Laos, en pays Katou, deux mois à pied aux confins de la province de Sékong
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« Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! »
(Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !)
Un homme katou
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TABLE
Introduction
I. Orpailler
II. Marcher
III. Habiter
IV. Contrôler
V. Manger
VI. Fumer
VII. Tuer
(Puis quelques photos à partir d'ICI ainsi que LÀ).
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Introduction
À deux reprises et à trois années d'intervalle, durant un mois chaque fois, j'ai marché, seul, sans guide, dans l'extrême sud-est du Laos, vers les confins de la province de Sékong, en direction des villages de l'ethnie Katou les plus isolés et les plus traditionnels de la région, dans lesquels je fus accueilli chaque nuit, devenant dès lors par ailleurs le tout premier touriste à se rendre en ces lieux. Ces étonnants et emblématiques villages circulaires, au caractère tribal original et remarquable, sont disséminés au cœur d'une zone résolument sauvage de montagnes escarpées et de forêts denses que l'on ne peut atteindre qu'à pied, la plupart du temps via d'étroits et improbables sentiers, rares traces tellement peu foulées qu'elles disparaissent continuellement sous la végétation envahissante.
La province de Sékong est la plus pauvre du Laos, et parmi les quelques groupes de populations qui la peuplent, les Katou figurent sans conteste au nombre des plus déshérités. Les Katou, les Khas-tuu, c'est-à-dire les "sauvages d'en haut" si l'on veut croire, entre toutefois d'autres hypothèses possibles, à une étymologie d'origine mixte, lao pour la première syllabe et katou pour la seconde.
Les Katou - ou Katu, Kantou - composent un des groupes ethniques les plus isolés et méconnus du Laos, même de leurs compatriotes. Population encore un peu crainte, car non laocisée, elle peuple une région montagneuse difficilement accessible, la Haute-Sékong, toujours peu connue à ce jour, et même redoutée de la plupart des Lao eux-mêmes : les Katou vivraient dans des contrées mystérieuses et dangereuses - un monde forestier demeuré non civilisé - voire s'avéreraient eux-mêmes dangereux. La réputation belliqueuse et sanguinaire des Katou n'est pourtant plus justifiée : leurs villages ne sont plus fortifiés, car les équipées sauvages et guerrières entre tribus voisines - les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-groupes - ont cessé depuis quelques décennies, et le tout dernier témoignage relatif à leurs fameuses Chasses au Sang rituelles, destinées à conjurer une catastrophe, un bouleversement ou une malédiction, date déjà de la fin des années 1930. Les sacrifices humains et les actes de cannibalisme qui s'ensuivaient - le sang et des organes vitaux étaient consommés par les chasseurs - ont désormais été remplacés par l'immolation rituelle occasionnelle de buffles.
Toujours est-il que les villageois Katou restés retranchés dans l'extrême est de la province de Sékong vivent encore véritablement en marge de la nation. Les influences culturelles et économiques lao s'arrêtent en effet de manière quasiment nette au pied des premiers escarpements qui composent leur pays, dans le sud de la Cordillère annamitique, chaîne montagneuse forestière formant une barrière naturelle ici difficilement franchissable entre le Laos et le Vietnam voisin. Un relief tourmenté, de petites vallées profondément encaissées et aux orientations diverses et variées, une nature éminemment sauvage et préservée où abonde une faune exceptionnellement riche, parmi laquelle de nombreuses espèces rares et endémiques à la région.
Bien que faisant épisodiquement, de la part des autorités, l'objet de tentatives d'intégration à la société lao, se traduisant par des incitations à transmigrer, c'est-à-dire à déplacer leurs habitats vers les vallées plus accessibles, et donc mieux contrôlables, les groupes Katou les plus reculés de la province sont néanmoins parvenus jusqu'à aujourd'hui, grâce à cet isolement géographique exceptionnel et radical, ainsi qu'à l'absence presque totale d'influences extérieures, à préserver une très forte indépendance culturelle. Ils ont par exemple pu perpétuer l'usage, au quotidien, de dialectes propres, ainsi que des croyances et rituels animistes particulièrement singuliers. De plus, contrairement à de nombreuses autres "enclaves ethniques" du pays, aucun groupe de population plus majoritaire et mieux intégré à la société lao, des bouddhistes notamment, n'est encore jamais venu s'implanter à proximité de leur territoire. Les Katou ont ainsi pu conserver nombre de leurs traditions ancestrales, généralement en étroite relation avec leur riche et dense environnement forestier.
Les Katou sont donc animistes et ils s'efforceront en permanence d'entretenir des rapports harmonieux avec les nombreux phii, les "esprits", qui peuplent la montagne, les grottes, la forêt, les cours d'eau, le village, les huttes, et d'autres lieux encore. Si cette harmonie a été rompue par viol d'une tradition ou d'un tabou, ou pour toute autre raison qui se manifestera le plus souvent par l'apparition d'une maladie, d'un décès ou encore d'une mauvaise récolte, seules les chamanes Katou sauront alors, par des méthodes ancestrales de divination, en définir l'origine, puis rétablir ce lien entre les humains et les "esprits" contrariés ou offensés.
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Pour atteindre le pays Katou, il faut d'abord, après deux à trois jours de transport routier depuis Vientiane, capitale du Laos, remonter le cours de la rivière Sékong, en pirogue durant une journée supplémentaire, afin de rejoindre un dernier modeste bourg établi en amont. Là se situe le véritable point de départ, à pied cette fois, vers ledit pays, localisé au cœur d'un massif montagneux particulièrement sauvage, et qui s'étend loin à l'est, jusqu'à la frontière avec le Vietnam voisin, et même au delà. Faute du moindre autre passager candidat pour remonter à mes côtés cette rivière Sékong, j'ai dû affréter seul l'embarcation. Comme presque toutes celles de la région, il s'agit d'une pirogue très sommaire, d'une longueur de six ou sept mètres au total, et façonnée dans un unique fût de bois évidé, les plats-bords ayant ici toutefois été rehaussés de quelques centimètres afin de tenter de nous protéger au mieux, à peine cependant, des remous et des projections d'eau dans les plus forts rapides que nous devrons affronter.
C'est durant ce trajet que j'ai pu observer les premières orpailleuses. Seules les femmes semblent s'adonner à la recherche de l'or dans les cours d'eau de la région. Accroupies isolément dans le lit de la rivière, à quelques mètres des berges, elles "lavent" inlassablement de petites quantités de sable. À l'image des pirogues du coin, les batées utilisées pour cette prospection aurifère sont taillées dans de volumineuses pièces de bois massif, pour composer ces sortes de disques coniques très évasés, lourds, de parfois près d'un mètre de diamètre. Manipulées avec un double mouvement de rotation et de balancement, seul l'effet de la gravité est ainsi utilisé pour séparer les alluvions des poussières d'or, d'une densité différente, sans même faire appel au mercure, auquel ces populations n'auraient de toute manière en aucun cas accès. Lors d'une halte, je suis allé observer le butin de quelques-unes d'entre elles. Le résultat de plusieurs heures de lavage consiste en à peine plus de quelques minuscules paillettes dorées. Plus tard, dans les montagnes de l'arrière-pays, c'est assez fréquemment que j'ai à nouveau rencontré des femmes rentrant aux villages équipées de leurs batées harnachées dans le dos, de retour de "chasses à l'or" dans les torrents environnants. Leurs prises se réduisaient cependant là aussi le plus souvent à quelques poussières jaunes.
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À partir du dernier petit bourg, atteint en une journée de pirogue, il ne se présente plus qu'une seule option pour rejoindre les villages katou les plus isolés de la région : la marche. J'avais bien soupçonné, et cela dès avant mon tout premier périple dans cette contrée, que les premiers hameaux traversés se trouveraient désormais relativement acculturés, et ce fut effectivement le cas. Cela est immédiatement perceptible, d'un simple et rapide coup d'œil, et transparaît notamment par le constat de l'abandon de la traditionnelle disposition circulaire et rayonnante des huttes - dont nous reparlerons en détail - également à travers l'adoption de la tôle ondulée en lieu et place des toitures de chaume, ou encore par l'absence des totems rituels sculptés sur les devantures des façades. Ce n'est qu'au bout de la troisième journée de marche que l'on atteint enfin le véritable pays Katou, et que les beaux villages traditionnels s'offrent finalement et si gracieusement aux regards, nichés dans leurs écrins de verdure. Cette troisième journée constitua d'ailleurs l'une des plus belles de ce périple, une des plus longues, une des plus difficiles, une des plus impressionnantes et troublantes également, notamment de par l'isolement induit des lieux, mais aussi en raison de l'anxiété latente engendrée par la peur de s'égarer. Huit heures sur les discrets sentiers, en permanence au cœur d'une forêt dense, sans la présence d'aucun village intermédiaire, ni aucune autre trace d'intervention humaine, et tout du long, absolument seul, sans faire la moindre rencontre en chemin.
La contrée est résolument escarpée et sauvage, très peu parcourue. Les rivières, au fond des vallées et des ravins, se franchissent toutes à gué, et il faut obligatoirement s'aider d'un long et solide bâton pour ne pas risquer de se retrouver déséquilibré par le fort courant de certaines d'entre elles. Dès qu'un cours d'eau est traversé, le sentier rejoint à nouveau rapidement les crêtes. Les montées sont exténuantes, la chaleur à son comble et l'air, surchargé d'humidité et trop peu présent, engendre une forte transpiration du corps en son entier. La sente, très étroite et souvent extrêmement glissante, est, de plus, fréquemment encombrée de hautes herbes, d'amas de troncs de bambou géant morts et effondrés, et de buissons qui réinvestissent continuellement le moindre espace un peu ouvert. Ce sentier, cette trace plutôt, semble même par endroits n'être que des coulées de bêtes. Les herbes - dites "herbes à paillotes" ou "herbes à éléphants", Imperata cylindrica - atteignent ici des hauteurs impressionnantes, dépassant régulièrement les deux mètres, et dans certains secteurs particulièrement encombrés, le corps tout entier doit alors véritablement forcer le passage et dégager la voie pour pouvoir progresser, seuls les pieds pouvant "regarder" le chemin, parfois large d'à peine une quinzaine de centimètres, et ainsi totalement enfoui sous la matière végétale. Il faut à maintes reprises s'aider des bras pour écarter les buissons enchevêtrés, se baisser, se frayer un passage. L'état de ces sentiers, parce que ceux-ci sont trop peu souvent foulés par les hommes, et qu'ils subissent alors perpétuellement les assauts de la végétation, est révélateur de l'isolement extrême des villages du secteur que je souhaite atteindre, dans les confins de la province. Il montre en effet à quel point les Katou empruntent rarement ces voies menant vers l'extérieur, hors de leur pays, qu'ils ont trop peu d'occasions de quitter pour se rendre dans la plaine.
Une anecdote, emblématique elle aussi du caractère particulièrement sauvage de la région et de l'extrême isolement des hameaux katou, m'a été rapportée lorsque j'ai plus tard fait part aux hommes de mon étonnement de ne quasiment jamais apercevoir de chiens parmi eux. En effet, les chiens, par exemple dans les villages montagnards localisés à l'autre extrémité du pays, dans le Nord que j'ai précédemment souvent visité, outre qu'ils fournissent par ailleurs une viande appréciée, sont aussi là-bas chargés d'un véritable rôle préventif, et accessoirement défensif, contre les tentatives d'incursions de bêtes sauvages à l'intérieur des hameaux. Chez certains groupes ethniques, les Akha notamment, on leur prête même certaines facultés à pouvoir percevoir l'approche, la nuit, des phii, c'est-à-dire des "esprits", qui viendraient rôder aux abords des villages, et qu'ils signalent là aussi de leurs aboiements furieux. Dans la plupart des hameaux katou en revanche, nulle trace d'aucun chien, car les villageois m'ont expliqué que, dans ces environnements très isolés de forêts denses, où ils ne rencontrent presque jamais d'étrangers, ils devenaient rapidement trop agressifs et pouvaient alors attaquer sauvagement le moindre visiteur provenant de l'extérieur. « Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! » qu'ils me disaient, "Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !".
Marchant le plus souvent seul, sur des chemins glissants et dans la forêt parfois humide des orages de la veille, généralement donc sans personne me précédant et risquant ainsi de les éveiller trop tôt, relativement peu de sangsues parviennent alors à m'atteindre. Dans ces contrées en effet, se déplacer en groupe et en file indienne peut présenter l'inconvénient que les pas du premier marcheur avertissent les sangsues, qui se tiennent alors immédiatement en alerte, posées sur le sol détrempé, ou juchées sur des herbes, élancées à la verticale, étirées en hauteur plutôt, extrêmement vivaces et mobiles, fin prêtes à embrasser les jambes des marcheurs suivants. Cependant, dans ces zones humides, même si l'on va seul, il est important de ne jamais stationner sur place, ne serait-ce que durant quelques secondes, car il ne leur faut pas plus de temps pour triompher d'un assaut. Il est au contraire impératif d'attendre de se situer dans un endroit un peu dégagé, et surtout sec, pour prendre le temps de se débarrasser de celles qui ont atteint leur but. Ainsi, c'est surtout lors des descentes, pendant que je piétine trop lentement, par appréhension des glissades brusques et des chutes, qui ne manquent pas à intervalles réguliers, que les sangsues, par conséquent avantagées, acquièrent le plus de succès. Il n'est alors pas rare de retrouver, durant une méticuleuse pause d'inspection et au cœur de secteurs particulièrement infestés, jusqu'à une dizaine d'entre elles accolées sur chaque jambe, la plupart s'étant déjà infiltrées au fond des chaussures, entre les orteils.
Les crêtes, qui culminent ici à rarement plus de 1800 ou 2000 mètres d'altitude, et dont on longe les arêtes parfois durant longtemps, offrent des espaces un peu plus dégagés, et donc plus praticables, que les pentes et les fonds de vallées, et se font dès lors également beaucoup moins humides. On y traverse même, de temps en temps, des bosquets de pins gigantesques, monumentaux, des résineux que l'on ne rencontre nulle part ailleurs sous ces latitudes au climat résolument tropical. C'est alors qu'ils étaient perchés dans le houppier d'un ou deux de ces arbres, moi me tenant tout proche sur un petit promontoire rocheux, que je les ai aperçus : une colonie de Doucs ! Des Langurs Doucs à jambes rouges (Pygathrix nemaeus), des singes à l'aspect physique étonnant, et même particulièrement déconcertant, un peu cocasse aussi, de par leur "barbe", leur "béret" et leurs teintes chatoyantes. Le Douc constitue une espèce endémique à la région, et se fait désormais extrêmement rare. Me tenant rigoureusement immobile dès que je les eu repérés, j'ai pu les observer, avec beaucoup d'émotion, durant plusieurs minutes. Je crois avoir dénombré neuf individus. Eux aussi m'ont beaucoup observé, interloqués, faciès comiquement avancés dans ma direction. Je dus finalement me résoudre, à grand regret, à provoquer leur fuite, et ils se sont alors littéralement, et de manière spectaculaire, laissés tomber, dégringoler plutôt, de très haut dans les denses fourrés du ravin adjacent. Je fus déjà chanceux, durant la même journée de marche à travers ces territoires éloignés de tout lieu habité, puisque j'avais peu auparavant, et à deux reprises, aperçu des Muntjacs, cette farouche race de chevreuil asiatique, fuir en bonds éperdus dans les hautes herbes.
