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Croisière sur le MSC Preziosa du 27 avril au 4 mai 2013 English translation pending
by Pietrofamili · 2012-10-08 · 132 replies
Bonjour, Après une croisière réussie sur le Splendida cet été nous repartons au mois d'avril 2013! Si quelqu'un fait cette croisière et souhaite échanger avec nous ce sera avec plaisir! 🙂
Remorque de randonnée pédestre "maison"? English translation pending
by Chnoupi · 2012-10-05 · 14 replies
J'ai commencé le montage d'une remorque ou charriot de rando pédestre. J'ai écumé tous les sites qui en vendent, mono ou deux roues mais c'est cher ! Et vu plein de sites privés de bricoleurs qui ont réalisé leur propre remorque. J'ai commencé avec un wishbone de planche à voile. Ma remorque démontable pour transport en soute avion ou coffre auto. Je me demande quelle est la meilleure des configurations : une ou deux roues ? Quelqu'un qui a un vécu 1 ou 2 roues ? Des astuces ?
Découverte de l'Islande avec ma fille English translation pending
by Merluchi · 2012-09-25 · 23 replies
Tout d’abord je dois dire que ce voyage est totalement improvisé car nous devions nous rendre au ... Gabon! Sisi! Mais problèmes de visas et on a été refoulé à l’embarquement! (je pourrai donner des renseignements en MP pour ceux que cela intéresse).

Donc le vendredi 27/07 en revenant déçu.... Et remonté de l’aéroport, je «perd» plus d’une heure en conciliabules avec la compagnie aérienne pour me faire rembourser le billet et me jette sur internet pour réserver nos billets pour l’Islande (qui était en fait notre 2è destination souhaitée!). En quelques clics on réserve le vol sur Transavia pour décoller le lundi 30/07 de Bordeaux! Le samedi, je vais acheter le LP et une carte routière, télécharge le «eroadbook» International Photografer de Mickael Levy (
http://www.international-photographer.com/ ), compare les prix de la location de voiture sur le net tout en bouclant la résa de l’hôtel pour notre première nuit à Reykjavik sans oublier de refaire les sacs! Ouf!!!

lundi 30 juillet: Un pote nous amène à l’aéroport. Navette Air France pour Orly Ouest (à l’heure!) puis transfert vers Orly Sud et vol Transavia (à l’heure aussi!) pour Reykjavik.

Arrivée à 1h30 et 2h de décalage horaire; transfert direct à l’hôtel (en fait appartement K, top!) par le Fly Bus. Accueil sympa malgré l’heure tardive... Au lit à 4h du mat’. Yarg!!

mardi 31 juillet: 112 km parcourus Réveil malgré tout matinal. Il fait beau... Et bon! Petit dèj bien venu dans le premier troquet ouvert puis découverte matinale de la ville. On se rend chez Iceland Camping Equipement (http://www.iceland-camping-equipment.com/) pour louer une tente. La boîte est en fait créée par Cédric un français qui a randonné une foultitude de fois en Islande et qui a décidé de s’y établir en famille. Désormais plus besoin de venir avec son matos pour camper car il fournit tout! Très avantageux quand on est confronté au prix du surpoids en soute!... Et pas de crainte de voir son matos arriver avec du retard! En plus il a son site d’infos sur l’Islande! Top! Et donne pleins de conseils avisés... Plus besoin de se charger pour découvrir l’Islande!

Il est temps de louer notre 4X4... On se rend à Cheap jeep Car rental... Tout un programme! Personnes avenantes et décontractées. Option posée sur un Sangyong Korando que l’on doit récupérer entre 14 et 15H. Le véhicule, avec quelques centaines de millier de bornes au compteur (187000!) nous attend dans sa livrée blanche avec échappement percé... Après moultes palabres (à l’africaine!!) on récupère finalement un autre véhicule (le même avec gros pneus, surélevé.... Et de multiples disfonctions!)... que l’on prend finalement! ( je donnerai les précisions pour ceux que ça intéresse en MP).

On quitte donc Reykjavik sur le coup de 16h, après avoir fait quelques provisions, en direction de «thingvillir» et geysir où nous investirons le camping. Le temps est superbe et le soleil tardant à se coucher nous gratifie d’une lumière irréelle.



On est enfin en vacances! C’est bon!

mercredi 1er août: 356 km Levés tôt, on va prendre un «sérieux» petit dèj à l’hôtel Geysir (compris dans le prix du camping!) avant de nous rendre à Gulfoss la fameuse chute. On est quasi seuls et le ciel dégagé... Un vrai plaisir.

Puis nous reprenons les routes 30 et 32 puis un détour par la piste 327 vers Stöng et de belles chutes (Hjalparfoss) avant de poursuivre vers l’Hekla par la F225 et une piste qui fait le «tour du volcan». Paysages somptueux en noir (lave) et blanc(neige) rehaussé du bleu du ciel... Magique.





Nous poursuivons par la 26 et la circulaire N°1 jusqu’à Vik avec haltes à Gljufurafoss puis Skogafoss.

Nuit à la guesthouse Puffin, chambres petites à cloisons fines mais bonne nuit réparatrice.

jeudi 2 août: 340 km Matin couvert.Ciel gris chargé de nuages lourds qui semblent absorber les falaises du Reynisdrangur. Balade sur la belle plage de sable noir. Un fin «crachin breton» rend les pentes du pied des falaise bien glissantes. Mais nous sommes récompensés par la rencontre des macareux.





Puis nous prenons la route 206 vers Laki. Nous faisons une pause pour découvrir le beau canyon du Frardrargjüfur où plonge une belle cascade.

Poursuite sur la F206 avec passage de gués simples à négocier. Le vert du paysage laisse place à d’immenses champs de lave. La piste s’insinue en méandres cahoteux entre de gros blocs aux couleurs changeantes en fonction de l’éclairage solaire. Super! Nous arrivons enfin sur le parking lunaire du Laki. Pause casse croute puis ascension facile jusqu’au sommet. Un vent soutenu nous accueille... Vue époustouflante sur les lignes de cratères et les glaciers au loin.



Nous restons un moment à contempler ce paysage encore vivant, profitant du fait que nous sommes quasi seuls au sommet... Entre 2 «fournées» de touristes! Il est temps de reprendre le 4X4 et de continuer sur la piste plus «lisse» qui chemine entre les cratères sur un tapis de sable noir. Le soleil joue avec les reliefs tourmentés des volcans noirs et ocres, tapissés d’une mousse qui semble onctueuse, d’un vert parfois fluo, suivant les caprices de la lumière solaire... C’est magnifique! Lorsqu’on se plonge dans ce genre de paysage on comprend mieux pourquoi Elfes et Trolls gardent une place si importante dans l’imaginaire islandais.





De retour sur la route circulaire nous poursuivons vers le Skaftafell que nous atteindrons en fin d’après midi, sous un ciel qui s’alourdit de gros nuages gris rebondissants sur les montagnes, se déchirants sur les sommets pour laisser passer les rayons du soleil.

Beaucoup de circulation. Nous faisons une courte balade sur le sentier sûr qui longe le glacier puis allons tenter de réserver une chambre pour la nuit...



Nous devrons rouler vers l’est jusqu’à Höf et Baer pour trouver une chambre très correcte dans la ferme Litla-Hof car tout était complet! Nous retournerons dîner à la station service de Freynes. Repas tout à fait correct. Personnel sympa et pas avare de renseignement même à un moment d’affluence.

vendredi 3 août: 330km Debout à 5h du matin et direction Jokülsarlon. Vent et nuages sont au rendez vous. Lumière irréelle perçant les nuages... Donnant vie au relief... Comme si les glaciers avançaient vers nous. Personne sur la route... Arrivés au Jokülsarlon, nous sommes seuls. Pas un touriste. Nous découvrons le site, subjugués comme tout le monde. Malgré les nuages lourds qui s’amoncèlent au dessus de nos têtes... Nous nous promenons au sons des oiseaux et craquements des icebergs... L’océan en bruit de fond. Magique.







Puis nous retournons à la ferme prendre un bon petit dèj’ et nous repartons de nouveau vers le Jokülsarlon en espérant que le ciel sera dégagé. Halte au Breidarlon, autre lagune glaciaire où l’on retrouve quelques campeurs ayant passé la nuit sur le site. Ciel désormais dégagé grâce à un vent à «décorner les boeufs»... Ce qui nous permet d’admirer sous d’autres couleurs le Jokülsarlon ...en compagnie d’un cortège touristique.



Après un tour sur la plage pour photographier les icebergs sortis de la lagune, voguant sur l’océan, nous reprenons la route en direction du Skalafellsjökull par la F985, piste sympa qui monte au refuge. Grand bleu sur le fameux Vatnajökull. Nous décidons de faire une balade à moto neige... Coup de chance nous serons que tout les deux avec un guide... Les sorties précédentes, le guide avait 12 personnes et en aura 20 à la suivante!... Faisant de la moto je m’habitue rapidement, suivant notre guide sympathique qui «roule» à bonne allure...

Après quelques acrobaties bien maitrisées à bonne distance des crevasses tout de même, nous faisons une pause «au milieu de nulle part» ... Superbe vue panoramique. Nous devons rentrer à regret.... Nous redescendons en traversant une purée de pois et reprenons la route circulaire jusqu’à Djupivogur. Nous installons la tente dans le camping herbeux/moelleux à souhait sous un vent toujours aussi vif et soutenu. Bon restaurant de l’hôtel Framtid.

samedi 4 août: 294 km Il pleut et le brouillard est compact. Pendant que zoé dort, je me balade sur les collines et le port. Le soleil tentant de percer dessine des êtres fantasmagoriques sur les couches nuageuses emmitouflant le relief... Les cris des oiseaux aux consonances étranges, amortis par l’atmosphère du moment, renforcent cette sensation magique et ouatée... Aurais je vu des Elfes?





Zoé émerge doucement... Après un copieux petit dèj’ à l’hôtel de la veille, nous prenons la route à la découverte des fjords de l’est. La route serpente au grès du paysage sculpté par les siècles de cataclysmes volcaniques, modelé par l’océan. Soleil au rendez vous. Nombreuses haltes photos.



Nous arrivons à Neskaupstadur après avoir franchi un col et un tunnel alpin. La bourgade se prépare à une belle fête... Quartiers bariolés pour l’occasion. Effervescence.... Le Korando garé sur un parking façon no man’s land, nous allons sur le sentier sommairement balisé longeant les falaises du fjord. Petite balade sympa avec les oiseaux pour uniques compagnons... Terrain accidenté et glissant. Nous reprenons la route pour Seydisfjördur, petite ville enroulée au fond du fjord. Paisible et colorée. Hôtels et guesthouses affichant complet, nous poursuivons le long de la piste qui méandre vers l’entrée du fjord. Skalanes. Arrivée sous la lumière si particulière du soleil de l’après midi. Belle ferme restaurée. Accueil simple et chaleureux. Il y a une chambre. La maison respire la sérénité... Tout est simplement fait pour qu’on se sente bien.



Nous allons à la découverte des oiseaux qui nichent sur la falaise toute proche. Lieu régulièrement investi par les ornithologues de toutes nations qui séjournent d’ailleurs à Skalanes.... Le soir dîner simple et convivial. Nous décidons d’y rester une nuit de plus.

dimanche 5 août: 34 km Ce matin le brouillard est au rendez vous, enveloppant la ferme de ses nuées magiques lui donnant une présence irréelle... Au milieu de nulle part. Nous allons faire un tour dans Seydisfjördur ensoleillée. Déjeuner au restaurant de l’hôtel Aldan. De retour à Skalanes, nous allons explorer les falaises, gardiennes de l’entrée du fjord. Seuls à la découverte de ce lieu investi par les oiseaux. D’un côté le bleu de la mer se fondant avec celui du ciel... De l’autre, les névés contrastant les verts et ocres des montagnes. Magique et apaisant.





Deuxième soirée conviviale et paisible. Skalanes sera notre plus bel endroit de séjour....



lundi 6 août: 262 km Lever tôt. Nous espérons atteindre Askja dans l’après midi. Direction Egilsstadir pour faire le plein de provisions. Nous empruntons la F910. Le soleil règne sans partage. Le plein est fait à Adalbol, lieu improbable. Paysages verdoyants traversés par des cours d’eau... Gués faciles. Peu à peu le vert moelleux laisse place à des espaces plus rocailleux et accidentés aux teintes minérales... La F910 se fait plus rude, poussiéreuse. Piégeuse. On se déplace désormais sur la lune.

Nous arrivons finalement à Askja et allons directement au camping. Seul endroit de notre séjour où nous installerons la tente sur un sol dur recouvert de poussière volcanique. Lune? mars?...encore ailleurs?.... Sensation exacerbée par le paysage torturé qui s’offre à nous durant le court trajet qui nous mène au Viti et au lac Oskjuvatn. Impression de fin du monde cataclysmique... Ciel couvert. Le vent s’est levé. 4X4 garé sur un parking fréquenté, nous traçons vers les lacs. Sentier où nos pas résonnent étrangement. Les trolls habiteraient ils juste en dessous?

Descente sur le Viti d’un bleu laiteux. Contraste avec l’odeur tenace de soufre. Je me baigne. Étrange sensation de flotter dans un lieu irréel.





De retour au camping, nous nous réfugions sous la tente après un rapide dîner car le vent est maintenant soutenu. Il secouera d’ailleurs sans relâche la tente la nuit durant. Fine poussière volcanique s’insinuant partout.

mardi 7 août: 282 km Nuit agitée par les bourrasques incessantes d’un vent stellaire qui a bien failli mettre la tente sur orbite... Nous nous levons vers 5h, orifices empoussiérés à souhait. Nous quittons rapidement le campement encore endormi alors que l’aube caresse les sommets alentours d’un pâle rougeoiement qui à du mal à réchauffer l’atmosphère.



Dans la précipitation, je me gourre de chemin et me retrouve sur la F910 en direction du sud ouest et des glaces du Vatnajökull. Piste de sable noir fuligineux. On a du mal à se convaincre qu’on est encore sur terre....



Le temps de réaliser mon «erreur de navigation» et on a parcouru 20 bornes. Retour sur la F88 qui serpente autour de l’Herdurbreid coiffé de nuages échevelés par le vent. Encore et toujours.



Nous franchissons quelques gués «délicats» sur la Jökulsà à Fjöllum et arrivons finalement sur la route circulaire N°1. Nous allons faire le plein et visiter Krafla. Témoignage des forces telluriques qui ont modelées le paysage...



Puis nous prenons la piste F862 qui nous emmène vers Asbyrgi découvrant un paysage aride sous un soleil tout «méditerranéen». Halte aux superbes chutes de Selfoss et Detifoss. Magiques.







Super camping d’Asbyrgi.

mercredi 8 août: 75 km Courte étape qui nous emmène à Husavik par la route 67. Ciel couvert. Quelques averses. A peine arrivés, nous partons voir les baleines alors que le ciel reste menaçant. Nous passons 3 heures sur le bateau à observer les envoutantes baleines à bosses. Nous les côtoyons de si près que je ne peux m’empêcher de penser que nous sommes un peu envahissant.







Mais le charme opère... Surtout dans un paysage comme ce fjord qui s’offre à nous.





Puis nous allons réserver une chambre à l’Husavik Cape Hôtel de construction récente, confortable mais cher. Les quelques guesthouses approchées étant complètes. Visite du musée de la baleine. Balade dans la ville. Bon dîner sur le port.

jeudi 9 août: 181 km Route 87 vers Myvatn. Un vent violent a lavé le ciel. Mais le soleil éclatant à tout de même du mal à nous réchauffer... Arrêt au super marché.



Oh surprise! La voiture ne veut pas démarrer!... Je «vérifie» les fusibles... Rien n’y fait... Et je commence à pester contre le vieux 4X4, Cheap jeep, etc... Mais en mobilisant la batterie tout rentre dans l’ordre!... Ouf!

Le lac du Myvatn est balayé par le vent, tout comme les pistes qui nous mènent aux différents sites assez fréquentés des environs. Grotte de Grjotja, volcan Hverfell, impressionnant cratère de sable noir au sommet duquel j’ai du mal à tenir debout.

Beau panorama sur le Myvatn. Nous poursuivons au Dimmubogir où nous «randonnons»autour des cônes de lave et entre les groupes de touristes, sur des chemins bien balisés. Jamais eu autant de monde durant tout le voyage!



En faisant de nombreuses pauses photos, nous trouvons un bel endroit tranquille pour pique niquer, à peu près à l’abri du vent.



Puis route N°1 jusqu’à la fameuse chute Godafoss. 2 options pour s’y rendre: un court petit sentier à partir de la station service, que nous choisissons, ou descendre directement du véhicule au dessus de la chute, option prise par 99% des touristes!



Chevaux revenant de leurs pâturages. Nous ne nous attardons pas et poursuivons jusqu’à Akureyri. «grande ville» sise au fond d’un grand fjord qui accueille un énorme paquebot, type ville flottante... On dirait qu’il contient plus de passagers que la ville ne compte d’habitants!! Après 1 heure de recherche infructueuse de guest house, nous installons la tente dans le grand camping avant d’aller faire un tour à la piscine. Bain bien agréable. Dîner chez Strikid. Très bonne adresse à la mode, restaurant plein mais le personnel est sympa et prévenant... Retour au camping. Le ciel nous gratifie d’un superbe soleil couchant.



vendredi 10 août: 100 km Levés tôt alors que le camping est endormi. Nous allons à Dalvik prendre le ferry pour Grimsey. Dalvik n’est pas encore réveillée. Départ à 9h. Ciel dégagé mais vent soutenu. Il fait froid sur le pont mais j’y resterai tout le temps de la traversée, scrutant le fjord à la recherche de baleines et de dauphins.





Nous accostons sous un ciel menaçant et nous dirigeons dans le premier (seul?) restaurant/bar/épicerie. Déjeuner simple, un peu cher tout de même! Promenade sur l’île le long des falaises pour admirer les oiseaux. Nous sommes agressés par de grosses mouches qui se collent partout! Zoé renonce et va se réfugier à la Bazar guest house de l’aéroport qui est en permanence occupé par une nuée de sternes arctiques assez agressives aussi!







Nous repartons par le ferry de 16h. Sur le pont il fait froid et nous essuyons quelques averses. Des dauphins jouent un moment dans le sillage du bateau. Finalement Grimsey n’a qu’un intérêt tout relatif: le passage du cercle polaire. De retour à Akureyri, nous allons dîner au restaurant tapas le Goya. Bof... 2ème nuit au camping.

samedi 11 août: 281 km Nous prenons la route sous un ciel menaçant qui ne tarde pas à nous déverser quelques trombes d’eau. Au niveau de Varmahlid nous bifurquons sur la 75 vers Glaumbaer où nous faisons une halte pour visiter la ferme en tourbe et nous régaler dans le charmant café Askaffi. Gâteaux maison et excellent chocolat chaud... Avec le temps qu’il fait, c’est tout indiqué!! Nous reprenons la route circulaire en direction de Hvammstangi que nous rejoindrons en faisant le tour de la péninsule de Vatnsnes par la 717 puis la 711. Pic-nic au bord d’un lac venté sous un ciel toujours plus lourd et plombé. Nombreuses haltes à la recherche de phoques. A noter que la colonie de phoques de Hindisvik est interdite au public depuis 2008. Nous en verrons de loin lors d’une promenade sur un sentier balisé proche d’une auberge (dont je ne me souviens plus le nom!). Arrivés à Hvammstangi, nous allons louer une chambre coquette chez Hanna Sigga, puis allons visiter le Centre de Conservation du Phoque avant de se réchauffer d’une bonne soupe au café d’en face.

dimanche 12 août: 181 km Après un excellent petit déjeuner, nous allons sur le petit port pour faire un seals watching. Il est plus économique de prendre son ticket directement sur le bateau plutôt qu’au centre de réhabilitation des phoques... Petite promenade sans grand intérêt car le bateau reste loin des phoques pour ne pas les déranger... Puis nous quittons la bourgade...Sous la pluie! Direction Holmavik par la route N°1 puis la 61. Paysages austères et torturés. Impression accentuée par les nuées lourdes qui rampent sur les montagnes.Menaçantes. Nous ne croisons quasiment aucun véhicule sur cette route qui nous emmène au bout du monde, alternant portions de bitumes et piste de terre. A tout moment on s’attend à voir un troll sortir au décours d’un virage!... Même si ceux-ci ne sortent qu’à la nuit tombée!! En contre bas de la route qui suit la rive ouest du fjord Hrutafjördur, nous apercevons des phoques se prélassant. Je stoppe le 4X4 et , appareil photo en mains, nous descendons à leur rencontre... Hautes herbes mouillées. Nous sommes rapidement trempés! Séance photo bon enfant puis nous reprenons notre chemin. Peu avant Holmavik, nouvelle rencontre avec des phoques tout aussi nonchalant postés sur leurs rochers, à marée basse, à quelques encablures des maisons!

Nous arrivons enfin dans la petite ville alors qu’il pleut. Visite du surprenant musée de la sorcellerie. J’espère que nous trouverons une guesthouse car avec la pluie je n’ai pas envie de planter la tente! Petite maison agréable en face du musée, Steinhusid, avec chambre sobre et confortable. La réservation se fait à la Gistiheimilid Borgarbraut, grande auberge sur la colline, où l’on prendra le petit dèj. Dîner au café Riis. Le seul du bourg!

lundi 13 août: 330 km Le soleil est au rendez-vous. Ca fait du bien! Nous voulons avoir un petit aperçu des fjords de l’ouest et donc poursuivons notre pérégrination sur la 61 puis la 633. Tiens, j’ai la jauge d’essence qui est au plus bas... J’avais pas remarqué! Mais heureusement, la carte indique une station service à 15 km de notre position, sur la route 635. Piste cahoteuse. Quelques maisons. Un entrepôt. Mais pas de station! Renseignement pris auprès de pêcheurs, on trouvera de l’essence à 45 km, de l’autre coté du fjord Isafjördur, à Reykjanes! Juste avant d’y arriver, sur une petite lagune à gauche de la route nous voyons une dizaine de phoques flemmarder dans le varech! On fait le plein avant d’aller les immortaliser. Nous resterons 1 heure à les mitrailler sous tous les angles, à 50m d’eux! Seuls les plus jeunes sont effrayés, se réfugiant dans l’eau mais, leur curiosité prenant le dessus, ils se rapprochent de nous pour nous observer! Zoé est aux anges!







Un rapide calcul me fait prendre conscience que nous n’aurons jamais le temps de pousser jusqu’à Isafjördur, si l’on veut découvrir le Snaefellsnes avant de rentrer sur Reykjavik (nous devons rendre la voiture le 16 à 15h!). Nous rebroussons chemin sur la 61 puis bifurquons sur la 608. Piste bien rugueuse où nous croiserons personne. Beaux paysages arides. Je souhaite bonne chance à ceux qui l’empruntent avec une simple voiture de tourisme! Belle descente sur le fjord Aorskafjördur. Nous pique-niquons avant de prendre la route 60. Direction sud vers Budardalur. Halte à Laugar pour une balade au soleil sur les collines. Nous prenons ensuite la 586 alors que le vent s’est levé. Les nuages surgissent alors en masse pour envahir le ciel et recouvrir le relief. Nous allons visiter la ferme Eiriksstadir, accueillis par un «guide» haut en couleur en tenue d’époque. Un bon feu nous réchauffe à l’intérieur du bâtiment.





Puis nous rebroussons chemin pour la ferme Stora-Vatnshorn où nous trouvons une vaste chambre confortable et boisée.

N’ayant plus de provisions, nous retournons sur Burdardalur et allons dîner au restaurant sur le port. Repas copieux dans un cadre agréable. Beau coucher du soleil sur la route de la ferme.



mardi 14 août: 211 km Nous prenons la 57 direction Stykkisholmur sous un ciel maussade. Les nuages d’un gris métallique donnent une teinte étrange aux montagnes et à l’océan. Un vent toujours copieux nous secoue vigoureusement. Polaire de rigueur! Quelques haltes photos. J’immortalise un chalutier échoué.



Arrivée dans le petit port de Stykkisholmur. A l’entrée de la bourgade, arrêt gourmand à la boulangerie Nesbraud. Point de vue sympa du haut de la colline surplombant le port.





Visite très intéressante du musée du Volcan... Et pour cause, nous sommes seuls et on a donc droit à une visite guidée perso par le gardien, un passionné. Nous déjeunons ensuite chez Narfeyrarstofa, joli restaurant bien connu des habitants... Où les prix sont conséquents!!... Les plats aussi... Heureusement!

Nous poursuivons notre découverte du Snaefellsnes en musardant agréablement dans ces paysages superbes et changeant au grès des percées des rayons du soleil...qui finiront par terrasser les nuées dans l’après midi!



Grundarfjördur et sa splendide baie d’où émerge le Kirkjufell...



Olafsvik que nous faisons que traverser... Petit port de Rif où nous faisons notre deuxième pause gourmande chez Gamla Rif, sur une terrasse ensoleillée...Hmmm!!!

Arrivée à Hellissandur où nous investissons le camping, au bout d’un champs de lave descendant du Snaefellsjökull omniprésent. Les campeurs s’installent peu à peu sur les blocs de lave pour admirer le superbe coucher de soleil.



mercredi 15 août: 230 km Nous quittons le camping sous une brume marine. Humide et pénétrante. Le Snaefellsjökull est invisible. Ouaté de nuages lourds et menaçants. Nos prenons la piste 579 vers la pointe ouest de la péninsule qui s’insinue cahotiquement au travers d’une ancienne coulée de lave. Skardsvik, belle plage de sable blond lèchée par une mer «antillaise».

Nous poursuivons jusqu’à la pointe Öndverdarnes et son long phare squelettique. Promenade dans la brume qui se dissipe lentement. A tout moment un Troll peut surgir, alerté de notre présence par les cris des oiseaux. Frissons. La piste progresse vers le sud balisée par des cratères antédiluviens. On rejoint la 574 puis bifurque vers une plage de galets dont j’ai oublié le nom. Une odeur pestilentielle envahit l’atmosphère. Encore une manifestation elfique... Ou trollienne? Non c’est juste une carcasse de baleine échouée!



Nous allons visiter une grotte magmatique vers Dritvik, accompagnés de touristes bruyants... Qui nous gâchent le plaisir de nous imprégner des légendes islandaises contées par notre guide passionné. Encore et toujours des trolls et des elfes. Il est vrai que le reflet des lampes sur la lave pétrifiée à de quoi nourrir notre imaginaire! Puis nous allons nous balader sur Londrangar, les églises des elfes.



Il pleut. Hellnar et son cortège de touristes qui «font» le sentier côtier vers Arnastapi. On se restaure chez Fjöruhusid. Bondé et assez cher. Mais c’est bon!



On quitte le bourg, direction la F570 pour se rapprocher du Snaefellsjökull. Nous progressons dans un monde étrange peuplé de sons ouatés. On marche sur un sol moelleux et vivant de lichen fluo. Les roches ocres ou noires, jaunes ou rouges sont autant d’êtres mystiques animés par le glissement des nuages. Ombres irréelles et vivantes. Nous sommes étrangement seuls. Comme perdus sur une autre planète. Même la neige n’est pas blanche... Teintée par les poussières volcaniques.





Revenus sur terre, nous allons à Bùdir voir la «fameuse» église noire, puis poursuivons la route 54 à la recherche d’une guest house. En vain. Malgré la bonne volonté des personnes rencontrées qui passent même de coups de fils, tout est complet. Rien sur la belle lagune de Skogarnes. Nous arrivons bien malgré nous à Borgarnes où nous continuons de galérer. C’est finalement la propriétaire de Bjarg -super ferme où nous ne pourrons non plus passer la nuit- qui nous trouve une place à !km au nord sur la N°1. Laekjerkot. On se retrouve dans un mobilhome «algéco». Tarif un peu élevé. Pas d’autre clients. Puis nous repartons dîner au restaurant du Musée de la Colonisation. Très fréquenté mais très sympa. Bonne table.



jeudi 16 août: 76km Pour notre dernier jour le ciel s’est allégé des nuages. Le soleil rayonne tant qu’il peut. Il fait bon.... Puis même chaud.derniers tours de roue avant de rendre le 4X4... Dont les freins donnent des signes de «grosse fatigue»... Ça broute, couine, crisse, ... Sans trop d’efficacité... Je dois de plus en plus anticiper! Et ça devient carrément rock n’roll au moment où on approche de Reykjavik, avec la circulation et les feux aux carrefours!... Je renonce même à aller au Blue Lagoon tant je crains de cartonner de pauvres innocents avec le Korando et son gros pare buffle.... Après un bon petit dèj et restitution de la tente, je ramène la voiture en avance, non sans avoir déposé les bagages à la consigne de la gare routière (j’en profite pour prendre les tickets du Fly Bus pour ce soir). Je me débarrasse donc du 4X4 chez Cheap Jeep en leur signalant le problème des freins... De retour en ville on se balade... Derniers achats. Dernier repas au restaurant Reykjavik. Dernier dîner au Vesamot bistro alors que les jeunes de la ville se sont donnés rendez vous ici même avant de se perdre dans la «nuit» des boîtes islandaises. Nous décollons à l’heure, un gros pincement au coeur, espérant qu’un elfe facétieux réveille un volcan nous forçant à prolonger ce voyage stellaire au coeur de l’Islande.

Notre périple en chiffres:

Les vols, pris au dernier moment (le 27/07 pour le 30/07): Bordeaux/Orly par Air France puis Orly/Reykjavik par Transavia: 1740€

3675 km parcourus: 674€ d’essence Location 4X4: 2000€ FlyBus: 48€ Ferry: 76€ Sortie baleine: 76€ Sortie phoques: 54€ Moto neige:215€ Bateau Jökülsarlon: 45€ Achats divers/cadeaux: 460€ Repas/courses: 930€ Logement: 636€+ camping: 80€

On ne s’est pas privé; mais cette destination est assez chère; bien sûr le coût peut être bien diminué
Conseils pour road trip de dix jours dans l'Ouest américain? English translation pending
by Ladysmile · 2012-09-15 · 27 replies
Bonjour à tous!!! Je suis à la recherche de renseignements, conseils et bons plans pour l'organisation de mon road trip dans l'ouest américain. En effet, mon conjoint et moi souhaitons partir du 28/10/2012 au 08/11/2012. J'ai un peu prospecté, pris des renseignements à droite et à gauche mais rien ne vaut l'expérience vécue et c'est pour ça que je fais appel à vous. Nous prendrons l'avion de Paris à Las Vegas, puis nous louerons une voiture afin de visiter les lieux mythiques du coin (grand canyon, la vallée de la mort...) et nous finirons par Los Angeles en passant par la route 66. Nous reprendrons l'avion pour Paris de là bas. Pour commencer, nous souhaitons débuter par Las vegas où nous en profiterons pour nous marier (besoin d'infos sur les papiers, lieux chapelles...). Puis passer Halloween là bas, visiter le strip, Henderson et Death valley.

Ensuite j'ai fait un itinéraire via Google map (photo jointe): -St. George, UT, United States -Monument national de Grand Staircase-Escalante, Utah, United States -Grand Canyon Village, Arizona 86023, United States -Flagstaff, Arizona, États-Unis -Williams, Arizona, États-Unis -Bellemont, AZ, United States -Newberry Springs, Californie, États-Unis -Calico Ghost Town Regional Park, Barstow, CA, United States -Victorville, Californie, États-Unis

Puis finir par Los Angeles et y visiter Santa Barbara, hollywood, Beverly hills, Santa Monica, Venice Beach, Watts, Compton, Inglewood, Florence, South Central, East Los Angeles...

Voilà l'ébauche de notre programme. Nous n'avons réservé aucun logement préférant nous arrêter au gré de nos envies sans avoir de restriction. Nous avons un budget de 3000 euros. Nous savons qu'il nous faut compter 1400 euros pour l'avion, 400 euros pour la location de la voiture d'après mes prospections sur le net. Il nous reste donc 1200 euros pour: le logement, la nourriture, l'essence, les distractions pour 11 jours sans oublier le mariage (petite cérémonie simple dans une chapelle), Pensez vous que c'est faisable niveau budget et temps? Que pensez vous de l'itinéraire 2369 kms soit 29h de conduite et des lieux à visiter sur le trajet? Avez vous des conseils à me donner?

Je vous remercie d'avance pour votre aide car ce voyage nous tiens vraiment à coeur.
Compte rendu de croisère sur le Costa Pacifica du 30 juin au 16 juillet 2012: Islande, Spitzberg et Norvège English translation pending
by Jujub · 2012-07-18 · 86 replies
Bonjour,

Modestement, je vais essayer de vous narrer le superbe voyage que mon fils Juju, Madame et moi-meme, venons d'effectuer dans le grand Nord à bord du Costa Pacifica.

Jeudi 28 Juin : Ca y est ! Apres des mois d’attente, c’est le jour J pour le départ de notre plus long voyage : 20 jours pour aller tout près du grand nord. Mon aversion de l avion est telle, qu’une fois encore nous éviterons la voie des airs.

Nous empruntons le TGV qui part de Nice à 14h27 chargés de 4 grosses valises, 2 petits sacs à dos et ma sacoche d’ordinateur. 7 bagages, voilà le chiffre qu’il faudra se rappeler à chaque déplacement pour ne rien oublier.

4 heures de trajet et une heure de retard plus tard, nous arrivons à Lyon ou il fait très chaud. Heureusement, notre hôtel se situe à 100 mètres à peine de la gare. Nous nous installons rapidement et prenons le métro pour nous rendre dans le premier arrondissement ou nous avons réservé dans un bouchon lyonnais.

L’accueil est excellent, le cadre très sympa et le contenu de l assiette à la hauteur de nos attentes.

Une assiette de charcuterie et une andouillette à la ficelle plus tard (sans oublier le pot de Macon) nous sommes repus et avec cette chaleur nous décidons de rentrer nous coucher.
4 semaines à la découverte de l'Ouest américain - Complet English translation pending
by Lilouty · 2012-07-01 · 46 replies
Au printemps, j'ai (enfin!) terminé mon carnet de voyage de l'été 2010. Oui, je sais, j'ai pris mon temps … Le résultat prend la forme d'un joli livre photo et du compte-rendu ci-dessous. Ce voyage a eu lieu en juin / juillet 2010 et reste à ce jour l'un de mes plus beaux souvenirs grâce aux conseils avisés des voyageurs rencontrés sur ce forum.

Alors tout d'abord une présentation générale de « l'équipe ». Nous partons en famille : mes parents Pierre et Maryse 62 et 60 ans et moi-même, Lucile, 31 ans à l'époque. Nous sommes tous assez sportifs, aimons la nature et les grands espaces ( ce qui explique le peu de temps que nous passerons dans les villes au final).



Nous disposons de 4 semaines pour profiter au maximum des merveilles de l'ouest américain. Au programme : San Francisco, un petit bout de la côte pacifique, Death Valley, Las Vegas, Zion, Bryce, Grand Canyon North Rim, Page, Monument Valley, Moab, Grand Teton, Yellowstone, Yosemite... Et voilà le résultat...



Chiche!

Ça a commencé comme ça. Chiche... Juste un mot, une discussion, un pays comme ça, en passant, dans la longue liste de nos destinations rêvées... Nous revenons de Djerba, température 30°C, ciel bleu et le temps sur Lyon est celui d'un mois de novembre: brumeux 3°C. Il faut pourtant bien penser à rentrer.... Je reprend le travail et les parents rentrent en région parisienne.

Aussi ce chiche nous relance sur d'autres projets d'aventures : où? quand? Pourquoi pas l'ouest des USA? Deux semaines? Trois? Le train-train de chacun reprend mais mon temps libre est consacré au pianotage sur internet pour la préparation d'un éventuel voyage dans les grands parcs naturels de l'ouest des USA. De leur côté, les parents sont assez distants, peu impliqués, n'y croyant pas! Et pourtant! Petit à petit, le voyage s'installe... J'essaye de faire ça bien : c'est la première fois que j'organise ce genre de voyage et il y a peu de chance qu'on y retourne, alors ...

Et voilà! De projets de circuit en discussions sur le forum, de billets d'avion en réservations, nous réalisons que les USA c'est bien pour nous!! En mai, j'offre aux parents le Road Book du voyage. Je me rend compte alors qu'ils étaient très inquiets de partir sans tour operator mais maintenant ils semblent rassurés et heureux de partir avec autant de repères tout en gardant le côté découverte. La veille du départ arrive enfin et nous nous couchons avec plein d'images dans la tête et moi , avec le souci d'avoir zappé quelque chose.

Mercredi 23 juin: lever 4 h30, oups! On y est! Tout est prêt; la maison est fermée, direction Roissy. Rien ne nous permet de penser que deux vols successifs nous attendent. 8h10 décollage, direction Francfort, arrivée 9h 25. On a un peu d'attente à l'aéroport. On profite du temps libre pour faire quelques achats en duty free. Maryse se perd dans l'aéroport, ça promet... Pierre s'endort sur les fauteuils de la salle d'attente, nous en profitons pour nous esquiver afin de résoudre son problème de billet, nous passons la douane sans nous en rendre compte, plus de retour possible vers Pierre! Drôle de surprise à son réveil....heureusement le portable nous sauve. Le problème du billet de Pierre enfin résolu (non sans mal!), on se précipite dans une brasserie pour grignoter un morceau. Saucisses et choux, le tout noyé sous une sauce indefinissable. Ah la gastronomie allemande... Décollage vers les USA. On se regarde s'attendant au pire car l'avion a beaucoup de mal à se maintenir dans une position stable. Puis petit à petit, tout rentre dans l'ordre. Nous voilà partis pour 11 h 30 de vol. Gloups! Petit repas: goût de moisi, carottes sans vinaigrette .... on se repasse les plats convaincus que finalement c'est dég... Qu'est ce qui nous attend aux USA? Arrivés à San Francisco, heure locale 16h. Les collines sont sous les nuages, une ville dans la brume apparaissant de temps en temps lors d'une éclaircie. J'appréhende la douane: c'est un peu long mais enfin ça y est, nous sommes passés!



Nous empruntons la ligne Air Train Blue qui nous conduit à la zone de l'aéroport réservée aux agences de location de voitures. Direction le 4ème étage SFO, comptoir National... Jusqu'ici tout va bien ! Un type pas très bavard nous indique notre bolide: un superbe 4x4 Ford Explorer blanc tout neuf, nous n'en croyons pas nos yeux!



On nous donne les clés et basta! Débrouillez-vous! Et là on se sent seuls! Aucun conseil, le type qui nous a remis les clés semble même sourire en nous regardant. Tout le monde s'énerve... Cet incident pousse une dame à venir gentiment nous expliquer quelques bases du fonctionnement du véhicule. Nous sortons du parking quelques minutes après. Pierre est au volant et pas très à l'aise sur la quatre voies. Nous déposons « Super Titine » au parking (35$ la nuit!) et rentrons au Radisson Fisherman's Wharf pour notre premier soir à l'hôtel. Il fait frais, nous ressortons vers 20 heures pour aller manger dans un restaurant italien dans North Beach: le saumon est délicieux. Nous ne nous attardons pas, la journée a été particulièrement longue avec le décalage horaire. Pour aujourd'hui ce sera tout : dodo!

Jeudi 24 juin:

Le petit déjeuner, pris juste à côté de l'hôtel est très copieux : œufs, toasts, saucisses, café à volonté. Tout cela nous semble exceptionnel, pourtant nous allons réaliser dans les jours qui suivent, que c'est un petit déjeuner des plus banals. Au programme aujourd'hui : San Francisco et Alcatraz !





Nous prenons en voiture La Scenic Drive pour visiter le Golden Gate Park. Nous avons un aperçu du Golden Gate Bridge mais la brume est de la partie.



Nous faisons une petite promenade dans Lincoln Park. C'est notre première occasion de discuter avec quelqu'un du coin. On est un peu inquiet au départ par le style du gars mais nos appareils photos attisent sa curiosité et la conversation s'engage. Il nous conseille sur les sentiers à prendre et sur les coins à visiter. Nous montons ensuite à Chinatown via Transamerica Tower.





Après avoir vu les étals de nourriture, nous préférons nous contenter de la nourriture américaine : on oublie la bouffe chinoise, c'est plus sûr! Il est 3h de l'après midi, nous redescendons tranquillement vers le port.



A 18h10 nous embarquons à Pier33 pour la visite d'Alcatraz. Quelles émotions! Le temps est gris, le soir tombe, l'eau semble glaciale et Alcatraz, masse sombre à l'horizon, s'élève devant nous!







Nous suivons un guide mais ne comprenons pas grand chose à son discours; heureusement la suite de la visite se fera avec un baladeur qui nous fournit les explications en français. En un instant, nous nous retrouvons plongés au cœur de l'univers carcéral. La prison revit; cris, bruits de grilles, de chaînes... Quelques cellules ont été aménagées et semblent encore occupées grâce à des objets familiers: celui-ci peignait, un autre tricotait.... Nous revivons même une sanglante prise d'otages. Quel réalisme dans les bruitages! L'impression que Clint Eastwood va surgir est stupéfiante.





Vers 20h, nous regagnons le bateau sous un vent glacial. Nous dînons à côté de notre hôtel, pour Maryse ce sera une crêpe monstrueuse... Beurk! Dodo.

Vendredi 25 juin: Je me réveille à 4 h...., décalage horaire ou déjà dans les starting-blocks?

Le rituel du matin s'installe: petit café dans la chambre. Chacun prend sa douche, ferme son sac. Maryse qui n'a toujours pas digéré sa crêpe d'hier soir ne nous accompagne pas au petit-dej. Première leçon de vocabulaire appliquée pour Pierre : la commande des œufs et les toasts du petit-déjeuner. Et là, ça se complique très vite : over-easy, sunny side, scrambled pour les œufs, white ou wheat pour les toasts. Il faudra bien 4 semaines pour retenir tout ça! Nous partons pour Oakland où nous devons faire quelques courses et notamment acheter la glacière. Nous garons la voiture et partons à pied, galérons un bon moment avant de trouver un Sears. Maryse attend sur le trottoir avec les premiers achats pendant que nous finissons par trouver une petite glacière. En sortant, nous retrouvons une Maryse au bord des larmes, choquée de ce qui se passe dans la rue: c'est pas très bien fréquenté dans le coin... c'est pas très rassurant, nous traînons encore nos a prioris!

Enfin nous récupérons la voiture et partons vers le Sud. Nous passons à Monterey, traversons Carmel by the Sea et entrons dans notre premier StatePark « Point Lobos ». Nous pique-niquons sur une table prévue à cet effet et le soleil montre son nez: la chaleur apparaît et ne nous quittera plus jusqu'à notre retour. Nous faisons une balade sur la côte qui par bien des côtés nous fait penser à la Bretagne. Mais non, c'est bien l'Océan Pacifique qui s'étend devant nous. Sur le chemin lapins et écureuils traversent devant nous. Des éléphants de mer s'étalent sur des rochers en bas de la falaise. C'est une réserve naturelle: la faune et la flore sont très riches.





Vers 16 h nous quittons ce lieu pour trois heures de route vers Paso Robles. Je relaie Pierre au volant sans problème: il aura du mal à le récupérer dans les jours à venir... La route est superbe. Au gré des virages, nous entrons et sortons de la brume, découvrant alors plus ou moins la côte et les montagnes de la Californie. Nous arrivons finalement sous le soleil à l'Hampton Inn de Paso Roblès. L'hôtel est un peu à l'écart de la ville, nous nous y rendons pour manger et trouvons une jolie place avec des arbres; une ambiance de fête y règne c'est notre première soirée chaude d'été. Nous dînons dans un petit restaurant italien très sympa. Pierre s'offre un verre de vin de Californie: Excellent! Nous rentrons crevés, après un court passage sur internet pour donner de nos nouvelles, dodo!

Samedi 26 juin: Lever 6h (encore le décalage horaire), pianotage internet, café dans la chambre. Nous consultons le road-book: 433 km prévus. La journée qui se prépare s'annonce bien. Nous prenons le petit-déjeuner à l'hôtel, un buffet très varié. Nous effectuons le plein d'essence et prenons la direction de Lake Isabella (CA). L'autoroute est bordée de lauriers roses, rouges ou blancs. Des camions monstrueux circulent sur les deux voies, sur les côtés de la route s'étendent des vignobles et des propriétés gigantesques. Tout est géant: des roseraies, des champs d'amandiers, la végétation est luxuriante. Tout à coup à la place surgissent des puits de pétrole à perte de vue. Nous rentrons dans notre premier canyon: Kern River. La route est plus étroite et suit la rivière, c'est magnifique et par moment nous rappelle les Pyrénées. La température commence sérieusement à grimper. Ça sent vraiment bon les vacances! Nous longeons Lake Isabella sans toutefois nous arrêter tant les camping-cars sont nombreux et occupent le bord de l'eau. Nous finissons par trouver un petit coin sympa au bord de la Kern River et pique-niquons avec 35°C à l'ombre. Nous assistons au départ d'un raft: le courant est fort! Cela nous occupe un bon moment puis petite sieste …



Nous reprenons la route, longeons China Lake puis Owen's Lake (à sec) la route est droite à perte de vue et bordée de Joshua trees. Nous longeons la sierra Nevada, le thermomètre de la voiture indique 100°F (37°C). Nous arrivons à Lone Pine et sans le savoir le GPS nous conduit directement aux Alabama Hills! Surprenant spectacle de rochers avec en fond de tableau le mont Whitney couvert de neige: opposition complète entre ces sommets de 4000m et le sol désertique où nous sommes. Nous finissons quand même par rentrer dans Lone Pine et là, avons l'impression d'arriver en plein western: village typique en bois avec avancées couvertes permettant au rocking-chair de trôner face à la rue.









Notre hôtel (Le Dow Villa Motel) est celui où séjournaient John Wayne d'autres le temps d'un film. Pierre occupe le rocking-chair de John Wayne le temps d'une photo souvenir. Nous achetons des avocats, des tomates et des nectarines le long de la route. Nous attendons pour traverser la rue et à notre grand étonnement un poids lourd avec remorque, un monstre américain, s'arrête pour nous laisser passer: belle leçon de courtoisie! Nous repérons notre restau et goûtons à notre première viande made in US : extra! Puis dodo. La chambre étant toute petite, je dors dans un lit pliant mais très confortable quand même!!!

Dimanche 27 juin: Je réveille tout le monde à 5h pour aller voir le lever de soleil dans les Allabama Hills. Je sens comme un peu d'incompréhension dans l'équipe ... Nous enfilons short et tee-shirt, prenons les appareils photos et nous voilà partis.





Magnifique spectacle! Pas un bruit; quelques fêlés comme nous attendent le premier rayon de soleil mais ils sont loin et on a vraiment l'impression d'être seuls! Et là, c'est magique, des couleurs apparaissent sur les roches : les rouges se mêlent aux oranges et contrastent avec les parties sombres. Nous recherchons ensuite quelques arches. Il est 6h30, il fait jour et nous redescendons vers Lone Pine. Les parents reconnaissent que ça vallait bien l'effort de se lever tôt ! S'ils savaient : c'est loin d'être le seul Sunrise auquel on va assister. Repas copieux dans un restau au bord de la route, il fait déjà chaud. Hôtel, douche, bagages et départ à 8h. Nous retrouvons à l'accueil de l'hotel, le serveur du restaurant de la veille au soir. La femme de ménage nous a servi le petit-dej au café d'à-côté... Visiblement, toute la rue appartient à la même famille!

Devant nous la Sierra Nevada s'étale toute couverte de neige. A 9h, nous sommes aux portes de Death Valley; la végétation est de plus en plus rare, ça plombe: 32°C à l'ombre! La route est escarpée, nous sommes à 1500m d'altitude et nous allons descendre au dessous du niveau de la mer. Quelle immensité aride! Nous achetons le National Pass, qui nous ouvrira les portes de tous les parcs nationaux pour les semaines qui viennent. Nous ne nous parlons même pas. Nous faisons un premier arrêt à Zabriskie Point ensuite nous quittons la route principale pour Artist's Palets, succession de roches de toutes les couleurs.









Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et là, le témoin de surchauffe du moteur vire au rouge... petit moment de grande solitude, nous coupons la clim (comme indiqué à l'entrée du parc....en fait! Pas fous ces américains...) et tout rentre dans l'ordre! Mais on a eu chaud … dans tous les sens du terme! Arrêt à Natural Bridge. La chaleur est torride et le silence total, nous atteignons le point le plus bas: Bad Water, nous sommes à 85 mètres sous le niveau de la mer alors que le mont Whitney à 123 km culmine à 4300m!! Des cactus rouges vif, des hampes des fleurs jaunes jalonnent le bord de la route. Nous prenons la direction de Shoeshone, dans l'espoir de trouver un peu d'ombre le temps de manger un morceau. A 15h, nous pique-niquons sous un arbre: tout est bien frais dans la glacière, on apprécie le déjeuner: avocat, saumon, raisin et fromage blanc. On quitte la Californie et à 16h on rentre dans le Nevada, où nous faisons le plein d'essence avant de prendre la direction de Las Vegas.

Je suis au volant et assez tendue: il faut voir le monde et le nombre de voies de circulation! Nous longeons « Le Strip »: hallucinant! Un va et vient continu de gens sous une chaleur accablante, des hôtels grandioses et là, surprise pour les parents, nous sommes au « Bellagio » pour deux nuits! Devant nous s 'élève l'un des plus beaux hôtels qui soit! Nous déposons la voiture au parking et entrons directement dans la hall – immense – de l'hôtel. Des dizaines de montgolfières sont suspendues au plafond. Des bouquets géants décorent les bureaux d'accueil! Une serre en verre immense reproduit un jardin de fleurs naturelles : hortensias bleus, tournesols, etc...Chaque fleur fanée est changée chaque matin par les jardiniers. Des coccinelles, papillons sont constitués de fleurs, et photographiés de tous les côtés! Nous prenons l'ascenseur: direction le 24ème étage! Déjà les couloirs, c'est le grand luxe, et la chambre, un rêve!









La vue est imprenable sur les fontaines, recréant Versailles et en face la Tour Eiffel (bon d'accord, c'est pas la vraie, mais quand même!). Je nous met en stéréo la bande son du spectacle des jets d'eau. Plusieurs fois, nous nous installons dans les fauteuils face à la baie et regardons, chaque fois plus émerveillés. Nous faisons une lessive dans la baignoire. Il faut dire qu'il y a la place. Maman est rassurée: ça faisait quand même trois jours, le linge s'accumulait! Tout est étendu dans la douche, sur le bord de la baignoire et même le lavabo! Ah elle est belle la salle de bain du Bellagio!



Nous prenons la direction le Buffet du Bellagio. Ça dépasse tout ce que l'on peut souhaiter: crustacés, sushis à volonté, des corbeilles de fruits, des pâtisseries de toutes les couleurs! Que choisir? Pierre fait plusieurs allers-retours: c'est à volonté, faut en profiter!

A 23h, nous faisons une petite balade sur le Strip. Des odeurs de sucrerie traînent sur le trottoir, c'est écœurant d'autant qu'il fait très chaud!

A 23h45 nous rejoignons la chambre pour un dodo bien mérité. Quelle journée!

Lundi 28 juin: Serait-ce le lit qui est très confortable, le décalage horaire que l'on commence à digérer ou bien la fatigue du début du voyage qui se fait sentir mais on ne se réveille qu'à 7h45. Surprenant depuis notre arrivée aux USA! Nous prenons le petit-déjeuner au Bellagio, c'est festif et très copieux. Avant de partir, nous prenons quelques photos de l'hôtel. Puis nous ramassons le linge encore humide, il finira de sécher dans la voiture sur le parking. Nous gardons notre côté pratique dans ce monde surfait! Le GPS nous emmène sans encombres dans un Outlet Village, une grande galerie extérieure de magasins de marque à des prix défiant toute concurrence. Nous faisons nos premiers achats … Ensuite, c'est notre première galère: nous cherchons un magasin d'alimentation. Il nous faudra faire plus de 50km! Nous faisons un ravito pour les 3 prochains jours. Nous rentrons enfin à l'hôtel, nous sommes crevés!

Re-lessive au Bellagio! Finalement, le savon, l'eau et la possibilité d'étendage, c'est digne du camping! (c'est un peu plus cher quand même...). On prend un petit en-cas, faisons une petite sieste avant de s'armer de courage pour ressortir sous une chaleur étouffante. Au programme, le Strip, ses hôtels plus incroyables les uns que les autres et leur spectacle: Tout d'abord nous traversons les immenses couloirs du Caesar's Palace décorés de statues; colonnes gréco-romaines. C'est très décadent tout ça! Ensuite le Mirage. Nous plongeons en plein exotisme avec une véritable forêt tropicale au milieu de laquelle serpente un torrent. Nous prenons notre repas au buffet de cet hôtel. C'est pas mal mais on voit nettement la différence avec le luxe du Bellagio (serait-ce qu'on devient difficile?). En sortant nous assistons à une éruption volcanique. C'est magnifique: la musique, les couleurs, la température, on s'y croirait! Nous nous dirigeons enfin vers The Venetian. Devant nous, on découvre Venise reconstituée: canaux, gondoles, sculptures... Et tout ça, sous une voute digne des plus beaux cieux. Rien ne manque!

Nous rentrons à l'hôtel à 23h30. Encore une journée bien chargée. Qu'il fait bon se coucher!
De retour d'une croisière sur le Celebrity Solstice English translation pending
by PAP86 · 2012-06-06 · 153 replies
Lundi 4 juin : Barcelone --> Arcachon

Lever de bonne heure, en ce dernier matin, le débarquement est prévu de bonne heure. Pas de réunion d'information, on n'a pas eu, nous, de questionnaire qualité... Juste un papier explicatif, et des étiquettes à mettre sur les valises (fragiles, les étiquettes, on va en rajouter des "maison" collées sur les valises avec "Solstice Disembark 06/04 Group 18"). Alors il y a beaucoup plus de groupes que chez Costa (une cinquantaine, c'est le numéro qui compte, pas la couleur... dans chaque groupe, 40 à 50 passagers seulement, bref, un car, pour ceux qui ont un transfert).

Le plus surprenant, quand on sort de notre cabine, en ce jour de débarquement, c'est le calme qui règne... Aucune effervescence, presque personne dans les couloirs, ni les salons... Ce débarquement est à l'image de toute la croisière : jamais "speed", jamais personne qui court, qui crie... 😎

Pour la seule et unique fois (sauf le jour du brunch) on va prendre notre petit déj au buffet... Whaoo ! diversifié et des viennoiseries excellentes, avec des brioches "parisiennes", des pains au raisin... sans parler de toute la "mangeaille à l'anglosaxonne", que nous ne concevons pas au petit déjeuner... En tous cas, heureusement qu'on est resté sagement en cabine pour le petit déjeuner... sinon bonjour le poids... 😇

En suite, on est "prioritaire" pour sortir, mais les premiers numéros sont attribués aux transferts... Et notre heure de sortie est prévue à 7h 40... C'est déjà bien assez tôt alors que notre voiture est en principe prête pour 9h 30 (on pouvait pas demander plus tôt sur le site de Valet-Parking). Ils appellent un groupe en gros toutes les trois minutes, et à 7h 40 pétantes (pas 39, ni 41, hein), ils appellent le 18... On repasse à la cabine où on avait laissé nos bagages à mains pour aller déjeuner, et zou, direction la sortie, en 3 minutes on est dehors, par la grande passerelle comme à l'embarquement. Les valises arrivent sur tapis roulant qui tournent en boucle, les groupes les prennent au fur et à mesure, pas d'engorgement, Mme PAP, dont la logistique est la seconde nature, est bluffée par une telle organisation... sans qu'on sache d'ailleurs si on doit l'attribuer à Celebrity ou à la gare maritime de Barcelone.

