soit sous forme de fleurs multicolores. De nombreux magasins en vendent un peu partout...

A pied, on voit le duomo (il y a un musée à côté, on n'entre pas), la statue d'Ovide, les restes de l'aqueduc et la fontaine adjacente, ainsi que quelques églises en route... Très jolie petite ville à nouveau où l'on pourrait flâner plus longuement.

Vers 12 h 30, arrêt Pizzeria Ennaro. 1 salade mixte pour les deux. 2 risotto aux bolets, 1 coca, 1 eau minérale, 2 cafés = 28.50 euros.

Départ avec la voiture vers 14 h pour L'Aquila.

14 h 45, on arrive à L'Aquila, et, comme je le craignais, dans une ville en travaux, échafaudages, camions de ciment, etc. suite au tremblement de terre de 2009. On fait un rapide tour en voiture dans ce chantier et on renonce à même s'arrêter... Trop déprimant...

Vers 16 h, on arrive à Rieti, on se perd à l'entrée, on retrouve l'hôtel réservé sur Booking après 15 min. d'errance...

Hôtel Blu, chambre 10 (sur l'arrière) avec balcon, 45 euros avec petit déjeuner. WIFI, parking (attention, petit et entrée étroite). Pas d'ascenseur.

Au vu du parking, je ressors péniblement en marche arrière me garer en face dans une impasse pour ne pas être coincée demain matin.

Ensuite, nous nous rendons compte que la ville ou autre a dû installer des requérants d'asile dans une grande partie de l'hôtel...

Vers 17 h, on ressort à pied pour faire un tour dans Rieti où nous sommes déjà venus. Point central de l'Italie, duomo et sa crypte, pont romain, murailles, etc.

En route, 2 tartes aux pommes, 4 cafés = 7.20 euros.

Retour à l'hôtel en longeant la muraille éclairée vers 19 h. 45.

32e jour - vendredi 10 octobre 2014

Petit déjeuner à l'hôtel, très copieux...

Départ vers 8 h. 10

Magnifique route de montagne avec villages perchés, de plus, il fait un temps splendide...

9 h 15, on est garés gratuitement à Spoleto, près du marché, le long de la rivière (asséchée...)

Un petit tour dans le marché, puis escaliers roulants (ouverts de 7 h 30 à 20 h 30) pour monter au château.

Tour extérieur du château, vue sur le pont acqueduc, puis on redescend lentement en visitant le duomo (et sa crypte), etc. La ville est toujours aussi belle, c'est un plaisir d'y revenir...

A 12 h 15, arrêt 1 h pour manger. Taverna dei Duchi, bel endroit et calme Menus à 16.50 euros 2 pain/olive et jambon Parme, 2 pâtes à la façon de Spolète, 1 truite, 1 saucisse, 1 patates, 1 aubergines, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 40 euros. Très bon

On poursuit la visite en ville, crypte de Saint Isaac, théâtre romain, Sainte-Agathe, etc. on arrive en descendant place Garibaldi.

1 coca et 1 eau minérale dans un bar = 3 euros

Il fait 27 degrés...

On reprend la voiture vers 14 h 45 pour aller à Perugia (Pérouse). Autoroute gratuite tout le long.

On passe devant Assise qu'on ira visiter demain.

15 h 30, on entre en ville, on suit notre plan et les écriteaux pour aller à l'hôtel Ilgo réservé sur Booking. On y arrive sans trop de difficulté vers 15 h 45. Chambre 306, 43 euros + taxe de séjour 1.50 euros par nuit par personne, sans le petit déjeuner. Ascenseur, WIFI, coffre-fort, frigo, balcon. Parking gratuit. L'hôtel se trouve à l'arrière de l'hôpital de la Misericordia. On y restera 2 nuits.

Il y a une navette gratuite qui part de l'hôtel au centre ville historique à 8 h 30, 9 h 30, 10 h 30 et 16 h 30, 17 h 30, 18 h 30. Elle revient du centre ville à 8 h 40, 9 h 40, 10 h 40 et 16 h 40, 17 h 40, 18 h 40.

Installation, repos un moment.

A 17 h, on reprend la voiture pour aller devant l'hôpital et s'épargner quelques pas. Puis, on monte en ville à pied. Arc étrusque, duomo, bâtiments sur la place, galerie de l'Ombrie (sans entrer), marché, vue, etc. Belle promenade, mais de nombreux bâtiments devraient être nettoyés à mon sens... Surtout qu'apparemment Perugia sera ville européenne de la culture en 2019...

En route, 2 glaces = 3.60 euros.

Nous revenons à pied devant l'hôpital. En face, bar Loris avec terrasse. 1 eau minérale et 1 coca = 3.80 euros. A côté, une trattoria avec pas mal de petites choses, peut-être pour demain soir...

Retour vers 20 h à l'hôtel. Il y a 3 bus de touristes présents...

33e jour - samedi 11 octobre 2014

Journée consacrée à la visite d'Assise. Magnifique journée de visite sous un beau soleil...

Départ de l'hôtel vers 8 h.

Arrêt sur l'autoroute à un café La Cometa/Lucaroni. 2 cafés doubles et 2 croissants = 6.40 euros.

9 h 15, on est garé gratuitement via della Repubblica à Santa Maria de Angeli.

Visite de la basilique.

On part à pied pour Assise en suivant le chemin pour piétons prévu à cet effet, ça monte...

10 h 30, on arrive à la Basilique d'Assise, déjà pas mal de monde...

Visite de la Basilique San Francesco pendant 1 h 30 environ.

On prend la rue centrale du village.

Vers 12 h 15, on voit une trattoria qui affiche un menu à 9.50 euros. 2 pâtes aux truffes, 2 rôtis de porc, 2 frites, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 35 euros

Pendant que l'on commande au comptoir ce que l'on veut avant de nous asseoir, entre un hystérique qui nous coupe pour exiger une pizza sur le champ; nous ne nous laissons pas faire et il sort du magasin en hurlant qu'on est "fous à tuer", la patronne est un peu gênée, mais n'en peut rien... Bien, on est tranquille, il est ressorti, on peut aller s'asseoir, il y a vraiment des dingues partout...

Départ vers 13 h 15, on poursuit la rue centrale jusqu'à l'église Santa Chiara qui ne rouvre qu'à 14 h.

Enormément de boutiques de souvenirs, d'artisanat, de produits alimentaires locaux, etc. Sinon, une bijouterie avec des bagues "locales" = http://www.humilis.it/index.php

En attendant, on poursuit jusqu'à la Porta Nuova. Marché le samedi matin avant la Porta Nuova.

On revient sur nos pas jusqu'à Santa Chiara.

A côté, achat de 2 tickets de de bus à 1.30 euro par personne pour le retour tout à l'heure (sinon 2 euros si achetés dans le bus). Il y a un bus C qui va de la Basilique de Santa Maria de Angeli, via la gare d'Assise, jusqu'à la Place Matteotti. Voir : http://www.umbriamobilita.it/public/resources/orari/urbani/libretto_assisi.pdf

14 h, on entre dans l'église Santa Chiara,

Ensuite, nous sommes montés voir encore l'église San Ruffino, surtout pour la façade et la crypte. A 15 h, on entre dans le musée adjacent qui mène à la magnifique crypte. Entrée 3.50 euros et 2.50 euros pour les plus de 60 ans. On nous fait payer 2.50 euros par personne bien que je n'aie pas 60 ans... Attention, l'entrée se fait à l'extérieur de l'église, sur la place, certains attendaient l'ouverture à 15 h à l'intérieur de l'église... ils doivent encore attendre là... Comme on l'avait remarqué avant d'entrer, nous étions strictement seuls dans la crypte tandis que les autres attendaient dans l'église... On les voyaient même d'en bas s'énerver parce que la grille ne s'y ouvrait pas ! Crypte très spéciale avec un puits et un reste de cloître à l'intérieur.

Ensuite, on rejoint la place Matteotti fléchée en ville, sans monter à la Rocca tout en haut. Il est noté en route "168 marches - 7 minutes" pour y accéder, pas envie de tester...

15 h 50, on arrive à la place.

Le bus arrive à 16 h 05 et part à 16 h 10 comme affiché sur place. Tickets de bus à composter dans le bus.

Il passe par la gare et fait encore un détour, puis s'arrête devant la basilique Santa Maria de Angeli à 16 h 45.

En face, 2 glaces et une bouteille d'eau sur une terrasse = 9.10 euros. Il fait encore 25 degrés...

17 h 30, départ avec la voiture pour rentrer à Perugia.

Essence dans un self-service (machine avec billets de banque) à 1.641 euro le litre de super sans plomb = 30 euros.

18 h 15, on est garé devant l'hôpital, près de l'hôtel.

Dans le snack repéré hier soir, 2 ravioli avec noix, jambon et roquette, 1 verre de vin, 1 coca light, 2 cafés = 20.40 euros.

19 h 15, on arrive à l'hôtel. A nouveau, 3 bus présents...

34e jour - dimanche 12 octobre 2014

Je règle les 2 nuits et les 4 taxes de séjour = 92.40 euros

Départ avec la voiture et arrêt après l'hôpital devant une boulangerie ouverte Café Lupi, 2 cafés et 3 croissants = 4.80 euros

Départ avec la voiture vers 8 h en direction de Sienne par l'autoroute

Sienne vers 9 h 30

Colle Val d'Elsa vers 10 h. Petit arrêt pour dans un café sur la place centrale. 2 cafés et 1 croissant = 4.30 euros

Départ vers 10 h 20

Volterra vers 11 h

Cecina vers 11 h 30.

Pas grand chose d'ouvert... Petit tour et on arrive au Bar Fiorenza. 1 salade thon/haricot, 1 lasagne, 1 risotto champignons, 1 verre de vin, 1 coca light, 1 glace, 1 petit gâteau, 2 cafés = 26.50 euros

Ensuite, on va voir où se trouve l'hôtel réservé près de Vada. A 13 h, personne. Sur ma réservation, il était noté arrivée à 16 h 30.

Pour s'occuper, on va à la gare de Vada proche en voiture. Parking possible. Pas de distributeur de billets, il faut aller les chercher à Vada centre sur la place Garibaldi, pas très pratique ce truc, on verra si l'on va utiliser le train un de ces jours...

On va voir la plage près de Vada, on revient en centre ville.

Visite de l'église, rien d'extraordinaire.

2 cocas light sur la place centrale (place Garibaldi) en attendant = 5 euros

On traîne un peu en ville.

Il y a une laverie self-service, ça nous servira demain. On voit aussi un magasin de seconde main à visiter à l'occasion.

A 16 h, on arrive à la Résidence Borgo Verde, le réceptionniste est déjà là, tant mieux...

J'avais réservé il y 6 mois pour une semaine, via Aldi Voyages, pour 218 frs à deux.

Petites maisonnettes contigües, nous avons la no 21, face à la piscine.

Entrée avec canapé, table, coin cuisine, WC/salle de bain et rangements. Escalier et chambre à coucher en haut. Petite machine à café italienne à disposition.

La maisonnette semble prévue pour 4 personnes, le canapé faisant clic-clac apparemment.

Le WIFI fonctionne bien près de la réception et en face de la piscine, ça tombe bien.

Je prends un forfait WIFI pour 1 semaine = 10 euros.

On range et on vide toutes les valises.

Vers 18 h 30, on retourne en voiture à Vada.

Formule aperitivo au bar La Golosa, sur la place Garibaldi à 5 euros par personne et 2 cafés.

Ca commence bien pendant 10 minutes, puis la serveuse se met à balayer frénétiquement de l'extérieur vers l'intérieur et balance la poussière sur le buffet d'apéritif et sur nous d'ailleurs... une remarque, suivie apparemment d'une remontrance du patron, ça se termine par une serveuse en pleurs à la cuisine... Quelle histoire, nous l'avons dit gentillement pourtant...

Finalement, on a payé 7 euros, le patron à dû lui dire de ne facturer qu'un seul aperitivo pour apaiser la situation je pense car elle n'a jamais voulu encaisser le second...

Retour à l'hôtel vers 19 h 45.

35e jour - lundi 13 octobre 2014

7 h 30, on est à la laverie self-service. 3 jetons à 4 euros (2 machines de 6 kg et 1 séchoir), la lessive est déjà dans la machine.

Pendant que ça tourne, dans la boulangerie d'hier soir 3 croissants et 4 cafés = 7.30 euros

Ensuite, on reprend la voiture pour aller faire quelques commissions à la Coop pour le soir et quelques articles pour chez nous = 64.70 euros

On va également visiter le magasin de seconde main.

10 h 30, on revient à l'hôtel poser la lessive et les commissions dans le frigo.

Puis, on va voir Marina di Bibona, immenses plages de sable.

On revient à la via Matteotti à Cecina, près d'un cordonnier qui n'ouvre qu'à 15 h le lundi...

Repas au restaurant l'Angolo Toscano près du cordonnier. Différents menus, nous prenons celui à 14 euros, avec premier plat, plat principal, légumes, 1 coca light et 1/4 de vin compris. 2 penne aux bolets, 1 poulet, 1 rosbeef, 1 frites, 1 artichauts = 28 euros. Le restaurant fait des pizzas à midi également le mardi, jeudi, samedi et dimanche.

Ensuite, petit tour à pied dans le secteur, il fait 28 degrés et lourd.

En route, 2 cafés = 2 euros et 2 coca light = 4 euros.

A 15 h, cordonnier, 14 euros, ce sera prêt demain.

On va ensuite visiter le duomo de Cecina, rien de notoire.

2 glaces = 5 euros

On rentre vers 16 h 30 à l'hôtel.

Repas léger.

Gros orage et pluie vers 18 h 30, le WIFI n'a pas résisté à l'orage apparemment...

On ne ressortira pas vu la météo...

36e jour - mardi 14 octobre 2014

Grand beau.

Départ vers 7 h 45 pour aller à Piombino par la petite route (SS39, ancienne via Appia).

Cecina, grand marché sur la via Appia le mardi.

On prend de l'essence super sans plomb 95 en route à 1.649 euros le litre = 25 euros (machine automatique à billets).

On arrive à Piombino, on suit la direction centre ville (et non la direction "port"). Puis, on roule jusqu'à Salivoli.

Arrêt à Cala Moresca, la route ne va pas plus loin.

Belles vues sur la mer, sur l'île d'Elbe, plage au bas avec restaurant.

En haut, près du parking, petit café avec terrasse. 2 cafés, 2 croissants = 6 euros.

De là, on pourrait aller à pied jusqu'à Populonia (Baratti) par un chemin d'environ 3 h 30 (no 302) et revenir par le même chemin ou un autre, no 300, en un peu moins de temps. C'est très bien expliqué sur place. Environ 10 km entre Cala Moresca et Populonia.

Nous reprenons la voiture et allons nous garer à Piombino (via Torino).

A pied, vieille ville, musée d'archéologie sur Populonia (à cette saison, ouvert seulement le week-end), phare, tour de l'horloge, églises, château avec musée sur l'histoire de Piombino (à cette saison, ouvert seulement le week-end). Très joli petit tour...

Vers 12 h, repas au restaurant Seven Sins, menus à 10 euros avec entrée, plat principal, 1/4 eau minérale, café. 2 tortellini al ragu, 2 saucisses avec patates et champignons, 1/4 eau, 1 coca light, 2 cafés = 20 euros.

Vers 13 h 30, on reprend la voiture pour aller à Populonia.

Avant de quitter Piombino, on va voir comment cela se passe au port pour prendre un bateau demain pour Portoferraio. A l'entrée du port ferry, un giratoire, une rue à droite où l'on peut se garer gratuitement. Si l'on descend 150 mètres plus bas, on arrive devant les guichets pour prendre les billets et, là, parking à 8 euros la journée... Il existe un parking longue durée fléché de l'autre côté de la route pour 5 euros par jour.

Un premier arrêt un peu avant Populonia pour voir le bord de mer, plages, etc. Plusieurs parkings payants, mais pas à cette époque de l'année. Le coin est très beau, pins anciens, herbe, petites plages...

Ensuite, on monte en suivant les indications pour l'Acropole de Populonia. Parking à 14 h 30 à l'entrée du village = 1 euro.

On va visiter l'Acropole, billet à 5 euros. Sinon, il existe d'autres billets groupés avec la nécropole, etc. 2 billets à 5 euros par personne = 10 euros. On y reste env. 3/4 d'heure. Pénible vu qu'il fait env. 28 degrés...

On va ensuite à pied dans Populonia en passant une porte d'entrée assez étroite.

Juste après la porte, à droite, Taverne de Populonia. Terrasse, 2 cocas light = 7 euros. En face de la terrasse, dans la rue, au numéro 5, en entrant, à droite, les WC de la taverne... Pour ceux qui ne voudraient pas payer 7 euros pour 2 cocas...

On va au bout de la rue, quelques magasins de souvenirs, etc.

A l'arrière, une tour impressionnante. 2 euros pour ceux qui voudraient y monter... En face de la tour, une petite église.

Vers 16 h, on repart avec la voiture.

Au bas du village, au bord de la mer, on peut également faire une halte pour visiter la nécropole de Populonia (entrée payante).

En bord de mer, quelques vestiges également.

Beaucoup de touristes allemands et suisses allemands dans le secteur, surtout pour les plages. Certains se baignent encore.

Sur la côte, entre Piombino et Baratti, et un peu à l'arrière, de nombreux autres sites et parcs à visiter, regroupés sur ce site : http://www.parchivaldicornia.it/

Nous faisons un bref arrêt à Cecina pour récupérer les chaussures chez le cordonnier.

Arrivée à l'hôtel vers 17 h. 10

Repas léger.

37e jour - mercredi 15 octobre 2014

On part pour Piombino vers 7 h 45, en prenant l'autoroute après Cesena.

8 h 45, on est garé gratuitement au dessus du port de Piombino.

On descend à pied et on prend les billets à la hauteur du parking payant. Si on passe sur l'île avec le véhicule, c'est l'endroit idéal pour ce faire. Si on passe à pied, on peut aussi les prendre plus bas dans le bâtiment même du terminal.

2 allers-retour pour Portoferraio, aller à 10 h et retour open aujourd'hui = 51.12 euros. Indifféremment que ce soit Toremar ou Mobyline. Le trajet en bateau dure 1 h. A cette saison, il n'y a plus de bateau rapide qui fait la traversée en 30 min.

En fait, on aurait voulu prendre le bateau de 9 h 30, mais il a été annulé aujourd'hui je ne sais pas pourquoi...

Avec les billets, nous descendons à pied au terminal par un chemin pour les piétons face à la billetterie.

Dans le terminal, 3 croissants et 2 cafés = 5.10 euros

WC à disposition.

Face aux bateaux, un arrêt de bus, bus locaux et un bus qui affiche "Milano" qui attend. Egalement le train qui arrive là.

Vers 9 h 30, on peut monter à pied (et en voiture).

Nous ferons l'aller et le retour sur ce bateau : http://it.wikipedia.org/wiki/Aethalia_(traghetto)

Départ effectif à 10 h 05.

11 h 10, on est sorti du bateau à Portoferraio.

Nous montons à pied en évitant les escaliers jusqu'à la villa de Napoléon. Visite à 5 euros par personne. Surtout belles vues, le mobilier n'a pas un intérêt exceptionnel.

Nous redescendons à travers la vieille ville, toujours en évitant les escaliers. Nous voyons différents forts de loin, visitons 2 églises en route.

Vers 12 h 40, repas sur la terrasse de la Pizzeria Napoletana (piazza Republica). Pizzas au feu de bois. 2 pizzas aux bolets, 2 couverts, 2 cocas light, 2 cafés = 29 euros.

Vers 13 h 30, nous allons en direction du musée archéologique (qui ferme à 13 h), puis nous revenons sur le port et dans les rues arrières.

Dans le port, se trouve cet engin, objet de beaucoup d'attention par les touristes... http://www.superyachts.com/yacht-charter/ocean-pearl-883/

14 h 30, nous sommes au terminal ferries. Il fait 27 degrés... 2 cocas light = 3 euros

Nous montons sur le bateau de retour qui part à 15 h avec 5 min. de retard.

16 h 10, nous sommes à Piombino.

Nous remontons à la voiture à pied et quittons les lieux à 16 h 30.

Nous prenons l'autoroute en direction de Livorno.

17 h 10, 15 min. d'arrêt dans un supermarché pour quelques achats = 12.15 euros.

17 h 40, nous sommes à l'hôtel.

Repas léger...

38e jour - jeudi 16 octobre 2014

Départ vers 7 h 45 pour Pise par la SS206 près de notre hôtel.

Essence super sans plomb 95 en route à 1.645 euros le litre = 30 euros. 2 croissants à la station service = 2 euros.

15 km avant Pise, grosses averses, on a de la chance, cela s'arrête à Pise, puis grand soleil...

On se paume un peu en arrivant à Pise...

9 h 30, on est garé gratuitement le long de l'Arno.

On revient en ville en regardant remparts, église fermée, etc. jusqu'au pont près de Santa Maria della Spina, en travaux, nettoyée, ils sont en train de faire le toit, je ne l'ai jamais vue si propre, on ne peut pas entrer pendant les travaux...

2 cafés avant de franchir le pont = 3 euros

On prend le pont, visite église Saint-Nicolas, plusieurs palais, on arrive vers la tour, de nombreux Japonais et groupes Costa / NCL. Petit tour dans le quartier sans entrer dans la tour ni dans le baptistère déjà vus...

Prix entrée pour la tour : 18 euros, baptistère 5 euros.

On prend 2 billets gratuits pour la cathédrale pour 12 h.

On arrive à y entrer vers 11 h 50 en trichant un peu...

Ensuite, ça se couvre, on va manger dans le secteur pour faire simple...

Restaurant Lastri, via Roma. Menus du jour à 12 euros avec eau minérale. Sur la terrasse couverte, heureusement, grosses averses pendant le repas... 2 pennes tomate, 2 escalopes milanaises frites, 2 eaux minérales, 1 coca light, 1 verre de vin, 15 % pour le service... on arrive à 34.50 euros.

Vers 13 h 30, il ne pleut plus, couvert, on part via Roma, corso Mazzini, place Victor Emmanuel, on revient vers le pont. 2 cafés au même endroit que ce matin = 3 euros.

On retourne à la voiture, départ vers 15 h 15, il recommence à pleuvoir...

Retour via la SS1 jusqu'à l'hôtel où on arrive vers 16 h 30, il ne pleuvra plus ce soir.

Repos et repas léger...

39e jour - vendredi 17 octobre 2014

Départ vers 7 h 45 pour Grosseto par la SS1 Aurelia

Arrêt en route 15 min. dans une station service avec bar, 2 cafés et 3 croissants = 5.30 euros

9 h 20, on est garé gratuitement à Grosseto, à l'extérieur des murailles.

Petit tour en ville, duomo, etc. On est déjà venu ici.

Vers 11 h, départ pour Castiglione della Pescaia, via Marina di Grosseto. Belle route avec de magnifiques pins anciens.

11 h 20, on est garé gratuitement à l'entrée de Castiglione della Pescaia.

Très joli village que nous ne connaissions pas du tout, une jolie surprise. Nous grimpons dans la vieille ville à l'intérieur des murailles, visite des 2 églises. Magnifiques vues d'en haut et pas trop de magasins pour touristes dans la vieille ville... plutôt sur le Corso au bas, et c'est tant mieux.

12 h 30, repas au bas, restaurant La Brace del Nero, sur la terrasse. 2 tagliatelles aux bolets, 1 coca light, 1 verre de vin, 2 cafés = 30 euros.

Très peu de monde dans ce village aujourd'hui...

Départ avec la voiture vers 13 h 30.

14 h, nous sommes garés à Follonica. Quelques immeubles un peu hauts... mais jolie plage, 2 restaurants sur l'eau, une rue piétonne, on fait un petit tour à pied. 2 glaces = 5 euros. Rien d'extraordinaire, mais ce n'est pas moche...

15 h, on repart via la SS1, il fait encore 26 degrés...

Arrêt au Conad à Cecina pendant 15 min., quelques achats de complément = 7 euros.

16 h 30, nous sommes à l'hôtel.

Nous allons nous renseigner pour notre départ dimanche matin.

Nous réglons 14 euros de taxes de séjour (1 euro par nuit par personne) et nous pouvons laisser les clefs sur la table et partir quand nous le souhaitons dimanche matin., parfait, ça nous arrange...

Repos et repas léger...

40e jour - samedi 18 octobre 2014

Départ vers 7 h 30 pour Livourne que l'on connaît déjà.

Vers 8 h 15, on est garé gratuitement via Carducci dans la contre-allée, près du Cisternone.

2 cafés et 2 croissants en route = 3.80 euros

On va à pied en ville via la plaza Republica voir le marché à l'arrière de la piaza Grande, puis le marché à la place Garibaldi. Ensuite, tour en ville, magasins via Grande jusqu'au port. Il y a le bateau de croisière Silversea à quai.

Vers midi, repas derrière le duomo, restaurant la Vecchia Senese (qui existe depuis 30 ans), ceci http://www.lavecchiasenese.com/Default2.aspx. Il y a également un four à bois pour les pizzas (le soir je pense).

menu à 15 euros avec entrée, plat principal, eau, vin, café. Très bon, calme, plusieurs personnes âgées du coin y mangent, le patron chante dans la salle, etc... Assez drôle finalement... 1 tagliatelle aux bolets, 1 gnocchi al ragu, 2 tranches de veau au grill, 1 pommes frites, 1 salade mêlée, 1 coca light, 1/4 de vin, 2 cafés = 30 euros.

Vers 13 h 45, on repart avec la voiture.

14 h, arrêt à Quercianella. 2 glaces = 8 euros, celle aux cerises est excellente, encore une... 4 euros. On a un peu abusé... Petit tour, rien d'extraordinaire... mais on est resté dans le secteur de la gare, on n'est pas descendu en bord de mer...

14 h 40, on reprend la voiture.

Vers 15 h, retour à l'hôtel.

Repos, internet et on refait les valises pour demain matin...

Repas léger...

41e jour - dimanche 19 octobre 2014

On finit la dernière valise et départ à 7 h 35.

Via Aurelia jusqu'à Livourne, Pise, puis direction Massa

Vers Viarreggio, la route est coupée pour travaux...

Bon, on va dans Viarreggio...

9 h à 9 h 30, arrêt 2 croissants et 2 cafés = 4 euros

On retrouve la via Aurelia

En route, essence super sans plomb 95 à 1.645 euro le litre = 20 euros

Vers 10 h, on s'arrête 20 min. pour visiter un petit vide-grenier au bord de la route.

10 h 50, on prend l'autoroute à péage à Sarzana jusqu'à Chiavari où j'ai réservé un hôtel.

11 h 30, péage = 7.90 euros.

On descend sur Lavagna et Cavi di Lavagna. L'hôtel se trouve à peu près à mi-chemin entre la gare de Lavagna et celle de Cavi, on y arrive vers 11 h 45.

Albergo Cavi, à Cavi di Lavagna, via Como, à l'arrière de la grande route et du train. 50 euros avec le petit déjeuner, on peut se garer facilement dans la rue devant. On nous attribue la chambre no 10, la seule où internet fonctionne (en dehors du bar-restaurant au bas). Chambre avec 1 grand lit pour deux et 2 lits individuels, balcon, ascenseur, très simple mais très propre.

Vers 12 h, on part à pied en direction de Cavi pour trouver un restaurant. Grave erreur, rien n'est ouvert... on va jusqu'au delà de la gare de Cavi et on revient...

13 h, on est de retour à l'hôtel...

Repas à l'hôtel, rien n'est affiché, on verra bien...

2 spaghettis au pesto, 1 calamar à la poêle, 1 côtelette milanaise, 2 frites, 1 coca light, 1/4 de vin, 2 cafés = 20 euros. Très bon.

On pose nos valises maintenant que la chambre est faite...

14 h 45, on reprend la voiture pour monter à Cogorno voir la Basilique des Fieschi, la route de montagne pour aller à Cogorno est splendide, vues, etc. Puis, on arrive à la basilique en suivant le fléchage "San Salvatore". Ce n'est pas le chemin le plus court, mais on y est arrivé...

15 h 10, on visite la basilique juste avant un baptème ou une messe. Superbe façade également.

On redescend par un chemin plus court et on va à Chiavari, parking gratuit piazza Roma (parce qu'on est dimanche) vers 16 h.

Promenade dans Chiavari, jolie rue centrale à arcades, parcs, belles maisons, trompe-l'oeil, on visite 1 église en route, statue de C. Colomb en bord de mer, etc. Belle ballade pour un dimanche après-midi. En route, 2 glaces = 8 euros.

Retour avec la voiture à l'hôtel vers 18 h 30.

Repos un moment.

Vers 19 h 30, on ressort.

