Results for "Pyramide+ou+Louvre+|+127"
3812 results found.
Circuit de quatorze jours dans l'ouest des États-Unis English translation pending
Bonjour,
Nous souhaiterions partir le 30 Aout et faire un circuit par nos propres moyens sur la côte ouest des etats unis.
Nous nous sommes préparés un circuit au vi de tous ce qu'on a pu lire ici et sur d'autres forum et nous voulions savoir ce que vous en pensiez si il était réalisable. Nous ne pouvons partir que 15 jours et nous sommes conscient que nous ne pourrons pas tout voir.
Voici notre circuit :
Jour 1 : Départ de Paris pour Los Angeles Arrivé à Los Angeles, pris de possession de la chambre, repas en restaurant et nuit à LA. Jour 2 : Los Angeles ==> visite de la ville hollywood boulevard, ballade dans la ville Récupération de la voiture et nuit à LA Jour 3 : Départ 8h de LA pour Las Vegas avec une arrivée vers 12h ou 13h. Prise de possession de la chambre, visite de la ville de jour comme de nuit, repas et nuit à Las Vegas. Jour 4 : Las Vegas ==> visite et nuit à Las Vegas. Jour 5 : Départ pour le Grand canyon vers 8h arrivé vers 13h. Repas, possession de la chambre et début de visite. Jour 6 : Visite du Grand Canyon et Nuit Jour 7 : Départ 7h pour Page, arrivée vers 10h et surtout Horse shoe bend. Repas et Nuit sur place. Jour 8: Départ pour Antelope Canyon et Bryce Canyon dans même journée. Repas et Nuit à Bryce Canyon. Jour 9 : Retour à Las Vegas. Départ vers 8h pour arriver vers 13h. Repas et Nuit à Las Vegas. Jour 10 : Départ de Las Vegas dans la matinée par un vol intérieur pour San francisco. Repas et Nuit sur place. Jour 11 - 12 - 13 : Visite San Francisco Jour 14 : Départ Paris et Retour
Voilà qu'en pensez vous ?
Est ce réalisable? Pouvons nous visiter un maximum de choses du moins les principales sans trop se presser ? Sachant que pour l'instant rien n'est réservé, ni hotels, ni avion las bas ni ici, ni voiture. Est t'il possible de laisser la voiture à Las Vegas? Avez vous des bons plans d'hotels, de restaurants ou location de voiture à nous proposer?
D'avance merci à vous tous pour votre précieuse aide.
Nous souhaiterions partir le 30 Aout et faire un circuit par nos propres moyens sur la côte ouest des etats unis.
Nous nous sommes préparés un circuit au vi de tous ce qu'on a pu lire ici et sur d'autres forum et nous voulions savoir ce que vous en pensiez si il était réalisable. Nous ne pouvons partir que 15 jours et nous sommes conscient que nous ne pourrons pas tout voir.
Voici notre circuit :
Jour 1 : Départ de Paris pour Los Angeles Arrivé à Los Angeles, pris de possession de la chambre, repas en restaurant et nuit à LA. Jour 2 : Los Angeles ==> visite de la ville hollywood boulevard, ballade dans la ville Récupération de la voiture et nuit à LA Jour 3 : Départ 8h de LA pour Las Vegas avec une arrivée vers 12h ou 13h. Prise de possession de la chambre, visite de la ville de jour comme de nuit, repas et nuit à Las Vegas. Jour 4 : Las Vegas ==> visite et nuit à Las Vegas. Jour 5 : Départ pour le Grand canyon vers 8h arrivé vers 13h. Repas, possession de la chambre et début de visite. Jour 6 : Visite du Grand Canyon et Nuit Jour 7 : Départ 7h pour Page, arrivée vers 10h et surtout Horse shoe bend. Repas et Nuit sur place. Jour 8: Départ pour Antelope Canyon et Bryce Canyon dans même journée. Repas et Nuit à Bryce Canyon. Jour 9 : Retour à Las Vegas. Départ vers 8h pour arriver vers 13h. Repas et Nuit à Las Vegas. Jour 10 : Départ de Las Vegas dans la matinée par un vol intérieur pour San francisco. Repas et Nuit sur place. Jour 11 - 12 - 13 : Visite San Francisco Jour 14 : Départ Paris et Retour
Voilà qu'en pensez vous ?
Est ce réalisable? Pouvons nous visiter un maximum de choses du moins les principales sans trop se presser ? Sachant que pour l'instant rien n'est réservé, ni hotels, ni avion las bas ni ici, ni voiture. Est t'il possible de laisser la voiture à Las Vegas? Avez vous des bons plans d'hotels, de restaurants ou location de voiture à nous proposer?
D'avance merci à vous tous pour votre précieuse aide.
Découvrez l'Algérie English translation pending
AIN TAGOURT
Boumerdes anciennement RocherNoir
ZERALDA la plage
BLIDA

TAMENTFOUST

SIDI FREDJ


CHERCHEL


PLAGE DE TIPAZA
ALGER LA CAPITALE





ANCIENNE VILLE A ALGER


CONSTANTINE


BATNA

y a beaucoups de photo de ville a ajouter prochainement ANNBA ORAN SETIF MOSTAGANEM TELEMCEN...........................
Boumerdes anciennement RocherNoir
ZERALDA la plage
BLIDA

TAMENTFOUST

SIDI FREDJ



CHERCHEL



PLAGE DE TIPAZA
ALGER LA CAPITALE




ANCIENNE VILLE A ALGER



CONSTANTINE


BATNA


y a beaucoups de photo de ville a ajouter prochainement ANNBA ORAN SETIF MOSTAGANEM TELEMCEN...........................
Essai sur le changement climatique et la fin du pétrole à télécharger English translation pending
Bonjour,
Je viens de mettre en ligne un essai encore non publié, Réinventer le progrès, traitant des réponses à apporter aux crises climatiques, écologiques, énergétiques, économiques et sociales. Tous ces domaines sont en effet liés et cet ouvrage apporte un nouveau regard, avant tout sociologique. Certains points sont aujourd’hui acquis, ce qui n’était pas le cas lorsque j’ai débuté la rédaction en 2005, d’autres sont encore innovants, plus pour longtemps sans doute. C’est là le trait majeur de ce livre : les transformations qu’il propose sont en train de se réaliser, et sans doute plus vite qu’on ne le croit. À lire donc de toute urgence pour être sûr de ne pas rater le train de l’Histoire !
RÉINVENTER LE PROGRÈS Jean Chamel http://www.scribd.com/doc/17179036/Climat-fin-du-petrole-etc-fautil-reinventer-le-progres (lecture en ligne) http://sites.google.com/site/jeanchamel/reinventer-le-progres/Reinventerleprogres.pdf (PDF à télécharger)
Résumé
La première partie est un résumé de la situation actuelle en termes d'écologie, de climat et d'énergie. Le constat est simple: la situation actuelle est intenable et aucune solution technologique ne résoudra à elle seule tous nos problèmes (le lecteur averti peut directement débuter à la deuxième partie).
La deuxième propose une mise en perspective, elle permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là, que la révolution industrielle et économique n'est qu'un aspect d'une mutation sociale vers la modernité et que les différentes sociétés suivent toutes à peu près le même cheminement dans ce processus de "développement".
La troisième partie constitue le cœur de l'ouvrage. Partant de la pyramide des besoins de Maslow, elle montre la logique de fonctionnement de notre société moderne. L'idée maîtresse est que nous apportons une réponse imbriquée à nos besoins physiques d'existence et à nos besoins sociaux d'appartenance et de reconnaissance. Il en résulte un immense gâchis en termes de ressources, d'énergie et de travail. On en déduit donc qu'il existe une marge de manœuvre considérable: il est possible de vivre aussi bien voire mieux avec beaucoup moins et sans pour autant parler de "retour en arrière".
La partie qui suit s'appuie sur le constat formulé pour proposer un aperçu de ce que pourrait être le monde de demain, elle propose des solutions économiques mais tend aussi à montrer que l'économie n'est qu'un regard sur une réalité plus sociale plus complexe. L'idée de croissance économique est aussi remise en question, il est suggéré que cet instrument n'est plus valide pour mesurer le progrès qui se poursuit par d'autres voies, évoquées elles aussi.
Enfin la dernière partie s'interroge sur la manière de "passer d'un monde à l'autre". Elle passe en revue les différents acteurs sociaux pour montrer que le changement est de la responsabilité de chacun. Sans évacuer la fonction du politique, des entreprises et des consommateurs, l'accent est finalement mis sur les leaders d'opinion et le médias qui semblent avoir un rôle déclencheur déterminant.
Bonne lecture !
Je viens de mettre en ligne un essai encore non publié, Réinventer le progrès, traitant des réponses à apporter aux crises climatiques, écologiques, énergétiques, économiques et sociales. Tous ces domaines sont en effet liés et cet ouvrage apporte un nouveau regard, avant tout sociologique. Certains points sont aujourd’hui acquis, ce qui n’était pas le cas lorsque j’ai débuté la rédaction en 2005, d’autres sont encore innovants, plus pour longtemps sans doute. C’est là le trait majeur de ce livre : les transformations qu’il propose sont en train de se réaliser, et sans doute plus vite qu’on ne le croit. À lire donc de toute urgence pour être sûr de ne pas rater le train de l’Histoire !
RÉINVENTER LE PROGRÈS Jean Chamel http://www.scribd.com/doc/17179036/Climat-fin-du-petrole-etc-fautil-reinventer-le-progres (lecture en ligne) http://sites.google.com/site/jeanchamel/reinventer-le-progres/Reinventerleprogres.pdf (PDF à télécharger)
Résumé
La première partie est un résumé de la situation actuelle en termes d'écologie, de climat et d'énergie. Le constat est simple: la situation actuelle est intenable et aucune solution technologique ne résoudra à elle seule tous nos problèmes (le lecteur averti peut directement débuter à la deuxième partie).
La deuxième propose une mise en perspective, elle permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là, que la révolution industrielle et économique n'est qu'un aspect d'une mutation sociale vers la modernité et que les différentes sociétés suivent toutes à peu près le même cheminement dans ce processus de "développement".
La troisième partie constitue le cœur de l'ouvrage. Partant de la pyramide des besoins de Maslow, elle montre la logique de fonctionnement de notre société moderne. L'idée maîtresse est que nous apportons une réponse imbriquée à nos besoins physiques d'existence et à nos besoins sociaux d'appartenance et de reconnaissance. Il en résulte un immense gâchis en termes de ressources, d'énergie et de travail. On en déduit donc qu'il existe une marge de manœuvre considérable: il est possible de vivre aussi bien voire mieux avec beaucoup moins et sans pour autant parler de "retour en arrière".
La partie qui suit s'appuie sur le constat formulé pour proposer un aperçu de ce que pourrait être le monde de demain, elle propose des solutions économiques mais tend aussi à montrer que l'économie n'est qu'un regard sur une réalité plus sociale plus complexe. L'idée de croissance économique est aussi remise en question, il est suggéré que cet instrument n'est plus valide pour mesurer le progrès qui se poursuit par d'autres voies, évoquées elles aussi.
Enfin la dernière partie s'interroge sur la manière de "passer d'un monde à l'autre". Elle passe en revue les différents acteurs sociaux pour montrer que le changement est de la responsabilité de chacun. Sans évacuer la fonction du politique, des entreprises et des consommateurs, l'accent est finalement mis sur les leaders d'opinion et le médias qui semblent avoir un rôle déclencheur déterminant.
Bonne lecture !
Quelle moustiquaire pour voyager en Inde? English translation pending
Hello,
Je pars trois semaines en Inde en juillet. Quel type de moustiquaire sera le plus adaptée à un périple avec changement de logements presque tous les jours ? Vers quelle forme et avec quelles attaches dois-je me diriger ?
Merci de me recommander un modèle !!!
:-)
Je pars trois semaines en Inde en juillet. Quel type de moustiquaire sera le plus adaptée à un périple avec changement de logements presque tous les jours ? Vers quelle forme et avec quelles attaches dois-je me diriger ?
Merci de me recommander un modèle !!!
:-)
Danger au Guatemala? English translation pending
Bonjour, je suis supposée partir en Amérique centrale dans 10 jours. J'arrive à Cancun et j'en repars mais je n'y resterai pas. Je veux faire le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua. Or, je lis quele Guatemala est très dangereux pour les attaques arrmées et aussi que les maladies de moustiques très répandues. Je suis très anxieuse et je me demande si j'annule. De plus, il semble que par rapport à la question, tout le monde dit que tout va bien. Est-ce que ce forum reste impartial et autorise autant les messages négatifs que positifs sur les pays....
Merci de me répondre rapidement car la date fatidique arrive à grands pas.....
Merci de me répondre rapidement car la date fatidique arrive à grands pas.....
Itinéraire de cinq semaines au Mexique et au Guatemala English translation pending
Bonjour amis voyageurs venus du monde entier.
Je me permets de lancer une nouvelle discution car je viens de finir un premier itinéraire pour 5 semaines au Mexique et au Guatemala. Du coup j'aurai voulu avoir voulu vos avis sur ces questions : * est ce possible de le faire en 5 semaines sans trop courir ? * quels sont les sites/choses/ activités à faire/voir pendant les étapes de mon itinéraire ? * enfin quel budget prévoir ?
D'avance je vous remercie pour votre aide et tous les petits conseils et astuces que vous pourrez me donner.
Voici mon itinéraire :· Mexico : Téotihuacan, visite de la ville, Zocolo, Notre Dame de Guateloupe => que faire de plus et ne pas rater ? · Puebla : que voir ? · Oaxaca : que voir ? · San Cristobal de Las Casas : à ne pas louper ? · Volcan Tajumulco – Xela - ascension de deux jours avec levé de soleil · Lac Attitlan – visite des petits village autour et parapente - ballade de Santa cruz à San marco · Chichicastelnango : visite du marché, cimetière et des rites culturels (très tôt le matin donc y dormir la veille) · Antigua et volcan Pacaya – ascension prêt de la lave à faire en fin d’après midi – faire levé de soleil à San Marcos à droite de la plage. · Guatemala City : quels monuments / quartiers y voir ? · Visite de Semuc Champey (baignade dans les lacs + mirador pour la vue) et des grottes de Lanquin (spéléo à la bougie et descente dans chambres à air de pick up) + dégustation de chocolat. · Flores / el Remate / Tikal · Sayaxché : que y faire ? · Yaxchilan : visite du site archéologique · Palenque / Agual Azul / Misol Ha · Campeche : s’y arrêter ? · Merida / Valladolid et Ek Balem · Chichen Itza : faut-il le coup si je visite Yaxchilan, Ek Balam et Palenque ? Cancun / Playa Del Carmen / Isla Holbox · Tulum : visite des ruines et plage · Retour sur Mexico en avionVoili voilou ... encore merci d'avance.
A bientôt
Je me permets de lancer une nouvelle discution car je viens de finir un premier itinéraire pour 5 semaines au Mexique et au Guatemala. Du coup j'aurai voulu avoir voulu vos avis sur ces questions : * est ce possible de le faire en 5 semaines sans trop courir ? * quels sont les sites/choses/ activités à faire/voir pendant les étapes de mon itinéraire ? * enfin quel budget prévoir ?
D'avance je vous remercie pour votre aide et tous les petits conseils et astuces que vous pourrez me donner.
Voici mon itinéraire :· Mexico : Téotihuacan, visite de la ville, Zocolo, Notre Dame de Guateloupe => que faire de plus et ne pas rater ? · Puebla : que voir ? · Oaxaca : que voir ? · San Cristobal de Las Casas : à ne pas louper ? · Volcan Tajumulco – Xela - ascension de deux jours avec levé de soleil · Lac Attitlan – visite des petits village autour et parapente - ballade de Santa cruz à San marco · Chichicastelnango : visite du marché, cimetière et des rites culturels (très tôt le matin donc y dormir la veille) · Antigua et volcan Pacaya – ascension prêt de la lave à faire en fin d’après midi – faire levé de soleil à San Marcos à droite de la plage. · Guatemala City : quels monuments / quartiers y voir ? · Visite de Semuc Champey (baignade dans les lacs + mirador pour la vue) et des grottes de Lanquin (spéléo à la bougie et descente dans chambres à air de pick up) + dégustation de chocolat. · Flores / el Remate / Tikal · Sayaxché : que y faire ? · Yaxchilan : visite du site archéologique · Palenque / Agual Azul / Misol Ha · Campeche : s’y arrêter ? · Merida / Valladolid et Ek Balem · Chichen Itza : faut-il le coup si je visite Yaxchilan, Ek Balam et Palenque ? Cancun / Playa Del Carmen / Isla Holbox · Tulum : visite des ruines et plage · Retour sur Mexico en avionVoili voilou ... encore merci d'avance.
A bientôt
Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne English translation pending
Corse Sardaigne à vélo
Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.
C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.
Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!
26 avril
Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.
L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.
27 avril
Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.
28 avril
Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.
A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.
29 avril
Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.
Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.
30 avril
Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.
Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.
1 mai
Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.
2 mai
Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.
Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.
Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.
Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!
Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.
Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.
3 mai
Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.
En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.
4 mai
Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...
Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.
5 mai
Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.
Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!
6 mai
Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.
Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.
7 mai
Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.
Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.
Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.
Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!
8 mai
Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!
Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.
Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.
L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.
Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.
9 mai
Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.
La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.
L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.
10 mai
Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!
Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.
Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.
11 mai
Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.
12 mai
Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.
Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.
Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!
13 mai
Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubli��es par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.
Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.
14 mai
Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!
Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.
Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.
15 mai
Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?
Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!
Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.
16 mai
Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.
Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.
Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.
De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.
La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!
17 mai
Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!
En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.
La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.
Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.
Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.
Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.
18 mai
Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.
Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.
19 mai
Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.
20 mai
La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.
Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.
La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.
21 mai
A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.
Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.
Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.
Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.
22 mai
La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.
Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.
23 mai
Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.
Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.
Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.
Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.
C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.
Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!
26 avril
Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.
L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.
27 avril
Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.
28 avril
Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.
A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.
29 avril
Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.
Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.
30 avril
Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.
Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.
1 mai
Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.
2 mai
Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.
Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.
Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.
Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!
Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.
Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.
3 mai
Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.
En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.
4 mai
Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...
Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.
5 mai
Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.
Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!
6 mai
Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.
Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.
7 mai
Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.
Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.
Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.
Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!
8 mai
Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!
Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.
Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.
L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.
Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.
9 mai
Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.
La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.
L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.
10 mai
Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!
Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.
Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.
11 mai
Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.
12 mai
Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.
Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.
Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!
13 mai
Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubli��es par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.
Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.
14 mai
Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!
Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.
Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.
15 mai
Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?
Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!
Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.
16 mai
Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.
Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.
Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.
De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.
La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!
17 mai
Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!
En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.
La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.
Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.
Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.
Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.
18 mai
Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.
Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.
19 mai
Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.
20 mai
La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.
Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.
La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.
21 mai
A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.
Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.
Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.
Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.
22 mai
La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.
Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.
23 mai
Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.
Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.
Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.
Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Vivre à Puerto La Cruz au Vénézuela English translation pending
Bonjour,
je viens vers vous car j'ai une opportunité d'emploi en tant que prof des écoles au Venezuela, à Puerto La Cruz.
Je connais déjà un peu le Pérou, le Brésil et le Mexique pour y avoir voyagé...!
Quelques questions:
1Comment est la vie là bas? Vit-on avec peu? 2Comment sont les gens? A t'on un rythme de vie "calme"? Je suis à Paris... et stressé au possible! :D 3A propos du climat, comment est il par là bas? Très venteux? chaud? 4Y'a t'il une grande communauté française que je trouve vite des points d'attache afin de ne pas déprimer!!!
Merci beaucoup de vos réponses!
Fred 😉
1Comment est la vie là bas? Vit-on avec peu? 2Comment sont les gens? A t'on un rythme de vie "calme"? Je suis à Paris... et stressé au possible! :D 3A propos du climat, comment est il par là bas? Très venteux? chaud? 4Y'a t'il une grande communauté française que je trouve vite des points d'attache afin de ne pas déprimer!!!
Merci beaucoup de vos réponses!
Fred 😉
Croisière "Grandes civilisations antiques" sur le Costa Mediterranea du 22 septembre au 2 octobre 2009 English translation pending
😉Bonjour à vous tous,
Après avoir été satisfait lors de ma croisière en septembre 2008, sur le Costa Victoria, dont le thème était : "Ballade en mer Noire" du 14 au 28 septembre 2008, j'ai donc réservé à nouveau pour un autre circuit, sur un autre paquebot pour l'année 2009.
Certains le connaissent déjà car j'ai pu me constituer, grâce à leurs photos, un bel album.
L'itinéraire choisi est donc : "les Grandes Civilisations antiques" sur le Costa Méditerrannéa.
Le circuit sera le suivant :
Départ de Savone pour Naples, puis Messine, Alexandrie, Limassol, Marmaris; Santorin, Katakolon et retour à Savone.
Cette croisière dure 10 jours et nous avons réservé une cabine avec balcon au pont n° 8.
Par le biais de ce départ, je propose à ceux qui n'ont jamais fait de croisière ou qui vont en faire une bientôt, un exemple des actions que j'ai effectué et qui sont encore à réaliser avant le départ.
Ce cheminement va vous rendre un grand service pour la suite.
Tout d'abord, je vous informe que pour la réservation, je suis encore passé par le net car j'avais gardé le nom et le numéro de l'hôtesse qui m'avait bien guidée, l'année dernière. J'ai donc effectué les formalités administratives de réservation par le net puis j'ai rapidement confirmé celle-ci ensuite. Comme, j'aime m'organiser à l'avance, j'ai réservé en août 2008 pour un départ en septembre 2009. J'ai eu le choix de la cabine et du niveau de pont. Lors de l'entretien, j'ai souhaité également être placé au premier service et fait savoir que je me rendais sur place avec mon véhicule.
* Je mettrais ensuite en ligne les dispositions de réservation pour le parking à Savone.
Lors de la réservation, un action importante, celle de demander son numéro secret d'accès au site de costa.fr. Celui-ci vous permet d'accéder à des services spéciaux comme les excursions, les boissons et autres. De ce fait, tout ce qui a été retenu sera ensuite mis en présentation sur votre lit en cabine accompagné du "TO DAY". Pour certains services, cela permet de gagner du temps et d'éviter de faire ensuite la queue à bord.
Exemple :
Si vous avez déjà réservé votre croisière, n’attendez pas le départ : Personnalisez votre croisière ! Vous pouvez réserver vos excursions directement en ligne, jusqu'à 5 jours avant la date de départ du port principal de la croisière. (attention : la date de départ du port principal de la croisière peut être différent du port d'embarquement du passager). Si vous êtes déjà inscrit sur ce site, insérez votre identifiant et votre mot de passe (en haut de page), cliquez sur « Login » puis sur « My Costa » (onglet bleu en haut de page). Vous avez aussi la possibilité de passer directement par l'assistante virtuelle qui vous guidera dans vos démarches, en allant dans la rubrique "Avez-vous déjà réservé" sur la page d'accueil. En revanche, si vous n'êtes pas encore inscrit, inscrivez-vous dès maintenant en indiquant les mêmes informations (nom, prénom et date de naissance) que celles que vous nous avez communiquées lors de l’achat de votre croisière. Souvenez-vous que les excursions réservées en ligne seront réglées à bord du bateau, en fin de croisière.
Vous trouverez aussi votre première ou nouvelle carte d'accés à bord. En fonction d nombre de points acquis, vous pouvez trouver soit le niveau : AQUAMARINE ou CORAIL et enfin PEARL. Chaque niveau vous permet d'obtenir un pourcentage pour vos achat à bord et bien entendu pour votre prochaine croisière. Elles sont valable 03 ans.
Pour infos concernant les cartes voir ce site :
www.costacroisieres.fr/B2C/F/CostaClub/costaclubcard/costaclubcard.htm
Attention : je vous recommande d'en utiliser une à chaque fois lors de vos achat car il n'y a pas de cumul de points acquis par la suite.
Voici une information concernant le carnet de voyage, qui en principe, arrive à votre domicile entre 3 voir 2 semaines avant l'embarquement . Voici ce qu'il peut comprendre :
Documents de voyage
Vous recevrez pour votre croisière les documents de voyage suivants: • Billet de croisière • Formulaire d’embarquement • Étiquettes pour les bagages • Billets aériens (le cas échéant) • récapitulatif des services achetés. Cette documentation comprend également des informations sur les documents d’identité et les visas, comment rejoindre le port d’embarquement, les numéros d’urgence. Votre agence de voyages vous enverra vos documents de voyage après s’être assurée que votre réservation a bien été soldée et, environ, trois semaines avant votre départ. Pour plus d’informations sur les modalités et dates d’envoi de votre documentation de voyage, nous vous invitons à vous adresser à votre agence de voyages. Vous avez la possibilité d’accéder au site www.costacroisieres.fr et de saisir vos coordonnées personnelles (prénom, nom et numéro de réservation) ; vous trouverez alors dans votre espace réservé : • le mémento de votre réservation et de tous les services que vous avez achetés ; • les conditions générales de vente ; • les conditions d’assurances (le cas échéant) ; • les services que vous avez réservés en ligne ; • le formulaire de réservation de vos excursions (à remplir uniquement si vous ne les réservez pas en ligne) ; • le formulaire d’autorisation de prélèvement sur carte de crédit pour vos dépenses à bord ; • des informations pour rejoindre le port d’embarquement ; • des informations sur les parkings du port ou de l’aéroport ; • d’autres informations utiles.
Lors de mon prochain post, je vous parlerais du choix de mes excursions afin de vous faire partager les possibilités de visite de ces endroits. Je vous promet un reportage photos sur chacune d'elles par la suite.
J'en profite pour remercier très sincèrement tout ceux qui sont venus visiter ou qui ont pris part aux discussions sur :
ALBUM DE PAQUEBOTS DE CROISIÈRE, ALBUM DE PHOTOS DE CABINE ou ALBUM DE PHOTOS D'ESCALE;
Bien à vous
Amicalement
Jean-Claude
Après avoir été satisfait lors de ma croisière en septembre 2008, sur le Costa Victoria, dont le thème était : "Ballade en mer Noire" du 14 au 28 septembre 2008, j'ai donc réservé à nouveau pour un autre circuit, sur un autre paquebot pour l'année 2009.
Certains le connaissent déjà car j'ai pu me constituer, grâce à leurs photos, un bel album.
L'itinéraire choisi est donc : "les Grandes Civilisations antiques" sur le Costa Méditerrannéa.
Le circuit sera le suivant :
Départ de Savone pour Naples, puis Messine, Alexandrie, Limassol, Marmaris; Santorin, Katakolon et retour à Savone.
Cette croisière dure 10 jours et nous avons réservé une cabine avec balcon au pont n° 8.
Par le biais de ce départ, je propose à ceux qui n'ont jamais fait de croisière ou qui vont en faire une bientôt, un exemple des actions que j'ai effectué et qui sont encore à réaliser avant le départ.
Ce cheminement va vous rendre un grand service pour la suite.
Tout d'abord, je vous informe que pour la réservation, je suis encore passé par le net car j'avais gardé le nom et le numéro de l'hôtesse qui m'avait bien guidée, l'année dernière. J'ai donc effectué les formalités administratives de réservation par le net puis j'ai rapidement confirmé celle-ci ensuite. Comme, j'aime m'organiser à l'avance, j'ai réservé en août 2008 pour un départ en septembre 2009. J'ai eu le choix de la cabine et du niveau de pont. Lors de l'entretien, j'ai souhaité également être placé au premier service et fait savoir que je me rendais sur place avec mon véhicule.
* Je mettrais ensuite en ligne les dispositions de réservation pour le parking à Savone.
Lors de la réservation, un action importante, celle de demander son numéro secret d'accès au site de costa.fr. Celui-ci vous permet d'accéder à des services spéciaux comme les excursions, les boissons et autres. De ce fait, tout ce qui a été retenu sera ensuite mis en présentation sur votre lit en cabine accompagné du "TO DAY". Pour certains services, cela permet de gagner du temps et d'éviter de faire ensuite la queue à bord.
Exemple :
Si vous avez déjà réservé votre croisière, n’attendez pas le départ : Personnalisez votre croisière ! Vous pouvez réserver vos excursions directement en ligne, jusqu'à 5 jours avant la date de départ du port principal de la croisière. (attention : la date de départ du port principal de la croisière peut être différent du port d'embarquement du passager). Si vous êtes déjà inscrit sur ce site, insérez votre identifiant et votre mot de passe (en haut de page), cliquez sur « Login » puis sur « My Costa » (onglet bleu en haut de page). Vous avez aussi la possibilité de passer directement par l'assistante virtuelle qui vous guidera dans vos démarches, en allant dans la rubrique "Avez-vous déjà réservé" sur la page d'accueil. En revanche, si vous n'êtes pas encore inscrit, inscrivez-vous dès maintenant en indiquant les mêmes informations (nom, prénom et date de naissance) que celles que vous nous avez communiquées lors de l’achat de votre croisière. Souvenez-vous que les excursions réservées en ligne seront réglées à bord du bateau, en fin de croisière.
Vous trouverez aussi votre première ou nouvelle carte d'accés à bord. En fonction d nombre de points acquis, vous pouvez trouver soit le niveau : AQUAMARINE ou CORAIL et enfin PEARL. Chaque niveau vous permet d'obtenir un pourcentage pour vos achat à bord et bien entendu pour votre prochaine croisière. Elles sont valable 03 ans.
Pour infos concernant les cartes voir ce site :
www.costacroisieres.fr/B2C/F/CostaClub/costaclubcard/costaclubcard.htm
Attention : je vous recommande d'en utiliser une à chaque fois lors de vos achat car il n'y a pas de cumul de points acquis par la suite.
Voici une information concernant le carnet de voyage, qui en principe, arrive à votre domicile entre 3 voir 2 semaines avant l'embarquement . Voici ce qu'il peut comprendre :
Documents de voyage
Vous recevrez pour votre croisière les documents de voyage suivants: • Billet de croisière • Formulaire d’embarquement • Étiquettes pour les bagages • Billets aériens (le cas échéant) • récapitulatif des services achetés. Cette documentation comprend également des informations sur les documents d’identité et les visas, comment rejoindre le port d’embarquement, les numéros d’urgence. Votre agence de voyages vous enverra vos documents de voyage après s’être assurée que votre réservation a bien été soldée et, environ, trois semaines avant votre départ. Pour plus d’informations sur les modalités et dates d’envoi de votre documentation de voyage, nous vous invitons à vous adresser à votre agence de voyages. Vous avez la possibilité d’accéder au site www.costacroisieres.fr et de saisir vos coordonnées personnelles (prénom, nom et numéro de réservation) ; vous trouverez alors dans votre espace réservé : • le mémento de votre réservation et de tous les services que vous avez achetés ; • les conditions générales de vente ; • les conditions d’assurances (le cas échéant) ; • les services que vous avez réservés en ligne ; • le formulaire de réservation de vos excursions (à remplir uniquement si vous ne les réservez pas en ligne) ; • le formulaire d’autorisation de prélèvement sur carte de crédit pour vos dépenses à bord ; • des informations pour rejoindre le port d’embarquement ; • des informations sur les parkings du port ou de l’aéroport ; • d’autres informations utiles.
Lors de mon prochain post, je vous parlerais du choix de mes excursions afin de vous faire partager les possibilités de visite de ces endroits. Je vous promet un reportage photos sur chacune d'elles par la suite.
J'en profite pour remercier très sincèrement tout ceux qui sont venus visiter ou qui ont pris part aux discussions sur :
ALBUM DE PAQUEBOTS DE CROISIÈRE, ALBUM DE PHOTOS DE CABINE ou ALBUM DE PHOTOS D'ESCALE;
Bien à vous
Amicalement
Jean-Claude
Avis sur circuit dans l'Ouest américain en famille en juillet 2009 English translation pending
Bonjour,
Nous aussi allons cet été aux USA. Nous avons cassé la tirelire et partons en famille (parents et 5 enfants de 17 à 10 ans, bon marcheurs) pendant 3 semaines. Nous avons déjé regardé pas mal de forums intéressants et essayé d'établir un premier programme, mais nous aimerions encore autant de remarques et de conseils que possible.
Nous sommes demandeurs autant de remarques sur le parcours, l'ordre des sites à voir, que sur les choses vraiment sympa pour les enfants ou au contraire à éviter.
Nous sommes occupés à réserver les hotelsvia "Connections", mais rien n'est vraiment figé. En général je pense qu'on prendra 2 chambres de 4.
Un critère important à sept est évidemment le budget. Il n'est pas extensible à l'infini, et je pense qu'il vaut mieux en priorité le réserver à quelques trucs qui vont marquer la mémoire des enfants.
Je pense que toute la famille est prête aussi a faire des ballades de 3-5 km pour profiter des plus beaux sites et si possible s'écarter de la plus grande foule.
Tous le commentaires sont bienvenus (trajets, étapes, hotels, restos sympas, promenades, quand faut-il un pic-nic, ...) Nous commençons par 3 jours à NY pour lesquels nous ferons peut-être un petit forum séparé. Pour la partie Ouest voici le premier jet du programme:
Sam04Juillet. Arrivée à SF vers 12H, prise de la voiture (mini van) et hotel TOMO BEST WESTERN ? fête nationale US (? regarder le feu d'artifice depuis le GG Bridge
Dim05. Visite de SF (Chinatown, trams, Fisherman's Warf et ? Alcatraz en soirée) que faut-il réserver,
Lun06. matinée à SF et départ pour Yosemite Hotel à El Portal ou dans le parc si possible/payable ? qqch sur la route
Mar07. Visite de Yosemite j'ai lu qu'on peut louer des vélos pour voir la vallée principale.. + promenade de 2 - 3 sortie Est ? ou dormir/manger
Mer08. Yo vers Death Valley ? quelle route ? passer par Bodie (ville fantôme) et/ou Mono lake DV : loger à Stonepipe ou Furnace Creeck (les avis semblent partagés)
Jeu09. DV ?visiter ou juste traverser trajet vers LasVegas Hotel à LV. J'ai des avis qu'il doit être possible de trouver des grans hotels à des prix raisonnables (1 nuit) QQch qui "en jette" pour les enfants... Qqn a t'il des pistes Je pense qu'on n'essayera pas de voir un "vrai grand spectacle" trop cher, mais de "visiter" qqs casinos et faire un peu de shopping. (merci de qqs trucs sympas)
Ven 10. LV vers Grand Canyon quels stops? est ce une bonne idée de prendre la route 66 vers la réserve indienne Hualapai loger à williams ou à Tusayan
Sam11. Visite du Grand Canyon. Je pense faire le survol en hélico avec les enfants (et sans madame qui a déja peur en avion...). ? Papillon ? faut-il réserver ? via internet? ?conseils pour le reste de la visite. Sortie et hotel à Cameron (?Trading post)
Dim12. Cameron-Monument Valley et loger à Mexican Hat (? resto sympa) nous pensons faire la visite envoitue; est-ce mieux le soir en arrivant ou le lendemain matin au retour ? quel stops sur la route?
Lun13. ? Gooseneck, ? Valley of gods, ..??? retour vers DV et lac Powel / Page ? même route hotel à Page
Mar14. journée plus relax? Antelope (?Upper ou Lower) (Faut-il réserver?) Lac Powell: ? louer un bateau, ou excursion, ou juste qques points de vue et petite crique (? je rêve peut-être)
Mer15. Zion / Brice Canyon quelle route et quels stops conseils pour visite Hotel près de Brice
Jeu16. Brice suite visite?? route 12 (picnic) Hotel à Torrey
ven 17. Moab Sam18. Moab ? visite de Capitol Reef sur la route vers Moab Arches Canyonlands si possible un rafting ou une ballade en 4x4 ? on m'a parlé d'un resto sympa pour le petits déj avec une grande tasse à l'entrée??
dim19 Moab-Denver pra la HighWay70 sauf si visite intéressante/sympa sur le parcours Hotel à Denver
lund20 Denver
Mar21 🙁 retour sur Bruxelles via Atlanta
Ouf!!! Je sais qu'il reste du boulot de préparation et relativement peu de temps..
grand merci pour tous les commentaires et/ou conseils
MM et le clubdes5
Tous le commentaires sont bienvenus (trajets, étapes, hotels, restos sympas, promenades, quand faut-il un pic-nic, ...) Nous commençons par 3 jours à NY pour lesquels nous ferons peut-être un petit forum séparé. Pour la partie Ouest voici le premier jet du programme:
Sam04Juillet. Arrivée à SF vers 12H, prise de la voiture (mini van) et hotel TOMO BEST WESTERN ? fête nationale US (? regarder le feu d'artifice depuis le GG Bridge
Dim05. Visite de SF (Chinatown, trams, Fisherman's Warf et ? Alcatraz en soirée) que faut-il réserver,
Lun06. matinée à SF et départ pour Yosemite Hotel à El Portal ou dans le parc si possible/payable ? qqch sur la route
Mar07. Visite de Yosemite j'ai lu qu'on peut louer des vélos pour voir la vallée principale.. + promenade de 2 - 3 sortie Est ? ou dormir/manger
Mer08. Yo vers Death Valley ? quelle route ? passer par Bodie (ville fantôme) et/ou Mono lake DV : loger à Stonepipe ou Furnace Creeck (les avis semblent partagés)
Jeu09. DV ?visiter ou juste traverser trajet vers LasVegas Hotel à LV. J'ai des avis qu'il doit être possible de trouver des grans hotels à des prix raisonnables (1 nuit) QQch qui "en jette" pour les enfants... Qqn a t'il des pistes Je pense qu'on n'essayera pas de voir un "vrai grand spectacle" trop cher, mais de "visiter" qqs casinos et faire un peu de shopping. (merci de qqs trucs sympas)
Ven 10. LV vers Grand Canyon quels stops? est ce une bonne idée de prendre la route 66 vers la réserve indienne Hualapai loger à williams ou à Tusayan
Sam11. Visite du Grand Canyon. Je pense faire le survol en hélico avec les enfants (et sans madame qui a déja peur en avion...). ? Papillon ? faut-il réserver ? via internet? ?conseils pour le reste de la visite. Sortie et hotel à Cameron (?Trading post)
Dim12. Cameron-Monument Valley et loger à Mexican Hat (? resto sympa) nous pensons faire la visite envoitue; est-ce mieux le soir en arrivant ou le lendemain matin au retour ? quel stops sur la route?
Lun13. ? Gooseneck, ? Valley of gods, ..??? retour vers DV et lac Powel / Page ? même route hotel à Page
Mar14. journée plus relax? Antelope (?Upper ou Lower) (Faut-il réserver?) Lac Powell: ? louer un bateau, ou excursion, ou juste qques points de vue et petite crique (? je rêve peut-être)
Mer15. Zion / Brice Canyon quelle route et quels stops conseils pour visite Hotel près de Brice
Jeu16. Brice suite visite?? route 12 (picnic) Hotel à Torrey
ven 17. Moab Sam18. Moab ? visite de Capitol Reef sur la route vers Moab Arches Canyonlands si possible un rafting ou une ballade en 4x4 ? on m'a parlé d'un resto sympa pour le petits déj avec une grande tasse à l'entrée??
dim19 Moab-Denver pra la HighWay70 sauf si visite intéressante/sympa sur le parcours Hotel à Denver
lund20 Denver
Mar21 🙁 retour sur Bruxelles via Atlanta
Ouf!!! Je sais qu'il reste du boulot de préparation et relativement peu de temps..
grand merci pour tous les commentaires et/ou conseils
MM et le clubdes5
De retour de Las Vegas et des parcs nationaux English translation pending
J1 : Samedi 11 avril : Départ de Paris (Roissy) à 13H15 (cela fait des heures que nous trépignons à la maison en attendant le grand départ - nous avons la chance d'habiter la région parisienne donc pas trop de trajet pour atteindre l'aéroport) - Escale à Minneapolis quelques 8 heures 45 plus tard (durée initiale de l'escale 1H15 et qui s'est avérée plus longue en fin de compte : environ 2 heures) - Arrivée à Las Vegas à 18H10. Mon oncle nous attendait. Il vit là-bas depuis quelques années. Tout s'est bien passé hormis deux de nos bagages qui se sont égarés à Minneapolis. Les employés chargés du transfert des bagages vers le nouveau vol ont confondu les initiales de Las Vegas (LV) avec les initiales de Los Angeles (LX). Nos valises sont donc allées se promener là-bas sans nous. C'était un peu l'angoisse à l'aéroport. Il nous manquait deux bagages sur quatre (les vêtements des adultes + nos chaussures étaient tous dedans - heureusement ceux des enfants étaient avec nous). Après une attente inutile puis un petit tour au service réclamation pour expliquer notre problème (heureusement qu'une personne bilingue nous accompagnait : mon oncle car les explications à donner et à entendre étaient bien complexes, surtout lorsqu'on n'est pas complètement bilingue et que l'on a qu'une envie, c'est d'aller se coucher !!!), nous avons pris la voiture (de mon oncle) direction son domicile en traversant le strip de nuit (et là, cela a été l'émerveillement : Las Vegas la nuit, à ne pas rater ! Toutes ces lumières de toutes les couleurs partout, c'était superbe. Nous avons reconnu au passage des monuments très connus tels que la Pyramide de Guizeh, la Tour Eiffel, l'Empire State Building... Le rêve commençait...) Mon oncle a une jolie maison dans le nord-ouest de LV où nous avons passé une agréable soirée même si nous avions un mal fou à garder les yeux ouverts. Il habite dans un quartier résidentiel qui m'a fait pensé au feuilleton "Desesperate housewives" sans les habitants qui semblaient se cacher dans leur maison (rues désertes). La nuit a été courte (décalage horaire oblige). Ma nuit était finie à 3H00 du matin et celle du reste de la famille 1H30 plus tard. L'avantage, c'est que nous disposions d'être très longue journée pour pouvoir découvrir LV.
J2 : Dimanche 12 avril : Après un petit déjeuner très matinal et une douche bien méritée, nous nous sommes rendus en voiture (toujours avec mon oncle) à l'aéroport pour récupérer les deux bagages manquants qui étaient revenus de Los Angeles. Nous nous sommes déplacés au lieu d'avoir été livrés car nous ne savions pas où nous allions nous trouver en cours de journée. Ensuite, nous nous sommes rendus à l'entrée (sud) de la ville pour nous prendre en photo devant la célèbre enseigne "welcome Las Vegas" pour immortaliser le moment.
Ensuite, direction notre hôtel (le circus circus) pour pouvoir y laisser nos bagages à la consigne (prise en charge de la chambre qu'à partir de 14H) et récupérer notre voiture de location. L'hôtel est un peu vieillissant, beaucoup moins beau que d'autres mais d'un très bon rapport qualité-prix (34 euros la nuit pour nous 4). Les chambres sont spacieuses, possèdent deux lits Queen (2 personnes) + 1 TV + 1 petit réfrigérateur + 1 commode + 1 petite table + 2 chaises + 1 salle de bain complète (baignoire, lavabo, toilettes, sèche cheveux) + 1 table à repasser. Par contre, il manquait des placards. Nous sommes restés 5 nuits dans cet hôtel. Nous étions dans l'annexe (manors rooms). Au rez de chaussée (pratique nous ballader les bagages), près de la piscine et nous pouvions garer notre voiture juste devant la chambre chaque jour.
Pour ce qui est de la voiture, l'attente a été longue (une bonne 1/2 heure). L'agence n'a pas essayé de nous rajouter d'assurances supplémentaires. Nous avons eu une Dodge avenger. Elle a un look sportif et est très confortable. Nous en avons été très satisfaits. Elle a bien avalé les quelques 2500 kilomètres que nous avons fait. Par contre, elle consommait pas mal mais l'essence n'était pas chère du tout (au mieux : 2, 09 dollars et au pire 2, 39 dollars). Nous sommes passés par elocationsdevoitures.fr pour la louer. Nous avons mis un peu de temps pour nous habituer aux vitesses automatiques et surtout au code de la route local. Nous avons commencé notre périple en nous garant à l'hôtel Luxor (self parking : on se gare tout seul mais c'est gratuit, pas de pourboire à payer contrairement au valet parking). Nous avons visité l'hôtel (thème : l'Egypte) qui est très beau à l'intérieur mais aussi à l'extérieur : on reconnaît la pyramide de Gizeh, le fameux Sphinx devant l'entrée - Il nous a rappelé notre voyage en Egypte fait 2 mois auparavant).
Ensuite, nous nous sommes rendus à pied à l'hôtel Mandalay Bay (thème de l'Asie du sud-est) pour le visiter également. Il est très beau également (encore plus luxueux à l'intérieur).
Du Mandalay Bay, nous avons pris une navette (espèce de petit train gratuit) pour revenir sur nos pas et nous rendre à l'hôtel Excalibur, sorte de château du moyen âge. Cela m'a fait pensé à disneyland paris. Je l'ai trouvé moins beau que les deux autres mais tout de même agréable à visiter.

