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Urgent: trop de billets de cent dollars aux États-Unis English translation pending
bonjour,
nous avons changé les billets aujourd'hui et nous avons beaucoup trop de billets de 100$ qui sont soit disant difficile à passer au états unis et surtout pas pratique. Alors ma question est : peut on aller dans une banque et demander d'avoir des coupures de billets plus petite???
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Récit de mon voyage en Inde seule English translation pending
NAMASTE!
Lundi 18 janvier 2010
Je prends l’avion à BRUXELLES national; il est prévu à 10H mais je pars avec 3 H de retard! (cause brouillard à Delhi). J’arrive à DELHI à 1H45 du matin. Je récupère ma valise sans aucun problème. Je suis attendue par Raj à la sortie. Evidemment, il y a deux sorties et je sors par celle qui n’est pas la bonne pour moi! Donc tour de l’aéroport à pied puis j’arrive dans la foule qui attend à la première sortie. Il était prévu que Raj m’attende avec le drapeau français; je regardais donc après ce beau grand drapeau flottant dans l’air en m’attendant mais rien à l’horizon… Tout à coup, j’entends mon prénom; c’était Raj avec un drapeau sous forme d’écharpe… Hé oui, je ne suis pas la Reine Victoria, fallait s’y attendre!
Il me fait attendre 5 minutes pendant qu’il récupère sa voiture; j’avais oublié que les minutes indiennes n’ont pas la même durée que chez nous! Finalement, après bon nombre de minutes, Raj revient à pied! Impossible de venir avec la voiture, dit-il, car trop d’avions ont attéri en même temps et de ce fait, trop de monde. La solution la plus simple était donc que je l’accompagne pour récupérer le véhicule.
Chose faite, nous engageons la sortie de l’aéroport dans un brouillard super dense au point que Raj se trompe de chemin; faut dire que les routes sont barrées un peu partout à cause des travaux consistant à établir des nouvelles lignes de métro. Mais il est coquain et dit aimer la difficulté.
Nous arrivons à l’hôtel DELHI CITY CENTER à 4 H du matin. Il m’accompagne à la réception, histoire de voir si la réservation est correcte; nous nous fixons rendez-vous pour le lendemain 10 H du matin pour, comme prévu, journée de visite ensemble où il me fera découvrir les coins insolites du vieux Delhi. Le garçon me conduit dans ma chambre. je n’y reste pas longtemps car il y a un concerto de chiens n’en finissant pas; encore un peu de temps perdu pour changer mais cette fois, ça y est, je suis installée, je déballe, je range. Il est proche de 6H du matin; ça craint pour le rendez-vous. Effectivement, je me réveille le lendemain à midi; téléphone à Raj pour reporter la visite à 1H. Premier déjeuner louper.
Mardi 19 janvier 2010:
La journée commence donc assez tard et notre rendez-vous est prévu devant la gare de New-Delhi. Nous prenons le métro pour nous diriger vers le quartier « Chandni Chowk » où se côtoient commerçants, passants et vaches sacrées. Raj voit directement que je suis intéressée par les temples donc sans hésiter, me fait visiter un lieu où se trouvent face-à-face un temple sikhs « le Gurudwara » et un temple hindou; quelques mètres plus loin, on peut apercevoir une église et une mosquée; sensation très agréable de voir ce mélange de religions. Nous visitons donc pour commencer « le Gurudwara »; ce qui tombe bien puisque nous sommes mardi, jour de la cérémonie. Le temple est animé par des personnes chantant les « mantras »; nous tournons aussi autour du lieu saint afin d’être béni puis achetons une petite nourriture sucrée déposée sur une feuille de vigne au prix de 10 roupies/6 cents. La coutume veut que nous mangions une partie et versons le reste dans un grand bac; à la fin de l’office, cette nourriture sera servie aux pauvres. On reconnait facilement les « Sikhs »; ils ont un ruban autour de la tête; il faut savoir qu’il eu une très longue chevelure enroulée dans ce ruban. Avant de sortir, je photographie le « ligam » de Shiva, tant vénéré des hindous.
A ma grande surprise, j’ai l’autorisation de photographier le « om3 » représentant « Shiva » que je porte à mon cou. Shiva est toujours représenté avec son trident, le taureau Nundi et le om3.
En sortant, je n’oublie pas de reprendre les petites fleurs bénies qui m’ont été offertes par les brahmans, déposées dans une sorte de petite corbeille fabriquée avec des feuilles sèchées. Petite anecdote à ce sujet: ces fleurs étaient déposées sur ma table de nuit et chaque jour matin, il en manquait une! Je n’y ai jamais rien compris; ce sont les mystères de l’Inde.
Enfin, après avoir récupéré mes chaussures, je photographie le temple hindou sans pouvoir y accéder; jour de fermeture.
Tout ceci m’a donné soif, ça tombe bien, j’aperçois un jeune homme pressant des jus d’orange à l’ancienne avec un pressoir qui me fait penser à la machine dont ma mère faisait la tête pressée! Au demeurant, ce jus accompagné d’un peu de « sel » est délicieux.
Le chemin se poursuit et je découvre les façades des bâtiments du vieux Delhi ornementées d’installations électriques dont on se demande bien comment cela a pu être installé et surtout comment ça fonctionne sans prendre feu de tous les côtés! Mais c’est l’Inde…
A gauche, il y a l’église qui est fermée à cette heure mais nous avons le droit d’y visiter la petite école attenante, comportant un tableau, quelques petites tables et chaises; on ne voit plus ça chez nous depuis cent ans.
Raj croit que j’ai faim. Il me conduit vers un des meilleurs restaurants de Delhi; en fait « Karim » le propriétaire en possède huit. Le plus simple est en tout cas celui-ci; je découvre comment les cuisiniers cuissent les chapatis au moyen d’un four encastré en terre. En fait, je ne mange pas, je n’ai pas envie de perdre trop de temps; j’y reviendrai plus tard. En fait, je ne l’ai jamais retrouvé; je l’ai cherché un autre soir mais me suis retrouvée dans un autre restaurant de la famille de « Karim »; j’y ai mangé une tajore de mouton, on ne peut plus délicieuse; par contre, la boisson verdâtre que j’ai commandée par curiosité est nettement moins bonne; je ne la bois d’ailleurs pas et commande un coca. Je ne raconte même pas l’histoire pour me faire servir un coca-light… Le « light » a été le mot de trop et ça les a perturbé!
Pour en revenir à la visite du jour, nous arrivons à « Jama masjid » la plus grande mosquée de l’Inde. Cet endroit est merveilleux; on peut y admirer le « fort rouge » au loin; heureusement, car je n’aurais jamais le temps d’aller le visiter! Ce bâtiment est bien sûr musulman; l’heure de la prière étant arrivée, on prie les visiteurs de se retirer; la visite se poursuit en faisant le tour complet extérieur de « Jama masjid » vu sous tous ses angles; fabuleux bâtiment tout en grès rouge.
Il faut avouer que ce fût une journée bien remplie et qu’il est, dès lors, déjà 20 H. Nous reprenons le métro pour rentrer à New Delhi et Raj me ramène à l’hôtel avec sa moto que nous récupérons à la gare. Faire de la moto à Delhi relève d’un courage remarquable, que je le dise, et même pas peur!
Me voilà donc de retour à l’hôtel où je ne reste que quelques minutes car je décide sur le coup d’aller me faire un petit massage de pied. Je trouve vite mon bonheur, enfin j’ai cru. C’était un petit salon de coiffure et les massages se faisaient en haut, me dit-on. Grimpant sur une échelle à la verticale, je me retrouve sur une vieille couverture miteuse avec un homme que je ne pense pas plus masseur que moi mais qui fait de son mieux pour masser mes pieds qui ont déjà bien soufferts pour leur première journée. Le problème, hé oui, il y en a un, ce monsieur ne voulait pas se concentrer uniquement sur mes pieds… Bon, allez, je m’en sors bien… Pas de problème, juste une petite mise au point. Je redescends de mon échelle verticale et vais manger un petit bout à l’hôtel.
Puis bonne douche et gros dodo.
Mercredi 20 janvier 2010:
Ce matin, j’ai rendez-vous à 9H à mon hôtel avec Charlaine dont j’ai fait la connaissance par internet sur forumvoyage. Elle est là, m’attend en revoyant ses emails. Nous commençons par un bon petit-déjeuner avant d’entamer cette nouvelle journée.
Elle commence un peu mal cette journée car l’objectif était d’aller visiter le « fort rouge » et tous les chauffeurs de taxis nous disent qu’à cause de la fête nationale indienne du 26 janvier, le « fort rouge » n’ouvre qu’à partir de 11H, ce qui va nous faire perdre beaucoup de temps. Donc après négociations sévères de ma part, car Charlaine arrive en Inde, elle ne sait pas encore négocier.
Nous commencerons donc alors la journée par la visite de « Raj Ghat », lieu de crémation de Ghandi. Nous y visitons le petit musée dédié à Ghandi où il est agréable d’imaginer la sobriété de sa vie en voyant son petit bureau avec le rouet qui était toujours devant lui, sa petite chambre dont le matelat est à même le sol et les nombreuses photos qui en font foi. Au fond du jardin, on découvre un petit ashram et au milieu de ce parc, un monument là où fût incinéré Ghandi. Je me rappelle des photos vues à ce sujet où Néhru allumait le bûcher étant donné que Ghandi n’avait pas de fils. Ce fût un moment très agréable et relaxant que nous avons passé en cet endroit.
Ensuite, direction « musée National », là notre petit chauffeur de richwach nous laisse mais pas sans contester puisque la police a dû intervenir pour le prix; nous avons eu gain de cause. Le musée national est très intéressant et la visite dure 2H30; nous sommes équipées d’un guide audio-francophone. Aucune photo n’est permise mais tout reste gravé dans la mémoire du disque dur de mon petit cerveau. Beaucoup de peintures, de dieux en bronze, de portes en bois, de monnaies, de vestiges, de vêtements; représentation d’un vieux chariot; j’en passe et des meilleurs!
Il est plus de midi trente et nous appelons un chauffeur de taxi qui nous emmenera toutes les deux chez Chhavi.
A 15H, nous rencontrons « Chhavi » qui nous donne un cours de cuisine. Elle commence par nous servir un « tchai » que je découvre pour la première fois; ensuite, elle nous apprendra comment préparer cette boisson succulente au lait et au gimgembre. En attendant, elle nous explique comment faire un « chapati »; on fini bien par y arriver avec de l’huile de bras mais c’est périlleux.
En les mangeant, on goûte la différence entre ceux que Chhavi a préparé et les nôtres; ils sont moins durs. Cela consiste en fait à faire une crêpe à l’eau, la fourrer de patates aux épices et de cuire le tout dans une poele à frire. Nous allons ensuite faire un petit tour à pied à la recherche de curry que nous ne trouverons pas puisque le curry est un mélange de dix épices, s’appelant masala.
Mais je suis un peu têtue et n’ai pas voulu de ce mélange sur le coup, ce n’est que plus tard que je devais me rendre à l’évidence du fait. En rentrant de cette petite balade, petite séance photos: la maman, la tante, la fille, l’amie de la fille, Charlaine et moi.
Après cette sympathique après-midi et échange d’adresses email, Charlaine et moi quittons le secteur en direction de nos hôtels respectifs. Je termine ma soirée dans la rue principale de l’hôtel en cherchant un petit resto sympa mais me retrouve dans celui du jour avant, tout compte fait, c’était pas mal!
A la sortie, j’assiste à une cérémonie de mariage où la musique fait rage; je m’y amuse un moment puis décide de rentrer me coucher juste après avoir reçu une baguette de tambour sur une cuisse! Coup bleu assuré. Chose étrange, je n’y ai vu que le marié.
Soit, je rentre faire un peu d’internet puis vais me doucher, programmer ma journée du lendemain, faire mes petits comptes comme tous les jours, avant de m’endormir comme un bébé.
Jeudi 21 janvier 2010:
C’est le dernier jour à Delhi, je n’aurais pas le temps de tout faire donc je décide de louer un taxi et de faire au mieux. Je me rends directement au temple « Birla Mandir ou Lakhminarayan »; c’est un très grand temple tout en marbre blanc, le plus moderne de Delhi. Il est magnifique. Le taxi me dépose devant l’entrée et on ne manque pas de me solliciter pour la vente de photos, d’album, de cartes postales etc… Refusant le tout et ne faisant attention qu’à chercher l’entrée principale, je tombe dans un trou sur le trottoir, petit souvenir toujours d’actualité puisque toujours mal au genou droit. Les indiens sont très attentionnés; ils m’aident à me relever, à me diriger vers une petite salle d’attente où une dame panse mon genou en sang et un homme masse ma main devenue toute bleue avec des glaçons.
J’ai cru l’espace d’un moment que mon voyage allait s’arrêter là! Mais, les dieux étant avec moi, j’ai pu terminer mon périple sans problème.
Je visite donc le Birla Mandir à l’aise; il est grand, magnifique, en marbre blanc, d’une allure exceptionnelle.
Remontée dans le taxi et direction « musée d’Indira Ghandi », lieu très fréquenté par les indiens où l’on découvre outre de nombreuses photos de Mahtama et d’Indira, le saree taché de sang qu’elle portait lors de son assassinat.
Il allait de soi qu’il me fallait ensuite visiter le « musée de Nehru » : très beau bâtiment avec un parc magnifique réfléchissant le calme, où on a du mal à imaginer le brouhaha à quelques mètre à peine de là. On y trouve également de nombreuses photos, la représentation de son bureau, de sa chambre et de nombreux objets divers. J’avais très envie de voir ce musée car depuis le film « pour l’amour de l’Inde » que j’ai vu il y a quelques années, je me suis prise d’amitié pour Nehru et son histoire d’amour avec la princesse anglaise.
Je ne suis pas très loin du « Jantar Mantar », l’observatoire. Bien que n’y connaissant rien en astrologie, je ne manque pas de m’y attarder un bon moment tellement l’endroit est passionnant. J’aime me promener dans ces sites tellement calmes et respectés; j’y prends beaucoup de plaisir et de détente. Je trouve en ces lieux une sérénité que je ne trouve nulle part ailleurs.
Un endroit qu’il ne fallait surtout pas rater à Delhi était le « Qutub Minar », le minaret le plus élevé de l’Inde. Ce minaret était jadis visitable mais depuis la mort de quarante personnes tombées en bousculade, il est interdit d’y monter. Quelle fût ma surprise en voyant cet énorme site, si propre, où se promènent de nombreux indiens en visite eux-mêmes. Grande chance aussi d’y trouver un guide oral en français. Cette visite m’a pris trois heures complètes de tour et de détour entre ces ruines, ces minarets, ces colonnes sculptées, ces nombreux tombeaux; les étudiants visitant les lieux et voulant toujours être photographiés et heureux de pouvoir accoster une étrangère. Encore une fois, j’y trouve une grande paix intérieure et c’est heureuse que je termine mon tour.
Retrouvant mon taxi fidèle au rendez-vous, je continue mon chemin vers le « Lodi Garden », grand parc où se trouve une mosquée et des tombeaux. On retrouve là de nombreuses familles pique-niquant; d’ailleurs, je fûs invitée par l’une d’elle à manger un peu de poulet et de pain; j’accepte volontiers. Après photos et remerciements, je poursuis mon chemin aux détours des petits sentiers du parc; j’y fais la connaissance du Docteur Shing, acupuncteur à Mumbay; nous faisons un bout de chemin ensemble; il propose de m’offrir un thé, ce que j’accepte mais, pendant la préparation de celui-ci, je me rappelle qu’il ne faut rien accepter à boire et prétexte d’être très pressée et abandonne Dr Shing devant les thés, ce qui ne l’empêche pas de m’inviter à souper, chose qui n’aurait pas lieu.
J’ai rendez-vous à 19H avec Raj pour visiter le « Nizam-ud-Din-Dargah » mais je dois passer d’abord par le « temple Bahia »; c’est un détour et de plus, nous tombons dans des embouteillages. Je me précipite sitôt arrivée au point que j’oublie d’enlever mes chaussures pour y rentrer; une jeune dame me les confisque et me fait comprendre que je les récupérerai à la sortie à l’endroit prévu. Je n’apprécie pas beaucoup ce temple qui n’est beau que de l’extérieur donc n’y reste pas longtemps. Par contre, la sortie en elle-même fût plus longue car mes chaussures n’étaient pas à l’endroit prévu et ai dû faire marche arrière et retourner tout au début du temple où la jeune dame avait laissé mes charmantes petites chaussures.
Bien contente de les avoir retrouvées, je remonte dans mon taxi et me rend au Nizam-ud-Diu-Dargah pour assister à la grande cérémonie du soir mais Raj ne sera plus là, car j’ai loupé le rendez-vous et il est déjà parti à la rencontre d’autres visiteurs. Peu importe, je participerai seule à cet office. L’endroit est un haut lieu musulman et chaque jeudi, il y a la grande fête avec hommage à un grand saint derviche mort en 1325. J’y reste un moment assise à terre, écoutant les chants, la musique et regardant tourner les hommes et les femmes apportant des offrantes au Saint.
En quittant ce lieu, je me rends chez « Karim » dont je parlais plus haut.
Je reprends un petit taxi pour retourner à l’hôtel où je vais boucler ma valise, me doucher et faire mon petit rituel de soirée avant de m’endormir.
Je n’aurais pas eu l’occasion de visiter la tombe de Humayun’s tomb et le Purana Qila ainsi que le Fort Rouge ni Birla Housse national Ghandi muséum. L’India gate n’aura été qu’aperçue et j’ai fait un petit tour de reconnaissance à Connaught place lors d’un rendez-vous avec Wahid qui va me faire découvrir l’art de prendre le métro et comment me débrouiller dans une gare indienne!
Vendredi 22 janvier 2010: aujourd’hui, je pars pour l’aéroport domestique de Delhi afin de m’envoler vers Kolkata à 9H20; malheureusement, toujours cet énorme brouillard et nous avons trois heures de retard mais l’aéroport est agréable et le temps ne parait pas trop long. Pas trop de formalité aux aéroports. Par contre, longue file d’attente pour les taxi prépaids. J’arrive vers 18 H à l’hôtel CIRCULAR. Petit hôtel sympa mais pas très propre; je dois nettoyer ma chambre et la salle de bain en arrivant. Puis, je fais un premier tour d’horizon dans Calcutta, pas bien loin puisque la nuit commence à tomber, juste de quoi me repérer un peu.
Calcutta était capitale de l’Inde jusqu’en 1947; cette ville s’appelait jadis « Kalikata ». On y retrouve bien « Kali » d’où le nom du célèbre quartier « Kalighat » où se trouve le temple de « Kali ».
C’est en 2000 que la ville fût rebaptisée Kolkata. Cette ville est à la fois fascinante et inquiétante. Les contrastes sont violents, se mèlent misère et richesse.
Pour en revenir à ma première soirée dans cette cité qui semble mystérieuse, je repère une église dont je ne sais plus le nom, quelques magasins, une fondation de mère Térésa puis rentrée en douceur vers l’hôtel où je décide d’aller manger un petit bout.
Samedi 23 janvier 2010:
Je commence cette journée en me rendant à 12 kilomètres de l’hôtel dans l’endroit qui m’intéresse le plus à Kolkata soit le quartier de « Kalighat » appelé aussi quartier de Dakshineshvar; c’est un grand centre de pélérinage depuis 1809.
Me rendre dans ce quartier était une des principales raison de faire escale à Calcutta, quand on sait que Kali est ma déesse préférée.Ce temple a été commandité par une riche veuve, partie en pélérinage en 1847 à Bénarès et qui en rêve vit la Mère Divine sous la forme de Kali qui lui ordonna de construire un beau temple sur les rives du Gange et d'y installer une statue dans laquelle la déesse pourrait s'incarner pour y être vénérée. La veuve s'exécuta et la construction du temple dura de 1847 à 1855. Le temple de deux étages superposés, est ponctué à chaque angle par une tour et un dôme dominant au centre. À l'intérieur, le sanctuaire de Kali est encadré par 12 petits sanctuaires consacrés à Shiva. La statue de la déesse Kali est posée sur une fleur de lotus en argent.
Dans ce quartier particulier, les gens sont vraiment très pauvres, se lavent le long des rues mais je les sent gentils, ils n’ont pas de rancœur dans les yeux en me regardant. Beaucoup de monde se précipitent à l’entrée du temple de « Kali »; je fais de même. Je suis invitée dans une boutique pour y déposer mes chaussures et je fais tout le quartier pieds nus; par la suite, je me suis aperçue que toutes les boutiques faisaient cela et que j’aurais pu garder mes chaussures encore un moment; grand bien me fasse, j’ai pu garder mes chaussettes, qui sont à la poubelle actuellement vu qu’elles étaient irrécupérables. J’ai encore en tête ce souvenir de personnes, offrandes en main, attendant dans l’immense file, moi y compris, pour se rendre dans le temple. C’est beau. On est là pour quelque chose. On ne sait pas trop ce qu’on va y découvrir mais on est là, on attend, on est heureux.
Il est strictement interdit de prendre des photos à l’intérieur c’est pourquoi on ne verra que l’extérieur comme dans la plupart des temples hindous.
Après avoir franchi la première file, on se retrouve dans le quartier proprement dit avec ses petites échopes et ses ruelles. Au bout de l’une d’entre elle, on est face à l’endroit où l’on sacrifie les animaux que ce soient poulets et mouton. Les restes seront mangés par les pauvres. On essaie d’éviter de marcher dans le sang répandu à terre avant de refaire une seconde file qui mènera dans le temple lui-même.
Il est strictement interdit que les non-hindous pénètrent dans ce temple mais ne voulant pas comprendre ce qu’on me dit, les gardiens finissent par me faire déposer mon sac à la consigne et m’autorise à suivre la foule. Je n’avais pas d’offrande, juste une petite peluche prise pour donner à un enfant; c’est cette peluche que j’offre à Kali parmi les fleurs qu’elles reçoit. Le principal, c’est de participer n’est-ce-pas! Evidemment, les brahmans demandent de l’argent; les dix roupies que je leur donne ne convient pas mais ils n’auront pas plus. Il me rendront la peluche qui fera le bonheur d’un enfant plus tard. Je termine la visite comme tout le monde en tournant un peu à l’intérieur, écoutant un peu les chants.
Un soi-disant guide me conduit vers le ghat où tout est très coloré, j’y prends quelques photos et découvre, pour la première fois, un arbre que l’on vénère car les arbres sont « vivants » donc vénérés en Inde. Sur les quais du ghat, on me demande beaucoup d‘argent pour l’entretien du site, me montrant sur papier que d’autres touristes ont bien participé et pour de grosses sommes; je refuse bien sûr.
Continuant à déambuler dans les petites ruelles, je repère un gamin à qui je donne une petite voiture que mes petits-enfants n’ont jamais joué avec; lui, s’amuse bien avec.
A la sortie du vrai quartier kalighat, je retrouve une famille assise derrière des sacs, je les avais déjà vu en arrivant; je me dirige vers eux et leur donne un peu de jouets et des pantoufles d’enfants. La petite fille me suit et dit qu’elle a faim, un gamin et deux dames aussi; ils veulent de l’argent mais je décide de leur offrir à manger directement; ils sont contents, ils attendent que le cuisinier les servent mais j’ai vite compris qu’ils ont comploté et me demandent de payer d’avance; résultat, ils n’ont rien eu et je m’en vais.
A côté du temple, se trouve 1 mouroir, sanctuaire et hospice; c’est le 1er centre de mère Térésa, dirigé par les sœurs de la charité datant de 1952.
Pour moi, ce fût une merveilleuse matinée. J’ai vraiment fait ce que je voulais faire à Calcutta et je me sens fière de moi.
Après-midi, je respecte le programme que je me suis fixé en me dirigeant vers le quartier de « Chowringhee Road ».
Le premier site que je découvre est « le Mémorial Victoria ». Ce bâtiment fût construit de 1906 à 1921; au départ, il a été construit pour rivaliser avec le Taj Mahal. L’entrée coûte 150 roupies soit l’équivalent de 2,20 euros. Il faut savoir qu’au moment où je visite l’Inde, je reçois 65 roupies pour un euro. Enfin, je devrais dire en principe, je devrais recevoir car avec la commission, je n’en ai que 62.
Je reparle du Mémorium Victoria. Ah oui, en fait, quand je parlais de contraste, en voici un bon exemple…. Replongeons-nous dans kalighat et voyons ce mémorial!!! Cette demeure est fabuleuse, gigantesque, en marbre blanc, aux piliers multiples, au parc d’une propreté exemplaire où se promènent les amoureux, les solitaires, les petits groupes, moi; ce n’est que du bonheur ce moment de détente assise sur un banc contemplant la batisse. Auparavant, j’avais fait un tour intérieur; sur deux étages, on voit de nombreuses petites galeries, des objets d’arts, des photographies à ne pas en finir et bien sûr la statue géante de « la reine Victoria » qui est remarquablement spectaculaire. Le parc devant l’entrée est un peu plus agité car se mèlent les entrées et les sorties, mais je suis toujours stupéfaite de la propreté du site; je suis également surprise du peu de touristes étrangers; les visiteurs sont tous indiens. Ce qui pour moi est une aubaine.
La visite dure à peu près 2 h 30 car j’aime prendre mon temps et me prélasser dans ce parc, de plus, le soleil est de la partie et je suis bien; je me sens relax; j’ai l’impression d’être vraiment à ma place!
Enfin, je quitte ce lieu et me retrouve sur la place où l’on me propose des balades en calèches que je n’accepte pas je ne sais pourquoi; j’aurais pu faire un tour mais je pense que j’avais vraiment envie de suivre l’objectif fixé et il faut quand même bien dire que je ne reste pas trop de jours à Calcutta et qu’il y a encore beaucoup à voir.
En chemin, je cherche à manger pas très loin du mémorial Victoria; c’est donc en marchant sur le trottoir que je pris mon diner. Il me reste un peu de nourriture que je donne à un mandiant.
Pas très loin, à 500 mètres, je découvre le Birla planétarium; c’est le planétarium le plus vaste d’Asie représenté par un gros dôme; il y a une séance en hindi qui va commencer; vu que je ne parle pas plus anglais qu’hindi, je décide d’assister à celle-ci plutôt que d’attendre 18h. Reconsigne pour les sacs et en avant, file pour la séance de 16 h. Je prends place au premier rang dans un fauteuil confortable, les yeux levés au firmament artificiel. Nous sommes au-moins 2000 personnes à l’intérieur de ce planétarium; la séance commence; je ne comprends rien mais je devine un peu ce qui se dit, reconnaissant le nom des planètes; ce spectacle dure une heure et me plait beaucoup; encore une fois, je suis bien; je suis détendue et ravie d’avoir assisté à cette démonstration.
En sortant, quelques indiens m’interpellent pour être pris en photo avec moi; je suis contente; ils sont contents.
Quelques pas à peine et je suis face à la « cathédrale St Paul » datant de 1840; je visite l’intérieur; ce lieu est paisible comme on peut l’imaginer. Il commence à faire nuit et je profite de refaire quelques photos de la fontaine éclairée devant le planétarium avant de rentrer.
Cette journée se termine doucement. Je prends le chemin du retour. Je vais faire un petit gueuleton à l’hôtel puis ferai le petit train-train habituel du soir pour préparer la journée du lendemain avant de passer une nuit de rêve.
Dimanche 24 janvier 2010:
Ce matin, je me rends dans le quartier de « Chowringhee Road » pour visiter « l’Indian muséum » dite la maison magique. C’est une imposante batisse victorienne datant de 1875. On l’appelle ainsi car on y trouve de tout. Il y a des salles à ne pas en finir. C’est ici qu’est la première collection d’art et d’archéologie du sous-continent.
On découvre des animaux empaillés, des pièces de monnaies, des livres, des vieux documents, des vestiges préhistoriques, une galerie égyptiennne, j’en passe car je me souviens plus de tout mais ce que je peux dire c’est que ça n’en fini pas; il y a deux étages. On sort, on rentre; c’est un vrai labyrinthe. Le soleil est toujours de la partie et il est bien agréable de sortir de temps en temps du musée pour se réchauffer. Encore une fois, parc magnifique et très bien entretenu. La visite me prend pratiquement la matinée.
En sortant, j’ai soif et je bois un jus d’orange près d’un petit marchand; j’ai faim aussi et je lui demande de m’éplucher un ananas et le couper en morceaux. Il ne me reste plus qu’à trouver un endroit sympa pour le déguster. Ce que je trouve facilement, car à l’autre bout de la route, il y a le « maidan parc » , qui est le poumon de Calcutta. Je m’installe dans un des terrains où se déroulent des jeux de criquets. C’est assise sur l’herbe que je déguste ainsi mon ananas. C’est un petit festin. Je suis bien. J’aurais bien envie de m’endormir un peu mais non, le courage me reprend aussitôt et je repars à la rencontre de nouvelles aventures.
Un homme remarque que je pars, il me suit, il a envie de me guider; ça tombe bien, je dois aller voir « l’Orchterlony monument » rebaptisé depuis 1969 « Shabid Minar » ; il me renseigne et m’accompagne. Je lui dit que j’aime mieux visiter seule mais insiste et frôle la crise cardiaque car il a voulu marcher trop vite en me suivant. Le pauvre. Bon maintenant qu’il est là, j’en profite pour lui demander de me photographier.
J’aperçois le Shabid minar; ce minaret mère 48 mètres de haut et a été érigé en 1841 en l’honneur de Sir Ochterlony, vainqueur des troupes népalaises. Je n’y accéderais pas car justement, il y a une manifestation assez gigantesque. C’est le point de ralliement de toutes les manifestation et aujourd’hui, c’est l’anniversaire de je ne sais quel homme politique; je pense que c’est un général et qu’il a délivré les martyres car «Orchterlony» veut dire général-vainqueur.
Je continue ma balade parmi la foule et les voitures venant dans tous les sens; je demande mon chemin et me retrouve devant une très jolie mosquée verte, style turque.
Sur mon passage, je rencontre une série de petits cordonniers; comme mes chaussures sont un peu grandes, c’est avec tout mon talent que je leur explique la chose. Il comprenne très bien; les voilà en train de coller et coudre au moyen d’un gros fil un morceau de cuir à l’arrière des baskets; c’est fait de manière très artisanale. D’ailleurs, plus tard, m’apercevant que maintenant mes chaussures me font mal aux pieds, c’est devant une jolie église, sur un banc assise que j’en vois de toutes les couleurs pour enlever cette languette. J’y arrive de manière très artisale également.
Je suis donc face à cette église mais ce n’est pas encore celle de St John’s que je cherche depuis un moment; en fait, je ne la trouverais jamais! Cette recherche me permet de passer devant le « palais de justice » qui est la copie conforme de l’hôtel de ville d’Ypres en Belgique.
Il fait maintenant nuit.
Je sais qu’il y a un office à l’ashram de Sri Aurobindo; je le trouve facilement et ne manque pas d’y passer une heure parmi les fidèles de Krisna. Ca me plait. Je connais cette ambiance.
Lundi 25 janvier 2010:
Aujourd’hui, je quitte Calcutta en soirée. Comme je sais que je ne reviendrais pas à l’hôtel, je prends déjà mes bagages et me fait conduire à la gare pour les déposer à la consignes. J’ai déjà une petite idée de la « fameuse gare de Calcutta ». J’ai déjà mis un bon petit temps pour me faire comprendre car consigne se dit « loby room ou loddy room» ou un truc comme ça. Mais comme toujours, on y arrive et je laisse là mes bagages pour la journée.
Je prends un taxi et vais à « Belur Math » ; c’est lui qui a crée le temple de Kali. Ce site est actuellement un siège de la commission Rama Krishna mais je n’aurais pas la chance de le visiter car à mon arrivée, midi, on vient de fermer et je n’aurais pas le temps d’attendre 16H l’ouverture. Je me promène donc un peu pour découvrir l’extérieur du site.
Mon taxi m’a fait fond bond et j’ai toutes les peines du monde de retrouver un; le lieu étant plus désertique, ils en profitent pour gonfler les prix. Tant bien que mal, il y en a un qui accepte de me ramener vers le centre de Calcutta pour 300 roupies. Les rues sont très sales. Je vois beaucoup de déchets le long des routes. Les animaux y trouvent un peu nourriture.
L’après-midi est déjà bien entamée et je dois aller voir le fameux pont Howrah dit « Howrah bridge »; il surplombe la rivière « Hooghly » qui est un bras du gange d’où on verra au bord des ghats les indiens faisant leurs ablutions. Dans le brouhaha du quartier, je vois le pont avec son trafic plus qu’intense mais avant de traverser ce pont qui mène à la gare d’Howrah, j’essaie de trouver le marché aux fleurs qui est en-dessous. Je me retrouve face aux ghats mais j’ai du mal à trouver le marché; en fait, j’allais dans la direction opposée. Quand enfin, je descends des escaliers menant à un petit marché d’épices puis au marché aux fleurs où y règne une ambiance particulière et haute en couleur. J’achète un peu d’épices mais très peu car je n’ai plus que quelques roupies. Je vais d’ailleurs m’atteler à chercher une banque. Avant, j��ai bien envie de traverser le pont car il était indiqué dans le routard que c’était une expérience, ce que je confirme; que de monde, que de trafic…. C’est un exploit comme ils disent; j’ai relevé le défi; l’autre défi sera de se dépatouiller à la gare!
Il parait qu’il faut prendre au moins une fois dans sa vie le train à Calcutta. Ce sera pour ce soir.
Maintenant, je vais passer un moment très désagréable; un de ces moments où l’on se sent vraiment seule au monde. Je dois partir ce soir et il faut absolument que je change de l’argent; j’ai dépensé mes dernières roupies. Je fais banque sur banque et impossible de changer mes euros. Une banque m’envoie à l’autre et ainsi de suite. Je demande mon chemin. On me fait aller à droite puis à gauche. Au final, je ne sais plus où je suis. Je vais devoir prendre un taxi mais n’ai pas d’argent pour le payer. Je suis au bord des larmes. Mon train part ce soir. Comment m’en sortir. Je continue à déambuler dans les rues bondées de Calcutta quand tout à coup, au moment où je ne m’y attendais plus, une échoppe, une toute petite échoppe avec une inscription « dollars, euros, change ». Je me précipite, lui demande vraiment s’il change les euros et quand il m’a dit oui, je l’aurais embrassé! C’est vrai que ce jour là, je n’ai pas discuté sur la commission. Ouf, je suis sauvée; je prends un taxi et redirection gare. Mon train part à 19h20.
Je récupère mes bagages au « loby room » accompagnée d’un porteur; celui-ci me guidera pour me rendre au bon quai, à la plateforme comme ils disent! Je suis un peu tôt. Je bois un café en attendant. Je suis cool. J’ai relevé le défit de la gare de Calcutta. Le train arrive. J’embarque dans mon wagon aidée par le contrôleur, sinon impossible de trouver le bon wagon. Je découvre mes compagnons de voyage, une petite famille bien sympathique. J’ai une couchette en bas bien que j‘avais insisté à la réservation pour avoir une en haut; heureusement car la clim va très fort et en haut, on reçoit la clim en pleine figure. Dans ce train de nuit, je déguste un vrai petit souper composé de riz et de poulet à la sauce avant de m’endormir bercée par le ronronnement du train. C’est donc en voyageant que j’ai passé la nuit du 25 au 26 janvier.
Mardi 26 janvier 2010:
J’ai mis mon réveil sur 8h du matin car je veux faire un brin de toilette et déjeuner avant d’arriver à VARANASI. Je commence à m’activer un peu quand le compagnon de cabine me fait comprendre qu’on n’est pas près d’arriver à Varanasi car le train a beaucoup de retard à cause du brouillard. Je me renseigne près du contrôleur qui me confirme que nous avons 7 heures de retard. Il me reste une chose à faire: redormir. Le temps passe vite quand même car entre manger, dormir, papoter, faire des mots fléchés, regarder le paysage, refaire mes comptes, l’heure est arrivée; il est près de 15 heures quand je débarque à Bénares.
En descendant du train, j’ai l’intention de me diriger vers un prépaid mais quelle ne fût pas ma surprise de trouver un chauffeur de rishwash me parlant un peu en français. De là, j’accepte qu’il me conduise à l’hôtel. Il appelle son beau-frère qui est « médecin du monde en France » paraît-il car après j’ai appris par un VF qu’il était aussi propriétaire d’un hôtel et sur ses cartes de visite, il est organisateur des voyages à Bénares. Mais peu importe. Dix minutes après, il nous rejoint sur le parking de la gare. Nous décidons de nous revoir le lendemain pour une journée visite à moto. Dommage que j’ai réservé l’hôtel Ok International car il me propose l’hôtel Surya qui me parait super et moins cher. Il est déjà un peu tard; je prends un peu de temps pour me retirer dans la chambre qui m’est destinée et défaire mes bagages. Mais déjà, il est temps de partir vers le « Dashaswamedh Ghat » qui est le ghat principal de Bénares, pour assister à la « puja » du soir qui a lieu de 18 à 19h. Je me rends à ce ghat en prenant un cyclo-rishwash. En descendant les ruelles menant au bord du Gange, je découvre une foule impressionnante, des animaux voyageant partout, des détritus dans tous les sens puis au bord du ghat, des brahmans se préparant pour la cérémonie.
Je m’installe près d’eux et participe à la cérémonie qui me plait beaucoup; l’ambiance est au top; il y a des chants, des applaudissements; ça sent l’encens partout; on est imprégné; on participe; on se laisse prendre au jeu. Ici, on vénère les cinq éléments: l’eau (le Gange), la terre (les tambours battants), l’air (les cloches qui tintent sans cesse), le feu (les torches qui brûlent) et l’âme (la fumée de l’encens). On est envoûté par cet encensement; les prêtres exécutent les gestes avec synchronisation. Le tout est haut en couleur. La cérémonie finie, c’est tout doucement à pied que je rejoins l’hôtel non sans passer par les ruelles et les boutiques en abondance.
Mercredi 27 janvier 2010:
A 9h, j’ai rendez-vous avec Sanjou, le jeune guide à la moto. Nous sommes à l’heure et commençons la journée par la visite de « Ram Nagar Fort ». C’est assez loin mais la balade est agréable; nous traversons Le Gange grâce à une longue passerelle en bois. Avant de rentrer au fort, je bois un thé devant l’entrée. La visite est intéressante et assez longue. Le fort est construit en pierres rouges; dans le palais, on y trouve un temple et un musée où sont exposées les voitures ayant appartenu au roi. On y trouve aussi l’école coranique appelée «médersa » qui est très jolie et le lieu est propice à la paix et à la sérénité une fois de plus. Sur le chemin de retour, on peut admirer la vie paysanne. On s’arrête un moment pour comtempler le paysage et la quiétude du moment.
Maintenant, Sanjou me conduit au « Barat kala Bhavan Muséum » où l’on peut contempler des tableaux venant du Rajasthan, du Népal, du Tibet, des sculptures hindoues et bouddhistes, des costumes et collections diverses.
Nous terminerons notre matinée largement entamée par la visite de « Benares Hindu Université » dont je n’ai plus de souvenirs précis. Beaucoup de choses ont été visitées et certainement cet endroit a moins attiré mon attention.
Sanjou me conduit au « temple de Bharat Mata »; splendide temple rose renfermant la carte de l’Inde en marbre qu’inaugura Mahatma Ghandi en 1936 suite aux violentes manifestations entre musulmans et hindous; il offrit cette carte en marbre à la Mère Inde pour montrer que tous étaient égaux devant les religions.
Ici se termine la journée avec Sanjou qui me ramène à l’hôtel; je lui donne 300 roupies; nous négocions la journée du lendemain; il me faut un moto-rickwach pour toute l’avant-midi. Chose faite. Salut Sanjou.
Je continue mon chemin et décide d’avoir voir brûler les bûchers; en passant dans les ruelles du vieux quartier « ghowk » où se tiennent shaddus, vendeurs de bois et d’encens, où arrive les familles amenant leur mort. J’arrive au « Manikarnika ghat » , le principal ghat où se déroulent les crémations 24h/24. Un vieux mandiant me conduit au temple de Shiva et au « Birla ashram »; qui est un lieu d’observation idéal mais où l’on est très fort sollicité pour donner de l’argent soit acheter des kilos de bois pour brûler les pauvres; le kilo de bois coûte cher et il faut 160 kilos pour brûler un corps. Le corps se consumera pendant 2 à 3 H selon la quantité de bois; pour les plus pauvres, certains restes humains ne seront pas consumés et mangés par les animaux ou jetés dans le Gange. Les nouveaux nés et les Saddhus ne seront jamais brûlés car ils sont considérés comme « purs »; ils seront attachés sur une pierre et déposés dans le Gange. Dans les environs de l’ashram et de tout le ghat, certaines personnes sont là et attendent la mort. Je refais ma balade en barque pour me réimprégner de l’ambiance de Varanasi; lieu unique; lieu magique; lieu spirituel. C’est avec un bruit de crépitements de bûcher dans les oreilles que je rejoins mon hôtel pour y passer la nuit. Auparavant, je mange dans un petit buibuis où j’oublie mon sac à dos et donc obligée de retourner le chercher après m’en être aperçue c’est-à-dire à l’hôtel! Mais les indiens ne sont pas voleurs. Peut-être arnaqueurs! En tout cas, mon sac m’attendait.
Jeudi 28 janvier 2010:
Je me lève très tôt ce matin, il est 5h, car je veux assister aux ablutions du matin et faire la balade en barque sur le Gange. Je dois être sur le Gange pour le lever du soleil. Il est donc 5 H quand je quitte l’hôtel; déjà un cyclo-rickwach est là; je le prends. J’arrive au même ghat de « Manikarnika » et négocie une barque pour 100 roupies. Je vois le Ghat de manière différente car vu du Gange, on peut mieux apercevoir les temples qui longent le Gange; je pense au temple incliné de Shiva, au temple népalais et d’autres ainsi que les bûchers brûlants au loin. Je dépose deux petites offrantes sur la rivière sacrée. Mes petites bougies y voyageront rejoignant les centaines d’autres. C’est le lever du soleil. Les couleurs changent. La promenade touche à sa fin. Je compte refaire cette même balade le soir lors de la cérémonie du Puja.
J’ai rendez-vous à dix heures à « SARNATH » avec « tsering », le filleul de Marie-Anne à qui je dois remettre de l’argent et des photos. C’est un haut lieu boudhiste tibétain. Il est au rendez-vous, le contraire m’aurait quand même étonné.
Ce garçon très sympathique m’offre d’abord un tchai avant de me faire visiter sa petite université et me présenter son professeur tibétain. Après avoir fait le tour de l’université, toujours en sa présence, nous allons pénétrer dans les ruines du « Mulagandhakuti Vihara » où se dresse le « Dhâmek Stûpa » datant du 2 et 3ème siècles, agrandi du 7ème siècle. Il mesure 35 mètres de haut pour 30 mètres de diamètre. Il est creusé de niches mais pas de porte; on n’y rentre pas; je ne savais pas et j’ai fait trois fois le tour avant de m’en apercevoir. C’est ici que le Boudha prêcha son premier sermont devant quelques disciples il y a 2500 ans.
Sur le site archéologique, on découvre « le Dharmarâjika Stûpa » l’ancien Stûpa dont il reste uniquement les fondations. J’ai cherché avec Tsering l’arbre où le Boudha trouva l’illumination mais en fait il s’agit d’un arbre pipal planté par Anagarika Dharmapâla à partir d’un rejet de l’arbre de Bodh-Gaya. Il reste le musée à visiter qui à ouvert ses portes au public en 1910; on y trouve des pièces datant du 3ème siècle avant J-C au 7ème siècle de l’ère chrétienne. Je fais mes adieux à Tsering et aux quelques personnes rencontrées sur place notamment un australien qui était très surpris de me voir visiter l’Inde sans parler anglais! Un de plus!
Je rentre de Sarnath vers 13h. A peine récupéré que je repars visiter les derniers temples que j’avais prévu de faire. Un cyclo-rickwach va me conduire de temple en temple; autant dire que je n’en ferai que quelques uns parmi les 1500 temples existant à Varanasi.
Le premier de la série sera le « temple de Durga » un des plus important de Varanasi, surnommé le temple aux singes; il parait qu’ils sont agressifs quand on veut y entrer mais j’ai eu beaucoup de chance car ils ont été gentils et m’ont laissé faire ma visite.
Le deuxième temple que je visiterais sera « le temple de Tulsi Manas » où il y a des automates tout au tour du temple, représentant les scènes de la vie religieuse des Dieux. Assez original et plaisant.
Je termine ma visite avec le richwach en passant par « Harishchandra Ghat », le crématorium électrique aux piliers encrés dans le Gange; il est en activité uniquement le soir. On incinère les plus pauvres dont les familles n’ont pas d’argent pour acheter du bois; les familles font la queue pour récupérer un peu de cendres de leur mort brûlé en commun. Leur karma est moins bon disent les hindous! Je ne vois pas pourquoi! Ha oui, en fait, j’ai oublié mais le vieux monsieur qui m’a conduit à l’ashram m’a surpris en train de photographier un rite funéraire et il m’a promis un mauvais karma et un grave accident; il m’a foutu les jetons surtout que je devais partir faire mon tour à moto mais comme dit Radjou à qui je l’ai raconté, ce n’est pas Dieu qui me l’a prédit!
Varanasi est un lieu est très spirituel. Il existe un tracé circulaire que je n’ai pas eu l’occasion de faire. Varanasi est connue pour une microcosme de 1'Inde et la ville la plus sacrée de l'hindouisme. Elle a son passé historique. Ses constructions constituentun réseau de voies qui se mettent en évidence au niveau spatial et structurent un passage du macrocosme (ciel) au mesocosme (terre) et finalement au microcosme. (temple ou corps); ce qu’on désigne du terme de mandala de pelerinage. Chaque année a lieu un grand pélérinage; les pèlerins doivent faire 88,5 kilomètres à pied et visiter 108 temples en cinq jours.
Je me dépêche car il faut que je fasse ma balade en barque pendant la cérémonie religieuse; j’y arrive; c’est fabuleux; magique une fois de plus.
Je terminerai ma dernière soirée à Varanasi par la visite du « Golden Temple » strictement interdit aux non-hindous. Ce temple fut construit en 1835; c’est une copie de l’original puisque Aurangzeb l’avait rasé de près. On y trouve ici le véritable « ligam de Shiva » afin qu’il ne soit pas détruit par les musulmans. Ce n’est que 800 kilos d’or qui recouvre le dôme doré de 15,5 mètres. Ce lieu est hautement surveillé par la police. Ayant déjà acheté mes offrandes et enlever mes chaussures, je feins de ne pas comprendre ni lire l’anglais et réussi, dès lors, à m’introduire à l’intérieur du « golden temple »; je suis privilégiée car je ne rencontre aucun autre touriste bien évidemment. En sortant, je me laisse tenter à l’achat d’un CDV sur la ville de Bénares.
Vendredi 29 janvier 2010:
L’avion est à 11h30 mais je décide de partir assez tôt, ne connaissant pas L’aéroport. Sanjou m’a réservé une voiture mais je n’ai pas confiance, la voiture n’arrive pas; mon téléphone est en panne; je suis obligée de demander au portier de me prêter le sien pour téléphoner à Sanjou, qui me dit que le chauffeur veut 500 roupies au lieu de 400. Je suis obligée d’accepter. La voiture arrive peu de temps après. Je n’ai pas confiance en cet homme. J’arrive à l’aéroport de Varanasi avec une impression d’être la seule à connaître l’endroit et me demandant à cet instant s’il y a bien un avion qui va décoller d’ici. Tout petit aéroport de rien de tout. Mais après une heure d’attente, un groupe de chinois arrive; de plus, je rencontre deux personnes suisses avec qui je passe un moment. Nous décollons à l’heure; chose presque incroyable; c’est vrai, en Inde, on ne s’étonne de rien. Petit vol domestique agréable de 45 minutes; on nous sert tout de même du jus de fruit et des gâteaux. J’arrive à KHAJURAHO vers 13 H. Je suis à l’hôtel SURYA. J’ai rendez-vous avec Radju à 14 H. Avant j’essaie de faire réparer ma carte de téléphone; on me dira par la suite que j’ai fait des bêtises avec mon code PIN et je sais que c’est vrai…
Il est 14h30, la carte ne va toujours pas et je ne trouve pas Radju devant l’hôtel. Je montre la photo de Radju à des hommes qui semblaient inquiets de me voir faire les cent pas devant l’hôtel. Hé oui, ils le connaissent. Tout de suite, ils me le montrent. Radju arrivait avec un de ses ami parlant un peu le français.
Nous allons d’abord boire un thé dans le petit restaurant de Radju avant de nous lancer à la découverte d’un endroit magique: les « chutes de Raney »; c’est un ancien volcan; il y a une cascade magnifique dont le bruit de l’eau qui tombe est relaxant; la visite va un peu vite à mon goût mais je suis obligée de suivre le petit guide français qui pense plus à me draguer qu’à m’expliquer exactement ce qu’il en est du lieu. Radju est là aussi. Heureusement, il y a un guide du site qui explique un peu et le petit dragueur doit quand même un peu me traduire. C’est un magnifique canyon. Il y a un mélange de couleur incroyable. On y trouve des pierres vertes, roses, grises; tout est confondu; c’est une pure merveille de la nature. Encore un endroit où je me sens bien et aurait envie de me prélasser beaucoup plus longtemps comme déjà dit. Le guide du site m’offre quelques pierres de chaque couleur en souvenir. Il m’explique aussi et me fait voir des photos d’ailleurs de ce site en pleine mousson; tout est innondé; incroyable…
Je remercie le guide pour la visite de cet endroit merveilleux en lui donnant quelques roupies; il est content et nous laisse continuer un peu la balade en voiture dans la forêt où l’on aperçoit daims, biches, singes et quelques petits animaux.
Mais j’ai aussi surtout l’autre petit mec qui n’arrête pas de vouloir m’aider à descendre, à monter, tout est bon pour me tenir malgré tout ce que je peux lui dire. Radju lui s’amuse à faire des ricochets du haut de la falaise puis on s’y amuse tous finalement. Maintenant, le soleil va se coucher, il est temps de quitter les lieux en passant par des petits villages et la campagne. J’assiste au coucher du soleil sur le chemin de retour. Au passage, j’ai oublié de dire que notre chauffeur inaugurait sa nouvelle petite voiture; j’étais sa première cliente! Le soir, j’assiste à un spectacle de danse assez exceptionnel; très belle couleur aussi et des scènes acrobatiques spectaculaires. C’est en moto qu’on vient me rechercher à la sortie du spectacle car je dois me rendre chez Radju qui m’a préparé à souper; du poulet super-succulent et le traditionnel tchai.
Avant de quitter mes compagnons de fortune, je vais refaire une photo d’identité pour de nouveau avoir une carte de téléphone; le marchand n’accepte pas ma photo et c’est au nom du petit dragueur que j’ai maintenant cette carte. Sur ce coup là, je l’en remercie.
Je rentre à l’hôtel contente des merveilleuses choses vues encore ce jour et prête à recommencer d’autres aventures le lendemain.
Samedi 30 janvier 2010:
J’ai une journée complète uniquement pour voir tous les temples de Khajuraho; c’est pourquoi, je commence de grand matin dès l’ouverture. Toute la matinée sera consacrée à la visite des temples « du groupe ouest » Ces temples ont été construits entre 950 et 1050.Il n’en reste plus qu'une vingtaine. Ils se répartissent en 3 groupes et appartiennent à deux religions: l’hindouisme et le jaïnisme.
Les figures érotiques, sont toujours sur le côté gauche du temple. La pensée tantrique inclut le sexe dans un processus de méditation transcendantale. En bref : atteindre le Nirvana par le plaisir sexuel. Les sculpteurs avaient de l'humour. 8% des sculptures ont un rapport avec le sexe et ce sont les plus photographiées parait-il!
Je pénètre dans le site et fait le tour des temples, le temple Lakshmana dédié à Vishnu, le plus beau; le temple Kandariya Mahadev, dédié à Shiva, le plus imposant avec 900 statues, le temple Jagadamba, dédié àVishnu, Parvatti et Kali. A l’écart, le temple Chitragupta, dédia à Surya, Dieu du soleil. A la sortie du parc, le temple Matangeshvana (près du temple Lakshmana); celui-ci est encore actif; on y voit la statue de Ganesh et son père. On a fait la boucle. Lors de la visite du dernier temple, je rencontre une française qui est aussi sur le site forumvoyage; nous avons échangé des propos avec elle et son mari pendant un très long moment, assis sur un banc au soleil.
Je vais récupérer les 50 roupies que le gardien me doit puis face au Temple Lahshmana, il y a le musée et je ne rate pas d’y jeter un coup d’œil.
J’ai très faim; je commande un chapati cuit dans une grande marmite de rue accompagné d’une sorte de lentilles. Mon pain tombe à terre mais je ne m’en soucie guère, le ramasse et mange.
Un vieux monsieur qui avait reconnu Radju sur la photo me suit depuis un bon moment pour me vendre des cartes postales que je lui achète car de toute façon, il m’en faut et je me laisse séduire par deux jeux de cartes du kamasutra. Ce ne sera pas pour moi mais un pour le copain d’Henri qui a réparé mon sac gratuitement et un pour Alain mais il n’en veut pas…peut-être a-t-il peur que je lui demande de me faire toutes les représentations?
Ho, j’ai mal aux mollets et aux cuisses; monter et descendre tous ces escaliers; ça fait en tout cas un bel exercice.
Après mon mini diner, rendez-vous avec le dragueur, Radju et le chauffeur de taxi pour nous rendre dans le « vieux Khajurâho »; on passera encore par un temple ou deux, comme celui de Vamasa, de Brahma, de Hanuman qui sont dans le « groupe est » et ceux de Duhadev et de Chaturbhuja où il y a une statue de Vishnu de trois mètres, qui sont dans le « groupe sud ». Nous arriverons tant bien que mal dans le vieux village; j’ai failli tomber hors de la voiture tellement nous étions secoués.
Au bout des ruelles étroites, je fais connaissance avec quelques habitants, les enfants qui tirent l’eau du puit, la mamy qui répare son lit, le papa qui pose une nouvelle porte d’entrée, le maître d’école qui me fait visiter les lieux où on ne trouve qu’un tableau, le siège du maître et des tapis à terre pour les élèves s‘asseoir. Evidemment, à la fin de la visite, le professeur me demande de l’argent pour aider l’école; je refuse comme d’habitude de donner de l’argent pour la bonne raison qu’il demande tout de suite de grosse somme.
La visite du village se terminera en rentrant chez Radju pour le coucher du soleil. J’y rencontre john, un flamand, qui s’occupe bénévolement des jardins d’un maharadja à Khajuraho dans le but de le renover pour y cultiver des légumes pour les habitants du village; je propose mon aide mais je ne sais pas trop bien en quoi je vais pouvoir leur être utile.
Après ce magnifique coucher de soleil, j’assiste à l’office religieux de Shiva.
Ensuite, j’ai réservé un massage chez un soi-disant masseur qui pratique à «l’ancienne »; c’est vrai que ce massage fût bénéfique et par surcroît une heure de massage à l’huile pour 8 euros! Se terminera ici ma journée. Le petit dragueur ne sera pas content du pourboir que je lui donne mais il n’a pas mérité plus.
Radju me cuisine encore un bon petit plat et j’en profite pour téléphoner à Marina, qui m’avait renseigné Radju, pour lui expliquer un peu la situation. Radju a compris. Je lui ai bien expliqué qu’il aurait été préférable que lui seul me fasse les visites même ne parlant pas français. En rentrant, je rencontre un autre jeune homme rencontré la veille chez le vendeur de carte de téléphone et j’apprends qu’il a un taxi mais trop tard, le mien est réservé et payé pour le lendemain 5 heures du matin. Je reviendrai avec un souvenir de Khajuraho puisque j’y achete mon petit pendentif de Ganèche ainsi qu’un CDV.
Dimanche 31 janvier 2010:
Départ à 5h du matin pour la gare de JHANSSI; il est prévu de faire escale à ORCCHA à 19 km de Jhanssi; nous y arrivons après 4h30 de voyage, ce qui me laisse environ 3 heures pour visiter les lieux.
Orchha veut dire « cacher »; c’est un petit village paisible, chaleureux, où l’on vénère le Dieu RAMA. Orchha est une ville fantôme, abandonnée depuis très longtemps. Elle revit un peu grâce au tourisme, attirés par les restes des palais et des temples anciens.
Orchha fut la capitale d'un des royaumes Rajpoutes les plus puissants de l'Inde centrale, fondée au 16ème siècle. Le fort domine le village et pour y arriver, il faut traverser la rivière « Betwa ». J’irai d’abord poster mes cartes (qui n’arriveront jamais) et boire un thé avant de commencer la montée vers cette forteresse qui comprend trois palais: le Raja Mahal, le plus beau, situé dans la grande cour centrale, avec des frises encore en état, datant des années 1531-1539. Ensuite, le Jahangir Mahal datant de 1607-1627; puis le Ray Pravi Mahal qui fut la demeure de la célèbre poétesse-musicienne de la cour d’Akar et renvoyée au Raja d’Orchha pour amour promis. On y découvre également les étables à chameaux et les temples hindous. Il y a un aigle géant perché sur une tour. Il ne bouge pas; il est pourtant bien réel. Je n’arrive pas à la photographier à cause du zoom mais par contre, je peux réaliser de très belles photos du temple RAM RAYA et du temple Lakshminarayan ainsi que du village et de la rivière.
Puis ce sera la visite du temple de « Lakshminarayan » situé à 1 km de hauteur de l‘autre côté de la ville; de là, je peux revoir tout le fort, magnifique paysage. De plus, quand je pense avoir visité tout ça, je me sens fière. C’est bizarre, mais la fatigue ne se fait pas sentir!
J’ai encore un peu de temps pour visiter le temple de « Chaturbhy » où le raja y dresse 1 statue de Rama, laissée en place car trop lourde pour la déplacer. Ici je trouve des Dieux nus…
Les couleurs de ce temple sont d’un jaune pâle, ce qui est très joli. Le moment est arrivé de rejoindre mon chauffeur et de nous diriger vers la gare de Jhanssi pour y prendre le train à 14h30. En attendant sur le quai de la gare, je m’amuse à regarder les gens descendre et monter dans les trains, les marchands ambulants, les enfants, les mendiants, les chiens, une vache sur les rails, des moutons aussi; je déguste ces images en même temps qu’un délicieux café au lait. J’achète quelques bananes pour le chemin. Il n’y a pas place pour m’asseoir autre que sur mon sac de voyage et appuyée contre de gros sacs contenant je ne sais quoi!
Il est 17h50, le train arrive et c’est vers 19h que nous arriverons à AGRA qui est la destination suivante. En fait, j’avais réservé un accompagnateur pour cette ville mais de commun accord avec Wahid, voyant que je me débrouille très bien seule, nous annulons l’accompagnateur et j’assure moi-même cette ville. Je descends à l’hôtel Mandakali Villa. Pour l’instant, je n’ai aucun souvenir précis de cet hôtel. Je peux juste dire qu’il est situé à 2 km du Taj Mahal.
Lundi 1er février 2010:
Avant de faire le Taj Mahal et la ville d’Agra, je consacre cette journée à FATEHPUR SIKRI et SIKANDRA. De grand matin, je démarre donc pour Fatehpur Sikri avec un taxi que je loue à la journée; cette ville appelée « ville fantôme » se trouve à 45 km d’Agra. Il faut savoir que Akbar voulait un fils, n’y arrivant pas, il alla à Fatehpur pour y rencontrer un saint afgan « Cheikh Salim Chistni » qui lui prédit un fils; on fît dans cette ville tout un pélérinage de femmes en 1568. Enfin, en 1569, Akbar eut un fils qui s’appela Jahangir (dit Salim plus tard). En remerciement et en l’honneur du Saint, Akbar fit construire son palais près du Saint à Fatehpur et y resta 15 ans.
La visite de Fatehpur dure plus de 4 H. le taxi me dépose d’abord assez loin du site car lui est obligé de rester sur le parking; ne voulant pas payer outre mesure un richwach, je marche déjà 2 km avant d’arriver au palais. Sur place, un jeune homme sera mon serviteur durant toute la visite.
Je commence par la mosquée « jama Masjid », datant de 1571; c’est la plus belle mosquée construite par Akbar; la cour pouvait rassembler 10000 fidèles. Il y fit son premier prêcha pour imposer sa nouvelle religion. Dans la cour, on trouve le Mausolée du St Sheikh Salim Chistni achevée en 1581 soit dix ans après sa mort. C’est un contraste que de voir les pierres rouges de la mosquée et le marbre blanc du mausolée. Dans la crypte au centre d’un déambulatoire percé de fenêtre de marbre, la tombe fait objet de dévotion. On remarque des fils de laine noués au grillage par des femmes qui veulent un fils. Sa dépouille repose néanmoins au sous-sol.
A gauche de la salle des prières, on trouve la plus grande porte de l’Inde appelée «Buland Darwaza »; elle mesure 41 mètres; des versets du coran sont inscrits sur le porche commémorant une victoire d’Akbar. On raconte qu’il existerait un passage secret souterrain menant jusqu’Agra!!! Le guide me conduit devant une petite échoppe; je me laisse séduire par un petit objet de marbre servant à brûler une petite bougie qui reflètera des étoiles.
Dès lors, j’ai fini la visite de la mosquée et je me dirige vers le « palais de Jodha Bai »; ce grand palais entouré d’une enceinte en grès et de neuf portes d’entrées. A peine le temps d’y arriver que déjà, un jeune homme se précipite pour me faire visiter « sans payer » comme il dit; je suis un peu intéressée et le suit. Effectivement, je pense avoir vu beaucoup de choses avec lui que je n’aurais pu voir seule. Il m’emmène en premier lieu près de la porte des éléphants et du coup, la rampe des éléphants et les écuries. Ce lieu est splendide. On marche beaucoup, on monte, on descend mais on visite; c’est beau. Dois-je encore dire que c’est un endroit qui me plait et où je me sens bien mais on devine, en voyant les photos, le bonheur se reflètant sur mon visage. Il fait beau. Je suis habillée en indienne; je porte le bindi sur le front ; je me sens bien; je me sens belle; je me sens jeune; je me sens moi! La vraie Marie. Celle qui aime la vie, la découverte, l’aventure, les défis, les vieilles pierres.
Après le remontée de la rampe des éléphants, je vois un lieu spirituel chrétien, un vieux hammam, la bibliothèque, le pavilllon de la sultane turque; on continue à tourner autour du palais. Insistant pour rentrer à l’intérieur pour voir ce que j’avais sur mon programme, mon petit guide assez rusé arrive à nous faire entrer; et là, je peux découvrir le « Diwan-I-Am »;bâtiment où Akbar donnait ses ordres et rendait justice; on y voit d‘ailleurs le crochet du bourreau; c’est-à-dire de l’éléphant! Il y a le Diwan-I-Khas, le Daulat Khana-I-Khass, le Mariam Makani/Sunahra Makan qu’Akbar fit construire pour sa femme et sa mère, le Panch Mahal et l’Ankh Michauli qui est la trésorerie; il reste l’Anup Talao qui est une aire surélevée face aux appartements de l'empereur et au centre d'un bassin jouait le musicien favori de l‘empereur.
Reste le Palais de Birbal mais je ne me souviens plus de ce site. Je sais juste qu’il a été fait puisqu’il est coché OK. La visite va se terminer mais mon guide me conduit à un endroit où je peux admirer toute la ville bleue de Sikri. Il me ramène au parking avec un petit rickwach; je prends un faux rendez-vous pour en être quitte; je sais que ce n’est pas bien mais parfois, il faut mentir pour se sortir de situation un peu critique.
Mon chauffeur de taxi croit m’emmener dîner et toucher une commission sur mon repas mais il ne me connait pas; après lui avoir refusé de diner puisque j’avais acheté des fruits, il insista. Donc, arrêt. Donc, il a mangé seul et moi, rien. Pas content. Tant pis.
Direction Sikandra qui se trouve à 10 km d’Agra. En passant une sorte de barrage, les douaniers rient car je n’ai pas voulu payer mon droit d’entrée sur le tronçon de route et le taxi a dû se débrouiller; ben oui quoi, tout était compris dans le prix.
A Sikandra, je vais visiter « Akbar Tomb » qui est la deuxième plus grande mosquée après le Taj Mahal. C’est la mausolée de l’empereur Akbar rédigé par lui-même de son vivant. Il est mort en 1605 et c’est son fils Jehangir qui l’achève en 1613. Il est fait en grès rouge incrusté de marbre blanc. Le style annonce le futur mausolée de Shah Jahan. Il est représenté par quatre hauts minarets; ce mausolée trône au centre d’un vaste jardin. Comme à Fatehpur Sikri, ici, les religions se mèlent. Le cénotaphe porte les 99 noms d’Allah. De l’autre côté de la route, il y a le tombeau de Mariyam, l’épouse d’Akbar. Ce site est construit sur des ruines de temples hindous qui sont encore visibles.
La journée se terminera tout doucement et mon taxi me ramène à l’hôtel. Ce sera encore une bonne nuit de repos bien méritée.
Mardi 2 février 2010:
J’ai hésité à faire la visite du Taj Mahal pour deux raisons; la première est que je l’avais déjà visité dix ans plus tôt et la deuxième, la française rencontrée à Khajuraho m’en avait dissuadé en disant que ce n’était pas terrible et le prix cher pour ce que c’est. Mais comme je n’aime pas les regrets, je décide quand même d’effectuer cette visite. Je me lève donc assez tôt pour ne pas tomber dans la foule. Effectivement, l’entrée est chère pour l’Inde (750 roupies/12 euros) mais sur le forum, on m’avait dit que cette entrée était valable pour le fort rouge, le baby taj et également les monuments de Fatehpur Sikri et Sikandra mais de toute façon, ces deux là ont été faits hier. Bref, cette information mal interprétée m’a valu quelques menus ennuis mais j’y reviendrais plus tard!
Pour l’instant, je paye et on me donne un sachet avec une bouteille d’eau et des chaussons. J’admire cette merveille du monde où reposent les corps de Shab Jahan et de son épouse Mumtaz Mahal dans la crypte centrale. LeTaj Mahal fut construit en 1630 par SHAB JAHAN par amour pour sa femme MUMTAZ MAHAL morte en 1631 à la suite de la naissance de leur 14ème enfant. C’est une grande preuve d’amour. Les travaux durèrent 22 ans soit de 1631 à 1653; il fallu 20.000 hommes pour effectuer ce travail et on ne sait pas encore si l’architecte était l’italien Géronimo Véroneo ou le français Augustin de Bordeaux. Depuis un bon moment, le Taj est en danger; il se dégrade à cause de la pollution.
En faisant le tour, on a une vue imprenable sur la « Yasmina rivière » et le « Fort Rouge »; de l’autre côté, on aperçoit une ébauche du mausolée en marbre noir que Jahan fit pour lui et qui ne sera jamais achevé.
A l'intérieur d'une enceinte rectangulaire, il y a le jardin, divisé en carrés par allées et canaux avec une plate-forme centrale surélevée qui porte le mausolée, serti de jardins; on y voit deux mosquées. Le Taj Mahal est tout en marbre blanc légèrement translucide avec quatre façades identiques de sculptures légères et incrustées de milliers de pierres semi-précieuses. Les quatre minarets n’ont qu’en rôle esthétique mais sont construits de façon à s’il y avait un tremblement de terre, le Taj s’écroulerait tout vers l’intérieur. La coupole centrale mesure 18 m; il y en a quatre plus petites.
Le cénotaphe de Mumtaz Mahal occupe le centre du monument, entouré de plaques de marbre découpées en dentelle avec inclusions de pierres dures, il y a 43 variétés de pierres; à côté, il y a le cénotaphe de l'empereur. Mais ils sont vides car les restes sont dans la crypte; il parait qu’il y a une petite porte pour y accéder mais je ne l’ai pas trouvée.
J’ai visité le Taj Mahal d’une manière totalement différente par rapport à la première fois; la visite seule, c’est tellement mieux! Encore une fois, faut-il rappeler que je me sens bien. Je ne regretterai jamais d’avoir revisité le Taj Mahal. Comme quoi, la version d’une personne n’est pas nécessairement la bonne et mieux vaut juger par soi-même.
Je reverrai le Taj dans l’après-midi sous d’autres lumières.
La visite se termine et je me rends maintenant à « ITIMAD-UD-DAULAH »
dit le « BABY TAJ ». Ici, ça se corse un peu car on veut me faire payer l’entrée et je suis bien persuadée que le ticket du Taj Mahal est valable donc je négocie fortement jusqu’au moment où les gardiens veulent me conduire chez le « boos » mais je n’écoute rien et continue mon chemin comme si rien n’était. On trouve le «tombeau de Mirza Ghiyas Beg » qui était le vizir de Jahangir. Il date de 1626. C’est le premier monument moghol tout en marbre et pierres semi-précieuses.Dans la chambre funéraire, il y a le cinotaphe de Itimad et son épouse; aux angles, ce sont les cinotaphes de la famille.C’est très joli et vraiment on dirait le Taj Mahal en miniature.
Aujourd’hui, c’est vraiment une grande journée car c’est au tour du « Fort Rouge » qui est une puissante forteresse datant de 1565. On commence la visite par s’engueuler car de nouveau, je ne veux pas payer l’entrée mais à ce moment, je comprends qu’en fait avec le ticket du Taj Mahal, c’est juste les taxes qui sont exclues donc j’ai juste une ristourne. Autant pour moi. Je présente mes excuses les plus plates et continue ma visite en commençant par la rampe des éléphants.
Le fort fait 2,4 km de muraille et me prendra deux bonnes heures pour en faire le tour. Je tourne et retourne dans ce fort en découvrant tour à tour le « palais de Jahangir » construit par Akbar pour son fils Jahangir; c’est un palais hindou en grès rouge. Puis le «Hanz-i-Jahangir ».
Face au palais, il y a un énorme bassin dans un jardin persan quadrillé.
Ensuite, il y a le « palais d‘Akbar, le Khas Mahal » construit par JAHAN en 1636; il est tout en marbre blanc. Le « Mussammam Burg » est construit pour JAHANGIR.
On passe aussi devant le « Diwan-i-Khas » tout en grès rouge, là où Akbar recevait les ministres. Il y a le trône de Jahangir qui tout en marbre noir et celui de Jahan qui tout en marble blanc. Je me promène aussi par le « Mahchi Bhavan » et la « Nagina Masjid », c’est AURANGZEB qui la construit et y retient son père prisonnier. Derrière l’enceinte , on peut apercevoir les différentes couleurs du Taj Mahal.
Sous le porche en grès stuqué de blanc, on entre au « Diwan-i-am » avec la loge impériale en marche blanc où se trouve le trône de SHAH JAHAN. C’est ici que se déroulaient les audiences publiques et où justice était faite; on voit un peu en bas, des dalles de marbre où étaient installés les ministres et grands vizirs. En face, on trouve dans le jardin la tombe de Colvin, le gouverneur anglais mort 1857.
Je passerai aussi devant « Moti Masjid, » appelé aussi mosquée de la Perle, qui se trouve un peu à l’écart du palais, construite par JAHAN vers 1650; il est en marbre blanc et bleu, comprend une salle prières à trois nefs.
J’aperçois aussi « Mina Masjid » qui est la mosquée privée de l’empereur.
Durant ma visite, je vois aussi un bassin où les fidèles faisaient leurs ablutions ainsi qu’une salle de bain géante dans le jardin.
Je terminerais ce grand tour en passant par les ruines où résident des singes un peu agressifs. J’en ai vu un qui essayait d’attraper les jambes d’un homme qui essayait de les photographier. J’ai vu un autre essayer d’ouvrir une petite boite en plastique contenant un petit jouet; il a tout fait, le mâcher, le pincer, l’écraser jusqu’au moment où le petit jouet en plastique sorti de son étui.
En sortant du fort rouge, on aperçoit « jama Masjid » construit entre 1644-1649 par la fille de JAHAN SHAB. Cette mosquée est le centre du vieux AGRA.
Mercredi 3 février 2010: Je quitte la ville d’Agra pour me rendre à MATHURA; lieu de naissance du dieu Krisna. Direction gare où je rencontre un homme de Kota avec qui je resterai un moment en contact par internet. Dieu sait pourquoi, il m’a donné son adresse email alors que notre dialogue était assez laborieux. Le train est à 11H et j’arrive à Mathura à 13H. Krisna est né dans une famille noble de sept enfants et quand le roi voulut les mettre à mort, Krisna fût recueilli par le berger Nanda et alors Vishnu s’incarna en lui. Il a eu une jeunesse turbulente; il était farceur, aimait les jeux amoureux avec les jeunes bergères. C’est pourquoi le Dieu Krisna sera toujours représenté joyeux, entouré de bergères. Mathura est un grand lieu de pélérinage. Je ne m’attarde pas aujourd’hui et vais directement à VRINDAVAM, 15 kilomètres plus loin. Je fais le trajet en rishwash; chemin très laborieux; très mauvais état mais les vertèbres tenant le coup et moi aussi d’ailleurs, nous y arrivons. Krisna aurait passé sa jeunesse ici en compagnie des gopis « les vachères ». Il y a de nombreux pèlerins et de nombreux ashrams tous dédiés à Krisna. Celui où je passerais la nuit est un des plus beau « l’ashram Iskcon » tout en marbre blanc, se trouvant derrière le temple du même nom. Ma chambre est retenue mais on ne me trouve pas dans la liste; en fait, ils ont inscrit mon prénom et je leur donne mon nom. L’histoire étant réglée, le réceptionnniste me remet les clés et me prévient de faire très attention à mes lunettes car les singes en raffolent; dès lors, je compte bien les laisser dans ma poche car mes lunettes progressives me sont précieuses et chères de surcroit. Ma chambre est vraiment correcte; de loin la plus propre de toutes celles que j’ai eues jusqu’à présent. Le matelat un peu fin mais comme ce sont des lits jumeaux, je les empile un sur l’autre. Le moment est venu de découvrir cette ville de Krisna. Je la trouve très agréable de premier abord. Elle est nettement plus petite que les précédentes. Je décide donc de faire le tour des ashrams en compagnie d’un cyclo-richwach. Nous décidons ensemble du tour et en avant, je m’installe. Il n’eut pas le temps de faire un coup de pédale que déjà un singe a attrapé mes lunettes. Horreur. J’ai oublié de les mettre dans ma poche. Je me demanderai toute ma vie comment c’est possible que ce singe ait pu m’enlever les lunettes sans que je ne l’aperçoive et surtout sans que je ne sente quoique ce soit même pas un de ses petits doigts. Ni vu ni connu. Le voilà parti s’amuser en haut d’un mur. A l’entente de mes cris, les passants habitués se doutant tout de suite de ce qu’il se passait, m’ont dit de lancer des bananas; je cours dans tous les sens; pas de bananes que des pommes et des poires. Mais peu importe, je les prends et nous voilà à lancer au singe narguant des pommes et des poires afin qu’ils oublient mes lunettes. Tout à coup, contre toute attente, il les laissent mais les reprend aussitôt pour finalement les laisser contre une poire. Un enfant et un homme gravissent le mur pour récupérer celles-ci. Je les en remercie vivement, me demandant même si sur le coup ne les ai pas embrassé. Cette fois, mes lunettes en poche, nous partons à la découverte des ashrams. J’en fais une partie seule également afin de découvrir un peu plus la population; j’ai encore des petits objets à offrir. Je discute un peu avec une jeune vendeuse à qui je donne mes pantoufles ainsi que des petits jouets à son garçon. Je photographie ces ruelles et je me sens bien. Je suis heureuse d’être là. Je découvre les maisons barricadées de haut en bas pour que les singes ne rentrent pas. C’est spectaculaire. Je visite encore un peu de temples avant de rentrer au mien pour assister à la cérémonie du soir. Je n’avais jamais participé à ce point à un office Krisna. Le vrai. Celui où on se laisse aller, comme tout le monde, à danser, à chanter, à lever les bras vers le ciel, à se coucher à terre; on est pris dans l’ambiance; cette ambiance que j’aime. Je suis obligée de dire que je me sens chez moi. Je suis bien. En sortant du temple, je me promène encore un moment pour admirer le coucher du soleil et faire coudre les bords de mon foulard « Shiva » acheté à Calcutta. L’heure du repas étant maintenant arrivée, c’est à l’ashram même que je dégusterais une assiette végétarienne dont le nom très connu pourtant m’échappe. Repas succulent. J’adore la nourriture végétarienne. Je rentre prendre une douche et préparer mon programme du lendemain. Je m’endors paisiblement. Jeudi 4 février 2010: Après cette bonne nuit, un tchai s’impose, un peu de shopping car je voudrais une nouvelle tenue indienne mais je ne trouve rien qui me plait sûrement parceque je n’ai pas beaucoup de temps avant de repartir. Aujourd’hui sera mon dernier jour en Inde. Je prends un cyclo-rishwach pour traverser la ruelle avec mes bagages afin qu’il me conduise vers un taxi pour me rendre à Mathura. Le jeune homme se propose de m’y conduire en vélo; je refuse puis finalement me dit que ce serait bien intéressant car il garderait mes bagages pendant que je visite le site « Shri Krisna Janmabhoomi ». En avant pour l’aventure, la dernière enfin je croyais,15 kilomètres en cyclo; bonjour les vertèbres; cette fois vais-je tenir le coup; c’est cahotique! Le mot est faible!!! Nous arrivons à Mathura. Je suis toujours entière. Il me pose devant le fabuleux temple où l’on ne peut emmener ni appareil photo, ni portable, rien… Je décide donc de tout lui laisser plutôt que de déposer mes objets à la consigne. Il me dira quelques minutes après qu’il ne peut rester là et s’en ira 500 mètres plus loin avec mes bagages, mes objets personnels et mes chaussures. Mais peu importe, on se revoit dans deux heures. Je suis donc sur le site de « Shri Krishna Janmabhoomi » où s'élève le temple de « Kesava Deo » construit autour d'une petite pièce dans laquelle serait né Krishna il y a 3500 ans. J’ai la chance de trouver cette grotte et d’y accéder grâce à un groupe guidé que je suis en douce car ce site est très grand. D'après la légende, le roi Kansa avait enfermé sa soeur et son mari craignant une prophétie selon laquelle leur fils provoquerait sa mort. Prophétie qui ne manqua pas de se réaliser. Aujourd'hui des milliers de pèlerins se pressent dans ce temple. Sur le même site se trouve la mosquée d'Aurangzeb. Cette proximité entre hindous et musulmans fait que le lieu est très surveillé surtout depuis les affrontements inter communautaires. Le moment est venu de retrouver mon petit chauffeur et c’est pieds nus que je parcours les 500 mètres nous séparant. Quelle fût ma surprise quand je vis qu’il n’y avait pas un seul rishwash à la ronde! Affolée, je revins sur mes pas trouver la police se tenant devant le temple; je leur explique que je n’ai plus rien, que le chauffeur est parti avec tous mes affaires, je suis pieds nus; je suis perdue car c’est aujourd’hui que je rentre et je vais perdre beaucoup de temps avec mes dépositions, etc… Quand tout à coup, un gamin dit à la police avoir vu le garçon au richwash avec mon sac à dos et tout. La police me demande de suivre le garçon. Je pensais bien que c’était pour me conduire au commissariat mais non, le gamin avait vu le chauffeur qui m’attendait de l’autre côté, 500 mètres plus loin effectivement mais de l’autre côté. Je suis contente. Je lui avais prêté mon traducteur; j’ai oublié de le récupérer. Je n’aurais pas le temps d’effectuer une autre visite à Mathura me dit le chauffeur et il me conduit à la gare. Finalement, vu le temps qu’il me restait, j’aurais pu mais il a voulu finir sa journée me semble t’il! Les attentes sur les quais de gare en Inde me plaisent beaucoup, puis-je encore dire que je m’y sens bien, c’est osé mais c’est comme ça. Une petite fille vient faire un numéro d’acrobatie, je lui donne un sou; elle est mignonne. Le train arrivera avec un peu de retard. Je ne suis plus qu’à 60 kilomètres de Delhi. J’arrive à 20h30 à la gare de Delhi et ai des problèmes avec le porteur qui n’est pas content de ce que je lui donne! Je prends un taxi prépaid mais pas de chance, contrôle de police et perte de temps à la gare. Quand enfin, je pus monter dans un auto-rishwash, il ne compris pas ma destination, ne connait pas l’hôtel et m’emmène je ne sais où mais je savais en tout cas que ce n’était pas la bonne direction. Je lui dit. Il ne veut rien entendre. Je téléphone à Raj à trois reprises pour qu’il lui explique le chemin. Il dit qu’il sait mais 1h30 plus tard, je suis toujours dans le taxi. Je menace d’aller à la police mais peu importe, il est têtu. Ce sera le seul personnage qui m’aura vraiment énervé à ce point durant mon voyage. J’arrive à l’hôtel à 21h30 où j’avais réservé une chambre pour me reposer un peu avant de partir pour l’aéroport et y prendre une douche. Heureux que je ne dois pas y passer la nuit tellement il est crado. Je dépose tout en vitesse et file faire du shopping à toute allure car j’ai envie d’un sac à dos; heureusement, le « quartier des sacs » est tout près et je trouve mon bonheur. J’ai encore un peu de temps pour aller manger une assiette végétarienne dont je ne me souviens toujours pas du nom. Je rentre à l’hôtel me doucher et sortir pour attendre Raj qui vient me chercher à 11h30. Tout se passera très bien à l’aéroport et l’avion partira à l’heure; mon arrivée est prévue pour 7h du matin le 6 février 2010 à Bruxelles où ma fille m’attendra avec mes deux petit-fils.
Mon voyage en Inde se termine. C’était le voyage que je voulais faire. Je suis fière de moi. J’ai réalisé mon rêve. Je remercie Alain de m’avoir fait confiance et m’avoir encourager à réaliser ce voyage. Ce voyage n’a été que du bonheur. Il m’a prouvé ce que je savais faire, m’a donné confiance en moi. Déjà je pense au suivant bien que celui-ci devait être le dernier. Au revoir mon Inde. A bientôt pour d’autres aventures. Marie Claire Le 20 mars 2010.
Mercredi 3 février 2010: Je quitte la ville d’Agra pour me rendre à MATHURA; lieu de naissance du dieu Krisna. Direction gare où je rencontre un homme de Kota avec qui je resterai un moment en contact par internet. Dieu sait pourquoi, il m’a donné son adresse email alors que notre dialogue était assez laborieux. Le train est à 11H et j’arrive à Mathura à 13H. Krisna est né dans une famille noble de sept enfants et quand le roi voulut les mettre à mort, Krisna fût recueilli par le berger Nanda et alors Vishnu s’incarna en lui. Il a eu une jeunesse turbulente; il était farceur, aimait les jeux amoureux avec les jeunes bergères. C’est pourquoi le Dieu Krisna sera toujours représenté joyeux, entouré de bergères. Mathura est un grand lieu de pélérinage. Je ne m’attarde pas aujourd’hui et vais directement à VRINDAVAM, 15 kilomètres plus loin. Je fais le trajet en rishwash; chemin très laborieux; très mauvais état mais les vertèbres tenant le coup et moi aussi d’ailleurs, nous y arrivons. Krisna aurait passé sa jeunesse ici en compagnie des gopis « les vachères ». Il y a de nombreux pèlerins et de nombreux ashrams tous dédiés à Krisna. Celui où je passerais la nuit est un des plus beau « l’ashram Iskcon » tout en marbre blanc, se trouvant derrière le temple du même nom. Ma chambre est retenue mais on ne me trouve pas dans la liste; en fait, ils ont inscrit mon prénom et je leur donne mon nom. L’histoire étant réglée, le réceptionnniste me remet les clés et me prévient de faire très attention à mes lunettes car les singes en raffolent; dès lors, je compte bien les laisser dans ma poche car mes lunettes progressives me sont précieuses et chères de surcroit. Ma chambre est vraiment correcte; de loin la plus propre de toutes celles que j’ai eues jusqu’à présent. Le matelat un peu fin mais comme ce sont des lits jumeaux, je les empile un sur l’autre. Le moment est venu de découvrir cette ville de Krisna. Je la trouve très agréable de premier abord. Elle est nettement plus petite que les précédentes. Je décide donc de faire le tour des ashrams en compagnie d’un cyclo-richwach. Nous décidons ensemble du tour et en avant, je m’installe. Il n’eut pas le temps de faire un coup de pédale que déjà un singe a attrapé mes lunettes. Horreur. J’ai oublié de les mettre dans ma poche. Je me demanderai toute ma vie comment c’est possible que ce singe ait pu m’enlever les lunettes sans que je ne l’aperçoive et surtout sans que je ne sente quoique ce soit même pas un de ses petits doigts. Ni vu ni connu. Le voilà parti s’amuser en haut d’un mur. A l’entente de mes cris, les passants habitués se doutant tout de suite de ce qu’il se passait, m’ont dit de lancer des bananas; je cours dans tous les sens; pas de bananes que des pommes et des poires. Mais peu importe, je les prends et nous voilà à lancer au singe narguant des pommes et des poires afin qu’ils oublient mes lunettes. Tout à coup, contre toute attente, il les laissent mais les reprend aussitôt pour finalement les laisser contre une poire. Un enfant et un homme gravissent le mur pour récupérer celles-ci. Je les en remercie vivement, me demandant même si sur le coup ne les ai pas embrassé. Cette fois, mes lunettes en poche, nous partons à la découverte des ashrams. J’en fais une partie seule également afin de découvrir un peu plus la population; j’ai encore des petits objets à offrir. Je discute un peu avec une jeune vendeuse à qui je donne mes pantoufles ainsi que des petits jouets à son garçon. Je photographie ces ruelles et je me sens bien. Je suis heureuse d’être là. Je découvre les maisons barricadées de haut en bas pour que les singes ne rentrent pas. C’est spectaculaire. Je visite encore un peu de temples avant de rentrer au mien pour assister à la cérémonie du soir. Je n’avais jamais participé à ce point à un office Krisna. Le vrai. Celui où on se laisse aller, comme tout le monde, à danser, à chanter, à lever les bras vers le ciel, à se coucher à terre; on est pris dans l’ambiance; cette ambiance que j’aime. Je suis obligée de dire que je me sens chez moi. Je suis bien. En sortant du temple, je me promène encore un moment pour admirer le coucher du soleil et faire coudre les bords de mon foulard « Shiva » acheté à Calcutta. L’heure du repas étant maintenant arrivée, c’est à l’ashram même que je dégusterais une assiette végétarienne dont le nom très connu pourtant m’échappe. Repas succulent. J’adore la nourriture végétarienne. Je rentre prendre une douche et préparer mon programme du lendemain. Je m’endors paisiblement. Jeudi 4 février 2010: Après cette bonne nuit, un tchai s’impose, un peu de shopping car je voudrais une nouvelle tenue indienne mais je ne trouve rien qui me plait sûrement parceque je n’ai pas beaucoup de temps avant de repartir. Aujourd’hui sera mon dernier jour en Inde. Je prends un cyclo-rishwach pour traverser la ruelle avec mes bagages afin qu’il me conduise vers un taxi pour me rendre à Mathura. Le jeune homme se propose de m’y conduire en vélo; je refuse puis finalement me dit que ce serait bien intéressant car il garderait mes bagages pendant que je visite le site « Shri Krisna Janmabhoomi ». En avant pour l’aventure, la dernière enfin je croyais,15 kilomètres en cyclo; bonjour les vertèbres; cette fois vais-je tenir le coup; c’est cahotique! Le mot est faible!!! Nous arrivons à Mathura. Je suis toujours entière. Il me pose devant le fabuleux temple où l’on ne peut emmener ni appareil photo, ni portable, rien… Je décide donc de tout lui laisser plutôt que de déposer mes objets à la consigne. Il me dira quelques minutes après qu’il ne peut rester là et s’en ira 500 mètres plus loin avec mes bagages, mes objets personnels et mes chaussures. Mais peu importe, on se revoit dans deux heures. Je suis donc sur le site de « Shri Krishna Janmabhoomi » où s'élève le temple de « Kesava Deo » construit autour d'une petite pièce dans laquelle serait né Krishna il y a 3500 ans. J’ai la chance de trouver cette grotte et d’y accéder grâce à un groupe guidé que je suis en douce car ce site est très grand. D'après la légende, le roi Kansa avait enfermé sa soeur et son mari craignant une prophétie selon laquelle leur fils provoquerait sa mort. Prophétie qui ne manqua pas de se réaliser. Aujourd'hui des milliers de pèlerins se pressent dans ce temple. Sur le même site se trouve la mosquée d'Aurangzeb. Cette proximité entre hindous et musulmans fait que le lieu est très surveillé surtout depuis les affrontements inter communautaires. Le moment est venu de retrouver mon petit chauffeur et c’est pieds nus que je parcours les 500 mètres nous séparant. Quelle fût ma surprise quand je vis qu’il n’y avait pas un seul rishwash à la ronde! Affolée, je revins sur mes pas trouver la police se tenant devant le temple; je leur explique que je n’ai plus rien, que le chauffeur est parti avec tous mes affaires, je suis pieds nus; je suis perdue car c’est aujourd’hui que je rentre et je vais perdre beaucoup de temps avec mes dépositions, etc… Quand tout à coup, un gamin dit à la police avoir vu le garçon au richwash avec mon sac à dos et tout. La police me demande de suivre le garçon. Je pensais bien que c’était pour me conduire au commissariat mais non, le gamin avait vu le chauffeur qui m’attendait de l’autre côté, 500 mètres plus loin effectivement mais de l’autre côté. Je suis contente. Je lui avais prêté mon traducteur; j’ai oublié de le récupérer. Je n’aurais pas le temps d’effectuer une autre visite à Mathura me dit le chauffeur et il me conduit à la gare. Finalement, vu le temps qu’il me restait, j’aurais pu mais il a voulu finir sa journée me semble t’il! Les attentes sur les quais de gare en Inde me plaisent beaucoup, puis-je encore dire que je m’y sens bien, c’est osé mais c’est comme ça. Une petite fille vient faire un numéro d’acrobatie, je lui donne un sou; elle est mignonne. Le train arrivera avec un peu de retard. Je ne suis plus qu’à 60 kilomètres de Delhi. J’arrive à 20h30 à la gare de Delhi et ai des problèmes avec le porteur qui n’est pas content de ce que je lui donne! Je prends un taxi prépaid mais pas de chance, contrôle de police et perte de temps à la gare. Quand enfin, je pus monter dans un auto-rishwash, il ne compris pas ma destination, ne connait pas l’hôtel et m’emmène je ne sais où mais je savais en tout cas que ce n’était pas la bonne direction. Je lui dit. Il ne veut rien entendre. Je téléphone à Raj à trois reprises pour qu’il lui explique le chemin. Il dit qu’il sait mais 1h30 plus tard, je suis toujours dans le taxi. Je menace d’aller à la police mais peu importe, il est têtu. Ce sera le seul personnage qui m’aura vraiment énervé à ce point durant mon voyage. J’arrive à l’hôtel à 21h30 où j’avais réservé une chambre pour me reposer un peu avant de partir pour l’aéroport et y prendre une douche. Heureux que je ne dois pas y passer la nuit tellement il est crado. Je dépose tout en vitesse et file faire du shopping à toute allure car j’ai envie d’un sac à dos; heureusement, le « quartier des sacs » est tout près et je trouve mon bonheur. J’ai encore un peu de temps pour aller manger une assiette végétarienne dont je ne me souviens toujours pas du nom. Je rentre à l’hôtel me doucher et sortir pour attendre Raj qui vient me chercher à 11h30. Tout se passera très bien à l’aéroport et l’avion partira à l’heure; mon arrivée est prévue pour 7h du matin le 6 février 2010 à Bruxelles où ma fille m’attendra avec mes deux petit-fils.
Mon voyage en Inde se termine. C’était le voyage que je voulais faire. Je suis fière de moi. J’ai réalisé mon rêve. Je remercie Alain de m’avoir fait confiance et m’avoir encourager à réaliser ce voyage. Ce voyage n’a été que du bonheur. Il m’a prouvé ce que je savais faire, m’a donné confiance en moi. Déjà je pense au suivant bien que celui-ci devait être le dernier. Au revoir mon Inde. A bientôt pour d’autres aventures. Marie Claire Le 20 mars 2010.
500 km de randonnée en Afrique du Sud: Wild Coast depuis Durban jusqu'à East London English translation pending
- Je quitte le trio birman le jour de l'épiphanie avant d'atteindre l'aéroport de Durban situé à quinze kilomètres au sud de la ville. Ils partent au Cap en avion, j'y vais à pied ou par les moyens du bord, c'est-à-dire tout objet roulant identifié. Ils volent pour diminuer le temps de voyage et les épreuves physiques, j'en fais mon allié cherchant à amplifier et multiplier les découvertes. Debbie et Sandra sont venues les chercher pour les emmener à l'aéroport. Nous montons à quatre derrière dans la voiture. Elles me mettent en garde sur le caractère dangereux de mon périple, de quoi me donner l'envie de prendre mon avion retour sur le champ. Cela finit par être ennuyeux cette pression que te mettent les Afrikaners. Les pires situations sont toujours données en exemple comme celle qui a vu un véhicule être obligé de s'arrêter devant des blocs de pierre disposés sur la chaussée. Les bandits n'ont plus qu'à faire la quête. Je commence réellement à marcher depuis Amanzimzoti qui signifie "eaux douces" jusqu'à Ilovo sur une plage de sable peu fréquentée que les rochers à fleur d'eau découpent. En quittant la périphérie de Durban et Zoti pour les intimes, je marche entre la plage et la voie ferrée sur une piste bordée de taillis qui permet l'accès aux 4x4 tractant les remorques à bateaux. Un coupe-gorge sans issue de sortie au cas je me fais coincer par plusieurs types. Une silhouette sort de l'ombre et s'avance jusqu'aux dunes de sable dont il faut franchir le cordon pour retrouver l'Océan. Je l'ai vu et le prends par effet de surprise en le rejoignant. Je préfère suivre un sentier sur ma droite avant de redescendre rapidement sur la plage. Je le laisse sur ma gauche scrutant et observant les estivants s'animer sur le sable doré. S'il cachait de mauvaises intentions, un pigeon vient de lui passer sous le nez. C'était un contre un. Je longe une plage fréquentée essentiellement par des familles d'origine indienne. Sur les autres, essentiellement des Afrikaners et des Sud-Africains noirs en famille avec leurs gosses. Au sortir d'un camping de mobil-home, le propriétaire m'embarque sur la route principale et me dépose un peu plus loin m'évitant un passage à gué avec de l'eau jusqu'à mi-genou. A l'embranchement où il me laisse peu de temps avant la nuit, il m'interdit très clairement de continuer à pied vers eMuzikababa sous peine de me faire détrousser. Je dois absolument sauter le pas jusqu'à uMkhomazi distant de onze kilomètres. Personne ne dépasse le carrefour en direction de l'endroit maudit sauf les combi-taxis qui se rendent dans la zone interdite. Mon dernier chauffeur n'est pas le seul à m'avoir averti. Cinq blancs et un Indien m'avaient déjà annoncé la couleur. J'ai toutes les peines du monde à persuader une jeune fille au volant d'un pick-up de m'embarquer derrière pour me faire sauter une case et continuer à jouer. Elle a toutes les excuses inimaginables pour ne pas m'aider, c'est la voiture de son père, mais tentant son va-tout, elle prend le risque et joue. Je l'ai convaincu en insistant sur le fait que les Afrikaners étaient franchement peu serviables et morts de peur. "Qu'est-ce que je vais raconter en retournant en Europe ?" lui ai-je lancé. Je l'ai mise devant le fait accompli avec ce passage difficile à venir que je dois occulter. Je joue gagnant et mets pied à terre à Widenham à proximité de la plage où elle me dépose. Je sollicite les gardiens de plusieurs propriétés qui ne m'ouvrent pas les grilles, leur patron n'étant pas rentré. Je continue de longer la rue St Hélier et croise un petit coin de Paradis avec le motel du même nom. Avec la plus extrême courtoisie, le réceptionniste m'explique, après avoir sollicité la gérante, que toutes les chambres sont réservées et qu'elle ne se sent pas très à l'aise à l'idée de me faire dormir avec mon duvet sur une surface en dur. Je lui résume la situation: "elle préfère me laisser dehors". Il me conseille de retourner sur mes pas et d'aller voir plus loin en ville à uMkomass. J'opte pour le porte à porte. Une voiture avec une famille tamoule s'avance devant la grille ouverte. Le père me conseille de demander à son logeur. Par sonnette interposée, je lui demande de venir me rejoindre à la barrière. Il reçoit la famille et me renvoie à la case d'à côté où cinq véhicules sont stationnés. Un pick-up, sur la portière duquel est écrit "Divers Accomodation" (hébergement pour les plongeurs), ralentit au passage puis accélère au moment où je tente de le rattraper. Brigitte (Breytenbach tél:074 105 1119), avec sa sœur Shannon, a eu peur puis s'arrête finalement une cinquantaine de mètres plus loin. Elle m'engage à monter puis fait demi-tour. Elle me confie qu'elle possède sa propre auberge (www.outerreefs.co.za ) avec piscine et peut me dépanner pour la nuit. Elle me remet un voucher de 35 Rands valable sur un repas dans un restaurant voisin et me donne l'accès à la cuisine. Je n'ai assurément pas besoin de tout ça. A 21h00, je goûte à l'eau fraiche de la piscine. Avec la puissance des rouleaux déferlants sur la plage en fond musical, je n'ai pas la force de compter les moutons. Imaginant les milliers de pattes de mangoustes, d'écureuils et de singes courant sur le toit de tuiles qui finissent par me saouler et me faire tourner la tête, mon corps assommé et ankylosé sombre dans les bras du grand bleu. Lucky, le réceptionniste, ouvre la porte-fenêtre à 5h15. Je démarre doucement et apprécie l'endroit jusqu'à ce que Zanele, la femme de chambre, parte vers 10h00. Un livre "Secret South Africa" posé sur la table retient toute mon attention. Sur une double page, un endroit différent, en dehors des sentiers battus et des hordes de touristes, est présenté. Je le dévore en même temps que je vide deux assiettes de céréales baignant dans un mélange de lait, de yaourt, de chocolat et de sucre de canne. Je rebrousse chemin et au lieu de m'engager vers "le paradis", je tente une voiture jusqu'à Clansthal. J'obtiens Scotburgh. D'après ce que me dit mon chauffeur, je serai mieux de rattraper la plage un peu plus loin surtout qu'il commence à pleuvioter. Je me place après le feu. Voilà qu'un combi collectif vide s'arrête et patiente dans l'attente de passagers. Il n'y pas suffisamment de place pour que deux véhicules puissent s'arrêter. Nsobi traverse la route et voyant que le chauffeur est seul, s'abstient de monter par principe de sécurité. Si les jeunes filles noires se mettent à ne plus faire confiance à leurs frères de couleur, je comprends que les Afrikaners soient mortes de peur. Nous faisons connaissance. Elle est étudiante à Umlazi dans la banlieue de Durban et va payer la facture d'électricité de sa famille à Eskom, la compagnie nationale. Un Indien s'arrête. Je lui demande de nous embarquer tous les deux jusqu'à Park Rynie où nos chemins se séparent. Je parle avec un gars à la pompe à essence pour m'informer des possibilités de continuer par la plage. Feu vert jusqu'à Kelso que j'atteins en cheminant entre les rochers, la ligne de chemin de fer et un chemin carrossable verdoyant slalomant entre le rail et un cordon de dunes maintenues par des arbres courts mais râblés, qui me conduit à l'entrée d'un camping où je choppe un camion pour Pennington évitant un large estuaire. Je vole quelques minutes de connexion Internet dans une agence immobilière avant de m'asseoir et converser avec un couple de retraités. Le ciel est chargé. "Il fait lourd et la pluie est prévue alors qu'il devrait faire terriblement chaud" me confie-t-elle. Je me dis qu'il faut que je reparte. Le cherry qu'il me font goûter va plutôt m'assommer que me fouetter le sang et me remettre en selle sans compter un mal de tête lancinant depuis ce matin. Au moment où je descends vers la plage, je croise une demi douzaine de personnes, chacune un sac dans le dos avec du matériel de camping pour certains.
- "D'où venez-vous ?" Mike, le patriarche marche en famille de plage en plage depuis des années. Ils sont déjà allés au Cap par la côte et remonte à Scottburgh demain. Des renseignements glanés rapidement qui valent leur pesant d'or (East London - Port Elizabeth = 2 semaines de marche). Le Transkeï qui s'étend depuis la rivière Mtanvuna, frontière naturelle difficilement franchissable, jusqu'à East London se mérite tant il est sauvage et loin des circuits balisés. Il offre de magnifiques plages isolées. Il y a quelques années, en plein été, Mike et un pote ont marché pendant dix-neuf jours depuis Port Nolloth jusqu'à Strandfontein. Ils avaient emporté 25 litre d'eau. Nous échangeons nos e-mail mais j'oublie de les prendre en photo. La famille "Plageapié" en short, a vraiment l'air chouette habillée comme des boy-scouts flanqués de leur sac à dos. Leur accoutrement de marcheurs m'a mis la puce à l'oreille. J'ai bien fait de les intercepter et les écouter. Les signes sont de bon augure. Ils veulent regarder le match de cricket contre l'Angleterre et passent la nuit dans un camping tandis que je m'éloigne avec quatre petites heures de marche jusqu'à la nuit. Aujourd'hui est un jour propice pour marcher malgré le vent. Les nuages cachent le soleil. A Sezela, au niveau de l'usine qui traite la canne à sucre, je grimpe sur la voie ferrée après être passé par Rocky Bay puis Sandy Bay. La marche dans le sable puise toute mon énergie. J'apprécie avoir une vue d'ensemble sur la plage en contrebas. Un ou deux trains de marchandises passent quotidiennement le matin. Je suis séduit à l'idée d'accrocher un wagon et brûler le dur comme cela se fait aux Etats-Unis, au Canada ou en Russie. Je suis doublement en voyage. Sur ma gauche, la mer défile devant mes yeux tandis que la voie ferrée appelle le mouvement et la continuité du déplacement. Les gares de Bazley et d'Ifafa sont hors d'usage. Un omnibus quotidien relie Durban jusqu'à Pennington. Au delà, plus de moyen de communication pour les passagers. J'imagine les clichés en noir et blanc de ces gares bondés d'autochtones en route vers le Transkei. Je redescends sur la plage à travers les taillis. Une paire de jambes en position assise empalées sur un piton rocheux s'activent au rythme des vagues, image d'un couple en totale harmonie, se fondant dans la nature et se donnant l'un à l'autre. Ralentissement du mouvement avant de chevaucher de plus belle, autant faire durer le plaisir, les cris de jouissance étant couverts par le ressac. J'atteins Ifafa en compagnie de deux employées du camping de Bazley qui rentrent chez elles, leur journée de travail finie. Je demande à la ronde où étaler mon duvet. Une jeune fille me pointe du doigt une propriété et me dit d'aller solliciter un policier qui l'habite. Brandon m'accueille le plus naturellement du monde. Sa femme Linda, de sang mixte aussi cool et naturelle que lui, est infirmière de métier. Elle vient de passer trois ans en Arabie Saoudite pour améliorer l'ordinaire. Leur benjamine joue au cricket dans l'équipe nationale. Elle va renter à l'université et aura besoin d'une voiture l'année prochaine. L'ainée (23 ans) travaille dans une banque à Durban et leur fils (19 ans) y étudie. Afin de leur donner le maximum de chances, les grandes écoles coutent une fortune, Brandon pense s'engager en tant que casque bleu pour un contrat d'un an. Toutes les forces vives de la nation étant mobilisées pour la coupe du monde, ce sera vraisemblablement au Soudan après l'événement planétaire. Dès qu'il a eu vent de ses idées de partir en mission, son frère l'a incité à lire "slave" (esclave), le témoignage d'une jeune fille enlevée par les moudjahidines, pour le mettre au courant des us et coutumes des traditions locales. Je dispose d'une maison d'amis. Il m'invite à voir la vue depuis le balcon de sa chambre au premier étage. Sa maison voisine avec le camping d'Ifafa qui m'a servi de point de repère pour établir mon itinéraire. Je trouve étonnant que la jeune fille m'ait envoyé chez Brandon alors qu'il eut été logique qu'elle m'indique le camping. Après avoir goûté la salade de crevettes, je descends sur la plage dominé par le phare. St Benoît, beaucoup sollicité et constamment sur le qui-vive, a peut-être fort à faire mais mon ange gardien, mon protecteur peut encore dormir tranquille ce soir.
Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.
Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.
Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.
Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déjà filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.
Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?
Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que
"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".
Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.
A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...
Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.
Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.
La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.
Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.
En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.
Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.
Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.
Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.
Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.
Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.
Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.
La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.
A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.
En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.
Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.
Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.
Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.
Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.
Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.
Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?
Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.
Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.
Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.
Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.
En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.
Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.
Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.
A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.
Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.
Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.
Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.
J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.
Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.
Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.
Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.
Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.
En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.
Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.
Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.
Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.
En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.
Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?
Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.
Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.
Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.
La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.
Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.
Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.
Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.
Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".
Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.
A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...
Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.
J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.
Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.
Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.
Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.
J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.
Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.
Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.
Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.
J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.
Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.
A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.
Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.
Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.
Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !
Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.
Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.
Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.
Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.
Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.
Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.
Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?
Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.
Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.
Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.
Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?
Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.
Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.
De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.
Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?
Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.
East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.
Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.
La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.
Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail" http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.
A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.
Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).
A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.
Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.
Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.
Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.
A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.
Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.
Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.
Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.
Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.
Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.
Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.
J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.
L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des p��cheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.
Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.
Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.
Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.
Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.
Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.
Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan déchainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.
Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.
A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.
Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.
Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.
Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.
J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.
Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".
Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.
De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.
Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.
Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.
Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.
Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.
Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.
Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déjà filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.
Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?
Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que
"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".
Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.
A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...
Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.
Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.
La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.
Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.
En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.
Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.
Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.
Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.
Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.
Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.
Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.
La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.
A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.
En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.
Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.
Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.
Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.
Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.
Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.
Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?
Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.
Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.
Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.
Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.
En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.
Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.
Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.
A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.
Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.
Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.
Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.
J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.
Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.
Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.
Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.
Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.
En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.
Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.
Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.
Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.
En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.
Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?
Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.
Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.
Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.
La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.
Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.
Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.
Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.
Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".
Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.
A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...
Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.
J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.
Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.
Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.
Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.
J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.
Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.
Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.
Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.
J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.
Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.
A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.
Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.
Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.
Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !
Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.
Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.
Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.
Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.
Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.
Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.
Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?
Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.
Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.
Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.
Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?
Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.
Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.
De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.
Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?
Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.
East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.
Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.
La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.
Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail" http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.
A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.
Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).
A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.
Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.
Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.
Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.
A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.
Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.
Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.
Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.
Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.
Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.
Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.
J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.
L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des p��cheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.
Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.
Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.
Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.
Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.
Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.
Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan déchainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.
Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.
A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.
Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.
Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.
Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.
J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.
Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".
Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.
De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.
Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.
Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.
Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Pérou: vol/agression/arnaque et même pire(!): quelle situation en 2010? English translation pending
Bonjour,
Voilà nous sommes en train de préparer un voyage au Pérou pour Avril 2010, nous avons lu les posts demandant quelle était la sécurité au Pérou (datant de 2008), les réponses rassurantes de ceux qui y sont allés et qui disent que rien ne craint. Nous sommes allés juste pour nous faire un peu peur sur le site de l'ambassade (vous savez le diplomatie.gouv.gnagnagna). On a bien tout lu gentiment bon ok, il y a des vols faut faire gaffe mais ça se gère...
Hier soir on lit le Lonely (donc guide sérieux et plutôt écrit pour les baroudeurs (enfin je pense) maintes fois cités dans les réunions de voyageurs etc etc) et là on lit (de mémoire donc les propos ne sont pas juste pour chaque ville mais c'est la tendance, je pourrais à la demande réécrire les passages tels que lu): Pisco: bon c'est bien mais faites gaffe au port et au marché pour les vols, de nombreuses agressions violentes contre les touristes ont eu lieu dernièrement (cool) Ica: sympa mais faites quand même attention au bus il y a eu des détrousages et même des cas de VIOL (!!!), aggression sexuelles sur des touristes (sympa pour la copine) d'autant moins réprimés que ces aggressions en général ne sont pas vraiment "punies" au Pérou... (!!!!!!!!!!!!) Nazca: à la descente des bus faites attention à la cohue et les prises à parties violentes pour vous fourguer un hotel ou un tour opérator...
Attendez là c'est quoi cette ambiance dépeinte encore faire gaffe au vol etc etc ça, encore passe mais des cas de VIOL!! alors est ce quelqu'un peut m'expliquer car là je captes pas de trouver ça dans un lonely plutot orienté vers des gens qui ont l'habitude des risques du voyage (on va dire) et là le bouquin il est farci de phrase alarmante (quand c'est pas ça c'est les volcans 😄). On serait 2 potes à voyager ça irait mais avec la copine ça le fait moyen si elle est harcelée à chaque coin de rue... (je pense pas que ce soit le cas mais bon... c'est déjà arrivé au point d'être écrit dans un guide (!!))
Je pense, pour zapper une partie de ce genre de désagrément, louer une voiture (j'ai toujours loué une voiture là ou j'ai voyagé j'aime bien le challenge 🏴☠️ (i.e Mexique, Japon) avec à chaque fois les particularités locales (topes, code de la route inexistant pour l'un; conduite à gauche et panneaux incompréhensible pour l'autre). Et là je me dis "wha la panam quand même le must"...alors qu'en pensez vous?? (tout ça pour un tour des plus classique (Lima-Nazca-Tititcaca-Cuzco) j'ai lu les posts le déconseillant fortement mais je me dis quand même à la campagne...et ça permettrait d'être un peu plus indépendant et...incognito (bon après avoir décollé l'autocollant EUROPCAR bien sûr 😄😄😄)
Alors voilà je voulais une petite mise à jour pour 2010 des conditions de voyage au Pérou. Juste une dernière précision j'ai passé 3 semaines au Mexique (pas à Cancun hein, au Mexique) et jamais au grand jamais nous n'avons eu aucun pb même tard le soir etc etc...
Hier soir on lit le Lonely (donc guide sérieux et plutôt écrit pour les baroudeurs (enfin je pense) maintes fois cités dans les réunions de voyageurs etc etc) et là on lit (de mémoire donc les propos ne sont pas juste pour chaque ville mais c'est la tendance, je pourrais à la demande réécrire les passages tels que lu): Pisco: bon c'est bien mais faites gaffe au port et au marché pour les vols, de nombreuses agressions violentes contre les touristes ont eu lieu dernièrement (cool) Ica: sympa mais faites quand même attention au bus il y a eu des détrousages et même des cas de VIOL (!!!), aggression sexuelles sur des touristes (sympa pour la copine) d'autant moins réprimés que ces aggressions en général ne sont pas vraiment "punies" au Pérou... (!!!!!!!!!!!!) Nazca: à la descente des bus faites attention à la cohue et les prises à parties violentes pour vous fourguer un hotel ou un tour opérator...
Attendez là c'est quoi cette ambiance dépeinte encore faire gaffe au vol etc etc ça, encore passe mais des cas de VIOL!! alors est ce quelqu'un peut m'expliquer car là je captes pas de trouver ça dans un lonely plutot orienté vers des gens qui ont l'habitude des risques du voyage (on va dire) et là le bouquin il est farci de phrase alarmante (quand c'est pas ça c'est les volcans 😄). On serait 2 potes à voyager ça irait mais avec la copine ça le fait moyen si elle est harcelée à chaque coin de rue... (je pense pas que ce soit le cas mais bon... c'est déjà arrivé au point d'être écrit dans un guide (!!))
Je pense, pour zapper une partie de ce genre de désagrément, louer une voiture (j'ai toujours loué une voiture là ou j'ai voyagé j'aime bien le challenge 🏴☠️ (i.e Mexique, Japon) avec à chaque fois les particularités locales (topes, code de la route inexistant pour l'un; conduite à gauche et panneaux incompréhensible pour l'autre). Et là je me dis "wha la panam quand même le must"...alors qu'en pensez vous?? (tout ça pour un tour des plus classique (Lima-Nazca-Tititcaca-Cuzco) j'ai lu les posts le déconseillant fortement mais je me dis quand même à la campagne...et ça permettrait d'être un peu plus indépendant et...incognito (bon après avoir décollé l'autocollant EUROPCAR bien sûr 😄😄😄)
Alors voilà je voulais une petite mise à jour pour 2010 des conditions de voyage au Pérou. Juste une dernière précision j'ai passé 3 semaines au Mexique (pas à Cancun hein, au Mexique) et jamais au grand jamais nous n'avons eu aucun pb même tard le soir etc etc...
Premier voyage en Namibie (trois semaines) English translation pending
Bonjour à tous !
Voilà quelques jours que je parcours la partie Namibie avec un grand intérêt. C'est une destination qui me fait rêver depuis quelques temps déjà… 🙂 Nous (nous sommes 2) sommes en train de nous décider sur notre future destination et j'aurai encore quelques renseignements à vous demander. Je ne connais pas encore vraiment le pays.
- Pour un départ en aout/septembre (pour une durée de 3 semaines environ), il n'est pas encore trop tard pour réserver les parcs? Que faut-il réserver exactement? Entrée des parcs? Logement?
- Nous avons l'habitude de voyager autonome et en routard (Mexique, Guatemala, Bolivie, Thaïlande…) D'habitude nous voyageons en bus, là il faudra louer une voiture. Que faut-il, un 4x4? Si nous en avons jamais conduit, c'est pas risqué d'en louer un ? Est-ce intéressant sinon d'avoir un guide-chauffeur pour certains endroits?
- Question sécurité: j'ai lu un peu de tout, et surtout les 2 premiers récits que j'ai lu c'était de personnes qui se sont fait agresser. Je lis aussi que c'est un pays très sûr. Je ne sais plus quoi penser! Bon ok des aggresions y en a partout, mais Windhoek est-ce vraiment dangereux? Peut-on s'arrêter n'importe où sans trop de problème?
- Rencontrer le peuple Himba n'est-il pas devenu trop touristique? Je suis plutôt du genre à quitter les sentiers touristiques, et voyage responable. Je ne souhaite pas du tout rentrer dans un truc à touristes.
- Avez-vous justement des plans pour des endroits, des rencontres orientées responsables?
- Question budget hors avion, est-il réaliste de prévoir 1500€/personne max, avec la location de la voiture? Je n'ai vraiment pas trop d'idée, j'ai trouvé un peu de tous les budgets…
Je vais m'arrêter là pour mes premières questions, ça fait déjà beaucoup mais j'en aurai surement d'autres!! 😊
Merci d'avance !!
Voilà quelques jours que je parcours la partie Namibie avec un grand intérêt. C'est une destination qui me fait rêver depuis quelques temps déjà… 🙂 Nous (nous sommes 2) sommes en train de nous décider sur notre future destination et j'aurai encore quelques renseignements à vous demander. Je ne connais pas encore vraiment le pays.
- Pour un départ en aout/septembre (pour une durée de 3 semaines environ), il n'est pas encore trop tard pour réserver les parcs? Que faut-il réserver exactement? Entrée des parcs? Logement?
- Nous avons l'habitude de voyager autonome et en routard (Mexique, Guatemala, Bolivie, Thaïlande…) D'habitude nous voyageons en bus, là il faudra louer une voiture. Que faut-il, un 4x4? Si nous en avons jamais conduit, c'est pas risqué d'en louer un ? Est-ce intéressant sinon d'avoir un guide-chauffeur pour certains endroits?
- Question sécurité: j'ai lu un peu de tout, et surtout les 2 premiers récits que j'ai lu c'était de personnes qui se sont fait agresser. Je lis aussi que c'est un pays très sûr. Je ne sais plus quoi penser! Bon ok des aggresions y en a partout, mais Windhoek est-ce vraiment dangereux? Peut-on s'arrêter n'importe où sans trop de problème?
- Rencontrer le peuple Himba n'est-il pas devenu trop touristique? Je suis plutôt du genre à quitter les sentiers touristiques, et voyage responable. Je ne souhaite pas du tout rentrer dans un truc à touristes.
- Avez-vous justement des plans pour des endroits, des rencontres orientées responsables?
- Question budget hors avion, est-il réaliste de prévoir 1500€/personne max, avec la location de la voiture? Je n'ai vraiment pas trop d'idée, j'ai trouvé un peu de tous les budgets…
Je vais m'arrêter là pour mes premières questions, ça fait déjà beaucoup mais j'en aurai surement d'autres!! 😊
Merci d'avance !!
Un mois au Mexique: itinéraire, visites? English translation pending
bonjour les voyageurs!!
Ma copine et moi avons effectué notre 1er voyage sac a dos l'année dernière( 3 semaine en tailande).Ce voyage c'est magnifiquement bien passé, nous somme tombé amoureu de se genre de voyage. :) Nous voulons recommencés l'experience cette année.1 mois au mexique(du 10 novembre au 10 décembre) Nous ne savons pas du tout ou allé, quelqu'un aurait il déjà fait le même type de voyage?quel itinéraire a faire pour voir le maximum de chose dans le pays(architecture, visite de temple, tribut...) nous somme avide de découverte :-)! Les chose ou endroit a éviter, les incontournable.... La météo qu'il fait dans les diférent lieu, les vétement a prendre!! Le cout de la vie pour 30 jours? Nous vous remercions par avance de vos réponse!
cordialement, céline et nicolas!!
Ma copine et moi avons effectué notre 1er voyage sac a dos l'année dernière( 3 semaine en tailande).Ce voyage c'est magnifiquement bien passé, nous somme tombé amoureu de se genre de voyage. :) Nous voulons recommencés l'experience cette année.1 mois au mexique(du 10 novembre au 10 décembre) Nous ne savons pas du tout ou allé, quelqu'un aurait il déjà fait le même type de voyage?quel itinéraire a faire pour voir le maximum de chose dans le pays(architecture, visite de temple, tribut...) nous somme avide de découverte :-)! Les chose ou endroit a éviter, les incontournable.... La météo qu'il fait dans les diférent lieu, les vétement a prendre!! Le cout de la vie pour 30 jours? Nous vous remercions par avance de vos réponse!
cordialement, céline et nicolas!!
Las Vegas - nouvel hôtel VDARA English translation pending
Bonjour à tous
Nous préparons notre périple de 10 jours à Las Vegas (24 janvier au 2 février 2010) Nous avons deja décidé pour les deux premieres nuits au Golden Nugget, mais nous hésitons pour les 7 nuits suivantes: Suite au Venetian, Suite au TI, ou au Mirage (nous avons séjourné au Flamingo il y a deux ans, écarté le Paris, les hotels plus eloignés du centre du strip tels le Mandalay, Luxor (ou j'ai déja séjourné), MGM, Excalibur, NY). J'ai vu qu'il y avait un nouvel ensemble qui s'ouvrait prochainement, et l'hotel VDARA ne m'a pas laissé insensible, mais ce n'est que par son site internet. Ceux qui ont été dernièrement à Vegas peuvent ils donner leur impression s'ils ont vu cet hotel de pres? Sa situation etc (il est d'après ce que j'ai vu proche du Monte Carlo). L'avantage que nous y voyons, mais seulement à premiere vue sur un site car pas de retour d'experience - il n'ouvrira que dans 20 jours - est que c'est un hotel sans casino, ce qui nous irait tres bien. Merci pour vos retours (j'ai fouillé un peu pour les avis d'hotel, mais c'est vrai que c'est aussi dépendant de l'étage où on sera, ainsi que des voisins et bien sur faut voir les tarifs proposés) mais tous les bons plans sont les bienvenus. Pour ceux qui demanderaient: Pourquoi une suite, on est pas souvent dans sa chambre à Vegas? je sais, je sais. Il se trouve qu'on se fait un grand grand plaisir, on adore cette ville, on part pour s'y marier, s'éclater, voir plein de spectacles, etc etc.... donc on veut aussi s'offrir un endroit moins 'classique' pour loger Et pendant que j'y suis, tous les 'Bons tuyaux ou retour de bonnes expériences seront les bienvenus Gab
Nous préparons notre périple de 10 jours à Las Vegas (24 janvier au 2 février 2010) Nous avons deja décidé pour les deux premieres nuits au Golden Nugget, mais nous hésitons pour les 7 nuits suivantes: Suite au Venetian, Suite au TI, ou au Mirage (nous avons séjourné au Flamingo il y a deux ans, écarté le Paris, les hotels plus eloignés du centre du strip tels le Mandalay, Luxor (ou j'ai déja séjourné), MGM, Excalibur, NY). J'ai vu qu'il y avait un nouvel ensemble qui s'ouvrait prochainement, et l'hotel VDARA ne m'a pas laissé insensible, mais ce n'est que par son site internet. Ceux qui ont été dernièrement à Vegas peuvent ils donner leur impression s'ils ont vu cet hotel de pres? Sa situation etc (il est d'après ce que j'ai vu proche du Monte Carlo). L'avantage que nous y voyons, mais seulement à premiere vue sur un site car pas de retour d'experience - il n'ouvrira que dans 20 jours - est que c'est un hotel sans casino, ce qui nous irait tres bien. Merci pour vos retours (j'ai fouillé un peu pour les avis d'hotel, mais c'est vrai que c'est aussi dépendant de l'étage où on sera, ainsi que des voisins et bien sur faut voir les tarifs proposés) mais tous les bons plans sont les bienvenus. Pour ceux qui demanderaient: Pourquoi une suite, on est pas souvent dans sa chambre à Vegas? je sais, je sais. Il se trouve qu'on se fait un grand grand plaisir, on adore cette ville, on part pour s'y marier, s'éclater, voir plein de spectacles, etc etc.... donc on veut aussi s'offrir un endroit moins 'classique' pour loger Et pendant que j'y suis, tous les 'Bons tuyaux ou retour de bonnes expériences seront les bienvenus Gab
Voyage dans l'Ouest américain: partir en tour opérateur ou par nous mêmes? English translation pending
Bonjour,
suite à mon précédent poste pour savoir si c'était mieux de partir en TO ou d'organiser nous même, nous sommes toutes les trois d'accord pour l'organiser suite à vos messages.
Pouvez vous me dire la compagnie à choisir pour payer le moins cher??? et à peu près combien payer les billets pour rester dans notre budjet environ 2000 euros pour 15 jours et par personne!!!
Merci d'avance
suite à mon précédent poste pour savoir si c'était mieux de partir en TO ou d'organiser nous même, nous sommes toutes les trois d'accord pour l'organiser suite à vos messages.
Pouvez vous me dire la compagnie à choisir pour payer le moins cher??? et à peu près combien payer les billets pour rester dans notre budjet environ 2000 euros pour 15 jours et par personne!!!
Merci d'avance
Voyage en Australie et Nouvelle-Zélande en 2010: vos coups de coeur? English translation pending
Bonjour chers voyageurs.
Bon, je crains que mon sujet soit redondant, après tout, nombreux sont ceux qui partent en Océanie, surtout les européens, et nombreux surtout sont ceux qui créent des sujets de discussion.
Je vous fait part à mon tour de mes interrogations et mes perspectives
Voilà, je compte passer 1 an en Australie avec le fameux visa travail/tourisme en 2010/2011, cela permettrait de travailler et de voyager à travers l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Je voulais savoir vos impressions par rapport aux deux pays, ce qu'il faut absolument faire et ce qu'il faut éviter, le climat etc. Bon, je fais mes recherches, les guides Lonely Planet devront être dans ma boite aux lettres dans quelques jours, en attendant je voulais avoir vos impressions.
Je compte voyager à la fois en train et en bus en Australie, le train étant presque inaccessible dans le Western Australia. Et voyager en bus en Nouvelle-Zélande, d'ailleurs ça m'a l'air assez cher.
J'attends beaucoup de la Nouvelle-Zélande (fan du Seigneur des Anneaux oblige), j'aimerai faire du saut à l'élastique, et puis faire de la randonnée, étant amoureux des montagnes.
Enfin voilà, si vous pouvez me dire vos coups de coeurs, les endroits remarquables à faire, les bons plans, des anecdotes, et aussi savoir à quel point la culture aborigène est présente dans les deux pays, j'y vais aussi pour en apprendre plus sur leur histoire et culture.
Rassurez vous encore, je fais mes recherches, juste besoin d'avis de ceux qui y ont voyagé, étant donné que je ne connais personne qui soit allé aussi loin, enfin je crois.
Moi-même revenant de deux mois aux USA et au Canada, j'ai les jambes qui s'affolent, difficile d'attendre un an avant de reprendre la route...
Merci d'avance pour les éventuelles réponses :)
Bon, je crains que mon sujet soit redondant, après tout, nombreux sont ceux qui partent en Océanie, surtout les européens, et nombreux surtout sont ceux qui créent des sujets de discussion.
Je vous fait part à mon tour de mes interrogations et mes perspectives
Voilà, je compte passer 1 an en Australie avec le fameux visa travail/tourisme en 2010/2011, cela permettrait de travailler et de voyager à travers l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Je voulais savoir vos impressions par rapport aux deux pays, ce qu'il faut absolument faire et ce qu'il faut éviter, le climat etc. Bon, je fais mes recherches, les guides Lonely Planet devront être dans ma boite aux lettres dans quelques jours, en attendant je voulais avoir vos impressions.
Je compte voyager à la fois en train et en bus en Australie, le train étant presque inaccessible dans le Western Australia. Et voyager en bus en Nouvelle-Zélande, d'ailleurs ça m'a l'air assez cher.
J'attends beaucoup de la Nouvelle-Zélande (fan du Seigneur des Anneaux oblige), j'aimerai faire du saut à l'élastique, et puis faire de la randonnée, étant amoureux des montagnes.
Enfin voilà, si vous pouvez me dire vos coups de coeurs, les endroits remarquables à faire, les bons plans, des anecdotes, et aussi savoir à quel point la culture aborigène est présente dans les deux pays, j'y vais aussi pour en apprendre plus sur leur histoire et culture.
Rassurez vous encore, je fais mes recherches, juste besoin d'avis de ceux qui y ont voyagé, étant donné que je ne connais personne qui soit allé aussi loin, enfin je crois.
Moi-même revenant de deux mois aux USA et au Canada, j'ai les jambes qui s'affolent, difficile d'attendre un an avant de reprendre la route...
Merci d'avance pour les éventuelles réponses :)
Sur les routes d'Europe English translation pending
allez je me lance...voilà mon carnet de route de cet été , version intégrale ( désolée c'est un peu long...).
Traversée de l'Europe, de la France à la Moldavie en stop. Tous les commentaires sont les bienvenus! Merci
Marion
Sur les routes d’Europe
Prélude au voyage
Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.
J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !
C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !
Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….
Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.
Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.
Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …
Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.
Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !
Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu
C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…
Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !
Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !
Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.
Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.
On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…
On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »
On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.
On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !
J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !
Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !
Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !
Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.
Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse
Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…
Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :
« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !
Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »
Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!
Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!
Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…
Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!
Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.
Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !
Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !
Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!
On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.
On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.
On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »
Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !
Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!
Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…
C’est notre première petite galère de voyage.
On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…
En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!
Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !
On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.
On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !
Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!
La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”
Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…
A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…
Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….
Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…
Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !
On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.
Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…
On continuera sur Innsbruck demain.
Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !
Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…
On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…
Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.
De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.
On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !
On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !
PHOTO 1
On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…
C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…
Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !
Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !
Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…
Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!
Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…
Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !
Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…
David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…
Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…
On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…
Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…
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On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!
Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »
La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!
Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…
Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac
Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.
On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !
On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…
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L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…
On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !
Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !
Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…
On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.
Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !
C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!
On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…
On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)
Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…
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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…
Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.
Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !
Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …
Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…
J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !
On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !
Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.
On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !
Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !
On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??
Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.
Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !
Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…
Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.
On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…
On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.
Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.
Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.
Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !
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Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!
On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.
Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.
Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !
Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !
On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.
Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !
On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !
Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.
Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.
J’aime sa façon de penser…
On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !
Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.
A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.
On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !
Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor
Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !
J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…
On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »
Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??
On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…
Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…
On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !
On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…
Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !
Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.
On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !
Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…
On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.
Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.
Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.
Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie
Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !
Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !
On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !
J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !
Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !
Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….
Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.
Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…
Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!
Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !
Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.
Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante
Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !
Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !
On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…
Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !
On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.
Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…
Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.
Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !
Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!
Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !
La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…
Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.
On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.
La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…
Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !
On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !
Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!
Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !
Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!
Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !
Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.
On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.
Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….
On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…
Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !
Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!
Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!
Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…
On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !
Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!
Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !
Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.
Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…
On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.
Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…
On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !
Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !
Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.
La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !
On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??
On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”
Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.
Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »
Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.
Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!
Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…
Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…
En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »
En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »
En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !
Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !
On se débrouillera autrement…
Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.
Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.
On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !
La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.
Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.
Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.
Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!
Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…
On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !
Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.
Ca fait froid dans le dos…
Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.
Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !
On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.
Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).
Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)
Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.
On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?
Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!
Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !
Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…
Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…
On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!
Cependant cela fait du bien !
On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…
Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !
Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!
J’ai du mal à suivre…
On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !
On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.
Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka
On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !
On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !
On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…
On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.
Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !
On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.
On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.
Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…
Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !
On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)
Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !
Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.
Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…
On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.
Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !
Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…
Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)
On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…
Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…
Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !
On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.
Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…
On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !
On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?
Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.
Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.
Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?
Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !
Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.
Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !
La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »
Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !
On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.
Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !
Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !
Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire
On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…
Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!
Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.
Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.
C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.
PHOTO 6
On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !
La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !
Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !
Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.
Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.
Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.
Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.
A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.
On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.
Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.
On ne le sent pas trop….
Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.
Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.
En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.
On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !
On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;
Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:
“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”
“Everybody wants to fuck!”
“You don’t understand, I want a fork on my table!”
“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”
Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”
Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh
Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !
On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.
On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.
On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…
Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.
On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !
Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.
On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…
On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!
On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!
On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.
Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn
Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.
Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.
On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !
Finalement on repartira avec du pain…
C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…
On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.
Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.
On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !
On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !
Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !
Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.
C’est resté dans les anales….
Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!
Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.
Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !
Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.
Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !
Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !
On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?
On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…
Ce n’est décidément pas notre jour de chance !
Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.
On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !
On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.
Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)
On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n��a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !
La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.
On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…
Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.
On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !
On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !
Ou alors ils ont crevé à leur tour…
On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…
Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…
Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??
Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.
Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.
On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!
On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.
Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???
Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »
Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.
Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…
Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…
Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !
Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !
On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.
On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…
Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…
On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.
On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »
Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !
Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.
Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !
Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !
On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !
Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)
Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…
On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…
Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »
Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.
Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.
Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.
C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »
Sidérée, je ne veux pas y croire.
Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »
Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.
Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !
Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »
Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.
Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.
On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »
Sorry mon cul, oui !
Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)
Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…
Il finit par repartir.
Je rie nerveusement.
Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…
On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.
On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.
Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…
On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.
On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…
On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.
Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !
Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…
Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…
En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…
On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…
La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.
Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.
Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…
Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.
Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.
On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.
On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.
Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…
Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire
Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.
A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.
Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !
On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.
Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…
Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.
On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !
Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.
Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :
En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :
Dole Nicolas
Nole dit « colas »
Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…
Devant mon hilarité elle en invente une autre :
Nole me soûlait
Nole se moulait
Bref bref…
On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.
Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.
Mais il semble plus distant, plus réservé.
Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…
Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?
Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?
Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…
Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…
Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…
Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…
Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties
(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)
Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.
Mais pour les français, pas de changements.
Privilège…
On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…
Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…
Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !
Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.
Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…
Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.
Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !
Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….
Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !
Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !
Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.
Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !
Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.
Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…
Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.
Non mais sur qui on est tombé ??
Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…
Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…
Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…
Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…
Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates
Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.
Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !
Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.
On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.
Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.
Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.
On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.
Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!
On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.
Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.
Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…
De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !
Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !
Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.
Bizarre, espérons que ça passera vite !!
Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions
Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !
Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.
J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.
Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !
Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…
On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.
Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.
Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.
Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.
Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.
Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.
Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.
Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !
Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !
On arrive vite à Apold.
PHOTO 7
Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.
En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.
Musique, chants, feu.
On est bien
On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…
Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.
Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.
Mal au genou…
On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…
Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…
Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!
Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.
PHOTO 8
Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.
On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.
Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.
On reste sur le cul.
Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.
Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?
Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.
Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.
J’ai du mal à comprendre….
On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…
En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !
Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.
Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !
La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.
Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.
Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.
Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.
Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!
Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…
Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !
Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.
Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…
En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??
Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite
Pas mécontente de quitter cette forêt !
Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !
On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.
Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »
C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.
Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.
Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !
Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)
On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….
On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).
Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?
Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.
On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.
En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.
Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?
On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.
Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !
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On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.
Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…
Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !
Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !
Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !
On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.
La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.
A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.
On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !
Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !
On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?
Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.
Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !
Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…
Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.
Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.
On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !
On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !
On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.
Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…
On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.
Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.
Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !
Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.
A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.
On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !
Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…
Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.
On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !
Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.
Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.
Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.
Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau
Chisinau n’a pas changé.
Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.
Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.
Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.
Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.
Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.
Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.
C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !
Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.
Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !
Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.
Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.
Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.
Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.
Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.
Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.
Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.
Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.
Dimanche 12 Juillet : Madame poulet
Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.
Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.
On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…
Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…
Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…
Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut
Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.
On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !
On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.
On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.
Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.
Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.
Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route
Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.
Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.
Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.
Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…
Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?
J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.
Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.
On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.
On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.
Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.
J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.
On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.
Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…
On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.
Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !
Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !
Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.
Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !
C’est parti pour trente-six heures de bus…
Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !
Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”
Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !
L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.
Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.
On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !
On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?
Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !
Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…
La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…
Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !
Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !
On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
Sur les routes d’Europe
Prélude au voyage
Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.
J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !
C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !
Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….
Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.
Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.
Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …
Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.
Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !
Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu
C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…
Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !
Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !
Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.
Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.
On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…
On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »
On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.
On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !
J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !
Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !
Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !
Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.
Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse
Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…
Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :
« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !
Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »
Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!
Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!
Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…
Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!
Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.
Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !
Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !
Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!
On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.
On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.
On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »
Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !
Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!
Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…
C’est notre première petite galère de voyage.
On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…
En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!
Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !
On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.
On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !
Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!
La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”
Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…
A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…
Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….
Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…
Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !
On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.
Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…
On continuera sur Innsbruck demain.
Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !
Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…
On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…
Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.
De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.
On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !
On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !
PHOTO 1
On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…
C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…
Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !
Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !
Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…
Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!
Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…
Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !
Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…
David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…
Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…
On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…
Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…
PHOTO 2
On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!
Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »
La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!
Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…
Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac
Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.
On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !
On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…
PHOTO 3
L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…
On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !
Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !
Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…
On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.
Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !
C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!
On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…
On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)
Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…
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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…
Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.
Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !
Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …
Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…
J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !
On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !
Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.
On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !
Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !
On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??
Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.
Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !
Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…
Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.
On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…
On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.
Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.
Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.
Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !
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Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!
On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.
Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.
Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !
Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !
On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.
Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !
On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !
Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.
Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.
J’aime sa façon de penser…
On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !
Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.
A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.
On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !
Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor
Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !
J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…
On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »
Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??
On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…
Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…
On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !
On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…
Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !
Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.
On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !
Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…
On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.
Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.
Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.
Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie
Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !
Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !
On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !
J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !
Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !
Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….
Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.
Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…
Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!
Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !
Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.
Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante
Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !
Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !
On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…
Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !
On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.
Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…
Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.
Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !
Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!
Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !
La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…
Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.
On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.
La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…
Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !
On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !
Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!
Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !
Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!
Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !
Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.
On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.
Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….
On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…
Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !
Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!
Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!
Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…
On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !
Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!
Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !
Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.
Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…
On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.
Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…
On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !
Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !
Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.
La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !
On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??
On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”
Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.
Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »
Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.
Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!
Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…
Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…
En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »
En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »
En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !
Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !
On se débrouillera autrement…
Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.
Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.
On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !
La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.
Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.
Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.
Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!
Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…
On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !
Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.
Ca fait froid dans le dos…
Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.
Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !
On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.
Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).
Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)
Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.
On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?
Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!
Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !
Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…
Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…
On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!
Cependant cela fait du bien !
On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…
Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !
Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!
J’ai du mal à suivre…
On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !
On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.
Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka
On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !
On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !
On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…
On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.
Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !
On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.
On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.
Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…
Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !
On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)
Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !
Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.
Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…
On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.
Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !
Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…
Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)
On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…
Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…
Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !
On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.
Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…
On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !
On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?
Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.
Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.
Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?
Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !
Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.
Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !
La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »
Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !
On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.
Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !
Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !
Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire
On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…
Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!
Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.
Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.
C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.
PHOTO 6
On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !
La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !
Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !
Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.
Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.
Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.
Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.
A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.
On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.
Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.
On ne le sent pas trop….
Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.
Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.
En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.
On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !
On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;
Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:
“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”
“Everybody wants to fuck!”
“You don’t understand, I want a fork on my table!”
“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”
Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”
Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh
Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !
On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.
On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.
On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…
Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.
On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !
Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.
On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…
On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!
On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!
On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.
Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn
Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.
Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.
On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !
Finalement on repartira avec du pain…
C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…
On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.
Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.
On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !
On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !
Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !
Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.
C’est resté dans les anales….
Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!
Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.
Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !
Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.
Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !
Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !
On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?
On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…
Ce n’est décidément pas notre jour de chance !
Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.
On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !
On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.
Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)
On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n��a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !
La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.
On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…
Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.
On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !
On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !
Ou alors ils ont crevé à leur tour…
On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…
Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…
Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??
Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.
Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.
On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!
On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.
Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???
Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »
Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.
Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…
Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…
Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !
Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !
On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.
On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…
Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…
On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.
On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »
Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !
Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.
Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !
Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !
On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !
Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)
Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…
On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…
Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »
Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.
Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.
Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.
C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »
Sidérée, je ne veux pas y croire.
Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »
Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.
Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !
Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »
Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.
Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.
On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »
Sorry mon cul, oui !
Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)
Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…
Il finit par repartir.
Je rie nerveusement.
Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…
On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.
On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.
Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…
On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.
On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…
On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.
Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !
Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…
Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…
En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…
On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…
La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.
Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.
Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…
Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.
Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.
On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.
On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.
Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…
Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire
Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.
A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.
Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !
On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.
Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…
Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.
On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !
Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.
Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :
En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :
Dole Nicolas
Nole dit « colas »
Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…
Devant mon hilarité elle en invente une autre :
Nole me soûlait
Nole se moulait
Bref bref…
On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.
Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.
Mais il semble plus distant, plus réservé.
Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…
Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?
Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?
Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…
Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…
Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…
Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…
Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties
(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)
Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.
Mais pour les français, pas de changements.
Privilège…
On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…
Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…
Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !
Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.
Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…
Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.
Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !
Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….
Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !
Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !
Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.
Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !
Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.
Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…
Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.
Non mais sur qui on est tombé ??
Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…
Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…
Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…
Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…
Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates
Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.
Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !
Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.
On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.
Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.
Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.
On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.
Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!
On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.
Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.
Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…
De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !
Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !
Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.
Bizarre, espérons que ça passera vite !!
Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions
Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !
Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.
J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.
Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !
Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…
On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.
Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.
Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.
Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.
Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.
Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.
Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.
Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !
Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !
On arrive vite à Apold.
PHOTO 7
Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.
En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.
Musique, chants, feu.
On est bien
On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…
Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.
Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.
Mal au genou…
On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…
Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…
Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!
Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.
PHOTO 8
Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.
On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.
Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.
On reste sur le cul.
Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.
Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?
Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.
Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.
J’ai du mal à comprendre….
On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…
En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !
Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.
Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !
La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.
Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.
Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.
Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.
Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!
Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…
Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !
Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.
Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…
En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??
Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite
Pas mécontente de quitter cette forêt !
Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !
On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.
Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »
C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.
Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.
Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !
Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)
On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….
On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).
Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?
Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.
On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.
En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.
Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?
On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.
Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !
PHOTO 9
On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.
Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…
Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !
Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !
Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !
On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.
La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.
A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.
On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !
Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !
On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?
Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.
Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !
Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…
Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.
Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.
On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !
On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !
On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.
Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…
On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.
Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.
Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !
Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.
A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.
On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !
Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…
Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.
On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !
Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.
Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.
Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.
Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau
Chisinau n’a pas changé.
Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.
Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.
Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.
Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.
Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.
Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.
C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !
Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.
Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !
Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.
Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.
Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.
Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.
Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.
Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.
Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.
Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.
Dimanche 12 Juillet : Madame poulet
Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.
Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.
On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…
Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…
Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…
Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut
Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.
On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !
On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.
On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.
Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.
Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.
Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route
Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.
Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.
Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.
Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…
Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?
J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.
Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.
On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.
On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.
Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.
J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.
On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.
Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…
On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.
Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !
Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !
Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.
Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !
C’est parti pour trente-six heures de bus…
Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !
Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”
Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !
L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.
Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.
On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !
On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?
Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !
Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…
La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…
Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !
Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !
On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
Retour d'un voyage de dix-huit jours au Pérou en juillet-août 2009 English translation pending
bonjour à tous,
juste ce petit message pour expliquer ce que l'on a fait comme tour du sud du Pérou pendant 18 jours, nous sommes rentrés le 15 aout donc c'est tout frais, et comme on a tiré beaucoup d'informations de ce site pour préparer notre voyage, si ca peut peut être être utile à quelqu'un de lire ceci j'en serais ravie !
Nous sommes donc partis le 28 juillet à 5 de Paris CDG pour un périple préparé grâce au Routard et à Voyage forum.(il faut préciser que c'est notre premier voyage et que nous ne parlions que peu voire pas du tout espagnol, et que nous avions réservé presque tous nos hôtels par internet avant le départ, par sécurité, ce qui n'était pas nécessaire, nous l'avons vu après)
1er jour : vol (CDG-Caracas, Caracas-Lima), arrivés à l'aéroport, le taxi envoyé par l'hôtel nous attend (1ers pas à l'étranger, et 1ere erreur : nous nous sommes laissés avoir : le transport ne coute normalement que 30soles et nous avons payé beaucoup plus car l'hôtel nous a envoyé un taxi très grand (8 places) et comme notre avion avait du retard, il s'est pris une large marge, mais nous, fraichement débarqués, ne pouvions pas faire grand chose... Arrivée à l'hôtel Espana, sympa, à la déco totalement décalée, avec le petit déjeuner avec le perroquet qui discute avec le patron :)
2e jour : matin : visite de Lima : couvent san Francisco et ses catacombes, très beau, puis place d'armes et le marché artisanal. Le midi, nous avons mangé dans un resto en face du couvent, César quelquechose, dans le routard aussi, bien sympa. L'après midi, départ pour Pisco avec un bus de la Cie Ormeno, commandé par l'hôtel, mais du coup on se retrouve en 1e classe, alors qu'un économique aurait largement suffit mais bon, ce sont encore les balbutiements du début.. Pisco est une ville qui a les traces du tremblement de terre qui a eu lieu il y a 2 ans, les routes sont très cahotiques, nous avons logé à l'hôtel Tambo Colorado, c'est vraiment un hôtel très agréable, les patrons nous ont invités à boire le pisco sour avec eux le soir, c'était très sympa, mais ce serait peut être mieux quand même d'aller à Paracas, qui n'est pas très loin et n'est pas sinistrée donc plus agréable... On a réservé le tour pour les îles Ballestas par une agence, en négociant (on commence à s'y mettre !) on arrive à 35 soles par personne (sur le bateau certains avaient payé 50..). On mange au resto de l'hôtel Hispana pas loin du nôtre, bon sauf pour celle qui a pris la pizza...
3e jour : départ 7h20 de l'hôtel, le collectivo passe nous chercher et en route pour les îles Ballestas : c'était très impressionnant de voir dans la même heure des dauphins puis des lions de mer et des pinguins ! Le midi, on a mangé dans un resto de Pisco, je ne me rappelle plus de son nom. On a pris le taxi (les tchouk tchouk ne passent pas jusqu'à la Panaméricaine à cause de l'état de la route nous a t'on dit) pour prendre un bus pour Ica (on pensait prendre Soyuz comme l'indique le Routard, mais un autre s'est présenté, plus vite et pour moins cher, pas besoin de réserver pour ce bus, on arrive et il y en a souvent). Arrivés à Ica, taxi jusqu'à la lagune de Huacachina, on a fait du buggy dans le désert avec un peu de sandboard, c'était vraiment des montagnes russes en pleine nature, très bonnes sensations, et pour beaucoup moins cher que ce qu'on avait vu proposé par les agences sur internet, il suffit d'arriver sur place et de négocier entre les différents gérants. Ensuite départ pour la station Ormeno pour prendre un bus de nuit pour aller à Arequipa (on avait pris un royal classe pour dormir le mieux possible), et là gros embêtement : 2h de retard pour arriver à Ica car il crève peu après Lima, 1h30 bloqué à Ica pour un problème de phare, donc déjà départ à 23h30 au lieu de 20h, puis à 3h du matin, il recrève en doublant comme un dératé, résultat bloqués 3h au bord de la panaméricaine pour se retrouver dans un bus économique qui n'est finalement arrivé qu'à 16h à Arequipa au lieu de 8h, toute une journée de visite de la ville manquée... Mais bon on a pu faire connaissance avec des familles péruviennes dans le bus, très sympathiques, on se dit alors que c'est vraiment vrai ce qu'on dit sur eux : toujours souriants, toujours prets à proposer de l'aide, des rencontres très enrichissantes ! On a réussi à se faire rembourser une partie du billet de bus mais après 1h30 de discussion...animée diront nous. A noter que nous avons rencontré d'autres voyageurs embêtés aussi par des problèmes d'annulation de bus et tout ca encore avec Ormeno, préférez Cruz del sur).
4e jour : arrivée donc à 16h à Arequipa, ce qui est bien c'est que toutes les agences de bus sont regroupées au terminal, donc pour trouver un bus pour Cabanaconde ca a été facile (on a pris Reyna mais Andalucia est plus pratique car il va directement à Cabanaconde, nous avons dû nous arrêter à chivay et là prendre un bus Andalucia pour Cabanaconde.) On visite quand même un peu, de nuit le place d'armes est vraiment magnifique ! On trouve par hasard el mundo alpaga, dont on avait entendu parler sur le forum : c'et une boutique de produits en alpaga chics, mais il y a également un musée derrière et des lamas, les 1ers que nous ayons vus là bas, il est expliqué comment est faite la laine. Puis on visite la cathédrale et la Compana mais il y a des messes donc la visite est quelque peu écourtée, et la casa rickets là où il y a une banque. Repas du soir à la fameuse crêperie zig zag (qui s'appelle désormais crépissimo, d'où une longue hésitation de notre part sur le pas de la porte, il faut réserver pour avoir le droit de manger à l'étage où il y a surement une belle vue, mais nous n'avons pas pu en profiter, car nous ne savions pas qu'il fallait réserver.. en tout cas c'est vraiment délicieux ! et les jus de fruits frais excellents (particulièrement le jus de raisin). On devait dormir à La Posada del Calcique mais arrivée là le gérant n'avait plus de place, pas de problème il nous a redirigés à l'hotel Amazing Home un peu plus loin, assez sympa, surtout le terrasse sur le toit pour apprécier la ville avec le Misti et le coucher de soleil.
5e jour : départ pour Cabanaconde en bus, avec arrêt à chivay où on a acheté le boleto touristico qui nous a été vérifié plus tard dans le canyon et à cruz del condor (35soles par personne, mais on a entendu certains dire que ce n'est pas nécessaire, on ne sait toujours pas..). A Cabanaconde, juste le temps d'acheter de l'eau et des biscuits et on se met en route. On a fait le trek de 2 jours suivant la carte trouvée à l'hôtel et celle donnée à la sortie du bus (la même que celle de Micmag sur ce site je crois) seuls sans agence, et il n'y a eu qu'une fois sur les 2 jours où l'on s'est trompés et cela ne nous a fait perdre que 20mn.. On passe d'abord par le mirador san miguel d'ou on peut voir tout ce qu'on va parcourir (impressionnant, surout quand on pense à la remontée !), puis on rejoint la route normale pour 3h20 de descente, petite pause au pont en bas ou on est controlés pour le boleto, puis remontée de 25mn pour aller à l'hotel la posada de gloria à san juan, très sympa, pour 15soles on a eu souper, nuit et petit déjeuner.
6e jour : départ à 8h30 pour Cosnirhua (un peu de descente puis de la grimpette avec une charmant jeune fille en haut qui vend des fruits de cactus et des boissons et des barres de chocolat...), puisMalata et enfin sangalla, on arrive vers midi là bas, on commande à manger et le temps de la préparation plongée dans une piscine très agréable pour 3soles par personne (on n'y rencontre que des francais!). Juste après avoir mangé, on est partis avec 1.5L d'eau par personne pour l'ascension vers Cabanaconde. J'en avais très peur n'étant pas très sportive, ca a été dur surtout juste après avoir mangé et en plein soleil, sans beaucoup d'ombre sur le parcours, mais on a tenu bon et résisté aux mules, mais on a croisé une dizaine de personnes qui sont remontées comme ca (50soles par personne). On a mis 4h, donc on a pris notre temps pour aller au rythme de chacun et tout a très bien été, même si les courbatures après on fait bien mal ! On a dormi à cabanaconde à l'hotel Pachamama, notre cpoup de coeur, non pas pour l'hôtel en lui même mais pour le restaurant du soir et les patrons, l'ambiance est jeune, décontractée, et les plats et leurs boissons délicieuses !! On a réservé le bus Andalucia de 7h pour le lendemain car on nous a dit qu'il valait mieux le faire pour être sur d'avoir une place...
7e jour : petit déj à 6h15, le pauvre patron n'a pas du dormir beaucoup car dans son bar restaurant les gens sortent jusque 4h du matin... devant le bus il y a déjà une grande file d'attente, des touristes et aussi beaucoup de locaux qui se font amener sur leur lieu de travail, et beaucoup d'entre eux sont des vendeuses de cruz del condor. On descend là, on reprendra le bus de 9h pour rentrer à Arequipa, ce qui nous laisse 2h pour essayer de voir les condors. On a eu la chance d'en avoir une dizaine qui tournoyaient au dessus de nous, grandiose !! Puis on a repris le bus et rejoint Arequipa, et là on s'est dépêchés de prendre les tickets de bus pour Puno pour pouvoir ensuite visiter le monastère santa catalina que nous n'avions pas pu voir à notre arrivée à cause du bus, et ensuite la cathédrale et la compana de facon plus approfondie. Le soir, on est retournée à la crêperie, c'était vraiment trop bon !
8e jour : journée de bus pour rejoindre Puno avec la compagnie Julsa je crois, comme indiqué sur le routard. Le soir, on est allés au marché sur le port, où la qualité est vraiment bonne et pour beaucoup moins cher qu'ailleurs, on a mangé dans un resto près de la rue piétonne mais pas terrible (ukuku), et on a dormi à l'hospedaje Cricarlet, les patrons sont vraiment très accueillants, adorables, et les chambres confortables.
Voilà, je donnerai la suite demain, j'espère qurtout que cela pourra aider quelques personnes à peaufiner leur voyage ou à se décider à partir, car on avait peur avant de partir pour se débrouiller dans un pays où on ne connait pas bien la langue, mais tout s'est passé très bien, les rencontres sont formidables, comme la population locale, et même s'il faut faire attention de ne pas se faire prendre pour un "paloma" de touriste par les taxis et gérants d'hôtels et d'agence qui sont tous en réseau et se refilent les clients (surtout que nous étions 5, marchandise recherchée si l'on peut dire, et assez naifs au début), une fois qu'on a montré qu'on veux bien payer mais à des prix raisonnables, ca va bien, il n'y a souvent pas besoin de chercher un taxi ou un bus ou un hotel, ce sont eux qui nous trouvent ! Et pour les grandes villes comme Arequipa ou on parle beaucoup des problèmes de taxis, la police est là pour vérifier la licence du conducteur du taxi dans lequel on monte (en tout cas près du terminal ca s'est passé comme ca pour nous), ou sinon il faut prendre des compagnies sures, référencées dans le routard.
Nous sommes donc partis le 28 juillet à 5 de Paris CDG pour un périple préparé grâce au Routard et à Voyage forum.(il faut préciser que c'est notre premier voyage et que nous ne parlions que peu voire pas du tout espagnol, et que nous avions réservé presque tous nos hôtels par internet avant le départ, par sécurité, ce qui n'était pas nécessaire, nous l'avons vu après)
1er jour : vol (CDG-Caracas, Caracas-Lima), arrivés à l'aéroport, le taxi envoyé par l'hôtel nous attend (1ers pas à l'étranger, et 1ere erreur : nous nous sommes laissés avoir : le transport ne coute normalement que 30soles et nous avons payé beaucoup plus car l'hôtel nous a envoyé un taxi très grand (8 places) et comme notre avion avait du retard, il s'est pris une large marge, mais nous, fraichement débarqués, ne pouvions pas faire grand chose... Arrivée à l'hôtel Espana, sympa, à la déco totalement décalée, avec le petit déjeuner avec le perroquet qui discute avec le patron :)
2e jour : matin : visite de Lima : couvent san Francisco et ses catacombes, très beau, puis place d'armes et le marché artisanal. Le midi, nous avons mangé dans un resto en face du couvent, César quelquechose, dans le routard aussi, bien sympa. L'après midi, départ pour Pisco avec un bus de la Cie Ormeno, commandé par l'hôtel, mais du coup on se retrouve en 1e classe, alors qu'un économique aurait largement suffit mais bon, ce sont encore les balbutiements du début.. Pisco est une ville qui a les traces du tremblement de terre qui a eu lieu il y a 2 ans, les routes sont très cahotiques, nous avons logé à l'hôtel Tambo Colorado, c'est vraiment un hôtel très agréable, les patrons nous ont invités à boire le pisco sour avec eux le soir, c'était très sympa, mais ce serait peut être mieux quand même d'aller à Paracas, qui n'est pas très loin et n'est pas sinistrée donc plus agréable... On a réservé le tour pour les îles Ballestas par une agence, en négociant (on commence à s'y mettre !) on arrive à 35 soles par personne (sur le bateau certains avaient payé 50..). On mange au resto de l'hôtel Hispana pas loin du nôtre, bon sauf pour celle qui a pris la pizza...
3e jour : départ 7h20 de l'hôtel, le collectivo passe nous chercher et en route pour les îles Ballestas : c'était très impressionnant de voir dans la même heure des dauphins puis des lions de mer et des pinguins ! Le midi, on a mangé dans un resto de Pisco, je ne me rappelle plus de son nom. On a pris le taxi (les tchouk tchouk ne passent pas jusqu'à la Panaméricaine à cause de l'état de la route nous a t'on dit) pour prendre un bus pour Ica (on pensait prendre Soyuz comme l'indique le Routard, mais un autre s'est présenté, plus vite et pour moins cher, pas besoin de réserver pour ce bus, on arrive et il y en a souvent). Arrivés à Ica, taxi jusqu'à la lagune de Huacachina, on a fait du buggy dans le désert avec un peu de sandboard, c'était vraiment des montagnes russes en pleine nature, très bonnes sensations, et pour beaucoup moins cher que ce qu'on avait vu proposé par les agences sur internet, il suffit d'arriver sur place et de négocier entre les différents gérants. Ensuite départ pour la station Ormeno pour prendre un bus de nuit pour aller à Arequipa (on avait pris un royal classe pour dormir le mieux possible), et là gros embêtement : 2h de retard pour arriver à Ica car il crève peu après Lima, 1h30 bloqué à Ica pour un problème de phare, donc déjà départ à 23h30 au lieu de 20h, puis à 3h du matin, il recrève en doublant comme un dératé, résultat bloqués 3h au bord de la panaméricaine pour se retrouver dans un bus économique qui n'est finalement arrivé qu'à 16h à Arequipa au lieu de 8h, toute une journée de visite de la ville manquée... Mais bon on a pu faire connaissance avec des familles péruviennes dans le bus, très sympathiques, on se dit alors que c'est vraiment vrai ce qu'on dit sur eux : toujours souriants, toujours prets à proposer de l'aide, des rencontres très enrichissantes ! On a réussi à se faire rembourser une partie du billet de bus mais après 1h30 de discussion...animée diront nous. A noter que nous avons rencontré d'autres voyageurs embêtés aussi par des problèmes d'annulation de bus et tout ca encore avec Ormeno, préférez Cruz del sur).
4e jour : arrivée donc à 16h à Arequipa, ce qui est bien c'est que toutes les agences de bus sont regroupées au terminal, donc pour trouver un bus pour Cabanaconde ca a été facile (on a pris Reyna mais Andalucia est plus pratique car il va directement à Cabanaconde, nous avons dû nous arrêter à chivay et là prendre un bus Andalucia pour Cabanaconde.) On visite quand même un peu, de nuit le place d'armes est vraiment magnifique ! On trouve par hasard el mundo alpaga, dont on avait entendu parler sur le forum : c'et une boutique de produits en alpaga chics, mais il y a également un musée derrière et des lamas, les 1ers que nous ayons vus là bas, il est expliqué comment est faite la laine. Puis on visite la cathédrale et la Compana mais il y a des messes donc la visite est quelque peu écourtée, et la casa rickets là où il y a une banque. Repas du soir à la fameuse crêperie zig zag (qui s'appelle désormais crépissimo, d'où une longue hésitation de notre part sur le pas de la porte, il faut réserver pour avoir le droit de manger à l'étage où il y a surement une belle vue, mais nous n'avons pas pu en profiter, car nous ne savions pas qu'il fallait réserver.. en tout cas c'est vraiment délicieux ! et les jus de fruits frais excellents (particulièrement le jus de raisin). On devait dormir à La Posada del Calcique mais arrivée là le gérant n'avait plus de place, pas de problème il nous a redirigés à l'hotel Amazing Home un peu plus loin, assez sympa, surtout le terrasse sur le toit pour apprécier la ville avec le Misti et le coucher de soleil.
5e jour : départ pour Cabanaconde en bus, avec arrêt à chivay où on a acheté le boleto touristico qui nous a été vérifié plus tard dans le canyon et à cruz del condor (35soles par personne, mais on a entendu certains dire que ce n'est pas nécessaire, on ne sait toujours pas..). A Cabanaconde, juste le temps d'acheter de l'eau et des biscuits et on se met en route. On a fait le trek de 2 jours suivant la carte trouvée à l'hôtel et celle donnée à la sortie du bus (la même que celle de Micmag sur ce site je crois) seuls sans agence, et il n'y a eu qu'une fois sur les 2 jours où l'on s'est trompés et cela ne nous a fait perdre que 20mn.. On passe d'abord par le mirador san miguel d'ou on peut voir tout ce qu'on va parcourir (impressionnant, surout quand on pense à la remontée !), puis on rejoint la route normale pour 3h20 de descente, petite pause au pont en bas ou on est controlés pour le boleto, puis remontée de 25mn pour aller à l'hotel la posada de gloria à san juan, très sympa, pour 15soles on a eu souper, nuit et petit déjeuner.
6e jour : départ à 8h30 pour Cosnirhua (un peu de descente puis de la grimpette avec une charmant jeune fille en haut qui vend des fruits de cactus et des boissons et des barres de chocolat...), puisMalata et enfin sangalla, on arrive vers midi là bas, on commande à manger et le temps de la préparation plongée dans une piscine très agréable pour 3soles par personne (on n'y rencontre que des francais!). Juste après avoir mangé, on est partis avec 1.5L d'eau par personne pour l'ascension vers Cabanaconde. J'en avais très peur n'étant pas très sportive, ca a été dur surtout juste après avoir mangé et en plein soleil, sans beaucoup d'ombre sur le parcours, mais on a tenu bon et résisté aux mules, mais on a croisé une dizaine de personnes qui sont remontées comme ca (50soles par personne). On a mis 4h, donc on a pris notre temps pour aller au rythme de chacun et tout a très bien été, même si les courbatures après on fait bien mal ! On a dormi à cabanaconde à l'hotel Pachamama, notre cpoup de coeur, non pas pour l'hôtel en lui même mais pour le restaurant du soir et les patrons, l'ambiance est jeune, décontractée, et les plats et leurs boissons délicieuses !! On a réservé le bus Andalucia de 7h pour le lendemain car on nous a dit qu'il valait mieux le faire pour être sur d'avoir une place...
7e jour : petit déj à 6h15, le pauvre patron n'a pas du dormir beaucoup car dans son bar restaurant les gens sortent jusque 4h du matin... devant le bus il y a déjà une grande file d'attente, des touristes et aussi beaucoup de locaux qui se font amener sur leur lieu de travail, et beaucoup d'entre eux sont des vendeuses de cruz del condor. On descend là, on reprendra le bus de 9h pour rentrer à Arequipa, ce qui nous laisse 2h pour essayer de voir les condors. On a eu la chance d'en avoir une dizaine qui tournoyaient au dessus de nous, grandiose !! Puis on a repris le bus et rejoint Arequipa, et là on s'est dépêchés de prendre les tickets de bus pour Puno pour pouvoir ensuite visiter le monastère santa catalina que nous n'avions pas pu voir à notre arrivée à cause du bus, et ensuite la cathédrale et la compana de facon plus approfondie. Le soir, on est retournée à la crêperie, c'était vraiment trop bon !
8e jour : journée de bus pour rejoindre Puno avec la compagnie Julsa je crois, comme indiqué sur le routard. Le soir, on est allés au marché sur le port, où la qualité est vraiment bonne et pour beaucoup moins cher qu'ailleurs, on a mangé dans un resto près de la rue piétonne mais pas terrible (ukuku), et on a dormi à l'hospedaje Cricarlet, les patrons sont vraiment très accueillants, adorables, et les chambres confortables.
Voilà, je donnerai la suite demain, j'espère qurtout que cela pourra aider quelques personnes à peaufiner leur voyage ou à se décider à partir, car on avait peur avant de partir pour se débrouiller dans un pays où on ne connait pas bien la langue, mais tout s'est passé très bien, les rencontres sont formidables, comme la population locale, et même s'il faut faire attention de ne pas se faire prendre pour un "paloma" de touriste par les taxis et gérants d'hôtels et d'agence qui sont tous en réseau et se refilent les clients (surtout que nous étions 5, marchandise recherchée si l'on peut dire, et assez naifs au début), une fois qu'on a montré qu'on veux bien payer mais à des prix raisonnables, ca va bien, il n'y a souvent pas besoin de chercher un taxi ou un bus ou un hotel, ce sont eux qui nous trouvent ! Et pour les grandes villes comme Arequipa ou on parle beaucoup des problèmes de taxis, la police est là pour vérifier la licence du conducteur du taxi dans lequel on monte (en tout cas près du terminal ca s'est passé comme ca pour nous), ou sinon il faut prendre des compagnies sures, référencées dans le routard.
Carnet de voyage été 2009: New York et l'Ouest américain English translation pending
Bonjour,
De retour, et comme promis avant notre départ, voici notre carnet de voyage, qui nous a permis de découvrir pendant 25 j New York et l'ouest américain durant le mois de juillet 2009. Vous trouverez d'autres messages sur la préparation de notre voyage dans le forum.
Jeudi 09/07 – L’envol vers les USA
Ca y est ! Nous sommes prêts et le départ s’annonce.
A Bordeaux, le pilote British Airways est aussi impatient que nous, voir plus, car il fait un faux départ : il met les gaz et freine au milieu de sa course d’élan. Demi-tour au milieu de la piste - Un peu de tension et d’inquiétude nous gagne ... Mais il se remet sur le plot de départ comme si il ne s’était rien passé et au GO du starter, remet la gomme et enfin s’envole. Ouf …
RAS sur le vol par la suite. Pas de problème non plus sur le transfert en bus entre Gatwick et Heathrow (le terminal 4 n’est pas tout proche des autres quand même). Ce transfert a quand même permis à Thomas de découvrir les célèbres bus anglais à 2 étages.
Avec le décalage horaire, c’est un peu du n’importe quoi pour les repas (17h30 ?? et 0h00)
A l’arrivée, transfert en bus jusqu’à notre hôtel proche de la Central Station et premier aperçu de Manhattan, de loin et de près en passant par Time Square.
Belle entrée en matière.
Avant de nous coucher à 9h30 (il est 3h30 du matin en France et la journée a été longue), nous décidons quand même du programme du lendemain – La statue de la Liberté pour commencer.
Vendredi 10/07 – J1 à New York
Réveil de bonne heure pour Thomas et Thierry : 05h00 à NY (11h en France, toujours un décalage de 6h mais c’est la dernière fois que je parlerai des heures françaises).
Sylvie et Romain font la grasse matinée en se levant à 6h30.
Je consulte les messages sur mon téléphone et super nouvelle : Romain a eu son brevet avec la mention TB. Very good news (merci papy et mamie). Sylvie fait partager sa joie aux voisins.
On fête immédiatement cela royalement en trinquant avec un verre d’eau (pas de café ni de jus d’orange) complété avec des chocos françaises.
Quelques SMS plus tard pour avertir tout le monde, on file prendre le métro new-yorkais pour aller à la pointe sud de Manhattan. Même pas le temps pour un petit café et nous voila partis sur le premier bateau, vers la grande silhouette si familière. La traversée est magnifique.
Avant d’attaquer la statue, un petit déjeuner au soleil et c’est parti.
Oups …, la queue s’est déjà formée et nous allons attendre presque 2 heures avant de pouvoir rentrer dans le socle de la Grande Dame. Petite déception car on ne pourra pas monter dans la tête qui vient d’ouvrir le 04 juillet après 8 ans d’interruption suite aux attentats des twin tower : il fallait réserver à l’avance car le nombre d’entrée est limité : et mince !!!
Un petit tour par la boutique de souvenirs et on part ensuite vers Ellis Island, superbe visite qui nous fait découvrir ce que pouvait ressentir les migrants souhaitant tenter leur chance aux US. Le retour en bateau nous offre une vue splendide sur Manhattan, avec ses tours et ses bâtiments de style si différents.
Thomas se fait quelques copains à notre descente du bateau et va nous faire un petit spectacle dans la rue avec quelques amis du Bronx.
On remonte ensuite à pied dans les rues animées, en passant a coté de la Bourse de NY et de Wall street, pour aller voir Ground Zero. C’est un grand trou en travaux, ce qui laisse quand même envisager l’ampleur de la catastrophe. On reprend le métro vers la Central Station, magnifique gare en marbre et de nombreux lustres superbes.
Malgré la fatigue de cette première journée, on fait quelques magasins : 1er achat de « Converse » pour Romain et un peu de nourriture pour le soir (on n’a pas la force de ressortir manger) et le petit-déj du lendemain. Retour à l’hôtel pour une petite douche, le diner et DODO.
Samedi 11/07 – J2 à New York
Visite Empire State pour commencer la journée. Vue la longueur des couloirs pour atteindre l’ascenseur, on est super content d’y être allé de bonne heure. Grosse déception car King Kong n’était pas là.
Point de vue magnifique avec un super temps et de la visibilité.
Premier Mc DO : A part la boisson, les portions ne sont pas forcement plus grosses qu’en France et la qualité est équivalente.
Constat confirmé : les américains sont super sympa : par exemple, la caissière de MACY nous fait 10% de réduction en allant nous chercher un bon spécial. Les employés sont en général partout très sympas.
Départ ensuite pour Time Square : quelle animation ! Cela grouille de partout et encore, on est en journée. On est dans la 10ème dimension ! Il y a quelques personnages surprenants.
Deux visites marrantes : Toys’r us et sa grande roue intérieure, et un magasin sur quatre étages entièrement dédié à M&M’s, des colonnes entières de M&M’s, ça nous a fait rêver !!.
On y reviendra un soir car cela doit aussi être impressionnant la nuit.
On laisse l’agitation et la foule pour aller au Musée d’art moderne (MOMA) : des toiles et œuvres très intéressantes.
Retour ensuite à l’hôtel en passant par le Waldorf Astoria où nous sommes rentrés dans le magnifique hall art déco de ce palace de luxe.
La marche a encore été plus longue qu’hier : demain, on circulera le maximum en métro et bus.
Dimanche 12/07 – J3 à New York
Dimanche 12/07 – J3 Messe Gospel à Harlem
Ce matin, comme tous les dimanches (ou presque !!!), nous irons à la messe.
Ici, c’est bien car on a le choix entre celle de 8h et celle de 11h : à l’unanimité (n’est ce pas les enfants ?), ce sera 11h.
Le voyage en bus sera intéressant car il nous permettra de passer très rapidement de Manhattan avec ses buildings à Harlem avec ses immeubles bas et parfois dégradés, alors que l’on est seulement à un bloc de Central Parc et ses maisons aux façades majestueuses. Le contraste est saisissant.
A notre arrivée vers l’église (merci Martine pour l’adresse) , nous nous mettons dans la file d’attente. Les fidèles rentrent d’abord au rez de chaussée et les touristes à l’étage ensuite. Ce moment nous permet de voir arriver quelques fidèles dans des tenues telles qu’on les imaginait. Les femmes ont mis leurs plus belles robes et les hommes leurs costumes, avec parfois un peu de « bling bling ». Il y a également quelques couleurs surprenantes de temps en temps mais cela est très authentique.
La messe sera un grand moment de bonheur : les chants sont magnifiques et il y a beaucoup d’émotion. Le spectacle est également dans la salle. Quelle surprise de voir les personnes danser, se lever, crier pour faire partager leur foi avec les orateurs ou encore se donner des accolades sur certains prêches.
Nous les avons accompagnés en rythmant leurs magnifiques chansons.
Thomas et Romain ont trouvé des enfants jouant à la DS pendant la cérémonie.
Cela va être dur la prochaine fois que nous irons à l’église de leur dire de ne pas bouger.
Cette messe fut un vrai moment de bonheur.
Dimanche 12/07 – J3 Suite de la journée
Après la messe, nous avons été dans Central Parc pour pique-niquer. Le parc est un havre de paix mais avec aussi une foule de sportifs.
Cela va du jogger qui pousse son enfant dans une poussette jusqu’à la personne âgée qui risque de tomber à chaque foulée. Les New-Yorkais sont fanas de sport.
L’après-midi, nous avons visité Guggenheim. L’exposition est consacrée à l’architecte Franck Lloyd Wright, véritable génie qui a conçu le bâtiment du musée Guggenheim. Nous avons tous les quatre étés passionnés par cette visite.
Après cette nourriture culturelle, nous sommes revenus à une réalité plus commerciale : le plus grand magasin de jouet de la ville Schartwz puis Apple Store, magasin qui présente en avant première dans le monde tous les produits Apple : pour Romain et Thierry gros moment d’émotion.
Enfin pour clore cette belle journée, nous sommes partis voir Time Square de nuit (toujours autant de monde et d’animation). Fin de la journée : Ouf !
Lundi 13/07 – J4 – Dernier jour à NY
Pour démarrer la journée, nous partons faire la traversée du pont de Brooklin à pied. C’est marrant d’être au dessus des voitures. Cette balade nous donne également de belles vues sur Manhattan.
Visite ensuite de Chinatown avec ses bazars et son agitation. Il suffit ensuite de traverser une rue et on se retrouve à Little Italy, avec ses cafés italiens (un peu cher le café : 4, 5 dollar le luxe total !mais au moins il est bon !) et ses décorations et peintures aux couleurs vertes, rouges et blanches. .
Cette journée est émouvante, nous avons conscience que nous allons quitter cette ville qui a su nous toucher. Nous aimons ce mélange de races, de conditions sociales : une vraie leçon de tolérance.
Lundi 13/07 – Transfert vers Las Vegas
2ème fouille au corps pour Thierry en 2 vols US. Qu’est-ce qui ne leur plait pas aux douaniers US ? Il a le look terroriste ? Au concours, Romain n’est pas loin derrière : 1 sur 2, pour lui. Les douaniers ont contrôlé avec insistance son sac qui contenait vous vous en doutez des objets très controversés : MP4, oreiller, livres…. Prochain test à San Francisco pour le retour (je devrais peut-être faire un petit excès de vitesse en voiture pour augmenter mon avance mais je ne suis pas sûr que mon coté joueur soit apprécié…)
Sur le vol New-York-Las Vegas, nous avons eu à nos cotés des voisins pittoresques. Deux dames tellement obèses qu’elles étaient coincées dans leurs sièges. Une jeune fille placée à leur droite à coté du hublot se faisait toute petite. Je ne vous dis pas quand celle-ci avait besoin d’aller aux toilettes ! Un monsieur ronflant comme un camion, mais aussi une autre jeune fille largement tatouée qui descendait les apéros comme des coca.
Lundi 13/07 – Arrivée Las Vegas et La voiture
Notre arrivée sur Las Vegas est royale : la ville s’est parée de toutes ses lumières pour nous recevoir. L’aéroport est luxueux. Il est tellement grand qu’il faut prendre un tram pour aller récupérer ses bagages. On est bien dans la ville du jeu : à peine débarqué, on entend déjà le bruit des machines à sous.
On prend également un grand coup de chaud : il fait 40° à 23h30.
Nous prenons possession de la voiture de location et là malgré la fatigue (rappelons qu’il est 1 heure du matin), nous avons eu le droit à un moment d’anthologie avec Thierry et la boîte automatique qui a suscité de bons délires. Qu’est ce que je fais de cette pédale et de ce levier ? Nous avons eu le droit à un tour du parking très comment dire…..haché ! Nous vous rassurons, il conduit maintenant comme un vrai pro.
Mardi 14/07 – Las Vegas et transfert vers Grand Canyon
Depuis que nous sommes arrivés à Las Vegas, le mot mal-bouffe prend toute sa mesure. Nous avons pris notre petit déjeuner sur le mode buffet en libre service. Certaines personnes ont mangé en un repas ce que nous n’avons pas mangé nous à quatre. Nous hallucinons devant les verres de coca dés le matin, la hauteur des gâteaux divers et variés posés dans les assiettes (record = 3 gaufres l’une sur l’autre avec de la confiture et recouvertes de chantilly). Les New Yorkaises étant minces et très élégantes, nous pensions que les médias exagéraient le problème de nutrition dans ce pays : nous pouvons affirmer le contraire. Emilianne, si tu veux travailler aux US, tu n’auras pas de problème à trouver de la clientèle.
Grosse chaleur dès que l’on sort de l’hôtel. Pour se balader en ville, on prendra la voiture la semaine prochaine. Petit tour rapide sur le célèbre Strip en voiture pour avoir une première vue des hôtels et de leurs décors qui semblent en carton pâte, et ensuite première grosse traversée en voiture (4h30) pour rejoindre Grand Canyon via le barrage Hooverdam (les grands œuvres et chantiers sont à la taille du pays)
Passage obligé par la mythique route 66 à Seligman et arrivée à l’hôtel de Tusayan. Super ! Il y a internet (ouf pour le blog) et une piscine : depuis le temps que Thomas voulait se baigner, à peine dans la chambre, il était déjà en maillot. Il avait raison : rien de mieux pour se détendre après les grosses chaleurs !!
Mercredi 15/07 – Grand Canyon
Avant de partir vers le grand canyon, on a réservé pour le tour en hélico : ce sera demain matin.
Arrivée au parc (merci Laurent et Valérie pour la carte d’entrée qui a fonctionnée) et premier point de vue grandiose. On en prend plein « les mirettes ». On passe au Visitor Center pour voir les ballades possibles. Ce sera «Bright Angel Trail », en version intermédiaire, 10 km et 4 à 6h prévue quand même. Super baptême de rando pour Thomas qui sera à la hauteur du défi. Notre petit cabri Romain a fait l’éclaireur loin devant pendant une grande partie de la remontée.
Pendant la descente, on a eu 3 gouttes de pluie qui ont essayé de nous dissuader d’aller plus loin. Peine perdue, et le soleil a de nouveau fait son apparition (près de 30 °). On a bu au moins 3 litres d’eau par personne.
Beaucoup d’écureuils tout au long du parcours : à la fin, on n’y faisait presque plus attention. Pendant le pique-nique, ils devenaient presque menaçants pour trouver de la nourriture.
Cette longue descente puis remontée est une manière très intéressante de découvrir et de retrouver le côté nature du canyon, surtout par rapports aux différents points de vue où il y a parfois beaucoup de monde. Au-delà du canyon, le parc est très sympa avec sa forêt de pins qui sent bon.
Retour à l’hôtel ensuite avec piscine avant d’aller manger et de rêver d’hélicoptère (on a vu les photos de Guylaine et Pascal sur leur blog et on salive déjà).
Jeudi 16/07 – Grand Canyon – hélico – Mexican Hat
Suite à la rando d’hier, les jambes commencent à se faire sentir.
Départ en hélico ce matin.
Superbe expérience : quelles sensations !!!!
C'était vraiment à faire.
Sylvie a bien entendu été tirée au sort pour être à côté du pilote, pendant que Thierry, Romain et Thomas essayait de compenser (en vain !!) les 250 kg du couple d’américain qui faisaient le vol avec nous.
Après ce voyage, retour sur terre via les navettes du parc qui nous permettent de voir différents points de vue. Nous repartons par la sortie Est et en profitant de la super vue du canyon depuis Desert View avec sa tour « ancienne » (1930 = ancien pour les Américains).
Traversée ensuite des territoires Navajo pour passer Monument Valley et arriver à Mexican Hat. Les paysages sont époustouflants.. Nous avons l’impression d’être au bout du monde, dans un motel au bord de la San Juan River.
Le diner dans un restaurant avec des chanteurs de « country » confirme notre impression.
Vendredi 17/07 – Monument Valley – Lake Powell - Page
Avant de redécouvrir Monument Valley, nous faisons un petit détour pour aller voir Mexican Hat Rock et Goosenecks (méandres de la San Juan River).
Nous partons ensuite directement pour Page.
Sur la route, nous faisons une halte à la plage sur le Lake Powell dans un cadre idyllique. Nous devions rester ½ heure. Nous sommes partis au bout de 3h et encore par ce qu’il faisait vraiment trop chaud (>40°). Moment historique : Sylvie s’est baignée longuement : cela ne lui était plus arrivé depuis 1999 en Dordogne avec Claire et Wilfried. Nous avons fait un concours de plongeon assidu, gagné haut la main par Romain et Thomas.
En soirée, nous avons assisté au coucher de soleil sur d’autres méandres magnifiques, ceux du Colorado à Horseshoe Bend.
L’exceptionnel devient notre quotidien.
Au fait, un défi spécial touristo-français a été lancé par Pauline et Camille. Le but ? Photographier les plaques (d'immatriculations) des 51 états des USA. : nous acceptons de relever le défi (12 plaques déjà trouvées en 3 heures). Résultats dans un peu moins de 3 semaines. Le perdant paiera bien entendu l’apéro.
Demain : Grande Journée avec THE WAVE (à suivre ...)
Samedi 18/07 – The Wave - Page
Nous rappelons pour ceux qui n’auraient pas eu le début de l’histoire que the WAVE est un site naturel dont la roche forme des vagues, comme son nom l’indique (le parfait bilingue aura déjà traduit).
Il faut déjà connaitre ce site qui n’est jamais cité sur les guides touristiques. Mais Thierry, à qui on ne l’a fait pas, a déniché cette visite potentielle en surfant sur le web. Pourquoi potentielle, me direz vous ? Parce que seuls 20 personnes par jour peuvent y rentrer suite à tirage au sort. Et, vous l’avez deviné nous sommes les « lucky » qui ont eu un billet d’entrée. (Vous remarquerez mes progrès fulgurants en anglais).
Malgré la chance, ce site se mérite et pour s’y rendre une randonnée de 4 heures aller-retour est nécessaire. 4 heures oui mais sous 110° fahrenheit soit 43° degré Celsius.
Lever 5h30 et nous voilà donc partis ce matin. Mais surprise avant d’atteindre le lieu de départ il faut emprunter un chemin de terre tout cabossé sur 15 kms (vous l’avez vu sur la photo, nous n’avons pas de 4X4). Cela rappelle, en pire, le chemin pour rejoindre la maison que nous avions loué en Toscane (Gatien, Valérie et Eric verront très bien de quoi je parle). Non, ils ne nous décourageront pas ! Et, on a bien fait de résister : une pure merveille. Les paysages aux alentours sont magnifiques, presque surréalistes et compensent par leur beauté la difficulté du trail. Les cartes des Rangers sont hyper précises et la végétation sur les photos ne change que très peu, pour se repérer il suffit également de suite les "cairns" laissés par les précédents randonneurs et également suivre les traces de pas dans le sable! A part ça, pas de signalisation.
Après quelques petites pauses, 1h45 de marche et après une ultime montée, nous atteignons enfin Le Paradis des yeux et des photographes, et nous tombons en extase devant ce trésor caché de l' Ouest américain !!! Il n'y a pas de mot pour décrire avec justesse la beauté de ce site .... Les photos en parleront mieux que nous. Cerise sur le gâteau, nous étions seuls. Seul un petit lapin nous a salué sur notre passage (c’était peut être un Rangers déguisé !!)
Encore une fois, les garçons ont été à la hauteur. Ils sont prêts pour des trekkings.
Nous rentrons à l’hôtel vers 14h00 assez fatigué ... mais la nuit sera remplie de beaux "wêves" !!!!
Cet après-midi, ce sera repos et détente au bord de la piscine.
Dimanche 19/07 – Page
Ce matin, nous avions prévu de laisser dormir un peu plus les enfants. Mais le sort en a décidé autrement : la femme de ménage a sonné à 8h. Raté Romain pour la grasse matinée !
Cap sur Antelope Canyon : « Lower » en premier et « Upper » ensuite.
Le premier se visite à pied au travers d’un boyau étroit, sculpté par les eaux, aux couleurs ocre, orange et rouges. Il faut parfois se contorsionner entre les parois en faisant attention à ne pas se cogner la tête.
Pas si tranquille que ça le canyon car, en août 1997, suite à un orage violent, 11 touristes, Français pour la plupart, ont trouvé la mort dans ce canyon emportés par un torrent de boue.
Pour « Upper Antelope, c’est visite guidée obligatoire, où nous sommes accompagnés d’un guide Navajo (nom du peuple indien à qui appartient Antelope Canyon - Lower comme Upper). Cela démarre par un tour de pickup 4x4 avec les visiteurs derrière. On a tiré le bon numéro : le guide/chauffeur est à fond sur la piste très sablonneuse. Les enfants sont ravis et ont décollé à plusieurs reprises de leur siège. Cela bougeait tellement que le guide avait conseillé de sortir casquettes et lunettes : cela s’est bien entendu vérifié exact puisque nous avons réussi à rattraper au vol une bouteille d’autres visiteurs mais manqué la casquette d’un enfant. Beaucoup de monde dans ce canyon mais un guide super qui a joué de la flute, nous a indiqué tous les meilleures positions pour faire des photos, quand il ne les prenait pas directement à notre place, avec le résultat au bout (voir photos). Les deux sites sont magnifiques.
Pique nique mémorable dans la voiture avec la clim allumée : il fait vraiment trop chaud dehors !
Nous avons profité de la bonne habitude des américains, qui proposent des box à la fin du repas au restaurant. Nous avons ainsi fini de déguster les pizzas de la veille au soir, réchauffées par le soleil d’Arizona.
Après cela, plongeons pour tout le monde dans le cadre idyllique du Lake Powell pour une nouvelle baignade. Cela va être dur de quitter cet endroit et même Sylvie est d’accord : l’eau à 30° est tout à fait à son goût.
Visite rapide du barrage de Glen Canyon (3 plaques de voitures en +, eh ! eh ! ) puis départ ensuite pour Bryce Canyon et de nouvelles aventures.
Nous ne sommes pas sûrs pendant 2 jours de pouvoir mettre à jour nos commentaires car nous allons dormir dans des parcs nationaux, en compagnie des animaux.
Lundi 20/07 – Bryce Canyon
Arrivée avec quelques averses hier soir (il fait toujours 30° !).
Nous découvrons Bryce Canyon. Vaillamment, nous rechaussons nos chaussures pour faire une nouvelle randonnée. Pour motiver Thomas, nous ne prononçons pas le mot de « randonnée » mais utilisons l’expression « faire une petite promenade », promenade qui va quand même durer plus de 2 heures (je vous rassure, au bout de 5mn, il courait partout et avait une pêche d’enfer). Nous avons eu un orage et de la grêle au milieu de la rando et nous avons pique-niqué une nouvelle fois dans un endroit insolite : une arche formée par la roche. Le dessert a été pris après l’orage dans une sorte de grotte. L’aventure, c’est l’aventure !
Le site est grandiose, avec ses cheminées aux nuances variées, ses ponts, la faune et la flore encore différente de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Vraiment un endroit splendide!
Nous dormons ce soir dans le lodge à l’intérieur du parc. Les touristes partis, nous pouvons disposer seuls du parc. Un Ranger nous rassure : il n’y a pas d’ours !
Les photos seront mises en lignes plus tard (d'ici 1 à 2 jours).
Nous sommes aujourd’hui à la moitié de notre voyage. Il nous reste encore de belles journées en perspective.
Demain, d'autres points de vue de Bryce et première découverte de Zion.
Mardi 21/07 – Zion
Ballade jusqu’au fond du parc (Bryce Point) où l’on va avoir la plus belle vue sur l’amphithéâtre du parc. En chemin, premières rencontres avec des sortes de biches/cerfs.
Départ ensuite vers Zion avec quelques averses sur la route.
A l’arrivée dans le parc, nous débutons par une petite mise en jambe (1h de ballade).
Le fait de dormir au Lodge nous permet d’aller en voiture jusqu’au milieu du parc environ. Nous sommes arrivés en avance et cela nous permet de choisir notre chalet. Il a un charme fou avec sa petite véranda, son petit banc en bois et sa cheminée intérieure en pierre.
On dépose les affaires et on part pour une nouvelle ballade : Emeralds Pools. Petite déception car il n’y a pas beaucoup d’eau (on s’y attendait un peu quand même) mais la ballade est jolie et nous permet de voir de près d’autres biches (2 heures de plus au compteur pédestre). Heureusement que nous partons demain pour Las Vegas, Thomas demande grâce.
Autour du chalet, nous avons divers animaux qui viennent nous rendre visite : dindons sauvages, écureuils, biches, … et même chenille géante sur les couvertures (Brrrrr....)
Nous avons une fois de plus la sensation d'être au plus proche de la nature. Quelle sérénité !, enfin presque. On vous racontera la nuit plus tard
Logistique
Pour la logistique hôtel/Valises/voiture c'est rodé et nickel. Toutes les réservations sont prêtes, y compris celles non payées à l'avance. Pour l'instant, nous n'avons eu aucune mauvaise surprise sur la qualité des hôtels. Les chambres sont confortables.
En ce qui concerne les valises, chacun prend en charge la sienne. Contrairement à ce que craignions initialement, ce n'est pas la galère de changer régulièrement d'hôtel. Nous avons pris le rythme.
On a trouvé deux laveries, avec sèche-linges dans les hôtels à Mexican Hat et ici à Lone Pine.
Pour les repas, nous pique-niquons souvent en achetant la nourriture dans les petits supermarchés et on complète par les restaurants où on peut avoir quelques surprises quand l'assiette arrive. Soit parfois, on ne comprend pas la carte et nous avons du mal à comprendre certains serveurs qui ont oublié d'enlever leur chewing-gum, soit il y a toujours des assaisonnements ou compléments rajoutés et qui ne sont pas tous du meilleur goût.
Pour l'anglais, on se débrouille même si il y a parfois quelques mots qui nous échappent ou nous posent problème. Même Thomas et moi nous lançons dans des phrases. Romain comprend bien. Thierry comprend pas forcément tout mais assure.
Mercredi 22/07 – Zion/Las Vegas le retour
Malgré l’angoisse de Sylvie par rapport aux bestioles, la nuit s’est bien passée.
Petit déjeuner au lodge et départ en navette jusqu’au fond du parc pour la belle ballade (2h) au bord de la rivière. Pour Thomas ce fut un peu plus qu’au bord : suite à une glissade, il s’est retrouvé les fesses dans l’eau. Avec la température ambiante, il a séché assez rapidement. N’étant pas équipé pour ensuite marcher dans l’eau, on renonce à aller dans les narrows. De même, impossible d’aller faire la rando Angels Landing (4h) car les jambes des enfants demandent grâce.
Retour au lodge pour un pique-nique sur la pelouse avec en dessert un « smoothie » (mélange de jus de fruit et de glaçons, passés au mixeur) aux fruits rouges délicieux, déjà gouté la veille. Départ ensuite vers Las Vegas en traversant des villages typiques à la sortie du parc. La fin de la route est aussi impressionnante par ses paysages mais on commence à s’y habituer.
Nous arrivons à Las Végas où nous logeons cette fois à Luxor, l’hôtel en forme de Pyramide. L’hôtel Circus Circus à coté ressemble presque à un petit hôtel familiale. Le Luxor est démesuré, nous avons notre chambre au 27ème étage (sur 30) avec vue sur l’Excalibur, hôtel en forme de château Disney, un bout de la tour Eiffel, et du New York-New York.
Nous filons nous rafraîchir à la piscine, il faut retrouver de l’énergie pour sortir en soirée voir le strip de la ville. Le « Strip » est le mot qui désigne une bande de route, ici c’est est la rue principale où tous les principaux hôtels se situent Nous découvrons les paillettes, les lumières, les filles en tenues de soirées élégantes (enfin, suivants leurs critères: robes courtes voir très très courtes, avec le maximum de paillettes !). Comme dirait Bigard, on a un sacré lâché de P……. sauvages.
En dehors de cette bande de Lumière, les rues adjacentes sont peu entretenues et laisse apercevoir la misère. Nous sommes surpris de découvrir un nombre relativement important de SDF, ce que nous n’avions pas trouvé pour l’instant dans les autres villes. Les enfants ont fait un lien avec les pertes aux jeux. Est-ce la seule raison ?
Notre ballade nocturne est épuisante : le Strip est long (6km) et on est presque obligé de passer dans les casinos ou l’on finit parfois par se perdre dans les dédales bien entendu mal signalés. Tout est fait pour garder le client. On abrège à minuit à la moitié du strip en rentrant en monorail.
Alors que la moyenne des précipitations est proche du zéro dans cette zone désertique, nous avons eu droit à quelques gouttes de pluie alors qu’il fait 40°.
Jeudi 23/07 – Las Vegas suite
Réveil un peu plus tardif et direction le buffet pour le petit déjeuner : on prend la formule « All you can Eat » pour la journée, ce qui veut dire que l’on peut venir manger autant de fois qu’on le souhaite : Pour nous ce sera 3 repas classiques. Les serveuses débarrassent les assiettes rapidement et Romain a du littéralement s’agripper à la sienne pour la conserver alors que la serveuse la tirait de son côté.
Ce matin, séance de shopping dans Las Vegas Premium Outlet, un grand « Quai des marques ».
Notre Ado trouve pas mal de choses à son goût : Levi’s, Converse, … Cela commençait à être urgent vu le nombre de centimètres manquants en bas de ses pantalons. Nous ne sommes pas en reste non plus : les prix sont moins chers qu’en France et le taux de change rajoute à nos bonnes affaires. On espère que tout rentrera dans les valises pour le retour.
Nouveau rafraichissement à la piscine de l’hôtel.
Séance de bandit manchot : 1cents la partie, 3mn 30s au total et deux réprimandes de la sécurité car les enfants n'ont pas le droit de regarder.
Après le repas, nous décidons quand même de repartir sur le strip pour voir le spectacle du Treasure Island et l’hôtel Venetian. Pour éviter la marche, nous prenons la voiture et, après plusieurs tours et détours involontaires par les entrées d’hôtels et les files réservées aux taxis et aux voituriers, nous finissons par nous garer au self parking du Palazzo. Le spectacle de bateaux est quelconque. Par contre, les décos des casinos sont surprenantes, parfois kitchs, parfois magnifiques.
Vendredi 24/07 – Death Valley/ Lone Pine
Nous quittons Las Vegas sans trop de regrets et nous laissons le mot de la fin à Thomas : "Vegas, ça lasse !"
Départ vers Death Valley, vestige d’un lac asséché entre 2 chaines de montagnes et dont l’altitude est parfois sous le niveau de la mer. Les paysages sont lunaires et la température à l’ombre est sympathique (46°), avec en plus une petite brise chaude : un vrai bonheur !
Petite angoisse lorsque nous sommes pratiquement seuls sur la route et que la voiture présente des signes de fatigue à cause des fortes montées : et si nous tombions en panne …
Nous arrivons ensuite à Lone Pine, petit village au pied de la Sierra Nevada , où on aperçoit un peu de neige sur certains sommets. A notre arrivée au Best Western, nous nous dirigeons vers la laverie (cela commençait à devenir urgent) , puis aussitôt après vers la piscine.
Nous retrouvons comme dans tous les hôtels depuis le début la traditionnelle bible sur la table de chevet. Conseil aux futurs voyageurs : inutile de vous charger !
Repas au centre-ville (on ne risque pas de le rater !) dans un resto au décor dédié aux westerns, le Mt Withney Restaurant : heureuse surprise car les plats sont délicieux.
Samedi 25/07 – Mono Lake/ Lee Vining / Bodie
Réveil en sursaut à 9h36 : le petit déj ferme à 10h
La route vers Lee Vining et Mono lake laisse à l’ouest la Sierra Nevada et le Mt Whitney. Petit détour par la station de ski assez huppée de Mammoth Lake, qui comporte un aéroport et de nombreuses boutiques de luxe.
Arrivée ensuite au Murpheys Lodge, qui sera notre hébergement ce soir. Après le repas, départ pour la ville de Bodie, ancien ville de chercheur d’or, détruite par le feu puis abandonnée et aujourd’hui Monument historique. Il reste 150 maisons en bois, laissées en l’état depuis l’abandon en 1940 environ. Cela représente 5% de la ville à son apogée. Tout a été laissé tel quel (les 3 derniers miles de la route d’accès n’ont même pas été goudronnés) et nous nous sommes projetés à cette époque là. Les américains n’en ont pas fait un parc d’attraction et c’est tout à leur honneur : il n’y a même pas un bar et le magasin de souvenir est réduit à sa plus simple expression. Nous avons apprécié cette visite.
Sur la route du retour vers Lee Vinning, nous tentons la baignade à Mono Lake, avant le village, sans aller jusqu’à South Tuffa qui est visiblement le seul point de baignade autorisé. Nous allons alors tomber au bout du chemin sur une Rangers qui va nous prêter ses jumelles et sa longue vue pour nous faire découvrir la faune de ce lac salé, classé réserve naturelle. Grâce à elle, nous apercevons au loin un nid sur une des concrétions calcaires au milieu du lac ainsi que plusieurs variétés d’oiseaux sauvages. Tant pis pour la baignade, nous préférons prolonger ce moment de quiétude et d’authenticité.
dimanche 26/07 – Yosemite Parc
Surprise à l’extinction des feux : on y voit presque comme en plein jour dans la chambre. Le couvre-lit servira de double-rideaux mais sera quand même insuffisant. C’est notre première nuit difficile. L’hôtel n’est pas à recommander.
Petit déj à Lee Vinning : pas terrible non plus. Cette ville qui sert de point de passage vers Yosemite ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
Le parc de Yosemite nous fait rapidement oublier ces légers désagréments : la montée par le Tioga Pass, ouvert seulement de juin à septembre à cause de la neige, est splendide.
Arrêt baignade et farniente impromptu à Tenaya Lake (superbe panorama à 2500 m d’altitude !) : l’eau est légèrement plus fraiche, lac de montagne oblige ! Seuls trois d’entre nous se sont baignés : devinez qui ne s’est pas baigné, sachant que Thomas a été le premier à l’eau : réponse en photos …
Malheureusement, il a fallu quitter ce havre de paix pour aller voir nos premiers Séquoias mais aussi pour éviter les coups de soleil (n’est ce pas Thierry et Romain !).
Tuolumn Grove sera notre première randonnée : nous découvrons enfin ces arbres géants et mythiques que sont les séquoias. Il ne vaut mieux pas prendre une pigne de pin sur la tête vu la taille de certaines, qui malgré ce que l'on pourrait croire, ne sont pas celles du séquoia. Nous sommes passés dans un tronc de séquoia tombé, formant un tunnel. Les habitants (araignées) n'ont pas apprécié notre visite et nous l'ont fait savoir en se vengeant principalement sur Romain.
Les journées passent vite, de plus en plus vite. Il est déjà temps de rejoindre l’hôtel.
Heureusement, celui-ci n’a rien à voir avec l’établissement de la veille. Le cadre est sympa et nous ne parlons pas de la piscine extérieure dans un environnement paradisiaque. Une fois de plus, plongeon pour tout le monde et ce qui devient habituel, Sylvie nage aussi.
Seul petit bémol dans cet hôtel, pas de connexion Wifi donc pas de mise à jour possible du blog et pas de lecture pour nous de vos messages que nous apprécions beaucoup chaque jour.
Lundi 27/07 – Yosemite Parc Again
Au réveil ce matin, le bras de Romain a doublé de volume : elles n'y sont pas allées de main morte les bestioles.
De nouveau, cap vers Yosemite Parc. Nous nous dirigeons vers Yosemite Village pour faire nos courses pour le pique-nique du midi. Nous bouquinons les différents documents remis à l'entrée du parc pour choisir notre randonnée. Thierry souhaite faire celle de Yosemite Falls : Falls veut dire cascades. Thomas et Sylvie, eux, souhaitent faire celle de Mirror Lake. Romain, lui, est indécis. Comme dans toute bonne démocratie la majorité l'emporte.
Nous voilà partis pour Mirror Lake et à l'arrivée nous nous sommes trouvés à John Muir Trail. Nous nous sommes garés à un parking d'où partaient plusieurs chemins en terre, sans indications. Après avoir mis nos provisions dans des casiers anti-ours, nous sommes partis et bien sûr nous n'avons pas pris le bon chemin. Au lieu de faire une ballade tranquille au bord du lac pour pique-niquer et nous baigner, nous voilà embarqués sur une randonnée classée difficile (1h30 de montée sans discontinuer, 600 marches en granit à gravir pour arriver en haut du 2ème point) mais le résultat sera au rendez-vous : d'abord une cascade grandiose (Vernal Falls) et au dessus, un bassin avec juste en amont des toboggans naturels. Malgré la fraicheur de l'eau, Romain et Thomas n'ont pas résisté. Nous n'irons pas voir la cascade suivante (Nevada falls à 3km) ni le Half Dome (7km) car le temps nous manque (pas les jambes …). Après la descente plus rapide, nous partons vers le sud du parc (Mariposa Grove) pour voir une autre forêt de séquoia. Nous choisissons cette fois de prendre le tram pour faire la visite (il était temps car nous prenons le dernier wagon !). Le site est la plus grande futaie de séquoia géant du parc et la visite sympa (quoiqu'un peu chère !) : cela saute pas mal dans les wagons et Romain a évité les troncs creux..
Un seul regret dans Yosemite : nous n'avons pas vu de bears (ours). Désolé Eric. Par contre, nous avons rencontrés un gray fox mais également des deers et les traditionnels sqirrels, sans compter bien entendu les beers et autres buds : à vos dictionnaires !
Départ ensuite pour OakHurst Lodge avec une petite baignade dans la piscine avant le repas.
Aucune plaque trouvée aujourd'hui : c'est vrai qu'il n'est pas facile de les arracher sans se faire voir. Cela ne va pas être facile de les faire rentrer dans la valise.
Yosemite est un parc magnifique et un lieu de rêve pour les randonneurs.
Mardi 28/07 – Carmel et Monterey
Visite de Carmel, ville dont Clint Eastwood a été maire pendant 3 ans : il y a des arbres partout, il est interdit de les couper. Dans certains quartiers, il n’y a pas de trottoirs pour éviter que les gens s’y promènent à pied. Les maisons sont magnifiques, il doit y avoir au minimum 20 pièces dans chaque maison. Nous avons également joué à retrouver celles des 7 nains car certaines d’entre elles ressemblent à des maisons « Disney ».
Nous visitons la mission San Carlos Borromeo qui a des allures d’hacienda mexicaine.
Nous empruntons ensuite la célèbre «17 miles Drive », route privée à péage, avec entre autre le fameux Pebble Beach Golf. La route serpente près de la côte, entre golfs, pins, cyprès et des propriétés toutes aussi somptueuses les unes que les autres. On a même vu des biches sur les greens. Premiers Sea Lions , les éléphants de mer, également. Nous sommes dans un monde de luxe et de raffinement absolu.
La température a nettement baissé par rapport à Yosemite : nous commençons à ranger les shorts et à sortir les vestes dans un premier temps.
Le soir, nous allons nous promener dans le centre-ville de Monterey, vers Fishermann Wharf où nous voyons les Sea Lions affalés. Le centre-ville, petit port de pêche, a beaucoup de charme.
La piscine de l’hôtel est extérieure et pour la première fois, nous ne prenons pas l’option baignade : il fait trop froid. Nous avons été mal habitués. Quant à l’océan : même pas la peine d’y penser !
Demain cap sur notre dernière destination : San Francisco.
Mercredi 29/07 – Monterey
Ce matin, destination l’aquarium de Monterey. Nous prévoyons d’y passer la matinée avant de partir pour San Francisco. Bilan : nous y arrivons à 10h 30 et nous en repartons à 15h30. L’aquarium est d’une qualité incroyable. Tout est bien conçu : le bâtiment moderne entièrement vitrée est tourné vers la mer. Il offre une grande variété d’espèces mais son atout est d’avoir su le mettre en valeur en alternant le coté éducatif et le coté ludique avec beaucoup d’ateliers interactifs, de bassins tactiles : une référence en terme de lieu de connaissances.
Heureusement que nous ne lisons pas couramment l’anglais sinon nous partions dans la soirée !
Petit pincement au cœur en nous installant dans la voiture : nous réalisons que nous partons pour notre dernière destination. Mais, bon encore quatre jours dont nous comptons profiter au maximum.
Nous arrivons sur San Francisco et passons prés de Silicone Valley. Nous sommes un peu émus de passer à côté de cet endroit mythique. Hewlett et Packard y ont débuté encore étudiants pour fonder leur entreprise, Steve Jobs a commencé dans son garage pour créer le 1er Mac et sa société Apple. Que de sociétés créées par des hommes de génies défilent devant nos yeux : HP, Google, Oracle, Ebay, Yahoo …Petit clin d’œil à nos amis les informaticiens : Pascal, Gatien, Alain, Erics
Nous voyons encore un autre endroit prestigieux : l’université de Stanford que la famille Stanford a crée à la mémoire de leur fils décédé à l’âge de 15 ans. Les bâtiments sont majestueux : quelle différence avec les bâtiments délabrés de la fac de science de Talence. Les universités prestigieuses défilent : Palo Alto, Berkeley.
L’arrivée sur San Francisco enchante Romain par son dédale de routes et lui rappelle, moment de nostalgie, son jeu vidéo « Burn Out » (petit rappel il n’y a pas joué depuis maintenant trois semaines : une éternité !).
Nous nous installons à l’hôtel et grand confort nous n’allons plus bouger pour trois nuits.
Nous mangeons dans un restaurant italien sur Fisherman Wharf et décidons de remettre au lendemain la découverte de la ville. Il est déjà 21h30 et nous sommes fatigués.
Jeudi 30/07 – San Francisco
Nous décidons de ne pas prendre la voiture pour découvrir San Francisco mais les transports en commun. Nous commençons par le Cable Car, sorte d’antique funiculaire sur lequel on peut s’accrocher et rester sur le marchepied. Bonne surprise, le départ est situé à côté de notre hôtel. Nous pouvons ainsi nous installer où on le souhaite. Thierry, Thomas et Romain s’installent le corps à l’extérieur accrochés à une barre et les pieds sur le marchepied. Sylvie aura l’occasion plus tard dans la journée de tester également cette position. La sensation est assez sympa surtout dans les grandes descentes et quand deux Cable Cars se croisent.
Bonne nouvelle également : le temps se réchauffe car la température a varié entre 20° et 25°, sauf le soir où la brume est tombée sur les hauteurs.
Nous découvrons le centre ville de San Francisco en nous rendant à Union Square. Nous allons déambuler à pied. L’un des charmes de la ville tient en ses collines mais la conséquence de ce charme et comme nous l’a indiqué une fidèle auditrice : nous avons parcouru la ville à pied en alternant de bonnes montées...descentes...montées... descentes.... Ce vallonnement nous conduit d’Union Square au Financial Distric jusqu’à Chinatown. Nous faisons un détour pour admirer une tour appelé Transamerica pyramid, le plus haut gratte-ciel de San Francisco. Nous retrouvons également un bâtiment conçu par Franck Lloyd Wright génial architecte dont nous vous avons déjà parlé lors de notre visite à New York. Ceux qui ne connaissent pas encore dépêchez-vous de combler cette lacune on vous le dit il est génial, un vrai visionnaire pour son époque !
Nous nous sommes fait plaisir dans le minuscule quartier français et nous sous sommes arrêtés dans le Café de la presse, au coin de Chinatown : vrais expresso pour les grands et croissants, chocolatine pour les enfants. Un délice !
Ces petits détails commencent à nous manquer avec pour Thierry et Romain, comme autre détail, un bon steak sans sauce.
Nous visitons quelques magasins, dont Macy, où nous déjeunerons (bonne adresse : des pâtes, du poulet grillé, des fruits, des légumes : cela change des hamburgers !!).
Après avoir repris des forces, nous décidons de nous attaquer, toujours à pied, à la Coit Tower (le nom n’a rien à voir avec ce que vous pourriez penser mais provient du nom de la personne qui a financé le bâtiment !) : c’est une tour qui domine la ville. La vue y est magnifique mais avant cela, la montée sur Telegraph Hill l’est aussi : nous admirons au passage la dextérité des conducteurs pour se garer dans les rues en pentes. Nous empruntons les Filbert Steps : un escalier, tantôt en brique, tantôt en bois, qui permet de descendre la colline parmi les arbres, les massifs de fleurs et des maisons en bois.
La journée a été longue : retour à l’hôtel.
Demain visite d’Alcatraz : « The Rock » pour les intimes
Vendredi 31/07 – San Francisco-Alcatraz
Nous avons du mal à démarrer ce matin et nous partons vers 10h 30.
Nous commençons par Lombard St, la seule rue qui serpente en lacets alors que toutes les autres sont droites. Une vraie curiosité à faire à pied mais aussi en voiture. Pour nous aujourd’hui, c’est à pied que nous allons la parcourir (elle est proche de l’hôtel, ouf !). La pente pour y arriver est assez rude, on s’échauffe les muscles. Vu le nombre de voiture qui passent, heureusement au ralenti, je plains les voisins.
Nous prenons un Cable Car au vol en haut de la rue pour rejoindre les «Piers» pour une ballade avant d’aller voir Alcatraz. Repas au Rain Forest, restaurant au décor de jungle : on se croirait chez Disney.
Le départ pour Alcatraz est prévu à 13h45 : nous sommes un peu juste alors nous avons droit à un petit jogging digestif sur les quais : ouf ! Nous sommes arrivés à temps.
Le trajet en bateau permet d’avoir un vue imprenable sur la baie de San Francisco qui est grandiose, ainsi que sur la ville. Il y a du soleil mais le fond de l’air est frais et le haut du Golden Gate est toujours dans le brouillard.
Arrivés sur l’île, nous « chaussons » nos audio guides et nous débutons la visite. La bande son nous fait vivre de façon très vivante la prison et l’histoire de ses locataires dont le célèbre Al Capone.
Après cette visite, nous repartons vers Market Street en trolley bus pour essayer de finir quelques achats. Nouveau Cable Car pris au vol sur Powell Street (sans resquiller, alors qu’il y avait près d’1 heure de queue au terminus ??) qui nous ramène à l’hôtel.
Ce soir, nous commençons à rassembler les affaires dans les sacs pour préparer le retour.
Samedi 01/08 – San Francisco-Sausalito
Dernière journée : Thierry veut en profiter à fond et part en repérage seul dès 8h le matin, laissant le reste de la famille dormir : encore en décalage horaire ?. Visite à nouveau, en famille cette fois, du Pier 39, célèbre quai de San Francisco car il héberge une colonie de Sealions sur ses pontons flottants. Malgré le côté commercial, ce quai a un certain charme.
Après avoir monté la portion sinueuse de Lombard Street à pied, nous la faisons aujourd’hui en voiture.
C’est presque plus compliqué de s’y rendre que de la descendre : les routes pour aller au sommet de la colline sont toutes plus pentues les unes que les autres. Il faut ensuite faire la queue pour descendre au ralenti. L’impression est rigolote.
Nous nous dirigeons ensuite vers Alamo Square pour aller voir un autre symbole de la ville : les Painted Ladies. Le contraste est saisissant entre ces maisons victoriennes en bois aux couleurs pastel et la modernité des gratte-ciels en arrière plan. Le quartier regorge de maisons toutes aussi belles et parfois très luxueuses.
Direction ensuite vers le Golden Gate Bridge, toujours aussi embrumé : il a plus de charme de loin que de près. Nous avons préféré la traversée du Brooklin Bridge à New York.
Nous allons ensuite déjeuner en bord de mer à Sausalito, avec une vue imprenable sur San Francisco et sa baie. Sausalito est une ville agréable, assez huppée, paradis des plaisanciers. On y trouve un peu après le centre villes des maisons flottantes construites initialement par les hippies mais qui aujourd’hui sont de véritables villas pour certaines.
Après un tour sur la côte du Pacifique, nous prenons le chemin de notre dernier hôtel aux USA, près de l’aéroport : toutes les bonnes choses ont une fin.
Fin du voyage
Nous sommes à Bordeaux depuis lundi soir 16 h 10.
Le voyage a été long mais s'est bien passé : aucun retard d’avion. Un peu de bazar quand même à Gatwick avec des files interminables pour passer le contrôle de sécurité. Nous avons très peu dormi dans les différents avions empruntés et mangé un peu à n’importe quelle heure. Nous finissons de récupérer du décalage horaire : 1er nuit OK (la fatigue du voyage !) mais tout le monde debout à 4h du mat la seconde nuit après une nuit blanche pour Sylvie et Thomas.
Comme vous avez peut-être du l’apercevoir au travers de nos articles, notre 1er séjour aux USA a été vraiment passionnant et nous espérons vous avoir fait partager notre plaisir d'être là-bas.
Impressions générales / conclusion Nous sommes rentrés enchantés de ce voyage qui est notre premier aux Etats-Unis.
Nous avons parcouru en voiture 3500kms dans une grande variété de paysages allant de New York à la côte Ouest, des déserts de l'Utah et de l'Arizona aux montagnes de la Sierra Nevada et à la côte pacifique.
Pour un premier voyage, nous ne nous sommes pas contentés d'un circuit classique, déjà par l’escale à New York et le choix délibéré de se passer de la visite de Los Angeles. Nous l'avons émaillé de sites sortant des sentiers battus, dont le fameux Wave et également quelques randos dans les différents parcs, sans compter les kilomètres parcourus à pied dans les villes.
Malgré notre condition physique relativement correcte, nous étions bien contents de nous reposer chaque jour après les différents efforts, soit au bord d’une piscine ou d’un lac par exemple.
Nos impressions générales :
- L'accueil des américains : il suffit de sortir une carte de sa poche (sans rien demander) et il y a toujours quelqu'un qui spontanément vous renseigne. Ils ont également un grand sens du service (resto, commerces, …), sauf à Las Vegas où le côté commercial l’emporte malheureusement. Aucun sentiment « anti Français » ressenti.
- Temps : 25° /30 ° environ à New York Plus de 40° à Las Vegas , Page. Un peu moins au Grand Canyon, à Bryce et Zion . Quelques gouttes de pluie à Bryce et plus étonnant, à Las Vegas malgré les 40°.
Très chaud dans Death Valley (45° à l’ombre) Nettement plus froid à San Francisco (18 à 25°) et encore on a eu de la chance : nous n’avons même pas sortis la polaire emmenée par précaution. C’est marrant, c’est le seul endroit où le rayon souvenirs parka/polaire est plus grand que le rayon Tshirt.
- La voiture : conduite très cool sur des routes extra larges. En revanche, les Américains ne respectent pas plus la vitesse que nous, contrairement à ce qu'on avait lu avant notre départ et la crainte du shérif sortant de n’importe où !
Essence pas chère (entre 2$6 et 3, 4$ le gallon de 3, 8l), routes gratuites, location de voiture sans problème, un peu d’apprentissage pour la boite auto (la position P obligatoire pour pouvoir retirer la clé de contact par exemple) mais bien sympa ensuite sur les routes américaines.
Très pratique, les feux de l’autre coté de la route : plus de torticolis pour regarder la couleur du feu parce qu’un autre véhicule est avancé. On peut également tourner à droite au feu rouge, s’il n’y a personne bien sûr.
Autre truc marrant : les carrefours à 4 stops. Le premier arrivé sera le premier sorti : l’ordre d’arrivée est bien respecté par tous.
De gros Trucks magnifiques croisés et également des chargements très longs. C’est également le cas de camping –cars qui sont immenses, tractés par des pick-up monstrueux et qui remorquent souvent une voiture « classique » en plus. Certains ont même des jets ski et/ou un quad. Je ne vous dis pas la taille des convois sur la route !!. Idem pour les trains de marchandises avec un nombre très important de wagons.
Les infrastructures sont prévues pour donc cela ne pose pas trop de soucis.
Pas d’aire de repos comme en France : on sort de la route aux embranchements et là il y a généralement une station service.
- GPS : bien pratique pour ne pas perdre trop de temps dans les grandes villes. En dehors des grosses agglomérations (SF, Las Vegas), vu le nombre de routes et d’intersections, et malgré l’absence souvent de panneaux indicateurs, il n’y a pas trop de risque de se perdre si on a une carte. Le GPS est quand même très intéressant car il indique à tout moment le temps restant pour sa destination finale, ce qui n’est pas forcément simple à calculer rapidement après conversion des miles.
- Les prestations hôtelières : nous avions réservé à l’avance tous les hébergements. Ils nous ont donné pratiquement entière satisfaction. Etant donné que nous étions 4, nous avons eu de grandes chambres à chaque fois (2 lits Queens – cafetière, sèche cheveu, fer, table à repasser systématiques et souvent frigo + micro-onde). Je comprends maintenant la surprise de certains américains pouvant débarquer dans certains de nos hôtels, à Paris par exemple.
Même dans les plus petits endroits et avec des réservations effectuées par mail (Mexican Hat par exemple), nous n’avons eu aucune mauvaise surprise : nous étions bien attendus. Au fur et à mesure de notre périple, cela a contribué à diminuer nos quelques craintes subsistantes.
- Logement dans les parcs : Nous avons couché dans Bryce Canyon et Zion. Pour Bryce, nous conseillerons plutôt un hébergement à l’entrée du parc. Le logement à l’intérieur (plus cher) ne se justifie par particulièrement. Le Zion Lodge est sympa et permet d’accéder rapidement aux ballades. Il permet également d’amener son véhicule au centre du parc. Les restaurants le soir dans les parcs sont plutôt chers.
- Café : Dur dur de savourer un bon expresso comme en France. Les américains ne sont pas trop adeptes du "Petit noir". La dose minimum pour eux est le gobelet, type McDo, de 250ml .... En plus il faut faire attention pour le boire car il est super chaud quand il est servi : c’est pour pouvoir durer longtemps, longtemps … On peut même le boire à la paille. On a donc parfois fait comme les vrais américains : café acheté à la station service et bu ensuite au volant.
Heureusement quand même, la chaîne "Starbucks Café", que l’on trouve presque partout permet de boire un petit café de temps en temps. Il est un peu plus cher que le gobelet géant : on en a même trouvé à 4$ dans le quartier Little Italy à New York.
- Bud : C’est de la bière (ça c’est pour ceux qui n’ont pas trouvé dans le dictionnaire la traduction) Même moi, j’ai du montrer mon ID (un papier d’identité) pour acheter une bière. Vu mon âge, soit les lunettes de la vendeuse étaient mal réglées, soit elle était très flatteuse.
- Eau : on boit beaucoup, il y a beaucoup de points d’eau partout, même parfois dans certaines randos, et surtout l’eau est potable. Dans les hôtels, il y a des distributeurs de glace partout mais attention, pour les départs en rando, la glace prends plus de volume que l’eau. Pour the Wave, il n’y a pas de point d’eau, nous avons été un peu juste en eau malgré près de 3 l environ par personne.
- Toilettes (restrooms en américain) : il y en a partout et elles sont propres, ce qui change de certains endroits en France.
- Les repas : pique-nique un repas sur deux environ, soit par fatigue de ressortir le soir, soit par souplesse de pouvoir manger n’importe où mais également pour éviter d’aller dans des restos tout le temps. Difficulté à trouver des choses «natures» : il y a toujours une sauce, les yaourts, même estampillés light, ont de la crème incorporée.
Nous n’avons pas acheté de glacière : nous faisions nos achats de nourriture régulièrement. Cela aurait pu être utile car parfois, les sandwichs et boissons étaient un peu chauds.
Pas trop de repas Mc DO mais quand même quelques repas avec de vrais hamburgers dans les restos (steak entre tranches de pain, salade, tomates, oignons, cornichons et assaisonnement à part) : très bons en général.
Les fruits et légumes sont plus chers qu'en France et surtout le prix correspond à une livre. Les prix des articles sont indiqués hors taxe, même en grande surface : c’est le cas pour tous les produits, de la carte postale aux vêtements. C’était difficile pour nous de prévoir le montant exact des achats en arrivant à la caisse.
Beaucoup de personnel dans les restos avec en plus une particularité (de plus en plus connue dans nos activités informatiques) : la spécialisation. Chacun sa fonction : on peut avoir 4 à 5 personnes différentes avec chacune un rôle bien défini (le placeur, le serveur qui prend la commande, le serveur qui apporte les plats, celui qui s’occupe des boissons, celui qui dessert les assiettes) et cela, même dans les restos de moyenne gamme. On voit déjà cela en France dans certaines chaines.
- Internet : le Wifi est présent pratiquement partout. Il est souvent gratuit mais peut être aussi facturé de 10 à 15 $ par jour. On en trouve dans les Mc DO et les Starbuck Café. A New York, notre chambre permettait de capter le réseau du café voisin : cela nous a évité de trimballer le portable et nous a permis de faire les mises à jour du blog plus rapidement. On a même trouvé le Wifi au milieu de Bryce Canyon dans l’épicerie près du lodge.
- Paiements : On trouve partout des distributeurs de billets jusque dans certaines petites épiceries. Certains prennent une commission en $ (on retire 200$ et la en fait le relevé CB est de 203 $)
La formule des chèques de voyage en $ est très pratique, inutile de les changer à la banque car la plupart des commerçants les acceptent (un ou deux ont bien retourné le chèque 4 à 5 fois pour vérifier avant de l’accepter) et rendent la monnaie en $, comme s'il s'agissait d'argent liquide.
Autre particularité : lorsque l’on paye par CB, le ticket que l’on nous remet peut comporter 2 lignes supplémentaires : Une pour le service (tip ou gratuity) et une pour le nouveau total; il ne faut pas oublier de compléter les deux lignes sinon le caissier risquerait de les compléter lui-même.
En fonction de votre carte bancaire, pensez a faire augmenter votre plafond de carte bleu pour ne pas être bloqué sur place. Ce conseil est valable également pendant votre période de préparation car certaines prestations (avion, hôtel, ...) sont parfois à payer d'avance.
- Achats : Quelques achats/Tshirt souvenirs à New York et San Francisco. Pas mal d’achats de vêtements pour les enfants (Converse, Tennis Nike, jeans Levi’s, T shirt) et pour les parents (Ralph Lauren, T.Hilfiger). Les achats ont été faits principalement dans les Outlets à Las Vegas et Mammoth Lake(Ralph Lauren), ainsi que chez MACY (sorte de Galerie Lafayette, plus cher que les outlets mais avec quelques soldes intéressantes).
En gros, entre le prix et le taux de change à un peu moins de 1, 40$ pour 1 €, les réductions sont de 30 à 60% par rapport au prix en France
Dommage que les valises soient limitées en poids et en taille (et le portefeuille aussi) !!
Nos coups de cœur !
Nous avons adoré les endroits suivants (dans le désordre)
- Bryce Canyon et son amphithéâtre.
- Grand Canyon avec notamment la ballade en hélicoptère (à faire absolument)
- Yosemite, ses dômes, ses lacs, ses cascades et ses séquoias.
- Les villes :
o San Francisco, à ne pas manquer, si charmante
o New York, grandiose, à voir absolument.
- Page/Lake Powell pour ses lieux de baignades et Antelope Canyon
- Et bien sûr The Wave, fabuleux
Nos « petits moins » - Zion : pas de chance car la visite s’est effectuée pour nous après les musts que sont Grand Canyon, Antelope Canyon, the Wave et Bryce Canyon. Emerald Pools est un peu décevant en été, Riverside Walk est sympa et nous n’avons pas eu le temps d’aller faire la ballade dans les Narrows ni la fameuse rando « Angels Landing ». Nous conseillerions de le traverser juste ou d’y rester en faisant les ballades (mais cela impose d’avoir du temps).
- Las Vegas : c’est incontournable à voir mais cela manque de charme. Outlets intéressants.
Nos regrets : - ne pas avoir eu plus de temps car il y a plein de choses magnifiques à découvrir et d’activités à faire (randos complémentaires, cheval, rafting, ….)
- ne pas avoir croisé d'ours à Yosemite (on ne dirait sûrement pas ça si on s’était trouvé face à eux)
Conclusion finale
De supers souvenirs partagés à quatre. Nous sommes prêts à repartir pour d’autres périples.
Plein de lieux mythiques que nous avons la chance de découvrir et qui nous reviendront régulièrement à l’esprit au détour des films, des séries américaines, des journaux télévisés et des posters ou affiches.
J'espère que ce carnet vous donnera envie de découvrir les merveilles que nous avons pu voir. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires et vos questions, nous serons heureux d'y répondre.
Cordialement
Thierry
De retour, et comme promis avant notre départ, voici notre carnet de voyage, qui nous a permis de découvrir pendant 25 j New York et l'ouest américain durant le mois de juillet 2009. Vous trouverez d'autres messages sur la préparation de notre voyage dans le forum.
Jeudi 09/07 – L’envol vers les USA
Ca y est ! Nous sommes prêts et le départ s’annonce.
A Bordeaux, le pilote British Airways est aussi impatient que nous, voir plus, car il fait un faux départ : il met les gaz et freine au milieu de sa course d’élan. Demi-tour au milieu de la piste - Un peu de tension et d’inquiétude nous gagne ... Mais il se remet sur le plot de départ comme si il ne s’était rien passé et au GO du starter, remet la gomme et enfin s’envole. Ouf …
RAS sur le vol par la suite. Pas de problème non plus sur le transfert en bus entre Gatwick et Heathrow (le terminal 4 n’est pas tout proche des autres quand même). Ce transfert a quand même permis à Thomas de découvrir les célèbres bus anglais à 2 étages.
Avec le décalage horaire, c’est un peu du n’importe quoi pour les repas (17h30 ?? et 0h00)
A l’arrivée, transfert en bus jusqu’à notre hôtel proche de la Central Station et premier aperçu de Manhattan, de loin et de près en passant par Time Square.
Belle entrée en matière.
Avant de nous coucher à 9h30 (il est 3h30 du matin en France et la journée a été longue), nous décidons quand même du programme du lendemain – La statue de la Liberté pour commencer.
Vendredi 10/07 – J1 à New York
Réveil de bonne heure pour Thomas et Thierry : 05h00 à NY (11h en France, toujours un décalage de 6h mais c’est la dernière fois que je parlerai des heures françaises).
Sylvie et Romain font la grasse matinée en se levant à 6h30.
Je consulte les messages sur mon téléphone et super nouvelle : Romain a eu son brevet avec la mention TB. Very good news (merci papy et mamie). Sylvie fait partager sa joie aux voisins.
On fête immédiatement cela royalement en trinquant avec un verre d’eau (pas de café ni de jus d’orange) complété avec des chocos françaises.
Quelques SMS plus tard pour avertir tout le monde, on file prendre le métro new-yorkais pour aller à la pointe sud de Manhattan. Même pas le temps pour un petit café et nous voila partis sur le premier bateau, vers la grande silhouette si familière. La traversée est magnifique.
Avant d’attaquer la statue, un petit déjeuner au soleil et c’est parti.
Oups …, la queue s’est déjà formée et nous allons attendre presque 2 heures avant de pouvoir rentrer dans le socle de la Grande Dame. Petite déception car on ne pourra pas monter dans la tête qui vient d’ouvrir le 04 juillet après 8 ans d’interruption suite aux attentats des twin tower : il fallait réserver à l’avance car le nombre d’entrée est limité : et mince !!!
Un petit tour par la boutique de souvenirs et on part ensuite vers Ellis Island, superbe visite qui nous fait découvrir ce que pouvait ressentir les migrants souhaitant tenter leur chance aux US. Le retour en bateau nous offre une vue splendide sur Manhattan, avec ses tours et ses bâtiments de style si différents.
Thomas se fait quelques copains à notre descente du bateau et va nous faire un petit spectacle dans la rue avec quelques amis du Bronx.
On remonte ensuite à pied dans les rues animées, en passant a coté de la Bourse de NY et de Wall street, pour aller voir Ground Zero. C’est un grand trou en travaux, ce qui laisse quand même envisager l’ampleur de la catastrophe. On reprend le métro vers la Central Station, magnifique gare en marbre et de nombreux lustres superbes.
Malgré la fatigue de cette première journée, on fait quelques magasins : 1er achat de « Converse » pour Romain et un peu de nourriture pour le soir (on n’a pas la force de ressortir manger) et le petit-déj du lendemain. Retour à l’hôtel pour une petite douche, le diner et DODO.
Samedi 11/07 – J2 à New York
Visite Empire State pour commencer la journée. Vue la longueur des couloirs pour atteindre l’ascenseur, on est super content d’y être allé de bonne heure. Grosse déception car King Kong n’était pas là.
Point de vue magnifique avec un super temps et de la visibilité.
Premier Mc DO : A part la boisson, les portions ne sont pas forcement plus grosses qu’en France et la qualité est équivalente.
Constat confirmé : les américains sont super sympa : par exemple, la caissière de MACY nous fait 10% de réduction en allant nous chercher un bon spécial. Les employés sont en général partout très sympas.
Départ ensuite pour Time Square : quelle animation ! Cela grouille de partout et encore, on est en journée. On est dans la 10ème dimension ! Il y a quelques personnages surprenants.
Deux visites marrantes : Toys’r us et sa grande roue intérieure, et un magasin sur quatre étages entièrement dédié à M&M’s, des colonnes entières de M&M’s, ça nous a fait rêver !!.
On y reviendra un soir car cela doit aussi être impressionnant la nuit.
On laisse l’agitation et la foule pour aller au Musée d’art moderne (MOMA) : des toiles et œuvres très intéressantes.
Retour ensuite à l’hôtel en passant par le Waldorf Astoria où nous sommes rentrés dans le magnifique hall art déco de ce palace de luxe.
La marche a encore été plus longue qu’hier : demain, on circulera le maximum en métro et bus.
Dimanche 12/07 – J3 à New York
Dimanche 12/07 – J3 Messe Gospel à Harlem
Ce matin, comme tous les dimanches (ou presque !!!), nous irons à la messe.
Ici, c’est bien car on a le choix entre celle de 8h et celle de 11h : à l’unanimité (n’est ce pas les enfants ?), ce sera 11h.
Le voyage en bus sera intéressant car il nous permettra de passer très rapidement de Manhattan avec ses buildings à Harlem avec ses immeubles bas et parfois dégradés, alors que l’on est seulement à un bloc de Central Parc et ses maisons aux façades majestueuses. Le contraste est saisissant.
A notre arrivée vers l’église (merci Martine pour l’adresse) , nous nous mettons dans la file d’attente. Les fidèles rentrent d’abord au rez de chaussée et les touristes à l’étage ensuite. Ce moment nous permet de voir arriver quelques fidèles dans des tenues telles qu’on les imaginait. Les femmes ont mis leurs plus belles robes et les hommes leurs costumes, avec parfois un peu de « bling bling ». Il y a également quelques couleurs surprenantes de temps en temps mais cela est très authentique.
La messe sera un grand moment de bonheur : les chants sont magnifiques et il y a beaucoup d’émotion. Le spectacle est également dans la salle. Quelle surprise de voir les personnes danser, se lever, crier pour faire partager leur foi avec les orateurs ou encore se donner des accolades sur certains prêches.
Nous les avons accompagnés en rythmant leurs magnifiques chansons.
Thomas et Romain ont trouvé des enfants jouant à la DS pendant la cérémonie.
Cela va être dur la prochaine fois que nous irons à l’église de leur dire de ne pas bouger.
Cette messe fut un vrai moment de bonheur.
Dimanche 12/07 – J3 Suite de la journée
Après la messe, nous avons été dans Central Parc pour pique-niquer. Le parc est un havre de paix mais avec aussi une foule de sportifs.
Cela va du jogger qui pousse son enfant dans une poussette jusqu’à la personne âgée qui risque de tomber à chaque foulée. Les New-Yorkais sont fanas de sport.
L’après-midi, nous avons visité Guggenheim. L’exposition est consacrée à l’architecte Franck Lloyd Wright, véritable génie qui a conçu le bâtiment du musée Guggenheim. Nous avons tous les quatre étés passionnés par cette visite.
Après cette nourriture culturelle, nous sommes revenus à une réalité plus commerciale : le plus grand magasin de jouet de la ville Schartwz puis Apple Store, magasin qui présente en avant première dans le monde tous les produits Apple : pour Romain et Thierry gros moment d’émotion.
Enfin pour clore cette belle journée, nous sommes partis voir Time Square de nuit (toujours autant de monde et d’animation). Fin de la journée : Ouf !
Lundi 13/07 – J4 – Dernier jour à NY
Pour démarrer la journée, nous partons faire la traversée du pont de Brooklin à pied. C’est marrant d’être au dessus des voitures. Cette balade nous donne également de belles vues sur Manhattan.
Visite ensuite de Chinatown avec ses bazars et son agitation. Il suffit ensuite de traverser une rue et on se retrouve à Little Italy, avec ses cafés italiens (un peu cher le café : 4, 5 dollar le luxe total !mais au moins il est bon !) et ses décorations et peintures aux couleurs vertes, rouges et blanches. .
Cette journée est émouvante, nous avons conscience que nous allons quitter cette ville qui a su nous toucher. Nous aimons ce mélange de races, de conditions sociales : une vraie leçon de tolérance.
Lundi 13/07 – Transfert vers Las Vegas
2ème fouille au corps pour Thierry en 2 vols US. Qu’est-ce qui ne leur plait pas aux douaniers US ? Il a le look terroriste ? Au concours, Romain n’est pas loin derrière : 1 sur 2, pour lui. Les douaniers ont contrôlé avec insistance son sac qui contenait vous vous en doutez des objets très controversés : MP4, oreiller, livres…. Prochain test à San Francisco pour le retour (je devrais peut-être faire un petit excès de vitesse en voiture pour augmenter mon avance mais je ne suis pas sûr que mon coté joueur soit apprécié…)
Sur le vol New-York-Las Vegas, nous avons eu à nos cotés des voisins pittoresques. Deux dames tellement obèses qu’elles étaient coincées dans leurs sièges. Une jeune fille placée à leur droite à coté du hublot se faisait toute petite. Je ne vous dis pas quand celle-ci avait besoin d’aller aux toilettes ! Un monsieur ronflant comme un camion, mais aussi une autre jeune fille largement tatouée qui descendait les apéros comme des coca.
Lundi 13/07 – Arrivée Las Vegas et La voiture
Notre arrivée sur Las Vegas est royale : la ville s’est parée de toutes ses lumières pour nous recevoir. L’aéroport est luxueux. Il est tellement grand qu’il faut prendre un tram pour aller récupérer ses bagages. On est bien dans la ville du jeu : à peine débarqué, on entend déjà le bruit des machines à sous.
On prend également un grand coup de chaud : il fait 40° à 23h30.
Nous prenons possession de la voiture de location et là malgré la fatigue (rappelons qu’il est 1 heure du matin), nous avons eu le droit à un moment d’anthologie avec Thierry et la boîte automatique qui a suscité de bons délires. Qu’est ce que je fais de cette pédale et de ce levier ? Nous avons eu le droit à un tour du parking très comment dire…..haché ! Nous vous rassurons, il conduit maintenant comme un vrai pro.
Mardi 14/07 – Las Vegas et transfert vers Grand Canyon
Depuis que nous sommes arrivés à Las Vegas, le mot mal-bouffe prend toute sa mesure. Nous avons pris notre petit déjeuner sur le mode buffet en libre service. Certaines personnes ont mangé en un repas ce que nous n’avons pas mangé nous à quatre. Nous hallucinons devant les verres de coca dés le matin, la hauteur des gâteaux divers et variés posés dans les assiettes (record = 3 gaufres l’une sur l’autre avec de la confiture et recouvertes de chantilly). Les New Yorkaises étant minces et très élégantes, nous pensions que les médias exagéraient le problème de nutrition dans ce pays : nous pouvons affirmer le contraire. Emilianne, si tu veux travailler aux US, tu n’auras pas de problème à trouver de la clientèle.
Grosse chaleur dès que l’on sort de l’hôtel. Pour se balader en ville, on prendra la voiture la semaine prochaine. Petit tour rapide sur le célèbre Strip en voiture pour avoir une première vue des hôtels et de leurs décors qui semblent en carton pâte, et ensuite première grosse traversée en voiture (4h30) pour rejoindre Grand Canyon via le barrage Hooverdam (les grands œuvres et chantiers sont à la taille du pays)
Passage obligé par la mythique route 66 à Seligman et arrivée à l’hôtel de Tusayan. Super ! Il y a internet (ouf pour le blog) et une piscine : depuis le temps que Thomas voulait se baigner, à peine dans la chambre, il était déjà en maillot. Il avait raison : rien de mieux pour se détendre après les grosses chaleurs !!
Mercredi 15/07 – Grand Canyon
Avant de partir vers le grand canyon, on a réservé pour le tour en hélico : ce sera demain matin.
Arrivée au parc (merci Laurent et Valérie pour la carte d’entrée qui a fonctionnée) et premier point de vue grandiose. On en prend plein « les mirettes ». On passe au Visitor Center pour voir les ballades possibles. Ce sera «Bright Angel Trail », en version intermédiaire, 10 km et 4 à 6h prévue quand même. Super baptême de rando pour Thomas qui sera à la hauteur du défi. Notre petit cabri Romain a fait l’éclaireur loin devant pendant une grande partie de la remontée.
Pendant la descente, on a eu 3 gouttes de pluie qui ont essayé de nous dissuader d’aller plus loin. Peine perdue, et le soleil a de nouveau fait son apparition (près de 30 °). On a bu au moins 3 litres d’eau par personne.
Beaucoup d’écureuils tout au long du parcours : à la fin, on n’y faisait presque plus attention. Pendant le pique-nique, ils devenaient presque menaçants pour trouver de la nourriture.
Cette longue descente puis remontée est une manière très intéressante de découvrir et de retrouver le côté nature du canyon, surtout par rapports aux différents points de vue où il y a parfois beaucoup de monde. Au-delà du canyon, le parc est très sympa avec sa forêt de pins qui sent bon.
Retour à l’hôtel ensuite avec piscine avant d’aller manger et de rêver d’hélicoptère (on a vu les photos de Guylaine et Pascal sur leur blog et on salive déjà).
Jeudi 16/07 – Grand Canyon – hélico – Mexican Hat
Suite à la rando d’hier, les jambes commencent à se faire sentir.
Départ en hélico ce matin.
Superbe expérience : quelles sensations !!!!
C'était vraiment à faire.
Sylvie a bien entendu été tirée au sort pour être à côté du pilote, pendant que Thierry, Romain et Thomas essayait de compenser (en vain !!) les 250 kg du couple d’américain qui faisaient le vol avec nous.
Après ce voyage, retour sur terre via les navettes du parc qui nous permettent de voir différents points de vue. Nous repartons par la sortie Est et en profitant de la super vue du canyon depuis Desert View avec sa tour « ancienne » (1930 = ancien pour les Américains).
Traversée ensuite des territoires Navajo pour passer Monument Valley et arriver à Mexican Hat. Les paysages sont époustouflants.. Nous avons l’impression d’être au bout du monde, dans un motel au bord de la San Juan River.
Le diner dans un restaurant avec des chanteurs de « country » confirme notre impression.
Vendredi 17/07 – Monument Valley – Lake Powell - Page
Avant de redécouvrir Monument Valley, nous faisons un petit détour pour aller voir Mexican Hat Rock et Goosenecks (méandres de la San Juan River).
Nous partons ensuite directement pour Page.
Sur la route, nous faisons une halte à la plage sur le Lake Powell dans un cadre idyllique. Nous devions rester ½ heure. Nous sommes partis au bout de 3h et encore par ce qu’il faisait vraiment trop chaud (>40°). Moment historique : Sylvie s’est baignée longuement : cela ne lui était plus arrivé depuis 1999 en Dordogne avec Claire et Wilfried. Nous avons fait un concours de plongeon assidu, gagné haut la main par Romain et Thomas.
En soirée, nous avons assisté au coucher de soleil sur d’autres méandres magnifiques, ceux du Colorado à Horseshoe Bend.
L’exceptionnel devient notre quotidien.
Au fait, un défi spécial touristo-français a été lancé par Pauline et Camille. Le but ? Photographier les plaques (d'immatriculations) des 51 états des USA. : nous acceptons de relever le défi (12 plaques déjà trouvées en 3 heures). Résultats dans un peu moins de 3 semaines. Le perdant paiera bien entendu l’apéro.
Demain : Grande Journée avec THE WAVE (à suivre ...)
Samedi 18/07 – The Wave - Page
Nous rappelons pour ceux qui n’auraient pas eu le début de l’histoire que the WAVE est un site naturel dont la roche forme des vagues, comme son nom l’indique (le parfait bilingue aura déjà traduit).
Il faut déjà connaitre ce site qui n’est jamais cité sur les guides touristiques. Mais Thierry, à qui on ne l’a fait pas, a déniché cette visite potentielle en surfant sur le web. Pourquoi potentielle, me direz vous ? Parce que seuls 20 personnes par jour peuvent y rentrer suite à tirage au sort. Et, vous l’avez deviné nous sommes les « lucky » qui ont eu un billet d’entrée. (Vous remarquerez mes progrès fulgurants en anglais).
Malgré la chance, ce site se mérite et pour s’y rendre une randonnée de 4 heures aller-retour est nécessaire. 4 heures oui mais sous 110° fahrenheit soit 43° degré Celsius.
Lever 5h30 et nous voilà donc partis ce matin. Mais surprise avant d’atteindre le lieu de départ il faut emprunter un chemin de terre tout cabossé sur 15 kms (vous l’avez vu sur la photo, nous n’avons pas de 4X4). Cela rappelle, en pire, le chemin pour rejoindre la maison que nous avions loué en Toscane (Gatien, Valérie et Eric verront très bien de quoi je parle). Non, ils ne nous décourageront pas ! Et, on a bien fait de résister : une pure merveille. Les paysages aux alentours sont magnifiques, presque surréalistes et compensent par leur beauté la difficulté du trail. Les cartes des Rangers sont hyper précises et la végétation sur les photos ne change que très peu, pour se repérer il suffit également de suite les "cairns" laissés par les précédents randonneurs et également suivre les traces de pas dans le sable! A part ça, pas de signalisation.
Après quelques petites pauses, 1h45 de marche et après une ultime montée, nous atteignons enfin Le Paradis des yeux et des photographes, et nous tombons en extase devant ce trésor caché de l' Ouest américain !!! Il n'y a pas de mot pour décrire avec justesse la beauté de ce site .... Les photos en parleront mieux que nous. Cerise sur le gâteau, nous étions seuls. Seul un petit lapin nous a salué sur notre passage (c’était peut être un Rangers déguisé !!)
Encore une fois, les garçons ont été à la hauteur. Ils sont prêts pour des trekkings.
Nous rentrons à l’hôtel vers 14h00 assez fatigué ... mais la nuit sera remplie de beaux "wêves" !!!!
Cet après-midi, ce sera repos et détente au bord de la piscine.
Dimanche 19/07 – Page
Ce matin, nous avions prévu de laisser dormir un peu plus les enfants. Mais le sort en a décidé autrement : la femme de ménage a sonné à 8h. Raté Romain pour la grasse matinée !
Cap sur Antelope Canyon : « Lower » en premier et « Upper » ensuite.
Le premier se visite à pied au travers d’un boyau étroit, sculpté par les eaux, aux couleurs ocre, orange et rouges. Il faut parfois se contorsionner entre les parois en faisant attention à ne pas se cogner la tête.
Pas si tranquille que ça le canyon car, en août 1997, suite à un orage violent, 11 touristes, Français pour la plupart, ont trouvé la mort dans ce canyon emportés par un torrent de boue.
Pour « Upper Antelope, c’est visite guidée obligatoire, où nous sommes accompagnés d’un guide Navajo (nom du peuple indien à qui appartient Antelope Canyon - Lower comme Upper). Cela démarre par un tour de pickup 4x4 avec les visiteurs derrière. On a tiré le bon numéro : le guide/chauffeur est à fond sur la piste très sablonneuse. Les enfants sont ravis et ont décollé à plusieurs reprises de leur siège. Cela bougeait tellement que le guide avait conseillé de sortir casquettes et lunettes : cela s’est bien entendu vérifié exact puisque nous avons réussi à rattraper au vol une bouteille d’autres visiteurs mais manqué la casquette d’un enfant. Beaucoup de monde dans ce canyon mais un guide super qui a joué de la flute, nous a indiqué tous les meilleures positions pour faire des photos, quand il ne les prenait pas directement à notre place, avec le résultat au bout (voir photos). Les deux sites sont magnifiques.
Pique nique mémorable dans la voiture avec la clim allumée : il fait vraiment trop chaud dehors !
Nous avons profité de la bonne habitude des américains, qui proposent des box à la fin du repas au restaurant. Nous avons ainsi fini de déguster les pizzas de la veille au soir, réchauffées par le soleil d’Arizona.
Après cela, plongeons pour tout le monde dans le cadre idyllique du Lake Powell pour une nouvelle baignade. Cela va être dur de quitter cet endroit et même Sylvie est d’accord : l’eau à 30° est tout à fait à son goût.
Visite rapide du barrage de Glen Canyon (3 plaques de voitures en +, eh ! eh ! ) puis départ ensuite pour Bryce Canyon et de nouvelles aventures.
Nous ne sommes pas sûrs pendant 2 jours de pouvoir mettre à jour nos commentaires car nous allons dormir dans des parcs nationaux, en compagnie des animaux.
Lundi 20/07 – Bryce Canyon
Arrivée avec quelques averses hier soir (il fait toujours 30° !).
Nous découvrons Bryce Canyon. Vaillamment, nous rechaussons nos chaussures pour faire une nouvelle randonnée. Pour motiver Thomas, nous ne prononçons pas le mot de « randonnée » mais utilisons l’expression « faire une petite promenade », promenade qui va quand même durer plus de 2 heures (je vous rassure, au bout de 5mn, il courait partout et avait une pêche d’enfer). Nous avons eu un orage et de la grêle au milieu de la rando et nous avons pique-niqué une nouvelle fois dans un endroit insolite : une arche formée par la roche. Le dessert a été pris après l’orage dans une sorte de grotte. L’aventure, c’est l’aventure !
Le site est grandiose, avec ses cheminées aux nuances variées, ses ponts, la faune et la flore encore différente de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Vraiment un endroit splendide!
Nous dormons ce soir dans le lodge à l’intérieur du parc. Les touristes partis, nous pouvons disposer seuls du parc. Un Ranger nous rassure : il n’y a pas d’ours !
Les photos seront mises en lignes plus tard (d'ici 1 à 2 jours).
Nous sommes aujourd’hui à la moitié de notre voyage. Il nous reste encore de belles journées en perspective.
Demain, d'autres points de vue de Bryce et première découverte de Zion.
Mardi 21/07 – Zion
Ballade jusqu’au fond du parc (Bryce Point) où l’on va avoir la plus belle vue sur l’amphithéâtre du parc. En chemin, premières rencontres avec des sortes de biches/cerfs.
Départ ensuite vers Zion avec quelques averses sur la route.
A l’arrivée dans le parc, nous débutons par une petite mise en jambe (1h de ballade).
Le fait de dormir au Lodge nous permet d’aller en voiture jusqu’au milieu du parc environ. Nous sommes arrivés en avance et cela nous permet de choisir notre chalet. Il a un charme fou avec sa petite véranda, son petit banc en bois et sa cheminée intérieure en pierre.
On dépose les affaires et on part pour une nouvelle ballade : Emeralds Pools. Petite déception car il n’y a pas beaucoup d’eau (on s’y attendait un peu quand même) mais la ballade est jolie et nous permet de voir de près d’autres biches (2 heures de plus au compteur pédestre). Heureusement que nous partons demain pour Las Vegas, Thomas demande grâce.
Autour du chalet, nous avons divers animaux qui viennent nous rendre visite : dindons sauvages, écureuils, biches, … et même chenille géante sur les couvertures (Brrrrr....)
Nous avons une fois de plus la sensation d'être au plus proche de la nature. Quelle sérénité !, enfin presque. On vous racontera la nuit plus tard
Logistique
Pour la logistique hôtel/Valises/voiture c'est rodé et nickel. Toutes les réservations sont prêtes, y compris celles non payées à l'avance. Pour l'instant, nous n'avons eu aucune mauvaise surprise sur la qualité des hôtels. Les chambres sont confortables.
En ce qui concerne les valises, chacun prend en charge la sienne. Contrairement à ce que craignions initialement, ce n'est pas la galère de changer régulièrement d'hôtel. Nous avons pris le rythme.
On a trouvé deux laveries, avec sèche-linges dans les hôtels à Mexican Hat et ici à Lone Pine.
Pour les repas, nous pique-niquons souvent en achetant la nourriture dans les petits supermarchés et on complète par les restaurants où on peut avoir quelques surprises quand l'assiette arrive. Soit parfois, on ne comprend pas la carte et nous avons du mal à comprendre certains serveurs qui ont oublié d'enlever leur chewing-gum, soit il y a toujours des assaisonnements ou compléments rajoutés et qui ne sont pas tous du meilleur goût.
Pour l'anglais, on se débrouille même si il y a parfois quelques mots qui nous échappent ou nous posent problème. Même Thomas et moi nous lançons dans des phrases. Romain comprend bien. Thierry comprend pas forcément tout mais assure.
Mercredi 22/07 – Zion/Las Vegas le retour
Malgré l’angoisse de Sylvie par rapport aux bestioles, la nuit s’est bien passée.
Petit déjeuner au lodge et départ en navette jusqu’au fond du parc pour la belle ballade (2h) au bord de la rivière. Pour Thomas ce fut un peu plus qu’au bord : suite à une glissade, il s’est retrouvé les fesses dans l’eau. Avec la température ambiante, il a séché assez rapidement. N’étant pas équipé pour ensuite marcher dans l’eau, on renonce à aller dans les narrows. De même, impossible d’aller faire la rando Angels Landing (4h) car les jambes des enfants demandent grâce.
Retour au lodge pour un pique-nique sur la pelouse avec en dessert un « smoothie » (mélange de jus de fruit et de glaçons, passés au mixeur) aux fruits rouges délicieux, déjà gouté la veille. Départ ensuite vers Las Vegas en traversant des villages typiques à la sortie du parc. La fin de la route est aussi impressionnante par ses paysages mais on commence à s’y habituer.
Nous arrivons à Las Végas où nous logeons cette fois à Luxor, l’hôtel en forme de Pyramide. L’hôtel Circus Circus à coté ressemble presque à un petit hôtel familiale. Le Luxor est démesuré, nous avons notre chambre au 27ème étage (sur 30) avec vue sur l’Excalibur, hôtel en forme de château Disney, un bout de la tour Eiffel, et du New York-New York.
Nous filons nous rafraîchir à la piscine, il faut retrouver de l’énergie pour sortir en soirée voir le strip de la ville. Le « Strip » est le mot qui désigne une bande de route, ici c’est est la rue principale où tous les principaux hôtels se situent Nous découvrons les paillettes, les lumières, les filles en tenues de soirées élégantes (enfin, suivants leurs critères: robes courtes voir très très courtes, avec le maximum de paillettes !). Comme dirait Bigard, on a un sacré lâché de P……. sauvages.
En dehors de cette bande de Lumière, les rues adjacentes sont peu entretenues et laisse apercevoir la misère. Nous sommes surpris de découvrir un nombre relativement important de SDF, ce que nous n’avions pas trouvé pour l’instant dans les autres villes. Les enfants ont fait un lien avec les pertes aux jeux. Est-ce la seule raison ?
Notre ballade nocturne est épuisante : le Strip est long (6km) et on est presque obligé de passer dans les casinos ou l’on finit parfois par se perdre dans les dédales bien entendu mal signalés. Tout est fait pour garder le client. On abrège à minuit à la moitié du strip en rentrant en monorail.
Alors que la moyenne des précipitations est proche du zéro dans cette zone désertique, nous avons eu droit à quelques gouttes de pluie alors qu’il fait 40°.
Jeudi 23/07 – Las Vegas suite
Réveil un peu plus tardif et direction le buffet pour le petit déjeuner : on prend la formule « All you can Eat » pour la journée, ce qui veut dire que l’on peut venir manger autant de fois qu’on le souhaite : Pour nous ce sera 3 repas classiques. Les serveuses débarrassent les assiettes rapidement et Romain a du littéralement s’agripper à la sienne pour la conserver alors que la serveuse la tirait de son côté.
Ce matin, séance de shopping dans Las Vegas Premium Outlet, un grand « Quai des marques ».
Notre Ado trouve pas mal de choses à son goût : Levi’s, Converse, … Cela commençait à être urgent vu le nombre de centimètres manquants en bas de ses pantalons. Nous ne sommes pas en reste non plus : les prix sont moins chers qu’en France et le taux de change rajoute à nos bonnes affaires. On espère que tout rentrera dans les valises pour le retour.
Nouveau rafraichissement à la piscine de l’hôtel.
Séance de bandit manchot : 1cents la partie, 3mn 30s au total et deux réprimandes de la sécurité car les enfants n'ont pas le droit de regarder.
Après le repas, nous décidons quand même de repartir sur le strip pour voir le spectacle du Treasure Island et l’hôtel Venetian. Pour éviter la marche, nous prenons la voiture et, après plusieurs tours et détours involontaires par les entrées d’hôtels et les files réservées aux taxis et aux voituriers, nous finissons par nous garer au self parking du Palazzo. Le spectacle de bateaux est quelconque. Par contre, les décos des casinos sont surprenantes, parfois kitchs, parfois magnifiques.
Vendredi 24/07 – Death Valley/ Lone Pine
Nous quittons Las Vegas sans trop de regrets et nous laissons le mot de la fin à Thomas : "Vegas, ça lasse !"
Départ vers Death Valley, vestige d’un lac asséché entre 2 chaines de montagnes et dont l’altitude est parfois sous le niveau de la mer. Les paysages sont lunaires et la température à l’ombre est sympathique (46°), avec en plus une petite brise chaude : un vrai bonheur !
Petite angoisse lorsque nous sommes pratiquement seuls sur la route et que la voiture présente des signes de fatigue à cause des fortes montées : et si nous tombions en panne …
Nous arrivons ensuite à Lone Pine, petit village au pied de la Sierra Nevada , où on aperçoit un peu de neige sur certains sommets. A notre arrivée au Best Western, nous nous dirigeons vers la laverie (cela commençait à devenir urgent) , puis aussitôt après vers la piscine.
Nous retrouvons comme dans tous les hôtels depuis le début la traditionnelle bible sur la table de chevet. Conseil aux futurs voyageurs : inutile de vous charger !
Repas au centre-ville (on ne risque pas de le rater !) dans un resto au décor dédié aux westerns, le Mt Withney Restaurant : heureuse surprise car les plats sont délicieux.
Samedi 25/07 – Mono Lake/ Lee Vining / Bodie
Réveil en sursaut à 9h36 : le petit déj ferme à 10h
La route vers Lee Vining et Mono lake laisse à l’ouest la Sierra Nevada et le Mt Whitney. Petit détour par la station de ski assez huppée de Mammoth Lake, qui comporte un aéroport et de nombreuses boutiques de luxe.
Arrivée ensuite au Murpheys Lodge, qui sera notre hébergement ce soir. Après le repas, départ pour la ville de Bodie, ancien ville de chercheur d’or, détruite par le feu puis abandonnée et aujourd’hui Monument historique. Il reste 150 maisons en bois, laissées en l’état depuis l’abandon en 1940 environ. Cela représente 5% de la ville à son apogée. Tout a été laissé tel quel (les 3 derniers miles de la route d’accès n’ont même pas été goudronnés) et nous nous sommes projetés à cette époque là. Les américains n’en ont pas fait un parc d’attraction et c’est tout à leur honneur : il n’y a même pas un bar et le magasin de souvenir est réduit à sa plus simple expression. Nous avons apprécié cette visite.
Sur la route du retour vers Lee Vinning, nous tentons la baignade à Mono Lake, avant le village, sans aller jusqu’à South Tuffa qui est visiblement le seul point de baignade autorisé. Nous allons alors tomber au bout du chemin sur une Rangers qui va nous prêter ses jumelles et sa longue vue pour nous faire découvrir la faune de ce lac salé, classé réserve naturelle. Grâce à elle, nous apercevons au loin un nid sur une des concrétions calcaires au milieu du lac ainsi que plusieurs variétés d’oiseaux sauvages. Tant pis pour la baignade, nous préférons prolonger ce moment de quiétude et d’authenticité.
dimanche 26/07 – Yosemite Parc
Surprise à l’extinction des feux : on y voit presque comme en plein jour dans la chambre. Le couvre-lit servira de double-rideaux mais sera quand même insuffisant. C’est notre première nuit difficile. L’hôtel n’est pas à recommander.
Petit déj à Lee Vinning : pas terrible non plus. Cette ville qui sert de point de passage vers Yosemite ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
Le parc de Yosemite nous fait rapidement oublier ces légers désagréments : la montée par le Tioga Pass, ouvert seulement de juin à septembre à cause de la neige, est splendide.
Arrêt baignade et farniente impromptu à Tenaya Lake (superbe panorama à 2500 m d’altitude !) : l’eau est légèrement plus fraiche, lac de montagne oblige ! Seuls trois d’entre nous se sont baignés : devinez qui ne s’est pas baigné, sachant que Thomas a été le premier à l’eau : réponse en photos …
Malheureusement, il a fallu quitter ce havre de paix pour aller voir nos premiers Séquoias mais aussi pour éviter les coups de soleil (n’est ce pas Thierry et Romain !).
Tuolumn Grove sera notre première randonnée : nous découvrons enfin ces arbres géants et mythiques que sont les séquoias. Il ne vaut mieux pas prendre une pigne de pin sur la tête vu la taille de certaines, qui malgré ce que l'on pourrait croire, ne sont pas celles du séquoia. Nous sommes passés dans un tronc de séquoia tombé, formant un tunnel. Les habitants (araignées) n'ont pas apprécié notre visite et nous l'ont fait savoir en se vengeant principalement sur Romain.
Les journées passent vite, de plus en plus vite. Il est déjà temps de rejoindre l’hôtel.
Heureusement, celui-ci n’a rien à voir avec l’établissement de la veille. Le cadre est sympa et nous ne parlons pas de la piscine extérieure dans un environnement paradisiaque. Une fois de plus, plongeon pour tout le monde et ce qui devient habituel, Sylvie nage aussi.
Seul petit bémol dans cet hôtel, pas de connexion Wifi donc pas de mise à jour possible du blog et pas de lecture pour nous de vos messages que nous apprécions beaucoup chaque jour.
Lundi 27/07 – Yosemite Parc Again
Au réveil ce matin, le bras de Romain a doublé de volume : elles n'y sont pas allées de main morte les bestioles.
De nouveau, cap vers Yosemite Parc. Nous nous dirigeons vers Yosemite Village pour faire nos courses pour le pique-nique du midi. Nous bouquinons les différents documents remis à l'entrée du parc pour choisir notre randonnée. Thierry souhaite faire celle de Yosemite Falls : Falls veut dire cascades. Thomas et Sylvie, eux, souhaitent faire celle de Mirror Lake. Romain, lui, est indécis. Comme dans toute bonne démocratie la majorité l'emporte.
Nous voilà partis pour Mirror Lake et à l'arrivée nous nous sommes trouvés à John Muir Trail. Nous nous sommes garés à un parking d'où partaient plusieurs chemins en terre, sans indications. Après avoir mis nos provisions dans des casiers anti-ours, nous sommes partis et bien sûr nous n'avons pas pris le bon chemin. Au lieu de faire une ballade tranquille au bord du lac pour pique-niquer et nous baigner, nous voilà embarqués sur une randonnée classée difficile (1h30 de montée sans discontinuer, 600 marches en granit à gravir pour arriver en haut du 2ème point) mais le résultat sera au rendez-vous : d'abord une cascade grandiose (Vernal Falls) et au dessus, un bassin avec juste en amont des toboggans naturels. Malgré la fraicheur de l'eau, Romain et Thomas n'ont pas résisté. Nous n'irons pas voir la cascade suivante (Nevada falls à 3km) ni le Half Dome (7km) car le temps nous manque (pas les jambes …). Après la descente plus rapide, nous partons vers le sud du parc (Mariposa Grove) pour voir une autre forêt de séquoia. Nous choisissons cette fois de prendre le tram pour faire la visite (il était temps car nous prenons le dernier wagon !). Le site est la plus grande futaie de séquoia géant du parc et la visite sympa (quoiqu'un peu chère !) : cela saute pas mal dans les wagons et Romain a évité les troncs creux..
Un seul regret dans Yosemite : nous n'avons pas vu de bears (ours). Désolé Eric. Par contre, nous avons rencontrés un gray fox mais également des deers et les traditionnels sqirrels, sans compter bien entendu les beers et autres buds : à vos dictionnaires !
Départ ensuite pour OakHurst Lodge avec une petite baignade dans la piscine avant le repas.
Aucune plaque trouvée aujourd'hui : c'est vrai qu'il n'est pas facile de les arracher sans se faire voir. Cela ne va pas être facile de les faire rentrer dans la valise.
Yosemite est un parc magnifique et un lieu de rêve pour les randonneurs.
Mardi 28/07 – Carmel et Monterey
Visite de Carmel, ville dont Clint Eastwood a été maire pendant 3 ans : il y a des arbres partout, il est interdit de les couper. Dans certains quartiers, il n’y a pas de trottoirs pour éviter que les gens s’y promènent à pied. Les maisons sont magnifiques, il doit y avoir au minimum 20 pièces dans chaque maison. Nous avons également joué à retrouver celles des 7 nains car certaines d’entre elles ressemblent à des maisons « Disney ».
Nous visitons la mission San Carlos Borromeo qui a des allures d’hacienda mexicaine.
Nous empruntons ensuite la célèbre «17 miles Drive », route privée à péage, avec entre autre le fameux Pebble Beach Golf. La route serpente près de la côte, entre golfs, pins, cyprès et des propriétés toutes aussi somptueuses les unes que les autres. On a même vu des biches sur les greens. Premiers Sea Lions , les éléphants de mer, également. Nous sommes dans un monde de luxe et de raffinement absolu.
La température a nettement baissé par rapport à Yosemite : nous commençons à ranger les shorts et à sortir les vestes dans un premier temps.
Le soir, nous allons nous promener dans le centre-ville de Monterey, vers Fishermann Wharf où nous voyons les Sea Lions affalés. Le centre-ville, petit port de pêche, a beaucoup de charme.
La piscine de l’hôtel est extérieure et pour la première fois, nous ne prenons pas l’option baignade : il fait trop froid. Nous avons été mal habitués. Quant à l’océan : même pas la peine d’y penser !
Demain cap sur notre dernière destination : San Francisco.
Mercredi 29/07 – Monterey
Ce matin, destination l’aquarium de Monterey. Nous prévoyons d’y passer la matinée avant de partir pour San Francisco. Bilan : nous y arrivons à 10h 30 et nous en repartons à 15h30. L’aquarium est d’une qualité incroyable. Tout est bien conçu : le bâtiment moderne entièrement vitrée est tourné vers la mer. Il offre une grande variété d’espèces mais son atout est d’avoir su le mettre en valeur en alternant le coté éducatif et le coté ludique avec beaucoup d’ateliers interactifs, de bassins tactiles : une référence en terme de lieu de connaissances.
Heureusement que nous ne lisons pas couramment l’anglais sinon nous partions dans la soirée !
Petit pincement au cœur en nous installant dans la voiture : nous réalisons que nous partons pour notre dernière destination. Mais, bon encore quatre jours dont nous comptons profiter au maximum.
Nous arrivons sur San Francisco et passons prés de Silicone Valley. Nous sommes un peu émus de passer à côté de cet endroit mythique. Hewlett et Packard y ont débuté encore étudiants pour fonder leur entreprise, Steve Jobs a commencé dans son garage pour créer le 1er Mac et sa société Apple. Que de sociétés créées par des hommes de génies défilent devant nos yeux : HP, Google, Oracle, Ebay, Yahoo …Petit clin d’œil à nos amis les informaticiens : Pascal, Gatien, Alain, Erics
Nous voyons encore un autre endroit prestigieux : l’université de Stanford que la famille Stanford a crée à la mémoire de leur fils décédé à l’âge de 15 ans. Les bâtiments sont majestueux : quelle différence avec les bâtiments délabrés de la fac de science de Talence. Les universités prestigieuses défilent : Palo Alto, Berkeley.
L’arrivée sur San Francisco enchante Romain par son dédale de routes et lui rappelle, moment de nostalgie, son jeu vidéo « Burn Out » (petit rappel il n’y a pas joué depuis maintenant trois semaines : une éternité !).
Nous nous installons à l’hôtel et grand confort nous n’allons plus bouger pour trois nuits.
Nous mangeons dans un restaurant italien sur Fisherman Wharf et décidons de remettre au lendemain la découverte de la ville. Il est déjà 21h30 et nous sommes fatigués.
Jeudi 30/07 – San Francisco
Nous décidons de ne pas prendre la voiture pour découvrir San Francisco mais les transports en commun. Nous commençons par le Cable Car, sorte d’antique funiculaire sur lequel on peut s’accrocher et rester sur le marchepied. Bonne surprise, le départ est situé à côté de notre hôtel. Nous pouvons ainsi nous installer où on le souhaite. Thierry, Thomas et Romain s’installent le corps à l’extérieur accrochés à une barre et les pieds sur le marchepied. Sylvie aura l’occasion plus tard dans la journée de tester également cette position. La sensation est assez sympa surtout dans les grandes descentes et quand deux Cable Cars se croisent.
Bonne nouvelle également : le temps se réchauffe car la température a varié entre 20° et 25°, sauf le soir où la brume est tombée sur les hauteurs.
Nous découvrons le centre ville de San Francisco en nous rendant à Union Square. Nous allons déambuler à pied. L’un des charmes de la ville tient en ses collines mais la conséquence de ce charme et comme nous l’a indiqué une fidèle auditrice : nous avons parcouru la ville à pied en alternant de bonnes montées...descentes...montées... descentes.... Ce vallonnement nous conduit d’Union Square au Financial Distric jusqu’à Chinatown. Nous faisons un détour pour admirer une tour appelé Transamerica pyramid, le plus haut gratte-ciel de San Francisco. Nous retrouvons également un bâtiment conçu par Franck Lloyd Wright génial architecte dont nous vous avons déjà parlé lors de notre visite à New York. Ceux qui ne connaissent pas encore dépêchez-vous de combler cette lacune on vous le dit il est génial, un vrai visionnaire pour son époque !
Nous nous sommes fait plaisir dans le minuscule quartier français et nous sous sommes arrêtés dans le Café de la presse, au coin de Chinatown : vrais expresso pour les grands et croissants, chocolatine pour les enfants. Un délice !
Ces petits détails commencent à nous manquer avec pour Thierry et Romain, comme autre détail, un bon steak sans sauce.
Nous visitons quelques magasins, dont Macy, où nous déjeunerons (bonne adresse : des pâtes, du poulet grillé, des fruits, des légumes : cela change des hamburgers !!).
Après avoir repris des forces, nous décidons de nous attaquer, toujours à pied, à la Coit Tower (le nom n’a rien à voir avec ce que vous pourriez penser mais provient du nom de la personne qui a financé le bâtiment !) : c’est une tour qui domine la ville. La vue y est magnifique mais avant cela, la montée sur Telegraph Hill l’est aussi : nous admirons au passage la dextérité des conducteurs pour se garer dans les rues en pentes. Nous empruntons les Filbert Steps : un escalier, tantôt en brique, tantôt en bois, qui permet de descendre la colline parmi les arbres, les massifs de fleurs et des maisons en bois.
La journée a été longue : retour à l’hôtel.
Demain visite d’Alcatraz : « The Rock » pour les intimes
Vendredi 31/07 – San Francisco-Alcatraz
Nous avons du mal à démarrer ce matin et nous partons vers 10h 30.
Nous commençons par Lombard St, la seule rue qui serpente en lacets alors que toutes les autres sont droites. Une vraie curiosité à faire à pied mais aussi en voiture. Pour nous aujourd’hui, c’est à pied que nous allons la parcourir (elle est proche de l’hôtel, ouf !). La pente pour y arriver est assez rude, on s’échauffe les muscles. Vu le nombre de voiture qui passent, heureusement au ralenti, je plains les voisins.
Nous prenons un Cable Car au vol en haut de la rue pour rejoindre les «Piers» pour une ballade avant d’aller voir Alcatraz. Repas au Rain Forest, restaurant au décor de jungle : on se croirait chez Disney.
Le départ pour Alcatraz est prévu à 13h45 : nous sommes un peu juste alors nous avons droit à un petit jogging digestif sur les quais : ouf ! Nous sommes arrivés à temps.
Le trajet en bateau permet d’avoir un vue imprenable sur la baie de San Francisco qui est grandiose, ainsi que sur la ville. Il y a du soleil mais le fond de l’air est frais et le haut du Golden Gate est toujours dans le brouillard.
Arrivés sur l’île, nous « chaussons » nos audio guides et nous débutons la visite. La bande son nous fait vivre de façon très vivante la prison et l’histoire de ses locataires dont le célèbre Al Capone.
Après cette visite, nous repartons vers Market Street en trolley bus pour essayer de finir quelques achats. Nouveau Cable Car pris au vol sur Powell Street (sans resquiller, alors qu’il y avait près d’1 heure de queue au terminus ??) qui nous ramène à l’hôtel.
Ce soir, nous commençons à rassembler les affaires dans les sacs pour préparer le retour.
Samedi 01/08 – San Francisco-Sausalito
Dernière journée : Thierry veut en profiter à fond et part en repérage seul dès 8h le matin, laissant le reste de la famille dormir : encore en décalage horaire ?. Visite à nouveau, en famille cette fois, du Pier 39, célèbre quai de San Francisco car il héberge une colonie de Sealions sur ses pontons flottants. Malgré le côté commercial, ce quai a un certain charme.
Après avoir monté la portion sinueuse de Lombard Street à pied, nous la faisons aujourd’hui en voiture.
C’est presque plus compliqué de s’y rendre que de la descendre : les routes pour aller au sommet de la colline sont toutes plus pentues les unes que les autres. Il faut ensuite faire la queue pour descendre au ralenti. L’impression est rigolote.
Nous nous dirigeons ensuite vers Alamo Square pour aller voir un autre symbole de la ville : les Painted Ladies. Le contraste est saisissant entre ces maisons victoriennes en bois aux couleurs pastel et la modernité des gratte-ciels en arrière plan. Le quartier regorge de maisons toutes aussi belles et parfois très luxueuses.
Direction ensuite vers le Golden Gate Bridge, toujours aussi embrumé : il a plus de charme de loin que de près. Nous avons préféré la traversée du Brooklin Bridge à New York.
Nous allons ensuite déjeuner en bord de mer à Sausalito, avec une vue imprenable sur San Francisco et sa baie. Sausalito est une ville agréable, assez huppée, paradis des plaisanciers. On y trouve un peu après le centre villes des maisons flottantes construites initialement par les hippies mais qui aujourd’hui sont de véritables villas pour certaines.
Après un tour sur la côte du Pacifique, nous prenons le chemin de notre dernier hôtel aux USA, près de l’aéroport : toutes les bonnes choses ont une fin.
Fin du voyage
Nous sommes à Bordeaux depuis lundi soir 16 h 10.
Le voyage a été long mais s'est bien passé : aucun retard d’avion. Un peu de bazar quand même à Gatwick avec des files interminables pour passer le contrôle de sécurité. Nous avons très peu dormi dans les différents avions empruntés et mangé un peu à n’importe quelle heure. Nous finissons de récupérer du décalage horaire : 1er nuit OK (la fatigue du voyage !) mais tout le monde debout à 4h du mat la seconde nuit après une nuit blanche pour Sylvie et Thomas.
Comme vous avez peut-être du l’apercevoir au travers de nos articles, notre 1er séjour aux USA a été vraiment passionnant et nous espérons vous avoir fait partager notre plaisir d'être là-bas.
Impressions générales / conclusion Nous sommes rentrés enchantés de ce voyage qui est notre premier aux Etats-Unis.
Nous avons parcouru en voiture 3500kms dans une grande variété de paysages allant de New York à la côte Ouest, des déserts de l'Utah et de l'Arizona aux montagnes de la Sierra Nevada et à la côte pacifique.
Pour un premier voyage, nous ne nous sommes pas contentés d'un circuit classique, déjà par l’escale à New York et le choix délibéré de se passer de la visite de Los Angeles. Nous l'avons émaillé de sites sortant des sentiers battus, dont le fameux Wave et également quelques randos dans les différents parcs, sans compter les kilomètres parcourus à pied dans les villes.
Malgré notre condition physique relativement correcte, nous étions bien contents de nous reposer chaque jour après les différents efforts, soit au bord d’une piscine ou d’un lac par exemple.
Nos impressions générales :
- L'accueil des américains : il suffit de sortir une carte de sa poche (sans rien demander) et il y a toujours quelqu'un qui spontanément vous renseigne. Ils ont également un grand sens du service (resto, commerces, …), sauf à Las Vegas où le côté commercial l’emporte malheureusement. Aucun sentiment « anti Français » ressenti.
- Temps : 25° /30 ° environ à New York Plus de 40° à Las Vegas , Page. Un peu moins au Grand Canyon, à Bryce et Zion . Quelques gouttes de pluie à Bryce et plus étonnant, à Las Vegas malgré les 40°.
Très chaud dans Death Valley (45° à l’ombre) Nettement plus froid à San Francisco (18 à 25°) et encore on a eu de la chance : nous n’avons même pas sortis la polaire emmenée par précaution. C’est marrant, c’est le seul endroit où le rayon souvenirs parka/polaire est plus grand que le rayon Tshirt.
- La voiture : conduite très cool sur des routes extra larges. En revanche, les Américains ne respectent pas plus la vitesse que nous, contrairement à ce qu'on avait lu avant notre départ et la crainte du shérif sortant de n’importe où !
Essence pas chère (entre 2$6 et 3, 4$ le gallon de 3, 8l), routes gratuites, location de voiture sans problème, un peu d’apprentissage pour la boite auto (la position P obligatoire pour pouvoir retirer la clé de contact par exemple) mais bien sympa ensuite sur les routes américaines.
Très pratique, les feux de l’autre coté de la route : plus de torticolis pour regarder la couleur du feu parce qu’un autre véhicule est avancé. On peut également tourner à droite au feu rouge, s’il n’y a personne bien sûr.
Autre truc marrant : les carrefours à 4 stops. Le premier arrivé sera le premier sorti : l’ordre d’arrivée est bien respecté par tous.
De gros Trucks magnifiques croisés et également des chargements très longs. C’est également le cas de camping –cars qui sont immenses, tractés par des pick-up monstrueux et qui remorquent souvent une voiture « classique » en plus. Certains ont même des jets ski et/ou un quad. Je ne vous dis pas la taille des convois sur la route !!. Idem pour les trains de marchandises avec un nombre très important de wagons.
Les infrastructures sont prévues pour donc cela ne pose pas trop de soucis.
Pas d’aire de repos comme en France : on sort de la route aux embranchements et là il y a généralement une station service.
- GPS : bien pratique pour ne pas perdre trop de temps dans les grandes villes. En dehors des grosses agglomérations (SF, Las Vegas), vu le nombre de routes et d’intersections, et malgré l’absence souvent de panneaux indicateurs, il n’y a pas trop de risque de se perdre si on a une carte. Le GPS est quand même très intéressant car il indique à tout moment le temps restant pour sa destination finale, ce qui n’est pas forcément simple à calculer rapidement après conversion des miles.
- Les prestations hôtelières : nous avions réservé à l’avance tous les hébergements. Ils nous ont donné pratiquement entière satisfaction. Etant donné que nous étions 4, nous avons eu de grandes chambres à chaque fois (2 lits Queens – cafetière, sèche cheveu, fer, table à repasser systématiques et souvent frigo + micro-onde). Je comprends maintenant la surprise de certains américains pouvant débarquer dans certains de nos hôtels, à Paris par exemple.
Même dans les plus petits endroits et avec des réservations effectuées par mail (Mexican Hat par exemple), nous n’avons eu aucune mauvaise surprise : nous étions bien attendus. Au fur et à mesure de notre périple, cela a contribué à diminuer nos quelques craintes subsistantes.
- Logement dans les parcs : Nous avons couché dans Bryce Canyon et Zion. Pour Bryce, nous conseillerons plutôt un hébergement à l’entrée du parc. Le logement à l’intérieur (plus cher) ne se justifie par particulièrement. Le Zion Lodge est sympa et permet d’accéder rapidement aux ballades. Il permet également d’amener son véhicule au centre du parc. Les restaurants le soir dans les parcs sont plutôt chers.
- Café : Dur dur de savourer un bon expresso comme en France. Les américains ne sont pas trop adeptes du "Petit noir". La dose minimum pour eux est le gobelet, type McDo, de 250ml .... En plus il faut faire attention pour le boire car il est super chaud quand il est servi : c’est pour pouvoir durer longtemps, longtemps … On peut même le boire à la paille. On a donc parfois fait comme les vrais américains : café acheté à la station service et bu ensuite au volant.
Heureusement quand même, la chaîne "Starbucks Café", que l’on trouve presque partout permet de boire un petit café de temps en temps. Il est un peu plus cher que le gobelet géant : on en a même trouvé à 4$ dans le quartier Little Italy à New York.
- Bud : C’est de la bière (ça c’est pour ceux qui n’ont pas trouvé dans le dictionnaire la traduction) Même moi, j’ai du montrer mon ID (un papier d’identité) pour acheter une bière. Vu mon âge, soit les lunettes de la vendeuse étaient mal réglées, soit elle était très flatteuse.
- Eau : on boit beaucoup, il y a beaucoup de points d’eau partout, même parfois dans certaines randos, et surtout l’eau est potable. Dans les hôtels, il y a des distributeurs de glace partout mais attention, pour les départs en rando, la glace prends plus de volume que l’eau. Pour the Wave, il n’y a pas de point d’eau, nous avons été un peu juste en eau malgré près de 3 l environ par personne.
- Toilettes (restrooms en américain) : il y en a partout et elles sont propres, ce qui change de certains endroits en France.
- Les repas : pique-nique un repas sur deux environ, soit par fatigue de ressortir le soir, soit par souplesse de pouvoir manger n’importe où mais également pour éviter d’aller dans des restos tout le temps. Difficulté à trouver des choses «natures» : il y a toujours une sauce, les yaourts, même estampillés light, ont de la crème incorporée.
Nous n’avons pas acheté de glacière : nous faisions nos achats de nourriture régulièrement. Cela aurait pu être utile car parfois, les sandwichs et boissons étaient un peu chauds.
Pas trop de repas Mc DO mais quand même quelques repas avec de vrais hamburgers dans les restos (steak entre tranches de pain, salade, tomates, oignons, cornichons et assaisonnement à part) : très bons en général.
Les fruits et légumes sont plus chers qu'en France et surtout le prix correspond à une livre. Les prix des articles sont indiqués hors taxe, même en grande surface : c’est le cas pour tous les produits, de la carte postale aux vêtements. C’était difficile pour nous de prévoir le montant exact des achats en arrivant à la caisse.
Beaucoup de personnel dans les restos avec en plus une particularité (de plus en plus connue dans nos activités informatiques) : la spécialisation. Chacun sa fonction : on peut avoir 4 à 5 personnes différentes avec chacune un rôle bien défini (le placeur, le serveur qui prend la commande, le serveur qui apporte les plats, celui qui s’occupe des boissons, celui qui dessert les assiettes) et cela, même dans les restos de moyenne gamme. On voit déjà cela en France dans certaines chaines.
- Internet : le Wifi est présent pratiquement partout. Il est souvent gratuit mais peut être aussi facturé de 10 à 15 $ par jour. On en trouve dans les Mc DO et les Starbuck Café. A New York, notre chambre permettait de capter le réseau du café voisin : cela nous a évité de trimballer le portable et nous a permis de faire les mises à jour du blog plus rapidement. On a même trouvé le Wifi au milieu de Bryce Canyon dans l’épicerie près du lodge.
- Paiements : On trouve partout des distributeurs de billets jusque dans certaines petites épiceries. Certains prennent une commission en $ (on retire 200$ et la en fait le relevé CB est de 203 $)
La formule des chèques de voyage en $ est très pratique, inutile de les changer à la banque car la plupart des commerçants les acceptent (un ou deux ont bien retourné le chèque 4 à 5 fois pour vérifier avant de l’accepter) et rendent la monnaie en $, comme s'il s'agissait d'argent liquide.
Autre particularité : lorsque l’on paye par CB, le ticket que l’on nous remet peut comporter 2 lignes supplémentaires : Une pour le service (tip ou gratuity) et une pour le nouveau total; il ne faut pas oublier de compléter les deux lignes sinon le caissier risquerait de les compléter lui-même.
En fonction de votre carte bancaire, pensez a faire augmenter votre plafond de carte bleu pour ne pas être bloqué sur place. Ce conseil est valable également pendant votre période de préparation car certaines prestations (avion, hôtel, ...) sont parfois à payer d'avance.
- Achats : Quelques achats/Tshirt souvenirs à New York et San Francisco. Pas mal d’achats de vêtements pour les enfants (Converse, Tennis Nike, jeans Levi’s, T shirt) et pour les parents (Ralph Lauren, T.Hilfiger). Les achats ont été faits principalement dans les Outlets à Las Vegas et Mammoth Lake(Ralph Lauren), ainsi que chez MACY (sorte de Galerie Lafayette, plus cher que les outlets mais avec quelques soldes intéressantes).
En gros, entre le prix et le taux de change à un peu moins de 1, 40$ pour 1 €, les réductions sont de 30 à 60% par rapport au prix en France
Dommage que les valises soient limitées en poids et en taille (et le portefeuille aussi) !!
Nos coups de cœur !
Nous avons adoré les endroits suivants (dans le désordre)
- Bryce Canyon et son amphithéâtre.
- Grand Canyon avec notamment la ballade en hélicoptère (à faire absolument)
- Yosemite, ses dômes, ses lacs, ses cascades et ses séquoias.
- Les villes :
o San Francisco, à ne pas manquer, si charmante
o New York, grandiose, à voir absolument.
- Page/Lake Powell pour ses lieux de baignades et Antelope Canyon
- Et bien sûr The Wave, fabuleux
Nos « petits moins » - Zion : pas de chance car la visite s’est effectuée pour nous après les musts que sont Grand Canyon, Antelope Canyon, the Wave et Bryce Canyon. Emerald Pools est un peu décevant en été, Riverside Walk est sympa et nous n’avons pas eu le temps d’aller faire la ballade dans les Narrows ni la fameuse rando « Angels Landing ». Nous conseillerions de le traverser juste ou d’y rester en faisant les ballades (mais cela impose d’avoir du temps).
- Las Vegas : c’est incontournable à voir mais cela manque de charme. Outlets intéressants.
Nos regrets : - ne pas avoir eu plus de temps car il y a plein de choses magnifiques à découvrir et d’activités à faire (randos complémentaires, cheval, rafting, ….)
- ne pas avoir croisé d'ours à Yosemite (on ne dirait sûrement pas ça si on s’était trouvé face à eux)
Conclusion finale
De supers souvenirs partagés à quatre. Nous sommes prêts à repartir pour d’autres périples.
Plein de lieux mythiques que nous avons la chance de découvrir et qui nous reviendront régulièrement à l’esprit au détour des films, des séries américaines, des journaux télévisés et des posters ou affiches.
J'espère que ce carnet vous donnera envie de découvrir les merveilles que nous avons pu voir. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires et vos questions, nous serons heureux d'y répondre.
Cordialement
Thierry
États-Unis Dream 2009 English translation pending
Introduction :
Et oui, encore un carnet ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire celui des autres voyageurs. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de faire le mien. Avant tout, le but est d’en faire profiter ma famille et mes amis au loin, mais aussi, tout ceux qui auront envie de lire ma longue prose. Je vais d’ailleurs l’éditer par groupe de quelques journées à la fois, ce qui me laissera un peu de temps pour l’insertion des photos... 4 semaines tout de même, du 20/06 au 18/07/09.
Je rappelle qu’évidemment, mes remarques sont toutes personnelles, n’engageant que moi, chacun ayant ses propres avis et ses propres goûts !
J’ai essayé de faire attention à l’orthographe. S’il reste quelques coquilles, veuillez m’en excuser…
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20/06/09
4:50 : Si j’ai oublié quelque chose, c’est trop tard. Le taxi est en avance. Francesco est déjà en bas et je ferme la maison. Je coupe l’électricité et je plonge enfin dans mon rêve ! Des années qu’on y pense mais ce n’était jamais le moment. Il y a 2 ans : la grande décision est prise. Et depuis un an, je prépare nos 4 semaines. Depuis le temps que je rêvasse devant le fabuleux site de Philippe et Thierry : je peux enfin concocter mon mélange special : un zest de ville (ce n’est pas notre truc), une rasade de grands classiques : les fameux “incontournables”, une pincée de wilderness, quelques mythes que la chance nous autorise et un rafraîchissement pour la fin : Yellowstone. En plus, j’ai carte blanche, ce qui m’arrange bien mais me donne une responsabilité supplémentaire (si un rouage grince, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi !)
Pour nous situer un peu, nous n’avons pas l’habitude des grands voyages : quelques petits sauts en Europe, un voyage de noce qui date (Et généralement, on ne se perd pas sur une petite île au soleil). Donc quasi aucune expérience. Alors, pous les septiques et les angoissés qui hésitent entre voyage organisés et se débrouiller par soi-même : franchement, si je l’ai fait : c’est que vous aussi vous pouvez le faire !!!!!! Un peu d’anglais, un zest de patience, internet, une lecture assidue de Voyage Forum et voilà, c’est fait ! Les avions sont réservés, les chambres longuement étudiées sur Trip advisor aussi, passeports et Esta ok.
Et nous voilà tous les 4 (avec Adrien et Nathan mes 2 garçons de 12 et 15 ans quasi révolus) après une nuit très courte, à faire la queue pour s’enregistrer à l’aéroport. Une hôtesse nous évite l’attente et nous fait l’enregistrement sur une machine qui bien évidemment exige plusieurs fois la lecture du passeport avant de daigner cracher les boardings cards. Arrivés à Frankfort, nous profitons des 5:00 d’attente pour prendre le train et faire un saut de puce en ville. Bref, nos premières photos américaines sont… allemandes. J’adore la flammeküche et nous trouvons un resto qui en propose. Super ! Sauf que maintenant, il fait gris.




