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Postes frontière routiers entre la Roumanie, la Moldavie, l'Ukraine, la Slovaquie et la Hongrie? English translation pending
Bonjour
Venant du sud, en remontant vers la Hongrie et la Slovaquie.
J'aimerais faire une incursion de 24 heures maxi en Moldavie, idem pour l'Ukraine.
Quels sont les postes frontière routiers (côté ouest) entre les 5 pays suivants :
- Roumanie
- Moldavie
- Ukraine
- Slovaquie
- Hongrie
Si je ne me trompe pas, je vois 3 passages entre Roumanie et Moldavie :
- Galati
- Oancea-Cahul
- Satul-Sculeni
Je ne vois pas de passage entre la Moldavie et l'Ukraine (vers le nord) ?
Du coup, de Roumanie en Ukraine, je vois :
- Siret
- Halmeu
Puis, d'Ukraine vers la Hongrie, il y a :
- Uzhgorod
- Malyi Bereznyi
ou bien, d'Ukraine vers la Slovénie :
- Kroscienko
- Nyzhankovychi
- Shehyni
Est-ce correct ?
Après la pluie, les gelées dans les Andes du Pérou (avril 2010) English translation pending
La SENAMHI , la meteo peruvienne confirme l'amelioration sur le front des pluies dans les andes pour la fin mars, mais annonce une descente de temperature vers 03° et 05°C sur la region de Puno avec les nuits à 0°c. Dans les regions a plus de 4000m, les temperatures pourront descendre de -5° à -8°C et ceci dans la première quinzaine de Avril 2010.
Si vous partez en voyage, pensez à completer vos valises de vetements chauds pour les enfants. Chaque année, plusieurs centaines d'enfants meurent a cause du froid dans cette region du Titicaca.
Donnez ces vetements directement aux enfants, pour ne pas qu'ils soient revendus.........ou detournés

los ninos
Si vous partez en voyage, pensez à completer vos valises de vetements chauds pour les enfants. Chaque année, plusieurs centaines d'enfants meurent a cause du froid dans cette region du Titicaca.
Donnez ces vetements directement aux enfants, pour ne pas qu'ils soient revendus.........ou detournés

los ninos
Trajet Marrakech-Nouakchott par la route: détails pratiques English translation pending
Bonjour,
Afin d’aider les futurs voyageurs, voici un compte rendu pratique de la descente Marrakech-Nouakchott par la route que j’ai réalisé avec trois copains.Marrakech-Dakhla, bcp de kms…La partie la plus facile du trajet, puisque nous l’avons fait en bus avec Supratours (filiale ONCF). Arrivés vers 13h à la gare, pour un départ à 15h30, nous avons eu des billets sans soucis. Tarif : 440dh (40€). Attention à bien avoir des photocopies de passeport et fiches de renseignements ! Le voyage en car est agréable, et dure tout pile 24h. Pause toutes les 2-3h dans des ‘cafés’ en bord de route, avec possibilité de manger/boire.
Aucun problème à signaler, si ce n’est de nombreux contrôles de police. Toujours garder son passeport à portée de main, ainsi que les fiches de renseignement. Nous avons du subir à peu près 8 contrôles durant le trajet.Dakhla-Frontière, 380kmArrivés à l’agence Supratours au centre de Dakhla, nous sommes partis à la recherche d’un taxi pour descendre à Nouadhibou, et pourquoi pas Nouakchott. Etant 4 personnes, les négociations sont facilitées puisqu’on remplit directement la voiture ! Nous sommes tombés sur des chauffeurs qui nous proposaient leurs services au pied de l’hôtel Sahara, à 100m de l’arrêt de bus. On nous propose de partir tout de suite pour Nouakchott : prix de départ 600dh par personne. On s’en tire après fines négociations pour 450dh, soit environ 40€ chacun, sachant qu’on sera 4 à l’arrière de la belle Mercedes 190 jusqu’à l’embranchement de NDB.
Il est 16h30, on part vers la frontière, objectif l’hotel à 80km du poste frontière. Là on nous annonce qu’il y a déjà une queue monstre à l’entrée du poste frontière marocain, on file donc irectement là-bas pour faire la queue. Une vingtaine de voitures et une dizaine de camions nous précède déjà. On passe là nuit dans une tente pour 50dh (moins de 5€ chacun).Passage de la frontière, 5kmLe poste ouvre à 9h le lendemain… et nous entrons finalement vers 13h ! Oui, c’est long. Apparemment le scanner mis en place récemment ralentit considérablement le débit…
Tous les contrôles se passent sans soucis, et on entre dans le no man’s land. Encore une fois, suivez bien quelqu’un qui connait la route, puisque certains se perdent, et le terrain est miné.
Passage express à la douane Mauritanienne, mais un policier nous embête, car on a pris nos passeports il y a deux mois (et alors ??). On comprend bien qu’il veut jouer avec nous, et après avoir souri jaune à ses remarques pendant 20min, il nous rend les passeports tamponnés. A noté les quelques billets glissés aux policiers par notre chauffeur, compris dans le prix heureusement… Ca a surement aidé à passer plus vite. Sortie du poste Mauritanien : 16h30.Frontière-NouakchottTrajet… rectiligne ! Mais beau aussi. Nombreux contrôles de police encore une fois, pensez à faire une dizaine de photocopies de passeports. A certains contrôles, tentatives d’intimidation des policiers pour soutirer quelques billets. Il suffit d’attendre qu’ils se lassent… Vers 21h30, il fait nuit, nous sommes à 100km de Nouakchott, contrôle de police. Longue discussion entre notre chauffeur et les flics… on devine qu’ils ne veulent pas nous laisser continuer pendant la nuit. Après 30min qui paraissent interminables, et surement quelques billets, nous reprenons la route. Arrivée à NKC vers 22H30, après enregistrement au dernier poste de police à l’entrée de la ville.
Bonne route !
Bonne route !
Trajets Abidjan - Bamako - Dakar par les transports en commun? English translation pending
Je suis actuellement a Abidjan (CI) en fin de mission. j'envisage de rentrer par la route la semaine prochaine (mardi).
Quelqu'un a t'il des informations sur les trajets suivants:
Abidjan - Bamako (par bus ou train) Bamako - Dakar (par bus ou train) Dakar - Europe (par voie maritime)
Je m'y prends un peu au dernier moment! mais si quelqu'un veut bien prendre quelques minutes pour m'aiguiller se serait super.
Au cas où vous pouvez rép sur mon mail perso: bidoubloum@gmail.com
Merci d'avance
DELPHINE
Quelqu'un a t'il des informations sur les trajets suivants:
Abidjan - Bamako (par bus ou train) Bamako - Dakar (par bus ou train) Dakar - Europe (par voie maritime)
Je m'y prends un peu au dernier moment! mais si quelqu'un veut bien prendre quelques minutes pour m'aiguiller se serait super.
Au cas où vous pouvez rép sur mon mail perso: bidoubloum@gmail.com
Merci d'avance
DELPHINE
Étape sympathique entre Bangkok et Poipet (Cambodge)? English translation pending
Bonjour à tous,
Nous souhaitons (ma femme et mes 2 enfants) partir de Bangkok pour Angkor au mois de juillet. J'ai peur qu'effectuer le voyage pour le Cambodge dès l'arrivée à Bangkok soit trop fatiguant.
Pouvez-vous m'aider à trouver une étape sympa à l'Est de Bangkok, avant la frontière Cambodgienne.
Merci à tous !
Nous souhaitons (ma femme et mes 2 enfants) partir de Bangkok pour Angkor au mois de juillet. J'ai peur qu'effectuer le voyage pour le Cambodge dès l'arrivée à Bangkok soit trop fatiguant.
Pouvez-vous m'aider à trouver une étape sympa à l'Est de Bangkok, avant la frontière Cambodgienne.
Merci à tous !
Voyage Maroc-Guinée en passant par la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie English translation pending
Bonjour tout le monde,
D'abord Meilleures Vœux et Bonne Année 2010 a tous ! 🙂
Je me présente, je suis Marocaine (j'habite a Casablanca) agée de 23ans, et je compte avec deux amis (âgés de 24ans) faire un voyage d'environs un mois direction Labé (Guinée). Nous comptons partir au allant tours du 15/20 Janvier. On souhaite traverser par la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie (cette dernière reste en option).
1- Pour la Mauritanie, c'est bon, on sait qu'on devra prendre nos visas a Rabat. Mais pour le Senegal, la Gambie et la Guinée on nous dit qu'on a - citoyens Marocains- pas besoin de Visas (vu que le Maroc a des accords de coopérations avec ces pays là etc) mais j'en suis pas sur et on a pas encore eu le temps de monter a Rabat pour nous assurer (J'arrive pas a les avoir par téléphone)...ce qui fait quelqu'un peut nous le confirmer ?!