Nous sortons dans le terminal B, il nous faut trois minutes pour récupérer nos 4 grosses valises... Je sors pour voir sur le parking, devant le terminal, si des fois Valet-Parking aurait de l'avance, mais non... J'essaie de revenir auprès de Mme PAP, mais paf ! je me fais arrêter par la police ! je dois faire le tour de l'autre côté, par l'entrée, pour revenir... Je leurs dis qu'ils viennent de me voir sortir 10 secondes et que je revenais juste sur mes pas, mais ils sont intraitables (j'ai comme l'impression qu'ils m'ont très bien compris, et qu'ils s'amusent à me forcer à faire le tour...)...

Il est 8 heures et nous allons attendre donc un moment dans le hall d'arrivée... A la relecture du papier (en Espagnol, j'avais pas bien lu 😊), je constate que si nous avons abandonné notre voiture ici même, il faut aller la rechercher à leur garage, à 5 minutes d'ici, et que c'est une navette qui va venir nous chercher... Je ressors "pour voir" vers 8h 45... Aaahhh ! le monsieur de l'autre jour, avec sa pancarte "VALET-PARKING" est déjà là (j'espère qu'il n'est pas là depuis 1/2 heure... 😕🤪 ). On confie tout notre barda à un porteur (il a un grand chariot, hein, on n'est pas des esclavagistes ! 😎 ) qui nous accompagne jusqu'au van du monsieur, nous dit que c'est gratuit (et empoche quand même un petit billet)... 10 minutes après, notre van se gare dans le garage où notre Vel Satis était bien à l'abri, lavée et sous housse platique (superbe prestation, pour un total de 159 euros les 12 jours + 10 euros pour le lavage).

Il n'est pas 9 heures 30 quand nous quittons Barcelone... Comme de bien entendu, le temps devient un peu plus nuageux quand nous passons en France, mais il ne pleuvra pas, et après plusieurs arrêts café et détente (car on a peu dormi, et l'autoroute n'est pas un endroit correct pour finir sa nuit 😇 ), nous serons à Arcachon vers 17 heures, pour dîner avec le mini-PAP n°5...

Et après une bonne nuit, et sans se presser, par un beau soleil, nous regagnons Poitiers...

Et une première pensée-bilan nous vient, concernant des éléments ne relevant pas de Celebrity.. mous aurons eu 12 jours de croisière *sur un lac* (jamais eu la moindre petite vague) et sous un soleil splendide voire trop chaud (et les deux heures d'orages en quittant Kotor ont fait partie du spectacles, avec les superbes éclairs sur les fjords et la montagne... mais ça n'a pas fait bouger le bateau, et l'orage a cessé dès que nous avons rejoint l'Adriatique...)

De superbes vacances, une croisière 100% réussie, yahooooooo ! Celebrity, c'est top ! (Dès aujourd'hui, même si c'est "pour le fun", je nous inscris au Captain Club) Même si, point par point, la comparaison avec nos souvenirs Costa est parfois en faveur de ce dernier... Mais il faut le reconnaître, 😕 , pas très souvent... mais c'est pas toujours la faute de Costa... Les passagers (enfin certains) sont parfois pour beaucoup dans les désagréments de croisière...

Bon, ben "y a plus qu'à" trier les photos , et revenir pour essayer de comparer point par point les choses que l'on connait, et à la lumière de nos expériences... C'est dire que, comme tout comparatif, ce sera à prendre avec moult pincettes... 😇 Notre avis n'est en rien "la" vérité absolue, si tant est que cette dernière existe... Je rappelle que nous nous classons sur cette croisière en "visiteurs curieux" (60% escales 40% bateau) voire même peut-être, du fait que nous n'avons pas fait "d'excursions bateau", en "visiteurs" (50 - 50)

Bon, alors voyons... on y retourne quand, chez Celebrity ? la question n'est plus en effet de savoir si on y retournera, mais juste *quand* et *où* 🙂🙂😎
De Las Vegas à Las Vegas (Utah, Arizona, Californie, Nevada - mars 2012) English translation pending
by DamianBlacks · 2012-05-11 · 44 replies
Maintenant que j'ai terminé de trier et traiter mes photos, je peux publier le carnet de nos 3 semaines passées dans l'Ouest des USA au mois de mars. C'est la 3ème fois en 4 ans que nous allons passer quelques semaines dans cette région. Et nous avons essayer de visiter des sites que nous ne connaissions pas ou qui méritaient une deuxième visite. Encore une fois, je tiens à remercier en particulier Marie Lefevre (mlefevre), Philippe Schuler (Sedonax) et Thierry Lagarde (wavemaster), et toutes les membres du forum. Vos récits, vos sites m'ont une nouvelle fois été précieux pour préparer ce voyage dans l'ouest américain.

samedi 10 mars: D’un continent à un autre

Très grosse journée du samedi afin de rejoindre notre premier hôtel à Cedar City, Utah. Nous sommes parti à 10h de gare du Nord (Paris, France) pour aller prendre notre avion à Heathrow (Angleterre) à 15h40. C’est parti pour 10h de vol … Arrivée sans problème à Vegas (Nevada, USA) à 18h45 et direction l’immigration. Il semblerait que nous soyons le seul vol, donc passage assez rapide pour une fois. Étape suivant: aller récupérer la voiture de location. Comme d’habitude, je suis passé par locationdevoiture.com. J’ai réservé un Jeep Liberty pour 3 semaines pour 540€. Évidemment, Alamo n’a pas ce véhicule. Dans la meme categorie, nous pouvons avoir un Toyota Rav4, qui n’est pas, d'après le loueur, un 4 roues motrices (4wd), et qui n’est pas très grand. Hors nous en aurons peut-être besoin pour la suite du voyage. Pour avoir un 4wd, le vendeur nous propose de prendre la catégorie au-dessus. Hésitations car c’est 550$ de plus. Le vendeur vérifie quand même si il a un 4wd dans cette catégorie. Pas de bol, il n’en a pas. Le seul véhicule 4 roues motrices de disponible, c’est 2 catégories au-dessus, et donc 1800$ en plus. Mais il nous propose ce modèle pour les 550$ de supplément du modèle inférieur. Nous n’avons pas vraiment le choix, on prend. On se retrouve donc avec un Chevrolet Traverse dans lequel on pourrait voyager à 6 … Il est 20h heure locale, et nous avons maintenant au moins 3h de route pour Cedar City (Utah, USA). Fatigué, nous arrivons enfin à l’hôtel, mais avec 2h de plus: 1h de decallage horaire entre le Nevada et l’Utah, et 1h supplémentaire car c’est ce dimanche que nos amis américains passent à l’heure d’été. Nous nous couchons donc à 2h du matin, éclatés.

dimanche 11 mars: Cedar Breaks, Kodachrome, Red Canyon

Les choses sérieuses commencent aujourd’hui. Nous avons rendez-vous avec Bryce Canyon et ses environs pour les 2 journées qui viennent. Levé 8h, nous avons donc eu droit à 6h de repos qui se sont traduites par 3 ou 4h de sommeil. Après le petit-déjeuner simple mais efficace du Best Western de Cedar City, nous partons au Wallmart faire quelques courses. 2h plus tard et 200$ en moins, nous partons serein en direction de Bryce: nous avons suffisamment de nourriture dans le coffre pour parer à toute éventualité. Comme je l’avais prévu, nous prenons la route qui passe par Brian Heads et Cedar Breaks. Nous découvrons avec surprise que Brian Heads est une petite station de ski qui a l’air très sympa. Je commence à me demander si nous n’aurions pas dû poser 2 ou 3 jours de plus histoire de skier un peu … Ensuite, nous nous arrêtons au point de vue Nord de Cedar Breaks, petit Bryce couvert de neige. D’ailleurs la route qui permet de visiter ce parc à la belle saison, est fermée, recouverte d’une épaisse couche de neige d’environ 1m50 … Il est plus de 15h lorsque nous arrivons enfin au Rubys Inn de Bryce Canyon, après une courte pause photos à Red Canyon. Nous posons nos affaires, nous nous préparons un petit sandwich et nous repartons, direction un autre parc: Kodachrome Basin. Nous n’avions jamais visité ce petit parc à l’est de Bryce, et nous allons y passer la fin d’après-midi. Nous choisissons de faire Panorama trail, histoire de nous dégourdir les jambes. Il est temps de nous habituer à marcher en moyenne altitude. Les principales attractions de ce parc, ce sont les cheminées calcaires, probablement signes de la présence de geysers, il y a bien longtemps. Nous faisons donc 2h de randonnée avec quelques arrêts photo, et vers 19h30, nous attendons le coucher de soleil qui ne donnera pas grand chose. Dommage. Il est temps de rentrer se reposer.





lundi 12 mars: Bryce Canyon

La journée commence très tôt pour moi, car je me lève à 5h30 pour retourner voir le lever de soleil à Bryce Point comme il y a 3 ans. Camille ne m’accompagne pas afin de se reposer. Evidemment, en me levant si tôt, j’arrive le premier sur le site. Le ciel est couvert et cela ne donne pas un grand lever de soleil, mais cela ne m’empêche de rester une bonne heure sur ce site magnifique. Sur le chemin du retour, je m’arrête à Inspiration Point, que je ne connais pas. J’en profite pour faire quelques photos supplémentaires … Je rentre vers 9h pour prendre une bonne douche chaude et un bon petit-déjeuner préparé par Camille. Un peu plus tard, nous repartons ensemble vers le Canyon. Nous avons décidé de refaire Fairyland Loop trail: c’est une très belle randonnée qui permet de prendre conscience de l’immensité et de la diversité des formations rocheuses de Bryce. Nous gardons un excellent souvenir de cette randonnée que nous avions faîte en environ 5h, il y a 3 ans. Nous allons cette fois la découvrir sous la neige. Voir Bryce Canyon sous la neige, c’est assez magique. Le blanc de la neige s'oppose au rouge, orange et jaune de la roche. En revanche, cette neige ne va absolument pas faciliter notre randonnée. En effet, le chemin va osciller entre neige et boue, rendant notre progression beaucoup plus lente. Résultat, 6h30 de rando … De plus, au lieu d’aller récupérer la voiture à Sunrise Point, nous poussons jusqu’à Sunset Point. Camille m’attend ici, et je repars chercher la voiture. Je me dépêche car je veux justement prendre quelques photos à Sunset Point. Malheureusement, je vais arriver trop tard. Dommage. Nous rentrons à l’hôtel exténué. Et dire que j’ai prévu de nous lever très tôt demain matin … je crois qu’on va se lever plus tard finalement.





mardi 13 mars: Escalante – Capitol Reef

Comme je le supposais hier soir, nous avons quitté le Ruby’s Inn plus tard que lors de mes prévisions initiales. Je pensais aller profiter du lever de soleil à Devil’s Garden, près d’Escalante (Utah, USA), mais nous nous contenterons de la lumière du matin. À Escalante, nous faisons un arrêt au Visitor Center pour vérifier l’état de la Hole-In-The-Rock Road et afin d’avoir quelques informations concernant l’accès à Zebra Slot. Aucun problème. Premier arrêt: Devil’s Garden. Ce site porte bien son nom tellement on a l’impression que des doigts sortent de terre. De plus, d’ici, la vue sur le Staircase est fascinante. Deuxième arrêt: Zebra Slot. Cette fois, il y a un peu de marche avant d’atteindre le site: 5 miles aller-retour. La petite rando est agréable et le paysage est splendide. Arrivé à Zebra Slot, ça se complique un peu. C’est très étroit et il faut adopter la marche à “l’égyptienne”, i.e. de profil … Un obstacle supplémentaire apparaît sous la forme d’une grosse pierre coincée à environ 1m. Je vais réussir à me hisser sur la pierre, non sans m’être explosé le tibia gauche dessus: ma souplesse légendaire! Camille me passe mon grand angle et mon trépied et décide de m’attendre ici avec les affaires. Une fois cet obstacle effacé, le reste du chemin est plus simple. Zebra Slot porte aussi bien son nom. C’est comme Antelope Canyon mais avec les parois zébrées et ondulées. Magnifique. Nous reprenons ensuite la Scenic Byway 12. Nous traversons successivement des paysages extrêmement variés: des zones arides, des montagnes enneigées, des forêts denses. C’est vraiment impressionnant. Nous arrivons en fin d’après-midi au Capitol Reef National Park et nous découvrons ses grandes parois rocheuses rouges. Nous n’allons passer malheureusement qu’une journée et demi ici, et comme 1 journée entière sera consacrée à Cathedral Valley, si c’est possible, nous ne devons pas trainer pour avoir un aperçu du parc. Nous partons directement faire la courte randonnée de Hickman Bridge afin de profiter d’une lumière plus chaude sur la Pectol Pyramid et sur Capitol Dome. Ensuite, nous nous arrêtons sur le site où d’anciens pétroglyphes ornent la paroi rocheuse. Puis, nous enchainons avec la Guilford Fam House. Et enfin, nous allons voir le coucher de soleil à Panorama Point. Je vous l’ai dit, la fin de journée était dense, et en plus, c’est le seul endroit où je n’ai pas réservé d’hôtel. Mais, à cette période de l’année, ce n’est pas le plus dur à trouver.









mercredi 14 mars: Cathedral Valley

Pour une fois, nous pouvons un peu dormir ce matin. Ce n’est pas la peine de nous presser car j’ai prévu de partir vers Cathedral Valley vers midi. Mais avant de tenter notre chance, nous passons par le visitor center de Fruita pour prendre connaissance de l’état de la route et du niveau de la Fremont River. En effet, pour atteindre la Hartnet Road que nous allons emprunter aujourd’hui, nous devons traverser une petite rivière avec notre super 4wd. La personne au visitor center nous informe que la route est praticable et que nous devrions facilement traverser la rivière au niveau du guet. Donc, c’est parti. Une fois arrivé au guet, j’avoue avoir un peu d’appréhension. Ce n’est pas comme si je traversais une petite rivière en voiture tous les jours. Nous suivons les conseils reçus au visitor center: rentrer dans la rivière, coller la rive droite et ensuite tourner à 90° vers l’autre rive. Tout se passe très bien, nous sommes de l’autre côté et nous allons commencer notre balade de 58 miles dans Cathedral Valley. Même si j’avais repéré les principaux sites sur le GPS, nous suivons le guide acheté au visitor center pour 2$. Nous passons par les multicolores bentonites hills. Nous nous arrêtons ensuite déjeuner au Lower South Desert Overlook. Nous profitons du silence et de la vue sur le monolithe Jailhouse Rock. Notre étape suivante est la randonnée qui va nous mener à un point de vue sur la Lower Cathedral Valley, et donc sur d’autres monolithes appelés Temple of the Sun et Temple of the Moon. Nous terminons notre journée en profitant du coucher de soleil sur Upper Cathedral Valley … enfin presque, étant donné que le soleil sera voilé par un énorme nuage. Et c’est aussi presque la fin de notre journée, car nous allons ensuite continuer notre route pendant 15 miles jusqu’aux fameux Temples. Nous allons dormir ici, juste en dehors du parc. Oui, nous allons dormir en plein milieu de nulle part, dans la voiture. Le Chevrolet Traverse s’avère être d’une taille parfaite pour deux adultes, nos 2 sacs de voyage et les courses qu’il nous reste. Nous rabattons les deux rangées de sièges arrière et nous nous installons pour dormir dans les 2/3 de l’espace dégagé.





jeudi 15 mars: En route pour Moab

Nous nous levons de bonne heure pour voir le lever du soleil sur les Temples, après une bonne nuit dans la voiture. Nous arrivons aux pieds du Temple of the Sun et nous avons la chance de voir le soleil rougir les 2 monolithes. Après quelques photos sur ce site pendant que Camille range la voiture, nous avançons vers le deuxième monolithe: Temple of the Moon. En dehors de quelques stratocumulus, le temps est une nouvelle fois magnifique. Il est temps de reprendre notre route en direction de la Highway 24. Nous faisons encore quelques arrêts pour prendre quelques photos. Cathedral Valley est un site magnifique, immense et d’une grande quiétude. J’avais des doutes quant à la faisabilité de cette étape au mois de mars, mais finalement, cela s’est très bien passé, et nous avons vraiment apprécié ce site. Sortis de Cathedral Valley, nous prenons la route vers Moab (Utah, USA) et décidons de faire escale à Goblin Valley. Nous n’y arrivons pas forcément au meilleur moment de la journée, d’un point de vue lumière évidemment, mais il est difficile de ne faire que des levers et des couchers de soleil. Protégés par de hautes parois, plusieurs champs de formations rocheuses en forme de champignons sortent de terre. Nous décidons de faire l’une des trois randonnées proposées et à notre grande surprise, elle nous conduit à l’extérieur de la zone “intéressante”, celle avec les grands champignons. La randonnée n’est pas inintéressante, mais je pense que dans ce parc, il est plus amusant de se balader au milieu de ce champ de champignons. C’est un parc très ludique, surtout pour les enfants. La rando terminée, nous descendons dans la vallée de Gobelins pour voir ces drôles de gnomes, de champignons de plus prêt. Nous reprenons ensuite la route vers Moab. Avant de trouver notre hôtel, nous prévoyons une petite rando mystérieuse dans Canyonland afin de trouver False Kiva. Le fameux site “confidentiel”. La randonnée nous conduit dans une zone boisée magnifique et aux odeurs agréables. Après quelques, enfin plusieurs, hésitations, nous rejoignons à priori le bon chemin. A moins d’1km de l’objectif, nous vérifions l’heure afin de ne pas effectuer le chemin retour, non balisé, dans le noir. Il est, semble-t-il, 18:30 et nous décidons de faire demi-tour afin de regagner la voiture et pouvoir assister au coucher du soleil depuis un autre point. Le chemin trouvé pour la Kiva, nous saurons le retrouver demain. Arrivé à la voiture, l’horloge indique 17:50 … nous n’avions pas changé nos montres depuis Vegas et nous nous sommes plantés! Nous sommes des boulets! Tant pis, nous verrons demain. Nous saisissons cette malchance pour repasser à Mesa Arch, Green River Overlook et Grand View Point: un peu de repérage pour l’expédition matinale de demain. Arrivés à l’hôtel, c’est la course à la douche! Nous en avions bien besoin … Pour notre retour à la civilisation, nous décidons d’aller diner dehors pour une fois. Nous hésitons entre la brewery et le resto italien. Nous avions essayé les 2 il y a 3 ans. Notre choix se porte sur le resto italien, dont j’ai un excellent souvenir de leur pizza. Ce sera une pizza pour moi, des linguini à tomber pour Camille, et évidemment une bonne pinte de bière locale pour faire passer tout ça! Après cette belle journée, nous pouvons aller nous coucher, surtout que je vais me lever très tôt demain matin.





vendredi 16 mars: Canyonland / Arches

C’est reparti pour un lever de soleil, cette fois à Mesa Arch: un classique. Debout 5h45 et départ 6h afin d’être sur le site à 7h. Il y a souvent du monde sur ce site pour le lever de soleil et les places sont chères pour poser son trépied. Je laisse Camille dormir. Lorsque je j’arrive sur le site, en m’éclairant de ma lampe torche, afin d’éviter de me casser la gueule, il y a déjà une personne. C’est un Californien et c’est sa « première fois », comme moi. Petit à petit, le site se peuple. Et effectivement, 10 mn avant le lever, il y a une rangée de trépieds en face de Mesa Arch. Il y a également une deuxième rangée de personnes sans trépied. Le soleil se lève et c’est parti pour le crépitement des appareils photos. Tout l’intérêt du site réside dans le fait que le dessous de l’arche rougisse en voyant apparaître le soleil: c’est mignon! Je continue ensuite mon périple photos matinales dans Canyonland par Grand View Point et Green River Overlook. Il n’y a quasiment personne sur les sites à cette heure-ci. Je repars vers Moab aux environs de 9h30 et j’arrive comme prévu vers 10h15 afin de me doucher et d’aider Camille à ranger les affaires dans la voiture. Depuis hier, le tendon d’Achille de ma cheville gauche commence à me faire mal. Il semblerait que mes chaussures de rando, que je n’ai pas mise depuis 9 ans, me mâche la cheville. Et en plus, je les porte constamment (sauf pour dormir, pour les petits malins) depuis le début du voyage. Les clés de la chambre rendues, nous repartons vers Canyonland pour essayer d’atteindre aujourd’hui cette fameuse Kiva. Arrivés au départ du trail, je remets mes chaussures de rando que j’avais quitté hier soir car ma cheville commençait à tirer. Ce n’est pas brillant: j’ai du mal à marcher avec … que faire … je ne vais pas continuer à m’abimer la cheville alors qu’il reste plus de 2 semaines de voyage et de nombreuses randos. Nous prenons la décision de ne pas faire cette rando, ni celle menant à Delicate Arch (rando que Camille n’aime pas trop de toute manière). Un peu déçu, nous quittons Canyonland pour basculer dans le parc des Arches. Nous déjeunons en face de Balanced Rock avec en arrière plan les montagnes La Sal enneigées. Le vent commence à vraiment se lever et je dois constamment faire attention à mon trépied … Nous faisons l’autre rando vers Delicate Arch. Cette randonnée ne nous amènera pas au pied de l’arche comme il y a 3 ans, mais en revanche, elle nous permettra de voir l’arche de derrière. D’ailleurs, à cette période de l’année, je ne pense pas que le côté « classique » de l’arche bénéficie d’un bon ensoleillement, alors que sa face arrière est bien éclairée. Ca change de la dernière fois, et c’est moins dur! Un dernier arrêt photo pour recapturer les pétroglyphes de Wolfe Ranch. Mes photos d’il y a 3 ans de ces pétroglyphes ne sont pas nettes, et tant que je suis là, autant en refaire de bien nettes. Nous quittons le parc des Arches, après cette rapide incursion. Retour vers Moab. Il est évident que je ne vais pas pouvoir continuer le voyage en utilisant mes chaussures de rando actuelles. Donc on va essayer de me trouver des chaussures de trail, style Salomon XT Wings, comme celle que j’ai déjà, et qui sont restées à Paris. De toute manière, je dois les changer. Vous pensez que cela va être simple, surtout dans une ville comme Moab, pas si petite et où le sport (VTT, Trail, …) est omniprésent. Et bien détrompez vous, c’est la galère. Nous faisons 3 magasins avant que Camille en trouve un qui vende des Salomon. Pas de XT Wings mais des X Ultra, très confortables, dont je vais me contenter. Nous pouvons continuer un peu plus rassurés pour les randos à venir. Nous prenons la route vers Blanding (Utah, USA) pour y passer la nuit.







samedi 17 mars: De Blanding à Page

Il est 6h et il est temps de se lever, car encore une fois, une grosse journée nous attend. J'ai l'impression de répéter cette phrase tous les jours depuis que nous sommes arrivés ... Heureusement que ce sont les vacances! Notre première étape est Road Canyon où une randonnée doit nous emmener vers Fallen Roof Ruin, ancienne habitation indienne. Nous engageons le 4wd sur la piste qui mène au début du chemin de randonnée. Entre la neige glacée, la boue et le sable, on repeint un peu (trop) le véhicule … enfin, nous signons le registre, nous nous acquittons des droits d’entrée (2$ par personne) et nous commençons la rando. Encore une fois, le chemin n’est pas très clair et nous montons trop haut: il faut éviter de suivre bêtement les cairns. Nous redescendons et nous finissons par trouver l’habitation en question. C’est tellement petit, que je me demande si nous n'avons pas trouvé le village des Schtroumpfs! Sur le chemin du retour toujours un peu enneigé, nous nous pressons un peu plus, le ciel devenant de plus en plus menaçant. Je ne tiens pas à vérifier si ce qu’il y a d’écrit sur le panneau passé à l’entrée indiquant “chemin mouillé impraticable ” est vrai. Finalement, nous rattrapons la route principale sans problème et nous nous arrêtons prendre un petit thé chaud afin de nous remettre (quel achat judicieux ce thermos!). Nous repartons en arrière sur la route afin d’aller cette fois faire la rando dans Mule Canyon. Vous me direz, pourquoi ne pas l'avoir faite à l'aller: pour des raisons de lumière et donc de photo! Cette rando nous mène vers House on Fire, encore des habitations indiennes. Merci "Photographing the Southwest". Nous reprenons la route dans le sens inverse, i.e. nous repartons vers Road Canyon. Ca donne le mal de mer, non? Direction Valley of the Gods. La route s’arrête d’un coup pour devenir une piste en zigzag descendant le canyon, c’est Mokey Dugway. De là haut, nous voyons l’immensité du territoire et peut être même Monument Valley. Dans Valley of the Gods, qui ressemble à Monument Valley en moins impressionnant, nous circulons sur un chemin de terre une bonne heure. Le ciel est très nuageux, et cela écrase un peu l’horizon. Donc, nous ne sortons pas vraiment emballé de ce site. Ensuite c’est direction le Gooseneck de San Juan. Pour ceux qui connaissent Horseshoe Bend, c’est dans le même style, mais un peu moins photogénique pour moi. Mais, je ne suis peut-être pas bon juge tellement j’aime Horseshoe Bend. Nous restons juste le temps de faire quelques photos pendant que Camille fait une sieste réparatrice. Nous continuons notre chemin en passant à côté de Monument Valley. Nous nous arrêtons juste le temps de prendre un cliché très classique. Le vent souffle fort entraînant derrière lui ces amas de brindilles que l’on voit souvent dans les westerns. Puis nous arrivons à Page (Arizona, USA) où nous retrouvons nos petites habitudes.







dimanche 18 mars: The Wave

Aujourd’hui, nous sommes le Dimanche 18 Mars. Vous allez me dire: « Oui, et alors? ». Je vais vous répondre simplement que nos 3 semaines de vacances dans l’Ouest des USA sont construites autour de ce jour ô combien important. En effet, c’est aujourd’hui que nous devons aller voir le fabuleux site de the Wave! J’ai eu la chance d’être tiré au sort en participant à la loterie sur internet, et nous avons donc cette fois 2 permis. Camille, qui avait obtenu un seul permis sur place il y a 2 ans, et qui me l'avait donné, va enfin pouvoir admirer ce site avec moi. En théorie, c’est simple. Dans la pratique, c’est plus compliqué. En effet, depuis plusieurs jours, je regarde les prévisions météo dans la région de Page et Kanab (Utah, USA), et elles ne sont pas vraiment bonnes pour Dimanche et Lundi. Pas de chance. Et ce matin, les prévisions se confirment: il neige à Page. Oui, oui, il neige, et la neige tombe fort. Nous essayons d’appeler les centres BLM notés sur notre permis mais personne ne répond. Hors de question de se laisser abattre: commençons par un bon petit déjeuner hivernal avec du bacon, des œufs brouillés et des toasts. L’estomac calé, nous prenons la route pour voir si l’un des bureaux des rangers est ouvert. Nous voulons savoir dans quel état est la route pour accéder au début du Wire Pass Trailhead. Mieux vaut être prudent. Premier stop à Big Water, fermé. Deuxième stop à la petite Paria Station sans trop y croire: bingo, elle est ouverte! La jeune ranger adorable nous confirme que nous pouvons y aller, et, en revanche, de faire attention au verglas qui pourrait vite arriver. Tranquillisés, nous reprenons la voiture, excités de pouvoir y aller et un peu nerveux pour la route. Nous arrivons au parking sans problème, notons notre passage sur le registre et partons vers le site mythique: il est environ midi. Il semblerait que nous ayons une fenêtre de tir car le ciel se veut un peu plus clément pour l’instant. Donc, nous ne trainons pas en route et nous nous dirigeons directement vers The Wave, sans passer par la case Lace Rocks comme je l’avais fait il y a 2 ans. 1h30 plus tard nous y sommes. Le chemin n’est pas vraiment balisé mais le feuillet des rangers est assez précis. La randonnée est relativement accessible mais la dune de sable à la fin est un peu raide. Et après… oh merveilleuse nature, les stries de couleurs dans la roche sont magnifiques, le site spectaculaire! Nous y restons un peu plus d’une heure et demie avant de partir vers la deuxième Wave. Là, le vent se lève vraiment. On commence à prendre conscience de ce que “rafales à 60 km/h” signifie! Le ciel s’obscurcie aussi très rapidement … Il est temps d’accélérer le mouvement, et de repartir à la voiture. Nous ne serons restés que 2 heures sur le site, et je n’aurai pas pu, encore une fois, grimper sur Top Rock. Mais, il me semble que ce n’est pas le moment de prendre des risques: nous avons vu l’attraction majeure. Nous reprenons notre chemin et à environ 30mn de la voiture, la neige arrive rendant notre visibilité et notre avancée plus difficiles. Arrivé à la voiture, nous reprenons la House Rock Valley Road, et je ne traine pas en route. Pas le temps de fignoler. La neige tombe de plus en plus fort et je ne tiens pas à rester bloqué sur la route, même si nous avons les duvets, les matelas, de la nourriture et de l’eau dans le coffre. Enfin, nous arrivons sur la route goudronnée, rassurés! Nous repartons vers Page et, en chemin, nous faisons un petit arrêt photo près de Lake Powell. Nous rentrons nous réchauffer avec un thé et des cookies. À la vue des prévisions météo pour demain, qui ne sont pas très bonne encore, nous décalons notre excursion à Coyote Buttes South à mardi. En effet, j’ai 2 permis, un pour lundi et un pour mardi, et le temps devrait être plus clément mardi. Pour bien finir cette soirée et vu que demain c’est relâche, nous allons au cinéma à Page. Nous avions trouvé cela sympa, il y a 2 ans, et cela l’est encore. Nous allons voir « John Carter », du roman d’Edgar Rice Burrough, qui a été en grande parti tournée dans la région, à la Paria Movie Set et au Lake Powell. C’est assez sympa de voir ces superbes paysages dans le film. Un bon moment! Demain, c’est repos. Donc, à priori, pas de photo, car nous allons glander, faire de la lessive, glander, et enfin … glander! Les vacances!







mardi 20 mars: White Pocket / Coyote Butte South

Après une journée de repos bien méritée, nous allons avoir aujourd’hui une journée bien chargée: White Pocket, Cottonwood Cove et Paw Hole. N’ayant pas pu utiliser notre permis pour Coyote Butte South hier, nous allons utiliser notre deuxième permis aujourd’hui. J’ai bien fait d’en prendre 2 … Nous avons rendez-vous avec Steve et Susan du Paria Outpost & Outfitter à 8h30, heure de l’Utah, i.e. 7h30 heure de l’Arizona, notre référence actuelle. Nous allons donc nous lever une fois de plus à 6h! Depuis plusieurs semaines, je suis en contact avec Kurt, qui nous avait servi de guide la dernière fois et qui travaille avec Steve et Susan, pour préparer cette journée. Malheureusement, étant donné que nous avons dû décaler cette excursion, nous ne verrons pas Kurt aujourd’hui. Nous partons avec Steve aux environs de 8h30 comme prévu. La tempête de neige est passée, il fait un temps magnifique! Comme Dimanche, nous reprenons la House Rock Valley Road, mais avec le 4wd de Steve. Rien avec voir avec notre voiture, et heureusement! Je n’ai pas dû le préciser, mais la House Rock Valley Road est un chemin non goudronné, quelque peu cabossé à certain endroit, mais sur lequel une voiture « normale » peut rouler. En revanche, pour aller à White Pocket, notre premier arrêt de la journée, nous empruntons une piste. Je vais faire la différence entre chemin et piste. Ici, la piste, c’est du sable, des gros cailloux, des zones rocheuses, du sable, des gros cailloux, … Vous m’avez compris, je suis bien content de ne pas avoir à prendre notre voiture de location pour rouler là-dessus, et je suis encore plus content que ce soit Steve qui conduise! Nous arrivons à White Pocket aux environs de 10h. Il n’est pas nécessaire, à l’heure actuelle, d’avoir un permis pour visiter cette zone. Il faut juste un bon 4wd et surtout savoir le conduire. White Pocket est surement l’un des endroits préféré de Camille, qu’elle appelle le grand cerveau. Comme le laisse entendre son nom, ce site est majoritairement blanc. En fait, sous la première couche de roche blanche se cachent d’autres couches de couleurs: rouge, orange, jaune. La roche semble avoir été torturée: elle fait des vagues, des boucles. Nous passons 3h sur ce site et nous n’avons vraiment pas vu le temps passer. Nous partons ensuite en direction de Cottonwood Cove, qui est à 45 mn de voiture. Après une courte pause pour déjeuner, nous attaquons la visite de Cottonwood Cove. Cette fois, pas de première couche blanche, nous avons immédiatement droit aux couleurs: jaune, orange, rouge, violet, rose … Des drapés violets viennent couvrir la roche orange. C’est de toute beauté, et étant donné qu’il est environ 16h, le soleil commence à réchauffer ces couleurs: c’est encore mieux ! Encore une fois, nous passons quasiment 3h dans cespaysages extraordinaires. Il est temps de filer vers notre dernière étape: Paw Hole. Nous n’allons pas explorer en profondeur ce site, mais nous allons nous en approcher un peu plus que la dernière fois. Paw Hole, c’est un ensemble de cônes ou teepees, d’un orange tirant sur le rouge. Et avec le soleil qui se couche, les teepees sont de plus en plus rouge. Cette journée nous donne un aperçu complémentaire de celle que nous avions eu il y a 2 ans. Et je vous garantis que si vous passez dans la région, c’est une journée à planifier … et dans ce cas, n’hésitez pas à passer par le Paria Outpost & Outfitter, vous passerez une excellente journée en leur compagnie!







mercredi 21 mars: Coal Mine Canyon / Horseshoe Bend

Je ne sais pas si c’est la journée d’hier, mais ce matin, c’est vraiment difficile. Nous prenons notre temps, et décidons d’aller faire un tour jusqu’à Coal Mine Canyon, à côté de Tuba City (Arizona, USA), en début d’après-midi. Nous partons donc aux environs de 12h30 et nous arrivons 2h plus tard. Les zones habitées que nous avons passées nous rappellent que notre mode de vie et notre environnement est bien différent des indiens vivants dans la réserve. En suivant les indications que j’ai trouvées sur différents sites, nous trouvons l’entrée de Coal Mine Canyon. Nous nous garons et marchons un peu autour du canyon. Nous ne pouvons y descendre, du moins depuis là, et puis, je crois qu’il faut un permis. Je ne sais pas si nous sommes à l’endroit le plus photogénique du canyon mais les couches colorées sont assez impressionnantes: blanc, noir intense, orange, rouge puis marron. Après une courte balade nous reprenons la voiture pour essayer d’aller vers un autre point de vue, là où les zigzags colorés sont plus visibles. Nous voilà partis sur une piste qui n’a pas dû voir de véhicule depuis bien longtemps! Du coup, étant donné que la route est un enchainement de boue et de sable, il est assez difficile de conduire dessus, voir peu prudent par moment. Après 500 mètres, nous décidons de rebrousser chemin, la piste devenant de plus en plus imprévisible. Il serait dommage de rester coincés ici, surtout que cela nous couterait cher pour nous sortir de ce pétrin! Nous rebroussons donc chemin vers la vraie route. Là, nous essayons de trouver une autre entrée: sans succès. Nous décidons donc de revenir vers Page et de nous arrêter à Horseshoe Bend. Il y a beaucoup plus de monde que les années précédentes, et pourtant nous sommes au mois de mars. Je n’ose imaginer ce que cela doit être pendant la haute saison. Peut-être le panneau indiquant le lieu sur la route principale et les quelques aménagements faits sur le site y sont pour quelque chose. Nous y restons quelques heures, histoire de profiter du lieu et de faire quelques photos au coucher du soleil. C’est agréable mais je regrette le coucher de soleil de la veille, beaucoup plus impressionnant, grâce aux nuages. Comme le dit Camille, nous devons nous réjouir de ce que nous avons pu voir et c’est vrai que nous avons de la chance, le soleil était au rendez-vous aujourd’hui et le lieu est magnifique.



jeudi 22 mars: Antelope Canyons

Ce matin c’est un peu grasse mat: nous avons réservé le Photography Tour pour Upper Antelope à 10h30. Le tour se fait avec un des opérateurs Navajo opérant depuis Page. Nous sommes chargés à l’arrière du pick-up avec 6 autres personnes. Un petit mot sur notre moyen de transport: il est 10h30 précises et on se rend compte qu’un des pick-up ne démarre pas. Les autres groupes prennent la route et là, on se dit “tu vas voir avec notre chance, il est pour nous celui-là!”. Le conducteur de l’engin en panne passe un coup de fil et un gros 4wd arrive. Rassurés? Pas du tout! Ils sortent les pinces et font démarrer l’engin qui lâche un nuage noir épais! Bon là, on se dit que c’est bon mais non, il part faire de l’essence … Patience. La route vers Upper Antelope assez rapide: environ 15mn avec 3 miles dans le sable à fond les ballons durant lesquels il vaut mieux fermer la bouche et les yeux! On arrive enfin à l’entrée où il y a déjà pas mal d’autres 4wd : même au mois de Mars, il y a du monde. Nous avions déjà visité Lower Antelope Canyon mais c’est notre première fois ici. A notre arrivée le canyon est très sombre. Nous sommes venus pour les célèbres rayons de lumière donc on espère en avoir un ou deux. Nous passons les autres groupes pour avancer plus profondément dans le Slot. La lumière est toujours très faible et on oublie vite les 22 degrés qu’il fait dehors … petit à petit on revient en arrière et voilà, nous avons notre premier rayon de lumière. Bon, il y a du monde alors c’est un peu la course dans le canyon. On aura de la chance avec deux rayons supplémentaires. Et dire que ce n’est pas la haute saison. Ça m’impressionne. De retour à Page, nous récupérons la voiture et nous repartons vers Lower Antelope. Nous en gardons un très bon souvenir. Lorsque nous arrivons, il n’y a que quelques voitures. Et nous allons avoir la chance de nous balader pendant 2h dans le canyon, sans guide, et en ne croisant quasiment personne. Franchement c’est très agréable. Globalement, nous préférons ce Canyon. Ensuite c’est retour au motel, déjeuné dans le jardin, discussions avec le gérant et direction Wahweap Marina au bord du lac Powell. L’entrée payante est inclue dans le National Park Pass donc nous en profitons. Depuis la route, nous longeons le lac vers la marina. C’est assez joli et Camille se demande encore comment c’était avant, avant que l’eau envahisse la zone. Nous avons l’impression que le niveau de l’eau a encore baissé, ce qui nous amène à réfléchir à l’utilisation par notre société de l’or bleu … surtout Las Vegas! A la marina nous prenons deux bonnes glaces, que, pour une raison inconnue, la serveuse nous offre (non, elles ne sont pas périmées). Nous nous installons sur les transats, au bord de la piscine avec vu sur le lac. Le soleil étant de la partie, nous passons une fin d’après-midi des plus agréables! Le soleil couché, nous repartons vers Page où nous allons essayer le Fiesta Mexicana, histoire de vérifier si les commentaires postés sur Trip Advisor sont corrects.





vendredi 23 mars: Edmaier’s Secret

Nous arrivons presque à la fin de notre séjour à Page, déjà! Ce matin, levé raisonnable à 8h. J’essaie de nettoyer mon capteur après avoir changé d’objectif à l’intérieur d’Antelope Canyon hier… et oui, je sais, ce n’était pas à faire avec toute cette poussière! Pour la troisième fois, nous reprenons la House Rock Valley Road. Nous allons cette fois nous promener à un endroit appelé Edmaier’s Secret, site que j'ai évidemment découvert sur ce fantastique forum. Nous nous garons au départ de la randonnée pour Buckskin Gulch. Le permis s’achète sur place pour $6 par personne. La rando commence doucement, 4 miles essentiellement dans le lit d’une rivière, avec pas mal de sable, c’est un peu meuble mais on avance. Ensuite, c’est un peu plus l’aventure, car j’ai récupéré quelques informations sur Internet, mais est-ce que cela sera suffisant? Nous quittons la rando qui mène à Buckskin et nous nous dirigeons vers les Brain Rocks. L’un des objectifs du jour, c’est de trouver des Lace Rocks car je n’ai pas pu montrer à Camille ceux que j’avais vu sur le chemin menant à The Wave. D'après le GPS, les points que nous recherchons semblent être plus haut alors c’est parti, nous commençons à monter, puis à escalader. Nous faisons une pause une fois arrivée au-dessus des Brain Rocks. De là, nous pouvons voir que certaines portions du paysage ressemble très fortement à White Pocket. Nous continuons notre montée. La vue est vraiment magnifique: on retrouve maintenant certains paysages de Coyotte Buttes South, de vrais similarités au moins. Nous trouvons ensuite quelques Lace Rocks (YES!!!) et des stries colorées dans la roche faisant penser à The Wave. Le site tient bien ses promesses, c’est superbe! Nous repartons vers 15h, un peu fatigués des montés et descentes nécessaires sur ce site. Une fois descendus, on se rend bien compte qu’en prenant à gauche de la formation centrale, l’ascension est BEAUCOUP plus simple …C’était pour le fun et parce que Camille adore tellement les pentes raides! Retour vers 16h à notre véhicule, on traîne un peu sur la route pour prendre encore quelques photos de ces couleurs si fascinantes que prend la roche. Une fois à Page, après une bonne douche, une bonne session lessive pour Camille et rangement des sacs pour moi, nous dînons et nous partons au cinéma local (et oui, encore) pour aller voir the Hunger Games. Et voilà, c’est notre dernière journée à Page, demain on reprend la route vers de nouveaux horizons, avec un peu de tristesse pour ma part, car j'aime beaucoup cette petite ville et son environnement …





samedi 24 mars: Grand Canyon

Nous partons vers 9h de notre motel. Nous faisons un stop au Safeway pour acheter un peu de nourriture pour nos sandwichs, et nous nous prenons 2 boissons au Starbucks pour déjeuner! Avant de quitter définitivement Page, nous faisons un dernier arrêt à Horseshoe Bend pour que je puisse prendre encore quelques photos. On ne devrait pas revenir de si tôt à Page, donc j’en profite! Depuis Page, nous mettons environs 2h30 pour rejoindre le Parc National du Grand Canyon. Je ne me souvenais pas que la végétation fût aussi présente sur cette rive aussi. La ranger qui nous accueille à l’entrée du parc est très sympa: en montrant mon passeport, elle essaie de nous parler en français. Elle nous explique qu’elle essaie d’apprendre le français toute seule et Camille lui montre son petit bouquin pour apprendre l’allemand. C’était assez rigolo comme situation. Vu que nous sommes entrés par le côté est du parc, notre premier arrêt est à Desert View. C’est la journée de l’archéologie aujourd’hui dans le parc, donc de petites randonnées sont organisées avec des rangers, des chercheurs et des universitaires. Camille demande donc les dispo au premier visitor center: sans succès. Nous trainons un peu autour de la Watchtower. Je trouve le point de vue que je recherche mais le ciel nuageux donne un aspect voilé et je décide de prendre des photos plus tard dans l’après midi. Nous partons donc vers notre hôtel. Pas de chance, la chambre n’est pas prête, il faudra revenir à partir de 16h. Nous grignotons un morceau en attendant, vérifions les prévisions météo et repartons en direction de Desert View afin de nous arrêter aux différents points de vue. Le canyon est très impressionnant, ses proportions sont au-delà de ce que nous pouvons voir. Nous devinons les quelques rapides de la Colorado River, rien d’impressionnant depuis ici … sauf que l’une des pancartes stipule qu’il peut y avoir des creux jusqu’à 3m! Nous retournons donc à la Watchtower pour faire les photos que je n’ai pas pu faire un peu plus tôt. Et ensuite, nous repartons à l’hôtel, récupérer notre chambre et déposer nos affaires, avant de nous diriger vers Hopi Point pour le coucher de soleil. Nous utilisons la navette pour nous y rendre. Très pratique ce système de navettes au sein du parc, un peu comme à Zion. Pas de chance, le coucher n’est pas fantastique, il y a trop de nuage épais! On ne peut pas dire que je sois très chanceux avec mes couchers de soleil pour l’instant. Bon, ça ira pour aujourd’hui, nous posons nos affaires et nous décidons d’aller faire un tour au resto, histoire de changer de notre ordinaire. Direction le Arizona Room: ils font des steaks et je crois que nous commençons à développer une petite carence en viande. Je prends un énorme steak et Camille, qui n’aime pas trop la viande, fait de même: c’est pour dire! Au passage, la viande est excellente!





dimanche 25 mars: Road 66

Ce matin, nous allons continuer un peu notre visite « touristique » de la rive sud du Grand Canyon. Nous quittons l’hôtel vers 9h, et après avoir pris un thé à emporter à la cafétéria, nous nous dirigeons vers Yavapai Point. Nous allons faire la petite balade qui va de Yavapai à Mather Point. Cela me permet de prendre d’autres points de vue du Canyon. A Mather Point, nous prenons le navette, ligne orange, pour aller bien plus loin: Yaki Point. Globalement, nous passons 2 bonnes heures à nous promener le long du Canyon. Il commence à y avoir du monde, mais ce n’est pas encore insupportable. Ça doit quand même être l’usine pendant la haute saison. Lorsque j’ai planifié le voyage, j’avais prévu de faire le premier tronçon de la South Kaibab Trail, qui n’est pas trop long. Mais depuis hier, Camille se ressent d’une cuisse (contracture ?), et vu que nos deux journées suivantes vont être un peu plus sportive, nous abandonnons l’idée de faire cette rando. Nous partons désormais en direction de notre étape intermédiaire: Seligman (Arizona, USA). Pourquoi étape intermédiaire? Tout simplement, car demain matin, nous devons aller à Supai, village indien au fond du Canyon. Il y a environ 3 ou 4 heures de descente, et l’idéal est de partir tôt pour profiter de l’après-midi sur place. Le rapport avec mon étape intermédiaire? Seligman est la ville la plus proche (enfin presque) avant de rejoindre le départ de la rando pour Supai. Pour ceux qui connaissent le film d’animation de Pixar, Cars, Seligman n’est rien d’autre que l’inspiration de la ville de Radiator Springs! C’est donc une étape folklorique intéressante. Et, en effet, même si la ville semble un peu à l’abandon, nous passons une bonne après-midi au milieu des anciennes voitures américaines qui, pour certaines, apparaissent dans Cars. Je vais aussi, pour une fois (et peut-être pas la dernière) mettre un petit mot sur notre chambre d’hôtel. Nous avons réservé au Canyon Lodge. Lorsque Camille va faire le check-in, elle se rend compte que l’un des managers de l’hôtel, n’est pas américain … plutôt allemand. Evidemment, elle continue la conversation dans la langue de Goethe … enfin, presque. Nous avons la chambre Harley-Davidson (chaque chambre a un thème). Et bien, franchement, c’est l’une des plus jolies (décorée avec goût) et plus propre chambre de motel que nous ayons eu. C’est une excellente surprise, et si vous devez dormir dans le coin, n’hésitez pas. Rapport qualité/prix imbattable! Enfin, en discutant avec le manager, nous apprenons que la route qui mène au Hualapai Hilltop (départ de la rando pour Supai) est désormais entièrement goudronnée et qu’il nous faudra environ 1h30 pour y aller depuis Seligman. J’avais prévu 2h30: c’est 1h de sommeil en plus!





lundi 26 mars: Supai

Debout aux environs de 6h30, car nous allons essayer de partir avant 8h. Cela nous laisse le temps de prendre notre petit-déjeuner (inclus) au motel pour une fois. Maintenant, je vais vous reparler météo … Comme d’habitude, je regarde la météo tous les jours. Et comme la semaine dernière, depuis 3 jours, le National Weather Service annonce pour ce lundi matin, 30% de chance de pluie, neige et vent. Super pour faire la descente de 13km vers Supai. Et bien, ce matin, nous sommes dans les 70% de beau temps, et vraiment, ça tombe bien. Nous partons donc rassurés. Nous faisons un peu d’essence et en route pour le village de Supai (Arizona, USA). Ce village se trouve en bas d’un canyon et abrite environ 650 personnes qui vivent essentiellement du tourisme. Tourisme rendu possible grâce à leurs joyaux: de magnifiques chutes d’eau. Il est possible d’accéder au village à pied, ce que nous allons faire, à dos de mulets, attention aux fessiers fragiles, ou par hélicoptère, attention au porte-monnaie sensible. Nous mettons 3h pour descendre … sans traîner: Camille adore le rythme effréné! La rando commence par une succession de lacets, avec pas mal de cailloux et de gravillons, le long de la falaise, ce qui doit nous permettre de descendre les 2/3 du dénivelé sur une très courte distance. Ca va être sympa à remonter. Il y a un peu d’ombre par endroit, de la verdure et vers la fin du chemin, nous longeons la petite rivière qui alimente les chutes. Nous arrivons au village que nous reconnaissons grâce l’odeur des animaux (chevaux, mules et ânes) et le désordre environnant. Nous prenons notre clé au Lodge, grignotons un morceau au frais et partons avec nos sacs à dos, enfin allégés, vers les chutes. Les chutes sont assez loin du village, à environ 3 et 4 km. La première chute que nous voyons, Lower Navajo Falls, est surprenante par sa végétation et son enchaînement de petites chutes: le lieu est extrêmement reposant! Nous continuons notre descente pour rejoindre Havasu Falls, la chute la plus connue avec ses bassins turquoises. Même modifiée par les dernières inondations, la chute reste superbe! Mais il est regrettable que les abords ne soient pas mieux entretenus. Enfin nous traversons le camping pour atteindre Mooney Falls: des trois, c’est la plus impressionnante par sa hauteur mais c’est aussi peut être la plus difficile à saisir. Après avoir passé du temps à prendre des photos des 3 chutes, nous repartons vers le village. Ne chercher pas à acheter quelque chose après 18h, tout est fermé! Heureusement nous avions de quoi manger et boire alors ça ira pour ce soir. Fatigués, nous retrouvons le Lodge pour une bonne douche. Attardons nous un peu sur la chambre maintenant … Nous avons réservé cette chambre longtemps à l’avance, et elle coûte la bagatelle de $145, sachant qu’il n’y pas de tv, pas de micro-onde, pas de frigo. Mais, tout cela, on s’en passe facilement, même si à ce prix, on s’attend à un certain confort. Ce qui est plus embêtant, c’est que la chambre n’est pas vraiment propre. Les draps sont propres, pas de problème. Mais c’est à peu près tout. Encore une fois, c’est très très cher pour la prestation. Maintenant, l’apothéose! Après dîner, je m’assois sur le lit et je soigne ma cheville en me passant de l’arnica. Je remets mes chaussettes, car il ne fait pas très chaud (pas de chauffage). Je m’apprête à me relever, et là, je vois un truc me passer entre les jambes. Stupeur, c’est un scorpion! Oui, un vrai scorpion, tout mignon avec sa queue en l’air, dans notre chambre, sortant de derrière notre lit! Ça calme un peu. Le scorpion est allé se poser au pied du deuxième lit. Le temps de reprendre mon souffle, d’enfiler mes chaussures, et le scorpion est mort. J’ai quand même dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour l’achever. Je ne sais pas si la piqûre de ce scorpion était dangereuse, mais je ne tenais pas à le savoir! Du coup, alors que nous tombions de sommeil à 20h45, plus personne n’a envie de dormir. Nous allons passer une longue nuit, une très longue nuit … très très très longue nuit: interminable. Décision unanime: nous partirons tôt demain matin.







mardi 27 mars: De Supai à Moapa

Après cette longue nuit de sommeil, très réparatrice, nous sommes prêts pour à quitter les lieux vers 7h15. Départ à la fraiche pour remonter à la civilisation. Comme je vous l’ai dit lors du post précédent, nous avons mis 3h pour descendre, sur un rythme assez soutenu. Je ne sais pas combien de temps nous allons mettre pour remonter, mais avec nos sacs à dos bien chargés, je pense que ça va être difficile. Finalement, nous arrivons au sommet après 3h45 de marche et de nombreuses pauses. Je ne pensais vraiment pas que nous mettrions moins de 4h. Tant mieux, nous aurons plus de temps pour nous reposer ce soir. A noter, quand même, que sur la fin de la rando, nous avons fait la course pour ne pas être doublés par les mulets chargés de valises. Un peu de fierté quand même! Il est temps de reprendre la route vers Moapa Valley (Nevada, USA), en passant par Hoover Dam. C’est un petit bout de chemin qui va nous faire quitter l’Arizona pour retourner dans le Nevada. Premier arrêt en route pour un gros burger avec des curly fries (frites enroulées), dans un « Jack in the Box » (fastfood que l’on trouve sur la côte ouest des USA … il ne me semble pas en avoir vu du côté de NYC ou de Boston). Camille avait mis cette étape « curly fries » sur sa to-do liste. Ca fait du bien et nous en avons un peu marre des sandwichs. Deuxième arrêt au Hoover Dam. Nous sommes impressionnés par la capacité des américains à transformer n’importe quoi en une attraction. Car ce barrage est devenu une vraie attraction avec parking payant, visite guidée payante, souvenir, resto, … Énormes les Ricains! Le barrage est quoi qu’il en soit un beau et impressionnant monument, avec une architecture art-déco. Notre petite visite, gratuite, réalisée, nous partons vers Moapa Valley où nous allons passer 2 nuits. Nous passons prêt de Las Vegas (notre dernière destination) et longeons le lac Mead pour rejoindre Moapa Valley. Encore une fois le pass pour les parcs nationaux nous rend service, car il nous permet de rentrer dans la zone du lac Mead sans payer! La région est beaucoup plus verte que nous ne l’aurions pensé. Nous arrivons à l’hôtel, bien plus tôt que prévu, et pouvons nous installer pour deux nuits. Demain: Valley of Fire.

mercredi 28 mars: Valley of Fire

J’ai découvert ce State Park (non inclus dans le pass des national parks, mais qui coute $10 pour la journée) en lisant les récits d’autres voyageurs sur ce forum, alors merci à eux. Et bien, je vous conseille VIVEMENT ce parc. Mais revenons au récit de la journée. J’ai planifié cette journée extrêmement précisément. Encore plus que d’habitude, et ceux qui me connaissent bien savent ce que cela signifie. Et pour planifier la journée aussi précisément, j’ai utilisé le guide de Steffen Synnatschke, qui n'est pas très cher, qui est très précis et qui est illustré par de magnifiques photos. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous décrire dans le détail ce que nous avons fait, ce serait long et fastidieux. Nous avons commencé cette journée à 8h et nous l’avons terminée à 19h30, après le coucher du soleil. Les choses importantes à savoir sont les suivantes:Il y a un grand nombre d’arches. Cela ne remplace pas Arches National Park, mais si vous n’avez pas le temps d’aller jusqu’à Moab, c’est quand même un excellent lot de consolation.Il y a des zones (à trouver) où la forme et la couleur des roches m’ont vraiment fait penser à Coyote Butte South. Bon, encore une fois, pour ceux qui n’iront pas jusqu’à Page ou qui ne peuvent se payer les services d’un outfitter, ce parc est encore un joli lot de consolation.Enfin, il y a une Wave. Alors, évidemment, ce n’est pas The Wave (Coyote Butte North), mais cette wave s’appelle Fire Wave, et elle est vraiment magnifique, surtout au coucher du soleil.Je n’ai pas d’action dans le parc, je ne suis pas payé par l’état du Nevada, mais, il serait vraiment dommage de passer à Vegas, et de louper ce parc. Vous l’avez compris, nous avons adoré ce parc!