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Généralement nichés au fond d'une vallée, mais parfois aussi perchés sur une proéminence du terrain, invariablement cernés de près par l'océan de verdure, dans lequel ils paraissent alors comme incrustés, les villages katou traditionnels offrent un remarquable et surprenant spectacle. Ayant toujours fières allures, ils réunissent, selon leur taille, de dix à trente grandes huttes implantées circulairement, et orientées de manière rayonnante autour du centre, vers la maison commune (rôong), cœur du dispositif. Les épaisses et lourdes toitures de chaume, avec leurs extrémités arrondies, font par ailleurs ressembler ces hameaux, lorsqu'ils peuvent être contemplés depuis des hauteurs, à de petites colonies de cloportes géants.
Depuis le rôong, la maison commune centrale, plusieurs autres cercles ou arcs de cercles concentriques, fonctionnels ou symboliques, purement imaginaires ou réels et tangibles, concrétisés par exemple par les méandres des rivières et par les crêtes des montagnes alentour, s'étendent et se succèdent alors loin, jusqu'à cet environnement naturel extérieur, et même bien au-delà, jusqu'aux extrêmes limites de l'univers mental forgé par les Katou. Un autre cercle également concret et bien visible, à l'intérieur même du village, s'insère entre celui composé par cet agencement emblématique des huttes d'habitation et l'axe central du hameau symbolisé par la maison commune. Il s'agit du cercle formé par les poteaux de sacrifices fichés en terre devant chacune des huttes, et qui sont destinés à y attacher les buffles à immoler lors des cérémonies rituelles - ceux-ci le seront d'un ou de plusieurs coups d'épée, reliques gestuelles symboliques issues des fameuses Chasses au Sang humain historiques mentionnées plus haut en introduction. Ces poteaux étant remplacés avant chaque nouvelle cérémonie sacrificielle - qui se font toutefois de plus en plus rares - ils apparaissent alors dans des états de détérioration plus ou moins avancés selon la quantité de temps déjà écoulée depuis le précédent événement similaire.
Ainsi, plus que d'être simplement "enfermé" dans une enceinte circulaire, c'est tout l'espace villageois, et même au delà, qui est réparti en zones concentriques successives. Cette étonnante disposition circulaire globale des villages, d'une géométrie se faisant finalement parfois un peu plus aléatoire au gré de leur expansion et de la configuration du terrain - pouvant par exemple tendre vers l'ellipse ou un forme plus arbitraire - mais souvent aussi presque parfaite, est directement liée à la cosmogonie katou, à leurs croyances et à leur vision propre du monde. Cette "cosmogonie ronde ou circulaire" très particulière se retrouve par ailleurs dans de nombreux objets rituels ou fonctionnels du quotidien, notamment dans les tambours, les gongs de bronze et les jarres de fermentation d'alcool, tous exclusivement utilisés à l'occasion de festivités et de cérémonies traditionnelles, ou encore dans les pipes à eau - dont nous reparlerons - dans les extrémités arrondies des toitures des huttes, dans les piliers et pilotis ronds entrant dans la conception de celles-ci, ainsi que dans les poteaux de sacrifice, et dans bien d'autres objets supplémentaires. L'univers des Katou est ainsi résolument et fermement circulaire, mais ce sujet, prodigieusement complexe, reste toutefois difficile à appréhender pour le profane, et ces aspects ont malheureusement encore été très peu étudiés jusqu'alors. Espérons seulement que cette riche culture puisse l'être rapidement en profondeur, à la fois en détail et dans sa globalité, avant que ces fascinants usages et pratiques ne se perdent, ou soient abandonnés, et qu'ils ne disparaissent en totalité de la mémoire des hommes, ce qui ne saurait tarder avec le développement désormais accéléré du pays.
Ces univers circulaires vont ainsi se répéter à l'identique d'une vallée à l'autre. On peut cependant constater, au gré des différents villages traversés et selon les sous-groupes katou rencontrés - comme indiqué en introduction, les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-divisions ethniques - de flagrantes variations dans la conception des habitats. Ces demeures sont toujours élevées sur de courts pilotis, sous lesquels peuvent se réfugier, la nuit, les animaux domestiques, mais elles vont des élégantes et légères huttes presque entièrement faites de bambou, jusqu'à d'étonnantes longues et massives maisons aux lourdes et très élaborées charpentes et structures de bois, et qui peuvent alors fréquemment abriter plusieurs familles d'une même lignée patrilinéaire, généralement jusqu'à deux ou trois. Signalons qu'autrefois plus de cent personnes pouvaient cohabiter sous un même toit, dans des maisons encore plus longues. Un autre aspect troublant de ces constructions consiste en des décorations rituelles dont est immanquablement ornée la façade d'extrémité de chacune d'entre elles, celle orientée vers l'intérieur du cercle du village, et abritée par le large auvent semi-circulaire que forme là le ravancement de la toiture. Il y a d'abord, dessiné et peint à la chaux blanche au-dessus de la porte d'entrée, un bandeau de figures géométriques simples, le plus souvent élaboré à partir d'une répétition d'un motif de losange, mais s'y trouvent surtout, taillées à même le monumental pilier central de cette façade, celui qui supporte la poutre faîtière de la charpente, de surprenantes sculptures. D'un mètre vingt à un mètre cinquante de hauteur environ, massives et assez grossièrement façonnées à la hache et au couteau, ces effigies totémiques se déclinent selon deux thèmes principaux : il peut s'agir d'un lézard géant, parfois à tête anthropomorphe et figuré avec celle-ci toujours orientée vers le haut, mais le plus souvent d'un être humain. Celui-ci peut alors être représenté en position accroupie, les coudes en appui sur les genoux, ou debout, jambes légèrement fléchies, mais presque systématiquement avec les deux mains se tenant la tête, attitude lui conférant un air sensiblement angoissé, anxieux en tout cas. Parmi les variantes aperçues, il s'agit parfois de deux corps humains superposés, celui de dessus disposé alors de manière renversée, tête en bas et en appui sur celle de la silhouette inférieure. Je regrette de ne pas avoir photographié l'ensemble de ces totems, car cela aurait pu permettre de constituer un surprenant reportage. Au chapitre des ornements des demeures, il faut aussi mentionner les discrètes mais délicates cornes ou sculptures faîtières fichées sur les toitures, à chacune des extrémités des lignes du même nom, et qui achèvent subtilement de souligner l'élégance de l'ensemble.
Il est remarquable de constater que la moindre pièce de bois entrant dans la composition d'un habitat katou, que ce soient les structures porteuses faites de lourds madriers, les pilotis, les charpentes, les épais planchers ou encore les panneaux formant les parois extérieures, a été entièrement taillée et équarrie à la main, sculptée peut-on alors même dire, à l'aide de très rudimentaires outils tranchants, haches et herminettes, et absolument jamais en recourant à des scies, outils inconnus ici. En effet, sur chacune de ces pièces de bois on distingue nettement les marques des coups portés par les lames qui les ont lentement et laborieusement façonnées. Tout aussi frappant est le fait que pas un seul objet métallique, que ce soit sous forme de clous ou autres éléments de renfort, n'est utilisé pour réaliser ou consolider les assemblages.
L'intérieur de ces habitats est presque totalement dépourvu du moindre mobilier, si ce n'est parfois quelques gigantesques "lits", en fait de très rudimentaires plateformes de bois surélevées, occasionnellement équipées de moustiquaires, et sur lesquelles s'entassent, la nuit, des familles entières. Les matelas sont rares et consistent alors en de simples paillasses rembourrées de crins, de pas plus de trois ou quatre centimètres d'épaisseur. On se contente en effet le plus souvent de fines nattes de nylon ou de feuillages tressés, et certains hommes utilisent même celles-ci déposées au sol pour s'allonger, de la sorte, directement sur les planchers, une configuration dont je dois fréquemment me satisfaire. Ainsi, sans aucun mobilier de rangement disponible, tout un bric-à-brac infernal est alors inévitablement et en permanence répandu de-ci de-là, parfois suspendu aux parois et aux charpentes : vêtements incrustés de traces de terre, certains tellement attaqués par les rongeurs qu'ils ne sont plus utilisables, mais laissés toutefois en place, amoncellements de légumes et d'autres végétaux mis à sécher, outils agraires, sacs de riz, vanneries de bambou - dans la fabrication desquelles les Katou excellent - filets de pêche, nasses et pièges à animaux, pipes à eau, ustensiles divers, calebasses, jarres, jerricans et autres récipients, et encore beaucoup d'objets ou produits de récoltes supplémentaires. Si la hutte abrite plusieurs familles, peu de délimitations formelles semblent diviser l'espace intérieur, tout au plus une légère cloison de bambou à mi-hauteur peut parfois séparer les foyers de cuisson, autour desquels chaque parentèle se réunit le soir venu. Ces foyers ne sont que de simples rectangles de bois emplis de terre tassée, et désormais cuite, sur lesquels sont entretenus les feux, et sont soutenus à hauteur du plancher par des pilotis de renfort disposés sous les habitats. Ces foyers sont en outre surmontés de claies de bambou suspendues, composant comme des plateformes, destinées à empêcher les étincelles volantes de monter jusqu'au chaume des toitures, et sur lesquelles sont en permanence mises à sécher ou à fumer une large variété d'ingrédients, aliments et objets - bouquets d'herbes, lambeaux de viande, vanneries de bambou, etc. - alors généralement recouverts d'une pellicule grasse et noire de suie.
C'est depuis l'intérieur des huttes que l'on peut constater le mieux la remarquable qualité de conception d'une toiture de chaume katou. Ainsi observée par le dessous, la structure qui supporte ces épaisses rames de chaume offre en effet un véritable décor géométrique composé de tout un réseau serré, régulier et parfaitement ordonnancé, de grosses et longues perches de bambou venant prendre appui sur la charpente principale. Quant aux armatures qui dessinent et modèlent les extrémités arrondies si caractéristiques de ces toitures, elles sont confectionnées à l'aide de fortes tiges flexibles de rotins ou bien, là aussi, de bambou, mais cette fois fendues puis réassemblées en paquets ainsi aisément cintrables. L'ensemble, continuellement exposé, comme les plateformes suspendues, aux perpétuels assauts des fumées des foyers de cuisson, est recouvert d'une épaisse couche de suie grasse, noire et luisante, rendant au bout de peu de temps les tiges lisses de bambou comme laquées ou vernies. C'est aussi cette suie qui finit d'imperméabiliser le chaume, et qui offre d'autre part l'avantage, en les repoussant, de limiter les attaques destructrices des termites. Ces fumées permettent également de tenir à distance des intérieurs d'autres insectes nuisibles, même si cela n'empêche nullement une profusion exceptionnelle de larges et lourdes toiles d'araignée tout aussi noircies et poussiéreuses, qui pendent de partout en abondance et ne sont jamais ôtées.
Configuration que l'on ne rencontre par exemple jamais dans les habitats de la plupart des populations montagnardes du nord du pays, les maisons katou sont souvent équipées, sur les parois basses de leurs longues façades, d'une ou deux petites "fenêtres", en fait de simples lourds volets, taillés chacun dans une seule pièce de bois, et disposés au ras du plancher. Elles permettent, en journée, d'aérer et d'éclairer un peu les intérieurs si sombres, et plus accessoirement d'épier tout à son aise les allées et venues des uns et des autres, et les activités et évènements du village qui peuvent se dérouler à l'extérieur.
Les sols de ces habitats sont eux aussi composés de lourdes planches taillées à la hache, mais il arrive qu'une partie de ceux des plus grandes demeures, et au contraire systématiquement la totalité des plus sommaires, incontestablement par souci d'économie de matière, mais aussi des épuisants efforts nécessaires à les façonner, soient constitués de tiges de bambou aplaties, formant ainsi des surfaces souples et mouvantes qui s'affaissent alors sous le poids des marcheurs, des surfaces contrastant avec celles parfaitement rigides et stables des solides planchers en bois. Ces sortes de caillebotis, ou plutôt de claies, éphémères et à renouveler périodiquement, offrent ainsi une résistance toute relative, et de-ci de-là, des lamelles du bambou finissent inévitablement par se rompre, créant de véritables trous béants plus ou moins visibles et détectables. J'imagine aisément que chaque membre d'une famille connait sur le bout... des pieds chaque recoin de sa demeure et court très peu de risques d'y échoir, mais en ce qui me concerne, dans la quasi obscurité permanente des intérieurs, je dois m'en méfier comme de la peste, et ai plus d'une fois passé une jambe entière au travers d'un de ces "pièges", pour le plus grand amusement toutefois des spectateurs présents !
Le large auvent semi-circulaire formé par l'extrémité arrondie de la toiture abrite un espace extérieur protégé, en journée, de la pluie ou de la chaleur écrasante du soleil, de la boue environnante également. Il y a là une petite terrasse surélevée, plutôt une très étroite plateforme, issue du prolongement du plancher intérieur, et qui sert quotidiennement de lieu de réunion d'où l'on bénéficie immanquablement, du fait de l'emblématique disposition circulaire et rayonnante des huttes évoquée plus haut, d'une vue panoramique sur la quasi totalité des autres habitations. On accède à cette étroite plateforme, puis donc aussitôt à la porte d'entrée de la demeure, par une courte "échelle", en fait un simple fût de bois taillé d'encoches à grimper. Sous cet espace protégé que forme opportunément cet auvent, on se rassemble souvent pour discuter, tout en fumant le khork', la pipe à eau dont nous reparlerons, en mâchant des racines de manioc grillé et de la canne à sucre, dont les cochons et les poules, à nos pieds, se disputent les restes, on y décortique le riz ou broie d'autres végétaux, en les pilonnant dans un des énormes trois ou quatre mortiers de bois qui traînent là en permanence sur le sol, on y pratique le tissage, on y aiguise les outils, on y dépèce les gibiers rapportés des expéditions de chasse, on y consacre de très longues et consciencieuses séances à s'épouiller mutuellement les cheveux.
Quant au rôong, la maison commune implantée au milieu de chaque village, point central et de convergence de cette configuration rayonnante de l'ensemble des huttes, elle est conçue sur un plan identique et est construite en faisant appel aux mêmes techniques que celles mises en œuvre pour ces dernières, si ce n'est que sa structure est généralement encore plus lourde et plus massive, et qu'elle est largement ajourée, ouverte de tous côtés vers l'extérieur, la laissant alors perméable aux courants d'air. Elle est par ailleurs décorée d'une quantité beaucoup plus importante de sculptures rituelles puisqu'on peut le plus souvent en compter jusqu'à deux ou trois sur chaque façade d'extrémité, ainsi qu'à l'intérieur, et les ornementations peintes à la chaux abondent également en plus grand nombre à maints endroits. Enfin, on peut parfois y apercevoir quelques objets rituels, biens collectifs de la communauté, tambours, gongs, masques de bois.
Les maisons communes ne sont utilisées qu'à quelques occasions dans l'année, par exemple durant les principales festivités et cérémonies rituelles katou ou lors de la tenue de conseils villageois. Elles feront par ailleurs office de dortoirs pour les invités extérieurs lors d'événements de grande ampleur, tels les mariages ou les décès. Bien que constituant des espaces sacrés dans lesquels les "esprits" seront invoqués lors des offices rituels, elles paraissent totalement négligées le reste du temps, et je n'ai donc jamais pu les observer autrement que dans des états semblants d'abandon : soigneusement entretenues néanmoins, notamment leurs toitures qui les protègent des intempéries destructrices, mais aux planchers intérieurs souillés de déjections animales, celles des chèvres et des volailles, c'est-à-dire des bêtes dont la présence là est tolérée par les hommes, et qui sont capables d'escalader les échelles qui y mènent, s'accaparant alors ces lieux comme abris, plus spécifiquement la nuit et lorsque la pluie tombe en abondance.
