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Trois semaines en Namibie en juillet 2012 English translation pending
Les membres du forum m'ont bien aidé pour ce voyage, cela mérite donc que je vous le raconte !
Le voyage a été préparé depuis octobre 2011, pour le prix des billets d'avion et également afin d'être certain de pouvoir séjourner là où on le souhaitait (comme par exemple Dolomite). Nous avons fait appel à Belafrica pour l'organisation, tout a été parfait, je recommande vivement !
Départ le 30 juin de Francfort via Air Namibia (680 € par personne, réservé très tôt)), vol direct pile à l'heure et sans encombre. Avion complet, service à bord correct. Le pilote annonce que l'avion est au maximum de son poids, le décollage prendra d'ailleurs un certain temps !
Arrivée à Windhoek à 5h, une heure pour passer le contrôle aux frontières... On récupère les bagages et on repère le représentant Asco qui nous dit qu'il faut attendre jusque 7h00 pour prendre la navette jusque Windhoek, soit... On en profite pour retirer de l'argent. Dans les grandes villes, Visa et Mastercard fonctionnent dans les banques (guichets automatiques), ailleurs, on trouve des ATM dans les stations services mais Mastercard n'est pas bien acceptée. A Etosha, les cartes sont acceptées, ailleurs, c'est souvent le cas mais cela ne fonctionne pas toujours... on gardait toujours l'équivalent de 400 € avec nous...
Sur la route vers Windhoek, babouins, girafes, ... l'aventure commence...
Prix du carburant : 1 € le litre de diesel. Nourriture : de 15 à 22 € pour un repas en lodge (quand ce n'était pas réservé). C'est moins cher au sud et à Swakopmund, plus cher au nord et à Etosha. Les repas se prennent souvent à heure fixe dans les lodges. Nous avons très bien mangé en Namibie (je n'ai pas dit que c'est gastronomique non plus). Supermarchés : très bien fournis dans les villes, plus on s'éloigne, plus le choix est restreint... il faut calculer en fonction du trajet et de la capacité du frigo de la voiture... Hygiène : eau potable partout sauf à Epupa Falls, 23 jours à huit et pas un malade et nous n'avons fait attention à rien. N'ayez donc pas peur des légumes, glaçons, ... Sécurité : pas de problème, si vous vous arrêtez dans les villes, donnez 0.5 ou 1 € pour garder votre voiture. Artisanat : si vous faites un stop à Opuwo, vous serez gentiment sollicités sans agressivité et ce n'est pas cher. Nous avons fait un stop à Okahandja au retour, il faut négocier ferme (couper le prix au moins en trois) car nous avons constaté des prix nettement moins cher à l'aéroport... Beau choix aussi à Epupa en négociant. Vêtements : les contrastes de température sont impressionnants, prendre des vêtements chauds. Une heure après le lever du soleil, on enlève tout. Matériel à ne pas oublier : sacs à viande (il fait froid la nuit), lampes frontales (ledlenser), jumelles, talkie de 5 watts pour communiquer avec l'autre véhicule (il faut laisser plusieurs km entre les voitures à cause de la poussière), multi-prises et chargeurs 12v car il y a beaucoup d'endroits sans prise de courant...
Conduite : pas de grandes difficultés, conduite majoritairement en 4x2. 4x4 à Sesriem pour le sable et à quelques endroits hors-piste (Palmwag). Avec un 4x4, on ne se pose pas de question sur les endroits à visiter. Pour la vitesse, les pistes sont très bonnes, bien signalées mais il est clair qu'au dessus de 90 km/h, ça commence à glisser et on s'est fait peur deux fois à 100 km/h dont une glissade en ligne droite. La conduite nécessite d'être très vigilant et je ralentissais et serrais à gauche lorsque je croisais quelqu'un, ce qui a permis de revenir avec un pare-brise intact. La voiture a un peu souffert à Palmwag en hors pistes mais sans griffe profonde, pas de remarque à la remise du véhicule (nous avions été prévenus que la peinture ne devait pas être mise à nu).
Les pistes sont plus caillouteuses au Nord, entre Palmwag et Epupa. Beaucoup de monde sur les pistes au nord, la prudence s'impose. Les ânes sont vraiment idiots...
Organisation : nous pensions organiser le voyage seuls mais après réflexion, nous avons fait appel à un agence. En effet, il n'est pas toujours simple de réserver à distance et il faut faire des virements internationaux, il y a des frais. Les tarifs pratiqués par Belafrica correspondent à ceux affichés sur les sites internet des lodges, loueurs de voitures, ... J'ai contacté plusieurs agences en spécifiant nos souhaits (mélange de camping et de lodges, randonnées, ...) et celle qui a le mieux répondu à nos souhaits est Belfrica (merci Vincent). Je n'avis plus fait de camping depuis très longtemps et dormir dans une tente de 1.2 m de large me faisait un peu peur. A posteriori, les soirées campings ont été plus sympas que les soirées lodges. Ceci étant, pour le confort, un mélange, c'est bien.
Nous avons loué deux Toyota Hilux avec tentes de toit (nous somme huit) et il faudra un peu de patience pour en disposer. Elles sont prêtes mais il y a un peu de monde, il faut faire des papiers, il faut remplir les véhicules avec le matériel, etc... Nous optons pour une réduction partielle de franchises, qui ne servira à rien... Nous avons choisi Asco car c'est moitié prix jusqu'au 15 juillet. Il y a des adaptateurs USB dans les voitures pour votre musique préférée.
Il y a un beau papier sur le pare-brise indiquant la présence d'un mouchard dans le véhicule... nous voilà prévenus... Les véhicules sont équipés avec tout ce qui est nécessaire pour le camping, y compris un frigo de 50 l, 50 l d'eau, 140 l de carburant, etc, ... Pour les bagages, il est important de prendre des sacs plutôt que des valises afin d'éviter de s'arracher les cheveux pour que tout rentre le matin et le soir...
Les véhicules sont quasi neufs et les pneus sont très adaptés, de type mudstar. Je n'ai pas vu beaucoup de véhicules de location avec des pneus de ce type. Nous avions deux roues de secours, une neuve et une beaucoup moins. Pas de crevaison à signaler.
Pour les tentes : nous avons beaucoup hésité entre dormir par terre ou sur le toit... conclusion : beaucoup de personnes dorment dans des tentes classiques, l'avantage est de se déplacer plus facilement car une fois les tentes de toit déployées, on ne bouge plus. Ca pose problème si on reste plusieurs jours de suite dans le même camping... Si on opte pour des tentes sur le sol, il faut toujours bien les fermer car il y a des petits chapardeurs, ratel, mangouste, singes, surtout au nord. J'ai pas vu de serpent et de scorpion mais il y en a.
Moustiques : on a pris de la malarone par prudence à Epupa et Kunene river lodge mais ce n'était pas nécessaire. Ceci étant, il ne faut pas rigoler avec la malaria et la dépense pour se prémunir n'est pas si importante par rapport au budget du voyage.
Nous quittons Asco vers 11h et direction le supermarché ouvert le dimanche jusque 13h. Nous avons suivis les conseils de Vincent : pas de journée à Windhoek et direction le sud le premier jour. C'est difficile vu la fatigue mais ce n'est pas une longue étape. Pas de regrets car après avoir traversé Windhoek deux fois, la ville n'est pas très excita, te, c'est très européen.
Direction Mariental, vers l'Anib Lodge. On fait bien évidemment trop d'arrêts, premiers animaux, pourtant on sait qu'on les verra mieux à Etosha mais soit... Arrivée vers 16h30 à l'Anib Lodge, superbe lodge et juste à temps pour un game drive (la fatigue des derniers km s'est subitement estompée). Premiers animaux et apéro sur une dune rouge au coucher du soleil, c'est magique. Ah, les couchers de soleil et les étoiles en Namibie, on en frissonne rien que d'y penser...
Repas sympa le soir et le personnel pousse ensuite la chansonnette.
Lendemain matin, balade de 5 km autour du lodge. Vraiment un bel endroit.
Départ vers Keetmanshop au Quivertree forest camp. Logement en bungalow confortable. Accueil un peu quelconque par le proprio mais l'endroit est superbe. Le coucher du soleil sur les quivertree (5 € par personne) est un must. On assiste au nourissage des guépards de la ferme (gratuit).
Repâs simple à la ferme le soir et dodo tôt.
Lever à l'aube pour assister au lever du soleil mais il fait assez bien nuageux. Petit dej et départ vers Giant Playground, petite balade sans soleil, dommage l'endroit est sympa.
Ensuite route vers Fish River Canyon. Arrêt au bord du canyon. Joli (mais nous sommes allés plusieurs fois au grand canyon) mais ici, nous regrettons de ne pas pouvoir descendre... c'est interdit à la journée.
Soirée et nuit au canyon roadhouse, superbe endroit.
Petite balade le matin dans les collines, sans trop d'intérêt.
Nous reprenons la route vers notre prochaine étape, Aus. Sur les conseils du fermier de quivertree, nous allons vers Aïs Aïs car il y aurait une route sympa le long de la rivière. Arrivès à AÏs Aïs, nous demandons où se situe cette route et on nous dit qu'elle n'existe plus... nous descendons donc vers la rivère Orange et remontons via Ros Pinah. C'est long comme détour mais c'est magnifique ! Pique nique au bord de la rivière orange. Nous arriverons à la tombée du jour (raté pour le coucher du soleil) à Klein Aus Vista. Premier montage des tentes à la lumière des lampes frontales, tout se passe bien pour cette première fois. Nous irons manger au lodge, très bon repas.
Le lendemain matin, balade derrière le camping, dans les collines. Le paysage au sommet est époustouflant.
Nous reprenons ensuite la route vers Koiimasis. Arrêt pour les chevaux du désert (bof). Nous avons pris notre temps pour la balade du matin, nous n'irons pas à Luderitz.
Le paysage (et la route pour y arriver) à Koiimasis est superbe, bel emplacement de camping. Ciel fantastique la nuit.
Le lendemain matin, nous décidons d'aller directement vers Sesriem. Nous arrivons début d'après-midi et après un pique nique, direction la dune elim. Grimper dans le sable est fatiguant mais la vue est une superbe récompense. Il y a de gros nuages avec de belles éclaircies et même deux gouttes de pluie ! On dinera ensuite au lodge, le responsable du camp est très sympa.
Petit truc, profitez du camping de Sesriem campsite pour la lessive proposée par les dames qui sont en charge des sanitaires, 10 € pour une petite valise de linge, imbattable.
Lever très tôt pour profiter de, l'ouverture du parc avant le lever du soleil. Oups, vers 4h30, je ne vois pas d'étoiles, il fait donc très nuageux. On reporte un peu mais en se tenant prêts... Il se met finalement à pleuvoir et il y a très peu de véhicules à l'entrèe du parc (visible depuis notre emplacement). On se présente une première fois peu après l'ouverture à l'entrée du parc mais il se met à pleuvoir vraiment fort( si si c'est vrai). Demi tour et petit déjeuner tranquille au lodge.
Entrée ensuite dans le parc sous la pluie mais les éclaircies arrivent et les dunes prises dans les nuages bas avec les premiers rayons du soleil, vraiment beau... Nous allons directement vers big daddy. On hésite pour le sable mais on se lance finalement en se disant que le sable est mouillé et que cela devrait être plus facile. Nous ne dégonflons même pas et ça passe sans encombre. Vitesse courte, quatrième ou cinquième.
Nous allons grimper au sommet de big daddy, dur dur mais qu'est que c'est beau las haut (et moins cher qu'un survol... 😉 ). C'est tout de m^me 300 m de dénivelé.
Descente tout droit (et en courant pour les ados) vers Dead Vlei. Superbes photos sous un ciel maintenant radieux.
Direction ensuite Sossusvlei.
Nous quittons à regret ce superbe endroit vers Camp Gecko pour ne pas rater le coucher du soleil.
A bientôt pour la suite.🙂
Le voyage a été préparé depuis octobre 2011, pour le prix des billets d'avion et également afin d'être certain de pouvoir séjourner là où on le souhaitait (comme par exemple Dolomite). Nous avons fait appel à Belafrica pour l'organisation, tout a été parfait, je recommande vivement !
Départ le 30 juin de Francfort via Air Namibia (680 € par personne, réservé très tôt)), vol direct pile à l'heure et sans encombre. Avion complet, service à bord correct. Le pilote annonce que l'avion est au maximum de son poids, le décollage prendra d'ailleurs un certain temps !
Arrivée à Windhoek à 5h, une heure pour passer le contrôle aux frontières... On récupère les bagages et on repère le représentant Asco qui nous dit qu'il faut attendre jusque 7h00 pour prendre la navette jusque Windhoek, soit... On en profite pour retirer de l'argent. Dans les grandes villes, Visa et Mastercard fonctionnent dans les banques (guichets automatiques), ailleurs, on trouve des ATM dans les stations services mais Mastercard n'est pas bien acceptée. A Etosha, les cartes sont acceptées, ailleurs, c'est souvent le cas mais cela ne fonctionne pas toujours... on gardait toujours l'équivalent de 400 € avec nous...
Sur la route vers Windhoek, babouins, girafes, ... l'aventure commence...
Prix du carburant : 1 € le litre de diesel. Nourriture : de 15 à 22 € pour un repas en lodge (quand ce n'était pas réservé). C'est moins cher au sud et à Swakopmund, plus cher au nord et à Etosha. Les repas se prennent souvent à heure fixe dans les lodges. Nous avons très bien mangé en Namibie (je n'ai pas dit que c'est gastronomique non plus). Supermarchés : très bien fournis dans les villes, plus on s'éloigne, plus le choix est restreint... il faut calculer en fonction du trajet et de la capacité du frigo de la voiture... Hygiène : eau potable partout sauf à Epupa Falls, 23 jours à huit et pas un malade et nous n'avons fait attention à rien. N'ayez donc pas peur des légumes, glaçons, ... Sécurité : pas de problème, si vous vous arrêtez dans les villes, donnez 0.5 ou 1 € pour garder votre voiture. Artisanat : si vous faites un stop à Opuwo, vous serez gentiment sollicités sans agressivité et ce n'est pas cher. Nous avons fait un stop à Okahandja au retour, il faut négocier ferme (couper le prix au moins en trois) car nous avons constaté des prix nettement moins cher à l'aéroport... Beau choix aussi à Epupa en négociant. Vêtements : les contrastes de température sont impressionnants, prendre des vêtements chauds. Une heure après le lever du soleil, on enlève tout. Matériel à ne pas oublier : sacs à viande (il fait froid la nuit), lampes frontales (ledlenser), jumelles, talkie de 5 watts pour communiquer avec l'autre véhicule (il faut laisser plusieurs km entre les voitures à cause de la poussière), multi-prises et chargeurs 12v car il y a beaucoup d'endroits sans prise de courant...
Conduite : pas de grandes difficultés, conduite majoritairement en 4x2. 4x4 à Sesriem pour le sable et à quelques endroits hors-piste (Palmwag). Avec un 4x4, on ne se pose pas de question sur les endroits à visiter. Pour la vitesse, les pistes sont très bonnes, bien signalées mais il est clair qu'au dessus de 90 km/h, ça commence à glisser et on s'est fait peur deux fois à 100 km/h dont une glissade en ligne droite. La conduite nécessite d'être très vigilant et je ralentissais et serrais à gauche lorsque je croisais quelqu'un, ce qui a permis de revenir avec un pare-brise intact. La voiture a un peu souffert à Palmwag en hors pistes mais sans griffe profonde, pas de remarque à la remise du véhicule (nous avions été prévenus que la peinture ne devait pas être mise à nu).
Les pistes sont plus caillouteuses au Nord, entre Palmwag et Epupa. Beaucoup de monde sur les pistes au nord, la prudence s'impose. Les ânes sont vraiment idiots...
Organisation : nous pensions organiser le voyage seuls mais après réflexion, nous avons fait appel à un agence. En effet, il n'est pas toujours simple de réserver à distance et il faut faire des virements internationaux, il y a des frais. Les tarifs pratiqués par Belafrica correspondent à ceux affichés sur les sites internet des lodges, loueurs de voitures, ... J'ai contacté plusieurs agences en spécifiant nos souhaits (mélange de camping et de lodges, randonnées, ...) et celle qui a le mieux répondu à nos souhaits est Belfrica (merci Vincent). Je n'avis plus fait de camping depuis très longtemps et dormir dans une tente de 1.2 m de large me faisait un peu peur. A posteriori, les soirées campings ont été plus sympas que les soirées lodges. Ceci étant, pour le confort, un mélange, c'est bien.
Nous avons loué deux Toyota Hilux avec tentes de toit (nous somme huit) et il faudra un peu de patience pour en disposer. Elles sont prêtes mais il y a un peu de monde, il faut faire des papiers, il faut remplir les véhicules avec le matériel, etc... Nous optons pour une réduction partielle de franchises, qui ne servira à rien... Nous avons choisi Asco car c'est moitié prix jusqu'au 15 juillet. Il y a des adaptateurs USB dans les voitures pour votre musique préférée.
Il y a un beau papier sur le pare-brise indiquant la présence d'un mouchard dans le véhicule... nous voilà prévenus... Les véhicules sont équipés avec tout ce qui est nécessaire pour le camping, y compris un frigo de 50 l, 50 l d'eau, 140 l de carburant, etc, ... Pour les bagages, il est important de prendre des sacs plutôt que des valises afin d'éviter de s'arracher les cheveux pour que tout rentre le matin et le soir...
Les véhicules sont quasi neufs et les pneus sont très adaptés, de type mudstar. Je n'ai pas vu beaucoup de véhicules de location avec des pneus de ce type. Nous avions deux roues de secours, une neuve et une beaucoup moins. Pas de crevaison à signaler.
Pour les tentes : nous avons beaucoup hésité entre dormir par terre ou sur le toit... conclusion : beaucoup de personnes dorment dans des tentes classiques, l'avantage est de se déplacer plus facilement car une fois les tentes de toit déployées, on ne bouge plus. Ca pose problème si on reste plusieurs jours de suite dans le même camping... Si on opte pour des tentes sur le sol, il faut toujours bien les fermer car il y a des petits chapardeurs, ratel, mangouste, singes, surtout au nord. J'ai pas vu de serpent et de scorpion mais il y en a.
Moustiques : on a pris de la malarone par prudence à Epupa et Kunene river lodge mais ce n'était pas nécessaire. Ceci étant, il ne faut pas rigoler avec la malaria et la dépense pour se prémunir n'est pas si importante par rapport au budget du voyage.
Nous quittons Asco vers 11h et direction le supermarché ouvert le dimanche jusque 13h. Nous avons suivis les conseils de Vincent : pas de journée à Windhoek et direction le sud le premier jour. C'est difficile vu la fatigue mais ce n'est pas une longue étape. Pas de regrets car après avoir traversé Windhoek deux fois, la ville n'est pas très excita, te, c'est très européen.
Direction Mariental, vers l'Anib Lodge. On fait bien évidemment trop d'arrêts, premiers animaux, pourtant on sait qu'on les verra mieux à Etosha mais soit... Arrivée vers 16h30 à l'Anib Lodge, superbe lodge et juste à temps pour un game drive (la fatigue des derniers km s'est subitement estompée). Premiers animaux et apéro sur une dune rouge au coucher du soleil, c'est magique. Ah, les couchers de soleil et les étoiles en Namibie, on en frissonne rien que d'y penser...
Repas sympa le soir et le personnel pousse ensuite la chansonnette.
Lendemain matin, balade de 5 km autour du lodge. Vraiment un bel endroit.
Départ vers Keetmanshop au Quivertree forest camp. Logement en bungalow confortable. Accueil un peu quelconque par le proprio mais l'endroit est superbe. Le coucher du soleil sur les quivertree (5 € par personne) est un must. On assiste au nourissage des guépards de la ferme (gratuit).
Repâs simple à la ferme le soir et dodo tôt.
Lever à l'aube pour assister au lever du soleil mais il fait assez bien nuageux. Petit dej et départ vers Giant Playground, petite balade sans soleil, dommage l'endroit est sympa.
Ensuite route vers Fish River Canyon. Arrêt au bord du canyon. Joli (mais nous sommes allés plusieurs fois au grand canyon) mais ici, nous regrettons de ne pas pouvoir descendre... c'est interdit à la journée.
Soirée et nuit au canyon roadhouse, superbe endroit.
Petite balade le matin dans les collines, sans trop d'intérêt.
Nous reprenons la route vers notre prochaine étape, Aus. Sur les conseils du fermier de quivertree, nous allons vers Aïs Aïs car il y aurait une route sympa le long de la rivière. Arrivès à AÏs Aïs, nous demandons où se situe cette route et on nous dit qu'elle n'existe plus... nous descendons donc vers la rivère Orange et remontons via Ros Pinah. C'est long comme détour mais c'est magnifique ! Pique nique au bord de la rivière orange. Nous arriverons à la tombée du jour (raté pour le coucher du soleil) à Klein Aus Vista. Premier montage des tentes à la lumière des lampes frontales, tout se passe bien pour cette première fois. Nous irons manger au lodge, très bon repas.
Le lendemain matin, balade derrière le camping, dans les collines. Le paysage au sommet est époustouflant.
Nous reprenons ensuite la route vers Koiimasis. Arrêt pour les chevaux du désert (bof). Nous avons pris notre temps pour la balade du matin, nous n'irons pas à Luderitz.
Le paysage (et la route pour y arriver) à Koiimasis est superbe, bel emplacement de camping. Ciel fantastique la nuit.
Le lendemain matin, nous décidons d'aller directement vers Sesriem. Nous arrivons début d'après-midi et après un pique nique, direction la dune elim. Grimper dans le sable est fatiguant mais la vue est une superbe récompense. Il y a de gros nuages avec de belles éclaircies et même deux gouttes de pluie ! On dinera ensuite au lodge, le responsable du camp est très sympa.
Petit truc, profitez du camping de Sesriem campsite pour la lessive proposée par les dames qui sont en charge des sanitaires, 10 € pour une petite valise de linge, imbattable.
Lever très tôt pour profiter de, l'ouverture du parc avant le lever du soleil. Oups, vers 4h30, je ne vois pas d'étoiles, il fait donc très nuageux. On reporte un peu mais en se tenant prêts... Il se met finalement à pleuvoir et il y a très peu de véhicules à l'entrèe du parc (visible depuis notre emplacement). On se présente une première fois peu après l'ouverture à l'entrée du parc mais il se met à pleuvoir vraiment fort( si si c'est vrai). Demi tour et petit déjeuner tranquille au lodge.
Entrée ensuite dans le parc sous la pluie mais les éclaircies arrivent et les dunes prises dans les nuages bas avec les premiers rayons du soleil, vraiment beau... Nous allons directement vers big daddy. On hésite pour le sable mais on se lance finalement en se disant que le sable est mouillé et que cela devrait être plus facile. Nous ne dégonflons même pas et ça passe sans encombre. Vitesse courte, quatrième ou cinquième.
Nous allons grimper au sommet de big daddy, dur dur mais qu'est que c'est beau las haut (et moins cher qu'un survol... 😉 ). C'est tout de m^me 300 m de dénivelé.
Descente tout droit (et en courant pour les ados) vers Dead Vlei. Superbes photos sous un ciel maintenant radieux.
Direction ensuite Sossusvlei.
Nous quittons à regret ce superbe endroit vers Camp Gecko pour ne pas rater le coucher du soleil.
A bientôt pour la suite.🙂
Urgent: problème avec la justice à Bangkok, drogue English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis nouvelle sur ce forum et ai besoin de votre aide urgente. Je vous explique rapidement la situation. Un ami s'est fait arrêter à Bangkok parce qu'il a malheureusement accepté du cannabis, la police lui est tombée dessus. Il a fait deux jours de prison et il l'ont relâché contre de l'argent tout en gardant son passeport. Donc interdiction de quitter le territoire pendant 45 jours, jusqu'au procès fin novembre. Je vous écris car je voudrais savoir si vous savez ce qu'il risque? Est ce qu'un d'entre vous a déjà été confronté a ca? Doit il prendre un avocat? Lequel? L'ambassade refuse de l'aider (ingérence...), a qui peut il s'adresser la bas?? Le jour du procès, doit il plaider coupable? En vous remerciant par avance!!! Merci.
Je suis nouvelle sur ce forum et ai besoin de votre aide urgente. Je vous explique rapidement la situation. Un ami s'est fait arrêter à Bangkok parce qu'il a malheureusement accepté du cannabis, la police lui est tombée dessus. Il a fait deux jours de prison et il l'ont relâché contre de l'argent tout en gardant son passeport. Donc interdiction de quitter le territoire pendant 45 jours, jusqu'au procès fin novembre. Je vous écris car je voudrais savoir si vous savez ce qu'il risque? Est ce qu'un d'entre vous a déjà été confronté a ca? Doit il prendre un avocat? Lequel? L'ambassade refuse de l'aider (ingérence...), a qui peut il s'adresser la bas?? Le jour du procès, doit il plaider coupable? En vous remerciant par avance!!! Merci.
Carnet de voyage en Norvège (juillet 2011) English translation pending
Information sur programme : le site des DKP
Parcours en Norvège de Kristiansand à Trondheim Transport = voiture Hébergement = camping (emplacement tente) Monnaie : couronne norvégienne, écrit "NOK" ou "kr" (1€=7,60 kr)
JOUR 1 : 09/07 : Paris/Osnabrück (Allemagne) – 16° à 23° – pluie – 680 kms
C’est le départ depuis Paris en voiture par l’autoroute du nord jusqu’à Cambrai, puis direction Valenciennes. On passe en Belgique vers 12h30, il pleut pas mal depuis le départ. Nous passons à proximité de Mons, Namur et Liège, à 14h30, on entre en Allemagne à hauteur de Aix la Chapelle, le temps s’améliore, puis vers 17h, il est temps de chercher un camping. On est à côté de la ville de Osnabrück. Le camping s’appelle "Niedersachsenhof". On s’installe avec des hollandais et allemands en camping-car. C’est parfait pour passer la nuit, tente montée en 5 minutes. (emplacement 5€ et 4,50€ par personne, douches gratuites)
Parcours en Norvège de Kristiansand à Trondheim Transport = voiture Hébergement = camping (emplacement tente) Monnaie : couronne norvégienne, écrit "NOK" ou "kr" (1€=7,60 kr)
JOUR 1 : 09/07 : Paris/Osnabrück (Allemagne) – 16° à 23° – pluie – 680 kms
C’est le départ depuis Paris en voiture par l’autoroute du nord jusqu’à Cambrai, puis direction Valenciennes. On passe en Belgique vers 12h30, il pleut pas mal depuis le départ. Nous passons à proximité de Mons, Namur et Liège, à 14h30, on entre en Allemagne à hauteur de Aix la Chapelle, le temps s’améliore, puis vers 17h, il est temps de chercher un camping. On est à côté de la ville de Osnabrück. Le camping s’appelle "Niedersachsenhof". On s’installe avec des hollandais et allemands en camping-car. C’est parfait pour passer la nuit, tente montée en 5 minutes. (emplacement 5€ et 4,50€ par personne, douches gratuites)
Arnaque en Tunisie: le nouveau truc à la mode English translation pending
attention en Tunisie, que ce soit Djerba ou Hammamet à l'approche des souks.. un nouveau système d'arnaque à vue le jour depuis quelques temps .. Un tunisien vous aborde dans la rue en vous disant bonjour, comment allez vous ? vous vous souvenez de moi ? non ?? ohhhh je suis serveur ou cusinier ou animateur ( les versions différent parfois ) dans votre hôtel ... et si vous avez un petit bracelet signifiant le All inclusive .. ils reconnaissent tout de suite l'hotel et n'hésite pas à vous donner d'emblée le nom .... comme ils sont super chaleureux, sympathique etc.... votre méfiance est au repos ..et en un rien de temps vous voilà propulser dans une magasin de tapis ou une boutique de souvenir .. et ça c'est plusieurs fois par jour... et à chaque fois que vous aller dans les souks ... résultats au début ça fait rigoler mais à la 5eme fois on a envie de leur foutre des baffes et qu'ils arrêtent de se foutre de notre gueule comme ça .. en plus dans les boutiques l'accroche est de plus en plus agressive et je me demande comment s'en sortent ceux qui sont un peu influençable ou n'osent pas dire non, ou parfois s'ennerver pour réussir à sortir de leur boutique .. alors attention à ça .. si on vous aborde dans la rue .. soyez méfiant .. c"est rarement par gentillesse ou par envie de vous faire visiter les endroits sympas de la médina .. pensez que leur seul objectif c'est de vous rabattre vers un commerce ....
Un mois inoubliable en Argentine - l'itinéraire et les informations pratiques English translation pending
Un mois en Argentine 2010/2011
Patagonie – NOA (Salta et sa région) – Iguazú – Buenos Aires
Pour ceux qui souhaitent découvrir l'Argentine, voici notre expérience d'un voyage inoubliable d'un mois: l'itinéraire que nous avons parcouru (y compris nos "coups de cœur" et nos conseils) et les informations pratiques sur les coûts, le transport, l'hébergement et les excursions.
ITINERAIRE
1. Lu 6/12: Bruxelles – Madrid - Rio de Janeiro (avion)
2. Ma 7/12: Rio de Janeiro – Buenos Aires (avion)
3. Me 8/12: Puerto Madryn – Ushuaia (avion), 3 nuits à Ushuaia (hostel Torre al Sur)
Notre voyage commence par une grève sauvage des contrôleurs aériens espagnols. On part trois jours plus tard ce qui nous fait perdre notre premier vol interne et par conséquent, on doit sauter la première étape de notre voyage…
Plan original: départ vendredi soir, arrivée à Buenos Aires samedi matin, avion pour Trelew dimanche après-midi, 3 nuits à Puerto Madryn, excursions à Punta Tombo (1 jour, manchots de Magellan) et Peninsula Valdés (1 jour, baleines).
Plan modifié: départ lundi matin, arrivée à Buenos Aires mardi matin, bus pour Puerto Madryn mardi après-midi, arrivée à Puerto Madryn mercredi matin, départ à Ushuaia mercredi soir… Enfin, reprise de notre plan original!
Première rencontre avec la Patagonie à couper le souffle: Ushuaia et le canal Beagle vus du ciel.
4. (Je 9/12): Ushuaia: laguna Esmeralda
Dans la matinée, on part pour un petit trekking dans la Valle de los Lobos pour arriver à la laguna Esmeralda. La balade n'est pas très bien indiquée, on se perd dans les marais sous la pluie mais les paysages et la laguna en valent la peine… On passe l'après-midi relax à Ushuaia et le soir on goute pour la première fois la viande – vraiment aussi bonne qu'on le dit.
5. (Ve 10/12): Ushuaia: canal Beagle et Parque National Tierra del Fuego
A 9h, on part pour une navigation sur le canal de Beagle, une excursion de 5h. On fait cette excursion notamment pour voir les manchots de Magellan qu'on a ratés à Puerto Madryn. On voit également des lions de mer, des cormorans royaux, le phare des'éclaireurs et une estancia.
Après la navigation, on part au Parque National Tierra del Fuego, on commence la balade à la fin de la ruta 3 et on continue par une partie de "Sendero Costero" (on n'a pas eu assez de temps, il vaut mieux prévoir une journée entière). De nouveau, on a eu de la pluie. Le parc est aménagé pour des balades faciles, pas de trekking sauvage et difficile. S'il faut choisir, le trekking à El Chaltén est bien plus impressionnant.
6. (Sa 11/12): Ushuaia – El Calafate (avion), 2 nuits à El Calafate (hostel Lago Argentino)
On arrive à El Calafate en début d'après-midi, un paysage complètement différent de celui à Ushuaia. On est impressionné par la couleur turquoise du Lago Argentino derrière lequel se dressent les montagnes couvertes de neige. A l'hôtel, où le personnel est très efficace, on réserve en quelques minutes l'excursion "Big Ice" au glacier Perito Moreno le lendemain (avec Hielo y aventura), le prochain hôtel, le bus pour El Chaltén, le bus pour Bariloche et on fait laver notre linge. On loue des vélos pour découvrir la ville, il fait très bon mais avec un vent très fort ce qui rend la ballade assez difficile… Avec nos jumelles, on peut observer des flamands roses.
7. (Di 12/12): El Calafate: glacier Perito Moreno
A 7h, on part pour l'excursion "Big Ice" qui va rester un highlight de notre voyage. On commence la visite par les passerelles (1h), ensuite on prend le bateau pour arriver à la forêt à côté du glacier (10min), on passe par la forêt (1h) pour arriver à l'endroit où on est divisé en trois groupes de 10 personnes et on commence le trekking sur le glacier (3h30), avec des crampons aux pieds. Ce qu'on voit est absolument magnifique, on est au milieu du glacier avec des lagunes bleues. Il faut une bonne condition physique pour cette excursion et prévoir de la nourriture (on peut aussi acheter des sandwichs aux passerelles) sans oublier les crèmes solaires etc. On est de retour à El Calafate vers 17h.
8. (Lu 13/12): El Calafate – El Chaltén (bus), 2 nuits à El Chaltén (hostel Patagonia): trekking Laguna Torre (6h, Cerro Torre)
On quitte El Calafate pour une nouvelle destination, El Chaltén (à 3h en bus). Sur la route, on voit des paysages magnifiques et en arrivant à El Chaltén, on a la chance de voir les deux pics – Cerro Torre et Fitz Roy. On dépose les bagages à l'hôtel (réservé par le biais de l'hôtel précédent) et on part pour le trekking ver la Laguna Torre pour une vue sur le Cerro Torre. Il fait très beau mais il y a du vent (comme partout en Patagonie).
9. (Ma 14/12): El Chaltén: trekking Laguna de los Tres (8-10h, Cerro Fitz Roy)
Troisième jour de trekking – cette fois-ci vers la Laguna de los Tres pour une vue sur Cerro Fitz Roy. On découvre également Laguna Sucia et Laguna Capri. La journée est ensoleillée, le trekking est long mais, à part la dernière montée assez dur(prévoir une heure de grimpette), pas trop difficile. Le temps prévu par les guides est de 8h aller-retour, on le fait à l'aise en 10h. En termes de beauté naturelle, on classe cette excursion à côté de celle au glacier Perito Moreno.
10. (Me 15/12): El Chaltén – Perito Moreno (bus), 1 nuit au village Perito Moreno (hôtel Belgrano)
Après un très bon petit-déjeuner dans le bar à côté de l'hostel, on entame notre "road trip" sur la légendaire ruta 40 avec la destination finale – Bariloche. Il fait nuageux, le Cerro Torre n'est pas visible. On passe la majeure partie du premier jour (de 9h à 21h) sur la route non asphaltée... On passe par des paysages presque deserts. On passe la nuit au village Perito Moreno (pas intéressant, mais une étape obligatoire) dans un hôtel sans charme.
11. (Je 16/12): Perito Moreno – Bariloche (bus), 2 nuits à Bariloche (hostel Periko's)
On arrive à Bariloche après une journée dans le bus vers 21h. On demande à l'hôtel de nous réserver une voiture pour le lendemain.
12. (Ve 17/12): Bariloche: Ruta de los Siete lagos
On part (à 10h30) à la découverte de la route des sept lacs. La route (RN 234) est d'abord asphaltée maispas pour longtemps – très vite on se retrouve sur une route caillouteuse et tout sauf reposante. On passe par Villa la Angostura, on croise plusieurs lacs (on ne sait pas s'ils sont vraiment sept…), les paysages sont beaux, on dirait les Alpes. San Martin de los Andes, où on s'arrête, est mignon mais trop petit et on est content de passer la nuit à Bariloche plutôt qu'ici (contrairement ce qu'on conseille sur les forums). Au retour (RP 63, RN 237), on passe par la Vallée enchantée, un paysage assez intéressant, notamment pour ceux qui ne vont pas visiter le nord-ouest. On rend la voiture (à 19h30), on se dit que c'est presque par miracle qu'on ne l'ai pas endommagée vu l'état des routes… On termine notre séjour à Bariloche par une fondue suisse J
13. (Sa 18/12): Bariloche – Mendoza (bus de nuit, 16h)
14. (Di 19/12): arrivée à Mendoza: Maipú (route de vin), 1 nuit à Mendoza (hostel Campo Base)
On arrive à Mendoza à 8h du matin, après 16h de bus. La ville est encore endormie, c'est dimanche. Après avoir acheté un ticket de bus pour Salta pour la suite et après s'être installé à l'hôtel, on part à Maipú pour découvrir les fameux vignobles. Le départ est compliqué car on n'a pas de monnaie pour le bus (10-173). On finit par acheter une carte pour 3 AR (mais difficile à trouver) – on conseille vivement d'avoir de la monnaie pour Mendoza si vous voulez utiliser le transport public (de même pour Buenos Aires). On loue des vélos chez Coco Bikes (comme conseillé dans Lonely Planet). Il y a pas mal de trafic ce qui rend la ballade un peu pénible. On visite la seule bodega ouverte le dimanche, CARINAE (20 AR la visite avec la dégustation). On a préféré les vignobles autour de Cafayate dans le nord-ouest.
15. (Lu 20/12): Mendoza – Salta (bus de nuit, 18h)
16. (Ma 21/12): arrivée à Salta, 1 nuit à Salta (hostel Condor Pass)
Après avoir trouvé un hostel, on loue une voiture pour 5 jours. L'agence nous aide avec notre itinéraire (boucle au sud et au nord de Salta, on commence par le sud). On visite ensuite la ville et on monte en téléphérique sur la colline qui surplombe la ville.
17. (Me 22/12): Salta – Cafayate ("Quebrada de las Conchas") – ruines de Quilmes, nuit à Cafayate (hostel Rusty K)
Première jour de notre road trip: RN 68, 320km, 10:00 – 15:00 (5h): Salta – Cafayate, 15:30 – 18:30 (3h): Cafayate – ruines de Quilmes – Cafayate, route asphaltée à part une petite partie près des ruines de Quilmes
La route est asphaltée mais peut être dangereuse à cause des pierres qui se décrochent des parois rocheuses et tombent sur la route. Nous nous arrêtons aux érosions les plus intéressantes (selon les indications dans le guide du Routard). Le paysage est très beau, avec des formations rocheuses, la dernière partie se transforme en vignobles. A Cafayate, on s'installe à l'hôtel et on part pour le ruines de Quilmes, ici, le dernier morceau de route est non asphalté. On passe la soirée à l'hôtel où est organisé un "asado", une soirée très sympa avec d'autres personnes qui logent à l'hôtel. On n'a pas envie de quitter Cafayate mais on décide finalement de partir afin de nous laisser une marge à cause de la météo qui peut être à cette époque iimprévisible. Mais si possible, on conseille de rester au moins 2 nuits.