Dans la rue d'à côté, un snack-pizzeria... Pas très faim et pas envie de refaire un footing comme à midi, on prendra 2 steaks hâchés, salade, frites, 1 coca light, 1 eau minérale, 2 cafés = 20 euros. Il faudra quand même 35 min. pour que le steak hâché atteigne notre table...

Retour à l'hôtel vers 21 h.

42e jour - lundi 20 octobre 2014

Petit déjeuner à l'hôtel, 4 cafés et 2 croissants.

Départ avec la voiture vers 8 h.

On monte sur l'autoroute jusqu'à Arenzano, sortie à 9 h = 5.40 euros

Ensuite, on roule jusqu'à Savona où on arrive vers 9 h 30, embouteillages en ville, 3 bateaux Costa présent, marché, etc...

9 h 50, on est garé gratuitement près de la gare de Savona.

On est venu pour revoir le marché Piazza del Popolo.

Juste avant, 2 cafés = 2 euros.

Vers 11 h 30, on a terminé, nous allons manger au bar restaurant Le Palme à 12 h. 1 penne aux légumes, 1 penne à l'arabiata, 2 rôtis de veau avec côtes de bettes, 1 coca light, 1/4 vin rouge, 2 cafés = 30 euros. Tout était excellent.

Départ avec la voiture vers 13 h 15

Essence surper sans plomb à la sortie de Savona à 1.64 euros le litre = 20 euros

On roule tranquillement jusqu'à Diano Marina par la route côtière.

Nous arrivons à l'hôtel réservé vers 14 h 30.

Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois...

Hôtel des Mimosas, chambre 308, 39 euros avec le petit déjeuner. Le balcon-terrasse de cette chambre mansardée au 3e étage est plus grand que les petits balcons des autres chambres mansardées du 3e étage et donne sur l'arrière, pas sur la rue. L'ascenseur ne va que jusqu'au 2e étage.

On reste tranquille un moment et on ressort à pied.

Brocante dans la rue au dessus, tour de la ville, quai, etc. Belle promenade.

En route, 2 glaces = 6 euros.

Plus loin, 1 coca light, 2 tartelettes, 2 paninis, 2 cafés = 14 euros

Retour vers 19 h 30 à l'hôtel.

43e jour - mardi 21 octobre 2014

Retour par la route nationale à Bandol.

40'546 km au compteur.

Repos quelques jours et retour à Genève.

Road-trip en Roumanie (6 520 km) English translation pending
by Podfokeur · 2014-06-25 · 18 replies
Bonjour

Sans aucune prétention, ci-dessous mon récit ( un peu long) au jour le jour de mon road-trip de 6520km en Roumanie.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir

Bonne lecture

Xav

SAMEDI 31 MAI

C'est le grand jour. Direction la Roumanie. Cette 1ère journée devrait normalement me conduire à Zagreb. Je dis normalement car je n'ai pas encore décidé de la route que je vais prendre après Trieste. Mais j'aimerais revoir Zagreb que j'ai eu l'occasion de visiter lors d'un voyage de 3 semaines en Croatie pendant l'été 2013.

Je quitte donc Meribel vers 10h30. Je dois encore acheter un peu de nourriture à Moutiers. Puis je fais le plein d'essence et j'en profite pour vérifier la pression des pneus.

Direction Bourg Saint Maurice et le col du Petit Saint Bernard. Il n'est pas loin de midi je fais un dernier arrêt en France pour me restaurer. Je ne suis pas fan, mais un Mac Do fera bien l'affaire. Je passe la frontière Franco-Italienne. Il y a encore des murs de neige impressionnants. Certains frisent les 4 mètres de haut. La descente sur la vallée d'Aoste est très jolie, très alpine. Pour une fois, je décide de prendre la nationale, au moins jusqu'à Yvrea. Ça n'a pas été un choix très judicieux car je prends beaucoup de retard et Zagreb est encore à 800km. Je vais y arriver tard. Mais c'est aussi ça les voyages, prendre le temps de vivre.

Après un petit cafouillage à Yvrea, me voilà sur l'autoroute . On voit moins de choses mais c'est tout de même plus reposant pour les longs trajets. En un peu moins d'une heure je me retrouve à Milan et allégé de 10,60€ ! Maintenant c'est tout droit jusqu'au territoire Slovène. Trieste enfin, je m'acquitte des 29,30€ de péage et je file en direction de la frontière Italo-Slovène. Il est un peu plus de 20h00 quand je la franchis. Je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le trajet du retour ( 30,00€) Maintenant je continue ma route vers Zagreb via Ljubljana. Il me reste environ 220km. Vers 22h00 à la frontière Sloveno- Croate je prends la voie des camions et ça me vaut 800m de marche arrière pour reprendre la bonne file. Pas top sur l'autoroute ! Il est 22h30. Je suis arrivé à bon port et je retrouve vite mes repères dans cette jolie ville. Un petit tour rapide dans le centre de Zagreb et je me couche car demain ce sont 700km qui m'attendent.

DIMANCHE 1 JUIN

Le réveil sonne à 8h00 mais je me réveille à 9h00. Je me plonge dans les cartes et les itinéraires. À Zagreb il y a du wifi gratuit dans tout le centre touristique. Bien utile pour les routards. 9h30, je daigne sortir de mon duvet, m'habiller et j'avale un morceau avant de reprendre la route. Il est 10h00 quand je décolle enfin. À mon grand étonnement, je sors de Zagreb avec beaucoup de facilité. Afin d'éviter de faire du change Euro/Kuna, je prends la nationale jusqu'à la frontière Croato-Hongroise. Il est un peu plus de 12h00 quand j'y arrive. Dans un Algeco de l'autre côté de l'autoroute je prends la vignette d'autoroute pour 1 mois, elle me servira pour le retour ( 19,00€). Vraiment pas chère pour 1400km A/R. J'atteins Budapest en un peu plus de 2h. Je n'ai pas fait de change Euro/Forint et donc je ne peux pas faire le plein en Hongrie. Je vous l'accorde il me passe dans la tête des idées un peu saugrenues parfois. Clairement je n'avais pas envie de me retrouver avec en poche des Euros, des Kunas, des Forints et des Lei. Enfin toujours est-il que je vais être très content de voir la frontière pour faire du change Euros / Lei et faire le plein de gazole. La voilà la Roumanie!! Après 1650km, m'y voici. Une fois la douane passée, je suis rapidement mis dans le bain. À peine arrêté à la 1ère station essence pour changer de l'argent, faire le plein et acheter la rovignieta que déjà 5 ou 6 gamins viennent me réclamer des Euros ou une vignette d'autoroute Hongroise, Autrichienne, Slovène qu'ils revendront, je suppose, à la sauvette. Compte tenu de l'insistance dont il font preuve, je remonte dans la voiture et je vais 1km plus loin. Impossible de trouver un panneau dans Satu Mare qui m'indique la direction de Baia Mare. Je sors la boussole et je me dirige au Nord-Est et je finis par trouver ce que je cherche, la route 19. Après une bonne soixantaine de km de routes défoncées en direction de Sapanta, je rends les armes et je me gare près d'une vieille station essence/ bar/ restaurant. J'y passe là ma 1ère nuit en Roumanie.

LUNDI 2 JUIN

Il est 7h00 quand j'ouvre un œil, 7h30 quand je sors de mon sac de couchage et je décolle en direction de Sighetu Marmatiei vers 8h00. Il fait 14 degrés, le temps est couvert mais il ne pleut pas. Très vite j'arrive à Sapanta pour visiter le cimetière joyeux. Toutes les stèles sont décorées d'une très jolie croix bleue en bois sculptée, représentant la profession du défunt ou les causes de son décès. En bruit de fond, dans l'église attenante, un prêtre récite sur un ton laconique, des prières. Je poursuis ma route vers la vallée de la Marei et du Cosaului, plus précisément dans les villages de Desesti puis Budesti où sont bâties des églises entièrement en bois. L'architecture est vraiment remarquable. Toutes les 2 figurent au patrimoine mondial de l'UNESCO et se dressent au milieu d'un cimetière délabré. L'une est petite et ressemble plus à une chapelle, l'autre est beaucoup plus imposante. L'ambiance qui y règne est à chaque fois particulière. Ironie du sort, en redescendant à pied de l'église de Desesti, je vois un Renault Master où il est marqué " Boulangerie-Pâtisserie". Ces 2 seuls mots me font écarquiller les yeux et je finis de lire le reste " Famille Gandi - Courchevel 1850 ". Un véhicule Français, de la Savoie et de la commune où je vis. Simplement incroyable ! J'essaye de savoir à qui appartient ce véhicule et un homme m'interpelle en Roumain. Je lui dis que je suis Français et là une femme, qui attend son bus et qui m'entend parler Français , vient se mêler à la conversation et sert d'interprète car elle parle un Français très convenable. Lui me dit qu'il fait les 5 mois de saison d'hiver à Courchevel et elle, elle me dit qu'elle a appris le Français à l'école car jusqu'il y a très peu de temps c'était la 1ère langue qu'il fallait apprendre après le Roumain. Bref les échanges se poursuivent... une rencontre et une conversation très intéressante qui se termine par l'arrivée du bus que doit prendre la dame. C'est exactement ce que j'aime dans le voyage, des rencontres inattendues. Sur la route pour revenir à Sighetu Marmariei je croise de nombreux et magnifiques portails en bois massif sculptés. Paradoxalement les maisons sont moins jolies. Un casse croute vite avalé et je file visiter l'ancienne prison et musée des victimes du Communisme et de la Résistance de 1945 à 1989. J'y consacre 2h45 pour bien comprendre les rouages du bulldozer Communiste. Tout y est très bien expliqué, il y a une brochure en Français et une jeune femme à l'accueil parle très bien le Français. Le lieu en lui même mais surtout certaines pièces de la prison font bien ressentir l'atmosphère qui devait y régner. Je reprends ma route en me dirigeant dans la vallée de l'Izei et plus précisément à Barsana où je trouve un endroit pour passer la nuit. Enfin si on ne me déloge pas dans la soirée car je ne sais pas si c'est privé ou public. Il est 21h00, je regarde la carte et le guide du Routard pour la journée de demain, un homme s'approche de la voiture et commence à me parler en Franco-Romano- Italo- Anglais. Il s'appelle Joan et il a 68ans. Nous discutons pendant plus d'une heure sur nos vies respectives et sur les avantages et les inconvénients de la vie en Roumanie, en France et en Italie où il a travaillé en tant que jardinier pendant 5ans. La discussion se ponctue de fou-rires car nous sommes obligés de mimer ou de dessiner les mots que nous ne savons pas dire dans l'une des 4 langues. Il aurait voulu que je rentre ma voiture sur son terrain pour y passer la nuit mais son portail n'a jamais été fini et donc il ne s'ouvre pas. Il s'excuse plusieurs fois et nous nous souhaitons bonne nuit et à demain.



Mardi 3 juin

A 8h15 après une nuit bien froide, je suis réveillé par Joan qui frappe à ma vitre. Il me demande si j'ai bien dormi et il s'en va. Je mange un morceau et 30 minutes plus tard je revois Joan débarquer avec son frère qui parle un peu le Français. Il me dit que j'aurais dû dormir chez lui. S'en suis une discussion sur mon voyage ainsi que quelques fou-rires sur ma prononciation des villages Roumains et je reprends ma route dans la vallée de l'Izei en direction de Poienile Izei vers 9h30. À la sortie de Barsana, je tombe sur un grand monastère entièrement fait en bois. C'est un havre de paix très bien entretenu, très fleuri, où s'activent ça et là quelques bonnes sœur. Ce site est lui aussi au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le guide du Routard indique une route de traverse pour rejoindre Pioenile Izei, évidemment je m'empresse de la prendre pour fuir les sentiers battus. Je ne suis pas déçu du voyage ! La route se transforme en piste puis à certains endroits en chemin 4x4. Trop tard, je suis engagé et il n'y a aucun endroit pour faire demi-tour. J'arrive bon gré malgré à la fameuse église en bois qui elle aussi est au patrimoine de l'UNESCO. La description du guide du Routard fait mention " d'une petite église en bois au milieu d'un cimetière verdoyant ". Je dirais plutôt une petite église en bois au milieu d'une jungle d'où surgissent quelques croix rouillées et stèles en pierre. Elle semble abandonnée là au milieu de rien car au centre du village une grande église plus moderne a été bâtie. Elle a évidemment beaucoup moins de charme. Je ne sais pas pourquoi, je me sens bien dans cet endroit. Dans tous les villages que je traverse, les gens sont occupés à travailler dans les champs. En ce moment c'est la période des foins. Partout où je passe, les gens s'arrêtent de travailler et ils me regardent passer. Je crois que les touristes viennent rarement s'aventurer dans ces endroits. Et pour cause, les routes sont scabreuses mais vraiment il vaut la peine de se perdre dans les petites vallées du Maramures. Puisque ce n'est pas très loin de ma route, je fais un crochet par Botiza. Ce village est connu pour sa fabrication de tapis de laine colorés par des teintes naturelles. Il faut passer sous un énorme portique en bois sculpté pour rentrer dans le village, il doit faire au moins 5m de haut. J'ai remarqué que tous les villageois qui passaient devant une église ( il y en a 3 ! ) se signe de la croix à 1,2 ou 3 reprises. Je pense que c'est partout pareil mais c'est la 1ère fois que je m'en aperçois. Sur les conseils du guide du Routard je vais à Ieud. Mis à part l'église en bois qui date de 1364 et qui est la plus vieille de la région du Maramures, il n'y a rien d'autres d'attrayant. Je passe à travers champs pour rejoindre Viseu de Jos et donc la route principale. Mon dos et mes amortisseurs se réjouissent de retrouver une route digne de ce nom. Je fais le plein à la petite bourgade de Viseu de Sus car ensuite il n'y a plus rien pour les prochains 100km. Petite anecdote amusante, dans la ville de Viseu de Sus, il est indiqué " BORSA 9km ", c'est ma direction donc je continue ma route. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'aperçois le panneau d'entrée de Borsa sans jamais être sorti de la ville précédente. En effet, j'ai remarqué que la vie se concentre principalement aux abords de la seule route bitumée qui traverse une ville ou un village. À tel point que des petits villages de 500 habitants peuvent faire 4,5,6km de long et ainsi toucher le village suivant. Ce qui a pour conséquence aussi de devoir toujours rouler à 50km/h ( vitesse maximale autorisée en agglomération). Je commence l'ascension du col de Prislop. À la moitié de la montée, le temps se gâte sérieusement. Des ruisseaux coulent sur la route. Juste avant le sommet je croise un berger avec au moins une centaines de moutons. Il est là, impassible sur le bord de la route alors qu'il pleut des cordes et que la température a chuté à 7 degrés ( elle était de 22 en milieu de journée). Il paraît qu'au col, la vue est imprenable sur les montagnes du parc national du Rodnei. Je n'en distingue que des ombres dans le brouillard. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a un monastère perché là au milieu de nulle part. Il ressemble plus à un château de conte de fées qu'à un édifice religieux. À noter que le col de Prislop est le carrefour des régions du Maramures, de la Bucovina et de la Transylvannia. Je continue ma route et descend sur Carlibaba. La route est pleine de trous, certains sont si gros que si je n'étais pas vigilant je pourrais y laisser le train avant . L'endroit est sauvage. Pas âme qui vive. Je me régale. Tout le long de la route, il y a des tas gigantesques de grumes devant lesquels sont garés des camions prêts à les emmener. Dans des coins de forêt, il y a des jolies roulottes en bois servant de maisons aux bûcherons travaillant dans le secteur. Ils sont là en exil pour quelques semaines ou mois. J'atteins enfin Carlibaba, les 1ers 500m ressemble à s'y méprendre à un décor de western. Tout y est. Les maisons en planche avec une terrasse couverte sur l'avant, les clôtures en bois autour des maisons, les parcs à vache en rondin fin, les ponts en bois etc... Ici c'est LA matière 1ere pour tout faire ! Je rattrappe la route principale et je file à 100km/h ( ça change des 30 habituels) vers Fundu Moldovei où j'ai repéré un camping sur le guide du Routard. Douche chaude, lessive, internet pour rassurer les proches et du silence. Un bel endroit pour se requinquer.



MERCREDI 4 JUIN

C'est sous un soleil radieux que débute ma 1ère journée en Bucovina. Ce matin le réveil est tardif ( 9h00) les 200km d'hier dont 180km sur routes défoncées ont eu raison de moi. Je consulte la carte et le guide du Routard avant de partir. Tous le monastères du secteur sont au patrimoine mondial de l'UNESCO ( 5 ). Pour le moment je ne fais pas d'overdose d'églises et monastères car chaque édifice est différent par son environnement, sa décoration, son architecture etc... Mon hôte me dit que la route sera bien meilleur que celle d'hier au col de Prislop ( ça me parait difficile de faire pire) ! Je prends la route en direction de Vatra Moldovitei où je visite le Monastère Moldovita. C'est en fait une grosse église recouverte à l'intérieur comme à l'extérieur de fresques religieuses. Ce qui lui donne un aspect très particulier c'est son toit qui déborde d'au moins 2m. Le tout entouré par un mur d'enceinte épais de 4m environ. Je reprends la route en direction de Sucevita. Elle est bordée d'un petit torrent de montagne, d'alpages, de vaches en liberté, de forêts de sapins, de maisons en bois clôturées par des jolies barrières en bois elles aussi. Avec le soleil qui est de la partie, ça donne un avant goût de ce que peut être le paradis ! La forteresse monastique de Sucevita est très imposante, elle renferme une église entièrement peinte comme précédemment. Les lieux sont très bien entretenues et les peintures murales très bien conservées. Je fais une petite pause à Radauti pour changer de l'argent et me restaurer avec des sortes de beignets fourrés, l'un aux champignons et l'autre à la crème pâtissière. Je flâne ensuite dans les rues et sur le marché de cette petite bourgade bien vivante. Au moment de repartir, j'assiste à une procession religieuse en pleine rue, Je m'approche pour prendre des photos et je comprends qu'il s'agit en fait d'un enterrement ( gloups!). Cette petite pause me fait du bien car j'ai encore 3 monastères à visiter et je risque de friser l'overdose. Je reprends la route vers Arbore pour voir un énième édifice mais je suis très déçu et je repars dans les 5 minutes qui suivent. Les remparts sont... En fait il n'y en a plus, les peintures extérieures sont délavées par le soleil, les peintures intérieures tombent par plaque et on ne distingue plus grand chose et le jardin qui entoure l'église est quasi en friche. L'endroit n'avait aucune âme et pourtant il est sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Et dire que j'ai fait 12km de piste pour ça... Je vais maintenant en direction d'un site où se trouve 2 forteresses monastiques ( seulement 10km les séparent). Le monastère d'Humorului et celui de Voronet. L'un a mal vieilli et l'autre et très bien conservé. L'un est désert et l'autre est bondé ( 3 bus et beaucoup de marchands). Les 2 sont entretenus par des religieuses qui s'acharnent à conserver une âme à ces lieux. Les édifices religieux que j'ai vu ces dernières 48h sont tous magnifiques ( excepté Arbore ). Ils ont tous un attrait particulier par le fait qu'ils ont été construits il y a 6 ou 7 siècles et avec des moyens techniques très rudimentaires. Moi qui ne suis pas du tout intéressé par le milieu religieux, j'ai beaucoup apprécié les différentes visites que j'ai pu faire car j'ai été bluffé par les prouesses architecturales et artistiques. Pour finir, ma préférence va tout de même vers les églises en bois du Maramures car elles sont très discrètes ( j'étais toujours seul lors des visites) et je suis resté en admiration devant de si grandes constructions entièrement en bois. Me voilà maintenant dans ma voiture, la tête repue de monastères et d'églises en tout genre. Je choisis la facilité et je retourne donc dans le camping de la veille, 40km en arrière. Il est calme, abordable, propre et les propriétaires, Hollandais, ne sont pas avares en recommandations. Et, cerise sur le gâteau, j'ai eu un verre de schnaps à la poire à mon arrivée. Petit remontant qui est fait par Monsieur avec les poires du camping. Tout juste 55 degrés... Ah il me fallait bien ça !!

JEUDI 5 JUIN

Il est 7h30 quand j'ouvre les yeux, le ciel est couvert, pas d'averses pour le moment. Étant donné qu'aujourd'hui je change de région, je vais surtout rouler et très peu visiter donc je me permets de partir à 10h45. Les montagnes font place aux grandes plaines. Je file à vive allure au beau milieu d'hectares de champs de blé, de maïs, de pommes de terre, de soja et aussi de nombreux vergers. Ici la machine a remplacé l'homme. Fini les fenaisons et les cultures tout à la main comme dans les montagnes du Bucovina et du Maramures. Rien d'intéressant à voir par ici donc je passe Gura Humorului, Falticeni et Targu Neamt et me voilà maintenant dans la région de la Moldavie. Je fais très rapidement les 130km qui me séparent du monastère de Neamt. C'est en réalité une université orthodoxe. Le lieu est particulier car mis à part l'église, tout est moderne. J'ai vraiment l'impression de rentrer dans un campus plus que dans un monastère. Drôle d'endroit. Les peintures qui décorent l'édifice sont en parfait état, il me semble même que ça a été restauré. La vivacité des couleurs donnent de la gaieté à cette église. Il se met à pleuvoir donc je reprends la route vers le 2ème et dernier monastère de la journée, Secu. Juste avant de sortir de l'enceinte, 3 prêtres orthodoxes passent devant ma voiture, je les salue mais ils se dirigent vers un bâtiment et ne tournent pas la tête pour me répondre. Ils sont habillés avec des grandes soutanes noires et un couvre chef plat, propre à cette religion, une bonne partie du visage est enfoui dans une épaisse barbe poivre et sel. Paraît-il qu'il y aurait plus de 50 monastères dans le secteur, pour ma part je me contente des 2 seuls qui sont sur ma route, j'ai eu largement mon compte hier. Perplexe, c'est le mot qui me vient tout de suite à l'esprit pour qualifier mon sentiment à la sortie de Secu. C'est une forteresse monastique massive. Tellement massive que les remparts servent de logement pour les moines qui y vivent. Il y a 2 boutiques de souvenirs et de babioles comme dans les autres endroits mais ici ils ne sont résolument pas tourné vers le tourisme. Un peu partout, des moines prient en tenant un livre à la main mais personne ne me regarde. Histoire d'ajouter un peu d'austérité au lieu, si tant est qu'il en ait besoin, l'intérieur de l'église n'est éclairé que par des bougies si bien que je ne vois pas les peintures au plafond et surtout je ne vois pas les 2 moines à genoux dans un coin entrain de prier. Évidemment j'ai sursauté quand l'un des 2 a tourné une page de son livre. Tant que j'y suis, je vais finir de noircir le tableau, une grande partie du hall d'entrée de l'église est peint par une représentation de l'enfer, beaucoup de flammes, de têtes coupées, de personnages qui brûlent et de diables. Seul sur le parking, seul dans le monastère, qu'est ce que j'ai fait ?! Bin...je suis parti ! Je fais route vers Poiana Largului et j'arrive au lac de Montelui. Le paysage est nettement moins plat, le lieu est très joli, très sauvage, la forêt pousse jusque sur les berges. Il y a très peu d'habitations autour. Je le longe pendant une trentaine de kilomètres en faisant quelques arrêts pour profiter de la vue. Je me mets en quête de trouver un endroit où passer la nuit et quelques kilomètres plus loin j'aperçois un panneau Port Bicaz, je me dis " chouette, je vais passer la nuit au bord de l'eau". Quelle déception en voyant le fameux port... C'est une espèce de complexe touristique avec 2 boutiques de souvenirs, 1 restaurant, 1 "camping" en bungalow, 1 hôtel flottant miteux et 3 pédalos qui se battent en duel. C'est vieillot et certaines choses ne sont pas finies. Il y a aussi quelques habitations flottantes. Le lieu ne m'inspire pas et je continue en direction du lac Rosul où là j'ai la ferme intention de mettre un terme à ma journée. Avant d'y arriver, je passe dans les magnifiques gorges du Bicaz. Elles sont courtes mais le passage est impressionnant. C'est très étroit et au dessus de ma tête, les falaises touchent le ciel. C'est rempli de bus, de touristes et de boutiques à babioles. Impossible de s'arrêter mais l'endroit est vraiment joli et vaut le détour. À peine quelques kilomètres de plus et j'arrive au lac Rosul qui se trouve dans un parc national dont je n'ai jamais pu obtenir le nom. Malgré tout le lieu est dénaturé par 3 complexes hôteliers et une multitude de boutiques à babioles. Je m'achète un Kurto-skalacs, une sorte de pâte à brioche enroulée sur une grosse broche sur laquelle ils y mettent de la cassonade ou de la vergeoise avec des petits éclats de noisettes, le tout cuit au dessus de la braise. Ça donne une délicieuse gourmandise en forme de tube d'une bonne trentaine de cm et qui me fait les yeux doux à chaque fois que je la regarde. C'est bien cuit et croquant à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Maintenant il pleut assez fort et la température est tombée à 11 degrés, je suis en altitude et par expérience je sais que la nuit on peut encore perdre quelques degrés. Je décide donc de descendre un peu et de trouver un petit chemin pour me cacher dans la forêt. Avant de partir, je vois un panneau indiquant la présence d'ours dans le secteur. Mon plan tombe encore à l'eau. Direction Gheorgeni en Transylvanie et j'aviserai sur place. Ce fut vite fait, la ville est délabré, vraiment rien de convenable pour se poser confortablement. Tampis, je poursuis vers Miercurea Ciuac et je m'arrêterai dans dans un chemin en plein champs. Faut-il encore trouver un chemin... Rien de rien, que des pâturages, des champs et des petites forêts. Jusqu'au moment où j'aperçois une piste convenable, je m'y engage, je fais 800m et miracle, une sorte d'élargissement. Parfait ça me convient. En pleine nature et près d'une toute petite colline couverte par une forêt de résineux, je vais être très bien pour la nuit. À peine 5 minutes que je suis là et déjà une 1ère voiture qui passe avec des gens qui me dévisagent ( tsiganes ). Puis une deuxième, puis un tracteur, un vélo un piéton, une autre voiture... Pour la tranquillité c'est loupé. Je remonte en voiture et je vais voir ce qu'il y a derrière cette colline... Un village... Avec des constructions faites de bric et de broc. Ok j'ai compris, ce n'est pas encore l'endroit de rêve où je passerai la nuit. Il me reste 2 solutions, trouver un autre chemin ou faire les 38km restants vers Miercurea Ciuc, il est 20h30et c'est donc la 2ème option que je choisis. La ville en elle même n'a rien d'attirant et je jette mon dévolu sur un Motel très bon marché mais très propre et pas vieillot. Sentiment bizarre dans ma chambre d'hôtel, je repense à tous ces beaux endroits que j'ai traversé dans le Maramures et en Bucovina, ici c'est déjà bien différent, moins authentique.