Ensuite, nous avons rejoint, toujours à pied, l'hôtel New-York New-York de l'autre côté de Tropicana Avenue. De l'extérieur, il est superbe : il reproduit des monuments très connus de la ville de New York (Pont de Brooklyn, Empire State Building, statue de la liberté...) et même à l'intérieur, on trouve des rues qui ressemblent vraiment à la ville. Dommage que ce soit un peu sombre. Mon mari et mes enfants ont voulu essayer le roller coaster. Cela leur a plu. Ils m'ont dit qu'il était assez impressionnant mais qu'il ne durait que très peu de temps. Nous avons déjeuné sur place dans un restaurant mexicain pour manger des farritas (très bonnes et très copieuses).
Nous avons ensuite rebroussé chemin vers notre voiture car nous étions déjà au milieu de l'après-midi et mon oncle nous attendait pour 17H chez lui. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel pour prendre notre chambre, défaire nos valises, prendre une bonne douche, nous changer et finir la soirée chez mon oncle. Il ne fallait pas que l'on se couche trop tard pour profiter encore d'une longue journée le lendemain.
J3 : Lundi 13 avril : Toujours levés très tôt, nous poursuivons notre découverte de Las Vegas. Direction l'hôtel MGM en voiture mais nous nous garons sur le parking de l'hôtel Tropicana, dont l'architecture ressemble vraiment aux hôtels que l'on trouve aux Antilles.
L'hôtel MGM (thème : le cinéma) quant à lui est un très bel hôtel. Un bâtiment moderne bleu devant lequel se trouve la statue d'un beau lion en bronze. Par contre, je trouve la décoration intérieure moins recherché que certains autres hôtels.
Ensuite, direction la boutique MMs qui est juste à côté pour s'approvisionner en sucreries puis la boutique Coca Cola située également juste à côté. Leur devanture est très sympa.
Nous ne rentrons pas dans l'hôtel Monte Carlo qui, d'après ce que j'avais lu avant de partir n'a rien d'extraordinaire.
Nous avons déjà passé la matinée et le début d'après-midi à faire voir tout cela (déjeuner sur le pouce sur le strip : un burger king), nous retournons à l'hôtel pour nous changeons car aujourd'hui, c'est le grand jour, nous renouvelons nos voeux de mariage (après 18 ans de mariage) en compagnie de nos enfants (qui n'étaient évidemment pas là le jour J) et de mon oncle (qui n'avait pas pu faire le déplacement en France à l'époque). Nous avons choisi une formule originale pour le faire. Se remarier en compagnie d'Elvis. Pour choisir la bonne chapelle, j'avais fait des recherches sur Internet et je suis tombée sur une petite chapelle (Elvis chapel) qui proposait un package présentant un bon rapport qualité-prix. De plus, les organisateurs sont sérieux, car, suite à ma réservation sur Internet, ils m'ont contactée par téléphone en France pour se mettre d'accord sur les modalités et pour me prévenir du moment où ils prélèveraient mon règlement en CB.
Après nous être fait beaux, une limousine blanche (c'est la première fois que je montais dans un tel véhicule) est venue nous chercher devant l'hôtel pour nous amener tous les 6 devant la chapelle. Dans la confusion, nous avons oublié devant l'hôtel un sac à dos contenant l'appareil photo de ma fille, une carte mémoire neuve et des cassettes pour le camescope (nous nous en sommes rendus compte seulement sur le chemin du retour et je vous le donne en mille... Le sac était à la même place à notre retour, dehors tout seul !!! En France, il aurait vite disparu. Je n'en revenais pas. Mais revenons à la cérémonie. Nous avons été accueilli par David, l'organisateur qui fait office à la fois de photographe, metteur en scène et secrétaire pour tous les papiers administratifs. Au passage, à signaler que pour se remarier aucun document officiel n'est demandé. "Elvis m'a demandé de le prendre par le bras et m'a conduite à l'autel" en chantant une chanson. Il m'a également offert un bouquet de mariage (de superbes roses rouges qui ont tenu tout le séjour). C'est peut-être bête mais j'étais très impressionnée de voir ma famille me regarder ainsi et cela m'a rappelé beaucoup de souvenirs. Ensuite, la cérémonie s'est déroulée. "Elvis" nous a demandé à tour de rôle de prononcer nos voeux. Il parlait assez lentement. Donc, nous n'avons pas eu trop de difficultés à répéter les phrases qu'il nous demandait de dire à l'autre. Il a chanté encore deux autres chansons. Ensuite, on nous a offert des paires de lunettes Elvis et nous avons swingué avec lui. La famille est venue nous rejoindre pour fêter cela. C'était super. La cérémonie dure environ une petite demi-heure. A la fin, j'ai laissé mes coordonnées françaises pour que l'on m'envoie le DVD et le CD des photos prises. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, le colis était déjà là (très sérieux). Le total nous a coûté environ 400 dollars tout compris, et que de souvenirs...
Ensuite, nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous changer afin de nous rendre sur le Strip pour finir la soirée. Pour fêter ce petit évènement, nous sommes allés manger au buffet du planet Hollywood (ex : hôtel Aladdin). Il y avait beaucoup de choix et c'était très copieux. Mon oncle m'a expliqué qu'il s'agissait du buffet le mieux noté depuis 3-4 ans sur Las Vegas. C'est vrai, nous n'avons pas été déçus. Il existe une réduction pour les enfants jusqu'à 12 ans. De l'extérieur, l'hôtel n'est pas terrible, par contre, à l'intérieur, il est beau. La galerie marchande est décorée comme si nous étions dans un conte des mille et une nuits. C'est très dépaysant. Puis, nous nous sommes baladés sur le Strip pour admirer les hôtels illuminés : c'est magnifique (même plus beau que le jour). Encore une journée bien remplie et riche en émotions. Nous ne couchons pas trop tard car le lendemain, direction Death Valley
J4 : Mardi 14 avril : Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel (j'ai oublié de dire que nous déjeunions dans un petit "resto" situé à l'intérieur de l'hôtel "Barista Bagels and more" pour ne pas trop dépenser et pour gagner du temps. Nous n'avons donc pas essayé le buffet de l'hôtel qui n'était pas bien noté apparemment : je prenais un thé ou un chocolat chaud + un croissant très bon et très ressemblant à ce qui existe en France pour environ 4 dollars), direction Death Valley. Nous avions prévu le panier pique-nique pour le midi de peur de ne pas trouver de quoi se restaurer sur le chemin. Nous sommes passés par le sud de Death Valley : Pahrump puis Shoshone. Nous avons mis environ 2H30 pour arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible. Il fait gris et pas très chaud. Nous espérons que le soleil va montrer son nez pour qu'on puisse apprécier davantage les paysages. Le GPS nous a beaucoup rendu service mais pas toujours. En effet, par moment, il voulait nous faire changer de direction au milieu de nulle part. Il nous a fait emprunter un espèce de chemin de terre au milieu de rien. Nous avons fini par faire demi-tour car nous étions au milieu du désert, sans rien autour de nous. Nous avons perdu ainsi une bonne demi-heure mais nous avons bien rigolé. Une fois la route retrouvée, nous sommes d'abord allés Badwater qui est le point le plus bas des USA en dessous de la mer (- 86 m). C'est une sorte d'étendue de sel à perte de vue près d'un petit point d'eau.
Ensuite, arrêt à Devils Golf Course qui est une plaine recouverte de sel qui s'étend à perte de vue.
Puis, nous avons emprunté la route d'Artists Drive qui est une route sinueuse au milieu des montagnes en sens unique sur environ 8 kms pour admirer les Artists Palette qui sont des roches multicolores (on y trouve du blanc, beige, gris, bleu, rose). C'est assez étonnant (dommage que le soleil ne soit pas là car cela aurait été encore plus beau).

Puis, nous avons pris la direction de Furnace Creek pour faire une pause et nous rafraîchir (il s'agit d'une espèce de village très verdoyant au milieu de rien avec un camping, un general store, une poste, un musée et un bel hôtel en retrait. Le visitor center du parc se situe ici également). Le soleil a enfin montré son nez et le vent aussi... Je n'ai jamais vu un vent aussi brûlant et violent. On tenait à peine debout.
Nous avons ensuite repris la route direction Zabriskie Point (très beau point de vue sur des collines dentelées dont les couleurs sont pastelles - c'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus beau). Nous aurions pu continuer plus au nord pour voir les sand dunes et je ne sais plus quel château mais cela nous demandait de faire encore beaucoup de kilomètres et les enfants en avaient assez. Des pierres, toujours des pierres (heureusement qu'ils étaient équipés de consoles de jeux et autres lecteurs vidéos pour passer le temps. Cela nous a permet de visiter tranquillement les différents sites qui nous intéressaient).
Pour finir, direction Dantes View qui donne sur un cul de sac (21 kms à parcourir avant d'y parvenir). Nous arrivons sur les hauteurs de Death valley avec une belle vue sur toute la vallée. C'était joli mais toujours très venteux.
Nous avons fait ensuite demi-tour pour reprendre la route de Las Vegas car nous étions attendus le soir chez mon oncle pour fêter mon anniversaire (40 ans). Il y a pire endroit pour célébrer un tel évènement. Avec le recul, c'est l'endroit que nous avons le moins préféré de tout notre voyage. Mais je pense que le manque de clarté dû au temps n'a pas mis en valeur les sites. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de les voir au lever ou au coucher du soleil puisque nous avons été sur place de 10H45 à peu près à 17H00. Encore une journée bien chargée. Demain, nous reprenons la visite des hôtels sur Las Vegas. Nous avons appris que lors de cette journée, le temps sur LV avait été tout aussi triste mais là-bas, le soleil n'a même pas pointé son nez et il a même plu (gros orage).
J5 : Mercredi 15 avril : Aujourd'hui, nous restons sur Las Vegas et nous avons pour objectif de visiter le reste des hôtels. Le temps est mitigé, gris le matin mais le soleil finit par se lever. Il fait frais toute la journée malgré tout. Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel, direction l'hôtel Paris-Las Vegas. Il est très beau. A l'extérieur, de nombreux monuments de Paris sont reproduits : la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'hôtel de ville... Et à l'intérieur, il est tout aussi beau. La galerie marchande reproduit des rues de Paris (enfin un peu plus kitch qu'en réalité tout de même). Même chose que d'habitude : on se gare dans un hôtel et ensuite on circule à pied.
Ensuite, on traverse le Strip pour rejoindre le Bellagio (thème : l'Italie). Il n'est pas très impressionnant de l'extérieur mais il est très beau à l'intérieur. Il y a un immense jardin avec des fleurs de toutes les couleurs (surtout des tulipes) et une petite cabine qui abrite de superbes papillons. C'est super joli.
A côté du Bellagio, se trouve le fameux Caesar Palace (thème : Rome antique), très impressionnant. C'est ici que chantait Céline Dion. Elle a été maintenant remplacée par Elton John mais aussi Cher et Bette Midler. On y trouve des statues romaines et de superbes fontaines un peu partout et le centre commercial qui se trouve à l'intérieur est très grand (Forum Shops) et abrite surtout des boutiques de luxe (hors de portée de notre bourse). Nous avons quand même investi (ou plutôt notre fils) dans une console de jeu de poche de chez Sony et dans un ITOUCH chez Apple. En gros, on paie le prix en euros et en dollar est le même (donc on économise le change : environ 30 %).
Nous avons fait ensuite une pause déjeuner en mangeant Mac Do (pas terrible, c'est mieux en France mais ici, c'est un peu moins cher) pour reprendre des forces avant de repartir à la conquête des hôtels. Cette fois-ci, nous reprenons la voiture pour nous garer au Venitian et nous poursuivons notre périple. Cet hôtel est magnifique. C'est un de mes préférés. Il est aussi beau de l'intérieur que de l'extérieur. Il est orné de grandes fresques italiennes et un long canal le traverse. Il est possible de faire une promenade en gondoles avec en prime un gondolier qui vous chante la sérénade. C'est super romantique. On reconnaît le pont des soupirs, la place St Marc, le palais des Doges...
Nous sommes allés ensuite au Wynn (pas de thème particulier). Apparemment, il s'agit de l'hôtel le plus cher de Las Vegas mais moi, il m'a déçu. Je l'ai trouvé moins beau (de l'intérieur comme de l'extérieur) que le Paris ou le Venetian (question de goût). Par contre, là, inutile de penser y faire ses achats (que du luxe partout).
Nous avons ensuite rejoint le Treasure Island (thème : les pirates), qui, à part le bateau pirate à l'entrée, n'est pas très original. Je voulais assister au spectacle du soir (avec les sirènes) mais nous n'avons pas eu le temps de le voir au cours de notre séjour. Peut-être une autre fois !
Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour aller voir le Mirage (thème : les tropiques). De l'extérieur, je ne le trouve pas extraordinaire (par contre, il est entouré de superbes jardins tropicaux avec des cascades), à l'intérieur, il est assez chic. Par contre, il abrite le Siegfried and Roy secret garden (espèce de zoo) que nous visiterons plus tard.
Harrassés de fatigue, nous rejoignons notre voiture pour rentrer à l'hôtel. Pour l'heure du dîner, nous nous rendons à l'hôtel Flamingo pour goûter à leur buffet. Il était bien mais moins de variétés qu'au planet hollywood (par contre, du choix dans les plats japonais et chinois). L'originalité de cet hôtel est qu'il abrite une colonie de flamands roses dans un jardin exotique. Retour à l'hôtel pour un gros dodo bien mérité.
J6 : Jeudi 16 avril : Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 40 ans. Super endroit pour fêter son anniversaire. Je suis super contente. C'est notre dernier jour à Las Vegas avant de partir à la découverte des parcs nationaux. Le temps est encore frais mais le soleil est au rendez-vous dès le matin. Nous décidons de passer notre matinée à dépenser de l'argent dans les outlets. Nous allons à celui situé dans le Nord de Las Vegas : Las Vegas Premium outlets. Il n'est qu'à quelques kilomètres de l'hôtel. Un grand parking extérieur se situe devant le centre commercial. Ce dernier est en plein air. Il comprend des allées et de chaque côté des boutiques aux enseignes très célèbres : Adidas, Nike, Banana Republic, Guess, Lacoste, Timberland, Dolce et Gabbana, Levi's strauss, Ed Hardi, Izod, Gap, Esprit... En tout, environ 150 boutiques Il y a beaucoup de choix et les prix sont vraiment intéressants. J'ai même trouvé des crèmes de jour de marque "clinique" à 31 dollars alors qu'elles étaient en ville à 50 dollars. Chez Adidas, nous avons eu 30 % de réduction + 35 euros de réduction pour des achats de 125 dollars. J'en ai eu pour un peu plus de 50 dollars. Je n'en revenais pas. Je me suis achetée un sac Guess pour 54 euros et encore bien d'autres choses (polo Lacoste à 55 dollars, Vans à 30 euros...). Nous avons déjeuné sur place dans une espèce de caféteria qui propose des stands de nourriture assez différente : chinoise; mexicaine, hamburger, pizza...). Ce n'était pas terrible mais bon... C'était l'histoire de se remplir un peu l'estomac. Sur le chemin du retour (coffre plein de sacs et carte bancaire qui a sacrément chauffé), nous nous sommes arrêtés à la Stratosphère pour monter au sommet et avoir un panorama de Las Vegas. C'était assez impressionnant. Moi je me suis contentée d'admirer le paysage et de prendre des photos mais mon mari et mes enfants ont voulu essayer une des trois attractions situées sur le toit. Une des trois était fermée (insanity the ride) car il y avait trop de vent. Ils n'ont pas osé essayer X scream, espèce de navette qui se propulse dans le vide. Ils ont seulement essayé Big shot, une espèce de manège qui vous propulse en l'air et retombe tout aussi vite, à 275 m d'altitude. C'était impressionnant et très court d'après leurs dires.

Après ce moment de "frayeur", nous avons fait un dernier arrêt au centre commercial Fashion Mall pour trouver des jeux vidéos pour notre fils (pour sa console portable). En effet, il n'existe pas beaucoup de magasins vendant des jeux vidéos à Las Vegas. Dans le centre commercial, il existe l'équivalent d'un micromania. Les jeux sont également moins chers qu'en France. Environ 35 euros neufs. C'est quasiment la seule chose que nous avons achetée là-bas car les prix ne sont évidemment pas aussi intéressants que dans les outlets.
Nous sommes ensuite rentrés à l'hôtel pour nous reposer un peu (je ne vous raconte pas l'état de nos pieds !). Pour fêter mon anniversaire, nous voulions aller diner au buffet du Bellagio mais il y avait un monde fou. Donc, nous nous sommes rabattus sur le buffet du Treasure Island qui n'est pas mal mais qui ne présente pas le même choix qu'au Planet Hollywood. Pour finir la soirée, nous sommes allés faire un tour dans le vieux Las Vegas, à Fremont Street. J'ai adoré l'ambiance. Tout est très Kitch. La décoration des hôtels est très rétro. Nous assistons à la Fremont street experience. Il s'agit d'une zone piétonne recouverte d'une immense arche métallique parsemée de millions de petites lumières. Un spectacle son et lumières est proposé toutes les heures le soir. C'était super original. J'ai beaucoup aimé.
Après une très grosse journée, nous sommes enfin rentrés à l'hôtel pour préparer nos bagages et enfin nous coucher. L'avantage de connaître quelqu'un sur place est que nous avons pu lui laisser une partie de nos bagages pour éviter de trop charger la voiture pour notre périple de 5 jours.
J7 : Vendredi 17 avril : Aujourd'hui, une longue route nous attend. Mais pour la faire passer plus facilement, nous ferons quelques arrêts photos et visites. Il fait très beau, encore un peu frais mais pas un nuage dans le ciel. La journée va être chaude. Le beau temps est enfin de retour. Après avoir procédé aux démarches administratives (check out) pour quitter l'hôtel (cela va bien plus vite que d'y entrer), direction le sud de Las Vegas pour aller visiter Ethel Chocolate Factory et Cactus Garden qui se trouve juste à côté. La chocolaterie (marque qui fabrique les Mars et les Mms entre autre) est surtout un lieu pour vendre. On nous montre des cuves et quelques personnes emballent les produits (aucun commentaire et la visite se fait en moins de 10 mn). Pour ce qui est du chocolat, il est vendu le même prix qu'en ville. C'est un attrape-touriste.
Par contre, le jardin de cactus situé juste à côté est très beau. On y trouve des milliers de cactus différents. L'accès à ces deux endroits est gratuit. Un grand parking est situé devant (gratuit aussi).
Ensuite, nous avons pris la voiture direction Boulder City. C'est une très jolie petite bourgade résidentielle. Le centre ville est super typique avec des devantures style western. L'église est adorable avec ses couleurs flashy. Il y a aussi de grands espaces verts. L'ambiance est d'un calme. On a l'impression de se retrouver dans un endroit où le temps s'est arrêté. Pas de bruit de voitures, pas de cri, pas de foule... On dirait qu'il ne s'y passe jamais rien. Nous nous sommes arrêtés sur un parking pour prendre des photos de la mairie, du commissariat... Une voiture de police a ralenti près de nous. Je pensais qu'on allait nous demander ce que l'on faisait. Eh bien non. Le policier nous a juste salué et souhaité une bonne journée. Du jamais vu !!! J'ai ensuite aperçu la poste dans laquelle je me suis précipitée pour acheter des timbres et envoyer les cartes postales que j'avais déjà écrites. A Las Vegas, c'est une vraie galère pour en trouver (des timbres). Les commerçants qui vendent des cartes postales, ne vendent pas de timbres ou alors le double de leur valeur (pour la France, c'est 94 cents). J'ai pris un stock complet pour couvrir tout le séjour.

Nous avons ensuite repris la voiture direction Lake Mead. Nous savons que nous ne pouvons y rester que quelques minutes car il nous reste encore beaucoup de choses à voir et de route à faire. C'est ici que nous achetons le pass "america the beautiful" à 80 dollars car nous avons plusieurs parcs à visiter. Nous nous dirigeons ensuite vers la Marina. La vue est très jolie mais sans plus (ce que nous ferons au lac powell est beaucoup plus impressionnant).
C'est à l'entrée du Lac Mead que nous achetons le Hoover Dam, le fameux barrage qui est à la limite du Nevada et de l'Arizona. Par contre, l'entrée sur ce site est très longue (embouteillages) par il est nécessaire de le traverser pour rejoindre l'autoroute US 93 qui nous mènera vers le Grand Canyon. Nous décidons de nous garer dans un parking (payant = 7 dollars - Eh oui, c'est fini les parkings gratuits) et nous allons voir de plus près à quoi ressemble cet édifice. C'est très impressionnant. On imagine ce qui se passerait s'il s'effrondrait. Ce serait une vraie catastrophe pour toute la vallée. Il est super surveillé (on se doute de la raison de cette attention particulière !!!). Nous avons également déjeuné sur place car nous n'étions pas sûrs de trouver de quoi se restaurer ensuite. Il faisait très très chaud. Comme sur tous les endroits touristiques, la nourriture n'était pas terrible et pas donnée.

Nous reprenons ensuite la route direction Kingman. Nous faisons plus de 100 kms sans voir aucune commune, village. La route est très belle, en très bon état. Aucun péage sur les autoroutes ! Il y a pas mal de camions sur la route mais la circulation est très fluide. Nous ne nous arrêtons pas à Kingman (pas le temps) car nous préférons faire une halte un peu plus loin à Seligman (plus de 100 kms plus loin). Seligman (ex route 66) se résume à une espèce de grande route. De chaque côté, on y trouve des hôtels, stations service, boutiques mais très typiques. Devant celles-ci se trouvent de vieux véhicules des années 50-60, des mannequins... Je ne regrette pas cet arrêt. On a l'impression d'avoir changé d'époque. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos, évidemment et pour voir l'intérieur de ces endroits. J'y ai bu un bon chocolat chaud (il était délicieux : avec de la crème chantilly dessus. Un vrai régal pour seulement 1, 50 dollar). Le temps s'est fortement rafraîchi. On sent qu'on s'éloigne de la chaleur du Nevada. J'entame la conversation avec la commerçante (très chaleureuse comme tous les commerçants que nous avons croisés. Nous devrions suivre leur exemple, car notre accueil, en France, est loin de leur arriver à la cheville !!!) qui m'explique qu'il y a deux jours, il neigeait au grand canyon et qu'il y avait tellement de vent, que les touristes n'avaient pas pu prendre de photos des sites à voir. Nous avons eu une chance folle d'avoir échappé à cela car nous avons eu un temps magnifique.
Pour la dernière fois, nous avons repris la route direction le Grand Canyon mais sans aucun arrêt cette fois (il nous restait encore environ 160 kms à faire). Nous sommes passés à Williams et bien plus tard à Tusayan (ici, nous savions que l'arrivée était très proche). Nous atteignons enfin l'entrée sud du grand canyon : il est 18H00. Nous présentons notre pass au ranger pour pénétrer dans le parc. Ensuite, nous nous dirigeons vers Mather point, un beau point de vue. C'est superbe, le soleil commence à décliner. Les couleurs sont orangeâtres. C'est magnifique. On resterait là des heures. Par contre, il fait très froid. Nous nous précipitons dans le coffre de la voiture pour aller chercher des blousons chauds.
Nous restons encore là quelques minutes pour ensuite nous diriger vers notre hôtel : le Maswick Lodge. C'est un des hôtels les moins chers du site mais correct malgré tout. Nous avons un peu de mal à le trouver mais on finit par le repérer. Une fois les démarches faites à l'accueil (qui se résument à montrer mon voucher imprimé sur Internet, mon passeport et ma carte bancaire), nous nous dirigeons vers notre chambre. Il n'y a pas de clim, mais vu la température extérieure, elle n'est vraiment pas nécessaire. Par contre, dans la chambre, il fait assez frais. Nous mettons donc tout de suite le chauffage. Les chambres sont propres. Après avoir repéré les lieux, nous allons diner à la cafétaria de l'hôtel (nous voulions aller diner dans un autre hôtel mais l'attente était d'environ une heure : Eh oui, nous étions à l'approche du week-end et les américains étaient là aussi). La nourriture n'était pas top mais bon ! Ensuite, direction la chambre pour passer une bonne nuit afin de récupérer de cette grosse journée.