18. (Je 23/12): Cafayate – Cachi (Vallées Calchaquies), nuit à Cachi (hôtel Nevado Cachi)
Deuxième jour: RN 40, 170km, 8:50 – 12:20 (3,5h): Cafayate – Angostaco – Molinos, 13:00 – 14:30 (1,5h): Molinos – Cachi, route non asphaltée
Cette partie de notre "road trip" nous a fait le plus peur (surtout en nous basant sur les informations dans les guides qui, selon nous, ont une tendance à exagérer un peu), mais au final, ça allait, pas trop vite (170km en 5h), mais ça allait quand même. Il s'agit, selon nous, d'une des plus belles parties de notre "road trip" dans le NOA. Par moments, on se croit dans un western tourné aux Etats-Unis. On fait une pause à Molinos. On arrive à Cachi en début d'après-midi. Il serait possible de continuer jusqu'à Salta (3,5h) mais on nous l'a déconseillé à l'agence de location à cause du brouillard qui tombe sur la route de Cachi en fin de journée. En plus, le voyage de 5h est assez fatiguant, mais si on conduit à deux, cela devrait être faisable (en partant de Cafayate avant 8h).
19. (Ve 24/12): Cachi – Salta – Purmamarca ("Quebrada de Humahuaca"), 2 nuits à Purmamarca (Hospedaje)
Troisième jour: RN 33 + RN 9 ("voie rapide"), 410km, 8:30 – 16:30 (8h): Cachi – Salta (passage à 12:00) – Purmamarca, route asphaltée
La route de Cachi monte jusqu'à 3 248 m, elle tourne pas mal. On passe par la "recta Tin Tin" (une ligne droite de 14km) et par le Parque National de los Cordones. En passant par Salta, il commence à pleuvoir très fort, on décide donc de passer par la route 9 et pas par la Cornisa, comme prévu initialement, (plus jolie mais très étroite) mais par la voie rapide. Les paysages sont très verts dans cette partie mais on ne voit pas grand chose à cause de la pluie. On passe ensuite par la Quebrada de Humahuaca (il arrête de pleuvoir), on admire la vallée de peintres et on arrive à Tilcara. On ne trouve pas de logement (cher, pas bien ou complet –c'est Noël) et on retourne à Purmamarca (à 20min de Tilcara), un village plus calme que Tilcara.
20. (Sa 25/12): Purmamarca – Tilcara – Humahuaca ("Quebrada de Huamaca") – Salinas Grandes
Quatrième jour: RN 9 + RN 52, 280km, 9:40 – 16:40 (7h): Purmamarca – Tilcara (pétit déj) – Humahaaca – Purmamarca (passage à 13:40) – Salinas Grandes – Purmamarca, route asphaltée
On part à Tilcara pour prendre un petit déjeuner (à Purmamarca, tout est fermé), on visite ensuite Humahuaca (tout comme Tilcara, ce village n'a pas de grand intérêt). On continue encore un peu au nord de Humahuaca et on fait ensuite un demi-tour et on décide de partir pour les Salinas Grandes (on a hésité car le ciel a été couvert mais au final il s'est dégagé). La route pour Salinas Grandes (RN 52) est superbe, elle monte jusqu'à 4 170 m. Les salinas sont assez impressionnantes. On reste une demi-heure sur place.
21. (Di 26/12): Purmamarca – Salta, 2 nuits à Salta (hostal Catedral)
Cinquième jour: RN 9 ("la Cornisa"), 220km, 11:30 – 16:00 (4,5h): Purmamarca – Tilcara – Salta (passage à 15:00) – San Lorenzo – Salta, route asphaltée mais par endroits étroite et sinueuse
On commence la matinée par une ballade d'environ 1h à pieds autour de Purmamarca (Paseo de los siete Colores), également faisable en voiture (route non asphaltée). On passe ensuite par Tilcara pour visiter la pucará (pas de grand intérêt mais il y a des belles vues sur les alentours) et on part à Salta, cette fois-ci par la Cornisa. On fait un détour à San Lorenzo, un village résidentiel très chic près de Salta, on monde complètement différent de celui qu'on a vu à Tilcara ou Humahuaaca. On prend un helado chez Rosmarie (un des meilleurs qu'on ai goûté en Argentine). A Salta, pas mal de logement sont fermés mais on trouve finalement un hostel simple près du centre. On nous conseille de garer la voiture dans un parking surveillé (20AR).
22. (Lu 27/12): Salta
Première chose le matin, on rend la voiture. On est un peu stressé (on a la franchise de 4000AR) mais elle a rien. Le reste de la journée est relax. On aurait pu ajouter une journée à Cafayate au lieu de passer une journée de plus à Salta, mais on a voulu une marge… Avec le recul, on se dit toujours qu'on l'aurait fait différemment J
23. (Ma 28/12): Salta – Iguazú (bus de nuit, 22h)
24. (Me 29/12): arrivée à Iguazú, 2 nuits à Puerto Iguazú (hostel Parque Iguazú)
On est dans la région des Missiones, on arrive à Puerto Iguazú à 13:30, il fait très chaud et lourd. On combine ça avec la fatigue et on choisit probablement le pire hostel dans la ville. Mais on est excité par l'excursion du lendemain – les fameuses chutes d'Iguazú.
25. (Je 30/12): Iguazú (chutes du côté argentin)
On commence la visite des chutes par le côté argentin (on conseille dans cet ordre). Il continue à faire très chaud et lourd. On met de la crème solaire et du produit anti-moustique. Le bus pour aller aux chutes part toutes les 20min, on prend celui à 8:20 et on arrive à l'entrée du parc avant 9h, il y a déjà pas mal de touristes. On visite le parc dans l'ordre suivant (selon le plan qu'on reçoit à l'entrée): sendero verde – circuit intérieur (pas possible d'aller sur l'île de St Martin, trop d'eau) – circuit supérieur – Garganta del Diablo (le plus impressionnant, on y va a pieds et on retourne en train) – sendero macuco (on se beigne dans une lagune). On termine la visite avant 18h, donc il faut prévoir environ 10h, transport inclus.
26. (Ve 31/12): Iguazú (chutes du côté brésilien), Iguazú – Buenos Aires (avion), 4 nuits à Buenos Aires (hostel Carlos Gardel)
On nous déconseille de nous rendre du côté brésilien par nos propres moyens donc on le fait par le biais d'une agence de voyage (Crucero del Norte), on a acheté les tickets la veille. On part du terminal des bus à 8h10 et on arrive à l'entrée du parc vers 9h30. Le côté brésilien est encore plus touristique que le côté argentin, il est moins sauvage mais les vues des chutes sont plus impressionnantes. En fait, la plupart des chutes se trouvent sur le côté argentin donc on les voit mieux depuis le Brésil. Il vaut mieux prévoir la visite le matin, on a alors le soleil derrière nous pour prendre les photos des chutes. On peut payer en pesos argentin mais on vous rend le reste en devise brésilienne – prévoir p-ê un peu de liquide en devise brésilienne. On prend le bus de retour à 13h (suffisant pour la visite), on arrive à Puerto Iguazú à 14h, donc au total il faut compter environ 6h, transport inclus. On prend l'avion pour Buenos Aires dans l'après-midi. Une fois à Buenos Aires (Aéroport aeroparque)on prend le transport publicpour l'hôtel, solution très bon marché, mais il faut avoir de la monnaie. On fête le nouvel an sur Plaza Dorrego à San Telmo (où on dort également), une ambiance très animée!
27. (Sa 1/1): Buenos Aires
Il fait très chaud. On visiteBuenos Aires: le centre (Plaza De Mayo avec la Casa Rosada, avenida 9 julio, etc.) et Puerto Madero. On assiste également au départ du "Paris – Dakar".
28. (Di 2/1): Buenos Aires – delta de Tigre
On continue la visite de la capitale: San Telmo (marché aux puces), la Recoleta (cimitière avec la tombe d'Evita Perón, musée des beaux arts), Palermo Hollywood et Palermo Viejo.
29. (Lu 3/1): Buenos Aires
On quitte Buenos Aires pour passer une journée dans la nature, pour échapper à la chaleur de la capitale. On part à la découverte du delta de Tigre. On prend le Tren de la costa pour nous y rendre. On prend ensuite un bateau qui nous amène à Tres costas, l'île sur lequel on peut faire une petite balade sympa.
30. (Ma 4/1): Buenos Aires – Madrid – Bruxelles (avion)
Dernier jour à Buenos Aires, on termine la visite par la Boca (maisons colorées à El Caminito), un endroit très touristique mais un "must" de la visite de Buenos Aires, et le centre (le Congrès). On prend notre avion pour Madrid à 22h40.
31. (Me 5/1): arrivée à Bruxelles
On arrive à Bruxelles à 18h30. Voilà un magnifique voyage qui se termine.
Nos "coups de cœur"
1. Patagonie: arrivée à Ushuaia en avion – une vue magique sur la ville est le canal Beagle; paysages autour de El Calafate avec la couleur turquoise de Lago Argentino et El Calafate même; excursion "Big Ice" au glacier Perito Moreno; trekking à El Chaltén vers Laguna de los Tres pour voir le Fitz Roy (trekking autour de El Chaltén en général)
2. Mendoza by night
3. NOA: Cafayate et la route de Cafayate à Cachi
4. Iguazú: chutes de côté brésilien
Conseils sur l'itinéraire
1. selon notre expérience (voir début de notre voyage), il vaut mieux prévoir une bonne marge entre arrivée en Argentine et le premier vol interne
2. Parque National Tierra del Fuego – prévoir au moins une journée entière
3. El Chaltén – le temps change beaucoup ici, il vaut mieux prévoir une marge au cas où il fait mauvais quelques jours (et s'il fait beau, tant mieux, il y a pas mal de possibilité de trekking) – idéalement, prévoir au moins 3 nuits
4. si vous n'avez pas assez de temps (et que vous avez assez d'argent), il vaut mieux utiliser les vols internes et sauter la partie entre El Calafate et Salta (Bariloche, Mendoza): Buenos Aires – (Trelew) – Ushuaia – El Calafate – Salta (par Buenos Aires) – Iguazú – Buenos Aires
5. prévoir trois nuits à El Calafate, deux à Cafayate et passer moins de temps à Buenos Aires (deux nuits sont suffisants) et à Salta
6. Salta – éviter fin janvier/février (saison de pluie) – certaines routes peuvent être impraticables
Autres conseils pratiques
1. dans presque tous les hôtels, on peut faire laver son linge, donc ne pas prendre trop de choses avec
2. éviter d'échanger de l'argent dans les banques (à cause des files), préférer les bureaux de change (on a eu un bon taux à Ezeiza – le meilleur de tout le voyage - , malgré le fait que les guides déconseillent d'y échanger de l'argent)
3. pour la Patagonie, prévoir des vêtements bien chauds, qui sèchent rapidement et ne pèsent pas beaucoup
4. on peut économiser sur les restos en Patagonie en préparant sa propre nourriture dans les hostels
5. à Iguazú, utiliser un produit contre les moustiques (peut être acheté sur place)
6. prévoir de la monnaie pour les bus à Mendoza et Buenos Aires
COUTS (par personne)
Vol Bruxelles – Buenos Aires (aller-retour): 1.020 EUR
Vols internes: 680 EUR
Sur place: 2.000 EUR
Total: 3.700 EUR
TRANSPORT
Avion
Tous les vols réservés sur cheaptickets.com (prix indiqué est par personne):
1. Bruxelles – Buenos Aires (Iberia, aller retour, 19:05-9:20): 1.020 EUR
2. Buenos Aires – Trelew (Aerolineas Argentinas, 16:10-18:10): 130 EUR, taxe d'aéroport à Trelew: 17,55AR
3. Trelew – Ushuaia (Aerolineas Argentinas, 18:50-21:00): 310 EUR, taxe d'aéroport à Ushuaia: 28AR
4. Ushuaia – El Calafate (LAN, 10:05-11:25): 100 EUR
5. Iguazú – Buenos Aires (LAN, 17:30-19:25): 140 EUR
Bus "longue distance"
Pour les bus de longue distance, la différence de pris entre "cama" et "semi-cama" est minimale, on conseille les "cama" qui sont beaucoup plus confortable (les trajets sont très longs vu les distances) avec un meilleure service (on vous sert à manger et à boire comme dans l'avion mais la qualité varie d'une compagnie à l'autre). On a préféré "Andesmar", on déconseille "Via Tac". On a réservé sur place (quelques jours avant ou même le jour même), il y avait toujours de la place mais il nous est arrivé qu'il n'y avait plus de "cama" (mais en sachant que c'était la période de Noël).
32. Buenos Aires – Puerto Madryn (Via Tac, 18h, "cama"): 352AR
33. El Calafate – El Chaltén (2,5h): 75AR
34. El Chaltén – Bariloche (Chaltén Travel, 2 jours, avec une nuit au village Perito Moreno): 440AR
35. Bariloche – Mendoza (Andesmar, "cama"): 415AR
36. Mendoza – Salta (Via Tac, "semi-cama"): 369AR
37. Salta – Puerto Iguazú (Flecha Bus, 22h, "cama"): 464AR
Voiture
On a loué des voitures sur place (à Bariloche pour une journée et à Salta pour 5 jours). Il est conseillé de faire une "boucle" (de rendre la voiture au point de départ), cela revient moins cher. On n'a pas trouvé d'agences qui offrent une assurance complète, on a toujours eu une franchise. Pour tout déplacement sur route non asphaltée, comptez une moyenne de 30/35 km/h (exemple: Cafayate – Cachi => 150km = +/- 5 ou 6 heures de route) avec arrêt photos. Il est possible de rouler un peu plus vite mais vous vous exposez aux risques de dégâts qui peuvent coûter cher compte tenu des franchises élevées et de l'impossibilité de prendre une assurance complète.
Que ce soit à Bariloche ou à Salta, nous avons loué nos véhicules auprès de petite agences locales. Faites-en deux ou trois et comparez les prix, la différence de prix peut être relativement importante. Pour les routes et les itinéraires, n'hésitez pas à demander à l'agence de location même, ils ont des plans assez bien fait et peuvent vous renseigner sur l'état des routes.
Pour le reste, appliquez les consignes de sécurité de base que vous appliqueriez partout ailleurs et en particulier dans les centres urbains (ne laissez pas d'objet de valeur dans la voiture, montrez-vous courtois et patient au volant etc.). En ce qui concerne l'essence les prix varient de 0,8 à 0,9 euros pour de la super. Il y a de nombreuses pompes à essence mais dans le doute il vaut toujours mieux ne pas risquer et faire le plein tout les 300/400 km en fonction, évidemment, du type de véhicule (cylindrée, type de carburant, 4x4 etc.) que vous aurez loué.
Rien d'autre de bien spécial à signaler. Hormis les quelques routes non asphaltées (ruta 40 etc.) et les routes permettant d'accéder aux coins les plus reculés, le réseau routier n'est pas mauvais. Nous avons eu une Volkswagen Gol (chez nous une Polo - modèle produit pour l'Amérique latine) et une Citroën C3 et nous nous en sommes parfaitement sorti. Le 4x4 serait, bien entendu, plus indiquer pour certaines routes mais il n'est pas indispensable sauf, encore une fois, si vous prévoyez de vous rendre dans des endroits particulièrement reculés et difficiles d'accès. Compte tenu du prix qui peut aller jusqu'à 5 fois le prix d'un véhicule "normal", si l'itinéraire ne prévoit pas de "off-road", c'est une option à écarter.
Transport de l'aéroport et en ville (bus, taxi, vélo)
1. transfert de l'aéroport Ezeiza à la station de bus Retiro (bus "Manuel Tienda León"): 50AR; dépôt de bagages à Retiro: 20AR (un grand sac) / 10AR (un petit sac)
2. transfert de Puerto Madryn à l'aéroport de Trelew (bus): 11AR; dépôt de bagages à la station de bus de Puerto Madryn: 5AR (un locker)
3. transfert de l'aéroport à Ushuaia à l'hôtel (taxi): 25AR
4. transfert de l'aéroport à El Calafate à l'hôtel (bus, réservé d'avance via l'hôtel): 33AR
5. location de vélo à El Calafate pour 2,5h: 40AR
6. location de vélo à Maipú pour toute la journée: 30AR
7. location de pédalo à Salta pour 20min: 15AR
8. taxi à Salta (par trajet): 6AR
9. transfert de Puerto Iguazú à l'aéroport (bus): 20AR
10. bus à Buenos Aires, y compris de Aeroparque au centre: 1 – 1,5AR (il faut la monnaie!)
11. taxi à Buenos Aires (par trajet): 20AR
12. taxi à l'aéroport Ezeiza (30min.): 140AR; emballage de bagages: 50AR/pièce
HEBERGEMENT
Sauf indications contraires, le prix indiqué est pour deux personnes dans une chambre double d'une auberge de jeunesse, petit-déjeuner compris (très basique), salle de bain commune, cuisine, Internet (si non, Internet n'est pas cher – environ 1AR/10min.). A part Salta, Purmamarca et Iguazú, on a fait des réservations d'avance (pas forcément nécessaire, mais après un long trajet on apprécie). La plupart des hostels ont leur site Internet. Pendant la période de fin d'année, certains hostels ferment pour une semaine, mais on trouve toujours où dormir. On a eu des douches chaudes partout. Dans presque tous les hostels on pouvait faire laver notre linge (20 – 30AR/7kg de linge).
1. Ushuaia: hostel Torre al Sur (108AR)
2. El Calafate: hostel Lago Argentino (130AR)
3. El Chaltén: hostel Patagonia (180AR, pas d'Internet et sans petit-déjeuner – pris dans le bar à côté pour 22AR/personne – très bon)
4. Perito Moreno: hôtel Belgrano (140 AR, salle de bain privée, pas d'Internet, pas de cuisine, petit-déjeuner 15AR/personne)
5. Bariloche: hostel Periko's (180AR, salle de bain privée)
6. Mendoza: Campo Base (170AR, salle de bain privée, sans petit-déjeuner) – à éviter (chambres pas propres), on conseille les hostels sur av. Arístides Villanueva
7. Salta: Condor Pass (150AR, salle de bain privée, pas possible d'utiliser la cuisine) – à éviter (chambres propres mais une très mauvaise ambiance dans l'hostel)
8. Cafayate: Rusty K (120AR, pas d'Internet) – la meilleure auberge qu'on ait eue, avec une soirée "asado" (35AR/personne)
9. Cachi: Nevado Cachi (100AR, salle de bain privée, pas d'Internet, sans petit-déjeuner)
10. Purmamarca: Hospedaje (90AR, petit déjeuner 10AR/personne, pas d'Internet, pas de cuisine, salle de bain privée) – près de la place (à gauche dans la rue qui passe devant l'église, une maison jaune à droite), sinon les autres voyageurs nous ont conseillés "Pequeño Inti" (fermé 1 semaine à Noël – lors de notre passage)
11. Salta: Hostal Catedral (100AR, salle de bain privée, pas d'Internet, pas de cuisine, sans petit déjeuner)
12. Iguazú: Hostel Parque Iguazú (130AR, salle de bain privée) – à éviter (cuisine très salle), de l'extérieur on pourrait conseiller: Hostel INN (en peu en dehors mais avec une piscine), Iguazú Falls (près du terminal des bus) ou Los Troncos (complet lors de notre passage)
13. Buenos Aires: hostel Carlos Gardel (140AR, pas de service de laverie)
NOURRITURE
Quelques remarques:
- le dîner est servi assez tard, pas avant 20h, plutôt vers 21-22h
- la cuisine argentine est assez lourde et grasse, basée sur la viande avec pas beaucoup de légumes
- les portions sont énormes
A goûter absolument:
- viande (parilla)
- cuisine régionale de Salta: empanadas, humitas, tamales, provoleta
- cuisine "importée": pizza, glace, chocolat de Bariloche
- vin: malbec de Mendoza (vin rouge), shiraz de San Juan (vin rouge) e torrontés de Cafayate (vin blanc)
Exemples des prix:
- empanada: 4-5AR
- 0,5l d'eau: 2-4AR
- 0,5l de coca-cola: 5-8AR
- glace: à partir de 7AR
- bar müesli: 3AR
- 100g de chocolat artisanal: 14AR
- sandwich à Ushuaia: 22AR
- una "piquada" (plateau de fromages et de charcuteries): 20A
- dîner: 170AR (Buenos Aires, Patagonie), 120AR (NOA)
- déjeuner: 120AR (Buenos Aires, Patagonie), 90AR (NOA)
Restos qu'on peut conseiller:
- Cantina Nautica à Puerto Madryn
- Bodegón Fueguino à Ushuaia (beau cadre)
- restos sur av. Arístides Villanueva à Mendoza (bonne ambiance)
- Doña Salta à Salta (pour la cuisine régionale – meilleures empanadas qu'on ai goûtées, on est retourné plusieurs fois)
- Las Cabras à Buenos Aires (Palermo Viejo, pour une parilla)
- Casal Catalan à Buenos Aires (San Telmo, pour les spécialités catalanes, un excellent resto – on est allé deux fois, plus cher que les autres– dîner 270-370AR)
- El Federal (San Telmo, bar/resto)
EXCURSIONS
A part la location des voitures, les prix indiqués sont par personne:
1. Ushuaia (les excursions organisées à l'hôtel):
- Laguna Esmeralda (Valle de los Lobos, mini-trekking d'une demi-journée): 60AR (50AR taxi + 10AR entrée)
- Canal Beagle (navigation de 5h): 235AR
- Parque Nacional Tierra del Fuego: 135AR (70AR taxi + 65AR entrée)
2. El Calafate (l'excursion organisée à l'hôtel):
- Big Ice (une journée, trekking sur le glacier Perito Moreno): 795AR (720AR + 75AR entrée)
3. Bariloche (voiture louée à l'hôtel):
- Sept Lacs (une journée, en voiture louée chez "Correntoso Rent a Car" – VW Gol, prix pour la voiture): 380AR (260AR location avec km illimité + 120AR essence/400km)
4. Mendoza:
- Maipú (une journée ou moins, route des vins): 55AR (bus local, vélo, visite d'une bodega)
5. Salta:
- boucle "Salta" (5 jours, en voiture louée – Citroën C3, prix pour la voiture): 1550 AR + entrées (1050AR location avec 1700km, 480AR essence, 20AR parking à Salta, 10AR entrée aux ruines de Quilmes/personne, 10AR entrée au púcara à Tilcara/personne)
6. Iguazú:
- chutes d'eau côté argentin (une journée): 100AR (15AR bus + 85AR entrée)
- chutes d'eau côté brésilien (une demi-journée): 140AR (45AR bus + 95AR entrée)
7. Buenos Aires:
- delta de Tigre (une journée): 78AR (3,5AR bus de San Telmo à Maipú pour prendre le train, 32AR Tren de la Costa, 19,50AR bateau pour aller à Tres Bocas, 1AR train de Maipú à Retiro, 24AR taxi de Retiro à San Telmo)
Patagonie – NOA (Salta et sa région) – Iguazú – Buenos Aires
Pour ceux qui souhaitent découvrir l'Argentine, voici notre expérience d'un voyage inoubliable d'un mois: l'itinéraire que nous avons parcouru (y compris nos "coups de cœur" et nos conseils) et les informations pratiques sur les coûts, le transport, l'hébergement et les excursions.
ITINERAIRE
1. Lu 6/12: Bruxelles – Madrid - Rio de Janeiro (avion)
2. Ma 7/12: Rio de Janeiro – Buenos Aires (avion)
3. Me 8/12: Puerto Madryn – Ushuaia (avion), 3 nuits à Ushuaia (hostel Torre al Sur)
Notre voyage commence par une grève sauvage des contrôleurs aériens espagnols. On part trois jours plus tard ce qui nous fait perdre notre premier vol interne et par conséquent, on doit sauter la première étape de notre voyage…
Plan original: départ vendredi soir, arrivée à Buenos Aires samedi matin, avion pour Trelew dimanche après-midi, 3 nuits à Puerto Madryn, excursions à Punta Tombo (1 jour, manchots de Magellan) et Peninsula Valdés (1 jour, baleines).
Plan modifié: départ lundi matin, arrivée à Buenos Aires mardi matin, bus pour Puerto Madryn mardi après-midi, arrivée à Puerto Madryn mercredi matin, départ à Ushuaia mercredi soir… Enfin, reprise de notre plan original!
Première rencontre avec la Patagonie à couper le souffle: Ushuaia et le canal Beagle vus du ciel.
4. (Je 9/12): Ushuaia: laguna Esmeralda
Dans la matinée, on part pour un petit trekking dans la Valle de los Lobos pour arriver à la laguna Esmeralda. La balade n'est pas très bien indiquée, on se perd dans les marais sous la pluie mais les paysages et la laguna en valent la peine… On passe l'après-midi relax à Ushuaia et le soir on goute pour la première fois la viande – vraiment aussi bonne qu'on le dit.
5. (Ve 10/12): Ushuaia: canal Beagle et Parque National Tierra del Fuego
A 9h, on part pour une navigation sur le canal de Beagle, une excursion de 5h. On fait cette excursion notamment pour voir les manchots de Magellan qu'on a ratés à Puerto Madryn. On voit également des lions de mer, des cormorans royaux, le phare des'éclaireurs et une estancia.
Après la navigation, on part au Parque National Tierra del Fuego, on commence la balade à la fin de la ruta 3 et on continue par une partie de "Sendero Costero" (on n'a pas eu assez de temps, il vaut mieux prévoir une journée entière). De nouveau, on a eu de la pluie. Le parc est aménagé pour des balades faciles, pas de trekking sauvage et difficile. S'il faut choisir, le trekking à El Chaltén est bien plus impressionnant.
6. (Sa 11/12): Ushuaia – El Calafate (avion), 2 nuits à El Calafate (hostel Lago Argentino)
On arrive à El Calafate en début d'après-midi, un paysage complètement différent de celui à Ushuaia. On est impressionné par la couleur turquoise du Lago Argentino derrière lequel se dressent les montagnes couvertes de neige. A l'hôtel, où le personnel est très efficace, on réserve en quelques minutes l'excursion "Big Ice" au glacier Perito Moreno le lendemain (avec Hielo y aventura), le prochain hôtel, le bus pour El Chaltén, le bus pour Bariloche et on fait laver notre linge. On loue des vélos pour découvrir la ville, il fait très bon mais avec un vent très fort ce qui rend la ballade assez difficile… Avec nos jumelles, on peut observer des flamands roses.
7. (Di 12/12): El Calafate: glacier Perito Moreno
A 7h, on part pour l'excursion "Big Ice" qui va rester un highlight de notre voyage. On commence la visite par les passerelles (1h), ensuite on prend le bateau pour arriver à la forêt à côté du glacier (10min), on passe par la forêt (1h) pour arriver à l'endroit où on est divisé en trois groupes de 10 personnes et on commence le trekking sur le glacier (3h30), avec des crampons aux pieds. Ce qu'on voit est absolument magnifique, on est au milieu du glacier avec des lagunes bleues. Il faut une bonne condition physique pour cette excursion et prévoir de la nourriture (on peut aussi acheter des sandwichs aux passerelles) sans oublier les crèmes solaires etc. On est de retour à El Calafate vers 17h.
8. (Lu 13/12): El Calafate – El Chaltén (bus), 2 nuits à El Chaltén (hostel Patagonia): trekking Laguna Torre (6h, Cerro Torre)
On quitte El Calafate pour une nouvelle destination, El Chaltén (à 3h en bus). Sur la route, on voit des paysages magnifiques et en arrivant à El Chaltén, on a la chance de voir les deux pics – Cerro Torre et Fitz Roy. On dépose les bagages à l'hôtel (réservé par le biais de l'hôtel précédent) et on part pour le trekking ver la Laguna Torre pour une vue sur le Cerro Torre. Il fait très beau mais il y a du vent (comme partout en Patagonie).
9. (Ma 14/12): El Chaltén: trekking Laguna de los Tres (8-10h, Cerro Fitz Roy)
Troisième jour de trekking – cette fois-ci vers la Laguna de los Tres pour une vue sur Cerro Fitz Roy. On découvre également Laguna Sucia et Laguna Capri. La journée est ensoleillée, le trekking est long mais, à part la dernière montée assez dur(prévoir une heure de grimpette), pas trop difficile. Le temps prévu par les guides est de 8h aller-retour, on le fait à l'aise en 10h. En termes de beauté naturelle, on classe cette excursion à côté de celle au glacier Perito Moreno.
10. (Me 15/12): El Chaltén – Perito Moreno (bus), 1 nuit au village Perito Moreno (hôtel Belgrano)
Après un très bon petit-déjeuner dans le bar à côté de l'hostel, on entame notre "road trip" sur la légendaire ruta 40 avec la destination finale – Bariloche. Il fait nuageux, le Cerro Torre n'est pas visible. On passe la majeure partie du premier jour (de 9h à 21h) sur la route non asphaltée... On passe par des paysages presque deserts. On passe la nuit au village Perito Moreno (pas intéressant, mais une étape obligatoire) dans un hôtel sans charme.
11. (Je 16/12): Perito Moreno – Bariloche (bus), 2 nuits à Bariloche (hostel Periko's)
On arrive à Bariloche après une journée dans le bus vers 21h. On demande à l'hôtel de nous réserver une voiture pour le lendemain.
12. (Ve 17/12): Bariloche: Ruta de los Siete lagos
On part (à 10h30) à la découverte de la route des sept lacs. La route (RN 234) est d'abord asphaltée maispas pour longtemps – très vite on se retrouve sur une route caillouteuse et tout sauf reposante. On passe par Villa la Angostura, on croise plusieurs lacs (on ne sait pas s'ils sont vraiment sept…), les paysages sont beaux, on dirait les Alpes. San Martin de los Andes, où on s'arrête, est mignon mais trop petit et on est content de passer la nuit à Bariloche plutôt qu'ici (contrairement ce qu'on conseille sur les forums). Au retour (RP 63, RN 237), on passe par la Vallée enchantée, un paysage assez intéressant, notamment pour ceux qui ne vont pas visiter le nord-ouest. On rend la voiture (à 19h30), on se dit que c'est presque par miracle qu'on ne l'ai pas endommagée vu l'état des routes… On termine notre séjour à Bariloche par une fondue suisse J
13. (Sa 18/12): Bariloche – Mendoza (bus de nuit, 16h)
14. (Di 19/12): arrivée à Mendoza: Maipú (route de vin), 1 nuit à Mendoza (hostel Campo Base)
On arrive à Mendoza à 8h du matin, après 16h de bus. La ville est encore endormie, c'est dimanche. Après avoir acheté un ticket de bus pour Salta pour la suite et après s'être installé à l'hôtel, on part à Maipú pour découvrir les fameux vignobles. Le départ est compliqué car on n'a pas de monnaie pour le bus (10-173). On finit par acheter une carte pour 3 AR (mais difficile à trouver) – on conseille vivement d'avoir de la monnaie pour Mendoza si vous voulez utiliser le transport public (de même pour Buenos Aires). On loue des vélos chez Coco Bikes (comme conseillé dans Lonely Planet). Il y a pas mal de trafic ce qui rend la ballade un peu pénible. On visite la seule bodega ouverte le dimanche, CARINAE (20 AR la visite avec la dégustation). On a préféré les vignobles autour de Cafayate dans le nord-ouest.
15. (Lu 20/12): Mendoza – Salta (bus de nuit, 18h)
16. (Ma 21/12): arrivée à Salta, 1 nuit à Salta (hostel Condor Pass)
Après avoir trouvé un hostel, on loue une voiture pour 5 jours. L'agence nous aide avec notre itinéraire (boucle au sud et au nord de Salta, on commence par le sud). On visite ensuite la ville et on monte en téléphérique sur la colline qui surplombe la ville.
17. (Me 22/12): Salta – Cafayate ("Quebrada de las Conchas") – ruines de Quilmes, nuit à Cafayate (hostel Rusty K)
Première jour de notre road trip: RN 68, 320km, 10:00 – 15:00 (5h): Salta – Cafayate, 15:30 – 18:30 (3h): Cafayate – ruines de Quilmes – Cafayate, route asphaltée à part une petite partie près des ruines de Quilmes
La route est asphaltée mais peut être dangereuse à cause des pierres qui se décrochent des parois rocheuses et tombent sur la route. Nous nous arrêtons aux érosions les plus intéressantes (selon les indications dans le guide du Routard). Le paysage est très beau, avec des formations rocheuses, la dernière partie se transforme en vignobles. A Cafayate, on s'installe à l'hôtel et on part pour le ruines de Quilmes, ici, le dernier morceau de route est non asphalté. On passe la soirée à l'hôtel où est organisé un "asado", une soirée très sympa avec d'autres personnes qui logent à l'hôtel. On n'a pas envie de quitter Cafayate mais on décide finalement de partir afin de nous laisser une marge à cause de la météo qui peut être à cette époque iimprévisible. Mais si possible, on conseille de rester au moins 2 nuits.
18. (Je 23/12): Cafayate – Cachi (Vallées Calchaquies), nuit à Cachi (hôtel Nevado Cachi)
Deuxième jour: RN 40, 170km, 8:50 – 12:20 (3,5h): Cafayate – Angostaco – Molinos, 13:00 – 14:30 (1,5h): Molinos – Cachi, route non asphaltée
Cette partie de notre "road trip" nous a fait le plus peur (surtout en nous basant sur les informations dans les guides qui, selon nous, ont une tendance à exagérer un peu), mais au final, ça allait, pas trop vite (170km en 5h), mais ça allait quand même. Il s'agit, selon nous, d'une des plus belles parties de notre "road trip" dans le NOA. Par moments, on se croit dans un western tourné aux Etats-Unis. On fait une pause à Molinos. On arrive à Cachi en début d'après-midi. Il serait possible de continuer jusqu'à Salta (3,5h) mais on nous l'a déconseillé à l'agence de location à cause du brouillard qui tombe sur la route de Cachi en fin de journée. En plus, le voyage de 5h est assez fatiguant, mais si on conduit à deux, cela devrait être faisable (en partant de Cafayate avant 8h).
19. (Ve 24/12): Cachi – Salta – Purmamarca ("Quebrada de Humahuaca"), 2 nuits à Purmamarca (Hospedaje)
Troisième jour: RN 33 + RN 9 ("voie rapide"), 410km, 8:30 – 16:30 (8h): Cachi – Salta (passage à 12:00) – Purmamarca, route asphaltée
La route de Cachi monte jusqu'à 3 248 m, elle tourne pas mal. On passe par la "recta Tin Tin" (une ligne droite de 14km) et par le Parque National de los Cordones. En passant par Salta, il commence à pleuvoir très fort, on décide donc de passer par la route 9 et pas par la Cornisa, comme prévu initialement, (plus jolie mais très étroite) mais par la voie rapide. Les paysages sont très verts dans cette partie mais on ne voit pas grand chose à cause de la pluie. On passe ensuite par la Quebrada de Humahuaca (il arrête de pleuvoir), on admire la vallée de peintres et on arrive à Tilcara. On ne trouve pas de logement (cher, pas bien ou complet –c'est Noël) et on retourne à Purmamarca (à 20min de Tilcara), un village plus calme que Tilcara.
20. (Sa 25/12): Purmamarca – Tilcara – Humahuaca ("Quebrada de Huamaca") – Salinas Grandes
Quatrième jour: RN 9 + RN 52, 280km, 9:40 – 16:40 (7h): Purmamarca – Tilcara (pétit déj) – Humahaaca – Purmamarca (passage à 13:40) – Salinas Grandes – Purmamarca, route asphaltée
On part à Tilcara pour prendre un petit déjeuner (à Purmamarca, tout est fermé), on visite ensuite Humahuaca (tout comme Tilcara, ce village n'a pas de grand intérêt). On continue encore un peu au nord de Humahuaca et on fait ensuite un demi-tour et on décide de partir pour les Salinas Grandes (on a hésité car le ciel a été couvert mais au final il s'est dégagé). La route pour Salinas Grandes (RN 52) est superbe, elle monte jusqu'à 4 170 m. Les salinas sont assez impressionnantes. On reste une demi-heure sur place.
21. (Di 26/12): Purmamarca – Salta, 2 nuits à Salta (hostal Catedral)
Cinquième jour: RN 9 ("la Cornisa"), 220km, 11:30 – 16:00 (4,5h): Purmamarca – Tilcara – Salta (passage à 15:00) – San Lorenzo – Salta, route asphaltée mais par endroits étroite et sinueuse
On commence la matinée par une ballade d'environ 1h à pieds autour de Purmamarca (Paseo de los siete Colores), également faisable en voiture (route non asphaltée). On passe ensuite par Tilcara pour visiter la pucará (pas de grand intérêt mais il y a des belles vues sur les alentours) et on part à Salta, cette fois-ci par la Cornisa. On fait un détour à San Lorenzo, un village résidentiel très chic près de Salta, on monde complètement différent de celui qu'on a vu à Tilcara ou Humahuaaca. On prend un helado chez Rosmarie (un des meilleurs qu'on ai goûté en Argentine). A Salta, pas mal de logement sont fermés mais on trouve finalement un hostel simple près du centre. On nous conseille de garer la voiture dans un parking surveillé (20AR).
