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Bolivie-Chili-Argentine: entre lagunes, salars, geysers et volcans English translation pending
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de l'Argentine... en 4X4 et en self-drive !
Le récit accompagné de photos est ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/

Présentation
En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?
C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.
Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !
En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !
Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.
La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.
Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.
Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.
Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…
Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.
Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.
Alors, prêts à suivre nos aventures ?
Notre parcours

La Paz ou le mal des montagnes
J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11
Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie ça aide à supporter !
Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !
A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.
Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !
Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !
Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.
La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !
Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.
Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.
La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…
Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama
J3 : Sam 30/04/11
Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !
Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.
Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !
Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.
C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.
Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !
Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.
Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.
Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?
Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.
Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !
Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !
Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.
Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !
De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?
C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.
A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.
Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !
Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !
J4 : Dim 01/05/11
La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.
A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !
Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…
… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.
Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,
… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !
Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.
Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.
Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !
Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…
On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.
D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !
Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.
La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !
Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !
Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !
Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.
Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.
Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.
Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.
Deuxième nuit à Tomarapi !
Une journée de galère pour passer la frontière
J5 : Lun 02/05/11
Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.
La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !
Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…
Voici ce qu’on a loupé !
Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.
En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????
Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.
Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??
Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.
Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.
Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.
En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.
Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !
Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).
Zoom sur son sommet !
Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.
Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.
Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.
La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !
Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.
C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.
Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !
Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !
A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga
J6 : Mar 03/05/11
C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.
Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.
Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.
Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.
A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.
Cherchez l’animal !
En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !
En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !
Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».
Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu
Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.
Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !
Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.
Hervé en profite pour explorer le campanile.
Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !
Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.
Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !
Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.
Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !
Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !
Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.
Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.
Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.
Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.
Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.
Vigognes dans le PN Las Vicuñas

La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga
J7 : Mer 04/05/11
Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !
A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.
Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.
Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.
D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !
Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.
Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !
C’est un flamant andin !
Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.
Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !
Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.
Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».
Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !
A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.
Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.
Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !
Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en loccurrence !
Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…
Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !
Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !
Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.
Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !
Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.
La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.
"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !
Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !
Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !
Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !
Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !
J8 : Jeu 05/05/11
Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !
L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.
La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.
Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !
Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.
Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.
Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !
En passant, quelques belles fresques de street art !
A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.
Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.
Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.
Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.
Voici une des œuvres exposées !
Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !
Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !
Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.
La vue depuis notre terrasse !
La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!
J9 : Vend 06/05/11
En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !
Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !
Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !
Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !
Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.
Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.
Nous partageons la crique avec quelques condors !
La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !
Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio
J10 : Sam 07/05/11
Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.
Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !
Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.
Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.
Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.
Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !
En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.
Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.
Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.
Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.
Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !
Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.
Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.
Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.
Eglise de Chiu Chiu

J11 : Dim 08/05/11
Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.
On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.
Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !
En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.
Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !
Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.
Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.
En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.
Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !
Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.
Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !
C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.
Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !
Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !
Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !
Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.
Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.
Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.
Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.
Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.
En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.
Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.
Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.
Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.
A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.
C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !
Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers
J12 : Lun 09/05/11
A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).
Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.
Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !
Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !
Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !
Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.
Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !
Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…
… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.
Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !
Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.
La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !
La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.
En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.
Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !
Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.
On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !
Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !
Le soleil revient timidement !
Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.
Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !
Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.
Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !
Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !
Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !
Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !
La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.
Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.
Dans la Vallée de la Lune

Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel
J13 : 10/05/11
Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.
A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.
Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !
Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !
Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.
Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !
A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.
Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).
Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !
A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.
Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.
Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !
A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !
Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.
Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?
Nous nous y faufilons aussitôt.
Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !
Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…
… en nous attardant sur quelques tableaux !
Celui-ci est tout simplement fascinant !
Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?
Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !
La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !
Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres
J14 : Mer 11/05/11
Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.
Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.
En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.
Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.
Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.
Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.
La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.
Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel
Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.
Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !
La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.
C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.
Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !
Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.
Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !
Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.
Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.
En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…
J15 : Jeu 12/05/11
Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.
Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…
Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.
Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !
C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.
Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.
A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.
4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.
5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.
5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.
La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.
10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !
Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !
11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.
Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.
12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.
Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?
Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.
12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.
Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !
12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !
Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !
Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.
Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".
A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.
Un bel alignement !
Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.
Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !
La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…
A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !
Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.
Au cours de la montée du Cerro Toco
Vers l'Argentine par le désert de Tara
J16 : Ven 13/05/11
Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.
Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !
Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.
Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !
Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !
Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !
… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !
A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.
Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.
Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !
Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.
Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)
Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.
Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.
Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !
Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".
Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.
Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.
Un décor de rêve !
A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.
Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.
Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !
Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !
La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.
Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?
Monjes de la Pacana

De Susques à Salta par la Ruta 40
J17 : Sam 14/05/11
Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.
L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.
Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.
Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.
A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.
Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.
L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.
Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?
Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !
Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.
Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…
Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !
Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !
Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.
La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.
Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !
Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.
Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.
Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.
A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.
Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.
Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !
La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.
Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).
Dans le désert de Tara
Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara
J18 : Dim 15/05/11
Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.
Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).
Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.
Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.
Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.
Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !
Vue sur Purmarcara depuis le mirador.
Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !
Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.
Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).
Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.
Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.
Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,
Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.
Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.
J19 : Lun 16/05/11
Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !
Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.
Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !
En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).
Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !
Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?
Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.
Vue générale du site.
On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.
Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.
A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?
En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.
Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.
De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?
En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !
Deuxième nuit au Cerro Chico !
De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro
J20 : Mar 17/05/11
Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?
Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.
Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !
Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !
Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.
La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !
Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !
En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !
Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !
Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.
Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.
Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !
A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !
Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !
Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !
Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !
Puis des à-pics impressionnants !
Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !
Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…
Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !
Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.
Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.
J21 : Mer 18/05/11
Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.
Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !
Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.
"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !
La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !
Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !
Ça y est, le village est en vue !
Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.
Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !
Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.
Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?
De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !
Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !
Deuxième nuit au Federico III.
Cerro Hornocal
De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo
J22 : Jeu 19/05/11
A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.
Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.
Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.
Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.
Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.
Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !
Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.
Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?
Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !
Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.
Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.
Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !
Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !
Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !
Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.
Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !
Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.
Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.
Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.
En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.
Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !
Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.
Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…
La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.
Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".
Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !
Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons
J 23 : Ven 20/05/11
Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.
Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.
Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !
Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !
Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.
Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.
Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.
Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.
Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !
Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.
Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !
La cathédrale
Une "tienda de bicicletas"
Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !
Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !
A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.
J24 : Sam 21/05/11
C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.
C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.
Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !
Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !
Serait-ce lui, l'Inca ?
Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !
Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !
Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !
50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.
200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !
Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.
Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !
Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !
Et une armée de pénitents ?
A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !
La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.
Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !
Dans les canyons de Tupiza
Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas
J25 : Dim 22/05/11
Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.
Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !
Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !
Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.
Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !
La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !
Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.
J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.
Voilà le 4X4 loin devant nous !
De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !
Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !
En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.
Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !
A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !
Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.
Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.
Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?
Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !
Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.
Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !
Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.
Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.
En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !
Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.
El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.
Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !
Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.
Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !
En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.
Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.
En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.
Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.
Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.
J26 : Lun 23/05/11
J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !
Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !
Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !
L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !
Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !
Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.
Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.
Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !
Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !
Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !
Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !
4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.
Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !
Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.
Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.
Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.
En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.
Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !
Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !
Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !
L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.
Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.
Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.
Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.
Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.
Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs
J27 : Mar 24/05/11
Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.
En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.
Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.
Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.
Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !
Le bodefal voisin du village fantôme !
Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !
La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.
Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.
Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.
Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.
Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.
L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.
Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !
Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.
Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.
Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !
On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.
En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.
Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!
Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !
Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.
Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !
Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !
Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres
Colorada, la plus colorée des lagunes
J28 : Mer 25/05/11
- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.
Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.
Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.
Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.
En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !
Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !
A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !
Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !
Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.
Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !
En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.
La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.
Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.
Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !
Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !
Laguna Colorada
On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé
J29 : Jeu 26/05/11
- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !
Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.
Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.
Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.
Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.
Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.
Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).
La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !
En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.
Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L
Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.
Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.
Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !
Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.
Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.
Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.
Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.
En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.
Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !
Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.
Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.
On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.
Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.
Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.
Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !
Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.
Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.
Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.
Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !
Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.
Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.
Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.
J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.
Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.
En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !
Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !
Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.
Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.
Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.
Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.
Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.
Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.
Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.
D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?
Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.
Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.
Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".
De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.
Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.
Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.
Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.
Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.
Deuxième nuit à la Petite Porte.
Potosi la rude et Sucre la douce
J31 : Sam 28/05/11
Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.
Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.
Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.
Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !
De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.
Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.
A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.
En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !
Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !
Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !
Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !
Dim 29/05/11
Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.
Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.
La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale
Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !
La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.
Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.
Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !
Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…
Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.
Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.
Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.
En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.
Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.
Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !
J33 : Lun 30/05/11
Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.
Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.
Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.
A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.
Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.
Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.
Salar d'Uyuni inondé !
Derniers jours à La Paz
J34 : Mar 31/05/11
Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.
Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.
A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.
Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !
Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.
Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.
La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.
A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :
De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.
Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !
Et partout, des enchevêtrements de fils électriques
Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !
J35 : Mer 01/06/2011
A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.
Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.
De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.
Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.
Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.
La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.
Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.
Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.
Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !
Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.
En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.
Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.
Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.
En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.
Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.
Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !
S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !
Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !
En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".
Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.
Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !
J36 : Jeu 02/06/2011
Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.
De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.
Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.
J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale
A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !
La plaza Murillo devant la cathédrale
La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale
Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.
En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.
C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !
Marché de la Paz

En conclusion
Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !
Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !
Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.
Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.
Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.
Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)
FIN...
Cerro Hornocal... encore !
Le récit accompagné de photos est ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/

Présentation
En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?
C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.
Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !
En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !
Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.
La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.
Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.
Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.
Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…
Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.
Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.
Alors, prêts à suivre nos aventures ?
Notre parcours

La Paz ou le mal des montagnes
J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11
Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie ça aide à supporter !
Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !
A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.
Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !
Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !
Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.
La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !
Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.
Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.
La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…
Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama
J3 : Sam 30/04/11
Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !
Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.
Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !
Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.
C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.
Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !
Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.
Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.
Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?
Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.
Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !
Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !
Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.
Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !
De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?
C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.
A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.
Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !
Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !
J4 : Dim 01/05/11
La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.
A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !
Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…
… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.
Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,
… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !
Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.
Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.
Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !
Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…
On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.
D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !
Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.
La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !
Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !
Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !
Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.
Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.
Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.
Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.
Deuxième nuit à Tomarapi !
Une journée de galère pour passer la frontière
J5 : Lun 02/05/11
Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.
La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !
Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…
Voici ce qu’on a loupé !
Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.
En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????
Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.
Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??
Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.
Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.
Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.
En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.
Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !
Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).
Zoom sur son sommet !
Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.
Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.
Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.
La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !
Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.
C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.
Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !
Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !
A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga
J6 : Mar 03/05/11
C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.
Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.
Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.
Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.
A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.
Cherchez l’animal !
En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !
En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !
Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».
Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu
Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.
Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !
Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.
Hervé en profite pour explorer le campanile.
Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !
Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.
Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !
Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.
Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !
Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !
Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.
Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.
Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.
Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.
Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.
Vigognes dans le PN Las Vicuñas

La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga
J7 : Mer 04/05/11
Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !
A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.
Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.
Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.
D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !
Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.
Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !
C’est un flamant andin !
Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.
Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !
Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.
Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».
Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !
A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.
Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.
Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !
Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en loccurrence !
Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…
Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !
Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !
Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.
Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !
Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.
La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.
"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !
Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !
Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !
Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !
Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !
J8 : Jeu 05/05/11
Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !
L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.
La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.
Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !
Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.
Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.
Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !
En passant, quelques belles fresques de street art !
A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.
Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.
Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.
Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.
Voici une des œuvres exposées !
Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !
Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !
Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.
La vue depuis notre terrasse !
La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!
J9 : Vend 06/05/11
En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !
Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !
Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !
Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !
Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.
Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.
Nous partageons la crique avec quelques condors !
La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !
Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio
J10 : Sam 07/05/11
Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.
Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !
Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.
Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.
Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.
Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !
En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.
Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.
Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.
Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.
Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !
Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.
Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.
Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.
Eglise de Chiu Chiu

J11 : Dim 08/05/11
Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.
On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.
Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !
En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.
Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !
Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.
Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.
En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.
Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !
Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.
Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !
C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.
Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !
Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !
Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !
Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.
Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.
Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.
Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.
Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.
En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.
Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.
Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.
Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.
A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.
C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !
Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers
J12 : Lun 09/05/11
A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).
Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.
Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !
Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !
Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !
Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.
Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !
Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…
… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.
Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !
Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.
La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !
La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.
En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.
Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !
Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.
On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !
Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !
Le soleil revient timidement !
Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.
Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !
Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.
Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !
Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !
Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !
Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !
La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.
Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.
Dans la Vallée de la Lune

Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel
J13 : 10/05/11
Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.
A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.
Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !
Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !
Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.
Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !
A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.
Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).
Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !
A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.
Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.
Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !
A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !
Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.
Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?
Nous nous y faufilons aussitôt.
Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !
Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…
… en nous attardant sur quelques tableaux !
Celui-ci est tout simplement fascinant !
Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?
Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !
La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !
Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres
J14 : Mer 11/05/11
Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.
Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.
En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.
Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.
Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.
Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.
La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.
Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel
Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.
Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !
La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.
C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.
Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !
Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.
Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !
Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.
Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.
En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…
J15 : Jeu 12/05/11
Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.
Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…
Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.
Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !
C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.
Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.
A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.
4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.
5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.
5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.
La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.
10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !
Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !
11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.
Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.
12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.
Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?
Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.
12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.
Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !
12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !
Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !
Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.
Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".
A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.
Un bel alignement !
Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.
Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !
La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…
A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !
Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.
Au cours de la montée du Cerro Toco

Vers l'Argentine par le désert de Tara
J16 : Ven 13/05/11
Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.
Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !
Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.
Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !
Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !
Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !
… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !
A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.
Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.
Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !
Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.
Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)
Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.
Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.
Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !
Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".
Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.
Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.
Un décor de rêve !
A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.
Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.
Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !
Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !
La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.
Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?
Monjes de la Pacana

De Susques à Salta par la Ruta 40
J17 : Sam 14/05/11
Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.
L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.
Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.
Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.
A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.
Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.
L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.
Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?
Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !
Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.
Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…
Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !
Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !
Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.
La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.
Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !
Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.
Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.
Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.
A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.
Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.
Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !
La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.
Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).
Dans le désert de Tara

Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara
J18 : Dim 15/05/11
Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.
Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).
Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.
Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.
Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.
Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !
Vue sur Purmarcara depuis le mirador.
Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !
Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.
Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).
Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.
Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.
Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,
Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.
Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.
J19 : Lun 16/05/11
Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !
Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.
Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !
En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).
Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !
Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?
Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.
Vue générale du site.
On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.
Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.
A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?
En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.
Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.
De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?
En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !
Deuxième nuit au Cerro Chico !
De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro
J20 : Mar 17/05/11
Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?
Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.
Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !
Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !
Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.
La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !
Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !
En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !
Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !
Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.
Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.
Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !
A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !
Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !
Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !
Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !
Puis des à-pics impressionnants !
Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !
Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…
Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !
Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.
Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.
J21 : Mer 18/05/11
Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.
Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !
Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.
"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !
La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !
Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !
Ça y est, le village est en vue !
Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.
Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !
Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.
Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?
De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !
Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !
Deuxième nuit au Federico III.
Cerro Hornocal

De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo
J22 : Jeu 19/05/11
A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.
Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.
Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.
Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.
Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.
Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !
Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.
Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?
Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !
Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.
Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.
Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !
Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !
Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !
Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.
Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !
Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.
Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.
Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.
En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.
Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !
Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.
Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…
La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.
Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".
Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !
Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons
J 23 : Ven 20/05/11
Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.
Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.
Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !
Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !
Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.
Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.
Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.
Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.
Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !
Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.
Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !
La cathédrale
Une "tienda de bicicletas"
Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !
Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !
A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.
J24 : Sam 21/05/11
C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.
C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.
Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !
Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !
Serait-ce lui, l'Inca ?
Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !
Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !
Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !
50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.
200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !
Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.
Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !
Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !
Et une armée de pénitents ?
A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !
La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.
Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !
Dans les canyons de Tupiza

Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas
J25 : Dim 22/05/11
Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.
Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !
Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !
Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.
Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !
La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !
Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.
J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.
Voilà le 4X4 loin devant nous !
De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !
Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !
En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.
Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !
A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !
Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.
Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.
Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?
Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !
Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.
Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !
Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.
Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.
En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !
Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.
El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.
Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !
Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.
Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !
En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.
Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.
En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.
Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.
Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.
J26 : Lun 23/05/11
J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !
Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !
Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !
L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !
Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !
Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.
Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.
Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !
Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !
Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !
Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !
4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.
Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !
Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.
Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.
Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.
En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.
Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !
Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !
Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !
L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.
Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.
Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.
Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.
Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.
Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs
J27 : Mar 24/05/11
Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.
En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.
Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.
Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.
Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !
Le bodefal voisin du village fantôme !
Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !
La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.
Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.
Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.
Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.
Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.
L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.
Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !
Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.
Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.
Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !
On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.
En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.
Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!
Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !
Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.
Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !
Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !
Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres
Colorada, la plus colorée des lagunes
J28 : Mer 25/05/11
- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.
Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.
Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.
Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.
En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !
Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !
A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !
Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !
Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.
Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !
En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.
La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.
Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.
Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !
Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !
Laguna Colorada

On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé
J29 : Jeu 26/05/11
- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !
Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.
Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.
Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.
Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.
Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.
Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).
La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !
En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.
Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L
Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.
Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.
Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !
Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.
Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.
Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.
Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.
En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.
Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !
Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.
Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.
On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.
Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.
Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.
Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !
Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.
Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.
Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.
Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !
Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.
Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.
Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.
J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.
Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.
En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !
Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !
Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.
Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.
Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.
Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.
Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.
Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.
Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.
D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?
Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.
Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.
Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".
De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.
Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.
Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.
Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.
Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.
Deuxième nuit à la Petite Porte.
Potosi la rude et Sucre la douce
J31 : Sam 28/05/11
Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.
Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.
Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.
Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !
De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.
Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.
A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.
En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !
Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !
Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !
Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !
Dim 29/05/11
Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.
Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.
La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale
Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !
La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.
Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.
Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !
Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…
Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.
Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.
Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.
En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.
Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.
Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !
J33 : Lun 30/05/11
Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.
Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.
Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.
A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.
Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.
Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.
Salar d'Uyuni inondé !

Derniers jours à La Paz
J34 : Mar 31/05/11
Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.
Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.
A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.
Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !
Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.
Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.
La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.
A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :
De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.
Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !
Et partout, des enchevêtrements de fils électriques
Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !
J35 : Mer 01/06/2011
A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.
Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.
De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.
Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.
Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.
La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.
Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.
Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.
Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !
Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.
En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.
Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.
Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.
En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.
Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.
Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !
S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !
Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !
En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".
Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.
Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !
J36 : Jeu 02/06/2011
Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.
De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.
Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.
J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale
A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !
La plaza Murillo devant la cathédrale
La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale
Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.
En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.
C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !
Marché de la Paz

En conclusion
Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !
Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !
Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.
Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.
Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.
Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)
FIN...
Cerro Hornocal... encore !