VENDREDI 6 JUIN

8h00 le réveil sonne mais je fais la sourde oreille. 1ère journée en Transylvanie 10h45 je décolle enfin, direction Rupea, Sighisoara et Bietran. Je vais prendre le temps aujourd'hui car j'ai trop roulé hier. Je vais profiter un peu. Oui mais je sens bien que la route sera la même qu'hier finalement, elle sera bien fade et morne. Toujours les mêmes paysages qui défilent. De la nationale à 100km/h. Non ce n'est pas possible, pas 2 jours de suite, je ne suis pas venu pour ça. Je cherche sur la carte un plan B. Eurêka !!!!! Ça sera un poil plus long mais ça ne pourra pas être pire qu'hier, impossible. Je file donc vers l'Ouest en direction de Vlahita. Il me faut à peine 3km pour sortir de Miercura Ciuc et être déjà en pleine campagne. Je suis maintenant sur des grands plateaux où alternent forêts de résineux, ruisseaux limpides, tourbières et alpages d'herbe rase, je suis au Canada...quelques kilomètres plus loin je croise une charrette remplit de foin, une autre remplit de terre, une Dacia rouillée, des bergers et leurs moutons, en fait non c'est bien en Roumanie que je suis. Maintenant je fais route vers le Sud en direction d'Ocland et le paysage change encore, la route se rétrécie, les trous apparaissent ça et là, le paysage devient beaucoup plus bosselé, par endroits le bitume laisse place à la piste en terre, les champs retrouvent des dimensions humaines. Je me surprends à rouler à 40km/h, même en dehors des villages. Je ne suis plus pressé par une troupe d'excités qui se collent à mon train arrière. Les villages que je traverse sont paisibles, les gens sont assis et discutent devant les maisons, ça sent le fumier, il y a de la bouse de vache sur la route, devant les magasins mix les charrettes sont plus nombreuses que les voitures. Ça me redonne du baume au cœur après les quelques 380km insipides que j'ai fait hier. Cette authenticité c'est exactement pour ça que je suis venu en Roumanie. Je prends même le temps de m'arrêter voir un apiculteur qui me met une combinaison sur le dos pour aller voir ses abeilles. Je lui achète du miel de montagne en partant. Je m'empresse de le goûter puis d'en avaler 5 ou 6 cuillères. Tout ça sent la nature et c'est vivifiant. J'arrive presque à ma 1ère étape quand en pleine campagne je tombe sur un passage à niveau on ne peut plus simpliste, 2 rails et 1 signal lumineux rouge ( presque jamais de barrières en Roumanie). Il y a déjà 3 ou 4 voitures de part et d'autre. Certains ont les portières ouvertes et sont affalés dans leurs sièges et d'autres sont assis dans l'herbe entrain de discuter. En bon occidental que je suis, je laisse le moteur tourner et je vais voir si le train arrive. D'un côté on peut voir à 800m environ et de l'autre à plusieurs kilomètres. Histoire de ne pas paraître con, je coupe quand même mon moteur et j'attends dehors comme tout le monde. L'idée de passer quand même me traverse l'esprit. Au bout de 15 bonnes minutes, un train de marchandises d'un autre âge arrive à la vitesse d'un bon cycliste, 40km/h tout au plus. Tout le monde remonte tranquillement dans sa voiture et reprend son bonhomme de chemin. Je crois qu'aujourd'hui j'ai vraiment fait le bon choix de route. Pour preuve, 80km parcourus pour atteindre Rupea et ma moyenne culmine tout de même à 28km/h !! Rupea c'est une jolie cité féodale fortifiée au pied de laquelle il y a un bourg rural très animé. Il n'y avait aucune information sur le guide du routard mais Daniel ( un français rencontré sur VF qui est marié à une roumaine et qui habite en Roumanie) m'avait conseillé d'y aller. Je ne suis pas déçu, c'est joli, il n'y a aucun touriste et je me fais une balade à l'ombre pour monter jusqu'au fort. Ensuite j'avale les 53km qui me séparent de Sighisoara en une trentaine de minutes. Les paysages traversés sont toujours aussi plaisants. La cité fortifiée de Sighisoara est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Je laisse ma voiture au parking qui se trouve en bas et je monte à pied la ruelle qui permet d'y accéder. C'est relativement grand et on se laisse perdre agréablement dans les ruelles pavées. C'est ici qu'est nait Vlad Dracul, qui inspira l'auteur du légendaire et célèbre personnage de Dracula. Néanmoins le site a perdu de son charme car c'est une succession de bars, de glaciers, de restaurants et d'hôtels 4 étoiles. C'est le rendez-vous de la petite bourgeoisie et c'est archi-blindé de touristes. Bof ! En redescendant, les gardiens des parkings sautent sur les touristes pour les faire payer le temps resté et je n'y échappe pas. Oui mais voilà, je ne me suis pas garé sur leurs parkings, je suis allé un peu plus loin. Incrédules et mécontents, ils me regardent partir et marmonnent des jurons.

( CE QUI SUIT A ETE ECRIT LE LENDEMAIN MATIN, SAMEDI 7 JUIN, AVEC LES IDEES PLUS CLAIRES) La dernière étape me conduit à Bietran, petit village coloré et tranquille où une église fortifiée a été construite au 16ème siècle. Je me gare sur la place du village et je me dis que je vais être au top pour passer la nuit, je ne crois pas si bien dire... Je pars à pied en direction de la fortification qui se trouve sur un petit promontoire. Je suis un peu déçu par l'endroit car le site est en réfection, si bien qu'il n'y a que le tour de l'église et sa visite qui sont faisables. On aperçoit néanmoins les tours de guet. L'intérieur de l'église est quelconque, ça sent le vieux, le renfermé et le bois est vermoulu. Le tout a besoin urgemment d'un coup de jeune. Je termine la visite et je redescends dans le village et reviens à ma voiture. J'installe mes petites affaires pour passer la nuit puis comme je l'avais prévu en arrivant sur place, je vais me poser sur une table à l'extérieur avec une bière pour potasser sur la suite de mon parcours. Le choix est rapide, il y a un magasin mix qui fait aussi bar et où il y a l'air d'y avoir des jeunes d'une vingtaine d'années ou alors il y a un petit chalet en bois sur la place du village avec 4 grandes tables en rondins pouvant accueillir 10 personnes chacune. Mon choix se porte sur le 2ème car il y a du monde ( déjà 3 tables pleines ) et aussi parce qu'il y a une fumée alléchante qui s'y dégage, l'ambiance a l'air bon enfant. J'arrive devant le cabanon, toutes les têtes se tournent vers moi et le niveau sonore baisse. Merde je fais un tel effet !! J'apprendrai plus tard dans la soirée par un jeune qui parle anglais que les touristes viennent voir l'église et se sauvent aussi sec. Je commande donc ma bière et je vais m'asseoir à la dernière table de libre. Ici pas de fioritures, on se lève ou on crie pour commander et quand c'est prêt le gars te l'annonce en criant. Je m'affale sur le banc et je commence à siroter ma bière, je n'ai pratiquement pas le temps d'ouvrir mon bouquin que déjà un groupe d'une douzaine de personnes arrivent puis dans la foulée une dizaine d'autres. Le niveau sonore s'��lève immédiatement. Ils me demandent si ils peuvent s'asseoir à ma table et j'accepte volontiers ( en même temps c'est la seule table qui reste). Très vite on m'adresse la parole et je réponds par un petit " sunt francez" ( je suis français). Visiblement ça fait son effet car j'entends dans les phrases "francez" à tout va. Ça parle fort, ça rigole, ça rote, ça blague, ça tape dans le dos et surtout ça boit. La terrasse est exclusivement occupée par des hommes allant de 25 à 65ans. Autant dire que l'ambiance est très joviale. 2 gars de ma table se lèvent et vont vers une voiture et ils en reviennent avec 5 ou 6 bouteille d'eau mais remplis d'une boisson couleur Champagne et d'une autre couleur rosé mais plus soutenue. Les plus âgés s'en servent un verre ou plutôt un baquet ( les verres font tout de même 33cl ) et ils le coupent avec du coca. À moi on m'en sert un verre plein et sans coca. Je lève mon verre et je proclame un " noroc " bien viril qui n'a pas manqué de faire rire ma tablée. C'est légèrement pétillant, sucré, pas trop alcoolisé et avec un goût agréable mais que je n'arrive pas à déterminer. Ne comprenant pas le Roumain, impossible de savoir ce que c'est. Un homme arrive avec son synthétiseur et une enceinte, ce qui a ravivé les plus endormis. On rajoute des tables car d'autres hommes viennent se greffer à ce que l'on peut appeler maintenant une fête. 2 tablées commencent à manger et je tends le cou pour voir ce qu'il y a dans les assiettes. Ce sont les célèbres mititei ( petite saucisse de 10cm à base de viande hachée, aillée et aromatisée puis grillée). Ça me va très très bien car je n'ai pas mangé depuis 11h30 et la boisson locale commence à faire son effet. Je passe commande d'une assiette et d'une autre bière. Assiettes et verres en plastique, ici on mange avec les mains, à la bonne franquette, il y a juste 2 cures-dents plantés dans l'une des 2 saucisses et j'ai aussi une bonne poignée de frites. Un jeune de mon âge vient s'asseoir à côté de moi et il commence à me parler en anglais. Je me sens moins isolé et je peux enfin comprendre pourquoi une telle ambiance. Avant ça, un homme à la voie portante et déjà bien éméché vient me voir avec un petit verre et une bouteille de vodka à la main, il me dit en français et en roulant les R, " jé né pou rien faire pour toi mais jé ta souhaité la bienvénoue " et il me tend un verre de vodka plus que plein. Il me fait signe de boire cul sec, ce que je fais après avoir proclamer mon fameux " noroc ". Je reprends la conversation avec le gars qui est assis à côté de moi, il me dit que ce soir c'est la fête car ils viennent de finir un chantier de gaz. Enfin c'est ce que j'ai compris car après 2 baquets de bières, 1 baquet de pétillant de cerises, 1 baquet de pétillant de raisins et 1 verre de vodka, mon anglais est devenu subitement plus aléatoire. Nous continuons un peu la discussion et je les remercie pour cette bonne soirée. Je pars plein de joie à la voiture pour me coucher. Autant dire que je suis très heureux d'être déjà installé pour la nuit car je ne suis pas du tout en état de prendre le volant et en plus en Roumanie c'est tolérance zéro pour l'alcool. Une bien belle journée qui se termine d'une bien belle manière. Non pas parce que j'ai bu plus que de raison mais parce que ça fait du bien de prendre son temps et de voir des gens avec une âme. Avant de m'endormir, je les entends entonner des chants Roumains à capella. Vers 4h00 du matin, les derniers fêtards quittent les lieux bruyamment... De sacrés gaillards ces Roumains.



SAMEDI 7 JUIN

Le réveil est matinal, entre l'église qui sonne tous les 1/4h et les chevaux au petit trot sur le bitume, je ne traîne pas longtemps pour émerger. Je mange un morceau tranquillement et je mets un peu d'ordre dans mes affaires puis je consulte la carte et le programme du jour. Ma 1ère étape doit me conduire à Prejmer et j'y arrive au bout de 2h45. J'ai choisi de passer par le Sud pour profiter des routes de campagne avant de reprendre les grands axes et de voir la ville. Il y a de fortes chances pour que ce soir ce soit moins champêtre qu'hier. C'est ce qui rend les voyages agréables, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, aucune routine possible. Une fois sur la nationale, je me laisse filer gentiment, créant derrière moi une longe file de voitures. À 10km de Brasov, je contourne la ville par le Nord-Ouest puis j'arrive à Prejmer. La ville en elle même n'a absolument aucun attrait et est plutôt déserte mais l'église fortifiée vaut vraiment le déplacement. Elle est d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un édifice circulaire massif de 15m de haut sur lequel repose un toit 1 pan incliné vers le centre formant ainsi un début d'entonnoir. Les seules ouvertures donnant vers l'extérieur sont des meurtrières. L'intérieur du cercle est composé de plus de 230 portes numérotées sur 3 niveaux accessibles par un labyrinthe de balcons et d'escaliers. Derrière chaque porte, appartenant à une famille, une pièce plus ou moins grande leurs permettait à l'époque d'y cacher leurs récoltes et de s'y réfugier en cas d'invasion. Il y avait tout le nécessaire pour subsister en étant assiégé, un forgeron, un tisserand, un potier, une école etc... La vie à l'extérieur était installée pour un temps dans cette promiscuité. Au sommet du rempart, sous le toit, une coursive permet de faire le tour complet de l'édifice en ayant une vue par les meurtrières. Certaines pièces sont reliées entre elles créant ainsi plein de passages "secrets". Le centre du cercle est occupé par une imposante église dont les arches sont faites en pierres ou en briques, contrastant ainsi avec le blanc des murs. Vraiment un très bel endroit où il est agréable de flâner et de se perdre d'autant plus si l'on s'y retrouve seul comme j'en ai eu la chance, je le recommande fortement. Je mets maintenant le cap sur Brasov, une ville assez importante de 285 000 habitants, installée au pied d'une montagne sur laquelle dans le dernier tiers il y a BRASOV écrit en grosses lettres blanches, de la même manière qu'HOLLYWOOD aux USA. Un téléphérique permet d'aller au sommet de cette montagne pour contempler la ville et les environs. Rien de particulier à visiter mis à part une église...encore. Là dessus je fais l'impasse. Ici il est plutôt recommandé de battre le pavé tant le centre historique est grand et piéton. C'est LE centre névralgique de la ville. Une très grande place où il y a aujourd'hui un marché et une grande et large rue piétonne où se succèdent des terrasses aux ambiances hétéroclites. Tous les regards sont rivés sur les écrans, finale dame de Roland Garros oblige. Nous sommes samedi et ça grouille de gens mais ça reste tout de même agréable. À 16h00 je m'autorise un petit goûter et je m'achète un placinta cu mere, une spécialité roumaine. De la feuille de brick au dessus et en dessous et au milieu une pomme hachée ( peau, cœur, pépins) aromatisée à la cannelle. Si bien que je me retrouve à cracher discrètement ce que je n'arrive pas à mâcher, élégant ! Une fois avoir fait le centre en long en large et en travers, je me dirige vers ce qui semble être un rallye en pleine ville. Cela fait plus de 3h que j'entends des moteurs pétarader. Il s'agit en fait d'une course de côte où chaque participant part en contre la montre. Je reste là plus d'1h30 à regarder Ferrari, Porsche et autres bolides à 4 roues passer à très vive allure puis je regagne tranquillement ma voiture en passant par des vestiges de ce qu'était avant les remparts de Brasov et je passe également dans un des nombreux parcs de la ville. En allant en direction de ma voiture, je m'aperçois que les autres ont pour la plupart un PV sur le pare brise...ma plaque étrangère les en a visiblement dissuadés et c'est parfait car je n'avait pas pris la peine de prendre un ticket à l'horodateur, je ne m'étais. pas donné ce mal en devinant un peu que je ne craignais pas grand chose. Il se fait tard, je vais quitter la Transylvanie pour y revenir à la fin de mon périple. Il est temps que je me trouve un endroit où dormir aux alentours de Sinaia. La nationale que j'emprunte est agréable et j'arrive rapidement sur place. Nous sommes samedi soir et tout le monde est de sortie et en plus de ça il y a des mariages. Trop d'agitation à mon goût, je reviens sur mes pas et je tente ma chance à Busteni. Là je trouve une petite route sans indication particulière et qui a l'air de partir en forêt. Je crois que ça va me plaire. Je passe devant les dernières maisons et je traverse une petite forêt puis rapidement plus rien et un vaste vallon relativement plat et sans arbres s'ouvre devant moi. C'est encore mieux que ce que j'espérais. La route se transforme vite en piste mais c'est carrossable. Quelle chance ! 1km plus loin, je croise un panneau "attention aux ours", voilà qui finit de me séduire. Soudain, en m'enfonçant dans le vallon, en lisière de forêt, je crie PUTAIN UN OURS !!!! Ça c'est LA bonne surprise du voyage car sans grands espoirs j'avais espéré en voir un mais avec la quasi certitude que ça ne serait pas le cas. J'immortalise l'instant puis il disparaît dans la forêt. Il me faut chercher un endroit où me poser maintenant et je ne vais pas être déçu... 3km plus loin je tombe sur ce que l'on peut appeler le WOODSTOCK du campeur ! Le vallon est désormais plat et les alpages sont envahis de campeurs en tout genre. Ça va du campeur de compétition avec la tente, les chaises, la table, le barbecue à gaz, la glacière électrique...au puriste qui fait griller ces mitetei avec la lame de son couteau et qui dort à la belle étoile. Certains ont mis une clôture électrique autour de leurs tentes pour se protéger des ours. C'est l'anarchie la plus totale, on se pose où on veut et comme on veut. Les barbecues marchent à plein régime. Énormément de campements affichent fièrement leur patriotisme en plantant un drapeau roumain devant leurs tentes. Je trouve tout de même mon coin de verdure et je mange un morceau avant de me glisser dans mon duvet et de m'endormir au son bien désagréable de musiques folkloriques Roumaines crachées par les énormes enceintes de la voiture tuning de mes voisins d'un soir !!



DIMANCHE 8 JUIN

Déjà 1 semaine que j'arpente les routes de Roumanie. Il est 7h30, trop tôt, j'essaye de me rendormir mais le soleil tape et j'ai déjà trop chaud. Et puis surtout, j'ai déjà mon "David Guetta" local ( que j'appelle finalement Dj Carpates) qui s'est remis aux platines de bon matin. Je passe la tête dehors, grand soleil. Mais je rêve ou les hommes aux alentours tournent déjà à la bière !!!! Est ce qu'à un moment ils dorment et s'arrêtent de boire ces Roumains?! Je range mes petites affaires et je prends mon petit déjeuner dans ce que l'on peut appeler une discothèque de plein air. Mon voisin Dj Carpates a un invité, encore un furieux du tuning qui a la bonne idée d'ouvrir les portières et le coffre de sa voiture, de se mettre sur les mêmes ondes radio que Dj Carpates et d'envoyer les watts au maximum. Là clairement c'est tout le vallon qui profite des derniers tubes du moment. Pour le repos je repasserai plus tard, non là ce matin c'est dimanche et il y a une arrivée massive de voitures et je reste juste pour le plaisir de voir ce capharnaüm. On bat des records et je rigole tout seul comme un con dans ma voiture. Tampis je perds ma matinée mais pendant ce temps je potasse mon parcours et je rigole en regardant les gens. C'est bête et méchant, oui mais c'est tellement bon. Comment décrire tout ça sans rien oublier... Sur un vallon plat de 3km environ, vous prenez 500 voitures, 4 fois plus de personnes, des barbecues, des chiens, des tables, des chaises, des tentes, des campeurs, des drapeaux roumains, des randonneurs, des promeneurs, des alpinistes alors qu'il n'y a pas de quoi faire, des gens en maillot de bain, des vétetistes, des mamies avec la canne, des gamins hurlants qui jouent dans l'eau gelée du torrent, de la musique à tous les coins de tentes, de la fumée de barbecue en pagaille, de la poussière soulevée par les voitures et le meilleur pour la fin, du bourgeois en manque d'exotisme alpin dans leurs gros 4x4 de luxe desquels sortent des bécasses à talons qui ont une ceinture en guise de jupe et qui se demandent si c'est le choléra ou la peste qu'elles vont attraper en pique-niquant dans l'herbe, un must, j'adore. Étonnement les lieux sont propres et les gens prennent la peine de mettre leur déchets dans les grosses poubelles prévues à cet effet. Oui mais voilà, l'endroit est peuplé d'ours et une poubelle classique ne résiste pas très longtemps à l'appétit d'un plantigrade. Conséquences, ce qui était propre la veille au soir ne l'est plus le lendemain matin et les ours ont joué les petits Poucet en semant des détritus de la poubelle jusqu'à la lisière de la forêt... Charmant. Un Roumain vient taper causette avec moi mais là ça s'avère compliqué car la seule langue qu'il connait, c'est la sienne. Pas grave, on va trouver une langue commune, le Franmain et le Rouglais. Les 2 lui conviennent et moi aussi. On passe donc 20 minutes à discuter voiture et transport routier, son métier. Bien sympa encore cette rencontre. Depuis le début, je trouve que les gens sont très avenants. Et puis j'ai ai un atout de taille pour engager assez facilement la conversation, ma plaque d'immatriculation. J'ai apposé sur le "F" un stickers de la station de Meribel. Si bien qu'il est impossible de savoir de quel pays je viens, sauf si on connait Meribel évidemment. À 99% c'est l'élément déclencheur pour les rencontres. Déjà 12h30 allez je file à Sinaia pour voir le château de Pelés. Au passage j'arrose copieusement tous mes amis campeurs d'une épaisse poussière ! Paradoxe Roumain, il est marqué à plusieurs reprises "ATTENTION AUX OURS, LAISSEZ LES TRANQUILLES" et " GARDER LES LIEUX PROPRES SOUS PEINE DE POURSUITES" et tout est prévu pour faire le contraire. Ceci dit j'ai quand même beaucoup aimé l'endroit qui, j'ai oublié de le dire, se trouve au pied des monts des Bucegi. 10km plus tard je me retrouve au pied de la longue montée pavée qui mène au château Pelés. Quand je vois l'effervescence dans la ville, je réalise très vite que ça va être blindé. Pas loupé, c'est la queue pour acheter les tickets et pour rentrer dans le château. Une fois mon billet d'entrée en poche, je décide de tenter ma chance pour accéder tout de suite étant donné que je suis seul. Et ça marche, on me colle dans un groupe de Roumains avec un guide et c'est parti. Mais au bout de la 2ème pièces, je les laisse filer car la visite se fait au pas de charge et ça ne me plait pas. Surtout qu'il y a énormément de choses à voir. C'est richement décoré, parfois trop. Les matériaux utilisés sont très nobles voir précieux. C'est vraiment très bien entretenu et on s'imagine aisément comment s'organisait la vie quand tout ça était habité. L'architecture extérieure n'a rien à envier à l'intérieur. Là aussi il y a le souci du détail. Encore un très bel endroit à ne pas louper. Autant j'ai pris mon temps pour monter au château et le visiter, autant là je redescends au pas de course car le ciel est noir et je vois déjà des éclairs au loin. Je regagne vite ma voiture et je démarre en direction de Slanic via Ploeisti. Au bout d'à peine 2 minutes c'est un déluge de pluie et de grêle qui s'abattent sur moi. J'y ai échappé belle sur ce coup là. La route vers Ploeisti est sans intérêt, tout comme la ville d'ailleurs donc je bifurque tout de suite vers Slanic et sa mine de sel que je visiterai demain. Le bourg est petit, sans vie et plutôt tristounet. Il y a là 4 ou 5 immeubles de l'époque communiste, cubiques, gris et sans balcons. Je repère très vite le puits de la mine et je m'installe sur le parking pour la nuit.

LUNDI 9 JUIN

Encore une fois je me fais réveiller par la chaleur qu'il fait déjà à 7h00 du matin dans la voiture. Je me prélasse au soleil, fais un brin de toilette, consulte les cartes et mange un morceau. Encore une fois je prends le temps et je vais même faire un tour dans le village. En réalité ce n'est pas si moche que ça, mis à part ces 5 ou 6 bâtiments de l'époque communiste, le reste est joli. Il y a beaucoup d'arbres et hier soir je n'ai pas vu toutes les petites maisons qui se cachaient. Je reviens à ma voiture et quand je me décide à aller en direction de l'entrée, je prends peur. Il y a déjà beaucoup de voitures et il y a une bonne demi heure de queue à l'entrée. À un jour près j'aurai trouvé porte close car la mine ferme exceptionnellement mardi 10 juin ! Me voilà dans le petit ascenseur où peuvent rentrer 6 personnes bien serrées. La descente dure 90 secondes. Chaque élément en ferraille de la cabine est rongée par le sel. Je suis maintenant à 208m sous terre. Il fait très frais 12 degrés ( toute l'année). Je sors de la cabine et je suis stupéfait, c'est grand, très grand, immense ! Les proportions font peur, je ne m'attendais pas à ça. Il y a environ une dizaine de salles, accessibles au public, reliées par des très larges passages. En tout il y a 8 hectares qu'il est possible d'arpenter et 2,5 hectares fermés au public, les hauteurs sous plafond varie entre 32m et 54m. Les volumes qui ont été extrait de cette mine sont colossaux. Il y a même une croix religieuse lumineuse. Passé cette 1ère impression, je m'avance un peu en pensant qu'il y aurait un guide ou un petit train mais je vois que tout le monde déambule à sa guise alors je fais pareil. Je tombe sur une salle où il y a des structures gonflables pour enfant et des karts à pédales. Ça me surprend un peu mais pourquoi pas. Dans la suivante il y a un bar café et magasin mixt avec tables, chaises etc... Là rien de trop surprenant. Dans une autre, des sculptures avec la pierre de la mine. Nulle part je trouve des informations sur l'extraction du sel, c'est bien dommage car je ne comprends pas où se trouve le sel quand je regarde les murs de cette mine. Ils ressemblent à de la pierre compacte, lissée et où on aperçoit très bien les strates. Ici on y vient en famille, parents, enfants, grands parents, cousins etc... C'est un lieu qui a l'air très apprécié et très fréquenté par les Roumains. Un peu plus loin j'aperçois un petit plan d'eau avec une passerelle qui l'enjambe. Ailleurs un terrain de football. Ici un coin TV avec un grand écran plat. Là un coin repos compartimenté et équipé avec des lits de camps. J'en fais le tour et effectivement des gens se reposent avec une couverture qui les recouvre. C'est déroutant comme endroit. On y fait même son footing ou de la marche sportive. Les gens me regardent l'air interrogatif car ils ne comprennent pas comment je peux tenir avec juste un tee-shirt. Tout le monde sans exception a une veste où au moins un pull. De toute façon, froid ou pas je n'ai pas le choix, mon sweat est dans la voiture. Je me dirige vers l'ascenseur pour repartir et je vois une gravure que j'ai du mal a identifié car la lumière est plutôt faiblarde dans cette mine. Il s'agit en fait d'une représentation d'Usain Bolt, le sprinter, qui fait son fameux geste après chaque course gagnée. Au dessus de lui, il y a "PUMA" inscrit avec le logo de la marque. Je reprends l'ascenseur en étant perplexe sur ce que je viens de voir. Je viens visiter une mine d'extraction de sel et j'ai tout vu sauf ce pour quoi j'étais venu. Revenu à la surface j'aperçois un panneau expliquant brièvement la mine. En fait Slanic est une station balnéaire où l'on vient prendre du bon temps mais aussi soigner des maladies respiratoires. L'air de la mine est , parait-il, très bon pour ça. La pression atmosphérique est constante ( 780 hpa ) et c'est visiblement très bon aussi pour le corps. Il y aussi la possibilité de se baigner dans un lac salé à 1km de là mais je ne l'ai pas testé. Avant de partir je m'achète un kurtos-kalacs. Cette fois ci je vois tout le procédé de fabrication. Délicieux ! Maintenant je mets le cap sur l'extrême Sud de la Moldavie, un endroit peu visité de la Roumanie, Vulcanii- Nairosi, au Nord de Buzau. La route pour y aller est très agréable, je passe dans de nombreux petits villages. Je m'enfonce dans un paysage de collines bien rondes et très verdoyantes et arborées. Difficile de croire qu'ici il y a de l'activité volcanique. Je me gare sur le petit parking et je suis accueilli par le propriétaire, " welcome to muddy land ". Trouvant le cadre vraiment sympa je lui demande tout de suite si jeu peux dormir ici et il accepte sans problème. Ça m'en coûte 5lei et je peux disposer des sanitaires et des tables ombragées mises à disposition. La douche chaude est à 5lei. Parfait tout ça. Maintenant je me dirige vers la zone volcanique par un sentier montant sur une colline. Jusqu'au bout le suspens est entretenu car on ne voit rien, c'est bien vert à des kilomètres à la ronde. Soudain j'aperçois enfin les cônes volcaniques. En fait c'est une zone bien précise qui fait tout au plus 400m de circonférence. Il y a des cônes crachant de la bout à intervalles plus ou moins réguliers ou alors il y a de grosses flaques boueuses glougloutantes ! Ni l'eau ni la boue sont chaudes, ce ne sont que des remontées gazeuses. Les contrastes entre les couleurs sulfurées et le vert des alentours est saisissant. Je suis quasi seul et je profite de l'endroit en me baladant de flaque en flaque et de cône en cône. Déjà 2h30 que je suis ici, je m'y sens vraiment bien tant le calme règne. Je descends au parking et je m'installe pour la nuit. Dommage que demain je doive poursuivre ma route car l'endroit est enchanteur. Pas une seule habitation à des kilomètres à la ronde, une nature préservée, pas de bruit, et tout le nécessaire pour camper confortablement. Il y a même un petit magasin mixt et du wifi gratuit. Je finis cette journée devant un magnifique coucher de soleil et une bonne bière. C'est sûr, ici j'y reviendrai.



MARDI 10 JUIN

J'ai dormi comme un bébé, tellement c'est calme. Je mange un morceau sur l'une des tables ensoleillées puis j'essaye d'organiser via internet mes quelques jours dans le delta. Je me repose au soleil et je me laisse bercer par le son des cigales et des oiseaux. Absolument génial. Je discute avec le propriétaire des lieux, je prends vraiment du bon temps, à tel point que je commence à émettre l'idée de rester une nuit de plus. Il est 12h00 et toujours aucun touriste n'est venu ce matin, je me motive enfin à quitter ce cadre idyllique et je fais route vers Galati via Buzau et Braila, 2 grandes villes sans attraits particuliers. Il y a peu de monde sur la route et les kilomètres défilent dans des paysages de cultures. Au bout de 165km j'arrive à Galati. L'entrée dans la ville est peu accueillante, c'est le moins que l'on puisse dire. Un amas d'usines croulantes crachent de la fumée peu rassurante. Passé cet endroit, ça grouille de vie dans toutes les rues, il faut dire qu'il y énormément de petits commerces. Pour le moment je n'ai toujours pas vu le fameux Danube. Je cherche mais je ne trouve pas quand enfin j'aperçois le haut d'une péniche. Je trouve une place où me garer et je vais vite me promener sur la Malul Dunarii C'est une large piste cyclable et piétonne sur environ 4 ou 5km, le tout bien arboré et à une dizaine de centimètres du Danube. Il y a aussi une quinzaine de grandes sculptures en ferraille qui bordent la promenade. Malgré les 34 degrés affichés, je décide tout de même d'en parcourir l'intégralité. Il y a très peu de monde, juste quelques joggeurs, cyclistes, promeneurs et patineurs. Vers 18h30 quand le soleil joue à cache cache au milieu des immeubles, les gens affluent. C'est LA balade des gens de Galati et je les comprends. Des cabanons , pour manger sur le pouce, commencent à se monter pour la belle saison. En fin de journée je contacte Quentin un français rencontré grâce à VF et qui un spécialiste du delta. Il va pouvoir me rancarder sur l'endroit. Il me dit de me rendre à Mahmudia, un village à une soixantaine de km au Sud de Tulcea. Là un gars et sa femme m'accueilleront et me feront découvrir le delta en bateau. Et peut être même que je pourrais pêcher ! Je m'installe sur un parking au bord du Danube et je passe la nuit ici.