22. (Lu 27/12): Salta
Première chose le matin, on rend la voiture. On est un peu stressé (on a la franchise de 4000AR) mais elle a rien. Le reste de la journée est relax. On aurait pu ajouter une journée à Cafayate au lieu de passer une journée de plus à Salta, mais on a voulu une marge… Avec le recul, on se dit toujours qu'on l'aurait fait différemment J
23. (Ma 28/12): Salta – Iguazú (bus de nuit, 22h)
24. (Me 29/12): arrivée à Iguazú, 2 nuits à Puerto Iguazú (hostel Parque Iguazú)
On est dans la région des Missiones, on arrive à Puerto Iguazú à 13:30, il fait très chaud et lourd. On combine ça avec la fatigue et on choisit probablement le pire hostel dans la ville. Mais on est excité par l'excursion du lendemain – les fameuses chutes d'Iguazú.
25. (Je 30/12): Iguazú (chutes du côté argentin)
On commence la visite des chutes par le côté argentin (on conseille dans cet ordre). Il continue à faire très chaud et lourd. On met de la crème solaire et du produit anti-moustique. Le bus pour aller aux chutes part toutes les 20min, on prend celui à 8:20 et on arrive à l'entrée du parc avant 9h, il y a déjà pas mal de touristes. On visite le parc dans l'ordre suivant (selon le plan qu'on reçoit à l'entrée): sendero verde – circuit intérieur (pas possible d'aller sur l'île de St Martin, trop d'eau) – circuit supérieur – Garganta del Diablo (le plus impressionnant, on y va a pieds et on retourne en train) – sendero macuco (on se beigne dans une lagune). On termine la visite avant 18h, donc il faut prévoir environ 10h, transport inclus.
26. (Ve 31/12): Iguazú (chutes du côté brésilien), Iguazú – Buenos Aires (avion), 4 nuits à Buenos Aires (hostel Carlos Gardel)
On nous déconseille de nous rendre du côté brésilien par nos propres moyens donc on le fait par le biais d'une agence de voyage (Crucero del Norte), on a acheté les tickets la veille. On part du terminal des bus à 8h10 et on arrive à l'entrée du parc vers 9h30. Le côté brésilien est encore plus touristique que le côté argentin, il est moins sauvage mais les vues des chutes sont plus impressionnantes. En fait, la plupart des chutes se trouvent sur le côté argentin donc on les voit mieux depuis le Brésil. Il vaut mieux prévoir la visite le matin, on a alors le soleil derrière nous pour prendre les photos des chutes. On peut payer en pesos argentin mais on vous rend le reste en devise brésilienne – prévoir p-ê un peu de liquide en devise brésilienne. On prend le bus de retour à 13h (suffisant pour la visite), on arrive à Puerto Iguazú à 14h, donc au total il faut compter environ 6h, transport inclus. On prend l'avion pour Buenos Aires dans l'après-midi. Une fois à Buenos Aires (Aéroport aeroparque)on prend le transport publicpour l'hôtel, solution très bon marché, mais il faut avoir de la monnaie. On fête le nouvel an sur Plaza Dorrego à San Telmo (où on dort également), une ambiance très animée!
27. (Sa 1/1): Buenos Aires
Il fait très chaud. On visiteBuenos Aires: le centre (Plaza De Mayo avec la Casa Rosada, avenida 9 julio, etc.) et Puerto Madero. On assiste également au départ du "Paris – Dakar".
28. (Di 2/1): Buenos Aires – delta de Tigre
On continue la visite de la capitale: San Telmo (marché aux puces), la Recoleta (cimitière avec la tombe d'Evita Perón, musée des beaux arts), Palermo Hollywood et Palermo Viejo.
29. (Lu 3/1): Buenos Aires
On quitte Buenos Aires pour passer une journée dans la nature, pour échapper à la chaleur de la capitale. On part à la découverte du delta de Tigre. On prend le Tren de la costa pour nous y rendre. On prend ensuite un bateau qui nous amène à Tres costas, l'île sur lequel on peut faire une petite balade sympa.
30. (Ma 4/1): Buenos Aires – Madrid – Bruxelles (avion)
Dernier jour à Buenos Aires, on termine la visite par la Boca (maisons colorées à El Caminito), un endroit très touristique mais un "must" de la visite de Buenos Aires, et le centre (le Congrès). On prend notre avion pour Madrid à 22h40.
31. (Me 5/1): arrivée à Bruxelles
On arrive à Bruxelles à 18h30. Voilà un magnifique voyage qui se termine.
Nos "coups de cœur"
1. Patagonie: arrivée à Ushuaia en avion – une vue magique sur la ville est le canal Beagle; paysages autour de El Calafate avec la couleur turquoise de Lago Argentino et El Calafate même; excursion "Big Ice" au glacier Perito Moreno; trekking à El Chaltén vers Laguna de los Tres pour voir le Fitz Roy (trekking autour de El Chaltén en général)
2. Mendoza by night
3. NOA: Cafayate et la route de Cafayate à Cachi
4. Iguazú: chutes de côté brésilien
Conseils sur l'itinéraire
1. selon notre expérience (voir début de notre voyage), il vaut mieux prévoir une bonne marge entre arrivée en Argentine et le premier vol interne
2. Parque National Tierra del Fuego – prévoir au moins une journée entière
3. El Chaltén – le temps change beaucoup ici, il vaut mieux prévoir une marge au cas où il fait mauvais quelques jours (et s'il fait beau, tant mieux, il y a pas mal de possibilité de trekking) – idéalement, prévoir au moins 3 nuits
4. si vous n'avez pas assez de temps (et que vous avez assez d'argent), il vaut mieux utiliser les vols internes et sauter la partie entre El Calafate et Salta (Bariloche, Mendoza): Buenos Aires – (Trelew) – Ushuaia – El Calafate – Salta (par Buenos Aires) – Iguazú – Buenos Aires
5. prévoir trois nuits à El Calafate, deux à Cafayate et passer moins de temps à Buenos Aires (deux nuits sont suffisants) et à Salta
6. Salta – éviter fin janvier/février (saison de pluie) – certaines routes peuvent être impraticables
Autres conseils pratiques
1. dans presque tous les hôtels, on peut faire laver son linge, donc ne pas prendre trop de choses avec
2. éviter d'échanger de l'argent dans les banques (à cause des files), préférer les bureaux de change (on a eu un bon taux à Ezeiza – le meilleur de tout le voyage - , malgré le fait que les guides déconseillent d'y échanger de l'argent)
3. pour la Patagonie, prévoir des vêtements bien chauds, qui sèchent rapidement et ne pèsent pas beaucoup
4. on peut économiser sur les restos en Patagonie en préparant sa propre nourriture dans les hostels
5. à Iguazú, utiliser un produit contre les moustiques (peut être acheté sur place)
6. prévoir de la monnaie pour les bus à Mendoza et Buenos Aires
COUTS (par personne)
Vol Bruxelles – Buenos Aires (aller-retour): 1.020 EUR
Vols internes: 680 EUR
Sur place: 2.000 EUR
Total: 3.700 EUR
TRANSPORT
Avion
Tous les vols réservés sur cheaptickets.com (prix indiqué est par personne):
1. Bruxelles – Buenos Aires (Iberia, aller retour, 19:05-9:20): 1.020 EUR
2. Buenos Aires – Trelew (Aerolineas Argentinas, 16:10-18:10): 130 EUR, taxe d'aéroport à Trelew: 17,55AR
3. Trelew – Ushuaia (Aerolineas Argentinas, 18:50-21:00): 310 EUR, taxe d'aéroport à Ushuaia: 28AR
4. Ushuaia – El Calafate (LAN, 10:05-11:25): 100 EUR
5. Iguazú – Buenos Aires (LAN, 17:30-19:25): 140 EUR
Bus "longue distance"
Pour les bus de longue distance, la différence de pris entre "cama" et "semi-cama" est minimale, on conseille les "cama" qui sont beaucoup plus confortable (les trajets sont très longs vu les distances) avec un meilleure service (on vous sert à manger et à boire comme dans l'avion mais la qualité varie d'une compagnie à l'autre). On a préféré "Andesmar", on déconseille "Via Tac". On a réservé sur place (quelques jours avant ou même le jour même), il y avait toujours de la place mais il nous est arrivé qu'il n'y avait plus de "cama" (mais en sachant que c'était la période de Noël).
32. Buenos Aires – Puerto Madryn (Via Tac, 18h, "cama"): 352AR
33. El Calafate – El Chaltén (2,5h): 75AR
34. El Chaltén – Bariloche (Chaltén Travel, 2 jours, avec une nuit au village Perito Moreno): 440AR
35. Bariloche – Mendoza (Andesmar, "cama"): 415AR
36. Mendoza – Salta (Via Tac, "semi-cama"): 369AR
37. Salta – Puerto Iguazú (Flecha Bus, 22h, "cama"): 464AR
Voiture
On a loué des voitures sur place (à Bariloche pour une journée et à Salta pour 5 jours). Il est conseillé de faire une "boucle" (de rendre la voiture au point de départ), cela revient moins cher. On n'a pas trouvé d'agences qui offrent une assurance complète, on a toujours eu une franchise. Pour tout déplacement sur route non asphaltée, comptez une moyenne de 30/35 km/h (exemple: Cafayate – Cachi => 150km = +/- 5 ou 6 heures de route) avec arrêt photos. Il est possible de rouler un peu plus vite mais vous vous exposez aux risques de dégâts qui peuvent coûter cher compte tenu des franchises élevées et de l'impossibilité de prendre une assurance complète.
Que ce soit à Bariloche ou à Salta, nous avons loué nos véhicules auprès de petite agences locales. Faites-en deux ou trois et comparez les prix, la différence de prix peut être relativement importante. Pour les routes et les itinéraires, n'hésitez pas à demander à l'agence de location même, ils ont des plans assez bien fait et peuvent vous renseigner sur l'état des routes.
Pour le reste, appliquez les consignes de sécurité de base que vous appliqueriez partout ailleurs et en particulier dans les centres urbains (ne laissez pas d'objet de valeur dans la voiture, montrez-vous courtois et patient au volant etc.). En ce qui concerne l'essence les prix varient de 0,8 à 0,9 euros pour de la super. Il y a de nombreuses pompes à essence mais dans le doute il vaut toujours mieux ne pas risquer et faire le plein tout les 300/400 km en fonction, évidemment, du type de véhicule (cylindrée, type de carburant, 4x4 etc.) que vous aurez loué.
Rien d'autre de bien spécial à signaler. Hormis les quelques routes non asphaltées (ruta 40 etc.) et les routes permettant d'accéder aux coins les plus reculés, le réseau routier n'est pas mauvais. Nous avons eu une Volkswagen Gol (chez nous une Polo - modèle produit pour l'Amérique latine) et une Citroën C3 et nous nous en sommes parfaitement sorti. Le 4x4 serait, bien entendu, plus indiquer pour certaines routes mais il n'est pas indispensable sauf, encore une fois, si vous prévoyez de vous rendre dans des endroits particulièrement reculés et difficiles d'accès. Compte tenu du prix qui peut aller jusqu'à 5 fois le prix d'un véhicule "normal", si l'itinéraire ne prévoit pas de "off-road", c'est une option à écarter.
Transport de l'aéroport et en ville (bus, taxi, vélo)
1. transfert de l'aéroport Ezeiza à la station de bus Retiro (bus "Manuel Tienda León"): 50AR; dépôt de bagages à Retiro: 20AR (un grand sac) / 10AR (un petit sac)
2. transfert de Puerto Madryn à l'aéroport de Trelew (bus): 11AR; dépôt de bagages à la station de bus de Puerto Madryn: 5AR (un locker)
3. transfert de l'aéroport à Ushuaia à l'hôtel (taxi): 25AR
4. transfert de l'aéroport à El Calafate à l'hôtel (bus, réservé d'avance via l'hôtel): 33AR
5. location de vélo à El Calafate pour 2,5h: 40AR
6. location de vélo à Maipú pour toute la journée: 30AR
7. location de pédalo à Salta pour 20min: 15AR
8. taxi à Salta (par trajet): 6AR
9. transfert de Puerto Iguazú à l'aéroport (bus): 20AR
10. bus à Buenos Aires, y compris de Aeroparque au centre: 1 – 1,5AR (il faut la monnaie!)
11. taxi à Buenos Aires (par trajet): 20AR
12. taxi à l'aéroport Ezeiza (30min.): 140AR; emballage de bagages: 50AR/pièce
HEBERGEMENT
Sauf indications contraires, le prix indiqué est pour deux personnes dans une chambre double d'une auberge de jeunesse, petit-déjeuner compris (très basique), salle de bain commune, cuisine, Internet (si non, Internet n'est pas cher – environ 1AR/10min.). A part Salta, Purmamarca et Iguazú, on a fait des réservations d'avance (pas forcément nécessaire, mais après un long trajet on apprécie). La plupart des hostels ont leur site Internet. Pendant la période de fin d'année, certains hostels ferment pour une semaine, mais on trouve toujours où dormir. On a eu des douches chaudes partout. Dans presque tous les hostels on pouvait faire laver notre linge (20 – 30AR/7kg de linge).
1. Ushuaia: hostel Torre al Sur (108AR)
2. El Calafate: hostel Lago Argentino (130AR)
3. El Chaltén: hostel Patagonia (180AR, pas d'Internet et sans petit-déjeuner – pris dans le bar à côté pour 22AR/personne – très bon)
4. Perito Moreno: hôtel Belgrano (140 AR, salle de bain privée, pas d'Internet, pas de cuisine, petit-déjeuner 15AR/personne)
5. Bariloche: hostel Periko's (180AR, salle de bain privée)
6. Mendoza: Campo Base (170AR, salle de bain privée, sans petit-déjeuner) – à éviter (chambres pas propres), on conseille les hostels sur av. Arístides Villanueva
7. Salta: Condor Pass (150AR, salle de bain privée, pas possible d'utiliser la cuisine) – à éviter (chambres propres mais une très mauvaise ambiance dans l'hostel)
8. Cafayate: Rusty K (120AR, pas d'Internet) – la meilleure auberge qu'on ait eue, avec une soirée "asado" (35AR/personne)
9. Cachi: Nevado Cachi (100AR, salle de bain privée, pas d'Internet, sans petit-déjeuner)
10. Purmamarca: Hospedaje (90AR, petit déjeuner 10AR/personne, pas d'Internet, pas de cuisine, salle de bain privée) – près de la place (à gauche dans la rue qui passe devant l'église, une maison jaune à droite), sinon les autres voyageurs nous ont conseillés "Pequeño Inti" (fermé 1 semaine à Noël – lors de notre passage)
11. Salta: Hostal Catedral (100AR, salle de bain privée, pas d'Internet, pas de cuisine, sans petit déjeuner)
12. Iguazú: Hostel Parque Iguazú (130AR, salle de bain privée) – à éviter (cuisine très salle), de l'extérieur on pourrait conseiller: Hostel INN (en peu en dehors mais avec une piscine), Iguazú Falls (près du terminal des bus) ou Los Troncos (complet lors de notre passage)
13. Buenos Aires: hostel Carlos Gardel (140AR, pas de service de laverie)
NOURRITURE
Quelques remarques:
- le dîner est servi assez tard, pas avant 20h, plutôt vers 21-22h
- la cuisine argentine est assez lourde et grasse, basée sur la viande avec pas beaucoup de légumes
- les portions sont énormes
A goûter absolument:
- viande (parilla)
- cuisine régionale de Salta: empanadas, humitas, tamales, provoleta
- cuisine "importée": pizza, glace, chocolat de Bariloche
- vin: malbec de Mendoza (vin rouge), shiraz de San Juan (vin rouge) e torrontés de Cafayate (vin blanc)
Exemples des prix:
- empanada: 4-5AR
- 0,5l d'eau: 2-4AR
- 0,5l de coca-cola: 5-8AR
- glace: à partir de 7AR
- bar müesli: 3AR
- 100g de chocolat artisanal: 14AR
- sandwich à Ushuaia: 22AR
- una "piquada" (plateau de fromages et de charcuteries): 20A
- dîner: 170AR (Buenos Aires, Patagonie), 120AR (NOA)
- déjeuner: 120AR (Buenos Aires, Patagonie), 90AR (NOA)
Restos qu'on peut conseiller:
- Cantina Nautica à Puerto Madryn
- Bodegón Fueguino à Ushuaia (beau cadre)
- restos sur av. Arístides Villanueva à Mendoza (bonne ambiance)
- Doña Salta à Salta (pour la cuisine régionale – meilleures empanadas qu'on ai goûtées, on est retourné plusieurs fois)
- Las Cabras à Buenos Aires (Palermo Viejo, pour une parilla)
- Casal Catalan à Buenos Aires (San Telmo, pour les spécialités catalanes, un excellent resto – on est allé deux fois, plus cher que les autres– dîner 270-370AR)
- El Federal (San Telmo, bar/resto)
EXCURSIONS
A part la location des voitures, les prix indiqués sont par personne:
1. Ushuaia (les excursions organisées à l'hôtel):
- Laguna Esmeralda (Valle de los Lobos, mini-trekking d'une demi-journée): 60AR (50AR taxi + 10AR entrée)
- Canal Beagle (navigation de 5h): 235AR
- Parque Nacional Tierra del Fuego: 135AR (70AR taxi + 65AR entrée)
2. El Calafate (l'excursion organisée à l'hôtel):
- Big Ice (une journée, trekking sur le glacier Perito Moreno): 795AR (720AR + 75AR entrée)
3. Bariloche (voiture louée à l'hôtel):
- Sept Lacs (une journée, en voiture louée chez "Correntoso Rent a Car" – VW Gol, prix pour la voiture): 380AR (260AR location avec km illimité + 120AR essence/400km)
4. Mendoza:
- Maipú (une journée ou moins, route des vins): 55AR (bus local, vélo, visite d'une bodega)
5. Salta:
- boucle "Salta" (5 jours, en voiture louée – Citroën C3, prix pour la voiture): 1550 AR + entrées (1050AR location avec 1700km, 480AR essence, 20AR parking à Salta, 10AR entrée aux ruines de Quilmes/personne, 10AR entrée au púcara à Tilcara/personne)
6. Iguazú:
- chutes d'eau côté argentin (une journée): 100AR (15AR bus + 85AR entrée)
- chutes d'eau côté brésilien (une demi-journée): 140AR (45AR bus + 95AR entrée)
7. Buenos Aires:
- delta de Tigre (une journée): 78AR (3,5AR bus de San Telmo à Maipú pour prendre le train, 32AR Tren de la Costa, 19,50AR bateau pour aller à Tres Bocas, 1AR train de Maipú à Retiro, 24AR taxi de Retiro à San Telmo)
Laos, en pays Katou, deux mois à pied aux confins de la province de Sékong English translation pending
Laos, en pays Katou, deux mois à pied aux confins de la province de Sékong
~
« Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! » (Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !) Un homme katou
~
TABLE Introduction I. Orpailler II. Marcher III. Habiter IV. Contrôler V. Manger VI. Fumer VII. Tuer (Puis quelques photos à partir d'ICI ainsi que LÀ).
~
Introduction À deux reprises et à trois années d'intervalle, durant un mois chaque fois, j'ai marché, seul, sans guide, dans l'extrême sud-est du Laos, vers les confins de la province de Sékong, en direction des villages de l'ethnie Katou les plus isolés et les plus traditionnels de la région, dans lesquels je fus accueilli chaque nuit, devenant dès lors par ailleurs le tout premier touriste à se rendre en ces lieux. Ces étonnants et emblématiques villages circulaires, au caractère tribal original et remarquable, sont disséminés au cœur d'une zone résolument sauvage de montagnes escarpées et de forêts denses que l'on ne peut atteindre qu'à pied, la plupart du temps via d'étroits et improbables sentiers, rares traces tellement peu foulées qu'elles disparaissent continuellement sous la végétation envahissante.
La province de Sékong est la plus pauvre du Laos, et parmi les quelques groupes de populations qui la peuplent, les Katou figurent sans conteste au nombre des plus déshérités. Les Katou, les Khas-tuu, c'est-à-dire les "sauvages d'en haut" si l'on veut croire, entre toutefois d'autres hypothèses possibles, à une étymologie d'origine mixte, lao pour la première syllabe et katou pour la seconde.
Les Katou - ou Katu, Kantou - composent un des groupes ethniques les plus isolés et méconnus du Laos, même de leurs compatriotes. Population encore un peu crainte, car non laocisée, elle peuple une région montagneuse difficilement accessible, la Haute-Sékong, toujours peu connue à ce jour, et même redoutée de la plupart des Lao eux-mêmes : les Katou vivraient dans des contrées mystérieuses et dangereuses - un monde forestier demeuré non civilisé - voire s'avéreraient eux-mêmes dangereux. La réputation belliqueuse et sanguinaire des Katou n'est pourtant plus justifiée : leurs villages ne sont plus fortifiés, car les équipées sauvages et guerrières entre tribus voisines - les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-groupes - ont cessé depuis quelques décennies, et le tout dernier témoignage relatif à leurs fameuses Chasses au Sang rituelles, destinées à conjurer une catastrophe, un bouleversement ou une malédiction, date déjà de la fin des années 1930. Les sacrifices humains et les actes de cannibalisme qui s'ensuivaient - le sang et des organes vitaux étaient consommés par les chasseurs - ont désormais été remplacés par l'immolation rituelle occasionnelle de buffles.
Toujours est-il que les villageois Katou restés retranchés dans l'extrême est de la province de Sékong vivent encore véritablement en marge de la nation. Les influences culturelles et économiques lao s'arrêtent en effet de manière quasiment nette au pied des premiers escarpements qui composent leur pays, dans le sud de la Cordillère annamitique, chaîne montagneuse forestière formant une barrière naturelle ici difficilement franchissable entre le Laos et le Vietnam voisin. Un relief tourmenté, de petites vallées profondément encaissées et aux orientations diverses et variées, une nature éminemment sauvage et préservée où abonde une faune exceptionnellement riche, parmi laquelle de nombreuses espèces rares et endémiques à la région.
Bien que faisant épisodiquement, de la part des autorités, l'objet de tentatives d'intégration à la société lao, se traduisant par des incitations à transmigrer, c'est-à-dire à déplacer leurs habitats vers les vallées plus accessibles, et donc mieux contrôlables, les groupes Katou les plus reculés de la province sont néanmoins parvenus jusqu'à aujourd'hui, grâce à cet isolement géographique exceptionnel et radical, ainsi qu'à l'absence presque totale d'influences extérieures, à préserver une très forte indépendance culturelle. Ils ont par exemple pu perpétuer l'usage, au quotidien, de dialectes propres, ainsi que des croyances et rituels animistes particulièrement singuliers. De plus, contrairement à de nombreuses autres "enclaves ethniques" du pays, aucun groupe de population plus majoritaire et mieux intégré à la société lao, des bouddhistes notamment, n'est encore jamais venu s'implanter à proximité de leur territoire. Les Katou ont ainsi pu conserver nombre de leurs traditions ancestrales, généralement en étroite relation avec leur riche et dense environnement forestier.
Les Katou sont donc animistes et ils s'efforceront en permanence d'entretenir des rapports harmonieux avec les nombreux phii, les "esprits", qui peuplent la montagne, les grottes, la forêt, les cours d'eau, le village, les huttes, et d'autres lieux encore. Si cette harmonie a été rompue par viol d'une tradition ou d'un tabou, ou pour toute autre raison qui se manifestera le plus souvent par l'apparition d'une maladie, d'un décès ou encore d'une mauvaise récolte, seules les chamanes Katou sauront alors, par des méthodes ancestrales de divination, en définir l'origine, puis rétablir ce lien entre les humains et les "esprits" contrariés ou offensés.
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« Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! » (Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !) Un homme katou
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TABLE Introduction I. Orpailler II. Marcher III. Habiter IV. Contrôler V. Manger VI. Fumer VII. Tuer (Puis quelques photos à partir d'ICI ainsi que LÀ).
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Introduction À deux reprises et à trois années d'intervalle, durant un mois chaque fois, j'ai marché, seul, sans guide, dans l'extrême sud-est du Laos, vers les confins de la province de Sékong, en direction des villages de l'ethnie Katou les plus isolés et les plus traditionnels de la région, dans lesquels je fus accueilli chaque nuit, devenant dès lors par ailleurs le tout premier touriste à se rendre en ces lieux. Ces étonnants et emblématiques villages circulaires, au caractère tribal original et remarquable, sont disséminés au cœur d'une zone résolument sauvage de montagnes escarpées et de forêts denses que l'on ne peut atteindre qu'à pied, la plupart du temps via d'étroits et improbables sentiers, rares traces tellement peu foulées qu'elles disparaissent continuellement sous la végétation envahissante.
La province de Sékong est la plus pauvre du Laos, et parmi les quelques groupes de populations qui la peuplent, les Katou figurent sans conteste au nombre des plus déshérités. Les Katou, les Khas-tuu, c'est-à-dire les "sauvages d'en haut" si l'on veut croire, entre toutefois d'autres hypothèses possibles, à une étymologie d'origine mixte, lao pour la première syllabe et katou pour la seconde.
Les Katou - ou Katu, Kantou - composent un des groupes ethniques les plus isolés et méconnus du Laos, même de leurs compatriotes. Population encore un peu crainte, car non laocisée, elle peuple une région montagneuse difficilement accessible, la Haute-Sékong, toujours peu connue à ce jour, et même redoutée de la plupart des Lao eux-mêmes : les Katou vivraient dans des contrées mystérieuses et dangereuses - un monde forestier demeuré non civilisé - voire s'avéreraient eux-mêmes dangereux. La réputation belliqueuse et sanguinaire des Katou n'est pourtant plus justifiée : leurs villages ne sont plus fortifiés, car les équipées sauvages et guerrières entre tribus voisines - les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-groupes - ont cessé depuis quelques décennies, et le tout dernier témoignage relatif à leurs fameuses Chasses au Sang rituelles, destinées à conjurer une catastrophe, un bouleversement ou une malédiction, date déjà de la fin des années 1930. Les sacrifices humains et les actes de cannibalisme qui s'ensuivaient - le sang et des organes vitaux étaient consommés par les chasseurs - ont désormais été remplacés par l'immolation rituelle occasionnelle de buffles.
Toujours est-il que les villageois Katou restés retranchés dans l'extrême est de la province de Sékong vivent encore véritablement en marge de la nation. Les influences culturelles et économiques lao s'arrêtent en effet de manière quasiment nette au pied des premiers escarpements qui composent leur pays, dans le sud de la Cordillère annamitique, chaîne montagneuse forestière formant une barrière naturelle ici difficilement franchissable entre le Laos et le Vietnam voisin. Un relief tourmenté, de petites vallées profondément encaissées et aux orientations diverses et variées, une nature éminemment sauvage et préservée où abonde une faune exceptionnellement riche, parmi laquelle de nombreuses espèces rares et endémiques à la région.
Bien que faisant épisodiquement, de la part des autorités, l'objet de tentatives d'intégration à la société lao, se traduisant par des incitations à transmigrer, c'est-à-dire à déplacer leurs habitats vers les vallées plus accessibles, et donc mieux contrôlables, les groupes Katou les plus reculés de la province sont néanmoins parvenus jusqu'à aujourd'hui, grâce à cet isolement géographique exceptionnel et radical, ainsi qu'à l'absence presque totale d'influences extérieures, à préserver une très forte indépendance culturelle. Ils ont par exemple pu perpétuer l'usage, au quotidien, de dialectes propres, ainsi que des croyances et rituels animistes particulièrement singuliers. De plus, contrairement à de nombreuses autres "enclaves ethniques" du pays, aucun groupe de population plus majoritaire et mieux intégré à la société lao, des bouddhistes notamment, n'est encore jamais venu s'implanter à proximité de leur territoire. Les Katou ont ainsi pu conserver nombre de leurs traditions ancestrales, généralement en étroite relation avec leur riche et dense environnement forestier.
Les Katou sont donc animistes et ils s'efforceront en permanence d'entretenir des rapports harmonieux avec les nombreux phii, les "esprits", qui peuplent la montagne, les grottes, la forêt, les cours d'eau, le village, les huttes, et d'autres lieux encore. Si cette harmonie a été rompue par viol d'une tradition ou d'un tabou, ou pour toute autre raison qui se manifestera le plus souvent par l'apparition d'une maladie, d'un décès ou encore d'une mauvaise récolte, seules les chamanes Katou sauront alors, par des méthodes ancestrales de divination, en définir l'origine, puis rétablir ce lien entre les humains et les "esprits" contrariés ou offensés.
Hôtel Club Olympien Sauipe Fun 4* à Salvador de Bahia English translation pending
Bonjour,
Je suis à la recherche d'une destination pour janvier 2011 ; j'ai trouvé un séjour intéressant au BRESIL, mais je voudrais savoir si quelqu'un connait cet hotel : Club Olympien Sauipe Fun 4* à Salvador De Bahia.
Je crains qu'il ne soit trop isolé ou loin des choses à voir ; bref, cet hotel est-il bien situé géographiquement ? Est-il facile de se déplacer par nos propres moyens (location de voiture, chauffeur avec voiture, transports locaux...)
Combien de temps faut-il pour se rendre à SALVADOR depuis cet hotel ?
J'ai peur qu'on ne s'ennuie dans un club si beau soit-il.
Merci de vos infos qui pourraient m'aider à prendre une décision ! 🙂
ML
Combien de temps faut-il pour se rendre à SALVADOR depuis cet hotel ?
J'ai peur qu'on ne s'ennuie dans un club si beau soit-il.
Merci de vos infos qui pourraient m'aider à prendre une décision ! 🙂
ML
Trouver un camping à Bora Bora? English translation pending
difficile même avec la fonction rechercher, de trouver un camping sur bora bora, j'ai entendu parler de chez celio ? faut il louer une voiture ou est ce inutile vu la dimension de l'île
merci pour tout vos conseils
"Non, Mada n'est pas dangereuse, venez!" English translation pending
Lu sur midilibre.com. Édition du lundi 5 avril 2010.
Montpellier. « Non, Mada n'est pas dangereuse, venez ! »
http://www.midilibre.com/articles/2010/04/05/MONTPELLIER-Non-Mada-n-39-est-pas-dangereuse-venez-1177165.php5
Montpellier. « Non, Mada n'est pas dangereuse, venez ! »
http://www.midilibre.com/articles/2010/04/05/MONTPELLIER-Non-Mada-n-39-est-pas-dangereuse-venez-1177165.php5
Noël à l'hôpital de Phuket, méfiance... English translation pending
Bonjour a toutes et a tous, je profite tout d abord de l occasion pour souhaiter de bonnes fetes a chacun d entre vous !
Je vais essayer de faire court mais ce n est pas evident.
Simplement raconter mon reveillon d hier soir, histoire que mon experience, plus ou moins bonne, puisse profiter a certaines desireux de venir visiter Phuket.
Je rejoints de ce fait le post sur - le renseignementicide- !!
je vis sur Phuket, j ai ete en contact avec un jeune homme forumiste, comme pas mal d expatries, je lui ai donne quelques renseignements sur la vie ici, les locations etc...
Il y a environ une semaine, ce dernier me dit venir a 8 personnes, je lui trouve un logement adequate pour le 28 decembre, ils avaient en effet prevu la full moon party du 24 decembre sur Koh Samui.
Coup de Pocker !! Alors que ma compagne et moi etions pret a aller feter le reveillon dans un joli resto sur Patong hier soir, je recois un coup de telephone de ce jeune homme qui m explique qu il se trouve a l aeroport de Phuket, en effet, ils n ont pas trouve de transport pour Koh Samui...trop tard...
Il me demande de voir si l appartement prevu pour le 28 est dispo cette nuit. J appelle le proprietaire de l hotel qui trouve une solution alternative pour ces 8 jeunes hommes. De la et apres concertation avec ma compagne, je lui propose de le rejoindre sur Kamala pour y rencontrer le proprietaire et faire connaissance.
N ayant aucune adresse sur lui, je lui redonne les coordonnees de la residence afin qu il puisse prendre un taxi jusque la !!
Il commence a tomber des cordes, pas le choix, nous prenons la route en scooter, direction Kamala. Arrives a bang tao, une voiture nous coupe la route...resultat, accident !!! Ne voulant pas laisser les jeunes hommes dans la mouise, et n ayant visiblement rien de grave, nous reprenons la route..
Arrives a la residence, PERSONNE.....une heure apres...PERSONNE... Nous decidons donc de reprendre la route pour aller deposer plainte, le chauffard ayant pris la fuite, mais nous avons eu la presence d esprit de relever la plaque d immatriculation....
2 heures passees a la station de police...pour rien en effet, les policiers nous expliquant ce que nous savions deja...Bang Tao est dangereux, tres dangereux, mieux vaut faire profil bas ( mots employes par les policiers je precise ).
De la, direction hopital, j ai la clavicule qui me lance a un point indecriptible... 3 heures apres avoir passe des radios...soulagemet...grosses douleurs mais rien de casse ! Une petite injection contre les douleurs et nous voici de retour a la maison ! petite soupe comme repas de Noel !!!!!! Puis dodo...
Mon recit est peut etre un peu long mais il me parait important de bien expliquer pour en finir avec certains points !!
Beaucoup de sujets sur le forum sont traites et tant mieux mais je trouve que l on oublie un peu certains autres points tres importants.
Sur Phuket, je vois TOUS LES JOURS des farangs faire les imbeciles en scooter, et ce sans casque, il est vrai que le passager en est dispense, ce que je n ai jamais compris, enfin bref...
Les gens rigolent en se disant, pfff, au pire je me fais arreter et je prends 300 bahts d amende, rien de grave. Ont ils conscience que ce casque - inutile- peut leur sauver la vie ??? En me levant ce matin je suis aller voir l etat de nos casques, et bien je peux vous assurer que si nous ne l avions pas hier soir, je ne serais pas la pour vous raconter cette hitsoire !!! Bref, pensez a votre vie et non pas a cette pseudo liberte de rouler sans casque. Ceaux qui connaissent bien Phuket savent a quel point il est dangereux de rouler en scooter sur Phuket.
J en avais presque publie nos fameux voyageurs !! Et bien non, nous savons a cette heure ci que ce taxi pris hier soir a l aeroport de Phuket, les a tout simplement depose dans un hotal sur Patong, juste parce qu il y touche un pourcentage !!!
Moralite, tout cela pour rien....
Je vais donc finir ( certains vont etre contents..rires..) par vous dire de vous mefier des taxis et Tuk Tuk a Phuket, bien souvent ils ne vous enmenent pas la ou vous le souhaitez, ou font des detours de malades pour vous faire passer par des endroits ou ils y ont un interet !!!
Il me reste a dire le plus important !!!!
S il vous plait, amis expatries et personnes connaissant bien Phuket, evitez de dire aux voyageurs que Phuket c est FACILE...on y debarque et pas de soucis, on se debrouille le jour meme de l arrivee pour y trouver ce que l on cherche, logement etc..surtout en peak season !!!
Je dis cela bien entendu pour ceux qui y viennent pour la PREMIERE fois, apres c est effectivement plus simple.
Une autre chose aussi tres IMPORTANTE, les gens ne parlant pas un minimum anglais rencontrent d enormes problemes pendant leur sejour. Les gens connaissant bien la Thailande savent que les thais on un anglais bien special, donc encore plus dur de les comprendre, meme pour ceux qui ont un bon niveau.
Merci d avoir pris le temps de me lire.
Si ce post peut servir a sauver des vies ou au moins faire prendre conscience que la securite sur la route est importante, alors je suis heureux, je pourrais pretendre avoir passe un bon reveillon !!!
Encore bonnes fetes a toutes et a tous !
Je vais essayer de faire court mais ce n est pas evident.
Simplement raconter mon reveillon d hier soir, histoire que mon experience, plus ou moins bonne, puisse profiter a certaines desireux de venir visiter Phuket.
Je rejoints de ce fait le post sur - le renseignementicide- !!
je vis sur Phuket, j ai ete en contact avec un jeune homme forumiste, comme pas mal d expatries, je lui ai donne quelques renseignements sur la vie ici, les locations etc...
Il y a environ une semaine, ce dernier me dit venir a 8 personnes, je lui trouve un logement adequate pour le 28 decembre, ils avaient en effet prevu la full moon party du 24 decembre sur Koh Samui.
Coup de Pocker !! Alors que ma compagne et moi etions pret a aller feter le reveillon dans un joli resto sur Patong hier soir, je recois un coup de telephone de ce jeune homme qui m explique qu il se trouve a l aeroport de Phuket, en effet, ils n ont pas trouve de transport pour Koh Samui...trop tard...
Il me demande de voir si l appartement prevu pour le 28 est dispo cette nuit. J appelle le proprietaire de l hotel qui trouve une solution alternative pour ces 8 jeunes hommes. De la et apres concertation avec ma compagne, je lui propose de le rejoindre sur Kamala pour y rencontrer le proprietaire et faire connaissance.
N ayant aucune adresse sur lui, je lui redonne les coordonnees de la residence afin qu il puisse prendre un taxi jusque la !!
Il commence a tomber des cordes, pas le choix, nous prenons la route en scooter, direction Kamala. Arrives a bang tao, une voiture nous coupe la route...resultat, accident !!! Ne voulant pas laisser les jeunes hommes dans la mouise, et n ayant visiblement rien de grave, nous reprenons la route..
Arrives a la residence, PERSONNE.....une heure apres...PERSONNE... Nous decidons donc de reprendre la route pour aller deposer plainte, le chauffard ayant pris la fuite, mais nous avons eu la presence d esprit de relever la plaque d immatriculation....
2 heures passees a la station de police...pour rien en effet, les policiers nous expliquant ce que nous savions deja...Bang Tao est dangereux, tres dangereux, mieux vaut faire profil bas ( mots employes par les policiers je precise ).
De la, direction hopital, j ai la clavicule qui me lance a un point indecriptible... 3 heures apres avoir passe des radios...soulagemet...grosses douleurs mais rien de casse ! Une petite injection contre les douleurs et nous voici de retour a la maison ! petite soupe comme repas de Noel !!!!!! Puis dodo...
Mon recit est peut etre un peu long mais il me parait important de bien expliquer pour en finir avec certains points !!
Beaucoup de sujets sur le forum sont traites et tant mieux mais je trouve que l on oublie un peu certains autres points tres importants.
Sur Phuket, je vois TOUS LES JOURS des farangs faire les imbeciles en scooter, et ce sans casque, il est vrai que le passager en est dispense, ce que je n ai jamais compris, enfin bref...