Récit de voyage de trois semaines en Chine (Pékin, Chengde, Pingyao, Xi'An, Shanghai, Huangshan) English translation pending
Coté trajets :
Nous sommes un couple de trentenaires habitant Marseille. Florent, parisien au cœur breton et moi Audrey, marseillaise. Nous voyageons sac au dos, en "routard". Nous avions décidé d'aller passer 3 semaines en Chine en automne 2010. Les prix des billets d'avion ont déterminé les dates de voyage, de fin septembre à mi-octobre. Ce n'est qu'après avoir acheté notre guide touristique que nous nous rendons compte que nous allons voyager pendant une période pas trop recommandée : la fête nationale du 1er octobre et la semaine de vacances scolaires qui suit. Maintenant nous étions prévenus. Nous voulions d'abord aller sur la muraille de Chine et voir l'armée des soldats de terre cuite. Les deux sites sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco. En feuilletant quelques brochures touristiques, nous choississons d'autres sites, eux aussi classés. Finalement, sans le vouloir, nous suivrons la route de l'Unesco. Après quelques recherches sur VoyageForum, nous arrêtons notre trajet :
Jour 1 : Arrivée Pékin Jour 2 : Rencontre avec Pékin. Place Tianmen. (Pékin) Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin) Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin) Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde) Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Train pour Pékin Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin) Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin) Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao) Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale (1er octobre), quartier hui Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an) Jour 14 : Quartier de Shuyanmen, remparts et train de nuit pour Shanghai Jour 15 : le Bund, ballade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai) Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, place du Peuple, quartier de la concession française, (Shanghai) Jour 17 : excursion à Suzhou Jour 18 : Train pour Hangzhou puis bus pour Tangkou Jour 19 : le Huangshan (les montagnes jaunes) Jour 20 : le Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai) Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai) Jour 23 : Shanghai
Le fait de devoir passer une partie des vacances scolaires en Chine, période très touristique et même déconseillée, a conditionné notre façon de prévoir notre route. De plus, le pays étant vaste, il a fallut choisir certaines régions, et en éliminer d'autres. Nous avons établi un plan jour après jour, que nous avons affiné mais que nous avons respecté à la lettre sur place. La grande inconnue étant l'affluence, nous avons préféré réserver tous nos hotels à l'avance, sur internet, depuis la France. Tant pis pour le coté spontané du trajet, mais là, nous ne voulions pas trop prendre de risques. Nous savions que nous allions vivre de toute façon une grande aventure. Le gros point noir du voyage était la réservation de trains, qui n'est possible que de la gare de départ, et moins de 10 jours à l'avance. Comment allions-nous pouvoir gérer nos déplacements pendant la fête nationale ? Nous risquions d'être bloqués plusieurs jours si tous les trains étaient pleins… Et 3 semaines en Chine, c'est court.
Coté Budget :
Avion (compagnie Emirates) + transferts Marseille/Nice = 800 eur / personne Assurance annulation, visa, vaccins, pharmacie = 150 eur environ/personne Cash retiré en Chine = 700-800 eur/personne Dont Train = 180 eur/p et au total 200 eur avec les bus et taxi Dont Hotels = 430 eur à deux pour une chambre double et 19 nuits puisque nous avons pris 3 trains de nuit Dont visites = 160 eur/p Repas moyen = 2-3 eur/pers. En moyenne 10 eur/p par jour nous ont suffit
Coût total = environ 1700 eur/pers
Pour la lisibilité du texte, le récit de quelques "aventures" est en italique et peut être sauté. Il n'apporte pas de coté pratique, mais fait partie de notre "carnet de voyage".
Jour 0 - Départ de Marseille en train pour Nice puis vol Nice-Dubaï-Pekin
Jour 1 : Arrivée à Pékin
Pékin nous voilà ! Nous arrivons à Pékin en milieu d’après midi. Après avoir récupéré nos sacs, passé la douane et retiré des yuan au distributeur de l’aéroport, nous achetons au guichet nos tickets de métro pour le centre-ville. Nous découvrons le ticket de métro pékinois, une carte magnétique. Il suffit de la poser sur le lecteur et "magie magie" le tourniquet s’ouvre. Les stations sont indiquées en chinois et en anglais, nous nous dirigeons facilement pour les changements. Nous y sommes ! A la sortie, un agent indique aux gens où insérer leur ticket de métro, qui est conservé et réutilisé… Le premier contact avec les Chinois se fait à la sortie du métro. Il nous faut maintenant trouver notre hôtel, la nuit commence à tomber et il n'est pas 18h… Nous approchons un Chinois notre plan et notre adresse à la main. Gagné, il parle anglais et nous indique la route. Nous rentrons dans une ruelle qui se rétrécit petit à petit, nous croisons des vélos, quelques échoppes. L'Asie est à portée de la main ! 10 minutes plus tard, nous arrivons à l'auberge de jeunesse, choisie sur internet. L'entrée est sympa, avec des lanternes rouges. On nous demande nos passeports pour nous enregistrer, nous visitons la chambre. Crevés par le voyage, nous sortons quand même prendre notre premier repas en Chine. Nous nous laissons tenter par un délicieux poulet aux cacahuètes et des nouilles. Le tout est très bon, mais plutôt épicé. Nous découvrons la vraie cuisine chinoise !
Beijing Saga International Youth Hostel. 240 yuan avec 2 lits simples (ou twin, le standard en Chine) et salle de bain privée.
Jour 2 : Rencontre avec Pékin
Premiers repérages à hôtel, qui organise des excursions à la muraille de Chine et peut acheter des billets de train. Nous demandons les horaires pour Chengde, où nous voulons aller d'ici 2 jours, et surtout pour Pingyao-Xi'an, problématique car nous nous y rendrons le jour de la Fête Nationale (1er octobre) et nous ne savons pas à quoi nous attendre, hormis beaucoup de monde. De plus, Pingyao ne fait pas partie de la même région et normalement un billet ne peut être acheté que de la gare de départ. Apparemment, les trains fonctionnent mais risquent d'être bondés. Pour réserver les billets, il faut téléphoner à la gare. La ligne étant occupée, on nous conseille de revenir le soir. Mais les billets risquent de se vendre, nous avons choisi un train de nuit et il n'y en a pas beaucoup. Nous sommes le 21 septembre et nous savons que les billets sont vendus 10 jours à l'avance. Il est temps de les acheter !... Achat des billets de train pour tout le voyage dans une agence du CITS*. Nous y restons 5 heures (!), mais nous avons réservé nos billets pour les 3 semaines de voyage et même pour les trajets en dehors de la région de Pékin. Nous payons une grosse commission (sur 180 eur de billets par personne, il y avait 50 eur de frais…) mais nous sommes soulagés, les trains en période de vacances scolaires étant pris d'assaut. En même temps, nous avons l'impression désagréable d'avoir perdu une journée. Nous reprenons le métro et nous dirigeons alors vers la place Tianmen. La photo de Mao trône. L'endroit est bondé. Nous prenons quelques photos et le temps de traverser la route par un passage souterrain, la nuit tombe sur Pékin. Nous repérons aussi l'entrée de la Cité Interdite pour le surlendemain. Nous rentrons à hôtel où nous rencontrons 3 retraités Français avec lesquels nous échangeons nos premières impressions.
* L'achat des billets de trains ou comment passer 5 heures dans une agence chinoise (CITS) Nous décidons de nous rendre dans une agence du CITS (agence touristique d'état, conseillée par une amie). Nous prenons donc le métro, achetons un ticket à 2 yuan, passons nos sacs au contrôle et nous dirigeons aisément dans le métro. Les rames sont ultramodernes, avec des écrans diffusant une chaîne d'information et des publicités. Dans les wagons, les Chinois ont les yeux rivés à leur téléphone portable et envoient des sms à tout va ou jouent. On se croirait à Paris ! A la sortie du métro, nous demandons notre chemin à quelqu'un. Très serviable le jeune homme passe un coup de fil au CITS pour confirmer l'endroit et nous l indique. Nous sommes agréablement surpris. Nous tournons malgré tout une bonne demi-heure avant de trouver l'agence par hasard. Nous entrons, il est 11h. Une jeune femme parlant anglais nous accueille. Nous souhaitons réserver les billets Pékin-Taiyuan et surtout Pingyao-Xi'an qui nous causent souci. N'étant pas sûre de comprendre notre trajet, la jeune femme téléphone donc à une de ses collègues et me la passe. Me voilà conversant en anglais au téléphone ! Avec 6 heures de décalage horaire… Nous avons le projet de faire une visite (la Résidence des Qiao) entre Taiyuan et Pingyao, en prenant un taxi ou un bus. Nous avions trouvé quelques éléments de réponse sur les forums mais je pose la question. On me dit qu'il faut se renseigner à l'agence locale et que l'on me rappelle. 5 minutes plus tard, on me propose une excursion en taxi de Taiyuan à Pingyao via la Résidence des Qiao pour 60 euro. Connaissant le prix du bus (moins de 10 euro), nous déclinons, nous étant assurés que le trajet est bien réalisable en bus. On nous propose aussi un hôtel au passage. Mais nous l'avons déjà réservé par internet. Reste à réserver le fameux train. Nous précisons que nous voulons prendre les billets Pékin-Taiyuan le 28 septembre uniquement si le train de nuit Pingyao-Xi'an du 30 est disponible (sinon il faut revoir tout le programme). Ayant déjà repéré les trains que nous souhaitions prendre sur internet (merci qui ???), nous donnons carrément les numéros. Bingo ! Il reste quelques places en couchettes de 2e classe pour le Pingyao-Xi'an et nous choisissons la 1ère classe assise pour le Pékin-Taiyuan. Nous sommes soulagés. Nous découvrons amusés la façon de travailler des Chinois. On fait un bon en arrière d'une cinquantaine d'années. Tout se fait par écrit et par téléphone, malgré les deux ordinateurs présents. Nous pensons que les billets doivent être achetés physiquement à la gare et que nous aurons une petite commission à payer. Arrive alors une dame (celle que j'avais eu au téléphone) qui prend le relais. Effectivement elle est plus à l'aise en anglais. Elle nous demande si nous avons besoin d'autre chose. Du coup, nous prenons nos billets Pékin-Chengde (nous l'écrivons, car notre prononciation s'avère incompréhensible pour les Chinois, d'autant qu'il existe une autre ville, Chengdu). Le train le plus rapide met 4h alors que les autres prennent 7h. Nous choisissons la classe supérieure (qui coûte seulement 2 euro de plus) et réservons le billet. Tout se passe par téléphone. Pourtant, les billets sont émis directement au guichet de l'agence… Pour 60 yuan (6 eur), nous avons un ticket pour parcourir 230 km ! Place au retour maintenant. Là les choses se compliquent, le retour 2 jours plus tard est complet. Il faut voyager debout (pendant 4 heures…!) ou modifier nos dates. Qu'à cela ne tienne, nous sommes flexibles puisque notre excursion de 2 jours à Chengde se fait à partir de Pékin et que nous avons prévu d'y rester 5 jours au total. Nous devons donc annuler nos billets aller. Nous avons la surprise de constater que l'annulation est payante (17 yuan par billet). Re-coups de téléphone, écritures, re-émission de billet. On nous demande si nous avons un hôtel sur place (nous sommes quand même dans une agence de voyage). De nombreux hôtels sont complets (pourtant ce n'est pas le week-end) et finalement, nous nos retrouvons dans un hôtel 4 étoiles avec petit déjeuner-buffet pour environ 45 eur. C'est un peu plus cher que toutes les chambres que nous avons réservées, mais comme ça reste raisonnable, nous acceptons. Nous paierons hôtel sur place. Nous tentons alors de réserver un billet pour un départ dans plus de 10 jours et, surprise, cela ne semble pas poser de problème. Allons-y gaiement ! Nous prenons alors le billet Xi'an-Shanghai en train de nuit le 3 octobre. Il y a de la place en couchettes molles (1ère classe). Re-téléphone, etc… Devons-nous réserver la suite du voyage ? Je m'étais laissé au moins une semaine en Chine pour prendre des informations supplémentaires sur la montagne jaune (Huangshan). En effet, malgré la lecture de forums et du guide, ce point me semblait plutôt flou. En même temps, je savais que notre excursion tombait en plein pendant les vacances scolaires et qui plus est le week-end, d'où le risque que les trains soient bondés là encore. Nous préférons "assurer" notre programme et prenons un train Shanghai-Hangzhou tôt le matin du 7 octobre pour pouvoir prendre un bus (ou un autre train) pour le Huangshan et le train de nuit Hungshan-Shanghai pour un retour le 9. Vient l'heure de la facture, très détaillée. Les prix sont bien ceux que j'avais relevés sur internet. On nous explique les commissions ajoutées, les réservations. Total : 3652 yuan (soit environ 360 eur de billets de train pour 2 personnes et des milliers de kilomètres). Cela ne nous paraît vraiment pas cher. Mais il est plus de 14 heures et nous commençons à en avoir marre et un peu faim. Nous demandons si nous pouvons régler par carte bleue mais il ce n'est pas possible. Nous allons devoir retirer de l'argent car nous ne pensions pas régler tous nos billets de train d'un coup ! Nous les prévenons que nous en profiterons pour déjeuner (des fois qu'ils effacent les réservations !). Nous repérons un distributeur, et allons manger. Nous entrons dans un petit restaurant où la cuisine semble fermée mais la serveuse nous fait signe d'entrer. Elle nous emmène au fond de la salle où son mari regarde la télévision en attendant les clients. Branle-bas de combat ! Des européens dans le restau… Nous tentons de demander le menu, puis le menu en anglais… Peine perdue ! Heureusement qu'il y a des photos. Nous prenons deux plats un peu au hasard. Nous nous régalons. En sortant, nous passons devant un institut de "foot massage". Les prix attirent notre regard : seulement une quinzaine d'euro pour une heure. Impensable ! Nous entrons et demandons quelques renseignements, plus la carte de visite ! Retour au CITS. Tous les documents ne sont pas prêts. Nous ne comprenons plus rien. Les agents sont encore en train d'écrire des papiers. Nous prenons les billets de train pour Chengde et Taiyuan. On nous explique ensuite comment récupérer les billets de train au départ des autres régions. On nous donne des "bons pour échange" que nous donnerons dans des hôtels ou des agences locales du CITS. Le problème, c'est que nous n'avions pas toutes les adresses de nos hôtels sur nous et du coup, l'agence ne savait pas trop où nous envoyer dans certaines villes. Nous avons prié pour que ce ne soit pas trop contraignant au final ! Nous réglons enfin. Il est 16 heures… Nous commençons à comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans ce pays, qu'il faut s'armer de patience et accepter la différence de culture.
Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin)
Nous avons choisi l'excursion organisée par notre hôtel (meilleur rapport temps passé sur la muraille – prix). Nous sommes un petit groupe de 7 personnes dans lequel nous retrouvons les Français vus la veille. Nous prenons un minibus et nous découvrons la conduite chinoise durant environ 1h30. Le klaxon est de rigueur et la bande d'arrêt d'urgence sert régulièrement de 2e voie ! Bref, nous avons failli mourir dix fois sur le trajet… En arrivant sur place, nous trouvons une armée de magasins pour touristes, les commerçants prêtes à dégainer leurs souvenirs sur nous ! Montée à pied (45 min). Ballade de 3 h sur la muraille, coté opposé aux téléphériques pour être plus tranquilles. Des centaines de marches ! Impressionnant. La forme de la montagne est parfaitement épousée par la muraille et à certains endroits, les marches sont très verticales. Déjeuner (inclus) dans un restaurant au pied de la muraille. Retour à hôtel en début d'après midi. Tour de la Cloche et tour du Tambour où nous assistons à un spectacle de tambours. Petit tour à pied dans les hutongs. Nous repérons aussi notre futur hôtel après notre étape à Chengde. Le Red Lantern retient notre attention pour sa cour carrée traditionnelle.
Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin)
Nous commençons tôt par la place Tianmen (coté Mausolée), pour arriver à la Cité Interdite (entrée sud). Majestueuse ! Gigantesque ! Il faut dire qu'elle fait un carré de un kilomètre par un kilomètre. Elle me rappelle Hué au Vietnam. Énormément de petits "palais", aux frontons reluisants. Des dragons, des phœnix, du rouge, du vert, du bleu et du doré. Ainsi que les toits jaunes, couleur impériale. Souvent les palais ne se visitent pas ou alors ils sont transformés en salles de musée. Mais beaucoup de monde. Nous en ressortons 5 h plus tard, par la porte nord, crevés et encore, nous n'avons pas tout fait ! Nous rentrons déjeuner dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Des hauts parleurs à fond pour attirer le client. Nous goûtons à de sublimes raviolis au porc. Du coup, nous en redemandons aux champignons. Il se révèleront être les meilleurs raviolis de tout le voyage ! Nous tentons ensuite de prendre un taxi (le premier) pour aller au Temple des Lamas. Nous demandons le tarif mais cela nous semble trop cher. Nous décidons ensuite de prendre une sorte de triporteur-taxi qui roule à deux à l'heure. On aurait mieux fait de prendre un taxi ! Nous apprendrons plus tard que le compteur existe, que la prise en charge coûte 10 Y pour 4 km puis 2 Y par km. En fait la course nous aurait coûté 1 eur… Nous découvrons le Temple des Lamas. Nous entrons par un magnifique portique. L'endroit est reposant, il y a beaucoup de gens qui viennent prier… et beaucoup d'encens ! Gigantesque statue de Bouddha en bronze. Pour profiter des bienfaits de la culture chinoise, nous choisissons ensuite de nous offrir un massage des pieds pour récupérer, mais le massage chinois s'avère très douloureux pour moi !
Auberge en face de la gare centrale (stratégique) 160 yuan, chambre twin, salle de bain/WC en commun
Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde)
Départ de la gare centrale de Pékin pour aller à Chengde. C'est l'aventure : se diriger dans notre première gare, trouver la salle d'attente spécifique à notre train, trouver le quai, le wagon… En effet, il faut trouver les quelques mots d'anglais dans toutes les inscriptions en chinois. Finalement c'est moins sportif que ce que nous pensions. On dirait un vieux train Corail. Nous découvrons qu'il y a de l'eau au chaude à disposition dans le train, tout le monde se fait un thé ou des nouilles. Cela nous donne des idées pour la suite du voyage… Beaucoup de champs de maïs coté paysages mais rien d'exceptionnel. Arrivés à la gare de Chengde, nous prenons un taxi pour 10 Y. En fait, hôtel est assez proche de la gare mais nous préférons gagner du temps, nous avons 2 visites pour l'après-midi. Nous rencontrons à l'accueil de hôtel Loïc, un Français qui voyage en solo. Comme il a le même programme que nous, nous partageons un taxi ensemble pour aller au Temple de l'école du Potala. On se croirait au Tibet. C'est la réplique du Potala de Lhassa. Tout en haut sur la terrasse, un mat tibétain avec les drapeaux de prières. Nous croisons aussi la route d'un car de touristes français. Sympathisant avec eux, nous nous rendons compte que nous sommes dans le même hôtel Comme ils vont aussi au Temple de la paix universelle situé à 1 ou 2 km, Florent leur demande s'ils peuvent nous y déposer avec leur car, ce qu'ils acceptent avec plaisir. Nous les perdons ensuite car ils ont un 3e temple à visiter. Nous prenons notre temps car nous voulons profiter du temple, d'inspiration chinoise et tibétaine lui aussi. Il contient une énorme statue du Bouddha de la Compassion, en bois et qui possède 40 paires de bras. Nous montons le plus haut possible et trouvons des chaînes entourées de milliers de cadenas. Il paraît que les inscriptions sont des mots d'amour… Nous rentrons à hôtel en bus pour profiter de notre chambre 4 étoiles. La nuit est tombée et nous avons une jolie vue sur un pont éclairé.
Hotel Yunshan : 450 Y chambre twin avec petit déjeuner buffet
Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Retour à Pékin en train.
Après un petit déjeuner-buffet royal, nous allons visiter le Parc impérial. Nous nous y rendons en taxi. Comme nous y sommes relativement tôt, nous pouvons voir des Chinois pratiquer le Taï-Chi. C'est très beau. Il y a des petits lacs, de petits palais et nous nous y baladons 2 bonnes heures. Ca change de tout ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il nous reste à voir le Palais d'été, qui est une sorte de petite Cité Interdite. Nous nous laissons 2 heures pour la visite car notre train part à 13h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel et allons à la gare. Nous en profitons pour acheter un thermos à thé ainsi que du thé. La gare de Chengde s'avère plus houleuse qu'à Pékin. Nous sommes parqués devant des tourniquets fermés. Quand ils s'ouvrent pour laisser l'accès au quai, nous nous frottons aux Chinois et à leur façon si "délicate" de pousser leurs semblables. Nous découvrons le sport national : le coude à coude. Nous prenons le train pour Pékin et arrivons en début de soirée à notre nouvelle auberge, le Red Lantern, que nous avions réservé avant le départ à Chengde. Situé dans des "hutongs", c'est une maison chinoise typique avec une cour carrée, une "Siheyuan". Nous tentons un petit restaurant de nouilles qui a attiré notre regard. On nous regarde beaucoup, surtout par curiosité. Nous commandons notre plat en montrant les assiettes des autres clients. Mais nous ne sommes pas très doués pour manger des nouilles avec des baguettes. Nous voyant un peu embarrassés, le serveur vole à notre aide en nous montrant comment retourner les nouilles avec la sauce, et les enrouler autour des baguettes à l'aide de la cuillère. Tout le monde rit et nous aussi. Terrible !
Hotel Red Lantern. 260 yuan avec 2 lits simples et salle de bain privée
Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin)
Départ très tôt pour un dimanche mais maintenant nous savons qu'il faut partir de bonne heure pour éviter (un peu) les cars de touristes chinois. Le Palais d'Eté n'est pas tout près du centre et à ¼ d'heure de la sortie du métro Beigongmen (ligne 4). Une fois sur place, c'est l'enchantement. Encore plus diversifié qu'à Chengde, le parc est magnifique, s'étend sur les hauteurs et près d'un lac. Les Chinois viennent en famille ou retrouvent des amis pour jouer aux cartes, aux dominos, danser, chanter… Là encore des dizaines de petits "pavillons" égayent le parc. Nous prenons le bateau pour rejoindre l'autre rive. Nous passons la matinée entière à nous promener au soleil. Nous montons tout en haut pour avoir la vue sur le lac et on aperçoit Pékin au fond. C'est immense ! Ensuite, nous allons voir la Maison du Prince Dong que l'on nous a conseillé. Effectivement, ça change encore de tout ce que l'on a pu voir auparavant. En sortant, nous prenons un pousse-pousse pour une petite balade dans les hutongs. La négociation est difficile et croyons obtenir un bon prix. Mais il est tellement bas que notre homme pédale au ralenti et nous laisse même finir à pied ! Sur le chemin, je visite seule une "sihueyan" (maison traditionnelle) moyennant 20 Y, ce que nous trouvons relativement cher mais nous sommes là pour ça aussi… Effectivement, la maison est mignonne. Nous nous retrouvons sur les bords du Lac Houhai. La nuit tombe, les lanternes s'éclairent. L'endroit est très romantique. Nous décidons de boire un verre dans un bar qui est en fait un club d'aviron. Nous sommes seuls au bord du lac. Sur le chemin du retour, mon attention est attirée par la devanture d'un luxueux restaurant. On dirait une sihueyan. Prétextant de voir la carte, nous en profitons pour jeter un œil à l'intérieur. Magnifique. La maison est restaurée, la cour carrée est toute pavée et de petites salles permettent de prendre un repas en privé. Malheureusement, n'ayant pas très faim, nous partons à la recherche d'un repas moins copieux.
Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin)
Le Temple du Ciel, très prisé par les Chinois et en photo dans tous les guides, en impose lui aussi par sa splendeur. Comme tous les monuments à Pékin, il est repeint régulièrement et les frontons colorés de bleu, vert, rouge et or sont resplendissants. C'est une alternance de ronds et de carrés dans tout le parc, symbolisant le Ciel et la Terre. Ensuite nous allons faire un tour dans le marché Hi fi de Hongqiao, par curiosité. Nous trouvons des copies de lecteurs de MP3 et d'appareils photos pour quelques euro. N'étant pas intéressés, nous déclinons les offres des vendeurs et nous constatons alors que les prix diminuent alors vertigineusement. Ils sont divisés par 10 quand nous nous éloignons un peu trop de leurs stands… Nous le saurons pour nos futurs achats !!! Puis nous allons vers Qianmen Dajie, rue bourgeoise restaurée à l'ancienne, avec des boutiques que nous connaissons bien au milieu… Nous avions déjà vu les enseignes Dia, Séphora et Starbuck Coffee mais là, c'est une rue européenne qui s'offre à nous ! En remontant vers le nord, nous bifurquons ensuite à gauche dans la rue Dazhalan, plus "commerces pour touristes" et nous nous y perdons avec délices. Nous achetons du thé après l'avoir goûté. En passant devant un institut de "foot massage", nous nous laissons tenter par un autre massage, après avoir négocié le tarif, comme il se doit.
Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao
Nous partons en taxi cette fois pour rejoindre la gare de l'ouest. Toujours un peu de stress en arrivant à la gare car presque toutes les indications sont en chinois. Nous nous retrouvons dans un train ultramoderne et super luxueux. Nous sommes épatés. En 4 heures, nous arrivons à Taiyuan. Maintenant le plus dur reste à faire : aller à la gare routière et prendre un billet pour Pingyao. En sortant de la gare, nous abordons un couple qui parle anglais. Chance ! Mais il n'est pas du coin. Un petit attroupement de curieux se forme et du coup, le jeune homme demande aux locaux les précieux renseignements, comme le numéro du bus pour aller à la gare routière. Je lui pose les questions en anglais et il fait de même en chinois. Que du bonheur ! Nous notons tout sur une feuille et lui demandons de l'écrire en chinois. Ca peut toujours servir ! On nous conseille de prendre le train, plus simple. Nous retournons dans la gare. Mais devant l'affluence au guichet, nous renonçons. Le temps de faire la queue et d'attraper un train, il fera nuit… Nous revenons à nos plans initiaux : nous abandonnons l'idée du bus et nous prenons une moto-taxi pour aller à la gare routière. Après tout, nous sommes riches ici, autant en profiter ! Nous prenons donc le premier car pour Pingyao et sommes tout fiers d'avoir acheté nous même nos billets. Niveau timing, nous n'avons pas perdu de temps, et devrions arriver vers 14h30 à Pingyao. Nous demandons au chauffeur, guide de conversation en main, si le car passe devant la Résidence des Qiao. Bingo ! En plus il y a des bus toutes les heures. Nous allons pouvoir effectuer notre visite en cours de trajet, comme nous le souhaitions… Arrivés au village de Qiao Jiada Yuan, nous descendons. Il nous suffit de suivre un car de touristes pour arriver facilement à la Résidence. Nous laissons nos sacs à dos à la consigne pour visiter tranquillement. Il s'agit de 4 maisons traditionnelles, dont l'intérieur est transformé en petits musées. La visite se termine par un petit jardin puis à la sortie, nous tombons sur des dizaines de marchands qui se sont installés là. Un peu lassés, nous filons attraper le car pour Pingyao. Après quelques déboires avec le chauffeur, nous arrivons à Pingyao. Il fait nuit et il faut rentrer dans la ville fortifiée. Nous prenons un cyclo-pousse (tarif négocié bien sûr) pour aller à hôtel Nous arrivons alors dans une splendide demeure. Nous avions pris une chambre traditionnelle "de luxe" et nous ne sommes pas déçus. Il s'agit d'un lit en bois surélevé avec du mobilier chinois. Nous "négocions" le petit déjeuner gratuit avec le gérant de hôtel, Bob, et partons à la découverte de la "ville des lanternes" de nuit.
Zhengjia Hotel, 350 yuan, chambre "de luxe" typique, salle de bain privée
Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao)
Après notre petit-déjeuner, nous achetons notre "pass" qui permet de visiter toutes les maisons traditionnelles et quelques temples. Valable 2 jours, il faut absolument le faire tamponner le soir même à un autre guichet pour avoir le droit de s'en servir le lendemain. Nous commençons donc par la banque Rishengchang puis la maison du banquier Lei Lütai. Mais après la Résidence des Qiao, tout semble bien fade et surtout répétitif. La pierre grise et le ciel nuageux y sont peut être pour quelque chose. La porte d'entrée ou la façade sont souvent plus impressionnantes que l'intérieur. Mais chacun ses goûts. Nous devons aussi penser à récupérer nos billets de train Pingyao-Xi'an. Nous devons les prendre dans un hôtel situé dans une des rues principales. Nous nous y rendons et prenons nos billets en échange du petit papier bleu. Nous vérifions bien la date et partons satisfaits. Nous préférons ensuite nous balader dans les rues animées et restaurées pour les touristes, à la recherche d'un petit restaurant pour le soir. Pingyao est le paradis des nouilles et autres raviolis vapeur : oreilles de chats, mountain noddles, nouilles coupées au couteau, etc… Ensuite, nous quittons les rues commerçantes pour nous diriger vers les remparts et les cotés peu (ou pas) mis en valeur de Pingyao. Nous faisons tamponner notre pass à l'extérieur de la porte Sud. Florent s'achète une veste en lin pour 3 eur ! Le jour tombe et les lampions s'allument peu à peu. La ville est vraiment magnifique, même si elle fait un peu "musée". Nous dînons dans la cour intérieure d'un restaurant, loin du bruit de la salle. De retour à hôtel, nous nous rendons compte que le prix inscrit sur nos billets de train n'est pas celui qui est mentionné sur notre facture, il est beaucoup moins cher ! Nous réalisons alors que nous nous sommes pris une double commission : l'une pour le CITS et l'autre pour l'agence locale. Nous avons l'impression désagréable de nous être faits un peu "avoir".
Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an
Nous visitons encore deux maisons, admirons la vue sur la rue du sommet d'une tour et partons nous balader dans les rues si sympathiques de Pingyao. A midi cette fois-ci, nous mangeons "dans la rue", à la grande joie du cuisinier. Il y a tant de sortes de nouilles à tester ici ! Un peu de shopping pour finir, je m'achète une écharpe en Pachmina que je ne quitterai plus. Nous passons l'après midi à regarder les gens, les marchands de bonbons, de raviolis. Nous retournons à hôtel pour envoyer quelques mails, boire une bière et prendre nos sacs. Bob nous fait accompagner à la gare où nous allons prendre notre premier train de nuit. Arrivés en avance à la gare, nous observons les Chinois ainsi que d'autres touristes. Le train a du retard. Nous nous y attendions, c'est la veille de la Fête Nationale, le premier jour des vacances scolaires. Tout doit être plein. Bizarrement, il y a peu de monde à la gare de Pingyao. Nous pensons que beaucoup de gens sont montés à Taiyuan. Les gens commencent à se lever les uns après les autres pour se poster près des portes. Nous entamons la discussion avec un couple d'anglais qui vont dans le même wagon que nous. Le train est à l'approche, les portes donnant accès au quai s'ouvrent. Nous sommes dirigés en fonction de notre wagon pour attendre au bon endroit. La brume donne une atmosphère surnaturelle. On se croirait dans un film. Le train arrive enfin et nous avons 3 minutes pour grimper dedans. Ouf ! Nous sommes accueillis par le responsable du wagon qui contrôle nos billets et nous indique nos couchettes respectives. Le wagon est à moitié plein, il y a déjà des gens qui dorment. Il est minuit passé. Nous découvrons les couchettes "dures". 6 couchettes par compartiment, chacune munie d'un oreiller et d'une couette. Grand confort ! Je prends la couchette supérieure et Florent la médiane. Nous plaçons les sacs en hauteur. Mais il n'y a pas de porte ! Donc pas mal de bruit avec les allées et venues durant la nuit. Il y a un contrôleur par wagon qui surveille que le voyage se passe bien. Nous sommes rassurés.
Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale, quartier hui
Le premier jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude Nous arrivons à la gare de Xi'an vers 10 heures. Une personne de notre hôtel doit venir nous chercher mais le train a 2 heures de retard. Nous a-t-on attendus ? Nous comprenons rapidement que ce jour de Fête Nationale n'est pas comme les autres. Une immense cohue dès la descente du train nous emmène à la sortie de la gare. Il vaut mieux ne pas résister et suivre le flot. Malheureusement, nous ne voyons aucun panneau d'accueil. Nous comprenons ensuite que nous avons pris la mauvaise sortie et que nous ne sommes pas passés devant les panneaux. Il faudrait rentrer à nouveau dans la gare pour prendre l'autre sortie mais c'est peine perdue. D'autant que la police veille au grain et ils n'ont pas l'air tendres avec ceux qui s'écartent de la route. Je laisse Florent avec les sacs et pars à la recherche d'un panneau indiquant nos noms ou celui de hôtel Nous nous rendons à l'évidence, personne ne nous attend. L'esplanade est noire de monde. Comme hôtel où nous devrons récupérer nos billets Xi'an-Shanghai est situé face à la gare, nous partons à sa recherche. Nous le trouvons facilement. Nous présentons notre bon "bleu" puis on nous demande d'attendre. Prenant notre mal en patience, nous demandons à téléphoner à notre hôtel pour qu'ils viennent nous chercher. Mais il n'y a pas de téléphone à la réception (nous sommes pourtant dans un hôtel 4 ou 5 étoiles !). Sympa l'homme à l'accueil nous prête son téléphone portable. Après un grand moment de solitude où l'on me répond que hôtel est complet, j'explique (toujours en anglais bien sûr) que nous avons échangé des mails, que j'ai réservé une chambre pour 180 Y il y a deux mois et qu'on devait venir me chercher à la gare. Finalement, on retrouve mon nom et on me dit que la personne s'est bien déplacée mais que nous n'étions pas là et qu'il faut maintenant prendre le bus n° 306… dans la rue noire de monde… Un peu déçus, nous commençons à nous impatienter pour les billets. Peut être qu'ils ne sont pas prêts, peut être qu'ils ne sont pas encore allés les chercher, peut être que ça va prendre des heures, peut être qu'il vaut mieux revenir demain ?! Impossible toutefois de poser ces questions, on nous répond qu'on ne sait pas et que le responsable est quelque part dans hôtel et qu'il va arriver… responsable de quoi, nous ne saurons jamais ! Ah le choc des cultures… Nous nous renseignons pour savoir où est situé le fameux arrêt de bus. Il se trouve "en face, à coté du KFC". Entre temps, un monsieur arrive et nous tend les billets. Vérification de la date, mais l'heure est décalée, nous partons 2 h plus tôt que prévu. A bout de nerf, nous disons merci et au-revoir… Ils ont du nous prendre pour des touristes-tarés ! Maintenant, à la recherche de ce fichu bus ! Nous nous dirigeons vers l'endroit indiqué, mais au final, nous voyons 2 KFC… Le numéro du bus inscrit sur un papier, nous demandons aux gens dans la rue. Nous atterrissons, non sans avoir joué des coudes à notre tour, devant un semblant d'arrêt de bus mais la rue est en travaux, et les voitures passent avec difficulté car tout le monde est sur la chaussée. La Fête Nationale, que du bonheur !!! Prenant notre mal en patience, nous attendons… Des bus passent, mais jamais le notre. Puis nous décidons de prendre un taxi… Peine perdue, quand ils arrivent à se frayer un chemin dans la foule, ils sont déjà pleins. Nous décidons alors de nous éloigner de l'arrêt de bus pour en trouver un autre qui sera moins bondé ou un taxi vide, l'espoir fait vivre. Nous marchons 5 minutes dans la foule, en jouant des coudes (!). Et soudain, nous voyons notre bus arriver au loin. Nous commençons à courir pour l'attraper mais avec les sacs ce n'est pas évident…Florent bouscule tout le monde et grimpe dans le bus. Je le suis de près, m'étant agrippée à son sac, dès fois que le bus parte sans moi…
Nous arrivons à l'auberge de jeunesse et posons nos sacs. Nous décidons de nous balader dans la ville l'après-midi. Nous n'avons pas envie de visiter des temples alors nous errons au peu au hasard. Nous nous retrouvons dans le quartier Hui, ethnie musulmane chinoise. C'est un amoncellement de vendeurs ça et là, principalement de nourriture. Des sucreries au miel, des nouilles, des légumes et même de la viande posée là sur les étals !!! Un peu écœurés par le mélange des odeurs et la pluie, nous rentrons. De retour à hôtel, une "dumpling party" est prévue le soir. Il s'agit d'un cours de cuisine de raviolis chinois (Jiaozi) offerte par hôtel Nous sommes environ 15 personnes et une jeune chinoise, Micky, nous montre comment préparer la farce et la pâte. Ensuite, travaux pratiques, c'est à notre tour. Pendant 1h30, nous façonnons les petits raviolis. A 15, le volume produit est assez important. Micky nous propose ensuite de les faire cuire et de les manger tous ensemble, ce que nous acceptons. L'ambiance est très sympa, cosmopolite et pendant la cuisson, nous attaquons l'apéro… in english of course ! Nous passons une agréable soirée en compagnie d'Anglais, Australien, Mexicain, Français, que sais-je… Ils souhaitent finir leur soirée dans la boite de nuit de l'hôtel Ayant une grosse journée prévue le lendemain, nous les laissons, non sans regrets… Mais demain les soldats de terre cuite nous attendent et, avec la Muraille de Chine, ils sont notre deuxième passage "obligé" de notre voyage. Finalement, notre chambre se trouve située juste au dessus de la boite de nuit en question… Dur dur d'être un touriste ! Au final nous n'aurons pas vu la fête nationale fêtée par les Chinois, seulement des milliers de petits drapeaux rouges accrochés absolument partout.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an)
Lever relativement tôt pour attraper plus facilement un bus allant vers le site de l'armée des soldats en terre cuite, à 40 km de Xi'An. Il faut d'abord prendre un bus pour aller à la gare et un autre bus pour aller à Bingmayong. L'expérience de la veille nous hante un peu et nous ne savons pas ce que nous allons trouver à la gare routière. Finalement, plus de peur que de mal, on arrive même à renseigner une Française, qui va au même endroit que nous. Nous nous insérons dans la file d'attente du bus, et nous attendons notre tour, qui viendra rapidement. Tout le monde a une place assise. Durant le trajet, nous discutons avec des étudiants chinois. On fait un peu "attraction". Un peu timides, ils nous posent des questions en anglais. C'est sympa. Après environ 1h de trajet, nous arrivons sur les lieux vers 10 h. Les jeunes nous indiquent la direction du site et où reprendre le bus pour le retour. Nous sommes contents car le monde est largement supportable en comparaison de l'épisode de la veille "gare de Xi'An". Le site est très grand en fait, composé de 3 fosses avec des milliers de soldats et 2 musées. Nous commençons par les plus petites pour finir par la plus impressionnante. Les soldats en terre cuite sont magnifiques de réalisme et tous différents. Les coiffures, les mains, les statures, la position des pieds sont unique pour chaque statue. Nous prenons notre temps pour nous poser et admirer chaque soldat. Les chevaux sont représentés aussi. Ensuite quelques spécimen sont exposés dans de petites salles pour les admirer de plus près. Car on ne peut pas approcher les soldats dans les fosses. On est souvent en hauteur. Nous terminons par les salles musées, rapidement car nous commençons à fatiguer, ça fait 3 heures que nous sommes là, et les touristes commencent à arriver. Et quand les touristes chinois débarquent, il vaut mieux s'en aller, c'est une vague humaine ! Nous nous reposons dans la verdure environnante puis sortons du site, non sans passer devant plusieurs marchands, idéalement placés. Certains proposent à manger et la faim se fait sentir. Nous nous laissons tenter par du tofu, puis diverses petites brochettes. Nous nous dirigeons ensuite innocemment vers l'arrêt de bus. Et là, nous nous rappelons que ce sont les vacances et que nous sommes sur l'un des sites chinois les plus fréquentés…
Le deuxième jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude (2) Des voitures et des bus sur 3 files, dans les deux sens, alors qu'il n'y a qu'une seule route pour accéder au site de l'armée des soldats en terre cuite. Un embouteillage monstrueux ! Et nous commençons à chercher notre arrêt, un peu moins sereins…. Il y a beaucoup de monde à pied et nous comprenons que tous ces gens veulent la même chose que nous : attraper un bus pour rentrer chez eux. Tout en marchant, nous observons le lent ballet des bus et des voitures, qui se croisent, qui font des demi-tours osés, mais au ralenti et sans trop d'excitation finalement. Ils sont plutôt calmes, même. Déjà les bus ne desservent plus l'arrêt final et font demi-tour avant car sinon, ils ne pourront plus passer, ou alors ils vont rester coincés tellement longtemps pour faire 100 mètres que ça ne vaut pas la peine. Dois-je préciser que ce sont les mêmes bus qui font le retour…? Quand les bus arrivent à faire leur demi-tour parmi les trois files de voitures, ils sont ensuite pris en chasse par les gens qui veulent grimper dedans. Xi'An la gare, épisode 2, le retour !!! Nous laissons passer quelques bus et nous en repérons un à l'avance… qui finalement ne s'arrête pas devant arrêt prévu mais là où il y a le plus de monde. Loupé. Le suivant, lui, s'arrête beaucoup plus tôt, se charge à bloc et encore loupé pour nous. Nous changeons de position en riant (un peu jaune quand même, sans mauvais jeu de mots). Nous voyageons léger mais il nous faut courir dès qu'un bus s'approche pour tenter de grimper dedans. Enfin, l'un s'arrête près de nous. Nous hésitons entre la porte de devant ou celle du milieu (et oui, tout devient alors stratégique), et là tout le monde pousse… Je m'aggripe tant bien que mal à Florent, et finalement nous montons. En m'asseyant, je m'aperçois alors, malheur, que la sacoche de mon appareil photo est vide !!!! Mon dieu, j'ai du le perdre dans la bataille ! J'avertis Florent, je me précipite dehors pour voir si par miracle il ne serait pas tombé au pied du bus. Hélas, trois fois hélas. Je remonte car j'ai peur que le bus ne parte. A son tour Florent descend et je le vois se mettre à courir sur la route. Non seulement j'ai perdu mon appareil photo, mes souvenirs, mais en plus mon homme replonge dans la foule et le bus qui va bientôt repartir !!!! Argh, tant pis pour mon foutu appareil, faites que mon homme revienne !!! Florent remonte alors, bredouille, et le bus ferme ses portes… Quelle déception alors ! Toutes ces photos, prises avec tant d'attention parfois, pour quelqu'un en particulier, pour nous seuls, ou pour montrer à tout le monde comme c'est beau la Chine… J'accuse le coup et relativise, j'ai encore mes papiers et mon argent, ça aurait pu être plus grave mais c'est tellement dommage. Une petite faute d'inattention si basique… Moi qui remettais systématiquement mon appareil dans mon sac à dos en sortant d'une visite, j'ai tout simplement oublié de le ranger cette fois-là. Et il est tombé, ce qui me parait quand même peu probable, ou a été volé durant la course après le bus. La sacoche a pu être projetée derrière moi et il était facile de se servir. Les Chinois ne sont pourtant pas voleurs, mais la tentation a peut être été trop forte. Ou alors il s'agit d'un autre touriste, et là, malheur à lui !
Nous observons quand même la circulation énorme à ce moment là. C'est un embouteillage géant. Il doit être 14 heures et des touristes arrivent encore sur de multiples files. Je n'ose imaginer le temps qu'ils vont mettre à arriver jusqu'au site. Pour le retour, nous roulons pendant une bonne demi-heure au pas, pareil pour les gens en face. Nous hallucinons encore de ce que nous voyons, les voitures se doublant et se croisant n'importe comment. Nous arrivons enfin à Xi'An et partons nous balader sur les remparts. Nous voulons voir le coucher de soleil. Nous nous promenons pendant un long moment, des gens peuvent louer des vélos sur les remparts. Ca semble irréel. De là haut, on a un bon aperçu de la ville. On peut voir des immeubles ultra modernes comme de vieux bâtiments. Quand le soleil se couche, tout prend une teinte rosée. Les premiers lampions s'allument. Sans appareil photo, volé dans l'après-midi, je me retrouve un peu les mains vides. A quoi bon continuer si je ne peux pas capturer ces images ? J'essaie de mémoriser ce que je vois et heureusement il reste le téléphone de Florent, qui a déjà fait ses preuves. Le soleil se couche peu à peu et les lampions sur les remparts apparaissent nettement. Nous restons là, à admirer la vue, jusqu'à la pénombre. De retour à hôtel, nous rencontrons quelques touristes croisés la veille et nous allons boire un verre avec eux, au sous-sol de hôtel, dans la fameuse boite de nuit. Certains sont là pour plusieurs mois et ont un travail. En remontant, nous croisons nos retraités français, qui sont exténués. Ils viennent manger dans notre hôtel car on le leur a recommandé. Ils sont allés aux aussi voir les soldats de terre cuite, mais sont partis beaucoup plus tard que nous avec un tour organisé par leur hôtel Du coup, ils sont arrivés tard sur le site, avec tous les autres touristes et c'était beaucoup plus fatiguant. Ils ont du mettre le double de temps de transport par rapport à nous… Mais ont toujours leur appareil !!! Nous prenons congé, un peu fatigués aussi. Nous ne les recroiserons plus, ils s'en vont dans le Yunnan, mais sont coincés par leur billet. Nous commençons à nous rendre compte que nos 5 heures passées dans l'agence du CITS ainsi que notre surcoût nous ont servi à anticiper ce genre de choses. D'un autre coté, notre temps est compté, le leur beaucoup moins car ils sont en chine pour 6 semaines.
Jour 14 : quartier de Shuyuanmen, remparts (Xi'An) et train de nuit pour Shanghai
Aujourd'hui, nous voulons aller voir le quartier de Shuyuanmen dit "des calligraphes" situé près de notre hôtel Nous trouvons de gros pinceaux de calligraphie, des baguettes et de magnifiques sinogrammes (écritures chinoises). Nous prenons quelques photos et commençons à regarder ce que nous voudrions ramer chez nous. Mais pour l'instant il est un peu tôt pour se charger de "souvenirs". Nous retournons sur les remparts, car la veille, notre billet n'a pas été déchiré. Du coup nous refaisons un tour gratis. Nous voulons aussi faire quelques petits achats pour le train de nuit, et notamment, des soupes de nouilles que nous voulons essayer. Nous avons observé les Chinois et ça n'a pas l'air très compliqué. Nous savons que nous voyageons en première classe (soft sleepers), donc nous devrions être à l'aise pour "cuisiner", et eau chaude garantie… Notre train est à 17h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel, notre caution et allons prendre le bus que nous connaissons bien maintenant. Dans le bus, une jeune fille nous aborde et nous dit qu'elle est à notre hôtel Elle nous demande où nous allons. Arrivés en centre ville, elle nous conseille de descendre avec elle car le bus va être bloqué par les embouteillages (et oui, vive les vacances !). Comme elle marche près de nous, nous en profitons pour acheter des fruits qu'elle "négocie" pour nous. Du coup, nous lui demandons de nous trouver des soupes non épicées puisque le magasin en vend aussi. Elle est très contente de nous aider et nous aussi du coup ! Après l'avoir bien remerciée, nous nous dirigeons vers la gare. D'abord trouver le "salon d'attente". Selon les gares, certains salons d'attente sont réservés spécifiquement aux voyageurs en soft sleepers. Nous sommes plus sereins que pour notre premier train. Quand les portes s'ouvrent, nous nous dirigeons "tranquillement" mais activement vers notre wagon. Nous prenons place dans notre compartiment. Les couchettes sont effectivement plus luxueuses, dans le sens où le compartiment se ferme par une porte (d'où moins de bruit), on n'est que 4 au lieu de 6. Il y a aussi une couette et un oreiller, comme dans les "hard sleepers". Les toilettes ont l'air plus propres et il y a même un coin lavabo qui ferme à clé. Nous rencontrons nos voisins pour la nuit : un jeune couple chinois avec une petite fille. Nous sommes chanceux, ils parlent un peu anglais. Nous nous présentons. Ils sont très curieux et nous aussi. La communication n'est pas facile, par manque de vocabulaire des deux cotés, mas il y a de la bonne volonté. Quand les mots manquent, nous dessinons sur un calepin. Ils nous proposent des fruits et nous prenons le thé ensemble. C'est plutôt convivial et nous les trouvons sympathiques. Nous leur demandons à quelle heure ils comptent éteindre, car nous avons compris que les Chinois se couchent tôt et il va falloir manger. Le jeune homme se lève et sort deux bols de nouilles qu'il commence à préparer devant nous. Nous le regardons avec attention et lui expliquons qu nous en avons aussi et que c'est notre première fois. Alors, magie du voyage, il nous montre comment faire avec nos propres soupes après avoir préparé les siennes. Il faut ouvrir un peu le carton, mettre une partie des épices, mais pas tout sinon c'est trop fort, ensuite mettre l'eau chaude, remuer un peu et refermer le couvercle avec quelque chose. Nous prenons des bananes pour faire un poids stable. Après quelques minutes, regarder si les pâtes ont gonflé, remuer et c'est prêt !!! Remarquant qu'ils ont mangé dans le couloir, nous faisons de même pour ne pas embaumer le compartiment d'odeurs de nourriture. Nous sortons donc avec nos bols de nouilles et nous mettons sur de petits strapontins. C'est divin, nous nous régalons et nous nous sentons vraiment bien dans ce pays maintenant. Nos continuons à discuter un peu avec nos voisins, puis ils se couchent et éteignent leurs lampes. Nous faisons de même peu de temps après car le train arrive vers 7h à Shanghai.
Jour 15 : le Bund, balade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai)
Nous nous réveillons bien reposés, on dort mieux dans ce train que dans les trains français nous semble-t-il. Nous reprenons notre discussion avec le couple chinois mais le train arrive déjà. Tout le monde descend. J'espère que nous aurons autant de chance lors de notre prochain voyage… La gare donne directement sur le métro. Après un rapide coup d'œil sur nos plans, nous prenons un ticket (qui coûte 3 Y pour 2 Y à Pékin) et nous engouffrons dans une rame. Cette fois-ci, forts de nos quinze jours en Chine, nous avons l'air beaucoup plus à l'aise que certains touristes chinois. Passage des sacs au détecteur à rayons X, repérage des terminus, sens de circulation, passage du ticket dans la borne, c'est un peu comme à Paris finalement… Le plus dur est de trouver l'hôtel à la sortie du métro. Ca n'a pas l'air trop loin. Nous longeons un fleuve, et nous y sommes. L'endroit paraît sympathique, c'est une auberge de jeunesse. Après le check-in, la caution, nous devons attendre un peu car notre chambre n'est pas prête. Il faut dire qu'il n'est pas 9 h… Nous achetons un plan à l'accueil, car nous devons aller récupérer des billets de train du CITS, et ça n'a pas l'air facile de trouver hôtel (décidément !). Personne ne semble vraiment savoir où il est malgré l'adresse. Nous nous renseignons sur les possibilités d'acheter des billets pour aller à Suzhou dans la journée, ainsi que des billets de bus pour aller de Hangzhou à Tangkou. Nous posons beaucoup de questions au réceptionniste et il est plutôt patient. Nous en profitons aussi pour finir de boucler notre escapade dans le Huangshan, la Montagne Jaune, que nous avons prévue dans 3 jours. En effet, nous sommes en contact depuis une semaine avec un certain Monsieur Cheng de Tangkou. Nous avons trouvé ses coordonnées sur le site Voyage.forum et nous pensons qu'il peut nous aider pour notre excursion dans le Huangshan. A travers nos échanges de mails, nous réalisons que nous avons fait une erreur stratégique. Au tout début du voyage, nous avions réservé un billet de train Shanghai-Hangzhou en pensant prendre ensuite un bus Hangzhou-Tunxi, croyant que la liaison directe n'existait pas. Nous avions prévu de passer la nuit à Tunxi pour rejoindre Tangkou par un bus le matin afin de gagner la montagne jaune le plus tôt possible. En fait je n'avais pas encore étudié avec attention le trajet, et ayant peur des vacances scolaires, nous avions sauté sur les billets de train. Nous nous rendons compte alors qu'il existe un bus reliant Shanghai à Tunxi et même Tangkou (plus proche du Huangshan) en seulement 6h. Nous tentons d'annuler le billet avec l'agence du CITS mais l'annulation coûte quasiment aussi cher que le prix du billet. Tant pis. Nous décidons finalement de rester sur notre itinéraire alliant train et bus, mais de passer la nuit chez Monsieur Cheng, directement à Tangkou, pour être déjà sur place. Nous annulons la nuit hôtel prévue à Tunxi. Et nous commandons les billets pour Suzhou. Comme notre chambre n'est pas prête, nous laissons tout simplement nos sacs à la réception. Ceci étant fait, nous partons récupérer en bus nos fameux billets de train pour Hangzhou. Et là, nous tentons d'aborder des Chinois afin de trouver l'arrêt de bus. Et surprise, ils ont l'air beaucoup plus craintifs qu'à Pékin de nous entendre parler anglais. En tout cas, pas facile de se faire comprendre malgré le dictionnaire et le plan. Finalement, nous arrivons à trouver l'arrêt, le bus arrive et nous sautons dedans. A l'intérieur, je regarde mon plan en parlant à Florent, et là une jeune Chinoise qui a du lire sur mon épaule me dit qu'il faut descendre à l'arrêt d'après… sans que je lui ai rien demandé… Je trouve ça vraiment gentil. Nous arrivons près de la rivière Huangpu et des gratte-ciel. C'est fantastique, on se croirait à New York ! Ca n'a plus rien à voir avec Pingyao… Nous trouvons hôtel qui est un 4 étoiles. Nous grimpons dans les étages à la recherche du bureau du CITS sans que personne ne nous demande rien. Nous récupérons nos billets et en profitons pour passer aux toilettes… A priori, l'endroit doit être "sûr" et propre. C'est d'ailleurs une stratégie que nous allons adopter pour Shanghai !!! Nous nous retrouvons alors sur les quais de la rivière Huangpu et nous arrivons sur le haut du Bund, boulevard très connu de Shanghai, qui longe la rivière. Nous nous laissons tenter par une petite croisière d'une heure sur la rivière, histoire d'observer la ville à partir de son "cœur". Les gratte-ciel sont tous plus grands les uns que les autres, avec des formes variées et assez osées. Toujours plus haut, plus loin, plus fort ! Ensuite nous allons vers le jardin Lu, qui semble très prometteur. Mais il y a énormément de monde. En cherchant l'entrée, nous passons dans un dédale de petites maisonnettes qui sont en fait des magasins fraîchement repeints en rouge et blanc, mais tellement de monde. Nous déambulons emportés par la marée humaine qui se presse sur les ponts au dessus de l'eau. Nous espérons retrouver un peu de calme dans le jardin… mais avant cela, il faut faire la queue ! Une fois entrés, l'endroit est en effet magnifique. Mariage des plantes, de la pierre, de l'eau, de petites maisons. Un vrai jardin zen. Sublime, mais finalement un peu trop "peuplé" à notre goût. Il est vrai que le monde perpétuel nous fatigue beaucoup plus que ce que pensions. Nous dînons "en ville" et profitons de la nuit tombée sur Shanghai pour retourner sur le Bund afin d'admirer la vue de nuit. Là encore, c'est un monde fou, une marée humaine qui se presse, se colle, pour voir les gratte-ciels illuminés. Il faut dire que le spectacle est époustouflant. C'est une mégapole, il ne faut pas l'oublier. Des écrans publicitaires s'affichent sur certains gratte-ciels, et changent régulièrement. Les bateaux sont eux aussi illuminés et leurs couleurs varient très souvent. C'est un régal pour les yeux. Nous rentrons épuisés à hôtel.
Shanghai Soho International Youth Hotel, 260 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, la place du Peuple, quartier de la Concession française (Shanghai)
Nous décidons d'aller en taxi au Temple du Bouddha de Jade ("le temple bouddhiste le plus célèbre de la ville" d'après le Routard), car il n'est pas desservi par les bus. Il est encore habité par une centaine de moines et surtout en activité intense. L'encens est bien présent. Le clou du temple est bien entendu le Bouddha, tout en jade. Il est splendide. Pour l'apercevoir, il faut payer, bien sûr, un petit supplément. Une fois arrivés devant, une surveillante interdit les photos car c'est un lieu de culte. Une barrière empêche de l'approcher et on doit se tenir à une dizaine de mètres de la statue. Certains font des prières, mais il y a aussi quelques touristes curieux. Nous restons là un bon moment, saisis par la sérénité qui se dégage de ce Bouddha. Il a l'air tellement bienheureux ! Et tellement beau et apaisant. En sortant, nous regardons quelques échoppes. Florent veut trouver un bol tibétain. Depuis Chengde, nous n'en avons pas revu et il craint de ne plus en trouver ensuite. Première étape, se faire comprendre. Florent adepte du mime, montre le geste et joint le son qui va avec. C'est une méthode marche plutôt bien. Le vendeur comprend aussitôt. Nous apprenons qu'il faut dire "tsing" pour parler de ce bol. Après avoir fait toute la rue pour en trouver à un bon prix, puis une longue négociation, nous l'achetons. Nous avons plus l'habitude de négocier qu'au début mais parfois, il nous faut céder bien plus que ce que nous croyons au départ. Les Chinois sont bons commerçants…. Quand nous ne sommes pas intéressés, ils nous vendraient tout le magasin pour quelques yuans, et dès que nos yeux brillent, ils flairent la bonne affaire et nous font plier. Heureux de notre achat, nous prenons un taxi pour aller en centre ville, place du Peuple. Maintenant nous n'avons plus peur de prendre un taxi, nous savons qu'une course coûte environ 5-10 yuans pour quelques kilomètres et nous vérifions simplement que le compteur est remis à zéro. Quels progrès depuis Pékin ! Nous découvrons la fameuse place du Peuple, immense. C'est le cœur de Shanghai. Nous marchons aux alentours, passons devant l'opéra de Shanghai et nous dirigeons vers le Musée de Shanghai, gratuit. Malheureusement, devant le monde amassé devant, nous reculons et décidons d'aller profiter du beau temps et nous balader dans le quartier de la concession française. C'est une autre ambiance que nous découvrons, beaucoup plus calme qu'en centre ville. Quelques vélos ça et là, des boutiques de mode où je ne peux m'empêcher de regarder les robes chinoises de forme traditionnelle mais revisitées et remises au goût du jour. Splendide ! Nous retournons ensuite près de la place du peuple pour faire un grand marché couvert sur Nanjing Donglu. En fait c'est un magasin géant sur 5 étages où nous repérons nos futurs cadeaux et souvenirs à ramener. Baguettes, Tshirts, et même appareils photos ! J'hésite à en acheter un pas cher (20 euro) pour le Huangshan mais j'ai peur être déçue par les photos. Nous dirons ensuite dans un restaurant japonais qui s'avère être une chaîne, Ramen. Les cuisines sont visibles depuis l'extérieur, ça a l'air propre et bon. Nous nous régalons avec une soupe, très copieuse et délicieuse, le tout pour quelques yuans.
Jour 17 : jardin de la Politique des Simples, jardin Liu (Suzhou)
L'avantage c'est que Suzhou (ou Tongli par exemple) ne sont pas loin (1-2h) et qu'il y a beaucoup de trains pour y aller. Et en plus ils sont super modernes. Nous arrivons donc vers 10 heures à Suzhou, la ville des jardins. 8 sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco… La difficulté première est de trouver un taxi pour rejoindre le centre ville. Nous sommes les seuls européens, comme souvent. Ca donne une impression de liberté, d'aventure et de conquête aussi. Mais nous nous sentons en sécurité. Il ne semble pas y avoir de station de taxi en sortant de la gare. Nous marchons un peu au hasard sur la route. Bizarrement, tous les taxis que nous approchons ne veulent pas nous charger. Nous trouvons un genre de poste de police. Ce qui est toujours drôle dans ces situations, c'est que quelqu'un doit toujours être "désigné" pour nous parler chaque fois que nous sortons trois mots d'anglais… Très soucieux de nous renseigner, les Chinois font beaucoup d'efforts quand ils parlent anglais. Quand ce n'est pas le cas, on dirait qu'ils ont peur de nous, certains font non de la tête, d'autres s'en vont carrément ! Nous pensons qu'ils sont timides. Un policier nous renseigne donc tant bien que mal. Il faut aller plus loin sur la route… Finalement, nous trouvons un taxi, il nous emmène au centre ville, qui n'est pas si proche que ça de la gare. A retenir pour le retour…. Il nous dépose pas loin du premier jardin que nous souhaitons visiter : le jardin de la Politique des Simples, qui fait près de 5 hectares. C'est le plus grand jardin de Suzhou. Suivant les conseils de notre guide, nous y allons en premier car nous savons que les hordes de touriste chinois vont déferler ensuite. Le jardin est magnifique. Un mélange zen d'eau, de terre, de verdure, de pierre et de petits pavillons. Nous sommes sensibles aux différents bambous, ayant visité une bambouseraie avant notre départ. Nous admirons les différentes variétés que nous croisons. Au fond, une grande jardinerie contient plusieurs centaines de bonsaï. Sublimes. Nous apprécions la galerie couverte, et sa toiture qui représente un dragon. Nous nous amusons aussi dans les portes, carrées ou rondes. Mais les touristes sont nombreux et, comble de malchance, leurs guides ont des mégaphones pour bien se faire entendre. C'est très difficile à vivre pour nous, car venus chercher le calme et la quiétude, c'est tout le contraire que nous trouvons au final. Nous décidons de ne faire que deux jardins au total, car après, tout se ressemble. Nous voulons aussi profiter de la ville en elle-même. On la présente comme une ville-musée ou une cité-jardin. On la surnommait jadis la Venise de l'orient pour ses canaux. Nous partons donc à la recherche de ses fameux canaux. Nous arrivons sur des berges, mais pas dans l'état que nous espérions. Tout est délabré. Suivant toujours notre guide, nous nous enfonçons un peu plus dans la ville. Nous voulons aussi voir un marché aux plantes et aux oiseaux. En cherchant un restaurant pour manger, nous tombons sur le fameux marché. Nous entrons à l'intérieur. On y vend de toutes sortes d'animaux : des chiens, des oiseaux, des poissons, des crustacés, des appâts… Mais aussi des pierres, des plantes, des bonsaïs. Le marché est à l'air libre, mais il est très dense. Ensuite, nous allons manger dans un petit restaurant. N'ayant pas encore mangé de canard, nous nous arrêtons sur un "duck pot" et des légumes. Quelle n'est pas notre surprise de voir arriver une marmite… pleine d'une sorte de soupe. Florent tente de remuer le liquide, et là, deuxième surprise, une demi-tête de canard surgit de la "soupe", puis une patte, avec les griffes… C'en est trop pour moi. Finalement, peu inspirée, je préfère manger les légumes. Florent tente tout de même l'expérience, avec ses baguettes !!! Nous apprendrons plus tard que c'est un classique. Nous nous dirigeons ensuite vers le deuxième jardin que nous avons choisi, le jardin Liu, car il est réputé pour sa centaine de fenêtres ouvragées. Effectivement, les fenêtres, en pierre, sont toutes différentes et uniques. Nous retrouvons là aussi un toit-dragon. On se perd avec délices. Là encore, bambous, bonsaïs, verdure, petits pavillons, mélange terre et eau. Nous nous reposons ensuite dans une maison de thé au fond du jardin. La lumière commence à baisser. En sortant du jardin, nous sommes abordés par des rabatteurs qui nous proposent une ballade en bateau dans les canaux pour une somme vraiment modique. En plus, nous ne sommes pas à coté… Comme nous avons peur d'un malentendu, Florent se met à mimer la ballade en bateau et tout le monde nous dit OK. Nous partons donc avec une sorte de triporteur en direction des canaux. Puis le "taxi" s'arrête et nous demande de le suivre. Et là, il nous montre le départ des bateaux, à un tarif qui n'a rien à voir avec ce qu'il nous a dit. Un peu déçus, nous lui disons non. Il part en maugréant. Du coup, nous avançons dans les ruelles et nous découvrons une partie de la ville très mignonne que nous n'avions pas vue. Là, la ville est restaurée et nous apprécions son charme pleinement. Ayant déjà fait notre "mini-croisière" à Shanghai, nous décidons de voir les canaux à pied. Nous croisons des photographes professionnels qui prennent une jolie chinoise en photo, vêtue d'une magnifique robe de soie. Nous entrons dans quelques boutiques touristiques, notre voyage tirant à sa fin, il nous faut penser aux souvenirs et aux cadeaux. Je craque pour une ombrelle en papier, mauve. Nous trouvons des articles bien moins chers qu'au marché de Shanghai où nous voulons retourner. Nous bénissons les rabatteurs qui nous ont permis de découvrir Suzhou. La nuit tombe et les lampions et lumières s'éclairent petit à petit. La cité a beaucoup de charme. Mais il nous faut la quitter, notre train de retour étant dans moins d'une heure. Petit coup de stress quand nous tardons à trouver un taxi. Puis arrivés à la gare, nous grimpons dans notre train facilement. En une heure, nous sommes à Shanghai la mégapole. Quelle journée !
Jour 18 : transfert Hangzhou puis Tangkou
Départ du Shanghai Soho International Youth hôtel. Comme nous en sommes satisfaits malgré le bruit, nous réservons une chambre "calme" pour notre retour à Shanghai. Choix stratégique car près du métro et pas cher. Ce qui nous permet aussi de ne prendre qu'un sac pour deux pou le Huangshan et laisser l'autre sac à la réception. Nous ne savons pas si nous allons devoir marcher avec le sac en haut de la montagne, alors nous préférons assurer. Une journée à passer dans les transports. D'abord le train Shanghai-Hangzhou, digne du TGV. Là encore, nous sommes impressionnés par la modernité et le confort du train. Ensuite, ça se corse. Arrivés à Hangzhou, il nous faut rejoindre la gare routière. Nous avons demandé au réceptionniste de notre hôtel de nous inscrire sur mon calepin "la gare de l'ouest pour Tangkou" (ou du moins c'est ce que je croyais). Nous abordons un taxi, qui ne nous regarde pas, puis un autre, et encore un qui nous refuse sans avoir lu notre papier. Ca ne doit pas être le bon endroit pour charger des clients (comme à Suzhou). Un peu plus loin, les taxis semblent prendre des Chinois. Nous nous approchons avec notre calepin. Une fois, deux fois, trois fois, les taxis font non de la tête ou du bras. Nous montrons Tangkou sur la carte. Nous pensons que c'est trop près (ou trop loin ?). Heureusement, une Chinoise nous accoste en parlant anglais. Nous lui expliquons que nous voulons aller à la gare routière pour prendre le bus pour Tangkou. Un petit attroupement se forme, comme d'autres fois. Elle griffonne deux sinogrammes et le premier taxi venu nous prend en charge immédiatement. Ouf, nous la remercions. Nous voilà enfin en route. Nous avons perdu du temps, presque une heure pour prendre le taxi, et le trajet entre la gare ferroviaire et la gare routière de l'ouest est finalement très long. Mauvais calcul décidément, mais bon. Nous en profitons pour admirer le paysage. Il y a un grand lac et c'est très boisé aux alentours. Nous arrivons à la gare. Il va falloir demander un bus direct pour Tangkou qui part dès que possible… Et là, nous savons que personne au guichet ne parlera anglais… Nous abordons un jeune homme, qui parle anglais heureusement. Il faut dire que Florent a "un truc" pour repérer les Chinois anglophones au premier coup d'œil, et sur tout le voyage il s'est rarement trompé. Nous lui expliquons notre souhait et il a la gentillesse de commander le billet pour nous. Nous le remercions. Le bus part dans moins d'une heure. Il nous indique l'endroit où attendre. Nous ressortons faire quelques achats pour le trajet : fruits et biscuits, nous sommes rodés. Il s'ensuit un trajet en bus qui nous paraît long, parce que le temps est à la pluie et les provinces traversées sont rurales et pauvres. Nous sommes toujours surpris de voir que tous les travaux, que ce soit les champs ou une construction, sont faits à main d'homme quasiment sans machine-outil. Nous en déduisons qu'ainsi, il y a un travail pour chacun, la technologie n'étant pas inconnue des Chinois, loin de là ! Ayant réussi à joindre Monsieur Cheng par téléphone (in english of course) pour lui communiquer notre heure de départ, nous pensons qu'il nous attend à la gare. Nous passons Tunxi, où nous devrons prendre le train de retour, et nous arrivons à Tangkou. Le trajet a pris deux bonnes heures.
Le fameux Monsieur Cheng de Tangkou… et son business Nous voyons un homme adossé à une grosse voiture qui scrute les passagers du bus. En descendant, il nous fait signe immédiatement. Là encore, nous sommes les seuls européens, il est facile de nous repérer ! Très cordial, il nous accueille comme de bonnes connaissances. Il est assez vif. Nous comprenons qu'il veut boucler ses affaires. Il nous propose un hôtel à Tangkou, vraiment pas cher par rapport à tous ce que nous avions payé jusque là. Il nous emmène d'abord à son restaurant, qu'il tient avec sa femme. Malheureusement pour lui, nous n'avons pas faim. Nous rencontrons des touristes mexicains sur le départ. Ils ont fait le Huangshan, sont enchantés. Nous leur posons quelques questions pratiques puis ils prennent le bus de retour qui s'arrête juste devant le restaurant. Ensuite Monsieur Cheng revient vers nous, et nous discutons de l'organisation du séjour. Nous lui confirmons d'abord que nous sommes d'accord pour dormir en dortoir en haut de la montagne, le tarif étant vraiment modique. De plus, nous espérons faire le lever du soleil, vers 5 h, donc nous dormirons peu. C'est bouclé pour 260 yuans à deux, quand on avait vu des prix de l'ordre de 600 yuan. Ensuite j'avais lu sur un forum qu'une jolie balade aux alentours permettait de se rendre sur les lieux du tournage de Tigres et Dragons. Il s'agit de la Vallée d'émeraude. Mais il n'est pas possible de la faire si tard et par ce temps brumeux. Il nous propose de la faire plus tard. Comme nous repartons le surlendemain soir, notre "hôte" est un peu surpris, mais comprend. Sachant qu'il fait preuve de bonne volonté, nous lui expliquons aussi que nous avons notre billet de train à récupérer au CITS à Tunxi, ce qui ne nous arrange pas. Pas de problème, il passe un coup de fil et nous annonce que nos billets seront disponibles dans un hôtel en haut de la montagne ! Magie magie ! Merci Monsieur Cheng et son sens de l'organisation. Ensuite il nous indique notre hôtel, dans lequel nous ne serions peut être pas rentrés sans lui. Les chambres sont flambant neuves. Il nous donne rendez-vous le soir à son restaurant (évidemment) pas trop tard (et oui, il travaille toute la journée). Comme il est tôt (16 h tout au plus), nous partons à la découverte du village. En fait c'est un village de montagne, il n'y a rien. Quelques restaurants quand même, quelques magasins et c'est tout. Comment font ces gens pour vivre ? Il y a très peu de touristes alors que c'est la dernière étape avant la montagne. Nous croisons une vieille dame qui porte des épis de maïs, un autre temps… Nous faisons quelques achats pour le lendemain, car nous avons lu qu'il n'y avait pas grand chose en haut de la montagne, ou à un prix exorbitant. Comme "d'habitude", des biscuits, des fruits et des nouilles. Nous trouvons des soupes qui n'ont pas l'air épicées (il n'y a pas de petit logo avec un piment comme sur d'autres). Nous sommes contents de nous. Sur le trajet, nous nous laissons tenter par des marchands de thé, mais rien ne nous plait vraiment. Nous rentrons à hôtel ou nous nous reposons un peu avant d'aller chez Monsieur Cheng. Grand sourire quand nous arrivons. Ensuite, un homme rentre dans le restaurant et commence à présenter des calligraphies et s'assoit. Il s'agit de l'oncle de Monsieur Cheng. Nous commandons notre repas et commençons à regarder les peintures. Elles sont magnifiques et très peu chères. Nous avons un coup de cœur pour un cerisier, avec des fleurs rouges et roses. Le problème du cerisier est qu'il est peint sur une simple feuille de riz, et donc très fragile. Normalement, il faut coller la feuille de riz sur un papier plus épais, et ensuite le tout est posé sur un tissu et tendu entre deux rouleaux de bois. Notre choix se porte aussi sur une belle peinture de bambou. Nous tentons de négocier un rabais, mais les Chinois sont parfois durs en affaire ! Notre calcul est simple, les dessins sont très beaux, le prix modique (une vingtaine d'euro pour les deux), mais il va falloir les faire "monter" comme des calligraphies. Le pourrons-nous en France à un prix raisonnable ? L'avenir nous le dira. Si nous ne les prenons pas maintenant, nous le regretterons de toute façon. Nous délaissons les problèmes de souvenirs pour nous concentrer sur les plats qui sont arrivés. On se lâche un peu d'ailleurs, mais demain la journée sera rude. Et tout est très bon. Nous achetons finalement les calligraphies, et elles sont bien protégées dans un étui en carton. Nous réservons aussi le petit déjeuner et partons nous coucher. Demain notre Monsieur Cheng nous expliquera comment gagner les Montagnes Jaunes. Malheureusement l'inconnue est la météo. Nous dormons d'un sommeil de plomb.