jeudi 29 mars: Death Valley

Après la journée d’hier bien chargée, nous partons maintenant faire un petit, tout petit, tour en Californie. Tout de suite vous pensez: Los Angeles, plage, soleil. Et bien, nous allons garder soleil et chaleur, car nous partons passer une courte journée dans la Vallée de la Mort! Personnellement, ce n’est pas un site où je passerai plusieurs jours, mais lorsque j’ai planifié le voyage, je trouvais que cela valait le coup d’y passer, car ce n’est pas très loin de Las Vegas. De plus, Camille ne connaissait pas et moi, j’y étais passé assez rapidement, il y a 12 ans. Arrivé dans le parc, nous nous arrêtons à Zabriskie Point, histoire de faire du repérage pour ma cession lever de soleil de demain matin. Et oui, je vais me lever de bonne heure demain matin. Ensuite, nous allons voir si notre « cabine » est prête au Furnace Creek Ranch. Avant d’aller directement au Furnace Creek Ranch, nous nous arrêtons au Furnace Creek Inn. Je ne me souvenais plus ce que j’avais réservé. Camille descend et va faire le check-in. Et puis au bout d’un moment, alors que je l’attends dans la voiture, je commence à me souvenir que ce n’est pas là que j’ai réservé. Le Inn, c’est la version « luxe », alors que le Ranch, c’est la version « abordable ». Lorsque je vois Camille revenir, avec une petite moue, j’éclate de rire, car je suis maintenant sûr de ne pas l’avoir envoyé au bon endroit. Après cette courte pause rigolade, nous partons pour le Ranch et posons nos affaire dans la cabine, qui est un sorte de petit chalet avec une chambre et une douche. C’est très bien fait et très confortable. Le site est très sympa. Nous continuons notre visite en allant jusqu’à Badwater, point le plus bas d’Amérique du Nord, en dessous du niveau de la mer (-86m). Ensuite, nous empruntons la route en sens unique Artist Drive. Comme de nombreuses fois, nous découvrons des roches multicolores, avec en plus, cette fois, des teintes vertes et violettes. Je ne cesse d’être émerveillé par les différentes couleurs de roche de puis le début du voyage, et je ne m’en lasse pas … C’est la dernière étape pour Camille, qui est crevée. Je la dépose au Ranch, et je poursuis la découverte de Death Valley, en allant profiter du coucher du soleil au milieu des dunes de sable de Mesquite. Tout d’abord, je ne pensais vraiment pas que ce serait aussi fréquenté: ce sont les Champs-Elysées sur sable! Il y a du monde partout, et c’est la galère pour trouver des dunes vierges de tout pas. Après m’être éloigné un peu, j’arrive à trouver de petites dunes un peu moins peuplées. Encore une fois, le coucher de soleil n’est pas « inoubliable ». Tant pis. Je ne m’attarde pas trop longtemps, car il faut ensuite que je retourne à la voiture. Et marcher dans les dunes de sable, ce n’est pas ma tasse de thé. Je rentre au Ranch, retrouver Camille qui nous a préparé à manger. Normalement, il faudrait que je me couche assez tôt, en prévision du lever de soleil de demain, mais finalement, ce sera 23h30. Ça va être très dur demain matin.





vendredi 30 mars: Las Vegas

Deuxième petite demi-journée à Death Valley. Comme je vous l’ai dit, je commence de bonne heure pour aller profiter du lever de soleil à Zabriskie Point: un classique. Je me lève donc à 5h30 pour être sur place à 6h. Je laisse dormir Camille qui en a besoin. J’ai vraiment eu du mal à décoller ce matin, me demandant même si je n’allais pas rester au lit. Et à force de me poser des questions, je me suis réveillé. Donc, à 6h, j’étais à Zabriskie Point, seul. Petit à petit, quelques trépieds sont arrivés, et au final, nous étions moins d’une dizaine à venir immortaliser ce moment. Je comprends désormais pourquoi ce site est prisé pour ses levers de soleil. La montagne qui s’illumine petit à petit, la roche jaune et marron que le soleil rasant vient réchauffer: c’est splendide! Ensuite, vers 8h, je décide de retourner à Badwater, histoire d’avoir des photos plus acceptables. Lorsque j’arrive, le soleil, bloqué par la montagne, n’a pas encore illuminé la couche de sel qui recouvre le sol. J’ai le temps de me préparer et de faire quelques photos avant de rentrer, aux environs de 9h15. Cela nous laisse le temps de nous préparer tranquillement pour notre dernière destination de ces vacances: Las Vegas! Nous décollons un peu avant 11h pour la cité du jeu. Nous allons cette fois passer par le sud de Vegas, ce qui nous permettra de faire un arrêt « fastfood » à Parhump. Arrivé à Death Valley Junction, i.e. après environ 30km de route, je suis tellement fatigué que je m’arrête pour laisser le volant à Camille. C’est tellement rare, qu’elle en est surprise. En fait, étant donné que je ne conduis pas le reste de l’année, j’aime bien conduire pendant les vacances, surtout sur les routes « tranquilles » américaines. Camille va conduire pendant 1h jusqu’à Parhump, et moi, je vais dormir. Oui, je vais vraiment dormir, car à un moment, après un cauchemar, je me suis même réveillé en sursaut dans la voiture, effrayant Camille, ce qui aurait pu être dangereux. Terrible cauchemar, car je me voyais en train de conduire, m’endormir au volant et perdre le contrôle du véhicule. Vraiment réaliste … Après notre pause déjeuné à Parhump, et un peu plus reposé, je reprends le volant. Notre objectif suivant est logistique. Avec les chaussures que j’ai dû acheter, et la suite du shopping que nous prévoyons, il est évident que nous allons avoir un problème de valise. Mon vieux trolley que j’ai depuis plus de 13 ans commence à se décomposer, et nous avions prévu de le changer avant de partir en congés. Nous allons donc le changer aujourd’hui. Depuis plusieurs jours, nous regardons sur internet où nous allons trouver des valises à Vegas. Pas si évident. Nous terminons dans un Target (type Gifi pour ceux qui connaissent). Nous trouvons une grosse valise pour environ $90 et nous gardons pour l’instant l’ancienne, histoire de pouvoir monter dans notre futur hôtel à Vegas sans passer pour des clodos avec tous nos sacs plastiques. Et oui, car nous allons passer notre dernière nuit dans l’un des grands hôtels casinos de Vegas. L’un des plus récents aussi. Le Cosmopolitan. C’est également l’un des seuls hôtels avec terrasse. Il est idéalement placé, car au milieu du Strip (Las Vegas Boulevard), juste à côté du Bellagio et quasiment en face du Paris. Comme nous avons pris une chambre avec vue sur le Bellagio, nous allons profiter du spectacle des fontaines depuis notre chambre. Et la vue est grandiose. C’est un très bel hôtel, moderne et très bien décoré. Nous adorons. Pendant que je prends des photos depuis la terrasse, Camille vient de lancer l’opération « Tornade sur les valises ». Elle les a vidées et elle commence à les réorganiser. Au final, il ne peut rester que 2 valises. Une fois la nuit tombée, nous partons dîner. Nous allons tester l’un des nombreux buffets de Vegas. Après une petite recherche sur le web, il semblerait que le buffet de notre hôtel soit bien noté: le Wicked Spoon. Pour $37 par personne, nous avons droit à un magnifique buffet All You Can Eat. Je vous passe les détails, mais nous n’avions pas mangé comme ça depuis un bon moment. Digne d’un réveillon. Nous sommes ressortis avec le ventre au-dessus de la ceinture … Quelle élégance! Ensuite, nous sommes allés faire un petit tour dans la ville du jeu et de la débauche. D’ailleurs, c’est Spring Break en ce moment, et pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont les vacances « débauches » de la jeunesse puritaine américaine. C’est à vivre mais pas trop longtemps quand même. Notre balade sur le Strip nous mène jusqu’au fameux signe Fabulous Las Vegas. Ce n’est pas la porte à côté à pied. Nous prenons un bus pour nous ramener vers notre hôtel. Camille part se coucher et je continue un peu pour aller prendre des photos du côté du Venice, du Caesar Palace et du Bellagio. Il est 3h du matin lorsque je rentre. Un peu éclaté, je l’admets, la journée ayant commencé il y a presque 24h pour moi.









samedi 31 mars: Las Vegas … La fin

Dernier jour de nos 3 semaines de balade. Ca passe à une vitesse … Nous allons essayer de bien profiter de cette dernière journée, sachant que nous ne décollons qu’à 20h45. Tout d’abord, nous allons profiter des avantages de notre magnifique chambre: prendre un bain avec vue sur Las Vegas. Le luxe! La journée s’annonce encore belle et chaude. Tant mieux. Nous devons quitter la chambre à 11h, cela nous laisse 45mn pour finir l’opération « Tornade sur les valises ». Opération réussie évidemment, mais maintenant nous nous posons des questions sur le poids des valises, qui, à mon avis, a bien augmenté. Nous verrons bien à l’aéroport. Après avoir chargé les valises dans la voiture, nous partons nous promener sur le Strip, histoire de rentrer dans certains Casinos, ce que nous n’avons pas eu le temps de faire hier soir. En attendant, la voiture reste au parking de l’hôtel, qui est gratuit. Nous allons enchaîner 3 casinos: le Bellagio, le Caesar Palace et le Paris. Nous faisons juste de rapides incursions dans les casinos, mais cela permet d’avoir une impression. De tous ces casinos, le Bellagio a notre préférence grâce à sa luminosité. De plus, pour le printemps, la décoration est axée sur les fleurs. C’est magnifique. Nous partons récupérer la voiture, car nous devons à présent attaquer la dernière étape cruciale de ce voyage: le shopping. Nous partons tout d’abord au Las Vegas South Outlet … il y a un outlet Coach pour les spécialistes en beaux sac-à-mains … Une fois que Camille a trouvé son bonheur, nous partons cette fois dans un mall que nous connaissons déjà: Town Square. C’est un mall en plein air où nous nous étions arrêtés il y a 3 ans. C’est vraiment sympa, et nous y passons 3 heures, entre déjeuner et shopping. La carte bleue ayant bien chauffé, il est temps de rentre notre voiture de location (au passage, il semblerait que nous ayons fait 3200 km … pas mal), et de partir à l’aéroport. Evidemment, au moment d'enregistrer les bagages, nous découvrons que nous avons explosés les limites. Rien d’extraordinaire, mais il faut réorganiser les valises, et chausser nos grosses chaussures de rando pour voyager. Encore plusieurs heures de vol vers Londres et quelques heures de train vers Paris. Voyage terminé!



HôtelsCedar City (1 nuit): Best Western El Rey Inn & Suites - Bryce (2 nuits): Best Western Plus Ruby's InnTorrey (1 nuit): Howard JohnsonMoab (1 nuit): Inca Inn Blanding (1 nuit): Super 8Page (7 nuits): Debbie’s Hide A WayGrand Canyon (1 nuit): Maswik LodgeSeligman (1 nuit): Canyon LodgeSupai (1 nuit): LodgeMoapa Valley (2 nuits): North Shore InnDeath Valley (1 nuit): The Ranch at Furnace CreekLas Vegas (1 nuit): CosmopolitanLa palme du meilleur rapport qualité/prix est attribué au Canyon Lodge de Seligman. La palme du pire rapport qualité/prix est attribué sans surprise au Lodge de Supai (la prestation scorpion laisse à désirer ... 😉) Tous les autres hôtels sont très bien, voir fantastique pour le Cosmopolitan. D'ailleurs, si vous allez à Vegas et que vous voulez faire des photos, le Cosmopolitan, c'est l'idéal ... un peu cher peut-être (plus de $400 la nuit).
Lanzarote, une île volcanique exposant les œuvres architectoniques de César Manrique. English translation pending
by Alanay · 2012-05-08 · 25 replies
De grands espaces propices à la randonnée, du beau temps assuré et du dépaysement sans aller à l’autre bout de notre planète, tels étaient nos desiratas pour cette semaine d’avril 2012.

La lecture d’un article évoquant « un développement touristique fondé sur le respect de la nature, la limitation du nombre de visiteurs et la mise en valeur des ressources locales » ou encore «la démonstration grandeur nature qu'il est possible de concilier tourisme, écologie et projet artistique » retient notre attention. (www.lemonde.fr/voyage/article/2011/12/01/l-ile-canarienne-de-lanzarote-reve-d-un-artiste-visionnaire_1607960_3546.html#xtor=EPR-32280433--20111202 )

Les récits de Marie, Pierre, Jean-Fi ont fini par nous convaincre… et nous inspirer. Merci à eux !

Lanzarote, l’île des Canaries classée dans son intégralité Réserve de biosphère par l'Unesco, sera donc notre destination printanière.



En moins de 48h, l’organisation fut bouclée :Vols Ryanair de Francfort Hahn à Arrecife, Hébergement à la Casa Cora de la Finca de La Asomada, www.lanzarote-finca-holidays.com/index.htmlLocation d’un 4x4, www.pluscar-lanzarote.com/en/index.htmlAchat d’un guide de randonnée et de la carte de l’île (Walk ! Lanzarote)
http://www.amazon.fr/...-Brawn/dp/1904946534Sur place, nous achèterons le multi pass pour les visites : www.centrosturisticos.com/centros/CENTROS/published_fr/DEFAULT/horaires_et_tarifs.htmlLanzarote, l’île la plus septentrionale des Canaries, à 140 km des côtes marocaines et à plus de 1 000 km de l’Espagne, d’une superficie de 845 km2 (8 fois celle de Paris) est couverte de plus de 300 cratères. Son paysage revêt un aspect rude et lunaire. La végétation est rare, quelques vallées accueillent des villages entourés de palmiers. Lanzarote est surtout une île minérale. Ici, point de champs agricoles, place à la lave qui recouvre plus du tiers de la superficie de l’île. Parfois, comme au Parc National de Timanfaya, ce sont des coulées de lave pétrifiées, ailleurs ce sont des plages volcaniques noires, plus loin ce sont des roches rouges - brunes, …

Si les 300 cratères sont l’une des caractéristiques de Lanzarote, César Manrique en est indéniablement l’artiste visionnaire qui sut convaincre dès 1966 les autorités locales du développement de l’île "Nous ne devons copier personne. C'est nous que l'on viendra copier, une fois que nous aurons révélé la personnalité de notre île !".

Durant toute la semaine, le temps sera assez, voire très venteux. Le ciel sera plus ou moins couvert, la température ne semblera jamais très élevée, mais le soleil nous brûlera tout de même et dès le premier soir, il faudra recourir à la crème après soleil pour calmer les ardeurs du soleil.

Samedi 14 avril 2012

17h45, (18h45 heure française), l’avion se pose sur le tarmac d’Arrecife, après 4h20 de vol. Nous voici arrivés à Lanzarote. Le voyage est somme toute assez long car à ces heures s’ajoutent les 5h30 du trajet en voiture de Paris à l’aéroport de Francfort Hahn (485 km), ancien aéroport militaire à 180 km à l’est de Francfort et dédié quasi uniquement aux vols Ryanair.

En moins de 3/4 heure, nous récupérons nos bagages et prenons possession de notre 4x4, un Pathfinder rouge rutilant qui nous permettra de sillonner routes et chemins de l’île.

Notre gîte, la Casa Cora, est situé dans les hauteurs de La Asomada, à un petit quart d’heure de l’aéroport. Perdus en route, Heidi viendra à notre rencontre et nous accueille très chaleureusement. La semaine s’annonce calme, les gites voisins ne sont pas loués.





La Finca La Asomada est entourée d’un très joli jardin, dessiné et entretenu par Heidi. On s’y promène comme dans un labyrinthe, les coins succèdent aux recoins, les cactus se mêlent à d’autres plantes grasses, de nombreux fauteuils invitent au repos.













Dimanche 15 avril

Le ciel est assez dégagé. Nous nous rendons au marché de Téguise qui s’avère être un marché dédié aux seuls touristes : babioles et souvenirs en tout genre, hot dogs, saucisses allemandes, … aucun stand de fruits et légumes. Nous pensions naïvement qu’en dehors de la haute saison, ce serait plus varié, le tour est vite abrégé.

Téguise, ancienne capitale de l’île jusqu’en 1852, regroupe des maisons traditionnelles ou des habitations beaucoup plus récentes. Toutes ont en commun, les murs blancs, les petites ouvertures et des portes et fenêtres peintes en vert ou en bleu.





Route au nord-est pour Guatiza, gros village entouré de cultures de figuiers. Sur les feuilles de ceux-ci, est élevé un insecte parasite appelé Cochenille dont, après un processus soigneux de manufacture, est extrait un intense colorant carmin, très apprécié dans l’industrie alimentaire et cosmétique. Cette culture est néanmoins en déclin à cause de la concurrence du marché des colorants synthétiques industriels.



Nous serons surtout très surpris par le calme régnant dans ce village. On rencontre peu de monde, on ne voit aucun enfant jouant dehors, on n’entend aucun bruit, de nombreux volets sont fermés : maisons de touristes ou habitudes locales ?

Tout proche de Guatiza, le jardin de Cactus, où nous passerons près de 2 heures.



La visite peut y être beaucoup plus brève, les touristes-caristes la font au pas de charge. Pour nous, ce fut un plaisir de déambuler sur les sinueux sentiers de pierre et les volées de marche. On prend son temps, on s’étonne des formes étranges, des couleurs, on est comme « zen-ifiés » par la permanence des lignes courbes, les formes convexes et concaves.



Ce jardin de cactus, inauguré en 1990 est la dernière œuvre spatiale de César Manrique. A l’origine, il s’agit d’une carrière laissée à l’abandon puis transformée en dépotoir. Manrique acquiert le terrain, fait restaurer le moulin traditionnel et y plante un jardin, tel une œuvre d’art. Dans cet amphithéatre, les murs sont formés par des terrasses qui descendent du terrain, en gradins. La collection de cactus y est impressionnante : plus de 7 200 exemplaires de 1 100 espèces différentes, originaires des Canaries, du Maroc mais aussi de régions plus lointaines (Mexique, Pérou, Chili, USA, Kenya, Tanzanie, Madagascar).











Nous poursuivons vers le Nord et faisons halte à la Playa Garita au sud d’Arrieta pour y pique niquer. L’endroit est calme, seuls 2 ou 3 surfeurs essaient de passer les premières vagues. On peine à imaginer qu’il puisse y avoir foule en été.



Nous rejoignons, à l’intérieur des terres, le village d’Haria situé au milieu d’une vallée plantée de palmiers. On raconte qu’au 17ème et 18ème siècles, chaque naissance donnait lieu à la plantation d’un ou de deux palmiers (fille ou garçon).



Même impression qu’à Guatiza : grand calme dans ce gros bourg. Ce n’est d’ailleurs pas pour nous déplaire.

Nous nous promenons sur les hauteurs d’Haria. Cette randonnée en boucle de 2 heures environ, sans grand dénivellé, nous fait traverser d’anciennes cultures étagées. La plupart semblent à l’abandon, certaines paraissent entretenues mais la terre y est noire, on n’y voit aucune pousse. On croise pourtant quelques jardiniers / agriculteurs. Rapidement, la piste s’amenuise, devient sentier puis rétrécit encore. En l’absence de végétation, il est facile de s’orienter et c’est par un « chemin » dans la roche que nous rejoignons la falaise d’El Risco qui s’étend longitudinalement sur 22 km depuis l’extrémité nord de l’île, jusqu’aux alentours de Teguise. La vue est plongeante tant sur l’île Graciosa au nord.



que sur les plages plus au sud.



Nous longeons un large mur visant probablement à protéger la vallée des rafales de vent



et rejoignons sur le versant opposé une piste qui redescent tranquillement vers Haria, sur les pentes de la Montana Ganada.



Le sentier sinue à travers la broussaille et quelques plantes dont on ne sait pas très bien si elles sont sauvages ou non.



A notre retour, le village d’Haria est toujours aussi calme…



Après une bonne glace, sur la jolie Plaza Leon y Castillo, nous reprenons la LZ 10, qui offre de très beaux points de vue sur la vallée de Tabayesco et au loin l’Atlantique.



Petit arrêt à la Casa Museo del Campesino (musée du paysan).



Là, au centre géographique de l’île (nous sommes près de San Bartolomé sur la LZ 30 au sud de Mozaga), où trois zones de terrains différenciés se rejoignent (les champs de lave, la terre fertile de la Geria et les sablières de la vallée), César Manrique a édifié le Monument de la Fécondité et y a adjoint la Maison Musée du Paysan.



Le Monument de la Fécondité, tout de blanc, se détache sur l’horizon. Cette sculpture géante (15 m de haut) est réalisée à partir d’anciens containers d’eau, de voiliers et de divers objets peints et assemblés entre eux. Elle fût réalisée en 1968.
Eté 2011: Laos-Perhentians-Bangkok en famille English translation pending
by Bluequark · 2012-04-09 · 58 replies
Bonjour,

Le Laos, cela faisait plus de 10 ans que j’avais envie d’y aller. Nous avions failli y partir à l’été 2009. Mais une connaissance de mon tendre et cher avait fait valoir que les enfants étaient peut-être trop petits – 9 et 11 ans à l’époque – pour bien apprécier ce pays qui vaut surtout pour son atmosphère et qu’ils risquaient de s’ennuyer : nous étions finalement allés à Bornéo.

Cette année, quand la destination a été à nouveau sur la table, les mêmes questions se sont posées ; les mêmes hésitations ont vu le jour : aimeront-ils ? n’aimeront-ils pas ? Nous n’avions pas envie d’avoir trois semaines de soupirs et de grognements ; quand, soudain, un éclair d’illumination – je n’ose dire de génie – m’a traversé l’esprit : devant de toute façon passer par Bangkok, il suffisait de raccourcir le temps passé au Laos pour rajouter une carotte, c’est-à-dire quelques jours sur la plage en Thaïlande pour faire du snorkelling, les enfants aimant vraiment cette activité. Ce sera donc deux grosses semaines au Laos et une petite de plage ; de plage ou plutôt de Palmes-Masque-Tuba. De fils en aiguilles et au fur et à mesure de mes investigations sur Internet, la plage en Thaïlande est devenue la plage en Malaisie aux Perhentians : à cette période de l’année, le temps y est plus sur, pour un snorkelling de meilleure qualité, tout en n’étant finalement pas énormément plus loin. On rajoute une journée tampon à la fin des vacances à Bangkok pour être sur de ne pas manquer l’avion retour et c’est bouclé.



Restait à faire un choix dans les lieux au Laos ; deux semaines, c’est court. Surtout si comme nous, on ne veut pas courir et on souhaite prendre son temps. Nous avons donc décidé qu’il n’était pas possible d’aller au Laos sans passer par Luang Prabang, exit donc le sud. Arbitraire, mais il faut bien objectiver ses choix. Le reste du choix, c’est Frank Gros, notre chauffeur-guide connu grâce à ce forum, qui l’a fait pour nous. En effet comme je voulais sortir un peu de l’axe traditionnel Ventiane – Vang Vieng – LP et grâce à l’expérience des voyages en transport en commun au Vietnam et en Birmanie, acquise il y a maintenant presque vingt ans, nous savions que nous ne voulions pas vivre une telle aventure avec des enfants, j’avais contacté Frank et il m’avait proposé une boucle de dix jours : Ventiane – Vang Vieng par le route 10 – Ponsaven – Sam Neua – Vieng Thong – Nong Kwiau – LP.

Spontanément, j’aurais choisi une boucle plus au nord mais Frank m’a expliqué que l’avantage de celle-ci était sa route goudronnée tout le long et pas trop mauvaise, ce qui limitait les risques de problèmes en cas de pluies abondantes. A quoi bon demander des conseils aux gens qui connaissent pour ne pas en tenir compte? Va donc pour la boucle par Ponsaven. Le fait que peu de gens semblait l’emprunter me faisait balancer entre la satisfaction de savoir qu’il n’y aurait pas beaucoup de touristes et la crainte que si peu de monde passait par là, c’est que justement qu’il n’y avait pas grand chose à voir. Finalement, cette boucle était parfaite et correspondait à ce que nous recherchions : voir le Laos rural, hors des sentiers battus. Nous avons toutefois raccourci un peu le parcours pour rester un peu plus chaque endroit, les trajets en voiture, même agrémentés de pauses, étant longs. Nous ne sommes donc pas allés jusqu’à Sam Neua. Si c’était à refaire je rajouterais deux-trois jours pour pouvoir le faire.



Deux grandes incertitudes pour ce voyage et son succès :

- la présence du chauffeur-guide. Nous avons maintenant l’habitude de faire des « grands » voyages depuis plusieurs années mais toujours seulement nous 4. Comment la présence de cet « intrus » allait-elle modifier l’équilibre familial ? Déjà, lorsque j’avais annoncé aux enfants que nous allions avoir à une voiture avec chauffeur pendant une dizaine de jours, j’avais eu le droit à « Hein ! mais il va rester avec nous pendant TOUT ce temps ! ? ». Un « C’est ça ou les transports en commun tout serrés dans la chaleur intense et humide » avait coupé court au débat mais l’intégration n’était pas gagnée. En réalité, tout c’est très bien passé. Frank est quelqu’un d’une très grande gentillesse, cherchant vraiment à faire plaisir. Mariée à une laotienne et ayant trois filles sensiblement de l’âge de nos enfants, il aime vraiment le Laos et cherche à faire partager cette passion. Sans sa présence et son lao courant, nous n’aurions, je crois, pas vu le même pays. Seul petit défaut, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans un autre post, Frank est vraiment bavard et du coup, les pauses ont tendance à s’allonger. Pas vraiment dérangeant quand on aime prendre son temps – et c’est un peur le revers de la médaille, mais sans doute difficilement supportable pour qui aime les voyages cadencés. Il faut le savoir donc ;

- le temps. Et oui ! Juillet-Août, c’est la saison des pluies. A vrai dire, la pluie ne nous a pas vraiment dérangés. Certes, il a parfois fallu se mettre à l’abri, attendre que l’averse passe, mais jamais très longtemps ou à des moments où ces pauses nous gênaient. Mais pendant, que nous gambadions gaiement dans les montagnes pratiquement sans pluie, la tempête tropicale Nok Ten se déchaînait dans les plaines et sur Ventiane, entraînant inondations et glissements de terrain. Le train depuis Bangkok que nous avions pris quelques jours avant ne passait plus pour cause de voie ferrée sous l’eau. Alors chance ou pas chance ? Difficile à dire. Disons que le voyage a été super mais qu’à quelques jours près, c’était galère. Par contre, le ciel est rarement bleu, souvent blanc laiteux, pas terrible pour les photos. C’est mon principal regret.

Bon, après cette longue introduction, un bref bilan avant de rentrer au vif du récit : nous avons tout quatre bien aimé le Laos et sa douceur de vie. « Ponpedian » est le maître mot. Quand j’ai demandé à mon tendre et cher, ce qu’il avait bien aimé, il m’a répondu les habitants. Comme il a déjà été dit maintes fois, le Laos ne se visite pas, il se vit. La présence de quelqu’un comme Frank n’en est que plus précieuse. Le Laos, c’est une douceur de vie, une gentillesse voire une nonchalance à peine imaginables. Quand on voit les voisins qui l’entourent, Thaïlande, Chine, Vietnam, on se dit que le Laos risque d’être mangé tout cru et on craint pour son avenir. C’est aussi pays « silencieux » : pas de klaxons et de musique à tue-tête comme dans d’autres pays que nous avons pu visiter. C’est enfin un pays avec des conditions d’hygiène auxquelles je ne m’attendais pas : ni papier ni détritus qui traînent ; mis à part dans les villages de montagne, l’utilisation de l’eau potable venant de grosses bonbonnes semble largement répandue.
Tour du Monde 2012 du Costa Deliziosa: Le Retour English translation pending
by Chamadou · 2012-04-08 · 621 replies
Bonjour,

Voilà c'est fait, nous sommes rentrés de ce premier tour du monde organisé par Costa depuis 17 ans.

Je me fais le porte parole des membres du forum, avec qui nous avons partagé ces 99 jours, et qui m'ont demandé d'ouvrir cette nouvelle discussion.

Certes nous n'avons pas été très bavards durant cette longue croisière, mais l'éloignement, la durée, le rythme soutenu, et les décalages horaires, ne laissent pas beaucoup de loisir aux discussions sur le forum.

Tout d'abord nous nous félicitons d'avoir fait connaissance avec nos amis du forum avant le départ, et nous avons tous une pensée très amicale pour Canigo66, qui a organisé notre première réunion à Barcelone, au pied de la statue de Christophe Colomb, avec Rivesaltes et petits gâteaux catalans. Rien ne manquait, pas même les verres, et surtout l'amitié!

Il est utile de préciser aussi, que pendant toute la durée de la croisière, nous avons eu plaisir à nous rencontrer au hasard des salons, d'excursions, de repas, de réunions etc... Dès le premier instant où nous avons mis le pied à bord nous n'étions pas isolés, nous nous sommes sentis bien ensemble, et les éclats de rire ponctuaient régulièrement nos rencontres.

Je salue amicalement toute notre équipe: Canigo66, CIBC, Costafortuna, Esculape, Kipris, Kreol51, Puntala, Tinourose, Totoe1000, Tresphoto, et Winfirst. Autant le dire tout de suite, l'appréciation globale est positive, tant aux niveau de la vie à bord, que des escales, et des excursions. Nous avons effectué une croisière de rêve, qui correspondait tout à fait à l'idée que nous nous en faisions. Beaucoup de souvenirs se bousculent à la porte de notre mémoire, il nous faudra un peu de temps, je pense pour bien assimiler tant et tant de belles images et de souvenirs.

Beaucoup de choses ont été dites sur cette longue croisière, et souvent inexactes. Ce fil aura aussi pour mission de rendre compte des événements tels qu'ils se sont réellement passés.

Bien évidemment je pense à ceux qui vont partir début 2013, mon but sera pour ma part, de partager le maximum d'informations pratiques, pour leur faciliter la tâche.

Je reste à votre disposition, et j'essaierai prochainement de faire une synthèse aussi objective que possible de mon ressenti que je partage avec madame Chamadou, et qui nous est personnelle.

Bien à vous tous,

Christian
Nord-Ouest argentin et Nord chilien - D'un océan à l'autre en traversant les Andes (1re et 2 partie) English translation pending
by Kashtin · 2012-04-04 · 320 replies
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción. De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama. Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique. Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.

Bon voyage...

Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.

********** Première partie ********************

De Buenos Aires à Colchane

La version avec photos est visible ici:

carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Jeudi 13 octobre

Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...

Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.

Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.

Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…

Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)

Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...

Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))

En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.

En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.

Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J

Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.

Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)

Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.

Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.

Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.

Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.

Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.

Dimanche 16

Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.

Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.

Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…

Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.

Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...

Lundi 17

Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.

Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!

Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…

La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.

Mardi 18 Salta la Linda

Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…

Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.

Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)

L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.

La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.

Dehors, la nuit tombe déjà…

Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.

Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...

De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…

Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía

Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.

De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...

Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.

Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.

Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.

Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:

1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).

Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !

Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !

Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.

Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...

Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...

En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.

Jeudi 20

Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.

Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…

Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.

Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.

Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…

Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.

Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !

Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.

De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.

Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.

Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...

Vendredi 21 De Humahuaca à Susques

Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.

Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.

Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.

Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.

Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!

A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.

Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélid��s, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)

En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.

Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...

L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.

Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama

J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...

Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!

Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!

La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.

La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.

Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.

Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.

Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...

Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…

Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».

Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…

Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)

Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.

L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...

Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.

Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.

Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...

Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)

Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...

Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…

Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse

La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.

Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.

Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.

Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…

Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…

Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…

Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.

Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.

Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)

Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.

Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !

Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.

La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.

Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...

La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.

Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.

Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.

Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)

A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.

Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...

Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.

Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...

En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.

Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)

Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..

Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.

Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.

Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.

Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).

Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique

Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.

Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...

Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.

Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.

En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.

On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.

Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.

Samedi 29 D'Iquique à Arica

Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...

Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !

Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.

Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).

Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.

Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.

* *****

L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.

La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm

Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.

Dimanche 30 Arica

Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.

Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.

Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.

Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…

La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…

Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.

Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.

Lundi 31

7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.

Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...

Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.

Mardi 1er novembre D'Arica à Putre

Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...

Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !

La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.

La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.

Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)

Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.

La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.

Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...

Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)

Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.

Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.

La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).

Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).

Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…

Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).

Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…

Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.

Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.

Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…

Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !

Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...

Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.

(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)

Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…

Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »

Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !

L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.

Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.

A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!

Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...

Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane

Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.

La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.

L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...

L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.

Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.

Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.

Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.

Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...

Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.

Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...

A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.

Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.

Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.

Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.

Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.

Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.

Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.

Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.

Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.

Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.

La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...

********** Seconde partie ********************

De Colchane à Buenos Aires

La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique

Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…

On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.

Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.

Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.

Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...

Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.

Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.

Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama

Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...

Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).

Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.

Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !

Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.

A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.

Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.

Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.

Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!

De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :

« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)

San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.

J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).

L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.

Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).

Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)

Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.

Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.

De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.

Les panneaux sont en général très instructifs…

Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...

Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.

La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.

A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.

Le soir, retour à La Casona.

Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama

Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.

A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.

A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.

En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !

Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.

Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...

J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.

Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.

En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.

Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !

A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…

Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.

Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...

Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...

Mardi 8 De la puna à Salta

En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.

Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !

La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.

Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…

A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).

Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!

L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J

Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.

Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!

A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.

Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes

Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.

La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!

La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.

La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).

Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.

Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.

Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!

Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.

Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).

Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)

Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.

Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.

Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...

Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.

Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.

Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)

Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.

La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).

Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.

Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.

De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.

San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…

Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.

Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes

Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.

A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.

Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.

Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.

A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...

Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.

Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas

Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.

Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.

Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.

Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.

Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.

Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.

Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.

Lundi 14 Salta - Buenos Aires

Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.

Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)

Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.

Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.

Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...

Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)

Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.

Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.

Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).

Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires

Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.

Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !

Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…

Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.

En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!

Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.

Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.

Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.

Mercredi 16

Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.

Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...

(Renseignements)

Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.

Un mois à Bali et Lombok en juillet-août: avion et itinéraire? English translation pending
by Zebulon787 · 2012-04-04 · 24 replies
Bonjour,

Je prévois de me rendre 4 semaines en Indonésie, en routard, de la mi juillet à la mi août.

Je n'ai pas encore pris mes billets d'avion, mais je vois que les prix ont l'air assez élevés🤪, et je ne sais pas quelle est la meilleure solution (meilleur rapport qualité / prix, car le prix est important mais je n'ai pas non plus envie de me taper plein de correspondances et de passer 40 heures de suite dans les avions et les aéroports...😕). Est-ce que je dois prendre mon billet tout de suite, ou j'ai encore 1 ou 2 mois devant moi ?

Je précise que c'est mon 7ème voyage en routard (déjà parti 3 fois en Inde, 2 fois au Népal pour trekker, 1 fois au Cambodge). Les liens pointent vers mes récits de voyage.

J'ai besoin de quelques conseils pour me concocter un itinéraire sympa, préparer mes principales étapes. Cela ne me dérange pas de bouger tous les 2-3 jours si c'est nécessaire pour visiter plein d'endroits, j'ai souvent fait ça dans mes précédents voyages. Pouvez-vous me donner quelques conseils de lieux où aller (avec le nombre de jours conseillé pour y séjourner) ? Sachant que je n'aime pas trop les grandes villes, je préfère la campagne et la montagne, je souhaite passer quelques jours à la plage, plutôt pour l'ambiance apaisante "bord de mer"😎 car je ne pratique ni le surf ni la plongée et je nage peu. Par contre, j'ai envie de faire du vélo. J'aime aussi les petites villes tranquilles et les villages, les temples bouddhistes et hindouistes, et j'aimerais faire 1 ou 2 treks par exemple sur des volcans. Par contre je ne suis pas fan des parcs animaliers ni des zones infestées de moustiques.

Est-il possible et réaliste sur 1 mois d'aller un peu à Java, à Bali et à Lombok ? Quelles sont les principales différences entre ces 3 îles ? Le coût de la vie y est très différent ?

Compte tenu de ces indications, comment répartir au mieux les 30 jours dont je dispose ?

Quelles sont les principales différences entre l'Indonésie et l'Inde ? notamment pour les conditions sanitaires ? (vaccins, moustiques, autres maladies, précautions alimentaires...), les transports et les hébergements ? Faut-il faire un traitement contre le palu, ou bien de bons répulsifs suffisent-ils ? J'ai dans l'idée que l'Indonésie doit ressembler un peu (beaucoup ?) à certaines parties de l'Inde (Kerala), mais je me trompe peut-être...

Merci d'avance !🙂
Planification d'un programme au Japon du 29 février au 17 mars English translation pending
by MuseS · 2012-02-22 · 45 replies
Bonjour ! Hm, j’avais ouvert un topic récemment mais je me permets d’en ouvrir un second avec un vague programme que j’aimerais soumettre à vos critiques ! En voyage pour le moment, je ne suis pas parvenu à trouver de guide (livre) et patauge d’autant plus ! Je m’excuse pour le premier post particulièrement brouillon.

En gros, j’arriverai le 29 février à 22h et repartirai fin de soirée le 17 mars.

Programme trop lourd ? Où le recouper ? Un immanquable qui m'échappe ? Le rail pass de 2 semaines couvrira l’essentiel vous pensez ?

J0 : arrivé à 22h à Osaka

J1 : Activation japan rail pass En route de bonne heure pour Hiroshima (2 heures depuis Osaka)

J2 : Hiroshima et day trip à Miyajima (ou MIYAJIMAGUCHI, à 30 minutes)

J3 : depuis Hiroshima vers Nagasaki : 3 - 4h de trajet

J4 : depuis Nagasaki vers le Mont Aso en fin d’après-midi. Ca paraît compliqué :
http://wikitravel.org/en/Aso#b hm. Aso Kumamoto c’est ça ? Vous pensez que c’est couvert par un japan rail pass ? Environ 4h de trajet, ça me plairait d’aller là.

J5 : a priori ça m’impressionne les volcans, bref un jour dans le coin (et temporisation !)

[[[ j’aurais aimé -- maispeut être plus raisonnable d’aller directement vers Tokyo -- : J6 : remonter vers Takayama (p255) (par Nagoya) ; Ca paraît pas évident en tout cas ! Les shinkansen sont compris dans le rail pass sauf les Nozomi et Mizuko c’est ça ? J7 : Takayama et Kamikochi mais ça fait peut être beaucoup ? Genre une excursion d’une journée en bus et tenter une rando une fois sur place genre : Kamikochi Nature trail, en espérant ne pas louper le dernier bus !! Ci dessous une version plus raisonnable]]] :

J6 : une journée de trajet pour arriver à Tokyo (à moins qu’il y ait moyen de voyager le nuit ???)

J7 - 9 : Tokyo Et : Shinjuku (p136), Akihabara (p179) and Shibuya (p138), etc

J10 : Tokyo une journée à Hakone (hakoneyumoto (mieux que hakoneitabachi ?) pour voir le mont fuji Versus une journée à Kamakura Vous choisiriez lequel : Hakone ou Kamakura (pour le mont Fuji, c’est ça ?)

J11: Kyoto

J12: Kyoto - Nara

J 13 : Kyoto et Nanzen-ji

J 14 : Kyoto the Bamboo Grove Fin du rail pass...

[[[ça vaut la peine : Kyoto - Koyasan ? Ca a l’air compliqué d’arriver là … http://wikitravel.org/en/Koyasan mais j'ai un jour de sécurité...]]]

J 15 : Osaka et le jardin d’Okayama (1h30 d’Osaka, 56 euros) et la petite ville traditionnelle de Kurashiki (juste à côté).

J 16 : Osaka - Christchurch

Voili voilà... Merci d'avance pour tous vos commentaires !

Oli.
Prochaine croisière: Royal Caribbean le 27 août 2012 English translation pending
by Cdjura · 2012-02-16 · 412 replies
Nous nous venons de réserver une croisière sur le grandeur of the sea au départ de Marseille le 27 août 2012 nous allons tester une nouvelle compagnie la royal caribbean

nos escale seront : Marseille, Malaga, Gibraltar, Ibiza, Barcelone, Palma de Majorque, Marseille

Marseille : on connait

Malaga : on connais mais on cherche des renseignement pour aller a grenade

Gibraltar : on connait

Ibiza : on connait pas et on recherche tout renseignement possible

Barcelone : on connait

Palma : on connait

Donc si vous avez des renseignement sur Grenade et Ibiza.

Nous cherchons aussi des renseignements sur la royal caribbean et le grandeur of the sea tarif en général.

Ainsi que le tarif de l’accès au spa y a t il un forfait illimité pour l’accès au spa restriction vestimentaire pour le spa y a t il un jacuzzi au spa.

Y a t il des forfaits boissons intéressant "pas comme ceux de msc qui reviennent par fois plus chers que a la commande au verre" .

Quelqu’un d'autre fait il cette croisière?
Voyage nature en Australie en septembre - octobre 2010 English translation pending
by Gjns1 · 2012-02-01 · 7 replies
Plus d'un an a passé depuis mon retour. Ce voyage que nous avons préparé en partie grâce aux infos glanées sur ce site a été pour nous une réussite, plus riche que nous l'espérions sur le plan des observations de la faune et de la flore. Voici un petit compte rendu en retour.

Voyage Nature en Australie, Septembre – Octobre 2010

03/09/2010

7h30 : La famille Teocchi est à l'heure, départ pour Lyon, trajet rapide vers Londres ou il faut attendre jusqu'à 22h30 pour embarquer à destination de Singapour. Nous sommes arrivés à Heathrow à 13h15. L’attente à Londres était de 2H00 mais un mail reçu la veille nous a informé du changement de vol. Pour manger il y a l'embarras du choix mais rien de terrible. Nous nous contentons de sandwiches salade-tomate-mayonnaise et bacon. Ensuite une petite sieste d'1/2h sur les bancs du terminal 3 avant de faire un tour des boutiques pour se dégourdir les jambes. William ne peut pas raccorder son Pc à cause du standard de prise incompatible (vive l'Europe).

04/09/2010

Nous sommes dans l'avion pour Singapour. Le vol se déroule sans histoire. A l'arrivée, nous cherchons un peu le bureau qui doit nous délivrer le boarding pass puis notre porte d'embarquement pour Darwin en se faisant aider par des militaires qui surveillent l'aéroport. Nous espérions envoyer quelques nouvelles en France grâce aux ordinateurs mis gratuitement à la disposition des voyageurs. Malheureusement, ici internet est bridé (comme les gens du coin d'ailleurs) et il nous est impossible d'accéder à nos messageries. Avant d'embarquer nous allons manger dans un Burger King car dans l'avion pour Darwin le repas n'est pas prévu.

05/09/2010

La compagnie à bas coût Jetstar qui nous conduit à Darwin nous propose un plateau repas 2h00 après avoir mangé à Singapour. Ce n’est pas grave, nous le prenons quand même. Malgré les lumières restées éclairées, je m'endors, une couverture sur la tête, pendant 3h00 jusqu'à Darwin. L'atterrissage a été assez sportif, à croire que le pilote était pressé mais finalement nous nous posons sans encombre.



Lever de soleil sur la côte Nord de l’Australie

William qui a peu dormi dans l'avion se rattrape à Darwin pendant les 2h00 d'attente. Je me dégourdis les jambes dans le hall en visitant les rares boutiques sans intérêt d'ailleurs puis je m'endors encore pour un petit moment. Nous reprenons un avion pour Cairns après avoir jeter les bouteilles d'eau que nous venions d'acheter. Les gens qui ont pris des bouteilles de whisky ont pu les emporter avec eux en cabine. Va comprendre. Arrivée à Cairns : Passées les formalités, assez rapides d'ailleurs, nous nous retrouvons dehors. William appelle l'auberge de jeunesse pour qu'ils viennent nous chercher comme prévu. Une navette qui dessert les hôtels est présente et nous dépose en 10 mn. L'auberge de jeunesse, sur Sheridan street est bien placée. Nous avons une chambre prévue pour 6 places mais nous sommes seuls pour l'instant et nous le resterons jusqu’à la fin du séjour. Elle fait 35m2 avec un frigo et des ventilateurs. La climatisation ne fonctionne pas mais vu qu’elle ne nous coute que 80 euros par personne pour 6 nuits avec petit déjeuner et un plat chaud le soir, nous n’allons pas faire les difficiles. C'est le Pérou. Nous allons changer de l'argent et faire quelques courses. A première vue c'est assez cher, surtout l'eau en bouteille. Nous nous apercevons que les jus de fruit sont moins chers que l'eau. De retour à l'hôtel, j'essaie de bidouiller les prises de courant que j'ai emmené pour l'adaption au standard australien mais tout est soudé à l'intérieur. Le bloc n'est même pas démontable. Je l'ouvre au couteau et je fais une bidouille qui provoque un court circuit dans la chambre. Nous n'avons plus de courant. Ce n'est que le soir que je découvre le tableau électrique pour réenclencher le disjoncteur correctement. Après le repas nous partons à pied visiter le jardin botanique de la ville. A part quelques népenthes nous ne trouvons pas de plantes carnivores ni le fameux stinging tree. C'est un arbre mais aussi une ortie qui peut mesurer jusqu'à 30m de haut. Son effet urticant envoie à l'hôpital tous ceux qui la touchent. Je fais mes premières photos, environ une centaine.

06/09/2010

Ce matin nous louons une voiture et partons immédiatement pour le mont Bartle Frere pour une rando qui devrait nous emmener au sommet à 1662 m d'altitude. Le dénivelé n'est que de 800m. Nous ne devrons pas avoir de problème pour y arriver. Arrivés sur les lieux vers midi , nous partons vers la chute d'eau (Josephine Falls) avant d'entreprendre la randonnée. Le temps est à la pluie mais ça ne nous gêne pas. Après cette petite ballade nous nous engageons sur le sentier qui mène au sommet du Mont Bartle Frere et là, surprise : un panneau nous indique qu'il faut 2 jours et que la rando est très difficile à l'approche du sommet.





Forêt humide près du mont Bartle Frere

Nous allons voir un garde forestier qui confirme ce que nous avons lu. Nous l'interrogeons sur les plantes carnivores pour savoir s'il est facile d'en trouver dans le coin. Il ne connait pas ces plantes et téléphone à un spécialiste de la flore de la région qui nous dit qu'il n'y en a pas.

J'en profite pour le questionner au sujet des orties géantes. Il nous envoie vers 2 de ses collègues en train de travailler plus loin sur un sentier. Ils nous emmènent à 100m de leur lieu de travail et nous en montre un exemplaire, guère plus gros que nos orties chez nous. (Les feuilles sont quand même beaucoup plus grosses). Je demande s'il y en a des gros et si on peut les voir mais il répond que pour cela il faut marcher en forêt mais hors sentier et qu'il ne peut pas quitter son travail pour nous guider. Il précise qu'ils ne font pas encore 30m de haut mais que ce sont déjà des arbres. Il rajoute que même les tout petits sont très urticants et dangereux. Nous repartons un peu déçus mais lors d'un arrêt sur le bord de la route, William, qui voulait photographier un papillon m'appelle en me disant qu'il marche sur un tapis de sensitives. J'y vais avec l'objectif macro. Il y en a partout et beaucoup sont en fleurs. Plus tard nous verrons que ça pousse comme du chiendent. Nous reprenons la route vers un autre lieu qui semble intéressant mais avant d'y arriver nous repérons un chemin qui semble carrossable et qui mène sur un mont du parc Wooroonoogoran. Nous nous engageons malgré la pluie en pensant faire 5 à 6 kms mais nous roulons au moins 40 à 50 kms sur un chemin juste assez large pour la voiture. En fait nous traversons une forêt primaire. Des fougères arborescentes se dressent tous les 10m et des multitudes de taros poussent au bord du chemin. Ce sentier devient presque impraticable à notre petite Hyundai Getz qui frotte sous la caisse à de multiples reprises. Il y a beaucoup d'ornières et de trous. Notre vitesse très lente diminue encore. Il est presque nuit lorsque nous retrouvons le goudron. Les oiseaux font tourner William en bourrique car il veut absolument en photographier mais ils se sauvent dans les bois dès qu'il descend de voiture. Après la tombée de la nuit, un bruit anormal apparaît. Nous écoutons le moteur sans savoir d'ou cela provient. Il faut descendre de voiture et stopper le moteur pour se rendre compte que ce sont les insectes nocturnes qui font ce raffut. Nous arrivons à l'hôtel vers 19h30 pour prendre une douche et faire un repas avec les fruits, (bananes, papayes et fruits de la passion) que nous avons acheté au bord de la route à un immigré d'origine italienne. Ici on se sert et on paie en plaçant l'argent dans la boîte aux lettres. Ne sachant pas si nous avions suffisamment payé, nous frappons à la porte. Il nous donne pleins de renseignements et nous repartons avec quelques fruits supplémentaires.

07/09/2010

Hier nous étions au Sud Ouest de Cairns. Aujourd'hui nous partons plein Nord vers Cape Tribulation qui doit son nom au naufrage du navire de l'explorateur James Cook. Après avoir roulé une centaine de kms, nous arrivons à destination et trouvons un accès à un chemin de randonnée en pleine forêt humide. Nous suivons une passerelle en bois qui s'enfonce en toute sécurité sur 500 à 600 m dans la forêt. Des panneaux indiquent un sentier en forêt mais nous ne trouvons pas l'accès. Finalement, un guide qui passait sur le chemin avec ses 15 clients nous montre le chemin et dit que nous ne reviendrons pas avant 2 jours, ce qui déclenche l'hilarité de sa troupe. Ce circuit fait 3kms et il est balisé tous les 10 m par des petits rubans en plastique rouge accrochés aux branches. La végétation est différente de la veille Il y a beaucoup moins de fougères arborescentes et la forêt est un peu plus clairsemée. Ce qui domine ici ce sont des grands arbres du genre figuier avec les troncs enlacés par des lianes de la taille de nos bras.



Portrait du casoar à casque



Je suis repéré

Je suis un peu déçu jusqu'à ce que William m'appelle pour me montrer un casoar et 2 petits à 10m de nous qui nous observent. Ils ne s'enfuient pas et après quelques minutes d'observation réciproque, les petits, curieux, se rapprochent de nous. Nous faisons quelques photos mais il est difficile d'avoir de belles prises de vue car il y a peu de lumière et l'oiseau bouge sans arrêt de façon à mettre un arbre ou une branche entre nous et lui. Après avoir assuré quelques clichés, je décide de sortir l'artillerie lourde et je mets le gros flash sur le boitier. Je me rapproche insensiblement. Je suis maintenant à 4m et je peux faire quelques images sympas. Je reste méfiant car j'ai lu que le mâle (c'est lui qui s'occupe des petits) est agressif lorsqu’il surveille sa progéniture. Contrairement à ce que je croyais ce n’est pas avec son casque en corne qu’il attaque ou se défend mais avec un ergot coupant comme un lame de rasoir. Quelques cas de personnes tuées par cet animal ont été enregistrés par le passé. Je me place près d'un arbre derrière lequel je pourrai me protéger en cas d'attaque. William fait de même. Une seule fois, il vient dans ma direction pour m'intimider. Je recule de 2m et il me laisse tranquille. Au bout d'une demi heure il s'en va avec sa progéniture.

On continue la rando en espérant en voir d'autres mais sans succès. Étant donné la rareté de cet oiseau dans son milieu naturel (il en reste moins de 1000) nous nous estimons satisfaits. Les Australiens à qui nous parlons de cette rencontre sont surpris car eux même n'en n'ont jamais vu. Le terrain est très accidenté et les 3kms nous semblent longs, d'autant qu'il n'y a pas grand chose à voir. Notre seul souci est de faire attention où nous mettons les pieds. De retour à la voiture il est l'heure de manger. Le repas se compose d'une demi papaye chacun car c'est tout ce que nous avons. Nous repartons jusqu'à Cape Tribulation qui ne présente pas d'intérêt. Nous n'irons guère plus loin car la route se transforme en piste pour 4x4 et ce n'est pas la spécialité de la petite Hyundai. Nous repartons vers Daintree village. La traversée de la rivière se fait par un bac assez archaïque. Nous espérons voir des crocodiles d'eau douce car cette rivière en est infestée. Mais nos recherches restent vaines. En repartant nous verrons sur une plage des panneaux mettant en garde contre les crocodiles marins nombreux eux aussi dans le coin. Retour à l'hôtel pour se doucher car nous sommes couverts d'une terre rouge sur nos jambes qui part difficilement puis repas, internet et coucher. Dans la région, au Sud Ouest de Cairns nous traversons d'immenses plantations de cannes à sucre et des bananeraies. Au Nord de Cairns il y en a aussi mais ce sont surtout les fermes d'élevage de bovins qui dominent notamment dans la région de la Daintree River. On se croirait au Brésil car ici les paysages ressemblent à ce que l'on trouve au Parana et la race de bovins est la même. La différence entre les 2 pays vient du fait qu'ici les champs de canne à sucre ne sont pas travaillés à la main. Ici tout est mécanisé. Les plantations sont bordées d'une voie de chemin de fer à rails très étroits et la canne ainsi que les déchets déjà broyés sont chargés directement sur des wagons grillagés.

08/09/2010

Ce matin nous allons nous renseigner pour survoler la grande barrière de corail. Nous avons vu une publicité promotionnelle pour 69 dollars par personne mais il faut remplir l'avion, c'est à dire être 3 passagers. Nous avons placardé des affiches un peu partout à l'auberge de jeunesse mais personne n'est intéressé. La femme qui nous reçoit au siège de la compagnie qui propose l'excursion n'est pas au courant de la promo. On lui montre le dépliant publicitaire (en masquant un peu qu'il faut être 3 pour le tarif indiqué). Elle accepte sans sourciller. Le vol est prévu pour 15h00 et doit durer 1/2h. J'espère que ce n'est pas un attrape touriste et surtout que nous pourrons faire des photos. En tout cas le ciel est beau avec soleil et nuages alternés. En attendant, nous garons la voiture près de l'esplanade et nous nous baladons le long de la plage. J'avais lu que nous verrions des pélicans. C'est raté, il n'y en a pas mais nous photographions des oiseaux qui ressemblent à des perruches et des petits perroquets. Il y a aussi des hérons, aigrettes et spatules qui fouillent la vase au bord de la plage. En repartant nous nous arrêtons à un supermarché beaucoup moins cher que la petite supérette à côté de l'hôtel. Nous allons manger dans un Hungry Jack, le Mac Do local puis revenons à l'hôtel en attendant 15h00. A l'heure dite nous sommes à l'aérodrome ou nous faisons connaissance avec le pilote, un jeune de l'âge de William. Après un petit briefing, nous approchons du coucou pour embarquer. Le pilote nous invite à monter et William me propose gentiment de monter à l'arrière car il y a une vitre qui s'enlève pour pouvoir faire des photos dans de bonnes conditions. Les couleurs de l'eau et du ciel se fondent et sont tout simplement extraordinaires. Il est vraiment nécessaire de prendre de la hauteur pour apprécier pleinement cet endroit de rêve. Je mitraille sans trêve et réalise une bonne centaine de photos d'autant plus que le pilote fait durer le vol plus que prévu et nous fait survoler un peu les environs de Cairns.



Survol de Green Island

Nous revenons sur la terre ferme, vivants et enchantés de ce survol. Nous quittons Cairns pour aller visiter une pépinière à orchidées que nous avions repéré il y a 2 jours en revenant du Mont Bartle Frere. Les floraisons n'étaient pas très nombreuses mais suffisantes pour nous satisfaire. J'ai questionné le maître des lieux au sujet d'une vanda aux feuilles vertes et jaune mais pas en fleurs. C'est une plante rare à ce qu'il me dit. Je repère aussi un phalaenopsis qui possède cette particularité et qui est rare aussi. Il provient de Taiwan ou Thaïlande, je ne sais plus très bien. C'est un hybride. En extérieur il y a des tillandsias en fleurs qui poussent sur des troncs de fougères arborescentes. J'explique au propriétaire que nous avons beaucoup d'orchidées, de tillandsias et de plantes carnivores à la maison. William lui demande s'il accepterait de nous vendre une bouture de tillandsia à fleurs rouge pour Isabelle. Il en coupe 4 ou 5 morceaux et me les donne gentiment en refusant qu'on lui paie. J'espère pouvoir les ramener à Donzère sans les perdre à l'arrivée à Lyon comme cela était arrivé en revenant du Brésil en 2003. En fait ce qui m'inquiète le plus c'est que nous sommes au début du voyage, qu'il nous reste encore 5 semaines en Australie et que nous allons changer de climat toutes les semaines. Il ne faut pas oublier non plus que nous allons prendre l'avion une dizaine de fois avant de rentrer et que le transport de plantes ou de nourriture d'une région à l'autre est strictement interdit et contrôlé. En fin de compte les tillandsias auront passé toutes ces épreuves sans voir souvent la lumière du jour puisque je les avais caché dans la poche kangourou (normal on est en Australie quand même) de ma veste de pluie, elle même enroulée au fond de mon sac à dos. Je les ai simplement sorti une fois à Hobart ou je les ai trouvé en fleurs puis une autre fois à Albany pour voir ce qu'ils devenaient. Ils sont maintenant sauvé et installés dans la serre tropicale avec leurs congénères et plein d'autres plantes. Le propriétaire de la serre aux orchidées a pris notre adresse mail et viendra nous rendre visite s'il décide de venir en France. Il nous a donné l'adresse d'un producteur de plantes carnivores installé à 40 kms. Nous ne réussissons pas à trouver des touristes qui accepteraient de nous y emmener.