Les gens rigolent en se disant, pfff, au pire je me fais arreter et je prends 300 bahts d amende, rien de grave. Ont ils conscience que ce casque - inutile- peut leur sauver la vie ??? En me levant ce matin je suis aller voir l etat de nos casques, et bien je peux vous assurer que si nous ne l avions pas hier soir, je ne serais pas la pour vous raconter cette hitsoire !!! Bref, pensez a votre vie et non pas a cette pseudo liberte de rouler sans casque. Ceaux qui connaissent bien Phuket savent a quel point il est dangereux de rouler en scooter sur Phuket.
J en avais presque publie nos fameux voyageurs !! Et bien non, nous savons a cette heure ci que ce taxi pris hier soir a l aeroport de Phuket, les a tout simplement depose dans un hotal sur Patong, juste parce qu il y touche un pourcentage !!!
Moralite, tout cela pour rien....
Je vais donc finir ( certains vont etre contents..rires..) par vous dire de vous mefier des taxis et Tuk Tuk a Phuket, bien souvent ils ne vous enmenent pas la ou vous le souhaitez, ou font des detours de malades pour vous faire passer par des endroits ou ils y ont un interet !!!
Il me reste a dire le plus important !!!!
S il vous plait, amis expatries et personnes connaissant bien Phuket, evitez de dire aux voyageurs que Phuket c est FACILE...on y debarque et pas de soucis, on se debrouille le jour meme de l arrivee pour y trouver ce que l on cherche, logement etc..surtout en peak season !!!
Je dis cela bien entendu pour ceux qui y viennent pour la PREMIERE fois, apres c est effectivement plus simple.
Une autre chose aussi tres IMPORTANTE, les gens ne parlant pas un minimum anglais rencontrent d enormes problemes pendant leur sejour. Les gens connaissant bien la Thailande savent que les thais on un anglais bien special, donc encore plus dur de les comprendre, meme pour ceux qui ont un bon niveau.
Merci d avoir pris le temps de me lire.
Si ce post peut servir a sauver des vies ou au moins faire prendre conscience que la securite sur la route est importante, alors je suis heureux, je pourrais pretendre avoir passe un bon reveillon !!!
Encore bonnes fetes a toutes et a tous !
Voitures "made in USA" en location English translation pending
Bonjour à tous,
Vu la météo du jour... je me suis livré à une mini compilation des voitures de conception US que l'on peut - peut être - trouver en location aux USA et Canada. Prudemment je cite ma source : un grand magazine auto, édition annuelle "toutes les voitures du monde". Ce tableau n'est nullement exhaustif et donc est incomplet ! De plus, la ventilation des catégories tient plus de mon expérience que de la science exacte ou des pratiques de tel ou tel loueur. Vous aurez compris que je prends toutes les précautions possibles pour éviter les critiques😛 Par contre si vous pouvez le compléter "positivement"... ne vous en privez pas 😎😉
Vu la météo du jour... je me suis livré à une mini compilation des voitures de conception US que l'on peut - peut être - trouver en location aux USA et Canada. Prudemment je cite ma source : un grand magazine auto, édition annuelle "toutes les voitures du monde". Ce tableau n'est nullement exhaustif et donc est incomplet ! De plus, la ventilation des catégories tient plus de mon expérience que de la science exacte ou des pratiques de tel ou tel loueur. Vous aurez compris que je prends toutes les précautions possibles pour éviter les critiques😛 Par contre si vous pouvez le compléter "positivement"... ne vous en privez pas 😎😉
Improvisation Nomade (9) Pakistan English translation pending
Mauvais présage
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Amman et la mer Morte English translation pending
J'ai eu tout le temps de faire et de voir tout ce que je voulais en syrie,
il est temps de passé à la suite en suivant la route du sud.
Damas, capitale syrienne, étant située au sud du pays, et Amman, capitale jordanienne, étant au nord du pays la liaison devrait être vite faite.
Seulement le bus, je commence à connaître par coeur. Les gares routières et leur ambiance glamour au possible n'ont plus de secrets pour moi. Il était donc recommandable d'essayer de dénicher un nouveau moyen de transport. Le LP indique qu'il existe un train reliant les 2 capitales. Le tarif n'étant pas géré par la SNCF, c'était donc d'autant plus envisageable. 2 trains par semaine, c'est parfait, un de cela part le lundi et ça tombe bien, on est lundi. Le principe du train transfrontalier est un peu particulier. un train part de Damas le matin à 8h en même temps qu'un autre qui quitte Amman. Les 2 trains devant se rejoindre à la frontière. Pour le passager, à ce moment-là, il faut traverser la frontière à pieds et prendre le train de l'autre côté qui repart d'où il vient avec les passagers partis de l'autre pays. Je me prépare à rejoindre la gare, il est 7h. J'attrape facilement un taxi et le convie à me conduire jusqu'à la gare. "Pourquoi?" demande-t-il incrédule. "Pour aller en jordanie voyons!" lui rétorquais-je. "Mais il n'y a plus de train depuis 2 ans mon petit ami!!" "C'est pourtant dans le LP!!"
Le type a quand même l'air bien sûr de lui et comme il ne me propose pas de me faire un "bon prix" pour m'amener lui-même à Amman, il y a anguille sous roche. En fait l'anguille c'est que la dernière édition du LP "Moyen-Orient" date de 2006, et comme par hasard le train s'est arrêter la même année. Renseignement pris auprès d'une tierce personne, ce que dit le chauffeur de taxi est vrai. Le destin veut vraiment me voir enchaîner les bus les uns après les autres. Pour le train ce sera donc pour une autre fois, en Egypte où le LP signale que des trains roulent encore, en 2006. On verra bien à ce moment-là...
Me voici donc reparti vers une nouvelle gare routière, celle de Damas ou plus une de celles de Damas car pas la même que celle par où je suis arrivé. J'y débarque avec Faysal que j'ai retrouvé et on se rencarde sur l'heure du prochain départ pour la Jordanie. Mauvaise nouvelle, 2 compagnies font le trajet mais l'attente pour l'une et l'autre dépasse les 4 heures. Que faire? On dit aux guichetiers qu'on doit réfléchir avant de prendre une décision. Le plan B peut-être un brin différent, il y a à l'entrée de la gare routière pleins de chauffeurs de taxis spécialisés dans l'aller-retour vers Amman. C'est pas une entube car sur les portières des voitures c'est écrit en grosses lettres. On compare les prix avec le bus pour constater que la différence est minime. C'est décidé donc, on ne fera pas le chemin en bus mais en voiture particulière. Pourquoi pas? La seule chose, c'est que plus on est dans la voiture, plus le prix décroit. Il nous faudra donc attendre de longues minutes avant que la voiture ne soit pleine de 2 autres passagers. Ils sont Syriens, et comme Laurel et Hardy l'un est grand et l'autre petit. Et que croyez-vous qu'il se passa? Le petit s'installa à l'avant tandis que le grand partagera la banquette arrière avec Faysal, un gaillard aussi large que haut, et moi au milieu. En général, j'ai plutôt l'habitude de doucement m'assoupir dans les transports, ça m'a l'air raté pour cette fois, mon épaule gauche est comprimée contre l'épaule droite de Faysal et mon épaule droite comprimée par l'épaule droite de Laurel, à moins que ce ne soit Hardy.
On arrive à la frontière en 1 heure environ, il est 13h. La voiture doit s'immobiliser d'une part pour un check-out des autorités avec fouilles sommaires des bagages, et d'autre part pour que tous les passagers puissent s'acquitter de leur visa. La première étape prend 30 bonnes minutes. Lorsque le douanier arrive à ma hauteur ainsi que celle de mes 2 sacs, il m'intime l'ordre de les ouvrir. J'entreprend d'ouvrir le gros sac en premier et à peine ouvert, il me dit de le refermer, c'était bien la peine... Maintenant il est l'heure de faire chauffer le passeport pour la pose payante du visa jordanien. Seul problème, en quittant la Syrie de l'autre côté de la frontière, on doit s'acquitter d'une taxe de sortie de territoire. Incroyable!! Tu payes 23 euros pour te faire faire un visa d'entrée, et voilà qu'en sortant on te demande encore une dizaines d'euros. L'hospitalité légendaire des gens du coin n'a apparemment pas prise sur nos amis douaniers... Mes derniers pounds syriens passent donc dedans, heureusement que le chauffeur de la voiture acceptera de se faire payer en dinars jordaniens autrement j'étais bon pour faire la plonge chez lui pendant de longues heures. Heureusement donc, côté jordanien il y a un distributeur pour récolter les précieuses devises. C'est la première fois que je dois ressortir ma carte bleue depuis l'entrée en Syrie. Je vais vers le distributeur mon porte-feuille en poche, j'approche de la machine et me met à chercher la fameuse carte. Dans le porte-feuille, rien. Dans mes poches, rien non plus!!! Mon coeur prend un coup d'accélérateur. Pendant plusieurs secondes, une seule question : "qu'est ce que j'ai foutu de cette fichue carte?!?" La réponse viendra d'elle-même, j'ai pris soin en arrivant en Syrie de ne pas mettre mes oeufs dans le même panier, et ai mis ma CB en lieu sûr mais pas dans mon porte-feuille. Il était moins une avant que j'hurles et que je me maudisses, je retrouve la CB, fin de la péripétie, ouf!!! Seule chose positif, ça n'arrivera plus, je me souviendrais à partir de maintenant de cette mésaventure, plus question que ça se reproduise!
L'obtention du visa jordanien se fait à concurrence de 10-12 euros dans des délais assez brefs et on est reparti sur la route vers 14h. Celle-ci est l'un côté comme de l'autre assez monotone en longues lignes droites dans des paysages secs et peu fréquentés mais toujours pas moyen de dormir entre mes deux demis-de-mèlée. On arrive à Amman une heure plus tard dans un endroit indéterminé. Pas de gare routière à l'horizon, il y a bien une mosquée mais impossible de la retrouver sur la carte du LP. Seul moyen de retomber sur nos pattes : trouver un taxi. Ca a l'air facile dit comme ça, mais à Amman un jeudi après-midi, c'est tout sauf évident. Tous les taxis de la ville sont pleins, impossible d'en avoir un de disponible. Faysal qui connait déjà la ville me dit qu'il connait un hotel dont on ne doit pas être bien loin. On entreprend donc la recherche à pieds. Pas un problème quand on sait où on est et là où on se rend, mais là, aucun indice. Solution au problème, demander notre chemin. Un type nous l'indique, nous dit qu'effectivement on est pas très loin de notre point d'arrivée et que lui aussi prend la même direction. On fait donc le chemin à trois. Et comme plus on est de fous plus on ris, youpi, même si je porte mes 15-18kg et que tout Amman n'est que montées et descentes. De temps à autre, on s'arrête pour essayer de repérer un taxi libre. Mais maintenant, il est 16h, et c'est la sortie des bureaux, synonyme d'encore plus de monde dans les taxis. Nous voilà bien avancés!!! On marche pendant une sacrée trotte, lorsqu'enfin un véhicule jaune se stoppe à notre hauteur, c'est un taxi vide, hip, hip hip! On monte dedans, on roule moins de 500 mètres et on est finalement arrivés. On a fait au moins 5 fois la distance parcourue avec la taxi à pieds et j'en ai plein les pattes. Il nous a fallut quasiment autant de temps pour arriver de Syrie que pour trouver notre hotel, je suis un peu saoulé par la situation d'autant que comme le prédisait le LP, Amman est une ville dans laquelle il est très difficile de se repérer (NDLR : surtout si on y séjourne que 2 jours!!). Cela-dit, l'hotel et son personnel sont très accueuillants mais malgré ça, je sens que je ne vais pas faire de vieux os dans cette ville alambiquée où les sites dignes d'intérêt se comptent sur les doigts d'un semi-manchot. Pour aujourd'hui de toute façon, il est déjà 17h et la nuit commence à tomber. Une seule chose reste donc à faire pour boucler la boucle de cette journée : s'en mettre plein l'estomac. Se sera chose faîte avec un poulet entier dans un restaurant où la volaille est la spécialité. Devant le resto, les poulets tournants sur la rotissoire se comptent par dizaines.
Quand Faysal et moi rentrons à l'hotel, il fait nuit. C'est à peu près certain que je ne vais pas faire long feu car en ajoutant un réveil presque aux aurores, 3 heures au centre de la banquette arrière d'une voiture avec 2 armoires de chaque côté, 1 heure et plus de marche avec tout mon bardas sur le dos et le fait qu'il fait nuit dans une ville inconnue où mon vocabulaire s'en tient aux plus strictes banalités, il n'y a rien qui me botte d'autre que de planifier la journée du lendemain dont je n'ai pas franchement envie qu'elle se passe en ville. Solution de repli, et quelle solution, la mer morte n'est qu'à une trentaine de kilomètres et passer à côté serait criminel. Moi qui suis fan de chiffres incongrus et de statistiques farfelues mais indicatives, la mer morte est l'endroit le plus bas sur la planète. Rien que ça, ça me fera me lever le lendemain matin avec des fourmis dans les jambes c'est sûr!! Dès qu'il y a un truc dans les parages qui soit "un des plus ... de la planète", j'ai envie de m'écrier WHAOUUUU!!! Si on ajoute en plus les souvenirs que j'ai Asterix avec Obélix qui se jette dans la Mer Morte sans réussir à s'y enfoncer, l'expérience promet d'être riche en couleurs!
On se met d'accord avec Faysal pour faire le trajet ensemble en utilisant les transports locaux, chose d'autant plus faisable que Faysal parle un arabe parfait. Rendez-vous est pris pour 9h le lendemain matin au petit déjeuner. On ne partage pas le même dortoir, le sien fait 9 couchages et est un poil meilleur marché que le mien qui n'en compte que 4. Bonne nuit tout le monde, les lumières s'éteignent la tête tournée vers un lendemain chargé en sel et haut en couleurs.
Le réveil suivant se devait d'être d'autant plus facile que le programme du jour est hyper réjouissant et ne ressemblera surement à aucun autre durant les 2 ans qui viennent. Je dis "se devait" car il en est tout autre même si on reste dans les limites du raisonnable. L'alarme devait me sortir du lit à 8h50. A 8h45, on frappe vigoureusement à la porte de mon dortoir que je partage avec Jamal venu tout droit de San Francisco. De l'autre côté de la porte, l'agité du matin s'exite sur la poignée en plus de tambouriner. Un visage dépasse de la porte maintenant ouverte, c'est Faysal avec qui j'ai rendez-vous 15 minutes plus tard. Inutile de vous préciser que ce genre d'attention n'est pas du gout de tout le monde et surtout pas du mien. Si on se donne rendez-vous à 9h, on se voit à 9h, ça me paraissait suffisamment clair pour ne pas avoir à préciser "pas avant". A croire que les gens du matin pense que tout le monde a son rythme calqué sur le leur. C'est pas vrai!! J'ai beau avoir pris l'habitude des réveils matinaux, faut pas exagérer; je commence donc malgré moi la journée en tirant la tronche. Y'a mieux mais ça passera sans doute après quelques excuses. Eh bien, les excuses, tu peux t'assoir dessus, à croire que vraiment rien n'arrête ses enfoirés de lèves-tôt! On passera quand même la journée ensemble, pas rancunier le Braïce. Après un petit déjeuner vite engouffré parce qu'en plus monsieur est pressé, on file à la gare routière en prenant un taxi instantanemment déniché contrairement à la veille. Le service de bus entre Amman et la mer morte est minimaliste, il faudra se contenter d'un minibus qui ne partira qu'une fois plein comme c'est la coutume. En faisant la route, je me rends compte qu'on ne fait pratiquement que descendre et, à mi-parcours, j'aperçois un paneau inédit dans mon monde au milieu du trajet : "niveau de la mer". Pas banal. Après avoir doublé le paneau, on descend de plus belle, le minibus file à vive allure surplombant des vallées encaissées et assèchées. Et après une grosse heure de route, on devine encore plus bas un grand lac, en fait pas un grand lac, la Mer Morte. Notre véhicule nous fait descendre alors que les différentes plages payantes s'enchainent sur le bas-côté. Comme Faysal et moi ne sommes pas les plus riches des voyageurs de la côte, on cherche une plage gratuite. Peine perdu, partout où l'accès à la mer est libre, le chemin est chaotique, au milieu des pierres et en duc de guise de plage, on a plutôt droit à un remake des environs des routes syriennes. Il nous faut donc retourner là où c'est payant faute de mieux, la moins chère des plages, "Amman Beach", nous facture les entrées 8 euros chacun, ça à intéret à valoir le déplacement niveau confort, parce que 8 euros pour accéder à une plage, c'est un peu fort de café!
On pénètre dans l'antre et découvrons le spectacle : des dizaines de parasols géants sont plantés dans le sol, prêts à offrir de l'ombre à qui veut fuir le soleil assassin malgré l'été déjà fini depuis longtemps. On trouve un de ses parasols pas trop mal placé, on s'installe. Je pose ma serviette sur un sable tassé au possible d'où émerge toutes sortes de détritus enterrés là par des plagistes peu scrupuleux et alors que je m'allonge, stupeur, la plage est le royaume des mouches. Quinze à la douzaine comme on dit sur les marchés. Au début on se débat et on lutte, après on se rend compte que c'est peine perdue, les mouches sont ici chez elles et pas moyen de s'en débarrasser. En fait, si, il y a peut-être un moyen, attraper 2 chaises et une table et se la jouer pic-nic. Peut-être que en stationnant un mètre au dessus du sol, on peut résoudre le problème. A proximité de là où nous sommes assis, des employés de la plage stockent tout le mobilier disponible. N'écoutant que mon envie de faire la nique aux mouches, j'attrape une chaise et une table de la masse. J'emporte tout cela avec moi jusqu'au parasol. En revenant, Faysal me dit que les employés m'appellent. Flairant le coup de Trafalgar, je lui réponds :"S'ils veulent quelque chose, ils n'ont qu'à venir." Et voilà t'y pas que 10 secondes plus tard, l'employé arrive avec autre chose que des fleurs dans la bouche. Il pointe la chaisa du doigt et d'un ton sec dit "1 dinar". Puis pointant la table du doigt, il rajoute "1dinar". bonjour l'entube, d'abord tu paye presque 10 euros pour rentrer et après il faut en rajouter pour profiter du moindre agrément à l'exception de la douche. Et comme je ne veux en aucune façon être considéré comme une vache prête à traire, je sors un carton jaune pour signifier mon mécontentement et le bonhomme disparait, emportant avec lui la table et la chaise. Non mais quand même... Il faudra donc partager le sol inégal avec nos amies les mouches. Soit.
Mais pas question de subir la chose, si on a fait tout ce chemin, c'est pour en profiter. En moins de temps qu'il en faut pour l'écrire, je tombe le pantalon, le T-shirt et le reste. Autour la moitié des gens sont également en maillot de bain, ce sont les touristes étrangers. L'autre moitié des plagistes restent couverts de la tête au pieds même pour la baignade, ce sont les touristes locaux (les femmes en particulier). Lorsque pour rejoindre le rivage, je marche à moitié à poil, ça fait un peu tache mais personne ne fait de remarques désobligeantes, rien ne s'oppose désormais à mon immersion. Il y a bien les cailloux qui s'ammoncèlent sue le bord qui essayent de m'entailler les pieds mais rien n'y fera, ja nage dans la mer morte. A mesure que l'on s'enfonce dans l'eau, la sensation de flottaison s'accroit et est décuplée dès qu'on ne touche plus le fond. Dans une mer normale, lorsque qu'on est dans l'eau, les jambes restent toujours à la verticale du corps. Dans la mer morte, les pieds ont une furieuse tendance à vouloir remonter à la surface, il faut faire l'effort de se maintenir droit pour y parvenir. Disons que si on ne fait rien, on se retrouve à faire la planche que ce soit sur le dos, sur le ventre, sur le côté, peu importe, l'eau vous propulse vers la surface. C'est d'ailleurs assez grisant de se dire que voici une mer dans laquelle il est impossible de se noyer. Malgré cela, sur la plage, de grands panneaux préviennent qu'il est particulièrement déconseillé de mettre la tête sous l'eau ou de boire la tasse. Pour la tête dans l'eau, c'est parce que le contact de l'eau avec les yeux pourrait simplement vous brûler de façon insoutenable. Quant à boire la tasse, je tenterais moi-même de poser une goutte d'eau sur ma langue, et bien force est de constater que ça brûle comme si j'avais un oeil à la place de la langue. Le gout est peut-être ce qui se fait de pire sur la planète. C'est comme si on avait condensé un mètre cube de sel dans une seule goutte. En fait c'est même tellement salé et indisgeste, qu'on ne sent plus le gout du sel! Juste écoeurant, donc ceux qui veulent boire la tasse s'expose à mon sens à ne plus jamais retrouver le sens du gout. En tout cas, tant qu'on respecte les consignes de sécurité élémentaires, la baignade est comme aucune autre, sensation complètement démente.
A la sortie de l'eau, la nature de l'eau fait qu'il faut respecter une nouvelle consigne : la douche à l'eau claire. Profitons-en, en plus c'est la seule chose comprise dans le prix. La douche coule à débit limité mais suffisant pour un rincage complet. J'ai le sentiment que si je ne passe pas par cette étape, ma peau craquèlerait comme la terre d'un paysage privé d'eau pendant trop longtemps. L'eau de la mer morte, même si amusante, n'est définitivement pas ma meilleure amie.
En revenant de la douche, une douce surprise : les mouches ne semblent pas attirées par ma peau mouillée. C'est donc une excellente chose, les allers-retours dans la mer et sous la douche rythmeront donc mon après-midi à la fois pour le plaisir cher à Herbert Léonard et pour la commoditée chère à Leroy-Merlin.
Ces vas-et-viens se poursuivront jusque vers 15h30, heure à laquelle il faut lever le camp pour espérer un minibus retournant à Amman. En quittant la plage, une brillante idée ne vient en tête, il y a beaucoup plus de chance d'attraper une voiture allant à Amman en venant de la Mer Morte que l'inverse. La décision est donc prise de se poster sur la route, de lever le pouce et d'espérer rentrer à Amman gratuitement grace à un automobiliste familier de l'autostop. Les voitures, majoritairement de gros 4X4 et de grosses berlines, les camions, majoritairement de vieux bahuts aux airs centenaires, s'enchainent les uns derrières les autres. Et malgré mon air jovial et ma silouhette gracile, pas un ne s'arrêtera pendant 45 minutes avant que le minibus d'Amman ne se pointent. Ca valait la peine de tenter l'expérience même si on a fait chou blanc. Au moins on pourra quand même rentrer pour pas cher tout en sachant que la destination du chauffeur est la même que la notre à Faysal et à moi. Nous sommes de retour à la nuit tombée d'autant plus que le passage à l'heure d'hiver s'est produit la nuit précédente, c'est à dire dans la nuit du jeudi au vendredi suivant le week-end du changement d'heure en Europe. A 17h15, il fait maintenant nuit noire. Ca pourrait être handicapant si je ne me levais pas maintenant régulièrement entre 6h et 9h du matin, mais là pas de risque, lorsque midi sonne j'ai toujours l'impression d'avoir déjà vécu une journée entière. Au retour à Amman, on ne prend pas le temps de poser nos affaires à l'hotel et préfèrons poser plutôt nos fesses dans un restaurant pas cher où on peut s'en mettre plein la panse. Après ça, la soirée s'annonce une nouvelle fois calme et sans histoires. C'était sans compter sur Hani qui travaille à la réception de l'hotel et sur sa joyeuse bonhommie. Alors que je me repos paisiblement dans l'espace commun là où il exerce, il me propose ainsi qu'à Jamal, mon voisin de dortoir, et Martha, une hollandaise aussi souriante que le soleil brille, de se joindre à lui pour se rincer à la bière dans un bar des environs. Inutile de dire que la marche ça donne soif et que comme je n'ai pas bû une bière fraiche depuis maintenant 10 jours (en Cappadoce), c'est pas de refus.
On passe donc la soirée dans un bon esprit où chacun racontera plus ou moins ce qu'il fait là, d'où il vient et coetera, la discussion basique du voyageur au long court. En tout cas, c'est plaisant et gouleillant comme il faut. Sur un grand écran derrière moi, Tsonga bat en plus Roddick en 3 sets à Bercy à 30 minutes de marche de feue-la-maison. Tout concourt au plaisir futile. On rentre à 23h, tout le monde est bien claqué. Et comme Jamal et Martha ont l'intention de quitter Amman pour Petra le lendemain tout comme votre serviteur, décision est prise de se retrouver le lendemain matin aux aurores pour partager au moins un minibus et au plus 3 jours sur le site. Je suis vraiment impatient d'y être, les images de Petra sont dans ma tête depuis bien longtemps déjà, bientôt je n'aurais plus à penser aux images mais juste à explorer le site par moi-même, vivement samedi, quel week-end en perspective!!!
Par ailleurs, toujours pas d'internet à connection rapide à proximité, pas non plus de connexion wifi dans les hotels dans lesquels je vais, donc pour les photos se sera pour plus tard. en ce qui concernent les vidéos, je préfère ne même pas en parler...
Seulement le bus, je commence à connaître par coeur. Les gares routières et leur ambiance glamour au possible n'ont plus de secrets pour moi. Il était donc recommandable d'essayer de dénicher un nouveau moyen de transport. Le LP indique qu'il existe un train reliant les 2 capitales. Le tarif n'étant pas géré par la SNCF, c'était donc d'autant plus envisageable. 2 trains par semaine, c'est parfait, un de cela part le lundi et ça tombe bien, on est lundi. Le principe du train transfrontalier est un peu particulier. un train part de Damas le matin à 8h en même temps qu'un autre qui quitte Amman. Les 2 trains devant se rejoindre à la frontière. Pour le passager, à ce moment-là, il faut traverser la frontière à pieds et prendre le train de l'autre côté qui repart d'où il vient avec les passagers partis de l'autre pays. Je me prépare à rejoindre la gare, il est 7h. J'attrape facilement un taxi et le convie à me conduire jusqu'à la gare. "Pourquoi?" demande-t-il incrédule. "Pour aller en jordanie voyons!" lui rétorquais-je. "Mais il n'y a plus de train depuis 2 ans mon petit ami!!" "C'est pourtant dans le LP!!"
Le type a quand même l'air bien sûr de lui et comme il ne me propose pas de me faire un "bon prix" pour m'amener lui-même à Amman, il y a anguille sous roche. En fait l'anguille c'est que la dernière édition du LP "Moyen-Orient" date de 2006, et comme par hasard le train s'est arrêter la même année. Renseignement pris auprès d'une tierce personne, ce que dit le chauffeur de taxi est vrai. Le destin veut vraiment me voir enchaîner les bus les uns après les autres. Pour le train ce sera donc pour une autre fois, en Egypte où le LP signale que des trains roulent encore, en 2006. On verra bien à ce moment-là...
Me voici donc reparti vers une nouvelle gare routière, celle de Damas ou plus une de celles de Damas car pas la même que celle par où je suis arrivé. J'y débarque avec Faysal que j'ai retrouvé et on se rencarde sur l'heure du prochain départ pour la Jordanie. Mauvaise nouvelle, 2 compagnies font le trajet mais l'attente pour l'une et l'autre dépasse les 4 heures. Que faire? On dit aux guichetiers qu'on doit réfléchir avant de prendre une décision. Le plan B peut-être un brin différent, il y a à l'entrée de la gare routière pleins de chauffeurs de taxis spécialisés dans l'aller-retour vers Amman. C'est pas une entube car sur les portières des voitures c'est écrit en grosses lettres. On compare les prix avec le bus pour constater que la différence est minime. C'est décidé donc, on ne fera pas le chemin en bus mais en voiture particulière. Pourquoi pas? La seule chose, c'est que plus on est dans la voiture, plus le prix décroit. Il nous faudra donc attendre de longues minutes avant que la voiture ne soit pleine de 2 autres passagers. Ils sont Syriens, et comme Laurel et Hardy l'un est grand et l'autre petit. Et que croyez-vous qu'il se passa? Le petit s'installa à l'avant tandis que le grand partagera la banquette arrière avec Faysal, un gaillard aussi large que haut, et moi au milieu. En général, j'ai plutôt l'habitude de doucement m'assoupir dans les transports, ça m'a l'air raté pour cette fois, mon épaule gauche est comprimée contre l'épaule droite de Faysal et mon épaule droite comprimée par l'épaule droite de Laurel, à moins que ce ne soit Hardy.
On arrive à la frontière en 1 heure environ, il est 13h. La voiture doit s'immobiliser d'une part pour un check-out des autorités avec fouilles sommaires des bagages, et d'autre part pour que tous les passagers puissent s'acquitter de leur visa. La première étape prend 30 bonnes minutes. Lorsque le douanier arrive à ma hauteur ainsi que celle de mes 2 sacs, il m'intime l'ordre de les ouvrir. J'entreprend d'ouvrir le gros sac en premier et à peine ouvert, il me dit de le refermer, c'était bien la peine... Maintenant il est l'heure de faire chauffer le passeport pour la pose payante du visa jordanien. Seul problème, en quittant la Syrie de l'autre côté de la frontière, on doit s'acquitter d'une taxe de sortie de territoire. Incroyable!! Tu payes 23 euros pour te faire faire un visa d'entrée, et voilà qu'en sortant on te demande encore une dizaines d'euros. L'hospitalité légendaire des gens du coin n'a apparemment pas prise sur nos amis douaniers... Mes derniers pounds syriens passent donc dedans, heureusement que le chauffeur de la voiture acceptera de se faire payer en dinars jordaniens autrement j'étais bon pour faire la plonge chez lui pendant de longues heures. Heureusement donc, côté jordanien il y a un distributeur pour récolter les précieuses devises. C'est la première fois que je dois ressortir ma carte bleue depuis l'entrée en Syrie. Je vais vers le distributeur mon porte-feuille en poche, j'approche de la machine et me met à chercher la fameuse carte. Dans le porte-feuille, rien. Dans mes poches, rien non plus!!! Mon coeur prend un coup d'accélérateur. Pendant plusieurs secondes, une seule question : "qu'est ce que j'ai foutu de cette fichue carte?!?" La réponse viendra d'elle-même, j'ai pris soin en arrivant en Syrie de ne pas mettre mes oeufs dans le même panier, et ai mis ma CB en lieu sûr mais pas dans mon porte-feuille. Il était moins une avant que j'hurles et que je me maudisses, je retrouve la CB, fin de la péripétie, ouf!!! Seule chose positif, ça n'arrivera plus, je me souviendrais à partir de maintenant de cette mésaventure, plus question que ça se reproduise!
L'obtention du visa jordanien se fait à concurrence de 10-12 euros dans des délais assez brefs et on est reparti sur la route vers 14h. Celle-ci est l'un côté comme de l'autre assez monotone en longues lignes droites dans des paysages secs et peu fréquentés mais toujours pas moyen de dormir entre mes deux demis-de-mèlée. On arrive à Amman une heure plus tard dans un endroit indéterminé. Pas de gare routière à l'horizon, il y a bien une mosquée mais impossible de la retrouver sur la carte du LP. Seul moyen de retomber sur nos pattes : trouver un taxi. Ca a l'air facile dit comme ça, mais à Amman un jeudi après-midi, c'est tout sauf évident. Tous les taxis de la ville sont pleins, impossible d'en avoir un de disponible. Faysal qui connait déjà la ville me dit qu'il connait un hotel dont on ne doit pas être bien loin. On entreprend donc la recherche à pieds. Pas un problème quand on sait où on est et là où on se rend, mais là, aucun indice. Solution au problème, demander notre chemin. Un type nous l'indique, nous dit qu'effectivement on est pas très loin de notre point d'arrivée et que lui aussi prend la même direction. On fait donc le chemin à trois. Et comme plus on est de fous plus on ris, youpi, même si je porte mes 15-18kg et que tout Amman n'est que montées et descentes. De temps à autre, on s'arrête pour essayer de repérer un taxi libre. Mais maintenant, il est 16h, et c'est la sortie des bureaux, synonyme d'encore plus de monde dans les taxis. Nous voilà bien avancés!!! On marche pendant une sacrée trotte, lorsqu'enfin un véhicule jaune se stoppe à notre hauteur, c'est un taxi vide, hip, hip hip! On monte dedans, on roule moins de 500 mètres et on est finalement arrivés. On a fait au moins 5 fois la distance parcourue avec la taxi à pieds et j'en ai plein les pattes. Il nous a fallut quasiment autant de temps pour arriver de Syrie que pour trouver notre hotel, je suis un peu saoulé par la situation d'autant que comme le prédisait le LP, Amman est une ville dans laquelle il est très difficile de se repérer (NDLR : surtout si on y séjourne que 2 jours!!). Cela-dit, l'hotel et son personnel sont très accueuillants mais malgré ça, je sens que je ne vais pas faire de vieux os dans cette ville alambiquée où les sites dignes d'intérêt se comptent sur les doigts d'un semi-manchot. Pour aujourd'hui de toute façon, il est déjà 17h et la nuit commence à tomber. Une seule chose reste donc à faire pour boucler la boucle de cette journée : s'en mettre plein l'estomac. Se sera chose faîte avec un poulet entier dans un restaurant où la volaille est la spécialité. Devant le resto, les poulets tournants sur la rotissoire se comptent par dizaines.
Quand Faysal et moi rentrons à l'hotel, il fait nuit. C'est à peu près certain que je ne vais pas faire long feu car en ajoutant un réveil presque aux aurores, 3 heures au centre de la banquette arrière d'une voiture avec 2 armoires de chaque côté, 1 heure et plus de marche avec tout mon bardas sur le dos et le fait qu'il fait nuit dans une ville inconnue où mon vocabulaire s'en tient aux plus strictes banalités, il n'y a rien qui me botte d'autre que de planifier la journée du lendemain dont je n'ai pas franchement envie qu'elle se passe en ville. Solution de repli, et quelle solution, la mer morte n'est qu'à une trentaine de kilomètres et passer à côté serait criminel. Moi qui suis fan de chiffres incongrus et de statistiques farfelues mais indicatives, la mer morte est l'endroit le plus bas sur la planète. Rien que ça, ça me fera me lever le lendemain matin avec des fourmis dans les jambes c'est sûr!! Dès qu'il y a un truc dans les parages qui soit "un des plus ... de la planète", j'ai envie de m'écrier WHAOUUUU!!! Si on ajoute en plus les souvenirs que j'ai Asterix avec Obélix qui se jette dans la Mer Morte sans réussir à s'y enfoncer, l'expérience promet d'être riche en couleurs!
On se met d'accord avec Faysal pour faire le trajet ensemble en utilisant les transports locaux, chose d'autant plus faisable que Faysal parle un arabe parfait. Rendez-vous est pris pour 9h le lendemain matin au petit déjeuner. On ne partage pas le même dortoir, le sien fait 9 couchages et est un poil meilleur marché que le mien qui n'en compte que 4. Bonne nuit tout le monde, les lumières s'éteignent la tête tournée vers un lendemain chargé en sel et haut en couleurs.
Le réveil suivant se devait d'être d'autant plus facile que le programme du jour est hyper réjouissant et ne ressemblera surement à aucun autre durant les 2 ans qui viennent. Je dis "se devait" car il en est tout autre même si on reste dans les limites du raisonnable. L'alarme devait me sortir du lit à 8h50. A 8h45, on frappe vigoureusement à la porte de mon dortoir que je partage avec Jamal venu tout droit de San Francisco. De l'autre côté de la porte, l'agité du matin s'exite sur la poignée en plus de tambouriner. Un visage dépasse de la porte maintenant ouverte, c'est Faysal avec qui j'ai rendez-vous 15 minutes plus tard. Inutile de vous préciser que ce genre d'attention n'est pas du gout de tout le monde et surtout pas du mien. Si on se donne rendez-vous à 9h, on se voit à 9h, ça me paraissait suffisamment clair pour ne pas avoir à préciser "pas avant". A croire que les gens du matin pense que tout le monde a son rythme calqué sur le leur. C'est pas vrai!! J'ai beau avoir pris l'habitude des réveils matinaux, faut pas exagérer; je commence donc malgré moi la journée en tirant la tronche. Y'a mieux mais ça passera sans doute après quelques excuses. Eh bien, les excuses, tu peux t'assoir dessus, à croire que vraiment rien n'arrête ses enfoirés de lèves-tôt! On passera quand même la journée ensemble, pas rancunier le Braïce. Après un petit déjeuner vite engouffré parce qu'en plus monsieur est pressé, on file à la gare routière en prenant un taxi instantanemment déniché contrairement à la veille. Le service de bus entre Amman et la mer morte est minimaliste, il faudra se contenter d'un minibus qui ne partira qu'une fois plein comme c'est la coutume. En faisant la route, je me rends compte qu'on ne fait pratiquement que descendre et, à mi-parcours, j'aperçois un paneau inédit dans mon monde au milieu du trajet : "niveau de la mer". Pas banal. Après avoir doublé le paneau, on descend de plus belle, le minibus file à vive allure surplombant des vallées encaissées et assèchées. Et après une grosse heure de route, on devine encore plus bas un grand lac, en fait pas un grand lac, la Mer Morte. Notre véhicule nous fait descendre alors que les différentes plages payantes s'enchainent sur le bas-côté. Comme Faysal et moi ne sommes pas les plus riches des voyageurs de la côte, on cherche une plage gratuite. Peine perdu, partout où l'accès à la mer est libre, le chemin est chaotique, au milieu des pierres et en duc de guise de plage, on a plutôt droit à un remake des environs des routes syriennes. Il nous faut donc retourner là où c'est payant faute de mieux, la moins chère des plages, "Amman Beach", nous facture les entrées 8 euros chacun, ça à intéret à valoir le déplacement niveau confort, parce que 8 euros pour accéder à une plage, c'est un peu fort de café!