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Cela m'avait beaucoup surpris, mais également un peu déconcerté, lorsque des hommes étaient, à la nuit tombée, dès mon tout premier arrêt dans un village katou, venus à ma rencontre dans la hutte même que j'avais choisie pour m'accueillir, pour formellement exiger que je leur présente mes papiers, et surtout pour que je leur dévoile ce que contenait mon sac. J'ai en effet depuis lors régulièrement remarqué, dans ces contrées bien plus que dans d'autres régions pourtant tout autant reculées du pays, que mon sac devient immédiatement l'objet, si ce n'est à chaque fois de suspicion, du moins de très vives curiosités. Aussi, désormais, afin de détendre le plus rapidement possible l'atmosphère et de lever le moindre doute à ce sujet, dans presque chaque nouveau village dans lequel je parviens, et même si je n'y fais qu'une simple halte en journée, je prends systématiquement de moi-même l'initiative, dès la première demi-heure, de vider la quasi-totalité du contenu de ce sac afin de bien prouver à mes hôtes que je ne transporte rien d'équivoque et que mes intentions sont neutres, pacifiques et désintéressées. Je le fais toutefois de manière innocente et naturelle, prétextant tout simplement de devoir atteindre un objet se trouvant dans son fond pour déposer la plupart des autres - peu nombreux au total - sur le sol durant quelques secondes, le temps que mes observateurs puissent librement constater par eux-mêmes que ces quelques articles, ma veste et mon pantalon, ma gourde, mon nécessaire de toilette, ainsi qu'une boîte plastique contenant quelques médicaments et autres accessoires, ne sont pas prohibés et ne présentent aucun danger. Durant ces instants, le silence se fait généralement quasiment religieux, si ce n'est quelques commentaires à peine chuchotés. Si j'ai par ailleurs, à cette heure, déjà eu le temps de repérer lequel parmi les hommes qui m'entourent est le nay ban, le chef du village, je prends quelques minutes pour lui montrer mes papiers, notamment mon visa et ses dates en règle, qu'il ne parviendra cependant pas à déchiffrer, mais dont le support, le passeport donc, sera pourtant minutieusement et entièrement parcouru, page par page. Ces formalités n'ayant toutefois à ce stade rien d'officiel, elles suffisent rarement et on n'en reste alors pas toujours là.
Ce sont généralement de deux à quatre hommes qui viennent à ma rencontre. Le premier soir que cela s'est produit, j'étais déjà endormi lorsqu'ils se sont présentés. L'on m'a alors réveillé et ils étaient là, juste au bord de ma paillasse, mes hôtes se tenant silencieusement en retrait, un peu gauches. Je dois dire que cette première fois fût passablement désarmante puisque, émergeant de ma torpeur, je ne compris pas immédiatement le motif de leur venue, et de l'interrogatoire qui prenait déjà forme. Car c'est en effet véritablement de cela qu'il peut s'agir parfois. L'un des hommes est généralement muni d'un cahier dédié, dans lequel des colonnes à en-tête ont été préalablement tracées, et il faut alors tâcher de les renseigner toutes. Souvent, le cahier n'est qu'un de ces incontournables modèles à bas coût, et de très mauvaise qualité, universellement utilisés par l'ensemble des écoliers du pays, mais la plupart du temps, dans les villages les plus isolés, ce cahier n'existe pas et les quelques informations glanées à mon sujet sont alors griffonnés sur une simple feuille volante inaugurée pour l'occasion, et dénichée je ne sais où. Il s'avère pour moi à chaque fois extraordinairement laborieux et fastidieux de répondre aux questions posées, puisque je ne parviens jamais à comprendre la majeure partie d'entre elles, pourtant formulées et reformulées à maintes reprises avec des airs d'évidence, et finalement d'exaspération. Même si les hommes ne peuvent en déchiffrer la quasi-totalité de son contenu, qui utilise l'alphabet latin, mon passeport est chaque fois dûment scruté, page par page, durant d'interminables et méticuleuses inspections. Pour tâcher d'abréger ces pénibles séances, je tente parfois d'orienter diplomatiquement mes interlocuteurs vers les seules pages et les seuls visas concernés, mais aucun d'eux ne s'en satisfait jamais. Ceux parmi eux s'avérant capables de lire un peu le lao s'offrent alors un fier plaisir à énoncer, devant leurs camarades et en laborieuses dictions, les quelques mots figurant sur les tampons apposés à l'occasion de mon entrée dans le pays.
Nous parvenons parfois, tout au plus, à renseigner environ un quart des colonnes du cahier. Les questions concernent évidemment mon identité, mon âge, ma nationalité, mais aussi les raisons de ma présence dans ces contrées, mon parcours préalablement effectué dans la région, et mes objectifs pour les prochains jours. Il est arrivé que certains de ces interrogatoires aient nécessité jusqu'à une heure. D'autres, beaucoup plus expéditifs de par les difficultés rencontrées par les hommes pour lire, et leurs plus grandes difficultés encore pour retranscrire sur le papier les informations obtenues à mon sujet ou péniblement déchiffrées sur mon passeport, ont duré à peine quinze minutes. Il est même arrivé quelquefois que les seuls renseignements glanés, et recopiés si difficilement sur le cahier, se soient résumés... aux deux premières syllabes de mon prénom - la troisième s'avérant impossible à prononcer correctement - et à ma nationalité ! Cependant, aussi pathétiques qu'ils aient souvent l'air, ces petits interrogatoires suffisent amplement pour conserver une empreinte significative et exploitable du passage de l'étranger dans la région, surtout si cet étranger est un Blanc occidental, car tellement rare - et même plus ! - dans les parages. Ainsi, donc, aussi pauvres et lapidaires que soient les renseignements glanés et notés au sujet de ma personne dans chaque village traversé, ceux-ci mis bout à bout suffiraient aisément pour entièrement recomposer mon parcours et pour retrouver ma trace si cela s'avérait nécessaire. Les fois où je les ai interrogés à propos de l'identité des quelques autres visiteurs déjà inscrits dans les cahiers, les hommes m'ont toujours assuré qu'il n'y était jusqu'alors jamais fait mention de falangs, d'autres Blancs occidentaux, mais uniquement de Lao et plus rarement de Vietnamiens.
Je ne suis jamais parvenu à savoir de manière irréfutable si, pour les étrangers, pénétrer seul et sans autorisation au cœur de ces territoires katou reculés était ou non désormais consenti par les autorités locales. Il semble, d'après quelques renseignements obtenus depuis la France, et aussi ici à Vientiane, la capitale du pays, que ce ne soit pas encore le cas. Mon atout réside alors dans le fait que je sois visiblement le premier à agir de la sorte - la précédente visite d'un étranger occidental dans la région a eu lieu il y a douze ans, il s'agissait d'un ethnologue muni de l'ensemble des autorisations nécessaires et dûment accompagné de guides et de représentants lao officiels - et que, confronté à la question, personne ne semble ici, alors que l'on se situe si loin de la capitale, être informé de ce qu'il en est réellement de cette législation concernant la présence des étrangers. Je prends donc quelques précautions, ne laisser aucun doute au sujet du contenu de mon sac et des motivations de mes visites en est une. Par ailleurs, les premiers temps, je ne dissimulais pas aux villageois mes futurs projets de déplacements dans ces territoires pour les journées à venir, mais régulièrement, lorsque je leur en faisais part, cela provoquait des conversations particulièrement animées parmi eux, puis se terminait presque chaque fois par des incitations à me détourner de mes intentions premières. Alors, ensuite, j'ai préféré parfois les trahir un peu, en alléguant que mes objectifs étaient désormais atteints, et que le suivant était de retourner vers la plaine, puis vers l'intérieur du pays.
Le contenu de mon sac est donc l'autre affaire délicate. Je fus même un peu choqué, mais aussi vexé, la première fois que l'on m'eut expressément demandé de le dévoiler. Les interrogatoires suffisent effectivement rarement, et même après avoir bien expliqué que je suis dans la région dans l'unique but de me promener, et donc en aucun cas pour travailler, la plupart du temps le doute subsiste, et personne ne semble convaincu tant que je n'ai pas exhibé le plus gros de ce que je transporte. J'ai donc rapidement pris la mesure de la légitimité de cette requête, et c'est désormais pourquoi, très peu de temps après mon arrivée dans chaque nouveau hameau, je prends moi-même un prétexte quelconque pour ouvrir largement mon bagage et en extirper les objets les plus volumineux. Ce n'est qu'une fois toutes ces formalités dûment accomplies que l'atmosphère peut enfin véritablement se détendre.
Je n'avais néanmoins encore jamais été confronté à de tels interrogatoires durant mes précédentes excursions, notamment celles effectuées en direction des populations montagnardes vivant à l'autre extrémité du pays, au nord. Il faut toutefois dire que celles-ci, tâchant en permanence de préserver elles-mêmes assez farouchement une forte indépendance vis-à-vis des autorités nationales ou provinciales, ont peu de risque, au contraire des Katou, de faire du zèle pour collecter, à l'intention de ces autorités, des informations sur leurs visiteurs. Certaines de ces populations montagnardes du Nord furent d'ailleurs enrôlées, à l'occasion des différents conflits qui ont embrasé cette région depuis la Seconde Guerre mondiale, d'abord par les Français, puis par les Américains, contre le Pathet Lao, la faction qui émergeait alors, et désormais au pouvoir à la tête du pays - en tant que seul parti politique autorisé, précisons-le par ailleurs. Ainsi, chez eux, des ressentiments subsistent certainement largement jusqu'à aujourd'hui, et ce pouvoir en place ne peut en aucun cas s'appuyer sur ces populations du Nord. Tout au contraire des Katou du Sud qui, durant ces mêmes conflits ayant embrasé toute la région depuis les années 1950 jusqu'à 1975, furent eux acquis à la cause révolutionnaire communiste. Une relative proximité avec les autorités du pays a donc perduré, et cela explique probablement en partie ce curieux et obscur zèle employé par exemple pendant les interrogatoires.
200 jours à pied,
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Chez les Katou des confins de la province de Sékong peut-être plus qu'ailleurs dans le pays, le spectre de la famine n'est jamais loin. Les carences alimentaires sont en effet le lot du quotidien et une des principales - et même permanentes - préoccupations des villageois concerne très prosaïquement la provenance, la nature et surtout la quantité de denrées qui composeront leur prochain repas, en un mot leur moyen de subsistance à court terme. De par des méthodes agraires primitives, en fait authentiquement archaïques, et une absence totale de ressources matérielles - je ne détaillerai pas à nouveau ici l'exténuante technique de culture dite de friche sur abattis-brûlis pratiquée sur les pentes, procédé que j'ai déjà décrit autrefois en détail à propos des populations montagnardes du nord du pays, et qui est ici mis en œuvre de la même manière, à quelques nuances près - le manque de riz est chronique. Cette année ne sera a priori pas plus faste que les précédentes car, très régulièrement, les villageois me font part de leurs craintes relatives à la trop faible quantité de pluies tombée ces derniers mois sur la région. Certains essarts - ou rays - annuels, ces parcelles de culture de pente non irriguées et gagnées sur la forêt, qui a été défrichée puis incendiée, seraient ainsi dramatiquement endommagés, et la soudure alimentaire avec la récolte suivante risque, une fois de plus, de se faire en compagnie de la disette.
Une des autres importantes carences auxquelles sont confrontés les Katou peuplant cette zone reculée du sud-est du pays, sur la Haute-Sékong, concerne l'absence cruelle d'accès à des richesses et ressources naturelles commercialisables dont ils pourraient retirer un revenu significatif, et qui leur permettrait ensuite d'acquérir à l'extérieur du riz complémentaire, et tellement d'autres aliments et objets nécessaires au quotidien. Ils n'accèdent ainsi à rien de la sorte si ce n'est, chassés de temps en temps, quelques spécimens de gibiers rares, particulièrement recherchés par de riches consommateurs vietnamiens, et à l'intention desquels on peut soupçonner les chasseurs katou de faire parfois le déplacement, à pied, vers le pays voisin, pour livrer là-bas ces précieuses dépouilles à des trafiquants. Quant à la poussière d'or des rivières dont nous avons parlé plus haut, les quantités ramenées à la surface s'avèrent définitivement trop négligeables pour permettre d'améliorer de manière significative le quotidien. À titre de comparaison concernant les sources potentielles de revenus d'autres populations minoritaires et isolées du Laos, on peut mentionner la culture du pavot à opium pratiquée par les groupes ethniques montagnards de l'autre extrémité du pays, dans le nord, où, même si une forte proportion de la production est directement consommée dans les villages, celle restante compose une marchandise très facilement commercialisable, car peu volumineuse, de plus se conservant durant longtemps, et dont la demande est permanente. L'opium y bénéficie de surcroît d'une valeur monétaire particulièrement forte et stable, offrant ainsi à ces populations septentrionales une source de revenus substantielle et régulière. Cependant, les sols, et surtout le climat des montagnes du sud du pays, s'avèrent pour leur part impropres à la culture de ce pavot à opium. De plus, les techniques requises n'ont jamais rejoint les pratiques agraires des Katou, ni celles d'aucun autre groupe ethnique proto-indochinois de la région, tous de provenances géographiques diamétralement opposées à celles des populations du Nord, ces dernières ayant eu l'opportunité de rapporter les savoirs et semences nécessaires depuis la Chine ou depuis les contreforts de l'Himalaya, d'où ils sont originellement issus. De surcroît, même dans l'hypothèse où les Katou disposeraient de ressources aisément monnayables - par exemple via des surproductions agricoles, une abondance de bétail, des produits de cueillettes recherchés, etc. - leur isolement extrême dans ces zones escarpées et reculées, le manque total d'infrastructures et les longues journées de marche les séparant du premier marché de plaine, atteignable uniquement via des sentiers difficiles et impraticables en saison des pluies, ne pourraient rendre viable le moindre projet d'échange commercial.
Bien que je n'aie pour ma part pas eu l'occasion d'en rencontrer - alors que cela se fait pourtant assez fréquemment lorsque l'on sillonne, de la même manière, les montagnes et les hameaux des minorités ethniques du nord du pays - aux dires des villageois, il arrive que des colporteurs vietnamiens s'aventurent parfois jusqu'ici. Ils franchissent ainsi à pied la Cordillère annamitique et ses vastes territoires sauvages, illégalement cela va de soi, avec tout un barda hétéroclite porté sur le dos, ou simplement en possession d'argent. Dans le premier cas ils proposeront à la vente leurs marchandises, divers objets et ustensiles utiles au quotidien, tels des briquets, du fil et des aiguilles à coudre, des torches et des piles, des bobines de fil de nylon à tresser les filets de pêche, des petits miroirs, des vêtements d'enfant bon marché, du savon, etc. Dans le second cas, ils se seront déplacés jusqu'ici pour tenter d'acquérir quelques volailles ou porcelets - c'est-à-dire les seuls animaux pas trop difficilement convoyables à pied - un peu de poudre d'or s'il y en a et, si l'occasion se présente, des gibiers sauvages récemment capturés, et qu'ils revendront plus tard dans leur propre pays, peu après qu'ils auront franchi à nouveau la frontière, avec, à n'en pas douter, une forte plus-value rémunératrice. Cependant, en dehors de ces rares commerces, c'est le troc, direct ou différé, qui est ici généralisé, que ce soit entre familles ou hameaux voisins, comme me l'ont confirmé à maintes reprises les villageois, ainsi que quelques observations directes. Ces échanges de biens s'imposeront le plus souvent à l'occasion, pour tel ou tel foyer, d'une pénurie de riz.