MERCREDI 11 JUIN

Il est 6h30, un bruit me réveille. Je mets du temps à émerger et de nouveau le même bruit. Ça vient d'une de mes roues, on est entrain de me mettre un sabot !!!! Je bondis hors de mon sac de couchage et je regarde dans les rétros, fausse alerte, ce n'est qu'un balayeur municipal qui tape dans mes roues avec son balai. Le réveil est brutal mais passé cette frayeur, je retombe comme une masse avant d'être réveillé par la chaleur déjà étouffante dans l'habitacle. Il est 8h30 et je m'installe sur le bord du Danube pour le petit déjeuner. Joli cadre. Le Danube doit faire pas loin d'un kilomètre de large là où je me trouve. Difficile de se rendre compte mais c'est très large. Il charrie tout un tas de débris et l'eau est marron. Peu engageant. Des péniches de 100m où peut être plus me passent devant le nez, impressionnantes. Je prends la route pour Mahmudia vers 10h30 en prenant le bac pour traverser le Danube. J'attends 1/4h et je monte à bord. Ma plaque d'immatriculation a encore frappé, on m'interpelle pour savoir d'où je viens et j'échange un peu avec le gars dans un Français Roumain Anglais approximatif. La vue sur l'environnement du fleuve n'est pas mal non plus depuis le bac. Je suis maintenant dans la région de la Dobrogea, la route est agréable, peu de monde, beaucoup de cultures, d'étangs, de marais, de villages. 80km plus au Sud je passe rapidement Tulcea et il me reste 30km pour Mahmudia. Sur la route j'appelle Quentin qui a une maison dans Mahmudia mais qui est reparti en France il y a 2 jours, dommage !!! Il m'indique l'adresse de son ami Vassile qui a un endroit pour m'héberger. Ce sera finalement sa femme qui va m'accueillir car il est dans le delta entrain de pêcher avec un ami et son neveu. On communique difficilement car elle ne parle que le Roumain et le Russe. Elle me montre où je vais dormir puis je file me balader dans le village et sur le bord du Danube qui est à 2 pas. Il fait 28 degrés et il y a beaucoup de vent. Je casse la croute devant le Danube et je vois défiler tous types d'embarcations. Des barques, des hors-bord, un traversier, des pinasses, des canoës-kayaks, des bateaux de croisière plus ou moins grands. Devant moi, hors de l'eau, il y a des barques en bois étanchées avec du goudron liquide appliqué de façon rudimentaire. La vie dans le village est paisible. 1 seule route goudronnée et pas moins de 5 magasins mixt !! Une chose est sûre je ne mourrai pas de faim ici. Je rentre tranquillement chez Vassile et je fais une petite sieste de 30 minutes quand j'entends du bruit dans la pièce principale. Je descends et je suis accueilli à bras ouverts par un homme de 57ans, grand, mince, à l'allure sportive. Il parle un très bon Anglais et la communication est très facile. Il comprends aussi très bien le Français mais ne le parle pas. Immédiatement on parle du delta, c'est LE spécialiste du secteur. Il n'est pas avare d'histoires, de conseils et d'anecdotes sur le delta. Il me fait voir sa pêche du jour. J'ecarquille les yeux quand il me fait voir de nombreux brèmes, des brochets, des sandres et même une carpe et un silure. Aujourd'hui comme il dit, c'était une partie de pêche entre amis. Il y a son ami de toujours qui s'appelle lui aussi Vassile mais que tous appellent Colonel en référence à son grade dans l'armée et il y a aussi son neveu Ivan. Si tôt à table, j'ai droit à un verre de tuica, un alcool de prunes Roumain. Ça doit friser avec les 40 degrés quand même. Vassile, Colonel et Ivan ont faim donc dans la foulée, sa femme met sur la table la ciorba du jour, un excellent bouillon de viande, relevé avec du céleri branche, du persil, de la coriandre et d'autres herbes. C'est excellent, vraiment à tomber. Puis j'ai droit ensuite à une autre spécialité Roumaine, les sarmales. Des feuilles de vigne farcies avec de la polenta et un peu de viande et des légumes, le tout cuit dans un bouillon. Une fois dans l'assiette on y met du yaourt nature dessus. Le plat du pauvre paraît-il... Si tous les pauvres pouvaient manger aussi bon, le monde tournerait mieux ! Il est 19h30, s'en suit une longue discussion ponctuée de franches rigolades avec Vassile, son ami Colonel et Ivan son neveu. On aborde tout un tas de sujets aussi intéressants les uns que les autres. Mon image sur les Roumains et la Roumanie change définitivement. Je dois avouer que j'étais venu avec des à priori et ils ont été balayés par tous les gens que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent. Nous allons ensuite voir son jardin et sa vigne. Vassile fait un " red red wine" comme il l'appelle, je comprends qu'il doit décaper. Puis nous revenons chez lui et nous discutons encore jusqu'à minuit. Maintenant il est tant de dormir car la journée va être longue demain.

JEUDI 12 JUIN

Je me réveille à 7h00 et je saute du lit pour rejoindre Colonel et Ivan qui sont déjà debout. Au bout d'une heure, ne voyant pas arriver Vassile, je demande à Ivan si il dort encore, il me répond oui et il va dans la foulée le réveiller. Mauvaise nouvelle, Vassile a mal dormi et il a mal à l'estomac. Pas de pêche pour lui aujourd'hui. Il me rassure en me disant que Vassile et Ivan connaissent très bien le secteur et que nous allons partir tous les 3. Mis à part que les 2 ne parlent pas l'Anglais, je ne suis pas inquiet du tout. Avant de partir nous avalons un morceau, ou plutôt un gros morceau. Christina, la femme de Vassile, nous a préparé une grosse assiette avec 3 œufs au plat, des tomates coupées grossièrement, des concombres qui sont en fait des gros cornichons, de la feta mais au lait de vache et non au lait de brebis comme habituellement, et du pain. Le tout arrosé de thé au citron. Autant dire que ça cale un homme. Surtout qu'après elle amène du icré, une sorte de tarama maison préparé avec des œufs de brochet. Tout ça est très bon mais je n'en peux plus. Place aux choses sérieuses, nous chargeons la voiture de tout le matériel, nombreuses cannes, une bourriche, une grosse épuisette, 2 boîtes à appâts, de l'eau et de la nourriture. Nous allons au port de Mahmudia qui est en réalité une petite péniche amarrée sur laquelle se trouve la capitainerie et où sont stationnées plusieurs embarcations dont celle de Vassile. On charge la barque, on va faire le plein de benzina ( essence) puis on descend le Danube à toute vitesse. Ivan a été initié très tôt par son oncle et il est tout à fait apte à partir seul dans méandres du Danube qui a tissé une véritable toile d'araignée. Le fleuve se sépare en 2 bras en amont de Tulcea puis le bras au Sud de sépare une deuxième fois juste en aval de la même ville. Il y a donc bratul Chilia qui par très au Nord et qui fait aussi office de frontière avec l'Ukraine, bratul Sulina qui est quasi tout droit et qui se termine dans la ville du même nom et il y a enfin bratul Sfantu Gheorghe qui est le plus au Sud et qui zigzague beaucoup avant de rejoindre la mer. Mahmudia se trouve sur ce bras et nous naviguons dessus. Ces 3 bras alimentent tout le delta, les rivières, les canaux, les chenaux, les passes, les lacs, les étangs, les ruisseaux, les marais. Il y en a en quantités indénombrables. Cette quantité d'eau crée une biosphère extrêmement riche, si bien qu'elle fait partie du programme de surveillance de l'UNESCO. L'accès y est donc réglementé. On s'enfonce dans ce labyrinthe végétal jusqu'à arriver au lac de Gorgova où nous prenons différents canaux pour voir la faune et la flore environnantes. Il y a vraiment de tout, des hérons, des aigrettes, des ibis noirs, des pélicans, des cormorans, des cygnes, des foulques, des canards, des goéland, des mouettes, des martins pêcheurs, des aigles pêcheurs, des loutres, des castors, des chevaux sauvages, des serpents, des grenouilles et bien d'autres choses. Sous l'eau c'est pareil, il y a une multitude de sortes de poissons dont certains sont endémiques au delta. Aujourd'hui nous sommes venus pour le brochet et la perche, 2 carnassiers très appréciés pour leur délicate chair. Au niveau de la végétation, c'est très riche aussi. Donnant ainsi une multitude de nuances de verts. Nous passons sur un petit lac qui est entièrement recouvert de nénuphars jaunes et blancs, je n'en ai jamais vu autant, c'est impressionnant. Se balader dans le delta c'est mettre ses 5 sens en éveil, la vue pour la faune et la flore, le toucher avec l'eau et les poissons attrapés, l'odorat avec les nombreuses effluves que dégagent le fleuve, les marais et la flore, l'ouïe pour le concert que nous offrent les oiseaux et enfin le goût quand après une partie de pêche on déguste les poissons si bien préparés par Christina et qu'on arrose tout ça d'un petit vin blanc local. Nous choisissons notre plan d'eau et nous nous mettons à pied d'œuvre pour dénicher des beaux spécimens. Déjà 1h30 que nous taquinons les poissons mais rien de rien. Nous changeons d'endroits à de nombreuses reprises mais nous faisons chou blanc. C'est dans le lac de Potcoava, non loin du grand lac de Gorgova que Colonel fait la 1ère prise. 5 autres se suivront, dont 2 à mettre à mon actif. Entre temps nous faisons échouer notre embarquation sur un véritable champs de nénuphars et nous pique-niquons là au beau milieu d'un concert de coassements de grenouilles. Il est 17h30 quand nous plions bagages. Il nous faut 45min de barque pour rejoindre le port de Mahmudia. Je suis seul devant, Colonel derrière moi et Ivan à la barre. Je profite pleinement de ce moment qu'offre la nature. Nous passons par des canaux peu empruntés et donc nous ne croisons personne à part des oiseaux qui se sauvent à notre passage. Une fois chez Vassile, nous vidons les poissons et nous les mettons au congélateur qui est déjà plein à craquer de toutes sortes de poissons. Après une bonne douche nous nous mettons à table devant un véritable festin. Ce soir tout le repas sera fait avec les poissons du delta. Ciorba aux 6 poissons, beignets de brochet, boulettes de chair de silure frites, icre de carpe ( tarama maison), bref il y en a trop et je m'empiffre tant qu'il m'est possible d'en avaler. Quand Christina amène des crêpes à la confiture de coings, c'est le coup de grâce. Après de longues discussions sur la partie de pêche du jour et sur le programme du lendemain, nous allons nous coucher.

VENDREDI 13 JUIN

Il est à peine 8h00 que déjà j'entends que ça parle dans le salon. Je me lève et me mets â table avec les autres. Christina nous amène le petit déjeuner ou plutôt les mêmes assiettes gargantuesques de la veille. Nous partons ensuite dans le delta mais sans Colonel qui doit regagner Constanta dans la journée. Aujourd'hui nous allons pêcher et visiter le lac d'Uzlina et ses environs. Le temps est couvert est nous subissons plusieurs averses toute la matinée. Comme hier, nous attendons que ça veuille bien mordre. Au bout de 2h c'est Vassile qui attrape le 1er brochet. En tout ce seront 3 brochets et 4 perches que nous remontrons à la surface. Le temps s'améliore en ce début d'après- midi et nous en profitions pour enlever nos cirées et faire une pause pique-nique sur la barque. Nous sommes absolument seuls sur ce plan d'eau attenant au lac principal. Il y a quelques pélicans au loin mais sinon c'est le calme le plus complet. Nous décidons de plier le matériel et de rentrer tranquillement vers Mahmudia en empruntant d'autres canaux. C'est très agréable d'être seuls dans ce cadre de verdure sauvage. Une fois à la maison, Ivan s'attelle comme d'habitude à la corvée du nettoyage de la pêche du jour. Après une bonne douche, nous nous mettons à table pour un festin que Christina a mijoté toute l'après-midi. Cette fois ci je ne me fais pas avoir et je goûte tous les plats mais en moins grande quantité. Mon estomac ne supporterait pas une 2ème goinfrerie. Nous finissons la soirée par une longue discussion autour d'un verre de palinka puis je vais me coucher.

SAMEDI 14 JUIN

7h30, je saute du lit car aujourd'hui j'ai un peu de route et j'aimerais ne pas arriver trop tard. Le temps de charger la voiture, d'avaler un dernier petit déjeuner gargantuesque dont Christina a le secret puis je mets en route pour longer le bord de la mer noire. Mais avant je remercie chaleureusement mes hôtes pour leur accueil et Vassile me donne encore quelques endroits à visiter sur ma route vers Constanta. Christina me donne des boulettes de poissons frites que j'avais adoré la veille. Je met le cap vers l'extrémité Sud du delta accessible en voiture, Murighiol. À la sortie de la ville, Il y a un petit plan d'eau où se trouvent toujours des colonies assez importantes d'oies sauvages, d'échassiers, de pélicans etc... Je fais un stop très court car si il n'y a pas de moustiques en journée, ils sont largement remplacés par les taons. Le temps de prendre quelques photos et je cours en direction de ma voiture. Maintenant je continue vers Babadag, Mamaia et Constanta. Du côté gauche de la route, c'est encore le delta et sur la droite ce sont des champs de blé, de mais, de pommes de terre et d'éoliennes !!! Il y en a des centaines. On ne peut pas dire que ça enjolive le paysage. La route est bonne et il y a peu de monde, j'arrive rapidement à Navodari. Là j'aperçois enfin la Mer Noire. Un vieux rêve qui se réalise enfin. Je vais vite déchanter car Navodari touche Mamaia et le littoral est envahi d'immeubles, de résidences et de complexes hôteliers si bien que la mer on ne peut plus la voir. Et puis c'est samedi, il fait beau et les gens de Bucarest sont venus en masse pour passer le week-end au bord de l'eau. Il ne m'en faut pas plus pour mettre les voiles et fuir tout ça. Je me dirige maintenant vers Constanta, mais tout le long de la route c'est la même chose, du béton, du béton et encore du béton. Je me pose tout un tas de questions. Est ce que je vais quand même à Constata? Est ce que ça en vaut vraiment la peine? Et puis le guide du Routard n'indique rien de mirobolant à visiter. Je me dis aussi que l'on ne vient pas ici tous les jours mais à la vue des 1ères usines de Constanta, je préfère ne pas y aller. Je me console en me disant que j'apprécierai davantage la Mer Noire depuis la côte Turque lors d'un prochain voyage. La côte roumaine est tellement restreinte qu'elle a été prise d'assaut par des promoteurs peu regardant sur l'esthétisme. Il est 13h00 et je me demande si je fais toute la route vers Bucarest dès maintenant. Après une petite pause casse-croute dans un village où visiblement toute l'économie tourne autour de la pomme de terre, je me décide à rallier Bucarest aujourd'hui. Je quitte la région de la Dobrogéa pour rentrer à nouveau dans le Muntenie.La route est parallèle à l'autoroute, rien de particulier à voir et je fais très rapidement les 160km qui me séparent de la capitale. Quand un panneau indique " Bucarest 18km " il est difficile de croire que l'on va arriver dans la capitale. A 8km je vois encore des paysans faire brouter leurs vaches sur le bas côté. La route se transforme en double voie et les 1ères zones commerciales font leur apparition. Vient ensuite un boulevard " fortifié" de 3 ou 4 km d'immeubles résidentiels collés les uns au autres. Alternant les façades délabrées, les façades fraîchement ravalées, les façades grises et parfois colorées. L'ensemble est plutôt terne. Comme une grande partie de la ville d'ailleurs. Il y a peu d'indications et j'ai beaucoup de mal à me repérer. Les gens roulent vite, changent brusquement de direction et finalement je me laisse embarquer par le flux de la circulation en me disant que de toute façon je tomberai bien sur un panneau ou un endroit plus touristique. J'aperçois maintenant des bâtiments plus soignés, quelques bars et une population plus jeune. Je décide donc de trouver une place pour me garer. Il me semble que c'est le bon point de départ pour explorer les lieux. Je ne me suis pas trompé, je suis juste au commencement du quartier de Lipscani. C'est le quartier de Bucarest le plus animé. Dans les rues et ruelles se succèdent une multitude de bars branchés, brasseries, restaurants, magasins de souvenirs etc... J'ouvre mon plan de la ville et je décide de voir tout de suite l'ancien palais de Ceausescu. De là où je suis il y a 1km de marche pour s'y rendre. Je laisse de côté le quartier de Lipscani que j'arpenterai tranquillement demain. Quand j'arrive au croisement du boulevard qui passe devant le palais, je suis stupéfait par ce que je vois. Les platanes qui bordent la route me cachent une bonne partie de la masse du bâtiment mais je peux déjà apercevoir sa démesure. Plus j'avance pour me mettre face à lui et plus je découvre ce mastodonte. Je suis maintenant sur la grande place et je vois l'intégralité du palais. C'est quand même fou de faire une construction aussi gigantesque. De plus l'édifice est construit sur une grosse bute et ça lui donne un aspect encore plus imposant et ça assoit sa supériorité sur toute toute la ville et sur les visiteurs qui le contemplent. En voyant ça, on imagine très bien la mégalomanie du couple Ceausescu. En regagnant ma voiture, je passe devant de nombreux bars et tous ce sont mis à l'heure Brésilienne. Les terrasses sont bondées et il y a même un écran géant pour retransmettre les matchs de la coupe du monde de football. Aujourd'hui j'ai fait beaucoup plus de km que prévu initialement et je ne traîne pas à casser la croûte et à me coucher. De plus demain je vais sillonner la ville à pied donc je dois être en forme.



DIMANCHE 15 JUIN

8h30, réveillé par la pluie qui tombe sur la tôle. Déjà ma 2ème semaine en Roumanie qui s'achève. Pensant au temps qu'il fait dehors, je reste au chaud dans mon duvet. Rien que de savoir que je vais parcourir la ville sous la pluie ne m'enchante pas. Je finis quand même par me lever et je mange un morceau. Armé de mon plan je décide de quadriller le centre ville. J'ai déjà en tête les principales choses à voir et je me balade dans les rues au gré du vent. Il pleut moins fort et maintenant c'est un crachin breton qui tombe sans discontinuer. Je ne suis pas vraiment mouillé mais je sens bien que mes affaires sont moites. Bucarest est une ville très particulière, c'est la ville des paradoxes. Se côtoient les très pauvres et les très riches, les bâtiments en ruine et les petits bijoux d'architecture, le gris et le coloré, des églises séculaires et des tours d'acier et de verre, des gens en habits traditionnels et ceux avec la dernière marque à la mode. Bref ici tous les opposés vivent ensemble et ça donne un mélange plutôt surprenant. Hors du quartier de Lipscani , qui est fréquenté par une population de moins de 40ans, la vie a l'air plus difficile, les bâtiments sont gris et parfois le ferraillage du béton est apparent, les enseignes des commerces sont vieillottes et les devantures demandent à être rafraîchies, les gens sont habillés plus simplement et ils portent la tristesse en eux, les voitures sont moins rutilantes. Les longues années de totalitarisme communiste ont laissé des traces indélébiles. La vie peine à reprendre un court normal. Même dans le quartier de Lipscani, il y a des ruines au beau milieu de bars branchés. Il y a même un bâtiment prêt à tomber, soutenus par une structure en acier qui vient obstruer le passage d'une rue piétonne fréquentée. Une chose très appréciable, c'est qu'une grande majorité des rues du quartier de Lipscani soient piétonnes. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans beaucoup de témoignages et récits sur les forums, je n'ai quasiment pas vu de chiens errants, contrairement à des villes comme Sighetu Marmatei et Galati où pullulent des hordes de chiens amochés, crasseux et parfois agressifs. Mis à part les réalisations parfois pharaoniques de Ceausescu et quelques bâtiments ayant survécus à la 1ère et 2ème guerre mondiale puis à 45ans de totalitarisme, il n'y a pas grand chose à voir d'autre. Avec une bonne journée de marche et sans me presser, je pense avoir fait le tour des principaux lieux attrayants. Je cherche maintenant un restaurant où l'on mange des spécialités roumaines. Étant donné que c'est un quartier fréquenté par une population jeune, je n'y trouve que des burgers, pizzas, kebabs etc... Je finis par trouver un restaurant où j'ai du mal à déchiffrer le menu et où les prix sont corrects. Parfait, je m'assois et regarde la carte. Difficile de choisir car tout est marqué en Roumain. Heureusement il y a des photos du plat devant chaque énoncé. Je passe commande d'un plat qui m'a l'air bon et en attendant je regarde dans la rue. En levant la tête je vois marquer sur la devanture le nom du restaurant et à côté en plus petit " restaurant turkish ". Grosse déception. Je mange tout de même un bon petit plat Turc et ensuite je vais sur une place où a été installé un écran géant. Ce soir la France joue contre le Honduras. Je ne suis pas fan de football mais voir un match de l'équipe de France à l'étranger, c'est une expérience que je n'avais jamais vécu. Aujourd'hui qu'il fait froid et pluvieux, il y a plus de monde devant l'écran que pour le match d'hier et où le temps était clément. Je ne suis pas resté assez de longtemps pour voir la réaction des gens lors d'un but de la France mais je sentais beaucoup plus de ferveur que pour le match de la veille. Il y a eu des débuts d'applaudissements et de cris quand la France a failli marquer un but. Depuis le début de ce voyage, je remarque que la France, les Français et la langue Française sont très appréciés par les Roumains. Épuisé par ma longue marche, je file me coucher avant la fin de la 1er mi-temps.

LUNDI 16 JUIN

Il est 7h30 quand j'entends les 1ers Klaxons et la circulation qui s'intensifie. On est lundi et une nouvelle semaine commence. Il y a beaucoup de monde dans Bucarest. Je me mets en route vers 9h00 et à ma grande surprise je sors de la ville très rapidement et en plus sur la bonne route. Malgré la circulation et une pluie battante, tout va bien et je me retrouve sur la nationale 7 pour Pitesti puis Curtea de Arges que j'atteins au bout de 150km de routes plutôt bonnes. Je casse la croûte et je vais me balader dans la ville pour voir notamment 2 jolies églises. Mais cette fois ci je me cantonne à les voir de l'extérieur. Je regarde la carte puis je me remets en piste pour m'attaquer à la Transfagarasan. Une route de montagne paraît-il très jolie qui traverse les Carpates. Sur les conseils de Daniel rencontré sur VF, j'avais inversé mon parcours pour arriver plus tard et être sûr que la route soit ouverte et déneigée. Oui mais en sortant de Curtea de Arges, je vois un panneau indiquant " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Là je suis déçu et je m'arrête pour regarder la carte et trouver un plan B. Une seule route peut me dégager de cette impasse mais puisque je suis là je decide quand même d'aller jusqu'à ce fameux KM104. Au bout de 10km la route rentre dans une gorge et devient très sinueuse. Le plafond nuageux est bas, une bruine tombe et il fait 12 degrés. Le col qui se trouve à 2000m est annoncé à 58km. Je reste un peu perplexe en voyant une telle distance et en sachant que ça va être sinueux et que la route va se dégrader. Quelques kilomètres plus loin j'arrive au barrage Vidraru et au lac du même nom. Je sens que l'on déjà loin de tout. Plus de maisons, presque plus de circulation mis à part les quelques touristes téméraires. Là une tourelle d'une trentaine de mètres permet d'avoir un beau panorama sur l'endroit. Ça se limite à pas grand chose car le brouillard est trop épais. Je traverse le barrage à pied, il y a des cabanons à souvenirs mais ils sont fermés. C'est un peu tristounet ici. Je repars pour le col. Presque tout le monde redescend sauf 6 motos d'Irlandais et 1 voiture de Hongrois. Il se remet à pleuvoir et le temps est peu engageant pour se retrouver perché en altitude. La route reste à plat et serpente en suivant les nombreuses criques du lac. Après 10km j'ai la sensation de ne pas avoir avancé, le barrage est encore juste là à portée de main. Une fois le lac derrière moi, le paysage change, la route s'élève, les alpages et la végétation de montagne apparaissent. Au KM94, encore un panneau " TRANSFAGARASAN INCHIS KM104 cabana Capra ". Bon cette fois ci plus d'espoir pour franchir le col. D'autant plus que je ne croise aucune voiture dans le sens inverse. KM100, toujours pas un brin de neige. Le brouillard est épais et ne me permet pas de voir plus loin que les motos devant moi. D'habitude chez moi je vois les motos monter les cols à plein régime mais là ils sont obligés d'y aller à tâtons tant la visibilité est mauvaise. Je suis un peu démoralisé quand je pense à toute cette route que je vais devoir refaire en sens inverse et sans avoir rien vu au final. Arrivent enfin les fameux KM104 et sa cabana Capra, une sorte de refuge hôtel planté au milieu de rien. C'est fermé apparemment. Les irlandais s'arrêtent, les Hongrois aussi. Il pleut toujours et il ne fait plus que 8,5 degrés, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors donc je continue car finalement la route a l'air ouverte. Le paysage est plus minéral, l'herbe commence à laisser place à des pierriers. La route passe désormais à flan de montagne, il n'y a pas de barrières et donc la sortie de route n'est pas autorisée. Je suis dans l'incertitude de pouvoir arriver en haut car la neige fait son apparition sur les bords et je ne croise toujours pas de véhicule qui descendent. Dans une percée dans le brouillard, j'aperçois en contrebas les motos et la voiture qui se sont remis en marche. J'arrive à un tunnel qui doit faire 500m de long, je le traverse et surprise, je suis enfin au col. Malgré les 7 degrés, la pluie et le brouillard il y a 2 courageux qui vendent du fromage séché dans des panses de brebis et du miel. Je ne vois pas l'intérêt de m'y arrêter car on ne voit strictement rien de rien. C'est bien dommage car je pense que l'endroit est joli. De toute façon je n'ai aucun regret car la météo pour les prochaines 48h est exécrable donc inutile que je dorme sur place pour voir le paysage le lendemain. Un peu surprenant de se retrouver ici alors qu'il y a à peine quelques heures j'étais en plein centre de Bucarest. Je commence la descente vers le petit village en bas de la Transfagarasan, Cartisoara. La revêtement de la route est beaucoup mieux de ce côté. Si d'un côté il m'a fallu faire 85km pour arriver en haut du col, de l'autre côté il me faut 35km pour le descendre. À mi-chemin, le brouillard se dissipe et je peux apercevoir une vaste plaine cultivée qui mène jusqu'à Sibiu. Me voilà à nouveau dans la région de la transylvanie. À Cartisoara, je me mets en quête d'un endroit pour dormir et je trouve mon bonheur quelques kilomètres plus loin. La route à été fatiguante et je ne mets pas longtemps à m'endormir.