On pénètre dans l'antre et découvrons le spectacle : des dizaines de parasols géants sont plantés dans le sol, prêts à offrir de l'ombre à qui veut fuir le soleil assassin malgré l'été déjà fini depuis longtemps. On trouve un de ses parasols pas trop mal placé, on s'installe. Je pose ma serviette sur un sable tassé au possible d'où émerge toutes sortes de détritus enterrés là par des plagistes peu scrupuleux et alors que je m'allonge, stupeur, la plage est le royaume des mouches. Quinze à la douzaine comme on dit sur les marchés. Au début on se débat et on lutte, après on se rend compte que c'est peine perdue, les mouches sont ici chez elles et pas moyen de s'en débarrasser. En fait, si, il y a peut-être un moyen, attraper 2 chaises et une table et se la jouer pic-nic. Peut-être que en stationnant un mètre au dessus du sol, on peut résoudre le problème. A proximité de là où nous sommes assis, des employés de la plage stockent tout le mobilier disponible. N'écoutant que mon envie de faire la nique aux mouches, j'attrape une chaise et une table de la masse. J'emporte tout cela avec moi jusqu'au parasol. En revenant, Faysal me dit que les employés m'appellent. Flairant le coup de Trafalgar, je lui réponds :"S'ils veulent quelque chose, ils n'ont qu'à venir." Et voilà t'y pas que 10 secondes plus tard, l'employé arrive avec autre chose que des fleurs dans la bouche. Il pointe la chaisa du doigt et d'un ton sec dit "1 dinar". Puis pointant la table du doigt, il rajoute "1dinar". bonjour l'entube, d'abord tu paye presque 10 euros pour rentrer et après il faut en rajouter pour profiter du moindre agrément à l'exception de la douche. Et comme je ne veux en aucune façon être considéré comme une vache prête à traire, je sors un carton jaune pour signifier mon mécontentement et le bonhomme disparait, emportant avec lui la table et la chaise. Non mais quand même... Il faudra donc partager le sol inégal avec nos amies les mouches. Soit.
Mais pas question de subir la chose, si on a fait tout ce chemin, c'est pour en profiter. En moins de temps qu'il en faut pour l'écrire, je tombe le pantalon, le T-shirt et le reste. Autour la moitié des gens sont également en maillot de bain, ce sont les touristes étrangers. L'autre moitié des plagistes restent couverts de la tête au pieds même pour la baignade, ce sont les touristes locaux (les femmes en particulier). Lorsque pour rejoindre le rivage, je marche à moitié à poil, ça fait un peu tache mais personne ne fait de remarques désobligeantes, rien ne s'oppose désormais à mon immersion. Il y a bien les cailloux qui s'ammoncèlent sue le bord qui essayent de m'entailler les pieds mais rien n'y fera, ja nage dans la mer morte. A mesure que l'on s'enfonce dans l'eau, la sensation de flottaison s'accroit et est décuplée dès qu'on ne touche plus le fond. Dans une mer normale, lorsque qu'on est dans l'eau, les jambes restent toujours à la verticale du corps. Dans la mer morte, les pieds ont une furieuse tendance à vouloir remonter à la surface, il faut faire l'effort de se maintenir droit pour y parvenir. Disons que si on ne fait rien, on se retrouve à faire la planche que ce soit sur le dos, sur le ventre, sur le côté, peu importe, l'eau vous propulse vers la surface. C'est d'ailleurs assez grisant de se dire que voici une mer dans laquelle il est impossible de se noyer. Malgré cela, sur la plage, de grands panneaux préviennent qu'il est particulièrement déconseillé de mettre la tête sous l'eau ou de boire la tasse. Pour la tête dans l'eau, c'est parce que le contact de l'eau avec les yeux pourrait simplement vous brûler de façon insoutenable. Quant à boire la tasse, je tenterais moi-même de poser une goutte d'eau sur ma langue, et bien force est de constater que ça brûle comme si j'avais un oeil à la place de la langue. Le gout est peut-être ce qui se fait de pire sur la planète. C'est comme si on avait condensé un mètre cube de sel dans une seule goutte. En fait c'est même tellement salé et indisgeste, qu'on ne sent plus le gout du sel! Juste écoeurant, donc ceux qui veulent boire la tasse s'expose à mon sens à ne plus jamais retrouver le sens du gout. En tout cas, tant qu'on respecte les consignes de sécurité élémentaires, la baignade est comme aucune autre, sensation complètement démente.
A la sortie de l'eau, la nature de l'eau fait qu'il faut respecter une nouvelle consigne : la douche à l'eau claire. Profitons-en, en plus c'est la seule chose comprise dans le prix. La douche coule à débit limité mais suffisant pour un rincage complet. J'ai le sentiment que si je ne passe pas par cette étape, ma peau craquèlerait comme la terre d'un paysage privé d'eau pendant trop longtemps. L'eau de la mer morte, même si amusante, n'est définitivement pas ma meilleure amie.
En revenant de la douche, une douce surprise : les mouches ne semblent pas attirées par ma peau mouillée. C'est donc une excellente chose, les allers-retours dans la mer et sous la douche rythmeront donc mon après-midi à la fois pour le plaisir cher à Herbert Léonard et pour la commoditée chère à Leroy-Merlin.
Ces vas-et-viens se poursuivront jusque vers 15h30, heure à laquelle il faut lever le camp pour espérer un minibus retournant à Amman. En quittant la plage, une brillante idée ne vient en tête, il y a beaucoup plus de chance d'attraper une voiture allant à Amman en venant de la Mer Morte que l'inverse. La décision est donc prise de se poster sur la route, de lever le pouce et d'espérer rentrer à Amman gratuitement grace à un automobiliste familier de l'autostop. Les voitures, majoritairement de gros 4X4 et de grosses berlines, les camions, majoritairement de vieux bahuts aux airs centenaires, s'enchainent les uns derrières les autres. Et malgré mon air jovial et ma silouhette gracile, pas un ne s'arrêtera pendant 45 minutes avant que le minibus d'Amman ne se pointent. Ca valait la peine de tenter l'expérience même si on a fait chou blanc. Au moins on pourra quand même rentrer pour pas cher tout en sachant que la destination du chauffeur est la même que la notre à Faysal et à moi. Nous sommes de retour à la nuit tombée d'autant plus que le passage à l'heure d'hiver s'est produit la nuit précédente, c'est à dire dans la nuit du jeudi au vendredi suivant le week-end du changement d'heure en Europe. A 17h15, il fait maintenant nuit noire. Ca pourrait être handicapant si je ne me levais pas maintenant régulièrement entre 6h et 9h du matin, mais là pas de risque, lorsque midi sonne j'ai toujours l'impression d'avoir déjà vécu une journée entière. Au retour à Amman, on ne prend pas le temps de poser nos affaires à l'hotel et préfèrons poser plutôt nos fesses dans un restaurant pas cher où on peut s'en mettre plein la panse. Après ça, la soirée s'annonce une nouvelle fois calme et sans histoires. C'était sans compter sur Hani qui travaille à la réception de l'hotel et sur sa joyeuse bonhommie. Alors que je me repos paisiblement dans l'espace commun là où il exerce, il me propose ainsi qu'à Jamal, mon voisin de dortoir, et Martha, une hollandaise aussi souriante que le soleil brille, de se joindre à lui pour se rincer à la bière dans un bar des environs. Inutile de dire que la marche ça donne soif et que comme je n'ai pas bû une bière fraiche depuis maintenant 10 jours (en Cappadoce), c'est pas de refus.
On passe donc la soirée dans un bon esprit où chacun racontera plus ou moins ce qu'il fait là, d'où il vient et coetera, la discussion basique du voyageur au long court. En tout cas, c'est plaisant et gouleillant comme il faut. Sur un grand écran derrière moi, Tsonga bat en plus Roddick en 3 sets à Bercy à 30 minutes de marche de feue-la-maison. Tout concourt au plaisir futile. On rentre à 23h, tout le monde est bien claqué. Et comme Jamal et Martha ont l'intention de quitter Amman pour Petra le lendemain tout comme votre serviteur, décision est prise de se retrouver le lendemain matin aux aurores pour partager au moins un minibus et au plus 3 jours sur le site. Je suis vraiment impatient d'y être, les images de Petra sont dans ma tête depuis bien longtemps déjà, bientôt je n'aurais plus à penser aux images mais juste à explorer le site par moi-même, vivement samedi, quel week-end en perspective!!!
Par ailleurs, toujours pas d'internet à connection rapide à proximité, pas non plus de connexion wifi dans les hotels dans lesquels je vais, donc pour les photos se sera pour plus tard. en ce qui concernent les vidéos, je préfère ne même pas en parler...
Norvège - Juin/Juillet 2007 English translation pending
L’envie de voir le soleil de minuit, de traverser des fjords, de découvrir des églises en bois debout, de retrouver un climat et des paysages rudes … voila quelques raisons qui ont motivé notre voyage en Norvège.
Que les puristes me pardonnent, je n’ai pas eu le courage d’aller chercher les caractères norvégiens pour écrire ce texte …
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Aucune réservation effectuée pour ce périple (ni camping, ni ferry). J’ai indiqué les routes empruntées quand elles sont remarquables. Le problème … elles le sont toutes !! Je les ai toutes notées Rvxx (sûrement abusivement) quand ce n’était pas des routes européennes Exx … Avec une carte, je suis sûre que vous vous y retrouverez …
Sam 23 Juin 2007 – Vol Air France Paris/Oslo – Arrivée vers 15h – Récupération de la voiture chez Hertz – 180 km - Nuit à Lillehammer (hôtel Molla*) Dim – Stk** Ringebu - Route vers Roros via Rv27 (Est du PN de Rondane) – Olavsgruva – 300 km – Nuit près de Roros (Roste Camping*) Lun – Roros – Route vers les Lofoten (via Rv17 – Rv769) – 475 km - Nuit à Foldereid (camping) Mar– Mauvais temps : on trace ! Route vers les Lofoten (Rv17 + ferries) – Ferry de Bodo à Moskenes à 00h45 – 490 km – Nuit et soleil de minuit à bord du ferry Mer– Lofoten – 200 km - Nuit à Hamnoy (Eliassen Rorbuer*) Jeu– Lofoten – 100 km – Nuit à Hamnoy (Eliassen Rorbuer*) Ven– Lofoten – Ferry de Svolvaer à Skutvik - Redescente vers le Sud via la E06 – Passage du Cerlce Polaire – 500 km - Nuit à Elvmothei (Camping) Sam– Mosjoen : quartier Sjogata – Laksfossen (sans intérêt) – Bolarein – 500 km - Nuit à Asen (Gullberget Camping) Dim– Eglise de Stordjal – Trondheim - Kristiansund – 280 km - Nuit à Kristiansund (Byskogen Camping) Lun– Stk. Kvernes - Route de l’Atlantique (Rv64) – Echelle des Trolls (Rv63) – 330 km - Nuit à Eidsdal (hytte privée*) Mar– Route des Aigles (Rv63) – Croisière sur le Geirangerfjord – Dalsnibba (Rv63) – Gamle Strynefjellsvegen (Rv258) – Stk. Lom – 180 km - Nuit à Lom (hytte privée*) Mer– Route Rv55 – Stk. Urnes – Stk. Kaupanger – SognFolkmuseum – 420 km - Nuit à Bergen (chambre chez l’habitant*) Jeu– Bergen - 50 km - Nuit à Bergen (Lone Camping) Ven – Steindalsfossen sur la Rv7 – Rv13 vers le Nord – Aller/retour à la Stk. Vik-Hopperstad sur la superbe Rv13 – Retour sur la E16 – 340 km – Nuit à Gudvangen (Vang Camping*) Sam – Flamsbana – Retour Myrdal/Flam à pied (21km-5h) – Stk. Undredal – 60 km - Nuit à Gudvangen (Vang Camping*) Dim – Ferry Gudvangen/Laerdal : traversée du Naerofjord – Laerdal : vieux quartier – Stk. Borgund – Rv52 - Stk. Torpo sur la Rv7 – 140 km - Nuit à Torpo (hytte privée*) Lun – Rv7 (Ouest) : plateau Hardangervidda – Veringfossen – Rv13 (Sud) et ses vergers – Stk. Roldal sur la E134 – Stk. Eidsborg – 420 km - Nuit à Vinje (Mjonoy Camping*) Mar– Stk. Heddal sur la E134 – Vallée du Numedal : Rv40 (Nord) - Stk. Flesberg – Stk. Rollag – Stk. Nore – Stk. Uvdal – 275 km - Nuit à Uvdal (Roisland Hytteuleie og Camping) Mer– Rv40 Nord – Rv7 Est – Rv51 – Valdres : boucle Rv51 Nord puis E16 Sud – Stk. Hegge – Stk. Hore – Stk. Lomen – Stk. Reinli (sur la E16) - 320 km - Nuit à Fagernes (Fossen Camping) Jeu– Stk. Hedal sur la E16 – Oslo via la 35 et la 4 – 330 km - Nuit à Jevnaker (Slovika Camping*) Ven– Oslo – 160 km - Nuit à Jevnaker (Slovika Camping*) Sam 14 Juillet– Vol Air France Oslo/Paris – Départ à 15h45 * Hébergement décrit plus bas. ** Stk. = stavkirke = église en bois debout
L’ITINERAIRE :
Pour la Norvège, ça mérite un paragraphe spécifique. En effet, autant dans d’autres pays, on va recroiser les mêmes voyageurs tout au long du périple, autant ici, il y a autant d’itinéraires que de touristes ! Nos choix structurants ont été : ni le Grand Sud ni le Grand Nord. Et, pour une fois, sillonner, plutôt qu’approfondir une région. On a vraiment tricoté …
Ne vous fiez pas à notre itinéraire pour bâtir le vôtre. A partir du parcours prévisionnel, il s’est construit sur place, largement modifié en raison du mauvais temps, de la logistique (trouver un chouette camping) ou au contraire de ferries qui se sont enchaînés bien mieux que prévu … Au départ, nous n’avions pas prévu de rouler autant … Un très mauvais temps (le pire : pluie, brouillard épais, froid et vent) nous a surpris lors de notre montée aux Lofoten par la magnifique route côtière (Rv17) qui passe par de très nombreux ferries. Ca nous a incités à ne pas nous attarder et à poursuivre notre chemin. D’autant plus que les ferries s’enchaînent comme une onde verte en ville. Au final, nous avons fait la montée en 2 jours, alors qu’on en avait prévu 4. Croyez bien qu’on aurait largement préféré la faire en 4 jours comme prévu, preuve d’un temps plus clément 😕 ! 1 journée de moins que prévu aux Lofoten, la pluie (encore elle !) ne nous permettant pas de faire les randos prévues (du moins on n’en a pas eu envie car, après tout, on peut toujours). Et puis également, la descente vers Bergen, où nous n’avons trouvé aucun camping sur l’affreuse E39 où les tunnels se succèdent, nous a fait arriver à Bergen 1 jour plus tôt … Bref, 4 jours de rab (sur 21, c’est beaucoup) que nous avons utilisés pour la croisière sur le Geirangerfjord et pour aller dénicher d’autres églises en bois debout dans la superbe vallée du Numedal et dans le Valdres. 4 jours qui ont donc été bien utilisés, ce fut merveilleux, mais bien des km en plus …. Au total, plus de 6000 km en 3 semaines, en comptant tous nos détours. Des journées parfois très longues de voiture, permises par ce soleil (si, si !) qui ne se couche pas. On quittait le camping très tôt, généralement vers 7h30, nous nous arrêtions vers 16 ou 17h, mais parfois bien plus tard (21h30 pour l’arrivée à Bergen). Les journées à plus de 400 km (souvent bien involontaires, comme dit plus haut) nous ont paru très lourdes. 300 km, ça va encore. Au-delà, 🤪 pfff … Mais toujours sur des routes superbes ! Toujours ! Tant au niveau de la qualité de la route (même les plus petites sont très bien entretenues) qu’au niveau des paysages traversés. J’en reparlerai en détail dans le paragraphe sites naturels car elles font partie intégrante du voyage en Norvège.
Loin, très loin d’être un modèle, vous avez là un itinéraire vécu. Ce qui peut se faire en fonction des aléas. Ca nous a plu, ça nous a convenu. Je vous souhaite juste une montée vers les Lofoten plus tranquille et plus profitable.
BUDGET :
Aie …. voila le paragraphe qui fait mal 🏴☠️ … La couronne (kr ou NOK) 1 kr = 0, 12 € - 1 € = 8 kr Allez, c’est le moment de réviser la table du 8.
Dépenses préalables : Vol A/R direct Air France Paris/Oslo : 168 €/p Location Voiture Hertz cat D : 966 € km illimité
Principales dépenses sur place (pour nous 2) : Hébergement : 10 095 kr pour 20 nuits Essence (diesel 10, 60 kr/l en moyenne) : environ 3 000 kr Ferries : 3 167 kr pour 17 ferries Divers péages (parking, routes, entrée de ville) : environ 500 kr Musées et églises en bois debout : environ 3 300 kr (incluant la croisière sur le Geirangerfjord : 110 kr/p et le train de Flam : 190 kr/p) Restaurants : 921 kr (pour 2 restaurants 🏴☠️ !) Autre (principalement alimentation) : 5 420 kr Total sur place (hors achats perso) = 26 400 kr
Comme toujours, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative. On peut très facilement visser ce budget en évitant la location de voiture (on peut venir de France avec sa propre voiture), en montant la tente ou en louant des hytter plus petites, en négligeant quelques églises et quelques musées (surtout que certains n’en valent vraiment pas la peine. J’en parlerai plus bas), en évitant les restaurants et en préférant les crevettes au saumon fumé … Au niveau budget, la Norvège est bien plus intéressante à 4 qu’à 2. En effet, la voiture louée et la plupart de nos hébergements auraient pu convenir pour 2 de plus, sans surcoût … Tout comme nos petits déj ... on mangeait pour 4 !... trop gourmands 😛 !!
GUIDES :
Site perso - www.dewalque.eu/norway2003/ Ce site nous a beaucoup aidés à préparer notre voyage. Il est très complet, bien structuré et très beau. Un énorme travail dont nous tenons à remercier ici les auteurs ! Guide Bleu – Fidèle à sa réputation : excellent guide culturel qui nous a été très utile tant pour préparer ce voyage que sur place, pour les descriptions des lieux et pour les lectures d’intérêt général lors des longs trajets en voiture. Guide du Routard 2007-2008 (ça m’amuse toujours de consulter en 2007 un guide soi-disant valable pour 2008. C’est nul …). Pour notre type de voyage, aucun intérêt. Tout est survolé, et une structure dont la logique nous a échappé ... Carte - Marco Polo au 1/800 000ème . C’est vraiment écrit petit (j’ai emporté une loupe !! et non, ce n’est pas l’âge 😠 !!... Pas que 😕 …. ) mais elle est précise et exacte.
TRANSPORTS :
1 – Vols Paris/Oslo - Air France Achetés mi Mars sur le site d’Air France : 168 € l’A/R. e-ticket. 2h30 de vol.
2 – Location de voiture Avec les 10% de discount par la carte Fréquence Plus d’AF, c’est Hertz qui offrait les meilleurs tarifs pour le genre de voiture qu’on cherchait. Prépayé – Aucune mauvaise surprise à l’arrivée - Location d’une Ford C Max (cat D), surclassé à l’arrivée par une Skoda Octavia au coffre immense. C’est un genre de break, ils ont tous ce genre de voiture là-bas … on ne déparait pas dans le paysage automobile … Ultra pratique pour y loger nos 3 gros sacs (eh oui, on était loin de nos 14 kg de bagages habituels, car on avait la tente, les sacs de couchage, les matelas, de la bouffe, du matériel de camping … ). Et puis, on savait aussi qu’on allait y passer de longues heures …. voilà qui justifiait un peu de confort. Sur la route, on roule avec les feux de croisement en permanence (de jour comme "de jour"). Conduite calme : entre 70 et 80 km/h. Nombreux radars indiqués. Les Norvégiens sont calmes, courtois, civilisés voire parfois même un peu mous … Bon, ça fait du bien !
3 – Ferries Il sont à la Norvège ce que les gués sont à l’Islande. On s’inquiète quand on arrive au premier, on se régale dès le 2ème, on se morfond en sortant du dernier … Les ferries sont en fait des bacs qui permettent de traverser les fjords en faisant la navette d’un bord à l’autre. Certaines traversées durent 15 minutes, d’autres 3 heures … Nous n’avons jamais réservé (certaines réservations sont payantes, renseignez-vous) et nous ne sommes jamais restés à quai. Ce fut un vrai bonheur. Comment ça marche ? C’est ultra simple. Sur la route, des panneaux très explicites indiquent le port d’embarquement. On y arrive … des files d’attente, 1, 2, 3 … 10, c’est selon la taille du bateau. La première est réservée à ceux qui ont réservé, les suivantes aux autres. On prend la queue en se glissant derrière la dernière voiture ; on coupe le moteur et on attend. Quelques minutes avant l’arrivée du ferry, un employé passe de voiture en voiture pour délivrer le ticket. Il encaisse (CB acceptée généralement). Le ferry arrive, vous le voyez qui vient d’en face. Il accoste, ouvre sa grande mâchoire et déverse son flot de voitures. Quelques minutes plus tard, il est vide, c’est à nous ! Dans l’ordre d’arrivée et dans un calme incroyable, on va remplir la cale du bateau. Ca prend 5 minutes, c’est extrêmement rapide. Une fois à bord, chacun descend de son véhicule et monte dans le salon, plus ou moins spacieux et confortable selon la traversée (généralement, plus la traversé est longue, plus le bateau est gros, plus le salon est confortable). Des petits box, des tables, des fauteuils, un petit snack. C’est sympa, on s’installe, on sort son thermos et son picnic et on profite des paysages à travers les grandes baies vitrées. Si le temps le permet, on peut toujours sortir sur le pont aussi. Au passage du cercle polaire, tout le monde était dehors. Ces traversées sont de très bons moments car tout en faisant une pause, on profite des fjords de l’intérieur. On joint l’utile à l’agréable. Le coût. On paie pour la voiture et pour les passagers (le conducteur ne compte pas, il fait partie du forfait voiture). Pour un camping-car, c’est 2 à 3 fois plus cher que pour une voiture. Attention, ça plombe vite un budget … Voici 2 liens qui vous donneront quelques indications (horaires/coût). www.rv17.no/...webshop&art_id=4 www.fjord1.no/ Je vous conseille aussi de commander la brochure NRI Guide 2007 ici www.visitnorway.com/...alInfo.aspx?id=41806 A bord des ferries, vous trouverez également des brochures donnant les horaires de la compagnie. Bref, les infos ne manquent pas … Cela dit, inutile de vouloir trop planifier. Nous on n’a jamais su à quelle heure partaient les ferries. On arrivait, ça se faisait tout seul … Finalement, le plus important, c’est de connaître l’horaire du premier et l’horaire du dernier …
Traversée Bodo/ Moskenes vers les Lofoten – Départ : 00h45 ! 3 heures de navigation - ruteinfo.ovds.no/en/default.aspx?rnr=86 Nous sommes arrivés sur le port d’embarquement vers 22h00, avons pris notre place dans la file de voitures et sommes allés manger en ville, laissant Lily (la voiture !) faire la queue toute seule comme une grande. De retour vers 23h30 pour attendre le vendeur de tickets et l’embarquement. Dans le calme ! Contrairement à ce que je craignais, nous étions très peu à prendre le ferry de 00h45 pour le Midnight Sun Voyage. Il est vrai qu’on arrive aux Lofoten vers 4h du matin et que, même s’il fait grand jour, bien sûr tout est fermé. Nous sommes allés nous garer devant la réception des Rorbuer Eliassen et avons attendu l’ouverture (8h) en piquant un bon petit roupillon dans la voiture. Malgré une nuit un peu agitée, je continue à trouver que c’est un bon plan : résa inutile (ou gratuite) pour le ferry, on arrive tôt ( !) aux Lofoten donc on trouve à se loger, et puis on fait l’économie d’une nuit de camping … Enfin, ce qui n’est pas le moindre intérêt, s’il fait beau (comme il a fait beau pour nous, enfin !) on profite du soleil de minuit. Nous sommes arrivés aux Lofoten à 4h sous un grand soleil. Phénomène extraordinaire ! Le ferry est très confortable. On peut même s’allonger. Cette traversée reste un de nos plus beaux souvenirs du voyage. Cela dit, elle est vraiment coûteuse : 687 kr (voiture+moi) contre 324 le retour de Svolvaer à Skutvik. Ca s’étudie ….
HEBERGEMENT :
C’est un sujet important, il y a beaucoup à dire.
1 - D’abord, évitez les hôtels … 🏴☠️ Les hôtels et les motels sont inabordables. Le premier soir, à Lillehammer, un peu pris de court, nous avons testé : 995 kr (125 €) la chambre double ! Sans que ce soit un palace. Certes, le petit déj buffet (énoooooooorme !) est inclus mais quand même …. Si vraiment vous cherchez un hôtel, alors je le recommande, il est très bien : www.mollahotell.no/. Sinon, poursuivez votre lecture … Les motels, assez nombreux le long des routes touristiques, sont un peu moins chers : autour de 850 kr la chambre double. Pas testé.
2 - … et privilégiez les hytter !! 🙂 Nous avons donc privilégié les campings. Par précaution, nous avions emporté notre tente ; elle ne nous a jamais servi … En effet, les campings accueillent bien sûr les campeurs (en tente), les camping-cars (très nombreux) et disposent aussi généralement de quelques hytter. Une (j’ai décidé arbitrairement que hytte était féminin), donc, une hytte au singulier et des hytter au pluriel. A prononcer huteu en aspirant bien le H, mais le mieux, c’est de le demander en anglais : cabin. Ce sont de petits bungalows indépendants, tout en bois, semblables à leur habitat, chauffés individuellement, plus ou moins bien équipés, plus ou moins confortables, plus ou moins grands (pouvant accueillir jusqu’à 6 voire 8 personnes pour certains). On trouve toutes les formules : ça va du plus basique, composé d’une simple pièce de quelques m2 avec 2 lits superposés, une table et 2 chaises au véritable petit appartement avec coin cuisine (parfois ce n’est plus un coin mais une véritable pièce), coin salon, coin nuit, douche et wc. Hormis pour les plus basiques (qui sont somme toute assez rares), c’est toujours très fonctionnel et le minimum nécessaire est toujours fourni (un frigo, des plaques de cuisson, une bassine pour faire la vaisselle, une lavette, une cafetière et une théière, une planche à découper, un peu de vaisselle de base et quelques casseroles …). Ceux qui connaissent IKEA vont se retrouver en terrain connu !! Bien sûr, les prix varient du simple au triple selon le niveau de confort (en gros de 200 à 600 kr) lié de très près à l’installation de l’eau dans la hytte. Pour notre part, on a souvent loué des hytter sans eau, mais toujours avec un coin cuisine (frigo, plaque de cuisson, un peu de vaisselle de base). Le frigo nous était indispensable pour y stocker nos provisions fraîches du dîner et du petit déjeuner. Nous utilisions les équipements communs du camping (évier et sanitaires), toujours d’une propreté irréprochable. L’eau est potable, on peut donc l’utiliser pour cuisiner et pour la boire. Un petit coup de ménage est requis avant de quitter sa hytte. Le balai et la pelle sont fournis et ça prend 5 minutes (ce n’est pas un hall de gare !). Tout le monde est très rigoureux et nous avons toujours trouvé des hytter très propres. Dans le pire des cas, le drap housse des matelas ou l’oreiller était un peu crasseux. Qu’importe, nos sacs de couchage nous protégeaient. Aucune mauvaise surprise rencontrée avec les radiateurs, le frigo ou les plaques. Toujours en état de marche.
Ces soirées et ces matinées passées à faire notre dînette dans ces petites cabanes sont de très bons souvenirs. Ambiance décontractée et respectueuse dans tous les campings. Les vacances au sein du voyage, j’ai adoré ça et je rêve de trouver une nouvelle destination qui permette la même formule. Je suis preneuse des bonnes idées …
A propos des campings, il y en a partout. Ils sont indiqués sur le bord des routes par des panneaux sur fond bleu avec les logos représentant qui ils sont en mesure d’accueillir : une tente, un camping-car, une petite maison pour les hytter, un lit s’ils offrent des chambres ... Vous saurez vite les réperer tant il y en a et les identifier, ils sont tous très différents, certains sont davantage destinés aux pêcheurs Norvégiens (on aura alors beaucoup plus de hytter), d’autres sont plus tournés vers les camping-cars et ne proposent que quelques hytter. Certains ont un charme fou, tant du point de vue de l’environnement (au bord d’un fjord, dans une forêt …) que de l’agencement des hytter. D’autres sont plus quelconques, avec un alignement au cordeau de dizaines de hytter. La taille joue aussi beaucoup sur le charme : du petit camping familial au grand complexe industriel … Bref, il faut aller voir … On gagne souvent en charme ce qu’on perd en confort … Pour notre part, nous n’avons jamais réservé. Mais il faut savoir que, tout au moins pour les hytter, après 17h, il devient difficile d’avoir le choix, il ne reste souvent que les plus grandes, donc les plus chères. En arrivant avant 16h, là, c’est beaucoup plus facile et le matin, alors là, c’est l’embarras du choix ! Concrètement, que ce soit pour planter sa tente, garer son camping-car ou louer une hytte, le principe est toujours le même : il faut s’adresser à la resepsjon du camping.
Toujours dans les campings, pensez aussi à demander s’ils ont des chambres. C’est assez rare mais très avantageux. Il s’agit alors d’un bâtiment regroupant plusieurs chambres et partageant sanitaires et cuisine. Ca peut être superbe ou très tristounet. Là non plus, pas de draps dans les lits et ménage à faire soi-même avant de partir. Nous avons eu une splendide expérience à Elvmothei puisque nous étions seuls dans une grande maison (c’est au camping d’Elvmothei, je n’ai pas d’autres indications).
Un petit mot (sûrement bien inutile pour les habitués des campings) sur les douches. Elles sont payantes. Ca veut dire quoi ? Chaque douche est munie d’un minuteur qui délivre l’eau pendant le temps payé. Attention, que l’eau coule ou non, le temps, lui, s’écoule : on ne paie pas une quantité d’eau mais une durée. La tête couverte de shampooing, j’ai payé pour le comprendre 🤪 !!! Généralement, c’est 5 kr pour 3 ou 4 minutes, parfois 10 pour un peu plus longtemps. Vous vous rendrez compte qu’on se lave finalement bien plus vite qu’on ne croit … 4 minutes me suffisaient. Si, si ! bon, d’accord, je n’ai pas la chevelure de Gina Lollobrigida … ni ses xxx censuré … 😉 Il faut donc prévoir de la monnaie. Conservez vos pièces de 5 et de 10 kr. Bien sûr, sont toujours en accès libre les lavabos avec eau chaude et froide, les wc, ainsi qu’un coin cuisine pour faire sa vaisselle avec tous les produits qu’il faut. On a également vu assez souvent des machines à laver et à sécher le linge. Les habitués du camping doivent connaître. Ces locaux (wc compris) sont toujours d’une propreté irréprochable.
Voici 5 adresses qui ont retenu notre attention (dans l’ordre de notre périple). Les autres n’ont rien de particulier qui mériterait de les recommander.
Camping Roste près de Roros (environ 12 km au Sud, sur la Rv30) : www.rostecamping.no/ 495 kr la hytte (n°5) avec cuisine complète (eau) et sanitaires communs. Hytte très spacieuse : 5 couchages possibles, cuisine séparée. Camping très agréable, vert. Beaucoup d’espace.
Rorbu aux Lofotens : Eliassen Rorbuer à Hamnöy www.rorbuer.no/eng.htm Nous avions le rorbu Bjarnebua à 600 kr. Plan en ligne : jugez par vous-même, tout est dit ! www.rorbuer.no/bumeny_eng.htm Accueil amical et serviable (conseils pour les randos, les visites …). Gros gros coup de cœur 🙂. On conseille vivement !
Camping Vang à Gudvangen Tel : 57 63 39 26 Pas vraiment de charme particulier mais une situation et une vue fabuleuse, entouré de montagnes et de cascades. Largement le mieux des 3 qu’on a visités à Gudvangen, voila pourquoi j’en parle. Arrivés tôt, on a pris le temps de choisir … Les hytter (aucune n’a l’eau) pour 4 sont spacieuses, confortables et bien propres. 450 kr. Bon point de chute pour le train de Flam et la croisière sur le Naeröfjord.
Camping Mjonöy à Vinje (sur le E134, à qq km à l’Ouest de Amot) www.mjonoy.no Nous avions la hytte Fjoset (4 à 5 couchages). 800 kr, certes c’est une folie pure mais qui les valait bien !! Là encore, à 4 c’est bien plus rentable … C’est la maison de Bilbo le Hobbit ! Hytte de charme, tout en rondins, toit couvert d’herbe, à l’intérieur, feu de cheminée (bois gratuit à volonté), sdb et cuisine complète. Dans le "camping", une boulangerie produit pain et gâteaux au feu de bois, divin ! On se sert et on va payer à la réception … plus tard, quand on veut (incroyable !) … Original, unique, bourré de charme. Accueil très très chaleureux. Ca vaut vraiment le coup de faire chauffer la CB … Et c’est un endroit idyllique pour se poser un peu.
Camping Slovika à Jevnaker (sur la 240, à 12km à l’Est de Honefoss, 60 km au Nord d’Oslo et à 20 min de l’aéroport) Pas d’autres coordonnées – Il est dans le guide des campings www.camping.no/index_eng.html Le camping est superbement situé à l’extrême sud du Randsfjord. C’est un lieu de villégiature des mobil-home des Norvégiens (d’Oslo probablement). Les camping-car des touristes sont d’ailleurs parqués un peu à l’écart. Pas très sympa pour eux … Ce qui vaut que je note ici l’adresse, c’est qu’arrivant à 11h nous avons eu la possibilité de pouvoir disposer de l’appartement sous la réception. Pas beaucoup de charme en soi, par contre, immense appartement de 4 pièces (cuisine, sdb, 2 chambres, 6 couchages) ultra équipé (machine à laver le linge et la vaisselle, congélo …), ultra fonctionnel, ultra propre (tout neuf, d’ailleurs). Pour refaire ses sacs avant de partir, nous avons apprécié ce très grand confort. 600 kr. C’est un super bon plan pour une grande famille et un bon pied à terre pour visiter Oslo (à 60 km quand même …). Mais, je le répète, pas grand charme … Rien à voir avec le précédent ….
Une remarque à propos du guide des campings www.camping.no/index_eng.html Sachez qu’il est loin d’être exhaustif, il ne reprend qu’une toute petite partie des campings, ceux sans doute homologués … Il est téléchargeable mais sans la carte routière qui positionne les campings ; il est alors quasiment inutilisable… Sur place, vous le trouverez gratuitement partout (avec la carte !). Cela dit, il ne sert pas à grand-chose. Pour notre part, on s’arrêtait dans un camping parce que le moment était venu et qu’il se trouvait sur la route et non parce que nous l’avions repéré dans le guide. Aucune carte de camping (d’adhérent) ne nous a jamais été réclamée.
3 - Les hytter privées. Alors ça, c’est le super bon plan mais il faut un coup de bol pour tomber dessus au bon moment !! Il s’agit de hytter, toujours indépendantes de l’habitation principale, dont disposent des particuliers (assez souvent ce sont des agriculteurs qui ont transformé une dépendance en hytte privée) et qu’ils louent à la journée. A niveau de confort équivalent (avec ou sans eau dans la hytte), c’est beaucoup moins cher que celles des campings et surtout, et c’est là tout l’intérêt, c’est beaucoup plus sympa car elles sont chaleureuses, vivantes, largement meublées, décorées. Si elles sont sans eau, le propriétaire met bien sûr à disposition douche et wc (parfois dédiées uniquement à la hytte). Elles sont indiquées par un panneau sur le bord de la route, souvent plus artisanal que celui des campings. Soyez attentifs et ne vous en privez pas, c’est un vrai bonheur !! Et si vous êtes des timides sauvages comme nous, je vous rassure, ne craignez pas l’invasion des propriétaires. Ils sont ultra discrets ! LEDIG signifie libre et FULLT complet.
Voici les 3 que nous avons trouvées totalement par hasard et qui, à chaque fois, ont été un vrai bonheur. Naturellement pas de site internet et paiement cash, ça va de soi.
Près de Geiranger Staburret pa Hjelle Gunnhild og Paul Hjelle Olsen N-6215 Eidsdal Tel +47 4156 0229 Un stabbur réhabilité, très grand : cuisine (sans eau), grand salon/salle à manger et une immense chambre à l’étage (5-6 couchages). Sanitaires quasi privés chez le propriétaire, à 2 pas. Très confortable (malgré le manque d’eau), tout décoré, tout mimi. Accueil très chaleureux. 300 kr.
Près de Lom sur la Rv15, à l’Ouest de Lom, (environ 3 km ???) Aie, je n’ai pas l’adresse …. mais nous n’avons vu qu’elle dans le coin. Un petit panneau l’indique. Elle est en contrebas de la route, juste à côté de la maison principale des propriétaires. Encore mieux que la précédente. Sanitaires chez le propriétaires (toujours à 2 pas) mais cuisine complète (avec eau) très très bien équipée. Immense : cuisine, salon/salle à manger et 2 grandes chambres séparées. Je pense qu’on peut y loger à 5 ou 6 (4 sûr !). Ma préférée 🙂. L’envie de s’y poser plus d’une nuit … 380 kr.
A Torpo Opheim Pensionad og Hytte A Torpo même, à 50 mètres en contrebas de la stavkirke. Moins de charme que les précédentes car une seule grande pièce ; pas vraiment décorée, pas personnalisée mais tout le confort : eau, wc, sdb (4 couchages). 400 kr.
4 - Les chambres chez l’habitant (rom ou logo lit sur fond bleu). Un seul essai près de Bergen, désastreux 🏴☠️ … glauque, triste, vieillot, mais plus le choix, arrivés trop tard à Bergen, les campings étaient tous pleins. 300 kr. On n’a pas réitéré l’expérience. Je vous donne l’adresse pour l’éviter : Unndalen, à 15-20 km à l’Est de Bergen.
