Laos, en pays Katou, deux mois à pied aux confins de la province de Sékong
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« Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! »
(Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !)
Un homme katou
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TABLE
Introduction
I. Orpailler
II. Marcher
III. Habiter
IV. Contrôler
V. Manger
VI. Fumer
VII. Tuer
(Puis quelques photos à partir d'ICI ainsi que LÀ).
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Introduction
À deux reprises et à trois années d'intervalle, durant un mois chaque fois, j'ai marché, seul, sans guide, dans l'extrême sud-est du Laos, vers les confins de la province de Sékong, en direction des villages de l'ethnie Katou les plus isolés et les plus traditionnels de la région, dans lesquels je fus accueilli chaque nuit, devenant dès lors par ailleurs le tout premier touriste à se rendre en ces lieux. Ces étonnants et emblématiques villages circulaires, au caractère tribal original et remarquable, sont disséminés au cœur d'une zone résolument sauvage de montagnes escarpées et de forêts denses que l'on ne peut atteindre qu'à pied, la plupart du temps via d'étroits et improbables sentiers, rares traces tellement peu foulées qu'elles disparaissent continuellement sous la végétation envahissante.
La province de Sékong est la plus pauvre du Laos, et parmi les quelques groupes de populations qui la peuplent, les Katou figurent sans conteste au nombre des plus déshérités. Les Katou, les Khas-tuu, c'est-à-dire les "sauvages d'en haut" si l'on veut croire, entre toutefois d'autres hypothèses possibles, à une étymologie d'origine mixte, lao pour la première syllabe et katou pour la seconde.
Les Katou - ou Katu, Kantou - composent un des groupes ethniques les plus isolés et méconnus du Laos, même de leurs compatriotes. Population encore un peu crainte, car non laocisée, elle peuple une région montagneuse difficilement accessible, la Haute-Sékong, toujours peu connue à ce jour, et même redoutée de la plupart des Lao eux-mêmes : les Katou vivraient dans des contrées mystérieuses et dangereuses - un monde forestier demeuré non civilisé - voire s'avéreraient eux-mêmes dangereux. La réputation belliqueuse et sanguinaire des Katou n'est pourtant plus justifiée : leurs villages ne sont plus fortifiés, car les équipées sauvages et guerrières entre tribus voisines - les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-groupes - ont cessé depuis quelques décennies, et le tout dernier témoignage relatif à leurs fameuses Chasses au Sang rituelles, destinées à conjurer une catastrophe, un bouleversement ou une malédiction, date déjà de la fin des années 1930. Les sacrifices humains et les actes de cannibalisme qui s'ensuivaient - le sang et des organes vitaux étaient consommés par les chasseurs - ont désormais été remplacés par l'immolation rituelle occasionnelle de buffles.
Toujours est-il que les villageois Katou restés retranchés dans l'extrême est de la province de Sékong vivent encore véritablement en marge de la nation. Les influences culturelles et économiques lao s'arrêtent en effet de manière quasiment nette au pied des premiers escarpements qui composent leur pays, dans le sud de la Cordillère annamitique, chaîne montagneuse forestière formant une barrière naturelle ici difficilement franchissable entre le Laos et le Vietnam voisin. Un relief tourmenté, de petites vallées profondément encaissées et aux orientations diverses et variées, une nature éminemment sauvage et préservée où abonde une faune exceptionnellement riche, parmi laquelle de nombreuses espèces rares et endémiques à la région.
Bien que faisant épisodiquement, de la part des autorités, l'objet de tentatives d'intégration à la société lao, se traduisant par des incitations à transmigrer, c'est-à-dire à déplacer leurs habitats vers les vallées plus accessibles, et donc mieux contrôlables, les groupes Katou les plus reculés de la province sont néanmoins parvenus jusqu'à aujourd'hui, grâce à cet isolement géographique exceptionnel et radical, ainsi qu'à l'absence presque totale d'influences extérieures, à préserver une très forte indépendance culturelle. Ils ont par exemple pu perpétuer l'usage, au quotidien, de dialectes propres, ainsi que des croyances et rituels animistes particulièrement singuliers. De plus, contrairement à de nombreuses autres "enclaves ethniques" du pays, aucun groupe de population plus majoritaire et mieux intégré à la société lao, des bouddhistes notamment, n'est encore jamais venu s'implanter à proximité de leur territoire. Les Katou ont ainsi pu conserver nombre de leurs traditions ancestrales, généralement en étroite relation avec leur riche et dense environnement forestier.
Les Katou sont donc animistes et ils s'efforceront en permanence d'entretenir des rapports harmonieux avec les nombreux phii, les "esprits", qui peuplent la montagne, les grottes, la forêt, les cours d'eau, le village, les huttes, et d'autres lieux encore. Si cette harmonie a été rompue par viol d'une tradition ou d'un tabou, ou pour toute autre raison qui se manifestera le plus souvent par l'apparition d'une maladie, d'un décès ou encore d'une mauvaise récolte, seules les chamanes Katou sauront alors, par des méthodes ancestrales de divination, en définir l'origine, puis rétablir ce lien entre les humains et les "esprits" contrariés ou offensés.
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Pour atteindre le pays Katou, il faut d'abord, après deux à trois jours de transport routier depuis Vientiane, capitale du Laos, remonter le cours de la rivière Sékong, en pirogue durant une journée supplémentaire, afin de rejoindre un dernier modeste bourg établi en amont. Là se situe le véritable point de départ, à pied cette fois, vers ledit pays, localisé au cœur d'un massif montagneux particulièrement sauvage, et qui s'étend loin à l'est, jusqu'à la frontière avec le Vietnam voisin, et même au delà. Faute du moindre autre passager candidat pour remonter à mes côtés cette rivière Sékong, j'ai dû affréter seul l'embarcation. Comme presque toutes celles de la région, il s'agit d'une pirogue très sommaire, d'une longueur de six ou sept mètres au total, et façonnée dans un unique fût de bois évidé, les plats-bords ayant ici toutefois été rehaussés de quelques centimètres afin de tenter de nous protéger au mieux, à peine cependant, des remous et des projections d'eau dans les plus forts rapides que nous devrons affronter.
C'est durant ce trajet que j'ai pu observer les premières orpailleuses. Seules les femmes semblent s'adonner à la recherche de l'or dans les cours d'eau de la région. Accroupies isolément dans le lit de la rivière, à quelques mètres des berges, elles "lavent" inlassablement de petites quantités de sable. À l'image des pirogues du coin, les batées utilisées pour cette prospection aurifère sont taillées dans de volumineuses pièces de bois massif, pour composer ces sortes de disques coniques très évasés, lourds, de parfois près d'un mètre de diamètre. Manipulées avec un double mouvement de rotation et de balancement, seul l'effet de la gravité est ainsi utilisé pour séparer les alluvions des poussières d'or, d'une densité différente, sans même faire appel au mercure, auquel ces populations n'auraient de toute manière en aucun cas accès. Lors d'une halte, je suis allé observer le butin de quelques-unes d'entre elles. Le résultat de plusieurs heures de lavage consiste en à peine plus de quelques minuscules paillettes dorées. Plus tard, dans les montagnes de l'arrière-pays, c'est assez fréquemment que j'ai à nouveau rencontré des femmes rentrant aux villages équipées de leurs batées harnachées dans le dos, de retour de "chasses à l'or" dans les torrents environnants. Leurs prises se réduisaient cependant là aussi le plus souvent à quelques poussières jaunes.
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À partir du dernier petit bourg, atteint en une journée de pirogue, il ne se présente plus qu'une seule option pour rejoindre les villages katou les plus isolés de la région : la marche. J'avais bien soupçonné, et cela dès avant mon tout premier périple dans cette contrée, que les premiers hameaux traversés se trouveraient désormais relativement acculturés, et ce fut effectivement le cas. Cela est immédiatement perceptible, d'un simple et rapide coup d'œil, et transparaît notamment par le constat de l'abandon de la traditionnelle disposition circulaire et rayonnante des huttes - dont nous reparlerons en détail - également à travers l'adoption de la tôle ondulée en lieu et place des toitures de chaume, ou encore par l'absence des totems rituels sculptés sur les devantures des façades. Ce n'est qu'au bout de la troisième journée de marche que l'on atteint enfin le véritable pays Katou, et que les beaux villages traditionnels s'offrent finalement et si gracieusement aux regards, nichés dans leurs écrins de verdure. Cette troisième journée constitua d'ailleurs l'une des plus belles de ce périple, une des plus longues, une des plus difficiles, une des plus impressionnantes et troublantes également, notamment de par l'isolement induit des lieux, mais aussi en raison de l'anxiété latente engendrée par la peur de s'égarer. Huit heures sur les discrets sentiers, en permanence au cœur d'une forêt dense, sans la présence d'aucun village intermédiaire, ni aucune autre trace d'intervention humaine, et tout du long, absolument seul, sans faire la moindre rencontre en chemin.
La contrée est résolument escarpée et sauvage, très peu parcourue. Les rivières, au fond des vallées et des ravins, se franchissent toutes à gué, et il faut obligatoirement s'aider d'un long et solide bâton pour ne pas risquer de se retrouver déséquilibré par le fort courant de certaines d'entre elles. Dès qu'un cours d'eau est traversé, le sentier rejoint à nouveau rapidement les crêtes. Les montées sont exténuantes, la chaleur à son comble et l'air, surchargé d'humidité et trop peu présent, engendre une forte transpiration du corps en son entier. La sente, très étroite et souvent extrêmement glissante, est, de plus, fréquemment encombrée de hautes herbes, d'amas de troncs de bambou géant morts et effondrés, et de buissons qui réinvestissent continuellement le moindre espace un peu ouvert. Ce sentier, cette trace plutôt, semble même par endroits n'être que des coulées de bêtes. Les herbes - dites "herbes à paillotes" ou "herbes à éléphants", Imperata cylindrica - atteignent ici des hauteurs impressionnantes, dépassant régulièrement les deux mètres, et dans certains secteurs particulièrement encombrés, le corps tout entier doit alors véritablement forcer le passage et dégager la voie pour pouvoir progresser, seuls les pieds pouvant "regarder" le chemin, parfois large d'à peine une quinzaine de centimètres, et ainsi totalement enfoui sous la matière végétale. Il faut à maintes reprises s'aider des bras pour écarter les buissons enchevêtrés, se baisser, se frayer un passage. L'état de ces sentiers, parce que ceux-ci sont trop peu souvent foulés par les hommes, et qu'ils subissent alors perpétuellement les assauts de la végétation, est révélateur de l'isolement extrême des villages du secteur que je souhaite atteindre, dans les confins de la province. Il montre en effet à quel point les Katou empruntent rarement ces voies menant vers l'extérieur, hors de leur pays, qu'ils ont trop peu d'occasions de quitter pour se rendre dans la plaine.
Une anecdote, emblématique elle aussi du caractère particulièrement sauvage de la région et de l'extrême isolement des hameaux katou, m'a été rapportée lorsque j'ai plus tard fait part aux hommes de mon étonnement de ne quasiment jamais apercevoir de chiens parmi eux. En effet, les chiens, par exemple dans les villages montagnards localisés à l'autre extrémité du pays, dans le Nord que j'ai précédemment souvent visité, outre qu'ils fournissent par ailleurs une viande appréciée, sont aussi là-bas chargés d'un véritable rôle préventif, et accessoirement défensif, contre les tentatives d'incursions de bêtes sauvages à l'intérieur des hameaux. Chez certains groupes ethniques, les Akha notamment, on leur prête même certaines facultés à pouvoir percevoir l'approche, la nuit, des phii, c'est-à-dire des "esprits", qui viendraient rôder aux abords des villages, et qu'ils signalent là aussi de leurs aboiements furieux. Dans la plupart des hameaux katou en revanche, nulle trace d'aucun chien, car les villageois m'ont expliqué que, dans ces environnements très isolés de forêts denses, où ils ne rencontrent presque jamais d'étrangers, ils devenaient rapidement trop agressifs et pouvaient alors attaquer sauvagement le moindre visiteur provenant de l'extérieur. « Phoua khao khin màa, èt màa khin khun ! » qu'ils me disaient, "Nous mangeons nos chiens, mais nos chiens mangent les hommes !".
Marchant le plus souvent seul, sur des chemins glissants et dans la forêt parfois humide des orages de la veille, généralement donc sans personne me précédant et risquant ainsi de les éveiller trop tôt, relativement peu de sangsues parviennent alors à m'atteindre. Dans ces contrées en effet, se déplacer en groupe et en file indienne peut présenter l'inconvénient que les pas du premier marcheur avertissent les sangsues, qui se tiennent alors immédiatement en alerte, posées sur le sol détrempé, ou juchées sur des herbes, élancées à la verticale, étirées en hauteur plutôt, extrêmement vivaces et mobiles, fin prêtes à embrasser les jambes des marcheurs suivants. Cependant, dans ces zones humides, même si l'on va seul, il est important de ne jamais stationner sur place, ne serait-ce que durant quelques secondes, car il ne leur faut pas plus de temps pour triompher d'un assaut. Il est au contraire impératif d'attendre de se situer dans un endroit un peu dégagé, et surtout sec, pour prendre le temps de se débarrasser de celles qui ont atteint leur but. Ainsi, c'est surtout lors des descentes, pendant que je piétine trop lentement, par appréhension des glissades brusques et des chutes, qui ne manquent pas à intervalles réguliers, que les sangsues, par conséquent avantagées, acquièrent le plus de succès. Il n'est alors pas rare de retrouver, durant une méticuleuse pause d'inspection et au cœur de secteurs particulièrement infestés, jusqu'à une dizaine d'entre elles accolées sur chaque jambe, la plupart s'étant déjà infiltrées au fond des chaussures, entre les orteils.
Les crêtes, qui culminent ici à rarement plus de 1800 ou 2000 mètres d'altitude, et dont on longe les arêtes parfois durant longtemps, offrent des espaces un peu plus dégagés, et donc plus praticables, que les pentes et les fonds de vallées, et se font dès lors également beaucoup moins humides. On y traverse même, de temps en temps, des bosquets de pins gigantesques, monumentaux, des résineux que l'on ne rencontre nulle part ailleurs sous ces latitudes au climat résolument tropical. C'est alors qu'ils étaient perchés dans le houppier d'un ou deux de ces arbres, moi me tenant tout proche sur un petit promontoire rocheux, que je les ai aperçus : une colonie de Doucs ! Des Langurs Doucs à jambes rouges (Pygathrix nemaeus), des singes à l'aspect physique étonnant, et même particulièrement déconcertant, un peu cocasse aussi, de par leur "barbe", leur "béret" et leurs teintes chatoyantes. Le Douc constitue une espèce endémique à la région, et se fait désormais extrêmement rare. Me tenant rigoureusement immobile dès que je les eu repérés, j'ai pu les observer, avec beaucoup d'émotion, durant plusieurs minutes. Je crois avoir dénombré neuf individus. Eux aussi m'ont beaucoup observé, interloqués, faciès comiquement avancés dans ma direction. Je dus finalement me résoudre, à grand regret, à provoquer leur fuite, et ils se sont alors littéralement, et de manière spectaculaire, laissés tomber, dégringoler plutôt, de très haut dans les denses fourrés du ravin adjacent. Je fus déjà chanceux, durant la même journée de marche à travers ces territoires éloignés de tout lieu habité, puisque j'avais peu auparavant, et à deux reprises, aperçu des Muntjacs, cette farouche race de chevreuil asiatique, fuir en bonds éperdus dans les hautes herbes.