Hotel Tangkou, 120 yuan, chambre double, salle de bain privée
Jour 19 : le Huangshan (les Montagnes Jaunes)
Nous prenons un solide petit déjeuner chez Monsieur Cheng et sa femme. Nous nous apercevons d'ailleurs que c'est comme ça qu'il gagne sa vie, puisque le petit déjeuner nous coûte plus cher qu'un repas habituel au restaurant. La veille nous avions remarqué que les tarifs étaient plus élevés que dans les autres restaurants de Tangkou. En même temps, il faut bien que chacun soit gagnant. Monsieur Cheng, déjà affairé au téléphone avec d'autres touristes, nous indique l'arrêt de bus, à l'autre bout du village. Arrivés à la "station" nous sommes interpellés par un Chinois qui veut partager un taxi avec nous. Le prix divisé par trois se trouve le même que celui du bus. Nous acquiesçons et chargeons nos sacs. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Nous arrivons ensuite au départ du téléphérique. Le jeune Chinois avec qui nous avons discuté pendant le trajet nous aide à prendre nos billets d'entrée et de téléphérique et nous laisse son mail pour correspondre. Nous sommes partis pour les marches de l'Est, en téléphérique (heureusement, car il y en a des milliers). Et le beau temps est avec nous !!! Arrivés en haut, à 1650 m, le chemin est facile car tout est aménagé (béton et marches). Nous faisons une balade de 2h, en passant par des endroits magnifiques, aux noms exotiques : Mushroom Pavillon, Beginnig to beleave Peak, Refreshing terrasse, avant d'arriver sur l'imposante place de hôtel Behai. Nous savions à quoi nous attendre et nous ne sommes pas surpris par le béton. Nous continuons pour rejoindre hôtel Xihai (hôtel de l'ouest). Nous remarquons alors une grosse zone en travaux près de notre hôtel Nous laissons le sac à la réception, et reballade plus légers tout l'après midi. Il y a du monde, mais c'est largement moins que ce que nous croyions au départ. Nous sommes pourtant le week end, pendant les vacances scolaires. Certains points de vue sont plus encombré par les touristes, mais en patientant un peu, on se retrouve facilement seuls. Ayant récupéré une carte sur internet, nous savons à peu près quel tour nous voulons faire. Cloud dispelling pavillon, Echo wall, Flying over Rock, Top of Peaks (1730 m). Nous ne montons pas jusqu'au sommet, le "Bright Top" à 1800 m, car nous avons peur de perdre trop de temps. Nous voulons voir le coucher de soleil depuis "Purple cloud peak" et nous craignons être mal placés… Nous profitons de la vue majestueuse. Le coucher de soleil est magnifique. Nous sommes surpris de voir que beaucoup de Chinois partent quand le soleil est encore là… Décidément, un monde nous sépare ! Nous restons là jusqu'à ce que les couleurs rouges disparaissent. Ensuite, nous rentrons à hôtel Nous remarquons alors que malgré la nuit tombée, les engins ne se sont pas arrêtés… Ca nous laisse présager une bonne nuit ! Ce soir, ce sera chambre à part, Florent chez les hommes et moi chez les femmes. Je fais connaissance avec mes voisines de chambre, mais elle ne parlent pas anglais. Nous mangeons notre soupe de nouille et allons nous coucher. Tellement fatigués par cette journée, nous avons failli oublier d'aller chercher nos billets de train de retour ! Florent se dévoue pour aller les chercher. Mais les travaux continuent et les dortoirs donnent juste à coté… La nuit est très mauvaise. Merci Monsieur Cheng ! Nous ne saurons jamais pas s'il était au courant…
Hotel Xihai, 180 yuan en dortoir, salle de bain commune mais dans la chambre
Jour 20 : Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai
Lever 4h30, nous ne voulons rien manquer. Mais à 1600 m, la nuit, il fait froid. Nous mettons tous nos vêtements les uns sur les autres et prenons le thermos de thé. Nous partons main dans la main, avec la lampe de poche, un peu endormis. Nous retournons à Purple cloud peak à environ 1/2 heure du Xihai hôtel Il y a déjà du monde, mais nous réussissons à trouver un coin isolé. Une petite gorgée de thé pour réchauffer l'atmosphère et le bonnet est n'est pas de trop. Nous attendons l'aurore patiemment, puis le jour se lève. Le top ! En fait nous n'avons jamais eu de brume. Pour le coucher de soleil, il y avait beaucoup de nuages au fond (qui ont caché le soleil sur la fin) et le ciel était limpide pour le lever. Un très bon souvenir ! Nous profitons du soleil encore une heure et rentrons à hôtel Nous décidons d'emporter le sac pour ne pas avoir à revenir. Ensuite nous nous baladons toute la matinée. Cette fois-ci, plus motivés, nous voulons monter jusqu'au "Bright Top summit". Nous laissons le sac à un hôtel sur le trajet afin de profiter au maximum ; on le récupèrera facilement au retour. Au sommet, bizarrement, il y a beaucoup plus de monde parce que l'endroit est étendu et vaste. Petite pause pique-nique en haut. Nous sommes les rois du monde ! Nous entamons la descente à 13h, il nous faut 1 heure jusqu'au téléphérique, puis 2-3 heures pour descendre les milliers de marches de l'est. Le plus impressionnant, ce sont ces porteurs, que nous avions croisés partout sur le site, chargés de blocs de marbre, linge, nourriture, barres de fer… Nous pensions qu'ils portaient les charges du téléphérique jusqu'aux hôtels (d'où le coût exorbitant), mais nous nous rendons compte qu'ils partent du bas de la vallée et ne profitent pas du téléphérique. Ah la Chine et ses contradictions ! La descente est laborieuse sur la fin, nous n'en pouvons plus de ces marches…. Ensuite nous attrapons le bus de retour vers Tangkou puis Tunxi, où nous prenons le train de nuit qui nous ramène à Shanghai. Encore en soft sleepers. Moins de chance avec nos voisins cette fois-ci, ils sont beaucoup plus âgés et ne parlent pas du tout anglais. Ils se couchent d'ailleurs très tôt. Nous rencontrons des Français et nous échangeons nos impressions de voyage. Comme ils ont faim, nous leur conseillons d'acheter les fameuses soupes de nouilles, aussi vendues dans le train. Comme le jeune couple chinois l'avait fait pour nous, nous leur montrons, non sans rire, comment préparer les leurs.
Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai)
Nous arrivons à Shanghai vers 9 h, en terre connue, nous prenons le métro et allons à notre hôtel Nous retrouvons un couple de Canadiens que nous avions croisés avant de partir dans le Huangshan. Long échange de nos péripéties et aventures. Nous sommes fatigués. Nous allons vers la nouvelle ville de Pudong, pour découvrir Shanghai de l'autre coté de la rivière. Nous passons près de grands magasins et de gratte-ciels que nous avions vus le premier jour, notamment la tour Perle d'Orient (en forme de boule, c'est la tour de la télévision de Shanghai). Nous décidons ensuite de retourner au grand magasin sur Nanjing Donglu pour faire nos achats. Quand nous en sortons, les bras chargés, il fait nuit. Nous admirons encore les lumières de la ville. Nous pensons soudain que nos calligraphies pourraient être "montées" en Chine, ce serait sûrement moins onéreux qu'en France, plus "typique" et mieux fait. Il ne nous reste que deux journées à Shanghai mais nous décidons de tenter notre chance le lendemain.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai)
Levés plus tard que d'habitude, c'est la fin des vacances et nous n'avons plus envie de visiter de site touristique en particulier. Sauf l'exposition universelle que nous voulons faire en nocturne, si le temps et la forme physique le permettent. Nous avons entendu tout et son contraire à son sujet et nous sommes moins motivés à présent. Notre mission de la journée : les calligraphies, que nous emportons comme un trésor. Nous demandons à notre sympathique réceptionniste où nous pouvons aller. Il ne sait pas trop quoi répondre mais nous envoie dans le quartier le plus approprié à son avis. Non loin de la place du Peuple, nous nous engouffrons dans la rue qu'il nous a indiquée. En peu de temps nous tombons sur un encadreur. Nous prenons notre courage à deux main et entrons sans aller plus loin. Chance, l'homme parle anglais. Il nous comprend parfaitement et nous propose tout de suite des tissus qui vont pouvoir aller avec nos dessins. Nous prenons conseil auprès de lui et arrêtons notre choix. Nous lui demandons son tarif, très raisonnable. Incroyable, pour ce prix il monte le cerisier sur du papier plus solide et le bambou, sali, sera nettoyé. Les deux seront montés sur du tissu tendu entre deux bâtons laqués. Il nous propose de les récupérer dans une semaine… mais nous partons le lendemain soir ! Nous le lui avouons. Pas de problème, ils seront prêts pour 15 h le lendemain… Le cœur léger, nous continuons le long de la rue. Nos tombons sur un marchand de baozi (petits pains farcis à la viande)… Sûrement l'un des derniers que nous pourrons déguster. Nous nous offrons ce petit plaisir du palais. Nous arrivons ensuite dans un quartier un peu plus pauvres, où nous trouvons des fruits et légumes, toujours bien disposés, en ordre, des vendeurs en tous genres (ferraille, plastiques). Mais le monde nous fatigue vraiment. Allées et venues, bousculade, coude à coude, gens qui parlent fort… Shanghai nous paraît beaucoup plus peuplée que Pékin. L'appel de la maison se fait sentir. Nous renonçons à l'exposition universelle sans regret. Nous continuons à déambuler autour de People Square puis remontons une rue qui mène au Bund. Cette fois-ci, nous arrivons par l'intérieur de la ville. Nous passons devant les façades des immeubles années 30. Nous rentrons dans la Shanghai Pudong & Developpement Bank, qui date de 1923, toujours en activité, mais a conservé les guichets de l'époque. Nous poussons ensuite jusqu'à la rivière et rentrons à notre hôtel, après un restaurant vietnamien pour une fois.
Jour 23 : Shanghai
Journée "off". Nous allons récupérer nos calligraphies, sublimées par les tissus soyeux. Nous baladons encore un peu dans le quartier de la place du peuple. A rajouter, j'aurais visité le musée de Shanghai (gratuit) mais nous avions renoncé devant l'affluence, et nous sommes lassés par la foule si bruyante. Dernier repas chinois… Derniers achats pour liquider nos yuans. Nous passons dans un supermarché et achetons des cacahuètes épicées, des nouilles et des épices. Ensuite, retour à hôtel pour prendre nos bagages. Nous prenons le métro jusqu'à l'aéroport mais nous avons prévu un peu "juste" : il s'agit du dernier, la ligne de l'aéroport s'arrêtant vers 20 h ! Nous quittons Shanghai et la Chine heureux de notre voyage, des souvenirs plein la tête. Un jour peut-tre que nous le complèterons par le Yunnan et le Tibet.
J'espère avoir apporté ma modeste contribution à Voyageforum, qui m'a été très utile pour ma préparation.
Voir aussi mon blog : http://voyages.deesse.grecque.over-blog.fr/
Avis et commentaires bienvenus.
Nous sommes un couple de trentenaires habitant Marseille. Florent, parisien au cœur breton et moi Audrey, marseillaise. Nous voyageons sac au dos, en "routard". Nous avions décidé d'aller passer 3 semaines en Chine en automne 2010. Les prix des billets d'avion ont déterminé les dates de voyage, de fin septembre à mi-octobre. Ce n'est qu'après avoir acheté notre guide touristique que nous nous rendons compte que nous allons voyager pendant une période pas trop recommandée : la fête nationale du 1er octobre et la semaine de vacances scolaires qui suit. Maintenant nous étions prévenus. Nous voulions d'abord aller sur la muraille de Chine et voir l'armée des soldats de terre cuite. Les deux sites sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco. En feuilletant quelques brochures touristiques, nous choississons d'autres sites, eux aussi classés. Finalement, sans le vouloir, nous suivrons la route de l'Unesco. Après quelques recherches sur VoyageForum, nous arrêtons notre trajet :
Jour 1 : Arrivée Pékin Jour 2 : Rencontre avec Pékin. Place Tianmen. (Pékin) Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin) Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin) Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde) Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Train pour Pékin Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin) Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin) Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao) Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale (1er octobre), quartier hui Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an) Jour 14 : Quartier de Shuyanmen, remparts et train de nuit pour Shanghai Jour 15 : le Bund, ballade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai) Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, place du Peuple, quartier de la concession française, (Shanghai) Jour 17 : excursion à Suzhou Jour 18 : Train pour Hangzhou puis bus pour Tangkou Jour 19 : le Huangshan (les montagnes jaunes) Jour 20 : le Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai) Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai) Jour 23 : Shanghai
Le fait de devoir passer une partie des vacances scolaires en Chine, période très touristique et même déconseillée, a conditionné notre façon de prévoir notre route. De plus, le pays étant vaste, il a fallut choisir certaines régions, et en éliminer d'autres. Nous avons établi un plan jour après jour, que nous avons affiné mais que nous avons respecté à la lettre sur place. La grande inconnue étant l'affluence, nous avons préféré réserver tous nos hotels à l'avance, sur internet, depuis la France. Tant pis pour le coté spontané du trajet, mais là, nous ne voulions pas trop prendre de risques. Nous savions que nous allions vivre de toute façon une grande aventure. Le gros point noir du voyage était la réservation de trains, qui n'est possible que de la gare de départ, et moins de 10 jours à l'avance. Comment allions-nous pouvoir gérer nos déplacements pendant la fête nationale ? Nous risquions d'être bloqués plusieurs jours si tous les trains étaient pleins… Et 3 semaines en Chine, c'est court.
Coté Budget :
Avion (compagnie Emirates) + transferts Marseille/Nice = 800 eur / personne Assurance annulation, visa, vaccins, pharmacie = 150 eur environ/personne Cash retiré en Chine = 700-800 eur/personne Dont Train = 180 eur/p et au total 200 eur avec les bus et taxi Dont Hotels = 430 eur à deux pour une chambre double et 19 nuits puisque nous avons pris 3 trains de nuit Dont visites = 160 eur/p Repas moyen = 2-3 eur/pers. En moyenne 10 eur/p par jour nous ont suffit
Coût total = environ 1700 eur/pers
Pour la lisibilité du texte, le récit de quelques "aventures" est en italique et peut être sauté. Il n'apporte pas de coté pratique, mais fait partie de notre "carnet de voyage".
Jour 0 - Départ de Marseille en train pour Nice puis vol Nice-Dubaï-Pekin
Jour 1 : Arrivée à Pékin
Pékin nous voilà ! Nous arrivons à Pékin en milieu d’après midi. Après avoir récupéré nos sacs, passé la douane et retiré des yuan au distributeur de l’aéroport, nous achetons au guichet nos tickets de métro pour le centre-ville. Nous découvrons le ticket de métro pékinois, une carte magnétique. Il suffit de la poser sur le lecteur et "magie magie" le tourniquet s’ouvre. Les stations sont indiquées en chinois et en anglais, nous nous dirigeons facilement pour les changements. Nous y sommes ! A la sortie, un agent indique aux gens où insérer leur ticket de métro, qui est conservé et réutilisé… Le premier contact avec les Chinois se fait à la sortie du métro. Il nous faut maintenant trouver notre hôtel, la nuit commence à tomber et il n'est pas 18h… Nous approchons un Chinois notre plan et notre adresse à la main. Gagné, il parle anglais et nous indique la route. Nous rentrons dans une ruelle qui se rétrécit petit à petit, nous croisons des vélos, quelques échoppes. L'Asie est à portée de la main ! 10 minutes plus tard, nous arrivons à l'auberge de jeunesse, choisie sur internet. L'entrée est sympa, avec des lanternes rouges. On nous demande nos passeports pour nous enregistrer, nous visitons la chambre. Crevés par le voyage, nous sortons quand même prendre notre premier repas en Chine. Nous nous laissons tenter par un délicieux poulet aux cacahuètes et des nouilles. Le tout est très bon, mais plutôt épicé. Nous découvrons la vraie cuisine chinoise !
Beijing Saga International Youth Hostel. 240 yuan avec 2 lits simples (ou twin, le standard en Chine) et salle de bain privée.
Jour 2 : Rencontre avec Pékin
Premiers repérages à hôtel, qui organise des excursions à la muraille de Chine et peut acheter des billets de train. Nous demandons les horaires pour Chengde, où nous voulons aller d'ici 2 jours, et surtout pour Pingyao-Xi'an, problématique car nous nous y rendrons le jour de la Fête Nationale (1er octobre) et nous ne savons pas à quoi nous attendre, hormis beaucoup de monde. De plus, Pingyao ne fait pas partie de la même région et normalement un billet ne peut être acheté que de la gare de départ. Apparemment, les trains fonctionnent mais risquent d'être bondés. Pour réserver les billets, il faut téléphoner à la gare. La ligne étant occupée, on nous conseille de revenir le soir. Mais les billets risquent de se vendre, nous avons choisi un train de nuit et il n'y en a pas beaucoup. Nous sommes le 21 septembre et nous savons que les billets sont vendus 10 jours à l'avance. Il est temps de les acheter !... Achat des billets de train pour tout le voyage dans une agence du CITS*. Nous y restons 5 heures (!), mais nous avons réservé nos billets pour les 3 semaines de voyage et même pour les trajets en dehors de la région de Pékin. Nous payons une grosse commission (sur 180 eur de billets par personne, il y avait 50 eur de frais…) mais nous sommes soulagés, les trains en période de vacances scolaires étant pris d'assaut. En même temps, nous avons l'impression désagréable d'avoir perdu une journée. Nous reprenons le métro et nous dirigeons alors vers la place Tianmen. La photo de Mao trône. L'endroit est bondé. Nous prenons quelques photos et le temps de traverser la route par un passage souterrain, la nuit tombe sur Pékin. Nous repérons aussi l'entrée de la Cité Interdite pour le surlendemain. Nous rentrons à hôtel où nous rencontrons 3 retraités Français avec lesquels nous échangeons nos premières impressions.
* L'achat des billets de trains ou comment passer 5 heures dans une agence chinoise (CITS) Nous décidons de nous rendre dans une agence du CITS (agence touristique d'état, conseillée par une amie). Nous prenons donc le métro, achetons un ticket à 2 yuan, passons nos sacs au contrôle et nous dirigeons aisément dans le métro. Les rames sont ultramodernes, avec des écrans diffusant une chaîne d'information et des publicités. Dans les wagons, les Chinois ont les yeux rivés à leur téléphone portable et envoient des sms à tout va ou jouent. On se croirait à Paris ! A la sortie du métro, nous demandons notre chemin à quelqu'un. Très serviable le jeune homme passe un coup de fil au CITS pour confirmer l'endroit et nous l indique. Nous sommes agréablement surpris. Nous tournons malgré tout une bonne demi-heure avant de trouver l'agence par hasard. Nous entrons, il est 11h. Une jeune femme parlant anglais nous accueille. Nous souhaitons réserver les billets Pékin-Taiyuan et surtout Pingyao-Xi'an qui nous causent souci. N'étant pas sûre de comprendre notre trajet, la jeune femme téléphone donc à une de ses collègues et me la passe. Me voilà conversant en anglais au téléphone ! Avec 6 heures de décalage horaire… Nous avons le projet de faire une visite (la Résidence des Qiao) entre Taiyuan et Pingyao, en prenant un taxi ou un bus. Nous avions trouvé quelques éléments de réponse sur les forums mais je pose la question. On me dit qu'il faut se renseigner à l'agence locale et que l'on me rappelle. 5 minutes plus tard, on me propose une excursion en taxi de Taiyuan à Pingyao via la Résidence des Qiao pour 60 euro. Connaissant le prix du bus (moins de 10 euro), nous déclinons, nous étant assurés que le trajet est bien réalisable en bus. On nous propose aussi un hôtel au passage. Mais nous l'avons déjà réservé par internet. Reste à réserver le fameux train. Nous précisons que nous voulons prendre les billets Pékin-Taiyuan le 28 septembre uniquement si le train de nuit Pingyao-Xi'an du 30 est disponible (sinon il faut revoir tout le programme). Ayant déjà repéré les trains que nous souhaitions prendre sur internet (merci qui ???), nous donnons carrément les numéros. Bingo ! Il reste quelques places en couchettes de 2e classe pour le Pingyao-Xi'an et nous choisissons la 1ère classe assise pour le Pékin-Taiyuan. Nous sommes soulagés. Nous découvrons amusés la façon de travailler des Chinois. On fait un bon en arrière d'une cinquantaine d'années. Tout se fait par écrit et par téléphone, malgré les deux ordinateurs présents. Nous pensons que les billets doivent être achetés physiquement à la gare et que nous aurons une petite commission à payer. Arrive alors une dame (celle que j'avais eu au téléphone) qui prend le relais. Effectivement elle est plus à l'aise en anglais. Elle nous demande si nous avons besoin d'autre chose. Du coup, nous prenons nos billets Pékin-Chengde (nous l'écrivons, car notre prononciation s'avère incompréhensible pour les Chinois, d'autant qu'il existe une autre ville, Chengdu). Le train le plus rapide met 4h alors que les autres prennent 7h. Nous choisissons la classe supérieure (qui coûte seulement 2 euro de plus) et réservons le billet. Tout se passe par téléphone. Pourtant, les billets sont émis directement au guichet de l'agence… Pour 60 yuan (6 eur), nous avons un ticket pour parcourir 230 km ! Place au retour maintenant. Là les choses se compliquent, le retour 2 jours plus tard est complet. Il faut voyager debout (pendant 4 heures…!) ou modifier nos dates. Qu'à cela ne tienne, nous sommes flexibles puisque notre excursion de 2 jours à Chengde se fait à partir de Pékin et que nous avons prévu d'y rester 5 jours au total. Nous devons donc annuler nos billets aller. Nous avons la surprise de constater que l'annulation est payante (17 yuan par billet). Re-coups de téléphone, écritures, re-émission de billet. On nous demande si nous avons un hôtel sur place (nous sommes quand même dans une agence de voyage). De nombreux hôtels sont complets (pourtant ce n'est pas le week-end) et finalement, nous nos retrouvons dans un hôtel 4 étoiles avec petit déjeuner-buffet pour environ 45 eur. C'est un peu plus cher que toutes les chambres que nous avons réservées, mais comme ça reste raisonnable, nous acceptons. Nous paierons hôtel sur place. Nous tentons alors de réserver un billet pour un départ dans plus de 10 jours et, surprise, cela ne semble pas poser de problème. Allons-y gaiement ! Nous prenons alors le billet Xi'an-Shanghai en train de nuit le 3 octobre. Il y a de la place en couchettes molles (1ère classe). Re-téléphone, etc… Devons-nous réserver la suite du voyage ? Je m'étais laissé au moins une semaine en Chine pour prendre des informations supplémentaires sur la montagne jaune (Huangshan). En effet, malgré la lecture de forums et du guide, ce point me semblait plutôt flou. En même temps, je savais que notre excursion tombait en plein pendant les vacances scolaires et qui plus est le week-end, d'où le risque que les trains soient bondés là encore. Nous préférons "assurer" notre programme et prenons un train Shanghai-Hangzhou tôt le matin du 7 octobre pour pouvoir prendre un bus (ou un autre train) pour le Huangshan et le train de nuit Hungshan-Shanghai pour un retour le 9. Vient l'heure de la facture, très détaillée. Les prix sont bien ceux que j'avais relevés sur internet. On nous explique les commissions ajoutées, les réservations. Total : 3652 yuan (soit environ 360 eur de billets de train pour 2 personnes et des milliers de kilomètres). Cela ne nous paraît vraiment pas cher. Mais il est plus de 14 heures et nous commençons à en avoir marre et un peu faim. Nous demandons si nous pouvons régler par carte bleue mais il ce n'est pas possible. Nous allons devoir retirer de l'argent car nous ne pensions pas régler tous nos billets de train d'un coup ! Nous les prévenons que nous en profiterons pour déjeuner (des fois qu'ils effacent les réservations !). Nous repérons un distributeur, et allons manger. Nous entrons dans un petit restaurant où la cuisine semble fermée mais la serveuse nous fait signe d'entrer. Elle nous emmène au fond de la salle où son mari regarde la télévision en attendant les clients. Branle-bas de combat ! Des européens dans le restau… Nous tentons de demander le menu, puis le menu en anglais… Peine perdue ! Heureusement qu'il y a des photos. Nous prenons deux plats un peu au hasard. Nous nous régalons. En sortant, nous passons devant un institut de "foot massage". Les prix attirent notre regard : seulement une quinzaine d'euro pour une heure. Impensable ! Nous entrons et demandons quelques renseignements, plus la carte de visite ! Retour au CITS. Tous les documents ne sont pas prêts. Nous ne comprenons plus rien. Les agents sont encore en train d'écrire des papiers. Nous prenons les billets de train pour Chengde et Taiyuan. On nous explique ensuite comment récupérer les billets de train au départ des autres régions. On nous donne des "bons pour échange" que nous donnerons dans des hôtels ou des agences locales du CITS. Le problème, c'est que nous n'avions pas toutes les adresses de nos hôtels sur nous et du coup, l'agence ne savait pas trop où nous envoyer dans certaines villes. Nous avons prié pour que ce ne soit pas trop contraignant au final ! Nous réglons enfin. Il est 16 heures… Nous commençons à comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans ce pays, qu'il faut s'armer de patience et accepter la différence de culture.
Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin)
Nous avons choisi l'excursion organisée par notre hôtel (meilleur rapport temps passé sur la muraille – prix). Nous sommes un petit groupe de 7 personnes dans lequel nous retrouvons les Français vus la veille. Nous prenons un minibus et nous découvrons la conduite chinoise durant environ 1h30. Le klaxon est de rigueur et la bande d'arrêt d'urgence sert régulièrement de 2e voie ! Bref, nous avons failli mourir dix fois sur le trajet… En arrivant sur place, nous trouvons une armée de magasins pour touristes, les commerçants prêtes à dégainer leurs souvenirs sur nous ! Montée à pied (45 min). Ballade de 3 h sur la muraille, coté opposé aux téléphériques pour être plus tranquilles. Des centaines de marches ! Impressionnant. La forme de la montagne est parfaitement épousée par la muraille et à certains endroits, les marches sont très verticales. Déjeuner (inclus) dans un restaurant au pied de la muraille. Retour à hôtel en début d'après midi. Tour de la Cloche et tour du Tambour où nous assistons à un spectacle de tambours. Petit tour à pied dans les hutongs. Nous repérons aussi notre futur hôtel après notre étape à Chengde. Le Red Lantern retient notre attention pour sa cour carrée traditionnelle.
Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin)
Nous commençons tôt par la place Tianmen (coté Mausolée), pour arriver à la Cité Interdite (entrée sud). Majestueuse ! Gigantesque ! Il faut dire qu'elle fait un carré de un kilomètre par un kilomètre. Elle me rappelle Hué au Vietnam. Énormément de petits "palais", aux frontons reluisants. Des dragons, des phœnix, du rouge, du vert, du bleu et du doré. Ainsi que les toits jaunes, couleur impériale. Souvent les palais ne se visitent pas ou alors ils sont transformés en salles de musée. Mais beaucoup de monde. Nous en ressortons 5 h plus tard, par la porte nord, crevés et encore, nous n'avons pas tout fait ! Nous rentrons déjeuner dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Des hauts parleurs à fond pour attirer le client. Nous goûtons à de sublimes raviolis au porc. Du coup, nous en redemandons aux champignons. Il se révèleront être les meilleurs raviolis de tout le voyage ! Nous tentons ensuite de prendre un taxi (le premier) pour aller au Temple des Lamas. Nous demandons le tarif mais cela nous semble trop cher. Nous décidons ensuite de prendre une sorte de triporteur-taxi qui roule à deux à l'heure. On aurait mieux fait de prendre un taxi ! Nous apprendrons plus tard que le compteur existe, que la prise en charge coûte 10 Y pour 4 km puis 2 Y par km. En fait la course nous aurait coûté 1 eur… Nous découvrons le Temple des Lamas. Nous entrons par un magnifique portique. L'endroit est reposant, il y a beaucoup de gens qui viennent prier… et beaucoup d'encens ! Gigantesque statue de Bouddha en bronze. Pour profiter des bienfaits de la culture chinoise, nous choisissons ensuite de nous offrir un massage des pieds pour récupérer, mais le massage chinois s'avère très douloureux pour moi !
Auberge en face de la gare centrale (stratégique) 160 yuan, chambre twin, salle de bain/WC en commun
Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde)
Départ de la gare centrale de Pékin pour aller à Chengde. C'est l'aventure : se diriger dans notre première gare, trouver la salle d'attente spécifique à notre train, trouver le quai, le wagon… En effet, il faut trouver les quelques mots d'anglais dans toutes les inscriptions en chinois. Finalement c'est moins sportif que ce que nous pensions. On dirait un vieux train Corail. Nous découvrons qu'il y a de l'eau au chaude à disposition dans le train, tout le monde se fait un thé ou des nouilles. Cela nous donne des idées pour la suite du voyage… Beaucoup de champs de maïs coté paysages mais rien d'exceptionnel. Arrivés à la gare de Chengde, nous prenons un taxi pour 10 Y. En fait, hôtel est assez proche de la gare mais nous préférons gagner du temps, nous avons 2 visites pour l'après-midi. Nous rencontrons à l'accueil de hôtel Loïc, un Français qui voyage en solo. Comme il a le même programme que nous, nous partageons un taxi ensemble pour aller au Temple de l'école du Potala. On se croirait au Tibet. C'est la réplique du Potala de Lhassa. Tout en haut sur la terrasse, un mat tibétain avec les drapeaux de prières. Nous croisons aussi la route d'un car de touristes français. Sympathisant avec eux, nous nous rendons compte que nous sommes dans le même hôtel Comme ils vont aussi au Temple de la paix universelle situé à 1 ou 2 km, Florent leur demande s'ils peuvent nous y déposer avec leur car, ce qu'ils acceptent avec plaisir. Nous les perdons ensuite car ils ont un 3e temple à visiter. Nous prenons notre temps car nous voulons profiter du temple, d'inspiration chinoise et tibétaine lui aussi. Il contient une énorme statue du Bouddha de la Compassion, en bois et qui possède 40 paires de bras. Nous montons le plus haut possible et trouvons des chaînes entourées de milliers de cadenas. Il paraît que les inscriptions sont des mots d'amour… Nous rentrons à hôtel en bus pour profiter de notre chambre 4 étoiles. La nuit est tombée et nous avons une jolie vue sur un pont éclairé.
Hotel Yunshan : 450 Y chambre twin avec petit déjeuner buffet
Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Retour à Pékin en train.
Après un petit déjeuner-buffet royal, nous allons visiter le Parc impérial. Nous nous y rendons en taxi. Comme nous y sommes relativement tôt, nous pouvons voir des Chinois pratiquer le Taï-Chi. C'est très beau. Il y a des petits lacs, de petits palais et nous nous y baladons 2 bonnes heures. Ca change de tout ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il nous reste à voir le Palais d'été, qui est une sorte de petite Cité Interdite. Nous nous laissons 2 heures pour la visite car notre train part à 13h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel et allons à la gare. Nous en profitons pour acheter un thermos à thé ainsi que du thé. La gare de Chengde s'avère plus houleuse qu'à Pékin. Nous sommes parqués devant des tourniquets fermés. Quand ils s'ouvrent pour laisser l'accès au quai, nous nous frottons aux Chinois et à leur façon si "délicate" de pousser leurs semblables. Nous découvrons le sport national : le coude à coude. Nous prenons le train pour Pékin et arrivons en début de soirée à notre nouvelle auberge, le Red Lantern, que nous avions réservé avant le départ à Chengde. Situé dans des "hutongs", c'est une maison chinoise typique avec une cour carrée, une "Siheyuan". Nous tentons un petit restaurant de nouilles qui a attiré notre regard. On nous regarde beaucoup, surtout par curiosité. Nous commandons notre plat en montrant les assiettes des autres clients. Mais nous ne sommes pas très doués pour manger des nouilles avec des baguettes. Nous voyant un peu embarrassés, le serveur vole à notre aide en nous montrant comment retourner les nouilles avec la sauce, et les enrouler autour des baguettes à l'aide de la cuillère. Tout le monde rit et nous aussi. Terrible !
Hotel Red Lantern. 260 yuan avec 2 lits simples et salle de bain privée
Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin)
Départ très tôt pour un dimanche mais maintenant nous savons qu'il faut partir de bonne heure pour éviter (un peu) les cars de touristes chinois. Le Palais d'Eté n'est pas tout près du centre et à ¼ d'heure de la sortie du métro Beigongmen (ligne 4). Une fois sur place, c'est l'enchantement. Encore plus diversifié qu'à Chengde, le parc est magnifique, s'étend sur les hauteurs et près d'un lac. Les Chinois viennent en famille ou retrouvent des amis pour jouer aux cartes, aux dominos, danser, chanter… Là encore des dizaines de petits "pavillons" égayent le parc. Nous prenons le bateau pour rejoindre l'autre rive. Nous passons la matinée entière à nous promener au soleil. Nous montons tout en haut pour avoir la vue sur le lac et on aperçoit Pékin au fond. C'est immense ! Ensuite, nous allons voir la Maison du Prince Dong que l'on nous a conseillé. Effectivement, ça change encore de tout ce que l'on a pu voir auparavant. En sortant, nous prenons un pousse-pousse pour une petite balade dans les hutongs. La négociation est difficile et croyons obtenir un bon prix. Mais il est tellement bas que notre homme pédale au ralenti et nous laisse même finir à pied ! Sur le chemin, je visite seule une "sihueyan" (maison traditionnelle) moyennant 20 Y, ce que nous trouvons relativement cher mais nous sommes là pour ça aussi… Effectivement, la maison est mignonne. Nous nous retrouvons sur les bords du Lac Houhai. La nuit tombe, les lanternes s'éclairent. L'endroit est très romantique. Nous décidons de boire un verre dans un bar qui est en fait un club d'aviron. Nous sommes seuls au bord du lac. Sur le chemin du retour, mon attention est attirée par la devanture d'un luxueux restaurant. On dirait une sihueyan. Prétextant de voir la carte, nous en profitons pour jeter un œil à l'intérieur. Magnifique. La maison est restaurée, la cour carrée est toute pavée et de petites salles permettent de prendre un repas en privé. Malheureusement, n'ayant pas très faim, nous partons à la recherche d'un repas moins copieux.
Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin)
Le Temple du Ciel, très prisé par les Chinois et en photo dans tous les guides, en impose lui aussi par sa splendeur. Comme tous les monuments à Pékin, il est repeint régulièrement et les frontons colorés de bleu, vert, rouge et or sont resplendissants. C'est une alternance de ronds et de carrés dans tout le parc, symbolisant le Ciel et la Terre. Ensuite nous allons faire un tour dans le marché Hi fi de Hongqiao, par curiosité. Nous trouvons des copies de lecteurs de MP3 et d'appareils photos pour quelques euro. N'étant pas intéressés, nous déclinons les offres des vendeurs et nous constatons alors que les prix diminuent alors vertigineusement. Ils sont divisés par 10 quand nous nous éloignons un peu trop de leurs stands… Nous le saurons pour nos futurs achats !!! Puis nous allons vers Qianmen Dajie, rue bourgeoise restaurée à l'ancienne, avec des boutiques que nous connaissons bien au milieu… Nous avions déjà vu les enseignes Dia, Séphora et Starbuck Coffee mais là, c'est une rue européenne qui s'offre à nous ! En remontant vers le nord, nous bifurquons ensuite à gauche dans la rue Dazhalan, plus "commerces pour touristes" et nous nous y perdons avec délices. Nous achetons du thé après l'avoir goûté. En passant devant un institut de "foot massage", nous nous laissons tenter par un autre massage, après avoir négocié le tarif, comme il se doit.
Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao
Nous partons en taxi cette fois pour rejoindre la gare de l'ouest. Toujours un peu de stress en arrivant à la gare car presque toutes les indications sont en chinois. Nous nous retrouvons dans un train ultramoderne et super luxueux. Nous sommes épatés. En 4 heures, nous arrivons à Taiyuan. Maintenant le plus dur reste à faire : aller à la gare routière et prendre un billet pour Pingyao. En sortant de la gare, nous abordons un couple qui parle anglais. Chance ! Mais il n'est pas du coin. Un petit attroupement de curieux se forme et du coup, le jeune homme demande aux locaux les précieux renseignements, comme le numéro du bus pour aller à la gare routière. Je lui pose les questions en anglais et il fait de même en chinois. Que du bonheur ! Nous notons tout sur une feuille et lui demandons de l'écrire en chinois. Ca peut toujours servir ! On nous conseille de prendre le train, plus simple. Nous retournons dans la gare. Mais devant l'affluence au guichet, nous renonçons. Le temps de faire la queue et d'attraper un train, il fera nuit… Nous revenons à nos plans initiaux : nous abandonnons l'idée du bus et nous prenons une moto-taxi pour aller à la gare routière. Après tout, nous sommes riches ici, autant en profiter ! Nous prenons donc le premier car pour Pingyao et sommes tout fiers d'avoir acheté nous même nos billets. Niveau timing, nous n'avons pas perdu de temps, et devrions arriver vers 14h30 à Pingyao. Nous demandons au chauffeur, guide de conversation en main, si le car passe devant la Résidence des Qiao. Bingo ! En plus il y a des bus toutes les heures. Nous allons pouvoir effectuer notre visite en cours de trajet, comme nous le souhaitions… Arrivés au village de Qiao Jiada Yuan, nous descendons. Il nous suffit de suivre un car de touristes pour arriver facilement à la Résidence. Nous laissons nos sacs à dos à la consigne pour visiter tranquillement. Il s'agit de 4 maisons traditionnelles, dont l'intérieur est transformé en petits musées. La visite se termine par un petit jardin puis à la sortie, nous tombons sur des dizaines de marchands qui se sont installés là. Un peu lassés, nous filons attraper le car pour Pingyao. Après quelques déboires avec le chauffeur, nous arrivons à Pingyao. Il fait nuit et il faut rentrer dans la ville fortifiée. Nous prenons un cyclo-pousse (tarif négocié bien sûr) pour aller à hôtel Nous arrivons alors dans une splendide demeure. Nous avions pris une chambre traditionnelle "de luxe" et nous ne sommes pas déçus. Il s'agit d'un lit en bois surélevé avec du mobilier chinois. Nous "négocions" le petit déjeuner gratuit avec le gérant de hôtel, Bob, et partons à la découverte de la "ville des lanternes" de nuit.
Zhengjia Hotel, 350 yuan, chambre "de luxe" typique, salle de bain privée
Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao)
Après notre petit-déjeuner, nous achetons notre "pass" qui permet de visiter toutes les maisons traditionnelles et quelques temples. Valable 2 jours, il faut absolument le faire tamponner le soir même à un autre guichet pour avoir le droit de s'en servir le lendemain. Nous commençons donc par la banque Rishengchang puis la maison du banquier Lei Lütai. Mais après la Résidence des Qiao, tout semble bien fade et surtout répétitif. La pierre grise et le ciel nuageux y sont peut être pour quelque chose. La porte d'entrée ou la façade sont souvent plus impressionnantes que l'intérieur. Mais chacun ses goûts. Nous devons aussi penser à récupérer nos billets de train Pingyao-Xi'an. Nous devons les prendre dans un hôtel situé dans une des rues principales. Nous nous y rendons et prenons nos billets en échange du petit papier bleu. Nous vérifions bien la date et partons satisfaits. Nous préférons ensuite nous balader dans les rues animées et restaurées pour les touristes, à la recherche d'un petit restaurant pour le soir. Pingyao est le paradis des nouilles et autres raviolis vapeur : oreilles de chats, mountain noddles, nouilles coupées au couteau, etc… Ensuite, nous quittons les rues commerçantes pour nous diriger vers les remparts et les cotés peu (ou pas) mis en valeur de Pingyao. Nous faisons tamponner notre pass à l'extérieur de la porte Sud. Florent s'achète une veste en lin pour 3 eur ! Le jour tombe et les lampions s'allument peu à peu. La ville est vraiment magnifique, même si elle fait un peu "musée". Nous dînons dans la cour intérieure d'un restaurant, loin du bruit de la salle. De retour à hôtel, nous nous rendons compte que le prix inscrit sur nos billets de train n'est pas celui qui est mentionné sur notre facture, il est beaucoup moins cher ! Nous réalisons alors que nous nous sommes pris une double commission : l'une pour le CITS et l'autre pour l'agence locale. Nous avons l'impression désagréable de nous être faits un peu "avoir".
Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an
Nous visitons encore deux maisons, admirons la vue sur la rue du sommet d'une tour et partons nous balader dans les rues si sympathiques de Pingyao. A midi cette fois-ci, nous mangeons "dans la rue", à la grande joie du cuisinier. Il y a tant de sortes de nouilles à tester ici ! Un peu de shopping pour finir, je m'achète une écharpe en Pachmina que je ne quitterai plus. Nous passons l'après midi à regarder les gens, les marchands de bonbons, de raviolis. Nous retournons à hôtel pour envoyer quelques mails, boire une bière et prendre nos sacs. Bob nous fait accompagner à la gare où nous allons prendre notre premier train de nuit. Arrivés en avance à la gare, nous observons les Chinois ainsi que d'autres touristes. Le train a du retard. Nous nous y attendions, c'est la veille de la Fête Nationale, le premier jour des vacances scolaires. Tout doit être plein. Bizarrement, il y a peu de monde à la gare de Pingyao. Nous pensons que beaucoup de gens sont montés à Taiyuan. Les gens commencent à se lever les uns après les autres pour se poster près des portes. Nous entamons la discussion avec un couple d'anglais qui vont dans le même wagon que nous. Le train est à l'approche, les portes donnant accès au quai s'ouvrent. Nous sommes dirigés en fonction de notre wagon pour attendre au bon endroit. La brume donne une atmosphère surnaturelle. On se croirait dans un film. Le train arrive enfin et nous avons 3 minutes pour grimper dedans. Ouf ! Nous sommes accueillis par le responsable du wagon qui contrôle nos billets et nous indique nos couchettes respectives. Le wagon est à moitié plein, il y a déjà des gens qui dorment. Il est minuit passé. Nous découvrons les couchettes "dures". 6 couchettes par compartiment, chacune munie d'un oreiller et d'une couette. Grand confort ! Je prends la couchette supérieure et Florent la médiane. Nous plaçons les sacs en hauteur. Mais il n'y a pas de porte ! Donc pas mal de bruit avec les allées et venues durant la nuit. Il y a un contrôleur par wagon qui surveille que le voyage se passe bien. Nous sommes rassurés.
Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale, quartier hui
Le premier jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude Nous arrivons à la gare de Xi'an vers 10 heures. Une personne de notre hôtel doit venir nous chercher mais le train a 2 heures de retard. Nous a-t-on attendus ? Nous comprenons rapidement que ce jour de Fête Nationale n'est pas comme les autres. Une immense cohue dès la descente du train nous emmène à la sortie de la gare. Il vaut mieux ne pas résister et suivre le flot. Malheureusement, nous ne voyons aucun panneau d'accueil. Nous comprenons ensuite que nous avons pris la mauvaise sortie et que nous ne sommes pas passés devant les panneaux. Il faudrait rentrer à nouveau dans la gare pour prendre l'autre sortie mais c'est peine perdue. D'autant que la police veille au grain et ils n'ont pas l'air tendres avec ceux qui s'écartent de la route. Je laisse Florent avec les sacs et pars à la recherche d'un panneau indiquant nos noms ou celui de hôtel Nous nous rendons à l'évidence, personne ne nous attend. L'esplanade est noire de monde. Comme hôtel où nous devrons récupérer nos billets Xi'an-Shanghai est situé face à la gare, nous partons à sa recherche. Nous le trouvons facilement. Nous présentons notre bon "bleu" puis on nous demande d'attendre. Prenant notre mal en patience, nous demandons à téléphoner à notre hôtel pour qu'ils viennent nous chercher. Mais il n'y a pas de téléphone à la réception (nous sommes pourtant dans un hôtel 4 ou 5 étoiles !). Sympa l'homme à l'accueil nous prête son téléphone portable. Après un grand moment de solitude où l'on me répond que hôtel est complet, j'explique (toujours en anglais bien sûr) que nous avons échangé des mails, que j'ai réservé une chambre pour 180 Y il y a deux mois et qu'on devait venir me chercher à la gare. Finalement, on retrouve mon nom et on me dit que la personne s'est bien déplacée mais que nous n'étions pas là et qu'il faut maintenant prendre le bus n° 306… dans la rue noire de monde… Un peu déçus, nous commençons à nous impatienter pour les billets. Peut être qu'ils ne sont pas prêts, peut être qu'ils ne sont pas encore allés les chercher, peut être que ça va prendre des heures, peut être qu'il vaut mieux revenir demain ?! Impossible toutefois de poser ces questions, on nous répond qu'on ne sait pas et que le responsable est quelque part dans hôtel et qu'il va arriver… responsable de quoi, nous ne saurons jamais ! Ah le choc des cultures… Nous nous renseignons pour savoir où est situé le fameux arrêt de bus. Il se trouve "en face, à coté du KFC". Entre temps, un monsieur arrive et nous tend les billets. Vérification de la date, mais l'heure est décalée, nous partons 2 h plus tôt que prévu. A bout de nerf, nous disons merci et au-revoir… Ils ont du nous prendre pour des touristes-tarés ! Maintenant, à la recherche de ce fichu bus ! Nous nous dirigeons vers l'endroit indiqué, mais au final, nous voyons 2 KFC… Le numéro du bus inscrit sur un papier, nous demandons aux gens dans la rue. Nous atterrissons, non sans avoir joué des coudes à notre tour, devant un semblant d'arrêt de bus mais la rue est en travaux, et les voitures passent avec difficulté car tout le monde est sur la chaussée. La Fête Nationale, que du bonheur !!! Prenant notre mal en patience, nous attendons… Des bus passent, mais jamais le notre. Puis nous décidons de prendre un taxi… Peine perdue, quand ils arrivent à se frayer un chemin dans la foule, ils sont déjà pleins. Nous décidons alors de nous éloigner de l'arrêt de bus pour en trouver un autre qui sera moins bondé ou un taxi vide, l'espoir fait vivre. Nous marchons 5 minutes dans la foule, en jouant des coudes (!). Et soudain, nous voyons notre bus arriver au loin. Nous commençons à courir pour l'attraper mais avec les sacs ce n'est pas évident…Florent bouscule tout le monde et grimpe dans le bus. Je le suis de près, m'étant agrippée à son sac, dès fois que le bus parte sans moi…
Nous arrivons à l'auberge de jeunesse et posons nos sacs. Nous décidons de nous balader dans la ville l'après-midi. Nous n'avons pas envie de visiter des temples alors nous errons au peu au hasard. Nous nous retrouvons dans le quartier Hui, ethnie musulmane chinoise. C'est un amoncellement de vendeurs ça et là, principalement de nourriture. Des sucreries au miel, des nouilles, des légumes et même de la viande posée là sur les étals !!! Un peu écœurés par le mélange des odeurs et la pluie, nous rentrons. De retour à hôtel, une "dumpling party" est prévue le soir. Il s'agit d'un cours de cuisine de raviolis chinois (Jiaozi) offerte par hôtel Nous sommes environ 15 personnes et une jeune chinoise, Micky, nous montre comment préparer la farce et la pâte. Ensuite, travaux pratiques, c'est à notre tour. Pendant 1h30, nous façonnons les petits raviolis. A 15, le volume produit est assez important. Micky nous propose ensuite de les faire cuire et de les manger tous ensemble, ce que nous acceptons. L'ambiance est très sympa, cosmopolite et pendant la cuisson, nous attaquons l'apéro… in english of course ! Nous passons une agréable soirée en compagnie d'Anglais, Australien, Mexicain, Français, que sais-je… Ils souhaitent finir leur soirée dans la boite de nuit de l'hôtel Ayant une grosse journée prévue le lendemain, nous les laissons, non sans regrets… Mais demain les soldats de terre cuite nous attendent et, avec la Muraille de Chine, ils sont notre deuxième passage "obligé" de notre voyage. Finalement, notre chambre se trouve située juste au dessus de la boite de nuit en question… Dur dur d'être un touriste ! Au final nous n'aurons pas vu la fête nationale fêtée par les Chinois, seulement des milliers de petits drapeaux rouges accrochés absolument partout.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an)
Lever relativement tôt pour attraper plus facilement un bus allant vers le site de l'armée des soldats en terre cuite, à 40 km de Xi'An. Il faut d'abord prendre un bus pour aller à la gare et un autre bus pour aller à Bingmayong. L'expérience de la veille nous hante un peu et nous ne savons pas ce que nous allons trouver à la gare routière. Finalement, plus de peur que de mal, on arrive même à renseigner une Française, qui va au même endroit que nous. Nous nous insérons dans la file d'attente du bus, et nous attendons notre tour, qui viendra rapidement. Tout le monde a une place assise. Durant le trajet, nous discutons avec des étudiants chinois. On fait un peu "attraction". Un peu timides, ils nous posent des questions en anglais. C'est sympa. Après environ 1h de trajet, nous arrivons sur les lieux vers 10 h. Les jeunes nous indiquent la direction du site et où reprendre le bus pour le retour. Nous sommes contents car le monde est largement supportable en comparaison de l'épisode de la veille "gare de Xi'An". Le site est très grand en fait, composé de 3 fosses avec des milliers de soldats et 2 musées. Nous commençons par les plus petites pour finir par la plus impressionnante. Les soldats en terre cuite sont magnifiques de réalisme et tous différents. Les coiffures, les mains, les statures, la position des pieds sont unique pour chaque statue. Nous prenons notre temps pour nous poser et admirer chaque soldat. Les chevaux sont représentés aussi. Ensuite quelques spécimen sont exposés dans de petites salles pour les admirer de plus près. Car on ne peut pas approcher les soldats dans les fosses. On est souvent en hauteur. Nous terminons par les salles musées, rapidement car nous commençons à fatiguer, ça fait 3 heures que nous sommes là, et les touristes commencent à arriver. Et quand les touristes chinois débarquent, il vaut mieux s'en aller, c'est une vague humaine ! Nous nous reposons dans la verdure environnante puis sortons du site, non sans passer devant plusieurs marchands, idéalement placés. Certains proposent à manger et la faim se fait sentir. Nous nous laissons tenter par du tofu, puis diverses petites brochettes. Nous nous dirigeons ensuite innocemment vers l'arrêt de bus. Et là, nous nous rappelons que ce sont les vacances et que nous sommes sur l'un des sites chinois les plus fréquentés…
Le deuxième jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude (2) Des voitures et des bus sur 3 files, dans les deux sens, alors qu'il n'y a qu'une seule route pour accéder au site de l'armée des soldats en terre cuite. Un embouteillage monstrueux ! Et nous commençons à chercher notre arrêt, un peu moins sereins…. Il y a beaucoup de monde à pied et nous comprenons que tous ces gens veulent la même chose que nous : attraper un bus pour rentrer chez eux. Tout en marchant, nous observons le lent ballet des bus et des voitures, qui se croisent, qui font des demi-tours osés, mais au ralenti et sans trop d'excitation finalement. Ils sont plutôt calmes, même. Déjà les bus ne desservent plus l'arrêt final et font demi-tour avant car sinon, ils ne pourront plus passer, ou alors ils vont rester coincés tellement longtemps pour faire 100 mètres que ça ne vaut pas la peine. Dois-je préciser que ce sont les mêmes bus qui font le retour…? Quand les bus arrivent à faire leur demi-tour parmi les trois files de voitures, ils sont ensuite pris en chasse par les gens qui veulent grimper dedans. Xi'An la gare, épisode 2, le retour !!! Nous laissons passer quelques bus et nous en repérons un à l'avance… qui finalement ne s'arrête pas devant arrêt prévu mais là où il y a le plus de monde. Loupé. Le suivant, lui, s'arrête beaucoup plus tôt, se charge à bloc et encore loupé pour nous. Nous changeons de position en riant (un peu jaune quand même, sans mauvais jeu de mots). Nous voyageons léger mais il nous faut courir dès qu'un bus s'approche pour tenter de grimper dedans. Enfin, l'un s'arrête près de nous. Nous hésitons entre la porte de devant ou celle du milieu (et oui, tout devient alors stratégique), et là tout le monde pousse… Je m'aggripe tant bien que mal à Florent, et finalement nous montons. En m'asseyant, je m'aperçois alors, malheur, que la sacoche de mon appareil photo est vide !!!! Mon dieu, j'ai du le perdre dans la bataille ! J'avertis Florent, je me précipite dehors pour voir si par miracle il ne serait pas tombé au pied du bus. Hélas, trois fois hélas. Je remonte car j'ai peur que le bus ne parte. A son tour Florent descend et je le vois se mettre à courir sur la route. Non seulement j'ai perdu mon appareil photo, mes souvenirs, mais en plus mon homme replonge dans la foule et le bus qui va bientôt repartir !!!! Argh, tant pis pour mon foutu appareil, faites que mon homme revienne !!! Florent remonte alors, bredouille, et le bus ferme ses portes… Quelle déception alors ! Toutes ces photos, prises avec tant d'attention parfois, pour quelqu'un en particulier, pour nous seuls, ou pour montrer à tout le monde comme c'est beau la Chine… J'accuse le coup et relativise, j'ai encore mes papiers et mon argent, ça aurait pu être plus grave mais c'est tellement dommage. Une petite faute d'inattention si basique… Moi qui remettais systématiquement mon appareil dans mon sac à dos en sortant d'une visite, j'ai tout simplement oublié de le ranger cette fois-là. Et il est tombé, ce qui me parait quand même peu probable, ou a été volé durant la course après le bus. La sacoche a pu être projetée derrière moi et il était facile de se servir. Les Chinois ne sont pourtant pas voleurs, mais la tentation a peut être été trop forte. Ou alors il s'agit d'un autre touriste, et là, malheur à lui !
Nous observons quand même la circulation énorme à ce moment là. C'est un embouteillage géant. Il doit être 14 heures et des touristes arrivent encore sur de multiples files. Je n'ose imaginer le temps qu'ils vont mettre à arriver jusqu'au site. Pour le retour, nous roulons pendant une bonne demi-heure au pas, pareil pour les gens en face. Nous hallucinons encore de ce que nous voyons, les voitures se doublant et se croisant n'importe comment. Nous arrivons enfin à Xi'An et partons nous balader sur les remparts. Nous voulons voir le coucher de soleil. Nous nous promenons pendant un long moment, des gens peuvent louer des vélos sur les remparts. Ca semble irréel. De là haut, on a un bon aperçu de la ville. On peut voir des immeubles ultra modernes comme de vieux bâtiments. Quand le soleil se couche, tout prend une teinte rosée. Les premiers lampions s'allument. Sans appareil photo, volé dans l'après-midi, je me retrouve un peu les mains vides. A quoi bon continuer si je ne peux pas capturer ces images ? J'essaie de mémoriser ce que je vois et heureusement il reste le téléphone de Florent, qui a déjà fait ses preuves. Le soleil se couche peu à peu et les lampions sur les remparts apparaissent nettement. Nous restons là, à admirer la vue, jusqu'à la pénombre. De retour à hôtel, nous rencontrons quelques touristes croisés la veille et nous allons boire un verre avec eux, au sous-sol de hôtel, dans la fameuse boite de nuit. Certains sont là pour plusieurs mois et ont un travail. En remontant, nous croisons nos retraités français, qui sont exténués. Ils viennent manger dans notre hôtel car on le leur a recommandé. Ils sont allés aux aussi voir les soldats de terre cuite, mais sont partis beaucoup plus tard que nous avec un tour organisé par leur hôtel Du coup, ils sont arrivés tard sur le site, avec tous les autres touristes et c'était beaucoup plus fatiguant. Ils ont du mettre le double de temps de transport par rapport à nous… Mais ont toujours leur appareil !!! Nous prenons congé, un peu fatigués aussi. Nous ne les recroiserons plus, ils s'en vont dans le Yunnan, mais sont coincés par leur billet. Nous commençons à nous rendre compte que nos 5 heures passées dans l'agence du CITS ainsi que notre surcoût nous ont servi à anticiper ce genre de choses. D'un autre coté, notre temps est compté, le leur beaucoup moins car ils sont en chine pour 6 semaines.
Jour 14 : quartier de Shuyuanmen, remparts (Xi'An) et train de nuit pour Shanghai
Aujourd'hui, nous voulons aller voir le quartier de Shuyuanmen dit "des calligraphes" situé près de notre hôtel Nous trouvons de gros pinceaux de calligraphie, des baguettes et de magnifiques sinogrammes (écritures chinoises). Nous prenons quelques photos et commençons à regarder ce que nous voudrions ramer chez nous. Mais pour l'instant il est un peu tôt pour se charger de "souvenirs". Nous retournons sur les remparts, car la veille, notre billet n'a pas été déchiré. Du coup nous refaisons un tour gratis. Nous voulons aussi faire quelques petits achats pour le train de nuit, et notamment, des soupes de nouilles que nous voulons essayer. Nous avons observé les Chinois et ça n'a pas l'air très compliqué. Nous savons que nous voyageons en première classe (soft sleepers), donc nous devrions être à l'aise pour "cuisiner", et eau chaude garantie… Notre train est à 17h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel, notre caution et allons prendre le bus que nous connaissons bien maintenant. Dans le bus, une jeune fille nous aborde et nous dit qu'elle est à notre hôtel Elle nous demande où nous allons. Arrivés en centre ville, elle nous conseille de descendre avec elle car le bus va être bloqué par les embouteillages (et oui, vive les vacances !). Comme elle marche près de nous, nous en profitons pour acheter des fruits qu'elle "négocie" pour nous. Du coup, nous lui demandons de nous trouver des soupes non épicées puisque le magasin en vend aussi. Elle est très contente de nous aider et nous aussi du coup ! Après l'avoir bien remerciée, nous nous dirigeons vers la gare. D'abord trouver le "salon d'attente". Selon les gares, certains salons d'attente sont réservés spécifiquement aux voyageurs en soft sleepers. Nous sommes plus sereins que pour notre premier train. Quand les portes s'ouvrent, nous nous dirigeons "tranquillement" mais activement vers notre wagon. Nous prenons place dans notre compartiment. Les couchettes sont effectivement plus luxueuses, dans le sens où le compartiment se ferme par une porte (d'où moins de bruit), on n'est que 4 au lieu de 6. Il y a aussi une couette et un oreiller, comme dans les "hard sleepers". Les toilettes ont l'air plus propres et il y a même un coin lavabo qui ferme à clé. Nous rencontrons nos voisins pour la nuit : un jeune couple chinois avec une petite fille. Nous sommes chanceux, ils parlent un peu anglais. Nous nous présentons. Ils sont très curieux et nous aussi. La communication n'est pas facile, par manque de vocabulaire des deux cotés, mas il y a de la bonne volonté. Quand les mots manquent, nous dessinons sur un calepin. Ils nous proposent des fruits et nous prenons le thé ensemble. C'est plutôt convivial et nous les trouvons sympathiques. Nous leur demandons à quelle heure ils comptent éteindre, car nous avons compris que les Chinois se couchent tôt et il va falloir manger. Le jeune homme se lève et sort deux bols de nouilles qu'il commence à préparer devant nous. Nous le regardons avec attention et lui expliquons qu nous en avons aussi et que c'est notre première fois. Alors, magie du voyage, il nous montre comment faire avec nos propres soupes après avoir préparé les siennes. Il faut ouvrir un peu le carton, mettre une partie des épices, mais pas tout sinon c'est trop fort, ensuite mettre l'eau chaude, remuer un peu et refermer le couvercle avec quelque chose. Nous prenons des bananes pour faire un poids stable. Après quelques minutes, regarder si les pâtes ont gonflé, remuer et c'est prêt !!! Remarquant qu'ils ont mangé dans le couloir, nous faisons de même pour ne pas embaumer le compartiment d'odeurs de nourriture. Nous sortons donc avec nos bols de nouilles et nous mettons sur de petits strapontins. C'est divin, nous nous régalons et nous nous sentons vraiment bien dans ce pays maintenant. Nos continuons à discuter un peu avec nos voisins, puis ils se couchent et éteignent leurs lampes. Nous faisons de même peu de temps après car le train arrive vers 7h à Shanghai.
Jour 15 : le Bund, balade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai)
Nous nous réveillons bien reposés, on dort mieux dans ce train que dans les trains français nous semble-t-il. Nous reprenons notre discussion avec le couple chinois mais le train arrive déjà. Tout le monde descend. J'espère que nous aurons autant de chance lors de notre prochain voyage… La gare donne directement sur le métro. Après un rapide coup d'œil sur nos plans, nous prenons un ticket (qui coûte 3 Y pour 2 Y à Pékin) et nous engouffrons dans une rame. Cette fois-ci, forts de nos quinze jours en Chine, nous avons l'air beaucoup plus à l'aise que certains touristes chinois. Passage des sacs au détecteur à rayons X, repérage des terminus, sens de circulation, passage du ticket dans la borne, c'est un peu comme à Paris finalement… Le plus dur est de trouver l'hôtel à la sortie du métro. Ca n'a pas l'air trop loin. Nous longeons un fleuve, et nous y sommes. L'endroit paraît sympathique, c'est une auberge de jeunesse. Après le check-in, la caution, nous devons attendre un peu car notre chambre n'est pas prête. Il faut dire qu'il n'est pas 9 h… Nous achetons un plan à l'accueil, car nous devons aller récupérer des billets de train du CITS, et ça n'a pas l'air facile de trouver hôtel (décidément !). Personne ne semble vraiment savoir où il est malgré l'adresse. Nous nous renseignons sur les possibilités d'acheter des billets pour aller à Suzhou dans la journée, ainsi que des billets de bus pour aller de Hangzhou à Tangkou. Nous posons beaucoup de questions au réceptionniste et il est plutôt patient. Nous en profitons aussi pour finir de boucler notre escapade dans le Huangshan, la Montagne Jaune, que nous avons prévue dans 3 jours. En effet, nous sommes en contact depuis une semaine avec un certain Monsieur Cheng de Tangkou. Nous avons trouvé ses coordonnées sur le site Voyage.forum et nous pensons qu'il peut nous aider pour notre excursion dans le Huangshan. A travers nos échanges de mails, nous réalisons que nous avons fait une erreur stratégique. Au tout début du voyage, nous avions réservé un billet de train Shanghai-Hangzhou en pensant prendre ensuite un bus Hangzhou-Tunxi, croyant que la liaison directe n'existait pas. Nous avions prévu de passer la nuit à Tunxi pour rejoindre Tangkou par un bus le matin afin de gagner la montagne jaune le plus tôt possible. En fait je n'avais pas encore étudié avec attention le trajet, et ayant peur des vacances scolaires, nous avions sauté sur les billets de train. Nous nous rendons compte alors qu'il existe un bus reliant Shanghai à Tunxi et même Tangkou (plus proche du Huangshan) en seulement 6h. Nous tentons d'annuler le billet avec l'agence du CITS mais l'annulation coûte quasiment aussi cher que le prix du billet. Tant pis. Nous décidons finalement de rester sur notre itinéraire alliant train et bus, mais de passer la nuit chez Monsieur Cheng, directement à Tangkou, pour être déjà sur place. Nous annulons la nuit hôtel prévue à Tunxi. Et nous commandons les billets pour Suzhou. Comme notre chambre n'est pas prête, nous laissons tout simplement nos sacs à la réception. Ceci étant fait, nous partons récupérer en bus nos fameux billets de train pour Hangzhou. Et là, nous tentons d'aborder des Chinois afin de trouver l'arrêt de bus. Et surprise, ils ont l'air beaucoup plus craintifs qu'à Pékin de nous entendre parler anglais. En tout cas, pas facile de se faire comprendre malgré le dictionnaire et le plan. Finalement, nous arrivons à trouver l'arrêt, le bus arrive et nous sautons dedans. A l'intérieur, je regarde mon plan en parlant à Florent, et là une jeune Chinoise qui a du lire sur mon épaule me dit qu'il faut descendre à l'arrêt d'après… sans que je lui ai rien demandé… Je trouve ça vraiment gentil. Nous arrivons près de la rivière Huangpu et des gratte-ciel. C'est fantastique, on se croirait à New York ! Ca n'a plus rien à voir avec Pingyao… Nous trouvons hôtel qui est un 4 étoiles. Nous grimpons dans les étages à la recherche du bureau du CITS sans que personne ne nous demande rien. Nous récupérons nos billets et en profitons pour passer aux toilettes… A priori, l'endroit doit être "sûr" et propre. C'est d'ailleurs une stratégie que nous allons adopter pour Shanghai !!! Nous nous retrouvons alors sur les quais de la rivière Huangpu et nous arrivons sur le haut du Bund, boulevard très connu de Shanghai, qui longe la rivière. Nous nous laissons tenter par une petite croisière d'une heure sur la rivière, histoire d'observer la ville à partir de son "cœur". Les gratte-ciel sont tous plus grands les uns que les autres, avec des formes variées et assez osées. Toujours plus haut, plus loin, plus fort ! Ensuite nous allons vers le jardin Lu, qui semble très prometteur. Mais il y a énormément de monde. En cherchant l'entrée, nous passons dans un dédale de petites maisonnettes qui sont en fait des magasins fraîchement repeints en rouge et blanc, mais tellement de monde. Nous déambulons emportés par la marée humaine qui se presse sur les ponts au dessus de l'eau. Nous espérons retrouver un peu de calme dans le jardin… mais avant cela, il faut faire la queue ! Une fois entrés, l'endroit est en effet magnifique. Mariage des plantes, de la pierre, de l'eau, de petites maisons. Un vrai jardin zen. Sublime, mais finalement un peu trop "peuplé" à notre goût. Il est vrai que le monde perpétuel nous fatigue beaucoup plus que ce que pensions. Nous dînons "en ville" et profitons de la nuit tombée sur Shanghai pour retourner sur le Bund afin d'admirer la vue de nuit. Là encore, c'est un monde fou, une marée humaine qui se presse, se colle, pour voir les gratte-ciels illuminés. Il faut dire que le spectacle est époustouflant. C'est une mégapole, il ne faut pas l'oublier. Des écrans publicitaires s'affichent sur certains gratte-ciels, et changent régulièrement. Les bateaux sont eux aussi illuminés et leurs couleurs varient très souvent. C'est un régal pour les yeux. Nous rentrons épuisés à hôtel.
Shanghai Soho International Youth Hotel, 260 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, la place du Peuple, quartier de la Concession française (Shanghai)
Nous décidons d'aller en taxi au Temple du Bouddha de Jade ("le temple bouddhiste le plus célèbre de la ville" d'après le Routard), car il n'est pas desservi par les bus. Il est encore habité par une centaine de moines et surtout en activité intense. L'encens est bien présent. Le clou du temple est bien entendu le Bouddha, tout en jade. Il est splendide. Pour l'apercevoir, il faut payer, bien sûr, un petit supplément. Une fois arrivés devant, une surveillante interdit les photos car c'est un lieu de culte. Une barrière empêche de l'approcher et on doit se tenir à une dizaine de mètres de la statue. Certains font des prières, mais il y a aussi quelques touristes curieux. Nous restons là un bon moment, saisis par la sérénité qui se dégage de ce Bouddha. Il a l'air tellement bienheureux ! Et tellement beau et apaisant. En sortant, nous regardons quelques échoppes. Florent veut trouver un bol tibétain. Depuis Chengde, nous n'en avons pas revu et il craint de ne plus en trouver ensuite. Première étape, se faire comprendre. Florent adepte du mime, montre le geste et joint le son qui va avec. C'est une méthode marche plutôt bien. Le vendeur comprend aussitôt. Nous apprenons qu'il faut dire "tsing" pour parler de ce bol. Après avoir fait toute la rue pour en trouver à un bon prix, puis une longue négociation, nous l'achetons. Nous avons plus l'habitude de négocier qu'au début mais parfois, il nous faut céder bien plus que ce que nous croyons au départ. Les Chinois sont bons commerçants…. Quand nous ne sommes pas intéressés, ils nous vendraient tout le magasin pour quelques yuans, et dès que nos yeux brillent, ils flairent la bonne affaire et nous font plier. Heureux de notre achat, nous prenons un taxi pour aller en centre ville, place du Peuple. Maintenant nous n'avons plus peur de prendre un taxi, nous savons qu'une course coûte environ 5-10 yuans pour quelques kilomètres et nous vérifions simplement que le compteur est remis à zéro. Quels progrès depuis Pékin ! Nous découvrons la fameuse place du Peuple, immense. C'est le cœur de Shanghai. Nous marchons aux alentours, passons devant l'opéra de Shanghai et nous dirigeons vers le Musée de Shanghai, gratuit. Malheureusement, devant le monde amassé devant, nous reculons et décidons d'aller profiter du beau temps et nous balader dans le quartier de la concession française. C'est une autre ambiance que nous découvrons, beaucoup plus calme qu'en centre ville. Quelques vélos ça et là, des boutiques de mode où je ne peux m'empêcher de regarder les robes chinoises de forme traditionnelle mais revisitées et remises au goût du jour. Splendide ! Nous retournons ensuite près de la place du peuple pour faire un grand marché couvert sur Nanjing Donglu. En fait c'est un magasin géant sur 5 étages où nous repérons nos futurs cadeaux et souvenirs à ramener. Baguettes, Tshirts, et même appareils photos ! J'hésite à en acheter un pas cher (20 euro) pour le Huangshan mais j'ai peur être déçue par les photos. Nous dirons ensuite dans un restaurant japonais qui s'avère être une chaîne, Ramen. Les cuisines sont visibles depuis l'extérieur, ça a l'air propre et bon. Nous nous régalons avec une soupe, très copieuse et délicieuse, le tout pour quelques yuans.