Retour et cette fois, c’est l’envol pour Los Angeles.



13h00 plus tard et gavés de films récents sur nos écrans individuels, vaguement abrutis de fatique nous récupérons toutes nos valises (ouf…). Un tour aux toilettes de l’aéroport ; mon mari et mon fils me font une drôle de réflexion : d'après eux, elles seraient toutes bouchées : l'aéroport a un sérieux problème !
Nous prenons ensuite la navette pour notre loueur Alamo. 10mn d’attente pour un samedi de juin à 18:00. Je n’en n’espérais pas tant. Accueil très sympa. C’est top : je comprends à peu près tout ce qu’on me dit. Le préposé, sans doute un peu moins, mais il a la courtoisie de ne pas le montrer. Il nous annonce tout de suite vu la quantité de bagages qu’il nous donne un véhicule full size. Génial on nous propose un magnifique 4x4 GMC. Je luis demande si c’est un vrai 4WD et s’il me confirme que je n’aurai qu’à payer le drop off, le plein et la PAI que je souhaite en plus. Sûr que c’est un upgrade gratuit ? Vi Madame ! Banco, je signe tout ce qu’il veut ! Nous nous nous apprêtons à partir. A la dernière seconde, il m’arrête : Non, renseignements pris, ce n’est pas un vrai 4WD : à la place il y a celui-là ou celui-ci. Ce sera celui-ci : un Toyota Sequoia géant.

Il faut s’agripper à la poignée pour grimper. Bon, les pneus sont impecables et y’a bien le bouton à 3 position pour le 4x4. Mon fils n’a pas de mal à ranger ses longues guibolles. Il est certes moins beau (le 4x4, pas le fils…), mais plus spacieux et n’a que 3611 miles au compteur. Sûr que ce monstre change de ma Panda. De toute façon je prends d’autorité le volant (je n’aime pas me faire conduire) et ne le lâcherai que 8100 km plus tard après quelques coups de freins dont se souviendront longtemps le reste de ma famille (ben oui quoi : quand y’a pas d’embrayage, le pied gauche conserve ses réflexes et vient s’écraser volontiers sur le pied droit qui n’en demandait pas tant !
Gps en route et après avoir évidemment manqué l’entrée de l’hôtel La quinta Inn (très correct avec Pti déj) situé à 5mn d’Alamo, et refait le tour du paté de maison (alors c’est vrai qu’on peut tourner à droite au feu rouge ?), et après avoir garé le monstre dans une exceptionnellement petite place (dis, t’es sûr que je peux reculer encore ??) nous nous installons dans notre chambre. Tour aux toilettes : possible que les toilettes soient encore bouchées ?!!! Non, en fait, le niveau d’eau de la cuvette est beaucoup plus haut qu’en Europe. Va bien faloir s’y faire ! Rigolade et éclaboussures garanties !
Force est de constater qu’il nous manque un sac à dos ! Bon, sûrement resté dans le GMC. Les enfants se couchent. Nous retournons à Alamo et après 4 fois la même explication et un brave homme qui fait tout son possible pendant 20mn : rien à faire : le GMC a été loué entre temps . Adieu le sac et les affaires à l’intérieur ! Au moins j’ai expérimenté mon anglais. Retour à l’hôtel. On est crevé et on s’endort vite mais à 4:00 : réveil et plus question de fermer l’oeil. Et cela se reproduira encore longtemps…
21/06
A une heure plus décente et après un copeux petit déjeuner, nous partons. Au moment de ranger les bagages, nous relevons un siège et découvrons tout honteux, le sac à dos manquant ! Tout ça pour ça !
Allez, c’est parti ! En route pour Death Valley. Merveilleux petit GPS qui nous guide sur ces routes pleines de voies. La vitesse est limitée. 2h00 plus tard nous nous arrêtons à Lancaster à notre premier Walmart faire les courses : priorité la fameuse glacière. Ouaouh : qui disait qu’on avait du mal à trouver de la salade et des fruits ! Tout est dispo, très frais et bien conçu pour les touristes que nous sommes : rien à couper, rien à laver… Nous repartons. Quelques petites frayeurs plus tard (nous ne trouverons jamais le manuel d’utilisation du Toyota) : bon, je vous la fait version polie « Mince ! : pourquoi je ne puis-je enlever la clef du contact : ha ! Faut être sur Parking » « Zut ! : pourquoi je peux pas passer en position Drive ? Ha ! y’a la sécurité qui a blogué le frein » : il suffit de freiner fort pour débloquer : dixit un vrai cow-boy : le seul être humain que j’ai trouvé en plein désert devant un passage à niveau avec le chapeau, les bottes et l’accent machonné au chewing gum . Faut dire qu’on est là depuis 20mn à attendre que ce train long comme un jour sans pain finisse de passer. Après 200 km sans un feu rouge, ça fait un peu étrange tout ça !
Nous arrivons enfin à Death Valley. Rassurée, je trouve enfin une station d’essence (au moins 150 km sans en voir une…) et fais mon premier plein, aidée par une charmante caissière aux immenses ongles roses fluo. Bref, j’apprends ma leçon : pour payer, c’est Fastpay avec la carte ou Payinside. Et je mets du Regular (le moins cher fait tout aussi bien l’affaire).

Nous nous installons au premier hôtel réservé : le Stovepipe Wells (la chambre est bof, moins belle que sur le site, mais propre : pour la nuit ça ira). Histoire de se dégourdir les jambes, et vu la chaleur (on doit être autour de 42 ce qui n’est pas si pire finalement pour le coin) nous prenons grand plaisir à nous jeter dans la piscine. Ahhhh que c’est bon ! Surtout dans un décor pareil. Ces, comment dire, “vastitudes” nous éblouissent autant que le soleil. Même avec les lunettes, la clarté est telle que j’ai les yeux qui me brûlent (cela m’arrive régulièrement mais là, c’est presque tous les jours…)
Après la baignade, Nous voulons acheter le National Pass mais la cabane des rangers est fermée. Direction Sand Dunes juste à côté. Nous nous balladons une petite heure dans les dunes. Gaffe aux serpents d’après le magazine, mais là tout va bien Lumière de fin d’après-midi, c’est magnifique !



Nous repartons pour Artiste Drive. Je ferai bien un saut jusqu’à Bad Water

Mais les ombres montent et j’ai peur d’arriver ensuite trop tard pour Artiste Palette la bien nommée ! Que c’est beau !


Retour pour un dodo bien mérité.
22/06
Départ matinal pour Zabriskie Point. Trop tôt pour l’ouverture de la cabane des Rangers. Une lumière rasante sur Sand Dunes et je ne peux m’empêcher de faire quelques photos de plus.


Le soleil est levé quand nous arrivons mais le seul couple déjà présent sur place nous explique que la présence importante d’ombres les a obligé à attendre de toute façon pour les photos. Nous emplissons nos yeux de ce spectacle.




Dante’s view est notre prochain arrêt. Bigre, il fait froid : polaire bienvenue ! Nous croisons un autre jeune couple italien en voyage de noce, et aussi notre première espèce locale : un lézard à corne de désert.



En route pour Las Vegas ! Et quelle route !


Il est trop tôt pour le check’in. Direction l’outlet au Sud du Strip. Notre fils retrouve ses marques favorites : la CB chauffe pour lui bien que les prix ne soient pas si extrordinaires. Nathan ne veut rien, Mon mari Remarque d’un air circonspect la largeur des vêtements (même ceux en S) et moi j’ai le choix entre style mémère ou nymphette. J’abandonne même les idées de chaussures ! Allez direction le Golden Nugget.

Vive le Valet Parking et les bagages apportés dans la chambre ! Ma famille me regarde avec surprise distribuer les billets de 1$. Je leur explique la notion de pourboire aux USA ! Nous sommes fatigués et nous contentions de faire un tour à côté de l’hôtel pour attendre l’heure du diner. Une jolie petite wedding chapel et la Stratosphère qui semble proche devant nous, mais s’éloigne coquinement à chaque pas que nous faisons. Non décidément, il fait trop chaud ! Je propose le buffet du Golden Nugget. Je m’attends à faire la queue, mais non, nous rentrons de suite et Adrien et Nathan se jettent sur tout ce qui semble fris ou pané ; Francesco et moi, sur les crudités, et les fruits ! Différence de génération !
23/06
Déjeuner pantagruélique au buffet ! Mais ce n’est rien à côté des assiettes de certains. Les garcons jettent l’éponge : ils ne peuvent rivaliser ! Du monde, du bruit. J’en ai déjà assez. Je propose de s’éloigner pour la matinée car nous réservons le Strip pour l’après-midi et la soirée. Miracle, les jeunes sont d’accord. Nous partons pour Red Rock Canyon : un excellent apéritif pour l’ouest américain. Des lièvres gambadent.Pour être rouge, c’est rouge ! Nous apprécions la ballade.




Tout est nouveau pour nous, y compris les 8 ou 9 feux (rouges aussi) qui s’alignent devant nous tous les 50mètres au retour. Redéjeuner au buffet pour bénéficier de 2 buffets gratuits pour 2 payés. Vu la circulation en ville, je decide que nous nous déplacerons en taxi. Franchement, ce n’est vraiment pas cher et cela m’a donné l’occasion de discuter avec les chauffeurs. Nous sommes largués devant le Venetian. Nous connaissons Venise et, en clignant les yeux, on pourrait s’y croire.

L'eau est quand même un peu moins bleue dans la vraie Venise ! 😉




Le Paris et son ambiance plus sombre me plaisent moins. Le Caesar est assez beau aussi.

Nous profitons du spectacle des fontaines du Bellagio. Km à pied, chaleur : l’après-midi passé vite. Hamburgers et salade vite fait. Maintenant, photos de nuit !



Re spectable au Bellagio. Nous reprenons un taxi pour la Stratosphère et je m’essaye aux photos sans trépied puisque c’est interdit de grimper avec. Des liftiers s’empressent de nous faire la conversation. Faut dire que ce ne doit pas être réjouissant de passer ses journées dans un ascenseur !

Il y a des fous qui font des manèges suspendus dans le vide. Adrien qui faisait le bravache n’insiste pas. Re taxi pour rentrer et dodo avec pause grands yeux ouverts pendant 1:00 comme d’habitude!
24/06
Ce matin, je veux prendre des sous à l’ATM (nos DAB). Mais celui de l’hôtel ne permet de prendre qu’une somme limitée avec 3$ d’intérêts. Nous sortons à pied à la première banque à côté de l’hôtel. Au moins je récupère un plus gros montant et avec moins de frais. Nous revenons chercher la voiture pour faire nos courses. Le premier “grocery “ donné par le Gps est minable. Finalement je trouve le moyen d’insérer la recherche d’un walmart : il m’en donne un à quelques miles de là. Super : on fait le plein car cet après-midi : départ pour Valley Of Fire ! Je prévois le picnique du soir dans le parc : un de nos plus beaux !
Quelques gouttes lorsque nous quittons Las Vegas. Quelques dollars au Valet parking et 1:30 plus tard, nous arrivons. Je repère un parking avec de superbes trucks. Pour un peu je descendrais bien pour faire quelques photos. Mais j’ai égalementhâte de poursuivre et ne suis pas ma première inspiration. Dommage, je n’aurai aucune photo de camion US avec leurs pots d’échappement en l’air.
Après avoir enfin acheté le fameux pass, nous passons pas mal de temps sur la partie basse du parc



"Scream"

et finissons par la ballade vers White Dome. Dès que nous passons le Visitor Center, le spectacle deviant enchanteur. Mince, si j’avais su, nous serions montés plus vite. Nous déclinons les premiers trails proposés le long de la route pour celui de White Domes.



J’aurais bien voulu tous les faire tellement je suis conquise. Ce dernier se fera hélas dans l’ombre car les nuages se disputent avec le soleil. Au moment où le soleil se couche, nous nous installons sur une aire de picnique et dinons devant un ciel moiré de rose. J’ai vraiment adoré ce parc, surtout la partie haute !


Retour en pleine nuit à Las Vegas. Nous n’avons que survolé cette ville, amusés par l’ambiance, étonnés par ces décors plutôt bien realisés, mais pas franchement conquis, du moins nous, les parents. Las Vegas reste le meilleur souvenir de Nathan. Dernière nuit sur place.
25/06 : Après quelques courants d’air glacés à la sortie de l’ascenseur (ah la clim !!!), un coup d’oeil à la piscine avec son toboggan qui passe dans l’aquarium aux requins (même pas testée : trop de monde…) et un check out rapide, en route pour Grand Canyon ! Sur la route, le Lake Mead et son barrage. Un pont en cours de construction : c’est l’occasion d’essayer mon zoom que je n’ai que depuis peu. Avec le téléconvertisseur, encore plus près !



Route sans encombre pour le Grand Canyon. Nous sommes aux Yavapai Lodge. Le temps une fois de plus est gris et morose. Evidemment, en sortant de la chambre, nous oublions la clé magnétique à l’intérieur. Francesco et Adrien attendent donc avec les bagages, pendant qu’avec Nathan, je vais refaire une autre clé. En sortant du parking, un bus est à l’arrêt depuis un moment devant moi et un autre véhicule qui perd soudain patience. Je vois les feux de recul s’allumer. Il ne m’a pas vu et donne un grand coup d’accélérateur pour démarrer. Sa voiture réagit trop bien. Même pas le temps de klaxonner que me voilà emboutie. Quel fracas ! J’imagine les morceaux de mon Toyota pendant pitoyablement sur le bitume, et le temps que je vais perdre alors que le reste de ma famille m’attend devant la porte fermée de la chambre à 2km de là… Voilà donc le grain de sable dont j’avais peur ! Mais en sortant, surprise : seule la plaque d’immatriculation est par terre et un jeune français blanc de confusion me présente toutes ses excuses. Tout ce bruit et même pas une égratignure ! Costauds les Toyota Sequoia !
Nous empruntons un tournevis au Gift shop (pour rien, car je perdrai cette plaque la semaine suivante au retour d’une piste !) et réparons le dommage.
Quel soulagement ! Reste un autre souci : le ciel gris, gris, gris. A peine installés, Francesco et moi faisons rapidement les 400 mètres pour atteindre la rim : C’est grandiose mais désespérément gris ! J’essaie le zoom sur des geais bleux mais le résultat n’a pas l’air fameux.
Mon mari essaie de me remonter le moral mais l’espoir d’un merveilleux coucher de soleil sur le Grand Canyon s’évanouit aussi vite que tombent les premières gouttes. Nous dinons à la cafétéria : ce sera le pire souvenir culinaire de ces vacances.
26/06 : Toujours après une nuit entrecoupée, nous nous réveillons pour zieuter d’un air anxieux le ciel. Bingo ! Tout bleu. Je presse mon mari qui prépare en vitesse 2 yaourts et quelques cookies à grignoter. Les garçons dorment. Au bord de la Rim, j’ai enfin une lumière correcte pour mon appareil. Je shoote à tout va et nous parcourons la rim après notre petit déjeuner devant ce spectacle de la nature.
]
Je repère quelques nuages et je sens que cela va changer rapidement. Nous revenons à la chambre, et une fois prêts à partir, le ciel s’est remis au gris. Pire : l’orage éclate et nous voila coincés dans la voiture près de l’arrêt de bus pour la Hermist Road. Nous nous contenterons des poins de vue de la Hermist Road, la rando prévue étant abandonée. 10mn plus tard, armés de Kway, nous grimpons dans le bus. Certains arrêts sont en travaux mais nous passerons la matinée à arpenter les autres. Parfois un coin de ciel bleu. Mais il ne faut pas rêver. Nous quittons donc Grand Canyon, poursuivis par un orage qui me laisse à peine le temps de préparer les sandwiches avant d’éclater sur nous avec une violence terrible.
Certains sont encore en train de faire des photos, s’aggripant à tout et n’importe quoi pour ne pas perdre l’équilibre ! Même en voiture, c’est impressionnant. Nous partons donc pour Page en Arizona. Sur la route encore des points de vue.
Ciel bleu et nuages alternent. Nous passons par des vallées aux couleurs improbables et à la poussière tournoyante qui nous empêche de sortir.
Enfin, un apercu du lac Powell au loin.C’est le moment d’une petite pause et d’une photo bien sûr. Toujours pressée d’aller voir, je claque la portiere un peu trop vite, hélas, pour le majeur de ma main droite.
Me voilà glapissante devant le reste de la famille qui se décompose et n’ose regarder si un morceau git au sol. Non, le doigt n’est que pincé, mais gonfle et prend rapidement une teinte violette. Ayant déjà cassé un doigt, je sais que celui-là ne l’est pas. Un peu de glace (merci la glacière !) me fait passer du stade glapissante au stade gémissante… Après 2 ou 3 jours, je garderai une insensibilité désagréable qui mettra un mois pour disparaître. Tant pis, il faut continuer. Mon mari propose de prendre le volant. Mais maintenant que je maîtrise le pied gauche, on va pas recommencer les coups de frein intempestifs ; je garde donc le volant (avec 9 doigts ; c’est suffisant !)
Le décor est à mon goût : nous passons devant le golf de Page sur fond de pierres roses. Surpris, nous ne comptons pas moins de 7 ou 8 églises d’affilée avant d’arriver à notre motel : le Bashfull Bob. Bob est d’une gentillesse rare. Il nous donne les clés d’un vrai petit appartement où nous allons passer les 5 prochaines nuits. C’est spatieux avec un séjour, 2 chambres, SDB et cuisinette, terrasse des 2 côtés avec barbecue. Les murs sont repeints, la moquette par contre vieillotte, la SDB encore plus, et le mobilier de cuisine moyennement propre. Ce n’est pas le grand luxe, mais tout cela pour 46$ la nuit. Franchement, après un léger désappointement, nous finirons par apprécier les avantages de cette chambre et en garderons un bon souvenir. Allez, c’est parti pour Dîner. Le Ken old west fera l’affaire. Délicieuse viande et bar à salade apprécié avant une bonne nuit (par petits bouts) de repos. C’est que demain, il s’agit d’une journée qui me tient particulièrement à coeur. J’ai téléphone à Paria Outpost pour me faire confirmer l’heure de notre rendez-vous. Nous avons choisi de visiter Coyotte Buttes Sud avec un guide. Ce ne sera ni Susan ni Steve mais leur employé Kurt .Steve m’explique que nous avons bien de la chance car il a plu le matin même et les températures s’étant raffraichies, nous pourrons débuter à 8:00 au lieu des 5:00 prévues par mail quelques mois auparavant. En voilà une bonne nouvelle ! Attention 8:00 chez Paria, c’est 7:00 à Page… (question de fuseau…).
La suite d'ici peu...
Et oui, encore un carnet ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire celui des autres voyageurs. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de faire le mien. Avant tout, le but est d’en faire profiter ma famille et mes amis au loin, mais aussi, tout ceux qui auront envie de lire ma longue prose. Je vais d’ailleurs l’éditer par groupe de quelques journées à la fois, ce qui me laissera un peu de temps pour l’insertion des photos... 4 semaines tout de même, du 20/06 au 18/07/09.
Je rappelle qu’évidemment, mes remarques sont toutes personnelles, n’engageant que moi, chacun ayant ses propres avis et ses propres goûts !
J’ai essayé de faire attention à l’orthographe. S’il reste quelques coquilles, veuillez m’en excuser…
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20/06/09
4:50 : Si j’ai oublié quelque chose, c’est trop tard. Le taxi est en avance. Francesco est déjà en bas et je ferme la maison. Je coupe l’électricité et je plonge enfin dans mon rêve ! Des années qu’on y pense mais ce n’était jamais le moment. Il y a 2 ans : la grande décision est prise. Et depuis un an, je prépare nos 4 semaines. Depuis le temps que je rêvasse devant le fabuleux site de Philippe et Thierry : je peux enfin concocter mon mélange special : un zest de ville (ce n’est pas notre truc), une rasade de grands classiques : les fameux “incontournables”, une pincée de wilderness, quelques mythes que la chance nous autorise et un rafraîchissement pour la fin : Yellowstone. En plus, j’ai carte blanche, ce qui m’arrange bien mais me donne une responsabilité supplémentaire (si un rouage grince, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi !)
Pour nous situer un peu, nous n’avons pas l’habitude des grands voyages : quelques petits sauts en Europe, un voyage de noce qui date (Et généralement, on ne se perd pas sur une petite île au soleil). Donc quasi aucune expérience. Alors, pous les septiques et les angoissés qui hésitent entre voyage organisés et se débrouiller par soi-même : franchement, si je l’ai fait : c’est que vous aussi vous pouvez le faire !!!!!! Un peu d’anglais, un zest de patience, internet, une lecture assidue de Voyage Forum et voilà, c’est fait ! Les avions sont réservés, les chambres longuement étudiées sur Trip advisor aussi, passeports et Esta ok.
Et nous voilà tous les 4 (avec Adrien et Nathan mes 2 garçons de 12 et 15 ans quasi révolus) après une nuit très courte, à faire la queue pour s’enregistrer à l’aéroport. Une hôtesse nous évite l’attente et nous fait l’enregistrement sur une machine qui bien évidemment exige plusieurs fois la lecture du passeport avant de daigner cracher les boardings cards. Arrivés à Frankfort, nous profitons des 5:00 d’attente pour prendre le train et faire un saut de puce en ville. Bref, nos premières photos américaines sont… allemandes. J’adore la flammeküche et nous trouvons un resto qui en propose. Super ! Sauf que maintenant, il fait gris.




Retour et cette fois, c’est l’envol pour Los Angeles.



13h00 plus tard et gavés de films récents sur nos écrans individuels, vaguement abrutis de fatique nous récupérons toutes nos valises (ouf…). Un tour aux toilettes de l’aéroport ; mon mari et mon fils me font une drôle de réflexion : d'après eux, elles seraient toutes bouchées : l'aéroport a un sérieux problème !
Nous prenons ensuite la navette pour notre loueur Alamo. 10mn d’attente pour un samedi de juin à 18:00. Je n’en n’espérais pas tant. Accueil très sympa. C’est top : je comprends à peu près tout ce qu’on me dit. Le préposé, sans doute un peu moins, mais il a la courtoisie de ne pas le montrer. Il nous annonce tout de suite vu la quantité de bagages qu’il nous donne un véhicule full size. Génial on nous propose un magnifique 4x4 GMC. Je luis demande si c’est un vrai 4WD et s’il me confirme que je n’aurai qu’à payer le drop off, le plein et la PAI que je souhaite en plus. Sûr que c’est un upgrade gratuit ? Vi Madame ! Banco, je signe tout ce qu’il veut ! Nous nous nous apprêtons à partir. A la dernière seconde, il m’arrête : Non, renseignements pris, ce n’est pas un vrai 4WD : à la place il y a celui-là ou celui-ci. Ce sera celui-ci : un Toyota Sequoia géant.

Il faut s’agripper à la poignée pour grimper. Bon, les pneus sont impecables et y’a bien le bouton à 3 position pour le 4x4. Mon fils n’a pas de mal à ranger ses longues guibolles. Il est certes moins beau (le 4x4, pas le fils…), mais plus spacieux et n’a que 3611 miles au compteur. Sûr que ce monstre change de ma Panda. De toute façon je prends d’autorité le volant (je n’aime pas me faire conduire) et ne le lâcherai que 8100 km plus tard après quelques coups de freins dont se souviendront longtemps le reste de ma famille (ben oui quoi : quand y’a pas d’embrayage, le pied gauche conserve ses réflexes et vient s’écraser volontiers sur le pied droit qui n’en demandait pas tant !
Gps en route et après avoir évidemment manqué l’entrée de l’hôtel La quinta Inn (très correct avec Pti déj) situé à 5mn d’Alamo, et refait le tour du paté de maison (alors c’est vrai qu’on peut tourner à droite au feu rouge ?), et après avoir garé le monstre dans une exceptionnellement petite place (dis, t’es sûr que je peux reculer encore ??) nous nous installons dans notre chambre. Tour aux toilettes : possible que les toilettes soient encore bouchées ?!!! Non, en fait, le niveau d’eau de la cuvette est beaucoup plus haut qu’en Europe. Va bien faloir s’y faire ! Rigolade et éclaboussures garanties !
Force est de constater qu’il nous manque un sac à dos ! Bon, sûrement resté dans le GMC. Les enfants se couchent. Nous retournons à Alamo et après 4 fois la même explication et un brave homme qui fait tout son possible pendant 20mn : rien à faire : le GMC a été loué entre temps . Adieu le sac et les affaires à l’intérieur ! Au moins j’ai expérimenté mon anglais. Retour à l’hôtel. On est crevé et on s’endort vite mais à 4:00 : réveil et plus question de fermer l’oeil. Et cela se reproduira encore longtemps…
21/06
A une heure plus décente et après un copeux petit déjeuner, nous partons. Au moment de ranger les bagages, nous relevons un siège et découvrons tout honteux, le sac à dos manquant ! Tout ça pour ça !
Allez, c’est parti ! En route pour Death Valley. Merveilleux petit GPS qui nous guide sur ces routes pleines de voies. La vitesse est limitée. 2h00 plus tard nous nous arrêtons à Lancaster à notre premier Walmart faire les courses : priorité la fameuse glacière. Ouaouh : qui disait qu’on avait du mal à trouver de la salade et des fruits ! Tout est dispo, très frais et bien conçu pour les touristes que nous sommes : rien à couper, rien à laver… Nous repartons. Quelques petites frayeurs plus tard (nous ne trouverons jamais le manuel d’utilisation du Toyota) : bon, je vous la fait version polie « Mince ! : pourquoi je ne puis-je enlever la clef du contact : ha ! Faut être sur Parking » « Zut ! : pourquoi je peux pas passer en position Drive ? Ha ! y’a la sécurité qui a blogué le frein » : il suffit de freiner fort pour débloquer : dixit un vrai cow-boy : le seul être humain que j’ai trouvé en plein désert devant un passage à niveau avec le chapeau, les bottes et l’accent machonné au chewing gum . Faut dire qu’on est là depuis 20mn à attendre que ce train long comme un jour sans pain finisse de passer. Après 200 km sans un feu rouge, ça fait un peu étrange tout ça !
Nous arrivons enfin à Death Valley. Rassurée, je trouve enfin une station d’essence (au moins 150 km sans en voir une…) et fais mon premier plein, aidée par une charmante caissière aux immenses ongles roses fluo. Bref, j’apprends ma leçon : pour payer, c’est Fastpay avec la carte ou Payinside. Et je mets du Regular (le moins cher fait tout aussi bien l’affaire).

Nous nous installons au premier hôtel réservé : le Stovepipe Wells (la chambre est bof, moins belle que sur le site, mais propre : pour la nuit ça ira). Histoire de se dégourdir les jambes, et vu la chaleur (on doit être autour de 42 ce qui n’est pas si pire finalement pour le coin) nous prenons grand plaisir à nous jeter dans la piscine. Ahhhh que c’est bon ! Surtout dans un décor pareil. Ces, comment dire, “vastitudes” nous éblouissent autant que le soleil. Même avec les lunettes, la clarté est telle que j’ai les yeux qui me brûlent (cela m’arrive régulièrement mais là, c’est presque tous les jours…)
Après la baignade, Nous voulons acheter le National Pass mais la cabane des rangers est fermée. Direction Sand Dunes juste à côté. Nous nous balladons une petite heure dans les dunes. Gaffe aux serpents d’après le magazine, mais là tout va bien Lumière de fin d’après-midi, c’est magnifique !



Nous repartons pour Artiste Drive. Je ferai bien un saut jusqu’à Bad Water

Mais les ombres montent et j’ai peur d’arriver ensuite trop tard pour Artiste Palette la bien nommée ! Que c’est beau !


Retour pour un dodo bien mérité.
22/06
Départ matinal pour Zabriskie Point. Trop tôt pour l’ouverture de la cabane des Rangers. Une lumière rasante sur Sand Dunes et je ne peux m’empêcher de faire quelques photos de plus.


Le soleil est levé quand nous arrivons mais le seul couple déjà présent sur place nous explique que la présence importante d’ombres les a obligé à attendre de toute façon pour les photos. Nous emplissons nos yeux de ce spectacle.




Dante’s view est notre prochain arrêt. Bigre, il fait froid : polaire bienvenue ! Nous croisons un autre jeune couple italien en voyage de noce, et aussi notre première espèce locale : un lézard à corne de désert.



En route pour Las Vegas ! Et quelle route !


Il est trop tôt pour le check’in. Direction l’outlet au Sud du Strip. Notre fils retrouve ses marques favorites : la CB chauffe pour lui bien que les prix ne soient pas si extrordinaires. Nathan ne veut rien, Mon mari Remarque d’un air circonspect la largeur des vêtements (même ceux en S) et moi j’ai le choix entre style mémère ou nymphette. J’abandonne même les idées de chaussures ! Allez direction le Golden Nugget.

Vive le Valet Parking et les bagages apportés dans la chambre ! Ma famille me regarde avec surprise distribuer les billets de 1$. Je leur explique la notion de pourboire aux USA ! Nous sommes fatigués et nous contentions de faire un tour à côté de l’hôtel pour attendre l’heure du diner. Une jolie petite wedding chapel et la Stratosphère qui semble proche devant nous, mais s’éloigne coquinement à chaque pas que nous faisons. Non décidément, il fait trop chaud ! Je propose le buffet du Golden Nugget. Je m’attends à faire la queue, mais non, nous rentrons de suite et Adrien et Nathan se jettent sur tout ce qui semble fris ou pané ; Francesco et moi, sur les crudités, et les fruits ! Différence de génération !
23/06
Déjeuner pantagruélique au buffet ! Mais ce n’est rien à côté des assiettes de certains. Les garcons jettent l’éponge : ils ne peuvent rivaliser ! Du monde, du bruit. J’en ai déjà assez. Je propose de s’éloigner pour la matinée car nous réservons le Strip pour l’après-midi et la soirée. Miracle, les jeunes sont d’accord. Nous partons pour Red Rock Canyon : un excellent apéritif pour l’ouest américain. Des lièvres gambadent.Pour être rouge, c’est rouge ! Nous apprécions la ballade.




Tout est nouveau pour nous, y compris les 8 ou 9 feux (rouges aussi) qui s’alignent devant nous tous les 50mètres au retour. Redéjeuner au buffet pour bénéficier de 2 buffets gratuits pour 2 payés. Vu la circulation en ville, je decide que nous nous déplacerons en taxi. Franchement, ce n’est vraiment pas cher et cela m’a donné l’occasion de discuter avec les chauffeurs. Nous sommes largués devant le Venetian. Nous connaissons Venise et, en clignant les yeux, on pourrait s’y croire.

L'eau est quand même un peu moins bleue dans la vraie Venise ! 😉



Le Paris et son ambiance plus sombre me plaisent moins. Le Caesar est assez beau aussi.

Nous profitons du spectacle des fontaines du Bellagio. Km à pied, chaleur : l’après-midi passé vite. Hamburgers et salade vite fait. Maintenant, photos de nuit !



Re spectable au Bellagio. Nous reprenons un taxi pour la Stratosphère et je m’essaye aux photos sans trépied puisque c’est interdit de grimper avec. Des liftiers s’empressent de nous faire la conversation. Faut dire que ce ne doit pas être réjouissant de passer ses journées dans un ascenseur !

Il y a des fous qui font des manèges suspendus dans le vide. Adrien qui faisait le bravache n’insiste pas. Re taxi pour rentrer et dodo avec pause grands yeux ouverts pendant 1:00 comme d’habitude!
24/06
Ce matin, je veux prendre des sous à l’ATM (nos DAB). Mais celui de l’hôtel ne permet de prendre qu’une somme limitée avec 3$ d’intérêts. Nous sortons à pied à la première banque à côté de l’hôtel. Au moins je récupère un plus gros montant et avec moins de frais. Nous revenons chercher la voiture pour faire nos courses. Le premier “grocery “ donné par le Gps est minable. Finalement je trouve le moyen d’insérer la recherche d’un walmart : il m’en donne un à quelques miles de là. Super : on fait le plein car cet après-midi : départ pour Valley Of Fire ! Je prévois le picnique du soir dans le parc : un de nos plus beaux !
Quelques gouttes lorsque nous quittons Las Vegas. Quelques dollars au Valet parking et 1:30 plus tard, nous arrivons. Je repère un parking avec de superbes trucks. Pour un peu je descendrais bien pour faire quelques photos. Mais j’ai égalementhâte de poursuivre et ne suis pas ma première inspiration. Dommage, je n’aurai aucune photo de camion US avec leurs pots d’échappement en l’air.
Après avoir enfin acheté le fameux pass, nous passons pas mal de temps sur la partie basse du parc



"Scream"

et finissons par la ballade vers White Dome. Dès que nous passons le Visitor Center, le spectacle deviant enchanteur. Mince, si j’avais su, nous serions montés plus vite. Nous déclinons les premiers trails proposés le long de la route pour celui de White Domes.



J’aurais bien voulu tous les faire tellement je suis conquise. Ce dernier se fera hélas dans l’ombre car les nuages se disputent avec le soleil. Au moment où le soleil se couche, nous nous installons sur une aire de picnique et dinons devant un ciel moiré de rose. J’ai vraiment adoré ce parc, surtout la partie haute !


Retour en pleine nuit à Las Vegas. Nous n’avons que survolé cette ville, amusés par l’ambiance, étonnés par ces décors plutôt bien realisés, mais pas franchement conquis, du moins nous, les parents. Las Vegas reste le meilleur souvenir de Nathan. Dernière nuit sur place.
25/06 : Après quelques courants d’air glacés à la sortie de l’ascenseur (ah la clim !!!), un coup d’oeil à la piscine avec son toboggan qui passe dans l’aquarium aux requins (même pas testée : trop de monde…) et un check out rapide, en route pour Grand Canyon ! Sur la route, le Lake Mead et son barrage. Un pont en cours de construction : c’est l’occasion d’essayer mon zoom que je n’ai que depuis peu. Avec le téléconvertisseur, encore plus près !