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Généralement nichés au fond d'une vallée, mais parfois aussi perchés sur une proéminence du terrain, invariablement cernés de près par l'océan de verdure, dans lequel ils paraissent alors comme incrustés, les villages katou traditionnels offrent un remarquable et surprenant spectacle. Ayant toujours fières allures, ils réunissent, selon leur taille, de dix à trente grandes huttes implantées circulairement, et orientées de manière rayonnante autour du centre, vers la maison commune (rôong), cœur du dispositif. Les épaisses et lourdes toitures de chaume, avec leurs extrémités arrondies, font par ailleurs ressembler ces hameaux, lorsqu'ils peuvent être contemplés depuis des hauteurs, à de petites colonies de cloportes géants.
Depuis le rôong, la maison commune centrale, plusieurs autres cercles ou arcs de cercles concentriques, fonctionnels ou symboliques, purement imaginaires ou réels et tangibles, concrétisés par exemple par les méandres des rivières et par les crêtes des montagnes alentour, s'étendent et se succèdent alors loin, jusqu'à cet environnement naturel extérieur, et même bien au-delà, jusqu'aux extrêmes limites de l'univers mental forgé par les Katou. Un autre cercle également concret et bien visible, à l'intérieur même du village, s'insère entre celui composé par cet agencement emblématique des huttes d'habitation et l'axe central du hameau symbolisé par la maison commune. Il s'agit du cercle formé par les poteaux de sacrifices fichés en terre devant chacune des huttes, et qui sont destinés à y attacher les buffles à immoler lors des cérémonies rituelles - ceux-ci le seront d'un ou de plusieurs coups d'épée, reliques gestuelles symboliques issues des fameuses Chasses au Sang humain historiques mentionnées plus haut en introduction. Ces poteaux étant remplacés avant chaque nouvelle cérémonie sacrificielle - qui se font toutefois de plus en plus rares - ils apparaissent alors dans des états de détérioration plus ou moins avancés selon la quantité de temps déjà écoulée depuis le précédent événement similaire.
Ainsi, plus que d'être simplement "enfermé" dans une enceinte circulaire, c'est tout l'espace villageois, et même au delà, qui est réparti en zones concentriques successives. Cette étonnante disposition circulaire globale des villages, d'une géométrie se faisant finalement parfois un peu plus aléatoire au gré de leur expansion et de la configuration du terrain - pouvant par exemple tendre vers l'ellipse ou un forme plus arbitraire - mais souvent aussi presque parfaite, est directement liée à la cosmogonie katou, à leurs croyances et à leur vision propre du monde. Cette "cosmogonie ronde ou circulaire" très particulière se retrouve par ailleurs dans de nombreux objets rituels ou fonctionnels du quotidien, notamment dans les tambours, les gongs de bronze et les jarres de fermentation d'alcool, tous exclusivement utilisés à l'occasion de festivités et de cérémonies traditionnelles, ou encore dans les pipes à eau - dont nous reparlerons - dans les extrémités arrondies des toitures des huttes, dans les piliers et pilotis ronds entrant dans la conception de celles-ci, ainsi que dans les poteaux de sacrifice, et dans bien d'autres objets supplémentaires. L'univers des Katou est ainsi résolument et fermement circulaire, mais ce sujet, prodigieusement complexe, reste toutefois difficile à appréhender pour le profane, et ces aspects ont malheureusement encore été très peu étudiés jusqu'alors. Espérons seulement que cette riche culture puisse l'être rapidement en profondeur, à la fois en détail et dans sa globalité, avant que ces fascinants usages et pratiques ne se perdent, ou soient abandonnés, et qu'ils ne disparaissent en totalité de la mémoire des hommes, ce qui ne saurait tarder avec le développement désormais accéléré du pays.
Ces univers circulaires vont ainsi se répéter à l'identique d'une vallée à l'autre. On peut cependant constater, au gré des différents villages traversés et selon les sous-groupes katou rencontrés - comme indiqué en introduction, les Katou de la province de Sékong se répartissent en sept sous-divisions ethniques - de flagrantes variations dans la conception des habitats. Ces demeures sont toujours élevées sur de courts pilotis, sous lesquels peuvent se réfugier, la nuit, les animaux domestiques, mais elles vont des élégantes et légères huttes presque entièrement faites de bambou, jusqu'à d'étonnantes longues et massives maisons aux lourdes et très élaborées charpentes et structures de bois, et qui peuvent alors fréquemment abriter plusieurs familles d'une même lignée patrilinéaire, généralement jusqu'à deux ou trois. Signalons qu'autrefois plus de cent personnes pouvaient cohabiter sous un même toit, dans des maisons encore plus longues. Un autre aspect troublant de ces constructions consiste en des décorations rituelles dont est immanquablement ornée la façade d'extrémité de chacune d'entre elles, celle orientée vers l'intérieur du cercle du village, et abritée par le large auvent semi-circulaire que forme là le ravancement de la toiture. Il y a d'abord, dessiné et peint à la chaux blanche au-dessus de la porte d'entrée, un bandeau de figures géométriques simples, le plus souvent élaboré à partir d'une répétition d'un motif de losange, mais s'y trouvent surtout, taillées à même le monumental pilier central de cette façade, celui qui supporte la poutre faîtière de la charpente, de surprenantes sculptures. D'un mètre vingt à un mètre cinquante de hauteur environ, massives et assez grossièrement façonnées à la hache et au couteau, ces effigies totémiques se déclinent selon deux thèmes principaux : il peut s'agir d'un lézard géant, parfois à tête anthropomorphe et figuré avec celle-ci toujours orientée vers le haut, mais le plus souvent d'un être humain. Celui-ci peut alors être représenté en position accroupie, les coudes en appui sur les genoux, ou debout, jambes légèrement fléchies, mais presque systématiquement avec les deux mains se tenant la tête, attitude lui conférant un air sensiblement angoissé, anxieux en tout cas. Parmi les variantes aperçues, il s'agit parfois de deux corps humains superposés, celui de dessus disposé alors de manière renversée, tête en bas et en appui sur celle de la silhouette inférieure. Je regrette de ne pas avoir photographié l'ensemble de ces totems, car cela aurait pu permettre de constituer un surprenant reportage. Au chapitre des ornements des demeures, il faut aussi mentionner les discrètes mais délicates cornes ou sculptures faîtières fichées sur les toitures, à chacune des extrémités des lignes du même nom, et qui achèvent subtilement de souligner l'élégance de l'ensemble.
Il est remarquable de constater que la moindre pièce de bois entrant dans la composition d'un habitat katou, que ce soient les structures porteuses faites de lourds madriers, les pilotis, les charpentes, les épais planchers ou encore les panneaux formant les parois extérieures, a été entièrement taillée et équarrie à la main, sculptée peut-on alors même dire, à l'aide de très rudimentaires outils tranchants, haches et herminettes, et absolument jamais en recourant à des scies, outils inconnus ici. En effet, sur chacune de ces pièces de bois on distingue nettement les marques des coups portés par les lames qui les ont lentement et laborieusement façonnées. Tout aussi frappant est le fait que pas un seul objet métallique, que ce soit sous forme de clous ou autres éléments de renfort, n'est utilisé pour réaliser ou consolider les assemblages.
L'intérieur de ces habitats est presque totalement dépourvu du moindre mobilier, si ce n'est parfois quelques gigantesques "lits", en fait de très rudimentaires plateformes de bois surélevées, occasionnellement équipées de moustiquaires, et sur lesquelles s'entassent, la nuit, des familles entières. Les matelas sont rares et consistent alors en de simples paillasses rembourrées de crins, de pas plus de trois ou quatre centimètres d'épaisseur. On se contente en effet le plus souvent de fines nattes de nylon ou de feuillages tressés, et certains hommes utilisent même celles-ci déposées au sol pour s'allonger, de la sorte, directement sur les planchers, une configuration dont je dois fréquemment me satisfaire. Ainsi, sans aucun mobilier de rangement disponible, tout un bric-à-brac infernal est alors inévitablement et en permanence répandu de-ci de-là, parfois suspendu aux parois et aux charpentes : vêtements incrustés de traces de terre, certains tellement attaqués par les rongeurs qu'ils ne sont plus utilisables, mais laissés toutefois en place, amoncellements de légumes et d'autres végétaux mis à sécher, outils agraires, sacs de riz, vanneries de bambou - dans la fabrication desquelles les Katou excellent - filets de pêche, nasses et pièges à animaux, pipes à eau, ustensiles divers, calebasses, jarres, jerricans et autres récipients, et encore beaucoup d'objets ou produits de récoltes supplémentaires. Si la hutte abrite plusieurs familles, peu de délimitations formelles semblent diviser l'espace intérieur, tout au plus une légère cloison de bambou à mi-hauteur peut parfois séparer les foyers de cuisson, autour desquels chaque parentèle se réunit le soir venu. Ces foyers ne sont que de simples rectangles de bois emplis de terre tassée, et désormais cuite, sur lesquels sont entretenus les feux, et sont soutenus à hauteur du plancher par des pilotis de renfort disposés sous les habitats. Ces foyers sont en outre surmontés de claies de bambou suspendues, composant comme des plateformes, destinées à empêcher les étincelles volantes de monter jusqu'au chaume des toitures, et sur lesquelles sont en permanence mises à sécher ou à fumer une large variété d'ingrédients, aliments et objets - bouquets d'herbes, lambeaux de viande, vanneries de bambou, etc. - alors généralement recouverts d'une pellicule grasse et noire de suie.
C'est depuis l'intérieur des huttes que l'on peut constater le mieux la remarquable qualité de conception d'une toiture de chaume katou. Ainsi observée par le dessous, la structure qui supporte ces épaisses rames de chaume offre en effet un véritable décor géométrique composé de tout un réseau serré, régulier et parfaitement ordonnancé, de grosses et longues perches de bambou venant prendre appui sur la charpente principale. Quant aux armatures qui dessinent et modèlent les extrémités arrondies si caractéristiques de ces toitures, elles sont confectionnées à l'aide de fortes tiges flexibles de rotins ou bien, là aussi, de bambou, mais cette fois fendues puis réassemblées en paquets ainsi aisément cintrables. L'ensemble, continuellement exposé, comme les plateformes suspendues, aux perpétuels assauts des fumées des foyers de cuisson, est recouvert d'une épaisse couche de suie grasse, noire et luisante, rendant au bout de peu de temps les tiges lisses de bambou comme laquées ou vernies. C'est aussi cette suie qui finit d'imperméabiliser le chaume, et qui offre d'autre part l'avantage, en les repoussant, de limiter les attaques destructrices des termites. Ces fumées permettent également de tenir à distance des intérieurs d'autres insectes nuisibles, même si cela n'empêche nullement une profusion exceptionnelle de larges et lourdes toiles d'araignée tout aussi noircies et poussiéreuses, qui pendent de partout en abondance et ne sont jamais ôtées.
Configuration que l'on ne rencontre par exemple jamais dans les habitats de la plupart des populations montagnardes du nord du pays, les maisons katou sont souvent équipées, sur les parois basses de leurs longues façades, d'une ou deux petites "fenêtres", en fait de simples lourds volets, taillés chacun dans une seule pièce de bois, et disposés au ras du plancher. Elles permettent, en journée, d'aérer et d'éclairer un peu les intérieurs si sombres, et plus accessoirement d'épier tout à son aise les allées et venues des uns et des autres, et les activités et évènements du village qui peuvent se dérouler à l'extérieur.
Les sols de ces habitats sont eux aussi composés de lourdes planches taillées à la hache, mais il arrive qu'une partie de ceux des plus grandes demeures, et au contraire systématiquement la totalité des plus sommaires, incontestablement par souci d'économie de matière, mais aussi des épuisants efforts nécessaires à les façonner, soient constitués de tiges de bambou aplaties, formant ainsi des surfaces souples et mouvantes qui s'affaissent alors sous le poids des marcheurs, des surfaces contrastant avec celles parfaitement rigides et stables des solides planchers en bois. Ces sortes de caillebotis, ou plutôt de claies, éphémères et à renouveler périodiquement, offrent ainsi une résistance toute relative, et de-ci de-là, des lamelles du bambou finissent inévitablement par se rompre, créant de véritables trous béants plus ou moins visibles et détectables. J'imagine aisément que chaque membre d'une famille connait sur le bout... des pieds chaque recoin de sa demeure et court très peu de risques d'y échoir, mais en ce qui me concerne, dans la quasi obscurité permanente des intérieurs, je dois m'en méfier comme de la peste, et ai plus d'une fois passé une jambe entière au travers d'un de ces "pièges", pour le plus grand amusement toutefois des spectateurs présents !
Le large auvent semi-circulaire formé par l'extrémité arrondie de la toiture abrite un espace extérieur protégé, en journée, de la pluie ou de la chaleur écrasante du soleil, de la boue environnante également. Il y a là une petite terrasse surélevée, plutôt une très étroite plateforme, issue du prolongement du plancher intérieur, et qui sert quotidiennement de lieu de réunion d'où l'on bénéficie immanquablement, du fait de l'emblématique disposition circulaire et rayonnante des huttes évoquée plus haut, d'une vue panoramique sur la quasi totalité des autres habitations. On accède à cette étroite plateforme, puis donc aussitôt à la porte d'entrée de la demeure, par une courte "échelle", en fait un simple fût de bois taillé d'encoches à grimper. Sous cet espace protégé que forme opportunément cet auvent, on se rassemble souvent pour discuter, tout en fumant le khork', la pipe à eau dont nous reparlerons, en mâchant des racines de manioc grillé et de la canne à sucre, dont les cochons et les poules, à nos pieds, se disputent les restes, on y décortique le riz ou broie d'autres végétaux, en les pilonnant dans un des énormes trois ou quatre mortiers de bois qui traînent là en permanence sur le sol, on y pratique le tissage, on y aiguise les outils, on y dépèce les gibiers rapportés des expéditions de chasse, on y consacre de très longues et consciencieuses séances à s'épouiller mutuellement les cheveux.
