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Qui va dans l'ouest des États-Unis et quels circuits fin mai-juin 2011? English translation pending
by Vnoa · 2011-04-10 · 642 replies
Hello,

Sur le modèle du "famous" post du Tigre (pour le mois de juin 2009 ou septembre 2011, ou encore ma 1ère copie en mai 2009), je vous propose de poster ici vos dates dans l'Ouest des USA et un petit resumé de votre trip avec les étapes importantes pour des dates entre fin Mai et Juin 2011.

Ce topic est là pour discuter entre voyageurs partant en mai/juin 2011 pour l'Ouest (présentation du circuit, étapes...) et "éventuellement" s'y croiser en cas d'étapes communes, mais pas pour chercher un Compagnon de Voyage 😛

@+ Vnoa
Discussion autour du Concours photos avril 2011: "Ombres et lumières à travers le monde" English translation pending
by Gunst · 2011-03-31 · 574 replies
Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau concours photos. Au cours du mois, je partirai quelques jours en voyage. Aussi, Tafakara (Je l'en remercie) sera mon binôme pour suivre la discussion et comptabiliser les votes pour désigner le gagnant. Grâce à l'aide de Kistal, nous aurons à disposition un diaporama présentant les photos.🙂
Hôtel Cayo Santa Maria ou Cayo Largo pour avril 2011? English translation pending
by Atomica · 2011-03-15 · 21 replies
Bonjour j'aimerais que quelqu'un m'aide s.v.p. car je ne sais pas où aller entre Cayo Santa Maria ou Cayo Largo. Mon critère #1, une belle plage!!! Ensuite un bon hotel...

Donc est-ce que quelqu'un peut me dire si les plages sont belles actuellement à ces 2 endroits, car je lis des forums qui disent que la plage est parfois rongées et qu'on est sur le gazon.

Aussi, précision, cette année on voyagera avec bébé de 17 mois. Donc il me faut une plage proche de l'hotel. J'ai lu qu'à Cayo largo on doit aller à la plage paraiso et sirenas en taxi. On ne veut pas faire du taxi à tous les jours pour aller à la plage avec tout le bagage, bébé et poussette. L'idéal pour nous serait une longue plage avec une eau calme, turquoise où il faut marcher longtemps pour avoir creux d'eau (plus facile pour jouer avec bébé) devant l'hotel. Quoique j'aime aussi avoir des vagues à l'occasion.

Est-il possible de faire une croisière en catamaran et visiter un peu une petite ville à ces 2 endroits?

Nous avons des bons prix et hésitons entre ces hotels, pouvez-vous m'aider à choisir? Critère #1 une belle plage devant mon hotel!!!#2 Un bel hotel bonne bouffe. Je suis habituée de voyager et la plage est mon critère #1.

CAYO SANTA MARIA - Melia las dunas - Barcelo cayo santa maria - Sol cayo santa maria

CAYO LARGO - Hotel playa blanca - Sol cayo largo

Un gros merci de vouloir m'aider Sophie
Croisière transatlantique vers les Caraïbes sur le Costa Luminosa English translation pending
by Joce06 · 2011-03-15 · 347 replies
Bonjour à tous,

Voilà, nous avons réservé une croisière sur le LUMINOSA COSTA départ le 26 novembre 11 de SAVONE pour les caraïbes.

L'itinéraire est : SAVONE - BARCELONE - 2 jours en mer - SANTA CRUZ DE TENERIF - 5 jours en mer - BARBADOS (antilles) - GRENADE (antilles) - ST LUCIA (antilles) - GUADELOUPE (antilles) - MARTINIQUE (antilles) - ST MARTIN (antilles néerlandaises) - LA ROMANA (rép. dominicaine) retour en avion.

Merci de me donner des renseignements sur ces escales sauf pour BARCELONE et SANTA CRUZ que nous connaissons... que nous conseillez vous ? que voir ? merci à tous

Situation actuelle en Égypte? (25 février 2011) English translation pending
by Bobnat1970 · 2011-02-25 · 87 replies
quelqun peut me dire la situation en ce moment en egypte normalemnt je parle 19 mars pour le caire avec circuit jusqua la mer rouge nous au canada le gouvernement a emis une alerte de ne pas allé si nessesaire mes notre fourniseur pour le voyage dis que tout est ok .tu peut meclairé un peut STP... merci a lavance.
Partir ou pas en Egypte? English translation pending
by Warzager · 2011-01-26 · 326 replies
Bonjour aux menbres de voyage forum Nous devons partir mon epoux et moi méme en Egypte ( sharm el sheick) le 19/ mars prochain , pensez vous aux vues des conjonctures actuelles , que nous devrions annuler notre voyage !!!!😠 Merci d avance pour vos precieuses réponses !!! Pascale
Carnet pratique Sri Lanka English translation pending
by Chouhibou · 2011-01-23 · 42 replies
Bonjour,

De retour d'un voyage de 3 petites semaines au Sri Lanka, voici quelques infos qui pourront peut être servir à d'autres. D'abord un petit mot sur nous et notre façon de voyager (pour éviter tout quiproquo): nous sommes un couple franco-belge. Nous voyageons en "routard": sac à dos (8 et 10 kg pour ce voyage), petits hôtels simples, parfois limites coté hygiène, et puis de temps en temps on se fait plaisir. Nous goutons beaucoup à la cuisine locale en prenant tout de même un minimum de précautions. Il n'est pas rare que nous ne fassions qu'un vrai repas par jour car on se contente souvent de grignoter à midi. Nous voyageons en bus ou train de préférence, il nous arrive d'utiliser des vols intérieurs (mais en l'occurrence pas au Sri Lanka). En voyageant « à la routarde », nous avons l'impression de voyager au plus près de la population locale (sans être dupes, ça n'est évidemment pas en 3 semaines, ni même en 3 mois, que nous devenons experts des conditions de vie d'une population étrangère).

Nous sommes partis le 10 décembre 2010 pour un retour le 28 (c’est très court, je sais). Nous avons voyagé avec le Lonely planet (qu'on préfère en général au routard) qui, malgré tous les reproches qu’on peut lui faire, rend de grands services. Coté transport Paris-Colombo, nous avons fait affaire avec OPODO qui nous a vendu un billet OMAN Air pour un peu plus de 650 euros/pers. La compagnie OMAN AIR est impeccable. Par contre nous ne ferons plus appel à OPODO pour l’achat de nos billets (ok ce n’est pas la faute d’OPODO si Oman Air change ses horaires, mais la moindre des choses ce serait de nous prévenir !!!). A l’aller nous avons fait 2 escales (à Oman puis aux Maldives, wouhaaa ça jette de trooooop) et une seule au retour (Oman). Nous avons rencontré des voyageurs qui ont payé un peu moins cher, pour un vol sans escale depuis Paris, avec la compagnie Sri Lankaise. Tout ça dépend souvent des dates, il faut fouiller sur le net.

Au Sri Lanka: Ce qui nous a vraiment plu:La population. Ce qui choque agréablement d’abord, c’est le sourire qu’affichent les Sri Lankais. Ces gens là sont d’une bonne humeur (affichée en tout cas) incroyable. Coup de bol, voilà une qualité contagieuse, et on oublie vite le « tirage de tronche » cher au bon français que je suis. Une autre agréable surprise vient de l’apparente facilité avec laquelle les différentes religions cohabitent. Il y a ici bouddhistes, hindous, musulmans, chrétiens, et tout ce petit monde se supporte très bien (propos qui n’engagent que moi et ma toute petite connaissance du pays. Sous leurs airs de « bienheureux », ne pas oublier que les Sri Lankais sortent juste d’une guerre interne qui a fait quelques milliers de morts). Ils sont très nombreux à parler anglais mieux que moi (bon d’accord, je ne suis pas une référence…) et quand ils ne comprennent pas, ils font très bien semblant (mais c’est un peu déroutant). Leur langue est une vraie langue de sauvages (meuhhh nooon, j’rigole !!!) et on a tout juste appris à dire merci. Face aux touristes, ils sont parfois intéressés (pour nous vendre une course de taxi, nous diriger vers un hôtel que tient le beau-frère etc.…) mais le plus souvent nos échanges étaient très sains. Nous avons tout de même eu 2 expériences désagréables (toute proportion gardée, voire chapitre sécurité) : Un rabatteur à Galle, franchement pénible et malhonnête, et 3 jeunes, toujours à Galle, qui au bout d’un moment de discussion sont franchement devenus relous avec mon amie (blonde, yeux bleus, elle cherche les embêtements aussi !!). Pour ces 2 fois, juste élever un peu la voix a suffi pour nous débarrasser de ces indésirables. Ils sont parfois un peu pénibles en magasins. Ainsi quand on fait une queue, les gens n’hésitent pas à vous passer devant si vous ne collez pas littéralement la personne qui vous précède. On peut mettre ça au chapitre des différences culturelles qui restent tout à fait gérables. Une autre différence culturelle, mais celle là très sympa (et vue plusieurs fois) : dans les bus bondés quand quelqu’un monte, qu’il doit rester debout et qu’il (ou elle) est chargé(e), cette personne donne son bagage (son parapluie, son cahier…) à quelqu’un qui est assis… sans même lui demander son avis !! Le bagage est en sécurité jusqu’à l’arrivée (!!!) et la personne debout a les mains libres pour se tenir. Cette petite anecdote me permet d’aborder le thème « sécurité » et de le traiter en 3 mots : nulle part nous ne nous sommes sentis menacés, d’une agression ou d’un vol. Clairement, la plupart des Sri Lankais ne roulent pas sur l’or –voire sont très pauvres- mais les voyages nous apprennent qu’insécurité et pauvreté ne sont pas forcément liés. C’est le cas ici. La gastronomie Sri Lankaise : On a goûté pas mal de chose. Dans ce qu’on appelle les « bouis-bouis » on trouve des « en-cas » le plus souvent très bons, parfois très épicés, ça dépend, au bout de quelques jours on sait à peu prés reconnaître lesquels vont nous arracher le palais. Moi au départ je ne suis pas fan de cuisine épicée, ça a donc été une (très) bonne surprise (coté en-cas, j’adoooore les crêpes fourrées qu’ils font, c’est trop bon, et pas épicé). Evidemment on n’échappe pas au Rice’n curry. Ils sont parfois succulents, parfois moyens, on n’en a jamais mangé de mauvais. Là-bas, on mange très peu de viande, on s’y fait très bien. On mange par contre beaucoup de riz mais ça c’est pas une surprise. Il ne faut évidemment pas rater les fruits et les jus de fruits, certains sont justes géniaux. Nous adorons les marchés, on vous conseille de les fréquenter (au Sri Lanka comme ailleurs) ça donne souvent lieu à des échanges sympas en plus d’être un plaisir pour les yeux (évidemment faut pas être regardant sur l’hygiène, les conditions de conservation de la viande par exemple…). Et puis, must parmi le must (en ce qui me concerne évidemment), le curd, qui mériterait que je l’écrive avec une majuscule. Le Curd est un yaourt au lait de buffle (parait-il), et on le mange en y faisant couler dessus un « miel » de palmier (en fait plutôt un sirop très épais). C’est juste divin et ça ne coûte rien. Le mec qui va au Sri Lanka et qui ne goûte pas le Curd, je ne lui cause plus. Coté boisson faut pas compter sur le vin (j’vous l’fais pas dire, c’est la misère). J’ai goûté une bière dont je n’ai pas gardé un souvenir impérissable, il parait qu’il faut tester la « Lion », mais nous on ne l’a pas fait. Pour l’eau on a toujours pris de la minérale mais on se doute bien que ça n’est pas ça qu’ils mettent dans les jus de fruits dont on ne s’est pas privés. He ben on n’a jamais été malade, même pas une petite cagouline durant tout le voyage, c’est très appréciable (ohhhh ça va hein ! c’est peut être pas correct de parler de ça dans un forum clean, mais que le routard qui n’a jamais été pris de panique en cherchant (vite, vite, viteuuuuh) des toilettes en ville me jette la première pierre). Je n’ai pas retenu le nom des restos que nous avons pu faire mais il y en a un qu’il ne faut pas rater si vous allez à Ella, c’est le « Adam’s breeze ». C’est croquignolet, peint de couleurs vives, la terrasse offre un chouette point de vue et ça se situe sur la gauche, juste avant le sentier qui monte sur le petit Pic Adam’s. Le patron (fort sympathique) a réussi à nous servir notre meilleur jus de fruits, notre meilleur Rice’n curry et en dessert devinez-quoi, il m’a servi du curd! (ce petit resto n’apparait pas dans le dernier LP car il est tout récent). Pour s’y rendre le soir, prenez un rickshaw (100 Rps l’AR depuis l’hotel). Bon sang j’allais oublier : le thé bien sûr ! Y’a (trooop) bon ! Certains paysages : Moi j’ai adoré les montagnes plantées de thé, un peu l’équivalent de nos régions viticoles. Marcher dans les plantations est très agréable, visiter une fabrique est instructif. Les cueilleuses font de jolies tâches de couleur dans tout ce vert, mais on les plaint (travail physique, probablement usant, et apparemment peu rémunéré). Mon amie a beaucoup aimé les plages, dont certaines sont effectivement vraiment très belles. L’eau y est tout de même plus agitée que dans les « îles paradisiaques » car il n’y a pas ici de barrière de corail (mais les surfers y trouvent leur compte). Certains bateaux de pêche -à balanciers- sont très beaux. Les types qui pêchent à quelques mètres de la plage, perchés sur… heuuu… leur bout de bois (??) sont étonnants. J’aime aussi beaucoup les paysages de rizières et on est gâtés quand on descend des montagnes vers la côte sud.Les transports. C’est souvent là aussi un bon moyen d’avoir quelques échanges sympas. Bon…faut pas être pressé, et faut pas être stressé. A la surface de la terre il y a une loi physique qui fait que plus on s’approche de l’équateur, plus les gens roulent comme des cons. Le Sri Lanka n’est pas bien loin de l’équateur et de toute évidence les chauffeurs de bus du Sri Lanka en sont encore plus près !! Les bus sont souvent bondés, ça permet de ne pas voir ce qui se passe sur la route et donc, de moins stresser. Sinon y’a le train, un de nos meilleurs souvenirs. Là aussi pressés s’abstenir, mais que d’échanges, et quel plaisir de parcourir les montagnes à faible allure, le nez au vent ! (si, si, vous verrez). Et puis les tuc-tucs (rickshaws), sympas et bien pratiques, à éviter tout de même sur de longues distances (sauf si vous voulez, en plus de la jouer routard, la jouer aventurier).Le coût de la vie : Les transports sont quasi-donnés (plusieurs heures de trajet pour l’équivalent d’1 euro mais les tuc-tucs un peu plus chers). On mange souvent (bien) pour 3 euros, les en-cas sont très peu chers également. Coté hôtellerie on a souvent dormi à 2 pour l’équivalent de 15 euros (voir détails en fond de post), parfois pour la moitié, dans des chambres simples mais qui n’ont jamais été sordides. A 2 reprises on a payé plus cher, dont une fois l’équivalent de 25 euros, c’était un bungalow nickel (tenu par une suisse c’est dire…), sur une plage de rêve. Le séjour (hors billet d’avion) nous est revenu à 26 euros/jour/pers et on ne s’est pas privés. Ce sont les visites de certains sites (archéologiques, parc nationaux, temples etc…) qui plombent le budget, car très chers (par exemple 25 dollars/pers pour entrée Polonnaruwa et 13.000 Rps ( !! oufti comme disent les Belges) pour 2 entrées au Parc de Yala, avec 4X4 et chauffeur/guide obligatoire). La montée à l’Adam’s peak. On l’a fait la veille du début du pèlerinage (pas le choix). Pour info le pèlerinage commence au mois de décembre, le jour de la pleine lune. Au début c’était une vraie déception de rater la foule mais après avoir lu certains posts de voyageurs qui l’ont fait « en pleine saison », j’ai moins de regrets. Là on a pu le faire à la cool. A peu prés 50% touristes 50% Sri Lankais et au final très peu de monde. 2h30 de montée, apparemment c’est un bon temps. N’oubliez pas les frontales ça aide au début, car pas toujours éclairé. La montée est rude (je ne suis pas triathlonien !), il faut souvent faire des pauses. Sur le parcours, à 3 ou 4 heures du mat’, des échoppes vendent des boissons, du thé, c’est très sympa (ah oui n’oubliez pas la petite laine car quand on s’arrête, ça caille vite). Les Sri Lankais font ça en claquettes, parfois pieds nus (je vous ai dis, ce sont des sauvages !!!). Certains portent même des bouteilles de gaz, de la tôle ou des objets lourds car il faut ravitailler les points de…ravitaillement. Il est hors de question que je fasse ça en job d’été. Les bâtiments au sommet sont décevants mais le lever de soleil jette un max. La tradition veut qu’on fasse tinter la cloche d’autant de coups que de fois qu’on a grimpé la montagne. On a rencontré une vieille dame qui lors de sa dernière grimpette, l’a faite sonner plus de …60 fois ! Faut avoir la Foi (anciennement elle était guide, Brenda) ! Et puis donc il y a ce drôle de phénomène optique, la montagne dont on voit pendant quelques minutes l’ombre telle une pyramide, un chouette moment. La descente casse aussi les jambes, plus particulièrement les derniers muscles que vous aviez gardés valides jusque là. 3 jours plus tard nous avions encore mal aux mollets (un touriste a compté 4666 marches, j’ai pas vérifié, mais ce qui est particulièrement dur c’est qu’aucune ne fait la même hauteur que la suivante). Galle : C’est une ville (j’entends la vieille ville) particulièrement agréable en fin de séjour, car on peut s’y reposer. Les autres villes sont souvent poussiéreuses, sales, bruyantes. Bon attention hein, je ne me plains pas de ça, du bruit, de l’hygiène limite, de la dure condition de piéton dans ce pays, mais au bout de 3 semaines de voyage routard, le petit occidental -d’habitude cajolé- aime à retrouver ses repères d’occidental privilégié, et des conditions correctes d’hygiène, de douceur de vivre… Bon, quoi dire… Galle est très agréable. Mais c’est clairement un truc à touristes (réussi) qui aurait sa place dans la liste des « plus beaux villages de France ». 2-3 jours ça va, mais moi je n’aimerais pas passer 3 semaines dans un des plus beaux villages de France. Tiens, véridique, on a croisé Stéphane Berne là-bas, pour vous dire comme c’est nickel ! Pour les autres villes : Kandy n’est pas désagréable, le lac lui donne un vrai charme et le marché est sympa (pour ma part je pense que la visite du temple de la dent ne mérite pas son prix, occidental). Nous ne sommes restés sur Colombo que quelques heures, ça m’est difficile d’avoir un avis. Les autres villes que nous avons traversées étaient plutôt des grosses bourgades, pas de coup de cœur de ce coté. Dans tous les hôtels, au dessus du lit, une moustiquaire. Presque toujours un ventilo.Les petits déj’ pris soit dans les hôtels, soit dans les « bouis-bouis ». Ils sont toujours sympas et quand on ne mange pas vraiment à midi, ça permet de tenir jusqu’au soir.Voir (avec de bonnes jumelles tout de même) le léopard dans le parc national de Yala, avec en plus des éléphants, des crocodiles, des phacochères, des oiseaux, tout ça et d’autres, et en plus, cerise sur le gâteau, un ours (avec de très très bonnes jumelles, mais il parait qu’on était quand même très chanceux).Ce qu'on n'a pas -ou moins- aimé (faut bien assumer ma nationalité française, et faire le grincheux)L’absence de sites archéologiques majeurs, ou même de traces architecturales du passé. Bon d’accord, il y a Polonaruwa qui est agréable à parcourir en vélo : de chouettes vestiges, des dagobas impressionnants, des Bouddhas assis-debouts-couchés, mais c’est un peu juste non ? Enfin je veux dire que moi je suis généralement friand de ça, donc là faut oublier. C’est mon péché mignon : m’installer à une terrasse, prendre un verre, et regarder la vie qui se fait sous mes yeux, les gens qui passent, et qui me disent (rien qu’en passant) un peu comment ils vivent. Au Sri Lanka, y’a quasiment pas de terrasses (en dehors des hôtels).Certaines plages : Oui il y en a de très belles (que dis-je ? Elles sont toutes très belles !). Mais parmi elles, il y a celles qui ont été littéralement colonisées par les touristes. Clairement je ne vais pas au Sri Lanka pour me baigner allemand, manger anglais, boire un coup américain, bronzer français, que sais-je ? Je veux, naïvement, voyager Sri Lanka quand je suis au Sri Lanka. Je suis TRES en colère contre les guides (en l’occurrence Lonely Planet) qui m’envoient dans ces endroits là. C’est qu’au départ… je lui fais confiance moi !!!. Voilà, vous le saurez, si vous voyagez dans le même état d’esprit que nous, n’allez pas à Mirissa. Et bon d’accord, je veux bien vous pardonner si vous n’aimez pas le Curd mais je ne vous pardonnerai pas si vous allez à Unawatuna qui doit être ce qu’il y a de plus lamentable au Sri Lanka. A l’inverse, on trouve des plages que seuls les Sri lankais fréquentent (Galle près du phare par exemple, Tangalle après la rest house).Notre guide au PN de Yala. Bon je sais bien qu’ils n’ont pas les mêmes critères que nous. Mais clairement, aller à Yala, ça coûte un bras (85 euros pour 2 en ce qui nous concerne, doit y avoir moyen de l’avoir moins cher facilement). La moindre des choses ce serait que le chauffeur/guide ait 2 mots intéressants à nous dire ! Je ne vais pas vous dire à quel hôtel on l’a eu, car il semble que d’autres guides, du même hôtel, étaient très bons. Tout ce que je peux dire c’est que le notre, on aurait dit qu’il avait 16 ans, et je me suis demandé tout au long du long trajet à quel âge on leur donne le permis de conduire là-bas (puréeee, meeeerdeuh, le mec pas foutu de s’arrêter pour profiter des animaux quand on lui demande ! Il a dû croire qu’on venait juste pour faire un tour de 4X4)Voilà pour les grandes lignes. N’hésitez pas à demander si vous voulez d’autres infos (on n’a pas fait du tout le nord ni l’est, pas assez de temps).

A suivre en dessous, les étapes de notre voyage, les hôtels occupés avec tarifs et un avis rapide sur la prestation.

Pour finir, et pour paraphraser un type que j’aimais bien avant qu’il devienne directeur de France Inter :

« le Sri Lanka allez-y, vous n’en reviendrez pas »

Notre circuit (prix hôtel pour 2 pers, en général on peut négocier, parfois on l’a fait, parfois moins. La plupart sont cités dans le LP au rayon « hôtels bon marché ») (et pour info 1000RPS=6.60 euros env.) :

- Arrivée Colombo mais départ immédiat pour…

- Negombo- Hotel Star beach, 2500rps, bof, mais situé sur la plage (pas eu le temps d’en profiter). P dej agréable.

- Kandy- Hôtel Freedom lodge. Pas mal. Propre. Calme. Accueil correct. 3000rps (soit env 20 euros, donc assez cher pour là-bas). Le soir nous avons mangé dans un hotel, au dessus du freedom lodge. Ce devait être le Sharon Inn. Le Rice’n curry, servi en buffet, y est très bon.

- Sigiriya- Hôtel Flower Inn. Tout simple, très bien. Accueil sympa 1500rps (site de Sigiriya à faire, attention aux singes, ne pas manger devant eux)

- Polonnaruwa (site archéologique à faire)- Hôtel Manel guest house. 2000rps. Petit mais propre. Balcon sympa. M. Bandula (le patron) est gentil mais vite encombrant, limite pète-couille, il ne nous lâche plus !! A Polonnaruwa j’ai noté le prix de consommations pris dans un bar, genre bouis-bouis : 1 Coca + 1 café + 1 petite eau minérale = 90 Rps soit environ….0.60 euros !!!!

- Nuwara Eliya, région du Thé- Hôtel The Trevene. 3000 Rps avec petit dej inclus (négocié), et quel petit dèj !! le meilleur !!. Nisa vous accueille dans un français impeccable, elle a vécu en région parisienne. Elle est Sri Lankaise, c’est un plaisir de parler avec elle. Personnel compétent et sympa. Chambre correcte. (ne figure pas, à tort, dans le LP)

- Delhouse (Montée de l’Adam’s peak)- Hôtel Punsisi rest – Bungalow chouette et chouette terrasse (ne pas se fier à la moche façade de l’hotel). 2000 Rps un des meilleurs qualité/prix. Des grenouilles dans la salle de bain !! trop rigolo la panique de ma nana qui n’ose plus aller faire pipi.

- Ella- hôtel Rock view hotel. Accueil trop commercial à notre goût. 2000Rps. Repas bof. C’est à partir d’Ella qu’on a commencé à voir des touristes en nombre. Pas grand-chose à faire mais si vous y êtes, allez à l’Adam’s breeze (Resto, voir plus haut). Balade au petit Adam’s peak heuuu, gentillette. Ma copine a apprécié le massage Ayurveda.

- Tissa (Porte d’entrée au Yala PN)- Hôtel Indépendant travellers- 1000Prs. Chouette chambre, qualité/prix imbattable. Attention dans le choix du guide pour le parc. Entrée parc très chère.

- Tangalle, plage – Patini bungalows. Tenu par Séverine, une suisse mariée à Daya, un Sri Lankais. Confort suisse. Prix…suisse donc un peu cher (3500 Rps) mais vraiment bien, sur une plage ***. (swydler@hotmail.com, francophone)

- Mirissa Hôtel « Sea, sun, breeze », les pieds dans l’eau, tout à droite quand on arrive sur la plage. J’ai honte d’avoir séjourné là. 7000 Rps (mais avec p Dèj et repas réveillon Noël très très bof). Si vous voulez améliorer votre anglais, Mirissa peut être une solution, sinon, Fuyez !

- Galle : Hôtel Frangipani. 3000 Rps petit dèj inclus (négocié). Un grand balcon pour nous tout seuls. Chouette mais un peu cher, mais chouette….

- Galle : Hôtel Weltevreden. Simple. Jardin intérieur très chouette. 1500 Rps
Aventures canadiennes: deux semaines entre Calgary et Vancouver en juillet 2010 English translation pending
by Xfg59 · 2010-12-22 · 69 replies
Alors que nous avons l'habitude de préparer soigneusement nos voyages longtemps à l'avance et de fignoler nos itinéraires pendant des mois, voilà le récit d'un voyage organisé à la dernière minute, dans l'ouest canadien, entre Alberta et Colombie Britannique.

Une fois la décision de partir, je me suis jeté sur le forum pour puiser un maximum d'information et m'imprégner des carnets de ceux qui nous avaient précédé sur ce trajet, notamment Grisemote et Krikri.

Seule contrainte, étant donné le temps relativement limité que nous avions, il a fallu faire de nombreux arbitrages et faire des choix... Mais comme nous sommes partis sans nos enfants, nous reviendrons, avec eux, plus longtemps. C'est sûr !

Voici donc l'histoire de ce beau voyage :

J1 : 16/07 - PARIS-CALGARY Vol direct sans histoire, et petit prix avec Air Transat. Survol magnifique de l'Islande, du Groenland, de l'île de Bafin et des Territoires du Nord Ouest. Arrivés à Calgary, nous prenons un taxi jusqu'à notre hôtel (RAMADA HOTEL DOWNTOWN, classique, bien situé et sans surprise). En plein Stampede, nous n'avons pas eu de difficultés à nous loger. Une fois les valises défaites, nous faisons un tour dans le centre, montons au sommet de la Calgary Tower où marchons avec beaucoup de précautions sur le plancher de verre et savourons la première d'une longue série de bières canadiennes... J'achèterai aussi une paire de bottes, bonne idée puisque nous n'en reverrons plus à prix intéressant ensuite (et quel choix !).

J2 : 17/07 - STAMPEDE Aujourd'hui au programme : après un petit déjeûner offert dans la rue, nous nous rendons vers le célèbre rodéo annuel de Calgary. Nous avions assisté aux Cheyenne Frontier Days l'an dernier ; le Stampede, c'est un peu la même chose, version XXL avec en plus un petit côté salon de l'agriculture. Superbe journée, ambiance de fête populaire, et spectacle magique en soirée, digne des productions de Las Vegas (Cirque du Soleil oblige).





J3 : 18/07 - CALGARY Aujourd'hui, nous restons à calgary pour découvrir la ville. Pour être honnête, avec le recul nous avons pensé que ça a été une journée qui aurait pu être mieux mise à profit ailleurs, notamment dans les Rocheuses ou sur l'île de Vancouver. Mais nous voulions absolument, pour des raisons personnelles, découvrir Calgary, Vancouver et Victoria. En résumé, une ville agréable, dans un environnement exceptionnel, des chantiers partout, mais rien de bien transcendant pour le visiteur. Nous avons filé vers Prince's island Park, d'où le point de vue sur Dowtown est intéressant. Après y avoir pris une collation, et pour nous mettre à l'abri de l'orage montant, nous avons repris le chemin du centre pour aller visiter le Glenbow Museum. Très beau musée, avec des sections intéressantes sur les premières Nations et l'histoire de l'Alberta. Une partie du dernier étage est consacré à l'art de la guerre, où l'on découvre toutes les manières dont les Anglais ont pu mettre une raclée aux Français depuis des siècles... En sortant, nous nous arrêtons chez Milestone's au coin de la rue pour une bonne bière, et un dîner fort sympathique...

J4 : 19/07 - CALGARY-BANFF-LAKE LOUISE Ce matin nous partons en taxi chez Hertz sur Mc Leod Trail prendre possession de notre voiture. De là, nous filons à Heritage Park où nous passerons une bonne partie de la journée. Il s'agit d'un "musée" de plein air où est reconstituée la vie dans l'ouest canadien. Le site, très grand regroupe de nombreuses constructions d'époque, avec figurants, un train à vapeur etc. Très intéressante exposition sur le chemin de fer, et son rôle primordial dans le développement des provinces de l'ouest. Il y a également une belle collection de voitures anciennes (et pompes à essence). Vers 15h, nous quittons les lieux puis filons vers Banff, sous un ciel de plomb et une pluie battante. En cherchant notre route, nous franchissons un feu qui venanit de passer au rouge, au nez d'une patrouille de police... Ouf, ils semblent ne pas réagir... Toujours est-il que Hertz nous a quand même facturé les 250 $ correspondants... En fin d'après midi, toujours sous la pluie, nous arrivons à Banff. Après une viste rapide du Visitor Center où une sympathique ranger francophone nous conseille quelques randonnées pratiquables malgré le temps, nous nous réfugions au St james Gate, pub irlandais à l'ambiance réjouissante. Et, en plus ils ont de la bière canadienne 🤪 ! Après dîner, nous reprenons la Transcanadienne, toujours sous la pluie, jusqu'à Lake Louise où nous avons réservé une chambre pour les 3 nuits à venir.

La suite arrive !!
Malaisie: trois semaines en famille en été 2010 English translation pending
by Voyageur08 · 2010-10-31 · 11 replies
Comme j'ai pas mal utilisé ce site pour construire mon voyage, il me semble normal à mon tour d'en faire profiter les autres. Voilà le récit de 3 semaines passées en Malaisie : nous sommes une famille de 4, avec é enfants de 10 et 13 ans. Pour la version avec les photos, rendez vous sur mon site : http://voyageur.over-blog.com

Le voyage s’est effectué quatre étapes, du Nord au Sud. D’abord 10 jours dans les très reposantes et très agréables îles Perhentian pour mêler tranquillement plage, snorkeling et plongée. Dépaysement garanti avec une température de 30° dans l’air… et dans l’eau ! Ensuite direction la jungle de Bornéo le long de la rivière Kinabatangan pour découvrir oiseaux et singes de la forêt. Puis l’exceptionnel Bornéo Rainforest Lodge dans la Danum Valley, au milieu de la forêt primaire pour partir à la rencontre des orang-outans. Enfin, nous avons fini sur l’île de Kapalaï, tout près de Mabul et Sipadan, mondialement renommé pour ses sites de plongée.

Iles Perhentian – du 1 au 9 aout

A l'arrivée à Kuala Lumpur, nous enchainons avec un vol Air Asia pour Kota Bahru. L’hôtel à Kota Bahru (Hôtel Crystal Lodge – 298 RM pour 2 chambres) est quelconque et n’est de toute façon qu’une étape pour rejoindre Kuala Besut le lendemain matin en taxi (une heure ¼ de route – 70 RM), point de départ des navettes pour les îles Perhentian. Après 30 minutes d’un gros bateau à moteur, nous y voilà enfin ! Nous débarquons sur Perhentian Besar, dite Big Island (par opposition à Perhentian Kecil, dite Small Island), à Abdul Chalet.

Abdul Chalet, c’est un petit coin de paradis : nos chalets sont « sur » la plage, avec la mer juste devant nous… la plage est de sable blanc, avec les cocotiers pour avoir de l’ombre, des hamacs pour se reposer et la forêt vierge en toile de fond… quant à l’eau, elle est chaude et claire ! L’endroit est vraiment très très tranquille ! Le ciel sera souvent nuageux, particulièrement dans l’après midi (comme pendant tout le séjour), mais avec une température constante de 30° toute la journée, on s’en accommode très bien ! Nous passerons également quelques jours à Bayu Dive Lodge, mais qui n’est pas du tout comparable ni en termes de plage, de tranquillité ou d’amabilité.

Nous avons fini le PADI (commencé en France) à Universal Diver, très sympa avec des instructeurs dans différentes langues européennes, dont le français. A 10-12 mètres de profondeur, la visibilité sur l’ensemble des sites n’est pas extraordinaire, et sera bien meilleure sur les sites de snorkeling à Tiga Ruang, Shark Point ou D-Lagoon où l’eau est cristalline jusqu’à 5 mètres de profondeur. Rien de plus facile pour rejoindre ces sites avec un taxi boat qui vous y amène en 5 minutes pour quelques ringitts, et même vous attend (c'est mieux pour rentrer) pour quelques dizaines de ringgits !

Nous voyons nos premières raies (les immenses grises et les petites à points bleus), les poissons tropicaux « typiques » comme les rabbitfish, triggerfish, angelfish ou parrotfish, les drôles de poissons coffre, et les fameux poissons clown (les « Nemo » orange et blanc, mais aussi leurs cousins avec d’autres couleurs) et même quelques tortues (à Turtle Point) et timides requins à pointe noire (à Shark Point).

Outre Universal Diver, nous avons plongé avec Alu alu divers (très bien) et aussi UrbanIsland Divers (très bien).

Rivière Kinabatangan – du 10 au 12 août

Il est temps de quitter les îles Perhentian et d’entamer la 2ème partie de notre séjour sur l’île de Bornéo. La partie Nord de l’ile (état de Sabbah) fait partie de la Malaisie, tandis que la partie Sud fait partie de l’Indonésie. Il nous faut une journée complète pour quitter les Perhentian, rejoindre Kota Bahru pour prendre l’avion pour Kuala Lumpur puis pour Sandakan, point de départ de notre prochaine étape sur la rivière Kinabatangan.

A Sandakan, nous passons la nuit dans un lodge tr��s sympa, le Sepilok Forest Edge, dans une ambiance très luxuriante qui nous donne un avant goût prometteur des prochains jours.

A partir de là, pour arriver au Kinabatangan Jungle Camp sur la rivière Kinabatangan, il faut rouler 2 heures, et traverser les immenses étendues de palmiers qui recouvrent le territoire à perte de vue. La rivière est un des sanctuaires sauvages de l’île avec la forêt tropicale préservée tout le long du cours d’eau, sur une bande plus ou moins large en fonction de l’empiètement des champs de palmiers. Ici, il s’agit d’une forêt secondaire, par opposition à une forêt primaire. Pour faire simple, quand c’est très vieux, avec des arbres très grands (60 mètres et +), c’est une forêt primaire…quand c’est moins vieux, avec des arbres moins gros, c’est une forêt secondaire.

Autant dire que la forêt tropicale est tout simplement inextricable et impénétrable. A un mètre, on ne voit absolument plus rien derrière la végétation. La seule possibilité pour voir les animaux est donc d’attendre qu’ils sortent de la forêt pour venir au bord de la rivière ou sur la cime d’un arbre. Avec les singes, on a un (léger) indice supplémentaire avec les branches qui bougent quand ils sautent d’un arbre à l’autre. C’est donc en barque à moteur que se font les « drive », en remontant ou descendant la rivière.

Ce n’est pas l’Afrique pour le palmarès animalier, mais nous faisons quand même quelques belles rencontres. Pour les oiseaux, pas mal de calaos (hornbill), de nombreuses aigrettes, de superbes hérons pourpre dans des pauses surprenantes, des anhingas, de jolies cigognes ou des très beaux oiseaux comme le martin pêcheur à oreilles bleues ou le guêpier à gorge bleue.

Nous voyons également quelques jolis rapaces tels que le Brahminy kite, Wallace hawk eagle, le crested serpent eagle.

Avec les oiseaux, ce sont les singes que nous voyons le plus : quelques troupes de macaques, mais surtout des groupes de nasiques, célèbres pour l’énorme nez des mâles. Ils sont impressionnants quand ils se déplacent avec leurs grands sauts dans le vide pour passer d’un arbre à l’autre.

Le premier soir, nous apercevons furtivement dans la pénombre un orang outan alors qu’il va dans son nid pour la nuit. Par contre, nous suivrons pendant presque 20 minutes deux gibbons en train de vocaliser bruyamment pour s’appeler (ou s’intimider) de part et d’autre d’un bras de rivière qu’ils ne peuvent pas traverser.

Danum Valley – du 13 au 16 août

Après Kinabatangan, nous prenons un bus-taxi qui nous emmène à Lahad Datu. Ce sont des mini bus qui font la liaison entre deux points, en s’arrêtant au bord de la route à chaque fois que quelqu’un les interpelle ou veut descendre. Nous sommes 4 au départ et jusqu’à 15 pendant le trajet, là où il y a normalement 8 places assises ! Heureusement, le réseau routier de Malaisie est de très bonne qualité ; en Inde, on aurait probablement eu beaucoup plus de frayeurs ! Le transfert vers Lahad Datu se passe beaucoup plus vite que prévu et nous sommes donc installés dans notre hôtel (Asia Hotel – 316 RM pour 2 chambres) vers 15 heures. Pas grand-chose à faire jusqu’au soir, si ce n’est aller au KFC d’en face, déambuler dans le « mall » de la ville, qui s’avèrera être un bazar de taille moyenne parcouru en ½ heure, puis retourner au KFC…

Les choses sérieuses commencent le lendemain matin avec le transfert vers le Bornéo Rainforest Lodge dans la Danum Valley. La Danum Valley est une forêt primaire (donc pas secondaire), qui fait partie d’une énorme concession de 1 Million d’hectares cédée par le gouvernement à la fondation Sabbah (Sabbah est le nom de la région de Bornéo appartenant à la Malaisie) pour protéger la zone de la déforestation. Il faut 2 heures ½ pour faire les 80 kms de piste qui amènent au lodge.

Quel spectacle magnifique à l’arrivée ! Le lodge est comme posé au milieu de la forêt tropicale, entouré de collines sauvages à la végétation luxuriante. Que ce soient dans les chalets ou le bâtiment principal pour les repas, nous sommes plongés au beau milieu des bruits et des couleurs de la jungle. Comme le lodge est grand luxe, c’est l’alliance parfaite du luxe et du primitif ! Les 2 derniers jours, nous avons même un chalet devant la rivière, au pied de la montagne. Superbe !

Il fait toujours chaud avec beaucoup d’humidité. Le matin, l’humidité de la forêt crée une épaisse brume qui se dissipe rapidement avec les premiers rayons du soleil.

Dans la journée, comme souvent depuis le début du séjour, il y a une averse. Le dernier jour, ce sont carrément des trombes d’eau qui s’abattent sur nous pendant 2 heures ! Dans la rivière devant le lodge, cela donnera lieu à une jolie scène avec un héron et un anhinga en train de se disputer la meilleure place pour pêcher le poisson.