9/09/2010

Je me suis levé à 7h30 ce matin, plus tard que d'habitude mais il faut dire qu'hier soir il y avait beaucoup de bruit avec la musique à fond jusqu'à tard dans la nuit. William dort encore. Je vais prendre le petit déjeuner mais déception, il n'y a plus de poudre à café. Je mange des céréales sans rien boire, c'est un peu dur à avaler et je vais en ville pour boire un café qui me coute 3 dollars. C'est hors de prix. J'en profite pour retirer de l'argent à un distributeur et je reviens tranquillement à l'auberge de jeunesse. En passant devant un hôtel, je tombe sur le propriétaire d'un Hj61 comme le mien. Je vais parler un peu avec lui en lui disant que j'ai pris son Toy en photo la veille. Il me montre son porte roue assez simple à faire et son aménagement intérieur qu'il vient de vider pour le nettoyer. Il a des coffres et des tiroirs et un couchage au dessus et se sert de ce véhicule pour aller camper et à la pêche. Le moteur est un diesel équipé au gaz qui est beaucoup moins cher que le gasoil, lui même plus cher que l'essence en Australie. De retour à l'hôtel, je fais un peu de tri dans les photos mais ce n'est pas facile car je ne peux pas les visionner autrement que sur l'écran arrière du boitier. Je n'ai pas réussi à installer DPP sur l'ordi de William pour les décharger et les voir en grand. J'en supprime une dizaine sur 420 photos réalisées. Les batteries que j'ai acheté avant de partir sont de bonne qualité car j'ai fait plus de 400 prises de vues ici et quelques unes à la maison avant de partir. J'ai aussi pas mal utilisé le flash du boitier. En attendant que William se réveille, je nettoie un peu la voiture. A 10h00 il émerge enfin. Il a appris hier soir qu'une allemande qui rentrait de nuit à son hôtel s'est faite agressée par 5 aborigènes souls qui l'ont laissé dans le coma sur le trottoir. Nous rendons la voiture et nous nous arrêtons chez Olly's pour acheter des cartes postales. William va piquer une tête à la piscine de l'hôtel mais moi je pars pour une séance photo le long de l'esplanade. Je ne retrouve pas un petit perroquet multicolore que j'avais vu la dernière fois mais 6 à 8 pélicans paressent dans l'eau à quelques mètres de la plage.



La danse des pélicans

Je ne suis donc pas venu pour rien. Je remonte l'esplanade en direction du Sud et je découvre une piscine extraordinaire par sa taille (au moins 200m de côté). C'est un lagon artificiel qui a été créé ici. Il est entouré de palmiers gris bleutés qui m'ont attiré. Le plus extraordinaire c'est que l'accès est gratuit pour tout le monde, habitant de Cairns et touristes. Plusieurs maitres-nageurs surveillent ce plan d'eau. Tout est très propre. Une telle réalisation en France ne serait accessible qu'en payant assez cher .



Sphecotheres viridis (Fig Bird)

Après le repas William se connecte sur internet et miracle, ça marche. J'en profite pour regarder la messagerie et répondre aux mails qui me sont parvenus. Ensuite comme William ne voulait pas bouger de l'hôtel, je repars en direction de l'esplanade pour faire encore quelques photos. En repartant, alors que l'appareil est dans le sac, je remarque un oiseau de la taille d'une grosse mouette avec la tête et le bec jaune citron. Il s'agit d'un Vanellus miles (Masked Lapwing ou Spurwing Plover). Je traverse la rue pour mieux le voir et soudainement il se met à crier dans ma direction et me fonce dessus. J'ai droit à une autre attaque d'un 2eme oiseau et je repense aux grands labbes qui m'attaquaient aux iles Feroe pour défendre leurs nichées. Effectivement j'aperçois un poussin qui s'enfuit. Je fais quelques photos et les laisse tranquille. Le soir nous mangeons pour 5 dollars une assiette de carbonara accompagnée de salade et de pain dans lequel a été fondu du cheddar. C'est bon et pas cher du tout si l'on compare avec les restaurants des alentours. Comme boisson, ce soir c'est sangria à volonté pendant 2h00 pour un forfait de 2 dollars. L'ambiance monte assez vite d'autant qu'une musique de sauvage dégueule des hauts parleurs qui entourent le patio. Je rentre donc à la chambre pour être au calme.

10/09/2010

Ce matin, c'est corvée de linge sale. La machine devrait suffire vu la taille du tambour. C'est 2 fois celle de la maison. Il nous en coûte 3 dollars. Le linge est ensuite suspendu partout dans la chambre et les ventilateurs permettent un séchage rapide. William a l'intention de se recoucher après cette activité contraignante mais nécessaire vu la boue collée aux vêtements depuis notre séjour en forêt à Cap Tribulation. Est ce l'effet sangria de la veille qui l'a fatigué? Pour ma part, je retourne au jardin botanique pour essayer de voir le fameux stinging tree. Des visites accompagnées par un botaniste sont organisées gratuitement 2 fois/semaine mais malheureusement pas le vendredi. J'en reviens vers 12h30 affamé et surtout assoiffé. Je croise William qui revient de la boulangerie voisine. Il a acheté des sandwichs à la pâtée pour chien que nous mangeons rapidement accompagnés d'un ½ litre d'eau fraiche. J'ai enfin pu voir l'ortie géante au jardin botanique. En fait il est enfermé dans une espèce d'aquarium et mesure à peine 50 cms, nettement moins joli que celui que nous avions vu au pied du mont Bartle Frere. Je discute avec la femme du centre d'accueil et d'information et je vois 2 gourdes décorées derrière elle. Je les prends en photo à sa grande surprise et lui explique que nous avons une collection à la maison. Je retourne dans la zone forestière et je réussis à photographier un oiseau à tête rouge, très farouche qui m'a échappé plusieurs fois. En me promenant dans la partie du parc qui retrace l'évolution des plantes depuis la séparation des continents je surprends encore un oiseau qui ressemble à un petit corbeau avec un bec bleu. Il y a ici une diversité incroyable. En repassant aux mêmes endroits qu'il y a 3 ou 4 jours, je découvre des plantes que je n'avais pas remarquées, telle cette aracée noire (beaucoup plus grande que black magic). En sortant du parc pour rentrer à Cairns, je passe à côté d'une antique Peugeot 403 avec conduite à droite. Il me faut 1/2h de marche sous un fort soleil pour rejoindre l'hôtel. Après avoir mangé et pris une douche, je prépare mes sacs pour le départ à Sydney prévu le lendemain. Il faut notamment enlever toute la terre rouge qui colle aux chaussures de marche. Je vais devoir les mettre aux pieds dans l'avion car elles ne tiennent pas dans ma valise. Je passe 1h30 sur l'ordinateur et je récupère les adresses que j'avais demandées à Isa puis je vérifie l'enregistrement de notre vol sur British Airways. Il suffira de se présenter 2h00 avant le décollage et enregistrer les bagages. Nous mangeons à l'auberge de jeunesse en compagnie d'un couple d'anglais. J'ai du mal à suivre la conversation tant la musique est forte et leur accent difficile. La femme surtout, bouffe ses mots et parle à une vitesse incroyable

11/09/2010

C’est le dernier jour à Cairns. Un petit tour pour lire les messages puis préparation du départ. En fait, je n'ai qu'à mettre mes chaussures aux pieds et ranger mes sandales dans la valoche. Pour William, c'est plus compliqué. Tout est encore en vrac dans la chambre et pour l'instant, il cherche sa clef. Finalement quelqu'un la trouve et la rapporte à l'accueil. Nous sortons attendre le bus devant l'hôtel. Il arrive en même temps que nous. Arrivés à l'aéroport les bagages sont enregistrés immédiatement puis nous allons dans la salle d'attente. Le vol se déroule sans histoire avec un survol de la barrière de corail au départ. Nous arrivons à Sydney à la tombée de la nuit. Pour rejoindre l'hôtel, il faut prendre un bus ou un train. Personne ne peut nous renseigner. Finalement, nous trouvons le bus qui fait le tour des hôtels de la ville. Arrivés à Sydney Harbour YHA, nous nous rendons compte que ce qui est écrit sur leur site est faux. Le petit déjeuner n'est pas inclus et internet en Wifi est aussi payant (4 dollars de l'heure). La chambre est prévue pour 4 et 2 personnes s'y trouvent déjà. Nous posons les bagages et allons voir la fameuse terrasse du 3eme étage d'ou nous voyons le pont et l'opéra. Je veux prendre des photos mais l'autofocus ne fonctionne pas. Je règle la mise au point en manuel mais sans avoir l'impression de netteté dans le viseur. J'ai peur d'avoir un problème avec le 20D. Je fais quand même quelques vues et il me semble, en les regardant dans la chambre, qu'elles sont nettes. Je me douche et me couche un peu rassuré.

12/09/2010

Debout à 6h30 parce qu'un début de mal de tête me réveille. Je monte sur la terrasse. La porte d'accès est encore fermée. Je fais le tour par la petite cuisine et je vais prendre l'air sur cette terrasse. Je m'aperçois que mon appareil est en mode Al Focus et je comprends que c'est la raison pour laquelle il ne fonctionnait pas correctement hier soir. Il n'y avait pas assez de contraste et l'autofocus s'en trouvait perturbé. Je fais une quinzaine de photos puis je pose mon sac à la chambre et je descends à la cuisine pour le petit déj. Je négocie un second café à la place du lait que je ne boirais pas. Le type qui me sert est d'accord mais lorsque je viens le chercher, il me dit, gêné, que ce n'est pas possible. J'insiste en lui demandant pourquoi il a changé d'avis mais une mégère répond à sa place en me réclamant 3 dollars. Décidement cette auberge de jeunesse n'a rien à voir avec celle de Cairns.



Sydney, opéra house photographié de la terrasse de l’auberge de jeunesse

Lorsque je remonte à la chambre, William est réveillé. Il se douche, déjeune et nous quittons Sydney pour aller dans les Blue Mountains. Avant de partir nous laissons nos bagages à la consigne de l'hôtel et allons faire un tour au Botanical Garden. En chemin, près de la station Circular bay, nous avons une belle vue sur Harbour bridge et Opéra house. Au jardin nous repérons la serre tropicale en forme de pyramide mais elle est fermée. Nous reviendrons dans quelques jours. Près de cette serre, il y a un bassin avec des nénuphars et aussi quelques sarracenias et droseras (capensis blanc). Comme nous n'avions droit qu'à 1h1/2 de consigne, nous repartons. On se fait expliquer comment aller à Katoomba. Il faut prendre le City Rail jusqu'à Central Station puis se renseigner là-bas. Nous tombons sur des agents fonctionnaires qui ne nous renseignent pas vraiment. En fait on doit prendre un bus pour Penrish puis un train pour Katoomba. On est dimanche. Il paraît que c'est direct en semaine. En tout cas ce voyage ne nous coute que 15,6 dollars pour 2. Il vaut mieux voyager que boire de l'eau. Nous avons 16 arrêts à faire avant d'arriver à destination. Le train traverse des zones boisées et nous prenons de l'altitude. Les petits villages se succèdent le long de l'itinéraire. Le temps est beau mais l'atmosphère se refroidit. Nous avons perdu plus de 15 degrés depuis Cairns. William engage la conversation avec sa voisine et elle lui apprend que sa mère est une spécialiste des céphalotus. Il donne son Email en espérant qu'elle nous contacte. Arrivés à Katoomba, nous tombons sous le charme de ce village. Les gens sont aimables et nous renseignent, quitte à faire 300 ou 400m pour nous montrer le chemin. Quelle différence avec Sydney. Autre bon point pour cette bourgade : ici nous ne sommes pas pris pour des Américains. Les prix sont corrects. Arrivés à l'auberge de jeunesse après presque 1km de montée avec tous les bagages, nous sommes encore une fois agréablement surpris. Là encore que du changement en bien par rapport à Sydney. Bien sûr, l'auberge de jeunesse fait très vieillot mais très propre et la dame de l'accueil très aimable répond à toutes nos questions. Elle nous explique aussi que dans l'après-midi, nous avons assez de temps pour faire une randonnée jusqu'aux Tree Sisters. On achète vite fait de quoi manger en chemin et nous voilà partis, William pas fier du tout, en tongs. Au croisement de la route et du chemin de départ de la rando, nous croisons un groupe de 6 ou 7 jeunes françaises qui sont perdues et ont marché plus de 2 heures sans trouver les 3 sisters. Nous leur montrons le chemin mais elles préfèrent attendre un bus et repartir à Sydney. Elles sont en stage pour 5 mois en Australie. Nous attaquons la rando sur un chemin comportant des marches et des rampes métalliques à la moindre difficulté. Au bout d'un km environ, William m'appelle : il vient de trouver 1 drosera binata à moins d'un mètre de la fougère que je photographiais. En réalité nous en trouvons plusieurs, forme verte et forme rouge. Elles démarrent à peine. Un peu plus loin, c'est drosera auriculata qu'il découvre. Je regrette de ne pas avoir pris le 105 macro avec moi. A partir de ce jour, il ne quittera plus mon sac. Il va falloir revenir. Un Pakistanais qui loge dans la même chambre que nous nous rattrape. Nous marchons un peu ensemble mais lui n'est pas intéressé par les plantes que nous photographions et il nous laisse. Voulant arriver à tout prix aux 3 sisters avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes, je laisse William avec les plantes carnivores et je continue seul. Par la suite nous adopterons souvent cette technique de se séparer car cela permet d'être très discret et de pouvoir surprendre les animaux, notamment les oiseaux. Arrivé aux 3 Sisters, je croise le Pakistanais qui me dit être descendu aux pied des rochers et que la vue en contrejour est belle. Je descends donc dans cette direction. Le chemin est constitué d'escaliers dont les marches sont taillées dans le rocher, parfois bétonnées ou métalliques. Par endroit une solide main courante sert à ne pas glisser sur ces marches mouillées en permanence et glissantes. Je descends d'un bon pas pendant une demi-heure et je ne suis toujours pas en bas. Je regarde l'heure et je m'aperçois que je n'aurais jamais le temps de remonter avant la fermeture de la barrière qui marque l'accès à l'escalier. Je continue malgré tout et je croise des français qui me disent que la vue est belle d'en bas mais qu'il y a encore presque 1/2h de marche. Je redescends encore mais ne voyant pas le fond de la vallée, je décide de remonter. Je suis le dernier sur ce chemin. Je remonte d'un bon pas, plus rapidement qu'à la descente. Arrivé à la barrière, je croise William qui arrive. Nous prenons un autre chemin pour le retour et, surprise, après 200m nous découvrons un point de vue intéressant d'ou sont prises toutes les photos des 3 Sisters que l'on voit sur les cartes postales.



Les trois soeurs

Ce point de vue est en surplomb dans le vide mais totalement sécurisé par des garde fous métalliques. William ne peut pas s'approcher pour faire des photos tellement il a le vertige et peur du vide. Finalement, il réussit à surmonter sa peur. De retour à Katoomba, nous allons acheter des pizzas pour 6,95 dollars qui sont bonnes et de taille correcte. Tandis que William essaie de se connecter à internet, je vais prendre une douche et ranger un peu mes affaires puis trier les photos de la journée. Je regarde ensuite mes messages et me couche.

13/09/2011

Ce matin William est plus matinal que moi. Je l'entends à peine se lever et aller à la douche. Je me réveille et prépare mon sac pour la journée. Nous prenons vite fait un petit déj et sortons sac au dos et appareils photo en bandoulière. Notre rando doit nous conduire à Leura, village voisin de Katoomba. Le départ de la rando a lieu au même endroit que celle de la veille mais en voulant prendre un raccourci pour y aller, nous faisons une erreur d'aiguillage et marchons 2 bons kms au lieu des 500m prévus. La météo annonçait la pluie mais c'est un beau soleil qui nous accompagne avec, malheureusement un vent froid et assez fort qui me rappelle notre bon vieux mistral. On se croirait dans la vallée du Rhône.



Purple flag

Très rapidement William découvre des binatas. Plus loin, en voulant photographier une fougère j'aperçois des droseras auriculata en grand nombre. Je fais des gros plans sur les feuilles, ce que je n'avais pas pu faire la veille. J'utilise la pochette de mes lunettes pour faire un fond sombre et uni afin que la feuille se détache bien. Cela semble réussir. Pendant que William continue avec les plantes carnivores, je m'avance 1 km plus loin vers un point de vue aménagé en surplomb de la vallée. Il permet de photographier la chute d'eau de Leura sous un angle différent de ce que nous avions fait jusqu'alors. William, toujours sujet au vertige n'est pas chaud pour venir sur ce loockout. Il n'est pourtant pas très impressionnant, en tout cas moins de près que de loin. Je repars à sa rencontre et je finis de le convaincre de venir. Il réussit à faire une photo avant de rebrousser chemin. Nous reprenons le sentier de Leura après ce petit détour et trouvons une orchidée curieuse, complètement seule tout près d'un parking à l'entrée du village. Il nous reste 2 kms de goudron avant de parvenir dans le village. Nous mangeons chez un Chinois pour quelques dollars et reprenons le chemin de Katoomba. Pendant cette rando, outre les plantes, nous avons photographié de nombreux oiseaux et vu des perroquets blancs de grande taille mais sans pouvoir leur tirer le portrait.

14/09/2011

Ce matin départ pour la gare en vue de se rendre au village de Blackheat. Arrivés sur place, nous prenons la direction du centre d'information du parc national. Nous marchons sur le goudron pendant 2,7 kms. J'ai déjà 3kms dans les jambes car ce matin je suis parti balader dans Katoomba en attendant le réveil de Will. Au centre d'information, nous apprenons par les rangers qu'il y a des carnivores, notamment des spathulatas. Pour démarrer la rando, il reste encore 500m de goudron à faire pour rejoindre le parking d'ou partent les différents sentiers. Ce parking est bien aménagé avec toilettes, barbecues, abris, ect.... Le ranger nous a donné la photocopie d'un plan sur lequel il a expliqué ou trouver les spathulatas. Effectivement, après 300m nous trouvons des auriculata. C'est bizarre il ne nous en avait pas parlé. Nous continuons sur le chemin qui est maintenant goudronné car accessible aux fauteuils roulants. A part quelques binatas nous ne trouvons rien d'autre et le chemin nous ramène à notre point de départ. Cette rando commence mal. En fait nous n'avons pas compris les explications du ranger, qui comme tous les australiens ne s’est pas exprimé clairement. Nous retournons le voir. Il n'est plus là mais ses collègues nous montrent par ou passer. Nouveau départ et cette fois, nous trouvons le petit sentier dont il parlait. Au bout de 300m, à nouveau des carnivores mais pas les spathulatas promises. Nous faisons quelques photos puis continuons sur le sentier. Il pleut depuis le départ, la pluie s'intensifie et il fait froid. J'enfile une polaire et ma veste de pluie. William fait de même. 10 m plus loin une première zone de spathulatas. Je protège William avec le parapluie pour qu'il fasse ses photos sans mouiller son appareil puis on inverse les rôles. Les plantes sont fixées sur des rochers dans le talus mais plus loin nous en trouvons un grand nombre à plat sur le sol détrempé. Parfois les auriculata et binata se mêlent aux spathulatas.



Droseras spathulata

La pluie se calme un peu. Je laisse William continuer se prises de vues et je poursuis mon chemin sur le sentier en direction de Pulpit Rock que nous apercevons de temps en temps à travers le rideau de pluie et la brume. Le chemin est très difficile, glissant avec beaucoup de marches. Montées et descentes se succèdent. J'arrive à un panneau qui indique 3 directions. L'un des chemins est impraticable. Je suis la direction que nous avions convenu. J'arrive à une petite cascade puis au bord d'un petit ruisseau. Les couleurs fauves des roches dans le ruisseau me plaisent et je me mets au milieu pour faire des photos de l'eau courante. Il se remet à pleuvoir. Je pense qu'il est temps de rejoindre William et de redescendre au village car le chemin est de moins en moins praticable. J'arrive là ou William faisait les photos mais je ne le trouve pas. Je l'appelle mais il ne répond pas. Je retourne jusqu'au cours d'eau ou j'ai fais mes photos dans l'eau mais pas de traces de William. Je pense alors qu'il est reparti vers le parking pour s'abriter de la pluie qui ne cesse de tomber. Il n'est pas non plus au parking. Je pousse donc jusqu'au centre d'information. Personne ne l'a vu. Je pose la question à des gens qui arrivent du village mais eux aussi ne l'ont pas vu. Je repars sur la rando car il y a de multiples chemins, et, comme il a un plan, il est peut être passé ailleurs. Je m'engage sur un sentier qui descend dans la vallée au pied d'une belle cascade mais je renonce au bout de 200 m parce que ce chemin est très difficile à cause de la pluie et qu'il n'y a pas de raison qu'il ait pris cette direction car nous n'en avions pas parlé.



Chemin de Pulpit Rock



Cascade de Leura

Je retourne au centre d'information et signale aux 2 femmes qui ont pris le relais que je l'ai perdu. J'ai bien essayé de l'appeler avec mon téléphone mais sans succès. Elles essaient avec la ligne fixe de leur bureau mais elles me disent ne pas pouvoir appeler un numéro étranger. Je leur laisse nos noms et l'adresse de l'HYA de Katoomba et sur leur conseil je pars à la gare pour rentrer à l'hôtel. Peut être est il à la gare? Elles me disent de rentrer et qu'elles m'appellerons s’il passe au centre ou pour savoir s'il est rentré sans les informer. Elles préviendront les secours pour les recherches en fin d'après midi. Je retourne quand même sur le chemin de la rando mais toujours personne. Je pars donc à la gare. William n'est pas là et n'est pas passé. Un train part 5mn plus tard pour Katoomba et je décide de le prendre car le suivant est 2h1/2 plus tard et je commence à avoir froid car je suis tout mouillé. Arrivé à l'auberge de jeunesse, je monte à la chambre. Il n'est pas revenu. Je pose mes affaires trempées et je vais à l'accueil signaler ce qui se passe. Je demande à la dame si elle peut l'appeler sur son portable mais là encore elle n'a pas accès à l'international et me dit d'appeler depuis une cabine. Je lui demande de me vendre une carte. Finalement elle change d'avis et appelle elle même depuis son poste avec la carte. Ca ne marche pas mais un de ses collègues vient à la rescousse et ils trouvent la procédure dans un bottin. Après quelques tentatives, elle me tend le téléphone en me disant que ça parle français. Malheureusement c'est le répondeur. Je laisse un message et je vais me doucher et changer de vêtements. Je descends ensuite dans la salle commune pour lire en attendant des nouvelles. 1 heure plus tard, je le vois arriver, complétement trempé lui aussi. Il est rentré en stop car, à 10 mn près, il a raté le train que j'ai pris. Nous comprenons que nous nous sommes ratés de peu sur le chemin et qu'il est probablement passé à moins de 5 m de moi lorsque j'étais dans le ruisseau. Il me croyait au sommet de Pulpit Rock et est monté là-haut au pas de course lorsque c'était possible. Il m'a appelé lui aussi mais malheureusement sans résultat. Il a même cru me voir mais comme je ne répondais pas à ses appels, il a pris son appareil photo et en zoomant a vérifié que c'était bien moi qu'il devinait à l'horizon. En fait ce n'était que des branches que le vent agitait. Il est redescendu très vite de crainte d'être surpris par la nuit et aussi parce que la pluie s'intensifiait. Finalement tout se termine bien. Il a même eu la chance de voir de très beaux perroquets qui se regroupaient pour la nuit mais n'a pas pu les photographier tellement il pleuvait. Pour se réconforter, je suis allé à Aldi (Eh oui) acheter de la viande (des émincés de poulets) et de la crème pour préparer quelque chose de consistant. J'ai demandé à un petit vieux avec qui nous avions sympathisé de me passer des champignons et j'ai préparé du poulet à la crème et aux champignons avec un peu d'huile de sésame car je n'ai rien trouvé d'autre dans la cuisine. En dessert on s'est envoyé un pot de 550g de yaourt au citron vert. Ces yaourts sont excellents et pas chers du tout. Le repas du soir nous est revenu à 4,5 dollars soit environ 3 euros pour 2. Le soir même William parle un peu avec sa famille sur internet et je me fais engueuler par sa mère de l'avoir lâchement abandonné dans la nature.

15/09/2010

Debouts un peu avant 8h00 ce matin. Nous n'avons rien prévu pour ce matin. Je vais chercher une énorme brioche industrielle à 3,5 dollars que nous avons vu chez les Chinois qui ont la boulangerie française. Elle est très lourde, mal cuite et sans levure mais parfaite pour le petit déj. Avec ça on va tenir une bonne partie de la journée. Nous dépensons environ 12 euros par jour pour 2 depuis qu'on s'est organisé. Lorsque je reviens William a préparé le café et le thé à la cuisine. Ensuite il s'installe devant son ordi et ne le quittera qu’à 15h00 pour aller prendre le train de retour vers Sydney. J’ai de la chance, c’est lui qui s’occupe des locations au fil du voyage. Personnellement, je préfère aller marcher encore ce matin. Je veux profiter au maximum de cette belle région, paradis des randonneurs. Il y a tellement de chemins de tous niveaux que tout le monde y trouve son compte. Tout d'abord je retourne aux 3 Sisters car je veux les photographier avec la lumière du matin et aujourd'hui le soleil est de sortie. J'aimerai aussi faire un ensemble de photos pour un panoramique. Hélas, vu le monde qui se presse sur le loockout, j'ai beaucoup de mal. Il aurait fallu un trépied. Je fais quand même une série mais sans conviction. Après cela, je m'engage sur un sentier en direction de la cascade de Katoomba. Je suis seul sur ce chemin qui comporte de nombreux escaliers. Par endroits la pluie de la veille a laissé des flaques qu'il est impossible d'éviter. Je fais un bon nombre de photos car des points de vue sont aménagés presque tous les 500m. Je photographie un arbre de la famille des melaleuca, appelé arbre à thé par James Cook qui en faisait des infusions. L'huile essentielle qu'on en tire possède de nombreuses vertus médicinales, notamment pour le traitement des infusions. Pendant la dernière guerre mondiale le gouvernement Australien exempta de service militaire les cueilleurs de feuilles et les gens qui en tiraient l'huile essentielle. Depuis les antibiotiques l’ont remplacé. J'arrive près de la cascade et descends au pied de la chute. J'ai du mal à exposer correctement tellement le contrejour est violent. Il est d'ailleurs impossible de faire une pose lente pour avoir un filé de l'eau. Vers midi je retourne à l'auberge puis je sors acheter à manger. William cherche des tarifs pour louer une voiture au Centre Rouge. On devrait s'en tirer pour environ 400 dollars pour 4 jours, soit 260 euros. L'auberge de jeunesse est affiliée au réseau YHA et de ce fait, la dame de l'accueil s'occupe de nous réserver nos chambres à Alice Springs, ce qui est fait en 1/2h. Nous partons prendre le train après un petit détour à Aldi pour faire le plein de nourriture pour les 2 jours qui viennent. Cela nous fera économiser pas mal d'argent et de temps à Sydney ou tout est hors de prix. La remontée de Katoomba street avec tous nos bagages est pénible. Il y a + de 800 m à faire et ça monte tout le long. Je laisse William chez un photographe car il veut faire des cartes postales à partir des photos des jours précédents. J'achète les billets pour Sydney et me rends sur le quai car le prochain train part dans 10mn. Il faut que William se presse car sinon il faut attendre 1h00 de plus. Il arrive sur le quai en même temps que le train. C'est parfait, il a bien optimisé son temps. Le trajet pour Sydney est de 2h00. Nous restons 2 jours pour visiter un peu la ville puis départ pour la Tasmanie. Arrivés à Central Station, il nous faut trouver le bon train pour Circular quai qui se trouve non loin de l'auberge de jeunesse. C'est l'heure de pointe et avec nos 40 kgs de bagages chacun, on se fait bousculer de tous les côtés. D'après les plans il nous faut prendre la ligne 19 de couleur bleu clair ; Arrivés au bord du quai après avoir monté un escalier de 15m on s'aperçoit que ce n'est pas bon. On redescend donc et on commence à gueuler sur la signalisation qui est très mal faite. Un français habitant Sydney qui nous a entendu vient nous mettre dans la bonne direction. Malheureusement il se trompe et 1 fois encore il faut redescendre ces foutus escaliers. On questionne plein de gens et finalement une personne nous accompagne jusqu'au bon endroit. Il faut encore remonter des escaliers. 15 mn plus tard, on quitte le métro et nous faisons le dernier km dans des rues pentues pour enfin arriver à l'YHA. Je me jette sous la douche pendant que William est de corvée à la cuisine pour préparer un plat de pâtes digne de l’Italien qu'il est (presque). Il parvient même à échanger avec un Allemand de la viande hachée contre de la sauce bolognaise en boîte, du sel et de l'huile pour relever un peu sa préparation. Après le repas, je monte sur la terrasse pour quelques photos puis je vais me coucher. Je feuillette le Lonely Planet pour préparer un peu le séjour prochain en Tasmanie.

16/09/2010

Hier soir William a mis le réveil à 6h50 pour faire des photos sur la terrasse au lever du soleil. Pas de chance il y a des nuages, on aurait pu dormir plus longtemps. Hier soir, vers minuit 2 Chinoises sont rentrées dans la chambre et ont occupé les lits restants. Elles ont fait beaucoup de bruit sans se soucier de nous qui dormions. Ce matin on leur a rendu la monnaie de la pièce et si demain elles sont encore là, on se lève à 4h30 pour prendre l'avion qui décolle à 8h00. Aujourd'hui, une fille de Sérignan du Comtat qui est à Sydney pour 6 mois est venue nous rejoindre. Au programme, visite du jardin botanique et des alentours par une belle journée ensoleillée. Nous avons mitraillé sans compter. Photos de plantes, d'oiseaux, de chauve-souris et même un énorme lézard. C'est un responsable de la serre tropicale avec qui nous avons parlé de plantes carnivores qui est venu nous chercher pour nous le montrer car il était dans une zone interdite aux visiteurs. Tel une star, il s'est laissé photographié sous toutes les coutures.



Eastern Water Dragon (Physignathus lesueurii)

Nous avons voulu monter en haut de Harbour Bridge pour avoir une vue globale de la baie mais le tarif (130 dollars par personne) nous a dissuadé de le faire. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil sur la terrasse. Encore raté. Comme ce matin le ciel s'est couvert alors qu'il est resté dégagé toute la journée. Nous passons une partie de la soirée à préparer les bagages pour ne pas rater la navette qui doit nous prendre à 5h30. Ce soir le repas est le même que la veille c'est à dire spaghettis et viande hachée mais sans sauce ni sel ni huile car nous n'avons pas trouvé une âme généreuse qui disposait de ces ingrédients.

17/09/2010

Debout à 4h45. Un rapide petit déj et nous voilà en bas de l'hôtel avec nos bagages. La navette est prévue pour 5h30. A l'heure dite, un taxi s'arrête et nous propose de nous conduire pour 40 à 50 dollars. Nous refusons. Notre navette est déjà payée. Elle n'arrive pas, l'heure tourne et à 6h10 nous allons à l'arrêt de taxi tout proche et embarquons immédiatement ; Le chauffeur nous demande à quel terminal nous allons, le nom de la compagnie et notre destination. Il dit que ce n'est pas possible que ce soit le terminal 2 de l'aéroport international pour aller à Hobart qu'il y a une erreur sur nos papiers et il nous débarque au T1 à l'aéroport national. Dans l'aéroport nous ne trouvons pas le bureau de Jetstar et demandons à des employés ou il se trouve et nous comprenons que nous venons de nous faire avoir par le chauffeur du taxi. Jetstar est bien sur l'autre aéroport à 6kms de là. Nous trouvons immédiatement un taxi qui nous demande 20 dollars pour la course. Je lui tends un billet de 50 et il ne me rend que 25. Je réclame les 5 dollars manquants mais il me répond que c'est une taxe et il démarre en trombe. 2eme arnaque de la journée. L'avion décolle avec 1/4h de retard, chose courante en Australie, paraît il. Le vol se passe bien. Arrivés à Hobart nous récupérons la voiture de loc. réservée depuis la France. On dit jamais 2 sans 3 c'est vérifié une fois de plus. On nous oblige à payer une taxe de 42 dollars parce que nous prenons la voiture à l'aéroport. Les gens que nous questionnons à ce sujet par la suite n'en ont jamais entendu parler. La voiture est une Nissan boite automatique et j'ai un peu de mal avec. Il va falloir s'habituer. Après avoir tourné un peu dans la ville, nous arrivons à l'hôtel. Il faut encore négocier car ils veulent nous faire payer 2 suppléments pour la chambre. Finalement, tout s'arrange. On ne paie rien. Après avoir posé les bagages, nous partons au mont Wellington pendant qu'il fait beau. Nous n'avons pas mangé mais nous pensons trouver ce qu’il faut sur la route mais malheureusement, il n’y a pas de magasin sur notre trajet. Tant pis on saute le repas. Arrivés à mi-chemin, la route est barrée à cause de la neige. Je me gare sur le côté et on part faire un tour à pied. Nous sommes trop loin du sommet pour espérer l'atteindre et redescendre avant la nuit. Il fait très froid et nous redescendons vers Hobart. Nous avions vu, en montant, une pépinière spécialisée dans les plantes de Tasmanie. Nous y allons et William questionne la femme pour trouver des PC dans le coin. Elle connait bien les plantes mais elle nous donne l'adresse d'un chercheur à l'université de Hobart qui pourra nous renseigner sur l'île entière. Nous y allons et après quelques recherches dans la ville, nous le trouvons à son bureau où règne un foutoir digne de la chambre de Floriane. Le chercheur, sorte de professeur Tournesol (même coupe de cheveux) mais beaucoup plus jeune, nous reçoit et écoute les questions de William. Il se met sur son ordinateur, fait quelques recherches et nous montre les plantes que nous devrions trouver à cette époque de l'année, ainsi que les lieux ou elles poussent. Nous parlons un peu de plantes avec lui et surpris de voir que nous connaissons plutôt bien les PC d'Australie (enfin William, pas moi), il fouille dans le foutoir de son bureau et nous donne un Cd avec le logiciel qu'il a crée pour répertorier les plantes de Tasmanie, carnivores ou pas. Il complète cette base de données par une petite brochure sur les arbres. Ce type va nous faire gagner un temps précieux par la suite.



Depuis le sommet du mont Nelson

J'avais proposé à William que nous montions au mont Nelson pour avoir une vue panoramique de la côte et de Hobart et justement c'est l'endroit le plus proche de la capitale ou se trouve le drosera macrantha. Nous y allons et après quelques centaines de mètres sur un sentier, nous trouvons les premiers exemplaires. Pourtant elle est minuscule et pousse au milieu d'herbes hautes et ne se trouve pas en grande quantité. On redescend à Hobart pour acheter à manger. Les prix sont délirants et nous quittons la première supérette sans rien acheter. On trouve finalement un supermarché COLES qui propose des tarifs plus intéressants. Nous prenons de la nourriture pour tout notre séjour sur l'île. Pour 102 dollars on achète les produits les moins chers, de mauvaise qualité mais au moins on ne se ruine pas. Le soir nous essayons une connexion internet. Ca ne marche pas et c'est 3 fois plus cher que sur le continent.

18/09/2010

Nous sommes 4 dans la chambre. Il y a 2 Chinois. L'un, de Taiwan est très discret et l'autre, de la république populaire, absolument sans gêne. Il met le chauffage à fond, il fait plus de 30 degrés dans la chambre. Au bout d'un moment, je me lève et je le coupe. Il attend 5 mn et croyant que je dors, il le remet. A mon tour, j'attends un peu et je le coupe à nouveau en le regardant pour qu'il comprenne qu'il commence à me courir sur le râble. Il ne dit rien mais dès que je tourne le dos il remet à fond. Il ne parle pas anglais, encore moins que moi, alors ça ne sers à rien de discuter. A 6 heure du matin, il éclaire la pièce et met de la musique très fort. L'autre Chinois se réveille et quitte la chambre. Au bout d'un moment je vais à la salle de bain puis je descends à la cuisine pour le petit déj. Quand je reviens, William est réveillé mais le Chinois s'est rendormi. William part à la douche et manger. J'en profite pour entrer et sortir en claquant la porte. J'espère ainsi que le Chinois quittera l'hôtel. Il fait beau mais la pluie est annoncée pour aujourd'hui. Il a déjà plu cette nuit. Nous avons prévu d'aller soit sur le mont Field, soit sur le mont Hartz car le docteur en paléobotanique nous a assuré que nous trouverions des PC et de belles randos sur ces 2 sites. La route qui mène aux Hartz mountains est bonne. Au village avant le parc (15kms), il faut acheter un droit d'accès. Nous sommes un peu joueurs et faisons l'impasse. Nous traversons une forêt tropicale et prenons de l'altitude. Il fait froid avec une alternance de pluie et de soleil. Après quelques kms de montée, nous roulons dans la neige et sommes bloqués par un Chinois qui s'est mis au fossé en croisant un 4x4. Après qu'il soit sorti, nous reprenons la montée. Arrivés à un parking, nous nous arrêtons et trouvons un panneau décrivant les randos près d'une petite cabane en bois. Il faut continuer pour la rando qui mène au lac d' Esperance. La neige est de plus en plus épaisse et ça frotte sous la voiture. Nous glissons un peu mais malgré tout on avance. Nous passons un 2eme parking avec des départs de randos mais on continue. Il nous reste 3 kms pour arriver à notre point de départ. Nous traversons un plateau de landes alpines de toute beauté. Un long arrêt photos s'impose. Nous ne trouvons pas de carnivores. On redémarre mais après 500 à 600m, nous sommes bloqués. La voiture est posée. Il faut se rendre à l'évidence, nous devons redescendre au précédent parking. Il y a la place pour un demi tour et nous repartons à contre cœur en multipliant les arrêts photos. Pour la rando, on se contentera d'une petite ballade dans la forêt tropicale au pied de la montagne.



Plateau glaciaire

Il n'est pas tard, alors nous prenons la direction de Southport puis Cokle Creek et Ida bay qui représente le point d’Australie le plus au Sud que nous pouvons atteindre. La côte est superbe, les rares villages n'ont pas toujours un nom et rarement plus de 5 maisons. Souvent les gens vivent dans de caravanes et des abris faits de bric et de broc, un peu comme à Beauduc. La route n'est pas goudronnée mais hormis le fait qu'elle soit détrempée, elle est en bon état. Nous revenons à Hobart, content de la journée, en espérant avoir le temps de retourner aux Hartz mountains pour randonner avant notre départ de Tasmanie si la neige à un peu fondu.

19/09/2010

Ce matin nouveau départ pour une rando en montagne. Cette fois nous nous dirigeons vers le Mont Field au Sud Ouest de Hobart. Nous avons été prévenu que l'accès serait peut être fermé à cause de la neige. Nous tentons quand même notre chance. Il fait beau mais un vent violent et froid souffle. Arrivés sur place au pied de la montagne, nous prenons la piste de terre complètement détrempée. La voiture glisse mais en roulant doucement il n'y a pas de risque. Je me gare chaque fois que je peux pour laisser passer les 4x4 locaux. Presque au bout de la route nous trouvons un parking ou une petite voiture de location vient de s'arrêter. De là un sentier mène au sommet en 2h00. Nous partons après nous être équipés. Après 500m de marche en forêt dans 20 cms de neige, nous arrivons au lac Dobson dont les eaux sont noires et agités par des vagues énormes. Je fais quelques photos mais j'ai du mal à rester debout. Le chemin n'est pas bien tracé, personne n'est passé avant nous. Les occupants de l'autre voiture, un Australien et une Française nous rejoignent et décident de faire la rando en notre compagnie. Ils sont mieux équipés que nous avec leurs vêtements étanches et leurs guêtres. Nous nous contentons d'un jean et pour William, de simples basket. Le chemin remonte un ruisseau. Très vite nous sommes mouillés jusqu'aux genoux. Au départ il n'y avait que 20 à 30 cms de neige mais au fur et à mesure que le chemin s'élève, la couche de neige prend de l’épaisseur et rapidement il y en a 60 cms. Il faut lever les pieds à chaque pas car on enfonce profondément. C'est assez fatiguant. Je fais la trace pendant un km puis l'Australien propose de me relayer. Il monte jusqu'au sommet en tête et moi je me mets en queue de peloton pour pouvoir m'arrêter pour faire des photos. Le vrai sommet est encore plus haut mais nous nous contentons du premier car il faudrait encore marcher au moins 2 h00. Sur celui-ci il y a un amas de rochers qui ressemblent à du granit. Le vent est tellement fort qu'il est difficile de rester debout. Après une séance de photos, nous entamons la redescente. Le brouillard arrive.



Le brouillard arrive

Retour à la voiture pour se changer. Le jean, les chaussures et chaussettes sont imbibées. Il y a même de la glace dans les chaussures. Je mets mon short et les sandales malgré le froid. En repartant, nous passons devant un centre de soins pour animaux de Tasmanie. Nous y allons et avons ainsi l'occasion de voir le célèbre diable de Tasmanie, ainsi que des kangourous, wallabies, koalas et wombats. Ces 2 dernières espèces sont de vraies peluches vivantes. Le diable de Tasmanie (ou sarcophile) vit sur toute l’ile mais actuellement une maladie de la face devenant cancéreuse est en train de décimer l'espèce. Des mesures ont été prises pour éviter cette disparition en isolant des sujets sains sur le continent Australien.





Diable de Tasmanie

De retour à Hobart, nous faisons un arrêt aux jardins botaniques royaux puis retour à l'auberge de jeunesse pour tout laver et sécher. Les sèches cheveux ne résistent pas longtemps et finissent par déclarer forfait alors que les chaussures ne sont pas encore en état de reprendre du service. Demain il faudra, de toute façon les remettre aux pieds. Plus tard en allant à la douche, je m'aperçois qu'ils refonctionnent. Internet est défaillant ce soir à l'auberge de jeunesse. Nous trouvons un cybercafé où nous passons la soirée. J'oublie de demander à Isa si mon permis de conduire français est à la maison car je ne le trouve pas avec mes papiers. Il est pourtant nécessaire pour utiliser les voitures de location. Bien que personne n’ait demandé à le voir. De retour à la chambre, nous sortons le linge de la machine et le sèche-linge prend le relais pendant que nous préparons un bon repas composé de côtes d'agneaux de Tasmanie accompagnées de pommes de terre à la parisienne et de salades. Les pommes de terre finissent à la poubelle car nous n'arrivons pas à les cuire correctement à l'eau et en les poêlant elles brûlent d'un coup.

20/09/2010

Ce matin il faut tout charger dans la voiture. Les chaussures ont bien séché même si ce n'est pas parfait. Aujourd'hui c'est le départ pour Deloraine, un village situé au Nord, à l'autre bout de l'île. Nous avons réservé un logement dans une auberge YHA qui nous permettra de sillonner la région, entre autre Cradle Mountains National Park. Nous prenons la route qui passe par le centre, un peu plus courte que la route côtière. Elle est quasiment déserte. Seules de grandes exploitations agricoles et quelques élevages de moutons et de vaches coupent la monotonie des kilomètres qui défilent. A mi-chemin nous atteignons la région des grands lacs. Nous stoppons près d'un point de mise à l'eau des bateaux de pêcheurs pour manger un sandwich fait maison (cheddar, champignons et huile d'olive). Nous repartons et le goudron fait place à une route gravée parsemée de nids de poule. Notre moyenne s'en ressent mais à 14h00, après 5h00 de conduite, nous arrivons à destination. Nous trouvons rapidement la maison auberge de jeunesse, un peu à l'écart du centre du village. C'est tout petit, la maison est ouverte mais il n'y a personne. Il règne un foutoir incroyable dans cette auberge de jeunesse et nous ne voyons que 3 chambres. Nous posons nos sacs dans l'une d'elles et laissons un mot pour le propriétaire avant de repartir. Il y a un petit parc national à proximité. Nous allons y faire un tour et arrivons par une belle route non goudronnée à un petit sentier aménagé qui mène à la gorge du diable (Devil's gorge). Une passerelle avance au dessus du vide. La vue est impressionnante et le vent si fort que je dois tenir mes lunettes d'une main et faire des photos de l'autre. Le résultat ne sera pas terrible et ce n'est pas William qui fera mieux car sa peur du vide le cloue sur place et reste 2 ou 3m en retrait mais il sort malgré tout son APN puis repart de suite sur le chemin. Nous poursuivons la route non revêtue jusqu'à un lac de barrage (lac Macenzie) entouré de collines de pierres ou presque rien ne pousse. Même ici dans cet endroit très reculé, il y a des canettes et des déchets. Les Australiens n'ont pas beaucoup de respect pour la nature. En revenant à Deloraine nous cherchons un cybercafé mais le seul qu'il y a est fermé depuis 3h00 déjà et il faut compter 7 dollars pour une heure de connexion de mauvaise qualité. Nous demandons à droite et à gauche jusqu'à ce qu'une caissière de supermarché nous donne son adresse et son téléphone en nous proposant de se servir de son ordinateur.



Deloraine

Retour à la maison auberge de jeunesse qui me fait penser un peu à la maison de Jean Louis. Il y a du bordel partout dehors comme dedans mais bien pire qu'à Porte en Valdaine. Le maitre des lieux, qui, entre temps, est revenu, nous explique le fonctionnement de la maison. Les douches pour hommes sont dehors dans une espèce de débarras tellement rempli que nous ne pouvons pas rentrer à l'intérieur. Nous décidons sur le champ de ne pas les utiliser. Un petit poêle à bois dans la pièce principale sert à chauffer toute la maison. Alex, le propriétaire, ressemble aussi un peu à Jean-Louis. Sa cuisine sert pour tous les locataires des 3 chambres qu'il loue. Il semble que ce soit lui qui soit le plus bordélique ici et non pas les locataires, malgré l’affiche qui dit « Votre mère ne voudrait pas travailler ici, alors nettoyez votre bordel ! ». Il nous montre ce qui est à lui et que nous ne devons pas utiliser. Il roule en Toyota BJ42, alors je pense que je devrais bien m'entendre avec lui car c’est l’un des modèles que nous avons à la maison. William part chez la fille qui nous a proposé d'utiliser son ordinateur pendant que je vais à la douche. La salle de bain est froide. Il n'y a pas de chauffage et dehors il ne fait pas plus de 10 °C. Un panneau signale que l'eau chaude ne coule que 5mn. Je fais vite mais au bout de 2 mn l'eau chaude s'arrête. Inutile de dire que je ne traîne pas. Je suis invité par un couple d'Australiens de Melbourne, arrivés un quart d'heure plus tôt, à manger avec eux. La femme a préparé un plat de légumes et de riz que je trouve excellent et qui réchauffe. Ils visitent la Tasmanie en Range Rover avec un canoë sur la galerie. Dans cette région les rivières sont nombreuses.

21/09/2010

Debouts vers 7h30. Petit déjeuner et préparation de 2 sandwichs pour midi. Je reste au traditionnel cheddar, champignons et huile d'olive mais William rajoute des tranches d'une espèce de saucisson industriel infect qui m'a rendu un peu malade le soir ou j'en ai mangé. Il va durer longtemps parce que William ne fait pas les choses à moitié quand il s'agit de bouffe. Il a acheté le modèle XXL, le plus économique mais il se retrouve seul à en manger. Sacs à dos remplis, nous prenons la route de Cradle Mountains. Un peu plus de 100Kms à faire. Arrivés sur place, on part pour le lac Dove d'ou démarre notre randonnée. Surprise ! Il y a des barrières et nous devons faire demi-tour et 2 kms en arrière pour acheter des billets à 16,5 dollars/personne. Nous en profitons pour nous renseigner au sujet des plantes carnivores. Personne ne sait mais on obtient qu'ils appellent les rangers du parc qui devraient pouvoir nous aider. On a rendez vous avec eux dans leur bureau près des barrières qui nous ont obligé à faire demi-tour. Le billet nous permet de prendre une navette pour faire les 8 derniers kms jusqu'au lac. Il y a plusieurs arrêts et il est possible de descendre du bus puis d'en reprendre un autre pour continuer si on le souhaite. Le ranger qui nous reçoit nous montre sur son ordinateur les plantes carnivores que nous pourrons trouver. Je lui demande si elles sont déjà sorties, vu le temps, et il me répond : it's a good question.



Cradle mountains

Nous verrons bientôt que nous arrivons trop tôt. Nous reconnaissons un terrain propice à leur développement, il y a pas mal de sphaigne et de l'eau partout, mais pas une plante ! Heureusement la marche est super intéressante. Nous suivons le lac pendant 1 km puis bifurquons sur la gauche en direction du pic et du lac Hanson. Nous ne verrons ce lac qu'après 2h00 de marche. Nous ne trouvons pas de plantes carnivores malgré la tourbe assez présente mais des lichens de toute beauté recouvrent les rochers. De nombreuses mousses également très colorées sont présentes. Un arrêt casse-croute à mi- pente nous permet de souffler un peu. Il fait plutôt chaud, entre 15 et 20 °C. Je quitte ma polaire avant de reprendre l'ascension. La pente s'accentue, alors les poses photos du lac Dove enchâssé dans les montagnes enneigées sont les bienvenues. Le sommet n'est qu'à 1545m mais sa forme fait penser à de la haute montagne et atteindre le sommet ne doit pas être facile. Le sentier s'élève brusquement. Il faut presque se servir des mains pour garder l'équilibre. Par endroits, William n'est pas rassuré mais ça passe. Enfin nous débouchons sur un replat d'ou nous avons une vue sublime vers le lac Hanson sur notre gauche. Il est entouré de montagne et semble se déverser dans un autre lac, un peu comme le lac Noir et le Lac Bleu au pied du Tarbesou en Ariège. Nous restons un moment à cet endroit pour apprécier le paysage et la tranquillité du lieu. Nous ne croiserons que 2 personnes pendant toute la randonnée. L'heure qui passe trop vite nous oblige à reprendre la marche si nous ne voulons pas faire 8kms de goudron à pied pour rejoindre la voiture. Nous continuons en direction du sommet de ce pic qui se dresse maintenant devant nous. Le chemin sur les rochers est maintenant dégagé. La végétation se raréfie, seules de très petites plantes s'accrochent encore sur cette pente de plus en plus raide. Les 100 derniers mètres sont équipés d'une chaîne pour s'assurer et aider à avancer. Certains passages commencent à être aériens. William a les jambes en coton et a beaucoup de mal à progresser. Je le guide en lui disant ou mettre les pieds et de ne pas lâcher la chaîne. Il veut aller au sommet malgré son vertige et arrive à la moitié de la chaîne vers un passage ou il n'y pas beaucoup de prises sauf si l'on passe de l'autre côté de la chaîne. De cette manière la progression est sûre mais il ne peut pas. Il est tétanisé et redescend de quelques mètres pour s'assoir sur un replat au soleil et me laisse continuer seul. En 5mn j'arrive au sommet. Je n'ai pas une vue bien différente sur les alentours. Le chemin bascule sur l'autre versant. Je m'y engage en espérant découvrir un autre lac. Le lac du cratère ne doit plus être loin mais après 5mn de marche, je me retrouve dans 30 cms de neige dure au bord d'un à-pic qui me fait peur. Je continue sur une centaine de mètre et voyant que tout est enneigé, je renonce. Les 2 personnes que nous avions vues devant nous un peu plus tôt sont passées mais je ne veux pas prendre de risque. Je redescends vers William et nous prenons à regret le chemin du retour. Il a les jambes flageolantes jusqu'au parking et un blocage des cervicales du à la contraction musculaire. Nous reprenons la navette et nous nous faisons déposer un peu plus bas pour une promenade de 20 mn le long d'une rivière. La sphaigne abonde mais toujours rien. Nous avons la chance de photographier 2 wallabies sauvages, enfin pas beaucoup plus que les marmottes du lac Lauvitel près de Bourg d'Oisans. Une 2eme navette nous dépose au parking et nous rentrons à Deloraine. Soudain William me dit de stopper. Il a vu un wombat dans les herbes non loin de la route. Notre approche prudente nous permet de réaliser quelques clichés mais il nous voit et s'enfuit. Nous le poursuivons et parvenons à l'approcher. Je me trouve maintenant à 3 m de lui, peut être moins. La traque a duré au moins 1 heure pendant laquelle nous le perdons de vue puis le retrouvons. Finalement, il arrache une touffe d'herbe puis rentre tranquillement dans son terrier.





Le wombat

Nous reprenons la route. 10 minutes plus tard c'est 2 autres wombats qui nous regardent passer. Re arrêt photos puis direction une grotte située sur le chemin du retour ou il devrait y avoir des carnivores à proximité. La signalisation routière étant très mal faite, nous ratons un embranchement et nous sommes dans l'incapacité de savoir où nous sommes. Il n'y a pas de village, alors nous roulons droit devant nous. Nous recevons un SMS des jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes invités à un barbecue. Le barbecue étant une institution en Australie, nous ne voulons pas rater ça. Malheureusement, il nous faut au moins 1h00 pour arriver à Deloraine. Nous traversons une région ou toutes les fermes ont des boîtes aux lettres originales. Nous faisons quelques photos mais nous devons renoncer pour arriver à Deloraine avant la fin du BBQ. Hélas, un nouveau SMS nous apprend que tout est mangé. Ils ne nous ont gardé que 2 bières chacun. Je vais enfin pouvoir gouter aux fameuses bières de Tasmanie. Vu le prix dans les bars, j'y avais renoncé. 2 fabriques se disputent le marché. D'un côté, au Sud c'est la Cascade qui domine et au Nord, une autre marque, Boags. Ne demandez pas à un habitant du nord de boire une Cascade, il vous dira qu'elle n'est pas bonne et vice versa si vous proposez l'inverse à un habitant du Sud. Pas de chance, ils ont acheté de la Corona importée du Mexique car elle était en promotion à 70 dollars le pack de 24. C'est vraiment hors de prix. Heureusement elle est bonne.

22/09/2010

Ce matin nous avons décidé d'aller vers les grottes de King Salomon et de Marakoppa. Arrivés près de cette dernière, nous laissons la voiture et empruntons un sentier qui suit une petite rivière. Cet endroit pourrait s'appeler la vallée verte ou la vallée des fougères tant elles sont nombreuses et variées. Les crosses qui se déroulent sont très photogéniques. Sur le tronc d'une grande fougère arborescente nous trouvons un ver de couleur jaune vif. Par contre pas de plantes carnivores dans les parages malgré ce que l'on nous a dit à Hobart. Nous ne sommes pas plus chanceux près des grottes du roi Salomon.



La vallée verte

Je propose à William que l'on aille sur le plateau de Walls of Jerusalem qui n'est qu'à 30 kms de là. En chemin, on s'arrête pour photographier un lac (Rowallan lake) et en descendant un talus, bingo, des plantes carnivores. En pleine séance photo, nous entendons crier Help, Help, alors que nous pensions être seuls dans cet endroit isolé à 25 kms de la première maison. Prudemment, on va voir ce qui se passe. Courageux mais pas téméraire, je laisse William passer devant. C'est un couple de jeunes Siciliens qui nous explique que leur voiture de location est enlisée et en partie dans l'eau. Ils ne parlent pas anglais. Heureusement, William maitrise plutôt bien l'Italien. Ils ont de la chance de nous trouver. Ils marchent depuis déjà presque 1h00 et il reste 25 kms à faire pour arriver à la première maison. Nous arrêtons notre séance photo et les emmenons à la réception de la grotte du roi Salomon ou nous avons vu une cabine téléphonique. C'est William qui se charge de prévenir la police qui fera venir une dépanneuse.