J8 : Samedi 18 avril : Une belle journée s'annonce : il fait très beau bien que très frais (il a gelé cette nuit et nous avons dû gratter un peu la voiture). Après un rapide petit déjeuner à la cafétaria de l'hôtel, puis le rangement de nos bagages dans la voiture, puis le check out à l'accueil de l'hôtel, nous nous dirigeons en voiture vers le parking situé en face du visitor center pour aller prendre la navette verte. Après quelques minutes d'attente, la voici. Deux arrêts sont prévus : Pipe Creek vista et Yaki Point. Nous nous arrêtons aux deux. Les navettes passent plus souvent que prévu (sûrement à cause du week-end : plus grande fréquentation du parc) c'est-à-dire toutes les 8 à 10 mn au lieu de 15. Les points de vue sont magnifiques, toute cette immensité à perte de vue et un silence. On se croirait seul au monde.
Nous avons fait ensuite chemin inverse pour revenir au visitor center, nous avons repris la voiture direction l'arrêt village route transfer pour attraper la navette rouge. Nous avons réussi à nous garer à proximité et là, nous avons vu qu'il y avait beaucoup plus de monde. La navette est très vite arrivée (elles étaient plusieurs l'une derrière l'autre) et nous avons décidé de ne pas faire tous les arrêts (il y en a 8 en tout). Nous nous sommes arrêtés à Trailview overlook, Powell Point, Hopi Point, Mohave Point et le terminus Hermits Rest. Les paysages finissent par beaucoup se ressembler mais cela reste vraiment à voir. Je ne sais plus sur quel point de vue, on aperçoit en contrebas le colorado.
Pour faire tout cela, nous avons mis une bonne matinée puisque nous avons fini de faire le tour vers 13H. Nous aurions pu rester bien plus longtemps et faire éventuellement une randonnée mais un long chemin nous attendait pour nous rendre à Monument Valley et les enfants commençaient à s'impatienter. Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre notre voiture et nous avons rejoint la sortie est du parc. Tout le long du chemin, il y a encore beaucoup de points de vue où il est possible de s'arrêter (en voiture cette fois) sur environ 20 kms avant de quitter le parc.
A la sortie du parc, nous avons pris la direction Desert View puis Cameron (70 kms). A Cameron, nous avons fait une halte au Trading Post pour déjeuner. Nous avons mangé Mexicain. C'était un peu étrange comme goût et comme consistance. Mais bon, c'était peut-être du mexicain à la mode Navajo (c'est le début de leur territoire). Le trading post est une espèce de piège à touristes (grand magasin de souvenirs) mais la pause était malgré tout agréable. Nous en avons profité aussi pour faire le plein de la voiture et pour acheter un petit tableau navajo et une petite poterie navajo (les deux signés de leur auteur).
Nous avons ensuite repris la route direction Marble Canyon puis Kayenta (160 kms). En approchant de Kayenta, les décors de western se dessinent progressivement à l'horizon. On se croirait dans un vrai film. Nous faisons de petites haltes au bord de la route de temps en temps pour prendre des photos. En cours de route, nous avançons les montres d'une heure car nous changeons d'Etat (Utah). Kayenta est une espèce de route bordée d'hôtels et de restaurants. Ce n'est pas terrible ! Je suis contente de ne pas avoir choisi de logement ici (ce que je voulais faire au départ car c'était bien moins cher qu'à Monument Valley mais ce n'est vraiment pas joli). Nous poursuivons donc notre route pour Monument Valley pendant environ 40 petits kilomètres. Mais au lieu d'aller vers le parc, nous nous dirigeons vers notre hôtel : le Goulding Lodge. Il n'est pas si joli que cela de l'extérieur mais la vue que l'on a de la chambre est vraiment inoubliable. Nous ne regrettons vraiment pas notre choix.
Après avoir procédé aux modalités de check in, nous découvrons notre chambre située au 1er étage et qui donne directement sur Monument Valley. C'est magnifique. A proximité, il y a un petit supermarché, une station service et un camping. C'est ici que nous avons payé le plus cher notre chambre (120 euros la nuit mais cela en vaut la peine).
Nous sommes à une heure du coucher du soleil. En attendant celui-ci, nous décidons d'aller visiter le petit musée de l'hôtel qui rend hommage à John Ford et aux westerns qui ont été tournés dans le coin (il y a de nombreuses photos de tournage, des objets...). L'accès est gratuit. Une contribution est juste suggérée à l'entrée.
Ensuite, nous sortons pour prendre des photos du coucher du soleil : encore une superbe vue. Puis, nous nous dirigeons vers le restaurant de l'hôtel pour dîner (ce n'est pas terrible mais pas donné par bon !). Nous finissons par nous rendre à la partie boutique de l'hôtel (trading post) où une jeune vendeuse navajo nous fait une démonstration de flûte indienne. C'était tellement mélodieux. Mais nous décidons de ne pas investir dans un tel objet car nous n'arriverons jamais à reproduire les mêmes sons qu'elle. Nous achetons des cartes postales (envoi possible de l'hôtel) et un magnet (j'en ai acheté un à chacune de nos étapes) que je collerai sur notre frigo au retour. Il est maintenant temps d'aller dormir car la journée a été encore une fois bien remplie.
J9 : Dimanche 19 avril : Je me réveille avec le lever du soleil. J'en profite pour saisir mon appareil photo, aller sur la terrasse de la chambre et immortaliser le moment. Tout le monde dort encore dans la chambre et je profite seule du spectacle.
Après que tout le monde soit réveillé, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel (pas donné mais je pense qu'on paie le lieu), nous mettons nos bagages dans la voiture, procédons au check out, direction l'entrée de Monument Valley. Nous payons l'entrée 5 dollars par personne (enfants compris) et là, c'est franchement mal indiqué. Il y a des travaux dûs à la construction du nouvel hôtel The View. De l'extérieur, il ne me semble pas plus beau que l'autre mais nous n'avons pas vu l'intérieur. Par contre, les chambres donnent directement sur Monument Valley. Mais pour l'instant, le repérage extérieur est un vrai chantier. Le visitor center est accolé à l'hôtel. Nous finissons par trouver l'entrée de la scenic drive (après avoir tourné en rond un bon moment).
Il y a en tout 11 arrêts photos à faire dont le plus connu le John Ford's Point dont la vue est célèbre car on la retrouve dans beaucoup de westerns. On se croirait vraiment dans un film. Cela nous rappelle de bons souvenirs de gosse quand nous regardions ces vieux films à la télé. Un navajo d'un certain âge chevauche d'ailleurs un cheval à cet endroit et nous permet de le photographier et même de monter sur son cheval pour 1 dollar. Ce que nous nous empressons de faire. Le temps est encore magnifique. Un peu de fraîcheur le matin mais ensuite la chaleur s'installe.


Le chemin à emprunter tout au long du circuit est une piste en terre battue mais n'importe quelle berline peut l'emprunter. Il n'est pas indispensable d'avoir un 4X4.
Nous finissons tranquillement le circuit. Nous mettrons environ deux bonnes heures pour faire le tour.
A la sortie du parc, nous revenons sur nos pas (en repasse par Kayenta) direction Page pour aller voir le Lake Powell (220 kms). Sur le chemin, nous changeons à nouveau d'heure (on recule d'une heure). Au fur et à mesure de notre avancée, les paysages changent tout doucement.
A l'heure du déjeuner, nous arrivons près d'Antelope Canyon. Au départ, nous avions prévu d'aller le visiter le lendemain matin mais étant donné que nous sommes sur place vers 12H30, nous tentons notre chance. Nous choisissons d'aller voir Upper Antelope. Nous achetons les billets (6 dollars pour le parking + 20 ou 25 dollars je crois par adulte + 10 dollars pour notre fils de 12 ans). C'est assez cher et il n'est pas possible de payer en CB. Le départ, en espèce de 4X4, est prévu pour 13H. Le trajet pour se rendre vers le canyon dure environ 10 mn. Nous descendons ensuite du "camion" pour pénétrer dans le canyon. Il fait assez sombre mais par endroit le soleil passe entre les roches. C'est très beau. Ces dernières prennent une couleur ocre et ce qui est très étrange c'est que lorsqu'on les prend en photo, c'est encore plus beau. Les couleurs sont encore plus belles. C'est vraiment à voir. Par contre, nous ne verrons pas le faisceau de lumière qui pointe son nez vers 11H30 car je pense que nous sommes arrivés trop tard. Par contre, notre guide navajo nous montre à quel endroit prendre les plus belles photos et à un certain endroit lance du sable en l'air car cela fait un super effet sur les photos. La visite dure une petite heure.

Nous faisons ensuite le chemin inverse pour regagner notre voiture. Nous commençons à être affamés mais avant d'apaiser notre faim, nous décidons de nous rendre à notre logement pour être tranquille. Direction Page à environ 10 kms d'Antelope Canyon. J'ai trouvé les coordonnées de notre logement dans le guide du routard. Il s'agit d'un motel : le Basful Bob's Motel. Il est tenu par un vieux monsieur très gentil qui a réhabilité des anciens logements d'ouvriers qui ont travaillé à la construction du lac il y a de nombreuses années. J'avais réservé par Internet sur son site. Il s'agit en fait de petits appartements. C'est très bien et très spacieux. L'appartement comprend un séjour avec télé, une cuisine américaine équipée (frigo, micro-onde, gaz, vaisselle...), deux chambres et une salle de bains avec WC. Il y a même à l'arrière un petit jardin avec un barbecue, tout cela pour la modique somme de 50 dollars TTC pour nous 4 (paiement en espèces seulement). Les meubles sont un peu défraîchis mais qu'importe, c'est vraiment très bien.
Après avoir laissé nos bagages dans l'appartement, nous reprenons la voiture pour trouver de quoi se restaurer. Les enfants avaient repéré un king burger à notre arrivée à Page. Donc, nous nous y rendons pour pouvoir enfin nous rassasier (il est plus de 15H).
Après ce repas, nous reprenons la voiture direction Wahweap Marina (pass à présenter pour y pénétrer) car nous avons prévu de faire une ballade en bateau d'1H30 sur le Lake Powell qui s'appelle Antelope Canyon. Avant de partir, j'avais repéré sur Internet que la croisière avait lieu à 16H15. Il faut acheter les billets dans l'hôtel Lake Powell Resort, à la réception (c'est encore, là aussi assez cher : 102 dollars HT pour nous 4).
Nous prenons place à bord d'un bateau à deux niveaux : en bas, on est enfermé et en haut, on est à ciel ouvert. Nous avons opté pour la 2ème solution pour pouvoir profiter du beau temps et surtout pour pouvoir faire de belles photos.

Et là encore le spectacle est de toute beauté. Il y a des commentaires en anglais. On ne comprend pas tout mais qu'importe, nos yeux font le reste. La ballade est très agréable et nous repose. Nous navigeons au milieu de canyons et nous apercevons au loin le Glen Canyon Dam (barrage) que nous irons voir après la ballade en bateau. Cette promenade dure environ 1H30.
A notre retour sur la terre ferme, nous reprenons à nouveau notre voiture et sur le chemin, nous nous arrêtons voir le fameux barrage. Je le trouve moins impressionnant que le Hoover Dam.
Nous rentrons ensuite à notre appartement car nous sommes épuisés. Nous nous délassons enfin avant d'aller diner.
A l'heure du diner, nous demandons au propriétaire des lieux de nous indiquer une bonne adresse de steak house (nous sommes en train de faire une overdose de hamburgers et de tacos). Il nous indique un endroit pas très éloigné de là. Nous nous y rendons et commandons tous un magnifique steak avec pomme de terre au four. La viande est délicieuse. Nous nous régalons.
Puis nous retournons au motel pour nous coucher après une très très longue journée encore bien remplie. Au préalable, nous regardons à la télé l'élection de miss america qui a lieu en direct de Las Vegas.
J10 : Lundi 20 avril : Ce matin, la famille a décidé de faire la grasse matinée. Moi, non. J'ai repéré la veille, à quelques centaines de mètres du motel, une laverie automatique. Je m'y rends en voiture et je demande quelques explications aux gens qui attendent leur linge car le système est un peu différent du nôtre. Déjà, il faut une quantité phénoménale de pièces de 25 cents. Heureusement, il existe sur place des distributeurs automatiques de pièces. Ensuite, on choisit sa machine, on y met son linge + de la lessive (achetée sur place 75 cents) à l'endroit approprié + on choisit son programme et hop c'est parti pour 40 mn. Pendant ce temps, j'ai bouquiné et j'ai entamé la conversation avec une dame qui m'a demandé d'où je venais et ce que nous avions déjà visité. Ensuite, j'ai mis le linge à sécher pendant environ 1/2 heure. Voilà une corvée en moins. De retour au motel, tout le monde est levé et prend son petit déjeuner. Une fois tout le monde prêt, nous allons saluer Bob, le propriétaire et nous quittons les lieux direction Horseshoe Bend (le Colorado s'enroule autour d'un piton rocheux). C'est à quelques kilomètres à la sortie de Page. Nous laissons notre voiture sur un parking et entamons une marche d'environ 15 à 20 mn. Cela grimpe dur et de temps en temps le chemin redevient plat. Il fait très beau et la température commence à chauffer. Nous croisons quelques touristes. En chemin, nous tombons nez à nez avec un petit serpent. Je ne sais pas s'il est dangereux et on ne cherchera pas à savoir. Nous avons pris le temps malgré tout de le suivre et de le photographier. Nous reprenons ensuite notre route pour arriver enfin à destination. C'est magnifique et le colorado est d'un bleu ! Il a même des reflets verts. Par contre, il faut faire très attention de ne pas trop s'approcher du bord de la falaise car le secteur n'est pas du tout sécurisé.
Après avoir pris quelques photos et exploré les environs, nous faisons demi-tour pour reprendre la voiture direction Bryce Canyon. Mais avant de quitter Page, nous nous arrêtons à Lone Rock (besoin du pass pour y accéder). C'est un rocher planté au milieu du Lake Powell près d'une petite plage. Nous le prenons en photo. Apparemment, l'été, il y a beaucoup de monde ici. Les gens viennent nager et se rafraîchir.
Nous reprenons la route US 89 direction Big Water puis Kanab... Avant d'arriver à Panguitch, nous prenons la route UT 12 puis UT 63 direction Bryce Canyon (environ 250 kms). Nous revoilà dans l'Utah. Nous changeons à nouveau d'heure (nous avançons nos montres d'une heure). Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, nous faisons un arrêt photo à Fairyland Point. Les roches sont toutes rouges, c'est vraiment impressionnant. Il existe un parc appelé Red Canyon quelques kilomètres avant Bryce. Nous ne l'avons pas visité mais nous avons pris des photos de l'extérieur. Ces roches constrastent avec le bleu du ciel. Un délice pour les yeux.
Nous décidons de nous arrêter tout de suite à notre hôtel : le Best Western Ruby's Inn pour prendre possession de notre chambre pour être tranquilles. Il est assez joli de l'extérieur (style chalet en plus grand) et chaleureux à l'intérieur. Nous logeons dans un des bâtiments annexes. La chambre est assez spacieuse et assez semblable à celles que nous avons déjà eu : 2 lits queen, une télé, une petite table et deux chaises, un nécessaire à café et une salle de bains.
Dans l'hôtel, il y a une petite supérette, une station service, une piscine intérieure, un magasin de souvenirs.
En face de l'hôtel, il y a une série de petits magasins fermés style western, c'est très typique.
Après quelques minutes de repos, nous reprenons la voiture direction Bryce Canyon (3 kms). Nous montrons notre pass, le ranger nous donne la carte du parc et nous commençons notre ballade. Nous savons que nous ne ferons pas tout aujourd'hui car il est déjà presque 17H. Nous avons une heure et demi devant nous pour profiter du soleil (en effet, sans soleil, le décor n'est plus du tout le même. Les couleurs sont fades et c'est bien moins spectaculaire).
En chemin, nous tombons nez à nez avec des biches ou cerfs, je ne sais pas trop. Elles sont à quelques mètres de nous et n'ont pas l'air d'être effrayées.
Nous commençons par Sunrise Point et ensuite Sunset Point. C'est très beau, immense, difficile à expliquer. Il reste encore de la neige à certains endroits. Il a neigé il y a quelques jours alors que là, nous sommes en tee-shirt. Pour accéder aux points de vue, il faut laisser la voiture au parking et marcher un peu mais cela vaut vraiment le coup d'oeil.
Nous poursuivrons ensuite avec Inspiration point, Paria view, Bryce Point, Swamp Canyon, Whiteman Bench, Fairview point et Natural bridge. Nous nous arrêterons là car le soleil commence à décliner et les sites ne sont plus aussi beaux. Nous croisons très peu de voitures sur la route. Le parc nous semble beaucoup moins fréquenté que celui du grand canyon. Mais il est aussi plus étendu. Il monte à plus de 2000 mètres d'altitude.
Nous rebroussons chemin et nous décidons de revenir le lendemain matin pour voir la fin du parc. Nous quittons le parc pour retourner à l'hôtel pour découvrir ses environs. Vers 20 H, nous nous rendons à un steak house situé à quelques kilomètres avant l'hôtel que nous avions repéré en arrivant. Nous prenons un beau pavé de boeuf bien tendre accompagné d'une pomme de terre au four et de crevette fries. C'est divin.
Enfin, nous rentrons à l'hôtel pour dormir. Encore une journée bien remplie !
J11 : Mardi 21 avril : Après une bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel. Nous nous sommes entendus avec les enfants la veille. Ils en avaient un peu assez des pierres. Ces derniers préfèrent rester dans la chambre à se reposer et à regarder la télé. La grande doit veiller à ce que tout se passe bien (et tout s'est bien passé !). Elle a tout de même presque 17 ans. Pendant ce temps, nous retournons pendant 2 heures au parc pour finir notre visite. Nous souhaitons retourner au premier point de vue : Sunrise Point pour découvrir encore d'autres couleurs. C'est bien plus lumineux que la veille et nous sautons ensuite les points de vue que nous avions vu la veille. Nous reprenons nos arrêts à partir de Natural Bridge qui était un peu dans l'ombre et qui aujourd'hui est magnifique. Ensuite, nous faisons de nouveaux arrêts à Agua Canyon, Ponderosa Canyon et son fameux hoodoo, Rainbows point et Yovimpa Point (2700 m d'altitude. On y voit à plus de 120 kilomètres). C'est vraiment le parc que j'ai préféré. Je l'ai trouvé vraiment inoubliable. Il est magnifique. Le beau temps y a été aussi pour quelque chose et les trainées de neige ici et là ont ajouté leur charme.
Peu avant 11H, nous avons fait demi-tour pour rejoindre les enfants afin de quitter la chambre (heure limite pour le faire). Arrivés sur place, ils étaient déjà prêts (un vrai miracle et avaient rangé leurs affaires). Il ne nous restait plus qu'à ranger les bagages dans la voiture, procéder au check out à la réception et reprendre notre route direction Zion Park.
Sur notre route, nous traversons de charmants petits villages "montagnards" dotés de jolies habitations. Certaines sont très originales.
Nous quittons les roches rouges pour trouver un paysage un peu plus ressemblant de nos montagnes. Mais ce qui est étrange c'est que les routes ne sont pas du tout en lacet comme chez nous. Même à la montagne, ils arrivent à avoir des routes droites à deux voies. Nous passerons également près d'un troupeau de bisons et d'un buffalo grill (pas la même enseigne que chez nous).
Nous traversons des villages comme Hatch, Glendale, Orderville. Après 1H30, nous arrivons à l'entrée Est du parc. De grandes montagnes griffées nous accueillent. Je trouve que c'est le parc le plus sauvage que nous ayons vu. Il est encore très différent de tous les autres.
Nous présentons encore une fois notre pass. En échange, le ranger nous donne une carte du parc. Nous nous dirigeons en voiture vers l'entrée sud du parc et nous arrivons au visitor center. Nous décidons d'y déjeuner. L'espèce de cafétaria s'appelle Sol Food Market and Deli. Ce n'est pas un 4 étoiles mais cela nous suffit. Un petit écureuil nous tiendra compagnie lors du repas. Il n'est pas farouche et n'a pas peur des êtres humains. On voit qu'il est habitué à leur présence. Par contre, nous ne lui donnons pas à manger car c'est interdit. Si on le fait et qu'on est pris en flagrant délit, on risque une amende de 100 dollars. En effet, cette sanction cherche à éviter que les animaux sauvages deviennent dépendants de l'homme et qu'ils ne sachent plus se nourrir par eux-mêmes.
Ensuite, nous sortons du parc direction Springdale (petite commune accolée au parc) pour nous rendre à notre hôtel (Quality inn). Etant donné que je possède leur carte de fidélité, on nous donne une chambre mieux placée. L'intérieur est à peu près semblable aux précédentes mais nous sommes au rez de chaussée avec une petite terrasse qui donne sur un terrain de camping et surtout sur la montagne. Jolie vue. Après avoir procédé au check in, nous retournons dans le parc pour commencer la visite. A cette période de l'année, la visite ne peut se faire qu'en navette. Nous laissons donc notre voiture au visitor center et nous l'attendons. Elle se présente très rapidement.
Comme au Grand Canyon, il y en a plus souvent que prévu. Nous ne nous arrêterons pas à tous les points de vue (8 en tout) car nous avons décidé de faire des mini-randonnées (les enfants sont enchantés : c'est ironique !!!). Il fait très chaud et nous emmenons avec nous une bouteille d'eau chacun. Nous ne nous arrêtons pas au Zion museum ni à Mountain of the sun. Par contre, nous sommes descendus à Zion lodge. C'est à cet endroit que se trouve le seul hôtel du parc. Un espèce de grand espace vert ombragé se présente à nous. Beaucoup de gens se reposent à l'abri du soleil.
Après avoir pris quelques photos, nous décidons de faire notre petite randonnée direction Lower Emerald Pool.
Nous traversons un pont en bois en dessous duquel coule une petite rivière. C'est très joli.
Nous poursuivons notre ascension (cela grimpe un peu pendant environ 20 mn). Une fois arrivés, nous aurions dû voir des chutes d'eau. Il ne reste qu'un petit filet d'eau pas très spectaculaire. Les enfants sont déçus. Nous aussi. Mais cela reste tout de même très agréable. Nous ne poursuivrons pas au delà (vers middle puis upper emerald pool car il faut compter une heure de plus et les enfants n'ont pas du tout envie d'aller plus loin). Nous redescendons tranquillement pour rejoindre le Zion lodge et nous en profitons pour nous reposer à l'ombre des arbres sur la pelouse devant l'hôtel. Nous reprenons ensuite une navette pour nous rendre à l'arrêt Weeping Rock (nous sautons celui qui s'appelle Grotto). Là encore, nous faisons un peu de marche (cette fois-ci cela grimpe bien). Nous sommes censés encore une fois voir des chutes d'eau et là, c'est encore pire que la 1ère fois. 3 gouttes tombent. Je pense que l'on doit pouvoir les voir plus tôt dans l'année, à la fin de l'hiver. Je crois que là, nous avons achevé les enfants. Ils râlent franchement (ah ces enfants des villes !!!). Nous rebroussons chemin pour rejoindre la navette. Nous ne descendrons pas au prochain arrêt (Walters Wiggles) mais par contre, nous descendrons au dernier (Temple of Sinawava).
Ici, il y a encore la fameuse rivière et la possibilité de faire une promenade le long de celle-ci. Il s'agit de Riverside Walk. Elle n'est pas difficile à faire car c'est assez plat. Nous l'emprunterons sur environ 1 km et nous ferons demi-tour. Pour la dernière fois, nous empruntons la navette pour retrouver notre voiture. Nous en avons plein les pattes. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer.
C'est la fin de l'après-midi. Je m'installe sur la terrasse (il y a un petit salon de jardin) et j'admire le panorama et je pense très fort que nous avons une chance énorme d'être là.
Ci-dessus, la vue de notre chambre.
A l'heure du diner, nous nous rendons à pied (juste à côté de l'hôtel) dans un petit resto qui est installé dans une ancienne station service (c'est original). Nous mangeons dehors. C'est très agréable. La nourriture est mexicaine. C'est bon mais nous attendons près d'une heure avant d'être servis.
Pour finir, nous rentrons à l'hôtel pour dormir après une journée encore bien remplie !
J12 : Mercredi 22 avril : C'est aujourd'hui que s'achève notre road trip. Le temps est toujours aussi beau. Après un petit déjeuner léger (compris dans le prix pour une fois) et après avoir procédé au check out, nous reprenons la route pour rentrer à Las Vegas (environ 250 kms). Nous changeons une dernière fois d'heure (on recule d'une heure). On sent la température monter (il fera environ 30 degrés au plus chaud de la journée). Nous quittons les beaux paysages pour retrouver quelque chose de bien plus commun et bien plus plat. Le temps passe vite car nous empruntons une grande autoroute (j'ai oublié de dire qu'elles sont gratuites aux Etats-Unis) : la US 15. Nous arrivons sur Las Vegas à l'heure du déjeuner. Nous décidons d'aller manger dans un "In N Out". D'après mon oncle, c'est un fast food qui propose parait-il des produits plus sains que chez Mac Do (ex : la viande est de la vraie viande de boeuf, dans de beaux morceaux alors que chez les concurrents, il s'agit de "déchets"). Je n'ai pas trouvé cela meilleur qu'ailleurs et en plus, il n'y a qu'un choix de sandwich mais bon ! Ensuite, nous avons décidé d'aller faire ce que nous n'avions pas eu le temps de voir les 5 premiers jours. Nous sommes allés prendre en photo le Sphinx de l'hôtel Luxor. Ensuite, nous avons remonté le Strip pour prendre des photos de chaque côté depuis la voiture (à partir du début de l'après-midi, les bouchons commencent à se former donc on a le temps de prendre des photos. Nous avons remonté le strip jusqu'après la Stratosphère et nous avons fait des pauses pour prendre en photo quelques chapelles. Ensuite, nous sommes revenus sur nos pas et nous nous sommes garés au Fashion Mall pour aller acheter à notre fils un jeu vidéo pour sa PSP (bien moins cher qu'en France : 40 dollars le jeu, soit environ 30 euros). Puis, nous nous sommes rendus à pied jusqu'au Mirage car nous voulions aller visiter le Siegfried and Roy secret garden. Le prix de l'entrée est assez élevé (15 dollars par adulte et 10 par enfant) mais la visite est assez plaisante. On commence par arriver vers deux bassins, dans lesquels sont installés des dauphins (dolphin habitat).
Une personne nous les présente et nous explique leur mode de vie. Ensuite, nous nous dirigeons vers secret garden. Tout d'abord, on y trouve des lamas de différentes couleurs et tailles.
Puis nous découvrons les tigres blancs.
Ils sont superbes. Dommage qu'une grosse grille nous empêche de faire de belles photos. Puis vient un bébé léopard, né sur place. Il est adorable. On dirait une peluche. Puis viennent enfin des lions. Ils sont beige clairs et très fins, pas comme ceux que nous avons l'habitude de voir. Ils sont également très beaux.
Après nous être balladés pendant environ une heure, nous retournons à la voiture pour aller chez mon oncle, diner avec lui (pizzas au menu, qu'il est allé acheter près de chez lui : 5 dollars une grande pizza bien bonne, c'est vraiment très bon marché) et dormir sur place. Demain, c'est notre dernière journée. Dur ! Dur !
J13 : Jeudi 23 avril : Après une nuit chaude (la chaleur commence à s'installer sur Las Vegas), nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de chez mon oncle. Il fait bon encore à cette heure. Après nous être préparés, mon oncle décide de nous faire visiter l'endroit où il travaille. Il est directeur du restaurant dans une maison de retraite haut de gamme. C'est à quelques minutes de chez lui. Arrivés sur place, nous sommes stupéfaits. Nous n'avons jamais vu cela. C'est le vrai luxe. Il s'agit d'un très beau bâtiment mais l'intérieur est encore plus chic. On se croirait dans l'un des hôtels du Strip. Les occupants ont chacun une chambre qui ressemble à une suite. Le mobilier est luxueux. La salle à manger est magnifique. Les jardins luxuriants. Ici, les personnes âgées sont dorlotées. Par contre, il faut avoir les moyens de se payer cela (environ 4 000 dollars par mois). Mais quand je vois les prix en France et les prestations proposées...
Nous laissons ensuite mon oncle à ses occupations et nous nous dirigeons vers le Premium Outlet pour faire de nouveaux achats de vêtements. Nous allons même devoir acheter un nouveau sac de voyages de peur de ne pas pouvoir passer la douane (poids par bagage). Nous y restons toute la matinée et même le début de l'après-midi. Puis, nous décidons d'aller déjeuner dans un hôtel du strip pour goûter une dernière fois à un buffet (les enfants en sont friands). Nous choisissons celui du Treasure Island. C'est assez bon et assez varié.
Nous passons la fin de l'après-midi à nous ballader sur le Strip afin de profiter de nos derniers moments sur place. En fin de journée, nous retournons à nouveau chez mon oncle pour faire les valises et faire les dernières lessives. Après un léger diner, nous allons manger une glace à l'hotel Red Rock. Il n'est pas sur le strip mais au nord ouest de Las Vegas, à une dizaine de minutes de chez mon oncle. Il y a un très grand bowling, un club qui appartient à Cindy Crawford, un casino évidemment... Mon oncle m'a expliqué que cet hôtel était surtout fréquenté par les locaux. En effet, les gens du coin ne vont pas souvent sur le Strip car il y a trop de monde, de touristes.
Après notre petite gourmandise, nous sommes rentrés chez lui pour aller nous coucher.
J14 : Vendredi 24 avril : Ca y est, c'est la fin des vacances. Nous nous levons très tôt ce matin (5H30). Après le petit déjeuner, nous rentrons les bagages dans la voiture, nous disons au revoir à mon oncle (il est déjà levé car il se lève à cette heure tous les jours pour aller travailler) et nous dirigeons vers l'aéroport en voiture. Avant d'y arriver, nous nous arrêtons au Mac Carran Center pour rendre notre voiture. Mes formalités durent à peine 2 mn. Ils ne la vérifient même pas. Aucune somme supplémentaire à débourser. Sur place, une navette nous attend pour nous rendre à l'aéroport. Le trajet ne dure que quelques minutes. Nous sommes accompagnés de nos bagages. Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers le comptoir de la Northwest, nous procédons à l'enregistrement de nos bagages et nous attendons patiemment l'heure du décollage (9H10). Nous arrivons à Minneapolis un peu plus de 3 heures plus tard (sur ce vol, les boissons et repas/friandises sont payants). En arrivant à Minneapolis, nous apprenons que notre prochain vol pour Paris a du retard (plus de 2 heures). Donc, au lieu d'avoir 3 heures d'escale, nous en avons 5. Nous tuons le temps en déjeunant dans un Mac Do (le premier du séjour) et en nous promenant dans le Duty Free. Ensuite, nous bouquinons et les enfants jouent aux jeux vidéos (moi, je découvre mon Itouch). Le dernier vol se déroulera sans encombre jusqu'à Paris. Nous arrivons le lendemain matin à Paris (décalage horaire oblige) dans la grisaille. Quelle déprime ! Mon père nous attend, prêt à nous ramener chez nous. Ainsi s'achève notre séjour au pays de la démesure. Nous gardons un excellent souvenir de ce voyage et n'espérons qu'une chose : continuer à visiter ce très beau pays.
J2 : Dimanche 12 avril : Après un petit déjeuner très matinal et une douche bien méritée, nous nous sommes rendus en voiture (toujours avec mon oncle) à l'aéroport pour récupérer les deux bagages manquants qui étaient revenus de Los Angeles. Nous nous sommes déplacés au lieu d'avoir été livrés car nous ne savions pas où nous allions nous trouver en cours de journée. Ensuite, nous nous sommes rendus à l'entrée (sud) de la ville pour nous prendre en photo devant la célèbre enseigne "welcome Las Vegas" pour immortaliser le moment.

Ensuite, direction notre hôtel (le circus circus) pour pouvoir y laisser nos bagages à la consigne (prise en charge de la chambre qu'à partir de 14H) et récupérer notre voiture de location. L'hôtel est un peu vieillissant, beaucoup moins beau que d'autres mais d'un très bon rapport qualité-prix (34 euros la nuit pour nous 4). Les chambres sont spacieuses, possèdent deux lits Queen (2 personnes) + 1 TV + 1 petit réfrigérateur + 1 commode + 1 petite table + 2 chaises + 1 salle de bain complète (baignoire, lavabo, toilettes, sèche cheveux) + 1 table à repasser. Par contre, il manquait des placards. Nous sommes restés 5 nuits dans cet hôtel. Nous étions dans l'annexe (manors rooms). Au rez de chaussée (pratique nous ballader les bagages), près de la piscine et nous pouvions garer notre voiture juste devant la chambre chaque jour.

Pour ce qui est de la voiture, l'attente a été longue (une bonne 1/2 heure). L'agence n'a pas essayé de nous rajouter d'assurances supplémentaires. Nous avons eu une Dodge avenger. Elle a un look sportif et est très confortable. Nous en avons été très satisfaits. Elle a bien avalé les quelques 2500 kilomètres que nous avons fait. Par contre, elle consommait pas mal mais l'essence n'était pas chère du tout (au mieux : 2, 09 dollars et au pire 2, 39 dollars). Nous sommes passés par elocationsdevoitures.fr pour la louer. Nous avons mis un peu de temps pour nous habituer aux vitesses automatiques et surtout au code de la route local. Nous avons commencé notre périple en nous garant à l'hôtel Luxor (self parking : on se gare tout seul mais c'est gratuit, pas de pourboire à payer contrairement au valet parking). Nous avons visité l'hôtel (thème : l'Egypte) qui est très beau à l'intérieur mais aussi à l'extérieur : on reconnaît la pyramide de Gizeh, le fameux Sphinx devant l'entrée - Il nous a rappelé notre voyage en Egypte fait 2 mois auparavant).

Ensuite, nous nous sommes rendus à pied à l'hôtel Mandalay Bay (thème de l'Asie du sud-est) pour le visiter également. Il est très beau également (encore plus luxueux à l'intérieur).
Du Mandalay Bay, nous avons pris une navette (espèce de petit train gratuit) pour revenir sur nos pas et nous rendre à l'hôtel Excalibur, sorte de château du moyen âge. Cela m'a fait pensé à disneyland paris. Je l'ai trouvé moins beau que les deux autres mais tout de même agréable à visiter.

Ensuite, nous avons rejoint, toujours à pied, l'hôtel New-York New-York de l'autre côté de Tropicana Avenue. De l'extérieur, il est superbe : il reproduit des monuments très connus de la ville de New York (Pont de Brooklyn, Empire State Building, statue de la liberté...) et même à l'intérieur, on trouve des rues qui ressemblent vraiment à la ville. Dommage que ce soit un peu sombre. Mon mari et mes enfants ont voulu essayer le roller coaster. Cela leur a plu. Ils m'ont dit qu'il était assez impressionnant mais qu'il ne durait que très peu de temps. Nous avons déjeuné sur place dans un restaurant mexicain pour manger des farritas (très bonnes et très copieuses).

Nous avons ensuite rebroussé chemin vers notre voiture car nous étions déjà au milieu de l'après-midi et mon oncle nous attendait pour 17H chez lui. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel pour prendre notre chambre, défaire nos valises, prendre une bonne douche, nous changer et finir la soirée chez mon oncle. Il ne fallait pas que l'on se couche trop tard pour profiter encore d'une longue journée le lendemain.
J3 : Lundi 13 avril : Toujours levés très tôt, nous poursuivons notre découverte de Las Vegas. Direction l'hôtel MGM en voiture mais nous nous garons sur le parking de l'hôtel Tropicana, dont l'architecture ressemble vraiment aux hôtels que l'on trouve aux Antilles.
L'hôtel MGM (thème : le cinéma) quant à lui est un très bel hôtel. Un bâtiment moderne bleu devant lequel se trouve la statue d'un beau lion en bronze. Par contre, je trouve la décoration intérieure moins recherché que certains autres hôtels.