Quant au rôong, la maison commune implantée au milieu de chaque village, point central et de convergence de cette configuration rayonnante de l'ensemble des huttes, elle est conçue sur un plan identique et est construite en faisant appel aux mêmes techniques que celles mises en œuvre pour ces dernières, si ce n'est que sa structure est généralement encore plus lourde et plus massive, et qu'elle est largement ajourée, ouverte de tous côtés vers l'extérieur, la laissant alors perméable aux courants d'air. Elle est par ailleurs décorée d'une quantité beaucoup plus importante de sculptures rituelles puisqu'on peut le plus souvent en compter jusqu'à deux ou trois sur chaque façade d'extrémité, ainsi qu'à l'intérieur, et les ornementations peintes à la chaux abondent également en plus grand nombre à maints endroits. Enfin, on peut parfois y apercevoir quelques objets rituels, biens collectifs de la communauté, tambours, gongs, masques de bois.
Les maisons communes ne sont utilisées qu'à quelques occasions dans l'année, par exemple durant les principales festivités et cérémonies rituelles katou ou lors de la tenue de conseils villageois. Elles feront par ailleurs office de dortoirs pour les invités extérieurs lors d'événements de grande ampleur, tels les mariages ou les décès. Bien que constituant des espaces sacrés dans lesquels les "esprits" seront invoqués lors des offices rituels, elles paraissent totalement négligées le reste du temps, et je n'ai donc jamais pu les observer autrement que dans des états semblants d'abandon : soigneusement entretenues néanmoins, notamment leurs toitures qui les protègent des intempéries destructrices, mais aux planchers intérieurs souillés de déjections animales, celles des chèvres et des volailles, c'est-à-dire des bêtes dont la présence là est tolérée par les hommes, et qui sont capables d'escalader les échelles qui y mènent, s'accaparant alors ces lieux comme abris, plus spécifiquement la nuit et lorsque la pluie tombe en abondance.
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Cela m'avait beaucoup surpris, mais également un peu déconcerté, lorsque des hommes étaient, à la nuit tombée, dès mon tout premier arrêt dans un village katou, venus à ma rencontre dans la hutte même que j'avais choisie pour m'accueillir, pour formellement exiger que je leur présente mes papiers, et surtout pour que je leur dévoile ce que contenait mon sac. J'ai en effet depuis lors régulièrement remarqué, dans ces contrées bien plus que dans d'autres régions pourtant tout autant reculées du pays, que mon sac devient immédiatement l'objet, si ce n'est à chaque fois de suspicion, du moins de très vives curiosités. Aussi, désormais, afin de détendre le plus rapidement possible l'atmosphère et de lever le moindre doute à ce sujet, dans presque chaque nouveau village dans lequel je parviens, et même si je n'y fais qu'une simple halte en journée, je prends systématiquement de moi-même l'initiative, dès la première demi-heure, de vider la quasi-totalité du contenu de ce sac afin de bien prouver à mes hôtes que je ne transporte rien d'équivoque et que mes intentions sont neutres, pacifiques et désintéressées. Je le fais toutefois de manière innocente et naturelle, prétextant tout simplement de devoir atteindre un objet se trouvant dans son fond pour déposer la plupart des autres - peu nombreux au total - sur le sol durant quelques secondes, le temps que mes observateurs puissent librement constater par eux-mêmes que ces quelques articles, ma veste et mon pantalon, ma gourde, mon nécessaire de toilette, ainsi qu'une boîte plastique contenant quelques médicaments et autres accessoires, ne sont pas prohibés et ne présentent aucun danger. Durant ces instants, le silence se fait généralement quasiment religieux, si ce n'est quelques commentaires à peine chuchotés. Si j'ai par ailleurs, à cette heure, déjà eu le temps de repérer lequel parmi les hommes qui m'entourent est le nay ban, le chef du village, je prends quelques minutes pour lui montrer mes papiers, notamment mon visa et ses dates en règle, qu'il ne parviendra cependant pas à déchiffrer, mais dont le support, le passeport donc, sera pourtant minutieusement et entièrement parcouru, page par page. Ces formalités n'ayant toutefois à ce stade rien d'officiel, elles suffisent rarement et on n'en reste alors pas toujours là.
Ce sont généralement de deux à quatre hommes qui viennent à ma rencontre. Le premier soir que cela s'est produit, j'étais déjà endormi lorsqu'ils se sont présentés. L'on m'a alors réveillé et ils étaient là, juste au bord de ma paillasse, mes hôtes se tenant silencieusement en retrait, un peu gauches. Je dois dire que cette première fois fût passablement désarmante puisque, émergeant de ma torpeur, je ne compris pas immédiatement le motif de leur venue, et de l'interrogatoire qui prenait déjà forme. Car c'est en effet véritablement de cela qu'il peut s'agir parfois. L'un des hommes est généralement muni d'un cahier dédié, dans lequel des colonnes à en-tête ont été préalablement tracées, et il faut alors tâcher de les renseigner toutes. Souvent, le cahier n'est qu'un de ces incontournables modèles à bas coût, et de très mauvaise qualité, universellement utilisés par l'ensemble des écoliers du pays, mais la plupart du temps, dans les villages les plus isolés, ce cahier n'existe pas et les quelques informations glanées à mon sujet sont alors griffonnés sur une simple feuille volante inaugurée pour l'occasion, et dénichée je ne sais où. Il s'avère pour moi à chaque fois extraordinairement laborieux et fastidieux de répondre aux questions posées, puisque je ne parviens jamais à comprendre la majeure partie d'entre elles, pourtant formulées et reformulées à maintes reprises avec des airs d'évidence, et finalement d'exaspération. Même si les hommes ne peuvent en déchiffrer la quasi-totalité de son contenu, qui utilise l'alphabet latin, mon passeport est chaque fois dûment scruté, page par page, durant d'interminables et méticuleuses inspections. Pour tâcher d'abréger ces pénibles séances, je tente parfois d'orienter diplomatiquement mes interlocuteurs vers les seules pages et les seuls visas concernés, mais aucun d'eux ne s'en satisfait jamais. Ceux parmi eux s'avérant capables de lire un peu le lao s'offrent alors un fier plaisir à énoncer, devant leurs camarades et en laborieuses dictions, les quelques mots figurant sur les tampons apposés à l'occasion de mon entrée dans le pays.
Nous parvenons parfois, tout au plus, à renseigner environ un quart des colonnes du cahier. Les questions concernent évidemment mon identité, mon âge, ma nationalité, mais aussi les raisons de ma présence dans ces contrées, mon parcours préalablement effectué dans la région, et mes objectifs pour les prochains jours. Il est arrivé que certains de ces interrogatoires aient nécessité jusqu'à une heure. D'autres, beaucoup plus expéditifs de par les difficultés rencontrées par les hommes pour lire, et leurs plus grandes difficultés encore pour retranscrire sur le papier les informations obtenues à mon sujet ou péniblement déchiffrées sur mon passeport, ont duré à peine quinze minutes. Il est même arrivé quelquefois que les seuls renseignements glanés, et recopiés si difficilement sur le cahier, se soient résumés... aux deux premières syllabes de mon prénom - la troisième s'avérant impossible à prononcer correctement - et à ma nationalité ! Cependant, aussi pathétiques qu'ils aient souvent l'air, ces petits interrogatoires suffisent amplement pour conserver une empreinte significative et exploitable du passage de l'étranger dans la région, surtout si cet étranger est un Blanc occidental, car tellement rare - et même plus ! - dans les parages. Ainsi, donc, aussi pauvres et lapidaires que soient les renseignements glanés et notés au sujet de ma personne dans chaque village traversé, ceux-ci mis bout à bout suffiraient aisément pour entièrement recomposer mon parcours et pour retrouver ma trace si cela s'avérait nécessaire. Les fois où je les ai interrogés à propos de l'identité des quelques autres visiteurs déjà inscrits dans les cahiers, les hommes m'ont toujours assuré qu'il n'y était jusqu'alors jamais fait mention de falangs, d'autres Blancs occidentaux, mais uniquement de Lao et plus rarement de Vietnamiens.
Je ne suis jamais parvenu à savoir de manière irréfutable si, pour les étrangers, pénétrer seul et sans autorisation au cœur de ces territoires katou reculés était ou non désormais consenti par les autorités locales. Il semble, d'après quelques renseignements obtenus depuis la France, et aussi ici à Vientiane, la capitale du pays, que ce ne soit pas encore le cas. Mon atout réside alors dans le fait que je sois visiblement le premier à agir de la sorte - la précédente visite d'un étranger occidental dans la région a eu lieu il y a douze ans, il s'agissait d'un ethnologue muni de l'ensemble des autorisations nécessaires et dûment accompagné de guides et de représentants lao officiels - et que, confronté à la question, personne ne semble ici, alors que l'on se situe si loin de la capitale, être informé de ce qu'il en est réellement de cette législation concernant la présence des étrangers. Je prends donc quelques précautions, ne laisser aucun doute au sujet du contenu de mon sac et des motivations de mes visites en est une. Par ailleurs, les premiers temps, je ne dissimulais pas aux villageois mes futurs projets de déplacements dans ces territoires pour les journées à venir, mais régulièrement, lorsque je leur en faisais part, cela provoquait des conversations particulièrement animées parmi eux, puis se terminait presque chaque fois par des incitations à me détourner de mes intentions premières. Alors, ensuite, j'ai préféré parfois les trahir un peu, en alléguant que mes objectifs étaient désormais atteints, et que le suivant était de retourner vers la plaine, puis vers l'intérieur du pays.
Le contenu de mon sac est donc l'autre affaire délicate. Je fus même un peu choqué, mais aussi vexé, la première fois que l'on m'eut expressément demandé de le dévoiler. Les interrogatoires suffisent effectivement rarement, et même après avoir bien expliqué que je suis dans la région dans l'unique but de me promener, et donc en aucun cas pour travailler, la plupart du temps le doute subsiste, et personne ne semble convaincu tant que je n'ai pas exhibé le plus gros de ce que je transporte. J'ai donc rapidement pris la mesure de la légitimité de cette requête, et c'est désormais pourquoi, très peu de temps après mon arrivée dans chaque nouveau hameau, je prends moi-même un prétexte quelconque pour ouvrir largement mon bagage et en extirper les objets les plus volumineux. Ce n'est qu'une fois toutes ces formalités dûment accomplies que l'atmosphère peut enfin véritablement se détendre.
Je n'avais néanmoins encore jamais été confronté à de tels interrogatoires durant mes précédentes excursions, notamment celles effectuées en direction des populations montagnardes vivant à l'autre extrémité du pays, au nord. Il faut toutefois dire que celles-ci, tâchant en permanence de préserver elles-mêmes assez farouchement une forte indépendance vis-à-vis des autorités nationales ou provinciales, ont peu de risque, au contraire des Katou, de faire du zèle pour collecter, à l'intention de ces autorités, des informations sur leurs visiteurs. Certaines de ces populations montagnardes du Nord furent d'ailleurs enrôlées, à l'occasion des différents conflits qui ont embrasé cette région depuis la Seconde Guerre mondiale, d'abord par les Français, puis par les Américains, contre le Pathet Lao, la faction qui émergeait alors, et désormais au pouvoir à la tête du pays - en tant que seul parti politique autorisé, précisons-le par ailleurs. Ainsi, chez eux, des ressentiments subsistent certainement largement jusqu'à aujourd'hui, et ce pouvoir en place ne peut en aucun cas s'appuyer sur ces populations du Nord. Tout au contraire des Katou du Sud qui, durant ces mêmes conflits ayant embrasé toute la région depuis les années 1950 jusqu'à 1975, furent eux acquis à la cause révolutionnaire communiste. Une relative proximité avec les autorités du pays a donc perduré, et cela explique probablement en partie ce curieux et obscur zèle employé par exemple pendant les interrogatoires.
200 jours à pied,
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Chez les Katou des confins de la province de Sékong peut-être plus qu'ailleurs dans le pays, le spectre de la famine n'est jamais loin. Les carences alimentaires sont en effet le lot du quotidien et une des principales - et même permanentes - préoccupations des villageois concerne très prosaïquement la provenance, la nature et surtout la quantité de denrées qui composeront leur prochain repas, en un mot leur moyen de subsistance à court terme. De par des méthodes agraires primitives, en fait authentiquement archaïques, et une absence totale de ressources matérielles - je ne détaillerai pas à nouveau ici l'exténuante technique de culture dite de friche sur abattis-brûlis pratiquée sur les pentes, procédé que j'ai déjà décrit autrefois en détail à propos des populations montagnardes du nord du pays, et qui est ici mis en œuvre de la même manière, à quelques nuances près - le manque de riz est chronique. Cette année ne sera a priori pas plus faste que les précédentes car, très régulièrement, les villageois me font part de leurs craintes relatives à la trop faible quantité de pluies tombée ces derniers mois sur la région. Certains essarts - ou rays - annuels, ces parcelles de culture de pente non irriguées et gagnées sur la forêt, qui a été défrichée puis incendiée, seraient ainsi dramatiquement endommagés, et la soudure alimentaire avec la récolte suivante risque, une fois de plus, de se faire en compagnie de la disette.
Une des autres importantes carences auxquelles sont confrontés les Katou peuplant cette zone reculée du sud-est du pays, sur la Haute-Sékong, concerne l'absence cruelle d'accès à des richesses et ressources naturelles commercialisables dont ils pourraient retirer un revenu significatif, et qui leur permettrait ensuite d'acquérir à l'extérieur du riz complémentaire, et tellement d'autres aliments et objets nécessaires au quotidien. Ils n'accèdent ainsi à rien de la sorte si ce n'est, chassés de temps en temps, quelques spécimens de gibiers rares, particulièrement recherchés par de riches consommateurs vietnamiens, et à l'intention desquels on peut soupçonner les chasseurs katou de faire parfois le déplacement, à pied, vers le pays voisin, pour livrer là-bas ces précieuses dépouilles à des trafiquants. Quant à la poussière d'or des rivières dont nous avons parlé plus haut, les quantités ramenées à la surface s'avèrent définitivement trop négligeables pour permettre d'améliorer de manière significative le quotidien. À titre de comparaison concernant les sources potentielles de revenus d'autres populations minoritaires et isolées du Laos, on peut mentionner la culture du pavot à opium pratiquée par les groupes ethniques montagnards de l'autre extrémité du pays, dans le nord, où, même si une forte proportion de la production est directement consommée dans les villages, celle restante compose une marchandise très facilement commercialisable, car peu volumineuse, de plus se conservant durant longtemps, et dont la demande est permanente. L'opium y bénéficie de surcroît d'une valeur monétaire particulièrement forte et stable, offrant ainsi à ces populations septentrionales une source de revenus substantielle et régulière. Cependant, les sols, et surtout le climat des montagnes du sud du pays, s'avèrent pour leur part impropres à la culture de ce pavot à opium. De plus, les techniques requises n'ont jamais rejoint les pratiques agraires des Katou, ni celles d'aucun autre groupe ethnique proto-indochinois de la région, tous de provenances géographiques diamétralement opposées à celles des populations du Nord, ces dernières ayant eu l'opportunité de rapporter les savoirs et semences nécessaires depuis la Chine ou depuis les contreforts de l'Himalaya, d'où ils sont originellement issus. De surcroît, même dans l'hypothèse où les Katou disposeraient de ressources aisément monnayables - par exemple via des surproductions agricoles, une abondance de bétail, des produits de cueillettes recherchés, etc. - leur isolement extrême dans ces zones escarpées et reculées, le manque total d'infrastructures et les longues journées de marche les séparant du premier marché de plaine, atteignable uniquement via des sentiers difficiles et impraticables en saison des pluies, ne pourraient rendre viable le moindre projet d'échange commercial.