2- Est il possible de faire ce trajet a 100% avec les moyens de transport public (Taxis et Autocars) ?! Sinon est ce qu'il y'a des personnes entre vous qui comptent le faire (ou au moins partir jusqu'en Mauritanie ou au Sénégal) vers la même période et qui accepteraient de nous prendre en covoiturage (on participera au Frais du Voyage bien sur) ?!
3- Sécurité du trajet ?!
4- Ambiance générale dans ces pays là ? accueil des habitants ?! Villes ou lieux particuliers a visiter ?!
4- Équipements a avoir ?!
5- Estimation approximative du budget général qu'on devra prendre avec nous ... ?
6- euuuuh Je pense que c'est tout pour le moment, si vous avez des conseils, remarques ou autres, n'hésitez surtout pas !
P.S : Je suis nouvelle sur voyageforum, donc je vous prie de m'excuser si vous trouvez que je peux trouver des réponses a une ou plusieurs de mes questions dans d'autres discussions sur le forum et que ce n était pas nécessaire d'ouvrir celle ci !... j'ai parcouru dans tous les sens le forum et j'en ai trouvé qlq'unes moi même, mais je préfère quand même m'en assurer et regrouper le tout dans une discussion.
Merci D'avance pour vos réponses. 🙂
D'abord Meilleures Vœux et Bonne Année 2010 a tous ! 🙂
Je me présente, je suis Marocaine (j'habite a Casablanca) agée de 23ans, et je compte avec deux amis (âgés de 24ans) faire un voyage d'environs un mois direction Labé (Guinée). Nous comptons partir au allant tours du 15/20 Janvier. On souhaite traverser par la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie (cette dernière reste en option).
1- Pour la Mauritanie, c'est bon, on sait qu'on devra prendre nos visas a Rabat. Mais pour le Senegal, la Gambie et la Guinée on nous dit qu'on a - citoyens Marocains- pas besoin de Visas (vu que le Maroc a des accords de coopérations avec ces pays là etc) mais j'en suis pas sur et on a pas encore eu le temps de monter a Rabat pour nous assurer (J'arrive pas a les avoir par téléphone)...ce qui fait quelqu'un peut nous le confirmer ?!
2- Est il possible de faire ce trajet a 100% avec les moyens de transport public (Taxis et Autocars) ?! Sinon est ce qu'il y'a des personnes entre vous qui comptent le faire (ou au moins partir jusqu'en Mauritanie ou au Sénégal) vers la même période et qui accepteraient de nous prendre en covoiturage (on participera au Frais du Voyage bien sur) ?!
3- Sécurité du trajet ?!
4- Ambiance générale dans ces pays là ? accueil des habitants ?! Villes ou lieux particuliers a visiter ?!
4- Équipements a avoir ?!
5- Estimation approximative du budget général qu'on devra prendre avec nous ... ?
6- euuuuh Je pense que c'est tout pour le moment, si vous avez des conseils, remarques ou autres, n'hésitez surtout pas !
P.S : Je suis nouvelle sur voyageforum, donc je vous prie de m'excuser si vous trouvez que je peux trouver des réponses a une ou plusieurs de mes questions dans d'autres discussions sur le forum et que ce n était pas nécessaire d'ouvrir celle ci !... j'ai parcouru dans tous les sens le forum et j'en ai trouvé qlq'unes moi même, mais je préfère quand même m'en assurer et regrouper le tout dans une discussion.
Merci D'avance pour vos réponses. 🙂
Projet France-Bénin en camionnette English translation pending
Tous d'abord c'est mon premier message ici, et je vous remmercie de votre accueil et aide. J'ai trouvé quelques infos sur ce forum mais j'avoue me predre un peuu. C'est pourquoi je me suis inscrit et je vais vous faire part de mon projet.
Par le biais d'association pas tres reche, nous projetons, ma femme et moi, d'ammener du matériel médical à l'hopital de Kandi au Benin. Me femme est déjà allé 2 ois sur place, mais il est difficile d'apporter du gros matériel par avion, limite de poid, taxe etc... De toute façon c'est aussi pour le plaisir que nous voulont faire ce treck.
Pour ce faire, j'ai tracé un itinéraire, (nous souhaitons partir en octobre 2010, il y a un peu de temps) et je recherche toute les suptilités, et points importants pour monter ce projet. Ou prendre de l'essence, ou dormir en toute tranquilité, point de passage intéressant à visiter (dommage de ne pas en profiter), ou trouver les visas, ect...
Mon premier point, l'itiniéraire
Voilà ce que j'ai fais:
France (515 kms)
De Chez moi à Lyon: 35 Kms, Total: 35 kms
De Lyon à Montélimard: 150 Kms, Total: 185 kms
De Montélimard à montpellier: 151 Kms, Total: 336 kms
De montpellier à Perpignan: 150 Kms, Total: 486 kms
De Perpignan à la Frontiere: 29 Kms, Total: 515 kms
Espagne (1301 kms)
De la Frontiere à La jonquera: 7 Kms, Total: 522 kms
De La jonquera à Barcelone: 156 Kms, Total: 678 kms
De Barcelone à Taragone: 84 Kms, Total: 762 kms
De Taragone à Valencia: 251 Kms, Total: 1013 kms
De Valencia à Alicante: 196 Kms, Total: 1209 kms
De Alicante à Granada: 344 Kms, Total: 1553 kms
De Granada à Malaga: 117 Kms, Total: 1670 kms
De Malaga à Algeciras: 139 Kms, Total: 1809 kms
Ensuite :
De Ceuta à la Frontiere: 7 Kms, Total: 1816 kms
Maroc (1454 kms)
De Frontiere à Larach: 130 Kms, Total: 1946 kms
De Larach à Kenitra: 127 Kms, Total: 2073 kms
De Kenitra à Rabat: 46 Kms, Total: 2119 kms
De Rabat à Casablanca: 91 Kms, Total: 2210 kms
De Casablanca à Marrakesh: 242 Kms, Total: 2452 kms
De Marrakesh à Agadir: 247 Kms, Total: 2699 kms
De Agadir à Guelmin: 195 Kms, Total: 2894 kms
De Guelmin à Tan tan: 132 Kms, Total: 3026 kms
De Tan tan à Tarfaya: 213 Kms, Total: 3239 kms
De Tarfaya à la Frontiere: 31 Kms, Total: 3270 kms

Ensuite:
Sahara (893 kms)
De la Frontiere à Laayoune: 92 Kms, Total: 3362 kms
De Laayoune à Cape Bojador: 153 Kms, Total: 3515 kms
De Cape Bojador à Argub: 351 Kms, Total: 3866 kms
De Argub à la Frontiere: 297 Kms, Total: 4163 kms
No man'sland: 3 Kms, Total: 4166 kms
Mauritanie (1403 kms)
De la Frontiere à Nouakchott: 437 Kms, Total: 4603 kms
De Nouakchott à Boutilimit: 160 Kms, Total: 4763 kms
De Boutilimit à Aleg: 108 Kms, Total: 4871 kms
De Aleg à Gérou: 287 Kms, Total: 5158 kms
De Gérou à Kiffa: 57 Kms, Total: 5215 kms
De Kiffa à Tintane: 134 Kms, Total: 5349 kms
De Tintane à Ayoun el atrouss: 77 Kms, Total: 5426 kms
De Ayoun el atrouss à Kubanni: 119 Kms, Total: 5545 km
De Kubanni à la Frontiere: 21 Kms, Total: 5566 kms

Puis:
Mali (1267 kms)
De la Frontiere à Diandoumé: 36 Kms, Total: 5602 kms
De Diandoumé à Diéma: 126 Kms, Total: 5728 kms
De Diéma à Torodo: 41 Kms, Total: 5769 kms
De Torodo à didieni: 110 Kms, Total: 5879 kms
De didieni à kolokani: 72 Kms, Total: 5951 kms
De kolokani à Bamako: 125 Kms, Total: 6076 kms
De Bamako à Tiema: 41 Kms, Total: 6117 kms
De Tiema à Tongole: 48 Kms, Total: 6165 kms
De Tongole à Fana: 38 Kms, Total: 6203 kms
De Fana à Konobougou: 27 Kms, Total: 6230 kms
De Konobougou à Ségou: 85 Kms, Total: 6315 kms
De Ségou à Zinzana: 38 Kms, Total: 6353 kms
De Zinzana à Bla: 41 Kms, Total: 6394 kms
De Bla à Fono: 46 Kms, Total: 6440 kms
De Fono à Diabougou: 37 Kms, Total: 6477 kms
De Diabougou à Karpele: 33 Kms, Total: 6510 kms
De Karpele à Konassédougou: 104 Kms, Total: 6614 kms
De Konassédougou à Somadougou: 60 Kms, Total: 6674 kms
De Somadougou à Ganido: 44 Kms, Total: 6718 kms
De Ganido à Bankass: 32 Kms, Total: 6750 kms
De Bankass à Koro: 52 Kms, Total: 6802 kms
De Koro à la Frontiere: 31 Kms, Total: 6833 kms
Burkina (780 kms)
De la Frontiere à Ouahigouya: 65 Kms, Total: 6898 kms
De Ouahigouya à Yako: 71 Kms, Total: 6969 kms
De Yako à Ouagadougou: 110 Kms, Total: 7079 kms
De Ouagadougou à Koupéla: 140 Kms, Total: 7219 kms
De Koupéla à Fada-Ngourma: 83 Kms, Total: 7302 kms
De Fada-Ngourma à Dalati: 94 Kms, Total: 7396 kms
De Dalati à Diapaga: 89 Kms, Total: 7485 kms
De Diapaga à Kompongou: 61 Kms, Total: 7546 kms
De Kompongou à la Frontiere: 17 Kms, Total: 7563 kms
Benin (121 kms) par le park W
De la Frontiere à Banikoara: 50 Kms, Total: 7613 kms
De Banikoara à Kandi: 71 Kms, Total: 7684 kms

Par le biais d'association pas tres reche, nous projetons, ma femme et moi, d'ammener du matériel médical à l'hopital de Kandi au Benin. Me femme est déjà allé 2 ois sur place, mais il est difficile d'apporter du gros matériel par avion, limite de poid, taxe etc... De toute façon c'est aussi pour le plaisir que nous voulont faire ce treck.