Droseras au « lac des Italiens »

Nous apprendrons plus tard à Hobart que cette mésaventure leur a couté environ 9000 dollars. Ces Italiens qui faisaient un voyage organisé par une agence ne garderons probablement pas un bon souvenir de la Tasmanie. Nous en profitons pour manger notre traditionnel sandwich et nous reprenons la route du lac. Comme partout en Australie, la signalisation est mal faite ou inexistante et nous nous trompons de route. Nous nous engageons sur une petite piste étroite. La garde au sol de la petite Nissan est parfois insuffisante mais nous arrivons lentement à progresser dans la bonne direction. Par endroit un véhicule tout terrain n'aurait pas été du luxe. Je commence à douter de notre route. Pourtant, pour une fois nous avons une carte et nous pensons être sur le bon itinéraire. Alors nous continuons jusqu'à un bourbier infranchissable pour notre voiture. Par chance à cet endroit il y a suffisamment de place pour faire demi-tour. Revenus au début du lac, nous trouvons un panneau indicateur. Notre direction était sur l'autre rive du lac. A 15h00 nous arrivons au départ de la rando prévue pour la journée. Il est tard mais on s'engage malgré tout sur le sentier qui monte dans une forêt en partie dévastée. On marche vite. Nous avons décidé de faire demi-tour au bout d'1h1/2 car la nuit arrive vers 18h00.



Une boule de mousse

Quelques plantes carnivores sont présentes au bord du sentier mais nous savons que sur le plateau il y avait 3 ou 4 espèces que nous n'avons pas encore trouvées. Dommage ! Nous rentrons tranquillement à Deloraine. Demain nous repartons pour Hobart en prévoyant plusieurs arrêts sur des sites indiqués par le chercheur de l'Université.

23/09/2010

Ce matin, il faut préparer les valises. Hier au soir, nous avons passé la soirée avec les jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes allés faire un billard dans un bar ou j'ai pu gouter les bières locales. Une blonde plutôt bonne et une brune de qualité moyenne. William lui a gouté aux vins (moi aussi une gorgée) le rouge m'a paru bon bien qu'il ne tienne pas la comparaison avec nos côtes du Rhône mais je n'ai pas aimé le blanc. William lui a préféré le blanc qui s'apparente d' après lui à un vin italien qu'il connaît. En quittant Deloraine, nous prévoyons une petite marche sur un site propice aux plantes carnivores. On laisse la voiture à l'entrée d'une ferme isolée. Après 500m nous devons renoncer car le chemin est encombré d'arbres qui ont été abattus et laissés sur place. Nous reprenons la voiture pour rejoindre Liffey falls à quelques kms.



Liffey falls

Une marche d'un ou deux kms nous emmène le long d'un torrent jusqu'à une succession de cascades. La dernière chute est la plus belle. La lumière permet de faire quelques jolies photos. Je trouve en particulier des champignons violets presque fluos que je ne réussis pas à identifier de retour à la maison. L'endroit est tranquille. Nous croisons 2 ou 3 touristes au début du chemin puis plus personne. Le retour à la voiture se fait par le même chemin. On sort le casse-croute au cheddar avant de repartir. Quelques petits oiseaux (super fairy wren), de la taille d'une mésange, de couleur à dominante bleue, viennent picorer les miettes. Ils viennent compléter notre collection de photos d'oiseaux. Nous repartons vers le Pine Lake plus loin sur la route du retour à Hobart. Un chemin aménagé au dessus d'une tourbière nous emmène près du lac en traversant une zone boisée d'arbres âgés de plus de 1000 ans (pencil pines ou Athrotaxis cupressoides) qui semblent morts mais qui survivent encore dans cet endroit. Ils sont les survivants de l'époque du Gondwana, avant la séparation des continents. Nous sommes sensés trouver ici plein de plantes carnivores mais nous faisons chou blanc. Pourtant le terrain s'y prête.





Pencil pine

De retour à Hobart, nous essayons de rejoindre l'endroit ou le mont Nelson rejoint la plage sur la route qui prolonge Sandy bay. Là aussi il y a des plantes carnivores mais nous ne réussissons pas à trouver le chemin en voiture. Retour à l'auberge de jeunesse pour poser les bagages puis café internet chez les Ethiopiens pour les messages. En revenant à l'hôtel, je suis attiré par une publicité sur le pare-brise. En fait il s'agit d'un PV de 50 dollars pour stationnement interdit. Je pense que nous ne le paierons pas.

24/09/2010

Il faut s'occuper du PV. Nous questionnons le type à la réception. Il nous conseille d'aller au Council office qui est à 2 rue de là. C'est là qu'il faut payer l'amende mais il pense que si nous ne parlons pas un mot d'anglais, ils passeront l'éponge. Effectivement le PV part à la poubelle. En sortant nous allons rendre la voiture chez Hertz. Malgré qu'elle soit méconnaissable à cause de la boue qui la recouvre, tout se passe bien et nous voilà à pied. William veut acheter un joli couteau pour son père. Nous faisons un nombre incroyable de boutiques sans succès. Les rares que nous trouvons ne sont pas beaux mais très chers. Il renonce et part au cybercafé pendant que moi je déambule au hasard des rues et me retrouve à Salamanca, le plus joli quartier de Hobart. Il y a plein de petites boutiques et de cafés. Beaucoup sont installés dans d'anciens entrepôts datant de l'époque ou la pêche à la baleine était florissante. Il y a aussi un centre artistique. Je rentre dans un immense magasin d'art africain. Je me demande comment ils peuvent exposer autant de pièces. Une très grande salle regroupe tout ce qui n'est pas à vendre. Je repère un stock de gourdes anciennes mais certaines sont vieillies artificiellement. Il y a des instruments de musique, des lampes et d'autres objet dont le style fait penser que la provenance est le Kenya. Je discute avec la femme qui s'occupe de la boutique et je m'aperçois qu'elle n'y connaît pas grande chose. Comme il y a une salle réservée pour l'artisanat australien, je lui demande si elle a des opales. Elle me montre un présentoir dont les pierres sont toutes différentes les unes des autres. Je me fais expliquer ce qu'est une belle opale et comment la reconnaître. Ce n'est pas évident car il y en a de provenances différentes notamment de Coober Peedy et du Queensland. Les prix aussi sont difficiles à comprendre et c'est plutôt cher. Une belle opale tourne aux alentours de 300 à 400 dollars. Il y a aussi d'autres pierres qui leurs ressemblent mais qui n'en sont pas. On se retrouve vers 12h30 pour manger. Ensuite William va faire la sieste et moi, après une petite digestion devant la télé, je décide de partir du côté de Sandy Bay. C'est le quartier du port de plaisance. Je me promène le long des quais pendant 2h00 et je photographie à nouveau l'oiseau à bec jaune que j'avais vu chez Alex à Deloraine. Cette fois je l'approche à 2 m et je réussis à ne cadrer que la tête.



Masked Lapwing ou Spurwing Plover (Vanellus miles)

Il me faut encore 1 h pour revenir en centre-ville. Je passe à l'hôtel poser mon sac photo puis je repars en ville. Il y a plein de boutiques mais rien d'intéressant et les prix sont plutôt élevés. Vers 17h30 je vais au café internet. Will arrive 1/2h après moi et vers 20h00, retour pour manger puis soirée télé. Je retrouve le couple d'Australien qui m'avait offert à manger à Deloraine. Ils sont allés au Freycinet National Park et me disent que c'est une merveille.

25/09/2010

Avant de partir à l'aéroport, il reste 3h00. J'en profite pour retourner à Salamanca ou j'ai vu des livres intéressants. En arrivant sur l'avenue, je m'aperçois que c'est jour de marché. Il y a des stands par dizaines, un peu comme le dimanche matin à Curitiba. Mais là il n'y a rien ou presque rien d'original. On se croirait sur un marché de chez nous sauf que c'est 10 fois plus grand. Je vais donc à la boutique pour les livres ; je les feuillette tous mais je ne trouve pas ce que je veux. Je renonce donc. Je cherche un T shirt pour Floriane. Les premiers que je regarde sont moyens et mal taillés. Finalement j'en trouve un joli que je me décide à prendre. Le prix n'est pas affiché, contrairement aux autres. C'est bizarre mais je comprends à la caisse. C'est 50 dollars soit 3 fois le prix d'un T shirt. J'essaie de négocier mais rien à faire. Je laisse tomber. Maintenant il pleut, alors je rentre mais en traversant le marché, je remarque un stand avec des T-shirts de qualité acceptable. Je manque tomber quand la femme m'annonce le prix. Encore plus cher qu'en boutique : 60 dollars. Je rentre, déçu. En chemin je fais une halte dans une boutique de souvenirs mais ici ils ne sont pas chers mais de mauvaise qualité. Je pose mes bagages à la consigne de l'hôtel et malgré la pluie, je repars au centre ville. Je trouve enfin un joli T-shirt qui plairait beaucoup à Flo. Il est en solde mais il n'y a que des grandes tailles. Encore raté. Je repars et dans la même rue, j’en trouve enfin un à sa taille et avec un motif qui devrait lui plaire. Je rentre à l'hôtel trempé, William aussi, 5 mn après moi. Nous rendons les clés de la chambre et allons manger. Il faut faire vite car c'est l'heure de fermeture de la cuisine pour nettoyage. Il y a du beurre en libre service. On l'utilise pour cuire des pommes de terre en lamelles très fines qui brûlent au fond de la poêle. Nous les mangeons en vitesse sans attendre qu'elles soient cuites puis nous prenons nos bagages et partons attendre la navette dans la rue voisine. Nous arrivons à l'aéroport avec 4h00 d'avance mais nous n'avions pas le choix sauf à prendre un taxi. Il faut attendre 2h00 dans un hall d'aéroport vide sans aucune boutique pour enregistrer les bagages. Il y a juste un bar pas terrible où je prends un café très cher (4,5 dollars). Lorsque nous arrivons dans le hall d'embarquement, il y a encore presque 2h00 d'attente avant de monter dans l'avion qui n'est pas encore arrivé. Ici il y a 3 boutiques dont 2 sont fermées. Nous remarquons qu'elles ouvrent chacune à leur tour pour ne pas se faire de tort. Il n’a rien d'intéressant. Seule la bouffe nous attire car à part les pommes de terre pas cuites nous n'avons rien mangé. Chacun à notre tour nous allons acheter à manger. William qui crève de faim y va en premier. Lorsque mon tour arrive, j'ai du mal à savoir ce qu'il y a dans les sandwiches. Finalement je trouve une espèce de friand de poulet au curry. Il est chaud et je le trouve délicieux. Pour une fois c'est pas cher vu la taille et la qualité est correcte (4,60 dollars). William craque en sentant cette odeur et va s'en chercher un.

26/09/2010

Nous sommes arrivés à Adelaide vers 20h30. Nous prenons un taxi (moins cher que les navettes et plus rapide car il ne fait pas la tournée de tous les hôtels), conduit par un Indien pour rejoindre My Place, une petite auberge de jeunesse que nous avons repérée sur le Lonely Planet. La réception est fermée mais nous trouvons un mot avec nos noms et les clefs de la chambre en évidence sur le comptoir. Après une bonne douche, je rejoins William qui est parti au Macdo pour utiliser leur Wifi qui est gratuit. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'a dit pour y aller mais je pense que je trouverai. Finalement je tourne un peu dans le quartier et je demande mon chemin. Personne n'est du coin et ne connaît. Je retourne me renseigner à l'hôtel, mais, stupeur, il faut un code pour rentrer. Je suis coincé dehors. Je repars donc et je croise un Français qui loge à My Place. Il ne peut pas me renseigner car il est arrivé le matin mais il me donne le code. Finalement je trouve un passant qui m'explique. Lorsque j'arrive, William a presque fini ses Emails. Il me laisse l'ordi et part se coucher. Je m'installe et commence à regarder mes messages. Au bout d'une demi-heure, 2 types bourrés rentrent dans le Macdo et font un tapage en beuglant comme des veaux. Ils commencent à importuner 2 filles qui sont devant leurs ordis à 2 m de moi dans une autre salle. L'une d'elle abandonne son ordi et se met derrière moi. Je n’ai pas envie de me mêler de ça. Je termine un message à Jean-Marie et plie bagage. En chemin je croise pas mal de gens éméchés. C'est le samedi soir. A Adelaide il est courant de voir des jeunes, garçons ou filles, complètement saouls, déambuler dans les rues tard le soir. Arrivé à la chambre, elle est fermée. Je pense que William s'est endormi mais j'ai beau taper, il n'ouvre pas. Finalement, un type qui passe dans le couloir me dit qu'il est sur la terrasse.. Il va le chercher et je peux enfin me coucher. Le lendemain matin William m'explique qu'il a peut être trouvé 2 Allemandes pour partager une voiture de loc avec nous pour aller à Kangaroo Island. En fin de compte, elles renoncent et nous prenons une voiture et les tickets pour le ferry. Le départ est prévu le soir. Nous décidons de faire une randonnée sur les collines qui entourent Adelaide. Une des allemandes nous accompagne. L'autre est malade et reste à l'hôtel. William espère trouver des carnivores. Cette rando est une catastrophe. Tout le long du chemin, des vieux pneus, des bidons, des ferrailles en tout genre et des bouteilles cassées nous oblige à regarder ou mettre les pieds. Heureusement, il n'y a rien à voir. Nous terminons la marche devant un mur de pierre de plus de 2m de haut qu'il faut escalader pour rejoindre la route et revenir à la voiture.



Le lézard jaune

En arrivant à l'hôtel, je sers un peu trop le trottoir et abime un enjoliveur. Nous partons à Cap Jervis pour prendre le bateau. A 19h00 on est à bord. Le débarquement a lieu à Penneshaw mais nous avons réservé une chambre chez un papy à Kingscote à 52 kms. A cause des Kangourous, nous roulons très prudemment de nuit sur une route quasi déserte. En fin de compte les kangourous que nous voyons sont pour la plupart écrasés sur la route mais 2 où 3 fois il y en a un qui traverse dans les phares. Le papy qui nous loue la chambre ne nous rend qu'une partie de la monnaie qu'il nous doit. On se remboursera comme on pourra. Pour le repas, on prépare des spaghettis mais nous n'avons ni sel ni sauce pour assaisonner. Je trouve une bouteille de whisky, alors j'en bois une part et j'en verse une bonne dose sur les pâtes. C'est pas mal, en tout cas mieux que nature. Demain matin nous nous levons tôt pour faire les courses pour la durée de notre séjour et explorer les environs.

27/09/2010

Après avoir fait le plein et les courses pour la semaine on prend la direction du Flinders Chase National Park. Nous avons retenu une chambre dans une ferme. Peu après avoir quitter Kingscote, William me demande de m'arrêter pour voir s'il y a des plantes carnivores sur les bas côtés de la route. Il n'y a rien. Peu après j'avise des perroquets dans un champ. Je me gare et descend de voiture. Ils s'envolent mais je découvre des plantes carnivores en grand nombre. Il y a au moins 4 variétés dont une pygmée. On se met au boulot et les cartes mémoire se remplissent. Nous ne sommes pas déçus. De nombreuses orchidées aussi sont en fleurs. Nous avons choisi la bonne période pour venir même s’il fait un peu froid. A force d’être dehors toute la journée, l’organisme s’habitue et ni la pluie, ni le froid ne nous gêne vraiment.



Drosera whittakeri

Donkey orchid (Diuris corymbosa)

On repart et un peu plus loin, nous en trouvons encore. A chaque arrêt nous en trouvons. On quitte la route principale pour rejoindre Seal bay ou nous devrions voir une colonie de lions de mer. Arrivés sur place, on apprend que c'est payant et très cher. Nous faisons demi-tour et empruntons la première piste qui conduit à la mer en espérant approcher la colonie en longeant la côte. La baie devant nous est magnifique, l'eau turquoise. Nous partons à pied sur la plage. William qui retourne changer de chaussures a la chance de tomber nez à nez avec un goanna de plus d'un mètre de long. Il peut faire une belle série de photos. Moi je pars dans le bush pour rejoindre une crique que l'on voit au loin. La marche n'est pas facile car il y a sans arrêt des petits buissons qu'il faut contourner. J'arrive au bord d'une falaise qui surplombe une plage de sable blanc en forme d'arc de cercle. Une arche naturelle se découpe à l'opposé de ma position. Des petits requins d'un mètre environ tournent dans l'eau claire et peu profonde au dessous de moi.



Vivonne bay

Je reviens à la voiture puis nous repartons après avoir mangé rapidement. Il nous faut la journée entière pour arriver à la ferme ou nous avons une chambre. Des kangourous nous accueillent le long de l'allée qui mène à la maison. Les gens qui nous reçoivent sont aimables mais d'entrée ils nous proposent une visite guidée nocturne pour 22 dollars par personne puis une ballade pour voir des koalas dans les arbres alentours. Cette ballade peut se faire sans accompagnateur mais je ne vois pas les koalas, par contre je peux photographier quelques perroquets colorés. Le patron nous laisse son bureau et nous donne le mot de passe pour sa connexion Wifi. Je n'ai pas de chance car l'ordinateur plante lamentablement alors que je venais d'écrire un long message à Isabelle. Le patron est venu pour fermer son bureau. Je renonce donc. Il faudra tout réécrire demain en espérant qu'il n'y aura pas de plantage.

28/09/2010

Je me lève vers 6h00 du matin, réveillé par les perroquets qui font un boucan d'enfer sous notre fenêtre. On nous a dit qu'il y a des cacatoès noirs de grande taille qui viennent près de la maison tous les matins. Je me prépare pour aller les photographier mais au moment de sortir, il se met à pleuvoir fort. Une heure plus tard la pluie s'est arrêtée et nous sortons. C'est trop tard, ils ne sont plus là. Nous avons décidé d'aller au Flinders Park dont l'entrée est de 9 dollars. Nous espérons ne pas être déçus. C'est immense. Nous prenons une piste de latérite rouge en direction de Snake lagoon. Arrivés au parking nous partons pour une randonnée de 2h00. Je mets mes 2 polaires car le vent qui souffle ferait pâlir de jalousie notre mistral tant les rafales sont violentes et froides. Nous marchons d'un bon pas, ce qui nous réchauffe rapidement. Je fais quelques photos de la rivière que nous suivons ainsi que d'une petite orchidée dont nous ne trouvons que 2 exemplaires. Un peu plus en avant, après avoir traversé la rivière, les paysages deviennent intéressants et nous faisons des photos tout le long jusqu'à la baie ou elle se jette dans la mer.



Rocky river, Snake lagon

Le retour, par le même chemin se fait au pas de charge et nous reprenons la piste pour aller visiter une autre baie qui, paraît il, est superbe. En arrivant nous nous rendons compte que nous venons de faire 20 kms pour pas grand chose. On repart à la ferme pour manger avant de retourner dans le parc national vers Remarkables rocks. Ici la route est goudronnée et le monde afflue. Le graphisme de ces énormes blocs de rochers n'est pas mis en valeur car la lumière est plate. Heureusement les couleurs chaudes des pierres rehaussent un peu l'intérêt de faire des photos. Une lumière de fin de journée rendrait certainement beaucoup mieux. En plein après midi, les visiteurs, assez nombreux, se trouvent toujours dans le cadre au moment de déclencher.



Remarkables rocks

Nous repartons pour 5 à 6 kms vers Admirable arche. Nous sommes sceptiques mais, arrivés là-bas, on oublie le vent, le froid et les touristes qui, comme nous sont venus se perdre dans cet endroit. Les vagues sont énormes et s'écrasent sur des rochers luisants sur lesquels se prélassent des Tur seal of New Zealand (lions de mer), indifférents aux gens qui les observent. Nous assistons à quelques combats. Les cartes mémoire se remplissent. En continuant un peu au bord de la falaise, nous découvrons l'arche. Là aussi le spectacle est grandiose, les lions de mer ici sont tout proches de nous. La lumière devient presque rasante, nous ne nous lassons pas de ce spectacle. Malheureusement, il faut quitter le parc national avant 17h00. De retour à la ferme, le propriétaire nous dit que les koalas sont visibles en ce moment dans les eucalyptus de la grande allée. Il y en a une quarantaine mais nous n'en voyons que 2. Il nous parle aussi des plantes carnivores et des orchidées qui poussent sur son domaine et il nous propose de nous accompagner dans l'espace protégé interdit aux visiteurs pour photographier toutes les plantes qu'il connaît parfaitement. Malheureusement nous ne trouvons qu'une orchidée en fleur. L'autre n'est même pas en bouton. Par contre les plantes carnivores sont nombreuses.



No comment

Je prends la voiture et retourne à l'entrée du parc pour appeler Isabelle. Il y a une cabine téléphonique. Malheureusement il n'y a pas de numéro pour qu'elle puisse me rappeler. Je peux utiliser la carte bancaire, c'est parfait. Malheureusement elle est rejetée, je fouille mes poches pour trouver quelques pièces en espérant que cela suffira. Je tombe sur le répondeur. Je mets un message de 30 à 40s puis la communication est coupée. Je suis un peu déçu car son anniversaire est passé depuis 2 jours et n’ai pas réussi à la joindre ni par mail ni par téléphone. Je retourne à la ferme. William est toujours sur l'ordinateur. J'espère qu'il ne tombera pas en panne avant que mon tour arrive car je n'ai pas pu envoyer de mes nouvelles depuis 3 jours. Je n'ai pas pu lire mes messages non plus.

29/09/2010

Je suis réveillé avant 6h00 par les perroquets et le soleil brille déjà. Je n'ai pas le courage de me lever. Nous nous sommes couchés tard car la partie de billard a duré longtemps mais j'ai gagné. Vers 7h00, je sors enfin mais les perroquets sont partis. Je me fais un petit déjeuner puis je prépare mes bagages car nous quittons la ferme dans une heure ou deux. William se lève. Pendant qu'il se prépare je retourne dans le parc où je photographie un eucalyptus dont les fruits sont aussi gros que des noix. Nous partons peu après. Sur le bord de la route, j'aperçois de temps en temps une petite fleur orange. Je pense à une petite orchidée. Pour en avoir le cœur net, je m'arrête près d'un petit groupe. C'est une jolie fleur mais pas une orchidée. William trouve des carnivores et commence une série de photos lorsque je m'aperçois que j'ai la clé de la chambre dans la poche. Nous faisons demi tour en roulant vite car ce n'est qu'une ligne droite et personne ne passe. Après avoir posé la clé au bureau d'accueil, on repart presque jusqu'à 30kms de Penneshaw sans s'arrêter. A cet endroit il y a des collines, alors que le reste du trajet était monotone, complètement plat. La route traversait des champs de colzas et quelques prés ou paissent des vaches et des moutons. Parmi les curiosités de cette ile, outre les nombreux Wallabies et kangourous souvent écrasés sur le bord des routes, il y a une ferme qui produit du miel tiré d'un petit eucalyptus arbustif et une autre ferme qui cultive de la lavande. C'est une variété différente de celle que nous trouvons dans la Drôme. Il y a aussi une distillerie qui fait de l'huile essentielle d'eucalyptus. Pour se dégourdir les jambes, nous montons sur la colline la plus haute d'ou nous voyons d'un côté la baie des pélicans et de l'autre Pennington bay. Rien de bien extraordinaire. Nous repartons et comme nous ne sommes pas trop pressés pour le ferry, nous nous engageons sur une piste qui mène au lagon des pélicans. Malheureusement pour y aller il faut laisser la voiture et continuer à pied mais nous manquons de temps. Arrivés à Penneshaw pour le ferry ou il faut attendre une heure. On en profite pour retourner au centre du petit village ou William poste ses dernières cartes et nous profitons d'un banc au soleil pour manger. A 13h30 le bateau quitte le quai. La traversée est tranquille malgré un roulis important lorsque les vagues frappent le bateau de travers. A Cape Jervis nous repartons vers Adelaide après avoir fait le plein à la première station service. Un arrêt est prévu vers Le Réservoir car une zone de préservation de la nature nous a été signalée par Bruce, le photographe de la ferme aux koalas. Il connait très bien toute la zone et nous assure qu'il y a des plantes carnivores ainsi que des orchidées à cet endroit. Il nous faut ¼ h pour trouver nos premières plantes près du lac qui sert de réservoir d'eau potable de la région. L'arrivée à Adelaide vers 17h30 ne pose pas de problème. La circulation en ville est plus calme que le dimanche ou nous étions partis faire une randonnée dans les collines. Il faut chercher un peu pour arriver à My Place car nous n'avons qu'un plan très succinct de la ville. A la réception de l'auberge de jeunesse, la femme que nous ne connaissons pas veut nous faire payer nos 2 nuits qui sont réservées et que nous avions payé d'avance. Ensuite elle nous dit que le prix de la chambre coute plus cher que ce que nous avons payé. Il faut hausser le ton pour que tout s'arrange. Nous profitons de la soirée pour laver le linge et le sécher pour 4 dollars. Ca devenait urgent car, entre la Tasmanie et Kangaroo Island, nous avons mouillé et sali tous nos vêtements, particulièrement les jeans en photographiant très souvent les plantes à genoux, voire allongés par terre.

30/09/2010

Je me lève à 7h15 mais je suis réveillé depuis longtemps. La chambre est située près de la cuisine et les lève- tôt font du bruit sans se soucier de ceux qui dorment. Je réveille William car il faut libérer la place de parking avant 8h00. Nous rendons la voiture sans qu'ils s'aperçoivent que l'enjoliveur avant droit est mort. Nous quittons le bureau au plus vite. William retourne se coucher. Je vais en centre ville ou il y a un grand centre piétonnier. A 12h30, je rentre à l’auberge après avoir pas mal marché. Le repas expédié, je profite d’une bonne connexion internet pendant plus d’une heure puis je retourne en ville car je veux profiter au maximum du beau temps et visiter le jardin botanique. J’ai oublié le plan de la ville et il me faut un bon moment avant de trouver l’entrée du jardin. C’est un parc immense avec des plantes provenant de toutes les régions du monde. La serre ancienne en verre et fer forgé est de toute beauté. Je photographie entre autre des perroquets multicolores qui picorent les grains de grands agaves aux fleurs orange puis qui vont se désaltérer et se baigner au sommet d’une fontaine de 4 ou 5 m de hauteur.



Rainbow Lorikeet (Trichoglossus haematodus)

Je quitte le jardin un peu avant la tombée du jour vers 17h30. Revenu en centre ville, je suis accosté par un type bourré ou drogué qui me tape sur l’épaule gauche par derrière. Je n’ai rien vu venir pendant que j’attendais tranquillement de pouvoir traverser la rue. Il me gueule après. Je lui réponds en français, croyant le calmer mais c’est le contraire qui se passe. Je ne le regarde pas et traverse l’avenue en croyant être tranquille. Je fais 100 m et il arrive derrière moi en courant et me touche l’épaule sans chercher à me frapper. Il me provoque. Je me tourne vers lui en avançant et en faisant mine de lui décocher un coup de poing. Il recule mais met la main à la poche. J’ai peur qu’il sorte un couteau. Les promeneurs qui ont vu la scène ne bougent pas. Personne n’intervient. Je pars d’un bon pas et me retournant régulièrement. Lorsqu’il réalise que je suis parti, il se met à courir dans ma direction en gueulant. J’accélère le pas et je vois qu’il a du mal à suivre. Il n’arrive plus à courir. Pendant 500 m, je le vois me suivre tant bien que mal. Je traverse une rue puis je slalome entre les voitures pour le larguer. Ca marche, il ne me suit plus. Je change de rue et je me planque derrière un porche pour voir s’il revient. Je l’aperçois. Il me cherche mais ne me voit pas. J’attends un peu puis je reprends mon chemin en direction de l’auberge, un peu inquiet quand même. Je raconte mon histoire à William puis nous préparons nos valises pour partir à l’aéroport demain matin.

1/10/2010

Le taxi arrive un peu en retard mais nous sommes largement dans les temps pour l’enregistrement Le vol se déroule sans histoire malgré un atterrissage un peu viril. Pendant que je récupère les bagages, William va voir les loueurs de voitures. Lorsque je le rejoins, il est dépité et m’annonce qu’il n’y a aucune voiture de disponible en location à Alice Springs en ce moment. Nous attrapons de justesse la navette pour le centre ville. Le chauffeur, super sympa, nous emmène gratuitement vers des loueurs indépendants qui ne sont pas représentés à l’aéroport. Hélas, ils ont bien des véhicules de type Campvans qui me plairaient bien car ce sont des Toyota HZJ 78 aménagés mais malheureusement il n’est pas possible de laisser le véhicule à Ayers Rock comme nous avions prévu de faire. C’est d’autant plus dommage que ces Campers nous faisaient économiser de l’argent car ils étaient équipés pour être autonome, donc plus besoin d’hôtels et une grande liberté dans nos déplacements. Le chauffeur nous dépose alors à notre hôtel en espérant que nous trouverons une solution. Nous placardons des affiches au cas ou quelqu’un serait intéressé mais sans succès. Le réceptionniste appelle des agences de voyage. L’une d’elle peut nous emmener jusqu’à Kings Canyon, c’est à dire un peu plus de la moitié du trajet. Nous en trouvons une autre qui veut bien nous emmener à Ayers Rock en nous récupérant à Kings Canyon le lendemain en fin de matinée. Nous n’avons pas le choix. Il nous en coute 560 dollars pour les 2, autant dire une petite fortune, mais nous ne perdrons pas la location des chambres que nous avions anticipé depuis 2 semaines. En contrepartie, il faut se lever très tôt. Je règle donc l’alarme du téléphone sur 4h50 pour être prêts à 6h00. Une fois ce problème réglé, il faut trouver à manger. Le prix des repas les plus simples des petits buibuis ne sont pas à notre portée et nous nous rabattons sur le Macdo au grand bonheur de William pour qui c’est une fête d’aller dans ces endroits. Après ce repas un peu tardif, William retourne à l’hôtel profiter de la piscine et bronzer un peu. Venir jusque là pour ça, il me fait un peu pitié! Je pars au hasard des rues, mon appareil photo en bandoulière. Je me retrouve rapidement à la sortie de la ville et je gravis une colline aux alentours. Je fais quelques photos mais il n’y a pas grand chose d’intéressant. Je repars vers le centre ville avant la tombée de la nuit car j’ai déjà croisé plusieurs aborigènes dans un état second. Je ne tiens pas à avoir la même histoire qu’hier à Adelaide.



Au sommet de la colline, Alice Spring

Je rejoins donc William à l’hôtel et nous partons au Woolworth faire des courses pour les jours à venir. C’est un peu compliqué car il faut prévoir pour les 4 jours qui viennent, sans que ce ne soit trop lourd et éviter les produits frais car nous allons transporter toute cette nourriture avec nous sans réfrigérateur. Et il fait chaud, très chaud même. Nous ne nous attardons pas car la nuit est tombée et les aborigènes commencent à s’installer partout sur les trottoirs pour passer la nuit en buvant des bières. Depuis le début de notre séjour en Australie, les voyageurs que nous croisons nous mettent en garde sur ce risque très réel à Alice Springs.

2/10/2010

Ce matin le réveil sonne à 4h50. Le départ est prévu à 6h00. J’attrape mon short, en sort le téléphone en vitesse pour l’arrêter afin de ne pas trop déranger l’Australien qui dort dans la même chambre que nous. Je descends mes bagages à la réception et je vais à la cuisine préparer un bon petit déjeuner, ne sachant pas si nous pourrons manger à midi. Le sac à dos est quand même chargé d’un peu de nourriture. Le bus est à l’heure. Nous prenons la route et faisons la tournée des hôtels avant de quitter définitivement Alice Springs. Nous roulons depuis 1/2h lorsque je m’aperçois que je n’ai pas ma pochette de cuir qui contient passeport, carte bleue et argent liquide. Mes cartes mémoires sont aussi dans cette pochette, habituellement suspendue à mon cou sous le T-shirt. Je réveille l’accompagnateur du bus et William lui demande quelle pourrait être la meilleure solution pour la récupérer. J’ai compris qu’elle est tombée sous le lit lorsque j’ai pris le short pour arrêter le téléphone. Le gars nous dit d’attendre le prochain arrêt dans 2h00 car sur cette route en plein désert il n’y a pas de réseau. Je ne tiens pas en place et suis stressé à mort. Lorsqu’arrive l’arrêt prévu, nous changeons de bus et le conducteur et guide accompagnateur prend les choses en main. Il trouve le numéro de téléphone de l’hôtel et les appelle. La communication ne passe pas. Il décide d’attendre un peu et retarde le départ du bus. Au bout d’1/4h il entre en communication avec la réception de l’hôtel et demande au responsable d’aller voir sous le lit. Ma pochette s’y trouve bien. Il s’agit maintenant de trouver un moyen de la récupérer sans gâcher notre voyage ni faire perdre de temps aux rares passagers du bus qui ont payé encore plus cher que nous pour ce voyage. Le chauffeur accompagnateur appelle sa société à Alice Springs. Une solution est trouvée. Ma pochette sera à Ayers Rock dans 2 jours grâce aux chauffeurs de 2 compagnies différentes qui vont se passer le relais pour l’acheminer. Je suis soulagé et je me détends un peu pour profiter enfin du voyage. Un peu avant Kings Canyon, notre première destination, le chauffeur s’arrête brusquement, fait demi-tour et stoppe le bus et nous fait tous descendre pour nous montrer un lézard épineux du genre moloch qu’il a remarqué au bord de la route. C’est un animal d’une vingtaine de cms que nous pouvons tous photographier. Un peu plus loin, nous avons encore la chance de voir un gros rapace plonger au sol puis reprendre l’air avec un serpent dans les serres. Il s’élève de 10 m puis le laisse tomber sur des rochers, sans doute pour le tuer et il plonge à nouveau sur lui et s’envole cette fois définitivement avec sa proie.



Un rare lézard épineux : Moloch horridus (thorny devil)

Arrivés à Kings Canyon Resort, le chauffeur nous indique à tous les 2 que c’est notre terminal mais que lui continue 15 kms plus loin pour faire la randonnée de Kings Canyon Rim Walk, une boucle de 6 kms en 4 heures sur les crêtes qui dominent les gorges puis descendre jusqu’au jardin d’Eden avec les 3 autres passagers qui ont payé pour cela. Nous lui demandons de nous emmener, ce qu’il accepte après une petite négociation et l’accord des autres participants. On se croirait au Colorado ou plus près de chez nous, dans le Lubéron. La couleur ocre est partout. Le soleil tape dur mais avec 2 litres d’eau, nous devrions tenir le coup. La pluie est tombée en abondance une dizaine de jour savant notre arrivée. Les plantes ont fleuri. L’accompagnateur connait bien la géologie, la faune et la flore et nous apprenons ainsi que cet endroit est le fond d’une mer qui s’est soulevé il y a très longtemps. Il explique aussi que de nombreuses plantes sont utilisées encore aujourd’hui par les Aborigènes. Il nous montre celles avec lesquelles ils se nourrissent et celles qui ont des vertus médicinales. Malheureusement je ne comprends pas tout ce qu’il dit. Le début de la randonnée est difficile, surtout à cause de la chaleur mais ici son nom est la montée des infarctus, ce qui veut tout dire. Rapidement on se trouve sur un plateau entrecoupé de petites gorges dans lesquelles nous suivons un chemin qui nous mène tout en bas de la gorge principale et ou se trouve le fameux jardin d’Eden. Ce nom est sans doute du au fait qu’ici la végétation est dense car il y a de l’eau en permanence et que cela attire les animaux de toutes sortes, particulièrement les oiseaux.



La montée des infarctus

C’est un petit cours d’eau qui se jette dans une magnifique piscine naturelle de 10 m de profondeur. Le groupe entier se baigne sauf moi car l’eau est vraiment très froide et l’air approche 40°C. J’en profite pour regarder un oiseau qui ressemble à une tourterelle mais avec une huppe et de nombreuses libellules. Je fais quelques photos mais la chaleur est tellement écrasante que je ne suis pas très motivé.



En direction du canyon



Kings canyon

Après cette halte reposante, nous reprenons la marche et redescendons en 1 heure au parking ou nous nous précipitons vers les robinets d’eau potable (et fraiche) pour boire car il y a longtemps que nous n’avons plus d’eau. Le chauffeur accompagnateur ouvre le bus puis sort une glacière électrique et propose un piquenique à ses passagers officiels. Nous ne sommes pas compris dans le groupe mais il y a tellement à manger que nous en profitons aussi. Si je récupère ma pochette et son contenu, je pourrai dire que cette journée était une bonne journée riche en découvertes. Je pense aussi que si nous avions pu louer une voiture, nous n’aurions pas fait cette marche dans sa totalité et serions probablement passé à côté de pas mal de choses.

03 10 2010

Hier, après la randonnée le bus nous a déposé au Kings Canyon Resort qui est un vaste complexe hôtelier. Il propose toutes sortes d’hébergements allant de l’hôtel de luxe à l’emplacement de camping pour tentes et caravanes. Nous avions réservé une chambre bon marché mais quand même climatisée avec accès à une petite cuisine collective. Sa porte est ornée d’un panneau disant de bien la fermer pour ne pas laisser les dingos sauvages venir voler la nourriture et fouiller les poubelles. Pour manger il est donc possible de cuisiner mais plusieurs restaurants proposent des menus pour tous les prix et toutes les bourses. Un magasin et une station service complètent ce village, propriété d’une seule famille. A notre arrivée un peu tardive, il n’est plus possible d’acheter à manger. Nous allons donc dans un des restaurants ou je mange une salade à base de saumon et William son éternel steak haché et frites. Son assiette est bien plus garnie que la mienne puisqu’il n’y a que 3 petits morceaux de saumons, quelques feuilles de roquette et une petite sauce blanche. Tout ça pour 19.5 dollars. L’assiette de William est au même tarif. Un oiseau me réveille avant le lever du jour. Je me lève et pars dans le bush (il n’y a que 10 m à faire depuis notre chambre) pour le lever du soleil. Je fais une belle série de photos de paysages composés d’herbes sèches et de grévilléas avec une lumière rasante. Je trouve aussi des fleurs rouge très curieuses dont le nom est Sturt’s desert pea. C’est l’emblème de l’Australie du Sud Ouest. Ce matin, en allant au bloc sanitaire, je passe devant un panneau décrivant les plats servis au restaurant ou nous avons mangé la veille et je m’aperçois qu’il manquait plus de la moitié des ingrédients à ma salade. Après avoir préparé nos bagages, William décide d’aller à l’accueil pour leur dire ce que nous pensons de ce repas d’hier. Il en profite aussi pour dire que nous sommes indignés de voir une serveuse manger carrément dans les assiettes des clients et que le personnel ne respecte aucune règle d’hygiène. Finalement on nous renvoie vers la réception principale qui reçoit l’ordre de nous rembourser. Nous attendons le bus qui doit passer nous prendre pour Ayers Rock. Nous sommes un peu inquiets car le chauffeur d’hier a oublié de nous rendre le papier qui prouve que notre place est réservée et payée. A l’heur dite, le bus arrive et le chauffeur ne nous demande rien pour monter à bord. Le voyage dure 3h30 jusqu’à Ayers Rock avec un petit arrêt à mi-chemin dans un complexe perdu au milieu de nulle part et qui comprend une station service et un bar où il est impossible de se faire servir. Il fait à peu de choses près 40°C et une glace ou une bière fraîche aurait été la bienvenue. D’ici nous voyons au loin un monolithe que nous prenons pour Uluru mais quelqu’un nous explique que c’est un autre rocher, plus grand et peut être plus beau que celui que tout le monde connait. Simplement celui-ci n’est pas célèbre parce que ce n’est pas un lieu sacré pour les Aborigènes. Je pense aussi que l’industrie du tourisme a privilégié l’autre parce qu’il y a d’autres attractions à proximité comme les monts Olga et que cela permet facilement d’organiser des circuits sur 2 ou 3 jours. Le bus nous dépose devant notre auberge de jeunesse qui est encore une fois un complexe gigantesque avec restaurants et boutiques. Il faut laisser une caution de 20 dollars par clé de chambre. La caution est plus élevée que le prix de la nuit. Aussitôt nos bagages dans la chambre, je traverse Ayers Rock en coupant par des petits chemins à travers le bush pour aller récupérer ma pochette et son précieux contenu. La femme à qui je m’adresse n’est pas au courant. Elle ne connaît même pas la compagnie de transport qui ramenait mes papiers. Ca commence mal. Le bureau de AAT King, l’autre compagnie qui a participé au transport de ma pochette est dans le même hall. J’explique donc à la Japonaise de service que mes papiers devraient être arrivés depuis hier. Elle me tend alors une grande enveloppe à mon nom et me demande de contrôler qu’il ne manque rien. Je suis vraiment fou de joie car tout y est. Je retourne à l’hôtel par le bush en prenant le temps de faire des photos malgré les 37 à 40 °C.



Ayers Rock

Arrivé à la chambre, je pose mes affaires puis je pars à la recherche de William pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui payer une bière pour fêter ça mais je ne le trouve pas. Je vais quand même au bar pour la bière très fraîche. Le tarif, 6,5 dollars, me refroidit encore plus que la boisson. C’est vrai qu’ici la ville est complètement isolée et le ravitaillement doit couter très cher. William arrive un peu plus tard complètement mouillé de transpiration. Il est allé au supermarché et revient avec de la nourriture pour les jours que nous allons passer ici.

04 10 2010

Je me lève à 6h30 pour profiter du lever de soleil et de la fraicheur relative du matin. J’arrive à un point de vue intéressant à 6h38 mais il est déjà trop tard. Le soleil est déjà trop haut dans le ciel. Je fais une ou 2 prises de vue puis je redescends à travers le bush en espérant surprendre des animaux. Je ne trouve qu’un insecte qui fait du mimétisme et qui ressemble à s’y méprendre à une brindille. Je fais une photo mais je n’ai pas l’objectif macro. Le résultat ne sera pas terrible. Je reviens à la chambre et vais à la cuisine préparer du café et du pain grillé. Ensuite je repars dans le bush mais cette fois je suis équipé correctement avec mes chaussures de rando et tout le matériel photo. Je marche pendant plus de 2h00 en faisant quelques photos dont beaucoup de fleurs.





Le bush au crépuscule

Je reviens voir où en est William. Il vient de se réveiller. Je prends un café avec lui en parlant du programme de la journée. Il doit d’abord aller sur internet pour réserver une voiture à l’arrivée de l’avion à Perth. Nous envisageons d’aller à Uluru voir ce rocher mythique mais il faut prendre un bus à 60 dollars/personne pour faire 15 kms puis payer 25 dollars/personne pour l’accès au parc national. Nous renonçons à contre-coeur. Hier soir malgré nos allusions auprès des touristes qui ont une voiture de loc, nous n’avons pas trouvé d’âme charitable pour nous transporter.



Sturt's desert pea Swainsonia formosa)

Je repars encore une fois marcher malgré la chaleur pour revenir à midi passé. Après le repas, alors que nous faisons la sieste, 2 personnes arrivent dans la chambre et s’installent sur les 2 lits restés libre. C’est un couple de français, retraités qui vont rendre visite à leur fille qui vit en Nouvelle-Calédonie et qui en profitent pour venir visiter un peu le Centre Rouge. Ils nous proposent une place dans leur voiture pour aller à Uluru. Ils veulent en faire le tour à pied (8 à 10 kms) puis attendre le coucher du soleil. Dans un premier temps William ne semble pas très intéressé mais moi j’accepte avec enthousiasme. Finalement William se décide aussi. Venir à Ayers Rock et ne pas aller à Uluru, c’est un peu comme pour quelqu’un qui arrive à Paris pour la première fois et qui ne va pas voir la Tour Eiffel. Nous achetons de l’eau pour la rando et nous partons. Nos 2 accompagnateurs nous proposent même de nous emmener aux monts Olga le lendemain. Malheureusement, nous prenons l’avion pour Perth. Dommage.





Il faut presque 4h00 de marche pour faire le tour d’Uluru

De loin le monolithe parait plat et sans relief. En s’approchant on remarque que la roche est fissurée de partout et que l’eau qui ruisselle sur ses parois lorsque la pluie est forte trace des sillons qui s’approfondissent au fil du temps. Beaucoup d’oiseaux nichent dans les cavités naturelles de la roche. De gros blocs se sont détachés sous l’action du vent et de la pluie. Ce rocher est sacré pour les Aborigènes mais il est quand même possible de monter au sommet lorsque le vent n’est pas trop fort. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. On se croirait à Donzère avec un bon mistral! Des panneaux signalent les endroits les plus sacrés et interdisent les photos mais malheureusement on ne sait pas la raison de ces interdictions. La marche est facile, c’est tout plat mais pas ennuyeux du tout car il y a beaucoup de plantes et d’animaux à voir. Nous avons même la chance de rencontrer un 2eme Thorny Devil, ce lézard épineux et coloré. Dès le tour terminé nous reprenons la voiture en espérant trouver une place pour le coucher du soleil. Les 2 ou 3 immenses parkings sont déjà pris d’assaut à notre arrivée mais notre petite voiture nous permet de se garer près d’un emplacement parfait. Un grillage empêche les gens de s’avancer et c’est en ligne sur 2 ou 3 rangs que chacun trouve sa place. Il faut attendre encore un peu le bon moment mais je commence à déclencher pour voir les meilleurs réglages et cadrages. Dès que le soleil commence à éclairer le rocher, on n’entend plus que les crépitements des appareils photo. Il faut faire vite tout en ayant un oeil sur ses voisins pour ne pas se faire bousculer. Le rocher est maintenant éclairé au 2/3 mais de gros nuages noirs arrivent et masquent le soleil. La photo des cartes postales ne sera pas pour ce soir. Il faudra retoucher avec Photoshop.



Le clou du spectacle

Retour à l’hôtel ou nous allons boire une bière pour remercier Francis et Line de nous avoir transportés puis nous mangeons tous ensemble.

05 10 2010

Il a plu tôt ce matin. Il fera moins chaud dans la journée. Le ciel reste nuageux. Nous prenons l’avion en début d’après-midi pour Perth. Nos tickets pour Uluru sont valables 3 jours. Nous essayons de les revendre pour 10 dollars mais soit les gens en ont déjà acheté, soit ils partent avec une agence soit ils sont sur le départ, soit ils se méfient de cette proposition. Finalement il les donne à 2 touristes qui s’engagent à envoyer 20 dollars par Paypal à William s’ils arrivent à les réutiliser. On verra bien. Arrivés à Perth, nous récupérons la voiture louée depuis 2 jours. Nous décidons de ne pas rester en ville. William téléphone à Phill Mann, un spécialiste des plantes carnivores du Sud Ouest qui va nous guider pendant un ou deux jours. Il habite à Harvey, un village à 150 kms plus au Sud. Il nous attend en début de soirée. Nous prenons la route mais la traversée de Perth est une vraie galère. Il nous faut 2h00 pour quitter la ville à cause d’un train qui a percuté une ou deux personnes. Il est tard lorsque nous arrivons à Harvey. Phill vient nous récupérer à la station service puis nous emmène au restaurant ou nous attendent sa femme, sa soeur et son beau-frère. Nous décidons de dormir à Harvey car il reste encore 50 kms pour arriver à l’hôtel que nous avions réservé et ou il fallait arriver vers 20h00. Il est près d’1h00 du matin.

06 10 2010

Ce matin Phill passe nous prendre vers 8h30 pour nous montrer tous les spots où il sait trouver une dizaine de variétés de droseras que nous n’avons pas encore vu et uniquement dans un rayon de 30 kms. William est impatient. Lorsque Phill arrive c’est pour nous dire qu’il doit faire changer les pneus de son pick up avant de partir. Au bout d’une heure il revient et nous prenons la route. Nous passons la journée à genoux ou à plat ventre dans des terrains aussi variés que des talus, des herbes folles, des dunes d’une blancheur éclatante ou nous trouvons des pygmées magnifiques ou dans les bois. A chaque arrêt, c’est le gros lot. Phill connaît sa région comme sa poche et il nous permet en une journée de photographier des variétés que pour certaines nous n’aurions pas trouvées seuls.



Drosera platystigma

Rapidement les batteries des appareils photos sont déchargées. Le soir William dit avoir fait plus de 800 photos dans la journée. Nous découvrons aussi beaucoup d’orchidées et pas mal de plantes inconnues pour nous dont les fameuses pattes de kangourou, savamment appelées “anigozanthos”. Phill nous propose de manger et de dormir chez lui pour cette nuit car sa femme, Néo-Zélandaise accompagne sa famille qui est venue passer quelques jours en Australie. Nous acceptons volontiers car c’est une économie non négligeable. En compensation nous faisons le plein du pick up. Il nous montre sa serre et son laboratoire amateur mais bien équipé qui lui permet de pratiquer la culture in vitro. Nous apprenons qu’en plus de son travail d’électrotechnicien, il a une autre activité pour arrondir ses fins de mois. Il est chasseur de kangourou la nuit. Il possède un pick up réservé pour cela car il est très rehaussé et la benne est affublée de projecteurs qui permettent d’éclairer les bas côtés des chemins ou il chasse. Pour chasser il faut être 2, un conducteur et le tireur, installé dans la benne. En une nuit, ils peuvent tuer une douzaine d’animaux qu’ils dépècent en rentrant et stockent dans une chambre froide qu’il a aménagée à côté de sa serre. Ils chassent au moins 3 jours par semaine, ce qui leur rapportent 450 dollars chacun. Nous avons d’ailleurs remarqué le jour de notre arrivée à Harvey, que passé 22h00, nous ne croisons que des pick up de chasseurs. Les kangourous sont très nombreux dans la région. Il suffit pour en être convaincus de voir tous les cadavres sur les bas-côtés des routes. Nous avons aussi remarqué que les Australiens les empoisonnent, notamment dans les zones boisées. De grands panneaux jaunes mettent en garde contre le poison. En discutant à ce propos, nous apprenons que les dégâts collatéraux sont nombreux aux abords des habitations et ce sont souvent les animaux domestiques qui en font les frais. Après le repas nous préparons notre semaine dans la région d’Albany. Nous notons scrupuleusement les emplacements que nous signale Phill mais nous nous apercevrons par la suite que c’est pratiquement inexploitable. La logique des Australiens en ce qui concerne les indications routières nous échappe depuis le début du voyage et les explications de Phill ne font pas exception à la règle.

07 10 2010

On quitte Harvey et Phill Mann après un petit déjeuner dans un bar. Notre but est d’arriver à Walpole situé à 450 kms sur la côte Sud. Il y a un spot à céphalotus et nous avons des indications pour le trouver. Nous ne prenons pas la route côtière mais une transversale plus directe qui passe par des forêts de Karris, une variété d’eucalyptus pouvant atteindre plus de 60 m de hauteur. Le trajet est agréable, la circulation est clairsemée. Pour avancer rapidement, nous avons décidé de rouler jusqu’à la pause repas sans regarder s’il y a des carnivores sur les bas-côtés de la route. Le point repas est choisi avec soin et avec l’expérience que nous avons maintenant, nous voyons des droseras avant de descendre de voiture. Il y a aussi des orchidées et de beaux spécimens de stylidiums.



Yellow cowslip orchid (Caladenia flava)

Nous reprenons la route avec un arrêt en chemin pour admirer un karri tree de plus de 50m de haut. Il est possible de monter à son sommet. J’en ai bien envie mais les barreaux de l’échelle hélicoïdale qui entoure l’arbre me font un peu peur. C’est pourtant du fer à béton de grosse section et un grillage à mouton sert de garde-fou. Nous le prenons en photo. Pour la vue depuis le sommet ce sera pour une autre fois. Nous arrivons à l’YHA de Walpole vers 15h00. Nous déposons les produits frais achetés le matin avant de quitter Harvey en prévision de la semaine puis nous partons à la recherche des céphalotus. Le plan de Phill s’avère difficile à comprendre sur le terrain, un peu comme la signalisation routière de ce pays, c’est à dire sans logique apparente. Après avoir cherché jusqu’au coucher du soleil dans le secteur qu’il nous a indiqué, nous rentrons bredouille à l’hôtel. Demain nous irons à Albany en espérant avoir plus de succès qu’ici.

08 10 2010

Ce matin je suis debout très tôt et je pars en direction de la mer, appareil photo en bandoulière. A peine sorti, j’entends le bruit familier des perroquets qui se chamaillent. Pourtant je crois voir des corbeaux mais en m’approchant je me rends compte qu’il s’agit de ces fameux perroquets noir que nous n’avons encore jamais vu et dont tous nous parlent depuis Kangaroo Island. Ils s’envolent à l’approche d’un passant mais se posent sur un autre arbre 200m plus loin. Prudemment je les approche et je peux faire 2 ou 3 photos. Je les ai enfin. Je continue ma promenade en traversant un petit lotissement très fleuri puis j’emprunte un sentier qui longe la mer. Un pélican perché sur un rocher au milieu de l’eau attire mon attention mais il est un peu loin. Je photographie aussi des petits oiseaux noir et jaune pour l’un et tout bleu pour les autres. Je rentre à l’hôtel et réveille William car il est presque 9h00 et il faut libérer la chambre avant 10h00. Nous partons à Albany en faisant un arrêt à Denmark car il y a des céphalotus dans le secteur. Nous nous renseignons au centre d’informations des visiteurs, c’est comme les offices de tourisme chez nous. Nous avons la chance de tomber sur une femme qui sait où il y en a. Nous partons en suivant ses explications et, pour une fois, nous trouvons l’endroit assez facilement. Tout se recoupe avec ce qu’elle nous a dit: la disposition des chemins, le pylône électrique et l’impossibilité de continuer en voiture. Malheureusement, pas le moindre petit céphalotus à stocker sur nos cartes mémoire. Elle nous a pourtant dit en avoir vu moins de 2 semaines auparavant. Nous fouillons au milieu des herbes, partout ou nous pensons qu’ils peuvent pousser mais rien à part des serpents que nous mettons en fuite. Nous sommes très déçus. William s’est foulé un poignet en tombant dans un trou, rien de bien grave et il s’est fait attaquer par des fourmis de plus d’un cm de long en posant la main dans une fourmilière pour se relever. En continuant un chemin nous arrivons devant une maison isolée et voyons un type en train d’arroser son jardin. Il nous invite à rentrer dans sa propriété car il pense qu’il peut y en avoir. Il nous fait faire le tour, un bâton à la main pour chasser les serpents et ne pas les surprendre au dernier moment. Nous ne trouvons rien. Il nous offre à boire et nous explique qu’il connaît un coin très humide ou poussent des plantes carnivores mais il faut un 4x4 pour s’y rendre. Il se propose de nous conduire là-bas et nous montons dans son HDJ 80. Nous voilà partis dans le bush sur des pistes hyper étroites. Je lui explique que nous avons 2 4x4 Toyota à la maison, alors il veut m’en mettre plein la vue et roule comme un fou malgré les trous et les ornières. Ca frotte de tous les cotés mais il s en fout. Au bout d 1/2h il s arrête devant un énorme bourbier et des traces de roues profondes de 50cms.



On est un peu perdus

Il nous propose de regarder dans le coin mais nous ne trouvons que des droseras et une très jolie utriculaire en fleurs. Nous ne sommes pas venus pour rien. Il propose de repartir plus loin. Il enclenche ses moyeux puis les blocages de différentiels Av et Ar et nous voilà partis sur une piste digne du Camel Trophy. Je suis aux anges. Il est même nécessaire de dégager un tronc d’ arbre qui gène le passage mais on continue et le type attaque de plus en plus. Finalement je m’ aperçois qu’il est perdu car il regarde sa montre et la position du soleil a un carrefour sans savoir ou aller. Finalement 1h 1/2 après on se retrouve devant chez lui. En fait il connaissait très mal la région car il habite ici depuis un mois seulement. Nous n’ avons toujours pas vu un céphalotus mais j’ai passé un après-midi super sympa. De retour au croisement de chemins, nous récupérons la voiture et prenons la direction d’Albany. Nous trouvons une auberge de jeunesse mentionnée sur le Lonely Planet. La propriétaire nous accueille chaleureusement et nous dit que sa soeur est ranger dans le parc national et qu’elle doit savoir ou trouver des céphalotus. Elle lui laisse un message. Nous on croise les doigts en espérant qu’elle ne mette pas 3 jours à répondre.