Bien que je n'aie pour ma part pas eu l'occasion d'en rencontrer - alors que cela se fait pourtant assez fréquemment lorsque l'on sillonne, de la même manière, les montagnes et les hameaux des minorités ethniques du nord du pays - aux dires des villageois, il arrive que des colporteurs vietnamiens s'aventurent parfois jusqu'ici. Ils franchissent ainsi à pied la Cordillère annamitique et ses vastes territoires sauvages, illégalement cela va de soi, avec tout un barda hétéroclite porté sur le dos, ou simplement en possession d'argent. Dans le premier cas ils proposeront à la vente leurs marchandises, divers objets et ustensiles utiles au quotidien, tels des briquets, du fil et des aiguilles à coudre, des torches et des piles, des bobines de fil de nylon à tresser les filets de pêche, des petits miroirs, des vêtements d'enfant bon marché, du savon, etc. Dans le second cas, ils se seront déplacés jusqu'ici pour tenter d'acquérir quelques volailles ou porcelets - c'est-à-dire les seuls animaux pas trop difficilement convoyables à pied - un peu de poudre d'or s'il y en a et, si l'occasion se présente, des gibiers sauvages récemment capturés, et qu'ils revendront plus tard dans leur propre pays, peu après qu'ils auront franchi à nouveau la frontière, avec, à n'en pas douter, une forte plus-value rémunératrice. Cependant, en dehors de ces rares commerces, c'est le troc, direct ou différé, qui est ici généralisé, que ce soit entre familles ou hameaux voisins, comme me l'ont confirmé à maintes reprises les villageois, ainsi que quelques observations directes. Ces échanges de biens s'imposeront le plus souvent à l'occasion, pour tel ou tel foyer, d'une pénurie de riz.
Le riz récolté est tellement peu abondant dans la région qu'il est rare de pouvoir se permettre de l'utiliser autrement que pour l'alimentation, et donc très exceptionnellement pour la confection d'alcool. Au sein des populations montagnardes fréquentées les années précédentes, à l'autre extrémité du pays, dans le nord, il était très fréquent, avant d'entamer un repas, que l'on me propose de boire du lao-lao, ce fort alcool de riz distillé partout dans les villages, et de nombreuses réunions se terminaient avec un état d'ébriété bien avancé pour la plupart des convives. Chez les Katou en revanche, l'alcool est donc extrêmement rare. À quelques reprises seulement on m'a proposé des breuvages, le plus souvent obtenus non pas par distillation, mais par fermentation de grains de maïs ou de racines de manioc dans des jarres, comme il est de grande tradition chez les Katou et les autres groupes de populations proto-indochinoises - l'expression "proto-indochinois" désigne, à l'image des Katou, les plus anciens groupes de peuplement de la région. Il est ainsi parfois arrivé, dans certains villages parmi les plus misérables où je fis halte, alors que je m'étais renseigné sur la possibilité d'acquérir du lao-lao pour remercier mes hôtes de leur accueil, qu'un jeune soit envoyé dans un hameau voisin muni des quelques dizaines de milliers de kips que je lui remettais, pour en revenir quelques heures plus tard chargé d'un ou deux flacons du précieux liquide.
A minima deux fois par jour, un volume de paddy - le terme paddy s'applique aux grains de riz qui n'ont pas encore été décortiqués - correspondant à la portion nécessaire à l'alimentation quotidienne de l'ensemble de la famille, est pilonné afin d'être décortiqué, c'est-à-dire de séparer les grains de leurs enveloppes non comestibles, le son. Ces longues et harassantes séances de pilonnage du riz sont dévolues aux femmes et aux enfants. Alors que chez les groupes de populations montagnardes d'origines chinoise ou tibéto-birmane du nord du pays, il est effectué à l'aide d'un pilon à balancier actionné au pied, chez les Katou comme parmi la plupart des autres groupes proto-indochinois, ce travail est accompli à la "mode africaine". Il s'agit ainsi de pilonner un volume de paddy qui a été préalablement versé dans un des énormes mortiers creusés dans des fûts de bois, et qui traînent en permanence, au nombre de deux à quatre, sous les auvents extérieurs de chaque hutte. Les pilons, rondins de bois aux extrémités renflées, sont fermement tenus à deux mains et actionnés verticalement, à allure régulière, frappés au fond des mortiers. Lourds peut-être une douzaine de kilogrammes, chaque maisonnée peut disposer jusqu'à une dizaine de ces pilons, et le modèle utilisé sera sélectionné en fonction de l'avancement du travail de décorticage en cours ou de la nature des aliments à broyer - les mortiers servant également à réduire d'autres végétaux, notamment ceux entrant dans la composition de la nourriture des cochons, courges, racines de manioc, feuillages divers, etc. - les surfaces de frappe de chacun d'eux pouvant varier de la forme concave à convexe en passant par la forme plate.
Le pilonnage du contenu d'un mortier est parfois réalisé simultanément par deux personnes, alors en cadence rapide et parfaitement rythmée, généralement par une mère et sa fille ou par deux jeunes filles d'une même maisonnée. Les villages résonnent ainsi très fréquemment, notamment aux instants où plusieurs familles s'adonnent de concert à ce travail, de ces mélopées produites par les incessants chocs sourds des pilons au fond des mortiers. Lorsque l'on se réunit à plusieurs, oisifs, sous l'auvent d'une hutte, ces lourds mortiers, s'ils ne sont pas employés au même moment pour une séance de décorticage, font opportunément office de sièges pour quelques-uns d'entre nous qui, après en avoir ôté d'éventuelles chiures de poules ou coulées de bave de cochons, y enfouissent leurs arrière-trains. Les autres se contenteront de l'étroite "terrasse" formée par le prolongement extérieur du plancher de la hutte si elle n'a pas été, pour sa part, trop souillée, les jours de pluie, par les traînées de boue rapportées sous nos semelles.
Durant ce laborieux travail de décorticage du paddy, il est par ailleurs nécessaire, à intervalles réguliers, de séparer les grains de riz de leurs enveloppes non comestibles, le son. Le contenu du mortier est alors transféré sur un van, un large plateau réalisé en vannerie de bambou, et qui n'est pas ici circulaire comme presque partout ailleurs dans le pays, mais ovoïde. Rarement ailleurs j'ai vu manier le van avec une aussi brillante et élégante habileté dont font preuve les femmes katou. Il s'agit d'élancer celui-ci verticalement afin de projeter en hauteur son contenu pour que le vent chasse et emporte plus loin le son, plus léger que les grains qui, eux, retomberont sur le van. S'il n'y a pas le moindre souffle d'air permettant de chasser le son, un petit mouvement latéral est alors combiné aux élancements verticaux afin de provoquer une légère turbulence qui le fera retomber du côté opposé. Quant aux grains de riz, jamais un seul d'entre eux n'est accidentellement perdu en tombant au sol, au grand regret des poules et des cochons qui se tiennent systématiquement à l'affût au pied des travailleuses durant chacune de ces séances. De temps en temps, la femme s'arrêtera quelques instants, s'assiéra sur le mortier, le van posé sur les genoux, afin d'inspecter minutieusement la nappe de riz et d'en ôter quelques insectes - généralement des charançons - ou crottes de souris qui y subsistent parfois encore à ce stade, aisément repérables de par leurs couleurs sombres qui contrastent avec celle, blanche et claire, du riz.
Les femmes sont également capables, là aussi par d'habiles gestes et une étonnante dextérité, en utilisant notamment les effets de la gravitation, de séparer directement sur le van le son qu'elles souhaitent conserver pour un usage quelconque, des grains entiers, ou même d'isoler ces grains intacts de ceux brisés, et qui sont alors parfois cédés, en petites quantité néanmoins, aux poules qui se tiennent immanquablement là durant ces instants privilégiés. Puis, afin de poursuivre l'opération de pilonnage, quelques brefs mouvements saccadés du van au-dessus du mortier suffisent pour y reverser son contenu sans que, là non plus, jamais le moindre grain ne tombe au sol. Le paddy sera ainsi plusieurs fois transvasé du van au mortier, puis du mortier au van, jusqu'à obtention dans ce dernier d'un beau riz blanc immaculé, parfaitement décortiqué et soigneusement débarrassé de la plus infime trace de déchet non comestible. Il ne reste plus qu'à le cuire.
Les racines de manioc sont ici principalement cultivées pour entrer, en partie, dans la composition de la nourriture des cochons. Cependant, ces tubercules peu nutritifs et peu goûteux sont également très fréquemment employés, après cuisson et réduction en pâte, en mélange avec le riz des humains, afin d'en augmenter substantiellement le volume, les réserves de celui-ci ne suffisant en effet jamais à elles seules à assurer la soudure alimentaire entre deux récoltes consécutives, et donc à nourrir les villageois durant toute l'année. Ces deux ingrédients, riz et manioc, ne se mêlent toutefois pas de manière homogène, et il en résulte alors des brouets emplis de grumeaux blanchâtres sans goût, peu appétissants, proprement bourratifs et très peu digestes. Le maïs est un ingrédient lui aussi très fréquemment incorporé au riz du quotidien, offrant pareillement dans ce cas un aliment particulièrement lourd et grossier.
La quasi totalité des repas, que ce soit ceux du matin, du midi ou du soir, se composent de fortes portions de riz - donc le plus souvent augmentées de manioc ou de maïs mélangé - de quelques légumes et herbes cultivés ou cueillis en forêt, ainsi que d'une mixture à base de piments pilés et de sel. Chaque jour, des femmes s'en vont ainsi, hottes arrimées sur le dos, récolter sur les essarts ou cueillir en forêt une variété impressionnante de végétaux comestibles, herbes, feuilles, baies, jeunes pousses, racines et tubercules, tiges, légumes domestiques ou sauvages. La consommation de viande, nous en reparlerons plus loin, est pour sa part très - et trop - rare. Ce n'est en effet, lors de mon premier séjour, qu'au bout d'une dizaine de journées de pérégrinations dans la région que j'ai enfin pu, pour la première fois, en apercevoir une portion.
En journée, lorsque je fais étape dans un village, et que j'y quémande à manger, c'est immanquablement du riz froid qui me sera servi - les cuissons n'ayant lieu que le matin et le soir - ainsi que quelques menus restes d'un unique plat consommé par la famille durant leur précédent repas, le plus souvent un fond de bol de végétaux bouillis, qui ne sera lui non plus pas réchauffé. Ce sont les collations les plus difficiles à ingurgiter car, outre le fait que tout est froid, on devine que ces plats ont été maintes fois remués, souillés, par d'innombrables mains adultes ou enfantines, chaque aliment étant systématiquement servi dans un récipient commun dans lequel chacun y prélève, continuellement et fréquemment à main nue, des bouchées.
Chez les Katou, l'étranger est invariablement invité à manger seul, isolément, donc séparément des membres de la famille qui l'accueille. Bien que sachant pertinemment qu'il s'agit là d'une marque de respect et même d'un honneur, c'est ainsi, à mon grand regret, mon lot du quotidien. Mes repas me sont généralement servis près de ma natte à dormir, et après que mes hôtes se soient eux-mêmes sustentés en famille, le plus souvent réunis autour des foyers de cuisson. Les seules rares fois où j'ai été accompagné lors d'un repas, ce fut en compagnie de deux autres convives également "étrangers", en fait simplement des visiteurs en provenance d'un village voisin. Cela ne signifie pas pour autant que je reste entièrement sans compagnie durant ces instants, un homme - parfois plus - se tiendra en effet presque toujours courtoisement à mes côtés le temps de mon repas, situation passablement déconcertante les premières fois, que de se restaurer en étant ainsi observé par une personne elle-même déjà repue. On mange à même le sol, néanmoins en aucun cas directement au contact des planchers de bois ou de bambou, une natte nous en protégeant toujours obligatoirement (il en est d'ailleurs de même hors des repas, personne ne s'assiéra directement sur un sol si celui-ci n'a pas été préalablement recouvert d'une natte). On n'utilise ni siège, ni tabouret, ni même de ces petites tables basses de rotin qu'emploient pourtant de nombreux autres groupes ethniques du Laos. Il y a seulement parfois, de disposés autour des foyers de cuisson, quelques blocs de bois de guère plus de dix centimètres de hauteur et faisant office de tabourets.
À l'heure des repas, c'est invariablement un monceau de riz blanc (khao djao) ou glutineux (khao niaow) qui m'est ainsi apporté sur ma natte, servi dans un de ces pots cylindriques de vannerie de bambou à couvercle très couramment employés dans tout le pays, ou alors tout simplement déposé sur un fragment de feuille verte de bananier. Ce riz est le plus souvent accompagné d'un seul petit bol de végétaux bouillis, puis d'un pot de piments pilés et salés, très rarement d'une portion de viande. On ne me propose pas systématiquement de cuillère - les Katou eux-mêmes n'employant jamais le moindre couvert pour ingérer le riz - et l'ensemble doit donc en conséquence se consommer avec les mains. Il s'agit alors de s'emparer, toujours de la main droite, d'une poignée de riz glutineux, puis en former, en la malaxant, de petites boulettes dont on se sert pour prélever des légumes ou un peu de piment, avant de les enfourner en bouche. Seulement, lorsqu'il s'agit de riz blanc, ou de riz glutineux sensiblement trop cuit - ou s'il est garni de grumeaux de manioc ou de grains de maïs, comme c'est couramment le cas - il a une fâcheuse tendance à excessivement rester coller sur les mains, du moins sur les miennes, car je semble être le seul à devoir faire face à ce gênant problème. Alors, généralement, devant le pitoyable spectacle que j'offre à ces occasions, à devoir détacher, entre chaque bouchée, un à un, les dizaines de grains accolés à l'intérieur de mes mains, on m'apporte une cuillère.