Danum Valley est un sanctuaire de la biodiversité animale, mais cela s’avèrera très compliqué d’en profiter. En effet, la vie animale se trouve à la cime des arbres, à plus de 40 ou 50 mètres de hauteur. A partir du sol, c’est donc absolument impossible de voir quoi que ce soit ! Le Canopy Walk, une série de ponts suspendus à 30 mètres au-dessus du sol, est impressionnant mais ne donne pas beaucoup plus de chance !

A Danum Valley il faut savoir se contenter d’une patte de cerf (sic), d’une paire d’yeux brillants en pleine nuit ou du cri lointain des gibbons ! La devise du lodge est parfaitement respectée « Hope for everything, Expect nothing ». Pour ceux que cela intéresse, d’après le manager du lodge, la meilleure saison pour venir au BRL est la « mass fruiting season » d’Avril à Juin lorsque les fruits sont murs, ce qui provoque la concentration des animaux. En attendant, nous ferons des rencontres plus originales qu’à l’habitude, avec de très jolis insectes ou grenouilles et quelques oiseaux.

"Malgré cela", nous passerons 4 jours excellents à BRL ! D’abord pour le cadre évidemment ! Ensuite pour l'étonnante végétation de la forêt tropicale, avec les "elephant plan" de 3 mètres de haut, les "shy grass" qui se referment dès qu'on les effleure, les célèbres arbres figuiers assassins ou encore les arbres dont le bas du tronc peut servir de corne de brume !

Danum Valley, ce sont surtout les marches éprouvantes dans l’ambiance moite de la forêt tropicale, dont celle mémorable jusqu’au « viewpoint » de la montagne d’en face. Ce jour là, nous aurons enchaîné 4 marches pour un total de 8 heures ! Et attention aux sangsues, particulièrement actives les 2 derniers jours lorsqu’il a plu à verse…

Enfin, même si la faune fut discrète, nous avons quand même vu celui que tout le monde cherche dans la jungle de Malaisie : l’orang outan. Nous verrons deux groupes d’orang-outans, à chaque fois 2 femelles et un petit. Voir les orang-outans, c’est 1) prendre une bonne paire de jumelles, 2) s’enfoncer au cœur de la forêt et 3) attraper un mal de cou en se tordant dans tous les sens pour essayer de les prendre correctement en photo parmi toute cette végétation ou à 40 mètres de haut. Si BRL offre des très bonnes chances de voir des orangs-outans, c’est parce qu’un centre scientifique est installé non loin, et les grands singes sont pistés quotidiennement par les rangers : heureusement… car à 40 mètres de haut, il n’y a absolument aucune chance de les voir « par hasard ».

Au chapitre des bons souvenirs, il y aura également la descente de la rivière en « tubing ». C’est une énorme bouée en caoutchouc sur laquelle on s’assied, et il suffit de se laisser porter par le courant en pagayant avec ses tongues pour se diriger. Pour aller au point de départ en amont de la rivière, nous ne pouvons pas être en baskets, du coup, c’est la psychose de la sangsue car il venait juste de pleuvoir. Autre conséquence, le courant de la rivière était beaucoup plus fort qu’à l’habitude et il y en a même quelques uns qui ont dessalé !

Lors du retour du BRL sur Lahad Datu, nous aurons une chance incroyable en voyant un sur la route un bébé éléphant pygmée de Bornéo, qui ira tout de suite se réfugier dans la forêt épaisse. On entendra sa mère barir pour l’appeler, et on verra les branches des arbres bouger, mais malheureusement le troupeau ne sortira pas pour pointer son nez…euh sa trompe !

Sipadan – du 17 au 22 août

Dernière étape de notre séjour : Sipadan Kapalai Resort, sur l’îlot de Kapalaï, tout près des îles de Mabul et Sipadan.

Après le retour de BRL sur Lahad Datu, nous prenons un taxi (200 RM) qui nous amène à Sempernau après une heure ½ de route. Nous passons la nuit au Seafest Hotel (330 RM pour 2 chambres) et le lendemain matin, embarquons sur un énorme bateau à moteur jusqu'à Sipadan Kapalaï Resort. Posé sur un îlot au beau milieu de la mer, ce lodge est constitué d’une trentaine de chalets de luxe et l’activité principale de l’endroit est très claire : plongée, plongée et plongée !

Et effectivement, dès qu’on met la tête sous l’eau, le spectacle est sans commune mesure avec celui des iles Perhentian. La visibilité est bien meilleure et les poissons sont beaucoup plus nombreux et plus colorés. En snorkeling ou en plongée juste devant le resort, on en prend déjà plein les yeux !

L’attrait de cette destination est Sipadan, réputé comme un des 10 plus beaux sites de plongée au Monde. Notre expérience sur le sujet est limitée, mais clairement, le spectacle fut grandiose ! A Barracuda Point ou à South Point, la visibilité est extraordinaire (20-30 mètres ?), l’eau est d’un bleu marine intense, et on se croirait dans un véritable aquarium tellement il y a de coraux et de poissons de toutes les couleurs. Les images ont l’air tout droit sorties d’un documentaire télé : le banc de centaines d’énormes barracudas en chasse, le banc d’énormes poissons perroquets (bumperheah parrotfish) en patrouille ou encore les tortues nageant gracieusement… idem pour les nombreux requins à pointes blanches ou à pointes noires.

Le site est très réputé car il est constitué d’un plateau à quelques mètres sous l’eau et d’un abîme à pic jusqu’à 600 mètres de profondeur, ce qui crée apparemment des conditions idéales pour les poissons. Quand on nage au bord du plateau, et qu’on a en dessous le noir de l’abîme, cela fait des sensations très étranges ! Nous ne plongerons qu’une journée (4 plongées) à Sipadan car le nombre de plongeurs par jour est limité pour protéger l’endroit. Mabul Island, tout près, a également offert de très bons sites de plongée.

Le 22 août à midi, c’est le début du retour. Assez pénible il faut dire, car ce n’est que 33 heures plus tard que nous toucherons terre à Paris ! Nus avons enchaîné le bateau, le bus, les avions avec des escales à Kuala Lumpur et Doha … longues… très longues !

Hébergements

Voilà notre avis sur les différents endroits où nous sommes restés : Abdul Chalet : les chalets avec vue sur la mer sont parfaits, pour 220 RM par jour. La vue est magnifique et avec les cocotiers, on a une vraie ambiance de plage tropicale. L’endroit est très calme, du au petit nombre de chalets. Pour les repas, Abdul Chalet était très bien pour les petits-déjeuners et les déjeuners sur le pouce, tandis que nous allions au plus sophistiqué Tuna Bay pour le dîner, à moins de 5 minutes de marche. Seul bémol, sur le côté droit, il y a l’embarcadère en béton où débarquaient les anciens gros bateaux qui assuraient la liaison avec le continent. Il faut donc regarder tout droit ou à gauche, mais pas à droite ! Ceci dit, il y a aussi un embarcadère à Perhentian Island Resort, réputé avoir, à raison, la plus belle plage de l’île. Mais c’est beaucoup plus « tourisme de masse » qu’à Abdul !Bayu Dive Lodge : notre seule réelle déconvenue du séjour. Nous déconseillons très fortement car très bruyant à partir de 19-20 heures (le seaview chalet donne également sur la terrasse du restaurant et sur la cuisine du restaurant d’à côté… donc bruit infernal assuré jusqu’à 23 heures, et ensuite ce sont les moteurs de compression du club de plongée qui prennent le relais), un service totalement impersonnel et une plage beaucoup moins agréable qu’à Abdul Chalet. Kinabatangan Jungle Camp : parfaitement situé au bord de la rivière, mais très basique pour les chambres (austère, style dortoir militaire) et surtout une impression de laisser aller dans l’ambiance d’ensemble : le chemin d’accès est fait de planches de chantier, du matériel de chantier traine un peu partout, l’embarcadère des bateaux donne sur le linge du personnel du lodge, … Est-ce lié ou pas, mais en attendant, tous les gens présents étaient vraiment amateurs de faune et on a probablement échappé aux touristes « de base » des autres lodges. Avis moyen, surtout par rapport au prix. Borneo Rainforest Lodge : 20 sur 20 ! Le lodge est situé dans un endroit incroyable… et le contact direct avec la jungle tropicale est si extraordinaire, même si les animaux sont rares. Le service est irréprochable et les chalets sont grand luxe ! C’est pas donné, mais c’est à faire ! Sipadan Kapalaï Resort : L’endroit est luxueux et parfait pour la plongée. Mais il est dit qu’un diving center a du mal à appliquer à l’hébergement les mêmes standards qu’il applique à la plongée ! On ne va pas cracher dans la soupe, mais le niveau des prestations était celui d’un bon hôtel, pas d’un hôtel de luxe. Pour la plongée, par contre, rien à dire ! Le constat serait probablement identique pour les autres resorts du même style. Comme lieux de passage, nous nous sommes aussi arrêtés au Crystal Lodge à Kota Bahru, au Asia Hotel à Lahad Datu at au Seafest Hotel à Sempornau. Même s’ils étaient quelconques, ces hôtels étaient à chaque fois propres et calmes, et ont donc correctement rempli leur fonction d’hôtel de transit.

Pour les déplacements, nous avons utilisé 2 modes de transport : l'avion, en volant sur Air Asia, qui offre des tarifs défiant toute concurrence si on s'y prend à l'avance. Par exemple, Kuala Lumpur -> Kota Bahru nous a coûtés 90 RM, en réservant en novembre pour l'été suivant le taxi, plutôt pas cher : 20 à 30 RM pour se rendre de l'aéroport au lodge, 70 RM pour faire Kota Bahru -> Kuala Besut, 150 RM pour faire Sukau -> Lahad Datu et 200 RM pour faire Lahad Datu -> Sempernau.
America the beautiful (partie 2) English translation pending
by Lanfeust77 · 2010-10-21 · 89 replies
J'ai finalement décidé de faire un nouveau post mon précédent étant déjà arrivé à la page 5.

Nous sommes toujours en plein Yellowstone quand notre aventure reprend ici...

Jeudi 27 Mai:

Nous avons finalement pas mal dormi, le sommeil nous ayant gagné en dépit des bruits de cuisine. Debout à 06h30, nous sommes prêts à 08h45 après un petit déjeuner à l'hôtel un peu longuet... Mais notre première étape du jour n'est pas si loin, à quelques pas...il s'agit de Upper Geyser. Après une nouvelle éruption "programmée" du vieux fidèle, nous filons à la cabane des rangers pour voir les prévisions du jour, non météo car nous voyons déjà que le ciel semble bien bouché, mais les prévisions des éruptions locales...

Le "Grand" est une de nos cibles de la journée car son éruption est proche (contrairement à celle du Castle déjà passée) et le spectacle risque d'être au rendez vous avec une "montée des eaux" à pas moins de 50-60 mètres...toutes les 8 heures.

Nous commençons tranquillement à déambuler...et première petite mais surprenante première éruption, celle du Aurum (latin de Or) Geyser appelé ainsi du fait de la couleur des dépôts d'oxyde de fer tapissant le bord de l'orifice. Durant les éruptions qui se produisent toutes les 2,5-5 heures, l'eau et la vapeur sont projetées à des hauteurs pouvant atteindre près de 7 mètres... C'est un geyser de type conique, à savoir que son ouverture est étroite, si bien que lors d'éruption cette orifice fait jaillir une colonne régulière d'eau, à la différence des Geysers "en fontaine".



On pense que ce geyser est connecté d'une certaine façon aux dépôts d'eau des prairies situées derrière.

Nous passons devant les glougloutis de Pump Geyser, puis de Beach Spring...



Puis le calme à nouveau...mais le spectacle lui continue...



Des côtes imaginaires se dessinent dans le miniature...



Et nous poursuivons la découverte de ces nouveaux rivages...

Puis un peu de leçon d'anatomie avec Ear Spring, la source en forme d'oreille...



Connues ou moins connues, chacune de ces rencontres nous émerveille...



Jusqu'aux plus simples bassins...



Chaque pas nous mène vers une autre trouvaille, d'autres couleurs...



Economic Geyser...



Il semble reconnaitre Beauty Pool...mais avec toute cette vapeur...



En fait nous entendons les grondements de Giant Geyser, mais nous avons sous estimé le chemin pour s'y rendre si bien que nous arrivons à la fin de l'éruption...sic...

Nous nous rabattons pas loin sur Grotto Geyser, en activité continue...enfin presque car il entre en éruption toutes les 8 heures pour plus de 10 heures...La forme bizarre du cône est due aux arbres qui ont été enfermés dans la geyserite (dépôts de silice). Comme communication il y a ici, une augmentation de l'activité de ce geyser signifie une diminution de celle du Giant...et comme nous venons de manquer le show du Giant...

Nous nous contenterons de celui ci...



Partout la renaissance de la nature, perpétuelle, côtoie la mort d'une autre part, et parfois cette vie est si proche d'univers hostiles...



Voici un nouveau compagnon de route...



Avant d'arriver à l'un des bijoux du coin, la Morning Glory pool. Malheureusement cette piscine naturelle change doucement de température et donc de couleur...et ceci est directement dû aux tonnes de déchets jetés par les touristes dans le passé...Les déchets diminuent en effet la circulation et accélèrent par là même la perte de chaleur. Comme la piscine se refroidit, les bactéries oranges se propagent depuis les extrémités remplaçant le magnifique bleu d'origine...Heureusement pour nous, tout n'est pas encore orange...et nous "immortalisons" l'endroit...juste au cas où...😕





Mais encore cette maudite vapeur!!! 🏴‍☠️



En 1950, une éruption avait été volontairement provoquée par les rangers afin de vider et de nettoyer le bassin...mettant à jour 86.27$ en pennies, 76 foulards, des serviettes, des chaussetes, des chemises et mêmes des sous-vêtements féminins!!

Le temps semble se stabiliser...Nous poursuivons donc...



Sur le chemin du retour, ou plutôt sur la partie ouest de cette grande boucle, nous stoppons pour un brunch rapide face au Daisy Geyser. Nous sommes seuls ou presque: un couple de jeunes québécois très sympa nous tient compagnie alors que le geyser se réveille brusquement. Ce geyser laisse échapper à peu près toutes les 3 heures un jet d'environ 25 mètres de haut. Il peut être prédit dans les 45 minutes, exception faite quand le Splendid Geyser à coté se met à rugir à son tour... Les deux geysers communiquent entre eux mais aussi avec le troisième des lieux, le Comet Geyser.

En repartant nous faisons un petit détour pour voir le très sympa Punch Bowl Spring.

La chaleur, l'eau et les minéraux se sont associés pour former l'ornement délicat qui entoure ce bassin. Un autre élément important reste le comportement de cette formation thermale: la circulation de l'eau, la quantité d'eau ruisselant ou bien déferlant et le style des éruptions (quand elles se produisent), tout détermine où les minéraux sont déposés et sous quelle forme particulière. Pour sa part le Punch Bowl est resté relativement constant durant les 100 dernières années.

Après, c'est l'histoire d'un chemin jamais trouvé...d'une route manquée, d'un tournant dissimulé...bref oui nous les avons vu...les minutes perdues à nous enfoncer toujours plus profond...pour finir par aboutir...sur la route avec en face de nous...Black Sand Bassin!!!! Quelle galère, nous décidons de longer la route jusqu'à retrouver notre chemin au niveau d'un très beau bassin...



...et voici surgir Castle Geyser...



Ce geyser porte bien son nom comme les autres, son énorme cône ressemblant fort à un château de sable blanchi à la javel, attestant de son ancienneté (il reste l'un des plus anciens geyser de la région, sa formation remontant entre 5000 et 15000 ans). Il offre son spectacle toutes les 13 heures et son éruption est suivie d'une phase vapeur sonore de 30 minutes due à l'énergie dégagée par le surplus de chaleur et de vapeur. Nous décidons de ne pas attendre la prochaine éruption programmée vers 22h, nous avons encore du pain sur la planche...

Nous passons Shield Spring (la source du bouclier)



Pour mieux admirer à nouveau le Castle...





Et voici la magnifique Crested Pool, profonde de plus de 14 mètres et pratiquement tout le temps en train de bouillir...





Les couleurs sont là encore somptueuses...

Notre premier tour du jour se termine et nous passons par l'obligé détour dans le Old Faithful Inn. Cet endroit a été réalisé par l'architecte Robert C Reamer en 1904 et est l'un des plus large bâtiment en rondins au monde. Question record la cheminée centrale n'est pas mal non plus car elle contient à elle seule plus de 500 tonnes de roches et huit foyers combinés...



Dans les boutiques on peut aussi se parer pour des reconstitutions plus que parfaites...





Au vu des prix, ce doit être une fabrication locale...😕

Il est déjà 14h25. Prochain arrêt à suivre...Black Sand Basin.
Ouest USA: Erosion Fusion Passion English translation pending
by Laurence49b · 2010-09-22 · 139 replies
SEGO LILY Calochortus nuttallii

L’Ouest USA… voyage forum.. .carnets de voyage sont des mots à forte résonance dont la tonalité éveille tous mes sens.

Vos carnets ont été une grande source d’inspiration pour la construction de notre voyage… qui sera tout en randonnées et pour la réalisation de ce carnet-souvenir... qui sera tout en simplicité.

De ces lectures sont nés des désirs, des souhaits et même des certitudes suscitées par les vagues d’enthousiasme échappées de vos écrits ou de vos clichés révélateurs de sublimes paysages.

Ce carnet sera celui de nos souvenirs communs , un voyage à deux issu d’une relation amoureuse et d’un intérêt partagé et passionné pour ces contrées sauvages et lointaines.

Nous vous souhaitons bonne lecture, beaucoup de plaisir au moins autant que nous en avons eu pour l’écrire et l’imager.

Nous remercions de tout cœur Fred XIII, Isap29, Kashtin, Krikri, Mlefevre, Mokahlki, Oliv2019, PSI, Sedonax, Veileen, Vnoa, Wavemaster.

Merci aussi à tous les autres forumeurs qui ont eu la patience de répondre à nos questionnements ciblés dans le Post « Itinéraire de 29 jours : Colorado Utah Arizona Nouveau-Mexique Colorado »

Sincèrement et personnellement notre révérence va droit à Philippe ( Sedonax ) sous le signe « Sa passion et une patience d’Ange ».

Puis vers Pascale ( Kashtin ) pour son travail minutieux - correction de mon identification du bouquet garni de petites fleufleurs - et sa grande sympathie.

C’est parti mes amis et bon voyage…

Voici notre programme définitif avec sa carte itinéraire:





Le 1er Juin – Région Moab & Arches NP

ASTER Erigeron utahensis

De Denver à Moab… Arrivée par la 128 et là nous baignons dans l’ambiance Colorado, ses flots calmes nous bercent dans nos souvenirs respectifs et notre premier contact est un instant magique.



Nous filons ensuite à Corona Arch, empressés que nous sommes. Patrick, attiré par les arches en tout genre en retrouve de suite la trace; nous admirons ensemble cette structure naturelle, sa ligne épurée et sa couleur rouge/rosée si tendre à nos cœurs.





Puis les Arches du NP nous rappelle à elles.. nous traversons tout le parc, là aussi notre mémoire s’active; direction Marching Men... la piste de tôle ondulée donne une impression désagréable et me fait avancer avec prudence, le 4X4 chasse nous sommes déçus du peu de perf du Grand Cherokee mais ne vous y fiez pas, notre désarroi sera de courte durée !

Patrick, au retour comprendra… le problème se résorbe à minima en accélérant.

Nous sommes résolument seuls lors de cette journée et cela le sera pour la majorité de nos trails et pour notre plus grand plaisir.

La douceur du crépuscule nous envahit et nous rafraîchit après la chaleur excessive de ce jour. La marche devient agréable et sympa.

Mais les Marching Men se font attendre et je partage mon sentiment: les beaux sites de l’Ouest s’offrent à nous après un jeu de cache-cache , on les cherche, on les devine puis à un détour sans qu’on s’y attende, ils se donnent enfin d’une façon majestueuse et toujours avec splendeur.

Impressionnants ces drôles de bonhommes... tous devant et tous derrière...



La nuit est là et Tower Arch nous nargue... la prudence l’emporte sur l’envie de continuer... nous reprenons le chemin en sens inverse, il nous reste tellement à découvrir !

Le 2 Juin

BUCKWHEAT Eriogonum ovalifolium

Levés à l’aube 4h30 pour un RDV avec le sunrise de Mesa Arch. Tout simplement, raté.

Mesa Arch est certes toujours aussi belle et irrésistible mais aujourd’hui elle s’amuse de nous et de 2 autres photographes… pas de soleil... il se camoufle sous un coton épais de nuages.



La False Kiva mérite bien qu’on s’y attarde; nous nous imprégnons de l’ambiance dans cette ruine indienne et méditons dans l’alcôve et là inespérée la lumière du soleil jaillit sur les méandres de la Green River et les vues en sont immédiatement métamorphosées.



Comme la journée a commencé très tôt nous prenons le temps de trailer à Aztec Butte où la vue sur Taylor Canyon est un peu décevante après False Kiva.

Quelques granaries Anasazi le long du parcours… greniers de stockage de provisions

... alors nous poussons, l‘adrénaline et le Cherokee jusqu’à la Shafer Trail; je suis impatiente et légèrement crispée, c’est une première pour moi et si attendue; Patrick lui l’a dévalée l’an passé en VTT avec brio et péripétie.

Elle est extra cette piste – très cassante par endroits alors prudence- et notre 4X4 se révèle être enfin un compagnon de route fidèle et à la hauteur... High Clearance... de nos attentes !



Puis nous avançons vers Musselman Arch, elle m’impressionne énormissime ! Elle se présente comme une traverse de pierre d’environ 3 mètres de large avec le vide des 2 côtés. J’avais l’intention de la traverser mais le vertige m’a cloué sur place ! elle a su me résister ! Je l’aurai un jour !!! je l’aurai !!

L’environnement désertique mélange de falaises / mésas / piliers rocheux est fascinant et à perte de vue.





Retour à Moab.

Une petite sieste méritée et bienfaitrice au Kokopelli Lodge de Moab nous conduit tout droit et en forme au Moabrewery en soirée. Eh ! oui nous sommes des nostalgiques des ambiances et rencontres VF 09 Madseb, Floyd et notre Tigre .

Et attention, ce soir un RDV de toute importance nous attend, il s’agit de Sedonax avec qui nous passons une fin de soirée fort agréable – il nous en raconte des choses, toujours pertinent et intéressant ce Philippe !

Le 3 juin

LUPINE Lupinus pusillus

Horseshoe Canyon se situe à l’ouest de Canyonlands dont il fait partie intégrante malgré l’éloignement géographique – 2h30 de Moab au parking du trail

La piste s’avère longue et sans problème particulier.

La rando quant à elle est pénible: 5 heures de marche uniquement dans un wash et dans du sable sous une chaleur excessive.

La 1ère et 3ème galerie (dénommée Great Galery) de Petroglyphs sont magnifiques, exceptionnelles; la 2ème l’étant moins à mes yeux.







Au retour, le dernier ¼ de mile se présente en montée raide dans un sable profond; là je perds pied: mes jambes flageolent, le sol se dérobe , mes yeux se voilent sous le regard inquiet et médusé de Patrick… Où sont les sels ? Sapristi !

Finies les ambitions… prouesse à la baisse. Nous redéfinissons les règles surtout celui de notre Tempo, le rythme de marche sera en fonction de Bibi Lolo !! 1ère et dernière manifestation de faiblesse, l’honneur est sauf !

Direction la piste menant au trail de Five Hole Arch , nous prenons le nord de la Lower San Rafael et la 1ère piste sur sa droite et sommes pris de suite dans les tourments d’un chemin dont le sable très profond ne donne aucun signe de passage récent et pas de possibilité de marche arrière. Foncer est ma seule devise pour éviter l’enlisement.

Sans conteste notre Cherokee se défend bien (la conductrice aussi !) et dorénavant nous le couvrons d’éloges et ce jusqu’au dernier mile du trip.

Sauf que notre erreur est démasquée enfin la mienne... retour sur la bonne voie 2ème piste à droite (cette fois c’est la bonne et trop fastoche) après la jonction avec la Lower San Rafael mais la luminosité faiblit, le crépuscule guette, adieu le sunset sur Five Hole Arch.

Nous gardons ce trail pour demain car dans l’immédiat une nouvelle expérience nous attend : première nuit dans le 4X4 et dans le wilderness, j’ai adoré cette solitude à deux, le décor s’y prêtait bien.



Douce soirée et nuit chaude !!!

Hum ! hum ! Petits et petites coquines, pas toujours bien placées vos idées !

Le 4 juin

Sticks & Rocks

La journée commence très tôt - la lumière du jour nous réveille aux aurores - par la rando de Five Hole Arch une rando comme je les affectionne particulièrement, tous les ingrédients sont réunis: marche sur du slickrock, de l’orientation au GPS et un fabuleux spot de 5 belles arches donnant sur un panorama splendide de la Green River rive ouest.

Cette rando reste un très bon souvenir pour nous.

Trail de 2h15 en A/R



Crocodile Rock



Five Hole





Green River



Nous partons dans la région de San Rafael Swell avec son canyon de Little Wild Horse très prisé pour 3 raisons essentielles: il est facile d’accès, amusant et beau.

Of course, nous y croiserons beaucoup de touristes mais il vaut le détour.

Sans faire la boucle complète nous y resterons 2h en A/R.



Arrivés à Goblin Valley State Park la chaleur nous suffoque, l’air est irrespirable et notre balade à travers ces étranges créatures y sera écourtée.



Allez, allez on se ressaisit… et on se rattrape vite avec Crack Canyon pour lequel nous avons littéralement craqué tous les deux. Histoire de feeling !

Quelques difficultés à trouver la bonne piste me pousse à vous donner une indication:

Sur la Temple Mt Road laisser sur votre gauche la route pour Goblin Valley & Little Wild Horse Canyon continuer tout droit et compter environ 2 miles de cette jonction à celle de Crack Canyon prendre alors à gauche la piste menant au waypoint du parking indiqué sur ouestusa.

Le trail jusqu’à l’accès au site est sans intérêt juste un peu d’escalade et de repère avant de se jeter dans le Crack Canyon. 2 h en A/R (on marche le temps qu’on veut dans le canyon)

Un extraordinaire travail d’Erosion nous projette des années en arrière, certainement des millions d’années de labeur avant cet incroyable résultat. La roche est creusée de toute part, de nombreuses cavités - des p’tits trous, des p’tits trous encore des… et des passages tunnel façonnés et modelés par les pluies torrentielles et l’écoulement saisonnier de l’eau.

Sensationnel !





Le 5 Juin

CLARET CUP CACTUS Echinocereus Triglochidiatus & ASTER Erigeron Concinnus

Factory Butte nous était totalement inconnu avant sa découverte dans le carnet de Mokalkhi – merci pour le petit détour vers ce colosse nuancé de gris et d’ocre, posé sur son tapis fleuri jaune.



Si, si .. le tapis est bien jaune !



Puis à l’approche de Capitol Reef en venant de Hanksville mon émerveillement est à son comble, j’ai encore droit aux petites moqueries de Patrick m’imitant « Oh ! c’est beau »

Ces dômes rocheux aux teintes douces se déclinant du rose au violine surplombant le blanc cassé/beige me surprennent et me scotchent sur place le temps de m’imprégner et d’imprimer dans la case mémoire.



Pourtant le sentier de Cassidy Arch nous attend et son dénivelé annonce déjà le ton , nous approchons de l’arche en bufflant.

Grimpette de 2h30 en A/R, nous l’avons prolongée en poussant de 2 miles vers le Cohab Trail.

Le Waterpocket étant le lieu privilégié de refuge du hors- la- loi redouté et de sa bande de malfrats. Pas vu, pas pris…



Vers 16h un petit passage au Visitor Center de Capitol Reef où les rangers nous confirment ce que nous pensions déjà : tout est OK ! L‘état de la piste et la météo étant les 2 atouts majeurs pour l’accès à Cathedral Valley.

Nous sommes prêts pour notre petite expédition; la traversée de la Fremont River ne pose aucun souci vu son faible débit et sa profondeur.

Juste après le gué nous apercevons un 4X4 stoppé et un homme filmant notre traversée.

Ni une, ni deux nous faisons connaissance avec Serge et Elina, 2 américains ; nous bavardons slowly very slowly vu notre épouvantable anglais et échangeons nos E-mail pour l’envoi de la vidéo .

Serge, jusqu’à ce jour n’a pas tenu sa parole… Soit, nous sommes très patients, Serge !

Je vous laisse admirer ces fabuleux déserts où ne poussent seulement que quelques éparses mais somptueuses cathédrales dans un décor de rêve.

Lower South Desert Overlook



Vues du primitive campground : Cathedral Valley Overlook

Un vrai délice ! A la tombée de la nuit...

Une nuit au primitive campground largement inspirée par vos suggestions. Thanks à Fred, Kashtin et Krikri

Sunset, Sunrise…Satisfaction, Stupefaction...

Waouh! Du campground et à ma grande stupeur naïve nous devinons les contours de Factory Butte ! Encore, Elle !

Le 6 Juin

PRICKLY PEAR CACTUS Opuntia Phaeacantha

Réveil très tôt… sunrise oblige… puis nous entamons notre retour par la Caineville Wash Road, nous trailons 1 petite heure aux Monoliths puis un arrêt quasi obligatoire s’impose aux Temple of the Moon & of the Sun et son Glass Mountain pour lequel je suis interrogative.

Comment cet amas de mille morceaux de verre imbriqués les uns dans les autres (gypsum) a-t-il pu se former et qui plus est, parader à cet endroit stratégique ? Encore un Grand mystère de l’Ouest… Encore une vue de toute beauté sur Capitol Reef



Un petit bonjour au Visitor Center du parc et nous nous préparons maintenant pour la rando de Sulphur Creek qui est une one way.

Nous laisserons donc le véhicule sur le parking du Visitor Center mais il nous faut trouver un conducteur allant vers Torrey et voulant bien nous déposer en face de Chimney Rock, départ de notre trail.

Après 2 ou 3 tentatives avortées (beaucoup partent dans l’autre sens) je m’adresse à une jolie américaine qui accepte d’emblée la proposition. Ca tombe bien ils y sont allés la veille et nous livrent quelques conseils pour bien appréhender les waterfalls.

Nous descendons dans le lit de la rivière, la Sulphur Creek, elle vient grossir la Fremont River à Fruita.

Le trail consiste à suivre le cours d’eau et à contourner les obstacles, 3 cascades de 2 à 3 mètres de hauteur environ . Difficilement négociables même avec les recommandations de notre américaine, elles nous font hésiter et réfléchir…



Fort sympa, je vous confie la solution aux énigmes : les 2 premières cascades se descendent par la droite et la dernière à son départ par la droite et après un saut de biche au-dessus de la cascade vous serez alors à sa gauche longer la falaise et les efforts sont presque terminés pour rejoindre le Visitor Center.

Une des randonnées préférées de Patrick…

Le trail est fun presque toujours les pieds dans l’eau mais assez acrobatique, des senteurs florales s’échappent du Russian Olive et aiguisent mon odorat très fin et me rappelle l’odeur de notre mimosa.

RUSSIAN OLIVE Elaeagnus angustifolia

Le 7 Juin

GLOBE MALLOW Sphaeralcea Parvifolia & NARROW LEAF YUCCA Yucca angustissima & BRIDGES PENSTEMON Penstemon Rostriflorus

Nous quittons Capitol Reef avec le regret et la sensation de ne pas avoir approfondi notre connaissance du parc.

En sortant de la piste de Cathedral Valley...

Soit, nous piquons vers Escalante et le GSENM en suivant le WaterpocketFold et sa gigantesque déchirure sur plus de 100 miles. Les lacets des Switchbacks me transportent déjà, je suis subjuguée et le serai encore plus devant Stricke Valley Overlook même après une 3ème fois…

Ici, The Notom Road



Puis les Switchbacks



Toujours saisissante et énigmatique cette pliure tectonique aux mille couleurs , superposition de couches rocheuses colorisées et les Henry Mountains se dressent fièrement en arrière plan de peur d’être oubliés de notre champ de vision.







La Wolverine Loop nous offre ses forêts boisées où cohabitent pins pignons et genévriers ; nos regards sont captivés par les étendues de champs aux teintes orangées.

Les Globemallow se pavanent sans retenue et à notre plus grand plaisir. Pas mon Spartiate, vous dis-je ! Les Globemallow… Il vient de perdre son image de marque, son bouclier et sa sarisse! S'en remettra t-il un jour? Suite au prochain épisode...



Nouvelle explosion de teintes ..Inespérées.. Inattendues…au détour de la Wolverine Road

Le 8 Juin

LUPINE Lupinus Caudatus & NARROW LEAF YUCCA Yucca angustissima & BRICKELLBUSH Brickellia longifolia

Nous roulons le long de la Hole in the Rock et nous descendons dans le wash Dry Fork & Coyotte Gulch; nous enchaînons les 3 slots canyon en enfilade en commençant par Dry Fork le plus à gauche histoire de ne pas le désavantager, juste une petite incursion de ½ mile.

S’ensuit le Peek-a-boo en A/R et son entrée acrobatique et l’on distingue de suite ses 2 belles arches ocres et rougies par la lumière du jour perçant dans le slot canyon. Trop Top !

Se hisser, se pousser, s’entraider, s’agripper, se glisser… Très sportif et très beau le Peek-a-boo et bien sûr assez fréquenté.

Nous terminerons par Spooky dont les parois sont criblés de picots noirs, il est extrêmement étroit et sinistre, il y fait sombre et là anybody.

Se faufiler, se désarticuler, rentrer le ventre ou le poitrail et s’adapter aux formes de la paroi pendant quelques mètres juste pour satisfaire la curiosité du lieu... des entrailles du Spooky





Et la journée se poursuit, nous continuons sur la piste Hole in the Rock vers le sud, elle est interminable, cassante et accidentée à sa fin.

Pour atteindre le trailhead de Broken Bow Arch prendre à gauche la CO 276 (seule indication) par le Willow Gulch trailhead. Compter 3 h en A/R.



Une fois dans le canyon la randonnée est très sympa, nous zigzaguons parmi les saules et autre végétation au gré du ruisseau; puis nous atteignons la fulgurante et jolie courbe de l’arche Brocken Bow. J’étais loin de m’imaginer une telle beauté et massivité dans ce coin si reculé. Quelle magnifique surprise !

Sur le retour, un ru m’attire, je m’agenouille pour y tremper casquette et visage et là surprise, je suis interloquée : 1.. 2.. 3… écrevisses …barbotent à cet instant sur le cours d’une fontaine naturelle d’eau. J’hallucine ou quoi !

Etonnement, puis splatch à l’eau, la Lolo.. c’est bas l’eau… Fous rires à gogo..

Petits conseils pour une journée comme celle-ci : - le 4X4 sans être 4WD doit être obligatoirement high clearance sans aucun doute - Ne pas négliger et plaisanter avec les réserves d’eau (3 L /personne minimum), la chaleur est extrême

Et voilà, le projet de passer la nuit dans le 4X4 s’amenuise petit à petit : nous manquons misérablement et bêtement d’eau, si nous prenons en compte que le lendemain nous envisageons Neon Canyon & Golden Cathedral.

Bon, d’accord je vous donne des conseils en eau …. mais c’est de bonne augure !

Décision finale: Nous faisons une halte à Dance Hall Rock (là, où nous devions dormir), très bel amphithéatre de grès rouge, lieu de repos et de danse des pionniers, que nous arpentons nu-pieds en soirée en contournant les potholes (énormes trous clairsemés d’arbre isolé) puis nous passons la nuit à Escalante.

Très sage …comme solution finale !



L’accès à l’arrière du Hall



l'arrière du décor



Le 9 juin



La rivière Escalante et son Neon Canyon nous réserve ici une petite perle, la Cathédrale d’Or, elle brille de mille feux sous le soleil …tout en mouvance …mais avant nous devons y laisser quelques gouttes de sueur.

« Suivre le cap du Round Dome » OK, Philippe! Aucun souci !

sauf que nous suivons les traces du trail Fence Canyon sans bien sûr descendre dans le canyon.

L’expérience malheureuse de Krikri et Hervé nous revient en mémoire et nous en dissuade. Non, aux Deer Flies (les taons sont voraces et n’épargneront personne !)

Nous restons sur le Rim de Fence Canyon. Très joli ! Aucun regret même avec la rallonge en miles ! Nous devons absolument trouver le passage dans les dunes de sable. A droite, toute !

Ca y est nous y sommes ; nous nous créons un point de repère et jetons notre dévolu sur 1 pin rabougri mais bien repérable pour le retour.

Maintenant, nous nous frayons notre chemin dans la végétation d’arbustes à l’approche de la rivière presque en face du défilé Neon Canyon mais l‘Escalante est bien trop profonde, trop de débit et les berges ensablées sont infranchissables.

Nous cherchons encore puis bifurquons sur la gauche pendant environ 100 mètres et là nous pouvons la traverser sans aucun risque et se faufiler à travers une végétation identique jusqu’à l’entrée du Canyon.

Invités par le chant harmonieux des oiseaux nous avançons comme happés et nous sentons une arrivée en apothéose . Les falaises de grès rouge sont zébrées comme entachées de vernis noir contrastant avec le vert tendre des arbres à coton.

Merveilleuse et enchanteresse Golden Cathedral … Une grotte géante percée de 2 grands trous permettant aux rais du soleil et de la lumière de se refléter dans une étendue d’eau verte.

La magie du lieu se bonifie avec les effets divers et variés tels un stroboscope sur la voûte lors d’un jet de pierre dans l’eau.

Incroyablement pittoresque , un spectacle naturel en Or à savourer seuls presque religieusement.

Séquence Emotion avec:

Effets prodigieux de stroboscope et de kaléidoscope sur la voûte de Golden Cathedral









Petits conseils: - la piste est très cassante, 4x4 high clearance obligatoire - le trail est exigeant, exténuant à cause des T° élevées et de la marche dans le sable - 7 h en A/R . Le Camelback d’une contenance de 3 litres était juste pour moi ce qui a conforté notre sage décision de la veille. - notre trail le plus difficile du séjour.

Le 10 Juin

SPIDERWORT Tradescantia occidentalis & PRICKLY PEAR CACTUS Opuntia Phaeacantha

Un gigantesque cratère de volcan débordant de sable dont la couleur Sahara (de mon invention !) s’harmonise parfaitement aux teintes rose/blanc cassé des roches incurvées lui servant de mur-forteresse et le protégeant des agressions extérieures.

Les paysages sur la 2ème partie du trail sont magnifiques, les vues s’étendent à perte de vue sur la région des canyons formés par l’Escalante River.

Le soleil, aujourd’hui encore (13 ème jour sous ses rayons) nous inonde de sa lumière et de ses rais brûlants.

The Volcano est un site très atypique et nous confère une impression d’irréalisme ou de s’être trompé de planète.

La marche se fait en 5 h en A/R et demande une orientation au GPS pour une 1ère approche.

Conseil: 2 solutions s’offrent à nous en longeant et en se repérant à la falaise sur la droite - On l’effleure et on marche alors sur du slickrock la plupart du temps - On randonne plus sur la gauche et on grimpe et on dévale une multitude de sablons/dunes comme des montagnes russes.

Souvenez-vous, je préfère le pied ferme sous la chaussure aussi nous choisissons la 1ère option, elle me plait bien.