Le riz récolté est tellement peu abondant dans la région qu'il est rare de pouvoir se permettre de l'utiliser autrement que pour l'alimentation, et donc très exceptionnellement pour la confection d'alcool. Au sein des populations montagnardes fréquentées les années précédentes, à l'autre extrémité du pays, dans le nord, il était très fréquent, avant d'entamer un repas, que l'on me propose de boire du lao-lao, ce fort alcool de riz distillé partout dans les villages, et de nombreuses réunions se terminaient avec un état d'ébriété bien avancé pour la plupart des convives. Chez les Katou en revanche, l'alcool est donc extrêmement rare. À quelques reprises seulement on m'a proposé des breuvages, le plus souvent obtenus non pas par distillation, mais par fermentation de grains de maïs ou de racines de manioc dans des jarres, comme il est de grande tradition chez les Katou et les autres groupes de populations proto-indochinoises - l'expression "proto-indochinois" désigne, à l'image des Katou, les plus anciens groupes de peuplement de la région. Il est ainsi parfois arrivé, dans certains villages parmi les plus misérables où je fis halte, alors que je m'étais renseigné sur la possibilité d'acquérir du lao-lao pour remercier mes hôtes de leur accueil, qu'un jeune soit envoyé dans un hameau voisin muni des quelques dizaines de milliers de kips que je lui remettais, pour en revenir quelques heures plus tard chargé d'un ou deux flacons du précieux liquide.
A minima deux fois par jour, un volume de paddy - le terme paddy s'applique aux grains de riz qui n'ont pas encore été décortiqués - correspondant à la portion nécessaire à l'alimentation quotidienne de l'ensemble de la famille, est pilonné afin d'être décortiqué, c'est-à-dire de séparer les grains de leurs enveloppes non comestibles, le son. Ces longues et harassantes séances de pilonnage du riz sont dévolues aux femmes et aux enfants. Alors que chez les groupes de populations montagnardes d'origines chinoise ou tibéto-birmane du nord du pays, il est effectué à l'aide d'un pilon à balancier actionné au pied, chez les Katou comme parmi la plupart des autres groupes proto-indochinois, ce travail est accompli à la "mode africaine". Il s'agit ainsi de pilonner un volume de paddy qui a été préalablement versé dans un des énormes mortiers creusés dans des fûts de bois, et qui traînent en permanence, au nombre de deux à quatre, sous les auvents extérieurs de chaque hutte. Les pilons, rondins de bois aux extrémités renflées, sont fermement tenus à deux mains et actionnés verticalement, à allure régulière, frappés au fond des mortiers. Lourds peut-être une douzaine de kilogrammes, chaque maisonnée peut disposer jusqu'à une dizaine de ces pilons, et le modèle utilisé sera sélectionné en fonction de l'avancement du travail de décorticage en cours ou de la nature des aliments à broyer - les mortiers servant également à réduire d'autres végétaux, notamment ceux entrant dans la composition de la nourriture des cochons, courges, racines de manioc, feuillages divers, etc. - les surfaces de frappe de chacun d'eux pouvant varier de la forme concave à convexe en passant par la forme plate.
Le pilonnage du contenu d'un mortier est parfois réalisé simultanément par deux personnes, alors en cadence rapide et parfaitement rythmée, généralement par une mère et sa fille ou par deux jeunes filles d'une même maisonnée. Les villages résonnent ainsi très fréquemment, notamment aux instants où plusieurs familles s'adonnent de concert à ce travail, de ces mélopées produites par les incessants chocs sourds des pilons au fond des mortiers. Lorsque l'on se réunit à plusieurs, oisifs, sous l'auvent d'une hutte, ces lourds mortiers, s'ils ne sont pas employés au même moment pour une séance de décorticage, font opportunément office de sièges pour quelques-uns d'entre nous qui, après en avoir ôté d'éventuelles chiures de poules ou coulées de bave de cochons, y enfouissent leurs arrière-trains. Les autres se contenteront de l'étroite "terrasse" formée par le prolongement extérieur du plancher de la hutte si elle n'a pas été, pour sa part, trop souillée, les jours de pluie, par les traînées de boue rapportées sous nos semelles.
Durant ce laborieux travail de décorticage du paddy, il est par ailleurs nécessaire, à intervalles réguliers, de séparer les grains de riz de leurs enveloppes non comestibles, le son. Le contenu du mortier est alors transféré sur un van, un large plateau réalisé en vannerie de bambou, et qui n'est pas ici circulaire comme presque partout ailleurs dans le pays, mais ovoïde. Rarement ailleurs j'ai vu manier le van avec une aussi brillante et élégante habileté dont font preuve les femmes katou. Il s'agit d'élancer celui-ci verticalement afin de projeter en hauteur son contenu pour que le vent chasse et emporte plus loin le son, plus léger que les grains qui, eux, retomberont sur le van. S'il n'y a pas le moindre souffle d'air permettant de chasser le son, un petit mouvement latéral est alors combiné aux élancements verticaux afin de provoquer une légère turbulence qui le fera retomber du côté opposé. Quant aux grains de riz, jamais un seul d'entre eux n'est accidentellement perdu en tombant au sol, au grand regret des poules et des cochons qui se tiennent systématiquement à l'affût au pied des travailleuses durant chacune de ces séances. De temps en temps, la femme s'arrêtera quelques instants, s'assiéra sur le mortier, le van posé sur les genoux, afin d'inspecter minutieusement la nappe de riz et d'en ôter quelques insectes - généralement des charançons - ou crottes de souris qui y subsistent parfois encore à ce stade, aisément repérables de par leurs couleurs sombres qui contrastent avec celle, blanche et claire, du riz.
Les femmes sont également capables, là aussi par d'habiles gestes et une étonnante dextérité, en utilisant notamment les effets de la gravitation, de séparer directement sur le van le son qu'elles souhaitent conserver pour un usage quelconque, des grains entiers, ou même d'isoler ces grains intacts de ceux brisés, et qui sont alors parfois cédés, en petites quantité néanmoins, aux poules qui se tiennent immanquablement là durant ces instants privilégiés. Puis, afin de poursuivre l'opération de pilonnage, quelques brefs mouvements saccadés du van au-dessus du mortier suffisent pour y reverser son contenu sans que, là non plus, jamais le moindre grain ne tombe au sol. Le paddy sera ainsi plusieurs fois transvasé du van au mortier, puis du mortier au van, jusqu'à obtention dans ce dernier d'un beau riz blanc immaculé, parfaitement décortiqué et soigneusement débarrassé de la plus infime trace de déchet non comestible. Il ne reste plus qu'à le cuire.
Les racines de manioc sont ici principalement cultivées pour entrer, en partie, dans la composition de la nourriture des cochons. Cependant, ces tubercules peu nutritifs et peu goûteux sont également très fréquemment employés, après cuisson et réduction en pâte, en mélange avec le riz des humains, afin d'en augmenter substantiellement le volume, les réserves de celui-ci ne suffisant en effet jamais à elles seules à assurer la soudure alimentaire entre deux récoltes consécutives, et donc à nourrir les villageois durant toute l'année. Ces deux ingrédients, riz et manioc, ne se mêlent toutefois pas de manière homogène, et il en résulte alors des brouets emplis de grumeaux blanchâtres sans goût, peu appétissants, proprement bourratifs et très peu digestes. Le maïs est un ingrédient lui aussi très fréquemment incorporé au riz du quotidien, offrant pareillement dans ce cas un aliment particulièrement lourd et grossier.
La quasi totalité des repas, que ce soit ceux du matin, du midi ou du soir, se composent de fortes portions de riz - donc le plus souvent augmentées de manioc ou de maïs mélangé - de quelques légumes et herbes cultivés ou cueillis en forêt, ainsi que d'une mixture à base de piments pilés et de sel. Chaque jour, des femmes s'en vont ainsi, hottes arrimées sur le dos, récolter sur les essarts ou cueillir en forêt une variété impressionnante de végétaux comestibles, herbes, feuilles, baies, jeunes pousses, racines et tubercules, tiges, légumes domestiques ou sauvages. La consommation de viande, nous en reparlerons plus loin, est pour sa part très - et trop - rare. Ce n'est en effet, lors de mon premier séjour, qu'au bout d'une dizaine de journées de pérégrinations dans la région que j'ai enfin pu, pour la première fois, en apercevoir une portion.
En journée, lorsque je fais étape dans un village, et que j'y quémande à manger, c'est immanquablement du riz froid qui me sera servi - les cuissons n'ayant lieu que le matin et le soir - ainsi que quelques menus restes d'un unique plat consommé par la famille durant leur précédent repas, le plus souvent un fond de bol de végétaux bouillis, qui ne sera lui non plus pas réchauffé. Ce sont les collations les plus difficiles à ingurgiter car, outre le fait que tout est froid, on devine que ces plats ont été maintes fois remués, souillés, par d'innombrables mains adultes ou enfantines, chaque aliment étant systématiquement servi dans un récipient commun dans lequel chacun y prélève, continuellement et fréquemment à main nue, des bouchées.
Chez les Katou, l'étranger est invariablement invité à manger seul, isolément, donc séparément des membres de la famille qui l'accueille. Bien que sachant pertinemment qu'il s'agit là d'une marque de respect et même d'un honneur, c'est ainsi, à mon grand regret, mon lot du quotidien. Mes repas me sont généralement servis près de ma natte à dormir, et après que mes hôtes se soient eux-mêmes sustentés en famille, le plus souvent réunis autour des foyers de cuisson. Les seules rares fois où j'ai été accompagné lors d'un repas, ce fut en compagnie de deux autres convives également "étrangers", en fait simplement des visiteurs en provenance d'un village voisin. Cela ne signifie pas pour autant que je reste entièrement sans compagnie durant ces instants, un homme - parfois plus - se tiendra en effet presque toujours courtoisement à mes côtés le temps de mon repas, situation passablement déconcertante les premières fois, que de se restaurer en étant ainsi observé par une personne elle-même déjà repue. On mange à même le sol, néanmoins en aucun cas directement au contact des planchers de bois ou de bambou, une natte nous en protégeant toujours obligatoirement (il en est d'ailleurs de même hors des repas, personne ne s'assiéra directement sur un sol si celui-ci n'a pas été préalablement recouvert d'une natte). On n'utilise ni siège, ni tabouret, ni même de ces petites tables basses de rotin qu'emploient pourtant de nombreux autres groupes ethniques du Laos. Il y a seulement parfois, de disposés autour des foyers de cuisson, quelques blocs de bois de guère plus de dix centimètres de hauteur et faisant office de tabourets.
À l'heure des repas, c'est invariablement un monceau de riz blanc (khao djao) ou glutineux (khao niaow) qui m'est ainsi apporté sur ma natte, servi dans un de ces pots cylindriques de vannerie de bambou à couvercle très couramment employés dans tout le pays, ou alors tout simplement déposé sur un fragment de feuille verte de bananier. Ce riz est le plus souvent accompagné d'un seul petit bol de végétaux bouillis, puis d'un pot de piments pilés et salés, très rarement d'une portion de viande. On ne me propose pas systématiquement de cuillère - les Katou eux-mêmes n'employant jamais le moindre couvert pour ingérer le riz - et l'ensemble doit donc en conséquence se consommer avec les mains. Il s'agit alors de s'emparer, toujours de la main droite, d'une poignée de riz glutineux, puis en former, en la malaxant, de petites boulettes dont on se sert pour prélever des légumes ou un peu de piment, avant de les enfourner en bouche. Seulement, lorsqu'il s'agit de riz blanc, ou de riz glutineux sensiblement trop cuit - ou s'il est garni de grumeaux de manioc ou de grains de maïs, comme c'est couramment le cas - il a une fâcheuse tendance à excessivement rester coller sur les mains, du moins sur les miennes, car je semble être le seul à devoir faire face à ce gênant problème. Alors, généralement, devant le pitoyable spectacle que j'offre à ces occasions, à devoir détacher, entre chaque bouchée, un à un, les dizaines de grains accolés à l'intérieur de mes mains, on m'apporte une cuillère.
À peine mon repas achevé qu'un de mes hôtes s'activera, équipé d'un court balai d'herbe, à rapidement nettoyer la natte, sur laquelle je m'étendrai plus tard pour dormir si je passe la nuit là. À ce moment, je peux alors retourner me rincer les mains dans la bassine d'eau que l'on m'avait déjà présentée juste avant le repas puis, comme chacun, aller me servir un verre - en fait le plus souvent un vieux bocal - d'eau dans un bidon terreux, une calebasse ou dans la bouilloire maculée de suie noire.
La viande est rare, car le cheptel animal de chaque famille est extrêmement réduit. Il se limite généralement à l'élevage d'environ deux à dix cochons, guère plus de volailles, et beaucoup moins encore, pour ceux qui ont la chance d'en posséder, de bovins ou de buffles - ces derniers ne seront d'ailleurs jamais abattus à une autre occasion qu'une cérémonie rituelle ou festive d'importance. Aussi, au risque certain, en cas contraire, d'anéantir très rapidement ce faible capital, il est très rare que l'un de ces animaux soit abattu en dehors d'un évènement d'ampleur, naissance, mariage, décès, service chamanique, etc. La source majeure de protéine animale, bien que trop réduite, néanmoins de première importance, et même vitale ici, sera alors directement issue de la forêt. En effet, les quelques fois où, par aubaine, l'on m'a proposé de la viande lors d'un repas, il a s'agit presque exclusivement de gibier, généralement des pièces carnées déjà boucanées, ou des petits animaux que l'on chasse assez couramment dans la journée aux abords proches des villages : oiseaux, écureuils, rats des bambous, grenouilles, tortues (dont un spécimen qu'il m'est arrivé d'acquérir un jour auprès d'un homme qui venait tout juste de la capturer), chauve-souris, etc. Les morceaux boucanés de viande de gibier - le plus souvent des phacochères, mais aussi assez régulièrement des cervidés ou des singes - sont, après fumage et salage, stockés dans de volumineux tubes de bambou fermés plus ou moins hermétiquement par des bouchons de feuilles de bananiers froissées. Lors de leur consommation, ils révèlent alors inévitablement, même après cuisson, que ce soit à l'odeur ou au goût, des relents plus ou moins prononcés et nauséabonds de charogne. Un peu de poisson vient parfois agrémenter de trop nombreux repas éminemment frugaux.