Pour ce faire, j'ai tracé un itinéraire, (nous souhaitons partir en octobre 2010, il y a un peu de temps) et je recherche toute les suptilités, et points importants pour monter ce projet. Ou prendre de l'essence, ou dormir en toute tranquilité, point de passage intéressant à visiter (dommage de ne pas en profiter), ou trouver les visas, ect...
Mon premier point, l'itiniéraire
Voilà ce que j'ai fais:
France (515 kms)
De Chez moi à Lyon: 35 Kms, Total: 35 kms
De Lyon à Montélimard: 150 Kms, Total: 185 kms
De Montélimard à montpellier: 151 Kms, Total: 336 kms
De montpellier à Perpignan: 150 Kms, Total: 486 kms
De Perpignan à la Frontiere: 29 Kms, Total: 515 kms
Espagne (1301 kms)
De la Frontiere à La jonquera: 7 Kms, Total: 522 kms
De La jonquera à Barcelone: 156 Kms, Total: 678 kms
De Barcelone à Taragone: 84 Kms, Total: 762 kms
De Taragone à Valencia: 251 Kms, Total: 1013 kms
De Valencia à Alicante: 196 Kms, Total: 1209 kms
De Alicante à Granada: 344 Kms, Total: 1553 kms
De Granada à Malaga: 117 Kms, Total: 1670 kms
De Malaga à Algeciras: 139 Kms, Total: 1809 kms

Ensuite :
De Ceuta à la Frontiere: 7 Kms, Total: 1816 kms
Maroc (1454 kms)
De Frontiere à Larach: 130 Kms, Total: 1946 kms
De Larach à Kenitra: 127 Kms, Total: 2073 kms
De Kenitra à Rabat: 46 Kms, Total: 2119 kms
De Rabat à Casablanca: 91 Kms, Total: 2210 kms
De Casablanca à Marrakesh: 242 Kms, Total: 2452 kms
De Marrakesh à Agadir: 247 Kms, Total: 2699 kms
De Agadir à Guelmin: 195 Kms, Total: 2894 kms
De Guelmin à Tan tan: 132 Kms, Total: 3026 kms
De Tan tan à Tarfaya: 213 Kms, Total: 3239 kms
De Tarfaya à la Frontiere: 31 Kms, Total: 3270 kms

Ensuite:
Sahara (893 kms)
De la Frontiere à Laayoune: 92 Kms, Total: 3362 kms
De Laayoune à Cape Bojador: 153 Kms, Total: 3515 kms
De Cape Bojador à Argub: 351 Kms, Total: 3866 kms
De Argub à la Frontiere: 297 Kms, Total: 4163 kms
No man'sland: 3 Kms, Total: 4166 kms
Mauritanie (1403 kms)
De la Frontiere à Nouakchott: 437 Kms, Total: 4603 kms
De Nouakchott à Boutilimit: 160 Kms, Total: 4763 kms
De Boutilimit à Aleg: 108 Kms, Total: 4871 kms
De Aleg à Gérou: 287 Kms, Total: 5158 kms
De Gérou à Kiffa: 57 Kms, Total: 5215 kms
De Kiffa à Tintane: 134 Kms, Total: 5349 kms
De Tintane à Ayoun el atrouss: 77 Kms, Total: 5426 kms
De Ayoun el atrouss à Kubanni: 119 Kms, Total: 5545 km
De Kubanni à la Frontiere: 21 Kms, Total: 5566 kms

Puis:
Mali (1267 kms)
De la Frontiere à Diandoumé: 36 Kms, Total: 5602 kms
De Diandoumé à Diéma: 126 Kms, Total: 5728 kms
De Diéma à Torodo: 41 Kms, Total: 5769 kms
De Torodo à didieni: 110 Kms, Total: 5879 kms
De didieni à kolokani: 72 Kms, Total: 5951 kms
De kolokani à Bamako: 125 Kms, Total: 6076 kms
De Bamako à Tiema: 41 Kms, Total: 6117 kms
De Tiema à Tongole: 48 Kms, Total: 6165 kms
De Tongole à Fana: 38 Kms, Total: 6203 kms
De Fana à Konobougou: 27 Kms, Total: 6230 kms
De Konobougou à Ségou: 85 Kms, Total: 6315 kms
De Ségou à Zinzana: 38 Kms, Total: 6353 kms
De Zinzana à Bla: 41 Kms, Total: 6394 kms
De Bla à Fono: 46 Kms, Total: 6440 kms
De Fono à Diabougou: 37 Kms, Total: 6477 kms
De Diabougou à Karpele: 33 Kms, Total: 6510 kms
De Karpele à Konassédougou: 104 Kms, Total: 6614 kms
De Konassédougou à Somadougou: 60 Kms, Total: 6674 kms
De Somadougou à Ganido: 44 Kms, Total: 6718 kms
De Ganido à Bankass: 32 Kms, Total: 6750 kms
De Bankass à Koro: 52 Kms, Total: 6802 kms
De Koro à la Frontiere: 31 Kms, Total: 6833 kms
Burkina (780 kms)
De la Frontiere à Ouahigouya: 65 Kms, Total: 6898 kms
De Ouahigouya à Yako: 71 Kms, Total: 6969 kms
De Yako à Ouagadougou: 110 Kms, Total: 7079 kms
De Ouagadougou à Koupéla: 140 Kms, Total: 7219 kms
De Koupéla à Fada-Ngourma: 83 Kms, Total: 7302 kms
De Fada-Ngourma à Dalati: 94 Kms, Total: 7396 kms
De Dalati à Diapaga: 89 Kms, Total: 7485 kms
De Diapaga à Kompongou: 61 Kms, Total: 7546 kms
De Kompongou à la Frontiere: 17 Kms, Total: 7563 kms
Benin (121 kms) par le park W
De la Frontiere à Banikoara: 50 Kms, Total: 7613 kms
De Banikoara à Kandi: 71 Kms, Total: 7684 kms

Gulf Air pour Paris-Delhi? English translation pending
Namaskar à toutes et tous!!
Je suis revenue d' Assam il y a 4 jours et dois y repartir pour des raisons de "type humanitaire" fin février.
J' ai utilisé moults comparateurs de vols et repéré les prix imbattables de Gulf Air pour un "Paris Delhi".
J' ai lu des tas d' avis contradictoires et vous demande, malgré cela, de vous exprimer là dessus avec pour base
"Qui a voyagé de Paris à Delhi avec Gulf Air"?
Merci, bonne journée.