Route sans encombre pour le Grand Canyon. Nous sommes aux Yavapai Lodge. Le temps une fois de plus est gris et morose. Evidemment, en sortant de la chambre, nous oublions la clé magnétique à l’intérieur. Francesco et Adrien attendent donc avec les bagages, pendant qu’avec Nathan, je vais refaire une autre clé. En sortant du parking, un bus est à l’arrêt depuis un moment devant moi et un autre véhicule qui perd soudain patience. Je vois les feux de recul s’allumer. Il ne m’a pas vu et donne un grand coup d’accélérateur pour démarrer. Sa voiture réagit trop bien. Même pas le temps de klaxonner que me voilà emboutie. Quel fracas ! J’imagine les morceaux de mon Toyota pendant pitoyablement sur le bitume, et le temps que je vais perdre alors que le reste de ma famille m’attend devant la porte fermée de la chambre à 2km de là… Voilà donc le grain de sable dont j’avais peur ! Mais en sortant, surprise : seule la plaque d’immatriculation est par terre et un jeune français blanc de confusion me présente toutes ses excuses. Tout ce bruit et même pas une égratignure ! Costauds les Toyota Sequoia !
Nous empruntons un tournevis au Gift shop (pour rien, car je perdrai cette plaque la semaine suivante au retour d’une piste !) et réparons le dommage.
Quel soulagement ! Reste un autre souci : le ciel gris, gris, gris. A peine installés, Francesco et moi faisons rapidement les 400 mètres pour atteindre la rim : C’est grandiose mais désespérément gris ! J’essaie le zoom sur des geais bleux mais le résultat n’a pas l’air fameux.
Mon mari essaie de me remonter le moral mais l’espoir d’un merveilleux coucher de soleil sur le Grand Canyon s’évanouit aussi vite que tombent les premières gouttes. Nous dinons à la cafétéria : ce sera le pire souvenir culinaire de ces vacances.
26/06 : Toujours après une nuit entrecoupée, nous nous réveillons pour zieuter d’un air anxieux le ciel. Bingo ! Tout bleu. Je presse mon mari qui prépare en vitesse 2 yaourts et quelques cookies à grignoter. Les garçons dorment. Au bord de la Rim, j’ai enfin une lumière correcte pour mon appareil. Je shoote à tout va et nous parcourons la rim après notre petit déjeuner devant ce spectacle de la nature.
]
Je repère quelques nuages et je sens que cela va changer rapidement. Nous revenons à la chambre, et une fois prêts à partir, le ciel s’est remis au gris. Pire : l’orage éclate et nous voila coincés dans la voiture près de l’arrêt de bus pour la Hermist Road. Nous nous contenterons des poins de vue de la Hermist Road, la rando prévue étant abandonée. 10mn plus tard, armés de Kway, nous grimpons dans le bus. Certains arrêts sont en travaux mais nous passerons la matinée à arpenter les autres. Parfois un coin de ciel bleu. Mais il ne faut pas rêver. Nous quittons donc Grand Canyon, poursuivis par un orage qui me laisse à peine le temps de préparer les sandwiches avant d’éclater sur nous avec une violence terrible.
Certains sont encore en train de faire des photos, s’aggripant à tout et n’importe quoi pour ne pas perdre l’équilibre ! Même en voiture, c’est impressionnant. Nous partons donc pour Page en Arizona. Sur la route encore des points de vue.
Ciel bleu et nuages alternent. Nous passons par des vallées aux couleurs improbables et à la poussière tournoyante qui nous empêche de sortir.
Enfin, un apercu du lac Powell au loin.C’est le moment d’une petite pause et d’une photo bien sûr. Toujours pressée d’aller voir, je claque la portiere un peu trop vite, hélas, pour le majeur de ma main droite.
Me voilà glapissante devant le reste de la famille qui se décompose et n’ose regarder si un morceau git au sol. Non, le doigt n’est que pincé, mais gonfle et prend rapidement une teinte violette. Ayant déjà cassé un doigt, je sais que celui-là ne l’est pas. Un peu de glace (merci la glacière !) me fait passer du stade glapissante au stade gémissante… Après 2 ou 3 jours, je garderai une insensibilité désagréable qui mettra un mois pour disparaître. Tant pis, il faut continuer. Mon mari propose de prendre le volant. Mais maintenant que je maîtrise le pied gauche, on va pas recommencer les coups de frein intempestifs ; je garde donc le volant (avec 9 doigts ; c’est suffisant !)Le décor est à mon goût : nous passons devant le golf de Page sur fond de pierres roses. Surpris, nous ne comptons pas moins de 7 ou 8 églises d’affilée avant d’arriver à notre motel : le Bashfull Bob. Bob est d’une gentillesse rare. Il nous donne les clés d’un vrai petit appartement où nous allons passer les 5 prochaines nuits. C’est spatieux avec un séjour, 2 chambres, SDB et cuisinette, terrasse des 2 côtés avec barbecue. Les murs sont repeints, la moquette par contre vieillotte, la SDB encore plus, et le mobilier de cuisine moyennement propre. Ce n’est pas le grand luxe, mais tout cela pour 46$ la nuit. Franchement, après un léger désappointement, nous finirons par apprécier les avantages de cette chambre et en garderons un bon souvenir. Allez, c’est parti pour Dîner. Le Ken old west fera l’affaire. Délicieuse viande et bar à salade apprécié avant une bonne nuit (par petits bouts) de repos. C’est que demain, il s’agit d’une journée qui me tient particulièrement à coeur. J’ai téléphone à Paria Outpost pour me faire confirmer l’heure de notre rendez-vous. Nous avons choisi de visiter Coyotte Buttes Sud avec un guide. Ce ne sera ni Susan ni Steve mais leur employé Kurt .Steve m’explique que nous avons bien de la chance car il a plu le matin même et les températures s’étant raffraichies, nous pourrons débuter à 8:00 au lieu des 5:00 prévues par mail quelques mois auparavant. En voilà une bonne nouvelle ! Attention 8:00 chez Paria, c’est 7:00 à Page… (question de fuseau…).
La suite d'ici peu...
Partir à Las Vegas avec ma fille de 8 ans pour la nouvelle année? English translation pending
Bonjour a tous,
je souhaite allée a Las Vegas du 26/12/2009 au 02/01/2009
pour passer la nouvelle année,
a votre avis ma fille de 8 ans peux m'accompagner ???
Je part toujours avec ma fille et je souhaite la prendre !!!
Qui est déjà partie a Las Vegas avec des enfants ???
Merci pour vos réponses !!!
Le wifi dans les hôtels de l'Ouest américain... English translation pending
... ben c'est sympa... puisque ça me permet de vous faire un coucou depuis l'holiday inn express de Santa Barbara !
Quelques impressions depuis notre arrivée samedi : Le vol : BMI (Bruxelles-Londres) + Air New Zeland (Londres-Los Angeles) : A l'heure et sans problème.
Le border contrôle : Lui même hyper rapide mais beaucoup de monde donc file d'attente et on nous a "gardé" assis dans l'avion 1/2heure de plus à cause de l'encombrement dans le hall du contrôle...où les agents régulaient finalement assez bien la foule de façon a répartir au mieux les arrivants par vols...
Sheraton aéroport : Une usine
L'aéroport : Une usine mais facile de se repérer et de nombreuses navettes
Avis : Aucune attente à l'heure à laquelle nous nous y sommes rendus (9h30)
Voiture de location : J'avais réservé une routière en attendant d'être sur place pour aviser vu qu'il n'y avait pas grand chose en 4x4 sur le site belge. En bon commerçant le gars nous a proposé un SUV.. et mon mari a dit ok. Nous avons donc hérité d'un PONTIAC TORRENT récent, tout blanc, sièges en cuir... si certains d'entre vous connaissent, je suis preneuse d'avis... On est parti sans la notice, on ne savait même pas quoi mettre comme carburant dedans, on a pas mal cherché pour les boutons aussi.
LE brunch et la visite du QUEEN MARY : Super sympa pour une visite hors du temps. Le brunch est animé par un chanteur de blues/jazz et le buffet se présente sous la forme de "stations" par type de cuisine. La visite du paquebot est très sympa avec des expositions et des parties "promenades".
Cali'fun : Tour de la ville en soirée en français. Le guide était canadien. Parcours sympa qui nous a permis d'aller, outre les traditionnels Berverlu Hills, Bel air et Hollywood boulevard, dans downtown mais aussi à Alverra près de la station où il y avait une fête mexicaine avec des danseuses aux costumes très colorés... très sympa avec le petit marché dans la rue pietonne !
Universal studios VIP tour: Un traitement privilégié pour une visite sans stress et sans les foules. On a apprécié. Côté tournage on n'a pas vu grand chose mais on s'y attendait. En revanche on a pu faire un tour dans des bâtiments où il y a tous les accesoires, la fabrique des décors et les studios d'enregistrement du son. Le tour à un côté "attraction" avec son lot de surprises... mais il est vrai que Universal est aussi ... un parc d'attractions!
Le restaurant YAMASHIRO 😎😎😎: Sur le "top" de la Hollywood Hill. La vue est magnifique et la cuisine délicieuse. Ce n'est pas du "tout japonais" loin de là, mais c'est une cuisine qui dirais-je, accorde les goûts et les saveurs. Ce n'est pas donné mais c'est vraiment très bon . Le service est impeccable et l'expresso est très bon (qui disait que le café n'était pas toujours bon ici ???😉)
L'hotel MAGIC CASTLE : J'avais réservé au HOLLYWOOD HILL HOTEL, juste en dessous du YAMASHIRO mais en arrivant pour le check inn au Magic castle (c'est là que se fait le check inn du HHH) on me dit qu'il y a des problème de plomberie en haut (ptète que finalement il n'étaient pas plein et qu'ils préféraient ne pas le mettre en service avant d'avoir rempli le magic castle). Finalement ce n'est qu'une semi deception car en voyant en bas le petit hotel très bien tenu avec sa mini piscine, je me demandais pourquoi j'étais allée m'embêter à retenir en haut... D'autant plus que le receptionniste se plie en 4, insiste sur le fait que là au je n'aurais eu qu'une vue sur la colline etc.. Il nous propose une chambre plus grande avec tous les snacks gratuits et patati et patata... Donc au final on est contents, on a un grand appartement très calme et le parking est en dessous. Petit déjeuner sympa auprès de la piscine.
Hollywood boulevard au matin : Beaucoup plus cool que l'après midi. Permet de prendre son temps sans être bousculé par la foule... appréciable !
Studios WARNER BROS : Super bien organisé. Là aussi pas de tournage en vue . Plus orienté prod de séries TV et show.
SANTA BARBARA : Charmante bourgade très animée. La balade sur le "Pier" en fin de journée est très agréable. Balade nocturne dans le "vieux quartier" et les rues commerçantes. Accents très "hispaniques" à 2 jours des "olds spanish days". Je ne regrette pas un instant cette étape !
Restaurant PALACE GRILL 😎😎😎: Un restau qui ne paye pas de mine comparé aux accueillantes terrasses "pièges à touristes" de la State street, mais cuisine cajun excellente au son du jazz New orleans... (expresson à éviter...🤪). Il était très bien cotté sur tripadvisor... pas étonnant !
Hotel Holidays inn express VIRGINIA: Un hotel inn à l'espagnole dans un bâtiment ancien (pour els USA); Chambre petite mais jolie déco "espagnole of course". Lits confortables... bon on m'attend pour le petit dej !! A +😎
Quelques impressions depuis notre arrivée samedi : Le vol : BMI (Bruxelles-Londres) + Air New Zeland (Londres-Los Angeles) : A l'heure et sans problème.
Le border contrôle : Lui même hyper rapide mais beaucoup de monde donc file d'attente et on nous a "gardé" assis dans l'avion 1/2heure de plus à cause de l'encombrement dans le hall du contrôle...où les agents régulaient finalement assez bien la foule de façon a répartir au mieux les arrivants par vols...
Sheraton aéroport : Une usine
L'aéroport : Une usine mais facile de se repérer et de nombreuses navettes
Avis : Aucune attente à l'heure à laquelle nous nous y sommes rendus (9h30)
Voiture de location : J'avais réservé une routière en attendant d'être sur place pour aviser vu qu'il n'y avait pas grand chose en 4x4 sur le site belge. En bon commerçant le gars nous a proposé un SUV.. et mon mari a dit ok. Nous avons donc hérité d'un PONTIAC TORRENT récent, tout blanc, sièges en cuir... si certains d'entre vous connaissent, je suis preneuse d'avis... On est parti sans la notice, on ne savait même pas quoi mettre comme carburant dedans, on a pas mal cherché pour les boutons aussi.
LE brunch et la visite du QUEEN MARY : Super sympa pour une visite hors du temps. Le brunch est animé par un chanteur de blues/jazz et le buffet se présente sous la forme de "stations" par type de cuisine. La visite du paquebot est très sympa avec des expositions et des parties "promenades".
Cali'fun : Tour de la ville en soirée en français. Le guide était canadien. Parcours sympa qui nous a permis d'aller, outre les traditionnels Berverlu Hills, Bel air et Hollywood boulevard, dans downtown mais aussi à Alverra près de la station où il y avait une fête mexicaine avec des danseuses aux costumes très colorés... très sympa avec le petit marché dans la rue pietonne !
Universal studios VIP tour: Un traitement privilégié pour une visite sans stress et sans les foules. On a apprécié. Côté tournage on n'a pas vu grand chose mais on s'y attendait. En revanche on a pu faire un tour dans des bâtiments où il y a tous les accesoires, la fabrique des décors et les studios d'enregistrement du son. Le tour à un côté "attraction" avec son lot de surprises... mais il est vrai que Universal est aussi ... un parc d'attractions!
Le restaurant YAMASHIRO 😎😎😎: Sur le "top" de la Hollywood Hill. La vue est magnifique et la cuisine délicieuse. Ce n'est pas du "tout japonais" loin de là, mais c'est une cuisine qui dirais-je, accorde les goûts et les saveurs. Ce n'est pas donné mais c'est vraiment très bon . Le service est impeccable et l'expresso est très bon (qui disait que le café n'était pas toujours bon ici ???😉)
L'hotel MAGIC CASTLE : J'avais réservé au HOLLYWOOD HILL HOTEL, juste en dessous du YAMASHIRO mais en arrivant pour le check inn au Magic castle (c'est là que se fait le check inn du HHH) on me dit qu'il y a des problème de plomberie en haut (ptète que finalement il n'étaient pas plein et qu'ils préféraient ne pas le mettre en service avant d'avoir rempli le magic castle). Finalement ce n'est qu'une semi deception car en voyant en bas le petit hotel très bien tenu avec sa mini piscine, je me demandais pourquoi j'étais allée m'embêter à retenir en haut... D'autant plus que le receptionniste se plie en 4, insiste sur le fait que là au je n'aurais eu qu'une vue sur la colline etc.. Il nous propose une chambre plus grande avec tous les snacks gratuits et patati et patata... Donc au final on est contents, on a un grand appartement très calme et le parking est en dessous. Petit déjeuner sympa auprès de la piscine.
Hollywood boulevard au matin : Beaucoup plus cool que l'après midi. Permet de prendre son temps sans être bousculé par la foule... appréciable !
Studios WARNER BROS : Super bien organisé. Là aussi pas de tournage en vue . Plus orienté prod de séries TV et show.
SANTA BARBARA : Charmante bourgade très animée. La balade sur le "Pier" en fin de journée est très agréable. Balade nocturne dans le "vieux quartier" et les rues commerçantes. Accents très "hispaniques" à 2 jours des "olds spanish days". Je ne regrette pas un instant cette étape !
Restaurant PALACE GRILL 😎😎😎: Un restau qui ne paye pas de mine comparé aux accueillantes terrasses "pièges à touristes" de la State street, mais cuisine cajun excellente au son du jazz New orleans... (expresson à éviter...🤪). Il était très bien cotté sur tripadvisor... pas étonnant !
Hotel Holidays inn express VIRGINIA: Un hotel inn à l'espagnole dans un bâtiment ancien (pour els USA); Chambre petite mais jolie déco "espagnole of course". Lits confortables... bon on m'attend pour le petit dej !! A +😎
Compte rendu: dix-sept jours en Ouzbékistan, juillet 2009 English translation pending
Bonjour,
Voici un petit compte-rendu des 17 jours exceptionnels que j’ai passés en Ouzbékistan du 28 Juin au 14 Juillet 2009. Je précise que ce voyage en solitaire avait pour moi un double intérêt : découvrir l’Ouzbékistan, mais aussi voler sur des avions russes. Cela explique mon recours quasi-systématique à l’avion pour parcourir de longues distances.
Pour commencer, voilà mon itinéraire :
28 Juin : Arrivée à Tashkent très tôt le matin par le vol Aeroflot, et départ dès le lever du jour pour Samarcande sur un vol Uzbekistan Airways. 29, 30 Juin : Samarcande 1er Juillet : Départ pour Shakhrisabz le matin, journée à Shakhrisabz 2 Juillet : Excursion dans la vallée de Langar à partir de Shakhrisabz 3 Juillet : Trajet Shakhrisabz – Boysun, après-midi à Boysun 4 Juillet : Trajet Boysun – Sairob le matin, visite de Sairob, trajet Sairob – Termez en début d’après-midi, visite de Termez 5 Juillet : Visite de Termez le matin, puis vol Uzbekistan Airways Termez – Tashkent vers midi, transit à Tashkent et vol Tashkent – Nukus en fin d’après-midi 6 Juillet : Départ matinal pour Moynaq. Après-midi et nuit à Moynaq 7 Juillet : Retour sur Nukus le matin. Après-midi à Nukus 8 Juillet : Trajet Nukus – Khiva le matin, après-midi à Khiva 9 Juillet : Journée entière à Khiva puis départ pour Boukhara dans la soirée sur un vol Uzbekistan Airways 10, 11, 12 Juillet : Boukhara 13 Juillet : Départ matinal pour Tashkent sur un vol Uzbekistan Airways, après-midi à Tashkent 14 Juillet : Départ très, très matinal pour la France via Moscou.
DEPENSES
Dépenses totales sans compter les billets d’avions internationaux/domestiques et les cadeaux : 410€
HEBERGEMENT
Samarcande : Antica B&B, 3 nuits, 25$ la nuit chambre sans clim, sans salle de bain. Petit déj’ inclus. Recommandé : non.
J’ai été déçu par l’Antica où je suis resté 3 nuits. Le cadre est très agréable et le petit déj’ excellent, mais on m’a fait un sale coup avec la chambre. Explication : la première nuit, j’ai eu droit à une chambre individuelle avec salle de bain car aucune des chambres les moins chères n’était disponible. J’ai donc payé 25$ pour une chambre censée en valoir plus, mais on m’a prévenu que je changerais de chambre dès le lendemain. C’est ce qui s’est produit, mais au lieu de me donner une « vraie » chambre, on m’a installé sur de grosses couettes (genre futon à la japonaise) directement sur le sol du salon d’une maison attenante. Ca n’était ni un vrai lit, ni une vraie chambre, il n’y avait pas de rideau (la pièce donnait sur la cours au rez-de-chaussée, tout le monde pouvait donc me voir dormir) et la porte ne fermait pas à clé. J’ai fait part de mon mécontentement le lendemain matin, et pour la troisième nuit ils ont fait l’effort de m’ouvrir le canapé dépliant, chose qu’ils auraient pu faire la veille. Bref, cette chambre ne valait vraiment pas 25$ mais Samarcande étant ma première destination en Ouzbékistan, je n’avais pas encore bien pris le coup du marchandage. J’ai croisé d’autres voyageurs qui sont restés au Bahodir dont ils étaient très contents. La déco est a priori moins élaborée qu’à l’Antica, mais les prix sont bien plus intéressants et l’emplacement idéal.
Shakhrisabz : Shakhrisabz Tour & Travel, 2 nuits, 10$ la nuit chambre avec clim, sans salle de bain. 2, 5$ pour le dîner. Petit déj’ inclus. Recommandé : OUI !
Pas très évident à trouver, mais quel accueil ! Le patron, Lutfullohon, est un type extraordinaire. Extrêmement bavard, il parle un dialecte un peu bizarre à base d’anglais injecté d’allemand et de russe. Son père est également très sympathique, ils forment une famille bien attachante. Dès mon arrivée j’ai eu droit à un repas copieux servi directement dans ma chambre. La chambre était très propre, elle comprenait même un salon et elle donnait directement sur une jolie cours ombragée où il est très agréable de manger le soir. Seul petit bémol : les sanitaires assez rustiques (toilettes sèches) et les coupures d’électricité fréquentes, qui ne concernent pas uniquement l’hôtel. Lutfullohon peut organiser des excursions aux alentours, en particulier dans la vallée de Langar. C’est aussi lui qui m’a aidé à trouver un moyen de transport pour rejoindre Boysun. C’est à Shakhrisabz que j’ai reçu le meilleur accueil.
Boysun : Hôtel Normat, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€), chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Boysun, à moins que vous ne réussissiez à dormir chez l’habitant.
A priori, l’hôtel Normat est le seul de la ville. C’est un hôtel de style soviétique, le confort est donc assez sommaire. Il n’y avait pas d’eau courante lorsque j’y étais, les sanitaires étaient donc hors d’usage. La chambre était assez spacieuse mais les draps n’avaient vraisemblablement jamais été changés et l’oreiller sentait les cheveux gras. Il y a quand même une télé qui permet de suivre les derniers exploits du très cher président Karimov. 12000 soums, c’est le prix pour touristes. Les Ouzbèques paient 6000.
Termez : Hôtel Surkhon, 1 nuit, 25000 soums (moins de 12€), chambre avec clim’, avec salle de bain, sans petit déj’. Recommandé : oui.
Hôtel bien sympathique, rénovation récente au sens ouzbèque du terme. La chambre commençait déjà à montrer de nombreux signes de fatigue, mais l’ensemble était propre et la clim’ très efficace. Le type de l’accueil était très sympa, il m’a aidé à changer de l’argent à un assez bon taux. Nukus : Hôtel Jipek Joli, 2 nuits, 15$, chambre avec clim’, sans salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui… B&B convenable. Nassiba, la jeune fille qui parle anglais, est très gentille. J’ai eu une chambre qui donnait sur la cour. Problème : c’est très bruyant le soir, et la salle de bain commune est souvent dégueulasse car elle est utilisée par les gens qui mangent dans la cour. Petit déj’ correct. Ne pas faire appel à eux pour des excursions à Moynaq ou Mizdakhan, leurs tarifs sont exorbitants : mieux vaut négocier directement avec un chauffeur de taxi. Attention également aux arnaques sur le prix des lessives.
Moynaq : Hôtel Oybek, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€) chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj’ mais avec dîner. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Moynaq.
Quelle aventure l’hôtel Oybek…sanitaires impraticables (il n’y a pas d’eau courante), draps dégueu, lit défoncé, hall envahi par les mouches, coupures d’électricité, mais bon ça fait partie de l’expérience ! J’avais des colocataires : une colonie de chauves-souris vivant dans le conduit d’aération. J’ai été réveillé en pleine nuit par une bête qui me marchait dessus, avant d’être réveillé une seconde fois par une chauve-souris qui rebondissait de mur en mur. Bref, l’hôtel Oybek est à l’image de Moynaq, il y règne une délicieuse atmosphère de fin du monde. Point positif : le gérant est plutôt avenant et le repas du soir correct. La plupart des chambres sont occupées par des travailleurs chinois venus dans le coin pour explorer des gisements de gaz.
Khiva : Hôtel Arkonchi, 1 nuit, 15$, chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui !
Excellent accueil à l’hôtel Arkonchi. La personne qui m’a reçu était très gentille et parlait bien anglais. Ma chambre était propre et très spacieuse. L’hôtel est merveilleusement bien situé, dans la ville fortifiée. Il y a une jolie terrasse sur le toit d’où la vue sur Khiva au lever du soleil est superbe. La cour de l’hôtel est très agréable, et le petit-déjeuner était copieux et excellent. Il est possible d’y dîner le soir. C’est le meilleur hôtel que j’ai connu en Ouzbékistan, avec le Shakhrisabz Tour and Travel.
Boukhara : Malikjon Guest House, 4 nuits, 15$ chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui.
Idéalement située juste en-dessous du bassin Liab-I-Haouz. Très jolie maison de style traditionnel, avec une grande cour. Ma chambre était correcte et propre, la clim’ marchait très bien, et Ô bonheur suprême, le lit était à ma taille ! Le petit-déjeuner était assez bon et la famille plutôt sympathique. Bref, une bonne adresse à Boukhara où le choix ne manque pas.
Tashkent : Gulnara Karimova B&B, 1 nuit sans petit-déjeuner, 12$, sans salle de bain, avec clim’. Recommandé : oui.
Je ne suis resté qu’une demi-nuit au B&B Gulnara puisque j’ai dû partir pour l’aéroport à 2h du matin. Malgré ça, j’y ai passé quelques heures très agréables. Le gérant est très gentil, il est jeune, il parle bien anglais et l’emplacement du B&B est idéale puisque le bazar Chorsu est tout proche. Le B&B Gulnara est très facilement accessible depuis l’aéroport en prenant le bus (n° 11 si ma mémoire est bonne). J’ai partagé une chambre avec un néo-zélandais et la salle de bain était à l’extérieur, le Gulnara reste donc plutôt cher si on le compare aux B&B de province où l’on peut avoir une chambre individuelle avec salle de bain pour 15$.
TRANSPORTS
Avion
Nice-Tashkent via Moscou avec Aeroflot. C’était un billet prime Skyteam, je n’ai donc payé que les taxes d’aéroport (100€).
Tashkent-Samarcande 28€ en Airbus A310
Termez-Tashkent 35€ en Ilyushin 114, un avion qui date de 2003 mais qui en paraît beaucoup plus.
Tashkent-Nukus 47€ en Tupolev 154, une expérience inoubliable !
Urgench-Boukhara 36€ en Avro RJ85, avion de fabrication britannique très bien entretenu.
Boukhara-Tashkent 33€ en Antonov 24 sorti tout droit des années 60. Le bonheur absolu.
Total : 179€ + 15€ de frais d’émission = 194€
J’ai commandé mes billets auprès de RPTA, la représentation d’Uzbekistan Airways en France. Ils ont un bureau à Paris et ne sont pas très efficaces…il faut appeler de nombreuses fois pour obtenir ce que l’on veut. Ne commandez pas vos billets sur Expedia (ça plante à la dernière étape) ou sur le site de Thomas Cook. J’ai essayé de réserver via Thomas Cook, tout s’est bien passé, j’ai même reçu une confirmation de ma réservation, mais ils m’ont appelé quelques heures plus tard pour m’annoncer qu’ils étaient incapables d’émettre les billets… Pour les vols domestiques Uzbekistan Airways, il vaut donc mieux passer par RPTA si vous souhaitez les acheter en France.
Taxi individuel
Aéroport de Samarcande à l’Antica : 4000 soums
Courses moyennes en ville dans de vrais taxis: 1500 à 2000 soums.
Samarcande – Shakhrisabz : 7$ + 1000 soums. J’avais prévu à l’origine de rejoindre Shakhrisabz en taxi collectif, mais après une attente de 45 mn sans qu’aucun voyageur supplémentaire ne se profile à l’horizon, j’ai préféré payer plus cher pour « individualiser » le taxi et cesser de perdre du temps.
Shakhrisabz – Boysun : 60 000 soums, réservé par l’intermédiaire de Lutfullohon, gérant du B&B Shakhrisabz Tour & Travel. C’est cher, mais il n’existe a priori ni bus, ni taxi collectif pour rejoindre directement Boysun depuis Shakhrisabz, et je ne voulais pas perdre trop de temps en changeant de moyen de transport entre ces deux villes. J’ai donc fait confiance à Lutfullohon mais avec le recul 60 000 soums est assez cher compte tenu de la distance. Vous aurez donc peut-être intérêt à négocier directement auprès d’un chauffeur de taxi.
Sairob – Termez : 18 000 soums. Là encore, j’ai payé pour les « absents » après plus d’une heure d’attente.
Aéroport de Nukus au Jipek Joli B&B : 2000 soums
Taxi dans Moynaq : 300 soums suffisent pour parcourir la très longue rue principale.
Moynaq – Kungrat : 8000 soums. Là encore, j’ai préféré payer pour les sièges vides et ne pas perdre de temps.
Excursions en taxi
Termez : Pour 12 000 soums, un chauffeur de taxi a accepté de m’emmener voir Fayaz Tepe, le mausolée d’Al Hakim Al Termizi et le Stupa de Zurmala. L’expédition a duré 2h environ. Le lendemain, un autre chauffeur m’a conduit au Qirq Kiz, au mausolée Saoddat, à la khanaka Karyl Dar Ata et à l’aéroport pour 9000 soums. Les visites ont duré 1h30 environ. Négocier fermement !
Vallée de Langar au départ de Shakhrisabz : 50 000 soums pour un taxi pouvant accueillir jusqu’à 4 passagers.
Nukus : 18000 soums pour aller faire un tour à la nécropole de Mizdakhan et à la forteresse de Gyaur-Qala toute proche. A ne pas rater si vous ne comptez pas visiter les forteresses du désert autour de Khiva. La nécropole de Mizdakhan est très impressionnante, c’est une véritable ville de mausolées recouvrant une colline, mieux vaut y aller en fin de journée quand la lumière est la plus belle.
Taxi collectif
Boysun – Sairob 2000 soums
Nukus – Mangit puis Mangit – Urgench : 3000 + 5000 soums. Il est sûrement possible de trouver un taxi collectif reliant directement Nukus à Urgench.
Urgench – Khiva : 1500 soums. Attention aux arnaques !!! Les chauffeurs ont tendance à gonfler les prix de façon disproportionnée quand ils voient des touristes. Au départ on voulait me faire payer 7000 soums…mais j’ai refusé et en fin de compte j’ai payé le même prix que les autres passagers ouzbèques.
Khiva – Aéroport d’Urgench : 15 000 soums pour 2 personnes. J’ai pris le taxi avec une touriste allemande qui l’avait réservé via l’hôtel, il est donc possible de trouver bien moins cher en s’adressant directement à des chauffeurs hors de la ville fortifiée.
Aéroport de Boukhara – Bassin Liab-I-Haouz : 4000 soums pour 2. Dans l’autre sens, de la ville vers l’aéroport, ne payez pas plus de 2000 soums pour un taxi.
Gulnara B&B – aéroport de Tashkent au milieu de la nuit, 5000 soums pour 2 dans un taxi pirate.
Bus et minibus
Nukus – Moynaq : 4000 soums. Quelle expédition ! Dans un vieil Ikarus rouge, nous avons eu droit à 3 pannes en 4h30 nécessitant l’immersion totale de notre brave chauffeur dans le moteur. J’en garde un très bon souvenir, le bus n’avançant pas très vite il est très facile de contempler les espaces désertiques de la Karakalpakie. Ne vous fiez pas aux horaires : le bus était censé partir à 9h dixit le Lonely Planet, à 10h selon Nassiba de l’hôtel Jipek Joli, et j’ai finalement chopé le mien in extremis à 8h30 en face de l’hôtel Tashkent, de l’autre côté de la route. Je ne sais pas s’il y a plus d’un bus par jour entre Nukus et Moynaq. Si vous loupez le bus, vous n’aurez pas trop de mal à trouver un taxi collectif ou minibus pour Kungrat d’où vous pourrez prendre un taxi pour Moynaq. Cette dernière solution est d’ailleurs la plus pratique si vous ne souhaitez pas goûter au charme mazouté d’un vieux bus hongrois.
Minibus Kungrat – Nukus : 3000 soums
Minibus dans Nukus : 300 soums
Minibus dans Boukhara : 300 soums
Minibus Boukhara – Nécropole Chor Bakr : 400 soums
Bus dans Tashkent : 400 soums
Métro
Métro de Tashkent : 400 soums
MONUMENTS
Les prix incluent le supplément appareil photo. N’hésitez pas à demander des réductions si vous êtes étudiants. On vous réclamera parfois un justificatif, la carte ISIC est alors très utile. Même si vous n’êtes pas étudiants, négociez quand même. Rappelez leur que vous n’êtes pas américain, dites leur que vous voyagez seul, etc…tous les moyens sont bons.
Samarcande
Gour Emir 5700 soums
Mausolée Ak Sarai 1000 soums
Registan 7300 soums
Minaret de la madrasa d’Ouloug Beg : les flics vont sûrement vous approcher pour vous proposer de monter au sommet moyennant un petit bakchich. En général ils demandent 7000 soums, mais j’ai payé 3000 soums une première fois, puis 2500 soums le lendemain au crépuscule.
Mosquée de Bibi Khanoum : 5800 soums
Mausolée de Bibi Khanoum : 2800 soums
Observatoire d’Ulug Beg : 4200 soums
Mausolée du prophète Daniel : 2800 soums
Chah-I-Zinda : 4500 soums
Mosquée Khazret Khizr : 5800 soums. J’y ai rencontré un type très sympa qui m’a invité à partager un thé.
Mausolée Ishrat Khana : 2000 soums
Shakhzisabz
Tombeau de Jehangir : 2000 soums à payer au gars qui fait la sieste sous l’iwan...comme il dit en levant le pouce, « life is good in Shakhrisabz ».
Ascension des ruines du Palais Ak Sarai : 2000 soums
Musée Amir Timour : 1500 soums
Termez
Fayaz Tepe et musée attenant : 3000 soums
Nukus
Musée Stavisky : 4000 soums avec la réduction étudiant, et sans les droits photos.
Khiva
9000 soums au tarif étudiant + 5000 soums de droits photos pour le ticket qui donne accès à la plupart des monuments de la ville fortifiée. Vous pouvez acheter ce ticket à la porte de l’Ouest, il est valable 2 jours.
Terrasse d’Oq Shihbobo : 1000 soums
Mausolée Pahlavon Mahmud : 2000 soums
Minaret Khoja : 1000 soums
Minaret Juma : 1000 soums
Palais Isfandiyar : 1000 soums
Boukhara
Mosquée Kalon 2900 soums. Le minaret Kalon est malheureusement fermé car sa restauration est en cours.
Petits musées à la con dans les madrasas : 1000 soums selon l’humeur des mamies qui en gardent l’entrée.
Madrasa Modari Khan (koch madrasa) : 2000. C’est un vieux boukhariote extrêmement gentil qui m’a fait la visite en russe, et il m’a laissé aller sur le toit. Il avait l’air très attaché à sa madrasa, et tout aussi fier de la faire découvrir à un touriste.
Musée des tapis dans la mosquée Maghok-I-Attar : 4000 soums
Forteresse de l’Ark : 6300. Attention aux arnaques ! La fille m’a sorti une plaquette des tarifs en cyrillique pour essayer de me faire payer plus cher. Les tarifs sont clairement indiqués en alphabet latin à côté de l’entrée : ne payez pas plus de 6300 soums.
Prison Zindon : 2000 soums.
Nécropole Chor Bakr : 3500 soums. Un havre de paix à 10mn de Boukhara. Arbres, bassins, mausolées, fraîcheur de la mosquée…
Ascension du château d’eau en face de l’Ark : 2000 soums. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, mais la vue est superbe. Y aller au crépuscule pour ne pas avoir le soleil en face lorsque l’on regarde vers l’Ark et la mosquée Kalon.
PRIX DIVERS
Pain au marché : 500 soums en général, 800 ou 1000 pour les plus gros.
Bouteille d’eau 1, 5l : entre 600 et 700 soums, ne payez jamais plus, surtout à Khiva où le prix de l’eau à l’intérieur de la ville fortifiée est une véritable arnaque ! Il suffit de faire quelques pas hors des remparts pour retrouver des prix normaux.
Internet : entre 600 et 800 soums/heure en général, plus cher à Khiva (2000 soums/heure dans la ville fortifiée) ou Boukhara.
1 kilo de petites pommes : 2000 soums
Coca : entre 1200 et 1500 soums la bouteille de 1l, 1000 soums les 50cl.
Somsa : 200 soums
Repas au resto : entre 2000 et 3000 soums dans les bazars, entre 3000 et 4000 soums plat + bière dans les petites villes, entre 6000 et 12000 soums dans les villes touristiques (autour du bassin Liab-I-Haouz à Boukhara par exemple).
Glaces en sachet : entre 500 et 1200 soums
Bakchich : 5000 soums pour un prétendu « frais d’enregistrement » à la frontière entre les provinces de Qashqa Daria et Surkhan Daria. La somme a été réclamée auprès de mon chauffeur, j’ai dû le rembourser par la suite.
CHANGE
Au marché noir : 1€ = 2200 soums (ça peut monter jusqu’à 2400 soums), 1$ = 1800 soums (voire 1900 en négociant bien). Il est plus avantageux de payer en dollars qu’en Euro, car en ce moment le dollar est très faible et les Ouzbèques ne sont pas vraiment conscients de la force de l’Euro face au dollar. Il est très difficile de leur faire accepter que 10€ = 14$...
Pour changer, c’est très simple, adressez vous aux vendeurs de souvenirs dans les lieux touristiques ou dans les bazars. Vous aurez un meilleur taux si vous leur achetez quelque chose ensuite, mais j’ai eu de bons taux sans rien acheter. Certains B&B proposent un service de change mais le taux n’est pas intéressant.
Pour la petite histoire, la première personne qui m’a abordé pour me proposer de changer de l’argent au noir était…un policier à l’aéroport de Tashkent !
CONTROLES DE POLICE
Je n’ai été contrôlé que de rares fois, dont une à Sairob. Le policier a juste demandé à voir mon passeport, après quoi il m’a donné son adresse pour que je lui envoie une carte postale de France ! Il m’a également aidé à trouver un taxi pour Termez. Hors des villes, les contrôles sont fréquents sur les check-points routiers, mais je n’ai eu à présenter mon passeport qu’une seule fois. Les contrôles dans le métro de Tashkent sont bel et bien fréquents si j’en crois les récits d’autres voyageurs rencontrés pendant mon séjour. Dans ce cas, l’attestation de l’ambassade de France peut être très utile. Quant à moi, je n’ai pas eu à souffrir du moindre contrôle dans le métro de Tashkent, mais il faut dire que je ne l’ai pris que 2 fois et que je n’avais pas de bagages volumineux avec moi.
Contrôle des attestations d’hébergement : un policier me les a demandés au passage de la douane à l’aéroport, mais la liasse de coupons que je m’apprêtais à sortir de ma poche, il a préféré me laisser passer sans les examiner.
CONSEILS DIVERS
Prévoyez quelques jours pour vous échapper du trio sacré Samarcande-Boukhara-Khiva. L’accueil hors de ces hauts lieux touristiques est encore meilleur. Je garde un souvenir particulièrement bon de Shakhrisabz, petite ville à l’ambiance très relax. Au bazar je ne pouvais pas faire un pas sans que des gens m’abordent pour que je les prenne en photo.
Marchandez tout, même les entrées dans les monuments ! Généralement, le tarif d’entrée n’est pas imprimé sur le ticket : il est écrit à la main par la personne qui tient le guichet. Cela conduit parfois à des abus et à une tarification « à la tête du client ». Emportez des cartes postales à offrir aux gens ! Je n’y ai pas pensé, et je l’ai regretté. Une petite fille m’a gentiment offert un collier de coquillage, et sur le moment je n’avais rien à lui donner en retour.
N’oubliez pas les médicaments contre la diarrhée, etc…je n’y ai pas échappé malgré les précautions que j’avais prises. Heureusement les Ouzbèkes ne manquent pas de remèdes locaux contre ce mal : vodka chaude + sel, ou bien yaourt liquide chaud bu d’une traite, j’ai même eu droit à une infusion de feuilles de pêcher préparée par Lutfullohon, qui m’a également gavé de miel.
Si vous voulez passer une journée à Moynaq au départ de Nukus, passez vous des services des agences de voyage ou des B&B, ils pratiquent des tarifs abusifs (de l’ordre de 90$). Il est tout à fait possible, en partant tôt le matin, de rejoindre Moynaq en 2h en prenant un taxi collectif avec changement à Kungrat. Une fois que vous serez arrivé à Moynaq, vous pourrez y passer quelques heures (ce qui est amplement suffisant) avant de revenir sur Nukus en prenant le bus qui part de Moynaq à 15h, ou un taxi qui vous emmènera à Kungrat où vous pourrez reprendre un autre taxi/minibus vers Nukus. Dans le cas hautement improbable où vous ne trouveriez pas de moyen de transport pour revenir sur Nukus, l’hôtel Oybek et sa faune nocturne pourront toujours vous accueillir.
CLIMAT
En bon méditerranéen, je n’ai pas trop souffert de la chaleur. J’ai même été agréablement surpris : l’air étant extrêmement sec, on transpire très peu. J’ai trouvé les 40° de Khiva infiniment plus supportables que les 30° de Shanghai où l’air est saturé d’humidité.
L’astuce pour bien profiter des journées sans risquer l’insolation consiste tout simplement à rester à l’hôtel aux heures les plus chaudes de la journée, c'est-à-dire entre midi et 15h. C’est le moment rêvé pour faire une bonne sieste…de toute façon il est difficile de prendre de jolies photos en début d’après-midi, lorsque la lumière est verticale. En 17 jours je n’ai eu qu’une seule demi-journée nuageuse. Je n’ai pas vu la moindre goutte de pluie, et le ciel est d’un bleu splendide.
IMPRESSIONS
Pour finir, mes impressions…
Je suis extrêmement satisfait de mon séjour en Ouzbékistan. La beauté des monuments était à la hauteur de mes attentes, et certains aspects pratiques (déplacements, change de monnaie) se sont avérés moins « galères » que ce que je craignais. Les gens sont, dans l’ensemble, accueillants et honnêtes. Les enfants sont très curieux lorsqu’ils rencontrent des étrangers, et ils demandent souvent à être pris en photo. Les villes m’ont paru assez sûres, je n’ai eu que deux altercations avec des mecs bourrés à Sairob et Moynaq. Prendre un taxi au beau milieu de la nuit à Tashkent n’a posé aucun problème.
Une très bonne surprise : Shakhrisabz et les petites villes provinciales en général.
Une déception : « ils ont tué Samarcande ». J’exagère un peu, mais le Registan, qui était autrefois au cœur de la vie à Samarcande, prend aujourd’hui l’aspect d’une somptueuse coquille vide posée au milieu de nulle part. Toutes les petites rues qui l’entouraient ont laissé la place à de grands parcs désolés où l’eau ne coule plus dans les fontaines. La rue Tashkent, qui relie le Registan à la mosquée Bibi Khanoum, n’est qu’un vaste chantier poussiéreux. Un « mur de la honte » a été dressé entre le Gour Emir et le quartier du B&B Antica. Bref, Samarcande à la nuit tombée donne l’impression d’une ville morte, contrairement à Boukhara où les alentours des monuments grouillent de vie.
Malgré cela, Samarcande reste Samarcande, les monuments sont splendides et 3 jours ne sont pas de trop pour en faire le tour. Si vous avez le temps, marchez jusqu’au mausolée Khodja Abdi Darun : on parcourt de petites rues qui font oublier le vide sidéral et l’absence de vie des parcs délabrés qui entourent le Registan ou le Gour Emir. Le mausolée Khodja Abdi Darun est en rénovation, mais il y règne quand même une ambiance très paisible. C’est l’endroit idéal pour faire une pause au bord d’un bassin rafraichissant. Shakhrisabz : escale très sympathique pour ceux qui se dirigent vers le sud. La visite se fait facilement en une seule journée, mais elle mérite qu’on y passe plus de temps puisqu’elle est un point de départ idéal pour une excursion dans la vallée de Langar par exemple.
Langar : L’expédition dans la vallée de Langar est à ne pas louper, en particulier si vous faites une overdose de madrasas et de majolique. La balade dans un canyon est plutôt sympa, mais la vraie récompense est l’arrivée dans le petit village de Langar, royaume des chèvres et des ânes. Les maisons en pisé accrochées à la montagne forment un très joli tableau, et l’accueil des habitants est exceptionnel. Avec deux autres touristes français, nous avons été invités à partager un thé et un plat de mouton dans une dépendance de la mosquée.
Boysun : la route entre Shakhrisabz et Termez via Boysun est très belle, elle vous permettra de traverser les montagnes des « Portes de fer ». Boysun est une petite ville entourée de jolies montagnes.
Sairob : A proximité de Boysun, sur la route de Termez. C’est un joli village au pied des montagnes, assez photogénique. Je n’ai malheureusement pas pu m’y attarder car j’étais poursuivi par un type bourré, mais ça vaut le coup de s’y arrêter quelques heures pour y faire un petit tour.
Termez : la ville en elle-même ne présente effectivement que peu d’intérêt, mais les monuments aux alentours sont intéressants, en particulier Fayaz Tepe.
Nukus : on y trouve le fameux musée Stavisky, c’est d’ailleurs tout ce que la ville a à offrir. On y trouve quand même un grand bazar très animé. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à faire un tour à la nécropole de Mizdakhan. L’ambiance y est magique, particulièrement au crépuscule, et les mausolées sont à l’état brut.
Moynaq : Ah la la, Moynaq….un paysage désolé, des immeubles abandonnés, des carcasses de bateaux, un soleil écrasant, ni arbre, ni ombre…le seul luxe à Moynaq, c’est de pouvoir se dire « mais qu’est-ce que je fous là ». L’ambiance y est très spéciale, et on se demande de quoi vivent les gens qui y sont restés. Même le bazar a fermé. Hormis les bateaux rouillés, les seuls témoignages de la présence passée de la mer d’Aral que vous pourrez trouver sont les coquillages qui parsèment le sol sablonneux et les affiches de propagande qui vantent l’abondance du poisson local. Je reconnais que les raisons d’une expédition à Moynaq peuvent paraître un peu « malsaines » (on vient voir qu’il n’y a rien à voir), mais si l’on assume son côté voyeur un séjour à Moynaq reste une expérience intéressante.
Khiva : J’ai été très positivement surpris par Khiva, que l’on m’avait décrite comme une ville morte, disneylandisée. C’est faux. La ville fortifiée est effectivement très touristique, les monuments ont été refaits à neuf, on ne compte plus les B&B et les stands de souvenirs, toutes les madrasas ont été reconverties en boutiques ou en musées sans grand intérêt, etc… Mais toute la partie nord de la ville fortifiée est habitée par de vrais gens, avec de vraies mamies ouzbèques, de vrais enfants, il y a même des chiens et des chats, bref on y retrouve à peu près les mêmes scènes de rue que dans n’importe quelle autre ville. La ville fortifiée étant petite, les balades y sont très agréables.
Boukhara : D’après mes impressions, c’est la ville la plus « touristique » de toutes. Elle reste très agréable, et le bassin Liab I Haouz est entouré de tchaikhanas qui, tout en étant principalement destinées aux touristes, restent bon marché et sont également fréquentées par des familles ouzbèques. Il faut compter 3 jours pour visiter Boukhara en prenant bien son temps. Petit regret : la surabondance de boutiques de souvenirs dans les madrasas.
Tashkent : je n’y ai passé qu’un après-midi, je n’en ai donc eu qu’un bref aperçu. Je m’attendais à parcourir une ville soviétique triste et grise, j’ai découvert une capitale très agréable, avec un centre parsemé de jolis parcs très bien entretenus. Les bâtiments officiels et les statues ne sont pas toujours du meilleur goût, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Tashkent. J’ai regretté de ne pas avoir pu y rester plus longtemps !
CONCLUSION
Qu'est-ce que vous attendez pour partir ! L'Ouzbékistan est un très beau pays où il est facile de voyager en solitaire. On y rencontre aisément d'autres voyageurs avec lesquels partager des astuces, des bons plans et des moments sympas. L'accueil est, dans l'ensemble, très bon. Je ne déconseillerais pas aux gens de partir en Juillet: même s'il fait très chaud, les visites se font dans d'excellentes conditions car les touristes sont très rares à ce moment de l'année. Pour cette même raison, les hôtels consentent à des rabais plus importants.
Je suis revenu d'Ouzbékistan avec des tonnes d'excellents souvenirs et de photos...prises de travers. Eh oui, rares sont les minarets droits en Ouzbékistan !
Voici un petit compte-rendu des 17 jours exceptionnels que j’ai passés en Ouzbékistan du 28 Juin au 14 Juillet 2009. Je précise que ce voyage en solitaire avait pour moi un double intérêt : découvrir l’Ouzbékistan, mais aussi voler sur des avions russes. Cela explique mon recours quasi-systématique à l’avion pour parcourir de longues distances.
Pour commencer, voilà mon itinéraire :
28 Juin : Arrivée à Tashkent très tôt le matin par le vol Aeroflot, et départ dès le lever du jour pour Samarcande sur un vol Uzbekistan Airways. 29, 30 Juin : Samarcande 1er Juillet : Départ pour Shakhrisabz le matin, journée à Shakhrisabz 2 Juillet : Excursion dans la vallée de Langar à partir de Shakhrisabz 3 Juillet : Trajet Shakhrisabz – Boysun, après-midi à Boysun 4 Juillet : Trajet Boysun – Sairob le matin, visite de Sairob, trajet Sairob – Termez en début d’après-midi, visite de Termez 5 Juillet : Visite de Termez le matin, puis vol Uzbekistan Airways Termez – Tashkent vers midi, transit à Tashkent et vol Tashkent – Nukus en fin d’après-midi 6 Juillet : Départ matinal pour Moynaq. Après-midi et nuit à Moynaq 7 Juillet : Retour sur Nukus le matin. Après-midi à Nukus 8 Juillet : Trajet Nukus – Khiva le matin, après-midi à Khiva 9 Juillet : Journée entière à Khiva puis départ pour Boukhara dans la soirée sur un vol Uzbekistan Airways 10, 11, 12 Juillet : Boukhara 13 Juillet : Départ matinal pour Tashkent sur un vol Uzbekistan Airways, après-midi à Tashkent 14 Juillet : Départ très, très matinal pour la France via Moscou.
DEPENSES
Dépenses totales sans compter les billets d’avions internationaux/domestiques et les cadeaux : 410€
HEBERGEMENT
Samarcande : Antica B&B, 3 nuits, 25$ la nuit chambre sans clim, sans salle de bain. Petit déj’ inclus. Recommandé : non.
J’ai été déçu par l’Antica où je suis resté 3 nuits. Le cadre est très agréable et le petit déj’ excellent, mais on m’a fait un sale coup avec la chambre. Explication : la première nuit, j’ai eu droit à une chambre individuelle avec salle de bain car aucune des chambres les moins chères n’était disponible. J’ai donc payé 25$ pour une chambre censée en valoir plus, mais on m’a prévenu que je changerais de chambre dès le lendemain. C’est ce qui s’est produit, mais au lieu de me donner une « vraie » chambre, on m’a installé sur de grosses couettes (genre futon à la japonaise) directement sur le sol du salon d’une maison attenante. Ca n’était ni un vrai lit, ni une vraie chambre, il n’y avait pas de rideau (la pièce donnait sur la cours au rez-de-chaussée, tout le monde pouvait donc me voir dormir) et la porte ne fermait pas à clé. J’ai fait part de mon mécontentement le lendemain matin, et pour la troisième nuit ils ont fait l’effort de m’ouvrir le canapé dépliant, chose qu’ils auraient pu faire la veille. Bref, cette chambre ne valait vraiment pas 25$ mais Samarcande étant ma première destination en Ouzbékistan, je n’avais pas encore bien pris le coup du marchandage. J’ai croisé d’autres voyageurs qui sont restés au Bahodir dont ils étaient très contents. La déco est a priori moins élaborée qu’à l’Antica, mais les prix sont bien plus intéressants et l’emplacement idéal.
Shakhrisabz : Shakhrisabz Tour & Travel, 2 nuits, 10$ la nuit chambre avec clim, sans salle de bain. 2, 5$ pour le dîner. Petit déj’ inclus. Recommandé : OUI !
Pas très évident à trouver, mais quel accueil ! Le patron, Lutfullohon, est un type extraordinaire. Extrêmement bavard, il parle un dialecte un peu bizarre à base d’anglais injecté d’allemand et de russe. Son père est également très sympathique, ils forment une famille bien attachante. Dès mon arrivée j’ai eu droit à un repas copieux servi directement dans ma chambre. La chambre était très propre, elle comprenait même un salon et elle donnait directement sur une jolie cours ombragée où il est très agréable de manger le soir. Seul petit bémol : les sanitaires assez rustiques (toilettes sèches) et les coupures d’électricité fréquentes, qui ne concernent pas uniquement l’hôtel. Lutfullohon peut organiser des excursions aux alentours, en particulier dans la vallée de Langar. C’est aussi lui qui m’a aidé à trouver un moyen de transport pour rejoindre Boysun. C’est à Shakhrisabz que j’ai reçu le meilleur accueil.
Boysun : Hôtel Normat, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€), chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Boysun, à moins que vous ne réussissiez à dormir chez l’habitant.
A priori, l’hôtel Normat est le seul de la ville. C’est un hôtel de style soviétique, le confort est donc assez sommaire. Il n’y avait pas d’eau courante lorsque j’y étais, les sanitaires étaient donc hors d’usage. La chambre était assez spacieuse mais les draps n’avaient vraisemblablement jamais été changés et l’oreiller sentait les cheveux gras. Il y a quand même une télé qui permet de suivre les derniers exploits du très cher président Karimov. 12000 soums, c’est le prix pour touristes. Les Ouzbèques paient 6000.
Termez : Hôtel Surkhon, 1 nuit, 25000 soums (moins de 12€), chambre avec clim’, avec salle de bain, sans petit déj’. Recommandé : oui.
Hôtel bien sympathique, rénovation récente au sens ouzbèque du terme. La chambre commençait déjà à montrer de nombreux signes de fatigue, mais l’ensemble était propre et la clim’ très efficace. Le type de l’accueil était très sympa, il m’a aidé à changer de l’argent à un assez bon taux. Nukus : Hôtel Jipek Joli, 2 nuits, 15$, chambre avec clim’, sans salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui… B&B convenable. Nassiba, la jeune fille qui parle anglais, est très gentille. J’ai eu une chambre qui donnait sur la cour. Problème : c’est très bruyant le soir, et la salle de bain commune est souvent dégueulasse car elle est utilisée par les gens qui mangent dans la cour. Petit déj’ correct. Ne pas faire appel à eux pour des excursions à Moynaq ou Mizdakhan, leurs tarifs sont exorbitants : mieux vaut négocier directement avec un chauffeur de taxi. Attention également aux arnaques sur le prix des lessives.
Moynaq : Hôtel Oybek, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€) chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj’ mais avec dîner. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Moynaq.
Quelle aventure l’hôtel Oybek…sanitaires impraticables (il n’y a pas d’eau courante), draps dégueu, lit défoncé, hall envahi par les mouches, coupures d’électricité, mais bon ça fait partie de l’expérience ! J’avais des colocataires : une colonie de chauves-souris vivant dans le conduit d’aération. J’ai été réveillé en pleine nuit par une bête qui me marchait dessus, avant d’être réveillé une seconde fois par une chauve-souris qui rebondissait de mur en mur. Bref, l’hôtel Oybek est à l’image de Moynaq, il y règne une délicieuse atmosphère de fin du monde. Point positif : le gérant est plutôt avenant et le repas du soir correct. La plupart des chambres sont occupées par des travailleurs chinois venus dans le coin pour explorer des gisements de gaz.
Khiva : Hôtel Arkonchi, 1 nuit, 15$, chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui !
Excellent accueil à l’hôtel Arkonchi. La personne qui m’a reçu était très gentille et parlait bien anglais. Ma chambre était propre et très spacieuse. L’hôtel est merveilleusement bien situé, dans la ville fortifiée. Il y a une jolie terrasse sur le toit d’où la vue sur Khiva au lever du soleil est superbe. La cour de l’hôtel est très agréable, et le petit-déjeuner était copieux et excellent. Il est possible d’y dîner le soir. C’est le meilleur hôtel que j’ai connu en Ouzbékistan, avec le Shakhrisabz Tour and Travel.
Boukhara : Malikjon Guest House, 4 nuits, 15$ chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui.
Idéalement située juste en-dessous du bassin Liab-I-Haouz. Très jolie maison de style traditionnel, avec une grande cour. Ma chambre était correcte et propre, la clim’ marchait très bien, et Ô bonheur suprême, le lit était à ma taille ! Le petit-déjeuner était assez bon et la famille plutôt sympathique. Bref, une bonne adresse à Boukhara où le choix ne manque pas.
Tashkent : Gulnara Karimova B&B, 1 nuit sans petit-déjeuner, 12$, sans salle de bain, avec clim’. Recommandé : oui.
Je ne suis resté qu’une demi-nuit au B&B Gulnara puisque j’ai dû partir pour l’aéroport à 2h du matin. Malgré ça, j’y ai passé quelques heures très agréables. Le gérant est très gentil, il est jeune, il parle bien anglais et l’emplacement du B&B est idéale puisque le bazar Chorsu est tout proche. Le B&B Gulnara est très facilement accessible depuis l’aéroport en prenant le bus (n° 11 si ma mémoire est bonne). J’ai partagé une chambre avec un néo-zélandais et la salle de bain était à l’extérieur, le Gulnara reste donc plutôt cher si on le compare aux B&B de province où l’on peut avoir une chambre individuelle avec salle de bain pour 15$.
TRANSPORTS
Avion
Nice-Tashkent via Moscou avec Aeroflot. C’était un billet prime Skyteam, je n’ai donc payé que les taxes d’aéroport (100€).
Tashkent-Samarcande 28€ en Airbus A310
Termez-Tashkent 35€ en Ilyushin 114, un avion qui date de 2003 mais qui en paraît beaucoup plus.
Tashkent-Nukus 47€ en Tupolev 154, une expérience inoubliable !
Urgench-Boukhara 36€ en Avro RJ85, avion de fabrication britannique très bien entretenu.
Boukhara-Tashkent 33€ en Antonov 24 sorti tout droit des années 60. Le bonheur absolu.
Total : 179€ + 15€ de frais d’émission = 194€
J’ai commandé mes billets auprès de RPTA, la représentation d’Uzbekistan Airways en France. Ils ont un bureau à Paris et ne sont pas très efficaces…il faut appeler de nombreuses fois pour obtenir ce que l’on veut. Ne commandez pas vos billets sur Expedia (ça plante à la dernière étape) ou sur le site de Thomas Cook. J’ai essayé de réserver via Thomas Cook, tout s’est bien passé, j’ai même reçu une confirmation de ma réservation, mais ils m’ont appelé quelques heures plus tard pour m’annoncer qu’ils étaient incapables d’émettre les billets… Pour les vols domestiques Uzbekistan Airways, il vaut donc mieux passer par RPTA si vous souhaitez les acheter en France.
Taxi individuel
Aéroport de Samarcande à l’Antica : 4000 soums
Courses moyennes en ville dans de vrais taxis: 1500 à 2000 soums.
Samarcande – Shakhrisabz : 7$ + 1000 soums. J’avais prévu à l’origine de rejoindre Shakhrisabz en taxi collectif, mais après une attente de 45 mn sans qu’aucun voyageur supplémentaire ne se profile à l’horizon, j’ai préféré payer plus cher pour « individualiser » le taxi et cesser de perdre du temps.
Shakhrisabz – Boysun : 60 000 soums, réservé par l’intermédiaire de Lutfullohon, gérant du B&B Shakhrisabz Tour & Travel. C’est cher, mais il n’existe a priori ni bus, ni taxi collectif pour rejoindre directement Boysun depuis Shakhrisabz, et je ne voulais pas perdre trop de temps en changeant de moyen de transport entre ces deux villes. J’ai donc fait confiance à Lutfullohon mais avec le recul 60 000 soums est assez cher compte tenu de la distance. Vous aurez donc peut-être intérêt à négocier directement auprès d’un chauffeur de taxi.
Sairob – Termez : 18 000 soums. Là encore, j’ai payé pour les « absents » après plus d’une heure d’attente.
Aéroport de Nukus au Jipek Joli B&B : 2000 soums
Taxi dans Moynaq : 300 soums suffisent pour parcourir la très longue rue principale.
Moynaq – Kungrat : 8000 soums. Là encore, j’ai préféré payer pour les sièges vides et ne pas perdre de temps.
Excursions en taxi
Termez : Pour 12 000 soums, un chauffeur de taxi a accepté de m’emmener voir Fayaz Tepe, le mausolée d’Al Hakim Al Termizi et le Stupa de Zurmala. L’expédition a duré 2h environ. Le lendemain, un autre chauffeur m’a conduit au Qirq Kiz, au mausolée Saoddat, à la khanaka Karyl Dar Ata et à l’aéroport pour 9000 soums. Les visites ont duré 1h30 environ. Négocier fermement !
Vallée de Langar au départ de Shakhrisabz : 50 000 soums pour un taxi pouvant accueillir jusqu’à 4 passagers.
Nukus : 18000 soums pour aller faire un tour à la nécropole de Mizdakhan et à la forteresse de Gyaur-Qala toute proche. A ne pas rater si vous ne comptez pas visiter les forteresses du désert autour de Khiva. La nécropole de Mizdakhan est très impressionnante, c’est une véritable ville de mausolées recouvrant une colline, mieux vaut y aller en fin de journée quand la lumière est la plus belle.
Taxi collectif
Boysun – Sairob 2000 soums
Nukus – Mangit puis Mangit – Urgench : 3000 + 5000 soums. Il est sûrement possible de trouver un taxi collectif reliant directement Nukus à Urgench.
Urgench – Khiva : 1500 soums. Attention aux arnaques !!! Les chauffeurs ont tendance à gonfler les prix de façon disproportionnée quand ils voient des touristes. Au départ on voulait me faire payer 7000 soums…mais j’ai refusé et en fin de compte j’ai payé le même prix que les autres passagers ouzbèques.
Khiva – Aéroport d’Urgench : 15 000 soums pour 2 personnes. J’ai pris le taxi avec une touriste allemande qui l’avait réservé via l’hôtel, il est donc possible de trouver bien moins cher en s’adressant directement à des chauffeurs hors de la ville fortifiée.
Aéroport de Boukhara – Bassin Liab-I-Haouz : 4000 soums pour 2. Dans l’autre sens, de la ville vers l’aéroport, ne payez pas plus de 2000 soums pour un taxi.
Gulnara B&B – aéroport de Tashkent au milieu de la nuit, 5000 soums pour 2 dans un taxi pirate.
Bus et minibus
Nukus – Moynaq : 4000 soums. Quelle expédition ! Dans un vieil Ikarus rouge, nous avons eu droit à 3 pannes en 4h30 nécessitant l’immersion totale de notre brave chauffeur dans le moteur. J’en garde un très bon souvenir, le bus n’avançant pas très vite il est très facile de contempler les espaces désertiques de la Karakalpakie. Ne vous fiez pas aux horaires : le bus était censé partir à 9h dixit le Lonely Planet, à 10h selon Nassiba de l’hôtel Jipek Joli, et j’ai finalement chopé le mien in extremis à 8h30 en face de l’hôtel Tashkent, de l’autre côté de la route. Je ne sais pas s’il y a plus d’un bus par jour entre Nukus et Moynaq. Si vous loupez le bus, vous n’aurez pas trop de mal à trouver un taxi collectif ou minibus pour Kungrat d’où vous pourrez prendre un taxi pour Moynaq. Cette dernière solution est d’ailleurs la plus pratique si vous ne souhaitez pas goûter au charme mazouté d’un vieux bus hongrois.
Minibus Kungrat – Nukus : 3000 soums
Minibus dans Nukus : 300 soums
Minibus dans Boukhara : 300 soums
Minibus Boukhara – Nécropole Chor Bakr : 400 soums
Bus dans Tashkent : 400 soums
Métro
Métro de Tashkent : 400 soums
MONUMENTS
Les prix incluent le supplément appareil photo. N’hésitez pas à demander des réductions si vous êtes étudiants. On vous réclamera parfois un justificatif, la carte ISIC est alors très utile. Même si vous n’êtes pas étudiants, négociez quand même. Rappelez leur que vous n’êtes pas américain, dites leur que vous voyagez seul, etc…tous les moyens sont bons.
Samarcande
Gour Emir 5700 soums
Mausolée Ak Sarai 1000 soums
Registan 7300 soums
Minaret de la madrasa d’Ouloug Beg : les flics vont sûrement vous approcher pour vous proposer de monter au sommet moyennant un petit bakchich. En général ils demandent 7000 soums, mais j’ai payé 3000 soums une première fois, puis 2500 soums le lendemain au crépuscule.
Mosquée de Bibi Khanoum : 5800 soums
Mausolée de Bibi Khanoum : 2800 soums
Observatoire d’Ulug Beg : 4200 soums
Mausolée du prophète Daniel : 2800 soums
Chah-I-Zinda : 4500 soums
Mosquée Khazret Khizr : 5800 soums. J’y ai rencontré un type très sympa qui m’a invité à partager un thé.
Mausolée Ishrat Khana : 2000 soums
Shakhzisabz
Tombeau de Jehangir : 2000 soums à payer au gars qui fait la sieste sous l’iwan...comme il dit en levant le pouce, « life is good in Shakhrisabz ».
Ascension des ruines du Palais Ak Sarai : 2000 soums
Musée Amir Timour : 1500 soums
Termez
Fayaz Tepe et musée attenant : 3000 soums
Nukus
Musée Stavisky : 4000 soums avec la réduction étudiant, et sans les droits photos.
Khiva
9000 soums au tarif étudiant + 5000 soums de droits photos pour le ticket qui donne accès à la plupart des monuments de la ville fortifiée. Vous pouvez acheter ce ticket à la porte de l’Ouest, il est valable 2 jours.
Terrasse d’Oq Shihbobo : 1000 soums
Mausolée Pahlavon Mahmud : 2000 soums
Minaret Khoja : 1000 soums
Minaret Juma : 1000 soums
Palais Isfandiyar : 1000 soums
Boukhara
Mosquée Kalon 2900 soums. Le minaret Kalon est malheureusement fermé car sa restauration est en cours.
Petits musées à la con dans les madrasas : 1000 soums selon l’humeur des mamies qui en gardent l’entrée.
Madrasa Modari Khan (koch madrasa) : 2000. C’est un vieux boukhariote extrêmement gentil qui m’a fait la visite en russe, et il m’a laissé aller sur le toit. Il avait l’air très attaché à sa madrasa, et tout aussi fier de la faire découvrir à un touriste.
Musée des tapis dans la mosquée Maghok-I-Attar : 4000 soums
Forteresse de l’Ark : 6300. Attention aux arnaques ! La fille m’a sorti une plaquette des tarifs en cyrillique pour essayer de me faire payer plus cher. Les tarifs sont clairement indiqués en alphabet latin à côté de l’entrée : ne payez pas plus de 6300 soums.
Prison Zindon : 2000 soums.
Nécropole Chor Bakr : 3500 soums. Un havre de paix à 10mn de Boukhara. Arbres, bassins, mausolées, fraîcheur de la mosquée…
Ascension du château d’eau en face de l’Ark : 2000 soums. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, mais la vue est superbe. Y aller au crépuscule pour ne pas avoir le soleil en face lorsque l’on regarde vers l’Ark et la mosquée Kalon.
PRIX DIVERS
Pain au marché : 500 soums en général, 800 ou 1000 pour les plus gros.
Bouteille d’eau 1, 5l : entre 600 et 700 soums, ne payez jamais plus, surtout à Khiva où le prix de l’eau à l’intérieur de la ville fortifiée est une véritable arnaque ! Il suffit de faire quelques pas hors des remparts pour retrouver des prix normaux.
Internet : entre 600 et 800 soums/heure en général, plus cher à Khiva (2000 soums/heure dans la ville fortifiée) ou Boukhara.
1 kilo de petites pommes : 2000 soums
Coca : entre 1200 et 1500 soums la bouteille de 1l, 1000 soums les 50cl.
Somsa : 200 soums
Repas au resto : entre 2000 et 3000 soums dans les bazars, entre 3000 et 4000 soums plat + bière dans les petites villes, entre 6000 et 12000 soums dans les villes touristiques (autour du bassin Liab-I-Haouz à Boukhara par exemple).
Glaces en sachet : entre 500 et 1200 soums
Bakchich : 5000 soums pour un prétendu « frais d’enregistrement » à la frontière entre les provinces de Qashqa Daria et Surkhan Daria. La somme a été réclamée auprès de mon chauffeur, j’ai dû le rembourser par la suite.
CHANGE
Au marché noir : 1€ = 2200 soums (ça peut monter jusqu’à 2400 soums), 1$ = 1800 soums (voire 1900 en négociant bien). Il est plus avantageux de payer en dollars qu’en Euro, car en ce moment le dollar est très faible et les Ouzbèques ne sont pas vraiment conscients de la force de l’Euro face au dollar. Il est très difficile de leur faire accepter que 10€ = 14$...
Pour changer, c’est très simple, adressez vous aux vendeurs de souvenirs dans les lieux touristiques ou dans les bazars. Vous aurez un meilleur taux si vous leur achetez quelque chose ensuite, mais j’ai eu de bons taux sans rien acheter. Certains B&B proposent un service de change mais le taux n’est pas intéressant.
Pour la petite histoire, la première personne qui m’a abordé pour me proposer de changer de l’argent au noir était…un policier à l’aéroport de Tashkent !
CONTROLES DE POLICE
Je n’ai été contrôlé que de rares fois, dont une à Sairob. Le policier a juste demandé à voir mon passeport, après quoi il m’a donné son adresse pour que je lui envoie une carte postale de France ! Il m’a également aidé à trouver un taxi pour Termez. Hors des villes, les contrôles sont fréquents sur les check-points routiers, mais je n’ai eu à présenter mon passeport qu’une seule fois. Les contrôles dans le métro de Tashkent sont bel et bien fréquents si j’en crois les récits d’autres voyageurs rencontrés pendant mon séjour. Dans ce cas, l’attestation de l’ambassade de France peut être très utile. Quant à moi, je n’ai pas eu à souffrir du moindre contrôle dans le métro de Tashkent, mais il faut dire que je ne l’ai pris que 2 fois et que je n’avais pas de bagages volumineux avec moi.
Contrôle des attestations d’hébergement : un policier me les a demandés au passage de la douane à l’aéroport, mais la liasse de coupons que je m’apprêtais à sortir de ma poche, il a préféré me laisser passer sans les examiner.
CONSEILS DIVERS
Prévoyez quelques jours pour vous échapper du trio sacré Samarcande-Boukhara-Khiva. L’accueil hors de ces hauts lieux touristiques est encore meilleur. Je garde un souvenir particulièrement bon de Shakhrisabz, petite ville à l’ambiance très relax. Au bazar je ne pouvais pas faire un pas sans que des gens m’abordent pour que je les prenne en photo.
Marchandez tout, même les entrées dans les monuments ! Généralement, le tarif d’entrée n’est pas imprimé sur le ticket : il est écrit à la main par la personne qui tient le guichet. Cela conduit parfois à des abus et à une tarification « à la tête du client ». Emportez des cartes postales à offrir aux gens ! Je n’y ai pas pensé, et je l’ai regretté. Une petite fille m’a gentiment offert un collier de coquillage, et sur le moment je n’avais rien à lui donner en retour.
N’oubliez pas les médicaments contre la diarrhée, etc…je n’y ai pas échappé malgré les précautions que j’avais prises. Heureusement les Ouzbèkes ne manquent pas de remèdes locaux contre ce mal : vodka chaude + sel, ou bien yaourt liquide chaud bu d’une traite, j’ai même eu droit à une infusion de feuilles de pêcher préparée par Lutfullohon, qui m’a également gavé de miel.
Si vous voulez passer une journée à Moynaq au départ de Nukus, passez vous des services des agences de voyage ou des B&B, ils pratiquent des tarifs abusifs (de l’ordre de 90$). Il est tout à fait possible, en partant tôt le matin, de rejoindre Moynaq en 2h en prenant un taxi collectif avec changement à Kungrat. Une fois que vous serez arrivé à Moynaq, vous pourrez y passer quelques heures (ce qui est amplement suffisant) avant de revenir sur Nukus en prenant le bus qui part de Moynaq à 15h, ou un taxi qui vous emmènera à Kungrat où vous pourrez reprendre un autre taxi/minibus vers Nukus. Dans le cas hautement improbable où vous ne trouveriez pas de moyen de transport pour revenir sur Nukus, l’hôtel Oybek et sa faune nocturne pourront toujours vous accueillir.
CLIMAT
En bon méditerranéen, je n’ai pas trop souffert de la chaleur. J’ai même été agréablement surpris : l’air étant extrêmement sec, on transpire très peu. J’ai trouvé les 40° de Khiva infiniment plus supportables que les 30° de Shanghai où l’air est saturé d’humidité.
L’astuce pour bien profiter des journées sans risquer l’insolation consiste tout simplement à rester à l’hôtel aux heures les plus chaudes de la journée, c'est-à-dire entre midi et 15h. C’est le moment rêvé pour faire une bonne sieste…de toute façon il est difficile de prendre de jolies photos en début d’après-midi, lorsque la lumière est verticale. En 17 jours je n’ai eu qu’une seule demi-journée nuageuse. Je n’ai pas vu la moindre goutte de pluie, et le ciel est d’un bleu splendide.
IMPRESSIONS
Pour finir, mes impressions…
Je suis extrêmement satisfait de mon séjour en Ouzbékistan. La beauté des monuments était à la hauteur de mes attentes, et certains aspects pratiques (déplacements, change de monnaie) se sont avérés moins « galères » que ce que je craignais. Les gens sont, dans l’ensemble, accueillants et honnêtes. Les enfants sont très curieux lorsqu’ils rencontrent des étrangers, et ils demandent souvent à être pris en photo. Les villes m’ont paru assez sûres, je n’ai eu que deux altercations avec des mecs bourrés à Sairob et Moynaq. Prendre un taxi au beau milieu de la nuit à Tashkent n’a posé aucun problème.
Une très bonne surprise : Shakhrisabz et les petites villes provinciales en général.
Une déception : « ils ont tué Samarcande ». J’exagère un peu, mais le Registan, qui était autrefois au cœur de la vie à Samarcande, prend aujourd’hui l’aspect d’une somptueuse coquille vide posée au milieu de nulle part. Toutes les petites rues qui l’entouraient ont laissé la place à de grands parcs désolés où l’eau ne coule plus dans les fontaines. La rue Tashkent, qui relie le Registan à la mosquée Bibi Khanoum, n’est qu’un vaste chantier poussiéreux. Un « mur de la honte » a été dressé entre le Gour Emir et le quartier du B&B Antica. Bref, Samarcande à la nuit tombée donne l’impression d’une ville morte, contrairement à Boukhara où les alentours des monuments grouillent de vie.
Malgré cela, Samarcande reste Samarcande, les monuments sont splendides et 3 jours ne sont pas de trop pour en faire le tour. Si vous avez le temps, marchez jusqu’au mausolée Khodja Abdi Darun : on parcourt de petites rues qui font oublier le vide sidéral et l’absence de vie des parcs délabrés qui entourent le Registan ou le Gour Emir. Le mausolée Khodja Abdi Darun est en rénovation, mais il y règne quand même une ambiance très paisible. C’est l’endroit idéal pour faire une pause au bord d’un bassin rafraichissant. Shakhrisabz : escale très sympathique pour ceux qui se dirigent vers le sud. La visite se fait facilement en une seule journée, mais elle mérite qu’on y passe plus de temps puisqu’elle est un point de départ idéal pour une excursion dans la vallée de Langar par exemple.
Langar : L’expédition dans la vallée de Langar est à ne pas louper, en particulier si vous faites une overdose de madrasas et de majolique. La balade dans un canyon est plutôt sympa, mais la vraie récompense est l’arrivée dans le petit village de Langar, royaume des chèvres et des ânes. Les maisons en pisé accrochées à la montagne forment un très joli tableau, et l’accueil des habitants est exceptionnel. Avec deux autres touristes français, nous avons été invités à partager un thé et un plat de mouton dans une dépendance de la mosquée.
Boysun : la route entre Shakhrisabz et Termez via Boysun est très belle, elle vous permettra de traverser les montagnes des « Portes de fer ». Boysun est une petite ville entourée de jolies montagnes.
Sairob : A proximité de Boysun, sur la route de Termez. C’est un joli village au pied des montagnes, assez photogénique. Je n’ai malheureusement pas pu m’y attarder car j’étais poursuivi par un type bourré, mais ça vaut le coup de s’y arrêter quelques heures pour y faire un petit tour.
Termez : la ville en elle-même ne présente effectivement que peu d’intérêt, mais les monuments aux alentours sont intéressants, en particulier Fayaz Tepe.
Nukus : on y trouve le fameux musée Stavisky, c’est d’ailleurs tout ce que la ville a à offrir. On y trouve quand même un grand bazar très animé. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à faire un tour à la nécropole de Mizdakhan. L’ambiance y est magique, particulièrement au crépuscule, et les mausolées sont à l’état brut.
Moynaq : Ah la la, Moynaq….un paysage désolé, des immeubles abandonnés, des carcasses de bateaux, un soleil écrasant, ni arbre, ni ombre…le seul luxe à Moynaq, c’est de pouvoir se dire « mais qu’est-ce que je fous là ». L’ambiance y est très spéciale, et on se demande de quoi vivent les gens qui y sont restés. Même le bazar a fermé. Hormis les bateaux rouillés, les seuls témoignages de la présence passée de la mer d’Aral que vous pourrez trouver sont les coquillages qui parsèment le sol sablonneux et les affiches de propagande qui vantent l’abondance du poisson local. Je reconnais que les raisons d’une expédition à Moynaq peuvent paraître un peu « malsaines » (on vient voir qu’il n’y a rien à voir), mais si l’on assume son côté voyeur un séjour à Moynaq reste une expérience intéressante.
Khiva : J’ai été très positivement surpris par Khiva, que l’on m’avait décrite comme une ville morte, disneylandisée. C’est faux. La ville fortifiée est effectivement très touristique, les monuments ont été refaits à neuf, on ne compte plus les B&B et les stands de souvenirs, toutes les madrasas ont été reconverties en boutiques ou en musées sans grand intérêt, etc… Mais toute la partie nord de la ville fortifiée est habitée par de vrais gens, avec de vraies mamies ouzbèques, de vrais enfants, il y a même des chiens et des chats, bref on y retrouve à peu près les mêmes scènes de rue que dans n’importe quelle autre ville. La ville fortifiée étant petite, les balades y sont très agréables.
Boukhara : D’après mes impressions, c’est la ville la plus « touristique » de toutes. Elle reste très agréable, et le bassin Liab I Haouz est entouré de tchaikhanas qui, tout en étant principalement destinées aux touristes, restent bon marché et sont également fréquentées par des familles ouzbèques. Il faut compter 3 jours pour visiter Boukhara en prenant bien son temps. Petit regret : la surabondance de boutiques de souvenirs dans les madrasas.
Tashkent : je n’y ai passé qu’un après-midi, je n’en ai donc eu qu’un bref aperçu. Je m’attendais à parcourir une ville soviétique triste et grise, j’ai découvert une capitale très agréable, avec un centre parsemé de jolis parcs très bien entretenus. Les bâtiments officiels et les statues ne sont pas toujours du meilleur goût, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Tashkent. J’ai regretté de ne pas avoir pu y rester plus longtemps !
CONCLUSION
Qu'est-ce que vous attendez pour partir ! L'Ouzbékistan est un très beau pays où il est facile de voyager en solitaire. On y rencontre aisément d'autres voyageurs avec lesquels partager des astuces, des bons plans et des moments sympas. L'accueil est, dans l'ensemble, très bon. Je ne déconseillerais pas aux gens de partir en Juillet: même s'il fait très chaud, les visites se font dans d'excellentes conditions car les touristes sont très rares à ce moment de l'année. Pour cette même raison, les hôtels consentent à des rabais plus importants.
Je suis revenu d'Ouzbékistan avec des tonnes d'excellents souvenirs et de photos...prises de travers. Eh oui, rares sont les minarets droits en Ouzbékistan !
45 jours aux Etats-Unis en juillet/août 2008 English translation pending
Bonjour à tou(te)s
Ce compte rendu sans prétention, un peu tardif, d'un voyage en juillet/août 2008, (en raison d'une année difficile, et de l'effacement accidentel d'une bonne partie des notes de voyage sur informatique...) pour essayer d'en aider d'autres, et remercier tous ceux qui nous ont aidés sur ce forum ou en MP, directement ou en répondant aux forumeurs sur des sujets qui nous intéressaient, à commencer par J.Luc (Vazyvite) (Pourquoi ai-je donc pensé à lui à Roswell ?...😊), Philippe (Sedonax) (encore merci notamment pour Sédona et pour CBS avec Paria Outfitters : peut-être les moments les plus forts de notre voyage😮), Fred XIII, Vilcanota, Jadorry, Bousquet (grâce à qui nous envisageons d'ouvrir une piste de ski, ou un chantier naval, ou un élevage de phoques, à Carizzozo😏), PSI31, Noelle65, monkiwi, FabienneCA, Zitounet, Grisemote, mlefevre, boumtchak, jdakota, j'en oublie certainement, qu'ils ne nous en veuillent pas.
C'est une petite contribution qui veut témoigner de notre reconnaissance envers ce forum.
Nous, c'est un couple de la cinquante/soixantaine, pas hyper sportif ni aventurier, ne cherchant pas le grand luxe, n'aimant pas trop la grande foule mais plutôt les rencontres simples, ayant déjà fait un voyage dans l'Ouest en 2005 (les grands classiques) avec les enfants.
Nos commentaires sont à aborder à travers ces prismes là.
Bien à vous
Philippe
J1 Ma 8 Paris/ San Francisco
Voyage tranquille (mais ne pas oublier de mettre son ordi portable dans un bac séparé à la douane...)– Beaucoup de monde à l’arrivée SF - files attente pour contrôles - prise empreinte 2 index + photo - tout semble aller bien, mais GASP ! 1 valise égarée par Air France avec dedans un traitement médical important (assez volumineux, impossible de l'emmener en cabine) : si maintenant il faut répartir ses pilules ou autres dans toutes les valises par précaution...
Angoisse – Air France nous offre 150$ de dédommagement pour achat vêtements – avec toute cette histoire, prise du 4/4 (Alamo par Autoescape) à l’aéroport avec beaucoup de retard : il ne reste plus grand chose de bien. On attend encore, un Four Runner arrive, mais d’autres l’avaient réservé ... On se rabat donc sur un Toyota Highlander, pas trop mal, mais qui s’avérera pas vraiment correctement préparé ( voyant pneus dégonflés allumé au bout de 500 km, voyant maintenance allumé au bout de 2500 km... Voir J8 et J9, impossible de joindre la road assistance, et accueil scandaleux à Alamo Jackson Airport). Ben tant pis, on verra bien (ça a été , on s’est arrêté dans plusieurs garages ou agences Toyota sur le trajet, tous sympas (sans pub), qui nous ont dit que ça devrait tenir : on changera à Albuquerque.
Coucher au Coventry : excellent accueil de Vince, avec une aide précieuse et efficace pour la recherche de la valise. Hôtel pratique, bien tenu (chambre calme à l’opposé de Lombard)
Courses au Safeway et carte fidélité (env 10% de remise dans tous les magasins)
Dîner au Mel’s Drive In à côté : on retrouve l’odeur du péché alimentaire... mais c’est bon...
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité/prix/ = *** pour la situation et l'accueil
Resto : Mel’s Drive In


J2 Me 9 San Francisco
Malgré le stress, on visite les classiques pour se rassurer (Ghirardelli, Cannery, Fisherman, Coït Tower, Chinatown, tout à pied). Belles vues au sommet de Coït... petits escaliers avec maisons entourées de fleurs (Vers Filbert), vues sur la baie : un peu fatigant, mais joli. On ose déjeuner à Chinatown dans un Hole in the Wall d’aspect... spécial. Surprise : c’est super bon, et ma douce moitié (qui parle très peu anglais et encore moins mandarin ou pidgin) se fait une copine de la cuisinière, on a des grosses portions et on est bien contents, même si on ne sait pas ce que c'est... ! Et même pas malades !
Retour au Coventry - On a retrouvé la valise vers 18h ! Livrée à l’hôtel. Encore merci Vince qui n’a pas arrêté de téléphoner pour nous.
Bien fatigués et soulagés... dîner, dodo.
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité prix = ***
Resto : Mel’s Drive In (play it again, sam)



J3 Je 10 San Francisco/côte/Redwood/Crescent City
On se perd un peu en partant du côté de Point Reyes, route bordée par endroit d'eucalyptus et de pins. Presque "campagne française"...
Puis on aborde la région des grands arbres (Humboldt, Avenue des Géants...): Redwoods impressionnants, gigantesques : on passe au travers du "Chandelier Tree" : bien rabattre les rétros...
Avant Crescent City, la route longe la mer : belles découpes de rochers au début du crépuscule, pelotons de mouettes sur les plages
Coucher : Light House Inn (non réservé) - Qualité prix = *
Resto : Denny's



J4 Ve 11 Redwood/ Crater Lake/Lincoln City
Longue route dans la forêt vers Crater Lake
Crater Lake : Bleu profond magnifique – de la neige sur les côtés de la route (parfois une bonne épaisseur !). Le contraste entre le bleu du lac, le vert des arbres, les ocres différents, le blanc de la neige... Un peu de vent.
Re-route vers la côte - c'est long... quelques dunes, mais on se dépêche : trajet plus long que prévu.
On n’avait pas réservé, donc plus de place à Lincoln City, sinon à l’Edgecliff motel – Patron désabusé, pas hyper clean, un peu bizarre, mais chambre correcte, vue sur mer (joli coucher de soleil). Le lendemain matin, le petit dèj sera le plus cocasse du voyage : sur un bout de table en plastique, dans une sorte d’entrée, avec 1 muffin et demi, et du café... pire qu’aux US... !
... Il est tard (21h) , quasi tous les restos fermés (dont Blackfish), 1 seul ouvert avec orchestre, qui ne sert plus que de la bière et des frites...
Coucher : Edgecliff Motel - Qualité prix = 0 (0 pour le patron et le petit dèj. Mais il paraît que ça s'est amélioré...?)
Resto : (?)



J5 Sa 12 Lincoln City/Boise
Route sans histoire, contrastée (forêts, collines pelées, zones plates, bruyère...)
Soirées Bachelorettes au Hampton de Boise... On prend le même ascenseur qu'un groupe hurlant de ces demoiselles, bien allumées par... du coca light ?.. "Moi, Français" : triplement des hurlements... Mon charme masculin (d'un certain âge...) ? Sans aucun doute (ma douce moitié a modérément apprécié et n'a pas encore lu ce compte-rendu...). Désolé, pas de photos...😇😇😇
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = ** : très bien et pas trop trop cher...
Resto : (?) près de l'hôtel, rue piétonne
J6 Di 13 Boise/Crater of the moon/Yellowstone
De la route...
Crater of the moon : roches noires (le négatif de White Sands !) , "champs" de lave - rien de transcendant (sauf pour les géologues ?), mais néanmoins étonnant. Loop sur route goudronnée.
Quelques embouteillages en arrivant à Yellowstone - donc direct check in, manger et dodo
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = * (un peu cher et moins bien que Canyon Lodge cabins en 2005))
Resto : Cafeteria du Lake Lodge - très correct



J7 Lu 14 Yellowstone
Toujours aussi beau pour nous. Lac, forêt, animaux, montagnes, geysers... en vrac : des arbres morts debouts, ou couchés à flancs de colline comme des allumettes, Grand Prismatic, Sunset Lake bleu et orange, les longues passerelles à 70 cm au dessus de ces eaux sulfureuses ou acides, les fumées qui vous piquent le nez, la lumière du soir sur les prairies, etc. etc.
On cherche des pélicans, qu'on finira par trouver. Drôles de bestiaux...
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Lake Lodge restaurant - un peu chicos.





J8 Ma 15 Yellowstone
On l'avait déjà fait en 2005, surtout la boucle inférieure - Là, on essaye la boucle supérieure pour voir plus de bébêtes, mais à part 2 ours (de loin : environ 100 m), et encore des habituels (bisons...), pas énormément de rencontres : pas de chance. Mais c'est toujours aussi beau.
Problème de voiture : le voyant s’allume ! Panique (un peu) – on essaye de joindre Alamo, de plusieurs cabines (A Roosevelt, Mammoth...): impossible (répondeur en boucle) – on vérifie plusieurs fois le numéro : pareil – ça dure, ça dure, ça nous gâche la journée – on rentre au Motel où même le manager principal du Lodge, très sympa et serviable, n’arrive pas à les joindre. Après avoir quand même réussi à contacté Alamo Jackson, RV est pris pour le lendemain pour explication sur place.
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafeteria du Lake Lodge

J9 Me 16 Yellowstone/Dinosaur/Vernal
En direction des Grands Tetons, un ours (moyen) traverse... à environ 10m, juste devant les 2 voitures qui nous précèdent. Vite, les appareils photos et scope, on arrive à l'avoir, mais on reste assez à l'écart : par contre des malades sortent des voitures et le filment à 4/5 m...
Accueil en dessous de tout à Alamo Jackson : le manager est injoignable, et les autres ne veulent pas prendre de décision (« ...On peut rien faire... On n'est qu’une franchise...Pas le temps... », et un ton vraiment pas correct..) : après 2h30 d’attente pour rien, grosse colère de notre part, audible (des personnels de l’aéroport après nos explications nous confirment que nous avons raison de ne pas nous laisser faire), et on part furieux parcequ’il est déjà tard. Sur le chemin, on demande l’avis d’un concessionnaire Toyota qui nous dit que ça devrait tenir jusqu’à Albuquerque. On prend le risque.
Rencontre de biches sur les bords de route. Camaïeu de roches jaunes et roses en arrivant à Vernal.
Dinosaur Utah au coucher du soleil : roches marron et rose, adoucies par la lumière du soir. Petite piste roulante, on est tous seuls, c'est calme et très beau. Mais le temps nous manque pour faire tout ce qu'on avait prévu.
Coucher : Best Western Antlers (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel.




J10 Je 17 Vernal/Gunnison
Dinosaur Utah au lever du soleil : petite balade du côté de la cabane de Josie Bassett qui vécut là jusqu'à 90 ans, sans eau ni électricité, sans personne à proximité...
Gunnison : une vraie découverte : un grand abîme impressionnant (800m de dénivelé, étroit, quasi à pic, comme un énorme coup de hache dans un plateau), visible de 12 points de vues (style Grand canyon, en beaucoup plus simple). Une partie est restée sauvage.
Vols de rapaces, roches veinées de blanc aux flancs de canyon, impressionnant.
Coucher : Super 8 - Qualité prix = *
Resto : (?) - un mexicain pas cher et bon



J11 Ve 18 Gunnison/Victor/Cripple Creek/GreatSandDunes/Taos
Une grosse journée.
Entre Florissant et Cripple Creek, route montagne avec jolis rochers. Cripple Creek = les petits casinos, et Victor = les voitures de pompiers avec la vieille dame passionnée qui les bichonne.
Croisé un couple français (un inspecteur de l'éducation nationale en retraite, avé l'assent du Sud, et sa femme, très sympas : si vous vous reconnaissez...)
Phantom Canyon Road : piste facile, quelques trous, un peu longue mais très agréable, bloqués par des vaches agressives au début !
Great Sand Dunes amusant, des vraies grandes dunes de sable en plein milieu d'un environnement moyen-montagneux, un filet d'eau comme à marée basse, du vent, et du soleil...
Sur la route de Jemez Spring (les couleurs !!!!), on a croisé soit un loup soit un coyote... les avis divergent, trop rapide pour prendre une photo.
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = *
Resto : Graham's grill - cher et un peu prétentieux




J12 Sa 19 Taos/JemezSprings/Bandelier/Albuquerque
Pas envie d'aller à Taos Pueblo : ça peut paraître débile, mais vraiment, ça nous semble trop touriste...
Très chaud à Bandelier - peu d'ombre - petit parc agréable à visiter, les flancs de montagne ressemblent à du gruyère où se trouvent les kivas auxquelles on accède par des petites échelles.
Impossible de trouver la piste qui part des environs de Jemez Spring pour aller à Kasha Katuwe. Comme l'orage menace, on fera ça demain par un autre chemin.
Petit tour au pont sur le Rio Grande.
Albuquerque et ses autoroutes qui se croisent dans tous les sens... ses rues la nuit en voiture et ses mecs louches qui nous suivent un moment avec des regards appuyés... ambiance...
Coucher : Club House Inn and Suites (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cooperage pour ses prime ribs et son buffet de hors d'oeuvre - *






J13 Di 20 Albuquerque/Kasha Katuwe/Albuquerque
Un des plus chouettes souvenirs, avec ses rochers en forme de tentes, et le chemin qui monte, qui monte, parfois en forme de slot canyon (prévoir 2h - Aller tout en haut à Vista Point n'apporte pas beaucoup, sinon une vue au large, on peut surplomber les "tentes" un peu avant) : un excellent moment.
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : Sadie's Cocinita - spicy ... *





J14 Lu 21 Albuquerque/Santa Fe/Turquoise Trail/Albuquerque
On change titine : L'accueil Alamo est l'exact contraire de celui de Jackson : sympathique et compétent - On trouve un Toyota Four Runner : effectivement, ça fait plus sérieux.
Santa Fe un peu touriste, mais sympa - pour voir (ou acheter) des bijoux, aller plutôt sur la Place du Gouverneur : les "Natives" sont installés sous le porche, ont un permis pour vendre, et c'est sans doute plus "direct" que les magasins...
Turquoise Trail un peu décevante - Madrid un peu trop hippie fatigué/bobo/pas vraiment enthousiasmant
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : une cafet mexicaine, excellente







J15 Ma 22 Albuquerque/Carizzozo/White Sands/Alamogordo
Ah ! Carizzozo... son atmosphère mystérieuse...sa légende... mais chut ! one of the best kept secret in the West... (et il paraîtrait qu'on peut y trouver du Gloubi-Boulga ?...)
White Sands, évidemment à voir, aller sur l'Alkali Flat Trail, il y a déjà eu tellement de commentaires... par contre, l'annonce du White Sands Motel (où nous n'étions pas) nous interpelle...
Vu une plantation de pistaches... je ne voyais pas ça comme ça.
Coucher : Comfort Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel



J16 Me 23 Alamogordo/Roswell/par Carlsbad/Texas/El Paso/Las Cruces
Très vert du côté de Cloudcroft, Ruidoso, (route 244), forêts, vallons, beaucoup d'eau dans les montagnes (plus de 8000 pieds).
Très pelé avant d'arriver à Roswell. Etape inutile : les extraterrestres sont partis, et l'économie aussi...
Cause travaux (interminables !) après Roswell, pas le temps de voir Carlbad Caverns ni Guadalupe Mountains...Grrrr!!!...
Longue route sans rien entre Carlsbad et El Paso.
El Paso : gros stress : on se retrouve embarqué dans une sortie vers la frontière mexicaine (bien lire les panneaux... c'est pas précisé ! ou alors on a pas vu...), entourés de mexicains à l'air fatigués et en colère contre tout (les camions montent sur les trottoirs, ça hurle, ambiance...), impossible de faire machine arrière jusqu'à 10 mètres du poste frontière, où une douanière américaine la main sur le revolver (toujours), nous permet de faire demi-tour. On n'a pas osé prendre des photos...
Et en repartant, de belles cheminées avec écrit dessus (voir photo)... quelle journée !
Coucher : Drury Hotel - Qualité prix = *
Resto : Applebee

(sort de ce corps, Jean-Luc...)



J17 Je 24 Las Cruces/Tombstone/Bisbee
Pris par la patrouille en sortant du parking du motel sans marquer très proprement le stop (on roulait au pas, personne en vue, et même pas le motard qui surgit en sirénant comme un fou...) - Après discussion assez longue, ("OK. on a tort, mais on connait pas la ville, on est français, et pire, perdus", etc.), ça se résume à une photo avec lui, pas d'amende, juste un avertissement, et un grand sourire "...Pour que vous n'ayez pas une mauvaise impression de Las Cruces..." Merci monsieur l'agent !
Steins ville fantôme, hélas fermée à la visite. Des gens à l'intérieur de bâtiments, mais qui ne veulent pas répondre...? (non, pas des fantômes...)
Piste à Fort Bowie déconseillée cause grosses pluies récentes.
Tombstone : ville un peu parc d'attraction, mais on a marché dans la combine... Attention au "Duel" : c'est dans un enclos, payant, sur des gradins, en plein soleil, et ça dure un certain temps (de mémoire une heure) (c'est théâtralisé, on nous plonge dans l'ambiance, le duel lui même ne dure que 1 à 2 mn...). Joli corbillard ancien à l'entrée...
Bisbee : pas mal d'artisans/artistes, intéressants, attention aux heures de fermetures...
Coucher : Hotel San Ramon (réservé de France) - Qualité prix = * un peu cher, mais presque un B&B - volée de marches à monter, pas d'ascenseur - Accueil personnalisé de Tamara Page, dynamique et sympathique propriétaire
Resto : Cafe Roka *** - super ! Un vrai moment gastronomique. Jessie qui nous sert n'a pas la langue dans sa poche...






J18 Ve 25 Bisbee/Kartschner Caverns/Saguaro/Apache Trail/Payson
En partant, la Bordel Patrol en compagnie de 5 ou 6 Mexicains assis... on a pas vu de violences ce coup là.
Colossal Cave : ici, le gouffre de la Pierre Saint Martin et Michel Siffre sont très connus - intéressante visite, sans plus pour les non-spécialistes.
Saguaro East : de toutes tailles, de toutes formations, au milieu de ces créatures, dont certaines sont d'âge respectable, la boucle (goudronnée) dans le parc est fascinante.
On se perd (évidemment...) dans Tucson...
Il est tard quand on aborde Apache Trail - Tortilla Flat (Superstition Saloon) vient juste de fermer (Damned !) et un orage menace... serrons les dents (pas que les dents...) et on y va : goudronnée au début, puis piste pas difficile, mais sérieux pour les débutants : ça monte/descend et tourne un peu, c'est pas très large, petits ponts à une voie... On croise 2 voitures avec remorques à bateaux.. des habitués... mais on est sacrément récompensé par les superbes couleurs de la piste - plein de saguaros. 1h30/2h pour arriver au bout.
Coucher : Best Western - Qualité prix = *
Resto : (?) un mexicain avec des tables peintes - un peu cher








J19 Sa 26 Payson/Sedona
Sedona : Oh, les rouges !
Environnement superbe. Beaucoup de travaux routiers en ville, vers Taqueplaque : embouteillages... On n'a pas vu Taqueplaque : trop de monde pour nous.
Coucher : Sky Ranch Lodge (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : pizzeria Picazzo - bof...



J20 Di 27 Sedona
Grande découverte que Sédona : un immense merci à Philippe (Schüler) pour nous avoir incité à y aller, (et aussi pour l'ensemble de ses conseils et de son "oeuvre" !!!) : un des plus beaux souvenirs du voyage - des roches rouges, au milieu de la ville, des balades superbes, (West Fork of Oak Creek : je m'y suis bien tordu la cheville : maladroit, parceque c'est sans doute un peu long, mais pas difficile, même si on peut parfois se tromper, ombragé, le "tunnel" où j'ai fait tomber un appareil photo dans l'eau, l'arbre qui tombe avec un bruit énorme sur le chemin !, etc. compter 4/5h aller retour, peut-être moins avec une cheville normale), le Red Planet Diner (assez bon), la pizzeria Picazzo un peu surfaite... et le Vortex !
Ne pas oublier qu'on est en altitude (moyenne) -
Coucher : Sky Ranch Lodge
Resto : Red Planet Diner - à voir - et pas mauvais (c'est un Diner...)




J21 Lu 28 Sedona/Painted Desert/Petrified Forest/Chinle Canyon Chelly
La route vers Flagstaff semble longue, d'où la question : ne vaut-il pas mieux loger à Sedona si on reste plus d'une nuit, les frais d'essence compensant le moindre coût du motel ?
Painted Desert pas inintéressant, on traverse des étendues de roches colorées, vues larges, avec à un endroit "l'air le plus pur des Etats Unis" Si, c'est marqué !
Tour des vues du haut du canyon de Chelly - presque personne, lumières douces
Coucher : Thunderbird Lodge (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafet du Lodge - bonne




J22 Ma 29 Canyon Chelly
L'excursion 1/2 journée en 4/4 (12 places environ, pas de toit) avec guide navajo à l'intérieur du canyon : à faire (chapeau et eau..., pas d'ombre dans le 4/4), pour l'ambiance, l'histoire racontée, la rencontre avec les autres passagers.
Bijoux et artisanat en vente aux 2 arrêts, certains vraiment intéressants (mieux à la première halte).
Moustiques !
Coucher : Thunderbird Lodge
Resto : Cafet du Lodge






J23 Me 30 Chinle/Gd Canyon North
En passant par la réserve Hopi - petit arrêt au Hopi Cultural Center à Second Mesa (excellent repas) , puis à Old Oraibi où il n'y a rien à voir sinon des maisons en torchis de bric et de broc : on ressent bien les difficultés sociales, et la valeur de l'eau...
Mais quand même parfois des panneaux solaires sur le toit, et des 4/4 impressionnants...
Bijoux authentiques à la Monongya Gallery; excellent accueil.
En Hopi, le son "oui" (à peu près) voudrait parait-il dire yes...( à vérifier) - étonnant, non ?
Route à partir de Jacob Lake = montagnes, forêts, petites fleurs, prairies...
Gd Canyon North moins de monde qu'au Sud, mais quand même... Pas le temps d'aller aux points de vues extérieurs au lodge - Donc une étape un peu inutile pour nous, c'était pour comparer, mais le trajet s'est révélé trop long à force de musarder... - Certes, des vues extraordinaires, qui vaudraient sans doute la peine de s'y attarder.
Coucher : Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Jolies petites cabines en rondins, certaines pas très loin du bord, grandes, mais c'est cher...)
Resto : restaurant du Lodge - cher - mais la vue, si on arrive à avoir une table près des fenêtres...



J24 Je 31 GdCanyonNorth/Antelope (upper)/Mexican Hat
Moments de route superbes entre Page et Mexican Hat (vers Kaibito par exemple).
On passe près de Monument Valley qu'on a déjà visité en 2005, mais avec un petit regret de ne pas y retourner.
Antelope (upper)... qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit ou montré ?
Coucher : San Juan Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : le grill qui balance...





J25 Ve 1 Mexican Hat/Moki Dudgway/Natural Bridges/Monticello
Moki Dudgway : ça monte mais ça reste roulant - en arrivant en haut, prendre 1ère piste à gauche (roulante) après l'overlook, assez longtemps (6 miles env): Muley Point - vues au bout superbes et bien dégagées... (non, pas derrière les oreilles) - vu personne pendant plus de 2 h...
Natural Bridges - très chaud - juste fait les points de vue.
Route vers Blanding très belle (rouges, verts...)
Coucher : Rodeway Inn - Qualité prix = 0 - propreté douteuse, gérant débordé - à éviter
Resto : (?) une rue à l'écart de la route principale - familial (buffet de hors d'oeuvres, ribs) et bon





J26 Sa 2 Monticello/Harts Draw Road/Needles/ soir route 128, Fisher towers
Harts Draw Road (491) : Très jolie route dans la forêt au matin : plein de petits animaux
Canyonlands (Needles) toujours étonnant de partout, des endroits si différents... parc à faire absolument - tranquille : Roadside Ruins, Cave Springs (2 échelles à monter (faciles))
Vers le soir, la lumière sur les Fishers. Piste courte, un peu défoncée sur la toute fin.
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = * : rien de spécial - chambres OK - accueil moyen - beaucoup de monde au petit dèj
Resto : Pasta Jay : pas convaincu...





J27 Di 3 Moab/ Negro Bill
C'est connu, c'est magnifique.
Evidemment, pour Negro Bill (env 4h A/R), on oublie un peu qu'il fait chaud, et on part avec, royal, 1/2 litre d'eau pour deux... et 2 bouteilles de 1/2 litre de boisson "énergétique".
Surtout à ne pas faire ! Même si on mouille sans cesse les chapeaux (et les fesses !) dans l'eau qui accompagne une grande partie du chemin, deux américaines (jeunes et sportives....) qui nous croisent à l'aller nous proposent une partie de leur bidon en voyant les rouges inédits et intéressants sur nos visages... : c'est sympa, mais on a sa fierté, que diantre, on s'en sortira comme des grands, style film d'aventures (une petite gorgée à toi, à moi...), mais à la limite de la déshydratation... Ne faites pas comme nous.
Attention, parfois le chemin n'est pas si facile à trouver (buissons d'herbes hautes), ou alors on s'est trompés, et ce n'est pas une balade si pépère que ça (ça monte et descend...).
Au bout, Morning Glory Arch, et un peu de fraîcheur (source) ! Récompensés et fiers !
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Buck's Grill House - cher mais bon. Pourboire obligatoire de 17%...




J28 Lu 4 Moab/Mill Creek Canyon/ soir Arches (Delicate)
L'expérience d'hier à Negro Bill nous a servi : on a 4l d'eau dans les sacs... Mill Creek bien beau aussi, on commence à être fatigués, on est pas des pros, faut se ménager pour Delicate... mais il fait moins chaud. Chemin un peu difficile à trouver, cascade au bout - 3 petites heures A/R.
En fin d'après-midi, , la montée à Delicate m'a semblé beaucoup moins ardue qu'en 2005 - sans doute un peu moins de chaleur, plus de vent. Mais plus de monde...
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Moab Diner



J29 Ma 5 Moab/Goblin Valley/ Fruita/ Scenic drive Cathedral Valley/ Torrey
Rigolos les Goblins, (ça doit être sympas pour les mômes), marrons marrants, petit arrêt à faire.
Little Wild Horse Canyon, j'ai été voir le début (Madame est restée dans la voiture, un peu fatiguée), avec les gros rochers qui bloquent, puis demi-tour, car Monsieur aussi, un coup de fatigue - dans ces cas là, ne pas insister.
Fruita : A-pics grisâtres, comme des rideaux, et en bas l'herbe des jardins. Le camping a l'air très sympa.
Vers Caineville, roches grises, un peu Death Valley.
Scenic Drive Cathedral Valley : comme d'autres, on a payé les 5$ (enveloppe), alors qu'on avait le pass...
Torrey : très vert, mais pluie battante...
Coucher : Austin Chuckwagon (réservé de France) - Qualité prix = ** - à la hauteur de sa réputation : accueil sympa de Michelle Perkins et Randy Austin, et logement très correct - épicerie.
Resto : Cafe Diablo - *** - super ! deuxième moment gastronomique, étonnant, avec là des saveurs inconnues (Ah! le cake au rattlesnake..., les herbes au goût étrange... non, pas ce à quoi certains pensent...).






J30 Me 6 Torrey/ Escalante
Dixie National Forest = pins, arbres blancs, montagne (9600 pieds), hélas nuages... des biches qui traversent.
En fait, on avait réservé au Boulder Mountain Ranch, mais ils avaient de (très) gros problèmes de plomberie, et l'ensemble paraissait un peu limite, en passe d'être rénové (ce que nous a dit le gars qui nous a accueilli) - Comme vraiment on tenait à l'eau courante, on a gentiment dit qu'on repasserait une autre année... pas de problème, et on s'est retrouvé à Escalante au Prospector. Avec Pauline, la gérante, à qui je demande si elle peut faire un prix... Aïe, le regard... et le ton ! "Non. Je fais jamais" (!!!). Bon, OK M'dame, on s'installe, et on va découvrir que Pauline (Ex Chauffeur/euse de son truck (Washington/Chicago/San Francisco) pendant 20 ans....!) est adorable (peut-être parcequ'on lui a offert des petits beurre, des vrais de France, qu'on avait encore au fond des valises...). Elle nous offrira des petites tomates de son jardin et un petit verre qu'on garde précieusement...
Boutique Serenidad : le Monsieur connaît très bien Laurent Martres, et aussi Philippe Schüler (Sedonax)
Il pleut, donc on ne pourra pas faire les pistes...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel

J31 Je 7 Escalante/Burr Trail
Il pleut encore ! Un peu la Burr Trail (goudronnée), mais pas beaucoup plus loin.
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel





J32 Ve 8 Escalante/Kodachrome
Il pleut toujours! Kodachrome - des trombes d'eau...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel


J33 Sa 9 Escalante/Bryce
Bryce déjà vu en 2005 - toujours dans le trio de tête de nos parcs préférés. Visite au bout du parc (points de vues, Britlescone Loop) et Navajo Loop.
Mossy Cave à l'extérieur du Parc est très facile - petite cascade.
Coucher : Bryce Canyon Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Resto du Lodge - cher




J34 Di 10 Bryce/un peu Cottonwood Road par le sud (15 miles)/Paria Outpost
Impossible de prendre la Cottonwood Canyon Road par le nord (mouillée...).
On passe par Kanab, et juste avant d'aller à l'Outpost, frustrés par la pluie des jours précédents, on essaie Cottonwood Canyon Road par l'entrée (sud) qui n'est pas loin - Début prometteur et mystérieux, mais le soir tombe, et quelques gros trous remplis d'eau nous font rebrousser chemin.
On ne verra pas nos hôtes ce soir, après avoir téléphoné, un petit mot adorable sur la porte nous indique où est la clé.
Coucher : Paria Outpost (réservé de France) - Qualité prix = ** pour l'ambiance générale - une petite chambre très simple avec douche - pas luxe, mais ça ne nous a pas dérangé.
Resto : Page - tous les restos bien pleins - donc une pizzeria (?) avec plein de français dans la queue...




J35 Lu 11 Paria Outpost/Coyote Buttes South
Avec les Parias Outfitters (les Dodsons) (Susan, Steve était occupé), une journée d'anthologie pour nous, Paw Hole, White Pockets (découvert par les frères Leech (?) qui trouvaient cet endroit nul...), etc., à voir et à vivre. Inoubliable. ****
Je n'aurais jamais pu conduire un 4/4 seul pour y arriver : à mon avis, il faut vraiment être très expérimenté dans ce type de conduite pour le faire sans guide. Susan l'est...et son 4/4 est solide !
Le soir, on croise Steve qui connaît bien Phil Lesh (bassiste du Dead pour les connaisseurs...). Hélas, ils sont pris ailleurs, on aurait vraiment aimé passer plus de temps avec eux (et encore parler de Bush et Obama, pas encore élu à cette date : heureusement, qu'il l'a été, ils étaient prêts à s'exiler si ça n'avait pas été le cas...), et on va se coucher complètement épuisés après un excellent repas préparé par Susan.
Coucher : (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : sur place, par Susan







J36 Ma 12 Paria Outpost/Las Vegas
A Kanab, voiture de police sur bord de route... avec un mannequin à l'intérieur ! Mais attention, la prochaine fois ce sera peut-être un vrai...
A Zion la route passe à un moment dans un tunnel avec ouvertures sur la montagne.
Entre St Georges et Las Vegas, (vers Mesquite) route désertique avec montagnes grises pelées - très chaud.
A Las Vegas, bien viser ses horaires (les décaler au plus tôt) pour éviter les interminables queues aux buffets, surtout le soir...
Coucher : Bill's - (réservé de France) - Qualité prix = ** bien situé, pas cher, mais rien d'exceptionnel : c'est pas grave, c'est pour dormir...
Resto : Buffet Planet Hollywood ** - comme en 2005

J37 Me 13 Las Vegas
Repos, visites casinos - le soir, spectacle Love (Cirque du Soleil) au Mirage - Superbe, impressionnant, émouvant - et pour moi qui ait connu les Beatles au début, des bouffées de bonheur nostalgique incontrôlables (ben oui, des larmichettes), c'est toute ma jeunesse qui remonte, et ça fait tout drôle...
Coucher : Bill's
Resto : Buffet Mirage *

J38 Je 14 Las Vegas
Repos, visites, outlets (jeans et chaussures surtout) : attention, c'est fatigant les outlets...
Coucher : Bill's
Resto : Victorian room (Bill's) - correct

J39 Ve 15 Las Vegas/Death Valley
Déjà vue en 2005 - un peu moins torride cette année.
Piscine bien chaude au Furnace Creek Ranch -
Coucher : Furnace Creek Ranch (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Furnace Creek Inn


J40 Sa 16 Death Valley/Sequoia/Fresno
Route vers Lonepine assez montagneuse (5000 pieds)
Avant Trona, une "ville fantôme" (Ballarat ?) inintéressante (quasiment rien)
Trona, déprimant. Voitures rouillées, baraques en ruines, style base de l'armée quasi abandonnée - après la guerre nucléaire...
Sequoia, sympa, route qui tourne beaucoup, qui monte, Général Sherman à voir (un peu de marche, 1km5 A/R en pente) mais moins fort comme impression que les Redwoods... On est peut-être fatigués...
Prévoir essence, car peu de pompes, et cher !
Sans réserver, on pensait trouver vers Sequoia, mais beaucoup de motels ou lodges sont pleins, la nuit tombe et on décide de pousser jusqu'à Fresno, où on se perd grave car il fait nuit !...
Coucher : Fresno Marriott Springhill Suites - Qualité prix = * un peu cher, mais le gars au desk nous fait un prix - et il y a une française sympathique comme manager ! (Isabelle Louis-Oleary)
Resto : rien (si, un truc à metre dans le micro-ondes...mais je sais plus quoi) - dodo



J41 Di 17 Fresno/San Francisco
4$ péage en arrivant par le Bay Bridge
Coucher : Chancellor, histoire de s'offrir un petit luxe (réservé de France) - Qualité prix = ** (pas trop cher pour sa situation) : vieil hôtel, chambres petites, mais très bien tenu, central, avec un staff qui a le sens de l'humour, compétent et de bon conseil.
Resto : Uncle Vito's *



J42 Lu 18 San Francisco
Les otaries à Fisherman qui parlent fort !
Chinatown, pour s'y perdre, pour les poissons séchés, les légumes incroyables, les champignons, les petits passages où on trouve des boutiques totalement improbables... Beaucoup de locaux ne parlent pas anglais...
Coucher : Chancellor
Resto : Harris's - grillades - chic et cher





J43 Ma 19 San Francisco
Mission - voir les fresques à Clarion Alley presqu'en face de Mission Police Station 630 Valencia
Castro, très coloré
Coucher : Chancellor
Resto : La Taqueria Mission * - On est servis au comptoir - bien bon les tacos et burritos, mais les jus de fruits nous ont semblé bizarres.




J44 Me 20 San Francisco
Matin : croissants de chez Boudin.
Repos et courses souvenirs - sérénité...
Coucher : Chancellor
Resto : Wood house Fish Company - sympa, tenu par des jeunes - très bruyant, mais bonne qualité



J45 Je 21 San Francisco/Avion/Paris
Un peu fatigués, 45 jours c'est long... mais plein de souvenirs et d'envies d'y retourner...

Alors, maintenant...
.... Bon voyage à vous !
Les +++
San Francisco, toujours...
CBS
Kasha-Katuwe
Crater Lake
Sedona
Les bijoux Hopis (argent), et leur sens
Les bijous Zunis (argent)
Apache Trail
Restos : Cafe Roka Bisbee, El Diablo Torrey
Moab et alentours, encore...
Spectacle Love à Las Vegas
(Carizzozo hors concours)
Les ++
Yellowstone
Bandelier
Canyon de Chelly
Saguaro East
Antelope
Moki Dudgway
White Sands
Great Sand Dunes
Vince du Coventry
Scenic Road Cathedral Valley (le vrai grand tour doit être extraordinaire)
Globalement, tous les rangers rencontrés
Le Toyota Four Runner
Les + :
Santa Fe
Bisbee/Tombstone
L'accueil Alamo Albuquerque
Le jeune punk garagiste vers Boise
Le policier à Las Cruces
Restos : San Francisco : La Taqueria (Mission), You's dim sum (Chinatown), et Uncle Vito's (Union Square) - Albuquerque : Sadie's Cocinita et Cooperage - Sedona : Red Planet Diner
Le bourbon Knob Creek (du Kentucky ! bu à San Francisco)
Le Toyota Four Runner
Le barman caviste du Chancellor (bien compétent, et fin )
Très souvent du WiFi dans les motels
Les "un peu moins" :
- le trop grand appétit de voir tout (je sais, on me l'avais dit...), qui conduit à speeder, voire à squeezer, des visites quand survient un contretemps... par exemple, ne pas oublier que sur un trajet (hors autoroute), on traverse des patelins, tout en longueur, et que la vitesse y est limitée (25/35 mph) - de même, il y aussi des travaux sur les routes aux USA, et on se trompe, on prend des photos... : donc la moyenne baisse...beaucoup !
- le verre d'eau du robinet parfois payant dans certains (pas tous !) fast food (Taco Bell, divers indépendants...)
- Roswell : tristounet...
- Taos : trop touriste
- La pluie quand il faut pas ! donc des pistes éliminées
- Les travaux et l'attente interminable sur certaines routes
Les "beaucoup moins" :
- La road assistance et la réaction Alamo Jackson
- Les types louches qui nous ont suivis un soir à Albuquerque...
- Se perdre à El Paso (beau titre de film...) et manquer se retrouver au Mexique sans le vouloir...
- La perte (temporaire) de valise par Air France (mais il est vrai qu'ils ont tout de suite compensé)
Ce compte rendu sans prétention, un peu tardif, d'un voyage en juillet/août 2008, (en raison d'une année difficile, et de l'effacement accidentel d'une bonne partie des notes de voyage sur informatique...) pour essayer d'en aider d'autres, et remercier tous ceux qui nous ont aidés sur ce forum ou en MP, directement ou en répondant aux forumeurs sur des sujets qui nous intéressaient, à commencer par J.Luc (Vazyvite) (Pourquoi ai-je donc pensé à lui à Roswell ?...😊), Philippe (Sedonax) (encore merci notamment pour Sédona et pour CBS avec Paria Outfitters : peut-être les moments les plus forts de notre voyage😮), Fred XIII, Vilcanota, Jadorry, Bousquet (grâce à qui nous envisageons d'ouvrir une piste de ski, ou un chantier naval, ou un élevage de phoques, à Carizzozo😏), PSI31, Noelle65, monkiwi, FabienneCA, Zitounet, Grisemote, mlefevre, boumtchak, jdakota, j'en oublie certainement, qu'ils ne nous en veuillent pas.
C'est une petite contribution qui veut témoigner de notre reconnaissance envers ce forum.
Nous, c'est un couple de la cinquante/soixantaine, pas hyper sportif ni aventurier, ne cherchant pas le grand luxe, n'aimant pas trop la grande foule mais plutôt les rencontres simples, ayant déjà fait un voyage dans l'Ouest en 2005 (les grands classiques) avec les enfants.
Nos commentaires sont à aborder à travers ces prismes là.
Bien à vous
Philippe
J1 Ma 8 Paris/ San Francisco
Voyage tranquille (mais ne pas oublier de mettre son ordi portable dans un bac séparé à la douane...)– Beaucoup de monde à l’arrivée SF - files attente pour contrôles - prise empreinte 2 index + photo - tout semble aller bien, mais GASP ! 1 valise égarée par Air France avec dedans un traitement médical important (assez volumineux, impossible de l'emmener en cabine) : si maintenant il faut répartir ses pilules ou autres dans toutes les valises par précaution...
Angoisse – Air France nous offre 150$ de dédommagement pour achat vêtements – avec toute cette histoire, prise du 4/4 (Alamo par Autoescape) à l’aéroport avec beaucoup de retard : il ne reste plus grand chose de bien. On attend encore, un Four Runner arrive, mais d’autres l’avaient réservé ... On se rabat donc sur un Toyota Highlander, pas trop mal, mais qui s’avérera pas vraiment correctement préparé ( voyant pneus dégonflés allumé au bout de 500 km, voyant maintenance allumé au bout de 2500 km... Voir J8 et J9, impossible de joindre la road assistance, et accueil scandaleux à Alamo Jackson Airport). Ben tant pis, on verra bien (ça a été , on s’est arrêté dans plusieurs garages ou agences Toyota sur le trajet, tous sympas (sans pub), qui nous ont dit que ça devrait tenir : on changera à Albuquerque.
Coucher au Coventry : excellent accueil de Vince, avec une aide précieuse et efficace pour la recherche de la valise. Hôtel pratique, bien tenu (chambre calme à l’opposé de Lombard)
Courses au Safeway et carte fidélité (env 10% de remise dans tous les magasins)
Dîner au Mel’s Drive In à côté : on retrouve l’odeur du péché alimentaire... mais c’est bon...
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité/prix/ = *** pour la situation et l'accueil
Resto : Mel’s Drive In


J2 Me 9 San Francisco
Malgré le stress, on visite les classiques pour se rassurer (Ghirardelli, Cannery, Fisherman, Coït Tower, Chinatown, tout à pied). Belles vues au sommet de Coït... petits escaliers avec maisons entourées de fleurs (Vers Filbert), vues sur la baie : un peu fatigant, mais joli. On ose déjeuner à Chinatown dans un Hole in the Wall d’aspect... spécial. Surprise : c’est super bon, et ma douce moitié (qui parle très peu anglais et encore moins mandarin ou pidgin) se fait une copine de la cuisinière, on a des grosses portions et on est bien contents, même si on ne sait pas ce que c'est... ! Et même pas malades !
Retour au Coventry - On a retrouvé la valise vers 18h ! Livrée à l’hôtel. Encore merci Vince qui n’a pas arrêté de téléphoner pour nous.
Bien fatigués et soulagés... dîner, dodo.
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité prix = ***
Resto : Mel’s Drive In (play it again, sam)



J3 Je 10 San Francisco/côte/Redwood/Crescent City
On se perd un peu en partant du côté de Point Reyes, route bordée par endroit d'eucalyptus et de pins. Presque "campagne française"...
Puis on aborde la région des grands arbres (Humboldt, Avenue des Géants...): Redwoods impressionnants, gigantesques : on passe au travers du "Chandelier Tree" : bien rabattre les rétros...
Avant Crescent City, la route longe la mer : belles découpes de rochers au début du crépuscule, pelotons de mouettes sur les plages
Coucher : Light House Inn (non réservé) - Qualité prix = *
Resto : Denny's



J4 Ve 11 Redwood/ Crater Lake/Lincoln City
Longue route dans la forêt vers Crater Lake
Crater Lake : Bleu profond magnifique – de la neige sur les côtés de la route (parfois une bonne épaisseur !). Le contraste entre le bleu du lac, le vert des arbres, les ocres différents, le blanc de la neige... Un peu de vent.
Re-route vers la côte - c'est long... quelques dunes, mais on se dépêche : trajet plus long que prévu.
On n’avait pas réservé, donc plus de place à Lincoln City, sinon à l’Edgecliff motel – Patron désabusé, pas hyper clean, un peu bizarre, mais chambre correcte, vue sur mer (joli coucher de soleil). Le lendemain matin, le petit dèj sera le plus cocasse du voyage : sur un bout de table en plastique, dans une sorte d’entrée, avec 1 muffin et demi, et du café... pire qu’aux US... !
... Il est tard (21h) , quasi tous les restos fermés (dont Blackfish), 1 seul ouvert avec orchestre, qui ne sert plus que de la bière et des frites...
Coucher : Edgecliff Motel - Qualité prix = 0 (0 pour le patron et le petit dèj. Mais il paraît que ça s'est amélioré...?)
Resto : (?)



J5 Sa 12 Lincoln City/Boise
Route sans histoire, contrastée (forêts, collines pelées, zones plates, bruyère...)
Soirées Bachelorettes au Hampton de Boise... On prend le même ascenseur qu'un groupe hurlant de ces demoiselles, bien allumées par... du coca light ?.. "Moi, Français" : triplement des hurlements... Mon charme masculin (d'un certain âge...) ? Sans aucun doute (ma douce moitié a modérément apprécié et n'a pas encore lu ce compte-rendu...). Désolé, pas de photos...😇😇😇
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = ** : très bien et pas trop trop cher...
Resto : (?) près de l'hôtel, rue piétonne
J6 Di 13 Boise/Crater of the moon/Yellowstone
De la route...
Crater of the moon : roches noires (le négatif de White Sands !) , "champs" de lave - rien de transcendant (sauf pour les géologues ?), mais néanmoins étonnant. Loop sur route goudronnée.
Quelques embouteillages en arrivant à Yellowstone - donc direct check in, manger et dodo
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = * (un peu cher et moins bien que Canyon Lodge cabins en 2005))
Resto : Cafeteria du Lake Lodge - très correct



J7 Lu 14 Yellowstone
Toujours aussi beau pour nous. Lac, forêt, animaux, montagnes, geysers... en vrac : des arbres morts debouts, ou couchés à flancs de colline comme des allumettes, Grand Prismatic, Sunset Lake bleu et orange, les longues passerelles à 70 cm au dessus de ces eaux sulfureuses ou acides, les fumées qui vous piquent le nez, la lumière du soir sur les prairies, etc. etc.
On cherche des pélicans, qu'on finira par trouver. Drôles de bestiaux...
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Lake Lodge restaurant - un peu chicos.





J8 Ma 15 Yellowstone
On l'avait déjà fait en 2005, surtout la boucle inférieure - Là, on essaye la boucle supérieure pour voir plus de bébêtes, mais à part 2 ours (de loin : environ 100 m), et encore des habituels (bisons...), pas énormément de rencontres : pas de chance. Mais c'est toujours aussi beau.
Problème de voiture : le voyant s’allume ! Panique (un peu) – on essaye de joindre Alamo, de plusieurs cabines (A Roosevelt, Mammoth...): impossible (répondeur en boucle) – on vérifie plusieurs fois le numéro : pareil – ça dure, ça dure, ça nous gâche la journée – on rentre au Motel où même le manager principal du Lodge, très sympa et serviable, n’arrive pas à les joindre. Après avoir quand même réussi à contacté Alamo Jackson, RV est pris pour le lendemain pour explication sur place.
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafeteria du Lake Lodge

J9 Me 16 Yellowstone/Dinosaur/Vernal
En direction des Grands Tetons, un ours (moyen) traverse... à environ 10m, juste devant les 2 voitures qui nous précèdent. Vite, les appareils photos et scope, on arrive à l'avoir, mais on reste assez à l'écart : par contre des malades sortent des voitures et le filment à 4/5 m...
Accueil en dessous de tout à Alamo Jackson : le manager est injoignable, et les autres ne veulent pas prendre de décision (« ...On peut rien faire... On n'est qu’une franchise...Pas le temps... », et un ton vraiment pas correct..) : après 2h30 d’attente pour rien, grosse colère de notre part, audible (des personnels de l’aéroport après nos explications nous confirment que nous avons raison de ne pas nous laisser faire), et on part furieux parcequ’il est déjà tard. Sur le chemin, on demande l’avis d’un concessionnaire Toyota qui nous dit que ça devrait tenir jusqu’à Albuquerque. On prend le risque.
Rencontre de biches sur les bords de route. Camaïeu de roches jaunes et roses en arrivant à Vernal.
Dinosaur Utah au coucher du soleil : roches marron et rose, adoucies par la lumière du soir. Petite piste roulante, on est tous seuls, c'est calme et très beau. Mais le temps nous manque pour faire tout ce qu'on avait prévu.
Coucher : Best Western Antlers (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel.




J10 Je 17 Vernal/Gunnison
Dinosaur Utah au lever du soleil : petite balade du côté de la cabane de Josie Bassett qui vécut là jusqu'à 90 ans, sans eau ni électricité, sans personne à proximité...
Gunnison : une vraie découverte : un grand abîme impressionnant (800m de dénivelé, étroit, quasi à pic, comme un énorme coup de hache dans un plateau), visible de 12 points de vues (style Grand canyon, en beaucoup plus simple). Une partie est restée sauvage.
Vols de rapaces, roches veinées de blanc aux flancs de canyon, impressionnant.
Coucher : Super 8 - Qualité prix = *
Resto : (?) - un mexicain pas cher et bon



J11 Ve 18 Gunnison/Victor/Cripple Creek/GreatSandDunes/Taos
Une grosse journée.
Entre Florissant et Cripple Creek, route montagne avec jolis rochers. Cripple Creek = les petits casinos, et Victor = les voitures de pompiers avec la vieille dame passionnée qui les bichonne.
Croisé un couple français (un inspecteur de l'éducation nationale en retraite, avé l'assent du Sud, et sa femme, très sympas : si vous vous reconnaissez...)
Phantom Canyon Road : piste facile, quelques trous, un peu longue mais très agréable, bloqués par des vaches agressives au début !
Great Sand Dunes amusant, des vraies grandes dunes de sable en plein milieu d'un environnement moyen-montagneux, un filet d'eau comme à marée basse, du vent, et du soleil...
Sur la route de Jemez Spring (les couleurs !!!!), on a croisé soit un loup soit un coyote... les avis divergent, trop rapide pour prendre une photo.
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = *
Resto : Graham's grill - cher et un peu prétentieux




J12 Sa 19 Taos/JemezSprings/Bandelier/Albuquerque
Pas envie d'aller à Taos Pueblo : ça peut paraître débile, mais vraiment, ça nous semble trop touriste...
Très chaud à Bandelier - peu d'ombre - petit parc agréable à visiter, les flancs de montagne ressemblent à du gruyère où se trouvent les kivas auxquelles on accède par des petites échelles.
Impossible de trouver la piste qui part des environs de Jemez Spring pour aller à Kasha Katuwe. Comme l'orage menace, on fera ça demain par un autre chemin.
Petit tour au pont sur le Rio Grande.
Albuquerque et ses autoroutes qui se croisent dans tous les sens... ses rues la nuit en voiture et ses mecs louches qui nous suivent un moment avec des regards appuyés... ambiance...
Coucher : Club House Inn and Suites (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cooperage pour ses prime ribs et son buffet de hors d'oeuvre - *






J13 Di 20 Albuquerque/Kasha Katuwe/Albuquerque
Un des plus chouettes souvenirs, avec ses rochers en forme de tentes, et le chemin qui monte, qui monte, parfois en forme de slot canyon (prévoir 2h - Aller tout en haut à Vista Point n'apporte pas beaucoup, sinon une vue au large, on peut surplomber les "tentes" un peu avant) : un excellent moment.
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : Sadie's Cocinita - spicy ... *





J14 Lu 21 Albuquerque/Santa Fe/Turquoise Trail/Albuquerque
On change titine : L'accueil Alamo est l'exact contraire de celui de Jackson : sympathique et compétent - On trouve un Toyota Four Runner : effectivement, ça fait plus sérieux.
Santa Fe un peu touriste, mais sympa - pour voir (ou acheter) des bijoux, aller plutôt sur la Place du Gouverneur : les "Natives" sont installés sous le porche, ont un permis pour vendre, et c'est sans doute plus "direct" que les magasins...
Turquoise Trail un peu décevante - Madrid un peu trop hippie fatigué/bobo/pas vraiment enthousiasmant
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : une cafet mexicaine, excellente







J15 Ma 22 Albuquerque/Carizzozo/White Sands/Alamogordo
Ah ! Carizzozo... son atmosphère mystérieuse...sa légende... mais chut ! one of the best kept secret in the West... (et il paraîtrait qu'on peut y trouver du Gloubi-Boulga ?...)
White Sands, évidemment à voir, aller sur l'Alkali Flat Trail, il y a déjà eu tellement de commentaires... par contre, l'annonce du White Sands Motel (où nous n'étions pas) nous interpelle...
Vu une plantation de pistaches... je ne voyais pas ça comme ça.
Coucher : Comfort Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel



J16 Me 23 Alamogordo/Roswell/par Carlsbad/Texas/El Paso/Las Cruces
Très vert du côté de Cloudcroft, Ruidoso, (route 244), forêts, vallons, beaucoup d'eau dans les montagnes (plus de 8000 pieds).
Très pelé avant d'arriver à Roswell. Etape inutile : les extraterrestres sont partis, et l'économie aussi...
Cause travaux (interminables !) après Roswell, pas le temps de voir Carlbad Caverns ni Guadalupe Mountains...Grrrr!!!...
Longue route sans rien entre Carlsbad et El Paso.
El Paso : gros stress : on se retrouve embarqué dans une sortie vers la frontière mexicaine (bien lire les panneaux... c'est pas précisé ! ou alors on a pas vu...), entourés de mexicains à l'air fatigués et en colère contre tout (les camions montent sur les trottoirs, ça hurle, ambiance...), impossible de faire machine arrière jusqu'à 10 mètres du poste frontière, où une douanière américaine la main sur le revolver (toujours), nous permet de faire demi-tour. On n'a pas osé prendre des photos...
Et en repartant, de belles cheminées avec écrit dessus (voir photo)... quelle journée !
Coucher : Drury Hotel - Qualité prix = *
Resto : Applebee

(sort de ce corps, Jean-Luc...)



J17 Je 24 Las Cruces/Tombstone/Bisbee
Pris par la patrouille en sortant du parking du motel sans marquer très proprement le stop (on roulait au pas, personne en vue, et même pas le motard qui surgit en sirénant comme un fou...) - Après discussion assez longue, ("OK. on a tort, mais on connait pas la ville, on est français, et pire, perdus", etc.), ça se résume à une photo avec lui, pas d'amende, juste un avertissement, et un grand sourire "...Pour que vous n'ayez pas une mauvaise impression de Las Cruces..." Merci monsieur l'agent !
Steins ville fantôme, hélas fermée à la visite. Des gens à l'intérieur de bâtiments, mais qui ne veulent pas répondre...? (non, pas des fantômes...)
Piste à Fort Bowie déconseillée cause grosses pluies récentes.
Tombstone : ville un peu parc d'attraction, mais on a marché dans la combine... Attention au "Duel" : c'est dans un enclos, payant, sur des gradins, en plein soleil, et ça dure un certain temps (de mémoire une heure) (c'est théâtralisé, on nous plonge dans l'ambiance, le duel lui même ne dure que 1 à 2 mn...). Joli corbillard ancien à l'entrée...
Bisbee : pas mal d'artisans/artistes, intéressants, attention aux heures de fermetures...
Coucher : Hotel San Ramon (réservé de France) - Qualité prix = * un peu cher, mais presque un B&B - volée de marches à monter, pas d'ascenseur - Accueil personnalisé de Tamara Page, dynamique et sympathique propriétaire
Resto : Cafe Roka *** - super ! Un vrai moment gastronomique. Jessie qui nous sert n'a pas la langue dans sa poche...






J18 Ve 25 Bisbee/Kartschner Caverns/Saguaro/Apache Trail/Payson
En partant, la Bordel Patrol en compagnie de 5 ou 6 Mexicains assis... on a pas vu de violences ce coup là.
Colossal Cave : ici, le gouffre de la Pierre Saint Martin et Michel Siffre sont très connus - intéressante visite, sans plus pour les non-spécialistes.
Saguaro East : de toutes tailles, de toutes formations, au milieu de ces créatures, dont certaines sont d'âge respectable, la boucle (goudronnée) dans le parc est fascinante.
On se perd (évidemment...) dans Tucson...
Il est tard quand on aborde Apache Trail - Tortilla Flat (Superstition Saloon) vient juste de fermer (Damned !) et un orage menace... serrons les dents (pas que les dents...) et on y va : goudronnée au début, puis piste pas difficile, mais sérieux pour les débutants : ça monte/descend et tourne un peu, c'est pas très large, petits ponts à une voie... On croise 2 voitures avec remorques à bateaux.. des habitués... mais on est sacrément récompensé par les superbes couleurs de la piste - plein de saguaros. 1h30/2h pour arriver au bout.
Coucher : Best Western - Qualité prix = *
Resto : (?) un mexicain avec des tables peintes - un peu cher








J19 Sa 26 Payson/Sedona
Sedona : Oh, les rouges !
Environnement superbe. Beaucoup de travaux routiers en ville, vers Taqueplaque : embouteillages... On n'a pas vu Taqueplaque : trop de monde pour nous.
Coucher : Sky Ranch Lodge (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : pizzeria Picazzo - bof...



J20 Di 27 Sedona
Grande découverte que Sédona : un immense merci à Philippe (Schüler) pour nous avoir incité à y aller, (et aussi pour l'ensemble de ses conseils et de son "oeuvre" !!!) : un des plus beaux souvenirs du voyage - des roches rouges, au milieu de la ville, des balades superbes, (West Fork of Oak Creek : je m'y suis bien tordu la cheville : maladroit, parceque c'est sans doute un peu long, mais pas difficile, même si on peut parfois se tromper, ombragé, le "tunnel" où j'ai fait tomber un appareil photo dans l'eau, l'arbre qui tombe avec un bruit énorme sur le chemin !, etc. compter 4/5h aller retour, peut-être moins avec une cheville normale), le Red Planet Diner (assez bon), la pizzeria Picazzo un peu surfaite... et le Vortex !
Ne pas oublier qu'on est en altitude (moyenne) -
Coucher : Sky Ranch Lodge
Resto : Red Planet Diner - à voir - et pas mauvais (c'est un Diner...)




J21 Lu 28 Sedona/Painted Desert/Petrified Forest/Chinle Canyon Chelly
La route vers Flagstaff semble longue, d'où la question : ne vaut-il pas mieux loger à Sedona si on reste plus d'une nuit, les frais d'essence compensant le moindre coût du motel ?
Painted Desert pas inintéressant, on traverse des étendues de roches colorées, vues larges, avec à un endroit "l'air le plus pur des Etats Unis" Si, c'est marqué !
Tour des vues du haut du canyon de Chelly - presque personne, lumières douces
Coucher : Thunderbird Lodge (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafet du Lodge - bonne




J22 Ma 29 Canyon Chelly
L'excursion 1/2 journée en 4/4 (12 places environ, pas de toit) avec guide navajo à l'intérieur du canyon : à faire (chapeau et eau..., pas d'ombre dans le 4/4), pour l'ambiance, l'histoire racontée, la rencontre avec les autres passagers.
Bijoux et artisanat en vente aux 2 arrêts, certains vraiment intéressants (mieux à la première halte).
Moustiques !
Coucher : Thunderbird Lodge
Resto : Cafet du Lodge






J23 Me 30 Chinle/Gd Canyon North
En passant par la réserve Hopi - petit arrêt au Hopi Cultural Center à Second Mesa (excellent repas) , puis à Old Oraibi où il n'y a rien à voir sinon des maisons en torchis de bric et de broc : on ressent bien les difficultés sociales, et la valeur de l'eau...
Mais quand même parfois des panneaux solaires sur le toit, et des 4/4 impressionnants...
Bijoux authentiques à la Monongya Gallery; excellent accueil.
En Hopi, le son "oui" (à peu près) voudrait parait-il dire yes...( à vérifier) - étonnant, non ?
Route à partir de Jacob Lake = montagnes, forêts, petites fleurs, prairies...
Gd Canyon North moins de monde qu'au Sud, mais quand même... Pas le temps d'aller aux points de vues extérieurs au lodge - Donc une étape un peu inutile pour nous, c'était pour comparer, mais le trajet s'est révélé trop long à force de musarder... - Certes, des vues extraordinaires, qui vaudraient sans doute la peine de s'y attarder.
Coucher : Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Jolies petites cabines en rondins, certaines pas très loin du bord, grandes, mais c'est cher...)
Resto : restaurant du Lodge - cher - mais la vue, si on arrive à avoir une table près des fenêtres...



J24 Je 31 GdCanyonNorth/Antelope (upper)/Mexican Hat
Moments de route superbes entre Page et Mexican Hat (vers Kaibito par exemple).
On passe près de Monument Valley qu'on a déjà visité en 2005, mais avec un petit regret de ne pas y retourner.
Antelope (upper)... qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit ou montré ?
Coucher : San Juan Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : le grill qui balance...





J25 Ve 1 Mexican Hat/Moki Dudgway/Natural Bridges/Monticello
Moki Dudgway : ça monte mais ça reste roulant - en arrivant en haut, prendre 1ère piste à gauche (roulante) après l'overlook, assez longtemps (6 miles env): Muley Point - vues au bout superbes et bien dégagées... (non, pas derrière les oreilles) - vu personne pendant plus de 2 h...
Natural Bridges - très chaud - juste fait les points de vue.
Route vers Blanding très belle (rouges, verts...)
Coucher : Rodeway Inn - Qualité prix = 0 - propreté douteuse, gérant débordé - à éviter
Resto : (?) une rue à l'écart de la route principale - familial (buffet de hors d'oeuvres, ribs) et bon





J26 Sa 2 Monticello/Harts Draw Road/Needles/ soir route 128, Fisher towers
Harts Draw Road (491) : Très jolie route dans la forêt au matin : plein de petits animaux
Canyonlands (Needles) toujours étonnant de partout, des endroits si différents... parc à faire absolument - tranquille : Roadside Ruins, Cave Springs (2 échelles à monter (faciles))
Vers le soir, la lumière sur les Fishers. Piste courte, un peu défoncée sur la toute fin.
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = * : rien de spécial - chambres OK - accueil moyen - beaucoup de monde au petit dèj
Resto : Pasta Jay : pas convaincu...





J27 Di 3 Moab/ Negro Bill
C'est connu, c'est magnifique.
Evidemment, pour Negro Bill (env 4h A/R), on oublie un peu qu'il fait chaud, et on part avec, royal, 1/2 litre d'eau pour deux... et 2 bouteilles de 1/2 litre de boisson "énergétique".
Surtout à ne pas faire ! Même si on mouille sans cesse les chapeaux (et les fesses !) dans l'eau qui accompagne une grande partie du chemin, deux américaines (jeunes et sportives....) qui nous croisent à l'aller nous proposent une partie de leur bidon en voyant les rouges inédits et intéressants sur nos visages... : c'est sympa, mais on a sa fierté, que diantre, on s'en sortira comme des grands, style film d'aventures (une petite gorgée à toi, à moi...), mais à la limite de la déshydratation... Ne faites pas comme nous.
Attention, parfois le chemin n'est pas si facile à trouver (buissons d'herbes hautes), ou alors on s'est trompés, et ce n'est pas une balade si pépère que ça (ça monte et descend...).
Au bout, Morning Glory Arch, et un peu de fraîcheur (source) ! Récompensés et fiers !
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Buck's Grill House - cher mais bon. Pourboire obligatoire de 17%...




J28 Lu 4 Moab/Mill Creek Canyon/ soir Arches (Delicate)
L'expérience d'hier à Negro Bill nous a servi : on a 4l d'eau dans les sacs... Mill Creek bien beau aussi, on commence à être fatigués, on est pas des pros, faut se ménager pour Delicate... mais il fait moins chaud. Chemin un peu difficile à trouver, cascade au bout - 3 petites heures A/R.
En fin d'après-midi, , la montée à Delicate m'a semblé beaucoup moins ardue qu'en 2005 - sans doute un peu moins de chaleur, plus de vent. Mais plus de monde...
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Moab Diner



J29 Ma 5 Moab/Goblin Valley/ Fruita/ Scenic drive Cathedral Valley/ Torrey
Rigolos les Goblins, (ça doit être sympas pour les mômes), marrons marrants, petit arrêt à faire.
Little Wild Horse Canyon, j'ai été voir le début (Madame est restée dans la voiture, un peu fatiguée), avec les gros rochers qui bloquent, puis demi-tour, car Monsieur aussi, un coup de fatigue - dans ces cas là, ne pas insister.
Fruita : A-pics grisâtres, comme des rideaux, et en bas l'herbe des jardins. Le camping a l'air très sympa.
Vers Caineville, roches grises, un peu Death Valley.
Scenic Drive Cathedral Valley : comme d'autres, on a payé les 5$ (enveloppe), alors qu'on avait le pass...
Torrey : très vert, mais pluie battante...
Coucher : Austin Chuckwagon (réservé de France) - Qualité prix = ** - à la hauteur de sa réputation : accueil sympa de Michelle Perkins et Randy Austin, et logement très correct - épicerie.
Resto : Cafe Diablo - *** - super ! deuxième moment gastronomique, étonnant, avec là des saveurs inconnues (Ah! le cake au rattlesnake..., les herbes au goût étrange... non, pas ce à quoi certains pensent...).






J30 Me 6 Torrey/ Escalante
Dixie National Forest = pins, arbres blancs, montagne (9600 pieds), hélas nuages... des biches qui traversent.
En fait, on avait réservé au Boulder Mountain Ranch, mais ils avaient de (très) gros problèmes de plomberie, et l'ensemble paraissait un peu limite, en passe d'être rénové (ce que nous a dit le gars qui nous a accueilli) - Comme vraiment on tenait à l'eau courante, on a gentiment dit qu'on repasserait une autre année... pas de problème, et on s'est retrouvé à Escalante au Prospector. Avec Pauline, la gérante, à qui je demande si elle peut faire un prix... Aïe, le regard... et le ton ! "Non. Je fais jamais" (!!!). Bon, OK M'dame, on s'installe, et on va découvrir que Pauline (Ex Chauffeur/euse de son truck (Washington/Chicago/San Francisco) pendant 20 ans....!) est adorable (peut-être parcequ'on lui a offert des petits beurre, des vrais de France, qu'on avait encore au fond des valises...). Elle nous offrira des petites tomates de son jardin et un petit verre qu'on garde précieusement...
Boutique Serenidad : le Monsieur connaît très bien Laurent Martres, et aussi Philippe Schüler (Sedonax)
Il pleut, donc on ne pourra pas faire les pistes...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel

J31 Je 7 Escalante/Burr Trail
Il pleut encore ! Un peu la Burr Trail (goudronnée), mais pas beaucoup plus loin.
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel





J32 Ve 8 Escalante/Kodachrome
Il pleut toujours! Kodachrome - des trombes d'eau...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel


J33 Sa 9 Escalante/Bryce
Bryce déjà vu en 2005 - toujours dans le trio de tête de nos parcs préférés. Visite au bout du parc (points de vues, Britlescone Loop) et Navajo Loop.
Mossy Cave à l'extérieur du Parc est très facile - petite cascade.
Coucher : Bryce Canyon Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Resto du Lodge - cher




J34 Di 10 Bryce/un peu Cottonwood Road par le sud (15 miles)/Paria Outpost
Impossible de prendre la Cottonwood Canyon Road par le nord (mouillée...).
On passe par Kanab, et juste avant d'aller à l'Outpost, frustrés par la pluie des jours précédents, on essaie Cottonwood Canyon Road par l'entrée (sud) qui n'est pas loin - Début prometteur et mystérieux, mais le soir tombe, et quelques gros trous remplis d'eau nous font rebrousser chemin.
On ne verra pas nos hôtes ce soir, après avoir téléphoné, un petit mot adorable sur la porte nous indique où est la clé.
Coucher : Paria Outpost (réservé de France) - Qualité prix = ** pour l'ambiance générale - une petite chambre très simple avec douche - pas luxe, mais ça ne nous a pas dérangé.
Resto : Page - tous les restos bien pleins - donc une pizzeria (?) avec plein de français dans la queue...