Prendre toujours le cap de cette vue ressemblant étrangement au Volcano mais méfiance…



Ce n’est pas toujours celui qu’on pense... gaffe, ce n’est pas lui …

Alors remonter la barrière de barbelés jusqu’en haut, l’escalader (aucune complication) et là virer de cap... à droite toute…

Environ 1 H plus tard nous distinguons la lèvre supérieure du volcano et arrivons devant le beau précipice. Des rafales de vent nous dissuadent de descendre dans les abysses du volcan par les petites marches creusées dans la roche. C’est tout de même assez vertigineux et impressionnant !



Nous sommes déjà comblés par le lieu et le spot. Merci, Marie.



Don't disturb... my Spartiate prend les mesures du Giant et voici ses conclusions: 25 m de profondeur et 30 de diamètre

Pas encore finie cette journée !

Arrivés au parking du trailhead de Upper Calf Creek Falls, nous entamons la descente sur un terrain pierreux dont le dénivelé négatif est important.

Pas le pied !!!! et c’est peu de le dire ! Mes orteils sont douloureux comme une sensation d’étau en bout de chaussure. Je dérape.. mon corps parle... et n’en peut plus pour ce jour-là.

D’un commun accord, nous stoppons l’aventure et vivement le surplus de repos à Escalante !… Bien joué la Lolo !!

Le 11 Juin

YELLOW EVENING PRIMROSE Oenothera flava & COLUMBINE Aquilegia micrantha & EVENING PRIMROSE Oenothera pallida

Revigorés, nous débutons la matinée avec la balade très reposante

de Willis Creek, prenant sa source dans le parc de Bryce Canyon

et affluent de la Paria River.

Le slot Canyon se caractérise par son cours d’eau aux eaux transparentes sinuant dans les gorges étroites de grés et de calcaire, agrémenté de beaux spots.

La T° a baissé, il se dégage une note de fraîcheur et une atmosphère calme et apaisante.







La rencontre fortuite avec des cavaliers nous surprend mais accentue la bonne note dédiée à ce trail.

2 h de marche… enfin, comme dans de nombreux canyons, libre à vous de marcher le temps désiré..

Tiens ! et si on allait saluer la Grovenor Arch située au nord de la Cottonwood Road, elle n'est vraiment pas loin d’ici.

L’arche ne parvient pas à se détacher du ciel bien tristounet, ses couleurs manquent de panache alors que le ciel devient très menaçant au sud de la piste vers Page.



Nous quittons la Cottonwood Road tout en sachant que nous la retrouverons mais côté sud lorsque nous serons à Page.

C’était mal vu…. car nous ne pourrons le jour prévu la faire par manque de temps !!! Adieu le Yellow Rock (m’en fiche, déjà arpenté en 08)

Patrick, lui non...

Aussi, il sera sûrement relisté car du coup nous ne connaissons ni l’un ni l’autre la partie colorée de la Cottonwood Road et sans aucun doute je referai le Yellow Rock avec beaucoup de plaisir… partagé !

Patrick s’émerveille , normal nous nous approchons en douceur de Bryce Canyon et nous y voilà ..

Moi, je suis dépitée après 3 années consécutives… plus de magie plus de sensation de la découverte...

Est-ce possible de devenir insensible à la beauté de ce Canyon ? Ce sentiment me gêne.

Un regain d’espoir devant Bryce Point & Sunrise Point, mes 2 points de vue préférés.



Un manque d’enthousiasme et la pluie qui maintenant tombe en averses intermittentes nous incitent à faire l’impasse sur le Peekaboo Loop.

Désolé, Bryce !!!!!!!



Pourtant tu te décarcasses, à en voir ta végétation s’enraciner pour préserver le site !!

Le 12 juin

PENSTEMON Penstemon eatonii & ASPEN Populus tremuloides & ENGELMANN SPRUCE Picea engelmannii

Des millions d'années d'érosion et de soulèvement ont sculpté cet immense amphithéatre de couleur pourpre mordorée

Le Cedar Breaks NM est très fascinant sous sa parure semi hivernale, ses parois de terre rouge sont drainées de coulées neigeuses blanches, quelques épicéas se dégagent de l’épaisseur nuageuse et cotonneuse; les flocons tombent maintenant puis se transforment en pluie fine.

Contraste saisissant des teintes… sur Sunset View







Nous sommes transis de froid, en 2 jours la température est descendue de 26° (de 29° à 2,8°). La contemplation du Sunset View sera intense et de courte durée et nous préférons traîner nos galoches au sec. Adieu, Spectra Point et son Ramparts Trail !

Nous traversons tour à tour la forêt nationale de Dixie plantée de sapins, d’épicéas et de trembles puis des régions de lacs - Panguitch Lake et Navajo Lake – nous apprécions beaucoup la diversité des paysages; la pluie a cessé, les nuages plus tenaces s’accrochent en fond de ciel.

L’entrée East de Zion National Park par l’UT 9 (Mt Carmel) est jalonnée de formations rocheuses arrondies, striées dont les vues sont spectaculaires. La route étroite et sinueuse alterne entre de nombreux lacets et tunnels. Décidément , Zion NP m’a séduit en 08 et là il me le rend encore; nous sommes sidérés par tant de splendeur jusqu’à en oublier de photographier !

Heu… autre excuse, il est difficile de se garer… c’est balot !

Le temps variable oscille entre pluie et rais timides du soleil explosant alors les rouges du grès Navajo et les verts arbustifs.

La Virgin River, petite rivière tranquille en vallée, prend sa source à 2600m d’altitude et se jette dans le Colorado 1500m plus bas avec difficulté et force de caractère au regard du Zion Canyon très profond et creusé depuis des siècles et des siècles.

La mauvaise météo nous barrera la route, aucun shuttle ne circule ce jour jusqu’au Temple de Sinawava d’où nous devions rejoindre le trail The Virgin Narrows.

Nous nous consolons au Visitor Center en obtenant nos permis pour The Subway, gagnés 3 mois plus tôt à la loterie sur le Net.

Les prévisions météorologiques sont favorables pour le lendemain: nous jubilons

Le 13 Juin

HORSETAILS Equisetum hyemale & COLUMBINE Aquilegia micrantha & SHOOTING STAR Dodecatheon pulchellum

En route par la Kolob Terrace Road et plus précisément pour le trail par la partie basse des abords de la rivière Left Fork North Creek que nous remonterons...

La partie haute est réservée au canyoning , elle est nettement plus technique et hors de nos compétences physiques.

Les 2 options au final débouchent au fond d’un canyon dans « The Subway »

J’ai adoré cette rando et ne peux m’empêcher d’en vanter les mérites rarement signalés ou décrits et laissée pour compte au détriment du point d’orgue final

et pourtant... Ma préférence à moi !

De-ci, de-là nous ondulons au rythme de la rivière, nous esquivons les rochers puis traversons le cours d’eau pour atteindre l’autre rive

Nous alternons escalades, glissades, évitements d’obstacles...

les berges quant à elles s‘enorgueillissent d’une végétation très riche et florissante – des sous-bois de fougères, diverses variétés d’érables – puis de part et d’autre nous serpentons entre un tapis de verdure ou de fleurs ou de roseaux érectiles.

HORSETAILS Equisetum arvense & Equisetum Hyemale

RED MAPLE Acer glabrum &Wood Fern & Grassfern

SHOOTING STAR Dodecatheon pulchellum

CARDINAL MONKEY FLOWERS Mimulus cardinalis Thanks à Pascale, alors!

La température de l’air est clémente 20°, un temps idéal pour la marche.

Des senteurs parfumées nous chatouillent le bout du nez, mélange tout en douceur d’odeurs agréables de pin, pain d’épice et anis.

Nous suivons presque à la lettre les traces laissées par les piétinements des randonneurs évitant ainsi l’accumulation de fatigue; la rando s’avère longue et difficile…

Elle a beau me plaire, faudrait pas en rajouter tout de même !

Surviennent alors, à petits pas de velours, les 1ères cascades..

Plus haut, elles s’élargissent, prennent de l’aisance et enfin toute la largeur du Left Fork North Creek.

C’est beau, très joli



Les eaux transparentes se déversent sur les terrasses de grès rouge, les arbres et épicéas arborent leur nuance de vert allant de l’acidulé au malachite et au vert sombre et profond du sapin.

la rigole naturelle annonciatrice de l’arrivée au fabulous SUBWAY

La végétation est luxuriante et rafraîchissante, ici .

En amont, elle y est absente, l’environnement devient froid… un souffle glacial nous surprend juste à l’entrée du tube… du tunnel… de la bouche de métro…

… du SUBWAY, quoi !..



Des teintes métalliques et plombées colorent la roche en contraste avec les eaux bleutées et cristallines des piscines naturelles …

En rêve !!! Oh ! la menteuse..

Les orages et les pluies de la veille en ont modifiés à coup sûr l’aspect et la tendance artistique.

L’eau est brouillée, beigeasse, hésitante.



Nos pieds sont glacés et se crispent, tant pis pour eux…. nous profitons de cet endroit sublime enveloppé d’un halo de mystère.



Trail de 6 heures en A/R.

Surtout ne vous engouffrer pas « sauvagement » dans The Subway sans profiter pleinement des avantages de la Nature de ce trail…. !

Nous prolongeons la journée et suivons plein nord la Kolob Terrace Road (conseil de Philippe) sur environ 10 miles d’où nous contemplons les belles vues jusqu’au Lava Point Overlook et au-delà…

Le 14 juin

Lizzard & Cactus

Après une halte ravitaillement à Spingdale en prévision de notre nuit au Atlatl Rock campground, nous filons vers les Kolob Canyons Viewpoint puis vers Red Cliffs d’où nous sommes refoulés pour cause de travaux et impossible même en forçant le passage pourtant nous étions pratiquement arrivés au but…Grrr..

On brûle …on brûle… à l’approche du Valley of Fire , State Park attenant à la rive ouest du Lake Mead où se jette justement la Virgin River et tant d’autres cours d’eau et rivières

et la rencontre avec le Colorado a lieu ici, quand même !

Nous patientons à Overton: trop, trop chaud à l’extérieur…. et trop, trop froid à l’intérieur (genre Mac Do). Encore un des paradoxes de nos amis américains !

Vers 17h, nous osons nous jeter dans la braise de Valley of Fire à la découverte de Elephant Rock juste en bordure de route, superbe mimétisme à l’animal.



Fusion de la Roche ….

EVENING PRIMROSE Oenothera caespitosa

Une fois de plus nous nous stimulons pour nous extraire du 4x4 climatisé et trailer à la recherche de Fire Canyon que nous pensions être

ceci

alors que nous voyons

celà

.... après 1 h en A/R de marche à en suffoquer. Petite déception…

Rainbow Vista nous gratifie de ses splendides vallons et rochers aux multiples formes et teintes surtout au sunset mais auparavant nous nous baladons dans Whites Domes ... trail de 1h en Loop avec une diversité de paysages incroyables: falaise blanche, canyon, petites arches, rochers aux formes étranges taraudées par les temps, et vues très colorées. Flamboyant en soirée.





Retour vers Around Rainbow Vista et là nous capitulons – seating d’1h – admiratifs et en contemplation devant le spectacle du sunset. Les roches s’embrasent, s’enflamment tout près de nous tandis qu’au loin des images quasi-hallucinatoires, fictives miroitent dans notre fonds d’œil ou bien est-ce juste notre imagination /imaginaire en recrudescence … Trop beau !

Tout près….



Et au loin …



Valley of Fire est à son paroxysme à la tombée de la nuit ; elle dévoile son secret de façon ostentatoire à ce moment-là.

Oui , nous dégustons avec délice ce gâteau géant aux mille couleurs dégoulinant de nuances somptueuses - des jaune, rose, mauve, violine, vert/gris, chocolat, terre de sienne – Variations



Cette dégustation fine et savoureuse annonce une douce nuit étoilée au campground Atlatl Rock où la douche coulera à flot pour notre bien-être corporel.

Ah ! j’oubliais de vous préciser en guise de dégustation non imagée celle-ci, il s’agira seulement de sandwichs bien américains et de quelques fruits à se mettre sous la dent ! ! Notre paradoxe, à nous, celui-ci !

Le 15 juin

CATCLAW ACACIA Acacia greggii entouré de CACTUS Opuntia polyacantha

La matinée commence par le déchiffrage du panel d’art indien sur l’Atlatl Rock et nous suivons le Scenic Loop à la recherche de Arch Rock, Piano Rock et plus loin Panorama Rock.



Une triste nouvelle est tombée susurrée par Philippe lors de notre rencontre à Moab: l’ Ephemeral Arch n’existe plus.

Si fragile, si éphémère qu’elle n’est plus et ne sera plus jamais... elle a chuté une certaine nuit de fin mai 2010.

Soit, ma curiosité insatiable me titille, je formule:

- Et si nous allions en voir les vestiges ?

Regard interrogatif de Patrick ..

Serait-elle devenue folle ?

WHY ?

Avant le 31 mai

WHY NOT ?

Après le 31 mai

Let’s go…

Rando d’ 1 h 15 avec la hantise de revenir bredouille et c’était sans compter le côté organisationnel américain... Un panneau indiquant l’info était bien évidemment planté au sol, il nous restait juste à lever le bout de nez pour faire l’état du lieu et la constatation suivante: ce trail risque fort d’être déserté sans Ephemeral Arch.

Nous quittons le désert de Valley of Fire pour Colorado City et le trail de Watercanyon.

Très appréciable cette randonnée d’1 h en A/R , un peu de fraîcheur et de végétation avant d’apercevoir



ce joli petit canyon que j’aime surnommer « le petit Subway » et ses cascades.



Puis sur le chemin du retour, nous assistons à la baignade façon mormon.



Très surprenant ! Comme une apparition au pays des Elfes..

Nous reprenons la route vers la région du Vermilion Cliffs où l'on s'attardera à Old Paria par la piste signalée par l'indication "Paria Townsite".

Tout le plaisir est pour nous... c’est un régal de plus, les couleurs -violine et crayeux- sur la roche nous ravissent, des rubans aux tons dégradés sont posés les uns sur les autres sur une enfilade de montagnes... avec copie conforme en face et sur des dizaines de miles.



Allons vite chez Susan et Steeve chez qui nous passerons 3 nuits au B&B Outpost of Paria

Point de Susan mais un gentil mot collé à la porte avec les recommandations d’usage

... Rencontre fortuite avec deshawn de VF . Discutaillons... il est seul et a besoin de compagnie...

Tiens, me voici arrivée à la moitié du voyage (J 15)... je passe donc la main à Patrick pour la bonne parité/équité dans le couple !!!!! D’ac les filles ! Bali-Balot !

Et bien sûr à très bientôt....
Il était une fois quatre Belges dans l'Ouest américain! English translation pending
by Pat124 · 2010-09-20 · 141 replies
Voilà, il y a un mois, le 20 août, nous étions dans l’avion pour revenir en Belgique.

Depuis, j’ai du trier près de 3400 photos, 2h de vidéo, raconter notre voyage à la famille et amis.

Maintenant, je me lance dans la réalisation de mon compte rendu, je vais essayer de le rendre le plus complet possible en espérant qu’il pourra servir à d’autres internautes pour préparer un voyage.

Il sera aussi pour moi le récit souvenir de notre voyage.

Nous avons passé 23 jours plein d’émotions, avons vu des paysages et vécu des situations exceptionnelles. Passé des bons, très bons et mauvais moments, c’est tout le charme d’un tel voyage.

Il est vrai que nous ne nous sommes pas reposés, ce n’était pas le but recherché, mais nous avons rechargé nos batteries pour au moins un an. La preuve que nous ne somme pas déçus, nous commençons à penser à notre prochain séjour en 2012 aux USA.
Utah + Yellowstone en été 2011 English translation pending
by Max68 · 2010-09-06 · 197 replies
Bonjour,

Cela me paraissait tôt, c'est donc en dilettante que je commençais à regarder pour l'an prochain, mais apparement Yellostone est un problème au niveau de l'hébergement.

J'étais dans l'Ouest cette année et cela m'a vraiment plu je souhaite donc y retourner. Au niveau des dates rien n'est figé mais apparemment ce serait du 21 Juillet au 7 Août. Mon idée était de "traîner un peu dans l'Utah (Zion les Narrows, Buksking Gulch, Torrey où je veux retourner pour faire Cathedral Valley, le secteur d'Escalante) et Yellostone. Ah! j'oubliais il faut aussi faire un crochet par Las Vegas pour contenter tout le monde. Si j'ai le temps faire une pointe à Mesa Verde et Durango.

Je pense faire une Boucle Salt Lake City - Salt Lake City (moins cher que de repartir de LV et il y a des vols directs pour Paris).

Ma question vaut-il mieux commencer par Yellostone ou par l'Utah ? Question corollaire: y-a-t-il autant de monde à Yellostone pour que les hôtels soient déjà pratiquement complet ?

J'affinerais le programme en fonction de cette réponse et des disponibilités des hôtels

Merci d'avance, cordialement

Jean-François
Découverte de la Réunion! English translation pending
by Chumrum · 2010-07-22 · 14 replies
Dimanche 23 mai 2010 : Arrivée sur l’Île de La Réunion

Mon copain (Oliv) et moi (Kyra) avons atterri sportivement ce matin vers 9h35, heure locale. Il fait vraiment beau ! Nous sommes allés récupérer la voiture puis direction Sainte Suzanne pour aller voir la cascade Niagara. Nous avons eu du mal à trouver la cascade! Le panneau qui l’indiquait est complètement caché par les cannes à sucre !

Après la cascade, nous avons continué vers les différents bassins le long de la rivière Sainte Suzanne. Arrêt à Bassin Nicole où une séance photo avec des mannequins avait lieu. Nous les dérangions mais cela m’était égal car nous aussi, nous voulions profiter du lieu !

Nous avons ensuite continué vers notre premier gîte : chez Liane BONALD, entre temps, nous avons vu « le voile de la mariée » au bord de la route… Pas mal pour une première journée ! Heureusement que je ne conduisais pas car je piquais du nez dans la voiture. Et oui ! Ce n’est pas évident de bien dormir dans un avion.

Cascade Niagara



Aux alentours de la Rivière Sainte Suzanne

Lundi 24 mai 2010 : Départ pour le cirque de Mafate Col des Bœufs – Plaine des tamarins – La Nouvelle – Le Bronchard – Roche Plate

Petit-déjeuner rapide chez Liviane BONALD avant d’aller garer la voiture au parking surveillé du Col des Bœufs, et c’est parti !

La première partie : la Plaine des Tamarins, était très plaisante bien que nous croisons plein de monde. C’est vrai que c’est le lundi de la Pentecôte aujourd’hui ! Déjà, nous sommes dépaysés par la flore autour de nous.

Sur le chemin du parking du Col des Bœufs



Fougères arborescentes (ou Fanjans)



Piton Cabri



Début du sentier après le Col des Boeufs



Fougères arborescentes - Fanjans femelles



Plaine des Tamarins

Nous faisons un premier arrêt à la Boulangerie de la Nouvelle pour manger nos sandwichs.

Le cadre est très mignon, les maisons très colorées. J'en profite pour faire des étirements même si mes courbatures sont déjà là. La Nouvelle

Après La Nouvelle, l’étape est plus difficile : la descente jusqu’à la rivière des Galets. La descente est tellement fatigante que j’ai l’impression de butter sur chaque pierre. C’est interminable ! En voyant l’eau d’en haut et en entendant le bruit du ruissellement, j’ai l’impression que nous arrivons bientôt mais en fait c’est très long. Je me sens comme une môme qui demande sans cesse : « quand est-ce qu’on arrive ? » les jambes ont beaucoup travaillé, surtout les genoux.

Une fois arrivé à la rivière des Galets, nous avons vite enlevé nos chaussures et trempé nos pieds… L’eau est très froide et ça fait du bien ! A un endroit, il y avait des remous, nous avons plongé nos jambes jusqu’aux genoux… effet massant garanti ! Nous avons pris quelques photos là avant de repartir en suivant les peintures. Malheureusement, il fallait traverser la rivière et comme je suis trop petite et que je n’ai pas assez d’équilibre (ni de chance), j’ai glissé sur une pierre et je suis tombée dans l’eau avec la moitié du sac-à-dos et mon appareil photo qui se trouvait dans ma poche de pantalon ! Je n’ai pensé qu’à mon appareil alors que j’essayais de sortir de l’eau au plus vite. Résultat : je suis trempée jusqu’au T-shirt ! Quand il n’y avait plus de rivière à passer, j’ai enlevé mon T-shirt pour mettre ma polaire et mon pantalon a séché sur moi.



La rivière des Galets

Dernière étape : la montée jusqu’à Roche Plate par le Bronchard… je suis épuisée et mon cœur bât très vite. Qu’est-ce que cela m’a l’air raide ! Pas facile car c’est la première journée, je ne suis donc pas du tout échauffée. Nous arrivons à Roche Plate au gîte de Judex Thomas. Après une bonne douche, nous attendons dans la chambre car le repas n’est qu’à 19h15 et là, il doit seulement être 18h30.

Mardi 25 mai 2010 : Roche Plate – Trois roches – Marla

Nous entamons la randonnée Roche plate -> Trois Roches -> Marla. Suite à la marche de la veille, j’ai les jambes très douloureuses et j’ai également mal aux abdos !



Roche Plate



Le gîte de Judex Thomas

Trois Roches, c’est magnifique ! La rivière finit en une cascade vertigineuse ! on ne peut pas en voir la profondeur, si on s’approche de trop près, danger ! Endroit idéal pour faire notre pique-nique.

Aux Trois Roches



L'une des Trois Roches



Cascade des Trois Roches

Mercredi 26 mai 2010 : Marla – Col des Bœufs pour finir la boucle

Le gîte de Faneli César est le dernier sur le chemin (comme à Roche Plate !), alors nous sommes encore arrivés épuisés ! C’est très spacieux comme logement. Nous goûtons au cari de poulet (nous avions déjà mangé le cari boucané et le cari saussices les jours d’avant). Nous sommes six dans le gîte : nous, un autre couple et 2 amies dont l’une est d’origine réunionnaise et l’autre comorienne (la réunionnaise fait le guide pour son amie). C’est une bonne autre façon de découvrir l’île.



Petit snack à Marla



Retour à la Plaine des Tamarins

Nous sommes partis vers 8h45 en direction du Col des Bœufs (là où nous avons laissé la voiture). La randonnée est assez tranquille, nous avons de nouveau traversé la Plaine des Tamarins mais je ne me lasse pas, c’est un bel endroit. Par contre c’est nuageux contrairement à la veille où il y avait du soleil quasiment toute la journée.

Arrivés en haut du Col des Bœufs, j’ai froid (fatigue ?), nous remettons nos polaires ! Le chemin jusqu’au parking me semble interminable. Cela ne me paraissait pas si long à l’aller. Nous avons repris la voiture puis départ en direction de Hell Bourg.

Petit arrêt au Bourbon pointu pour manger un sandwich aux bouchons/frites/fromage. C’est un snack coincé dans un virage en pente. Oliv se fait manger par les moustiques. Pas moi ! Je trop couverte !

A Hell Bourg, nous trouvons facilement l’hôtel des cimes. En fait, c’est tout petit comme ville. Nous avons fait un petit tour dans le coin pour acheter des cartes postales, puis nous avons dîné à l’hôtel même et enfin dodo !

Jeudi 27 mai 2010 : Ilet à Vidot – Grand Sable – Trou blanc

Ce matin, nous avons pris le p’tit déjeuner à l’hôtel où il y avait des petits pains aux chocolats et des croissants. Puis nous sommes partis prendre le départ d’une randonnée à Grand Sable. La randonnée est une boucle : Ilet à Vidot -> Grand Sable -> Trou Blanc -> Ilet à Vidot.



Sur le nouveau pont suspendu



Petite chapelle, il est fréquent d’en croiser lors des randonnées.

Au départ, cela ressemble à une promenade tranquille à la campagne mais comme d’habitude, cela se corse vite. Nous sommes tout le temps dans les sous-bois à l’ombre mais nous avons très chaud. En plus, l’air est très humide.



Les mûres de La Réunion





Ilet-à-Vidot



Une fraise sauvage



végétation de filaos et de goyaviers



Un goyavier

Au début, nous sommes bordés de goyaviers et de filaos. C’est très glissant par terre parce que les fruits rouges du goyavier sont tombés et très murs. Puis, cela se transformé en forêt de bambous (géants et petits). Nous sommes déjà dépaysés mais là c’est encore mieux. Sauf que c’est toujours aussi glissant mais c’est parce que nous suivons de petits cours d’eau et je pense qu’il a dû pleuvoir peu de temps avant. Nous arrivons finalement à la rivière des Mâts.

Depuis que je suis tombée dans la rivière des Galets, je fais très très très attention quand on doit traverser une rivière. Là, il y a une échelle en travers de la rivière. Cela a l’air très glissant mais pas de mal finalement. Nous sommes content d’avoir trouvé la rivière car la partie d’après s’annonce plus tranquille (selon le bouquin de randonnée).



Les bambous petits & géants ont remplacé les goyaviers du début de la randonnée.



Petit cours d'eau à traverser après les bambous

En tout cas, c’est une promenade très glissante dans un endroit très humide avec quelques attaques discrètes de moustiques… J’ai un bouton énorme sur le front et d’autres sur les jambes, Oliv aussi en a plein les jambes.



Un tec-tec sur un rocher, des filaos en arrière-plan



Petite pause à la rivière des Mâts.

Vendredi 28 mai 2010 : Bassin la Paix – Bassin la Mer

Nous avons eu du mal à nous lever ce matin, malgré un réveil mis à 7h10. Nous avons pris le p’tit déjeuner à l’hôtel et réglé la note avant de partir. Cette fois-ci, le Guide du Routardnous a fait faire des économies en le présentant pour la facturation. Nous avons prévu d’aller à la Maison Folio dès l’ouverture à 9h00. Nous avons pris la visite au vol car elle avait déjà débuté, nous avons passé beaucoup de temps à l’intérieur pour voir les fabrications artisanales en bois, bambou, etc. Mais c’est le jardin qui m’intéresse le plus.



Dans le jardin de la maison Folio



Baignoire d’antan et objets en bambou

Anthurium

Roses et autres plantes dont je n’ai pas retenu le nom.

Nous avons ensuite pris la route en direction de Saint Benoît. Nous refaisons un arrêt au point de vue du Voile de la Mariée, et à Salazie. Nous voulions faire la promenade Takamaka mais le temps s’est couvert et en plus, il se met à pleuvoir.

Gros plan sur l'église de Salazie



Hotel de Ville de Salazie La pluie ne cesse pas, il faut tout de même décider de faire quelque chose aujourd’hui… nous choisissons de nous rapprocher de la côte pour trouver le Bassin La Paix. Magnifique ! Nous contemplons à peine le lieu qu’une grosse averse nous tombe dessus. La pluie nous a rattrapés, la vilaine ! Nous sommes restés un moment à l’abri en espérant que la pluie cesse mais elle n’en a fait qu’à sa tête. Deux cascades à Bassin La Paix

Orgues basaltiques

Pendant que la pluie s’atténue, nous allons en direction de Bassin La Mer. Nous gavons la voiture à côté d’un tracteur… Fin d’après-midi, il ne bougera plus ! En nous préparant pour la promenade, deux chiens mignons comme tout, sont venus à notre rencontre. Ils ont fait la ballade avec nous. A cause de la pluie, la randonnée était super glissante et très boueuse. Les chaussures et les chaussettes étaient trempées, nous étions tout crasseux à cause de la boue.

Sur la route de Takamaka



Chien n°1 Chien n°2 Départ pour Bassin La Mer, en compagnie des chiens



Petite fleur dont les feuilles se recroquevillent lorsqu’on les touche. On l'appelle aussi "la vierge effarouchée" ??

Point de vue de Bassin La Mer

Végétation humidifiée par la pluie Arc-en-ciel à Abondance

Nous terminons la ballade sans pluie. Quelle chance ! Nous reprenons la route, il doit être 17h, il fait encore jour. Mais pendant que nous essayons de quitter le village d’Abondance où nous avons fait la promenade (pas facile tous ces sens uniques !), l’expression française « il pleut des cordes » prend tout son sens. Nous retrouvons la N3 qui coupe l’île par l’intérieur pour nous rendre au gîte de l’Estagnon. Nous n’avons aucune idée du temps que cela va prendre pour traverser l’île, il est vrai que ce sont des routes de montagne, la nuit en plus ! Finalement, tout se passe bien. Sur l’email de réservation, nos hôtes, Monsieur et Madame Payet, avaient bien expliqué comment trouver leur gîte, alors c’était à peu près facile. Ils sont très gentils. La chambre est super bien tenue, des décorations insolites et une salle de douche immense ! Nous avions honte de salir à cause de notre journée boueuse !



La plaine des Cafres

La plaine des Cafres

Samedi 29 mai 2010 : Piton de la Fournaise, cratère Rivals

Ce matin, debout vers 6h pour le p’tit déjeuner à 6h30. Il y a beaucoup de vent. A la vue des nuages, cela semble mal parti pour la randonnée du volcan. Lorsque nous arrivons au parking du Pas de Bellecombe, nous constatons que le temps est très couvert et brumeux, nous ne voyons rien à quelques mètres. Nous avons donc tout pris : polaires et k-way. Départ vers 9h, comme le piton était trop dans les nuages et que cela ne semblait pas s’améliorer, nous avons préféré faire la randonnée du cratère Rivals.

Passage sur le Formica Leo

Paysage de laves séchées

Des balisages blancs indiquent le sentier à suivre

La randonnée dure 4h environ normalement, mais nous mettrons un peu plus de 6h à la faire. Il y a beaucoup de photos à prendre, les couleurs sont variées. Au fil de la marche, le ciel devient de plus en plus bleu. Nous ne sentons pas le soleil nous brûler mais à la fin de la journée, nos hôtes nous ont fait remarquer que nous avons pris de belles couleurs.



Le volcan se découvre



Vue sur les Remparts



Contrastes entre différentes coulées de laves séchées



Des couleurs remarquables!



Sur les pas du cratère Rivals, un autre cratère un peu plus loin

Les différentes textures de la lave

De retour au cratère Formica Leo

Le cratère Formica Leo

Sur la route, aperçu d’un arc-en-ciel sur la Plaine des Cafres

Dimanche 30 mai 2010 : L’Etang-Salé-Les-Bains – Saint Pierre

Nous nous levons de plus en plus tôt : p’tit déjeuner à 6h ce matin, donc réveil avant… c’était dur dur ! Il a plu la nuit et il pleut encore pendant le p’tit déjeuner, et ainsi de suite pendant tout le trajet jusqu’au parking du volcan. C’est décourageant ! Il pleut de la très grosse pluie comparé à la veille où il faisait juste brumeux.

Nous laissons tomber le Piton de la Fournaise, le Piton d’eau et la promenade de la Plaine des Sables et nous allons visiter la Maison du Volcan. Par chance, c’est ouvert le dimanche et en plus, comme c’est le jour de la fête des mères aujourd’hui, nous avons eu une sacrée réduction sur le prix de l’entrée. Le musée est intéressant, il y a plein de petits films de courtes durées et une vidéo en 3D. Nous faisons un tour à la boutique souvenir et finalement nous n’achetons pas le T-shirt « J’ai marché sur le volcan ». Et oui, ce n’était pas encore fait !

Ensuite, nous reprenons la route pour nous rendre sur la côte où nous espérons qu’il ferait beau. Mais avant, petite escale à Notre-Dame-de-la-Paix pour faire le sentier botanique… Pas à notre goût mais nous avions déjà appris beaucoup de choses sur les plantes et les arbres de l’Île les jours précédents.



Vue sur la rivière des Remparts

Passiflore à l’entrée du sentier botanique

Ensuite, nous prenons la direction de Saint Pierre… mais nous ratons la sortie sur la N3, alors nous continuons jusqu’à L’Etang Salé Les Bains. Restaurant chinois rapide puis direction la plage pour voir le sable noir. Il fait très chaud ! Pendant le repas, nous nous rendons compte que nous étions bien au frais en altitude mais que nous ne nous étions pas adaptés au climat chaud de la côte.

Plage de sable noir à Etang Salé Les Bains

Des fossiles de coraux

Le Croc Parc

Une grosse bête!

Nous nous arrêtons à Saint Pierre où un temple Tamoul très coloré a attiré notre attention. Il faut donc aller voir de plus près ! Un homme nous interpelle parce que nous marchons avec nos chaussures sur la pelouse. Je pensais qu’il fallait enlever nos chaussures seulement pour entrer dans le temple, mais visiblement, même la pelouse entourant le bâtiment est interdite aux chaussés. Donc nous nous déchaussons à l’entrée de la pelouse et nous faisons le tour du bâtiment. C’est très coloré. Il y a un tas de détails sur les murs, on peut y passer des heures à tout regarder. Pendant que nous nous appliquons à prendre des photos, les moustiques nous dévorent les pieds et les bras ! Nous nous sommes fait la malle !











Arrêt à la plage de Saint Pierre jusqu’au coucher de soleil pour admirer le récif de corail.

Puis retour au gîte pour se débarbouiller avant d’aller à la crêperie où Oliv avait réservé. Là, nos hôtes surveillaient notre retour car ils voulaient nous offrir l’apéritif. C’est vraiment très sympathique.

En revenant de la crêperie, alors qu’il fait bien nuit, je remarque un arc-en-ciel lunaire sur Grand Bassin ! C’est la première fois que je vois ça, je ne savais même pas que cela existait ! Magnifique !!! La lune presque pleine doit y être pour quelque chose. L’arc en ciel était tout blanc et très bien dessiné dans le paysage noir. Dommage que mon appareil photo ne puisse pas prendre ce genre de merveille !

Lundi 31 mai 2010 : Le piton de la Fournaise - cratère Dolomieu

Nous allons enfin voir le volcan !!! Le ciel est découvert. Le chemin est long jusqu'en haut du cratère Dolomieu. A l'arrivé, nous remarquons un long trait blanc de limitation qu’il ne faut pas franchir sous risque de glissement de terrain... mais tout le monde (y compris nous) traverse la ligne. On ne voit pas bien le cratère sinon ! Il fait très froid en haut du volcan ! Nous avons liquidé nos chips comme une bonne récompense pour toute cette marche ! Nous avons pris quelques photos et nous entamons immédiatement la redescente.

Le volcan ! Cratère Dolomieu, attention ça fume !!!

Sur le retour, nous voyons les nuages galoper au dessus de nos têtes. Donc nous avons pris l’averse en traversant en bas vers le cratère Formica Leo. Ensuite, il me semble que la pluie ne cesse pas un seul instant.

Nous ne nous arrêtons pas à la Plaine des Sables ni au Piton d’eau. Tant pis. Nous reprenons la route jusqu’à La Plaine des Palmistes pour rechercher le gîte « Au Conflore du Piton ». Heureusement, il faisait encore jour car de nuit, cela n’aurait pas été évident à trouver. Le gîte est une petite maison verte aux couleurs de la Jamaïque.

Gîte « Au Conflore du Piton »

Mardi 1er juin 2010 : La Plaine des Palmistes, Le Trou de Fer manqué, le Grand brûlé, Anse des Cascades, Jardin Volcanique

Il pleut des trombes d’eau toute la soirée et même toute la nuit ! La chambre est super humide. Bref, petite éclaircie ce matin mais dès que nous commençons à rouler, il a plu de nouveau. Décourageant ! Nous allons jusqu’au parking pour faire la randonnée du Trou de Fer mais finalement nous ne sortons pas de la voiture... Nous rebroussons chemin. Sur la route, nous croisons un couple de randonneurs qui nous ont fait un signe de stop. Les pauvres ! Nous les prenons donc avec nous pour les ramener sur la N3 à La Plaine des Palmistes. Ils sont sympathiques, originaires de Toulouse. On leur avait déconseillé de ne pas faire le sentier du Trou de Fer par un temps pareil, donc je me suis dit « tant mieux ! Aucun regret ! ».

Nous rejoignons finalement la côte. Pas d’arrêt à Saint Benoît mais un arrêt à Saint Anne pour voir l’église de type facteur Cheval (selon Oliv) mais la façade est en rénovation, il y a des échafaudages partout et des ouvriers à la tâche ! Je n’ai pris aucune photo. Ensuite, nous partons à Sainte Rose où la lave a « «gentiment » contourné la fameuse église.

Eglise de Sainte Rose

Aire de pique-nique à Anse des Cascades

Poissonnerie à Anse des cascades

Nous sommes allés prendre un repas à emporter pour pique-niquer à Anse des cascades. Il ne pleut plus vraiment mais le ciel est très couvert. Après cela, nous voici sur la côte du Grand Brulé pour voir les différentes coulées de lave refroidie de ces dernières années.

La végétation reprend partout où il y a des craquelures

Un ilot de végétations au milieu des laves séchées

Nous garons la voiture au parking du Puits Arabe pour faire le sentier du jardin volcanique. Plutôt impressionnantes ces coulées de laves ! Nous sommes épargnés par la pluie mais nous la voyons tomber au loin.

Le pinpin, fruit du vacoas

Les racines des vacoas peuvent atteindre 1 mètre.

Sur le sentier du Jardin Volcanique

Des filaos











Lorsque nous arrivons au gîte du Domaine du Vacoas, il n’y avait personne ! Après qu’Oliv a joint notre hôte par téléphone, nous avons eu la permission de prendre possession des lieux ! C’est mignon, grande salle d'eau ! Grosse douche et repos en attendant d’aller dîner.



Notre chambre au « Domaine du Vacoas » avec vue sur la côte

Mercredi 2 juin 2010 : Cap Méchant, Grand’ Anse

Nous quittons le Domaine du Vacoas pour Cap Méchant. Quel spectacle ! La mer est agitée. Elle arrive à nous éclabousser !



Cap Méchant

Cap Méchant

Nous nous rendons à la visite guidée du Jardin des Parfums et des Epices. Au début, nous ne sommes pas beaucoup… subitement, un gros car de touriste se gare et tout un tas de personnes retraitées se pointent pour la visite. Restons zen !

La vanille de La Réunion

Banane rose





Bois de litchis

Bois de mangues

Nous apprenons encore beaucoup de chose pendant la visite ! Les termes de plantes « indigènes » (qui naissent à La Réunion) et plantes « exotiques » (qui sont importées); la définition d’un fruit (qui contient une ou des graines, pépins ou noyaux), et donc la définition d’un « faux fruit » (ananas, banane, fraise…) ; Très plaisant malgré la foule.

En repartant, nous prenons des pizzas sur la route pour aller la manger sur la côte vers Bras Panon. Sur la petite route vers la Marine, un superbe caméléon vert traverse la route tout tranquillement devant notre véhicule…

Sur la côte ; nous prenons un peu de temps pour observer les souffleurs : phénomène où l’eau de mer est « soufflée » en l’air car elle s’introduit dans des crevasses trop étroites. Un peu comme lorsque la baleine propulse de l’eau en l’air par ses orifices.

Les souffleurs





Nous entrons plus vers l’intérieur de l’Île en direction du Trou Noir et de la Cascade Langevin (celle que l’on voit beaucoup sur les cartes postales).

Cascade de Trou Noir

Cascade de Trou Noir

Cascade Langevin

Arrêt plage à Grand’ Anse. Pas facile d’enfiler son maillot de bain dans la Twingo en toute discrétion ! Même à cette heure tardive de l’après-midi, la mer est « vachement » bonne ! L’équipe de France de football était aussi à Petit-Ile, résultat : gendarmes et interdiction d’arrêt partout autour de leur hôtel. La plage est sympathique, il y a un bassin aménagé par des gros blocs de pierres qui empêchent les vagues de nous assommer. Nous avons l’impression d’être dans un mini aquarium : plein de jolis poissons… et des oursins ! Maintenant que j’en ai vu au fond de l’eau, je n’ose plus mettre un pied devant l’autre.

Nous retournons au gîte de l’Estagnon car Oliv avait embarqué les clés et vient de s’en rendre compte ! Nous en profitons pour leur demander si nous pouvons rester pour la nuit. C’était ok et nous sommes contents de revenir à ce gîte si chaleureux.