Susheela
Prix du trajet en bus de Ninh Binh à Hué? (Vietnam) English translation pending
Bonjour,
Je voudrais me rendre en bus a Hue depuis Ninh Binh, au Vietnam. La patronne de mon hotel me dit que la station de bus ne vend pas de ticket pour Hue, depuis Ninh Binh, qu'il faut acheter le ticket dans les hotels. J'ai peur que ce ne soit une ruse pour me vendre un ticket, alors si il QQ est plus au courant que moi, pourrait-il me renseigner...?🙂 Le prix qu'elle me propose est de 250000 Dongs, ca ne me parait pas exagere compte tenu du prix que j'avais paye depuis Dien Bien Phu pour Hanoi. Qu'en pensez-vous ? Merci Amitie
Je voudrais me rendre en bus a Hue depuis Ninh Binh, au Vietnam. La patronne de mon hotel me dit que la station de bus ne vend pas de ticket pour Hue, depuis Ninh Binh, qu'il faut acheter le ticket dans les hotels. J'ai peur que ce ne soit une ruse pour me vendre un ticket, alors si il QQ est plus au courant que moi, pourrait-il me renseigner...?🙂 Le prix qu'elle me propose est de 250000 Dongs, ca ne me parait pas exagere compte tenu du prix que j'avais paye depuis Dien Bien Phu pour Hanoi. Qu'en pensez-vous ? Merci Amitie
Arnaques aux visas à la sauvette en Mauritanie English translation pending
je lance cet appel à tous les voyageurs en directions de la mauritanie d'etre tres vigilans aux arnnaques installèes à la frontiere .mefiez vous des gens qui vous proposent des visas à la sauvette .nul ne peut vous delivrer un visa dans ce pouri desert .c'est devenu un marchè fructeu à cause de la suppression des visas à la frontiere merci
Traverser le Laos par voie terrestre de l'ouest à l'est? English translation pending
Bonjour,
J'aimerais passer de la Thaïlande au Vietnam en traversant le Laos par voie terrestre. Le guide Routard avance que d'emprunter la route 9 qui relie Savannakhet (frontière de la Thaïlande) à Dan Savan (frontière du Vietnam) est mauvaise et que le trajet (250 km; env. 10 h. en bus) est épuisant. Qu'en pensez-vous ? Connaissez vous un autre chemin encore plus court en temps? Existe-t-il un trajet en train afin de traverser le Laos de l'ouest à l'est?
Merci infiniment ! 🙂
Merci infiniment ! 🙂
Entrer à vélo au nord-ouest de la Mongolie par le sud de la Russie? English translation pending
bonjour tout le monde
j'aimaerai savoir si il est possible de rentrer en MONGOLIE depuis la route M52 en RUSSIE pour rejoindre le village de TASHANTA en RUSSIE, et de là rejoindre le village TSAGAANNUUR EN mongolie ?le tous en vélo bien sûr et avec des enfants à bas âges (4ans et 2 ans) au mois de mai!!
merçi pour vos renseignements
😉
Cyclocamping en Islande English translation pending
Salut a tous,
Peut être que parmi vous, certain était au courant que j'allais en Islande... Et bien figurer vous que j'y suis bien.
Je me présente, je m'appelle Subrise, le vélo de Germain. Il était temps qu'il me donne un nom, ça fait au moins 4 années que nous baroudons ensemble. Je suis content de ce nom. C'est presque comme sunrise, mais avec mon nom de modèle dedans. Ça doit être dans l'air du temps...Bref, c'est la première fois que je pars à l'étranger. Et pris l'avion part ailleurs. Enfin ce n’est pas trop tôt qu'il me sorte de la France. Il est vrai que nous faisons de superbes périples tout les 2, mais on reste en France. Alors que lui, je vois qu'il voyage autour du monde, mais jamais s'il m'emmène. En début d'année, lorsqu'il a pris son billet d'avion pour l'Islande, il était question qu'il parte seul. Mais voila, après mainte renseignements pris de droite et de gauche, il a qu'en même décidé de me prendre avec lui. Enfin maintenant nous y sommes, et je vais vous raconter.
Nous sommes arrivés en terre de glace mercredi dernier sur les coups de 2h du matin. Le soleil était couché mais il y avait encore de la luminosité. J'ai fais bon voyage, Germain à du qu'en même me mettre dans un carton pour prendre l'avion. Je suis arrivé entier. A l'aéroport, Germain à du remonter des éléments démonter pour le voyage. Ensuite nous avons fait quelques 2 km avec le vent de face pour monter la tente au milieu des champs. Le lendemain, ou plutôt quelques heures de sommeil plus tard, c'est parti pour l'aventure. Disons l'aventure bien ventilé; car nous avons fait 70 bornes avec le vent de face sur une route plutôt fréquentée. Moyenne 12 km/h... Heureusement que je le maintien en forme toute l'année ce guss. Enfin, une étape sans prétention, juste histoire de rejoindre Reykjavík, la capitale. Nous avons dormi dans un champ, près d’une rivière. Germain, après une journée sur la selle, déteste s'endormir transpirant. Alors coûte que coûte, il se baigne. Même si l'eau est froide...
Vendredi, c'est là que ça commence vraiment... l'aventure. Tout d'abord, il a fallu me charger un peu plus en alimentation. Nous partons pour 6 jours en toute autonomie, et ça, ça se prépare. Ensuite, par une météo plus ou moins clémente, nous sommes partis par la route 36. Premier arrêt, le parc national de þingvellir. Il faut savoir que l'Islande est géographiquement située entre la plaque tectonique nord américaine et la plaque européenne. Ce qui forme encore à ce jour des volcans et des fissures terrestres. Donc, ce parc est situé sur une des fissures et est en plus un important site historique islandais. Ensuite, en voulant couper la route 365 pour rejoindre Geysir, j'ai eu droit à mes premières sensations de VTT. Avant le départ, Germain a hésité entre moi et un VTT, car il savait que ça allait être sport. Mais notre complicité et notre fidélité sont plus fortes. Pour la nuit; c'est dingue, il arrive toujours à trouver un super endroit calme et près de l'eau (pas trop dur, nous sommes en Islande). Baignade dans de l'eau à 6 degrés.
En Islande, je généralise peut être, mais il pleut souvent la nuit, et le jour, c'est plutôt du beau ou une pluie plus fine. Et en ce moment, nous avons le droit à de la lumière en plus. Et oui, il fait jour pendant 20 heures sur 24.
Samedi, nous sommes partis vers Geysir; un lieu où la Terre est en ébullition. Effectivement, c'est ici que ce trouve le geyser Strokkur qui propulse son eau soufrée a plus de 35m de hauteur. Un endroit qui bouillonne, on peut le dire.
Ensuite direction Gullfoss, une chute d'eau vraiment impressionnante. Et puis, c'est à ce moment que nous disons salut les gens, bonjour la nature. Par la route F35, nous accédons au no man's land. Petit hic, la route est barrée à 25km. Germain réfléchit en pédalant, on verra bien.... La route est encore bitumée pendant quelques kilomètres.
Un vent, tantôt de face, tantôt de profil, commence à se lever. Il forcit à chaque coup de pédale. Le bitume laisse place à la piste. Le vent est maintenant à son apogée, il frôle les 60km/h en rafale. Cette fois nous l'avons sur le coté, et nous peinons vraiment. Parfois, Germain descend de la selle pour me pousser, en essayant de garder l'équilibre. La montée est raide, la pluie s'abat sur nous, la piste est difficilement praticable, et le vent est toujours aussi puissant. A plusieurs reprises, nous manquons de nous coucher sur le coté.
En Islande, pas de nom de col, cependant, je peux dire que nous en avons franchi un, et pas des moindre. Au terme des 25km, une barrière bloque de nouveau la piste et le vent est toujours aussi redoutable. Germain décide de la franchir, en espérant que l'on pourra quand même continuer. Nous redescendons l'autre coté du col, notre vitesse est de 12km/h en pleine descente..... En arrivant au lac d'Hvitarvatn, un pont doit nous faire traverser sur l'autre rive. Ouf, il est bien ici, c'est ce que l'on redoutait à voir que notre route était barrée. Maintenant, il nous reste à trouver un emplacement pour dormir un peu à l'abri du vent. Pas facile dans ce désert de pierres. Germain arrive tant bien que mal à monter la tente, puis à s'endormir avec des boules quies. Tant pis pour la douche, de toute façon il n'y a pas d'eau, il a déjà du faire fondre de la neige pour manger...
Dimanche, pas de vent, même du soleil. Paysages de toute beauté, la piste passe entre 2 glaciers, dans un désert de pierres, avec quelques lacs parsemés. La journée est merveilleuse pour ses yeux, mais moi, j'en prends plein les jantes. Sur cette piste rocailleuse, Germain fonce à toute vitesse dans les descentes. En tout cas on s'éclate. Il doit toujours passer d'un coté et d'autre de la piste pour avoir le meilleur rendement, sinon on s'enfonce. Par le poids des affaires, c'est très souvent que je chasse du cul, ou même que l'on manque de s'en mettre une...
Pas un véhicule n'emprunte la piste, la route est barrée. Juste nous et la NATURE. Quelques oies et cygnes sauvages, prennent leur envolent. Le soir, nous avons trouvés des sources d'eaux chaudes pour prendre le bain, et laver quelques affaires. Et me laver moi aussi, car aujourd'hui, nous sommes passés dans la neige et la boue. Je pense que c'est pour cela que la route a été barrée, c'est pour éviter que des touristes en 4x4 ne s'enlisent et fassent appel aux secours.
La nuit, de dimanche à lundi, je me suis dis qu'il allait se passer quelque chose d'anormale....
Ça n'a pas manqué; à vouloir tout ingurgiter, Germain a vomit toute la nuit. Il a préparé son dîner avec de l'eau venant des entrailles de la Terre. Alors lundi, malade comme un chien, il est resté dans sa tente toute la journée. Pas une grande perte, de toute façon il a plu toute la journée.