09 10 2010

La ranger a appelé et nous savons enfin ou trouver des céphalotus. Nous partons en direction de Two peoples bay sur ses indications. Après 30 kms de route, nous trouvons l’endroit non sans avoir galéré un peu. Nous voyons 3 goannas traverser la route. Nous réussissons à faire quelques photos du dernier. Nous partons à pied sur un petit chemin sableux qui conduit semble t’il à un petit lac au pied de quelques grandes dunes de sable blanc. 100 m plus loin nous trouvons des droseras qui bordent le chemin. Nous dénombrons 6 espèces différentes dont certaines que nous n’avons jamais vu comme le drosera sulfurea à fleurs jaunes. Il y a également des orchidées, des stylidiums, quelques banksia coccinea avec leurs fleurs rondes, des cats paw et d’autres plantes diverses et variées. Malgré 3h00 de recherche sous un soleil de plomb, pas le moindre petit céphalotus.



Banksia coccinea



Fleurs de stylidium

Retour à l’hôtel pour manger puis nous prenons la direction de Mount Barker. Phill nous a indiqué un spot ou il devrait se trouver 12 ou 13 variétés de droseras et 4 orchidées. Hélas nous arrivons un peu tard dans la saison et les quelques droseras que nous trouvons sont en fin de vie. Heureusement les orchidées sont bien présentes et encore en fleurs. Nous observons aussi un gros lézard appelé blue tongue à cause de la couleur de sa langue. Je le croyais mort et en le retournant avec un bâton, je m’aperçois qu’il est bien vivant et que c’était un camouflage. Sur la route du retour, William est attiré par des perroquets noirs en grand nombre dans un pré. Je stoppe pour 1/2h de photos. Peu de réussite sur cette série d’ailleurs. Arrivés à Albany nous partons à Frenchman Bay pour le coucher de soleil et essayer par la même occasion de trouver une utriculaire qui pousse dans le secteur. Nous n’aurons ni l’un ni les autres car nous arrivons trop tard. Nous reviendrons. De retour à Albany, nous demandons à Joanna, la propriétaire de voir avec sa sœur si elle peut nous accompagner car nous n’avons rien trouvé. Elle l’appelle et nous rejoindra sur la route de Two peoples bay demain matin. En sortant de la douche je m’aperçois que j’ai un tique dans le dos et un autre derrière chaque jambe. Lorsque j’en parle à William qui part à la douche, il regarde et s’aperçoit que lui aussi en a 3. Ce n’est pas étonnant car nous passons nos journées dans l’herbe, souvent assis, à genoux ou à plat ventre.

10 10 2010

Petit tour au bord de mer pour les oiseaux tôt ce matin. Je réussis à en photographier plusieurs dont un ‘ mangeur de miel ‘ (Phylidonyris novaehollandiae) aux belles couleurs jaune et noir à peu près de la taille d’une mésange.



Phylidonyris novaehollandiae (New Holland Honeyeater)

Nous retrouvons la ranger à l’endroit convenu. Elle nous explique qu’il faut aller un peu plus loin puis rentrer dans le bush. Il y a des herbes hautes et très serrées. La marche n’est pas aisée et voir des céphalotus ici me paraît difficile. La ranger nous met en garde contre les serpents nombreux dans ce secteur. Ce n’est pas très rassurant mais on veut les trouver ces céphalotus, alors on continue en se griffant et sans rien trouver. Au bout d’une grosse 1/2h elle décide de revenir à la voiture et traverser la route pour chercher de l’autre côté. Malheureusement nous nous trouvons face à une mare fangeuse assez large et que nous devons traverser. Ce n’est pas un problème de se mouiller car nous évoluons déjà dans un marécage et il s’est mis à pleuvoir mais là c’est de l’eau noire et de la boue au dessus des genoux. L’odeur qui se dégage de cette zone est assez repoussante. Nous ne nous attardons pas. De l’autre côté de la route nous avisons un type au milieu des hautes herbes avec une espèce de filet à papillons. Nous allons le questionner au sujet d’éventuels céphalotus qu’il aurait pu voir. Lui, son truc c‘est l’identification des insectes. Fièrement il nous montre un petit flacon qui contient 3 fourmis très rares paraît il. Il pense avoir vu des céphalotus non loin de l’endroit ou nous sommes. On se met à chercher et effectivement nous en trouvons 3, pas un de plus. Ils sont de petites tailles et pas colorés du tout. On ne fait pas la fine bouche. Il y a tellement de boue que nous ne pouvons même pas nous agenouiller pour les prendre en photo. Le résultat va être décevant. On reprend nos recherches, pleins d’espoir, mais sans succès. La ranger doit repartir mais nous donne encore quelques indications pour en trouver d’autres dans le secteur. Elle nous dit que nous trouverons aussi beaucoup d’orchidées. Nous y allons et trouvons effectivement des orchidées et aussi des stylidiums. Nous surprenons 3 gros serpents noirs en 10 mn. Le premier a flanqué une belle frousse à William car il lui a presque marché dessus. Nous redoublons de prudence. Il y a un lac dans les environs mais nous ne parvenons pas à le localiser malgré les kms de petits sentiers que nous parcourons. Retour à la voiture pour se rendre au 2eme spot réputé pour les nombreuses variétés d’orchidées. Il pleut de plus en plus et il fait froid. Nous photographions quand même 2 très belles orchidées que nous ne connaissions pas ainsi que quelques droseras dont Sulfurea à fleur jaune. En revenant à Albany, il est déjà tard. Nous mangeons rapidement, lavons nos vêtements couverts de boue et séchons les chaussures qu’il faudra rechausser le lendemain. Il pleut de plus en plus fort. Cette pluie ne s’arrêtera que le lendemain matin.

11 10 2010

Nous avons rendez-vous au bureau de l’environnement à Albany à 9h30 pour obtenir le plus d’informations possible pour trouver des céphalotus. Nous sommes à l’heure. La femme de l’accueil appelle son supérieur qui donne quelques informations très vagues en laissant entendre qu’il ne connaît pas. Nous insistons pour parler à un spécialiste des plantes de la région. En fin de compte nous changeons de bâtiment pour aller dans un laboratoire d’étude. La chef de ce service nous reçoit. Elle a au moins 70 ans, a sous ses ordres 3 autres mamies et une jeune. Elles s’occupent de classer, compléter et remettre en état un herbier. Elle nous écoute et nous dit sans ambiguïté qu’elle ne nous donnera pas d’indication car elle pense que nous allons voler des plantes dans la nature. Alors William lui explique son projet d’écrire un livre et, en bon communicant, met en avant l’intérêt de parler de la région d’Albany. Elle finit par accepter de nous aider mais, très méfiante, elle demande à l’accueil de nous faire remplir un imprimé très compliqué car nous faisons des photos dans les parcs nationaux et que c’est interdit. Elle nous reproche aussi de transporter des graines d’un parc à l’autre avec nos chaussures. C’est vraiment du grand n’importe quoi quand on voit les Australiens rouler comme des malades dans les mêmes parcs avec leurs 4x4. Finalement je ne suis pas concerné pas les formalités et papiers à remplir mais William refuse de le faire. Il s’en suit un interrogatoire en règle qui dure au moins 1/2h. Lorsque nous lui disons en avoir trouvé 3 exemplaires grâce à un ranger du parc de Two peoples bay, elle veut savoir le nom de ce ranger mais n’insiste pas lorsqu’on répond qu’on ne sait pas. Elle essaie de remplir le formulaire à la place de William qui donne une fausse identité et un faux numéro de téléphone. Nous repartons et allons explorer le lieu qu’elle nous a indiqué. Nous passons 4h00 à sillonner le bush au milieu de nombreux callistemons sauvages mais on ne trouve que des droseras et de très belles utriculaires. (Utricularia volubilis). De retour à Albany, arrêt au Hungry Jack pour manger un peu puis départ au Stirling Range National Park pour une rando qui doit durer 4h00. Après plusieurs arrêts en chemin pour explorer les talus et les environs, nous arrivons enfin à 16h15 pour commencer la randonnée. Le début est facile mais très vite la pente se fait plus raide. Au bout d’une heure sur un chemin bordé de nombreuses plantes dont quelques droseras, William s’arrête et commence à redescendre après avoir soufflé un peu. Pour ma part je continue encore tout en sachant que je n’aurai pas le temps de monter au sommet avant la nuit. Je me régale car il y a longtemps que je n’ai pas randonné avec du dénivelé. Je crois que c’est en Tasmanie que nous avons fait la dernière vraie randonnée. Malheureusement, je dois m’arrêter et redescendre pour ne pas finir de nuit. Je suis un peu déçu.



Stirling range – Bluff Knoll

De retour en ville, nous prolongeons notre séjour à l’hôtel YHA afin d’explorer le cap Howe qui abrite, parait il, des céphalotus. Nous ne négligeons aucune information pour en trouver. Je pense qu’il sera aussi possible de faire de belles photos de bord de mer. Ensuite nous reprendrons la route pour Harvey pour se rapprocher de Perth d’ou nous repartons bientôt.

12 10 2010

En cours de route nous faisons une escale à Denmark parce qu’il me faut boire un café. Ce matin je n’en ai pas bu et ça me manque. Finalement nous visitons un peu le village et passons beaucoup de temps dans une librairie où j’achète un petit fascicule sur les plantes du Sud Ouest. Ensuite nous mangeons dans un petit fastfood un peu mieux que les MacDo. Je m’arrête plusieurs fois en route pour me détendre afin de ne pas m’endormir et rester vigilant au volant. Lors d’un arrêt dans une forêt de karris, je repense à l’arbre qu’il est possible d’escalader. Il ne doit pas être loin, alors je décide que ce sera ma prochaine escale et que je monterai à son sommet. Cet arbre, appelé le Diamond Tree a été coupé à 52 m et, en 1939, une plateforme a été construite à cette hauteur pour la surveillance des départs de feu en forêt. C’est la plus ancienne encore en service à ce jour. Pour monter, des fers à béton sont fixés au tronc et forment un escalier en colimaçon dont les marches sont espacées d’environ 35 cms. C’est un peu dangereux pour des personnes de petite taille. Pour me motiver, je me dis que monter ne doit pas être plus impressionnant que monter sur le dôme du réacteur de la centrale de Tricastin, chose que j’ai réalisée de nombreuses fois. La hauteur est pratiquement la même. Je commence l’ascension qui me parait facile à condition de prendre son temps pour poser les pieds sur les barreaux. Lorsque j’arrive à 10m de hauteur, je réalise qu’en fait, seul un grillage à moutons sert de garde fou. C’est un peu léger.

Arrivé au sommet, je jouis d’une vue à 360° sur la forêt et la plaine qui va jusqu’à l’océan. Je reste là pendant un bon quart d’heure en faisant des photos dans toutes les directions. Puis je commence à redescendre. C’est plus impressionnant que de monter car il faut sans cesse regarder vers le bas pour être sûr de poser le pied correctement sur l’échelon. Nous repartons pour Harvey ou nous arrivons vers 17h30 chez Phill Mann qui nous attend. Il décide de prendre sa journée en congé le lendemain et de repartir à Albany. Il tient à ce que nous voyons les céphalotus. Il est aussi intéressé pour photographier l’utriculaire volubilis qu’il n’a apparemment jamais vu. Il faudra se lever tôt car c’est plus de 1100 kms qui nous attendant dans la journée. Lui ne dormira pas beaucoup car cette nuit il part à la chasse aux kangourous. Il nous propose de l’accompagner mais nous refusons poliment d’une part parce que nous sommes crevés par la longue journée que nous venons de passer et d’autre part parce que ni moi ni William ne sommes des adeptes de la gâchette.

13 10 2010

Debouts à 6h30, petit déjeuner au buffet de l’hôtel. Il n’y a pas grand chose mais je réussis à manger suffisamment pour tenir toute la journée. Nous déchargeons nos bagages chez Phill. Il prend le volant pour gagner du temps en prenant des raccourcis sur des petites routes qu’il connaît bien. Il s’arrête souvent en disant à l’avance quelle plante nous allons trouver. Au cours de l’un de ces arrêts pour photographier des plantes sur le bas-côté, nous trouvons un 4x4 qui a fait des tonneaux et finit sa route contre un arbre. Nous regardons qu’il est bien vide car cet accident est récent. C’est probablement en voulant éviter un kangourou qu’a eu lieu l’accident. Il faut vraiment être prudent. Arrivés sur Denmark road, il s’arrête à un endroit précis et nous dit qu’il y a des céphalotus ici. On s’éloigne de la route d’une cinquantaine de mètres et effectivement, il ne s’est pas trompé. Il y en a même beaucoup. Et dire qu’il n’est pas passé ici depuis plus de 4 ans ! Ils sont gros mais peu colorés, sans doute parce que les hautes herbes empêchent le soleil de les atteindre. Nous faisons la série de photos qu’on attendait depuis 2 semaines.







Les cephalotus

Nous reprenons la route et maintenant c’est à notre tour de lui montrer des plantes qu’il n’a pas encore vu. Avant d’arriver sur notre spot, il s’arrête dans un virage pour nous permettre de photographier un drosera que nous ne connaissons pas encore. La plante est bien présente mais malheureusement pas encore en fleur. Arrivés sur notre point à Frenchman’s bay, nous retrouvons les utriculaires volubilis et une autre toute petite qu’il identifie comme étant Utricularia simplex sans être sûr de lui. Nous lui montrons 2 autres variétés qu’il connaît bien mais ne les avait encore jamais prises en photo. Ce coin lui plaît et il espère y revenir rapidement. Il commence à être tard mais il veut nous prouver qu’à Two people’s bay il y a mieux que les petits céphalotus que nous avons trouvé avec la ranger. Effectivement, à 500m de là il s’arrête, descend de la voiture, fait 50m dans le bush et nous montre des exemplaires de grande taille et de plus très colorés. Il a quand même une bonne mémoire des lieux quand on sait qu’il ne vient pas souvent par ici. Ce qu’il nous explique aussi c’est que 50m avant ou après, il n’y en a pas. Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme le spécialiste des plantes carnivores dans son pays. Il a d’ailleurs participé à de nombreuses publications et découvertes de plantes mais il préfère la discrétion et généralement les livres ou revues auxquels il a participé ne mentionnent son nom qu’en petit en fin d’ouvrage. Nous prenons la route du retour car Harvey est au moins à 4h00 d’ici. Il fait quand même un petit détour pour nous montrer une Drosera pygmée que nous n’avons pas encore vu. Il a passé une grande partie de la nuit dernière à chasser les kangourous (il en a tué 12), s’est couché à 2h00 du matin au mieux et pourtant il conduit sans fatigue apparente depuis 7h30 ce matin. A l’arrière William s’est endormi. Je regarde la route et les bas-côtés au cas ou des kangourous traversent devant nous car nous roulons à plus de 130 kms/h. L’épave du Toyota couché sur le côté et complètement détruit montre combien il est facile de mourir sur cette route. Les Roads trains sont un autre danger de ce tronçon. Ils roulent très vite avec souvent 3 remorques et ne peuvent ni s’arrêter en urgence, ni même dévier leur trajectoire. Ils roulent de préférence de nuit car la voie est moins encombrée qu’en journée. Lancés à 100 kms/h, de grosses rampes d’éclairage signalent leur arrivée en face de nous. Bien que la route soit assez large, il est prudent de se mettre au ras du talus et de ralentir un peu au moment du croisement. Le vent a soufflé fort toute la journée et à un moment une grosse branche cassée est couchée sur notre voie de circulation. Phill part à droite pour l’éviter mais malheureusement 2 kangourous sortent en courant de la forêt et traversent devant la voiture que Phill a juste eu le temps de rediriger sur la gauche d’un violent coup de volant après un freinage brutal. La voiture est déséquilibrée, part à droite puis à gauche en se dandinant puis reprend sa trajectoire. C’est passé mais il s’en est fallu de peu.



Il a eu moins de chance que nous !

Arrivés à Harvey, après avoir déposé Phill chez lui, nous filons au motel pour avoir une chambre. Hélas, il est minuit passé et tout est fermé. Nous allons voir le 2eme hôtel mais là aussi on fait chou blanc. Nous revenons donc chez Phill qui nous propose les canapés de son salon. Le sac de couchage que j’avais pris soin d’emporter aura servi au moins une fois.

14 10 2010

J’ai plutôt bien dormi sur le canapé malgré les ronflements de du beau-frère de Phill dans la chambre voisine. Nous prenons un petit déjeuner en leur compagnie, faisons une ou deux photos de groupe puis partons pour Perth non sans faire un dernier détour sur les conseils de Phill. Nous mettons ainsi un nouveau drosera pygmée à notre tableau de chasse. Arrivés peu après midi sur Perth, nous décidons de trouver un hôtel à proximité de l’aéroport pour éviter d’avoir à traverser la ville le lendemain matin. Nous passons le temps libre qu’il nous reste dans une zone commerciale pour faire quelques achats de dernière minute, trouvons un restaurant sympa dont la décoration et la musique country changent de nos habituels MacDo et autres Hungry Jack puis rentrons à l’hôtel pour boucler les sacs. Le lendemain matin c’est le départ définitif de ce pays qui me faisait rêver depuis des années et que je connais un peu maintenant. J’espère y revenir un jour car ce vaste pays offre une diversité de régions, de climats et de paysages qu’un séjour d’1 mois et1/2 n’aura pas suffit à nous faire découvrir.
Voyage 4x4 en Asie Centrale (été 2012) English translation pending
by Disco3 · 2012-01-31 · 25 replies
Bonjour,

Nous allons partir en Asie Centrale avec notre 4x4 aménagé l’été prochain.

Nous voyagerons en 4x4 et en autonomie (à priori pas de nuits à l'hôtel sauf si nécessaire).

Voilà comment nous envisageons notre voyage :

Suisse, Italie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Turquie, Iran (visa tourisme), Turkménistan (visa transit), Ouzbékistan (visa tourisme), Tadjikistan (visa tourisme et permis GBAO-nous voulons passer par la route du Pamir M41), Kirghizstan (visa tourisme), Kazakhstan (visa tourisme- nous aimerions visiter la base russe de Baïkonour ??), Russie (visa transit ou tourisme), Ukraine, Pologne, Tchéquie, Autriche, Suisse.

Nous pensons rester 1 semaine dans chaque pays mais faire faire des visas de 2 semaines pour plus de liberté.

La durée du voyage est elle limité par nos congés (2 mois).

1. Première interrogation : Les Visas.

Comme nous n’aurons pas le temps de prendre les visas sur place, nous souhaitons les avoir tous avant de partir. Nous allons passer par un intermédiaire car nous sommes novices dans ce domaine et n’habitons pas sur Paris.

Action-Visas France nous a été recommandé mais ils ne font pas le Tadjikistan. Ils nous conseillent de voir directement avec l’ambassade de ce pays. Pour les autres pays, pas de soucis.

Visa-Express Belgique eux ne veulent pas faire les visas Iranien et Turkmène par contre aucun soucis semble t’il pour les autres.

Quelqu’un a-t-il une expérience qui pourrait nous être utile ?

2. Deuxième interrogation : Le véhicule.

L’approvisionnement en gasoil (qualité médiocre en Iran, rare en Ouzbékistan) et l’adaptation du disco3 à l’altitude sur la route du Pamir (plus de 4000m) et aux fortes chaleurs au Kazakhstan (aout) sont des inconnus pour nous. Quequ'un a t'il fait la route à cette période (juillet-aout) ?

Nb. Pour le gasoil, la voiture est équipée d’un réservoir supplémentaire de 100 l.

3. Troisième question : la vie à bord.

Où peut-on trouver de l’eau pour refaire le plein du réservoir d’eau intégré de 50 l ? (en Ukraine par exemple, il faut puiser l’eau des puits).

Existe-t-il des cartouches de Gaz ou faut-il en prévoir un stock pour tout le voyage ? (En Scandinavie du nord, impossible de trouver des cartouches Camping Gaz).

Merci beaucoup de nous faire partager vos expériences.
Infos sur le Vanuatu! English translation pending
by SantoVanuatu · 2012-01-14 · 65 replies
Je suis professeure de français sur l'île d'Esperitu Santo, Vanuatu. Pour travailler ici il faut être investisseur, car il est très dur de trouver du travail, les métiers sont protégés pour la plupart depuis l'indépendance. Mais nous avons une Alliance française qui marche très bien sur la capitale Port Vila (île d'Efate) et l'AUF aide aussi bcp. L'Archipel du Vanuatu comporte 83 îles, il y a donc 83 dialectes environ, leur langue officielle parlée sur ttes les îles est le Bishlamar (une langue facile à apprendre qui reprend l'anglais, le français et l'espagnol avec seulement 200 mots de vocabulaire) environ 40 % parle le français en 3ème langue, et 60 % parle l'anglais. Les gens vivent en communauté, chaque village est gouverné par un chef. Et la famille a une très grande importance dans leur culture. Ils ont des coutumes différentes selon les îles aussi et sont très superstitieux et vivent dans la peur de la "jalousie" et de la magie noire des îles volcaniques. 5 volcans sont encore en activités: sur l'île d'Ambae (lac de lave), de Gaua (îles banks), d'Ambrym (deux volcans) et de Tanna (le plus connu: le volcan Yasur est le plus impressionnant et le plus accessible au monde).

Esperitu Santo est la plus grande île du Vanuatu, elle a une superficie de 3 955,5 km2, elle est montagneuse au centre et offre des plages de sable noir, de sable blanc et de galets. Venir jusqu'ici, bien sûr que ça vaut le coup !! Vous voyez des choses tellement superbes dans un pays encore préservé et proche de ses racines. Le mieux, est bien sûr de visiter Tanna et son volcan Yasur, mais ce n'est pas la peine d'y rester longtemps (2 ou 3 jours). Si vous cherchez l'authenticité, ne restez pas sur l'île d'Efate (capitale) et venez directement sur mon île, ça fait un an que je suis installée et je n'ai pas encore Tout vu ! Donc, il faut rester sur Esperitu Santo minimum 8 jours pour vous en mettre pleins les yeux. Randos et trekkings superbes à faire... Des trous bleus à visiter (photo jointe), plages superbes, parcours de la seconde guerre mondiale, cascade, grottes (millenium cave est à voir une fois dans sa vie) et pour la plongée, c'est l'île où aller. Vous pouvez voir la plus grde épave du monde accessible: le "président coolidge", "million dollar point" et "L'USS Tucker" ainsi que de nombreux récifs... En vivant localement, comptez de 1500 à 3500 vatus (le moins cher) par nuit. Mais il y a de nombreux resorts sur l'île qui vont de 6 000 vatus par nuit à 25 000 vatus dans des cadres exceptionnels. Pour manger, on peut vivre avec 1000 vatus par jour en mangeant local dans les cases-restaurant des femmes du marché de Luganville (marché ouvert 24 heure sur 24 du lundi au samedi soir). Comptez un plus gros budget pour vous faire plaisir au moins une fois au restaurant français de l'île, "le jardin des saveurs" à Luganville, car c'est le meilleur restaurant du Vanuatu. Après, la plupart des sites touristiques incontournables sont payants (1000 à 2500 vatus) cet argent est pour les communautés propriétaire des terrains. Vous pouvez également, à moindre coût, faire des coutumes de bienvenue pour t'intégrer dans des villages et demander ce qu'il faut faire autour. Le transport reste le plus cher du budget à prévoir, mais le mieux pour visiter moins cher est de prendre les transports publics, mais ils ne sont pas super fréquents et ne te laissent pas la liberté de bouger comme tu veux (1000 vatus environ pour aller du sud au nord par la seule route goudronnée de l'Est). La location de voitures coûtent entre 8 000 et 14 000 vatus la journée, (sans compter l'essence), sinon, à titre d'exemple, y'a des scooters à 5 000 vatus la journée, des citadines à 8 000 vatus et des jeeps à 9 000 vatus, vous pouvez trouver des 4x4 hillux à 12 000 aussi... Mais je ne suis pas au courant de tous les prix.... Si vous décidez de venir, je vous aiderai à trouver ce que vous recherchez.
Açores, Lanzarote ou Madère en mars? English translation pending
by Rando75 · 2012-01-05 · 29 replies
Bonjour à tous,

mon ami et moi souhaiterions partir pour une petite semaine au soleil, sur une île volcanique où il fait bon et si possible se baigner pour mon anniversaire pour la mi-mars et pas à des heures d'avion de Paris. Nous avons adoré Stromboli et l'Etna cette année et aimerions retrouver cette impression. Même s'il n'y a pas de volcans en activité comme en Sicile, nous adorons la randonnée. La difficulté est aussi de trouver des vols directs pour ces destinations.

Que nous conseillez-vous? Açores? Lanzarote? Madère?
Itinéraire de trente-neuf jours Chili - Mendoza - Patagonie: votre avis? English translation pending
by Marysuisse · 2011-12-01 · 33 replies
Bonjour,

Dans le cadre de mon prochain voyage en Amérique du Sud, je serai au Chili + Patagonie à partir du 18 janvier. Voici l'itinéraire que j'ai préparé, qu'en pensez-vous? Est-ce réaliste, ai-je oublié un immanquable? Devrais-je zapper Mendoza? J'étais en Argentine il y a quelques mois et n'ai pas pu visiter cette région alors ça serait l'occasion... Vos avis sont les bienvenus, un grand merci d'avance!

18.01: Arica

19.01: Parque Nacional Lauca 20.01 : San Pedro de Atacama 21.01 : Lagunas 22.01 : Geysers El Tatio + Valle de la Luna 23.01 : Atacama 24.01 : Valparaiso 25.01 : Valparaiso-Mendoza 26.01 : Mendoza 27.01 : Mendoza-Santiago 28.01 : Santiago 29.01 : Santiago-Ile de Pâques 30.01: Ile de Pâques 31.01: Ile de Pâques 01.02 : Ile de Pâques 02.02 : Ile de Pâques – Santiago 03.02 : Santiago-Pucon 04.02 : Pucon 05.02: Pucon - Puerto Varas 07.02: Puerto Varas 08.02: Puerto Varas - Chiloe 09.02: Chiloe 10.02: Chiloe - Puerto Montt 11,02: Puerto Montt - Bariloche 12.02: Bariloche 13.02: Bariloche 14.02: Bariloche - El Chaltén 15.02: El Chaltén 16.02: El Chaltén - El Calafate 17.02: El Calafate 18.02: El Calafate 19.02: El Calafate - Torres del Paine 20.02: Torres del Paine 22.02: Torres del Paine - Tierra del Fuego 23.02: TIerra del Fuego - Ushuaïa 24.02: Uhuaïa 25.02: Ushuaïa 26.02: Vol Ushuaïa - BA 27.02: Retour
2011: L'appel du Wilderness (partie I) English translation pending
by LeSpartiate · 2011-11-26 · 116 replies


2010/2011 : Discussions, cogitations, élaboration

Vers la fin de juin 2010, comme pour prolonger la magie du voyage, nous avions dessiné sur une nappe de papier d'un obscur restaurant à l'aéroport de Denver, une ébauche d'une future boucle Southwest 2011. A peine le carnet de voyage « Érosion, Fusion, Passion » fut mis en ligne sur VoyageForum, que nous replongions dans le chaudron magique du wilderness. Après maintes discussions, de profonds desiderata de l'un et de l'autre, le nouvel itinéraire réalisé, finalisé, constamment remanié quelque peu ambitieux, sans temps mort, assurément sportif, a fini tout naturellement par ne plus ressembler à l'ébauche dessinée. Une boucle qui reprend une partie de l'itinéraire de 2010, avec des endroits déjà connus mais qui seront explorés plus longuement, de nouveaux sites, des endroits plus intimistes et des rencontres programmées. Des roches rouges et ocre de l'Utah et de l'Arizona, à la chaleur du Nevada, aux pentes boisées du Colorado, en passant par les terres arides du Nouveau Mexique; tel serait notre programme de cette année 2011. Que l'aventure commence !

PRAIRIE SMOKE Erytrocoma triflora

PRAIRIE SMOKE Erytrocoma triflora



Le 19/05/2011: Le grand départ

Ça y est !!! C’est le grand jour… La concrétisation d’une longue cogitation … Une longue journée qui nous mènera vers Las Vegas, une escale à Los Angeles, avec forcément des contrôles multipliés. De plus, avec le décalage horaire…la journée de 24h durera exceptionnellement au moins 32h… Une longue journée. Départ avec Air Tahiti Nui. Une compagnie aérienne dégotée par Laurence. Personnel très sympa avec une particularité : Le personnel change de tenue lors du service, des vêtements qui font plus « Tahiti », avec fleur de tiaré dans les cheveux pour les hôtesses. Première « Feufleur» du parcours. !!!Enfin les USA… Arrivée à L.A.Immigration… no problem Douane… no problem Bagages en drop off… no problem Enregistrement… problem avec les automates Contrôles… oubli de mes lunettes…malheureusement, la liste va s’étofferBref, les bagages voyagent plus facilement que les personnes !!!

Le survol de LV nous confirme que la ville est immense. Récupération de la voiture… chez Hertz. Nous apprenons que la conduite « deuxième conducteur » est gratuite si nous sommes mariés. Il faut donc payer !!! 10 $ par jour… Wow et reWow… Nouvelle discussion, le budget n’est pas extensible. Devant notre longue-longue hésitation, subitement l’employé de l’agence nous propose un forfait de 50 $ !!!

Découverte du SUV Mitsubishi « Endeavor » moins sophistiqué que la Jeep Grand Cherokee que nous avions en 2010, mais « high clearance » tout de même, bien que les ancrages des suspensions arrière soient bas. A surveiller donc lors des passages délicats.

Las Vegas est plus immense encore au sol, nous mettons beaucoup de temps à trouver l’hôtel « Desert Rose Resort » qui n’est pas situé sur le Strip (hôtel à dimension humaine sans machine à sous… Eh oui, cela existe) Nous sommes fourbus, fatigués, éreintés. La journée de 24h a bien duré 32h. Les achats pour le wilderness attendront demain. Dream’zzzzzzzzzzzzzz !

BARREL CACTUS Ferocactus cylindraceus / SACRED DATURA Datura Wrightii

Le 20/05 : L’appel du wilderness

Le réveil est facile, le breakfast se déguste dans un bel endroit aménagé, décidément le « Desert Rose Resort » est un hôtel qui gagne à être connu. Première randonnée du voyage… direction vers l’un des innombrables Walmart de la ville pour les achats incontournables, nécessaires pour vadrouiller dans le désert. Les connaisseurs apprécieront l’effort consenti devant la liste plus que fournie. Nous sommes parés pour quelques nuits dans le wilderness.

En route vers la « Valley of Fire State Park » par la « NorthShore Road » jugée plus sympa que la I 15. Déjà parcouru l’année dernière, nous retournons vers ce site car il y a quelques mois, au fil de mes recherches sur le Net, j’étais tombé (Non…même pas mal) sur un magnifique spot qui se nomme à juste titre « Wave of Fire » Cette nouvelle vague était encore méconnue, il y a peu de temps, idéalement bien placée, d’un accès facile, et proche de la route qui mène à White Domes : Pas de doute, The « Wave of Fire » deviendra un must de ce parc. D’ailleurs quelques cairns commencent à fleurir. Ephemeral Arch… Rest In Peace !









CARANDAY PALM TREE Copernicia alba

Pas le temps d’attendre le sunset, nous filons vers un autre spot, particulier (encore un !) : « Gold Butte » dans « Little Finland ». Une longue piste nullement lassante grâce aux multiples paysages traversés.



« Little Finland » : Ne vous attendez pas à voir débouler des troupeaux de rennes, ni même de bisons si chers à ITATstone, mais plutôt à voir apparaître des gargouilles ou dragons échappés d’un autre âge.



Nous ratons de quelques dizaines de minutes, l’instant magique (la Golden Hour), mais nous arrivons tout de même à photographier quelques monstres avant que le soleil ne se couche.



Imaginez ce lieu très isolé, assez fermé, entouré d’un bestiaire moyenâgeux, inanimé, (va-t'il le rester dans la nuit?) Absolument personne… Palpez l’air bruissant de silence et vous aurez une idée de l’ambiance surnaturelle qui y règne à l’opposé de la bruyante ville de Las Vegas déjà si loin. Pour une première nuit dans le wilderness, nous ne pouvions pas mieux rêver. Dream’zzzzzzzzzz ! Sous les millions d’étoiles, un spectacle toujours aussi merveilleux et fascinant !

Le 21/05 : Surprise

Aux aurores, dernière petite virée solitaire de Laurence dans le secteur, histoire de vérifier si quelques dragons pétrifiés ne sont pas apparus durant la nuit, pendant que je réaménage la partie literie du 4x4. Notez la répartition des rôles !







Pendant qu'une certaine personne s'amuse... 😉 Je remballe... Admirez le travail



Puis en direction de "Snow Canyon State Park", un petit détour sur "Withney Pocket". Le site est très bien indiqué, mais le dernier mile de la piste est quelque peu abîmé, une petite marche et nous trouvons les pétroglyphes, mais le plus intéressant d'entre tous (Falling Man) nous échappe. Peut-être est-il définitivement tombé ? Tant pis, nous laissons tomber, nous aussi. Il est temps de faire la route vers le Snow Canyon State Park.

JOSHUA TREE Yucca brevifolia



Pour le parc "Snow Canyon State Park", nous avions réservé un emplacement au campground, encore une nuit dans un hôtel à plusieurs millions d’étoiles. Bon à savoir : L’entrée du parc est gratuite si un emplacement a été réservé. Nous allons de suite régler les formalités et prendre possession des lieux (emplacement 23) avant d’entamer une des nombreuses petites randos du parc. La ranger informe Laurence qu’elle a un message… Wooh ! Surprise !!!! Tiens, un admirateur US ? / Non… râté …. C’est Ninou98 alias Mamie Boulet … Alias Ninou Croft avec son Grand qui passaient par là et peut-être repasseront-ils par ici à ne pas en douter.

De toute façon, nous ne pouvions pas les louper... Ils avaient tout prévu.



En attendant, nous choisissons le trail « Lava Flow & Butterfly trail / Durée : 1h Sympa ce trail au milieu des roches typiques de l’Utah, traversant un terrain effondré par endroit et constellé de pierres noires issues d’une ancienne éruption volcanique, vraiment facile à parcourir.



Nous revenons au camp, quand soudainement, le temps s’assombrit, les nuages gris, puis noirs s’annoncent cachant un soleil à l’instant radieux, le vent se lève et forcit… Plus d’oiseaux dans le ciel… Plus un bruit dans le wilderness, toute la faune se cache, le signe assurément d’une bonne tempête qui va s’abattre sans coup férir sur ce petit parc. Bise…brise…blizzard…bizarrement, rien n’avait été annoncé à la météo de la station des rangers ??? Bon sang ! Mais c’est bien sûr, tous ces éléments déchaînés annoncent l’arrivée imminente des baroudeurs de l’ouest : Ninou et le Grand dans leur 4x4. Il est temps de vaincre le signe indien : « C’est de part ma volonté que les éléments se meuvent »: Alors…Soleil !!! Une rencontre fortuite mais bien sympathique. L’emplacement ne manquant pas de place, il est convenu que Ninou et son Grand planteront la tente, après avoir régler 16$ à la station. Un petit trail : "Hidden Pinyon & Petrified Dunes Trail", en leur compagnie. Marche et papotage. Je reste décent pour ne pas divulguer : Qui marche et qui papote ? Reste le plus dur, la soirée: Margarita, BBQ (saucisses), bières, fruits : ne manquaient plus que les Shamallows !! Nos deux baroudeurs de l’ouest sont bien organisés et outillés.

Puis lights out…. Dream’ZZZZZZZ ! Admirable et réjouissante journée… Absolument !!!

Une bonne tablée.... rien que du bio... Enfin presque 😉



En résumé, le parc et le campground sont sympathiques. Les randos sont abordables, idéales pour ceux qui voudraient s’essayer au wilderness pour la première fois.

BLUE FLAX Linum perenne var. lewisii

Le 22/05 : Déception, crevaison, réparation et contemplation

Après le petit déjeuner pris avec Ninou et son Grand et avec du vrai café (un pur luxe dans le wilderness), nous sommes prêts à repartir vers nos destinations respectives. Nous vers le soleil... et Ninou (c'est à dire pas nous) vers le vent, la pluie ! Nous nous reverrons à Escalante avec d’autres forumeurs, un repas prévu de longue date.

Déception : Direction Toroweap, une nuit de plus dans le 4x4, par la piste « Mount Trumbull road » : 61 miles assez ennuyeux et réputés « crevant »… pour les pneus. Nous filons vers Tuckup pour Shaman's Gallery, de jolis pictographes restés confidentiels sont à l'ordre du jour. Malheureusement, je me suis bien fourvoyé dans les relevés des waypoints et interprétation de la topo. Nous empruntons une piste et nous butons sur une barrière bien plantée au milieu de la piste. Impossible de la bouger, en plus pour être sûrs, les rangers ont savamment déposé rocs et tronc d'arbre... C'est clair, je me suis planté, et nous sommes plantés, comme la barrière. Fin du périple.

Crevaison : Le demi-tour s'impose et d'autant plus imposé, qu'au tableau de bord, un voyant s'allume. Un voyant que je reconnais « Tire flat »... Houston, nous avons un problème ! Constat : le pneu n'est pas éclaté, mais semble se dégonfler lentement. Option 1 : « Recherche de la bonne piste de Shaman’s Galery» est annulée. Option 2: « Aller vers le campground et changer le pneu » est évoquée mais vite abandonnée. Option 3 : « Mettre à profit le temps imparti pour la rando » pour un retour vers Fredonia, réparer le pneu, puis retourner au campground de Toroweap. Ainsi, la journée ne serait pas tout à fait perdue. Opération délicate, qui n’est pas assurée dans son déroulement : Fredonia est un petit bled et nous sommes dimanche. Nous allons tenter tout de même le coup.

Réparation : Fredonia : Le garage ou plutôt la superette du coin : Alimentation, postes à essence et atelier de réparation et tout à coté, la fin d'une fiesta dominicale. Le décor est planté. Après s’être fait comprendre par le boss du lieu (j’avais emmené le guide de dépannage de la voiture au cas où), il interpelle un gars qui nous indique un emplacement de l’autre côté du garage (drôle d’endroit pour réparer) puis se ravise et nous fait signe de nous rapprocher et nous laisse en plan. Doit-il finir la fiesta ? Attente Arrive une jeune femme (fait-elle partie de la fiesta ou du magasin ?) qui fait le tour de la voiture et détecte le pneu incriminé, puis repart…Attente…Attente… Arrive un autre gars, (Fiesta) inspecte le pneu et trouve le caillou planté et nous dit d’attendre une bonne vingtaine de minutes, puis repart…Attente…Attente…Attente… Arrive le Mexicain du coin, le préposé à la réparation : cette fois, c’est la bonne ! Opération rondement menée : 20 $ + le café gratuit offert par le patron parce que nous avions attendu... Ah bon ? nous avions attendu… Ce qui s’appelle un service à l’américaine qui nous a bien dépanné et avec une notion d’entraide que nous ne connaissons pas ou plus en France.

Contemplation : L’après midi est bien entamé, il est 15h45, de nouveau nous sommes en direction de Toroweap en espérant trouver une place au campground. Celui-ci est placé sous la dure loi du Far West « du premier arrivé, premier servi ». La piste est toujours aussi longue, ennuyeuse excepté pour les 5 derniers miles composés de slickrock et de rocailles.

Le long de la piste, des milliers de feufleurs....

GLOBE MALLOW Sphaeralcea parvifolia

Chance ! Il reste de la place. Chanceux assurément, car pour un SUV normalement constitué, seuls 3 emplacements (1 à 3) situés sur le plateau peuvent être atteints. Les 7 autres situés sous la falaise sont difficilement accessibles, une marche assez haute met le bas de caisse du véhicule à rude épreuve. Il est 18h, il nous reste du temps pour randonner tranquillement avant le sunset sur Toroweap, l’unique randonnée de la journée déjà riche en péripéties. Une petite ballade de 1h30 à 2h le long du rim à la recherche de points de vue sur le Colorado, le soleil éclaire encore les falaises abruptes. Pour moi, il est temps de m'asseoir et de contempler la lumière baissant sur les parois. Le grand vide n'est pas ma tasse de thé, autant ne pas tomber dedans. Laurence baguenaude à la recherche d'un spot photo inconnu.





Le 23/05 : De l’indicible profondeur à la vertigineuse beauté

Ce matin, nous décidons d'aller admirer Toroweap Overlook en reprenant le trail de la veille. Un photographe est à pied d'œuvre près de l'emplacement n°10, prenant une vue de l'ombre que fait un arbre sur la falaise… Marrant, c'est une bonne idée...A parier que la photo sera d'une facture intéressante.

PINYON PINE

Pour ceux qui voudraient faire la rando au plus court... Ne vous cachez pas ! Je vous connais. Ça démarre à l'emplacement n°5 / trail dénommé « Saddle Trail »

Puis direction Zion NP, un parc que nous affectionnons tout particulièrement. Nous prenons notre temps car nous savons que la rando du lendemain « Big Spring et Orderville Canyon » est annulée. La Virgin River est inaccessible pour cause de fonte des neiges tardive. Par acquis de conscience, sans grands espoirs, nous vérifions au visitor center... malheureusement confirmé. Du bon temps, nous n'en aurons pas de sitôt...Un luxe ! Bizarre de dire cela, nous sommes pourtant en vacances ? 🙂

1 ère photo : PENSTEMON penstemon leonardii var.leonardii & RED CLOVER Trifolium longipes 2 ème photo : DESERT PAINTBRUSH Castilleja chromoca / PHLOX Linanthastrum nuttalli 3 ème photo : Inflorescence PINYON PINE

Le 24/05 : Hauteur et intimistes piscines

Aujourd’hui, première rando digne de ce nom « Observation Point » tout en montée progressive, un sentier bien délimité, sans soucis d’orientation. Pour m’amuser, je serai bien tenté de grimper à la façon spartiate, mais c’est sans compter sur les « feufleurs » nouvelles espèces apparues cette année sur Zion NP. Des rouges, des violettes, des oranges, des fuchsias, des hautes sur tige, des courtes sur pattes....Ma parole, elles se sont toutes données rendez-vous ici ! Certains touristes sont souvent surpris, voire un peu amusés ou interrogatifs à la vue d’une « botaniste en herbe » penchée sur quelques pétales de fleurs accrochées au bord du sentier. Pendant ce temps, je fais joujou avec les nouvelles fonctions de mon GPS (Game Pour Sportifs) :Temps de déplacement « Seulement »Temps d’arrêt « Ah tout ça » Durée totale de la rando « Ah oui quand même » Moyenne de déplacement « Bof et rebof »Tiens, nous nous sommes arrêtés 10 mn cette fois ci, j’ai le temps d’admirer le paysage de Zion qui devient de plus en plus grandiose au fur et à mesure que nous montons…et d’admirer aussi les jolis nuages noirs qui déboulent à l'horizon. Le vent commence à forcir, (Ninou serait-elle dans le coin ?), nous obligeant à nous revêtir plus chaudement. Nous grimpons, quelques gouttes de pluie tombent. Nous grimpons encore et nous arrivons sur le plateau, les gouttes d'eau se transforment en averse de grêle. Super ! La vue depuis Observation Point est fortement perturbée par les nuages, le brouillard, la pluie... on se croirait au Yellowstone ! 😛 Le froid, le point de vue bouché, le monde, nous décidons de redescendre. Malgré le monde, cette rando reste sympa par sa variété de paysages traversés : de beaux points de vue panoramique, des vues plongeantes sur le canyon, des pools, cours d'eau à traverser.



De sombres nuages à l'horizon... Prometteur

Au plus près de la Virgin River



Il est 17h15, retour à Springdale, courses pour la rando de demain. Nos forces sont à peine entamées, dès lors, nous en profitons pour faire la sympathique et facile rando de Many Pools. Au milieu d'un panorama aux rochers rouges et ocre toute une série de piscines bien remplies....d'eau et de crapauds qui se donnent l’alarme dès que nous approchons de leur mare privée. La lumière faiblissante du début de soirée augmente encore la sérénité du lieu… Splendide ! De plus, nous sommes seuls... Oui, splendide et apaisant. Une rando qui n'avait pas pu être réalisée l'année dernière et que nous ne regrettons pas d'avoir remise au programme cette année.





GOLDEN BANNER Thermopsis montana / ASPEN Populus tremuloides / SHOOTING STAR Dodecatheon pulchellum

Le 25/05 : The long long way

Aujourd'hui, fini la rigolade. West Rim Trail est au programme des réjouissances. Au moins 8h de marche sur au moins 20km ... en plus, le soleil sera de la partie. Bref, The Rando. Jamais, nous n'avons marché sur une telle distance et sur ce laps de temps. Tiendrons-nous la distance ? De toute façon, une fois partis, il faudra revenir, personne ne reviendra nous rechercher. La question existentielle n'a plus lieu d'être. Il va falloir mettre un pied devant l'autre et avancer encore et encore. Ceci dit, ce challenge ne me déplait pas. 6h Lever, ...Petit déjeuner frugal dans le hall de l'hôtel (Pionner Lodge), pratique tout de même, car à Springdale, il ne doit pas avoir beaucoup de restaurants servant le breakfast si tôt.

7h, …Rendez-vous au shuttle de l'Outfitter Zion Adventure. Nous sommes sept personnes, sept téméraires à avoir eu la même idée. Au grès de la route, le conducteur s'arrête et commente...Ah ! Encore des « feufleurs »

8h...Lava Point, mais nous stoppons 2 miles avant le point prévu. La navette ne peut pas aller plus loin, la neige barre la piste. (On a bien roulé, sommes-nous arrivés au Yellowstone ?)

Sympa, des plaques de neige, des arbres coupant la voie qui serpente dans la forêt. Chic ! 2 miles de plus !! à rajouter à notre compteur. Go ! Je déclenche le GPS.

La piste 4x4 se métamorphose en joli et petit sentier. Ce charmant sentier se perd dans une prairie inondée qui nous oblige à patauger et chercher un peu notre chemin. Nous sommes dépassés par deux randonneurs qui visiblement ont choisi un bien meilleur itinéraire que nous. Décidons de nous recaler sur eux et nous les rattrapons dans la montée, (Eh Eh ! Bien oui quoi ! on se refait pas) malgré la chaleur, ils sont habillés chaudement. Ce sont des Suédois ??, je ne savais pas qu'il faisait si chaud en Suède pour qu'ils gardent aussi les gants malgré ce soleil qui darde. Fait-il si chaud en Suéde pour que ses habitants aient si froid en Utah ? (la preuve en est donnée, qu'il y a bien un réchauffement climatique)

Horse Pasture Plateau et Potato Hollow négociés. Enfin, les très beaux panoramas de Great Rim Views se dévoilent... Majestueux !





Petit en-cas sur un tronc d'arbre abattu et sous un cagnard d'enfer. (Ninou où es-tu ?) puis nous pointons vers Zion canyon. Nous dominons et nous apercevons le sentier en zigzag qui mène à Angel's Landing... vertigineux !





Trail :27,3 km « Ah ! oui quand même » Temps de déplacement : 5h 44 « seulement » Durée totale de la rando : 8h15 « Il devait y avoir beaucoup de feufleurs à photographier » Moyenne de déplacement : 4,8 km/h « Bof bof » Moyenne globale : 3,4 km/h « re bof bof »

Retour à Zion Adventure... Bien fatigués : « oui » Epuisés : « Euh !! non » Exténués : « assurément non »

Une indication : resto Bit Spur : très bon, des accompagnements qui différent des sempiternelles « french fries, rice, ou potatoes »

Un conseil : Malgré la longueur du trail, mieux vaut commencer par Lava Point : Nettement plus facile que dans l'autre sens, car moins de dénivelé.

SPOTTED-STICKSEED Hackelia patens (Ah! ma Pascale, elle ne serait pas nommée, sans toi)

Le 26/05 : Divine surprise de l'autre côté du parc

Ce matin, nous ne ressentons aucune séquelle de la rando d'hier. Impec !

Au programme : Washing machine, courses et achats de souvenirs dans un magasin que Laurence affectionne tout particulièrement. Eh oui, il faut bien y passer... je parle du programme lavage !!! Puis en route vers l'I15 et Kolob Canyons contact station, l'autre partie de Zion NP.

Kanarra Creek était à l'ordre du jour, mais nous nous doutions que ce serait largement compromis. Confirmé, température de l'eau : 5° et au moins 4h de trail. Nous ne sommes pas équipés pour cela. Au risque d'une hypothermie sévère, le jeu n'en vaut pas la chandelle qui d'ailleurs ne nous aurait pas beaucoup réchauffé. L'option de Taylor Creek est vite prise. Nous longeons la Middle Fork et nous la traversons par de petits gués (52 en tout, oui, j'ai compté)















Ce trail très agréable, frais, balisé avec en point d'orgue la « Double Arch Alcove » sublime, reste pour nous une bonne surprise. Nous recommandons ce trail. Seul inconvénient, vous ne serez pas seuls...

Pour ceux qui seraient dans l'impossibilité de randonner sur " Neon Canyon et sa trop fabuleuse Golden Cathedral ", Taylor Creek peut se révéler un agéable substitut. Trail: 8,6 km/h « facile» Temps de déplacement : 2h 09 « seulement » Durée totale de la rando : 3h24 « pas trop de feufleurs à photographier» Moyenne de déplacement : 4 km/h « c'est moyen» Moyenne globale : 2 km/h « ça baisse » MANZANITA Arctostaphylos patula / FENDLER'S GROUNDSEL FLOWERS Packera fendleri

Le 27/05 : Formes et couleurs

Direction Red Rock Canyon en délaissant Cedar Breaks NM qui ouvrira ses portes à la horde de touristes seulement une semaine plus tard. Une très petite rando (une promenade du dimanche) Pink Ledges Trail. Les roches présentent de magnifiques tons rougeâtres.



Puis une autre promenade du dimanche Mossy Cave en passant à travers la paroi trouée avec des tons de rouges dégradés, de la même texture que Bryce Canyon. Sympa en longeant le cours d'eau et surplombant la petite chute.

Mossy Cave ... côté face

Et Mossy cave côté pile





Nous continuons notre route vers Kodachrome State Park où d'énormes pitons bicolores de toute forme se dressent dans tout le parc. Il fait chaud et le vent est sec. Nous choisissons le trail « Panorama Trail »



Une rando tout en montagnes russes. 2H15 A/R pour admirer « Ballerine Spire, Hat Shop, et Secret Passage qui, au passage n'a plus rien de secret... c'est indiqué par un petit panneau. Ceux qui veulent jouer à Zorro, c'est râté... N’est-ce-pas Maxou ?



Secret Passage qui mène droit dans le mur !



Impossible de dormir dans le parc, campground et cabins sont occupés, because « Memorial day ». Nous pouvons dormir mais à l'extérieur du parc, comme d'hab.

A la vue de ce qui nous attend ces prochains jours, nous tentons le coup du célèbre « Vil Canon » (In english : le coup de Canonville) sur le seul hôtel de la ville (Grand Staircase Inn) Bingo, il reste une chambre !

SPIDERWORT Tradescantia occidentalis

Le 28/05 : A la recherche du Hoodoo perdu

En piste pour Red Slot et Sam Pollock Hoodoo, un trail qui s'annonce pas facile. Il s'effectue principalement dans un wash avec une succession de vallons, des montées et descentes dans le sable. Bref, du lourd... Nous atteignons le rim du Red Slot. Il porte bien son nom, il est de couleur rouge sang. Déjà, les corbeaux tourbillonnent autour de nos têtes, attirés par la chair fraîche et le fumet appétissant qui se dégagent des touristes qui leur semblent bien égarés. Bien qu'à ce moment de la rando, nous ne sommes plus vraiment frais, mais pour des corbeaux, ce n'est que mieux mieux !



Laurence reconnaît des feufleurs... je la cite:Prairie Spider Wort Prickly Pear Cactus...Mais pas sûre... « bon, ce n'est pas moi qui vais la contredire !» Evening Primerose Là, je reconnais, ce sont des cactus à fleurs jaunes

PRICKLY PEAR CACTUS Opuntia phaecantha ou polyacantha

Nous essayons de descendre pour atteindre le bas du Red Slot, mais nous y renonçons, la roche est friable et assez à pic. De plus, nous devons trouver Sam Pollock Hoodoo perdu dans cette immensité de sable et de roches. Nous avons les waypoints de ce hoodoo, mais il n'est pas facile de le trouver. S'engage alors notre jeu favori, qui va trouver le lieu, le premier ? A ce jeu là, les yeux de Laurence sont des armes redoutables... Des yeux de lynx, vous dis-je. Et forcément, je perds... le hoodoo caché est repéré vite fait. Un hoodoo particulier chapeauté d'une pierre en forme de tricorne de couleur sombre, sur la colonne on peut y voir encore gravée la signature de Sam Pollock, un berger des années 30. Allez, une bise de Laurence à Sam Pollock le hoodoo ! Pour moi, pas de bise... faire une bise à un hoodoo en pierre me laisse de marbre !





Puis le retour se fait plus lentement, car les dunes et le wash sont vraiment très usants.Trail :14 km « même pô mal» Temps de déplacement : 4h26 « bon ! compte tenu de la nature du sol » Durée totale de la rando : 6h35 « des feufleurs et un repas à l'ombre de Sam » C'est une rando à faire uniquement si vous êtes motivés par le Red Slot ou le Hoodoo.

En route vers Escalante, où j'avais réservé une cabine chez Escalante Outfitters. Pour la première fois, un problème de réservation... elle n'apparait pas sur leur tablette. On n'arrive pas à savoir exactement pourquoi ? Aie ! Surtout que c'est «Memorial Day » tout semble complet à Escalante. Après un petit tour du bourg, il est évident que tout est « No vacancy ». La solution est évidente : Dormir dans le 4x4 sur la Hole In The Rock, après un repas au Cow Boy Blues. Il y a pire comme situation !

Un conseil : Lors de l'établissement de l'itinéraire, prendre en compte « Memorial day » pour les réservations.

ROCKSLIDE DAISY Asteraceae erigeron leiomerus / CLARET CUP CACTUS Echinocereus triglochidiatus

Du fun dans les restrooms "Ladies"



Le 29/05 : Erreurs non fatales

Retour à Escalante, après le breakfast, nous allons aux renseignements au visitor center. Zebra est dans l'eau (nous nous en doutions un peu) Le ranger nous indique le niveau... jusqu'à son ventre, vu sa taille... Mais non, pas de son ventre !... nous en aurons au moins jusqu'à la poitrine. Nous apprendrons plus tard que quelques téméraires ont tenté le trail.

Donc moralité, Zebra étant dans l'eau, la rando "Zebra et Tunnel Slot Canyon" tombe à l'eau. Bement Arch, le ranger ne connait pas... il fait appel à une autre collègue. Elle nous signifie que le trail est dur, trop dur et ne nous le conseille pas du tout. Elle doit nous prendre pour des touristes de canapé. Une chose qu'il ne fallait pas dire... et qui nous fait bien rigoler. On maintient ce trail au programme. Il est évident que nous ne pourrons pas passer par le slot. Il y aura forcément de l'eau...Nous passerons par le rim. Nous décidons de faire une petite visite à « Upper Calf Creek Falls » rando à peine amorcée l'an passé.



Retour à Escalante, pour déguster des excellents tapas chez Escalante Outfitter et pour Laurence, avoir le fin mot du râté de la réservation. Explication par le propriétaire: lors de la réservation, j'avais cliqué sur «emplacement en commun» et non sur «cabine» !!! Mea culpa ! Malgré, mon erreur, il nous offre une nuit en cabine, impossible car durant deux soirs, nous serons dans le wilderness.

Courses pour deux jours et deux nuits et pour des expéditions pas faciles. Retour sur HITRR et Devil's Garden et Metate Arch qui ne sont plus à présenter. Un site sympa et très photogénique.