MARDI 17 JUIN

J'entends déjà de la vie à l'extérieur, il est 7h30, je me lève tranquillement car aujourd'hui je passe toute la journée à Sibiu qui n'est qu'à 25km. Le temps de casser la croûte tranquillement et j'arrive à Sibiu vers 9h30. Sibiu c'est une agglomération de 160 000 habitant qui s'est construite autour d'un gros bourg fortifié. À l'intérieur les rues et ruelles y sont pavées et de nombreux bâtiments sont classés monuments historiques. J'ai dénombré 5 églises dont 1 cathédrale. Tout est très bien entretenu et les couleurs des façades égayent l'endroit. Dans chaque toit, il y a des lucarnes qui font penser à des yeux bridés qui nous observent. La vie du bourg s'axe autour de 3 places, la plus grande étant Piata Mare puis Piata Mica et enfin Piata Huet. Comme à mon habitude, je parcoure les lieux en long en large et en travers. C'est très agréable de flâner dans cet endroit. Puisque je passe devant la cathédrale et je rentre y faire un tour. À l'entrée est affiché un trombinoscope du diocèse de Roumanie, c'est très amusant de voir tous ces barbus. Vers 12h00 je me dirige vers Piata Cibin, une place à l'extrême Nord Ouest où se déroule chaque jour le grand marché. C'est une place carré avec autour des petits cabanons ressemblant à des Algeco et au centre des longues tables en béton couvertes par des plaques ondulées en plastique. Ça grouille de vie. Viandes, poissons et charcuteries sont vendues dans les petits cabanons et fruits, légumes, fleurs, épices sont vendus au centre. Des femmes vendent aussi des fleurs de tilleul et des bourgeons de sapin. Ça grouille de vie. Il y a des tsiganes reconnaissables à leurs grands chapeaux noirs et à leurs barbes mal rasées qui se baladent sur le marché pour vendre les quelques pantalons qu'ils ont à cheval sur le bras. Ils parlent forts et visiblement ne manquent pas d'arguments pour fourguer leur camelote. Ça marchande, ça rigole, ça hèle le passant, j'aime beaucoup les marchés dans tous les pays où je vais. C'est le poumon d'une ville et c'est plein d'authenticité. Je me restaure dans l'un des 5 cabanons abritant un gratar ( grill ) et je mange bien évidemment des mitetei. En guise de dessert je vais dans un autre cabanon qui vend des pâtisseries. Je me prends un Gogosi cu ceruse, une sorte de beignet en forme de demi lune fourré à la cerise. Le guide du routard indique une très bonne adresse pour manger et je vais repérer l'endroit pour ce soir. C'est en dehors des fortifications et c'est facile à trouver car l'intégralité de la façade est en bois sculpté comme en Bucovina. Ensuite je retourne dans ma voiture et je m'allonge à l'arrière pour rédiger mon carnet de voyage. Il ne me faudra pas 5 minutes pour sombrer dans une longue sieste de 2h. Je me réveille au bruit des gamins qui sortent de l'école. Requinqué, je décide d'aller voir le musée ethnographique à Piata Mica. Il pleut des cordes. Ce musée se trouve dans un bâtiment abritant un patio couvert. J'ai le sentiment de rentrer dans un petit immeuble. Il y a des coursives intérieures et sur certaines, il y a des plantes vertes et sur d'autres du linge qui sèche. Un monsieur d'une soixante d'années m'accueille gentiment et m'amène au guichet pour que je m'acquitte des 5 lei. Puis on monte au 1er étage et il m'ouvre une porte et allume les lumières. C'est certain je suis et serai le seul visiteur de la journée. C'est petit, ça prend la moitié du 1er étage. Il y a tout un tas d'objets bien présentés venant principalement d'Afrique noire mais aussi d'Inde et du moyen-orient. Le monsieur reste avec moi et il m'explique en Roumain l'utilité des principaux objets. Il le sait, je lui ai dit, je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il me raconte mais il y tient. La visite du 1er étage se termine par une momie Égyptienne dans un sarcophage ouvert. Impressionnant. Je ne pensais pas que ce serait en Roumanie que je verrai ma 1ère momie. Ensuite il m'emmène à la cave où il y a une exposition temporaire sur les vêtements Roumains d'antan. S'ensuit une discussion en Franco-Roumain et en langage des signes. Nicolae me demande d'où je viens et ce que je fais dans la vie, où je vais en Roumanie, si j'aime son pays etc... J'ai remarqué que les Roumains sont soucieux de savoir si l'on aime leur pays. Ils sont très patriotes et ça se voit au quotidien. Je reprends ma balade et je vais m'acheter encore un Gogosi. Quand on en goûte 1, on en reprend forcément un deuxième. Je me pose sur un banc à peu près sec abrité par un arbre puis je regarde passer les gens. J'aime ce voyeurisme discret car il est révélateur de la vie d'un endroit, d'une région, d'un pays. D'ailleurs je remarque qu'ici et plus que partout ailleurs en Roumanie, tous les gens font le signe de croix en passant devant une église, les jeunes comme les vieux. Il est 19h30, il pleut toujours et j'ai froid, je vais donc me réchauffer dans ce fameux restaurant. Tout comme la façade, l'intérieur est en bois. Ça fait vieille taverne Roumaine. Tous les plateaux de tables sont en bois taillés grossièrement au ciseau à bois. La serveuse me laisse choisir ma place et m'amène la carte. Il n'y a que des spécialités roumaines qui tiennent au corps et ça me va très bien. Je me régale avec une assiette de polenta épaisse, de fromage de vache, de saucisses, de côtes de porc fumées et une bonne bière. Pour digérer ce plat généreux et malgré la pluie, je me promène encore dans les rues de Sibiu avant d'aller me coucher.

MERCREDI 18 JUIN

Réveil matinal encore. Le temps de prendre le petit déjeuner et je me remets au volant en direction de Sebes et Alba Iulia où je dois visiter 2 églises et et des ruines. En arrivant sur place, je ne trouve pas les lieux très accueillants et je préfère passer mon chemin. Je n'avais pas prévu ça au programme donc je fais une pause pour voir ce que je fais. Normalement la suite de mon périple doit m'emmener dans 2 grottes dans les monts Apuseni et demain il est prévu que je quitte le pays. Mais je dois avouer qu'il m'est difficile de partir et j'aimerais rallonger de 24 ou 48h mon séjour. Il y a une chose que je n'avais pas pu faire en début de séjour car les jours d'ouverture ne correspondaient pas avec ma présence sur place, c'est le dernier train à vapeur d'Europe à Vaser. Le souci c'est que depuis Alba Iulia ça me fait faire une remontée vers le Nord jusqu' à la frontière Ukrainienne puis une redescente vers l'Ouest à la frontière Hongroise pour sortir du pays. Je préfère continuer mon programme comme je l'avais prévu et je me laisse une journée de plus pour prendre une décision. Cap vers Abrud au Nord-Ouest. Je sors rapidement de la ville et je me retrouve dans la campagne. Au bout d'une dizaine de kilomètres, il y a un grand portique en bois sculpté annonçant l'arrivée dans les Muntii Apusani. C'est un massif calcaire, confidentiel, austère, très boisé et sauvage qui n'excède pas 1300m d'altitude et où on y trouve encore des loups et des ours. Ici plus que dans le Maramures ou la Bucovina, les habitants ont conservé un mode de vie très pastorale. La route longe une petite rivière et je passe de hameau en hameau. Pour l'amoureux de nature que je suis , c'est un petit coin de paradis. Les routes ne sont pas en très bon état et ça m'oblige à rouler à pas plus de 40km/h. Ça n'a pas d'importance car ça me permet d'apprécier les lieux. J'arrive à Abrud, un petit bourg plein de vie et je trouve un hôtel pour pouvoir prendre une bonne douche car les lingettes ça va un moment. Quand je demande le prix on m'annonce 150 lei. Ils ont dû me prendre pour un américain, je trouve ça très cher pour un simple hôtel de campagne et je continue mon chemin vers Campeni. Apres 15km j'arrive dans ce gros village et j'y trouve aussi un hôtel mais je ne sais pas si il est ouvert ou fermé car je ne trouve personne à l'intérieur. Tant pis je me décide à dormir comme d'habitude dans ma voiture. Je trouve du wifi gratuit et je me pose sur la place principale. Il y a pas mal de vie ici aussi. Étonnement il y a un casino qui fait aussi bar. C'est le rdv de toute la jeunesse pour boire un coup. Tout le monde se connaît ici et je ne passe pas inaperçu. Je me balade dans la rue principale puis je mange un morceau avant de consulter les cartes et mon option pour le train à vapeur de Vaser. Grâce à internet je peux consulter la météo qui sera un élément important dans ma décision. Je me couche indécis.

JEUDI 19 JUIN

Il est 7h00 quand j'entends que ça bouge déjà dans le centre de Campeni. Je prends le petit déjeuner en regardant tout ce petit monde s'affairer. Je consulte la carte, je vais avoir une trentaine de kilomètres pour me rendre à la Ghetarul subteran de Scarisoara. La route est toujours aussi mauvaise mais j'oublie vite ce détail face à la beauté du paysage. Je longe une rivière et de l'autre côté je vois de nombreuses maisons coquettes et des fermettes où des poules, des vaches et des cochons paissent en liberté. Ces habitations ne sont accessibles que par des passages à gué ou des vieux ponts qui tiennent encore debout par je ne sais quel miracle. À Girda de Sus un panneau m'indique la grotte est à 10km sur ma droite. Heureusement qu'il n'y a pas de circulation car la route est étroite maintenant. Rapidement je prends de l'altitude sur une pente annoncée à 15%. Pour éviter de faire des virages, la route monte droit dans les champs ! J'ai maintenant un magnifique 360 degrés sur les Muntii Apuseni. Chaque maison, alpage, forêt de sapins et chemin sont délimités par des barrières rustiques en bois. Ça donne beaucoup de cachet au paysage. J'arrive enfin sur le tout petit parking de la grotte, il y a tout au plus 8 voitures. Ici le tourisme est très peu développé et les gens tout comme les paysages sont préservés. Je laisse les quelques maisons derrière moi et je m'enfonce dans la forêt pour 15 minutes de marche. C'est encore une période calme car les quelques tables des vendeurs de souvenirs sont désertes. En haut d'une colline, il y a une guérite en bois pour prendre les tickets et l'entrée de la grotte. Il s'agit en fait d'un trou de 60m de diamètre et de 48m de profondeur qui donne accès à une grotte. On y descend par des escaliers en fer qui tiennent parce qu'il le faut et ça se termine par un escalier très raide en bois et tout de biais. En bas des escaliers, il reste un gros tas de neige de l'hiver qui vient de se terminer, c'est étonnant à cette époque Ayant croisé une bonne quinzaine de personnes sur le chemin, je me retrouve donc seul dans la grotte, c'est très appréciable. Une passerelle en bois permet de faire tout le tour de cette grande salle. A 1ère vue, rien de mirobolant mais quand l'œil s'habitue à l'obscurité, on remarque qu'en fait tout le sol est en glace sale. Et si il faisait 20 degrés à la surface, ici il n'en fait plus que 3 ou 4. À certains endroits l'eau qui ruisselle du plafond forme des très gros cônes de glace de la hauteur de 2 hommes. De part et d'autre de la salle, la glace disparaît dans des cavités sombres. Difficile de comprendre le phénomène car le panneau explicatif à la surface n'est écrit qu'en Roumain. C'est le plus grand glacier souterrain du monde et c'est la seule chose que je sais. En tout cas c'est très surprenant et ça vaut le coup d'oeil. Je regagne ma voiture et finalement 2 femmes se sont installées sur le bord du chemin et vendent des placintha cu branza et du sirop de bourgeons de sapin. Je redescends tranquillement sur Girda de Sus en profitant de la belle vue. Dans le village je vois un restaurant et je m'y arrête. Il y a du monde à l'intérieur malgré la taille du village. Je m'installe donc sur la terrasse et on m'amène la carte que je suis bien incapable de déchiffrer. Apparemment il y a une spécialité maison et ça m'ira très bien. Il faut savoir prendre des risques. Mon plat arrive, aux 1ers abords je suis déçu. Une purée et un "truc" pané. C'est seulement en goûtant que je m'aperçois que la purée est "maison" et que le "truc" pané est en fait une farce avec du choux, du fromage, un peu de champignons, des petits lardons et le blanc d'un œuf dur écrasé, le tout enfermé dans une fine escalope de porc et pané, rien que ça. Un plat de cowboys au prix défiant toute concurrence. Il va sans dire que je déclare forfait pour un dessert. Digestion oblige, une fois au volant, on ne peut pas dire que je sois énervé. Je maintiens mes 40km/h habituels et c'est parfait pour contempler tous les petits hameaux et la nature qui bordent la route pour aller à Stei. Je suis maintenant dans la région de la Crisana. Je suis fatigué, je n'ai plus envie de rouler pour aujourd'hui et je préfère dormir dans ce gros bourg plutôt que dans un hameau près de Pestera Ursilor.

VENDREDI 20 JUIN

Il est encore 7h00 quand j'ouvre les yeux. Décidément ça devient militaire ce voyage. Je mange un morceau et je me dirige vers Chiscau où se trouve Pestera Ursilor ( grotte des ours). Je prends mon temps car je n'ai que 25km à faire et la grotte ouvre à 10h00, je suis largement en avance. Moi qui voulais terminer ce voyage sur une note "rurale", depuis 48h je suis je suis comblé. J'arrive donc sur place, le parking est payant mais au lieu de 5 lei comme annoncé dans le guide du Routard, c'est 10. Jolie majoration. Je vais me garer plus loin dans le village et j'attends l'ouverture. Pour accéder à la grotte, il faut monter pendant 10 minutes sur un chemin bitumé. Les 1ers mètres me font vite comprendre qu'ici c'est l'usine. Il doit y avoir de chaque côté plus d'une cinquantaine de petits vendeurs de babioles. Et ce qui est dommage c'est que tout vient de Chine et 80% n'a rien en rapport avec les lieux. Bon là clairement ça n'aura rien à voir avec ce que j'ai fait hier, en plus un bus vient d'arriver... Une fois mon billet en poche , qui est annoncé à 12lei dans le guide du Routard et qui est en réalité à 20lei ( ici clairement on plume le pigeon! ), je dois attendre dans une salle avec terrasse afin de constituer un groupe assez important pour partir avec un guide. Évidemment on sait faire patienter le client, il y a un bar qui vend des sodas, cafés, chips, bonbons et autres saloperies du genre. Oui je suis un râleur, on est Français ou on ne l'est pas ! Coup de sifflet du guide, on rentre en rang d'oignons dans la grotte en passant un tourniquet. Il fallait s'en douter, je me fais submerger par un tsunami de soixantenaires Roumains. Une fois à l'intérieur, le guide nous fait une petite piqûre de rappel, pas de photos, pas le droit de toucher etc... Tout ce tapage est vite oublié quand on découvre ( enfin) la beauté du site. Sur 50 personnes je suis le seul Français, la visite se fera donc en Roumain. Je me tiens à l'arrière du groupe et j'admire le travail de Dame Nature. Bon pas trop quand même car je n'avais pas vu mais derrière moi il y a un cerbère qui fait le serre file et qui me presse le pas. Eh oui c'est marqué à l'entrée, la visite c'est 45mn et pas une de plus. Parlons un peu de la grotte, après avoir cheminé par un "couloir" d'une quarantaine de mètres dans lequel on aperçoit quelques stalagmites et stalactites et surtout une multitude d'ossements et de crânes d'ours des cavernes, on arrive dans une très grande salle de 8m sous plafond et là c'est un véritable spectacle de formes, de couleurs et de tailles. Le guide explique des choses sûrement intéressantes mais je n'y comprends rien. Voyant que je ne regarde pas l'endroit expliqué par le guide, le serre file s'excite comme une puce avec son laser et le pointe vers une colonne de calcaire. À l'annonce d'un chiffre, tout le groupe fait un "wowww" de stupéfaction. Je me retourne vers le serre file et je lui sors " sunt Francez " ! Là il se détend et comprend mon comportement bizarre. Au bout de 5mn il tente dans un Français très compréhensible de m'expliquer les grandes lignes de l'historique de la grotte et à mon tour de lacher un " wowww" quand il m'annonce que la fameuse colonne s'est faite en 22000 ans environ. La visite continue par une petite salle où en son centre il y a un squelette entier d'ours sur le flanc ( 3m de long et poids estimé à 600kg). Belle bestiole ! La visite terminée, nos vendeurs de babioles sont sur le pied de guerre et nous attendent de pieds fermes. Heureusement j'ai mon pare feu de soixantenaires. Moi je file en douce direction la voiture pour consulter la carte et prendre enfin une décision pour le petit train à vapeur de Vaser. J'essaye de faire un calcul juste et quand apparaît sur ma calculatrice 350km, la décision s'impose d'elle même. La balade en train ce sera pour un prochain séjour en Roumanie. Je savoure ces derniers instants de nature avant de rejoindre Oradea pour ma dernière nuit. Une fois n'est pas coutume je rejoins Oradea, la plus grande ville de Crisana, par une route pleine de nids de poule et d'ornières. Il faut dire que la circulation de camions y est très dense. En arrivant sur place je fais du change pour faire le plein et je me balade dans cette jolie ville qui a un centre doté de très beaux bâtiments et d'une rue piétonne très agréable. Il fait chaud et j'en profite pour me mettre au frais dans une église. 2 prêtres donnent une messe. Je m'assois un bon 1/4h pour écouter leurs jolis chants religieux. Et toujours cette ferveur des Roumains qui à chaque entrée dans une église viennent embrasser un chevalet et un crucifix tout en se signant du signe de croix à plusieurs reprises. Certains prient à genoux, d'autres restent debout et se signent presque frénétiquement, une femme prit à genoux et pleure. Moments intenses et agréables à la fois. J'en ressors apaisé et je continue de flâner en ville. Je cherche désormais un restaurant qui rediffuse le match de la France. Je trouve mon bonheur dans la rue piétonne. Beaucoup se demande qui est ce grand agité qui saute à chaque but et occasion de la France. Ma dernière soirée en Roumanie se termine bien car on a gagné 5-2 contre la Suisse. Maintenant au dodo car demain c'est parti pour 48h sur les routes qui me ramèneront en France.
Croatie en camping-car 15 jours avec bébé English translation pending
by Mariebourgog · 2014-05-22 · 21 replies
Bonjour à tous!!

Merci d'avance pour vos réponses!

Je suis un peu perdue dans la préparation de notre voyage cet été en Croatie du 16 Août au 30 Août!

Ma première interrogation, c'est est ce que nous y allons en avion + location de voiture + hébergement chez l'habitant ou camping car + camping?

En effet, nous avons un bébé d'un peu plus d'un an et il est vrai qu'en camping car c'est bcp plus pratique (même environnement, préparation des repas, siège auto (le notre! parce que nous avons eu la mauvaise expérience aux canaries d'avoir un siège bébé qui à mon sens avait déjà bcp bcp vécu et dc très insécuritaire), poussette etc. Mais ça me parait très long...(surtout que je voudrais absolulement aller au sud), dc voici à peu près notre itinéraire, pouvez-vous me dire si vous pensez que c'est faisable? avec un bébé particulièrement...(même si il est de bonne composition, il a l'habitude de voyager, c'est un âge où il dors plus toute la journée ms il comprends encore pas qu'il faut être patient lol) :

Vendredi 15 Août : Départ en début de soirée pr rouler la nuit comme ça il dors Samedi 16 Août : Arrivée à Venise, visite de Venise et nuit à Venise Dimanche 17 Août : Départ de Venise en direction des Lacs de Plitvice (visite sur la route et est-ce qu'il y a besoin de couper le trajet en 2 avec une nuit?) Lundi 18 Août : Visite du parc Mardi 19 Août : Route vers le parc de krka - nuit sur place Mercredi 20 Août : Route vers Split en visitant Sibenik - Trogir Jeudi 21 Août : Visite Alentours Vendredi 22 Août : Direction Dubrovnick par la côte - une nuit au milieu Samedi 23 Août : Dubrovnick Dimanche 24 Août : Dubrovnick et départ pr une île (peut être Korcula?) Lundi 25 Août : Korcula et nuit sur place Mardi 26 Août : Ferry vers île de Hvar - visite - nuit sur place Mercredi 27 Août : Hvar Jeudi 28 Août : Ferry vers Split (d'ailleurs à propos des ferrys, y a t-il des liaisons entre les îles avec un camping car? et quelle compagnie? peut on réserver avant?) Jeudi soir : Ferry de Split à Ancône en Italie Vendredi : Route vers la Bourgogne + nuit au milieu

Est-ce un circuit faisable? est-ce trop?

En avion, je pensais arriver à Split avec easyjet, remonter aux lacs de Pltivice, et redescendre ensuite vers Dubrovnick + îles et retour de Dubrovnick avec easyjet,

Merci d'avance pour vos conseils avisés!!!!

Et bon voyage à travers le monde :)
Choix route pour la Chine: Tibet ou Pakistan English translation pending
by Adelme · 2013-12-12 · 100 replies
Bonjour,

On part à 2 motos depuis la France jusqu'en Inde en été 2014. Pour faire rapide à partir du Kirghiztan nous avons deux possibilités :

1 - Entrer en Chine (Kashgar) puis traverser tout le Tibet jusqu'à la fontière Népalaise ou 2 - Entrer en Chine à Kashgar puis passer au Pakistan pour emprunter la KKH qui nous amènera à Islamabad.

Nous hésitons sur l'itinéraire à emprunter pour les raisons suivantes :

Le prix : l'option 1 nous coute le triple (permis pour le tibet, 15 jours d'agence etc...) Le trajet : pour le Tibet, est-ce que ça ne va pas faire 2500km de route monotone dans des paysages plutot désolés sans grand interret pendant 15 jours ? La route Chine-Népal ne risque t-elle pas d'être difficile en fin de mousson (fin septembre/début octobre) Si option 2, la KKH ne serait-elle pas plus belle et intéressante ?

Si certains ont emprunté un de ces itinéraires, les infos m'intéressent !!! Merci
Compte rendu pratique: 28 jours au Myanmar, octobre 2013 English translation pending
by Mil0uchka · 2013-11-19 · 30 replies
Chers voyageurs,

Vous avez été nombreux à m’aider sur ce forum, parfois sans même le savoir, alors à mon tour de rendre service en publiant ce compte-rendu pratique à l’usage des personnes qui souhaiteraient un jour partir au Myanmar (puisque c’est le nom qu’utilisent les birmans) Pas question ici d’impressions ou de récit de voyage, mais je posterai le lien du livre que je réaliserai d’ici quelques mois si certains sont intéressés.

LES GUIDES (livres)

Nous sommes partis avec le Lonely Planet qui, comme chacun sait, date un peu et est donc totalement obsolète sur certains points et toujours utile pour d’autres. Et avec « Birmanie », de Michel Ferrer paru aux éditions Olizane, en 2012 et culturellement très enrichissant.

L’ARGENT EN BREF

En gros : 1 000 Kyatts (prononcez « tchatts ») = 1 dollar.

Nous avons échangé nos dollars et nos euros au fil du voyage, avec des taux quasiment identiques que ce soit à l’aéroport ou dans les banques. Evitez les gens qui vous le proposent dans la rue (anecdotes d’arnaques notamment à Yangon), et les hôtels qui prennent une sacrée commission. Préférez les grosses coupures. Le Kyatt est plus avantageux pour les birmans, aussi avons-nous pratiquement tout payé en monnaie locale.

Nous avons rencontré sur place plusieurs routards étonnés par les prix pratiqués, alors il faut le savoir : comparé à d’autres pays d’Asie, le Myanmar est cher, et pour en profiter pleinement sans tiquer sur les prix, il faut avoir prévu quelques économies. La nourriture et les boissons sont très accessibles par exemple, mais pour les hôtels et guest houses sachez qu’il faudra mettre un certain prix, pas toujours en rapport avec la qualité du logement (en trois ans, les tarifs ont augmenté de 150%).

Nous avons trouvé les transports un peu chers (hormis le bus qui est bon marché), la marge de négociation est faible voire inexistante (notamment pour les taxis à Mandalay, ou encore les bateaux taxis que vous pouvez prendre pour relier deux rives sur le lac Inle, …) Les birmans ne font pas tellement jouer la concurrence entre eux, sur un même lieu, ils auront tendance à tous s’aligner sur le même tarif. Quoiqu’il en soit à service égal, un touriste ne bénéficiera pratiquement jamais du même prix qu’un birman.

LA SANTE

C’est une inquiétude que j’avais avant de partir : prendre ou ne pas prendre de traitement préventif pendant le voyage. Les effets secondaires de la malarone semblent être très désagréables et contraignants. Mon médecin préférait suivre les conseils de l’Institut Pasteur (qui a décrété que le paludisme avait complètement disparu de Yangon et Mandalay mais persistait ailleurs) et m’avait donc prescrit un traitement très cher à prendre dés le premier jour du voyage jusqu’à la fin de la semaine suivant mon retour. Après avoir lu les conseils d’autres voyageurs, nous avons décidé de partir sans traitement. Honnêtement, avec un bon répulsif (Insect Ecran Zone Infestée, très efficace !), et des vêtements couvrants dés que la nuit tombe, il n’y a pas à s’en faire. Nous avions pris une moustiquaire dont nous ne nous sommes finalement pas servis. Vous pouvez éventuellement demander aux hôtels de pulvériser de l’anti-moustique dans vos chambres.

LE TEMPS

Cela dépend sans doute des années, mais on a eu pas mal de pluie, la mousson était loin d’être finie en octobre. Bien entendu cela ne nous a pas empêché d’en profiter. Mais les treks dans l’est du pays se sont avérés très durs car le terrain était difficilement praticable. De même, à Bagan, les vols en montgolfière n’ont pas pu se faire car les conditions climatiques n’étaient pas optimales. Cependant, la saison touristique est considérée comme débutant au 1er octobre.

L’HEBERGEMENT

Nous avions réservé quelques hôtels, là où l’on pensait qu’il y aurait de l’affluence, ou bien là où il n’y avait pas beaucoup d’offre… Bien nous en a pris ! En octobre, avant le début de saison haute, nous avons pu remarquer qu’il n’était pas si aisé de se loger.

LE PARCOURS

Nous avons fait un parcours de 28 jours : Mandalay – Monywa – Bagan – Lac Inle – Pindaya - Kyaing Tong – Yangon – Mawlamyine – Hpa An – Rocher d’Or – Yangon

On ne regrette rien de ce que l’on a vu. Mais si vous n’avez pas la possibilité de passer 28 jours dans ce pays, les plus beaux endroits que nous ayons parcourus sont Bagan, le lac Inle, les alentours de Mandalay, la région de Hpa An (c’est un avis très personnel qui n’engage que nous !)

En arrivant à Bangkok, il faut changer d’aéroport pour la correspondance à Mandalay. Pas de panique, le temps entre les deux vols est suffisant, il suffit de trouver la porte 3, de sortir et de faire quelques pas, un bus gratuit attend juste là et part toutes les heures. 30 minutes de route plus tard vous voici à l’autre aéroport.

MANDALAY

Transport : A la sortie de l’aéroport, taxi collectif à 4000 K par personne, difficile de négocier, sachant que l’aéroport se trouve assez loin de la ville. C’est à Mandalay que les taxis sont les plus chers, de 3000 à 4000K en général, même pour des courses courtes.

Hébergement : Le Peacok Lodge, chambre double à 55$. Très propre, joli et confortable, bon petit déjeuner, eau chaude tout le temps. Les patrons sont relativement de bon conseil, les jeunes machouillent un peu leur anglais. On nous a laissé nous servir du téléphone sans nous faire payer et sans nous surveiller, même pour appeler rapidement en France (du jamais vu ailleurs) L’hôtel est un peu excentré, mais c’est une bonne chose, quel calme dans cette ville hyperactive ! A proximité vous trouverez quand même des restaurants, le théâtre de marionnettes et une salle de spectacle (de danses), des banques, des « épiceries » en plein air. L’hotel propose aussi des repas le soir si on les prévient la veille. Leur site internet n’a pas du être remis à jour depuis longtemps et ils ne répondent pas aux mails, alors vous pouvez les contacter au +95 9 204 20 59

Programme :

- Jour 1 : Journée en taxi (35 000K) : ateliers de feuilles d’or, Paya Mahamuni, monastère Kyaung Maha Ganayan pour le repas des moines, Sagaing, Inwa (traversée en bateau 1 600K et visite en calèche 6 000K, achat du billet d’entrée valable sur plusieurs sites autour de Mandalay 10 000K), pont U Bein à Amarapura. Puis spectacle de marionnettes le soir (10 000K)

Le lendemain nous avons croisé des guides qui faisaient le même parcours à la journée avec les explications en anglais en plus. On voit des monuments magnifiques et chargés d’histoire, je pense donc que ça vaut le coup.

- Jour 2 : Journée à Mandalay : marché de jade, marché chinois, monastère en tek, colline de Mandalay

- Jour 3 : Départ pour l’île de Mingun par le ferry à 9h (5 000K), visite du palais royal (dont on peut royalement se passer !)

Astuces : Prévoyez vos lampes de poche partout, même dans les grandes villes où la circulation est dense et un peu hystérique, quand il fait nuit noire, c’est toujours rassurant de pouvoir signaler sa présence aux conducteurs de véhicules.

Pour l’artisanat, très beau et varié, vous n’aurez peut-être pas envie de vous charger dés le début du voyage, sachez cependant que chaque région a ses spécialités, et que même si vous retrouvez certains objets ailleurs, ils ne seront pas de même qualité. Par exemple, à Mandalay vous trouverez les plus belles marionnettes, et aussi de très belles statuettes, à Bagan les plus belles laques, près de Pindaya de superbes ombrelles, parapluies, voire parasols !