J35 Lu 11 Paria Outpost/Coyote Buttes South
Avec les Parias Outfitters (les Dodsons) (Susan, Steve était occupé), une journée d'anthologie pour nous, Paw Hole, White Pockets (découvert par les frères Leech (?) qui trouvaient cet endroit nul...), etc., à voir et à vivre. Inoubliable. ****
Je n'aurais jamais pu conduire un 4/4 seul pour y arriver : à mon avis, il faut vraiment être très expérimenté dans ce type de conduite pour le faire sans guide. Susan l'est...et son 4/4 est solide !
Le soir, on croise Steve qui connaît bien Phil Lesh (bassiste du Dead pour les connaisseurs...). Hélas, ils sont pris ailleurs, on aurait vraiment aimé passer plus de temps avec eux (et encore parler de Bush et Obama, pas encore élu à cette date : heureusement, qu'il l'a été, ils étaient prêts à s'exiler si ça n'avait pas été le cas...), et on va se coucher complètement épuisés après un excellent repas préparé par Susan.
Coucher : (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : sur place, par Susan







J36 Ma 12 Paria Outpost/Las Vegas
A Kanab, voiture de police sur bord de route... avec un mannequin à l'intérieur ! Mais attention, la prochaine fois ce sera peut-être un vrai...
A Zion la route passe à un moment dans un tunnel avec ouvertures sur la montagne.
Entre St Georges et Las Vegas, (vers Mesquite) route désertique avec montagnes grises pelées - très chaud.
A Las Vegas, bien viser ses horaires (les décaler au plus tôt) pour éviter les interminables queues aux buffets, surtout le soir...
Coucher : Bill's - (réservé de France) - Qualité prix = ** bien situé, pas cher, mais rien d'exceptionnel : c'est pas grave, c'est pour dormir...
Resto : Buffet Planet Hollywood ** - comme en 2005

J37 Me 13 Las Vegas
Repos, visites casinos - le soir, spectacle Love (Cirque du Soleil) au Mirage - Superbe, impressionnant, émouvant - et pour moi qui ait connu les Beatles au début, des bouffées de bonheur nostalgique incontrôlables (ben oui, des larmichettes), c'est toute ma jeunesse qui remonte, et ça fait tout drôle...
Coucher : Bill's
Resto : Buffet Mirage *

J38 Je 14 Las Vegas
Repos, visites, outlets (jeans et chaussures surtout) : attention, c'est fatigant les outlets...
Coucher : Bill's
Resto : Victorian room (Bill's) - correct

J39 Ve 15 Las Vegas/Death Valley
Déjà vue en 2005 - un peu moins torride cette année.
Piscine bien chaude au Furnace Creek Ranch -
Coucher : Furnace Creek Ranch (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Furnace Creek Inn


J40 Sa 16 Death Valley/Sequoia/Fresno
Route vers Lonepine assez montagneuse (5000 pieds)
Avant Trona, une "ville fantôme" (Ballarat ?) inintéressante (quasiment rien)
Trona, déprimant. Voitures rouillées, baraques en ruines, style base de l'armée quasi abandonnée - après la guerre nucléaire...
Sequoia, sympa, route qui tourne beaucoup, qui monte, Général Sherman à voir (un peu de marche, 1km5 A/R en pente) mais moins fort comme impression que les Redwoods... On est peut-être fatigués...
Prévoir essence, car peu de pompes, et cher !
Sans réserver, on pensait trouver vers Sequoia, mais beaucoup de motels ou lodges sont pleins, la nuit tombe et on décide de pousser jusqu'à Fresno, où on se perd grave car il fait nuit !...
Coucher : Fresno Marriott Springhill Suites - Qualité prix = * un peu cher, mais le gars au desk nous fait un prix - et il y a une française sympathique comme manager ! (Isabelle Louis-Oleary)
Resto : rien (si, un truc à metre dans le micro-ondes...mais je sais plus quoi) - dodo



J41 Di 17 Fresno/San Francisco
4$ péage en arrivant par le Bay Bridge
Coucher : Chancellor, histoire de s'offrir un petit luxe (réservé de France) - Qualité prix = ** (pas trop cher pour sa situation) : vieil hôtel, chambres petites, mais très bien tenu, central, avec un staff qui a le sens de l'humour, compétent et de bon conseil.
Resto : Uncle Vito's *



J42 Lu 18 San Francisco
Les otaries à Fisherman qui parlent fort !
Chinatown, pour s'y perdre, pour les poissons séchés, les légumes incroyables, les champignons, les petits passages où on trouve des boutiques totalement improbables... Beaucoup de locaux ne parlent pas anglais...
Coucher : Chancellor
Resto : Harris's - grillades - chic et cher





J43 Ma 19 San Francisco
Mission - voir les fresques à Clarion Alley presqu'en face de Mission Police Station 630 Valencia
Castro, très coloré
Coucher : Chancellor
Resto : La Taqueria Mission * - On est servis au comptoir - bien bon les tacos et burritos, mais les jus de fruits nous ont semblé bizarres.




J44 Me 20 San Francisco
Matin : croissants de chez Boudin.
Repos et courses souvenirs - sérénité...
Coucher : Chancellor
Resto : Wood house Fish Company - sympa, tenu par des jeunes - très bruyant, mais bonne qualité



J45 Je 21 San Francisco/Avion/Paris
Un peu fatigués, 45 jours c'est long... mais plein de souvenirs et d'envies d'y retourner...

Alors, maintenant...
.... Bon voyage à vous !
Les +++
San Francisco, toujours...
CBS
Kasha-Katuwe
Crater Lake
Sedona
Les bijoux Hopis (argent), et leur sens
Les bijous Zunis (argent)
Apache Trail
Restos : Cafe Roka Bisbee, El Diablo Torrey
Moab et alentours, encore...
Spectacle Love à Las Vegas
(Carizzozo hors concours)
Les ++
Yellowstone
Bandelier
Canyon de Chelly
Saguaro East
Antelope
Moki Dudgway
White Sands
Great Sand Dunes
Vince du Coventry
Scenic Road Cathedral Valley (le vrai grand tour doit être extraordinaire)
Globalement, tous les rangers rencontrés
Le Toyota Four Runner
Les + :
Santa Fe
Bisbee/Tombstone
L'accueil Alamo Albuquerque
Le jeune punk garagiste vers Boise
Le policier à Las Cruces
Restos : San Francisco : La Taqueria (Mission), You's dim sum (Chinatown), et Uncle Vito's (Union Square) - Albuquerque : Sadie's Cocinita et Cooperage - Sedona : Red Planet Diner
Le bourbon Knob Creek (du Kentucky ! bu à San Francisco)
Le Toyota Four Runner
Le barman caviste du Chancellor (bien compétent, et fin )
Très souvent du WiFi dans les motels
Les "un peu moins" :
- le trop grand appétit de voir tout (je sais, on me l'avais dit...), qui conduit à speeder, voire à squeezer, des visites quand survient un contretemps... par exemple, ne pas oublier que sur un trajet (hors autoroute), on traverse des patelins, tout en longueur, et que la vitesse y est limitée (25/35 mph) - de même, il y aussi des travaux sur les routes aux USA, et on se trompe, on prend des photos... : donc la moyenne baisse...beaucoup !
- le verre d'eau du robinet parfois payant dans certains (pas tous !) fast food (Taco Bell, divers indépendants...)
- Roswell : tristounet...
- Taos : trop touriste
- La pluie quand il faut pas ! donc des pistes éliminées
- Les travaux et l'attente interminable sur certaines routes
Les "beaucoup moins" :
- La road assistance et la réaction Alamo Jackson
- Les types louches qui nous ont suivis un soir à Albuquerque...
- Se perdre à El Paso (beau titre de film...) et manquer se retrouver au Mexique sans le vouloir...
- La perte (temporaire) de valise par Air France (mais il est vrai qu'ils ont tout de suite compensé)
Que représente la rubrique "Amérique du Nord" en particulier pour vous? English translation pending
Pour moi c'était au départ un moyen d'échanger des
expériences de voyage
De renseigner les autres quand mon expérience le pouvait
Me rendre utile aux autres
Trouver des informations que je n'avait pas
Partager des moments humouristiques avec certains
Mais ce n'est surement pas un endroit ou on se dispute se chicane ou des discussions tournent au pugila moi j'ai raison toi tu as tort
Vous les français vous les canadiens ect...
Restons tous courtois respectons nous et surtout que certains ne se servent pas de ce forum comme d'une agence de voyage gratis car c'est souvent le cas maintenant Les personnes qui ecrivent et donnent leur astuces sont des personnes comme les autres qui ont la gentillesse de vous faire partager leur expérience et ne viennent pas pour étre juger ni critiquer
Pour ma part j'ai toujours dit et pensé je vais ainsi; faites de même si cela vous convient ;faites autrement si cela ne vous convient pas ;chacun est libre de faire ce qu'il veut d'avoir son opinion et de faire part de son expérience
Je continuerais a aider dans la mesure ou je le peux bien que plusieurs fois j'ai pensé quitter definitivement ce forum
Pour moi si une fois par semaine j'ai pu étre utile a quelqu'un je suis contente mais me faire envoyer dans le mur non là çà suffit
A plus merci de m'avoir lue et de mettre ceux qui le veulent un post dans cette discussion
Marie françoise
De renseigner les autres quand mon expérience le pouvait
Me rendre utile aux autres
Trouver des informations que je n'avait pas
Partager des moments humouristiques avec certains
Mais ce n'est surement pas un endroit ou on se dispute se chicane ou des discussions tournent au pugila moi j'ai raison toi tu as tort
Vous les français vous les canadiens ect...
Restons tous courtois respectons nous et surtout que certains ne se servent pas de ce forum comme d'une agence de voyage gratis car c'est souvent le cas maintenant Les personnes qui ecrivent et donnent leur astuces sont des personnes comme les autres qui ont la gentillesse de vous faire partager leur expérience et ne viennent pas pour étre juger ni critiquer
Pour ma part j'ai toujours dit et pensé je vais ainsi; faites de même si cela vous convient ;faites autrement si cela ne vous convient pas ;chacun est libre de faire ce qu'il veut d'avoir son opinion et de faire part de son expérience
Je continuerais a aider dans la mesure ou je le peux bien que plusieurs fois j'ai pensé quitter definitivement ce forum
Pour moi si une fois par semaine j'ai pu étre utile a quelqu'un je suis contente mais me faire envoyer dans le mur non là çà suffit
A plus merci de m'avoir lue et de mettre ceux qui le veulent un post dans cette discussion
Marie françoise
Monument Valley: hôtel "The View" (États-Unis) English translation pending
Coté hebergement, l'idée générale de mon voyage étant :
- d'eviter autant que possible les hotels " de chaine " - d'essayer d'être aussi pret que possible des viewpoints
Après avoir dans un premier temps reservé au Goulding, j'ai appris l'existence de l'hotel " The View " qui étaient certes affreusement cher mais dont l'emplacement semblait " de rêve " ! ( voir >>ICI<< ) De plus pour le prix il faut nuancer car le Goulding étant déja à 198$/nuit, le prix de 240$ TTC du View n'était pas si astronomique que ça... Mais bon, je conviens que ça fait quand même un paquet de billets verts ...
En arrivant par la 163, il ya un carrefour ou, d'un coté on s'éloigne de Monument Valley, c'est pour aller au Goulding, et de l'autre on se dirige VERS Monument Valley et c'est pour aller au View. Avant d'y arriver il faut payer les 6$ de droit d'entrée dans la nation Navajo, (la guérite étant intelligmeent du coté passagers dela voiture, lorsqu'on est tout seul c'est hyper pratique mais bon la demoiselle Navajo et moi on a bien rigolé, elle allongé par la fenêtre de la guérite et moi dans la voiture !! )
Pour ces 6$ il aurait fallu les payer à un moment ou un autre pour arriver aux pitons rocheux. la différence c'est que là on n'aura à les payer qu'une fois puisque comme on ne ressort pas pour dormir, alors que d'après ce que j'ai compris, au Goulding, si vous alliez au pitons le soir pour le sunset c'était 6$ et si on y retournait le lendemain matin c'était encore 6$ ...
Coté parking, l'hotel n'a rien d'extra surtout que si l'hotel est terminé, il y a encore des travaux sur un coté ( en fait je pense que le View est à l'emplacement de l'ancien Visitor's center car de nombreux messages font allusion à la belle vue depuis la terrasse du VCenter, hors j'ai pas vu de VCenter et la belle vue est depuis la terrasse du View et j'ai donc l'impression qu'il font un nouveau visitor's center sur le coté de l'hotel ) ces travaux n'ayant aucune incidences sur la qualité de l'hotel. De toutes façons, l'hotel devait s'intégrer aux rochers alentours donc ils ne pouvaient pas faire un truc " qui pète"
Le View coté parking
Et le View coté falaise ... Pas mal intégré n'est ce pas ?
Dans l'hotel la déco elle aussi sobre et de bon gout evidement type " Navajo Roots " avec une musique de fond " New Age - Easy listening - Indians " ( OUi ça veut dire que 10 minutes ça va mais que si j'y travaillais je finirais par manger le système de diffusion de musique 😎😎😎 ) le personnel est bien evidement Navajo ET TRES AIMABLE 😉😉😉
Le lobby du View


A noter que dans l'angle du lobby il y a un ordi pour les guests. Il y a le Wi Fi dans le lobby permettant de se connecter avec son propre portable mais je ne me rappel plus s'il y avait le wi fi dans les chambres ou pas ... 🤪🤪 UNe chose est sure il n'y a pas de reseau GSM là bas !
Check in rapide comme toujours, on me donne une liste des Tours Operator de Monument Valley, un bon de réduction de 5$ à valoir sur un repas au restaurant et un plan de l'hotel ainsi que des explications. J'hérite de la chambre 326. Il est a noter que TOUTES les chambres bénéficient de la vue sur les pitons rocheux, PAS de chambre avec vue sur le parking !
Les balcons des chambres du coté Vue ...
The Map !
Comme on le voit, les couloirs sont deservis depuis le lobby par un ascenseur ou par des escaliers partant du parking. Ouverture de la chambre par carte magnétique, je jette un oeil à la joile chambre, elle aussi sobre et de bon gout, et je vais direct au balcon et là ... Punaise, quel View !!! 😎😎😎
La chambre
LA VUE !
Depuis le balcon de la chambre ...
Quelle Vue !!! C'est réellement à couper le souffle !!
Et lorsqu'on ouvre les yeux, avoir CA comme première vue pour la journée ( et c'est vraiment ce qui m'a reveillé, faudra que je vous raconte ... 😉 ) ça n'a pas de prix !! 😛😛 (en fait si du coup : 240$ 😎😎😎)

Pour le coté resto, ayant également décidé de fuir les buffet et resto des hotels, je suis ressorti mangé le soir à Mexican Hat je n'ai donc pris que le breakfast la bas, de ce coté là c'est du classique : un buffet ...
Donc en résumé, l'hotel est facile à trouver, bien décoré, les chambres sont jolie et confortables, il y a suffisament de parkings pour pouvoir arriver le dernier et se garer sans stress ( pas le cas de tous les hotels mais j'y reviendrais dans quelques semaines 😉) en ce qui me concerne, je n'ai vraiment pas regretté un seul instant le prix de la chambre !!!
Voila voila voili ... Ca vous va comme review ??? 😎😎
- d'eviter autant que possible les hotels " de chaine " - d'essayer d'être aussi pret que possible des viewpoints
Après avoir dans un premier temps reservé au Goulding, j'ai appris l'existence de l'hotel " The View " qui étaient certes affreusement cher mais dont l'emplacement semblait " de rêve " ! ( voir >>ICI<< ) De plus pour le prix il faut nuancer car le Goulding étant déja à 198$/nuit, le prix de 240$ TTC du View n'était pas si astronomique que ça... Mais bon, je conviens que ça fait quand même un paquet de billets verts ...
En arrivant par la 163, il ya un carrefour ou, d'un coté on s'éloigne de Monument Valley, c'est pour aller au Goulding, et de l'autre on se dirige VERS Monument Valley et c'est pour aller au View. Avant d'y arriver il faut payer les 6$ de droit d'entrée dans la nation Navajo, (la guérite étant intelligmeent du coté passagers dela voiture, lorsqu'on est tout seul c'est hyper pratique mais bon la demoiselle Navajo et moi on a bien rigolé, elle allongé par la fenêtre de la guérite et moi dans la voiture !! )
Pour ces 6$ il aurait fallu les payer à un moment ou un autre pour arriver aux pitons rocheux. la différence c'est que là on n'aura à les payer qu'une fois puisque comme on ne ressort pas pour dormir, alors que d'après ce que j'ai compris, au Goulding, si vous alliez au pitons le soir pour le sunset c'était 6$ et si on y retournait le lendemain matin c'était encore 6$ ...
Coté parking, l'hotel n'a rien d'extra surtout que si l'hotel est terminé, il y a encore des travaux sur un coté ( en fait je pense que le View est à l'emplacement de l'ancien Visitor's center car de nombreux messages font allusion à la belle vue depuis la terrasse du VCenter, hors j'ai pas vu de VCenter et la belle vue est depuis la terrasse du View et j'ai donc l'impression qu'il font un nouveau visitor's center sur le coté de l'hotel ) ces travaux n'ayant aucune incidences sur la qualité de l'hotel. De toutes façons, l'hotel devait s'intégrer aux rochers alentours donc ils ne pouvaient pas faire un truc " qui pète"
Le View coté parking

Et le View coté falaise ... Pas mal intégré n'est ce pas ?

Dans l'hotel la déco elle aussi sobre et de bon gout evidement type " Navajo Roots " avec une musique de fond " New Age - Easy listening - Indians " ( OUi ça veut dire que 10 minutes ça va mais que si j'y travaillais je finirais par manger le système de diffusion de musique 😎😎😎 ) le personnel est bien evidement Navajo ET TRES AIMABLE 😉😉😉
Le lobby du View



A noter que dans l'angle du lobby il y a un ordi pour les guests. Il y a le Wi Fi dans le lobby permettant de se connecter avec son propre portable mais je ne me rappel plus s'il y avait le wi fi dans les chambres ou pas ... 🤪🤪 UNe chose est sure il n'y a pas de reseau GSM là bas !
Check in rapide comme toujours, on me donne une liste des Tours Operator de Monument Valley, un bon de réduction de 5$ à valoir sur un repas au restaurant et un plan de l'hotel ainsi que des explications. J'hérite de la chambre 326. Il est a noter que TOUTES les chambres bénéficient de la vue sur les pitons rocheux, PAS de chambre avec vue sur le parking !
Les balcons des chambres du coté Vue ...

The Map !

Comme on le voit, les couloirs sont deservis depuis le lobby par un ascenseur ou par des escaliers partant du parking. Ouverture de la chambre par carte magnétique, je jette un oeil à la joile chambre, elle aussi sobre et de bon gout, et je vais direct au balcon et là ... Punaise, quel View !!! 😎😎😎
La chambre

LA VUE !

Depuis le balcon de la chambre ...

Quelle Vue !!! C'est réellement à couper le souffle !!
Et lorsqu'on ouvre les yeux, avoir CA comme première vue pour la journée ( et c'est vraiment ce qui m'a reveillé, faudra que je vous raconte ... 😉 ) ça n'a pas de prix !! 😛😛 (en fait si du coup : 240$ 😎😎😎)

Pour le coté resto, ayant également décidé de fuir les buffet et resto des hotels, je suis ressorti mangé le soir à Mexican Hat je n'ai donc pris que le breakfast la bas, de ce coté là c'est du classique : un buffet ...
Donc en résumé, l'hotel est facile à trouver, bien décoré, les chambres sont jolie et confortables, il y a suffisament de parkings pour pouvoir arriver le dernier et se garer sans stress ( pas le cas de tous les hotels mais j'y reviendrais dans quelques semaines 😉) en ce qui me concerne, je n'ai vraiment pas regretté un seul instant le prix de la chambre !!!
Voila voila voili ... Ca vous va comme review ??? 😎😎
Ne dites pas à ma mère que je visite l'Iran, elle me croit sur une plage de Punta Cana! English translation pending
Bonjour,
Je sais que je ne publie pas ce carnet au bon moment alors que la situation en Iran et les manifestations risquent de tourner au drame ( Juin 2009 ), mais dans un sens cela traduit aussi ce que nous avons ressenti sur place avec un décalage flagrant entre la population et l'image de marque déplorable de ses dirigeants aux déclarations tapageuses. Nous n'avons jamais été aussi bien accueillis dans un pays et nous avons découvert des gens charmants, aimables, amoureux et fiers de leur pays, désireux de s'ouvrir au monde et comme chacun d'entre nous, pouvoir travailler, élever leurs enfants et vivre tranquillement.
Au retour, la seule question qui nous taraudait : Après l'Iran, où aller ensuite 😇
Notre circuit se déroule du Vendredi 8 Mai au Vendredi 22 Mai 2009 afin de rentrer dans le cadre du visa de 15 jours obtenus à l'arrivée sans passer par l'ambassade parisienne. Faut avouer qu'on s'est décidés 3 semaines avant le départ et qu'il a fallu faire au + pressé dans beaucoup de situations. D'un autre côté, ça évite aussi de se poser trop de questions sur cette destination qui appelle beaucoup de questions ... et souvent sans réponses 😛
Je ne trouve pas d'avion pour Kerman aux dates que je veux donc on va zapper et se concentrer sur le centre et qq villes en prenant plus le temps. Téhéran - Avion vers Shiraz - Bus vers Yazd - Bus vers Ispahan - Bus vers Kashan - Bus Téhéran et retour.

Vendredi 8 Mai 2009 :
Nous arrivons à Téhéran avec Iran Air à 23h00. Mauricette ajuste son écharpe obligatoire. Elle a sa blouse couvrant les fesses, son pantalon ... C'est parti pour 2 semaines, ma pôvre ! Les visas se font juste avant la sortie. On donne son passeport et on remplit une fiche très simple qu'on remet au bureau à côté avec 50€. Même pas besoin des 2 photos qu'on voit écrit partout. Déjà, on se dit que si on paye d'avance, ils vont pas nous le refuser hein ? Because, t'es quand même dans tes petits souliers à ce moment-là si on t'annonce que c'est pas bon !
On passe ensuite l'immigration puis prise des empreintes au scanner. Bref, pas + chiant qu'aux USA sauf qu'ici, on te demande même pas si tu viens tuer le Président 😎
Nous allons ensuite au bureau de change, car tout doit être payé en cash. Je change 500€ et je me retrouve avec des liasses de 100 billets de 10.000 Rials ( 10.000 Rials = 0, 75€ ). Il y a bien des billets de 20.000 et 50.000 mais avec des 10.000, je fourre tout dans mon sac comme si je venais de dévaliser la Banque.
Taxi pour l'hôtel Atlas que j'avais réservé d'avance car là aussi, on m'avait dit qu'il fallait justifier d'une adresse à l'arrivée mais on m'a rien demandé. De toutes façons, c'est pas à 1h00 du matin que j'allais chercher un hôtel dans une capitale. Heureusement que j'ai récupéré une carte sur le site de l'hôtel car le chauffeur ne connait pas. Ca sera assez souvent le cas d'ailleurs. Mieux vaut avoir l'adresse exacte à chaque fois ! Personne dans les rues et on arrive bien au bon endroit.

Bon c'est assez propre et calme, c'est tout ce qu'on demande. Dodo.
Samedi 9 Mai 2009 : Petit-déjeuner inclus puis on laisse nos bagages à la réception car nous prenons l'avion cet APM pour Shiraz. J'avais décidé de pas m'éterniser sur Téhéran. Tout le monde aura sans doute le Lonely Planet ( 2005 en VF ) et la carte du centre-ville est fausse sur les numéros affectés aux hôtels. 😕 Bref, on comprend rien en cherchant des rues qui sont bien + bas et le métro qui devrait être pas loin non plus. La circulation infernale n'arrange rien et on avance mais sans savoir où on va en espérant un miracle ... et ça n'arrive pas !
On se fait harponner par un taxi qui a flairé le touriste en perdition. C'est comme les chiens, ils le sentent 😛 Il cause anglais mais ne sait pas où se trouve le palais du Golestan. Ben dis-donc, ils sont un peu légers les taxis ici. C'est un des trucs les + visités quand même. Et cet andouille nous dépose fiérement devant le Musée National qu'on ne voulait absolument pas visité. Super et Merci.
Bon, on se replonge dans le LP et on retrouve nos petits maintenant. On zappe le musée national dont les commentaires ne m'encouragent pas et on va un peu + haut au Musée du Verre et de la Céramique.

Petit musée bien présenté et assez moderne. C'est bouclé en 1h00. En rejoignant le Golestan à pied, on passe devant un bâtiment dont les décors nous font penser que ça doit pas être le ministère de la Musique

Finalement, c'était pas trop loin mais la salle du Trône est fermée donc on prend juste le ticket "Jardin" ( 4.000 Rials ) pour les extérieurs.


C'est aussi le commencement de nos contacts avec les iraniens et le questionnaire souvent identique : - D'ou venez-vous ? - Comment trouvez-vous l'Iran ? - Est-ce que ça se passe bien et besoin d'aide ?
13h00 : On se lance dans le métro moderne pour remonter vers notre hôtel. On récupère les bagages et taxi vers l'autre aéroport de Téhéran, Mehrabad pour les vols domestiques tandis que IKA ( Imam Khomeni Airport ) l'a remplacé en 2005 pour les vols internationaux. Ca roule plutôt bien et nous arrivons à 14h30 en 30mn même si ça peut prendre des plombes en cas d'embouteillages monstrueux assez fréquents.
Mon billet électronique vers Shiraz acheté sur OPODO depuis la France ne pose aucun souci. Ouf, encore un truc où j'étais inquiet 😇 On déjeune avec nos 1ers kebab - riz puis on va prendre l'air dehors en attendant l'enregistrement. On s'installe près de la borne des taxis jaunes, à différencier des taxis communs qui prennent plusieurs passagers et les pirates comme un peu partout. Pour les taxis jaunes, c'est simple. Les gars rabattent le client pour se défendre des pirates donc faut savoir à qui tu as affaire dès le départ. Tu arrives à une guérite où on t'annonce le prix ( au moins c'est clair et sans surprise ) et on t'affecte un chauffeur selon un ordre bien défini, qui peut être différent de celui qui t'a amené. Bref, on observe ce petit monde où on s'insulte copieusement quand faut se battre pour un client mais ils se cotoient depuis des années et tous les jours 😎 A un moment, il y a distribution de gateaux à tous les chauffeurs, leur goûter je suppose ? Et le gars nous en offre 1 chacun également.
Ben voilà, ça sera comme ça pendant tout notre séjour !
17h30 : Décollage dans un Fokker 100 nickel d'Iran Air. Aucune différence avec un vol intérieur d'Europe. Petite collation avec Jus d'orange - 1 pomme et 1 biscuit. 19h00 : Arrivée à Shiraz. Direct à la guérite des taxis jaunes. On connait par coeur maintenant 😛. Le gars annonce 40.000 Rials pour l'hôtel ERAM en plein centre-ville. Petite balade dans les rues au hasard, c'est + calme et facile qu'à Téhéran.
Là aussi, on commence notre collection de " On se prend en photo ? "

Je sais que je ne publie pas ce carnet au bon moment alors que la situation en Iran et les manifestations risquent de tourner au drame ( Juin 2009 ), mais dans un sens cela traduit aussi ce que nous avons ressenti sur place avec un décalage flagrant entre la population et l'image de marque déplorable de ses dirigeants aux déclarations tapageuses. Nous n'avons jamais été aussi bien accueillis dans un pays et nous avons découvert des gens charmants, aimables, amoureux et fiers de leur pays, désireux de s'ouvrir au monde et comme chacun d'entre nous, pouvoir travailler, élever leurs enfants et vivre tranquillement.
Au retour, la seule question qui nous taraudait : Après l'Iran, où aller ensuite 😇
Notre circuit se déroule du Vendredi 8 Mai au Vendredi 22 Mai 2009 afin de rentrer dans le cadre du visa de 15 jours obtenus à l'arrivée sans passer par l'ambassade parisienne. Faut avouer qu'on s'est décidés 3 semaines avant le départ et qu'il a fallu faire au + pressé dans beaucoup de situations. D'un autre côté, ça évite aussi de se poser trop de questions sur cette destination qui appelle beaucoup de questions ... et souvent sans réponses 😛
Je ne trouve pas d'avion pour Kerman aux dates que je veux donc on va zapper et se concentrer sur le centre et qq villes en prenant plus le temps. Téhéran - Avion vers Shiraz - Bus vers Yazd - Bus vers Ispahan - Bus vers Kashan - Bus Téhéran et retour.

Vendredi 8 Mai 2009 :
Nous arrivons à Téhéran avec Iran Air à 23h00. Mauricette ajuste son écharpe obligatoire. Elle a sa blouse couvrant les fesses, son pantalon ... C'est parti pour 2 semaines, ma pôvre ! Les visas se font juste avant la sortie. On donne son passeport et on remplit une fiche très simple qu'on remet au bureau à côté avec 50€. Même pas besoin des 2 photos qu'on voit écrit partout. Déjà, on se dit que si on paye d'avance, ils vont pas nous le refuser hein ? Because, t'es quand même dans tes petits souliers à ce moment-là si on t'annonce que c'est pas bon !
On passe ensuite l'immigration puis prise des empreintes au scanner. Bref, pas + chiant qu'aux USA sauf qu'ici, on te demande même pas si tu viens tuer le Président 😎
Nous allons ensuite au bureau de change, car tout doit être payé en cash. Je change 500€ et je me retrouve avec des liasses de 100 billets de 10.000 Rials ( 10.000 Rials = 0, 75€ ). Il y a bien des billets de 20.000 et 50.000 mais avec des 10.000, je fourre tout dans mon sac comme si je venais de dévaliser la Banque.
Taxi pour l'hôtel Atlas que j'avais réservé d'avance car là aussi, on m'avait dit qu'il fallait justifier d'une adresse à l'arrivée mais on m'a rien demandé. De toutes façons, c'est pas à 1h00 du matin que j'allais chercher un hôtel dans une capitale. Heureusement que j'ai récupéré une carte sur le site de l'hôtel car le chauffeur ne connait pas. Ca sera assez souvent le cas d'ailleurs. Mieux vaut avoir l'adresse exacte à chaque fois ! Personne dans les rues et on arrive bien au bon endroit.

Bon c'est assez propre et calme, c'est tout ce qu'on demande. Dodo.
Samedi 9 Mai 2009 : Petit-déjeuner inclus puis on laisse nos bagages à la réception car nous prenons l'avion cet APM pour Shiraz. J'avais décidé de pas m'éterniser sur Téhéran. Tout le monde aura sans doute le Lonely Planet ( 2005 en VF ) et la carte du centre-ville est fausse sur les numéros affectés aux hôtels. 😕 Bref, on comprend rien en cherchant des rues qui sont bien + bas et le métro qui devrait être pas loin non plus. La circulation infernale n'arrange rien et on avance mais sans savoir où on va en espérant un miracle ... et ça n'arrive pas !
On se fait harponner par un taxi qui a flairé le touriste en perdition. C'est comme les chiens, ils le sentent 😛 Il cause anglais mais ne sait pas où se trouve le palais du Golestan. Ben dis-donc, ils sont un peu légers les taxis ici. C'est un des trucs les + visités quand même. Et cet andouille nous dépose fiérement devant le Musée National qu'on ne voulait absolument pas visité. Super et Merci.
Bon, on se replonge dans le LP et on retrouve nos petits maintenant. On zappe le musée national dont les commentaires ne m'encouragent pas et on va un peu + haut au Musée du Verre et de la Céramique.

Petit musée bien présenté et assez moderne. C'est bouclé en 1h00. En rejoignant le Golestan à pied, on passe devant un bâtiment dont les décors nous font penser que ça doit pas être le ministère de la Musique

Finalement, c'était pas trop loin mais la salle du Trône est fermée donc on prend juste le ticket "Jardin" ( 4.000 Rials ) pour les extérieurs.


C'est aussi le commencement de nos contacts avec les iraniens et le questionnaire souvent identique : - D'ou venez-vous ? - Comment trouvez-vous l'Iran ? - Est-ce que ça se passe bien et besoin d'aide ?
13h00 : On se lance dans le métro moderne pour remonter vers notre hôtel. On récupère les bagages et taxi vers l'autre aéroport de Téhéran, Mehrabad pour les vols domestiques tandis que IKA ( Imam Khomeni Airport ) l'a remplacé en 2005 pour les vols internationaux. Ca roule plutôt bien et nous arrivons à 14h30 en 30mn même si ça peut prendre des plombes en cas d'embouteillages monstrueux assez fréquents.
Mon billet électronique vers Shiraz acheté sur OPODO depuis la France ne pose aucun souci. Ouf, encore un truc où j'étais inquiet 😇 On déjeune avec nos 1ers kebab - riz puis on va prendre l'air dehors en attendant l'enregistrement. On s'installe près de la borne des taxis jaunes, à différencier des taxis communs qui prennent plusieurs passagers et les pirates comme un peu partout. Pour les taxis jaunes, c'est simple. Les gars rabattent le client pour se défendre des pirates donc faut savoir à qui tu as affaire dès le départ. Tu arrives à une guérite où on t'annonce le prix ( au moins c'est clair et sans surprise ) et on t'affecte un chauffeur selon un ordre bien défini, qui peut être différent de celui qui t'a amené. Bref, on observe ce petit monde où on s'insulte copieusement quand faut se battre pour un client mais ils se cotoient depuis des années et tous les jours 😎 A un moment, il y a distribution de gateaux à tous les chauffeurs, leur goûter je suppose ? Et le gars nous en offre 1 chacun également.
Ben voilà, ça sera comme ça pendant tout notre séjour !
17h30 : Décollage dans un Fokker 100 nickel d'Iran Air. Aucune différence avec un vol intérieur d'Europe. Petite collation avec Jus d'orange - 1 pomme et 1 biscuit. 19h00 : Arrivée à Shiraz. Direct à la guérite des taxis jaunes. On connait par coeur maintenant 😛. Le gars annonce 40.000 Rials pour l'hôtel ERAM en plein centre-ville. Petite balade dans les rues au hasard, c'est + calme et facile qu'à Téhéran.
Là aussi, on commence notre collection de " On se prend en photo ? "

Au pays des Nabatéens: la Jordanie English translation pending
Au pays des nabatéens : la Jordanie
Un petit pays dont les trois quarts livrés au désert, toute une page d’histoire biblique, romaine, nabatéenne, des forteresses des croisés, des châteaux du désert, une mer en passe de disparaître, une mer riche en fond marin, les traces de Lawrence d’Arabie, autant de merveilles culturelles et naturelles qui ne pouvaient que nous attirer ! Depuis longtemps la Jordanie nous faisait envie, depuis très longtemps la cité de Pétra nous faisait rêver ! Nous ne devions partir qu’à quatre mais au dernier moment, Romain s’est ravisé et à décider de partir avec nous pendant onze jours sur les dix-huit ; juste le temps de rêver devant Pétra ! Nous devions aussi jumeler notre voyage en Jordanie avec 5 jours à Jérusalem et ses environs. Les récents événements en Palestine nous ont décidés à boycotter le pays… Dernière particularité de ce voyage : nous sommes en partie passer par un prestataire, chose que d’habitude, nous n’aimons pas faire et dont dorévavant nous nous passerons …
ITINERAIRE : J1 : Lyon- Madrid- Amman ( Romain : escale à Istanbul) ( nuit à Amman : Sheperd hôtel) J2 : Jerash – Aljun ( nuit à l’Olive Branch) J3 : Les châteaux du désert ( nuit à l’Olive branch) J4 : Jérash- Béthanie- Mer morte ( nuit au Mariam à Madaba) J5 : Madaba- Kérak- réserve de Dana ( Nuit Dana Guesthouse) J6 : Réserve de Dana ( nuit au Rumana Campsite) J7 : Dana- Shoback- Petit Pétra ( nuit au Sunset hôtel Pétra) J8 – 9 - 10 : Pétra J11- 12 –13-14 : Désert du Wadi Rum J15 : Aqaba ( nuit au bédouin garden hôtel) J16 – 17 : Madaba ( nuit au Pilgrim Hôtel)
BUDGET :
Pas facile à calculer un coût par personne exactement puisque Romain n’était là que quelques jours et que certaines prestations étaient incluses dans le forfait donné à Anne Total : 7000eAvion : 2430 e + 380 e pour billet RomainLocation voiture : 380 eNourriture : 640 eHébergement : 470 eEssence : 90 eVisites : 250eForfait prestataire Anne : 2200 eDivers : 180 e ( dont pourboires)
TRANSPORTS :
Avion : Pour nous : Lyon- Madrid- Amman avec Iberia : 2430e Pour Romain : Lyon – Istanbul- Amman avec Turkich : 380e Iberia : au retour, surboockés (autre avion 4h plus tard) sans nous demander notre avis et sans aucune compensation ! ! ! Lettre de réclamation mais à ce jour aucune réponse 😠
Location de voiture : On a voulu innover avec www.voituredelocation.fr. Tarifs très compétitifs ; regroupe différents « grossistes » dont holidaysauto…
A l’arrivée, le loueur ( Alamo) nous attend et nous sommes surclassés avec une C4 au lieu d’une C3 (ouf, maintenant qu’il y a Romain !).
Deuxième jour, la voiture s’étouffe sans cesse. Appel à Alamo qui 2 h plus tard, nous change la voiture de nuit( encore plus grande une chevrolet).
Troisième jour, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité à l’arriére ( gloups) !
Quatrième jour, bruit d’enfer à chaque freinage ! Appel Alamo qui viendra quand nous serons arrivés à l’hôtel, nous changer la voiture . A notre arrivée personne. Nouvel appel : ils nous ont oubliés et arriverons vers 22h ! A 23h personne ! Nouvel appel, ils seront là dans une demi-heure. A l’arrivée, la voiture est complètement pourrie et sans ceinture ! Eddy pête les plombs et téléphone « au boss » qui nous assure que nous aurons une voiture pour le lendemain matin. A 7h, le gars est de retour avec une C5 qui a l’air en bon état !
Ce sera la bonne ( et dire que je pensais finir en limousine) !
Dernière aventure Alamo à la restitution de la voiture : nous avions rendez-vous à 8h30. 9h : personne ! Nouveau coup de téléphone… ils arrivent. 9h15 personne . Eddy pête les plombs à nouveau : les clefs seront dans la voiture, notre enregistrement ne peut plus attendre ! C’est ce que nous ferons non sans crainte mais à ce jour pas de caution de débiter.
Bref est-ce la faute du grossiste qui en proposant des tarifs aussi compétitifs n’a que des voitures pourries ou d’Alamo Jordanie, incapable d’entretenir ses voitures, nous ne le sauront jamais… J’ai téléphoné au grossiste pour le prévenir, il tombait des nues
Gérable quand on maîtrise l’anglais, qu’on a un portable et qu’on a l’habitude de voyager mais paniquant à mon avis quand c’est une première expérience. 😠😠
CLIMAT Quelques journées nuageuses, une de pluie et froid sinon soleil. Frais dans les hauteurs de Pétra . Chaud dans le Wadi et pas de nuit en dessous de 10°.
CHANGE 1 JD = 0, 9 e Nombreux bureaux de change, tous au même prix sauf à l’aéroport. Distributeurs dans les grandes villes mais à certains, nous n’avons pas réussi à retirer de l’argent.
GUIDES Le routard : bien pour le synthétique Lonely planet : bien pour adresses resto et hôtels Attention aucun des deux n’est à jour dans les tarifs annoncés . A rajouter environ 40 %. Guide bleu : excellent pour les grands sites touristiques comme Jerash, Pétra ….
ARTISANAT Pas de quoi faire exploser les valises ! ! ! ! Le désert ! Pour une fois nous n’avons ramené qu’un vase et du thé ! Et oui ! Des keffiefs ( les rouges, les noirs, les blancs), des mosaïques en tout genre, des flacons de sable, voilà en gros les principaux articles.
VISITES Jerash : 8 par adulte Châteaux du désert ( billet pour tous les sites) : 1 pars pers + 12 ans Béthanie : 7 par pers Mer morte : Hôtel Dead Sea Spa hôtel : 15 par pers Kerak : 1 par pers Sources chaudes d’Afra : 5 par pers Complexe Dead sea panoramic : 2 par adulte et 1 par enf Reserve du Wadi rum : 2 par A et 1 par enf Madaba : billet couplé parc archéo, burnt palace, musée, église des apôtres : 1 par pers Pétra : admission 3 jours : 31 par adulte
PETRA : PETIT MODE D’EMPLOI
Billeterie au visitor center : 3j = 31 jd sauf moins de 15 ans Valable encore le quatrième jour à condition de faire tamponner son billet.
Du visitor center à l’entrée du siq : 800m. Facile le matin car en légère descente et sous une température clémente mais un peu plus épuisante le soir après avoir autant marché dans le site. Cheval possible : 3 Jd . Pas utilisé.
Entre l’entrée du siq et le Kazneth ( premier monument ) : 1, 2 km . Conditions identiques. Calèche possible : 3JD . Non utilisée.
DONC : vous vous assurez déjà rien que pour atteindre le premier monument et le quitter au moins 4 km de marche . A ne pas négliger pour les personnes âgées et les enfants. Repas : seulement deux resto ( buffet) dans le site, pris d’assaut le midi par les groupes. Pas utilisés.
VISAS Pris sur place : 10JD par personne. Très facile et rapide, aucun formulaire à remplir. Payable uniquement en JD ; bureau de change à côté de l’immigration ouvert tout le temps.
PRESTATAIRE : ANNE : Coup de gueule ! ! ! ! ! ! ! 😠😠😠😠😠😠
Nous ne passons jamais par des intermédiaires pour nos voyages car je préfère m’occuper moi-même de mes réservations. « On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même » Cela allait se révéler encore plus vrai que prévu ! ! ! ! !
J’avais contacté Anne ( une française mariée à un jordanien et qui s’occupe de différentes prestations touristiques dans le pays) suite à un commentaire très louable sur le trek dans le désert du Wadi rum. On s’est contacté plusieurs fois, sa prestation dans le wadi me paraissant correcte. Nous nous sommes ensuite rencontré sur Paris . Elle m’a alors proposé d’apporter quelques modifications sur notre itinéraire et de s’occuper de modifier certains hôtels ( pour elle pas très corrects) . Sure d’elle qu’elle paraissait, je l’ai laissé sans occuper. Elle m’a alors proposer un forfait global comme suit :
Nuit à la GH de Dana en demi-pension Nuit au campsite de Rumana en pension compléte 4 nuits à l’hôtel sunset 2 nuits à l’hôtel Mo ab de Madaba Un guide dans la réserve de Dana pour la journée( et acheminement de nos bagages au campsite) Un guide bédouin pour le petit Pétra Un guide pour une journée à Pétra Les pique-niques pour les 4 jours à Pétra Un barbecue un soir avec musique bédouine Un dîner traditionnel dans la famille de son mari Le trek dans le Wadi 4 jours et 4 nuits
Ce ne fut ensuite qu’une longue suite de déboires, Anne n’arrivant plus rien à gérer dans le pays étant en passe d’être expulsée définitivement du pays pour pratiques illégales dans le tourisme. Bref, en résumé, des prestations non assurées ou mal assurées : guide pour seulement une demi-journée à Dana, pas d’acheminement de nos sacs prévu, retard du guide au petit Pétra, pas de guide à Pétra, le barbecue transformé en repas au Movienpick ( nous avons refusé de rajouter la différence de coût), hôtel non réservé à Madaba, hôtel et campsite de Dana réservé pour 3 et non 5 personnes... Soit un peu prés une catastrophe par jour ! 😕🏴☠️
Nous avons rencontré là-bas, deux couples de Français aussi pris en charge par Anne et qui on fait les frais également sur de nombreuses prestations de son incompétence.
Il va sans dire que nous avons fait réviser son tarifs et quand on lui a demandé de détailler chaque poste, le prix global a très bizarrement chuté de 800 e ! Elle voulait qu’on la règle avant le trek au wadi rum mais nous avons refusé car nous ne savions pas ce qui s’y passerait. Nous avons réglé à Ali le solde, nous aurions dû nous abstenir car cela incluait nos dernières nuits à Madaba qui n’étaient pas ou plus réservées. Nous avons convenu un remboursement en juin.
Nous avons réussi à chaque fois à nous débrouiller par nous même mais ici encore parce que nous sommes des voyageurs avertis mais qu’en aurait-il été si c’était notre premier voyage ? En conclusion : évitez Anne !
TREK DU WADI RUM : COUP DE CŒUR ! 🙂🙂🙂
Réservé auprés d’Anne. Tantôt elle le délègue à Ali, un bédouin du wadi, tantôt elle accompagne elle-même les touristes dans le désert avec son mari . Eddy lui a très clairement fait comprendre que ce n’était pas la peine de nous accompagner car sa présence aux vues des nombreuses péripéties, nous serait insupportable. Elle nous donc confiée à Ali pour notre plus grand bonheur .
La prestation pour 4 jours et 4 nuits : www.wadirumdesert.ca.cx prix : 70e par jour et par personne (+ pourboires) Guide : Ali et cuisinier Sliman Bagages transportées et disponible midi et soir Bivouac en tente ( decatlon) avec matelas et couvertures Pension complète et eau et thé à volonté
Le trek : organisation Départ vers 9 h après un solide petit-déjeuner Marche pendant 3h Pause déjeuner ( camp installé et repas prêt quand nous arrivions) jusqu’à 15h Marche entre 2h30 et 3h Installation au camp du soir Dîner Et belles nuits étoilées….
Concernant la marche : à notre rythme, avec toujours une pause en milieu de matinée et d’après-midi avec fruits ou biscuits… Ali nous avait demandé si nous voulions voir impérativement les sites les plus connus du wadi ( peintures rupestres….) nous lui avons laissé carte blanche car nous venions pour l’expérience et les paysages. Cela lui a permis de nous aménager l’itinéraire selon la situation climatique : canyon l’après –midi ….
Concernant les repas : en grosse quantité et toujours de qualité ! Maglouba, grillades, salades….fruits en dessert. On s’est régalé ! ! ! !
Concernant la vie au camp : nous prenions nos repas tous ensembles et Ali et Sliman ont aussi toujours veillé à ce que nous ayons nos moments en famille . Idem pendant la marche. Bref une super ambiance !
En conclusion : un grand moment de bonheur sans aucune ombre au tableau ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! FONCEZ !
HEBERGEMENT
Sheperd hôtel à Amman (jabal amman) Dans les guides annoncés comme calme et accueil chaleureux, pour nous ce fut accueil glacial et discothèque. Une double et une triple pour 80 Jd avec petit-déj. Chambres spacieuses et propres.
Olive Branch resort entre Jérash et Aljun 🙂 Une chambre pour 4 et un matelas : 60JD avec petit- dej. Accueil super chaleureux et convivial. Belle chambre propre et spacieuse au milieu d’un jardin fleuri. Vue magnifique sur les environs. Nous vous le recommandons !
Dana Guesthouse : coup de cœur ! ! ! ! 🙂🙂🙂 Génial ! ! Chambres avec balcon sur un magnifique panorama. Accueil super chaleureux, on s’y sent de suite chez soi. Salle de bain commune mais d’une propreté irréprochable. Prix facturé par Anne : 50e par personne en demi-pension
Rumana Campsite : énorme coup de cœur ! ! ! ! ! 🙂🙂🙂🙂 Un pur moment de bonheur ! ! ! ! ! ! ! Accessible à partir du village après une rando magnifique de 4h ou par une navette ( aucune voiture dans la réserve) Nichées sur un vaste plateau, de grandes tentes au milieu de nulle part, une tente bédouine pour le thé à volonté, un petit coin repas sous une tonnelle, des sanitaires ( pas d’eau chaude mais très propres) . Pas d’électricité. Dans les tentes : matelas, couvertures, draps. Un cadre idyllique, un accueil extraordinaire, des repas( sous forme de buffet) excellents et en abondance . Départ de nombreux sentiers de rando. Dépaysement assuré ! En pension complète, prix facturé par Anne : 60e par pers en pension complète, entrée réserve incluse.
Sunset hôtel à Pétra A 5mn à pied du visitor center. Chambre toute simple mais propre ( cependant pas très lumineuse). Un bon compromis entre le luxe des hô tels du secteur et ceux éloignés de wadi musa. Deux triples facturées par Anne : 75e la nuit (mais sur place : 40 la chambre) Petit dej buffet.
Bedouin garden hôtel à Aqaba (12km au sud) 😕 Souvent cité sur le forum, il nous a un peu déçu. 90 Jd pour une double et une triple en demi-pension. Bien situé à 100 m de la plage ; poissons multicolores par centaines. Chambres en bungalow mais à peine propres ! Location masque – tuba- palmes : 5 JD la journée
Pilgrim hôtel à Madaba 🙂 Très bien situé à côté de l’église St Georges. Accueil chaleureux Grande chambre pour 4, extrêmement propre, lumineuse . Petit dej buffet La patronne est au petit soin pour ses hôtes !
NOURRITURE
Le mensaf, l’houmos( purée de pois chiche) et le maglouba sont les plats les plus répandus. La viande est essentiellement le poulet.
Resto sur parking de Jerash 🙂 Buffet pour 6 JD Copieux, varié et accueil chaleureux pour cette première prise de contact avec la nourriture jordanienne. Ceci nous aura permis de tester les différents plats et d’éviter ensuite les mauvaises surprises. Repas sous une tonnelle. Un bon moment !
Le Taloubi prés du site de Béthanie Grand resto totalement impersonnel plutôt réservé aux groupes. Accueil sympa mais hors de prix : aucun plat à moins de 15 JD . On se contentera d’une salade ( tout de même à 6 jd)
Resto de l’hôtel Mariam à Madaba 8JD le buffet On y retrouve les plats traditionnels. Service impersonnel Bof….
Adel-halabi à Kerak En face du château. Petite gargote, petits prix et cuisine locale, accueil sympa : une bonne adresse ! Movienpick resort Pétra : buffet 🙂🙂 Le prix de 30 Jd est à la hauteur de la variéte, la qualité, l’abondance, la fraîcheur des plats et de l’accueil réservé ! Cadre superbe, un tantinet trop luxe pour nous. Le petit coup de folie du séjour
L’oriental à Pétra Pas très loin de l’hôtel sunset. Prix affichés TTC c’est rare ! Environ 7 JD pour un plat local très copieux. Accueil sympa.
Resto de l’hôtel bedouin Bof ! Ne pas oublier d’aller commander et de dire à quelle heure on veut être servi. Les gros appétits restent sur leur faim.
Complexe panoramique de la mer morte Cadre raffiné et accueil chaleureux pour des prix peu élevés. Excellent rapport qualité-prix
Mystic pizza à Madaba Proche église st Georges, trottoir en face. Petits prix, accueil super sympa, grosse pizza ou portion pâtes. Ouf ça change de l’houmos en fin de séjour !
CARNET DE ROUTE
1er avril :
Départ de Lyon via Madrid sans encombre. Arrivée à Amman à 19h, passage de l’immigration et délivrance du visa sans problème et prise en charge de la voiture.
On attend l’arrivée de Romain à 21h via Istanbul. A 21h30, nous prenons la route du centre d’Amman où se trouve l’hôtel que nous avons réservé et que nous trouverons avec beaucoup de difficultés après 1h30 de recherche tant la signalisation routière est inadaptée !
L’hôtel qui est annoncé dans le routard comme un havre de paix est animé d’une discothèque🏴☠️ ! Mais le sommeil aura rapidement raison de nous !
2 avril
Lever à 8h30 et petit déjeuner vers 9h30 ; il ne reste quasiment plus rien à manger : tollé général des ados !
Petite mise en route habituelle : trouver de l’eau minérale, des fruits, un guichet automatique et quitter Amman sans trop de galére. Nous avons fait le choix de ne pas visiter Amman souvent annoncée comme moyennement intéressante.
Arrivée à Jerash à 12h. Repas au resto situé sur le parking ( bizarre les garçons trouvent qu’ils vaut mieux manger avant d’attaquer la visite ? !) . Présenté sous forme de buffet, ce repas nous permettra de découvrir les différents plats du pays . On comprend très vite que l’houmos ne remporte pas tous les suffrages mais que le maglouba fera souvent l’affaire !
Visite du site sous une chaleur caniculaire. On apprécie tout particulièrement le théâtre, la place ovale et les colonnes du temple d’Artémis. Le site est très agréable et noyé dans le colza !
Passage prés de la forteresse d’Aljun.
On souhaitait se balader dans la Woodland réserve amis le prix de 7 JD pour un sentier de 2 kms, nous laisse sans voix !
Nuit à l’olive branch et longue discussion avec le patron très bavard mais ô combien charmant !
3 avril
Départ pour les châteaux du désert. Une longue journée de route pour somme toute pas grand chose…Le premier est ruiné. Le second Azraq ressemble plutôt à une forteresse. Le troisième, à notre goût le beau, Aqsar Amra est en plein désert . Bien conservé, on saisit ici plus le sens de ces châteaux destinés aux loisirs. De belles peintures .
A l’arrivée à l’hôtel, la voiture montre de plus en plus de signe de faiblesse. Premier déboire avec Alamo ( cf : transport).
Nuit à l’olive branch.
4 avril
Départ le long de la vallée du Jourdain pour la mer morte. On comprend que la mer morte est variment en passe de mourir quand on voit les dizaines kilomètres de serres agricoles le long du Jourdain et l’irrigation intensive. On aperçoit Israël de l’autre côté.
Visite du site du baptême du Christ : Béthanie. Nous sommes athées mais cette visite est symbolique et chargé d’histoire. Elle est guidée car trop proche de la frontière israëlienne ( un simple grillage). Très intéressant.
Route vers la mer morte. Nous modifions un peu l’itinéraire initial car Romain ne sera plus là en fin de séjour et rêve de flotter dans la mer morte. Nous choisissons un hôtel plutôt que la plage public pour pouvoir se rincer mais aussi profiter des piscines car le sel c’est bien pour flotter mais se rendre compte de la moindre écorchure aussi ! romain exulte : il flotte ! On se badigeonne aussi de boue noire et tirons quelques photos assez cocasses😊 ! Nous n’y restons que 30 mn puis nous profiterons des piscines.
Route panoramique vers Madaba.
Nuit au Mariam hôtel.
5 avril
Ce matin, nous commençons par la visite du mont Nébo ( Moïse annonçant la terre promise). Tout aussi symbolique que la veille mais moins intéressant et moins chargé d’émotions. Le lieu offre toutefois un magnifique panorama quoique brumeux sur Israël : nous sommes ici à 25 km de Jérusalem, 18 de Jéricho… autant de noms qui nous rappellent nos leçons d’histoire🙂 et de catéchisme🤪.
Route vers Kérak : une des citadelle des croisés. Une autre page d’histoire…Endommagé certes mais visite ludique grâce à de nombreux passages souterrains( emmener les lampes frontales et attention la tête !) musée très intéressant ; on s’y attarde au grand désespoir de Thomas ( l’anti-musée de la famille).
Déjeuner en face de la forteresse.
On continue la route des rois vers Dana. La route est tantôt sublime par ses paysages et panoramas époustouflants, tantôt monotone . A nouveau, la voiture montre des signes de faiblesse au niveau des freins ( et pourtant difficile de s’en passer dans la région !) . Le fait que tout le monde se retourne sur notre passage sonne la sonnette d’alarme. Coup de téléphone à Alamo qui sera à l’hôtel à notre arrivée.
Arrêt aux sources chaudes d’Afra. Louées par le routard ce n’est somme toute pas grand chose ! Lucie et moi nous sentirons très mal à l’aise quand les messieurs du cois viendront squattés prés de notre bassin…On décide toutes les deux de ne pas se baigner. La police touristique qui a compris notre souci, fera évacuer le bassin le temps de notre baignade .
Nuit dans le village de Dana( relancé par ce projet d’éco-tourisme), petit lieu enchanteur de quelques maisons en pierre et avec un somptueux panorama sur la vallée de Dana . La guesthouse est un vrai coin de paradis ! Sans parler de l’accueil ! On s’y sent chez nous.
Dîner super sympa où nous faisons la connaissance de deux couples de grenoblois et valentinois qui subissent eux aussi les incompétences de notre prestataire : Anne. Cette rencontre sera suivie d’une autre à Pétra et constituera une vraie force pour re –négocier le montant de notre forfait aux vues des prestations défaillantes ou inexistantes.
Seule ombre au tableau : aucune nouvelle d’Alamo ( cf plus haut).
6 avril
Lever 7h et la nouvelle voiture qui a l’air d’aplomb nous attend : est-ce la bonne ? Petit-déjeuner buffet très copieux.
Départ avec notre guide ( on gère au mieux le manquement d’Anne concernant l’acheminement de nos bagages) dans la réserve de Dana qui est très variée de par ses quatre écosystèmes différents : méditerranéen, steppe, subtropical et désertiques. On y compte 500 variétés de plantes et 300 espèces animales dont des loups, des hyènes, bouquetins ( nous n’en verrons que les traces) C’est parti pour 4h de marche au milieu des pistachiers, cyprès…Le guide est génial, aménage des pauses découvertes. Une très belle balade au milieu des roches ( un faux air de Cappadoce avec ses cheminée de fées..) .
Arrivée à 13h au camp où un solide déjeuner nous attend. Nous sommes enchantés par ce camp au milieu de nulle part, au panorama somptueux. Nous y sommes accueillis par le cuisinier et un vieux monsieur qui sert d’intendant, un personnage haut en couleurs qui fera le pitre avec les enfants la journée durant et ne ménagera pas ses efforts dans une partie de foot acharnée avec les garçons.
Nous devions repartir avec le guide l’après-midi en rando mais nouveau manquement d’Anne, il n’est prévu que pour le matin…
Pause thé sous la tente puis on part seul marcher, assez simple puisque fléché. Encore un beau moment à profiter de cette superbe nature.
Dîner, thé, échanges ….clôturent cette journée extraordinaire ! Nous sommes nostalgiques à l’idée de partir dés demain….
7 avril
Après une nuit dans un profond silence et le petit déjeuner, nous regagnons avec la navette notre voiture. Nouvelle surprise : Anne n’a réservé que pour 3 et non 5 personnes. Nous donnons ses coordonnées et ne démordons pas : pas question de payer !
Route vers le petit Pétra où nous sommes attendus pour une randonnée à 11h. On passe devant le château de Shoback que nous voyons de loin. Celui-ci étant encore plus endommagé que celui de Kérak, nous décidons de nous passer de sa visite d’autant plus qu’un car vient d’y débarquer. Quelques km après Shoback, nous bifurquons vers Beida : petite route panoramique de toute beauté !
Arrivée à l’heure au lieu de rendez-vous, nous patienterons trois quart d’heure : pas de guide, impossible de contacter Anne puis nous décidons de partir nous balader dans le petit siq.
A 12h, à notre retour, nous sommes accostés par un français qui vient de la part d’Anne nous dire que le guide est en retard : ah ben on n’avait pas remarqué !
Dans la demi-heure qui suit, nous partons en rando au milieu des rochers de Beida. Paysages extraordinaires mais quelques passages qui relèvent plus de l’escalade que de la rando. Nous sommes de retour 3h plus tard, un peu fatigués mais enchantés !
On rejoint le Sunset hôtel réservé et retrouvons Anne qui se confond en excuse pour les désagréments déjà rencontrés . Elle nous annonce aussi que sous la menace d’une expulsion, elle ne pourra organiser le barbecue prévu ni nous fournir de guide pour la visite demain de Pétra. L’aventure continue ! ! ! ! ! Eddy se fâche ! ! ! ! ! Elle nous propose le buffet du Movienpick moyennant supplément ( et quel supplément) ; nous refusons, elle finira par nous l’offrir, occasion pour nous de retrouver nos français et de passer une bonne soirée !
8 avril
On se lève le cœur plein d’entrain : aujourd’hui, on va découvrir PETRA ! ! ! ! ! ! ! 🙂
On part à 6h30 pour être sûr au moins ce premier jour d’être seuls dans le siq ! c’est réussi ! ! !On progresse seul dans ce siq long de 1, 2 km et enfin la vision tant attendue ( vous savez celle qui est dans tous les magazines et que vous vous dites : un jour j’y serai !) : le kazneth en arriére –plan de la faille. 🙂🙂
Longue pause photo et émotion ( petit pensée pour fifi) . Vous vous le demandez, vous qui lisez souvent mes carnets ? Eh ben, bien sûr que j’ai pleuré, vous me connaissez maintenant !
Pas de guide donc ; eh bien pour cette première journée : tant mieux ! Romain décide d’être notre guide pendant les trois jours et remplira son rôle avec mention très bien ! Il s’accapare le guide bleu et c’est parti. On décide de s’en tenir aujourd’hui à l’essentiel : Kazneth, tombeau de l’urne, théâtre, palais, cardo maximus, église byzanthine, temple aux colonnes bleues, qsar el-bint…et tout cela dans un magnifique décor de roches, montagnes… un univers de pierres dans la pierre, des tons bigarrés…Une splendeur…Les qualificatifs nous feront souvent défaut pour décrire notre émerveillement.
Je vais vous passer les commentaires et descriptions car les guides le font très bien . Sachez cependant que cette première journée se trouve sur le passage des foules donc il vaut mieux y aller comme nous très tôt, vous distancerez tout le monde .
Anne nous a commandé des pique-niques fournis par l’hôtel mais ils sont non seulement infâmes ( Romain vous dirait : « vous connaissez les sandwichs au pain ? »🏴☠️😠) mais peu copieux. Tollé général chez les ados !
Nous ne renouvelons pas l’expérience et annulerons les suivants, préférant faire quelques emplettes par nous mêmes à la petite supérette du coin. Cela fera beaucoup mieux l’affaire.
A 14h, nous entreprenons la montée au Deir, édifice imposant, l’un de nos préféré qui se mérite après 45 mn d’ascension et 800 marches ! cela se fait somme toute très bien. Longue pause en haut partagée entre la vue sur ce magnifique monument et le vaste panorama. Nous redescendons et nous dirigeons vers la sortie que nous atteindrons à 16h30. Nous comprenons que nous avons bien fait de venir tôt car la foule est maintenant dense et le soleil écrase un peu les monuments.
Repas avec les 2 couples rencontrés dans la famille d’Anne . Au menu ce soir : maglouba ( riz, poulet, légumes) et pâtisseries. Un excellent moment dans une charmante famille. Enorme fou rire quand nous nous apercevrons tous que si nous trouvons Anne très étrange dans ses comportements c’est aussi l’avis de sa belle famille.
9 avril
On décide de se ménager un peu avec un départ à 7h45.
Nous voilà partis avec notre propre pique-nique. Aujourd’hui au programme : la montée au sacrifice ( 30mn de bonne grimpette pour déboucher au lieu de sacrifice mais aussi sur un panorama à couper le souffle). Descente vers qsar el bint par le siq de wadi farasab : les roches moarées sont de toute beauté ! En route, différents monuments : celui du lion, triclinium du jardin, tombeau du soldat romain… Subtil mélange du l’Histoire et de la Nature …Au lieu de regagner directement qsar el bint, on bifurque vers El habis ( forteresse croisées), encore quelques kilométres de plus dans ce décor enchanteur . Aujourd’hui, nous sommes quasiment seuls au monde, on ne fera que croiser quelques personnes…Génial !
Encore une belle journée et des cuisses en béton ! Foi de podomêtre : 20 km par jour ! ! !
Demain dernier jour pour romain qui rentre ensuite en France alors on s’offre à nouveau la petite gourmandise de manger au buffet du Movienpick ! Une bonne soirée !
10 avril
Nous nous réveillons un peu fourbus …
Découverte d’un autre côté de Pétra. Balade ( attention avec quelques passages un peu plus périlleux pour ceux qui ont des difficultés à marcher) de toute beauté dans le wadi el mataba ( juste avant l’entrée du siq et de la police touristique, prendre à droite, descendre dans le wadi et passer dans tunnel, ensuite on suit le canyon) avec des passages qui nous rappellent Antelope canyon. Le matin, la lumière est superbe. On se retrouve proche du tombeau de Sextus Florentinus. Une de nos plus belles balades. Montée au haut lieu de la Khubta qui offre une vue imprenable sur le théâtre et le Kazneth. Deux heures à deux heures trente de rando mais en AR ( pas de boucle possible) dont 45 mn de montée (30mn par des marches) ;
Pique nique en haut .
Retour vers l’hôtel pour préparer le départ de Romain que son père et son frère remonteront sur Amman ( 5h aller-retour par l’autoroute) dans la nuit. C’est le cœur lourd que nous laissons s’envoler un élément de la tribu … 🙁🙁
Pétra en bref : un lieu idyllique non seulement pour ses monuments mais aussi par la beauté de la Nature. Un désert et des roches aux multiples couleurs. Des randonnées variées à l’infini ( nous aurions pu rester encore au moins deux jours). Bref un lieu les plus fabuleux qui nous a été donné de voir depuis notre courte carrière de voyageurs pour son alliance de vieilles pierres et de pierres…
11-12-13-14 avril
Romain est parti…Nous quittons Pétra vers le Wadi rum . Les hommes sont un peu fatigués par la route faite cette nuit… dans la voiture le silence est de mort, tous affecté par ce départ. Nous sommes aussi un peu inquiet de savoir sil aura géré aussi bien son retour seul en avion que son aller.
Notre deuxième inquiétude est dans le fait d’avoir confié à Anne l’organisation de notre séjour dans le désert. Alors on croise les doigts…
Nous arrivons au visitor center à 10h30 comme prévu et Ali nous attend. D’un premier coup d’oeil nous sommes rassurés par ce grand gaillard tout mince… le contact est passé de suite. Accueil chaleureux autour d’un thé. On charge nos sacs et départ en 4x4 jusqu’au milieu de l’immense plaine désertique non sans avoir attendu le sms tant attendu de Romain nous confirmant son arrivée ( nous savions qu’après nous n’allions plus avoir de réseau pendant 4 jours) . Nous sommes accompagnés pour cette aventure d’Ali, le guide, un bédouin qui a toujours vécu sous tente avec sa famille nomade dans le wadi, de Sliman, un jeune homme très discret, chargé de déménager le camp chaque midi et soir et de cuisiner et enfin de Naba’han le lévrier d’Ali ! (j’avoue mon coup de foudre, pour qui les enfants m’accuseront ( si, si ils ont osés !😕) de porter plus d’intérêt qu’à leur égard) . Avec Naba’han, nous ne nous quitterons plus ! Et ali finira par dire qu’il était temps que je parte car j’allais vraiment donner de mauvaises habitudes à son chien. Thomas ira jusqu’à m’avouer que j’ai très bien su élever mes enfants ( c’est déjà ça ! 😛) mais que je suis une catastrophe avec les animaux😕 … le pire…. : c’est vrai 😊😛😏!
Une première pause déjeuner dans un décor de rêve !
Reprise de la marche et arrivée à notre premier camp à 18h. C’est blotti dans une faille de montagne que nous passerons notre première nuit et goûteront les saveurs de notre premier dîner autour d’un feu …première nuit étoilée, c’est merveilleux….
C’est à ce rythme de marche, de découvertes, de décors sans cesse renouvellés sable blanc, jaune, rouge, des canyons, des falaises, arches… que nous vivrons nos quatre jours dans ce prodigieux désert, loin du monde et de la civilisation, sans croiser personne, en apprenant combien la Nature est fragile, l’eau précieuse ….et tant d’autres choses qui sont des sentiments vécus au plus profond de nous même et ici intranscriptible. Rencontre avec un homme fabuleux, drôle, sensible et tellement professionnel. Aucun manquement, aucun impairs .
15 avril
Après notre dernière nuit agitée par une tempête de sable, nous retournons chez Ali. C’est alors le moment des adieux … séquence émotion au moment où on a l’impression de quitter un ami de longue date, séquence larmes quand je prodigue les dernières caresses à celui que j’appelai déjà « mon chien ». On monte dans la voiture, la gorge nouée et les yeux encore émerveillés de cette belle aventure à jamais gravée en nous. Silence imposant jusqu’à Aqaba avec la maigre consolation de se dire qu’enfin nous allons nous doucher …
Nous arrivons à 12h30 et sommes un peu déçus de l’hôtel bédouin si souvent cité sur le forum . Certes bien placé, il est cher pour ce qu’il propose : des chambres minuscules et loin d’être propre avec une salle de bain, allez j ‘ose, minable ! Nous restons car nous n’avons pas du tout envie de partir en chasse d’un autre hôtel.
Après-midi snorkelling . En voyant la plage, nous sommes sceptiques sur la splendeur des fonds marins que nous allons découvrir. On se jette à l’eau, grr, c’est froid ….Très vite, nous sommes enchantés : des coraux, des poissons multicolores… les garçons se découragent assez vite quand ils verront qu’il y a des méduses . Lucie et moi sommes poussées par notre curiosité d’en voir toujours plus et plus loin… Nous batifolons de récif en récif pendant 2 heures, fascinant monde marin et pourtant j’ai horreur des aquariums. Nous trouvons très vite le truc de nous avancer à l’emplacement des bateaux à fond de verre, c’est très payant.
Le soir, et après une bonne douche( je ne pensais pas avoir emmener la moitié du sable du wadi dans mes cheveux😕), retour à la civilisation avec une petit balade dans le centre d’aqaba : bof pas grand intérêt !
Première nuit loin du désert, on a le blues…
16 avril
On demande à Anne s’il est possible d’annuler une nuit à Madaba afin de rester un jour de plus à profiter des fonds marins d’Aqaba mais la réponse est sans appel, ce que nous comprenons fort bien, impossible d’annuler et c’est payé !
Nous quittons donc Aqaba vers Madaba par la route de la mer morte.
Arrêt au complexe panoramique de la mer morte avec certes une vue imprenable sur les lieux mais au musée somme toute pas très intéressant. Resto sympa.
Nous arrivons à 14h à Madaba sous une pluie battante et 13°. Super surprise à l’hôtel, le patron nous annonce qu’Anne a annulé la chambre et qu’il n’y a plus de place ! On n’y perd notre latin. Finalement, on trouve une chambre super sympa au Pilgrim hôtel. Et dire qu’on a quitté les 30° d’Aqaba pour ce temps pourri à Madaba. Le temps nous rebute, on renonce au circuit des mosaïques en ville.
17 avril
On souhaitait finir le séjour par une journée farniente dans un complexe de la mer morte mais la météo ne nous en laissera pas la chambre, en effet, il ne pleut plus mais il fait froid. Adieu le bon plan… On entreprend donc la visite des différents emplacements des mosaïques. De belles fresques !
Déjeuner dans une pizzeria pour se changer un peu de l’houmos et du maglouba.
Après-midi à Machéronte qui ne vaut le déplacement que pour le panorama et beaucoup d’imagination pour s’imaginer qu’il y a eu un jour un château ici ! On comptait faire quelques achats mais décidément l’artisanat est vraiment pauvre.
Dernier repas .
18 avril
Retour en France via Madrid et les effets glacés d’un surboocking sauvage ! ( cf transport)
CONCLUSION
On a adoré : Pétra pour son mélange subtil de vieilles pierres et de pierres ! Et ses innombrables randonnéesL’expérience dans le désert du Wadi rum avec Ali, avec ses paysages à couper le souffle et la vie en totale isolement. C’est beau, c’est grand, ça vide la tête ! Pour moi : le chien d’Ali ! La réserve de Dana pour ses paysages variés et pour s’être senti seul au monde au Rumana campsite
On a aimé : L’hospitalité, l’accueil et l’humour des jordaniens Un si petit pays mais aussi varié ! Le fun de flotter dans la mer morteLes fonds marins de la mer rouge
On a moins aimé :Le coup de la vie élevée Le manque d’indications routières
On a détesté :Avoir fait confiance à Anne, ses manquements, ses mauvais plans, son incompétence ! Passez votre chemin 😠😠😠😠La compagnie de voiture de location Alamo et ses voitures pourries !
Un petit pays dont les trois quarts livrés au désert, toute une page d’histoire biblique, romaine, nabatéenne, des forteresses des croisés, des châteaux du désert, une mer en passe de disparaître, une mer riche en fond marin, les traces de Lawrence d’Arabie, autant de merveilles culturelles et naturelles qui ne pouvaient que nous attirer ! Depuis longtemps la Jordanie nous faisait envie, depuis très longtemps la cité de Pétra nous faisait rêver ! Nous ne devions partir qu’à quatre mais au dernier moment, Romain s’est ravisé et à décider de partir avec nous pendant onze jours sur les dix-huit ; juste le temps de rêver devant Pétra ! Nous devions aussi jumeler notre voyage en Jordanie avec 5 jours à Jérusalem et ses environs. Les récents événements en Palestine nous ont décidés à boycotter le pays… Dernière particularité de ce voyage : nous sommes en partie passer par un prestataire, chose que d’habitude, nous n’aimons pas faire et dont dorévavant nous nous passerons …
ITINERAIRE : J1 : Lyon- Madrid- Amman ( Romain : escale à Istanbul) ( nuit à Amman : Sheperd hôtel) J2 : Jerash – Aljun ( nuit à l’Olive Branch) J3 : Les châteaux du désert ( nuit à l’Olive branch) J4 : Jérash- Béthanie- Mer morte ( nuit au Mariam à Madaba) J5 : Madaba- Kérak- réserve de Dana ( Nuit Dana Guesthouse) J6 : Réserve de Dana ( nuit au Rumana Campsite) J7 : Dana- Shoback- Petit Pétra ( nuit au Sunset hôtel Pétra) J8 – 9 - 10 : Pétra J11- 12 –13-14 : Désert du Wadi Rum J15 : Aqaba ( nuit au bédouin garden hôtel) J16 – 17 : Madaba ( nuit au Pilgrim Hôtel)
BUDGET :
Pas facile à calculer un coût par personne exactement puisque Romain n’était là que quelques jours et que certaines prestations étaient incluses dans le forfait donné à Anne Total : 7000eAvion : 2430 e + 380 e pour billet RomainLocation voiture : 380 eNourriture : 640 eHébergement : 470 eEssence : 90 eVisites : 250eForfait prestataire Anne : 2200 eDivers : 180 e ( dont pourboires)
TRANSPORTS :
Avion : Pour nous : Lyon- Madrid- Amman avec Iberia : 2430e Pour Romain : Lyon – Istanbul- Amman avec Turkich : 380e Iberia : au retour, surboockés (autre avion 4h plus tard) sans nous demander notre avis et sans aucune compensation ! ! ! Lettre de réclamation mais à ce jour aucune réponse 😠
Location de voiture : On a voulu innover avec www.voituredelocation.fr. Tarifs très compétitifs ; regroupe différents « grossistes » dont holidaysauto…
A l’arrivée, le loueur ( Alamo) nous attend et nous sommes surclassés avec une C4 au lieu d’une C3 (ouf, maintenant qu’il y a Romain !).
Deuxième jour, la voiture s’étouffe sans cesse. Appel à Alamo qui 2 h plus tard, nous change la voiture de nuit( encore plus grande une chevrolet).
Troisième jour, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité à l’arriére ( gloups) !
Quatrième jour, bruit d’enfer à chaque freinage ! Appel Alamo qui viendra quand nous serons arrivés à l’hôtel, nous changer la voiture . A notre arrivée personne. Nouvel appel : ils nous ont oubliés et arriverons vers 22h ! A 23h personne ! Nouvel appel, ils seront là dans une demi-heure. A l’arrivée, la voiture est complètement pourrie et sans ceinture ! Eddy pête les plombs et téléphone « au boss » qui nous assure que nous aurons une voiture pour le lendemain matin. A 7h, le gars est de retour avec une C5 qui a l’air en bon état !
Ce sera la bonne ( et dire que je pensais finir en limousine) !
Dernière aventure Alamo à la restitution de la voiture : nous avions rendez-vous à 8h30. 9h : personne ! Nouveau coup de téléphone… ils arrivent. 9h15 personne . Eddy pête les plombs à nouveau : les clefs seront dans la voiture, notre enregistrement ne peut plus attendre ! C’est ce que nous ferons non sans crainte mais à ce jour pas de caution de débiter.
Bref est-ce la faute du grossiste qui en proposant des tarifs aussi compétitifs n’a que des voitures pourries ou d’Alamo Jordanie, incapable d’entretenir ses voitures, nous ne le sauront jamais… J’ai téléphoné au grossiste pour le prévenir, il tombait des nues
Gérable quand on maîtrise l’anglais, qu’on a un portable et qu’on a l’habitude de voyager mais paniquant à mon avis quand c’est une première expérience. 😠😠
CLIMAT Quelques journées nuageuses, une de pluie et froid sinon soleil. Frais dans les hauteurs de Pétra . Chaud dans le Wadi et pas de nuit en dessous de 10°.
CHANGE 1 JD = 0, 9 e Nombreux bureaux de change, tous au même prix sauf à l’aéroport. Distributeurs dans les grandes villes mais à certains, nous n’avons pas réussi à retirer de l’argent.
GUIDES Le routard : bien pour le synthétique Lonely planet : bien pour adresses resto et hôtels Attention aucun des deux n’est à jour dans les tarifs annoncés . A rajouter environ 40 %. Guide bleu : excellent pour les grands sites touristiques comme Jerash, Pétra ….
ARTISANAT Pas de quoi faire exploser les valises ! ! ! ! Le désert ! Pour une fois nous n’avons ramené qu’un vase et du thé ! Et oui ! Des keffiefs ( les rouges, les noirs, les blancs), des mosaïques en tout genre, des flacons de sable, voilà en gros les principaux articles.
VISITES Jerash : 8 par adulte Châteaux du désert ( billet pour tous les sites) : 1 pars pers + 12 ans Béthanie : 7 par pers Mer morte : Hôtel Dead Sea Spa hôtel : 15 par pers Kerak : 1 par pers Sources chaudes d’Afra : 5 par pers Complexe Dead sea panoramic : 2 par adulte et 1 par enf Reserve du Wadi rum : 2 par A et 1 par enf Madaba : billet couplé parc archéo, burnt palace, musée, église des apôtres : 1 par pers Pétra : admission 3 jours : 31 par adulte
PETRA : PETIT MODE D’EMPLOI
Billeterie au visitor center : 3j = 31 jd sauf moins de 15 ans Valable encore le quatrième jour à condition de faire tamponner son billet.
Du visitor center à l’entrée du siq : 800m. Facile le matin car en légère descente et sous une température clémente mais un peu plus épuisante le soir après avoir autant marché dans le site. Cheval possible : 3 Jd . Pas utilisé.
Entre l’entrée du siq et le Kazneth ( premier monument ) : 1, 2 km . Conditions identiques. Calèche possible : 3JD . Non utilisée.
DONC : vous vous assurez déjà rien que pour atteindre le premier monument et le quitter au moins 4 km de marche . A ne pas négliger pour les personnes âgées et les enfants. Repas : seulement deux resto ( buffet) dans le site, pris d’assaut le midi par les groupes. Pas utilisés.
VISAS Pris sur place : 10JD par personne. Très facile et rapide, aucun formulaire à remplir. Payable uniquement en JD ; bureau de change à côté de l’immigration ouvert tout le temps.
PRESTATAIRE : ANNE : Coup de gueule ! ! ! ! ! ! ! 😠😠😠😠😠😠
Nous ne passons jamais par des intermédiaires pour nos voyages car je préfère m’occuper moi-même de mes réservations. « On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même » Cela allait se révéler encore plus vrai que prévu ! ! ! ! !
J’avais contacté Anne ( une française mariée à un jordanien et qui s’occupe de différentes prestations touristiques dans le pays) suite à un commentaire très louable sur le trek dans le désert du Wadi rum. On s’est contacté plusieurs fois, sa prestation dans le wadi me paraissant correcte. Nous nous sommes ensuite rencontré sur Paris . Elle m’a alors proposé d’apporter quelques modifications sur notre itinéraire et de s’occuper de modifier certains hôtels ( pour elle pas très corrects) . Sure d’elle qu’elle paraissait, je l’ai laissé sans occuper. Elle m’a alors proposer un forfait global comme suit :
Nuit à la GH de Dana en demi-pension Nuit au campsite de Rumana en pension compléte 4 nuits à l’hôtel sunset 2 nuits à l’hôtel Mo ab de Madaba Un guide dans la réserve de Dana pour la journée( et acheminement de nos bagages au campsite) Un guide bédouin pour le petit Pétra Un guide pour une journée à Pétra Les pique-niques pour les 4 jours à Pétra Un barbecue un soir avec musique bédouine Un dîner traditionnel dans la famille de son mari Le trek dans le Wadi 4 jours et 4 nuits
Ce ne fut ensuite qu’une longue suite de déboires, Anne n’arrivant plus rien à gérer dans le pays étant en passe d’être expulsée définitivement du pays pour pratiques illégales dans le tourisme. Bref, en résumé, des prestations non assurées ou mal assurées : guide pour seulement une demi-journée à Dana, pas d’acheminement de nos sacs prévu, retard du guide au petit Pétra, pas de guide à Pétra, le barbecue transformé en repas au Movienpick ( nous avons refusé de rajouter la différence de coût), hôtel non réservé à Madaba, hôtel et campsite de Dana réservé pour 3 et non 5 personnes... Soit un peu prés une catastrophe par jour ! 😕🏴☠️
Nous avons rencontré là-bas, deux couples de Français aussi pris en charge par Anne et qui on fait les frais également sur de nombreuses prestations de son incompétence.
Il va sans dire que nous avons fait réviser son tarifs et quand on lui a demandé de détailler chaque poste, le prix global a très bizarrement chuté de 800 e ! Elle voulait qu’on la règle avant le trek au wadi rum mais nous avons refusé car nous ne savions pas ce qui s’y passerait. Nous avons réglé à Ali le solde, nous aurions dû nous abstenir car cela incluait nos dernières nuits à Madaba qui n’étaient pas ou plus réservées. Nous avons convenu un remboursement en juin.
Nous avons réussi à chaque fois à nous débrouiller par nous même mais ici encore parce que nous sommes des voyageurs avertis mais qu’en aurait-il été si c’était notre premier voyage ? En conclusion : évitez Anne !
TREK DU WADI RUM : COUP DE CŒUR ! 🙂🙂🙂
Réservé auprés d’Anne. Tantôt elle le délègue à Ali, un bédouin du wadi, tantôt elle accompagne elle-même les touristes dans le désert avec son mari . Eddy lui a très clairement fait comprendre que ce n’était pas la peine de nous accompagner car sa présence aux vues des nombreuses péripéties, nous serait insupportable. Elle nous donc confiée à Ali pour notre plus grand bonheur .
La prestation pour 4 jours et 4 nuits : www.wadirumdesert.ca.cx prix : 70e par jour et par personne (+ pourboires) Guide : Ali et cuisinier Sliman Bagages transportées et disponible midi et soir Bivouac en tente ( decatlon) avec matelas et couvertures Pension complète et eau et thé à volonté
Le trek : organisation Départ vers 9 h après un solide petit-déjeuner Marche pendant 3h Pause déjeuner ( camp installé et repas prêt quand nous arrivions) jusqu’à 15h Marche entre 2h30 et 3h Installation au camp du soir Dîner Et belles nuits étoilées….
Concernant la marche : à notre rythme, avec toujours une pause en milieu de matinée et d’après-midi avec fruits ou biscuits… Ali nous avait demandé si nous voulions voir impérativement les sites les plus connus du wadi ( peintures rupestres….) nous lui avons laissé carte blanche car nous venions pour l’expérience et les paysages. Cela lui a permis de nous aménager l’itinéraire selon la situation climatique : canyon l’après –midi ….
Concernant les repas : en grosse quantité et toujours de qualité ! Maglouba, grillades, salades….fruits en dessert. On s’est régalé ! ! ! !
Concernant la vie au camp : nous prenions nos repas tous ensembles et Ali et Sliman ont aussi toujours veillé à ce que nous ayons nos moments en famille . Idem pendant la marche. Bref une super ambiance !
En conclusion : un grand moment de bonheur sans aucune ombre au tableau ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! FONCEZ !
HEBERGEMENT
Sheperd hôtel à Amman (jabal amman) Dans les guides annoncés comme calme et accueil chaleureux, pour nous ce fut accueil glacial et discothèque. Une double et une triple pour 80 Jd avec petit-déj. Chambres spacieuses et propres.
Olive Branch resort entre Jérash et Aljun 🙂 Une chambre pour 4 et un matelas : 60JD avec petit- dej. Accueil super chaleureux et convivial. Belle chambre propre et spacieuse au milieu d’un jardin fleuri. Vue magnifique sur les environs. Nous vous le recommandons !
Dana Guesthouse : coup de cœur ! ! ! ! 🙂🙂🙂 Génial ! ! Chambres avec balcon sur un magnifique panorama. Accueil super chaleureux, on s’y sent de suite chez soi. Salle de bain commune mais d’une propreté irréprochable. Prix facturé par Anne : 50e par personne en demi-pension
Rumana Campsite : énorme coup de cœur ! ! ! ! ! 🙂🙂🙂🙂 Un pur moment de bonheur ! ! ! ! ! ! ! Accessible à partir du village après une rando magnifique de 4h ou par une navette ( aucune voiture dans la réserve) Nichées sur un vaste plateau, de grandes tentes au milieu de nulle part, une tente bédouine pour le thé à volonté, un petit coin repas sous une tonnelle, des sanitaires ( pas d’eau chaude mais très propres) . Pas d’électricité. Dans les tentes : matelas, couvertures, draps. Un cadre idyllique, un accueil extraordinaire, des repas( sous forme de buffet) excellents et en abondance . Départ de nombreux sentiers de rando. Dépaysement assuré ! En pension complète, prix facturé par Anne : 60e par pers en pension complète, entrée réserve incluse.
Sunset hôtel à Pétra A 5mn à pied du visitor center. Chambre toute simple mais propre ( cependant pas très lumineuse). Un bon compromis entre le luxe des hô tels du secteur et ceux éloignés de wadi musa. Deux triples facturées par Anne : 75e la nuit (mais sur place : 40 la chambre) Petit dej buffet.
Bedouin garden hôtel à Aqaba (12km au sud) 😕 Souvent cité sur le forum, il nous a un peu déçu. 90 Jd pour une double et une triple en demi-pension. Bien situé à 100 m de la plage ; poissons multicolores par centaines. Chambres en bungalow mais à peine propres ! Location masque – tuba- palmes : 5 JD la journée
Pilgrim hôtel à Madaba 🙂 Très bien situé à côté de l’église St Georges. Accueil chaleureux Grande chambre pour 4, extrêmement propre, lumineuse . Petit dej buffet La patronne est au petit soin pour ses hôtes !
NOURRITURE
Le mensaf, l’houmos( purée de pois chiche) et le maglouba sont les plats les plus répandus. La viande est essentiellement le poulet.
Resto sur parking de Jerash 🙂 Buffet pour 6 JD Copieux, varié et accueil chaleureux pour cette première prise de contact avec la nourriture jordanienne. Ceci nous aura permis de tester les différents plats et d’éviter ensuite les mauvaises surprises. Repas sous une tonnelle. Un bon moment !
Le Taloubi prés du site de Béthanie Grand resto totalement impersonnel plutôt réservé aux groupes. Accueil sympa mais hors de prix : aucun plat à moins de 15 JD . On se contentera d’une salade ( tout de même à 6 jd)
Resto de l’hôtel Mariam à Madaba 8JD le buffet On y retrouve les plats traditionnels. Service impersonnel Bof….
Adel-halabi à Kerak En face du château. Petite gargote, petits prix et cuisine locale, accueil sympa : une bonne adresse ! Movienpick resort Pétra : buffet 🙂🙂 Le prix de 30 Jd est à la hauteur de la variéte, la qualité, l’abondance, la fraîcheur des plats et de l’accueil réservé ! Cadre superbe, un tantinet trop luxe pour nous. Le petit coup de folie du séjour
L’oriental à Pétra Pas très loin de l’hôtel sunset. Prix affichés TTC c’est rare ! Environ 7 JD pour un plat local très copieux. Accueil sympa.
Resto de l’hôtel bedouin Bof ! Ne pas oublier d’aller commander et de dire à quelle heure on veut être servi. Les gros appétits restent sur leur faim.
Complexe panoramique de la mer morte Cadre raffiné et accueil chaleureux pour des prix peu élevés. Excellent rapport qualité-prix
Mystic pizza à Madaba Proche église st Georges, trottoir en face. Petits prix, accueil super sympa, grosse pizza ou portion pâtes. Ouf ça change de l’houmos en fin de séjour !
CARNET DE ROUTE
1er avril :
Départ de Lyon via Madrid sans encombre. Arrivée à Amman à 19h, passage de l’immigration et délivrance du visa sans problème et prise en charge de la voiture.
On attend l’arrivée de Romain à 21h via Istanbul. A 21h30, nous prenons la route du centre d’Amman où se trouve l’hôtel que nous avons réservé et que nous trouverons avec beaucoup de difficultés après 1h30 de recherche tant la signalisation routière est inadaptée !
L’hôtel qui est annoncé dans le routard comme un havre de paix est animé d’une discothèque🏴☠️ ! Mais le sommeil aura rapidement raison de nous !
2 avril
Lever à 8h30 et petit déjeuner vers 9h30 ; il ne reste quasiment plus rien à manger : tollé général des ados !
Petite mise en route habituelle : trouver de l’eau minérale, des fruits, un guichet automatique et quitter Amman sans trop de galére. Nous avons fait le choix de ne pas visiter Amman souvent annoncée comme moyennement intéressante.
Arrivée à Jerash à 12h. Repas au resto situé sur le parking ( bizarre les garçons trouvent qu’ils vaut mieux manger avant d’attaquer la visite ? !) . Présenté sous forme de buffet, ce repas nous permettra de découvrir les différents plats du pays . On comprend très vite que l’houmos ne remporte pas tous les suffrages mais que le maglouba fera souvent l’affaire !
Visite du site sous une chaleur caniculaire. On apprécie tout particulièrement le théâtre, la place ovale et les colonnes du temple d’Artémis. Le site est très agréable et noyé dans le colza !
Passage prés de la forteresse d’Aljun.
On souhaitait se balader dans la Woodland réserve amis le prix de 7 JD pour un sentier de 2 kms, nous laisse sans voix !
Nuit à l’olive branch et longue discussion avec le patron très bavard mais ô combien charmant !
3 avril
Départ pour les châteaux du désert. Une longue journée de route pour somme toute pas grand chose…Le premier est ruiné. Le second Azraq ressemble plutôt à une forteresse. Le troisième, à notre goût le beau, Aqsar Amra est en plein désert . Bien conservé, on saisit ici plus le sens de ces châteaux destinés aux loisirs. De belles peintures .
A l’arrivée à l’hôtel, la voiture montre de plus en plus de signe de faiblesse. Premier déboire avec Alamo ( cf : transport).
Nuit à l’olive branch.
4 avril
Départ le long de la vallée du Jourdain pour la mer morte. On comprend que la mer morte est variment en passe de mourir quand on voit les dizaines kilomètres de serres agricoles le long du Jourdain et l’irrigation intensive. On aperçoit Israël de l’autre côté.
Visite du site du baptême du Christ : Béthanie. Nous sommes athées mais cette visite est symbolique et chargé d’histoire. Elle est guidée car trop proche de la frontière israëlienne ( un simple grillage). Très intéressant.
Route vers la mer morte. Nous modifions un peu l’itinéraire initial car Romain ne sera plus là en fin de séjour et rêve de flotter dans la mer morte. Nous choisissons un hôtel plutôt que la plage public pour pouvoir se rincer mais aussi profiter des piscines car le sel c’est bien pour flotter mais se rendre compte de la moindre écorchure aussi ! romain exulte : il flotte ! On se badigeonne aussi de boue noire et tirons quelques photos assez cocasses😊 ! Nous n’y restons que 30 mn puis nous profiterons des piscines.
Route panoramique vers Madaba.
Nuit au Mariam hôtel.
5 avril
Ce matin, nous commençons par la visite du mont Nébo ( Moïse annonçant la terre promise). Tout aussi symbolique que la veille mais moins intéressant et moins chargé d’émotions. Le lieu offre toutefois un magnifique panorama quoique brumeux sur Israël : nous sommes ici à 25 km de Jérusalem, 18 de Jéricho… autant de noms qui nous rappellent nos leçons d’histoire🙂 et de catéchisme🤪.
Route vers Kérak : une des citadelle des croisés. Une autre page d’histoire…Endommagé certes mais visite ludique grâce à de nombreux passages souterrains( emmener les lampes frontales et attention la tête !) musée très intéressant ; on s’y attarde au grand désespoir de Thomas ( l’anti-musée de la famille).
Déjeuner en face de la forteresse.
On continue la route des rois vers Dana. La route est tantôt sublime par ses paysages et panoramas époustouflants, tantôt monotone . A nouveau, la voiture montre des signes de faiblesse au niveau des freins ( et pourtant difficile de s’en passer dans la région !) . Le fait que tout le monde se retourne sur notre passage sonne la sonnette d’alarme. Coup de téléphone à Alamo qui sera à l’hôtel à notre arrivée.
Arrêt aux sources chaudes d’Afra. Louées par le routard ce n’est somme toute pas grand chose ! Lucie et moi nous sentirons très mal à l’aise quand les messieurs du cois viendront squattés prés de notre bassin…On décide toutes les deux de ne pas se baigner. La police touristique qui a compris notre souci, fera évacuer le bassin le temps de notre baignade .
Nuit dans le village de Dana( relancé par ce projet d’éco-tourisme), petit lieu enchanteur de quelques maisons en pierre et avec un somptueux panorama sur la vallée de Dana . La guesthouse est un vrai coin de paradis ! Sans parler de l’accueil ! On s’y sent chez nous.
Dîner super sympa où nous faisons la connaissance de deux couples de grenoblois et valentinois qui subissent eux aussi les incompétences de notre prestataire : Anne. Cette rencontre sera suivie d’une autre à Pétra et constituera une vraie force pour re –négocier le montant de notre forfait aux vues des prestations défaillantes ou inexistantes.
Seule ombre au tableau : aucune nouvelle d’Alamo ( cf plus haut).
6 avril
Lever 7h et la nouvelle voiture qui a l’air d’aplomb nous attend : est-ce la bonne ? Petit-déjeuner buffet très copieux.
Départ avec notre guide ( on gère au mieux le manquement d’Anne concernant l’acheminement de nos bagages) dans la réserve de Dana qui est très variée de par ses quatre écosystèmes différents : méditerranéen, steppe, subtropical et désertiques. On y compte 500 variétés de plantes et 300 espèces animales dont des loups, des hyènes, bouquetins ( nous n’en verrons que les traces) C’est parti pour 4h de marche au milieu des pistachiers, cyprès…Le guide est génial, aménage des pauses découvertes. Une très belle balade au milieu des roches ( un faux air de Cappadoce avec ses cheminée de fées..) .
Arrivée à 13h au camp où un solide déjeuner nous attend. Nous sommes enchantés par ce camp au milieu de nulle part, au panorama somptueux. Nous y sommes accueillis par le cuisinier et un vieux monsieur qui sert d’intendant, un personnage haut en couleurs qui fera le pitre avec les enfants la journée durant et ne ménagera pas ses efforts dans une partie de foot acharnée avec les garçons.
Nous devions repartir avec le guide l’après-midi en rando mais nouveau manquement d’Anne, il n’est prévu que pour le matin…
Pause thé sous la tente puis on part seul marcher, assez simple puisque fléché. Encore un beau moment à profiter de cette superbe nature.
Dîner, thé, échanges ….clôturent cette journée extraordinaire ! Nous sommes nostalgiques à l’idée de partir dés demain….
7 avril
Après une nuit dans un profond silence et le petit déjeuner, nous regagnons avec la navette notre voiture. Nouvelle surprise : Anne n’a réservé que pour 3 et non 5 personnes. Nous donnons ses coordonnées et ne démordons pas : pas question de payer !
Route vers le petit Pétra où nous sommes attendus pour une randonnée à 11h. On passe devant le château de Shoback que nous voyons de loin. Celui-ci étant encore plus endommagé que celui de Kérak, nous décidons de nous passer de sa visite d’autant plus qu’un car vient d’y débarquer. Quelques km après Shoback, nous bifurquons vers Beida : petite route panoramique de toute beauté !
Arrivée à l’heure au lieu de rendez-vous, nous patienterons trois quart d’heure : pas de guide, impossible de contacter Anne puis nous décidons de partir nous balader dans le petit siq.
A 12h, à notre retour, nous sommes accostés par un français qui vient de la part d’Anne nous dire que le guide est en retard : ah ben on n’avait pas remarqué !
Dans la demi-heure qui suit, nous partons en rando au milieu des rochers de Beida. Paysages extraordinaires mais quelques passages qui relèvent plus de l’escalade que de la rando. Nous sommes de retour 3h plus tard, un peu fatigués mais enchantés !
On rejoint le Sunset hôtel réservé et retrouvons Anne qui se confond en excuse pour les désagréments déjà rencontrés . Elle nous annonce aussi que sous la menace d’une expulsion, elle ne pourra organiser le barbecue prévu ni nous fournir de guide pour la visite demain de Pétra. L’aventure continue ! ! ! ! ! Eddy se fâche ! ! ! ! ! Elle nous propose le buffet du Movienpick moyennant supplément ( et quel supplément) ; nous refusons, elle finira par nous l’offrir, occasion pour nous de retrouver nos français et de passer une bonne soirée !
8 avril
On se lève le cœur plein d’entrain : aujourd’hui, on va découvrir PETRA ! ! ! ! ! ! ! 🙂
On part à 6h30 pour être sûr au moins ce premier jour d’être seuls dans le siq ! c’est réussi ! ! !On progresse seul dans ce siq long de 1, 2 km et enfin la vision tant attendue ( vous savez celle qui est dans tous les magazines et que vous vous dites : un jour j’y serai !) : le kazneth en arriére –plan de la faille. 🙂🙂
Longue pause photo et émotion ( petit pensée pour fifi) . Vous vous le demandez, vous qui lisez souvent mes carnets ? Eh ben, bien sûr que j’ai pleuré, vous me connaissez maintenant !
Pas de guide donc ; eh bien pour cette première journée : tant mieux ! Romain décide d’être notre guide pendant les trois jours et remplira son rôle avec mention très bien ! Il s’accapare le guide bleu et c’est parti. On décide de s’en tenir aujourd’hui à l’essentiel : Kazneth, tombeau de l’urne, théâtre, palais, cardo maximus, église byzanthine, temple aux colonnes bleues, qsar el-bint…et tout cela dans un magnifique décor de roches, montagnes… un univers de pierres dans la pierre, des tons bigarrés…Une splendeur…Les qualificatifs nous feront souvent défaut pour décrire notre émerveillement.
Je vais vous passer les commentaires et descriptions car les guides le font très bien . Sachez cependant que cette première journée se trouve sur le passage des foules donc il vaut mieux y aller comme nous très tôt, vous distancerez tout le monde .
Anne nous a commandé des pique-niques fournis par l’hôtel mais ils sont non seulement infâmes ( Romain vous dirait : « vous connaissez les sandwichs au pain ? »🏴☠️😠) mais peu copieux. Tollé général chez les ados !
Nous ne renouvelons pas l’expérience et annulerons les suivants, préférant faire quelques emplettes par nous mêmes à la petite supérette du coin. Cela fera beaucoup mieux l’affaire.
A 14h, nous entreprenons la montée au Deir, édifice imposant, l’un de nos préféré qui se mérite après 45 mn d’ascension et 800 marches ! cela se fait somme toute très bien. Longue pause en haut partagée entre la vue sur ce magnifique monument et le vaste panorama. Nous redescendons et nous dirigeons vers la sortie que nous atteindrons à 16h30. Nous comprenons que nous avons bien fait de venir tôt car la foule est maintenant dense et le soleil écrase un peu les monuments.
Repas avec les 2 couples rencontrés dans la famille d’Anne . Au menu ce soir : maglouba ( riz, poulet, légumes) et pâtisseries. Un excellent moment dans une charmante famille. Enorme fou rire quand nous nous apercevrons tous que si nous trouvons Anne très étrange dans ses comportements c’est aussi l’avis de sa belle famille.
9 avril
On décide de se ménager un peu avec un départ à 7h45.
Nous voilà partis avec notre propre pique-nique. Aujourd’hui au programme : la montée au sacrifice ( 30mn de bonne grimpette pour déboucher au lieu de sacrifice mais aussi sur un panorama à couper le souffle). Descente vers qsar el bint par le siq de wadi farasab : les roches moarées sont de toute beauté ! En route, différents monuments : celui du lion, triclinium du jardin, tombeau du soldat romain… Subtil mélange du l’Histoire et de la Nature …Au lieu de regagner directement qsar el bint, on bifurque vers El habis ( forteresse croisées), encore quelques kilométres de plus dans ce décor enchanteur . Aujourd’hui, nous sommes quasiment seuls au monde, on ne fera que croiser quelques personnes…Génial !
Encore une belle journée et des cuisses en béton ! Foi de podomêtre : 20 km par jour ! ! !
Demain dernier jour pour romain qui rentre ensuite en France alors on s’offre à nouveau la petite gourmandise de manger au buffet du Movienpick ! Une bonne soirée !
10 avril
Nous nous réveillons un peu fourbus …
Découverte d’un autre côté de Pétra. Balade ( attention avec quelques passages un peu plus périlleux pour ceux qui ont des difficultés à marcher) de toute beauté dans le wadi el mataba ( juste avant l’entrée du siq et de la police touristique, prendre à droite, descendre dans le wadi et passer dans tunnel, ensuite on suit le canyon) avec des passages qui nous rappellent Antelope canyon. Le matin, la lumière est superbe. On se retrouve proche du tombeau de Sextus Florentinus. Une de nos plus belles balades. Montée au haut lieu de la Khubta qui offre une vue imprenable sur le théâtre et le Kazneth. Deux heures à deux heures trente de rando mais en AR ( pas de boucle possible) dont 45 mn de montée (30mn par des marches) ;
Pique nique en haut .
Retour vers l’hôtel pour préparer le départ de Romain que son père et son frère remonteront sur Amman ( 5h aller-retour par l’autoroute) dans la nuit. C’est le cœur lourd que nous laissons s’envoler un élément de la tribu … 🙁🙁
Pétra en bref : un lieu idyllique non seulement pour ses monuments mais aussi par la beauté de la Nature. Un désert et des roches aux multiples couleurs. Des randonnées variées à l’infini ( nous aurions pu rester encore au moins deux jours). Bref un lieu les plus fabuleux qui nous a été donné de voir depuis notre courte carrière de voyageurs pour son alliance de vieilles pierres et de pierres…
11-12-13-14 avril
Romain est parti…Nous quittons Pétra vers le Wadi rum . Les hommes sont un peu fatigués par la route faite cette nuit… dans la voiture le silence est de mort, tous affecté par ce départ. Nous sommes aussi un peu inquiet de savoir sil aura géré aussi bien son retour seul en avion que son aller.
Notre deuxième inquiétude est dans le fait d’avoir confié à Anne l’organisation de notre séjour dans le désert. Alors on croise les doigts…
Nous arrivons au visitor center à 10h30 comme prévu et Ali nous attend. D’un premier coup d’oeil nous sommes rassurés par ce grand gaillard tout mince… le contact est passé de suite. Accueil chaleureux autour d’un thé. On charge nos sacs et départ en 4x4 jusqu’au milieu de l’immense plaine désertique non sans avoir attendu le sms tant attendu de Romain nous confirmant son arrivée ( nous savions qu’après nous n’allions plus avoir de réseau pendant 4 jours) . Nous sommes accompagnés pour cette aventure d’Ali, le guide, un bédouin qui a toujours vécu sous tente avec sa famille nomade dans le wadi, de Sliman, un jeune homme très discret, chargé de déménager le camp chaque midi et soir et de cuisiner et enfin de Naba’han le lévrier d’Ali ! (j’avoue mon coup de foudre, pour qui les enfants m’accuseront ( si, si ils ont osés !😕) de porter plus d’intérêt qu’à leur égard) . Avec Naba’han, nous ne nous quitterons plus ! Et ali finira par dire qu’il était temps que je parte car j’allais vraiment donner de mauvaises habitudes à son chien. Thomas ira jusqu’à m’avouer que j’ai très bien su élever mes enfants ( c’est déjà ça ! 😛) mais que je suis une catastrophe avec les animaux😕 … le pire…. : c’est vrai 😊😛😏!
Une première pause déjeuner dans un décor de rêve !
Reprise de la marche et arrivée à notre premier camp à 18h. C’est blotti dans une faille de montagne que nous passerons notre première nuit et goûteront les saveurs de notre premier dîner autour d’un feu …première nuit étoilée, c’est merveilleux….
C’est à ce rythme de marche, de découvertes, de décors sans cesse renouvellés sable blanc, jaune, rouge, des canyons, des falaises, arches… que nous vivrons nos quatre jours dans ce prodigieux désert, loin du monde et de la civilisation, sans croiser personne, en apprenant combien la Nature est fragile, l’eau précieuse ….et tant d’autres choses qui sont des sentiments vécus au plus profond de nous même et ici intranscriptible. Rencontre avec un homme fabuleux, drôle, sensible et tellement professionnel. Aucun manquement, aucun impairs .
15 avril
Après notre dernière nuit agitée par une tempête de sable, nous retournons chez Ali. C’est alors le moment des adieux … séquence émotion au moment où on a l’impression de quitter un ami de longue date, séquence larmes quand je prodigue les dernières caresses à celui que j’appelai déjà « mon chien ». On monte dans la voiture, la gorge nouée et les yeux encore émerveillés de cette belle aventure à jamais gravée en nous. Silence imposant jusqu’à Aqaba avec la maigre consolation de se dire qu’enfin nous allons nous doucher …
Nous arrivons à 12h30 et sommes un peu déçus de l’hôtel bédouin si souvent cité sur le forum . Certes bien placé, il est cher pour ce qu’il propose : des chambres minuscules et loin d’être propre avec une salle de bain, allez j ‘ose, minable ! Nous restons car nous n’avons pas du tout envie de partir en chasse d’un autre hôtel.
Après-midi snorkelling . En voyant la plage, nous sommes sceptiques sur la splendeur des fonds marins que nous allons découvrir. On se jette à l’eau, grr, c’est froid ….Très vite, nous sommes enchantés : des coraux, des poissons multicolores… les garçons se découragent assez vite quand ils verront qu’il y a des méduses . Lucie et moi sommes poussées par notre curiosité d’en voir toujours plus et plus loin… Nous batifolons de récif en récif pendant 2 heures, fascinant monde marin et pourtant j’ai horreur des aquariums. Nous trouvons très vite le truc de nous avancer à l’emplacement des bateaux à fond de verre, c’est très payant.
Le soir, et après une bonne douche( je ne pensais pas avoir emmener la moitié du sable du wadi dans mes cheveux😕), retour à la civilisation avec une petit balade dans le centre d’aqaba : bof pas grand intérêt !
Première nuit loin du désert, on a le blues…
16 avril
On demande à Anne s’il est possible d’annuler une nuit à Madaba afin de rester un jour de plus à profiter des fonds marins d’Aqaba mais la réponse est sans appel, ce que nous comprenons fort bien, impossible d’annuler et c’est payé !
Nous quittons donc Aqaba vers Madaba par la route de la mer morte.
Arrêt au complexe panoramique de la mer morte avec certes une vue imprenable sur les lieux mais au musée somme toute pas très intéressant. Resto sympa.
Nous arrivons à 14h à Madaba sous une pluie battante et 13°. Super surprise à l’hôtel, le patron nous annonce qu’Anne a annulé la chambre et qu’il n’y a plus de place ! On n’y perd notre latin. Finalement, on trouve une chambre super sympa au Pilgrim hôtel. Et dire qu’on a quitté les 30° d’Aqaba pour ce temps pourri à Madaba. Le temps nous rebute, on renonce au circuit des mosaïques en ville.
17 avril
On souhaitait finir le séjour par une journée farniente dans un complexe de la mer morte mais la météo ne nous en laissera pas la chambre, en effet, il ne pleut plus mais il fait froid. Adieu le bon plan… On entreprend donc la visite des différents emplacements des mosaïques. De belles fresques !
Déjeuner dans une pizzeria pour se changer un peu de l’houmos et du maglouba.
Après-midi à Machéronte qui ne vaut le déplacement que pour le panorama et beaucoup d’imagination pour s’imaginer qu’il y a eu un jour un château ici ! On comptait faire quelques achats mais décidément l’artisanat est vraiment pauvre.
Dernier repas .
18 avril
Retour en France via Madrid et les effets glacés d’un surboocking sauvage ! ( cf transport)
CONCLUSION
On a adoré : Pétra pour son mélange subtil de vieilles pierres et de pierres ! Et ses innombrables randonnéesL’expérience dans le désert du Wadi rum avec Ali, avec ses paysages à couper le souffle et la vie en totale isolement. C’est beau, c’est grand, ça vide la tête ! Pour moi : le chien d’Ali ! La réserve de Dana pour ses paysages variés et pour s’être senti seul au monde au Rumana campsite
On a aimé : L’hospitalité, l’accueil et l’humour des jordaniens Un si petit pays mais aussi varié ! Le fun de flotter dans la mer morteLes fonds marins de la mer rouge
On a moins aimé :Le coup de la vie élevée Le manque d’indications routières
On a détesté :Avoir fait confiance à Anne, ses manquements, ses mauvais plans, son incompétence ! Passez votre chemin 😠😠😠😠La compagnie de voiture de location Alamo et ses voitures pourries !
De retour de Las Vegas et des parcs nationaux English translation pending
J1 : Samedi 11 avril : Départ de Paris (Roissy) à 13H15 (cela fait des heures que nous trépignons à la maison en attendant le grand départ - nous avons la chance d'habiter la région parisienne donc pas trop de trajet pour atteindre l'aéroport) - Escale à Minneapolis quelques 8 heures 45 plus tard (durée initiale de l'escale 1H15 et qui s'est avérée plus longue en fin de compte : environ 2 heures) - Arrivée à Las Vegas à 18H10. Mon oncle nous attendait. Il vit là-bas depuis quelques années. Tout s'est bien passé hormis deux de nos bagages qui se sont égarés à Minneapolis. Les employés chargés du transfert des bagages vers le nouveau vol ont confondu les initiales de Las Vegas (LV) avec les initiales de Los Angeles (LX). Nos valises sont donc allées se promener là-bas sans nous. C'était un peu l'angoisse à l'aéroport. Il nous manquait deux bagages sur quatre (les vêtements des adultes + nos chaussures étaient tous dedans - heureusement ceux des enfants étaient avec nous). Après une attente inutile puis un petit tour au service réclamation pour expliquer notre problème (heureusement qu'une personne bilingue nous accompagnait : mon oncle car les explications à donner et à entendre étaient bien complexes, surtout lorsqu'on n'est pas complètement bilingue et que l'on a qu'une envie, c'est d'aller se coucher !!!), nous avons pris la voiture (de mon oncle) direction son domicile en traversant le strip de nuit (et là, cela a été l'émerveillement : Las Vegas la nuit, à ne pas rater ! Toutes ces lumières de toutes les couleurs partout, c'était superbe. Nous avons reconnu au passage des monuments très connus tels que la Pyramide de Guizeh, la Tour Eiffel, l'Empire State Building... Le rêve commençait...) Mon oncle a une jolie maison dans le nord-ouest de LV où nous avons passé une agréable soirée même si nous avions un mal fou à garder les yeux ouverts. Il habite dans un quartier résidentiel qui m'a fait pensé au feuilleton "Desesperate housewives" sans les habitants qui semblaient se cacher dans leur maison (rues désertes). La nuit a été courte (décalage horaire oblige). Ma nuit était finie à 3H00 du matin et celle du reste de la famille 1H30 plus tard. L'avantage, c'est que nous disposions d'être très longue journée pour pouvoir découvrir LV.
J2 : Dimanche 12 avril : Après un petit déjeuner très matinal et une douche bien méritée, nous nous sommes rendus en voiture (toujours avec mon oncle) à l'aéroport pour récupérer les deux bagages manquants qui étaient revenus de Los Angeles. Nous nous sommes déplacés au lieu d'avoir été livrés car nous ne savions pas où nous allions nous trouver en cours de journée. Ensuite, nous nous sommes rendus à l'entrée (sud) de la ville pour nous prendre en photo devant la célèbre enseigne "welcome Las Vegas" pour immortaliser le moment.
Ensuite, direction notre hôtel (le circus circus) pour pouvoir y laisser nos bagages à la consigne (prise en charge de la chambre qu'à partir de 14H) et récupérer notre voiture de location. L'hôtel est un peu vieillissant, beaucoup moins beau que d'autres mais d'un très bon rapport qualité-prix (34 euros la nuit pour nous 4). Les chambres sont spacieuses, possèdent deux lits Queen (2 personnes) + 1 TV + 1 petit réfrigérateur + 1 commode + 1 petite table + 2 chaises + 1 salle de bain complète (baignoire, lavabo, toilettes, sèche cheveux) + 1 table à repasser. Par contre, il manquait des placards. Nous sommes restés 5 nuits dans cet hôtel. Nous étions dans l'annexe (manors rooms). Au rez de chaussée (pratique nous ballader les bagages), près de la piscine et nous pouvions garer notre voiture juste devant la chambre chaque jour.
Pour ce qui est de la voiture, l'attente a été longue (une bonne 1/2 heure). L'agence n'a pas essayé de nous rajouter d'assurances supplémentaires. Nous avons eu une Dodge avenger. Elle a un look sportif et est très confortable. Nous en avons été très satisfaits. Elle a bien avalé les quelques 2500 kilomètres que nous avons fait. Par contre, elle consommait pas mal mais l'essence n'était pas chère du tout (au mieux : 2, 09 dollars et au pire 2, 39 dollars). Nous sommes passés par elocationsdevoitures.fr pour la louer. Nous avons mis un peu de temps pour nous habituer aux vitesses automatiques et surtout au code de la route local. Nous avons commencé notre périple en nous garant à l'hôtel Luxor (self parking : on se gare tout seul mais c'est gratuit, pas de pourboire à payer contrairement au valet parking). Nous avons visité l'hôtel (thème : l'Egypte) qui est très beau à l'intérieur mais aussi à l'extérieur : on reconnaît la pyramide de Gizeh, le fameux Sphinx devant l'entrée - Il nous a rappelé notre voyage en Egypte fait 2 mois auparavant).
Ensuite, nous nous sommes rendus à pied à l'hôtel Mandalay Bay (thème de l'Asie du sud-est) pour le visiter également. Il est très beau également (encore plus luxueux à l'intérieur).
Du Mandalay Bay, nous avons pris une navette (espèce de petit train gratuit) pour revenir sur nos pas et nous rendre à l'hôtel Excalibur, sorte de château du moyen âge. Cela m'a fait pensé à disneyland paris. Je l'ai trouvé moins beau que les deux autres mais tout de même agréable à visiter.