À l'image des pratiques des autres groupes de populations montagnardes du pays, la quasi totalité des animaux sauvages de la forêt sont ici considérés comme comestibles, des plus petits oiseaux ou rongeurs, jusqu'aux plus grands mammifères, en passant par la plupart des reptiles, batraciens, et de très nombreux insectes également. Il est rarement une journée où l'on n'aperçoit pas des hommes quitter un village, ou y être de retour, armes à feu portées en bandoulière et machettes attachées à la ceinture, se rendant en forêt pour une, deux, ou même trois nuits d'affilée parfois. De même, s'ils ne font que se diriger vers les rays, ces parcelles cultivées en forêt, la marche préalablement requise pourra elle aussi être prétexte à lever un animal, et une arme sera là également fréquemment emportée. De la même manière, presque à chacune des fois où je décide de me faire guider par un ou plusieurs hommes sur un sentier dont le tracé s'annonce résolument comme trop incertain, au moins un de mes accompagnateurs transporte une arme à feu. Ce peut être une de ces improbables pétoires archaïques fabriquées localement, ou alors une de ces armes de guerre, kalachnikovs, M16, etc., abandonnées en nombre dans la région lors des conflits franco puis américano-vietnamiens récents, et durant lesquels cette zone était très directement impliquée (mentionnons par exemple que les pistes Hô Chi Minh passaient non loin à l'est).
À trois ou quatre reprises durant ce séjour, j'ai pu assister à des retours fructueux de groupes de chasseurs, tantôt l'un d'eux portant fièrement un muntjac sur les épaules, tantôt devant s'y prendre à deux pour pouvoir soulever et déplacer l'énorme masse d'un mou paa, un "cochon de forêt", phacochère alors suspendu renversé à une palanche. Les bêtes sont dépecées dès le retour des chasseurs au village, et des pièces de viande sont aussitôt emportées par les enfants, offertes à la famille, aux voisins, peut-être aussi en reconnaissance de dettes à d'autres personnes, sans compter la pratique du don et du contre-don qui est ici impérative lors de ces occasions, puisqu'un foyer n'a aucune possibilité de stocker à lui seul, dans la durée, une telle quantité de viande, qui se détériorerait très rapidement. À quelques reprises durant mes séjours, l'on me remit, à moi aussi, une pièce de quelques centaines de grammes de chair rouge sanguinolente, que je rapportai alors dans mes familles d'accueil. Enfin, les soirs de ces jours d'abondance, un repas est généralement offert par les chasseurs à plusieurs villageois.
Pour chasser oiseaux, mammifères rongeurs et reptiles aux abords des villages, les jeunes garçons et les enfants utilisent ici non pas, respectivement, les incontournables arbalètes et lance-pierres communs aux régions septentrionales du pays, mais de très longues sarbacanes. Je ne suis malheureusement pas parvenu à apprendre de quelle manière étaient confectionnés ou obtenus ces fins tubes de bois atteignant parfois près de deux mètres, et par ailleurs parfaitement rectilignes, comme il se doit pour ce type d'objet. Les projectiles utilisés sont, pour leur part, des "aiguilles" de bambou d'une vingtaine de centimètres de longueur et enchâssées chacune dans une petite pelote de coton brut, qui compose ainsi un bouchon à souffler à la fois efficace et opportunément léger.
J'ai souvent fait le constat que l'eau consommée par les villageois, et également celle qui m'est proposée en fin des repas, n'avait pas été préalablement bouillie, mais était directement issue du puisage dans la source ou le ruisseau proche. Par ailleurs, alors que les groupes montagnards du nord du pays transportent toujours l'eau de manière étudiée, et surtout efficace et efficiente - dans des seaux portés à la palanche d'épaule chez les Yao, dans plusieurs gros tubes de bambou rangés verticalement dans une hotte dorsale chez les Akha, ou encore dans un unique mais gigantesque tronc de bambou chargé obliquement sur l'épaule chez les Hô - les Katou, pour leur part, reviennent toujours des ruisseaux et des sources encombrés de tout un tas de récipients quelconques naturels ou manufacturés, calebasses, bidons, jerricans ou bouteilles en plastique terreux, seaux, etc. Je reste ainsi étonné qu'ils n'aient jamais adopté, à moins qu'ils l'aient désormais abandonnée, une technique plus performante pour accomplir cette corvée, qui de plus est à répéter plusieurs fois par jour.
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Le tabac est la seule "drogue" quotidienne accessible aux Katou. En effet, contrairement par exemple aux régions "tribales" du nord du pays, où de nombreux groupes de populations montagnardes en font grand usage, les reliefs méridionaux s'avèrent pour leur part impropres, nous l'avons dit plus haut, à la culture du pavot à opium, et il n'y en a donc aucune trace. Quant à l'alcool, nous en avons également déjà parlé, il est quasiment inexistant, surtout dans les hameaux les plus démunis, en dehors des rares évènements rituels et festifs, et aucune autre substance psychotrope n'est connue ou accessible aux Katou. Le tabac est par contre très abondamment, voire exagérément, consommé par la quasi totalité d'entre eux. Presque tous en effet, et sans exception générationnelle, des plus jeunes enfants jusqu'aux vieillards aux âges les plus avancés, en fument quotidiennement de grandes quantités.
Malgré un emploi occasionnel, alors principalement par les personnes les plus âgées, de petites pipes rudimentaires grossièrement taillées dans du bois, et malgré aussi l'habitude, pour certains hommes, de se rouler de temps en temps de monstrueuses cigarettes dans le premier morceau de papier qu'ils auront déniché ou dans une spathe de maïs, c'est l'étonnante pipe à eau, désignée ici khork', qui est la plus souvent utilisée par les Katou pour consommer le tabac. Le khork' - le r se prononce à peine - est un gros tube de bambou d'une longueur variant entre cinquante et quatre-vingts centimètres environ, pour un diamètre de cinq à huit centimètres. Un tube plus fin, dont l'extrémité inférieure trempe dans l'eau contenue au fond de cette cheminée principale, en émerge obliquement et supporte le volumineux foyer. Ce foyer, d'une dimension comparable à celle d'un verre à boire, est lui aussi taillé dans un tronc de bambou et est généralement décoré, sur sa périphérie, de motifs incisés au couteau. Quant à ses parois internes, elles sont recouvertes d'une petite épaisseur de terre, par ailleurs rapidement cuite après quelques premières utilisations, afin que le bambou ne brûle pas sous l'action du tabac se consumant.
De même que le riz et l'ensemble des autres cultures vivrières, les plants de tabac sont cultivés localement par chaque famille dans les rays, ces parcelles défrichées en forêt. Les feuilles rapportées au village sont mises à sécher à l'intérieur des huttes, suspendues à des tringles de bambou, elles-mêmes fixées aux charpentes, puis sont ensuite grossièrement hachées à la machette. Cependant, avant de pouvoir être fumé dans les khork', le tabac obtenu est immergé et stocké dans des tubes en bambou contenant un mélange d'eau et de jus de canne à sucre ou de miel, afin de l'aromatiser. Traité de la sorte, et utilisé ainsi humidifié directement dans les pipes, ce tabac se consumera par ailleurs bien entendu à bien moins grande vitesse, et son âpreté en sera en outre grandement allégée.
Ce tabac, dûment apprêté, est donc prêt à être fumé, et une belle poignée imbibée du "jus" sucré mentionné ci-dessus peut désormais être insérée dans le volumineux foyer de la pipe. Directement par dessus cette charge, sont ensuite déposés quelques beaux fragments de braises incandescentes, l'ensemble formant alors un édifice sensiblement fragile et dangereux, car brûlant. Pourtant, les gestes assurés des fumeurs font qu'il est relativement rare qu'un de ces fragments de braise chute au sol. Lorsque cela survient malgré tout, celui-ci est le plus souvent récupéré à main nue puis rapidement déposé à nouveau sur l'édifice, ou bien, s'il s'avère finalement trop petit ou presque entièrement éteint, et donc devenu inutile, est évacué à travers les interstices du plancher de bois ou des claies de bambou fendu qui composent les sols des huttes. Ce sont ces braises qui vont permettre d'allumer la pipe, et surtout de la maintenir durablement active, malgré l'humidité "sucrée" dont est imprégné le tabac.
Contrairement aux bangs, les pipes à eau traditionnelles employées loin d'ici, à l'autre extrémité du pays, par les groupes montagnards du nord, et qui sont destinées, avec leurs minuscules foyers, à recevoir une seule pincée de tabac, qui sera inhalée en une unique bouffée, les khork' des Katou, équipés au contraire de ces énormes foyers pouvant accueillir de volumineuses charges de tabac humidifié, permettent pour leur part de fumer et de faire durer une seule de ces charges pendant plusieurs dizaines de minutes d'affilée, sans interruption, autorisant notamment le partage d'une même pipe entre plusieurs fumeurs.
Un individu Katou, que ce soit un tout jeune enfant - de parfois pas plus de cinq ans - un adolescent ou une jeune fille, une femme, un homme ou encore une vieillarde, peut fumer seul, par exemple s'il accomplit simultanément une autre activité ou s'il est en chemin, à pied - on verra plus loin qu'un Katou peut faire usage du Khork' dans pratiquement n'importe quelle posture ou situation. Toutefois, le plus souvent, en particulier s'il se tient assis, se reposant, il invitera des partenaires autour de sa pipe. Cette manière de fumer en commun le khork' s'avère alors spectaculaire, mais aussi étonnante d'élégance, d'attention et de respect pour lesdits partenaires.
Les fumeurs sont ainsi réunis, assemblés plus ou moins en cercle, à deux, trois, ou même bien plus nombreux encore, jusque parfois une dizaine de membres. Durant toute la séance, un seul d'entre eux, agissant alors comme une sorte de "maître de cérémonie", tient l'instrument - le Khork' - en main, et il orientera son embouchure alternativement, et à tour de rôle, en direction de chacun des fumeurs qui forment le cercle. Ce rythme de passage de l'embouchure de la pipe de l'un à l'autre des fumeurs s'effectue à une allure très régulière, et sans aucune interruption. S'il n'y a que deux ou trois fumeurs, la cadence est quasi métronomique, l'un a juste le temps d'expirer la fumée absorbée pendant que l'autre - ou les autres - l'aspire, puis qu'on ne lui tende à nouveau l'embouchure de la pipe pour l'inhalation de la bouffée suivante. Celui qui tient en main la pipe, et qui orchestre donc les opérations, veille, de manière très délicate et naturelle, paraissant comme irréfléchie, à ce que chaque fumeur ait le minimum de mouvements à accomplir pour atteindre son embouchure : généralement à peine une inclinaison de tête est alors pour eux requise, et même très rarement le besoin d'appliquer une main contre l'objet de bambou pour assurer le geste ou stabiliser le mouvement et la position. Il est très surprenant et insolite, la première fois, d'observer ce cérémonial, encore plus, bien sûr, s'il est par exemple entrepris par un groupe de fillettes âgées de même pas dix ans, qui pour cela se réunissent souvent sur l'étroite plateforme qui fait front à chaque hutte, une scène très régulièrement visible dans les villages, tout au long des journées.
Dès qu'un invité, ou un simple voisin, pénètre dans une hutte, la femme hôte, ou un de ses enfants, lui aura courtoisement rapidement présenté une pipe dûment apprêtée, c'est-à-dire bourrée de tabac humide puis garnie de braises incandescentes, et même déjà activée par quelques inhalations effectuées juste avant de la lui tendre. Par ailleurs, régulièrement, d'un seul mot prononcé par un fumeur adulte, un enfant s'emparera de sa pipe, puis s'en ira vers un des foyers de cuisson de la maison pour la recharger en braises vives, puis la lui rapportera, non sans en avoir préalablement lui aussi aspiré quelques bouffées afin de bien la réactiver.
Fumer le khork', user de cet impressionnant et encombrant instrument, peut s'associer à la plupart des travaux du quotidien, et se faire dans les situations les plus improbables, voir périlleuses et acrobatiques. Il n'est par exemple pas rare de pouvoir observer une femme labourant une parcelle de montagne avec la houe tenue d'une main et la pipe de l'autre, un enfant se rendant au ruisseau chargé de récipients dans une main et la pipe dans l'autre, un homme de retour de la forêt fumant tout en croulant sous le poids d'un ou plusieurs lourds troncs de bambou géant portés sur une épaule, une femme assise au sol tissant des deux mains, la pipe alors calée obliquement entre sa bouche et le plancher, etc. Il est également très fréquent d'apercevoir une mère ou une grand-mère tendre l'embouchure de sa pipe à un tout jeune enfant ne sachant même pas encore marcher, et qu'elle porte alors dans le dos, l'encourageant ainsi à aspirer librement quelques bouffées.
Fumer le khork' lors des déplacements à pied sur les très escarpés et glissants sentiers de forêt est une pratique courante quotidienne - signalons au passage qu'un autre aspect spectaculaire de cette pratique est la durée impressionnante pendant laquelle un fumeur peut maintenir sa pipe active, sans avoir à la recharger, ni en tabac ni en braises. S'il pleut, le volumineux foyer sera élégamment protégé avec une feuille d'arbre fixée sur son rebord puis recourbée au-dessus des braises incandescentes. Il m'est ainsi arrivé un jour d'accompagner, pendant quelques heures, sous la pluie, un couple de vieillards revenant de cueillettes en forêt. Le sentier, de terre alors détrempée et affreusement glissante, abordant par ailleurs, comme presque toujours, la pente de front, m'obligeait même parfois à devoir refermer mon parapluie pour mieux pouvoir m'agripper aux racines ou aux rochers émergeant, afin de ne pas chuter, tout en me démenant avec les sangsues qui m'assaillaient les pieds, avantagées par mon allure précautionneuse mais trop peu rapide. Pendant ce temps, devant moi, mon vieillard, évoluant en tong sur ce terrain difficile, besace en bandoulière, machette à la ceinture et bâche de nylon sur le dos, était capable de transporter trois gigantesques fûts de bambou géants, quelques dizaines de kilos en équilibre précaire sur l'épaule, tout en réservant une main pour le port de son énorme khork', la pipe chargée de braises incandescentes !
Le khork' est donc très abondamment employé par tous les Katou, enfants, jeunes, adultes, anciens, et continuellement, tout au long de la journée. Il n'est ainsi jamais une seule assemblée, qu'elle réunisse uniquement deux ou trois individus, ou bien plus, durant laquelle une ou plusieurs de ces pipes à eau ne tourne de l'un à l'autre. Enfin, précisons que cette si emblématique technique de fumerie provoque aussi inévitablement l'inhalation d'une part des vapeurs toxiques dégagées par les braises en combustion, presque du charbon, phénomène aggravant encore la nocivité de la pratique, et compliquant sans nul doute les impressionnantes crises de toux chroniques auxquelles nombre de Katou sont sujets.
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VII. Tuer
Notes sur un second séjour en pays Katou
Je me suis rendu en pays katou à deux reprises, à trois années d'intervalle. Lors de mon premier séjour, découvrant les lieux et y arrivant privé de la moindre carte géographique de la région - aucune cartographie étant accessible au grand public - mais uniquement de quelques trop rares notes glanées çà et là en France, je remontai le cours de la rivière Sékong en pirogue durant une journée, fis halte le temps d'une nuit dans le dernier bourg établi en amont, puis poursuivi à pied les semaines suivantes, abordant ainsi le territoire katou depuis le sud. Lors de ma deuxième visite, trois ans plus tard, fort de cette première expérience et désormais enrichi de multiples repérages réalisés à cette même occasion, je décidai d'affréter à moi seul une pirogue - n'ayant strictement aucune chance qu'un second passager m'accompagne sur ce tronçon - pour continuer à remonter la rivière Sékong durant une courte journée supplémentaire, et pénétrer ainsi cette fois le pays katou par l'ouest. Ce n'est qu'à partir de là, parvenu au cœur de la méconnue et sauvage région dite de la Haute-Sékong, et du dense massif forestier qui entièrement la recouvre, que l'on aborde les premiers véritables et sérieux escarpements. Par conséquent, si la première journée de transport en pirogue s'effectue à peu près sans encombre, il n'en va pas aussi aisément de ce qui compose la toute dernière portion navigable de la rivière Sékong.