MONYWA

Transport : De Mandalay à Monywa nous avons pris le bus de 9h (2 000K), qui partait plutôt vers 10h et qui est arrivé à destination vers 13h30. La pause déjeuner est immuable pour les birmans, si vous faites un trajet en bus vous vous arrêterez toujours pour manger un bout quelque part, donc pas la peine d’emporter votre déjeuner avec vous.

Hébergement : Pas beaucoup de choix à Monywa, nous sommes allés au Monywa Hotel, 40$ la chambre double, propre, vieillot mais confortable, eau chaude.

Programme : Nous avions rendez-vous avec Yan, un prof d’université guide à ses heures. Il nous a emmenés dans une école de campagne dirigée par ses amis moines avec l’aide de professeurs bénévoles, puis dans un centre de méditation. Le lendemain nous sommes partis à moto voir le plus grand bouddha du monde et la paya ?. Nous gardons un sentiment mitigé de cette rencontre même si nous ne la regrettons pas. En effet nous avons appris beaucoup de choses avec Yan, il parle très librement de ses opinions (de toutes sortes, dont certaines très nauséabondes…) De plus j’avais communiqué par mail avec Yan, qui ne m’avait pas répondu quant à son tarif. Au moment de se quitter, il a hésité une dizaine de minutes qui nous ont mis très mal à l’aise, avant de nous demander…100$. Pour deux demi-journées, c’est franchement très cher, et nous avons été bêtes d’accepter. Toutefois, l’expérience reste enrichissante et permet de voir bien au-delà de la carte postale…

BAGAN

Transport : De Monywa à Bagan, nous avons pris un bus à 12h30 (2 500K). Voyage un peu chaotique de 4h30 (la route est très mauvaise, le bus n’avait pas la clim et il faisait une chaleur étouffante) C’est cependant la seule solution économique.

A Bagan nous nous sommes promenés à vélo (gracieusement prêtés par l’hotel) pendant deux jours sous un soleil ardent et une chaleur terrible, ce qui fait que l’on avançait lentement. Le troisième jour pour optimiser notre temps, nous nous sommes payé le luxe d’un « E-Bike », un petit scooter très pratique sur lequel on pédale quand la batterie s’affaiblit (8000K), c’est ce jour-là que nous avons vu le plus de temples. A ne pas utiliser dans les chemins de terre trop ensablés!

Hébergement : On s’est fait plaisir avec le Blue Bird dans New Bagan, réservé à l’avance via Agoda (95$ la nuit, mais achetée sur place la nuit coûtait 130$) L’hôtel est charmant, reposant, à taille humaine (moins de 30 chambres), avec une piscine et un beau jardin. La chambre est superbe, très chic et sobre. Le manager est français et la patronne de l’établissement une birmane mariée à un français. Durant tout le séjour, toute l’équipe nous a choyés (thé vert offert après une indigestion, places réservés pour le vol en montgolfière, vols réservés pour le lac Inlé, conseils de temples à aller voir, etc…) Le restaurant de l’hôtel est sympa, bien que pas exceptionnel pour le prix. Seul gros point faible : le prix de la lessive est exorbitant ! Dans New Bagan vous verrez des pancartes « Laundry », la lessive y est abordable !

Programme : Suivez la carte ! La cité de Bagan semble parfois irréelle tant il y a de temples, pagodes et monastères magnifiques à regarder. Pour le coucher du soleil, nous avions trouvé un tout petit temple sur lequel nous avons grimpé pour avoir un vue imprenable.

Nous avions réservé un vol en montgolfière à Balloons over Bagan. Mais la belle saison ne démarre véritablement que le 20 octobre, et les conditions climatiques n’ont pas permis aux ballons de décoller pendant les trois jours où nous étions sur place.

Astuce : Le fameux billet d’entrée (15 000K) ne nous a été demandé qu’une fois, celle où nous l’avons payé, mais en y réfléchissant nous aurions vraiment pu le contourner. Contournez le vous aussi, vous verrez c’est très facile, il suffit de faire le tour de la pagode où se trouve le guichet et d’y pénétrer par une autre des quatre entrées.

LAC INLE (NYANG SHWE)

Transport : en avion de Bagan à Inle pour nous éviter un trajet de nuit harassant en bus. De l’aéroport de Heho à Inle, il y a une bonne heure de route, nous n’avons trouvé personne avec qui partager un taxi et avons donc du en payer un à 25$. Arrivés avant la ville, on nous arrête pour nous faire payer un droit d’entrée de 10$ par personne.

Nyang Shwe est une petite ville dans laquelle il est très facile de se déplacer à pieds ou à vélos (1500K la location à la journée)

Hébergement : le Mingalar Inn, à 38$ la chambre double dans l’ancien bâtiment (1er étage) La clim ne fonctionnait pas très bien, nous avons donc demandé un ventilateur en plus, mais finalement les nuits ne sont pas si chaudes. La patronne est de très bon conseil, le petit déjeuner est gargantuesque, l’eau de la douche est chaude, et chaque fois que l’on rentre à l’hôtel, on nous apporte une citronnade bien fraiche. L’hôtel est bien placé, à 10 minutes de l’embarcadère à pieds, dans une rue calme, beaucoup de restos sympas à proximité, de loueurs de vélo.

Programme :

- Jour 1 : Journée en bateau (21 000K) : départ à 5h30 avec notre conducteur de bateau, nous assistons aux incroyables processions des statues de bouddha sur l’eau. Fabrique d’argent, marché et pagodes d’Indein (très beau), fabrique de soie de lotus (intéressant mais hors de prix), fabrique de cheeroots, monastère des chats qui sautent (mais ils ne sautaient pas !)

- Jour 2 : C’est parti pour un cours de cuisine avec la Shan Cooking Class de Myo Min (25$ par personne). Nous partons pour le marché avec son amie Ky Ky où elle achète tout ce dont nous aurons besoin, puis nous partons en bateau dans une maison traditionnelle sur pilotis retrouver la sœur de Myo Min chez qui nous cuisinons sept plats typiques de la cuisine Shan. Après un repas gargantuesque et une conversation passionnante avec Ky Ky, nous faisons un petit tour de sampan dans le village.

En rentrant nous louons des vélos (1 000K pour l’après-midi), circuit jusqu’à Main Tong au monastère de la forêt (autant vous prévenir, ça grimpe fort !) Au retour nous trouvons des hollandais avec qui partager un bateau pour rentrer directement à Nyang Shwe car la nuit tombe (10 000K à 4)

- Jour 3 : Beau spectacle de marionnettes de Aung dans un minuscule théâtre (3 000K)

PINDAYA

Transport : De Nyang Shwe nous avons pris un taxi pour Pindaya (50 000K, donc cher !), qui nous a ensuite déposé à l’aéroport. A savoir : la route est longue (3h aller) et remuante pour atteindre les grottes, mais les paysages sont jolis et les grottes valent vraiment le coup.

KYAING TONG

Transport : On ne va à Kyaing Tong que par les airs.

Attention : nous pensons pouvoir réserver sans mal un avion pour le retour à Yangon. Or toutes les compagnies sont déjà complètes ! Nous voilà obligés de partir un jour plus tôt et à bord de la compagnie la plus chère, sous peine de rester coincer ici 2 ou 3 jours supplémentaires ! Les formalités sont assez longues dans cet aéroport très surveillé en raison de sa position dans le Triangle d’Or. Prévoyez éventuellement des photocopies de vos passeports et visas que vous laisserez aux autorités si vous voulez gagner du temps.

Hébergement : Mauvaise surprise ! Nous pensions arriver dans une zone peu touristique, c’est sans compter la proximité de la Thaïlande. 4 hôtels nous ont refusé car complets ! Un bon conseil, il faut absolument réserver à l’avance. Le premier soir nous avons échoué dans un vilain boui-boui, et avons eu la chance de changer le lendemain (un car de thaïlandais s’en allait !) pour le Sam Ywet Hotel : 35$ la double tout à fait correcte, douillette et propre. Seul petit hic : c’est un système solaire qui chauffe l’eau de la douche, et en trois jours nous n’avons pas vu beaucoup de rayons… mais c’est supportable ! Contact :009584-21235

Astuce : Ou en tout cas bon à savoir, le mois d’octobre n’est pas encore idéal pour randonner dans les montagnes de l’est. La mousson y dure plus longtemps qu’ailleurs peut-être, le terrain est boueux, très glissant, parsemé de petites rivières à traverser, parfois piétiné par les buffles, difficilement praticable.

Programme : Nous avons rendez-vous avec un guide (40 000K la journée), Kyaw Sein (qui se fait appeler Eric par les touristes, remarquez, c’est international !) Certains d’entre vous ont sûrement lu le nom de Mawhtoo sur ce site, il était guide à Kyaing Tong. Je l’ai contacté, or il a déménagé en Thaïlande. Il m’a alors proposé son frère, guide lui aussi. Loin de moi l’envie de faire une mauvaise pub à Eric, il a été très gentil avec nous, mais en tant que guide, je ne peux vous le recommander : son tuk tuk est une épave, son anglais est assez mauvais, son analyse de la situation des minorités ethniques (présente ou passée) est inexistante, et sa négligence aurait presque pu nous mettre en danger dans la montagne. Mais finalement toutes nos péripéties restent des bons souvenirs…

- Jour 1 : Visite de quatre villages Aqka. Rencontres enrichissantes avec les gens des villages, repas chez l’habitant avec des aliments que nous avons acheté sur le marché. Distribution de sachets de sel qui font le bonheur des cuisinières, dégustation de graines de tournesol chez les habitants, échange de sachets de cacahuètes, rigolades avec les enfants.

- Jour 2 : Visite d’un village Aeng. Choc et désolation devant ces enfants livrés à eux-mêmes sous la pluie, sales et en haillons, portant des bébés sur leur dos alors qu’ils ont à peine 5 ans. Gros malaise, nous nous demandons ce que nous faisons là.

- Jour 3 : départ un jour plus tôt que prévu, non sans un certain soulagement en fait…

YANGON

Transport : Les avions fonctionnent au Myanmar comme des bus, ils font des boucles entre les aéroports. Quelle n’a donc pas été notre surprise d’atterrir et redécoller pendant presque 5 heures pour atteindre l’ex capitale… Heureusement la compagnie nous a nourris de cacahuètes !

Les taxis à Yangon sont les moins chers que l’on ait vus en Birmanie (3000K en général). De l’aéroport à l’hotel, il y a une bonne heure de route (10 000K)

Hébergement : Motherland Inn 2, 30$ la double avec air conditionné, simple et propre, personnel agréable, arrangeant et disponible, petit déjeuner délicieux, ambiance d’auberge espagnole très sympathique, ordinateurs avec internet à disposition. A réserver en avance car vite complet malgré le nombre de chambres.

Programme : la Paya Sule(2$), le quartier indien, le marché Boyok Aung San, la Paya Shwedagon (attention augmentation flagrante depuis le 1er octobre : 8$ l’entrée), la Paya Botatang.

MAWLAMYINE (prononcez « Mau-leu-mien »)

Transport :

Départs de Yangon pour Mawlamyine :

- Vous verrez sans doute sur les cartes un aéroport à Mawlamyine, mais seul un trajet entre la Thaïlande et le Myanmar se fait par ici.

- Bus à 8h et 20h, 6h de route, mais 1h à 2h de route en taxi de Yangon à la gare routière.

- Plusieurs trains de jour (j’ai oublié les horaires), ou de nuit, le plus tardif part à 21h : à abolir de votre programme ! Malgré les places en « upper class » (18$ le billet), nous avons vécu une nuit d’horreur, chahutés par les rails abimés (à devoir s’accrocher au fauteuil pour ne pas en décoller), des bestioles énormes ou minuscules sur le corps et dans les cheveux, 10 heures affreuses… mais encore une fois un souvenir inoubliable !

A Mawlamyine, il y a peu de taxis, il y a quelques tuk tuk et surtout des motos.

Hébergement : Le Cinderella Hotel, un havre de paix douillet après cette nuit de folie ! Le meilleur rapport qualité-prix de notre voyage. La Deluxe double room est à 50$, confortable à souhait, et pleine de petits présents (biscuits, boissons), le personnel est adorable. La réservation à l’avance est nécessaire, nous avons vu des voyageurs être refusés. L’hôtel organise des sorties dans les environs, c’est cher mais nous n’avons pas cherché à faire autrement.

Programme :

- Jour 1 : Ile de l’Ogre par bateau (2000K les 10 minutes de traversée), Paya Mahamuni

- Jour 2 : Journée en taxi proposée par l’hôtel (70 000K) Plus grand bouddha couché, Death Railway, cimetière militaire, belle pagode au bord de la mer, plage de Ste tse.

HPA AN

Transport : De Mawlamyine, nous avons pris un bus local pour Hpa An (2500K pour deux) Donnez le nom de votre hotel au chauffeur afin qu’il vous dépose à l’arrêt le plus proche en arrivant dans la ville.

Hébergement : Parami Hotel, 40$ la double, bon hotel, propre et confortable. Le personnel parle peu anglais mais est très sympathique.

Programme : Nous avons demandé à la fille de l’hôtel si elle savait où trouver un guide. Elle en connaissait un qu’elle a appelé pour nous. C’est un ancien géologue d’une soixantaine d’années. Il connait beaucoup de choses et c’est un plaisir de passer la journée avec lui (35 000K) Contact : je ne l’ai plus sous la main, mais je pourrai chercher sa carte si vous êtes intéressé.

La région de Hpa An est absolument magnifique et ses grottes sacrées incroyables. On peut les visiter en une journée en tuk tuk. Il y a aussi de belles randonnées à faire dans les montagnes. Pour moi c’est véritablement un endroit à ne pas manquer lors d’un voyage en Birmanie.

KYAIKTO (Le Rocher d’Or)

Transport : Bus pris place de l’Horloge (2500K), il y en a un qui part presque chaque heure le matin. Il nous dépose un peu au milieu de nulle part à Kyaikto. De là nous partons en moto taxi pour Kinpun à environ 20 minutes de route. On nous dépose à la gare routière où des camions partent pour le Rocher d’Or. Le chauffeur nous installe dans la cabine (3000K), sinon c’est dans la benne du camion serré sur des bancs (2500K) La montée dure 1h30 environ, avec un arrêt au milieu de la route pour laisser passer les camions qui descendent. A savoir : ça secoue plus dans la benne que dans la cabine, mais dans la cabine il n’y a que 5 places… Le camion nous dépose à 10 minutes du Rocher d’Or.

Hébergement : On fait le pari de trouver une chambre en haut, sachant qu’il n’y a que deux hôtels (+ un plus bas, le Golden Rock Hotel franchement mal placé pour aller facilement au Rocher d’Or le matin ou le soir) Bien entendu le Mountain Top Hotel est complet (attention, il faut le réserver et payer à Yangon), nous avons la « chance » de trouver une chambre disponible au Kyaikhtiyo Hotel. La chambre standard est à 75$, pour un bungalow moche, bruyant et mal entretenu rempli de moustiques et de papillons de nuit. Par contre, on est à quelques minutes à pied du Rocher d’Or, ça c’est un luxe ! La pire nuit d’hôtel du voyage, mais ça vaut quand même le coup…

Programme : Entre le Mountain Top Hotel et le Kyaikhtiyo Hotel, on nous arrête au Check Point. L’entrée pour le Rocher d’Or coûte 6000K (non payable en dollars) Le ticket est valable pour 5 jours consécutifs, ce qui nous permet de voir le Rocher au coucher du soleil, et le lendemain au lever du soleil.

Astuce : Pour les photos, nous avons trouvé que la lumière du lever du jour projetait beaucoup d’ombres disgracieuses sur le Rocher. A mon sens, si vous ne pouvez y aller que le matin ou le soir, mieux vaut y aller le soir.

YANGON

Transport : Nous redescendons du Rocher en camion et attrapons un bus pour Yangon à 9h (7000K, celui-là est le plus cher)

Astuce : La situation ne s’était pas encore présentée, mais nous sommes cette fois à l’avant du bus, juste devant la télé qui diffuse des films et sitcoms birmans (non sous-titrés) très très fort ! Les gens dans le bus sont contents, nous par contre au bout de quelques heures, on fatigue… et le conducteur du bus n’a vraiment pas envie de baisser le son. Alors éventuellement, prévoyez des boules Quiès !

Hébergement : Nous revoilà au Motherland Inn qui avait gracieusement gardé nos gros bagages durant notre périple dans le sud. Le lendemain nous prenons un taxi de très bonne heure pour l’aéroport, l’hôtel le commande et nous propose de prendre le petit-déjeuner très tôt.

C’est la fin du périple !

En espérant que ce petit récit pourra aider des voyageurs, je suis à votre disposition si vous avez des questions. Le forum refuse que j'insère des adresses mail, mais si vous ne trouvez pas les contacts des personnes ou hébergements cités dans ce message sur internet je vous les donnerai en message privé.

Emilie
Vietnam Centre (temps de séjour & transport) English translation pending
by Fedor17 · 2013-10-16 · 19 replies
Suite d'une 1ère contribution pour lever quelques interrogations sur notre voyage. Voila maintenant nos questions pour le Vietnam Centre :

1. Hue : nous débarquons, au pire vers 10h le matin (au mieux la veille). Nous comptons effectuer la visite de la Cité impériale dans la journée (donc a priori l'après-midi) puis dormir à Hue avant de repartir le lendemain tot. Est-ce réalisable ? 2. Le lendemain matin, départ tot vers Hoï An (130 kms). L'objectif est de faire la visite dans la journée, d'y dormir puis de prendre l'avion tôt à Danang. Même question !

Merci pour vos réponses.
Circuit de 15 jours à Rio English translation pending
by Coif73 · 2013-09-28 · 8 replies
bonjour a tous! apres m avoir bien aidé pour mes voyages en Asie je re viens vers vous pour le Bresil nous partons 15 jours en novembre arrivé Rio je sais c est court!!! mais travail oblige!! j aimerais quand meme faire les chutes de Ignacu 2 jours faut il que je reserve de France ou sur place dans une agence pour les billets?? ensuite que pensez vous de 3 jours a Rio et pour finir au calme Ilha grande et paraty nous serons en sac a dos donc je veut bien des adresses de poussada 50-60 euros maxi je ne sais vraiment pas quel quartiers choisir a rio (quartier ou ca craint pas! merci beaucoup
Un mois dans les Andes, péripéties en altitude English translation pending
by Diamina · 2012-09-07 · 348 replies
Salut tout le monde,

message modifié le 23 juin 2013

J'ai apporté quelques photos plus grandes importées depuis Picasa.

D'autres Posts présenteront la suite de notre parcours le 7/08: de Iquique à san pedro de atacama, post 11

post 17 : le 8/8 à SPA post 19: le 9/08: Photos supplémentaires prises au chili. post 21 : les 9/08 et 10/08 direction la frontière argentine par le paso de jama, nuit à Susques, puis route vers tilcara en s'arrêtant aux salinas grandes
http://voyageforum.com/..._reply;so=ASC;mh=10;

post 25 : le 11/08 de tilcara vers humahuaca et el hornocal http://voyageforum.com/...ost=5534365;#5534365

message 115 pour le début sur la Bolivie de SPA vers les geisers sol de mañana message 123 vers el hotel del desierto en passant par la laguna colorada et el arbol de piedra message 131 encore la Bolivie sud lipez, desert de siloli, desert de Dali, message 132 salar d'uyuni les grottes du diable: las cuevas del diablo près du salar d'uyuni message 136 salar d'uyuni suite et fin, route vers tupiza, en passant par Atocha message 143: tupiza suite, vers le site du sillar, une soirée douloureuse. message 151: de tupiza à uyuni, vol vers la Paz, poursuite de la visite de la plus haute capitale du monde. message 157: fin du séjour et départ de la paz message 189; pourquoi ce périple? message 191: des cartes et des liens que j'ai utilisés.

Message initial fait le 6 septembre Si quelqu'un sait comment réduire le temps très long pour importer des photos en message attaché, cela m'intéresse. Ensuite si vous savez comment faire pour importer des photos de 7.00 MB et plus, dans VF, par pitié dites moi comment faire. Enfin, si quelqu'un peut me dire comment faire pour avoir des photos au milieu du texte et non en fin de page, je suis preneuse! Merci Krikri pour ta réponse que j'ai expérimentée avec succès.

Après avoir reçu pas mal d'aide sur les forums, je vous fait part de mon expérience d'un mois partagée entre Chili, Argentine et Bolivie. Ce 1er message ne présente que le tout début du voyage, arrivée à la paz le 3/08 puis visite dans les parcs du nord chili (lauca, vicuña, surire et isluga) du 4/08 au 6/08,

Je remercie avant tout Krikri et Kashtin pour m'avoir donné envie de faire ce voyage, et tous les autres (entre autres Kalchaqui, Hergé et Chegringo), pour les conseils qu'ils m'ont donnés.

Ce 1er aout, notre voyage vers l'amérique du sud a commencé par un demi tour de l'avion après 1/4 heure de vol, car le train d'atterrissage ne rentrait pas. Finalement, nous sommes partis pour San juan (porto-Rico) à 16h au lieu de 8h30: nous avons donc raté notre correspondance pour Miami. Du coup, hébergement par american airlines au best western de l'aéroport, diner et déjeuner du lendemain payés par american airlines. Heureusement, nous avons pu avoir des connexions internet et avons pu prévenir ceux qui nous attendaient, de notre arrivée le 3 au lieu du 2 aout.

Le lendemain, nous sommes arrivés à la Paz, à 6h30 du matin. 4200m d'altitude à l'aéroport del alto; ce qui frappe d'abord c'est le froid en sortant de la salle des bagages. Puis, l'essoufflement rapide qui nous gagne, quand nous voulons monter par la suite au mirador à la sortie de l'aéroport.





Notre guide de terra andina nous attendait. Visite de la Paz, achats, rencontre du commercial de terra andina avec qui j'étais en contact depuis 6 mois, sont nos activités jusqu’à 12h30, puis notre guide nous dépose à la gare, pour que nous puissions prendre le bus qui part vers Arica au Chili, et qui est censé nous déposer, sur sa route à alto Putre, dans les hauts plateaux andins (3600m d'altitude).



Ci-dessous, se trouve le mirador kili kili d'où on a un superbe point de vue sur la ville.

La paz, ville entre populaire et modernité. sur la photo ci-dessous, on découvre le stade dans lequel les brésiliens se font battre face à l'équipe bolivienne, à chaque fois qu'ils viennent à la Paz. Forcément, courir à 4000 m d'altitude, c'est loin d'être évident.



La paz, Une ville ceinte de montagnes toutes plus impressionnantes les unes que les autres.

Notre grande chance est que nous avons un thermos rempli de maté de coca, ce qui, ajouté au comprimé de diamox que nous avions pris la veille à Miami, et à la prise de coca 9 ch, en homéopathie, nous permet de ne pas souffrir du mal des montagnes. Je confirme que le diamox donne des fourmillements au bout des doigts et aussi des vertiges, ce qui est vraiment désagréable!

Evidement, le bus a 2 heures de retard au lieu d'1/2h prévue, (nous, maintenant, les retards des transports en commun, nous connaissons!): et plus le temps passe et plus je commence à stresser, car je n'ai aucun moyen de contacter Flavio, le gérant de terrace lodge, pour le prévenir de l'heure tardive de notre arrivée. Avec la nuit qui est tombée, lorsque nous passons les formalités de douanes boliviennes et chiliennes, c'est dehors dans le froid. A mon avis la température était en dessous de 0°C. Le chauffeur, à qui je demande de téléphoner à Flavio, qu'il connait, me répond qu'il n'a pas de réseau. Et il est déjà 20h, 1/2heure après l'heure à laquelle nous étions censés arriver à Alto putre. Il me signale que là bas, il n'y a rien, et que s'il nous dépose alors que flavio n'y est pas, nous allons rester dehors dans le froid avec nos bagages, perspective peu réjouissante. Du coup, apres négociations, je lui demande de ralentir à alto putre pour voir si malgré tout Flavio nous aurait attendu, et sinon de nous déposer à la ville suivante située 40 minutes après putre, là où nous pourrions trouver nourriture et chauffage et éventuellement hébergement.

Nous arrivons à alto putre à 22h, le bus s'arrête, le garçon qui fait le service nous dit de venir et nous fait descendre, et là, je vois s'avancer un homme que je devine être Flavio: j'en aurais presque pleuré de joie, il nous avait attendu! Après plus de 36 heures sans dormir, ni dans les avions plein a ras bord, ni dans le bus bruyant et remuant, plein lui aussi, et plutot inconfortable avec des wc d'une saleté repoussante, et le froid qui pénétrait de partout, nous avions sérieusement les nerfs a fleur de peau.

Flavio nous emmène a Terrace lodge nous informe du programme du tour du lendemain dont il sera le chauffeur et guide, puis nous allons nous coucher rapidement et à 23 heures nous pouvons enfin dormir! La chambre est très peu chauffée, mais pour ne pas disséminer le peu d'oxygène qu'il y a à cette altitude, il paraît qu'il vaut mieux. Nous dormirons à moins de 10°C dans la chambre, mais nous avons notre lot de couvertures! En martinique, avec la climatisation dans la chambre, la température est de 23°C! Quel changement!

Le lendemain, petit déjeuner copieux, ( café, lait chaud, toasts, yaourt maison, confitures et beurre, pâtisseries maison, maté de coca) puis départ à 8h30. Voici ce que nous avons vu: le lac chungara et àcôté, le volcans parinacota qui qui admire sa magnifiscence dans le lac.





Nous avons aussi contemplé le volcan tomarape, le volcan voisin bolivien sajama, le volcan chilien guallatire et ses fumerolles.



Nous avons été saisi d'admiration devant les splendides lagunes cotacotani,









Puis nous avons visité le village de Parinacota où nous avons déjeuné d'une soupe au quinoa. Au cours de nos pérégrinations, nous avons croisé de nombreux animaux: huemul (désolée, notre photo est supérieure à 7.00MB pour pouvoir l'importer) suri, (sorte de petite autruche, de la même famille que le nandou qu'on voit en patagonie),

différents oiseaux marins au niveau du lac (dont j'ai oublié le nom)



les viscaches,

Nous avons rencontré des lamas, dignes et fiers, tels des princes de l'altiplano.



puis nous avons approché de très près des alpagas que Flavio avait l'habitude de nourrir: je confirme qu'ils crachent lorsqu'on essaie de les caresser, je l'ai vécu en direct!).



Journee splendide, mais fatigante pour nous qui n'avons pas encore récupéré du voyage. Nous découvrons aussi la flore locale comme la llareta et le bodefal dans lequel paissent lamas et alpagas.

L'apres midi, nous déclinons la visite des cuervas (grottes ou vivaient les anciens) puis nous profitons du spectacle grandiose du paysage vers les thermes jurassi, dans lesquels le couple chilien se baigne. Il est 17h quand nous rejoignons terrace lodge. Flavio est un guide photos génial, il n'a pas son pareil sur la connaissance de la région et sur l'art de voir des animaux que nous n'aurions jamais remarqués comme le huemul, dont la robe se confond avec la couleur du sol, camouflage parfait!

Le maté de coca, le masticage des feuilles de coca et la coca 9 ch sont formidables pour lutter contre le mal des montagnes: nous sommes montés a 4600 m aujourd'hui, et les seuls symptômes que nous ayons ressentis sont un essoufflement prononcé lors de la ballade d'une 1/2 heure à pieds, près du lac, et un léger mal de tête. Doliprane, puis petite sieste pour nous 2, avant d'aller dîner au village de putre à pied, dans le restaurant cantaverdi.

Nous avons quitté putre le 5/08, à 14h, avec flavio pour un périple dans les parcs las vicuñas, surire et isluga avec nuit au refuge de la CONAF le 5/8 au soir.Nous avons vu 3 suris, de nombreux alpagas, lamas, des vigognes.

Un panneau au milieu de nulle part indique le parc que nous traversons.



Mais ce qui m'a le plus marqué, est l'immensité et la majestuosité des paysages.





J'ai été agréablement surprise par le refuge de la CONAF, qui fournit des lit déjà préparés avec des draps et des laines en quantité. Il n'y avait personne d'autre au refuge car c'était dimanche. Quelle histoire pour entrer dans des sacs de couchages et encore pire pour dormir dedans. A peine 3 heures plus tard j'étais réveillée et j'ai passé le reste de la nuit sur le divan dans le salon: matelas tres dur. Et surtout, qu'est-ce que c'est difficile de dormir a 4200 m, je n'arrêtais pas de me réveiller en sursaut, car je manquais d'oxygène.

Le matin, près du refuge, le salar en face est splendide.



A côté du refuge, une colonie de viscaches est à l'affût, et nous nous amusons à les photographier, d'autant qu'ils se laissent approcher de près. Un d'entre eux est fièrement dressé sur son rocher et se dore au soleil levant, essayant de tirer le meilleur parti de la lueur blafarde, qui brave l'aurore glaciale.