Ensuite, nous avons rejoint, toujours à pied, l'hôtel New-York New-York de l'autre côté de Tropicana Avenue. De l'extérieur, il est superbe : il reproduit des monuments très connus de la ville de New York (Pont de Brooklyn, Empire State Building, statue de la liberté...) et même à l'intérieur, on trouve des rues qui ressemblent vraiment à la ville. Dommage que ce soit un peu sombre. Mon mari et mes enfants ont voulu essayer le roller coaster. Cela leur a plu. Ils m'ont dit qu'il était assez impressionnant mais qu'il ne durait que très peu de temps. Nous avons déjeuné sur place dans un restaurant mexicain pour manger des farritas (très bonnes et très copieuses).
Nous avons ensuite rebroussé chemin vers notre voiture car nous étions déjà au milieu de l'après-midi et mon oncle nous attendait pour 17H chez lui. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel pour prendre notre chambre, défaire nos valises, prendre une bonne douche, nous changer et finir la soirée chez mon oncle. Il ne fallait pas que l'on se couche trop tard pour profiter encore d'une longue journée le lendemain.
J3 : Lundi 13 avril : Toujours levés très tôt, nous poursuivons notre découverte de Las Vegas. Direction l'hôtel MGM en voiture mais nous nous garons sur le parking de l'hôtel Tropicana, dont l'architecture ressemble vraiment aux hôtels que l'on trouve aux Antilles.
L'hôtel MGM (thème : le cinéma) quant à lui est un très bel hôtel. Un bâtiment moderne bleu devant lequel se trouve la statue d'un beau lion en bronze. Par contre, je trouve la décoration intérieure moins recherché que certains autres hôtels.
Ensuite, direction la boutique MMs qui est juste à côté pour s'approvisionner en sucreries puis la boutique Coca Cola située également juste à côté. Leur devanture est très sympa.
Nous ne rentrons pas dans l'hôtel Monte Carlo qui, d'après ce que j'avais lu avant de partir n'a rien d'extraordinaire.
Nous avons déjà passé la matinée et le début d'après-midi à faire voir tout cela (déjeuner sur le pouce sur le strip : un burger king), nous retournons à l'hôtel pour nous changeons car aujourd'hui, c'est le grand jour, nous renouvelons nos voeux de mariage (après 18 ans de mariage) en compagnie de nos enfants (qui n'étaient évidemment pas là le jour J) et de mon oncle (qui n'avait pas pu faire le déplacement en France à l'époque). Nous avons choisi une formule originale pour le faire. Se remarier en compagnie d'Elvis. Pour choisir la bonne chapelle, j'avais fait des recherches sur Internet et je suis tombée sur une petite chapelle (Elvis chapel) qui proposait un package présentant un bon rapport qualité-prix. De plus, les organisateurs sont sérieux, car, suite à ma réservation sur Internet, ils m'ont contactée par téléphone en France pour se mettre d'accord sur les modalités et pour me prévenir du moment où ils prélèveraient mon règlement en CB.
Après nous être fait beaux, une limousine blanche (c'est la première fois que je montais dans un tel véhicule) est venue nous chercher devant l'hôtel pour nous amener tous les 6 devant la chapelle. Dans la confusion, nous avons oublié devant l'hôtel un sac à dos contenant l'appareil photo de ma fille, une carte mémoire neuve et des cassettes pour le camescope (nous nous en sommes rendus compte seulement sur le chemin du retour et je vous le donne en mille... Le sac était à la même place à notre retour, dehors tout seul !!! En France, il aurait vite disparu. Je n'en revenais pas. Mais revenons à la cérémonie. Nous avons été accueilli par David, l'organisateur qui fait office à la fois de photographe, metteur en scène et secrétaire pour tous les papiers administratifs. Au passage, à signaler que pour se remarier aucun document officiel n'est demandé. "Elvis m'a demandé de le prendre par le bras et m'a conduite à l'autel" en chantant une chanson. Il m'a également offert un bouquet de mariage (de superbes roses rouges qui ont tenu tout le séjour). C'est peut-être bête mais j'étais très impressionnée de voir ma famille me regarder ainsi et cela m'a rappelé beaucoup de souvenirs. Ensuite, la cérémonie s'est déroulée. "Elvis" nous a demandé à tour de rôle de prononcer nos voeux. Il parlait assez lentement. Donc, nous n'avons pas eu trop de difficultés à répéter les phrases qu'il nous demandait de dire à l'autre. Il a chanté encore deux autres chansons. Ensuite, on nous a offert des paires de lunettes Elvis et nous avons swingué avec lui. La famille est venue nous rejoindre pour fêter cela. C'était super. La cérémonie dure environ une petite demi-heure. A la fin, j'ai laissé mes coordonnées françaises pour que l'on m'envoie le DVD et le CD des photos prises. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, le colis était déjà là (très sérieux). Le total nous a coûté environ 400 dollars tout compris, et que de souvenirs...
Ensuite, nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous changer afin de nous rendre sur le Strip pour finir la soirée. Pour fêter ce petit évènement, nous sommes allés manger au buffet du planet Hollywood (ex : hôtel Aladdin). Il y avait beaucoup de choix et c'était très copieux. Mon oncle m'a expliqué qu'il s'agissait du buffet le mieux noté depuis 3-4 ans sur Las Vegas. C'est vrai, nous n'avons pas été déçus. Il existe une réduction pour les enfants jusqu'à 12 ans. De l'extérieur, l'hôtel n'est pas terrible, par contre, à l'intérieur, il est beau. La galerie marchande est décorée comme si nous étions dans un conte des mille et une nuits. C'est très dépaysant. Puis, nous nous sommes baladés sur le Strip pour admirer les hôtels illuminés : c'est magnifique (même plus beau que le jour). Encore une journée bien remplie et riche en émotions. Nous ne couchons pas trop tard car le lendemain, direction Death Valley
J4 : Mardi 14 avril : Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel (j'ai oublié de dire que nous déjeunions dans un petit "resto" situé à l'intérieur de l'hôtel "Barista Bagels and more" pour ne pas trop dépenser et pour gagner du temps. Nous n'avons donc pas essayé le buffet de l'hôtel qui n'était pas bien noté apparemment : je prenais un thé ou un chocolat chaud + un croissant très bon et très ressemblant à ce qui existe en France pour environ 4 dollars), direction Death Valley. Nous avions prévu le panier pique-nique pour le midi de peur de ne pas trouver de quoi se restaurer sur le chemin. Nous sommes passés par le sud de Death Valley : Pahrump puis Shoshone. Nous avons mis environ 2H30 pour arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible. Il fait gris et pas très chaud. Nous espérons que le soleil va montrer son nez pour qu'on puisse apprécier davantage les paysages. Le GPS nous a beaucoup rendu service mais pas toujours. En effet, par moment, il voulait nous faire changer de direction au milieu de nulle part. Il nous a fait emprunter un espèce de chemin de terre au milieu de rien. Nous avons fini par faire demi-tour car nous étions au milieu du désert, sans rien autour de nous. Nous avons perdu ainsi une bonne demi-heure mais nous avons bien rigolé. Une fois la route retrouvée, nous sommes d'abord allés Badwater qui est le point le plus bas des USA en dessous de la mer (- 86 m). C'est une sorte d'étendue de sel à perte de vue près d'un petit point d'eau.
Ensuite, arrêt à Devils Golf Course qui est une plaine recouverte de sel qui s'étend à perte de vue.
Puis, nous avons emprunté la route d'Artists Drive qui est une route sinueuse au milieu des montagnes en sens unique sur environ 8 kms pour admirer les Artists Palette qui sont des roches multicolores (on y trouve du blanc, beige, gris, bleu, rose). C'est assez étonnant (dommage que le soleil ne soit pas là car cela aurait été encore plus beau).

Puis, nous avons pris la direction de Furnace Creek pour faire une pause et nous rafraîchir (il s'agit d'une espèce de village très verdoyant au milieu de rien avec un camping, un general store, une poste, un musée et un bel hôtel en retrait. Le visitor center du parc se situe ici également). Le soleil a enfin montré son nez et le vent aussi... Je n'ai jamais vu un vent aussi brûlant et violent. On tenait à peine debout.
Nous avons ensuite repris la route direction Zabriskie Point (très beau point de vue sur des collines dentelées dont les couleurs sont pastelles - c'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus beau). Nous aurions pu continuer plus au nord pour voir les sand dunes et je ne sais plus quel château mais cela nous demandait de faire encore beaucoup de kilomètres et les enfants en avaient assez. Des pierres, toujours des pierres (heureusement qu'ils étaient équipés de consoles de jeux et autres lecteurs vidéos pour passer le temps. Cela nous a permet de visiter tranquillement les différents sites qui nous intéressaient).
Pour finir, direction Dantes View qui donne sur un cul de sac (21 kms à parcourir avant d'y parvenir). Nous arrivons sur les hauteurs de Death valley avec une belle vue sur toute la vallée. C'était joli mais toujours très venteux.
Nous avons fait ensuite demi-tour pour reprendre la route de Las Vegas car nous étions attendus le soir chez mon oncle pour fêter mon anniversaire (40 ans). Il y a pire endroit pour célébrer un tel évènement. Avec le recul, c'est l'endroit que nous avons le moins préféré de tout notre voyage. Mais je pense que le manque de clarté dû au temps n'a pas mis en valeur les sites. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de les voir au lever ou au coucher du soleil puisque nous avons été sur place de 10H45 à peu près à 17H00. Encore une journée bien chargée. Demain, nous reprenons la visite des hôtels sur Las Vegas. Nous avons appris que lors de cette journée, le temps sur LV avait été tout aussi triste mais là-bas, le soleil n'a même pas pointé son nez et il a même plu (gros orage).
J5 : Mercredi 15 avril : Aujourd'hui, nous restons sur Las Vegas et nous avons pour objectif de visiter le reste des hôtels. Le temps est mitigé, gris le matin mais le soleil finit par se lever. Il fait frais toute la journée malgré tout. Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel, direction l'hôtel Paris-Las Vegas. Il est très beau. A l'extérieur, de nombreux monuments de Paris sont reproduits : la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'hôtel de ville... Et à l'intérieur, il est tout aussi beau. La galerie marchande reproduit des rues de Paris (enfin un peu plus kitch qu'en réalité tout de même). Même chose que d'habitude : on se gare dans un hôtel et ensuite on circule à pied.
Ensuite, on traverse le Strip pour rejoindre le Bellagio (thème : l'Italie). Il n'est pas très impressionnant de l'extérieur mais il est très beau à l'intérieur. Il y a un immense jardin avec des fleurs de toutes les couleurs (surtout des tulipes) et une petite cabine qui abrite de superbes papillons. C'est super joli.
A côté du Bellagio, se trouve le fameux Caesar Palace (thème : Rome antique), très impressionnant. C'est ici que chantait Céline Dion. Elle a été maintenant remplacée par Elton John mais aussi Cher et Bette Midler. On y trouve des statues romaines et de superbes fontaines un peu partout et le centre commercial qui se trouve à l'intérieur est très grand (Forum Shops) et abrite surtout des boutiques de luxe (hors de portée de notre bourse). Nous avons quand même investi (ou plutôt notre fils) dans une console de jeu de poche de chez Sony et dans un ITOUCH chez Apple. En gros, on paie le prix en euros et en dollar est le même (donc on économise le change : environ 30 %).
Nous avons fait ensuite une pause déjeuner en mangeant Mac Do (pas terrible, c'est mieux en France mais ici, c'est un peu moins cher) pour reprendre des forces avant de repartir à la conquête des hôtels. Cette fois-ci, nous reprenons la voiture pour nous garer au Venitian et nous poursuivons notre périple. Cet hôtel est magnifique. C'est un de mes préférés. Il est aussi beau de l'intérieur que de l'extérieur. Il est orné de grandes fresques italiennes et un long canal le traverse. Il est possible de faire une promenade en gondoles avec en prime un gondolier qui vous chante la sérénade. C'est super romantique. On reconnaît le pont des soupirs, la place St Marc, le palais des Doges...
Nous sommes allés ensuite au Wynn (pas de thème particulier). Apparemment, il s'agit de l'hôtel le plus cher de Las Vegas mais moi, il m'a déçu. Je l'ai trouvé moins beau (de l'intérieur comme de l'extérieur) que le Paris ou le Venetian (question de goût). Par contre, là, inutile de penser y faire ses achats (que du luxe partout).
Nous avons ensuite rejoint le Treasure Island (thème : les pirates), qui, à part le bateau pirate à l'entrée, n'est pas très original. Je voulais assister au spectacle du soir (avec les sirènes) mais nous n'avons pas eu le temps de le voir au cours de notre séjour. Peut-être une autre fois !
Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour aller voir le Mirage (thème : les tropiques). De l'extérieur, je ne le trouve pas extraordinaire (par contre, il est entouré de superbes jardins tropicaux avec des cascades), à l'intérieur, il est assez chic. Par contre, il abrite le Siegfried and Roy secret garden (espèce de zoo) que nous visiterons plus tard.
Harrassés de fatigue, nous rejoignons notre voiture pour rentrer à l'hôtel. Pour l'heure du dîner, nous nous rendons à l'hôtel Flamingo pour goûter à leur buffet. Il était bien mais moins de variétés qu'au planet hollywood (par contre, du choix dans les plats japonais et chinois). L'originalité de cet hôtel est qu'il abrite une colonie de flamands roses dans un jardin exotique. Retour à l'hôtel pour un gros dodo bien mérité.
J6 : Jeudi 16 avril : Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 40 ans. Super endroit pour fêter son anniversaire. Je suis super contente. C'est notre dernier jour à Las Vegas avant de partir à la découverte des parcs nationaux. Le temps est encore frais mais le soleil est au rendez-vous dès le matin. Nous décidons de passer notre matinée à dépenser de l'argent dans les outlets. Nous allons à celui situé dans le Nord de Las Vegas : Las Vegas Premium outlets. Il n'est qu'à quelques kilomètres de l'hôtel. Un grand parking extérieur se situe devant le centre commercial. Ce dernier est en plein air. Il comprend des allées et de chaque côté des boutiques aux enseignes très célèbres : Adidas, Nike, Banana Republic, Guess, Lacoste, Timberland, Dolce et Gabbana, Levi's strauss, Ed Hardi, Izod, Gap, Esprit... En tout, environ 150 boutiques Il y a beaucoup de choix et les prix sont vraiment intéressants. J'ai même trouvé des crèmes de jour de marque "clinique" à 31 dollars alors qu'elles étaient en ville à 50 dollars. Chez Adidas, nous avons eu 30 % de réduction + 35 euros de réduction pour des achats de 125 dollars. J'en ai eu pour un peu plus de 50 dollars. Je n'en revenais pas. Je me suis achetée un sac Guess pour 54 euros et encore bien d'autres choses (polo Lacoste à 55 dollars, Vans à 30 euros...). Nous avons déjeuné sur place dans une espèce de caféteria qui propose des stands de nourriture assez différente : chinoise; mexicaine, hamburger, pizza...). Ce n'était pas terrible mais bon... C'était l'histoire de se remplir un peu l'estomac. Sur le chemin du retour (coffre plein de sacs et carte bancaire qui a sacrément chauffé), nous nous sommes arrêtés à la Stratosphère pour monter au sommet et avoir un panorama de Las Vegas. C'était assez impressionnant. Moi je me suis contentée d'admirer le paysage et de prendre des photos mais mon mari et mes enfants ont voulu essayer une des trois attractions situées sur le toit. Une des trois était fermée (insanity the ride) car il y avait trop de vent. Ils n'ont pas osé essayer X scream, espèce de navette qui se propulse dans le vide. Ils ont seulement essayé Big shot, une espèce de manège qui vous propulse en l'air et retombe tout aussi vite, à 275 m d'altitude. C'était impressionnant et très court d'après leurs dires.

Après ce moment de "frayeur", nous avons fait un dernier arrêt au centre commercial Fashion Mall pour trouver des jeux vidéos pour notre fils (pour sa console portable). En effet, il n'existe pas beaucoup de magasins vendant des jeux vidéos à Las Vegas. Dans le centre commercial, il existe l'équivalent d'un micromania. Les jeux sont également moins chers qu'en France. Environ 35 euros neufs. C'est quasiment la seule chose que nous avons achetée là-bas car les prix ne sont évidemment pas aussi intéressants que dans les outlets.
Nous sommes ensuite rentrés à l'hôtel pour nous reposer un peu (je ne vous raconte pas l'état de nos pieds !). Pour fêter mon anniversaire, nous voulions aller diner au buffet du Bellagio mais il y avait un monde fou. Donc, nous nous sommes rabattus sur le buffet du Treasure Island qui n'est pas mal mais qui ne présente pas le même choix qu'au Planet Hollywood. Pour finir la soirée, nous sommes allés faire un tour dans le vieux Las Vegas, à Fremont Street. J'ai adoré l'ambiance. Tout est très Kitch. La décoration des hôtels est très rétro. Nous assistons à la Fremont street experience. Il s'agit d'une zone piétonne recouverte d'une immense arche métallique parsemée de millions de petites lumières. Un spectacle son et lumières est proposé toutes les heures le soir. C'était super original. J'ai beaucoup aimé.
Après une très grosse journée, nous sommes enfin rentrés à l'hôtel pour préparer nos bagages et enfin nous coucher. L'avantage de connaître quelqu'un sur place est que nous avons pu lui laisser une partie de nos bagages pour éviter de trop charger la voiture pour notre périple de 5 jours.
J7 : Vendredi 17 avril : Aujourd'hui, une longue route nous attend. Mais pour la faire passer plus facilement, nous ferons quelques arrêts photos et visites. Il fait très beau, encore un peu frais mais pas un nuage dans le ciel. La journée va être chaude. Le beau temps est enfin de retour. Après avoir procédé aux démarches administratives (check out) pour quitter l'hôtel (cela va bien plus vite que d'y entrer), direction le sud de Las Vegas pour aller visiter Ethel Chocolate Factory et Cactus Garden qui se trouve juste à côté. La chocolaterie (marque qui fabrique les Mars et les Mms entre autre) est surtout un lieu pour vendre. On nous montre des cuves et quelques personnes emballent les produits (aucun commentaire et la visite se fait en moins de 10 mn). Pour ce qui est du chocolat, il est vendu le même prix qu'en ville. C'est un attrape-touriste.
Par contre, le jardin de cactus situé juste à côté est très beau. On y trouve des milliers de cactus différents. L'accès à ces deux endroits est gratuit. Un grand parking est situé devant (gratuit aussi).
Ensuite, nous avons pris la voiture direction Boulder City. C'est une très jolie petite bourgade résidentielle. Le centre ville est super typique avec des devantures style western. L'église est adorable avec ses couleurs flashy. Il y a aussi de grands espaces verts. L'ambiance est d'un calme. On a l'impression de se retrouver dans un endroit où le temps s'est arrêté. Pas de bruit de voitures, pas de cri, pas de foule... On dirait qu'il ne s'y passe jamais rien. Nous nous sommes arrêtés sur un parking pour prendre des photos de la mairie, du commissariat... Une voiture de police a ralenti près de nous. Je pensais qu'on allait nous demander ce que l'on faisait. Eh bien non. Le policier nous a juste salué et souhaité une bonne journée. Du jamais vu !!! J'ai ensuite aperçu la poste dans laquelle je me suis précipitée pour acheter des timbres et envoyer les cartes postales que j'avais déjà écrites. A Las Vegas, c'est une vraie galère pour en trouver (des timbres). Les commerçants qui vendent des cartes postales, ne vendent pas de timbres ou alors le double de leur valeur (pour la France, c'est 94 cents). J'ai pris un stock complet pour couvrir tout le séjour.

Nous avons ensuite repris la voiture direction Lake Mead. Nous savons que nous ne pouvons y rester que quelques minutes car il nous reste encore beaucoup de choses à voir et de route à faire. C'est ici que nous achetons le pass "america the beautiful" à 80 dollars car nous avons plusieurs parcs à visiter. Nous nous dirigeons ensuite vers la Marina. La vue est très jolie mais sans plus (ce que nous ferons au lac powell est beaucoup plus impressionnant).
C'est à l'entrée du Lac Mead que nous achetons le Hoover Dam, le fameux barrage qui est à la limite du Nevada et de l'Arizona. Par contre, l'entrée sur ce site est très longue (embouteillages) par il est nécessaire de le traverser pour rejoindre l'autoroute US 93 qui nous mènera vers le Grand Canyon. Nous décidons de nous garer dans un parking (payant = 7 dollars - Eh oui, c'est fini les parkings gratuits) et nous allons voir de plus près à quoi ressemble cet édifice. C'est très impressionnant. On imagine ce qui se passerait s'il s'effrondrait. Ce serait une vraie catastrophe pour toute la vallée. Il est super surveillé (on se doute de la raison de cette attention particulière !!!). Nous avons également déjeuné sur place car nous n'étions pas sûrs de trouver de quoi se restaurer ensuite. Il faisait très très chaud. Comme sur tous les endroits touristiques, la nourriture n'était pas terrible et pas donnée.

Nous reprenons ensuite la route direction Kingman. Nous faisons plus de 100 kms sans voir aucune commune, village. La route est très belle, en très bon état. Aucun péage sur les autoroutes ! Il y a pas mal de camions sur la route mais la circulation est très fluide. Nous ne nous arrêtons pas à Kingman (pas le temps) car nous préférons faire une halte un peu plus loin à Seligman (plus de 100 kms plus loin). Seligman (ex route 66) se résume à une espèce de grande route. De chaque côté, on y trouve des hôtels, stations service, boutiques mais très typiques. Devant celles-ci se trouvent de vieux véhicules des années 50-60, des mannequins... Je ne regrette pas cet arrêt. On a l'impression d'avoir changé d'époque. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos, évidemment et pour voir l'intérieur de ces endroits. J'y ai bu un bon chocolat chaud (il était délicieux : avec de la crème chantilly dessus. Un vrai régal pour seulement 1, 50 dollar). Le temps s'est fortement rafraîchi. On sent qu'on s'éloigne de la chaleur du Nevada. J'entame la conversation avec la commerçante (très chaleureuse comme tous les commerçants que nous avons croisés. Nous devrions suivre leur exemple, car notre accueil, en France, est loin de leur arriver à la cheville !!!) qui m'explique qu'il y a deux jours, il neigeait au grand canyon et qu'il y avait tellement de vent, que les touristes n'avaient pas pu prendre de photos des sites à voir. Nous avons eu une chance folle d'avoir échappé à cela car nous avons eu un temps magnifique.
Pour la dernière fois, nous avons repris la route direction le Grand Canyon mais sans aucun arrêt cette fois (il nous restait encore environ 160 kms à faire). Nous sommes passés à Williams et bien plus tard à Tusayan (ici, nous savions que l'arrivée était très proche). Nous atteignons enfin l'entrée sud du grand canyon : il est 18H00. Nous présentons notre pass au ranger pour pénétrer dans le parc. Ensuite, nous nous dirigeons vers Mather point, un beau point de vue. C'est superbe, le soleil commence à décliner. Les couleurs sont orangeâtres. C'est magnifique. On resterait là des heures. Par contre, il fait très froid. Nous nous précipitons dans le coffre de la voiture pour aller chercher des blousons chauds.
Nous restons encore là quelques minutes pour ensuite nous diriger vers notre hôtel : le Maswick Lodge. C'est un des hôtels les moins chers du site mais correct malgré tout. Nous avons un peu de mal à le trouver mais on finit par le repérer. Une fois les démarches faites à l'accueil (qui se résument à montrer mon voucher imprimé sur Internet, mon passeport et ma carte bancaire), nous nous dirigeons vers notre chambre. Il n'y a pas de clim, mais vu la température extérieure, elle n'est vraiment pas nécessaire. Par contre, dans la chambre, il fait assez frais. Nous mettons donc tout de suite le chauffage. Les chambres sont propres. Après avoir repéré les lieux, nous allons diner à la cafétaria de l'hôtel (nous voulions aller diner dans un autre hôtel mais l'attente était d'environ une heure : Eh oui, nous étions à l'approche du week-end et les américains étaient là aussi). La nourriture n'était pas top mais bon ! Ensuite, direction la chambre pour passer une bonne nuit afin de récupérer de cette grosse journée.

J8 : Samedi 18 avril : Une belle journée s'annonce : il fait très beau bien que très frais (il a gelé cette nuit et nous avons dû gratter un peu la voiture). Après un rapide petit déjeuner à la cafétaria de l'hôtel, puis le rangement de nos bagages dans la voiture, puis le check out à l'accueil de l'hôtel, nous nous dirigeons en voiture vers le parking situé en face du visitor center pour aller prendre la navette verte. Après quelques minutes d'attente, la voici. Deux arrêts sont prévus : Pipe Creek vista et Yaki Point. Nous nous arrêtons aux deux. Les navettes passent plus souvent que prévu (sûrement à cause du week-end : plus grande fréquentation du parc) c'est-à-dire toutes les 8 à 10 mn au lieu de 15. Les points de vue sont magnifiques, toute cette immensité à perte de vue et un silence. On se croirait seul au monde.
Nous avons fait ensuite chemin inverse pour revenir au visitor center, nous avons repris la voiture direction l'arrêt village route transfer pour attraper la navette rouge. Nous avons réussi à nous garer à proximité et là, nous avons vu qu'il y avait beaucoup plus de monde. La navette est très vite arrivée (elles étaient plusieurs l'une derrière l'autre) et nous avons décidé de ne pas faire tous les arrêts (il y en a 8 en tout). Nous nous sommes arrêtés à Trailview overlook, Powell Point, Hopi Point, Mohave Point et le terminus Hermits Rest. Les paysages finissent par beaucoup se ressembler mais cela reste vraiment à voir. Je ne sais plus sur quel point de vue, on aperçoit en contrebas le colorado.
Pour faire tout cela, nous avons mis une bonne matinée puisque nous avons fini de faire le tour vers 13H. Nous aurions pu rester bien plus longtemps et faire éventuellement une randonnée mais un long chemin nous attendait pour nous rendre à Monument Valley et les enfants commençaient à s'impatienter. Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre notre voiture et nous avons rejoint la sortie est du parc. Tout le long du chemin, il y a encore beaucoup de points de vue où il est possible de s'arrêter (en voiture cette fois) sur environ 20 kms avant de quitter le parc.
A la sortie du parc, nous avons pris la direction Desert View puis Cameron (70 kms). A Cameron, nous avons fait une halte au Trading Post pour déjeuner. Nous avons mangé Mexicain. C'était un peu étrange comme goût et comme consistance. Mais bon, c'était peut-être du mexicain à la mode Navajo (c'est le début de leur territoire). Le trading post est une espèce de piège à touristes (grand magasin de souvenirs) mais la pause était malgré tout agréable. Nous en avons profité aussi pour faire le plein de la voiture et pour acheter un petit tableau navajo et une petite poterie navajo (les deux signés de leur auteur).
Nous avons ensuite repris la route direction Marble Canyon puis Kayenta (160 kms). En approchant de Kayenta, les décors de western se dessinent progressivement à l'horizon. On se croirait dans un vrai film. Nous faisons de petites haltes au bord de la route de temps en temps pour prendre des photos. En cours de route, nous avançons les montres d'une heure car nous changeons d'Etat (Utah). Kayenta est une espèce de route bordée d'hôtels et de restaurants. Ce n'est pas terrible ! Je suis contente de ne pas avoir choisi de logement ici (ce que je voulais faire au départ car c'était bien moins cher qu'à Monument Valley mais ce n'est vraiment pas joli). Nous poursuivons donc notre route pour Monument Valley pendant environ 40 petits kilomètres. Mais au lieu d'aller vers le parc, nous nous dirigeons vers notre hôtel : le Goulding Lodge. Il n'est pas si joli que cela de l'extérieur mais la vue que l'on a de la chambre est vraiment inoubliable. Nous ne regrettons vraiment pas notre choix.
Après avoir procédé aux modalités de check in, nous découvrons notre chambre située au 1er étage et qui donne directement sur Monument Valley. C'est magnifique. A proximité, il y a un petit supermarché, une station service et un camping. C'est ici que nous avons payé le plus cher notre chambre (120 euros la nuit mais cela en vaut la peine).
Nous sommes à une heure du coucher du soleil. En attendant celui-ci, nous décidons d'aller visiter le petit musée de l'hôtel qui rend hommage à John Ford et aux westerns qui ont été tournés dans le coin (il y a de nombreuses photos de tournage, des objets...). L'accès est gratuit. Une contribution est juste suggérée à l'entrée.
Ensuite, nous sortons pour prendre des photos du coucher du soleil : encore une superbe vue. Puis, nous nous dirigeons vers le restaurant de l'hôtel pour dîner (ce n'est pas terrible mais pas donné par bon !). Nous finissons par nous rendre à la partie boutique de l'hôtel (trading post) où une jeune vendeuse navajo nous fait une démonstration de flûte indienne. C'était tellement mélodieux. Mais nous décidons de ne pas investir dans un tel objet car nous n'arriverons jamais à reproduire les mêmes sons qu'elle. Nous achetons des cartes postales (envoi possible de l'hôtel) et un magnet (j'en ai acheté un à chacune de nos étapes) que je collerai sur notre frigo au retour. Il est maintenant temps d'aller dormir car la journée a été encore une fois bien remplie.
J9 : Dimanche 19 avril : Je me réveille avec le lever du soleil. J'en profite pour saisir mon appareil photo, aller sur la terrasse de la chambre et immortaliser le moment. Tout le monde dort encore dans la chambre et je profite seule du spectacle.
Après que tout le monde soit réveillé, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel (pas donné mais je pense qu'on paie le lieu), nous mettons nos bagages dans la voiture, procédons au check out, direction l'entrée de Monument Valley. Nous payons l'entrée 5 dollars par personne (enfants compris) et là, c'est franchement mal indiqué. Il y a des travaux dûs à la construction du nouvel hôtel The View. De l'extérieur, il ne me semble pas plus beau que l'autre mais nous n'avons pas vu l'intérieur. Par contre, les chambres donnent directement sur Monument Valley. Mais pour l'instant, le repérage extérieur est un vrai chantier. Le visitor center est accolé à l'hôtel. Nous finissons par trouver l'entrée de la scenic drive (après avoir tourné en rond un bon moment).
Il y a en tout 11 arrêts photos à faire dont le plus connu le John Ford's Point dont la vue est célèbre car on la retrouve dans beaucoup de westerns. On se croirait vraiment dans un film. Cela nous rappelle de bons souvenirs de gosse quand nous regardions ces vieux films à la télé. Un navajo d'un certain âge chevauche d'ailleurs un cheval à cet endroit et nous permet de le photographier et même de monter sur son cheval pour 1 dollar. Ce que nous nous empressons de faire. Le temps est encore magnifique. Un peu de fraîcheur le matin mais ensuite la chaleur s'installe.


Le chemin à emprunter tout au long du circuit est une piste en terre battue mais n'importe quelle berline peut l'emprunter. Il n'est pas indispensable d'avoir un 4X4.
Nous finissons tranquillement le circuit. Nous mettrons environ deux bonnes heures pour faire le tour.
A la sortie du parc, nous revenons sur nos pas (en repasse par Kayenta) direction Page pour aller voir le Lake Powell (220 kms). Sur le chemin, nous changeons à nouveau d'heure (on recule d'une heure). Au fur et à mesure de notre avancée, les paysages changent tout doucement.
A l'heure du déjeuner, nous arrivons près d'Antelope Canyon. Au départ, nous avions prévu d'aller le visiter le lendemain matin mais étant donné que nous sommes sur place vers 12H30, nous tentons notre chance. Nous choisissons d'aller voir Upper Antelope. Nous achetons les billets (6 dollars pour le parking + 20 ou 25 dollars je crois par adulte + 10 dollars pour notre fils de 12 ans). C'est assez cher et il n'est pas possible de payer en CB. Le départ, en espèce de 4X4, est prévu pour 13H. Le trajet pour se rendre vers le canyon dure environ 10 mn. Nous descendons ensuite du "camion" pour pénétrer dans le canyon. Il fait assez sombre mais par endroit le soleil passe entre les roches. C'est très beau. Ces dernières prennent une couleur ocre et ce qui est très étrange c'est que lorsqu'on les prend en photo, c'est encore plus beau. Les couleurs sont encore plus belles. C'est vraiment à voir. Par contre, nous ne verrons pas le faisceau de lumière qui pointe son nez vers 11H30 car je pense que nous sommes arrivés trop tard. Par contre, notre guide navajo nous montre à quel endroit prendre les plus belles photos et à un certain endroit lance du sable en l'air car cela fait un super effet sur les photos. La visite dure une petite heure.

Nous faisons ensuite le chemin inverse pour regagner notre voiture. Nous commençons à être affamés mais avant d'apaiser notre faim, nous décidons de nous rendre à notre logement pour être tranquille. Direction Page à environ 10 kms d'Antelope Canyon. J'ai trouvé les coordonnées de notre logement dans le guide du routard. Il s'agit d'un motel : le Basful Bob's Motel. Il est tenu par un vieux monsieur très gentil qui a réhabilité des anciens logements d'ouvriers qui ont travaillé à la construction du lac il y a de nombreuses années. J'avais réservé par Internet sur son site. Il s'agit en fait de petits appartements. C'est très bien et très spacieux. L'appartement comprend un séjour avec télé, une cuisine américaine équipée (frigo, micro-onde, gaz, vaisselle...), deux chambres et une salle de bains avec WC. Il y a même à l'arrière un petit jardin avec un barbecue, tout cela pour la modique somme de 50 dollars TTC pour nous 4 (paiement en espèces seulement). Les meubles sont un peu défraîchis mais qu'importe, c'est vraiment très bien.
Après avoir laissé nos bagages dans l'appartement, nous reprenons la voiture pour trouver de quoi se restaurer. Les enfants avaient repéré un king burger à notre arrivée à Page. Donc, nous nous y rendons pour pouvoir enfin nous rassasier (il est plus de 15H).
Après ce repas, nous reprenons la voiture direction Wahweap Marina (pass à présenter pour y pénétrer) car nous avons prévu de faire une ballade en bateau d'1H30 sur le Lake Powell qui s'appelle Antelope Canyon. Avant de partir, j'avais repéré sur Internet que la croisière avait lieu à 16H15. Il faut acheter les billets dans l'hôtel Lake Powell Resort, à la réception (c'est encore, là aussi assez cher : 102 dollars HT pour nous 4).
Nous prenons place à bord d'un bateau à deux niveaux : en bas, on est enfermé et en haut, on est à ciel ouvert. Nous avons opté pour la 2ème solution pour pouvoir profiter du beau temps et surtout pour pouvoir faire de belles photos.

Et là encore le spectacle est de toute beauté. Il y a des commentaires en anglais. On ne comprend pas tout mais qu'importe, nos yeux font le reste. La ballade est très agréable et nous repose. Nous navigeons au milieu de canyons et nous apercevons au loin le Glen Canyon Dam (barrage) que nous irons voir après la ballade en bateau. Cette promenade dure environ 1H30.
A notre retour sur la terre ferme, nous reprenons à nouveau notre voiture et sur le chemin, nous nous arrêtons voir le fameux barrage. Je le trouve moins impressionnant que le Hoover Dam.
Nous rentrons ensuite à notre appartement car nous sommes épuisés. Nous nous délassons enfin avant d'aller diner.
A l'heure du diner, nous demandons au propriétaire des lieux de nous indiquer une bonne adresse de steak house (nous sommes en train de faire une overdose de hamburgers et de tacos). Il nous indique un endroit pas très éloigné de là. Nous nous y rendons et commandons tous un magnifique steak avec pomme de terre au four. La viande est délicieuse. Nous nous régalons.
Puis nous retournons au motel pour nous coucher après une très très longue journée encore bien remplie. Au préalable, nous regardons à la télé l'élection de miss america qui a lieu en direct de Las Vegas.
J10 : Lundi 20 avril : Ce matin, la famille a décidé de faire la grasse matinée. Moi, non. J'ai repéré la veille, à quelques centaines de mètres du motel, une laverie automatique. Je m'y rends en voiture et je demande quelques explications aux gens qui attendent leur linge car le système est un peu différent du nôtre. Déjà, il faut une quantité phénoménale de pièces de 25 cents. Heureusement, il existe sur place des distributeurs automatiques de pièces. Ensuite, on choisit sa machine, on y met son linge + de la lessive (achetée sur place 75 cents) à l'endroit approprié + on choisit son programme et hop c'est parti pour 40 mn. Pendant ce temps, j'ai bouquiné et j'ai entamé la conversation avec une dame qui m'a demandé d'où je venais et ce que nous avions déjà visité. Ensuite, j'ai mis le linge à sécher pendant environ 1/2 heure. Voilà une corvée en moins. De retour au motel, tout le monde est levé et prend son petit déjeuner. Une fois tout le monde prêt, nous allons saluer Bob, le propriétaire et nous quittons les lieux direction Horseshoe Bend (le Colorado s'enroule autour d'un piton rocheux). C'est à quelques kilomètres à la sortie de Page. Nous laissons notre voiture sur un parking et entamons une marche d'environ 15 à 20 mn. Cela grimpe dur et de temps en temps le chemin redevient plat. Il fait très beau et la température commence à chauffer. Nous croisons quelques touristes. En chemin, nous tombons nez à nez avec un petit serpent. Je ne sais pas s'il est dangereux et on ne cherchera pas à savoir. Nous avons pris le temps malgré tout de le suivre et de le photographier. Nous reprenons ensuite notre route pour arriver enfin à destination. C'est magnifique et le colorado est d'un bleu ! Il a même des reflets verts. Par contre, il faut faire très attention de ne pas trop s'approcher du bord de la falaise car le secteur n'est pas du tout sécurisé.
Après avoir pris quelques photos et exploré les environs, nous faisons demi-tour pour reprendre la voiture direction Bryce Canyon. Mais avant de quitter Page, nous nous arrêtons à Lone Rock (besoin du pass pour y accéder). C'est un rocher planté au milieu du Lake Powell près d'une petite plage. Nous le prenons en photo. Apparemment, l'été, il y a beaucoup de monde ici. Les gens viennent nager et se rafraîchir.
Nous reprenons la route US 89 direction Big Water puis Kanab... Avant d'arriver à Panguitch, nous prenons la route UT 12 puis UT 63 direction Bryce Canyon (environ 250 kms). Nous revoilà dans l'Utah. Nous changeons à nouveau d'heure (nous avançons nos montres d'une heure). Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, nous faisons un arrêt photo à Fairyland Point. Les roches sont toutes rouges, c'est vraiment impressionnant. Il existe un parc appelé Red Canyon quelques kilomètres avant Bryce. Nous ne l'avons pas visité mais nous avons pris des photos de l'extérieur. Ces roches constrastent avec le bleu du ciel. Un délice pour les yeux.
Nous décidons de nous arrêter tout de suite à notre hôtel : le Best Western Ruby's Inn pour prendre possession de notre chambre pour être tranquilles. Il est assez joli de l'extérieur (style chalet en plus grand) et chaleureux à l'intérieur. Nous logeons dans un des bâtiments annexes. La chambre est assez spacieuse et assez semblable à celles que nous avons déjà eu : 2 lits queen, une télé, une petite table et deux chaises, un nécessaire à café et une salle de bains.
Dans l'hôtel, il y a une petite supérette, une station service, une piscine intérieure, un magasin de souvenirs.
En face de l'hôtel, il y a une série de petits magasins fermés style western, c'est très typique.
Après quelques minutes de repos, nous reprenons la voiture direction Bryce Canyon (3 kms). Nous montrons notre pass, le ranger nous donne la carte du parc et nous commençons notre ballade. Nous savons que nous ne ferons pas tout aujourd'hui car il est déjà presque 17H. Nous avons une heure et demi devant nous pour profiter du soleil (en effet, sans soleil, le décor n'est plus du tout le même. Les couleurs sont fades et c'est bien moins spectaculaire).
En chemin, nous tombons nez à nez avec des biches ou cerfs, je ne sais pas trop. Elles sont à quelques mètres de nous et n'ont pas l'air d'être effrayées.
Nous commençons par Sunrise Point et ensuite Sunset Point. C'est très beau, immense, difficile à expliquer. Il reste encore de la neige à certains endroits. Il a neigé il y a quelques jours alors que là, nous sommes en tee-shirt. Pour accéder aux points de vue, il faut laisser la voiture au parking et marcher un peu mais cela vaut vraiment le coup d'oeil.
Nous poursuivrons ensuite avec Inspiration point, Paria view, Bryce Point, Swamp Canyon, Whiteman Bench, Fairview point et Natural bridge. Nous nous arrêterons là car le soleil commence à décliner et les sites ne sont plus aussi beaux. Nous croisons très peu de voitures sur la route. Le parc nous semble beaucoup moins fréquenté que celui du grand canyon. Mais il est aussi plus étendu. Il monte à plus de 2000 mètres d'altitude.
Nous rebroussons chemin et nous décidons de revenir le lendemain matin pour voir la fin du parc. Nous quittons le parc pour retourner à l'hôtel pour découvrir ses environs. Vers 20 H, nous nous rendons à un steak house situé à quelques kilomètres avant l'hôtel que nous avions repéré en arrivant. Nous prenons un beau pavé de boeuf bien tendre accompagné d'une pomme de terre au four et de crevette fries. C'est divin.
Enfin, nous rentrons à l'hôtel pour dormir. Encore une journée bien remplie !
J11 : Mardi 21 avril : Après une bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel. Nous nous sommes entendus avec les enfants la veille. Ils en avaient un peu assez des pierres. Ces derniers préfèrent rester dans la chambre à se reposer et à regarder la télé. La grande doit veiller à ce que tout se passe bien (et tout s'est bien passé !). Elle a tout de même presque 17 ans. Pendant ce temps, nous retournons pendant 2 heures au parc pour finir notre visite. Nous souhaitons retourner au premier point de vue : Sunrise Point pour découvrir encore d'autres couleurs. C'est bien plus lumineux que la veille et nous sautons ensuite les points de vue que nous avions vu la veille. Nous reprenons nos arrêts à partir de Natural Bridge qui était un peu dans l'ombre et qui aujourd'hui est magnifique. Ensuite, nous faisons de nouveaux arrêts à Agua Canyon, Ponderosa Canyon et son fameux hoodoo, Rainbows point et Yovimpa Point (2700 m d'altitude. On y voit à plus de 120 kilomètres). C'est vraiment le parc que j'ai préféré. Je l'ai trouvé vraiment inoubliable. Il est magnifique. Le beau temps y a été aussi pour quelque chose et les trainées de neige ici et là ont ajouté leur charme.
Peu avant 11H, nous avons fait demi-tour pour rejoindre les enfants afin de quitter la chambre (heure limite pour le faire). Arrivés sur place, ils étaient déjà prêts (un vrai miracle et avaient rangé leurs affaires). Il ne nous restait plus qu'à ranger les bagages dans la voiture, procéder au check out à la réception et reprendre notre route direction Zion Park.
Sur notre route, nous traversons de charmants petits villages "montagnards" dotés de jolies habitations. Certaines sont très originales.
Nous quittons les roches rouges pour trouver un paysage un peu plus ressemblant de nos montagnes. Mais ce qui est étrange c'est que les routes ne sont pas du tout en lacet comme chez nous. Même à la montagne, ils arrivent à avoir des routes droites à deux voies. Nous passerons également près d'un troupeau de bisons et d'un buffalo grill (pas la même enseigne que chez nous).
Nous traversons des villages comme Hatch, Glendale, Orderville. Après 1H30, nous arrivons à l'entrée Est du parc. De grandes montagnes griffées nous accueillent. Je trouve que c'est le parc le plus sauvage que nous ayons vu. Il est encore très différent de tous les autres.
Nous présentons encore une fois notre pass. En échange, le ranger nous donne une carte du parc. Nous nous dirigeons en voiture vers l'entrée sud du parc et nous arrivons au visitor center. Nous décidons d'y déjeuner. L'espèce de cafétaria s'appelle Sol Food Market and Deli. Ce n'est pas un 4 étoiles mais cela nous suffit. Un petit écureuil nous tiendra compagnie lors du repas. Il n'est pas farouche et n'a pas peur des êtres humains. On voit qu'il est habitué à leur présence. Par contre, nous ne lui donnons pas à manger car c'est interdit. Si on le fait et qu'on est pris en flagrant délit, on risque une amende de 100 dollars. En effet, cette sanction cherche à éviter que les animaux sauvages deviennent dépendants de l'homme et qu'ils ne sachent plus se nourrir par eux-mêmes.
Ensuite, nous sortons du parc direction Springdale (petite commune accolée au parc) pour nous rendre à notre hôtel (Quality inn). Etant donné que je possède leur carte de fidélité, on nous donne une chambre mieux placée. L'intérieur est à peu près semblable aux précédentes mais nous sommes au rez de chaussée avec une petite terrasse qui donne sur un terrain de camping et surtout sur la montagne. Jolie vue. Après avoir procédé au check in, nous retournons dans le parc pour commencer la visite. A cette période de l'année, la visite ne peut se faire qu'en navette. Nous laissons donc notre voiture au visitor center et nous l'attendons. Elle se présente très rapidement.
Comme au Grand Canyon, il y en a plus souvent que prévu. Nous ne nous arrêterons pas à tous les points de vue (8 en tout) car nous avons décidé de faire des mini-randonnées (les enfants sont enchantés : c'est ironique !!!). Il fait très chaud et nous emmenons avec nous une bouteille d'eau chacun. Nous ne nous arrêtons pas au Zion museum ni à Mountain of the sun. Par contre, nous sommes descendus à Zion lodge. C'est à cet endroit que se trouve le seul hôtel du parc. Un espèce de grand espace vert ombragé se présente à nous. Beaucoup de gens se reposent à l'abri du soleil.
Après avoir pris quelques photos, nous décidons de faire notre petite randonnée direction Lower Emerald Pool.
Nous traversons un pont en bois en dessous duquel coule une petite rivière. C'est très joli.
Nous poursuivons notre ascension (cela grimpe un peu pendant environ 20 mn). Une fois arrivés, nous aurions dû voir des chutes d'eau. Il ne reste qu'un petit filet d'eau pas très spectaculaire. Les enfants sont déçus. Nous aussi. Mais cela reste tout de même très agréable. Nous ne poursuivrons pas au delà (vers middle puis upper emerald pool car il faut compter une heure de plus et les enfants n'ont pas du tout envie d'aller plus loin). Nous redescendons tranquillement pour rejoindre le Zion lodge et nous en profitons pour nous reposer à l'ombre des arbres sur la pelouse devant l'hôtel. Nous reprenons ensuite une navette pour nous rendre à l'arrêt Weeping Rock (nous sautons celui qui s'appelle Grotto). Là encore, nous faisons un peu de marche (cette fois-ci cela grimpe bien). Nous sommes censés encore une fois voir des chutes d'eau et là, c'est encore pire que la 1ère fois. 3 gouttes tombent. Je pense que l'on doit pouvoir les voir plus tôt dans l'année, à la fin de l'hiver. Je crois que là, nous avons achevé les enfants. Ils râlent franchement (ah ces enfants des villes !!!). Nous rebroussons chemin pour rejoindre la navette. Nous ne descendrons pas au prochain arrêt (Walters Wiggles) mais par contre, nous descendrons au dernier (Temple of Sinawava).
Ici, il y a encore la fameuse rivière et la possibilité de faire une promenade le long de celle-ci. Il s'agit de Riverside Walk. Elle n'est pas difficile à faire car c'est assez plat. Nous l'emprunterons sur environ 1 km et nous ferons demi-tour. Pour la dernière fois, nous empruntons la navette pour retrouver notre voiture. Nous en avons plein les pattes. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer.
C'est la fin de l'après-midi. Je m'installe sur la terrasse (il y a un petit salon de jardin) et j'admire le panorama et je pense très fort que nous avons une chance énorme d'être là.
Ci-dessus, la vue de notre chambre.
A l'heure du diner, nous nous rendons à pied (juste à côté de l'hôtel) dans un petit resto qui est installé dans une ancienne station service (c'est original). Nous mangeons dehors. C'est très agréable. La nourriture est mexicaine. C'est bon mais nous attendons près d'une heure avant d'être servis.
Pour finir, nous rentrons à l'hôtel pour dormir après une journée encore bien remplie !
J12 : Mercredi 22 avril : C'est aujourd'hui que s'achève notre road trip. Le temps est toujours aussi beau. Après un petit déjeuner léger (compris dans le prix pour une fois) et après avoir procédé au check out, nous reprenons la route pour rentrer à Las Vegas (environ 250 kms). Nous changeons une dernière fois d'heure (on recule d'une heure). On sent la température monter (il fera environ 30 degrés au plus chaud de la journée). Nous quittons les beaux paysages pour retrouver quelque chose de bien plus commun et bien plus plat. Le temps passe vite car nous empruntons une grande autoroute (j'ai oublié de dire qu'elles sont gratuites aux Etats-Unis) : la US 15. Nous arrivons sur Las Vegas à l'heure du déjeuner. Nous décidons d'aller manger dans un "In N Out". D'après mon oncle, c'est un fast food qui propose parait-il des produits plus sains que chez Mac Do (ex : la viande est de la vraie viande de boeuf, dans de beaux morceaux alors que chez les concurrents, il s'agit de "déchets"). Je n'ai pas trouvé cela meilleur qu'ailleurs et en plus, il n'y a qu'un choix de sandwich mais bon ! Ensuite, nous avons décidé d'aller faire ce que nous n'avions pas eu le temps de voir les 5 premiers jours. Nous sommes allés prendre en photo le Sphinx de l'hôtel Luxor. Ensuite, nous avons remonté le Strip pour prendre des photos de chaque côté depuis la voiture (à partir du début de l'après-midi, les bouchons commencent à se former donc on a le temps de prendre des photos. Nous avons remonté le strip jusqu'après la Stratosphère et nous avons fait des pauses pour prendre en photo quelques chapelles. Ensuite, nous sommes revenus sur nos pas et nous nous sommes garés au Fashion Mall pour aller acheter à notre fils un jeu vidéo pour sa PSP (bien moins cher qu'en France : 40 dollars le jeu, soit environ 30 euros). Puis, nous nous sommes rendus à pied jusqu'au Mirage car nous voulions aller visiter le Siegfried and Roy secret garden. Le prix de l'entrée est assez élevé (15 dollars par adulte et 10 par enfant) mais la visite est assez plaisante. On commence par arriver vers deux bassins, dans lesquels sont installés des dauphins (dolphin habitat).
Une personne nous les présente et nous explique leur mode de vie. Ensuite, nous nous dirigeons vers secret garden. Tout d'abord, on y trouve des lamas de différentes couleurs et tailles.
Puis nous découvrons les tigres blancs.
Ils sont superbes. Dommage qu'une grosse grille nous empêche de faire de belles photos. Puis vient un bébé léopard, né sur place. Il est adorable. On dirait une peluche. Puis viennent enfin des lions. Ils sont beige clairs et très fins, pas comme ceux que nous avons l'habitude de voir. Ils sont également très beaux.
Après nous être balladés pendant environ une heure, nous retournons à la voiture pour aller chez mon oncle, diner avec lui (pizzas au menu, qu'il est allé acheter près de chez lui : 5 dollars une grande pizza bien bonne, c'est vraiment très bon marché) et dormir sur place. Demain, c'est notre dernière journée. Dur ! Dur !
J13 : Jeudi 23 avril : Après une nuit chaude (la chaleur commence à s'installer sur Las Vegas), nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de chez mon oncle. Il fait bon encore à cette heure. Après nous être préparés, mon oncle décide de nous faire visiter l'endroit où il travaille. Il est directeur du restaurant dans une maison de retraite haut de gamme. C'est à quelques minutes de chez lui. Arrivés sur place, nous sommes stupéfaits. Nous n'avons jamais vu cela. C'est le vrai luxe. Il s'agit d'un très beau bâtiment mais l'intérieur est encore plus chic. On se croirait dans l'un des hôtels du Strip. Les occupants ont chacun une chambre qui ressemble à une suite. Le mobilier est luxueux. La salle à manger est magnifique. Les jardins luxuriants. Ici, les personnes âgées sont dorlotées. Par contre, il faut avoir les moyens de se payer cela (environ 4 000 dollars par mois). Mais quand je vois les prix en France et les prestations proposées...
Nous laissons ensuite mon oncle à ses occupations et nous nous dirigeons vers le Premium Outlet pour faire de nouveaux achats de vêtements. Nous allons même devoir acheter un nouveau sac de voyages de peur de ne pas pouvoir passer la douane (poids par bagage). Nous y restons toute la matinée et même le début de l'après-midi. Puis, nous décidons d'aller déjeuner dans un hôtel du strip pour goûter une dernière fois à un buffet (les enfants en sont friands). Nous choisissons celui du Treasure Island. C'est assez bon et assez varié.
Nous passons la fin de l'après-midi à nous ballader sur le Strip afin de profiter de nos derniers moments sur place. En fin de journée, nous retournons à nouveau chez mon oncle pour faire les valises et faire les dernières lessives. Après un léger diner, nous allons manger une glace à l'hotel Red Rock. Il n'est pas sur le strip mais au nord ouest de Las Vegas, à une dizaine de minutes de chez mon oncle. Il y a un très grand bowling, un club qui appartient à Cindy Crawford, un casino évidemment... Mon oncle m'a expliqué que cet hôtel était surtout fréquenté par les locaux. En effet, les gens du coin ne vont pas souvent sur le Strip car il y a trop de monde, de touristes.
Après notre petite gourmandise, nous sommes rentrés chez lui pour aller nous coucher.
J14 : Vendredi 24 avril : Ca y est, c'est la fin des vacances. Nous nous levons très tôt ce matin (5H30). Après le petit déjeuner, nous rentrons les bagages dans la voiture, nous disons au revoir à mon oncle (il est déjà levé car il se lève à cette heure tous les jours pour aller travailler) et nous dirigeons vers l'aéroport en voiture. Avant d'y arriver, nous nous arrêtons au Mac Carran Center pour rendre notre voiture. Mes formalités durent à peine 2 mn. Ils ne la vérifient même pas. Aucune somme supplémentaire à débourser. Sur place, une navette nous attend pour nous rendre à l'aéroport. Le trajet ne dure que quelques minutes. Nous sommes accompagnés de nos bagages. Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers le comptoir de la Northwest, nous procédons à l'enregistrement de nos bagages et nous attendons patiemment l'heure du décollage (9H10). Nous arrivons à Minneapolis un peu plus de 3 heures plus tard (sur ce vol, les boissons et repas/friandises sont payants). En arrivant à Minneapolis, nous apprenons que notre prochain vol pour Paris a du retard (plus de 2 heures). Donc, au lieu d'avoir 3 heures d'escale, nous en avons 5. Nous tuons le temps en déjeunant dans un Mac Do (le premier du séjour) et en nous promenant dans le Duty Free. Ensuite, nous bouquinons et les enfants jouent aux jeux vidéos (moi, je découvre mon Itouch). Le dernier vol se déroulera sans encombre jusqu'à Paris. Nous arrivons le lendemain matin à Paris (décalage horaire oblige) dans la grisaille. Quelle déprime ! Mon père nous attend, prêt à nous ramener chez nous. Ainsi s'achève notre séjour au pays de la démesure. Nous gardons un excellent souvenir de ce voyage et n'espérons qu'une chose : continuer à visiter ce très beau pays.
J2 : Dimanche 12 avril : Après un petit déjeuner très matinal et une douche bien méritée, nous nous sommes rendus en voiture (toujours avec mon oncle) à l'aéroport pour récupérer les deux bagages manquants qui étaient revenus de Los Angeles. Nous nous sommes déplacés au lieu d'avoir été livrés car nous ne savions pas où nous allions nous trouver en cours de journée. Ensuite, nous nous sommes rendus à l'entrée (sud) de la ville pour nous prendre en photo devant la célèbre enseigne "welcome Las Vegas" pour immortaliser le moment.

Ensuite, direction notre hôtel (le circus circus) pour pouvoir y laisser nos bagages à la consigne (prise en charge de la chambre qu'à partir de 14H) et récupérer notre voiture de location. L'hôtel est un peu vieillissant, beaucoup moins beau que d'autres mais d'un très bon rapport qualité-prix (34 euros la nuit pour nous 4). Les chambres sont spacieuses, possèdent deux lits Queen (2 personnes) + 1 TV + 1 petit réfrigérateur + 1 commode + 1 petite table + 2 chaises + 1 salle de bain complète (baignoire, lavabo, toilettes, sèche cheveux) + 1 table à repasser. Par contre, il manquait des placards. Nous sommes restés 5 nuits dans cet hôtel. Nous étions dans l'annexe (manors rooms). Au rez de chaussée (pratique nous ballader les bagages), près de la piscine et nous pouvions garer notre voiture juste devant la chambre chaque jour.

Pour ce qui est de la voiture, l'attente a été longue (une bonne 1/2 heure). L'agence n'a pas essayé de nous rajouter d'assurances supplémentaires. Nous avons eu une Dodge avenger. Elle a un look sportif et est très confortable. Nous en avons été très satisfaits. Elle a bien avalé les quelques 2500 kilomètres que nous avons fait. Par contre, elle consommait pas mal mais l'essence n'était pas chère du tout (au mieux : 2, 09 dollars et au pire 2, 39 dollars). Nous sommes passés par elocationsdevoitures.fr pour la louer. Nous avons mis un peu de temps pour nous habituer aux vitesses automatiques et surtout au code de la route local. Nous avons commencé notre périple en nous garant à l'hôtel Luxor (self parking : on se gare tout seul mais c'est gratuit, pas de pourboire à payer contrairement au valet parking). Nous avons visité l'hôtel (thème : l'Egypte) qui est très beau à l'intérieur mais aussi à l'extérieur : on reconnaît la pyramide de Gizeh, le fameux Sphinx devant l'entrée - Il nous a rappelé notre voyage en Egypte fait 2 mois auparavant).

Ensuite, nous nous sommes rendus à pied à l'hôtel Mandalay Bay (thème de l'Asie du sud-est) pour le visiter également. Il est très beau également (encore plus luxueux à l'intérieur).
Du Mandalay Bay, nous avons pris une navette (espèce de petit train gratuit) pour revenir sur nos pas et nous rendre à l'hôtel Excalibur, sorte de château du moyen âge. Cela m'a fait pensé à disneyland paris. Je l'ai trouvé moins beau que les deux autres mais tout de même agréable à visiter.

Ensuite, nous avons rejoint, toujours à pied, l'hôtel New-York New-York de l'autre côté de Tropicana Avenue. De l'extérieur, il est superbe : il reproduit des monuments très connus de la ville de New York (Pont de Brooklyn, Empire State Building, statue de la liberté...) et même à l'intérieur, on trouve des rues qui ressemblent vraiment à la ville. Dommage que ce soit un peu sombre. Mon mari et mes enfants ont voulu essayer le roller coaster. Cela leur a plu. Ils m'ont dit qu'il était assez impressionnant mais qu'il ne durait que très peu de temps. Nous avons déjeuné sur place dans un restaurant mexicain pour manger des farritas (très bonnes et très copieuses).

Nous avons ensuite rebroussé chemin vers notre voiture car nous étions déjà au milieu de l'après-midi et mon oncle nous attendait pour 17H chez lui. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel pour prendre notre chambre, défaire nos valises, prendre une bonne douche, nous changer et finir la soirée chez mon oncle. Il ne fallait pas que l'on se couche trop tard pour profiter encore d'une longue journée le lendemain.
J3 : Lundi 13 avril : Toujours levés très tôt, nous poursuivons notre découverte de Las Vegas. Direction l'hôtel MGM en voiture mais nous nous garons sur le parking de l'hôtel Tropicana, dont l'architecture ressemble vraiment aux hôtels que l'on trouve aux Antilles.
L'hôtel MGM (thème : le cinéma) quant à lui est un très bel hôtel. Un bâtiment moderne bleu devant lequel se trouve la statue d'un beau lion en bronze. Par contre, je trouve la décoration intérieure moins recherché que certains autres hôtels.

Ensuite, direction la boutique MMs qui est juste à côté pour s'approvisionner en sucreries puis la boutique Coca Cola située également juste à côté. Leur devanture est très sympa.
Nous ne rentrons pas dans l'hôtel Monte Carlo qui, d'après ce que j'avais lu avant de partir n'a rien d'extraordinaire.
Nous avons déjà passé la matinée et le début d'après-midi à faire voir tout cela (déjeuner sur le pouce sur le strip : un burger king), nous retournons à l'hôtel pour nous changeons car aujourd'hui, c'est le grand jour, nous renouvelons nos voeux de mariage (après 18 ans de mariage) en compagnie de nos enfants (qui n'étaient évidemment pas là le jour J) et de mon oncle (qui n'avait pas pu faire le déplacement en France à l'époque). Nous avons choisi une formule originale pour le faire. Se remarier en compagnie d'Elvis. Pour choisir la bonne chapelle, j'avais fait des recherches sur Internet et je suis tombée sur une petite chapelle (Elvis chapel) qui proposait un package présentant un bon rapport qualité-prix. De plus, les organisateurs sont sérieux, car, suite à ma réservation sur Internet, ils m'ont contactée par téléphone en France pour se mettre d'accord sur les modalités et pour me prévenir du moment où ils prélèveraient mon règlement en CB.
Après nous être fait beaux, une limousine blanche (c'est la première fois que je montais dans un tel véhicule) est venue nous chercher devant l'hôtel pour nous amener tous les 6 devant la chapelle. Dans la confusion, nous avons oublié devant l'hôtel un sac à dos contenant l'appareil photo de ma fille, une carte mémoire neuve et des cassettes pour le camescope (nous nous en sommes rendus compte seulement sur le chemin du retour et je vous le donne en mille... Le sac était à la même place à notre retour, dehors tout seul !!! En France, il aurait vite disparu. Je n'en revenais pas. Mais revenons à la cérémonie. Nous avons été accueilli par David, l'organisateur qui fait office à la fois de photographe, metteur en scène et secrétaire pour tous les papiers administratifs. Au passage, à signaler que pour se remarier aucun document officiel n'est demandé. "Elvis m'a demandé de le prendre par le bras et m'a conduite à l'autel" en chantant une chanson. Il m'a également offert un bouquet de mariage (de superbes roses rouges qui ont tenu tout le séjour). C'est peut-être bête mais j'étais très impressionnée de voir ma famille me regarder ainsi et cela m'a rappelé beaucoup de souvenirs. Ensuite, la cérémonie s'est déroulée. "Elvis" nous a demandé à tour de rôle de prononcer nos voeux. Il parlait assez lentement. Donc, nous n'avons pas eu trop de difficultés à répéter les phrases qu'il nous demandait de dire à l'autre. Il a chanté encore deux autres chansons. Ensuite, on nous a offert des paires de lunettes Elvis et nous avons swingué avec lui. La famille est venue nous rejoindre pour fêter cela. C'était super. La cérémonie dure environ une petite demi-heure. A la fin, j'ai laissé mes coordonnées françaises pour que l'on m'envoie le DVD et le CD des photos prises. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, le colis était déjà là (très sérieux). Le total nous a coûté environ 400 dollars tout compris, et que de souvenirs...
Ensuite, nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous changer afin de nous rendre sur le Strip pour finir la soirée. Pour fêter ce petit évènement, nous sommes allés manger au buffet du planet Hollywood (ex : hôtel Aladdin). Il y avait beaucoup de choix et c'était très copieux. Mon oncle m'a expliqué qu'il s'agissait du buffet le mieux noté depuis 3-4 ans sur Las Vegas. C'est vrai, nous n'avons pas été déçus. Il existe une réduction pour les enfants jusqu'à 12 ans. De l'extérieur, l'hôtel n'est pas terrible, par contre, à l'intérieur, il est beau. La galerie marchande est décorée comme si nous étions dans un conte des mille et une nuits. C'est très dépaysant. Puis, nous nous sommes baladés sur le Strip pour admirer les hôtels illuminés : c'est magnifique (même plus beau que le jour). Encore une journée bien remplie et riche en émotions. Nous ne couchons pas trop tard car le lendemain, direction Death ValleyJ4 : Mardi 14 avril : Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel (j'ai oublié de dire que nous déjeunions dans un petit "resto" situé à l'intérieur de l'hôtel "Barista Bagels and more" pour ne pas trop dépenser et pour gagner du temps. Nous n'avons donc pas essayé le buffet de l'hôtel qui n'était pas bien noté apparemment : je prenais un thé ou un chocolat chaud + un croissant très bon et très ressemblant à ce qui existe en France pour environ 4 dollars), direction Death Valley. Nous avions prévu le panier pique-nique pour le midi de peur de ne pas trouver de quoi se restaurer sur le chemin. Nous sommes passés par le sud de Death Valley : Pahrump puis Shoshone. Nous avons mis environ 2H30 pour arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible. Il fait gris et pas très chaud. Nous espérons que le soleil va montrer son nez pour qu'on puisse apprécier davantage les paysages. Le GPS nous a beaucoup rendu service mais pas toujours. En effet, par moment, il voulait nous faire changer de direction au milieu de nulle part. Il nous a fait emprunter un espèce de chemin de terre au milieu de rien. Nous avons fini par faire demi-tour car nous étions au milieu du désert, sans rien autour de nous. Nous avons perdu ainsi une bonne demi-heure mais nous avons bien rigolé. Une fois la route retrouvée, nous sommes d'abord allés Badwater qui est le point le plus bas des USA en dessous de la mer (- 86 m). C'est une sorte d'étendue de sel à perte de vue près d'un petit point d'eau.
Ensuite, arrêt à Devils Golf Course qui est une plaine recouverte de sel qui s'étend à perte de vue.
Puis, nous avons emprunté la route d'Artists Drive qui est une route sinueuse au milieu des montagnes en sens unique sur environ 8 kms pour admirer les Artists Palette qui sont des roches multicolores (on y trouve du blanc, beige, gris, bleu, rose). C'est assez étonnant (dommage que le soleil ne soit pas là car cela aurait été encore plus beau).
Puis, nous avons pris la direction de Furnace Creek pour faire une pause et nous rafraîchir (il s'agit d'une espèce de village très verdoyant au milieu de rien avec un camping, un general store, une poste, un musée et un bel hôtel en retrait. Le visitor center du parc se situe ici également). Le soleil a enfin montré son nez et le vent aussi... Je n'ai jamais vu un vent aussi brûlant et violent. On tenait à peine debout.

Nous avons ensuite repris la route direction Zabriskie Point (très beau point de vue sur des collines dentelées dont les couleurs sont pastelles - c'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus beau). Nous aurions pu continuer plus au nord pour voir les sand dunes et je ne sais plus quel château mais cela nous demandait de faire encore beaucoup de kilomètres et les enfants en avaient assez. Des pierres, toujours des pierres (heureusement qu'ils étaient équipés de consoles de jeux et autres lecteurs vidéos pour passer le temps. Cela nous a permet de visiter tranquillement les différents sites qui nous intéressaient).
Pour finir, direction Dantes View qui donne sur un cul de sac (21 kms à parcourir avant d'y parvenir). Nous arrivons sur les hauteurs de Death valley avec une belle vue sur toute la vallée. C'était joli mais toujours très venteux.
Nous avons fait ensuite demi-tour pour reprendre la route de Las Vegas car nous étions attendus le soir chez mon oncle pour fêter mon anniversaire (40 ans). Il y a pire endroit pour célébrer un tel évènement. Avec le recul, c'est l'endroit que nous avons le moins préféré de tout notre voyage. Mais je pense que le manque de clarté dû au temps n'a pas mis en valeur les sites. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de les voir au lever ou au coucher du soleil puisque nous avons été sur place de 10H45 à peu près à 17H00. Encore une journée bien chargée. Demain, nous reprenons la visite des hôtels sur Las Vegas. Nous avons appris que lors de cette journée, le temps sur LV avait été tout aussi triste mais là-bas, le soleil n'a même pas pointé son nez et il a même plu (gros orage).J5 : Mercredi 15 avril : Aujourd'hui, nous restons sur Las Vegas et nous avons pour objectif de visiter le reste des hôtels. Le temps est mitigé, gris le matin mais le soleil finit par se lever. Il fait frais toute la journée malgré tout. Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel, direction l'hôtel Paris-Las Vegas. Il est très beau. A l'extérieur, de nombreux monuments de Paris sont reproduits : la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'hôtel de ville... Et à l'intérieur, il est tout aussi beau. La galerie marchande reproduit des rues de Paris (enfin un peu plus kitch qu'en réalité tout de même). Même chose que d'habitude : on se gare dans un hôtel et ensuite on circule à pied.
Ensuite, on traverse le Strip pour rejoindre le Bellagio (thème : l'Italie). Il n'est pas très impressionnant de l'extérieur mais il est très beau à l'intérieur. Il y a un immense jardin avec des fleurs de toutes les couleurs (surtout des tulipes) et une petite cabine qui abrite de superbes papillons. C'est super joli.
A côté du Bellagio, se trouve le fameux Caesar Palace (thème : Rome antique), très impressionnant. C'est ici que chantait Céline Dion. Elle a été maintenant remplacée par Elton John mais aussi Cher et Bette Midler. On y trouve des statues romaines et de superbes fontaines un peu partout et le centre commercial qui se trouve à l'intérieur est très grand (Forum Shops) et abrite surtout des boutiques de luxe (hors de portée de notre bourse). Nous avons quand même investi (ou plutôt notre fils) dans une console de jeu de poche de chez Sony et dans un ITOUCH chez Apple. En gros, on paie le prix en euros et en dollar est le même (donc on économise le change : environ 30 %).
Nous avons fait ensuite une pause déjeuner en mangeant Mac Do (pas terrible, c'est mieux en France mais ici, c'est un peu moins cher) pour reprendre des forces avant de repartir à la conquête des hôtels. Cette fois-ci, nous reprenons la voiture pour nous garer au Venitian et nous poursuivons notre périple. Cet hôtel est magnifique. C'est un de mes préférés. Il est aussi beau de l'intérieur que de l'extérieur. Il est orné de grandes fresques italiennes et un long canal le traverse. Il est possible de faire une promenade en gondoles avec en prime un gondolier qui vous chante la sérénade. C'est super romantique. On reconnaît le pont des soupirs, la place St Marc, le palais des Doges...
Nous sommes allés ensuite au Wynn (pas de thème particulier). Apparemment, il s'agit de l'hôtel le plus cher de Las Vegas mais moi, il m'a déçu. Je l'ai trouvé moins beau (de l'intérieur comme de l'extérieur) que le Paris ou le Venetian (question de goût). Par contre, là, inutile de penser y faire ses achats (que du luxe partout).
Nous avons ensuite rejoint le Treasure Island (thème : les pirates), qui, à part le bateau pirate à l'entrée, n'est pas très original. Je voulais assister au spectacle du soir (avec les sirènes) mais nous n'avons pas eu le temps de le voir au cours de notre séjour. Peut-être une autre fois !
Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour aller voir le Mirage (thème : les tropiques). De l'extérieur, je ne le trouve pas extraordinaire (par contre, il est entouré de superbes jardins tropicaux avec des cascades), à l'intérieur, il est assez chic. Par contre, il abrite le Siegfried and Roy secret garden (espèce de zoo) que nous visiterons plus tard.
Harrassés de fatigue, nous rejoignons notre voiture pour rentrer à l'hôtel. Pour l'heure du dîner, nous nous rendons à l'hôtel Flamingo pour goûter à leur buffet. Il était bien mais moins de variétés qu'au planet hollywood (par contre, du choix dans les plats japonais et chinois). L'originalité de cet hôtel est qu'il abrite une colonie de flamands roses dans un jardin exotique. Retour à l'hôtel pour un gros dodo bien mérité.J6 : Jeudi 16 avril : Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 40 ans. Super endroit pour fêter son anniversaire. Je suis super contente. C'est notre dernier jour à Las Vegas avant de partir à la découverte des parcs nationaux. Le temps est encore frais mais le soleil est au rendez-vous dès le matin. Nous décidons de passer notre matinée à dépenser de l'argent dans les outlets. Nous allons à celui situé dans le Nord de Las Vegas : Las Vegas Premium outlets. Il n'est qu'à quelques kilomètres de l'hôtel. Un grand parking extérieur se situe devant le centre commercial. Ce dernier est en plein air. Il comprend des allées et de chaque côté des boutiques aux enseignes très célèbres : Adidas, Nike, Banana Republic, Guess, Lacoste, Timberland, Dolce et Gabbana, Levi's strauss, Ed Hardi, Izod, Gap, Esprit... En tout, environ 150 boutiques Il y a beaucoup de choix et les prix sont vraiment intéressants. J'ai même trouvé des crèmes de jour de marque "clinique" à 31 dollars alors qu'elles étaient en ville à 50 dollars. Chez Adidas, nous avons eu 30 % de réduction + 35 euros de réduction pour des achats de 125 dollars. J'en ai eu pour un peu plus de 50 dollars. Je n'en revenais pas. Je me suis achetée un sac Guess pour 54 euros et encore bien d'autres choses (polo Lacoste à 55 dollars, Vans à 30 euros...). Nous avons déjeuné sur place dans une espèce de caféteria qui propose des stands de nourriture assez différente : chinoise; mexicaine, hamburger, pizza...). Ce n'était pas terrible mais bon... C'était l'histoire de se remplir un peu l'estomac. Sur le chemin du retour (coffre plein de sacs et carte bancaire qui a sacrément chauffé), nous nous sommes arrêtés à la Stratosphère pour monter au sommet et avoir un panorama de Las Vegas. C'était assez impressionnant. Moi je me suis contentée d'admirer le paysage et de prendre des photos mais mon mari et mes enfants ont voulu essayer une des trois attractions situées sur le toit. Une des trois était fermée (insanity the ride) car il y avait trop de vent. Ils n'ont pas osé essayer X scream, espèce de navette qui se propulse dans le vide. Ils ont seulement essayé Big shot, une espèce de manège qui vous propulse en l'air et retombe tout aussi vite, à 275 m d'altitude. C'était impressionnant et très court d'après leurs dires.


Après ce moment de "frayeur", nous avons fait un dernier arrêt au centre commercial Fashion Mall pour trouver des jeux vidéos pour notre fils (pour sa console portable). En effet, il n'existe pas beaucoup de magasins vendant des jeux vidéos à Las Vegas. Dans le centre commercial, il existe l'équivalent d'un micromania. Les jeux sont également moins chers qu'en France. Environ 35 euros neufs. C'est quasiment la seule chose que nous avons achetée là-bas car les prix ne sont évidemment pas aussi intéressants que dans les outlets.
Nous sommes ensuite rentrés à l'hôtel pour nous reposer un peu (je ne vous raconte pas l'état de nos pieds !). Pour fêter mon anniversaire, nous voulions aller diner au buffet du Bellagio mais il y avait un monde fou. Donc, nous nous sommes rabattus sur le buffet du Treasure Island qui n'est pas mal mais qui ne présente pas le même choix qu'au Planet Hollywood. Pour finir la soirée, nous sommes allés faire un tour dans le vieux Las Vegas, à Fremont Street. J'ai adoré l'ambiance. Tout est très Kitch. La décoration des hôtels est très rétro. Nous assistons à la Fremont street experience. Il s'agit d'une zone piétonne recouverte d'une immense arche métallique parsemée de millions de petites lumières. Un spectacle son et lumières est proposé toutes les heures le soir. C'était super original. J'ai beaucoup aimé.
Après une très grosse journée, nous sommes enfin rentrés à l'hôtel pour préparer nos bagages et enfin nous coucher. L'avantage de connaître quelqu'un sur place est que nous avons pu lui laisser une partie de nos bagages pour éviter de trop charger la voiture pour notre périple de 5 jours.J7 : Vendredi 17 avril : Aujourd'hui, une longue route nous attend. Mais pour la faire passer plus facilement, nous ferons quelques arrêts photos et visites. Il fait très beau, encore un peu frais mais pas un nuage dans le ciel. La journée va être chaude. Le beau temps est enfin de retour. Après avoir procédé aux démarches administratives (check out) pour quitter l'hôtel (cela va bien plus vite que d'y entrer), direction le sud de Las Vegas pour aller visiter Ethel Chocolate Factory et Cactus Garden qui se trouve juste à côté. La chocolaterie (marque qui fabrique les Mars et les Mms entre autre) est surtout un lieu pour vendre. On nous montre des cuves et quelques personnes emballent les produits (aucun commentaire et la visite se fait en moins de 10 mn). Pour ce qui est du chocolat, il est vendu le même prix qu'en ville. C'est un attrape-touriste.
Par contre, le jardin de cactus situé juste à côté est très beau. On y trouve des milliers de cactus différents. L'accès à ces deux endroits est gratuit. Un grand parking est situé devant (gratuit aussi).
Ensuite, nous avons pris la voiture direction Boulder City. C'est une très jolie petite bourgade résidentielle. Le centre ville est super typique avec des devantures style western. L'église est adorable avec ses couleurs flashy. Il y a aussi de grands espaces verts. L'ambiance est d'un calme. On a l'impression de se retrouver dans un endroit où le temps s'est arrêté. Pas de bruit de voitures, pas de cri, pas de foule... On dirait qu'il ne s'y passe jamais rien. Nous nous sommes arrêtés sur un parking pour prendre des photos de la mairie, du commissariat... Une voiture de police a ralenti près de nous. Je pensais qu'on allait nous demander ce que l'on faisait. Eh bien non. Le policier nous a juste salué et souhaité une bonne journée. Du jamais vu !!! J'ai ensuite aperçu la poste dans laquelle je me suis précipitée pour acheter des timbres et envoyer les cartes postales que j'avais déjà écrites. A Las Vegas, c'est une vraie galère pour en trouver (des timbres). Les commerçants qui vendent des cartes postales, ne vendent pas de timbres ou alors le double de leur valeur (pour la France, c'est 94 cents). J'ai pris un stock complet pour couvrir tout le séjour.

Nous avons ensuite repris la voiture direction Lake Mead. Nous savons que nous ne pouvons y rester que quelques minutes car il nous reste encore beaucoup de choses à voir et de route à faire. C'est ici que nous achetons le pass "america the beautiful" à 80 dollars car nous avons plusieurs parcs à visiter. Nous nous dirigeons ensuite vers la Marina. La vue est très jolie mais sans plus (ce que nous ferons au lac powell est beaucoup plus impressionnant).
C'est à l'entrée du Lac Mead que nous achetons le Hoover Dam, le fameux barrage qui est à la limite du Nevada et de l'Arizona. Par contre, l'entrée sur ce site est très longue (embouteillages) par il est nécessaire de le traverser pour rejoindre l'autoroute US 93 qui nous mènera vers le Grand Canyon. Nous décidons de nous garer dans un parking (payant = 7 dollars - Eh oui, c'est fini les parkings gratuits) et nous allons voir de plus près à quoi ressemble cet édifice. C'est très impressionnant. On imagine ce qui se passerait s'il s'effrondrait. Ce serait une vraie catastrophe pour toute la vallée. Il est super surveillé (on se doute de la raison de cette attention particulière !!!). Nous avons également déjeuné sur place car nous n'étions pas sûrs de trouver de quoi se restaurer ensuite. Il faisait très très chaud. Comme sur tous les endroits touristiques, la nourriture n'était pas terrible et pas donnée.

Nous reprenons ensuite la route direction Kingman. Nous faisons plus de 100 kms sans voir aucune commune, village. La route est très belle, en très bon état. Aucun péage sur les autoroutes ! Il y a pas mal de camions sur la route mais la circulation est très fluide. Nous ne nous arrêtons pas à Kingman (pas le temps) car nous préférons faire une halte un peu plus loin à Seligman (plus de 100 kms plus loin). Seligman (ex route 66) se résume à une espèce de grande route. De chaque côté, on y trouve des hôtels, stations service, boutiques mais très typiques. Devant celles-ci se trouvent de vieux véhicules des années 50-60, des mannequins... Je ne regrette pas cet arrêt. On a l'impression d'avoir changé d'époque. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos, évidemment et pour voir l'intérieur de ces endroits. J'y ai bu un bon chocolat chaud (il était délicieux : avec de la crème chantilly dessus. Un vrai régal pour seulement 1, 50 dollar). Le temps s'est fortement rafraîchi. On sent qu'on s'éloigne de la chaleur du Nevada. J'entame la conversation avec la commerçante (très chaleureuse comme tous les commerçants que nous avons croisés. Nous devrions suivre leur exemple, car notre accueil, en France, est loin de leur arriver à la cheville !!!) qui m'explique qu'il y a deux jours, il neigeait au grand canyon et qu'il y avait tellement de vent, que les touristes n'avaient pas pu prendre de photos des sites à voir. Nous avons eu une chance folle d'avoir échappé à cela car nous avons eu un temps magnifique.
Pour la dernière fois, nous avons repris la route direction le Grand Canyon mais sans aucun arrêt cette fois (il nous restait encore environ 160 kms à faire). Nous sommes passés à Williams et bien plus tard à Tusayan (ici, nous savions que l'arrivée était très proche). Nous atteignons enfin l'entrée sud du grand canyon : il est 18H00. Nous présentons notre pass au ranger pour pénétrer dans le parc. Ensuite, nous nous dirigeons vers Mather point, un beau point de vue. C'est superbe, le soleil commence à décliner. Les couleurs sont orangeâtres. C'est magnifique. On resterait là des heures. Par contre, il fait très froid. Nous nous précipitons dans le coffre de la voiture pour aller chercher des blousons chauds.
Nous restons encore là quelques minutes pour ensuite nous diriger vers notre hôtel : le Maswick Lodge. C'est un des hôtels les moins chers du site mais correct malgré tout. Nous avons un peu de mal à le trouver mais on finit par le repérer. Une fois les démarches faites à l'accueil (qui se résument à montrer mon voucher imprimé sur Internet, mon passeport et ma carte bancaire), nous nous dirigeons vers notre chambre. Il n'y a pas de clim, mais vu la température extérieure, elle n'est vraiment pas nécessaire. Par contre, dans la chambre, il fait assez frais. Nous mettons donc tout de suite le chauffage. Les chambres sont propres. Après avoir repéré les lieux, nous allons diner à la cafétaria de l'hôtel (nous voulions aller diner dans un autre hôtel mais l'attente était d'environ une heure : Eh oui, nous étions à l'approche du week-end et les américains étaient là aussi). La nourriture n'était pas top mais bon ! Ensuite, direction la chambre pour passer une bonne nuit afin de récupérer de cette grosse journée.

J8 : Samedi 18 avril : Une belle journée s'annonce : il fait très beau bien que très frais (il a gelé cette nuit et nous avons dû gratter un peu la voiture). Après un rapide petit déjeuner à la cafétaria de l'hôtel, puis le rangement de nos bagages dans la voiture, puis le check out à l'accueil de l'hôtel, nous nous dirigeons en voiture vers le parking situé en face du visitor center pour aller prendre la navette verte. Après quelques minutes d'attente, la voici. Deux arrêts sont prévus : Pipe Creek vista et Yaki Point. Nous nous arrêtons aux deux. Les navettes passent plus souvent que prévu (sûrement à cause du week-end : plus grande fréquentation du parc) c'est-à-dire toutes les 8 à 10 mn au lieu de 15. Les points de vue sont magnifiques, toute cette immensité à perte de vue et un silence. On se croirait seul au monde.
Nous avons fait ensuite chemin inverse pour revenir au visitor center, nous avons repris la voiture direction l'arrêt village route transfer pour attraper la navette rouge. Nous avons réussi à nous garer à proximité et là, nous avons vu qu'il y avait beaucoup plus de monde. La navette est très vite arrivée (elles étaient plusieurs l'une derrière l'autre) et nous avons décidé de ne pas faire tous les arrêts (il y en a 8 en tout). Nous nous sommes arrêtés à Trailview overlook, Powell Point, Hopi Point, Mohave Point et le terminus Hermits Rest. Les paysages finissent par beaucoup se ressembler mais cela reste vraiment à voir. Je ne sais plus sur quel point de vue, on aperçoit en contrebas le colorado.
Pour faire tout cela, nous avons mis une bonne matinée puisque nous avons fini de faire le tour vers 13H. Nous aurions pu rester bien plus longtemps et faire éventuellement une randonnée mais un long chemin nous attendait pour nous rendre à Monument Valley et les enfants commençaient à s'impatienter. Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre notre voiture et nous avons rejoint la sortie est du parc. Tout le long du chemin, il y a encore beaucoup de points de vue où il est possible de s'arrêter (en voiture cette fois) sur environ 20 kms avant de quitter le parc.
A la sortie du parc, nous avons pris la direction Desert View puis Cameron (70 kms). A Cameron, nous avons fait une halte au Trading Post pour déjeuner. Nous avons mangé Mexicain. C'était un peu étrange comme goût et comme consistance. Mais bon, c'était peut-être du mexicain à la mode Navajo (c'est le début de leur territoire). Le trading post est une espèce de piège à touristes (grand magasin de souvenirs) mais la pause était malgré tout agréable. Nous en avons profité aussi pour faire le plein de la voiture et pour acheter un petit tableau navajo et une petite poterie navajo (les deux signés de leur auteur).
Nous avons ensuite repris la route direction Marble Canyon puis Kayenta (160 kms). En approchant de Kayenta, les décors de western se dessinent progressivement à l'horizon. On se croirait dans un vrai film. Nous faisons de petites haltes au bord de la route de temps en temps pour prendre des photos. En cours de route, nous avançons les montres d'une heure car nous changeons d'Etat (Utah). Kayenta est une espèce de route bordée d'hôtels et de restaurants. Ce n'est pas terrible ! Je suis contente de ne pas avoir choisi de logement ici (ce que je voulais faire au départ car c'était bien moins cher qu'à Monument Valley mais ce n'est vraiment pas joli). Nous poursuivons donc notre route pour Monument Valley pendant environ 40 petits kilomètres. Mais au lieu d'aller vers le parc, nous nous dirigeons vers notre hôtel : le Goulding Lodge. Il n'est pas si joli que cela de l'extérieur mais la vue que l'on a de la chambre est vraiment inoubliable. Nous ne regrettons vraiment pas notre choix.
Après avoir procédé aux modalités de check in, nous découvrons notre chambre située au 1er étage et qui donne directement sur Monument Valley. C'est magnifique. A proximité, il y a un petit supermarché, une station service et un camping. C'est ici que nous avons payé le plus cher notre chambre (120 euros la nuit mais cela en vaut la peine).
Nous sommes à une heure du coucher du soleil. En attendant celui-ci, nous décidons d'aller visiter le petit musée de l'hôtel qui rend hommage à John Ford et aux westerns qui ont été tournés dans le coin (il y a de nombreuses photos de tournage, des objets...). L'accès est gratuit. Une contribution est juste suggérée à l'entrée.
Ensuite, nous sortons pour prendre des photos du coucher du soleil : encore une superbe vue. Puis, nous nous dirigeons vers le restaurant de l'hôtel pour dîner (ce n'est pas terrible mais pas donné par bon !). Nous finissons par nous rendre à la partie boutique de l'hôtel (trading post) où une jeune vendeuse navajo nous fait une démonstration de flûte indienne. C'était tellement mélodieux. Mais nous décidons de ne pas investir dans un tel objet car nous n'arriverons jamais à reproduire les mêmes sons qu'elle. Nous achetons des cartes postales (envoi possible de l'hôtel) et un magnet (j'en ai acheté un à chacune de nos étapes) que je collerai sur notre frigo au retour. Il est maintenant temps d'aller dormir car la journée a été encore une fois bien remplie.J9 : Dimanche 19 avril : Je me réveille avec le lever du soleil. J'en profite pour saisir mon appareil photo, aller sur la terrasse de la chambre et immortaliser le moment. Tout le monde dort encore dans la chambre et je profite seule du spectacle.
Après que tout le monde soit réveillé, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel (pas donné mais je pense qu'on paie le lieu), nous mettons nos bagages dans la voiture, procédons au check out, direction l'entrée de Monument Valley. Nous payons l'entrée 5 dollars par personne (enfants compris) et là, c'est franchement mal indiqué. Il y a des travaux dûs à la construction du nouvel hôtel The View. De l'extérieur, il ne me semble pas plus beau que l'autre mais nous n'avons pas vu l'intérieur. Par contre, les chambres donnent directement sur Monument Valley. Mais pour l'instant, le repérage extérieur est un vrai chantier. Le visitor center est accolé à l'hôtel. Nous finissons par trouver l'entrée de la scenic drive (après avoir tourné en rond un bon moment).
Il y a en tout 11 arrêts photos à faire dont le plus connu le John Ford's Point dont la vue est célèbre car on la retrouve dans beaucoup de westerns. On se croirait vraiment dans un film. Cela nous rappelle de bons souvenirs de gosse quand nous regardions ces vieux films à la télé. Un navajo d'un certain âge chevauche d'ailleurs un cheval à cet endroit et nous permet de le photographier et même de monter sur son cheval pour 1 dollar. Ce que nous nous empressons de faire. Le temps est encore magnifique. Un peu de fraîcheur le matin mais ensuite la chaleur s'installe.


Le chemin à emprunter tout au long du circuit est une piste en terre battue mais n'importe quelle berline peut l'emprunter. Il n'est pas indispensable d'avoir un 4X4.
Nous finissons tranquillement le circuit. Nous mettrons environ deux bonnes heures pour faire le tour.
A la sortie du parc, nous revenons sur nos pas (en repasse par Kayenta) direction Page pour aller voir le Lake Powell (220 kms). Sur le chemin, nous changeons à nouveau d'heure (on recule d'une heure). Au fur et à mesure de notre avancée, les paysages changent tout doucement.
A l'heure du déjeuner, nous arrivons près d'Antelope Canyon. Au départ, nous avions prévu d'aller le visiter le lendemain matin mais étant donné que nous sommes sur place vers 12H30, nous tentons notre chance. Nous choisissons d'aller voir Upper Antelope. Nous achetons les billets (6 dollars pour le parking + 20 ou 25 dollars je crois par adulte + 10 dollars pour notre fils de 12 ans). C'est assez cher et il n'est pas possible de payer en CB. Le départ, en espèce de 4X4, est prévu pour 13H. Le trajet pour se rendre vers le canyon dure environ 10 mn. Nous descendons ensuite du "camion" pour pénétrer dans le canyon. Il fait assez sombre mais par endroit le soleil passe entre les roches. C'est très beau. Ces dernières prennent une couleur ocre et ce qui est très étrange c'est que lorsqu'on les prend en photo, c'est encore plus beau. Les couleurs sont encore plus belles. C'est vraiment à voir. Par contre, nous ne verrons pas le faisceau de lumière qui pointe son nez vers 11H30 car je pense que nous sommes arrivés trop tard. Par contre, notre guide navajo nous montre à quel endroit prendre les plus belles photos et à un certain endroit lance du sable en l'air car cela fait un super effet sur les photos. La visite dure une petite heure.

Nous faisons ensuite le chemin inverse pour regagner notre voiture. Nous commençons à être affamés mais avant d'apaiser notre faim, nous décidons de nous rendre à notre logement pour être tranquille. Direction Page à environ 10 kms d'Antelope Canyon. J'ai trouvé les coordonnées de notre logement dans le guide du routard. Il s'agit d'un motel : le Basful Bob's Motel. Il est tenu par un vieux monsieur très gentil qui a réhabilité des anciens logements d'ouvriers qui ont travaillé à la construction du lac il y a de nombreuses années. J'avais réservé par Internet sur son site. Il s'agit en fait de petits appartements. C'est très bien et très spacieux. L'appartement comprend un séjour avec télé, une cuisine américaine équipée (frigo, micro-onde, gaz, vaisselle...), deux chambres et une salle de bains avec WC. Il y a même à l'arrière un petit jardin avec un barbecue, tout cela pour la modique somme de 50 dollars TTC pour nous 4 (paiement en espèces seulement). Les meubles sont un peu défraîchis mais qu'importe, c'est vraiment très bien.
Après avoir laissé nos bagages dans l'appartement, nous reprenons la voiture pour trouver de quoi se restaurer. Les enfants avaient repéré un king burger à notre arrivée à Page. Donc, nous nous y rendons pour pouvoir enfin nous rassasier (il est plus de 15H).
Après ce repas, nous reprenons la voiture direction Wahweap Marina (pass à présenter pour y pénétrer) car nous avons prévu de faire une ballade en bateau d'1H30 sur le Lake Powell qui s'appelle Antelope Canyon. Avant de partir, j'avais repéré sur Internet que la croisière avait lieu à 16H15. Il faut acheter les billets dans l'hôtel Lake Powell Resort, à la réception (c'est encore, là aussi assez cher : 102 dollars HT pour nous 4).
Nous prenons place à bord d'un bateau à deux niveaux : en bas, on est enfermé et en haut, on est à ciel ouvert. Nous avons opté pour la 2ème solution pour pouvoir profiter du beau temps et surtout pour pouvoir faire de belles photos.

Et là encore le spectacle est de toute beauté. Il y a des commentaires en anglais. On ne comprend pas tout mais qu'importe, nos yeux font le reste. La ballade est très agréable et nous repose. Nous navigeons au milieu de canyons et nous apercevons au loin le Glen Canyon Dam (barrage) que nous irons voir après la ballade en bateau. Cette promenade dure environ 1H30.
A notre retour sur la terre ferme, nous reprenons à nouveau notre voiture et sur le chemin, nous nous arrêtons voir le fameux barrage. Je le trouve moins impressionnant que le Hoover Dam.
Nous rentrons ensuite à notre appartement car nous sommes épuisés. Nous nous délassons enfin avant d'aller diner.
A l'heure du diner, nous demandons au propriétaire des lieux de nous indiquer une bonne adresse de steak house (nous sommes en train de faire une overdose de hamburgers et de tacos). Il nous indique un endroit pas très éloigné de là. Nous nous y rendons et commandons tous un magnifique steak avec pomme de terre au four. La viande est délicieuse. Nous nous régalons.
Puis nous retournons au motel pour nous coucher après une très très longue journée encore bien remplie. Au préalable, nous regardons à la télé l'élection de miss america qui a lieu en direct de Las Vegas.J10 : Lundi 20 avril : Ce matin, la famille a décidé de faire la grasse matinée. Moi, non. J'ai repéré la veille, à quelques centaines de mètres du motel, une laverie automatique. Je m'y rends en voiture et je demande quelques explications aux gens qui attendent leur linge car le système est un peu différent du nôtre. Déjà, il faut une quantité phénoménale de pièces de 25 cents. Heureusement, il existe sur place des distributeurs automatiques de pièces. Ensuite, on choisit sa machine, on y met son linge + de la lessive (achetée sur place 75 cents) à l'endroit approprié + on choisit son programme et hop c'est parti pour 40 mn. Pendant ce temps, j'ai bouquiné et j'ai entamé la conversation avec une dame qui m'a demandé d'où je venais et ce que nous avions déjà visité. Ensuite, j'ai mis le linge à sécher pendant environ 1/2 heure. Voilà une corvée en moins. De retour au motel, tout le monde est levé et prend son petit déjeuner. Une fois tout le monde prêt, nous allons saluer Bob, le propriétaire et nous quittons les lieux direction Horseshoe Bend (le Colorado s'enroule autour d'un piton rocheux). C'est à quelques kilomètres à la sortie de Page. Nous laissons notre voiture sur un parking et entamons une marche d'environ 15 à 20 mn. Cela grimpe dur et de temps en temps le chemin redevient plat. Il fait très beau et la température commence à chauffer. Nous croisons quelques touristes. En chemin, nous tombons nez à nez avec un petit serpent. Je ne sais pas s'il est dangereux et on ne cherchera pas à savoir. Nous avons pris le temps malgré tout de le suivre et de le photographier. Nous reprenons ensuite notre route pour arriver enfin à destination. C'est magnifique et le colorado est d'un bleu ! Il a même des reflets verts. Par contre, il faut faire très attention de ne pas trop s'approcher du bord de la falaise car le secteur n'est pas du tout sécurisé.
Après avoir pris quelques photos et exploré les environs, nous faisons demi-tour pour reprendre la voiture direction Bryce Canyon. Mais avant de quitter Page, nous nous arrêtons à Lone Rock (besoin du pass pour y accéder). C'est un rocher planté au milieu du Lake Powell près d'une petite plage. Nous le prenons en photo. Apparemment, l'été, il y a beaucoup de monde ici. Les gens viennent nager et se rafraîchir.
Nous reprenons la route US 89 direction Big Water puis Kanab... Avant d'arriver à Panguitch, nous prenons la route UT 12 puis UT 63 direction Bryce Canyon (environ 250 kms). Nous revoilà dans l'Utah. Nous changeons à nouveau d'heure (nous avançons nos montres d'une heure). Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, nous faisons un arrêt photo à Fairyland Point. Les roches sont toutes rouges, c'est vraiment impressionnant. Il existe un parc appelé Red Canyon quelques kilomètres avant Bryce. Nous ne l'avons pas visité mais nous avons pris des photos de l'extérieur. Ces roches constrastent avec le bleu du ciel. Un délice pour les yeux.
Nous décidons de nous arrêter tout de suite à notre hôtel : le Best Western Ruby's Inn pour prendre possession de notre chambre pour être tranquilles. Il est assez joli de l'extérieur (style chalet en plus grand) et chaleureux à l'intérieur. Nous logeons dans un des bâtiments annexes. La chambre est assez spacieuse et assez semblable à celles que nous avons déjà eu : 2 lits queen, une télé, une petite table et deux chaises, un nécessaire à café et une salle de bains.
Dans l'hôtel, il y a une petite supérette, une station service, une piscine intérieure, un magasin de souvenirs.
En face de l'hôtel, il y a une série de petits magasins fermés style western, c'est très typique.
Après quelques minutes de repos, nous reprenons la voiture direction Bryce Canyon (3 kms). Nous montrons notre pass, le ranger nous donne la carte du parc et nous commençons notre ballade. Nous savons que nous ne ferons pas tout aujourd'hui car il est déjà presque 17H. Nous avons une heure et demi devant nous pour profiter du soleil (en effet, sans soleil, le décor n'est plus du tout le même. Les couleurs sont fades et c'est bien moins spectaculaire).
En chemin, nous tombons nez à nez avec des biches ou cerfs, je ne sais pas trop. Elles sont à quelques mètres de nous et n'ont pas l'air d'être effrayées.
Nous commençons par Sunrise Point et ensuite Sunset Point. C'est très beau, immense, difficile à expliquer. Il reste encore de la neige à certains endroits. Il a neigé il y a quelques jours alors que là, nous sommes en tee-shirt. Pour accéder aux points de vue, il faut laisser la voiture au parking et marcher un peu mais cela vaut vraiment le coup d'oeil.
Nous poursuivrons ensuite avec Inspiration point, Paria view, Bryce Point, Swamp Canyon, Whiteman Bench, Fairview point et Natural bridge. Nous nous arrêterons là car le soleil commence à décliner et les sites ne sont plus aussi beaux. Nous croisons très peu de voitures sur la route. Le parc nous semble beaucoup moins fréquenté que celui du grand canyon. Mais il est aussi plus étendu. Il monte à plus de 2000 mètres d'altitude.
Nous rebroussons chemin et nous décidons de revenir le lendemain matin pour voir la fin du parc. Nous quittons le parc pour retourner à l'hôtel pour découvrir ses environs. Vers 20 H, nous nous rendons à un steak house situé à quelques kilomètres avant l'hôtel que nous avions repéré en arrivant. Nous prenons un beau pavé de boeuf bien tendre accompagné d'une pomme de terre au four et de crevette fries. C'est divin.
Enfin, nous rentrons à l'hôtel pour dormir. Encore une journée bien remplie !J11 : Mardi 21 avril : Après une bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel. Nous nous sommes entendus avec les enfants la veille. Ils en avaient un peu assez des pierres. Ces derniers préfèrent rester dans la chambre à se reposer et à regarder la télé. La grande doit veiller à ce que tout se passe bien (et tout s'est bien passé !). Elle a tout de même presque 17 ans. Pendant ce temps, nous retournons pendant 2 heures au parc pour finir notre visite. Nous souhaitons retourner au premier point de vue : Sunrise Point pour découvrir encore d'autres couleurs. C'est bien plus lumineux que la veille et nous sautons ensuite les points de vue que nous avions vu la veille. Nous reprenons nos arrêts à partir de Natural Bridge qui était un peu dans l'ombre et qui aujourd'hui est magnifique. Ensuite, nous faisons de nouveaux arrêts à Agua Canyon, Ponderosa Canyon et son fameux hoodoo, Rainbows point et Yovimpa Point (2700 m d'altitude. On y voit à plus de 120 kilomètres). C'est vraiment le parc que j'ai préféré. Je l'ai trouvé vraiment inoubliable. Il est magnifique. Le beau temps y a été aussi pour quelque chose et les trainées de neige ici et là ont ajouté leur charme.