Ensuite, direction la boutique MMs qui est juste à côté pour s'approvisionner en sucreries puis la boutique Coca Cola située également juste à côté. Leur devanture est très sympa.
Nous ne rentrons pas dans l'hôtel Monte Carlo qui, d'après ce que j'avais lu avant de partir n'a rien d'extraordinaire.
Nous avons déjà passé la matinée et le début d'après-midi à faire voir tout cela (déjeuner sur le pouce sur le strip : un burger king), nous retournons à l'hôtel pour nous changeons car aujourd'hui, c'est le grand jour, nous renouvelons nos voeux de mariage (après 18 ans de mariage) en compagnie de nos enfants (qui n'étaient évidemment pas là le jour J) et de mon oncle (qui n'avait pas pu faire le déplacement en France à l'époque). Nous avons choisi une formule originale pour le faire. Se remarier en compagnie d'Elvis. Pour choisir la bonne chapelle, j'avais fait des recherches sur Internet et je suis tombée sur une petite chapelle (Elvis chapel) qui proposait un package présentant un bon rapport qualité-prix. De plus, les organisateurs sont sérieux, car, suite à ma réservation sur Internet, ils m'ont contactée par téléphone en France pour se mettre d'accord sur les modalités et pour me prévenir du moment où ils prélèveraient mon règlement en CB.
Après nous être fait beaux, une limousine blanche (c'est la première fois que je montais dans un tel véhicule) est venue nous chercher devant l'hôtel pour nous amener tous les 6 devant la chapelle. Dans la confusion, nous avons oublié devant l'hôtel un sac à dos contenant l'appareil photo de ma fille, une carte mémoire neuve et des cassettes pour le camescope (nous nous en sommes rendus compte seulement sur le chemin du retour et je vous le donne en mille... Le sac était à la même place à notre retour, dehors tout seul !!! En France, il aurait vite disparu. Je n'en revenais pas. Mais revenons à la cérémonie. Nous avons été accueilli par David, l'organisateur qui fait office à la fois de photographe, metteur en scène et secrétaire pour tous les papiers administratifs. Au passage, à signaler que pour se remarier aucun document officiel n'est demandé. "Elvis m'a demandé de le prendre par le bras et m'a conduite à l'autel" en chantant une chanson. Il m'a également offert un bouquet de mariage (de superbes roses rouges qui ont tenu tout le séjour). C'est peut-être bête mais j'étais très impressionnée de voir ma famille me regarder ainsi et cela m'a rappelé beaucoup de souvenirs. Ensuite, la cérémonie s'est déroulée. "Elvis" nous a demandé à tour de rôle de prononcer nos voeux. Il parlait assez lentement. Donc, nous n'avons pas eu trop de difficultés à répéter les phrases qu'il nous demandait de dire à l'autre. Il a chanté encore deux autres chansons. Ensuite, on nous a offert des paires de lunettes Elvis et nous avons swingué avec lui. La famille est venue nous rejoindre pour fêter cela. C'était super. La cérémonie dure environ une petite demi-heure. A la fin, j'ai laissé mes coordonnées françaises pour que l'on m'envoie le DVD et le CD des photos prises. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, le colis était déjà là (très sérieux). Le total nous a coûté environ 400 dollars tout compris, et que de souvenirs...
Ensuite, nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous changer afin de nous rendre sur le Strip pour finir la soirée. Pour fêter ce petit évènement, nous sommes allés manger au buffet du planet Hollywood (ex : hôtel Aladdin). Il y avait beaucoup de choix et c'était très copieux. Mon oncle m'a expliqué qu'il s'agissait du buffet le mieux noté depuis 3-4 ans sur Las Vegas. C'est vrai, nous n'avons pas été déçus. Il existe une réduction pour les enfants jusqu'à 12 ans. De l'extérieur, l'hôtel n'est pas terrible, par contre, à l'intérieur, il est beau. La galerie marchande est décorée comme si nous étions dans un conte des mille et une nuits. C'est très dépaysant. Puis, nous nous sommes baladés sur le Strip pour admirer les hôtels illuminés : c'est magnifique (même plus beau que le jour). Encore une journée bien remplie et riche en émotions. Nous ne couchons pas trop tard car le lendemain, direction Death ValleyJ4 : Mardi 14 avril : Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel (j'ai oublié de dire que nous déjeunions dans un petit "resto" situé à l'intérieur de l'hôtel "Barista Bagels and more" pour ne pas trop dépenser et pour gagner du temps. Nous n'avons donc pas essayé le buffet de l'hôtel qui n'était pas bien noté apparemment : je prenais un thé ou un chocolat chaud + un croissant très bon et très ressemblant à ce qui existe en France pour environ 4 dollars), direction Death Valley. Nous avions prévu le panier pique-nique pour le midi de peur de ne pas trouver de quoi se restaurer sur le chemin. Nous sommes passés par le sud de Death Valley : Pahrump puis Shoshone. Nous avons mis environ 2H30 pour arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible. Il fait gris et pas très chaud. Nous espérons que le soleil va montrer son nez pour qu'on puisse apprécier davantage les paysages. Le GPS nous a beaucoup rendu service mais pas toujours. En effet, par moment, il voulait nous faire changer de direction au milieu de nulle part. Il nous a fait emprunter un espèce de chemin de terre au milieu de rien. Nous avons fini par faire demi-tour car nous étions au milieu du désert, sans rien autour de nous. Nous avons perdu ainsi une bonne demi-heure mais nous avons bien rigolé. Une fois la route retrouvée, nous sommes d'abord allés Badwater qui est le point le plus bas des USA en dessous de la mer (- 86 m). C'est une sorte d'étendue de sel à perte de vue près d'un petit point d'eau.
Ensuite, arrêt à Devils Golf Course qui est une plaine recouverte de sel qui s'étend à perte de vue.
Puis, nous avons emprunté la route d'Artists Drive qui est une route sinueuse au milieu des montagnes en sens unique sur environ 8 kms pour admirer les Artists Palette qui sont des roches multicolores (on y trouve du blanc, beige, gris, bleu, rose). C'est assez étonnant (dommage que le soleil ne soit pas là car cela aurait été encore plus beau).
Puis, nous avons pris la direction de Furnace Creek pour faire une pause et nous rafraîchir (il s'agit d'une espèce de village très verdoyant au milieu de rien avec un camping, un general store, une poste, un musée et un bel hôtel en retrait. Le visitor center du parc se situe ici également). Le soleil a enfin montré son nez et le vent aussi... Je n'ai jamais vu un vent aussi brûlant et violent. On tenait à peine debout.

Nous avons ensuite repris la route direction Zabriskie Point (très beau point de vue sur des collines dentelées dont les couleurs sont pastelles - c'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus beau). Nous aurions pu continuer plus au nord pour voir les sand dunes et je ne sais plus quel château mais cela nous demandait de faire encore beaucoup de kilomètres et les enfants en avaient assez. Des pierres, toujours des pierres (heureusement qu'ils étaient équipés de consoles de jeux et autres lecteurs vidéos pour passer le temps. Cela nous a permet de visiter tranquillement les différents sites qui nous intéressaient).
Pour finir, direction Dantes View qui donne sur un cul de sac (21 kms à parcourir avant d'y parvenir). Nous arrivons sur les hauteurs de Death valley avec une belle vue sur toute la vallée. C'était joli mais toujours très venteux.
Nous avons fait ensuite demi-tour pour reprendre la route de Las Vegas car nous étions attendus le soir chez mon oncle pour fêter mon anniversaire (40 ans). Il y a pire endroit pour célébrer un tel évènement. Avec le recul, c'est l'endroit que nous avons le moins préféré de tout notre voyage. Mais je pense que le manque de clarté dû au temps n'a pas mis en valeur les sites. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de les voir au lever ou au coucher du soleil puisque nous avons été sur place de 10H45 à peu près à 17H00. Encore une journée bien chargée. Demain, nous reprenons la visite des hôtels sur Las Vegas. Nous avons appris que lors de cette journée, le temps sur LV avait été tout aussi triste mais là-bas, le soleil n'a même pas pointé son nez et il a même plu (gros orage).J5 : Mercredi 15 avril : Aujourd'hui, nous restons sur Las Vegas et nous avons pour objectif de visiter le reste des hôtels. Le temps est mitigé, gris le matin mais le soleil finit par se lever. Il fait frais toute la journée malgré tout. Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel, direction l'hôtel Paris-Las Vegas. Il est très beau. A l'extérieur, de nombreux monuments de Paris sont reproduits : la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'hôtel de ville... Et à l'intérieur, il est tout aussi beau. La galerie marchande reproduit des rues de Paris (enfin un peu plus kitch qu'en réalité tout de même). Même chose que d'habitude : on se gare dans un hôtel et ensuite on circule à pied.
Ensuite, on traverse le Strip pour rejoindre le Bellagio (thème : l'Italie). Il n'est pas très impressionnant de l'extérieur mais il est très beau à l'intérieur. Il y a un immense jardin avec des fleurs de toutes les couleurs (surtout des tulipes) et une petite cabine qui abrite de superbes papillons. C'est super joli.
A côté du Bellagio, se trouve le fameux Caesar Palace (thème : Rome antique), très impressionnant. C'est ici que chantait Céline Dion. Elle a été maintenant remplacée par Elton John mais aussi Cher et Bette Midler. On y trouve des statues romaines et de superbes fontaines un peu partout et le centre commercial qui se trouve à l'intérieur est très grand (Forum Shops) et abrite surtout des boutiques de luxe (hors de portée de notre bourse). Nous avons quand même investi (ou plutôt notre fils) dans une console de jeu de poche de chez Sony et dans un ITOUCH chez Apple. En gros, on paie le prix en euros et en dollar est le même (donc on économise le change : environ 30 %).
Nous avons fait ensuite une pause déjeuner en mangeant Mac Do (pas terrible, c'est mieux en France mais ici, c'est un peu moins cher) pour reprendre des forces avant de repartir à la conquête des hôtels. Cette fois-ci, nous reprenons la voiture pour nous garer au Venitian et nous poursuivons notre périple. Cet hôtel est magnifique. C'est un de mes préférés. Il est aussi beau de l'intérieur que de l'extérieur. Il est orné de grandes fresques italiennes et un long canal le traverse. Il est possible de faire une promenade en gondoles avec en prime un gondolier qui vous chante la sérénade. C'est super romantique. On reconnaît le pont des soupirs, la place St Marc, le palais des Doges...
Nous sommes allés ensuite au Wynn (pas de thème particulier). Apparemment, il s'agit de l'hôtel le plus cher de Las Vegas mais moi, il m'a déçu. Je l'ai trouvé moins beau (de l'intérieur comme de l'extérieur) que le Paris ou le Venetian (question de goût). Par contre, là, inutile de penser y faire ses achats (que du luxe partout).
Nous avons ensuite rejoint le Treasure Island (thème : les pirates), qui, à part le bateau pirate à l'entrée, n'est pas très original. Je voulais assister au spectacle du soir (avec les sirènes) mais nous n'avons pas eu le temps de le voir au cours de notre séjour. Peut-être une autre fois !
Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour aller voir le Mirage (thème : les tropiques). De l'extérieur, je ne le trouve pas extraordinaire (par contre, il est entouré de superbes jardins tropicaux avec des cascades), à l'intérieur, il est assez chic. Par contre, il abrite le Siegfried and Roy secret garden (espèce de zoo) que nous visiterons plus tard.
Harrassés de fatigue, nous rejoignons notre voiture pour rentrer à l'hôtel. Pour l'heure du dîner, nous nous rendons à l'hôtel Flamingo pour goûter à leur buffet. Il était bien mais moins de variétés qu'au planet hollywood (par contre, du choix dans les plats japonais et chinois). L'originalité de cet hôtel est qu'il abrite une colonie de flamands roses dans un jardin exotique. Retour à l'hôtel pour un gros dodo bien mérité.J6 : Jeudi 16 avril : Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 40 ans. Super endroit pour fêter son anniversaire. Je suis super contente. C'est notre dernier jour à Las Vegas avant de partir à la découverte des parcs nationaux. Le temps est encore frais mais le soleil est au rendez-vous dès le matin. Nous décidons de passer notre matinée à dépenser de l'argent dans les outlets. Nous allons à celui situé dans le Nord de Las Vegas : Las Vegas Premium outlets. Il n'est qu'à quelques kilomètres de l'hôtel. Un grand parking extérieur se situe devant le centre commercial. Ce dernier est en plein air. Il comprend des allées et de chaque côté des boutiques aux enseignes très célèbres : Adidas, Nike, Banana Republic, Guess, Lacoste, Timberland, Dolce et Gabbana, Levi's strauss, Ed Hardi, Izod, Gap, Esprit... En tout, environ 150 boutiques Il y a beaucoup de choix et les prix sont vraiment intéressants. J'ai même trouvé des crèmes de jour de marque "clinique" à 31 dollars alors qu'elles étaient en ville à 50 dollars. Chez Adidas, nous avons eu 30 % de réduction + 35 euros de réduction pour des achats de 125 dollars. J'en ai eu pour un peu plus de 50 dollars. Je n'en revenais pas. Je me suis achetée un sac Guess pour 54 euros et encore bien d'autres choses (polo Lacoste à 55 dollars, Vans à 30 euros...). Nous avons déjeuné sur place dans une espèce de caféteria qui propose des stands de nourriture assez différente : chinoise; mexicaine, hamburger, pizza...). Ce n'était pas terrible mais bon... C'était l'histoire de se remplir un peu l'estomac. Sur le chemin du retour (coffre plein de sacs et carte bancaire qui a sacrément chauffé), nous nous sommes arrêtés à la Stratosphère pour monter au sommet et avoir un panorama de Las Vegas. C'était assez impressionnant. Moi je me suis contentée d'admirer le paysage et de prendre des photos mais mon mari et mes enfants ont voulu essayer une des trois attractions situées sur le toit. Une des trois était fermée (insanity the ride) car il y avait trop de vent. Ils n'ont pas osé essayer X scream, espèce de navette qui se propulse dans le vide. Ils ont seulement essayé Big shot, une espèce de manège qui vous propulse en l'air et retombe tout aussi vite, à 275 m d'altitude. C'était impressionnant et très court d'après leurs dires.


Après ce moment de "frayeur", nous avons fait un dernier arrêt au centre commercial Fashion Mall pour trouver des jeux vidéos pour notre fils (pour sa console portable). En effet, il n'existe pas beaucoup de magasins vendant des jeux vidéos à Las Vegas. Dans le centre commercial, il existe l'équivalent d'un micromania. Les jeux sont également moins chers qu'en France. Environ 35 euros neufs. C'est quasiment la seule chose que nous avons achetée là-bas car les prix ne sont évidemment pas aussi intéressants que dans les outlets.
Nous sommes ensuite rentrés à l'hôtel pour nous reposer un peu (je ne vous raconte pas l'état de nos pieds !). Pour fêter mon anniversaire, nous voulions aller diner au buffet du Bellagio mais il y avait un monde fou. Donc, nous nous sommes rabattus sur le buffet du Treasure Island qui n'est pas mal mais qui ne présente pas le même choix qu'au Planet Hollywood. Pour finir la soirée, nous sommes allés faire un tour dans le vieux Las Vegas, à Fremont Street. J'ai adoré l'ambiance. Tout est très Kitch. La décoration des hôtels est très rétro. Nous assistons à la Fremont street experience. Il s'agit d'une zone piétonne recouverte d'une immense arche métallique parsemée de millions de petites lumières. Un spectacle son et lumières est proposé toutes les heures le soir. C'était super original. J'ai beaucoup aimé.
Après une très grosse journée, nous sommes enfin rentrés à l'hôtel pour préparer nos bagages et enfin nous coucher. L'avantage de connaître quelqu'un sur place est que nous avons pu lui laisser une partie de nos bagages pour éviter de trop charger la voiture pour notre périple de 5 jours.J7 : Vendredi 17 avril : Aujourd'hui, une longue route nous attend. Mais pour la faire passer plus facilement, nous ferons quelques arrêts photos et visites. Il fait très beau, encore un peu frais mais pas un nuage dans le ciel. La journée va être chaude. Le beau temps est enfin de retour. Après avoir procédé aux démarches administratives (check out) pour quitter l'hôtel (cela va bien plus vite que d'y entrer), direction le sud de Las Vegas pour aller visiter Ethel Chocolate Factory et Cactus Garden qui se trouve juste à côté. La chocolaterie (marque qui fabrique les Mars et les Mms entre autre) est surtout un lieu pour vendre. On nous montre des cuves et quelques personnes emballent les produits (aucun commentaire et la visite se fait en moins de 10 mn). Pour ce qui est du chocolat, il est vendu le même prix qu'en ville. C'est un attrape-touriste.
Par contre, le jardin de cactus situé juste à côté est très beau. On y trouve des milliers de cactus différents. L'accès à ces deux endroits est gratuit. Un grand parking est situé devant (gratuit aussi).
Ensuite, nous avons pris la voiture direction Boulder City. C'est une très jolie petite bourgade résidentielle. Le centre ville est super typique avec des devantures style western. L'église est adorable avec ses couleurs flashy. Il y a aussi de grands espaces verts. L'ambiance est d'un calme. On a l'impression de se retrouver dans un endroit où le temps s'est arrêté. Pas de bruit de voitures, pas de cri, pas de foule... On dirait qu'il ne s'y passe jamais rien. Nous nous sommes arrêtés sur un parking pour prendre des photos de la mairie, du commissariat... Une voiture de police a ralenti près de nous. Je pensais qu'on allait nous demander ce que l'on faisait. Eh bien non. Le policier nous a juste salué et souhaité une bonne journée. Du jamais vu !!! J'ai ensuite aperçu la poste dans laquelle je me suis précipitée pour acheter des timbres et envoyer les cartes postales que j'avais déjà écrites. A Las Vegas, c'est une vraie galère pour en trouver (des timbres). Les commerçants qui vendent des cartes postales, ne vendent pas de timbres ou alors le double de leur valeur (pour la France, c'est 94 cents). J'ai pris un stock complet pour couvrir tout le séjour.

Nous avons ensuite repris la voiture direction Lake Mead. Nous savons que nous ne pouvons y rester que quelques minutes car il nous reste encore beaucoup de choses à voir et de route à faire. C'est ici que nous achetons le pass "america the beautiful" à 80 dollars car nous avons plusieurs parcs à visiter. Nous nous dirigeons ensuite vers la Marina. La vue est très jolie mais sans plus (ce que nous ferons au lac powell est beaucoup plus impressionnant).
C'est à l'entrée du Lac Mead que nous achetons le Hoover Dam, le fameux barrage qui est à la limite du Nevada et de l'Arizona. Par contre, l'entrée sur ce site est très longue (embouteillages) par il est nécessaire de le traverser pour rejoindre l'autoroute US 93 qui nous mènera vers le Grand Canyon. Nous décidons de nous garer dans un parking (payant = 7 dollars - Eh oui, c'est fini les parkings gratuits) et nous allons voir de plus près à quoi ressemble cet édifice. C'est très impressionnant. On imagine ce qui se passerait s'il s'effrondrait. Ce serait une vraie catastrophe pour toute la vallée. Il est super surveillé (on se doute de la raison de cette attention particulière !!!). Nous avons également déjeuné sur place car nous n'étions pas sûrs de trouver de quoi se restaurer ensuite. Il faisait très très chaud. Comme sur tous les endroits touristiques, la nourriture n'était pas terrible et pas donnée.

Nous reprenons ensuite la route direction Kingman. Nous faisons plus de 100 kms sans voir aucune commune, village. La route est très belle, en très bon état. Aucun péage sur les autoroutes ! Il y a pas mal de camions sur la route mais la circulation est très fluide. Nous ne nous arrêtons pas à Kingman (pas le temps) car nous préférons faire une halte un peu plus loin à Seligman (plus de 100 kms plus loin). Seligman (ex route 66) se résume à une espèce de grande route. De chaque côté, on y trouve des hôtels, stations service, boutiques mais très typiques. Devant celles-ci se trouvent de vieux véhicules des années 50-60, des mannequins... Je ne regrette pas cet arrêt. On a l'impression d'avoir changé d'époque. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos, évidemment et pour voir l'intérieur de ces endroits. J'y ai bu un bon chocolat chaud (il était délicieux : avec de la crème chantilly dessus. Un vrai régal pour seulement 1, 50 dollar). Le temps s'est fortement rafraîchi. On sent qu'on s'éloigne de la chaleur du Nevada. J'entame la conversation avec la commerçante (très chaleureuse comme tous les commerçants que nous avons croisés. Nous devrions suivre leur exemple, car notre accueil, en France, est loin de leur arriver à la cheville !!!) qui m'explique qu'il y a deux jours, il neigeait au grand canyon et qu'il y avait tellement de vent, que les touristes n'avaient pas pu prendre de photos des sites à voir. Nous avons eu une chance folle d'avoir échappé à cela car nous avons eu un temps magnifique.
Pour la dernière fois, nous avons repris la route direction le Grand Canyon mais sans aucun arrêt cette fois (il nous restait encore environ 160 kms à faire). Nous sommes passés à Williams et bien plus tard à Tusayan (ici, nous savions que l'arrivée était très proche). Nous atteignons enfin l'entrée sud du grand canyon : il est 18H00. Nous présentons notre pass au ranger pour pénétrer dans le parc. Ensuite, nous nous dirigeons vers Mather point, un beau point de vue. C'est superbe, le soleil commence à décliner. Les couleurs sont orangeâtres. C'est magnifique. On resterait là des heures. Par contre, il fait très froid. Nous nous précipitons dans le coffre de la voiture pour aller chercher des blousons chauds.
Nous restons encore là quelques minutes pour ensuite nous diriger vers notre hôtel : le Maswick Lodge. C'est un des hôtels les moins chers du site mais correct malgré tout. Nous avons un peu de mal à le trouver mais on finit par le repérer. Une fois les démarches faites à l'accueil (qui se résument à montrer mon voucher imprimé sur Internet, mon passeport et ma carte bancaire), nous nous dirigeons vers notre chambre. Il n'y a pas de clim, mais vu la température extérieure, elle n'est vraiment pas nécessaire. Par contre, dans la chambre, il fait assez frais. Nous mettons donc tout de suite le chauffage. Les chambres sont propres. Après avoir repéré les lieux, nous allons diner à la cafétaria de l'hôtel (nous voulions aller diner dans un autre hôtel mais l'attente était d'environ une heure : Eh oui, nous étions à l'approche du week-end et les américains étaient là aussi). La nourriture n'était pas top mais bon ! Ensuite, direction la chambre pour passer une bonne nuit afin de récupérer de cette grosse journée.

J8 : Samedi 18 avril : Une belle journée s'annonce : il fait très beau bien que très frais (il a gelé cette nuit et nous avons dû gratter un peu la voiture). Après un rapide petit déjeuner à la cafétaria de l'hôtel, puis le rangement de nos bagages dans la voiture, puis le check out à l'accueil de l'hôtel, nous nous dirigeons en voiture vers le parking situé en face du visitor center pour aller prendre la navette verte. Après quelques minutes d'attente, la voici. Deux arrêts sont prévus : Pipe Creek vista et Yaki Point. Nous nous arrêtons aux deux. Les navettes passent plus souvent que prévu (sûrement à cause du week-end : plus grande fréquentation du parc) c'est-à-dire toutes les 8 à 10 mn au lieu de 15. Les points de vue sont magnifiques, toute cette immensité à perte de vue et un silence. On se croirait seul au monde.
Nous avons fait ensuite chemin inverse pour revenir au visitor center, nous avons repris la voiture direction l'arrêt village route transfer pour attraper la navette rouge. Nous avons réussi à nous garer à proximité et là, nous avons vu qu'il y avait beaucoup plus de monde. La navette est très vite arrivée (elles étaient plusieurs l'une derrière l'autre) et nous avons décidé de ne pas faire tous les arrêts (il y en a 8 en tout). Nous nous sommes arrêtés à Trailview overlook, Powell Point, Hopi Point, Mohave Point et le terminus Hermits Rest. Les paysages finissent par beaucoup se ressembler mais cela reste vraiment à voir. Je ne sais plus sur quel point de vue, on aperçoit en contrebas le colorado.
Pour faire tout cela, nous avons mis une bonne matinée puisque nous avons fini de faire le tour vers 13H. Nous aurions pu rester bien plus longtemps et faire éventuellement une randonnée mais un long chemin nous attendait pour nous rendre à Monument Valley et les enfants commençaient à s'impatienter. Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre notre voiture et nous avons rejoint la sortie est du parc. Tout le long du chemin, il y a encore beaucoup de points de vue où il est possible de s'arrêter (en voiture cette fois) sur environ 20 kms avant de quitter le parc.
A la sortie du parc, nous avons pris la direction Desert View puis Cameron (70 kms). A Cameron, nous avons fait une halte au Trading Post pour déjeuner. Nous avons mangé Mexicain. C'était un peu étrange comme goût et comme consistance. Mais bon, c'était peut-être du mexicain à la mode Navajo (c'est le début de leur territoire). Le trading post est une espèce de piège à touristes (grand magasin de souvenirs) mais la pause était malgré tout agréable. Nous en avons profité aussi pour faire le plein de la voiture et pour acheter un petit tableau navajo et une petite poterie navajo (les deux signés de leur auteur).
Nous avons ensuite repris la route direction Marble Canyon puis Kayenta (160 kms). En approchant de Kayenta, les décors de western se dessinent progressivement à l'horizon. On se croirait dans un vrai film. Nous faisons de petites haltes au bord de la route de temps en temps pour prendre des photos. En cours de route, nous avançons les montres d'une heure car nous changeons d'Etat (Utah). Kayenta est une espèce de route bordée d'hôtels et de restaurants. Ce n'est pas terrible ! Je suis contente de ne pas avoir choisi de logement ici (ce que je voulais faire au départ car c'était bien moins cher qu'à Monument Valley mais ce n'est vraiment pas joli). Nous poursuivons donc notre route pour Monument Valley pendant environ 40 petits kilomètres. Mais au lieu d'aller vers le parc, nous nous dirigeons vers notre hôtel : le Goulding Lodge. Il n'est pas si joli que cela de l'extérieur mais la vue que l'on a de la chambre est vraiment inoubliable. Nous ne regrettons vraiment pas notre choix.
Après avoir procédé aux modalités de check in, nous découvrons notre chambre située au 1er étage et qui donne directement sur Monument Valley. C'est magnifique. A proximité, il y a un petit supermarché, une station service et un camping. C'est ici que nous avons payé le plus cher notre chambre (120 euros la nuit mais cela en vaut la peine).
Nous sommes à une heure du coucher du soleil. En attendant celui-ci, nous décidons d'aller visiter le petit musée de l'hôtel qui rend hommage à John Ford et aux westerns qui ont été tournés dans le coin (il y a de nombreuses photos de tournage, des objets...). L'accès est gratuit. Une contribution est juste suggérée à l'entrée.
Ensuite, nous sortons pour prendre des photos du coucher du soleil : encore une superbe vue. Puis, nous nous dirigeons vers le restaurant de l'hôtel pour dîner (ce n'est pas terrible mais pas donné par bon !). Nous finissons par nous rendre à la partie boutique de l'hôtel (trading post) où une jeune vendeuse navajo nous fait une démonstration de flûte indienne. C'était tellement mélodieux. Mais nous décidons de ne pas investir dans un tel objet car nous n'arriverons jamais à reproduire les mêmes sons qu'elle. Nous achetons des cartes postales (envoi possible de l'hôtel) et un magnet (j'en ai acheté un à chacune de nos étapes) que je collerai sur notre frigo au retour. Il est maintenant temps d'aller dormir car la journée a été encore une fois bien remplie.J9 : Dimanche 19 avril : Je me réveille avec le lever du soleil. J'en profite pour saisir mon appareil photo, aller sur la terrasse de la chambre et immortaliser le moment. Tout le monde dort encore dans la chambre et je profite seule du spectacle.
Après que tout le monde soit réveillé, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel (pas donné mais je pense qu'on paie le lieu), nous mettons nos bagages dans la voiture, procédons au check out, direction l'entrée de Monument Valley. Nous payons l'entrée 5 dollars par personne (enfants compris) et là, c'est franchement mal indiqué. Il y a des travaux dûs à la construction du nouvel hôtel The View. De l'extérieur, il ne me semble pas plus beau que l'autre mais nous n'avons pas vu l'intérieur. Par contre, les chambres donnent directement sur Monument Valley. Mais pour l'instant, le repérage extérieur est un vrai chantier. Le visitor center est accolé à l'hôtel. Nous finissons par trouver l'entrée de la scenic drive (après avoir tourné en rond un bon moment).
Il y a en tout 11 arrêts photos à faire dont le plus connu le John Ford's Point dont la vue est célèbre car on la retrouve dans beaucoup de westerns. On se croirait vraiment dans un film. Cela nous rappelle de bons souvenirs de gosse quand nous regardions ces vieux films à la télé. Un navajo d'un certain âge chevauche d'ailleurs un cheval à cet endroit et nous permet de le photographier et même de monter sur son cheval pour 1 dollar. Ce que nous nous empressons de faire. Le temps est encore magnifique. Un peu de fraîcheur le matin mais ensuite la chaleur s'installe.


Le chemin à emprunter tout au long du circuit est une piste en terre battue mais n'importe quelle berline peut l'emprunter. Il n'est pas indispensable d'avoir un 4X4.
Nous finissons tranquillement le circuit. Nous mettrons environ deux bonnes heures pour faire le tour.
A la sortie du parc, nous revenons sur nos pas (en repasse par Kayenta) direction Page pour aller voir le Lake Powell (220 kms). Sur le chemin, nous changeons à nouveau d'heure (on recule d'une heure). Au fur et à mesure de notre avancée, les paysages changent tout doucement.
A l'heure du déjeuner, nous arrivons près d'Antelope Canyon. Au départ, nous avions prévu d'aller le visiter le lendemain matin mais étant donné que nous sommes sur place vers 12H30, nous tentons notre chance. Nous choisissons d'aller voir Upper Antelope. Nous achetons les billets (6 dollars pour le parking + 20 ou 25 dollars je crois par adulte + 10 dollars pour notre fils de 12 ans). C'est assez cher et il n'est pas possible de payer en CB. Le départ, en espèce de 4X4, est prévu pour 13H. Le trajet pour se rendre vers le canyon dure environ 10 mn. Nous descendons ensuite du "camion" pour pénétrer dans le canyon. Il fait assez sombre mais par endroit le soleil passe entre les roches. C'est très beau. Ces dernières prennent une couleur ocre et ce qui est très étrange c'est que lorsqu'on les prend en photo, c'est encore plus beau. Les couleurs sont encore plus belles. C'est vraiment à voir. Par contre, nous ne verrons pas le faisceau de lumière qui pointe son nez vers 11H30 car je pense que nous sommes arrivés trop tard. Par contre, notre guide navajo nous montre à quel endroit prendre les plus belles photos et à un certain endroit lance du sable en l'air car cela fait un super effet sur les photos. La visite dure une petite heure.

Nous faisons ensuite le chemin inverse pour regagner notre voiture. Nous commençons à être affamés mais avant d'apaiser notre faim, nous décidons de nous rendre à notre logement pour être tranquille. Direction Page à environ 10 kms d'Antelope Canyon. J'ai trouvé les coordonnées de notre logement dans le guide du routard. Il s'agit d'un motel : le Basful Bob's Motel. Il est tenu par un vieux monsieur très gentil qui a réhabilité des anciens logements d'ouvriers qui ont travaillé à la construction du lac il y a de nombreuses années. J'avais réservé par Internet sur son site. Il s'agit en fait de petits appartements. C'est très bien et très spacieux. L'appartement comprend un séjour avec télé, une cuisine américaine équipée (frigo, micro-onde, gaz, vaisselle...), deux chambres et une salle de bains avec WC. Il y a même à l'arrière un petit jardin avec un barbecue, tout cela pour la modique somme de 50 dollars TTC pour nous 4 (paiement en espèces seulement). Les meubles sont un peu défraîchis mais qu'importe, c'est vraiment très bien.
Après avoir laissé nos bagages dans l'appartement, nous reprenons la voiture pour trouver de quoi se restaurer. Les enfants avaient repéré un king burger à notre arrivée à Page. Donc, nous nous y rendons pour pouvoir enfin nous rassasier (il est plus de 15H).
Après ce repas, nous reprenons la voiture direction Wahweap Marina (pass à présenter pour y pénétrer) car nous avons prévu de faire une ballade en bateau d'1H30 sur le Lake Powell qui s'appelle Antelope Canyon. Avant de partir, j'avais repéré sur Internet que la croisière avait lieu à 16H15. Il faut acheter les billets dans l'hôtel Lake Powell Resort, à la réception (c'est encore, là aussi assez cher : 102 dollars HT pour nous 4).
Nous prenons place à bord d'un bateau à deux niveaux : en bas, on est enfermé et en haut, on est à ciel ouvert. Nous avons opté pour la 2ème solution pour pouvoir profiter du beau temps et surtout pour pouvoir faire de belles photos.