Le mardi, avec une journée fort ensoleillée, nous avons repris la piste. Il n'était pas dans son meilleur état de santé, pas d'appétit, rien mangé depuis 36h, mais nous avançons tout de même. Nous avons parcouru 70km, encore dans un no man's land. Pour la dernière journée. Les paysages sont magnifiques.
Mercredi, la douceur du lac et les doux rayons du soleil nous tire du sommeil. Il fait un temps radieux. Les oies sauvages font leurs numéros au-dessus de la tente. Germain a retrouve un semblant de forme. Il ne mange pas grand chose, de toute façon la nourriture pour camping, ce n'est pas très gastronomique.
Les 20 derniers kilomètres se font sur la piste, puis nous rejoignons la grande route. Nous avons jamais eu aussi chaud du voyage, 17 degrés au meilleur de la journée. Mais des écarts de températures de plus de 5 degrés d'une heure à l'autre ne sont surprenants. L'Islande nous dévoile son visage de col en col, et de vallée en vallée. Pratiquement à chaque coup de pédale une merveille nous vient aux yeux.
Nous arrivons à Akureyri en fin de journée, pour dormir dans un camping cette fois-ci. La douche sera toute de même froide.
Jeudi, repos, Germain goûtera les célèbres sandwiches d'Islande.
En ce qui concerne les hot-dogs ainsi que les fast-food, il faut avoir le ventre bien accroche, ou être américain....
Vendredi, nous avons fait de l'auto-stop pour aller à Husavik. Pour ceux qui penserais que c'est du n'importe quoi, et que ça ne marcherait pas, et bien ils se trompent... Pour effectuer 90km, il est vrai que nous nous sommes pris à 2 fois. Mais ça n'a pas été très difficile. Beaucoup d'islandais (parlant anglais et d'autres pas), se sont arrêtés, même ceux qui avaient une petite voiture. Dans ce cas, ils repartaient. Il y en a même qui s'arrêtaient pour savoir si tout allait bien!!!. (Mais pas de place dans la voiture). Si bien que j'ai été mis dans le coffre d'un pick-up pour la première fois, puis dans une remorque la deuxième fois. Plus froid dans la remorque. La deuxième personne à nous avoir pris a même fait un détour pour nous poser.... Que du bon à prendre et à apprendre des islandais.
Samedi, il s'est enfin servi de moi. Je commençais à avoir des fourmis aux pédales. Nous sommes allés vers les falaises de Tjornes, ou de multiples oiseaux nichent. C'était une magnifique journée, ça fait quelques jours maintenant qu’aucun nuage ne peuple le ciel.
Dimanche, retour aux vraies affaires. Pour nous rendre sur la plus haute chute d'eau d'Europe, il a fallu que nous empruntions la piste. Cette chute se trouve entre le troisième plus grand glacier du monde (Vatnajökull), et l'océan arctique. De nouveaux des cailloux, du sable, pour le bonheur de mes jantes. Germain a vraiment prit de l'assurance dans son pilotage, et il va a fond. Il roulait comme s'il voulait rendre toute la puissance de ses jambes pour éviter de s'embourber.
Premier arrêt, Vesturdalar. Un site parsemé de sentiers, où l'on peut observer les vestiges de volcans, laissant des formes originales de formation basaltique. Ensuite, direction Dettifoss, la fameuse chute d'eau. Pour y accéder, la piste avait encore de plus grosses pierres que d'habitude, et je pense qu'il a du voiler mes jantes ce fou..... Enfin arrivé là-bas, nous étions content, ça valait bien le coup.
Lundi, ce matin la, un vent oriente plein Est soufflait a 110km/h. Il nous restait que 25km à faire sur la piste, en direction du Sud. Couché sur le coté, mais en avançant à bonne vitesse tout de même, Germain s'est fait plaisir. Il a quand même bien mangé du sable tout le long du parcours. Et moi aussi. Il disait que même dans le désert marocain il n'avait connu cela!!. Il fallait me piloter sur le coté gauche de la piste, sinon parfois, j'allais me manger des pierres de l'autre coté, tellement le vent était puissant.
En arrivant sur la route, quel bonheur de se faire pousser par le vent; mais pas pour longtemps, car nous avons obliqué contre le vent pour nous rendre à Krafla. (7 km/h et penche de 20° sur le coté). Krafla c'est concrètement: des cratères, des fissures, des piscines sulfurées multi couleurs, des fumées provenant de la Terre, ainsi que des dépôts de lave. Un site riche en couleurs. Pour finir la journée, une courte distance dans le sens du vent pour nous rendre au camping. Germain est heureux, il va prendre pour la première fois du périple une douche chaude. Chaude par la géothermie....
Mardi, nous sommes vers le lac Myvatn. Ce site est très connu des islandais et des touristes pour ces endroits reposants. Tout le monde y trouve son compte. Tu aimes marcher, pêcher le saumon, observer les oiseaux et les canards, faire du vélo, se relaxer dans les bains chauds, étudier les volcans.... Il y a temps de choses à voir et à faire. Pour cela, nous restons la journée.
Mercredi, les sommets environnants sont soupoudrés de blanche neige. Germain me troc contre ses jambes. Il a décidé la visite d'un ancien cratère de volcans. Au sommet, il y avait une tempête de neige, mais ça ne l’a pas gêné pour prendre des photos.
Ensuite après une énième douche, nous avons fait de nouveau de l'auto stop. 180km. Nous avons été pris par un colombien, qui a fait un détour de 240km pour nous déposer... Que du bonheur.
Jeudi, pour un jour d'anniversaire, j'aurais bien voulu avoir un bon gâteau, mais se sera de la pluie toute la journée.
Moi, heureusement que je ne suis pas de constitution humaine ou animale. Sinon je me serais bien caillé les miches. Cette nuit, il devait faire 2°c. La neige est tombée un peu sur moi, puis c'est la pluie qui a prit le relais. Germain lui, pas de souci pour dormir. Vous savez, ce mec là, c'est incroyable comme il peut bien dormir, et n'importe où en plus. Il m'a avoué que c'était ça meilleure nuit passée en Islande. Même pas gesticule une seule fois. Aujourd'hui, il serait bien resté sous la tente à bouquiner, se reposer. Oui mais voilà, maintenant les jours nous sont comptés, on a pas fait de l'auto-stop pour rien... Circuler s'il vous plaît, y a pleins de choses à voir.
Nous sommes maintenant sur la côte Est de l'île. Les paysages ont changés de tout au tout. Auparavant c'était des déserts de pierres, de lave, tout cela mêlé avec du sable. Maintenant se sont des cimes enneigées d'environ 1000m d'altitude. Des montagnes en escaliers, des cascades d'eaux sur tous les versants, des aiguilles, des fjords, la côte déchiquetée par les vagues et les tempêtes. Quelques petits villages subsistent, mais pas beaucoup d'âmes y vivent.
Donc c'est un temps de merde aujourd´hui. Germain en a bien chier. Il faisait 5°c, de la grosse pluie, et environ 40 km/h de vent.
Heureusement qu'il est de bonne constitution (merci papa, maman), une bonne circulation sanguine et de bons muscles. C'était la première fois de sa vie qu'une pluie si glaciale lui pénétrait jusqu'à l'os. Il se disait: "ce soir je dors à l'hôtel".
Finalement, nous avons trouvé un camping en accès libre avec des toilettes chauffés. Youpi, on va pouvoir faire sécher ses habits pendant la nuit. Mais pas de douche. A la dure...
Au final nous avons parcouru 120km. Ne sachant pas la météo du lendemain, il fallait mettre un bon coup. En ce qui me concerne, je montrais des signes de fatigue. Mon dérailleur arrière avait du mal à passer les vitesses. Il faut dire que depuis le début, Germain n'arrête pas de me solliciter. Et ça monte, ça descend, du vent, plus de vent, du sable, des cailloux, faut relancer... Ça me donne le tournis rien que d'en parler. Enfin, ça tiendra bien jusqu'à la fin du périple.
Je ne vous ai pas encore parlé d'oiseaux. Ici pleins d'oiseaux cohabitent. Il y en a un en particulier qui a attire notre attention. Je crois que c'est un stelkur. Dès que tu passes vers lui, il se met à chanter et t'ouvrir la route sur plusieurs mètres. Dès que tu t'arrêtes, il s'arrête aussi, et ne cesse de chanter. Ils sont souvent en couple, et Germain pense que c'est pour nous encourager. Ces oiseaux peuplent toute l'île.
Il y aussi les moutons. Je n'ai jamais vu autant de moutons de ma vie. Partout ou presque, tu vois des moutons. Je crois qu'ils doivent être 10 000 fois supérieur par rapport au nombre d'habitants de l'île. Ça m'inquiète un peu, car Germain commence à parler mouton. Heureusement qu'il nous reste que quelques jours de vacances ici, sinon ça pourrait bien être sa seconde langue.