Peu avant 11H, nous avons fait demi-tour pour rejoindre les enfants afin de quitter la chambre (heure limite pour le faire). Arrivés sur place, ils étaient déjà prêts (un vrai miracle et avaient rangé leurs affaires). Il ne nous restait plus qu'à ranger les bagages dans la voiture, procéder au check out à la réception et reprendre notre route direction Zion Park.
Sur notre route, nous traversons de charmants petits villages "montagnards" dotés de jolies habitations. Certaines sont très originales.
Nous quittons les roches rouges pour trouver un paysage un peu plus ressemblant de nos montagnes. Mais ce qui est étrange c'est que les routes ne sont pas du tout en lacet comme chez nous. Même à la montagne, ils arrivent à avoir des routes droites à deux voies. Nous passerons également près d'un troupeau de bisons et d'un buffalo grill (pas la même enseigne que chez nous).
Nous traversons des villages comme Hatch, Glendale, Orderville. Après 1H30, nous arrivons à l'entrée Est du parc. De grandes montagnes griffées nous accueillent. Je trouve que c'est le parc le plus sauvage que nous ayons vu. Il est encore très différent de tous les autres.
Nous présentons encore une fois notre pass. En échange, le ranger nous donne une carte du parc. Nous nous dirigeons en voiture vers l'entrée sud du parc et nous arrivons au visitor center. Nous décidons d'y déjeuner. L'espèce de cafétaria s'appelle Sol Food Market and Deli. Ce n'est pas un 4 étoiles mais cela nous suffit. Un petit écureuil nous tiendra compagnie lors du repas. Il n'est pas farouche et n'a pas peur des êtres humains. On voit qu'il est habitué à leur présence. Par contre, nous ne lui donnons pas à manger car c'est interdit. Si on le fait et qu'on est pris en flagrant délit, on risque une amende de 100 dollars. En effet, cette sanction cherche à éviter que les animaux sauvages deviennent dépendants de l'homme et qu'ils ne sachent plus se nourrir par eux-mêmes.
Ensuite, nous sortons du parc direction Springdale (petite commune accolée au parc) pour nous rendre à notre hôtel (Quality inn). Etant donné que je possède leur carte de fidélité, on nous donne une chambre mieux placée. L'intérieur est à peu près semblable aux précédentes mais nous sommes au rez de chaussée avec une petite terrasse qui donne sur un terrain de camping et surtout sur la montagne. Jolie vue. Après avoir procédé au check in, nous retournons dans le parc pour commencer la visite. A cette période de l'année, la visite ne peut se faire qu'en navette. Nous laissons donc notre voiture au visitor center et nous l'attendons. Elle se présente très rapidement.
Comme au Grand Canyon, il y en a plus souvent que prévu. Nous ne nous arrêterons pas à tous les points de vue (8 en tout) car nous avons décidé de faire des mini-randonnées (les enfants sont enchantés : c'est ironique !!!). Il fait très chaud et nous emmenons avec nous une bouteille d'eau chacun. Nous ne nous arrêtons pas au Zion museum ni à Mountain of the sun. Par contre, nous sommes descendus à Zion lodge. C'est à cet endroit que se trouve le seul hôtel du parc. Un espèce de grand espace vert ombragé se présente à nous. Beaucoup de gens se reposent à l'abri du soleil.
Après avoir pris quelques photos, nous décidons de faire notre petite randonnée direction Lower Emerald Pool.
Nous traversons un pont en bois en dessous duquel coule une petite rivière. C'est très joli.
Nous poursuivons notre ascension (cela grimpe un peu pendant environ 20 mn). Une fois arrivés, nous aurions dû voir des chutes d'eau. Il ne reste qu'un petit filet d'eau pas très spectaculaire. Les enfants sont déçus. Nous aussi. Mais cela reste tout de même très agréable. Nous ne poursuivrons pas au delà (vers middle puis upper emerald pool car il faut compter une heure de plus et les enfants n'ont pas du tout envie d'aller plus loin). Nous redescendons tranquillement pour rejoindre le Zion lodge et nous en profitons pour nous reposer à l'ombre des arbres sur la pelouse devant l'hôtel. Nous reprenons ensuite une navette pour nous rendre à l'arrêt Weeping Rock (nous sautons celui qui s'appelle Grotto). Là encore, nous faisons un peu de marche (cette fois-ci cela grimpe bien). Nous sommes censés encore une fois voir des chutes d'eau et là, c'est encore pire que la 1ère fois. 3 gouttes tombent. Je pense que l'on doit pouvoir les voir plus tôt dans l'année, à la fin de l'hiver. Je crois que là, nous avons achevé les enfants. Ils râlent franchement (ah ces enfants des villes !!!). Nous rebroussons chemin pour rejoindre la navette. Nous ne descendrons pas au prochain arrêt (Walters Wiggles) mais par contre, nous descendrons au dernier (Temple of Sinawava).
Ici, il y a encore la fameuse rivière et la possibilité de faire une promenade le long de celle-ci. Il s'agit de Riverside Walk. Elle n'est pas difficile à faire car c'est assez plat. Nous l'emprunterons sur environ 1 km et nous ferons demi-tour. Pour la dernière fois, nous empruntons la navette pour retrouver notre voiture. Nous en avons plein les pattes. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer.
C'est la fin de l'après-midi. Je m'installe sur la terrasse (il y a un petit salon de jardin) et j'admire le panorama et je pense très fort que nous avons une chance énorme d'être là.
Ci-dessus, la vue de notre chambre.
A l'heure du diner, nous nous rendons à pied (juste à côté de l'hôtel) dans un petit resto qui est installé dans une ancienne station service (c'est original). Nous mangeons dehors. C'est très agréable. La nourriture est mexicaine. C'est bon mais nous attendons près d'une heure avant d'être servis.
Pour finir, nous rentrons à l'hôtel pour dormir après une journée encore bien remplie !J12 : Mercredi 22 avril : C'est aujourd'hui que s'achève notre road trip. Le temps est toujours aussi beau. Après un petit déjeuner léger (compris dans le prix pour une fois) et après avoir procédé au check out, nous reprenons la route pour rentrer à Las Vegas (environ 250 kms). Nous changeons une dernière fois d'heure (on recule d'une heure). On sent la température monter (il fera environ 30 degrés au plus chaud de la journée). Nous quittons les beaux paysages pour retrouver quelque chose de bien plus commun et bien plus plat. Le temps passe vite car nous empruntons une grande autoroute (j'ai oublié de dire qu'elles sont gratuites aux Etats-Unis) : la US 15. Nous arrivons sur Las Vegas à l'heure du déjeuner. Nous décidons d'aller manger dans un "In N Out". D'après mon oncle, c'est un fast food qui propose parait-il des produits plus sains que chez Mac Do (ex : la viande est de la vraie viande de boeuf, dans de beaux morceaux alors que chez les concurrents, il s'agit de "déchets"). Je n'ai pas trouvé cela meilleur qu'ailleurs et en plus, il n'y a qu'un choix de sandwich mais bon ! Ensuite, nous avons décidé d'aller faire ce que nous n'avions pas eu le temps de voir les 5 premiers jours. Nous sommes allés prendre en photo le Sphinx de l'hôtel Luxor. Ensuite, nous avons remonté le Strip pour prendre des photos de chaque côté depuis la voiture (à partir du début de l'après-midi, les bouchons commencent à se former donc on a le temps de prendre des photos. Nous avons remonté le strip jusqu'après la Stratosphère et nous avons fait des pauses pour prendre en photo quelques chapelles. Ensuite, nous sommes revenus sur nos pas et nous nous sommes garés au Fashion Mall pour aller acheter à notre fils un jeu vidéo pour sa PSP (bien moins cher qu'en France : 40 dollars le jeu, soit environ 30 euros). Puis, nous nous sommes rendus à pied jusqu'au Mirage car nous voulions aller visiter le Siegfried and Roy secret garden. Le prix de l'entrée est assez élevé (15 dollars par adulte et 10 par enfant) mais la visite est assez plaisante. On commence par arriver vers deux bassins, dans lesquels sont installés des dauphins (dolphin habitat).
Une personne nous les présente et nous explique leur mode de vie. Ensuite, nous nous dirigeons vers secret garden. Tout d'abord, on y trouve des lamas de différentes couleurs et tailles.
Puis nous découvrons les tigres blancs.
Ils sont superbes. Dommage qu'une grosse grille nous empêche de faire de belles photos. Puis vient un bébé léopard, né sur place. Il est adorable. On dirait une peluche. Puis viennent enfin des lions. Ils sont beige clairs et très fins, pas comme ceux que nous avons l'habitude de voir. Ils sont également très beaux.
Après nous être balladés pendant environ une heure, nous retournons à la voiture pour aller chez mon oncle, diner avec lui (pizzas au menu, qu'il est allé acheter près de chez lui : 5 dollars une grande pizza bien bonne, c'est vraiment très bon marché) et dormir sur place. Demain, c'est notre dernière journée. Dur ! Dur !J13 : Jeudi 23 avril : Après une nuit chaude (la chaleur commence à s'installer sur Las Vegas), nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de chez mon oncle. Il fait bon encore à cette heure. Après nous être préparés, mon oncle décide de nous faire visiter l'endroit où il travaille. Il est directeur du restaurant dans une maison de retraite haut de gamme. C'est à quelques minutes de chez lui. Arrivés sur place, nous sommes stupéfaits. Nous n'avons jamais vu cela. C'est le vrai luxe. Il s'agit d'un très beau bâtiment mais l'intérieur est encore plus chic. On se croirait dans l'un des hôtels du Strip. Les occupants ont chacun une chambre qui ressemble à une suite. Le mobilier est luxueux. La salle à manger est magnifique. Les jardins luxuriants. Ici, les personnes âgées sont dorlotées. Par contre, il faut avoir les moyens de se payer cela (environ 4 000 dollars par mois). Mais quand je vois les prix en France et les prestations proposées...
Nous laissons ensuite mon oncle à ses occupations et nous nous dirigeons vers le Premium Outlet pour faire de nouveaux achats de vêtements. Nous allons même devoir acheter un nouveau sac de voyages de peur de ne pas pouvoir passer la douane (poids par bagage). Nous y restons toute la matinée et même le début de l'après-midi. Puis, nous décidons d'aller déjeuner dans un hôtel du strip pour goûter une dernière fois à un buffet (les enfants en sont friands). Nous choisissons celui du Treasure Island. C'est assez bon et assez varié.
Nous passons la fin de l'après-midi à nous ballader sur le Strip afin de profiter de nos derniers moments sur place. En fin de journée, nous retournons à nouveau chez mon oncle pour faire les valises et faire les dernières lessives. Après un léger diner, nous allons manger une glace à l'hotel Red Rock. Il n'est pas sur le strip mais au nord ouest de Las Vegas, à une dizaine de minutes de chez mon oncle. Il y a un très grand bowling, un club qui appartient à Cindy Crawford, un casino évidemment... Mon oncle m'a expliqué que cet hôtel était surtout fréquenté par les locaux. En effet, les gens du coin ne vont pas souvent sur le Strip car il y a trop de monde, de touristes.
Après notre petite gourmandise, nous sommes rentrés chez lui pour aller nous coucher.J14 : Vendredi 24 avril : Ca y est, c'est la fin des vacances. Nous nous levons très tôt ce matin (5H30). Après le petit déjeuner, nous rentrons les bagages dans la voiture, nous disons au revoir à mon oncle (il est déjà levé car il se lève à cette heure tous les jours pour aller travailler) et nous dirigeons vers l'aéroport en voiture. Avant d'y arriver, nous nous arrêtons au Mac Carran Center pour rendre notre voiture. Mes formalités durent à peine 2 mn. Ils ne la vérifient même pas. Aucune somme supplémentaire à débourser. Sur place, une navette nous attend pour nous rendre à l'aéroport. Le trajet ne dure que quelques minutes. Nous sommes accompagnés de nos bagages. Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers le comptoir de la Northwest, nous procédons à l'enregistrement de nos bagages et nous attendons patiemment l'heure du décollage (9H10). Nous arrivons à Minneapolis un peu plus de 3 heures plus tard (sur ce vol, les boissons et repas/friandises sont payants). En arrivant à Minneapolis, nous apprenons que notre prochain vol pour Paris a du retard (plus de 2 heures). Donc, au lieu d'avoir 3 heures d'escale, nous en avons 5. Nous tuons le temps en déjeunant dans un Mac Do (le premier du séjour) et en nous promenant dans le Duty Free. Ensuite, nous bouquinons et les enfants jouent aux jeux vidéos (moi, je découvre mon Itouch). Le dernier vol se déroulera sans encombre jusqu'à Paris. Nous arrivons le lendemain matin à Paris (décalage horaire oblige) dans la grisaille. Quelle déprime ! Mon père nous attend, prêt à nous ramener chez nous. Ainsi s'achève notre séjour au pays de la démesure. Nous gardons un excellent souvenir de ce voyage et n'espérons qu'une chose : continuer à visiter ce très beau pays.
Bilan: 4500 euros/ 9 nuits / deux personnes de San Francisco à Monument Valley English translation pending
De retour voici mes comptes . J'avais prévu 4400E donc le budget prévisionnel était correct. Ce cout comprend vol+location voiture + hotels + nourriture bref tout...
J'ai donc du mal à croire les personnes qui partent trois semaines en famille avec moins de 4000E de budget.
Nous aurions pu gratter sur la qualité des chambres, le type de voiture, le parking à Roissy, le spectacle de Las Vegas mais nous aurions tourné autour des 3500E.
Ceci pour aider les personnes désireuses de partir à faire leurs budgets.
J'ai donc du mal à croire les personnes qui partent trois semaines en famille avec moins de 4000E de budget.
Nous aurions pu gratter sur la qualité des chambres, le type de voiture, le parking à Roissy, le spectacle de Las Vegas mais nous aurions tourné autour des 3500E.
Ceci pour aider les personnes désireuses de partir à faire leurs budgets.
Avis sur itinéraire aux Etats-Unis cet été, budget... English translation pending
Bonjour à tous,
je suis tout nouveau sur VF
je prépare un voyage aux Etats-Unis pour cet été, pourriez-vous me dire si c'est faisable ?
Je compte décoller de Marseille le 13 juillet pour Miami puis je compte faire toute la côte EST de Miami A NY et rejoindre Chicago de Chicago aux environs du 2 aout je prendrai l'avion jusqu'à Sacramento
de Sacramento à Las Vegas en passant par San Francisco, San José, Los Angeles, San Diego et Phoenix et finir par Las Vegas Miami par avion et Miami vers Marseille.
Voila l'itinéraire, pouvez-vous me dire s'il est intéressant, si j'ai oublié un endroit fondamental et si c'est faisable?
Mon moyen de locomotion est la voiture de location et je compte dormir à l'hotel pour 50$ par jour (a 3 dans une seule chambre, confort limité pas important) et 30$ de bouffe. Nous sommes 3 à partir, mais j'ai quelques plans un peu partout pour dormir chez des amis, et/ou du surfcouching. Je ne compte pas dormir tous les soirs à l'hôtel.
J'ai compté environ 3500€ par personne tout compris c'est a dire Billets d'avion a/r france usa (1106$) + Billets intérieurs (300$), bouffe, location voiture, logement, et extras (cadeau) et j'ai arrondi à chaque fois au maxi supérieur. Côte EST environ 170 km par jour du 13 juillet au 2 aout Cote OUEST environ 250 km par jour du 2 aout au 14 aout
J'aurais aimer avoir une idée du budget essence? et des prix moyens des hôtels, môtels, AJ ? et je prend 30$ par jour de bouffe, c'est beaucoup, sachant que je mangerais des fois chez les amis et des fois seulement un petit déjeuner costaud et une broutille le soir.
Pour finir j'aurais aimer savoir si cela à l'air cohérent, faisable, intéressant, fastidieux, fatiguant, impossible ? et votre avis sur l'itinéraire devrais-je sacrifié des endroits au profit d'autre plus intéressant ?
Merci de vos réponses, s'il vous manque des informations, demandez moi et je vous dirais si il y a quelque chose que vous avait pas compris.
Ps: loueur voiture = Alamo et avion= US Airways
je prépare un voyage aux Etats-Unis pour cet été, pourriez-vous me dire si c'est faisable ?
Je compte décoller de Marseille le 13 juillet pour Miami puis je compte faire toute la côte EST de Miami A NY et rejoindre Chicago de Chicago aux environs du 2 aout je prendrai l'avion jusqu'à Sacramento
de Sacramento à Las Vegas en passant par San Francisco, San José, Los Angeles, San Diego et Phoenix et finir par Las Vegas Miami par avion et Miami vers Marseille.
Voila l'itinéraire, pouvez-vous me dire s'il est intéressant, si j'ai oublié un endroit fondamental et si c'est faisable?
Mon moyen de locomotion est la voiture de location et je compte dormir à l'hotel pour 50$ par jour (a 3 dans une seule chambre, confort limité pas important) et 30$ de bouffe. Nous sommes 3 à partir, mais j'ai quelques plans un peu partout pour dormir chez des amis, et/ou du surfcouching. Je ne compte pas dormir tous les soirs à l'hôtel.
J'ai compté environ 3500€ par personne tout compris c'est a dire Billets d'avion a/r france usa (1106$) + Billets intérieurs (300$), bouffe, location voiture, logement, et extras (cadeau) et j'ai arrondi à chaque fois au maxi supérieur. Côte EST environ 170 km par jour du 13 juillet au 2 aout Cote OUEST environ 250 km par jour du 2 aout au 14 aout
J'aurais aimer avoir une idée du budget essence? et des prix moyens des hôtels, môtels, AJ ? et je prend 30$ par jour de bouffe, c'est beaucoup, sachant que je mangerais des fois chez les amis et des fois seulement un petit déjeuner costaud et une broutille le soir.
Pour finir j'aurais aimer savoir si cela à l'air cohérent, faisable, intéressant, fastidieux, fatiguant, impossible ? et votre avis sur l'itinéraire devrais-je sacrifié des endroits au profit d'autre plus intéressant ?
Merci de vos réponses, s'il vous manque des informations, demandez moi et je vous dirais si il y a quelque chose que vous avait pas compris.
Ps: loueur voiture = Alamo et avion= US Airways
Idées, suggestions de spectacles sur Las Vegas? English translation pending
BOnjour / Rebonjour,
de nouveau je fais appel a votre aide, et suggestions, merci d'avance
Nous partons en Juin prochain pour L'ouest americain, et passerons 2 nuits sur las vegas. Avez vous des suggestions pour les sorties: spectacles shows gratuit a vraiment voir spectacles shows payant ( mais pas non plus trop trop cher) qui sont sympa
Merci pour vos retours
Merci pour vos retours
Où laver son linge en Utah et Arizona? English translation pending
En voilà une question palpitante!
Je voudrais ne pas trop nous charger en prenant juste ce qu'il faut de linge mais j'ai l'impression que dans certains coins les laundries ne courent pas les rues. Je ne trouve pas de laundromat dans les endroits suivants: Torrey, Escalante, Hanksville, Hite.
Certain(e)s d'entre vous ont-ils trouvé moyen de laver du linge autrement qu'à la main dans ces endroits, sans faire appel au service de blanchisserie d'un motel ou camping?
Merci pour votre aide!
Marie
PS : si certains gardent un souvenir ému (dans tous les sens du terme!) de certaines laveries de Moab ou Page, leurs expériences m'intéressent!
Je voudrais ne pas trop nous charger en prenant juste ce qu'il faut de linge mais j'ai l'impression que dans certains coins les laundries ne courent pas les rues. Je ne trouve pas de laundromat dans les endroits suivants: Torrey, Escalante, Hanksville, Hite.
Certain(e)s d'entre vous ont-ils trouvé moyen de laver du linge autrement qu'à la main dans ces endroits, sans faire appel au service de blanchisserie d'un motel ou camping?
Merci pour votre aide!
Marie
PS : si certains gardent un souvenir ému (dans tous les sens du terme!) de certaines laveries de Moab ou Page, leurs expériences m'intéressent!
les invasions barbares: le tourisme English translation pending
En milieu d'après midi, à Matho. C'est un monastère du Ladakh, et à ce qu'on dit, il est moins fréquenté que d'autres. On arrive, des moines nous accueillent. On discute et ils nous emmènent tout en haut, sous le toit. Là, dans le grenier, assis sur des grains d'orge ou de blé, les moines chantent en l'honneur de la divinité protectrice de leur secte tibétaine. Trompes, chants, cloches, incantations... Un peu de soleil filtre entre les tuiles. Des rayons de lumière traverse la poussière. On est assis sur le pas de la porte du grenier, on écoute, on boit du thé salé avec les 3 moines qui nous ont invité à les rejoindre. L'instant est magnifique.
Tout à coup, une personne arrive, puis deux puis...une quinzaine. . Des bedonnants avec le téléobjectif sur le T-Shirt "India" ou "Angkor". Pas un mot pour les moines mais ces touristes parlent fort, se bousculent à la porte, mitraillent avec le flash. Ils se permettent même d'entrer. Ils tirent la gueule en plus, ces touristes!! Etrangement, on les sent presque mal à l'aise! Ont-ils peur, pendant ce braquage, de se faire trancher la gorge par les sauvages, dans ce coin sombre? Une femme pose un pieds avant qu'un moine lui dise que ce n'est pas permis. Elle râle. Les moines ne disent rien d'autre mais je les sens agacés.
Les barbares repartent au bout de 2 minutes... Un tempête est passée. Je voudrais les jeter tous du haut de ce monastère. Ils ont montré du mépris pour les moines et leur rituel. Ils ont pourri ce moment hors du temps. Ce genre d'instants qui sont les raisons de mes voyages.
Je ne sais pas d'où venait cette meute. Mais je suis sûr que si je m'étais comporté comme ça dans leur église, j'aurai été foutu à la porte! Mais là, pour eux, ça ne compte pas. Ils viennent faire des images typiques de gens moins riches et donc moins évolués qu'eux...
J'en ai voulu aussi aux moines de n'avoir rien fait contre ce manque de respect. La non violence bouddhiste?... Le groupe a payé son entrée au monastère pour voir en coup de vent quelques fresques. Peut-être les moines préfèrent ils ne rien dire pour garder leur gagne pain? Peut-être vont-ils finir par faire de faux rituels pour attirer le touriste?
A la fin de la célébration, un moine a l'air très irrité. Il me dit :"Finish, go...". Je n'ai fait aucune photo, j'ai été silencieux. Mais je suis assimilé au groupe. Et il a raison. En venant ici, je participe à la déculturation. Si je vais dans des endroits moins touristiques, je les rendrai plus touristiques! Je serai donc aussi responsable des ravages du tourisme qui suivront. Que faire? Arrêter de voyager? Je ne sais pas...
Je retrouve le groupe dans la cour et dans une salle du monastère. Pour me calmer, Pour me calmer, je me contente de me placer systématiquement devant leurs objectifs lorsqu'ils s'apprêtent à fait une photo. Mais ca ne fait pas tomber mon envie de m'en prendre à eux physiquement.
Après l'énervement est venu une question : à quoi bon voyager vers ce type de destination? Je veux découvrir des mondes différents du mien mais sans arrêt, le pire de mon monde fait irruption. Le pire, c'est cette consommation d'exotisme. Et ce lieu que je visite, n'est-il pas corrompu ? Je n'y vois que le monde gravitant autour des touristes, le monde fait pour les touristes. Un monde virtuel.
Je ne souhaite plus aller dans ce genre d'endroit. Je ne céderai plus à la facilité.
Tout à coup, une personne arrive, puis deux puis...une quinzaine. . Des bedonnants avec le téléobjectif sur le T-Shirt "India" ou "Angkor". Pas un mot pour les moines mais ces touristes parlent fort, se bousculent à la porte, mitraillent avec le flash. Ils se permettent même d'entrer. Ils tirent la gueule en plus, ces touristes!! Etrangement, on les sent presque mal à l'aise! Ont-ils peur, pendant ce braquage, de se faire trancher la gorge par les sauvages, dans ce coin sombre? Une femme pose un pieds avant qu'un moine lui dise que ce n'est pas permis. Elle râle. Les moines ne disent rien d'autre mais je les sens agacés.
Les barbares repartent au bout de 2 minutes... Un tempête est passée. Je voudrais les jeter tous du haut de ce monastère. Ils ont montré du mépris pour les moines et leur rituel. Ils ont pourri ce moment hors du temps. Ce genre d'instants qui sont les raisons de mes voyages.
Je ne sais pas d'où venait cette meute. Mais je suis sûr que si je m'étais comporté comme ça dans leur église, j'aurai été foutu à la porte! Mais là, pour eux, ça ne compte pas. Ils viennent faire des images typiques de gens moins riches et donc moins évolués qu'eux...
J'en ai voulu aussi aux moines de n'avoir rien fait contre ce manque de respect. La non violence bouddhiste?... Le groupe a payé son entrée au monastère pour voir en coup de vent quelques fresques. Peut-être les moines préfèrent ils ne rien dire pour garder leur gagne pain? Peut-être vont-ils finir par faire de faux rituels pour attirer le touriste?
A la fin de la célébration, un moine a l'air très irrité. Il me dit :"Finish, go...". Je n'ai fait aucune photo, j'ai été silencieux. Mais je suis assimilé au groupe. Et il a raison. En venant ici, je participe à la déculturation. Si je vais dans des endroits moins touristiques, je les rendrai plus touristiques! Je serai donc aussi responsable des ravages du tourisme qui suivront. Que faire? Arrêter de voyager? Je ne sais pas...
Je retrouve le groupe dans la cour et dans une salle du monastère. Pour me calmer, Pour me calmer, je me contente de me placer systématiquement devant leurs objectifs lorsqu'ils s'apprêtent à fait une photo. Mais ca ne fait pas tomber mon envie de m'en prendre à eux physiquement.
Après l'énervement est venu une question : à quoi bon voyager vers ce type de destination? Je veux découvrir des mondes différents du mien mais sans arrêt, le pire de mon monde fait irruption. Le pire, c'est cette consommation d'exotisme. Et ce lieu que je visite, n'est-il pas corrompu ? Je n'y vois que le monde gravitant autour des touristes, le monde fait pour les touristes. Un monde virtuel.
Je ne souhaite plus aller dans ce genre d'endroit. Je ne céderai plus à la facilité.
Expédition 48° Nord (tour du monde à vélo) English translation pending
j'ai retrouvé cet article qui m'a paru intéressant car nous n'avions plus de nouvelles sur voyage forum: il faut dire que çà fait 2 mois que j'étais parti aussi!!
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....Un carnet au Botswana (septembre 2008) English translation pending
Hello tous.
Je ne pourrais pas publier un tel rencensement de lieux et sensations sans remercier tous ceux qui ont activement participé à la préparation de ce voyage. Ils m'ont fait rêver... Un gros merci sincère à vous tous, y compris les "ceux qui viennent de temps en temps" pour appoerter un petit détail pointu.
Je vous dois bien ceci à mon tour :
CARNET DE VOYAGE – Botswana Septembre 2008.
Préparation Les cartes : - http://www.big5.ch:8080/ka-map/ - Google earth - Tracks4africa. Compatibles Garmin. Payantes mais pas cher (11 euros par carte). C’est amusant d’être guidé par Ginette en pleine brousse. - Mapsource fourni avec le Garmin, pour faire les routes et transmettre tout ça au GPS
Le matériel : On peut commencer par lire ceci : http://voyageforum.com/...post=1877794#1877794 - Photo. Un 100-400 c’est bien, en complément d’un plus petit zoom. Mais je ne me souvenais plus comme ça bouge (évidemment). Plus un APN de poche, 8 méga pixels pour les instantanés, dans la rue...etc. La carte 2Giga du Canon a faillit ne pas suffire (environ 1500 jpeg). La carte 4 Giga emportée n’est pas compatible ( ??? ). - Gps : alors c’est comme on veut, soit on passe du temps à chercher le Camp Site, soit on passe du temps à chercher les lions... Même si je sais qu’en cherchant le camping, certains (suivez mon regard) on trouvé des lions. - Protection – sécurité : Les Botswanais sont, nous a-t-on dit, plus réprimandés en cas de problème que les Namibiens. En tout cas on passe partout complètement inaperçu, ils nous fichent une paix royale. Les seuls enquiquineurs sont les singes. Bombe lacrymogène, bâton, lance pierre pour rigoler un peu. - Petits matériels : en plus de la liste spécifiée sur le post ci-dessus, on a regretté de ne pas avoir emporté un enregistreur, nécessaire pour se faire des films, les yeux fermés dans le métro... !
Les avions – les transits. A l’aller nous avions ( 😉 ) une escale d’une nuit à Jo’Burg. Incroyable mais vrai, nous avons récupéré TOUTES nos valises et sommes sortis de l’aéroport en mois d’une demie heure. Le service Bagages a l’air de s’être amélioré depuis l’année dernière ! On reprendra l’avion le lendemain à 10h10... l’heure et demie qui nous sépare de Maun nous paraîtra bien longue.
Au retour, transit de 3h00. Par trouille de perdre encore nos bagages comme l’an dernier, nous avions (😉 oui bon on a compris...) choisi de « sortir » et de « re-rentrer ». La sortie se fait à nouveau en une demie heure, le temps de passage aux douanes en un quart d’heure. On est heureux de savoir que nos bagages seront avec nous en soute du vol Air France...
Et donc, aucun problème d’avion, de transit ou de bagages cette année. Seulement deux douaniers à Roissy pour accueillir deux ou trois avions. Donc comme l’an dernier, 2 heures ¼ pour passer la douane...
On avait choisi de faire un voyage plus court en temps (deux semaines au lieu de trois), mais plus simple en route. On voulait éviter les longues distances goudronnées d’autant plus que nous avions compris que les pans sur la route du Sud sont à sec et donc vidés... de leur vie animale à cette époque.
Le choix d’atterrir à Maun impliquait un surcoût d’avion d’environ 220 euros chacun, que nous avons compensé par un voyage plus court.
Le choix de la période Parfois, on n’a pas ce choix. Nous, nous voulions éviter la période vacances scolaires des Sud Af’. Septembre avait été un bon choix en Namibie pour voir se regrouper les animaux autour des points d’eau plus rares. De même, les moustiques sont théoriquement moins nombreux en hiver austral...
En fait, nous avons un peu regretté pour plusieurs raisons.
D’abord les chutes Victoria sont à leur plus bas niveau de l’année. Cela avait été aussi un choix pour ne pas être noyé dans un brouillard de vapeur, mais « sèches » à ce point, ça fait quand même un peu drôle... ! Je reviendrai plus tard sur Vic Falls...
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Pour ce qui est des points d’eau plus fréquentés, c’en est à un point qu’à Savuti par exemple, il n’y avait qu’un seul point en eau, donc « c’est là ou nulle part ailleurs ». Donc tous « les baroudeurs » se retrouvent là, et je pense que du coup, si les éléphants s’en fichent et viennent abondamment, les lions eux, ne se montrent pas.
Septembre est également difficile pour les campings. Ils sont secs et poussiéreux, donc moins agréables à vivre, une petite impression de désolation en arrivant à Khwaï... Ils manquent aussi d’ombre pour la sieste à cause des feuilles absentes des arbres...
Sûr, si on y retourne (ce qui ne fait pas grand doute) on choisira la fin du printemps septentrional pour voir les paysages fleuris et verdoyants (Marienfluss...). Ca nous changera un peu et ce doit être superbe... ! Mai – Juin est déclaré « idéal » pour les chutes Victoria par le pilote de l’hélicoptère, ainsi que Décembre-Janvier, mais c’est la saison des pluies.
Enfin, on pensait éviter les moustiques en Septembre, mais en fait il faut savoir qu’ils hibernent du côté de Livingstone J parce que ma moitié (plus sensible que moi) s’est faite bouffer par ces insectes, malgré les doses de répulsifs, efficaces trop peu de temps. Heureusement que nous avions prévu la Malarone... qui l’a rendue un peu malade...
Mais bon, il n’est pas question de pleurer sur ce choix. L’avantage est qu’il n’y a pas de pluie et qu’il y a souvent un petit vent qui rafraîchit l’atmosphère (deux mois de Windy Season avant la Rainy Season). Et puis il fait bien chaud dans la journée (35 - 38 °) et pas froid la nuit (jamais moins de 15-16 °) et ça, ça fait quand même plaisir. Les journées sont un peu plus courtes, mais ça aussi ça ne dérange pas vu que nous étions couchés à 19h30... ! et endormis à 19h45... les vacances quoi !
Le choix du véhicule Le 4x4 n’est pas un choix. Il s’impose pour traverser Moremi, Savuti, et même Chobé Nord. Partant moins longtemps, cela laisse un peu plus de place budgétaire pour un 4x4 plus costaud : Toyota 76, un peu rehaussé pour être sûr de ne pas perdre de temps à sortir les sacs de patates (... ?). Un 4.2 L diesel, qui ne nous fera jamais regretter ce choix... sauf à la frontière Zambienne (voir plus bas). Asco Car Hire est à la hauteur. Il aura quand même fallut téléphoner deux jours avant le départ pour être sûr qu’ils installent la tente sur le toit non prévue sur leur catalogue. Ils sont ponctuels, il ne manque rien, les duvets sont chauds et suffisants, le téléphone satellite présent. Impeccable, sans doute plus cher qu’un autre, mais la confiance est méritée. Sauf un jerrycan qui fuit et qui va tout salir le beau 4x4 de gas oil imbibé de poussière... ! Classe… ! LE VOYAGE
Le Trajet / Activités : - Nuit Transit à Jo’burg. Dove Nest Hotel - Maun – Island Safari Lodge. Boat Cruise. - Maun – Island Safari Camp Site - Moremi – 3rd Bridge. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Savuti. Game Drive perso. - Chobe – Ihaha. Game Drive perso. - Kubu Safari lodge. Viste Chobe - Kubu Safari Camp Site. Boat Cruise avec guide. - Zambezi Water Front (Zambie). Vic Falls, Hélicoptère. - Kubu Safari Camp Site - Mudumu – Nakatwa (Namibie). Game Drive perso. - Mahungo Safari Lodge (Namibie). Game Drive avec guide. - Goma Lagoon – Camp Site. - Maun – Audi Camp - Island Safari Lodge. Vol au dessus du Delta
Dove Nest Hotel – Jo’Burg Airport
On avait réservé depuis Paris, mais pas payé. On le trouve en demandant au bureau d’information – tourisme, juste à la sortie de l’aéroport. Ils appellent la personne qui s’occupe de nous conduire à la navette qui vient exprès nous chercher (10 minutes de route). Cool, pas de problème, juste l’obligation de décliner les offres d’accompagnement faites par les quelques gars qui cherchent à vous rendre service gentiment pour se faire quelques piècettes...
L’hôtel est sympa. Dans la chambre, la lourde grille en accordéon qui se ferme à l’intérieur de la baie vitrée, nous montre encore l’ambiance qui règne dans cette ville que nous n’aurons pas le temps de voir car nous arrivons trop tard et repartons trop tôt. Il n’empêche que ayant suivi les conseils inscrits dans la chambre, on ferme la dite grille (est ce vraiment utile ?), et on se retrouve le lendemain matin enfermés à l’intérieur... ! Les femmes de ménage qui passent sont mortes de rire... Nous on manipule la serrure un bon paquet de minutes avant de réussir à se libérer... L...
530 rands pour deux, p’tit déj’ inclus. La patronne (blanche évidemment) trône derrière son bureau au milieu de la salle de restaurant. Simple, cordiale et efficace. Carte Visa qui fonctionne.
01 - C’est là que nous verrons nos premiers jolis oiseaux...
Okavango River Lodge – camp site
On avait pré - réservé par email, mais pas payé. Bien nous en a pris parce que les coordonnées GPS de Google Earth sont inexactes et on n’a pas trouvé. On s’apercevra 15 jours plus tard qu’il est de l’autre côté de la rivière, mal indiqué, plus proche de Audi et Crocodile camp. On voulait faire Camp Site, pour se consoler, on se rabat sur Island Safari Lodge (S19 55 28.2 E23 30 32.4) qui a aussi un camp site... un peu trop visité le soir, surtout le Samedi : les jeunes viennent avec leurs voitures et les autoradios marchent à fond. Les gardiens s’occupent de les renvoyer. Le lodge est très correct, 1300 Pulas pour deux (ptitdéj inclus).
MAUN Maun est une ville nouvelle très étalée. Plusieurs super marchés bien achalandés. Attention aux ouvertures aléatoires le Samedi matin, mais pas l’après midi, le dimanche matin pour certains commerçants (MIDAS (pas de pneus 4x4) et Marshall – pneus) et pas d’autres. Des difficultés pour tirer plus de 1000 Pulas à la fois, par jour... donc pas facile de réunir de quoi payer le gas-oil, alors que Shell (ouvert 24H/24 et 7 jours sur 7) prend la Carte Bleue... !
On fait les courses au Spar : 850 pulas pour 5 jours de repas.
ATM Extraordinaire. Je fais la queue avec les gens depuis 40 minutes pour accéder à l’ATM près du BP et du SPAR (alors que celui près de Engen est plutôt calme) et une vieille mamie s’approche, s’assoie sur la chaise près du distributeur puis double tout le monde et se présente à la machine. Les gens ne bronchent pas, moi non plus évidemment, ça n’a rien d’extraordinaire. Plus étonnant, un type fait la même chose 3 minutes après... Personne ne dit rien, il a grillé la file de 45 minutes, et personne n’a le moindre regard de réprimande. J’ai beau scruter les regards, personne ne prête attention à ce resquilleur... Bon bah ils sont pas très violents les botswanais... ça me va bien, on va faire pareil.
D’une manière générale, les gens ne prêtent absolument pas attention à nous. Nous sommes quasiment les seuls blancs et tout le monde s’en fout... Pour une fois, on a l’impression de passer inaperçu et c’est plus agréable pour se fondre dans la masse et se rapprocher des gens, discuter, ressentir.
ACTIVITES La ballade du soir proposée par Island Safari est très jolie bien qu’un peu chère car il n’y avait personne pour partager le bateau avec nous : 550 pulas pour une heure... ! Mais bon... Nos premiers oiseaux, et notre premier Sun Downer bien connu des voyageurs en Afrique Australe.
Les temps changeant dans le bon sens pour les autochtones : il y aura même un magnifique fil électrique sur la photo du coucher de soleil... Moi je dis, les fils électriques c’est bien, ça fait vendre des PhotoShop... (?) 😏 Il y a même des centaines de moustiques qui se collent partout en revenant sur la rivière à toute vitesse : Demain on fait griller nos crottes de nez... ! 😉
02 - Quel poteau électrique ?
On réserve un Mokoro Day Trip par le Lodge : 1300 pulas pour deux. Impossible de faire une nuit sur une île en Mokoro, on s’y est pris trop tard (on aurait du réserver par téléphone, depuis la France). Et comme le lendemain il faut rejoindre Morémi – Third bridge et qu’on ne connaît pas le temps de route (3 à 4 heures), on n’insiste pas.
On ne regrettera pas car on a fait un magnifique Bush Walk (3 heures) avec un guide né dans le Delta. La marche au milieu de la savane est vraiment une activité à recommander. C’est super impressionnant d’avoir chaud, d’avoir soif, et de se retrouver si proche et si vulnérable face aux animaux. Tout à coup les zèbres ne paraissent plus si mignons - mignons, et que dire de cet éléphant solitaire, affamé et assoiffé qui se pointe vers nous... Magique. C’est beaucoup plus impressionnant que d’être en voiture à actionner la marche arrière. Là tu te demandes vraiment s’il court plus vite que toi... Alors on révise nos lectures avec ma petite femme (en anglais pour que le guide nous confirme) : - Moi : « Tu te souviens on a lu que s’il charge, il faut reculer tout doucement » - Le Guide : « s’il charge, tu te retournes et tu cours le plus vite possible... ! » - Moi : « je ne me souviens pas avoir lu à quelle vitesse ça court un éléphant... ? » - Ma petite femme : « en tout cas ça court plus longtemps que moi... ! »
03 - Avant d’être détecté par la bête... ! qui ne nous inquiètera pas.
Le Delta est sublime. Le Mokoro (en fibre de verre, c’est mieux) c’est extraordinaire.
04 - Eux, ils partent pour deux nuits. Finalement pas mécontent d’être seuls pour la journée Il y a un petit côté « le blanc est assoupi et le noir nous ballade » qui me gêne, mais notre guide n’a pas voulu que je rame...
On aura bien sur la visite d’un hippo qui s’approchera d’un peu trop près pendant que notre puller remplit sa gourde (eh oui, l’eau du delta est buvable, j’ai essayé, même pas malade). Purée le cœur qui se met à taper... Quand on sait que l’hippopotame est l’animal le plus meurtrier en Afrique... ! Il vous broie en deux morceaux, rien que parce qu’il veut être sûr de ne pas être dérangé, lui ou ses petits. L’ayant (enfin) aperçu, notre guide va battre son record de remise en route : demi tour, arrrrghhh !
05 - Eh, tu crois qu’on ne t’a pas vu ? Heureusement que tu n’as pas battu ton record d’apnée (6 ou 7 minutes)
On discute évidemment avec le Guide. Sur les 1300 pulas payés au Lodge, il touchera 150 pulas pour sa journée. Tu parles d’un commerce équitable... ! Bien sûr, 150 pulas, c’est 300 euros par mois, c’est peut-être, une fois et demi le salaire moyen botswanais, mais « bon » dieu, quand va-t-on enfin comprendre qu’en donnant du pouvoir d’achat à ces pauvres gens, ils feront marcher nos économies capitalistes (de m...) ? Il nous parle de son projet de créer sa propre structure. Je vais lui déposer son nom de domaine et lui créer son site internet.
On a gardé le Vol au dessus du Delta pour notre retour à Maun dans 15 jours...
Moremi – Third Bridge
Le Camping
S19 14 18.2 E23 21 12.6 Quel bazar ! On arrive vers 16h00 et notre place est occupée par deux 4x4 d’allemands qui s’excusent gentiment. On ne les dérange pas et on s’installe aux abords de la place N° 2, ce qui nous donnera l’occasion de partager l’apéro, le fire wood et un peu de leur expérience. Par contre les ZAF qui arriveront à la nuit tombée, sont tout aussi proches et beaucoup moins discrets. Ils ne comprendront même pas quand je me lèverai à minuit pour leur demander d’être un peu plus calme. Trop lourds... En fait il y a par ici (près du pont) 4 ou 5 emplacements et environ 15 ou 18 4x4... ! Le surbooking fonctionne bien. C’est comme je l’avais appris sur les forums Sud’Af : ils se présentent à la gate et disent qu’ils partagent un emplacement : ce qui est vrai par la force des choses... !
06a - Proximité – Promiscuité !
Les nouveaux Ablutions Blocks ne sont pas finis de construire. Les anciens sont très moyens, et fermés avec une porte en barreau de prison. On se croirait nous à l’intérieur d’une cage de zoo, avec les singes qui nous regardent... ! Faut dire, on le verra à Khwaï, que ce sont les maîtres des lieux, et ils nous font payer cher le loyer... !
06b - C’est qui la bête ?
Les réservations Il faut ici que je fournisse les coordonnées pour réserver. Parce que théoriquement, pas de résa, pas d’entrée dans le parc, même si comme je le disais, on a constaté le contraire. Du moins il est aisé de réserver une nuit et de rester plusieurs nuits à l’intérieur, même s’il faut en sortant, payer l’accès au parc pour plusieurs jours (une journée = 24 heures depuis l’heure à la quelle vous entrez, toute journée commencée est due).
Tout le monde a compris qu’on réserve et qu’on paye par CB les places de camping, ce qui donne le droit de rentrer dans les parcs. L’entrée des parcs est payée sur place en arrivant : - Moremi : 120 pulas par personne et par jour + 50 pula par voiture par jour - Savuti : idem - Chobe Nord : idem
Ils ont un peu de mal avec les emails. Le mieux c’est le fax : 00 267 68 600 53 Le fax que l’on trouve parfois (00 267 661 264) ne fonctionnait pas. Ne pas oublier d’indiquer votre adresse complète, car le prix dépend de votre nationalité (Local vs étranger). Voici le post qui parle de ce sujet : http://voyageforum.com/v.f?post=1400383#1400383
La Piste Le début de la grande régalade... d’abord des larges pistes un peu sableuses qui glissent à souhait... Puis des pistes « mono voie » qui sont de plus en plus sableuses, parfois très profond. Le choix du 4x4 (Toyota 76 plus haut qu’un Navara ou un Hilux) s’avère très sympa : aucun problème, le 4.2 L Diesel passe tout seul en troisième, sur le couple, même à 10 ou 15 km/h dans le sable, il repart tranquille sans consommer trop (15 litres environ, moins que sur le goudron : 18 litres environ à 110 – 120 km/h ! ). Bref que du plaisir. Promis, demain je passe en 4 roues motrices... (Frimeur !) En arrivant sur Third Bridge, le sable fait place aux grandes flaques d’eau. Pas question d’y mettre ni les pieds (je ne saurai donc jamais s’il y a des crocodiles) ni les roues : pas envie de m’enliser ou de noyer le moteur (pas de Schnorkel). Heureusement il y a à chaque fois (??) moyen de contourner.
Les animaux Avec le temps, et après en avoir vus quelques centaines, on oublie la première impression de croiser des éléphants sur la piste : « après vous..., je vous en prie... ».
07 - Inoubliable : on est chez eux. Ils nous laissent tranquilles. Merci...
C’est bien sûr au milieu d’une suite de virages aigus et dans le sable profond, un peu difficile à négocier, qu’on aperçoit nos premiers éléphants... Arrêt brusque. Enlisé ? C’est vraiment magique. Ils sont là, apparemment une femelle et son petit (moyen), ils ne nous voient pas, finissent de traverser. On s’approche (presque ensablé, mais ça sort). En fait ils sont nombreux et s’enfoncent doucement dans la forêt qui a un aspect un peu lunaire car les feuilles qui restent sont marrons (fin de l’hiver) et les arbres « élagués » à hauteur d’homme et largement défeuillus par ces monstres gentils.
Moremi - Khwaï
La Piste RàS. A part une grande flaque d’eau incontournable. Bon comme il y a du monde qui pourrait me sortir, je suis les conseils non avisés du monsieur qui me laisse passer et qui me dit de passer au milieu. J’aurais dû écouter le guide botswanais de l’autre côté, qui me fait signe de passer par la gauche. Je me retrouve au milieu et ça patine en marche avant, et ça patine en marche arrière... pas de problème, on passe en courtes... idem. Pas de problème : blocage avant et blocage arrière et ça sort tout seul. Même pas obligé de marcher dans l’eau jusqu’en haut des cuisses pour accrocher la sangle pour me tracter, parce que comment tu fais pour descendre dans l’eau sans pourrir ton jean et tes baskets… ?
Puis un jeune éléphant qui a compris que nous sommes inexpérimentés et « craintifs » de le déranger, on commence par reculer, ce qu’il adore : il remue ses oreilles et redresse la tête, on recule, il approche doucement faisant semblent de charger, on recule... Un 4x4 rempli de touristes avec un guide qui conduit nous double alors et nous montre comment faire... il avance assez vite pour impressionner le « gamin » qui part se cacher derrière les buissons... Bon d’accord ! Je sais pas si je ferais pareil... !
Le camping S19 10 20.2 E23 45 04.5 Les mystères des réservations nous feront passer deux jours à Khwaï alors que nous souhaitions en passer un à Xakanaxa (S19 10 56.4 E23 24 53.2). Mais bon...
J’ai parlé de l’impression générale poussiéreuse du camping. De plus, comme les Ablutions sont moyens (pas d’eau chaude) et éloignés de 100 ou 200 mètres (... ! ), les gens se permettent de pisser tout autour du camp site et de laisser traîner leur papier toilette. Je suis énervé : la bêtise me révolte. Leurs chiens sont plus propres qu’eux... ! Même pas capable de faire un trou et de recouvrir le papier. Bref ! Se gase gase matlakala… !
Là aussi de nouveaux Ablution Blocks sont en fin de construction.
Les campings ici ont la particularité de n’avoir pas de poubelle : ils préfèrent nous laisser nous débrouiller avec les singes. Une poubelle existe pourtant à la sortie de Khwaï, 300 mètres à droite après la gate... On a l’impression de quelqu’un la ramasse de temps en temps... !
Je trouve que le gouvernement ne prend pas assez en considération l’entretien de ses joyaux. Bien sur, il n y aura jamais pénurie de touristes, mais c’est dommage de ne pas entretenir un peu.
Hier soir un éléphant est passé à quelques mètres. La preuve est là, il nous a laissé un GROS paquet devant le 4x4 : merci Père Noël... Purée, ça sent la bête... !
Les paysages Sublimes. - Dis, Là Haut, c’est comme ça le paradis... ? - Non, ça ce sont les dernières images que tu verras quand tu auras mangé tout ton Soleil Vert.
08 - Rien à dire... ! Admirer...
La rivière (infranchissable ailleurs qu’à Khwaï pour aller à Savuti vers le Nord-Est) apporte beaucoup de verdure et de bleu profond, au milieu de la savane et des forêts. C’est beau.
Prendre son temps de se balader à Morémi, s’arrêter pour contempler. Quelqu’un a dit sur ce forum qu’il y passerait bien le reste de ses jours (hello V.), je croyais cela un peu exagéré, bah finalement je veux bien partager le bail...
Les animaux La plupart sont réellement charmants...
09 - Tiens Eric, si tu cherches à prendre un otage... ! Petit avec des grandes oreilles, ça vous rappelle quelqu’un ?
Et les expériences super impressionnantes... :
Un couple d’hippopotames qui se chamaillent (ou s’ébrouent ?) à 5 mètres du camp site N° 3... Toute la nuit, dans un demi sommeil, nous avons l’impression que quelqu’un a mis en route la machine à laver... et Floc, Floc, Floc, Floc... En se réveillant davantage, on s’aperçoit que c’est le gros Hippo qui barbote et qui broute (140 à 150 kg d’herbe par jour...)
10 - Eh coco tu veux un entonnoir.. ?
Un éléphant qui nous réveille en picorant – effeuillant à 2 mètres de la tente... Voilà que cette grosse femelle piétine et secoue les arbustes devant la tente. Réveillés, on ouvre doucement la toile intérieure de la tente. On aperçoit vaguement son ombre imposante. Palpitant : 120 coups / minute... Va-t-elle s’apercevoir qu’il y a sur sa trajectoire un gros cube blanc avec un machin dessus, avec des pauv’ gens dedans ce machin vert... ?
- J’allume ? - Non, je sais pas... - ... - J’allume ? - Oui, je sais pas... J’allume... !
- ... Purée... à 2 mètres de l’échelle. Un monstre... ! J’éteints.
- mais il est où ? - Je sais pas...
Je rallume, son œil rouge, je l’éblouis, pas fait exprès, promis... - Nooooonnnn pas la lampe dans les yeux, il va se fâcher... !
J’éteints. Je rallume, éclaire la trompe, puis sa grosse masse en général, une femelle... - y a son petit avec ? - je sais pas... Il gigote. Je ré-éteints. Il a l’air de s’en aller.
- Rallume... ! Je rallume, je ré-éteints. On écoute. Des pas discrets. Il est passé derrière la tente. On ne le voit plus.
- Il est parti ? - Je crois... ? Mince que nos oreilles sont imprécises. Faudrait se crever un œil pour avoir des oreilles plus fiables... ! OUF ! Gêné par la lumière il est parti plus loin, rejoindre les autres, pour peigner les arbres pour ramasser les myrtilles... !
Pfffouuuu ! Allez, redors... ! Si tu peux. Y a tellement d’images dans les yeux... !
Le réveil sera beaucoup plus... comment dirais-je ? Viril... !
On a mis un piège à singe qui fonctionne bien : les chaises de camping en équilibre sur le tank à eau et sur les bouteilles de gaz... Ca fait gling gling... il y a un singe de mon côté qui essaye d’ouvrir le tank à eau.
J’ouvre délicatement la toile intérieure, en laissant la moustiquaire fermée... je rabats quelques centimètres de la toile... Purée... je vois sa tête grosse comme une pastèque, il soulève le double toit pour mieux me voir, il se met à brailler pour m’impressionner... Purée... ça marche bien. Palpitant : 3200 tours / minute... ! C’est un gros mal d’environ 50 Kg avec des dents longues comme ça... HHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Je me mets à crier pour lui faire peur... Il recule à peine. Puis on ne l’entend plus. Faut réunir son calme, calmer sa trouille et dé-trouiller ses neurones. Il a de très jolis crocs, et j’ai pas envie que l’on soit mordu par ce c.... Cet enfoiré a fait le tour. Il a compris que je suis le mal dominant (tu parles... ! le mâle il domine pas grand chose...) et que la femelle est de l’autre côté. Il commence à dé-scratcher les scratch de la tente... C’est incroyable, mais cette stratégie nous sera confirmée le lendemain par des gens qui travaillent dans le camp : les singes s’attaquent surtout aux femmes, plus petites... Purée, la peur active mes neurones et mes nerfs. Pas question de toucher à ma femme... j’ouvre délicatement la fenêtre de la tente en hurlant et en le tapant à travers le tente : HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Là il a compris. Il se sauve. On s’interdit de laisser éclater notre joie nerveuse de le savoir parti pour faire silence et l’écouter s’éloigner... Je sortirai quelques instants plus tard, «armé de ma bombe lacrymo. Il a abandonné les lieux. J’espère qu’il va raconter cette histoire à toute sa tribu pendant au moins trois générations... !
11 - Gros c... !
On apprendra à ranger, à ne rien laisser traîner, poser un gros bâton sur la table. Ca ils connaissent bien : tu prends le bâton en main, tu tapes sur la table, ou tu attrapes un caillou, ils reculent... enfin tous sauf les gros mâles qui s’en fichent... Saloperie... !
Bon... faut bien avoir des trucs à raconter...
La veille au soir, un couple est arrivé en Honda CRV (... !). Négligents, ils se sont fait voler deux sacs plastiques de victuailles. Ils ont malgré tout posé la tente... au sol. Je ne sais pas comment ils ont fait pour manger. Deux heures plus tard, en fin d’après midi, ils sont partis. Je ne sais pas où et comment ils ont dormis.
Du coup on a passé la journée du lendemain à imaginer des pièges à singes : - Bourrer des petits pains sucrés avec des laxatifs. Mais faut pas rester dans les parages. - Mettre de la vaseline sur les arbres pour qu’ils se cassent la figure. - Prendre un petit en otage et le crucifier à un arbre, pour l’exemple. C’est vrai qu’on a déjà essayé il y a 2000 ans, mais ça n’a pas bien marché. - Envoyer quelqu’un de connu pour nettoyer au Karcher.
Les autres animaux sont impossibles à lister.
Des oiseaux : nous avons pris nos premiers cours de zozios, parce que avant pour nous il y avait les cuicuis, les moineaux, les piafs, les birds, ah si les pigeons (et pour cause, on en a plein sur la fenêtre), les gros, les moyens, les petits, les jolis, les moches, les ceux qui se sauvent, les jaunes qui viennent manger à table, les bleus luisants, les ceux qui mettent du rouge à lèvre... si si ! Les aigrettes (ça, ça « marche » bien « les aigrettes » : les blanches, les grises, les « à long cou », les « des marais »...) et il y avait aussi les poulets (gris, qui braillent le matin) les dindes grises à têtes bleue (comment peut-on être aussi moche... !), les becs tordus, le noir qui fait parapluie avec ses ailes pour mieux voir dans l’eau... bref on y connaissait rien...
12 - Celui là, il doit être allergique à son rouge à lèvre... il a le nez qui coule... !
Il y a aussi des gazelles et des gazeaux... des gris, des noirs, des « à bosse », des marrons, des « qui ont une cible sur les fesses », si si !
13 - Petit matin brumeux... Serait le méthane ??
Des éléphants, des buffles, des carnivores, des félins, parfois ce sont les mêmes d’ailleurs. Etc., etc. ...
A propos des lions, on n’en n’a pas vus. Heureusement que nous en avions vu plusieurs à Etosha l’an dernier. On a bien vu des traces et entendu des rugissements accompagnés de barrissements un matin à Khwaï, mais on n’a pas vu sa Majesté. Les allemands qui ont fait un bout de route avec nous en ont vu à Morémi et à Chobé, mais nous rien. Sauf un Léopard majestueux à Chobé, qui a pris sa course... magistral !
Savuti
Camp Site S18 34 00.9 E24 03 54.3 On retrouve une douche chaude, dans un enclos pour se protéger des éléphants qui avaient fini par comprendre qu’en cassant un carreau des douches quand les gens y étaient, ils pouvaient trouver de l’eau... ! On imagine la surprise ! L’endroit est un peu plus avenant. Toujours pas d’ombre à cause de l’hiver austral. Pas de singe. Quel repos... !
La Piste
En partant de Khwaï, on traverse le pont, et là c’est encore du bonheur. Du sable pour rigoler, la Ginette qui connaît les pistes, le long de la rivière pour admirer les paysages, les oiseaux et les hippos. C’est beau.
Puis Mababe Gate (S19 06 17.3 E23 59 06.3). - Quelle piste il faut prendre s il vous plait monsieur ? - Oh vous avec cet engin vous pouvez passer partout - Oui mais c’est mieux à gauche dans le sable, par Sandrige ? - Oui de toutes façons vous passez partout - Oui mais c’est mieux à Droite sur le dur ? - Oui de toutes façons vous passez partout - ... Bref si je me plante, c’est la honte. Vais-je devoir passer en 4 roues motrices et/ou dégonfler les pneus ?
C’est sûr, quand on connaît pas on prend le plus court. Il y a 4 kms de différence. Les allemands sont passés dix minutes avant nous, ils ont pris Y-gauche Sandrige, 45 Kms. Nous on prend Y-droite, March road. (S18 55 37.0 E24 00 39.7) Certes partis à 8h00, on ne met « que » 4 heures et on arrive deux heures avant eux, mais March road n’est vraiment pas rigolote. Bien que très roulante par endroit (60 – 70 km/h), il y a des passages très cassants. Il est préférable d’anticiper, de freiner fort pour ne pas plonger dans des nids de poule impressionnants, secs et durs comme du béton. Faut passer en première, tout doucement. Il y a deux passages de plusieurs kms comme cela, en arrivant en fin de piste, environ 15 kms avant de rejoindre le bon vieux sable profond de Main Road. Le paysage est joli mais pure savane sans relief et sans arbre, il fait chaud. Bref pas amusant. Peut être que le sable aurait été plus rigolo, on verra ça une autre fois. L’arrivée sur Savuti est effectivement un peu plus coton : plus (+) de pistes mais indiquées correctement, plus (+) de sable... Promis demain je dégonfle... (Frimeur).
En fait, évidemment je suis en 4x4, mais j’ai la flegme de sortir le (trop) petit compresseur, alors je dégonfle rien : 2, 2 Kg. Ce n’est pas raisonnable, je sais, mais le couple du moteur compense tranquillement les pneus (un peu) trop gonflés.
Les gens qui sont partis ce matin de Khwaï avec leur caravane (conçue pour le tout-terrain) arriveront vers 15h00... pas mal. Ils ont dû être drôlement secoués.
Game
On passera la fin d’après midi à sillonner le coin. Un seul point d’eau en eau (artificiel) tout proche. Pas de lions, des éléphants qui font semblent de nous faire peur.
14 - Et une photo carte postale, une !
On passera la nuit la tente ouverte (sauf moustiquaire, on n’est pas téméraire...) à guetter un lion qui viendrait se réchauffer auprès de notre feu qui s’éteind...
Vers une heure du matin : - Réveille toi, y a quelque chose... - Huuummmm ? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - y a quelque chose qui avance, là dans les feuilles... - Hein !? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - C’est assez gros, c’est quoi ? - Je sais pas, j’allume ? - Non, je sais pas (...) - Non j’allume pas, si c’est un lion je vais plus dormir. Crisss, crissss, crissss, crisssss. - Il est là... ! - C’est quoi... ? - Je sais pas, il est là regarde, on voit son ombre au clair de lune. - Eh dis, il a que deux pattes ton truc ? - Hein ? - Bah oui, il a deux pattes, certes assez haute, mais il a que deux pattes. C’est pas un lion ! - Hein ? - C’est pas un lion ! c’est un gros n’oiseau, mais c’est pas un lion. - ... - Hummm... Pffff ! Allez bonne nuit... ! - Bonne nuit...😊
Chobe
La Piste
Enfin la piste du bonheur en quittant Savuti. Non, on n’ira pas à Linyanti. Les autrichiens qui partent en même temps que nous, pneus très dégonflés, iront mais en passant par Goha gate, puis à gauche, 38 kms de sable profond mais pas encore trop mou en ce début de matinée. On fera quelques kms sur la piste directe vers Linyanti pour se confirmer l’état de la piste : très très sablonneuse. Le gros 4.2 L en bave, même en première ou en courtes. J’ai d’autres problèmes en tête, et on veut rejoindre Ihaha ce soir, alors privé de sablés. On prendra la piste « soft »... tu parles. Du sable et du bonheur à conduire. Plus ou moins de sable sur des pistes de longueur interminable. Puis l’autoroute. Sublime pour s’amuser, tortiller, rattraper, redresser, piler pour éviter les grosses secousses quand on plonge dans les ornières profondes...
15 - Du bonheur vous dis-je... !
On arrive à Kavimba (S18 04 55.4 E24 34 47.4), on retrouve du même coup une bonne vieille gravel et plusieurs villages. Je suis content de ne pas avoir à regonfler ( ?? ) sur cette piste caillouteuse à souhait. Ça glisse aussi, mais c’est plus piègeux. Puis à 500 mètres du goudron, près de la frontière Namibienne et de la porte de Chobé Nord, Paf !, crevaison. On changera la roue au Contrôle Desease, sur le goudron : pneu arraché sur le flanc. Pneu pas assez gonflé ( L ). Le caillou qui a fait ça doit être sacrément pointu. Ils m’aident à changer ma roue, ne fouillent pas le frigidaire. On marche dans un carré imbibé de je ne sais quoi, ils nous font sortir les chaussures des sacs pour les imbiber aussi. On repart, tout de suite à gauche : la Porte du Paradis... (S17 55 42.9 E24 43 40.8)
Quelques kms de sable mou et roux, puis on aperçoit, vision idyllique, la rivière Chobé dans la plaine qui fait frontière avec la Namibie... Indescriptible, je vous laisse ce bonheur intense de découvrir et le plaisir d’imaginer si vous y allez bientôt... Ne ratez pas ça. La piste longe la plaine et la rivière sur plus de 50 kms. C’est beau.
A mi-chemin à peu près (23 kms de la porte), il y a le camping de Ihaha, comment dire...
Le camping de Ihaha Le Diable s’habille en Prada... Mais le bonheur est total.
Le diable, ce sont les singes qui envahissent le camp site N° 2 qui a deux grands arbres où ils se regroupent tous les après midis pour préparer leur nuit. Tous, sauf les grands mâles, sont chassés par peur du bâton ou des jets de cailloux. J’ai joué à cache-cache avec l’un d’eux, et j’ai gagné : j’ai arrêté de faire à droite du buisson, à gauche du buisson derrière le quel il se cachait. J’ai fini par balancer mon caillou par-dessus le buisson et je l’ai eu... il a crié, il est parti... et il est revenu 3 minutes plus tard, monter dans l’arbre et croquer des feuilles. Pourquoi je lis dans son regard un espèce de « alors, c’est qui qui a gagné ? »
On va abandonner les lieux le temps d’aller se balader dans Chobé. Puis le soir on ira s’installer plus bas, au milieu des crottes, sur le chemin plus proche de la rivière. Pas le droit ? je sais pas, tant pis !
Les Ablutions sont propres, claires et eau chaude.
Evidemment, on va quand même boire un bon apéro à la santé des copains (chose promise...). C’est toujours ça que les singes n’auront pas ! Purée je me souviens encore de ce petit goût d’abord âpre à l’ouverture de la bouteille, puis plus doux en ayant respiré un peu... Le biltong, les cacahuètes salées, le petit saucisson au goût de jambon trouvé à Maun... et des étoiles plein les yeux.
16 - Vue du camping... la photo ne rend rien, c’est juste une idée
Le game Là encore on ne peut pas décrire. Ces choses là se vivent, et je les souhaite sincèrement à vous tous.
Des hordes d’éléphants qui traversent la rivière, les petits accrochés à la queue des grands, en schnorchel, des buffles par dizaines, des vautours (tiens je viens d’apprendre un nouveau nom d’oiseau... non je rigole, quand même...), des marabouts, des impalas par millier, des trucs des sables (mince c’est quoi son nom, aidez moi...noir avec des grandes cornes), des hippos... un troupeau de buffles dans les buissons, bref tout le monde est là.
Du moins on le croit, parce que en fait on n’en voit pas la moitié. Pour voir le reste il faudra, c’est certain faire un boat cruise demain soir... !
Lendemain matin, game drive tout seul. Encore plein de bêbêtes... Et une carcasse toute fraîche, pleine de vautours et de marabouts.
17 - On ne voudrait pas vous déranger, vous êtes à table ?
Il parait que les lions à Chobé opèrent en une horde unique pour attaquer du gros gibier. Pour l’apercevoir, il faut se lever de bonne heure, ce que l’on a fait mais pas de lion...
KUBU Lodge - Lodge
Un petit lodge (S17 47 44.1 E25 13 41.6 ) un « peu » cher pour se remettre de nos nuits de camping : 245 US dollars... Pfou ça fait tousser. Demain nous irons à Kubu Safari mais côté Camp Site (26 US$ pour la nuit, douche chaude, eau et électricité au camp site). Dinner : 156 Pulas à deux. Je m’y suis pris un peu tard, et il n y avait que ça. L’avantage c’est que contrairement à Chobe Safari Lodge qui est en pleine ville, celui-ci en est éloigné (indiqué à gauche en arrivant à Kuzungula) à 5 kms de Kasane.
Le lodge est très joli, les gens ont fait l’école hôtelière, ce qui veut dire qu’ils nous embêtent à nous piquer nos verres et nos assiettes à peine terminés... L’une d’elles croise ma femme qui va se servir au buffet : - Hello, my name is Josephine. - Euh yes, hello… - My name is Josephine … ! - Euh yes, hello Josephine, how are you ? - Well thank you. My name is Josephine … - Euh yes, thank you Josephine … so what ? - My name is Josephine, and I am here to serve you. If you need any thing, I would be please to serve you. - Heu yes, thank you Josephine. - You are welcome Mam’…!
Ah c’est plus présent qu’un lion ces petites dames là… ! Vivement la brousse... !
Game C’est en passant par Kubu Lodge que nous ferons le boat cruise en fin d’après midi. Agréablement surpris par le prix : 160 pulas par personne et un guide super, qui positionne parfaitement le bateau pour faire des photos superbes (je veux dire à mon goût) : les éléphants avec le soleil derrière, d’abord loin du rivage pour avoir le soleil qui se reflète, puis proche du rivage pour avoir les éléphants en gros plan... Quand je pense que certains ont fait semblent d’avoir un torticolis quand il a s’agit de donner un pourboire en le quittant... Les mêmes qui photographiaient les pêcheurs au bord de l’eau, en pleine figure... ! Et un bateau qui a faillit se renverser parce que tout le monde s’est mis du même côté pour prendre « la » photo... Pffff ! Vivement la brousse... !
On y a vu énormément d’espèces. Je ne vous dirais pas tous les noms parce que ça fait trop de choses à retenir pour la première vraie leçon, mais on a vu des bêtes partout, y compris des oiseaux en voie d’extinction, des crocodiles gros comme 3000 sacs à main, des hippos plus gros que ma belle mère... bref un régale... ! Je ne sais même pas quoi mettre comme photo pour illustrer, tellement on a l’embarras du choix... Vous êtes plutôt oiseaux ou grosse bête ? Plutôt bête calme ou nerveuse ? Plutôt bestiole sur terre ou bêbête dans l’eau ? Ah désolé, y a pas de dauphin... !
18 19 20
21 22 23 Eh les gars, tout le monde ne peut pas avoir sa photo sur le forum, si non le webmaster va me disputer... !
On passera le début d’après midi à faire les pleins et à chercher un pneu neuf. Aucun dans la taille voulue. C’est Coco Bel Œil qui va nous réparer notre pneu que l’on gardera en secours. Le gars travaille à même le sol dans sa petite bicoque, derrière le poste de police, en face du Shoppies, super propre, à la main, démonte pneus et marteau... 85 pulas : en France c’est le prix de la valve. On n’a vu qu’une seule station service à Kasane…La serveuse a égaré 100 pulas entre la pompe et la caisse... ! Huuuummmm.
KUBU Lodge – Camp Site
On a dormi au camping, partagé le repas avec le gardien. Le lendemain, on part faire quelques courses à Kasane avant de rejoindre la Zambie. On retrouve nos copains allemands qui ont encore vu des lions à Chobé. Mince, ils ont de la chance. Ils ne trouvent pas d’essence : même Shell est fermée, on est dimanche... Finalement Shell ouvrira vers 11h00 (après la messe ? à force de voir des gens qui réclament ?)
Zambie – Zambezi Water Front
La piste, euh la route. RàS... cabossée, quelques nids de poules, mais on s’en fiche...
La frontière RàS... ? Menteur !
Après la jungle animalière, la jungle de la douane Zambienne.
Ce n’est pas la durée de passage qui nous émeut. Non. On a vu pire et je pense à ceux qui connaissent la frontière Mauritanienne... Une fois on était seul, on a attendu 5 heures que le douanier revienne avec le formulaire... y en avait plus, il revenait de Nouadhibou. Une autre fois on nous a proposé d’attendre 2 ou 3 jours au nord de Bir Moghrein (Sud Maroc)...Alors 1h30 en tout pour passer cette foutue frontière, c’est rien. Et puis faudrait demander au dernier camion de la file de 2 kms combien de temps il va mettre pour passer à raison de 1 camion par bac... !
24 - Cherchez l’erreur... ! C’est une clandestine... !
Ce qui est étonnant (et encore) : c’est le folklore... ! Ca au moins c’est une frontière, pas une pauvre petite barrière pour récolter 40 ou 60 pulas, non une vraie grosse organisation bureaucratistique pour te ponctionner un maximum. Pas un simple formulaire à remplir avec ton nom et ton N° de passeport, non, 5 ou 6 guichets et 5 ou 6 formulaires avec ton Numéro de châssis, le numéro de moteur, la cylindrée de la voiture... Ils ne demandent pas l’âge de ta grand-mère parce que ça ne rapporterait rien, si non ils seraient capables. Si si !
En fait j’aurais dû faire comme j’avais prévu. J’ai pris la voiture pour garder un peu de liberté une fois sur place mais ça m’a coûté : 320 dollars (environ 210 euros) à cause des taxes carbone et assurance qui sont très chères pour le 4.2 L (aurais je dû déclaré une cylindrée inférieure ?). Sans compter que Asco m’a fait aussi payer un droit de franchir la frontière Zambienne de 2000 $N. En passant à pieds, cela ne m’aurait donc coûté que les visas : 2 x 50 US $ (environ 70 euros)
Je suis persuadé que j’aurais mieux fait de laisser la voiture au Lodge, prendre un taxi et un petit bateau pour traverser le Zambèze (ceux que j’ai vu faire comme ça passaient au maximum un quart d’heure à la frontière), passer juste aux 2 bureaux nécessaires quand tu n’as pas de voiture, et reprendre un petit taxi jusqu’au Lodge à Livingstone. En suite, sur place, il y a un minibus de l’hôtel qui nous emmène à l’hélicoptère, et au pire encore un petit taxi pour traîner à Livingstone (Wood craft) et pour aller aux Chutes.
La douanière Botswanaise nous avait prévenu : ne pas faire de business avec les p’tits gars qui nous proposent des services pour accélérer le process. En fait, si vous faites appel à l’un d’eux, il vous fera gagner environ une demie heure de passage à 2 ou 3 bureaux, puisqu’il fait les queues à votre place. Mais attention : s’il ne vous demande que 10 pulas pour ce service, en fait il vous avance les Kwechas et/ou les dollars US et vous fait payer très cher le taux de change quand vous le remboursez. Il aura fallu se rapprocher du bureau de change pour négocier le taux au plus juste avec ce petit coquin... ! Le mieux est d’avoir des dollars, de payer en dollars et peut être de faire toutes les queues soit même pour être sûr de ne pas se faire arnaquer.
Le Lodge Zambezi Water Front - S17 53 15.4 E25 50 34.6 RàS. River front bed room. 73 euros ptidéj inclus. Reservé par internet. Il intègre un centre de réservation des activités : Le rafting dure trop longtemps pour moi, j’ai pas envie de rentrer à 13h00, le saut à l’élastique non sincèrement, sans façon. L’endroit est occupé par les moustiques qui ne craignent pas longtemps les répulsifs.
Les Chutes Je ne peux rien dire là encore, parce que ça faisait quand même 35 ans que j’en rêvais. Elles sont à la hauteur ;-) de mes rêves... Même si elles sont un peu « sans eau ».
Zam – Zim ?
Eternelle question. Je pense que la ligne rouge sur la photo en haut, représente approximativement la limite du no Man’s land. La petite croix rouge montre la limite accessible par le parc naturel côté Zambien. Je confirme, l’entrée du parc, c’est 10 euros = 10 dollars, là encore vaut mieux avoir des dollars... En haut à gauche sur la photo, c’est le Zimbabwe. Donc plus d’eau au Zim, mais tout de suite un gros nuage de brume, même en saison sèche comme ici. De plus, pour les amoureux des cartes postales, les couchers de soleil sur les chutes sont visibles depuis la Zambie : on ne peut pas avoir les deux sur la photo côté Zimbabwe, mais c’est vrai qu’à cette époque, il y a plus d’eau côté Zim... Donc pas de réponse. L’idéal (mais pourquoi chercher toujours la perfection ?) aurait été de passer aussi côté Zim, mais il n’était pas question pour nous de donner le moindre dollar à Robert. En fait en lisant le carnet de Ericarole, nos regrets augmentent un peu, mais je pense que nous n’aurions pas eu l’idée de le faire au culot pour les passages sans visas. (http://voyageforum.com/voyage/carnet_une_boucle_en_afrique_australe_2eme_partie_D2029143/)
D’ailleurs, le lendemain matin, ayant envisagé une balade dans le No Man’s Land, on s’approche du poste frontière. 18 gamins nous tombent dessus pour garder la voiture ( ??? ). L’un d’entre eux nous crie « vous allez avoir besoin de ça, vous allez avoir besoin de ça ». Il nous propose de faire du change pour le Zim, et nous montre un billet de... 10 Millions ! Pfff je ne me suis jamais senti aussi pauvre ! - Toi tu as gagné au Monopoly... ! (en français) - You will need this, you will need this. - Et je peux acheter quoi avec ça ? une villa sur la cote d’azur ou une demie baguette ? (en anglais) - ... Allez, c’est bon, on s’en va !
Hélicoptère
Bon bah, 35 ans de rêves, et si peu d’eau dans les chutes, on ne pouvait pas rater ça. On a choisit la demie heure d’hélicoptère. Alors c’est simple, il y a un tarif dégressif : un quart d’heure, c’est 110 US$ par personne, et une demie heure c’est 220 US$ par personne... ! ! ! La grosse différence qui « justifie » le prix, c’est que sur la demie heure, il passe dans les gorges du Zambèze, et c’est magnifique : slalomer dans les gorges, à 50 mètres au dessus de l’eau, à cette vitesse, c’est sublime...
25 - Là encore, les photos ne rendent rien de la sensation... !
Retour au Kubu Lodge – Camp Site
Au retour, la traversée de la frontière sera plus calme. Faut juste (encore) payer le droit d’entrée au Botswana : 40 Pulas, on a connu pire.
Retour au Camp site de Kubu (ça veut dire « Hippopotame », parce qu’il y a parfois des hippos dans le jardin), re-partage du repas avec le gardien du camping qui reste toute la nuit. On peut quand même pas manger devant lui sans rien lui proposer. D’ailleurs je soupçonne les patrons de ne pas lui donner à manger parce qu’ils savent que les touristes s’en chargent... Et je confirme : pas de Guest Book à Kubu Lodge, et j’ai rien trouvé de noté sur les arbres… !
Départ pour la Namibie.
La Piste Quelques courses à Kasane. Pas de Gas oil ce matin, peut être demain... ! On ne va peut-être pas attendre, on n’est pas si africain que ça... !
Route – goudron vers la frontière. On n’a rien à payer, la voiture rentre chez elle... Du moins elle le croit. Retrouver les maisons bien rangées, les toits bien entretenus, et les gens au bord de la route...
Pour info, rien à la frontière Ngoma, pas un seul magasin. Le prochain Gas Oil est à Katima Mulilo (68 kms), ainsi que les super marchés. A Katima Mulilo, le Total a du gas oil mais ne prend pas la CB, le Engen prend la CB mais n’a pas de gas oil ! Il a un distributeur d’argent, mais il ne marche pas... ! On change un peu plus loin et on trouve une station qui a du Gas oil... et qui prend la CB !
Comme j’ai oublié de charger la carte de la Namibie, on navigue à l’ancienne mais on retrouve la piste que je veux suivre le long de la frontière.
On prend une auto-stoppeuse qui va à Malangalanga (???). On s’arrête auprès de jeunes que l’on suppose étudiants, donc pouvant traduire : - Elle va à Malangalanga, c’est très proche. Tu parles, on va mettre ¾ d’heure à 90-100 km/h... Not so close !
Ensuite la « conversation » s’engage... - Moi je m’appelle Franck, Madame s’appelle Elisabeth… et vous ? - Eini, éini... Malangalanga, eini, eini... (ça veut dire « par là, par là, Malangalanga ») On va passer une heure et quart à s’échanger des mots qu’on ne comprend pas et qu’on répète, mort de rire, chacun notre tour. La mamie est contente qu’on l’ait accompagnée jusque là avec ses gros sacs qui remplissent le coffre du 4x4. On va se quitter en se faisant des baises - mains mutuellement... Mort de rire.
On arrive dans la réserve de Mudumu, on prend la première piste à gauche (S18 09 44.2 E23 27 55.4) pour essayer de rejoindre le Bureau des Rangers : mauvaise pioche. Du sable très très profond. Obligé de passer en seconde courte. Noooon, on va pas dégonfler les pneus quand même... !
On rejoint (laborieusement) la rivière Linyanti, pas de Rangers, on suit la piste vers la droite... Purée, à 50 m, des dizaines d’éléphants. Pour une fois je ne sortirai pas l’appareil photo, on va se régaler les yeux à contempler les « ados » qui se chamaillent et qui barbotent, qui se plongent dans l’eau et s’ébrouent... Sublime. Le reste du groupe commence à s’en aller au bout d’une demie heure... Les « jeunots » semblent partir, puis reviennent, un plus gros semble venir les chercher... Bon, ils vont partir, parce que là c’est long, et la piscine va fermer... Ils s’en vont... Chouette... on va pouvoir passer... ! Patatrac... un nouveau groupe s’approche, au moins 30 individus... Bon bah demi tour, on va rejoindre la piste principale, et faire le tour par la grande piste (à gauche ici : S18 08 19.47 E23 26 02.37) pour rallier le bureau des rangers, pour réserver un Camp site...
Natkatwa Camp Site Plus sauvage tu meurs. 3 emplacements espacés de plusieurs centaines de mètres, tous au bord de la rivière, pas de douche, pas d’eau sauf au bureau (non buvable malgré ce qu’ils disent). Vue imprenable sur les Hippos en face, et sur les éléphants, plus loin entre la place N° 2 et la place N° 3... Sublime. 90 $N pour deux et la voiture.
Game On a déjà parlé des pachydermes. On passe au bureau, on regarde un plan avec le ranger. - Alors ici vous avez un point d’eau avec sable mou, peut être des lions, ici vous avez des girafes, ici des zèbres, des buffles, ici des éléphants, et ici des hippos. - Wahooooo. Et tout ça sur 8 ou 10 kms au carré... ! Bon, au drive du soir, en autonome nous ne verrons « que » des éléphants et des gazelles... ! Mais l’endroit est vraiment superbe.
26 - Crâneur... ! Tu verrais si y avait des lions... !
Traversée de Caprivi
Pour une fois je me lève aux aurores, pour voir le soleil levant. Je n’ai pas d’infos depuis hier, mais c’est devant ce spectacle que j’ai compris que mon père est décédé dans la nuit, ce qui me sera confirmé dès que le réseau GSM sera retrouvé.
27 - C’est beau aussi un lever de soleil... !
...
Nous prendrons encore une auto-stoppeuse, à peine 20 ans, c’est sur, avec son bébé. Elle va à Rundu ! ! ! Nous la laisserons à Divundu à la station service, nous on tourne à gauche vers le sud.
On se dirige vers un Lodge – camping repéré sur Google Earth : Mahungu River Lodge (non, je donnerai pas les coordonnées GPS !) En s’approchant, on trouve la pancarte qui nous annonce en allemand « Nous sommes Allemands »... ça refroidit... ça sent la colo à plein nez... On essaye le Lodge – Camp site d’à côté (Y gauche : Ndhovu Lodge – S18 08 09.44 E21 40 4.51), mais plus de place... Retour chez le Panzer... - « Guten tag » nous dit le colon... - « Bonjour » répond le révolutionnaire français Plus de place au camping. Lodge plus que grand et confortable. 1160 $N pour deux, dîner et ptitdéj inclus. C’est un peu rageant, mais bon...
Le game drive de 3 heures sera super joli. De toutes façons, nous on adore les game drive, avec ou sans guide. Celui-ci est très compétent : on apprend plein de noms d’oiseaux... il cherche les lions partout, rien... Le grand Baobab de 1800 ans est superbe... superbement entouré de crottes et de papier toilette... Hummm... ! 😠 Se gase gase matlakala... !
28
Le lendemain, avec la facture, on constate effaré que le coca du drive est facturé... ! On vous déconseille cette adresse. Ça sent trop mauvais. Un irréductible sur son île déserte à qui on n’a pas dit que la colo était terminée. Le guide (qui fera aussi serveur, barman, accueil) à qui je donne un pourboire, guette son patron du coin de l’œil pour savoir s’il nous a vus... Salut... !
Goma Lagoon – camp Site
La Piste La frontière (S18 15 27.0 E21 45 37.4 ) se passe très tranquillement, sauf que le Botswanais veut nous prendre 60 pulas au lieu des 40 payés au retour de Zambie. Il a oublié qu’il a à faire aux spécialistes de la frontière (ça fait quand même la quatrième qu’on passe). On lui sort le Reçu... OK c’est 40... !
La route est goudronnée, en mauvais état, et à 120 on consomme beaucoup et on ne tient plus l’engin qui danse de droite à gauche... Roule tranquille...
On fera un aller-retour pic-nic à Tsodilo Hills, qui ne présente pas grand intérêt : Piste qui tape (70 km/h) brousse enflammée pour préparer le printemps, brume sur les Tsodilo, grille fermée à ouvrir soit même, camping fermé depuis..., Bof ! Et les peintures rupestres qui ne nous attirent pas des masses... Sûr, ça vaut pas le Spitzkupe...
Plus au sud, la piste qui commence là (S18 59 06.0 E22 17 19.6) part vers l’est (10 kms) pour rejoindre le lagoon (S18 57 14.4 E22 22 23.8), formé par le fleuve Okavango qui est très large à cet endroit. Deux passages très sableux obligent l’utilisation des quatre roues motrices. Je force ma petite femme à apprendre à conduire sur la piste. Elle prend le volant sur un km. Elle nous apprend la valse en 4x4... à droiiiite... à gauuuuuche... ; elle nous apprend à ranger le coffre.... et vling, vling, et vling, vling; elle nous apprend à élaguer les arbustes au bord de la piste.... « reviens à droite, à droite, non pas tant que ça, reviens à gauche, à gauche... ferme ta fenêtre... ! », puis elle renonce à apprendre à conduire sur les pistes... Elle n’aime que les autoroutes, toute droites, sans personne et sans péage... ! Pfffff !
Le camp site Encore un petit coin tranquille, proche du Lagoon (accès à pied : accès aux voitures réservé aux clients du lodge). 143 $N pour le camping au total, 440 $N par personne pour les Luxuary Tents. Douches chaudes à ciel ouvert, bar, terrasse avec vue sur les hippos et sur une forêt de joncs superbe au coucher du soleil... !
29
Le lendemain matin, un petit singe aura raison de notre inattention : il nous a piqué nos petits pains glacés au sucre et fourrés aux raisons secs pour le petit déj... !
Maun – le retour
On ne trouve aucun camping entre Goma et Maun. Que faire ? Nous sommes en avance de un jour sur le planning. Plus question de risquer quoi que ce soit vers Tsumkwe – Namibie, car on doit absolument rentrer et on ne peut pas prendre le moindre risque de rater l’avion.
On demande au GPS. Le seul qu’il trouve est proche de Maun : Sitatunga Rest Camp à droite (S 20° 04’ 30.2’’ – E 023° 21’ 17.4’’) à 12 km de Maun... le camping est hyper barricadé, le gardien nous annonce qu’il est plein (comme tous les samedis soir). Retour sur la route, vers Maun... Au moins l’auto-stoppeuse avec son bébé profitera du « Taxi » gratuit jusqu’au super marché ! On doit se résigner à visiter Audi ou Crocodile Camp que l’on sait proche d’une boite de nuit, donc bruyant ce Samedi soir.
Les deux campings sont très corrects. Crocodile plus ombragé même en hiver austral. Audi dispose de tout ce qu’il faut. 90 $N, électricité en plus si on veut : 60 $N. Douches chaudes, bar, piscine, et de nombreux clients discrets, par chance, à partir de 22h00.
30 - Ah c’est pas Ihaha, c’est sur, mais bien pratique... !
On passe à l’aéroport pour réserver un Vol au dessus du nid de coucou... Je veux dire Vol au dessus du delta dans un coucou à quatre places... Plus de place pour le vol de 17 heures. Dommage ? On s’inscrit en partage avec deux autres personnes pour le vol du lendemain 8h00 : 1200 Pulas pour 2 dans un avion avec deux autres personnes au lieu de 1900 pulas tout seuls.
On passera le reste de l’après midi à faire des courses et à chercher un pneu neuf parce que si non Asco Car Hire va nous le facturer 300 euros ! La plupart des magasins sont fermés le Samedi, Toyota ne vend pas de pneus neufs ! ! ! C’est là que j’ai craqué : j’ai bien voulu que ma chérie m’achète un livre sur les Birds d’Afrique australe... ! Huuummmm !
On reviendra le lendemain chez Marchall, en face du Shoppies. 1115 Pulas le pneu Continental. J’en prendrais bien 6 pour équiper mon 4x4 qui m’attend en France.
Vol au dessus du delta
Le jour ou Dieu s’est pris pour Claude Monet... Et qu’on ne me dise pas que c’est le contraire parce que Monet, il ne pouvait pas voyager alors que Dieu savait que Monet existerait un jour... !
Concernant ce survol, les superlatifs trouvés sur ce forum sont en dessous de la vérité. Je ne devrais pas mettre des photos, parce que celles que j’ai trouvées sur internet et celles que j’ai prises sont décevantes : la vitre de l’avion en plexiglas trouble l’appareil qui a du mal à s’en sortir, on a beau enlever l’autofocus, l’appareil performant prend en photo... les reflets de la vitre, surtout face au soleil. Le petit appareil de poche s’en sort presque mieux parce qu’il néglige les détails du premier plan. On ne regrettera pas la lumière très belle de 8h00 du matin...
31 - Le seul vrai bonheur, je vous le souhaite sincèrement, c’est de le faire...
Même s’il y a l’envers du décor...
32 - Estomacs sensibles, n’oubliez pas de déjeuner... !
Faut dire : l’avion était immatriculé A2-AJT, alors forcément : petits sacs bien « lourds » en sortant, de plus je me cogne la tête violemment contre l’aile de l’avion... Bon, un bon petit déjeuner chez « Bon Arrivée » va nous retaper. The French Connexion est fermé : pas de croissant au beurre ce matin... Beuuurkkk !
On finira la journée chez deux associations repérées de Paris, puis ce sera le retour...
Le retour RàS... Menteur ! Un moral dans les chaussettes. Le boulot qui reprend Lundi, mon père..., et toutes les tracasseries qui nous agacent et qu’on aimerait bien envoyer au diable... Vivement la brousse... !
Les regrets Pas question de se plaindre. Interdit. Le voyage est superbe, il y en a pour tous les goûts, les gens sont très corrects et très sympas. Que du bonheur. Les babouins resteront comme une anecdote qu’on racontera aux amis autour des soirées photos Un seul regret en fait : ne pas y être encore. Plusieurs personnes sur place en leur disant qu’on aimerait bien rester, nous proposaient un terrain : exemple 1500 m² pour 80 000 pulas à Maun, près de la rivière. Ceux que ça intéresse... !
Si c’était à refaire Nous passerions la frontière Zambienne à pieds + Taxis sans aucune hésitation. Nous emporterions un petit magnétophone pour enregistrer tous les sons la nuit, le jour, les Hippos, les zozios, les lions, les éléphants... Les bruits sont extraordinaires, on les transformerait volontiers en dizaines de sonneries de téléphones portables... Non je rigole !
Les bonheurs Vol hélicoptère au dessus du canyon du Zambèze Vol au dessus du Delta Mokoro et Bush Walk Vie en brousse Les quantités incroyables d’animaux
Je vous souhaite à vous tous qui lisez ces lignes d’avoir rêvé un peu, et surtout de pouvoir un jour réaliser un tel rêve.
Allez... Vivement la brousse... !
33 - Horloge africaine... !
L’horloge africaine : Là-bas, il est toujours l’heure, ici, ce n’est jamais l’heure, Là-bas il est toujours temps, ici, on n’a pas le temps, Mais quelle heure est il vraiment ? L’heure de rien mine de tout, l’heure qui leurre. Le temps qu’il leur faut, le temps c’est la faux, Il faut le temps au temps laisser, laissez leur le temps...
Que j’aimerai bien perdre ma montre, pour ne plus perdre mon temps... - Purée mais t’es un poète toi... ! - Arrête, je vais chialer... ! - Bah pleure pas tu la reverras la brousse... - AH BON ? C’EST QUAND... ? ON VA OU ? - -- PS : merci au webmaster parce que maintenant un copier-coller depuis word, ça marche bien...
Et si vous me promettez de ne pas trop vous moquer, je vous donne un cours de Mokoro...!
Bises à tous Franck et Elisabeth
Je ne pourrais pas publier un tel rencensement de lieux et sensations sans remercier tous ceux qui ont activement participé à la préparation de ce voyage. Ils m'ont fait rêver... Un gros merci sincère à vous tous, y compris les "ceux qui viennent de temps en temps" pour appoerter un petit détail pointu.
Je vous dois bien ceci à mon tour :
CARNET DE VOYAGE – Botswana Septembre 2008.
Préparation Les cartes : - http://www.big5.ch:8080/ka-map/ - Google earth - Tracks4africa. Compatibles Garmin. Payantes mais pas cher (11 euros par carte). C’est amusant d’être guidé par Ginette en pleine brousse. - Mapsource fourni avec le Garmin, pour faire les routes et transmettre tout ça au GPS
Le matériel : On peut commencer par lire ceci : http://voyageforum.com/...post=1877794#1877794 - Photo. Un 100-400 c’est bien, en complément d’un plus petit zoom. Mais je ne me souvenais plus comme ça bouge (évidemment). Plus un APN de poche, 8 méga pixels pour les instantanés, dans la rue...etc. La carte 2Giga du Canon a faillit ne pas suffire (environ 1500 jpeg). La carte 4 Giga emportée n’est pas compatible ( ??? ). - Gps : alors c’est comme on veut, soit on passe du temps à chercher le Camp Site, soit on passe du temps à chercher les lions... Même si je sais qu’en cherchant le camping, certains (suivez mon regard) on trouvé des lions. - Protection – sécurité : Les Botswanais sont, nous a-t-on dit, plus réprimandés en cas de problème que les Namibiens. En tout cas on passe partout complètement inaperçu, ils nous fichent une paix royale. Les seuls enquiquineurs sont les singes. Bombe lacrymogène, bâton, lance pierre pour rigoler un peu. - Petits matériels : en plus de la liste spécifiée sur le post ci-dessus, on a regretté de ne pas avoir emporté un enregistreur, nécessaire pour se faire des films, les yeux fermés dans le métro... !
Les avions – les transits. A l’aller nous avions ( 😉 ) une escale d’une nuit à Jo’Burg. Incroyable mais vrai, nous avons récupéré TOUTES nos valises et sommes sortis de l’aéroport en mois d’une demie heure. Le service Bagages a l’air de s’être amélioré depuis l’année dernière ! On reprendra l’avion le lendemain à 10h10... l’heure et demie qui nous sépare de Maun nous paraîtra bien longue.
Au retour, transit de 3h00. Par trouille de perdre encore nos bagages comme l’an dernier, nous avions (😉 oui bon on a compris...) choisi de « sortir » et de « re-rentrer ». La sortie se fait à nouveau en une demie heure, le temps de passage aux douanes en un quart d’heure. On est heureux de savoir que nos bagages seront avec nous en soute du vol Air France...
Et donc, aucun problème d’avion, de transit ou de bagages cette année. Seulement deux douaniers à Roissy pour accueillir deux ou trois avions. Donc comme l’an dernier, 2 heures ¼ pour passer la douane...
On avait choisi de faire un voyage plus court en temps (deux semaines au lieu de trois), mais plus simple en route. On voulait éviter les longues distances goudronnées d’autant plus que nous avions compris que les pans sur la route du Sud sont à sec et donc vidés... de leur vie animale à cette époque.
Le choix d’atterrir à Maun impliquait un surcoût d’avion d’environ 220 euros chacun, que nous avons compensé par un voyage plus court.
Le choix de la période Parfois, on n’a pas ce choix. Nous, nous voulions éviter la période vacances scolaires des Sud Af’. Septembre avait été un bon choix en Namibie pour voir se regrouper les animaux autour des points d’eau plus rares. De même, les moustiques sont théoriquement moins nombreux en hiver austral...
En fait, nous avons un peu regretté pour plusieurs raisons.
D’abord les chutes Victoria sont à leur plus bas niveau de l’année. Cela avait été aussi un choix pour ne pas être noyé dans un brouillard de vapeur, mais « sèches » à ce point, ça fait quand même un peu drôle... ! Je reviendrai plus tard sur Vic Falls...
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Pour ce qui est des points d’eau plus fréquentés, c’en est à un point qu’à Savuti par exemple, il n’y avait qu’un seul point en eau, donc « c’est là ou nulle part ailleurs ». Donc tous « les baroudeurs » se retrouvent là, et je pense que du coup, si les éléphants s’en fichent et viennent abondamment, les lions eux, ne se montrent pas.Septembre est également difficile pour les campings. Ils sont secs et poussiéreux, donc moins agréables à vivre, une petite impression de désolation en arrivant à Khwaï... Ils manquent aussi d’ombre pour la sieste à cause des feuilles absentes des arbres...
Sûr, si on y retourne (ce qui ne fait pas grand doute) on choisira la fin du printemps septentrional pour voir les paysages fleuris et verdoyants (Marienfluss...). Ca nous changera un peu et ce doit être superbe... ! Mai – Juin est déclaré « idéal » pour les chutes Victoria par le pilote de l’hélicoptère, ainsi que Décembre-Janvier, mais c’est la saison des pluies.
Enfin, on pensait éviter les moustiques en Septembre, mais en fait il faut savoir qu’ils hibernent du côté de Livingstone J parce que ma moitié (plus sensible que moi) s’est faite bouffer par ces insectes, malgré les doses de répulsifs, efficaces trop peu de temps. Heureusement que nous avions prévu la Malarone... qui l’a rendue un peu malade...
Mais bon, il n’est pas question de pleurer sur ce choix. L’avantage est qu’il n’y a pas de pluie et qu’il y a souvent un petit vent qui rafraîchit l’atmosphère (deux mois de Windy Season avant la Rainy Season). Et puis il fait bien chaud dans la journée (35 - 38 °) et pas froid la nuit (jamais moins de 15-16 °) et ça, ça fait quand même plaisir. Les journées sont un peu plus courtes, mais ça aussi ça ne dérange pas vu que nous étions couchés à 19h30... ! et endormis à 19h45... les vacances quoi !
Le choix du véhicule Le 4x4 n’est pas un choix. Il s’impose pour traverser Moremi, Savuti, et même Chobé Nord. Partant moins longtemps, cela laisse un peu plus de place budgétaire pour un 4x4 plus costaud : Toyota 76, un peu rehaussé pour être sûr de ne pas perdre de temps à sortir les sacs de patates (... ?). Un 4.2 L diesel, qui ne nous fera jamais regretter ce choix... sauf à la frontière Zambienne (voir plus bas). Asco Car Hire est à la hauteur. Il aura quand même fallut téléphoner deux jours avant le départ pour être sûr qu’ils installent la tente sur le toit non prévue sur leur catalogue. Ils sont ponctuels, il ne manque rien, les duvets sont chauds et suffisants, le téléphone satellite présent. Impeccable, sans doute plus cher qu’un autre, mais la confiance est méritée. Sauf un jerrycan qui fuit et qui va tout salir le beau 4x4 de gas oil imbibé de poussière... ! Classe… ! LE VOYAGE
Le Trajet / Activités : - Nuit Transit à Jo’burg. Dove Nest Hotel - Maun – Island Safari Lodge. Boat Cruise. - Maun – Island Safari Camp Site - Moremi – 3rd Bridge. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Savuti. Game Drive perso. - Chobe – Ihaha. Game Drive perso. - Kubu Safari lodge. Viste Chobe - Kubu Safari Camp Site. Boat Cruise avec guide. - Zambezi Water Front (Zambie). Vic Falls, Hélicoptère. - Kubu Safari Camp Site - Mudumu – Nakatwa (Namibie). Game Drive perso. - Mahungo Safari Lodge (Namibie). Game Drive avec guide. - Goma Lagoon – Camp Site. - Maun – Audi Camp - Island Safari Lodge. Vol au dessus du Delta
Dove Nest Hotel – Jo’Burg Airport
On avait réservé depuis Paris, mais pas payé. On le trouve en demandant au bureau d’information – tourisme, juste à la sortie de l’aéroport. Ils appellent la personne qui s’occupe de nous conduire à la navette qui vient exprès nous chercher (10 minutes de route). Cool, pas de problème, juste l’obligation de décliner les offres d’accompagnement faites par les quelques gars qui cherchent à vous rendre service gentiment pour se faire quelques piècettes...
L’hôtel est sympa. Dans la chambre, la lourde grille en accordéon qui se ferme à l’intérieur de la baie vitrée, nous montre encore l’ambiance qui règne dans cette ville que nous n’aurons pas le temps de voir car nous arrivons trop tard et repartons trop tôt. Il n’empêche que ayant suivi les conseils inscrits dans la chambre, on ferme la dite grille (est ce vraiment utile ?), et on se retrouve le lendemain matin enfermés à l’intérieur... ! Les femmes de ménage qui passent sont mortes de rire... Nous on manipule la serrure un bon paquet de minutes avant de réussir à se libérer... L...
530 rands pour deux, p’tit déj’ inclus. La patronne (blanche évidemment) trône derrière son bureau au milieu de la salle de restaurant. Simple, cordiale et efficace. Carte Visa qui fonctionne.
01 - C’est là que nous verrons nos premiers jolis oiseaux...Okavango River Lodge – camp site
On avait pré - réservé par email, mais pas payé. Bien nous en a pris parce que les coordonnées GPS de Google Earth sont inexactes et on n’a pas trouvé. On s’apercevra 15 jours plus tard qu’il est de l’autre côté de la rivière, mal indiqué, plus proche de Audi et Crocodile camp. On voulait faire Camp Site, pour se consoler, on se rabat sur Island Safari Lodge (S19 55 28.2 E23 30 32.4) qui a aussi un camp site... un peu trop visité le soir, surtout le Samedi : les jeunes viennent avec leurs voitures et les autoradios marchent à fond. Les gardiens s’occupent de les renvoyer. Le lodge est très correct, 1300 Pulas pour deux (ptitdéj inclus).
MAUN Maun est une ville nouvelle très étalée. Plusieurs super marchés bien achalandés. Attention aux ouvertures aléatoires le Samedi matin, mais pas l’après midi, le dimanche matin pour certains commerçants (MIDAS (pas de pneus 4x4) et Marshall – pneus) et pas d’autres. Des difficultés pour tirer plus de 1000 Pulas à la fois, par jour... donc pas facile de réunir de quoi payer le gas-oil, alors que Shell (ouvert 24H/24 et 7 jours sur 7) prend la Carte Bleue... !
On fait les courses au Spar : 850 pulas pour 5 jours de repas.
ATM Extraordinaire. Je fais la queue avec les gens depuis 40 minutes pour accéder à l’ATM près du BP et du SPAR (alors que celui près de Engen est plutôt calme) et une vieille mamie s’approche, s’assoie sur la chaise près du distributeur puis double tout le monde et se présente à la machine. Les gens ne bronchent pas, moi non plus évidemment, ça n’a rien d’extraordinaire. Plus étonnant, un type fait la même chose 3 minutes après... Personne ne dit rien, il a grillé la file de 45 minutes, et personne n’a le moindre regard de réprimande. J’ai beau scruter les regards, personne ne prête attention à ce resquilleur... Bon bah ils sont pas très violents les botswanais... ça me va bien, on va faire pareil.
D’une manière générale, les gens ne prêtent absolument pas attention à nous. Nous sommes quasiment les seuls blancs et tout le monde s’en fout... Pour une fois, on a l’impression de passer inaperçu et c’est plus agréable pour se fondre dans la masse et se rapprocher des gens, discuter, ressentir.
ACTIVITES La ballade du soir proposée par Island Safari est très jolie bien qu’un peu chère car il n’y avait personne pour partager le bateau avec nous : 550 pulas pour une heure... ! Mais bon... Nos premiers oiseaux, et notre premier Sun Downer bien connu des voyageurs en Afrique Australe.
Les temps changeant dans le bon sens pour les autochtones : il y aura même un magnifique fil électrique sur la photo du coucher de soleil... Moi je dis, les fils électriques c’est bien, ça fait vendre des PhotoShop... (?) 😏 Il y a même des centaines de moustiques qui se collent partout en revenant sur la rivière à toute vitesse : Demain on fait griller nos crottes de nez... ! 😉
02 - Quel poteau électrique ?
On réserve un Mokoro Day Trip par le Lodge : 1300 pulas pour deux. Impossible de faire une nuit sur une île en Mokoro, on s’y est pris trop tard (on aurait du réserver par téléphone, depuis la France). Et comme le lendemain il faut rejoindre Morémi – Third bridge et qu’on ne connaît pas le temps de route (3 à 4 heures), on n’insiste pas.On ne regrettera pas car on a fait un magnifique Bush Walk (3 heures) avec un guide né dans le Delta. La marche au milieu de la savane est vraiment une activité à recommander. C’est super impressionnant d’avoir chaud, d’avoir soif, et de se retrouver si proche et si vulnérable face aux animaux. Tout à coup les zèbres ne paraissent plus si mignons - mignons, et que dire de cet éléphant solitaire, affamé et assoiffé qui se pointe vers nous... Magique. C’est beaucoup plus impressionnant que d’être en voiture à actionner la marche arrière. Là tu te demandes vraiment s’il court plus vite que toi... Alors on révise nos lectures avec ma petite femme (en anglais pour que le guide nous confirme) : - Moi : « Tu te souviens on a lu que s’il charge, il faut reculer tout doucement » - Le Guide : « s’il charge, tu te retournes et tu cours le plus vite possible... ! » - Moi : « je ne me souviens pas avoir lu à quelle vitesse ça court un éléphant... ? » - Ma petite femme : « en tout cas ça court plus longtemps que moi... ! »
03 - Avant d’être détecté par la bête... ! qui ne nous inquiètera pas.Le Delta est sublime. Le Mokoro (en fibre de verre, c’est mieux) c’est extraordinaire.
04 - Eux, ils partent pour deux nuits. Finalement pas mécontent d’être seuls pour la journée Il y a un petit côté « le blanc est assoupi et le noir nous ballade » qui me gêne, mais notre guide n’a pas voulu que je rame...On aura bien sur la visite d’un hippo qui s’approchera d’un peu trop près pendant que notre puller remplit sa gourde (eh oui, l’eau du delta est buvable, j’ai essayé, même pas malade). Purée le cœur qui se met à taper... Quand on sait que l’hippopotame est l’animal le plus meurtrier en Afrique... ! Il vous broie en deux morceaux, rien que parce qu’il veut être sûr de ne pas être dérangé, lui ou ses petits. L’ayant (enfin) aperçu, notre guide va battre son record de remise en route : demi tour, arrrrghhh !
05 - Eh, tu crois qu’on ne t’a pas vu ? Heureusement que tu n’as pas battu ton record d’apnée (6 ou 7 minutes)On discute évidemment avec le Guide. Sur les 1300 pulas payés au Lodge, il touchera 150 pulas pour sa journée. Tu parles d’un commerce équitable... ! Bien sûr, 150 pulas, c’est 300 euros par mois, c’est peut-être, une fois et demi le salaire moyen botswanais, mais « bon » dieu, quand va-t-on enfin comprendre qu’en donnant du pouvoir d’achat à ces pauvres gens, ils feront marcher nos économies capitalistes (de m...) ? Il nous parle de son projet de créer sa propre structure. Je vais lui déposer son nom de domaine et lui créer son site internet.
On a gardé le Vol au dessus du Delta pour notre retour à Maun dans 15 jours...
Moremi – Third Bridge
Le Camping
S19 14 18.2 E23 21 12.6 Quel bazar ! On arrive vers 16h00 et notre place est occupée par deux 4x4 d’allemands qui s’excusent gentiment. On ne les dérange pas et on s’installe aux abords de la place N° 2, ce qui nous donnera l’occasion de partager l’apéro, le fire wood et un peu de leur expérience. Par contre les ZAF qui arriveront à la nuit tombée, sont tout aussi proches et beaucoup moins discrets. Ils ne comprendront même pas quand je me lèverai à minuit pour leur demander d’être un peu plus calme. Trop lourds... En fait il y a par ici (près du pont) 4 ou 5 emplacements et environ 15 ou 18 4x4... ! Le surbooking fonctionne bien. C’est comme je l’avais appris sur les forums Sud’Af : ils se présentent à la gate et disent qu’ils partagent un emplacement : ce qui est vrai par la force des choses... !
06a - Proximité – Promiscuité !Les nouveaux Ablutions Blocks ne sont pas finis de construire. Les anciens sont très moyens, et fermés avec une porte en barreau de prison. On se croirait nous à l’intérieur d’une cage de zoo, avec les singes qui nous regardent... ! Faut dire, on le verra à Khwaï, que ce sont les maîtres des lieux, et ils nous font payer cher le loyer... !
06b - C’est qui la bête ?Les réservations Il faut ici que je fournisse les coordonnées pour réserver. Parce que théoriquement, pas de résa, pas d’entrée dans le parc, même si comme je le disais, on a constaté le contraire. Du moins il est aisé de réserver une nuit et de rester plusieurs nuits à l’intérieur, même s’il faut en sortant, payer l’accès au parc pour plusieurs jours (une journée = 24 heures depuis l’heure à la quelle vous entrez, toute journée commencée est due).
Tout le monde a compris qu’on réserve et qu’on paye par CB les places de camping, ce qui donne le droit de rentrer dans les parcs. L’entrée des parcs est payée sur place en arrivant : - Moremi : 120 pulas par personne et par jour + 50 pula par voiture par jour - Savuti : idem - Chobe Nord : idem
Ils ont un peu de mal avec les emails. Le mieux c’est le fax : 00 267 68 600 53 Le fax que l’on trouve parfois (00 267 661 264) ne fonctionnait pas. Ne pas oublier d’indiquer votre adresse complète, car le prix dépend de votre nationalité (Local vs étranger). Voici le post qui parle de ce sujet : http://voyageforum.com/v.f?post=1400383#1400383
La Piste Le début de la grande régalade... d’abord des larges pistes un peu sableuses qui glissent à souhait... Puis des pistes « mono voie » qui sont de plus en plus sableuses, parfois très profond. Le choix du 4x4 (Toyota 76 plus haut qu’un Navara ou un Hilux) s’avère très sympa : aucun problème, le 4.2 L Diesel passe tout seul en troisième, sur le couple, même à 10 ou 15 km/h dans le sable, il repart tranquille sans consommer trop (15 litres environ, moins que sur le goudron : 18 litres environ à 110 – 120 km/h ! ). Bref que du plaisir. Promis, demain je passe en 4 roues motrices... (Frimeur !) En arrivant sur Third Bridge, le sable fait place aux grandes flaques d’eau. Pas question d’y mettre ni les pieds (je ne saurai donc jamais s’il y a des crocodiles) ni les roues : pas envie de m’enliser ou de noyer le moteur (pas de Schnorkel). Heureusement il y a à chaque fois (??) moyen de contourner.
Les animaux Avec le temps, et après en avoir vus quelques centaines, on oublie la première impression de croiser des éléphants sur la piste : « après vous..., je vous en prie... ».
07 - Inoubliable : on est chez eux. Ils nous laissent tranquilles. Merci...C’est bien sûr au milieu d’une suite de virages aigus et dans le sable profond, un peu difficile à négocier, qu’on aperçoit nos premiers éléphants... Arrêt brusque. Enlisé ? C’est vraiment magique. Ils sont là, apparemment une femelle et son petit (moyen), ils ne nous voient pas, finissent de traverser. On s’approche (presque ensablé, mais ça sort). En fait ils sont nombreux et s’enfoncent doucement dans la forêt qui a un aspect un peu lunaire car les feuilles qui restent sont marrons (fin de l’hiver) et les arbres « élagués » à hauteur d’homme et largement défeuillus par ces monstres gentils.
Moremi - Khwaï
La Piste RàS. A part une grande flaque d’eau incontournable. Bon comme il y a du monde qui pourrait me sortir, je suis les conseils non avisés du monsieur qui me laisse passer et qui me dit de passer au milieu. J’aurais dû écouter le guide botswanais de l’autre côté, qui me fait signe de passer par la gauche. Je me retrouve au milieu et ça patine en marche avant, et ça patine en marche arrière... pas de problème, on passe en courtes... idem. Pas de problème : blocage avant et blocage arrière et ça sort tout seul. Même pas obligé de marcher dans l’eau jusqu’en haut des cuisses pour accrocher la sangle pour me tracter, parce que comment tu fais pour descendre dans l’eau sans pourrir ton jean et tes baskets… ?
Puis un jeune éléphant qui a compris que nous sommes inexpérimentés et « craintifs » de le déranger, on commence par reculer, ce qu’il adore : il remue ses oreilles et redresse la tête, on recule, il approche doucement faisant semblent de charger, on recule... Un 4x4 rempli de touristes avec un guide qui conduit nous double alors et nous montre comment faire... il avance assez vite pour impressionner le « gamin » qui part se cacher derrière les buissons... Bon d’accord ! Je sais pas si je ferais pareil... !
Le camping S19 10 20.2 E23 45 04.5 Les mystères des réservations nous feront passer deux jours à Khwaï alors que nous souhaitions en passer un à Xakanaxa (S19 10 56.4 E23 24 53.2). Mais bon...
J’ai parlé de l’impression générale poussiéreuse du camping. De plus, comme les Ablutions sont moyens (pas d’eau chaude) et éloignés de 100 ou 200 mètres (... ! ), les gens se permettent de pisser tout autour du camp site et de laisser traîner leur papier toilette. Je suis énervé : la bêtise me révolte. Leurs chiens sont plus propres qu’eux... ! Même pas capable de faire un trou et de recouvrir le papier. Bref ! Se gase gase matlakala… !
Là aussi de nouveaux Ablution Blocks sont en fin de construction.
Les campings ici ont la particularité de n’avoir pas de poubelle : ils préfèrent nous laisser nous débrouiller avec les singes. Une poubelle existe pourtant à la sortie de Khwaï, 300 mètres à droite après la gate... On a l’impression de quelqu’un la ramasse de temps en temps... !
Je trouve que le gouvernement ne prend pas assez en considération l’entretien de ses joyaux. Bien sur, il n y aura jamais pénurie de touristes, mais c’est dommage de ne pas entretenir un peu.
Hier soir un éléphant est passé à quelques mètres. La preuve est là, il nous a laissé un GROS paquet devant le 4x4 : merci Père Noël... Purée, ça sent la bête... !
Les paysages Sublimes. - Dis, Là Haut, c’est comme ça le paradis... ? - Non, ça ce sont les dernières images que tu verras quand tu auras mangé tout ton Soleil Vert.
08 - Rien à dire... ! Admirer...La rivière (infranchissable ailleurs qu’à Khwaï pour aller à Savuti vers le Nord-Est) apporte beaucoup de verdure et de bleu profond, au milieu de la savane et des forêts. C’est beau.
Prendre son temps de se balader à Morémi, s’arrêter pour contempler. Quelqu’un a dit sur ce forum qu’il y passerait bien le reste de ses jours (hello V.), je croyais cela un peu exagéré, bah finalement je veux bien partager le bail...
Les animaux La plupart sont réellement charmants...
09 - Tiens Eric, si tu cherches à prendre un otage... ! Petit avec des grandes oreilles, ça vous rappelle quelqu’un ?Et les expériences super impressionnantes... :
Un couple d’hippopotames qui se chamaillent (ou s’ébrouent ?) à 5 mètres du camp site N° 3... Toute la nuit, dans un demi sommeil, nous avons l’impression que quelqu’un a mis en route la machine à laver... et Floc, Floc, Floc, Floc... En se réveillant davantage, on s’aperçoit que c’est le gros Hippo qui barbote et qui broute (140 à 150 kg d’herbe par jour...)
10 - Eh coco tu veux un entonnoir.. ?Un éléphant qui nous réveille en picorant – effeuillant à 2 mètres de la tente... Voilà que cette grosse femelle piétine et secoue les arbustes devant la tente. Réveillés, on ouvre doucement la toile intérieure de la tente. On aperçoit vaguement son ombre imposante. Palpitant : 120 coups / minute... Va-t-elle s’apercevoir qu’il y a sur sa trajectoire un gros cube blanc avec un machin dessus, avec des pauv’ gens dedans ce machin vert... ?
- J’allume ? - Non, je sais pas... - ... - J’allume ? - Oui, je sais pas... J’allume... !
- ... Purée... à 2 mètres de l’échelle. Un monstre... ! J’éteints.
- mais il est où ? - Je sais pas...
Je rallume, son œil rouge, je l’éblouis, pas fait exprès, promis... - Nooooonnnn pas la lampe dans les yeux, il va se fâcher... !
J’éteints. Je rallume, éclaire la trompe, puis sa grosse masse en général, une femelle... - y a son petit avec ? - je sais pas... Il gigote. Je ré-éteints. Il a l’air de s’en aller.
- Rallume... ! Je rallume, je ré-éteints. On écoute. Des pas discrets. Il est passé derrière la tente. On ne le voit plus.
- Il est parti ? - Je crois... ? Mince que nos oreilles sont imprécises. Faudrait se crever un œil pour avoir des oreilles plus fiables... ! OUF ! Gêné par la lumière il est parti plus loin, rejoindre les autres, pour peigner les arbres pour ramasser les myrtilles... !
Pfffouuuu ! Allez, redors... ! Si tu peux. Y a tellement d’images dans les yeux... !
Le réveil sera beaucoup plus... comment dirais-je ? Viril... !
On a mis un piège à singe qui fonctionne bien : les chaises de camping en équilibre sur le tank à eau et sur les bouteilles de gaz... Ca fait gling gling... il y a un singe de mon côté qui essaye d’ouvrir le tank à eau.
J’ouvre délicatement la toile intérieure, en laissant la moustiquaire fermée... je rabats quelques centimètres de la toile... Purée... je vois sa tête grosse comme une pastèque, il soulève le double toit pour mieux me voir, il se met à brailler pour m’impressionner... Purée... ça marche bien. Palpitant : 3200 tours / minute... ! C’est un gros mal d’environ 50 Kg avec des dents longues comme ça... HHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Je me mets à crier pour lui faire peur... Il recule à peine. Puis on ne l’entend plus. Faut réunir son calme, calmer sa trouille et dé-trouiller ses neurones. Il a de très jolis crocs, et j’ai pas envie que l’on soit mordu par ce c.... Cet enfoiré a fait le tour. Il a compris que je suis le mal dominant (tu parles... ! le mâle il domine pas grand chose...) et que la femelle est de l’autre côté. Il commence à dé-scratcher les scratch de la tente... C’est incroyable, mais cette stratégie nous sera confirmée le lendemain par des gens qui travaillent dans le camp : les singes s’attaquent surtout aux femmes, plus petites... Purée, la peur active mes neurones et mes nerfs. Pas question de toucher à ma femme... j’ouvre délicatement la fenêtre de la tente en hurlant et en le tapant à travers le tente : HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Là il a compris. Il se sauve. On s’interdit de laisser éclater notre joie nerveuse de le savoir parti pour faire silence et l’écouter s’éloigner... Je sortirai quelques instants plus tard, «armé de ma bombe lacrymo. Il a abandonné les lieux. J’espère qu’il va raconter cette histoire à toute sa tribu pendant au moins trois générations... !
11 - Gros c... !On apprendra à ranger, à ne rien laisser traîner, poser un gros bâton sur la table. Ca ils connaissent bien : tu prends le bâton en main, tu tapes sur la table, ou tu attrapes un caillou, ils reculent... enfin tous sauf les gros mâles qui s’en fichent... Saloperie... !
Bon... faut bien avoir des trucs à raconter...
La veille au soir, un couple est arrivé en Honda CRV (... !). Négligents, ils se sont fait voler deux sacs plastiques de victuailles. Ils ont malgré tout posé la tente... au sol. Je ne sais pas comment ils ont fait pour manger. Deux heures plus tard, en fin d’après midi, ils sont partis. Je ne sais pas où et comment ils ont dormis.
Du coup on a passé la journée du lendemain à imaginer des pièges à singes : - Bourrer des petits pains sucrés avec des laxatifs. Mais faut pas rester dans les parages. - Mettre de la vaseline sur les arbres pour qu’ils se cassent la figure. - Prendre un petit en otage et le crucifier à un arbre, pour l’exemple. C’est vrai qu’on a déjà essayé il y a 2000 ans, mais ça n’a pas bien marché. - Envoyer quelqu’un de connu pour nettoyer au Karcher.
Les autres animaux sont impossibles à lister.
Des oiseaux : nous avons pris nos premiers cours de zozios, parce que avant pour nous il y avait les cuicuis, les moineaux, les piafs, les birds, ah si les pigeons (et pour cause, on en a plein sur la fenêtre), les gros, les moyens, les petits, les jolis, les moches, les ceux qui se sauvent, les jaunes qui viennent manger à table, les bleus luisants, les ceux qui mettent du rouge à lèvre... si si ! Les aigrettes (ça, ça « marche » bien « les aigrettes » : les blanches, les grises, les « à long cou », les « des marais »...) et il y avait aussi les poulets (gris, qui braillent le matin) les dindes grises à têtes bleue (comment peut-on être aussi moche... !), les becs tordus, le noir qui fait parapluie avec ses ailes pour mieux voir dans l’eau... bref on y connaissait rien...
12 - Celui là, il doit être allergique à son rouge à lèvre... il a le nez qui coule... !Il y a aussi des gazelles et des gazeaux... des gris, des noirs, des « à bosse », des marrons, des « qui ont une cible sur les fesses », si si !
13 - Petit matin brumeux... Serait le méthane ??Des éléphants, des buffles, des carnivores, des félins, parfois ce sont les mêmes d’ailleurs. Etc., etc. ...
A propos des lions, on n’en n’a pas vus. Heureusement que nous en avions vu plusieurs à Etosha l’an dernier. On a bien vu des traces et entendu des rugissements accompagnés de barrissements un matin à Khwaï, mais on n’a pas vu sa Majesté. Les allemands qui ont fait un bout de route avec nous en ont vu à Morémi et à Chobé, mais nous rien. Sauf un Léopard majestueux à Chobé, qui a pris sa course... magistral !
Savuti
Camp Site S18 34 00.9 E24 03 54.3 On retrouve une douche chaude, dans un enclos pour se protéger des éléphants qui avaient fini par comprendre qu’en cassant un carreau des douches quand les gens y étaient, ils pouvaient trouver de l’eau... ! On imagine la surprise ! L’endroit est un peu plus avenant. Toujours pas d’ombre à cause de l’hiver austral. Pas de singe. Quel repos... !
La Piste
En partant de Khwaï, on traverse le pont, et là c’est encore du bonheur. Du sable pour rigoler, la Ginette qui connaît les pistes, le long de la rivière pour admirer les paysages, les oiseaux et les hippos. C’est beau.
Puis Mababe Gate (S19 06 17.3 E23 59 06.3). - Quelle piste il faut prendre s il vous plait monsieur ? - Oh vous avec cet engin vous pouvez passer partout - Oui mais c’est mieux à gauche dans le sable, par Sandrige ? - Oui de toutes façons vous passez partout - Oui mais c’est mieux à Droite sur le dur ? - Oui de toutes façons vous passez partout - ... Bref si je me plante, c’est la honte. Vais-je devoir passer en 4 roues motrices et/ou dégonfler les pneus ?
C’est sûr, quand on connaît pas on prend le plus court. Il y a 4 kms de différence. Les allemands sont passés dix minutes avant nous, ils ont pris Y-gauche Sandrige, 45 Kms. Nous on prend Y-droite, March road. (S18 55 37.0 E24 00 39.7) Certes partis à 8h00, on ne met « que » 4 heures et on arrive deux heures avant eux, mais March road n’est vraiment pas rigolote. Bien que très roulante par endroit (60 – 70 km/h), il y a des passages très cassants. Il est préférable d’anticiper, de freiner fort pour ne pas plonger dans des nids de poule impressionnants, secs et durs comme du béton. Faut passer en première, tout doucement. Il y a deux passages de plusieurs kms comme cela, en arrivant en fin de piste, environ 15 kms avant de rejoindre le bon vieux sable profond de Main Road. Le paysage est joli mais pure savane sans relief et sans arbre, il fait chaud. Bref pas amusant. Peut être que le sable aurait été plus rigolo, on verra ça une autre fois. L’arrivée sur Savuti est effectivement un peu plus coton : plus (+) de pistes mais indiquées correctement, plus (+) de sable... Promis demain je dégonfle... (Frimeur).
En fait, évidemment je suis en 4x4, mais j’ai la flegme de sortir le (trop) petit compresseur, alors je dégonfle rien : 2, 2 Kg. Ce n’est pas raisonnable, je sais, mais le couple du moteur compense tranquillement les pneus (un peu) trop gonflés.
Les gens qui sont partis ce matin de Khwaï avec leur caravane (conçue pour le tout-terrain) arriveront vers 15h00... pas mal. Ils ont dû être drôlement secoués.
Game
On passera la fin d’après midi à sillonner le coin. Un seul point d’eau en eau (artificiel) tout proche. Pas de lions, des éléphants qui font semblent de nous faire peur.
14 - Et une photo carte postale, une !On passera la nuit la tente ouverte (sauf moustiquaire, on n’est pas téméraire...) à guetter un lion qui viendrait se réchauffer auprès de notre feu qui s’éteind...
Vers une heure du matin : - Réveille toi, y a quelque chose... - Huuummmm ? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - y a quelque chose qui avance, là dans les feuilles... - Hein !? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - C’est assez gros, c’est quoi ? - Je sais pas, j’allume ? - Non, je sais pas (...) - Non j’allume pas, si c’est un lion je vais plus dormir. Crisss, crissss, crissss, crisssss. - Il est là... ! - C’est quoi... ? - Je sais pas, il est là regarde, on voit son ombre au clair de lune. - Eh dis, il a que deux pattes ton truc ? - Hein ? - Bah oui, il a deux pattes, certes assez haute, mais il a que deux pattes. C’est pas un lion ! - Hein ? - C’est pas un lion ! c’est un gros n’oiseau, mais c’est pas un lion. - ... - Hummm... Pffff ! Allez bonne nuit... ! - Bonne nuit...😊
Chobe
La Piste