Jour 17 : jardin de la Politique des Simples, jardin Liu (Suzhou)
L'avantage c'est que Suzhou (ou Tongli par exemple) ne sont pas loin (1-2h) et qu'il y a beaucoup de trains pour y aller. Et en plus ils sont super modernes. Nous arrivons donc vers 10 heures à Suzhou, la ville des jardins. 8 sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco… La difficulté première est de trouver un taxi pour rejoindre le centre ville. Nous sommes les seuls européens, comme souvent. Ca donne une impression de liberté, d'aventure et de conquête aussi. Mais nous nous sentons en sécurité. Il ne semble pas y avoir de station de taxi en sortant de la gare. Nous marchons un peu au hasard sur la route. Bizarrement, tous les taxis que nous approchons ne veulent pas nous charger. Nous trouvons un genre de poste de police. Ce qui est toujours drôle dans ces situations, c'est que quelqu'un doit toujours être "désigné" pour nous parler chaque fois que nous sortons trois mots d'anglais… Très soucieux de nous renseigner, les Chinois font beaucoup d'efforts quand ils parlent anglais. Quand ce n'est pas le cas, on dirait qu'ils ont peur de nous, certains font non de la tête, d'autres s'en vont carrément ! Nous pensons qu'ils sont timides. Un policier nous renseigne donc tant bien que mal. Il faut aller plus loin sur la route… Finalement, nous trouvons un taxi, il nous emmène au centre ville, qui n'est pas si proche que ça de la gare. A retenir pour le retour…. Il nous dépose pas loin du premier jardin que nous souhaitons visiter : le jardin de la Politique des Simples, qui fait près de 5 hectares. C'est le plus grand jardin de Suzhou. Suivant les conseils de notre guide, nous y allons en premier car nous savons que les hordes de touriste chinois vont déferler ensuite. Le jardin est magnifique. Un mélange zen d'eau, de terre, de verdure, de pierre et de petits pavillons. Nous sommes sensibles aux différents bambous, ayant visité une bambouseraie avant notre départ. Nous admirons les différentes variétés que nous croisons. Au fond, une grande jardinerie contient plusieurs centaines de bonsaï. Sublimes. Nous apprécions la galerie couverte, et sa toiture qui représente un dragon. Nous nous amusons aussi dans les portes, carrées ou rondes. Mais les touristes sont nombreux et, comble de malchance, leurs guides ont des mégaphones pour bien se faire entendre. C'est très difficile à vivre pour nous, car venus chercher le calme et la quiétude, c'est tout le contraire que nous trouvons au final. Nous décidons de ne faire que deux jardins au total, car après, tout se ressemble. Nous voulons aussi profiter de la ville en elle-même. On la présente comme une ville-musée ou une cité-jardin. On la surnommait jadis la Venise de l'orient pour ses canaux. Nous partons donc à la recherche de ses fameux canaux. Nous arrivons sur des berges, mais pas dans l'état que nous espérions. Tout est délabré. Suivant toujours notre guide, nous nous enfonçons un peu plus dans la ville. Nous voulons aussi voir un marché aux plantes et aux oiseaux. En cherchant un restaurant pour manger, nous tombons sur le fameux marché. Nous entrons à l'intérieur. On y vend de toutes sortes d'animaux : des chiens, des oiseaux, des poissons, des crustacés, des appâts… Mais aussi des pierres, des plantes, des bonsaïs. Le marché est à l'air libre, mais il est très dense. Ensuite, nous allons manger dans un petit restaurant. N'ayant pas encore mangé de canard, nous nous arrêtons sur un "duck pot" et des légumes. Quelle n'est pas notre surprise de voir arriver une marmite… pleine d'une sorte de soupe. Florent tente de remuer le liquide, et là, deuxième surprise, une demi-tête de canard surgit de la "soupe", puis une patte, avec les griffes… C'en est trop pour moi. Finalement, peu inspirée, je préfère manger les légumes. Florent tente tout de même l'expérience, avec ses baguettes !!! Nous apprendrons plus tard que c'est un classique. Nous nous dirigeons ensuite vers le deuxième jardin que nous avons choisi, le jardin Liu, car il est réputé pour sa centaine de fenêtres ouvragées. Effectivement, les fenêtres, en pierre, sont toutes différentes et uniques. Nous retrouvons là aussi un toit-dragon. On se perd avec délices. Là encore, bambous, bonsaïs, verdure, petits pavillons, mélange terre et eau. Nous nous reposons ensuite dans une maison de thé au fond du jardin. La lumière commence à baisser. En sortant du jardin, nous sommes abordés par des rabatteurs qui nous proposent une ballade en bateau dans les canaux pour une somme vraiment modique. En plus, nous ne sommes pas à coté… Comme nous avons peur d'un malentendu, Florent se met à mimer la ballade en bateau et tout le monde nous dit OK. Nous partons donc avec une sorte de triporteur en direction des canaux. Puis le "taxi" s'arrête et nous demande de le suivre. Et là, il nous montre le départ des bateaux, à un tarif qui n'a rien à voir avec ce qu'il nous a dit. Un peu déçus, nous lui disons non. Il part en maugréant. Du coup, nous avançons dans les ruelles et nous découvrons une partie de la ville très mignonne que nous n'avions pas vue. Là, la ville est restaurée et nous apprécions son charme pleinement. Ayant déjà fait notre "mini-croisière" à Shanghai, nous décidons de voir les canaux à pied. Nous croisons des photographes professionnels qui prennent une jolie chinoise en photo, vêtue d'une magnifique robe de soie. Nous entrons dans quelques boutiques touristiques, notre voyage tirant à sa fin, il nous faut penser aux souvenirs et aux cadeaux. Je craque pour une ombrelle en papier, mauve. Nous trouvons des articles bien moins chers qu'au marché de Shanghai où nous voulons retourner. Nous bénissons les rabatteurs qui nous ont permis de découvrir Suzhou. La nuit tombe et les lampions et lumières s'éclairent petit à petit. La cité a beaucoup de charme. Mais il nous faut la quitter, notre train de retour étant dans moins d'une heure. Petit coup de stress quand nous tardons à trouver un taxi. Puis arrivés à la gare, nous grimpons dans notre train facilement. En une heure, nous sommes à Shanghai la mégapole. Quelle journée !
Jour 18 : transfert Hangzhou puis Tangkou
Départ du Shanghai Soho International Youth hôtel. Comme nous en sommes satisfaits malgré le bruit, nous réservons une chambre "calme" pour notre retour à Shanghai. Choix stratégique car près du métro et pas cher. Ce qui nous permet aussi de ne prendre qu'un sac pour deux pou le Huangshan et laisser l'autre sac à la réception. Nous ne savons pas si nous allons devoir marcher avec le sac en haut de la montagne, alors nous préférons assurer. Une journée à passer dans les transports. D'abord le train Shanghai-Hangzhou, digne du TGV. Là encore, nous sommes impressionnés par la modernité et le confort du train. Ensuite, ça se corse. Arrivés à Hangzhou, il nous faut rejoindre la gare routière. Nous avons demandé au réceptionniste de notre hôtel de nous inscrire sur mon calepin "la gare de l'ouest pour Tangkou" (ou du moins c'est ce que je croyais). Nous abordons un taxi, qui ne nous regarde pas, puis un autre, et encore un qui nous refuse sans avoir lu notre papier. Ca ne doit pas être le bon endroit pour charger des clients (comme à Suzhou). Un peu plus loin, les taxis semblent prendre des Chinois. Nous nous approchons avec notre calepin. Une fois, deux fois, trois fois, les taxis font non de la tête ou du bras. Nous montrons Tangkou sur la carte. Nous pensons que c'est trop près (ou trop loin ?). Heureusement, une Chinoise nous accoste en parlant anglais. Nous lui expliquons que nous voulons aller à la gare routière pour prendre le bus pour Tangkou. Un petit attroupement se forme, comme d'autres fois. Elle griffonne deux sinogrammes et le premier taxi venu nous prend en charge immédiatement. Ouf, nous la remercions. Nous voilà enfin en route. Nous avons perdu du temps, presque une heure pour prendre le taxi, et le trajet entre la gare ferroviaire et la gare routière de l'ouest est finalement très long. Mauvais calcul décidément, mais bon. Nous en profitons pour admirer le paysage. Il y a un grand lac et c'est très boisé aux alentours. Nous arrivons à la gare. Il va falloir demander un bus direct pour Tangkou qui part dès que possible… Et là, nous savons que personne au guichet ne parlera anglais… Nous abordons un jeune homme, qui parle anglais heureusement. Il faut dire que Florent a "un truc" pour repérer les Chinois anglophones au premier coup d'œil, et sur tout le voyage il s'est rarement trompé. Nous lui expliquons notre souhait et il a la gentillesse de commander le billet pour nous. Nous le remercions. Le bus part dans moins d'une heure. Il nous indique l'endroit où attendre. Nous ressortons faire quelques achats pour le trajet : fruits et biscuits, nous sommes rodés. Il s'ensuit un trajet en bus qui nous paraît long, parce que le temps est à la pluie et les provinces traversées sont rurales et pauvres. Nous sommes toujours surpris de voir que tous les travaux, que ce soit les champs ou une construction, sont faits à main d'homme quasiment sans machine-outil. Nous en déduisons qu'ainsi, il y a un travail pour chacun, la technologie n'étant pas inconnue des Chinois, loin de là ! Ayant réussi à joindre Monsieur Cheng par téléphone (in english of course) pour lui communiquer notre heure de départ, nous pensons qu'il nous attend à la gare. Nous passons Tunxi, où nous devrons prendre le train de retour, et nous arrivons à Tangkou. Le trajet a pris deux bonnes heures.
Le fameux Monsieur Cheng de Tangkou… et son business Nous voyons un homme adossé à une grosse voiture qui scrute les passagers du bus. En descendant, il nous fait signe immédiatement. Là encore, nous sommes les seuls européens, il est facile de nous repérer ! Très cordial, il nous accueille comme de bonnes connaissances. Il est assez vif. Nous comprenons qu'il veut boucler ses affaires. Il nous propose un hôtel à Tangkou, vraiment pas cher par rapport à tous ce que nous avions payé jusque là. Il nous emmène d'abord à son restaurant, qu'il tient avec sa femme. Malheureusement pour lui, nous n'avons pas faim. Nous rencontrons des touristes mexicains sur le départ. Ils ont fait le Huangshan, sont enchantés. Nous leur posons quelques questions pratiques puis ils prennent le bus de retour qui s'arrête juste devant le restaurant. Ensuite Monsieur Cheng revient vers nous, et nous discutons de l'organisation du séjour. Nous lui confirmons d'abord que nous sommes d'accord pour dormir en dortoir en haut de la montagne, le tarif étant vraiment modique. De plus, nous espérons faire le lever du soleil, vers 5 h, donc nous dormirons peu. C'est bouclé pour 260 yuans à deux, quand on avait vu des prix de l'ordre de 600 yuan. Ensuite j'avais lu sur un forum qu'une jolie balade aux alentours permettait de se rendre sur les lieux du tournage de Tigres et Dragons. Il s'agit de la Vallée d'émeraude. Mais il n'est pas possible de la faire si tard et par ce temps brumeux. Il nous propose de la faire plus tard. Comme nous repartons le surlendemain soir, notre "hôte" est un peu surpris, mais comprend. Sachant qu'il fait preuve de bonne volonté, nous lui expliquons aussi que nous avons notre billet de train à récupérer au CITS à Tunxi, ce qui ne nous arrange pas. Pas de problème, il passe un coup de fil et nous annonce que nos billets seront disponibles dans un hôtel en haut de la montagne ! Magie magie ! Merci Monsieur Cheng et son sens de l'organisation. Ensuite il nous indique notre hôtel, dans lequel nous ne serions peut être pas rentrés sans lui. Les chambres sont flambant neuves. Il nous donne rendez-vous le soir à son restaurant (évidemment) pas trop tard (et oui, il travaille toute la journée). Comme il est tôt (16 h tout au plus), nous partons à la découverte du village. En fait c'est un village de montagne, il n'y a rien. Quelques restaurants quand même, quelques magasins et c'est tout. Comment font ces gens pour vivre ? Il y a très peu de touristes alors que c'est la dernière étape avant la montagne. Nous croisons une vieille dame qui porte des épis de maïs, un autre temps… Nous faisons quelques achats pour le lendemain, car nous avons lu qu'il n'y avait pas grand chose en haut de la montagne, ou à un prix exorbitant. Comme "d'habitude", des biscuits, des fruits et des nouilles. Nous trouvons des soupes qui n'ont pas l'air épicées (il n'y a pas de petit logo avec un piment comme sur d'autres). Nous sommes contents de nous. Sur le trajet, nous nous laissons tenter par des marchands de thé, mais rien ne nous plait vraiment. Nous rentrons à hôtel ou nous nous reposons un peu avant d'aller chez Monsieur Cheng. Grand sourire quand nous arrivons. Ensuite, un homme rentre dans le restaurant et commence à présenter des calligraphies et s'assoit. Il s'agit de l'oncle de Monsieur Cheng. Nous commandons notre repas et commençons à regarder les peintures. Elles sont magnifiques et très peu chères. Nous avons un coup de cœur pour un cerisier, avec des fleurs rouges et roses. Le problème du cerisier est qu'il est peint sur une simple feuille de riz, et donc très fragile. Normalement, il faut coller la feuille de riz sur un papier plus épais, et ensuite le tout est posé sur un tissu et tendu entre deux rouleaux de bois. Notre choix se porte aussi sur une belle peinture de bambou. Nous tentons de négocier un rabais, mais les Chinois sont parfois durs en affaire ! Notre calcul est simple, les dessins sont très beaux, le prix modique (une vingtaine d'euro pour les deux), mais il va falloir les faire "monter" comme des calligraphies. Le pourrons-nous en France à un prix raisonnable ? L'avenir nous le dira. Si nous ne les prenons pas maintenant, nous le regretterons de toute façon. Nous délaissons les problèmes de souvenirs pour nous concentrer sur les plats qui sont arrivés. On se lâche un peu d'ailleurs, mais demain la journée sera rude. Et tout est très bon. Nous achetons finalement les calligraphies, et elles sont bien protégées dans un étui en carton. Nous réservons aussi le petit déjeuner et partons nous coucher. Demain notre Monsieur Cheng nous expliquera comment gagner les Montagnes Jaunes. Malheureusement l'inconnue est la météo. Nous dormons d'un sommeil de plomb.
Hotel Tangkou, 120 yuan, chambre double, salle de bain privée
Jour 19 : le Huangshan (les Montagnes Jaunes)
Nous prenons un solide petit déjeuner chez Monsieur Cheng et sa femme. Nous nous apercevons d'ailleurs que c'est comme ça qu'il gagne sa vie, puisque le petit déjeuner nous coûte plus cher qu'un repas habituel au restaurant. La veille nous avions remarqué que les tarifs étaient plus élevés que dans les autres restaurants de Tangkou. En même temps, il faut bien que chacun soit gagnant. Monsieur Cheng, déjà affairé au téléphone avec d'autres touristes, nous indique l'arrêt de bus, à l'autre bout du village. Arrivés à la "station" nous sommes interpellés par un Chinois qui veut partager un taxi avec nous. Le prix divisé par trois se trouve le même que celui du bus. Nous acquiesçons et chargeons nos sacs. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Nous arrivons ensuite au départ du téléphérique. Le jeune Chinois avec qui nous avons discuté pendant le trajet nous aide à prendre nos billets d'entrée et de téléphérique et nous laisse son mail pour correspondre. Nous sommes partis pour les marches de l'Est, en téléphérique (heureusement, car il y en a des milliers). Et le beau temps est avec nous !!! Arrivés en haut, à 1650 m, le chemin est facile car tout est aménagé (béton et marches). Nous faisons une balade de 2h, en passant par des endroits magnifiques, aux noms exotiques : Mushroom Pavillon, Beginnig to beleave Peak, Refreshing terrasse, avant d'arriver sur l'imposante place de hôtel Behai. Nous savions à quoi nous attendre et nous ne sommes pas surpris par le béton. Nous continuons pour rejoindre hôtel Xihai (hôtel de l'ouest). Nous remarquons alors une grosse zone en travaux près de notre hôtel Nous laissons le sac à la réception, et reballade plus légers tout l'après midi. Il y a du monde, mais c'est largement moins que ce que nous croyions au départ. Nous sommes pourtant le week end, pendant les vacances scolaires. Certains points de vue sont plus encombré par les touristes, mais en patientant un peu, on se retrouve facilement seuls. Ayant récupéré une carte sur internet, nous savons à peu près quel tour nous voulons faire. Cloud dispelling pavillon, Echo wall, Flying over Rock, Top of Peaks (1730 m). Nous ne montons pas jusqu'au sommet, le "Bright Top" à 1800 m, car nous avons peur de perdre trop de temps. Nous voulons voir le coucher de soleil depuis "Purple cloud peak" et nous craignons être mal placés… Nous profitons de la vue majestueuse. Le coucher de soleil est magnifique. Nous sommes surpris de voir que beaucoup de Chinois partent quand le soleil est encore là… Décidément, un monde nous sépare ! Nous restons là jusqu'à ce que les couleurs rouges disparaissent. Ensuite, nous rentrons à hôtel Nous remarquons alors que malgré la nuit tombée, les engins ne se sont pas arrêtés… Ca nous laisse présager une bonne nuit ! Ce soir, ce sera chambre à part, Florent chez les hommes et moi chez les femmes. Je fais connaissance avec mes voisines de chambre, mais elle ne parlent pas anglais. Nous mangeons notre soupe de nouille et allons nous coucher. Tellement fatigués par cette journée, nous avons failli oublier d'aller chercher nos billets de train de retour ! Florent se dévoue pour aller les chercher. Mais les travaux continuent et les dortoirs donnent juste à coté… La nuit est très mauvaise. Merci Monsieur Cheng ! Nous ne saurons jamais pas s'il était au courant…
Hotel Xihai, 180 yuan en dortoir, salle de bain commune mais dans la chambre
Jour 20 : Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai
Lever 4h30, nous ne voulons rien manquer. Mais à 1600 m, la nuit, il fait froid. Nous mettons tous nos vêtements les uns sur les autres et prenons le thermos de thé. Nous partons main dans la main, avec la lampe de poche, un peu endormis. Nous retournons à Purple cloud peak à environ 1/2 heure du Xihai hôtel Il y a déjà du monde, mais nous réussissons à trouver un coin isolé. Une petite gorgée de thé pour réchauffer l'atmosphère et le bonnet est n'est pas de trop. Nous attendons l'aurore patiemment, puis le jour se lève. Le top ! En fait nous n'avons jamais eu de brume. Pour le coucher de soleil, il y avait beaucoup de nuages au fond (qui ont caché le soleil sur la fin) et le ciel était limpide pour le lever. Un très bon souvenir ! Nous profitons du soleil encore une heure et rentrons à hôtel Nous décidons d'emporter le sac pour ne pas avoir à revenir. Ensuite nous nous baladons toute la matinée. Cette fois-ci, plus motivés, nous voulons monter jusqu'au "Bright Top summit". Nous laissons le sac à un hôtel sur le trajet afin de profiter au maximum ; on le récupèrera facilement au retour. Au sommet, bizarrement, il y a beaucoup plus de monde parce que l'endroit est étendu et vaste. Petite pause pique-nique en haut. Nous sommes les rois du monde ! Nous entamons la descente à 13h, il nous faut 1 heure jusqu'au téléphérique, puis 2-3 heures pour descendre les milliers de marches de l'est. Le plus impressionnant, ce sont ces porteurs, que nous avions croisés partout sur le site, chargés de blocs de marbre, linge, nourriture, barres de fer… Nous pensions qu'ils portaient les charges du téléphérique jusqu'aux hôtels (d'où le coût exorbitant), mais nous nous rendons compte qu'ils partent du bas de la vallée et ne profitent pas du téléphérique. Ah la Chine et ses contradictions ! La descente est laborieuse sur la fin, nous n'en pouvons plus de ces marches…. Ensuite nous attrapons le bus de retour vers Tangkou puis Tunxi, où nous prenons le train de nuit qui nous ramène à Shanghai. Encore en soft sleepers. Moins de chance avec nos voisins cette fois-ci, ils sont beaucoup plus âgés et ne parlent pas du tout anglais. Ils se couchent d'ailleurs très tôt. Nous rencontrons des Français et nous échangeons nos impressions de voyage. Comme ils ont faim, nous leur conseillons d'acheter les fameuses soupes de nouilles, aussi vendues dans le train. Comme le jeune couple chinois l'avait fait pour nous, nous leur montrons, non sans rire, comment préparer les leurs.
Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai)
Nous arrivons à Shanghai vers 9 h, en terre connue, nous prenons le métro et allons à notre hôtel Nous retrouvons un couple de Canadiens que nous avions croisés avant de partir dans le Huangshan. Long échange de nos péripéties et aventures. Nous sommes fatigués. Nous allons vers la nouvelle ville de Pudong, pour découvrir Shanghai de l'autre coté de la rivière. Nous passons près de grands magasins et de gratte-ciels que nous avions vus le premier jour, notamment la tour Perle d'Orient (en forme de boule, c'est la tour de la télévision de Shanghai). Nous décidons ensuite de retourner au grand magasin sur Nanjing Donglu pour faire nos achats. Quand nous en sortons, les bras chargés, il fait nuit. Nous admirons encore les lumières de la ville. Nous pensons soudain que nos calligraphies pourraient être "montées" en Chine, ce serait sûrement moins onéreux qu'en France, plus "typique" et mieux fait. Il ne nous reste que deux journées à Shanghai mais nous décidons de tenter notre chance le lendemain.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai)
Levés plus tard que d'habitude, c'est la fin des vacances et nous n'avons plus envie de visiter de site touristique en particulier. Sauf l'exposition universelle que nous voulons faire en nocturne, si le temps et la forme physique le permettent. Nous avons entendu tout et son contraire à son sujet et nous sommes moins motivés à présent. Notre mission de la journée : les calligraphies, que nous emportons comme un trésor. Nous demandons à notre sympathique réceptionniste où nous pouvons aller. Il ne sait pas trop quoi répondre mais nous envoie dans le quartier le plus approprié à son avis. Non loin de la place du Peuple, nous nous engouffrons dans la rue qu'il nous a indiquée. En peu de temps nous tombons sur un encadreur. Nous prenons notre courage à deux main et entrons sans aller plus loin. Chance, l'homme parle anglais. Il nous comprend parfaitement et nous propose tout de suite des tissus qui vont pouvoir aller avec nos dessins. Nous prenons conseil auprès de lui et arrêtons notre choix. Nous lui demandons son tarif, très raisonnable. Incroyable, pour ce prix il monte le cerisier sur du papier plus solide et le bambou, sali, sera nettoyé. Les deux seront montés sur du tissu tendu entre deux bâtons laqués. Il nous propose de les récupérer dans une semaine… mais nous partons le lendemain soir ! Nous le lui avouons. Pas de problème, ils seront prêts pour 15 h le lendemain… Le cœur léger, nous continuons le long de la rue. Nos tombons sur un marchand de baozi (petits pains farcis à la viande)… Sûrement l'un des derniers que nous pourrons déguster. Nous nous offrons ce petit plaisir du palais. Nous arrivons ensuite dans un quartier un peu plus pauvres, où nous trouvons des fruits et légumes, toujours bien disposés, en ordre, des vendeurs en tous genres (ferraille, plastiques). Mais le monde nous fatigue vraiment. Allées et venues, bousculade, coude à coude, gens qui parlent fort… Shanghai nous paraît beaucoup plus peuplée que Pékin. L'appel de la maison se fait sentir. Nous renonçons à l'exposition universelle sans regret. Nous continuons à déambuler autour de People Square puis remontons une rue qui mène au Bund. Cette fois-ci, nous arrivons par l'intérieur de la ville. Nous passons devant les façades des immeubles années 30. Nous rentrons dans la Shanghai Pudong & Developpement Bank, qui date de 1923, toujours en activité, mais a conservé les guichets de l'époque. Nous poussons ensuite jusqu'à la rivière et rentrons à notre hôtel, après un restaurant vietnamien pour une fois.
Jour 23 : Shanghai
Journée "off". Nous allons récupérer nos calligraphies, sublimées par les tissus soyeux. Nous baladons encore un peu dans le quartier de la place du peuple. A rajouter, j'aurais visité le musée de Shanghai (gratuit) mais nous avions renoncé devant l'affluence, et nous sommes lassés par la foule si bruyante. Dernier repas chinois… Derniers achats pour liquider nos yuans. Nous passons dans un supermarché et achetons des cacahuètes épicées, des nouilles et des épices. Ensuite, retour à hôtel pour prendre nos bagages. Nous prenons le métro jusqu'à l'aéroport mais nous avons prévu un peu "juste" : il s'agit du dernier, la ligne de l'aéroport s'arrêtant vers 20 h ! Nous quittons Shanghai et la Chine heureux de notre voyage, des souvenirs plein la tête. Un jour peut-tre que nous le complèterons par le Yunnan et le Tibet.
J'espère avoir apporté ma modeste contribution à Voyageforum, qui m'a été très utile pour ma préparation.
Voir aussi mon blog : http://voyages.deesse.grecque.over-blog.fr/
Avis et commentaires bienvenus.
Ambiances indiennes English translation pending
Après avoir longuement consulté les avis et conseils exprimés sur le forum nous avons opté pour la formule de location de voiture avec chauffeur qui nous a pleinement satisfaits. En effet, elle nous a permis d'avoir un large aperçu des différents aspects de l'Inde et, surtout, de profiter des connaissances de nos chauffeurs pour découvrir au mieux la vie des villages, les métiers et les traditions.
Pour l'Inde du nord nous avons contacté Barbara à Delhi (channi4@hotmail.com) qui nous a fourni de précieux conseils sur l'itinéraire et organisé la location de voiture et les réservations d'hôtels. Le chauffeur, Sukha, s'est avéré dynamique et très sympathique, plein d'humour et avec une excellente connaissance des routes du Rajasthan.
Pour l'Inde du Sud, nous avons loué la voiture auprès de Moksha Tours (www.mokshatours.com). Nous avons également été pleinement satisfaits du contact avec le chauffeur, Sekar, très professionnel, amical et attentif à nos souhaits. Il nous a bien conseillé tout au long du voyage pour adapter au mieux l'itinéraire et sélectionner les hôtels sans nous imposer ses choix.
Le carnet de voyage complet avec photos est visible ici: http://mjpgouret.free.fr/inde/inde.html
Jour 1:. C'est jour de fête de la République et Old Delhi est inaccessible, gardée par de nombreux militaires en arme. Nous en profitons pour nous immerger « en douceur » dans l'ambiance indienne en visitant des lieux calmes. Tout d'abord, le complexe Qutub Minar avec son minaret à 5 étages, puis le temple du Lotus, lieu de méditation inter confessionnel très fréquenté par les familles indiennes en ce jour de fête, et, pour finir, la tombe de Humayun, mausolée de marbre blanc et de grès rouge situé dans un apaisant cadre de verdure.
Jour2: Nous quittons Delhi sous un ciel chargé de brumes et de poussières au milieu d'une circulation chaotique. C'est la découverte de la conduite "à l'indienne" louvoyant entre vaches, motos, bus, tuk tuk surchargés et nids de poule dans un brouhaha permanent de klaxons aux tonalités variées. Tout au long de la route s'étirent de lumineux champs de colza et nous découvrons l'animation intense des villes et villages indiens. Durant la visite du temple de Jhunjunhu une sympathique jeune femme nous fait une démonstration de mehndi (tatouage au henné) avant de nous accompagner. Nous sommes immédiatement frappés par la ferveur profonde des fidèles qui se manifeste dans tous les temples. A Mandawa, notre chauffeur nous remet entre les mains d'un guide local censé parler français.. En fait, il s'avère rapidement que ses connaissances sont très limitées et que son seul souci est de nous amener le plus vite possible dans une boutique. La visite rapide nous permet cependant de découvrir quelques havelis aux façades peintes mais malheureusement assez dégradées.
Jour 3: Le paysage devient plus désertique et les champs cultivés se font rares au milieu d'ondulations sablonneuses à la végétation rase. Sur la route, la circulation est moins intense et de nombreuses carrioles tirées par des chameaux remplacent les camions. Un détour vers Deshnok nous permet de visiter le temple Karni Mata dans lequel les pèlerins manifestent leur ferveur en nourrissant de lait et de graines une multitude de rats qui trottinent allègrement entre les pieds des visiteurs. Arrivés à Bikaner, nous avons à nouveau la faiblesse d'accepter le guide « francophone » qui nous est proposé. Son accent s'avère déplorable et peu compréhensible et ses explications ne nous permettent pas de profiter pleinement de la visite du vieux fort aux décorations intérieures fastueuses et colorées. Il nous pilote ensuite au cœur du dédale de la vieille ville où nous découvrons des ruelles trépidantes et grouillantes, aux étals colorés et aux effluves tantôt épicées tantôt nauséabondes. Au retour, nous expliquons donc à notre chauffeur que, dorénavant, nous préférons nous passer de ses pseudo guides (plusieurs sites disposent d'audio guides en français qui se sont avérés d'excellente qualité avec des explications intéressantes et claires).
Jour 4: Entre Bikaner et Jaisalmer la route monotone parcourt une sorte de "pampa" semi désertique et poussiéreuse sous un ciel sans couleur. Nous poursuivons jusqu'au village de Khuri où se côtoient vie traditionnelle et attractions pour touristes !!! Partis seuls à la découverte de ce village aux sommaires maisons cubiques nous apercevons des femmes aux saris chatoyants qui portent sur leur tête des cruches en métal. Nous les suivons vers le puits commun où nous sommes accueillis avec de grands sourires. Nous sacrifions ensuite à l'excursion « touristique » à dos de chameau vers les dunes où nous attendons le soleil couchant qui éclairera enfin ce paysage d'une belle lumière rasante (il aurait été tout aussi intéressant de rejoindre à pied le sommet des dunes facilement accessibles depuis le village). La soirée se termine avec un spectacle de musique et de danses locales à la lumière d'un feu de bois. La musique et les voix chaleureuses ainsi que les costumes chamarrés rendent le spectacle agréable et authentique.
Jour 5: Au lever du jour, la muraille de la citadelle de Jaisalmer s'éclaire d'une chaude lumière ocre. Dans les ruelles étroites l'animation est intense et la visite très variée entre havelis aux façades richement décorées, temples jaïn ou hindou et palais de maharaja.. Du haut de la citadelle la vision panoramique sur les toits en terrasse et le désert ne laisse pas d'impressionner et on s'attendrait presque à voir surgir au loin quelques cavaliers conquérants. L'après midi, nous partons visiter les mausolées des maharajas de Bada Bagh, malheureusement cernés de près par un gigantesque champ d'éoliennes, puis les temples d'Amar Sagar et de Lodhruva où la ferveur des fidèles est toujours aussi palpable. A l'extérieur, la vie paisible s'écoule: un musicien nous enchante avec son harmonium tandis que des joueurs de carrom (sorte de billard à jetons) nous invitent à partager une partie. Au retour, nous faisons une courte halte à la réserve d'eau de Gadi Sagar située près de la ville, bordée de temples et lieu de promenade paisible très fréquenté par les indiens.
Jour 6: Nous quittons Jaisalmer pour une traversée du désert du Thar vers le sud. La monotonie de la route n'est rompue que par quelques dunes de sable et d'anciens volcans de pierre rouge. Tout au long du trajet nous sommes frappés par l'extrême précarité de la vie au cœur du Rajasthan dans ces hameaux de cases rondes aux toits de paille. En cours de route, nous faisons une halte au temple jaïn d'Osiyan. Lieu de pèlerinage, il est entouré de nombreuses échoppes en tous genres, témoignage de l'importante activité. A Jodhpur, l'impressionnant bastion de la citadelle domine la ville. Mais le ciel, comme envahi de poussières, n'offre qu'une lumière terne qui donne un aspect un peu irréel à la masse des maisons bleues. La visite du fort et du palais des maharajas permet d'admirer des salles richement et élégamment décorées qui apportent une note de légèreté dans cet ensemble de bâtiments massifs. Dans la vieille ville, une visite chez un marchand d'épices nous offre le plaisir de humer des senteurs subtiles et variées.
Jour 7: De bon matin nous partons à la découverte des rues étroites et sinueuses de la ville. Les commerçants commencent à peine à ouvrir leurs échoppes tandis que quelques femmes peinent à rassembler les tas d'immondices avant de tenter de les faire bruler. De nombreuses vaches circulent dans ces rues encore désertes rendant assez vain le travail de nettoyage. La route quitte ensuite le désert du Thar et traverse une région de plaine agricole sous un ciel sans nuage mais qui reste blafard. Quelques pitons volcaniques isolés animent le paysage qui devient plus montagneux et boisé à l'approche de Ranakpur. Le chauffeur nous propose de déjeuner dans la « cantine » des pèlerins située tout près du temple: nous dégusterons donc un copieux repas servi par un bataillon impressionnant de serveurs qui veillent sur le remplissage permanent de notre assiette dans une vaste salle aux longues tables alignées en parallèle. Le temple Chaumukha Mandir soutenu par de nombreuses colonnes de marbre sculpté est situé au centre d'un vaste jardin fleuri de bougainvillées. Une petite route sinueuse s'infiltre au cœur du massif des monts Aravelli. Une fois nos bagages déposés à l'hôtel nous décidons de faire une promenade à pied qui nous amène vers un hameau isolé au milieu de quelques champs en terrasse. Les maisons apparaissent bien pauvres et la vie y semble bien difficile. Très vite, nous sommes entourés des enfants sortant de l'école et qui rassemblent quelques mots d'anglais balbutiant pour nous réclamer des « school pens »...
Jour 8: Nous traversons les monts Aravelli où l'activité agricole traditionnelle est restée vivace: tout au long de la route les paysans gardent les troupeaux, font tourner leur noria, cultivent leurs champs selon les méthodes ancestrales. Le paysage est très attrayant avec des plateaux verdoyants entourés de montagnes beaucoup plus arides. Les villages sont très animés. Depuis le fort de Kumbalgarh, entouré d'une imposante ceinture de remparts de 36 kms, s'étend un vaste panorama, malheureusement estompé par le voile brumeux d'un ciel toujours aussi blafard. Puis, dès la plaine retrouvée, le paysage redevient désertique et des files incessantes de camions se croisent et se doublent dans un gigantesque charivari: adrénaline garantie...Le temps nous manque pour aller à Pushkar, donc nous décidons de poursuivre sans arrêt jusqu'à Roopangarh, agréable petite cité à l'écart de la grande route bruyante.
Jour 9: Nous retournons sur nos pas pour visiter Pushkar, petite ville aux centaines de temples, blottie au creux d'un cirque de montagnes autour d'un lac sacré dans lequel se baignent les pèlerins hindous. Sur les ghats construits au bord du lac les fidèles viennent en nombre accomplir leurs rituels de purification tandis que, dans les rues envahies de boutiques, se mêlent dans la foule, touristes et pèlerins. Nous reprenons ensuite la "redoutable" route vers Jaipur, capitale du Rajasthan.
Jour 10: Nous nous lançons dans la visite de la vieille ville de Jaipur. Ceinturée de remparts on peut y pénétrer par de multiples portes. Elle fut peinte en rose, couleur de l'hospitalité, sur ordre du maharaja pour accueillir le prince de Galles en 1876. Le monument le plus emblématique en est le Hawa Mahal (palais des vents) dont la façade rose resplendit sous la lumière du soleil levant. Il est assez agréable de flâner en début de matinée dans les ruelles des bazars qui s'animent progressivement au fur et à mesure de l'ouverture des échoppes souvent minuscules. Du haut du minaret Iswari Swanga Sal nous profitons d'une vue panoramique sur la ville et ses environs qui nous permet d'apprécier l'urbanisme des larges avenues quadrillant cette mégalopole. Au milieu du maelström sonore de bus, rickshaws, tuk tuk, chameaux, motos, autos, voire éléphants, nous avons appris à affronter la traversée des larges avenues indiennes !!! L'après midi, nous décidons de faire une pause dans l'atmosphère calme du patio de l'hôtel.
Jour 11: De bon matin, les routes permettant de quitter Jaipur sont encombrées par une circulation très dense qui nous plonge à nouveau au cœur des symphonies de klaxon... A la sortie de la ville le temple de Galta est situé dans un cadre paisible au creux d'un vallon entouré de montagnes. Malheureusement, les bâtiments sont assez délabrés et nous sommes frappés par la saleté des allées. Le spectacle des nombreux singes qui escaladent les murs ou se plongent dans les bassins nous occupe un long moment. De Jaipur à Agra l'autoroute traverse une région plate et fertile. En cours de route nous découvrons, à Abhaneri, un exemple de puits profond adapté à la conservation des eaux de la mousson puis Fatehpur Sikri, capitale de l'empire moghol au 16ème siècle, érigée sur un promontoire dominant la plaine. La juxtaposition de thèmes hindous et musulmans est un chef d'œuvre architectural. L'immense mosquée est particulièrement impressionnante par son apparence à la fois massive et gracieuse. Nous poursuivons ensuite vers Agra.
Jour 12: Ce matin, lever matinal à 5h30 pour assister au fabuleux spectacle du soleil illuminant progressivement le Taj Mahal: la coupole de marbre émerge lentement de la brume diaphane en virant du rose pale au blanc éclatant et c'est, pour nous, un long moment d'émotion inoubliable. Avant de quitter Agra nous visitons le fort rouge, massive forteresse entouré d'une enceinte de grès rouge dominant la rivière Yamuna. Depuis les terrasses, nous tentons d'apercevoir une dernière fois le Taj Mahal mais il se dérobe derrière la brume. La route vers Delhi est une nouvelle fois très encombrée et nous manquerons de temps pour aller visiter Old Delhi et la grande mosquée, d'autant plus que les abords sont surchargés de monde et inaccessibles en voiture.
Jour 13: Après 2h30 de vol nous atterrissons à Chennai où nous retrouvons Sekar, notre chauffeur pour l'Inde du Sud, Nous partons pour Mamallapuram, notre première étape. Déjà, nous observons une circulation moins furieuse, des paysages tropicaux et nous sentons d'emblée une atmosphère plus nonchalante que dans l'Inde du nord. D'ailleurs, les touristes sont ici assez nombreux. En fin d'après midi nous partons flâner sur la plage avec ses barques colorées, ses manèges sommaires et ses marchands de beignets puis, derrière le village, nous découvrons les curieux « mandapas » et les bas reliefs creusés dans la masse de gigantesques blocs de granit.
Jour 14: Une agréable route entre les rizières nous amène à Kanchipuram, cité aux multiples temples, ancienne capitale de la dynastie "Pallava". Sur la route, de longues attentes aux passages à niveau nous permettent de vérifier que la foire d'empoigne qui régnait dans le nord a cédé la place à une file d'attente relativement organisée... En arrivant à Kanchipuram nous sommes d'emblée frappés par le « gopuram » du temple Sri Ekambareswarar qui domine la ville du haut de ses 59 mètres. Nous visitons également le temple Devarajaswami, monumental ensemble aux mille piliers et le temple Kailasanatha, plus ancien mais aux dimensions plus modestes. Sur la route du retour, notre chauffeur nous montre un atelier de préparation et de séchage des écheveaux de coton puis un atelier de tissage. La rencontre de ces villageois qui continuent de pratiquer d'innombrables petits métiers qui semblent, ici, immuables, aura été un des plaisirs renouvelés de ce voyage. Arrivés à Mamallapuram nous visitons les cinq Rathas, surprenants monuments monolithiques sculptés dans des blocs de granit puis le temple du rivage dont la situation en bordure du golfe du Bengale incite à la contemplation. Nous finissons la journée en nous promenant sur la plage où de nombreuses familles indiennes profitent des plaisirs de cette station balnéaire réputée.
Jour 15: La route file à travers rizières et plantations d'arachide, marais salants, vergers d'arbres à noix de cajou, forêts de filaos et villages animés pour rejoindre Pondichéry. Sur la route d'Auroville nous cédons à la gourmandise en achetant quelques croissants et feuilletés à la boulangerie française! Puis, après avoir découvert la courte video de présentation d'Auroville au centre des visiteurs, la curiosité l'emporte et nous sollicitons notre petit papier d'autorisation (accordé gratuitement à tous les visiteurs...) pour nous rendre au point de vue sur le Matrimandir, bâtiment à l'allure futuriste, lieu de recueillement des habitants et dont l'accès est interdit aux visiteurs. La promenade est courte et assez agréable dans un espace de verdure paisible. Nous rejoignons ensuite rapidement Pondichery et son atmosphère indolente que nous explorerons durant le reste de l'après midi. La ville offre deux aspects très différents: l'ambiance coloniale marquée de la "ville blanche" contraste avec l'agitation brouillonne de la "ville noire".
Jour 16: Dans le vaste delta de la Cauvery, la route serpente entre les rizières et les nombreux villages très animés. C'est la récolte du riz et la route est souvent jonchée de paille ou de tapis couverts de grains en cours de séchage. Les petites maisons en brique ou en pisé sont fréquemment couvertes de palme et de paille de riz. Évidemment, nous ne manquons pas de visiter quelques temples dont regorge le Tamil Nadu… A Chidambaram, la visite du temple de Shiva Nataraja est accompagnée par le choc fracassant des percussions au rythme lancinant. Le temple Gangakondacholapuram présente de remarquables sculptures dans un cadre de pelouses parfaitement entretenues. Afin d'éviter la saturation, nous nous contenterons d'un aperçu extérieur rapide du magnifique gopuram du temple Sarangapani à Kumbakonam. Enfin, le temple de Dharasuram nous semble modeste et nous le visitons rapidement, mais peut être est-ce dû à la fatigue de la fin de journée et à notre envie d'arriver rapidement à Tanjore.
Jour 17: Nous passons une journée à Tanjore qui fut la capitale de la dynastie chola du 9ème au 13ème siècle. Le temple Brihadishwara est considéré comme le joyau de l'architecture chola. La fréquentation et la ferveur des fidèles ne cessent de nous impressionner. Par contre, la visite du palais royal est un peu décevante, le bâtiment étant particulièrement décrépi: seule une salle offre de belles peintures sur les colonnes et le plafond. Le musée présente également de superbes bronzes mais l'agencement manque d'originalité. Heureusement, l'effervescence des villes indiennes est toujours là pour nous distraire... et nous profitons de l'après midi pour découvrir les boutiques du marché et « humer » l'ambiance sonore et colorée de la gare routière.
Jour 18: Jusqu'à Trichy, le paysage est plat et sans caractère. A Trichy, sur les bords de la Cauvery des pélerins viennent en grand nombre pour effectuer leurs ablutions sur les ghats de Amma Mandapam. Le caractère mystérieux de ces cérémonies rituelles nous fascine toujours autant et nous regrettons de ne pas savoir en saisir le sens. Il faut franchir plusieurs enceintes matérialisées par des gopurams aux couleurs vives pour pénétrer au cœur du temple de Sri Ranganathaswami. A l'intérieur des premières enceintes on trouve encore des maisons d'habitation et des commerces, manifestation concrète de la place essentielle des lieux de culte au centre de la vie quotidienne. Une foule fervente se presse dans le sanctuaire, notamment autour de l'éléphant qui, moyennant un petit billet, bénit les fidèles avec sa trompe. Le centre de la ville est dominé par le Rock Fort, éminence rocheuse sur laquelle est édifiée un temple auquel on accède par un escalier creusé dans le roc: la vue est intéressante sur la ville et la vallée de la Cauvery. Tout près, l'église Notre Dame de Lourdes nous surprend avec sa nef entièrement vide ses guirlandes décorées pendues au plafond et l'atmosphère paisible qui y règne. Ensuite la route traverse des zones de cultures (bananes, noix de coco, riz, cacahuètes, ...) dominées par les contreforts des Ghats occidentaux. Une partie de l'activité artisanale est consacrée au traitement du sisal (coir) à partir des fibres de coco. Les habitants nous accueillent avec un grand sourire pour nous faire une démonstration de leur outillage parfois archaïque. Nous poursuivons jusqu'à Madurai où la recherche d'une chambre libre s'avérera plus compliquée que prévu car de nombreux hôtels affichent complet.
Jour 19: Madurai est une des plus anciennes cités indiennes et tient une place particulière au cœur des tamouls. Nous y visitons le temple de Sri Minakshi: "un des plus fascinants de l'Inde", dixit le guide Michelin, mais nous avons quelques difficultés à saisir toutes les subtilités des représentations de tous les dieux. Par contre, ce qui reste réellement fascinant, c'est la profusion de rites et de dévotions observée sans cesse dans tous les espaces du temple. Ainsi, tous les soirs de l'année, juste avant la fermeture de celui-ci, une procession dans le fracas des trompes et des tambourins accompagne Shiva caché dans un palanquin jusqu'au sanctuaire de Minakshi, son épouse. La visite du palais Tirumalai Nayak en cours de rénovation permet d'admirer les superbes fresques qui ornent les plafonds. A côté, un musée hétéroclite et poussiéreux présente des statues, des outils préhistoriques et des poteries sans aucun effort de présentation. Le soir, nous allons assister au coucher de Shiva, mélange fascinant de ferveur religieuse et de spectacle profane.
Jour 20: De Madurai à Munnar la route traverse d'agréables paysages. D'abord, une plaine fertile riche de toutes sortes de cultures, puis elle aborde le côté est des Ghats occidentaux par de nombreux virages et c'est apaisant de retrouver la nature! La limite entre Tamil Nadu et Kerala est matérialisée par 3 postes de contrôle dont la mission n'est pas apparue bien clairement, si ce n'est qu'une contribution financière est demandée au chauffeur qui devra , par ailleurs, payer les taxes officielles d'entrée le lendemain à l'arrivée à Kumily. Sur le versant Keralais, les pentes se couvrent de plantations de thé qui soulignent les courbes des vallons et qui accrochent magiquement la lumière du soleil. Munnar nous apparaît comme une localité un peu endormie mais située dans un cadre verdoyant apprécié après l'agitation de toutes les villes visitées. Depuis la ville une petite route mène en quelques kilomètres vers le belvédère de Pothamedu d'où la vue s'étend largement sur la vallée profonde.
Jour 21: Après une balade matinale dans les plantations de thé, notre route redescend à travers une dense forêt tropicale. Nous découvrons au passage un temple perdu au milieu des plantations ainsi qu'un petit village de cueilleurs de thé isolé au milieu des champs. La route sinueuse traverse un véritable jardin d'Eden. Du sol à la cime des arbres on peut faire son marché d'épices, de fruits et de fleurs. A Kumily, notre chauffeur nous propose de visiter une plantation d'épices accompagnés d'un guide « francophone ». Dans les faits son charabia franco anglais est parfaitement incompréhensible et il n'a de cesse d'accélérer pour nous emmener au plus vite dans son magasin d'épices (SPICY CUISINE à Kumily à déconseiller car cher). Kumily, ville composée essentiellement d'hébergements touristiques et de boutiques, présente peu d'intérêt.
Jour 22: Tranquille journée de promenade et de découverte des différentes plantations aux alentours de Kumily. Le matin nous partons vers la plantation de thé Connemara estate située à une quinzaine de kilomètres afin de visiter l'usine de préparation du thé: la visite d'une heure environ est captivante avec des explications très claires sur le processus de transformation. L'après midi, nous avons, enfin, réussi à faire une randonnée (modeste et en grande partie sur une petite route goudronnée) vers le mont Ottathalamettu (1260 m.) formidable point de vue sur les ghats occidentaux...malgré l'atmosphère un peu brumeuse.
Jour 23: A travers des plantations de thé puis d'hévéas, sans oublier des champs d'ananas, de bananiers, etc... nous descendons vers la région des backwaters. Au passage à Mundakayam le brouhaha du marché aux boeufs hebdomadaire attire notre attention: venus du Tamil Nadu voisin les éleveurs trouvent ici acquéreurs pour leur bétail dont une partie finira dans les restaurants du Kerala où la viande de boeuf est consommée. Principale curiosité du Kerala, le réseau de canaux des backwaters sinue entre littoral et intérieur des terres. Ces cours d'eau servent encore de voies de circulation entre les nombreux villages qui les bordent et sont desservis par des bateaux omnibus que nous empruntons entre Nedumudi et Allepey pour une mini croisière de 2 heures. D'une rive à l'autre le bateau embarque et débarque sans arrêt les villageois qui reviennent du marché lourdement chargés ou les écoliers tandis que, sur les rives, les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: pêche, lavage du linge, toilette des enfants, prières au temple...toute la vie animée des villages se déroule sous nos yeux. Nous faisons étape à Fort Cochin et, le soir, nous assistons à un spectacle de théâtre traditionnel du Kerala: le Kathakali issu des textes mythologiques de l'Inde ancienne. Avant le spectacle, les acteurs préparent longuement leur maquillage devant les spectateurs et expliquent en détail la symbolique des gestes et mimiques qu'ils pratiquent ensuite.
Jour 24: De Fort Cochin nous n'aurons pas vu les incontournables lieux touristiques: synagogue Pardesi et palais de Mattancherry, fermés le vendredi. Par contre, nous avons découvert d'autres aspects d'une vie quotidienne immuable et nous nous sommes baladés dans une ambiance alanguie par la moite chaleur tropicale. Ainsi nous avons passé de longs moments à observer les pêcheurs qui manœuvrent leurs lourds carrelets chinois pour une recette parfois bien maigre ou ceux qui lancent leur filet en tournoyant sur eux mêmes dans l'attente d'une improbable pêche miraculeuse. Nous avons aussi été étonnés par la laverie centrale où tous les hôtels font laver le linge par une foule d'hommes et de femmes qui inlassablement savonnent, frottent, essorent, étendent et repassent serviettes, draps, chemises, etc...avec des moyens très artisanaux.
Jour 25: Longue étape de transition entre Fort Cochin et les monts Nilgiri. La route parcourt d'abord des zones très urbanisées: les grands buildings modernes, les panneaux publicitaires envahissants et la quantité de voitures individuelles montrent la relative richesse du Kerala. Cependant, bus et camions restent les maîtres de la route et nous envoient parfois sur le bas côté. Ensuite, nous passons la frontière du Tamil Nadu et le long plateau semi désertique que nous traversons ne présente guère d'intérêt. Nous faisons étape à Mettupalayam, ville sans charme, sale, bruyante, malodorante mais dont les habitants nous accueillent avec le sourire, en particulier au marché.
Jour 26: Levés très tôt après une nuit désastreuse (hôtel sale et bruyant) nous prenons le Blue Mountain Railway, petit train à vapeur, qui nous emmène jusqu'à Coonor dans les monts Nilgiri. Après avoir fait la queue plus d'une heure pour être certains d'avoir une place du bon côté (à gauche) nous pouvons enfin nous asseoir sur des sièges assez inconfortables. Heureusement, plusieurs arrêts pour réapprovisionner la locomotive en eau permettent de se dégourdir les jambes...La voie ferrée dominant la vallée laisse apercevoir quelques points de vue sur les montagnes verdoyantes, en particulier à l'approche de Coonor où nous retrouvons les plantations de thé scintillantes sous le soleil. A Ooty (2240 m), station d'altitude créée par les britanniques, nous visitons le "jardin botanique" vaste parc reposant très fréquenté par les familles indiennes. Ensuite, nous faisons étape dans le parc national de Mudumalai qui abrite une faune variée, mais bien cachée... En fin d'après midi, notre chauffeur nous emmène assister à la surprenante séance de lavage des éléphants et à leur repas. Tous les soirs, après leur journée de travail, les éléphants domestiques sont longuement frottés et nettoyés dans la rivière où les enfants du village viennent également jouer et se baigner. Impassibles durant la séance de nettoyage; les éléphants semblent vraiment apprécier ce moment de détente. Ensuite, ils ont droit à leur ration quotidienne de «maxi croquettes » savamment dosées par les gardes du parc en fonction de leur poids et de leur age. Durant le retour vers l'hôtel, nous apercevons au bord de la route quelques singes lungar à la crinière blanche ainsi que quelques chitals (cerfs tachetés).
Jour 27: Ce matin, en traversant les parcs de Mudumalai (Tamil Nadu) et de Bandipur (Karnataka) nous apercevons quelques animaux: singes, gaurs (bisons indiens), chitals (cerfs tachetés) et, même, quelques sangliers malgré les conducteurs indiens qui n'hésitent pas à klaxonner bruyamment dès qu'ils aperçoivent un obstacle au loin. Une fois dépassés les monts Nilgiri, nous parcourons un vaste plateau rural aux cultures de canne à sucre, bananiers, manguiers et quelques rizières. A Mysore nous visitons le palais des maharajas dont la façade ne laisse pas deviner la richesse des merveilleux décors intérieurs, véritable kaléidoscope de couleurs chatoyantes (mais photos interdites). Notre dernière visite de temple sera pour Sri Chamundeswari et le spectaculaire taureau Nandi, monolithe de granit enduit d'huile de sésame à l'aspect luisant qui dominent la ville.
Jour 28: Durant la matinée nous flânons au milieu des couleurs du marché de Mysore, étonnamment rangé et propre: les étals de fleurs et d'épices sont un vrai régal pour les yeux et le nez. Puis, en début d'après midi, nous prenons la route de Bengalore. Une dernière étape à Srirangapatnam nous permet de visiter le palais d'été Darla Daulat Bagh remarquablement décoré avec des motifs colorés et des fresques recouvrant tous les murs, colonnes et plafonds. C'est ensuite une route sans grand intérêt, malgré quelques rizières et quelques pitons montagneux qui émergent du long plateau, qui nous conduit à Bengalore. Quelques embouteillages autour de cette grande ville nous rappellent que l'Inde est vraiment un pays très peuplé puis nous atteignons l'aéroport flambant neuf, aseptisé, calme où nous réalisons que nous ne sommes plus vraiment en Inde et que le voyage se termine Voici, à chaud, quelques impressions que nous laisse ce voyage.
D'abord, ce qui nous a été difficile à supporter le dénuement et l'extrême pauvreté de certains villages la circulation, notamment dans le nord, folle, sans règle, anarchique, bruyante, dangereuse, stressante... la poussière constante, la crasse, et partout sur les routes et au cœur des villes, les tas d'immondices pourrissants et nauséabonds où vaches, chèvres et cochons tentent d'extirper un peu de nourriture Ce que nous regrettons toutes les photos que nous n'avons pas prises, toutes les scènes de vie que nous n'avons pu filmer, soit parce que le respect nous l'imposait, soit à cause de la lumière vacillante sous le voile constamment laiteux qui flotte sur les villes et les campagnes notre manque de connaissance de la culture indienne et la difficulté à communiquer Ce qui nous laissera un souvenir intense la manifestation religieuse permanente qui imprègne la vie des hindous dans leurs gestes, leurs vêtements et leurs villes le sentiment d'une présence humaine permanente, même dans les espaces les plus reculés les couleurs, le tourbillon de la vie quotidienne, les poignées de main, les « what's your name » incessants et les sourires la beauté majestueuse et émouvante du Taj Mahal et l'incroyable richesse du palais de Mysore et infiniment de choses encore, comme la multitude de petits métiers et la pérennité d'activités ancestrales L'Inde nous a plongé dans un autre monde et nous sommes heureux de l'avoir découverte même si, au bout du compte, la nature et les espaces sauvages nous ont manqués.
Le carnet de voyage complet avec photos est visible ici: http://mjpgouret.free.fr/inde/inde.html
Jour 1:. C'est jour de fête de la République et Old Delhi est inaccessible, gardée par de nombreux militaires en arme. Nous en profitons pour nous immerger « en douceur » dans l'ambiance indienne en visitant des lieux calmes. Tout d'abord, le complexe Qutub Minar avec son minaret à 5 étages, puis le temple du Lotus, lieu de méditation inter confessionnel très fréquenté par les familles indiennes en ce jour de fête, et, pour finir, la tombe de Humayun, mausolée de marbre blanc et de grès rouge situé dans un apaisant cadre de verdure.
Jour2: Nous quittons Delhi sous un ciel chargé de brumes et de poussières au milieu d'une circulation chaotique. C'est la découverte de la conduite "à l'indienne" louvoyant entre vaches, motos, bus, tuk tuk surchargés et nids de poule dans un brouhaha permanent de klaxons aux tonalités variées. Tout au long de la route s'étirent de lumineux champs de colza et nous découvrons l'animation intense des villes et villages indiens. Durant la visite du temple de Jhunjunhu une sympathique jeune femme nous fait une démonstration de mehndi (tatouage au henné) avant de nous accompagner. Nous sommes immédiatement frappés par la ferveur profonde des fidèles qui se manifeste dans tous les temples. A Mandawa, notre chauffeur nous remet entre les mains d'un guide local censé parler français.. En fait, il s'avère rapidement que ses connaissances sont très limitées et que son seul souci est de nous amener le plus vite possible dans une boutique. La visite rapide nous permet cependant de découvrir quelques havelis aux façades peintes mais malheureusement assez dégradées.
Jour 3: Le paysage devient plus désertique et les champs cultivés se font rares au milieu d'ondulations sablonneuses à la végétation rase. Sur la route, la circulation est moins intense et de nombreuses carrioles tirées par des chameaux remplacent les camions. Un détour vers Deshnok nous permet de visiter le temple Karni Mata dans lequel les pèlerins manifestent leur ferveur en nourrissant de lait et de graines une multitude de rats qui trottinent allègrement entre les pieds des visiteurs. Arrivés à Bikaner, nous avons à nouveau la faiblesse d'accepter le guide « francophone » qui nous est proposé. Son accent s'avère déplorable et peu compréhensible et ses explications ne nous permettent pas de profiter pleinement de la visite du vieux fort aux décorations intérieures fastueuses et colorées. Il nous pilote ensuite au cœur du dédale de la vieille ville où nous découvrons des ruelles trépidantes et grouillantes, aux étals colorés et aux effluves tantôt épicées tantôt nauséabondes. Au retour, nous expliquons donc à notre chauffeur que, dorénavant, nous préférons nous passer de ses pseudo guides (plusieurs sites disposent d'audio guides en français qui se sont avérés d'excellente qualité avec des explications intéressantes et claires).
Jour 4: Entre Bikaner et Jaisalmer la route monotone parcourt une sorte de "pampa" semi désertique et poussiéreuse sous un ciel sans couleur. Nous poursuivons jusqu'au village de Khuri où se côtoient vie traditionnelle et attractions pour touristes !!! Partis seuls à la découverte de ce village aux sommaires maisons cubiques nous apercevons des femmes aux saris chatoyants qui portent sur leur tête des cruches en métal. Nous les suivons vers le puits commun où nous sommes accueillis avec de grands sourires. Nous sacrifions ensuite à l'excursion « touristique » à dos de chameau vers les dunes où nous attendons le soleil couchant qui éclairera enfin ce paysage d'une belle lumière rasante (il aurait été tout aussi intéressant de rejoindre à pied le sommet des dunes facilement accessibles depuis le village). La soirée se termine avec un spectacle de musique et de danses locales à la lumière d'un feu de bois. La musique et les voix chaleureuses ainsi que les costumes chamarrés rendent le spectacle agréable et authentique.
Jour 5: Au lever du jour, la muraille de la citadelle de Jaisalmer s'éclaire d'une chaude lumière ocre. Dans les ruelles étroites l'animation est intense et la visite très variée entre havelis aux façades richement décorées, temples jaïn ou hindou et palais de maharaja.. Du haut de la citadelle la vision panoramique sur les toits en terrasse et le désert ne laisse pas d'impressionner et on s'attendrait presque à voir surgir au loin quelques cavaliers conquérants. L'après midi, nous partons visiter les mausolées des maharajas de Bada Bagh, malheureusement cernés de près par un gigantesque champ d'éoliennes, puis les temples d'Amar Sagar et de Lodhruva où la ferveur des fidèles est toujours aussi palpable. A l'extérieur, la vie paisible s'écoule: un musicien nous enchante avec son harmonium tandis que des joueurs de carrom (sorte de billard à jetons) nous invitent à partager une partie. Au retour, nous faisons une courte halte à la réserve d'eau de Gadi Sagar située près de la ville, bordée de temples et lieu de promenade paisible très fréquenté par les indiens.
Jour 6: Nous quittons Jaisalmer pour une traversée du désert du Thar vers le sud. La monotonie de la route n'est rompue que par quelques dunes de sable et d'anciens volcans de pierre rouge. Tout au long du trajet nous sommes frappés par l'extrême précarité de la vie au cœur du Rajasthan dans ces hameaux de cases rondes aux toits de paille. En cours de route, nous faisons une halte au temple jaïn d'Osiyan. Lieu de pèlerinage, il est entouré de nombreuses échoppes en tous genres, témoignage de l'importante activité. A Jodhpur, l'impressionnant bastion de la citadelle domine la ville. Mais le ciel, comme envahi de poussières, n'offre qu'une lumière terne qui donne un aspect un peu irréel à la masse des maisons bleues. La visite du fort et du palais des maharajas permet d'admirer des salles richement et élégamment décorées qui apportent une note de légèreté dans cet ensemble de bâtiments massifs. Dans la vieille ville, une visite chez un marchand d'épices nous offre le plaisir de humer des senteurs subtiles et variées.
Jour 7: De bon matin nous partons à la découverte des rues étroites et sinueuses de la ville. Les commerçants commencent à peine à ouvrir leurs échoppes tandis que quelques femmes peinent à rassembler les tas d'immondices avant de tenter de les faire bruler. De nombreuses vaches circulent dans ces rues encore désertes rendant assez vain le travail de nettoyage. La route quitte ensuite le désert du Thar et traverse une région de plaine agricole sous un ciel sans nuage mais qui reste blafard. Quelques pitons volcaniques isolés animent le paysage qui devient plus montagneux et boisé à l'approche de Ranakpur. Le chauffeur nous propose de déjeuner dans la « cantine » des pèlerins située tout près du temple: nous dégusterons donc un copieux repas servi par un bataillon impressionnant de serveurs qui veillent sur le remplissage permanent de notre assiette dans une vaste salle aux longues tables alignées en parallèle. Le temple Chaumukha Mandir soutenu par de nombreuses colonnes de marbre sculpté est situé au centre d'un vaste jardin fleuri de bougainvillées. Une petite route sinueuse s'infiltre au cœur du massif des monts Aravelli. Une fois nos bagages déposés à l'hôtel nous décidons de faire une promenade à pied qui nous amène vers un hameau isolé au milieu de quelques champs en terrasse. Les maisons apparaissent bien pauvres et la vie y semble bien difficile. Très vite, nous sommes entourés des enfants sortant de l'école et qui rassemblent quelques mots d'anglais balbutiant pour nous réclamer des « school pens »...
Jour 8: Nous traversons les monts Aravelli où l'activité agricole traditionnelle est restée vivace: tout au long de la route les paysans gardent les troupeaux, font tourner leur noria, cultivent leurs champs selon les méthodes ancestrales. Le paysage est très attrayant avec des plateaux verdoyants entourés de montagnes beaucoup plus arides. Les villages sont très animés. Depuis le fort de Kumbalgarh, entouré d'une imposante ceinture de remparts de 36 kms, s'étend un vaste panorama, malheureusement estompé par le voile brumeux d'un ciel toujours aussi blafard. Puis, dès la plaine retrouvée, le paysage redevient désertique et des files incessantes de camions se croisent et se doublent dans un gigantesque charivari: adrénaline garantie...Le temps nous manque pour aller à Pushkar, donc nous décidons de poursuivre sans arrêt jusqu'à Roopangarh, agréable petite cité à l'écart de la grande route bruyante.
Jour 9: Nous retournons sur nos pas pour visiter Pushkar, petite ville aux centaines de temples, blottie au creux d'un cirque de montagnes autour d'un lac sacré dans lequel se baignent les pèlerins hindous. Sur les ghats construits au bord du lac les fidèles viennent en nombre accomplir leurs rituels de purification tandis que, dans les rues envahies de boutiques, se mêlent dans la foule, touristes et pèlerins. Nous reprenons ensuite la "redoutable" route vers Jaipur, capitale du Rajasthan.
Jour 10: Nous nous lançons dans la visite de la vieille ville de Jaipur. Ceinturée de remparts on peut y pénétrer par de multiples portes. Elle fut peinte en rose, couleur de l'hospitalité, sur ordre du maharaja pour accueillir le prince de Galles en 1876. Le monument le plus emblématique en est le Hawa Mahal (palais des vents) dont la façade rose resplendit sous la lumière du soleil levant. Il est assez agréable de flâner en début de matinée dans les ruelles des bazars qui s'animent progressivement au fur et à mesure de l'ouverture des échoppes souvent minuscules. Du haut du minaret Iswari Swanga Sal nous profitons d'une vue panoramique sur la ville et ses environs qui nous permet d'apprécier l'urbanisme des larges avenues quadrillant cette mégalopole. Au milieu du maelström sonore de bus, rickshaws, tuk tuk, chameaux, motos, autos, voire éléphants, nous avons appris à affronter la traversée des larges avenues indiennes !!! L'après midi, nous décidons de faire une pause dans l'atmosphère calme du patio de l'hôtel.
Jour 11: De bon matin, les routes permettant de quitter Jaipur sont encombrées par une circulation très dense qui nous plonge à nouveau au cœur des symphonies de klaxon... A la sortie de la ville le temple de Galta est situé dans un cadre paisible au creux d'un vallon entouré de montagnes. Malheureusement, les bâtiments sont assez délabrés et nous sommes frappés par la saleté des allées. Le spectacle des nombreux singes qui escaladent les murs ou se plongent dans les bassins nous occupe un long moment. De Jaipur à Agra l'autoroute traverse une région plate et fertile. En cours de route nous découvrons, à Abhaneri, un exemple de puits profond adapté à la conservation des eaux de la mousson puis Fatehpur Sikri, capitale de l'empire moghol au 16ème siècle, érigée sur un promontoire dominant la plaine. La juxtaposition de thèmes hindous et musulmans est un chef d'œuvre architectural. L'immense mosquée est particulièrement impressionnante par son apparence à la fois massive et gracieuse. Nous poursuivons ensuite vers Agra.
Jour 12: Ce matin, lever matinal à 5h30 pour assister au fabuleux spectacle du soleil illuminant progressivement le Taj Mahal: la coupole de marbre émerge lentement de la brume diaphane en virant du rose pale au blanc éclatant et c'est, pour nous, un long moment d'émotion inoubliable. Avant de quitter Agra nous visitons le fort rouge, massive forteresse entouré d'une enceinte de grès rouge dominant la rivière Yamuna. Depuis les terrasses, nous tentons d'apercevoir une dernière fois le Taj Mahal mais il se dérobe derrière la brume. La route vers Delhi est une nouvelle fois très encombrée et nous manquerons de temps pour aller visiter Old Delhi et la grande mosquée, d'autant plus que les abords sont surchargés de monde et inaccessibles en voiture.
Jour 13: Après 2h30 de vol nous atterrissons à Chennai où nous retrouvons Sekar, notre chauffeur pour l'Inde du Sud, Nous partons pour Mamallapuram, notre première étape. Déjà, nous observons une circulation moins furieuse, des paysages tropicaux et nous sentons d'emblée une atmosphère plus nonchalante que dans l'Inde du nord. D'ailleurs, les touristes sont ici assez nombreux. En fin d'après midi nous partons flâner sur la plage avec ses barques colorées, ses manèges sommaires et ses marchands de beignets puis, derrière le village, nous découvrons les curieux « mandapas » et les bas reliefs creusés dans la masse de gigantesques blocs de granit.
Jour 14: Une agréable route entre les rizières nous amène à Kanchipuram, cité aux multiples temples, ancienne capitale de la dynastie "Pallava". Sur la route, de longues attentes aux passages à niveau nous permettent de vérifier que la foire d'empoigne qui régnait dans le nord a cédé la place à une file d'attente relativement organisée... En arrivant à Kanchipuram nous sommes d'emblée frappés par le « gopuram » du temple Sri Ekambareswarar qui domine la ville du haut de ses 59 mètres. Nous visitons également le temple Devarajaswami, monumental ensemble aux mille piliers et le temple Kailasanatha, plus ancien mais aux dimensions plus modestes. Sur la route du retour, notre chauffeur nous montre un atelier de préparation et de séchage des écheveaux de coton puis un atelier de tissage. La rencontre de ces villageois qui continuent de pratiquer d'innombrables petits métiers qui semblent, ici, immuables, aura été un des plaisirs renouvelés de ce voyage. Arrivés à Mamallapuram nous visitons les cinq Rathas, surprenants monuments monolithiques sculptés dans des blocs de granit puis le temple du rivage dont la situation en bordure du golfe du Bengale incite à la contemplation. Nous finissons la journée en nous promenant sur la plage où de nombreuses familles indiennes profitent des plaisirs de cette station balnéaire réputée.
Jour 15: La route file à travers rizières et plantations d'arachide, marais salants, vergers d'arbres à noix de cajou, forêts de filaos et villages animés pour rejoindre Pondichéry. Sur la route d'Auroville nous cédons à la gourmandise en achetant quelques croissants et feuilletés à la boulangerie française! Puis, après avoir découvert la courte video de présentation d'Auroville au centre des visiteurs, la curiosité l'emporte et nous sollicitons notre petit papier d'autorisation (accordé gratuitement à tous les visiteurs...) pour nous rendre au point de vue sur le Matrimandir, bâtiment à l'allure futuriste, lieu de recueillement des habitants et dont l'accès est interdit aux visiteurs. La promenade est courte et assez agréable dans un espace de verdure paisible. Nous rejoignons ensuite rapidement Pondichery et son atmosphère indolente que nous explorerons durant le reste de l'après midi. La ville offre deux aspects très différents: l'ambiance coloniale marquée de la "ville blanche" contraste avec l'agitation brouillonne de la "ville noire".
Jour 16: Dans le vaste delta de la Cauvery, la route serpente entre les rizières et les nombreux villages très animés. C'est la récolte du riz et la route est souvent jonchée de paille ou de tapis couverts de grains en cours de séchage. Les petites maisons en brique ou en pisé sont fréquemment couvertes de palme et de paille de riz. Évidemment, nous ne manquons pas de visiter quelques temples dont regorge le Tamil Nadu… A Chidambaram, la visite du temple de Shiva Nataraja est accompagnée par le choc fracassant des percussions au rythme lancinant. Le temple Gangakondacholapuram présente de remarquables sculptures dans un cadre de pelouses parfaitement entretenues. Afin d'éviter la saturation, nous nous contenterons d'un aperçu extérieur rapide du magnifique gopuram du temple Sarangapani à Kumbakonam. Enfin, le temple de Dharasuram nous semble modeste et nous le visitons rapidement, mais peut être est-ce dû à la fatigue de la fin de journée et à notre envie d'arriver rapidement à Tanjore.