Ce vendredi, le soleil était généreux. Germain avait ses affaires toutes sèches le matin. Nous sommes partis dans la joie et la bonne humeur. Il y avait pas mal de vent, mais de toute façon il faut s'y faire, nous sommes en Islande. Nous avons roulé dans les fjords. Vous savez ces bras de mer qui rentre dans la terre. Comme on en fait le tour, d'un coté on a le vent de face, et de l'autre dans le dos. En plus de cela, se sont de vraies montagnes russes ces routes. Après avoir roulé 70 km, Germain était vide. Je le sentais à son coup de pédale. Suite à une halte, mangé sucré, nous sommes repartis pour 55 de plus. Je ne sais pas ou il met toutes ses réserves d'énergies, mais il en a.
Nous avons dormi dans une réserve naturelle. (Lon). En face de la tente, des cygnes, des canards, des oies sont dans le lac, une rivière nous borde et nous sommes exposés plein sud. Le rêve.
Samedi, fût une belle journée. Nous avons fais le tour du delta de Lon. Les paysages sont vraiment somptueux. L'océan, les pâturages, les montagnes lunaire. Après quelques kilomètres, nous sommes arrivés au pied du glacier Vatnajökull. Je vous en avais déjà parlé, c'est le 3eme glacier du monde par sa superficie. Pour finir le périple, la route principale sera coincée entre ce glacier et l'océan. Ça risque d'être de toute beauté.....
Dimanche, la journée a commencée très tôt pour moi. Germain s’est réveillé vers 4h du matin, et nous sommes partis vers 6h. Nous avons fait de très beaux clichés d’oiseaux ainsi que d’une fouine. C’est dingue comme la nature se laisse mieux observer tôt le matin. Nous avons roulez au pied du glacier Vatnajökull, où une multitude de langues glacières plongent dans l’océan Atlantique. Germain c’est souvent fait attaquer par des sternes polaires. Nous sommes en pleine saison de reproduction, et dès que l’on passe un peu trop près de leurs nids, même sur la route, elles s’attaquent à tout étranger. Nous nous serions crus dans le film d’Hitchcock. Enfin, il est préférable de vivre cela, que de trouver morts, par dizaine, des oiseaux des réserves naturelles. A qui la faute ? Aux humains avec leurs véhicules.
A mi- parcours, nous nous sommes arrêtés à Jokulsarlon. Un endroit magique, où l’on peut observer des icebergs, des phoques, une multitude d’oiseaux. Une première expérience des régions polaires.
Ensuite nous avons repris la route, et par endroit, je vous le jure, nous nous serions cru sur l’île de la Réunion. Avec les même formes montagneuses, la même verdure mais pas la même végétation bien sûr, et à la place des ravines, des langues glacières…. A vrai dire, on se demandait si nous n’étions pas dans un rêve. Mais l’Islande est un rêve.
C’était la dernière journée de travail pour moi, et nous avons roulé 135km cette journée.
Lundi, Germain est parti en montagne avec des connaissances faites lors du voyage. Il a marché environ 8h entre deux langues glacières. En toile de fond, le point culminant de l’Islande, (Hvannadalshnukur 2119m). Ballade de toute beauté.
Mardi, journée de bus pour rentrer à Reykjavik.
Mercredi, retour vers le continent Européen. Départ 12H, arrivé à Thonon le jeudi à 4h du matin.
Le mot de la fin,
Pour moi Subrise, je suis vraiment heureux d’avoir connu cette île, son climat, ces magnifiques paysages, les locaux. Je suis prêt pour repartir dès que Germain le souhaitera, en France ou ailleurs. Je laisse place aux commentaires de Germain.
Pour moi, se fût une vraie belle aventure. Une expérience aussi bien humaine, matérielle que spirituelle.
Humaine ; je remercie mon corps d’avoir pu réaliser ce périple de 1100km en vélo. Je remercie aussi les islandais pour leur chaleureux accueil, ainsi que les personnes qui m’ont aidé pour me déplacer gratuitement. La gentillesse de personnes rencontrées tout au long du périple.
Matérielle ; sans vouloir être matérialiste, le matériel que j’ai emporté a été robuste et fiable à toutes épreuves. Sans lui, je n’aurais pas vécu le voyage de la même façon, peut être aurais-je eu froid, mouillé, et que sais-je encore. D’ailleurs il me semble que j’ai atteint une certaine perfection dans le choix du matos à emmener. Je crois avoir pris un short de trop (peut être un peu optimiste sur la météo), mais tout le reste me fût utile. Sans poids superflu.
Spirituelle ; je remercie Dame Nature qui a créée toute cette nature qui m’a émerveillé. Mes méditations qui ont su me guider sur ce chemin. Omraam et ses livres.
Je vous remercie à toutes et à tous pour votre soutien moral par la pensée et vos courriels.
Je remercie Subrise pour son courage et son dévouement.
Merci à tous de m’avoir lu et suivi dans ce périple.
Marchés de Noël et fêtes de Noël en Alsace English translation pending
Bonjour,
l'envie nous tente de passer Noel avec nos 3 enfants en ALSACE, et de visiter ses marchés de Noel ; nous pensons loger à Obernai et de là sillonner vers Strasbourg, Ricquewihr, Colmar... Avez vous des idées sur le sujet ?
De plus, je me dis que ce serait aussi sympa de passer 1 ou 2 jours au bord de l'Allemagne ; Est ce envisageable au niveau de la distance si nous partons de Obernai ? Fait il vraiment si froid à cette période ? Ya t il quand même de quoi visiter en journée, tout en étant au chaud ...
Nous sommes partis en Alsace il y a quelques années mais en été, et c'était superbe!!!
En espérant avoir vos avis et peut être quelques idées sur le sujet
Merci
MARIE
Improvisation Nomade (9) Pakistan English translation pending
Mauvais présage
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Semporna à Bornéo: hôtel, snorkeling sans agence? English translation pending
bonjour
nous sommes deux couples et nous voudrions aller a semporna mais nous navons rien reserver ...
est ce que c possible de se prendre un hotel si on en trouve un et dacceder au iles pour faire du snorkeling mais sans agence
est ce quon peut juste faire des aller retour sur les iles... qui pourrais maider / est ce que la plage de semporna se prete au snorkeling?
ou pourrions nous aller pour finir notre voyage par de la plage ?
notre vol est a kl le 3aout
merci par avance
Recherche bar / snack en location gérance au Cameroun English translation pending
Français, bientôt marié à une camerounaise, je cherche sur Douala ou kribi une gérance de bar ou achat d’un fonds de commerce ou toutes autres propositions. Un local bien situé (endroit fréquenté) m’intéresse également pour créer un bar « tout public » avec, éventuellement, possibilité de restauration rapide sur place (snack).
J’ai 38 ans, avec une expérience de 7 ans en Afrique dont 3 au Cameroun. Après avoir géré un hôtel à Kribi pendant quelques mois, j’ai travaillé pour une firme internationale de TP. Je suis de retour en France depuis 5 mois pour cause d’accident du travail et je souhaite repartir au Cameroun, non pas dans l'esprit de faire fortune, simplement vivre avec ma future femme, créer une famille et vivre décemment.
J’ai un apport personnel de 4 millions de Fcfa (6 000 euros). Je sais que cela peut être amplement suffisant pour payer la caution d’une affaire style bar puisque pour l’hôtel (11 chambres) que j’avais géré à Kribi, j’en avais pour 6, 5 millions de Fcfa (10 000 euros) + 20 % du bénéfice mensuel à reverser au propriétaire et que j’ai loupé en juin dernier une reprise de bar dans le quartier de Bonamoussadi où la caution demandée était de 2, 8 millions de Fcfa.
Je cherche cette affaire pour fin novembre (date de mon retour) ou pour le tout début 2010. Je fais donc appel à vos connaissances et à vos pistes. Merci par avance.
J’ai déjà mon titre de séjour et ma carte consulaire.
Annonce sérieuse. « Fay-Man » s’abstenir !
Cordialement.
J’ai 38 ans, avec une expérience de 7 ans en Afrique dont 3 au Cameroun. Après avoir géré un hôtel à Kribi pendant quelques mois, j’ai travaillé pour une firme internationale de TP. Je suis de retour en France depuis 5 mois pour cause d’accident du travail et je souhaite repartir au Cameroun, non pas dans l'esprit de faire fortune, simplement vivre avec ma future femme, créer une famille et vivre décemment.
J’ai un apport personnel de 4 millions de Fcfa (6 000 euros). Je sais que cela peut être amplement suffisant pour payer la caution d’une affaire style bar puisque pour l’hôtel (11 chambres) que j’avais géré à Kribi, j’en avais pour 6, 5 millions de Fcfa (10 000 euros) + 20 % du bénéfice mensuel à reverser au propriétaire et que j’ai loupé en juin dernier une reprise de bar dans le quartier de Bonamoussadi où la caution demandée était de 2, 8 millions de Fcfa.