Cette remontée du cours d'eau m'a évoqué une précédente expédition fluviale, réalisée quelques années plus tôt à l'autre extrémité du pays, dans la province septentrionale de Phongsaly, une extraordinaire épopée pour laquelle il s'était agi, là aussi, de parcourir l'ultime amont navigable d'un affluent majeur et emblématique du fleuve Mékong, la rivière Nam Ou, une étourdissante équipée que j'avais narrée à l'époque par le détail. De même ici, comme ce fut le cas autrefois, alors que nous sommes cernés, presque tout du long du cheminement, par des frondaisons vertes inondées de végétations, les quatre bateliers qui me transportent doivent diriger leur embarcation - une étroite pirogue de huit à dix mètres creusée dans un fut de bois et dans laquelle un seul passager peut s'y positionner de front - tantôt au milieu de zones paisibles, tantôt au travers de rapides aussi spectaculaires qu'intimidants, trombes d'eau d'une force inouïe déferlant entre les rochers. Celles-ci se franchissent parfois "en force", à pleins gaz, un piroguier se tenant au moteur, deux autres aidants à la progression en maniant frénétiquement et sans faiblir leurs lourdes et solides rames de bois, le dernier compagnon enfin, posté à la proue, signalant par de brefs gestes les couloirs à emprunter et les plus dangereux rochers à éviter, tout en sondant continuellement les fonds, armé d'une robuste perche de bambou.
Pourtant, même ainsi, les plus impressionnantes cataractes interdisent le passage et nous obligent alors, périodiquement, à haler l'embarcation à la force des bras. À ces occasions, je suis débarqué sur les berges, avec pour consigne de remonter le cours à pied, généralement sur quelques centaines de mètres, à travers des zones alternant entre plages de galets parsemées de gigantesques blocs rocheux, étendues de sable ou de vase, et presque toujours encombrées de palétuviers dont les branches, présentant une raideur inattendue, à peine ployables, écorchent la peau. Là, mes bateliers en sont réduits, immergés dans l'eau, dont le courant accuse parfois une force inouïe, à tracter la pirogue à l'aide d'une corde, centimètre par centimètre, offrant des tableaux saisissants, comme paraissant surgir d'une autre époque.
Ce second séjour en territoire katou se déroule au cœur de la saison des pluies, durant les mois de juillet et août, avec pour conséquence de devoir, lors de ces randonnées de village en village, aller au-devant de sentiers particulièrement glissants, sur lesquels il faut en permanence veiller à ne pas chuter, tout en se démenant avec les sangsues, présentes en nombre. Il faut également, de temps en temps, faire face à quelques affaissements de terrain, plus ou moins prononcés, tantôt anodins et sans conséquence, mais ayant parfois entraîné l'effondrement de portions entières de sentiers au fond de ravins, dans lesquels il peut alors s'avérer délicat mais néanmoins plus prudent, malgré les pentes boueuses encombrées de racines et de rochers qui en résultent, de descendre, afin de contourner sans trop de risques les secteurs rendus ainsi plus ou moins instables. Autres inconvénients majeurs de la randonnée en saison des pluies - qui en outre constituèrent mes craintes préalables principales - est que la hauteur des cours d'eau, qui ici se franchissent tous à gué, est plus importante qu'à l'habitude, les courants par ailleurs plus forts, et enfin, compliquant encore la tâche, l'eau saturée de terre et d'alluvions, la rendant opaque et ne permettant plus d'évaluer le niveau et la nature des fonds. Il faut alors, lorsque les traverser est inévitable, s'équiper d'un très solide bâton d'appui.
Les Katou pratiquent donc l'essartage, les cultures dites de friche sur abattis-brûlis, pour faire pousser principalement du riz, du maïs et du manioc, tout en maintenant parallèlement des activités essentielles de cueillette en forêt, de chasse et de pêche. Un villageois m'a fait savoir que l'abondance de singes dans la région constituait ici une calamité pour les rizières. D'après lui, il n'est pas rare que des hordes de plusieurs dizaines d'entre eux - vraisemblablement différentes espèces de macaques, d'entelles, mais visiblement aussi de gibbons - jusque parfois cinquante, voire soixante-dix individus m'a-t-il affirmé, s'abattent sur les rays, les parcelles de forêt, au moment où les céréales parviennent à maturité. Ainsi, même lorsque les travaux de sarclages sont achevés, c'est-à-dire au moment où les épis, parvenus suffisamment hauts, empêchent désormais toutes pousses des adventices, il est nécessaire de continuer à résider, les nuits, dans les petits abris éphémères construits dans les rays, afin de tenir à distance ces envahisseurs destructeurs des cultures. Cet homme m'a affirmé abattre ainsi chaque année une bonne vingtaine de spécimens, et qu'il additionne cette fois à ce jour déjà pas moins de vingt-sept individus, par ailleurs tous engloutis par les villageois puisque la chair des primates, et plus généralement de l'ensemble des mammifères sauvages, est ici grandement appréciée. Je savais que les phacochères et les cervidés, notamment dans les hameaux de montagne du nord du pays, que j'ai auparavant largement sillonnés, étaient responsables des plus importants dommages causés aux cultures, et que c'était pour cette raison que celles-ci étaient toujours solidement et soigneusement clôturées à l'aide des troncs et branchages issus du défrichage préalable, mais on ne m'avait en revanche jamais rapporté que les singes pouvaient eux aussi y provoquer des dévastations.
Actuellement, seuls deux ou trois crânes de ces primates récemment abattus traînent çà et là dans la hutte de l'homme katou qui m'a fait part de ces mésaventures, et qui m'accueille pour l'heure sous son toit, des ossements sans doute trop communs pour être plus dignement conservés. En général, les reliques d'animaux sauvages chassés sont toutefois visibles en abondance dans les habitats, mais chez les Katou, les plus fréquentes - et largement encore - sont les crânes de mou pha, c'est-à-dire de cochons de forêt, les phacochères. Une nuit précédente, je me retrouvai avec pas moins de cinq d'entre eux exposés juste au-dessus de ma paillasse, à l'aplomb exact de ma tête, ficelés à la lisse basse de la charpente. Quelques autres, pour certains de mensurations particulièrement impressionnantes, étaient visibles à peine plus loin, près de la couchette de mon hôte, aux côtés de deux ou trois crânes supplémentaires issus de muntjacs, également très communs, mais pour leur part systématiquement "scalpés", afin de n'en conserver que les sommets et les élégants bois qui y sont enracinés. Les crânes porcins, jamais préalablement apprêtés ni même nettoyés, présentent alors toujours des aspects extrêmement défraîchis et décatis, arborant des teintes brunes à jaunâtres peu ragoûtantes, rappelant étrangement celles des momies, sans même compter les toiles d'araignée qui s'y accrochent, et la poussière et la suie qui s'y déposent. À côté des gongs rituels de bronze généralement suspendus à proximité, ces ensembles composent à chaque fois, pour l'observateur étranger, de surprenants tableaux.
Bien que les Katou ne semblent pas en faire le moindre usage, les plus belles paires de canines des phacochères chassés - de longues défenses blanches recourbées en demi-cercle et caractéristiques de ces animaux - sont toujours ôtées des crânes et conservées séparément, peut-être tels des trophées ou de simples "souvenirs". De me voir intéressé par le sujet de la chasse et des bêtes sauvages, et peut-être aussi par fierté, des hommes m'en ont un jour offert pas moins de trois paires, ainsi que quelques autres reliques animales, des cornes de serows - un genre de chèvre forestière - une griffe d'ours également, et même un crâne de singe, ayant toutefois décliné ce dernier, car trop délicat à transporter.
Anecdote supplémentaire concernant la faune sauvage et la chasse, il arrive que certains soirs, probablement ceux où les conditions climatiques sont les plus favorables à cette activité toute singulière, presque la totalité des membres d'un village - si ce n'est directement, au moins en spectateurs - hommes, femmes, adultes, jeunes ou moins jeunes, enfants, se lancent dans de surprenantes traques aux chauves-souris qui, indéniablement, amusent plus l'ensemble des participants qu'elles ne permettent de rapporter des quantités signifiantes de viande. Ces chasses se déroulent toujours à l'intérieur même des hameaux, ou à proximité immédiate, les protagonistes se répartissant sur une des aires de terre dénudée sur lesquelles se regroupe régulièrement le bétail, notamment la nuit. Chaque chasseur est dûment équipé d'une immense perche de bambou, simplement effeuillée et dont même la dernière extrémité, souple et particulièrement flexible, a été conservée. Il doit alors la maintenir verticalement, la posant éventuellement sur le sol si son poids est trop conséquent, puis l'agiter frénétiquement, la faire vibrer en quelque sorte, pendant de longues minutes, plus activement encore lorsque des nuées de chauves-souris, aux déplacements rapides et saccadés, passent et repassent au-dessus de nos têtes, sans doute attirées là par une profusion d'insectes, eux-mêmes se concentrant en nombre à cet endroit en raison des déjections animales qui jonchent le sol, et d'une atmosphère favorable, orageuse, lourde et dénuée du moindre souffle d'air. C'est d'ailleurs durant ces soirées que nous sommes nous-mêmes le plus vigoureusement assaillis par les moustiques. Ainsi il arrive parfois, au milieu de cette "forêt" de sillons de bambous flexibles, qui de la sorte fouettent l'air violemment, dans tous les sens et de manière complètement désordonnée, à huit ou dix mètres au-dessus du sol, qu'un de ces chiroptères, malgré la faculté bien connue d'écholocalisation dont est pourvue cette espèce, percute un de ces obstacles, puis choit à nos pieds. Il est sans doute peu utile de préciser que ces gibiers ne suffisent jamais à rassasier une famille, d'autant moins que je n'ai jamais eu l'occasion de prendre part ou d'assister à une de ces parties de chasse qui ait permis de rapporter plus de six ou sept spécimens au total. Toujours est-il que cette activité s'avère finalement exténuante, notamment en raison du poids conséquent et de la dimension démesurée des perches de bambou employées, mais qu'elle est aussi prétexte à beaucoup d'éclats de rires, notamment lorsqu'il s'agit d'encourager des chasseurs dont l'ardeur faiblit !
Parce qu'ils se trouvent si isolés et éloignés de toutes infrastructures, les conditions sanitaires sont désastreuses dans ces endroits. J'en suis malheureusement chaque jour témoin, continuellement confronté à des maux et des blessures de toutes sortes, que l'on vient sans cesse exhiber devant mes yeux, dans l'espoir d'obtenir de ma part un médicament, un traitement, ou n'importe quel autre remède salvateur. On me signale ainsi régulièrement des douleurs au ventre, également maintes fois des infections aux yeux et aux oreilles, et je peux alors fréquemment découvrir différentes zones des anatomies contaminées, de temps à autre de manières abondamment purulentes. Les plaies ouvertes sont elles aussi largement sujettes aux infections puisque rien ne permet de les nettoyer efficacement, et que les environnements plus ou moins souillés auxquels sont confrontés les Katou ne favorisent bien sûr pas les guérisons. Quelques jours plus tôt, un père est venu me présenter son fils, âgé de neuf années, et la blessure dont il était marqué au flanc du torse, une large entaille provoquée par une charge de sanglier qui, acculé lors d'une traque réalisée quelques semaines auparavant, s'était élancé sur lui. En cette saison, le climat de moussons n'aidant pas à la cicatrisation, il alternait les expositions de la plaie à l'air libre, mais chargé d'humidité, et sa protection sous un bandage crasseux, et trop peu suffisamment renouvelé.
Dans un village, j'ai interrogé des enfants, parmi ceux âgés d'environ huit à douze ans, pour m'enquérir de ce qu'ils avaient déjà eu l'occasion, malgré leurs jeunes âges, d'apercevoir du monde extérieur. À part un seul d'entre eux, à qui il était arrivé, par le passé, d'accompagner son père jusqu'au premier bourg situé sur la rivière Sékong, aucun des autres ne s'était à ce jour jamais éloigné d'une distance supérieure à quatre à cinq heures de marche, et n'avait donc vu autre chose que la forêt et deux ou trois hameaux katou. Cela signifie qu'ils n'avaient encore eu aucune occasion de côtoyer, mis à part de rares visiteurs Lao qui se sont aventurés jusqu'ici, de populations appartenant à des ethnies différentes de la leur. Cela signifie aussi, et ils me le confirmèrent eux-mêmes, qu'ils n'avaient encore jamais pu observer nombre d'objets pourtant très utilisés et donc courants ailleurs dans le pays, par exemple des scooters, ou même des vélos, et tant d'autres également.
Les enfants, lorsqu'ils n'ont pas été chargés par les adultes d'accomplir une tâche ou des travaux quelconques, s'occupent de peu, se fabriquant quelques jouets sommaires, ou quelques armes efficaces, des lance-pierres notamment. Les plus jeunes s'amuseront très longtemps de modestes captures d'insectes, très souvent des scarabées rhinocéros géants, qu'ils attacheront et traîneront ensuite pendant des heures au bout d'une ficelle, les incitant sans cesse à prendre leur envol, qu'ils effectuent en émettant un bruit de bourdon sourd, les faisant de la sorte, à n'en pas douter, abominablement souffrir sans même y songer. Il est ainsi extrêmement rare, à vrai dire exceptionnel, d'observer un enfant paraissant s'ennuyer, désœuvré, encore moins geindre par caprice ou par frustration, ou se répandre en pleurs, ni même rechigner, se lamenter ou faire la tête, et définitivement jamais entrer en altercation ou dans un état colérique, face à un camarade ou un parent. Au contraire, tout au long des journées, les villages résonnent de leurs exclamations et de leurs rires, toujours réunis par groupes, au minimum par paires, allant très rarement seuls. À l'aube ou au crépuscule, s'il fait frais, lorsqu'ils restent s'amuser à l'extérieur, ou simplement tenir compagnie à des adultes attelés à telle ou telle activité, les enfants katou, les fillettes surtout, ont l'habitude de se blottir, de s'enrouler, dans des couvertures, derniers reliquats des tuniques traditionnelles autrefois employées par tous, rappelant que les katou relèvent d'une culture du vêtement drapé, et non du vêtement cousu, permettant par ailleurs de mentionner là un autre aspect "circulaire" de leur société.
Voici les prénoms des enfants d'un modeste village katou : Amak, Aksaï-Djann, Di-Anne, Dinne, Ni-Anne, Da (Dasavanh), Ni-Êt, None, Nik, Baye, Assour, Law, Lème, Done, Huay, Oï-i, Nip, Nam, Noy, Apial, Laup, Lek, Loua, Det, Naï, Neu, Nep.
Deux fois seulement, en pourtant plusieurs semaines cumulées de pérégrinations dans la région, j'ai pu apercevoir une école au sein d'un village. Simples cahutes de bois et de bambou implantées légèrement à l'extérieur des hameaux, je ne les ai toutefois jamais observées autrement que vides, et sans aucun doute non usitées, ni même visitées, depuis plusieurs mois auparavant. Interrogeant à quelques reprises les villageois sur ce sujet de la scolarité des enfants, je ne suis jamais parvenu à obtenir des informations plus précises que "l'instituteur est parti", "l'école, oui parfois", "cette année, non pas d'école", "cette année pas d'instituteur venu", "l'école, oui quelques journées dans l'année", etc.