Et là encore le spectacle est de toute beauté. Il y a des commentaires en anglais. On ne comprend pas tout mais qu'importe, nos yeux font le reste. La ballade est très agréable et nous repose. Nous navigeons au milieu de canyons et nous apercevons au loin le Glen Canyon Dam (barrage) que nous irons voir après la ballade en bateau. Cette promenade dure environ 1H30.
A notre retour sur la terre ferme, nous reprenons à nouveau notre voiture et sur le chemin, nous nous arrêtons voir le fameux barrage. Je le trouve moins impressionnant que le Hoover Dam.
Nous rentrons ensuite à notre appartement car nous sommes épuisés. Nous nous délassons enfin avant d'aller diner.
A l'heure du diner, nous demandons au propriétaire des lieux de nous indiquer une bonne adresse de steak house (nous sommes en train de faire une overdose de hamburgers et de tacos). Il nous indique un endroit pas très éloigné de là. Nous nous y rendons et commandons tous un magnifique steak avec pomme de terre au four. La viande est délicieuse. Nous nous régalons.
Puis nous retournons au motel pour nous coucher après une très très longue journée encore bien remplie. Au préalable, nous regardons à la télé l'élection de miss america qui a lieu en direct de Las Vegas.J10 : Lundi 20 avril : Ce matin, la famille a décidé de faire la grasse matinée. Moi, non. J'ai repéré la veille, à quelques centaines de mètres du motel, une laverie automatique. Je m'y rends en voiture et je demande quelques explications aux gens qui attendent leur linge car le système est un peu différent du nôtre. Déjà, il faut une quantité phénoménale de pièces de 25 cents. Heureusement, il existe sur place des distributeurs automatiques de pièces. Ensuite, on choisit sa machine, on y met son linge + de la lessive (achetée sur place 75 cents) à l'endroit approprié + on choisit son programme et hop c'est parti pour 40 mn. Pendant ce temps, j'ai bouquiné et j'ai entamé la conversation avec une dame qui m'a demandé d'où je venais et ce que nous avions déjà visité. Ensuite, j'ai mis le linge à sécher pendant environ 1/2 heure. Voilà une corvée en moins. De retour au motel, tout le monde est levé et prend son petit déjeuner. Une fois tout le monde prêt, nous allons saluer Bob, le propriétaire et nous quittons les lieux direction Horseshoe Bend (le Colorado s'enroule autour d'un piton rocheux). C'est à quelques kilomètres à la sortie de Page. Nous laissons notre voiture sur un parking et entamons une marche d'environ 15 à 20 mn. Cela grimpe dur et de temps en temps le chemin redevient plat. Il fait très beau et la température commence à chauffer. Nous croisons quelques touristes. En chemin, nous tombons nez à nez avec un petit serpent. Je ne sais pas s'il est dangereux et on ne cherchera pas à savoir. Nous avons pris le temps malgré tout de le suivre et de le photographier. Nous reprenons ensuite notre route pour arriver enfin à destination. C'est magnifique et le colorado est d'un bleu ! Il a même des reflets verts. Par contre, il faut faire très attention de ne pas trop s'approcher du bord de la falaise car le secteur n'est pas du tout sécurisé.
Après avoir pris quelques photos et exploré les environs, nous faisons demi-tour pour reprendre la voiture direction Bryce Canyon. Mais avant de quitter Page, nous nous arrêtons à Lone Rock (besoin du pass pour y accéder). C'est un rocher planté au milieu du Lake Powell près d'une petite plage. Nous le prenons en photo. Apparemment, l'été, il y a beaucoup de monde ici. Les gens viennent nager et se rafraîchir.
Nous reprenons la route US 89 direction Big Water puis Kanab... Avant d'arriver à Panguitch, nous prenons la route UT 12 puis UT 63 direction Bryce Canyon (environ 250 kms). Nous revoilà dans l'Utah. Nous changeons à nouveau d'heure (nous avançons nos montres d'une heure). Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, nous faisons un arrêt photo à Fairyland Point. Les roches sont toutes rouges, c'est vraiment impressionnant. Il existe un parc appelé Red Canyon quelques kilomètres avant Bryce. Nous ne l'avons pas visité mais nous avons pris des photos de l'extérieur. Ces roches constrastent avec le bleu du ciel. Un délice pour les yeux.
Nous décidons de nous arrêter tout de suite à notre hôtel : le Best Western Ruby's Inn pour prendre possession de notre chambre pour être tranquilles. Il est assez joli de l'extérieur (style chalet en plus grand) et chaleureux à l'intérieur. Nous logeons dans un des bâtiments annexes. La chambre est assez spacieuse et assez semblable à celles que nous avons déjà eu : 2 lits queen, une télé, une petite table et deux chaises, un nécessaire à café et une salle de bains.
Dans l'hôtel, il y a une petite supérette, une station service, une piscine intérieure, un magasin de souvenirs.
En face de l'hôtel, il y a une série de petits magasins fermés style western, c'est très typique.
Après quelques minutes de repos, nous reprenons la voiture direction Bryce Canyon (3 kms). Nous montrons notre pass, le ranger nous donne la carte du parc et nous commençons notre ballade. Nous savons que nous ne ferons pas tout aujourd'hui car il est déjà presque 17H. Nous avons une heure et demi devant nous pour profiter du soleil (en effet, sans soleil, le décor n'est plus du tout le même. Les couleurs sont fades et c'est bien moins spectaculaire).
En chemin, nous tombons nez à nez avec des biches ou cerfs, je ne sais pas trop. Elles sont à quelques mètres de nous et n'ont pas l'air d'être effrayées.
Nous commençons par Sunrise Point et ensuite Sunset Point. C'est très beau, immense, difficile à expliquer. Il reste encore de la neige à certains endroits. Il a neigé il y a quelques jours alors que là, nous sommes en tee-shirt. Pour accéder aux points de vue, il faut laisser la voiture au parking et marcher un peu mais cela vaut vraiment le coup d'oeil.
Nous poursuivrons ensuite avec Inspiration point, Paria view, Bryce Point, Swamp Canyon, Whiteman Bench, Fairview point et Natural bridge. Nous nous arrêterons là car le soleil commence à décliner et les sites ne sont plus aussi beaux. Nous croisons très peu de voitures sur la route. Le parc nous semble beaucoup moins fréquenté que celui du grand canyon. Mais il est aussi plus étendu. Il monte à plus de 2000 mètres d'altitude.
Nous rebroussons chemin et nous décidons de revenir le lendemain matin pour voir la fin du parc. Nous quittons le parc pour retourner à l'hôtel pour découvrir ses environs. Vers 20 H, nous nous rendons à un steak house situé à quelques kilomètres avant l'hôtel que nous avions repéré en arrivant. Nous prenons un beau pavé de boeuf bien tendre accompagné d'une pomme de terre au four et de crevette fries. C'est divin.
Enfin, nous rentrons à l'hôtel pour dormir. Encore une journée bien remplie !J11 : Mardi 21 avril : Après une bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel. Nous nous sommes entendus avec les enfants la veille. Ils en avaient un peu assez des pierres. Ces derniers préfèrent rester dans la chambre à se reposer et à regarder la télé. La grande doit veiller à ce que tout se passe bien (et tout s'est bien passé !). Elle a tout de même presque 17 ans. Pendant ce temps, nous retournons pendant 2 heures au parc pour finir notre visite. Nous souhaitons retourner au premier point de vue : Sunrise Point pour découvrir encore d'autres couleurs. C'est bien plus lumineux que la veille et nous sautons ensuite les points de vue que nous avions vu la veille. Nous reprenons nos arrêts à partir de Natural Bridge qui était un peu dans l'ombre et qui aujourd'hui est magnifique. Ensuite, nous faisons de nouveaux arrêts à Agua Canyon, Ponderosa Canyon et son fameux hoodoo, Rainbows point et Yovimpa Point (2700 m d'altitude. On y voit à plus de 120 kilomètres). C'est vraiment le parc que j'ai préféré. Je l'ai trouvé vraiment inoubliable. Il est magnifique. Le beau temps y a été aussi pour quelque chose et les trainées de neige ici et là ont ajouté leur charme.

Peu avant 11H, nous avons fait demi-tour pour rejoindre les enfants afin de quitter la chambre (heure limite pour le faire). Arrivés sur place, ils étaient déjà prêts (un vrai miracle et avaient rangé leurs affaires). Il ne nous restait plus qu'à ranger les bagages dans la voiture, procéder au check out à la réception et reprendre notre route direction Zion Park.
Sur notre route, nous traversons de charmants petits villages "montagnards" dotés de jolies habitations. Certaines sont très originales.
Nous quittons les roches rouges pour trouver un paysage un peu plus ressemblant de nos montagnes. Mais ce qui est étrange c'est que les routes ne sont pas du tout en lacet comme chez nous. Même à la montagne, ils arrivent à avoir des routes droites à deux voies. Nous passerons également près d'un troupeau de bisons et d'un buffalo grill (pas la même enseigne que chez nous).
Nous traversons des villages comme Hatch, Glendale, Orderville. Après 1H30, nous arrivons à l'entrée Est du parc. De grandes montagnes griffées nous accueillent. Je trouve que c'est le parc le plus sauvage que nous ayons vu. Il est encore très différent de tous les autres.
Nous présentons encore une fois notre pass. En échange, le ranger nous donne une carte du parc. Nous nous dirigeons en voiture vers l'entrée sud du parc et nous arrivons au visitor center. Nous décidons d'y déjeuner. L'espèce de cafétaria s'appelle Sol Food Market and Deli. Ce n'est pas un 4 étoiles mais cela nous suffit. Un petit écureuil nous tiendra compagnie lors du repas. Il n'est pas farouche et n'a pas peur des êtres humains. On voit qu'il est habitué à leur présence. Par contre, nous ne lui donnons pas à manger car c'est interdit. Si on le fait et qu'on est pris en flagrant délit, on risque une amende de 100 dollars. En effet, cette sanction cherche à éviter que les animaux sauvages deviennent dépendants de l'homme et qu'ils ne sachent plus se nourrir par eux-mêmes.
Ensuite, nous sortons du parc direction Springdale (petite commune accolée au parc) pour nous rendre à notre hôtel (Quality inn). Etant donné que je possède leur carte de fidélité, on nous donne une chambre mieux placée. L'intérieur est à peu près semblable aux précédentes mais nous sommes au rez de chaussée avec une petite terrasse qui donne sur un terrain de camping et surtout sur la montagne. Jolie vue. Après avoir procédé au check in, nous retournons dans le parc pour commencer la visite. A cette période de l'année, la visite ne peut se faire qu'en navette. Nous laissons donc notre voiture au visitor center et nous l'attendons. Elle se présente très rapidement.
Comme au Grand Canyon, il y en a plus souvent que prévu. Nous ne nous arrêterons pas à tous les points de vue (8 en tout) car nous avons décidé de faire des mini-randonnées (les enfants sont enchantés : c'est ironique !!!). Il fait très chaud et nous emmenons avec nous une bouteille d'eau chacun. Nous ne nous arrêtons pas au Zion museum ni à Mountain of the sun. Par contre, nous sommes descendus à Zion lodge. C'est à cet endroit que se trouve le seul hôtel du parc. Un espèce de grand espace vert ombragé se présente à nous. Beaucoup de gens se reposent à l'abri du soleil.
Après avoir pris quelques photos, nous décidons de faire notre petite randonnée direction Lower Emerald Pool.
Nous traversons un pont en bois en dessous duquel coule une petite rivière. C'est très joli.
Nous poursuivons notre ascension (cela grimpe un peu pendant environ 20 mn). Une fois arrivés, nous aurions dû voir des chutes d'eau. Il ne reste qu'un petit filet d'eau pas très spectaculaire. Les enfants sont déçus. Nous aussi. Mais cela reste tout de même très agréable. Nous ne poursuivrons pas au delà (vers middle puis upper emerald pool car il faut compter une heure de plus et les enfants n'ont pas du tout envie d'aller plus loin). Nous redescendons tranquillement pour rejoindre le Zion lodge et nous en profitons pour nous reposer à l'ombre des arbres sur la pelouse devant l'hôtel. Nous reprenons ensuite une navette pour nous rendre à l'arrêt Weeping Rock (nous sautons celui qui s'appelle Grotto). Là encore, nous faisons un peu de marche (cette fois-ci cela grimpe bien). Nous sommes censés encore une fois voir des chutes d'eau et là, c'est encore pire que la 1ère fois. 3 gouttes tombent. Je pense que l'on doit pouvoir les voir plus tôt dans l'année, à la fin de l'hiver. Je crois que là, nous avons achevé les enfants. Ils râlent franchement (ah ces enfants des villes !!!). Nous rebroussons chemin pour rejoindre la navette. Nous ne descendrons pas au prochain arrêt (Walters Wiggles) mais par contre, nous descendrons au dernier (Temple of Sinawava).
Ici, il y a encore la fameuse rivière et la possibilité de faire une promenade le long de celle-ci. Il s'agit de Riverside Walk. Elle n'est pas difficile à faire car c'est assez plat. Nous l'emprunterons sur environ 1 km et nous ferons demi-tour. Pour la dernière fois, nous empruntons la navette pour retrouver notre voiture. Nous en avons plein les pattes. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer.
C'est la fin de l'après-midi. Je m'installe sur la terrasse (il y a un petit salon de jardin) et j'admire le panorama et je pense très fort que nous avons une chance énorme d'être là.
Ci-dessus, la vue de notre chambre.
A l'heure du diner, nous nous rendons à pied (juste à côté de l'hôtel) dans un petit resto qui est installé dans une ancienne station service (c'est original). Nous mangeons dehors. C'est très agréable. La nourriture est mexicaine. C'est bon mais nous attendons près d'une heure avant d'être servis.
Pour finir, nous rentrons à l'hôtel pour dormir après une journée encore bien remplie !J12 : Mercredi 22 avril : C'est aujourd'hui que s'achève notre road trip. Le temps est toujours aussi beau. Après un petit déjeuner léger (compris dans le prix pour une fois) et après avoir procédé au check out, nous reprenons la route pour rentrer à Las Vegas (environ 250 kms). Nous changeons une dernière fois d'heure (on recule d'une heure). On sent la température monter (il fera environ 30 degrés au plus chaud de la journée). Nous quittons les beaux paysages pour retrouver quelque chose de bien plus commun et bien plus plat. Le temps passe vite car nous empruntons une grande autoroute (j'ai oublié de dire qu'elles sont gratuites aux Etats-Unis) : la US 15. Nous arrivons sur Las Vegas à l'heure du déjeuner. Nous décidons d'aller manger dans un "In N Out". D'après mon oncle, c'est un fast food qui propose parait-il des produits plus sains que chez Mac Do (ex : la viande est de la vraie viande de boeuf, dans de beaux morceaux alors que chez les concurrents, il s'agit de "déchets"). Je n'ai pas trouvé cela meilleur qu'ailleurs et en plus, il n'y a qu'un choix de sandwich mais bon ! Ensuite, nous avons décidé d'aller faire ce que nous n'avions pas eu le temps de voir les 5 premiers jours. Nous sommes allés prendre en photo le Sphinx de l'hôtel Luxor. Ensuite, nous avons remonté le Strip pour prendre des photos de chaque côté depuis la voiture (à partir du début de l'après-midi, les bouchons commencent à se former donc on a le temps de prendre des photos. Nous avons remonté le strip jusqu'après la Stratosphère et nous avons fait des pauses pour prendre en photo quelques chapelles. Ensuite, nous sommes revenus sur nos pas et nous nous sommes garés au Fashion Mall pour aller acheter à notre fils un jeu vidéo pour sa PSP (bien moins cher qu'en France : 40 dollars le jeu, soit environ 30 euros). Puis, nous nous sommes rendus à pied jusqu'au Mirage car nous voulions aller visiter le Siegfried and Roy secret garden. Le prix de l'entrée est assez élevé (15 dollars par adulte et 10 par enfant) mais la visite est assez plaisante. On commence par arriver vers deux bassins, dans lesquels sont installés des dauphins (dolphin habitat).
Une personne nous les présente et nous explique leur mode de vie. Ensuite, nous nous dirigeons vers secret garden. Tout d'abord, on y trouve des lamas de différentes couleurs et tailles.
Puis nous découvrons les tigres blancs.
Ils sont superbes. Dommage qu'une grosse grille nous empêche de faire de belles photos. Puis vient un bébé léopard, né sur place. Il est adorable. On dirait une peluche. Puis viennent enfin des lions. Ils sont beige clairs et très fins, pas comme ceux que nous avons l'habitude de voir. Ils sont également très beaux.
Après nous être balladés pendant environ une heure, nous retournons à la voiture pour aller chez mon oncle, diner avec lui (pizzas au menu, qu'il est allé acheter près de chez lui : 5 dollars une grande pizza bien bonne, c'est vraiment très bon marché) et dormir sur place. Demain, c'est notre dernière journée. Dur ! Dur !J13 : Jeudi 23 avril : Après une nuit chaude (la chaleur commence à s'installer sur Las Vegas), nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de chez mon oncle. Il fait bon encore à cette heure. Après nous être préparés, mon oncle décide de nous faire visiter l'endroit où il travaille. Il est directeur du restaurant dans une maison de retraite haut de gamme. C'est à quelques minutes de chez lui. Arrivés sur place, nous sommes stupéfaits. Nous n'avons jamais vu cela. C'est le vrai luxe. Il s'agit d'un très beau bâtiment mais l'intérieur est encore plus chic. On se croirait dans l'un des hôtels du Strip. Les occupants ont chacun une chambre qui ressemble à une suite. Le mobilier est luxueux. La salle à manger est magnifique. Les jardins luxuriants. Ici, les personnes âgées sont dorlotées. Par contre, il faut avoir les moyens de se payer cela (environ 4 000 dollars par mois). Mais quand je vois les prix en France et les prestations proposées...
Nous laissons ensuite mon oncle à ses occupations et nous nous dirigeons vers le Premium Outlet pour faire de nouveaux achats de vêtements. Nous allons même devoir acheter un nouveau sac de voyages de peur de ne pas pouvoir passer la douane (poids par bagage). Nous y restons toute la matinée et même le début de l'après-midi. Puis, nous décidons d'aller déjeuner dans un hôtel du strip pour goûter une dernière fois à un buffet (les enfants en sont friands). Nous choisissons celui du Treasure Island. C'est assez bon et assez varié.
Nous passons la fin de l'après-midi à nous ballader sur le Strip afin de profiter de nos derniers moments sur place. En fin de journée, nous retournons à nouveau chez mon oncle pour faire les valises et faire les dernières lessives. Après un léger diner, nous allons manger une glace à l'hotel Red Rock. Il n'est pas sur le strip mais au nord ouest de Las Vegas, à une dizaine de minutes de chez mon oncle. Il y a un très grand bowling, un club qui appartient à Cindy Crawford, un casino évidemment... Mon oncle m'a expliqué que cet hôtel était surtout fréquenté par les locaux. En effet, les gens du coin ne vont pas souvent sur le Strip car il y a trop de monde, de touristes.
Après notre petite gourmandise, nous sommes rentrés chez lui pour aller nous coucher.J14 : Vendredi 24 avril : Ca y est, c'est la fin des vacances. Nous nous levons très tôt ce matin (5H30). Après le petit déjeuner, nous rentrons les bagages dans la voiture, nous disons au revoir à mon oncle (il est déjà levé car il se lève à cette heure tous les jours pour aller travailler) et nous dirigeons vers l'aéroport en voiture. Avant d'y arriver, nous nous arrêtons au Mac Carran Center pour rendre notre voiture. Mes formalités durent à peine 2 mn. Ils ne la vérifient même pas. Aucune somme supplémentaire à débourser. Sur place, une navette nous attend pour nous rendre à l'aéroport. Le trajet ne dure que quelques minutes. Nous sommes accompagnés de nos bagages. Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers le comptoir de la Northwest, nous procédons à l'enregistrement de nos bagages et nous attendons patiemment l'heure du décollage (9H10). Nous arrivons à Minneapolis un peu plus de 3 heures plus tard (sur ce vol, les boissons et repas/friandises sont payants). En arrivant à Minneapolis, nous apprenons que notre prochain vol pour Paris a du retard (plus de 2 heures). Donc, au lieu d'avoir 3 heures d'escale, nous en avons 5. Nous tuons le temps en déjeunant dans un Mac Do (le premier du séjour) et en nous promenant dans le Duty Free. Ensuite, nous bouquinons et les enfants jouent aux jeux vidéos (moi, je découvre mon Itouch). Le dernier vol se déroulera sans encombre jusqu'à Paris. Nous arrivons le lendemain matin à Paris (décalage horaire oblige) dans la grisaille. Quelle déprime ! Mon père nous attend, prêt à nous ramener chez nous. Ainsi s'achève notre séjour au pays de la démesure. Nous gardons un excellent souvenir de ce voyage et n'espérons qu'une chose : continuer à visiter ce très beau pays.
Voyage au Pérou: Trujillo, repos au bord de mer... English translation pending
Bonjour tout le monde,
Quelqu'un saurait me renseigner sur mon voyage au Pérou que je vais entreprendre du 7 au 17 juin 2009. tout d'abord laissez-moi préciser que j'ai déjà visité cuzco et Machu Pichu l'année dernière pendant mon séjour d'un mois auprès d'un institut en tant que bénévolat.
Or, je souhaiterais revoir les enfants sans devoir y passer tout mon temps. Ainsi je vais rester en hôtel à Lima du 7 au 10. Puis je voudrais faire Trujillo et ici je nécessiterais qq conseils quant aux jours, je souhaiterais aussi aller me reposer au bord de la mer Mancora ou Zorrillos ou autre. Est-ce dangereux ? J'ai lu qu'il y a bcp de drogue et voleurs. Je pensais Trujillo du 10 au 12. Et la mer du 12 au 15 ou 16. A mon retour sur Lima je vais encore passer à l'institut qui se trouve à Huaycan pour saluer tout le monde.
Merci de me donner des bons tuyaux et conseils. 😏😏
Marilène
Le "périple des héros" dans l'Ouest américain (1/2) English translation pending
Hello!
Avec mes trois compères, nous sommes rentrés de notre premier périple dans l'ouest américain… nous y étions en basse saison la seconde semaine de Mars, donc avec les contraintes de fin d'hiver…
Après avoir lu ceux des précédents voyageurs du forum, c'est à mon tour d'écrire notre carnet de voyage. On l'intitulera "le périple des héros". Ni plus, ni moins, oui madame, non monsieur. C'était bien un trip de super héros : un rythme de voyage effréné, avec régulièrement des blagues volantes.
Bon, par contre nous avions des appareils photos numériques basiques, loin du réflexe et autres objectifs... Et malgré mes efforts dans cette sélection nos photos sont relativement classiques, alors un peu d’indulgence chers lecteurs !
J'ai fait au mieux pour la taille des images et limiter leur temps de téléchargement...
Les préparatifs
Il y a encore trois mois nous n'avions que quelques noms célèbres en tête : Yosemite Park, Grand Canyon, Death Valley ou encore Monument Valley. Avec des images de western et de l'Ennio Morricone sur CD. Donc une connaissance presque nulle et somme toute assez cliché de cette région du monde.
Tout s'est organisé rapidement, en bonne partie grâce à cet excellent forum et aux gens qui l'animent. Je voudrais remercier ceux d'entre vous qui ont répondu à mes interrogations et m'ont permis de nous concocter un itinéraire sur mesure. Merci tout particulièrement à Philippe ("Sedonax") et à "Itat" avec qui les échanges étaient agréables et fructueux.
Avant de conter l'aventure, la présentation des vadrouilleurs…
L’ensemble de la clique dans Antelope Canyon.
Avec pour personnages principaux :

Guillaume, dit le "Guigs" : mon bon compère lors de la fin de mes études, l'homme au grand cœur et au sourire facile. Passionné de chaussures blanches très blanches assorties à son jean noir très noir. Il s'est aussi récemment spécialisé en mitraillage acrobatique de photos (un cactus = 1 photo, une ville = 100 photos, un canyon = 1350 photos). Expert en desserts et fervent amateur de pancakes, Guigs ne nous déçoit jamais autour d'une bonne tablée.

Morgan, dit le "Mo" : un ami d'enfance de Guigs, présentant de nombreuses particularités, à commencer par sa double nationalité franco américaine. J'ai eu le plaisir de le rencontrer il y a 2 ans lors d'un voyage mémorable en Ouzbékistan; puis de mieux encore le connaître en 2008 à San Francisco où il vit depuis 8 ans. Morgan c'est le mode freestyle permanent, la fête sous toutes ses formes, le rire, la connerie, la joie de vivre. On devrait tous avoir un Morgan dans la poche, ça détend.

Camille, dit le "Cams" : le troisième barjot de la bande des barjots. Rencontré à la même occasion en Ouzbékistan et ami d'enfance des deux énergumènes précédents. J'avais beau apprécier la chaleur humaine du bonhomme, j'ai en fait appris à mieux le connaître pendant ce voyage aux US. Je l'affirme haut et fort, je suis convaincu. Cams a une composante interne intellectuelle appréciable mais il est tout aussi azimuté que les autres. Ce qui nous laisse à penser qu'il a, lui aussi, un peu plus haut, les « fils qui se touchent ».

Aurélien, dit le "Aurel" : c'est moi, et je suis donc la pièce rapportée aux côtés des trois potes d'enfance… Malgré ceci, mon intégration s'est bien déroulée, je n'ai pas subi de sévisses corporelles dans Death valley ni de noyade sous l’eau salée de Mono Lake. C'est avec plaisir que j'ai vécu ces beaux jours de voyage avec ces trois zigotos. Quelques adjectifs pour mieux me définir : je suis sportif, jeune, vaillant, courageux et intelligent. C'est moi qui raconte l'histoire, donc je dis ce que je veux.
Quelques chiffres clés : Nb de jours de voyage : 8 Nb de km parcourus : 3000 Temps de trajet : 144 000 secondes Nb de gallons d’essence : 112 Nb de chauffeurs : 4 Budget par personne (transport, logement, nourriture) : 70€ par jour (hors extra) Nb de canyons : 8 (dont un grand) Nb de mauvaises blagues : 138 (sans compter celle au dessus) Nb de casinos : not available Différence entre les gains et les pertes à 4 aux casinos : + 360$ Nb de photos avant le tri : trop Nb de photos après le tri : toujours trop, mais moins. Nb de photos avec Guigs tenant son appareil photo : la majorité.
Notre itinéraire : J1: San Francisco (Mo's Home) J2: Lee Vining (Lakeview Lodge) J3: Death Valley (Furnace Creek Ranch) J4: Las Vegas (Luxor) J5: Las Vegas (Luxor) J6: Grand Canyon (Maswik Lodge) J7: Page (Bashful Bob's Motel) J8: Bryce Canyon (Best Western Ruby's Inn) J9: Vegas pour Cams et Guigs (Sahara), et San Francisco pour Mo/Aurel.
Le tracé complet sur googlemaps :
Allons bon, on est prêt, pop pop pop, on est parti pour le récit…
Day 1 : Samedi 14 Mars 2009, SAN FRANCISCO
Guigs est arrivé la veille et avait déjà écumé les bars de San Francisco avec Mo. Le local est expert en ce domaine... Ils nous retrouvent donc Cams et moi à l'aéroport en ce samedi début d’après midi. C’est la réunion des quatre larbins, ça sent déjà l’aventure : on prend un San-Francisco-val quand même !
Première étape du voyage, une bonne idée pour un road trip, louer une voiture. Pour les infos, j’ai fait un sujet ici sur ce thème : ICI. Hormis 40min d’attente chez ALAMO, tout s’est admirablement bien passé. Nous récupérons notre voiture estampillée « mid suv 4WD intermédiaire », une Ford quasi neuve (800km) dont je ne connais pas le modèle vu mon peu d’intérêt pour les voitures. Allez hop, yiha c’est parti, direction SF !
Un léger détour par « Lombard Street » et ses fameux virages fleuris pour tester le 4x4, un restaurant japonais excellentissime « MSB : Marina Sushi Bar » comme premier repas aux US, puis un passage par un pub irlandais pour arroser nos retrouvailles.
Pendant que Guigs et Mo remettent ça en divers lieux de la ville jusque 3h, avec Cams on va se coucher pour encaisser le jetlag et conduire droit le lendemain pour notre plus longue route de la semaine.
Day 2 : SAN FRANCISCO -> MONO LAKE / LEE VINING
Lever 6h. Guigs est toujours défracté par les excès de la veille. Cams et moi pas bien plus gaillards mais opérationnels. Mo ne sera pas avec nous pour les premiers jours du trip, en bon américain il doit jongler avec ses 3 jours de vacances par an et ne peux pas nous suivre tout le long du "périple des héros". C'est seulement un semi-héros.
Départ 7h30, pas trop de retard sur le planning… car avec les 7h30 de route pour rallier Lee Vining tout en faisant Bodie et Mono Lake alors que les sunset sont à 18h30… c’est pas gagné d’avance !
On quitte l’eau et la grisaille et rapidement après Sacramento le ciel se dégage pour laisser apparaître un beau bleu. Chanceux, malgré la saison il ne se couvrira de nuages que rarement pendant notre semaine.
La route qui contourne la Sierra Nevada par le nord est magnifique. En cette période les monts sont recouverts de neige alors que la vallée est dégagée, ce qui nous offre avec le ciel bleuté de beaux contrastes de couleurs que nous garderont jusque Death Valley.

On passe au sud de South Lake Tahoe où nous n’avons malheureusement pas le temps de nous arrêter. On fait notre pause déjeuner à Walker chez « Moutain View Barbecue ». On ingurgite nos premiers burgers dans une salle typique décorée façon ouest américain : bar et meubles en bois, plaques d’immatriculation et autres drapeaux texans au mur. Ce sont d’ailleurs les meilleurs burgers de notre voyage et je vous recommande cet endroit s’il est sur votre route…

Départ vers Bodie, une ville fantôme de la ruée vers l’or, pour notre première découverte du voyage. La première route d’accès est fermée pour cause de neige, normal il est marqué « seasonal closure » sur notre carte qui complète très bien le GPS. Seconde route d’accès à Bodie fermée également comme attendu. Pas grave car pour nous c’est la troisième en contournant par Mono Lake. L’arrivée sur ce lac est d’ailleurs époustouflante, la Sierra Nevada blanchie par la neige vient s’allonger au bord du lac salé :

On réinvesti la voiture pour enfin atteindre Bodie. Une route vierge de voitures toujours, on aura été particulièrement seuls à cette période de l’année. Et là, sur la route d’accès à la ville fantôme, horreur, après 20 min de piste de graviers on se retrouve nez à nez avec le même panneau « closed »… Stop! Crissement de pneus, salto arrière. A peine en jambes, on va devoir renoncer à cette halte qui nous avait d’ailleurs incités à passer par cette route pour rallier Death Valley (Yosemite est fermé en hiver)!
Un peu déçus, on décide de retourner sur Mono Lake et d’y admirer plus en profondeur les concrétions salées. Cemetery Road nous mène au premier site de Tufa, au nord du lac. Et là, première vraie claque qui fait oublier l'épisode précédent :


Puis nous continuons jusque « Black Point », une colline noire formée de roches volcaniques qui surplombe le lac. La région était soumise autrefois à une activité volcanique intense. On se met en route pour une petite marche sur les bords du lac, alternant les sols blancs salés avec les sols noirs volcaniques. La sensation est extra, les couleurs merveilleuses. Et dans un calme tellement plaisant !


Après notre bonne heure de déambulation sur ce site, nous reprenons la voiture et décidons d’aller voir le coucher de soleil sur l’autre spot plus connu du lac, South Tufa Area, où les concrétions salées sont les plus nombreuses. On y restera jusque la disparition du soleil derrière la Sierra Nevada… un très bel endroit :

Retour sur Lee Vining pour prendre nos quartiers au lakeviewlodge, un gros motel situé le long du lac et de qualité honnête même s’il n’est pas donné pour du hors saison, avec peut être 6 chambres de remplies sur les 40 dont il dispose. Accueil agréable, puis on nous conseille de nous dépêcher pour manger, il est 19h15 et « tout » ferme à 20h. C’est là qu’on comprend que le soir on n’aura que très peu de temps pour investir nos hôtels et aller diner. Les américains dinent tôt et en basse saison les quelques restaurants ferment de très bonne heure. On peut le comprendre, chez « Nicely’s » nous étions toujours seuls dans une pièce pourtant prête à accueillir un bon nombre de touristes…
Lors du repas, nous papotons sur le programme du lendemain : nous sommes dans le même trip et tous les trois prêts pour South Tufa au sunrise. Et puis grande décision, frustrés de notre échec de la journée nous décidons de re tenter Bodie par la route fermée. Tant qu’on pourra encore avancer en 4x4, nous essaierons !
Day 3 : MONO LAKE / LEE VINING -> DEATH VALLEY FURNACE CREEK
Lever 5h. Et oui, mais à ce stade c’est encore facile… On a notre lever de soleil à 6h30 sur le lac, il faut bouger ! On y est même largement en avance, ce qui nous donne à la fois les tous premiers rayons derrière les vieux volcans qui entourent le lac et les suivants qui les dépassent pour nous offrir un joli rose…

Notre programme de la semaine est millimétré. J’ai tout organisé à l’heure près dans notre itinéraire, ce qui m’a d’ailleurs valu quelques foutages de gueule avant le départ… mais malheureusement avec une seule semaine nous n'avions pas d’autre alternative si nous voulions voir tout ces sites. On a quasiment doublé le nombre de points d’intérêt par rapport aux itinéraires croisés sur ce forum. Et donc l’idée de retourner tenter Bodie de l’autre côté du lac est franchement osée vu le peu de marge de manœuvre dont on dispose… On devait quitter Lee Vining à 9h, il est 8h30 et on repart dans le sens inverse… Ca sent bon l’improvisation !
Retour devant le même panneau « closed », mais cette fois-ci on pousse notre chemin. On ne sait pas trop d’ailleurs ce qu’on risque à ce moment là (la prison? Le bucher? La peine de mort? Oui j'avoue c'est très mauvais…) … et en bons français rebels et méprisants des règles, on le tente : si la route devient trop mauvaise on fera marche arrière.
Il nous a fallu 20 min de chemin pour comprendre qu’on n’irait pas plus loin : la neige est effectivement trop présente et le 4x4 n’inclus pas l’option chasse-neige. Tout a fondu en bas dans la vallée mais dès qu'on monte on se retrouve enneigés. Stop. Le GPS indique 2, 7 miles pour Bodie. Un rapide calcul nous donne 4km. Et là, petite hésitation… mais maintenant qu’on y est … on persévère à pied. Avec du recul, c’était pas mal warrior, les baskets ne sont pas faites pour s’enfoncer de 30cm dans la neige, 4km A/R là dedans ne sont pas anodins. Les photos du dessous montrent le chemin emprunté, on n’aperçoit même pas la ville tout au fond.

Mais voilà, après 45min de marche on a enfin notre ville fantôme bien méritée. Seuls évidemment. On croise juste un ranger qui nous dit qu’on est un peu barré d’être venu par là. Apparemment l’une des autres routes d'accès était bloquée plus près de la ville fantôme. Sauf qu’on n’avait pas l’info et que le visitor center n’ouvrait pas avant 10h… trop tard pour nous ! Bref, voilà Bodie sous la neige rien que pour nous et maintenant pour vous :


On n’y restera qu’une bonne demi-heure, si l’on s’est autorisé à y passer en modifiant le programme on ne peut pas trainer pour autant. La dure loi d’une seule semaine de voyage.


Il est 11h, nous sommes de retour sur la route au départ de Lee Vining en ayant pris soin de passer à la poste, faire des courses sandwich à l'américaine et recharger en essence. On a trois heures de décalage sur le programme initial, Golden Canyon qu'on devait faire sur Death Valley en arrivant sera reporté au lendemain.
Cette route est superbe, toujours aussi droite, toujours bordée de montagnes. On glisse dans la vallée puis on fait une courte pause peu avant l'entrée ouest de Death Valley. C'est l'occasion de se rendre compte qu'on a pris 20 degrés en quelques heures de route. Ca sent l'été! Et les photos suivantes montrent le décalage avec la neige précédente :


Il est 15h et nous sommes désormais dans Death Valley près de Stovepipe Wells, nous arrivons à "Sand Dunes". Des dunes de sables en plein milieu d'un paysage rocailleux. Les deux forts vents inverses de la vallée ont conduit au fil des ans à l'émergence de ces jolies dunes. On se croirait dans les déserts de sable d'Afrique, paumés dans le Sahara. On lâche la voiture, on se charge en eau et on est parti à l'assaut des dunes. Rapidement l'objectif qu'on se fixe est de monter au sommet de la plus haute dune. Le genre de challenge masculin un peu stupide mais qui motive !

Je garde un souvenir fort de cette journée du voyage, le fait d'alterner dans la même journée avec quelques heures d'écart une longue marche dans la neige avec une longue marche dans les dunes de sables était excitant. Les deux opposés. Manquait juste l'herbe mais au milieu de Death Valley, il ne faut pas rêver. Encore qu’on la trouvera plus tard…


Pendant la marche dans les dunes nous avons croisé deux personnes dont Cams doit surement encore se moquer. Une femme, un homme, assis dans le sable, quasiment sur la crête, lui en train de poser, elle en train de le photographier. 2000 photos façon publicité pour homme. Soit c'était vraiment ça, soit deux neuneus qui ont passé 1h à prendre des photos avec le même angle.
On reprend la route vers 16h30, direction Badwater. Près de 90m en dessous du niveau de la mer, le point terrestre le plus bas de tout l'hémisphère nord. Et là, pas de mer évidemment, juste quelques résidus d'eau et un sol salé. Le niveau de la mer est indiqué par un panneau perché dans la montagne que l'on aperçoit depuis le sol. Une belle impression pour un court passage.