Je cherche cette affaire pour fin novembre (date de mon retour) ou pour le tout début 2010. Je fais donc appel à vos connaissances et à vos pistes. Merci par avance.
J’ai déjà mon titre de séjour et ma carte consulaire.
Annonce sérieuse. « Fay-Man » s’abstenir !
Cordialement.
Choix d'un 4x4 pour faire le trajet France - Mali - Burkina Faso? English translation pending
salut
on souhaite partir en 4x4 de france jusqu'au burkina , a partir de nov, pr 3 mois. on cherche un 4x4, mais l'hesiation est grande. le budget est d'environ 5 000 euros , c pas lourd, mais bon 2 choix semblent prendre le dessus : toyota , ou land rover defender ? quel model precisement ? et pourquoi diesel ou essence pr ce voyage ? sachant que je suis une buse en meca, quel est le plus fiable, et facile a faire reparer ? est il facile de revendre un 4x4, ds quelle gamme de prix, c pas le but du voyage, mais ca peut etre une eventualité, car nous continuons notre periple 3 mois en US latine, et on traverserait peut etre en bateau depuis le cap vert/senegal ?
une tente de toit, ou une tente de camping toute simple ???
merci pr vos reponses
bons vents et bonne route seb
on souhaite partir en 4x4 de france jusqu'au burkina , a partir de nov, pr 3 mois. on cherche un 4x4, mais l'hesiation est grande. le budget est d'environ 5 000 euros , c pas lourd, mais bon 2 choix semblent prendre le dessus : toyota , ou land rover defender ? quel model precisement ? et pourquoi diesel ou essence pr ce voyage ? sachant que je suis une buse en meca, quel est le plus fiable, et facile a faire reparer ? est il facile de revendre un 4x4, ds quelle gamme de prix, c pas le but du voyage, mais ca peut etre une eventualité, car nous continuons notre periple 3 mois en US latine, et on traverserait peut etre en bateau depuis le cap vert/senegal ?
une tente de toit, ou une tente de camping toute simple ???
merci pr vos reponses
bons vents et bonne route seb
Achat de voiture en Afrique du Sud pour rouler jusqu'au Burkina Faso English translation pending
bonjour
actuellement en voyage en nouvelle zelande, nous souhaitons, avec ma copine, passer par l'Afrique avant de retourner en France. Nous pensons atterrir en Af du suf le 1er janvier prochain pour ensuite être au Burkina Faso le 15 février, et ainsi retrouver une asso humanitaire dont on fait parti, qui sera en pleine mission ds un orphelinat ( ns sommes déjà allé au Bénin, Madagascar, Tanzanie ac cette asso ) Ce laps de tps étant limité, nous pensons acheter une voiture fiable (jeep, 4x4) pour traverser l'Afrique par la côte Est en passant par la Namibie, l'Angola, le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Nigeria et enfin, le Benin.
Voici mes questions:
- Est ce facile d'acheter une voiture fiable et pas trop chère en af du sud ? ( en nouvelle zelande, ça l'est !!!! ) - Est ce dangereux de traverser l'Afrique par la côte Est étant donné l'actualité de certains pays ( Congo par ex ) ? - Est ce réaliste de programmer une si longue traversée en seulement un mois et demi ?
J'ai bcp d'autres questions, mais je me limite à celles-ci pour le moment. J'espère que ceux qui lisent ce message pourront m'apporter leur aide par leurs conseils, point de vue et expérience.
Merci bien, Salutations
actuellement en voyage en nouvelle zelande, nous souhaitons, avec ma copine, passer par l'Afrique avant de retourner en France. Nous pensons atterrir en Af du suf le 1er janvier prochain pour ensuite être au Burkina Faso le 15 février, et ainsi retrouver une asso humanitaire dont on fait parti, qui sera en pleine mission ds un orphelinat ( ns sommes déjà allé au Bénin, Madagascar, Tanzanie ac cette asso ) Ce laps de tps étant limité, nous pensons acheter une voiture fiable (jeep, 4x4) pour traverser l'Afrique par la côte Est en passant par la Namibie, l'Angola, le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Nigeria et enfin, le Benin.
Voici mes questions:
- Est ce facile d'acheter une voiture fiable et pas trop chère en af du sud ? ( en nouvelle zelande, ça l'est !!!! ) - Est ce dangereux de traverser l'Afrique par la côte Est étant donné l'actualité de certains pays ( Congo par ex ) ? - Est ce réaliste de programmer une si longue traversée en seulement un mois et demi ?
J'ai bcp d'autres questions, mais je me limite à celles-ci pour le moment. J'espère que ceux qui lisent ce message pourront m'apporter leur aide par leurs conseils, point de vue et expérience.
Merci bien, Salutations
Séjour en Israël avec un détour vers Petra English translation pending
Nous partons cet été en Israel et envisageons de faire un détour par Petra. Nous souhaitons louer une voiture sur place pour nos déplacements.
Savez vous s'il est possible de passer la frontiere à Eilat pour Petra avec une voiture personnelle ? plutôt que de prendre les taxis ?
Egalement nous envisageons de fire le parcours Jerusalem - Massada au petit matin, puis Massada Petra. Apparemment les distance sont faisable dans la journée, et resterions 2 jours à Petra. Nous reviendrions via Eilat pour remonter sur la mer Morte. Avez vous un conseil pour une nuit au bord de la mer Morte ? Quram vaut il le détour ? Nous poursuivrons notre parcours vers Tiberias, puis Nazareth Acre et Finir en villégiature à Tel Aviv, ou plutôt Jaffa.
Tout vos conseils astuces, adresse de bon hôtel pas cher seront les bienvenus. Nous partons le 25 juillet pour 15 jours....
Egalement nous envisageons de fire le parcours Jerusalem - Massada au petit matin, puis Massada Petra. Apparemment les distance sont faisable dans la journée, et resterions 2 jours à Petra. Nous reviendrions via Eilat pour remonter sur la mer Morte. Avez vous un conseil pour une nuit au bord de la mer Morte ? Quram vaut il le détour ? Nous poursuivrons notre parcours vers Tiberias, puis Nazareth Acre et Finir en villégiature à Tel Aviv, ou plutôt Jaffa.
Tout vos conseils astuces, adresse de bon hôtel pas cher seront les bienvenus. Nous partons le 25 juillet pour 15 jours....
Trekking dans la forêt vietnamienne English translation pending
Bonjour à tous,
J'aimerai faire un trekking dans la forêt vietnamienne avec un ami durant le mois de septembre. On est tout les deux très motivé pour que ce soit le plus hard possible réservant un maximum de surprises.
Notre but est de parcourir un maximum de kilomètre à travers la forêt et en passant par des endroits où l'homme est peut présent voir absent.
Vous vous dites sûrement: "Ils sont fous ces types là". Je reconnais que ce serra pas évident, mais mon amis et moi avons déjà fait un trekking en écosse au court duquel aussi bien le mental que le physique ont été mal mené et nous avons adoré.
Nous voulons recommencer mais cette fois-ci encore plus dure et surtout plus longtemps.
Connaissez-vous une personne ou toute autre source d'information qui pourrait nous aider dans notre préparation de voyage?
Merci
J'aimerai faire un trekking dans la forêt vietnamienne avec un ami durant le mois de septembre. On est tout les deux très motivé pour que ce soit le plus hard possible réservant un maximum de surprises.
Notre but est de parcourir un maximum de kilomètre à travers la forêt et en passant par des endroits où l'homme est peut présent voir absent.
Vous vous dites sûrement: "Ils sont fous ces types là". Je reconnais que ce serra pas évident, mais mon amis et moi avons déjà fait un trekking en écosse au court duquel aussi bien le mental que le physique ont été mal mené et nous avons adoré.
Nous voulons recommencer mais cette fois-ci encore plus dure et surtout plus longtemps.
Connaissez-vous une personne ou toute autre source d'information qui pourrait nous aider dans notre préparation de voyage?
Merci
Ouagadougou-Maroc, hôtels, transports English translation pending
bonjour a tous j adore les voyages donc je suis toujours en voyage 😉
cette fois je doit partir de ouaga pour le maroc fin juin au faite je doit rencontre un ami qui vien de l autre sens cest a dire de toulouse au maroc par la route donc nous avons pour rendevez vous au maroc jai preferer partir de ouaga au maroc par la route avec un visas marocain pris a l ambassade du maroc a ouaga je fonce au mali et du mali je compte prendre le visas mauritanien vu qu il nont pas dambassade au bf
et si tou vas bien je serai au maroc 🙂
mais le probleme ou au maroc je doit rencontre mon pote c est a dire quel est le port
ou dans quel ville du maroc je doit etre pour le rdv agadir? casa?????😠
vu que mon pote aussi cest quil doit traverse depius l espagne pour le maroc il est a sa premiere experience aussi
donc du cote du maroc si il ya des persone qui peuve m aider pouvant me dire dans quelle ville il ya le port quel sont les hotel moin cher et depius la frontiere mauritanien et marocaine quel est le moyen de transport fiable
merci davance a tous ceux qui voudront bien me repondre😏
je presise mon pote arrive avec sa voiture et nous retournous avec la voiture jusqu a ouaga
Nourriture dans un bagage en soute pour Cuba? English translation pending
Bonjour, je prends l'avion(Cuba).Je peux apporter des fruits dans le babage à main et les manger avant de passer aux douanes .Mais dans la sout à bagages, est-ce permis de passer aux douanes avec ou dois-je ouvrir la valise et les manger? 🤪
Bonne journée, bonne lecture!