Jour 17: Nous passons une journée à Tanjore qui fut la capitale de la dynastie chola du 9ème au 13ème siècle. Le temple Brihadishwara est considéré comme le joyau de l'architecture chola. La fréquentation et la ferveur des fidèles ne cessent de nous impressionner. Par contre, la visite du palais royal est un peu décevante, le bâtiment étant particulièrement décrépi: seule une salle offre de belles peintures sur les colonnes et le plafond. Le musée présente également de superbes bronzes mais l'agencement manque d'originalité. Heureusement, l'effervescence des villes indiennes est toujours là pour nous distraire... et nous profitons de l'après midi pour découvrir les boutiques du marché et « humer » l'ambiance sonore et colorée de la gare routière.
Jour 18: Jusqu'à Trichy, le paysage est plat et sans caractère. A Trichy, sur les bords de la Cauvery des pélerins viennent en grand nombre pour effectuer leurs ablutions sur les ghats de Amma Mandapam. Le caractère mystérieux de ces cérémonies rituelles nous fascine toujours autant et nous regrettons de ne pas savoir en saisir le sens. Il faut franchir plusieurs enceintes matérialisées par des gopurams aux couleurs vives pour pénétrer au cœur du temple de Sri Ranganathaswami. A l'intérieur des premières enceintes on trouve encore des maisons d'habitation et des commerces, manifestation concrète de la place essentielle des lieux de culte au centre de la vie quotidienne. Une foule fervente se presse dans le sanctuaire, notamment autour de l'éléphant qui, moyennant un petit billet, bénit les fidèles avec sa trompe. Le centre de la ville est dominé par le Rock Fort, éminence rocheuse sur laquelle est édifiée un temple auquel on accède par un escalier creusé dans le roc: la vue est intéressante sur la ville et la vallée de la Cauvery. Tout près, l'église Notre Dame de Lourdes nous surprend avec sa nef entièrement vide ses guirlandes décorées pendues au plafond et l'atmosphère paisible qui y règne. Ensuite la route traverse des zones de cultures (bananes, noix de coco, riz, cacahuètes, ...) dominées par les contreforts des Ghats occidentaux. Une partie de l'activité artisanale est consacrée au traitement du sisal (coir) à partir des fibres de coco. Les habitants nous accueillent avec un grand sourire pour nous faire une démonstration de leur outillage parfois archaïque. Nous poursuivons jusqu'à Madurai où la recherche d'une chambre libre s'avérera plus compliquée que prévu car de nombreux hôtels affichent complet.
Jour 19: Madurai est une des plus anciennes cités indiennes et tient une place particulière au cœur des tamouls. Nous y visitons le temple de Sri Minakshi: "un des plus fascinants de l'Inde", dixit le guide Michelin, mais nous avons quelques difficultés à saisir toutes les subtilités des représentations de tous les dieux. Par contre, ce qui reste réellement fascinant, c'est la profusion de rites et de dévotions observée sans cesse dans tous les espaces du temple. Ainsi, tous les soirs de l'année, juste avant la fermeture de celui-ci, une procession dans le fracas des trompes et des tambourins accompagne Shiva caché dans un palanquin jusqu'au sanctuaire de Minakshi, son épouse. La visite du palais Tirumalai Nayak en cours de rénovation permet d'admirer les superbes fresques qui ornent les plafonds. A côté, un musée hétéroclite et poussiéreux présente des statues, des outils préhistoriques et des poteries sans aucun effort de présentation. Le soir, nous allons assister au coucher de Shiva, mélange fascinant de ferveur religieuse et de spectacle profane.
Jour 20: De Madurai à Munnar la route traverse d'agréables paysages. D'abord, une plaine fertile riche de toutes sortes de cultures, puis elle aborde le côté est des Ghats occidentaux par de nombreux virages et c'est apaisant de retrouver la nature! La limite entre Tamil Nadu et Kerala est matérialisée par 3 postes de contrôle dont la mission n'est pas apparue bien clairement, si ce n'est qu'une contribution financière est demandée au chauffeur qui devra , par ailleurs, payer les taxes officielles d'entrée le lendemain à l'arrivée à Kumily. Sur le versant Keralais, les pentes se couvrent de plantations de thé qui soulignent les courbes des vallons et qui accrochent magiquement la lumière du soleil. Munnar nous apparaît comme une localité un peu endormie mais située dans un cadre verdoyant apprécié après l'agitation de toutes les villes visitées. Depuis la ville une petite route mène en quelques kilomètres vers le belvédère de Pothamedu d'où la vue s'étend largement sur la vallée profonde.
Jour 21: Après une balade matinale dans les plantations de thé, notre route redescend à travers une dense forêt tropicale. Nous découvrons au passage un temple perdu au milieu des plantations ainsi qu'un petit village de cueilleurs de thé isolé au milieu des champs. La route sinueuse traverse un véritable jardin d'Eden. Du sol à la cime des arbres on peut faire son marché d'épices, de fruits et de fleurs. A Kumily, notre chauffeur nous propose de visiter une plantation d'épices accompagnés d'un guide « francophone ». Dans les faits son charabia franco anglais est parfaitement incompréhensible et il n'a de cesse d'accélérer pour nous emmener au plus vite dans son magasin d'épices (SPICY CUISINE à Kumily à déconseiller car cher). Kumily, ville composée essentiellement d'hébergements touristiques et de boutiques, présente peu d'intérêt.
Jour 22: Tranquille journée de promenade et de découverte des différentes plantations aux alentours de Kumily. Le matin nous partons vers la plantation de thé Connemara estate située à une quinzaine de kilomètres afin de visiter l'usine de préparation du thé: la visite d'une heure environ est captivante avec des explications très claires sur le processus de transformation. L'après midi, nous avons, enfin, réussi à faire une randonnée (modeste et en grande partie sur une petite route goudronnée) vers le mont Ottathalamettu (1260 m.) formidable point de vue sur les ghats occidentaux...malgré l'atmosphère un peu brumeuse.
Jour 23: A travers des plantations de thé puis d'hévéas, sans oublier des champs d'ananas, de bananiers, etc... nous descendons vers la région des backwaters. Au passage à Mundakayam le brouhaha du marché aux boeufs hebdomadaire attire notre attention: venus du Tamil Nadu voisin les éleveurs trouvent ici acquéreurs pour leur bétail dont une partie finira dans les restaurants du Kerala où la viande de boeuf est consommée. Principale curiosité du Kerala, le réseau de canaux des backwaters sinue entre littoral et intérieur des terres. Ces cours d'eau servent encore de voies de circulation entre les nombreux villages qui les bordent et sont desservis par des bateaux omnibus que nous empruntons entre Nedumudi et Allepey pour une mini croisière de 2 heures. D'une rive à l'autre le bateau embarque et débarque sans arrêt les villageois qui reviennent du marché lourdement chargés ou les écoliers tandis que, sur les rives, les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: pêche, lavage du linge, toilette des enfants, prières au temple...toute la vie animée des villages se déroule sous nos yeux. Nous faisons étape à Fort Cochin et, le soir, nous assistons à un spectacle de théâtre traditionnel du Kerala: le Kathakali issu des textes mythologiques de l'Inde ancienne. Avant le spectacle, les acteurs préparent longuement leur maquillage devant les spectateurs et expliquent en détail la symbolique des gestes et mimiques qu'ils pratiquent ensuite.
Jour 24: De Fort Cochin nous n'aurons pas vu les incontournables lieux touristiques: synagogue Pardesi et palais de Mattancherry, fermés le vendredi. Par contre, nous avons découvert d'autres aspects d'une vie quotidienne immuable et nous nous sommes baladés dans une ambiance alanguie par la moite chaleur tropicale. Ainsi nous avons passé de longs moments à observer les pêcheurs qui manœuvrent leurs lourds carrelets chinois pour une recette parfois bien maigre ou ceux qui lancent leur filet en tournoyant sur eux mêmes dans l'attente d'une improbable pêche miraculeuse. Nous avons aussi été étonnés par la laverie centrale où tous les hôtels font laver le linge par une foule d'hommes et de femmes qui inlassablement savonnent, frottent, essorent, étendent et repassent serviettes, draps, chemises, etc...avec des moyens très artisanaux.
Jour 25: Longue étape de transition entre Fort Cochin et les monts Nilgiri. La route parcourt d'abord des zones très urbanisées: les grands buildings modernes, les panneaux publicitaires envahissants et la quantité de voitures individuelles montrent la relative richesse du Kerala. Cependant, bus et camions restent les maîtres de la route et nous envoient parfois sur le bas côté. Ensuite, nous passons la frontière du Tamil Nadu et le long plateau semi désertique que nous traversons ne présente guère d'intérêt. Nous faisons étape à Mettupalayam, ville sans charme, sale, bruyante, malodorante mais dont les habitants nous accueillent avec le sourire, en particulier au marché.
Jour 26: Levés très tôt après une nuit désastreuse (hôtel sale et bruyant) nous prenons le Blue Mountain Railway, petit train à vapeur, qui nous emmène jusqu'à Coonor dans les monts Nilgiri. Après avoir fait la queue plus d'une heure pour être certains d'avoir une place du bon côté (à gauche) nous pouvons enfin nous asseoir sur des sièges assez inconfortables. Heureusement, plusieurs arrêts pour réapprovisionner la locomotive en eau permettent de se dégourdir les jambes...La voie ferrée dominant la vallée laisse apercevoir quelques points de vue sur les montagnes verdoyantes, en particulier à l'approche de Coonor où nous retrouvons les plantations de thé scintillantes sous le soleil. A Ooty (2240 m), station d'altitude créée par les britanniques, nous visitons le "jardin botanique" vaste parc reposant très fréquenté par les familles indiennes. Ensuite, nous faisons étape dans le parc national de Mudumalai qui abrite une faune variée, mais bien cachée... En fin d'après midi, notre chauffeur nous emmène assister à la surprenante séance de lavage des éléphants et à leur repas. Tous les soirs, après leur journée de travail, les éléphants domestiques sont longuement frottés et nettoyés dans la rivière où les enfants du village viennent également jouer et se baigner. Impassibles durant la séance de nettoyage; les éléphants semblent vraiment apprécier ce moment de détente. Ensuite, ils ont droit à leur ration quotidienne de «maxi croquettes » savamment dosées par les gardes du parc en fonction de leur poids et de leur age. Durant le retour vers l'hôtel, nous apercevons au bord de la route quelques singes lungar à la crinière blanche ainsi que quelques chitals (cerfs tachetés).
Jour 27: Ce matin, en traversant les parcs de Mudumalai (Tamil Nadu) et de Bandipur (Karnataka) nous apercevons quelques animaux: singes, gaurs (bisons indiens), chitals (cerfs tachetés) et, même, quelques sangliers malgré les conducteurs indiens qui n'hésitent pas à klaxonner bruyamment dès qu'ils aperçoivent un obstacle au loin. Une fois dépassés les monts Nilgiri, nous parcourons un vaste plateau rural aux cultures de canne à sucre, bananiers, manguiers et quelques rizières. A Mysore nous visitons le palais des maharajas dont la façade ne laisse pas deviner la richesse des merveilleux décors intérieurs, véritable kaléidoscope de couleurs chatoyantes (mais photos interdites). Notre dernière visite de temple sera pour Sri Chamundeswari et le spectaculaire taureau Nandi, monolithe de granit enduit d'huile de sésame à l'aspect luisant qui dominent la ville.
Jour 28: Durant la matinée nous flânons au milieu des couleurs du marché de Mysore, étonnamment rangé et propre: les étals de fleurs et d'épices sont un vrai régal pour les yeux et le nez. Puis, en début d'après midi, nous prenons la route de Bengalore. Une dernière étape à Srirangapatnam nous permet de visiter le palais d'été Darla Daulat Bagh remarquablement décoré avec des motifs colorés et des fresques recouvrant tous les murs, colonnes et plafonds. C'est ensuite une route sans grand intérêt, malgré quelques rizières et quelques pitons montagneux qui émergent du long plateau, qui nous conduit à Bengalore. Quelques embouteillages autour de cette grande ville nous rappellent que l'Inde est vraiment un pays très peuplé puis nous atteignons l'aéroport flambant neuf, aseptisé, calme où nous réalisons que nous ne sommes plus vraiment en Inde et que le voyage se termine Voici, à chaud, quelques impressions que nous laisse ce voyage.
D'abord, ce qui nous a été difficile à supporter le dénuement et l'extrême pauvreté de certains villages la circulation, notamment dans le nord, folle, sans règle, anarchique, bruyante, dangereuse, stressante... la poussière constante, la crasse, et partout sur les routes et au cœur des villes, les tas d'immondices pourrissants et nauséabonds où vaches, chèvres et cochons tentent d'extirper un peu de nourriture Ce que nous regrettons toutes les photos que nous n'avons pas prises, toutes les scènes de vie que nous n'avons pu filmer, soit parce que le respect nous l'imposait, soit à cause de la lumière vacillante sous le voile constamment laiteux qui flotte sur les villes et les campagnes notre manque de connaissance de la culture indienne et la difficulté à communiquer Ce qui nous laissera un souvenir intense la manifestation religieuse permanente qui imprègne la vie des hindous dans leurs gestes, leurs vêtements et leurs villes le sentiment d'une présence humaine permanente, même dans les espaces les plus reculés les couleurs, le tourbillon de la vie quotidienne, les poignées de main, les « what's your name » incessants et les sourires la beauté majestueuse et émouvante du Taj Mahal et l'incroyable richesse du palais de Mysore et infiniment de choses encore, comme la multitude de petits métiers et la pérennité d'activités ancestrales L'Inde nous a plongé dans un autre monde et nous sommes heureux de l'avoir découverte même si, au bout du compte, la nature et les espaces sauvages nous ont manqués.
Deux semaines au Cap Vert (décembre 2009) English translation pending
2 semaines au Cap Vert en décembre 2009... le bonheur de profiter de l'été en plein hiver !
Pour notre itinéraire c'est là: http://globe.dreamers.free.fr/capvert_itineraire.html
Pour une fois nous sommes partis en "organisé" (vol international, vols intérieurs et nuits + petit déj), en adaptant pour nous un itinéraire proposé par ROOTS TRAVEL www.rootstravel.com
Plus de photos là: http://globe.dreamers.free.fr/capvert_carnet.html
Et voilà le récit :
19 décembre Arrivée à Praia à 1h50 avec trois bons quarts d'heure de retard, pris au départ à Lisbonne. Le temps de faire valider nos passeports, retrouver nos bagages, prendre un taxi jusqu'à notre hôtel, il est 3 heures du matin, soit 5 heures du matin heure fançaise lorsque nous nous couchons... Réveil peu avant 9h pour aller prendre notre petit déjeuner au 4ème étage de notre hôtel, avec vue sur le port et la ville de Praia. Ensuite on décide de louer une voiture et de faire le tour de l'île en passant par la montagne. Aussitôt dit, aussitôt fait, l'hôtel nous envoie vers une agence située à 30 mètres de là.
Et c'est parti pour une balade dans la montagne près de Sao Jorges das Orgaso. On passe devant une petite église, il y a un mariage, la mariée est dans un pick-up et le cortège de voitures suit, il y a même une voiture-sono.
On ne trouve pas le jardin botanique et on a soif. On s'arrête devant une cabane pour acheter de l'eau et demander où est le jardin. Le patron fait signe à un gars qui partait, il monte avec nous dans le 4x4 et nous guide. Ca tombe bien, il habite à côté et était chargé. Là on retrouve le mariage venu faire des photos, donc c'est loin d'être aussi calme que le mentionne notre guide.
Plus loin, on s'arrête près d'Assomada pour admirer un immense fromager.
On continue jusqu'à Tarrafal, un joli village au nord de l'île avec une belle plage. On a faim, il est 16h ! Alors on commence par manger dans un joli restaurant au frais et avec vue sur la mer, puis on va bien sûr se baigner. Partis hier sous la neige à Toulouse, sur la plage aujourd'hui, un peu irréel ! On rentre par la côte est, le soleil se couche tôt ici, vers 18h, alors on fait une partie du trajet de nuit. On est KO quand on arrive, n'ayant pas très bien dormi la nuit passée... Au lit !
20 décembre Journée transition aujourd'hui. Nous passons la matinée sur l'île de Santiago. Nous allons visiter Cidade Velha, un village au bord de la mer surmonté d'une citadelle. Cette ville, située à l'entrée de la Ribeira Grande, était autrefois la première ville du Cap-Vert, connue pour son port, plaque tournante de l'esclavage.
Après une très intéressante visite de la citadelle, nous descendons à pied dans le village. Au départ, on avait pensé poursuivre la route jusqu'à Porto Mosquito mais la route pour traverser Cidade Velha est impraticable, le village est en chantier.
On grimpe vers le monastère puis on revient. Il faut maintenant aller prendre un avion pour Fogo. Le vol est le plus court qu'on ait jamais fait, 20 minutes, on a une belle vue sur le volcan en arrivant. L'atterissage est aussi le plus chaotique qu'on ait fait, la piste est très courte. Lorsqu'on en sort, Jorge nous aborde, ce n'est pas un taxi mais il a un mini-van. On a d'abord besoin de passer à Sao Filipe pour retirer de l'argent, le distributeur de l'aéroport de Praia était en panne, puis on commence notre trajet jusqu'à Cha das Caldeiras, un village dans la caldeira, au pied du volcan de Fogo.
Le trajet dure environ 1h15-1h30, on fait deux-trois arrêts pour prendre des photos, et aussi une femme avec son bébé qui va là-bas. C'est magnifique.
Fogo c'est une île-volcan ronde. le volcan domine toute l'île, il est situé dans une immense caldeira qui comprend plusieurs autres cratères.
Après quelques péripéties par rapport à notre logement (à voir dans la rubrique "pratique"), nous arrivons à la Casa Marisa, où nous sommes bien accueillis par Marisa et Mustapha. Il fait déjà nuit donc on ne fait pas grand-chose de plus, à part savourer la délicieuse cuisine de Marisa !
21 décembre
Un petit coup d'oeil au volcan de fogo depuis notre logement. Nous y monterons demain, aujourd'hui on attaque notre première vraie rando. Après un bon petit déjeuner chez Marisa, un pique-nique et plein d'eau dans le sac, on part en direction du petit volcan de Fogo. C'est là qu'a eu lieu la dernière éruption en 1995.
La lumière est très belle ce matin et la végétation et les cultures ressortent sur la pouzzolane noire. La terre est fertile ici et certains habitants n'ont pas voulu quitter leur maison en 1995. Ils étaient sûrs que la lave n'atteindrait pas le village.
En s'éloignant du village, ça devient plus sec et de la lave d'anciennes éruptions forme parfois de jolies et étranges sculptures.
Il fait chaud, bien qu'on soit à 1700m d'altitude et la montée est fatigante, mais enfin on arrive au petit volcan de Fogo. En réalité il y a plusieurs cratères. Le premier est là au pied du grand volcan, d'ici le sommet du volcan nous semble tout proche.
Le second, à moitié effondré, est celui par lequel la lave s'est écoulée en 1995. Ici ça sent le souffre.
Il y en a un troisième petit derrière. Marine me demande "Comment ça se fait que partout où on voyage, on voit des volcans ?"
On continue notre chemin après le petit volcan en direction de l'entrée du parc, par laquelle nous sommes arrivés hier. on marche dans la pouzzolane, ça s'enfonce et c'est fatigant.
On découvre d'autres cratères et on voit la mer au loin, qui se mélange avec le ciel.
On fait demi-tour et on rejoint la route pour rentrer au village. On traverse une zone "verte". C'est étonnant de voir cette végétation pousser dans la pouzzolane, mais logique, la terre dessous est aussi plus fertile et les conditions font que les habitants arrivent à faire deux récoltes par an.
22 décembre Ce matin, nos partons à 6h30 avec Cécilio en direction du grand volcan. Auparavant, nous avons déjeuné à la lueur de la bougie, Marisa nous avait tout préparé; à 6h il fait encore nuit noire, mais à 6h30 on y voit assez pour marcher sans lampe. On part avec un blouson chaud car il fait frais mais en marchant on n'a pas froid et on l'enlève rapidement. On commence par une marche d'approche tranquille puis on commence à s'élever. Le soleil fait son apparition dans la caldeira, mais le village est encore à l'ombre, et nous aussi.
On continue à monter, sur une pente très raide. Heureusement, on est toujours à l'ombre et au frais, alors que le village est maintenant bien éclairé. A 9h15, nous retrouvons le soleil, un vent frais nous empêche de souffrir de la chaleur. On fait une pause, on a faim !
A 11h, on arrive enfin au sommet ! Surprise, il y a un cratère ! D'en bas, on n'imaginait pas qu'il puisse y avoir un cratère, et encore moins de cette taille.
On se repose un long moment, 1100 mètres de dénvelée, ça fatigue ! On profite de la vue et du silence. Tout en bas, on aperçoit le village de Mostérios où nous descendrons demain.
Enfin on attaque la descente. D'abord on descend prudement sur le chemin par lequel on est monté, puis on arrive en haut de la "piste noire"...
Il s'agit d'une étendue de pouzzolane dan laquelle on va descendre en courant. On va perdre 800 mètres de dénivelée en 20 minutes !
Du coup, vers 13h30 on est de retour au village. On va boire au frais chez Ramiro, avec Cécilio. Ca fait du bien ! L'après-midi, repos bien mérité ! Et puis j'ai les genoux en compote et je préfère me reposer en vue de ce qui nous attend demain... 1700 mètres de descente ! 23 décembre
Ce matin, à 8h, nous attendons Zé. C'est assez curieux, on a dû louper quelque chose. A notre arrivée ici, Zé est venu nous proposer ses services de guide, puis Cécilio. Avec chacun, au moment de discuter sérieusement prix, heure de départ, etc... il nous a dit "je viendrai tel soir chez Marisa et on parlera.". Comme ils avaient l'air sympathiques tous les deux, on s'était dit qu'on en prendrait un pour le grand volcan, un pour la descente vers Mostérios.
Déjà, l'avant-veille au soir, n'ayant pas vu Cécilio, Marisa a appelé chez lui et c'est sa femme qui a confirmé qu'il viendrarit nous chercher à 6h30. Hier soir, impossible de joindre Zé. Marisa nous assure qu'elle va l'appeler mais en tous cas à 8h15 il n'est toujours pas là. On fait part à Mustapha de notre inquiétude, il finit par le joindre... en pleine ascension du grand volcan avec d'autres touristes... Pas de problème, Mustapha nous trouve un autre guide, José, un frère de Cécilio.
Après coup, on se dit que ça ne l'intéressait pas probablement, la descente à Mostérios, car on avait déjà arrangé le retour avec Jorge et Zé aurait peut-être préféré faire un "package" transfert de nos bagages/descente/retour à Sao Filipe lui-même. En effet, le tarif pour descendre à Mostérios est quasiment le même que pour le volcan; mais pour le volcan, à 13h-14h c'est fini, alors que pour Mostérios, il faut ensuite revenir à Cha das Caldeiras, minimum 2h30 de véhicule...
Il se peut aussi qu'on n'ait pas été assez affirmatif dans nos paroles...
Enfin, ce n'est pas très grave, on part finalement vers 9h avec José. On longe la caldeira sur une petite route empierrée.
La descente commence sur cette route, jusqu'à "la maison du président", la résidence d'un ancien président. Là, après une pause à l'ombre fraîche d'un gros arbre planté au milieu de la route, on poursuit sur un petit chemin. La végétation devient luxuriante, et mes genoux souffrent de plus en plus. Je n'arrive plus à suivre le rythme pourtant tranquille des autres, je fais de petits pas pour ménager mes rotules.
On aperçoit de temps en temps le village de Mostérios, si proche et si loin à la fois. Je m'en veux d'avoir demandé à Jorge que le taxi nous attende à Mostérios et pas au village au-dessus, auquel nous finissons par arriver. Sur la place du village, on reconnait le mini-van de Jorge, on fait une pause. Le voilà qui arrive, accompagné de deux touristes à qui il fait visiter l'île. Charitablement, il nous descend jusqu'à notre taxi à Mosteiros, après une descente tout de même de 1564m !
Sur la route de Sao Filipe, on fait une halte à Salinas. L'endroit est magnifique. On comptait y faire une pause baignade, en effet, les rochers forment comme un bassin dans lequel les cap-verdiens se baignent... quand la mer n'est pas trop houleuse comme aujourd'hui !
On en profite pour faire des photos et profiter du paysage et de la fraîcheur !
A Sao Filipe, on se repose avant de ressortir se balader dans Mindelo, admirer le coucher de soleil sur l'île de Brava, et manger un bon petit repas accompagné d'un verre de vin blanc de Fogo. Il est bon, mais j'ai préféré le Manecom, un vin rouge corsé et fruité, que j'ai goûté chez Marisa.
24 décembre Aujourd'hui je marche comme une petite vieille. Les deux dernières randos m'ont bien cassée ! Olivier se fiche de moi, vu les deux mois en Equateur sans problème, mais là-bas on y est allé progressivement et depuis notre retour, faut avouer que j'ai pas fait grand-chose comme sport...
Ca tombe bien, on a une journée de transition, on en profite pour se lever et prendre notre petit-déjeuner sans se presser... Notre premier avion n'a pas l'air pressé non plus, du coup on arrive assez en retard à Praia, non sans avoir contemplé une dernière fois le volcan de Fogo. D'avion, on se rend bien compte que l'île n'est qu'un immense volcan !
On comptait faire un petit tour à la plage entre nos deux vols mais c'est compliqué: il reste pas beaucoup de temps, on a été obligé de récupérer nos bagages, ça avait pas l'air possible de les enregistrer pour le 2ème vol, et on nous demande toujours d'être super en avance pour un vol...
Tant pis, la plage de San Francisco attendra notre retour ! On en profite pour manger, s'installer au café de l'aéroport d'où on a... le WIFI gratuit ! Je sais pas si c'est offert ou le hasard, mais c'est bien, on peut faire un p'tit coucou à la famille comme ça !
2ème vol en direction de Sao Vicente, île où on ne devrait pas rester trop longtemps car demain matin on prend le bateau pour Santo Antao.
Ici on loge dans un hôtel un peu en hauteur, au-dessus du port. On a une belle vue, et une terrasse sympa, qui le serait encore plus si on n'avait pas un gros bâtiment devant.
En arrivant, on apprend qu'on va passer un jour de plus ici, car en fait, demain 25 décembre, il n'y a pas de bateau pour Santo Antao ! Ca nous avait paru étrange aussi de prendre le bateau le 25 décembre, mais bon, vu que ça venait de l'agence...
Peu de restaurants ouverts, on va manger dans un restau sympa, on est quasiment les seuls. Ils ont pourtant un menu de Noël sympa, quoique cher pour ici, d'ailleurs, nous on préfère prendre à la carte, ce soir ça revient moins cher, et on n'a pas envie de trop manger !
Soir de Noël oblige, et puisqu'on n'a plus à se lever tôt demain, on regarde la fin du "Seigneur des anneaux", commencé dans l'aéroport tout-à-l'heure, que les enfants avaient envie de revoir depuis qu'ils l'avaient vu en Equateur... en espagnol !
Le suspense est intenable: le père Noël passera-t-il demain ?
25 décembre Hourra ! Le père Noël est passé, on savait qu'il ne pourrait pas nous apporter nos cadeaux mais il a quand même apporté un couteau suisse à Marine, une lampe à énergie solaire à Pierrick, pour les faire patienter... Après un copieux petit déjeuner, on appelle un taxi. D'habitude, il y en a partout, et il suffit d'aller dans une rue passante pour en trouver un, mais aujourd'hui, peu circulent, c'est l'hôtel qui l'appelle pour nous. Direction plage !
On commence par Calhau, la baie est belle, la mer n'est pas trop agitée, et on trouve de nombreux coquillages, beaucoup d'oursins ! La plage n'est pas propice à la baignade partout, beaucoup de roches noires, y compris dans l'eau et ça coupe. Les enfants s'en donnent quand même à coeur-joie !
On va manger dans une petite maison bleue, il fait chaud mais on se régale ! Tant le poisson que le poulpe et le poulet, tout est excellent pour un prix modique !
On va jusqu'au bout de Calhau, derrière les dernières maisons devant le petit volcan, et là on peut se baigner dans une crique bordée de rochers. La mer est un peu plus calme qu'ailleurs.
On finit par monter au col entre les deux volcans pour redescendre sur la belle plage de Praia Grande. Il n'y a pas vraiment de chemin après le col et on est en sandales... La traversée des champs de lave est délicate, chaussures de marche obligatoires !
Pour notre itinéraire c'est là: http://globe.dreamers.free.fr/capvert_itineraire.html
Pour une fois nous sommes partis en "organisé" (vol international, vols intérieurs et nuits + petit déj), en adaptant pour nous un itinéraire proposé par ROOTS TRAVEL www.rootstravel.com
Plus de photos là: http://globe.dreamers.free.fr/capvert_carnet.html
Et voilà le récit :
19 décembre Arrivée à Praia à 1h50 avec trois bons quarts d'heure de retard, pris au départ à Lisbonne. Le temps de faire valider nos passeports, retrouver nos bagages, prendre un taxi jusqu'à notre hôtel, il est 3 heures du matin, soit 5 heures du matin heure fançaise lorsque nous nous couchons... Réveil peu avant 9h pour aller prendre notre petit déjeuner au 4ème étage de notre hôtel, avec vue sur le port et la ville de Praia. Ensuite on décide de louer une voiture et de faire le tour de l'île en passant par la montagne. Aussitôt dit, aussitôt fait, l'hôtel nous envoie vers une agence située à 30 mètres de là.
Et c'est parti pour une balade dans la montagne près de Sao Jorges das Orgaso. On passe devant une petite église, il y a un mariage, la mariée est dans un pick-up et le cortège de voitures suit, il y a même une voiture-sono.On ne trouve pas le jardin botanique et on a soif. On s'arrête devant une cabane pour acheter de l'eau et demander où est le jardin. Le patron fait signe à un gars qui partait, il monte avec nous dans le 4x4 et nous guide. Ca tombe bien, il habite à côté et était chargé. Là on retrouve le mariage venu faire des photos, donc c'est loin d'être aussi calme que le mentionne notre guide.
Plus loin, on s'arrête près d'Assomada pour admirer un immense fromager.On continue jusqu'à Tarrafal, un joli village au nord de l'île avec une belle plage. On a faim, il est 16h ! Alors on commence par manger dans un joli restaurant au frais et avec vue sur la mer, puis on va bien sûr se baigner. Partis hier sous la neige à Toulouse, sur la plage aujourd'hui, un peu irréel ! On rentre par la côte est, le soleil se couche tôt ici, vers 18h, alors on fait une partie du trajet de nuit. On est KO quand on arrive, n'ayant pas très bien dormi la nuit passée... Au lit !
20 décembre Journée transition aujourd'hui. Nous passons la matinée sur l'île de Santiago. Nous allons visiter Cidade Velha, un village au bord de la mer surmonté d'une citadelle. Cette ville, située à l'entrée de la Ribeira Grande, était autrefois la première ville du Cap-Vert, connue pour son port, plaque tournante de l'esclavage.
Après une très intéressante visite de la citadelle, nous descendons à pied dans le village. Au départ, on avait pensé poursuivre la route jusqu'à Porto Mosquito mais la route pour traverser Cidade Velha est impraticable, le village est en chantier.On grimpe vers le monastère puis on revient. Il faut maintenant aller prendre un avion pour Fogo. Le vol est le plus court qu'on ait jamais fait, 20 minutes, on a une belle vue sur le volcan en arrivant. L'atterissage est aussi le plus chaotique qu'on ait fait, la piste est très courte. Lorsqu'on en sort, Jorge nous aborde, ce n'est pas un taxi mais il a un mini-van. On a d'abord besoin de passer à Sao Filipe pour retirer de l'argent, le distributeur de l'aéroport de Praia était en panne, puis on commence notre trajet jusqu'à Cha das Caldeiras, un village dans la caldeira, au pied du volcan de Fogo.
Le trajet dure environ 1h15-1h30, on fait deux-trois arrêts pour prendre des photos, et aussi une femme avec son bébé qui va là-bas. C'est magnifique.
Fogo c'est une île-volcan ronde. le volcan domine toute l'île, il est situé dans une immense caldeira qui comprend plusieurs autres cratères.
Après quelques péripéties par rapport à notre logement (à voir dans la rubrique "pratique"), nous arrivons à la Casa Marisa, où nous sommes bien accueillis par Marisa et Mustapha. Il fait déjà nuit donc on ne fait pas grand-chose de plus, à part savourer la délicieuse cuisine de Marisa !21 décembre
Un petit coup d'oeil au volcan de fogo depuis notre logement. Nous y monterons demain, aujourd'hui on attaque notre première vraie rando. Après un bon petit déjeuner chez Marisa, un pique-nique et plein d'eau dans le sac, on part en direction du petit volcan de Fogo. C'est là qu'a eu lieu la dernière éruption en 1995.La lumière est très belle ce matin et la végétation et les cultures ressortent sur la pouzzolane noire. La terre est fertile ici et certains habitants n'ont pas voulu quitter leur maison en 1995. Ils étaient sûrs que la lave n'atteindrait pas le village.
En s'éloignant du village, ça devient plus sec et de la lave d'anciennes éruptions forme parfois de jolies et étranges sculptures.
Il fait chaud, bien qu'on soit à 1700m d'altitude et la montée est fatigante, mais enfin on arrive au petit volcan de Fogo. En réalité il y a plusieurs cratères. Le premier est là au pied du grand volcan, d'ici le sommet du volcan nous semble tout proche.Le second, à moitié effondré, est celui par lequel la lave s'est écoulée en 1995. Ici ça sent le souffre.
Il y en a un troisième petit derrière. Marine me demande "Comment ça se fait que partout où on voyage, on voit des volcans ?"On continue notre chemin après le petit volcan en direction de l'entrée du parc, par laquelle nous sommes arrivés hier. on marche dans la pouzzolane, ça s'enfonce et c'est fatigant.
On découvre d'autres cratères et on voit la mer au loin, qui se mélange avec le ciel.
On fait demi-tour et on rejoint la route pour rentrer au village. On traverse une zone "verte". C'est étonnant de voir cette végétation pousser dans la pouzzolane, mais logique, la terre dessous est aussi plus fertile et les conditions font que les habitants arrivent à faire deux récoltes par an.22 décembre Ce matin, nos partons à 6h30 avec Cécilio en direction du grand volcan. Auparavant, nous avons déjeuné à la lueur de la bougie, Marisa nous avait tout préparé; à 6h il fait encore nuit noire, mais à 6h30 on y voit assez pour marcher sans lampe. On part avec un blouson chaud car il fait frais mais en marchant on n'a pas froid et on l'enlève rapidement. On commence par une marche d'approche tranquille puis on commence à s'élever. Le soleil fait son apparition dans la caldeira, mais le village est encore à l'ombre, et nous aussi.
On continue à monter, sur une pente très raide. Heureusement, on est toujours à l'ombre et au frais, alors que le village est maintenant bien éclairé. A 9h15, nous retrouvons le soleil, un vent frais nous empêche de souffrir de la chaleur. On fait une pause, on a faim !
A 11h, on arrive enfin au sommet ! Surprise, il y a un cratère ! D'en bas, on n'imaginait pas qu'il puisse y avoir un cratère, et encore moins de cette taille.On se repose un long moment, 1100 mètres de dénvelée, ça fatigue ! On profite de la vue et du silence. Tout en bas, on aperçoit le village de Mostérios où nous descendrons demain.
Enfin on attaque la descente. D'abord on descend prudement sur le chemin par lequel on est monté, puis on arrive en haut de la "piste noire"...
Il s'agit d'une étendue de pouzzolane dan laquelle on va descendre en courant. On va perdre 800 mètres de dénivelée en 20 minutes !Du coup, vers 13h30 on est de retour au village. On va boire au frais chez Ramiro, avec Cécilio. Ca fait du bien ! L'après-midi, repos bien mérité ! Et puis j'ai les genoux en compote et je préfère me reposer en vue de ce qui nous attend demain... 1700 mètres de descente ! 23 décembre
Ce matin, à 8h, nous attendons Zé. C'est assez curieux, on a dû louper quelque chose. A notre arrivée ici, Zé est venu nous proposer ses services de guide, puis Cécilio. Avec chacun, au moment de discuter sérieusement prix, heure de départ, etc... il nous a dit "je viendrai tel soir chez Marisa et on parlera.". Comme ils avaient l'air sympathiques tous les deux, on s'était dit qu'on en prendrait un pour le grand volcan, un pour la descente vers Mostérios.
Déjà, l'avant-veille au soir, n'ayant pas vu Cécilio, Marisa a appelé chez lui et c'est sa femme qui a confirmé qu'il viendrarit nous chercher à 6h30. Hier soir, impossible de joindre Zé. Marisa nous assure qu'elle va l'appeler mais en tous cas à 8h15 il n'est toujours pas là. On fait part à Mustapha de notre inquiétude, il finit par le joindre... en pleine ascension du grand volcan avec d'autres touristes... Pas de problème, Mustapha nous trouve un autre guide, José, un frère de Cécilio.
Après coup, on se dit que ça ne l'intéressait pas probablement, la descente à Mostérios, car on avait déjà arrangé le retour avec Jorge et Zé aurait peut-être préféré faire un "package" transfert de nos bagages/descente/retour à Sao Filipe lui-même. En effet, le tarif pour descendre à Mostérios est quasiment le même que pour le volcan; mais pour le volcan, à 13h-14h c'est fini, alors que pour Mostérios, il faut ensuite revenir à Cha das Caldeiras, minimum 2h30 de véhicule...
Il se peut aussi qu'on n'ait pas été assez affirmatif dans nos paroles...
Enfin, ce n'est pas très grave, on part finalement vers 9h avec José. On longe la caldeira sur une petite route empierrée.
La descente commence sur cette route, jusqu'à "la maison du président", la résidence d'un ancien président. Là, après une pause à l'ombre fraîche d'un gros arbre planté au milieu de la route, on poursuit sur un petit chemin. La végétation devient luxuriante, et mes genoux souffrent de plus en plus. Je n'arrive plus à suivre le rythme pourtant tranquille des autres, je fais de petits pas pour ménager mes rotules.On aperçoit de temps en temps le village de Mostérios, si proche et si loin à la fois. Je m'en veux d'avoir demandé à Jorge que le taxi nous attende à Mostérios et pas au village au-dessus, auquel nous finissons par arriver. Sur la place du village, on reconnait le mini-van de Jorge, on fait une pause. Le voilà qui arrive, accompagné de deux touristes à qui il fait visiter l'île. Charitablement, il nous descend jusqu'à notre taxi à Mosteiros, après une descente tout de même de 1564m !
Sur la route de Sao Filipe, on fait une halte à Salinas. L'endroit est magnifique. On comptait y faire une pause baignade, en effet, les rochers forment comme un bassin dans lequel les cap-verdiens se baignent... quand la mer n'est pas trop houleuse comme aujourd'hui !On en profite pour faire des photos et profiter du paysage et de la fraîcheur !
A Sao Filipe, on se repose avant de ressortir se balader dans Mindelo, admirer le coucher de soleil sur l'île de Brava, et manger un bon petit repas accompagné d'un verre de vin blanc de Fogo. Il est bon, mais j'ai préféré le Manecom, un vin rouge corsé et fruité, que j'ai goûté chez Marisa.
24 décembre Aujourd'hui je marche comme une petite vieille. Les deux dernières randos m'ont bien cassée ! Olivier se fiche de moi, vu les deux mois en Equateur sans problème, mais là-bas on y est allé progressivement et depuis notre retour, faut avouer que j'ai pas fait grand-chose comme sport...
Ca tombe bien, on a une journée de transition, on en profite pour se lever et prendre notre petit-déjeuner sans se presser... Notre premier avion n'a pas l'air pressé non plus, du coup on arrive assez en retard à Praia, non sans avoir contemplé une dernière fois le volcan de Fogo. D'avion, on se rend bien compte que l'île n'est qu'un immense volcan !
On comptait faire un petit tour à la plage entre nos deux vols mais c'est compliqué: il reste pas beaucoup de temps, on a été obligé de récupérer nos bagages, ça avait pas l'air possible de les enregistrer pour le 2ème vol, et on nous demande toujours d'être super en avance pour un vol...
Tant pis, la plage de San Francisco attendra notre retour ! On en profite pour manger, s'installer au café de l'aéroport d'où on a... le WIFI gratuit ! Je sais pas si c'est offert ou le hasard, mais c'est bien, on peut faire un p'tit coucou à la famille comme ça !2ème vol en direction de Sao Vicente, île où on ne devrait pas rester trop longtemps car demain matin on prend le bateau pour Santo Antao.
Ici on loge dans un hôtel un peu en hauteur, au-dessus du port. On a une belle vue, et une terrasse sympa, qui le serait encore plus si on n'avait pas un gros bâtiment devant.
En arrivant, on apprend qu'on va passer un jour de plus ici, car en fait, demain 25 décembre, il n'y a pas de bateau pour Santo Antao ! Ca nous avait paru étrange aussi de prendre le bateau le 25 décembre, mais bon, vu que ça venait de l'agence...
Peu de restaurants ouverts, on va manger dans un restau sympa, on est quasiment les seuls. Ils ont pourtant un menu de Noël sympa, quoique cher pour ici, d'ailleurs, nous on préfère prendre à la carte, ce soir ça revient moins cher, et on n'a pas envie de trop manger !
Soir de Noël oblige, et puisqu'on n'a plus à se lever tôt demain, on regarde la fin du "Seigneur des anneaux", commencé dans l'aéroport tout-à-l'heure, que les enfants avaient envie de revoir depuis qu'ils l'avaient vu en Equateur... en espagnol !
Le suspense est intenable: le père Noël passera-t-il demain ?25 décembre Hourra ! Le père Noël est passé, on savait qu'il ne pourrait pas nous apporter nos cadeaux mais il a quand même apporté un couteau suisse à Marine, une lampe à énergie solaire à Pierrick, pour les faire patienter... Après un copieux petit déjeuner, on appelle un taxi. D'habitude, il y en a partout, et il suffit d'aller dans une rue passante pour en trouver un, mais aujourd'hui, peu circulent, c'est l'hôtel qui l'appelle pour nous. Direction plage !
On commence par Calhau, la baie est belle, la mer n'est pas trop agitée, et on trouve de nombreux coquillages, beaucoup d'oursins ! La plage n'est pas propice à la baignade partout, beaucoup de roches noires, y compris dans l'eau et ça coupe. Les enfants s'en donnent quand même à coeur-joie !
On va manger dans une petite maison bleue, il fait chaud mais on se régale ! Tant le poisson que le poulpe et le poulet, tout est excellent pour un prix modique !
On va jusqu'au bout de Calhau, derrière les dernières maisons devant le petit volcan, et là on peut se baigner dans une crique bordée de rochers. La mer est un peu plus calme qu'ailleurs.
On finit par monter au col entre les deux volcans pour redescendre sur la belle plage de Praia Grande. Il n'y a pas vraiment de chemin après le col et on est en sandales... La traversée des champs de lave est délicate, chaussures de marche obligatoires !Premier voyage seule à 18 ans en Irlande English translation pending
Bonjour!!
Voila, je vien d'avoir 18ans, et je sui une fille. Je voudrai partir trois semaines en irlande en sac a dos cet été. En effet je trouve qu'il s'agit d'un voyage à faire seul, mais mon entourage n'est pas tout a fait d'accord avec moi du fait que je sois une fille, mais également car je ne suis jamais partie seule comme ca... Que me conseilleriez-vous??? Sachant que je n'ai donc jamais voyagé ainsi, et que je me débrouille en anglais; mon anglais n'est ni catastrophique, ni brillant ^^...
Voila, n'hésitez pas à me faire part de toutes vos remarques!!😉
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (2ème partie) English translation pending
La première partie est là : http://voyageforum.com/..._1e_partie_D3794068/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
En famille en Bulgarie: nos modestes conseils et bonnes adresses English translation pending
Bonjour bonjour,
Voici quelques petites notes, petits conseils, petites adresses sympas à notre retour d’un circuit de 10 jours en Bulgarie, en famille, dans un esprit cool, relax, sans se prendre la tête. Du confort mais pas du grand luxe.
Nous avons volé très bon marché avec la compagnie low cost Wizzair et avons réservé une voiture Hertz via leur site. ( 300 euros pour 10 jours).
Premier conseil si vous circulez en voiture : prenez votre GPS. Si, en général, tout est relativement bien indiqué, avec fléchage en alphabet cyrillique et romain…dans les villes, c’est une autre paire de manches et un GPS peut s’avérer très utile.
Cours du change : 1 lev = 0.5 euros (on divise par 2)
Résumé de notre circuit, visant principalement des massifs montagneux afin de faire de la rando.
La Bulgarie est vraiment un paradis pour les randonneurs…les paysages sont variés et tous plus beaux les uns que les autres ; les chemins bien balisés…..
Jour 1 : Sofia – Maliovitza (massif du Rila) (moins de 3h en voiture)
Nuit au refuge du parking de Maliovitza ! 45 lev pour 3 dans un minuscule dortoir, dans un sinistre bâtiment destiné aux camps de vacances bulgares !
En fait, nous cherchions l’hotel Maliovitsa, qui est situé juste derrière, un peu plus haut, près du parking supérieur et qui s’est avéré moins cher pour un confort bien supérieur ! 40 lev pour 3 !
Donc, ne confondez pas les deux…montez jusqu’à l’hôtel, situé un peu plus haut que le bâtiment situé en bordure du ‘pré’, près du parking inférieur.
Par contre, pour manger, n’hésitez pas à vous rendre au resto situé en bas, en bordure de ce pré, près du ruisseau. Personnel charmant et carte très fournie en spécialités bulgares. Barbecue. (50 lev pour trois en mangeant comme des ogres)
Jours 2 : rando dans le massif du Rila : Maliovitza – refuge de Rilski Ezera via le refuge de Vada.5h30
Ce refuge est supposé être le plus beau du massif. Il est en tous cas le plus grand. Nous y étions en pleine période de pèlerinage d’une secte, la fraternité blanche, mais il y a avait néanmoins de la place dans les dortoirs. 13 lev par personne pour un lit dans un dortoir. Très propre…mais deux douches pour 200 personnes c’est un peu limite.
Jour 3 : rando dans le massif du Rila : Refuge de Rilski Ezera – Maliovitza via le Mont Maliovitza et le refuge de Maliovitza. Très long avec une descente assez pénible. Mais très beau.
Jour 4 : Maliovitza – monastère de Rila : 3 petites heures en voiture (on peut aussi y accéder en rando mais compter 7-8h) Nous pensions dormir dans la ‘prairie de Kyril’, située à 7 km plus haut que le monastère, cela nous semblait plus typique que le monastère même….. mais 80 lev pour un chalet cra-cra, humide au milieu d’une foule de Bulgares fêtant leur WE à grand renfort de bière et de radios poussées à fond…sorry…ça, on peut le trouver dans nos banlieues…alors, au risque de paraître bobos, nous sommes redescendus au monastère et pour 63 euros, avons logé dans le très bel hôtel Tsarev Vrah, près de la porte de sortie du monastère, avec vue sur la forêt et le monastère. Ne pas hésiter à aller faire un tour à pied dans le monastère, en soirée, quand tous les touristes sont partis
Jour 5 : en route vers le massif du Pirin via la petite ville de Bansko, très touristique mais charmante. Beaucoup de restos et hôtels coquets et pas chers.
A 1h de route de Bansko, ne pas rater le parc des ours dansants de Belitza ! l’accès est très pénible en voiture et, sur les derniers kilomètres, nécessite un bon chauffeur, sinon on risque d’y laisser son véhicule….c’est difficile, mais faisable ! et franchement, cela vaut la peine ! dans un grand bois, vous trouverez 6 énormes enclos où vivent 25 ours rescapés de mauvais traitements, dans des cirques, des mauvais zoos ou chez des gitans. On voit les ours vraiment de très près, dans un habitat très naturel. Certains sont même tellement conditionnés par leur ancienne vie qu’ils se mettent à danser dès qu’ils voient un être humain approcher ! Cela peut paraître très ‘touristique’, mais, surtout si vous êtes avec des enfants, c’est très chouette. La petite taverne familiale, à 100 mètres avant le parc est très sympa, bonne et bon marché.
Retour à la montagne au-dessus de Bansko et nuit au refuge de Banderica pour 55 lev pour 3. Pas franchement coquet mais tout à fait correct . En tous cas, bcp plus que le refuge Vihren situé plus haut, au bout de la route, vraiment très vieillot, petit, cracra et antipathique.
Par contre, le resto situé à 100 mètres du refuge Banderica, dans le virage est à ne pas manquer ! Rapport qualité-prix incomparable !
Jour 6 et jour 7 : randonnées dans le massif du Pirin ! splendide !
Nuit 7 : un peu de confort dans l’hôtel Baroto en dehors de la petite ville de Goce Delcev , en direction de Devin. Un peu impersonnel mais piscine, air conditionné, resto en terrasse. Tout ça pour 70 lev pour 3.
Jour 8 : visite du superbe vieux village de Kovacevica, à 1/2h de Goce Delcev. On y a découvert un charmant hotel restaurant où on retournerait bien pour quelques jours. La région a l’air pleine de ressources et de possibilités de randonnées faciles Ils ont un site www.bialatakushta.com
En continuant vers Devin, avant Dospad, nous découvrons un autre village où le temps s’est arrêté, Dolen (attention, monter jusqu’au Dolen moderne puis suivre une discrète flèche qui vous mène au village ancien, un kilomètre plus loin) . Là aussi, très belle adresse : hotel restaurant familial, au milieu de ce village perdu. Un jeune homme, une jeune fille et une vieille babouchka qui cuisine des plats familiaux succulents : Sharkov’s House.
Soirée du jour 8 : Devin, ville thermale. Ne loupez pas la piscine en plein air avec son eau de source chaude ; bien fléchée à la sortie du village, dans un canyon boisé. Essayer d’y aller dans une heure creuse (18-19 heures). Après 19h30, elle est envahie par des jeunes venant prendre du bon temps, de la bière et de la sono à fond….le charme en prend un coup ! Encore une bonne adresse de resto : cuisine typique des Rhodopes : Yuroutzite, ul. Oborichtche 1 http://www.urucite.hit.bg/mehana.html
Nous avons passé la nuit dans une chambre très coquette, dans une rue qui monte à gauche, à partir de la gare des bus, de l’autre côté du pont. L’entrée ne paie pas de mine mais les chambres sont joliment décorées et très propres. 40 lev pour 3. Rue de Teheran 18 (ul. Texepan 18). Tel 0888 42 55 42, Mr Bachnakov. En fait, nous cherchions à loger dans la Paounovata Kashta, renseignée dans plusieurs guides…mais personne n’a jamais répondu à notre coup de sonnette. Nous avons alors été accostés par Madame Bachnakov qui nous a proposé une chambre chez elle…et nous en avons été ravis.
Jour 9 : en route vers les grottes de Iagodina (13 lev pour 3). Durée 45 minutes. Mieux vaut arriver pour 10 heures pour éviter la foule. Nous roulons vers Smoljan que l’on traverse pour nous diriger vers le village de Smiljan…le GPS aurait été très très très apprécié pour ce trajet… Nuit à l’hôtel Smolena, à la sortie de Smiljan, au carrefour de la route vers Gorno. Hôtel confortable, niché dans un jardin, avec resto agréable, sous les arbres. Hotel : 40 lev pour 3. Repas gargantuesque et arrosé pour 40 lev pour 3.
Jour 10 : Mogolovitza, à ½ h de Smiljan. Grotte de Oukhlovitza…après 250 marches à monter ! cardiaques, s’abstenir ! On vous laisse vous balader seuls dans cette grotte. Assez impressionnant.
Nous aurions voulu faire une balade en bateau et à pied dans la belle grotte de Goloubovitza, malheureusement, il faut absolument réserver à l’avance auprès du Marsalitsa Club (mursalitsa@abv.beg) (www.arda-tour.org) (0887630274 ou 08890293070). Tant pis…nous nous sommes contentés de la chouette tyrolienne passant au-dessus de la rivière ! Pour le repas, arrêt dans le magasin/taverne/resto familial du village de Mogilitsa.
On continue notre circuit en remontant vers le nord, vers Plovdiv. Arrêt pour la nuit et pour une visite au monastère de Batchkovo. Très très beau . Attention ! essayez d’y être avant la fermeture des parties les plus intéressantes, à 17h ! La visite guidée de la cantine et d’autres parties secrètes est payante (pas cher) mais vaut vraiment la peine.
Nuit à l’hôtel Djamura, en face du monastère, de l’autre côté de la rivière. Le pont pour y accéder est plus loin, à 200 mètres sur la route principale. Le traverser puis traverser tout le hameau jusqu’au bout. Beaucoup plus calme que les autres hôtels car plus éloigné de la route. 55 lev pour 3
Jour 11 : Plovdiv est à ½ h de voiture de Batchkovo. Nous avons essayé de viser la place ‘Tsentralnaya’ pour nous garer…ici encore, un GPS est fort utile. Plovdiv se visite agréablement à pied…avec des baskets et surtout pas de talons pointus ! Comme il faisait torride lors de notre visite de la ville, nous avons du nous réfugier dans plusieurs tavernes (ah la bonne excuse) :
Même si sa terrasse ombragée avec vue sur les toits peut vous tenter, même si la visite de sa boutique d’antiquités vous a donné soif…..évitez de boire ou manger chez Taksim Tepe, dans la touristique rue Saborna ! ...le pire vin que nous ayons bu en Bulgarie et les plats maigrelets ne valent pas mieux !... traversez plutôt la rue et marchez jusqu’aux Kings Tables (en face de l’hotel Hikers) ou vous vous installerez sous les arbres d’un petit parc pour déguster une grande bière, un bon vin ou des spécialités bulgares…..j’y ai goûté de délicieux abats, cœurs de poulets, etc…en plus, le personnel y est souriant.
Vous pouvez aussi continuer encore plus loin, jusqu’au bout de la colline, jusqu’au restaurant Rahat Tepe, très populaire qui sert de délicieuses grillades de viande et de poisson !
Voilà…je me rends compte que ces petites notes sont essentiellement centrées sur les plaisirs du ventre…. Mais bon…ça fait aussi partie du voyage !
Woops…j’oubliais la remarque importante que j’aurais du noter en number one des numbers ones : …..quand un Bulgare agite la tête de droite à gauche….cela signifie OUI …même s’ il prend l’air désolé !
Si il l’agite de bas en haut….cela signifie NON !
Il faut un certain temps pour le réaliser et pour s’y habituer…mais ne l’oubliez pas…ou vous risquerez de vous retrouver, comme nous, avec 5 potages au lieu d’un, 4 plats au lieu d’un…vu qu’on en redemandait un autre à chaque fois que le serveur nous faisait son mouvement gauche-droite…. !
Bon voyage en ce pays vraiment riche à tous points de vue :
Paysages merveilleux et très très variés ! on passe du Verdon au Jura en quelques kilomètres ! Richesse culturelle incroyables ! Eglises et monastères merveilleux ! Plaisirs de la table (on y revient) très riches…à des prix de fauchés ! Vins délicieux pour 5 euros la bouteille.. Randonnées sans fin, bien balisées, pas trop hard, dans des paysages merveilleux et variés. Refuges très fréquents. …plus tout le reste que nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter. Nous n’avons circulé que très rapidement dans la partie Sud-Ouest du pays…il reste tant à voir !
J’espère que ces infos pourront servir…bon voyage !
Voici quelques petites notes, petits conseils, petites adresses sympas à notre retour d’un circuit de 10 jours en Bulgarie, en famille, dans un esprit cool, relax, sans se prendre la tête. Du confort mais pas du grand luxe.
Nous avons volé très bon marché avec la compagnie low cost Wizzair et avons réservé une voiture Hertz via leur site. ( 300 euros pour 10 jours).
Premier conseil si vous circulez en voiture : prenez votre GPS. Si, en général, tout est relativement bien indiqué, avec fléchage en alphabet cyrillique et romain…dans les villes, c’est une autre paire de manches et un GPS peut s’avérer très utile.
Cours du change : 1 lev = 0.5 euros (on divise par 2)
Résumé de notre circuit, visant principalement des massifs montagneux afin de faire de la rando.
La Bulgarie est vraiment un paradis pour les randonneurs…les paysages sont variés et tous plus beaux les uns que les autres ; les chemins bien balisés…..
Jour 1 : Sofia – Maliovitza (massif du Rila) (moins de 3h en voiture)
Nuit au refuge du parking de Maliovitza ! 45 lev pour 3 dans un minuscule dortoir, dans un sinistre bâtiment destiné aux camps de vacances bulgares !
En fait, nous cherchions l’hotel Maliovitsa, qui est situé juste derrière, un peu plus haut, près du parking supérieur et qui s’est avéré moins cher pour un confort bien supérieur ! 40 lev pour 3 !
Donc, ne confondez pas les deux…montez jusqu’à l’hôtel, situé un peu plus haut que le bâtiment situé en bordure du ‘pré’, près du parking inférieur.
Par contre, pour manger, n’hésitez pas à vous rendre au resto situé en bas, en bordure de ce pré, près du ruisseau. Personnel charmant et carte très fournie en spécialités bulgares. Barbecue. (50 lev pour trois en mangeant comme des ogres)
Jours 2 : rando dans le massif du Rila : Maliovitza – refuge de Rilski Ezera via le refuge de Vada.5h30
Ce refuge est supposé être le plus beau du massif. Il est en tous cas le plus grand. Nous y étions en pleine période de pèlerinage d’une secte, la fraternité blanche, mais il y a avait néanmoins de la place dans les dortoirs. 13 lev par personne pour un lit dans un dortoir. Très propre…mais deux douches pour 200 personnes c’est un peu limite.
Jour 3 : rando dans le massif du Rila : Refuge de Rilski Ezera – Maliovitza via le Mont Maliovitza et le refuge de Maliovitza. Très long avec une descente assez pénible. Mais très beau.
Jour 4 : Maliovitza – monastère de Rila : 3 petites heures en voiture (on peut aussi y accéder en rando mais compter 7-8h) Nous pensions dormir dans la ‘prairie de Kyril’, située à 7 km plus haut que le monastère, cela nous semblait plus typique que le monastère même….. mais 80 lev pour un chalet cra-cra, humide au milieu d’une foule de Bulgares fêtant leur WE à grand renfort de bière et de radios poussées à fond…sorry…ça, on peut le trouver dans nos banlieues…alors, au risque de paraître bobos, nous sommes redescendus au monastère et pour 63 euros, avons logé dans le très bel hôtel Tsarev Vrah, près de la porte de sortie du monastère, avec vue sur la forêt et le monastère. Ne pas hésiter à aller faire un tour à pied dans le monastère, en soirée, quand tous les touristes sont partis
Jour 5 : en route vers le massif du Pirin via la petite ville de Bansko, très touristique mais charmante. Beaucoup de restos et hôtels coquets et pas chers.
A 1h de route de Bansko, ne pas rater le parc des ours dansants de Belitza ! l’accès est très pénible en voiture et, sur les derniers kilomètres, nécessite un bon chauffeur, sinon on risque d’y laisser son véhicule….c’est difficile, mais faisable ! et franchement, cela vaut la peine ! dans un grand bois, vous trouverez 6 énormes enclos où vivent 25 ours rescapés de mauvais traitements, dans des cirques, des mauvais zoos ou chez des gitans. On voit les ours vraiment de très près, dans un habitat très naturel. Certains sont même tellement conditionnés par leur ancienne vie qu’ils se mettent à danser dès qu’ils voient un être humain approcher ! Cela peut paraître très ‘touristique’, mais, surtout si vous êtes avec des enfants, c’est très chouette. La petite taverne familiale, à 100 mètres avant le parc est très sympa, bonne et bon marché.
Retour à la montagne au-dessus de Bansko et nuit au refuge de Banderica pour 55 lev pour 3. Pas franchement coquet mais tout à fait correct . En tous cas, bcp plus que le refuge Vihren situé plus haut, au bout de la route, vraiment très vieillot, petit, cracra et antipathique.
Par contre, le resto situé à 100 mètres du refuge Banderica, dans le virage est à ne pas manquer ! Rapport qualité-prix incomparable !
Jour 6 et jour 7 : randonnées dans le massif du Pirin ! splendide !
Nuit 7 : un peu de confort dans l’hôtel Baroto en dehors de la petite ville de Goce Delcev , en direction de Devin. Un peu impersonnel mais piscine, air conditionné, resto en terrasse. Tout ça pour 70 lev pour 3.
Jour 8 : visite du superbe vieux village de Kovacevica, à 1/2h de Goce Delcev. On y a découvert un charmant hotel restaurant où on retournerait bien pour quelques jours. La région a l’air pleine de ressources et de possibilités de randonnées faciles Ils ont un site www.bialatakushta.com
En continuant vers Devin, avant Dospad, nous découvrons un autre village où le temps s’est arrêté, Dolen (attention, monter jusqu’au Dolen moderne puis suivre une discrète flèche qui vous mène au village ancien, un kilomètre plus loin) . Là aussi, très belle adresse : hotel restaurant familial, au milieu de ce village perdu. Un jeune homme, une jeune fille et une vieille babouchka qui cuisine des plats familiaux succulents : Sharkov’s House.
Soirée du jour 8 : Devin, ville thermale. Ne loupez pas la piscine en plein air avec son eau de source chaude ; bien fléchée à la sortie du village, dans un canyon boisé. Essayer d’y aller dans une heure creuse (18-19 heures). Après 19h30, elle est envahie par des jeunes venant prendre du bon temps, de la bière et de la sono à fond….le charme en prend un coup ! Encore une bonne adresse de resto : cuisine typique des Rhodopes : Yuroutzite, ul. Oborichtche 1 http://www.urucite.hit.bg/mehana.html
Nous avons passé la nuit dans une chambre très coquette, dans une rue qui monte à gauche, à partir de la gare des bus, de l’autre côté du pont. L’entrée ne paie pas de mine mais les chambres sont joliment décorées et très propres. 40 lev pour 3. Rue de Teheran 18 (ul. Texepan 18). Tel 0888 42 55 42, Mr Bachnakov. En fait, nous cherchions à loger dans la Paounovata Kashta, renseignée dans plusieurs guides…mais personne n’a jamais répondu à notre coup de sonnette. Nous avons alors été accostés par Madame Bachnakov qui nous a proposé une chambre chez elle…et nous en avons été ravis.
Jour 9 : en route vers les grottes de Iagodina (13 lev pour 3). Durée 45 minutes. Mieux vaut arriver pour 10 heures pour éviter la foule. Nous roulons vers Smoljan que l’on traverse pour nous diriger vers le village de Smiljan…le GPS aurait été très très très apprécié pour ce trajet… Nuit à l’hôtel Smolena, à la sortie de Smiljan, au carrefour de la route vers Gorno. Hôtel confortable, niché dans un jardin, avec resto agréable, sous les arbres. Hotel : 40 lev pour 3. Repas gargantuesque et arrosé pour 40 lev pour 3.
Jour 10 : Mogolovitza, à ½ h de Smiljan. Grotte de Oukhlovitza…après 250 marches à monter ! cardiaques, s’abstenir ! On vous laisse vous balader seuls dans cette grotte. Assez impressionnant.
Nous aurions voulu faire une balade en bateau et à pied dans la belle grotte de Goloubovitza, malheureusement, il faut absolument réserver à l’avance auprès du Marsalitsa Club (mursalitsa@abv.beg) (www.arda-tour.org) (0887630274 ou 08890293070). Tant pis…nous nous sommes contentés de la chouette tyrolienne passant au-dessus de la rivière ! Pour le repas, arrêt dans le magasin/taverne/resto familial du village de Mogilitsa.
On continue notre circuit en remontant vers le nord, vers Plovdiv. Arrêt pour la nuit et pour une visite au monastère de Batchkovo. Très très beau . Attention ! essayez d’y être avant la fermeture des parties les plus intéressantes, à 17h ! La visite guidée de la cantine et d’autres parties secrètes est payante (pas cher) mais vaut vraiment la peine.
Nuit à l’hôtel Djamura, en face du monastère, de l’autre côté de la rivière. Le pont pour y accéder est plus loin, à 200 mètres sur la route principale. Le traverser puis traverser tout le hameau jusqu’au bout. Beaucoup plus calme que les autres hôtels car plus éloigné de la route. 55 lev pour 3
Jour 11 : Plovdiv est à ½ h de voiture de Batchkovo. Nous avons essayé de viser la place ‘Tsentralnaya’ pour nous garer…ici encore, un GPS est fort utile. Plovdiv se visite agréablement à pied…avec des baskets et surtout pas de talons pointus ! Comme il faisait torride lors de notre visite de la ville, nous avons du nous réfugier dans plusieurs tavernes (ah la bonne excuse) :
Même si sa terrasse ombragée avec vue sur les toits peut vous tenter, même si la visite de sa boutique d’antiquités vous a donné soif…..évitez de boire ou manger chez Taksim Tepe, dans la touristique rue Saborna ! ...le pire vin que nous ayons bu en Bulgarie et les plats maigrelets ne valent pas mieux !... traversez plutôt la rue et marchez jusqu’aux Kings Tables (en face de l’hotel Hikers) ou vous vous installerez sous les arbres d’un petit parc pour déguster une grande bière, un bon vin ou des spécialités bulgares…..j’y ai goûté de délicieux abats, cœurs de poulets, etc…en plus, le personnel y est souriant.
Vous pouvez aussi continuer encore plus loin, jusqu’au bout de la colline, jusqu’au restaurant Rahat Tepe, très populaire qui sert de délicieuses grillades de viande et de poisson !
Voilà…je me rends compte que ces petites notes sont essentiellement centrées sur les plaisirs du ventre…. Mais bon…ça fait aussi partie du voyage !
Woops…j’oubliais la remarque importante que j’aurais du noter en number one des numbers ones : …..quand un Bulgare agite la tête de droite à gauche….cela signifie OUI …même s’ il prend l’air désolé !
Si il l’agite de bas en haut….cela signifie NON !
Il faut un certain temps pour le réaliser et pour s’y habituer…mais ne l’oubliez pas…ou vous risquerez de vous retrouver, comme nous, avec 5 potages au lieu d’un, 4 plats au lieu d’un…vu qu’on en redemandait un autre à chaque fois que le serveur nous faisait son mouvement gauche-droite…. !
Bon voyage en ce pays vraiment riche à tous points de vue :
Paysages merveilleux et très très variés ! on passe du Verdon au Jura en quelques kilomètres ! Richesse culturelle incroyables ! Eglises et monastères merveilleux ! Plaisirs de la table (on y revient) très riches…à des prix de fauchés ! Vins délicieux pour 5 euros la bouteille.. Randonnées sans fin, bien balisées, pas trop hard, dans des paysages merveilleux et variés. Refuges très fréquents. …plus tout le reste que nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter. Nous n’avons circulé que très rapidement dans la partie Sud-Ouest du pays…il reste tant à voir !
J’espère que ces infos pourront servir…bon voyage !
Une semaine du côté de Bâan Nâawk (Thaïlande) English translation pending
L’atterrissage à Suvarnabhumi (j’adore la prononciation des annonces dans le hall: « Sù-wan-ná-phuum ») me surprend alors que je cherche encore désespérément à trouver le sommeil. C’est déjà le milieu de la matinée et je file aussi vite que possible en taxi à la gare routière de Mòó Chít, mais je ne peux prendre un bus pour Bâan Nâawk qu’en début d’après-midi. Je ne réussis pas vraiment à profiter des longues heures de bus pour dormir et récupérer un peu de la nuit inconfortable passée dans l’avion, mais tant pis, c’est un petit prix à payer pour retourner au « mùu bâan » (village) de Y, au cœur de l’Isàán.
J’espérais qu’on vienne me chercher à l’arrivée du bus car le village est encore à une bonne vingtaine de kilomètres de la ville et cela me coûterait quelques centaines de baht de taxi pour y aller. Je n’avais pu téléphoner à Y pour la prévenir de mon arrivée que l’espace d’une minute avant d’épuiser le crédit de mon portable. Je m’en veux pour mon imprévoyance, j’aurais pu vérifier mon crédit avant de partir ! Je suis tout de même étonné de constater que mon « comité d’accueil » à la descente du bus brille par son absence. Qu’à cela ne tienne, le couple du « Bo Ko So » (va-t-en savoir ce que cela veut dire !) vient gentiment à ma rescousse et appelle Y, qui n’est pas bien loin en fait, au marché. Quelques minutes plus tard, nous sommes en route vers le « mùu bâan », conduits par Sàámraan, un de ses neveux, et accompagnés de quelques membres de la famille qui ont profité de l’occasion pour faire un tour à la ville – ils n’ont la plupart pas grand-chose d’autre à faire de leur journée ! À partir de maintenant, je n’ai plus qu’à me laisser aller, Y et sa famille vont être à mes petits soins!
Y a hérité de la maison traditionnelle en bois sur pilotis de ses parents. Elle en avait déjà aménagé le rez-de-chaussée il y a quelques années pour en faire une grande chambre et pièce de séjour – cela ne ressemble plus de ce fait à une maison sur pilotis. Elle fait maintenant faire des travaux d’extension, son rêve étant d’avoir enfin une cuisine à elle et de ne plus avoir à cuisiner dans l’arrière-cour, dans la poussière et au milieu des détritus de toute sorte que la famille désinvolte laisse traîner. L’intérieur de sa maison et de celle de l’une de ses sœurs qui habite juste derrière est proprement tenu. Quant à l’extérieur, il faut bien le dire, le désordre ne semble gêner personne !
Il y a deux façons de procéder à de tels travaux : ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on élabore et on fait des plans, ne serait-ce que pour avoir un concept de départ. Je suis personnellement un adepte de la deuxième approche, et j’avais fait des dessins assez précis, utilisant un logiciel pour examiner les volumes en 3D et optimiser l’agencement des diverses parties de la maison. Y avait été enthousiaste de mes efforts. Elle a fait commencer les travaux il y a peu, et je suis naturellement impatient de voir leur avancement.
Première constatation : le mur de la cuisine côté rue, déjà ébauché, est à un bon mètre de là où je le prévoyais. Bon, je ne m’attendais pas à ce qu’on respecte mes plans à quelques centimètres près … mais un mètre, c’est un tout autre concept ! Avec ce mur tel qu’on est en train de le bâtir, il faudra obligatoirement passer par la cuisine pour atteindre l’escalier extérieur, qu’on va construire derrière la cuisine, et accéder à l’étage. En plus, cela pose des problèmes d’esthétique que je ne vais pas détailler ici. Adieu donc, l’indépendance d’accès aux chambres de l’étage! Je fais part de mon souci à Y mais prends garde à ne pas le faire ouvertement devant les ouvriers pour ne pas porter atteinte à son autorité.
Autre constatation : la salle d’eau de l’étage est inutilement trop haute ce qui fait qu’on aura du mal à lui donner un toit qui s’intégrera avec la maison d’origine, dans ce style de toits multiples imbriqués les uns dans les autres qui est typique des constructions récentes dans la région (voyez la photo) et que je trouve tellement élégant. Mais que faire, maintenant que la structure en ciment a déjà été coulée ?
Ne se doutant pas le moins du monde que j’ai des réservations sur la construction, l’équipe est en plein travail. « Châang Phaawn », le maître des travaux, et les deux ouvriers sont des frères. Il y a aussi une ouvrière, probablement la femme de l’un d’eux. Ce n’est pas la première fois que je vois une femme participer à de gros travaux par ici. J’avais déjà vu l’une des sœurs de Y mélanger le ciment quand il avait fallu réparer le portail détruit par les eaux d’une saison des pluies précédente, et elle avait à peine une goutte de sueur après avoir travaillé sous un soleil écrasant, habillée comme pour une expédition populaire ! La femme de notre équipe s’occupe elle aussi de préparer le ciment et de l’apporter ainsi que les briques là où on maçonne. Comme la sœur de Y, et bien typique de l’Isàán, elle est elle aussi bien emmitouflée pour se protéger du soleil … même quand elle travaille à l’ombre. Avec la paire de gants qu’elle porte pour se protéger les mains, il ne lui manque plus qu’une paire de skis aux pieds et une piste enneigée ! À quand le jumelage « Isàán - Avoriaz» ?
J’admire le coffrage de l’escalier qu’on vient juste de couler. On ne le réaliserait probablement pas ainsi de par chez nous mais il est effectif. Plutôt que le décrire, je vais en fournir deux ou trois photos, elles parleront pour elles-mêmes. Un autre objet qui retient tout mon intérêt, c’est l’échelle faite de branches à peine équarries qui mène à l’étage, en attendant que l’escalier soit devenu praticable. Une merveille de rafistolage ! Les ouvriers n’ont même pas pu trouver des bouts de bois assez longs pour faire les montants de l’échelle d’un seul tenant – visez les raccords sur la photo ! Quelques clous bien placés sont censés assurer à l’échelle une solidité à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il faut faire attention à ne pas s’éventrer sur les clous qui dépassent, ni à se faire éjecter de l’échelle qui vibre, oscille et rebondit autant qu’elle peut pour protester contre son usage ! Un véritable casse-gueule !
J’espérais qu’on vienne me chercher à l’arrivée du bus car le village est encore à une bonne vingtaine de kilomètres de la ville et cela me coûterait quelques centaines de baht de taxi pour y aller. Je n’avais pu téléphoner à Y pour la prévenir de mon arrivée que l’espace d’une minute avant d’épuiser le crédit de mon portable. Je m’en veux pour mon imprévoyance, j’aurais pu vérifier mon crédit avant de partir ! Je suis tout de même étonné de constater que mon « comité d’accueil » à la descente du bus brille par son absence. Qu’à cela ne tienne, le couple du « Bo Ko So » (va-t-en savoir ce que cela veut dire !) vient gentiment à ma rescousse et appelle Y, qui n’est pas bien loin en fait, au marché. Quelques minutes plus tard, nous sommes en route vers le « mùu bâan », conduits par Sàámraan, un de ses neveux, et accompagnés de quelques membres de la famille qui ont profité de l’occasion pour faire un tour à la ville – ils n’ont la plupart pas grand-chose d’autre à faire de leur journée ! À partir de maintenant, je n’ai plus qu’à me laisser aller, Y et sa famille vont être à mes petits soins!