À peine mon repas achevé qu'un de mes hôtes s'activera, équipé d'un court balai d'herbe, à rapidement nettoyer la natte, sur laquelle je m'étendrai plus tard pour dormir si je passe la nuit là. À ce moment, je peux alors retourner me rincer les mains dans la bassine d'eau que l'on m'avait déjà présentée juste avant le repas puis, comme chacun, aller me servir un verre - en fait le plus souvent un vieux bocal - d'eau dans un bidon terreux, une calebasse ou dans la bouilloire maculée de suie noire.
La viande est rare, car le cheptel animal de chaque famille est extrêmement réduit. Il se limite généralement à l'élevage d'environ deux à dix cochons, guère plus de volailles, et beaucoup moins encore, pour ceux qui ont la chance d'en posséder, de bovins ou de buffles - ces derniers ne seront d'ailleurs jamais abattus à une autre occasion qu'une cérémonie rituelle ou festive d'importance. Aussi, au risque certain, en cas contraire, d'anéantir très rapidement ce faible capital, il est très rare que l'un de ces animaux soit abattu en dehors d'un évènement d'ampleur, naissance, mariage, décès, service chamanique, etc. La source majeure de protéine animale, bien que trop réduite, néanmoins de première importance, et même vitale ici, sera alors directement issue de la forêt. En effet, les quelques fois où, par aubaine, l'on m'a proposé de la viande lors d'un repas, il a s'agit presque exclusivement de gibier, généralement des pièces carnées déjà boucanées, ou des petits animaux que l'on chasse assez couramment dans la journée aux abords proches des villages : oiseaux, écureuils, rats des bambous, grenouilles, tortues (dont un spécimen qu'il m'est arrivé d'acquérir un jour auprès d'un homme qui venait tout juste de la capturer), chauve-souris, etc. Les morceaux boucanés de viande de gibier - le plus souvent des phacochères, mais aussi assez régulièrement des cervidés ou des singes - sont, après fumage et salage, stockés dans de volumineux tubes de bambou fermés plus ou moins hermétiquement par des bouchons de feuilles de bananiers froissées. Lors de leur consommation, ils révèlent alors inévitablement, même après cuisson, que ce soit à l'odeur ou au goût, des relents plus ou moins prononcés et nauséabonds de charogne. Un peu de poisson vient parfois agrémenter de trop nombreux repas éminemment frugaux.
À l'image des pratiques des autres groupes de populations montagnardes du pays, la quasi totalité des animaux sauvages de la forêt sont ici considérés comme comestibles, des plus petits oiseaux ou rongeurs, jusqu'aux plus grands mammifères, en passant par la plupart des reptiles, batraciens, et de très nombreux insectes également. Il est rarement une journée où l'on n'aperçoit pas des hommes quitter un village, ou y être de retour, armes à feu portées en bandoulière et machettes attachées à la ceinture, se rendant en forêt pour une, deux, ou même trois nuits d'affilée parfois. De même, s'ils ne font que se diriger vers les rays, ces parcelles cultivées en forêt, la marche préalablement requise pourra elle aussi être prétexte à lever un animal, et une arme sera là également fréquemment emportée. De la même manière, presque à chacune des fois où je décide de me faire guider par un ou plusieurs hommes sur un sentier dont le tracé s'annonce résolument comme trop incertain, au moins un de mes accompagnateurs transporte une arme à feu. Ce peut être une de ces improbables pétoires archaïques fabriquées localement, ou alors une de ces armes de guerre, kalachnikovs, M16, etc., abandonnées en nombre dans la région lors des conflits franco puis américano-vietnamiens récents, et durant lesquels cette zone était très directement impliquée (mentionnons par exemple que les pistes Hô Chi Minh passaient non loin à l'est).
À trois ou quatre reprises durant ce séjour, j'ai pu assister à des retours fructueux de groupes de chasseurs, tantôt l'un d'eux portant fièrement un muntjac sur les épaules, tantôt devant s'y prendre à deux pour pouvoir soulever et déplacer l'énorme masse d'un mou paa, un "cochon de forêt", phacochère alors suspendu renversé à une palanche. Les bêtes sont dépecées dès le retour des chasseurs au village, et des pièces de viande sont aussitôt emportées par les enfants, offertes à la famille, aux voisins, peut-être aussi en reconnaissance de dettes à d'autres personnes, sans compter la pratique du don et du contre-don qui est ici impérative lors de ces occasions, puisqu'un foyer n'a aucune possibilité de stocker à lui seul, dans la durée, une telle quantité de viande, qui se détériorerait très rapidement. À quelques reprises durant mes séjours, l'on me remit, à moi aussi, une pièce de quelques centaines de grammes de chair rouge sanguinolente, que je rapportai alors dans mes familles d'accueil. Enfin, les soirs de ces jours d'abondance, un repas est généralement offert par les chasseurs à plusieurs villageois.
Pour chasser oiseaux, mammifères rongeurs et reptiles aux abords des villages, les jeunes garçons et les enfants utilisent ici non pas, respectivement, les incontournables arbalètes et lance-pierres communs aux régions septentrionales du pays, mais de très longues sarbacanes. Je ne suis malheureusement pas parvenu à apprendre de quelle manière étaient confectionnés ou obtenus ces fins tubes de bois atteignant parfois près de deux mètres, et par ailleurs parfaitement rectilignes, comme il se doit pour ce type d'objet. Les projectiles utilisés sont, pour leur part, des "aiguilles" de bambou d'une vingtaine de centimètres de longueur et enchâssées chacune dans une petite pelote de coton brut, qui compose ainsi un bouchon à souffler à la fois efficace et opportunément léger.
J'ai souvent fait le constat que l'eau consommée par les villageois, et également celle qui m'est proposée en fin des repas, n'avait pas été préalablement bouillie, mais était directement issue du puisage dans la source ou le ruisseau proche. Par ailleurs, alors que les groupes montagnards du nord du pays transportent toujours l'eau de manière étudiée, et surtout efficace et efficiente - dans des seaux portés à la palanche d'épaule chez les Yao, dans plusieurs gros tubes de bambou rangés verticalement dans une hotte dorsale chez les Akha, ou encore dans un unique mais gigantesque tronc de bambou chargé obliquement sur l'épaule chez les Hô - les Katou, pour leur part, reviennent toujours des ruisseaux et des sources encombrés de tout un tas de récipients quelconques naturels ou manufacturés, calebasses, bidons, jerricans ou bouteilles en plastique terreux, seaux, etc. Je reste ainsi étonné qu'ils n'aient jamais adopté, à moins qu'ils l'aient désormais abandonnée, une technique plus performante pour accomplir cette corvée, qui de plus est à répéter plusieurs fois par jour.
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Le tabac est la seule "drogue" quotidienne accessible aux Katou. En effet, contrairement par exemple aux régions "tribales" du nord du pays, où de nombreux groupes de populations montagnardes en font grand usage, les reliefs méridionaux s'avèrent pour leur part impropres, nous l'avons dit plus haut, à la culture du pavot à opium, et il n'y en a donc aucune trace. Quant à l'alcool, nous en avons également déjà parlé, il est quasiment inexistant, surtout dans les hameaux les plus démunis, en dehors des rares évènements rituels et festifs, et aucune autre substance psychotrope n'est connue ou accessible aux Katou. Le tabac est par contre très abondamment, voire exagérément, consommé par la quasi totalité d'entre eux. Presque tous en effet, et sans exception générationnelle, des plus jeunes enfants jusqu'aux vieillards aux âges les plus avancés, en fument quotidiennement de grandes quantités.
Malgré un emploi occasionnel, alors principalement par les personnes les plus âgées, de petites pipes rudimentaires grossièrement taillées dans du bois, et malgré aussi l'habitude, pour certains hommes, de se rouler de temps en temps de monstrueuses cigarettes dans le premier morceau de papier qu'ils auront déniché ou dans une spathe de maïs, c'est l'étonnante pipe à eau, désignée ici khork', qui est la plus souvent utilisée par les Katou pour consommer le tabac. Le khork' - le r se prononce à peine - est un gros tube de bambou d'une longueur variant entre cinquante et quatre-vingts centimètres environ, pour un diamètre de cinq à huit centimètres. Un tube plus fin, dont l'extrémité inférieure trempe dans l'eau contenue au fond de cette cheminée principale, en émerge obliquement et supporte le volumineux foyer. Ce foyer, d'une dimension comparable à celle d'un verre à boire, est lui aussi taillé dans un tronc de bambou et est généralement décoré, sur sa périphérie, de motifs incisés au couteau. Quant à ses parois internes, elles sont recouvertes d'une petite épaisseur de terre, par ailleurs rapidement cuite après quelques premières utilisations, afin que le bambou ne brûle pas sous l'action du tabac se consumant.
De même que le riz et l'ensemble des autres cultures vivrières, les plants de tabac sont cultivés localement par chaque famille dans les rays, ces parcelles défrichées en forêt. Les feuilles rapportées au village sont mises à sécher à l'intérieur des huttes, suspendues à des tringles de bambou, elles-mêmes fixées aux charpentes, puis sont ensuite grossièrement hachées à la machette. Cependant, avant de pouvoir être fumé dans les khork', le tabac obtenu est immergé et stocké dans des tubes en bambou contenant un mélange d'eau et de jus de canne à sucre ou de miel, afin de l'aromatiser. Traité de la sorte, et utilisé ainsi humidifié directement dans les pipes, ce tabac se consumera par ailleurs bien entendu à bien moins grande vitesse, et son âpreté en sera en outre grandement allégée.
Ce tabac, dûment apprêté, est donc prêt à être fumé, et une belle poignée imbibée du "jus" sucré mentionné ci-dessus peut désormais être insérée dans le volumineux foyer de la pipe. Directement par dessus cette charge, sont ensuite déposés quelques beaux fragments de braises incandescentes, l'ensemble formant alors un édifice sensiblement fragile et dangereux, car brûlant. Pourtant, les gestes assurés des fumeurs font qu'il est relativement rare qu'un de ces fragments de braise chute au sol. Lorsque cela survient malgré tout, celui-ci est le plus souvent récupéré à main nue puis rapidement déposé à nouveau sur l'édifice, ou bien, s'il s'avère finalement trop petit ou presque entièrement éteint, et donc devenu inutile, est évacué à travers les interstices du plancher de bois ou des claies de bambou fendu qui composent les sols des huttes. Ce sont ces braises qui vont permettre d'allumer la pipe, et surtout de la maintenir durablement active, malgré l'humidité "sucrée" dont est imprégné le tabac.
Contrairement aux bangs, les pipes à eau traditionnelles employées loin d'ici, à l'autre extrémité du pays, par les groupes montagnards du nord, et qui sont destinées, avec leurs minuscules foyers, à recevoir une seule pincée de tabac, qui sera inhalée en une unique bouffée, les khork' des Katou, équipés au contraire de ces énormes foyers pouvant accueillir de volumineuses charges de tabac humidifié, permettent pour leur part de fumer et de faire durer une seule de ces charges pendant plusieurs dizaines de minutes d'affilée, sans interruption, autorisant notamment le partage d'une même pipe entre plusieurs fumeurs.
Un individu Katou, que ce soit un tout jeune enfant - de parfois pas plus de cinq ans - un adolescent ou une jeune fille, une femme, un homme ou encore une vieillarde, peut fumer seul, par exemple s'il accomplit simultanément une autre activité ou s'il est en chemin, à pied - on verra plus loin qu'un Katou peut faire usage du Khork' dans pratiquement n'importe quelle posture ou situation. Toutefois, le plus souvent, en particulier s'il se tient assis, se reposant, il invitera des partenaires autour de sa pipe. Cette manière de fumer en commun le khork' s'avère alors spectaculaire, mais aussi étonnante d'élégance, d'attention et de respect pour lesdits partenaires.
Les fumeurs sont ainsi réunis, assemblés plus ou moins en cercle, à deux, trois, ou même bien plus nombreux encore, jusque parfois une dizaine de membres. Durant toute la séance, un seul d'entre eux, agissant alors comme une sorte de "maître de cérémonie", tient l'instrument - le Khork' - en main, et il orientera son embouchure alternativement, et à tour de rôle, en direction de chacun des fumeurs qui forment le cercle. Ce rythme de passage de l'embouchure de la pipe de l'un à l'autre des fumeurs s'effectue à une allure très régulière, et sans aucune interruption. S'il n'y a que deux ou trois fumeurs, la cadence est quasi métronomique, l'un a juste le temps d'expirer la fumée absorbée pendant que l'autre - ou les autres - l'aspire, puis qu'on ne lui tende à nouveau l'embouchure de la pipe pour l'inhalation de la bouffée suivante. Celui qui tient en main la pipe, et qui orchestre donc les opérations, veille, de manière très délicate et naturelle, paraissant comme irréfléchie, à ce que chaque fumeur ait le minimum de mouvements à accomplir pour atteindre son embouchure : généralement à peine une inclinaison de tête est alors pour eux requise, et même très rarement le besoin d'appliquer une main contre l'objet de bambou pour assurer le geste ou stabiliser le mouvement et la position. Il est très surprenant et insolite, la première fois, d'observer ce cérémonial, encore plus, bien sûr, s'il est par exemple entrepris par un groupe de fillettes âgées de même pas dix ans, qui pour cela se réunissent souvent sur l'étroite plateforme qui fait front à chaque hutte, une scène très régulièrement visible dans les villages, tout au long des journées.
Dès qu'un invité, ou un simple voisin, pénètre dans une hutte, la femme hôte, ou un de ses enfants, lui aura courtoisement rapidement présenté une pipe dûment apprêtée, c'est-à-dire bourrée de tabac humide puis garnie de braises incandescentes, et même déjà activée par quelques inhalations effectuées juste avant de la lui tendre. Par ailleurs, régulièrement, d'un seul mot prononcé par un fumeur adulte, un enfant s'emparera de sa pipe, puis s'en ira vers un des foyers de cuisson de la maison pour la recharger en braises vives, puis la lui rapportera, non sans en avoir préalablement lui aussi aspiré quelques bouffées afin de bien la réactiver.