Direction vers Fortymile Ridge, piste sans histoire. Une erreur d'appréciation nous fait arriver au parking « Water tank » qui est le départ pour Jacob Hamblin au lieu du parking pour un départ à « Crack in the Wall » Cela, nous le saurons demain. Pour l'heure, nous savourons notre deuxième nuit Hole in the Rock

BEARDED BEGGARTICKS Bidens aristosa

Le 30/05 : Deux coyotes vers Coyote Gulch

Aux lueurs matinales, réveil, le vent est fort et glacial (Assurément, Ninou est bien dans le coin) Au moment du départ, je m'aperçois de la perte de tous mes points GPS. Retour pour un transfert des points, du PC au GPS, pas facile avec les doigts engourdis par ce vent. Cette fois, c'est parti, les deux coyotes sont en rando, mais bien vite un problème surgit, la distance nous parait trop longue. L'erreur de parking en est l'explication. Dilemme : Soit nous poursuivons, soit nous revenons sur nos pas et essayons de rejoindre le bon parking. Nous décidons de poursuivre et d'employer la même technique que pour Golden Cathedral : suivre le rim, mais il est clair, que nous n'aurons pas le temps d'atteindre « Coyote Bridge ». Concertation et conclusion: 1er jour : Nous approchons au possible de Stevens Arch puis demi-tour en direction de Coyote Bridge, jusqu'à la troisième fall. 2 ème jour : Randonnée jusqu'à Coyote Bridge, mais il nous faudra abandonner le trail sur Bement Arch.

Suivre le rim ne manque pas de charme, du haut, nous pouvons admirer Cliff Arch, bien que nous sommes à la recherche de Crack in the Wall. Il ne faut absolument pas manquer ce point d'entrée. GPS hautement recommandé.

Crack in the Wall : Imaginez deux parois rectilignes espacées de moins de 30 cm l'une de l'autre comme si un « JEDI » les avait découpées au sabre laser, et vous aurez une certaine idée de Crack in the Wall. Pour commencer, une désescalade en trois points d'appui, puis vous êtes obligés de retirer le sac à dos et de le tenir à bout de bras. Je suis même obligé de retirer mon sweet enroulé autour de ma taille afin de progresser. Voilà... Obèses ou claustrophobes ou les deux (les pauvres) s'abstenir !

Dune : Quand vous débouchez de ce trou, alors apparaît « La DUNE » dans toute sa démesure et sa splendeur au milieu d'un panorama fantastique... superbe vue ! Et là, vous vous dîtes : « La descendre ne va pas être facile, la remonter après quelques kilomètres dans les papattes, ne va pas être du tout une partie de plaisir... » Et, vous aurez raison.😉 La descente de la dune se fait sans problème et nous bifurquons vers la droite dans le gulch. L'eau n'est pas froide et n'est pas profonde, de belles parois ocre et rouges creusées... un délice. Ça nous change de la dernière randonnée sur Sam Pollock Hoodoo.



Arrivons au confluent, Escalante River. Là, la surprise ! Son débit est assez fort et nous n'arrivons pas déterminer sa profondeur. L'arche, belle et imposante, nous pousse à s'en approcher. Il faut impérativement traverser la « river ».



Hésitations, cogitations, actions ... Impossible de déterminer ni la profondeur ni la force du courant. Je me lance, je laisse le Camelbak sur la rive au cas où... Il me sera plus facile de me rattraper sans un poids sur le dos et mes affaires ne seront pas mouillées. Je m'enfonce jusqu'à.... l'expression « mouiller le slip » qui prend ici toute sa valeur... » Bon ça passe. Je retourne chercher Laurence et le sac. Nous atteignons l'autre berge et nous traversons une forêt dense de tamaris (source Laurence) et source aussi d'écorchures diverses et variées.

La Steven's Arch est en face trônant majestueusement dans ce dédale de sandstone pourpre.



Le retour se fait plus difficile à travers la forêt de tamaris, nous ne retrouvons plus la trace, la pente est trop abrupte pour la traversée de la rivière. Il nous faut situer l'endroit du passage. Dans ce fouillis de branchage, je trouve un bâton, il me sera utile. Après quelques errements et des chutes dans des trous dissimulés, nous arrivons enfin à localiser l'endroit. Je replonge. Avec le bâton, c'est plus aisé pour assurer l’équilibre et marcher contre le courant. Au tour de Laurence, elle manque de perdre l'équilibre, d'une main, je la rattrape in extremis... Elle ne s'est aperçue de rien... tranquille !

Direction Coyote Bridge, la troisième fall pose un problème de passage, la roche est glissante et n'est pas facile à négocier, mais ça passe. Demain, c'est sûr, nous perdrons moins de temps, il n'y aura plus d'hésitation. Au retour, nous rencontrons deux américains de Cody (père et fils... Bud et Bud junior) très étonnés que des français connaissent cet endroit. On leur dit que depuis que nous avons découvert l'électricité, internet est nettement plus facile à manipuler !... Je plaisante !

La montée de la dune se fait tranquille, Laurence « buffle » un peu. Le passage de Crack in the Wall se fait plus facilement. Il est temps de souffler un peu et une question jaillit : Retourne t-on tous les deux au parking de Water Tank ou se dirige-t-on vers le parking qui était prévu à l'origine ? Nous convenons de nous diriger sur le parking le plus proche, la marche dans le sable n'est pas simple, autant économiser nos forces pour demain. J'irai chercher la voiture en marchant sur la piste. Cela sera plus facile, enfin du moins, le croyais-je ! Au bout d'une heure de marche dans le sable, arrivés au parking, je vérifie au GPS, la distance à vol d'oiseau qui nous sépare de Water Tank : 2,5 miles …Une promenade de santé pour un Spartiate !

Dernière épreuve de la journée : 2,5 miles sur une piste ne devraient pas poser de problème... Sauf que la piste est entièrement sableuse, difficile de marcher à sa vitesse de croisière. Tant pis... En piste... Monotonie, mais tout un coup, un troupeau de vaches vient rompre le paisible ron-ron de la marche. Tout d'abord curieuses, elles deviennent quelque peu agacées de voir un bipède vagabonder sur leur propriété privée. Pas question pour moi de me retrouver au milieu d’un troupeau qui s’affolerait à mon passage, je vais me retrouver coincé, bousculé et piétiné. L’unique et sage solution serait de passer au large. Je tente. Bonne idée, sauf que deux vaches ont la même idée lumineuse. Pour une vache, l'idée est forcément lumineuse. J'enlève mon Camelbak, je pourrai toujours donner un coup sur le museau, ça devrait calmer quelque peu les ardeurs belliqueuses de ces quadrupèdes. Je tente une courageuse manoeuvre d'évitement. 😉 L'une s'arrête, l'autre s'enfuit...Je ne sais pas pourquoi, peut-être que mes lunettes ne lui plaisent pas ? … Tant mieux... Je me tais sur la marque de mes lunettes. C'est bon, je poursuis sans encombre et arrive enfin à mon véhicule.

Retour par la piste ensablée, d'ailleurs un écriteau le signale, tiens! je n'avais pas remarqué que la piste était sablonneuse! Je croise mes amies les vaches plus nombreuses encore, j'ai eu de la chance... Elles espéraient peut-être que je repasse à pied pour me tomber dessus. Vous faites moins les malignes maintenant hein ? Ou est-ce moi, maintenant, qui fais le malin à bord de mon gros 4x4 et j'ai toujours mes lunettes ! Je retrouve Laurence assise sur une pierre sans se douter un seul instant qu'elle aurait pu me retrouver sur la piste en paillasson pour vaches. Il est temps de sortir une bonne petite mousse bien méritée... Santé !Trail : 25,3km « le record n'est pas battu » Temps de déplacement : 6h24 « + un bain dans la rivière » Durée totale : 11h24 : « demain, on remet cela »

le 31/05 : Trois coyotes à Coyote Bridge

La veille, nous avons vu arriver non pas une vache... mais un baroudeur, un vrai de vrai... pas un coyote ! Voici l'histoire. Prenez un café, ça va être long. A peine la voiture garée, la tente dépliée sur le parking, que notre baroudeur monte au point le plus haut du lieu et s'oriente à l'aide d'une carte et d'une boussole (Eh oui, un baroudeur vous dis-je)... Là... Respect ! Pas un GPS... une vraie boussole à l'ancienne qui indique le Nooooord !

Au passage, il nous aborde, c'est un Italien, (nul n'est parfait, ça c'est pour Mokalhki) et nous montre sa carte, ce n'est ni plus, ni moins qu'un schéma de la boucle : « Crack in the Wall, Coyote Bridge, Jacob Hamblin ». Et il va s'orienter qu'avec ça ? Même pas une carte d'état major, un simple schéma! Là, nous sommes impressionnés! Au détour de la conversation, succincte la conversion, nous ne parlons pas italien, il ne parle pas français et notre anglais n'est pas terrible (enfin en ce qui me concerne) Il nous demande à quelle heure nous partons ? On lui répond « Normalement 7h » d'un commun accord, nous trouvons plutôt bizarre la question. Peut-être veut-il partager le café du matin ? Dream'ZZZZZZZ

Ce matin, toujours aussi froid et venteux (là, pas de doute, Ninou est arrivée à Escalante) Notre Italien est déjà prêt (un baroudeur, ça n'attend pas) Le petit déjeuner presqu'avalé, alors que nous étirons encore nos papattes. La veille, il nous avait dit qu'il prendrait la direction Hamblin Arch... Derniers préparatifs... derniers points d'orientation... Il est « GO-one » et part en direction de... Crack in the Wall !!! « Il n'est pas arrivé » me dis-je, à moins qu'il ait changé d'avis durant la nuit ! Ben oui, un baroudeur, c'est comme ça.

Après étirement des papattes, petit déjeuner sur le pouce, Eh ! Oui, c'est la tradition chez les coyotes. Que voyons-nous arriver ??? notre baroudeur ??? Monte au plus haut point du parking, refait le point (carte, boussole qui indique le Nooooord) Il est « Go-two » direction Hamblin Arch... revirement dans l'action. Ben oui ! Un baroudeur, c'est ça aussi.

Après le petit déjeuner sur le pouce, préparatifs du matériel et victuailles... oui, c'est encore une tradition chez les coyotes... Quand tout un coup, qu'est-ce qu'on voit arriver... notre baroudeur ! Monte au plus haut point du parking, refait le point (carte, boussole qui indique normalement le Noooord) Il est « GO-three » en direction de Crack in the wall, sans doute pour tromper l'ennemi... C'est retord un baroudeur.

Nous sommes enfin prêts, c'est une tradition de plus chez les coyotes. Le GPS allumé, il nous suffira de suivre la trace du retour d'hier pour retrouver aisément le passage. Nous cheminons ... J’ouvre la marche et Laurence suit. Eh Oui, je sais! Encore une.... tradition chez les coyotes. Au loin, nous voyons notre baroudeur, visiblement, il s'écarte de la route. Il va louper d'au moins deux kilomètres, le fameux passage. Nous marchons, je me retourne … Laurence suit... Tiens ! le baroudeur se rapproche. Il est encore à quelques encablures de nous...

Nous poursuivons, je me retourne... Laurence suit toujours... et que vois-je ? notre baroudeur qui suit Laurence (C'est vraiment un Italien)!!! il nous demande s'il peut nous accompagner... visiblement, il est carrément paumé. On ne va pas le laisser seul, au risque qu'il se perde pour de bon. Solidarité du wilderness oblige, nous acquiesçons.

A présent, il y a trois coyotes en direction de Coyote Bridge !!!!

Le passage entre les deux murailles est toujours aussi sportif et unique. La dune et le panorama toujours aussi impressionnants. L'eau de Coyote Gulch est plus froide qu'hier, mais nous y sommes plus tôt. C'est une belle ballade, au milieu de ces hautes parois rouges, Cliff Arch aperçu du haut est toujours aussi magnifique vue du bas.



Des Hanging Gardens...





Des ruisseaux bruissent et jaillissent...

GRASSFERN Asplenium septentrionale / COYOTE WILLOW Salix exiga

En rouge et vert



Falls à négocier... Fun.

Au travers d'une végétation très Cottonwood Populus deltoïde magnifiant ses délicieux verts en offrant son ombre salvatrice aux nombreux randonneurs...



Réflexion



Puis Coyote Bridge, une magnifique trouée, un lieu très plaisant, un lieu de rencontres, une petite sieste à l'ombre des feuillages. Fabio (l'Italien baroudeur, le 3 ème coyote) toujours à nos basques, sait se faire discret et respecte notre intimité.





Mais le retour doit se faire pour être dans le timing pour notre rendez-vous au Cowboy Blues.

La dune est à remonter pour la deuxième fois, je porte le sac de Laurence en plus de mon Camelbak, idée lumineuse. Je ne suis pas vache ! Dépassé par le 3 ème coyote équipé de bâtons de marche... Je suis obligé de souffler, ma parole, il y a un roc dans le sac. Bientôt dépassé par la deuxième coyote sans bâton et sans...sac… Dur pour moi... je souffle, je buffle, je suis obligé de m'y reprendre à plusieurs fois pour arriver au sommet de la dune. Le spectacle n’est pas joli, mais je n'ai pas renoncé. Le passage de Crack est plus mouvementé pour Fabio, à cause de son genou. Le retour dans le sable lui est aussi pénible ; il est à la traîne. Chacun son tour. Nous vérifions de temps à autre s'il se trouve dans la direction du parking.

C'est OK, nous prenons congé de Fabio.

Direction la Hole in The Rock Road, soudain, nous avons l'impression de traverser un écran de cinéma et le temps, d'être au bon vieux Far West. Des cow boys, ceux là même qui ont construit et contribué au mythe de l'Ouest Américain, s'échinent à rassembler un cheptel de vaches. C'est amusant pour nous, et prenons des photos de ce rare et authentique moment.









Sauf, que nous n'avançons plus et l'heure tourne... Va-t-on manquer notre rendez-vous ? Heureusement pour nous, des Américains négocient le passage. Nous devons placer nos véhicules cul à cul et rouler ainsi sur des miles, au milieu des bêtes qui déboulent, qui traversent la piste sans avertir... les vaches. A posteriori, je me dis que j'ai bien fait de n'avoir pas marché hier, sur la piste au milieu de ces satanées bestioles. Arrivés au Circle D, nous voyons Ninou papoter (encore) avec des amis rencontrés au hasard des randos, mais ne veut pas nous faire la bise. Serait-elle allergique au superbe et doucereux fumet de coyote qui se dégage si voluptueusement de notre peau ? La mort dans l'âme, nous allons prendre une douche !!

Soirée hyper cool et très sympathique au Cowboy Blues. Le stock de margaritas épuisé, pichets de bière et vins sur la table. Y'aurait-il des saucisses dans la salade ? Vous ne comprenez pas cette histoire de saucisses?

Voici l'anedocte racontée par Ninou: Bien évidemment, je me suis assise à côté de notre Lolo pour pouvoir papoter tranquilles. Nous traînons tous autour de nos apéros Margarita savourant ce moment bien sympathique. Le garçon - que nous connaissons bien maintenant - vient prendre les commandes. Même si je sais à quoi je m’engage, je commande des Buffalo Wings A suivie par quelques autres convives; Laurence, elle, réfléchit, puis se décide pour une Salad - bien… parfait – mais précise-t-elle « without saussage » : tête ahurie du serveur, étonnement de notre part avant de comprendre qu’elle veut juste sa salade sans sauce !

En tous cas, merci aux forumers présents : Ninou et son Grand (Patrick) Fred (Lanfeust) et son père le couple d'amis de Ninou (je ne sais plus leur prénom... Pardon) Photopolox (Paul le Belge) que nous reverrons avec plaisir à Page, pour d'autres aventures.

Merci au patron du Cowboy Blues pour la glace - sans saucisses - offerte à Laurence ! Nous ne savons toujours pas pourquoi d'ailleurs...

CLARET CUP CACTUS Echinocereus triglochidiatus / ASTER Erigeron Concinnus / CLARET CUP CACTUS Echinocereus triglochidiatus

Le 1er juin : Ça « Cathedral Valley » encore le coup de cœur

Petit déjeuner avec la joyeuse compagnie à Escalante Outfitter, puis l'heure des séparations arrive. A bientôt sur VF. Aujourd'hui nous ne sommes pas pressés par le temps. Nous pouvons apprécier. Nous prenons la direction de Torrey par la Hwy 12 très « scenic » Sans le soleil, le parc se dévoile tout aussi beau. Le cycle washing machine, courses et détente à Austin Chuck Wagon deviennent un rituel, l'année dernière nous étions déjà en ce lieu. Direction vers un endroit que Laurence affectionne tout particulièrement : Cathedral Valley...

Au mile 91, nous atteignons la jonction et passons le gué de la Fremont River et un grand bang retentit au niveau du bas de caisse. Pas de doute, un roc sous l'eau était tapi et nous ne l’avons pas râté. Après une inspection, pas de dégâts...Ouf ! Nous nous arrêtons au niveau des paysages de bentonite, car curieusement, nous ne les avions pas photographiés l'année précédente. Cet oubli est réparé.



Au campground, pas foule... juste un couple. Nous ne souffrirons pas de la promiscuité. Nous assistons au sunset toujours aussi grandiose sur ces monolithes. Oh ! C'est beau !!! Sweet dream'ZZZZZ





Le 2 juin : D'Art Rock au Blues sound

Aujourd'hui est un jour spécial, car ce soir nous dormirons à Moab ! Je n'ai pas de mot pour décrire Moab, alors je n'en mettrai aucun sur le papier... Ça vous reposera les yeux. Pour l'heure, nous empruntons la « Thousand Mountain », à ma grande surprise, une belle piste bordée d'arbres et par endroits, de névés.





Nous allons admirer « Rochester Panel Petroglyphs » une explosion de dessins au milieu d'un chaos de pierres.





Une petite randonnée le long du rim « Wedge Overlook » le bien nommé « Little Grand Canyon » qui n'est pas si facile à photographier.



Puis direction « Buckhorn Panel Pictographs » par une belle et roulante piste. Le panel est immense et les dessins magnifiques et pour certains assez énigmatiques.





La piste se termine par un vieux pont « Swinging Bridge » qui rappelle à Laurence, non pas le pont du roman « le pont de la rivière Kwaï » mais « Sur la route de Madison » avec le toit en moins ! A chacun, ses références cinématographiques !



Spotted Wolf Overlook en direction de Moab



Nous roulons vers un endroit assez singulier et qui me fait irrémédiablement penser à un sympathique forumeur fou de Yellowstone que je ne nommerai pas mais que tout le monde aura reconnu ! Et oui nous roulons en direction du seul (je pense) geyser proche de Moab « Crystal Geyser » aux couleurs orange et marron bien prononcées.

J'aurai envie de le comparer à « Mammoth Springs » mais force est de constater qu'il ne tient pas la comparaison face aux geysers naturels d'ITATstone. Mais néanmoins... Ça existe, et c'est proche de Moab !



Nous arrivons à Moab, toujours aussi impressionnés à l'approche des roches rouges sang, j'y retrouve mes repères. Tout de suite, je m'y sens bien, reposé, nostalgique des ballades en VTT, calme dans cette petite ville à l'atmosphère nonchalante, cool mais très sportive. Au fait, vous ai-je déjà dit que j'adorais Moab ?😉

Ce soir, rendez-vous à Moabrewery (au hasard) avec un sympathique couple Luxembourgeois Monika et Angelo plus connu sous le pseudo de Mokalhki. Soirée très fun qui se terminera au Slickrock Café (sans VTT) où deux musiciens et une chanteuse (Lost Buffalo) se produisent. Dire que nous avons failli finir en prison, car Angelo, ce voyou avait emporté les boissons alcoolisées sur le trottoir. Heureusement que le serveur veillait au grain et a ramené ce délinquant (du moins dans l'Utah) sur le droit chemin. Une rando en « Jailhouse » de Moab n'était pas prévue au programme et Jailhouse Rock n'a pas été chanté.

BEARDED BEGGARTICKS Bidens aristosa / MOJAVE YUCCA / BEEPLANTCleome lutea

Le 3 juin : Moab, en terre inconnue !

Aujourd'hui, une rando, un loop qui s'enfonce en terre inconnue. Elle n'a jamais été décrite sur VF. Pas même par Philippides raison de plus!!! Que va-t-on y trouver ? Quelles seront les difficultés ? Pourra-t-on atteindre l'objectif fixé par cette voie ?... Voici, nos interrogations au départ de « Hunter Canyon » pour aller admirer « Prichett Arch » une magnifique arche méconnue des touristes qui privilégient à juste titre le beau parc « Arches NP » J'avais survolé à l'aide de Google Earth, le canyon... Je savais que ce ne serait pas une petite promenade du dimanche. Pourtant, au départ, ce canyon est très large et commence par un petit sentier où nous rencontrons des personnes promenant leur chien. Par notre petite expérience du wilderness, nous savons que cela ne va pas durer. Rapidement, le sentier se métamorphose en un semblant de tracé, le canyon se rétrécit encore, puis plus rien... L'aventure commence. Des pools, une succession de gros blocs à négocier, une marche tantôt dans l'eau, tantôt dans le sable, au milieu des herbes sympathiques griffant nos gambettes musclées... la progression s'annonce ardue. Au fur et à mesure de l'avancée, le fatras se fait encore plus oppressant, successions plus rapides de blocs de plus en plus gros, l'eau se fait plus rare, le sable se transforme en dune, l'herbe en forêt d’arbustes.





Nous arrivons au fond du canyon, je crois que c'est la première fois que nous arrivons à la fin d'un canyon. Je cherche le point de sortie, mais bien vite, un cirque de hautes parois bloque tout espoir, il paraît évident que la sortie ne se trouve pas au fond. Tous ces efforts pour rester bloqués et adieu la magnifique arche... Dur Et pourtant, il y a bien un point de sortie, les points GPS l'indiquent. Pendant ma courte exploration, Laurence a eu le temps de jeter un coup d’œil sur le GPS et m'indique que le point de sortie serait situé à droite et non au fond !!!! Sous ses railleries, les pffouff...pffouff, (j'en passe et des meilleurs, je résume); pour mon calme intérieur, je décide d'aller voir... Je dévale la dune, je grimpe sur une autre et bute sur une paroi, cette fois-ci, c'est négociable avec un petit tas de pierres instables posé là... par hasard ? Je débouche sur un large plateau, des cairns... Pas de doute possible: Par ici, la sortie Messieurs, Dames !!! Laurence avait raison ! (hein... Qui a dit "Une fois de plus") Je retourne la chercher : « Alors, n'avais-je pas raison ? »… Repffouffouff, Repffouffouff».. Ouais Ouais! Pô drôle !

Ça fait réflèchir...



Nos efforts sont récompensés, une dernière et difficile montée et l'arche massive, bien dessinée s'offre à notre vue... massive, magnifique, fantastique, nous sommes seuls (rare à Moab)... Mais nous savons pourquoi !





Prichett Arch ... La force brute



Wigwam Arch... Au loin



Le retour se fera par la piste « Pritchett Canyon » Piste de catégorie 5 empruntée par les 4x4 de pro et engins dignes du film « Mad Max »... Nous ne sommes plus seuls, au loin, motos et engins hétéroclites s'en donnent à coeur joie. La piste n'est pas très agréable et surtout monotone... Pas trop le choix, c'est celle-ci ou revenir par Hunter Canyon. Nous débouchons enfin sur Kane Creek, il ne me reste plus que... 5 km à parcourir puisque la voiture est garée sur le parking d'Hunter Canyon. Heureusement, la piste est belle, et je peux marcher à mon allure de croisière. Je mettrai 1h15 mn pour avaler la distance. Laurence attend patiemment à l'entrée du campground de Pritchett Canyon (pas plaisant pour elle!)Distance du trail : 20km + (5km loop) « Tu l'as voulu, tu l'as eu mon pote » Temps total : 8h20 « Pas mal du tout » Temps de déplacement : 6h56 « Pas trop de feufleurs, un crâne d'animal photographié »C'est une rando contraignante, très sauvage, mais plaisante et sportive... La variante la plus facile est de faire l'A/R par Pritchett Canyon, mais attendez-vous à que cela soit monotone. Une variante, la faire en Quad ou en VTT bien sûr... Un ride que j'avais amorcé en 2009, mais j'ai dû renoncer car un orage s'annonçait.

Dîner chez Pasta Jay's, il faut bien reconstituer nos forces par une bonne platée de pâtes...

Nous retrouvons Monika et Angelo et les musiciens au Slickrock Café... Cette fois-ci, le serveur ne court plus derrière Angelo... Il n'y aura pas de jailhouse rock in Moab !

SNOWBALL SAND VERBANA Abronia fragrans / PRICKLY PEAR CACTUS Opuntia phaecantha ou polyacantha

Le 4 juin : Diamants sur roches rouges et ocre

Aujourd'hui, nous commençons cool, petit déjeuner pendant qu'un défilé démarre sur la Hwy 191. Un peu de tout défile sous nos yeux... des chevaux du rodéo à la bétonnière aux couleurs USA, en passant par des engins roulants de tout acabit. Un clown et un cow boy distribuent des bonbons aux enfants amassés le long du parcours. Emplettes, ce soir nous dormirons dans un campground proche des Needles.

Direction « Arches NP », une rando avec un spot qui nous avait d'emblée attiré. Elle n'est pas balisée, ce qui pourrait expliquer le fait que l'arche qui s'y cache soit très peu connue. Parfait, nous sommes sûrs d'être seuls pour admirer « Ring Arch » située dans le secteur du parc nommé « Courthouse Wash » Une petite rando de 2h A/R pour être au plus près de ce bijou, si vous ne marchez pas dans le wash..

Normalement, la voûte des arches est très souvent en arc de cercle. La voûte de « Ring Arch » est rectiligne conférant à l'arche son allure si singulière.

Pour qui veut s'échapper de l'afflux des touristes à « Arches NP », voilà un petit trail fait pour vous !





Sur le chemin du retour... Panorama...



Deuxième rando de la journée : S'il y avait bien une rando qui faisait l'unanimité dans la wish list, c'était bien celle-ci !!!😉 Un site très intime, seul connu des photographes professionnels américains du cru et de quelques initiés... Laurence l'a découvert par hasard sur internet et instantanément coup de foudre ! Problème : Forcément, aucun point GPS, aucune localisation, la légende des photos ''dithyrambique'' indique simplement « Around Moab » d'où la question quelque peu sournoise et sous-jacente de sa part : « Tu peux trouver ? Ça serait bien....» Voici votre mission, si vous l'acceptez...etc..etc...Une mission, plutôt un défi , oui !!! J'aime bien relever un défi et notamment trouver des lieux cachés mais connus de certains initiés. Quand je trouve l'endroit, c'est alors la jubilation, d'autant plus grande que le lieu est magnifique et photogénique. Comme j'ai bourlingué à Moab en 2009 et que je connais juste un petit peu les alentours, j'ai repéré assez vite sur Google Earth, le site. Après vérification, l'affaire était bouclée. « Delta Pool » et le « Box Canyon » adjacent étaient cernés.

Certe, nous voyons arriver les questions dominantes: « Où est-ce ? Les points GPS ?», Nous avons largement débattu, Laurence et moi de cette question et de la réponse à donner... Nous ne sommes pas tenus à une quelconque promesse donnée de ne pas divulguer l'emplacement puisque nous avons trouvé sans aucune aide, mais nous n'aimons pas non plus mâcher votre excitant travail de recherche. La victoire ou la solution se trouve dans l'effort... On dirait une phrase de Spartiate... j'aime ! Comme je suis joueur, j'offre la clé, une piste vers la solution, par énigme à la façon « Père Fouras » :- « Si vous regardez au sud du Delta, remontez le temps (un temps sombre pour les USA) vous verrez alors que le wilderness fera place à l'océan et que les citadelles de roc devant vous se transformeront en bâtiments »

L'accès facile par les pistes. La rando l'est un peu moins. Arrivés sur place, nous visualisons le terrain et commençons une bonne grimpette tout en cherchant le point d'entrée au plateau. La recherche est excitante mais aussi éreintante, il faut trouver le point précis d'entrée. Après de nombreuses recherches infructueuses, de vas et viens, nous arrivons à déboucher sur le plateau. Nous y trouvons un cairn bien placé qui reste dissimulé à la vue lors de la montée, mais qui sera bien visible et utile au retour. Pour arriver à la piscine du coin, il faut marcher plus d'une ½ h tout en montée et descente sur des roches grises. Nous approchons de la fin du plateau, alors le jeu recommence : Qui va découvrir Delta, le premier ? Le rythme de la marche s’accélère. Je pars sur la gauche et je tombe sur... Box Canyon... Aie … mauvaise pioche... Soudain, rejaillit un cri : « J'ai trouvé »... Damned, j'ai encore perdu ! Delta Pool est là, tapie, merveilleuse, insolite. La lumière est encore haute, nous explorons les alentours. Seuls, nous savourons pleinement et avec jubilation ces instants privilégiés, à proximité de ce diamant protégé par son écrin.











Le retour et la descente du plateau se font sans problème grâce au cairn idéalement placé.



En route pour la 3ème étape de la journée, « The Needles Oupost » Il est 23h quand nous arrivons au campground, il reste un emplacement sous le scintillement des innombrables étoiles du splendide ciel de l'Utah.

Toujours aussi magique ! Décidément, c'était notre journée de chance. Normal, nous étions à Moab !😛

PENSTEMON Penstemon comarrhenus / PEA FAMILY Astragalus calycosus var.monophyllidius / DELPHINIUM Delphinium scaposum

Le 5 juin : Impromptue rencontre sur le trail

Aujourd'hui, au programme « Chesler Park par Joint Trail » Ce trail très accidenté se situe en haut d'un plateau est très agréable à parcourir du fait de sa diversité malgré sa longueur : Marche sur le slickrock, dans le sable, dans un wash, en plaine, montées et descentes et un passage incroyable et inattendu, un slot qui nous donne un peu de fraîcheur. Il se prolonge par « Joint trail » qui permet de voir les aiguilles par la face avant et face arrière.

Nous rencontrons un jeune couple sympathique parti plus tôt, nous discutons de nos parcours respectifs dans le wilderness. Sans savoir les uns et les autres que nous nous connaissions déjà, sur le forum.... Nous avions croisé Pitimerguez et sa compagne. Le monde du wilderness est petit. Dommage de ne l'avoir pas su plus tôt... J'avais une question qui me taraude l'esprit depuis toujours : Pourquoi ce pseudo Pitimerguez ?

J'aurai peut-être eu la réponse !! un jour...peut-être ?

- Longueur du trail : 17,8 km « Encore une bonne course » - Temps total : 5h 56 « Pas mal du tout » - Durée de déplacement : 4h19 « déjeuner … mais pas dans l'herbe »







Avec un petit pincement au cœur (en ce qui me concerne) nous reprenons la longue route en direction en direction de l'est : Ridgway / Colorado. Nous longeons le « San Miguel » un torrent assez puissant. Pour Laurence, les vues sont éblouissantes, le Mount Sneffels crêmé d'un voile blanc, immaculé est féerique. Bref, la montagne : ça la gagne. Moi, je pleure intérieurement... Moab et sa région





Nous arrivons à temps pour reprendre des forces dans un bar encore ouvert, les serveuses sont très sympathiques et agréables. Bah, le Colorado a aussi du bon !

La suite... to be continued...
http://voyageforum.com/forum/etats-unis_2011_appel_wilderness_partie_ii_fin_D4627418/
Chili: achat d'une guest house English translation pending
by Oriane75 · 2011-11-25 · 3 replies
Bonjour à tous,

Je commence à prospecter au Chili, pays que je connais bien, car nous avons pour projet à horizon 1 à 2 ans, l'achat d'une guest-house sur place (sur la base de la vente de l'appartement parisien que nous occuppons), à Valparaiso ou zone cotière de la moitié nord et je n'ai pas trouvé en parcourant le forum, pourtant très fourni, réponse à mes questions : - Un étranger peut-il aisément acheter une guest house au Chili ? Y a t-il une condition de visa de résident -ou équivalent- à obtenir en amont ? Ou bien est-ce envisiageable d'êre propriétaire tout en rentrant et sortant tous les 3 mois du pays, comme certains touristes au long cours ? - Y a t-il un montant minimum d'investissement pour l'achat d'un bien de ce type ? - A combien s'élèvent les taxes à l'entrée des devises dans le pays ? La fiscalité (et impots associés) peut être très différente selon les pays et c'est un point important. - Doit-on s'associer obligatoirement avec un partenaire local comme c'est le cas dans certains pays ?

D'autres pays peuvent nous intéresser également dans cette optique d'investissement (qualité de vie avec nos enfants, paysages alentours, valeur sure touristique en terme de rentabilité etc...) en Argentine, Panama ou Costa Rica, pays sur lesquels je me renseigne également. A ce jour, Valparaiso, est mon "grand" coup de coeur pour nous y établir, pour sa richesse sur le plan artistique.

Je vous remercie par avance pour tous vos conseils et partages d'expérience, je précise que vous pouvez avec plaisir m'écrire en espagnol et me transmettre des liens sur le sujet issus du web local. A très bientôt, Oriane
Mémoires d'un road trip 2011 (Utah, Wyoming, South Dakota, Colorado) English translation pending
by Rafmax · 2011-11-21 · 45 replies
Voilà, quelques moi après notre retour (Femme, enfant 13ans et moi même), je me décide à livrer une modeste contribution à ce forum qui m'a tant apporté pour la préparation de ce second périple dans l'Ouest.

L'itinéraire intégral sur Google Map

Les "quelques" Photos

C'est parti !

Day 1 – Dimanche 3 Juillet 2011 (Paris – Salt Lake City)

Le grand jour… Pour diverses raisons, toute la famille est fébrile en ce jour de grand départ. Quoi qu’il arrive, il est 8h00 et le taxi nous attend. Sans état d’âme. « Roissy, Terminal 2E s’il vous plait ». Un Boeing 767 nous y attend. Son envol pour Salt Lake City est prévu pour 11h00. La réalité nous fera décoller vers 11h30 et la magie des fuseaux horaires nous fera poser les pieds sur le sol américain vers 14h00.

Nous récupérons alors nos bagages sur l’inamovible star des aéroports : le tapis roulant. Quelques formalités administratives plus tard, nous prenons possession de notre 4x4 sur le parking d’une société de location qui porte un nom bien de chez eux : Alamo. Oui, je précise qu’il nous faudra ce type de véhicule tout terrain, loin de nos habituels scooters parisiens, pour profiter pleinement de nos pérégrinations américaines.

Tout se goupille tellement bien que vers 16h00 nous avons déjà pris possession de notre chambre d’hôtel et que vers 16h30 nous arpentons les ruelles du centre commercial adjacent : The Gateway. Complexe qui semble bien avoir été conçu à l’occasion des Jeux Olympiques d’Hiver 2002, dont Salt Lake City était la ville hôte. Après avoir habillé pour la rentrée (chez Abercrombie), l’adolescent que nous avons conçu 13 ans auparavant, nous nous accordons une demie heure de repos à notre hôtel. Apres avoir voté à main levée, nous nous dirigeons vers un restaurant du centre ville : il est 19h00 et l’Hymalayan Kitchen nous sert une cuisine Népalo-indienne qui nous ravira tous les trois.

A 20h00 nous ne sacrifions pas à la visite du Capitol qui nous tendait les bras à quelques encablures du restaurant. De retour à l’hôtel vers 20h30, c’est en moins d’une demi-heure que tout le monde aura trouvé le sommeil.

Day 2 – Lundi 4 Juillet 2011 (Salt Lake City - Torrey) 4h30… c’est ce que dit le réveil. On dit que les anciens dorment moins. Il semblerait quand même que ce soit plutôt le décalage horaire qui nous joue des tours. L’adolescent, Tom (13 ans moins 40 jours) pousse jusqu’à 6h00. Le rituel de la douche matinale passé, notre premier petit déjeuner à la mode yankee se tiendra aux alentours de 6h30, dans la salle prévue à cet effet par les concepteurs de notre hôtel. 7h15 : le moteur de notre tonnerre mécanique vrombit, nous promettant de nous conduire jusqu'au premier point de chute de notre épopée : Torrey. Une demi-heure plus tard, une fois n’est pas coutume (sauf aux Etats Unis), Annaïck prend le volant.

Nous nous sommes éloigné par le sud de Salt Lake City, et au bout de 50 miles d’autoroute, plus rien. Mornes plaines. Qu’à cela ne tienne, ce sont les grands espaces de tout types que nous sommes venus chercher au delà de l’Atlantique.

Arrivés à LOA, à quelques miles de Torrey, un supermarket de bonne corpulence nous permet d’effectuer un premier ravitaillement : glacière, nécessaire pour la confection des premiers sandwiches, liquides désaltérants, et autres ustensiles pour familles nomades. A propos de sandwiches, un peu plus loin sur bord de la route, nous empilons pains, jambon et cornichons à l’arrière du 4x4.

12h30 : A l’horizon, la roche se fait de plus en plus rouge malgré un ciel un peu menaçant. Nous arrivons à Torrey, en avance sur l’heure de check in, mais Annaïck préconise que nous tentions notre chance en nous présentant à l’accueil du Best Western. Hôtel dans lequel nous résiderons deux nuits, le temps de visiter en long et en large le parc National de Capitol Reef. Bingo ! La chambre est prête, ce qui nous permet de prendre nos quartiers et vider la voiture des valises superflues le temps des visites.

13h45 : nous empruntons la route 24 (une des plus belles des Etats Unis) jusqu’au départ de la randonnée d’Hickman Bridge.

14h00 : C’est l’heure d’entamer notre première randonnée. Celle ci nous amène donc à Hickman Bridge. C’est un parcours facile, idéal pour se mettre dans le ton des prochains jours… Hickman Bridge est une de ces nombreuses arches naturelles qui se fondent dans la roche. Nous retrouverons ce type de formation géologique plusieurs fois lors de nos étapes dans l’Utah. Voilà, 1H30 aller-retour. Agréable, bel endroit très accessible. Une bonne mise en bouche.

15h30 : nous reprenons la route 24 en faisant une halte devant la Fruita School, petite cabine à l’intérieur de laquelle le temps s’est arrêté. Elle renferme une salle de classe de la fin du 19e siècle. Tout y est resté en l’état et parfaitement entretenu. Seul regret : nous ne pouvons pénétrer à l’intérieur. J’ai pensé que cela était du au caractère férié du 4 Juillet (Fête Nationale locale), mais le lendemain il en sera de même. Peut être faut-il se joindre à des visites guidées pour y accéder.

Nous faisons également un arrêt pour observer quelques Pétroglyphes (gravure sur pierre) laissés par les Indiens. Ils sont d’ailleurs les seuls à en connaître la signification. Pour nous autres contemporains, il nous faut nous contenter de fantasmer de quelconques significations.

17h30 : nous sommes revenus à l’hôtel et nous accordons une petite pause piscine et jacuzzi en plein air. Enfin, la piscine, nous la laissons à Tom qui ne semble pas avoir les mêmes terminaisons nerveuses que nous autres quadragénaires.

19h30 : A table ! Après avoir envisagé de longue date de diner au Café Diablo, quelques dernières lectures d’avis extérieurs nous laisse penser que le Capitol Reef & Café est un meilleur choix. Verdict : c’est bon, pas cher, bref… rien à dire, si ce n’est que nous n’avons plus faim en sortant de table.

21h00 : extinction des feux.

Day 3 – Mardi 5 Juillet 2011 (Torrey) 5h00 : réveil Aujourd’hui l’unique objectif fixé si on se réfère à notre roadbook : Cathedral Valley. Durée prévue de cette petite escapade : 7h00…

Alors à 6h00 tout le monde est en route pour ce qui représente le moment ludique de la journée : la traversée de la River Ford qui pour le parisien de base représente toute une aventure en soi. Oui, traverser un cours d’eau de 30 à 40 cm de profondeur n’est pas commun dans nos contrées urbaines.

Après un passage la veille au soir au Visitor Center pour prendre quelques infos rassurantes sur la faisabilité du projet, j’ai quelques certitudes que je renforce en envoyant le gamin en tongs dans la rivière, histoire de voir si ses genoux sont mouillés ou non. Faut bien trouver une utilité à un adolescent de 13 ans, à 7h00 du matin au moment de vivre le moment le plus périlleux de sa vie d’adulte. Et comme sa mère ne s’y oppose pas, je me dis que nous ne sommes pas indignes !

Verdict : genoux secs. Conclusion : ça va passer facilement.

Et nous voilà donc à rouler sur l’eau avec une légèreté qui n’a d’égal que quelques divinités d’au moins 2000 ans d’âge. La Cathedral Valley s’ouvre donc à nous. Majestueuse tout au long de sa traversée.

11h00 : Nous déjeunons au pied de Temple of the Moon et Temple of the Sun. 11h15 : C’est reparti, nous finissons la boucle deux heures plus tard

13h30 : nous voilà (enfin) revenus sur le bitume, et quel bitume. Celui que nous foulons appartient (encore) à cette superbe route 24 qui nous ramène à Torrey. C’est très beau, et nous offre un « sas de décompression » idéal après ces longues heures certes superbement décorées, mais bien tape-cul.

14h45 : Tout le monde s’écroule sur les lits de notre chambre les yeux pleins de . Pause.

18h30 : nous sommes encore assez valides pour traverser la route et nous nous rendons au restaurant du Rim Rock Inn qui fait face à notre Best Western. Belle vue sur les roches rouges (tout comme depuis notre hôtel. Non mais !!??), bon accueil, bonne cuisine US. Belle manière de clore une journée riche en panoramas de grande classe.

20h00 : oui je sais, c’est un horaire de maison de retraite mais nous assumons. Fin des programmes.

Day 4 – Mercredi 6 Juillet 2011 (Torrey - Moab) 5h00 : réveil. Toujours aussi matinaux. Aujourd’hui nous allons affronter la boucle Burr Trail road – Nottom Bullfrog Road.

Il est 6h30 quand nous empruntons la 12 depuis Torrey. Le soleil se lève sur Capitol Reef. Arrivés à Boulder nous faisons un petit arrêt que je qualifierai de « technique » J Quelques photos et nous entamons la Burr Trail Road. Nous enchainons par le Water pocket Fold via la Nottom Bullfrog Road). Pas beaucoup plus de commentaires que les témoignages photographiques. Le reste réside entre nos rétines et nos cerveaux…

10h30 : retour sur l’asphalte. Encore une très belle sortie de parc. La route 24 jusqu’à Hanksville. D’Ouest en Est cette fois ci, puisque la veille nous étions sortie de la Cathedral Valley à Caineville pour rejoindre Torrey par la 24… d’Est en Ouest.

11h00 : c’est justement à Hanksville que nous nous restaurons. Vite fais, comme souvent le midi depuis notre arrivée. A cela deux avantages : nous limitons les calories superflues et nous ne perdons pas de temps inutilement. Le soir est la vraie reconnaissance de nos ventres !

12h00 – 12h30 : nous continuons la route jusqu’à un crochet par la Goblin Valley.

Il fait très chaud, nous avions des projets pour la visite de ce parc plus ambitieux (Little Wild Horse trail notamment) . Trop, peut être, vue les températures, zones d’ombres inexistantes, ainsi que l’énergie laissée dans l’activité Off Road du matin. Les highways sont plus reposantes pour les organismes que les « high clearance vehicles » trails.

Bref, nous nous contentons de baguenauder dans les rouges allées qui serpentent à travers les « Goblins ». Photos de rigueur. Les esprits les plus joueurs évoquent leur lecture des formes vues. Nous en rigolons !

13h15 : nous repartons, direction Moab. L’Inca Inn et sa piscine nous attendent.

14h30 : arrêt au Moab City Market .

16h00 : check in au Inca Inn.

16h30 – 18h30 : Piscine et/ou farniente.

19h00 : Diner chez Zax. C’est « bon ». Mais sera balayé par la Moab Brewery… les 3 soirs suivants !! On va peut être pouvoir témoigner sur le topic « les restaurant de l’Ouest américain » J

20h30 : qu’est ce qu’on fait depuis qu’on est arrivé à cette heure là ?...

Day 5 – Jeudi 7 Juillet 2011 (Moab) 6h00 : wake up ! 7h00 : petit déjeuner compris au Inca Inn 7h45 : départ pour The Needles.

Nous ne le savons pas encore, mais cette journée sera marquée par 6h00 de randonnée (d’une traite avec arrêt lunch de 20 minutes compris), 11 miles parcourus, 5 litres d’eau engloutis, un dernier moment d’émotion quand nous avons vu poindre le parking au retour de la randonnée, et des souvenirs pleins la tête.

Mais à 7h45, les seules préoccupations sont de l’ordre de la météo, des distances à parcourir en voiture entre notre hôtel et l’entrée du parc, les quelques points de vues qui précèderont le départ de la randonnée de Chesler Park. A propos de météo, elle n’est pas très engageante, mais qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas quelques formations gazeuses qui vont tout remettre en question. D’ailleurs, arrivés à l’entrée du parc le ciel est dégagé et il nous reste encore 34 miles à parcourir pour rejoindre le « trailhead » de Chesler Park et autre Elephant Hill. C’est plus que prévu, ou plutôt je n’avais rien anticipé de ce parcours en voiture.

8h45 : nous sommes à la hauteur des Petroglyphs. Ce que nous en avons retenus ? pas grand chose, si ce n’est qu’il y a toujours des cons qui se sentent obligés de mélanger ces témoignages du passé avec des « me and you forever ». Mais bon, pour en revenir aux Petroglyphs, ce ne seront pas nos visions préférées de ce voyage. D’un autre coté, les auteurs de ces gravures n’ont rien demandé J

9h30 : Visitor Center. Ca fait marrer les « deux autres », mais je me dis qu’il est toujours instructif et/ou rassurant d’y faire un tour même très bref.

9h45 : nous sommes au départ de la randonnée. A Elephant Hill. Nous nous préparons à affronter la « Bête ».

10h00 : c’est parti. 16h00 : retour… 18h00 : Hôtel. On est crevé. 19h30 : Moab Brewery (1ère…) 21h00 : Ca pionce à l’Inca Inn, chambre 111.

En résumé, cette journée aura été celle des « plus ». Plus de route que nous le pensions pour rallier l’entrée du parc, plus de distance sur la randonnée, plus de chaleur, plus d’eau, plus de beauté et de diversité dans les paysages traversés à pied…

Si pour vous, sport se résume à monter dans le bus, faites plus court. Sinon, faites cette rando. C’est un ordre J

Day 6 – Vendredi 8 Juillet 2011 (Moab) 6h20 : Debout là dedans ! (En fait, ce n’est pas du tout le ton de nos réveils matinaux… enfin sauf peut être pour le « petit »).

7h00 : Petit dèj’. Plus tôt c’est pas possible de toutes façons.

7h30 : départ pour False Kiva (Island In The Sky)

8h15 : arrivée à l’embranchement qui mène à Dead Horse, on se dirige vers Upheaval Dome et on suit les indications glanées ici et là. Mais malgré cela, nous avons (j’ai) été assez moyen dans mon rôle de guide…

9h00 : nous tombons sur un point qui est à l’à pic de False Kiva. Point de vue superbe, mais la magie du point non répertorié sur les cartes et auquel on se rend grace au bouche à oreille et quelques cairns laissés au sol n’est pas là.

9h15 – 10h30 nous longeons la falaise, encore et encore… on rame, il fait chaud. Ce que j’avais vendu à mes comparses comme 1/2h aller, se transforme en 2h45 aller retour, avec un retour en 35 minutes… bref, ça se mérite False Kiva.

10h30 : nous sommes dans le saint des saints. La vue est grandiose, nous témoignons de notre passage en français sur le petit registre enfermé dans une boite métallique qui semble dater de la seconde guerre mondiale… Pendant ce temps là, le gamin s’amuse à faire un cairn dans LE cercle formé par un empilage de pierres bien connu de ceux qui ont vu des photos de l’endroit. Quoi !!!??? un gamin qui fait un cairn dans un lieux sacré ?? Ca s’appelle un sacrilège, tout simplement. Et si il était bien matérialisé par une barrière qu’un endroit était interdit d’accès, le cercle principal ne l’était pas. Nous avons respecté ce qui nous semblait être respectable, mais le fait de rentrer à l’intérieur du Cercle ne nous parait pas condamnable. Erreur. Au moment ou nous nous apprêtons à repartir, j’aperçois à bonne distance un randonneur qui pointe des jumelles en notre direction. Bon, jusque là je me dis rien de grave, ce visiteur profiter de notre départ pour être au calme. Arrivé à notre hauteur, je m’aperçois que le quidam est en fait un Ranger, et ils nous annonce qu’un site archéologique, ça se respecte, qu’il a vu notre fils dans le lieux sacré et que c’est passible de $110 d’amende. Damn !! Mais nous devons lui être sympathique et surtout lui sembler de bonne foi. Nous nous en tirons avec une bonne leçon de morale ou pédagogie (c’est selon). Il prendra quand même mes coordonnées, et me dit qu’il fera un rapport à sa hiérarchie, mais me rassure en me disant que je n’entendrai plus jamais parler de lui à l’avenir. Mon sentiment après cet épisode : ok pour le cairn dans le cercle, c’est pas forcement la meilleure idée du moment. Néanmoins, il me semble dommage que l’endroit ne soit pas plus « protégé » par des écriteaux préventifs. Même si cet endroit n’est pas sur les cartes il est connu et donc visité (paroles du ranger lui même). La preuve, quand je vois ce qu’il reste des deux autres demi-cercles qui à l’origine étaient dans le même état que le cercle principal, je suis attristé. Ils n’apparaissent même plus.

Alors malgré notre erreur lors de cette visite, j’attire votre attention si vous comptez vous rendre à False Kiva, faites gaffe où vous mettez les pieds. Et puis le Ranger veille !! J

12h00 : nous nous remettons de nos émotions en déjeunant sur le parking de Green River Overlook. (quelle vue, mais quelle vue !)

13h00 : Grand View Point. Quelle vue, mais quelle vue ! J

13h40 : Attention, nous allons rentrer dans la légende de ceux qui ont passé leur brevet du Shafer Potash ! Nous descendons le Shafer Trail, nous nous arrêtons à l’embranchement de la White Rim Road pour rejoindre Musselman Arch vers 15h00 (rituel des photos en passant sur le pont, etc…)

16h00 : Thelma et Louise Point. Les quadras sont émus.

17h00 nous longeons les bassins de potasse de la… Potash Road. Des bassins d’un bleu étonnant au milieu de ces dégradés de rouge, de cette poussière qui vole et de ce vent qui nous fouette les mollets par rafales.

17h30 : Apres avoir frôlé l’ouverture d’un casier judiciaire le matin, voilà le gag du jour. Nous sommes au supermarket de Moab et nous nous accordons l’achat de quelques bières. Arrivés à la caisse on nous demande nos cartes d’identités pour prouver notre âge… Ca plait beaucoup à madame ! C’est drôle, en dessous de 40 ans, on doit prouver son âge pour acheter de l’alcool. Faut être un peu « profiler » pour être caissier maintenant. Détecter/Justifier qu’on à 21 ans pour acheter de l’alcool, Détecter/Justifier qu’on à 21 ans quand on a entre 21 et 40 ans et enfin laisser tranquille ceux qui ont (forcement) plus de 40 ans puisque « ça se voit » J

Bref, ça nous fait bien marrer tout le chemin du retour à l’hôtel.

Il est 18h00.

19h15 : Direction le restaurant Red Cliff ? Non, nous retournons à la Moab Brewery. Deuxième édition.

21h30 : nous nous couchons repus.

Quelle belle journée, une fois de plus. Autant je n’avais aucune idée préconçue de The Needles, ce qui est moins facilement générateur de déceptions, autant Island in the Sky, j’en avait rêvé. Et bein même pas déçu !

Day 7 – Samedi 9 Juillet 2011 (Moab) Réveil(s) entre 5h30 et 6h00. Breakfast à 7h00.

7h30 : en route pour Arches. Il est bien ce parc, l’entrée se trouve à 2 miles du Inca Inn J

8h30 -> 11h35 : Devils Garden Trailhead - > Double O Trail avec retour par le Primitive Trail. Quelques passages qui demandent un peu d’application mais rien de très méchant. Le passage sur l’arête avant d’arriver à Double 0 fait son effet (vide à droite, vide à gauche) et une bande d’un mètre de slickrock pour passer. Je suis content d’avoir gardé Primitive Trail pour le retour. C’est toujours mieux d’être frais pour profiter des arches et si on doit en baver un peu, que ce soit pour le retour qui lui est moins riche en curiosités.

12h00 : déjeuner aux Windows. Entre l’horaire, le taux de fréquentation, la température et les objectifs de la journée, nous nous en tiendrons au parking de ce site, transformé pour l’occasion en restaurant.

12h45 : Nous voilà rendu au Delicate Arch Viewpoint. Mise en bouche de l’ascension qui comme la tradition le veut, se déroulera en fin d’après midi.

13h30 : à la demande générale, direction piscine de l’Inca Inn. Nous farnientons jusqu’au départ pour Delicate Arch. Nous ne perdrons jamais de vue durant ce séjour que nous sommes en vacances, même si parfois nous sommes en mode « guerrier » au moment d’attaquer les randos…

17h45 Départ pour Delicate Arch.

19h00 : Nous arrivons en haut, au niveau de l’amphithéâtre qui sert d’écrin à l’arche vedette de l’Etat de l’Utah. L’ambiance est nuageuse, il y règne une ambiance plutôt bon enfant, tant que le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Mais quand vers 20H15, un rayon vient frapper, que dis-je, faire rougir l’arche, là c’est plus « tendu ». Ceux qui pourraient gâcher ce moment rare en restant sous l’arche pour des clichés flous pris avec un appareil jetable sont priés en mode VO sous titrée de dégager vite fait. Je pense que ces jours de soleil voilés donnent aux quelques secondes de lumières une saveur particulière entre la frustration qui a précédé et l’extase collective du moment tant attendu. J’en fais trop ? Bon c’est vrai que d’avoir 1/2h de coucher de soleil pur permet surement aussi d’en profiter J

20h30 je redescends, il ne se passera plus rien. C’est marrant mais, en redescendant je croise des personnes avec des appareils photos qui font la montée à la nuit quasi tombée… Qu’ont ils vus arrivé là-haut ? le Halo de Moab au loin derrière les montagnes ?

21h00 on quitte le parc direction Moab Brewery. Trop tard pour aller au Red Cliff…

22h30 ronflements dans la chambre.

Day 8 – Dimanche 10 Juillet 2011 (Moab -> Vernal) Réveil 6h30 – 7h00 Petit déjeuner

8h00 Départ. Nous empruntons la 128 qui est superbe. Nous faisons un court crochet pour apercevoir les Fisher Towers, mais ce n’est vraiment pas le bon moment pour faire des photos depuis le parking. Il faudrait entamer une rando, mais aujourd’hui, sur le roadbook était mentionné en gros : Repos.

C’est une journée de transition

9h00 on repart pour Dinosaur que nous atteignons à 12h00 sous la pluie. L’endroit est quelque peu sinistre.

12h30 nous arrivons à Vernal… moins sinistre, mais c’est juste une ville le long de la nationale avec plus de fast foods, d’Hôtels et de concessionnaires automobiles que d’habitants…

13h00 Burger King : sinistre mais ça fait plaisir au plus jeune. On enchaine par le ravitaillement de rigueur au supermarché du coin.

14h30 : Check Inn au Best Western Dinosaur Inn, puis piscine, jacuzzi et lessive, le tout sans sortir de l’hôtel. Parfaitement adapté à nos objectifs pour ce dimanche qui vient clore notre première semaine américaine.

Nous dinerons dans notre suite royale des denrées achetées dans l’après midi (poulet – purée). Du délire !

A noter qu’aujourd’hui le voyant de pression insuffisante des pneus s’est allumé. Suspens.

De mémoire, la journée s’est finie au lit.