Y a hérité de la maison traditionnelle en bois sur pilotis de ses parents. Elle en avait déjà aménagé le rez-de-chaussée il y a quelques années pour en faire une grande chambre et pièce de séjour – cela ne ressemble plus de ce fait à une maison sur pilotis. Elle fait maintenant faire des travaux d’extension, son rêve étant d’avoir enfin une cuisine à elle et de ne plus avoir à cuisiner dans l’arrière-cour, dans la poussière et au milieu des détritus de toute sorte que la famille désinvolte laisse traîner. L’intérieur de sa maison et de celle de l’une de ses sœurs qui habite juste derrière est proprement tenu. Quant à l’extérieur, il faut bien le dire, le désordre ne semble gêner personne !
Il y a deux façons de procéder à de tels travaux : ou bien on improvise au fur et à mesure, ou bien on élabore et on fait des plans, ne serait-ce que pour avoir un concept de départ. Je suis personnellement un adepte de la deuxième approche, et j’avais fait des dessins assez précis, utilisant un logiciel pour examiner les volumes en 3D et optimiser l’agencement des diverses parties de la maison. Y avait été enthousiaste de mes efforts. Elle a fait commencer les travaux il y a peu, et je suis naturellement impatient de voir leur avancement.
Première constatation : le mur de la cuisine côté rue, déjà ébauché, est à un bon mètre de là où je le prévoyais. Bon, je ne m’attendais pas à ce qu’on respecte mes plans à quelques centimètres près … mais un mètre, c’est un tout autre concept ! Avec ce mur tel qu’on est en train de le bâtir, il faudra obligatoirement passer par la cuisine pour atteindre l’escalier extérieur, qu’on va construire derrière la cuisine, et accéder à l’étage. En plus, cela pose des problèmes d’esthétique que je ne vais pas détailler ici. Adieu donc, l’indépendance d’accès aux chambres de l’étage! Je fais part de mon souci à Y mais prends garde à ne pas le faire ouvertement devant les ouvriers pour ne pas porter atteinte à son autorité.
Autre constatation : la salle d’eau de l’étage est inutilement trop haute ce qui fait qu’on aura du mal à lui donner un toit qui s’intégrera avec la maison d’origine, dans ce style de toits multiples imbriqués les uns dans les autres qui est typique des constructions récentes dans la région (voyez la photo) et que je trouve tellement élégant. Mais que faire, maintenant que la structure en ciment a déjà été coulée ?
Ne se doutant pas le moins du monde que j’ai des réservations sur la construction, l’équipe est en plein travail. « Châang Phaawn », le maître des travaux, et les deux ouvriers sont des frères. Il y a aussi une ouvrière, probablement la femme de l’un d’eux. Ce n’est pas la première fois que je vois une femme participer à de gros travaux par ici. J’avais déjà vu l’une des sœurs de Y mélanger le ciment quand il avait fallu réparer le portail détruit par les eaux d’une saison des pluies précédente, et elle avait à peine une goutte de sueur après avoir travaillé sous un soleil écrasant, habillée comme pour une expédition populaire ! La femme de notre équipe s’occupe elle aussi de préparer le ciment et de l’apporter ainsi que les briques là où on maçonne. Comme la sœur de Y, et bien typique de l’Isàán, elle est elle aussi bien emmitouflée pour se protéger du soleil … même quand elle travaille à l’ombre. Avec la paire de gants qu’elle porte pour se protéger les mains, il ne lui manque plus qu’une paire de skis aux pieds et une piste enneigée ! À quand le jumelage « Isàán - Avoriaz» ?
J’admire le coffrage de l’escalier qu’on vient juste de couler. On ne le réaliserait probablement pas ainsi de par chez nous mais il est effectif. Plutôt que le décrire, je vais en fournir deux ou trois photos, elles parleront pour elles-mêmes. Un autre objet qui retient tout mon intérêt, c’est l’échelle faite de branches à peine équarries qui mène à l’étage, en attendant que l’escalier soit devenu praticable. Une merveille de rafistolage ! Les ouvriers n’ont même pas pu trouver des bouts de bois assez longs pour faire les montants de l’échelle d’un seul tenant – visez les raccords sur la photo ! Quelques clous bien placés sont censés assurer à l’échelle une solidité à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il faut faire attention à ne pas s’éventrer sur les clous qui dépassent, ni à se faire éjecter de l’échelle qui vibre, oscille et rebondit autant qu’elle peut pour protester contre son usage ! Un véritable casse-gueule !
Hôtel Bavaro Princess à Punta Cana English translation pending
Bonjour
qui connais ce club?(bavaro princess à PUNTA)
avantages et inconvénients etc....
et SURTOUT la METEO en aout ...............nuage, pluie etc ???
merci de vos réponses
pascal
qui connais ce club?(bavaro princess à PUNTA)
avantages et inconvénients etc....
et SURTOUT la METEO en aout ...............nuage, pluie etc ???
merci de vos réponses
pascal
Deux semaines dans le sud du Laos English translation pending
Nous sommes partis cette année dans le Sud du Laos, 3 semaines au total, mais 15 jours sur place dans le Sud. Nous étions 2, mon mari et moi, avec un sac à dos. Lors de nos voyages en Thaïlande, nous louons toujours une voiture que mon mari conduit lui-même, mais au Laos, ce n’est pas possible, donc nous voyagerons, comme nous l’avons déjà fait l’année dernière, en transports locaux.
Nous avions l'intention de faire le Sud et le Nord, mais en préparant le voyage, nous n'étions déjà plus très sûrs de faire cela et, une fois sur place, on s'est vite rendu compte que si on le faisait, on allait courir et ne pas vraiment en profiter.
Deux semaines dans le Sud c'était parfait !
Le Nord ce sera pour 2011 !
Pour l’organisation de notre voyage de 2009 (Luang Prabang, Vang Vieng, Vientiane), j’avais pris beaucoup d’infos dans le carnet de voyage d’un membre de VF que j’avais trouvé très bien fait. C’est pour cette raison que je m’inspirerai de la structure de ce carnet de voyage pour la réalisation du mien.
Voici notre itinéraire du 17 février au 10 mars 2010 :
17/02 : départ 18/02 : arrivée à Bkk et train de nuit vers Paksé 19/02 : Paksé 20/02 : Don Khon 21/02 : Don Khon 22/02 : Don Khon 23/02 : Don Khong 24/02 : retour à Paksé 25/02 : plateau des Bolovens 26/02 : plateau des Bolovens 27/02 : plateau des Bolovens 28/02 : Champasak 01/03 : Champasak 02/03 : route vers Attapeu 03/03 : Attapeu 04/03 : retour de Attapeu 05/03 : plateau des Bolovens 06/03 : Paksé puis bus de nuit vers Bkk 07/03 : Bkk 08/03 : Bkk 09/03 : Bkk et retour en Belgique
Les devises :
Le mieux est de prendre des euros en liquide que vous changerez sur place en kips. Ayez aussi quelques dollars et des baths. Ça peut dépanner si par exemple les banques sont fermées et que vous n’avez plus de kips, car on peut parfois payer avec ces monnaies plus facilement qu’avec des euros, surtout pour des petits achats. Attention aux taux de change qui varient parfois fortement d’un endroit à l’autre dans les endroits touristiques.
Payez le visa en dollars : c’est 35 dollars ou 35 € !!!!Le calcul est vite fait ! Mieux vaut payer en $ ! Oubliez les distributeurs Visa /Mastercard : il y en a, mais c’est très désavantageux ! On ne peut obtenir que 700 000 kips (soit environ 65 €) et il y a 20 000 kips de commission sur place (1,80 €) + 5 € de frais de retrait en Belgique : presque 7 € de frais pour obtenir 65 €, j’ai trouvé ça très exagéré. Peut-être existe-t-il des distributeurs où l’on peut enlever plus d’argent…, j’avoue que je n’ai pas réessayé !
Budget :
Billet d’avion réservé en juin 2009 sur le site Opodo. Nous voyagerons avec Swiss air. Billet Bruxelles-Zurich-Bangkok : 615 €/personne.
Sur place : 16 jours au Laos + 4 jours en Thaïlande : On a dépensé au total 953 € répartis comme suit :
Nourriture/boissons : 226 € Logements (17 nuits) : 196 € Visites/Activités : 138 € Transports : 174 € Achats (cadeaux, …) : 84 € Divers : 85 € Visas : 50 €
Total : 2183 €
Logements :
Paksé : Nous avons testé 3 logements à Paksé. Tout d’abord le Paksé Hotel : 220 000 kips petit-déjeuner inclus pour les chambres les moins chères qui sont sans fenêtre (pas trop important car finalement on ne fait qu’y dormir, mais ça me dérange un peu quand même): très bel hôtel avec terrasse sur le toit, mais un peu cher pour notre budget, et puis ça me dérange un peu de n’y croiser que des groupes de français en voyage organisé. Les petit-déj sont extraordinaires : grand choix, jus de fruits, fruits frais, …le tout à volonté. Deuxième hôtel testé : Sabaidee 2 Guest House : 68 000 kips : très déçus de l’accueil et des prestations. Nous n’avons pas vu le patron qui est parait-il très sympa. Petite chambre au rez-de-chaussée avec une fenêtre sur cour et pas très calme la nuit (sdb, eau chaude). Nous voulions y aller car on n’en avait lu que du bien sur ce forum, mais on n’y restera qu’une nuit. Je ne vous conseille pas cet hôtel. Troisième hôtel testé : Sala Champa hôtel : 120 000 kips pour un vaste bungalow avec sdb, eau chaude : celui qui nous a le mieux plu ! Situé à 2 pas du Paksé hôtel dans une rue perpendiculaire. Il possède des chambres et des bungalows. On vous propose des transports ou des excursions. Pas d’arnaque. Il y a aussi un joli petit restaurant.
Don Khon : Pan’s Guest house : 130 000 kips : très agréables bungalows au bord du Mékong (pas tous) d’où l’on peut admirer la vie des gens sur le fleuve. Salle de bain privée, eau chaude, vastes bungalows, terrasse avec hamac. Il y a un restaurant, mais ce n’est pas le meilleur petit-déj que nous ayons eu.
Don Khong : Villa Kan Khong : 60 000 kips : magnifique guest house en teck avec un patron charmant et qui parle français. Vaste chambre avec sdb, eau chaude. Belle terrasse, mais malheureusement il n’y a pas possibilité de prendre le petit-déj sur place.
Paksong : première étape du tour de 3 jours dans le plateau des Bolovens : Borlaven Guest House : 80 000 kips (sdb, eau chaude) est une très belle GH tout en bois, tenue par un garçon charmant et dévoué qui ne parle que quelques mots d’anglais, et située à la sortie de la ville dans la verdure.
Tad Lo : deuxième étape du tour dans le plateau des Bolovens : Tad Lo Lodge : 45 $ petit-déj inclus ! Notre coup de folie du voyage ! Je craque : l’endroit est si beau ! Les chambres sont magnifiques, bien décorées, la salle de bain superbe (la plus belle de tous nos voyages en Asie du sud-est)…..mais il y a des taches sur les draps et sur une couverture, et le petit-déj n’est pas sensationnel. Le patron parle français.
Champasak : Vong Paseud Guest House : 50 000 kips : chambre petite, sdb, eau chaude. Patrons vraiment gentils qui parlent français, peuvent organiser transports, location de mob ou vélos. Resto avec grande terrasse en bord de mékong. Bonne ambiance.
Attapeu : Attapeu Palace hotel : 130 000 kips petit-déj inclus. Très grande chambre, sdb, eau chaude.Hotel immense, impersonnel, personnel qui parle 2 mots d’anglais. On aurait peut-être mieux fait d’aller dans une des nombreuses GH tenues par des vietnamiens et qui sont plus au centre ville.
Bangkok : D§D Inn : 750 baths petit-déj inclus. Chambre moyennement grande, sdb, eau chaude. Parfois bruyant la nuit quand des clients rentrent bourrés, mais pas de bruits de l’extérieur. Personnel accueillant, contrairement à ce que j’avais pu lire ! Faut dire qu’ils n’ont pas les clients les plus faciles en étant situés sur Khao San Road ! Magnifique terrasse avec piscine sur le toit de l’hôtel. Bons petit-déj.
Déplacements :
Aéroport Bkk-Gare Hualamphong :Bus airport express AE4 : 150 b/pers. Ce bus se prend au niveau 1 près de l’entrée n° 8 : là se trouve le comptoir où l’on prend les billets. Durée du trajet : dépend des embouteillages !
Bangkok-Paksé : D’abord Bangkok-Ubon Ratchatani en train couchette : 1 412 baths pour 2 (soit 30 €). J’avais réservé ces billets de train par internet sur le site www.thairailwayticket.com Paiement par carte Visa. Départ de Bkk à 20h30, arrivée à Ubon 8h55. Le train a 1h30 de retard ! On aurait du arriver à 7h30. Taxi jusque gare des bus de Ubon 10 baths/personne. Mini van de Ubon à la frontière : 100 b/pers. Départ 11 h Arrivée à Chong Mek (la frontière) 12h40. Passage de la frontière à pied puis on reprend un mini van jusque Paksé : 100 b/pers. Départ 14h00 et arrivée à Paksé 15h00.
Paksé-Don Khon : Réservons 2 places à l’agence de voyage située dans la rue principale de Paksé, pour Ban Nakasang, qui est l’endroit d’où l’on s’embarque vers Don Khon : 60 000 kips/pers. Bateau de Ban Nakasang à Don Khon : 20 000 kips/pers.
Don Khon-Don Khong : nous louons un bateau juste pour nous 2 : 200 000 kips et 2 h de trajet. C’est plus cher qu’en mini van mais on avait envie de le faire.
Don Khong-Paksé : en bus local 50 000 kips/pers (mais on s’est fait arnaquer, c’était le prix d’un bus vip, plus rapide) + tuk tuk gare des bus-centre de Paksé 20 000 kips/pers (là encore arnaque !). Départ 7h30, arrivée 12h00.
Paksé-Champasak : mini van 55 000 kips/pers., passage du Mékong compris. Départ 8h10, arrivée 9h10.
Champasak-Paksé : Taxi collectif 20 000 kips/p., passage du Mékong compris. Départ 8h00, arrivée 9h10.
Paksé-Attapeu : Bus local 40 000 kips/pers. Départ 9h30, arrivée 15h30. Durée 6h.
Attapeu-Paksé : Bus local 40 000 kips/pers. Départ 7h45, arrivée 13h10. Durée 5h30.
Paksé-Bangkok : Réservons 2 billets à l’agence de voyage pour un bus de nuit : 26 $/pers. Départ de l’agence en mini van à 15h10, arrivée frontière 16h00. Passage de la frontière à pied. A 16h40, les formalités sont terminées. Attendons le bus qui part à 18h00. Arrivée à la gare des bus terminal Nord à Bkk à 4h45. Taxi avec 2 autres passagers du bus vers Khao San Road 100b/pers. Sommes à l’hôtel D§D à 5h30.
Prix de diverses visites et activités :
Location de vélo : 10 000 kips/jour
Location de mobylette : selon les endroits 50 000 ou 100 000 kips/jour.
Excursion de Don Khon aux chutes de Kon Papheng : 90 000 kips/pers.
Bateau pour aller voir les dauphins à Don Khon : 60 000 kips pour le bateau.
Passage du pont et chutes de Lhi Phi sur Don Khon : 20 000 kips/pers.
Entrée + parking mobylette aux chutes du plateau des Bolovens : 8 000 kips/pers à chaque chute.
Entrée temple Wat Phu à Champasak : 30 000 kips/pers.
Entrée parc national Xe Pian : 30 000 kips/pers.
Balade à dos d’éléphant : 120 000 kips/éléphant.
Massage 1h : 35 000 kips.
Consigne dans une guest house : 3 000 kips/sac/jour
Internet : le moins cher : 5 000 kips/heure, le plus cher : 500 kips/minute.
Pour l’organisation de notre voyage de 2009 (Luang Prabang, Vang Vieng, Vientiane), j’avais pris beaucoup d’infos dans le carnet de voyage d’un membre de VF que j’avais trouvé très bien fait. C’est pour cette raison que je m’inspirerai de la structure de ce carnet de voyage pour la réalisation du mien.
Voici notre itinéraire du 17 février au 10 mars 2010 :
17/02 : départ 18/02 : arrivée à Bkk et train de nuit vers Paksé 19/02 : Paksé 20/02 : Don Khon 21/02 : Don Khon 22/02 : Don Khon 23/02 : Don Khong 24/02 : retour à Paksé 25/02 : plateau des Bolovens 26/02 : plateau des Bolovens 27/02 : plateau des Bolovens 28/02 : Champasak 01/03 : Champasak 02/03 : route vers Attapeu 03/03 : Attapeu 04/03 : retour de Attapeu 05/03 : plateau des Bolovens 06/03 : Paksé puis bus de nuit vers Bkk 07/03 : Bkk 08/03 : Bkk 09/03 : Bkk et retour en Belgique
Les devises :
Le mieux est de prendre des euros en liquide que vous changerez sur place en kips. Ayez aussi quelques dollars et des baths. Ça peut dépanner si par exemple les banques sont fermées et que vous n’avez plus de kips, car on peut parfois payer avec ces monnaies plus facilement qu’avec des euros, surtout pour des petits achats. Attention aux taux de change qui varient parfois fortement d’un endroit à l’autre dans les endroits touristiques.
Payez le visa en dollars : c’est 35 dollars ou 35 € !!!!Le calcul est vite fait ! Mieux vaut payer en $ ! Oubliez les distributeurs Visa /Mastercard : il y en a, mais c’est très désavantageux ! On ne peut obtenir que 700 000 kips (soit environ 65 €) et il y a 20 000 kips de commission sur place (1,80 €) + 5 € de frais de retrait en Belgique : presque 7 € de frais pour obtenir 65 €, j’ai trouvé ça très exagéré. Peut-être existe-t-il des distributeurs où l’on peut enlever plus d’argent…, j’avoue que je n’ai pas réessayé !
Budget :
Billet d’avion réservé en juin 2009 sur le site Opodo. Nous voyagerons avec Swiss air. Billet Bruxelles-Zurich-Bangkok : 615 €/personne.
Sur place : 16 jours au Laos + 4 jours en Thaïlande : On a dépensé au total 953 € répartis comme suit :
Nourriture/boissons : 226 € Logements (17 nuits) : 196 € Visites/Activités : 138 € Transports : 174 € Achats (cadeaux, …) : 84 € Divers : 85 € Visas : 50 €
Total : 2183 €
Logements :
Paksé : Nous avons testé 3 logements à Paksé. Tout d’abord le Paksé Hotel : 220 000 kips petit-déjeuner inclus pour les chambres les moins chères qui sont sans fenêtre (pas trop important car finalement on ne fait qu’y dormir, mais ça me dérange un peu quand même): très bel hôtel avec terrasse sur le toit, mais un peu cher pour notre budget, et puis ça me dérange un peu de n’y croiser que des groupes de français en voyage organisé. Les petit-déj sont extraordinaires : grand choix, jus de fruits, fruits frais, …le tout à volonté. Deuxième hôtel testé : Sabaidee 2 Guest House : 68 000 kips : très déçus de l’accueil et des prestations. Nous n’avons pas vu le patron qui est parait-il très sympa. Petite chambre au rez-de-chaussée avec une fenêtre sur cour et pas très calme la nuit (sdb, eau chaude). Nous voulions y aller car on n’en avait lu que du bien sur ce forum, mais on n’y restera qu’une nuit. Je ne vous conseille pas cet hôtel. Troisième hôtel testé : Sala Champa hôtel : 120 000 kips pour un vaste bungalow avec sdb, eau chaude : celui qui nous a le mieux plu ! Situé à 2 pas du Paksé hôtel dans une rue perpendiculaire. Il possède des chambres et des bungalows. On vous propose des transports ou des excursions. Pas d’arnaque. Il y a aussi un joli petit restaurant.
Don Khon : Pan’s Guest house : 130 000 kips : très agréables bungalows au bord du Mékong (pas tous) d’où l’on peut admirer la vie des gens sur le fleuve. Salle de bain privée, eau chaude, vastes bungalows, terrasse avec hamac. Il y a un restaurant, mais ce n’est pas le meilleur petit-déj que nous ayons eu.
Don Khong : Villa Kan Khong : 60 000 kips : magnifique guest house en teck avec un patron charmant et qui parle français. Vaste chambre avec sdb, eau chaude. Belle terrasse, mais malheureusement il n’y a pas possibilité de prendre le petit-déj sur place.
Paksong : première étape du tour de 3 jours dans le plateau des Bolovens : Borlaven Guest House : 80 000 kips (sdb, eau chaude) est une très belle GH tout en bois, tenue par un garçon charmant et dévoué qui ne parle que quelques mots d’anglais, et située à la sortie de la ville dans la verdure.
Tad Lo : deuxième étape du tour dans le plateau des Bolovens : Tad Lo Lodge : 45 $ petit-déj inclus ! Notre coup de folie du voyage ! Je craque : l’endroit est si beau ! Les chambres sont magnifiques, bien décorées, la salle de bain superbe (la plus belle de tous nos voyages en Asie du sud-est)…..mais il y a des taches sur les draps et sur une couverture, et le petit-déj n’est pas sensationnel. Le patron parle français.
Champasak : Vong Paseud Guest House : 50 000 kips : chambre petite, sdb, eau chaude. Patrons vraiment gentils qui parlent français, peuvent organiser transports, location de mob ou vélos. Resto avec grande terrasse en bord de mékong. Bonne ambiance.
Attapeu : Attapeu Palace hotel : 130 000 kips petit-déj inclus. Très grande chambre, sdb, eau chaude.Hotel immense, impersonnel, personnel qui parle 2 mots d’anglais. On aurait peut-être mieux fait d’aller dans une des nombreuses GH tenues par des vietnamiens et qui sont plus au centre ville.
Bangkok : D§D Inn : 750 baths petit-déj inclus. Chambre moyennement grande, sdb, eau chaude. Parfois bruyant la nuit quand des clients rentrent bourrés, mais pas de bruits de l’extérieur. Personnel accueillant, contrairement à ce que j’avais pu lire ! Faut dire qu’ils n’ont pas les clients les plus faciles en étant situés sur Khao San Road ! Magnifique terrasse avec piscine sur le toit de l’hôtel. Bons petit-déj.
Déplacements :
Aéroport Bkk-Gare Hualamphong :Bus airport express AE4 : 150 b/pers. Ce bus se prend au niveau 1 près de l’entrée n° 8 : là se trouve le comptoir où l’on prend les billets. Durée du trajet : dépend des embouteillages !
Bangkok-Paksé : D’abord Bangkok-Ubon Ratchatani en train couchette : 1 412 baths pour 2 (soit 30 €). J’avais réservé ces billets de train par internet sur le site www.thairailwayticket.com Paiement par carte Visa. Départ de Bkk à 20h30, arrivée à Ubon 8h55. Le train a 1h30 de retard ! On aurait du arriver à 7h30. Taxi jusque gare des bus de Ubon 10 baths/personne. Mini van de Ubon à la frontière : 100 b/pers. Départ 11 h Arrivée à Chong Mek (la frontière) 12h40. Passage de la frontière à pied puis on reprend un mini van jusque Paksé : 100 b/pers. Départ 14h00 et arrivée à Paksé 15h00.
Paksé-Don Khon : Réservons 2 places à l’agence de voyage située dans la rue principale de Paksé, pour Ban Nakasang, qui est l’endroit d’où l’on s’embarque vers Don Khon : 60 000 kips/pers. Bateau de Ban Nakasang à Don Khon : 20 000 kips/pers.
Don Khon-Don Khong : nous louons un bateau juste pour nous 2 : 200 000 kips et 2 h de trajet. C’est plus cher qu’en mini van mais on avait envie de le faire.
Don Khong-Paksé : en bus local 50 000 kips/pers (mais on s’est fait arnaquer, c’était le prix d’un bus vip, plus rapide) + tuk tuk gare des bus-centre de Paksé 20 000 kips/pers (là encore arnaque !). Départ 7h30, arrivée 12h00.
Paksé-Champasak : mini van 55 000 kips/pers., passage du Mékong compris. Départ 8h10, arrivée 9h10.
Champasak-Paksé : Taxi collectif 20 000 kips/p., passage du Mékong compris. Départ 8h00, arrivée 9h10.
Paksé-Attapeu : Bus local 40 000 kips/pers. Départ 9h30, arrivée 15h30. Durée 6h.
Attapeu-Paksé : Bus local 40 000 kips/pers. Départ 7h45, arrivée 13h10. Durée 5h30.
Paksé-Bangkok : Réservons 2 billets à l’agence de voyage pour un bus de nuit : 26 $/pers. Départ de l’agence en mini van à 15h10, arrivée frontière 16h00. Passage de la frontière à pied. A 16h40, les formalités sont terminées. Attendons le bus qui part à 18h00. Arrivée à la gare des bus terminal Nord à Bkk à 4h45. Taxi avec 2 autres passagers du bus vers Khao San Road 100b/pers. Sommes à l’hôtel D§D à 5h30.
Prix de diverses visites et activités :
Location de vélo : 10 000 kips/jour
Location de mobylette : selon les endroits 50 000 ou 100 000 kips/jour.
Excursion de Don Khon aux chutes de Kon Papheng : 90 000 kips/pers.
Bateau pour aller voir les dauphins à Don Khon : 60 000 kips pour le bateau.
Passage du pont et chutes de Lhi Phi sur Don Khon : 20 000 kips/pers.
Entrée + parking mobylette aux chutes du plateau des Bolovens : 8 000 kips/pers à chaque chute.
Entrée temple Wat Phu à Champasak : 30 000 kips/pers.
Entrée parc national Xe Pian : 30 000 kips/pers.
Balade à dos d’éléphant : 120 000 kips/éléphant.
Massage 1h : 35 000 kips.
Consigne dans une guest house : 3 000 kips/sac/jour
Internet : le moins cher : 5 000 kips/heure, le plus cher : 500 kips/minute.
Passer deux semaines d'été en famille sur Montréal English translation pending
Bonjour.
Je parcours ce forum et il me parait une très bonne source d'idées et de conseils. Alors je me lance car j'ai besoin d'un peu d'aide pour préparer notre voyage de cet été.
Ma femme et moi rêvions d'un voyage au Québec depuis longtemps et cet été ce sera enfin possible. Alors j'ai pris les billets d'avion et réservé un logement à Montréal car sa situation géographique me paraissait un peu "centrale": à l'Est Québec, au Nord Les Laurentides, à l'Ouest Ottawa et au Sud Les USA. Malheureusement je réalise que la virée "à la journée" vers ces destinations est illusoire: les distances ne sont pas de style "européennes".
Nous sommes avec 2 enfants de 8 et 11 ans. Nous aurons un appart pendant 2 semaines à Montréal et prévoyons de louer une voiture pendant toute la durée de notre séjour (du 1er au 14 juillet 2010).
Notre rayon d'action sera assez limité (les enfants ne seront d'ailleurs pas contre) si nous voulons limiter les couts d'hébergement supplémentaires. D'un autre côté on aura plus de temps pour bien s'imprégner de Montréal.
Alors voilà, que me suggérez-vous ?
Merci pour vos conseils....
Apprendre le Wolof: quels livres? English translation pending
Bonjour
Je pars au Sénégal en février. Comme j'adore apprendre des langues et qu'en plus, je trouve que c'est le minimum de politesse quand on voyage à l'étranger, je me lance dans l'étude du wolof. J'ai le petit guide assimil. quelqu'un connait-il un livre qui serait plus "copieux" avec CD pour la prononciation?
Sinon, j'ai une amie sénégalaise qui m'aide (et qui se marre bien en m'entendant prononcer des phrases!!! 😏 quels fous rires!!!) mais bon, je la vois pas tous les jours et j'ai envie de bosser tous les jours
et un site internet? quelqu'un connaitrait?
merci
Je pars au Sénégal en février. Comme j'adore apprendre des langues et qu'en plus, je trouve que c'est le minimum de politesse quand on voyage à l'étranger, je me lance dans l'étude du wolof. J'ai le petit guide assimil. quelqu'un connait-il un livre qui serait plus "copieux" avec CD pour la prononciation?
Sinon, j'ai une amie sénégalaise qui m'aide (et qui se marre bien en m'entendant prononcer des phrases!!! 😏 quels fous rires!!!) mais bon, je la vois pas tous les jours et j'ai envie de bosser tous les jours
et un site internet? quelqu'un connaitrait?
merci
Quinze jours reposants au Rajasthan English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis bien désolée de commencer un ènieme sujet sur "15 jours au rajasthan"... Mais j'épluche les sujets de VF depuis maintenant une semaine et des questions restent en suspens (chacun a son propre itinéraire...) Mes parents et mon frère viennent me rejoindre à delhi à noël (je suis en stage), et nous rêvons de ce voyage depuis si longtemps que j'esaie de faire de mon mieux pour organiser un séjour idyllique !
Période : 15 jours, arrivée à Delhi le 18 décembre au soir, départ de Delhi le 3 janvier au matin. Voiture et chauffeur : chauffeur recommandé par Barbara et Channi, prix : 620 euros pour une toyota qualis Villes incontournables : Taj Mahal - Jaipur - Udaipur - Jodhpur - Jaisalmer. Nous voulons profiter au maximum de chaque ville, et donc ne pas visiter plus de 7 villes grand maximum.
Mes questions :
1/ Comment accéder à jaisalmer sans les étapes bikaner/mandawa (train de nuit pour delhi exclu) Les havelis sont apparemment en bien mauvais état, et souhaitant un minimum d'étapes nous aimerions zapper ces villes...
2/ Dans quel sens faire la boucle ? Finir par le Taj semble être une préférence des forumeurs, mais en même temps je ne sais pas si commencer par jaisalmer est une bonne chose. Idéalement j'aurais aimé alterner ville très touristiques et endroits plus calmes : Jaipur - Udaipur (calme) - Jodhpur - Jaisalmer (calme) - Agra. Bien sur pas très pratique ! Autre possibilité : prendre un vol interne (mais compliqué avec le chauffeur !)
3/ Quelle ville/village "hors des sentiers battus" ? Une halte agréable, sans trop de touristes ? Exemple : connaissez vous des lieux pour visiter des ateliers d'artisanat, petits villages dans la campagne, etc... Une petite parenthèse plus authentique, en somme.
Vos avis sur les hôtels :
Budget: 6000 roupies maximum pour 4 par nuit, exceptionnellement un peu plus pour un hôtel d'exception. Critères: hôtels de charme, décorés avec raffinement (pas de déco trop chargée !), couleurs. Ce style de chambres : http://www.hotelsrajasthan.net/udaipurhotels/kankarwahaveli.html / http://www.rohetgarh.com/accomodation.htm
- Jaipur : Barwara Kothi / Dera Rawatsar / Alsisar Haveli /Shahpura House - Udaipur : Jagat Niwas Palace / Lake View Villa / Kankarwa Haveli - Jodhpur : Rohet Garh / Karni Bhawan / Haveli Inn Pal - Jaisalmer : Hotel Victoria / Monsoon Palace (Fifu et Jasmine Haveli) / Shahi Palace / Nachana Haveli
Autre possibilité : Mirvana Nature Resort http://www.mirvananatureresort.com/ (Sodakore, à une heure de Jaisalmer, pourrait être une halte agréable). Nous pouvons nous rendre dans une petite ville si un hôtel vaut vraiment le coup avec ces activités proposées etc.
Voili voilou, je suis preneuse de tous les bons plans (resto, hotels, petits arrets sur la route) Je suis une fidèle de VF et j'espère qu'une fois encore grace à vos conseils avisés je vais pouvoir parfaire mon voyage !!
Merci beaucoup, Yamini
Je suis bien désolée de commencer un ènieme sujet sur "15 jours au rajasthan"... Mais j'épluche les sujets de VF depuis maintenant une semaine et des questions restent en suspens (chacun a son propre itinéraire...) Mes parents et mon frère viennent me rejoindre à delhi à noël (je suis en stage), et nous rêvons de ce voyage depuis si longtemps que j'esaie de faire de mon mieux pour organiser un séjour idyllique !
Période : 15 jours, arrivée à Delhi le 18 décembre au soir, départ de Delhi le 3 janvier au matin. Voiture et chauffeur : chauffeur recommandé par Barbara et Channi, prix : 620 euros pour une toyota qualis Villes incontournables : Taj Mahal - Jaipur - Udaipur - Jodhpur - Jaisalmer. Nous voulons profiter au maximum de chaque ville, et donc ne pas visiter plus de 7 villes grand maximum.
Mes questions :
1/ Comment accéder à jaisalmer sans les étapes bikaner/mandawa (train de nuit pour delhi exclu) Les havelis sont apparemment en bien mauvais état, et souhaitant un minimum d'étapes nous aimerions zapper ces villes...
2/ Dans quel sens faire la boucle ? Finir par le Taj semble être une préférence des forumeurs, mais en même temps je ne sais pas si commencer par jaisalmer est une bonne chose. Idéalement j'aurais aimé alterner ville très touristiques et endroits plus calmes : Jaipur - Udaipur (calme) - Jodhpur - Jaisalmer (calme) - Agra. Bien sur pas très pratique ! Autre possibilité : prendre un vol interne (mais compliqué avec le chauffeur !)
3/ Quelle ville/village "hors des sentiers battus" ? Une halte agréable, sans trop de touristes ? Exemple : connaissez vous des lieux pour visiter des ateliers d'artisanat, petits villages dans la campagne, etc... Une petite parenthèse plus authentique, en somme.
Vos avis sur les hôtels :
Budget: 6000 roupies maximum pour 4 par nuit, exceptionnellement un peu plus pour un hôtel d'exception. Critères: hôtels de charme, décorés avec raffinement (pas de déco trop chargée !), couleurs. Ce style de chambres : http://www.hotelsrajasthan.net/udaipurhotels/kankarwahaveli.html / http://www.rohetgarh.com/accomodation.htm
- Jaipur : Barwara Kothi / Dera Rawatsar / Alsisar Haveli /Shahpura House - Udaipur : Jagat Niwas Palace / Lake View Villa / Kankarwa Haveli - Jodhpur : Rohet Garh / Karni Bhawan / Haveli Inn Pal - Jaisalmer : Hotel Victoria / Monsoon Palace (Fifu et Jasmine Haveli) / Shahi Palace / Nachana Haveli
Autre possibilité : Mirvana Nature Resort http://www.mirvananatureresort.com/ (Sodakore, à une heure de Jaisalmer, pourrait être une halte agréable). Nous pouvons nous rendre dans une petite ville si un hôtel vaut vraiment le coup avec ces activités proposées etc.
Voili voilou, je suis preneuse de tous les bons plans (resto, hotels, petits arrets sur la route) Je suis une fidèle de VF et j'espère qu'une fois encore grace à vos conseils avisés je vais pouvoir parfaire mon voyage !!
Merci beaucoup, Yamini
Pot-pourri d'informations après cinq semaines en Indonésie English translation pending
Bonjour à toutes et tous !
Après 5 semaines de vacances en Asie du Sud Est cet été - dont 4 passés en Indonésie : Sumatra, Java et Bali - voici mes commentaires et une sorte de pot pourri d'infos sur les villes que j'ai pu visiter en Indonésie (en retour de toutes les informations que ce forum a pu m'apporter) :
############################################ ########### Medan ############################################
Ville polluée et bruyante ... moto, voiture et camion à chaque coin de rue ... fumée ... fumée ... bouchon monstre en ville en fin d’après midi. Aucun charme selon moi succession de boutique ( de vente de jantes de voitures, de pièces ...) dans une crasse pas possible ... On m'avait prévenu et bien je confirme Medan passez votre chemin ...
Visite : - La grande mosquée : Nous n'avons pas pu visiter l'intérieur (prière) de la mosquée mais elle est plutôt belle de l'extérieur ... un peu petite par rapport à son nom ... Comme d'habitude en Indonésie donation à l'entrée ... nous on a laissé 4.000 IRD par personne ... La mosquée est en centre ville donc la encore pas agréable du tout puisqu'il y a du bruit, du bruit ... et pas beaucoup d'ombres : quasiment aucun arbre dans cette ville bétonnée ...
- Le palais du Sultan : idem gratuit mais donation à l’entrée. Rien de spectaculaire ... l'extérieur est regardable mais l'intérieur est en complet désaccord ... c'est vide de chez vide ...
Hôtel : On a du dormir a Medan (notre vol a été annulé et reporté au lendemain suivant donc on a pris une adresse correct dans le routard). Le Danau Toba Hôtel : Hôtel bien. Propre. Chambre très confortable avec tout l'équipement nécessaire ... Une très belle piscine dont les personnes extérieures à l'hôtel peuvent aussi profiter en payant l'accès (pour les gens de l'hôtel c'est gratuit) Le restaurant de l'hôtel sert une nourriture plutôt bonne. Le petit déjeuner (inclus) est sous forme de buffet : riz, légumes, fruits ... correct. Internet (salle business) avec pleins d’adaptateurs pour mobile de toutes marques : pratique quand on est en voyage d’affaires ...
Ce que l'on aimé : Rien de spécial à vrai dire ... peut être le salon lounge à l'aéroport où on était au calme (lol) et les gens relativement détendu par rapport à l'environnement dans lequel y vivent.
Ce que l’on n’a pas aimé : - le bruit - la pollution - le manque d'espace vert
En bref Medan ne sert (à un touriste) qu'à atterrir ou décoller ...
############################################ ########### Berastagi ############################################
Assez pauvre et assez sale comme ville ... Beaucoup moins de voitures et de camions qu'à Medan mais la rue principale connait du passage ... Trottoir quasiment inexistant ou défoncé ou rempli de détritus en tout genre ... En bref la « ville » n’est pas belle du tout ... ce qui est intéressant dans ce coin ce sont les alentours puisqu’il y a un volcan pas loin : le Sibayak.
Visite : En fait ici c'est les alentours qu'il faut visiter ... Au programme cascade, hotsprings et parc naturel ... Possibilité aussi de balades / randonnées dans le parc national. De nombreux singes en liberté visible sur la route entre Medan et Berastagi (surtout à la fin du trajet)
Hôtel: On est descendu au Sibayak International hôtel. Personnel très sympathique. 450.000 IDR car on est arrivé sans réserver (on a du donc payer le prix fort !) petit déjeuner inclus. Ne pas hésiter à négocier le prix de la chambre (premier prix annoncé 750.000 IDR) Hôtel convenable plutôt propre et bien entretenu (mis à part la piscine à l'eau verdâtre ...) Le restaurant de l'hôtel est plutôt bon. Les prix bas. Par contre la déco kitchissime au possible ...
Ce que l'on a aimé : - Les alentours plutôt vert et relativement calme - Baignade aux Hotsprings (attention par contre après on sent le souffre ... surtout les maillots pendant plusieurs jours ...). Au passage vous allez être regarder sous tous les angles ... apparemment ce n’est pas commun de voir des européens dans ces Hotsprings ... - Le marché avec ses fruits et légumes frais : beaucoup de mandarine dans cette région. Et célèbre aussi pour ces fruits de la passion : j'ai gouté et je les trouve un peu fadasse ...
- Le berastagi tea sorte de the avec miel, gingembre, anis étoilé, coriandre, cardamone et clous de girofle ... excellent !
Ce que l’on n’a pas aimé : - Le manque d'entretient des bâtiments ou route en ville - Les crottes de chevaux dans la rue principale et la crasse ambiante ...
Info prix : - Une balade en voiture avec chauffeur une demi-apres midi coute env. 140 000 IDR au départ de Berastagi - Trajet en taxi Medan Berastagi 400 000 IDR - Resto Padang en ville comptez 8 000 IDR pour un repas par personne
############################################ ########### Parapat - Lac Toba - Samosir ############################################
Le trajet Berastagi Lac Toba par le nord du lac est sympa. Très beau paysage pendant le trajet. Au départ beaucoup de plantation de mandarine ... puis du café en arrivant vers Parapat . En chemin beaucoup d'églises car contrairement à Medan cette région est catholique. On peut voir aussi l'ancien palais royal ... pas mal et aussi la cascade Sipiso : très impressionnante et belle avec un très beau panorama à gauche. Compter 45min aller retour si vous souhaitez voir la cascade de près. Le trajet Berastagi Parapat laisse aussi progressivement apparaitre une vue plongeante sur le lac très impressionnante ... ca ressemble « un peu » à la Suisse, Lausanne ... La vue sur le lac est magnifique.
Sinon maintenant Samosir ou tuktuk : Endroit calme et agréable ... finit les camions et voitures toutes les secondes ... L'ile est belle et à du charme. Pleins de maison batak qui ont connu leur heure de gloire j’imagine mais ont encore beaucoup de cachet . On vous proposera souvent sur cette ile le magic mushroom. Je n'ai pas essayé mais je pense qu'il faut éviter !
Visite : - Hotsprings à l'opposé de Tuktuk (compter 2, 5h en moto) - Baignade dans le lac - Balade en vélo ou moto - Maisons et palais Bataks à visiter - A voir en fin d'après midi (pour le coucher du soleil) : une montée sur la colline en face de tuktuk ... vous découvrirez toute cette partie de l'ile : les filets sur le lac, les rizières et toute la presqu'ile de tuktuk. Endroit vraiment chouette. Par contre la route pour y accéder est en mauvaise état ... mais ne pas hésiter à y aller la vue / le panorama est à tomber !
Ce que l'on a aimé: - Les gens très gentils - Les belles maisons Bataks - L'ambiance bonne enfant - Les balades au crépuscule dans tuktuk avec la vue sur le lac ... - Les baignades dans le lac
Ce que l’on n’a pas aimé : - Personnellement j'ai gouté une sorte de bière locale fabriqué à partir d'un arbre ou cactus un truc de ce genre ... gout horrible. Ce Beuvrages doit être consommé dans la journée ... il est donc fabriqué de façon artisanale et consommé chez l'habitant ou le bar du coin ... Par contre du coup expérience avec les habitants vraiment top. - La ville (qui est la capital administrative de l’ile) qui se trouve proche des hotsprings : sale, sale et .... sale.
Hôtel : On logeait au liberta : 60 000 IDR la nuit ... à ce prix difficile d'apporter une critique ... Chambre assez propre : seul bémol les toilettes à la turc sa sent fort ... Petit déjeuner non inclus (au prix de la chambre ....) mais très bon et peu cher Restaurant du liberta cuisine plutôt bonne et prix très doux. Seul bémol l'attente ... très longue ... et pas synchronisé sur tous les convives .... On peut se retrouver au dessert pendant que l'autre commence l'entrée ... Ne pas donner aussi votre linge. Le service Laundry est vraiment comment dire ... pas bon ... on voit que ce sont des mecs qui font la lessive ! Mr Moon est très sympathique. Par contre ses acolytes (personnel) ne m'inspire pas confiance ... mais on n’a pas eu à se plaindre si ce n'est que chaque matin et chaque soir on avait droit à tour de rôle (mais vraiment un par un - espacé de 2 min) ....where do you go ... do you need a motobike ... a transport ...bref ...
On a visité aussi le Samosir Cottages à la fin de notre séjour. L’hôtel à l’air vraiment bien. De belle chambre et une belle vue sur le lac. L’endroit a complètement été refait il y a quelques semaines. Belle salle de réception et la cuisine au restaurant est très bonne. Prix du restaurant doux.
Info prix : Trajet en taxi Berastagi Parapat 450 000 IDR Location de scooter 70 000 IDR avec essence (manuel) Trajet en taxi Parapat Medan par la route "direct" sans passez par berastagi : 80 000 IDR par personne par contre le taxi doit partir plein (7 places). Se renseigner à votre hôtel à Samosir ou à Parapat sur le quai. Traversé Parapat Samosir 7 000 IDR on paye dans le bateau ; Durée de la traversée 30 min par beau temps.
############################################ ########### Bukkitingi ############################################
Bourg un peu en altitude où il fait très bon. La ville est un peu pentu ... avec le fort au milieu ... Du coup on ne voit pas toute la ville d'un coup mais par à-coups ... ce qui est très bien ... Ici c'est la religion musulmane qui domine. Donc beaucoup de mosquées. La ville est globalement propre et entretenu. (mis a part le zoo).
Les visites : - le fort : on ne voit en fait pas grand chose en haut car il y a des arbres ... - le zoo : en piteuse état ... les pauvres animaux ... - la place de l'horloge : très animé en journée comme le soir où tout le monde se retrouve sur la place pour un marché improvisé ... Les environs : - Le lac Maninjo : très beau de haut comme au pied du lac. Possibilité de loger sur les rives et baignades aussi. Endroit très agréable. Y aller à la journée - Balade en moto et boucle de Bukkitingi jusqu'a Battuksinktar et le pays mimangs : très belle maisons Mimangs sur le chemin. Beaucoup de rizières aussi. En chemin pas mal d'arrêt touristique (genre panorama sur une vallée ...) mais très mal entretenu ... c'est ici qu'on sent bien que l'Indonésie a subi une perte de fréquentation touristiques ... Y aller à la journée
De la canne à sucre aussi dans cette région et donc possibilité de voir la fabrication du sucre roux.
Ce que l'on a aimé: - Les gens très ouvert aux dialogues - Les environs : le lac maninjo
Ce que l’on n’a pas aimé : - Le Mézin qui nous réveil de 4:30 jusqu'a 8:00 ... affreux ... je pèse mes mots !
Hôtel : Orchid hotel : on a eu une chambre éco car tout était complet ailleurs ... 75 000 IDR la chambre Très spartiate ! Propreté laisse à désirer. Le personnel est plutôt sympa Petit dej infect ou plutôt très très gras ... tranche de pain panné dans 10000 litres de beurre avec une confiture et du Beurre !
Restaurant on a testé le Hills (l'ancien Novotel de la ville) on a eu droit un spectacle le soir et la nourriture était plutôt bonne. Prix correct pour le cadre.
Info prix : Trajet Padang (aéroport) Bukittinggi en taxi
############################################ ########### Yogyakarta ############################################
Ville plate qui a subi beaucoup de dégâts lors du tremblement de terre de 2006. J'ai été un peu déçu par Yogyakarta. Je m'attendais à une ville verte et boisé ... une Florance de l'Indonésie ... rien de cela ... Comme d'habitude en Indonésie bruit, voiture, trafic partout, rue étroite ... Seul point positif la vieille ville ou la il n'y a pas de trafic puisqu'il s’agit de passage pour piétons (ou moto). Mais la vieille ville ressemble par moment plus à des ruines qu'à une ville : Beaucoup de bâtiments délabrés ... certes le tremblement de terres y est pour quelque chose .... Mais ... aussi le manque d’entretien ... Le Kraton .. maouis ... bof bof La rue principale où se concentre tous les commerces et Malls ... maouis ... bof bof Yogja ne nous a pas emballé ...
Par contre Borobudur : site exceptionnel et magique. De jour comme de nuit (on dormait à l'hôtel situé dans le parc) l'édifice est splendide.
Visite: Le kraton La vieille ville : les palais, les bains ... et les marchés (oiseaux ...) Le silver village Spectacle de danse Les ateliers de batiks et de fabrication de marionnettes. Borobudur Prabanan
Ce que l'on a aime : - Borobudur - Borobudur - Borobudur - Les chauffeurs de becaks très sympa et je leur tire mon chapeau pour le travail qu'il effectue.
Pour l'histoire un chauffeur de becak nous expliquait qu'il louait son becack car il n'avait pas les moyens de l'acheter : il nous donne alors le prix d'un becaks : 100 euros et on reste bouche baie.
Ce que l’on n’a pas aimé : Ici plutôt moins aimé : le Prabanan en mauvaise état et le site un peu "vide"
Hôtel: Le Phœnix hôtel - le grand Mercure. 40 EUR la nuit mais très bon rapport qualité prix Chambre impeccable propre, très belle piscine. La bâtisse est splendide puisqu'il s'agit d'une vielle maison coloniale réaménagé. Un lieu plein de cachet et de charme.
Le restaurant de l'hôtel offre une cuisine très bonne à un prix correct. Le petit dej inclus est pantagruélique : buffet ultra complet ... on est callé pour toute la journée !
############################################ ########### Surabaya : ############################################
Ville immense, polluée (pour pas changer) ... pas grand chose à voir si ce n'est que les malls géants (mais vide ...) Passage obligé pour nous car nous allions au Bromo ... nous avons donc choisi le vol Yogja Surabaya avec Lion Air qui au passage a été une de mes plus grosses frayeurs de ma vie en avion ...Lion air donc je déconseille ...
############################################ ########### Bromo ############################################
Le Bromo est l’endroit que je me faisais (avant mon voyage) de l'Indonésie : Naturel et impressionnant. Endroit magique. Même si il y a des centaines de touristes au lever du soleil n'hésitez pas à vous réveiller à 4:00 pour découvrir la vue sur les 3 volcans : le bromo biensur mais aussi le Batok et le Semeru depuis le mont qui se trouve en face. Ce qui est intéressant ce sont les changements de lumières et donc de couleurs pendant toute la montée du soleil. Chose que vous ne verrez pas si vous y allez en pleine journée. De plus vous montez dans la nuit et donc vous découvrez ce panorama petit à petit avec le lever du jour. Moment unique .... Prévoir par contre une bonne veste (vous pouvez aussi en louer une à votre hôtel) et une écharpe (on en a acheté à 10.000IDR) Apres le lever du soleil vous irez sur le Bromo même. Ascension facile et spectacle à la hauteur du volcan.
Au passage quand vous aller au Bromo en sortant de Surabaya vous passerez devant le "nouveau" volcan de boue : Lusi Endroit complètement fou ... des maisons engloutis par des litres de boues : on ne distingue plus que quelques toits ... une digue de plusieurs mètres pour éviter que la boue se propage ...on se croirait dans un mauvais film et pourtant c'est la réalité.
"Droit d'entrée" sur la digue par les riverains modique (15.000 IDR) Embouteillage monstre par contre car beaucoup de voiture s'arrêtent et le volcan a aussi englouti une portion de l'autoroute ... S'armer donc de patience ...
Hôtel : Yochi : chambre correct avec sanitaire commun pour certaines chambres ... Le restaurant de l'hôtel sert une cuisine correct mais comme d'habitude (en général en Indonésie) très désordonné et très longue attente .... Prix doux
Info prix: Bromo en 4x4 300.000 IDR la jeep (de 6) donc n'hésitez pas si vous n'êtes pas complet à trouver des "amis". Droit d’entrée : on a pas très bien compris ca devait être 20.000 par personne mais au final on a payé 30.000 pour toute la jeep ! Conseil surtout ne payer qu’à l’entrée ! Ne pas payer le chauffeur ou votre guesthouse . Pour aller au Bromo on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya : 500.000 IDR la journée
############################################ ########### Kawa Ijen ############################################
Endroit certes reculé par rapport aux autres villes de Java puisque ce volcan est a l'extrême Est... mais allez voir ce volcan ! Le Kawa Ijen a été pour moi LE moment FORT de tout mon voyage en Indonésie. La montée n'est pas très difficile. Compter 1h30 de montée, y aller à son rythme, il y a de la pente mais elle est plutôt douce (ce n'est pas le col du taibit de la Réunion pour celles et ceux qui connaissaient !) Arrivé la haut c'est tout simplement magique ... un lac de couleur bleue vert ... qui est en fait un beau lac d'acide ! En chemin vous croiserait des dizaines de porteurs de souffres ... Ces hommes sont surhumains ... ils portent plusieurs dizaines de kg de souffres ... dans des conditions extrêmes ! On sort humble du Kawa Ijen ... Prévoir quelques friandises pour les porteurs de souffres ou de l'eau ... ca leur fera plaisir !
Autres visites : Vous pouvez aussi après ou avant vous détendre aux Hotsprings et aller voir la cascade assez impressionnante car on la voit de haut juste en face et non en dessous comme d'habitude ... Les litres d'eaux tombant donnent le vertige ... Endroit surprenant et très agréable ....
Dans cette région on cultive aussi le café ... vous pourrez donc découvrir toutes les étapes dans la fabrication de celui ci ...
Hôtel : 2 hôtels seulement proches du Kawa Ijen et donc réservation plus que nécessaire ... Nous n’avions pas réservé .... On a donc dormi chez l'habitant ... 100.000 IDR la chambre ... rudimentaire mais on ne fait pas les difficile a 12000Km de chez nous ... dans un endroit comme celui ci ...
Info prix: Pour aller au Kawa Ijen on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya - Bromo puis Kawa Ijen : 500 000 IDR la journée Droit d’entrée modique pour le kawa Ijen de mémoire 15.000 IDR par personne.
Pour Bali: Je ferai un commentaire sur toutes les villes que nous avons visitées plus tard dans un autre post...
Et de manière générale en Indonésie :
- A votre arrivée acheter une carte SIM : la carte SIMPATI coute 15.000 IDR (1eur env.) avec un crédit de 5.000 IDR. Pratique pour appeler vos proches et les gens sur place. - La réservation d'hôtel peut se faire sur place en appelant simplement. Aucune avance demandée si ce n'est que d'arriver avant une certaine heure. - Tout se négocie même les chambres d'hôtels ! et surtout les transports ! - Peu de distributeur acceptant les cartes VISA ou MASTERCARD dans les villes non touristique (comparé aux autres pays d'Asie du SE) ... donc prévoir toujours des euros . Idem pour les traveller check . Très peu de bureaux de changes. Même à Bali on a galéré pour trouver un ATM à candi casa : il n'y en a pas et donc il faut aller �� Ampulara (30 min de voitures) et il n'y a qu'un ATM qui accepte les cartes étrangères ... donc je le répète toujours avoir un peu de cash ! - Enfin prévoir du papier toilette (pour les WC hors hotels) car contrairement aux autres pays d'Asie vous n'en trouverez pas dans 95% des cas ...
Ma conclusion à chaud :
On a trouvé que le pays était un peu sinistré dans le sens où beaucoup d'établissement/sites touristiques ont fermé leurs portes ou ne sont plus entretenus ...
On voit clairement le sur dimensionnement de certains lieux en parking ... alors qu'il y a une dizaine de personnes tout au plus .... C'est la chose qui m'a le plus marqué en Indonésie ... le coté sinistré ...
C'est en cela que je dirai que notre impression général sur l'Indonésie a été mitigée ...
Mitigé car d'un coté on a des grandes mégapoles comme Jakarta ou Surabaya complètement immonde, sans espace verts ... sans charme tout simplement ... et de l'autres des lieux magiques comme le Kawa Ijen ... La pollution, le bruit et le manque d'espace verts (beaucoup plus que dans d'autres pays d'Asie du sud Est ) nous a complètement déstabilisé les premiers jours ... J'ai même durant un trajet Yogjakarta Borobudur eu la trachée toute irritée (brulé) tellement que l'air est polluée : chose qui ne m'étais jamais arrivé en Asie du Sud Est (même à Bangkok !)
Heureusement que certains sites sont extraordinaires et les gens très gentils et généreux .
Après 5 semaines de vacances en Asie du Sud Est cet été - dont 4 passés en Indonésie : Sumatra, Java et Bali - voici mes commentaires et une sorte de pot pourri d'infos sur les villes que j'ai pu visiter en Indonésie (en retour de toutes les informations que ce forum a pu m'apporter) :
############################################ ########### Medan ############################################
Ville polluée et bruyante ... moto, voiture et camion à chaque coin de rue ... fumée ... fumée ... bouchon monstre en ville en fin d’après midi. Aucun charme selon moi succession de boutique ( de vente de jantes de voitures, de pièces ...) dans une crasse pas possible ... On m'avait prévenu et bien je confirme Medan passez votre chemin ...
Visite : - La grande mosquée : Nous n'avons pas pu visiter l'intérieur (prière) de la mosquée mais elle est plutôt belle de l'extérieur ... un peu petite par rapport à son nom ... Comme d'habitude en Indonésie donation à l'entrée ... nous on a laissé 4.000 IRD par personne ... La mosquée est en centre ville donc la encore pas agréable du tout puisqu'il y a du bruit, du bruit ... et pas beaucoup d'ombres : quasiment aucun arbre dans cette ville bétonnée ...
- Le palais du Sultan : idem gratuit mais donation à l’entrée. Rien de spectaculaire ... l'extérieur est regardable mais l'intérieur est en complet désaccord ... c'est vide de chez vide ...
Hôtel : On a du dormir a Medan (notre vol a été annulé et reporté au lendemain suivant donc on a pris une adresse correct dans le routard). Le Danau Toba Hôtel : Hôtel bien. Propre. Chambre très confortable avec tout l'équipement nécessaire ... Une très belle piscine dont les personnes extérieures à l'hôtel peuvent aussi profiter en payant l'accès (pour les gens de l'hôtel c'est gratuit) Le restaurant de l'hôtel sert une nourriture plutôt bonne. Le petit déjeuner (inclus) est sous forme de buffet : riz, légumes, fruits ... correct. Internet (salle business) avec pleins d’adaptateurs pour mobile de toutes marques : pratique quand on est en voyage d’affaires ...
Ce que l'on aimé : Rien de spécial à vrai dire ... peut être le salon lounge à l'aéroport où on était au calme (lol) et les gens relativement détendu par rapport à l'environnement dans lequel y vivent.
Ce que l’on n’a pas aimé : - le bruit - la pollution - le manque d'espace vert
En bref Medan ne sert (à un touriste) qu'à atterrir ou décoller ...
############################################ ########### Berastagi ############################################
Assez pauvre et assez sale comme ville ... Beaucoup moins de voitures et de camions qu'à Medan mais la rue principale connait du passage ... Trottoir quasiment inexistant ou défoncé ou rempli de détritus en tout genre ... En bref la « ville » n’est pas belle du tout ... ce qui est intéressant dans ce coin ce sont les alentours puisqu’il y a un volcan pas loin : le Sibayak.
Visite : En fait ici c'est les alentours qu'il faut visiter ... Au programme cascade, hotsprings et parc naturel ... Possibilité aussi de balades / randonnées dans le parc national. De nombreux singes en liberté visible sur la route entre Medan et Berastagi (surtout à la fin du trajet)
Hôtel: On est descendu au Sibayak International hôtel. Personnel très sympathique. 450.000 IDR car on est arrivé sans réserver (on a du donc payer le prix fort !) petit déjeuner inclus. Ne pas hésiter à négocier le prix de la chambre (premier prix annoncé 750.000 IDR) Hôtel convenable plutôt propre et bien entretenu (mis à part la piscine à l'eau verdâtre ...) Le restaurant de l'hôtel est plutôt bon. Les prix bas. Par contre la déco kitchissime au possible ...
Ce que l'on a aimé : - Les alentours plutôt vert et relativement calme - Baignade aux Hotsprings (attention par contre après on sent le souffre ... surtout les maillots pendant plusieurs jours ...). Au passage vous allez être regarder sous tous les angles ... apparemment ce n’est pas commun de voir des européens dans ces Hotsprings ... - Le marché avec ses fruits et légumes frais : beaucoup de mandarine dans cette région. Et célèbre aussi pour ces fruits de la passion : j'ai gouté et je les trouve un peu fadasse ...
- Le berastagi tea sorte de the avec miel, gingembre, anis étoilé, coriandre, cardamone et clous de girofle ... excellent !
Ce que l’on n’a pas aimé : - Le manque d'entretient des bâtiments ou route en ville - Les crottes de chevaux dans la rue principale et la crasse ambiante ...
Info prix : - Une balade en voiture avec chauffeur une demi-apres midi coute env. 140 000 IDR au départ de Berastagi - Trajet en taxi Medan Berastagi 400 000 IDR - Resto Padang en ville comptez 8 000 IDR pour un repas par personne
############################################ ########### Parapat - Lac Toba - Samosir ############################################
Le trajet Berastagi Lac Toba par le nord du lac est sympa. Très beau paysage pendant le trajet. Au départ beaucoup de plantation de mandarine ... puis du café en arrivant vers Parapat . En chemin beaucoup d'églises car contrairement à Medan cette région est catholique. On peut voir aussi l'ancien palais royal ... pas mal et aussi la cascade Sipiso : très impressionnante et belle avec un très beau panorama à gauche. Compter 45min aller retour si vous souhaitez voir la cascade de près. Le trajet Berastagi Parapat laisse aussi progressivement apparaitre une vue plongeante sur le lac très impressionnante ... ca ressemble « un peu » à la Suisse, Lausanne ... La vue sur le lac est magnifique.
Sinon maintenant Samosir ou tuktuk : Endroit calme et agréable ... finit les camions et voitures toutes les secondes ... L'ile est belle et à du charme. Pleins de maison batak qui ont connu leur heure de gloire j’imagine mais ont encore beaucoup de cachet . On vous proposera souvent sur cette ile le magic mushroom. Je n'ai pas essayé mais je pense qu'il faut éviter !
Visite : - Hotsprings à l'opposé de Tuktuk (compter 2, 5h en moto) - Baignade dans le lac - Balade en vélo ou moto - Maisons et palais Bataks à visiter - A voir en fin d'après midi (pour le coucher du soleil) : une montée sur la colline en face de tuktuk ... vous découvrirez toute cette partie de l'ile : les filets sur le lac, les rizières et toute la presqu'ile de tuktuk. Endroit vraiment chouette. Par contre la route pour y accéder est en mauvaise état ... mais ne pas hésiter à y aller la vue / le panorama est à tomber !
Ce que l'on a aimé: - Les gens très gentils - Les belles maisons Bataks - L'ambiance bonne enfant - Les balades au crépuscule dans tuktuk avec la vue sur le lac ... - Les baignades dans le lac
Ce que l’on n’a pas aimé : - Personnellement j'ai gouté une sorte de bière locale fabriqué à partir d'un arbre ou cactus un truc de ce genre ... gout horrible. Ce Beuvrages doit être consommé dans la journée ... il est donc fabriqué de façon artisanale et consommé chez l'habitant ou le bar du coin ... Par contre du coup expérience avec les habitants vraiment top. - La ville (qui est la capital administrative de l’ile) qui se trouve proche des hotsprings : sale, sale et .... sale.
Hôtel : On logeait au liberta : 60 000 IDR la nuit ... à ce prix difficile d'apporter une critique ... Chambre assez propre : seul bémol les toilettes à la turc sa sent fort ... Petit déjeuner non inclus (au prix de la chambre ....) mais très bon et peu cher Restaurant du liberta cuisine plutôt bonne et prix très doux. Seul bémol l'attente ... très longue ... et pas synchronisé sur tous les convives .... On peut se retrouver au dessert pendant que l'autre commence l'entrée ... Ne pas donner aussi votre linge. Le service Laundry est vraiment comment dire ... pas bon ... on voit que ce sont des mecs qui font la lessive ! Mr Moon est très sympathique. Par contre ses acolytes (personnel) ne m'inspire pas confiance ... mais on n’a pas eu à se plaindre si ce n'est que chaque matin et chaque soir on avait droit à tour de rôle (mais vraiment un par un - espacé de 2 min) ....where do you go ... do you need a motobike ... a transport ...bref ...
On a visité aussi le Samosir Cottages à la fin de notre séjour. L’hôtel à l’air vraiment bien. De belle chambre et une belle vue sur le lac. L’endroit a complètement été refait il y a quelques semaines. Belle salle de réception et la cuisine au restaurant est très bonne. Prix du restaurant doux.
Info prix : Trajet en taxi Berastagi Parapat 450 000 IDR Location de scooter 70 000 IDR avec essence (manuel) Trajet en taxi Parapat Medan par la route "direct" sans passez par berastagi : 80 000 IDR par personne par contre le taxi doit partir plein (7 places). Se renseigner à votre hôtel à Samosir ou à Parapat sur le quai. Traversé Parapat Samosir 7 000 IDR on paye dans le bateau ; Durée de la traversée 30 min par beau temps.
############################################ ########### Bukkitingi ############################################
Bourg un peu en altitude où il fait très bon. La ville est un peu pentu ... avec le fort au milieu ... Du coup on ne voit pas toute la ville d'un coup mais par à-coups ... ce qui est très bien ... Ici c'est la religion musulmane qui domine. Donc beaucoup de mosquées. La ville est globalement propre et entretenu. (mis a part le zoo).
Les visites : - le fort : on ne voit en fait pas grand chose en haut car il y a des arbres ... - le zoo : en piteuse état ... les pauvres animaux ... - la place de l'horloge : très animé en journée comme le soir où tout le monde se retrouve sur la place pour un marché improvisé ... Les environs : - Le lac Maninjo : très beau de haut comme au pied du lac. Possibilité de loger sur les rives et baignades aussi. Endroit très agréable. Y aller à la journée - Balade en moto et boucle de Bukkitingi jusqu'a Battuksinktar et le pays mimangs : très belle maisons Mimangs sur le chemin. Beaucoup de rizières aussi. En chemin pas mal d'arrêt touristique (genre panorama sur une vallée ...) mais très mal entretenu ... c'est ici qu'on sent bien que l'Indonésie a subi une perte de fréquentation touristiques ... Y aller à la journée
De la canne à sucre aussi dans cette région et donc possibilité de voir la fabrication du sucre roux.
Ce que l'on a aimé: - Les gens très ouvert aux dialogues - Les environs : le lac maninjo
Ce que l’on n’a pas aimé : - Le Mézin qui nous réveil de 4:30 jusqu'a 8:00 ... affreux ... je pèse mes mots !
Hôtel : Orchid hotel : on a eu une chambre éco car tout était complet ailleurs ... 75 000 IDR la chambre Très spartiate ! Propreté laisse à désirer. Le personnel est plutôt sympa Petit dej infect ou plutôt très très gras ... tranche de pain panné dans 10000 litres de beurre avec une confiture et du Beurre !
Restaurant on a testé le Hills (l'ancien Novotel de la ville) on a eu droit un spectacle le soir et la nourriture était plutôt bonne. Prix correct pour le cadre.
Info prix : Trajet Padang (aéroport) Bukittinggi en taxi
############################################ ########### Yogyakarta ############################################
Ville plate qui a subi beaucoup de dégâts lors du tremblement de terre de 2006. J'ai été un peu déçu par Yogyakarta. Je m'attendais à une ville verte et boisé ... une Florance de l'Indonésie ... rien de cela ... Comme d'habitude en Indonésie bruit, voiture, trafic partout, rue étroite ... Seul point positif la vieille ville ou la il n'y a pas de trafic puisqu'il s’agit de passage pour piétons (ou moto). Mais la vieille ville ressemble par moment plus à des ruines qu'à une ville : Beaucoup de bâtiments délabrés ... certes le tremblement de terres y est pour quelque chose .... Mais ... aussi le manque d’entretien ... Le Kraton .. maouis ... bof bof La rue principale où se concentre tous les commerces et Malls ... maouis ... bof bof Yogja ne nous a pas emballé ...
Par contre Borobudur : site exceptionnel et magique. De jour comme de nuit (on dormait à l'hôtel situé dans le parc) l'édifice est splendide.
Visite: Le kraton La vieille ville : les palais, les bains ... et les marchés (oiseaux ...) Le silver village Spectacle de danse Les ateliers de batiks et de fabrication de marionnettes. Borobudur Prabanan
Ce que l'on a aime : - Borobudur - Borobudur - Borobudur - Les chauffeurs de becaks très sympa et je leur tire mon chapeau pour le travail qu'il effectue.
Pour l'histoire un chauffeur de becak nous expliquait qu'il louait son becack car il n'avait pas les moyens de l'acheter : il nous donne alors le prix d'un becaks : 100 euros et on reste bouche baie.
Ce que l’on n’a pas aimé : Ici plutôt moins aimé : le Prabanan en mauvaise état et le site un peu "vide"
Hôtel: Le Phœnix hôtel - le grand Mercure. 40 EUR la nuit mais très bon rapport qualité prix Chambre impeccable propre, très belle piscine. La bâtisse est splendide puisqu'il s'agit d'une vielle maison coloniale réaménagé. Un lieu plein de cachet et de charme.
Le restaurant de l'hôtel offre une cuisine très bonne à un prix correct. Le petit dej inclus est pantagruélique : buffet ultra complet ... on est callé pour toute la journée !
############################################ ########### Surabaya : ############################################
Ville immense, polluée (pour pas changer) ... pas grand chose à voir si ce n'est que les malls géants (mais vide ...) Passage obligé pour nous car nous allions au Bromo ... nous avons donc choisi le vol Yogja Surabaya avec Lion Air qui au passage a été une de mes plus grosses frayeurs de ma vie en avion ...Lion air donc je déconseille ...
############################################ ########### Bromo ############################################
Le Bromo est l’endroit que je me faisais (avant mon voyage) de l'Indonésie : Naturel et impressionnant. Endroit magique. Même si il y a des centaines de touristes au lever du soleil n'hésitez pas à vous réveiller à 4:00 pour découvrir la vue sur les 3 volcans : le bromo biensur mais aussi le Batok et le Semeru depuis le mont qui se trouve en face. Ce qui est intéressant ce sont les changements de lumières et donc de couleurs pendant toute la montée du soleil. Chose que vous ne verrez pas si vous y allez en pleine journée. De plus vous montez dans la nuit et donc vous découvrez ce panorama petit à petit avec le lever du jour. Moment unique .... Prévoir par contre une bonne veste (vous pouvez aussi en louer une à votre hôtel) et une écharpe (on en a acheté à 10.000IDR) Apres le lever du soleil vous irez sur le Bromo même. Ascension facile et spectacle à la hauteur du volcan.
Au passage quand vous aller au Bromo en sortant de Surabaya vous passerez devant le "nouveau" volcan de boue : Lusi Endroit complètement fou ... des maisons engloutis par des litres de boues : on ne distingue plus que quelques toits ... une digue de plusieurs mètres pour éviter que la boue se propage ...on se croirait dans un mauvais film et pourtant c'est la réalité.
"Droit d'entrée" sur la digue par les riverains modique (15.000 IDR) Embouteillage monstre par contre car beaucoup de voiture s'arrêtent et le volcan a aussi englouti une portion de l'autoroute ... S'armer donc de patience ...
Hôtel : Yochi : chambre correct avec sanitaire commun pour certaines chambres ... Le restaurant de l'hôtel sert une cuisine correct mais comme d'habitude (en général en Indonésie) très désordonné et très longue attente .... Prix doux
Info prix: Bromo en 4x4 300.000 IDR la jeep (de 6) donc n'hésitez pas si vous n'êtes pas complet à trouver des "amis". Droit d’entrée : on a pas très bien compris ca devait être 20.000 par personne mais au final on a payé 30.000 pour toute la jeep ! Conseil surtout ne payer qu’à l’entrée ! Ne pas payer le chauffeur ou votre guesthouse . Pour aller au Bromo on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya : 500.000 IDR la journée
############################################ ########### Kawa Ijen ############################################
Endroit certes reculé par rapport aux autres villes de Java puisque ce volcan est a l'extrême Est... mais allez voir ce volcan ! Le Kawa Ijen a été pour moi LE moment FORT de tout mon voyage en Indonésie. La montée n'est pas très difficile. Compter 1h30 de montée, y aller à son rythme, il y a de la pente mais elle est plutôt douce (ce n'est pas le col du taibit de la Réunion pour celles et ceux qui connaissaient !) Arrivé la haut c'est tout simplement magique ... un lac de couleur bleue vert ... qui est en fait un beau lac d'acide ! En chemin vous croiserait des dizaines de porteurs de souffres ... Ces hommes sont surhumains ... ils portent plusieurs dizaines de kg de souffres ... dans des conditions extrêmes ! On sort humble du Kawa Ijen ... Prévoir quelques friandises pour les porteurs de souffres ou de l'eau ... ca leur fera plaisir !
Autres visites : Vous pouvez aussi après ou avant vous détendre aux Hotsprings et aller voir la cascade assez impressionnante car on la voit de haut juste en face et non en dessous comme d'habitude ... Les litres d'eaux tombant donnent le vertige ... Endroit surprenant et très agréable ....
Dans cette région on cultive aussi le café ... vous pourrez donc découvrir toutes les étapes dans la fabrication de celui ci ...
Hôtel : 2 hôtels seulement proches du Kawa Ijen et donc réservation plus que nécessaire ... Nous n’avions pas réservé .... On a donc dormi chez l'habitant ... 100.000 IDR la chambre ... rudimentaire mais on ne fait pas les difficile a 12000Km de chez nous ... dans un endroit comme celui ci ...
Info prix: Pour aller au Kawa Ijen on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya - Bromo puis Kawa Ijen : 500 000 IDR la journée Droit d’entrée modique pour le kawa Ijen de mémoire 15.000 IDR par personne.
Pour Bali: Je ferai un commentaire sur toutes les villes que nous avons visitées plus tard dans un autre post...
Et de manière générale en Indonésie :
- A votre arrivée acheter une carte SIM : la carte SIMPATI coute 15.000 IDR (1eur env.) avec un crédit de 5.000 IDR. Pratique pour appeler vos proches et les gens sur place. - La réservation d'hôtel peut se faire sur place en appelant simplement. Aucune avance demandée si ce n'est que d'arriver avant une certaine heure. - Tout se négocie même les chambres d'hôtels ! et surtout les transports ! - Peu de distributeur acceptant les cartes VISA ou MASTERCARD dans les villes non touristique (comparé aux autres pays d'Asie du SE) ... donc prévoir toujours des euros . Idem pour les traveller check . Très peu de bureaux de changes. Même à Bali on a galéré pour trouver un ATM à candi casa : il n'y en a pas et donc il faut aller �� Ampulara (30 min de voitures) et il n'y a qu'un ATM qui accepte les cartes étrangères ... donc je le répète toujours avoir un peu de cash ! - Enfin prévoir du papier toilette (pour les WC hors hotels) car contrairement aux autres pays d'Asie vous n'en trouverez pas dans 95% des cas ...
Ma conclusion à chaud :
On a trouvé que le pays était un peu sinistré dans le sens où beaucoup d'établissement/sites touristiques ont fermé leurs portes ou ne sont plus entretenus ...
On voit clairement le sur dimensionnement de certains lieux en parking ... alors qu'il y a une dizaine de personnes tout au plus .... C'est la chose qui m'a le plus marqué en Indonésie ... le coté sinistré ...
C'est en cela que je dirai que notre impression général sur l'Indonésie a été mitigée ...
Mitigé car d'un coté on a des grandes mégapoles comme Jakarta ou Surabaya complètement immonde, sans espace verts ... sans charme tout simplement ... et de l'autres des lieux magiques comme le Kawa Ijen ... La pollution, le bruit et le manque d'espace verts (beaucoup plus que dans d'autres pays d'Asie du sud Est ) nous a complètement déstabilisé les premiers jours ... J'ai même durant un trajet Yogjakarta Borobudur eu la trachée toute irritée (brulé) tellement que l'air est polluée : chose qui ne m'étais jamais arrivé en Asie du Sud Est (même à Bangkok !)
Heureusement que certains sites sont extraordinaires et les gens très gentils et généreux .
Parcours au Canada de huit jours: votre avis? English translation pending
Bonjour,
Je me permets de vous présenter notre projet de voyage au Canada de 8jours (fin Août) afin de prendre connaissance de vos remarques et surtout de vos astuces et autres bons plans ! ^^ Nous n’avons encore rien décidé quant aux différents restaurants et hôtels/gîtes/auberges de jeunesse et voudrions profiter de vos expériences à ce niveau là pour vivre pleinement notre séjour.
Carte avec tracé du parcours :