Nous allons dîner à Saint Pierre au restaurant Le Pittoresque (très bon !). Mais ce n’était plus la forme pour moi, retour au gîte et gros dodo.

Jeudi 3 juin 2010 : Grand Bassin – le Voile de la Mariée

Ce matin, nous partons faire la randonnée du Grand Bassin pour arriver à la cascade du voile de la Mariée. J’ai une très petite forme, je n’avance pas. La cascade a l’air petite de loin mais impressionnante de près !



Descente à Grand Bassin





Sur le sentier de Grand Bassin

Le voile de la Mariée de Grand Bassin

Du faux poivres au sol donne de la couleur à la marche.



Remontée de Grand Bassin, fleurs très odorantes.

De retour en haut du sentier, nous prenons la direction Le Tampon où nous nous sommes arrêtés manger des pains au chocolat puis nous avons dégusté Milk shake et glace dans un petit snack.

Puis, départ pour Cilaos. Nous espérons avoir une place à l’hôtel des Aloès où nous ne devions arriver que le lendemain mais nous avons renoncé à faire le Piton des Neiges. Il y a beaucoup de virages sur la route mais supportable, je m’attendais à pire.

Vendredi 4 juin 2010 : Cilaos – Bras rouge et Bassin Bleu

Aujourd’hui, ballade à la cascade Bras rouge et remontée par Bassin Bleu. Il fait super beau à Cilaos, des nuages mais non menaçant, un bon climat pour marcher. La randonnée est variée, cela monte et descend tout le temps, contrairement à la veille où il fallait d’abord descendre jusqu’au Voile de la Mariée pour ensuite remonter par le même chemin. Nous sommes bons par rapport aux temps indiqués sur les panneaux alors que d’habitude, nous prenons plus de temps. Ceci dit, nous nous arrêtons moins pour prendre des photos en comparaison des premiers jours sur l’Île. J’adore Cilaos ! Ce soir il y a le match de foot à 20 heures et nous avons un peu peur de ne pas trouver d’endroit pour manger…





Du café ?



Cascade de Bras Rouge

Eh oui ! nous avons encore enlevé nos chaussures pour traverser...



Bassin Bleu

Eglise de Cilaos

Publicité pour la bière locale

Samedi 5 juin : Col du Taïbit, Ilet à Cordes

Ce matin, nous partons pour la ballade au Col du Taïbit. Nous garons la voiture au pied du sentier pour commencer la grimpette. Nous arrivons à la première étape : la petite buvette tenue par les jeunes Salazes où on peut prendre un thé pour nous encourager dans la montée. Avec Oliv, nous n’en prenons pas - ce n’est pas marrant les arrêts pipi en pleine nature ;-) – nous passons simplement au belvédère voir les 3 Salazes, avec un arrêt au sanctuaire où le temps était déjà bien dégagé. Pour information, un sanctuaire est un endroit où on laisse la nature se développer sans que l’homme intervienne pendant plusieurs années.



Des lanternes



Point de vue sur les 3 Salazes



Les 3 Salazes, à gauche

Sur le Col du Taïbit

Génial comme point de vue ! D’un côté : Mafate, de l’autre : Cilaos. Le ciel est tout découvert à Mafate alors qu’à Cilaos, les nuages avancent. Nous sommes vraiment très haut (à 2082 mètres !). J’ai le vertige, les jambes qui tremblotent, etc mais je monte encore plus sur le col (Oliv vient d’y aller et pense que je peux faire l’ascension). Cela aurait été dommage de faire tout ce chemin juste pour s’arrêter au pied.

Nous pique-niquons là mais ce n’est pas très calme, de nombreux randonneurs s’arrête aussi là pour faire leurs pauses.

Samedi 5 juin : Ilet à Cordes

En regagnant la voiture, nous nous sommes dirigés sur la N5 vers Ilet à Cordes. C’est précisément là que s’arrête la route. C’est également là où se trouvent les cultures en terrasse que l’on apercevait depuis les différents points de vue. Intéressant ! Ilet à Cordes

Cultures de lentilles à Ilet à Cordes

Dimanche 6 juin 2010 : Cilaos – La Chapelle

La Chapelle est l’endroit où il y a une faille entre deux hauts rochers laissant une cascade d’eau s’échapper. Pour Y aller, c’est de la descente. Les derniers mètres de la randonnée se font les pieds dans l’eau donc nous avons prévu deux paires de chaussures pour ne pas se faire mal aux pieds avec les cailloux dans l’eau. J’avais très peur mais cela en vaux la peine ! Arrivés à La Chapelle, malgré l’obscurité, on voyait la puissance de l’eau qui tombait de la faille…

L'entrée de La Chapelle

Nous sommes arrivés trop tard pour que ce soit bien éclairé mais cela reste très impressionnant. Au bout de plusieurs minutes à prendre des photos, je commence à avoir très froid, l’eau est gelée ! Après toutes ces émotions, nous sommes allés nous mettre au soleil au pied du sentier pour le retour et comme récompense à ce dur chemin, j’ai vidé un paquet de M&M’s ! Miam… Par contre, la remontée vers le parking est fatigante.

Petite rencontre en remontant vers Bras Rouge

Nous quittons donc Cilaos par la route des 400 virages comme à l’aller, direction Saint Gilles Les Bains pour passer trois jours au Novotel au bord de la plage. Mauvaise surprise, la piscine de l’hôtel est en travaux ! Nous sommes déçus, nous avons justement choisi cet hôtel parce que la piscine nous faisait envie sur leur site ! Non seulement nous ne pouvons pas en profiter mais en plus, les travaux génère un de ces boucans ! Nous qui voulions nous la couler douce durant les derniers jours de nos vacances !

Lundi 7 juin 2010 : La ravine Saint Gilles

Ce matin, nous nous promenons au bord de la ravine Saint Gilles. Petite ballade pas très difficile et plutôt insolite. J’aime bien ! Comme toute ballade, au bord de l’eau, les moustiques ne sont pas très loin… J’ai encore servi de casse-croûte à ces chers insectes. Il faut passer trois tunnels dans l’eau dont l’un est assez long : on ne voit pas l’autre bout. Oliv avait une lampe frontale mais on n’y voit tout de même pas grand chose. Si j’avais été seule, je ne crois pas que j’aurais fait la ballade jusqu’au bout et vu les belles choses que j’ai vu, cela aurait été dommage.

Ravine St Gille : Cascade et lianes

Ravine St Gille : un tunnel pas trop long

Promenade les pieds dans l’eau

Finalement, nous sommes arrivés au pied d’une mare d’une eau bleue turquoise impressionnante. J’ai pris de belles photos. Les couleurs sont dues au reflet des rayons de soleil qui font ressortir la couleur de la mousse au fond de l’eau. Le bleu apparaissait ou disparaissait selon que le soleil était couvert ou non et avec un décalage.

L’eau est bleue turquoise

Des nids sur un bambou

Au bord de l’eau



Ce matin, nous faisons les fainéants : nous montons en voiture au Piton Maïdo. Il y a des travaux sur la route qui nous retardent mais nous prenons notre mal en patience. En haut du piton Maïdo, la vue est bien dégagée sur le cirque de Mafate. Nous repérons les chemins de randonnées que nous avons déjà faites pendant ce séjour.

Vu du Maïdo, le Bronchard au centre

Nous descendons à Boucan Canot qui, paraît-il, est l’une des plus belles plages de l’Île. Nous déjeunons dans le restaurant qui borde la plage, après nous allons directement nous mettre sur la plage au soleil. Au début, nous n’avons pas spécialement chaud, le soleil est caché, mais au bout de plusieurs minutes, il nous a fallut aller dans l’eau pour nous rafraîchir ! Nous ne voulions pas rester toute l’après-midi à la plage mais au final, c’est ce que nous avons fait.

Mercredi 9 juin 2010 : Descente du Maïdo à Saint Gilles en VTT, Saint-Gilles - plage de l’Ermitage

Ce matin, nous avons décidé de faire la descente en VTT du Maïdo jusqu’à Saint Gilles. C’est très difficile pour moi, en plus je suis la seule fille sur un groupe de 10 personnes dont tous sont de jeunes garçons très en forme ! Le moniteur est très sympathique et très patient. J’ai très mal aux bras et aux mains à force de freiner car c’est de la descente du début jusqu’à la fin quasiment. Nous sommes passés dans un domaine privé avec des vaches qui restent tranquilles, puis à côtés de cannes à sucres, à l’intérieur des bois, etc. C’est plutôt varié. A la vitesse à laquelle je vais, j’ai le temps d’admirer le paysage !

Cet après-midi nous sommes à la plage de l’Ermitage pour voir les coraux avec nos masques et tuba. Nous prenons un couloir de corail et je vois des êtres magnifiques : les poissons, les coraux… Génial ! Cela fait vraiment vacances !

Ce soir, nous cherchons un hôtel toujours dans les parages de Saint Gilles car finalement, entre la ville de Saint Gilles et celle de Saint Denis, il n’y avait rien qui nous intéresse. Nous trouvons l’hôtel Ylang-ylang sur le bord de la route à Grand Fond. L’hôtel porte le nom d’un arbre à fleurs jaunes très odorantes.



L’Ylang-ylang

Jeudi 10 juin : dernier jour !

Ce matin, petit-déjeuner et pliage de bagages, c’est notre dernier jour sur l’Île. Nous quittons l’hôtel vers 10 heures pour prendre la direction de Boucan Canot car c’est la seule plage que nous connaissons qui soit équipé de douche pour se rincer.

Cela n’a pas été difficile de passer toute la journée à la plage, il fait bien chaud même si le ciel est couvert. A l’heure de déjeuner, nous laissons nos serviettes sur la plage pour aller manger un américain bouchons au snack en face de la plage. Puis, retour sur les serviettes. Nos affaires sont toujours là, pas de soucis. Nous partons vers 15 heures après avoir dégusté une dernière glace à l’italienne.

Nous faisons un petit tour à Eperon, un village artisanal où nous achetons des souvenirs. Puis, tranquillement (dans les bouchons) nous retournons à Saint Denis, aéroport Roland Garros… SNIF ! C’est la fin du voyage !



Cabane à pique-nique dans les nuages, sur le chemin du Maïdo

WI-FI dans les hôtels: en direct depuis l'Ouest américain (Cendryon) English translation pending
by Cendryon · 2010-07-02 · 302 replies
L'année passée, certains d'entre vous avaient apprécié que je donne des nouvelles en direct. Pour moi c'était aussi l'occasion de garder le contact, de renseigner les forumeurs mais aussi de poser d'éventuelles questions à propos des imprévus qui avaient pu nous poser problème tel que le fait de ne pas trouver la notice du véhicule par exemple (Sedonax m'avait “dépannée”).

Alors cette année je réitère pour une nouvelle édition d'un circuit à l'ouest qui part de Las Vegas et nous ménera jusqu'au Sud Dakota en 4 semaines.

Jour 1 : Un voyage stressant !

On a beau tout préparer depuis une année, les choses ne vont pas toujours comme on le souhaite...

En ce jeudi 1er juillet, nous partons de Bruxelles pour un vol sans problème jusqu'à Heathrow, l'un des aéroports européen bénéficiant de nombreuses connexions pour l'ouest des USA.

C'est à partir d'ici que cela se complique.

J'avais lu sur le forum les mésaventures de cette belge qui avait eu un problème d'embarquement sous prétexte que son ESTA était refusé alors que depuis son domicile tout était en ordre... Je craignais pour les enfants qui venaient de refaire leurs passeports.

Et bien figurez-vous que c'est sur moi que le problème est tombé, moi qui ne suis pourtant pas belge mais française donc disposant d'un passeport français!!!

Arrivés au passage vers la zone internationale (zone d'embarquement ) du terminal 5, l'employée de British Airways m'annonce que mon ESTA n'est pas “accepted”. Alors nous sortons les documents imprimés depuis la maison qui indiquent que tout est en ordre mais rien n'y fait!

La dame tapote sur son ordinateur et retapote, rien n'y fait … 🙁

1ère explication : La dame me dit que je dois refaire une demande avec mes 3 prénoms pour que ce soit accepté...

Elle tapote et retapote et là, … toujours “not accepted” DAMNED ! 2me explication : J'ai fait ma demande ESTA avec mon nom de jeune fille (normal, c'est ce qui est sur mon passeport) alors que j'ai fait la réservation British Airways sous mon nom d'épouse.

Elle me propose de refaire une demande depuis son ordinateur. Comme il n'y a pas de file d'attente elle m'assiste pour remplir la nouvelle demande et là on doit attendre... combien de temps.. on ne sait pas, peut-être 1 heure.. L'angoisse monte, la colère aussi !...

La dame retapote sur l'interface de la British et rien n'y fait je suis toujours refusée. 🙁

C'est alors qu'intervient mon “sauveur”, le gentil collègue d'à côté qui regarde l'écran de la dame et lui fait remarquer que cette gourde s'est plantée dans la saisie du n° de mon passeport sur son écran (l'interface de la British)!... et du coup, O, miracle, me voici accepted !!!

Bon tout le monde peut se tromper ok mais j'attends toujours les excuses de cette gourdasse...🤪

Et c'est là qu'on se dit : British Airways, plus jamais !

Ensuite c'est une longue attente qui commence tempérée par un déjeuner sympa dans un restaurant branché style “asiatique fusion” (il me semble que c'est comme cela qu'on dit) où l'on peut commander du riz ou des nouilles asiatiques avec divers composants etc..

C'est bon et ça cale pour se remettre de toutes ces émotions.

Entre temps moi je ne suis pas tout à fait tranquille vu que la dame m'a refait faire une demande ESTA avec mon nom d'épouse, c'est à dire pas celui qui est sur le passeport (il n'y a indiqué mon nom de jeune fille épouse nom marital). Je crains d'avoir des problèmes à l'arrivée aux USA ...

Nous passons donc pas mal de temps a déembuler dans les boutiques du T5. Entre notre arrivée à 10h10 et notre départ de l'avion prévu pour 16h, il y a près de 6h d'attente !

Et c'est là qu'on se dit : “T'aurais pas pu choisir une escale un peu plus courte ?”

Une fois à bord de l'appareil qui doit décoller à 16h, on commence a s'aperçevoir d'un léger décalage dans le temps. C'est alors que le commandant et son équipage vous souhaite la bienvenue... Ah non pas tout à fait, c'est le commandant qui prend la parole pour nous expliquer que nous attendons car les bagages ne sont pas encore tous arrivés...

Il est 16h45 lorsque le pilote reprend la parole pour annoncer que le départ est imminent MAIS que suite au crash du système informatique de gestion des bagages à Heathrow, il nous manque 70% des bagages ! En d'autres termes nous sommes 300 passages à bord et nous n'emportons que 96 valises !...🤪

Il propose aux gens qui veulent descendre ...de descendre... en sachant qu'ils devront attendre plusieurs jours avant de repartir et sans savoir où sont leurs bagages ! What a joke !

Etonnament, personne ne veut descendre. Le commandant assure qu'aucune valise ne sera perdue et que chacun sera livré dans quelques jours, où qu'il se trouve aux USA. Il annonce également que des cartes de “compensation” seront attribuées pour permettre aux passagers d'effectuer les achats de première necesité. Il présente ses excuses au nom de la compagnie etc...

C'est alors que je me souviens de l'année passée, au retour de Los Angelès. Nous avions 1h30 d'escale et c'était trop court pour que nos valises suivent. A l'arrivée à Bruxelles il nous manquait nos 4 bagages mais on n'étaient pas angoissés, c'était au retour de vacances. Le lendemain matin elles nous avaient été livrées à notre domicile.

Mais je me rappelle aussi ce que m'avait raconté un ami. Il disait qu'une fois, à Heathrow, ils avaient eu un tel crash de leur système informatique de gestion des bagages que pour ne pas engorger l'aéroport et permettre au traffic de reprendre normalement, ils avaient du expédier tous les bagages en Italie pour les trier et les dispatcher à travers le monde... cela avait du prendre au moins une semaine voire plus!

Les angoisses de la plupart passagers concernant le décollage, le vol etc... cèdent la place à l'angoisse de ne plus revoir ses valises, de devoir tout acheter sur place etc... 🤪

C'est aussi là qu'en 30 secondes tu fais le point sur les endroits où il est possible que tu te trouves dans “quelques jours”, que tu fais le point sur les éventuelles modifs du parcours si tu dois revenir à Las Vegas. Tu fais aussi le point sur les trucs indispensables qui vont te manquer à commencer par les piqures pour mon mari qui a déjà fait une flébite suivi d'une embolie pulmonaire après un vol en avion, les médicaments que tu dois impérativement prendre tous les jours comme ceux que je prends contre l'hypertension car ceux que j'ai sur moi pourront me faire tenir une semaine au plus... ..et puis tous les petits trucs indispensables à ta “survie” genre shorts, sandales -vu que nous sommes partis en jean et chaussures de rando et qu'à l'arrivée il fera 35°, slips, chaussettes de randonnée , crème solaire, anti-moustiques, les bredequins en toile spécialement commandés sur internet pour faire “les narrows” à Zion... bref l'angoisse pour moi encore une fois, alors que d'habitude je suis la zénitude incarnée !🙁

Je n'ai pas le coeur à regarder les films, j'arrive tout de même à m'endormir un peu avec pas mal de difficultés. A une heure de l'arrivée, le personnel de bord nous sert notre “petit déjeuner sandwich aux comcombres (on est sur British Airways faut-il le rappeler).

C'est alors que le commandant prend la parole. Londres lui a fourni la liste des passagers dont les baggages sont restés à Londres. Si l'on est positif on peut se dire que c'est bon signe car au moins ont les a retrouvés! Il commence a égrèner les numéros des sièges concernés. Plus un bruit dans l'appareil... Nous avons nos sièges en 39A, B, C et D.

Nous entendons Thirty one, thirty two... pas de 39, ouf !!😐

C'est là que mon mari me dit “attends, il va redonner 2 autres listes dans 5 minutes !” Arghh c'est vrai, nous sommes 300 à bord et il y a au moins 200 personnes qui n'auront rien à l'arrivée ! Re prise de parole du commandant qui se veut toujours aussi rassurant et précise que les bagages seront livrés demain soir .

Et c'est là qu'on se dit que c'est utile de toujours prévoir un petit séjour sur place à l'arrivée !

On écoute toujours aussi attentivement le commandant lire les numéros des sièges. Tous les “thirty” y passent sauf le “nine”. On est bien content mais est-ce que l'on a bien entendu ? On ne pourra le savoir qu'à l'arrivée …

Il est 19h30 quand l'avion se pose avec un maximum de délicatesse. Nous devions attérie à 18h50, ça va, l'avion a dû voler plus vite sans le poids des bagages ! 🤪

Mon angoisse me reprends avec les formalités d'immigration. La file d'attente parait longue mais les guichets sont très efficaces et nous n'attendons pas 5' avant d'atteindre l'agent du service qui est très aimable comme d'habitude. En 5' à peine l'affaire est pliée.

Je re-maudit la fille de British Airways à Heathrow !

Nous nous précipitons alors vers le tapis roulant des bagages...et... ils sont tous là !! Soulagés nous quittons l'aéroport.

Il fait nuit, la chaleur est écrasante (100°F) et je me sens super mieux ! Etonnant non ?

Et c'est là qu'on se dit : Finalement une escale de 6 h à Heathrow c'est bien, ça aura au mois permis aux valises d'arriver très tôt pour être embarquées dans l'avion !

Nous embarquons dans la navette our le Mac Carran rental center, direction ALAMO hein..). Les employés de ce genre d'agence sont de redoutables vendeurs. On le sait bien, on avait déjà eu une proposition de véhicule de catégorie supérieure l'an passé par rapport à ce que j'avais réservé mais on ne s'en était pas plaint, au contraire, c'était super. Cette année j'avais réservé un Chevrolet Equinox et le gars nous propose la gatégorie au dessus en vrai 4X4 à un prix défiant toute concurrence évidemment... 😕 Je le savais, je le savais...

Bon, le modèle au dessus il est tout de même bien tentant et c'est un vrai 4X4 alors que sur internet je ne pouvais pas y accéder vu que non accepté à l'abandon à Rapid city.

Mais là vu que c'est Alamo qui le propose, allez go !! Evidemment c'est plus cher vu que Patrick prend aussi 'loption de l'assurance complémentaire pour frais de réparation “si l'on est perdu en plein désert” que dit le gars … 🤪 mais d'un autre côté, les frais d'abandon font 200$ de moins que annoncé par auto escape... comme quoi ...

Dans le parking il y a plein de SUV et tout au bout de l'allée face à nous, j'aperçois un gros bazar blanc... et j'ai comme l'intuition que c'est ça le JEEP COMMANDER que nous a loué le gars! BINGO !

Pour ceux qui ne connaissent pas c'est un modèle dont on ne peut pas dire que la ligne soit franchement design, mais c'est plus “haut sur pattes” que l'Equinox.

Le coffre n'est pas plus grand à cause des sièges supplémentaires qui sont rabbatus (ce modèle peut accueillir 7 passagers). Les bagages se retrouvent très en hauteur ce qui diminue un peu la visibilité à l'arrière mais d'après Patrick, le véhicule est agréable à conduire et très maniable. Moi je me dit que plus on est haut sur pattes, moins on a aura de problèmes dans des passages difficiles.

J'ai fait une check list pour quelques vérifications du véhicule (roue de secours – elle est dessous, etat du pare brise, km du prochain entretien, ). Il manque la notice et le double des clefs. Le gars nous dit qu'il n'y en a pas … Bon, ben on le prend quand même hein ?!

Il est environ 22h quand nous arrivons au Caesars Palace. Je vous fais grace des descriptions de couloirs interminables et de la chambre qui correspond à ma réservation.

FAIM nous avons … Il est 23h et le food court est fermé ...alors nous allons nous restaurer au MUNCH BURGER, hyper branché et bruyant mais salvateur et nous sommes au dodo vers 0h45.

Il est maintenant 07h45 du matin et cela fait près d'1h30 que je n'ai plus envie de dormir. J'arrête le récit de cette longue journée de voyage perturbé et vous adresse mes meilleures pensées et encore tous mes remerciements pour l'aide apportée sur le forum. 🙂
L'Ouest américain, c'est vraiment bien English translation pending
by Gnou75 · 2010-06-13 · 357 replies
Mes chers heureux voyageurs,

Je suis rentré il y a déjà deux mois de mon second voyage dans le grand ouest américain. Et si j’ai peu de temps en ce moment pour pouvoir finaliser le carnet rapidement vous en trouverez ici le début puisque j’ai eu diverses demandes de curieux qui trainent sur ce forum.

Je n’ai pas terminé la lecture des superbes carnets de plusieurs d’entre vous qui ont été publiés récemment. Je pense notamment aux 4 « tomes » récents de Philippe, connu sous le pseudo de Sedonax et sans qui je n’aurais jamais pu faire un aussi beau voyage. Mais je les finirai tous, c’est promis!

Introduction

Allez, je me lance. Je dis « je » mais à partir de maintenant le récit sera aussi parfois à la première personne du pluriel puisque j’ai eu cette année le bonheur de parcourir les terres colorées de l’ouest en compagnie de mon père. C’était la première fois que nous nous retrouvions ensembles pendant aussi longtemps, plus de trois semaines, ce qui a bien sûr encore accentué le plaisir du voyage. Anecdotes de nos deux vies, discussions sur l’avenir de notre monde, escapades et aventures à deux. Vous ne lirez « que » les anecdotes et témoignages du voyage mais puisqu’il lira forcément le carnet j’en profite pour lui redire ici que j’ai adoré ces moments à ses côtés, que s’il a besoin de se remémorer un seul souvenir de mon ressenti avec lui, qu'il pense à « Valley of Fire » lors du dernier sunset de notre voyage. J’ai particulièrement aimé que ce soit un voyage lointain qui nous ait rassemblés. Parce je sais qu’il a soif de découverte de ces mondes éloignés, et parce que ces dernières années j’ai eu la chance de beaucoup voyager et c’est parmi ce que j’ai de plus fort à partager.

J’arrête les fleurs, on n’est pas là pour ça, vous êtes tranquilles... Mais avant de commencer le récit de nos jours américains, j’explique les circonstances qui nous ont menées à ce voyage à deux. Lui, il a gagné un billet à petit prix pour un A/R Paris <-> San Francisco en s’achetant deux jeans dans une pauvre boutique de banlieue parisienne. Logique. Et moi je devais initialement aller à Los Angeles pour mon boulot et le rejoindre ensuite sur place. Lorsque ma mission a été annulée pour des raisons budgétaires fumeuses, j’avais déjà commencé la préparation du voyage, verdi tous les voyants d’envie intérieurs et imaginé le périple à ses côtés. Je n’ai donc pas hésité longtemps, j’ai maintenu le voyage et même rajouté une semaine bonus pour porter mon séjour américain à 30 jours et je suis parti sur mes propres deniers. Logique. Vous verrez, avec moi beaucoup de choses sont logiques. La logique, c'est pratique.

J’avais déjà été découvrir le grand ouest l’année dernière avec trois potes (voir carnet ici pour les grands curieux et les courageux qui sont passés à côté :
http://voyageforum.com/...ricain_1_2_D2516242/). Nous étions restés seulement 8 jours au milieu de ces paysages, à faire uniquement les classiques, et à un rythme totalement déluré. Cette année j’étais donc en charge de l’organisation puisque j’avais déjà repéré depuis un an tous les coins que j’aimerais arpenter lors de mon futur voyage. Un voyage un peu moins speed (encore que?) et plus centré sur des sites moins connus et en dehors des sentiers battus. J’avais en effet l’avantage de connaître ici certains d’entre vous qui m’avez été d’une aide précieuse. Encore une fois un grand merci à toi Philippe pour toute ton aide proposée spontanément pour parfaire notre circuit. Mon père te remercie également pour toute cette gentillesse et cette générosité, l’un de ses meilleurs souvenirs étant d’ailleurs le fameux White & Red canyon. Je risque d’en oublier certains et je m’en excuse mais je remercie aussi tous ceux qui m’ont adorablement renseigné ou avec qui j’ai simplement pris plaisir à discuter du grand ouest... Thibaud, Val, Alain-Pierre, Patrick, Marie, Laurence, JP, Jean-François, Jacqueline…

Beaucoup (trop ?) de remerciements et de dédicaces mais ils me semblent justes vu les échanges agréables que nous avons eus, et je peux désormais réellement parler de notre voyage…

Notre parcours final, qui intègre les remaniements sur place. Si on ajoute les km des trajets annexes on arrive à 7000km sur nos trois semaines de nature : Parcours

Hôtels : Quelques informations sur nos hôtels qui méritent une appréciation, tous des double queen sauf à San Francisco : - San Francisco : moi chez mon pote Morgan (reconnu comme le meilleur hôtel de la ville), mon père à l'hotel North Beach sur Kearny Street, très bien situé, pour seulement 45€ la nuit mais un confort minimum qui ne conviendrait pas forcément à tout le monde. Monterey : motel El Dorado Inn à 60$. Le moins cher qu’on ait trouvé sur place sans pré-réservation.

- Las Vegas : Excalibur. Chambre de qualité, bien situé en bout de strip là où ça commence à être « intéressant ». 100$ par nuit en moyenne, en incluant du week end où les tarifs sont plus onéreux dans toute la ville. Bien mieux que le Luxor de l’année dernière.

- Page : chez Bob’s Bashful Motel. Un très bon rapport qualité/prix ou quantité/prix en fait. Les appartements sont avec deux chambres, salon et cuisine pour 45$. Par contre il ne faut pas s’attendre au grand luxe, tout y est un peu vieillot. Bob tient le motel depuis des années, il est adorable et son fils Rick aussi. J'y étais déjà passé l'année dernière.

- Moab : Motel « Inca Inn ». Je ne le recommande pas du tout, douche abominable impossible d’avoir de l’eau à température constante, doublé d'une mauvaise foi évidente à l’accueil assez rare aux USA. De quoi me gonfler en fait. Oui, j'ai un caractère de daube parfois.

- Torrey : Days Inn. Très bonne chaîne, rien à redire.

- Tropic : Bulberry Inn B&B. Prix honnête et accueil de qualité, de bons petits déjeuners maison. Je recommande largement de dormir à Tropic plutôt qu’à Bryce, c’est à 15min en voiture et nettement moins cher. Seul inconvénient c’est d’aller à Bryce pour manger après 20h30, sur Tropic tout est fermé.

Restaurants Seulement ceux qui nous ont particulièrement enjoué et à retenir sans hésiter, la plupart conseillés ou repérés avant notre départ :

San Francisco : Je connaissais déjà la majorité de ces adresses de mes années précédentes à San Francisco, elles m’ont été conseillées par mon pote qui vit là bas, plutôt un gage de qualité il me semble ; et surtout largement vérifié sur place : « Chez Mama’s » : brunch sur Washington Square « Town’s end » : brunch tout près de 2nd Street « Balboa Café of San Francisco » : brunch dans le quartier Fillmore / Lombard Street « MSB - Marina Sushi Bar » : resto japonais sur Lombard Street « House of Nanking » : resto chinois sur Kearny Street « Lemon Grass Thai cuisine » : resto thai sur Polk Street « Mel’s Drive Inn » : un classique « cuisine » US. Il ne faut pas s’attendre à de la cuisine fine évidemment mais c’est typique américain, de bon cru (burgers, Fish&Chips & co) et parfait à 3h du mat’ après les sorties bar. J’y ai d’ailleurs dormi deux fois en deux ans, une fois la tête sur la table et cette année j’ai osé les toilettes. Hum. Monterey : « Hula’s Island Grill ». Restaurant avec cuisine insulaire de très bonne qualité. Torrey : « Stackers », de très bons burgers, avec un accueil charmant. Page : « Fiesta Mexicana », petite chaîne mexicaine de bonne qualité pas trop chère. Moab : « Sing Ha Thai Cuisine ». Un bon thaï dans une ville où il est assez difficile de bien manger. Escalante : « Escalante Outfitters ». Pizzeria perdue dans l’arrière pays et recommandée partout. Génial. Tropic/Bryce : “Bryce Canyon Lodge” : buffet à volonté, un peu l’usine mais très bien.

Location de voiture Via locationsdevoiture.com comme l’année dernière, meilleur rapport qualité/prix trouvé avec toutes les assurances nécessaires. J’avais fait un sujet ici sur les locations aux USA qui a été très bien complété pendant plus d’un an par les autres forumeurs: http://voyageforum.com/...etats_unis_D2439235/

Budget approximatif global : En intégrant mon billet A/R Paris-SF trouvé à 480€ et sans les achats et sorties en extra. 2800€ /pers pour un peu plus de 4 semaines (3 semaines de nature + 1 semaine de San Francisco).

Passé les détails techniques et l'introduction d'usage avec les informations pour forumeurs en recherche de bons plans, on peut enfin commencer le récit avec la ville de San Francisco!

San Francisco

Mon passage par San Francisco est un peu particulier parce que je connais bien la ville pour y avoir été trois fois ces dernières années. Je ne vais pas l’évoquer de façon chronologique comme le reste de notre parcours mais donner mes ressentis globaux et assortir ces mots de quelques photos. J’y passerai un peu de temps parce que j’adore cette ville. Sûrement parce que j’y ai un bon ami et donc la chance de pouvoir la découvrir de l’intérieur et pas uniquement visiter les endroits touristiques. Parce que l’accueil réservé là bas a toujours été festif et agréable. C’est une ville de vie, qui ne ressemble à aucune autre aux USA (de ma maigre expérience), une ville aérée, mixte. Elle est plaisante par sa configuration globale, entourée d’eau et traversée de ses fameuses rues « serpentées ». Elle est intéressante par le mélange des populations, l’ouverture d’esprit globale et ses quartiers aux styles et ambiances diversifiés.

Commençons le lever du carnet de voyage par un lever de soleil capturé par mon père encore non remis du décalage horaire, le premier jour de son arrivée.





Mon père pour qui j’avais prévu une liste de choses à faire sur 4 jours mais qui en avait fait quasi un tiers entre 5h et midi avant même qu’on se soit encore retrouvés. 4500 photos aussi déjà, logique !

Le port, la baie, avec la prison d’Alcatraz dans le fond perché sur son île :





Ou le traditionnel Golden Gate (et sans brume !)



On continue avec une belle vue du Financial District depuis la Coït Tower



Depuis l’intérieur du Financial District :





« Salut Gandhi, la pêche ? En fait t’es aussi grand qu’une tour mon gars ! »



Le quartier de l’embarcadero où les travailleurs du Financial District envahissent le lieu le midi. Il y a un côté île et ensoleillé avec ses grands palmiers :





Autour de Union Square, sorte de Champs Elysées de la ville avec toutes les enseignes de Luxe notamment. Pas le plus fun de la ville mais pas désagréable non plus :







Un détour par le quartier de Washington Square ainsi que l’axe Colombus Avenue qui passe à proximité et qui font partie de mes coins préférés de la ville. Il s’agit du quartier italien. Une jolie église, des cafés italiens avec des tables dehors (assez rare dans les villes américaines), une belle boutique de chapeaux, un vieux disquaire adorable même s’il n’a pas su trouver l’introuvable album « Grin » de « Coroner » que je voulais rapporter à un pote féru de métal ou encore le square investi par les chinois en mode Tai Chi censé apporter harmonie et équilibre des forces naturelles.





Chez Mama’s, où je me fais une jolie combo « Carot Cake » + « Eggs Benedict ». J’ai un problème avec les œufs Benedict, j’adore ça. C’est presque orgasmique. Et donc indispensable à chaque brunch. Je bug. J’aime ce genre de bug orienté cuisine d’ailleurs. Pas de photo des œufs Benedict, trop occupé à les manger. Ma femme s'appelera Bénédicte. Logique. Par contre mon père n'aime pas les oeufs Benedict. Nul.





Colombus avenue :









Avec l’imposante pyramide du Financial district dans le fond qui contraste avec ce vieil immeuble vert stylé qui appartient à Francis Ford Coppola.



L’intérieur rez de chaussée de l’immeuble, un café aux couleurs films et aux tendances bistrot à l’européenne :



Une vue figée du spectacle pourtant fort vivant et musical, la messe Gospell de Glide Church. A privilégier le dimanche à 11h quand on a la chance d’y être sur le week end. Si on retire la grosse demi heure de fin où le prêtre nous a passablement ennuyés vu notre faible penchant pour la religion, le reste était génial. Belle ambiance, des gens joyeux. Etonnant et je recommande vivement !



Le célèbre Chinatown, l’un voire le plus grand du monde même s’il n’est pas si impressionnant que ça je trouve, il se concentre essentiellement sur deux rues parallèles Grant et Stockton Street. Avec la porte principale qui en marque le début :





Un parc où j’aime faire ma sieste / repos de marche, sous les cerisiers fleuris (mes trois séjours étaient en Avril/Mai), le Yerba Buena Park, près du musée d’art moderne :





Une virée sur Alcatraz, que je recommande vivement. L’île et sa flore sont belles, la vue sur la ville magnifique par beau temps, et ce lieu mythique regorge d’histoire récente en plus de bien montrer les conditions de vie des détenus. On peut même se lâcher sur le système audio pour touristes que je n’affectionne pas en temps normal mais particulièrement intéressant pour avoir des détails sur la vie de la prison. Il faut par contre y aller si possible en dehors des créneaux de foule, le choix du premier bateau vers 9h est très bien par exemple. Il parait que c’est sympa de nuit aussi, avec la dernière navette mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. A savoir qu’il faut absolument réserver avant le voyage pour avoir une chance d’y passer.

Depuis le bateau navette :





Une cellule reconstituée :



San Francisco, c’est bien sûr les multiples rues en pente où on voit essentiellement son capot :





Ou les fameux « Cable Car » :





Lombard Street et ses méandres de verdure pour contrer la vigueur de la pente, tout au loin :



On s’éloigne du « centre », aux abords du quartier de « Haight Ashbury », avec quelques maisons victoriennes colorées et un joli parc à flanc de colline, le « Buena Vista Park » :





Le quartier d’Haight Ashbury donc, avec ses multiples boutiques décalées, branchées musique, fumette, piercing, métal ou zen attitude :









Une maison de schtroumpfs :



Le quartier gay du Castro que j’ai découvert seulement cette année parce qu’il est excentré. Sympa d’y faire un saut mais pas indispensable à mes yeux. A moins d’y avoir des attraits particuliers ou surement en temps que lieu de sortie le soir. Je pense qu’il faut mieux connaître pour apprécier.





Un quartier étonnant aussi par la taille et le jeu de couleurs de leurs antennes radio :



L’une des vues que je préfère de la ville depuis Twin Peaks, lieu rendu célèbre à travers le monde par David Lynch et sa série puis son film :





L’autre côté de la baie de San Francisco présente aussi de nombreux intérêts. Le beau parc de grands Sequoia, le parc de « Muir Woods », la ville de Sausalito avec ses maisons sur l’eau ou Tiburon pour la vue sur la ville par temps clair.

Muir Woods, parsemé d’une autre espèce de Sequoia que les plus gros qu’on trouve en Sierra Nevada à Yosemite ou à Sequoia National Park. Un petit parc parfait pour la promenade du dimanche des locaux.





L'arbre poilu :



La vue depuis Tiburon :







Pour finir la zone photo, la photo carte postale classique, avec les maisons victoriennes d’Alamo Square en premier plan et le Financial district au loin. Bon ok, j’ai aussi un chien casse bonbon et quelques voitures en trop :



J’ai zappé un certain nombre de classiques de la ville parce qu’ils sont souvent vus et revus ici même, le Golden Gate Park, Fisherman’s Wharf notamment. Mais vous pouvez y faire un tour !

Avec le recul de ces trois séjours à San Francisco, mes préférences portent sur le quartier hippie de Haight Ashbury pour son côté rétro et déluré, celui de Colombus/Washington Square pour son ambiance aérée et chaleureuse et sur le quartier de Fillmore/Lombard où les jeunes se retrouvent pour sortir. San Francisco est une ville qui à mes yeux mérite bien 4 jours de visite surtout si on souhaite profiter de ses alentours de l’autre côté de la baie (petites villes de Sausalito et Tiburon, parc de Muir Woods).

Au final, dans cette ville on est très loin des clichés américains que sortent souvent à tord les français et autres européens sur nos confrères américains. Cette ville est globalement emplie de gens ouverts d’esprits et chaleureux, prêts à vous aider, finalement prêt à tout pour vous faire aimer leur pays dont ils sont particulièrement fiers.

Avant de quitter San Francisco pour longer le pacifique le long de la route 1 vers le sud, un complément d’adresses pour les férus de musique. Il s’agit des lieux de San Francisco où l’on peut espérer trouver quelques pépites musicales d’occasion à prix léger. J’ai un peu galéré pour établir cette liste, elle n’est pas exhaustive mais si elle peut vous servir tant mieux :

“Amoeba music” : 1855 Haight Street

“Recycled Records” : 1377 Haight Street

“Ceiba Records” : 1364 Haight Street

“Heavy Metal record qstore”, en face d’Amoeba sur Haight Street.

“101 Music” près du carrefour Grant Street / Green Street

Et pour ceux qui cherchent un vrai chapeau de Cowboy, San Francisco n’est pas trop la ville pour ça, vous en trouverez uniquement dans le quartier mexicain. Notamment la boutique où j'en ai acheté un et dont je viens de retrouver le nom, quelque chose comme "Ok Corral"

La suite pour le départ vers des contrées moins urbaines … quand je trouverai un peu de temps !