Là nous faisons demi tour dans la vallée de la mort, direction Artist’s Drive. Philippe Schuler m'avait donné précisément l'ordre dans lequel faire les différents points de Death valley pour y être aux meilleurs instants avec les plus belles lumières. Parfait. Mais nous en faisons plus, la soif de découverte. Nous casons donc Natural Bridge, petite promenade de 30min pas désagréable, il fait moins chaud et le pont est sympa (mais moins que Vallon Pont d'Arc, faut pas déconner!).

Puis nous rejoignons Artist's Drive pour y voir le coucher de soleil. Quand on y est, il ne reste que 20min avant le sunset… la journée aura été speed mais tellement riche et diversifiée!


Nous avons été un peu déçu par les couleurs d'Artist's Palet. Le duel Mica / Fer n'a pas été à la hauteur attendue. Nous y étions peut être trop tard, les couleurs étaient un peu pales, oui on fait les difficiles. M'enfin ce léger détour pour remonter sur Furnace Creek me semble incontournable. On le refera d'ailleurs le lendemain en extra avec une vidéo embarquée à l'avant et du Bob Dylan dans le fond. Vous avez dit « cliché »? Oui oui.
On arrive au Furnace Creek Ranch vers 19h30, seul hôtel pour lequel on a eu des difficultés à réserver. C'était initialement plein et j'avais dû psychoter plusieurs heures de suite à rafraichir la page de leur site de réservation jusqu’à ce que quelqu'un annule pour récupérer sa chambre. Dans Death Valley c'est simple il n'y a qu'ici et à Stovepipe Wells Village que l'on peut dormir, il est donc indispensable de s'y prendre à l'avance. Vrai pour nous en fin d'hiver, alors en été…
L'occasion aussi de croiser des véhicules à l'américaine :

Le ranch est simple, de qualité honnête, l'ambiance y est agréable. Il possède une piscine avec une eau chaude dans les 25°. Juste le temps de se plonger dedans avant le repas! Là encore on doit faire vite, on commence à papoter avec des américains et des allemands et on serait bien resté glander dans l'eau pendant une heure. Mais c'était soit le bain, soit manger, pas les deux. A 21h le restaurant du ranch s'éteint.
Ce Steack House était passable pour le prix demandé. M'enfin on est tellement paumé dans le désert qu'on ne peut pas trop en demander… Puis enfin coucher 23h. Franchement ça c'était de la pure journée !
Day 4 : DEATH VALLEY FURNACE CREEK -> LAS VEGAS
Lever 5h. Ben oui on n'est pas venu aux US pour dormir. Et il y a un sunrise à Zabriskie Point à ne pas manquer. Nous sommes sur place à 6h, il fait encore nuit, avec une dizaine de personnes, des photographes essentiellement. On comprend vite leur présence, l'endroit est génial. Un paysage lunaire, des plis sur les roches colorées, l'endroit est franchement réjouissant. On y restera près d'1h30 à la recherche des plus belles lumières pour nos photos. J'en suis plutôt content mais je pense qu'on peut faire bien mieux avec des trépieds dont on ne dispose pas… ce n'est pas la seule fois du voyage où je me ferai cette réflexion. Prochain investissement en vue !



Après cet émerveillement est venu le temps du passage rapide par Twenty Mule Team Canyon, une petite route non goudronnée près de Zabriskie Point, un peu à la façon de Artist's Drive. Nous avons d'ailleurs préféré cette route à la précédente : on y a trouvé les couleurs de roches plus marquées et le paysage plus riche et vallonné. Et toujours dans un calme génial, une seule voiture est passée pendant notre heure sur ce site.


Après Twenty Mule Team Canyon, redescente tranquillement sur Furnace Creek ranch où nous nous accordons un petit déjeuner riche et peu équilibré. Furnace Creek c'est l'oasis au milieu du désert, il y a même un golf. Le type d'excès humain qui a tendance à m'exaspérer plutôt qu'autre chose. Nous reprenons donc quelques forces au calme, ce qui ne nous a pas été souvent donné.
Vers 12h on repart vers Devil's Golf Course, site non identifié avant le départ mais indiqué par un panneau repéré la veille. On y trouve une étendue salée dans un décor étonnant. Les concrétions de sel sont par contre assez abimées, du moins près de la route où nous sommes restés.

Puis vient l'heure de Golden Canyon qu'on devait initialement parcourir la veille mais que l'on arpente finalement en début d'après midi sous une forte chaleur. Deux heures de marche dans le canyon, à le remonter entièrement et parvenir jusque la Red Cathedral, une barrière imposante de roches rouges. Le Canyon en lui-même est agréable, et comme le nom l'indique le sol et les buttes joliment arrondies sont essentiellement couleur or. Incroyable la diversité de couleurs de roches rencontrée dans Death Valley!



Il est 16h30 et temps de bouger vers Vegas, mais bien sûr en passant par Dante's View pour une dernière vue de haut du centre de Death Valley. Ce site surplombe Badwater qu'on avait visité la veille. Là encore pas grand monde, un quart d'heure de jolie vue du "lac de sel" avant de repartir :

Rapidement nous sortons de Death valley, avec en tête l'idée de passer par un site non prévu : "Red Rock Canyon". Il n'est pas trop tard, on n'est pas impatients d'arriver à Vegas et on a l'habitude d'avoir des journées blindées. J'ai proposé Red Rock Canyon avec en souvenir ce nom croisé sur ce forum quelques semaines auparavant, mais je n'avais rien regardé précisément. C’est la phase approximative du voyage. Un coup d'œil sur la carte, j'identifie une route qui traverse un massif nommé Red Rock Canyon. Il faut dévier légèrement vers le Nord. Le GPS est entièrement paumé, il nous signale qu’on roule en dehors des routes et nous conseille des chemins de terre. On traverse la ville la plus moche jamais imaginée : Parhump. On longe plusieurs prisons de haute sécurité paumées dans le désert… et au final on se retrouve sur une route qui n'a rien d'un Red Canyon : rien n’est rouge. Exploit !
Elle nous ouvre un décrochement sur une montagne qui apparemment fait office de station de ski pour Las Vegas pas loin : Winter Mountain. Nous poussons quand même notre chemin, récupérons l'altitude avec la neige et le vent frais associé. Finalement c’est une route sympa qui nous renvoie au contexte montagneux de la veille et nous offre un point de vue sur le désert en contre bas sous un voile de chaleur :

Allez, cette fois c'est la bonne, départ pour Las Vegas…
Très sincèrement l'arrivée ne nous a pas emballés… Il est certes assez hallucinant de voire apparaître du néant en plein désert une si grande ville mais on bloque plutôt sur les 2h d'embouteillages pour parvenir jusque notre hôtel, le Luxor. On enchaîne ensuite avec 45 min pour s'enregistrer et trouver notre chambre avec des indications erronées. Serait-ce déjà une tactique fourbe pour qu'on passe dix fois devant les machines à sous? On ne regrette pas d'avoir déclaré seulement 2 personnes et non les voyageurs supplémentaires vu l'accueil limite et la qualité critiquable de l'hôtel. Il fait vieux, la chambre est globalement « meublée abimé ». Pour 100$ la nuit c'est moyen. C'est d'ailleurs le seul lieu où l'accueil n'a pas été chaleureux et agréable, les américains ont sinon toujours été extra et on aurait beaucoup à apprendre d'eux dans notre pays.
Il nous faut du courage pour ressortir de l'hôtel, mais on finit par se muer hors de la pyramide, sans trop d'entrain, pour rejoindre le strip. Je n'avais rien préparé pour Las Vegas, l'endroit ne me motivait pas vraiment. On dinera au hasard de notre court déplacement, dans le Harley Davidson Café. Sachant qu'on passait forcément à côté d'endroits plus intéressants...

Quelques casinos encore, juste pour voir les Bellagio et autres excentricités de cette ville puis retour à l'hôtel vers 2h30 pour dormir un peu… On savait de toute façon qu’on apprécierait plus Vegas le lendemain avec Mo qui connaît bien la ville...
La suite du carnet de voyage ICI.
Avec mes trois compères, nous sommes rentrés de notre premier périple dans l'ouest américain… nous y étions en basse saison la seconde semaine de Mars, donc avec les contraintes de fin d'hiver…
Après avoir lu ceux des précédents voyageurs du forum, c'est à mon tour d'écrire notre carnet de voyage. On l'intitulera "le périple des héros". Ni plus, ni moins, oui madame, non monsieur. C'était bien un trip de super héros : un rythme de voyage effréné, avec régulièrement des blagues volantes.
Bon, par contre nous avions des appareils photos numériques basiques, loin du réflexe et autres objectifs... Et malgré mes efforts dans cette sélection nos photos sont relativement classiques, alors un peu d’indulgence chers lecteurs !
J'ai fait au mieux pour la taille des images et limiter leur temps de téléchargement...
Les préparatifs
Il y a encore trois mois nous n'avions que quelques noms célèbres en tête : Yosemite Park, Grand Canyon, Death Valley ou encore Monument Valley. Avec des images de western et de l'Ennio Morricone sur CD. Donc une connaissance presque nulle et somme toute assez cliché de cette région du monde.
Tout s'est organisé rapidement, en bonne partie grâce à cet excellent forum et aux gens qui l'animent. Je voudrais remercier ceux d'entre vous qui ont répondu à mes interrogations et m'ont permis de nous concocter un itinéraire sur mesure. Merci tout particulièrement à Philippe ("Sedonax") et à "Itat" avec qui les échanges étaient agréables et fructueux.
Avant de conter l'aventure, la présentation des vadrouilleurs…
L’ensemble de la clique dans Antelope Canyon.Avec pour personnages principaux :
Guillaume, dit le "Guigs" : mon bon compère lors de la fin de mes études, l'homme au grand cœur et au sourire facile. Passionné de chaussures blanches très blanches assorties à son jean noir très noir. Il s'est aussi récemment spécialisé en mitraillage acrobatique de photos (un cactus = 1 photo, une ville = 100 photos, un canyon = 1350 photos). Expert en desserts et fervent amateur de pancakes, Guigs ne nous déçoit jamais autour d'une bonne tablée.

Morgan, dit le "Mo" : un ami d'enfance de Guigs, présentant de nombreuses particularités, à commencer par sa double nationalité franco américaine. J'ai eu le plaisir de le rencontrer il y a 2 ans lors d'un voyage mémorable en Ouzbékistan; puis de mieux encore le connaître en 2008 à San Francisco où il vit depuis 8 ans. Morgan c'est le mode freestyle permanent, la fête sous toutes ses formes, le rire, la connerie, la joie de vivre. On devrait tous avoir un Morgan dans la poche, ça détend.

Camille, dit le "Cams" : le troisième barjot de la bande des barjots. Rencontré à la même occasion en Ouzbékistan et ami d'enfance des deux énergumènes précédents. J'avais beau apprécier la chaleur humaine du bonhomme, j'ai en fait appris à mieux le connaître pendant ce voyage aux US. Je l'affirme haut et fort, je suis convaincu. Cams a une composante interne intellectuelle appréciable mais il est tout aussi azimuté que les autres. Ce qui nous laisse à penser qu'il a, lui aussi, un peu plus haut, les « fils qui se touchent ».

Aurélien, dit le "Aurel" : c'est moi, et je suis donc la pièce rapportée aux côtés des trois potes d'enfance… Malgré ceci, mon intégration s'est bien déroulée, je n'ai pas subi de sévisses corporelles dans Death valley ni de noyade sous l’eau salée de Mono Lake. C'est avec plaisir que j'ai vécu ces beaux jours de voyage avec ces trois zigotos. Quelques adjectifs pour mieux me définir : je suis sportif, jeune, vaillant, courageux et intelligent. C'est moi qui raconte l'histoire, donc je dis ce que je veux.
Quelques chiffres clés : Nb de jours de voyage : 8 Nb de km parcourus : 3000 Temps de trajet : 144 000 secondes Nb de gallons d’essence : 112 Nb de chauffeurs : 4 Budget par personne (transport, logement, nourriture) : 70€ par jour (hors extra) Nb de canyons : 8 (dont un grand) Nb de mauvaises blagues : 138 (sans compter celle au dessus) Nb de casinos : not available Différence entre les gains et les pertes à 4 aux casinos : + 360$ Nb de photos avant le tri : trop Nb de photos après le tri : toujours trop, mais moins. Nb de photos avec Guigs tenant son appareil photo : la majorité.
Notre itinéraire : J1: San Francisco (Mo's Home) J2: Lee Vining (Lakeview Lodge) J3: Death Valley (Furnace Creek Ranch) J4: Las Vegas (Luxor) J5: Las Vegas (Luxor) J6: Grand Canyon (Maswik Lodge) J7: Page (Bashful Bob's Motel) J8: Bryce Canyon (Best Western Ruby's Inn) J9: Vegas pour Cams et Guigs (Sahara), et San Francisco pour Mo/Aurel.
Le tracé complet sur googlemaps :

Allons bon, on est prêt, pop pop pop, on est parti pour le récit…
Day 1 : Samedi 14 Mars 2009, SAN FRANCISCO
Guigs est arrivé la veille et avait déjà écumé les bars de San Francisco avec Mo. Le local est expert en ce domaine... Ils nous retrouvent donc Cams et moi à l'aéroport en ce samedi début d’après midi. C’est la réunion des quatre larbins, ça sent déjà l’aventure : on prend un San-Francisco-val quand même !
Première étape du voyage, une bonne idée pour un road trip, louer une voiture. Pour les infos, j’ai fait un sujet ici sur ce thème : ICI. Hormis 40min d’attente chez ALAMO, tout s’est admirablement bien passé. Nous récupérons notre voiture estampillée « mid suv 4WD intermédiaire », une Ford quasi neuve (800km) dont je ne connais pas le modèle vu mon peu d’intérêt pour les voitures. Allez hop, yiha c’est parti, direction SF !
Un léger détour par « Lombard Street » et ses fameux virages fleuris pour tester le 4x4, un restaurant japonais excellentissime « MSB : Marina Sushi Bar » comme premier repas aux US, puis un passage par un pub irlandais pour arroser nos retrouvailles.
Pendant que Guigs et Mo remettent ça en divers lieux de la ville jusque 3h, avec Cams on va se coucher pour encaisser le jetlag et conduire droit le lendemain pour notre plus longue route de la semaine.
Day 2 : SAN FRANCISCO -> MONO LAKE / LEE VINING
Lever 6h. Guigs est toujours défracté par les excès de la veille. Cams et moi pas bien plus gaillards mais opérationnels. Mo ne sera pas avec nous pour les premiers jours du trip, en bon américain il doit jongler avec ses 3 jours de vacances par an et ne peux pas nous suivre tout le long du "périple des héros". C'est seulement un semi-héros.
Départ 7h30, pas trop de retard sur le planning… car avec les 7h30 de route pour rallier Lee Vining tout en faisant Bodie et Mono Lake alors que les sunset sont à 18h30… c’est pas gagné d’avance !
On quitte l’eau et la grisaille et rapidement après Sacramento le ciel se dégage pour laisser apparaître un beau bleu. Chanceux, malgré la saison il ne se couvrira de nuages que rarement pendant notre semaine.
La route qui contourne la Sierra Nevada par le nord est magnifique. En cette période les monts sont recouverts de neige alors que la vallée est dégagée, ce qui nous offre avec le ciel bleuté de beaux contrastes de couleurs que nous garderont jusque Death Valley.

On passe au sud de South Lake Tahoe où nous n’avons malheureusement pas le temps de nous arrêter. On fait notre pause déjeuner à Walker chez « Moutain View Barbecue ». On ingurgite nos premiers burgers dans une salle typique décorée façon ouest américain : bar et meubles en bois, plaques d’immatriculation et autres drapeaux texans au mur. Ce sont d’ailleurs les meilleurs burgers de notre voyage et je vous recommande cet endroit s’il est sur votre route…

Départ vers Bodie, une ville fantôme de la ruée vers l’or, pour notre première découverte du voyage. La première route d’accès est fermée pour cause de neige, normal il est marqué « seasonal closure » sur notre carte qui complète très bien le GPS. Seconde route d’accès à Bodie fermée également comme attendu. Pas grave car pour nous c’est la troisième en contournant par Mono Lake. L’arrivée sur ce lac est d’ailleurs époustouflante, la Sierra Nevada blanchie par la neige vient s’allonger au bord du lac salé :

On réinvesti la voiture pour enfin atteindre Bodie. Une route vierge de voitures toujours, on aura été particulièrement seuls à cette période de l’année. Et là, sur la route d’accès à la ville fantôme, horreur, après 20 min de piste de graviers on se retrouve nez à nez avec le même panneau « closed »… Stop! Crissement de pneus, salto arrière. A peine en jambes, on va devoir renoncer à cette halte qui nous avait d’ailleurs incités à passer par cette route pour rallier Death Valley (Yosemite est fermé en hiver)!
Un peu déçus, on décide de retourner sur Mono Lake et d’y admirer plus en profondeur les concrétions salées. Cemetery Road nous mène au premier site de Tufa, au nord du lac. Et là, première vraie claque qui fait oublier l'épisode précédent :


Puis nous continuons jusque « Black Point », une colline noire formée de roches volcaniques qui surplombe le lac. La région était soumise autrefois à une activité volcanique intense. On se met en route pour une petite marche sur les bords du lac, alternant les sols blancs salés avec les sols noirs volcaniques. La sensation est extra, les couleurs merveilleuses. Et dans un calme tellement plaisant !


Après notre bonne heure de déambulation sur ce site, nous reprenons la voiture et décidons d’aller voir le coucher de soleil sur l’autre spot plus connu du lac, South Tufa Area, où les concrétions salées sont les plus nombreuses. On y restera jusque la disparition du soleil derrière la Sierra Nevada… un très bel endroit :

Retour sur Lee Vining pour prendre nos quartiers au lakeviewlodge, un gros motel situé le long du lac et de qualité honnête même s’il n’est pas donné pour du hors saison, avec peut être 6 chambres de remplies sur les 40 dont il dispose. Accueil agréable, puis on nous conseille de nous dépêcher pour manger, il est 19h15 et « tout » ferme à 20h. C’est là qu’on comprend que le soir on n’aura que très peu de temps pour investir nos hôtels et aller diner. Les américains dinent tôt et en basse saison les quelques restaurants ferment de très bonne heure. On peut le comprendre, chez « Nicely’s » nous étions toujours seuls dans une pièce pourtant prête à accueillir un bon nombre de touristes…
Lors du repas, nous papotons sur le programme du lendemain : nous sommes dans le même trip et tous les trois prêts pour South Tufa au sunrise. Et puis grande décision, frustrés de notre échec de la journée nous décidons de re tenter Bodie par la route fermée. Tant qu’on pourra encore avancer en 4x4, nous essaierons !
Day 3 : MONO LAKE / LEE VINING -> DEATH VALLEY FURNACE CREEK
Lever 5h. Et oui, mais à ce stade c’est encore facile… On a notre lever de soleil à 6h30 sur le lac, il faut bouger ! On y est même largement en avance, ce qui nous donne à la fois les tous premiers rayons derrière les vieux volcans qui entourent le lac et les suivants qui les dépassent pour nous offrir un joli rose…

Notre programme de la semaine est millimétré. J’ai tout organisé à l’heure près dans notre itinéraire, ce qui m’a d’ailleurs valu quelques foutages de gueule avant le départ… mais malheureusement avec une seule semaine nous n'avions pas d’autre alternative si nous voulions voir tout ces sites. On a quasiment doublé le nombre de points d’intérêt par rapport aux itinéraires croisés sur ce forum. Et donc l’idée de retourner tenter Bodie de l’autre côté du lac est franchement osée vu le peu de marge de manœuvre dont on dispose… On devait quitter Lee Vining à 9h, il est 8h30 et on repart dans le sens inverse… Ca sent bon l’improvisation !
Retour devant le même panneau « closed », mais cette fois-ci on pousse notre chemin. On ne sait pas trop d’ailleurs ce qu’on risque à ce moment là (la prison? Le bucher? La peine de mort? Oui j'avoue c'est très mauvais…) … et en bons français rebels et méprisants des règles, on le tente : si la route devient trop mauvaise on fera marche arrière.
Il nous a fallu 20 min de chemin pour comprendre qu’on n’irait pas plus loin : la neige est effectivement trop présente et le 4x4 n’inclus pas l’option chasse-neige. Tout a fondu en bas dans la vallée mais dès qu'on monte on se retrouve enneigés. Stop. Le GPS indique 2, 7 miles pour Bodie. Un rapide calcul nous donne 4km. Et là, petite hésitation… mais maintenant qu’on y est … on persévère à pied. Avec du recul, c’était pas mal warrior, les baskets ne sont pas faites pour s’enfoncer de 30cm dans la neige, 4km A/R là dedans ne sont pas anodins. Les photos du dessous montrent le chemin emprunté, on n’aperçoit même pas la ville tout au fond.

Mais voilà, après 45min de marche on a enfin notre ville fantôme bien méritée. Seuls évidemment. On croise juste un ranger qui nous dit qu’on est un peu barré d’être venu par là. Apparemment l’une des autres routes d'accès était bloquée plus près de la ville fantôme. Sauf qu’on n’avait pas l’info et que le visitor center n’ouvrait pas avant 10h… trop tard pour nous ! Bref, voilà Bodie sous la neige rien que pour nous et maintenant pour vous :


On n’y restera qu’une bonne demi-heure, si l’on s’est autorisé à y passer en modifiant le programme on ne peut pas trainer pour autant. La dure loi d’une seule semaine de voyage.


Il est 11h, nous sommes de retour sur la route au départ de Lee Vining en ayant pris soin de passer à la poste, faire des courses sandwich à l'américaine et recharger en essence. On a trois heures de décalage sur le programme initial, Golden Canyon qu'on devait faire sur Death Valley en arrivant sera reporté au lendemain.
Cette route est superbe, toujours aussi droite, toujours bordée de montagnes. On glisse dans la vallée puis on fait une courte pause peu avant l'entrée ouest de Death Valley. C'est l'occasion de se rendre compte qu'on a pris 20 degrés en quelques heures de route. Ca sent l'été! Et les photos suivantes montrent le décalage avec la neige précédente :


Il est 15h et nous sommes désormais dans Death Valley près de Stovepipe Wells, nous arrivons à "Sand Dunes". Des dunes de sables en plein milieu d'un paysage rocailleux. Les deux forts vents inverses de la vallée ont conduit au fil des ans à l'émergence de ces jolies dunes. On se croirait dans les déserts de sable d'Afrique, paumés dans le Sahara. On lâche la voiture, on se charge en eau et on est parti à l'assaut des dunes. Rapidement l'objectif qu'on se fixe est de monter au sommet de la plus haute dune. Le genre de challenge masculin un peu stupide mais qui motive !

Je garde un souvenir fort de cette journée du voyage, le fait d'alterner dans la même journée avec quelques heures d'écart une longue marche dans la neige avec une longue marche dans les dunes de sables était excitant. Les deux opposés. Manquait juste l'herbe mais au milieu de Death Valley, il ne faut pas rêver. Encore qu’on la trouvera plus tard…


Pendant la marche dans les dunes nous avons croisé deux personnes dont Cams doit surement encore se moquer. Une femme, un homme, assis dans le sable, quasiment sur la crête, lui en train de poser, elle en train de le photographier. 2000 photos façon publicité pour homme. Soit c'était vraiment ça, soit deux neuneus qui ont passé 1h à prendre des photos avec le même angle.
On reprend la route vers 16h30, direction Badwater. Près de 90m en dessous du niveau de la mer, le point terrestre le plus bas de tout l'hémisphère nord. Et là, pas de mer évidemment, juste quelques résidus d'eau et un sol salé. Le niveau de la mer est indiqué par un panneau perché dans la montagne que l'on aperçoit depuis le sol. Une belle impression pour un court passage.


Là nous faisons demi tour dans la vallée de la mort, direction Artist’s Drive. Philippe Schuler m'avait donné précisément l'ordre dans lequel faire les différents points de Death valley pour y être aux meilleurs instants avec les plus belles lumières. Parfait. Mais nous en faisons plus, la soif de découverte. Nous casons donc Natural Bridge, petite promenade de 30min pas désagréable, il fait moins chaud et le pont est sympa (mais moins que Vallon Pont d'Arc, faut pas déconner!).

Puis nous rejoignons Artist's Drive pour y voir le coucher de soleil. Quand on y est, il ne reste que 20min avant le sunset… la journée aura été speed mais tellement riche et diversifiée!


Nous avons été un peu déçu par les couleurs d'Artist's Palet. Le duel Mica / Fer n'a pas été à la hauteur attendue. Nous y étions peut être trop tard, les couleurs étaient un peu pales, oui on fait les difficiles. M'enfin ce léger détour pour remonter sur Furnace Creek me semble incontournable. On le refera d'ailleurs le lendemain en extra avec une vidéo embarquée à l'avant et du Bob Dylan dans le fond. Vous avez dit « cliché »? Oui oui.
On arrive au Furnace Creek Ranch vers 19h30, seul hôtel pour lequel on a eu des difficultés à réserver. C'était initialement plein et j'avais dû psychoter plusieurs heures de suite à rafraichir la page de leur site de réservation jusqu’à ce que quelqu'un annule pour récupérer sa chambre. Dans Death Valley c'est simple il n'y a qu'ici et à Stovepipe Wells Village que l'on peut dormir, il est donc indispensable de s'y prendre à l'avance. Vrai pour nous en fin d'hiver, alors en été…
L'occasion aussi de croiser des véhicules à l'américaine :

Le ranch est simple, de qualité honnête, l'ambiance y est agréable. Il possède une piscine avec une eau chaude dans les 25°. Juste le temps de se plonger dedans avant le repas! Là encore on doit faire vite, on commence à papoter avec des américains et des allemands et on serait bien resté glander dans l'eau pendant une heure. Mais c'était soit le bain, soit manger, pas les deux. A 21h le restaurant du ranch s'éteint.
Ce Steack House était passable pour le prix demandé. M'enfin on est tellement paumé dans le désert qu'on ne peut pas trop en demander… Puis enfin coucher 23h. Franchement ça c'était de la pure journée !
Day 4 : DEATH VALLEY FURNACE CREEK -> LAS VEGAS
Lever 5h. Ben oui on n'est pas venu aux US pour dormir. Et il y a un sunrise à Zabriskie Point à ne pas manquer. Nous sommes sur place à 6h, il fait encore nuit, avec une dizaine de personnes, des photographes essentiellement. On comprend vite leur présence, l'endroit est génial. Un paysage lunaire, des plis sur les roches colorées, l'endroit est franchement réjouissant. On y restera près d'1h30 à la recherche des plus belles lumières pour nos photos. J'en suis plutôt content mais je pense qu'on peut faire bien mieux avec des trépieds dont on ne dispose pas… ce n'est pas la seule fois du voyage où je me ferai cette réflexion. Prochain investissement en vue !



Après cet émerveillement est venu le temps du passage rapide par Twenty Mule Team Canyon, une petite route non goudronnée près de Zabriskie Point, un peu à la façon de Artist's Drive. Nous avons d'ailleurs préféré cette route à la précédente : on y a trouvé les couleurs de roches plus marquées et le paysage plus riche et vallonné. Et toujours dans un calme génial, une seule voiture est passée pendant notre heure sur ce site.


Après Twenty Mule Team Canyon, redescente tranquillement sur Furnace Creek ranch où nous nous accordons un petit déjeuner riche et peu équilibré. Furnace Creek c'est l'oasis au milieu du désert, il y a même un golf. Le type d'excès humain qui a tendance à m'exaspérer plutôt qu'autre chose. Nous reprenons donc quelques forces au calme, ce qui ne nous a pas été souvent donné.
Vers 12h on repart vers Devil's Golf Course, site non identifié avant le départ mais indiqué par un panneau repéré la veille. On y trouve une étendue salée dans un décor étonnant. Les concrétions de sel sont par contre assez abimées, du moins près de la route où nous sommes restés.

Puis vient l'heure de Golden Canyon qu'on devait initialement parcourir la veille mais que l'on arpente finalement en début d'après midi sous une forte chaleur. Deux heures de marche dans le canyon, à le remonter entièrement et parvenir jusque la Red Cathedral, une barrière imposante de roches rouges. Le Canyon en lui-même est agréable, et comme le nom l'indique le sol et les buttes joliment arrondies sont essentiellement couleur or. Incroyable la diversité de couleurs de roches rencontrée dans Death Valley!



Il est 16h30 et temps de bouger vers Vegas, mais bien sûr en passant par Dante's View pour une dernière vue de haut du centre de Death Valley. Ce site surplombe Badwater qu'on avait visité la veille. Là encore pas grand monde, un quart d'heure de jolie vue du "lac de sel" avant de repartir :

Rapidement nous sortons de Death valley, avec en tête l'idée de passer par un site non prévu : "Red Rock Canyon". Il n'est pas trop tard, on n'est pas impatients d'arriver à Vegas et on a l'habitude d'avoir des journées blindées. J'ai proposé Red Rock Canyon avec en souvenir ce nom croisé sur ce forum quelques semaines auparavant, mais je n'avais rien regardé précisément. C’est la phase approximative du voyage. Un coup d'œil sur la carte, j'identifie une route qui traverse un massif nommé Red Rock Canyon. Il faut dévier légèrement vers le Nord. Le GPS est entièrement paumé, il nous signale qu’on roule en dehors des routes et nous conseille des chemins de terre. On traverse la ville la plus moche jamais imaginée : Parhump. On longe plusieurs prisons de haute sécurité paumées dans le désert… et au final on se retrouve sur une route qui n'a rien d'un Red Canyon : rien n’est rouge. Exploit !
Elle nous ouvre un décrochement sur une montagne qui apparemment fait office de station de ski pour Las Vegas pas loin : Winter Mountain. Nous poussons quand même notre chemin, récupérons l'altitude avec la neige et le vent frais associé. Finalement c’est une route sympa qui nous renvoie au contexte montagneux de la veille et nous offre un point de vue sur le désert en contre bas sous un voile de chaleur :

Allez, cette fois c'est la bonne, départ pour Las Vegas…
Très sincèrement l'arrivée ne nous a pas emballés… Il est certes assez hallucinant de voire apparaître du néant en plein désert une si grande ville mais on bloque plutôt sur les 2h d'embouteillages pour parvenir jusque notre hôtel, le Luxor. On enchaîne ensuite avec 45 min pour s'enregistrer et trouver notre chambre avec des indications erronées. Serait-ce déjà une tactique fourbe pour qu'on passe dix fois devant les machines à sous? On ne regrette pas d'avoir déclaré seulement 2 personnes et non les voyageurs supplémentaires vu l'accueil limite et la qualité critiquable de l'hôtel. Il fait vieux, la chambre est globalement « meublée abimé ». Pour 100$ la nuit c'est moyen. C'est d'ailleurs le seul lieu où l'accueil n'a pas été chaleureux et agréable, les américains ont sinon toujours été extra et on aurait beaucoup à apprendre d'eux dans notre pays.
Il nous faut du courage pour ressortir de l'hôtel, mais on finit par se muer hors de la pyramide, sans trop d'entrain, pour rejoindre le strip. Je n'avais rien préparé pour Las Vegas, l'endroit ne me motivait pas vraiment. On dinera au hasard de notre court déplacement, dans le Harley Davidson Café. Sachant qu'on passait forcément à côté d'endroits plus intéressants...