Bonne journée, bonne lecture!
Passage de frontière Vietnam-Cambodge près de Ban Lung (O Yadaw, Le Tanh) English translation pending
Bonjour,
je souhaite bientôt passer du Vietnam au Cambodge. J'ai vu qu'il y a avait un nouveau point de passage entre Le Tanh (Vietnam) et O Yadam (Cambodge), près de Ban Lung (et Bokheo) au Cambodge.
1. Certains peuvent-ils me confirmer qu'il fonctionne bien pour les touristes?
2. J'imagine qu'on ne peut pas faire son visa cambodgien sur place ?
3. Pas de restrictions particulières?
Merci à vous tous,
Francois
1. Certains peuvent-ils me confirmer qu'il fonctionne bien pour les touristes?
2. J'imagine qu'on ne peut pas faire son visa cambodgien sur place ?
3. Pas de restrictions particulières?
Merci à vous tous,
Francois
Tour en Mauritanie depuis le Maroc: risques et visa? English translation pending
bonjour nous souhaitons partir au maroc puis alle faire un tour en mauritanie.
dc y a t il besoin d'un visa? ensuite y a t il des risques, dangers, pour y aller? ( en mauritanie) avez vous un trajet sympa pr atteindre la maurtanie?
merci
dc y a t il besoin d'un visa? ensuite y a t il des risques, dangers, pour y aller? ( en mauritanie) avez vous un trajet sympa pr atteindre la maurtanie?
merci
Obtention du visa d'entrée par la frontière Maroc-Mauritanie: du nouveau English translation pending
Bonne nouvelle, lue sur un autre forum, et émanant d'une personne de confiance (Artouro, pour ceux qui connaissent):
A compter du 2 avril 2009 , le visa d'entrée en Mauritanie que l'on peut obtenir au PF de NDB est de nouveau pour UN mois /une entrée/20 €
Pourvu que ça dure !!
A compter du 2 avril 2009 , le visa d'entrée en Mauritanie que l'on peut obtenir au PF de NDB est de nouveau pour UN mois /une entrée/20 €
Pourvu que ça dure !!
De Casablanca à Niamey (Niger): moyens de transports terrestres pour une fille seule? English translation pending
Bonjour,
Je pars en juin vers le Niger via le Maroc et je serai à pieds, je cherche donc les moyens de transports terrestres les plus fiables (pour une fille seule) et meilleur marché pour effectuer ce trajet seule.
Merci de votre aide
Welcome, un film de Philippe Lioret English translation pending
L'autre jour, je me demandais, en passant sous le fronton du palais de justice, quelle valeur pouvaient bien avoir les mots sensés représenter les fondements de la République française: liberté-égalité-fraternité- sans un quatrième ingrédient: l'amour? Réflexion faite, pas une grande valeur, si l'on regarde ce qu'il en est advenu de ce package dont se prévaut l'Etat français, comme un héritage moral sur lequel on peut compter... et s'endormir.
C'est ce que nous renvoie en pleine face le film de Philippe Lioret. Nous sommes engourdis. Sinon trouillards, mesquins, et, et et.?.. la liste peut continuer.
Avec mille raisons de fermer les yeux ...
Egoïstes, ça on le savait déjà. Mais barricadés à ce point-là?!
On a peur de quoi? Que les afghans viennent nous piquer notre camembert?
Qu'un africain meilleur que notre fils en sport, rafle les médailles à sa place?
Qu'un réfugié kurde achète avant nous le dernier paquet de bonbons en rayon au supermarché?
J'ai honte. Tant de notre politique face à l'immigration, que d'avoir ignoré jusqu'ici -et c'est ce que montre en partie le film- avec quels moyens le pays où je vis, -et vote- accueille les étrangers. Ou plutôt, avec quelle diligence il ne les accueille pas.
J'avais été touchée par le film "The visitor". Celui-ci m'a fait bondir, serrer les poings, et pleurer. Oui, pleurer abondamment. Pas simplement parce que l'histoire est tragique, pas simplement parce que les acteurs m'ont ému (Vincent Lindon est tout à fait convainquant, Audrey Dana -que personnellement j'aurais aîmé voir davantage-est émouvante à chacune de ses apparitions... et surtout, le jeune Firat Ayverdi (Bilal), qui campe magnifiquement le véritable héros de l'histoire, avec son entêtement poignant et sa candeur éraflée, en évitant au personnage de ressembler à une caricature, ou encore Derya Ayverdi(Mina), dans un rôle mineur mais qui étoffe la profondeur du propos et y insuffle encore un peu plus d'intensité )
C'est un film sur l'immigration, mais pas seulement...C'est un film sur nous, les citoyens, sur la façon dont nous contribuons quotidiennmement, dans nos actes, à la vie sociale du pays. Sur la perte des valeurs de notre société, où la liberté, l'égalité et la fraternité sont réduits à une peau de chagrin, accrochée en trophée au mur des mairies, comme une peau de lion au musée de la chasse...
Ce film est un appel à la conscience... et au delà, à la sauvegarde de notre nation comme terre d'accueil.
Allez le voir! Parlez-en autour de vous! Envoyez-y vos enfants (car c'est eux qui feront ou subiront la République de demain) . De nombreuses projections scolaires sont prévues en France d'ici la sortie du film sur les écrans le 11 mars. Encouragez vos élèves à y assister!
Marine
J'ai honte. Tant de notre politique face à l'immigration, que d'avoir ignoré jusqu'ici -et c'est ce que montre en partie le film- avec quels moyens le pays où je vis, -et vote- accueille les étrangers. Ou plutôt, avec quelle diligence il ne les accueille pas.
J'avais été touchée par le film "The visitor". Celui-ci m'a fait bondir, serrer les poings, et pleurer. Oui, pleurer abondamment. Pas simplement parce que l'histoire est tragique, pas simplement parce que les acteurs m'ont ému (Vincent Lindon est tout à fait convainquant, Audrey Dana -que personnellement j'aurais aîmé voir davantage-est émouvante à chacune de ses apparitions... et surtout, le jeune Firat Ayverdi (Bilal), qui campe magnifiquement le véritable héros de l'histoire, avec son entêtement poignant et sa candeur éraflée, en évitant au personnage de ressembler à une caricature, ou encore Derya Ayverdi(Mina), dans un rôle mineur mais qui étoffe la profondeur du propos et y insuffle encore un peu plus d'intensité )
C'est un film sur l'immigration, mais pas seulement...C'est un film sur nous, les citoyens, sur la façon dont nous contribuons quotidiennmement, dans nos actes, à la vie sociale du pays. Sur la perte des valeurs de notre société, où la liberté, l'égalité et la fraternité sont réduits à une peau de chagrin, accrochée en trophée au mur des mairies, comme une peau de lion au musée de la chasse...
Ce film est un appel à la conscience... et au delà, à la sauvegarde de notre nation comme terre d'accueil.
Allez le voir! Parlez-en autour de vous! Envoyez-y vos enfants (car c'est eux qui feront ou subiront la République de demain) . De nombreuses projections scolaires sont prévues en France d'ici la sortie du film sur les écrans le 11 mars. Encouragez vos élèves à y assister!
Marine
Carnet de passage en douane pour la Syrie et la Jordanie en camping-car? English translation pending
J'envisage de visiter la Syrie et la jordanie en Camping-car au printemps 2009, le carnet de passage en douane est il obligatoire?
Transport Maroc-Sénégal: autocar, voiture, bateau...? English translation pending
Bonjour,
en juillet je serai au Maroc avec deux amies et nous aimerions par la suite nous rendre au Sénégal, à Dakar, à partir du sud (agadir). Existe-il un moyen d'y aller à part l'avion ? Autocar, route spéciales, voiture, bateau...??
J'avais vu que le seul moyen était de prendre une route spéciale qui traverse le désert et que cela prenait 3 jours, très bien équipé (jeep, cartes, boussoles...). Est-ce si compliqué?
Nous avons regardé les prix pour des billets d'avion mais ils sont étonamment haut (environ 500 euros et plus), pour une si petite distance. Est-ce plus avantageux en achat de dernière minute ?
Merci d'avance pour vos conseils!!😎
Merci d'avance pour vos conseils!!😎