REPAS :
Tôt le matin (la lumière invite à se lever tôt et puis quoi, on n’est pas là pour dormir …), nous nous concoctions dans notre hytte un énoooorme petit déjeuner qui nous tenait jusqu’à 13 ou 14h. Concombre, tomates, jambon, fromage, céréales, yaourt, fruit, muffin … un vrai festin 😛 ! Ca nous permettait un picnic très léger sur la route en milieu de journée : du thé brûlant (vive la thermos !), des petits gâteaux, du pain … Ces picnics pris dehors, parfois sous quelques gouttes de pluie, sur des aires de repos ou tout simplement assis sur l’herbe au bord d’un torrent ou en face d’un lac gelé, furent de vrais petits moments de bonheur. Les aires de repos sont propres et toujours bien aménagées dans un très joli cadre (au bord d’un torrent, dans une forêt …). Approvisionnement quotidien (pas de glacière dans la voiture) dans les nombreuses superettes qui jalonnent les routes aux abords des bourgs (Rema 1000, ICA, Kiwi, Rimi, COOP …), ouvertes tôt et jusque tard. On trouve absolument tout. Donc, inutile de trop se charger en nourriture (nous avions apporté des lyophilisés (qu’il a bien fallu manger ! pfff….), des soupes, du müesli, des gâteaux à thé …). Nous avions craint de retrouver le désert d’Islande. Rien à voir, tous les jours (dimanche y compris), nous avons réussi à faire nos petites courses très facilement. Cela dit, on trouve tout, oui, mais plus cher qu’en France (sauf les crevettes !). Le soir, dans la hytte on se préparait notre petit repas. Du saumon fumé (laks) ou des crevettes (reker), du hareng (sild), des légumes (pensez au rayon des surgelés qui permet de varier les plaisirs et de limiter la corvée d’épluchage) et du pain, du pain, du pain ! Gros gourmands de pain, on s’est régalé. Ils ont un très grand choix de pain complet, brun, aux céréales, aux fruits secs. On ne savait jamais ce qu’on achetait et on n’a jamais été déçu. Acheté en boulangerie (bakery) de préférence, à défaut, en supermarché, il est toujours très bon. Plus il est noir, meilleur il est (affaire de goût) mais surtout, plus il se garde (encore que je ne vois pas pourquoi je dis ça, on n’a jamais réussi à le garder plus d’ ½ journée ! Trop bon !). Nous mangions ce pain comme du gâteau. C’est un grand souvenir ! Comme quoi, on est heureux avec peu de chose !
A Bergen, nous avons acheté sur le port (marché aux poissons très touristique mais on ne peut guère y échapper) une tranche de saumon fumé mariné et à la boulangerie d’à côté un gros pain aux céréales et fruits secs. On a mangé tout ça sur un banc du port en partageant nos miettes avec les pigeons et les moineaux et en admirant les façades ensoleillées (si !) de Bryggen. Cool !
Attention, aux Lofoten, dans une boutique de vente de produits frais de la mer près de Reine, nous avons acheté des crevettes cuites et nous nous sommes fait avoir. Le prix n’était pas indiqué et j’ai compris après que je les avais payés près de 240 kr/kg . Soyez vigilants. Vous en trouverez souvent des congelés dans les supermarchés (pas moins bonnes) à moins de 20 kr/kg (soit moins de 3€ !). A ce prix là, nous en avons souvent fait notre repas du soir. Toujours avec du pain brun.
Quelques remarques sur les superettes : le vin et les alcools forts sont vendus dans des magasins d’état. Hors de prix. Sevrage total. Vive le coca light à l’apéritif ! les bouteilles plastiques (eau ou soda) sont consignées. Pour récupérer la consigne, vous trouverez dans la plupart des supermarchés, des automates où vous glissez votre bouteille (dans le bon sens) et récupérez un ticket à présenter en caisse pour remboursement. très difficile de trouver de l’eau plate, ils n’ont que de l’eau pétillante. Cela dit, l’eau du robinet est potable. Donc très peu de frais à ce niveau là. les sacs en plastique fournis négligemment par la caissière sont payants. Apportez le vôtre … la dernière ligne de votre facture ORÆVRUNDING est l’arrondi du total, en votre faveur ou en votre défaveur … en tout début de voyage, j’ai acheté dans un Kiwi une recharge de Camping Gaz. J’ai gardé la facture en vue de donner l’info sur ce carnet. Au bout de 15 jours on a compris qu’on n’aurait jamais besoin d’utiliser le petit bleu, ayant des plaques électriques dans tous les campings (soit dans la hytte, soit dans les parties communes). J’ai donc essayé de le rendre dans un Kiwi, avec la facture. Aucun problème, aucune discussion, remboursement immédiat et intégral ! Trop facile !! Mais du coup, je ne sais plus vous dire combien j’avais payé cette recharge CV370 … autour de 80 kr je crois …
Nous avons testé le fromage au caramel (pré-tranché, Gudbrandsdalsost de la marque Tine – Tine c’est leur Danone, la grande marque de produits laitiers). Un peu sucré, c’est surprenant mais pas mauvais. Vous le trouverez dans les supermarchés à côté de leur bloc de fromage à hamburger, sous plastique. Il est marron. Testé également le saucisson de renne (Reinsdyrpolse) et d’élan (Elgpolse) bôf … pas fana … affaire de goût …. Par contre, on a trouvé à l’épicerie d’Undredal (entre Flam et Gudvangen) du vieux fromage de chèvre, ainsi que du saucisson de chèvre, alors là, oui ! j’en salive encore et regrette de n’en avoir pas pris plus !
Les hytter sont bien pourvues en matériel de base pour cuisiner : un couteau à pain et une planche à découper (vous aviez compris que c’était essentiel pour nous !), des assiettes, des couverts, des casseroles, … il ne manque quasiment rien. Qu’avons-nous utilisé en propre ? Notre bouteille thermos pour les picnics de midi. Pensez peut-être à un torchon et à des pinces (genre congélo) pour fermer les sachets (de fromage, de jambon, de saucisson) entamés. J’étais contente aussi d’avoir pensé à du lait en poudre car vraiment le lait frais voyage mal quand il n’est pas réfrigéré … j’ai testé … beurk.
2 expériences au restaurant : A Lillehammer. C’était le 1er soir, nous étions à l’hôtel. Restau recommandé par le GdR, il est effectivement très agréable, animé sans être bruyant, dans une cave voûtée, belle ambiance, bonne viande. Pour une bière et une pièce de bœuf chacun (et vraiment pas la plus chère !) nous avons payé 626 kr pour nous 2. C’est vraiment trop cher. A Bodo, en attendant le Midnight Sun Ferry, nous allons au Min Plass, encore recommandé par le GdR. On n’a pas du tout aimé : ambiance trop jeune pour nous, décor dénudé, froid, impersonnel, branché. Nous nous sommes contentés d’une salade et d’un coca. 295 kr pour 2. Je déconseille … Au moins, à Lillehammer, c’était cher mais c’était vraiment bien. Là, c’était cher et pas bien … Bon, vous avez compris : évitez les restaurants !
SITES NATURELS :
1 – Les paysages Les paysages sont plus variés que je ne le croyais. D’une vallée à une autre, la végétation n’est pas la même, donnant un aspect totalement différent. Parce qu’on a grimpé quelques centaines de mètres, on peut passer, presque d’un seul coup, des forêts de pin à la toundra rase des montagnes. Je retiens quand même quelques grands groupes : Les montagnes et les plateaux, dénudés, arides, froids, couverts de plaque de neige et dont les lacs gelés sont couverts de glaçons bleus. Parfois, perdue au milieu de ces collines blanches, isolée, une station miniature de ski de fond. Des maisons colorées, très disséminées. C’est magnifique sous le soleil, dramatique sous la grisaille, toujours envoûtant ! Les vallées, avec le vert des forêts et le bleu du fjord, tellement riantes sous le soleil, égayées par les tâches de couleur apportées par les maisons. Les fjords, bleus sous le soleil, noirs sous la pluie. On les domine, on les longe, on les traverse, c’est toujours un grand moment. Les vergers, descendant jusqu’au bord du fjord.
La randonnée de Myrdal à Flam www.flaamsbana.no www.visitflam.com Nous prenons à Flam 2 allers-simples pour Myrdal : 190 kr/p. Départ à 8h35. Arrivée à Myrdal à 9h30. En 1 heure, le train grimpe 864 mètres à travers des paysages verdoyants où les cascades, plus belles les unes que les autres, se succèdent. Maintenant que nous sommes montés, il faut redescendre. Bien sûr on peut redescendre en train mais nous sommes venus pour marcher. 21 km de descente. C’est donc motivés et plein d’entrain que nous commençons par … laisser passer le troupeau des touristes venus faire comme nous. Ben oui, on n’est pas vraiment seuls … Nous partons donc gentiment les derniers, il fait très beau, on a décidé de prendre notre temps. Très vite, nos polaires se retrouvent pendues à nos sacs à dos. La première heure n’est pas très folichonne : sentier un peu raide couvert de cailloux pointus qui obligent à regarder davantage ses pieds plutôt que le paysage. Un rien agaçant, car je ne suis pas venue en Norvège pour regarder mes pieds … Puis, vient la partie la plus belle jusqu’à Blomheller : 1h de pente douce, cette fois sur un sentier agréable, ombragé, en suivant un torrent aux eaux bleues tumultueuses. Force, débit, puissance, très impressionnant ce torrent alimenté par toutes les cascades qui l’entourent. Nous sommes là, au fond d’une vallée glaciaire, biffée d’un torrent horizontal et scarifiée d’une multitude de cascades verticales. Sommets enneigés tout autour. De ci de là, des fermes, notamment un élevage de chèvres où les chèvres, profitant d’une totale liberté, ont bien compris ce que pouvaient leur apporter ces grands nigauds de touristes contre un petit câlin … Cette partie est merveilleuse. A partir de Blomheller, on retrouve une route goudronnée, un peu moins sympa pour randonner mais la beauté du paysage compense le bitume … Pour qui le bitume d’ailleurs ? Car le calme de l’endroit ne sera pas une fois troublé par les pétarades d’un pot d’échappement … Nous mettrons 5h (sans compter la pause picnic au bord d’un torrent glacial, pieds dans l’eau ! –pas longtemps 😮 !!-) pour rejoindre Flam. Notre avis : Le voyage en train (très cher, nous étions d’ailleurs bien peu et disposions d’une voiture pour nous tout seul !) nous a un peu déçu … Aucun intérêt de faire l’aller/retour. Montez à Myrdal seulement si vous décidez de descendre à pied. La rando est facile hormis la 1ère partie un tout petit peu délicate (mais quand même praticable par tous). Nous avons vu des randonneurs reprendre le train à Blomheller pour finir la descente en train. C’est pas idiot du tout si 21 km vous rebutent. Vous aurez alors vu le plus beau. Enfin, si vous devez gérer un budget serré, faites l’impasse totale. Ce n’est pas incontournable.
2 – Les plus belles routes J’irais beaucoup plus vite à citer celles qui ne le sont pas ! Quelques routes traversent les montagnes par un enchaînement de tunnels plus ou moins longs (de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de km). Au début, ça amuse, à la longue, c’est déprimant. Attention à la route E39 vers Bergen : sans intérêt et aucun camping. Mais pourrez-vous y échapper ?... En dehors de ça, les routes en Norvège vont faire partie de votre voyage. D’abord, elles sont toutes en parfait état. Ensuite, elles sont jalonnées d’aires de pique nique qui invitent à la pause. Et si vous cherchez plus sauvage, aucun problème, arrêtez-vous n’importe où, c’est toujours magnifique ! Enfin, ce sont elles qui vous conduiront au cœur de paysages grandioses sans jamais les dénaturer : pas de panneaux publicitaires, pas de feu de circulation, pas de poteaux …. Bref, elles font partie du paysage et pour certaines, elles SONT le paysage. A quelques rares exceptions, ces routes sont gratuites. Les ponts sont de véritables chefs-d’œuvre d’inventivité et d’esthétique.
Quelques infos sur des routes qui nous ont particulièrement plu (dans l’ordre de notre itinéraire) :
> La Route de la Côte (Rv17) Classée route touristique, de Steinkjer à Bodo. Vous trouverez ici les horaires et les prix des ferries qui jalonnent cette route. Je vous rappelle que le conducteur de la voiture ne compte pas comme passager dans le calcul du prix. www.rv17.no/...webshop&art_id=4 Malheureusement, nous n’avons pas eu beau temps et n’avons pas profité des paysages comme nous aurions aimé. Les sommets des fjords étaient noyés sous une brume épaisse. Dommage ! Mais quelle belle aventure quand même ! Qu’il est sympathique d’enchaîner ces ferries !... Ambiance de vacances ! Relisez mon paragraphe sur les ferries. Ici, il prend tout son sens.
> La Route de l’Atlantique (Rv64) de Karvag à Vevang au Sud Ouest de Kristiansund Quand le pont devient chef-d’œuvre ! 8 petits km (c’est très très court !) d’une route qui n’est qu’un enchaînement de ponts sautillant d’île en île. L’un de ces ponts est vrillé. C’est impressionnant et superbe. Pour moi, c’était LA route que j’attendais, celle dont je rêvais la nuit avant de partir, celle qui fait pétiller les yeux … Il faut bien l’avouer, j’ai été un peu déçue car je l’imaginais plus longue et les ponts plus gigantesques. Les photos des brochures prises d’avion donnent une impression plus majestueuse. Néanmoins, elle vaut le détour. Aucun doute là-dessus ! On l’a d’ailleurs parcouru 2 fois. Comme quoi, on peut être déçue et rester sous l’émerveillement quand même !
> L’Echelle des Trolls (Trollstigen – Rv63) Et celle-là, c’était le point focal de Philippe (chacun la sienne, on ne se croisait pas dans nos rêves !) Incontournable ! Fabuleuse route en lacets, encadrée de 2 cascades grondantes. Elle est belle d’en bas, d’en haut, du milieu. En haut, un immense parking accueille voitures et camping-cars pour nous permettre de nous approcher à pied de cette route. Arrêtez-vous, faites comme tout le monde, c’est unique ! Et très photogénique ! Si vous voulez acheter un troll, vous aurez ici l’embarras du choix. Hors de prix. Mais on a craqué quand même et acheté un affreux guignol de 12 cm pour 250 kr !! Ben quoi ….
> La Route des Aigles (Ornevegen – Rv63) Juste avant l’arrivée à Geiranger Encore quelques beaux lacets très réguliers mais après l’Echelle des Trolls, elle fait miniature. Par contre l’arrivée sur Geiranger est magnifique.
> Dalsnibba Point de vue - Aller/retour depuis Geiranger La seule route payante : 70kr par voiture. Allez, je vais me mouiller : oui, ça vaut le coup. Paysage époustouflant d’abord de congères, de lac gelé, de petits icebergs … et puis, on grimpe, on grimpe, on grimpe …. enfin là-haut, tout là haut, sous des bourrasques de vent effrayantes, on domine le Geirangerfjord. C’est absolument magnifique. Photos qui donnent l’impression d’être prises d’avion. N’y aller que si le temps est bien dégagé.
> La vieille route du Strynefjell (Gamle Strynefellsvegen - Rv258) de Videseter à Grotli. Route de montagnes, paysages de lacs gelés, de congères … Superbe.
> Les vergers de la Rv13 Portion de la Rv13 qui longe le Sorfjorden Changement de décor. On est ici dans des vallées verdoyantes, riantes, où le bord du fjord est recouvert d’arbres fruitiers. Les cerises commençaient à peine à donner … Autant les fraises étaient délicieuses, autant les cerises n’avaient aucun goût (trop tôt sûrement). Tiens, j’en profite, un petit mot sur les fraises : à celles vendues en supermarché, préférez celles vendues sur le bord des routes directement par les particuliers. Selon la fraîcheur et la qualité, entre 20 et 40 kr la barquette (de 500 gr je pense). Parfois, seule une petite pancarte et une tirelire vous indique le prix à payer. Servez-vous, payez et régalez-vous ! Tant d’honnêteté laisse rêveur … On n’a jamais été déçus, elles sont délicieuses.
> La vallée du Numedal (Rv40) de Kongsberg (au Sud) à Geilo Très intéressante par la multitude des stabbur qu’elle permet de découvrir. Qu’est-ce donc ?... Vous en verrez beaucoup. Ceux qui connaissent Sulawesi vont être surpris : comment ? les greniers des Torajas ici ?!? Et c’est bien de ça dont il s’agit ! Des greniers à grains, sur pilotis pour les protéger des animaux, de l’eau. Certains sont vraiment anciens, les poteaux sont joliment sculptés, le bois est peint. La plupart sont très bien entretenus voire vraiment valorisés. Cette route a l’intérêt de nous faire découvrir l’habitat si particulier de la vallée du Numedal : de grandes fermes, regroupant l’habitation principale (souvent peinte en blanc), la grange (souvent rouge), les greniers, les celliers. Que du bois, bien sûr. Des couleurs, des fleurs, du bon goût … que c’est joli !
> Les routes Rv7 et Rv55 sont aussi classées routes touristiques et méritent tout à fait de l’être.
3 – Les fjords
> La croisière sur le Geirangerfjord 110 kr/p Nous avons fait la croisière touristique, aller/retour depuis Geiranger, 1h30 de navigation. Le bateau vogue à travers le Geirangerfjord, nous permettant ainsi de découvrir de nombreuses et jolies cascades sur des falaises abruptes, des fermes isolées … Commentaires en Français. Sans être incontournable si vous faites la Route des Iles, ça vaut le coup s’il fait beau, le fjord est vraiment grandiose. Le point de vue depuis Dalsnibba peut suffire …
> La traversée du Naerofjord De Gudvangen à Laerdal : 704 kr au total (voiture+moi) Pour traverser le Naerofjord (fjord le plus étroit de Norvège), nous avons pris le ferry à Gudvangen et sommes descendus à Laerdal. Nous étions très peu à bord du bateau. C’est très cher pour bien peu d’intérêt. Certes, le fjord est étroit mais j’imaginais des parois plus raides qui auraient augmenté l’effet encaissé. Ce n’est pas ça … Donc, voila un bon moyen de faire de grosses économies d’autant qu’il y a moyen de rejoindre Laerdal par la route …
4 – Les Lofoten Incontournables. On a eu la chance d’y arriver à 4h du matin, sous un beau soleil qu’on a conservé 2 jours. Hébergement dans des maisonnettes de bois sur pilotis, appelées ici des rorbuer. On a trouvé une très bonne adresse (voir § plus haut).
Les randonnées pédestres ne sont pas extrêmement bien indiquées et l’office du tourisme ne nous a pas été d’un grand secours. Nous y avons quand même acheté une carte détaillée au 1/50 000ème (j’ai oublié de noter le prix) qui nous a été bien utile, même en voiture.
Nous avons aimé flâner dans les petits villages colorés de pêcheurs : Å (c’est le nom du village à l’extrême sud) ; Nusfjord (les abords du village –avant le péage de 30kr- sont superbes et justifient ce petit détour) ; Haucklandsand, splendide crique entourée de montagnes moussues ; Henningsvær, notre coup de cœur, à ne surtout pas manquer pour la beauté du bourg et des petits ilôts de granit roses de la baie. Pour ne citer qu’eux.
A Å, vous trouverez (entre autres !) 2 choses incontournables : Le musée de la morue, Lofoten Torrfiskmuseum (40kr/p) animé par le truculent patron ! Vous saurez tout sur la morue en sortant de là. La boulangerie artisanale. J’en salive rien qu’en y repensant !
La galerie du forgeron de Sund était trop chère pour nous : 45kr/p. Ce même billet donne pourtant droit à un musée de moteurs de bateau … Philippe et moi, on se regarde … un musée de moteurs de bateau 😮 ?? on relit, oui, oui, c’est bien ça. Gros fou rire. Là, je pense qu’il vise un public averti ! En tous cas, on ne s’est pas du tout sentis concernés, nous qui sommes à peine capable de distinguer une Clio d’une Picasso ! Pas pour nous 😛 …
Enfin, attention à quelques arnaques 🏴☠️ : Magasin de produits de la mer à Reine (je n’ai pas noté l’adresse mais je n’en ai vu qu’un, sur la route principale). N’achetez pas sans savoir les prix … Village de pêcheurs de Nusfjord. Droit d’entrée : 30 kr/p. Or, le plus beau quartier est celui avant le "péage" … Musée viking à Borg, vraiment trop cher : 100 kr/p. Boycottez sans hésiter !
5 – Le soleil de minuit Aux Lofoten, on est bien au-delà du cercle polaire. Pas de nuit du tout. Pas même un crépuscule, une pénombre, un entre-chien-et-loup. Non, non, une vraie lumière ! On peut lire sans lampe 24h/24 ! Je n’imaginais pas ça … C’est troublant, c’est perturbant, ça décale car on n’a pas envie de se coucher et on se lève très tôt. Je vous le redis, à 4h (du mat’) aux Lofoten, on avait un grand soleil et une magnifique lumière ! Et ce qui trouble, c’est que tout est fermé. Ben oui, ils dorment ces braves gens pardi ! Néanmoins, magasins, réceptions de camping, stations service, dernier ferry … tout ferme plus tard. Il n’est pas rare de trouver ces services ouverts jusqu’à 23h. Nous qui sommes habitués pendant nos voyages à vivre avec le soleil, on a fait pareil. Aie … Les nuits furent courtes 🤪.
6 – Le cercle polaire Il est la limite où, lors du solstice d’été, le soleil ne touche même plus l’horizon. Donc, plus on monte, plus il fait jour la nuit. Sur la E06, un centre du Cercle Polaire. Nous y sommes arrivés tard, vers 21h, sans entrer dans le musée (fermé). Il faisait froid mais nous avons néanmoins pris le temps d’aller monter notre petit cairn-graffiti. Encore une belle idée qui ne dénature pas le paysage et permet à notre nature humaine de répondre à ce besoin irrépressible de toujours laisser sa trace … Trace ici heureusement bien éphémère qui durera jusqu’au prochain touriste qui piquera mes cailloux pour faire son cairn à lui … Ca me va !
SITES CULTURELS :
1 – Les stavkirker, les églises en bois debout Ceux qui me connaissent ou ont lu mes précédents carnets savent combien nous aimons les vieilles pierres. Ici pas de vestiges … sauf ces églises moyenâgeuses, tout en bois. Elles restent au nombre de 28 alors qu’à l’époque il y en a eu jusqu’à 2000 en Norvège. Ce sont des constructions propres à la Norvège, uniques, originales. Il se dégage de ces églises une force, une histoire, un passé qui conduisent au respect et à l’admiration. Couleur de miel doré, odeur de résine et d’onguent pour les sabots des chevaux (les cavaliers comprendront !), majesté des clochers fièrement dressés au dessus des toits à pans multiples, magie des sculptures entourant les portes … on ne peut pas rester insensible. Vous ne pouvez pas aller en Norvège sans en voir au moins une. Et je trouve même qu’il est dommage de n’en faire qu’une seule. 3 ou 4 pour bien comprendre, c’est mieux. Elles sont toutes assez différentes. Seul l’intérieur est payant, vous pouvez vous contenter de l’extérieur pour beaucoup mais certaines méritent qu’on paye les 30 ou 50 kr/p pour entrer … Ca vaut le coup de comprendre comment elles sont fabriquées, ces stav qui supportent toute la structure. Un petit musée à Borgund donne quelques explications bien utiles. Sinon, le guide à l’entrée de chaque église est toujours prêt à répondre aux questions, dans un Anglais parfait. Si vous êtes des passionnés, alors achetez dès que vous le trouverez le petit livret (Norges Stavkirker en Norvégien, Allemand et Anglais – 33 pages) qui reprend les 28 stavkirker. 30 kr. Ca les vaut. Il est clair et positionne bien les églises. Pratique pour la chasse au trésor. C’est grâce à ce petit livret que nous avons revu notre fin de voyage … Pour ceux qui veulent se contenter d’une ou 2 églises : Borgund, Vik-Hopperstad et Uvdal ont eu nos préférences.
2 – Les musées folkloriques Musées en plein air, il en existe dans tout le pays ; ceux d’Oslo et de Lillehammer sont les plus réputés. Il s’agit de regrouper (souvent autour d’une stavkirke) d’anciens bâtiments (des habitations, des granges, des greniers, des saunas, des ateliers …), restaurés et meublés (pour certains) et d’expliquer ainsi l’évolution de l’habitat. Parfois, vous ne pourrez pas y échapper si vous voulez voir la stavkirke. Avis mitigé : Philippe aimait beaucoup, moi moins, regrettant à chaque fois un manque de pédagogie ou d’explications.
3 – Les villes Hormis Oslo, pas de grandes villes, pas de grands centres commerciaux sans âme, pas de super/hypermarchés, pas de MacDo (ou bien peu en tous cas), pas de publicité envahissante … Même les villes sont coquettes, proprettes, charmantes.
Roros – Petit bourg minier qui a gardé ses vieilles maisons. Une ville-musée, très agréable. On y flâne avec plaisir une bonne ½ journée.
Mosjoen – Le besoin de faire une pause sur la route, de refaire notre approvisionnement quotidien de yaourt (ne ratez pas ceux au melon, ils sont divins !), voila comment nous avons atterri dans le quartier Sjogata de Mosjoen. Superbes maisons au bord du fjord. Pimpantes, arrangées, fleuries …
Trondheim – Surprenant quartier ultra-chicos en haut de la ville.
Kristiansund – La ville est répartie sur 3 îles, reliées par des ponts. Jolie ville portuaire et industrieuse.
Bergen - Nous avons eu cette chance, rare, de la voir sous le soleil. C’est un enchantement ! Arrivez très tôt, vers 8h, avant les bus : vous aurez Bryggen pour vous seuls, avec les boutiques encore fermées. Si vous voulez comprendre l’influence de la Ligue Hanséatique sur l’histoire de la Norvège, je vous conseille la visite du musée hanséatique (45 kr/p) en suivant la visite guidée menée par une jolie guide dans un Français parfait. En plus, son origine latino nous a changés du charme des blondes Norvégiennes. Philippe, ferme la bouche et écoute ce qu’elle raconte 😛 ! Nous sommes là pour nous cultiver que diable !!… Bon sérieux, allez-y, elle est vraiment compétente et le musée vaut le coup. Ne boudez pas le marché aux poissons, même s’il est très touristique … Le saumon fumé mariné est délicieux. Boulangerie et vendeurs de glaces juste à côté pour les gourmands … Par facilité, nous nous sommes garés dans un parking couvert, juste à côté de Bryggen. Paiement pas carte bancaire. 170 kr pour 6½ heures. Comme nous sommes arrivés tôt, il y avait des places dans les rues. Le problème c’est qu’on ne peut y rester d’un temps très limité (1 ou 2 heures - time en Norvégien signifie heure … c’est troublant, spontanément, j’ai interprété ce mot en Anglais en cherchant ce que voulait bien pouvoir dire "parking autorisé 1 ou 2 fois" …🤪). On a préféré payer plus mais être tranquille. Nous avions lu que l’entrée de Bergen est payante, qu’ils photographient votre plaque d’immatriculation et qu’il faut sagement s’acquitter du droit je ne sais où … On a oublié, et on a survécu. Et jusqu’à présent, pas encore vu d’huissiers ou de policiers norvégiens débarquer chez nous …… Ce n’est pas une incitation à la fraude que j’exprime là, mais c’est juste pour vous rassurer si, comme nous, vous oubliez … non, vous ne serez pas montrés du doigt à l’aéroport !
La seule ville qui ne nous ait pas plu a été Bodo (notre port d’embarquement pour les Lofoten), tristounette, industrielle.
4 – Les musées d’Oslo et de Bygdoy Entrée de la ville payante à des guichets sur toutes les routes qui mènent au centre ville. 20 kr/voiture. Là, au moins, on ne risque pas d’oublier. Parking couvert comme à Bergen. Paiement par carte (pas de barrière à l’arrivée, on se gare, on va à l’automate, on passe sa carte bancaire, on récupère un ticket à laisser derrière le pare brise ; au retour, avant le départ, on retourne à l’automate, on repasse sa carte pour payer). 137 kr pour 3 heures.
Musée historique 🙂 GRATUIT !!!!!!!!!!! Muséographie extraordinaire. Didactique, vivant, clair, voila une belle mise en valeur d’objets divers (normalement assez chiants, genre pointes de flèches et éclats de pots en terre cuite ….) qui retracent l’histoire de la Norvège. On termine par une salle de portails de stavkirker … Je conseillerai de faire ce musée plutôt en fin de voyage. Les enfants apprécieront aussi. On y a passé 1½ heure. On aurait pu s’attarder encore davantage.
Galerie Nationale GRATUIT aussi et juste à côté du musée historique. Comme il est gratuit, on y a fait un tour ultra rapide. Juste pour aller voir Le Cri de Munch et quelques tableaux de grands maîtres Norvégiens (Dahl) ou Européens (Picasso, Manet, Rubens …)
Parc Frogner GRATUIT encore et ouvert 24h/24. Décoré des statues monumentales de Vigeland. Nous, on a aimé. C’est très particulier. On y a flâné 1 heure.
Les musées de Bygdoy : Le GdR explique qu’il faut faire attention, que tous les parkings ne sont pas au même prix. C’est tout, sans indiquer quel est le plus intéressant. Super ! Ca va m’aider ! Merci le GdR ! Evidemment, on ne s’est pas amusé à faire tous les parkings pour comparer les prix et trouver le moins coûteux. On s’est garé à celui qui nous convenait le mieux et basta. On se gare donc dans le parking attenant au musée des bateaux Vikings. Le paiement s’y fait par tranche forfaitaire (un peu arnaque, pas très pratique, on ne sait pas forcément à l’avance combien de temps on va passer dans ce musée …). Du coup, on a opté pour le forfait max de 24h à 64kr. C’était beaucoup trop évidemment !!! Néanmoins, je vous conseille d’être en règle, ça avait l’air très contrôlé.
Musée des bateaux vikings 🙂 50 kr/p Ne le ratez pas !! Petit musée qui abrite les restes de 3 bateaux vikings sépultures. C’est impressionnant et on a bien sûr fait le rapprochement avec les techniques de construction des stavkirker. Très intéressant.
Le Norsk Folkmuseum 90 kr/p On le rejoint à pied depuis le musée des bateaux vikings. Euh, vu le prix du parking, la Lily elle va en profiter de sa place de parking !! Musée de plein air comme on en a vu plusieurs au fil de notre voyage. Ici, vous verrez la stavkirke de Gol. Magnifique, mais après les 20 autres que nous avions vues, celle-ci nous a semblé trop restaurée, trop droite … trop bonne élève.
DIVERS :
L’accueil et la langue : plus ouverts et plus chaleureux que les Islandais, ils sont aimables, serviables, souriants, sans être de grands bavards … Tous parlent Anglais, la majorité très très bien. Les Norvégiens sont honnêtes et s’attendent à ce que tout le monde le soit. Multiples exemples. Nous avons trouvé une boulangerie artisanale dans le camping de Mjonoy où pains et gâteaux étaient à disposition des clients. Un simple écriteau stipulait d’aller payer à la réception. Même chose pour du fromage de chèvre vendu chez un particulier. Son entrée était en libre accès, un frigo, les prix affichés, une petite tirelire à côté pour payer …. Et personne pour surveiller … Une fois, c’est un camping où nous avons trouvé une réception déserte. Une affichette invitait à visiter les hytter, toutes ouvertes, à choisir, à s’installer. Paiement plus tard … Bien sûr les sanitaires étaient ouverts et parfaitement propres. Nous avons retrouvé ce genre de comportement très fréquemment. C’est très agréable, très reposant. Et c’est un cercle vertueux, gagnant-gagnant ! Logistique : faut-il en rajouter ? trop facile. Les cartes bancaires : toutes (y compris l’Amex) très bien acceptées, quasiment partout (camping, station service, superettes, ferry, musées …). Nombreux DAB également. Le climat à cette époque : le soleil et le ciel bleu, c’est du bonus ! si vous ne partez pas dans cet esprit-là, vous risquez d’être déçus … Nous avons eu beaucoup de pluie. Beaucoup. Et du ciel blanc, bien pire pour les photos que le gris ou le nuageux. Il peut pleuvoir des jours entiers sans discontinuer … On a eu toutefois la grande chance d’avoir quelques très belles journées à des moments cruciaux (Lofoten, Route des Trolls, Bergen …). Les Norvégiens vivent sous la pluie sans même s’apercevoir qu’il pleut. Pittoresque ! Au niveau des températures, il a fait bien moins froid que ce que je craignais. Au pire, nous sommes descendus à 4°C (nous avions la température extérieure indiquée dans la voiture). Au mieux, on a eu 27°C !! En moyenne, on tournait à 10-12°C. Donc, des hauts avec manches longues, une polaire, un coupe-vent Gore Tex, des chaussures fermées. Gants, bonnets, écharpes n'ont jamais quitté la voiture … On ne se salit pas du tout. On ne transpire pas et comme tout est ultra propre, on ne se tâche pas. Inutile de prévoir 1 tee shirt par jour … Au bout de 3 semaines, mes chaussettes blanches étaient toujours blanches (et non, elles ne sentaient pas 😠😛!!). Impressionnant (pas qu'elles ne sentent pas, qu'on se salisse si peu ! 😛). On a apprécié nos tongs pour aller aux douches dans les campings. Enfin, en une nuit, le petit linge est sec. Donc, voyagez légers ! Nous aurions apprécié d’avoir emporté un parapluie pour les balades dans les villes. La végétation à cette époque : merveilleuse ! des lupins sauvages multicolores au bord des routes, des fleurs des champs innombrables, c’est vraiment la bonne époque ! C’était aussi la pleine saison des fraises et le tout début des cerises. Trop tôt aussi pour les framboises. L’affluence touristique à cette époque : il y a des touristes !! En camping-cars, en vélo, en voiture comme nous. Ceux-là on les retrouve dans les campings. Des bus aussi, ceux-là on les entrevoit dans les stavkirker les plus connues. Bref, pas gênant ... L’itinéraire : paragraphe spécial plus haut. Les randonnées : on aurait sans doute aimé en faire plus. On avait prévu aux Lofoten d’aller voir la grande plage de sable. La pluie et la brume ont eu raison de notre motivation. Ailleurs, il faut prendre le temps de se poser et d’aller dans les offices de tourisme pour récupérer des infos. On n’a pas trouvé que c’était si simple que ça … mais, bon, peut-être que la motivation n’y était pas assez et qu’on ne s’est pas vraiment donné les moyens non plus. Quant au GdR, il est totalement nul sur ce chapitre. Photos : prises électriques identiques à la France pour recharger les batteries. Rien de pire qu’un ciel blanc au dessus d’une église en bois sombre. Surexposition garantie. Mais quel enchantement quand, de temps en temps, le ciel est bleu pétant et la lumière rasante. Du bonus ! L'artisanat : des trolls, des trolls, des trolls …. Difficile d’y échapper. D’ailleurs on n’a pas essayé. Un petit troll, 2 torchons, 2 CD d’Edvard Grieg, quelques tranches de saucisson … c’est tout ce qu’on a ramené. Trop cher.
On a beaucoup aimé : 🙂 Les paysages (c’est vraiment trivial de dire ça !) La beauté de leurs habitations Le côté facile du voyage Le pain
On a moins aimé : 😕 Les prix.
En conclusion … Nous sommes ici dans le haut de la pyramide de Maslow : la population a de quoi vivre et bien vivre. Alors, elle peut se préoccuper d’esthétique, d’art, de superflu. Ajoutons-y un amour et un respect de la Nature sans borne. On obtient un pays préservé, valorisé, sublimé. Tout n’est qu’esthétisme, bon goût, raffinement. Les maisons sont colorées, fleuries, décorées. Les lieux publics sont propres, discrets, bien entretenus. Les routes, les ponts sont des chefs-d’œuvre s’intégrant magnifiquement dans le paysage. J’avais a priori tendance à comparer ce voyage à venir à celui déjà vécu en Islande. Non, rien à voir. D’autres paysages, d’autres climats, d’autres gens, d’autres ambiances. Je ne préfère pas l’un à l’autre, ils sont finalement incomparables. Sans avoir été en Islande, nous ne serions pas venus en Norvège. Seul point commun malheureux : les prix. Plus qu’un excellent voyage, nous avons passé aussi d’excellentes vacances en Norvège, faciles grâce à une logistique bien rôdée. De bout en bout, nous avons été subjugués par des paysages grandioses et variés, jamais lassés. Et nous avons adoré avaler notre bol de müesli au yaourt au melon devant des sommets enneigés ou près d’un torrent bleu rugissant. La pluie n’a pas réussi à nous gâcher nos vacances, pourtant aux dires des autochtones, elle a particulièrement mis le paquet cette année ! Voila un voyage qu’on prévoyait austère, rude, difficile, froid et qui nous a enchantés par, au contraire, son côté jovial. La Norvège est un pays où, en été ( !), il fait bon vivre, un pays où les paysages sont si beaux que même le soleil ne s’y couche plus.