Fumer le khork', user de cet impressionnant et encombrant instrument, peut s'associer à la plupart des travaux du quotidien, et se faire dans les situations les plus improbables, voir périlleuses et acrobatiques. Il n'est par exemple pas rare de pouvoir observer une femme labourant une parcelle de montagne avec la houe tenue d'une main et la pipe de l'autre, un enfant se rendant au ruisseau chargé de récipients dans une main et la pipe dans l'autre, un homme de retour de la forêt fumant tout en croulant sous le poids d'un ou plusieurs lourds troncs de bambou géant portés sur une épaule, une femme assise au sol tissant des deux mains, la pipe alors calée obliquement entre sa bouche et le plancher, etc. Il est également très fréquent d'apercevoir une mère ou une grand-mère tendre l'embouchure de sa pipe à un tout jeune enfant ne sachant même pas encore marcher, et qu'elle porte alors dans le dos, l'encourageant ainsi à aspirer librement quelques bouffées.
Fumer le khork' lors des déplacements à pied sur les très escarpés et glissants sentiers de forêt est une pratique courante quotidienne - signalons au passage qu'un autre aspect spectaculaire de cette pratique est la durée impressionnante pendant laquelle un fumeur peut maintenir sa pipe active, sans avoir à la recharger, ni en tabac ni en braises. S'il pleut, le volumineux foyer sera élégamment protégé avec une feuille d'arbre fixée sur son rebord puis recourbée au-dessus des braises incandescentes. Il m'est ainsi arrivé un jour d'accompagner, pendant quelques heures, sous la pluie, un couple de vieillards revenant de cueillettes en forêt. Le sentier, de terre alors détrempée et affreusement glissante, abordant par ailleurs, comme presque toujours, la pente de front, m'obligeait même parfois à devoir refermer mon parapluie pour mieux pouvoir m'agripper aux racines ou aux rochers émergeant, afin de ne pas chuter, tout en me démenant avec les sangsues qui m'assaillaient les pieds, avantagées par mon allure précautionneuse mais trop peu rapide. Pendant ce temps, devant moi, mon vieillard, évoluant en tong sur ce terrain difficile, besace en bandoulière, machette à la ceinture et bâche de nylon sur le dos, était capable de transporter trois gigantesques fûts de bambou géants, quelques dizaines de kilos en équilibre précaire sur l'épaule, tout en réservant une main pour le port de son énorme khork', la pipe chargée de braises incandescentes !
Le khork' est donc très abondamment employé par tous les Katou, enfants, jeunes, adultes, anciens, et continuellement, tout au long de la journée. Il n'est ainsi jamais une seule assemblée, qu'elle réunisse uniquement deux ou trois individus, ou bien plus, durant laquelle une ou plusieurs de ces pipes à eau ne tourne de l'un à l'autre. Enfin, précisons que cette si emblématique technique de fumerie provoque aussi inévitablement l'inhalation d'une part des vapeurs toxiques dégagées par les braises en combustion, presque du charbon, phénomène aggravant encore la nocivité de la pratique, et compliquant sans nul doute les impressionnantes crises de toux chroniques auxquelles nombre de Katou sont sujets.
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VII. Tuer
Notes sur un second séjour en pays Katou
Je me suis rendu en pays katou à deux reprises, à trois années d'intervalle. Lors de mon premier séjour, découvrant les lieux et y arrivant privé de la moindre carte géographique de la région - aucune cartographie étant accessible au grand public - mais uniquement de quelques trop rares notes glanées çà et là en France, je remontai le cours de la rivière Sékong en pirogue durant une journée, fis halte le temps d'une nuit dans le dernier bourg établi en amont, puis poursuivi à pied les semaines suivantes, abordant ainsi le territoire katou depuis le sud. Lors de ma deuxième visite, trois ans plus tard, fort de cette première expérience et désormais enrichi de multiples repérages réalisés à cette même occasion, je décidai d'affréter à moi seul une pirogue - n'ayant strictement aucune chance qu'un second passager m'accompagne sur ce tronçon - pour continuer à remonter la rivière Sékong durant une courte journée supplémentaire, et pénétrer ainsi cette fois le pays katou par l'ouest. Ce n'est qu'à partir de là, parvenu au cœur de la méconnue et sauvage région dite de la Haute-Sékong, et du dense massif forestier qui entièrement la recouvre, que l'on aborde les premiers véritables et sérieux escarpements. Par conséquent, si la première journée de transport en pirogue s'effectue à peu près sans encombre, il n'en va pas aussi aisément de ce qui compose la toute dernière portion navigable de la rivière Sékong.
Cette remontée du cours d'eau m'a évoqué une précédente expédition fluviale, réalisée quelques années plus tôt à l'autre extrémité du pays, dans la province septentrionale de Phongsaly, une extraordinaire épopée pour laquelle il s'était agi, là aussi, de parcourir l'ultime amont navigable d'un affluent majeur et emblématique du fleuve Mékong, la rivière Nam Ou, une étourdissante équipée que j'avais narrée à l'époque par le détail. De même ici, comme ce fut le cas autrefois, alors que nous sommes cernés, presque tout du long du cheminement, par des frondaisons vertes inondées de végétations, les quatre bateliers qui me transportent doivent diriger leur embarcation - une étroite pirogue de huit à dix mètres creusée dans un fut de bois et dans laquelle un seul passager peut s'y positionner de front - tantôt au milieu de zones paisibles, tantôt au travers de rapides aussi spectaculaires qu'intimidants, trombes d'eau d'une force inouïe déferlant entre les rochers. Celles-ci se franchissent parfois "en force", à pleins gaz, un piroguier se tenant au moteur, deux autres aidants à la progression en maniant frénétiquement et sans faiblir leurs lourdes et solides rames de bois, le dernier compagnon enfin, posté à la proue, signalant par de brefs gestes les couloirs à emprunter et les plus dangereux rochers à éviter, tout en sondant continuellement les fonds, armé d'une robuste perche de bambou.
Pourtant, même ainsi, les plus impressionnantes cataractes interdisent le passage et nous obligent alors, périodiquement, à haler l'embarcation à la force des bras. À ces occasions, je suis débarqué sur les berges, avec pour consigne de remonter le cours à pied, généralement sur quelques centaines de mètres, à travers des zones alternant entre plages de galets parsemées de gigantesques blocs rocheux, étendues de sable ou de vase, et presque toujours encombrées de palétuviers dont les branches, présentant une raideur inattendue, à peine ployables, écorchent la peau. Là, mes bateliers en sont réduits, immergés dans l'eau, dont le courant accuse parfois une force inouïe, à tracter la pirogue à l'aide d'une corde, centimètre par centimètre, offrant des tableaux saisissants, comme paraissant surgir d'une autre époque.
Ce second séjour en territoire katou se déroule au cœur de la saison des pluies, durant les mois de juillet et août, avec pour conséquence de devoir, lors de ces randonnées de village en village, aller au-devant de sentiers particulièrement glissants, sur lesquels il faut en permanence veiller à ne pas chuter, tout en se démenant avec les sangsues, présentes en nombre. Il faut également, de temps en temps, faire face à quelques affaissements de terrain, plus ou moins prononcés, tantôt anodins et sans conséquence, mais ayant parfois entraîné l'effondrement de portions entières de sentiers au fond de ravins, dans lesquels il peut alors s'avérer délicat mais néanmoins plus prudent, malgré les pentes boueuses encombrées de racines et de rochers qui en résultent, de descendre, afin de contourner sans trop de risques les secteurs rendus ainsi plus ou moins instables. Autres inconvénients majeurs de la randonnée en saison des pluies - qui en outre constituèrent mes craintes préalables principales - est que la hauteur des cours d'eau, qui ici se franchissent tous à gué, est plus importante qu'à l'habitude, les courants par ailleurs plus forts, et enfin, compliquant encore la tâche, l'eau saturée de terre et d'alluvions, la rendant opaque et ne permettant plus d'évaluer le niveau et la nature des fonds. Il faut alors, lorsque les traverser est inévitable, s'équiper d'un très solide bâton d'appui.
Les Katou pratiquent donc l'essartage, les cultures dites de friche sur abattis-brûlis, pour faire pousser principalement du riz, du maïs et du manioc, tout en maintenant parallèlement des activités essentielles de cueillette en forêt, de chasse et de pêche. Un villageois m'a fait savoir que l'abondance de singes dans la région constituait ici une calamité pour les rizières. D'après lui, il n'est pas rare que des hordes de plusieurs dizaines d'entre eux - vraisemblablement différentes espèces de macaques, d'entelles, mais visiblement aussi de gibbons - jusque parfois cinquante, voire soixante-dix individus m'a-t-il affirmé, s'abattent sur les rays, les parcelles de forêt, au moment où les céréales parviennent à maturité. Ainsi, même lorsque les travaux de sarclages sont achevés, c'est-à-dire au moment où les épis, parvenus suffisamment hauts, empêchent désormais toutes pousses des adventices, il est nécessaire de continuer à résider, les nuits, dans les petits abris éphémères construits dans les rays, afin de tenir à distance ces envahisseurs destructeurs des cultures. Cet homme m'a affirmé abattre ainsi chaque année une bonne vingtaine de spécimens, et qu'il additionne cette fois à ce jour déjà pas moins de vingt-sept individus, par ailleurs tous engloutis par les villageois puisque la chair des primates, et plus généralement de l'ensemble des mammifères sauvages, est ici grandement appréciée. Je savais que les phacochères et les cervidés, notamment dans les hameaux de montagne du nord du pays, que j'ai auparavant largement sillonnés, étaient responsables des plus importants dommages causés aux cultures, et que c'était pour cette raison que celles-ci étaient toujours solidement et soigneusement clôturées à l'aide des troncs et branchages issus du défrichage préalable, mais on ne m'avait en revanche jamais rapporté que les singes pouvaient eux aussi y provoquer des dévastations.
Actuellement, seuls deux ou trois crânes de ces primates récemment abattus traînent çà et là dans la hutte de l'homme katou qui m'a fait part de ces mésaventures, et qui m'accueille pour l'heure sous son toit, des ossements sans doute trop communs pour être plus dignement conservés. En général, les reliques d'animaux sauvages chassés sont toutefois visibles en abondance dans les habitats, mais chez les Katou, les plus fréquentes - et largement encore - sont les crânes de mou pha, c'est-à-dire de cochons de forêt, les phacochères. Une nuit précédente, je me retrouvai avec pas moins de cinq d'entre eux exposés juste au-dessus de ma paillasse, à l'aplomb exact de ma tête, ficelés à la lisse basse de la charpente. Quelques autres, pour certains de mensurations particulièrement impressionnantes, étaient visibles à peine plus loin, près de la couchette de mon hôte, aux côtés de deux ou trois crânes supplémentaires issus de muntjacs, également très communs, mais pour leur part systématiquement "scalpés", afin de n'en conserver que les sommets et les élégants bois qui y sont enracinés. Les crânes porcins, jamais préalablement apprêtés ni même nettoyés, présentent alors toujours des aspects extrêmement défraîchis et décatis, arborant des teintes brunes à jaunâtres peu ragoûtantes, rappelant étrangement celles des momies, sans même compter les toiles d'araignée qui s'y accrochent, et la poussière et la suie qui s'y déposent. À côté des gongs rituels de bronze généralement suspendus à proximité, ces ensembles composent à chaque fois, pour l'observateur étranger, de surprenants tableaux.
Bien que les Katou ne semblent pas en faire le moindre usage, les plus belles paires de canines des phacochères chassés - de longues défenses blanches recourbées en demi-cercle et caractéristiques de ces animaux - sont toujours ôtées des crânes et conservées séparément, peut-être tels des trophées ou de simples "souvenirs". De me voir intéressé par le sujet de la chasse et des bêtes sauvages, et peut-être aussi par fierté, des hommes m'en ont un jour offert pas moins de trois paires, ainsi que quelques autres reliques animales, des cornes de serows - un genre de chèvre forestière - une griffe d'ours également, et même un crâne de singe, ayant toutefois décliné ce dernier, car trop délicat à transporter.
Anecdote supplémentaire concernant la faune sauvage et la chasse, il arrive que certains soirs, probablement ceux où les conditions climatiques sont les plus favorables à cette activité toute singulière, presque la totalité des membres d'un village - si ce n'est directement, au moins en spectateurs - hommes, femmes, adultes, jeunes ou moins jeunes, enfants, se lancent dans de surprenantes traques aux chauves-souris qui, indéniablement, amusent plus l'ensemble des participants qu'elles ne permettent de rapporter des quantités signifiantes de viande. Ces chasses se déroulent toujours à l'intérieur même des hameaux, ou à proximité immédiate, les protagonistes se répartissant sur une des aires de terre dénudée sur lesquelles se regroupe régulièrement le bétail, notamment la nuit. Chaque chasseur est dûment équipé d'une immense perche de bambou, simplement effeuillée et dont même la dernière extrémité, souple et particulièrement flexible, a été conservée. Il doit alors la maintenir verticalement, la posant éventuellement sur le sol si son poids est trop conséquent, puis l'agiter frénétiquement, la faire vibrer en quelque sorte, pendant de longues minutes, plus activement encore lorsque des nuées de chauves-souris, aux déplacements rapides et saccadés, passent et repassent au-dessus de nos têtes, sans doute attirées là par une profusion d'insectes, eux-mêmes se concentrant en nombre à cet endroit en raison des déjections animales qui jonchent le sol, et d'une atmosphère favorable, orageuse, lourde et dénuée du moindre souffle d'air. C'est d'ailleurs durant ces soirées que nous sommes nous-mêmes le plus vigoureusement assaillis par les moustiques. Ainsi il arrive parfois, au milieu de cette "forêt" de sillons de bambous flexibles, qui de la sorte fouettent l'air violemment, dans tous les sens et de manière complètement désordonnée, à huit ou dix mètres au-dessus du sol, qu'un de ces chiroptères, malgré la faculté bien connue d'écholocalisation dont est pourvue cette espèce, percute un de ces obstacles, puis choit à nos pieds. Il est sans doute peu utile de préciser que ces gibiers ne suffisent jamais à rassasier une famille, d'autant moins que je n'ai jamais eu l'occasion de prendre part ou d'assister à une de ces parties de chasse qui ait permis de rapporter plus de six ou sept spécimens au total. Toujours est-il que cette activité s'avère finalement exténuante, notamment en raison du poids conséquent et de la dimension démesurée des perches de bambou employées, mais qu'elle est aussi prétexte à beaucoup d'éclats de rires, notamment lorsqu'il s'agit d'encourager des chasseurs dont l'ardeur faiblit !