Quelques casinos encore, juste pour voir les Bellagio et autres excentricités de cette ville puis retour à l'hôtel vers 2h30 pour dormir un peu… On savait de toute façon qu’on apprécierait plus Vegas le lendemain avec Mo qui connaît bien la ville...
La suite du carnet de voyage ICI.
Trajet Yosemite - Lone Pine: sortie est de Yosemite bloquée English translation pending
Merci de me conseiller sur le meilleur parcours entre Yosemite et Death Valley.
J'ai planfié cela pour fin avril:
Arrivée Yosemite apres midi, une nuit au loge at the fall
et je comptais traverser le lendemain Yosemite d'ouest en est pour arriver à Lone Pine. 200 miles 4h12.
Mais voilà la Tioga Pass sera fermée et je crois que je n'ai que deux options :
1) Fresno-Bakersfield-Lone Pine 375mi 6h33
2) Strawberry-Bishop -Lone Pine 320mi 6h41
Que me conseillez vous ?
Y a t'il une autre alternative à laquelle je n'ai pas pensé .
Je voulais faire Yosemite-Death Valley-Las Vegas.
Merci, j'attends votre aide
J'ai planfié cela pour fin avril:
Arrivée Yosemite apres midi, une nuit au loge at the fall
et je comptais traverser le lendemain Yosemite d'ouest en est pour arriver à Lone Pine. 200 miles 4h12.
Mais voilà la Tioga Pass sera fermée et je crois que je n'ai que deux options :
1) Fresno-Bakersfield-Lone Pine 375mi 6h33
2) Strawberry-Bishop -Lone Pine 320mi 6h41
Que me conseillez vous ?
Y a t'il une autre alternative à laquelle je n'ai pas pensé .
Je voulais faire Yosemite-Death Valley-Las Vegas.
Merci, j'attends votre aide
Canyon del Colca: vertige (Pérou) English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis présentement à organiser un voyage au Pérou pour le mois de juillet 2009. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire si pour une personne qui a peur des hauteurs le trek de 3 jours au Canyon del Colca est faisable.
Merci!!!!!🙂
Je suis présentement à organiser un voyage au Pérou pour le mois de juillet 2009. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire si pour une personne qui a peur des hauteurs le trek de 3 jours au Canyon del Colca est faisable.
Merci!!!!!🙂
Itinéraire de quinze jours dans l'ouest des États-Unis: notre lune de miel faite maison! English translation pending
Bonjour à tous !!
Alors voilà : je peaufine mon voyage de noce pour l'été prochain !
2 possibilités :
choix 1
J1 : CDG Los Angeles / arrivée vers 19h / nuit à LAX Airport J2 : vol LAX / Flagstaff vers 13h / route Flagstaff - Grand Canyon (2h10) / nuit à Grand Canyon J3 : Grand Canyon / nuit à Grand Canyon J4 : Grand Canyon - Monument Valley (3h25) / nuit vers Monument Valley (Kayenta ?!) J5 : Monument Valley - Antelope (pour une visite vers midi) (2h50) / nuit vers Antelope (Page ?!) J6 : Antelope - Bryce (3h10) / nuit à Bryce J7 : Bryce / nuit à Bryce J8 : Bryce - Las Vegas (4h40) nuit à LAS J9 : Las Vegas / nuit à LAS J10 : vol Las Vegas / Fresno vers 13h / route vers Yosemite (1h45) nuit à Yosemite J11 : Yosemite / nuit à Yosemite J12 : Yosemite San Francisco (3h40) / nuit à SFO J13 : SFO / nuit à SFO J14 : SFO / nuit à SFO J15 : SFO CDG vers 15h30
2 locations de voiture : 1ère prise à Flagstaff J2 / rendue à Las Vegas J8 2ème prise à Fresno J10/ rendue à SFO le J12
choix 2 :
J1 : CDG Los Angeles / puis Los Las Vegas / arrivée à LAS vers 23h30 / nuit à LAS J2 : LAS / nuit à LAS J3 : LAS - Bryce (4h40) / nuit à Bryce J4 : Bryce / nuit à Bryce J5 : Bryce Antelope (visite vers midi) (3h10) / nuit vers Antelope J6 : Antelope - Monument Valley (2h50) / nuit vers Monument Valley J7 : Monument Valley - Grand Canyon (3h25) / nuit à Grand Canyon J8 : Grand Canyon / nuit à Grand Canyon J9 : Grand Canyon - Phoenix (3h40) / vol PHX Fresno vers 13h00 / route Fresno Airport - Yosemite (1h45) / nuit à Yosemite J10 : Yosemite / nuit à Yosemite J11 : Yosemite / nuit à Yosemite J12 : Yosemite - San Francisco / nuit à SFO J13 : SFO / nuit à SFO J14 : SFO / nuit à SFO J15 : SFO CDG vers 15h30
2 locations de voiture : 1ère prise à Las Vegas J3 rendue à Phoenix J9 2nde prise à Fresno J9 rendue à SFO J12
Le choix 2 m'embête un peu : à cause du J9 (très long et fatiguant).
Sinon : concernant les logements : Pour les parcs : pour un budget < voire très <inférieur à 100€ (pour 2) : connaissez vous des logements à proximité immédiate des parcs ?! Pour Las Vegas et San Francisco, à priori : je me débrouille (sur ce coup là : on se lache !!!!) : ceci dit : tous les conseils sont les bienvenus. (Pour tout dire : on a repéré le Venetian à LAS, et le Hyatt Fischerman's wharf à SFO).
Voilà : j'attends vos avis / conseils / et autres commentaires en tout genre !!
Merci par avance pour votre aide !
A bientôt
Alors voilà : je peaufine mon voyage de noce pour l'été prochain !
2 possibilités :
choix 1
J1 : CDG Los Angeles / arrivée vers 19h / nuit à LAX Airport J2 : vol LAX / Flagstaff vers 13h / route Flagstaff - Grand Canyon (2h10) / nuit à Grand Canyon J3 : Grand Canyon / nuit à Grand Canyon J4 : Grand Canyon - Monument Valley (3h25) / nuit vers Monument Valley (Kayenta ?!) J5 : Monument Valley - Antelope (pour une visite vers midi) (2h50) / nuit vers Antelope (Page ?!) J6 : Antelope - Bryce (3h10) / nuit à Bryce J7 : Bryce / nuit à Bryce J8 : Bryce - Las Vegas (4h40) nuit à LAS J9 : Las Vegas / nuit à LAS J10 : vol Las Vegas / Fresno vers 13h / route vers Yosemite (1h45) nuit à Yosemite J11 : Yosemite / nuit à Yosemite J12 : Yosemite San Francisco (3h40) / nuit à SFO J13 : SFO / nuit à SFO J14 : SFO / nuit à SFO J15 : SFO CDG vers 15h30
2 locations de voiture : 1ère prise à Flagstaff J2 / rendue à Las Vegas J8 2ème prise à Fresno J10/ rendue à SFO le J12
choix 2 :
J1 : CDG Los Angeles / puis Los Las Vegas / arrivée à LAS vers 23h30 / nuit à LAS J2 : LAS / nuit à LAS J3 : LAS - Bryce (4h40) / nuit à Bryce J4 : Bryce / nuit à Bryce J5 : Bryce Antelope (visite vers midi) (3h10) / nuit vers Antelope J6 : Antelope - Monument Valley (2h50) / nuit vers Monument Valley J7 : Monument Valley - Grand Canyon (3h25) / nuit à Grand Canyon J8 : Grand Canyon / nuit à Grand Canyon J9 : Grand Canyon - Phoenix (3h40) / vol PHX Fresno vers 13h00 / route Fresno Airport - Yosemite (1h45) / nuit à Yosemite J10 : Yosemite / nuit à Yosemite J11 : Yosemite / nuit à Yosemite J12 : Yosemite - San Francisco / nuit à SFO J13 : SFO / nuit à SFO J14 : SFO / nuit à SFO J15 : SFO CDG vers 15h30
2 locations de voiture : 1ère prise à Las Vegas J3 rendue à Phoenix J9 2nde prise à Fresno J9 rendue à SFO J12
Le choix 2 m'embête un peu : à cause du J9 (très long et fatiguant).
Sinon : concernant les logements : Pour les parcs : pour un budget < voire très <inférieur à 100€ (pour 2) : connaissez vous des logements à proximité immédiate des parcs ?! Pour Las Vegas et San Francisco, à priori : je me débrouille (sur ce coup là : on se lache !!!!) : ceci dit : tous les conseils sont les bienvenus. (Pour tout dire : on a repéré le Venetian à LAS, et le Hyatt Fischerman's wharf à SFO).
Voilà : j'attends vos avis / conseils / et autres commentaires en tout genre !!
Merci par avance pour votre aide !
A bientôt
Gold prospecting:Un froggy chercheur d'or en Australie English translation pending
Mes voyages en Australie
2001: en vert Brisbane/Darwin 15000 kms
2002:en bleue Darwin/Darwin 20000 kms
2004: en jaune Brisbane W.A A/R 15000kms
2005 :en rouge Brisbane/WA .A/R 15000kms
2006 :en blanc Brisbane/Sydney A/R 5000 kms
Panneau Nullarbor
En 2004 le thème de mon voyage en Australie fut:la prospection. Apres deux séjours de trois mois en touriste en 2001 et 2002, , je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose d'un peu plus original mais qui ai un rapport profond avec ce pays La recherche d’or m'est de suite venue à l’esprit Pour sa contribution au développement de ce pays, la mythique du chercheur d'or et avouons le, l’appât du gain. Au départ mon intention était, tres vénale .Avant de partir je voyais l’or en kg une semaine apres etre arrivée je le voyais en grs Tel Perrette et son potelet j'avais déjà vendu veaux, vaches, cochons, et même la peau de l'ours . Une fois dans le contexte, j'ai vite vu que je pouvais dire adieux a cette basse cours. .La richesse ce n'est pas seulement ce que l'on a au fond de sa poche en monnaie sonnante .La richesse c'est aussi le plaisir des yeux et des rencontres. C'est pour cela que l'on voyage. Non ?
Sur la route de la ruée



De Brisbane, , ou se trouve mon 4X4, jusqu'a Leonora dans le W.A .4500 km. de route, sept jours de Dodo, Auto Mon vehicule carbure au gas oil, 15 l au cent km, Avec la clim vous ajoutez 2 l de plus et si vous depassez les 100km/h encore 2l Donc pepere a 90/95 sur ces grandes lignes droites si specifiques en l'Australie
D'ailleurs la plus grande ligne droite de ce pays, 146 km se trouve sur la celebre Eye HW (1500 km)qui traverse la Nullarbor Plain (Plaine sans arbre). Jonction entre l'Est et l'Ouest. dans le sud. Je me la suis deja payée quatre fois Deux fois dans un sens et deux dans l'autre Je commence a y avoir mes reperes Un roadhouse (station service) tout les 80 km en moyennes, trois ou quatre curiosités a visiter, l'occasion de casser la monotonie du voyage




Pour me tenir, je carbure pour ma part au coca, pop corn au miel a pleines poignées et pour m'accompagner les Creedence Clearwater, Doors et autres Shadows Une autre maniere de passer le temps, compter le nombre de bandes de separation de la chaussée en une minute, sur cinq km, si la vitesse affichée au compteur correspond a la distance parcourue . Tiens la il y a une erreur !!! Pas grave on recommence, c'est pas le temps et les kms qui manquent .Une autre façon aussi, :Compter les kangourous ecrasés sur un km. Le record 33.Mais au bout de 50 bornes on se lasse . Quoi fais je maintenant?(si vous avez des idées pour la prochaine fois .En MP svp Pendant ce temps là la route defile et le temps passe. Et un jours on se retrouve a Kalgoorlie.Vous savez c'est là ou il ya la plus grande mine d'or a ciel de ce pays, avec ces 1000000000 .... Putaing avec tout ces zeros j'arrive plus a compter.Dix millions de fois 31, 1grs d'or qui y ont été retirés.C'est mieux en l'ecrivant.
A+
Panneau NullarborEn 2004 le thème de mon voyage en Australie fut:la prospection. Apres deux séjours de trois mois en touriste en 2001 et 2002, , je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose d'un peu plus original mais qui ai un rapport profond avec ce pays La recherche d’or m'est de suite venue à l’esprit Pour sa contribution au développement de ce pays, la mythique du chercheur d'or et avouons le, l’appât du gain. Au départ mon intention était, tres vénale .Avant de partir je voyais l’or en kg une semaine apres etre arrivée je le voyais en grs Tel Perrette et son potelet j'avais déjà vendu veaux, vaches, cochons, et même la peau de l'ours . Une fois dans le contexte, j'ai vite vu que je pouvais dire adieux a cette basse cours. .La richesse ce n'est pas seulement ce que l'on a au fond de sa poche en monnaie sonnante .La richesse c'est aussi le plaisir des yeux et des rencontres. C'est pour cela que l'on voyage. Non ?
Sur la route de la ruée



De Brisbane, , ou se trouve mon 4X4, jusqu'a Leonora dans le W.A .4500 km. de route, sept jours de Dodo, Auto Mon vehicule carbure au gas oil, 15 l au cent km, Avec la clim vous ajoutez 2 l de plus et si vous depassez les 100km/h encore 2l Donc pepere a 90/95 sur ces grandes lignes droites si specifiques en l'Australie
D'ailleurs la plus grande ligne droite de ce pays, 146 km se trouve sur la celebre Eye HW (1500 km)qui traverse la Nullarbor Plain (Plaine sans arbre). Jonction entre l'Est et l'Ouest. dans le sud. Je me la suis deja payée quatre fois Deux fois dans un sens et deux dans l'autre Je commence a y avoir mes reperes Un roadhouse (station service) tout les 80 km en moyennes, trois ou quatre curiosités a visiter, l'occasion de casser la monotonie du voyage