On peut trouver la suite ici : http://voyageforum.com/...ost=3485696;#3485696
Plonger à Bali ou Gili? English translation pending
by Katykatt · 2010-05-30 · 32 replies
bonjour a tous

ou est il préferable de plongée pour un bapteme ? bali ou gili ? auriez vous des noms de club sérieux avec instructeurs parlant le francais ?

merci kat
Yellowstone en long, en large et en travers English translation pending
by Kashtin · 2010-04-19 · 66 replies
Cette partie est un « décrochage » du carnet: À partir de Salt Lake City: du Grand Canyon à Yellowstone via le Colorado: voyageforum.com/...ere_partie_D3185490/

La version avec photos et un texte plus complet et aéré se trouve ici: : carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_58.html

(Pour les connexions lentes: merci de patienter quelques secondes le temps du chargement des photos... qui s'effectue toujours par la fin de chaque page.)

Lundi 1er juin

A dix années d’écart, nous revoici enfin à Yellowstone, un des plus beaux parcs de l’Ouest, immense caldeira qui ne demande qu’à exploser, puisqu’elle a déjà quarante mille ans de retard sur l’horaire prévu. Mais elle attendra bien encore un peu, le temps qu’on reprenne l’avion à Salt Lake.

Nous longeons un temps le lac Yellowstone, paysage en noir et blanc dont la surface présente de longues striures de glace, de neige et d’eau aussi sombre que les montagnes qui l’environnent. Ici, il n’y a pas de doute, c’est l’hiver…

Old Faithful Lodge, pour deux nuits. Notre cabine (n° 233) est très bien placée au-dessus de la rivière, avec trois petits geysers juste en face que l’on aperçoit de la fenêtre, et des marmottes dorées et dodues qui furètent en se dandinant autour de la voiture. Mais avec nous elles n’auront rien, même si elles nous font les yeux doux… Un petit porto de dix ans d’âge rapporté de France, et nous filons à la Cafétéria (médiocre).

Mardi 2 juin

Il a plu toute la nuit, on entendait l’eau sur le toit de la cabane alors qu’on était bien au chaud sous les couvertures, hmmm…, et ce matin le ciel est d’un gris cendre uniforme, d’ailleurs il pleut toujours. Les jours se suivent et se ressemblent, c’est une morne journée pour la photo qui s’annonce encore.

Nous préparons la rituelle Thermos de thé – Thermos achetée à Petaluma, au nord de San Francisco, en 2007, et qui depuis ne nous quitte plus – et partons jeter un œil à Old Faithful, blanche vapeur contre ciel laiteux, puis prenons la route de Madison, l’autre, via Upper puis Midway et Lower Geyser Basin.

Nous avions acheté il y a une dizaine d'années un petit guide que je recommande à tous ceux qui veulent explorer la moindre goutte d’eau brûlante crachée par le volcan assoupi, Yellowstone’s Geysers, Hot Springs and Fumaroles, de Carl Schreier, Homestead Publishing, WY, incluant… la Nouvelle-Zélande ! D’accord, ce n’est pas la porte à côté, mais c’est en tout cas à notre programme…

Le long de la route qui va à Upper Geyser Basin... les premiers bisons.

Upper Geyser Basin. Black Sand Basin. Des squelettes d’arbres blancs et noirs se reflètent dans les eaux opalescentes vert émeraude. Presque tous les cours d'eau sont bordés de fleurs jaunes (Yellow Monkey Flower (Mimulus guttatus), adeptes des bains de pieds brûlants! Plus loin le cadavre d'un éléphant, mâchoires béantes, défenses brisées... Blue Star Spring, qui explose toutes les trente secondes

Lower Geyser Basin. Route de Firehole Lake sous une pluie battante. Je crains pour le Canon… même si je prends toutes les précautions.

White Dome Geyser. Petite balade arrosée.

Fountain Paint Pots : là nous patientons une bonne demi-heure dans le 4 x 4, mais le ciel ne veut rien savoir. Les Pots sont de toute façon peu vigoureux.

Un peu avant la jonction de Madison, belle route de Firehole Canyon qui comprend les non moins belles Firehole Cascades. On l’aura compris, ici, le feu n’est jamais loin de l’eau. Nous nous arrêtons pour les contempler et je sors le télé de Gérard pour tenter de photographier un gros nid de Bald Eagle coincé dans un arbre déplumé, avec deux petits qui pointent leur tête blanche ébouriffée de temps à autre. C’est alors qu’ils décident de ne plus se montrer. Je me console en mitraillant un wapaiti femelle qui est en train de changer de garde-robe.

Les arbres tombés après l’incendie ont laissé la place à une herbe verte et drue broutée par de nombreux bisons. Ici, c’est un toucan géant, calciné lui aussi mais à fière allure, qui garde les lieux.

Midway Geyser Basin. Lorsque nous arrivons au Grand Prismatic, sur le chemin du retour, il est plus de dix-huit heures. Les coulées de soufre que déverse Excelsior Geyser dans la Firehole River ont diminué en dix ans et il fait trop froid pour apercevoir les eaux turquoise les plus belles de Yellowstone. Quel dommage ! Une vapeur blanche court à la surface, ne dévoilant qu’une infime seconde par-ci par-là, au gré du vent, les trésors chromatiques du Grand Prismatic, et sa longue chevelure sombre, éparse sur le sol. Nous terminons par Turquoise Pool, la troisième petite merveille de Midway Geyser Basin. Manque de chance, lorsque nous voulons prendre le sentier qui surplombe le Grand Prismatic et débute un peu plus loin, il est fermé à cause des ours. Des Killdeers s’agitent dans l’herbe haute, comme aux Gates of Lodore, en poussant leur cri si caractéristique.

La pluie qui avait cessé reprend lorsque nous arrivons à Biscuit Basin. Dépôts minéraux aux couleurs magnifiques qui laissent apparemment de marbre tous ceux qui passent à côté.

Nous rentrons nous réchauffer dans notre cabane et surtout sécher nos K-way. Prévisions pour demain : 40 % de pluie, après-demain 50 %, comme aujourd’hui.

Mercredi 3 juin

Nous quittons notre cabane « without bath » et montons sous un ciel plombé à Inspiration Point par un sentier en lacet, pour avoir une vue d’ensemble des geysers environnant Old Faithful avant la prochaine éruption. La vue de là-haut est gâchée par les chantiers en construction, dont le nouveau Visitor Center, et la pluie qui s’est encore une fois remise à tomber mais n’a pas empêché la foule de s’agglutiner en attendant de voir le grand panache blanc monter droit vers les nuages gris clair. Nous redescendons en vitesse pour le voir de près, mais Old Faithful se fait désirer. Au bout du compte, ce sera encore blanc sur blanc.

Nous faisons le grand tour par les chemins de bois et de terre de tout ce qui fume, bouillonne, palpite, glougloute, explose, crache… Au-dessous du chemin, de très jolies Shooting stars (Dodecatheon), les cheveux droit sur la tête, percent le sol tiède et l’herbe verte.

Sur la route de Canyon Lodge, arrêt prolongé à cause de la pluie battante à West Thumb, baie plus récente et beaucoup plus profonde que Yellowstone Lake, résultant d’un explosion ne datant que de cent vingt-cinq mille ans. La pluie qui redouble de vigueur nous stoppe net près de Black Pool, nous obligeant à nous abriter sous un arbre. Mais je me jette à l’eau, c’est le cas de le dire, je continue la balade et ne le regrette pas ! C’est vraiment magnifique !

Entre Lake Village et Canyon Village, Mud Volcano et la Dragon’s Mouth. Presque en face, Sulfur Caldron. Sur le parking, un petit geyser a crevé le bitume !! Il y a des bisons en veux-tu en voilà, des wapitis, des pronghorns (qui ne ressemblent pas vraiment à des antilopes…), des bernaches (Lesser Scaup), pélicans, cygnes trompettes… La neige est amassée dans les déclivités et sur les bas-côtés.

Aux chutes Yellowstone le ciel s’est enfin dégagé, laissant filtrer une lumière dorée qui illumine le canyon. Longtemps, à Artist Point, nous guettons les rayons du soleil couchant sur les falaises jaune soufre, hérissées par endroits de sapins vert foncé.

Notre Frontier Cabin, mi-caserne mi-chambre d’hôpital (101$ avec douche et w-c), est une sorte de grosse cabane partagée en plusieurs logements, identique à des dizaines d’autres alignées le long d’allées désertiques. Ici, il y a dix ans, nous avions surtout gardé le souvenir du hurlement du coyote que l’on entendait par la fenêtre de la salle de bains qui donnait sur les bois, et nous ne reconnaissons absolument rien, ni les cabanes, ni même les lieux...

Le soir, alors que nous sommes couchés, nous entendons subitement un bruit de batteuse qui semble venir de la salle de bains. Nous avons des voisins juste de l’autre côté de la cloison de bois et nous supposons qu’ils viennent de mettre en marche l’aération pour prendre une douche. Mais on n’entend pas d’eau couler et le temps passe, le temps passe, et le bruit est toujours là. L’inquiétude commence à nous gagner car on a vraiment l’impression d’être couchés au pied d’un Caterpillar ! Au final nous ne fermerons pas l’œil de la nuit ! Probablement effrayés par le chauffage au propane, ils ont mis l’aération jusqu’au matin. Comment ont-ils pu dormir, mystère…

Jeudi 4 juin

A peine réveillés, nous faisons un mot à nos « dear neighbours », puisque apparemment ils seront encore là ce soir, afin de ne pas passer une nouvelle nuit blanche, nous le glissons sous leur porte et préparons une thermos de thé.

Le ciel est… gris, ça change de l’ordinaire... Nous prenons notre temps pour aller à Norris Geyser Basin, pique-niquons en cours de route près d’une foison de Yellow Glacier Lily (Erythronium grandiflorum), très jolis lys jaunes aux pétales aussi effilés que des poignards.

Arrivés sur place, nous avons à peine le temps de voir Echinus Geyser et Steamboat Geyser que le ciel de plomb, au-dessus des montagnes enneigées, nous tombe sur la tête ! Nous rejoignons la voiture en courant et y restons coincés près d’une heure. J’en profite pour écrire quelques notes.

Une heure un quart a passé et nous sommes toujours là, espérant une éclaircie qui n’arrive pas ; nous avons fait le tri des montagnes de papiers (cartes de toutes sortes prises dans les visitor centers, petites, moyennes et grandes en double exemplaire, Journal du parc traversé, etc.), bu la Thermos de thé et fini le paquet de cookies bio de Jackson… Histoire de ne plus avoir le nez sur la poubelle et de voir le coin de ciel bleu qui s’agrandit à l’horizon, je change de côté, c’est-à-dire que je recule de cinq mètres. Cinq minutes plus tard, une voiture fait la même chose mais dans le sens inverse !

Subitement la pluie cesse, un rayon de soleil se pose sur le parking, et d’un seul mouvement toutes les portières s’ouvrent en même temps, des gens en sortent qui s’étirent, bâillent et s’habillent pour une deuxième balade le long des geysers.

Nous reprenons le sentier abandonné plus de deux heures auparavant et repassons devant Steamboat Geyser. J'espère, comme tous ceux qui passent devant, qu'il va choisir ce moment pour se réveiller pour de bon... la dernière éruption ne date pourtant pas d'hier: 13 septembre 2002! Mais il donne des signes d'agacement, il crache de la vapeur avec entrain..., puis s'essouffle... Par contre quand il explose, c'est quelque chose, et il vaut sans doute mieux ne pas aller le regarder sous le nez, car il crache une colonne d'eau bouillante qui peut atteindre 120 mètres de hauteur! En 2000, un couple qui était dans les environs de Norris a soudain cru être témoin d'un tremblement de terre et a pris ses jambes à son cou, ou plutôt sa voiture, et a conduit jusqu'à Elk Meadows avant de comprendre qu'il s'agissait du steamboat et de revenir en arrière! C'était en fait un véritable coup de chance, car le plus important geyser de Norris et aussi le plus haut du monde n'a explosé que quatre fois en cinquante ans.

Echinus G ., Green Dragon Spring, Vixen G., Emerald Spring.

De l'incendie de 1988, il reste encore des milliers de javelots dressés vers le ciel...

Porcelain Basin. Un homme au crâne tondu se repose sur les marches de bois du sentier, mains, tête et cou entièrement tatoués, faisant apparemment l'admiration de quelques jeunes qui lui demandent de remonter ses manches, ce qu'il fait avec un plaisir évident. Il a l'air décoré des pieds à la tête... Nous les dépassons et traversons les vapeurs de Ledge Geyser que le vent porte de notre côté.

L'après-midi est déjà bien avancée et nous pressons le pas pour aller jusqu'à Porcelain Springs, d'autant que nous venons de recevoir quelques gouttes. L’eau des geysers, chargée de sels, s’écoule en formant de longues traînées vertes ou roses, orange, crème ou rouge, dans lesquelles ondulent parfois des algues aux chevelures sombres.

La route du retour est déserte et en un quart d’heure nous sommes à Canyon Village. Nos voisins nous ont aussi glissé un petit mot sous la porte : ils s’excusent, mais ne s’étaient pas doutés une seconde que l’on pouvait entendre le bruit derrière la (mince) cloison de bois…

Vendredi 5 juin

Nuit calme et réveil sous un ciel bleu vite voilé par des nuages blancs. Nous plions bagages et quittons sans trop de regrets cet environnement de caserne, où l’épicerie ferme à 17 heures et où la cafétéria est plus que passable…

La route qui mène à Tower Roosevelt est une belle route d’altitude, fermée de début novembre à fin mai. Sur les bords, une de mes fleurs préférées. Nous avons de la chance, elle est ouverte alors que la neige est encore amassée dans les bas-côtés. Mais la petite route de 9,5 miles qui mène au Chittenden parking area, d’où part le sentier pour le Mt Washburn, est, elle, fermée. Le chasse-neige est d’ailleurs en train de s’activer pour déblayer. Nous apercevons de loin les Tower Falls, aussi belles sinon plus que les Lower Falls, dans le Canyon de Yellowstone.

Sur le grand parking de Tower Falls, nous discutons avec un jeune Blackfeet, militant de Buffalo Field Campaign (www.buffalofieldcampaign.org/), de bisons, bien sûr, mais aussi de cuisine française, et nous en profitons pour l’inviter, s’il passe par Paris, à venir dîner chez nous. Puis nous prenons le chemin des chutes mais, presque arrivés en bas, nous nous cassons le nez sur une barrière à laquelle est accrochée une pancarte : « Fermé pour travaux », sans aucune possibilité d’apercevoir la moindre éclaboussure. On aurait assez apprécié que la pancarte soit mise plutôt à l’entrée du chemin, qu’à la fin… Nous nous contentons des eaux gris-vert de la Yellowstone River. (Une fois à Paris, je verrai sur Internet qu’en 2006 et même en 2003, la situation était la même. Comme il y a foule à vouloir voir les chutes de près et donc à s’arrêter, on peut supposer que si l’information était donnée ne serait-ce qu’au Visitor Center, personne ne s’arrêterait et le General Store du parking n’aurait plus qu’à fermer boutique.)

L’environnement est très basaltique, hautes colonnes de section carrée ou croustillant anthracite dans lequel on aurait presque en vie de croquer !

Il y a beaucoup de monde, dans Lamar Valley, sur la Beartooth Hwy, beaucoup de monde en tout genre : hommes, mais aussi bighorn sheep (celui-ci, je le soupçonne de poser pour la postérité tous les jours au même endroit, sous son arbre, indifférent, le regard perdu sur la – très lointaine – ligne bleue des Vosges...). J'ai repéré, à une dizaine de mètres de lui, des fleurs que je veux photographier. Je m'avance, toujours accroupie, très lentement, avec des ruses de Sioux... et le Bighorn trouve que j'en prends un peu trop à mon aise et bouge lentement la tête dans ma direction, ce qui a pour effet de me scotcher au milieu de la sauge! Mais je suis bien obligée de bouger, et là je deviens de plus en plus intéressante, ce qui ne m'empêche pas de le prendre en photo. Finalement, c'était un mouflon très relax, il n'a pas bronché.

Donc, il y a beaucoup de monde dans Lamar Valley que nous ne reconnaissons pas, ou du moins le souvenir que nous en avons est totalement déformé. En 2000 elle était déserte, et là, sur les premiers kilomètres, les voitures se suivent de manière ininterrompue. Pronghorns, bisons, toujours accompagnés, lorsqu'ils broutent, des Brown-Headed Cowbirds, autrement dit des vachers (et vachères) à tête brune.

Au détour d'un virage, alors que la route se rétrécit, nous apercevons un pan de roche qui tranche complètement avec la couleur grise de celles qui l'entourent. Il y a aussi à cet endroit des fleurs qui ressemblent à celles du thé du Labrador (Ledum groenlandicum) que l'on ramassait sous des nuées de petites mouches noires du côté de Saint-Augustin, dans le nord du Québec, tandis que le Nordik Express, porte-containers qui ravitaille les villages isolés de la côte de Duplessis, déchargeait ses palettes. En fait ce n’est pas du thé, mais des Mountain Death Camas. J’en profite pour jeter un œil en contrebas de la route, histoire de voir… et là, à deux mètres, un énorme bison est en train de brouter ! Je sais qu’ils sont chatouilleux et que je suis bien trop près, donc je n’insiste pas.

La route suit le fond de Lamar Valley, qui s’élargit avant de se faufiler entre les montagnes dont les sommets atteignent tous plus de 3000 mètres d'altitude. C'est l'endroit que nous choisissons pour pique-niquer. Dans ces cas-là, on n’est jamais seuls bien longtemps… Au sol, une quinzaine de petits azurés, ces si jolis papillons qui ont pratiquement disparu des chemins de France sur lesquels ils se rassemblaient par dizaines il n'y a encore pas si longtemps. Le printemps s'annonce timidement, les trembles commencent tout juste à avoir leurs premières feuilles, et des cascades de glace sont encore visibles au pied des pentes abruptes. Une aire de stationnement, sur la droite – apparemment réservée aux pêcheurs... absents – et un chemin qui mène au bord de la rivière. C'est l'occasion d'aller voir de près couler la Lamar.

Sous un ciel plombé, nous dépassons Cooke City, Montana, triste alignement de maisons le long de la route, pas un chat dehors, le silence… Le village, niché dans les montagnes dont les sommets dépassent tous les 3000 mètres, respire le prospecteur par tous les joints de ses habitations en planche... La webcam donne une idée de l’atmosphère qui y règne : 64.82.6.189/netcam.htm (prendre en compte le décalage horaire). Nous remarquons d’ailleurs sur les images que le Trading Post, bien sûr fermé en cette saison, décroche toutes ses décorations de façade pour l’hiver.

A la sortie, nous sommes bloqués un moment par des travaux et avons tout le loisir d’observer les ravages des incendies passés. Tout a brûlé depuis notre dernier passage il y a une dizaine d'années. La piste du col (Lulu Pass) est en chantier, d’énormes camions vont et viennent, nous faisant rapidement abandonner l’idée de circuler parmi eux…

Nous poursuivons la route dans les bois, passons le Big Moose Resort fermé en cette saison et atteignons le col suivant; la neige s’amasse sur les bas-côtés et au pied des grands sapins noirs, la température est glaciale et le silence feutré, mais nous sortons quand même de la voiture, intrigués par les silhouettes de métal qui chevauchent en lisière de forêt. Ce sont des Nez-Percés…

Bon, décidément ça sent trop l’hiver par ici, nous retournons sur Cooke.

A l’intérieur du Trading Post nous avons la surprise de découvrir une petite pièce, sur la gauche, qui renferme une véritable arche de Noé : orignal, lynx, blaireau, carcajou, raton laveur, martre, mouflon, chèvre de montagne, wapiti, cerf de virginie, puma, etc. Mais au bout de quelques minutes nous voyons aussi un écriteau qui nous avait échappé, sur la porte: Entrée, 7 $ par personne, car cette minuscule pièce est en fait le wildlife museum local. Nous trouvons que c’est hors de prix pour un coup d’œil circulaire sans même bouger un pied et ressortons comme nous sommes rentrés. D’ailleurs aucune des trois personnes de l’accueil ne nous a demandé quoi que ce soit.

En redescendant sur les limites du parc, un orage de grêle terrible s’abat sur nous, il fait soudain quasiment nuit, des éclairs bleutés traversent le ciel en tous sens. C’est à ce moment-là que nous nous arrêtons à la cabane des rangers. Nous donnons notre pass, mais contrairement à d’habitude, la ranger fait du zèle, c’est bien le moment, alors qu’autour de nous c’est l’apocalypse ! Elle trouve que la signature ne correspond pas à celle du passeport bien qu’elle soit au contraire rigoureusement identique. Au bout de plusieurs minutes nous commençons à perdre patience. Ne trouvant finalement rien d’illégal, elle nous tend pass et passeport que nous reprenons sèchement sans un mot avant de démarrer sur les chapeaux de roues.

Enfin une éclaircie avant d’arriver à Mammoth Hot Springs. La chambre est agréable, grande, claire et nickel, bien qu’ancienne et sans salle de bains, mais avec beaucoup de charme. Par contre il n’y a pas de cafétéria et nous devons prendre les repas dans le dining room. Pour une fois je mange un hamburger, excellent, fait avec des produits bio. Beaucoup de familles nombreuses, très nombreuses…

Samedi 6 juin

Prévisions pour la journée : pluie et neige… D’ailleurs il fait un temps d’hiver. Les terrasses ont semble-t-il beaucoup changé en dix ans. Au premier coup d’œil, leur blancheur de nacre a fait place à un gris cendre – la différence est la même qu’entre le corail vivant ou mort –, on se croirait dans une cimenterie (mais les merveilles se cachent…).

Elles se sont formées par accumulation de travertin (composé d’aragonite et de calcite) qui, comme le corail, vit et meurt, mais la ressemblance s’arrête là : mais tandis que le corail progresse de 1 mm par an, le travertin, lui, croit de 5 mm par jour – ce sont les sources, en se tarissant, qui provoquent la « mort » du calcaire.

Cleopatra, Minerva, puis au niveau de la Main Terrace, Canary Spring, où des camaïeux de verts tendres, jaunes safranés, orangés se mêlent au blanc le plus pur ; une infinité de terrasses d’eau brune s’étagent sur les pentes de travertin au milieu des vapeurs d’eau chaude.

Nous rejoignons le parking où nous avons laissé la voiture et montons à Upper Terraces, encerclées par une route à sens unique. Prospect Spring, New Highland, Orange Spring Mound, White Elephant Back, Angel Terrace … A 11 h 30 nous quittons Mammoth pour le sud et Gibbon Basin.

Il pleut sans discontinuer pendant les trente-cinq kilomètres qui séparent Mammoth de Gibbon GB, aux abords de Norris GB. Nous sommes attentifs à ne pas rater les Chocolate Pots que nous avons vus dans notre guide des geysers de Yellowstone, mais qui sinon ne sont indiqués nulle part. Une voiture garée sur le côté droit, nous nous arrêtons derrière elle au cas où, et effectivement c'est là que se trouvent les cônes de chocolat. Hmmm...

T° 130°F (54,5 °C). Les Chocolate Pots, qui dégringolent des rives pentues de la Gibbon River pour se perdre dans ses eaux sombres, sont composés pour 60 % d'oxydes de fer, d'aluminium, de zinc et de manganèse.

Nous poursuivons sur Artist Paint Pots, à 3 miles au sud de Norris GB, au bout d'une route secondaire. Il pleut à verse, pour changer, et Alain commence à saturer. Aussi, lorsque nous arrivons sur le parking, il décide de rester à l'abri et au chaud dans le 4 x 4. Il y a ici pas mal de monde, plus dedans que dehors, d'ailleurs...

Jamais découragée, je monte seule voir les pots de peinture, à quelques centaines de mètres du parking par un chemin plat qui sinue au milieu des bosquets. L'endroit porte bien son nom car tous les tons de bleu, vert, rose, gris, beige sont représentées dans de superbes teintes pastel et s'étalent en larges aplats sur la terre... Un sentier de bois s’élève au-dessus du bassin qui longe des petites mares de boue gris clair glougoutantes. Je prends les bulles qui crèvent à la surface en rafale et en les regardant, plus tard, nous avons la surprise de voir des choses étonnantes.

Après avoir bien traîné à photographier tout ce qui me tombait sous l'objectif, je rejoins le parking au pas de course. Comme il est encore tôt nous allons essayer de nous rapprocher de Salt Lake.

West Yellowstone. Nous prenons de l’essence puis une carte de l’Idaho au Visitor Info. Sous la pluie encore et toujours, comme pour la majeure partie des Etats-Unis d’après ce que nous pouvons voir à la météo, nous roulons sur la Hwy 20 puis l’I 15 en direction d’Ashton, Idaho Falls, Blackfoot et enfin Pocatillo, jolie petite ville cernée de collines verdoyantes, qui elles aussi ont apparemment reçu leur ration d’arrosage.

Nous nous arrêtons au Super 8 qui est très bien. C’est tout juste si nous arrivons à sortir de la voiture et à sortir nos sacs avec les trombes d’eau qui s’abattent de toute part. Courses au Wal Mart ; repas bio dans la chambre, passé par le micro-ondes de l’office, au chaud et au sec !

Dimanche 7 juin

Il a plu toute la nuit – qui pour moi a été très mauvaise – et ce matin il pleut encore à seaux, bloquant toute une armée de motards du Saskatchewan dans les canapés de l’office. Nous quittons Pocatello pour Salt Lake City par la I 15 quasi inondée ; on ne voit pas plus le paysage alentour que sur la Route n° 1 entre Morro Bay et San Francisco…
À partir de Salt Lake City: du Grand Canyon à Yellowstone via le Colorado (2e partie) English translation pending
by Kashtin · 2010-03-12 · 28 replies
(Première partie: http://voyageforum.com/...ere_partie_D3185490/ )

LA VERSION AVEC PHOTOS ET UN TEXTE PLUS COMPLET (notamment en ce qui concerne les geysers de Yellowstone) SE TROUVE ICI : http://carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ (Boucle Salt Lake City - Salt Lake City via Yellowstone)

Yellowstone ayant démesurément grossi – de cinq pages prévues initialement, il y en a désormais onze (trois pour le seul sud-ouest du parc) –, ce carnet comprendra donc un « décrochage »: « Yellowstone en long, en large et en travers » : http://voyageforum.com/v.f?post=3360708;#3360708



(Pour les connexions lentes: merci de patienter quelques secondes le temps du chargement des photos... qui s'effectue toujours par la fin de chaque page.)

Deuxième partie

Black Canyon of the Gunnison, Colorado National Monument Dinosaur National Monument, Island Park Overlook, McKee Springs Dinosaur NM, Sound of Silence et Desert Voices, Jones Hole Trail Dinosaur NM, Yampa Bench Road, Gates of Lodore Des Gates of Lodore à Flaming Gorge Grand Teton, Jackson Hole, Yellowstone Antelope Island

Mardi 26 mai

En partant nous faisons un nouveau tour du village pour prendre d’autres photos des si jolies maisons pastel, de l’église qui date de 1883, et aussi d’un kitschissime « Saint George terrassant le dragon », pour le moins surprenant dans le décor, et en route pour le Black Canyon of the Gunnison, par la Rive Sud puisque la Rive nord, en fait une piste, est encore fermée à cause de la neige et qu’aucun pont ne les relie. Du Gunnison Point – au Visitor Center –, on a une vue en enfilade vertigineuse et saisissante d’une bonne partie de ce canyon sombre comme la nuit et d’une beauté rude, dont les roches les plus anciennes datent de… deux milliards d’années ! La faille qui court sur 25 kilomètres à l’intérieur du parc est extrêmement étroite, ne laissant que peu de soleil pénétrer dans les profondeurs si inhospitalières qu’aucun Indien (ici les Utes) ne s’y est jamais installé.

Comme le temps est couvert, et que la pluie n’est pas loin, encore à l’abri des gros nuages noirs qui nous arrivent dessus à toute allure, nous continuons sur Pulpit Rock, puis Cross Fissures. La vue est constamment superbe. A Rock Point, où l’on arrive par un chemin de sable bordé d’immenses lupins d’un bleu intense, le temps se gâte définitivement. A partir de là et jusqu’à High Point ce sera une course constante entre deux averses de grêle. Guetter un rayon de soleil, courir sur le sentier qui nous mène au point de vue, se prendre une douche glacée en retournant à la voiture, écouter tambouriner la pluie sur le toit et repartir au point de vue suivant. Devils lookout. Là je perds l’obturateur du Canon en courant sous la pluie torrentielle et en sautant pour éviter les flaques d’eau sur le sentier inondé. Je ne m’en rends compte qu’une fois à la voiture et il me faut faire le chemin inverse pour essayer de le retrouver… au pied d’un buisson. Chasm View. Nous restons ensuite bloqués à Painted Wall, immense falaise à pic parcourue de veines d’or qui plonge dans le torrent gris acier 700 mètres plus bas, à attendre que neige fondue, grêle et éclairs cessent de nous mitrailler. Puis Cedar Point, Dragon Point, Sunset View et High Point. Nous faisons le retour d’une traite, avec une visibilité réduite à quelques mètres. Ce canyon, si noir quand les autres sont si rouges, si différent, magnifique, restera un de nos meilleurs souvenirs malgré le temps détestable.

De nouveau quelques courses à Montrose, un plein d’essence au Wal mart et en route pour Colorado National Monument au soleil déclinant. Au loin le ciel est de plomb mais pour une fois nous échappons aux orages. Le parc, qui domine l’immense plaine de Grand Junction où coule le Colorado, fermée au nord par des montagnes striées verticalement, est assez décevant car pas assez sauvage à mon goût. La route suit plus ou moins la corniche, avec de belles colonnes de ocre-rouge et de petits tunnels qui transpercent la montagne de grès, jusqu’au Visitor Center et le camping voisin. Il y a un monde fou, des colonies de vacances, et nous ne trouvons qu’une place très moyenne au bord de la route. A peine sortis de la voiture nous sommes assaillis par des nuées de coléoptères… Mauvaise nuit.

Mercredi 27 mai

Départ à 8 h 30 pour Vernal et le Best Western Antlers à des années-lumière de l’horrible Days Inn de l’année précédente ! Nous posons nos affaires et partons pour les pétroglyphes de McKee Spring. Tout est assez mal indiqué, nous nous fions au Photographing the Southwest (de Vernal, il faut prendre Main Street, Vernal Road, la 500 North puis intersection à droite direction Buckskin Hills ; au ranch à droite. Pour la Jones Hole Road idem, mais ne pas tourner à droite). Au moment d’arriver, la pluie se met à tomber, c’est bien notre chance ! La piste étant impassable lorsqu’elle est mouillée, nous courons jusqu’au sommet et redescendons aussi vite pour aller mettre le 4 x 4 à la limite de l’averse, en attendant que le temps s’améliore, puis faisons demi-tour pour rejoindre Island Park overlook. Là nous sommes attendus de pied ferme par des nuées de moustiques affamés. Malgré le soleil qui perce les nuages j’enfile le K-way, mets la capuche, les lunettes de soleil et les mains dans mes poches… A Ruple Banch c’est encore pire, on dirait qu’ils sont dix fois plus gros, cousins des maringouins québécois, à s’agiter tout autour du pare-brise et des portières, prêts à l’attaque. Je sors une seconde faire une photo à toute allure puis me précipite à l’intérieur pour quitter ce coin infernal.

Retour au McKee Spring sous le soleil. Tout compte fait nous préférions la pluie car là aussi les moustiques ont fait leur apparition, c’en est infesté et comme ils m’adorent, je suis piquée de tous les côtés. Nous n’avions jamais vu ça dans nos voyages aux Etats-Unis, et c’est la mort dans l’âme que nous décidons d’annuler le camping le lendemain à Echo Park, car là-bas ce serait un enfer. Nous réservons donc une deuxième nuit au Best Western Antlers. Adieu les économies !

Jeudi 28 mai

Ce matin, ciel tout bleu, enfin… Au programme Sound of Silence et Desert Voices. Nous prenons l’unique brochure bien fatiguée dans la boîte en métal du Trailhead et la redéposerons au retour. Sound of Silence, bordé par endroits d’une infinité de Scarlet Globe Mallow (Sphaeralcea munroana) orange vif, est toujours aussi beau et contrairement à l’an dernier nous en profitons pleinement, étant chargés tous deux d’un gallon d’eau. Il fait déjà très chaud… A Desert Voices ce sont les fragiles Mariposa Lily pourpre (Calochortus macrocarpus) qui bordent le sentier. On en a plus qu’assez des moustiques et nous décidons, une fois au parking, de repasser par le motel prendre l’anti-moustiques que nous avons oublié sur le lit, avant d’aller au bout de la Jones Hole Road faire une partie du trail et de tester l’Off en prévision du camping du lendemain aux Gates of Lodore.

Route d’altitude, très belle et variée. Immenses pâturages de centaines de milliers d’hectares certainement, veloutés de vert bronze et vert amande. La fin de la route plonge jusqu’à l’entrée du Creek et des bassins d’élevage de truites, surplombés de falaises aussi hautes et impressionnantes qu’à Zion. Un panneau annonce que John W. Powell et sa troupe s’arrêtèrent là et firent un repas de truites… sauvages. Ici, peu de moustiques, mais des milliers de grosses cigales qui frottent leurs ailes finement striées d’orange dans un crépitement ressemblant un peu à une averse de grêle sur un toit de tôle, et qui dévorent aussi goulûment que des criquets la moindre feuille tendre à leur portée. Il y en a partout, certaines se prennent dans nos cheveux, et on se demande ce qu’il restera dans quelques jours… des branches dénudées, des arbres nus comme en plein hiver alors que le printemps commence tout juste… A deux miles du début du sentier, à Ely Creek, le bas de la falaise est orné de beaux pétroglyphes ocre-rouge, en partie dissimulés par la végétation. Nous continuons un certain temps sur le sentier mais il commence à se faire tard et nous nous promettons de revenir une autre année. Retour sur Vernal dans la lumière douce du soleil couchant.

Vendredi 29 mai

Ce matin encore, très beau temps pour partir de Vernal. A Jansen nous prenons la 16, plus joliment nommée la Blue Mountain Road, et très vite nous apercevons des pronghorns, ces drôles de cervidés qui ont vaguement des têtes de chèvres, mais avec des cornes plantées juste au-dessus des yeux. Pas vraiment séduisants… Ce matin encore, très beau temps pour partir de Vernal. A Jansen nous prenons la 16, plus joliment nommée la Blue Mountain Road, et très vite nous apercevons des pronghorns, ces drôles d'antilopes, qui ont vaguement des têtes de chèvres, mais avec des cornes plantées juste au-dessus des yeux. Pas vraiment séduisants… mais tout à fait étonnants. Seule Antilope du continent américain, vingt millions d'années plus tard et de nombreuses mutations, elle est encore là, après avoir risqué l'extinction totale. Les pronghorns sont à la fois ruminants et cueilleurs, ce qui leur permet de survivre l'hiver lorsque la couche de neige est trop épaisse. C'est également l'animal le plus rapide du continent, avec des pointes à plus de 86 kilomètres à l'heure! A cette vitesse leurs bonds peuvent atteindre 6 mètres! Le mâle court le museau (à l'extrémité noire, contrairement à la femelle) pointé vers le sol et les femelles le museau droit devant elles... Autre particularité: il peut « ouvrir » et « fermer » ses poils à volonté, en été pour se rafraîchir, en hiver pour se réchauffer. La tâche blanche de la croupe sert d'avertisseur de danger: poils collés au corps quand tout est calme, hérissée en tous sens quand ça va mal... A ce moment-là, et dans la fuite, c'est un phare pour ceux qui suivent...

Il a plu récemment sur la piste d’Echo Park mais elle reste assez bonne et nous rejoignons sans problème l’embranchement de la Yampa Bench Road, longue de quarante miles (soixante-cinq kilomètres) qui ressort sur la 40. Nous ne sommes pas vraiment tranquilles car le soleil brûlant est constamment obscurci de gros nuages porteurs de pluie qui finissent par crever au-dessus de la piste, à quelques kilomètres devant nous. De gros rideaux gris relient le ciel et la terre, ce qui n’augure rien de bon pour la suite, car si nous sommes coincés ici ça s’annoncera très mal, puisque nous comptons remonter sur les Gates of Lodore et le Wyoming… En attendant nous guettons les points de vue paraît-il magnifiques sans les voir, sauf vaguement, une ou deux fois, à l’aplomb de la piste. Où sont passés Castle Park Overlook, Harding Hole et Wagon Wheel Overlook ? Finalement nous trouvons qu’Echo Park est bien plus belle et nous nous demandons si la Yampa Bench vaut bien le risque d’être coincés par la pluie à un moment ou un autre de ses soixante-cinq kilomètres.

Nous traversons un paysage tout de gris-argent et de vert, squelettes d’arbres ayant roussi quelques années plus tôt, avant de rattraper la pluie à la sortie du parc. Le TrailBlazer rechigne, fait mine de patiner par endroits, la bentonite se transforme peu à peu en savonnette et j’accélère pour retrouver une piste sèche, au-delà de l’averse. Ouf, nous sortons de ce guêpier et filons sur la 40 pour rejoindre à Maybell l’unique pompe à essence du coin avant Dutch john, à deux cents kilomètres de là. En fait de petite ville ce n’est pas même un village : un restaurant, une pompe à essence, un General store… Il y a aussi paraît-il une école, en fait le minimum pour tous les ranchers isolés de cette région perdue aux confins nord-ouest du colorado. Nous faisons le plein, et en route pour les très isolées Gates of Lodore ! C’est justement cet isolement qui nous a attirés, le fait que personne n’aille par là, un peu comme lorsque en plein hiver, au Québec, nous remontons sur Sept-Iles et au-delà alors que passé Tadoussac il n’y a plus une moufette sur la route.