1/3 d'oxygène en moins, et tous vos déplacements vous donnent l'impression d'être entrain de terminer un sprint. Essoufflement garanti. La ballade près du lac aux flamands (photo 15) le 5/8 en fin d'après midi fut épuisante. Et pourtant, nous évoluons en terrain plat , certes avec pas mal d'obstacles à enjamber, mais sur à peine 100 m. Je n'ai jamais été aussi crevé. Et devant nous, il y avait Flavio aussi a l'aise qu'un poisson dans l'eau, se déplaçant prestement pour chasser des images pour son compte. Heureusement que les flamands sont majestueux, cela en valait la peine.

Les lagunes aux flamands sont entourées de montagnes et l'ensemble est féérique;







Le soir, nous sortons admirer le ciel, qui est d'une pureté inégalée, aucun nuage, des étoiles splendides et la découverte de la voie lactée à l'oeil nu, sont des particularités de cette partie du monde si sèche. Le plus extraordinaire est que le lendemain, nous partons tôt pour admirer les thermes de polloqueres avec leur panache de vapeurs d'eau dans l'air glacé.







S'il fait trop froid pour que nous, pauvres martiniquais, nous puissions nous baigner,



la chaleur de l'eau fait l'affaire des flamands roses qui profitent des bienfaits du bain.



Le sol près des thermes scintille d'une myriades de dégradées de couleurs, hésitant entre le jaune, le blanc, l'ocre, le vert....





Le sol est bouillonant telle une marmite de soupe, l'eau a certains endroits est tres chaude, mais à d'autres, l'eau est à 40 degrés et permet de se baigner.

Il faisait -5°C, de la fumée sortait de ma bouche quand je parlais, et j'ai réussi à me baigner ........ la main! Me retrouver à -5°C en maillot, meme pas en rêve! Par contre bizarrement, la ballade le long des thermes ne me demandais plus d'efforts surhumain: enfin habituée au manque d'oxygène! Juste au moment où il fallait redescendre vers Iquique situé près de la l'océan pacifique! Too bad!

Le reste du 6/08 visite du parc isluga et déjeuner à Colchane, à l'hotel isluga vers 14 heures. Des panneaux donnant des indications de distances sont assez impressionnants, surtout en plein désert.

Aucun chauffage!Brrrrr! La télé à tres fort volume comme souvent au chili dans les restos, repas correct. 1 heure plus tard nous repartons pour descendre plus de 4000 m en quelques heures!!!! Effet avion garanti. Heureusement que de temps en temps, je demande à Flavio de s'arrêter pour photographier les formes rocheuses toutes plus extraordinaires les unes que les autres. La route est intégralement goudronnée sur tout le trajet emprunté, de l'hotel isluga a Iquique, mais la circulation est quasi inexistante et je m'émerveille à chaque fois que je croise 1 voiture!!!! Mais apres 2 jours de pistes et shake up dans le 4x4, conduit de main de maître par flavio, je ne suis pas mécontente de pouvoir admirer d'aussi somptueux paysages confortablement. Par moment, j'ai l'impression d'être dans l'ouest des Etats Unis.



Malgré le soir qui tombe, nous nous arrêtons quelques instants pour photographier le panneau suivant.

Et voilà ce que donne le géoglyphe du géant de tara paca en vrai sur le sol. Trop fatigués, nous n'avons pas eu le courage de grimper sur la colline pour le voir de près!



Puis nous rejoignons de nuit, la ville d'Iquique, baignée par le pacifique (oui, oui, car nous sommes arrivés dans un brouillard impressionnant) et adossée aux montagnes. La ville est le paradis pour le parapente.

Nous arrivons vers 20 heures à l'hotel terrado suite, hotel de luxe, complètement en décalage à nos tenues et nos bagages, pleins de poussière qui s'est incrustée partout, de boue plaquée sur nos jeans. Le jean de mon mari est passé du noir au jaune terreux. Nous avons dit au revoir a Flavio, émus. Et c'est ainsi que je me présente a l'accueil, ayant précédemment demandé à un valet de venir nous prendre nos valises, nos affaire mal rangées, et sortant mes papiers froissés sur le comptoir de la réception devant mon mari mort de rire. Le garcon à l'accueil a été stoïque pour ne pas éclater de rire en me voyant fouiller dans mon sac a main pour d'abord chercher mon passeport, puis ensuite le papier de la douane certifiant de notre séjour temporaire au chili. Quand il a vu l'état du papier que j'ai remis, mon mari n'a pu s'empêcher de pouffer de rire devant le regard médusé du pauvre homme qui nous accueillait! Derriere nous, des clients en costume cravate, s'amusaient aussi de la situation et moi, tranquille, j'avais réussi une entrée remarquée dans cet hôtel!

Nous prenons vite possession de notre chambre! Quel bonheur de pouvoir respirer sans aucun effort, d'avoir une chambre dont la température est au dessus de 20°C, et des lits hyper confortables. Quelle bonne nuit en perspective!

C'est tout pour cette 1ére partie. J'espère qu'elles sont restées cette fois ci. A bientôt!
Retour de croisière "Tutti Frutti" sur l'Horizon du 8 au 15 avril 2012 English translation pending
by Angel31 · 2012-04-15 · 843 replies
🙁 On a échappé à la rébellion des passagers, prévue au port de Civitavecchia. Beaucoup d'ennuis sur ce bateau vétuste. Problèmes d'hygiène, manque de personnel, des retards considérables, enfin...très grosse déception ! Attention aussi aux légendes des cabines sur là brochure de CDF. Fausses ! J'étais séparée de mon mari pendant toute là croisière ! Cabine 9063 trois lits individuels...
L'Ouest américain autrement: de Seattle à San Diego English translation pending
by Maguiloma · 2011-09-14 · 86 replies
Bonjour,

Voici notre carnet sur le trajet Seattle / San Diego, que nous avons fait en été 2011, avec une grosse boucle en Oregon.

Présentation du voyage

Comment en est-on venu à déterminer ce circuit ?

Eh bien, notre fille a fait un séjour de 3 semaines en été 2010 à Eugene, ville inconnue de nous jusque là (156 000 habitants quand même !)en Oregon dans une famille. Elle est revenue, bien entendu, enchantée de son séjour et nous a ramené un superbe livre sur l'Oregon avec des photos somptueuses ! De là, l'idée a fait son chemin, assez rapidement finalement, de faire la Côte ouest, puisqu'en octobre les billets d'avion pour Seattle avec retour de San Diego étaient déjà achetés. Nous avions d'abord pensé commencer à Vancouver mais la difficulté de louer une voiture au Canada et de la rendre aux USA plus le fait qu'il y avait beaucoup à découvrir autour de Vancouver et que ça méritait un autre voyage, nous ont fait renoncer.

Pour choisir les dates, il a fallu jongler entre les études de l'un et la rentrée des classes de l'autre. Donc, nous sommes partis le 10 juillet à 4 : 2 adultes et 2 enfants de 9 et 16 ans, le 3ème de 19 ans finissant son année d'études seulement le 28 juillet et nous rejoignant à San Francisco sur la dernière partie du voyage jusqu'au 12 août, la rentrée scolaire du petit dernier étant prévue pour le 15 août déjà.

Il a fallu ensuite choisir les étapes et nous avons essayé au mieux de faire un mélange de petites à grandes villes, de forêts primaires, d'océan et de paysages quasi désertiques sans oublier quelques cases shopping ! Il en fallait aussi pour tous les goûts: côté grande nature et western pour les uns, aviation (ah non, c'est pas incompatible), lieux de tournage de films ou séries, parcs à thème, baignade, beaucoup d'océan car on ne s'en lasse pas ... avec un seul rendez-vous fixé à Eugene, pour rencontrer la famille d'accueil de notre fille. Ca nous a donc donné ce circuit de 3700 km sur 32 jours, sans compter les kms en ville et aux alentours, moins donc que notre aller-retour Berlin-Paris-Nice de l'an dernier mais largement suffisant à notre goût !

Nous avons tenu un carnet de route où chacun devait écrire à tour de rôle mais bon finalement, c'est moi qui m'y suis collé la plupart du temps ! Malheureusement, notre grand qui a la plume facile n'était là que pour le dernier tiers du voyage. Je l'indiquerai quand c'est lui qui a écrit.

Nos étapes Dans l'Etat de Washington : - Jours 1 à 5 : Seattle - Jour 6 : Kalaloch en passant par Port Angeles et ForksEn Oregon : - Jour 7 : Astoria - Jours 8 et 9 : Portland - Jours 10 et 11 : Pendleton - Jours 12 et 13 : Mitchell (John Day Fossil Beds) - Jours 14 et 15 : EugeneEn Californie : - Jours 16 et 17 : Crescent City (Redwood National Park) - Jours 18 et 19 : Fort Bragg - Jour 20 : Sacramento - Jours 21 à 26 : San Francisco - Jour 27 : Monterey - Jour 28 : Lompoc (à côté de Santa Barbara) - Jour 29 à 31 : Los Angeles - Jour 32 : San Diego - Jour 33 : Retour à Berlin
Saint-Gervais Briançon par le GR5 (France) English translation pending
by Lucbertrand · 2011-06-04 · 0 replies
Saint-Gervais Briançon par le GR5

Une fois de plus je me retrouve au départ d'une grande randonnée en solitaire. Le train s'est arrêté en gare de Saint Gervais, plus exactement au Fayet, quelques kilomètres plus bas. Nous sommes en septembre, le temps présente toutes les caractéristiques d’une promesse de tempête de ciel bleu pour la semaine. Les grandes vacances sont terminées, je m’imagine que la montagne est délaissée pour le plus grand plaisir des privilégiés comme moi. En effet, à ces moments j’ai la sensation qu’elle révèle ses beautés et trésors pour moi seul, de toute évidence illusion orgueilleuse. Mais cela ne fait rien, lui le plaisir de la solitude en montagne est bien réel. Mais non dans cette première demi-journée de mon périple, la montagne n'est pas désertée, loin s’en faut. En effet nous sommes en début de week-end et de plus le commencement de mon parcours coïncide avec le tour du Mont Blanc, chemin fréquenté à toutes les époques de l'année lorsqu'il n'y a plus de neige.

Dès que je saute du train je me mets en route en ce début d'après-midi. Comme d'habitude, mon but, lors d’une première étape d’une demi-journée, est de monter le plus haut possible. Dans le cas présent il s’agit de se rapprocher du col du Bonhomme. Le premier jour, il est souvent délicat de faire un planning, car la mise en train n'est jamais la même. Parfois le démarrage est pénible, et puis il arrive que je parte comme une flèche. Je ne sais jamais à l'avance quelle va être la forme. Et je n'ai jamais pu élaborer de théorie me permettant de savoir comment j'allais vivre une première étape.

Tout commence au mieux. Je longe la voie ferrée du train à crémaillère quelques centaines de mètres, puis je traverse Saint-Gervais. Joli village aux grands chalets cossus derrière lesquels les immenses pentes éclatantes du Mont Blanc se découpent. Vision magnifique, on se croirait sur la carte postale type de la région de Chamonix. Les pentes glacées de Bionnassay hérissées de séracs dévalent de quatre mille mètres. Le soleil darde ses rayons sur ce versant et le fait resplendir d’un éclat presque irréel dans cet après-midi d’automne. Ma randonnée commence sous de bons auspices. Je marche d’un pas alerte en remontant cette magnifique et riante vallée des Contamines-Monjoie. Je réussis à ne pas rester sur la route goudronnée, en empruntant un chemin rive gauche. Les dix kilomètres qui conduisent à la chapelle de la Gorge sont abattus rapidement et sans fatigue. De toute évidence la forme est là dès le premier jour. Ce nom résulte de la géographie des lieux. En effet à proximité un torrent impétueux saute tout en écume un grand ressaut dans une gorge resserrée. Je m’y arrête pour le contempler et l’air frais qu’il déclenche dans son impétuosité apporte une fraîcheur agréable.

Je visite cette charmante église entretenue avec soin. Beaucoup de monde en fait de même. Les décors intérieurs et extérieurs sont de toute beauté. Elle est ornée jusque sous la partie boisée de son avant-toit. Je reprends ma route, et immédiatement le goudron prend fin, et de ce fait les voitures ne peuvent aller plus loin. Le chemin est raide. Sur la gauche un panneau indique le refuge des Conscrits. Me reviennent en mémoire une multitude de souvenirs. Lorsque j’étais jeune je pratiquais volontiers le ski de randonnée avec mon père, je dois même dire que c’était mon compagnon préféré. Je nous revois le long de cet immense glacier de Tré-la-Tête, un jour bas au ciel gris. Dans ces conditions la montagne est impressionnante et menaçante. Elle ne cache pas son hostilité, et en guise de mise en garde vous dévoile dans une atmosphère trouble quelques grosses crevasses insondables. Je me souviens aussi d’une tentative aux Dômes de Miage avec un camarade, qui s’était terminée par une débâcle due à une grosse tendinite à cause d’une chaussure mal adaptée. Et puis plus récemment, cela fait sans doute bien quinze ans, j’emmenai deux amis non montagnards pour les Dômes de Miage. Au lieu de monter aux Conscrits j’avais fait l’erreur de rester au refuge de Tré-la-Tête, pensant que cela ne nous empêcherait pas d’aller au sommet le lendemain. C’était compter sans la vitesse lente de notre caravane. Lorsque nous sommes arrivés au refuge des Conscrits bien sûr, il n’y avait que le gardien. Et il nous a accueilli avec ces paroles « arriver ici à neuf heures du matin soit vous êtes terriblement en avance pour demain ou excessivement en retard pour aujourd’hui ».Et voilà comment une fois de plus je n’ai pas atteint ce sommet si attirant.

Revenons à notre occupation du moment, prendre la direction du col du Bonhomme. Je m’élève rapidement. La vallée que je viens de parcourir se révèle dans toute sa beauté, grandes forêts de sapins sombres qui montent à l’assaut de pentes raides. Je rejoins le refuge hôtel de la Balme. Il est complet, pas possible d’avoir une place, même pour le solitaire que je suis. De la cuisine émane un effluve prometteur quant au dîner du soir. Cela me donne l’eau à la bouche, mais ce ne sera pas pour moi. Avec je recul je m’en réjouis. Heureusement que les circonstances ne m’ont pas permis de succomber à la tentation de la facilité car je vais vivre l’une des plus intenses émotions de ma vie au cours de la nuit à venir au grand air.

Je reprends donc mon chemin en direction du col du Bonhomme avec l’intention de trouver un petit replat afin d’installer ma tente. Après quelque distance, dans une petite dépression au niveau du chalet du Lavet, je découvre un endroit qui devrait convenir. Il me faut l’aménager en poussant quelques cailloux, et me voilà installé à proximité d’une petite mare à l’eau courante qui me permettra tout le confort. Que je suis bien sur ce replat à regarder la nuit venir dans un décor féerique, alors que ma platée de pâtes mijote tranquillement. Une fois mon repas pris et comblé de ce spectacle de la nuit qui prend possession de la montagne, je me glisse dans ma tente et attaque le livre que j’ai toujours avec moi. Il s’agit cette fois de « cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, quel foisonnement !

La fatigue aidant, il est temps de dormir. Mais hélas, n’ayant pas le sommeil profond, comme souvent à deux heures du matin, je m’éveille, et reprends ma lecture. Mais bien que réveillé, la fatigue est présente. L’activité intellectuelle dans ces conditions demande une concentration difficile, et la simple lumière de ma frontale n’est pas pour faciliter l’exercice. Après quelques pages toujours aussi époustouflantes, je pose mon livre et sors la tête de la tente afin de contempler le ciel étoilé dans un air immobile. Cinq cents mètres au-dessus de moi les aiguilles acérées de la Penaz culminent à presque deux mille sept cents mètres. Derrière ces pics la lune monte, mais je reste dans la partie ombrée. Sur l’autre versant de la vallée une lumière diffuse commence à révéler les différents reliefs. Mais face à moi seule cette face impressionnante qui se découpe en ombre chinoise, se déploie. Juste au sommet pointu, une étoile filante apparait, je la suis du regard. Elle semble tomber vers la terre. L’illusion de la perspective aidant, je la vois surfer l’arête tranchante et inclinée qui me domine de profil. Spectacle fantastique, cette crête de pierre et l’étoile filante se sont donné un rendez-vous merveilleux le temps d’un frôlement improbable pour le plus grand plaisir de l’œil qui n’arrivait pas à se fermer. Des instants comme celui-là, si brefs soient-ils, laissent une trace indélébile par l’émotion qu’ils suscitent. On est alors comme frappé d’une étincelle de bonheur fulgurant. Je me dis que si j’avais dormi au refuge, cette nuit se serait perdue dans le long fleuve des nuits ordinaires en montagne. Tandis que là, l’expérience vécue a exacerbé l’envie de parcourir la montagne au plus proche de sa nature secrète et a fait naître une curiosité toujours plus vive à la recherche de l’éphémère et fugace mais grandiose spectacle que la nature sait distiller par instants brefs à ceux qui prennent le temps de la contempler.

Au matin, un temps magnifique me permet dès les prémices de l’aube de profiter d’un spectacle toujours renouvelé mais toujours différent de la clarté qui reprend ses droits dans ces lieux d’altitude. Dans ma prairie l’herbe est mouillée et ma tente mono paroi dans ce contexte de forte hygrométrie a favorisé la condensation. Ce type de tente est pratique du fait de son poids, mais le confort s’en ressent du fait de l’eau qui ruisselle systématiquement sur les parois, malgré le petit filet sensé jouer un modérateur.

Mes affaires sont vite repliées et en quelques vingt minutes j’atteins le col du Bonhomme. Le sol est mouillé, la grande vallée que j’ai remontée la veille est encore plongée dans l’ombre alors que les cimes qui s’élèvent au dessus du col sont déjà baignées d’une lumière vive. A cette heure encore personne sur le chemin, je m’octroie une courte pose, afin de profiter de ce moment magique, où le soleil, encore bas sur l’horizon, produit une multitude de jeux d’ombre et de lumière, qui évoluent de seconde en seconde. L’heure après le lever du soleil, ainsi que celle qui précède son coucher, sont des moments magiques, particulièrement mis en valeur par le bivouac. Au col, un grand cairn, un peu à la manière d’un chorten, est couvert de morceaux de tissus qui rappellent les cinq couleurs de la religion bouddhiste.

La descente sur le refuge du col de la Croix du Bonhomme est courte. Je le distingue et constate qu’il est en effervescence. Eh oui, j’avais presque oublié que sur ce premier tronçon de mon parcours je me trouve sur la fameuse randonnée « le Tour du Mont Blanc ». Un groupe de Japonais débute l’étape de la journée. Ils sont accompagnés de mules qui portent leurs bagages. J’ai l’impression de me retrouver dans une ambiance de treks lointains, quelque part au Maroc ou dans des massifs d’autres continents. Mais mon chemin dès le refuge va piquer plein sud et je vais à nouveau me retrouver seul le long d’une crête très curieuse, acérée mais au milieu d’une prairie, où les vaches me regardent passer. Par endroits elles colonisent de petits pics tout en broutant. L’altitude est de deux mille cinq cents mètres. De grandes vallées partent de toutes parts, et leurs fonds sont encore emplis des mystères de l’ombre alors que les doux rayons du soleil me réchauffent déjà.

Par d’immenses zones herbeuses, je descends vers le lac de Roselend. Je croise un randonneur seul, nous échangeons quelques mots et reprenons notre cheminement. Dans ces marches solitaires, il est toujours agréable de communiquer de cette façon, brièvement au cours d’une rencontre éphémère. Rapidement je rejoins la route goudronnée et le refuge du plan de la Lei. J’y effectue une petite halte et me restaure. La gardienne vend de jolies cartes. J’en écris quelques-unes. Elle n’a pas de timbre, mais me promet d’en mettre lors de son prochain ravitaillement dans la vallée. Elle tiendra parole, mais il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises que ce type de promesses ne soit pas tenues, toujours à l’étranger et particulièrement dans un pays dont j’adore les montagnes, raison pour laquelle je ne le dénoncerai pas.

Une fois reparti j’évolue au-dessus du lac, immense ruban vert émeraude enchâssé dans un écrin de prairie au ton plus clair, mais piqueté de sapins sombres. J’imagine quelques pêcheurs de truites s’en donnant à cœur joie dans cette matinée sans un souffle d’air. De grandes cascades ruissèlent dans des pentes d’herbe et de mousse. Là encore les tons de vert rivalisent, tout en se mesurant au blanc éclatant de l’écume de l’eau qui s’étale en larges traînées de faible épaisseur. Ce matin, les conditions météorologiques associées à ce décor grandiose donnent à la montagne un aspect particulièrement accueillant. Dans ces moments, on sait pourquoi on part seul pour ces voyages au long cours. Lorsqu’on se remémore ses différents voyages en solitaires, certains épisodes comme celui-là, resurgissent et laissent leur trace profondément ancrée en vous pour des années. En me retournant, je peux contempler le Mont Blanc dans toute sa majesté. L’air est si pur que j’ai l’impression de pouvoir le toucher.

Au-dessus de moi le col de Bresson dominé par la Grande Parei, qui mille mètres de dénivelé au-dessus du lac affiche une belle silhouette. Cette montagne, sous un certain angle, rappelle le Mont Aiguille, sans cependant en avoir l’ampleur. Le chemin se fait plus raide, et la chaleur arrive. Après un dernier raidillon dans la caillasse, enfin le col est rejoint. Le point de vue est superbe de tous côtés. Au sud le regard embrasse un vaste panorama en direction de la Vanoise. Je m’adonne à l’un de mes grands plaisirs, essayer de mettre des noms sur les montagnes. Même lorsqu’on les a déjà gravies, elles restent souvent rebelles à vous révéler au premier coup d’œil leur identité. En face de moi, très vraisemblablement le Mont Pourri, mais je le connais sous des perspectives plus élancées et puis aussi cette grosse masse de belle altitude, il doit s’agir du Dôme de la Sache. Mais je n’ai aucune certitude, car la perspective est nouvelle pour moi, n’étant jamais passé par ce col. En ce lieu l’herbe est grasse et de nombreux moutons broutent paisiblement. Après un petit arrêt au cours duquel j’ai cherché à visualiser mon chemin à venir à travers la Vanoise je rejoins le refuge de la Balme. Quelques personnes assises au soleil dégustent bières et autres boissons. Il ne m’en faut pas plus, réflexe de Pavlov aidant, à mon tour je m’attable et commande un coca-cola. Alors que je savoure ma boisson bien fraîche, un bruit familier emplit la vallée. Je lève les yeux et distingue la silhouette caractéristique d’un mirage 2000, qui quelques centaines de mètres au-dessus engage un virage serré, ce qui permet au pilote durant quelques secondes de contempler ce refuge, niché au centre d’un foisonnement de montagnes bien individualisées et qui jaillissent vers le ciel.

Depuis ce matin la distance parcourue est déjà longue, mais je ne compte pas en rester là. Pourtant je m’y trouve bien dans ce refuge perché en pleine pente, il y fait bon et le décor est somptueux. Mais voilà, pour satisfaire au sacro-saint moral et faire en sorte qu’il ne chute pas, tant que je peux avancer, je me fais un devoir de le faire. J’aimerais pouvoir me satisfaire d’une marche lente, agrémentée d’arrêts aux endroits qui me plaisent. En effet, quel est l’intérêt de foncer à la recherche de je ne sais quel exploit. Mais voilà, même si parfois je trouve ma démarche incompréhensible, voire stupide, le mouvement est le plus fort. Je me lance donc dans une immense descente jusqu’au fond de la vallée de la Tarentaise, où coule l’Isère. Du refuge cela fait un dénivelé de quelques mille deux cents mètres. La distance jusqu’à l’Isère me semble infinie. Je me mets à courir en prenant un petit rythme. Mon sac est bien rivé à mon dos, ce qui évite tout à-coup. Dans mes chaussures souples, je prends toujours la précaution de mettre des semelles thermo-moulées, ce qui constitue un bon amortisseur. Sans souffrir, cela me permet de maintenir une très bonne cadence sur ce type de terrain en descente.

Bien que je sois sur un GR, je vais perdre mon chemin. Sans doute emporté par ma vitesse, je ne vais pas rester assez à flanc en altitude. Je vais me retrouver à dévaler de grandes prairies entrecoupées de haies pas toujours faciles à franchir. Le bouquet consiste en une petite forêt inextricable et très raide qui me permettra de déboucher à même la route très passante du fond de vallée. Etant descendu trop à l’ouest il me faut suivre la route sur plusieurs kilomètres. Il fait une chaleur torride. Pas un brin d’air, des bouffées étouffantes montent du macadam. De gros camions lancés à toute allure me frôlent. Par endroits dans les virages, les murs de soutènement laissent un espace tellement restreint au marcheur, qu’il me faut me plaquer à la pierre, pour ne pas être fauché par un mastodonte lancé à pleine vitesse, dont le chauffeur n’a qu’une visibilité restreinte à l’avant. Un petit renfoncement, un arbre y dispense son ombre. Je m’assois à son pied à la limite du coup de chaleur.

A quelques kilomètres, sur le versant gauche de la vallée le petit village de Landry marque l’entrée de la vallée qui me permettra demain de m’enfoncer dans le massif de la Vanoise. Si j’y trouvais un hôtel, je me laisserais tenter. Autant le bivouac en pleine montagne est un vrai plaisir, autant le camping en fond de vallée constitue à mon sens un calvaire.

La chance est avec moi, un bar tabac restaurant propose quelques chambres. Il ne m’en faut pas plus. J’adore les vieilles chambres au parquet en bois qui craque, cela leur donne un air d’ancien authentique et original, alors que nos chambres modernes aseptisées et standardisées sont trop dépersonnalisées et me laissent un sentiment de déprime. Dans le cas présent, l’ancienneté ne rime pas avec ménage négligé. Non, tout est bien propre, le lit fait avec les draps et couvertures tirés avec minutie. Il se dégage de ces pièces anciennes où le bois prédomine une véritable hospitalité, et immédiatement on se sent le bienvenu. Le repas du soir sera copieux dans une salle agréable. Cette deuxième étape aura été de belle taille, et les conditions de chaleur des dernières heures, particulièrement éprouvantes. Mon corps a surmonté l’épreuve sans trop de difficulté, et le soir après de telles épreuves, je ressens une grande satisfaction. L’effort physique lorsqu’il est intense et soutenu déclenche sans doute des sécrétions d’endomorphines et cela procure cet état de félicité. Cela crée une addiction, qui vous pousse vers des étapes toujours plus longues et difficiles. D’autre part, le soir dans mon lit avant de plonger dans le sommeil, le bonheur procuré par l’examen sur la carte du cheminement de la journée, de vallées en cols, constitue une motivation supplémentaire au voyage à pied. Je me prends à douter de la réalité d’une telle chevauchée accomplie à travers ces grands reliefs des Alpes, montagnes redoutables.

Demain je vais rentrer dans le sanctuaire de l’un des plus beaux parcs nationaux français, la Vanoise. Je le traverserai dans sa grande longueur du nord au sud. Je sais que je pars sur les traces de mes joies d’enfant, lorsqu’avec mon père j’arpentais ces magnifiques montagnes en ski de randonnée. Dès l’âge de treize ans, j’ai eu la chance de faire de belles montagnes, telles que la Pointe de la Galise, la Tsanteleina, le Mont Pourri et bien d’autres. Tous ces souvenirs de jeunesse, vieux maintenant de quarante ans sont très présents dans ma mémoire. Je me revois avec mes yeux émerveillés sur ces sommets de plus de trois mille mètres au côté de mon père tout fier de son fils, et pourtant il était assez avare de compliments. Il faisait partie de ces êtres d’exception qui réussissent toujours devant les autres tout ce qu’ils entreprennent, en affichant un profond désintérêt pour les apparences et l’enrichissement matériel. Ce sentiment de joie et de nouveauté face à la montagne ne m’a pas quitté, et au lieu de s’altérer avec le temps, il s’est au contraire renforcé. Ce plaisir spontané est resté intact. La vie et ses turpitudes n’ont apporté aucun voile à ce plaisir simple d’être en montagne. Je me rappelle les dernières années de la vie de mon père. Homme de grande sagesse, qui ne se plaignait jamais de rien, il me disait seulement que de ne plus pouvoir aller en montagne lui manquait beaucoup. Donc durant les quelques jours à venir, cette traversée de la Vanoise, je vais l’accomplir comme un pèlerinage à la mémoire de ce père, qui a su me donner le goût de l’effort et m’a appris à jouir des beautés de la nature.