Que les puristes me pardonnent, je n’ai pas eu le courage d’aller chercher les caractères norvégiens pour écrire ce texte …
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Aucune réservation effectuée pour ce périple (ni camping, ni ferry). J’ai indiqué les routes empruntées quand elles sont remarquables. Le problème … elles le sont toutes !! Je les ai toutes notées Rvxx (sûrement abusivement) quand ce n’était pas des routes européennes Exx … Avec une carte, je suis sûre que vous vous y retrouverez …
Sam 23 Juin 2007 – Vol Air France Paris/Oslo – Arrivée vers 15h – Récupération de la voiture chez Hertz – 180 km - Nuit à Lillehammer (hôtel Molla*) Dim – Stk** Ringebu - Route vers Roros via Rv27 (Est du PN de Rondane) – Olavsgruva – 300 km – Nuit près de Roros (Roste Camping*) Lun – Roros – Route vers les Lofoten (via Rv17 – Rv769) – 475 km - Nuit à Foldereid (camping) Mar– Mauvais temps : on trace ! Route vers les Lofoten (Rv17 + ferries) – Ferry de Bodo à Moskenes à 00h45 – 490 km – Nuit et soleil de minuit à bord du ferry Mer– Lofoten – 200 km - Nuit à Hamnoy (Eliassen Rorbuer*) Jeu– Lofoten – 100 km – Nuit à Hamnoy (Eliassen Rorbuer*) Ven– Lofoten – Ferry de Svolvaer à Skutvik - Redescente vers le Sud via la E06 – Passage du Cerlce Polaire – 500 km - Nuit à Elvmothei (Camping) Sam– Mosjoen : quartier Sjogata – Laksfossen (sans intérêt) – Bolarein – 500 km - Nuit à Asen (Gullberget Camping) Dim– Eglise de Stordjal – Trondheim - Kristiansund – 280 km - Nuit à Kristiansund (Byskogen Camping) Lun– Stk. Kvernes - Route de l’Atlantique (Rv64) – Echelle des Trolls (Rv63) – 330 km - Nuit à Eidsdal (hytte privée*) Mar– Route des Aigles (Rv63) – Croisière sur le Geirangerfjord – Dalsnibba (Rv63) – Gamle Strynefjellsvegen (Rv258) – Stk. Lom – 180 km - Nuit à Lom (hytte privée*) Mer– Route Rv55 – Stk. Urnes – Stk. Kaupanger – SognFolkmuseum – 420 km - Nuit à Bergen (chambre chez l’habitant*) Jeu– Bergen - 50 km - Nuit à Bergen (Lone Camping) Ven – Steindalsfossen sur la Rv7 – Rv13 vers le Nord – Aller/retour à la Stk. Vik-Hopperstad sur la superbe Rv13 – Retour sur la E16 – 340 km – Nuit à Gudvangen (Vang Camping*) Sam – Flamsbana – Retour Myrdal/Flam à pied (21km-5h) – Stk. Undredal – 60 km - Nuit à Gudvangen (Vang Camping*) Dim – Ferry Gudvangen/Laerdal : traversée du Naerofjord – Laerdal : vieux quartier – Stk. Borgund – Rv52 - Stk. Torpo sur la Rv7 – 140 km - Nuit à Torpo (hytte privée*) Lun – Rv7 (Ouest) : plateau Hardangervidda – Veringfossen – Rv13 (Sud) et ses vergers – Stk. Roldal sur la E134 – Stk. Eidsborg – 420 km - Nuit à Vinje (Mjonoy Camping*) Mar– Stk. Heddal sur la E134 – Vallée du Numedal : Rv40 (Nord) - Stk. Flesberg – Stk. Rollag – Stk. Nore – Stk. Uvdal – 275 km - Nuit à Uvdal (Roisland Hytteuleie og Camping) Mer– Rv40 Nord – Rv7 Est – Rv51 – Valdres : boucle Rv51 Nord puis E16 Sud – Stk. Hegge – Stk. Hore – Stk. Lomen – Stk. Reinli (sur la E16) - 320 km - Nuit à Fagernes (Fossen Camping) Jeu– Stk. Hedal sur la E16 – Oslo via la 35 et la 4 – 330 km - Nuit à Jevnaker (Slovika Camping*) Ven– Oslo – 160 km - Nuit à Jevnaker (Slovika Camping*) Sam 14 Juillet– Vol Air France Oslo/Paris – Départ à 15h45 * Hébergement décrit plus bas. ** Stk. = stavkirke = église en bois debout
L’ITINERAIRE :
Pour la Norvège, ça mérite un paragraphe spécifique. En effet, autant dans d’autres pays, on va recroiser les mêmes voyageurs tout au long du périple, autant ici, il y a autant d’itinéraires que de touristes ! Nos choix structurants ont été : ni le Grand Sud ni le Grand Nord. Et, pour une fois, sillonner, plutôt qu’approfondir une région. On a vraiment tricoté …
Ne vous fiez pas à notre itinéraire pour bâtir le vôtre. A partir du parcours prévisionnel, il s’est construit sur place, largement modifié en raison du mauvais temps, de la logistique (trouver un chouette camping) ou au contraire de ferries qui se sont enchaînés bien mieux que prévu … Au départ, nous n’avions pas prévu de rouler autant … Un très mauvais temps (le pire : pluie, brouillard épais, froid et vent) nous a surpris lors de notre montée aux Lofoten par la magnifique route côtière (Rv17) qui passe par de très nombreux ferries. Ca nous a incités à ne pas nous attarder et à poursuivre notre chemin. D’autant plus que les ferries s’enchaînent comme une onde verte en ville. Au final, nous avons fait la montée en 2 jours, alors qu’on en avait prévu 4. Croyez bien qu’on aurait largement préféré la faire en 4 jours comme prévu, preuve d’un temps plus clément 😕 ! 1 journée de moins que prévu aux Lofoten, la pluie (encore elle !) ne nous permettant pas de faire les randos prévues (du moins on n’en a pas eu envie car, après tout, on peut toujours). Et puis également, la descente vers Bergen, où nous n’avons trouvé aucun camping sur l’affreuse E39 où les tunnels se succèdent, nous a fait arriver à Bergen 1 jour plus tôt … Bref, 4 jours de rab (sur 21, c’est beaucoup) que nous avons utilisés pour la croisière sur le Geirangerfjord et pour aller dénicher d’autres églises en bois debout dans la superbe vallée du Numedal et dans le Valdres. 4 jours qui ont donc été bien utilisés, ce fut merveilleux, mais bien des km en plus …. Au total, plus de 6000 km en 3 semaines, en comptant tous nos détours. Des journées parfois très longues de voiture, permises par ce soleil (si, si !) qui ne se couche pas. On quittait le camping très tôt, généralement vers 7h30, nous nous arrêtions vers 16 ou 17h, mais parfois bien plus tard (21h30 pour l’arrivée à Bergen). Les journées à plus de 400 km (souvent bien involontaires, comme dit plus haut) nous ont paru très lourdes. 300 km, ça va encore. Au-delà, 🤪 pfff … Mais toujours sur des routes superbes ! Toujours ! Tant au niveau de la qualité de la route (même les plus petites sont très bien entretenues) qu’au niveau des paysages traversés. J’en reparlerai en détail dans le paragraphe sites naturels car elles font partie intégrante du voyage en Norvège.
Loin, très loin d’être un modèle, vous avez là un itinéraire vécu. Ce qui peut se faire en fonction des aléas. Ca nous a plu, ça nous a convenu. Je vous souhaite juste une montée vers les Lofoten plus tranquille et plus profitable.
BUDGET :
Aie …. voila le paragraphe qui fait mal 🏴☠️ … La couronne (kr ou NOK) 1 kr = 0, 12 € - 1 € = 8 kr Allez, c’est le moment de réviser la table du 8.
Dépenses préalables : Vol A/R direct Air France Paris/Oslo : 168 €/p Location Voiture Hertz cat D : 966 € km illimité
Principales dépenses sur place (pour nous 2) : Hébergement : 10 095 kr pour 20 nuits Essence (diesel 10, 60 kr/l en moyenne) : environ 3 000 kr Ferries : 3 167 kr pour 17 ferries Divers péages (parking, routes, entrée de ville) : environ 500 kr Musées et églises en bois debout : environ 3 300 kr (incluant la croisière sur le Geirangerfjord : 110 kr/p et le train de Flam : 190 kr/p) Restaurants : 921 kr (pour 2 restaurants 🏴☠️ !) Autre (principalement alimentation) : 5 420 kr Total sur place (hors achats perso) = 26 400 kr
Comme toujours, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative. On peut très facilement visser ce budget en évitant la location de voiture (on peut venir de France avec sa propre voiture), en montant la tente ou en louant des hytter plus petites, en négligeant quelques églises et quelques musées (surtout que certains n’en valent vraiment pas la peine. J’en parlerai plus bas), en évitant les restaurants et en préférant les crevettes au saumon fumé … Au niveau budget, la Norvège est bien plus intéressante à 4 qu’à 2. En effet, la voiture louée et la plupart de nos hébergements auraient pu convenir pour 2 de plus, sans surcoût … Tout comme nos petits déj ... on mangeait pour 4 !... trop gourmands 😛 !!
GUIDES :
Site perso - www.dewalque.eu/norway2003/ Ce site nous a beaucoup aidés à préparer notre voyage. Il est très complet, bien structuré et très beau. Un énorme travail dont nous tenons à remercier ici les auteurs ! Guide Bleu – Fidèle à sa réputation : excellent guide culturel qui nous a été très utile tant pour préparer ce voyage que sur place, pour les descriptions des lieux et pour les lectures d’intérêt général lors des longs trajets en voiture. Guide du Routard 2007-2008 (ça m’amuse toujours de consulter en 2007 un guide soi-disant valable pour 2008. C’est nul …). Pour notre type de voyage, aucun intérêt. Tout est survolé, et une structure dont la logique nous a échappé ... Carte - Marco Polo au 1/800 000ème . C’est vraiment écrit petit (j’ai emporté une loupe !! et non, ce n’est pas l’âge 😠 !!... Pas que 😕 …. ) mais elle est précise et exacte.
TRANSPORTS :
1 – Vols Paris/Oslo - Air France Achetés mi Mars sur le site d’Air France : 168 € l’A/R. e-ticket. 2h30 de vol.
2 – Location de voiture Avec les 10% de discount par la carte Fréquence Plus d’AF, c’est Hertz qui offrait les meilleurs tarifs pour le genre de voiture qu’on cherchait. Prépayé – Aucune mauvaise surprise à l’arrivée - Location d’une Ford C Max (cat D), surclassé à l’arrivée par une Skoda Octavia au coffre immense. C’est un genre de break, ils ont tous ce genre de voiture là-bas … on ne déparait pas dans le paysage automobile … Ultra pratique pour y loger nos 3 gros sacs (eh oui, on était loin de nos 14 kg de bagages habituels, car on avait la tente, les sacs de couchage, les matelas, de la bouffe, du matériel de camping … ). Et puis, on savait aussi qu’on allait y passer de longues heures …. voilà qui justifiait un peu de confort. Sur la route, on roule avec les feux de croisement en permanence (de jour comme "de jour"). Conduite calme : entre 70 et 80 km/h. Nombreux radars indiqués. Les Norvégiens sont calmes, courtois, civilisés voire parfois même un peu mous … Bon, ça fait du bien !
3 – Ferries Il sont à la Norvège ce que les gués sont à l’Islande. On s’inquiète quand on arrive au premier, on se régale dès le 2ème, on se morfond en sortant du dernier … Les ferries sont en fait des bacs qui permettent de traverser les fjords en faisant la navette d’un bord à l’autre. Certaines traversées durent 15 minutes, d’autres 3 heures … Nous n’avons jamais réservé (certaines réservations sont payantes, renseignez-vous) et nous ne sommes jamais restés à quai. Ce fut un vrai bonheur. Comment ça marche ? C’est ultra simple. Sur la route, des panneaux très explicites indiquent le port d’embarquement. On y arrive … des files d’attente, 1, 2, 3 … 10, c’est selon la taille du bateau. La première est réservée à ceux qui ont réservé, les suivantes aux autres. On prend la queue en se glissant derrière la dernière voiture ; on coupe le moteur et on attend. Quelques minutes avant l’arrivée du ferry, un employé passe de voiture en voiture pour délivrer le ticket. Il encaisse (CB acceptée généralement). Le ferry arrive, vous le voyez qui vient d’en face. Il accoste, ouvre sa grande mâchoire et déverse son flot de voitures. Quelques minutes plus tard, il est vide, c’est à nous ! Dans l’ordre d’arrivée et dans un calme incroyable, on va remplir la cale du bateau. Ca prend 5 minutes, c’est extrêmement rapide. Une fois à bord, chacun descend de son véhicule et monte dans le salon, plus ou moins spacieux et confortable selon la traversée (généralement, plus la traversé est longue, plus le bateau est gros, plus le salon est confortable). Des petits box, des tables, des fauteuils, un petit snack. C’est sympa, on s’installe, on sort son thermos et son picnic et on profite des paysages à travers les grandes baies vitrées. Si le temps le permet, on peut toujours sortir sur le pont aussi. Au passage du cercle polaire, tout le monde était dehors. Ces traversées sont de très bons moments car tout en faisant une pause, on profite des fjords de l’intérieur. On joint l’utile à l’agréable. Le coût. On paie pour la voiture et pour les passagers (le conducteur ne compte pas, il fait partie du forfait voiture). Pour un camping-car, c’est 2 à 3 fois plus cher que pour une voiture. Attention, ça plombe vite un budget … Voici 2 liens qui vous donneront quelques indications (horaires/coût). www.rv17.no/...webshop&art_id=4 www.fjord1.no/ Je vous conseille aussi de commander la brochure NRI Guide 2007 ici www.visitnorway.com/...alInfo.aspx?id=41806 A bord des ferries, vous trouverez également des brochures donnant les horaires de la compagnie. Bref, les infos ne manquent pas … Cela dit, inutile de vouloir trop planifier. Nous on n’a jamais su à quelle heure partaient les ferries. On arrivait, ça se faisait tout seul … Finalement, le plus important, c’est de connaître l’horaire du premier et l’horaire du dernier …
Traversée Bodo/ Moskenes vers les Lofoten – Départ : 00h45 ! 3 heures de navigation - ruteinfo.ovds.no/en/default.aspx?rnr=86 Nous sommes arrivés sur le port d’embarquement vers 22h00, avons pris notre place dans la file de voitures et sommes allés manger en ville, laissant Lily (la voiture !) faire la queue toute seule comme une grande. De retour vers 23h30 pour attendre le vendeur de tickets et l’embarquement. Dans le calme ! Contrairement à ce que je craignais, nous étions très peu à prendre le ferry de 00h45 pour le Midnight Sun Voyage. Il est vrai qu’on arrive aux Lofoten vers 4h du matin et que, même s’il fait grand jour, bien sûr tout est fermé. Nous sommes allés nous garer devant la réception des Rorbuer Eliassen et avons attendu l’ouverture (8h) en piquant un bon petit roupillon dans la voiture. Malgré une nuit un peu agitée, je continue à trouver que c’est un bon plan : résa inutile (ou gratuite) pour le ferry, on arrive tôt ( !) aux Lofoten donc on trouve à se loger, et puis on fait l’économie d’une nuit de camping … Enfin, ce qui n’est pas le moindre intérêt, s’il fait beau (comme il a fait beau pour nous, enfin !) on profite du soleil de minuit. Nous sommes arrivés aux Lofoten à 4h sous un grand soleil. Phénomène extraordinaire ! Le ferry est très confortable. On peut même s’allonger. Cette traversée reste un de nos plus beaux souvenirs du voyage. Cela dit, elle est vraiment coûteuse : 687 kr (voiture+moi) contre 324 le retour de Svolvaer à Skutvik. Ca s’étudie ….
HEBERGEMENT :
C’est un sujet important, il y a beaucoup à dire.
1 - D’abord, évitez les hôtels … 🏴☠️ Les hôtels et les motels sont inabordables. Le premier soir, à Lillehammer, un peu pris de court, nous avons testé : 995 kr (125 €) la chambre double ! Sans que ce soit un palace. Certes, le petit déj buffet (énoooooooorme !) est inclus mais quand même …. Si vraiment vous cherchez un hôtel, alors je le recommande, il est très bien : www.mollahotell.no/. Sinon, poursuivez votre lecture … Les motels, assez nombreux le long des routes touristiques, sont un peu moins chers : autour de 850 kr la chambre double. Pas testé.
2 - … et privilégiez les hytter !! 🙂 Nous avons donc privilégié les campings. Par précaution, nous avions emporté notre tente ; elle ne nous a jamais servi … En effet, les campings accueillent bien sûr les campeurs (en tente), les camping-cars (très nombreux) et disposent aussi généralement de quelques hytter. Une (j’ai décidé arbitrairement que hytte était féminin), donc, une hytte au singulier et des hytter au pluriel. A prononcer huteu en aspirant bien le H, mais le mieux, c’est de le demander en anglais : cabin. Ce sont de petits bungalows indépendants, tout en bois, semblables à leur habitat, chauffés individuellement, plus ou moins bien équipés, plus ou moins confortables, plus ou moins grands (pouvant accueillir jusqu’à 6 voire 8 personnes pour certains). On trouve toutes les formules : ça va du plus basique, composé d’une simple pièce de quelques m2 avec 2 lits superposés, une table et 2 chaises au véritable petit appartement avec coin cuisine (parfois ce n’est plus un coin mais une véritable pièce), coin salon, coin nuit, douche et wc. Hormis pour les plus basiques (qui sont somme toute assez rares), c’est toujours très fonctionnel et le minimum nécessaire est toujours fourni (un frigo, des plaques de cuisson, une bassine pour faire la vaisselle, une lavette, une cafetière et une théière, une planche à découper, un peu de vaisselle de base et quelques casseroles …). Ceux qui connaissent IKEA vont se retrouver en terrain connu !! Bien sûr, les prix varient du simple au triple selon le niveau de confort (en gros de 200 à 600 kr) lié de très près à l’installation de l’eau dans la hytte. Pour notre part, on a souvent loué des hytter sans eau, mais toujours avec un coin cuisine (frigo, plaque de cuisson, un peu de vaisselle de base). Le frigo nous était indispensable pour y stocker nos provisions fraîches du dîner et du petit déjeuner. Nous utilisions les équipements communs du camping (évier et sanitaires), toujours d’une propreté irréprochable. L’eau est potable, on peut donc l’utiliser pour cuisiner et pour la boire. Un petit coup de ménage est requis avant de quitter sa hytte. Le balai et la pelle sont fournis et ça prend 5 minutes (ce n’est pas un hall de gare !). Tout le monde est très rigoureux et nous avons toujours trouvé des hytter très propres. Dans le pire des cas, le drap housse des matelas ou l’oreiller était un peu crasseux. Qu’importe, nos sacs de couchage nous protégeaient. Aucune mauvaise surprise rencontrée avec les radiateurs, le frigo ou les plaques. Toujours en état de marche.
Ces soirées et ces matinées passées à faire notre dînette dans ces petites cabanes sont de très bons souvenirs. Ambiance décontractée et respectueuse dans tous les campings. Les vacances au sein du voyage, j’ai adoré ça et je rêve de trouver une nouvelle destination qui permette la même formule. Je suis preneuse des bonnes idées …
A propos des campings, il y en a partout. Ils sont indiqués sur le bord des routes par des panneaux sur fond bleu avec les logos représentant qui ils sont en mesure d’accueillir : une tente, un camping-car, une petite maison pour les hytter, un lit s’ils offrent des chambres ... Vous saurez vite les réperer tant il y en a et les identifier, ils sont tous très différents, certains sont davantage destinés aux pêcheurs Norvégiens (on aura alors beaucoup plus de hytter), d’autres sont plus tournés vers les camping-cars et ne proposent que quelques hytter. Certains ont un charme fou, tant du point de vue de l’environnement (au bord d’un fjord, dans une forêt …) que de l’agencement des hytter. D’autres sont plus quelconques, avec un alignement au cordeau de dizaines de hytter. La taille joue aussi beaucoup sur le charme : du petit camping familial au grand complexe industriel … Bref, il faut aller voir … On gagne souvent en charme ce qu’on perd en confort … Pour notre part, nous n’avons jamais réservé. Mais il faut savoir que, tout au moins pour les hytter, après 17h, il devient difficile d’avoir le choix, il ne reste souvent que les plus grandes, donc les plus chères. En arrivant avant 16h, là, c’est beaucoup plus facile et le matin, alors là, c’est l’embarras du choix ! Concrètement, que ce soit pour planter sa tente, garer son camping-car ou louer une hytte, le principe est toujours le même : il faut s’adresser à la resepsjon du camping.
Toujours dans les campings, pensez aussi à demander s’ils ont des chambres. C’est assez rare mais très avantageux. Il s’agit alors d’un bâtiment regroupant plusieurs chambres et partageant sanitaires et cuisine. Ca peut être superbe ou très tristounet. Là non plus, pas de draps dans les lits et ménage à faire soi-même avant de partir. Nous avons eu une splendide expérience à Elvmothei puisque nous étions seuls dans une grande maison (c’est au camping d’Elvmothei, je n’ai pas d’autres indications).
Un petit mot (sûrement bien inutile pour les habitués des campings) sur les douches. Elles sont payantes. Ca veut dire quoi ? Chaque douche est munie d’un minuteur qui délivre l’eau pendant le temps payé. Attention, que l’eau coule ou non, le temps, lui, s’écoule : on ne paie pas une quantité d’eau mais une durée. La tête couverte de shampooing, j’ai payé pour le comprendre 🤪 !!! Généralement, c’est 5 kr pour 3 ou 4 minutes, parfois 10 pour un peu plus longtemps. Vous vous rendrez compte qu’on se lave finalement bien plus vite qu’on ne croit … 4 minutes me suffisaient. Si, si ! bon, d’accord, je n’ai pas la chevelure de Gina Lollobrigida … ni ses xxx censuré … 😉 Il faut donc prévoir de la monnaie. Conservez vos pièces de 5 et de 10 kr. Bien sûr, sont toujours en accès libre les lavabos avec eau chaude et froide, les wc, ainsi qu’un coin cuisine pour faire sa vaisselle avec tous les produits qu’il faut. On a également vu assez souvent des machines à laver et à sécher le linge. Les habitués du camping doivent connaître. Ces locaux (wc compris) sont toujours d’une propreté irréprochable.
Voici 5 adresses qui ont retenu notre attention (dans l’ordre de notre périple). Les autres n’ont rien de particulier qui mériterait de les recommander.
Camping Roste près de Roros (environ 12 km au Sud, sur la Rv30) : www.rostecamping.no/ 495 kr la hytte (n°5) avec cuisine complète (eau) et sanitaires communs. Hytte très spacieuse : 5 couchages possibles, cuisine séparée. Camping très agréable, vert. Beaucoup d’espace.
Rorbu aux Lofotens : Eliassen Rorbuer à Hamnöy www.rorbuer.no/eng.htm Nous avions le rorbu Bjarnebua à 600 kr. Plan en ligne : jugez par vous-même, tout est dit ! www.rorbuer.no/bumeny_eng.htm Accueil amical et serviable (conseils pour les randos, les visites …). Gros gros coup de cœur 🙂. On conseille vivement !
Camping Vang à Gudvangen Tel : 57 63 39 26 Pas vraiment de charme particulier mais une situation et une vue fabuleuse, entouré de montagnes et de cascades. Largement le mieux des 3 qu’on a visités à Gudvangen, voila pourquoi j’en parle. Arrivés tôt, on a pris le temps de choisir … Les hytter (aucune n’a l’eau) pour 4 sont spacieuses, confortables et bien propres. 450 kr. Bon point de chute pour le train de Flam et la croisière sur le Naeröfjord.
Camping Mjonöy à Vinje (sur le E134, à qq km à l’Ouest de Amot) www.mjonoy.no Nous avions la hytte Fjoset (4 à 5 couchages). 800 kr, certes c’est une folie pure mais qui les valait bien !! Là encore, à 4 c’est bien plus rentable … C’est la maison de Bilbo le Hobbit ! Hytte de charme, tout en rondins, toit couvert d’herbe, à l’intérieur, feu de cheminée (bois gratuit à volonté), sdb et cuisine complète. Dans le "camping", une boulangerie produit pain et gâteaux au feu de bois, divin ! On se sert et on va payer à la réception … plus tard, quand on veut (incroyable !) … Original, unique, bourré de charme. Accueil très très chaleureux. Ca vaut vraiment le coup de faire chauffer la CB … Et c’est un endroit idyllique pour se poser un peu.
Camping Slovika à Jevnaker (sur la 240, à 12km à l’Est de Honefoss, 60 km au Nord d’Oslo et à 20 min de l’aéroport) Pas d’autres coordonnées – Il est dans le guide des campings www.camping.no/index_eng.html Le camping est superbement situé à l’extrême sud du Randsfjord. C’est un lieu de villégiature des mobil-home des Norvégiens (d’Oslo probablement). Les camping-car des touristes sont d’ailleurs parqués un peu à l’écart. Pas très sympa pour eux … Ce qui vaut que je note ici l’adresse, c’est qu’arrivant à 11h nous avons eu la possibilité de pouvoir disposer de l’appartement sous la réception. Pas beaucoup de charme en soi, par contre, immense appartement de 4 pièces (cuisine, sdb, 2 chambres, 6 couchages) ultra équipé (machine à laver le linge et la vaisselle, congélo …), ultra fonctionnel, ultra propre (tout neuf, d’ailleurs). Pour refaire ses sacs avant de partir, nous avons apprécié ce très grand confort. 600 kr. C’est un super bon plan pour une grande famille et un bon pied à terre pour visiter Oslo (à 60 km quand même …). Mais, je le répète, pas grand charme … Rien à voir avec le précédent ….
Une remarque à propos du guide des campings www.camping.no/index_eng.html Sachez qu’il est loin d’être exhaustif, il ne reprend qu’une toute petite partie des campings, ceux sans doute homologués … Il est téléchargeable mais sans la carte routière qui positionne les campings ; il est alors quasiment inutilisable… Sur place, vous le trouverez gratuitement partout (avec la carte !). Cela dit, il ne sert pas à grand-chose. Pour notre part, on s’arrêtait dans un camping parce que le moment était venu et qu’il se trouvait sur la route et non parce que nous l’avions repéré dans le guide. Aucune carte de camping (d’adhérent) ne nous a jamais été réclamée.
3 - Les hytter privées. Alors ça, c’est le super bon plan mais il faut un coup de bol pour tomber dessus au bon moment !! Il s’agit de hytter, toujours indépendantes de l’habitation principale, dont disposent des particuliers (assez souvent ce sont des agriculteurs qui ont transformé une dépendance en hytte privée) et qu’ils louent à la journée. A niveau de confort équivalent (avec ou sans eau dans la hytte), c’est beaucoup moins cher que celles des campings et surtout, et c’est là tout l’intérêt, c’est beaucoup plus sympa car elles sont chaleureuses, vivantes, largement meublées, décorées. Si elles sont sans eau, le propriétaire met bien sûr à disposition douche et wc (parfois dédiées uniquement à la hytte). Elles sont indiquées par un panneau sur le bord de la route, souvent plus artisanal que celui des campings. Soyez attentifs et ne vous en privez pas, c’est un vrai bonheur !! Et si vous êtes des timides sauvages comme nous, je vous rassure, ne craignez pas l’invasion des propriétaires. Ils sont ultra discrets ! LEDIG signifie libre et FULLT complet.
Voici les 3 que nous avons trouvées totalement par hasard et qui, à chaque fois, ont été un vrai bonheur. Naturellement pas de site internet et paiement cash, ça va de soi.
Près de Geiranger Staburret pa Hjelle Gunnhild og Paul Hjelle Olsen N-6215 Eidsdal Tel +47 4156 0229 Un stabbur réhabilité, très grand : cuisine (sans eau), grand salon/salle à manger et une immense chambre à l’étage (5-6 couchages). Sanitaires quasi privés chez le propriétaire, à 2 pas. Très confortable (malgré le manque d’eau), tout décoré, tout mimi. Accueil très chaleureux. 300 kr.
Près de Lom sur la Rv15, à l’Ouest de Lom, (environ 3 km ???) Aie, je n’ai pas l’adresse …. mais nous n’avons vu qu’elle dans le coin. Un petit panneau l’indique. Elle est en contrebas de la route, juste à côté de la maison principale des propriétaires. Encore mieux que la précédente. Sanitaires chez le propriétaires (toujours à 2 pas) mais cuisine complète (avec eau) très très bien équipée. Immense : cuisine, salon/salle à manger et 2 grandes chambres séparées. Je pense qu’on peut y loger à 5 ou 6 (4 sûr !). Ma préférée 🙂. L’envie de s’y poser plus d’une nuit … 380 kr.
A Torpo Opheim Pensionad og Hytte A Torpo même, à 50 mètres en contrebas de la stavkirke. Moins de charme que les précédentes car une seule grande pièce ; pas vraiment décorée, pas personnalisée mais tout le confort : eau, wc, sdb (4 couchages). 400 kr.
4 - Les chambres chez l’habitant (rom ou logo lit sur fond bleu). Un seul essai près de Bergen, désastreux 🏴☠️ … glauque, triste, vieillot, mais plus le choix, arrivés trop tard à Bergen, les campings étaient tous pleins. 300 kr. On n’a pas réitéré l’expérience. Je vous donne l’adresse pour l’éviter : Unndalen, à 15-20 km à l’Est de Bergen.
REPAS :
Tôt le matin (la lumière invite à se lever tôt et puis quoi, on n’est pas là pour dormir …), nous nous concoctions dans notre hytte un énoooorme petit déjeuner qui nous tenait jusqu’à 13 ou 14h. Concombre, tomates, jambon, fromage, céréales, yaourt, fruit, muffin … un vrai festin 😛 ! Ca nous permettait un picnic très léger sur la route en milieu de journée : du thé brûlant (vive la thermos !), des petits gâteaux, du pain … Ces picnics pris dehors, parfois sous quelques gouttes de pluie, sur des aires de repos ou tout simplement assis sur l’herbe au bord d’un torrent ou en face d’un lac gelé, furent de vrais petits moments de bonheur. Les aires de repos sont propres et toujours bien aménagées dans un très joli cadre (au bord d’un torrent, dans une forêt …). Approvisionnement quotidien (pas de glacière dans la voiture) dans les nombreuses superettes qui jalonnent les routes aux abords des bourgs (Rema 1000, ICA, Kiwi, Rimi, COOP …), ouvertes tôt et jusque tard. On trouve absolument tout. Donc, inutile de trop se charger en nourriture (nous avions apporté des lyophilisés (qu’il a bien fallu manger ! pfff….), des soupes, du müesli, des gâteaux à thé …). Nous avions craint de retrouver le désert d’Islande. Rien à voir, tous les jours (dimanche y compris), nous avons réussi à faire nos petites courses très facilement. Cela dit, on trouve tout, oui, mais plus cher qu’en France (sauf les crevettes !). Le soir, dans la hytte on se préparait notre petit repas. Du saumon fumé (laks) ou des crevettes (reker), du hareng (sild), des légumes (pensez au rayon des surgelés qui permet de varier les plaisirs et de limiter la corvée d’épluchage) et du pain, du pain, du pain ! Gros gourmands de pain, on s’est régalé. Ils ont un très grand choix de pain complet, brun, aux céréales, aux fruits secs. On ne savait jamais ce qu’on achetait et on n’a jamais été déçu. Acheté en boulangerie (bakery) de préférence, à défaut, en supermarché, il est toujours très bon. Plus il est noir, meilleur il est (affaire de goût) mais surtout, plus il se garde (encore que je ne vois pas pourquoi je dis ça, on n’a jamais réussi à le garder plus d’ ½ journée ! Trop bon !). Nous mangions ce pain comme du gâteau. C’est un grand souvenir ! Comme quoi, on est heureux avec peu de chose !
A Bergen, nous avons acheté sur le port (marché aux poissons très touristique mais on ne peut guère y échapper) une tranche de saumon fumé mariné et à la boulangerie d’à côté un gros pain aux céréales et fruits secs. On a mangé tout ça sur un banc du port en partageant nos miettes avec les pigeons et les moineaux et en admirant les façades ensoleillées (si !) de Bryggen. Cool !
Attention, aux Lofoten, dans une boutique de vente de produits frais de la mer près de Reine, nous avons acheté des crevettes cuites et nous nous sommes fait avoir. Le prix n’était pas indiqué et j’ai compris après que je les avais payés près de 240 kr/kg . Soyez vigilants. Vous en trouverez souvent des congelés dans les supermarchés (pas moins bonnes) à moins de 20 kr/kg (soit moins de 3€ !). A ce prix là, nous en avons souvent fait notre repas du soir. Toujours avec du pain brun.
Quelques remarques sur les superettes : le vin et les alcools forts sont vendus dans des magasins d’état. Hors de prix. Sevrage total. Vive le coca light à l’apéritif ! les bouteilles plastiques (eau ou soda) sont consignées. Pour récupérer la consigne, vous trouverez dans la plupart des supermarchés, des automates où vous glissez votre bouteille (dans le bon sens) et récupérez un ticket à présenter en caisse pour remboursement. très difficile de trouver de l’eau plate, ils n’ont que de l’eau pétillante. Cela dit, l’eau du robinet est potable. Donc très peu de frais à ce niveau là. les sacs en plastique fournis négligemment par la caissière sont payants. Apportez le vôtre … la dernière ligne de votre facture ORÆVRUNDING est l’arrondi du total, en votre faveur ou en votre défaveur … en tout début de voyage, j’ai acheté dans un Kiwi une recharge de Camping Gaz. J’ai gardé la facture en vue de donner l’info sur ce carnet. Au bout de 15 jours on a compris qu’on n’aurait jamais besoin d’utiliser le petit bleu, ayant des plaques électriques dans tous les campings (soit dans la hytte, soit dans les parties communes). J’ai donc essayé de le rendre dans un Kiwi, avec la facture. Aucun problème, aucune discussion, remboursement immédiat et intégral ! Trop facile !! Mais du coup, je ne sais plus vous dire combien j’avais payé cette recharge CV370 … autour de 80 kr je crois …
Nous avons testé le fromage au caramel (pré-tranché, Gudbrandsdalsost de la marque Tine – Tine c’est leur Danone, la grande marque de produits laitiers). Un peu sucré, c’est surprenant mais pas mauvais. Vous le trouverez dans les supermarchés à côté de leur bloc de fromage à hamburger, sous plastique. Il est marron. Testé également le saucisson de renne (Reinsdyrpolse) et d’élan (Elgpolse) bôf … pas fana … affaire de goût …. Par contre, on a trouvé à l’épicerie d’Undredal (entre Flam et Gudvangen) du vieux fromage de chèvre, ainsi que du saucisson de chèvre, alors là, oui ! j’en salive encore et regrette de n’en avoir pas pris plus !
Les hytter sont bien pourvues en matériel de base pour cuisiner : un couteau à pain et une planche à découper (vous aviez compris que c’était essentiel pour nous !), des assiettes, des couverts, des casseroles, … il ne manque quasiment rien. Qu’avons-nous utilisé en propre ? Notre bouteille thermos pour les picnics de midi. Pensez peut-être à un torchon et à des pinces (genre congélo) pour fermer les sachets (de fromage, de jambon, de saucisson) entamés. J’étais contente aussi d’avoir pensé à du lait en poudre car vraiment le lait frais voyage mal quand il n’est pas réfrigéré … j’ai testé … beurk.
2 expériences au restaurant : A Lillehammer. C’était le 1er soir, nous étions à l’hôtel. Restau recommandé par le GdR, il est effectivement très agréable, animé sans être bruyant, dans une cave voûtée, belle ambiance, bonne viande. Pour une bière et une pièce de bœuf chacun (et vraiment pas la plus chère !) nous avons payé 626 kr pour nous 2. C’est vraiment trop cher. A Bodo, en attendant le Midnight Sun Ferry, nous allons au Min Plass, encore recommandé par le GdR. On n’a pas du tout aimé : ambiance trop jeune pour nous, décor dénudé, froid, impersonnel, branché. Nous nous sommes contentés d’une salade et d’un coca. 295 kr pour 2. Je déconseille … Au moins, à Lillehammer, c’était cher mais c’était vraiment bien. Là, c’était cher et pas bien … Bon, vous avez compris : évitez les restaurants !
SITES NATURELS :
1 – Les paysages Les paysages sont plus variés que je ne le croyais. D’une vallée à une autre, la végétation n’est pas la même, donnant un aspect totalement différent. Parce qu’on a grimpé quelques centaines de mètres, on peut passer, presque d’un seul coup, des forêts de pin à la toundra rase des montagnes. Je retiens quand même quelques grands groupes : Les montagnes et les plateaux, dénudés, arides, froids, couverts de plaque de neige et dont les lacs gelés sont couverts de glaçons bleus. Parfois, perdue au milieu de ces collines blanches, isolée, une station miniature de ski de fond. Des maisons colorées, très disséminées. C’est magnifique sous le soleil, dramatique sous la grisaille, toujours envoûtant ! Les vallées, avec le vert des forêts et le bleu du fjord, tellement riantes sous le soleil, égayées par les tâches de couleur apportées par les maisons. Les fjords, bleus sous le soleil, noirs sous la pluie. On les domine, on les longe, on les traverse, c’est toujours un grand moment. Les vergers, descendant jusqu’au bord du fjord.
La randonnée de Myrdal à Flam www.flaamsbana.no www.visitflam.com Nous prenons à Flam 2 allers-simples pour Myrdal : 190 kr/p. Départ à 8h35. Arrivée à Myrdal à 9h30. En 1 heure, le train grimpe 864 mètres à travers des paysages verdoyants où les cascades, plus belles les unes que les autres, se succèdent. Maintenant que nous sommes montés, il faut redescendre. Bien sûr on peut redescendre en train mais nous sommes venus pour marcher. 21 km de descente. C’est donc motivés et plein d’entrain que nous commençons par … laisser passer le troupeau des touristes venus faire comme nous. Ben oui, on n’est pas vraiment seuls … Nous partons donc gentiment les derniers, il fait très beau, on a décidé de prendre notre temps. Très vite, nos polaires se retrouvent pendues à nos sacs à dos. La première heure n’est pas très folichonne : sentier un peu raide couvert de cailloux pointus qui obligent à regarder davantage ses pieds plutôt que le paysage. Un rien agaçant, car je ne suis pas venue en Norvège pour regarder mes pieds … Puis, vient la partie la plus belle jusqu’à Blomheller : 1h de pente douce, cette fois sur un sentier agréable, ombragé, en suivant un torrent aux eaux bleues tumultueuses. Force, débit, puissance, très impressionnant ce torrent alimenté par toutes les cascades qui l’entourent. Nous sommes là, au fond d’une vallée glaciaire, biffée d’un torrent horizontal et scarifiée d’une multitude de cascades verticales. Sommets enneigés tout autour. De ci de là, des fermes, notamment un élevage de chèvres où les chèvres, profitant d’une totale liberté, ont bien compris ce que pouvaient leur apporter ces grands nigauds de touristes contre un petit câlin … Cette partie est merveilleuse. A partir de Blomheller, on retrouve une route goudronnée, un peu moins sympa pour randonner mais la beauté du paysage compense le bitume … Pour qui le bitume d’ailleurs ? Car le calme de l’endroit ne sera pas une fois troublé par les pétarades d’un pot d’échappement … Nous mettrons 5h (sans compter la pause picnic au bord d’un torrent glacial, pieds dans l’eau ! –pas longtemps 😮 !!-) pour rejoindre Flam. Notre avis : Le voyage en train (très cher, nous étions d’ailleurs bien peu et disposions d’une voiture pour nous tout seul !) nous a un peu déçu … Aucun intérêt de faire l’aller/retour. Montez à Myrdal seulement si vous décidez de descendre à pied. La rando est facile hormis la 1ère partie un tout petit peu délicate (mais quand même praticable par tous). Nous avons vu des randonneurs reprendre le train à Blomheller pour finir la descente en train. C’est pas idiot du tout si 21 km vous rebutent. Vous aurez alors vu le plus beau. Enfin, si vous devez gérer un budget serré, faites l’impasse totale. Ce n’est pas incontournable.