La 318 West est une route étroite, complètement déserte et isolée. Nous arrivons très vite à l’embranchement de Deerlodge mais ne faisons pas le détour pour voir à quoi ça ressemble. Ensuite il n’y a plus rien avant 50 miles, que de gros nuages sombres sur la gauche qui laissent traîner leur chevelure sur les crêtes, un ranch ici ou là, voire un cavalier solitaire chevauchant au galop, au pied des colline, en contrebas. A un moment nous avons la surprise de voir un panneau indiquant de l’essence. Curieux, nous prenons la piste sur la droite, et arrivons au bout d’un mile à une pompe antédiluvienne où le prix n’est même pas affiché, jouxtant une aire pour camping-cars pour le moins étrange à cet endroit… La piste de seize miles pour Gates of Lodore est excellente et nous la faisons en un rien de temps. Les emplacements du camping totalement vide s’étirent le long d’une allée qui borde la Green River. Pas extraordinaire. Sur la gauche, le long d’un pré, de gros peupliers de Virginie boulottés comme sur le Jones Hole Trail, par les cigales ; sur la droite des bosquets au-dessus de la rivière et des fourmilières un peu partout. Nous nous installons tout au bout à droite sur le dernier emplacement, le n° 11, pour être tranquilles au cas où quelqu’un arriverait, puis grimpons par le Nature Trail au-dessus de la Green River. Il est court, très court, deux miles aller retour – et bordé de nombreuses fleurs, notamment de touffes jaune d’or de Yellow Buckwheat (Erigonium flavum) et de Claret Cup Cactus rouge sang. Du coup nous poursuivons un peu au-delà, dans le chaos de roches au pied de la falaise pourpre, pour inspecter une grotte . La visite sera vite faite, comme le demi-tour, à la vue d’une énorme crotte d’ours fraîche… En discutant le lendemain matin avec le très sympathique ranger indien, il nous confirmera que les lieux sont fréquentés par un couple d’ours noirs qui a réchappé aux chasseurs et que l’énorme crotte appartient très certainement à l’un d’eux. En approchant du camping, encore sur les hauteurs, nous entendons des cris et des rires et à un détour du sentier nous voyons soudain une dizaine de personnes et trois 4 x 4 installés exactement en face de nous, à trois mètres de notre emplacement, en train de sortir un matériel pour soutenir un siège ! Nous sommes sidérés car tous les autres emplacements sont vides et là nous sommes vraiment les uns sur les autres… Ils vont mettre des zodiacs à l’eau, probablement les parties dont parle Laurent Martrès dans le Photographing the Southwest. Ils sont tout sauf discrets et ne peuvent être plus près… Nous déménageons illico à une cinquantaine de mètres., sur l’emplacement n° 4, du côté des peupliers, en espérant que les cigales ne vont pas pleuvoir sur nos têtes. Chose étonnante, ici il n’y a encore aucun moustique, on est trop haut et ils ne sont pas encore arrivés, dixit le ranger ». Les Gates of Lodore sont à la fois près et trop loin…

Samedi 30 mai

Le soleil se lève à peine et colore de rose les collines au-dessus de la rivière tandis que les hautes falaises des Portes de Lodore, entre lesquelles glisse la Green River, restent plongées dans une ombre pourpre. Le silence ici est total, on entend juste chanter des oiseaux, tout près. Ça sent le bout du monde, la rivière coule paresseusement, aussi verte que son nom l’indique, un vert opaque assez proche de celui du Colorado. Petit à petit, les campeurs se réveillent, déjeunent, plie les tentes et rejoignent les zodiacs. Ils mettront plusieurs heures à décoller de la berge, et on finit par se demander s’ils ont très envie de passer trois jours à descendre les rapides de classe trois qui les attendent. Nous les guettons au bout du Nature Trail, sur le rocher qui surplombe la grande boucle avant les Portes. Ils sont descendus depuis le camping en se laissant dériver au fil du courant qui les porte doucement vers l’aval, ils rient et crient, et en tout cas économisent leurs forces. Un des zodiacs s’est déporté dans la boucle et avance encore plus lentement. Puis peu à peu ils disparaissent derrière la boucle suivante et le silence retombe. Nous plions bagage et nous arrêtons à la petite maison du ranger. Deux oiseaux magnifiques, tout près dans le sable, vont et viennent en tous sens, très agités, lançant sans arrêt un cri strident. Ce sont des Killdeers, ou pluviers kildirs (Charadrius vociferus), fréquentant habituellement les rivages . Voici encore un oiseau qui a une particularité étonnante : « En cas d’attaque réelle, l’un ou l’autre parent utilisera un moyen de défense différent. Si le fait de lancer des appels bruyants et de voler autour de l’ennemi ne suffit pas à l’éloigner, l’adulte fait alors une parade de distraction au cours de laquelle il feint d’avoir une aile cassée ou d’être blessé. L’oiseau se blottit sur le sol en laissant pendre une aile comme si elle était brisée. Il sautille d’une façon pitoyable en lançant son kill-dî-î sur un ton de souffrance extrême. L’intrus se dirige alors vers l’oiseau prétendument blessé ou réduit à l’impuissance, qui parvient toujours à s’éloigner, entraînant l’ennemi de plus en plus loin du nid et des petits. Lorsque ces derniers semblent hors de danger, l’adulte se remet miraculeusement et s’envole. Durant tout ce temps, les oisillons restent immobiles ou s’éparpillent dans toutes les directions. D’une façon ou d’une autre, ils sont par la suite presque introuvables. » Le ranger indien, si lucky comme il le dit de vivre ici isolé de tout, connaît parfaitement les environs et notamment tous les pétroglyphes. Il nous indique ceux d’Irish Canyon, sur une piste très « rough » et avec le conseil de faire demi-tour immédiatement s’il pleut pour ne pas être stuck in a muddy, autrement dit embourbés. Nous resterions bien ici, dans cet endroit si calme et si reposant, loin de tout, à regarder couler la Green River et à discuter avec lui, mais il est temps de partir pour d’autres horizons pas si éloignés d’ailleurs.

A l’entrée d’Irish Canyon, tout aussi désert que la piste des Gates of Lodore, beaux pétroglyphes à droite et à gauche de la route. Ensuite nous ratons l’embranchement et partons beaucoup trop loin. Nous revenons sur nos pas, guettant du coin de l’œil les gros nuages cotonneux amassés justement là où il ne faut pas, à savoir sur la piste… fermée au bout d’un moment par une barrière métallique gardée par deux énormes taureaux qui ruminent tranquillement, couchés sur le sol poussiéreux. Nous descendons, inspectons la barrière, l’un d’eux se lève aussitôt et nous regarde d’un œil torve… Je nous vois mal passer la barrière, la refermer avec les taureaux à nos côtés et partir tranquillement droit devant dans l’orage qui gronde.

Retour donc sur la route 318, toujours aussi déserte et qui se prolonge soudain en piste en repassant dans l’Utah ! On ne s’y attendait absolument pas . Il y a des travaux au tout début mais on est samedi et les engins sont arrêtés, elle semble fermée, ce qui serait catastrophique car ça signifierait refaire tout le chemin en sens inverse jusqu’à Vernal pour rejoindre Flaming Gorge ! Nous tentons de passer, on ne sait jamais, ne serait-ce que pour voir ce qu’il y a plus loin, et plus loin, justement, il n’y a rien, on continue, on continue… et soudain les travaux sont derrière nous. On est toujours au bout du monde, la piste est vraiment très belle, griffant les sommets, de plus en plus haut. Des étendues de velours à droite et à gauche, mêlées par endroits de longs sillons de roche rouge. Puis soudain c’est terminé, on retombe sur la 191 Sud et presque tout de suite on a une vue sur Flaming Gorge.

Arrêt au Visitor Center de Red Canyon, avec sa grande baie vitrée qui offre un vue en enfilade au-dessus du canyon, son puma empaillé aux yeux magnifiques, tous ses trésors… Nous comparons les mérites respectifs de Red Canyon, totalement désert, et de Canyon Rim. Le second a des places exceptionnelles… si nous sommes seuls, mais le risque que quelqu’un s’installe juste à côté de nous sur le minuscule parking n’est pas mineur. Comme nous dormons dans le 4 x 4, ce ne serait pas des plus agréables. Le premier est aussi très bien mais nous sommes étonnés qu’il n’y ait personne ; Philippe nous dira qu’il est désormais interdit d’y dormir, seul le pique-nique de jour est autorisé… Finalement nous choisissons Canyon Rim, l’emplacement n° 10, et nous faisons bien car personne ne viendra se coller à nous ; nous aurons à quelques pas, seuls de tout le camping, une vue plongeante sur les falaises pourpre et les eaux bleu sombre de la Green River, avec en prime un coucher de soleil mêlé de pluies et un arc-en-ciel somptueux ! La température est plus que fraîche… Nous faisons un feu pour nous réchauffer et nous mangeons une soupe de clams (clam chowder) bien chaude sous l’œil attentif d’un merle d’Amérique. Au moment d’installer le 4 x 4 pour la nuit il se remet à pleuvoir et nous sommes obligés de tout faire de l’intérieur, c’est-à-dire de passer les bagages et tout notre bardas sur les sièges avant, baisser les sièges arrière, etc. Mais ensuite qu'il est agréable d'écouter la pluie tambouriner sur le toit, bien au chaud dans nos épais duvets...

Dimanche 31 mai

La nuit a été moyenne. Nous retournons au Visitor Center à l’ouverture, ou deux rangers, un homme et une femme, attendent le client en compagnie du puma. Cet endroit de Flaming Gorge a l’air encore très peu fréquenté, l’hiver n’est pas très loin derrière nous et c’est très bien comme ça. Ils sont donc entièrement disponibles pour nous indiquer routes et pistes sympa qui nous réjouissent d’avance. Notre enthousiasme est pourtant soudain douché quand dans la conversation la ranger nous annonce qu’il y a sept heures de route de là à Jackson Hole. Très étonnés, nous lui faisons répéter le temps estimé, elle confirme, si si, ça tourne beaucoup, ce n’est pas comme l’autoroute, etc. Bon, Brown Lake ne sera pas pour cette fois-ci, le reste non plus, mais nous nous promettons de revenir, au moins deux jours.

La 191 North jusqu’à Rock Springs est une route d’altitude, sauvage et très belle, qui traverse de hauts plateaux sur lesquels broutent des troupeaux de pronghorns et des chevaux aux longues crinières noires. Neige sur les sommets. Plus loin, de fines silhouettes de fer forgé plantées sur une potence indiquent que l’Oregon Trail, piste qu’empruntèrent les pionniers pour traverser les territoires indiens, coupe la route à cet endroit. Nous en verrons plusieurs, à chaque fois différentes des précédentes, se détacher sur le ciel changeant. A l'horizon des étendues herbeuses qui bordent la route, à la limite de la neige, broutent des troupeaux de pronghorns. Et toujours les si jolies silhouettes de fer forgé que je ne peux m'empêcher de photographier. Nous approchons de Grand Teton, la neige est désormais partout présente sur les hauteurs, l'air est plus vif et le ciel se couvre par moments de façon inquiétante.

Plus nous nous rapprochons de Jackson, plus le temps se gâte, et finalement nous entrons dans la petite ville sous une pluie torrentielle. Nous traversons la pelouse verdoyante plantée d’arbres en fleur du Burtrail Lodge et nous engouffrons dans la chambre tout en bois de cèdre. Très bien mais sonore, comme toutes les cloisons de ce type. Un couple scrute à la jumelle les pentes gris acier qui surplombent le motel. Je les imite mais ne vois vraiment pas ce qui les intéresse, peut-être cherchent-ils simplement à repérer un animal… Nous partons faire quelques courses à Albertson et au magasin bio. Là encore, la ville a changé en presque dix ans.

Lundi 1er juin

A dix années d’écart, nous revoici enfin à Yellowstone, un des plus beaux parcs de l’Ouest, immense caldeira de soixante-dix kilomètres de diamètre qui ne demande qu’à exploser: elle a déjà quarante mille ans de retard sur l’horaire prévu. Mais elle attendra bien encore un peu, le temps qu’on reprenne l’avion à Salt Lake. De Upper à Lower Geyser Basin...

Mardi 2 juin

La pluie qui avait cessé reprend lorsque nous arrivons à Biscuit Basin, où les rives de la Firehole River sont tapissées de Yellow Monkey Flowers. Les dépôts minéraux y sont magnifiques, et ils laissaient pourtant de marbre ceux qui passaient à côté.

Mercredi 3 juin

C'est à Upper Geyser Basin qu'est située la plus grande concentration de geysers au monde...

Mercredi 3 juin (suite)

Sur la route de Canyon Lodge, arrêt prolongé à cause de la pluie battante à West Thumb, un des plus petits bassins de geysers du parc, caldeira dans la caldeira, baie plus récente et beaucoup plus profonde que le lac Yellowstone qu'elle borde, résultant d’une explosion qui ne date que de 125 000 ans (certains disent 160 000). Ici, l'eau est partout, froide ou brûlante, liquide ou vaporeuse, dans le ciel et sur nos têtes, sous nos pieds, à l'horizon de plomb... Son activité géothermique décroît cependant depuis le milieu des années 1970; il en résulte une baisse de la température de l'eau et par là même le développement d'algues et de cyanobactéries – les plus anciens des êtres vivants..., déjà présents sur Terre il y a 3,8 milliards d'années!

Mercredi 3 juin (suite)

Belle vue en enfilade sur les Lower Falls dans le « Grand Canyon ». Les nuages laissent filtrer une lumière dorée qui illumine le canyon. Ici, on comprend pourquoi le parc s'appelle Yellowstone...

Jeudi 4 juin (suite)

C'est ici, à Norris Geyser Basin, que se trouvent les eaux les plus acides de Yellowstone. Vermillion Spring.

Jeudi 4 juin (suite)

A Porcelain Basin, sans doute le lieu le plus actif du parc, il y a des dizaines de petits geysers, sources, piscines qui n'ont pas de noms autres qu'un numéro. De plus, ça bouge sans arrêt, les uns meurent, les autres naissent... Au premier plan, Colloidal Pool.

Vendredi 5 juin

Lamar Valley. Il y a beaucoup de monde sur la Beartooth Hwy, beaucoup de monde en tout genre : hommes, mais aussi Bighorn Sheep (celui-ci je le soupçonne de poser pour la postérité tous les jours au même endroit, sous son arbre, indifférent, le regard perdu sur la – très lointaine – ligne bleue des Vosges...).

Samedi 6 juin

Prévisions pour la journée : pluie et neige… D’ailleurs il fait un temps d’hiver. Lower Terraces. Les terrasses ont semble-t-il beaucoup changé en dix ans. Au premier coup d’œil, leur blancheur de nacre a fait place à un gris cendre – la différence est la même qu’entre le corail vivant ou mort –, on se croirait dans une cimenterie (mais les merveilles se cachent…). Elles se sont formées par accumulation de travertin (composé d’aragonite et de calcite), mais tandis que le corail progresse de 1 mm par an, le travertin, lui, croit de 5 mm par jour – ce sont les sources, en se tarissant, qui provoquent la « mort » du calcaire. Ici, comme ailleurs dans le parc, les couleurs sont données par les thermophiles, mais on pense désormais que la croissance fulgurante du travertin serait due à la présence de ces micro-organismes dans l'eau.

Samedi 6 juin (suite)

UpperTerraces. La route sinue dans les bois, dans lesquels sont cachées des formations qui ne ressemblent en rien aux terrasses du bas. Par exemple Orange Spring Mound, t° 157 °F (70 °C): son nom vient du fait que la source étant moins chaude que les autres à Mammoth, elle permet aux cyanobactéries orange de se développer.

Gibbon Geyser Basin. Artist Paint Pots. Le chemin longe de petites mares de boue glougloutantes crémeuses à souhait. Je prends les bulles qui crèvent à la surface en rafale et en les regardant, plus tard, nous avons la surprise de voir des choses étonnantes, notamment celle-ci, la plus belle!

Après avoir bientraîné à photographier tout ce qui me tombait sous l'objectif, je rejoins le parking au pas de course. Comme il est encore tôt nous allons essayer de nous rapprocher de Salt Lake. West Yellowstone. Nous prenons de l’essence puis une carte de l’Idaho au Visitor Info. Sous la pluie encore et toujours, comme pour la majeure partie des Etats-Unis d’après ce que nous pouvons voir à la météo, nous roulons sur la Hwy 20 puis l’I 15 en direction d’Ashton, Idaho Falls, Blackfoot et enfin Pocatillo, jolie petite ville cernée de collines verdoyantes, qui elles aussi ont apparemment reçu leur ration d’arrosage. Nous nous arrêtons au Super 8 qui est très bien. C’est tout juste si nous arrivons à sortir de la voiture et à sortir nos sacs avec les trombes d’eau qui s’abattent de toute part. Courses au Wal Mart ; repas bio dans la chambre, passé par le micro-ondes de l’office, au chaud et au sec !

Dimanche 7 juin

Il a plu toute la nuit – qui pour moi a été très mauvaise – et ce matin il pleut encore à seaux, bloquant toute une armée de motards du Saskatchewan dans les canapés de l’office. Nous quittons Pocatello par la I 15 quasi inondée ; on ne voit pas plus le paysage alentour que sur la Route n° 1 entre Morro Bay et San Francisco… Nous nous sommes rendu compte d’une chose : les Américains ne courent jamais sous la pluie. Qu’ils soient en short, T-shirt et tongs, ils conservent sous les déluges glacés la même allure relax… Salt Lake City est encore une ville qui s’étiiiiiiire à n’en plus finir, du nord au sud. Nous la visiterons une autre fois. Aujourd’hui le temps nous manque car nous comptons aller à Antelope Island – la plus grande des dix îles que compte le Great Salt Lake – puis rendre le TrailBlazer à l’aéroport à 19 heures. Nous prenons la sortir 332 puis la longue ligne droite reliant l’île à la terre. Entrée 9 $, le pass n’est pas accepté. Les eaux lisses du Great Salt Lake sont colonisées par des centaines de canards noirs et de mouettes. Nous nous arrêtons pour pique-niquer à Bridger Bay, mais à peine sortis de la voiture, une nuée de moucherons nous assaillent. Les milliers d'oiseaux qui arpentent l'île ou la survolent en sont sans doute responsables. La table est d'ailleurs décorée de guano du plus effet mais pas des plus appétissants. Si l'on ajoute le vent qui nous fait dresser les cheveux sur la tête, l'unique aire de pique-nique de l'île laisse à désirer. tout en mangeant mon sandwich, je m'approche de la rive et aperçois une de ces drôles de boule qu'on appelle des Tumbleweeds (« herbe qui tourne »).

Très belle île sauvage et désertique dans les tons pastel de rose, de brun et d’orange. De l’extrémité de Bull Point, nous voyons arriver un immense nuage sombre comme la nuit, droit sur nous ! De l’extrémité de Bull Point, où nous observons quelques-uns des six cents bisons qui peuplent l'île, nous voyons arriver un immense nuage sombre comme la nuit, droit sur nous ! Il faut dire que ça fait bien une heure que nous n'avons pas vu une goutte d'eau tomber du ciel... Nous apercevons un mule deer (un cerf mulet, ceux qui ont de grandes oreilles) au milieu des genêts et des tamaris, mais je n'ai pas le temps de le prendre en photo, il a déjà disparu dans la végétation. Un rayon de soleil se pose sur l'eau juste en face de nous.

Il est temps maintenant de quitter Antelope où nous ne regrettons vraiment pas d'être venus. Sur la route de l’aéroport, les ennuis commencent : un voyant s’allume au tableau de bord indiquant que nous avons un problème de pneu. Il ne manquait plus que ça ! Soit nous avons crevé, soit, comme sur la Laguna, c’est une baisse de pression, mais nous ne pouvons nous arrêter. Comble de malchance, nous devons rendre le réservoir vide, donc nous avons calculé assez juste, mais il y a d’énormes embouteillages qui nous font rouler au pas alors que nous sommes, bien qu’à Salt Lake, à une quarantaine de kilomètres. Nous finissons par trouver une voie de dégagement et vérifions le pneu qui n’a pas l’air plus dégonflé que les autres. Ouf ! Nous arrivons enfin à La Quinta Inn, toujours très très bien. 64$ taxes comprises. Nous partons rendre le 4 x 4 à l’aéroport distant de trois miles puis passons un coup de fil pour que la navette de l’hôtel vienne nous chercher.

Lundi 8 juin

Réveil à 5 h 30. Dans la grande salle du petit déjeuner, quelques personnes sont déjà attablées. Je mange une gaufre, l’estomac un peu serré à l’idée de repartir – et aussi de prendre l’avion. 6 heures, la navette est là, nous nous serrons à l’intérieur, fin du voyage…
Visites incontournables pour une semaine en Guadeloupe? English translation pending
by Gg49 · 2010-03-07 · 13 replies
Partant 1 semaine en Guadeloupe et sachant qu'en 8 jours on ne pourra pas tout voir, avez vous quelques lieux ou plages incontournables a ne pas manquer. Nous pensons bien sur faire les chutes du Carbet, la souffrière et 1 journée a Marie Galante mais il y a certainement d'autres endroits formidables et des petites plages paradisiaques. PS:nous pensons choisir notre hotel a Gosier. merci pour votre aide
500 km de randonnée en Afrique du Sud: Wild Coast depuis Durban jusqu'à East London English translation pending
by Vipassana · 2010-02-13 · 2 replies
- Je quitte le trio birman le jour de l'épiphanie avant d'atteindre l'aéroport de Durban situé à quinze kilomètres au sud de la ville. Ils partent au Cap en avion, j'y vais à pied ou par les moyens du bord, c'est-à-dire tout objet roulant identifié. Ils volent pour diminuer le temps de voyage et les épreuves physiques, j'en fais mon allié cherchant à amplifier et multiplier les découvertes. Debbie et Sandra sont venues les chercher pour les emmener à l'aéroport. Nous montons à quatre derrière dans la voiture. Elles me mettent en garde sur le caractère dangereux de mon périple, de quoi me donner l'envie de prendre mon avion retour sur le champ. Cela finit par être ennuyeux cette pression que te mettent les Afrikaners. Les pires situations sont toujours données en exemple comme celle qui a vu un véhicule être obligé de s'arrêter devant des blocs de pierre disposés sur la chaussée. Les bandits n'ont plus qu'à faire la quête. Je commence réellement à marcher depuis Amanzimzoti qui signifie "eaux douces" jusqu'à Ilovo sur une plage de sable peu fréquentée que les rochers à fleur d'eau découpent. En quittant la périphérie de Durban et Zoti pour les intimes, je marche entre la plage et la voie ferrée sur une piste bordée de taillis qui permet l'accès aux 4x4 tractant les remorques à bateaux. Un coupe-gorge sans issue de sortie au cas je me fais coincer par plusieurs types. Une silhouette sort de l'ombre et s'avance jusqu'aux dunes de sable dont il faut franchir le cordon pour retrouver l'Océan. Je l'ai vu et le prends par effet de surprise en le rejoignant. Je préfère suivre un sentier sur ma droite avant de redescendre rapidement sur la plage. Je le laisse sur ma gauche scrutant et observant les estivants s'animer sur le sable doré. S'il cachait de mauvaises intentions, un pigeon vient de lui passer sous le nez. C'était un contre un. Je longe une plage fréquentée essentiellement par des familles d'origine indienne. Sur les autres, essentiellement des Afrikaners et des Sud-Africains noirs en famille avec leurs gosses. Au sortir d'un camping de mobil-home, le propriétaire m'embarque sur la route principale et me dépose un peu plus loin m'évitant un passage à gué avec de l'eau jusqu'à mi-genou. A l'embranchement où il me laisse peu de temps avant la nuit, il m'interdit très clairement de continuer à pied vers eMuzikababa sous peine de me faire détrousser. Je dois absolument sauter le pas jusqu'à uMkhomazi distant de onze kilomètres. Personne ne dépasse le carrefour en direction de l'endroit maudit sauf les combi-taxis qui se rendent dans la zone interdite. Mon dernier chauffeur n'est pas le seul à m'avoir averti. Cinq blancs et un Indien m'avaient déjà annoncé la couleur. J'ai toutes les peines du monde à persuader une jeune fille au volant d'un pick-up de m'embarquer derrière pour me faire sauter une case et continuer à jouer. Elle a toutes les excuses inimaginables pour ne pas m'aider, c'est la voiture de son père, mais tentant son va-tout, elle prend le risque et joue. Je l'ai convaincu en insistant sur le fait que les Afrikaners étaient franchement peu serviables et morts de peur. "Qu'est-ce que je vais raconter en retournant en Europe ?" lui ai-je lancé. Je l'ai mise devant le fait accompli avec ce passage difficile à venir que je dois occulter. Je joue gagnant et mets pied à terre à Widenham à proximité de la plage où elle me dépose. Je sollicite les gardiens de plusieurs propriétés qui ne m'ouvrent pas les grilles, leur patron n'étant pas rentré. Je continue de longer la rue St Hélier et croise un petit coin de Paradis avec le motel du même nom. Avec la plus extrême courtoisie, le réceptionniste m'explique, après avoir sollicité la gérante, que toutes les chambres sont réservées et qu'elle ne se sent pas très à l'aise à l'idée de me faire dormir avec mon duvet sur une surface en dur. Je lui résume la situation: "elle préfère me laisser dehors". Il me conseille de retourner sur mes pas et d'aller voir plus loin en ville à uMkomass. J'opte pour le porte à porte. Une voiture avec une famille tamoule s'avance devant la grille ouverte. Le père me conseille de demander à son logeur. Par sonnette interposée, je lui demande de venir me rejoindre à la barrière. Il reçoit la famille et me renvoie à la case d'à côté où cinq véhicules sont stationnés. Un pick-up, sur la portière duquel est écrit "Divers Accomodation" (hébergement pour les plongeurs), ralentit au passage puis accélère au moment où je tente de le rattraper. Brigitte (Breytenbach tél:074 105 1119), avec sa sœur Shannon, a eu peur puis s'arrête finalement une cinquantaine de mètres plus loin. Elle m'engage à monter puis fait demi-tour. Elle me confie qu'elle possède sa propre auberge (www.outerreefs.co.za ) avec piscine et peut me dépanner pour la nuit. Elle me remet un voucher de 35 Rands valable sur un repas dans un restaurant voisin et me donne l'accès à la cuisine. Je n'ai assurément pas besoin de tout ça. A 21h00, je goûte à l'eau fraiche de la piscine. Avec la puissance des rouleaux déferlants sur la plage en fond musical, je n'ai pas la force de compter les moutons. Imaginant les milliers de pattes de mangoustes, d'écureuils et de singes courant sur le toit de tuiles qui finissent par me saouler et me faire tourner la tête, mon corps assommé et ankylosé sombre dans les bras du grand bleu. Lucky, le réceptionniste, ouvre la porte-fenêtre à 5h15. Je démarre doucement et apprécie l'endroit jusqu'à ce que Zanele, la femme de chambre, parte vers 10h00. Un livre "Secret South Africa" posé sur la table retient toute mon attention. Sur une double page, un endroit différent, en dehors des sentiers battus et des hordes de touristes, est présenté. Je le dévore en même temps que je vide deux assiettes de céréales baignant dans un mélange de lait, de yaourt, de chocolat et de sucre de canne. Je rebrousse chemin et au lieu de m'engager vers "le paradis", je tente une voiture jusqu'à Clansthal. J'obtiens Scotburgh. D'après ce que me dit mon chauffeur, je serai mieux de rattraper la plage un peu plus loin surtout qu'il commence à pleuvioter. Je me place après le feu. Voil�� qu'un combi collectif vide s'arrête et patiente dans l'attente de passagers. Il n'y pas suffisamment de place pour que deux véhicules puissent s'arrêter. Nsobi traverse la route et voyant que le chauffeur est seul, s'abstient de monter par principe de sécurité. Si les jeunes filles noires se mettent à ne plus faire confiance à leurs frères de couleur, je comprends que les Afrikaners soient mortes de peur. Nous faisons connaissance. Elle est étudiante à Umlazi dans la banlieue de Durban et va payer la facture d'électricité de sa famille à Eskom, la compagnie nationale. Un Indien s'arrête. Je lui demande de nous embarquer tous les deux jusqu'à Park Rynie où nos chemins se séparent. Je parle avec un gars à la pompe à essence pour m'informer des possibilités de continuer par la plage. Feu vert jusqu'à Kelso que j'atteins en cheminant entre les rochers, la ligne de chemin de fer et un chemin carrossable verdoyant slalomant entre le rail et un cordon de dunes maintenues par des arbres courts mais râblés, qui me conduit à l'entrée d'un camping où je choppe un camion pour Pennington évitant un large estuaire. Je vole quelques minutes de connexion Internet dans une agence immobilière avant de m'asseoir et converser avec un couple de retraités. Le ciel est chargé. "Il fait lourd et la pluie est prévue alors qu'il devrait faire terriblement chaud" me confie-t-elle. Je me dis qu'il faut que je reparte. Le cherry qu'il me font goûter va plutôt m'assommer que me fouetter le sang et me remettre en selle sans compter un mal de tête lancinant depuis ce matin. Au moment où je descends vers la plage, je croise une demi douzaine de personnes, chacune un sac dans le dos avec du matériel de camping pour certains. - "D'où venez-vous ?" Mike, le patriarche marche en famille de plage en plage depuis des années. Ils sont déjà allés au Cap par la côte et remonte à Scottburgh demain. Des renseignements glanés rapidement qui valent leur pesant d'or (East London - Port Elizabeth = 2 semaines de marche). Le Transkeï qui s'étend depuis la rivière Mtanvuna, frontière naturelle difficilement franchissable, jusqu'à East London se mérite tant il est sauvage et loin des circuits balisés. Il offre de magnifiques plages isolées. Il y a quelques années, en plein été, Mike et un pote ont marché pendant dix-neuf jours depuis Port Nolloth jusqu'à Strandfontein. Ils avaient emporté 25 litre d'eau. Nous échangeons nos e-mail mais j'oublie de les prendre en photo. La famille "Plageapié" en short, a vraiment l'air chouette habillée comme des boy-scouts flanqués de leur sac à dos. Leur accoutrement de marcheurs m'a mis la puce à l'oreille. J'ai bien fait de les intercepter et les écouter. Les signes sont de bon augure. Ils veulent regarder le match de cricket contre l'Angleterre et passent la nuit dans un camping tandis que je m'éloigne avec quatre petites heures de marche jusqu'à la nuit. Aujourd'hui est un jour propice pour marcher malgré le vent. Les nuages cachent le soleil. A Sezela, au niveau de l'usine qui traite la canne à sucre, je grimpe sur la voie ferrée après être passé par Rocky Bay puis Sandy Bay. La marche dans le sable puise toute mon énergie. J'apprécie avoir une vue d'ensemble sur la plage en contrebas. Un ou deux trains de marchandises passent quotidiennement le matin. Je suis séduit à l'idée d'accrocher un wagon et brûler le dur comme cela se fait aux Etats-Unis, au Canada ou en Russie. Je suis doublement en voyage. Sur ma gauche, la mer défile devant mes yeux tandis que la voie ferrée appelle le mouvement et la continuité du déplacement. Les gares de Bazley et d'Ifafa sont hors d'usage. Un omnibus quotidien relie Durban jusqu'à Pennington. Au delà, plus de moyen de communication pour les passagers. J'imagine les clichés en noir et blanc de ces gares bondés d'autochtones en route vers le Transkei. Je redescends sur la plage à travers les taillis. Une paire de jambes en position assise empalées sur un piton rocheux s'activent au rythme des vagues, image d'un couple en totale harmonie, se fondant dans la nature et se donnant l'un à l'autre. Ralentissement du mouvement avant de chevaucher de plus belle, autant faire durer le plaisir, les cris de jouissance étant couverts par le ressac. J'atteins Ifafa en compagnie de deux employées du camping de Bazley qui rentrent chez elles, leur journée de travail finie. Je demande à la ronde où étaler mon duvet. Une jeune fille me pointe du doigt une propriété et me dit d'aller solliciter un policier qui l'habite. Brandon m'accueille le plus naturellement du monde. Sa femme Linda, de sang mixte aussi cool et naturelle que lui, est infirmière de métier. Elle vient de passer trois ans en Arabie Saoudite pour améliorer l'ordinaire. Leur benjamine joue au cricket dans l'équipe nationale. Elle va renter à l'université et aura besoin d'une voiture l'année prochaine. L'ainée (23 ans) travaille dans une banque à Durban et leur fils (19 ans) y étudie. Afin de leur donner le maximum de chances, les grandes écoles coutent une fortune, Brandon pense s'engager en tant que casque bleu pour un contrat d'un an. Toutes les forces vives de la nation étant mobilisées pour la coupe du monde, ce sera vraisemblablement au Soudan après l'événement planétaire. Dès qu'il a eu vent de ses idées de partir en mission, son frère l'a incité à lire "slave" (esclave), le témoignage d'une jeune fille enlevée par les moudjahidines, pour le mettre au courant des us et coutumes des traditions locales. Je dispose d'une maison d'amis. Il m'invite à voir la vue depuis le balcon de sa chambre au premier étage. Sa maison voisine avec le camping d'Ifafa qui m'a servi de point de repère pour établir mon itinéraire. Je trouve étonnant que la jeune fille m'ait envoyé chez Brandon alors qu'il eut été logique qu'elle m'indique le camping. Après avoir goûté la salade de crevettes, je descends sur la plage dominé par le phare. St Benoît, beaucoup sollicité et constamment sur le qui-vive, a peut-être fort à faire mais mon ange gardien, mon protecteur peut encore dormir tranquille ce soir.

Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.

Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.

Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.

Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déj�� filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.

Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?

Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que

"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".

Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.

A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...

Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.

Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.

La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.

Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.

En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.

Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.

Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.

Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.

Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.

Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.

Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.

La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.

A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.

En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.

Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.

Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.

Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.

Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.

Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.

Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?

Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.

Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.

Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.

Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.

En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.

Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.

Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.

A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.

Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.

Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.

Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.

J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.

Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.

Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.

Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.

Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.

En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.

Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.

Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.

Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.

En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.

Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?

Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.

Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.

Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.

La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.

Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.

Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.

Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.

Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".

Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.

A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...

Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.

J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.

Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.

Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.

Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.

J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.

Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.

Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.

Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.

J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.

Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.

A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.

Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.

Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.

Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !

Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.

Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.

Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.

Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.

Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.

Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.

Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?

Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.

Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.

Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.

Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?

Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.

Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.

De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.

Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?

Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.

East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.

Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.

La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.

Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail"
http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.

A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.

Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).

A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.

Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.

Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.

Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.

A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.

Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.

Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.

Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.

Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.

Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.

Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.

J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.

L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des pêcheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.

Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.

Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.

Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.

Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.

Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.

Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan d��chainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.

Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.

A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.

Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.

Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.

Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.

J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.

Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".

Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.

De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.

Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.

Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.

Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Planning a bike trip?
by Janodou · 2009-11-29 · 721 replies
Who are you? Where are you from? Where are you going?

Like last year at this time, a post about bike travel ideas.

How many of us are preparing a trip planned for this year? Probably a lot.

What’s yours—the one you’ve been dying to do for so long, maybe too long? For us, it’s a modest PARIS-MARATHON by bike, followed by MARATHON-ATHENS on foot in June 2010. And you?

May the passion keep growing before, during, and after! Happy planning and safe travels to everyone.
Pour vous, qu'est ce qu'un repas normal aux États-Unis? English translation pending
by LeTigre · 2009-11-05 · 172 replies
Je reprends mon post créer sur un autre topic afin d'essayer de comprendre pourquoi certains disent manger "sans se priver" pour quelques $ journalier quand mon addition moyenne fut en juin 09 de $ 34, 10 ( Tout Taxes et Tips Comprises) et si j'enlève le resto le plus cher ( Café Diablo à Torrey pour 64$ ) on arrive à une moyenne de $ 30, 10

Comme je l'ai dit ailleurs, pour moi, le repas type fut deux bières pression, un plat avec quelques fois la petite salade à coté ... et pis c'est tout ! 😉. Bien sur le plat fut souvent conséquent et j'ai rarement eu encore faim la fin du repas .

Voici le tableau issu de mon voyage avec les villes/ nom du resto/ prix en $ :



et, toujours pour l'exemple je remet egalement la photo de " l'assiette - repas New York Steak " du Swingin' Steak de Mexican Hat ...



Et pour finir, la question déterminante :

Pour vous, ce plat est il :

- une entrée avant de passer aux choses sérieuses ( genre des sangliers par exemple ! 😛 )

- Un repas normal

- un festin

- un truc énôôôôrme ou on mange à plusieurs ?
Trip to the Raja Ampat Islands in June (Indonesia)
by Probichon · 2009-11-01 · 106 replies
Hi there, I’m planning to visit the Raja Ampat Islands next June. It’s pretty tricky to organize. What’s the best gateway to get there? Do you know of any places to stay if I don’t want to go diving? Which agencies can provide information? Thanks so much for your help!
Une boucle "papillon" dans l'Ouest américain English translation pending
by Cendryon · 2009-10-29 · 63 replies
Nous y voici !!! Le temps est venu de raconter moi aussi nos aventures, ... notre premier voyage de 4 semaines à l'ouest des USA !!! ...

En espérant que ce récit puisse autant servir que m'ont servi d'autres carnets de voyages de ce même forum ! 😉

Merci encore à tous ceux qui participent à ce forum 🙂

Carte du circuit .

Vous comprendrez pourquoi je l'ai appelé la boucle " papillon "... mais c'est aussi parceque l'on s'est "posé" peu de temps sur les sites visités...

Les étapes :

1er aout – Vol Bruxelles/Londres/LA avec BMI + New Zeland Airways (1nuit au Sheraton aeroport de LA) 2 aout /3aout – Los Angeles Hollywood (2 nuits au Magic castle hotel) 4 aout – Santa Barbara (1 nuit au Virginia Holidays inn express) 5 aout – Carmel (1 nuit au Wayside inn) 6, 7, 8, 9 aout - san Francisco (4 nuits à l'Holiday inn express fisherman wharf) 10 aout – Yosemite village (1 nuit au Yosemite lodge) 11 aout – Bridgeport (1 nuit au Virginia creek settlement) 12 aout – Death valley (1 nuit au Stovepipe well) 13, 14, 15, 16 aout – Las Vegas (4 nuits au Venetian) 17 aout – Grand Canyon (1 nuit au Thunderbird lodge) 18, 19 aout – Page (2 nuits au Holiday inn express) 20 aout – Monument valley (1 nuit au View) 21 aout – Torrey (1 nuit à l'Austins chuckwagon) 22, 23 aout – bryce Canyon (2 nuits au Ruby's inn) 24 aout – las Vegas (1 nuit au Golden Nugget) 25, 26 et 27 aout – Los Angeles Anaheim (3 nuits au Park vue inn) 28 aout – Vol LA/Londres/Bruxelles avec New Zeland Airways + BMI

J'allais oublier : Nous sommes une famille de 4 à faire ce voyage : Le père, la mère, le fils (18ans) et la fille (presque 13ans)

Commençons le récit directement avec...

...le jour d'après (notre arrivée). En effet le temps passé dans les aéroports et les avions n'a rien de très excitant et l'arrivée tardive à Los Angeles nous a fait rejoindre bien vite le Sheraton où une suite avec un lit très confortable - et un canapé lit moins confortable pour les enfants - était bienvenu après une si longue journée.

Dimanche 2 aout Réveillés très tôt, ce qui n'a rien d'exceptionnel vu le décalage horaire, nous sommes impatients de découvrir la vue de Los Angeles. A quoi ressemble la ville ? Comment sera le temps ? Va-t-on découvrir le fameux smug dont on parle tant à Los Angeles ? Déception. La vue depuis le 7ème étage d'un hotel moderne et sans âme proche de l'aéroport n'a rien de folichon et en plus elle baigne dans une brume grisâtre.. Les voitures s'affolent pourtant déjà sur le boulevard qui jouxte l'hotel. C'est dimanche mais près d'un aéroport, il y a toujours de la circulation...

Tout le monde est prêt rapidement, curieux de découvrir la mégapole. En descendant par l'ascenseur je repense à la réflexion de Nicolas hier au soir qui avait été étonné de constater que je ne lui avais pas raconter de blague : Il n'y a pas de 13ème étage dans les hotels américains !...

La récupération de la voiture chez AVIS se fait rapidement, il n'y a personne au comptoir et lorsqu'on propose un 4X4 à Patrick à la place de la berline réservée, il accepte illico ! Je n'en reviens pas, lui qui ne voulait pas que je loue un 4X4... Bonne opération pour le commercial de chez AVIS, mauvaise pour mon porte monnaie mais finalement, nous ne regretterons pas un instant ce choix (impulsif) de véhicule PONTIAC TORRENT, certes peu nerveux à notre goût, mais qui nous permettra de faire nos 4800 km de routes et pistes sans problème. Il est tout blanc et il est immatriculé "HOT"... On dira donc...qu'il semble tout indiqué pour affronter les températures que nous rencontrerons !

En traversant la ville vers le sud, le voile terne qui enveloppait le ciel s'est levé et c'est sous un soleil radieux que nous apparaît le vieux, mais encore majestueux, QUEEN MARY... Cet élégant navire a eu a chance de na pas finir dépecé dans un sordide chantier de casse indien car les américains l'ont récupéré pour le transformer ...en hotel restaurant. C'est justement dans le restaurant que nous avons rendez-vous pour un traditionnel brunch dominical...eh oui, c'est dimanche !

Nous voici donc dans le grand salon du bateau, plongés immédiatement dans un univers rétro et élégant. Un buffet pantagruélique s'offre à nous avec différentes cuisines du monde organisées par "stations". Nous aurons l'occasion lors de ce voyage de nous apercevoir que les américain aiment beaucoup les grands buffets.... Un grand blues man noir trônant au dessus d'un buffet de poisson et fruits de mer réchauffe l'ambiance en chantant de vieux tubes de sa voie éraillée ... It's a wonderful world !

Après les agapes, place à la visite du navire. Avant d'arriver à la salle des machines, rarement accessible dans un paquebot, nous admirons quelques maquettes en coupe... L'histoire de ce navire qui a servi au transport des troupes pendant la guerre est racontée à travers de nombreux documents d'époque visuels ou sonores et nous suivons son évolution tout au long des coursives.