Après un petit déjeuner copieux et quelques achats, jambon, pain et fruits je quitte ce village de fond de vallée. Suite à quelques hésitations, un chemin très agréable bien que raide me conduit à travers une forêt de grands sapins en direction du lointain col du Palet qui se situe deux mille mètres de dénivelé plus haut. La distance est importante, mais les différents plans qu’offre ce vallon sont superbes, et les kilomètres semblent plus courts. Je croise un jeune marcheur autrichien, en train d’accomplir le tour de la Vanoise. Après la zone arborée, les versants de la combe deviennent plus abrupts. De hautes falaises barrent les pentes. Des cascades à fort débit se succèdent et toutes avec la même impétuosité s’élancent dans le vide sur plusieurs centaines de mètres. La marche dans ces conditions n’est jamais difficile. La curiosité avivée, on cherche à accélérer le pas pour découvrir impatiemment ce qui se cache au détour du prochain accident du terrain. Je dépasse le chalet refuge du Rosuel.

Le vallon se transforme, les versants deviennent plus arrondis, les à-pics rocheux le bordant ont disparu. Les sommets se sont rapprochés, les glaciers et leurs crevasses sont très nettement discernables. La Grande Motte trône impériale en imposant ses magnifiques formes arrondies devant moi. À ma gauche et à ma droite de beaux sommets aux noms réputés, sommet de Bellecôte et dôme de la Sache affichent leur altitude respectable. Je pénètre bien dans le domaine de la haute montagne. Durant la trentaine de kilomètres à venir je ne redescendrai pas en dessous des deux mille mètres. J’effectue une halte au niveau d’un lac aux formes rectangulaires. Bien assis dans l’herbe, je profite du lieu tout en consommant mes tranches de jambon et mon pain à la croûte épaisse et croustillante. Je suis seul. Le GR 5 à cette époque, début septembre est déserté. Quelques nuages et une légère brise font chuter la température. Il est temps de me remettre en route. Un dernier coup de collier et le col du Palet est atteint. A mes pieds Super Tignes étale ses installations, elles aussi désertées à cette période. Une station de ski sans neige et sans activité est toujours laide. En effet les pistes apparaissent comme de larges cicatrices qui entaillent la montagne. Mais des marmottes peu farouches donnent une touche de gaité à cette nature quelque peu bouleversée par l’homme.

Je m’engage dans la descente en jetant un dernier regard d’ensemble sur Super-Tignes. Le panorama d’ensemble, malgré les pistes déneigées, est de toute beauté. Le lac prend une couleur turquoise. En arrière plan La Grande Sassière, magnifique pointe acérée, qui jaillit jusqu’à plus de 3700 mètres, d’un jet au-dessus du lac du Chevril, rehausse le tableau d’une belle touche. Rapidement je rejoins, le quartier sud de la station, appelé le Val Claret. A la première personne rencontrée, je demande si elle peut m’indiquer un lieu où passer la nuit. Du tac au tac elle me répond « pas de problème, l’hôtel en face j’en suis la propriétaire ». J’adore lorsque les choses se passent rapidement pour trouver un hébergement. Cela pourrait paraître contradictoire avec ma démarche. En effet l’une de mes grandes motivations, justement c’est de ne pas savoir où je vais dormir à la fin de l’étape de la journée.

Durant cette soirée beaucoup de souvenirs me reviennent en mémoire. Les plus forts sont les suivants :

Il y a bien longtemps j’avais à l’époque une quinzaine d’ann��es, nous passions avec mes frères les vacances de Pâques au ski. Nous étions hébergés dans l’ancien chalet du Club Alpin Français de Super Tignes. Les conditions d’enneigement étaient exceptionnellement imporantes. Un après-midi la gendarmerie est venue nous évacuer pour des raisons de sécurité et nous a relogés en face sur l’autre versant de la station. Le lendemain matin auréveil, en jetant un coup d’œil par la fenêtre de notre appartement, nous constatons avec stupéfaction que notre chalet, que nous venions d’habiter une semaine, avait tout simplement disparu, emporté par une avalanche. Merci les gendarmes ! Et dire que jeunes et rebelles, nous avions failli nous cacher pour ne pas évacuer ! Donc nous sommes restés plusieurs jours bloqués dans notre appartement. Bien sûr les pistes étaient fermées et ils nous étaient même interdit de sortir dans les rues, car les avalanches menaçaient jusqu’au cœur du village. Nous n’étions pas du style à rester tranquillement à lire. Etant habitués aux sauts et plongeons de grande hauteur en mer, l’un de mes frères eut l’idée d’essayer de sauter du troisième étage, l’épaisseur de neige devant servir d’amortisseur. Par sécurité deux d’entre nous se mettent à proximité du lieu d’arrivée du sauteur, et c’est parti. Effectivement la neige rendait le choc très doux. Mais le sauteur disparaissait complètement et il fallait venir l’extirper, car même sa tête avait disparu. L’un de nos camardes saute, et il ne s’enfonce pas et tombe sur le côté, assez gravement atteint aux vertèbres. Il avait atterri sur une protubérance de béton, recouverte seulement d’un cinquantaine de centimètres de neige !

Quelques années plus tard étant à l’école de l’air, avec un groupe de camarades nous faisions un stage de montagne, encadrés par un moniteur des chasseurs alpins. Après plusieurs jours de randonnée et de montagne, en particulier la jolie face nord de la Tsanteleina qui culmine à plus de 3600 mètres, ce matin nous devons partir faire une escalade dans le coin de la Grande Motte. L’instructeur manifestement n’est pas chaud, mais je ne vois pas pourquoi nous n’irions pas. Entre lui et moi le désaccord est consommé. Je lui dis que je n’ai pas besoin de lui et que je suis à même d’emmener mes camarades. Ceci dit, deux de mes copains se joignent à moi et nous voilà partis pour l’aiguille Noire de Pramécou. Mais dès notre départ, l’instructeur a rendu compte de la situation au colonel de l’armée de l’air qui nous encadrait. Lors de notre retour, ça a été ma fête ! Rien ne m’a été épargné, j’avais été l’instigateur à la désobéissance de notre groupe. Je me suis bien gardé de dire, que j’avais failli tuer l’un de mes deux camarades en faisant tomber une énorme pierre dans notre tentative d’escalade. Eh oui, il me fallait bien apprendre le respect de la discipline, même quand le chef justifiait par une mauvaise raisons le fait de ne rien faire. Mais l’armée de l’air n’est pas rancunière et j’y ai passé 30 années de grande intensité, que je ne regrette vraiment pas!

Revenons à ma randonnée. Aujourd’hui l’étape doit me conduire à Pralognan la Vanoise, en restant pratiquement toujours au-dessus des deux mille mètres. Le temps est magnifique, pas un nuage. La calotte neigeuse de la Grande Motte très esthétique et élancée se découpe sur le bleu du ciel. Elle est bordée d’éperons rocheux qui mettent en valeur ce glacier aux courbes harmonieuses. Ce premier spectacle donne le ton de la journée, qui sera axé sur l’esthétique des sommets de la Vanoise.

D’un pas alerte je m’engage dans le petit vallon qui mène au col de la Leisse, 750 mètres plus haut, presque à deux mille huit mètres d’altitude. Les différentes couches géologiques, que traverse le chemin, donnent à la montagne des allures de tableaux aux touches de couleurs. De grands bancs de pierre érodés, que l’usure a coloré en blanc sont juxtaposés à des couches de grès à la teinte mauve mat. Cette haute vallée pelée, à l’herbe rase, qui cède rapidement la place aux pierriers qui à leur tour capitulent devant les barres rocheuses, la glace et la neige, est symbole de haute montagne dans toute son austérité. Je suis seul, ce qui ajoute à l’atmosphère du lieu.

En me retournant, je constate que le Mont Blanc jaillit et occupe une grande partie du panorama. Pourtant il est à quarante kilomètres à vol d’oiseau. Je suis stupéfait de le voir aussi imposant. Une fois parvenu au col, le versant sud de la Grande Motte se développe sur plus de mille mètres, de pierre de glace et de neige. Les montagnes françaises, même si elles n’atteignent pas des altitudes comme dans d’autres massifs en Asie ou ne Amérique, elles affichent une nature rude et farouche. Je longe sur plusieurs kilomètres ce chaos minéral. Puis, perdu au beau milieu de cette immense vallée d’altitude, une petite silhouette perchée sur un mouvement de terrain, le refuge de la Leisse se dévoile. Dans ce décor, il apparait minuscule, comme l’une des pièces d’un jeu de mécano. On réalise par ce type de contraste l’immensité du décor. En m’approchant, aucun mouvement, une porte est ouverte. Le gardien passe, je le salue mais ne m’arrête pas, trop content du rythme qui est le mien.

La vallée s’incurve en prenant la direction du sud. Ce changement de cap de quatre vingt dix degrés s’accomplit en deux kilomètres, en un gigantesque quart de cercle autour d’un impressionnant sommet conique. De l’autre côté de la vallée, au-dessus de moi la Grande Motte a cédé la place à la Grande Casse. Cette dernière constitue le point culminant de la Vanoise. Sa cime s’élève à plus de trois mille huit cents mètres. Devant moi, un peu en amont du chemin une grosse tache blanche. Non, il ne s’agit pas de neige mais d’un troupeau de moutons conséquent. Alors que je m’en rapproche, sortant de la masse un animal de belle taille, mais dissimulé jusqu’à présent du fait de sa couleur blanche, vient à ma rencontre. Il s’agit de l’un de ces fameux patous. Ce sont de redoutables gardiens qui ont pour première vocation d’éloigner les loups et de les mettre en déroute s’ils se montrent trop entreprenants. Gare aux hommes qui sans méfiance pénètrent dans un troupeau, ils s’exposent à un réel danger. C’est pour cela que je ne m’en approche jamais trop près, sauf si je vois le berger. Mais dans le cas présent, bien que je sois en train de me rapprocher de l’objet de toute son attention, mon chemin passe une centaine de mètres en dessous du troupeau. Le patou arrive à ma rencontre sans se presser et sans animosité dans le cadre d’une action de prévention. Il vient à mon contact à un mètre tout au plus, me regarde. Il se met à mon côté tout le temps que mon chemin reste en rapprochement du troupeau, mais en s’interposant, pour me signifier que je ne dois pas aller plus près mais bien passer ma route. Il a un pelage touffu et brillant, j’aurais envie de le caresser mais je me retiens, car je ne dois pas oublier que c’est une espèce d’arme de guerre, et avec ces engins on ne s’amuse pas. Puis, une fois que je suis en éloignement du troupeau, il m’accompagne encore quelques dizaines de mètres et s’étant assuré que je m’éloignais définitivement, il est reparti garder ses ouailles. Mais si j’avais pris l’initiative de me diriger directement sur les moutons, là je pense qu’il aurait manifesté de l’agressivité, et ce genre de chien doit bien faire quarante kilos!

Je quitte la vallée principale que je suivais depuis Super-Tignes et je m’engage sur un sentier qui semble monter directement dans le ciel en direction du col de la Vanoise. La pente est si raide que la section du sentier se découpe sur le ciel. J’ai rarement eu une telle perspective sur un chemin. Je dépasse un groupe important, ces personnes sont arrêtées et cassent la croûte dans la bonne humeur. Je me dis qu’à mon tour il serait temps que je m’alimente. Mais les conditions si favorables ce jour et la beauté des montagnes qui m’entourent associées à mon excellente forme physique me font presque oublier ces contingences du corps. Autant à vélo je suis sensible au défaut d’alimentation, autant à pied je peux me déplacer une journée sans éprouver le besoin de me sustenter. Quelle est la raison de cette différence de fonctionnement de mon organisme ? Je n’en sais fichtre rien !

Je suis en train de tourner autour de la Grande Casse. Cela me rappelle mon père. Alors que j’étais très jeune treize ans, nous y avions fait une tentative un peu kamikaze, à mon point de vue. Quant à lui, tout lui était apparu comme normal et sans difficulté. Mais me retrouver avec des crampons de mauvaise qualité sur une glace noire très dure ne m’avait pas vraiment plu. La tête en l’air, tous ces souvenirs vieux de quarante ans défilent devant mes yeux. Mais la physionomie du glacier a complètement changé. L’endroit où nous passions à cette époque n’est plus praticable, la glace s’étant retiré laissant la place à une paroi lisse.

Ce vallon qui conduit au col de la Vanoise est jalonné de grands poteaux hauts de plusieurs mètres. A quoi pouvaient-ils servir? Tout simplement à baliser la route aux caravanes qui aux siècles passés voyageaient par ces chemins d’altitude. Eh oui à ces époques, il était beaucoup plus court de passer directement à travers les zones montagneuses, que d’en faire le tour, ce qui impliquait des contours considérables. Aujourd’hui nous n’avons plus la même approche car ces longs contournements nous les effectuons sur grande route voire autoroute. A certaines époques, par exemple à la période du petit âge glaciaire, qui dura trois siècles de 1550 à 1850, le glacier de la Grande Casse s’était terriblement développé, et les caravanes avaient des difficultés à passer des zones de séracs. Par ce col étaient acheminés des produits qui venaient d’Italie, il s’agissait de l’un des itinéraires qui reliaient Chambéry à des grandes villes italiennes comme Turin, Gênes ou Venise.

Derrière le col, je tombe rapidement sur le refuge du même nom. Là encore de nombreux souvenirs me reviennent en mémoire. Le temps évolue, va-t-il pleuvoir avant que je rejoigne Pralognan? Je m’engage promptement dans la descente. Une autre montagne prestigieuse me domine, l’aiguille de la Vanoise. Selon les perspectives, elle a l’allure d’une flamme de pierre de quatre cents mètres de haut, en quelque sorte une Aiguille Dibona de la Vanoise.

Une fois dans la vallée, je rejoins le camping et m’installe. L’étape de ce jour aura été exceptionnelle par son parcours en altitude. Une fois douché, d’ailleurs en gardant mes habits techniques pour les laver, je pars me promener dans cette jolie station de ski. Il n’est pas très tard et le soleil se maintient. De ce fait mes habits sèchent rapidement. Non seulement j’ai pris ma douche mais j’ai accompli ma lessive pour les trois jours à venir. Vivent les habits techniques ! Il ne me reste plus qu’à aller boire une bière bien fraîche, écrire quelques cartes postales et attendre l’heure de me trouver un restaurant sympathique. Au cours de ces voyages à pied à travers les montagnes, à l’étape après un effort soutenu de plusieurs heures, je ressens un grand bien-être. C’est peut-être un peu cela le bonheur?

La nuit a été bonne, elle m’a apporté le repos, je me prépare à accomplir une étape longue jusqu’à Modane en passant par le col de Chavière, culminant à 2801 mètres. Après quelques hésitations dans un bois à la recherche d’un raccourci, je prends un rythme rapide pour remonter ce très long vallon orienté plein sud. La lumière rasante du matin, laisse apparaître en ombres chinoises un foisonnement de pics acérés à ma gauche. Ce massif recèle une multitude de montagnes qui ne cessent de me surprendre par leurs dimensions et leur esthétique. Je suis un large chemin utilisé par les voitures, et la circulation n’est pas négligeable. C’est la première fois depuis mon départ hormis la première étape, il y a maintenant cinq jours que je vois du monde sur mon chemin. Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, un parking bien rempli et de nombreuses personnes attablées sur la terrasse d’un chalet bar restaurant. Je ne m’arrête pas et rapidement je me retrouve seul sur le chemin qui conduit à un col perdu.

Tout au long de ce parcours les marmottes m’accompagnent et ne sont pas farouches du tout. Je les approche à quelques mètres seulement. Sur la droite le dôme de Polset prend de l’ampleur. Je passe à quelques encablures du refuge du même nom. Il a l’air neuf, au moins repeint, mais je ne m’approche pas. Le sol change d’aspect. L’herbe a disparu et la roche est noire. Quelle austérité dégage ce col qui se dresse devant moi. Une zone plate couverte de cairns de petite taille donne une atmosphère étrange au lieu. Un dernier raidillon particulièrement marqué dans la caillasse donne accès au point de basculement vers la Maurienne.

Sur le versant sud qui s’ouvre à moi, la lumière du soleil rend le paysage plus riant que dans l’austère versant nord qui était déjà à l’ombre. Une longue descente de près de 1800 mètres m’attend. Je ne vais rencontrer qu’un couple de personnes d’un âge respectable, plus de soixante dis ans, qui veulent aller jusqu’au col. Je croise une source. L’eau y est très bonne, car elle s’appelle « source du vin ». Plus je descends et plus l’air est étouffant. Arrivé à Modane, à nouveau le macadam et ses bouffées d’air chaud. Je rejoins le camping, installé dans un endroit peu bucolique, au creux d’une épingle de la route. Mais la fatigue aidant, je suis pressé de monter ma tente et de me décharger de mon sac bien qu’il ne dépasse pas les dix kilos. Je pars faire un petit tour en ville. Que ces fonds de vallée industrielle sont tristes. Tout est gris du fait entre autre de la pollution automobile. J’ai un petit coup au moral. Sans doute cela est dû à la présence de la gare et je me dis qu’en quelques heures je pourrais rentrer chez moi, où mon fils qui est venu en stage à Lyon m’attend. Mais il faut résister. Ce soir pas moyen de trouver de ravitaillement. Au camping, je réussis à me faire réchauffer une pizza congelée, puis je m’enfonce dans ma tente sous une pluie d’orage.

Au lever tout est trempé, et avec ma tente mono-paroi ça n’arrange pas les choses. Mais ce matin le temps est à peu près au beau et il ne fait pas froid. Mon petit coup au moral persiste et la gare me fait des grands clins d’œil. Après avoir hésité je décide de prendre la direction du col de la vallée étroite quelques mille quatre cents mètres plus haut. Ayant quitté le GR5 pour rejoindre le camping, il me faut maintenant retrouver le chemin qui passe cinq cent mètres de dénivelé plus haut. Aux grands maux les grands moyens, je me lance dans la remontée de la route goudronnée qui zigzague dans la forêt. Après une vingtaine d’épingles à cheveux j’identifie enfin les fameuses traces rouges et blanches. Que cette montée était monotone, bien que le regard donne sur des ouvrages de fortifications militaires très intéressants datant probablement de Vauban. Je suis aussi passé devant l’entré monumentale du tunnel ferroviaire du Mont Cenis. Une magnifique micheline d’une époque révolue témoigne de l’activité plus que centenaire de cet ouvrage. Il a été inauguré en 1871. A mes pieds, la ville de Modane, enserrée par des parois rocheuses aux teintes sombres, et dont on ne voit que son énorme alignement de voies ferrées ne donne pas envie de venir y habiter, bien qu’elle se trouve au carrefour de magnifiques massifs alpins.

Le chemin s’insinue dans une gorge étroite au fond de laquelle un torrent tout en écume ajoute une touche vive, qui tranche sur le vert des arbres, qui s’accrochent par touffes là où les faiblesses de la paroi le permettent. De l’autre côté de ce vallon étroit une très ancienne église s’agrippe à la falaise, reliée au chemin sur l’autre versant par un pont d’époque, dont la pierre est dans les tons de celle qui constitue la construction.

Une fois encore la seconde guerre mondiale se rappelle à moi. Dans cette vallée bien nommée, les ouvrages défensifs du type ligne Maginot ont fleuri et sont encore visibles, probablement pour des siècles. La gorge donne en finale accès à des zones de grandes pelouses qui s’ouvrent sur de magnifiques sommets comme le Mont Thabor. Cette région tampon entre deux célèbres parcs nationaux que sont la Vanoise et les Ecrins n’a rien à leur envier. Ses sommets sont sauvages et arides, et pour y accéder souvent on passe auprès d’une multitude de lacs aux couleurs multiples et aux noms mystérieux, comme par exemple le lac du Serpent. Une grande croix et une petite mare matérialisent le col. Que ce chemin était long depuis Modane, mais combien divers étaient les paysages rencontrés, d’abord l’austérité du goudron et de la ville industrielle, puis le secret et la pénombre de la gorge qui se cache entre les précipices et enfin cette arrivée dans la lumière des grands espaces qui donnent accès aux cimes. Pour apporter une touche supplémentaire au charme de cette longue montée, je n’y ai rencontré qu’une seule personne.

Par une descente de sept cents mètres de dénivelé je rejoins le fond de la vallée étroite. Cet endroit est français mais ne débouche que sur l’Italie, un peu à la manière du Val d’Aran qui ne donne que sur la France mais qui est espagnol. Dans ce dernier cas, les Espagnols ont creusé un tunnel pour éviter qu’en hiver le val d’Aran ne soit coupé de l’Espagne. Pour cette petite vallée qui donne sur Bardonecchia, pas de tunnel. Le refuge appartient au club alpin italien, alors que nous sommes sur territoire français, étrange !

Il y a beaucoup de monde attablé, et manifestement il y a de la joie dans l’air. Je ne m’attarde pas. Un raidillon sévère de quelques quatre cents mètres de dénivelé me sépare de la crête qui donne sur la vallée de Névache. Il ne me faut pas longtemps pour les franchir, je me sens une forme de marathonien. Après être sorti des zones de forêt, de grandes pâtures conduisent à un lac, plutôt une grande mare à peu près circulaire. Un immense troupeau de moutons s’y abreuve. Je m’arrêt pour en faire quelques photos, ces animaux en cercle donnent une touche très esthétique au panorama. J’engage la conversation avec le berger, je me régale de ce qu’il me raconte sur son métier, qui manifestement n’est pas facile. Par exemple cette année il a subi sept attaques de loup, ce qui l’oblige à redescendre son troupeau tout les soirs, travail qui nécessite plusieurs heures. Mais pourquoi n’a-t-il pas un ou deux patous pour monter la garde ? Tout simplement parce qu’il y a beaucoup de promeneurs, et que les accidents seraient fréquents. Dans la Vanoise ce ne semblait pas être le cas?

Je me remets en route, et par un magnifique sentier qui traverse des couches géologiques vives et multicolores je rejoins le fond de la vallée de Névache. Pour moi c’est une vieille connaissance, où les souvenirs affluent.

Je vais vous relater le plus significatif. Un jour, étant parti me promener au lac des Béraudes, alors que j’en redescendais j’entendis un bruit d’avion à réaction. Devant moi, un mirage F1 remontait la vallée principale à très basse altitude et effectua à vive allure un virage impressionnant à angle droit pour passer à la verticale de ce joyau qu’est le lac des Béraudes. J’ai justement un camarde pilote de F1 et amoureux de ce coin. Avouez que c’est une drôle de coïncidence. Le temps qu’il rentre à Strasbourg, lieu d’implantation de son escadre, je lui téléphone et lui annonce que je l’ai vu cet après-midi. Tout surpris il comprend vite et éclate de rire, lorsque je lui annonce que je me baladais au lac des Béraudes. Le plus cocasse, lorsque je me suis retrouvé sur la large piste menant au village de Névache, tous les gamins que je croisais couraient en ayant les bras étendus en mimant le bruit d’un réacteur! L’armée de l’air avait des futurs candidats en herbe, dont ce jour-là les vocations ont sans doute étaient suscitées. Mais cette anecdote remonte à bien longtemps, du temps de notre jeunesse. Je prends cette précaution afin de calmer toute revendication éventuelle d’un écologiste intransigeant, me faisant remarquer la nuisance scandaleuse d’un avion de combat « s’amusant » dans ce havre de tranquillité. Oui cela fait 25 ans et il y prescription.

Je m’installe au camping, et comme nous sommes en septembre, j’y suis seul. La montagne à cette époque de l’année présente bien des avantages, car outre le fait que les vacances sont terminées et que le monde a déserté ces lieux très connus, le soleil et les températures clémentes jouent les prolongations. Pour ceux qui ont la chance de pouvoir choisir, je leur conseillerai cependant le printemps fin mai. En effet à cette période la neige est un peu plus présente sur les montagnes et surtout les fleurs déroulent un tapis multicolore qui se renouvèle à l’infini et cela jusque haut en altitude, c’est à dire 2800 mètres voire plus. Alors qu’il n’y a pratiquement plus de végétation certaines fleurs s’accrochent encore dans ces sols hostiles. Mais l’automne reste aussi une saison merveilleuse, où le temps est d’une grande stabilité après les orages de fin août.

Les conditions météorologiques en ce dernier jour de ma randonnée sont encore excellentes. Je compte rejoindre Briançon en passant par la crête de Peyrolle. Il me faut dans un premier temps rejoindre le col des Cibières, huit cents mètres au-dessus de cette splendide vallée de Névache. La montée est agréable, elle se déroule au début dans une forêt clairsemée puis dans un monde plus minéral où de maigres pâturages disputent l’espace à de vastes pierriers, aux blocs massifs et aux formes géométriques. Une fois au col le massif de l’Oisans apparaît dans toute sa grandeur. Par un parcours rapide le chemin me conduit au col du Granon, parcouru d’une route goudronnée. De là, la crête de Peyrolle étale ses hauteurs effilées. Rarement parcours ne m’est apparu aussi tentant. Je ne vais pas être déçu. Un incroyable chemin suspendu au beau milieu d’un immense pierrier d’une raideur étonnante, à se demander comment les pierres tiennent. Cette sente étroite se trouve un peu en contre bas de la crête. Cette traversée me donne la sensation d’un funambule en plein ciel, ce qui procure un grand moment de plaisir. Puis le point culminant est atteint. Amas de grosses pierres blanches sur lesquelles se dresse une croix en bois vernis. Tout là-bas mille quatre cents mètres plus bas, la ville de Briançon apparait comme du hublot d’un avion. J’y distingue la gare que je compte rejoindre avant que le dernier train de la journée ne parte. Des montagnes à l’aspect débonnaire, qui de plus n’affichent pas une altitude sensationnelle, peuvent cependant présenter des points de vue époustouflants. C’est bien le cas de ce sommet qui domine la ville de Briançon. Après avoir contemplé ce spectacle extraordinaire qui se déroule à trois cents soixante degrés, je plonge dans la descente, qui est très aérienne. On a vraiment la sensation de partir directement à la rencontre des toits de la cité. Au fur et à mesure le chemin permet de découvrir des ouvrages militaires. Je prends le temps d’en visiter quelques uns. Il y avait la place pour héberger une véritable armée. Que cette descente est surprenante ! J’arrive aux premières maisons, la terre cède la place au goudron. Je me mets à courir et j’arrive avec dix minutes d’avance sur l’horaire du dernier train de la journée qui part vers les quinze heures.

Je ne pensais pas qu’en empruntant un chemin de grande randonnée comme le GR5, je serais souvent seul et que de telles émotions puissent naître d’une grande classique. Tout n’est que question de circonstances. On peut avoir l’impression d’être très loin partout, lorsque l’ambiance du lieu s’y prête. Les grandes randonnées classiques, maintenant je ne les envisagerai plus avec le même regard, mais bien comme des projets très intéressants.

Paradoxe ou clin d’œil de la nature, qui rappelle qu’elle reste la plus forte et qu’en montagne il faut garder des ressources en cas de nécessité. Une fois arrivée à Lyon tard le soir, je prends le tram pour rentrer chez moi. Lorsque j’en descends la nuit est noire, sol et ciel se confondent dans cette absence totale de clarté. Cette ambiance sauvage m’agresse littéralement. Plus une personne dehors. Je n’ai que sept cents mètres à parcourir pour arriver chez moi. Un orage d’une violence inouïe éclate. Des éclairs zèbrent la rue devant moi, plus une lumière. La peur me subjugue. Je me sens en danger et me mets à courir, après avoir hésité à la recherche d’un hall ouvert. Pour abréger cette expérience très angoissante je cours au maximum de ce que je peux, la peur au ventre d’être foudroyé au prochain éclair. Lorsque j’ouvre ma porte je suis complètement trempé, mais vivement soulagé, seul moment à part un soir à Modane, où il a plu !

Après un tel voyage dans les montagnes, se retrouver terrorisé en pleine ville, on extrapole facilement en imaginant un tel déchaînement en pleine montagne loin de tout. La nature me dit simplement de ne pas me montrer présomptueux, en me croyant fort d’une certaine expérience acquise.

Je relate cette randonné que j’ai faite il y a déjà pas mal de temps, c’était je crois en septembre 2007, ou 2006. Tout étonné, je constate qu’en regardant quelques photos, les souvenirs et les émotions ressurgissent à flots serrés. De toute évidence la grande randonnée en solitaire met en situation psychologique de s’imprégner de façon durable des beautés du chemin, des sensations du corps et des pensées et méditations que cette activité seul face à la montagne suscite.
Compte rendu de notre croisière sur le Costa Concordia en Méditerranée English translation pending
by Bruno06220 · 2011-05-16 · 295 replies
bonjour à tous.

je commence une nouvelle discussion pour éviter de discuter un peu de partout sur les autres discussions.

le C/R va bientôt commencer. 😉

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