Voila ce que nous avons prévu pour l’instant : J1 : arrivée Montréal, location voiture, nuit à MontréalJ2 : visite de trois-rivières et grandes piles, nuit à grandes pilesJ3 : visite de La tuque et de St Félicien, nuit à Saint félicienJ4 : grosse partie de journée au zoo st félicien puis visite parc pointe-taillon, nuit à ChicoutimiJ5 : visite parc de Saguenay, visite des petites villes le long du St Laurent jusqu’à Québec, nuit à QuébecJ6 : visite de Québec, nuit à QuébecJ7 : direction Montréal, demi journée de visite de Montréal, nuit à MontréalJ8 : demi journée de visite de Montréal, départ pour Paris en fin de journéePour ce qui est de l’hébergement, nous comptons passer par « La capitainerie du passant » à Grandes Piles et par « l’auberge à fleur d’eau » à St Félicien. Pour le reste nous n’avons aucune idée, peut être des auberges de jeunesse.
Si quelqu’un a déjà fait un parcours similaire, peut il nous donner des conseils pour l’hébergement dans les différentes villes ci-dessus ? idem pour les restaurants ou snack qu’il vaut le coup d’aller voir.
Le but de notre voyage est dans un premier temps de rencontrer des gens donc nous préférons éviter les hôtels/motels et de voir du paysage, en prendre plein la vue quoi ! ^^
Ensuite, nous sommes absolument preneurs de toute information ou idée concernant les activités à faire sur ce parcours.
Dans l’espoir de vous lire,
Salutations,
Enixx
Je me permets de vous présenter notre projet de voyage au Canada de 8jours (fin Août) afin de prendre connaissance de vos remarques et surtout de vos astuces et autres bons plans ! ^^ Nous n’avons encore rien décidé quant aux différents restaurants et hôtels/gîtes/auberges de jeunesse et voudrions profiter de vos expériences à ce niveau là pour vivre pleinement notre séjour.
Carte avec tracé du parcours :
Voila ce que nous avons prévu pour l’instant : J1 : arrivée Montréal, location voiture, nuit à MontréalJ2 : visite de trois-rivières et grandes piles, nuit à grandes pilesJ3 : visite de La tuque et de St Félicien, nuit à Saint félicienJ4 : grosse partie de journée au zoo st félicien puis visite parc pointe-taillon, nuit à ChicoutimiJ5 : visite parc de Saguenay, visite des petites villes le long du St Laurent jusqu’à Québec, nuit à QuébecJ6 : visite de Québec, nuit à QuébecJ7 : direction Montréal, demi journée de visite de Montréal, nuit à MontréalJ8 : demi journée de visite de Montréal, départ pour Paris en fin de journéePour ce qui est de l’hébergement, nous comptons passer par « La capitainerie du passant » à Grandes Piles et par « l’auberge à fleur d’eau » à St Félicien. Pour le reste nous n’avons aucune idée, peut être des auberges de jeunesse.
Si quelqu’un a déjà fait un parcours similaire, peut il nous donner des conseils pour l’hébergement dans les différentes villes ci-dessus ? idem pour les restaurants ou snack qu’il vaut le coup d’aller voir.
Le but de notre voyage est dans un premier temps de rencontrer des gens donc nous préférons éviter les hôtels/motels et de voir du paysage, en prendre plein la vue quoi ! ^^
Ensuite, nous sommes absolument preneurs de toute information ou idée concernant les activités à faire sur ce parcours.
Dans l’espoir de vous lire,
Salutations,
Enixx
Trajet au Canada (Québec et Ontario) en juin English translation pending
Bonjour,
Nous partons pour le Canada en juin prochain, nous avons trouvé ce parcours qu'en pensez vous ? Les contraintes sont : Arrivée à Montreal en journée et départ de Toronto dans la matinée.
30 mai JOUR 1 FRANCE / MONTREAL 31 mai JOUR 2 MONTRÉAL / QUÉBEC 253 km – environ 2 H 46 01 juin JOUR 3 QUÉBEC / ST-FULGENCE 223 km – environ 2 H 43 02 juin JOUR 4 ST-FULGENCE (une nuit supplémentaire pour visiter la region) 03 juin JOUR 5 ST-FULGENCE / TADOUSSAC 112 km – environ 1 H 46 04 juin JOUR 6 TADOUSSAC / QUEBEC 214 km – environ 3 H 1 minute 05 juin JOUR 7 QUEBEC / MONTRÉAL 253 km – environ 2 H 47 06 juin JOUR 8 MONTREAL / LAURENTIDES 117 km – environ 1 H 18 07 juin JOUR 9 LAURENTIDES / OTTAWA - GATINEAU 145 km – environ 2 H 10 08 juin JOUR 10 OTTAWA - GATINEAU / REGION DES MILLE ILES 175 km – environ 1 H 55 09 juin JOUR 11 REGION DES MILLE ILES / TORONTO 286 km – environ 2 H 57 10 juin JOUR 12 TORONTO / NIAGARA FALLS / TORONTO (ENV. 1H30 – 135 km PAR TRAJET) 11 juin JOUR 13 TORONTO / NEW YORK
J'ai rajouté une deuxieme étape à Montreal pour faire la coupure d'un long trajet et aussi parce on y passait qu'un seul apres midi le jour 1 (jour d'atterissage...) Idem pour Quebec, une deuxieme nuit pour faire la boucle.
Qu'en pensez vous ??
Merci pour vos commentaires
enensy
Nous partons pour le Canada en juin prochain, nous avons trouvé ce parcours qu'en pensez vous ? Les contraintes sont : Arrivée à Montreal en journée et départ de Toronto dans la matinée.
30 mai JOUR 1 FRANCE / MONTREAL 31 mai JOUR 2 MONTRÉAL / QUÉBEC 253 km – environ 2 H 46 01 juin JOUR 3 QUÉBEC / ST-FULGENCE 223 km – environ 2 H 43 02 juin JOUR 4 ST-FULGENCE (une nuit supplémentaire pour visiter la region) 03 juin JOUR 5 ST-FULGENCE / TADOUSSAC 112 km – environ 1 H 46 04 juin JOUR 6 TADOUSSAC / QUEBEC 214 km – environ 3 H 1 minute 05 juin JOUR 7 QUEBEC / MONTRÉAL 253 km – environ 2 H 47 06 juin JOUR 8 MONTREAL / LAURENTIDES 117 km – environ 1 H 18 07 juin JOUR 9 LAURENTIDES / OTTAWA - GATINEAU 145 km – environ 2 H 10 08 juin JOUR 10 OTTAWA - GATINEAU / REGION DES MILLE ILES 175 km – environ 1 H 55 09 juin JOUR 11 REGION DES MILLE ILES / TORONTO 286 km – environ 2 H 57 10 juin JOUR 12 TORONTO / NIAGARA FALLS / TORONTO (ENV. 1H30 – 135 km PAR TRAJET) 11 juin JOUR 13 TORONTO / NEW YORK
J'ai rajouté une deuxieme étape à Montreal pour faire la coupure d'un long trajet et aussi parce on y passait qu'un seul apres midi le jour 1 (jour d'atterissage...) Idem pour Quebec, une deuxieme nuit pour faire la boucle.
Qu'en pensez vous ??
Merci pour vos commentaires
enensy
Retour de croisière sur le Costa Victoria (du 14 au 28 septembre) English translation pending
😉 Bonjour à tous,
Ca y est, c'est déjà fini !!!! 14 jours et le rêve est déjà terminé....
Le parcours était le suivant :
SAVONE/NAPLES/SANTORIN/IZMIR/DARDARNELLES/ISTAMBUL/BOSPHORE/ CONSTANZA/ODESSA/YALTA/LE PIREE/KATAKOLON/SAVONE.
Je vous dévoile maintenant les bons comme les moins bons afin de vous faire une idée sur ce trajet un peu à part certes et de savoir ce que devient ce bateau pour ceux qui l'ont pris.
Tout d'abord, commençons par l'embarquement....
Nous avons rejoins Savone en voiture, le samedi 14 septembre. Bien qu'ayant préparé ma croisière largement à l'avance, je dois vous faire part pour ceux qui n'ont jamais fait le trajet en véhicule perso, que tout est fait pour suivre un itinéraire bien précis.
On trouve rapidement dés l'entrée en ville des panneaux fléchés indiquant : PALACROCIERE COSTA - DIRECTION PORTO.
A l'approche de la grosse forteresse, le port est à quelques mêtres. Nous sommes rapidement prix en charge par un responsable qui nous indique la marche à suivre : paiement en liquide du montant du parking de 09€/JRS en fonction du nombre de jours de la croisière, remise d'une fiche avec comme indication : l'état de la carrosserie, l'immatriculation du véhicule, mes coordonnées, la date et l'heure d'arrivée et du retour. Cette fiche servira ensuite à reprendre la clef du véhicule dont le double sera gardée par le préposé pendant toute la croisière. les bagages : ceux-ci sont pris en charge rapidement et nous nous retrouvons dirigés vers le Palais des Croisières. Il y a des agents de Costa partout et à chaque moment, nous avons les informations qui peuvent nous être utiles.
Je précise que le COSTA VICTORIA était à quai à l'opposé du Palais des Croisières. Le quai principal était occupé par le Costa MAGICA.
Les passagers descendant du VICTORIA rencontrent les nouveaux qui vont se positionner vers le Palais pour attendre l'embarquement.
Il est 10h30 et mon épouse et moi, n'avons jamais étaient génés par le mouvement de foule. Nous sommes acheminés du quai n° 2 vers le Palais des Croisières, en bus.
Nous sommes dans le Palais des croisières avec en poche la carte portant le n° 2. Cette carte est attribuée en fonction de votre arrivée sur le site et remise par un agent Costa. Ce qui veut dire que nous attendrons pas longtemps pour l'embarquement sur ce navire. Le temps de se rafraîchir en dégustant quelque chose, nous savons que l'embarquement s'effectuera à partir de de 13h30. J'en profite pour faire un tour sur la terrasse afin de voir comment se passe l'embarquement des bagages, des vivres, etc....
Je constate comme l'a précisé quelques personnes sur ce forum que certaines valises sont bousculées... Les mini containers sont remplit et sont acheminés vers un accés en partie basse du bateau. Le va et vient des camions est continuel. Je prends consience à ce momen là du niveau de cette entreprise....
Vers 15h00, on nous annonce la prochédure d'embarquement pour les personnes portant le 1 et 2. Nous suivons un cheminement qui jouxte le bateau et nous arrivons au pieds de la passerelle. Vérification des passeports, nous empruntons la passerelle et déjà, j'entends certains commentaires de personnes d'origine française ralant car ils pensaient certainement éviter la montée un peu rude de la passerelle. Cet accés, nous permet d'arriver au pont n° 5 du bateau. Un comité d'accueil sympathique de différentes personnes représentant les divers métiers à bord, nous saluent.
Excellent point pour notre arrivée à bord.
Nous pouvons être guidés vers nos cabine mais j'ai tellement cherché des informations sur ce bateau sur le net que je n'ai pas besoin d'être accompagné. Mon épouse et moi, prenons l'ascenceur et nous rendons directement au pont n° 10 "NORMA". La cabine se trouve à l'arrière et porte le n° 10453. Nous avons toute les indications afin de suivre le cheminement vers la cabine. Tout va bien, nous continuons. Nous découvrons la cabine extérieure, salle de bain, literie, armoire (un peu petite pour deux). Sur le lit, nous trouvons toutes les informations concernant la crosière, cartes COSTA VICTORIA, la clef d'accés cabine au nombre de deux, le mini bar.
Particularité d'une cabine à l'arrière : sur ce bateau, le hublot ne permet pas d'avoir un accés directement sur la mer mais sur un petit pont. Inconvénient si vous ne baissez pas le store, des personnes curieuses jettent souvent des regards au travers du hublot.
Là ou il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir !!!!!
Départ à l'heure vers 17h30, la croisière commence.....
Mes prochaines remarquent se feront sur les escales. Je ferais un commentaire sur chacune d'elle. J'ai fait le choix aussi de réaliser certaines excursions par moi-même, en taxi, et je peux vous dire que nous avons apprécié l'aspect touristique avec autant d'intérêt sachant que nous avons gagner aussi sur le plan financier. Nous avons proposé à un autre couple de partager ce mode de déplacement et à chauqe fois, ce fut un succés.
Commentaires sur le bateau :
Construit en 1996, rénové en 2004, nous avons constaté un vieillissement avancé dans certaines parties du bateau. La couleur des coursives d'un bleu défraîchi est à la longue monotone et tristounette. Plusieurs incidents sur les évacuations des toilettes, climatisation en cabine bruyante au démarrage, vibrations intempestives du bateau en mer. Malgré un entretien journalier par du personnel comptétent, apparition de traces diverses aussi bien sur les ponts qu'à l'intérieur des salles à manger, tissus des banquettes et des fauteuils abimés et trés décolorés, boutiques peu achalandées et proposant des articles provenant des pays nordiques !!!! Rien pour les enfants, peu de choses pour les femmes (à part des bijoux, des foulards, des parfums, des gadgets de la compagnie, des cigarettes et de l'acool), par contre rien pour les hommes...
Les intervention techniques sur les machines à sous sont journalières provoquant des désagréments pour les fanas.
L'équipage a été trés individuel et peu communicatif durant cette croisière. L'intervenant pour nous français à bord n'a pas été à la hauteur de ses responsabilités, avec beaucoup de lacune sur sa propre culture générale.
Les spectacles étaient d'un niveau moyen avec souvent des répétitions peu attractives.
Le service en restauration dans les buffets (quatre en tout) au pont n° 11 n' a jamais offert de diversité. Les thèmes par pays ont duré 02 jours seulement. Les menus dans les restaurants FANTASIA et SINFONIA étaient plus appréciés. 1er service à 18h30 et 2° à 20h30 permettant d'accéder au spectacle dans les temps.
Nous avons apprécié avec un plus majeur pour le personnel de cabine, notre responsable de prénom "GERLINE", originaire des Philipines qui a donné entière satisfaction aux passagers des 22 cabines sous sa responsabilité.
Un plus majeur aussi pour le personnel de service en restaurant. Ceux sont des gens vraiement adorables. Le sourire est permanent et malheureusement certains passagers se comportaient avec eux comme des imbéciles pour ne pas dire autre chose.
Avant de finir cette page, je voudrais vous dire ce que je pense des passagers et cela quelque soit leur nationalité. Il y a eu de trés mauvais comportement aussi bien chez des français que chez des italiens. Si les seconds parlent forts et cela nous le savons tous, les premiers ont rien à leur envié quand on voit leur comportement en excursion. Je me serais cru parfois dans le métro à des heures de pointes pour avoir une place préférentielle dans le bus, ou au cours de l'excursion pour se trouver à coté du guide !!!
Une dernière remarque : priorité à la langue italienne, anglaise, allemande et quelque mots en français. Malgré la présence en majorité de français, beaucoup de passagers ont été déçu. Je vous donne un conseil, si je peux me permettre, apprenez quelque mots dans ces langues, faites un petit effort car cela peu vous servir.
J'ai réalisé beaucoup de photos et je ne manquerais d'en rajouter au fur et à mesure des discussions et pour ceux qui seraient intéressés par cette croisière.
La suite du programme sera sur les excursions....
Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas de vos remarques ou commentaires.
Je prépare la prochaine pour 2009.....
Cordialement
Ca y est, c'est déjà fini !!!! 14 jours et le rêve est déjà terminé....
Le parcours était le suivant :
SAVONE/NAPLES/SANTORIN/IZMIR/DARDARNELLES/ISTAMBUL/BOSPHORE/ CONSTANZA/ODESSA/YALTA/LE PIREE/KATAKOLON/SAVONE.
Je vous dévoile maintenant les bons comme les moins bons afin de vous faire une idée sur ce trajet un peu à part certes et de savoir ce que devient ce bateau pour ceux qui l'ont pris.
Tout d'abord, commençons par l'embarquement....
Nous avons rejoins Savone en voiture, le samedi 14 septembre. Bien qu'ayant préparé ma croisière largement à l'avance, je dois vous faire part pour ceux qui n'ont jamais fait le trajet en véhicule perso, que tout est fait pour suivre un itinéraire bien précis.
On trouve rapidement dés l'entrée en ville des panneaux fléchés indiquant : PALACROCIERE COSTA - DIRECTION PORTO.
A l'approche de la grosse forteresse, le port est à quelques mêtres. Nous sommes rapidement prix en charge par un responsable qui nous indique la marche à suivre : paiement en liquide du montant du parking de 09€/JRS en fonction du nombre de jours de la croisière, remise d'une fiche avec comme indication : l'état de la carrosserie, l'immatriculation du véhicule, mes coordonnées, la date et l'heure d'arrivée et du retour. Cette fiche servira ensuite à reprendre la clef du véhicule dont le double sera gardée par le préposé pendant toute la croisière. les bagages : ceux-ci sont pris en charge rapidement et nous nous retrouvons dirigés vers le Palais des Croisières. Il y a des agents de Costa partout et à chaque moment, nous avons les informations qui peuvent nous être utiles.
Je précise que le COSTA VICTORIA était à quai à l'opposé du Palais des Croisières. Le quai principal était occupé par le Costa MAGICA.
Les passagers descendant du VICTORIA rencontrent les nouveaux qui vont se positionner vers le Palais pour attendre l'embarquement.
Il est 10h30 et mon épouse et moi, n'avons jamais étaient génés par le mouvement de foule. Nous sommes acheminés du quai n° 2 vers le Palais des Croisières, en bus.
Nous sommes dans le Palais des croisières avec en poche la carte portant le n° 2. Cette carte est attribuée en fonction de votre arrivée sur le site et remise par un agent Costa. Ce qui veut dire que nous attendrons pas longtemps pour l'embarquement sur ce navire. Le temps de se rafraîchir en dégustant quelque chose, nous savons que l'embarquement s'effectuera à partir de de 13h30. J'en profite pour faire un tour sur la terrasse afin de voir comment se passe l'embarquement des bagages, des vivres, etc....
Je constate comme l'a précisé quelques personnes sur ce forum que certaines valises sont bousculées... Les mini containers sont remplit et sont acheminés vers un accés en partie basse du bateau. Le va et vient des camions est continuel. Je prends consience à ce momen là du niveau de cette entreprise....
Vers 15h00, on nous annonce la prochédure d'embarquement pour les personnes portant le 1 et 2. Nous suivons un cheminement qui jouxte le bateau et nous arrivons au pieds de la passerelle. Vérification des passeports, nous empruntons la passerelle et déjà, j'entends certains commentaires de personnes d'origine française ralant car ils pensaient certainement éviter la montée un peu rude de la passerelle. Cet accés, nous permet d'arriver au pont n° 5 du bateau. Un comité d'accueil sympathique de différentes personnes représentant les divers métiers à bord, nous saluent.
Excellent point pour notre arrivée à bord.
Nous pouvons être guidés vers nos cabine mais j'ai tellement cherché des informations sur ce bateau sur le net que je n'ai pas besoin d'être accompagné. Mon épouse et moi, prenons l'ascenceur et nous rendons directement au pont n° 10 "NORMA". La cabine se trouve à l'arrière et porte le n° 10453. Nous avons toute les indications afin de suivre le cheminement vers la cabine. Tout va bien, nous continuons. Nous découvrons la cabine extérieure, salle de bain, literie, armoire (un peu petite pour deux). Sur le lit, nous trouvons toutes les informations concernant la crosière, cartes COSTA VICTORIA, la clef d'accés cabine au nombre de deux, le mini bar.
Particularité d'une cabine à l'arrière : sur ce bateau, le hublot ne permet pas d'avoir un accés directement sur la mer mais sur un petit pont. Inconvénient si vous ne baissez pas le store, des personnes curieuses jettent souvent des regards au travers du hublot.
Là ou il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir !!!!!
Départ à l'heure vers 17h30, la croisière commence.....
Mes prochaines remarquent se feront sur les escales. Je ferais un commentaire sur chacune d'elle. J'ai fait le choix aussi de réaliser certaines excursions par moi-même, en taxi, et je peux vous dire que nous avons apprécié l'aspect touristique avec autant d'intérêt sachant que nous avons gagner aussi sur le plan financier. Nous avons proposé à un autre couple de partager ce mode de déplacement et à chauqe fois, ce fut un succés.
Commentaires sur le bateau :
Construit en 1996, rénové en 2004, nous avons constaté un vieillissement avancé dans certaines parties du bateau. La couleur des coursives d'un bleu défraîchi est à la longue monotone et tristounette. Plusieurs incidents sur les évacuations des toilettes, climatisation en cabine bruyante au démarrage, vibrations intempestives du bateau en mer. Malgré un entretien journalier par du personnel comptétent, apparition de traces diverses aussi bien sur les ponts qu'à l'intérieur des salles à manger, tissus des banquettes et des fauteuils abimés et trés décolorés, boutiques peu achalandées et proposant des articles provenant des pays nordiques !!!! Rien pour les enfants, peu de choses pour les femmes (à part des bijoux, des foulards, des parfums, des gadgets de la compagnie, des cigarettes et de l'acool), par contre rien pour les hommes...
Les intervention techniques sur les machines à sous sont journalières provoquant des désagréments pour les fanas.
L'équipage a été trés individuel et peu communicatif durant cette croisière. L'intervenant pour nous français à bord n'a pas été à la hauteur de ses responsabilités, avec beaucoup de lacune sur sa propre culture générale.
Les spectacles étaient d'un niveau moyen avec souvent des répétitions peu attractives.
Le service en restauration dans les buffets (quatre en tout) au pont n° 11 n' a jamais offert de diversité. Les thèmes par pays ont duré 02 jours seulement. Les menus dans les restaurants FANTASIA et SINFONIA étaient plus appréciés. 1er service à 18h30 et 2° à 20h30 permettant d'accéder au spectacle dans les temps.
Nous avons apprécié avec un plus majeur pour le personnel de cabine, notre responsable de prénom "GERLINE", originaire des Philipines qui a donné entière satisfaction aux passagers des 22 cabines sous sa responsabilité.
Un plus majeur aussi pour le personnel de service en restaurant. Ceux sont des gens vraiement adorables. Le sourire est permanent et malheureusement certains passagers se comportaient avec eux comme des imbéciles pour ne pas dire autre chose.
Avant de finir cette page, je voudrais vous dire ce que je pense des passagers et cela quelque soit leur nationalité. Il y a eu de trés mauvais comportement aussi bien chez des français que chez des italiens. Si les seconds parlent forts et cela nous le savons tous, les premiers ont rien à leur envié quand on voit leur comportement en excursion. Je me serais cru parfois dans le métro à des heures de pointes pour avoir une place préférentielle dans le bus, ou au cours de l'excursion pour se trouver à coté du guide !!!
Une dernière remarque : priorité à la langue italienne, anglaise, allemande et quelque mots en français. Malgré la présence en majorité de français, beaucoup de passagers ont été déçu. Je vous donne un conseil, si je peux me permettre, apprenez quelque mots dans ces langues, faites un petit effort car cela peu vous servir.
J'ai réalisé beaucoup de photos et je ne manquerais d'en rajouter au fur et à mesure des discussions et pour ceux qui seraient intéressés par cette croisière.
La suite du programme sera sur les excursions....
Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas de vos remarques ou commentaires.
Je prépare la prochaine pour 2009.....
Cordialement
Hébergement pas trop cher en Croatie au mois de juillet? English translation pending
😛 bonjour,
je vais en Croatie les 2 premières semaines de juillet avec mon ami, et on cherche des hébergements pas trop chers à Dubrovnik, Split, Mljet. apparemment, si j'en crois mes guides de voyage, c'est pas gagné, surtout à cette période de l'année, mais si vous avez quelques bonnes adresses, çà nous serait très utile ! (et aussi si il est nécessaire de réserver longtemps à l'avance, les coordonnées, tarifs, etc). pas besoin de quelque chose de luxueux, on cherche avant tout à être bien placés dans les villes (vieux quartiers, port, joli coin de l'île, etc) et à ce que ce soit propre. après, si c'est un peu sommaire, c'est pas trop grave ! sinon, n'hésitez pas à me faire part des pièges potentiels à éviter à tout prix ! on est ok pour aller soit à l'hôtel, soit chez l'habitant, il semblerait que cette dernière formule soit assez répandue ? merci d'avance ! 😎
je vais en Croatie les 2 premières semaines de juillet avec mon ami, et on cherche des hébergements pas trop chers à Dubrovnik, Split, Mljet. apparemment, si j'en crois mes guides de voyage, c'est pas gagné, surtout à cette période de l'année, mais si vous avez quelques bonnes adresses, çà nous serait très utile ! (et aussi si il est nécessaire de réserver longtemps à l'avance, les coordonnées, tarifs, etc). pas besoin de quelque chose de luxueux, on cherche avant tout à être bien placés dans les villes (vieux quartiers, port, joli coin de l'île, etc) et à ce que ce soit propre. après, si c'est un peu sommaire, c'est pas trop grave ! sinon, n'hésitez pas à me faire part des pièges potentiels à éviter à tout prix ! on est ok pour aller soit à l'hôtel, soit chez l'habitant, il semblerait que cette dernière formule soit assez répandue ? merci d'avance ! 😎
De l'Alsace à l'Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan) en été 2007 English translation pending
De l'Alsace aux Tien-Shan (Monts célestes) en passant par
Minsk, Moscou, l'Ouzbékistan, le Tajikistan, les Pamirs...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.
Jour après jour...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.
Jour après jour...
Avis sur itinéraire au Québec avec nos trois enfants English translation pending
Bonjour,
Nous serons au Québec cet été du 24 juillet au 17 aout avec nos 3 enfants (13, 11 et 4 ans) en vadrouille avec voiture. On passe 3 jours à Montréal. Avant de séjourner à Québec (nous avons réserver au palace Royal hotel jaro, intéressant pour leur chambre familiale et l'emplacement, on espère en tout cas!) on voudrait se poser 3 nuits au Mont Tremblant. Nous sommes à l'écoute d'adresse et d'idée sympas sur ce coin là. On poursuit après sur le lac Saint jean et Saint félicien (on a vu un gîte sympa à Metabetchouan) puis Sainte Rose du Nord (on est là preneur d'une bonne adresse) puis les Escoumins (on s'interroge avec la petite de 4 ans sur la meilleurs solution pour tenter de voir les baleines) puis Baie de saint Paul ( on est en recherce d'adresse aussi) puis Val Cartier ( on se dit que ça peut être agréable pour les enfants, on sera ravi d'avoir votre avis!), Pour finir 2 nuits à Montréal avant le retour sur Lyon. est-ce que ça vous parait un itinéraire avec nos 3 bambins? On vous remercie d'avance pour les bonnes adresses qui pourront rendre notre séjour encore plus extra. On se réjouit tous les 5 de vos réponses!
bonne journée!
Retour de l'hôtel Sirenis La Salina English translation pending
Bonjour, je viens de revenir du Sirenis La Salina. J'ai passé une très belle semaine! Je sais que plusieurs ont fait leur résumé sur cet hôtel mais si vous avez tout de même des questions, il me fera plaisir d'y répondre! Les commentaires avant mon voyage m'a aidé à préparer mon voyage donc si je peux vous aider il me fera plaisir de le faire également!
Isabelle
Compte rendu de l'hôtel Sirenis la Salina du 16 au 23 novembre 2007 English translation pending
Sirenis la Salina du 16 au 23 novembre 2007
Tout d’abord, je vais être la plus objective possible mais un compte rendu est toujours un peu subjectif malgré tout.
Je vais écrire ce que j’ai vu et vécu durant cette semaine. Ça ne veut pas dire que c’est ce que vous verrez et vivrez lorsque vous irez. En vieillissant et à force de voyager, nos priorités changent de même que notre perception.
Je n’ai pas l’habitude de parler de l’aéroport, du vol et de la compagnie aérienne de même que des échanges avec le personnel de l’hôtel mais cette fois-ci, je vais le faire.
Pour les gens qui ont déjà lu mes comptes rendus, vous savez qu’ils sont très longs et très détaillés. Si ce genre de compte rendu vous indispose, ne le lisez pas!
Je suis disponible pour répondre à vos questions, si jamais, il y en a d’autres après la lecture de ce roman!!!!!
Aéroport « international » de Québec et Sunwing
Actuellement, il y a 2 vols le vendredi matin. Celui de Sunwing sur Varadero à 8 heures et celui d’Air Transat, sur Cancun, à 9 heures. Qui dit « départ à la même heure », dit « arrivée à la même heure ». Alors, pourquoi les compagnies aériennes mettent-elles leurs vols à la même heure et non pas décaler un peu, pour l’arrivée, justement?????
L’aéroport n’est pas terminé, l’espace pour se rendre aux comptoirs n’est pas très large mais ça va. Je fais peser ma valise : 21, 35 kg. Ça me coûte 10 $. Ma foutue valise, très solide, pèse 15 lbs, vide!!!!! Comme nous devons tout placer – ou presque – dans nos bagages qui vont dans la soute, ça ne nous aide pas. Avoir su que mon sac de cabine ne serait pas pesé, je l’aurais appesanti encore plus!!!!
Au retour, une grande majorité des gens doivent payer… Ouf! La mienne pèse 20, 4 kg et je passe!!!!
Une fois la carte d’embarquement reçue, nous devons repartir avec les valises pour aller les porter sur le tapis roulant car, derrière les comptoirs des compagnies aériennes, ce sont des fenêtres et non pas le tapis… Je dois placer ma valise à l’envers sur le tapis…
Je me rends à la sécurité. Mon sac de cabine est passé 2 fois dans l’appareil et ma sacoche est fouillée de fond en comble!!!!! C’est probablement mon rouge à lèvres qui a créé toute cette fouille de ma sacoche.
Je monte au 2e pour prendre un muffin et un café. L’espace est très restreint, la file d’attente très longue, le comptoir où commander très petit. Je choisis un muffin aux framboises et je prends un café. 4, 10 $. Le muffin est aux pépites de chocolat, au lieu des framboises et j’en mange très peu… Peu de tables et de chaises pour pouvoir manger.
L’embarquement se fait très rapidement et à 8h05 exactement, nous décollons, en route vers Ottawa. 5 minutes de retard!!!!! Le vol va durer 45 minutes. On nous promet une très courte escale, de 20 minutes environ et on y passe une heure trente!!!!! L’appareil est déglacé avant notre départ.
On nous annonce qu’un verre de champagne sera servi, suivi d’un repas chaud. Deux choix : tortellinis ou poulet. Le même menu qu’au retour mais le poulet est servi différemment. Un verre de vin.
C’est seulement à partir de 11h30 que le repas est servi. Je commence à avoir faim pas mal. Ma moitié de muffin est rendue très loin! Avoir su, j’aurais mangé de façon plus soutenue.
Le vol Ottawa – Varadero va durer 3h15. Le service est très rapide étant donné la durée très courte. Le champagne est délicieux, le verre se résume à 3 gorgées environ, le repas délicieux. Le personnel de bord très sympathique, l’espace pour les jambes intéressant. Je suis vraiment surprise du service de Sunwing. Si ce n’était pas de la foutue escale qui a été ajoutée, j’aurais été comblée.
Les écouteurs sont gratuits mais si vous les achetez au retour, ils coûtent 1 $.
Au retour, nous décollons avec 45 minutes de retard mais le vol va durer 3h15. Un vol parfait! Au lieu de décoller à 14h45, nous décollons à 15h30. Nous sommes arrivés à Québec à 18h55 au lieu de 18h40!
C’est tellement rapide que les agents de bord n’ont pas le temps de servir le 2e service de boissons de même que le Duty Free! Et tellement agréable d’arriver à Québec!!!!! Les gens d’Ottawa, à leur tour, attendent!!!!!
Les parents des enfants de moins de 2 ans doivent payer 20 $ pour le « visa ». Celui-ci est distribué dans l’avion et les agents de bord expliquent comment le remplir correctement pour ne pas être obligés d’en payer un 2e!
Arrivée à Varadero et à l’hôtel
L’arrivée se fait très bien. Les valises sont déjà là. Il est 13h30 et nous sommes partis depuis 8h le matin! Nous allons mener des gens au Tuxpan et nous arrivons à l’hôtel à 15h.
Le check-in, pour les gens de Sunwing, se fait dans une petite salle. Il y a des verres de punch sur une table. Deux employés s’y trouvent pour nous remettre notre enveloppe et une bouteille de rhum.
On m’attribue ma chambre : 20-217! Je demande si je suis bien au dernier étage. L’employé me dit que oui. Je suis sceptique et je demande une 2e fois. Il me répond encore une fois, oui…
J’avais demandé une chambre très tranquille, au dernier étage, avec une belle vue. Monsieur Salgado Lopez, le Sales Manager m’avait promis le tout…
Aucune information, rien! On fait quoi???? Je n’ai pas le goût de retourner à la réception et je ne pense pas de regarder dans mon enveloppe. Il y avait une carte.
Je pars avec ma valise et je marche sans savoir où me diriger. Je demande à quelques employés et touristes, personne pour me renseigner. Heureusement, je rencontre un employé qui se donne la peine de s’informer et je suis à côté de l’édifice!!!!!
Je monte ma valise et, naturellement, je suis au 2e et non pas au 3e comme prévu. Par contre, ma chambre est la dernière du bout, comme j’avais demandé. J’entre. Une magnifique chambre mais une vue sur un boisé, sur le chemin un peu plus loin avec un tas de terre. Je suis déçue sur le coup mais je décide de rester là.
Je n’ai pas le goût de repartir avec ma valise et aller demander un changement de chambre. J’imagine que ma chambre sera tranquille, c’est ma priorité. En vieillissant, mes priorités ont changé.
Je pensais avoir un mot de bienvenue de M. Lopez dans ma chambre. Rien! Je suis allée lui porter ses cadeaux sans jamais pouvoir le rencontrer. Aucun mot de remerciement! Rien! Pourtant, j’avais plus de 20 $ de cadeaux pour lui! Ordinaire!!!!!
Je n’ai pas de serviette de plage, ni de coupon pour celle-ci. Je retourne à la réception et je m’informe. La dame me dit qu’elle sera dans ma chambre… Les autres personnes s’informent, certains doivent payer 15 CUC, d’autres non. Personne ne comprend rien, personne ne sait vraiment où aller, les informations sont vraiment contradictoires. Le lendemain matin, toujours pas de serviette!!!! Je retourne à la réception et on me dit que ce sera dans la journée. Quand? Dans la journée!!!!! Dès que le représentant de Sunwing arrive, tout le monde le prend d’assaut pour ces foutues serviettes!!!! Il nous répond que les appareils de la buanderie de Varadero étaient brisés et que nous aurons la serviette dans le courant de la journée. Il nous conseille également de la demander à la femme de chambre. Je suis chanceuse, je la vois tôt en matinée et je peux, enfin, en avoir une!!!! D’autres personnes ont attendu très longtemps… Au départ, avec Sunwing, il faut la laisser dans la chambre.
Ma chambre
Elle est située dans l’édifice 20, l’édifice le plus collé sur le buffet et tout près de la piscine privée. J’aime l’emplacement et je vais la garder malgré le fait que la vue n’est pas belle et que je ne suis pas au 3e.
Lorsqu’on entre, on a l’impression que la porte n’est pas au niveau. C’est pour éviter que les petites bestioles n’y entrent.
À droite, le garde-robes. �� gauche, la salle de bain. Dès mon arrivée, j’ai placé ma carte de Québec Loisirs dans la fente prévue pour l’éclairage et la climatisation. Une lumière encastrée au plafond.
La chambre est très grande, j’ai un lit King, 2 petites tables de chevet et une lumière placée au-dessus de celles-ci. C’est le seul éclairage avec la lumière encastrée, donc, c’est relativement sombre. Deux fauteuils et une petite table. Il y a une table avec la télé et le mini-frigo derrière une porte. Dans celui-ci, une grosse bouteille d’eau, 2 bières et 2 liqueurs. La bouteille d’eau sera remplacée à tous les jours si vous en avez besoin.
J’ai acheté une petite bouteille d’eau à la boutique et je la remplissais. Très utile pour la piscine et les sorties.
Pour la télé, vous avez 26 ou 27 postes différents. Au canal 25, TVA avec les nouvelles de Québec à 18 heures!!!!
Il y a des portes-moustiquaires dans plusieurs chambres. Je n’en avais pas. J’aurais bien aimé, par contre.
Le thermostat est digital. Ça m’a pris quelques jours avant de comprendre qu’il y a 3 niveaux pour la climatisation. Il y a même une minuterie. Ce n’est pas évident. Pas pour moi, en tout cas!!!!!
Les 2 plus belles décorations que j’ai eues sur mon lit provenaient de la femme de chambre remplaçante. Jamais de fleurs fraîches comme dans plusieurs chambres. Mais bon! J’ai survécu!!!!!
Le garde-robes est divisé en 2 sections : une où sont les cintres, la planche et le fer à repasser et l’autre, avec des tablettes. Une très grande tablette se trouve à la longueur et 2 oreilles supplémentaires s’y trouvent. J’ai demandé une couverture et je l’ai eue presque immédiatement.
Il n’y a que 3 très petits tiroirs pour nos choses et 2 grandes tablettes au-dessus de ceux-ci. Le coffre-fort s’y trouve. Je ne l’ai pas utilisé.
La salle de bain est très grande. Il y a un pèse-personnes, un très grand comptoir avec plein de produits : shampoing, lotion et bain moussant (bouteilles de 115 ml), 2 sachets de sels de bain, un peigne, 2 très très petits savons, brosse à dents et pâte à dents, un petit rasoir avec de la crème à raser, un miroir grossissant d’un côté, un téléphone, un séchoir à cheveux avec une prise pour le rasoir et une petite boîte de Kleenex.
Pour aller dans le bain, on doit monter sur un petit banc. Le bain n’est pas long et, avec mes 135 lbs, j’entrais tout juste sur la largeur!!!! La pomme de douche (douche-téléphone) n’était pas stable et elle tombait tout le temps. La 1ère fois que j’ai pris ma douche, il y avait pas mal d’eau sur le plancher. La 2e fois, je me suis lavée les cheveux et, lorsque j’ai mis les pieds par terre, la salle de bain était remplie d’eau et elle avait commencé à couler dans la chambre. Je ne comprenais rien!!!!! J’ai fait un test avec de l’eau froide et je me suis rendue compte que c’est le rideau qui n’est pas assez épais. L’eau coule à travers. Comme la pomme de douche ne restait pas à la même place, j’avais beau pousser le jet vers le mur mais elle tassait tout le temps… J’ai dû appeler la femme de chambre pour qu’elle vienne ramasser le dégât d’eau. Les jours suivants, je prenais mon bain!
J’avais 4 très grandes serviettes de bain, jamais de descente de bain, ni de serviettes à mains. Pas de débarbouillettes. Ces derniers items étaient présents dans certaines chambres. Les serviettes sont grandes, épaisses et moëlleuses.
Si, comme moi, vous aimez les Kleenex doux (surtout pour laver vos verres), prendre une douche avec une barre de savon et un papier de toilette doux, apportez les vôtres. C’est ce que j’avais fait. J’ai bien apprécié!!!!!
J’ai toujours eu de l’eau chaude et la pression était bonne. Je prenais mon bain vers 17 heures. J’ai jasé avec un jeune homme qui m’a dit que dans leurs 3 chambres, il n’y en avait pas… Je n’ai pas entendu d’autres commentaires à cet effet.
Le ménage a été bien fait. Par contre, pas une seule fois, le miroir de la salle de bain a été lavé. À tous les jours, je laissais un sac rempli de vêtements et autres produits.
Le site
Magnifique mais immense! Très fleuri. Vraiment surprenant pour un complexe si jeune! Il y a, à différents endroits, des petits boisés en zone protégée. Plein d’oiseaux, de papillons et 2 jolis chatons.
Quelques employés seulement pour l’entretenir. J’ai vu travailler les jardiniers. Pour ce qui est des employés qui nettoient, et bien, ils se promènent beaucoup plus qu’ils ne ramassent! Les gens ne sont pas respectueux. Il y a des verres de plastique et des verres en vitre à plusieurs endroits, des bouteilles d’eau traînent ici et là, rien n’est ramassé. À l’entrée de mon édifice, il y avait une bouteille de bière. Elle y était encore à mon départ. Ils sont là à nous regarder passer et ils nous offrent une jolie petite fleur…
Ils sont en train de finaliser l’installation des lampadaires.
Un soir, j’ai eu connaissance qu’un employé avec une voiturette a lancé un gaz tout le long du boisé pour les moustiques. La senteur est entrée dans ma chambre même si la porte-patio était bien fermée. J’ai dû ouvrir la porte d’entrée pour aérer!
Les réservations des restos à la carte
Vous faites les réservations à une petite table à la réception, à droite, en entrant par l’entrée principale. C’est de 9h30 à 17h. Prévoyez au moins 10 minutes par personne. Les gens font la file tôt. C’est très long.
Dans l’enveloppe qui est remise au check-in, il est sensé avoir des coupons. Je n’en avais pas. Plusieurs personnes n’en avaient pas. Mais j’ai pu réserver quand même…
Si vous réussissez à réserver le Japonais, vous êtes privilégiés. J’ai été capable d’y aller car j’étais seule. Je vous le souhaite bien sincèrement.
Dans l’après-midi, il y a moins de monde. Une seule fois, j’ai vu 2 personnes qui s’occupaient des réservations.
J’ai choisi le Japonais et l’Italien. Les commentaires pour le Méditerranéen n’étaient pas bons, les gens n’aimaient pas, pour ce qui est du Steak House, si vous prenez le poulet, ce sera délicieux. Oubliez le bœuf!!!!!
J’ai commandé des crevettes au Japonais. Elles étaient délicieuses. Tout comme les rouleaux de printemps et le dessert.
À l’Italien, j’ai pris la salade de fruits de mer et le poulet. J’en avais marre de manger du saumon. C’était délicieux. La petite crêpe aux fraises et chocolat était très bonne. Les portions, sont des portions d’enfants!!!!!!
Même si je suis contre le fait de payer pour réserver, ça se fait aisément. Pour 5 pesos, vous réservez 2 autres restos à la carte. Une jeune femme l’a fait et ça fonctionne! Elle ne voulait plus du tout aller au buffet.
Le buffet
C’est ici que ça se gâte!
Le matin, une fois assis, on vous sert un jus et un café, si vous le désirez. Il y a plusieurs stations pour faire cuire les œufs. Les plaques ne chauffent pas beaucoup. Vérifiez bien la cuisson. J’aime les œufs bien cuits. Une fois, il était vraiment trop baveux. Je n’ai pas mangé d’omelettes. Il y a du bacon et des morceaux de saucisses. Ces dernières sont excellentes. Il y a des œufs à la coque et des œufs brouillés.
Énormément de légumes, que ce soit des pois verts, du brocoli, très souvent des épinards, carottes et autres. Très peu de fruits et, quand il y en a, ils ne sont pas appétissants. Les ananas ne sont pas mûrs. Par contre, les petites oranges sont délicieuses. Elles font penser aux clémentines mais avec noyaux. Le jus est fait à partir de ces petites oranges. Des fruits en conserves et de la confiture dans de grands bols. La confiture aux fraises est excellente. Mais il faut savoir que c’est de la confiture car, dans un autre bol, le contenu est vert… Je n’y ai pas goûté!!!!
Deux fois seulement des bananes et, ne les manquez pas car il n’y en aura pas d’autres!
Le yogourt est fait maison et il est liquide. Il paraît qu’il est délicieux.
Quand il manque du beurre, ceux qui seront placés sont congelés.
Plusieurs sortes de pains et il y a des grille-pains. Souvent, les gens doivent passer jusqu’à 3 fois leurs pains car ça ne cuit pas. D’autres fois, ça brûle!
Les mouches sont partout! Sur nous, dans la bouffe, partout! Des oiseaux noirs sont entrés un matin.
Il y a des cendriers partout. Donc, les gens fument autour de vous. Dans le fond, car, à présent, le buffet est ouvert au complet, il y a quelques tables où c’est indiqué « Non fumeur ».
Le mardi matin, je décide d’aller me chercher un autre verre de jus d’orange, tellement il est bon! J’arrive à l’endroit où sont les verres. Une dame est en train de les regarder. Je fais pareil. Le cœur me lève! Les verres sont à peine rincés et on boit là-dedans… Je retourne à ma table et je dois sortir car j’ai mal au cœur…
Tous les matins suivants, je regardais les gens se servir de ces verres sans jamais les regarder auparavant… J’étais incapable de manger.
Les autres matins, j’allais moi-même chercher mon jus, soit dans une tasse, soit dans un petit bol avec poignées (pour manger les céréales). Je vérifiais avant de m’en servir car souvent, de la nourriture reste collée sur les assiettes, sans compter les coulisses de café sur les tasses… Il faut également vérifier les ustensiles.
Pour le dîner, c’est bon. J’ai mangé des crevettes et des moules. Mais ça revient toujours au même, que ce soit le midi ou le soir : tilapia et saumon. Saumon et tilapia, comme poissons… Du bœuf très dur et des côtelettes de porc aussi coriaces.
Il y a toujours une longue file pour les pâtes. 3 choix de sauces et 4 choix de pâtes. Il y en a également de toutes prêtes.
En une semaine, j’ai mangé une plus grande quantité de concombres que dans mon année au complet. Ils étaient tellement bons, coupés minces, comme une feuille de papier! Et que dire des asperges blanches! En conserves mais tellement bonnes! Pas fibreuses du tout, bien meilleures que nos asperges en conserves, ici, au Québec! Les vertes également étaient délicieuses!
Le soir, c’est la même chose mais une pièce de viande est servie par une employée. Jeudi soir, c’était du poulet. Il était très bon! D’ailleurs, le poulet, qu’ils soit servi de différents façons, il est toujours très bon.
Énormément de légumes, congelés, pour la plupart. Très peu de légumes frais.
Les desserts, comme partout à Cuba, sont excellents. Et que dire de la crème glacée aux fraises : É C O E U R A N T E! Suivie de près par celle à l’orange et aux bananes.
Le vin blanc est moyen et le rouge, très bon. Tantôt tiède, tantôt froid, mais bon. D’habitude, je préfère le blanc mais cette fois-ci, j’ai bu du rouge. C’est du vin espagnol.
L’eau servie sur le complexe est remplie à même la fontaine des boissons gazeuses. Elle a exactement la même senteur que l’eau du robinet et je n’ai pas aimé le goût du tout. Je n’en ai pas bu. Je trouvais ça dommage. D’où provenait cette eau?????
Le buffet, le soir, est ouvert en principe, à compter de 18h30. Il y a tellement de monde qu’ils ont commencé à l’ouvrir à 18h20, à 18h10 et 18h. Sinon, la file d’attente aux 2 entrées est vraiment trop longue!!!!
Plusieurs employés, tous aussi souriants les uns que les autres! Très vaillants, ils sont complètement débordés!
Les critiques ont été très nombreuses tout au long de la semaine. Mais moi, je n’ai pas eu à me plaindre, sauf pour le petit déjeuner. Je ne parle pas ici, du manque de propreté…
Je savais qu’en achetant un hôtel 4 * à Cuba, ça ne serait pas pareil que si j’avais acheté en République dominicaine ou au Mexique. J’ai mangé à ma faim, toujours la même chose, mais bon! Il y a beaucoup plus de légumes congelés que de sortes de viandes! Celle-ci est dure, de toute façon! C’est tiède, dès l’ouverture du buffet, mais je me suis adaptée…
Vous pouvez sortir de la bouffe du buffet. Il y a des assiettes plastifiées, des ustensiles en plastique et des serviettes de tables disponibles aux 2 entrées.
Très peu de choix, très peu de variétés. Il y a des familles qui avaient leur pot de beurre d’arachides et de Nutella. Si vous pensez que vos enfants ne mangeront pas d’œufs ou de pois verts!!!!! Apportez-en! D’habitude, je suis contre cette pratique mais là, c’est utile. J’ai connu un couple avec un petit garçon de 22 mois. Celui-ci a très peu mangé de la semaine et a eu une très grosse diarrhée le jeudi. Pour les parents, prévoyez des lingettes et des couches en abondance!!!!!
La propreté est vraiment un très gros irritant! Je n’accepterai jamais une telle malpropreté… Que ce soit à Cuba ou ailleurs!
Les snacks bars
Il y en a 3 : celui de la piscine tranquille, celui de la piscine animée et celui près de la plage où on peut prendre un petit déjeuner. J’y suis allée une fois de même que pour y dîner.
Le resto méditerranéen est également ouvert le midi mais je n’y suis pas allée. Celui-ci est situé tout près de la plage.
Pour les 2 premiers snacks bar, il n’y a pas grand-chose à manger. Au snack de la piscine tranquille, à la fin de la semaine, ils avaient utilisé un des 2 comptoirs réfrigérés. Donc, condiments et une salade. Au snack de la piscine animée, les 2 comptoirs étaient accessibles.
Au snack de la piscine tranquille, j’ai mangé un « club sandwich ». C’était un Panini avec un œuf à l’intérieur, du poulet et de la mayo. C’était délicieux. J’ai mangé un sandwich cubain. C’était 2 rôties avec une tranche de fromage et une tranche de jambon. Le 2e, était totalement différent. Servi dans un Panini, avec steak, concombres et laitue. Délicieux!
Au snack de la plage, le buffet est plus complet. Vous pouvez manger un poisson cuit sur le bar-b-que de même que des hamburgers et des hots-dogs. Pour les hamburgers, je n’oserais jamais. Le midi où j’y suis allée, il y avait des coquilles dans une sauce tomate. C’était très bon. Tiède, mais bon. Je suis retournée une 2e fois. Le cuisinier arrivait avec un plateau plein. J’en ai pris : elles étaient froides, j’ai l’impression qu’elles sortaient du frigo. Je les ai mangées pour ne pas gaspiller mais j’ai trouvé ça ordinaire!
Les piscines
Il y en a deux. Une, tranquille et l’autre animée.
Je me suis tenue à la piscine tranquille. Le mot le dit, c’était tranquille, tant et aussi longtemps que des Anglos ne venaient pas troubler la tranquillité en chantant et en criant!
Beaucoup d’espace entre les chaises, coussins très épais et, même sans coussins, les chaises sont quand même confortables. Surprenant!
L’espace tout autour de cette piscine n’est jamais lavé. C’est sale et, si vous voulez marcher sans sandales, les pieds vous colleront à tous les 2 pas!!!! L’eau de la piscine, fraîche, pour ne pas dire froide, pourrait être un peu plus propre. Très peu de gens se baignent. Une fois qu’on est dedans, on est quand même bien.
Une employée fait le service aux chaises, de même que 2 garçons qui viennent nous porter les coussins et installer notre serviette.
Les bases des parasols ne sont pas assez longues et solides. Plusieurs bases sont cassées, j’en ai compté 5! Et l’hôtel est ouvert depuis 4 mois seulement. Les parasols ne tiennent pas pour la plupart, sont croches et les bases sont en train d’arracher. Désolant pour un hôtel tout neuf!
J’ai beaucoup aimé cet endroit.
Pour ce qui est de la piscine animée, les chaises sont collées les unes sur les autres. Il manque de chaises, les gens se couchent sur leurs serviettes sur l’herbe. Même si des chaises étaient ajoutées, il n’y a aucun espace pour les mettre!!!!
Dans celle-ci, il y a une glissoire et un bar dans la grotte.
Serviettes de plage
Je suis allée une fois seulement échanger ma serviette. L’employé, d’une quarantaine d’années, a commencé par me sourire, s’est penché pour m’offrir une fleur, s’est penché à nouveau pour prendre une serviette, m’a demandé si je voulais du « parfum » dessus, a vaporisé un produit, s’est mis le nez dedans pour le sentir, m’a donné ma serviette avec un grand sourire… Ses pourboires étaient bien à la vue!!!! Désolé pour lui, je n’ai rien laissé!!! Je voulais une serviette, pas une mise en scène!!!!
Elles sont très grandes et épaisses.
La plage
J’y suis allée 2 fois seulement. Pour marcher. L’emplacement pour l’hôtel est très petit. Peu de chaises. Ils en attendent 700, il paraît!!! Je vous le souhaite!
On peut marcher très longtemps.
Pour avoir une chaise sous un palapa, il faut y aller vers 6h30. Pour avoir une chaise, tout court, il faut y aller avant 8h30. Attention au vol des serviettes. C’est arrivé et vous devrez payer 15 CUC.
Les équipements nautiques et sportifs
Ils sont tout neufs, que ce soit les planches à voiles, les dériveurs et les pédalos. Ceux-ci ont été employés les 2 dernières journées seulement, à cause du vent très fort.
De très beaux terrains de basket et autres, des courts de tennis surélevés, éclairés et plusieurs personnes s’y rendent. Tout est neuf et très bien.
Le bar du lobby
Très bon service, il y a également un service aux tables. Bonne sélection de boissons internationales. Le 1er soir, j’ai bu un Frangelico sur glace. Il ne goûtait rien. Le 2e soir, je l’ai pris nature. Il ne goûtait pas grand-chose non plus. Je présume que cette boisson a été diluée avec de l’eau. Il y avait également du Kalhua, du Pernod, du Ricard, du Tanquery et autres. Je ne les ai pas essayés… Leur dry martini est excellent. Leur mohito également. Enfin, j’ai pu en boire. À mes autres voyages à Cuba, il n’y avait jamais de menthe.
Le champagne coule à flot dans tous les bars, servi dans des flûtes bien souvent au bar du lobby. Il est excellent!
J’ai essayé un café espagnol. Méchant…
Les tables sont mal nettoyées.
Les employés ne carburent pas aux pourboires. Ceux-ci, au bar du lobby, sont placés dans un récipient, probablement pour être divisés entre les employés.
Internet
Je n’y suis pas allée, les commentaires étant trop négatifs. J’ai jasé avec une dame qui avait payé pour une heure. Elle a eu le temps d’envoyer 2 courriels. Les gens se plaignaient de la lenteur, surtout pour avoir la connexion. Les gens critiquaient. J’ai laissé faire.
L’animation et les spectacles
Je n’en sais rien mais elle semble être très présente à la piscine animée.
Le soir, je me rendais au snack bar de la piscine tranquille entendre l’excellent groupe Primavera. 4 musiciens dont un excellent violoniste. Et une excellente chanteuse. Le dernier soir, elle était grippée. Je suis allée lui chercher des pastilles et des Tylenol rhume dans ma chambre et je lui ai remis. Elle était très contente.
J’ai acheté leur CD. Ils le vendent 10 CUC mais celui qui me l’a vendu, m’a demandé 12!!!! En plus, je venais de leur remettre 5 CUC de pourboires… Mais bon!
Au Parque Central, le soir, il y a de la musique. Une fois, j’ai décidé de m’y rendre et l’orchestre qui s’y trouvait m’a jeté par terre! Ouf! 8 musiciens, 3 chanteurs et 4 danseurs! Digne d’un grand spectacle! Je ne connais pas leur nom, je ne sais pas s’ils sont là à toutes les semaines mais essayez de ne pas les manquer!
Je n’ai pas assisté à aucun spectacle. Le mardi, c’est la journée cubaine avec la présentation de tous les directeurs. Le directeur général, d’ailleurs, parle très bien français. Ils commencent toujours à parler français en premier. Ils ont servi du champagne.
Je suis allée voir le spectacle Tropicana à Matanzas. Ça coûtait 49 CUC et j’ai payé 55 $ CDN. Il y a quelques grignotines et une bouteille de rhum est servie pour 4 personnes, plus un Cola. Très bon spectacle. On vient nous chercher à 20h30 et on revient à minuit trente.
Les voiturettes
Il y en avait 6 en fonction. Les allées sont très étroites, il faut se tasser chaque fois qu’une passe. On ne les entend pas venir, elles sont très silencieuses.
Il en passe assez régulièrement. Mais le pire, c’est quand les gens téléphonent pour en avoir une. Là, ça prend de la patience. Jusqu’à 2 heures d’attente! Deux dames changeaient de chambre. Je les ai rencontrées à 16 heures. Elles attendaient depuis 14h15! C’était la même chose pour un monsieur âgé avec une prothèse à la jambe.
Ce que je déplore, c’est que plein de gens à mobilité réduite n’ont pas reçu l’information de leurs agents de voyages, à savoir que le site était immense!!!!
Un très gros irritant pour plusieurs personnes. Pour ma part, j’ai embarqué une seule fois. Le chauffeur m’a regardé et il m’a dit qu’il attendait. Il attendait qui ou quoi? Je n’en sais rien. J’ai débarqué et j’ai marché.
Les édifices
J’ai photographié tous les édifices (de 20 à 40) et j’ai tout pris en note : leur situation, la vue en avant et la vue en arrière. Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, je pourrai vous renseigner.
Contrairement à l’information qui circule, le site est ouvert au complet. Ils étaient en train de finaliser l’ameublement de l’édifice no 39.
Un très gros hôtel est en construction tout près. Les « chanceux » qui ont une chambre collée sur cette construction ne doivent pas être très contents…
Il y a peu de chambres communicantes. C’est un gros problème pour les familles. Même si celles-ci font la demande, il se peut que les familles avec de jeunes enfants soient séparées. Dans ce cas-là, ce sont les représentants des grossistes qui doivent intervenir. Ce fut le cas durant mon séjour.
Le médecin
Il semble donner un excellent service mais il ne se déplacera pas s’il est en congé. Lorsque vous lui téléphonez, prévoyez un bon 2 heures d’attente.
Quand même surprenant qu’il n’y ait aucun médecin résidant pour un complexe de 1, 035 chambres!
Clientèle
À 95 % québécoise. Un peu d’anglophones. Pour les retrouver, c’est simple : ce sont eux qui crient à la piscine et au bar du lobby! Les Européens, de toutes nationalités, ont commencé à arriver au cours de la semaine.
Température
Il a fait très chaud et venteux les premières journées. Le soir, je trouvais que c’était frais. Je portais des manches longues ou un chandail. Plusieurs femmes portaient un châle.
Lorsque le vent tombe, les moustiques apparaissent.
À la boutique de l’hôtel, aucun produit pour prévenir ni pour soulager n’est vendu.
Il a plu très fort dans la nuit de dimanche à lundi. Nous avons manqué d’eau et d’électricité durant quelques heures dans la matinée de lundi.
Mardi, c’était nuageux et quelques averses.
Tenue vestimentaire
Rien de chic!!!! Au buffet, les hommes portent des bermudas, sandales et même une casquette. Pour les restos à la carte, j’ai vu des hommes en bermudas au Japonais. Pour l’Italien, j’étais la dernière à entrer et la 1ère à sortir. Je ne sais pas.
La monnaie
J’ai changé 40 $ à l’aéroport. On m’a remis 36, 40 CUC. J’ai changé 40 $ à la banque. On m’a remis 36, 49 CUC. C’est seulement à l’aéroport que j’ai pu avoir un reçu.
Il y a une banque à l’hôtel. Je n’y suis pas allée. Ne changez pas votre argent à la réception, vous aurez encore moins.
Plusieurs personnes étaient très déçues du taux. Il n’y a rien à faire, ils ne veulent rien savoir. On m’a dit que les Européens recevaient 1, 70 CUC pour 1 €. Je ne peux pas ni confirmer, ni infirmer.
Pour terminer
Les irritants majeurs : la propreté au buffet, les voiturettes, le manque de chaises et la monnaie. J’ai vu des gens se fâcher comme nulle part ailleurs… Dans un des cas, on est presque arrivé aux poings! Pas moi! Mais un Québécois qui en avait marre du manque de chaises et qui voulait en apporter à la plage!!!!
La gentillesse des employés m’a réconcilié avec les Cubains. Leur manque d’organisation m’a encore déçu. Ça faisait 13 ans que je n’étais pas allée à Varadero, 3 ans, que je n’étais pas allée à Cuba. Y retourner? Je n’en sais rien…
Tout d’abord, je vais être la plus objective possible mais un compte rendu est toujours un peu subjectif malgré tout.
Je vais écrire ce que j’ai vu et vécu durant cette semaine. Ça ne veut pas dire que c’est ce que vous verrez et vivrez lorsque vous irez. En vieillissant et à force de voyager, nos priorités changent de même que notre perception.
Je n’ai pas l’habitude de parler de l’aéroport, du vol et de la compagnie aérienne de même que des échanges avec le personnel de l’hôtel mais cette fois-ci, je vais le faire.
Pour les gens qui ont déjà lu mes comptes rendus, vous savez qu’ils sont très longs et très détaillés. Si ce genre de compte rendu vous indispose, ne le lisez pas!
Je suis disponible pour répondre à vos questions, si jamais, il y en a d’autres après la lecture de ce roman!!!!!
Aéroport « international » de Québec et Sunwing
Actuellement, il y a 2 vols le vendredi matin. Celui de Sunwing sur Varadero à 8 heures et celui d’Air Transat, sur Cancun, à 9 heures. Qui dit « départ à la même heure », dit « arrivée à la même heure ». Alors, pourquoi les compagnies aériennes mettent-elles leurs vols à la même heure et non pas décaler un peu, pour l’arrivée, justement?????
L’aéroport n’est pas terminé, l’espace pour se rendre aux comptoirs n’est pas très large mais ça va. Je fais peser ma valise : 21, 35 kg. Ça me coûte 10 $. Ma foutue valise, très solide, pèse 15 lbs, vide!!!!! Comme nous devons tout placer – ou presque – dans nos bagages qui vont dans la soute, ça ne nous aide pas. Avoir su que mon sac de cabine ne serait pas pesé, je l’aurais appesanti encore plus!!!!
Au retour, une grande majorité des gens doivent payer… Ouf! La mienne pèse 20, 4 kg et je passe!!!!
Une fois la carte d’embarquement reçue, nous devons repartir avec les valises pour aller les porter sur le tapis roulant car, derrière les comptoirs des compagnies aériennes, ce sont des fenêtres et non pas le tapis… Je dois placer ma valise à l’envers sur le tapis…
Je me rends à la sécurité. Mon sac de cabine est passé 2 fois dans l’appareil et ma sacoche est fouillée de fond en comble!!!!! C’est probablement mon rouge à lèvres qui a créé toute cette fouille de ma sacoche.
Je monte au 2e pour prendre un muffin et un café. L’espace est très restreint, la file d’attente très longue, le comptoir où commander très petit. Je choisis un muffin aux framboises et je prends un café. 4, 10 $. Le muffin est aux pépites de chocolat, au lieu des framboises et j’en mange très peu… Peu de tables et de chaises pour pouvoir manger.
L’embarquement se fait très rapidement et à 8h05 exactement, nous décollons, en route vers Ottawa. 5 minutes de retard!!!!! Le vol va durer 45 minutes. On nous promet une très courte escale, de 20 minutes environ et on y passe une heure trente!!!!! L’appareil est déglacé avant notre départ.
On nous annonce qu’un verre de champagne sera servi, suivi d’un repas chaud. Deux choix : tortellinis ou poulet. Le même menu qu’au retour mais le poulet est servi différemment. Un verre de vin.
C’est seulement à partir de 11h30 que le repas est servi. Je commence à avoir faim pas mal. Ma moitié de muffin est rendue très loin! Avoir su, j’aurais mangé de façon plus soutenue.
Le vol Ottawa – Varadero va durer 3h15. Le service est très rapide étant donné la durée très courte. Le champagne est délicieux, le verre se résume à 3 gorgées environ, le repas délicieux. Le personnel de bord très sympathique, l’espace pour les jambes intéressant. Je suis vraiment surprise du service de Sunwing. Si ce n’était pas de la foutue escale qui a été ajoutée, j’aurais été comblée.