2 – Les plus belles routes J’irais beaucoup plus vite à citer celles qui ne le sont pas ! Quelques routes traversent les montagnes par un enchaînement de tunnels plus ou moins longs (de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de km). Au début, ça amuse, à la longue, c’est déprimant. Attention à la route E39 vers Bergen : sans intérêt et aucun camping. Mais pourrez-vous y échapper ?... En dehors de ça, les routes en Norvège vont faire partie de votre voyage. D’abord, elles sont toutes en parfait état. Ensuite, elles sont jalonnées d’aires de pique nique qui invitent à la pause. Et si vous cherchez plus sauvage, aucun problème, arrêtez-vous n’importe où, c’est toujours magnifique ! Enfin, ce sont elles qui vous conduiront au cœur de paysages grandioses sans jamais les dénaturer : pas de panneaux publicitaires, pas de feu de circulation, pas de poteaux …. Bref, elles font partie du paysage et pour certaines, elles SONT le paysage. A quelques rares exceptions, ces routes sont gratuites. Les ponts sont de véritables chefs-d’œuvre d’inventivité et d’esthétique.
Quelques infos sur des routes qui nous ont particulièrement plu (dans l’ordre de notre itinéraire) :
> La Route de la Côte (Rv17) Classée route touristique, de Steinkjer à Bodo. Vous trouverez ici les horaires et les prix des ferries qui jalonnent cette route. Je vous rappelle que le conducteur de la voiture ne compte pas comme passager dans le calcul du prix. www.rv17.no/...webshop&art_id=4 Malheureusement, nous n’avons pas eu beau temps et n’avons pas profité des paysages comme nous aurions aimé. Les sommets des fjords étaient noyés sous une brume épaisse. Dommage ! Mais quelle belle aventure quand même ! Qu’il est sympathique d’enchaîner ces ferries !... Ambiance de vacances ! Relisez mon paragraphe sur les ferries. Ici, il prend tout son sens.
> La Route de l’Atlantique (Rv64) de Karvag à Vevang au Sud Ouest de Kristiansund Quand le pont devient chef-d’œuvre ! 8 petits km (c’est très très court !) d’une route qui n’est qu’un enchaînement de ponts sautillant d’île en île. L’un de ces ponts est vrillé. C’est impressionnant et superbe. Pour moi, c’était LA route que j’attendais, celle dont je rêvais la nuit avant de partir, celle qui fait pétiller les yeux … Il faut bien l’avouer, j’ai été un peu déçue car je l’imaginais plus longue et les ponts plus gigantesques. Les photos des brochures prises d’avion donnent une impression plus majestueuse. Néanmoins, elle vaut le détour. Aucun doute là-dessus ! On l’a d’ailleurs parcouru 2 fois. Comme quoi, on peut être déçue et rester sous l’émerveillement quand même !
> L’Echelle des Trolls (Trollstigen – Rv63) Et celle-là, c’était le point focal de Philippe (chacun la sienne, on ne se croisait pas dans nos rêves !) Incontournable ! Fabuleuse route en lacets, encadrée de 2 cascades grondantes. Elle est belle d’en bas, d’en haut, du milieu. En haut, un immense parking accueille voitures et camping-cars pour nous permettre de nous approcher à pied de cette route. Arrêtez-vous, faites comme tout le monde, c’est unique ! Et très photogénique ! Si vous voulez acheter un troll, vous aurez ici l’embarras du choix. Hors de prix. Mais on a craqué quand même et acheté un affreux guignol de 12 cm pour 250 kr !! Ben quoi ….
> La Route des Aigles (Ornevegen – Rv63) Juste avant l’arrivée à Geiranger Encore quelques beaux lacets très réguliers mais après l’Echelle des Trolls, elle fait miniature. Par contre l’arrivée sur Geiranger est magnifique.
> Dalsnibba Point de vue - Aller/retour depuis Geiranger La seule route payante : 70kr par voiture. Allez, je vais me mouiller : oui, ça vaut le coup. Paysage époustouflant d’abord de congères, de lac gelé, de petits icebergs … et puis, on grimpe, on grimpe, on grimpe …. enfin là-haut, tout là haut, sous des bourrasques de vent effrayantes, on domine le Geirangerfjord. C’est absolument magnifique. Photos qui donnent l’impression d’être prises d’avion. N’y aller que si le temps est bien dégagé.
> La vieille route du Strynefjell (Gamle Strynefellsvegen - Rv258) de Videseter à Grotli. Route de montagnes, paysages de lacs gelés, de congères … Superbe.
> Les vergers de la Rv13 Portion de la Rv13 qui longe le Sorfjorden Changement de décor. On est ici dans des vallées verdoyantes, riantes, où le bord du fjord est recouvert d’arbres fruitiers. Les cerises commençaient à peine à donner … Autant les fraises étaient délicieuses, autant les cerises n’avaient aucun goût (trop tôt sûrement). Tiens, j’en profite, un petit mot sur les fraises : à celles vendues en supermarché, préférez celles vendues sur le bord des routes directement par les particuliers. Selon la fraîcheur et la qualité, entre 20 et 40 kr la barquette (de 500 gr je pense). Parfois, seule une petite pancarte et une tirelire vous indique le prix à payer. Servez-vous, payez et régalez-vous ! Tant d’honnêteté laisse rêveur … On n’a jamais été déçus, elles sont délicieuses.
> La vallée du Numedal (Rv40) de Kongsberg (au Sud) à Geilo Très intéressante par la multitude des stabbur qu’elle permet de découvrir. Qu’est-ce donc ?... Vous en verrez beaucoup. Ceux qui connaissent Sulawesi vont être surpris : comment ? les greniers des Torajas ici ?!? Et c’est bien de ça dont il s’agit ! Des greniers à grains, sur pilotis pour les protéger des animaux, de l’eau. Certains sont vraiment anciens, les poteaux sont joliment sculptés, le bois est peint. La plupart sont très bien entretenus voire vraiment valorisés. Cette route a l’intérêt de nous faire découvrir l’habitat si particulier de la vallée du Numedal : de grandes fermes, regroupant l’habitation principale (souvent peinte en blanc), la grange (souvent rouge), les greniers, les celliers. Que du bois, bien sûr. Des couleurs, des fleurs, du bon goût … que c’est joli !
> Les routes Rv7 et Rv55 sont aussi classées routes touristiques et méritent tout à fait de l’être.
3 – Les fjords
> La croisière sur le Geirangerfjord 110 kr/p Nous avons fait la croisière touristique, aller/retour depuis Geiranger, 1h30 de navigation. Le bateau vogue à travers le Geirangerfjord, nous permettant ainsi de découvrir de nombreuses et jolies cascades sur des falaises abruptes, des fermes isolées … Commentaires en Français. Sans être incontournable si vous faites la Route des Iles, ça vaut le coup s’il fait beau, le fjord est vraiment grandiose. Le point de vue depuis Dalsnibba peut suffire …
> La traversée du Naerofjord De Gudvangen à Laerdal : 704 kr au total (voiture+moi) Pour traverser le Naerofjord (fjord le plus étroit de Norvège), nous avons pris le ferry à Gudvangen et sommes descendus à Laerdal. Nous étions très peu à bord du bateau. C’est très cher pour bien peu d’intérêt. Certes, le fjord est étroit mais j’imaginais des parois plus raides qui auraient augmenté l’effet encaissé. Ce n’est pas ça … Donc, voila un bon moyen de faire de grosses économies d’autant qu’il y a moyen de rejoindre Laerdal par la route …
4 – Les Lofoten Incontournables. On a eu la chance d’y arriver à 4h du matin, sous un beau soleil qu’on a conservé 2 jours. Hébergement dans des maisonnettes de bois sur pilotis, appelées ici des rorbuer. On a trouvé une très bonne adresse (voir § plus haut).
Les randonnées pédestres ne sont pas extrêmement bien indiquées et l’office du tourisme ne nous a pas été d’un grand secours. Nous y avons quand même acheté une carte détaillée au 1/50 000ème (j’ai oublié de noter le prix) qui nous a été bien utile, même en voiture.
Nous avons aimé flâner dans les petits villages colorés de pêcheurs : Å (c’est le nom du village à l’extrême sud) ; Nusfjord (les abords du village –avant le péage de 30kr- sont superbes et justifient ce petit détour) ; Haucklandsand, splendide crique entourée de montagnes moussues ; Henningsvær, notre coup de cœur, à ne surtout pas manquer pour la beauté du bourg et des petits ilôts de granit roses de la baie. Pour ne citer qu’eux.
A Å, vous trouverez (entre autres !) 2 choses incontournables : Le musée de la morue, Lofoten Torrfiskmuseum (40kr/p) animé par le truculent patron ! Vous saurez tout sur la morue en sortant de là. La boulangerie artisanale. J’en salive rien qu’en y repensant !
La galerie du forgeron de Sund était trop chère pour nous : 45kr/p. Ce même billet donne pourtant droit à un musée de moteurs de bateau … Philippe et moi, on se regarde … un musée de moteurs de bateau 😮 ?? on relit, oui, oui, c’est bien ça. Gros fou rire. Là, je pense qu’il vise un public averti ! En tous cas, on ne s’est pas du tout sentis concernés, nous qui sommes à peine capable de distinguer une Clio d’une Picasso ! Pas pour nous 😛 …
Enfin, attention à quelques arnaques 🏴☠️ : Magasin de produits de la mer à Reine (je n’ai pas noté l’adresse mais je n’en ai vu qu’un, sur la route principale). N’achetez pas sans savoir les prix … Village de pêcheurs de Nusfjord. Droit d’entrée : 30 kr/p. Or, le plus beau quartier est celui avant le "péage" … Musée viking à Borg, vraiment trop cher : 100 kr/p. Boycottez sans hésiter !
5 – Le soleil de minuit Aux Lofoten, on est bien au-delà du cercle polaire. Pas de nuit du tout. Pas même un crépuscule, une pénombre, un entre-chien-et-loup. Non, non, une vraie lumière ! On peut lire sans lampe 24h/24 ! Je n’imaginais pas ça … C’est troublant, c’est perturbant, ça décale car on n’a pas envie de se coucher et on se lève très tôt. Je vous le redis, à 4h (du mat’) aux Lofoten, on avait un grand soleil et une magnifique lumière ! Et ce qui trouble, c’est que tout est fermé. Ben oui, ils dorment ces braves gens pardi ! Néanmoins, magasins, réceptions de camping, stations service, dernier ferry … tout ferme plus tard. Il n’est pas rare de trouver ces services ouverts jusqu’à 23h. Nous qui sommes habitués pendant nos voyages à vivre avec le soleil, on a fait pareil. Aie … Les nuits furent courtes 🤪.
6 – Le cercle polaire Il est la limite où, lors du solstice d’été, le soleil ne touche même plus l’horizon. Donc, plus on monte, plus il fait jour la nuit. Sur la E06, un centre du Cercle Polaire. Nous y sommes arrivés tard, vers 21h, sans entrer dans le musée (fermé). Il faisait froid mais nous avons néanmoins pris le temps d’aller monter notre petit cairn-graffiti. Encore une belle idée qui ne dénature pas le paysage et permet à notre nature humaine de répondre à ce besoin irrépressible de toujours laisser sa trace … Trace ici heureusement bien éphémère qui durera jusqu’au prochain touriste qui piquera mes cailloux pour faire son cairn à lui … Ca me va !
SITES CULTURELS :
1 – Les stavkirker, les églises en bois debout Ceux qui me connaissent ou ont lu mes précédents carnets savent combien nous aimons les vieilles pierres. Ici pas de vestiges … sauf ces églises moyenâgeuses, tout en bois. Elles restent au nombre de 28 alors qu’à l’époque il y en a eu jusqu’à 2000 en Norvège. Ce sont des constructions propres à la Norvège, uniques, originales. Il se dégage de ces églises une force, une histoire, un passé qui conduisent au respect et à l’admiration. Couleur de miel doré, odeur de résine et d’onguent pour les sabots des chevaux (les cavaliers comprendront !), majesté des clochers fièrement dressés au dessus des toits à pans multiples, magie des sculptures entourant les portes … on ne peut pas rester insensible. Vous ne pouvez pas aller en Norvège sans en voir au moins une. Et je trouve même qu’il est dommage de n’en faire qu’une seule. 3 ou 4 pour bien comprendre, c’est mieux. Elles sont toutes assez différentes. Seul l’intérieur est payant, vous pouvez vous contenter de l’extérieur pour beaucoup mais certaines méritent qu’on paye les 30 ou 50 kr/p pour entrer … Ca vaut le coup de comprendre comment elles sont fabriquées, ces stav qui supportent toute la structure. Un petit musée à Borgund donne quelques explications bien utiles. Sinon, le guide à l’entrée de chaque église est toujours prêt à répondre aux questions, dans un Anglais parfait. Si vous êtes des passionnés, alors achetez dès que vous le trouverez le petit livret (Norges Stavkirker en Norvégien, Allemand et Anglais – 33 pages) qui reprend les 28 stavkirker. 30 kr. Ca les vaut. Il est clair et positionne bien les églises. Pratique pour la chasse au trésor. C’est grâce à ce petit livret que nous avons revu notre fin de voyage … Pour ceux qui veulent se contenter d’une ou 2 églises : Borgund, Vik-Hopperstad et Uvdal ont eu nos préférences.
2 – Les musées folkloriques Musées en plein air, il en existe dans tout le pays ; ceux d’Oslo et de Lillehammer sont les plus réputés. Il s’agit de regrouper (souvent autour d’une stavkirke) d’anciens bâtiments (des habitations, des granges, des greniers, des saunas, des ateliers …), restaurés et meublés (pour certains) et d’expliquer ainsi l’évolution de l’habitat. Parfois, vous ne pourrez pas y échapper si vous voulez voir la stavkirke. Avis mitigé : Philippe aimait beaucoup, moi moins, regrettant à chaque fois un manque de pédagogie ou d’explications.
3 – Les villes Hormis Oslo, pas de grandes villes, pas de grands centres commerciaux sans âme, pas de super/hypermarchés, pas de MacDo (ou bien peu en tous cas), pas de publicité envahissante … Même les villes sont coquettes, proprettes, charmantes.
Roros – Petit bourg minier qui a gardé ses vieilles maisons. Une ville-musée, très agréable. On y flâne avec plaisir une bonne ½ journée.
Mosjoen – Le besoin de faire une pause sur la route, de refaire notre approvisionnement quotidien de yaourt (ne ratez pas ceux au melon, ils sont divins !), voila comment nous avons atterri dans le quartier Sjogata de Mosjoen. Superbes maisons au bord du fjord. Pimpantes, arrangées, fleuries …
Trondheim – Surprenant quartier ultra-chicos en haut de la ville.
Kristiansund – La ville est répartie sur 3 îles, reliées par des ponts. Jolie ville portuaire et industrieuse.
Bergen - Nous avons eu cette chance, rare, de la voir sous le soleil. C’est un enchantement ! Arrivez très tôt, vers 8h, avant les bus : vous aurez Bryggen pour vous seuls, avec les boutiques encore fermées. Si vous voulez comprendre l’influence de la Ligue Hanséatique sur l’histoire de la Norvège, je vous conseille la visite du musée hanséatique (45 kr/p) en suivant la visite guidée menée par une jolie guide dans un Français parfait. En plus, son origine latino nous a changés du charme des blondes Norvégiennes. Philippe, ferme la bouche et écoute ce qu’elle raconte 😛 ! Nous sommes là pour nous cultiver que diable !!… Bon sérieux, allez-y, elle est vraiment compétente et le musée vaut le coup. Ne boudez pas le marché aux poissons, même s’il est très touristique … Le saumon fumé mariné est délicieux. Boulangerie et vendeurs de glaces juste à côté pour les gourmands … Par facilité, nous nous sommes garés dans un parking couvert, juste à côté de Bryggen. Paiement pas carte bancaire. 170 kr pour 6½ heures. Comme nous sommes arrivés tôt, il y avait des places dans les rues. Le problème c’est qu’on ne peut y rester d’un temps très limité (1 ou 2 heures - time en Norvégien signifie heure … c’est troublant, spontanément, j’ai interprété ce mot en Anglais en cherchant ce que voulait bien pouvoir dire "parking autorisé 1 ou 2 fois" …🤪). On a préféré payer plus mais être tranquille. Nous avions lu que l’entrée de Bergen est payante, qu’ils photographient votre plaque d’immatriculation et qu’il faut sagement s’acquitter du droit je ne sais où … On a oublié, et on a survécu. Et jusqu’à présent, pas encore vu d’huissiers ou de policiers norvégiens débarquer chez nous …… Ce n’est pas une incitation à la fraude que j’exprime là, mais c’est juste pour vous rassurer si, comme nous, vous oubliez … non, vous ne serez pas montrés du doigt à l’aéroport !
La seule ville qui ne nous ait pas plu a été Bodo (notre port d’embarquement pour les Lofoten), tristounette, industrielle.
4 – Les musées d’Oslo et de Bygdoy Entrée de la ville payante à des guichets sur toutes les routes qui mènent au centre ville. 20 kr/voiture. Là, au moins, on ne risque pas d’oublier. Parking couvert comme à Bergen. Paiement par carte (pas de barrière à l’arrivée, on se gare, on va à l’automate, on passe sa carte bancaire, on récupère un ticket à laisser derrière le pare brise ; au retour, avant le départ, on retourne à l’automate, on repasse sa carte pour payer). 137 kr pour 3 heures.
Musée historique 🙂 GRATUIT !!!!!!!!!!! Muséographie extraordinaire. Didactique, vivant, clair, voila une belle mise en valeur d’objets divers (normalement assez chiants, genre pointes de flèches et éclats de pots en terre cuite ….) qui retracent l’histoire de la Norvège. On termine par une salle de portails de stavkirker … Je conseillerai de faire ce musée plutôt en fin de voyage. Les enfants apprécieront aussi. On y a passé 1½ heure. On aurait pu s’attarder encore davantage.
Galerie Nationale GRATUIT aussi et juste à côté du musée historique. Comme il est gratuit, on y a fait un tour ultra rapide. Juste pour aller voir Le Cri de Munch et quelques tableaux de grands maîtres Norvégiens (Dahl) ou Européens (Picasso, Manet, Rubens …)
Parc Frogner GRATUIT encore et ouvert 24h/24. Décoré des statues monumentales de Vigeland. Nous, on a aimé. C’est très particulier. On y a flâné 1 heure.
Les musées de Bygdoy : Le GdR explique qu’il faut faire attention, que tous les parkings ne sont pas au même prix. C’est tout, sans indiquer quel est le plus intéressant. Super ! Ca va m’aider ! Merci le GdR ! Evidemment, on ne s’est pas amusé à faire tous les parkings pour comparer les prix et trouver le moins coûteux. On s’est garé à celui qui nous convenait le mieux et basta. On se gare donc dans le parking attenant au musée des bateaux Vikings. Le paiement s’y fait par tranche forfaitaire (un peu arnaque, pas très pratique, on ne sait pas forcément à l’avance combien de temps on va passer dans ce musée …). Du coup, on a opté pour le forfait max de 24h à 64kr. C’était beaucoup trop évidemment !!! Néanmoins, je vous conseille d’être en règle, ça avait l’air très contrôlé.
Musée des bateaux vikings 🙂 50 kr/p Ne le ratez pas !! Petit musée qui abrite les restes de 3 bateaux vikings sépultures. C’est impressionnant et on a bien sûr fait le rapprochement avec les techniques de construction des stavkirker. Très intéressant.
Le Norsk Folkmuseum 90 kr/p On le rejoint à pied depuis le musée des bateaux vikings. Euh, vu le prix du parking, la Lily elle va en profiter de sa place de parking !! Musée de plein air comme on en a vu plusieurs au fil de notre voyage. Ici, vous verrez la stavkirke de Gol. Magnifique, mais après les 20 autres que nous avions vues, celle-ci nous a semblé trop restaurée, trop droite … trop bonne élève.
DIVERS :
L’accueil et la langue : plus ouverts et plus chaleureux que les Islandais, ils sont aimables, serviables, souriants, sans être de grands bavards … Tous parlent Anglais, la majorité très très bien. Les Norvégiens sont honnêtes et s’attendent à ce que tout le monde le soit. Multiples exemples. Nous avons trouvé une boulangerie artisanale dans le camping de Mjonoy où pains et gâteaux étaient à disposition des clients. Un simple écriteau stipulait d’aller payer à la réception. Même chose pour du fromage de chèvre vendu chez un particulier. Son entrée était en libre accès, un frigo, les prix affichés, une petite tirelire à côté pour payer …. Et personne pour surveiller … Une fois, c’est un camping où nous avons trouvé une réception déserte. Une affichette invitait à visiter les hytter, toutes ouvertes, à choisir, à s’installer. Paiement plus tard … Bien sûr les sanitaires étaient ouverts et parfaitement propres. Nous avons retrouvé ce genre de comportement très fréquemment. C’est très agréable, très reposant. Et c’est un cercle vertueux, gagnant-gagnant ! Logistique : faut-il en rajouter ? trop facile. Les cartes bancaires : toutes (y compris l’Amex) très bien acceptées, quasiment partout (camping, station service, superettes, ferry, musées …). Nombreux DAB également. Le climat à cette époque : le soleil et le ciel bleu, c’est du bonus ! si vous ne partez pas dans cet esprit-là, vous risquez d’être déçus … Nous avons eu beaucoup de pluie. Beaucoup. Et du ciel blanc, bien pire pour les photos que le gris ou le nuageux. Il peut pleuvoir des jours entiers sans discontinuer … On a eu toutefois la grande chance d’avoir quelques très belles journées à des moments cruciaux (Lofoten, Route des Trolls, Bergen …). Les Norvégiens vivent sous la pluie sans même s’apercevoir qu’il pleut. Pittoresque ! Au niveau des températures, il a fait bien moins froid que ce que je craignais. Au pire, nous sommes descendus à 4°C (nous avions la température extérieure indiquée dans la voiture). Au mieux, on a eu 27°C !! En moyenne, on tournait à 10-12°C. Donc, des hauts avec manches longues, une polaire, un coupe-vent Gore Tex, des chaussures fermées. Gants, bonnets, écharpes n'ont jamais quitté la voiture … On ne se salit pas du tout. On ne transpire pas et comme tout est ultra propre, on ne se tâche pas. Inutile de prévoir 1 tee shirt par jour … Au bout de 3 semaines, mes chaussettes blanches étaient toujours blanches (et non, elles ne sentaient pas 😠😛!!). Impressionnant (pas qu'elles ne sentent pas, qu'on se salisse si peu ! 😛). On a apprécié nos tongs pour aller aux douches dans les campings. Enfin, en une nuit, le petit linge est sec. Donc, voyagez légers ! Nous aurions apprécié d’avoir emporté un parapluie pour les balades dans les villes. La végétation à cette époque : merveilleuse ! des lupins sauvages multicolores au bord des routes, des fleurs des champs innombrables, c’est vraiment la bonne époque ! C’était aussi la pleine saison des fraises et le tout début des cerises. Trop tôt aussi pour les framboises. L’affluence touristique à cette époque : il y a des touristes !! En camping-cars, en vélo, en voiture comme nous. Ceux-là on les retrouve dans les campings. Des bus aussi, ceux-là on les entrevoit dans les stavkirker les plus connues. Bref, pas gênant ... L’itinéraire : paragraphe spécial plus haut. Les randonnées : on aurait sans doute aimé en faire plus. On avait prévu aux Lofoten d’aller voir la grande plage de sable. La pluie et la brume ont eu raison de notre motivation. Ailleurs, il faut prendre le temps de se poser et d’aller dans les offices de tourisme pour récupérer des infos. On n’a pas trouvé que c’était si simple que ça … mais, bon, peut-être que la motivation n’y était pas assez et qu’on ne s’est pas vraiment donné les moyens non plus. Quant au GdR, il est totalement nul sur ce chapitre. Photos : prises électriques identiques à la France pour recharger les batteries. Rien de pire qu’un ciel blanc au dessus d’une église en bois sombre. Surexposition garantie. Mais quel enchantement quand, de temps en temps, le ciel est bleu pétant et la lumière rasante. Du bonus ! L'artisanat : des trolls, des trolls, des trolls …. Difficile d’y échapper. D’ailleurs on n’a pas essayé. Un petit troll, 2 torchons, 2 CD d’Edvard Grieg, quelques tranches de saucisson … c’est tout ce qu’on a ramené. Trop cher.
On a beaucoup aimé : 🙂 Les paysages (c’est vraiment trivial de dire ça !) La beauté de leurs habitations Le côté facile du voyage Le pain
On a moins aimé : 😕 Les prix.
En conclusion … Nous sommes ici dans le haut de la pyramide de Maslow : la population a de quoi vivre et bien vivre. Alors, elle peut se préoccuper d’esthétique, d’art, de superflu. Ajoutons-y un amour et un respect de la Nature sans borne. On obtient un pays préservé, valorisé, sublimé. Tout n’est qu’esthétisme, bon goût, raffinement. Les maisons sont colorées, fleuries, décorées. Les lieux publics sont propres, discrets, bien entretenus. Les routes, les ponts sont des chefs-d’œuvre s’intégrant magnifiquement dans le paysage. J’avais a priori tendance à comparer ce voyage à venir à celui déjà vécu en Islande. Non, rien à voir. D’autres paysages, d’autres climats, d’autres gens, d’autres ambiances. Je ne préfère pas l’un à l’autre, ils sont finalement incomparables. Sans avoir été en Islande, nous ne serions pas venus en Norvège. Seul point commun malheureux : les prix. Plus qu’un excellent voyage, nous avons passé aussi d’excellentes vacances en Norvège, faciles grâce à une logistique bien rôdée. De bout en bout, nous avons été subjugués par des paysages grandioses et variés, jamais lassés. Et nous avons adoré avaler notre bol de müesli au yaourt au melon devant des sommets enneigés ou près d’un torrent bleu rugissant. La pluie n’a pas réussi à nous gâcher nos vacances, pourtant aux dires des autochtones, elle a particulièrement mis le paquet cette année ! Voila un voyage qu’on prévoyait austère, rude, difficile, froid et qui nous a enchantés par, au contraire, son côté jovial. La Norvège est un pays où, en été ( !), il fait bon vivre, un pays où les paysages sont si beaux que même le soleil ne s’y couche plus.
Pourquoi les Japonais mettent-ils les doigts en V sur leur photo? English translation pending
bonjour à tous,
nous avons passé plus de 4 mois en Asie dans le cadre de notre tour du monde et nous avons constaté que les Japonais pour la plupart et en général les Asiatiques mettent trés souvent leurs doigts en V lorsqu'ils sont pris en Photos ...
Quelqu'un aurait il une explication ?? est ce le signe de la victoire ?? si oui de quelle victoire ?? le signe Peace ?? enfin bref cela m'interroge beaucoup car je n'ai pas vu des Africains ou des Sud Americains le faire ...
La chose étonnante c'est que des le plus jeune age il demande aux enfants de mettre les doigts, ils doivent souvent avoir les mêmes photos de famille ...
Si quelqu'un peut m'eclairer je suis preneur ...
Olivier en tour du monde depuis 8 mois, toutes les photos et videos sur www.tmtdm.net
P.S : chose etonnante la nouvelle miss univers, la miss Japon, n'a pas mis les doigts lors de la photo officielle renierait elle ses origines ??? ;-)
nous avons passé plus de 4 mois en Asie dans le cadre de notre tour du monde et nous avons constaté que les Japonais pour la plupart et en général les Asiatiques mettent trés souvent leurs doigts en V lorsqu'ils sont pris en Photos ...
Quelqu'un aurait il une explication ?? est ce le signe de la victoire ?? si oui de quelle victoire ?? le signe Peace ?? enfin bref cela m'interroge beaucoup car je n'ai pas vu des Africains ou des Sud Americains le faire ...
La chose étonnante c'est que des le plus jeune age il demande aux enfants de mettre les doigts, ils doivent souvent avoir les mêmes photos de famille ...
Si quelqu'un peut m'eclairer je suis preneur ...
Olivier en tour du monde depuis 8 mois, toutes les photos et videos sur www.tmtdm.net
P.S : chose etonnante la nouvelle miss univers, la miss Japon, n'a pas mis les doigts lors de la photo officielle renierait elle ses origines ??? ;-)
Coût de la vie au Maroc? English translation pending
Bonjour a toutes et à tous !
J'aimerai savoir avec quelle somme nous devons partir pour aller au maroc sans compter les frais aller retour par pers en camions et loins des grandes villes ! merci d avance😉 jojonana😄😄😄
J'aimerai savoir avec quelle somme nous devons partir pour aller au maroc sans compter les frais aller retour par pers en camions et loins des grandes villes ! merci d avance😉 jojonana😄😄😄
Réflexion d'un retour de Cuba English translation pending
je reviens de pres d'1 mois et demi de cuba je ne veux pas m'eterniser sur mon sejour je veux juste dire que nous autres pays riche et industrialise avons beaucoup de chose a apprendre des sur le savoir vivre l'acceuil et
je ne vois plus les chose de la meme maniere en france les gens passe leur temps a manifeste faire greve etc........... les cubains possede 100000 raisons de plus que nous de se plaindre mais il ne le peuvent alors ils en rigole nous serions incapable de rigoler de nos malheurs enfin bref je vais pas faire la morale au monde je voulais juste faire un clin d'oeil a ce peuple au grand coeur et a la communaute cubaine a l'etranger qui possede toute mon admiration ..........(d'ailleur ca m'a tellement plu que j'y retourne dans un mois...😛)
Venise: visite de la basilique Saint-Marc et sac à dos? English translation pending
Bonsoir
Nous serons de passage a Venise au mois d'avril et nous aimerions visiter la basilique, pensez vous que nous pourrons rentrée avec notre sac a dos ?
Merci pour l'info😉
Venise: visite de la basilique Saint-Marc English translation pending
J'ai une question à laquelle je n'ai pas trouvé de réponse claire. Pour la visite de la basilique, il semble qu'elle ne puisse pas excéder 10 minutes. Comment fait-on alors pour visiter la basilique, le pala doro et le musée de Saint-Marc (qui eux sont payants) ? Ces visites sont-elles indépendantes de la visite de la basilique proprement dite ? Quelqu'un peut-il m'éclairer ?
Venise: ne pas faire la queue à la basilique Saint-Marc? English translation pending
Bonjour,
une question: comment puis-je visiter la Basilique de San Marco sans faire la queue? Est-il possible? 😄
une question: comment puis-je visiter la Basilique de San Marco sans faire la queue? Est-il possible? 😄
Canyon Saint-Anne et l'île d'Orléans (Québec) English translation pending
Bonjour,
Je voulais savoir s'il était possible de faire cet itinéraire en une seule journée: - 9H00 (ouverture) Canyon Sainte-Anne pendant toute la matinée - Basilique Saint-Anne - L'ile d'Orleans toute l'après-midi
Un grand merci :)
Je voulais savoir s'il était possible de faire cet itinéraire en une seule journée: - 9H00 (ouverture) Canyon Sainte-Anne pendant toute la matinée - Basilique Saint-Anne - L'ile d'Orleans toute l'après-midi
Un grand merci :)
Itinéraire d'une semaine au Québec avec enfants cet été 2013 English translation pending
Bonjour , nous voudrions passer une semaine au Québec cet été 2013. Nous sommes 8: 4 adultes 2 grands enfants 20 et 18 ans et 2 plus petits 8 et 11 ans.
Je voudrais vous soumettre le programme que nous avons en tête pour l'instant après consultations prospectus et pages de ce forum.
Pouvez-vous me dire si ce programme tient la route ou si il est selon vous améliorable.
Ce que je recherche c'est un bon mix entre ville et nature et un voyage qui peut plaire à tous les membres de notre petit groupe.
j1 arrivée à Montréal j2 départ pour Québec j3 Québec j4 en route pour Tadoussac ou environs j5 Tadoussac et environs j6 val jalbert/ zoo st Félicien j7 lac edouard j8 retour à Montréal
A Montréal j1 se sera une visite light car arrivée début d'après midi que conseillez vous? A Québec visite du parc des chutes de montmorency et Wendake A Tadoussac/environs une croisière Baleines sera au programme j4 Pour le j5 à Tadoussac une visite du fjord (en bateau?) Nous prévoyons de passer une nuit à Val JALBERT le j6 le lendemain est il possible de visiter le zoo st Félicien avant de partir vers Lac edouard? j7 une nuit à la seigneurie des tritons J8 retour à Montréal puis le soir vol pour Boston
Merci d'avance pour vos remarques et conseils.
j1 arrivée à Montréal j2 départ pour Québec j3 Québec j4 en route pour Tadoussac ou environs j5 Tadoussac et environs j6 val jalbert/ zoo st Félicien j7 lac edouard j8 retour à Montréal
A Montréal j1 se sera une visite light car arrivée début d'après midi que conseillez vous? A Québec visite du parc des chutes de montmorency et Wendake A Tadoussac/environs une croisière Baleines sera au programme j4 Pour le j5 à Tadoussac une visite du fjord (en bateau?) Nous prévoyons de passer une nuit à Val JALBERT le j6 le lendemain est il possible de visiter le zoo st Félicien avant de partir vers Lac edouard? j7 une nuit à la seigneurie des tritons J8 retour à Montréal puis le soir vol pour Boston
Merci d'avance pour vos remarques et conseils.
Si vous n'aviez qu'un conseil à donner sur Venise... English translation pending
....ce serait lequel?
Arrivée le dimanche midi et départ le mercredi midi fin Avril.
Merci à tous ceux qui joueront le jeu...
Mark
Arrivée le dimanche midi et départ le mercredi midi fin Avril.
Merci à tous ceux qui joueront le jeu...
Mark
Où se trouve le cimetière Campo Verano à Rome? English translation pending
Quelqu'un peut me dire où se trouve ce cimetière et si l'on peut le visiter? semble-t-il que c'est un mini Père Lachaise.
Merci
Idées d'excursions à Budapest? English translation pending
Bonjour a tous,
Nous nous rendons a Budapest avec 2 autres couples, nous descendons au Saint George Résidence Hôtel (4 jours depart le 12 fevrier)
Que pensez vous de cette hôtel?
Quelles sont les bons restaurants de la villes?
Quelles excursions me suggérer vous? train? métro? quelles sont vos astuces pour la visites?
merci
petitchef5
Retour d'une croisière Costa aux îles grecques English translation pending
retour de notre croisiere : le reve c'était super bien.....
nous avons passé un super voyage de noce
Réservation des musées à Venise English translation pending
Bonjour, nous partons à Venise à 2 pour 6 jours début mai, je pensais réserver certaines visites notamment le palais des doges, la basilique saint-marc...
cela me semble un peu compliqué par internet
quelqu'un peut-il me faire part de son expérience à ce sujet ? réservation absolument obligatoire pour ne pas passer 2h en file d'attente ? ou y-a-t'il des horaires abordables ? d'autres moyens de réserver ? et comment combine-t-on la venice card et la réservation de musées ?
merci
cela me semble un peu compliqué par internet
quelqu'un peut-il me faire part de son expérience à ce sujet ? réservation absolument obligatoire pour ne pas passer 2h en file d'attente ? ou y-a-t'il des horaires abordables ? d'autres moyens de réserver ? et comment combine-t-on la venice card et la réservation de musées ?
merci
Endroits à visiter à Venise? English translation pending
Bonjour
Pourriez vous me recommander des endroits a visiter a Venise :)
Merci
Pourriez vous me recommander des endroits a visiter a Venise :)
Merci
Que visiter à Rome en 3 jours fin mars English translation pending
Bonjour
Comme l'indique le titre et ce malgré le Coronavirus je compte bien partir à Rome du 23 au 26 Mars
J'ai déjà prévu le Vatican le mardi matin Le Colisée le mercredi Et comme easyJet a modifié mon vol retour j'ai encore une demie journée de visite (j'ai le vol à 20h20 ) ce qui me laisse encore du temps pour la visite
Qu'est ce que je pourrais visiter ? Bonne journée
Comme l'indique le titre et ce malgré le Coronavirus je compte bien partir à Rome du 23 au 26 Mars
J'ai déjà prévu le Vatican le mardi matin Le Colisée le mercredi Et comme easyJet a modifié mon vol retour j'ai encore une demie journée de visite (j'ai le vol à 20h20 ) ce qui me laisse encore du temps pour la visite
Qu'est ce que je pourrais visiter ? Bonne journée
Concerts de musique classique à Parme et à Ravenne début juin 2020 English translation pending
Bonjour,
Nous serons à Parme du 04 au 06 juin et à Ravenne du 07 au 09 juin prochains et nous aimerions assister dans ces deux villes à un concert de musique classique mais nous ne trouvons rien...C'est peut-être trop tôt? qu'en pensez-vous? Sinon auriez-vous des suggestions à nous faire? Merci de nous aider.
Nous serons à Parme du 04 au 06 juin et à Ravenne du 07 au 09 juin prochains et nous aimerions assister dans ces deux villes à un concert de musique classique mais nous ne trouvons rien...C'est peut-être trop tôt? qu'en pensez-vous? Sinon auriez-vous des suggestions à nous faire? Merci de nous aider.