La polygamie - plus spécifiquement la polygynie - n'est pas, encore à ce jour, une pratique rare ni taboue parmi les Katou. À trois ou quatre occasions, j'ai ainsi rencontré des hommes entichés simultanément de deux épouses. J'ai par ailleurs pu assister, un soir, accueilli au sein d'une famille, à la signature du contrat d'une future union conjugale entre deux jeunes gens. Il ne s'agissait toutefois en aucun cas de la cérémonie d'alliance - il n'y eut d'ailleurs à cette occasion aucune réjouissance festive particulière, à peine un peu d'alcool servi, le mariage en lui-même allant être célébré quelques semaines plus tard - mais de la contractualisation, par les parents, de la dot, plus exactement du prix de la mariée, que la famille du garçon, parmi laquelle je résidais, apporterait à celle de la jeune fille. Au bout de quelques efforts, j'étais parvenu à me faire traduire la quasi-totalité des biens concernés et mentionnés dans le contrat - une simple feuille arrachée à un vieux cahier d'écolier - dont le montant global atteignait trente millions de kips, l'équivalent de deux-mille-sept-cents euros. Voici la liste de ces biens, à laquelle il ne doit donc manquer que quelques éléments de moindre importance :
- trois buffles, pour une valeur totale de 15 000 000 kips ;
- un araire et un bât de labour, pour une valeur de 6 000 000 kips ;
- des bijoux traditionnels, pour une valeur de 3 000 000 kips ;
- deux grandes jarres émaillées, pour une valeur de 1 000 000 kips & 700 000 kips ;
- un gong rituel de bronze, pour une valeur de 700 000 kips ;
- deux cochons, pour une valeur de 500 000 & 400 000 kips ;
- de l'argent numéraire, pour une valeur de 600 000 kips ;
- une petite turbine électrique de rivière, pour une valeur de 500 000 kips ;
- un stock de sel (employé pour la conservation des aliments plutôt qu'en condiment), pour une valeur de 100 000 kips.
En une soixantaine de journées d'errances dans la région, je pense avoir visité la totalité des villages situés dans la Haute-Sékong, sur la rive gauche de la rivière du même nom. Durant ce second séjour en pays katou, j'ai eu l'opportunité de résider huit nuits au sein d'un même hameau, accueilli dans une famille avec laquelle je me suis particulièrement bien entendu, accomplissant donc là une escale d'une semaine au total, momentanément interrompue une seule fois, le temps d'une escapade de quelques journées à l'extérieur, vers d'autres villages de la région, avant d'y revenir. La veille du jour où j'ai dû me résigner, avec maints regrets, à définitivement quitter ce village et cette famille, mon hôte a souhaité, en mon honneur, sacrifier un chien. Bien que ces animaux soient présents en très faible nombre dans les villages katou - pour des raisons que j'ai expliquées précédemment - cette viande, comme il en est de même parmi plusieurs groupes ethniques des montagnes de l'autre extrémité du pays, dans le nord, est ici beaucoup appréciée.
Comme indiqué plus haut, il est rare que de la viande soit au menu des Katou, et lorsque cela se produit, elle proviendra le plus souvent de gibiers de chasse. S'il s'agit toutefois d'animaux domestiques, chez les Katou comme parmi pratiquement toutes les populations du pays, ceux-ci seront invariablement abattus par égorgement, après qu'ils aient été simplement immobilisés au sol, éventuellement préalablement entravés si leur force musculaire le nécessite, afin de pouvoir consciencieusement récupérer le précieux sang dans une bassine. Pour la mise à mort du chien, les hommes s'y sont cette fois pris d'une manière étonnamment sauvage, féroce et brutale, à vrai dire potentiellement choquante et troublante pour un spectateur occidental. En maintenant plusieurs mois cumulés à parcourir les villages de nombreuses minorités ethniques du pays, je n'avais encore jamais observé une scène aussi cruelle, et résolument barbare.
Deux hommes, équipés d'une longue corde, se sont d'abord doucement approchés de leur proie, qui a alors à peine esquivé une tentative de dérobade, mais dont l'attitude démontrait pourtant sans ambiguïté qu'elle pressentait déjà quel triste et affreux sort l'attendait. Les hommes ont ensuite noué la corde, à mi-distance de sa longueur, autour du cou du chien, puis en ont chacun immédiatement agrippé une extrémité afin de la tendre, maîtrisant ainsi le canidé dans une position tout à fait sordide et inconfortable, à moitié suspendu et étranglé, empêché de toute possibilité de fuite et même de mouvements, et bien sûr de morsures envers ses violents agresseurs, de la sorte assurés de pouvoir se tenir chacun à une distance prudente. Pour la pauvre bête, ce n'était pourtant là que le commencement de son supplice. La corde fut ensuite, tout en ne cessant d'être maintenue fermement tendue, attachée entre deux arbres, à une hauteur autorisant tout juste à la bête de poser ses deux pattes postérieures au sol. Là, cette fois équipé d'un solide gourdin, l'un des hommes s'est attelé à battre l'animal, violemment et sans le moindre état d'âme apparent, faisant pleuvoir les coups sur l'ensemble de son corps, épargnant visiblement la tête, alors que cela aurait pu permettre sans doute d'abréger ses souffrances. Après des gémissements, puis des hurlements, de nouveau des gémissements, et enfin quelques râles, elle était inerte, et ce n'est qu'à ce stade, morte ou à peine, qu'elle fut détachée puis égorgée.
Je n'ai pas eu d'autres occasions de prendre part à des "festins canins" parmi les Katou pour pouvoir constater si ce mode d'abattage était ou non universellement pratiqué. Je ne sais ce qui est recherché dans cet abominable procédé de tuerie, tout juste ai-je émis l'hypothèse qu'il était à relier à une croyance voulant que ce fût là une façon de "bonifier" la viande, de l'attendrir peut-être. Ce que je peux dire en revanche, c'est que cette scène n'a semblé en rien revêtir un caractère exceptionnel puisque, mis à part quelques spectateurs présents, la quasi-totalité des villageois, non concernés ont, durant ce temps-là, normalement poursuivi leurs activités, comme si de rien n'était.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
bravo pour ce nouveau récit, le temps que tu prends pour nous raconter et nous faire vivre ton expérience.
je suis admirative du fait que tu sois partie sans guide à la recherche des villages car pour avoir faire 8 jours de marches a partir de pongsaly, sans un local, nous n'aurions jamais su nous retrouver dans tous les chemins
yemen
Merci de ton enthousiasme, ça fait plaisir. Il n'y a pas de suite car cette fois je ne suis pas parvenu, comme je l'ai pourtant souvent fait autrefois dans le Nord, à écrire sur place et au fil des jours ce que j'observais dans les villages. Je ne sais pas expliquer pourquoi. Peut-être parce que les "interrogatoires" m'avaient un peu refroidi au début. J'avais pourtant un peu commencé mais en relisant l'ensemble au bout de dix jours, j'ai estimé que ça ne valait rien et j'ai tout jeté. Puis je ne suis plus parvenu à m'y remettre. Les notes ci-dessus ont été écrites de mémoire, après mon retour, et je suis malheureusement incapable d'en rédiger plus.
A +
321
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Ah, c'est vrai que la province de Pongsali est le royaume du labyrinthe ! Combien de fois me suis-je perdu là-dedans, parfois durant plusieurs heures, avec quelques belles frayeurs paniquées à la clé !
Sur ce point l'extrême est de la province du Sékong est un peu différent. Le réseau des sentiers est moins dense mais ceux-ci, du fait de l'extrême éloignement et isolement géographique des villages Katou de cette zone, sont trop peu empruntés et donc foulés. Ils ont alors perpétuellement tendance à disparaître, à être "repris" par la végétation envahissante. Ce qui fait que le doute est récurrent : suis-je bien sur un sentier principal qui mènera à un village, ou sur un simple passage de bête qui ne mènera nulle part ?!
A +
321
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Merci à toi pour tes carnets et tes photos. Nous avons vu ce type de pipe sur le plateau des bolovens aussi peut-être un peu moins longues mais utilisées par toute la famille. C'est vrai que les interrogatoires ont du être pénibles par rapport au Nord.
A+ Breiz
Avec toi les mots "voyage" et "decouverte" ne sont pas galvaudes, c'est le moins que l'on puisse dire... Tes photos me rappellent celle d'Yves Goudineau, ethnologue specialiste des Katou, dont tu as certainement entendu parler. Il aimerait ton recit (s'il ne l'a lu? Qui sait?), a n'en pas douter. Merci encore a toi de nous faire partager ainsi ton experience. C'etait un defi pour toi de te rendre dans ce coin enclave et meconnu du Laos, different des provinces septentrionales que tu as parcouru, et tu l'as fort bien releve (je me rappelle encore des Cassandre qui tentaient de te prevenir de te rendre par la sur ce meme forum). Salut l'ami, a bientot.
belles aventures, recits et photos super reussi!!!!!!!!
je m'etais rrendus mois aussi en 2008 dans la province de pongsaly;pendant le trajet en bus sur la route de pongsaly ville, j'ai voulu descendre en cour de route pour suivre une vielle femme qui arborrais je ne sais quelle tenue karen ou autre mais je n'ais pas osé, en voyant tes recits, je me dit que j'aurais mieux fait, car mon but etais aussi d'aller a la rencontre de ces tribus sans guide tout seul mais je n'ai pas ete aussi aventurier que toi et pas assez renseigné pour m'egarer dans les find fonds des montagnes;une prochaine fois je me reserve ca c'est sur!!!
en tous cas chapeau et bravo pour ton courage de partir seul comme ca!!!!!!!
Juste pour préciser qu'il n'y a pas de Karen au Laos, mais au Myanmar seulement, et aussi un peu en Thaïlande.
Pour préciser aussi que suivre une femme (vieille ou plus jeune, des montagnes ou des plaines) seule au Laos n'est pas du tout une bonne idée. Elle ne comprendra jamais tes intentions et se retrouvera totalement désemparée, et plus sûrement terrifiée. Il faut au moins qu'il y ait un homme parmi les gens que tu suivrais...
A +
321
Retour à l'autre extrémité du pays…
…village Katou, province de Sékong.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
Ça y est, le tout premier voyage organisé est proposé dans cette région très reculée de la Haute-Sékong.
La même "prestation" (même prestataire sur place...) est proposée par deux agences de tourisme : ICI et LÀ.
Fichtre, rien ne les arrête. Ça m'a fichu un coup...
A +
321
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
Ça y est, le tout premier voyage organisé est proposé dans cette région très reculée de la Haute-Sékong.
La même "prestation" (même prestataire sur place...) est proposée par deux agences de tourisme : ICI et LÀ.
Fichtre, rien ne les arrête. Ça m'a fichu un coup...
A +
321
J'ai quand-même été un peu étonné que ces agences, dans leur discours commercial, aient utilisé exactement le même mot et surtout la même orthographe que moi pour désigner la pipe à eau des Katou : le khork'. Un mot que je n'avais jamais lu nulle part, et dont j'avais alors "inventé" l'orthographe en 2010, après l'avoir entendu d'innombrables fois de la bouche des Katou eux-mêmes s'adressant à moi : souf khork' ? (tu veux fumer le khork' ?). Avec l'apostrophe finale, je tentais de retranscrire la manière dont les Katou prononcent ce mot, comme brièvement "soufflé" depuis la gorge.
Ainsi, à partir de ce simple mot, il ne m'a pas fallu longtemps pour découvrir la source commune de ces argumentaires commerciaux : ICI. Et dans ce texte, en plus de "mon" mot, figurent de nombreuses autres troublantes similitudes avec mes notes de voyage ci-dessus. Un seul exemple parmi d'autres :
MOI :
Le riz récolté est tellement peu abondant dans la région qu'il semble le plus souvent hors de question de l'utiliser autrement que pour l'alimentation et donc en aucun cas pour la confection d'alcool.
EUX :
Le riz récolté est si peu abondant dans la région qu'il semble le plus souvent hors de question de l'utiliser autrement que pour l'alimentation et rarement pour la confection d'alcool.
C'est un peu vexant de se voir corrigé de la sorte...
A +
321
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seul, sans guide,
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On a vu des proces pour moins que ca...
Mais c'est la rancon du succes.
C'est aussi pour ca que je m'interdis d'evoquer certains endroits sur un forum grand public comme celui la.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants,
les morts, et ceux qui vont sur la mer.
Aristote (parait il)
On a vu des proces pour moins que ca...
Mais c'est la rancon du succes.
C'est aussi pour ca que je m'interdis d'evoquer certains endroits sur un forum grand public comme celui la.
Salut Wolf',
Et pourtant, si tu savais à quel point je brouille les pistes ! Impossible de me suivre à la trace !
Mais là, faut reconnaître, ils sont malheureusement un peu fortiches.
A +
321
PS. Hommes et enfant katou fumant le khork' (si si, l'enfant aussi).
200 jours à pied,
seul, sans guide,
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j ai lu avec grand interet ton aventure chez les Katou dans le Sud-est Laos.
Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord. Belle xperience avec des rencontres authentiques et des paysages majestueux.
En bateau l avantage est qu il suffit de suivre le lit de la riviere pour trouver son chemin. Par contre a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village? Comment traces-tu ton itineraire?
Il me reste 15 jours au Laos et maintenant je souhaiterais continuer a pied car j ai donne mon bateau a un pecheur.
Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord.
Ah, pas de marche finalement ? Mais quel cours d’eau as-tu navigué ? Et sur quel tronçon ?
a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village?
Là tu m’excuseras, je fais mon fainéant car j’en ai déjà tellement souvent parlé. Quelques exemples parmi plein d’autres :
> Les cartes il faut se les réaliser soi-même.
> Car celles accessibles au grand-public sont inexploitables.
> Il faut donc y aller au feeling, mais sous certaines conditions.
> L'important à savoir, c’est que seuls les villageois sont aptes à fournir des indications valables.
> Récapitulatif.
Comment traces-tu ton itineraire ?
Tu comprendras donc que je ne trace jamais un itinéraire à l’avance puisque c’est totalement impossible, mais qu'il s’élabore de lui-même au fil des jours, des semaines, au fur et à mesure de ma progression.
A +
321
PS. Stp n’oublie pas de me répondre au sujet du cours d'eau et du bateau.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
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Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord.
Ah, pas de marche finalement ? Mais quel cours d’eau as-tu navigué ? Et sur quel tronçon ?
De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village?
Là tu m’excuseras, je fais mon fainéant car j’en ai déjà tellement souvent parlé. Quelques exemples parmi plein d’autres :
> Les cartes il faut se les réaliser soi-même.
> Car celles accessibles au grand-public sont inexploitables.
> Il faut donc y aller au feeling, mais sous certaines conditions.
> L'important à savoir, c’est que seuls les villageois sont aptes à fournir des indications valables.
> Récapitulatif.
Comment traces-tu ton itineraire ?
Tu comprendras donc que je ne trace jamais un itinéraire à l’avance puisque c’est totalement impossible, mais qu'il s’élabore de lui-même au fil des jours, des semaines, au fur et à mesure de ma progression.