Sur les ponts supérieur nous avons accès à la salle des commandes ainsi qu'aux appartements privés des officiers de bord ainsi qu'à une superbe vue sur Long Beach.

Il est temps de quitter ce paquebot de légende pour rejoindre HOLLYWOOD, ce qui signifie également qu'il faille traverser la ville... et traverser la ville, même un dimanche après-midi, ça ne se fait pas en 5 minutes. Nous sommes au sud, nous allons au nord ce qui fait en tout 52km à parcourir, et même si le GPS indique 40 minutes de temps de trajet, nous mettrons environ 1 heure pour traverser cette immense métropole de 13 millions d'habitants avec quelques ralentissements qui ne sont tout de même pas comparables aux embouteillages de la semaine.

Le MAGIC CASTLE HOTEL paraît bien sympathique au milieu d'un environnement fleuri. En entrant et en voyant la petite piscine je me dis que finalement j'aurais peut-être mieux fait de réserver ici plutôt que de m'embêter à loger au Hollywood Hill Hotel, l'ensemble d'appartements qui fait office d'annexe du Magic castle. Au comptoir du tout petit Lobby un tout petit homme m'annonce qu'il y a un tout petit problème de plomberie pour la chambre que j'ai réservé, et me propose une chambre plus grande ici même, en bas, avec tous les snacks que l'on désire et avec possibilité d'aller à la piscine d'en haut si l'on veut...et insiste en me disant que de toute façon, je n'aurais eu qu'une chambre avec vue sur la colline et non sur la ville... Je ne crois pas un instant à ce problème de plomberie me disant qu'ils préfèrent sans doute remplir l'hotel du bas avant d'ouvrir les chambre du haut, mais je me dis que finalement, nous n'aurons pas a descendre la colline à pied pour venir au petit déjeuner qui, de toute façon, doit être pris en bas et que ce n'est sûrement pas plus mal !

La chambre est en fait un appartement spacieux doté d'un coin cuisine et d'une chambre séparée. Les enfants quant à eux devront (encore) dormir dans le canapé lit ! Le petit déjeuner au magic Castle s'avèrera tout à fait correct avec d'excellentes scones aux myrtilles.

Le magic castle restera une des bonne surprises du voyage et je suis encore étonnée d'avoir pu trouver un hotel à taille humaine dans une si grande ville et en plus à 2 pas du Hollywood boulevard !

J'ai réservé un TOUR DE VILLE avec CALIFUN, une société qui propose des visites guidées en français. Le guide (québécois) vient nous chercher à l'hotel et nous embarque dans un van.

Nous voilà parti les quartiers chics de BERVERLY HILL suivi de la traversée de BEL AIR avec sont lot de villas de stars. Après avoir stationné dans une rue qui nous permet d'aperçevoir le fameux "signe HOLLYWOOD" qui surplombe le quartier, nous faisons un arrêt obligé sur Hollywood boulevard le temps de prendre quelques photos devant le chinese theatre mais il y a un monde fou. Comme notre hotel est tout proche, nous reviendrons un matin où le quartier s'avèrera beaucoup plus calme...

Nous partons vers le centre ville au milieu des grands buildings où le guide nous montre l'architecture moderne du Disney theatre.

Puis nous faisons une halte dans quartier très animé de Almera, le temps de voir les danses mexicaines et le petit marché d'une rue des plus anciennes de la ville. Là c'est vraiment le Mexique et toute sa communauté qui se rassemble pour faire la fiesta et on aurait envie d'y rester plus longtemps!

De retour à l'hotel la nuit tombée, nous décidons d'aller diner au YAMASHIRO, le restaurant qui domine la colline. Le receptionniste du Magic Castle, toujours plié en 4, qui appelle pour réserver notre table et nous emmène en voiture jusqu'à l'entrée du restaurant. Le repas est excellent (l'expresso est un vrai et bon expresso) et la vue sur la ville est superbe.

















Lundi 3 aout Aujourd'hui nous passons la journée aux studios Universal. Nous avons déjà eu l'occasion de visiter le parc d'attraction du même nom en Floride, à Orlando, mais ici, à Hollywood, en plus des attractions il y a les "véritables" studios de cinéma ! Nous avons choisi un tour VIP qui nous permettra, outre de se la "pèter" car ce n'est pas tous les jours que l'on est VIP, d'éviter de faire de longues files d'attente en cette chaude journée du mois d'aout, mais aussi d'aller visiter les studios en back stage !

Avant de pénétrer dans le parc , nous remarquons le sympathique "saddle ranch" avec ses décors très "western". Nous ne passons pas sous la clèbre arches des studios comme à Orlando, le passage se fait sur le côté.

La journée commence tranquille par un accueil souriant, genre sourire publicitaire pour une marque connue de dentifrice. Comme nous sommes en avance, nous avons le temps de faire un petit tour dans le parc à l'heure où il n'y a vraiment pas foule et Caroline commence ses "repérages" dans les boutiques !

Dans un premier temps, je ne remarque pas du tout l'intru de la sculpture du tournage à l'entrée !... très amusant !

Dans le salon d'accueil des VIP que nous sommes nous attendent café, jus de fruits et petits gateaux ainsi que nos guides qui nous répartissent en petits groupes d'une dizaine de personnes. Nous serons donc avec une famille anglaise et un couple d'australiens.

Le tour commence par l'attraction des Simpsons, un simulateur qui vous emmène faire un tour de roller coaster virtuel, donc très peu pour moi merci, je préfère attendre le reste de la "team" !

Vient ensuite la visite attendue des studios en "petit train" et nous commençons par les trucages pour le son. Puis nous nous rendons dans un hangar qui abrite la fabrication des décors avec toutes les techniques de trompe l'oeil pour agrémenter les constructions.

Puis, dans un autre bâtiment, nous nous faufilons entre de hautes étagères où s'entassent un nombre incalculable d'objets. Ce bric à brac extraordinaire est la salle des accessoires et c'est à se demander comment les employés arrivent à les retrouver dans cet incroyable cafarnaüm !

Le guide nous emmène ensuite sur des lieux de tournage en extérieur. Le commentaire est illustré par des extraits de films qui passent sur les écrans plats du petit train. Je retiendrais le passage près de la maquette qui a servi au tournage du dernier "King kong" : En réalité, il s'agit de décors miniature avec un petit bateau alors que le rendu dans le film est impressionant ! Lorsque nous arrivons à la hauteur du fameux motel de "Psychose", un homme sort du bâtiment avec un grand paquet qu'il place dans le coffre d'une vieille voiture. Lorqu'il aperçoit notre "petit train" il s'élance alors sur nous un couteau sanguinolant en main !

Puis c'est le passage dans la très chic, très propre, très fleurie visteria lane de "Desperates housewifes" où le guide nous parle déjà de personnages de "saisons" qui ne sont pas encore arrivées jusqu'en Europe !....

Plus loin notre véhicule passe sur un pont de bois qui s'effrondre au moment de notre passage.. mais heureusement, on s'en sort sans problème... Ah ces trucages sont vraiment bien faits !!

Après un repas servi sous forme de buffet nous poursuivons par quelques attractions dont "Jurassic parc" que nous avons trouvé meilleure que celle du parc de Orlando alors que la version de la Momie est ici beaucoup moins impressionante.

Enfin, avant de déambuler librement dans le parc où l'on peut croiser des "personnages" comme Marylin, Zorro ou les Simpsons, nous assistons au spectacle "Waterworld" dont l'attérissage de l'avion sur le plan d'eau qui sert de scène est assez impressionnant et je n'ai d'ailleurs toujours pas compris comment cet avion était arrivé là !

Nous quittons le parc en fin de journée car les enfants ont hâte d'aller diner au HARD ROCK CAFE qui se trouve au bout de la City walk. Il est moins vaste que celui de Orlando mais tout de même très bien décoré avec également une Cadillac qui tourne au dessus du bar ! Nous faisons nos emplettes à la boutique puis nous obtenons une table bien placée...









Mardi 4 aout Aujourd'hui nous prenons le temps de nous offrir une petite flanerie matinale sur Hollywood boulevard, beaucoup plus calme que lors de notre première visite l'après-midi. Il fait déjà très chaud mais il y a beaucoup moins de monde que l'après-midi et après être passé devant le théatre chinois, nous remontons un peu plus le boulevard histoire de trouver d'autres étoiles connues. C'est un jeu qui plait beaucoup à Caroline qui a en main le plan avec les emplacements des "stars des stars". Nous irons jusqu'à l'étoile de Marylin qui malheureusement n'est pas très propre mais, comme par hasard, il y a un type à 2 pas de là qui se balade avec un chiffon et un vaporisateur en main prêt à nettoyer les étoiles “au hasard” des demandes... et pour quelques dollars ! En revenant nous aperçevons sur la colline le YAMASHIRO où nous avions passé la soirée de l'avant veille.

Nous partons pour BURBANK et les studios WARNER BROS. Après avoir récupéré les tickets (les vrais car acheté sur le net) nous nous restaurons de quelques patisseries au starbuck café. Le VIP tour est très bien organisé. Moins “show à l'américaine” que celui des studios Universal, il nous permet d'aller sur des lieux de tournage où nous...ne verrons pas grand chose … si ce n'est quelques décors de villes comme New-York ou Chicago, , , enfin on nous dit que c'est Chicago car comme nous ne sommes jamais allées ni à New-York ni à Chicago...et aussi sur la scène du l'emission de TV américaine du “Ellen show”. En fait, les studios WARNER produisent pas mal de shows et de séries TV, dont FRIENDS, mais la plupart restent réservées aux chaines américaines. Nous visitons également un sorte de musée de voitures célèbres comme la "bat mobile" ou bien la voiture volante de Harry Potter mais aussi une exposition de costumes dont ceux justement du film "Harry Potter". Il y a même une dame qui nous fait le "coup du chapeau" de Harry Potter !

La route pour SANTA BARBARA se fait rapidement, ce qui n'et pas le cas pour ceux qui viennent dans le sens inverse !

Le GPS nous fait passer par des quartiers un peu triste avant d'arriver à l'hotel, petit holiday inn aux reflets espagnols dans le style de la ville que nous allons découvrir. Nous sommes un peu au pays de ZORRO ! La chambre, toujours dans le même style avec ses grands lits en bois, est plutôt petite mais jolie et les lits sont très confortables.

C'est parti pour une petite balade très sympa jusqu'au Pier en bord de mer ou nous verrons le “congrès des pélicans” juste à côté de celui des pigeons et un peu plus loin celui des goélands. Des "pirogues de mer" s'affrontent jusqu'à une bouée où l'on entend les supporters hurler . En fait ce sont des phoques ou otaries installés sur la bouée qui doivent raler pour ce dérangement !

Nous revenons à pied vers le centre ville où un marché bat son plein sur la très animée state street. Nous nous rendons directement vers le PALACE grill car j'avais lu sur tripadvisor qu'il s'agissait d'un bon restaurant, bien coté des internautes.

A la reception on nous demande si nous avons une réservation, je crains le pire...et puis finalement on nous installe de suite dans une salle assez bruyante du fait de la proximité des cuisines semi-ouvertes. En fait ce restau ne paye pas de mine et l'intérieur n'est pas franchement reluisant... et puis le bruit et l'air des ventilateurs n'a rien pour plaire.

Le serveur prend notre commande et dépose sur la table des muffins avec un bol de crème. Drôle d'entrée en matière. Alors on lui demande tout de même si c'est pour manger tout au long du repas où à la fin. Il nous suggère de commencer de suite. En fait la boule de crème se révèle être une sorte de beure salé, et les muffins n'ont rien de sucré. Ce sont plutôt de petits cakes aux noix, aux épices, aux herbes... et ils sont excellents.

Après cette bonne introduction nous dégustons littéralement nos plats. Ici la cuisine est celle de la Louisiane, les plats sont cajun et la musique est jazzy. J'ai pris des pates aux écrevisses (oui il y a beaucoup d'écrevisses de proposées dans les plats du menu) avec des champignons, une sauce créole épicée mais crémeuse. C'est très bon! Patrick déguste son filet mignon sur purée de pommes de terre.. aux écrevisses. Puis une serveuse nous amène un document à n'ouvrir que lorsque la musique commencera. On entend alors le grand Louis chanter “It's a wonderful world”, le son est à fond et tous les serveurs du restaurant viennent à chaque table trinquer avec les convives... original ! Sur le document il y a les paroles de la chanson que les clients peuvent reprendre en choeur. re-Original ! Le son baisse alors pour laisser s'egrener les classiques du jazz de la nouvelles orléans et le service reprend son cours...

Pour le dessert, le serveur apporte 4 assiettes pour partager ("just in case") … Ils doivent avoir l'habitude! Nicolas et moi avons commandé un pudding soufflé au grand Marnier à se partager, comme l'a suggéré le serveur qui connait la taille de la portion. C'est excellent !

Patrick et Caroline ont opté pour la Key Lime pie, portion plus raisonnable. Bref il n'y a que le café qui n'est franchement pas buvable mais le reste nous aura vraiment ravi. Une bonne adresse.

Nous revenons sur la state street où les touristes s'entassent sur les terrasses pour gouter à des cuisines mexicaines ou traditionnelles. C'est certes plus animé mais après avoir regardé les menus... et les tarifs, nous ne regreterons pas notre choix. Balade nocturne dans les petites rues de cette charmante cité aux accents espagnols qui vivra dès jeudi aux heures des “old spanish days” autant dire que la fiesta battera son plein ! Au final, la ville de Santa-Barbara nous laissera un excellent souvenir !













Mercredi 5 aout C'est parti aujourd'hui pour une grande journée de route le long de la côte. Nous quittons Santa Barbara sous le soleil et le GPS nous propose de passer à travers la montagne et les vignobles pour rejoindre SOLVANG. Initialement je n'avais pas prévu de passer par ici craignant que la route soit trop sinueuse et les paysages enlaidis par les récents incendies. Mais il n'en est rien et la route est très agréable à travers les vignes et les ranchs.

Avant d'entrer dans le village, il nous faut faire le plein d'essence. On parle rarement dans les carnets de voyage de cet embarras devant la pompe essence... Eh oui, une fois trouvée la fente pour introduire la carte de crédit, voilà la machine qui nous demande, non pas le code de la carte, mais le code postal de notre région !...Nous voici donc bien embarrassé pour prendre le carburant et Patrick de devoir demander au pompiste comment faire ! Heureusement que l'humain suplée parfois la machine qui n'a pas prévu que des étrangers puissent venir chercher du carburant !!! Nous aurons ce tour plusieurs fois au cours de notre voyage !

SOLVANG est un charmant village de style Dannois très fleuri avec son moulin et des maisons typiques et colorées. Les boutiques sont attirantes et nous nous laissons tentés par quelques patisseries pour le pique nique prévu ce midi sur la côte. La visite du village est très appréciable au matin car il n'y a pas beaucoup de monde dans les rues.

Direction donc la côte. En passant près de San Obispo je remarque le Madonna Inn, l'hotel hyper kitsch dans lequel j'avais eu envie de dormir vu qu'il dispose de chambres démentielles!.. Finalement l'environnement de l'établissement n'a rien d'original : le bord de l'autoroute …ce qui explique que peut-être qui aient mis le paquet sur l'intérieur "so amazing!"

Arrivée sur MORRO BAY c'est la déception car la brume, enfin, les nuages bas de brume, se sont posés sur la mer et la côte ...Nous ne verrons donc pas Morro bay et nous poursuivons vers Cambria.

Et là, tout à coup, c'est le drame !!

Le tableau de bord indique qu'il faut changer l'huile !!! Patrick peste contre le loueur. C'est un peu fort de nous louer une bagnole pour le mois sans avoir fait la vidange !!! Nous nous arrêtons donc pour téléphoner à AVIS par le numéro de secours prévu... et là, c'est l'horreur : La nana au bout du fil nous demande notre nom, prénom (tout juste si elle ne demande pas l'age des passagers …) et n'arrive pas à nous situer quand on lui dit qu'on se trouve sur la N1en Californie, la route qui longe la mer, entre Cambria et San simeon!! De plus elle ne veut pas de nos coordonnées GPS la nullissime! Là je me rapelle soudain le texte d'un gars sur voyageforum qui disait avoir appelé car en plein désert, il avait abimé sa roue et le call center, sans doute situé à l'autre bout de la planète, l'avait envoyé dans un bled où le garage n'existait plus!

Moment d'angoisse (sauf que l'on est pas en plein désert, moment de doute, moment de rage, moment de désespoir... J'imagine la nana avec son casque de téléphone à New Delhi (voir slumdog millionnaire) en train d'essayer de nous situer sur une carte (ils n'ont donc pas google map?) Elle nous propose de RETOURNER vers San Luis Obispo dans l'agence AVIS dont elle nous donne l'adresse … Merci, on aurait pu la trouver directement avec tomtom , grrrrrr! Le call center dans ce cas ne nous aura aidé aucunement, pire il nous a fait perdre 20' et le coût d'un appel international pour tout ce temps (40€)!

Arrivés à l'adresse indiquée, nous nous retrouvons à l'entrée d'un vaste centre commercial, sic ! Heureusement la chance ne nous a pas totalement lâché car nous repérons un gars sympa sortant de sa boutique qui s'empresse de nous trouver l'agence AVIS sur son ordi (merci internet) et reviens illico presto pour nous indiquer qu'elle se trouve dans l'hotel Embassy au bout du parking. Merci, sympa, on n'aurait jamais pu trouver sans l'aide de ce gars car AVIS n'est pas indiqué et se trouve dans un recoin de l'hotel. Si un jour ce gars est au chômage, il pourra toujours se faire embaucher dans un call center !!

Wahouuu quel lobby !! On dirait l'hotel Alliance de Lille, un ancien cloitre couvert d'une verrière pyramidale dans sa version moderne ! Le gars de chez AVIS ne doit pas être souvent dérangé, dns un recoin de l'hotel, bien planqué dans son agence. Heureusement il est très aimable et souriant. Il remarque sur le contrat que l'entretien de la bagnole vient d'être fait et que le garagiste a dû oublié de faire un “reset” pour remettre en ordre l'électronique … grrrr... Il nous assure qu'il n'y a aucun problème et que nous ne sommes pas les premiers auxquels cela arrive. Il nous remet le bazar en ordre et on peut repartir.

Il est 14h et les ados ont faim. Alors on stationne l'auto à l'ombre et on entre dans le premier truc venu où l'on a vu sur la vitre que l'on pouvait avoir des salades. En fait c'est une bonne surprise. Au lieu de pique niquer près de la mer avec nos patisseries danoises, nous avons droit à un buffet à volonté, boissons incluses, pour 35$ à 4. Il y a du choix en chaud et froid, c'est frais et c'est bon! Patrick prend du lapin et goute diverses choses. Le crumble en dessert est excellent ! Bref ce BUFFET HOMETOWN est une excellente alternative au fast food... Nous prenons note du nom de la chaine .. au cas où...mais nous n'en reverrons pas d'autres au cours de notre périple.

Nous repassons devant le Madonna Inn pour la seconde fois puis rejoingnons la côte et MORRO BAY qui cette fois n'est plus dans le brouillard et se signale surtout par les grosses cheminées de sa centrale electrique (…)

Nous venons donc de prendre 2h de plus sur le planning prévu. Tant pis nous ne visiterons pas Point Lobos.

Nous nous arrêtons tout de même à l'endroit que j'avais prévu pour pique niquer, histoire de voir si les coordonnées GPS relevées étaient exactes. Yep, TOMTOM a l'air compatible avec les coordonnées données par google map.. mais pas pour toutes... L'endroit est plaisant, venteux et nous rencontrons nos premiers écureuils pas sauvages du tout.... L'arrêt suivant s'effectue sur la plage de San Simeon, bien signalée par un panneau, pour voir les sea lions, en d'autres termes, les éléphants de mer. Il n'y en a pas des masses, mais question masse ils font le poids !

La route qui suit attaque littéralement la montagne et donne l'impression de toujours monter sans jamais redescendre. Nous atteignons une hauteur assez vertigineuse...

Je vole quelques photos de la route car Patrick n'a pas l'intention de s'arrêter partout !... Je lui explique que nous devrons impérativement nous arrêter à Julia Pfeiffer Burns, un des points de vue des plus remarquables de la côte.

Julia Pfeiffer Burns est exactement comme sur les nombreuses photos que j'ai vues de l'endroit. La cascade n'est pas à sec et l'endroit ensoleillé à souhait est ravissant.

Nous terminons la route de BIG SUR avec un soleil déclinant qui rend la lumière de la mer aveuglante puisque le soleil se couche toujours... à l'ouest !

L'entrée dans CARMEL est assez surpenante car on se retrouve au milieu de pins très bas ce qui assombrit les rues en cette fin de journée. On a l'impression d'être dans les dunes. L'hotel WAYSIDE INN est super mimi avec des fleurs partout. La chambre est spacieuse et cosy, dans un style british. C'est trop mignon, nickel j'adore!

Nous ressortons rapidement car, je vous le donne en mille, les ados ont... faim !!! J'avais repréré sur le net, un restaurant italien car ils adorent ça. En fait il s'agit du restaurant NICO'S, un grec/italien où l'on trouve des plats assez classiques. 2 Spagghetis carbonara, 1 penne aux fruits de mer, pizza aux fruits de mer, crème brulée160 $ tips inclus à 20% d'office, (ils ne s'emm.. pas pour un service où, mis a part le patron qui se la joue à l'italienne .. où à la grecque, c'est selon, n'est pas très souriant). Craigneraient-ils que les européens ne laissent rien en pourboire ?

Nous partons faire un petit tour dans la rue principale. Il y a beaucoup de boutiques très classes. Les rues sont peu éclairées. Je me souviens avoir lu quelque part que c'était voulu car les habitants de Carmel, (au fait, les habitantes sont-elles des carmélites ???) refusaient la modernité ! Comme on ne voit pas grand chose dans le noir, nous décidons de rejoindre l'hotel. La visite, ce sera pour demain !









Jeudi 6 aout Ce matin on nous ammène un petit “panier déjeuner” devant la porte de la chambre à 7h30., une sorte de "panier repas" en sac isotherme avec des taourt, du lait et des céréales... Le ciel est gris quand nous partons faire une petite balade sur Océan street jusqu'à la plage bordée de pins "de Monterey" où les promeneurs et leurs chiens sont déjà nombreux. Après avoir marché dans le sable (pas très chaud), nous retournons vers l'hotel par la rue principale avec ses galeries d'art et ses patios commerciaux fleuris abritant des boutiques aux noms "frenchy". Au final cette ville nous aura parue très "snob", sorte de "Deauville" ou "Knokke le Zoute" du Pacifique...

MONTEREY est très proche de Carmel et nous avons prévu de visiter l'aquarium qui se trouve dans une ancienne fabrique de... sardines ! La visite est sympa. Ceux qui connaissent Nausicaa à Boulogne/mer (comme nous) ne seront pas surpris car c'est un peu le même système de visite pédagogique avec toutefois une collection de méduses et d'hipocampes assez chouette. Je m'attendais tout de même à plus grand. Le soleil est revenu ce qui nous permet de parcourir la route de la côte jusqu'à san Francisco en profitant encore de ses paysages qui font parfois penser à... la Bretagne !

Et puis voilà les premières vues de SAN FRANCISCO et ses petites maisons pastel qui nous invitent à poursuivre la visite. Nous savons déjà que cette ville va nous plaire !

A l'hotel HOLIDAY INN au FISHERMANS WHARF, nous avons une suite avec un salon/kichenette séparé de la chambre au 4ème et dernier étage de l'établissement . Les fenêtres donnent sur le sommet de la pyramid tower et la coit tower. C'est "nickel chrome" pour ma "team" qui a apprécie déjà notre environnement car notre première visite est pour les quais et leur animation. Nous traversons le musée mécanique pour voir quelques bateaux à quai et nous nous rendons ensuite vers le célèbre Pier 39 où nous avons prévu de diner, devinez où ??... au hard Rock Café qui devient passage obligé car les ados sont fans ! Le diner ne nous laissera pas un souvenir impérissable. La déco est moyenne et l'endroit est extrèmement bruyant ! J'ai tout de même testé le steak sirloin qui n'était pas si mal.

Mis à part la température hivernale, on a bien aimé l'ambiance du PIER 39. Il y a des tas de boutiques et de restaurants mais il y a surtout la visite aux otaries... ça pue un peu mais c'est tout de même marrant à voir !

Le FISHERMAN'S WHARF est certes très touristique mais l'ambiance y est festive et il y a toujours quelque chose à voir ou à écouter... et ça, c'est amusant ! Les garçons se trouvent des chapeaux “Indiana Jones”... dans des boutiques qui sont partiquement toutes tenues par... des chinois ! Quant à moi, je me prend un gilet polaire tellement j'ai froid !!! Caroline est aux anges car il y a vraiment de quoi faire du shopping. Il y a des centaines de tee shirts dont certains repésentent le président nouvellement élu. Avant de rentrer nous passons voir le terminus du CABLE CAR, ce funiculaire en bois, pour assister au retournement du véhicule qui se fait ici, à la main...et c'est vraiment l'attraction locale !









Vendredi 7 aout Levée avec le soleil, nous prenons notre temps pour prendre le petit déjeuner car nous avons rendez-vous à 10h30 pour un tour guidé avec Mr TOAD. Il s'agit d'un tour motorisé dans un "tacot" aménagé. Notre chauffeur est très sympa et son attitude cadre totalement avec le style du véhicule. Il me fait penser à un personnage Disney alternant les commentaires avec les "pouet pouet" à l'encontre des habitués croisés du parcours. Le véhicule limite le nombre de passagers à 10. Le parcours est classique et l'arrêt à Chinatown permet d'aller voir la fabrique des "fortune cakes". Le passage dans les beaux quartiers nous permet d'admirer de superbes villas victoriennes et dans le quartier hippie de High Hasbury, notre chauffeur enclanche la musique "If you go to San Francisco ..." Ambiance ambiance ! Nous terminons par la visite du Presidio et du Golden Gate. Hereusement que nous avons pensé à prendre les coupes vent car dans ce genre de véhicule ouvert il y a beaucoup d'air et il est très froid ici !!! Après avoir acheté un "MUNI pass" pour 3 jours, nous embarquons dans le fameux CABLE pour grimper jusqu'à Sutter street. Nous aurons l'occasion d'amortir ce Muni pass car nous emprunterons le bus plusieurs fois. Les bus sont nombreux et faciles à prendre. En revanche, le Cable est bondé de touristes. A cette heure il y a une file d'attente dingue au terminus et aux arrêts il faut presque se battre pour trouver une place ou s'accrocher au parapet... C'est une petite deception car pour notre premier trajet dans ce véhicule, on ne voit rien de la route ... Nous déjeunons au LORI'S DINNER situé à l'angle de Sutter street et Powell street (le cable passe juste devant). Le décor est super pour ceux qui aiment les années 50's façon "Grease" !! La nourriture est plutôt bonne et il y a du choix. On teste les hamburgers (of course), les premiers du voyage et ils sont très bon ! A noter que pour l'accompagnement on peut demander de la salade ou du coleslaw à la place des frites.

J'ai eu beau préparer ce voyage depuis plusieurs mois, je me sens perdue à San Francisco où j'ai l'impression que les routes qui descendent ou montent sont bien plus nombreuses que je ne l'avais repéré sur mes plans....Bref ici , ça monte, ça descend tout le temps !

Nous voici arrivés sur UNION SQUARE, la fameuse place centrale qui, selon moi, n'a pas grand chose de différent d'une autre ville. Macy's, qui trône au milieu de la place, est un grand magasin genre Galeries Lafayettes et le reste c'est "boutiques" etc...Je ne vois pas l'intérêt de s'y attarder, il y a tant d'autres choses à découvrir ici. Nous passons donc au quartier financier et ses buildings. On n'a jamais vu de buildings si hauts aussi rapprochés, alors ça fait un peu bizarre ce quartier de la finance. Le musée de la banque WELLS FARGO est tout petit mais comme c'est gratuit, ça vaut le coup de s'y poser 5' et de monter dans la diligence. Pendant notre voyage, nous penserons souvent à l'épopée des pionniers qui sont venus s'installer à l'ouest, osant s'aventurer sur des pistes incertaines et traverser des contrées hostiles pour parvenir jusqu'à l'océan !

Nous entreprenons de flaner dans le quartier MISSION pour voir les façades peintes. Le parc accueille de nombreux jeunes installés tranquillement face à des bâtiments anciens comme Mission Dolores. Nous nous promenons un peu dans la mission street et les rues adjacentes. C'est un quartier agréable et apparemment en pleine reconversion car il y a de nombreuses boutiques et restaurants branchés fraichement ouverts. Mais nous ne nous attraderons pas le soir car le coin de la station de métro sur Mission/16th est hyper mal famé (bandes, prostituées...)...

Nous nous rendons ensuite dans le quartier japonais, peu étendu mais dont le centre commercial et sa tour sont particulièrement significatifs. Nous avons réservé au BENIHANA , restaurant japonais Tepanyaki. Nous apprécions particulièrement ce rituel ou le chef japonais cuisine devant nous sur une plaque chauffante. C'est bon, frais et c'est léger. Le seul hic c'est que ce restaurant est bien bruyant. La "Japantown" est donc toute petite comparé à la Chinatown mais il y a de nombreux restaurants (non tepan) et quelques boutiques nippones.









Samedi 8 aout Aujourd'hui c'est notre journée "bicyclette". En route donc pour SAUSALITO via le GOLDEN GATE ! Nous louons nos vélos, sortes de "mountain bike" chez BAY CITY BIKE, une boutique proche de l'hotel.. appréciable au retour (rincés mais heureux....). C'est assez facile de louer un vélo à San Francisco car il y en a partout. Nous croiserons des centaines de cyclistes durant notre périple du jour ! Nous longeons la baie pour nous rendre vers le Golden gate qui est à moitié dans la brume. Ca monte un peu pour arriver sur le tablier du pont mais une fois qu'on y est, ça va, c'est presque plat... et là ce n'est que du bonheur ! On en a tout de même "plein les pattes" après car les vélos sont peut-être "secure" mais ils sont hyper lourds.. alors moi, dès que ça monte, c'est à côté du vélo que je me place... De l'autre côté, nous faisons une petite halte auprès des pêcheurs, histoire d'admirer le pont (toujours dans la brume). Avant d'arriver à Sausalito, ça monte un peu à travers la forêt d'eucalyptus... en même temps ça doit bien dégager les bronches !

SAUSALITO est une ville très mignonne mais il y a un monde fou ! A l'aller on se dit que l'on ne va pas s'arrêter de suite vu la foule. On préfère poursuivre vers les houseboats. Toutes les "résidences", autrefois celles des "hippies" ne sont pas accessibles au public pour préserver la tranquilité des riverains ... qui ne sont plus vraiment des hippies aujourd'hui... Sur le chemin du retour, on décide de s'arrêter déjeuner avant le centre ville dans un petit café très sympa, le CIBO, un tantinet branché écolo-nature. Bonne pioche !! On est bien tranquille ici. Il y a une petite terrace mais on préfère profiter de la fraicheur intérieure. Au menu Panini servi avec un petit ravier de pickles et moi j'ai testé un french toast avec des pêches et des fraises HUMMMMM. Dans ce café, on ne sert pas de coca, chose étrange pour les USA mais ce n'est pas plus mal ! J'en attrape pour 35$ boissons comprises, le même prix que l'autre jour au SUBWAY de Monterey, mais ici c'est bien meilleur et nettement plus clean avec un service souriant et "in french" ! Faudra qu'on m'explique là !!! Quand on se rend à Sausalito en vélo via le golden gate on a, en gros, é alternatives : Revenir par le pont ou bien traverser la baie en ferry qui nous ramène non loin du fisherman wharf ... Nous optons pour cette solution, la moins couteuse en ...énergie car nos batteries sont un peu déchargées à cette heure ... Nous tentons de stationner les vélos dans un parking (à vélos) du centre ville mais après avoir pris connaissance des heures du ferry nous renonçons de façon à avoir une place à bord .. et c'est pas gagné vu le nombre de vélos au centre ! C'est pourquoi nous sommes les premiers à embarquer. A en croire des français qui sont à bord du ferry du retour, on a bien fait de déjeuner à l'extérieur du centre. On a l'impression que tout le monde s'arrête au centre ville alors qu'après c'est beaucoup plus cool !

A bord du bateau, au moment de reprendre els bicyclettes pour débarquer, c'est le bins total ! Heureusement que les américains étaient mieux organisés pour débarquer en juin 44 ! Il faut dire que c'est le week end et on a vraiment l'impression que les californiens qui ne font pas de joging font du vélo !!! Bref on n'est pas tout seul sur la route... tant pis pour les autos, ce n'est pas leur jour !! Après un passage à l'hotel histoire de se reprendre un peu, nous repartons en cable vers le haut de la Columbus street mais en route, nous décidons d'aller voir de plus près la fameuse LOMBART street dans sa partie la plus attractive : Les lacets fleuris ! Pour de nombreux touristes, le jeu consiste à descendre cette rue en auto et de préférence en se tenant, pour les passagers, assis sur les portières du véhicule !... En haut de la rue il ne faut pas moins de 2 policiers pour réguler la circulation. Inutile de dire que si l'on tient absolument à effectuer la descente en voiture dans la journée, il convient de prendre son mal en patience !!! Avant de rejoindre notre restaurant du soir, la STINCKING ROSE, nous décidons d'aller voir d'un peu plus près la fameuse transamerica pyramid. Sur le trottoir, un orchestre chinois au grand complet nous rappelle que nous sommes aux portes de chinatown. Heureusement que j'ai réservé le restaurant "Stincking rose" sur internet sinon il aurait fallut attendre dehors ! On nous accompagne jusqu'à notre table, au premier étage, dans un dédale de petits passages. La salle de restaurant est assez vétuste. Ce restaurant est une vraie usine et c'est très bruyant !!! Ici l'ail est à l'honneur et il y en a dans tous les plats ! C'est le concept du resto qui en fait sa renommée mais la cuisine n'est pas super originale mis à part cet ail qui est partout, y compris dans les fresques grossières peintes sur les murs. Les plats sont plutôt italiens et le service pourrait être plus souriant. Attention, les gnocchis sont juste un peu...sucrés

Dimanche 8 aout C'est formidable de pouvoir passer un dimanche à San Francisco, surtout quand le soleil est au rendez-vous dès le matin et que le ciel est dégagé ! Le dimanche est un jour tranquille... mais notons que les californiens sont déjà assez cool et puis c'est le jour de la messe, de la célébration comme on dit dans les églises méthodistes et Cie...car nous avons prévu de nous rendre assister à la célébration de la GLIDE... et qu'a t'elle de particulier cette église pour que j'ai envie d'y aller alors que je n'assiste jamais à la messe d'habitude ? Ben j'vais vous l'dire : Il s'agit tout simplement d'une messe en GOSPEL !!!! Alors nous partons en Cable car à l'assaut du centre ville. Alors que nous marchons vers l'adresse indiquée, nous dépassons un groupe de dames chapeautées qui se rendent au même endroit que nous...mais nous sommes les premiers de la file d'attente et le chairman, très sympa, nous place près du mur. Ensuite il nous invite à entrer et nous choisissons de monter à l'étage car j'avais lu que c'était mieux pour les touristes. Nous nous installons au premier rang du balcon. Derrière nous il y a d'autres touristes français. Nous avons alors une vue imprenable sur la scène car ici, point d'hotel et de reliques, point de statues, de vitraux ou fantaisie, tout se passe dans le chant, le discours, l'attitude et ...la technologie car films et images se relaient sur le grand écran situé derrière la scène ! On nous distribue alors un éventail car il fait assez chaud au balcon. Il porte l'inscription d'une publicité pour le restaurant de l'hotel japonais du coin, brunch oblige...ou comment allier spiritualité, sponsoring et bien être ! J'avais lu que les messes en gospel de la Glide étaient super, mais en réalité c'est carrément surprenant, un véritable spectacle pendant lequel on ne s'ennuie pas une seconde !! On démarre directement par un chant et tout de suite on est dans l'ambiance. Le soliste est extraordinaire , les choeurs sont parfaits et les musiciens carrément top (Wahouuu le saxo !!). Au premier étage, un type tout aussi agité que les habitués du bas relaie l'enthousiasme des chanteurs et nous invite à frapper des mains comme un "chauffeur" de salle de spectacle ! Au cours de la célébration nous assistons à une scène surprenante. Un grand noir très efféminé nous présente les produits dérivés qui peuvent être achetés à la fin de l'office. Il se met à défiler comme dans une collection de haute couture avec un tablier à l'éfigie du groupe. On croirait Jacob dans la cage aux folles... Tout le monde éclate de rire... on n'en croit pas nos yeux ! Imaginez une telle scène dans une messe de chez nous !! Mais nous n'avons pas fini d'être surpris car voici qu'entre en scène le très dynamique, que dis-je, l'explosif pasteur noir qui va nous offrir un prêche carrément politique et rappeler au passage que "Maintenant, nous avons un président !" Après coup, je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de messe car ici il s'agit plutôt d'un show !!! et quel show !!! En tout cas c'est vraiment très chouette. Je suis ravie !

Quelle chance nous avons d'avoir un temps superbe sur cette ville dont on dit qu'elle est souvent dans la brume ! J'ai réservé pour le brunch au TOP OF THE MARK, le restaurant situé au sommet de l'hotel intercontinental Mark Hopkins. Le "Top" n'est qu'au 22ème étage, ce qui est nettement moins haut que le Carnelian room, le restaurant situé au 55ème étage de la tour de la bank of américa, mais qui n'etait pas ouvert ce dimanche !I Qu'importe, le Mark Hopkins est situé en hauteur sur une colline, par rapport aux autres buildings ce qui compense. Comme nous sortons assez tard de la Glide, nous hattons le pas pour nous rendre au restaurant ce qui fait que nous arrivons bien fatigués tellement la pente de la rue est rude ! En montant dans l'ascenseur, nous remarquons encore une fois qu'il n'y a pas de 13ème étage. Dans le restaurant très chic à l'ambiance feutrée il y a peu de touristes. Ce sont plutôt des gens de San Francisco qui viennent bruncher chic ici ! En tout cas le service est très soigné et buffet très fin ... un peu normal vu la classe de l'établissement ... et le prix .. mais la vue sur la baie est superbe !!! Le MUSEE DU CABLE, situé à deux pas de là, est un petit musée sympa et gratuit où l'on apprend comment fonctionne les "cable car" et où l'on voit les machines en mouvement... c'est donc très bruyant ! Après, en attendant ce cable car dans la rue déserte car il n'y a décidemment pas beaucoup de circulation à San Francisco le dimanche, nous prêterons une oreille d'autant plus attentive au bruit du cable situé au centre de la rue...

Retour à l'hotel pour se relaxer avant de partir visiter ALCATRAZ. Le bateau part à 18h45. J'ai réservé le tour de nuit. Nous prenons nos KWAY car j'imagine que le vent sera frais... je n'ai pas tord. Arrivés sur l'île, des guides nous prennent en charge pour nous accompagner jusqu'à l'entrée de la prison où nous prenons des audio guides dans notre langues c'est à dire en français pour moi et en néerlandais pour Patrick et les enfants. La visite est très interessante et la façon de faire commenter les lieux par d'anciens gardiens ou prisonniers est vraiment originale. Nous arpentons ainsi les couloirs de la prison, découvrant l'étroitesse des cellules et la vie des "pensionnaires" dont les plus célèbres ont même droit à l'affichage de leur trombine sur les murs! Au retour, nous pouvons admirer les lumières de la ville où nous passerons notre dernière soirée. Nous allons diner au BUBA GUMP à la demande des enfants, ce qui n'est pas une super idée car c'est assez cher pour manger ...quelques crevettes ! Mais bon, ce sont les vacances et on aime faire plaisir aux enfants (c'est comme au Hard rock café : hyper bruyant mais branché !). Au retour ils demanderont à voir le film Forrest GUMP...