Parce qu'ils se trouvent si isolés et éloignés de toutes infrastructures, les conditions sanitaires sont désastreuses dans ces endroits. J'en suis malheureusement chaque jour témoin, continuellement confronté à des maux et des blessures de toutes sortes, que l'on vient sans cesse exhiber devant mes yeux, dans l'espoir d'obtenir de ma part un médicament, un traitement, ou n'importe quel autre remède salvateur. On me signale ainsi régulièrement des douleurs au ventre, également maintes fois des infections aux yeux et aux oreilles, et je peux alors fréquemment découvrir différentes zones des anatomies contaminées, de temps à autre de manières abondamment purulentes. Les plaies ouvertes sont elles aussi largement sujettes aux infections puisque rien ne permet de les nettoyer efficacement, et que les environnements plus ou moins souillés auxquels sont confrontés les Katou ne favorisent bien sûr pas les guérisons. Quelques jours plus tôt, un père est venu me présenter son fils, âgé de neuf années, et la blessure dont il était marqué au flanc du torse, une large entaille provoquée par une charge de sanglier qui, acculé lors d'une traque réalisée quelques semaines auparavant, s'était élancé sur lui. En cette saison, le climat de moussons n'aidant pas à la cicatrisation, il alternait les expositions de la plaie à l'air libre, mais chargé d'humidité, et sa protection sous un bandage crasseux, et trop peu suffisamment renouvelé.
Dans un village, j'ai interrogé des enfants, parmi ceux âgés d'environ huit à douze ans, pour m'enquérir de ce qu'ils avaient déjà eu l'occasion, malgré leurs jeunes âges, d'apercevoir du monde extérieur. À part un seul d'entre eux, à qui il était arrivé, par le passé, d'accompagner son père jusqu'au premier bourg situé sur la rivière Sékong, aucun des autres ne s'était à ce jour jamais éloigné d'une distance supérieure à quatre à cinq heures de marche, et n'avait donc vu autre chose que la forêt et deux ou trois hameaux katou. Cela signifie qu'ils n'avaient encore eu aucune occasion de côtoyer, mis à part de rares visiteurs Lao qui se sont aventurés jusqu'ici, de populations appartenant à des ethnies différentes de la leur. Cela signifie aussi, et ils me le confirmèrent eux-mêmes, qu'ils n'avaient encore jamais pu observer nombre d'objets pourtant très utilisés et donc courants ailleurs dans le pays, par exemple des scooters, ou même des vélos, et tant d'autres également.
Les enfants, lorsqu'ils n'ont pas été chargés par les adultes d'accomplir une tâche ou des travaux quelconques, s'occupent de peu, se fabriquant quelques jouets sommaires, ou quelques armes efficaces, des lance-pierres notamment. Les plus jeunes s'amuseront très longtemps de modestes captures d'insectes, très souvent des scarabées rhinocéros géants, qu'ils attacheront et traîneront ensuite pendant des heures au bout d'une ficelle, les incitant sans cesse à prendre leur envol, qu'ils effectuent en émettant un bruit de bourdon sourd, les faisant de la sorte, à n'en pas douter, abominablement souffrir sans même y songer. Il est ainsi extrêmement rare, à vrai dire exceptionnel, d'observer un enfant paraissant s'ennuyer, désœuvré, encore moins geindre par caprice ou par frustration, ou se répandre en pleurs, ni même rechigner, se lamenter ou faire la tête, et définitivement jamais entrer en altercation ou dans un état colérique, face à un camarade ou un parent. Au contraire, tout au long des journées, les villages résonnent de leurs exclamations et de leurs rires, toujours réunis par groupes, au minimum par paires, allant très rarement seuls. À l'aube ou au crépuscule, s'il fait frais, lorsqu'ils restent s'amuser à l'extérieur, ou simplement tenir compagnie à des adultes attelés à telle ou telle activité, les enfants katou, les fillettes surtout, ont l'habitude de se blottir, de s'enrouler, dans des couvertures, derniers reliquats des tuniques traditionnelles autrefois employées par tous, rappelant que les katou relèvent d'une culture du vêtement drapé, et non du vêtement cousu, permettant par ailleurs de mentionner là un autre aspect "circulaire" de leur société.
Voici les prénoms des enfants d'un modeste village katou : Amak, Aksaï-Djann, Di-Anne, Dinne, Ni-Anne, Da (Dasavanh), Ni-Êt, None, Nik, Baye, Assour, Law, Lème, Done, Huay, Oï-i, Nip, Nam, Noy, Apial, Laup, Lek, Loua, Det, Naï, Neu, Nep.
Deux fois seulement, en pourtant plusieurs semaines cumulées de pérégrinations dans la région, j'ai pu apercevoir une école au sein d'un village. Simples cahutes de bois et de bambou implantées légèrement à l'extérieur des hameaux, je ne les ai toutefois jamais observées autrement que vides, et sans aucun doute non usitées, ni même visitées, depuis plusieurs mois auparavant. Interrogeant à quelques reprises les villageois sur ce sujet de la scolarité des enfants, je ne suis jamais parvenu à obtenir des informations plus précises que "l'instituteur est parti", "l'école, oui parfois", "cette année, non pas d'école", "cette année pas d'instituteur venu", "l'école, oui quelques journées dans l'année", etc.
La polygamie - plus spécifiquement la polygynie - n'est pas, encore à ce jour, une pratique rare ni taboue parmi les Katou. À trois ou quatre occasions, j'ai ainsi rencontré des hommes entichés simultanément de deux épouses. J'ai par ailleurs pu assister, un soir, accueilli au sein d'une famille, à la signature du contrat d'une future union conjugale entre deux jeunes gens. Il ne s'agissait toutefois en aucun cas de la cérémonie d'alliance - il n'y eut d'ailleurs à cette occasion aucune réjouissance festive particulière, à peine un peu d'alcool servi, le mariage en lui-même allant être célébré quelques semaines plus tard - mais de la contractualisation, par les parents, de la dot, plus exactement du prix de la mariée, que la famille du garçon, parmi laquelle je résidais, apporterait à celle de la jeune fille. Au bout de quelques efforts, j'étais parvenu à me faire traduire la quasi-totalité des biens concernés et mentionnés dans le contrat - une simple feuille arrachée à un vieux cahier d'écolier - dont le montant global atteignait trente millions de kips, l'équivalent de deux-mille-sept-cents euros. Voici la liste de ces biens, à laquelle il ne doit donc manquer que quelques éléments de moindre importance :
- trois buffles, pour une valeur totale de 15 000 000 kips ;
- un araire et un bât de labour, pour une valeur de 6 000 000 kips ;
- des bijoux traditionnels, pour une valeur de 3 000 000 kips ;
- deux grandes jarres émaillées, pour une valeur de 1 000 000 kips & 700 000 kips ;
- un gong rituel de bronze, pour une valeur de 700 000 kips ;
- deux cochons, pour une valeur de 500 000 & 400 000 kips ;
- de l'argent numéraire, pour une valeur de 600 000 kips ;
- une petite turbine électrique de rivière, pour une valeur de 500 000 kips ;
- un stock de sel (employé pour la conservation des aliments plutôt qu'en condiment), pour une valeur de 100 000 kips.
En une soixantaine de journées d'errances dans la région, je pense avoir visité la totalité des villages situés dans la Haute-Sékong, sur la rive gauche de la rivière du même nom. Durant ce second séjour en pays katou, j'ai eu l'opportunité de résider huit nuits au sein d'un même hameau, accueilli dans une famille avec laquelle je me suis particulièrement bien entendu, accomplissant donc là une escale d'une semaine au total, momentanément interrompue une seule fois, le temps d'une escapade de quelques journées à l'extérieur, vers d'autres villages de la région, avant d'y revenir. La veille du jour où j'ai dû me résigner, avec maints regrets, à définitivement quitter ce village et cette famille, mon hôte a souhaité, en mon honneur, sacrifier un chien. Bien que ces animaux soient présents en très faible nombre dans les villages katou - pour des raisons que j'ai expliquées précédemment - cette viande, comme il en est de même parmi plusieurs groupes ethniques des montagnes de l'autre extrémité du pays, dans le nord, est ici beaucoup appréciée.
Comme indiqué plus haut, il est rare que de la viande soit au menu des Katou, et lorsque cela se produit, elle proviendra le plus souvent de gibiers de chasse. S'il s'agit toutefois d'animaux domestiques, chez les Katou comme parmi pratiquement toutes les populations du pays, ceux-ci seront invariablement abattus par égorgement, après qu'ils aient été simplement immobilisés au sol, éventuellement préalablement entravés si leur force musculaire le nécessite, afin de pouvoir consciencieusement récupérer le précieux sang dans une bassine. Pour la mise à mort du chien, les hommes s'y sont cette fois pris d'une manière étonnamment sauvage, féroce et brutale, à vrai dire potentiellement choquante et troublante pour un spectateur occidental. En maintenant plusieurs mois cumulés à parcourir les villages de nombreuses minorités ethniques du pays, je n'avais encore jamais observé une scène aussi cruelle, et résolument barbare.
Deux hommes, équipés d'une longue corde, se sont d'abord doucement approchés de leur proie, qui a alors à peine esquivé une tentative de dérobade, mais dont l'attitude démontrait pourtant sans ambiguïté qu'elle pressentait déjà quel triste et affreux sort l'attendait. Les hommes ont ensuite noué la corde, à mi-distance de sa longueur, autour du cou du chien, puis en ont chacun immédiatement agrippé une extrémité afin de la tendre, maîtrisant ainsi le canidé dans une position tout à fait sordide et inconfortable, à moitié suspendu et étranglé, empêché de toute possibilité de fuite et même de mouvements, et bien sûr de morsures envers ses violents agresseurs, de la sorte assurés de pouvoir se tenir chacun à une distance prudente. Pour la pauvre bête, ce n'était pourtant là que le commencement de son supplice. La corde fut ensuite, tout en ne cessant d'être maintenue fermement tendue, attachée entre deux arbres, à une hauteur autorisant tout juste à la bête de poser ses deux pattes postérieures au sol. Là, cette fois équipé d'un solide gourdin, l'un des hommes s'est attelé à battre l'animal, violemment et sans le moindre état d'âme apparent, faisant pleuvoir les coups sur l'ensemble de son corps, épargnant visiblement la tête, alors que cela aurait pu permettre sans doute d'abréger ses souffrances. Après des gémissements, puis des hurlements, de nouveau des gémissements, et enfin quelques râles, elle était inerte, et ce n'est qu'à ce stade, morte ou à peine, qu'elle fut détachée puis égorgée.
Je n'ai pas eu d'autres occasions de prendre part à des "festins canins" parmi les Katou pour pouvoir constater si ce mode d'abattage était ou non universellement pratiqué. Je ne sais ce qui est recherché dans cet abominable procédé de tuerie, tout juste ai-je émis l'hypothèse qu'il était à relier à une croyance voulant que ce fût là une façon de "bonifier" la viande, de l'attendrir peut-être. Ce que je peux dire en revanche, c'est que cette scène n'a semblé en rien revêtir un caractère exceptionnel puisque, mis à part quelques spectateurs présents, la quasi-totalité des villageois, non concernés ont, durant ce temps-là, normalement poursuivi leurs activités, comme si de rien n'était.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
bravo pour ce nouveau récit, le temps que tu prends pour nous raconter et nous faire vivre ton expérience.
je suis admirative du fait que tu sois partie sans guide à la recherche des villages car pour avoir faire 8 jours de marches a partir de pongsaly, sans un local, nous n'aurions jamais su nous retrouver dans tous les chemins
yemen
Merci de ton enthousiasme, ça fait plaisir. Il n'y a pas de suite car cette fois je ne suis pas parvenu, comme je l'ai pourtant souvent fait autrefois dans le Nord, à écrire sur place et au fil des jours ce que j'observais dans les villages. Je ne sais pas expliquer pourquoi. Peut-être parce que les "interrogatoires" m'avaient un peu refroidi au début. J'avais pourtant un peu commencé mais en relisant l'ensemble au bout de dix jours, j'ai estimé que ça ne valait rien et j'ai tout jeté. Puis je ne suis plus parvenu à m'y remettre. Les notes ci-dessus ont été écrites de mémoire, après mon retour, et je suis malheureusement incapable d'en rédiger plus.
A +
321
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Ah, c'est vrai que la province de Pongsali est le royaume du labyrinthe ! Combien de fois me suis-je perdu là-dedans, parfois durant plusieurs heures, avec quelques belles frayeurs paniquées à la clé !
Sur ce point l'extrême est de la province du Sékong est un peu différent. Le réseau des sentiers est moins dense mais ceux-ci, du fait de l'extrême éloignement et isolement géographique des villages Katou de cette zone, sont trop peu empruntés et donc foulés. Ils ont alors perpétuellement tendance à disparaître, à être "repris" par la végétation envahissante. Ce qui fait que le doute est récurrent : suis-je bien sur un sentier principal qui mènera à un village, ou sur un simple passage de bête qui ne mènera nulle part ?!
A +
321
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Merci à toi pour tes carnets et tes photos. Nous avons vu ce type de pipe sur le plateau des bolovens aussi peut-être un peu moins longues mais utilisées par toute la famille. C'est vrai que les interrogatoires ont du être pénibles par rapport au Nord.
A+ Breiz
Avec toi les mots "voyage" et "decouverte" ne sont pas galvaudes, c'est le moins que l'on puisse dire... Tes photos me rappellent celle d'Yves Goudineau, ethnologue specialiste des Katou, dont tu as certainement entendu parler. Il aimerait ton recit (s'il ne l'a lu? Qui sait?), a n'en pas douter. Merci encore a toi de nous faire partager ainsi ton experience. C'etait un defi pour toi de te rendre dans ce coin enclave et meconnu du Laos, different des provinces septentrionales que tu as parcouru, et tu l'as fort bien releve (je me rappelle encore des Cassandre qui tentaient de te prevenir de te rendre par la sur ce meme forum). Salut l'ami, a bientot.
belles aventures, recits et photos super reussi!!!!!!!!
je m'etais rrendus mois aussi en 2008 dans la province de pongsaly;pendant le trajet en bus sur la route de pongsaly ville, j'ai voulu descendre en cour de route pour suivre une vielle femme qui arborrais je ne sais quelle tenue karen ou autre mais je n'ais pas osé, en voyant tes recits, je me dit que j'aurais mieux fait, car mon but etais aussi d'aller a la rencontre de ces tribus sans guide tout seul mais je n'ai pas ete aussi aventurier que toi et pas assez renseigné pour m'egarer dans les find fonds des montagnes;une prochaine fois je me reserve ca c'est sur!!!
en tous cas chapeau et bravo pour ton courage de partir seul comme ca!!!!!!!
Juste pour préciser qu'il n'y a pas de Karen au Laos, mais au Myanmar seulement, et aussi un peu en Thaïlande.
Pour préciser aussi que suivre une femme (vieille ou plus jeune, des montagnes ou des plaines) seule au Laos n'est pas du tout une bonne idée. Elle ne comprendra jamais tes intentions et se retrouvera totalement désemparée, et plus sûrement terrifiée. Il faut au moins qu'il y ait un homme parmi les gens que tu suivrais...