As-tu deja ete dans le nord-centre vers le Mont Phu Bia, le plus eleve du Laos qui se situe pres de la ville de Saisombum. Sur ma carte routiere, il est note que c est une zone speciale. Sais-tu ce qu il en est de cette zone, est-elle intedite? En tout cas elle m interesse car dans aucun guide il ne parle de cette zone et aucun touriste ne m en a parle. C est deja bon signe.
Fais-tu du stop au Laos ou tu prends le bus jusqu a un point puis tu marches?
Est-ce que c est indipensable de savoir +ou- parle Laos selon toi? Je n ai rencontre aucun souci dans le nord mais ce n est pas aussi recule que les zones que tu as faites.
A +
321
A+
Julian
PS. Stp n’oublie pas de me répondre au sujet du cours d'eau et du bateau.
De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
Je te trouve un peu avare en détails, et nos échanges un peu déséquilibrés du coup...
Naviguer sur la Nam Ou ne s’improvise pas. C’est une rivière turbulente (même si le pire se situe en amont de Hatsa). Donc je suis curieux d’en savoir un peu plus... :
- Quel type de pirogue as-tu acheté : à moteur ou pas ?
- Combien de personnes pour conduire la pirogue ?
- Es-tu/étiez-vous accompagné(s) de Lao ou pas ?
A +
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De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
Je te trouve un peu avare en détails, et nos échanges un peu déséquilibrés du coup...
Il suffit de me poser tes questions, je suis pour le partage, c est juste que je ne savais pas trop quels infos tu cherchais?
Naviguer sur la Nam Ou ne s’improvise pas. C’est une rivière turbulente (même si le pire se situe en amont de Hatsa). Donc je suis curieux d’en savoir un peu plus... :
- Quel type de pirogue as-tu acheté : à moteur ou pas ?
Bateau de pecheur en bois mais grande taille
- Combien de personnes pour conduire la pirogue ?
3 personnes. Si tu veux le faire seul ce qui est tout a fait possible, il te faut une taille de bateau plus petite
- Es-tu/étiez-vous accompagné(s) de Lao ou pas ?
On etait pas accompagne et avions notre nourriture avec pour 4 jours car on preferait ne pas tout demander au villageois, de nous aussi partager avec eux.
On a achete une grande baches que l on a place au milieu du bateau pour envelopper les sac a dos et nourriture. Essaie de trouver un sac special etancheite pour l electronique si tu en as car mon appareil photo est tombe a l eau et il est foutu. Mais je ne l avais emballe que dans un sac plastique.
Oui en effet c est a Hatsa que c est le plus chaud au niveau rapide mais aussi juste apres Nong Khiaw (environ une demi-journee de bateau apres) il y a aussi des rapides. Nous n avons pas passe le barage qui se trouve un petit peu apres mais il parait selon des villageois qu on peut le passer mais il faut porter le bateau en demandant l aide des villageois pres du barage.
On a achete le bateau 65euros avec les 3 pagaies. Il etait en super etat, vraiment un bon et beau bateau. Ah oui il etait sans le moteur, nous avions juste de l huile de coude ;-)
N hesite pas si tu veux d autres infos, ca me fait plaisir de partager.
Ah, merci pour les détails sur la navigation. J'étais intrigué car je croyais d'abord comprendre que tu étais seul et honnêtement ça me semble peu réalisable de franchir certains rapides sans coéquipier. Ceci dit je n'ai jamais dirigé moi-même une embarcation au Laos (et ne compte pas le faire d'ailleurs, les abords immédiats de ces cours d'eau m'intéressent généralement peu). Mais merci quand-même pour les conseils.
Il y a deux gars du forum qui ont navigué de Hatsa à Luang Prabang il y a quelques temps. Voir ICI. Malheureusement je ne retrouve plus l'adresse du blog dans lequel l'un d'eux relatait le périple dans son intégralité.
Nous n avons pas passe le barage qui se trouve un petit peu apres
Bordel, il y a donc désormais aussi un barrage après Nong Khiaw ?! C'est vraiment la fin ce pays... À terme, c'est sûr, ça va être un désastre écologique (il y a actuellement plus de 70 projets de barrages dans le pays...).
Oui en effet c est a Hatsa que c est le plus chaud au niveau rapide
En fait je parlais de L'AMONT de Hatsa (de là c'est possible de remonter pendant deux longues journées, je l'ai fait en 2007 et 2009 (voir la toute fin de ce message). C'est là que les rapides sont les plus terrifiants, et de loin : il faut régulièrement tracter les embarcations à la corde.
As-tu deja ete dans le nord-centre vers le Mont Phu Bia, le plus eleve du Laos qui se situe pres de la ville de Saisombum. Sur ma carte routiere, il est note que c est une zone speciale. Sais-tu ce qu il en est de cette zone, est-elle intedite? En tout cas elle m interesse car dans aucun guide il ne parle de cette zone et aucun touriste ne m en a parle. C est deja bon signe.
Oui, c'est une zone spéciale (militarisée). Il s'y est passé des choses peu réjouissantes (cherche sur Youtube : "Guerre Secrète au Laos (Envoyé Spécial, 16 Juin 2005)" et c'est très certainement encore le cas aujourd'hui. C'est donc volontairement qu'il n'y a pas beaucoup d'infos sur cette région. Je ne sais pas quel est l'état des interdictions et restrictions aujourd'hui mais je doute que tu puisses aller bien loin (Long Chen et les quelques bleds situés sur la piste semblent accessibles mais je suis à peu près certain que l'on ne te laissera pas rejoindre les recoins excentrés de la zone, ceux qui ne s'atteignent qu'à pied). En tout cas je n'ai jamais tenté mais je ne pense pas qu'il faille privilégier ce secteur pour de la randonnée. Le risque c'est donc aussi que tu fasses le déplacement pour rien. Sans compter que je ne pense pas non plus qu'il s'y trouve de beaux villages traditionnels.
Fais-tu du stop au Laos ou tu prends le bus jusqu a un point puis tu marches?
Le stop, c'est vraiment pas un truc qui se pratique couramment au Laos. J'ai très rarement essayé, et de plus ce n'était pas en me postant au bord de la route le pouce levé (d'ailleurs ce signe ne serait pas du tout adapté sur place puisqu'il signifie que "tout va bien" !). C'était plutôt lors de mes retours vers les vallées et les plaines, en sollicitant les conducteurs en arrêt dans les villages, dans des endroits où je ne voulais pas rester et où je n'avais pas de bus avant le lendemain par exemple. Et puis il faut savoir que la plupart du temps, dans les conventions locales, ce genre de service, comme d'autres, se rémunère.
Enfin, l'intérêt du stop pourrait se présenter sur les pistes/routes non desservies par les bus, mais sur ces axes tu risques de croiser si peu de véhicules que ça peut en devenir risqué.
Bref oui, pour ma part c'est donc approche en bus, pirogue, etc. puis marche pendant plusieurs semaines.
Est-ce que c est indipensable de savoir +ou- parle Laos selon toi? Je n ai rencontre aucun souci dans le nord mais ce n est pas aussi recule que les zones que tu as faites.
Oui c’est rigoureusement indispensable, mais quand je dis cela, c'est uniquement en parlant des villages reculés et isolés en montagnes, ceux qui ne s'atteignent qu'à pied, ceux qui ne sont jamais visités. Ceux situés le long des voies de circulation n'impliquent pas du tout les mêmes problématiques.
- Voir le deuxième paragraphe.
- Voir le cinquième paragraphe.
- Voir le dernier paragraphe.
- Voir les 2 premiers paragraphes.
Est-ce que tu as deja parcouru le centre, c est-a-dire une des regions qui s etend entre Vang Vieng , Pakse jusqu a la frontiere du Vietnam?
Non, ce n'est pas une région qui m'intéresse. Du moins on n'y trouve pas ce que je recherche.
A +
321
200 jours à pied,
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This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
I'm starting my first travel journal since VF reopened!
This will mostly be to share my impressions and some photos, with a few days' delay, but I'm starting this journal while I'm still here.
First, I'd like to thank those who helped me prepare for this trip.
I was able to organize this stay in one of the most expensive countries in the world thanks to the home-exchange principle. Not necessarily a direct swap, but through a points system, which is more practical for choosing where you want to go without it having to be a reciprocal exchange.
For this trip, there will already be two different accommodations. We'll see how it goes after that.
The first place is near Yverdon-les-Bains, close to Lake Neuchâtel.
So, we're going to explore this area!
We arrived under capricious weather that won’t leave us for the next few days!
We had dinner at a pizzeria recommended by *Le Routard* in Yverdon, then took a little nighttime stroll through the town center before heading inland to settle into our accommodation.
We discovered a very large, quiet house—and especially the cat that stayed behind! Funny for a couple of mice! He’ll be sleeping with us 😹
After summer 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland in summer 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, to tackle part of the Kungsleden trail too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very busy (and it really is!!), and finish with the wilder option: Sarek! The park is nicknamed Europe’s last wild space—I think it’s incredibly inspiring!!
The downside of this choice is that resupply options are nonexistent in Sarek and not really suited for trekking along the Kungsleden, so we’ll have to carry quite a bit of food for the entire first part with Sarek in mind.
Oh well, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (a classic) and head to Vakkotavare (also a classic, but with some variations to avoid the official route and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before reaching Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the breathtaking view of Rappaladen if we end up skipping Sarek.
This adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
So if you’re interested, I invite you to follow our fully packed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
08/14 – Somewhere above Rapadalen – above the Skarki hut
08/15 – Above the Skarki hut - Skarja
08/16 – Camping at Skarja
March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.
I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.
At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.
At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.
March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.
When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.
Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.
Not far from there is St. Anne’s Church
, also Baroque, adorned with beautiful frescoes
—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit.
I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.
Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.
Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare
We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.
I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.
Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.
We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would even interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few people asked, "Are you going to write a journal?" and especially after rediscovering the joy of reading other travelers’ journals about Japan or elsewhere on this forum, I’ve decided to share my 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute again this year.
Since I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination even without concrete plans, stumbling upon a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After much hesitation between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and Southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The ticket is booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s better than in 2023.
Departure in 2 weeks! Now I just have to get everything ready!
Intense prep work over these next 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or revisiting beloved spots...
decide how much time to spend in each area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot, but last year, we realized that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—though we’ll keep a few options open in case better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—are we going to be drenched the whole time???
"What hard work," you might say! Going to Japan for a month—what a tough life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight, there weren’t many seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the way there, we have middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s already time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient, and maybe set an alert...
Kattegat isn’t just the name of the village in the TV series *Vikings*—it’s also the stretch of water separating Denmark from Sweden... the sea, basically! And further north, you’ve got Norway and its fjords!
Originally, I’d planned to just do a loop around Kattegat, with the *Under* restaurant in Lindesnes as our anniversary treat... but along the way, we thought, why not "push" a little further north, keeping an eye on the budget since we’d chosen to travel by car in June 2025 through Scandinavia.
Why by car when most travelers opt for a camper van, while others prefer the comfort of cruises?
Well, because we don’t own a camper van, renting one is pricey, and then you’ve got to add fuel costs (those things guzzle gas!), ferry fees, and other "tolls." All things considered, we went for mostly rentals—especially since there were four of us at the start of the trip.
We spent the first week in Denmark with our daughter and son-in-law. Then they flew back to Belgium, and we continued our adventure as a couple.
For accommodation, we mainly booked Airbnb apartments, which helped keep costs down and, most importantly, let us prepare our own meals (diet, diet!).
In this travel journal, you’ll discover (or rediscover, for those who followed my older ones) our unbridled love for theme parks, museums, unique experiences, and—especially in Denmark—Legos!
Unfortunately, we didn’t do any hikes this year because the unpredictable weather had made the trails slippery, and since I’d already taken three tumbles during the trip, I didn’t want to risk another!
In the end, we traveled for 32 days, covered 6,200 km, and most importantly, discovered the charming country of Denmark, marveled at Norway’s breathtaking fjords—all without suffering the heatwave that hit France and Belgium that June!
If you’ve got any questions, don’t hesitate to ask!
June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
Here’s our account of our trip to Malaysia from September 11th to 27th.
I hope our tips can help others as much as this forum has helped us!
Day 0:
Departure from Nantes with a transfer in Amsterdam via KLM (720 €).
Day 1:
We arrive at KLIA1 in the early afternoon.
First challenge: figuring out where to pick up our luggage. Turns out the answer is right under our noses—we need to take the airport’s internal metro!
Once we’ve got our bags, we withdraw some cash from a Maybank ATM right there.
Next up: SIM card! Just outside the arrivals hall, several kiosks offer them. We go for a Celcom 5 GB card (70 RM).
Then it’s taxi time to get to KL, in the Bukit Bintang area—about 85 RM in a slightly old taxi with weak air conditioning.
We check into our Airbnb apartment, which is clean, more spacious than a hotel room, and—best of all—has a charming balcony with a gorgeous nighttime view!
We end up hanging out on that balcony, reviewing our plans for the next day. After dark, we take the monorail just a short walk away to enjoy our first evening on a rooftop at the 34th floor: Hélipad (Raja Chulan station—you have to enter the Menara Tower at the base of the station) with a panoramic view of the city and its iconic towers.
Finally, we head to Jalan Alor to grab a bite in this super busy street.
Big sleep ahead! 😴
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.
Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior.
Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust...
What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.
Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold?
And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs.
The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos.
When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.
The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams.
The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.
Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.
We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.
The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it.
Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead.
We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!
That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air.
We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems.
We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect.
That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet.
In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill.
We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle.
The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia.
Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change:
- I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly.
- Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).
Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less).
This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro).
We chose Gran Canaria... not sure it was the right call!
Whose fault is it?
Storm Thérèse’s!
Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03
Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia.
The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down.
It had just rained, but it was (almost) no longer raining.
We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter.
We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier).
So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours.
We found a huge parking lot... empty.
The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕.
So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon.
As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon!
Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded .
The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete.
The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛).
Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked!
Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.
Trip Planning
My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers.
I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22
Departure
It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station.
The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots.
We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible.
We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher.
We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it.
I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes.
We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel.
After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room.
A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view.
It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want.
Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day.
Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive.
A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery.
We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all.
In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23
After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park.
The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds.
Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride.
We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park.
It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot.
We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos.
At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam.
The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock.
On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24
We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast.
When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer.
The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers.
You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes.
At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics.
Next, we visit Jameo Del Agua.
This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique.
There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water.
Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water.
Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics.
Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon.
We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano.
A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano.
When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring.
We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25
After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano.
This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater.
Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment.
The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks.
You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach.
Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products.
We then head to the famous Papagayo beach.
The road ends at a booth where they charge 3 € to continue.
From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road.
Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover.
We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches.
We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks.
The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful.
We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26
We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit.
Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time.
The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here.
We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops.
We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice.
Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise.
On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting.
We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27
After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works.
Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down.
We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it.
On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95.
We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach.
At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28
We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious.
We then head to the airport, just 15 minutes away.
We return the rental car and go to the airport.
A long line to check in our luggage.
The return flight is on time.
A shuttle bus takes us to Saint-Charles station.
We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases.
The rental is between the old port and the train station.
Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor.
The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular.
This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit.
I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual.
Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up...
We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.
.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later.
Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:
Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:
I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias??
As a fan of vintage planes, I loved it...
On the other hand, the light was incredibly harsh.....!!
Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge.
Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.
Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??
A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:
Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!
When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me.
I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