Day 9 – Lundi 11 Juillet 2011 (Dinosaur) 6h00 : Réveil 7h00 : petit déjeuner 7h30 : départ pour Dinosaur 8h30 : on attaque la District Road 16 pour commencer la journée par Yampa Bench Road par l’Est, ce que peu se hasardent à faire… (Et pour cause). 9h00 nous attaquons donc la 16 et vers 9h30, sur la 95 nous assistons à une scène qui a elle seule justifie d’avoir pris ce bout de route désert. Deux cowboys adultes et un de 10-12 ans dirigent un troupeaux de steaks… euh pardons de bœufs. Je prends quelques photos alors qu’ils sont encore dans le champ, puis se retrouvent sur la route devant nous. Heureusement, Ils nous laisserons passer ensuite.

10h45 nous commençons à trouver le temps long…

11h00 nous arrivons enfin au premier point de vue de la Yampa Bench road : Wagon Wheel Point. Au passage, j’ai failli rater l’écriteau. Non pas que j’ai joué les fous du volant sur cette piste qui ne peut être emprunté avec n’importe quel véhicule (même dans les meilleures conditions), mais la pancarte est quand même assez discrète. Tant mieux pour le paysage et certainement plus évidente quand on vient de l’est après les deux autres points de vue.

11h30 : au tour de Harding Hole Overlook et Castle Point Overlook.

Ces trois points de vue sont sublimes, surtout si on est fan de boucles, méandres et autres « à la Horseshoe Bend »

12h30 : Déjeuner au pied du Steamboat Rock.

13h00 : retour sur Echo Park Road. 14h00 : retour sur le pavé direction Harpers Corner Drive que nous atteignons 15 min après. Nous voilà à Echo Park overlook. 15h45 : retour à l’hôtel. Un peu de lassitude. Tout le monde se détend entre la piscine et le jacuzzi.

Il est évident que l’option qui consiste à entamer la visite par l’intégralité Yampa Bench Road est trop chronophage et de trop fatigante du fait de sa longueur et de la « qualité » de la route. A la rigueur on peut finir par cette route si on veut vraiment faire du 4x4 avant d’aller se coucher J

17h30 retour à la réalité matérielle du supermarket, du lavage de la voiture et de remettre un peu de pression dans les pneus… cette affaire de voyant de pneu(s) sous gonflé(s) commence à m’inquiéter.

19h30 diner dans la chambre, etc…

Day 10 – Mardi 12 Juillet 2011 (Dinosaur –> Flaming Gorge) 7h00 : réveil 7h45 : Breakfast 8h30 : départ pour Jensen.

Au programme les randonnées Desert Voices et Sound of Silence.

Le tout sera bouclé sur un rythme plus sportif que contemplatif. Peut être un manque d’inspiration, la météo, le jour du mois… mais aucun d’entre nous n’a trouvé l’endroit ni photogénique ni enchanteur. Nous avons été mal habitué depuis notre arrivée.

Bref, entre 9h00 et 11H30 nous arpentons les lieux. Au passage, ces pistes sont jalonnées de panneaux avec des commentaires « écolos » un peu sirupeux et illustrés de dessins d’enfants que je qualifierai de naïfs. Ca n’engage que moi et pas plus de débat. Une simple réflexion. Allez, disons que cela nous fait une matinée agréable.

12h00 : Apres avoir retraversé Vernal que nous quittons définitivement, nous filons vers Flaming Gorge et son Red Canyon Lodge.

12h30 : Nous nous sustentons au bénéfice d’un beau point de vue, seuls au monde surplombant les alentours de Vernal. Une minute après notre arrivée, voilà qu’un couple de français et leurs trois gamins viennent se garer à 5 mètres de nous. C’est marrant parce que ce type de comportement me fait dire qu’ils vont surement vouloir entrer en contact avec nous… Et bien non, c’était peut être juste un instinct grégaire. A moins que nous les ayons intimidés, ce dont je doute. Bon, rien de grave, c’était juste un petit moment d’anthropologie et d’étude des comportements J

13h15 : comme il est un peu tôt pour le check in, je décide pousser jusqu’à Sheep Creek pour voir à quoi ressemble cette petite boucle « scenic ». Mais il se met à pleuvoir et je ne veux pas gâcher ce qui est ressorti de mes préparatifs comme un coin à visiter dans le secteur. Il est temps maintenant de prendre possession de notre Lodge.

14h00 : nous arrivons au Red Canyon Lodge et découvrons notre Cabin « Panderosa », face au lac. Un délice.

16h00 -18h00 : Au bénéfice du beau temps restauré nous décidons de pousser jusqu’à Manilla (« énorme bourgade »). En passant au Visitor Center du Red Canyon où nous avions demandé l’adresse d’un supermarket. On nous a recommandé de pousser jusque là. Nous faisons la route et découvrons de superbes points de vue. Nous ravitaillons en denrées et en essence. Je décide d’inspecter à nouveau mes pneus. Le voyant de pession est allumé. Verdict : je découvre un clou à moitié rentré sur la face interne de mon pneu arrière gauche.

Merde (!), ça recommence. En 2008 nous avions déjà eu ce type de mésaventure. Il s’était réglé en achetant un pneu neuf, sachant que la roue de secours était un galet sur notre voiture familiale standard. Cette fois ci, une vraie roue de secours, mais franchement je n’ai pas envie de me transformer en mécano sur ce 4X4.

Je refais un peu la pression quand même. Je spécule sur l’avenir. On verra bien.

19h00 nous dinons au restaurant du Lodge. Très bien. 20h00 : nous rentrons et allumons un feu… il fait frais le soir, cette ambiance « coin du feu » au mois de Juillet nous ravit.

21h30 : extinction de tous les feux.

Day 11 – Mercredi 13 Juillet 2011 (Flaming Gorge) 6h00 : réveil des adultes. Petit déjeuner sur fond de premières lumières sur le lac. Lovely.

7h00 : c’est le bon moment pour faire un petit « safari » photo dans le Lodge et à proximité du Visitor Center pour observer les contours du Red Canyon. C’est beau. C’est calme et je suis accueilli par quelques bêtes à cornes qui visiblement finissaient leur petit déjeuner dans les massifs du parking du Visitor Center.

9h00 : deuxième petit déjeuner avec la famille au complet.

11h30 : tentative de connexion au reste du monde (WiFi). C’est aléatoire et d’une lenteur qui m’avait été annoncée.

12H00 : l’air de rien faut déjà songer au déjeuner. Hot Dogs « maison » (ou plutot Lodge) pour tous. Non, je sais, on ne se refuse rien !

13h00 : Départ pour le Canyon à Dutch John et visite du Red Canyon en famille cette fois ci.

14h30 – 19h00 : concours de farniente, avec café, sieste, feu de bois, lecture, serie TV sur portable, etc.

19h00 : départ pour le restau du Lodge.

20h15 : retour.

21h30 : on tire le rideau. A demain.

C’était une de nos plus grosses journées dans l’Ouest !! Passionnante, non ?

Day 12 – Jeudi 14 Juillet 2011 (Flaming Gorge -> Grand Teton) 6h30 : réveil – check-out – départ à 8h30. Direction Grand Teton. La météo est idéale.

Comme évoqué à notre arrivée la veille à Flaming Gorge, nous avons pour objectif de faire la petite boucle de la route 218 (archeological road) à Sheep Creek. Nous l’entamons mais sommes refroidis au bout d’un petit mile. Route fermée, ce qui n’était pas mentionné à son entrée. Tant pis, nous savons que Grand Teton sera plus accueillant. Avec un nom comme ça J

9h00 : nous sommes de passage à Manilla pour essorer un second café.

Ensuite, la route que nous empruntons passe par Montpelier puis nous mène à Jackson. Les paysages sont très contrastés sur ces premières heures de route.

A l’approche de Mountain View, ce sont des dune pétrifiées qui nous accompagnent. Puis de belles plaines bien vertes. Mountain View est une « ville » proprette de 1200 habitants à 6800 pieds d’altitude qui n’est quasiment constituée que de commerces le long de la route. Son nom, elle le doit surement à la vue que l’on a des chaines de montagnes enneigées, au loin. La route 80, ensuite, est bordée de pairies bien vertes. Nous passons par Carter : une ville quasi fantôme. Bizarre.

11h00 : arrivée à Kemerer. Je vois sur la gauche, un bâtiment blanc qui m’inspire confiance sur le bord de la route qui traverse cette petite bourgade. On y revendique la réparation de pneus… Parfait. Une demi-heure plus tard, Eric Wagner, propriétaire des lieux avait effacé un sujet d’inquiétude sous-jacente depuis quelques jours. Ouf, c’est reparti. On verra bien si ça tient.

12h00 – 12h30 : déjeuner sur le bord de la route à quelques encablures de Montpelier.

Apres avoir chatouillé les routes de l’Idaho pendant quelques miles, nous voilà arrivé à Jackson vers 14h15. Notre destination finale et pour les deux nuits à venir : Signal Mountain Lodge. On m’en a dit du bien. Les photos de la brochure et les tarifs aussi !...

15h00 : nous parcourons Mormon Row 16h00 : nous visitons la Chapell of Transfiguration 16h30 : retour sur la Teton Road.

17h00 : Check In au Lodge. 17h30 : bière sur notre balcon donnant sur le lac. Un grand moment. 18h00 : on visite les lieux.

19h00 : apéro. (bein quoi ?!) 20h00 : Diner au restau du Lodge. (on y a testé le vin de Francis Ford Coppola, pour le fun…) 22h00 : couvre feu.

Day 13 – Vendredi 15 Juillet 2011 (Grand Teton) 6h00 : réveil à point pour faire quelques photos sur le balcon du lodge. Une belle lumière matinale. Il faut profiter de l’opportunité d’un tel « Overlook » privatif 😛 7h00 : tout le monde est sur le pont, prêts à petit déjeuner.

8h00 : départ pour Taggart Lake. 8h30 – 10h15 : rando à Taggart Lake. C’est beau. On croise des cimes enneigées, des écureuils et des champignons.

10h30 : l’ambiance est bonne alors on décide d’enchainer sur Jenny Lake ! Nous optons pour un aller en bateau et un retour à pied après avoir fait une halte à Inspiration point et Hidden Falls. Le caractère fébrile d’un des ponts ayant poussé les Rangers à condamner ce dernier, l’accès aux Hidden Falls est modifié. Les accès aux autres points de la randonnée de retour aussi. Cela nous vaudra de tergiverser un peu pour retrouver le chemin de la randonnée du retour, mais rien de grave. 13h00 : nous sommes de retour sur le parking de Jenny Lake.

Verdict : Nous avons préféré Taggart Lake pour son coté plus « cosy » et moins autoroute à touristes. L’intérêt de la randonnée de retour nous est apparue bien subtile. Je pense qu’on peut faire l’aller-retour en bateau. A moins que l’alternative rando par le nord (vers String Lake) soit dotée d’intérêts supérieurs. Mais ça, nous ne le saurons pas avant que d’autres témoignages contradictoires ne vienne s’ajouter à ma contribution J

13h30 : ravitaillement supermarket et déjeuner au lodge.

14h00 « temps mort »

15h00 : je vais faire un saut en solo à la « Chapell of the Sacred Heart ». Une messe y est en cours. Je me contente donc de rester à l’extérieur. Je ne doute pas que tout le monde y soit potentiellement convié, mais je ne tiens pas à perturber un quelconque recueillement avec des comportements de touriste… Du coup, l’intérêt est limité. C’est malgré tout un beau petit chalet vu de l’extérieur. Et puis les 3 minutes qui me séparent du Signal Mountain Lodge rendent ce déplacement anecdotique.

17h00 – 18h30 : Tout aussi proche, La Signal Mountain donne accès à quelques belles vues panoramiques.

18h45 : nous partons pour le nord ! N’exagérons rien, nous nous rendons à Colter Bay et à Leeks Marina ou nous dégusterons des pizzas. Notre passage à Colter Bay ne nous laissera pas un grand souvenir. Il me semble que notre lieu de résidence relègue les autres points du voisinage au second rang. Les pizzas de Leeks Marina sont excellentes. Et dégustées en terrasse au soleil couchant donne encore plus de piquant au repas. Je parle évidemment des moustiques J

20h30 : retour à la base, etc.

Day 14 – Samedi 16 Juillet 2011 (Yellowstone) 6h30 : driiinnngg ! 7h00 : … 8h00 : … Ça trainasse ce matin.

8h30 : départ pour Yellowstone. A nous les Geysers ! 9h00 : Yellowstone south entrance

9h30 : petit tour au visitor center 9h45 : essence à Grant Village. (je ne sais plus où j’ai lu qu’il fallait prendre ses dispositions pour le carburant une fois à l’intérieur du parc. Il y a des stations à tous les points principaux du parc. Tant mieux.

10h00 : nous voilà rendu au West Thumb Geyser Basin.

10h45 : Midway Geyser Basin

11h45 : Parking de Fairy Falls pour grimper voir le Grand Prismatic d’en haut.

12h45 -13h15 : pause déjeuner sur parking.

13h30 : Firehole lake drive. (sur le chemin, nous rencontrons notre premier bison sur le bord de la route)

14h00 : Madison vers West Entrance.

16h00 : Check In au Old Faitfull

17h24 : Première éruption du Old Faithfull Geyser J

18h00 : Ice Cream et repos

20h00 -22h00 : Old Faithfull Dinner Room (mouais…)

Day 15 – Dimanche 17 Juillet 2011 (Yellowstone) 6h00 : réveil et p’tit déjeuner en solo. 7h00 : allez hop ! toujours en solo, je me fais une petite éruption du Old Faithfull 8h00 : le fiston se réveille à son tour. 9h00 : c’est l’heure de la messe, pardon, de la laverie. Les hommes aident mais c’est madame qui s’y colle. L’art du sacrifice J 9h15 : Nous, les mecs, on se fait un petit tour du propriétaire : Upper Geyser Basin. Avec en point d’orgue une éruption du Grand Geyser à 10h40.

12h00 : tout le monde est réuni dans la chambre après avoir rapatrié le linge propre de la « guest laundry ». Mission propreté accomplie.

12h30 : départ pour la cafeteria située au Snow Lodge.

13h30 : anecdote… éruption du Old F. J

13h45 : pause – repos – temps calme – pas d’éruption visible de la chambre !

15h30 : nous laissons le gamin à la chambre avec internet et nous partons pour Biscuit et Black Sand Basin.

17h15 retour à la base. Mon objectif est d’observer une éruption du Old F. depuis observation point. Coup de bol, y’n a une dans 15 minutes à plus ou moins 10 minutes. Je grimpe en quatrieme vitesse le demi mile pour etre à l’heure. Sur ce coup là, je n’aimerais pas que « le Vieux » soit en avance de 10 minutes. Nickel : j’arrive en haut à l’heure, presque pas essoufflé, en m’étant payé le luxe de repousser une invitation à observer un tandem de bison en cours de route J La haut : joli point de vue et belle éruption. 18h45 : je rejoins les miens.

19h30 : nous tentons de diner dans la Dining room une seconde fois (par commodité) mais c’est plein et sans réservation, point de salut. Nous nous rabattons sur la brasserie voisine. La carte est plus restreinte, mais nous convient.

A peu de choses prêt, il ne se passera plus rien d’intéressant avant le lendemain, dans le cadre d’un carnet de voyage. A noter que les Geysers et les bassins colorés ont fait l’unanimité. Leur quantité et le coté répétitif a poussé à faire quelques impasses. Et puis comme ce sont des vacances, pas d’obligations de résultats J

Day 16 – Lundi 18 Juillet 2011 (Yellowstone) 6h30 : réveil 7h00 : Dej’ 8h30 : Check Out

9h00 : Norris. Le Steamboat Geyser est calme, nous continuons de cheminer le long des planches désormais familières puisque présente dans tous les « bassins » du parc, mais…

9h30 : L’anneau !! ou est l’anneau !!... Madame se rend compte que l’anneau qui nous relie depuis la fin du 20e siècle n’est plus à son annulaire. Consternation. A ce moment là, il n’est plus question de roadbook, de changement d’objectif pour tel ou tel prise de vue, objectif : retour à Old Faithfull en espérant que l’aspirateur de la femme de ménage n’ait pas encore prouvé son efficacité ! 10h45 : Nous sommes au bout du couloir, les sacs de linge sale sont déjà au pied de notre ex-chambre, la suivante à déjà été « attaquée ». Nous demandons à la demoiselle qui semble être la tornade blanche du couloir si elle n’a pas trouvé une bague une demi-heure plus tôt… dans un anglais approximatif, elle nous dit qu’elle va voir avec son responsable… pendant ce temps là nous inspectons nous même la chambre, mais rien. 2 minutes plus tard, voilà que notre Messie réapparait (au passage, un Messie, deux fois dans la même heure ? c’est exceptionnel, je vous assure) : il y a une bague disponible à l’accueil. Nous nous ruons vers ledit accueil, et tout est rentré dans l’ordre 5 minutes et deux coups de fils internes plus tard. Ouf !! L’annuaire de madame est à nouveau orné d’or et d’argent J

Pas un matin ne suivra sans vérifier sa présence…

11h15 : nous repartons après avoir décompressé au bar du Grocery Store voisin. Direction Mammoth.

12h30 : nous voici à Mammoth upper Terrace.

13h00 : Snack.

13h30 : Lower Terrace en Solo. AK et Tom restent les pieds dans l’eau à proximité de deux quadrupèdes placides. Beaucoup de monde pour voir les terrasses. C’est Disney !!

15h30 : Petrified Tree

16h00 : Tower Falls. Trail fermé en bas.

16h45 : départ pour Lake Lodge. 18h00 : Check Inn au Lake Lodge. Découverte des lieux. Apéro au bar puis diner à la cafétéria. 20h30 : retour à la « chambre ». Demain, belle journée avec le retour des randonnées J Bien contents d’être à nouveau au calme.

Day 17 – Mardi 19 Juillet 2011 (Yellowstone) 6h00 : tentative de manipulation olfactive. Je fais du café dans la chambre pour provoquer une réaction : le réveil de mes congénères ! C’est pas tout, mais nous avons une rando de 3h00 ce matin. Alors si on veut éviter la meute et les températures élevées, c’est maintenant. 7h00 départ. 7h20 : troupeau de bisons, visiblement de retour du petit déjeuner en bordure de rivière J

8h10 : nous sommes à l’entrée de la Chittened Road et 5 minutes plus tard nous sommes au départ de la rando qui nous amènera au sommet du mont Washburn.

10h55 : nous sommes en forme en cette belle journée et nous bouclons l’aller-retour en 2h30.

11h15 : Nous atteignons le North Rim 13h00 : Déjeuner 13h30 : Nous nous rendons à South Rim

15h30 : retour à la chambre. 16h30 : repos – série TV 17h30 : temps mort

18h45 : départ pour le Lake Hotel Restaurant pour lequel nous avions réservé un peu plus tot pour 19h45.

21h30 – 23h00 : re-série TV

23h00 : fin des programmes.

Day 18 – Mercredi 20 Juillet 2011 (Yellowstone -> Cody) 7h30 : réveil pour départ à 8h30.

9h45 nous atteignons Roosevelt et sortons du Parc. La route 212 que nous empruntons nous fait traverser Lamar Valley puis nous mène à Beartooth Highway. Cette dernière est magnifique. C’est l’hiver !

12h45 : nous retrouvons les températures estivales à Red Lodge qui nous sert de halte méridienne. Un déjeuner copieux (une fois n’est pas coutume) au Bogart’s restaurant. Bon souvenir. 14h00 : nous repartons rassasiés pour Cody.

14h20 : Belfry 15h15 : Cody. Check in au Best Western.

16h30 : Old Trail Town 17h30 : Supermarket 18h00 : Piscine et Spa J 20H00 : on dine sur notre terrasse (commune aux voisins de chambre)

21h30 – 23h00 : on finit Breaking Bad S2 23h30 : ZZzzzzz…..

Day 19 – Jeudi 21 Juillet 2011 (Devils Tower) 8h00 : on quitte Cody après un réveil à 6h00 et un déjeuner à 7h00. 9h15 : nous traversons Big Horn Forest (très belle arrivée depuis Greybull)

12h00 déjeuner à proximité de Gillette (aire de repos)

14h00 : arrivée à Devils Tower

16h00 : Check Inn au Best Western de Hulett. 16h30 : Piscine 17h15 : repos avec (toute) petite visite de Hulett. Y’a quasiment qu’une rue que je qualifierais de principale. On en profite pour prendre un verre au Ponderosa Café. Typique. Arrivée mémorable dans les lieux.

19h00 : nous retournons au Ponderosa Café, cette fois ci coté restaurant pour diner. Petit endroit calme, accueil super chaleureux, et bonne « bouffe » J

20h30 : …serie TV. 21h30 : Ca ronfle.

Day 20 – Vendredi 22 Juillet 2011 (Deadwood) 6h00 : réveil pour certain(s) – 7h55 réveil pour d’autre(s)

9h00 -> 10h30 : on fait la route vers Deadwood.

A notre arrivée à Deadwood, le check-in au Celbrity Hotel n’étant pas pour tout de suite, nous faisons un petit tour de la ville en voiture afin de prendre la « température » de l’endroit. C’est froid :-/ une vraie artère principale, avec des (mini)casinos, des bâtiments de caractère factice, et voilà. Dans le doute je garde pour moi l’espoir que le soir est le meilleur moment pour découvrir la ville. Un petit tour au Visitor Center pour en savoir plus. Je récupère la « gazette » locale qui annonce la reconstitution de l’arrestation et du procès du meurtrier de Wild Bill Hickock. Soit. Egalement, il y a moyen de sillonner la ville dans u vieux bus aux allures de wagon de tramway. Soit. A ce moment là, je me sens un peu seul, moi qui voulais vraiment voir de mes yeux ce que j’avais vu dans la série Deadwood, un brin de déception m’envahit. Mes deux compères sont eux tout juste dubitatifs, mais sans plus, du fait qu’ils n’attendaient rien de cet étape.

11h30 :Nous provoquons un conseil de famille. Jusque là un roadbook faisant office de Bible, avait, jour après jour, guidé nos pas. Il faut reconnaître, que nous nous trouvons face à un cas de conscience : allons nous écrire à main levée notre journée ?? J Allez hop, on conclut qu’il ne faut pas trainer là, nous faisons route vers Rapid City. Apres un rapide passage par Sturgis, un des temples des Bikers (A la ville nous n’avons pas de voiture, que des scooters et ne sommes pas branchés Harley Davidson…) nous filons vers un parc aquatique avec Toboggans géants qui raviront les plus jeunes et les moins jeunes d’entre nous.

13h00 : Ce paradis s’appelle le Rushmore Waterslide de Rapid City. Cette étape constituera une bonne parenthèse sous un soleil radieux et dans un endroit pas trop encombré humainement. 16h30 : on retourne vers Deadwood. 18h00 : Check in au Celebrity Hotel 18h45 : Nous flânons dans la rue principale. Nous prenons un verre en terrasse haute et découverte d’une grande brasserie. 19h30 : la « reconstitution historique » démarre sous nos yeux au sons des Colt 45. La foule est amassée le long des trottoirs. L’interpellation de Jack McCall est suivie dix minutes plus tard, de son transfert vers le tribunal pour y être jugé. Un cortège de touristes suit ce transfert. A priori le prévenu sera acquitté. 19h45 : point de tribunal pour nous. Destination le Deadwood Social Club. Un bon restaurant juste en face dont les spécialités sont italiennes. Bonnes pates.

21h00 : nous trainons, la nuit tombe sur Deadwood. Et nous ne sommes toujours pas convaincu par ses charmes que nous considérons comme bien cachés J

22H00 : Nous nous en remettons à Morphée.

Day 21 – Samedi 23 Juillet 2011 (Deadwood -> Custer) 8h20 : oops, réveil tardif ! 9h30 : départ 12h00 on déjeune en arrivant à Badlands. 12h45 – 13h30 : Rando Notch Trail On traverse en suite le par cet on sort par Wall direction rapid City

15h45 on est à Mount Rushmore. C’était prévu pour le lendemain mais vu le temps finalement réduit consacré à Badlands, nous profitons du temps plutot clément pour faire ce qui se présente sur notre route. Nous empruntons le parcours en escaliers qui permet de s’approcher au pied des 4 tetes.

17h30 nous repartons directions Custer ou un Best Western nous attend !

18h00 : Check in au BW. 18h30 – 19h30 : traditionnel test de la piscine de l’hotel

20h00 Diner au Dakota Cowboy Café (Pas mal – standard)

22h00 : click.

Day 22 – Dimanche 24 Juillet 2011 (Custer)

6h45 : réveil 6h55 : on se jette sur les machines à laver de la guest laundry 7h15 : breakfast 8h20 : Laundry suite 9h15 : départ pour Custer State Park

9h30 : Route 16A jusqu’au Peter Norbeck Visitor center Route 14 vers sud et la Wild Life Loop Boucle jusqu’à Badger Hole. 11h00 : vers le nord, Needles highway scenic road jusqu’à Keystone

12h30 : Déjeuner au buffet « All you can eat » de Keystone

13h15 : on repart vers Crazy Horse 13h45 : Crazy Horse… Foutage de gueule. $27, sans nous.

C’est donc au Best Western et dans les rues de Custer que nous finirons notre journée. 14h00 : ça sent la piscine. 16h00 : Break 17h30 : un tour au supermarket 19h00 : bouffe « roots » dans la chambre 20h00 : Le gamin à nouveau dans la piscine 22h00 : Off.

Day 23 – Lundi 25 Juillet 2011 (Custer -> Cheyenne) 6h30 : réveil 7h30 : P’tit dèj. 8h30 : Check out.

12h30 : Arrivée à Cheyenne. On se gare à 50m de l’entrée des Frontier Days. On becte au cul du camion et on décide de passer un bout de l’après midi dans le parc des Frontier Days. Fête foraine (carnival midway) et danses indiennes. Demain c’est Rodeo !

16h30 : Check in au Holiday Inn 18h00 : on sort faire un tour en ville, un crochet par le Frontier Mall (aucun intérêt) 20h00 : Burger King. Une sorte de concession faite pour le plus jeune.

20h30 : Piscine pour le plus jeune, série TV pour les plus vieux.

22h30 : biiiiiiiiip.

Day 24 – Mardi 26 Juillet 2011 (Cheyenne) 7h00 : réveil 9h00 : départ pour la parade en ville 11h00 : break Café

12h00 : Frontier Days PRCA Rodeo 17h45 : Retour à l’hotel 18h30 : … Piscine.

20h45 : restaurant de l’hotel

22h00 : retour chambre, etc.

Day 25 – Mercredi 27 Juillet 2011 (Cheyenne -> Denver) 6h30 : Réveil 8h00 : Départ pour le Giant Breakfast sur une place de la ville. 8h15 : Arrivée sur place… trop de monde. Une file immense fait la queue pour se voir servir un pancake. Bon bein, on s’impreigne un peu de l’ambiance, puis nous filon au Starbuck J

9h00 : Direction Denver.

11h00 : Cherry Creek Mall

16h00 : Check in au Comfort Inn de la 17th.

17h30 : direction la 16th street Mall. 18h00 pause pour prendre un verre

19H00 : Hotel

20h00 : Hard Rock Café (on nous refait le coup de l’ID card)

21h30 : Serie Tv 22h30 : Rrrrrrrrrzzzzzz.

Day 26 – Jeudi 28 Juillet 2011 (Denver)

8h00 : réveil 8h30 : breakfast à l’hotel 10h00 – 17h30 : Castle Rock Mall

19h30 : un super restau pour finir. Le Marlowe’s sur 16th Street Mall. Hamburger de bison pour madame, Charcuterie pour le petit et une grosse assiette de crabe pour moi. Miam, ça sent la fin, mais on finit en beauté.

Day 27 – Vendredi 29 Juillet 2011 (Denver -> Paris)

6h30 : réveil 8h00 : départ pour l’aéroport. 8h45 : remise de la voiture en 2minutes chez Alamo. 11h20 décollage.

Vol de 2h45 jusqu’à Detroit. Escale de 5h30 et c’est reparti pour un second décollage.

Arrivée à Paris à 11h15 le lendemain matin.

Super voyage J

FIN
Compte-rendu de la croisière " Grandes civilisations antiques " sur le Costa Atlantica du 22 octobre English translation pending
by Croisifan · 2011-11-19 · 95 replies
Bonjour à tous,

Je me lance dans le compte-rendu de cette croisière, que je ferai jour par jour, avec sans doute un petit bilan final.

Petite remarque préliminaire : c’était notre 13ème croisière (en comptant les " back to back " pour 2) et notre grand retour sur Costa (après MSC, Croisières de France et NCL), que nous n’avions pas pratiqué depuis 2007.

Samedi 22 octobre : route pour Savone et embarquement

Réveil à 2h du matin😕, bises à notre grand qui reste seul à la maison pour la 1ere fois pour cause de cours à la fac, et départ à 2h30 tapantes. Curieusement, c’est moins difficile que certains matins plus tardifs quand il faut aller au boulot😄.

Le temps est sec, (ouf) et il n’y a personne sur la route. C’est Monsieur qui conduit, il aime ça et ça m’arrange bien.

Arrêt petit déjeuner à 7h30 sur l’aire d’autoroute juste après Chambéry avec une caissière du self très sympa qui nous a offert un deuxième café (il faut dire qu’à part nous, il n’y avait personne).

A 8h30, c’est reparti pour passer le tunnel du Fréjus (36,80 euros l’aller, ce n’est pas donné surtout qu’on ne bénéficie pas du tarif aller/retour préférentiel puisqu’il faut passer le tunnel dans l’autre sens dans les 7 jours pour cela).

Au sortir du tunnel environ 2 heures de route assez pénible : ça tourne, c’est plein de tunnels et de viaducs. Vers 10h15, on arrive en vue de Savone et le soleil a pointé le bout de son nez, ça sent la bonne humeur😎….sauf qu’on rate la sortie pour le Palacrociere 🤪: Voilà, Monsieur Croisifan n’en fait qu’à sa tête et n’écoute pas quand je lui dis qu’il faut prendre la première sortie. C’était pourtant écrit sur son papier et sur le Forum 😠!

Nous voilà embringués en direction de Gênes, un peu tendus, mais finalement grâce au sens de l’orientation de Monsieur (de ce point de vue là, je ne risque pas de faire mentir les clichés sur le sens de l’orientation des femmes😊) nous prenons la sortie suivante et au lieu de reprendre l’autoroute, nous longeons la côte puis le port, dominé par la masse impressionnante de l’Atlantica avec une très jolie vue.

Vers 11h, dépôt de la voiture au parking, je préviens le responsable (en anglais et un peu en italien, avec les mains…), attention, Monsieur Croisifan est très très nerveux : la dernière fois au parking de Savone, le chauffeur qui rangeait notre voiture est rentré en marche arrière dans un poteau, sous nos yeux, et a cassé le feu🏴‍☠️ : alors là au moindre incident, il va mordre😠.

Nous payons les 100 euros en liquide, sortons les bagages et regardons la voiture s’éloigner avec un peu d’appréhension, mais le chauffeur d’aujourd’hui a l’air plus calme que celui de la dernière fois.

Nous voilà entrant au Palacrociere avec le numéro 8. J’essaie l’embarquement prioritaire bien que nous ne soyons que membres Aquamarine 😄(trop infidèles à Costa), mais la dame derrière le comptoir me précise bien que ce n’est que pour les membres Coral ou Pearl. Tant pis, nous prenons notre mal en patience.

L’embarquement commence un peu après midi, c’est un peu long au début puis ça s’accélère et finalement, nous serons appelés un peu avant 13h. Il faut dire que nous sommes le seul bateau ce jour là et c’est bien agréable. Pendant le temps d’attente, on nous a bien sûr proposé plusieurs fois des forfaits boissons et un guichet était ouvert pour les achats d’excursion : j’en ai profité pour prendre celle de Marmaris : Dalyan et Kaunos, ce sera la seule excursion que nous ferons.

Un peu après 13h, nous sommes sur le bateau et nous allons directement dans notre cabine pont 7, en trichant un peu car au moment de prendre l’ascenseur, l’employé Costa appuyait sur le bouton 9 et ne voulait pas d’arrêt à d’autres étages.Ca nous a permis de voir que les cabines étaient déjà prêtes😛, et de déposer les sacs, puis direction le buffet pont 9 et repas sur la terrasse arrière du bateau, au soleil, ce qui sera notre endroit favori pour toute la croisière😎.

Dans l’après-midi, nous enregistrons la carte Costa sur la borne interactive située à côté de la réception : il y a un peu de queue mais une hôtesse Costa arrive et aide les passagers pour l’enregistrement. En fait il y avait plusieurs bornes sur la bateau et nous aurions pu éviter de faire la queue.

La grande affaire de l’après-midi reste le restaurant Wellness. En effet sur les conseils de Pap et d’autres membres du forum (que je remercie des informations données faute de quoi je n’aurais pas eu l’idée d’en profiter), nous avions décidé d’essayer le forfait Wellness pour toute la croisière. Mais il y avait un hic : si nous étions prêts à débourser 180 euros par adulte, nous ne voulions pas payer de supplément pour les enfants. La négo. s’annonçait serrée… Le Maître d’Hôtel tenait sa permanence à 14h30 à la bibliothèque à côté du théâtre. Nous arrivons à 14h15, histoire de ne pas trop faire la queue : je ne m’attendais pas à un tel cérémonial, le maître d’hôtel installé derrière un bureau, chaises visiteurs et employé Costa qui distribue les numéros d’ordre et fait entrer les croisiéristes au compte goutte. Tout ça pour rien puisque les forfaits Wellness doivent être achetés directement au restaurant Wellness Pont 2, restaurant qui n’ouvrira qu’à partir de 18h30🙁…c’est partie remise.

Retour cabine puis à 16h30, nous allons jeter un œil à la réunion francophone avec l’hôtesse Caroline. Nous sommes 1400 francophones à bord😮 : elle n’a jamais vu ça et nous non plus. A part ça pas grand choses à retenir pour ceux qui ont déjà fait des croisières.

Le départ du bateau est prévu à 17h et l’exercice de sécurité à 17h30 : ouf ! Costa a changé sa façon de faire, j’avais trouvé très énervant 😠en 2007 de ne pas pouvoir profiter du départ, qui est quand même un des moment fort de la croisière parce que Costa avait décidé de faire ses exercices d’abandon du navire en même temps.

A 17h tapantes, nous quittons Savone, sous le soleil.

Après toutes ces émotions, préparation pour le repas du soir et la grande inconnue du Wellness. Nous voilà à l’entrée du restaurant à 18h25, nous entrons, expliquons notre " cas " au serveur qui se trouve là, qui nous regarde avec des yeux affolés😮 et court chercher le maître d’hôtel. Nous tombons sur le Premier Maître d’Hôtel, qui parle français, et nous expliquons notre demande : silence😐, il regarde sa liste, nous regarde, regarde sa liste, nous re-regarde et nous dit c’est d’accord😎. Mon mari qui n’en revient pas reprend avec ses gros sabots " on paye pour 2 et on mange pour 4, c’est bien ça "😇. Le Maître d’hôtel confirme, par contre, il faudra revenir vers 19h car le restaurant n’est pas tout à fait prêt. On est très, très, contents😎😊 : on pourra venir à l’heure qui nous conviendra, on aura une table près du hublot et on dînera dans l’atmosphère feutrée du Wellness, la croisière s’annonce sous les meilleurs auspices😎.

Voilà pour aujourd’hui, à suivre : dimanche 23 octobre escale à Naples (promis, je vais essayer de faire plus court😉).

PJ : Photos du Costa Atlantica à Savone et de notre cabine au pont 7.
En direct d'une croisière sur le Costa Pacifica English translation pending
by PAP86 · 2011-11-17 · 348 replies
PROLOGUE

Voilà… Il est 23 heures et nous sommes à bord du Costa Pacifica… 😎

Enfin, je crois… tellement ça bouge peu… pourvu que ça dure… Mme PAP écoute France 24, seule chaine française reçue à bord, mais quitte à faire, c’est agréable, on a au moins des nouvelles fraiches du Pays…

On va très vite passer sur notre départ de Poitiers lundi soir, sous un superbe soleil après mise de la maison en mode « vacances » (alarme, télésurveillance, simulateurs de présence, double condamnation des portes… ). Mme PAP avait tout préparé et il lui a juste fallu rajouter dans les valises les vestes 😛 qui, jusqu’à la dernière minute, étaient restées sur des cintres. Deux bonnes heures de route, escale à Bordeaux… Sortie des vestes à l’hôtel (remises sur des cintres) 😛. Dîner avec des amis et dodo…

Mardi, vestes dans les valises (surtout ne pas oublier les vestes ! 😛), départ 8h 30, superbe beau ciel bleu. Simulation du film « Nimitz, retour vers l’enfer » entre Toulouse et Nimes… 😮 Ciel brusquement noir, pluie torrentielle, obligeant à réduire l’allure sous les 80 km/h, et brusquement, à nouveau temps splendide jusqu’à Nice où nous arrivons vers 17 heures… Rapide comparaison entre le Radisson de Nice et le Sofitel de Marseille, en mai dernier, mais par charité pour le premier, on restera discret… 🤪 Sortie des vestes des valises… Elles sont toujours sans un seul pli… 😛 Le secret : jamais plus de 12 heures dans la valise… Agréable soirée en amoureux 😊😊 et dodo2…

Mercredi à Nice : temps splendide ! Journée entière chez des amis, qui habitent sur le Mont Boron, un peu en dessous de chez Elton Jones, pour ceux qui connaissent… 😉 Super sympa, mais on est déjà en overdose alimentaire alors que la croisière a pas commencé… On rentre tard au Radisson et dodo3…

Bon, tout le monde va me dire, « tout ça, on s’en fiche, la croisière ! », ça va, ça va, les gens, on y arrive ! 😇

Jeudi 17 novembre : SAVONE

Nous quittons Le Radisson vers 10 heures… Je suis pas mécontent, j’ai fait valoir leur pub « pas satisfait ? vous ne payez pas » pour obtenir la gratuité d’une nuit sur 2 petits déj compris… 😎 on a eu en effet très très chaud dans la chambre, et la clim de l’hôtel était coupée… (mais on n’a pas oublié les vestes ! 😛)

Malgré une autoroute pleine de travaux, de voies uniques, voire des doubles sens, il fait un soleil sans nuage, et nous arrivons au Palacrociere vers 11h 45. Et là, le process habituel bien huilé : nous emportons la voiture au parking : les valises sont extraites de la voiture : elles ont bien sûr été, au départ de Nice, comme d’habitude, doublement étiquetées : les étiquettes « « COSTA » autour des poignées, ce sont les plastifiées, indéchirables, issues du carnet récemment reçu, et aussi « nos » étiquettes, collées sur chaque valise avec la date, « Pacifica », et « 7286 ». On nous remet une étiquette « 9 », et nous accomplissons alors l’exploit sportif de rejoindre avec nos bagages à main (dont la valise de mon ordinateur) le Palacrociere ! (on a fait au moins 200 mètres ! 🙂😮).

Le temps de passer au bureau d’embarquement, d’échanger notre « 9 » contre un « 1 » rouge (suites), et on annonce l’embarquement… Zut, même pas le temps d’aller se faire offrir un en-cas dans le salon réservé aux suites et Gold-Pearl… 😉 Et nous voilà dans la file précédés par quelques « 2 » qui campent là depuis un moment ». Mais c’est pas Amsterdam, ici, et Costa sait faire la police : on appelle les « 1 », les Costawomen, tout sourire mais fermement 😐, font attendre les « 2 » et passer les « 1 »… Nous voilà au contrôle de police, la photo, et paf, nous sommes à bord… Il est midi… Il y a 20 minutes, nous n’étions pas encore à Savone !!! 😮 Belle performance de Costa (ou belle synchro liée au hasard, on aurait peut-être plus attendu en quittant Nice plus tôt, mais Mme PAP avait des vestes à ranger… 😛)

12h 05… premier contact avec le Costa Pacifica… le « bateau de la musique »… bof… l’est pas beau…😕 rouge sombre et sinistre (le théatre notamment est atroce) autant que le Deliziosa était rouge pimpant et agréable… Tout ce qu’on va voir par la suite nous confortera dans notre opinion… on n’aime pas, mais bon, c’est de la décoration, ça change rien au bateau… Même si certains coins, comme la chocolaterie, ou le salon du fond du pont 5, ne sont pas vilains… Je crois que je vais me plaire à la chocolaterie, et seuls des esprits pervers pourraient penser que c’est à cause du chocolat… 😇

12h 10… Nous voici dans notre grande suite. La 7286. Tiens, c’est une « droite »… c’est-à-dire que quand on rentre, le lit est sur la droite… curieusement, sur 16 croisières Costa, et sans l’avoir jamais fait exprès, ce n’est que la deuxième fois… 😐 D’habitude notre cabine est une gauche… Bon, on va pas insister sur les problèmes que ça pose du fait que on va pas changer pour autant notre côté dans le lit, ni à la salle de bain… Je dors à droite (dans le sens de la marche du lit) et je me lave à droite (en se regardant dans la glace)… du coup, je ne suis pas à côté du placard qui contient mes affaires, et le miroir grossissant, que Mme PAP aime bien pour des histoires de maquillage de zyeux, est de mon côté, mais on fera avec… Sur le lit, tous les documents habituels, avec un bouquet de fleurs envoyées par le directeur de l’hôtellerie, qui nous invite à le rencontrer ce soir à 19h…

12h 30… Nous voici à la cafétéria et là, nous constatons une grande nouveauté : on ne se sert plus !!! 😮 ce sont des Costamen qui servent obligatoirement… A vérifier les jours suivants, mais cela semble une superbe innovation, car les plats, même à moitié vides, ne ressemblent pas à des champs de ruines… Nous achetons aussi un forfait café (22 cafés et 3 capuccinos) à 27.50, un forfait (13) eaux à 22.56 et un Boys and Girls (20) à 42 (rajouter les 15%).

13h 00… Retour cabine : les valises arrivent en même temps que nous, et Mme PAP se met au grand déballage… Les vestes en premier, bien évidemment… 😛 Et elles sont absolument intactes ! pas un faux pli ! ah ! Mme PAP a encore réussi ! 😎😎

La majordome se présente (oui, « la ») et la cabinière aussi… Whaooo ! Rien que du personnel féminin… Va falloir que je fasse drôlement gaffe en sortant de la salle de bains, moi… 😊

14h 30 : Passage chez le Maître d’hôtel… L’impression que nous avons (mais qu’il va falloir confirmer) que le bateau n’est pas plein se trouve confortée par le fait que notre inscription au restaurant Samsara pour toute la croisière ne pose aucun problème… Ah, si ! l’imprimante du maître d’hôtel joue les récalcitrantes 😠, alors ils s’absente deux minutes et revient avec un beau ticket à 360 euros à me faire signer… Bon, eh bien ça, c’est fait… 🙂

15h 45 : c’est l’heure de la réunion d’informations avec l’hôtesse francophone. Stéphanie Dazzi. Rien de bien spécial, elle présente le bateau, le Today, les excursions, elle se mélange un peu les crayons 🤪😮 quant aux deux jours à Haïfa, en disant d’abord que les excursions au départ de cette ville sont « exactement les mêmes » les deux jours, mais que finalement, le deuxième jour, ils en ont rajouté… Notamment « Massada et la Mer morte » (ce qui me fait un peu grincer des dents, vu que cette excursion que j’vais réservée au départ d’Ashdod m’a été signalée par Costa comme annulée 😠😠), mais en attirant bien l’attention sur le fait que c’est une excursion de plus de 12 heures, avec rien que le trajet aller de plus de 3 heures 30… Il y a aussi une excursion de deux jours avec nuit à Jérusalem… Mais bon, autour de 350 euros l’excursion par personne… Quand on pense que les dernières places sur le bateau étaietn bradées à 532 euros, on se demande si cette « sortie » va avoir du succès… 🤪

Mais il y a aussi une visite de Tel Aviv et Jaffa, plus axée sur l’Israël moderne 🙂 et moins sur l’Israël religieux, ouf il y en a quand même une, que nous allons probablement prendre… si… parce qu’il y a hélas un si… s’il y a assez de demandes… 😕 parce que vue la salle clairsemée de cette réunion, ou les francophones ont boudé Stéphanie, ou ils ne sont pas très nombreux… A l’heure où j’écris demeurent deux questions : quel est le taux de remplissage (le bateau ne semble pas bondé) et quel est le taux de francophones (même si nous pouvons constater la présence d’au moins un groupe : ‘CE’ ou truc dans ce genre)…

16h 45 : exercice d’alerte… bon, là, on a l’impression qu’il y a quand même du monde… mais le pompon d’honneur est décerné à cet exercice dans la mesure où si toutes les cartes rouges sont bien relevées, et tout le monde sagement rangé par colonnes de 5, dans tout le coin où nous étions, nous n’avons pas entendu un seul mot des speeches dans les différentes langues… 🤪🤪🤪 Il devait y avoir au moins 3 ou 4 haut-parleurs en panne, on n’entendait qu’un vague ronronnement lointain… Bon, heureusement, ça a été relativement court (ou alors j’ai dormi un peu, j’étais appuyé contre le mur et un tuyau…)

18 h : il a dû y avoir un retard d’un car lié au retard d’un avion… Nous quittons seulement Savone (il fait nuit noire)… alors que le départ était prévu une heure plus tôt… 😐

19h : nous nous rendons à notre rendez-vous chez le directeur de l’hôtellerie… Il doit y avoir un problème, il semble en grande conversation avec des collaborateurs… Il sort dans le couloir, nous donne sa carte, nous dit que nous pouvons compter sur lui au moindre besoin, il ne faut pas hésiter à l’appeler, bavarde 3 minutes, au cours desquelles nous apprenons que « oui, Marion est partie, mais elle reviendra 🤪 »… et nous laisse là… Vraiment le minimum syndical, là… C’est le genre de truc où l’invitant se ridiculise plus qu’autre chose quand on relit sa lettre… D’ailleurs précédemment, avec d’autres, ça avait été une bonne ½ heure d’entretien dans le bureau…

19h 30 : Du coup, on décide d’aller manger… Le Samsara a repris, contrairement à cet été sur le Deliziosa son fonctionnement habituel : on y va quand on veut, sans prévenir, entre 18h 30 et 21h… 🙂 Il n’est pas plein, loin de là, même si plusieurs couples arriveront après nous… Il n’y avait d’ailleurs ce soir que des tables de deux…Quant à la seconde salle « Samsara », elle n’est même pas « en service ». Par contre, les arrivées en permanence rendent le service assez lent (cela ne nous dérange pas) : il nous faudra presque une heure et quart pour manger entrée plat dessert… Mais le service est parfait, de bonne classe… 😛 Et c'était très bon... On aura l'occasion d'en reparler...

21h 15 : spectacle du « 1er service »… quelconque… 🤪 mais là, je crois qu’une fois qu’on a vu les spectacles du Fantasia, on devient trop exigeant, et Costa ne semble pas jouer « dans la même cour »… Espérons qu’il y aura quand même une ou deux « guest stars »…

22 h : un dernier petit alcool au « piano bar » du bout du pont 5, qui va sans doute devenir « notre bar », et retour cabine… Avec un constat qui reste à vérifier, mais surprenant pour un bateau qui se dit « de la musique » : en dehors de l’atrium au pont 3 et du « grand bar » au pont , aucune musique dans aucun autre bar avant 20 h 30 (contrôlé sur le Today) ! 😮😮 On n’avait jamais vu ça sur un bateau Costa… 😕

Eh bien il est temps maintenant, d’aller faire un dodo4… D’autant que dès demain, on passe à l’heure grecque…ça fait une heure de moins à dormir... mais j'ai de l'avance... 🙂
Concours photo de novembre 2011: Nature et paysages aux quatre coins du monde English translation pending
by Kate · 2011-11-01 · 271 replies
Bonjour à tous amis voyageurs photographes ou simplement voyageurs 🙂

Le concours de photo du mois de novembre est lancé aujourd'hui par le comité d'organisation composé du président directeur général Davek (grand gagnant du concours d'octobre sur le sujet "L'homme et l'animal") et de son adjointe Katelolo sur le thème :

“Nature et paysages aux quatre coins du monde"

Je vous donne ces quelques vers de Baudelaire et vous laisse les illustrer en images avec vos plus beaux souvenirs de voyage.

"Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers ! Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires, Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile ! Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons, Passer sur nos esprits, tendus comme une toile, Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu ?"

Le concours: - On poste 3 photos maximum par personne, jusqu'au 19 novembre à minuit. - Pour la bonne lisibilité du fil, merci de ne donner qu'une seule image par post. - Veuillez proposer uniquement des photos de paysages. Pas de villes ni de villages. La nature uniquement. - Vous pouvez nous faire voyager dans le monde entier, y compris en France.

Le vote: - On vote du 19 novembre à minuit jusqu'au 26 novembre à minuit. - 3 points pour le premier, 2 points pour le second, 1 point pour le troisième - Tout le monde peut voter, participant ou non, de préférence avec un petit commentaire pour expliquer son choix. - Le 27 novembre, proclamation des résultats. - Le vainqueur gagnera l'immense privilège d'organiser le concours du mois de décembre. - En cas d'égalité les vainqueurs s'arrangeront entre eux pour le concours suivant.

Pour les petits échanges entre amis, rendez-vous sur la discussion parallèle. http://voyageforum.com/v.f?do=post_edit;post=4584676;
Voyage aux Philippines en janvier 2012: votre avis sur mon itinéraire? English translation pending
by Fln · 2011-10-27 · 16 replies
je me permet de vous soumettre mon planning pour mon voyages aux philippines (départ le 8 janvier 2012), je m'aperçois que je passe beaucoup de temps dans les transports malheureusement.

Jour 1: arrivée à Manille à 22h25 Jour 2: Je reste sur manille repos et visite rapide Jour 3: départ pour Banaue 22h (apparemment il n y a que des cars de nuit? sait-tu s'il y a des appels de jours, ce serait plus idéal pour admirer les paysages Jour 4: arrivée Banaue Jour 5: visite rizière en terrasse banaue/Battad Jour 6: Banaue/batad - retour Manille (car de nuit sauf si je toruve car de jour) Jour 7: arrivée Manille -repos /visite manille _ ou départ immédiat pour Puerto Princessa??? Jour 8: Avion pour Puerto princessa -Arrivée PP, je reste dormir sur PP ou départ immédiat pour El nido Jour 9: départ El Nido -visite El Nido Jour 10: El Nido Jour 11: El Nido Jour 12: El Nido Jour 13: Port Barton Jour 14: Port Barton JOur 15:Retour PP -départ Manille Jour 16: départ Paris

Voila mon itinéraire, j'ai hesité à passer la totalité de mon séjour sur PAlawan, mais ce serait dommage de passer à côté de des rizières en terrasses qui offre un spectacle extraordinaire d'après les témoignages et photos que j'ai pu voir.

Est-ce que cela te semble faisable, il est vrai que je passe beaucoup de temps dans les transports, j'ai essayé de caler des jours de battements entre chaque déplacement afin de pouvoir se reposer un minimum, parce que enchainer 20 h de vol jusqu'à Manille puis 10 heures de car jusqu'à Banaue ça me semble un tant soit peu suicidaire.

Je me demande également si je ne devrai pas ajouter une journée de plus sur Baneue/batad parce que deux jours et demi ça me semble court.
Compte rendu de croisière "Dolce Vita" sur le Costa Serena du 15 au 22 octobre 2011 English translation pending
by Sylviannefd · 2011-10-22 · 189 replies
Voilà, nous sommes arrivés à Marseille vers 9heures ce matin, à midi nous déjeunions à la maison, les valises sont rangées (enfin pas très loin car nous repartons dans exactement 5 semaines🙂 pour la transat brésilienne sur le Costa Pacifica. C'est la première fois que nous rentrons pas totalement satisfaits, je ne dirais pas déçus, car beaucoup de choses ont été positives, mais c'est la première fois que nous avons noté pas mal de points négatifs (certainement dus à ce type de croisière répétitive pour le personnel), mais ce n'est pas une excuse😕. Samedi 15 octobre, l'embarquement devant commencer à 15heures , nous quittons la maison à la fin du match de rugby, personne sur la route, il est 13heures 50 quand nous arrivons dans le port de Marseille, heureusement que l'on voit les bateaux de loin, (aujourd'hui il y a le MSC Splendida, un bateau Carnival et le Costa Serena) car l'entrée du port semble à l'abandon😕 (un poste de police délabré et fermé, un poste de garde sans barrière) nous demandons à quelqu'un si c'est bien la route pour l'embarquement et le type nous répond "oui suivez le taxi" mais c'est bien connu à Marseille depuis que Luc Besson est passé par là impossible de suivre un taxi😉, donc nous avançons, dépassons le Splendida, le Carnival et arrivons au parking en face du Serena, il est pratiquement vide, (ce n'était pas le cas ce matin à notre retour) nous nous dirigeons vers le hall d'embarquement, au rez de chaussée laissons les valises à un employé prenons nos formulaires de santé et montons à l'étage. La salle est pleine, le Spendida et le Serena embarquent dans la même salle et les embarquements n'ont pas commencé. Nous passons au guichet, l'employée contrôle nos documents et nous dit que l'embarquement commence à 14 heures et que nous allons pouvoir embarquer immédiatement puisque nous sommes prioritaires🙂. Nous laissons passer 2 personnes en fauteuil, puis photo et départ vers le bateau, à notre arrivée sur le bateau nous sommes accueillis par Anne Laure hotesse francophone, les cabines sont prêtes, nous montons donc au pont 8 à l'avant où se trouve notre cabine, rien de particulier à dire, le bateau est récent mais plus ancien que le luminosa et le deliziosa et cela se voit, une tâche sur le canapé, la télécommande de la télé a des buggs🤪, le rideau de douche est troué, les cintres sont pour la plupart cassés, difficile de faire tenir les pantalons (une pince sur 2) etc😕😐, nous allons au buffet, nous prenons l'escalier donc Sophie je ne verrai pas tout de suite les personnages accrochés le long des murs😮, Le buffet est sombre, même si le bateau est beaucoup plus large que le Luminosa ou le Deliziosa l'agencement général fait qu'il y a moins de points où l'on peut se servir et des files d'attente un peu partout. Nous n'y passerons que pour se prendre un thé dans l'après-midi et quelque fois pour le traverser, car le pont 9 est un des rares ponts qui se traverse de la proue à la poupe (à part des étages de cabines) Après une rapide collation nous retournons à la cabine allons valider la Carte Visa et allons au restaurant Ceres voir où se situe notre table🤪 Quand Sandra m'a dit "table de 2 au deuxième service comme d'habitude" j'ai répondu ne marquez rien laissons faire Costa🤪😊 Notre table (8 personnes) se situe au pont 4 tout à l'arrière le long des baies vitrées. (belle table pour une croisière au Cap Nord au mois de juin😛) Pour nous rendre au restaurant Ceres depuis l'avant du bateau nous avons du descendre au pont 3, ne pouvant pas passer nous sommes montés au 4 puis au 5 et nous avons traversé, le grand bar, la chocolaterie😛, le casino, un autre bar avant de redescendre à l'arrière du bateau pour atteindre l'entrée du restaurant. De cette façon en 1/2 heure nous avions exploré le bateau😉 A tout à l'heure pour la suite
Problème pour Antelope Canyon et Arches National Park (Ouest américain) English translation pending
by Yoy · 2011-10-12 · 173 replies
Salut les Amis,

Je suis avec mon pere, nous sommes actuellement au Grand Canyon, et nous allons faire les Parc de l'Ouest. Nous sommes arrivé hier depuis Vegas.

J'ai deux questions: - Est ce que le parc de l'Arche est une obligation car cela nous amenes à faire 6h de route aller plus 6h retour. Donc est ce que ce Parc est un incontournable? - Et LA GROSSE QUESTION: Nous avons envie d'aller à ANTELOPE CANYON mais on arrive pas à voir comment faire? Et ou il se trouve. J'ai vu des images, mais j'arrive pas a le localiser sur des cartes! Il est pret de quel parc? Comment y aller?

1000 merci Yohann

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