A +
321
Retour à l'autre extrémité du pays…
…village Katou, province de Sékong.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
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Ça y est, le tout premier voyage organisé est proposé dans cette région très reculée de la Haute-Sékong.
La même "prestation" (même prestataire sur place...) est proposée par deux agences de tourisme : ICI et LÀ.
Fichtre, rien ne les arrête. Ça m'a fichu un coup...
A +
321
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
Ça y est, le tout premier voyage organisé est proposé dans cette région très reculée de la Haute-Sékong.
La même "prestation" (même prestataire sur place...) est proposée par deux agences de tourisme : ICI et LÀ.
Fichtre, rien ne les arrête. Ça m'a fichu un coup...
A +
321
J'ai quand-même été un peu étonné que ces agences, dans leur discours commercial, aient utilisé exactement le même mot et surtout la même orthographe que moi pour désigner la pipe à eau des Katou : le khork'. Un mot que je n'avais jamais lu nulle part, et dont j'avais alors "inventé" l'orthographe en 2010, après l'avoir entendu d'innombrables fois de la bouche des Katou eux-mêmes s'adressant à moi : souf khork' ? (tu veux fumer le khork' ?). Avec l'apostrophe finale, je tentais de retranscrire la manière dont les Katou prononcent ce mot, comme brièvement "soufflé" depuis la gorge.
Ainsi, à partir de ce simple mot, il ne m'a pas fallu longtemps pour découvrir la source commune de ces argumentaires commerciaux : ICI. Et dans ce texte, en plus de "mon" mot, figurent de nombreuses autres troublantes similitudes avec mes notes de voyage ci-dessus. Un seul exemple parmi d'autres :
MOI :
Le riz récolté est tellement peu abondant dans la région qu'il semble le plus souvent hors de question de l'utiliser autrement que pour l'alimentation et donc en aucun cas pour la confection d'alcool.
EUX :
Le riz récolté est si peu abondant dans la région qu'il semble le plus souvent hors de question de l'utiliser autrement que pour l'alimentation et rarement pour la confection d'alcool.
C'est un peu vexant de se voir corrigé de la sorte...
A +
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On a vu des proces pour moins que ca...
Mais c'est la rancon du succes.
C'est aussi pour ca que je m'interdis d'evoquer certains endroits sur un forum grand public comme celui la.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants,
les morts, et ceux qui vont sur la mer.
Aristote (parait il)
On a vu des proces pour moins que ca...
Mais c'est la rancon du succes.
C'est aussi pour ca que je m'interdis d'evoquer certains endroits sur un forum grand public comme celui la.
Salut Wolf',
Et pourtant, si tu savais à quel point je brouille les pistes ! Impossible de me suivre à la trace !
Mais là, faut reconnaître, ils sont malheureusement un peu fortiches.
A +
321
PS. Hommes et enfant katou fumant le khork' (si si, l'enfant aussi).
200 jours à pied,
seul, sans guide,
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j ai lu avec grand interet ton aventure chez les Katou dans le Sud-est Laos.
Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord. Belle xperience avec des rencontres authentiques et des paysages majestueux.
En bateau l avantage est qu il suffit de suivre le lit de la riviere pour trouver son chemin. Par contre a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village? Comment traces-tu ton itineraire?
Il me reste 15 jours au Laos et maintenant je souhaiterais continuer a pied car j ai donne mon bateau a un pecheur.
Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord.
Ah, pas de marche finalement ? Mais quel cours d’eau as-tu navigué ? Et sur quel tronçon ?
a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village?
Là tu m’excuseras, je fais mon fainéant car j’en ai déjà tellement souvent parlé. Quelques exemples parmi plein d’autres :
> Les cartes il faut se les réaliser soi-même.
> Car celles accessibles au grand-public sont inexploitables.
> Il faut donc y aller au feeling, mais sous certaines conditions.
> L'important à savoir, c’est que seuls les villageois sont aptes à fournir des indications valables.
> Récapitulatif.
Comment traces-tu ton itineraire ?
Tu comprendras donc que je ne trace jamais un itinéraire à l’avance puisque c’est totalement impossible, mais qu'il s’élabore de lui-même au fil des jours, des semaines, au fur et à mesure de ma progression.
A +
321
PS. Stp n’oublie pas de me répondre au sujet du cours d'eau et du bateau.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
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Je suis au Laos depuis 2 semaines ou j y ai achete un bateau de pecheur dans un petit village du nord.
Ah, pas de marche finalement ? Mais quel cours d’eau as-tu navigué ? Et sur quel tronçon ?
De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
a pied je me demandais comment tu faisais : as-tu des cartes precises pour te guider ou y vas-tu sans carte en te disant que tu trouveras bien un village?
Là tu m’excuseras, je fais mon fainéant car j’en ai déjà tellement souvent parlé. Quelques exemples parmi plein d’autres :
> Les cartes il faut se les réaliser soi-même.
> Car celles accessibles au grand-public sont inexploitables.
> Il faut donc y aller au feeling, mais sous certaines conditions.
> L'important à savoir, c’est que seuls les villageois sont aptes à fournir des indications valables.
> Récapitulatif.
Comment traces-tu ton itineraire ?
Tu comprendras donc que je ne trace jamais un itinéraire à l’avance puisque c’est totalement impossible, mais qu'il s’élabore de lui-même au fil des jours, des semaines, au fur et à mesure de ma progression.
As-tu deja ete dans le nord-centre vers le Mont Phu Bia, le plus eleve du Laos qui se situe pres de la ville de Saisombum. Sur ma carte routiere, il est note que c est une zone speciale. Sais-tu ce qu il en est de cette zone, est-elle intedite? En tout cas elle m interesse car dans aucun guide il ne parle de cette zone et aucun touriste ne m en a parle. C est deja bon signe.
Fais-tu du stop au Laos ou tu prends le bus jusqu a un point puis tu marches?
Est-ce que c est indipensable de savoir +ou- parle Laos selon toi? Je n ai rencontre aucun souci dans le nord mais ce n est pas aussi recule que les zones que tu as faites.
A +
321
A+
Julian
PS. Stp n’oublie pas de me répondre au sujet du cours d'eau et du bateau.
De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
Je te trouve un peu avare en détails, et nos échanges un peu déséquilibrés du coup...
Naviguer sur la Nam Ou ne s’improvise pas. C’est une rivière turbulente (même si le pire se situe en amont de Hatsa). Donc je suis curieux d’en savoir un peu plus... :
- Quel type de pirogue as-tu acheté : à moteur ou pas ?
- Combien de personnes pour conduire la pirogue ?
- Es-tu/étiez-vous accompagné(s) de Lao ou pas ?
A +
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De Hatsa dans le nord pres de Phongsali jusque Nong Kiaw. La riviere s appelle la Nam Ou.
Je te trouve un peu avare en détails, et nos échanges un peu déséquilibrés du coup...
Il suffit de me poser tes questions, je suis pour le partage, c est juste que je ne savais pas trop quels infos tu cherchais?
Naviguer sur la Nam Ou ne s’improvise pas. C’est une rivière turbulente (même si le pire se situe en amont de Hatsa). Donc je suis curieux d’en savoir un peu plus... :
- Quel type de pirogue as-tu acheté : à moteur ou pas ?
Bateau de pecheur en bois mais grande taille
- Combien de personnes pour conduire la pirogue ?
3 personnes. Si tu veux le faire seul ce qui est tout a fait possible, il te faut une taille de bateau plus petite
- Es-tu/étiez-vous accompagné(s) de Lao ou pas ?
On etait pas accompagne et avions notre nourriture avec pour 4 jours car on preferait ne pas tout demander au villageois, de nous aussi partager avec eux.
On a achete une grande baches que l on a place au milieu du bateau pour envelopper les sac a dos et nourriture. Essaie de trouver un sac special etancheite pour l electronique si tu en as car mon appareil photo est tombe a l eau et il est foutu. Mais je ne l avais emballe que dans un sac plastique.
Oui en effet c est a Hatsa que c est le plus chaud au niveau rapide mais aussi juste apres Nong Khiaw (environ une demi-journee de bateau apres) il y a aussi des rapides. Nous n avons pas passe le barage qui se trouve un petit peu apres mais il parait selon des villageois qu on peut le passer mais il faut porter le bateau en demandant l aide des villageois pres du barage.
On a achete le bateau 65euros avec les 3 pagaies. Il etait en super etat, vraiment un bon et beau bateau. Ah oui il etait sans le moteur, nous avions juste de l huile de coude ;-)
N hesite pas si tu veux d autres infos, ca me fait plaisir de partager.
Ah, merci pour les détails sur la navigation. J'étais intrigué car je croyais d'abord comprendre que tu étais seul et honnêtement ça me semble peu réalisable de franchir certains rapides sans coéquipier. Ceci dit je n'ai jamais dirigé moi-même une embarcation au Laos (et ne compte pas le faire d'ailleurs, les abords immédiats de ces cours d'eau m'intéressent généralement peu). Mais merci quand-même pour les conseils.
Il y a deux gars du forum qui ont navigué de Hatsa à Luang Prabang il y a quelques temps. Voir ICI. Malheureusement je ne retrouve plus l'adresse du blog dans lequel l'un d'eux relatait le périple dans son intégralité.
Nous n avons pas passe le barage qui se trouve un petit peu apres
Bordel, il y a donc désormais aussi un barrage après Nong Khiaw ?! C'est vraiment la fin ce pays... À terme, c'est sûr, ça va être un désastre écologique (il y a actuellement plus de 70 projets de barrages dans le pays...).
Oui en effet c est a Hatsa que c est le plus chaud au niveau rapide
En fait je parlais de L'AMONT de Hatsa (de là c'est possible de remonter pendant deux longues journées, je l'ai fait en 2007 et 2009 (voir la toute fin de ce message). C'est là que les rapides sont les plus terrifiants, et de loin : il faut régulièrement tracter les embarcations à la corde.
As-tu deja ete dans le nord-centre vers le Mont Phu Bia, le plus eleve du Laos qui se situe pres de la ville de Saisombum. Sur ma carte routiere, il est note que c est une zone speciale. Sais-tu ce qu il en est de cette zone, est-elle intedite? En tout cas elle m interesse car dans aucun guide il ne parle de cette zone et aucun touriste ne m en a parle. C est deja bon signe.
Oui, c'est une zone spéciale (militarisée). Il s'y est passé des choses peu réjouissantes (cherche sur Youtube : "Guerre Secrète au Laos (Envoyé Spécial, 16 Juin 2005)" et c'est très certainement encore le cas aujourd'hui. C'est donc volontairement qu'il n'y a pas beaucoup d'infos sur cette région. Je ne sais pas quel est l'état des interdictions et restrictions aujourd'hui mais je doute que tu puisses aller bien loin (Long Chen et les quelques bleds situés sur la piste semblent accessibles mais je suis à peu près certain que l'on ne te laissera pas rejoindre les recoins excentrés de la zone, ceux qui ne s'atteignent qu'à pied). En tout cas je n'ai jamais tenté mais je ne pense pas qu'il faille privilégier ce secteur pour de la randonnée. Le risque c'est donc aussi que tu fasses le déplacement pour rien. Sans compter que je ne pense pas non plus qu'il s'y trouve de beaux villages traditionnels.
Fais-tu du stop au Laos ou tu prends le bus jusqu a un point puis tu marches?
Le stop, c'est vraiment pas un truc qui se pratique couramment au Laos. J'ai très rarement essayé, et de plus ce n'était pas en me postant au bord de la route le pouce levé (d'ailleurs ce signe ne serait pas du tout adapté sur place puisqu'il signifie que "tout va bien" !). C'était plutôt lors de mes retours vers les vallées et les plaines, en sollicitant les conducteurs en arrêt dans les villages, dans des endroits où je ne voulais pas rester et où je n'avais pas de bus avant le lendemain par exemple. Et puis il faut savoir que la plupart du temps, dans les conventions locales, ce genre de service, comme d'autres, se rémunère.
Enfin, l'intérêt du stop pourrait se présenter sur les pistes/routes non desservies par les bus, mais sur ces axes tu risques de croiser si peu de véhicules que ça peut en devenir risqué.
Bref oui, pour ma part c'est donc approche en bus, pirogue, etc. puis marche pendant plusieurs semaines.
Est-ce que c est indipensable de savoir +ou- parle Laos selon toi? Je n ai rencontre aucun souci dans le nord mais ce n est pas aussi recule que les zones que tu as faites.
Oui c’est rigoureusement indispensable, mais quand je dis cela, c'est uniquement en parlant des villages reculés et isolés en montagnes, ceux qui ne s'atteignent qu'à pied, ceux qui ne sont jamais visités. Ceux situés le long des voies de circulation n'impliquent pas du tout les mêmes problématiques.
- Voir le deuxième paragraphe.
- Voir le cinquième paragraphe.
- Voir le dernier paragraphe.
- Voir les 2 premiers paragraphes.
Est-ce que tu as deja parcouru le centre, c est-a-dire une des regions qui s etend entre Vang Vieng , Pakse jusqu a la frontiere du Vietnam?
Non, ce n'est pas une région qui m'intéresse. Du moins on n'y trouve pas ce que je recherche.
A +
321
200 jours à pied,
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Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"On se ferait bien un marché de Noël, cette année, non ? Un petit week-end en amoureux...
- Yes ! Ce serait cool ! Strasbourg ? Colmar ?
- Ça sent le déjà vu, non ? En plus, peu de chance d'y avoir de la neige... Et j'aimerais un peu plus de dépaysement agrémenté d'originalité..."
"Ok, Google, donne-moi la liste des cinq plus beaux marchés de Noël en Europe.
- En cinquième position, le marché de Noël de Vilnius, capitale de la Lituanie.
- Economise ta salive ! Lituanie, nous voilà"
On voulait du froid, nous avons du froid en posant les pieds en cette nouvelle terre inconnue. Niveau paysages, forêts et lacs s'étalent à perte de vue sur cette immense plaine à la végétation brûlée par le gel de l'hiver visiblement déjà bien installé ici.
Des lacs, c'est d'ailleurs l'environnement choisi pour notre première visite au château de Trakai dont les tours et murailles rouges brique s'elancent fièrement vers le ciel azur qui nous est proposé pour cette première journée. Des lacs, puisque ce château a été érigé sur une île et n'est accessible qu'à pied via une multitude de passerelles emjambant des excroissances lacustres à moitié gelées. Je n'aurais pas choisi mieux comme endroit pour y construire mon château ! Traduction : Nous sommes conquis ! Preuve en est que nous y restons deux heures à randonner dans le secteur, alternant entre forêts, roseaux et maisons cosyes décorées avec goût pour Noël.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
January 2026
Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.