Les écouteurs sont gratuits mais si vous les achetez au retour, ils coûtent 1 $.
Au retour, nous décollons avec 45 minutes de retard mais le vol va durer 3h15. Un vol parfait! Au lieu de décoller à 14h45, nous décollons à 15h30. Nous sommes arrivés à Québec à 18h55 au lieu de 18h40!
C’est tellement rapide que les agents de bord n’ont pas le temps de servir le 2e service de boissons de même que le Duty Free! Et tellement agréable d’arriver à Québec!!!!! Les gens d’Ottawa, à leur tour, attendent!!!!!
Les parents des enfants de moins de 2 ans doivent payer 20 $ pour le « visa ». Celui-ci est distribué dans l’avion et les agents de bord expliquent comment le remplir correctement pour ne pas être obligés d’en payer un 2e!
Arrivée à Varadero et à l’hôtel
L’arrivée se fait très bien. Les valises sont déjà là. Il est 13h30 et nous sommes partis depuis 8h le matin! Nous allons mener des gens au Tuxpan et nous arrivons à l’hôtel à 15h.
Le check-in, pour les gens de Sunwing, se fait dans une petite salle. Il y a des verres de punch sur une table. Deux employés s’y trouvent pour nous remettre notre enveloppe et une bouteille de rhum.
On m’attribue ma chambre : 20-217! Je demande si je suis bien au dernier étage. L’employé me dit que oui. Je suis sceptique et je demande une 2e fois. Il me répond encore une fois, oui…
J’avais demandé une chambre très tranquille, au dernier étage, avec une belle vue. Monsieur Salgado Lopez, le Sales Manager m’avait promis le tout…
Aucune information, rien! On fait quoi???? Je n’ai pas le goût de retourner à la réception et je ne pense pas de regarder dans mon enveloppe. Il y avait une carte.
Je pars avec ma valise et je marche sans savoir où me diriger. Je demande à quelques employés et touristes, personne pour me renseigner. Heureusement, je rencontre un employé qui se donne la peine de s’informer et je suis à côté de l’édifice!!!!!
Je monte ma valise et, naturellement, je suis au 2e et non pas au 3e comme prévu. Par contre, ma chambre est la dernière du bout, comme j’avais demandé. J’entre. Une magnifique chambre mais une vue sur un boisé, sur le chemin un peu plus loin avec un tas de terre. Je suis déçue sur le coup mais je décide de rester là.
Je n’ai pas le goût de repartir avec ma valise et aller demander un changement de chambre. J’imagine que ma chambre sera tranquille, c’est ma priorité. En vieillissant, mes priorités ont changé.
Je pensais avoir un mot de bienvenue de M. Lopez dans ma chambre. Rien! Je suis allée lui porter ses cadeaux sans jamais pouvoir le rencontrer. Aucun mot de remerciement! Rien! Pourtant, j’avais plus de 20 $ de cadeaux pour lui! Ordinaire!!!!!
Je n’ai pas de serviette de plage, ni de coupon pour celle-ci. Je retourne à la réception et je m’informe. La dame me dit qu’elle sera dans ma chambre… Les autres personnes s’informent, certains doivent payer 15 CUC, d’autres non. Personne ne comprend rien, personne ne sait vraiment où aller, les informations sont vraiment contradictoires. Le lendemain matin, toujours pas de serviette!!!! Je retourne à la réception et on me dit que ce sera dans la journée. Quand? Dans la journée!!!!! Dès que le représentant de Sunwing arrive, tout le monde le prend d’assaut pour ces foutues serviettes!!!! Il nous répond que les appareils de la buanderie de Varadero étaient brisés et que nous aurons la serviette dans le courant de la journée. Il nous conseille également de la demander à la femme de chambre. Je suis chanceuse, je la vois tôt en matinée et je peux, enfin, en avoir une!!!! D’autres personnes ont attendu très longtemps… Au départ, avec Sunwing, il faut la laisser dans la chambre.
Ma chambre
Elle est située dans l’édifice 20, l’édifice le plus collé sur le buffet et tout près de la piscine privée. J’aime l’emplacement et je vais la garder malgré le fait que la vue n’est pas belle et que je ne suis pas au 3e.
Lorsqu’on entre, on a l’impression que la porte n’est pas au niveau. C’est pour éviter que les petites bestioles n’y entrent.
À droite, le garde-robes. �� gauche, la salle de bain. Dès mon arrivée, j’ai placé ma carte de Québec Loisirs dans la fente prévue pour l’éclairage et la climatisation. Une lumière encastrée au plafond.
La chambre est très grande, j’ai un lit King, 2 petites tables de chevet et une lumière placée au-dessus de celles-ci. C’est le seul éclairage avec la lumière encastrée, donc, c’est relativement sombre. Deux fauteuils et une petite table. Il y a une table avec la télé et le mini-frigo derrière une porte. Dans celui-ci, une grosse bouteille d’eau, 2 bières et 2 liqueurs. La bouteille d’eau sera remplacée à tous les jours si vous en avez besoin.
J’ai acheté une petite bouteille d’eau à la boutique et je la remplissais. Très utile pour la piscine et les sorties.
Pour la télé, vous avez 26 ou 27 postes différents. Au canal 25, TVA avec les nouvelles de Québec à 18 heures!!!!
Il y a des portes-moustiquaires dans plusieurs chambres. Je n’en avais pas. J’aurais bien aimé, par contre.
Le thermostat est digital. Ça m’a pris quelques jours avant de comprendre qu’il y a 3 niveaux pour la climatisation. Il y a même une minuterie. Ce n’est pas évident. Pas pour moi, en tout cas!!!!!
Les 2 plus belles décorations que j’ai eues sur mon lit provenaient de la femme de chambre remplaçante. Jamais de fleurs fraîches comme dans plusieurs chambres. Mais bon! J’ai survécu!!!!!
Le garde-robes est divisé en 2 sections : une où sont les cintres, la planche et le fer à repasser et l’autre, avec des tablettes. Une très grande tablette se trouve à la longueur et 2 oreilles supplémentaires s’y trouvent. J’ai demandé une couverture et je l’ai eue presque immédiatement.
Il n’y a que 3 très petits tiroirs pour nos choses et 2 grandes tablettes au-dessus de ceux-ci. Le coffre-fort s’y trouve. Je ne l’ai pas utilisé.
La salle de bain est très grande. Il y a un pèse-personnes, un très grand comptoir avec plein de produits : shampoing, lotion et bain moussant (bouteilles de 115 ml), 2 sachets de sels de bain, un peigne, 2 très très petits savons, brosse à dents et pâte à dents, un petit rasoir avec de la crème à raser, un miroir grossissant d’un côté, un téléphone, un séchoir à cheveux avec une prise pour le rasoir et une petite boîte de Kleenex.
Pour aller dans le bain, on doit monter sur un petit banc. Le bain n’est pas long et, avec mes 135 lbs, j’entrais tout juste sur la largeur!!!! La pomme de douche (douche-téléphone) n’était pas stable et elle tombait tout le temps. La 1ère fois que j’ai pris ma douche, il y avait pas mal d’eau sur le plancher. La 2e fois, je me suis lavée les cheveux et, lorsque j’ai mis les pieds par terre, la salle de bain était remplie d’eau et elle avait commencé à couler dans la chambre. Je ne comprenais rien!!!!! J’ai fait un test avec de l’eau froide et je me suis rendue compte que c’est le rideau qui n’est pas assez épais. L’eau coule à travers. Comme la pomme de douche ne restait pas à la même place, j’avais beau pousser le jet vers le mur mais elle tassait tout le temps… J’ai dû appeler la femme de chambre pour qu’elle vienne ramasser le dégât d’eau. Les jours suivants, je prenais mon bain!
J’avais 4 très grandes serviettes de bain, jamais de descente de bain, ni de serviettes à mains. Pas de débarbouillettes. Ces derniers items étaient présents dans certaines chambres. Les serviettes sont grandes, épaisses et moëlleuses.
Si, comme moi, vous aimez les Kleenex doux (surtout pour laver vos verres), prendre une douche avec une barre de savon et un papier de toilette doux, apportez les vôtres. C’est ce que j’avais fait. J’ai bien apprécié!!!!!
J’ai toujours eu de l’eau chaude et la pression était bonne. Je prenais mon bain vers 17 heures. J’ai jasé avec un jeune homme qui m’a dit que dans leurs 3 chambres, il n’y en avait pas… Je n’ai pas entendu d’autres commentaires à cet effet.
Le ménage a été bien fait. Par contre, pas une seule fois, le miroir de la salle de bain a été lavé. À tous les jours, je laissais un sac rempli de vêtements et autres produits.
Le site
Magnifique mais immense! Très fleuri. Vraiment surprenant pour un complexe si jeune! Il y a, à différents endroits, des petits boisés en zone protégée. Plein d’oiseaux, de papillons et 2 jolis chatons.
Quelques employés seulement pour l’entretenir. J’ai vu travailler les jardiniers. Pour ce qui est des employés qui nettoient, et bien, ils se promènent beaucoup plus qu’ils ne ramassent! Les gens ne sont pas respectueux. Il y a des verres de plastique et des verres en vitre à plusieurs endroits, des bouteilles d’eau traînent ici et là, rien n’est ramassé. À l’entrée de mon édifice, il y avait une bouteille de bière. Elle y était encore à mon départ. Ils sont là à nous regarder passer et ils nous offrent une jolie petite fleur…
Ils sont en train de finaliser l’installation des lampadaires.
Un soir, j’ai eu connaissance qu’un employé avec une voiturette a lancé un gaz tout le long du boisé pour les moustiques. La senteur est entrée dans ma chambre même si la porte-patio était bien fermée. J’ai dû ouvrir la porte d’entrée pour aérer!
Les réservations des restos à la carte
Vous faites les réservations à une petite table à la réception, à droite, en entrant par l’entrée principale. C’est de 9h30 à 17h. Prévoyez au moins 10 minutes par personne. Les gens font la file tôt. C’est très long.
Dans l’enveloppe qui est remise au check-in, il est sensé avoir des coupons. Je n’en avais pas. Plusieurs personnes n’en avaient pas. Mais j’ai pu réserver quand même…
Si vous réussissez à réserver le Japonais, vous êtes privilégiés. J’ai été capable d’y aller car j’étais seule. Je vous le souhaite bien sincèrement.
Dans l’après-midi, il y a moins de monde. Une seule fois, j’ai vu 2 personnes qui s’occupaient des réservations.
J’ai choisi le Japonais et l’Italien. Les commentaires pour le Méditerranéen n’étaient pas bons, les gens n’aimaient pas, pour ce qui est du Steak House, si vous prenez le poulet, ce sera délicieux. Oubliez le bœuf!!!!!
J’ai commandé des crevettes au Japonais. Elles étaient délicieuses. Tout comme les rouleaux de printemps et le dessert.
À l’Italien, j’ai pris la salade de fruits de mer et le poulet. J’en avais marre de manger du saumon. C’était délicieux. La petite crêpe aux fraises et chocolat était très bonne. Les portions, sont des portions d’enfants!!!!!!
Même si je suis contre le fait de payer pour réserver, ça se fait aisément. Pour 5 pesos, vous réservez 2 autres restos à la carte. Une jeune femme l’a fait et ça fonctionne! Elle ne voulait plus du tout aller au buffet.
Le buffet
C’est ici que ça se gâte!
Le matin, une fois assis, on vous sert un jus et un café, si vous le désirez. Il y a plusieurs stations pour faire cuire les œufs. Les plaques ne chauffent pas beaucoup. Vérifiez bien la cuisson. J’aime les œufs bien cuits. Une fois, il était vraiment trop baveux. Je n’ai pas mangé d’omelettes. Il y a du bacon et des morceaux de saucisses. Ces dernières sont excellentes. Il y a des œufs à la coque et des œufs brouillés.
Énormément de légumes, que ce soit des pois verts, du brocoli, très souvent des épinards, carottes et autres. Très peu de fruits et, quand il y en a, ils ne sont pas appétissants. Les ananas ne sont pas mûrs. Par contre, les petites oranges sont délicieuses. Elles font penser aux clémentines mais avec noyaux. Le jus est fait à partir de ces petites oranges. Des fruits en conserves et de la confiture dans de grands bols. La confiture aux fraises est excellente. Mais il faut savoir que c’est de la confiture car, dans un autre bol, le contenu est vert… Je n’y ai pas goûté!!!!
Deux fois seulement des bananes et, ne les manquez pas car il n’y en aura pas d’autres!
Le yogourt est fait maison et il est liquide. Il paraît qu’il est délicieux.
Quand il manque du beurre, ceux qui seront placés sont congelés.
Plusieurs sortes de pains et il y a des grille-pains. Souvent, les gens doivent passer jusqu’à 3 fois leurs pains car ça ne cuit pas. D’autres fois, ça brûle!
Les mouches sont partout! Sur nous, dans la bouffe, partout! Des oiseaux noirs sont entrés un matin.
Il y a des cendriers partout. Donc, les gens fument autour de vous. Dans le fond, car, à présent, le buffet est ouvert au complet, il y a quelques tables où c’est indiqué « Non fumeur ».
Le mardi matin, je décide d’aller me chercher un autre verre de jus d’orange, tellement il est bon! J’arrive à l’endroit où sont les verres. Une dame est en train de les regarder. Je fais pareil. Le cœur me lève! Les verres sont à peine rincés et on boit là-dedans… Je retourne à ma table et je dois sortir car j’ai mal au cœur…
Tous les matins suivants, je regardais les gens se servir de ces verres sans jamais les regarder auparavant… J’étais incapable de manger.
Les autres matins, j’allais moi-même chercher mon jus, soit dans une tasse, soit dans un petit bol avec poignées (pour manger les céréales). Je vérifiais avant de m’en servir car souvent, de la nourriture reste collée sur les assiettes, sans compter les coulisses de café sur les tasses… Il faut également vérifier les ustensiles.
Pour le dîner, c’est bon. J’ai mangé des crevettes et des moules. Mais ça revient toujours au même, que ce soit le midi ou le soir : tilapia et saumon. Saumon et tilapia, comme poissons… Du bœuf très dur et des côtelettes de porc aussi coriaces.
Il y a toujours une longue file pour les pâtes. 3 choix de sauces et 4 choix de pâtes. Il y en a également de toutes prêtes.
En une semaine, j’ai mangé une plus grande quantité de concombres que dans mon année au complet. Ils étaient tellement bons, coupés minces, comme une feuille de papier! Et que dire des asperges blanches! En conserves mais tellement bonnes! Pas fibreuses du tout, bien meilleures que nos asperges en conserves, ici, au Québec! Les vertes également étaient délicieuses!
Le soir, c’est la même chose mais une pièce de viande est servie par une employée. Jeudi soir, c’était du poulet. Il était très bon! D’ailleurs, le poulet, qu’ils soit servi de différents façons, il est toujours très bon.
Énormément de légumes, congelés, pour la plupart. Très peu de légumes frais.
Les desserts, comme partout à Cuba, sont excellents. Et que dire de la crème glacée aux fraises : É C O E U R A N T E! Suivie de près par celle à l’orange et aux bananes.
Le vin blanc est moyen et le rouge, très bon. Tantôt tiède, tantôt froid, mais bon. D’habitude, je préfère le blanc mais cette fois-ci, j’ai bu du rouge. C’est du vin espagnol.
L’eau servie sur le complexe est remplie à même la fontaine des boissons gazeuses. Elle a exactement la même senteur que l’eau du robinet et je n’ai pas aimé le goût du tout. Je n’en ai pas bu. Je trouvais ça dommage. D’où provenait cette eau?????
Le buffet, le soir, est ouvert en principe, à compter de 18h30. Il y a tellement de monde qu’ils ont commencé à l’ouvrir à 18h20, à 18h10 et 18h. Sinon, la file d’attente aux 2 entrées est vraiment trop longue!!!!
Plusieurs employés, tous aussi souriants les uns que les autres! Très vaillants, ils sont complètement débordés!
Les critiques ont été très nombreuses tout au long de la semaine. Mais moi, je n’ai pas eu à me plaindre, sauf pour le petit déjeuner. Je ne parle pas ici, du manque de propreté…
Je savais qu’en achetant un hôtel 4 * à Cuba, ça ne serait pas pareil que si j’avais acheté en République dominicaine ou au Mexique. J’ai mangé à ma faim, toujours la même chose, mais bon! Il y a beaucoup plus de légumes congelés que de sortes de viandes! Celle-ci est dure, de toute façon! C’est tiède, dès l’ouverture du buffet, mais je me suis adaptée…
Vous pouvez sortir de la bouffe du buffet. Il y a des assiettes plastifiées, des ustensiles en plastique et des serviettes de tables disponibles aux 2 entrées.
Très peu de choix, très peu de variétés. Il y a des familles qui avaient leur pot de beurre d’arachides et de Nutella. Si vous pensez que vos enfants ne mangeront pas d’œufs ou de pois verts!!!!! Apportez-en! D’habitude, je suis contre cette pratique mais là, c’est utile. J’ai connu un couple avec un petit garçon de 22 mois. Celui-ci a très peu mangé de la semaine et a eu une très grosse diarrhée le jeudi. Pour les parents, prévoyez des lingettes et des couches en abondance!!!!!
La propreté est vraiment un très gros irritant! Je n’accepterai jamais une telle malpropreté… Que ce soit à Cuba ou ailleurs!
Les snacks bars
Il y en a 3 : celui de la piscine tranquille, celui de la piscine animée et celui près de la plage où on peut prendre un petit déjeuner. J’y suis allée une fois de même que pour y dîner.
Le resto méditerranéen est également ouvert le midi mais je n’y suis pas allée. Celui-ci est situé tout près de la plage.
Pour les 2 premiers snacks bar, il n’y a pas grand-chose à manger. Au snack de la piscine tranquille, à la fin de la semaine, ils avaient utilisé un des 2 comptoirs réfrigérés. Donc, condiments et une salade. Au snack de la piscine animée, les 2 comptoirs étaient accessibles.
Au snack de la piscine tranquille, j’ai mangé un « club sandwich ». C’était un Panini avec un œuf à l’intérieur, du poulet et de la mayo. C’était délicieux. J’ai mangé un sandwich cubain. C’était 2 rôties avec une tranche de fromage et une tranche de jambon. Le 2e, était totalement différent. Servi dans un Panini, avec steak, concombres et laitue. Délicieux!
Au snack de la plage, le buffet est plus complet. Vous pouvez manger un poisson cuit sur le bar-b-que de même que des hamburgers et des hots-dogs. Pour les hamburgers, je n’oserais jamais. Le midi où j’y suis allée, il y avait des coquilles dans une sauce tomate. C’était très bon. Tiède, mais bon. Je suis retournée une 2e fois. Le cuisinier arrivait avec un plateau plein. J’en ai pris : elles étaient froides, j’ai l’impression qu’elles sortaient du frigo. Je les ai mangées pour ne pas gaspiller mais j’ai trouvé ça ordinaire!
Les piscines
Il y en a deux. Une, tranquille et l’autre animée.
Je me suis tenue à la piscine tranquille. Le mot le dit, c’était tranquille, tant et aussi longtemps que des Anglos ne venaient pas troubler la tranquillité en chantant et en criant!
Beaucoup d’espace entre les chaises, coussins très épais et, même sans coussins, les chaises sont quand même confortables. Surprenant!
L’espace tout autour de cette piscine n’est jamais lavé. C’est sale et, si vous voulez marcher sans sandales, les pieds vous colleront à tous les 2 pas!!!! L’eau de la piscine, fraîche, pour ne pas dire froide, pourrait être un peu plus propre. Très peu de gens se baignent. Une fois qu’on est dedans, on est quand même bien.
Une employée fait le service aux chaises, de même que 2 garçons qui viennent nous porter les coussins et installer notre serviette.
Les bases des parasols ne sont pas assez longues et solides. Plusieurs bases sont cassées, j’en ai compté 5! Et l’hôtel est ouvert depuis 4 mois seulement. Les parasols ne tiennent pas pour la plupart, sont croches et les bases sont en train d’arracher. Désolant pour un hôtel tout neuf!
J’ai beaucoup aimé cet endroit.
Pour ce qui est de la piscine animée, les chaises sont collées les unes sur les autres. Il manque de chaises, les gens se couchent sur leurs serviettes sur l’herbe. Même si des chaises étaient ajoutées, il n’y a aucun espace pour les mettre!!!!
Dans celle-ci, il y a une glissoire et un bar dans la grotte.
Serviettes de plage
Je suis allée une fois seulement échanger ma serviette. L’employé, d’une quarantaine d’années, a commencé par me sourire, s’est penché pour m’offrir une fleur, s’est penché à nouveau pour prendre une serviette, m’a demandé si je voulais du « parfum » dessus, a vaporisé un produit, s’est mis le nez dedans pour le sentir, m’a donné ma serviette avec un grand sourire… Ses pourboires étaient bien à la vue!!!! Désolé pour lui, je n’ai rien laissé!!! Je voulais une serviette, pas une mise en scène!!!!
Elles sont très grandes et épaisses.
La plage
J’y suis allée 2 fois seulement. Pour marcher. L’emplacement pour l’hôtel est très petit. Peu de chaises. Ils en attendent 700, il paraît!!! Je vous le souhaite!
On peut marcher très longtemps.
Pour avoir une chaise sous un palapa, il faut y aller vers 6h30. Pour avoir une chaise, tout court, il faut y aller avant 8h30. Attention au vol des serviettes. C’est arrivé et vous devrez payer 15 CUC.
Les équipements nautiques et sportifs
Ils sont tout neufs, que ce soit les planches à voiles, les dériveurs et les pédalos. Ceux-ci ont été employés les 2 dernières journées seulement, à cause du vent très fort.
De très beaux terrains de basket et autres, des courts de tennis surélevés, éclairés et plusieurs personnes s’y rendent. Tout est neuf et très bien.
Le bar du lobby
Très bon service, il y a également un service aux tables. Bonne sélection de boissons internationales. Le 1er soir, j’ai bu un Frangelico sur glace. Il ne goûtait rien. Le 2e soir, je l’ai pris nature. Il ne goûtait pas grand-chose non plus. Je présume que cette boisson a été diluée avec de l’eau. Il y avait également du Kalhua, du Pernod, du Ricard, du Tanquery et autres. Je ne les ai pas essayés… Leur dry martini est excellent. Leur mohito également. Enfin, j’ai pu en boire. À mes autres voyages à Cuba, il n’y avait jamais de menthe.
Le champagne coule à flot dans tous les bars, servi dans des flûtes bien souvent au bar du lobby. Il est excellent!
J’ai essayé un café espagnol. Méchant…
Les tables sont mal nettoyées.
Les employés ne carburent pas aux pourboires. Ceux-ci, au bar du lobby, sont placés dans un récipient, probablement pour être divisés entre les employés.
Internet
Je n’y suis pas allée, les commentaires étant trop négatifs. J’ai jasé avec une dame qui avait payé pour une heure. Elle a eu le temps d’envoyer 2 courriels. Les gens se plaignaient de la lenteur, surtout pour avoir la connexion. Les gens critiquaient. J’ai laissé faire.
L’animation et les spectacles
Je n’en sais rien mais elle semble être très présente à la piscine animée.
Le soir, je me rendais au snack bar de la piscine tranquille entendre l’excellent groupe Primavera. 4 musiciens dont un excellent violoniste. Et une excellente chanteuse. Le dernier soir, elle était grippée. Je suis allée lui chercher des pastilles et des Tylenol rhume dans ma chambre et je lui ai remis. Elle était très contente.
J’ai acheté leur CD. Ils le vendent 10 CUC mais celui qui me l’a vendu, m’a demandé 12!!!! En plus, je venais de leur remettre 5 CUC de pourboires… Mais bon!
Au Parque Central, le soir, il y a de la musique. Une fois, j’ai décidé de m’y rendre et l’orchestre qui s’y trouvait m’a jeté par terre! Ouf! 8 musiciens, 3 chanteurs et 4 danseurs! Digne d’un grand spectacle! Je ne connais pas leur nom, je ne sais pas s’ils sont là à toutes les semaines mais essayez de ne pas les manquer!
Je n’ai pas assisté à aucun spectacle. Le mardi, c’est la journée cubaine avec la présentation de tous les directeurs. Le directeur général, d’ailleurs, parle très bien français. Ils commencent toujours à parler français en premier. Ils ont servi du champagne.
Je suis allée voir le spectacle Tropicana à Matanzas. Ça coûtait 49 CUC et j’ai payé 55 $ CDN. Il y a quelques grignotines et une bouteille de rhum est servie pour 4 personnes, plus un Cola. Très bon spectacle. On vient nous chercher à 20h30 et on revient à minuit trente.
Les voiturettes
Il y en avait 6 en fonction. Les allées sont très étroites, il faut se tasser chaque fois qu’une passe. On ne les entend pas venir, elles sont très silencieuses.
Il en passe assez régulièrement. Mais le pire, c’est quand les gens téléphonent pour en avoir une. Là, ça prend de la patience. Jusqu’à 2 heures d’attente! Deux dames changeaient de chambre. Je les ai rencontrées à 16 heures. Elles attendaient depuis 14h15! C’était la même chose pour un monsieur âgé avec une prothèse à la jambe.
Ce que je déplore, c’est que plein de gens à mobilité réduite n’ont pas reçu l’information de leurs agents de voyages, à savoir que le site était immense!!!!
Un très gros irritant pour plusieurs personnes. Pour ma part, j’ai embarqué une seule fois. Le chauffeur m’a regardé et il m’a dit qu’il attendait. Il attendait qui ou quoi? Je n’en sais rien. J’ai débarqué et j’ai marché.
Les édifices
J’ai photographié tous les édifices (de 20 à 40) et j’ai tout pris en note : leur situation, la vue en avant et la vue en arrière. Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, je pourrai vous renseigner.
Contrairement à l’information qui circule, le site est ouvert au complet. Ils étaient en train de finaliser l’ameublement de l’édifice no 39.
Un très gros hôtel est en construction tout près. Les « chanceux » qui ont une chambre collée sur cette construction ne doivent pas être très contents…
Il y a peu de chambres communicantes. C’est un gros problème pour les familles. Même si celles-ci font la demande, il se peut que les familles avec de jeunes enfants soient séparées. Dans ce cas-là, ce sont les représentants des grossistes qui doivent intervenir. Ce fut le cas durant mon séjour.
Le médecin
Il semble donner un excellent service mais il ne se déplacera pas s’il est en congé. Lorsque vous lui téléphonez, prévoyez un bon 2 heures d’attente.
Quand même surprenant qu’il n’y ait aucun médecin résidant pour un complexe de 1, 035 chambres!
Clientèle
À 95 % québécoise. Un peu d’anglophones. Pour les retrouver, c’est simple : ce sont eux qui crient à la piscine et au bar du lobby! Les Européens, de toutes nationalités, ont commencé à arriver au cours de la semaine.
Température
Il a fait très chaud et venteux les premières journées. Le soir, je trouvais que c’était frais. Je portais des manches longues ou un chandail. Plusieurs femmes portaient un châle.
Lorsque le vent tombe, les moustiques apparaissent.
À la boutique de l’hôtel, aucun produit pour prévenir ni pour soulager n’est vendu.
Il a plu très fort dans la nuit de dimanche à lundi. Nous avons manqué d’eau et d’électricité durant quelques heures dans la matinée de lundi.
Mardi, c’était nuageux et quelques averses.
Tenue vestimentaire
Rien de chic!!!! Au buffet, les hommes portent des bermudas, sandales et même une casquette. Pour les restos à la carte, j’ai vu des hommes en bermudas au Japonais. Pour l’Italien, j’étais la dernière à entrer et la 1ère à sortir. Je ne sais pas.
La monnaie
J’ai changé 40 $ à l’aéroport. On m’a remis 36, 40 CUC. J’ai changé 40 $ à la banque. On m’a remis 36, 49 CUC. C’est seulement à l’aéroport que j’ai pu avoir un reçu.
Il y a une banque à l’hôtel. Je n’y suis pas allée. Ne changez pas votre argent à la réception, vous aurez encore moins.
Plusieurs personnes étaient très déçues du taux. Il n’y a rien à faire, ils ne veulent rien savoir. On m’a dit que les Européens recevaient 1, 70 CUC pour 1 €. Je ne peux pas ni confirmer, ni infirmer.
Pour terminer
Les irritants majeurs : la propreté au buffet, les voiturettes, le manque de chaises et la monnaie. J’ai vu des gens se fâcher comme nulle part ailleurs… Dans un des cas, on est presque arrivé aux poings! Pas moi! Mais un Québécois qui en avait marre du manque de chaises et qui voulait en apporter à la plage!!!!
La gentillesse des employés m’a réconcilié avec les Cubains. Leur manque d’organisation m’a encore déçu. Ça faisait 13 ans que je n’étais pas allée à Varadero, 3 ans, que je n’étais pas allée à Cuba. Y retourner? Je n’en sais rien…
Fermeture du Brisas Santa Lucia pou rénovation? English translation pending
Bonjour,
j'ai réservé pour le Brisas Santa Lucia pour le 18 mai. J'ai entendu dire (sur Trip advisor et des gens qui revenaient de là ) que l'hôtel fermerait pour des rénovations majeures à la fin d'avril 2007.. Est-ce que quelqun aurait des informations à ce sujets?? Ça m'inquiète un peu..
Merci Beaucoup!!
Laurence
Merci Beaucoup!!
Laurence
Péninsule de Valdes et Ushuaia en septembre en voiture (Argentine) English translation pending
bonjour à tous
je vais avoir 3 semaines de vacances en fin aout debut septembre et je voudrais aller en argentine, mais le probleme, c'est que je serais super interessé d'aller vers la peninsule de valdes pour les animaux et surtout les baleines, et de voir les glaciers et ushuaiai! alors je voulais surtout savoir si c'etait faisable en voiture? les routes sont accessibles?et ne vais je pas trop avoir froid? merci jen
je vais avoir 3 semaines de vacances en fin aout debut septembre et je voudrais aller en argentine, mais le probleme, c'est que je serais super interessé d'aller vers la peninsule de valdes pour les animaux et surtout les baleines, et de voir les glaciers et ushuaiai! alors je voulais surtout savoir si c'etait faisable en voiture? les routes sont accessibles?et ne vais je pas trop avoir froid? merci jen
Circuit "sur les routes de l'ouest" américain English translation pending
Bonjour,
Nous partons du 1 er juillet au 15 juillet 2007 aux états unis. Nous partons avec vacances transat, c'est un circuit organisé " sur les routes de l'ouest". J'ai plusieurs questions : 1/ Si quelqu'un à fait ce circuit, pouvez vous me dire ce que vous en avez pensé ? 2/ Y a t-il des personnes qui partent à cette période faire ce circuit précisement ? 3/ Si quelqu'un à fait ce circuit avec un enfant ( 9/10 ans), si ce n'était pas trop long pour l'enfant ? 4/ Si vous avez un avis sur le circuit que nous allons effectuer ??
Notre circuit se déroule comme suit : France - Los angeles Los angeles Los angeles - Mission san juen - Capistrano - san diego San diego - Parc de Joshua tree - Laughlin Laughlin - Grand canyon - Flagstaff Flagstaff - Monument Valley - Page page - Bryce canyon Bryce canyon - Zion - St george - Las Vegas Las vegas - Vallée de la mort - Bakersfield Bakersfield - Parc de Yosemite - Modesto Modesto - San Francisco San Francisco - Monterey - Carmel -Lompoc Lompoc - Solvang - Santa barbara - Los Angeles Los angeles - france.
Merci pour vos réponses.
Fanny
Nous partons du 1 er juillet au 15 juillet 2007 aux états unis. Nous partons avec vacances transat, c'est un circuit organisé " sur les routes de l'ouest". J'ai plusieurs questions : 1/ Si quelqu'un à fait ce circuit, pouvez vous me dire ce que vous en avez pensé ? 2/ Y a t-il des personnes qui partent à cette période faire ce circuit précisement ? 3/ Si quelqu'un à fait ce circuit avec un enfant ( 9/10 ans), si ce n'était pas trop long pour l'enfant ? 4/ Si vous avez un avis sur le circuit que nous allons effectuer ??
Notre circuit se déroule comme suit : France - Los angeles Los angeles Los angeles - Mission san juen - Capistrano - san diego San diego - Parc de Joshua tree - Laughlin Laughlin - Grand canyon - Flagstaff Flagstaff - Monument Valley - Page page - Bryce canyon Bryce canyon - Zion - St george - Las Vegas Las vegas - Vallée de la mort - Bakersfield Bakersfield - Parc de Yosemite - Modesto Modesto - San Francisco San Francisco - Monterey - Carmel -Lompoc Lompoc - Solvang - Santa barbara - Los Angeles Los angeles - france.
Merci pour vos réponses.
Fanny
Découvrir le Maroc, Mauritanie, Mali et Burkina Faso en un mois? English translation pending
salut à tous!
départ du maroc (laayoun) le 09/07 et retour du burkina le 19/08. Un mois pour y aller et découvrir les pays traversés (maroc, mauritanie, mali et burkina).
Est ce que quelqu'un a l'expérience de ce voyage (au moins jusqu'au Mali) en transports locaux?
Est ce que 1 mois c'est assez pour prendre le temps de descendre et visiter sans stress?
Et quel est le budget à prévoir...en sachant que je ne suis pas un adepte des hôtels 3 étoiles...
Est ce que ca vaut le coup de prendre la tente?
beaucoup de questions, je sais!!
merci d'avance de m'enrichir de votre expérience
départ du maroc (laayoun) le 09/07 et retour du burkina le 19/08. Un mois pour y aller et découvrir les pays traversés (maroc, mauritanie, mali et burkina).
Est ce que quelqu'un a l'expérience de ce voyage (au moins jusqu'au Mali) en transports locaux?
Est ce que 1 mois c'est assez pour prendre le temps de descendre et visiter sans stress?
Et quel est le budget à prévoir...en sachant que je ne suis pas un adepte des hôtels 3 étoiles...
Est ce que ca vaut le coup de prendre la tente?
beaucoup de questions, je sais!!
merci d'avance de m'enrichir de votre expérience
Inde: Calcutta - Orissa - Darjeeling - Vallée du Gange English translation pending
Partis de Paris-Roissy le dimanche 29 décembre 1996 par un froid glacial, nous atterrissons enfin à Delhi, au petit matin. C'est l'hiver en Inde, aussi, les indiens ont l'air frigorifié, tout entortillés dans leurs châles, il fait 18°...Au bout de longues heures d'attente dans une salle sinistre de l'aéroport, nous embarquons à nouveau dans un Boeing Air-India à destination de Calcutta.
L'avion a plongé dans un épais nuage de pollution jaunâtre qui recouvre la ville comme un édredon géant. Horreur. La circulation vers le centre-ville est étonnamment fluide, et la ville elle-même semble propre : nous sommes surpris et décontenancés : cela contredit tout ce qu'on a pu lire sur Calcutta... L'hôtel Kenilworth a bien enregistré la réservation faite par Miss Air-India de Nice. On s'écroule sur nos lits extra-planches pour récupérer de cet interminable voyage.
Le "Times of India" annonce la venue prochaine de Sir John Major, premier ministre britannique. Tout s'explique ! Les miséreux qui campent d'habitude le long des rues ont été ramassés et parqués au loin, hors de la vue du cortège officiel qui passera par-là dans quelques jours.
Mais la voici, la vraie Calcutta, crasseuse, grouillante et authentique, fidèle à sa mauvaise image : car nous sommes plongés dans le quartier New-Market, aux ruelles encombrées de charrettes, camions, motos, vélos, qui arrivent autour des halles surpeuplées. Odeurs pestilentielles des tas d'ordures amoncelés sur les trottoirs. Et voici les "hommes-chevaux", ces pauvres bougres attelés aux brancards de leur pousse-pousse. Ils cavalent pieds nus pour transporter humains ou ballots énormes au milieu des embouteillages terrifiants. Ce sont les derniers survivants de cette corporation en voie de disparition.
Ce soir, grand dîner de fin d'année au Kenilworth. Un repas "ourdou" au Marble room, mets traditionnels et orchestre moghol qui joue des musiques nostalgiques. Bel adieu à 1996, bonjour 1997.
Promenade dans le quartier chinois, surpeuplé, où nous pouvons circuler sans être abordés par les mendiants qui grouillent autour de notre hôtel. Ici, c'est la vie des travailleurs qui nous saluent en souriant, sans nous considérer comme des "porte-monnaie à pattes". Un passant indien nous guide vers le Marble Palace, bien caché dans un parc, en refusant énergiquement la moindre pièce. Cette grande bâtisse un peu écroulée, témoin des anciennes splendeurs, renferme une foule d'objets collectionnés à travers le monde, ensevelis sous une poussière et des toiles d'araignées séculaires... Curieux et très émouvant.
Tout près, le grand poète bengali Rabindranah Tagore a vécu dans une maison transformée en musée. Nous sommes exceptionnellement admis à entrer dans la belle mosquée Nakhoda, aux coupoles vernissées de céramique verte qui dominent le vieux quartier musulman. Tout en haut d'un interminable escalier de pierre, on a une vue plongeante sur les toits environnants, couverts d'immondices.
Une bonne adresse : Sudder street, le restaurant Zaranj, avec sa cascade d'eau fraîche qui serpente entre les tables. Délicieux plats de cuisine bengalie.
Le chauffeur sikh en grande tenue nous pilote vers le Pont Howrah qui traverse la rivière Hooghly, jusqu'à la gare principale de Calcutta. Il a garé la belle limousine, tandis qu'on pénètre dans la vieille station ferroviaire où une foule de voyageurs court vers les trains en partance. Assis ou couchés sur le sol crasseux, des familles entières se sont réfugiées sous les verrières, chassées de leurs villages à la recherche d'un improbable avenir.
Un curieux édifice situé au nord-ouest de la ville, sur les bords de l'Hooghly, le Belur Math, où se rejoignent les trois principales religions indiennes : hindouisme, islam et christianisme. Nous roulons sur la Grand Trunk road, qui relie Calcutta à Delhi, traversant le sous-continent dans toute sa largeur. Trafic d'une intensité supra-indienne, une marée d'énormes véhicules dans les deux sens, occupant tout l'espace, dans un nuage de fumées nauséabondes qui stagne à quelques mètres du sol. Les camions déglingués, surchargés de marchandises entassées en montagnes débordantes, menacent de verser dans le profond fossé. A l'arrière de chaque monstre, on peut lire "Horn, please" ainsi que la marque TATA, constructeur richissime des poids lourds indiens. C'est le marquis de Carabas, ce Mr. TATA possède des paquets d'actions phénoménales dans de nombreuses sociétés internationales.
Les milliers de voitures garées devant les grilles du Belur font présager de la foule qui piétine autour du temple baroque édifié sur la colline. Un cortège incessant de pélerins défile à l'intérieur de la basilique oecuménique qui ressemble vaguement au Sacré-Coeur de Montmartre. Sous des tentes bariolées, on aperçoit des personnages enveloppés de toges jaunes ou orangées, crâne rasé à l'exception d'une mèche de cheveux tortillée au sommet, cascades de colliers autour du cou. Assis sur les tapis, un auditoire subjugué par un gourou peinturluré qui psalmodie de lancinantes onomatopées amplifiées par un puissant micro. Invocations à Ramakrishna...
L'avion a plongé dans un épais nuage de pollution jaunâtre qui recouvre la ville comme un édredon géant. Horreur. La circulation vers le centre-ville est étonnamment fluide, et la ville elle-même semble propre : nous sommes surpris et décontenancés : cela contredit tout ce qu'on a pu lire sur Calcutta... L'hôtel Kenilworth a bien enregistré la réservation faite par Miss Air-India de Nice. On s'écroule sur nos lits extra-planches pour récupérer de cet interminable voyage.
Le "Times of India" annonce la venue prochaine de Sir John Major, premier ministre britannique. Tout s'explique ! Les miséreux qui campent d'habitude le long des rues ont été ramassés et parqués au loin, hors de la vue du cortège officiel qui passera par-là dans quelques jours.
Mais la voici, la vraie Calcutta, crasseuse, grouillante et authentique, fidèle à sa mauvaise image : car nous sommes plongés dans le quartier New-Market, aux ruelles encombrées de charrettes, camions, motos, vélos, qui arrivent autour des halles surpeuplées. Odeurs pestilentielles des tas d'ordures amoncelés sur les trottoirs. Et voici les "hommes-chevaux", ces pauvres bougres attelés aux brancards de leur pousse-pousse. Ils cavalent pieds nus pour transporter humains ou ballots énormes au milieu des embouteillages terrifiants. Ce sont les derniers survivants de cette corporation en voie de disparition.
Ce soir, grand dîner de fin d'année au Kenilworth. Un repas "ourdou" au Marble room, mets traditionnels et orchestre moghol qui joue des musiques nostalgiques. Bel adieu à 1996, bonjour 1997.
Promenade dans le quartier chinois, surpeuplé, où nous pouvons circuler sans être abordés par les mendiants qui grouillent autour de notre hôtel. Ici, c'est la vie des travailleurs qui nous saluent en souriant, sans nous considérer comme des "porte-monnaie à pattes". Un passant indien nous guide vers le Marble Palace, bien caché dans un parc, en refusant énergiquement la moindre pièce. Cette grande bâtisse un peu écroulée, témoin des anciennes splendeurs, renferme une foule d'objets collectionnés à travers le monde, ensevelis sous une poussière et des toiles d'araignées séculaires... Curieux et très émouvant.
Tout près, le grand poète bengali Rabindranah Tagore a vécu dans une maison transformée en musée. Nous sommes exceptionnellement admis à entrer dans la belle mosquée Nakhoda, aux coupoles vernissées de céramique verte qui dominent le vieux quartier musulman. Tout en haut d'un interminable escalier de pierre, on a une vue plongeante sur les toits environnants, couverts d'immondices.
Une bonne adresse : Sudder street, le restaurant Zaranj, avec sa cascade d'eau fraîche qui serpente entre les tables. Délicieux plats de cuisine bengalie.
Le chauffeur sikh en grande tenue nous pilote vers le Pont Howrah qui traverse la rivière Hooghly, jusqu'à la gare principale de Calcutta. Il a garé la belle limousine, tandis qu'on pénètre dans la vieille station ferroviaire où une foule de voyageurs court vers les trains en partance. Assis ou couchés sur le sol crasseux, des familles entières se sont réfugiées sous les verrières, chassées de leurs villages à la recherche d'un improbable avenir.
Un curieux édifice situé au nord-ouest de la ville, sur les bords de l'Hooghly, le Belur Math, où se rejoignent les trois principales religions indiennes : hindouisme, islam et christianisme. Nous roulons sur la Grand Trunk road, qui relie Calcutta à Delhi, traversant le sous-continent dans toute sa largeur. Trafic d'une intensité supra-indienne, une marée d'énormes véhicules dans les deux sens, occupant tout l'espace, dans un nuage de fumées nauséabondes qui stagne à quelques mètres du sol. Les camions déglingués, surchargés de marchandises entassées en montagnes débordantes, menacent de verser dans le profond fossé. A l'arrière de chaque monstre, on peut lire "Horn, please" ainsi que la marque TATA, constructeur richissime des poids lourds indiens. C'est le marquis de Carabas, ce Mr. TATA possède des paquets d'actions phénoménales dans de nombreuses sociétés internationales.
Les milliers de voitures garées devant les grilles du Belur font présager de la foule qui piétine autour du temple baroque édifié sur la colline. Un cortège incessant de pélerins défile à l'intérieur de la basilique oecuménique qui ressemble vaguement au Sacré-Coeur de Montmartre. Sous des tentes bariolées, on aperçoit des personnages enveloppés de toges jaunes ou orangées, crâne rasé à l'exception d'une mèche de cheveux tortillée au sommet, cascades de colliers autour du cou. Assis sur les tapis, un auditoire subjugué par un gourou peinturluré qui psalmodie de lancinantes onomatopées amplifiées par un puissant micro. Invocations à Ramakrishna...
Come discover the Gaspésie with me
Introduction
In this travel journal, you’ll find a list of all the activities we did during our road trip through the Gaspésie.
Videos are embedded throughout the summary. Just click on the image to start the video.
To jump to a specific post, here are the relevant links:
Gaspé - Forillon National Park - Interpretation Center Gaspé - Forillon National Park - Mont-Saint-Alban Trail Gaspé - Forillon National Park - La Chute Trail Gaspé - Forillon National Park - Les Graves Trail Percé - Rivière-aux-Émeraudes Waterfall Percé - Bonaventure Island National Park Percé - Hike at the Foot of Percé Rock Percé Geopark - Suspended Glass Platform Percé Geopark - Magic Forest Loop Percé Geopark - Belvedere Trails Percé Geopark - Springs and Les Pieds Croches Trails Percé Geopark - Crevasse Trail Percé Geopark - Grande Coupe Trail Percé Geopark - Grotto Path Bonaventure - Le Malin de la Rivière Bonaventure Maria - Grand Sault Waterfall Carleton-sur-Mer - Les Saults Waterfall - Éperlan Trail Matapédia - Two Rivers Belvedere Saint-Alexis-de-Matapédia - Dream Horizon Belvedere Saint-André-de-Restigouche - Heart of the Plateaus Belvedere Saint-André-de-Restigouche - Picot Waterfalls Saint-Alexis-de-Matapédia - Robitaille Stream Waterfalls Trail Saint-Alexandre-des-Lacs - Philomène Waterfall Saint-Ulric - Ti-Mé Waterfall
In this travel journal, you’ll find a list of all the activities we did during our road trip through the Gaspésie.
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Gaspé - Forillon National Park - Interpretation Center Gaspé - Forillon National Park - Mont-Saint-Alban Trail Gaspé - Forillon National Park - La Chute Trail Gaspé - Forillon National Park - Les Graves Trail Percé - Rivière-aux-Émeraudes Waterfall Percé - Bonaventure Island National Park Percé - Hike at the Foot of Percé Rock Percé Geopark - Suspended Glass Platform Percé Geopark - Magic Forest Loop Percé Geopark - Belvedere Trails Percé Geopark - Springs and Les Pieds Croches Trails Percé Geopark - Crevasse Trail Percé Geopark - Grande Coupe Trail Percé Geopark - Grotto Path Bonaventure - Le Malin de la Rivière Bonaventure Maria - Grand Sault Waterfall Carleton-sur-Mer - Les Saults Waterfall - Éperlan Trail Matapédia - Two Rivers Belvedere Saint-Alexis-de-Matapédia - Dream Horizon Belvedere Saint-André-de-Restigouche - Heart of the Plateaus Belvedere Saint-André-de-Restigouche - Picot Waterfalls Saint-Alexis-de-Matapédia - Robitaille Stream Waterfalls Trail Saint-Alexandre-des-Lacs - Philomène Waterfall Saint-Ulric - Ti-Mé Waterfall
Come discover the island of Aruba in the Caribbean
Aruba is a small island in the Dutch Caribbean located off the coast of Venezuela. It’s part of the ABC islands (Aruba, Bonaire, Curaçao).
After visiting the island of Curaçao a few years earlier, we decided to explore Aruba in November 2023.
We stayed for three weeks in an Airbnb-style accommodation and rented a vehicle for the entire period to visit the various tourist attractions on the island.
These are listed below.
You’ll find several supermarkets (Carrefour, Super Food, Jumbo, etc.) as well as a wide variety of restaurants.
*****
Note:
Please be aware that since July 2024, Aruba has implemented a $20 sustainable development tax for visitors arriving by air.
This tax is payable via the online ED Card platform during the ED card application process to enter Aruba.
I invite you to continue reading this travel journal and watch the videos that will help you discover this sunny destination.
*****
Videos are embedded throughout the summary. Click on the image to start the video.
To jump to a specific post, here are the relevant links:
Noord - California Lighthouse Noord - Bubali Bird Sanctuary Paradera - Casibari Rock Formations Santa Cruz - Ayo Rock Formations Bushiribana - New Natural Pool (Cave Pool) Noord - Bushiribana Gold Mill Ruins Santa Cruz - Natural Bridge Oranjestad - Hooiberg San Nicolas - Seroe Colorado Natural Bridge Spanish Lagoon Mangrove Trail Shoco Habitat - Spanish Lagoon Oranjestad - Balashi Gold Mill Ruins San Nicolas - Lourdes Grotto Arikok National Park - Daimari Beach, Boka Keto Beach (Moro), Conchi Natural Pool Arikok National Park - Boca Prins Beach Arikok National Park - Fontein Cave Arikok National Park – Quadirikiri Cave Arikok National Park – Hike to Sero Arikok Oranjestad & Noord - Walking tour San Nicolas and its murals San Nicolas and its mosaic street benches The famous seafood restaurant Zeerover Noord - Snorkeling around the Baboo shipwreck Noord - Arashi Beach Noord - Boca Catalina Beach Noord - Boca Catalina Beach - Snorkeling Noord - Snorkeling at Tres Tapi - Turtle and Ray Noord - Snorkeling at Malmok Beach - Flying gurnards Noord - Hadicurari Beach (Fishermen's Huts) Noord - Palm Beach Noord - Eagle Beach Noord – Manchebo Beach Oranjestad - Divi Beach Oranjestad - Druif Beach Oranjestad - Surfside Beach Pos Chiquito - Mangel Halto Beach Savaneta - Santo Largo Beach Savaneta - Battata Beach San Nicolas - Rodgers Beach San Nicolas - Baby Beach San Nicolas - Baby Beach - Snorkeling San Nicolas - Bachelor’s Beach (Boca Tabla) San Nicolas - Boca Grandi Beach San Nicolas - Colorado Point - Snorkeling at Bachelors Beach San Nicolas - Grapefield Beach Hike - Blackstone Beach via Natural Bridge Noord - Wariruri Beach
After visiting the island of Curaçao a few years earlier, we decided to explore Aruba in November 2023.
We stayed for three weeks in an Airbnb-style accommodation and rented a vehicle for the entire period to visit the various tourist attractions on the island.
These are listed below.
You’ll find several supermarkets (Carrefour, Super Food, Jumbo, etc.) as well as a wide variety of restaurants.
*****
Note:
Please be aware that since July 2024, Aruba has implemented a $20 sustainable development tax for visitors arriving by air.
This tax is payable via the online ED Card platform during the ED card application process to enter Aruba.
I invite you to continue reading this travel journal and watch the videos that will help you discover this sunny destination.
*****
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Noord - California Lighthouse Noord - Bubali Bird Sanctuary Paradera - Casibari Rock Formations Santa Cruz - Ayo Rock Formations Bushiribana - New Natural Pool (Cave Pool) Noord - Bushiribana Gold Mill Ruins Santa Cruz - Natural Bridge Oranjestad - Hooiberg San Nicolas - Seroe Colorado Natural Bridge Spanish Lagoon Mangrove Trail Shoco Habitat - Spanish Lagoon Oranjestad - Balashi Gold Mill Ruins San Nicolas - Lourdes Grotto Arikok National Park - Daimari Beach, Boka Keto Beach (Moro), Conchi Natural Pool Arikok National Park - Boca Prins Beach Arikok National Park - Fontein Cave Arikok National Park – Quadirikiri Cave Arikok National Park – Hike to Sero Arikok Oranjestad & Noord - Walking tour San Nicolas and its murals San Nicolas and its mosaic street benches The famous seafood restaurant Zeerover Noord - Snorkeling around the Baboo shipwreck Noord - Arashi Beach Noord - Boca Catalina Beach Noord - Boca Catalina Beach - Snorkeling Noord - Snorkeling at Tres Tapi - Turtle and Ray Noord - Snorkeling at Malmok Beach - Flying gurnards Noord - Hadicurari Beach (Fishermen's Huts) Noord - Palm Beach Noord - Eagle Beach Noord – Manchebo Beach Oranjestad - Divi Beach Oranjestad - Druif Beach Oranjestad - Surfside Beach Pos Chiquito - Mangel Halto Beach Savaneta - Santo Largo Beach Savaneta - Battata Beach San Nicolas - Rodgers Beach San Nicolas - Baby Beach San Nicolas - Baby Beach - Snorkeling San Nicolas - Bachelor’s Beach (Boca Tabla) San Nicolas - Boca Grandi Beach San Nicolas - Colorado Point - Snorkeling at Bachelors Beach San Nicolas - Grapefield Beach Hike - Blackstone Beach via Natural Bridge Noord - Wariruri Beach
USA 2022 Road Trip
During our first road trip across the United States, we covered 23,000 km and crossed 28 states in 53 days.
Originally, we had planned to drive Route 66 all the way to Oatman in Arizona and visit various national parks in the American West over a two-month period.
This itinerary was planned before our departure, and all the relevant information had been gathered to stick to the schedule.
Everything went so smoothly that we finished visiting the national parks well ahead of our planned return date.
It helped that having a bed, a portable toilet, and a cooler in our vehicle gave us some autonomy since we didn’t have to worry about accommodation.
So, we decided to extend our road trip to the cities of Nashville and Memphis in Tennessee.
We then headed to Louisiana to visit Baton Rouge and New Orleans.
We crossed Mississippi and Alabama before driving along Florida’s west coast all the way to Key West.
We returned via Florida’s east coast and then crossed the eastern U.S. states to get back to Quebec through the Jackman border crossing in Maine.
So, I invite you to keep reading this long recap, which will let you discover the different attractions we visited throughout this amazing journey.
Videos are included throughout the recap. Click on the image to start the video.
To jump to a specific post, here are the relevant links:
Route 66 - Illinois & Missouri Route 66 - St. Louis (Missouri) - Gateway Arch National Park Route 66 - Cuba (Missouri) - City Murals Route 66 - Springfield (Missouri) - Fantastic Caverns Route 66 - Kansas & Oklahoma Route 66 - Texas & Arizona Route 66 - Texas - The Stations of the Cross in Groom Route 66 - Texas - Panhandle - VW Slug Bug Ranch Texas - Palo Duro Canyon State Park - Juniper Trails Texas - Palo Duro Canyon State Park - The Lighthouse Trail Route 66 - Texas - Amarillo - Cadillac Ranch Route 66 - New Mexico - Santa Rosa Blue Hole New Mexico - Bandelier National Monument - Alcove House Trail via Main Loop Trail New Mexico - Bandelier National Monument - Tsankawi Ruins Trail New Mexico - White Rock Overlook Route 66 - New Mexico - Albuquerque - Old Town New Mexico - White Sands National Park New Mexico - White Sands National Park - Dune Life Nature Trail New Mexico - White Sands National Park - Playa Trail New Mexico - White Sands National Park - Interdune Boardwalk New Mexico - Gila Cliff Dwellings National Monument New Mexico - Grants - Ice Cave & Bandera Volcano New Mexico - Gallup - Pyramide Rock Trail & Church Rock Trail Arizona - Holbrook - Painted Desert Arizona - Petrified Forest National Park - Puerco Pueblo & Newspaper Rock Viewpoint Arizona - Petrified Forest National Park - Blue Mesa Arizona - Petrified Forest National Park - The Teepees, Agate Bridge & Jasper Forest Overlook Arizona - Petrified Forest National Park - Crystal Forest Trail Arizona - Petrified Forest National Park - Giant Logs Trail Arizona - Winslow - Two Guns Ghost Town Arizona - Cameron - Little Colorado River Gorge Overlooks Arizona - Grand Canyon National Park - Shoshone Point Trail Arizona - Grand Canyon National Park - Desert View Drive Arizona - Grand Canyon National Park - Rim Route (Orange) & Village Route (Blue) Arizona - Grand Canyon National Park - Hermit Route (Red Line) Route 66 - Arizona - Historic Town of Oatman Arizona - Bullhead City Community Park Nevada - Red Rock Canyon - Calico I & II & Sandstone Quarry Nevada - Red Rock Canyon - Willow Springs Nevada - Red Rock Canyon Lookouts Nevada - Valley of Fire State Park - White Domes Trail Nevada - Valley of Fire State Park - Seven Wonders Trail, Pink Canyon, Fire Wave Nevada - Valley of Fire State Park - Rainbow Vista Trail Nevada - Valley of Fire State Park - Mouse's Tank Trail Nevada - Valley of Fire State Park - Rock Formations Nevada - Valley of Fire State Park - Scenic Routes Nevada - Cathedral Gorge State Park - Slot Canyons Nevada - Cathedral Gorge State Park - Eagle Point & Miller Point Utah - Bryce Canyon National Park - Mossy Cave & Tropic Ditch Waterfall Trail Utah - Bryce Canyon National Park - Scenic Drive Utah - Zion National Park - Pa'rus Trail Utah - Zion National Park - Sand Bench Trail Utah - Zion National Park - Emerald Pools Trail Utah - Zion National Park - West Rim Trail (Trail connecting to Angels Landing) Utah - Zion National Park - Riverside Walk Utah - Zion National Park - Court of The Patriarchs & Big Bend Utah - Zion National Park - Mount Carmel Highway Scenic Drive Utah - Kanab - Jackson Flat Reservoir Utah - Toadstools Trail in Grand Staircase-Escalante National Monument Arizona - Page - Glen Canyon Dam Overlook Arizona - Page - Glen Canyon National Recreation Area Arizona - Page - Horseshoe Bend Overlook Arizona - Page - Upper Antelope Canyon Arizona - Page - Navajo Canyon Boat Tour at Lake Powell Arizona - Page - Antelope Canyon X Arizona - Canyon de Chelly National Monument - Chelly Canyon Arizona - Canyon de Chelly National Monument - Canyon del Muerto Arizona - Monument Valley Navajo Tribal Park Utah - Mexican Hat Utah - Mexican Hat - Goosenecks State Park Utah - Mexican Hat - Valley of the Gods Utah - The Moki Dugway Scenic Backway Utah - Blanding - Natural Bridges National Monument Utah - Lake Powell - Hite Crossing Bridge Utah - Lake Powell - Glen Canyon National Recreation Area - Hite Overlook Utah - Capitol Reef National Park - Chimney Rock Loop Trail Utah - Capitol Reef National Park - Hickman Bridge Trail Utah - Capitol Reef National Park - Grand Wash Trail Utah - Capitol Reef National Park - Sunset Point Trail Utah - Capitol Reef National Park - Goosenecks Trail Utah - Capitol Reef National Park - Viewpoints - Fruita Area Utah - Capitol Reef National Park - Viewpoints - Scenic Drive Utah - Capitol Reef National Park - Cassidy Arch Trail Utah - Capitol Reef National Park - On the way to Capitol Gorge Trailhead Utah - Capitol Reef National Park - Capitol Gorge Trailhead Utah - Monroe - Mystic Hot Springs Utah - Scenic Overlooks on UT-24, UT-119 & I-70 Utah - Arches National Park - Park Avenue Trail Utah - Arches National Park - Courthouse Towers Section's Viewpoints Utah - Arches National Park - Balanced Rock, Pothole Arch, Ham Rock & Garden of Eden Utah - Arches National Park - Double Arch Trail, Cove Arch, Cove of Caves & Panorama Point Utah - Arches National Park - Windows Loop & Turret Arch Trail Utah - Arches National Park - Delicate Arch Trail Utah - Arches National Park - Upper Delicate Arch Viewpoint Trail Utah - Arches National Park - Fiery Furnace Section - Viewpoints Utah - Arches National Park - Sand Dune Arch Trail Utah - Arches National Park - Skyline Arch Trail Utah - Arches National Park - Devils Garden Trail Utah - Dead Horse Point State Park - West Rim Trail Utah - Dead Horse Point State Park - East Rim Trail Utah - Moab - Utah State Route 279 (Potash Road) Utah - Moab - Shafer Trail - Potash Evaporation Ponds Utah - Moab - Potash Road Dinosaur Tracks and Petroglyphs Utah - Moab - Potash Road - Corona, Bowtie & Pinto Arches Trail Utah - Moab - Potash Road - Wall Street Climbing Area Utah - Moab - Kane Springs Road Utah - Moab - Kane Springs Road - Side By Side Adventure Utah - Moab - Kane Springs Road to Moab Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Mesa Arch Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Aztec Butte Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Whale Rock Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Upheaval Dome Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Grand View Point Overlook Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - White Rim Overlook Trail Utah - Canyonlands National Park - Island in the Sky - Overlooks Utah - Moab - Wilson Arch Utah - Monticello - Newspaper Rock State Historical Monument Utah - Canyonlands National Park - The Needles - Road Side Ruin Trail Utah - Canyonlands National Park - The Needles - Cave Spring Trail Utah - Canyonlands National Park - The Needles - Pothole Point Trail Utah - Canyonlands National Park - The Needles - Big Spring Canyon Overlook Trail Utah - Canyonlands National Park - The Needles - Overlooks Colorado - Mesa Verde National Park - Mesa Top Ruins Road Colorado - Mesa Verde National Park - Chapin Mesa Road Colorado - Mesa Verde National Park - Mesa Top Loop Colorado - Mesa Verde National Park - Wetherill Mesa Road Colorado - Great Sand Dunes National Park Colorado - Mosca - Zapata Falls Colorado - Colorado Springs - Garden of the Gods Colorado - Black Canyon of the Gunnison National Park Colorado - Gunnison - Curecanti National Recreation Area Colorado - Gunnison - Blue Mesa Dam & Reservoir Colorado - Lake Pueblo State Park (Pueblo Reservoir) Kentucky - Mayfield, 5 months after an EF4 tornado Tennessee - Nashville - Downtown Walking Tour Tennessee - Graceland Mansion - Home of Elvis Presley Tennessee - Graceland - Lisa Marie & Hound Dog II Jets Tennessee - Graceland - Elvis Presley Automobile Museum & Exhibits Tennessee - Exploring Memphis Louisiana - Exploring Baton Rouge Louisiana - Exploring Lafayette Louisiana - Exploring Houma Louisiana - New Orleans - French Quarter Tour Louisiana - New Orleans - Garden District Tour Louisiana - New Orleans - Creole Queen Mississippi River Cruise Florida - Clearwater Beach Florida - Sanibel Island - Bowman's Beach Florida - Siesta Key Beach Florida - Captiva Island - Turner Beach Florida - Key Largo - Sunset Florida - Key West - Smathers Beach Florida - Miami Beach - Art Deco District Florida - Miami Beach South Carolina - Myrtle Beach Virginia - Virginia Beach Maine - Scarborough - Pine Point Beach
Originally, we had planned to drive Route 66 all the way to Oatman in Arizona and visit various national parks in the American West over a two-month period.
This itinerary was planned before our departure, and all the relevant information had been gathered to stick to the schedule.
Everything went so smoothly that we finished visiting the national parks well ahead of our planned return date.
It helped that having a bed, a portable toilet, and a cooler in our vehicle gave us some autonomy since we didn’t have to worry about accommodation.
So, we decided to extend our road trip to the cities of Nashville and Memphis in Tennessee.
We then headed to Louisiana to visit Baton Rouge and New Orleans.
We crossed Mississippi and Alabama before driving along Florida’s west coast all the way to Key West.
We returned via Florida’s east coast and then crossed the eastern U.S. states to get back to Quebec through the Jackman border crossing in Maine.
So, I invite you to keep reading this long recap, which will let you discover the different attractions we visited throughout this amazing journey.
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