Pour me tenir, je carbure pour ma part au coca, pop corn au miel a pleines poignées et pour m'accompagner les Creedence Clearwater, Doors et autres Shadows Une autre maniere de passer le temps, compter le nombre de bandes de separation de la chaussée en une minute, sur cinq km, si la vitesse affichée au compteur correspond a la distance parcourue . Tiens la il y a une erreur !!! Pas grave on recommence, c'est pas le temps et les kms qui manquent .Une autre façon aussi, :Compter les kangourous ecrasés sur un km. Le record 33.Mais au bout de 50 bornes on se lasse . Quoi fais je maintenant?(si vous avez des idées pour la prochaine fois .En MP svp Pendant ce temps là la route defile et le temps passe. Et un jours on se retrouve a Kalgoorlie.Vous savez c'est là ou il ya la plus grande mine d'or a ciel de ce pays, avec ces 1000000000 .... Putaing avec tout ces zeros j'arrive plus a compter.Dix millions de fois 31, 1grs d'or qui y ont été retirés.C'est mieux en l'ecrivant.
A+
Suite de mon voyage dans l'ouest des États-Unis au mois de mai English translation pending
Bonjour à tous et à toutes!
Des nouvelles de mon circuit pour ceux qui auraient manqué le début... J'ai finalement franchi le cap today...j'ai réservé par tél (et bien m'en a pris) quasi tous les hôtels...!!!! Si vous avez plus de 60 ans penser à réclamer les réducs des Seniors surtout!!! Même si comme moi vous êtes accompagnés dudit Senior 😄 Donc voici le détail: 1er, 2 et 3 Mai: SF BW TOMO 4 Mai: libre, on réserve sur place suivant l'envie; 5 Mai: BW Hollywood Plazza; 6 Mai: Pepper Tree Inn par encore réservé connaissez vous??? 7 Mai: Hampton Inn d'Havasu, pas encore résa non plus...any comment?? 8 Mai: Yavapai East au Grand Canyon 9 mai: Pas encore réservé à Page on pensait au courtyard Marriott...bon choix?? 10 Mai: Goulding's lodge Monument 11, 12 et 13 Mai: BW Canyonlands; 14 Mai: BW Capitol Reef à Torrey; 15 et 16 Mai: Bryce Ruby's Inn; 17 Mai: Las Vegas...pas encore fait alors vittttteeeee dites moi l'hôtel super chouette à faire par excellence!!!! 18 Mai: Furnace Creek Ranch; 19 Mai: Pas de ville encore prévue, à voir sur place... 20 Mai: Wuksachi Lodge à Sequoia; 21 Mai: Yosemite View at the falls!!!!!! 22 Mai: SF BW TOMO;
Voilà en fait ben certains m'avaient dit ça coûte moins cher que l'agence...pour un devis d'environ 2500 euros pour toutes les nuits déjà réservées on passe à 1900 par nous même...bon pour être honnête on n'a pas pu avoir le Red Cliffs Lodge à Moab qui était quand même cher dans le devit de l'agence, mais quand même on remplace par le Yosemite View at the Falls au lieu du Yosemite Lodge tout court...y'a pas photo!!!
Alors tous à vos commentaires parce que demain je fini ma préparation alors je voudrai vos commentaires et suggestions avant!!!!
Merci....
Des nouvelles de mon circuit pour ceux qui auraient manqué le début... J'ai finalement franchi le cap today...j'ai réservé par tél (et bien m'en a pris) quasi tous les hôtels...!!!! Si vous avez plus de 60 ans penser à réclamer les réducs des Seniors surtout!!! Même si comme moi vous êtes accompagnés dudit Senior 😄 Donc voici le détail: 1er, 2 et 3 Mai: SF BW TOMO 4 Mai: libre, on réserve sur place suivant l'envie; 5 Mai: BW Hollywood Plazza; 6 Mai: Pepper Tree Inn par encore réservé connaissez vous??? 7 Mai: Hampton Inn d'Havasu, pas encore résa non plus...any comment?? 8 Mai: Yavapai East au Grand Canyon 9 mai: Pas encore réservé à Page on pensait au courtyard Marriott...bon choix?? 10 Mai: Goulding's lodge Monument 11, 12 et 13 Mai: BW Canyonlands; 14 Mai: BW Capitol Reef à Torrey; 15 et 16 Mai: Bryce Ruby's Inn; 17 Mai: Las Vegas...pas encore fait alors vittttteeeee dites moi l'hôtel super chouette à faire par excellence!!!! 18 Mai: Furnace Creek Ranch; 19 Mai: Pas de ville encore prévue, à voir sur place... 20 Mai: Wuksachi Lodge à Sequoia; 21 Mai: Yosemite View at the falls!!!!!! 22 Mai: SF BW TOMO;
Voilà en fait ben certains m'avaient dit ça coûte moins cher que l'agence...pour un devis d'environ 2500 euros pour toutes les nuits déjà réservées on passe à 1900 par nous même...bon pour être honnête on n'a pas pu avoir le Red Cliffs Lodge à Moab qui était quand même cher dans le devit de l'agence, mais quand même on remplace par le Yosemite View at the Falls au lieu du Yosemite Lodge tout court...y'a pas photo!!!
Alors tous à vos commentaires parce que demain je fini ma préparation alors je voudrai vos commentaires et suggestions avant!!!!
Merci....
Mexique: visiter les sites avec des guides parlant français English translation pending
bonjour; qui peut me dire si il est possible de trouver des guides parlant francais sur les sites comme tulum si je viens avec mes propres moyens sur ces lieus et combien ces guides se font payer . je vous remercie
Retour de l'hôtel Grand Riviera Princess à Riviera Maya English translation pending
Bonjour tout le monde,
J'ai passé une semaine merveilleuse à Riviera Maya à l'hotel Grand Riviera Princess. Après avoir lu plusieurs commentaires négatifs sur cet hotel ... J'avais très peur d'être déçu ... Mais non, j'ai été 95 % satisfaite, il a toujours place à amélioration !!! 😎 À vrai dire, j'y allais avec aucune attentes ... Je vais donc vous résumé mon voyage et vous donner mes commentaires personnels sur l'hotel 🙂 ... Il est important de dire que nous avions pris la section platinum ... Donc quelques avantages pour pas bcoup plus cher.
Tout dabord nous avons voyagé avec Air Canada pour la première fois ... J'ai beaucoup apprécié les écrans tactiles dans le sièges en avant, avec plusieurs films, musique, émissions, etc. J'ai trouvé le service plus ou moins bien, les agentes de bord parlaient seulement anglais, les menus étaient en anglais ... C'était long avoir du service et nous devions payé pour manger ... La nouriture était très bonne...
La réception : nous avions le droit avec la section platinum a un service plus rapide ... mais ça l'a été quand même long (pas assez de personnel à la réception). Contrairement au suite normal, nous avions un service de vallet pour les valises et un service de transport du lobby à la chambre.
La chambre: très belle, propre, luxueuxe, très moderne ... Nous avions la chambre vue sur la mer ... 3 e étages ... avec un jacouzi !! Très belle vue ! Et pour la première fois, j'ai eu le droit à un éléphant et des cygnes en serviette !!! Yeah !!!
Avantage de la section platinum : réservation à la carte à tout les soirs, massage gratuit de 30 minutes, room service 24 hrs sur 24 ... service de coonsierge privé, transport chambre au lobby ( environ 10-15 minutes à pied ...) piscine et chaises privée ... etc ÇA VAUT VRAIMENT LA PEINE POUR LA DIFFÉRENCE DE PRIX) ...
les restos et buffets : la nouriture est très bonne dans tout les endroits, il y a parcontre de meilleur restos que d'autres ... le buffet est à la même hauteur que les restos à la carte, parcoontre il est vrai qu'il est froid ... mais quand même très bon !!!! Beaucoup de variété, mais reviens fréquemment à chaque jour ... Les restos sont excellent, mais répétitif et on retrouve la même nouriture que le buffet ... J'ai adoré la fondue, le mexicain et le japonais ... L'italien et l'internationnal m'ont déçu ... En passant, les drinks sont délicieux ... les mexicains savent doser la quantité d'alcool dans les drinks !!!! Mohito et téquila sunrise sont très bons !!!!
l'hotel: très très grand, bien entretenue, moderne, avec une architecture Maya ... bcoup de végétation ... etc ... PARFAIT !!!!! plusieurs piscine, petit lac ... planher et pont de bois ... Très très beau et imprésionnant Lobby !!!
Les Mexicains sont très gentils et serviable mais très américanisé à mon avis ...
Les clients ... plusieurs Américains, Québecois, canadien anglais ... Très peu de Français ...
Il est Primordial de parler soit anglais ou espagnol ...
La plage est belle et l'eau aussi, par contre il est vrai qu'il y a d'énorme roches partout qui vous blessent les pieds ... c, est à mon avis le seul point négatif ... la beach ... le sable est blanc, mais il y a bcoup de déchets sur tout le long de la plage ... elle est très belle à regarder mais moins évident d'y marcher ...
Je dois y aller mais si vous avez des questions, ça va me faire plaisir de vous répondre ... J'ai été faire l, expédition de Coba et j'ai été plusieurs fois à playa del carmen ....
Ne vous gêné pas !!!
Tout dabord nous avons voyagé avec Air Canada pour la première fois ... J'ai beaucoup apprécié les écrans tactiles dans le sièges en avant, avec plusieurs films, musique, émissions, etc. J'ai trouvé le service plus ou moins bien, les agentes de bord parlaient seulement anglais, les menus étaient en anglais ... C'était long avoir du service et nous devions payé pour manger ... La nouriture était très bonne...
La réception : nous avions le droit avec la section platinum a un service plus rapide ... mais ça l'a été quand même long (pas assez de personnel à la réception). Contrairement au suite normal, nous avions un service de vallet pour les valises et un service de transport du lobby à la chambre.
La chambre: très belle, propre, luxueuxe, très moderne ... Nous avions la chambre vue sur la mer ... 3 e étages ... avec un jacouzi !! Très belle vue ! Et pour la première fois, j'ai eu le droit à un éléphant et des cygnes en serviette !!! Yeah !!!
Avantage de la section platinum : réservation à la carte à tout les soirs, massage gratuit de 30 minutes, room service 24 hrs sur 24 ... service de coonsierge privé, transport chambre au lobby ( environ 10-15 minutes à pied ...) piscine et chaises privée ... etc ÇA VAUT VRAIMENT LA PEINE POUR LA DIFFÉRENCE DE PRIX) ...
les restos et buffets : la nouriture est très bonne dans tout les endroits, il y a parcontre de meilleur restos que d'autres ... le buffet est à la même hauteur que les restos à la carte, parcoontre il est vrai qu'il est froid ... mais quand même très bon !!!! Beaucoup de variété, mais reviens fréquemment à chaque jour ... Les restos sont excellent, mais répétitif et on retrouve la même nouriture que le buffet ... J'ai adoré la fondue, le mexicain et le japonais ... L'italien et l'internationnal m'ont déçu ... En passant, les drinks sont délicieux ... les mexicains savent doser la quantité d'alcool dans les drinks !!!! Mohito et téquila sunrise sont très bons !!!!
l'hotel: très très grand, bien entretenue, moderne, avec une architecture Maya ... bcoup de végétation ... etc ... PARFAIT !!!!! plusieurs piscine, petit lac ... planher et pont de bois ... Très très beau et imprésionnant Lobby !!!
Les Mexicains sont très gentils et serviable mais très américanisé à mon avis ...
Les clients ... plusieurs Américains, Québecois, canadien anglais ... Très peu de Français ...
Il est Primordial de parler soit anglais ou espagnol ...
La plage est belle et l'eau aussi, par contre il est vrai qu'il y a d'énorme roches partout qui vous blessent les pieds ... c, est à mon avis le seul point négatif ... la beach ... le sable est blanc, mais il y a bcoup de déchets sur tout le long de la plage ... elle est très belle à regarder mais moins évident d'y marcher ...
Je dois y aller mais si vous avez des questions, ça va me faire plaisir de vous répondre ... J'ai été faire l, expédition de Coba et j'ai été plusieurs fois à playa del carmen ....
Ne vous gêné pas !!!
Wild Card 4 étoiles et demi pour Cancun English translation pending
Bonjour,
Nous avons réservé un forfait tout inclus avec Go travel Direct - Wild Card 4.5* pour Cancun. J'ai vu dans des discussions que certaines personnes arrivent à connaître le nom de l'hôtel à desstination. Quelqu'un peut m'informer svp???
MERCI!😉
Retour de deux semaines à l'hôtel Oasis Cancun en décembre 2008 English translation pending
Bonjour,
Le 24 décembre, je suis revenu d'un voyage de 2 semaines de l'Oasis Cancun. C'était mon 4e voyage a Cancun et j'ai bien apprécier mon voyage en général.
Ce qu'il faut savoir sur l'Oasis Cancun: C'est une place de party!!!!! Vous êtes jeunes, vous voulez vous éclater 24/7 c'est la place a aller!!!! Ceux qui recherchent la détente, je vous conseille le Grand Oasis Cancun qui est sur le même site que l'Oasis Cancun et qui est beaucoup plus luxueux. Les chambres sont ok. (Rien de très "wow") Notre chambre avaient 2 lits doubles collés, un bureau, une petite table avec 2 chaises et une télévision. La salle de bain fait de marbre aurait besoin de rénovation mais elle est ok aussi. Elle est composé d'une toilette, d'un bidet, de 2 lavabo et une baignoire avec douche. Le seul "hic" que j'ai pas apprécié sur ma chambre...l'humidité!!!!!!!!! Les draps semblaient mouillés pendant les 2 semaines! La nourriture est bonne. Le Tun-kul buffet est bien mais sans plus et on s'en tanne assez vite surtout au déjeuner. Les restos a la carte sont très bons! Éssayer le Steak-House et le resto Thai!!! Le Dos Lunas (resto de style italien) est pas si pire mais ce n'est pas le meilleur sur le site. Le resto mexicain est bon. Il y avait aussi un sushi-bar que je n'ai pas éssayer et un snack-bar qui est ordinaire...hamburger avec une viande douteuse et des hot-dogs dans un pain pas cuit et une saucisse trop ou pas assez cuite! Mais bon c'est les vacances et il y a pire que ça!!! Les bars!!! Le lobby bar est sympa le soir mais très rempli!!! Les barmaids sont très sympa et ont toujours le sourire facile! Sortez un peu de $$ et ils seront heureux et vous verrez votre service changera de grade!!:P Le snack-bar est sympa mais le service est un peu plus lent..optez pr les bars dans la piscine..plus rapide en terme de service! Les activités a l'hotel: Concentré surtout dans la piscine (beach volley, basket-ball et danse) Activités a faire a cancun :
Snorkelling adventure: Wow! On vous transporte a Puerto Morelos pr une journée MALADE! Vous partez en bateau avec des guides expérimentés qui vont vous faire visiter 2 sites de coraux le matin. Par la suite on vous propose une diner typique mexicain qui est très bon! On boit un peu de téquila!! Après le diner, les guides offrent de retourner ds l'eau pr aller voir un dernier récif de coraux. Ceux qui ne veulent pas y retournés peuvent jouer au volley-ball sur la plage ou se faire bronzer. Le prix avec Sunwing : 76$ et environ 3$ de taxe de corail rendu sur le site.
Jungle tour : Une activité assez cool! Vous partez 2 par bateau que vous conduisez a travers la lagune et les mangroves!!! Amusez-vous avec le bateau ça vaut la peine!!!! On vogue sur l'eau environ 45 minutes puis on va faire du la plongé en apnée pendant 45 minutes et on retourne a la marina (45 minutes de bateau encore pr revenir!:) ) Prix payé:40 dollars a Plaza Coracol! Sunwing le vendait 68 et a la marina on le vendait 66$!
Xel-ha et Xcaret : 2 sites incroyables!! xel-ha est un parc aquatique naturel...snorkelling, baignades et activités aquatique et xcaret est un peu un "zoo a ciel ouvert"
Nightlife : La raison pourquoi je retourne a cancun année après année!!! C'est LA place pr sortir! Optez pr le party hopper! Ça vaut la peine! Vous faites 3 bars (open bar) dont The City (le plus gros en amérique du sud..3 étages et plus de 9000 places disponibles) Sinon il y a le coco bongo, le bulldogs, le daddy'o et daddy'rock et le basic (le jeudi c'est le foam party)
La plage : la plage du oasis cancun est...rocailleuse!!! mais pas si pire! Je suis amateur de vagues donc j'ai trippé mais bcp n'ont pas aimé! Le sables est blanc et doux.
Donc, l'hotel en général est bien, le site est magnifique, les resto sont bons, les chambres sont bien mais sans plus. L'hotel est vraiment de party..donc si vous rechercher la tranquilité n'y aller pas, ce n'est pas la place pour vous!
Pour des photos ou des questions sur l'hotel ou sur Cancun laisser moi un pm ou repondez ici:P
Le 24 décembre, je suis revenu d'un voyage de 2 semaines de l'Oasis Cancun. C'était mon 4e voyage a Cancun et j'ai bien apprécier mon voyage en général.
Ce qu'il faut savoir sur l'Oasis Cancun: C'est une place de party!!!!! Vous êtes jeunes, vous voulez vous éclater 24/7 c'est la place a aller!!!! Ceux qui recherchent la détente, je vous conseille le Grand Oasis Cancun qui est sur le même site que l'Oasis Cancun et qui est beaucoup plus luxueux. Les chambres sont ok. (Rien de très "wow") Notre chambre avaient 2 lits doubles collés, un bureau, une petite table avec 2 chaises et une télévision. La salle de bain fait de marbre aurait besoin de rénovation mais elle est ok aussi. Elle est composé d'une toilette, d'un bidet, de 2 lavabo et une baignoire avec douche. Le seul "hic" que j'ai pas apprécié sur ma chambre...l'humidité!!!!!!!!! Les draps semblaient mouillés pendant les 2 semaines! La nourriture est bonne. Le Tun-kul buffet est bien mais sans plus et on s'en tanne assez vite surtout au déjeuner. Les restos a la carte sont très bons! Éssayer le Steak-House et le resto Thai!!! Le Dos Lunas (resto de style italien) est pas si pire mais ce n'est pas le meilleur sur le site. Le resto mexicain est bon. Il y avait aussi un sushi-bar que je n'ai pas éssayer et un snack-bar qui est ordinaire...hamburger avec une viande douteuse et des hot-dogs dans un pain pas cuit et une saucisse trop ou pas assez cuite! Mais bon c'est les vacances et il y a pire que ça!!! Les bars!!! Le lobby bar est sympa le soir mais très rempli!!! Les barmaids sont très sympa et ont toujours le sourire facile! Sortez un peu de $$ et ils seront heureux et vous verrez votre service changera de grade!!:P Le snack-bar est sympa mais le service est un peu plus lent..optez pr les bars dans la piscine..plus rapide en terme de service! Les activités a l'hotel: Concentré surtout dans la piscine (beach volley, basket-ball et danse) Activités a faire a cancun :
Snorkelling adventure: Wow! On vous transporte a Puerto Morelos pr une journée MALADE! Vous partez en bateau avec des guides expérimentés qui vont vous faire visiter 2 sites de coraux le matin. Par la suite on vous propose une diner typique mexicain qui est très bon! On boit un peu de téquila!! Après le diner, les guides offrent de retourner ds l'eau pr aller voir un dernier récif de coraux. Ceux qui ne veulent pas y retournés peuvent jouer au volley-ball sur la plage ou se faire bronzer. Le prix avec Sunwing : 76$ et environ 3$ de taxe de corail rendu sur le site.
Jungle tour : Une activité assez cool! Vous partez 2 par bateau que vous conduisez a travers la lagune et les mangroves!!! Amusez-vous avec le bateau ça vaut la peine!!!! On vogue sur l'eau environ 45 minutes puis on va faire du la plongé en apnée pendant 45 minutes et on retourne a la marina (45 minutes de bateau encore pr revenir!:) ) Prix payé:40 dollars a Plaza Coracol! Sunwing le vendait 68 et a la marina on le vendait 66$!
Xel-ha et Xcaret : 2 sites incroyables!! xel-ha est un parc aquatique naturel...snorkelling, baignades et activités aquatique et xcaret est un peu un "zoo a ciel ouvert"
Nightlife : La raison pourquoi je retourne a cancun année après année!!! C'est LA place pr sortir! Optez pr le party hopper! Ça vaut la peine! Vous faites 3 bars (open bar) dont The City (le plus gros en amérique du sud..3 étages et plus de 9000 places disponibles) Sinon il y a le coco bongo, le bulldogs, le daddy'o et daddy'rock et le basic (le jeudi c'est le foam party)
La plage : la plage du oasis cancun est...rocailleuse!!! mais pas si pire! Je suis amateur de vagues donc j'ai trippé mais bcp n'ont pas aimé! Le sables est blanc et doux.
Donc, l'hotel en général est bien, le site est magnifique, les resto sont bons, les chambres sont bien mais sans plus. L'hotel est vraiment de party..donc si vous rechercher la tranquilité n'y aller pas, ce n'est pas la place pour vous!
Pour des photos ou des questions sur l'hotel ou sur Cancun laisser moi un pm ou repondez ici:P
Retour du Royal Hideway English translation pending
bonjour a tous, tel que promis, voici mon compte rendu du Royal Hideway, viyage que j'ai effectué avec vacances signatures. départ de Montreal.
Le vol : Avec Sky service, un peu de retards, mais vol très agréable tout de même, arrivé a Santa Clara après une heure et demi d'autobus, un voyage qui passe tout de même rapidement.
Je fais une parenthèse pour dire que ce voyage était en fait mon troisième a Cuba, mon derniant étant allé aussi a Santa Clara, au Sol Cayo Santa Maria. Je n'avais jamais vu une eau aussi extraodinaire de tout mes voyages, dans quelques destinations que ce soit. Mes réticences a retourner a Cuba traitait surtout en ce qui a trait a la nourriture. J'aime bien manger en voyage, pour moi c, est un agrément, et en voyant tous les comemntaires positifs sur le RH, la bouffe, la luxure du site etc... nous avons choisi cette destination, en ayant peut être des attentes assez élevé par rapport a ce que nous avons lu et entendu.
Arrivé a l'hotel, très bel accueil, avec champagne petite serviette chaude et peu de temps pour le chek in, nous n'étions que 4 en fait a débarquer a l'hotel.
Arrivé a la chambre, décéption, nous avons une chambre située a l'extrémité du resort, soit au bloc 26, avec une chambre a 2 lits, bien que j'ai fait la demande un lit king ou queen. Je m'attendais que ce ne soit qu'une simple formalité pour me faire changer de chambre, mais bon, retour a la reception, hélas, l'hotel est overbooké! On ne semble pas très désolé pour moi, je pourrais même sentir une certaine insolence.. mais bon Cet hotel est habituellement reconnu pour avoir un taux d'occupation tournant autour de 25 % . Ensuite au lobby avec notre représentant signatures, Le couple arrivé en même temps que nous vit les mêmes inconvénients pour les chambres et semble quelque peu insatisfait de la situation, tous comme nous. Le représentant de Signatures s'en lave les mains tout a fait, disant que c'était a notre agent de voyage que nous devions nous en remettre... Il se permet quelques remarques qui, selon moi, sont tout a fait déplacé envers l'autre client insatisfait, très peu d'infos sur le resort en tant que tel, le service de concierge, les excursions, les services disponibles etc... la réunion est fini! disons que j, avais plus eu d'info sur ce forum par rapport a beaucoup d'info sur le resort, bref cette réunion pour nous fut une perte de temps, que nous aurions préféré passer a la plage.
Concierge : Rafael ne parle pas francais, bien évidemment ! mais hélas ne parle a peu près pas anglais non plus et désolé, mon espagnol n'est pas tout a fait au point, ce qui fait que nous avions beaucoup de difficulté a nous comprendre. Seul chose: aucun restaurant de disponible, que je réussis a comprendre, full full partout! il ne peut rien me promettre pour le reste du séjour étant donné l'occupation, et ce, malgré un pourboire plus que généreux
télphone au room service, désolé, trop de monde me dit t'on, au moins deux heures d'attentes pour avoir quoi que ce soit
Je commence a sentir la frustration me gagner, mais bon go au buffet le premier soir, en me croisant les doigts que le lendemain soi mieux...
je n'ai jamais vu un buffet aussi peu inspirant, et ce, autant dans des 3, 4 ou 5 étoiles que jai pu faire avant,
dégarni, aucun réchaud, ce qui fait que tout est tiède, la mayonnaise traine a la chaleur, un comptoir a viande ou tout s'entremêlement, poulet, viande, poisson, AUCUN FRUITS FRAIS, QUE DES CONSERVES, le sercive est au ralenti, pas plus empressé qu'il ne le faut, moi qui avait lu que l, on se dépêchait a se faire deservir et servir, hélas, ce n, est pas ce que j'ai pu observer les quelques premiers soirs.
J'Ai réussi, après bien des complaintes et un téléphone a mon agent de voyage a me faire changer de chambre,
bloc 41, beaucoup mieux, et enfin une concierge qui me comprend et qui est assez proactive au niveau de nos demandes, Katia, je me sens un peu mieux, elle me fait part qu'elle est chagriné de ne pouvoir donner le 100% de service auquel nous serions tous supposé avoir et dont nous sommes privés, parfois ce sont de petits exemples, mais nous n'avons jamais eu le service de préparations de chambre le soir, ou les petits présents supposés être a la chambre a l'arrivé. des petits détails certes, mais j'ai payé a très fort fort prix ce voyage, pour avoir toutes ces petites attentions,
Le souper du 31, nous avons eu tout de même une belle soirée. avec langouste et boeuf très bien servi au buffet.
Je pense que tout les bémols que je parles sont principalement du au fait que j'y suis probablemnt allé a une période ou il y avait trop de monde. Le staff semblait littéralement débordé, ce a quoi il ne devait pas s'attendre du tout.. même un pourboire de 5$ donné par un couple rencontré la bas n'a pas fait sourire le serveur au lobby bar qui ne venait pas a bout de nous servir.
Rassurez vous! tout n'est pas que négatif, la plage est superbe, les piscines le sont tout autant une que l'autre et le service durant les dernières journées s'était grandement amélioré la majorité des restaurants sont tout de même excellent, l'italien, avec son superbe service et excellente nourriture m, a ravi, et la langouste disponible a certains autres restaurants.
En résumé, j'aurais probablement fait un apercu très différent de mon séjour si j'y avais été a une autre période de l'année. Ce voyage, malheureusement ne m'a pas permi de me réconcilier avec Cuba. Je suis tout a ait conciente qu'ils sont très limités par rapport a ce qu'ils recoivent et leur approvisionnement, mais pour ma part, en tant que cliente qui paient gros prix, je m'attends a en avoir pour mon argent C' est tout. Ne soyez pas découragé par mes commentaires, les prochaines semaines devraient être beaucoup moins achalandées, ce qui vous assurera un service tel qu'il annonce au RH.
Je suis disponible pour toutes vos questions par rapport a ce resort, je vais essayer de vous répondre avec le plus d'objectivité possible, que ce soit resto, bloc, etc...
au plaisir
Le vol : Avec Sky service, un peu de retards, mais vol très agréable tout de même, arrivé a Santa Clara après une heure et demi d'autobus, un voyage qui passe tout de même rapidement.
Je fais une parenthèse pour dire que ce voyage était en fait mon troisième a Cuba, mon derniant étant allé aussi a Santa Clara, au Sol Cayo Santa Maria. Je n'avais jamais vu une eau aussi extraodinaire de tout mes voyages, dans quelques destinations que ce soit. Mes réticences a retourner a Cuba traitait surtout en ce qui a trait a la nourriture. J'aime bien manger en voyage, pour moi c, est un agrément, et en voyant tous les comemntaires positifs sur le RH, la bouffe, la luxure du site etc... nous avons choisi cette destination, en ayant peut être des attentes assez élevé par rapport a ce que nous avons lu et entendu.
Arrivé a l'hotel, très bel accueil, avec champagne petite serviette chaude et peu de temps pour le chek in, nous n'étions que 4 en fait a débarquer a l'hotel.
Arrivé a la chambre, décéption, nous avons une chambre située a l'extrémité du resort, soit au bloc 26, avec une chambre a 2 lits, bien que j'ai fait la demande un lit king ou queen. Je m'attendais que ce ne soit qu'une simple formalité pour me faire changer de chambre, mais bon, retour a la reception, hélas, l'hotel est overbooké! On ne semble pas très désolé pour moi, je pourrais même sentir une certaine insolence.. mais bon Cet hotel est habituellement reconnu pour avoir un taux d'occupation tournant autour de 25 % . Ensuite au lobby avec notre représentant signatures, Le couple arrivé en même temps que nous vit les mêmes inconvénients pour les chambres et semble quelque peu insatisfait de la situation, tous comme nous. Le représentant de Signatures s'en lave les mains tout a fait, disant que c'était a notre agent de voyage que nous devions nous en remettre... Il se permet quelques remarques qui, selon moi, sont tout a fait déplacé envers l'autre client insatisfait, très peu d'infos sur le resort en tant que tel, le service de concierge, les excursions, les services disponibles etc... la réunion est fini! disons que j, avais plus eu d'info sur ce forum par rapport a beaucoup d'info sur le resort, bref cette réunion pour nous fut une perte de temps, que nous aurions préféré passer a la plage.
Concierge : Rafael ne parle pas francais, bien évidemment ! mais hélas ne parle a peu près pas anglais non plus et désolé, mon espagnol n'est pas tout a fait au point, ce qui fait que nous avions beaucoup de difficulté a nous comprendre. Seul chose: aucun restaurant de disponible, que je réussis a comprendre, full full partout! il ne peut rien me promettre pour le reste du séjour étant donné l'occupation, et ce, malgré un pourboire plus que généreux
télphone au room service, désolé, trop de monde me dit t'on, au moins deux heures d'attentes pour avoir quoi que ce soit
Je commence a sentir la frustration me gagner, mais bon go au buffet le premier soir, en me croisant les doigts que le lendemain soi mieux...
je n'ai jamais vu un buffet aussi peu inspirant, et ce, autant dans des 3, 4 ou 5 étoiles que jai pu faire avant,
dégarni, aucun réchaud, ce qui fait que tout est tiède, la mayonnaise traine a la chaleur, un comptoir a viande ou tout s'entremêlement, poulet, viande, poisson, AUCUN FRUITS FRAIS, QUE DES CONSERVES, le sercive est au ralenti, pas plus empressé qu'il ne le faut, moi qui avait lu que l, on se dépêchait a se faire deservir et servir, hélas, ce n, est pas ce que j'ai pu observer les quelques premiers soirs.
J'Ai réussi, après bien des complaintes et un téléphone a mon agent de voyage a me faire changer de chambre,
bloc 41, beaucoup mieux, et enfin une concierge qui me comprend et qui est assez proactive au niveau de nos demandes, Katia, je me sens un peu mieux, elle me fait part qu'elle est chagriné de ne pouvoir donner le 100% de service auquel nous serions tous supposé avoir et dont nous sommes privés, parfois ce sont de petits exemples, mais nous n'avons jamais eu le service de préparations de chambre le soir, ou les petits présents supposés être a la chambre a l'arrivé. des petits détails certes, mais j'ai payé a très fort fort prix ce voyage, pour avoir toutes ces petites attentions,
Le souper du 31, nous avons eu tout de même une belle soirée. avec langouste et boeuf très bien servi au buffet.
Je pense que tout les bémols que je parles sont principalement du au fait que j'y suis probablemnt allé a une période ou il y avait trop de monde. Le staff semblait littéralement débordé, ce a quoi il ne devait pas s'attendre du tout.. même un pourboire de 5$ donné par un couple rencontré la bas n'a pas fait sourire le serveur au lobby bar qui ne venait pas a bout de nous servir.
Rassurez vous! tout n'est pas que négatif, la plage est superbe, les piscines le sont tout autant une que l'autre et le service durant les dernières journées s'était grandement amélioré la majorité des restaurants sont tout de même excellent, l'italien, avec son superbe service et excellente nourriture m, a ravi, et la langouste disponible a certains autres restaurants.
En résumé, j'aurais probablement fait un apercu très différent de mon séjour si j'y avais été a une autre période de l'année. Ce voyage, malheureusement ne m'a pas permi de me réconcilier avec Cuba. Je suis tout a ait conciente qu'ils sont très limités par rapport a ce qu'ils recoivent et leur approvisionnement, mais pour ma part, en tant que cliente qui paient gros prix, je m'attends a en avoir pour mon argent C' est tout. Ne soyez pas découragé par mes commentaires, les prochaines semaines devraient être beaucoup moins achalandées, ce qui vous assurera un service tel qu'il annonce au RH.
Je suis disponible pour toutes vos questions par rapport a ce resort, je vais essayer de vous répondre avec le plus d'objectivité possible, que ce soit resto, bloc, etc...
au plaisir
Octobre 2008 au Népal en groupe English translation pending
Un voyage en groupe, un voyage de presque un mois, c'est une longue période. Lorsque le groupe est constitué de 11 personnes cela fait 22 paires d'yeux et 22 paires d'oreilles sans compter tout le reste, un nombre considérable de capteurs surtout dans un pays comme le Népal, alors comment rendre compte de tout ce qui a été vu, entendu, senti, ressenti, alors que les activités y ont été denses et variées? Visite de la capitale sous toutes ses coutures ou plutôt sous tous ses monastères et autres dieux en particulier Ganesh pour n'en citer qu'un, mais pas le moindre, puisque c'est le dieu des voyageurs et de la sagesse, les trajets aller et retour de Katmandou au lieu du trek, la manière de conduire pour le moins surprenante pour ne pas dire inquiétante. Cette conduite automobile me rappelle un vieil Albanais de langue grecque que je conduisais sur des routes tortueuses et vertigineuses, et qui à chaque virage murmurait ''siga siga'' (doucement doucement en grec) en se signant. Mais entre la manière de conduire dans ces deux pays il y a une différence non négligeable, même si les Albanais comme les Népalais roulent n'importe où, et même si la visibilité n'est pas un élément vraiment pris en compte lors d'une décision de dépassement. La différence de taille provient tout simplement du fait que, contrairement aux Népalais les Albanais roulent souvent à fond la caisse!!! Je reviens à l'énumération des activités : un trek de 18 jours autour des Annnapurna véritable dépaysement avec cette végétation qui s'étage de la jungle au désert de cailloux et de neige en passant par de belles pinèdes qui font penser à la Haute Provence au Vercors ou à la vallée de la Durance, et puis cette plongée dans l'architecture locale différente d'un vallée à l'autre au gré des ethnies qui peuplent ces hauts lieux, et ce foisonnement de sites religieux, et encore cette foule constante que l'on côtoie en commençant par notre guide, ses adjoints, nos porteurs et ceux des autres, les autochtones de tous genres, et l'immense sarabande de trekkeurs comme nous, coulant tel un immense fleuve à jet continu au milieu d'une multitude hétéroclite de charges en mouvement à deux jambes ou quatre pattes, les premières étant souvent plus volumineuses et plus lourdes que les secondes.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
Croisière sur le Costa Concordia le 1er février English translation pending
Bonsoir,
nous partons avec mon mari et mes 2 filles en croisière pour la première fois sur ce bateau.
nous sommes un jeune couple de 30 ans et nous aimerions connaitre d'autres personnes qui partent en même temps que nous afin de discuter un peu de ce qui nous attend 😉.
Bonne soirée à tous.
La crise... English translation pending
Juste une petite pensée de retour en France après un an "d'exil"...
Je suis effarée... effarée par le fait que la politique de la peur marche si bien.
Certes, on voit des annonces de licenciements, des gens qui font la manche, toussa toussa...
Mais je vois surtout, autour de moi, des gens qui, bien que pas riches, mangent à leur faim, ont un toit, sortent boire des coups, s'amusent, ont de quoi se payer un peu de superflu, etc...
Et pourtant, dès que j'allume la télé, je finis par l'éteindre dès que ça parle de crise, tellement c'est déprimant. A les écouter, c'est la fin du monde et on va tous mourir. Et tout le monde marche dans la combine. Pourtant les ficelles paraissent tellement grosses: foutre la trouille aux gens le plus possibles pour qu'ils acceptent des conditions de travail de pire en pire et permettent ainsi aux plus riches d'être encore plus riches.
C'est vrai, quand je suis rentrée, j'étais un peu inquiète: pas de chez-moi, besoin de trouver un appart' au plus vite, un boulot, pas d'argent... Résultat, si j'allumais la télé, si j'écoutais les gens autour de moi, ça me fichait le bourdon, et j'avais super peur de ne plus trouver ni appartement ni boulot ni rien du tout et de finir je sais pas où... Bien sûr, rien de tout ça n'est arrivé: d'une on trouve du boulot, même si c'est pas celui de nos rêves, ça dépanne en attendant de trouver ou de créer autre chose, ou de se former (ben oui parce que quand même en France, c'est formidable, la formation continue!! Et des métiers où il y a de l'embauche, il y en a pour tous les goûts, si si!). l'appart, même pas besoin de montrer un dossier avec 150 fiches de salaires et 3 millions d'euros d'inscrit dessus... non, le proprio, lui, a décidé qu "on se faisait confiance", même quand je lui ai dit: "z'êtes sûrs, moi je suis sansa emploi et mon mari est en intérim"...
Mon message sert à quoi? à pas grand chose, si ce n'est de dire que dans la vie, il n'y a que l'optimisme qui paie, et l'énergie. Sans l'un ni l'autre, alors là, c'est sûr, on est foutu.
Et pourtant, dès que j'allume la télé, je finis par l'éteindre dès que ça parle de crise, tellement c'est déprimant. A les écouter, c'est la fin du monde et on va tous mourir. Et tout le monde marche dans la combine. Pourtant les ficelles paraissent tellement grosses: foutre la trouille aux gens le plus possibles pour qu'ils acceptent des conditions de travail de pire en pire et permettent ainsi aux plus riches d'être encore plus riches.
C'est vrai, quand je suis rentrée, j'étais un peu inquiète: pas de chez-moi, besoin de trouver un appart' au plus vite, un boulot, pas d'argent... Résultat, si j'allumais la télé, si j'écoutais les gens autour de moi, ça me fichait le bourdon, et j'avais super peur de ne plus trouver ni appartement ni boulot ni rien du tout et de finir je sais pas où... Bien sûr, rien de tout ça n'est arrivé: d'une on trouve du boulot, même si c'est pas celui de nos rêves, ça dépanne en attendant de trouver ou de créer autre chose, ou de se former (ben oui parce que quand même en France, c'est formidable, la formation continue!! Et des métiers où il y a de l'embauche, il y en a pour tous les goûts, si si!). l'appart, même pas besoin de montrer un dossier avec 150 fiches de salaires et 3 millions d'euros d'inscrit dessus... non, le proprio, lui, a décidé qu "on se faisait confiance", même quand je lui ai dit: "z'êtes sûrs, moi je suis sansa emploi et mon mari est en intérim"...
Mon message sert à quoi? à pas grand chose, si ce n'est de dire que dans la vie, il n'y a que l'optimisme qui paie, et l'énergie. Sans l'un ni l'autre, alors là, c'est sûr, on est foutu.
Égypte: pyramides, dunes et dromadaire... avec un enfant de 10 ans! English translation pending
🤪Bonjour,
Mon fils de 10 ans souhaiterait aller en Egypte. Voici les 3 mots clés prononcés : pyramides + dunes + dromadaire! Je commence mes investigations pour un circuit pdt les vacances scolaires (probablement la toussaint). Je pense qu'un voyage d'environ 10 à 12 jours en petit groupe orienté sur les familles serait idéal. Le tout est de trouver un TO qui propose cette formule avec visite des pyramides + petit circuit désert -mais où y a t-il des dunes? sur les photos du d��sert blanc, je n'en vois pas-, + une ballade en dromadaire mais pas un trek, trop sportif, 1 à 2 h de ballade à pied + dromadaire maxi par jour, bref la quadrature du cercle? Si vous avez des tuyaux ou d'autres idées, merci.
Mon fils de 10 ans souhaiterait aller en Egypte. Voici les 3 mots clés prononcés : pyramides + dunes + dromadaire! Je commence mes investigations pour un circuit pdt les vacances scolaires (probablement la toussaint). Je pense qu'un voyage d'environ 10 à 12 jours en petit groupe orienté sur les familles serait idéal. Le tout est de trouver un TO qui propose cette formule avec visite des pyramides + petit circuit désert -mais où y a t-il des dunes? sur les photos du d��sert blanc, je n'en vois pas-, + une ballade en dromadaire mais pas un trek, trop sportif, 1 à 2 h de ballade à pied + dromadaire maxi par jour, bref la quadrature du cercle? Si vous avez des tuyaux ou d'autres idées, merci.
Les atrocités de l'armée birmane dans l'état Shan English translation pending
Ceci est pour repondre a la reflexion absolument revoltante du denomme Karolus ("Le point de vue occidental est un peu trop unilatéral : la bonne Suu Kyi vs le méchant Than Swhe") au sujet duquel les mots me manquent pour lui exprimer mon mepris et mon degout.
Il y a, cachee dans la jungle thaie du cote de Chiang Mai, une femme admirable, a mon avis futur Prix Nobel de la paix, qui joue sa vie a essayer de sortir les femmes Shan qui se refugient en Thailande, souvent apres avoir ete violees, des bordels ou les enc... de thais les mettent sous menace d'etre refoulees en Birmanie (et oui, les thais si gentils avec leur beau sourire, que certains encensent tellement!) Elle a ecrit un livre, publie par l'association patronnee par Mme Mitterrand, dont le titre est eloquent: "Licence to rape"; 125 pages d'horreurs que j'ai traduites gratuitement en francais, un de mes nombreuses contributions a la resistance birmane (entre parenthese, je ne me suis pas planque comme l'auront fait certains, la trado, je l'ai signee de mon nom!). Tout y est parfaitement documente: sur les pages de gauche: nom du village, jour et heure du crime, nom des victimes, ou elles se trouvaient et ce qu'elles faisaient au moment du crime; en regard sur la page de droite: le No des regiments, souvent le nom des officiers, le crime, l'action entreprise par les habitants locaux (quand cela etait possible et au peril de leur vie) et ses resultats. Le 1er jour de la trado, j'ai ete oblige de m'arreter au bout de 4 heures, je ne pouvais plus!! Voici quelques extraits des pages de droite de ce livre, dont j'ai traduit le titre par "Permis de violer" (les soldats ont en effet ordre de repandre par la terreur par les deplacements de village, le portage forcee 9dont les victimes ne reviennent que rarement du voyage!), et le viol systematique):
15 soldats du SLORC basés à Kho Lam- Violée et abattue
Ont laissé son enfant de 2 ans seul dans la forêt. Ont emmené les 2 bœufs à Kho Lam pour être mangés Soldats du SLORC de la base de Kho Lam-basé Violée et abattue
Lorsque des membres de sa famille ont demandé la permission de l’enterrer, les soldats ont répondu: “Elle doit rester où elle est comme exemple pour vous Shan. Si vous l’enterrez, vous mourrez avec elle” Section de soldats du SLORC, 519e BIL, menée par le sergent Hla Phyu, basée au village de Sop Sim Ont violé les femmes de sept maisons
Soldats du SLORC Fille violée et tuée, père torturé
Village déplacé de force. Les soldats ont attaché son père, suspendu à une poutre de la cabane avec une corde, et allumé un feu en dessous pour le faire rôtir. Il est mort quelques jours plus tard. Sa mère, témoin du viol et de la torture, est tombée folle. 424e BIL, major Maung Kyaw Tun, basé à Kun Hing- Violée Le chef du village et ses habitants ont confronté le major qui a tout nié, a battu la jeune fille, et a infligé 10 000 kyats d’amende à la famille pour accusations mensongères
26 soldats du SLORC conduits par le major Myint Lwin du 424e BIL basé à Kun Hing Violées collectivement
Village déplacé de force. Les soldats ont incendié toutes les maisons du village 45e BI, mené par le major Aung Lwin Violée, frappée à la figure jusqu’à ce qu’elle soit complètement enflée A tout raconté au chef du village qui n’a rien pu faire
Soldats du SLORC Violée et brûlée vive
Les habitants du village ont retrouvé ses restes 378e BIL (amené de l’Etat Arakan) 1 capitaine et 3 soldats Ont violé la femme, battu et tué son mari en lui poignardant la poi trine, le ventre, et le cou
Questionnaient l’homme sur le mouvement de résistance Shan dans la région 50 soldats du SLORC, 64e BI basé à Lai Kha, conduits par le major Khin Than Aye Le major l’a violée, les soldats ont violé sa mère et battu son père jusqu’à évanouissement
Village déplacé de force 1 soldat du SLORC, battallion de mortiers basé à Murng Sart Violée Le commandant du camp a battu le soldat et l’a fait mettre en prison
50 soldats du SLORC, 44e BI, basé à Kun Hing, conduits par le major Than Oo Violée et tuée. Ont laissé le père attaché jour et nuit
Soldats du 424e BIL conduits par le major Myint Than, accompagnésde 35 porteurs de Laikha et de 36 chariots à boeufs Violée et tuée
Ont volé du fer, du bois de construction, du bétail, et ont incendié les 36 maisons du village 519e BIL commandé par le major Min Sein Volée, violée, et tuée. Père battu à mort
Soldats du SLORC, 520e BLI bqsé à Murng Pan, conduits par le major Than Maung Violées collectivement toute la nuit, au point que certaines ne pouvaient plus marcher. Un des chefs du village a été ensuite battu à mort
Village déplacé de force 250 soldats du SLORC, 524e BIL, conduits par le major Htun Mya. Ont ravagé la région de Kaeng Lom . Violées pendant 3-4 jours avant d’être tuées.
43 femmes et 53 hommes ont été battus, torturés, questionnés, et accusés d’apporter nourriture et informations aux rebelles Shan. 2-3 jours plus tard, les soldats ont mis un sac en plastique sur leur tête et l’ont serré autour du cou jusqu’à étouffement. Ils ont ensuite jeté les corps dans la Nam Parng. 80 Soldats du SLORC du 246e BI, conduits par le major Too Nyeing Violées de nombreuses fois pendant 5 jours consécutifs. Averties de ne rien rapporter sous peine de 6 mois d’empriso-nement
4 hommes du même village ont été accusés de ravitailler les soldats Shan et ont été conduits à la base de Kho Lam. Là, ils ont été battus, torturés, et ensuite asphyxiés avec des sacs en plastique 60 soldats du SLORC, 43e BI, conduits par le capitaine Ohn Myint, . Ont dévasté le village Huay Karn
Volées, violées, battues, et brûlées vive
Le chef du village a été questionné sur l’armée Shan. Battu jusqu’à évanouissement Nombreuses valeurs volées, 37 maisons incendiées 120 Soldats du SLORC of LBI 524 conduits par Capitaine. Htun Mya Violées collectivement pendant 2 jours et 2 nuits, et ensuite tuées
Tous les habitants du village (57 hommes et 42 femmes) tués. Soldats du SLORC, 277e BI, conduits par le capitaine Khin Maung Nyunt, basés à Murng Ton Violée toute la nuit S’est plainte au commandant du camp, le colonel Aye Thant, qui a fait aligner ses hommes pour identification. 15 000 kyats pour diffamation après qu’elle n’ait pu reconnaître les coupables.
80 Soldats du SLORC, 515e BLI, conduits par le commandant Maung Maung Htwe Violées collectivement par les soldats pendant 3 jours et 2 nuits. 3 habitants du village abattus
57 maisons incendiées 25 Soldats du SLORCm, 333e BLI basé à Murng Sart. Déguisés en soldats Shan mais porteurs d’armes birmanes Violées pendant le déplacement de leur village
Pendant le déplacement forcé Soldats du SLORC, 277e BLI, conduits par le major Aye Thant Violées l’une après l’autre pendant 3 jours; relâchées après le paiement d’une rançon de 2000 kyats chacune
Accusées d’être les femmes de soldats Shan 100 soldats du 246e BI et 250 soldats du 524e BIL 3 violées et tuées. 1 violée et blessée
2 hommes également abattus Soldats du 513e BIL basé à Pang Long, conduits par le major Kooma Violée collectivement et tuée Les soldats ont appelé la police pour dire qu’ils avaient trouvé le corps d’une femme morte. Ont pris des photos.
120 soldats du 524e BIL conduits par le commandant Htun Mya ; accompagnés de 20 porteurs et 5 chevaux Violées jusqu’au soir par tous les soldats et ensuite tuées
Une femme a pu s’échapper avec l’aide d’un officier d’une minorité ethnique 3 soldats du SPDC, 225e BI, basé à Murng Ton, conduits par le capitaine Aung Zaw
Violée pendant 2 heures
Maison saccagée; parents faussement accusés de vendre des amphétamines et punis de 500 kyats d’amende. Soldats du SPDC, 66e BI, conduits par le comman- dant Htun Myint Le commandant et ses officiers ont violé les femmes et attaché 4 hommes à des arbres pendant 2 jours et 2 nuits
2000 kyats d’amende à chaque victime pour contribution à la destruction de la forêt. Soldats du SPDC conduits par l’officier Aung Myint Forcées à travailler et violées
115 soldats from Lai Kha-basé, LBI 515 conduits par Major Soe Hpyu Violée, abattue aisni que son père et le reste de sa famille, maison incendiée
Père abattu après avoir asssommé le major avec une bûche. Maison saccagée, valeurs volées. Maison du chef de village incendiée
Vous en voulez d'autres, Karolus? J'en ai 60 pages a votre disposition!!!! (le reste, c'est un rapport general ecrasant sur ce qui se passe, les 60 pages etant incluses comme preuve que ce ne sont pas des inventions "d'occuidentaux un peu trop unilateraux"). Je vous laisse le droit, sur ce forum, de m'envoyer un document DETAILLE sur les atrocites des partisans de Mme SUU Kyi, suite a quoi je reconnaitrais que l'on est "un peu trop unilateral". Si vous etes incapable de le faire, je vous laisse le droit de la fermer!
Il y a, cachee dans la jungle thaie du cote de Chiang Mai, une femme admirable, a mon avis futur Prix Nobel de la paix, qui joue sa vie a essayer de sortir les femmes Shan qui se refugient en Thailande, souvent apres avoir ete violees, des bordels ou les enc... de thais les mettent sous menace d'etre refoulees en Birmanie (et oui, les thais si gentils avec leur beau sourire, que certains encensent tellement!) Elle a ecrit un livre, publie par l'association patronnee par Mme Mitterrand, dont le titre est eloquent: "Licence to rape"; 125 pages d'horreurs que j'ai traduites gratuitement en francais, un de mes nombreuses contributions a la resistance birmane (entre parenthese, je ne me suis pas planque comme l'auront fait certains, la trado, je l'ai signee de mon nom!). Tout y est parfaitement documente: sur les pages de gauche: nom du village, jour et heure du crime, nom des victimes, ou elles se trouvaient et ce qu'elles faisaient au moment du crime; en regard sur la page de droite: le No des regiments, souvent le nom des officiers, le crime, l'action entreprise par les habitants locaux (quand cela etait possible et au peril de leur vie) et ses resultats. Le 1er jour de la trado, j'ai ete oblige de m'arreter au bout de 4 heures, je ne pouvais plus!! Voici quelques extraits des pages de droite de ce livre, dont j'ai traduit le titre par "Permis de violer" (les soldats ont en effet ordre de repandre par la terreur par les deplacements de village, le portage forcee 9dont les victimes ne reviennent que rarement du voyage!), et le viol systematique):
15 soldats du SLORC basés à Kho Lam- Violée et abattue
Ont laissé son enfant de 2 ans seul dans la forêt. Ont emmené les 2 bœufs à Kho Lam pour être mangés Soldats du SLORC de la base de Kho Lam-basé Violée et abattue
Lorsque des membres de sa famille ont demandé la permission de l’enterrer, les soldats ont répondu: “Elle doit rester où elle est comme exemple pour vous Shan. Si vous l’enterrez, vous mourrez avec elle” Section de soldats du SLORC, 519e BIL, menée par le sergent Hla Phyu, basée au village de Sop Sim Ont violé les femmes de sept maisons
Soldats du SLORC Fille violée et tuée, père torturé
Village déplacé de force. Les soldats ont attaché son père, suspendu à une poutre de la cabane avec une corde, et allumé un feu en dessous pour le faire rôtir. Il est mort quelques jours plus tard. Sa mère, témoin du viol et de la torture, est tombée folle. 424e BIL, major Maung Kyaw Tun, basé à Kun Hing- Violée Le chef du village et ses habitants ont confronté le major qui a tout nié, a battu la jeune fille, et a infligé 10 000 kyats d’amende à la famille pour accusations mensongères
26 soldats du SLORC conduits par le major Myint Lwin du 424e BIL basé à Kun Hing Violées collectivement
Village déplacé de force. Les soldats ont incendié toutes les maisons du village 45e BI, mené par le major Aung Lwin Violée, frappée à la figure jusqu’à ce qu’elle soit complètement enflée A tout raconté au chef du village qui n’a rien pu faire
Soldats du SLORC Violée et brûlée vive
Les habitants du village ont retrouvé ses restes 378e BIL (amené de l’Etat Arakan) 1 capitaine et 3 soldats Ont violé la femme, battu et tué son mari en lui poignardant la poi trine, le ventre, et le cou
Questionnaient l’homme sur le mouvement de résistance Shan dans la région 50 soldats du SLORC, 64e BI basé à Lai Kha, conduits par le major Khin Than Aye Le major l’a violée, les soldats ont violé sa mère et battu son père jusqu’à évanouissement
Village déplacé de force 1 soldat du SLORC, battallion de mortiers basé à Murng Sart Violée Le commandant du camp a battu le soldat et l’a fait mettre en prison
50 soldats du SLORC, 44e BI, basé à Kun Hing, conduits par le major Than Oo Violée et tuée. Ont laissé le père attaché jour et nuit
Soldats du 424e BIL conduits par le major Myint Than, accompagnésde 35 porteurs de Laikha et de 36 chariots à boeufs Violée et tuée
Ont volé du fer, du bois de construction, du bétail, et ont incendié les 36 maisons du village 519e BIL commandé par le major Min Sein Volée, violée, et tuée. Père battu à mort
Soldats du SLORC, 520e BLI bqsé à Murng Pan, conduits par le major Than Maung Violées collectivement toute la nuit, au point que certaines ne pouvaient plus marcher. Un des chefs du village a été ensuite battu à mort
Village déplacé de force 250 soldats du SLORC, 524e BIL, conduits par le major Htun Mya. Ont ravagé la région de Kaeng Lom . Violées pendant 3-4 jours avant d’être tuées.
43 femmes et 53 hommes ont été battus, torturés, questionnés, et accusés d’apporter nourriture et informations aux rebelles Shan. 2-3 jours plus tard, les soldats ont mis un sac en plastique sur leur tête et l’ont serré autour du cou jusqu’à étouffement. Ils ont ensuite jeté les corps dans la Nam Parng. 80 Soldats du SLORC du 246e BI, conduits par le major Too Nyeing Violées de nombreuses fois pendant 5 jours consécutifs. Averties de ne rien rapporter sous peine de 6 mois d’empriso-nement
4 hommes du même village ont été accusés de ravitailler les soldats Shan et ont été conduits à la base de Kho Lam. Là, ils ont été battus, torturés, et ensuite asphyxiés avec des sacs en plastique 60 soldats du SLORC, 43e BI, conduits par le capitaine Ohn Myint, . Ont dévasté le village Huay Karn
Volées, violées, battues, et brûlées vive
Le chef du village a été questionné sur l’armée Shan. Battu jusqu’à évanouissement Nombreuses valeurs volées, 37 maisons incendiées 120 Soldats du SLORC of LBI 524 conduits par Capitaine. Htun Mya Violées collectivement pendant 2 jours et 2 nuits, et ensuite tuées
Tous les habitants du village (57 hommes et 42 femmes) tués. Soldats du SLORC, 277e BI, conduits par le capitaine Khin Maung Nyunt, basés à Murng Ton Violée toute la nuit S’est plainte au commandant du camp, le colonel Aye Thant, qui a fait aligner ses hommes pour identification. 15 000 kyats pour diffamation après qu’elle n’ait pu reconnaître les coupables.
80 Soldats du SLORC, 515e BLI, conduits par le commandant Maung Maung Htwe Violées collectivement par les soldats pendant 3 jours et 2 nuits. 3 habitants du village abattus
57 maisons incendiées 25 Soldats du SLORCm, 333e BLI basé à Murng Sart. Déguisés en soldats Shan mais porteurs d’armes birmanes Violées pendant le déplacement de leur village
Pendant le déplacement forcé Soldats du SLORC, 277e BLI, conduits par le major Aye Thant Violées l’une après l’autre pendant 3 jours; relâchées après le paiement d’une rançon de 2000 kyats chacune
Accusées d’être les femmes de soldats Shan 100 soldats du 246e BI et 250 soldats du 524e BIL 3 violées et tuées. 1 violée et blessée
2 hommes également abattus Soldats du 513e BIL basé à Pang Long, conduits par le major Kooma Violée collectivement et tuée Les soldats ont appelé la police pour dire qu’ils avaient trouvé le corps d’une femme morte. Ont pris des photos.
120 soldats du 524e BIL conduits par le commandant Htun Mya ; accompagnés de 20 porteurs et 5 chevaux Violées jusqu’au soir par tous les soldats et ensuite tuées
Une femme a pu s’échapper avec l’aide d’un officier d’une minorité ethnique 3 soldats du SPDC, 225e BI, basé à Murng Ton, conduits par le capitaine Aung Zaw
Violée pendant 2 heures
Maison saccagée; parents faussement accusés de vendre des amphétamines et punis de 500 kyats d’amende. Soldats du SPDC, 66e BI, conduits par le comman- dant Htun Myint Le commandant et ses officiers ont violé les femmes et attaché 4 hommes à des arbres pendant 2 jours et 2 nuits
2000 kyats d’amende à chaque victime pour contribution à la destruction de la forêt. Soldats du SPDC conduits par l’officier Aung Myint Forcées à travailler et violées
115 soldats from Lai Kha-basé, LBI 515 conduits par Major Soe Hpyu Violée, abattue aisni que son père et le reste de sa famille, maison incendiée
Père abattu après avoir asssommé le major avec une bûche. Maison saccagée, valeurs volées. Maison du chef de village incendiée
Vous en voulez d'autres, Karolus? J'en ai 60 pages a votre disposition!!!! (le reste, c'est un rapport general ecrasant sur ce qui se passe, les 60 pages etant incluses comme preuve que ce ne sont pas des inventions "d'occuidentaux un peu trop unilateraux"). Je vous laisse le droit, sur ce forum, de m'envoyer un document DETAILLE sur les atrocites des partisans de Mme SUU Kyi, suite a quoi je reconnaitrais que l'on est "un peu trop unilateral". Si vous etes incapable de le faire, je vous laisse le droit de la fermer!
Hôtel Grand Palladium White Sand English translation pending
bonsoir tlm,
j'aimerais savoir comment est la plage au grand paladium white sand? merçi à l'avance
François Lantin
ps:aussi, j'aimerais savoir à quoi m'attendre de ce complexe
François Lantin
ps:aussi, j'aimerais savoir à quoi m'attendre de ce complexe
Croisière de Noël sur Fantasia: escales à Naples et Messine English translation pending
Bonjour,
Lors de la croisière de Noel sur le Fantasia, nous avons une escale à Naples, que conseillez vous à visiter ? et pour Messine ?
merci
Fred et Flo
Lors de la croisière de Noel sur le Fantasia, nous avons une escale à Naples, que conseillez vous à visiter ? et pour Messine ?
merci
Fred et Flo