(A suivre....)
Côte ouest des Etats-Unis (6-21 septembre 2009) English translation pending
by Massimo13 · 2009-09-26 · 20 replies
Carnet de Voyage West Coast ‘09 Du 06 au 21 septembre

De retour de notre voyage aux States de 15 jours, le carnet de voyage s’imposait. Le livre photo suivra lui aussi, mais chaque chose en son temps… Le voyage s’est trop bien déroulé, sans impairs, avec une part d’imprévu quelque part un peu « prévu » dans notre planning. Je profite du décalage horaire pour poser ces mots sur le papier, j’ai trop peur d’oublier l’essence de ce voyage dans les mois à venir, c’était tellement MITIK !!!

Jour 1 : Dimanche 06 Septembre 09

Départ de l’aéroport de Marseille-Marignane à 10h10 Papa nous y a amené, YES ! Les boarding pass étant déjà imprimé, nous n’avons pas fait la queue à l’enregistrement, merci le fast bag drop.

Arrivée à Gatwik à 11h00 heure locale, merci le décalage horaire, 2h00 de vol et à la montre il n’est que 1h00 de plus ????



Dans la foulée, changement pour Heathrow = 1h00 de transport et 66 pounds ! Holy shit ! Tatiana me dit que la végétation lui donne l’impression d’être en île de France, on passe le security check et shopping au Duty Free, intéressant, mais on garde des balles pour « Lazeutasuni », le minimum syndical quand-même, clops et parfums.



Et puis on a rapidement très faim, on tourne, on vire, ce sera « gordon Ramsay, Food Plane », un MUST ! J’en profite pour remercier W9 qui nous l’a fait connaître…des plats simples, très bien présentés, un service de qualité, Good Feelings quoi ! Embarquement pour LAX à 16h00 ou plutôt 4h00 PM.

Je me félicite d’avoir bien choisi les places grâce à « seat guru », mais lorsqu’on s’assoit, un couple avec un enfant en bas âge et à coté de nous, le bébé pleurera 3 fois en 11h00 de vol, TOP ! Sauf que le rang derrière nous est un groupe d’un TO italien et même avec un double dose de « Lexo » il nous sera difficile pour ne pas dire impossible de fermer l’œil tellement ils sont bruyants, inquiets (ils mettront plus de 10h00 pour remplir le feuillet vert de l’immigration américaine…). Heureusement que les boissons sont à volonté…. Même les alcoolisées… Arrivée, enfin, à LAX à 19h00 heure locale, No Delay, Perfect ! Direction Budget, on prend le bus, et ça y est on y est, on est à « Lazetasuni » !!!! Heeeeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!! Let’s take a ride…. Sauf que la meuf de budget me dit qu’il n’y a pas de convertible, je prendrais une mustang simple alors… Non, pas de stock, une sebring CC à la place, je vais la voir et quand je reviens, elle n’est plus disponible (HEIN !?!?????!!) on me propose alors une voiture simple, MOI PAS CONTENT, MAIS PAS CONTENT !!! même après nos presque 24 heures d’éveil, transports et …. Tatiane commence à me dire que ce n’est pas grave, je demande un gros 4X4, genre Escalade, on est sur la WEST COAST qd-même, pas de 4X4 !!! Je demande une upgrade pour les voitures mises en avant devant les locaux, une charger 2010, la fille me fait un prix se sera 40$ de + par jour, on n’est pas d’accord, elle insiste pour que je retourne voir la voiture, malin je fais le tour du park et trouve une Mustang 2006 ROUGE, je reviens, donne l’emplacement de la belle, impossible me dit-elle !!! je crois rêver, obliger de la menacer d’appeler son manager, elle devient alors dispo, comme koi ?????!!!!!! Il ne faut pas hésiter à insister dans ces cas là, même après tant d’heures de vol ! On branche TOMTOM, il marche, mon bon vieux GPS, il trouve de suite la route pour le motel et nous voilà parti, Tat, me & the « red mustang », ça pousse qd-même !!! Je me gare devant le motel et …… gyrophare de police, on se chie dessus, tous les 2, « mais pourtant j’ai rien fait… » et le cops me contrôle….il est environ 6h00 du mat pour nous, dur, très dur…le cops compréhensifs ne me mettra pas de « ticket », j’ai simplement roulé sans les feux de position, les phares sont automatiquement allumé devant mais pas derrière, ne connaissant l’engin que depuis quelques heures, je n’avais pas remarqué qu’il y avait un bouton sous le tableau de bord pour les allumer (le tableau de bord affiché pourtant le logo vert des codes…) Premières impressions de Tat sur Los Angeles, elle a l’impression de traverser un « plan de campagne » géant et sans fin.

Jour 2 : Lundi 7 Septembre 09

Réveil à 3h30 heure locale pour moi, fatigué mais plus envie de dormir, je pars régler l’autoradio, les phares (c’est là que je trouve ce putxxx de bouton) et puis finalement, un ride seul dans LA et mon premier mac morning. De retour à 6h00, Tat était réveillé, affolé de ne plus me voir…Oups !!! Re-Mac Morning ensemble, le même que celui en France, si ce n’est la taille du café XXXXXL et une galette de Hash brown. Ca colle au ventre ! Puis départ pour le outlet Désert Hills premium, là encore, nous avons roulé, roulé dans un « plan de campagne » géant avec des panneaux de partout. Elle n’a jamais vu autant de Pub, même un pour le traitement du cancer de la prostate, c’est dire…

Nous arrivons à l’ouverture de l’outlet vers 10h00, prêt à faire un massacre, ce qu’on a fait : Timberland, Sunglass Hut, Tommy, Fossil…etc… vers 14h00, j’en avais marre alors on est parti direction Palm Springs, INCREDIBLE !!! dira Tat ! Oasis en plein milieu du desert, dans une chaleur de folie, avec un vent chaud façon hairdryer.

Tat décide de s’arreter boire un coup, et c’est parti pour 2 mojito puis traversé de la ville, immense, pleine de palmiers et de belles pelouses vertes.

Direction Joshua Tree, super park national, où on a croisé pas grand monde, on avait l’impression d’être seul au monde ! En plus c’était le sunset, les couleurs étaient magnifiques… Après on a abrégé, on avait faim en plus, alors avant d’arriver à l’hotel, petite halte au KFC sur la route, où on a acheté une lunch box meal à 7$99, en fait une boite de la taille d’un botin des pages jaunes rempli de trucs immondes, genre une purée de pomme de terre sucrée avec une sauce rouge au gout de poivre vert + ¼ de poulet fried + une boite de chicken popcorn, sorte de crottes de lapin au poulet là encore fried (on comprend bien d’où vient le Fet le C de KFC) et très sèches, des potatoes, des crispy tenders et notre premier litre de coca à boire à la paille, diamètre de 16mm et ses 2 kg d’ice cubes…. Pour le dodo à l’hotel, c’est 22h00 et bonne nuit les petits….

P.S. de ces 2 premières journées : Que ce soit Tat ou moi, nous rencontrons une certaine barrière de la langue, pas de la part des Américains qui sont gentils et serviables à souhaits, mais plutôt de notre part qui n’arrivons pas à faire passer « the message », heureusement que les Ricains y mettent du leur…. Toutefois, ça leur fait Xtremement plaisir qu’on essaie et surtout, ça les fait beaucoup rire…. La mustang et moi, on commence bien à se comprendre (phares, régulateurs etc…) et ça commence à le faire grave !

J’ai commencé, avec son accord, à envoyer la cavalerie (200HP) et ça pousse !!! Ouf !!! Le 0 à 65Mph est impressionnant, les vitesses passent mieux, plus vite, et quel bruit !!! roque, qui provient de ses entrailles !!! Huuuuuuuuuuuuummmmm !!! I really love it !!! Je savais qu’il m’en fallait une pour ce roadtrip, mais là, ça dépasse vraiment mes espérances, même s’il n’est toujours pas « convertible » pour l’instant… ½ plein de super pour 18$ / 25 litres environ, faudra qu’on m’explique pourquoi ce n’est pas possible en Europe…?....

Jour 3 : Mardi 8 Septembre

Réveil à 5h30, décidemment, je ne trouve pas moyen de faire une vrai bonne nuit, départ dans la nuit noire, trop cool en plein milieu du désert à Twentynine Palms.

Arrêt petit déj on the road - 3 pancakes, chacun de la taille d’une soucoupe volante



- pour Max, Scrambled eggs on biscuits with country gravy….



On comprend l’attachement de G. Ramsay pour la gravy faite maison… Celle-ci, pâteuse, industrielle pas dégueulasse mais spé avec des morceaux de champignons (J’espère ?)

Bon levé de soleil et direction Needles, mon GPS ne gère qu’une carte d’état à la fois… Pas pratique… Arrivée en Arizona, après des kilomètres de routes dans le désert, très peu de véhicules croisés, des champs entiers de maisons délabrées, semblant inhabitées, très espacées et au milieu de rien si ce n’est un soleil de plomb, dans une zone ou pendant 100 miles il n’y a pas de « services », intriguant… Nous voici enfin sur la « Historic 66 » pour Oatman, attention la route est dans le pire état que nous rencontrerons, entre l’état général, les flood et gravels… Oatman, c’est un peu comme OK Corral d’il ya 100 ans mais aujourd’hui, vraiment à voir, tant le temps semble s’être arreté …même si on ne restera pas plus d’1h30… On a bu un coup dans une sorte de saloon, 1 coke et 1 Bud Light pression pour 2$75, Imbattable !!! En plus, que des figurants d’un film genre Sergio Léone inside… ENORME !!! Route pour Kingman, la encore, la beauté des paysages est époustouflantes, mines, mules, montagnes, anfractuosités, faut y être passé pour comprendre !

P.S. : Un touriste me demande s’il peut faire une photo du cheval rouge, no problem sir…Il écopera même d’un départ en trombe avec le nuage de poussière et de gomme brulé qui va bien… Mode kéké OFF. Première Freeway à 75Mph, petite pointe à 85 Mph réel pour Bibi et fidèle destrier rouge, really enjoy, Viva Arizona. Désert, désert, désert et enfin Kingman, direction Steackhouse 1er burger avocado+bacon pour Tat, je prendrais un BJD= burger à la sauce Jack Daniel's, un régal et un des meilleurs pour Tat (et même du voyage...) Direction Las Vegas, passage par le Hoover Dam et là, l'impression d'être en "Area 51" (cops, control, atmosphère...) Arrêt photo, et discussion avec des Français qui passent 7 semaines sur la 66, trop cool et parler Français, se comprendre sans y réfléchir fait vraiment plaisir !!! En discutant, je les invite à faire une photo au volant du cheval rouge, ils sont super content, nous aussi ;) Le barrage est impressionnant, les roches qui le borde encore plus, on se croirait @Disneyland dans le "Big Thunder Mountain", les travaux de déviation avancent, mais ce n’est pas pour demain. Quelle chaleur qd-même !!! Arrivée à Vegas !!! Heeeeeeeeeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!

Petite dédicace à Elvis et son "Viva Las Vegas" puis un bon son West-Coast avec Dr. Dre et Snoop, comme c'est bon !!! Déjà, on passe à côté des tours Wynn et Encore, bien, puis on tourne à droite et là, mais làààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààà Ça y est, on y est !!! SIN CITY !!! On prend le Strip, direction le Mirage, on arrive à un écriteau "self parking" ou "valet", un dixième d'hésitation, ce sera "valet parking", on se gare devant l'hôtel, oui, oui, DEVANT ! et là la magie à l'américaine : - do you check in ? Yes ! - Do you want I park the car ? Yes ! - Do you have luggage ? Yes ! - Je m'en occupe, sir Bon, mon anglais est pourri, mais voilà à peu près ce que j'ai compris et surtout ce que j'ai dit !!!

L'hôtesse du lobby, très agréable, nous upgrade de suite au 23rd floor, bouteille de champagne californien offerte en plus, si c'est pas beau !!! La chambre est top, toute flashie, mieux que sur le net et on a une vue Dantesque ! Vue sur le strip, le Caesar, Paris... 2 lits Queens size que même dans tes rêves ça existent pas (là c'est Tat qui parle) Moelleux à souhaits, on dirait de la crème fouettée, avec 4 oreillers par lits, Oh my God !!! En +, tu dors avec la couette = 10°C dans la chambre, peut-être 15°C enfin...et avec tous ces changements de T°, 42°C dehors à l'ombre (ici ya pas beaucoup d'ombre...) et -18°C dedans, on se demande encore comment nous n'avons pas été plus malade que ça ?! Personnel très agréable, qui mérite bien leurs pourboires. La piscine = Magique ! Bordée de palmiers, enfin un peu d'ombre, jacuzzi pour masser nos jambes fatiguées, le TOP !

Le casino et ses machines à 1C, passionnant et un excellent passe-temps qui nous permet de boire à l'œil, parce qu'il faut savoir que le 1er soir, on a bu 1 coup dans 1 endroit un peu select, et 30$ parti en fumée pour 2 mojitos, on a plus recommencé... on préfèrera jouer aux machines, une serveuse passe demandant "anyone wants drinks ?" ce que Tat retiendra uniquement, le mot Drinks = picolé gratis, même s'il n'y a pas de mojito...

J’avais oublié qu’on était allé faire un tour au Venetian :

Jour 4 : Mercredi 9 Septembre

Petit dèj au Cravings buffet du Mirage, 30$ à 2, mais ça valait le coup... d'œil ! De la bouffe sucrée, salée à volonté, je me suis servi 3 fois en tout, 2 en salée (Raoul taste) et 1 en sucrée, ouf, des pancakes, des french toasts, des waffles avec faux sirop d'érables à base de maïs et chantilly à la limite de la montée en beurre... Une chose étrange : des billes de glaces vanille pour les pancakes... En fait, il s'agit de margarine = beurk !!! Tat prendra 1 fois du salé = cool, les slices de bacon, et 1 fois du sucré, tout le reste est sans commentaire... L'aprèm, on repart pour l'outlet au nord du strip, encore un "premium" comme celui de Cabazon... Il nous manquait des trucs : CK, Ralph Lauren, encore un massacre !!! Puis vers 15h30, la limousine est passée nous prendre à l'hôtel, direction l'aéroport de LV pour le tour en hélico et le survol de GC, avec atterrissage dans GC, petit lunch et "champagne" Californien... un mousseux à la limite du Listel mais bon, on est d'abord là pour en prendre plein les yeux et c'est vraiment le cas !!! Tat en garde un très et trop bon souvenir !

On a survolé Vegas, le Hoover Dam, le lac Mead, le désert... C'est impressionnant vu du ciel !!! Puis retour au sunset et le Strip qui commence à s'éclairer... Inoubliable ! Retour sur terre, achat de la photo à 15$ avec le pilote "Iceman" de Top Gun qui était super et plein de blague... Genre en plein vol, une fille lui demande à quoi sert les commandes de vol, il lui explique pour celle-ci et celle-là et puis celle-ci, "je ne sais pas, je ne m'en suis jamais servi sur le simulateur...", il vaut mieux en rigoler ! Retour à l'hotel en limo puis on est ressorti pour faire le tour du Strip de nuit en voiture,

Du temps qu’on attendait la voiture, on a eu droit au spectacle outside du Volcano

la faim nous guettant, mal nous en a pris de nous arrêter dans 1 Fatburger, le vrai "coupe gorge" avec que des gens bizarres, bourrés et des burgers dégueux... et gras ! Passons ! Retour à l'hôtel, arrêt aux machines, pour un petit gin sprite offert, bien sur ! Ce sera notre dernière nuit au Mirage ! Sniff ! Demain c'est TheHotel@Mandalay Bay !!!

Jour 5 : Jeudi 10 Septembre

Petit dèj au Mc Do, "Two number One, the meal with coffee, please" + cream + sugar + icecubes car trop chaud. On tourne, on vire et on décide de faire finalement le check-in au Mandalay avant l'heure dite, pas de problème on peut faire le check-in avant, cool ! TheHotel est vraiment class, trop class même, pas d'upgrade ni de sourires... On s'en souviendra... Et on se sentira moins bien qu'au Mirage, car trop parfait, pas assez de fun et puis tout ces gens en séminaires... Ça ne fait pas vacances... Le lobby est tout de même magnifique, comme les prestations de l'hotel du reste, ya même un parfum enivrant qu'on retrouvera dans la mustang le lendemain matin, quel soucis du détail ces Américains, Perfect ! Décidemment, le personnel est loin d'être aussi souriant et cool qu'au Mirage, même le voiturier est snob, c'est pour dire !

On a dormis au 6ème étage, waou le contraste avec le Mirage et notre 23rd floor... Sniff ! Le Mirage ! Vue moyenne sur le Luxor et la suite semble être plus petite que sur le site, certainement la pénombre de notre 6th floor... Par contre la SdB est tout simplement magnifique, grande et décors en général très typé "Young & the restless" / (les feux de l'amour pour les mamies qui nous lisent...).

La piscine est à vagues, avec la très mauvaise idée d'y ajouter du sable relativement fin, qui se révèlera brulant, "eh oui, on est en plein désert !" et des palmiers de 50m de haut qui ne font pas d'ombre... Définitivement, celle du Mirage est N°1 !!! L'aprèm, petit tour en tramway aérien gratuit au Luxor et l'excalibur, où on profitera pour faire un peu de shopping souvenir kitch pour la famille et les amis (en plus de ceux acheté aux outlet), je trouverai même une commande plus que spéciale de mon ancien "sensé", une casquette style baseball, sur laquelle je ferai broder un "squale" et mettre son nom sur le "back", le tout pour 37$ TTC... Immense machine à coudre du reste, en plein magasin ! Le casino en lui-même est plus aéré, + grand, + class que celui du Mirage, de l'excalibur ou du Luxor (que nous avons visité sans jouer...) mais l'ambiance est plus aux affaires qu'au FUN, femme de 60 ans en robe de soirée que même dans les séries tu ne vois pas, à la limite de "j'ai qd-même mis une robe de soirée, mais avec une touche de couleur style chemise hawaïenne en dégradé virant au fuchsia..."apparemment c'est la mode à NY (cf. "La Haine") On a qd-même joué à nos machines à 1c, (qué croquant ces frenchies !), malgré la tenue de soirée exigée, après tout ce shopping, on avait qd-même prévu le coup, j'en profite au passage pour remercier CK, et plus particulièrement Timberland, avec leur 50% sur le 2ème article !!! On décide de manger dans un burger bar de la galerie commerciale du Mandalay, quelle bonne idée… Tat prendra un burger à la viande de Kobé avec supplément avocado, bacon, cheese, 20$ rien que le burger mais d’après son palais, la meilleure viande à burger de tout le voyage… Je prendrais un normal, avec supplément bacon et cheese, + 50cl de Délirium Tremens à la pression… Chui bourré, ça m’a rappelé mes 20 ans au Brigand, bar à pressions et autres breuvages trappistes, à Aix en Pce « pour ceux qui voient c’ke veut dire… » Finalement éméché, on décide d’aller au truc des requins, le Shark Reef, attention le parcours à pied, une éternité dans les galeries vides du Mandalay, finalement il est fermé, stenc’ ! (eh oui, à ce moment chui encore dans mes vapeurs de Délirium… Et en bon Marseillais, je parle le langage de ma patrie)

Jour 6 : Vendredi 11 Septembre

Départ à l’aube pour la Death Valley, avec petit arrêt préalable à la gas station la plus proche, du « gas »évidemment, des « cubes » pour la glacière en polystyrène, des bouteilles d’eau en 50 cl, par pack de 24, qui au passage, sont pratiques, pas chère 4$ il me semble, reste plus qu’à les sortir toutes les ½ heures pour quelles restent bien fraiches !! Aujourd’hui, les Américains commémorent le 9/11, drapeaux en bernes etc…etc… Ca fait quelques choses qd-même ! Ahhhhhhhhhh !!! Je ne vous ai pas encore parlé des Red Bulls ???? Non ??? Définitivement, mes copines les jours de routes, parce qu’en plein désert, trouver et boire un café bien chaud… +10Millions pour ce breuvage chimique qui s’apparente à la potion magique de notre bon vieux druide Gaulois ! Et en version « shot » 2 petites gorgées au pouvoir immédiat, ça va qu’on était en plein désert, je me prenais pour Astérix…. Par Toutatis !!! Arrêt à Pahrump, re-gas pour être « Full » avant d’entrer dans DV et arrêt au burger king du coin et là, un grand moment, niveau film culte à la Tarantino : des oncles Jess de partout, avec leurs salopettes, casquettes comme dans « shérif, fais moi peur ! », les pickups énormes…. Ce qui nous a le plus étonné, c’est qu’ils se connaissent tous et parlent un Américain Mash Mallows excellent ! Vraiment un cliché ! Comme quoi un BK fait office de bar du village dans ses contrées lointaines… Tat adorera, mais il faut déjà qu’on reparte direction DV, plus on avançait, plus il faisait chaud, mais chaud !!! On arrive enfin, premier arrêt et …. Pas plus de 5minutes dehors tellement il fait chaud ! Zabriskie point vaut quand même le coup de bruler quelques minutes et il n’est que 10h00 du mat, un four la DV. On a roulé toutes la journée dans la vallée incroyablement belle, étonnante et chaude (normal, tu me diras…). Dans l’ordre, Zabriskie point, Devil’s Golf Course, Bad Water et Artist Palette.

Ce qui est vraiment agréable, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de monde, ou si, des mustangs de toutes les couleurs, décapotables ou pas… (j’ai été obligé de demandé où ils avaient loués les cabriolet, Hertz à 80% et 20% Avis, pas de Budget ?, je m’en souviendrai !!!) Tat me fera comprendre qu’aux vues des T° extérieures, la cab ne lui manque pas ! 45° à l’ombre, là-bas ya pas d’ombre ! (blague de Timsit, mais là aussi, elle est largement valable !) Ah si !, j’ai oublié à la sortie de DV il y a les dunes de sables de Mesquites, Magnifique !

Grosse journée tout de même, et il reste toute la route pour arriver à Mammoth Lakes… Lone Pine, Big Pine, Bishop…On arrivera vers 18h00 à Mammoth, et chose intéressante, on arrive direct à cette station de ski par l’autoroute (me dira Tat), c’est qd-même beau le progrès… Avec tout ça, un bain direct dans le Jacuzzi, brulant ! Il faut dire qu’entre la DV et Mammoth, on est passé de -86 mètres à + 2400 m, avec l’écart de T° qui correspond…Et qui rend donc le jacuzzi des plus agréables. On en profitera même pour essayer nos vêtements de montagne acheté pour l’occasion à Cabazon chez Billabong, une veste de snow pour monsieur et une écharpe couvre tête pour mademoiselle… Sur les conseils du motel, on ira manger chez « Angel’s » des plats typiques du coin, des ribs pour Tat et moi juste un steack aux champignons, Tat héritera même d’un gratin de pates aux fromages « fried », c-à-d « fris dans l’huile », un délice très calorifique… Je commanderai un blanc d coin, eh oui, on est en Californie qd-même…Et j’aurais l’immense honneur de boire un rosé, sucré, très alcoolisé et pourtant, il est bien marqué blanc « on it », à ne rien y comprendre ….?... Durant notre repas, on entend parler Français derrière nous, « merde, on est plus tout seul à se comprendre… » mais ça fait tellement plaisir d’entendre sa langue maternelle… Enfin pour maternelle, il s’agit en fait de Belges… Très sympa au demeurant, avec qui, après les présentations qui s’imposent, nous déciderons de diner et de nous raconter nos parcours respectifs. Cela sera très intéressant du reste, ils font le même parcours que nous mais dans le sens inverse, ils sont donc passé par les lieux qu’ils nous restent à visiter et nous de même pour eux, très cool !!! En plus, ils dorment au même motel que nous, à deux pas et pour une fois aux States, que ce soit à l’aller ou au retour, nous marcherons, oui-oui, MARCHER ! pour retourner au motel depuis le resto. Idem pour les Belges, comme quoi, les us et coutumes voyagent bien ! H.S. ON : Petite dédicace à un ami Belge, qui nous avait affirmé à l’époque que peu importe où l’on se trouve sur la Terre, il y aura toujours un Belge pour vous y accueillir. Et pourtant, ils ne sont que 10 millions… H.S OFF. Il est maintenant l’heure d’aller se coucher… Demain, c’est le park Yosemite !

Jour 7 : Samedi 12 septembre

On part pas trop tard, car aujourd’hui aussi ya « tarpin » de route à faire, direction le Yosemite park, à prononcer yocémiti poke pour se faire comprendre… route magnifique là encore, et puis ça grimpe, mais ça grimpe, pour passer un col à 10000 feet d’altitude. L’entrée du park est trop belle, avec son chalet tout en bois et ses grosses pierres rondes sur le sous-bassement, et puis les sapins… Oh ! les sapins ! Et les lacs, et les falaises, et les grimpeurs, re-les sapins… La région savoyarde, en version Américaine, grande, immense pardon ! avec sa route à double sens bien balisé, ses doubles traits jaunes incrustés de baguettes réfléchissantes, ses panneaux d’affichages si différents des nôtres… Dépaysement total ! et surtout on n’oublie pas « Keep the wilderness Wild ! » C’est trop beau ! La Tioga pass est ouverte à la circulation, no problem la-dessus, direction Yosemite valley, histoire de voir El Capitan, Glacier Point, Sentinel Fall et de se restaurer. En route, on restera bloqué quelques minutes à cause d’un feu, eh oui, les fameux feux immenses de Californie J’aurais un sacré coup de barre juste avant d’aller manger, impossible de conduire, une envie de dormir soudaine, qui m’obligera à siester quelques temps au bord d’une rivière, tellement belle du reste, on se serait cru en Corse. Tat prendra le volant à partir de là, juste le temps pour moi de me reposer un peu de ne pas être au volant, mais décidemment, elle n’aime vraiment pas conduire et moi tellement, que je reprendrai le volant juste après manger… On quitte la Valley pour se diriger vers la sortie du park, direction SFO ! On roule, on voit de super paysage, un peu à la « shérif fais-moi peur », je ne sais plus où on s’est arrêté, mais avant d’entrer en ville, il fallait que je lave la mustang et quelle bonne idée ! Le plus beau Lavomatic que j’ai pu voir de ma vie, vu de l’extérieur, rien d’exceptionnel non plus, normal même, mais j’ai un TOC d’avoir un véhicule propre que ce soit le mien ou pas. En faisant le tour, une gentille Américaine me propose des lingettes parfums chewing-gum pour nettoyer mon tableau de bord, sympa ! On choisit le lavage, pas cher au passage et cerise sur le gâteau, l’aspirateur est gratuit ! Vu qu’on a fumé comme des pompiers dans la voiture, que Budget réclame 250$ s’ils s’aperçoivent qu’on a fumé « inside », ce petit nettoyage deviendra grand et malheureusement, notre glacière en polystyrène avait rendu l’âme sans qu’on l’ai vu, et c’est la banquette arrière qui n’était pas contente et humide… Sur la route, on s’arrête pour manger dans un « in&out » burgers, je leur décerne l’award du burger le plus gras et calorifique que j’ai pu mangé aux States, il dégoulinait de gras…Faut dire qu’avec 4 steaks hachés et 4 tranches de cheddar, il fallait s’y attendre…Les frites sont faites maisons, c-à-d épluchées, coupées et frites sur place, aucun intérêt gustatif ! L’impression de vivre un peu à la « SuperSizeMe », ça, c’est fait ! Arrivée par les ponts, de nuit, sur SFO puis entrée directe dans le centre-ville, impressionnant ! Se dessine devant nous les premières collines, cables-cars et démarrages en côte…Génial ! Ca promet ! On grimpe, grimpe jusqu’à notre hôtel sur Nob Hill, le valet nous gare la voiture, on arrive au lobby, on gratte l’upgrade, on l’obtient et visite guidée en vidéo de la suite avec vue sur SFO pour 100€TTC, oui-oui 100€ tout rond ! Et dire qu’on y dormira 4 nuits, vraiment une bonne idée et merci trip advisor et booking, car sur expedia, 3 nuits en chambre standard coutait 863€TTC dans le même hôtel ! Après cette rude journée et cette bonne surprise en fin de journée, on se dit que nos 4 jours à SFO démarrent sur les chapeaux de roues ! HeHaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!

Jour 8 : Dimanche 13 Septembre

Bon, voilà maintenant 1 semaine que nous sommes aux States, 1 semaine déjà ! Ca passe vraiment vite, trop vite ! Mais bon, on enchaine ! Direction les piers, pour cela on prend le cable car qui passe et s’arrête juste devant l’hôtel, on demande pour acheter le pass 3 jours, le conducteur très gentil (est-ce encore besoin de le préciser après une semaine ?), nous indique où l’acheter et nous offre ce premier voyage ! Cool ! Petit dèj chez Noah avec ces fameux bagels, ouai… Puis taxi pour le pier 39 (pire feurdi naïneu), car après 20 minutes de marches, on était à peine arrivé au N°7, on est Marseillais qd-même, faudrait pas l’oublier !!! On prendra le sightseeing tour avec les bus rouges ouvert sur le dessus, 25$/pers. pour 2 jours, cela m’aura permis de me situer (merci les conseils du forum), Tat restera définitivement perdu ces 4 jours dans cette grande ville, elle qui connaît si bien Paris… Mais bon, il fait gris, le temps passe, et l’envie d’aller se faire un tour de Rocket Boat nous démange… Quelle bonne idée ! Les vidz parlent d’elle-même !!! On a vraiment bien rigolé, un des membres du personnel était Français
Hôtel Le Canonnier à Maurice English translation pending
by Dofra · 2009-09-20 · 43 replies
Bonjour à tous et toutes .

Nous partons au cannonier dans 2 mois et avons opté pour une formule en demi pensION; je lis sur les forums que les prix xont exhorbitants , mais je n'ai aucune idée des tarifs appliqués.

Qelqu'un aurai t-il une fourchette de prix , sur les tarifs de l'hotel pour les bars (café , biére , coktail ) et aussi sur un repas de midi .....

mERCI ? A VOUS ; nOUS AVONS PEUT ËTRE ENCORE DEUX JOURS POUR CHANGER D'avis sachant QUE LE supplémént en FORULE TOUT INCLU EST DE 32 euros par jour et par personne .....

Merci
Avis sur circuit dans l'Ouest américain + variante Hawaï du 6 au 21 octobre English translation pending
by DJRaven · 2009-09-18 · 9 replies
Bonjour

Mon amie et moi-même partons du 6 au 21 Octobre au Etats-Unis ... çà sera notre premier voyage là bas. Aussi , pour ce premier voyage , nous avons décidé de choisir un tour operator plutôt que de partir complètement à l'aventure (conseil donné par un ami australien ... qui de plus est prof d'anglais en france (très habitué à voyager)).

Aussi , nous avons opté pour un voyage "Ruée vers l'ouest + variante Hawaï" ... et d'après ce que j'ai lu sur d'autres topics ... les temperatures sont assez fraiche !! Donc , je pense qu'on prendra quand même de quoi se couvrir (et pas uniquement des pulls) ... néanmoins , nous allons aussi visiter (je crois que c'est le 6ème ou 7ème jours) Les studios Universals à L.A. et passeront par Las Vegas.

Je compte en profiter pour réaliser pleins de photos ... je n'irai pas tous les ans non plus.

Quelqu'un a-t-il déjà réalisé ce voyage ? (conseils et remarques fortement apprécié)

Si dessous le planning (c'est du standard ... vue ... revue .... et surtout très connue , je pense)

- -- Jour 1 : France / Phœnix

Enregistrement individuel. Envol pour Phœnix. Accueil par votre guide-accompagnateur et transfert à l'hôtel. Dîner libre. Hébergement. Jour 2 : Phœnix / Grand Canyon / Page

Découvrez les splendides falaises rouges du village d'artistes de Sedona avant d'emprunter la route panoramique du Oak Creek Canyon. Déjeuner-buffet. Admirez les fabuleux paysages du Grand Canyon. Ses dimensions gigantesques et la variété des couleurs des roches en font un lieu unique. Suivez la route panoramique le long de la rive sud. Continuation pour Page. Dîner. Hébergement. Jour 3 : Page / Canyon de Chelly / Monument Valley / Blanding

Admirez l'impressionnant barrage sur le Colorado, à l'origine du Lac Powell, avant de pénétrer dans l'immense réserve indienne des Navajos. Route vers les formations rocheuses uniques de Monument Valley. Visitez le parc au cours d'une excursion en véhicule tout-terrain en compagnie d'un Indien Navajo. Déjeuner de spécialités indiennes. Découvrez ensuite les falaises abruptes du Canyon de Chelly, dernier bastion de la résistance indienne contre Kit Carson en 1864. Route vers Blanding. Dîner. Hébergement. Jour 4 : Blanding / Arches / Canyonlands / Moab

Visite du parc national d'Arches. Découvrez ces nombreuses arches naturelles de couleurs ocre taillées par l'érosion. Déjeuner pique-nique dans le parc. Admirez en fin de journée le spectaculaire panorama du parc de Canyonlands depuis le promontoire de Dead Horse Point. Dîner. Hébergement. Jour 5 : Moab / Capitol Reef / Bryce Canyon

Traversez le parc de Capitol Reef. La route panoramique offre des points de vue saisissants sur les hautes falaises multicolores. Déjeuner. Découvrez ensuite la beauté de Bryce Canyon. L'érosion a sculpté d'innombrables tourelles dans de gigantesques amphithéâtres naturels, les couleurs passent de l'ocre rouge au violet par toutes les nuances d'orange et de rose. Dîner. Hébergement. Jour 6 : Bryce Canyon / Zion / Las Vegas

Suivez la superbe route panoramique qui traverse le parc de Zion. Les couleurs variées des falaises sont stupéfiantes. Déjeuner puis arrêt photo au temple mormon de Saint-George. Route à travers le désert pour arriver à Las Vegas, oasis de lumière, capitale mondiale du jeu et des spectacles. Dîner libre. Hébergement pour 2 nuits. Jour 7 : Las Vegas / Vallée de la Mort / Las Vegas

Découverte du point le plus aride des USA : la Vallée de la Mort présente des paysages variés allant des hautes montagnes au point le plus bas du continent, un désert de dunes de sable et de spectaculaires gisements d'ocre... Déjeuner au cœur d'une oasis. Retour à Las Vegas. Dîner et soirée libres. Jour 8 : Las Vegas / Los Angeles

Traversée du désert Mojave. Arrivée à Hollywood aux célèbres studios Universal. Déjeuner simple puis visitez les décors des studios à bord d'un petit train. Profitez également des nombreuses attractions créées sur le thème de vos films préférés. Dîner. Hébergement. Jour 9 : Los Angeles / Santa Barbara / Solvang / Lompoc

Tour de la "Cité des Anges" : Hollywood, Sunset Boulevard, Beverly Hills, les empreintes des stars, les magasins de luxe de Rodeo Drive. Déjeuner. Départ le long du Pacifique jusqu'à Santa Barbara. Promenade à pied dans le vieux centre espagnol. Continuation vers Solvang, un curieux village créé par une communauté danoise. Tout y est : les maisons à colombages, les nids de cigognes et les délicieux gâteaux aux pommes... Surprenant ! Route jusqu'à Lompoc. Dîner-buffet. Hébergement. Jour 10 : Lompoc / Monterey / San Francisco

Découverte de la péninsule de Monterey. Empruntez la superbe route panoramique "17 Mile Drive" qui serpente en bord de Pacifique entre de luxueux golfs et les manoirs de riches célébrités. Déjeuner dans le village pittoresque Carmel. Visite de Monterey : l'ancien port de pêche à la sardine est devenu un haut lieu touristique. Rejoignez San Francisco, la ville la plus européenne de Californie. Tour d'orientation de Chinatown et dîner de spécialités chinoises. Hébergement pour 2 nuits. Jour 11 : San Francisco

Visitez la ville préférée des voyageurs en Californie : Union Square, Market Street, le pont du Golden Gate. Déjeuner à Fisherman's Wharf. Après-midi libre. Profitez d'un ticket de cable-car remis par votre guide pour faire l'expérience de ce moyen de transport unique. Dîner et soirée libres. Jour 12 : San Francisco / Honolulu

Transfert à l'aéroport. Enregistrement individuel. Envol pour Honolulu. Accueil hawaïen et remise du collier de fleurs traditionnel. Transfert à l'hôtel. Déjeuners et dîners libres. Hébergement pour 3 nuits avec petits déjeuners américains. Jours 13-14 : Honolulu

Journée et repas libres pour découvrir Honolulu et profiter de la plage de Waikiki. Jour 15 : Honolulu / France

Selon l'horaire de vol, transfert à l'aéroport. Envol pour la France. Dîner et nuit à bord. Jour 16 : France

Petit déjeuner à bord. Arrivée en France.

--

Notre but étant d'être le mieux préparé !!

- Faut-il prendre des chaussures de marches ? (basket , c'est bien ... mais si on doit faire des trucs long à pied ...) - Faut-il prendre pas mal de liquidité ? (je sais les CB c'est bien , mais on en trouve pas partout , surtout dans les coins perdu ... et combien budgétiser) - Quels vétements prendres en particulier ou éviter pour cette période de l'année ?

Si vous avez des conseils .... ils seront les bienvenues .... Je me suis un peu renseigné sur Universal Studios .. et il semblerait que l'on ait un peu de chance , puisqu'on y sera un mardi ... donc , çà sera moins remplis qu'un Week-end.

Quelqu'un aurait-il un conseil pour Hawaï .... rester 2 jours là bas ... c'est bien .... mais çà serait bien de visiter quelques trucs .. donc une idée serait très apprécié.

Un truc quand même .... c'est la durée du voyage ... à l'allée ... 20h32 !!!!!!!! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué : Paris (CDG) -> Francfort (4h d'attente) Francfort -> Denver Denver -> Phoenix

Pour le retour , c'est pire : 27h35 (!!!!!!!!!!!!!!) Honolulu -> San Fransisco San Fransisco -> Munich Munich -> Paris (CDG)

Merci d'avance ... pour toutes aides précieuse :)

David
Les Grenadines en voilier 5D English translation pending
by Phil13680 · 2009-09-07 · 42 replies
Bonjour,

Je devrai partir du 15 au 30/11/09 (résa en cours), sur un voilier 5D pour les Grenadines. Beaucoup d'avis négatifs mais qui semblent dater et pas de photos. Un peu étrange en général les mécontents aiment bien faire partager les photos du cafard dans le café, de la moississure dans la douche.... D'autant plus que certains sont apparemment en procès et quoi de mieux qu'une p'tite photo pour soutenir les dires...!!?? Puis d'autres ravis. Bref dans ce capharnaüm, j'ai quand même décidé de prendre ce voyage. Donc si certains internautes ont un avis objectif je suis preneur. Ma p'tite crainte tomber sur des bidochons et me les farcir pendant 2 semaines, d'autant que la notion de bidochon étant suggestive ont peut l'être et ne pas le savoir, d'ailleurs peut-être en suis-je un....... Bon bref après ces pensées hautement philosophiques, si vous avez de bonnes infos, je prends !!!

Phil.
Bel hôtel propre avec piscine sur Bali? English translation pending
by Julialz · 2009-08-28 · 36 replies
Bonjour,

Premier voyage à Bali, nous avons parcouru le forum pour trouver des adresses d'hotels. Budget 50-100 $ la nuit. Premier voyage en amoureux, on laisse les enfants aux grands parents !

Nous allons rester 15 jours/13 nuits, en passant 3 nuits à Lombok ( qu'en pensez vous ? )

Nous cherchons des hotels propres, avec piscine, de préférence beaux et reposants mais en aucun cas usine à touristes !

Plage et snorkeling, massages, petite rando, du grand air, des beaux paysages... AVez vous quelques adresses, actualisées 2009, à nous conseiller ?

Merci merci !!

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