Enfin la piste du bonheur en quittant Savuti. Non, on n’ira pas à Linyanti. Les autrichiens qui partent en même temps que nous, pneus très dégonflés, iront mais en passant par Goha gate, puis à gauche, 38 kms de sable profond mais pas encore trop mou en ce début de matinée. On fera quelques kms sur la piste directe vers Linyanti pour se confirmer l’état de la piste : très très sablonneuse. Le gros 4.2 L en bave, même en première ou en courtes. J’ai d’autres problèmes en tête, et on veut rejoindre Ihaha ce soir, alors privé de sablés. On prendra la piste « soft »... tu parles. Du sable et du bonheur à conduire. Plus ou moins de sable sur des pistes de longueur interminable. Puis l’autoroute. Sublime pour s’amuser, tortiller, rattraper, redresser, piler pour éviter les grosses secousses quand on plonge dans les ornières profondes...
15 - Du bonheur vous dis-je... !On arrive à Kavimba (S18 04 55.4 E24 34 47.4), on retrouve du même coup une bonne vieille gravel et plusieurs villages. Je suis content de ne pas avoir à regonfler ( ?? ) sur cette piste caillouteuse à souhait. Ça glisse aussi, mais c’est plus piègeux. Puis à 500 mètres du goudron, près de la frontière Namibienne et de la porte de Chobé Nord, Paf !, crevaison. On changera la roue au Contrôle Desease, sur le goudron : pneu arraché sur le flanc. Pneu pas assez gonflé ( L ). Le caillou qui a fait ça doit être sacrément pointu. Ils m’aident à changer ma roue, ne fouillent pas le frigidaire. On marche dans un carré imbibé de je ne sais quoi, ils nous font sortir les chaussures des sacs pour les imbiber aussi. On repart, tout de suite à gauche : la Porte du Paradis... (S17 55 42.9 E24 43 40.8)
Quelques kms de sable mou et roux, puis on aperçoit, vision idyllique, la rivière Chobé dans la plaine qui fait frontière avec la Namibie... Indescriptible, je vous laisse ce bonheur intense de découvrir et le plaisir d’imaginer si vous y allez bientôt... Ne ratez pas ça. La piste longe la plaine et la rivière sur plus de 50 kms. C’est beau.
A mi-chemin à peu près (23 kms de la porte), il y a le camping de Ihaha, comment dire...
Le camping de Ihaha Le Diable s’habille en Prada... Mais le bonheur est total.
Le diable, ce sont les singes qui envahissent le camp site N° 2 qui a deux grands arbres où ils se regroupent tous les après midis pour préparer leur nuit. Tous, sauf les grands mâles, sont chassés par peur du bâton ou des jets de cailloux. J’ai joué à cache-cache avec l’un d’eux, et j’ai gagné : j’ai arrêté de faire à droite du buisson, à gauche du buisson derrière le quel il se cachait. J’ai fini par balancer mon caillou par-dessus le buisson et je l’ai eu... il a crié, il est parti... et il est revenu 3 minutes plus tard, monter dans l’arbre et croquer des feuilles. Pourquoi je lis dans son regard un espèce de « alors, c’est qui qui a gagné ? »
On va abandonner les lieux le temps d’aller se balader dans Chobé. Puis le soir on ira s’installer plus bas, au milieu des crottes, sur le chemin plus proche de la rivière. Pas le droit ? je sais pas, tant pis !
Les Ablutions sont propres, claires et eau chaude.
Evidemment, on va quand même boire un bon apéro à la santé des copains (chose promise...). C’est toujours ça que les singes n’auront pas ! Purée je me souviens encore de ce petit goût d’abord âpre à l’ouverture de la bouteille, puis plus doux en ayant respiré un peu... Le biltong, les cacahuètes salées, le petit saucisson au goût de jambon trouvé à Maun... et des étoiles plein les yeux.
16 - Vue du camping... la photo ne rend rien, c’est juste une idéeLe game Là encore on ne peut pas décrire. Ces choses là se vivent, et je les souhaite sincèrement à vous tous.
Des hordes d’éléphants qui traversent la rivière, les petits accrochés à la queue des grands, en schnorchel, des buffles par dizaines, des vautours (tiens je viens d’apprendre un nouveau nom d’oiseau... non je rigole, quand même...), des marabouts, des impalas par millier, des trucs des sables (mince c’est quoi son nom, aidez moi...noir avec des grandes cornes), des hippos... un troupeau de buffles dans les buissons, bref tout le monde est là.
Du moins on le croit, parce que en fait on n’en voit pas la moitié. Pour voir le reste il faudra, c’est certain faire un boat cruise demain soir... !
Lendemain matin, game drive tout seul. Encore plein de bêbêtes... Et une carcasse toute fraîche, pleine de vautours et de marabouts.
17 - On ne voudrait pas vous déranger, vous êtes à table ?Il parait que les lions à Chobé opèrent en une horde unique pour attaquer du gros gibier. Pour l’apercevoir, il faut se lever de bonne heure, ce que l’on a fait mais pas de lion...
KUBU Lodge - Lodge
Un petit lodge (S17 47 44.1 E25 13 41.6 ) un « peu » cher pour se remettre de nos nuits de camping : 245 US dollars... Pfou ça fait tousser. Demain nous irons à Kubu Safari mais côté Camp Site (26 US$ pour la nuit, douche chaude, eau et électricité au camp site). Dinner : 156 Pulas à deux. Je m’y suis pris un peu tard, et il n y avait que ça. L’avantage c’est que contrairement à Chobe Safari Lodge qui est en pleine ville, celui-ci en est éloigné (indiqué à gauche en arrivant à Kuzungula) à 5 kms de Kasane.
Le lodge est très joli, les gens ont fait l’école hôtelière, ce qui veut dire qu’ils nous embêtent à nous piquer nos verres et nos assiettes à peine terminés... L’une d’elles croise ma femme qui va se servir au buffet : - Hello, my name is Josephine. - Euh yes, hello… - My name is Josephine … ! - Euh yes, hello Josephine, how are you ? - Well thank you. My name is Josephine … - Euh yes, thank you Josephine … so what ? - My name is Josephine, and I am here to serve you. If you need any thing, I would be please to serve you. - Heu yes, thank you Josephine. - You are welcome Mam’…!
Ah c’est plus présent qu’un lion ces petites dames là… ! Vivement la brousse... !
Game C’est en passant par Kubu Lodge que nous ferons le boat cruise en fin d’après midi. Agréablement surpris par le prix : 160 pulas par personne et un guide super, qui positionne parfaitement le bateau pour faire des photos superbes (je veux dire à mon goût) : les éléphants avec le soleil derrière, d’abord loin du rivage pour avoir le soleil qui se reflète, puis proche du rivage pour avoir les éléphants en gros plan... Quand je pense que certains ont fait semblent d’avoir un torticolis quand il a s’agit de donner un pourboire en le quittant... Les mêmes qui photographiaient les pêcheurs au bord de l’eau, en pleine figure... ! Et un bateau qui a faillit se renverser parce que tout le monde s’est mis du même côté pour prendre « la » photo... Pffff ! Vivement la brousse... !
On y a vu énormément d’espèces. Je ne vous dirais pas tous les noms parce que ça fait trop de choses à retenir pour la première vraie leçon, mais on a vu des bêtes partout, y compris des oiseaux en voie d’extinction, des crocodiles gros comme 3000 sacs à main, des hippos plus gros que ma belle mère... bref un régale... ! Je ne sais même pas quoi mettre comme photo pour illustrer, tellement on a l’embarras du choix... Vous êtes plutôt oiseaux ou grosse bête ? Plutôt bête calme ou nerveuse ? Plutôt bestiole sur terre ou bêbête dans l’eau ? Ah désolé, y a pas de dauphin... !
18 19 20
21 22 23 Eh les gars, tout le monde ne peut pas avoir sa photo sur le forum, si non le webmaster va me disputer... !On passera le début d’après midi à faire les pleins et à chercher un pneu neuf. Aucun dans la taille voulue. C’est Coco Bel Œil qui va nous réparer notre pneu que l’on gardera en secours. Le gars travaille à même le sol dans sa petite bicoque, derrière le poste de police, en face du Shoppies, super propre, à la main, démonte pneus et marteau... 85 pulas : en France c’est le prix de la valve. On n’a vu qu’une seule station service à Kasane…La serveuse a égaré 100 pulas entre la pompe et la caisse... ! Huuuummmm.
KUBU Lodge – Camp Site
On a dormi au camping, partagé le repas avec le gardien. Le lendemain, on part faire quelques courses à Kasane avant de rejoindre la Zambie. On retrouve nos copains allemands qui ont encore vu des lions à Chobé. Mince, ils ont de la chance. Ils ne trouvent pas d’essence : même Shell est fermée, on est dimanche... Finalement Shell ouvrira vers 11h00 (après la messe ? à force de voir des gens qui réclament ?)
Zambie – Zambezi Water Front
La piste, euh la route. RàS... cabossée, quelques nids de poules, mais on s’en fiche...
La frontière RàS... ? Menteur !
Après la jungle animalière, la jungle de la douane Zambienne.
Ce n’est pas la durée de passage qui nous émeut. Non. On a vu pire et je pense à ceux qui connaissent la frontière Mauritanienne... Une fois on était seul, on a attendu 5 heures que le douanier revienne avec le formulaire... y en avait plus, il revenait de Nouadhibou. Une autre fois on nous a proposé d’attendre 2 ou 3 jours au nord de Bir Moghrein (Sud Maroc)...Alors 1h30 en tout pour passer cette foutue frontière, c’est rien. Et puis faudrait demander au dernier camion de la file de 2 kms combien de temps il va mettre pour passer à raison de 1 camion par bac... !
24 - Cherchez l’erreur... ! C’est une clandestine... !Ce qui est étonnant (et encore) : c’est le folklore... ! Ca au moins c’est une frontière, pas une pauvre petite barrière pour récolter 40 ou 60 pulas, non une vraie grosse organisation bureaucratistique pour te ponctionner un maximum. Pas un simple formulaire à remplir avec ton nom et ton N° de passeport, non, 5 ou 6 guichets et 5 ou 6 formulaires avec ton Numéro de châssis, le numéro de moteur, la cylindrée de la voiture... Ils ne demandent pas l’âge de ta grand-mère parce que ça ne rapporterait rien, si non ils seraient capables. Si si !
En fait j’aurais dû faire comme j’avais prévu. J’ai pris la voiture pour garder un peu de liberté une fois sur place mais ça m’a coûté : 320 dollars (environ 210 euros) à cause des taxes carbone et assurance qui sont très chères pour le 4.2 L (aurais je dû déclaré une cylindrée inférieure ?). Sans compter que Asco m’a fait aussi payer un droit de franchir la frontière Zambienne de 2000 $N. En passant à pieds, cela ne m’aurait donc coûté que les visas : 2 x 50 US $ (environ 70 euros)
Je suis persuadé que j’aurais mieux fait de laisser la voiture au Lodge, prendre un taxi et un petit bateau pour traverser le Zambèze (ceux que j’ai vu faire comme ça passaient au maximum un quart d’heure à la frontière), passer juste aux 2 bureaux nécessaires quand tu n’as pas de voiture, et reprendre un petit taxi jusqu’au Lodge à Livingstone. En suite, sur place, il y a un minibus de l’hôtel qui nous emmène à l’hélicoptère, et au pire encore un petit taxi pour traîner à Livingstone (Wood craft) et pour aller aux Chutes.
La douanière Botswanaise nous avait prévenu : ne pas faire de business avec les p’tits gars qui nous proposent des services pour accélérer le process. En fait, si vous faites appel à l’un d’eux, il vous fera gagner environ une demie heure de passage à 2 ou 3 bureaux, puisqu’il fait les queues à votre place. Mais attention : s’il ne vous demande que 10 pulas pour ce service, en fait il vous avance les Kwechas et/ou les dollars US et vous fait payer très cher le taux de change quand vous le remboursez. Il aura fallu se rapprocher du bureau de change pour négocier le taux au plus juste avec ce petit coquin... ! Le mieux est d’avoir des dollars, de payer en dollars et peut être de faire toutes les queues soit même pour être sûr de ne pas se faire arnaquer.
Le Lodge Zambezi Water Front - S17 53 15.4 E25 50 34.6 RàS. River front bed room. 73 euros ptidéj inclus. Reservé par internet. Il intègre un centre de réservation des activités : Le rafting dure trop longtemps pour moi, j’ai pas envie de rentrer à 13h00, le saut à l’élastique non sincèrement, sans façon. L’endroit est occupé par les moustiques qui ne craignent pas longtemps les répulsifs.
Les Chutes Je ne peux rien dire là encore, parce que ça faisait quand même 35 ans que j’en rêvais. Elles sont à la hauteur ;-) de mes rêves... Même si elles sont un peu « sans eau ».
Zam – Zim ?
Eternelle question. Je pense que la ligne rouge sur la photo en haut, représente approximativement la limite du no Man’s land. La petite croix rouge montre la limite accessible par le parc naturel côté Zambien. Je confirme, l’entrée du parc, c’est 10 euros = 10 dollars, là encore vaut mieux avoir des dollars... En haut à gauche sur la photo, c’est le Zimbabwe. Donc plus d’eau au Zim, mais tout de suite un gros nuage de brume, même en saison sèche comme ici. De plus, pour les amoureux des cartes postales, les couchers de soleil sur les chutes sont visibles depuis la Zambie : on ne peut pas avoir les deux sur la photo côté Zimbabwe, mais c’est vrai qu’à cette époque, il y a plus d’eau côté Zim... Donc pas de réponse. L’idéal (mais pourquoi chercher toujours la perfection ?) aurait été de passer aussi côté Zim, mais il n’était pas question pour nous de donner le moindre dollar à Robert. En fait en lisant le carnet de Ericarole, nos regrets augmentent un peu, mais je pense que nous n’aurions pas eu l’idée de le faire au culot pour les passages sans visas. (http://voyageforum.com/voyage/carnet_une_boucle_en_afrique_australe_2eme_partie_D2029143/)
D’ailleurs, le lendemain matin, ayant envisagé une balade dans le No Man’s Land, on s’approche du poste frontière. 18 gamins nous tombent dessus pour garder la voiture ( ??? ). L’un d’entre eux nous crie « vous allez avoir besoin de ça, vous allez avoir besoin de ça ». Il nous propose de faire du change pour le Zim, et nous montre un billet de... 10 Millions ! Pfff je ne me suis jamais senti aussi pauvre ! - Toi tu as gagné au Monopoly... ! (en français) - You will need this, you will need this. - Et je peux acheter quoi avec ça ? une villa sur la cote d’azur ou une demie baguette ? (en anglais) - ... Allez, c’est bon, on s’en va !
Hélicoptère
Bon bah, 35 ans de rêves, et si peu d’eau dans les chutes, on ne pouvait pas rater ça. On a choisit la demie heure d’hélicoptère. Alors c’est simple, il y a un tarif dégressif : un quart d’heure, c’est 110 US$ par personne, et une demie heure c’est 220 US$ par personne... ! ! ! La grosse différence qui « justifie » le prix, c’est que sur la demie heure, il passe dans les gorges du Zambèze, et c’est magnifique : slalomer dans les gorges, à 50 mètres au dessus de l’eau, à cette vitesse, c’est sublime...
25 - Là encore, les photos ne rendent rien de la sensation... !Retour au Kubu Lodge – Camp Site
Au retour, la traversée de la frontière sera plus calme. Faut juste (encore) payer le droit d’entrée au Botswana : 40 Pulas, on a connu pire.
Retour au Camp site de Kubu (ça veut dire « Hippopotame », parce qu’il y a parfois des hippos dans le jardin), re-partage du repas avec le gardien du camping qui reste toute la nuit. On peut quand même pas manger devant lui sans rien lui proposer. D’ailleurs je soupçonne les patrons de ne pas lui donner à manger parce qu’ils savent que les touristes s’en chargent... Et je confirme : pas de Guest Book à Kubu Lodge, et j’ai rien trouvé de noté sur les arbres… !
Départ pour la Namibie.
La Piste Quelques courses à Kasane. Pas de Gas oil ce matin, peut être demain... ! On ne va peut-être pas attendre, on n’est pas si africain que ça... !
Route – goudron vers la frontière. On n’a rien à payer, la voiture rentre chez elle... Du moins elle le croit. Retrouver les maisons bien rangées, les toits bien entretenus, et les gens au bord de la route...
Pour info, rien à la frontière Ngoma, pas un seul magasin. Le prochain Gas Oil est à Katima Mulilo (68 kms), ainsi que les super marchés. A Katima Mulilo, le Total a du gas oil mais ne prend pas la CB, le Engen prend la CB mais n’a pas de gas oil ! Il a un distributeur d’argent, mais il ne marche pas... ! On change un peu plus loin et on trouve une station qui a du Gas oil... et qui prend la CB !
Comme j’ai oublié de charger la carte de la Namibie, on navigue à l’ancienne mais on retrouve la piste que je veux suivre le long de la frontière.
On prend une auto-stoppeuse qui va à Malangalanga (???). On s’arrête auprès de jeunes que l’on suppose étudiants, donc pouvant traduire : - Elle va à Malangalanga, c’est très proche. Tu parles, on va mettre ¾ d’heure à 90-100 km/h... Not so close !
Ensuite la « conversation » s’engage... - Moi je m’appelle Franck, Madame s’appelle Elisabeth… et vous ? - Eini, éini... Malangalanga, eini, eini... (ça veut dire « par là, par là, Malangalanga ») On va passer une heure et quart à s’échanger des mots qu’on ne comprend pas et qu’on répète, mort de rire, chacun notre tour. La mamie est contente qu’on l’ait accompagnée jusque là avec ses gros sacs qui remplissent le coffre du 4x4. On va se quitter en se faisant des baises - mains mutuellement... Mort de rire.
On arrive dans la réserve de Mudumu, on prend la première piste à gauche (S18 09 44.2 E23 27 55.4) pour essayer de rejoindre le Bureau des Rangers : mauvaise pioche. Du sable très très profond. Obligé de passer en seconde courte. Noooon, on va pas dégonfler les pneus quand même... !
On rejoint (laborieusement) la rivière Linyanti, pas de Rangers, on suit la piste vers la droite... Purée, à 50 m, des dizaines d’éléphants. Pour une fois je ne sortirai pas l’appareil photo, on va se régaler les yeux à contempler les « ados » qui se chamaillent et qui barbotent, qui se plongent dans l’eau et s’ébrouent... Sublime. Le reste du groupe commence à s’en aller au bout d’une demie heure... Les « jeunots » semblent partir, puis reviennent, un plus gros semble venir les chercher... Bon, ils vont partir, parce que là c’est long, et la piscine va fermer... Ils s’en vont... Chouette... on va pouvoir passer... ! Patatrac... un nouveau groupe s’approche, au moins 30 individus... Bon bah demi tour, on va rejoindre la piste principale, et faire le tour par la grande piste (à gauche ici : S18 08 19.47 E23 26 02.37) pour rallier le bureau des rangers, pour réserver un Camp site...
Natkatwa Camp Site Plus sauvage tu meurs. 3 emplacements espacés de plusieurs centaines de mètres, tous au bord de la rivière, pas de douche, pas d’eau sauf au bureau (non buvable malgré ce qu’ils disent). Vue imprenable sur les Hippos en face, et sur les éléphants, plus loin entre la place N° 2 et la place N° 3... Sublime. 90 $N pour deux et la voiture.
Game On a déjà parlé des pachydermes. On passe au bureau, on regarde un plan avec le ranger. - Alors ici vous avez un point d’eau avec sable mou, peut être des lions, ici vous avez des girafes, ici des zèbres, des buffles, ici des éléphants, et ici des hippos. - Wahooooo. Et tout ça sur 8 ou 10 kms au carré... ! Bon, au drive du soir, en autonome nous ne verrons « que » des éléphants et des gazelles... ! Mais l’endroit est vraiment superbe.
26 - Crâneur... ! Tu verrais si y avait des lions... !Traversée de Caprivi
Pour une fois je me lève aux aurores, pour voir le soleil levant. Je n’ai pas d’infos depuis hier, mais c’est devant ce spectacle que j’ai compris que mon père est décédé dans la nuit, ce qui me sera confirmé dès que le réseau GSM sera retrouvé.
27 - C’est beau aussi un lever de soleil... !...
Nous prendrons encore une auto-stoppeuse, à peine 20 ans, c’est sur, avec son bébé. Elle va à Rundu ! ! ! Nous la laisserons à Divundu à la station service, nous on tourne à gauche vers le sud.
On se dirige vers un Lodge – camping repéré sur Google Earth : Mahungu River Lodge (non, je donnerai pas les coordonnées GPS !) En s’approchant, on trouve la pancarte qui nous annonce en allemand « Nous sommes Allemands »... ça refroidit... ça sent la colo à plein nez... On essaye le Lodge – Camp site d’à côté (Y gauche : Ndhovu Lodge – S18 08 09.44 E21 40 4.51), mais plus de place... Retour chez le Panzer... - « Guten tag » nous dit le colon... - « Bonjour » répond le révolutionnaire français Plus de place au camping. Lodge plus que grand et confortable. 1160 $N pour deux, dîner et ptitdéj inclus. C’est un peu rageant, mais bon...
Le game drive de 3 heures sera super joli. De toutes façons, nous on adore les game drive, avec ou sans guide. Celui-ci est très compétent : on apprend plein de noms d’oiseaux... il cherche les lions partout, rien... Le grand Baobab de 1800 ans est superbe... superbement entouré de crottes et de papier toilette... Hummm... ! 😠 Se gase gase matlakala... !
28Le lendemain, avec la facture, on constate effaré que le coca du drive est facturé... ! On vous déconseille cette adresse. Ça sent trop mauvais. Un irréductible sur son île déserte à qui on n’a pas dit que la colo était terminée. Le guide (qui fera aussi serveur, barman, accueil) à qui je donne un pourboire, guette son patron du coin de l’œil pour savoir s’il nous a vus... Salut... !
Goma Lagoon – camp Site
La Piste La frontière (S18 15 27.0 E21 45 37.4 ) se passe très tranquillement, sauf que le Botswanais veut nous prendre 60 pulas au lieu des 40 payés au retour de Zambie. Il a oublié qu’il a à faire aux spécialistes de la frontière (ça fait quand même la quatrième qu’on passe). On lui sort le Reçu... OK c’est 40... !
La route est goudronnée, en mauvais état, et à 120 on consomme beaucoup et on ne tient plus l’engin qui danse de droite à gauche... Roule tranquille...
On fera un aller-retour pic-nic à Tsodilo Hills, qui ne présente pas grand intérêt : Piste qui tape (70 km/h) brousse enflammée pour préparer le printemps, brume sur les Tsodilo, grille fermée à ouvrir soit même, camping fermé depuis..., Bof ! Et les peintures rupestres qui ne nous attirent pas des masses... Sûr, ça vaut pas le Spitzkupe...
Plus au sud, la piste qui commence là (S18 59 06.0 E22 17 19.6) part vers l’est (10 kms) pour rejoindre le lagoon (S18 57 14.4 E22 22 23.8), formé par le fleuve Okavango qui est très large à cet endroit. Deux passages très sableux obligent l’utilisation des quatre roues motrices. Je force ma petite femme à apprendre à conduire sur la piste. Elle prend le volant sur un km. Elle nous apprend la valse en 4x4... à droiiiite... à gauuuuuche... ; elle nous apprend à ranger le coffre.... et vling, vling, et vling, vling; elle nous apprend à élaguer les arbustes au bord de la piste.... « reviens à droite, à droite, non pas tant que ça, reviens à gauche, à gauche... ferme ta fenêtre... ! », puis elle renonce à apprendre à conduire sur les pistes... Elle n’aime que les autoroutes, toute droites, sans personne et sans péage... ! Pfffff !
Le camp site Encore un petit coin tranquille, proche du Lagoon (accès à pied : accès aux voitures réservé aux clients du lodge). 143 $N pour le camping au total, 440 $N par personne pour les Luxuary Tents. Douches chaudes à ciel ouvert, bar, terrasse avec vue sur les hippos et sur une forêt de joncs superbe au coucher du soleil... !
29
Le lendemain matin, un petit singe aura raison de notre inattention : il nous a piqué nos petits pains glacés au sucre et fourrés aux raisons secs pour le petit déj... !Maun – le retour
On ne trouve aucun camping entre Goma et Maun. Que faire ? Nous sommes en avance de un jour sur le planning. Plus question de risquer quoi que ce soit vers Tsumkwe – Namibie, car on doit absolument rentrer et on ne peut pas prendre le moindre risque de rater l’avion.
On demande au GPS. Le seul qu’il trouve est proche de Maun : Sitatunga Rest Camp à droite (S 20° 04’ 30.2’’ – E 023° 21’ 17.4’’) à 12 km de Maun... le camping est hyper barricadé, le gardien nous annonce qu’il est plein (comme tous les samedis soir). Retour sur la route, vers Maun... Au moins l’auto-stoppeuse avec son bébé profitera du « Taxi » gratuit jusqu’au super marché ! On doit se résigner à visiter Audi ou Crocodile Camp que l’on sait proche d’une boite de nuit, donc bruyant ce Samedi soir.
Les deux campings sont très corrects. Crocodile plus ombragé même en hiver austral. Audi dispose de tout ce qu’il faut. 90 $N, électricité en plus si on veut : 60 $N. Douches chaudes, bar, piscine, et de nombreux clients discrets, par chance, à partir de 22h00.
30 - Ah c’est pas Ihaha, c’est sur, mais bien pratique... !On passe à l’aéroport pour réserver un Vol au dessus du nid de coucou... Je veux dire Vol au dessus du delta dans un coucou à quatre places... Plus de place pour le vol de 17 heures. Dommage ? On s’inscrit en partage avec deux autres personnes pour le vol du lendemain 8h00 : 1200 Pulas pour 2 dans un avion avec deux autres personnes au lieu de 1900 pulas tout seuls.
On passera le reste de l’après midi à faire des courses et à chercher un pneu neuf parce que si non Asco Car Hire va nous le facturer 300 euros ! La plupart des magasins sont fermés le Samedi, Toyota ne vend pas de pneus neufs ! ! ! C’est là que j’ai craqué : j’ai bien voulu que ma chérie m’achète un livre sur les Birds d’Afrique australe... ! Huuummmm !
On reviendra le lendemain chez Marchall, en face du Shoppies. 1115 Pulas le pneu Continental. J’en prendrais bien 6 pour équiper mon 4x4 qui m’attend en France.
Vol au dessus du delta
Le jour ou Dieu s’est pris pour Claude Monet... Et qu’on ne me dise pas que c’est le contraire parce que Monet, il ne pouvait pas voyager alors que Dieu savait que Monet existerait un jour... !
Concernant ce survol, les superlatifs trouvés sur ce forum sont en dessous de la vérité. Je ne devrais pas mettre des photos, parce que celles que j’ai trouvées sur internet et celles que j’ai prises sont décevantes : la vitre de l’avion en plexiglas trouble l’appareil qui a du mal à s’en sortir, on a beau enlever l’autofocus, l’appareil performant prend en photo... les reflets de la vitre, surtout face au soleil. Le petit appareil de poche s’en sort presque mieux parce qu’il néglige les détails du premier plan. On ne regrettera pas la lumière très belle de 8h00 du matin...
31 - Le seul vrai bonheur, je vous le souhaite sincèrement, c’est de le faire...Même s’il y a l’envers du décor...
32 - Estomacs sensibles, n’oubliez pas de déjeuner... !Faut dire : l’avion était immatriculé A2-AJT, alors forcément : petits sacs bien « lourds » en sortant, de plus je me cogne la tête violemment contre l’aile de l’avion... Bon, un bon petit déjeuner chez « Bon Arrivée » va nous retaper. The French Connexion est fermé : pas de croissant au beurre ce matin... Beuuurkkk !
On finira la journée chez deux associations repérées de Paris, puis ce sera le retour...
Le retour RàS... Menteur ! Un moral dans les chaussettes. Le boulot qui reprend Lundi, mon père..., et toutes les tracasseries qui nous agacent et qu’on aimerait bien envoyer au diable... Vivement la brousse... !
Les regrets Pas question de se plaindre. Interdit. Le voyage est superbe, il y en a pour tous les goûts, les gens sont très corrects et très sympas. Que du bonheur. Les babouins resteront comme une anecdote qu’on racontera aux amis autour des soirées photos Un seul regret en fait : ne pas y être encore. Plusieurs personnes sur place en leur disant qu’on aimerait bien rester, nous proposaient un terrain : exemple 1500 m² pour 80 000 pulas à Maun, près de la rivière. Ceux que ça intéresse... !
Si c’était à refaire Nous passerions la frontière Zambienne à pieds + Taxis sans aucune hésitation. Nous emporterions un petit magnétophone pour enregistrer tous les sons la nuit, le jour, les Hippos, les zozios, les lions, les éléphants... Les bruits sont extraordinaires, on les transformerait volontiers en dizaines de sonneries de téléphones portables... Non je rigole !
Les bonheurs Vol hélicoptère au dessus du canyon du Zambèze Vol au dessus du Delta Mokoro et Bush Walk Vie en brousse Les quantités incroyables d’animaux
Je vous souhaite à vous tous qui lisez ces lignes d’avoir rêvé un peu, et surtout de pouvoir un jour réaliser un tel rêve.
Allez... Vivement la brousse... !
33 - Horloge africaine... !L’horloge africaine : Là-bas, il est toujours l’heure, ici, ce n’est jamais l’heure, Là-bas il est toujours temps, ici, on n’a pas le temps, Mais quelle heure est il vraiment ? L’heure de rien mine de tout, l’heure qui leurre. Le temps qu’il leur faut, le temps c’est la faux, Il faut le temps au temps laisser, laissez leur le temps...
Que j’aimerai bien perdre ma montre, pour ne plus perdre mon temps... - Purée mais t’es un poète toi... ! - Arrête, je vais chialer... ! - Bah pleure pas tu la reverras la brousse... - AH BON ? C’EST QUAND... ? ON VA OU ? - -- PS : merci au webmaster parce que maintenant un copier-coller depuis word, ça marche bien...
Et si vous me promettez de ne pas trop vous moquer, je vous donne un cours de Mokoro...!
Bises à tous Franck et Elisabeth
Carnet d'une boucle en Afrique Australe (A.F.S, Namibie, Botswana et 1 zeste de Zambie): 2ème partie English translation pending
Comme promis, voilà la seconde partie de notre voyage en Août 2008. J'ai vainement tenté l'insertion d'image selon la recette à la mode Grisemote mais cela n'a pas marché. Comme il est tard, je poste le texte, et j'essayerai une autre fois.
La première partie était là : http://voyageforum.com/...ere_partie_D2003883/
Voilà la suite :
Jeudi 14 Août Nous quittons la ferme des Guépards. Ayant fait nos courses la veille à Kamanjab, nous décidons de prendre un raccourci et de ne pas descendre jusqu'à Outjo pour rejoindre Etosha. Selon nos hôtes, la piste est belle et on met sensiblement le même temps que par la route. Nous empruntons donc la D2671 puis la D2695 et passons donc par Mondesir. Effectivement, la gravel road est très bonne et je suis sûr d’avoir gagné du temps. On rattrape la grande route et direction plein Nord : Etosha. On entre enfin dans le sanctuaire. Nous nous rendons d’abord à Okaukuejo afin de s’assurer de notre camping. L’accueil à la réception est vraiment très froid, je me retiens de ne pas recommander à la réceptionniste une bonne cure de carottes. Les places sont attribuées. Les emplacements sont côtes à côtes, avec point d’eau et prise de courant. Les blocs sanitaires sont en très bon état (Etosha a été rénové pour son centenaire en 2007). Nous jetons un coup d’œil sur le grand livre où les touristes inscrivent les lieux où des animaux ont été vus. Apres avoir acheté une brochure incluant le bestiaire (très utiles pour les oiseaux) et la carte détaillée, nous partons pour notre premier safari.
Les jumelles sont à portée de mains, les lunettes nettoyées et les yeux grands ouverts. Un voyage en Afrique est immanquablement le temps de LA rencontre avec ces animaux sauvages qui nous ont tous fait rêver un moment où à un autre. Nous expliquons à Junior la règle du Big Five. A l’instar de la famille Grisemote, nous instaurons un joyeux concours de repérage des seigneurs dont le prix est une glace. Tout comme « l’école des fans », tout le monde aura son trophée….. Cette première journée s’annonce prometteuse : outre les nombreux troupeaux et hardes de zèbres, impalas, autruches, springboks, girafes, oryx, Kudus (et j’en passe) nous frissonnons à nos premiers éléphants et lions (5 lionnes postées au point de Okondeka). Nous arpentons les points d’eau et l’appareil de ma douce chauffe : clic clac kodak...
Le soir, après nos grillades, nous allons au point d’eau nocturne. Celui ci dégage une odeur très forte : mélange de ménagerie et de purin !!!. Toutefois, une belle surprise nous attend : une petite famille d’éléphants le partage avec un rhino qui doit être rémunéré par le Parc car il reste vraiment longtemps et prend la pose. Puis, pour notre plus grand plaisir, une maman rhino survient avec son rejeton vraiment petit et qui reste bien à l’abri dans ses pattes. Quelques girafes arrivent et s’abreuvent prudemment. On admire le spectacle jusqu’au départ des artistes.
De retour au camp, il est l’heure d’aller se coucher. Des chacals rodent un peu partout. Ils ont la technique pour ouvrir les couvercles des poubelles pourtant suspendues. On se pose assis en hauteur, au bord de la tente et observons un peu le manège de ces maraudeurs, avant de se glisser dans nos duvets. Pas de groupe à proximité : tranquillité assurée !!
Vendredi 15 août. Nouvelle journée Safari direction l’Est. Encore des belles rencontres (Eléphants, grands troupeaux, premiers gnous..) certaines rencontres sont plus notables : nous suivons de loin un éléphant qui traverse la savane et, en estimant sa direction, le rejoignons à un point d’eau. Après s’être abreuvé, le pachyderme s’arrose copieusempent de boue et de poussière à une dizaine de mètres de nous. Puis, facétieux, il asperge d’eau quelques petits échassiers blancs qui osent fouiller dans son crotin. Plus tard, nous admirons un gros rhino posté à l’orée de buissons. On sent que l’animal est moins tranquille, plus sur ses gardes que l’éléphant. Son attitude un peu fébrile nous impose une certaine prudence : je n’ai pas envie de jouter avec la bête, le 4x4 n’apprécierait pas. Durant l’après midi, nous avons également la chance de voir un beau léopard venant boire (point de Goas). Nous sommes arrivés juste à temps car, contrairement aux stars d’hier soir, il ne traîne pas. Cet animal a vraiment une belle démarche, il dégage une impression de puissance et d’assurance. On observe également pas mal d’oiseaux : des très colorés « Lilac-Breasted roller » aux imposants « secretary Bird » et « Kori Bustard »
Nous bivouaquons au camp d’Halali. Les emplacements sont petits et serrés. On se croirait dans un camping sur la côte française. Nous n’avons pas envie de traîner là. Nous décidons alors de nous adonner à une pratique courante, instaurée depuis longtemps dans nos us et coutumes : l’apéro insolite. Le principe simple et immuable de ce rite secret est de boire l’apéro en famille dans des lieux plus ou moins insolite. Nous préparons notre sac à dos glacière et en route pour le point d’eau. Celui là n’a pas d’odeur. Comme il est de bonne heure, il y a peu de spectateurs. Nous choisissons un banc bien situé, juste devant le parapet. Discrètement et le plus en silence possible par égard au voisinage, nous commençons notre rituel à la santé de mère nature et de ses enfants.
Nous avons dû plaire aux dieux africains car ils nous ont adressé un signe. Un léopard est venu d’abord s’abreuver. Peu de temps après qu’il ait disparu dans la nuit, quelques craquements ont annoncé l’arrivée d’une harde d’éléphants (11 pachydermes ) dont des éléphanteaux ont pris place autour de la grande mare pour notre plus grand plaisir. Après un bon moment, l’animal qui semblait mener le groupea regardé en direction de la pénombre et lançé un bref barrissement. Sans doute inspiré par les esprits conjugués de Nicolas Hulot et John Ballantines, je suggére à ma douce et à Junior : « Il prévient un autre groupe qui attend son tour. ». Quelques minutes après, les éléphants ont quitté tranquillement le point d’eau. Le silence qui suivit leur départ fut très vite brisé par l’arrivée d’un autre groupe de 19 babars pour une nouvelle longue séance de libations. Moment de triomphe intérieur quand ma douce et Junior se sont tournés vers moi dans un regard unanimement admiratif. La représentation de ce soir là a duré bien plus longtemps que prévu et nous quittons les lieux ravis, après que le point d’eau soit devenu complètement désert. La douceur du début de soirée a fait place à la fraîcheur et nous regrettons de ne pas avoir emporté nos polaires (erreur d’amateurs). Sur le retour, nous croisons des gens qui se rendent au point d’eau...s’ils savaient ce qu’ils viennent de rater.
Pas le temps de faire de feu : ce soir, ce sera Biltong et chips. Nous dégustons le biltong acheté en filet, bien plus savoureux que celui déjà coupé en lamelles. Tout comme la nuit précédente, celle-ci sera sereine. La température nocturne s’est rafraîchie depuis hier, mais nous n’avons toujours pas froid.
Samedi 16 août. Dernière journée à Etosha, nous l’espérons riche. Les nombreux troupeaux de ruminants sont toujours aux rendez vous. Nous sommes gâtés par une famille de lions qui a pris ses quartiers au pied d’arbustes avoisinants un petit point d’eau (Nuamses). Nous prenons le temps d’admirer le seigneur à grosse crinière entouré de 3 lionnes. Deux lionceaux sont également présents et l’un d’entre eux a la bonne idée de s’éloigner des hautes herbes le temps de quelques photos. Un peu plus tard, nous surprendrons un jeune mâle solitaire venu se rafraîchir sur un autre point, troublant la quiétude des girafes qui s’étaient retirés derrière des buissons. Leurs longs cous dépassaient de loin les arbustes et on pouvait les voir surveiller le lion sans jamais le perdre de vue. La Panthera Leo ne leur a même pas jeté un regard...
Nous avons failli manger de l’Impala ce jour là : alors que nous circulions sur la voie principale qui traverse le parc, nous longeâmes (hou, quel style !!) un troupeau d’Impalas sagement posté sur le bord. Soudain un jeune Impala traversa la route en courant devant nous, poursuivi par un mâle .. Jusque là, la distance entre eux et le 4x4 était suffisante. Mais le premier eut la mauvais idée de faire demi tour subitement et retraversa la piste juste devant la voiture. Bien qu’ayant pilé, c’était trop juste pour pouvoir s’arrêter. L’écervelé passa de justesse, manquant d’être percutée par l’arrière. Mais ce n’était pas fini, dans la fraction de seconde qui suivit, le mâle était dans ses traces. Alors qu’il allait percuter la voiture au niveau de la roue avant, il fit un bond prodigieux, presque à la verticale par dessus le capot. Son sabot arrière a pris un ultime appui sur le haut du pare buffle, comme pour assurer le bond. Il a atterri sans dommage, de l’autre côté, pour poursuivre sa course. Nous sommes restés bouche bée devant une telle acrobatie. Certes, nous avions déjà admiré les sauts les springboks et autres gazelles, mais pas d’aussi près et pas devant un tel obstacle...
Nous prenons nos quartiers au camp de Namutoni. C’est celui qui présente un Fort blanc et ancien . Les alentours furent le théâtre de violents combats entre les Hereros et les Allemands comme en témoignent des mémoriaux. C’est de loin le plus sympa. L’accueil est nettement plus souriant, les places de camping sont aux choix et plus espacées que dans les autres camps. Il y a de la pelouse et non de la terre. Chaque emplacement a son bloc électrique. Les points d’eau sont en communauté. Les blocs sanitaires sont récents, certains encore en travaux : c’est la première fois que j’ai dû faire la queue pour prendre ma douche. Un phacochère se promène dans l’enceinte du fort pour la grande joie de tous. De même, de très nombreuses mangoustes déambulent dans le campsite. Il est difficile de ne pas résister à leur donner un petit quelque chose à grignoter pour pouvoir les admirer de très très près. Fort de notre belle expérience de la veille, nous décidons de renouveler l’opération « Apéro insolite » en y ajoutant le Pique Nique magique. A la nuit tombée, nous nous rendons au point d’eau éclairé. Cette fois les dieux de la savane nous ont un peu oublié : pendant la première heure, seul un chacal est venu rôder autour de la mare. 5 gentilles girafes ont finalement eu pitié de nous et ont daigné montrer le bout de leur nez. Après trois jours passés à Etosha, ce spectacle n’a pas eu la même magie que s’il s’était produit quelques jours avant.
De retour à notre emplacement, nous nous souvenons qu’il reste une tranche de viande rouge dans le frigo. Demain nous franchirons des barrières sanitaires qui ne la laisseront pas passer. Comme les chacals sont là, fouinant d’une place à l’autre, je découpe des petits morceaux de viande et leur lance. Rapidement, le plus téméraire d’entre eux vient à mes pieds et, dans une attitude canine, joue le jeu avec moi. Morceaux après morceaux, il se cale sur le son de ma voix et de mes injonctions, sachant quand approcher pour recevoir, et quand attendre. J’aurais presque envie de le caresser mais je sais que c’est un animal sauvage et je ne franchirai pas la limite. On se couche en rêvant à tous les hôtes de ce grand parc.
Dimanche 17 août Le réveil se fait de bonne heure car aujourd’hui la route est longue : prochaine arrêt Divundu-Bagani aux portes de la bande de Caprivi. Nous avons décidé de ne pas prendre la route goudronnée qui passe par Tsumbed et Grootfontein : nous coupons par la piste D3001 puis D3016. Bien nous en prend car la chaussée est bonne et les grande lignes droites nous permettent de rouler à bonne allure. Nous ne croisons quasiment personne. Une girafe et plus loin un chacal tenteront de faire la course avec nous : 1.la course de la girafe est gracieuse. 2 Je ne pensais pas qu’un chacal pouvait courir aussi vite et aussi longtemps.
Des palmiers assez hauts apparaissent de part et d’autre, annonçant un léger changement de végétation. Nous apercevons les premiers nuages depuis notre arrivée en Afrique, nous avons même le droit à un début de temps gris. Cela ne durera pas et nous n’en reverrons plus. Nous mettons à peine deux heures depuis le départ de Namutoni pour rejoindre la D8. Sur cette piste quasi deserte, nous laissons Junior tenir le volant sur quelques centaines de mètres. Concentré, il s'en sort fort bien.
Arrêt technique à Rundu : ravitaillement en tout genre (carburant, courses, argent). Aux abords de Rundu, la route est bordée de nombreuses huttes en terre et aux toits de paille. Elles sont regroupées par grappes, le plus souvent dans une enceinte faite de bouts de bois. Ici la modernité n’a presque pas de prise. Ceux qui vivent là le font de la même manière que leurs ancêtres. Nous en voyons de façon concentrée sur des kilomètres. De très nombreuses personnes marchent le long de la route, accompagnant des troupeaux, portant des bidons, ou simplement voyageant d’un point à un autre. Parfois en circulant, nous sommes étonnés de croiser des marcheurs alors qu’à des kilomètres en amont et en aval il n’y rien d’autre que la savane ou le bush.
Nous arrivons à Divundu. Les explications concernant l’emplacement de notre camp n’étaient pas très claires : il était indiqué de tourner à droite avant le pont mais sur google, le camp était à droite après le pont. Nous avons manqué le petit panneau la première fois. Notre camp, le Goabacca est un camping communautaire. Nous l’avons choisit plutôt que le Neisip car il est beaucoup plus proche de la route (4 kms) Je ne savais pas trop à quelle heure on arriverait et je ne voulais pas me perdre dans les pistes la nuit. Finalement nous arrivons à 15H30. Une petite piste en sable mou part sur la droite APRES le pont enjambant l’Okavango. Elle longe un centre de redressement (une prison...). Les locataires forcés des lieux nous regardent passer le long du grillage et certains nous saluent. Nous leur faisons un petit signe de la main. Tous nous rendront notre salut et nous souriront.
Le Goabacca camp est une très agréable surprise. L’arrivée se fait au bout de la piste un peu défoncée et passant à travers le bush. Une petite cahute en guise de réception nous rappelle l’anecdote de Ugab. Un petit bonhomme souriant surgit, il cumule les emplois ici : réceptionniste, caissier, intendant, gardien..... Il y a 4 emplacements : deux possèdent des pontons en bois offrant une large et belle vue sur l’Okavango. Les popa falls sont quasiment à nos pieds et le bruit qu’elles dégagent est bien présent. Nous héritons du camp N°02. Ce petit camp est plein de charme : une hutte ouverte abrite le coin cuisine avec évier. Plus loin, une seconde hutte abrite d’un côté les WC et de l’autre la douche. C’est propre et il y a encore de la braise sous le chauffe-eau de brousse. Nous nous baladons un peu le long de l’Okavango. Non loin du camp, une petite plage de sable fait face aux rapides (les Popas falls sont des rapides formant des toutes petites cascades et non une chute d’eau). Nous sommes quand même fatigués de notre route et nous ne traînons pas. Surgissant de nulle part, un groupe de gamins remonte le chemin, à la queue leu leu. Nous tentons un dialogue mais manifestement, ils ont autre chose à faire. Nous dînons sur le ponton, face à l’Okavango. L’emplacement N° 03 tout comme le 4 est plus dédié aux groupes. Un petit groupe de français occupent le N°3. Ils seront discrets : Merci. Le repas sera l’objet d’un mini drame : la saucisse de boeuf est vraiment beurk et le Shiraz bouchonné !!! En guise de consolation, nous admirons la nuit, la clarté de la lune et ses reflets sur le fleuve. Le bruissement de l’eau, les murmures nocturnes nous bercent. Une grande quiétude nous entoure. Nuit d’Afrique rime avec nuit magique. Nous conseillons vivement le Goabacca camp et l’emplacement N°02.
Lundi 18 août Alors que nous nous extrayons des tentes et commençons nos rituels matinaux, un superbe lever de soleil au dessus du fleuve s’annonce. J’ameute la troupe et toutes activités cessantes nous nous postons sur notre ponton. L’espace d’un moment, le temps suspend son vol : le soleil, légèrement zébré, joue avec le rouge, le jaune et le rose. L’Okavango se fait miroir...que c’est beau. Après cet instant d’intense émotion, nous retournons à nos premières intentions. Le petit déjeuner sur le ponton sera calme et détendu. A 07H30 il nous faut partir pour notre prochaine destination : les Victoria Falls.
La traversée de la Bande Caprivi se fait sans encombre. Il n’y a rien de particulier à signaler : la route est goudronnée et bonne, le paysage est monotone. Beaucoup de parcelles longeant la route sont noircies, sans doute par écobuage. Il y a moins de densité de petites huttes qu’aux abords de Rundu. A 50 kilomètres de Katima Mutilo, un 4x4 Blanc tirant une remorque bâchée est arrêté en warning. Nous nous arrêtons. C’est une famille de hollandais. Ils sont en panne d’essence. Nous proposons notre aide mais ils voyagent à deux familles et l’autre 4x4 est déjà parti pour Katima Mutilo chercher de l’essence. Ils avaient prévu de faire le plein à Kongola mais la station était à sec. Après être rassuré sur leur sort nous reprenons la route.
Nous voilà à Katima Mutilo. Nous prenons le temps d’y faire une étape shopping. Un petit craft center situé près du marché propose des belles statuettes. Cette ville est animée, bien achalandée : on y trouve plus que l’essentiel. Nous faisons le plein de gas oil. On nous l’a conseillé, car l’essence est bien plus chère en Zambie parait- il. On prend même le temps de trouver le gros baobab dont le tronc creux servait de toilettes publiques. Il reste bien un bout de céramique mais ce n’est plus fonctionnel bien que l’odeur qui en dégage rappelle Cape Cross... Nous prenons la direction de la Zambie. Adieu la Namibie et un grand merci pour tout.
Nous traversons le pont qui enjambe le Zambèze pour atteindre la ville de Sesheke. Une fois le pont franchi, rien ne nous apparaît comme un poste frontière. Nous prenons la direction de Livingstone. Cela doit être comme à Nakop : le poste Zambien doit être plus loin. Après plusieurs kilomètres, cela ne colle pas : Il y a des maisons et un village. On passe devant un poste de police et je m’arrête. Je vais voir le sévère sergent qui est debout derrière son pupitre de bois. J’explique que je viens de Namibie et que je cherche le poste frontière. Il se déride et m’indique qu’il était juste après le pont. Nous faisons demi-tour. Nous voilà présentement clandestin !!!. Je me dis qu’on aurait pu se faire prendre en chasse en ne s’arrêtant pas...
Arrivés au pont, nous constatons qu’il y a effectivement des baraquements sur la gauche. Le petit bâtiment est un peu (beaucoup même) défraîchi. Une fois stationné, on enclenche le chrono histoire de pouvoir vous dire combien de temps cela nous prend : il est 14H00, top chrono ! Commence alors le racket organisé. On passe successivement 4 étapes à chaque fois soldées par un délestage de US dollars : Premièrement, les visas : on remplit la paperasse habituelle, plus un registre où on réécrit quasiment la même chose. J’ai envie de mettre Mickey Mouse en guise de nom car ils ne vérifient rien. Mais bon, je m’abstiens, l’humour a des limites. Le visas coûte 50 $ par personne. Pour junior c’est gratuit ! Deuxièmement, la taxe véhicule : on passe dans le bureau d’à côté où nous attendent deux agents en uniforme : une femme affalée sur un fauteuil, les pieds posés sur le bureau, la casquette de travers et occupée à siroter un Coca. Je regarde ma douce : « n’y pense même pas » lui dis-je mentalement, devinant son irrésistible envie de prendre une photo. Son collègue masculin est derrière un ordinateur antédiluvien. Vérification des papiers du véhicule et savant calcul : pour notre fidèle Rodéo, ce sera 44 $. Je tends un billet de 50 et à l’attitude de mon interlocuteur qui fait mine de chercher, je comprends bien qu’il va me falloir faire le deuil de la monnaie. Avant qu’il ne tente de me l’expliquer, grand seigneur, je lui fais un signe en disant : « it’s ok ! ». Cela fait sortir de son apathie sa collègue qui nous décroche un grand sourire. Avant de quitter le bureau, on nous explique qu’il faut s’acquitter de l’assurance obligatoire. Troisièmement, l’assurance auto : nous sortons du bâtiment pour entrer dans un petit chalet de bois, pareil à ceux vendus pour mettre dans le fond du jardin afin de ranger la tondeuse. Notre interlocuteur réussit le tour de force de remplir le contrat tout en nous l’expliquant vaguement et en poursuivant une conversation téléphonique animée : cet homme est un artiste. Au final l’assurance nous coûte 40 $ ou 115000 Kwatchas pour un mois, durée minimum du contrat. Avant de sortir, l’assureur nous indique à son tour qu’il reste une étape : la County tax, « just next door ». Quatrièmement, la taxe locale : le « next door » est en fait une vieille caravane insalubre. Cela doit faire bien longtemps qu’elle a parcouru son dernier voyage. Elle connait une seconde vie après sa mort, en servant de bureau de recette locale. A l’intérieur nous attend un couple sans âge, en parfaite harmonie avec le décor. Ces deux personnes, , au demeurant très souriantes nous expliquent dans un anglais chaotique le pourquoi de cette taxe. Pour officialiser leur propos, le gentil grand- père nous désigne une photocopie jaunie, écornée et tachetée par je ne sais quoi, apposée sur la paroi intérieure de la roulotte. Je regarde le parchemin, cela parle de la Sesheke county tax avec des tarifs listés. Une faible empreinte de tampon termine solennellement le document. Renonçant à toute protestation du style « on ne reste pas ici on ne fait que passer », on s’acquitte des 10 $ pour le plus grand bonheur du couple, non sans s’être auparavant soumis au rituel du remplissage du registre. Durant la transaction, il a été galamment proposé à ma douce de s’asseoir sur la banquette en moumoute de la caravane. Je ne sais pas si c’est la couleur indescriptible de la moumoute, probablement d’époque, ou la forte probabilité que des minuscules habitants s’y soient installés durablement, mais ma chère et tendre a poliment décliné l’invitation.
On sort de cette ultime repaire de gabelous. Des hommes attendent pour faire du change. Pas trop sûr du taux, je change 50$ contre 150.000 kwatchas, histoire d’avoir un peu d’argent local au cas où. Nous regagnons notre véhicule où junior joue sagement à la D.S. Top chrono il est 14H33 (moins 200 $). Nous roulons maintenant sur la M10 en direction de Livingstone. La route est moins bonne que la « Caprivi strip » : peu ou pas de bas côté, chaussée moins large et nids de poule. On traverse plusieurs villages et il y a pas mal de piétons. Peu avant Livingstone, on s’arrête à deux « check point ». Au premier, on nous demande d’ouvrir le coffre arrière et on nous pose quelques questions. Au second, nous ne sommes pas contrôlés. Un gros Babouin traverse la route nonchalamment sous l’oeil enamouré de sa femelle. Nous ne verrons pas d’autres animaux. Arrivés à Livingstone, nous prenons la route principale. Nous faisons un arrêt au Super Spar bien achalandé.
Nous arrivons au Zambeizi Waterfront, situé presque en sortie en ville en direction des chutes. Ce complexe comprend des chambres, des tentes à louer et des places de camping. Il a un bar-restaurant sympa avec une grande terrasse surplombant le Zambèze. Il y a une piscine dans laquelle junior osera se baigner même si l’eau est froide. Nous choisissons notre emplacement. Il en reste peu de libre. Ce n’est pas très grand mais ombragé. Nous avons un point d’eau, un évier, un braii et un point d’électricité. Je déconseille les tentes car elles sont situées tout au bord des chemins qui mènent des campings au centre du complexe : tout le monde passe juste devant vous : aucune intimité. Une fois notre camp matérialisé nous nous empressons d’aller aux chutes.
L’entrée du parc est située à 4 km. En approchant, on distingue soudain la brume qui s’élève : premiers frissons dans la voiture. L’entrée du parc est gardée par un militaire armé d’une kalachnikov. Il nous précise bien de payer le parking et de garder le ticket pour sortir.... Nous stationnons sur le parking du parc qui est bordé par un marché aux souvenirs. L’entrée du parc est de 20 $US par adulte et 10 par enfant. Le billet n’est valable que pour une entrée contrairement à ce qu’on nous dit au Lodge. On emprunte le chemin qui mène aux points de vue. J’entends les battements de coeur de ma douce... soudain ça y est : on est face à la faille qui s’étend sur la gauche. De nombreux filets et petites cascades en tombent. Le débit est petit car c’est la saison mais la faille est immense : 1, 7 km de long et 103 mètres au plus haut. Je regarde ma douce, ses yeux sont embués et ce n’est pas par la brume. Un rêve de gamine vient de se réaliser et l’émotion est grande. Nous parcourons le chemin qui longe les chutes. Au loin, elles sont plus denses. La vapeur qui s’en élève est bien visible et monte à plusieurs dizaines de mètres comme un épais nuage de fumée. Nous allons tranquillement jusqu’au bout du chemin qui se termine à flanc de falaise. C’est vraiment une belle réalisation de la nature, majestueuse et hors normes. De l’autre côté de la faille, c’est le Zimbabwe. Nous nous postons là et admirons. Il n’y a pas de bruit assourdissant, le débit y est pour quelque chose et peut être que le bruit reste au fond de la gorge. Le soleil décline, nous restons jusqu’à son coucher. Encore une belle façon de terminer la journée, en contemplant messire soleil se cacher derrière la brume puis disparaître derrière la faille des chutes, quelque part par delà le Zimbabwe. Nous regagnons notre voiture et jetons un oeil aux souvenirs. D’un coup, tous les vendeurs sont nos amis. Ils se présentent à nous par leur prénom et demandent le notre. Chacun veut qu’on regarde ses trésors. Il y a quelques belles choses mais nous voulons prendre le temps. Je dis que je reviendrai demain. Je comprends dans leur regard que c’est une phrase qu’ils entendent souvent. Je leur assure que je n’ai qu’une parole.
Retour au Waterfront, direction la douche. De nombreux moustiques sont postés le long de la faïence des cabines de douche, en embuscade pour une attaque en piqué. A grandes claques, nous nous transformons en serial killer. Autant vous dire qu’on se badigeonne de répulsifs. En tout cas l’ensemble du dispositif anti moustique mis en oeuvre est efficace car nous ne constatons aucune piqûre. Nous dînons le soir au restaurant du lodge. Une erreur de décalage horaire et un apéro prolongé nous font dépasser l’heure du service : le buffet d’entrées et les desserts sont terminés. Nous nous ferons quand même servir le plat principal. La cuisine est simple (un seul plat du jour) mais c’est bon. Un groupe de jeunes anglo-saxons attablés au bar chahutent et 3 d’entre eux terminent dans la piscine. Quelques protestations fusent des autres résidents. Moi je souris : faut bien que jeunesse se passe, Sont-ce les chutes qui me rendent moins ours ?
Mardi 19 août A 05H00, nous sommes réveillés par le moteur diesel d’un camion transportant un groupe. Le chauffeur le laisse tourner 10 minutes avant de partir. Y a des coups de pied au cul qui se perdent.... Aujourd’hui, retour à Mosi-Oa-Tunya (nom africain des chutes) mais cette fois ci côté Zimbabwe. La solution nous a été soufflée en entrant en Zambie, en discutant avec un officier d’immigration : nous irons à pied. On gare le 4x4 devant le poste frontière de la Zambie, juste après l’entrée du Parc des chutes. De suite, un homme nous propose de garder notre véhicule. Je lui fais remarquer que nous sommes devant un bâtiment officiel avec des hommes en armes, y aurait il des voleurs ? Non m’assure-t-il mais des méchants babouins qui dégradent tout. Appuyant ses dires, un gros babouins se ballade sur une remorque d’un camion stationné un peu plus loin. Serait-il de mèche avec notre démarcheur ? Mais bon, l’argument est imparable, j’accepte le gardiennage. Nous nous rendons à l’immigration et suivons les conseils reçus : nous demandons un « Gate pass » pour se rendre sur le pont qui enjambe la faille entre les deux pays. Ce laisser passer est gratuit. Il s’agit en fait d’un simple petit bout de papier avec un tampon et sur le lequel figure le chiffre 3 : le nombre de personne que nous sommes. En théorie ce papier permet juste d’aller sur le pont et donc de ne pas se faire tamponner le passeport en sortant de la Zambie. Sinon, au retour, il nous faudrait repayer un visa. Il ne faut surtout pas le perdre, car il est exigé au retour. Bien sûr, il ne faut pas dire que c’est pour aller au Zimbabwe mais juste sur le pont. Notre première étape franchie, nous allons sur pont. Là, nous sommes parmi de nombreux piétons locaux qui font des allers et retours entre les deux pays. Nous sommes les seuls étrangers. Rapidement nous sommes sollicités : guides, hôtel, taxi, marchandises, saut à l’élastique... Tout ce fait amicalement, et nos refus souriants ne froissent personne. La vue du pont est belle mais on ne devine qu’un petit bout des chutes, le reste est masqué par le relief. Au milieu du pont, un petit panneau indique qu’on entre au Zimbabwe. Arrivé au poste frontière, nous allons à l’immigration. Le visa coûte 30$ par personne, Junior aussi. Nous palabrons avec l’officier car le but est de pas avoir de tampon sur le passeport : car en cas de contrôle au retour en Zambie, il nous faudra re-payer le visa. Après l’avoir assuré que nous n’allons qu’aux chutes et que nous revenons dans quelques heures, il consent à nous laisser passer. Il nous donne un reçu pour les 90$, qu’il ne faut pas mettre dans le passeport (en cas de contrôle au retour). Pour sortir du Zimbabwe, il nous dit qu’il faudra demander un « gate pass ». Voilà, le tour est joué, nous entrons au Zimbabwe. On parcourt le petit kilomètre qui sépare la frontière de l’entrée du parc des chutes. Parmi les diverses personnes nous accostant, un homme utilisant un vélo de musée nous propose de monter dans sa remorque bricolée maison. Je suis sûr que la chose ne résistera pas à nos trois masses conjuguées. Il use de tous les arguments possibles et ses tarifs fondent au fur et à mesure. Je lui dis que peut être au retour.... sans conviction. Arrivés au parc, nous devons débourser encore 50$ pour payer nos 3 entrées (même prix qu’en Zambie).
Nous empruntons le chemin et commençons la visite. De Devil cataract à l’extrême gauche, au Danger Point qui borde la faille et fait face à la Zambie, nous ferons deux fois le chemin. C’est magnifique, splendide et inoubliable. Les chutes : Devil Cataract, Main Falls, Horse Shoe sont juste en face de nous et bien plus puissantes que côté zambien. La brume qui s’élève est vraiment palpable face à Main Falls. Nos K way ont été oubliés dans le 4x4. Qu’importe, nous prenons plusieurs douches, reçues comme des bouffées de fraîcheur car il fait chaud et le soleil tape. D’ailleurs nous sommes très vite secs. Parfois nous croisons d’autres visiteurs drôlement emmitouflés dans des vêtements de pluie aux couleurs criardes : mais de quelle planète viennent-ils ? Ils ne connaitront pas les sensations de ces bains de bruines. Au risque de me répéter : il faut ABSOLUMENT voir les chutes côté Zimbabwe. Repus des splendeurs de ce lieu mythique, nous quittons quand même avec regret le parc et prenons le chemin du retour. Le Poulidor à remorque est là. Dès qu’il nous voit, il nous accoste de nouveau. Junior s’est tordu la cheville et boitille : nous ferons deux heureux d’un coup. Notre retour à la frontière se fera en bavardant avec le cyclo-taxi. Comme prévu nous obtenons sans problème le « gate pass » pour sortir du Zimbabwe et entrons en Zambie en montrant le « Gate pass » obtenu le matin en y sortant. Nos passeports ne seront pas contrôlés. Nous récupérons le 4x4 intact de toute attaque de babouin félon. Notre gardien est toujours là et nous nous acquittons des « frais de gardes ». Nous retournons au parking des chutes pour y acheter des souvenirs. Les vendeurs nous reconnaissent et se souviennent de nos prénoms. J’ai également mémorisé ceux de nos interlocuteurs de la veille, ce qui leur fait plaisir. Il s’en suit de longs palabres. Chacun veut qu’on visite son échoppe. Nos objets choisis, on marchande un peu car ils annoncent des prix pour américains (ce sont eux qui me l’ont dit). Les français ont manifestement la réputation d’être dur en affaire. On s’accorde sur des prix qui sont tout à fait acceptables pour nous et grandement profitables pour eux. Quelques dollars de plus sont bien plus importants pour eux que quelques dollars de moins pour nous.
Retour au Zambeizi Waterfront. Nous prenons l’apéro sur la terrasse en bois qui surplombe le fleuve. Nous assistons à un magnifique coucher de soleil par delà les flots. Le soleil vire en une grosse boule rouge qui disparaît derrière les arbres en distordant les couleurs. De temps en temps un vol de gros oiseaux en formation serrée passant au- dessus des flots vient compléter le tableau. Dîner également au restaurant du lodge, même remarque qu’hier : peu de choix mais bonne cuisine.
Mercredi 20 août Après une bonne nuit, réveil de bonne heure. Nous avons un rendez vous spécial : la veille, nous avons réservé 3 vols en ULM au dessus des chutes. Nous avons rendez-vous à 07H00 au Lodge. Coup d’oeil sur la montre il est 06H55 ! argh encore le décalage horaire. Vite, nous nous dépêchons. On nous conduit au terrain d’aviation qui est en fait très proche du lodge. Nous sommes les premiers à décoller. On enfile chacun une combinaison, ce sont des tailles uniques : ma douce et Junior nagent dedans et moi je suis un peu serré. On ressemble au bibendum Michelin. A la queue leu leu nous décollons de la piste. Mon pilote est un allemand qui parle bien français. Il est sympa et son commentaire le long du vol sera très instructif. Au retour, il me laissera même les commandes. Je suis sur l’ULM de tête, par derrière mon épaule et le temps d’un virage, je distingue ma petite famille également en vol, curieuse impression... La vue et les sensations que procure ce vol sont intenses. D’abord on survole la rive du Zambèze pour arriver aux chutes, l’appareil décrit ensuite deux grandes boucles au dessus de celles-ci, avec une large incursion au Zimbabwe. Puis, il regagne l’aérodrome en survolant le Zambèze en son milieu, laissant découvrir plein d’îlots et de bancs de sable. La faible altitude au retour permet de bien admirer éléphants, hippopotames et même des crocodiles. Que vous dire sur le survol des chutes mêmes ? Ce qu’en a dit David Livingstone : « Scenes so lovely must have been gazed upon by angels in their flight » qu’on peut traduire par « de telles magnifiques scenes doivent avoir été contemplées par les anges en vol » Le seul regret est qu’on ne puisse embarquer d’appareil photo, sécurité oblige. Les images resteront seulement dans nos têtes. Le vol coûte 115$ US, même prix que l’hélico, mais à mon sens avec plus de sensations. De retour sur le plancher des buffles, nous devons sortir du rêve et revenir à la réalité : il nous faut plier bagages et partir pour le Botswana. Il ne faut pas trop tarder car nous attend l’épreuve de la traversée en bac : véritable roulette russe qui peut parait-il, durer des heures. Bye bye la « fumée qui tonne ».
En sortant de Livingstone, nous subissons deux barrages routiers. Le premier est fait par la Police. Les papiers sont contrôlés et surtout l’assurance Zambienne. On est en règle, tout va bien. Le second barrage est pour l’entrée dans le comté de Kazungula où il nous faut payer la « local tax ». Un peu plus loin, un énorme serpent jaune et noir gît sur la route, il mesure presque trois mètres. C’est le seul serpent que nous verrons durant notre voyage.
Nous voilà à Kazungula. Une longue file de camion est arrêtée le long de la route en direction de l’embarcadère. Il y a plein de monde. Me souvenant des expériences lues, nous doublons les camions et nous arrêtons devant la grille, il est 09H55. A peine sortis de la voiture, nous sommes assaillis par des hommes qui nous proposent différents services : change, souvenirs et bien sûr une aide aux formalités. L’un d’eux parait très débrouillard et convaincant, il s’appelle Olifantsfontein, comme la ville précise-t-il. Nous nous accordons d’abord sur le tarif. Je lui dis qu’il ne me reste plus que 20000 kwatchas, rien de plus. Cela lui convient. Au pas de charge, il nous fait rapidement passer de guichet en guichet et de bâtiment en bâtiment. Il est efficace le garçon, prenant des raccourcis et passant devant les files. Un peu honteux, on se laisse mener. Après les formalités de sortie du territoire (pour nous et pour la voiture) et l’achat du billet du bac (20$ US), nous remontons dans le 4x4 à 10H15 !! Olifantsfontein reste à nos côtés, fait ouvrir la grille et nous dirige jusqu’au bout de la jetée, doublant tous les camions. Au final nous stoppons devant le fleuve, derrière 3 autres véhicules en attente de franchissement. Notre passeur a bien mérité son salaire. Alors que nous attendons sagement, un homme en chemise blanche tenant une espèce de cahier vient vers nous, pas content du tout. Il parle un très mauvais anglais et comme il est énervé, cela n’arrange rien. Il semble nous reprocher d’avoir eu recours à un passeur malhonnête car on aurait dû également passer par lui et payer une taxe. Il me demande où est le passeur, je lui assure qu’il est parti. Il note le numéro d’immatriculation du 4x4 et repart en fulminant. Je me dis que le malicieux Olifantsfontein l’a esquivé sachant que comme je n’avais plus que 20000 Kwatchas, son salaire aurait été amputé... Puis je remets dans l’ordre tout ce que le questeur local m’a dit et je réalise qu’il réclamait la county tax. Ici le county c’est Kazungula. Nous avons déjà été racketté et nous en avons gardé la preuve : un reçu. L’homme revient toujours gesticulant : je vais à sa rencontre et lui demande s’il réclame bien la Kazungula county tax. Il me le confirme. Petit moment de bonheur, je sors le reçu ainsi que mon meilleur sourire et lui démontre que nous l’avons déjà payé ce matin. Désarmé mais beau joueur, il repart en quête de nouveaux contribuables.
L’incident clos, nous observons le petit monde autour de nous. Apparemment, un seul bac fonctionne. Il se trouve de l’autre côte du fleuve. Le temps de décharger son contenu et de charger une nouvelle cargaison, le voilà qui revient. Après avoir largué ses passagers, il embarque les 3 véhicules devant nous, un camion, une centaine de piétons et il repart. On sera du prochain voyage. Olifantsfontein réapparaît, nous demandant si tout va bien. Il a changé de couleur de tee shirt, sans doute pour échapper au percepteur en colère...petit malin va !!! Une demi heure après c’est notre tour. Cette fois-ci, il prend deux 4x4 et deux camions. On serre au maximum ! Les roues avant du 4x4 sont presque hors limite du bac et le camion qui suit s’arrête à 15 cm de mon pare choc !!! On débarque au Botswana à 11H15 : belle performance. De l’autre côté, il y a plus de véhicules pour le passage dans l’autre sens. L’attente va être plus longue pour eux.
Les formalités d’entrée à la douane sont vites expédiées et nous payons seulement 50 pulas. Nous avions suivi le conseil donné par un Zambien : changer quelques pulas avant de quitter la Zambie pour en avoir à la douane en arrivant au Botswana. Nous faisons nos courses à Kasane, à l’incontournable Spar. Puis nous prenons la direction de Chobe pour trois jours et deux nuits en immersion complète dans le parc.
Chobe est véritable sanctuaire. Je me souviens d’une discussion avec un Namibien à Walvis Bay qui me disait que Etosha était très bien mais que Chobe était....il cherchait ses mots..et a finalement lâché un « piouuu » accompagné d’un grand geste d’impuissance à trouver le bon adjectif pouvant le décrire.
Nous entrons dans le parc : circulation en 4x4 uniquement. L’axe central est rapidement constitué de sable mou. Les pistes qui en partent pour longer le lit de la rivière le sont encore plus. Le camp d’Ihaha est situé à 24 km de l’entrée. Il faut une heure pour y arriver, sans traîner. Nous traînons, car rapidement, ayant pris le plus au près de la rivière, nous sommes bouche bée devant ces grands troupeaux d’éléphants. 20, 30, 40 voire plus, d’individus dans le même troupeau. Des gros et des tout petits, pataugeant dans la boue à quelques dizaines de mètres. Puis ce sera les hippos, puis les puissants buffles. Au premier buffle, Junior s’écrie « Big Five !! ». Et oui nous avons vu : Eléphants, Rhinos, Lions, Léopards et maintenant Buffles. Le fameux big five est réalisé et Junior en est ravi. Nous arrivons au camp et nous nous enregistrons auprès des Rangers. Nous avons l’emplacement N°3. Nous leur demandons ce qu’il y a comme animaux et ils nous rassurent de suite : ce matin ils ont remarqué des traces de lions au niveau de notre emplacement. Juste dans les buissons derrière le camp, un grand troupeau de buffles a élu domicile. Sinon la routine : passage d’éléphants et bande de babouins dont ils précisent qu’il faut se méfier car ils sont « naughty ». Bon ben nous voilà dans le bain !!!
Notre emplacement est bien situé : non loin des bâtiments sanitaires, avec une belle vue sur la rivière. Chaque place est invisible de l’autre, assez distante et séparée par des hautes et épaisses haies. De l’autre côté de la rivière, c’est la Namibie. On distingue des parfois des petites embarcations en bois : des pêcheurs. La nuit des feux de camps sont visibles dans le lointain, preuve d’une présence humaine. A ce propos, je me suis aussi renseigné sur place quant à l’existence d’éventuels voleurs pouvant s’introduire dans le camp : c’est malheureusement confirmé, et par les rangers, et par un guide rencontré sur place. Ils viennent de la rive d’en face et peuvent voler dans la journée dans les remorques ou dans les voitures la nuit. J’ai prévu quelques contre-mesures (bombe lacry, gros gourdin, corne de brume et sifflet) mais nous n’aurons aucun désagrément d’origine humaine.
Alors que le soir s’annonce doucement, le camp est prêt. Nos réserves de bois sont garnies d’autant qu’il y a pas mal à glaner aux alentours. Junior et moi sommes afférer à préparer la table quand ma douce annonce d’une voix émue : « Venez voir les garçons » : un troupeau d’éléphants surgit du camp inoccupé d’à côté et prend le chemin de la rivière. Nous installons la table en conséquence et buvons l’apéro avec ce spectacle inouï qui se déroule devant nos yeux. Des gros babouins commencent leur ronde. Ils passent devant nous en nous fixant. Je me manifeste bruyamment, tentant une imitation plutôt burlesque du gorille. Ils dévient un peu de leur trajectoire, peut être craignent-ils que je sois contagieux...
Ce soir là, je ne suis pas très rassuré par les buffles. Avant la nuit, on en distingue quelques-uns à l’orée des buissons derrière nous. Au bruits et grognements qui s’en dégagent : ils sont nombreux. Je sais qu’ils sont puissants, sans peur et agressifs. Ma crainte est qu’ils aient la mauvaise idée de traverser subitement notre camp pour aller boire.
Dès la nuit, le feu fournit éclaire notre bivouac et maintient éloigné les buffles. De temps en temps, j’éclaire de ma torche puissante les buissons. Des dizaines de points vert fluo scintillent dans le noirs : les yeux des buffles.
Notre stock de bois épuisé, il est temps de regagner nos perchoirs et de se laisser bercer par les bruits de la nuit. La journée a été longue et riche.
Vers les 23H00, un cri nous réveille : c’est Junior. Il appelle maman car il à mal au ventre.....Misère, si il y a un endroit où je ne souhaitais vraiment pas descendre de la tente la nuit, c’était bien là. Avant de mettre pied à terre, je balaye avec ma torche à droite et à gauche : rien. Les buffles semblent partis. Ma douce aide Junior dans son combat contre la gastro, pendant que je monte la garde à l’écoute des bruits. Tout le monde se recouche à la recherche du sommeil. A 01H00, Junior se fait de nouveau entendre : La gastro demande un deuxième round. Je vérifie de nouveau les alentours et soudain des dizaines de points verts fluo s’illuminent...ouf, se sont des impalas. Rebelote, on se repartit les mêmes rôles. Cette fois, il faut des médicaments car l’affaire est sérieuse. Evidemment ils sont dans une valise au fond du cab. Ma douce se livre à des contorsions empoussiérées dans la cabine pour atteindre les précieuses pilules. Mentalement, j’espère que les lions n’auront pas la bonne idée de venir nous rendre visite. Junior se voit administrer la prescription d’urgence anti-tourista et tout le monde retourne au dodo. Cette fois la gastro est jugulée.
Jeudi 21 août Nous prenons notre petit déjeuner sereinement. Les « naughty Baboons » commencent leur approche. Nous les chassons à grand renfort de cris et de gesticulations diverses. Je travaille mon imitation de gorille en colère, je sens que le rôle rentre. Alors que ma douce est partie au point d’eau, Junior et moi replions les tentes. Nous ne voyons ni n’entendons le gros mâle s’approcher de nous, se glisser à l’arrière du 4x4 et nous voler un pain de mie. Le temps de réagir et le malandrin s’éloigne vite. Je le pourchasse pour la forme, avec mon gourdin. Il s’arrête tout les 15 mètres pour avaler des tranches. Je lui balance des cailloux histoire de troubler son plaisir. Junior est contrarié car il appréciait grandement les tartines de pain de mie au peanut butter. Heureusement, il nous en reste un qui fera l’objet d’une surveillance renforcée. On rigole encore de cette anecdote. Peu après, je discute avec un belge qui occupe également un camp qu’il partage avec un autre couple. Les babouins ont été bien plus indélicats avec eux. Ils ont mis leurs voitures sous un grand arbre feuillus : Les babouins en nombre dans l’arbre ont couvert de déjection véhicules et tentes. Pire, une des femmes s’est fait faire pipi dessus alors qu’elle sortait de sa tente. Conclusion : ne pas mettre la tente sous les arbres.
Avant de sortir du camp et pour rire, je m’adresse à un Ranger en lui disant que je veux porter plainte contre un babouin pour le vol d’un pain de mie et que j’ai son signalement. Nous partons pour une journée entière de safari dans Chobe. Nous nous émerveillons constamment à l’approche des grands troupeaux. Là encore, nous admirons éléphants, hippos, buffles, Sables, phacochères, girafes, grands oiseaux et grandes familles de babouins. Nous décidons de prendre une piste nommée Puku Flats. Selon la carte elle longe une grande boucle de la rivière et revient à son point de départ. Nous sommes seuls sur cette voie et finissons par aboutir dans une cuvette de sable très mou. Nous le traversons prudemment et on s’ensable dans une courbe. Aguerris mais inquiet, on essaye la première manoeuvre de dégagement : Junior et ma douce poussent. Différentiel bloqué, le vaillant rodéo s’extrait centimètre par centimètre et regagne un sable plus ferme. Ouf, c’est passé !!. On poursuit la route pour finalement arriver à un cul de sac : la piste se termine dans une zone marécageuse. Hors de question de continuer. Demi tour et retour à la cuvette. Cette fois, on examine le terrain, un autre passage en ligne droite est possible mais il y a des bosses sableuses et la dernière fait comme une petite dune : il faudra y aller franchement pour ne pas s’ensabler dedans. Je reste seul dans le 4x4 pour l’alléger, après s’être assuré qu’il n’y a pas d’animaux dans le coin. Je m’engage. Je mets la gomme et le Mitsubishi rebondi sur les bosses, ça secoue dur et voilà la dune. J’accélère de plus belle, ça passe ou ça casse me dis-je. Je franchis l’obstacle dans un rugissement de moteur, tout vole dans l’habitacle et dans le cab. Re « Ouf » c’est passé....A ne pas faire tous les jours... Par la suite, les multiples embranchements de pistes sans indication nous perturberont un peu, heureusement que nous avons une boussole, cela évite de tourner en rond.
Après une journée de safari bien remplie, nous retournons au camp. Nous renouvelons notre stock de bois, et préparons le bivouac. Les éléphants reviendront pour l’apéro, un grand merci à eux. Les babouins seront maintenus à distance : Junior est remonté et leur lance des cailloux. Les buffles ne semblent pas être revenus et c’est tant mieux. Notre soirée sera calme et reposante. La nuit sera particulièrement bruyante et inquiétante. Heureusement que la gastro est vaincue. Des cris perçants, rauques et puissants déchireront le silence relatif. C’est tout près de nous. Je n’arrive pas à en identifier les auteurs. Ce qui est sûr, c’est qu’un drame se joue : certains des cris sont emprunts de douleur et de terreur...Cette nuit, le sang a dû couler. La vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille.
Vendredi 22 août Alors que nous sommes en plein petit déjeuner, un gros babouin rôdeur s’annonce. D’habitude nous nous manifestions de suite pour les faire fuir. Là, par curiosité, nous décidons de ne pas bouger. Tranquillement, il s’approche et infléchit sa trajectoire vers nous, vers la table. Puis alors qu’il n’est plus qu’à 5-6 mètres, il accélère brutalement. Alors qu’il va manifestement bondir, je me dresse avec mon gourdin et imite, cette fois- ci assez bien, le gorille vraiment en colère. Il stoppe net sa course et recule mais pas trop. Sans doute enhardi par son approche, il sera particulièrement retors à éloigner. Je garde également mes distances tout en maintenant la pression hostile, car je sais qu’il peut être dangereux. Il se réfugie dans les haies et reste à proximité. Suivant un exemple qui nous a été narré la veille, nous remplissons un sac plastique de gros cailloux et le déposons sur la poubelle de fer. Le piège fonctionnera et dans les 10 minutes qui suivront, le gros babouin sera là contre la poubelle, la main sur le sac. Nous ne l’avions pas entendu venir. Nos regards croisent celui de la bête, nous nous dévisageons mais nous ne bougeons pas. Il se saisit du sac qui est bien lourd et le laisse choir à ses pieds. Il fouille dedans et découvre son contenu. Nous éclatons de rire. Au regard qu’il nous a lancé, je suis sûr qu’il a su que nous moquions de lui. Il est parti peu fier et nous ne l’avons pas revu. Nous passons une bonne partie de la journée dans le parc. Nous souhaitions revoir des lions ou des léopards mais nous n’en verrons pas. Par contre nous nous retrouverons plusieurs fois tout proche, à quelques mètres, de troupeaux d’éléphants. Nous devrons nous en éloigner un peu plusieurs fois, devant les injonctions de certains d’entre eux, qui, s’avançant oreilles décollées et trompes battantes nous adressent cet avertissement qui peut se traduire par « pousse toi de mon chemin ou je t’écrase ».
Peu après, sur le chemin de la sortie, nous côtoierons de près un immense troupeau de buffles, plusieurs centaines de têtes en route pour la rivière. Dans l’après midi, nous regagnons le Kubu Lodge situé en sortie de Kasane sur la route menant au bac. Il est discrètement implanté le long de la rivière Chobe. Il est constitué d’un ensemble de chalets en bois surélevés avec petite terrasse en bois. Les chalets sont coquets et décorés avec goût. Le tout est implanté dans un vaste terrain paysagé et ombragé disposant d’une grande pelouse verte (sur laquelle les hippos se baladent la nuit). Le restaurant à l’écart présente une belle terrasse dominant la rivière. Nous dînerons sur place. La nourriture est bonne mais, là aussi, il y a peu de choix (un poisson ou une viande) et il ne vaut pas mieux être dans les derniers à table car il n’y a alors plus guère de choix. Une bonne nuit dans un vrai lit, après 9 jours de suite en tente sur le toit, est appréciée. Je n’ai pas eu le courage de me relever pour guetter les hippos.
Samedi 23 août Après quelques emplettes, nous repartons pour la matinée et le début d’après- midi dans le parc. Nous y voyons nos premiers crocodiles et lézards d’eau. Nous découvrons également un hippopotame allongé à l’ombre d’un buisson, sans aucun doute blessé. Il reste immobile bien que nous soyons à quelques mètres de lui. Nous pique-niquons devant une horde d’éléphants, également en plein casse croûte dans des petits buissons. Pas vu de félins à l’horizon.
Nous revenons à temps au Kubu Lodge pour participer à une « Cruise » sur la Rivière Chobe. Départ de la croisière à 15H00, jusqu’au coucher de soleil. Nous sommes dans une petite embarcation avec un couple de Canadien très sympa et leur fille du même âge que Junior... Notre capitaine connait bien son affaire et, s’il parait un peu austère au début, il se déride au fur et à mesure. Cette croisière est très prisée car nous ne sommes pas les seuls à naviguer. Il y a des bateaux bien plus gros et bondés. L’idéal est d’être dans un petit bateau comme le notre, bien plus rapide, bien plus maniable et surtout bien plus convivial. Son fond plat permet même de s’échouer sur la rive, approchant ainsi de très près les gros crocodiles en pleine sieste. Nous remontons la rivière, allant d’un point à l’autre. Tantôt pour des crocos, tantôt pour des oiseaux, des lézards et bien sûr pour des hippos. Ils sont tout proches, en famille, dans la boue ou dans l’eau. Là encore, quelques belles photos de gueules béantes et de « câlin animal » sont réalisées. La journée touche à sa fin, le soleil décline. Alors que la plupart des bateaux font demi- tour, notre guide nous offrira un fabuleux cadeau qui sera le point d’orgue de notre incursion en contrée sauvage. Il échoue le bateau contre une berge où, en léger surplomb, se prélasse un petit groupe d’éléphants. Lentement, le soleil se glisse entre eux, inondant d’or et de pourpre l’horizon. Bientôt, avant qu’il ne disparaisse, les silhouettes des éléphants se détachent en ombres chinoises devant un paravent de feu. Là, comme aux marquises, le rouge et le noir se s’épousent –ils pas ? Les seuls bruits qui filtrent de notre esquif sont le cliquetis des appareils, le clapotis de l’eau et nos souffles retenus. Le soleil désormais évanoui, sans se concerter, nous applaudissons. Le retour au ponton est rapide, le Capitaine met plein gaz. Nous le remercions chaleureusement et généreusement. Le dîner se fait sur la terrasse du Kubu lodge.
Dimanche 24 août Comme la veille, nous prenons le petit déjeuner en terrasse, de petits oiseaux verts et jaunes viennent quémander des miettes, jusque dans la main. Nous ne nous attardons pas car la route est longue Je devais laisser un petit message sur le livre d’or du Lodge avec un petit clin d’oeil à Francky04 mais le Lodge n’a pas de livre d’or.... Nous quittons Kasane en direction de Nata, Francistown et jusqu’à Palapye. La route goudronnée est bonne. A 70 kilomètres de Kasane, un grand troupeau d’éléphants marche non loin de la route, nous aimons à croire qu’ils sont venus nous saluer. Ils seront les derniers pachydermes de notre périple. A 130 kilomètres de Kasane et sur les 150 suivants, la route présente de très nombreux nids de poule. Certains pourraient être fatal à une berline. Par endroit, on dirait que la route a été bombardée. Quand les lignes droites sont bien dégagées, on slalome d’un côté à l’autre pour les éviter. Parfois, même en 4x4, il nous faut rouler au pas tant la chaussée est dégradée. Nous doublons un camion stationné moitié sur la route, moitié sur le bas côté. Manifestement les nids de poule (où plutôt d’autruche) ont eu raison de ses pneus. Nos franchissons des contrôles sanitaires au cours duquel le frigo est inspecté : pas de viande ou produit animal frais ne peut passer. Nous arrivons à Palapye dans l’après midi. Nous trouvons notre point de chute le camp Itumela qui fait camping et loue des chambres. Nous avons pris une chambre. L’arrivée est folklorique car on doit longer la voie ferrée et traverser une zone de stockage de fret. C’est moche et poussiéreux. Un petit panneau indique avec humour que bientôt la zone moche se termine et le paradis arrive.
Le camp est sympa, grand, fleuri mais assez rustique. Les chambres sont vraiment spartiates et la douche de la salle d’eau n’a rien à envier à celle d’Ihaha. Par contre le camp dispose d’un grand bar, de grands barbecues couverts, d’une cuisine également ouverte avec tous les ustensiles fournis, frigo, micro onde et plaques à gaz. Il n’y a que Junior pour oser faire quelques brasses dans la petite piscine froide. Nous sympathisons avec un couple de Sud Africain avec qui nous bavardons un long moment autour du braii. Dodo tôt, je sombre comme une masse.
Lundi 25 août Le réveil se fait également tôt à cause du train qui passe juste à côté et joue du klaxon. Nous prenons le temps de déjeuner tranquillement. On the road again, direction l’Afrique du Sud via Martin’s Drift. On franchit la frontière du Bostwana en 5 minutes et celle de l’Afrique du Sud en 10 minutes. Peu après la frontière, un panneau averti de la présence de phacochères. 3 mètres après celui ci se trouvent deux spécimens qui traversent la route : ils sont vraiment bien organisés ici !!! Par la suite, nous en verrons de nombreux autres au bord de la route. Nous avons remis le GPS en marche et faisons une étape pour les courses à Marken. C’est un bourg avec deux épiceries, une station service, un ATM et une boucherie. L’atmosphère est un peu tendue. Nous n’avons pas droit aux sourires. Finalement nous serons quand même bien reçus par la bouchère. En quittant Marken, on prend la direction des Waterberg : grandes montagnes plates qui se découpent en falaises et dont certains restes forment des pains de sucre un peu à l’instar de ceux de monument valley, avec plus de verdure. Nous arrivons enfin à l’embranchement de la ferme Mabote où nous avons réservé une hutte. 5 km de piste de sable séparent la ferme de la Gravel road. Nous sommes accueillis à bras ouvert par la maîtresse des lieux, une femme d’un certain âge (et d’un âge certain). Elle nous explique que les huttes sont en réfection et elle nous propose le chalet pour le même prix. Il a été construit en premier et servait au début de point de bivouac pour les réunions sa famille. Elle nous explique le fonctionnement du chalet, nous dit qu’il y a un petit lac non loin et que nous pouvons y faire du canoë : il suffit de se servir. Elle nous précise qu’elle viendra nous voir en fin de journée pour s’assurer que tout va bien. Enchantés, nous prenons la piste qui nous mène à 5 kilomètres de là au pied de la montagne. J’ai des doutes sur la faisabilité de la piste en berline.
Arrivés au « Koko chalet », nous découvrons un petit paradis. Ce sera notre derrière nuit en Afrique Australe et elle sera la synthèse de ce que nous attendions comme atmosphère. Le chalet est grand, bâti en bois et toit de chaume. Il est composé de deux grandes chambres séparées par un grand espace pourvue d’une cuisine américaine avec tous les ustensiles, évier et plaque à gaz. Il y a un frigo, un petit salon avec fauteuils et cheminée.Même le bois est fourni. Cette pièce est grande ouverte sur un ponton de bois surplombant une petite rivi��re qui serpente entre des rochers. Le tout est dominé par une haute falaise qui nous fait face. L’électricité fonctionne sur batterie et un chauffe eau invisible produit de l’eau chaude pour les deux salles de bains. Un peu en retrait du chalet, un espace est aménagé pour faire un braii géant avec des fauteuils tout autour. Nous regrettons déjà de n’y passer qu’une nuit. Nous allons faire un petit tour en canoë sur le lac. C’est calme. Deux montagnes côte à côte en perspective du lac donnent un tableau de carte postale. Retour au Chalet et Junior a encore le droit de tenir le volant, mode 4x4 enclenché. Il est fier de sa prouesse. A la nuit tombée, notre hôtesse nous rejoint. Elle nous offre des chocolats et s’assure que tout va bien. Elle précise à ma douce de ne pas faire la vaisselle car demain « ses gens » viendront faire le ménage. Nous dégustons notre dernier braii accompagné d’un vin sud africain. Ici nous sommes encore une fois seuls au monde. Tous les trois, nous irons nous blottir dehors dans les fauteuils. Dans la nuit noire, nous admirons une dernière fois et plus longuement que d’habitude, ce formidable ciel étoilé qui a accompagné nos nuits australes. Je suis sûr que vous devinerez quels furent nos voeux au passage des étoiles filantes.
Mardi 26 Août Petit déjeuner avant le grande préparation des valises pour l’avion. Quel bazar ! Puis nous faisons une balade en remontant la rivière. Par endroit elle s’élargit. De gros rochers plats permettent de la traverser sans difficulté. Quelques singes se sauvent dès notre approche. On se pose là, au pied de la montagne et sur une dalle au milieu de la rivière, pour contempler les alentours. Les meilleures choses ayant une fin nous devons quitter Mabote. Sur la table du salon, un livre d’or est posé. Déjà mélancolique je laisse ce petit mot ému, dans un anglais peut être pas très juste : « We have been driving through RSA, Namibia, Zambia and Botswana to discover this wonderful part of the world that is Southern Africa. Now it is our last stop. What a very good guess to end in this very nice, quiet and magic place. We had a very special time here, before being also “Out of Africa”. Thank you for your warm hospitality. Thank you to share your place. Mabote sounds like in French “ Ma beauté” wich means “my beauty.”
Nous traversons une partie du waterberg et arrivons à Naboomspruit. Puis nous rejoignons la N1, autoroute à péage. En approchant Prétoria, la circulation se fait dense. A Johannesburg, on tombe dans des bouchons. Heureusement que le GPS est là pour nous mener à bord, chez notre loueur. Le 4x4 est restitué, ils ne le vérifient même pas. Je montre juste une attache de hublot latérale qui a cédée et explique les rafistolages de la tente. Vers les 17H00 on nous conduit à l’aéroport. Les embouteillages sont denses et notre chauffeur prend la route des écoliers. On y est à 18H00 et l’avion décolle à 22H30...on a le temps. Petit moment de flottement à l’enregistrement : Nos bagages présentent un excès de 16 kilos et c’est 60 euros le kilos....Nous gardons en guise de bagage à amin, un sac à dos. A chaque embarquement, nous prions pour que cela passe car nous avons 3 gros sacs plus le sac à dos. Finalement, tout ira bien. Le reste n’a que peu d’intérêt sauf qu’Emirates est fidèle à elle même. Nous arriverons à Roissy le Mercredi 27 au soir comme prévu, sans encombre, cette fois-ci avec tous nos bagages et le coeur lourd.
EPILOGUE
Depuis notre retour, l’Afrique est dans nos têtes. Ma douce en a rêvé pendant plusieurs nuits d’affilées, se croyant encore dans la tente au réveil. Le tri des 8000 photos, la rédaction du carnet et la lecture du forum nous relient quotidiennement à elle. Je comprends maintenant la nostalgie des Vinnylove, Grisemote, Francky04 et autres voyageurs. L’année prochaine, dans deux ans ou plus tard, nous y retournerons, c’est certain.
En résumé
Nos coups de coeur :😎 Les sites de Fish River Canyon, Sesriem, des chutes Victoria et de Chobe. L’accueil de certains africains australs La faune riche et sauvage Les somptueux couchers de soleil Les nuits étoilées magiques Les camps de Koiimasis, Goabacca et Mabote
Nos coups de gueule :😠 Les grands groupes organisés, bruyants et indélicats L’accueil de certains africains australs La poussière omniprésente Le vent à Walvis bay
Nos regrets :😕 De ne pas y avoir été plus tôt D’en être déjà repartis De ne pas y retourner de si tôt
La première partie était là : http://voyageforum.com/...ere_partie_D2003883/
Voilà la suite :
Jeudi 14 Août Nous quittons la ferme des Guépards. Ayant fait nos courses la veille à Kamanjab, nous décidons de prendre un raccourci et de ne pas descendre jusqu'à Outjo pour rejoindre Etosha. Selon nos hôtes, la piste est belle et on met sensiblement le même temps que par la route. Nous empruntons donc la D2671 puis la D2695 et passons donc par Mondesir. Effectivement, la gravel road est très bonne et je suis sûr d’avoir gagné du temps. On rattrape la grande route et direction plein Nord : Etosha. On entre enfin dans le sanctuaire. Nous nous rendons d’abord à Okaukuejo afin de s’assurer de notre camping. L’accueil à la réception est vraiment très froid, je me retiens de ne pas recommander à la réceptionniste une bonne cure de carottes. Les places sont attribuées. Les emplacements sont côtes à côtes, avec point d’eau et prise de courant. Les blocs sanitaires sont en très bon état (Etosha a été rénové pour son centenaire en 2007). Nous jetons un coup d’œil sur le grand livre où les touristes inscrivent les lieux où des animaux ont été vus. Apres avoir acheté une brochure incluant le bestiaire (très utiles pour les oiseaux) et la carte détaillée, nous partons pour notre premier safari.
Les jumelles sont à portée de mains, les lunettes nettoyées et les yeux grands ouverts. Un voyage en Afrique est immanquablement le temps de LA rencontre avec ces animaux sauvages qui nous ont tous fait rêver un moment où à un autre. Nous expliquons à Junior la règle du Big Five. A l’instar de la famille Grisemote, nous instaurons un joyeux concours de repérage des seigneurs dont le prix est une glace. Tout comme « l’école des fans », tout le monde aura son trophée….. Cette première journée s’annonce prometteuse : outre les nombreux troupeaux et hardes de zèbres, impalas, autruches, springboks, girafes, oryx, Kudus (et j’en passe) nous frissonnons à nos premiers éléphants et lions (5 lionnes postées au point de Okondeka). Nous arpentons les points d’eau et l’appareil de ma douce chauffe : clic clac kodak...
Le soir, après nos grillades, nous allons au point d’eau nocturne. Celui ci dégage une odeur très forte : mélange de ménagerie et de purin !!!. Toutefois, une belle surprise nous attend : une petite famille d’éléphants le partage avec un rhino qui doit être rémunéré par le Parc car il reste vraiment longtemps et prend la pose. Puis, pour notre plus grand plaisir, une maman rhino survient avec son rejeton vraiment petit et qui reste bien à l’abri dans ses pattes. Quelques girafes arrivent et s’abreuvent prudemment. On admire le spectacle jusqu’au départ des artistes.
De retour au camp, il est l’heure d’aller se coucher. Des chacals rodent un peu partout. Ils ont la technique pour ouvrir les couvercles des poubelles pourtant suspendues. On se pose assis en hauteur, au bord de la tente et observons un peu le manège de ces maraudeurs, avant de se glisser dans nos duvets. Pas de groupe à proximité : tranquillité assurée !!
Vendredi 15 août. Nouvelle journée Safari direction l’Est. Encore des belles rencontres (Eléphants, grands troupeaux, premiers gnous..) certaines rencontres sont plus notables : nous suivons de loin un éléphant qui traverse la savane et, en estimant sa direction, le rejoignons à un point d’eau. Après s’être abreuvé, le pachyderme s’arrose copieusempent de boue et de poussière à une dizaine de mètres de nous. Puis, facétieux, il asperge d’eau quelques petits échassiers blancs qui osent fouiller dans son crotin. Plus tard, nous admirons un gros rhino posté à l’orée de buissons. On sent que l’animal est moins tranquille, plus sur ses gardes que l’éléphant. Son attitude un peu fébrile nous impose une certaine prudence : je n’ai pas envie de jouter avec la bête, le 4x4 n’apprécierait pas. Durant l’après midi, nous avons également la chance de voir un beau léopard venant boire (point de Goas). Nous sommes arrivés juste à temps car, contrairement aux stars d’hier soir, il ne traîne pas. Cet animal a vraiment une belle démarche, il dégage une impression de puissance et d’assurance. On observe également pas mal d’oiseaux : des très colorés « Lilac-Breasted roller » aux imposants « secretary Bird » et « Kori Bustard »
Nous bivouaquons au camp d’Halali. Les emplacements sont petits et serrés. On se croirait dans un camping sur la côte française. Nous n’avons pas envie de traîner là. Nous décidons alors de nous adonner à une pratique courante, instaurée depuis longtemps dans nos us et coutumes : l’apéro insolite. Le principe simple et immuable de ce rite secret est de boire l’apéro en famille dans des lieux plus ou moins insolite. Nous préparons notre sac à dos glacière et en route pour le point d’eau. Celui là n’a pas d’odeur. Comme il est de bonne heure, il y a peu de spectateurs. Nous choisissons un banc bien situé, juste devant le parapet. Discrètement et le plus en silence possible par égard au voisinage, nous commençons notre rituel à la santé de mère nature et de ses enfants.
Nous avons dû plaire aux dieux africains car ils nous ont adressé un signe. Un léopard est venu d’abord s’abreuver. Peu de temps après qu’il ait disparu dans la nuit, quelques craquements ont annoncé l’arrivée d’une harde d’éléphants (11 pachydermes ) dont des éléphanteaux ont pris place autour de la grande mare pour notre plus grand plaisir. Après un bon moment, l’animal qui semblait mener le groupea regardé en direction de la pénombre et lançé un bref barrissement. Sans doute inspiré par les esprits conjugués de Nicolas Hulot et John Ballantines, je suggére à ma douce et à Junior : « Il prévient un autre groupe qui attend son tour. ». Quelques minutes après, les éléphants ont quitté tranquillement le point d’eau. Le silence qui suivit leur départ fut très vite brisé par l’arrivée d’un autre groupe de 19 babars pour une nouvelle longue séance de libations. Moment de triomphe intérieur quand ma douce et Junior se sont tournés vers moi dans un regard unanimement admiratif. La représentation de ce soir là a duré bien plus longtemps que prévu et nous quittons les lieux ravis, après que le point d’eau soit devenu complètement désert. La douceur du début de soirée a fait place à la fraîcheur et nous regrettons de ne pas avoir emporté nos polaires (erreur d’amateurs). Sur le retour, nous croisons des gens qui se rendent au point d’eau...s’ils savaient ce qu’ils viennent de rater.
Pas le temps de faire de feu : ce soir, ce sera Biltong et chips. Nous dégustons le biltong acheté en filet, bien plus savoureux que celui déjà coupé en lamelles. Tout comme la nuit précédente, celle-ci sera sereine. La température nocturne s’est rafraîchie depuis hier, mais nous n’avons toujours pas froid.
Samedi 16 août. Dernière journée à Etosha, nous l’espérons riche. Les nombreux troupeaux de ruminants sont toujours aux rendez vous. Nous sommes gâtés par une famille de lions qui a pris ses quartiers au pied d’arbustes avoisinants un petit point d’eau (Nuamses). Nous prenons le temps d’admirer le seigneur à grosse crinière entouré de 3 lionnes. Deux lionceaux sont également présents et l’un d’entre eux a la bonne idée de s’éloigner des hautes herbes le temps de quelques photos. Un peu plus tard, nous surprendrons un jeune mâle solitaire venu se rafraîchir sur un autre point, troublant la quiétude des girafes qui s’étaient retirés derrière des buissons. Leurs longs cous dépassaient de loin les arbustes et on pouvait les voir surveiller le lion sans jamais le perdre de vue. La Panthera Leo ne leur a même pas jeté un regard...
Nous avons failli manger de l’Impala ce jour là : alors que nous circulions sur la voie principale qui traverse le parc, nous longeâmes (hou, quel style !!) un troupeau d’Impalas sagement posté sur le bord. Soudain un jeune Impala traversa la route en courant devant nous, poursuivi par un mâle .. Jusque là, la distance entre eux et le 4x4 était suffisante. Mais le premier eut la mauvais idée de faire demi tour subitement et retraversa la piste juste devant la voiture. Bien qu’ayant pilé, c’était trop juste pour pouvoir s’arrêter. L’écervelé passa de justesse, manquant d’être percutée par l’arrière. Mais ce n’était pas fini, dans la fraction de seconde qui suivit, le mâle était dans ses traces. Alors qu’il allait percuter la voiture au niveau de la roue avant, il fit un bond prodigieux, presque à la verticale par dessus le capot. Son sabot arrière a pris un ultime appui sur le haut du pare buffle, comme pour assurer le bond. Il a atterri sans dommage, de l’autre côté, pour poursuivre sa course. Nous sommes restés bouche bée devant une telle acrobatie. Certes, nous avions déjà admiré les sauts les springboks et autres gazelles, mais pas d’aussi près et pas devant un tel obstacle...
Nous prenons nos quartiers au camp de Namutoni. C’est celui qui présente un Fort blanc et ancien . Les alentours furent le théâtre de violents combats entre les Hereros et les Allemands comme en témoignent des mémoriaux. C’est de loin le plus sympa. L’accueil est nettement plus souriant, les places de camping sont aux choix et plus espacées que dans les autres camps. Il y a de la pelouse et non de la terre. Chaque emplacement a son bloc électrique. Les points d’eau sont en communauté. Les blocs sanitaires sont récents, certains encore en travaux : c’est la première fois que j’ai dû faire la queue pour prendre ma douche. Un phacochère se promène dans l’enceinte du fort pour la grande joie de tous. De même, de très nombreuses mangoustes déambulent dans le campsite. Il est difficile de ne pas résister à leur donner un petit quelque chose à grignoter pour pouvoir les admirer de très très près. Fort de notre belle expérience de la veille, nous décidons de renouveler l’opération « Apéro insolite » en y ajoutant le Pique Nique magique. A la nuit tombée, nous nous rendons au point d’eau éclairé. Cette fois les dieux de la savane nous ont un peu oublié : pendant la première heure, seul un chacal est venu rôder autour de la mare. 5 gentilles girafes ont finalement eu pitié de nous et ont daigné montrer le bout de leur nez. Après trois jours passés à Etosha, ce spectacle n’a pas eu la même magie que s’il s’était produit quelques jours avant.
De retour à notre emplacement, nous nous souvenons qu’il reste une tranche de viande rouge dans le frigo. Demain nous franchirons des barrières sanitaires qui ne la laisseront pas passer. Comme les chacals sont là, fouinant d’une place à l’autre, je découpe des petits morceaux de viande et leur lance. Rapidement, le plus téméraire d’entre eux vient à mes pieds et, dans une attitude canine, joue le jeu avec moi. Morceaux après morceaux, il se cale sur le son de ma voix et de mes injonctions, sachant quand approcher pour recevoir, et quand attendre. J’aurais presque envie de le caresser mais je sais que c’est un animal sauvage et je ne franchirai pas la limite. On se couche en rêvant à tous les hôtes de ce grand parc.
Dimanche 17 août Le réveil se fait de bonne heure car aujourd’hui la route est longue : prochaine arrêt Divundu-Bagani aux portes de la bande de Caprivi. Nous avons décidé de ne pas prendre la route goudronnée qui passe par Tsumbed et Grootfontein : nous coupons par la piste D3001 puis D3016. Bien nous en prend car la chaussée est bonne et les grande lignes droites nous permettent de rouler à bonne allure. Nous ne croisons quasiment personne. Une girafe et plus loin un chacal tenteront de faire la course avec nous : 1.la course de la girafe est gracieuse. 2 Je ne pensais pas qu’un chacal pouvait courir aussi vite et aussi longtemps.
Des palmiers assez hauts apparaissent de part et d’autre, annonçant un léger changement de végétation. Nous apercevons les premiers nuages depuis notre arrivée en Afrique, nous avons même le droit à un début de temps gris. Cela ne durera pas et nous n’en reverrons plus. Nous mettons à peine deux heures depuis le départ de Namutoni pour rejoindre la D8. Sur cette piste quasi deserte, nous laissons Junior tenir le volant sur quelques centaines de mètres. Concentré, il s'en sort fort bien.
Arrêt technique à Rundu : ravitaillement en tout genre (carburant, courses, argent). Aux abords de Rundu, la route est bordée de nombreuses huttes en terre et aux toits de paille. Elles sont regroupées par grappes, le plus souvent dans une enceinte faite de bouts de bois. Ici la modernité n’a presque pas de prise. Ceux qui vivent là le font de la même manière que leurs ancêtres. Nous en voyons de façon concentrée sur des kilomètres. De très nombreuses personnes marchent le long de la route, accompagnant des troupeaux, portant des bidons, ou simplement voyageant d’un point à un autre. Parfois en circulant, nous sommes étonnés de croiser des marcheurs alors qu’à des kilomètres en amont et en aval il n’y rien d’autre que la savane ou le bush.
Nous arrivons à Divundu. Les explications concernant l’emplacement de notre camp n’étaient pas très claires : il était indiqué de tourner à droite avant le pont mais sur google, le camp était à droite après le pont. Nous avons manqué le petit panneau la première fois. Notre camp, le Goabacca est un camping communautaire. Nous l’avons choisit plutôt que le Neisip car il est beaucoup plus proche de la route (4 kms) Je ne savais pas trop à quelle heure on arriverait et je ne voulais pas me perdre dans les pistes la nuit. Finalement nous arrivons à 15H30. Une petite piste en sable mou part sur la droite APRES le pont enjambant l’Okavango. Elle longe un centre de redressement (une prison...). Les locataires forcés des lieux nous regardent passer le long du grillage et certains nous saluent. Nous leur faisons un petit signe de la main. Tous nous rendront notre salut et nous souriront.
Le Goabacca camp est une très agréable surprise. L’arrivée se fait au bout de la piste un peu défoncée et passant à travers le bush. Une petite cahute en guise de réception nous rappelle l’anecdote de Ugab. Un petit bonhomme souriant surgit, il cumule les emplois ici : réceptionniste, caissier, intendant, gardien..... Il y a 4 emplacements : deux possèdent des pontons en bois offrant une large et belle vue sur l’Okavango. Les popa falls sont quasiment à nos pieds et le bruit qu’elles dégagent est bien présent. Nous héritons du camp N°02. Ce petit camp est plein de charme : une hutte ouverte abrite le coin cuisine avec évier. Plus loin, une seconde hutte abrite d’un côté les WC et de l’autre la douche. C’est propre et il y a encore de la braise sous le chauffe-eau de brousse. Nous nous baladons un peu le long de l’Okavango. Non loin du camp, une petite plage de sable fait face aux rapides (les Popas falls sont des rapides formant des toutes petites cascades et non une chute d’eau). Nous sommes quand même fatigués de notre route et nous ne traînons pas. Surgissant de nulle part, un groupe de gamins remonte le chemin, à la queue leu leu. Nous tentons un dialogue mais manifestement, ils ont autre chose à faire. Nous dînons sur le ponton, face à l’Okavango. L’emplacement N° 03 tout comme le 4 est plus dédié aux groupes. Un petit groupe de français occupent le N°3. Ils seront discrets : Merci. Le repas sera l’objet d’un mini drame : la saucisse de boeuf est vraiment beurk et le Shiraz bouchonné !!! En guise de consolation, nous admirons la nuit, la clarté de la lune et ses reflets sur le fleuve. Le bruissement de l’eau, les murmures nocturnes nous bercent. Une grande quiétude nous entoure. Nuit d’Afrique rime avec nuit magique. Nous conseillons vivement le Goabacca camp et l’emplacement N°02.
Lundi 18 août Alors que nous nous extrayons des tentes et commençons nos rituels matinaux, un superbe lever de soleil au dessus du fleuve s’annonce. J’ameute la troupe et toutes activités cessantes nous nous postons sur notre ponton. L’espace d’un moment, le temps suspend son vol : le soleil, légèrement zébré, joue avec le rouge, le jaune et le rose. L’Okavango se fait miroir...que c’est beau. Après cet instant d’intense émotion, nous retournons à nos premières intentions. Le petit déjeuner sur le ponton sera calme et détendu. A 07H30 il nous faut partir pour notre prochaine destination : les Victoria Falls.
La traversée de la Bande Caprivi se fait sans encombre. Il n’y a rien de particulier à signaler : la route est goudronnée et bonne, le paysage est monotone. Beaucoup de parcelles longeant la route sont noircies, sans doute par écobuage. Il y a moins de densité de petites huttes qu’aux abords de Rundu. A 50 kilomètres de Katima Mutilo, un 4x4 Blanc tirant une remorque bâchée est arrêté en warning. Nous nous arrêtons. C’est une famille de hollandais. Ils sont en panne d’essence. Nous proposons notre aide mais ils voyagent à deux familles et l’autre 4x4 est déjà parti pour Katima Mutilo chercher de l’essence. Ils avaient prévu de faire le plein à Kongola mais la station était à sec. Après être rassuré sur leur sort nous reprenons la route.
Nous voilà à Katima Mutilo. Nous prenons le temps d’y faire une étape shopping. Un petit craft center situé près du marché propose des belles statuettes. Cette ville est animée, bien achalandée : on y trouve plus que l’essentiel. Nous faisons le plein de gas oil. On nous l’a conseillé, car l’essence est bien plus chère en Zambie parait- il. On prend même le temps de trouver le gros baobab dont le tronc creux servait de toilettes publiques. Il reste bien un bout de céramique mais ce n’est plus fonctionnel bien que l’odeur qui en dégage rappelle Cape Cross... Nous prenons la direction de la Zambie. Adieu la Namibie et un grand merci pour tout.
Nous traversons le pont qui enjambe le Zambèze pour atteindre la ville de Sesheke. Une fois le pont franchi, rien ne nous apparaît comme un poste frontière. Nous prenons la direction de Livingstone. Cela doit être comme à Nakop : le poste Zambien doit être plus loin. Après plusieurs kilomètres, cela ne colle pas : Il y a des maisons et un village. On passe devant un poste de police et je m’arrête. Je vais voir le sévère sergent qui est debout derrière son pupitre de bois. J’explique que je viens de Namibie et que je cherche le poste frontière. Il se déride et m’indique qu’il était juste après le pont. Nous faisons demi-tour. Nous voilà présentement clandestin !!!. Je me dis qu’on aurait pu se faire prendre en chasse en ne s’arrêtant pas...
Arrivés au pont, nous constatons qu’il y a effectivement des baraquements sur la gauche. Le petit bâtiment est un peu (beaucoup même) défraîchi. Une fois stationné, on enclenche le chrono histoire de pouvoir vous dire combien de temps cela nous prend : il est 14H00, top chrono ! Commence alors le racket organisé. On passe successivement 4 étapes à chaque fois soldées par un délestage de US dollars : Premièrement, les visas : on remplit la paperasse habituelle, plus un registre où on réécrit quasiment la même chose. J’ai envie de mettre Mickey Mouse en guise de nom car ils ne vérifient rien. Mais bon, je m’abstiens, l’humour a des limites. Le visas coûte 50 $ par personne. Pour junior c’est gratuit ! Deuxièmement, la taxe véhicule : on passe dans le bureau d’à côté où nous attendent deux agents en uniforme : une femme affalée sur un fauteuil, les pieds posés sur le bureau, la casquette de travers et occupée à siroter un Coca. Je regarde ma douce : « n’y pense même pas » lui dis-je mentalement, devinant son irrésistible envie de prendre une photo. Son collègue masculin est derrière un ordinateur antédiluvien. Vérification des papiers du véhicule et savant calcul : pour notre fidèle Rodéo, ce sera 44 $. Je tends un billet de 50 et à l’attitude de mon interlocuteur qui fait mine de chercher, je comprends bien qu’il va me falloir faire le deuil de la monnaie. Avant qu’il ne tente de me l’expliquer, grand seigneur, je lui fais un signe en disant : « it’s ok ! ». Cela fait sortir de son apathie sa collègue qui nous décroche un grand sourire. Avant de quitter le bureau, on nous explique qu’il faut s’acquitter de l’assurance obligatoire. Troisièmement, l’assurance auto : nous sortons du bâtiment pour entrer dans un petit chalet de bois, pareil à ceux vendus pour mettre dans le fond du jardin afin de ranger la tondeuse. Notre interlocuteur réussit le tour de force de remplir le contrat tout en nous l’expliquant vaguement et en poursuivant une conversation téléphonique animée : cet homme est un artiste. Au final l’assurance nous coûte 40 $ ou 115000 Kwatchas pour un mois, durée minimum du contrat. Avant de sortir, l’assureur nous indique à son tour qu’il reste une étape : la County tax, « just next door ». Quatrièmement, la taxe locale : le « next door » est en fait une vieille caravane insalubre. Cela doit faire bien longtemps qu’elle a parcouru son dernier voyage. Elle connait une seconde vie après sa mort, en servant de bureau de recette locale. A l’intérieur nous attend un couple sans âge, en parfaite harmonie avec le décor. Ces deux personnes, , au demeurant très souriantes nous expliquent dans un anglais chaotique le pourquoi de cette taxe. Pour officialiser leur propos, le gentil grand- père nous désigne une photocopie jaunie, écornée et tachetée par je ne sais quoi, apposée sur la paroi intérieure de la roulotte. Je regarde le parchemin, cela parle de la Sesheke county tax avec des tarifs listés. Une faible empreinte de tampon termine solennellement le document. Renonçant à toute protestation du style « on ne reste pas ici on ne fait que passer », on s’acquitte des 10 $ pour le plus grand bonheur du couple, non sans s’être auparavant soumis au rituel du remplissage du registre. Durant la transaction, il a été galamment proposé à ma douce de s’asseoir sur la banquette en moumoute de la caravane. Je ne sais pas si c’est la couleur indescriptible de la moumoute, probablement d’époque, ou la forte probabilité que des minuscules habitants s’y soient installés durablement, mais ma chère et tendre a poliment décliné l’invitation.
On sort de cette ultime repaire de gabelous. Des hommes attendent pour faire du change. Pas trop sûr du taux, je change 50$ contre 150.000 kwatchas, histoire d’avoir un peu d’argent local au cas où. Nous regagnons notre véhicule où junior joue sagement à la D.S. Top chrono il est 14H33 (moins 200 $). Nous roulons maintenant sur la M10 en direction de Livingstone. La route est moins bonne que la « Caprivi strip » : peu ou pas de bas côté, chaussée moins large et nids de poule. On traverse plusieurs villages et il y a pas mal de piétons. Peu avant Livingstone, on s’arrête à deux « check point ». Au premier, on nous demande d’ouvrir le coffre arrière et on nous pose quelques questions. Au second, nous ne sommes pas contrôlés. Un gros Babouin traverse la route nonchalamment sous l’oeil enamouré de sa femelle. Nous ne verrons pas d’autres animaux. Arrivés à Livingstone, nous prenons la route principale. Nous faisons un arrêt au Super Spar bien achalandé.
Nous arrivons au Zambeizi Waterfront, situé presque en sortie en ville en direction des chutes. Ce complexe comprend des chambres, des tentes à louer et des places de camping. Il a un bar-restaurant sympa avec une grande terrasse surplombant le Zambèze. Il y a une piscine dans laquelle junior osera se baigner même si l’eau est froide. Nous choisissons notre emplacement. Il en reste peu de libre. Ce n’est pas très grand mais ombragé. Nous avons un point d’eau, un évier, un braii et un point d’électricité. Je déconseille les tentes car elles sont situées tout au bord des chemins qui mènent des campings au centre du complexe : tout le monde passe juste devant vous : aucune intimité. Une fois notre camp matérialisé nous nous empressons d’aller aux chutes.
L’entrée du parc est située à 4 km. En approchant, on distingue soudain la brume qui s’élève : premiers frissons dans la voiture. L’entrée du parc est gardée par un militaire armé d’une kalachnikov. Il nous précise bien de payer le parking et de garder le ticket pour sortir.... Nous stationnons sur le parking du parc qui est bordé par un marché aux souvenirs. L’entrée du parc est de 20 $US par adulte et 10 par enfant. Le billet n’est valable que pour une entrée contrairement à ce qu’on nous dit au Lodge. On emprunte le chemin qui mène aux points de vue. J’entends les battements de coeur de ma douce... soudain ça y est : on est face à la faille qui s’étend sur la gauche. De nombreux filets et petites cascades en tombent. Le débit est petit car c’est la saison mais la faille est immense : 1, 7 km de long et 103 mètres au plus haut. Je regarde ma douce, ses yeux sont embués et ce n’est pas par la brume. Un rêve de gamine vient de se réaliser et l’émotion est grande. Nous parcourons le chemin qui longe les chutes. Au loin, elles sont plus denses. La vapeur qui s’en élève est bien visible et monte à plusieurs dizaines de mètres comme un épais nuage de fumée. Nous allons tranquillement jusqu’au bout du chemin qui se termine à flanc de falaise. C’est vraiment une belle réalisation de la nature, majestueuse et hors normes. De l’autre côté de la faille, c’est le Zimbabwe. Nous nous postons là et admirons. Il n’y a pas de bruit assourdissant, le débit y est pour quelque chose et peut être que le bruit reste au fond de la gorge. Le soleil décline, nous restons jusqu’à son coucher. Encore une belle façon de terminer la journée, en contemplant messire soleil se cacher derrière la brume puis disparaître derrière la faille des chutes, quelque part par delà le Zimbabwe. Nous regagnons notre voiture et jetons un oeil aux souvenirs. D’un coup, tous les vendeurs sont nos amis. Ils se présentent à nous par leur prénom et demandent le notre. Chacun veut qu’on regarde ses trésors. Il y a quelques belles choses mais nous voulons prendre le temps. Je dis que je reviendrai demain. Je comprends dans leur regard que c’est une phrase qu’ils entendent souvent. Je leur assure que je n’ai qu’une parole.
Retour au Waterfront, direction la douche. De nombreux moustiques sont postés le long de la faïence des cabines de douche, en embuscade pour une attaque en piqué. A grandes claques, nous nous transformons en serial killer. Autant vous dire qu’on se badigeonne de répulsifs. En tout cas l’ensemble du dispositif anti moustique mis en oeuvre est efficace car nous ne constatons aucune piqûre. Nous dînons le soir au restaurant du lodge. Une erreur de décalage horaire et un apéro prolongé nous font dépasser l’heure du service : le buffet d’entrées et les desserts sont terminés. Nous nous ferons quand même servir le plat principal. La cuisine est simple (un seul plat du jour) mais c’est bon. Un groupe de jeunes anglo-saxons attablés au bar chahutent et 3 d’entre eux terminent dans la piscine. Quelques protestations fusent des autres résidents. Moi je souris : faut bien que jeunesse se passe, Sont-ce les chutes qui me rendent moins ours ?
Mardi 19 août A 05H00, nous sommes réveillés par le moteur diesel d’un camion transportant un groupe. Le chauffeur le laisse tourner 10 minutes avant de partir. Y a des coups de pied au cul qui se perdent.... Aujourd’hui, retour à Mosi-Oa-Tunya (nom africain des chutes) mais cette fois ci côté Zimbabwe. La solution nous a été soufflée en entrant en Zambie, en discutant avec un officier d’immigration : nous irons à pied. On gare le 4x4 devant le poste frontière de la Zambie, juste après l’entrée du Parc des chutes. De suite, un homme nous propose de garder notre véhicule. Je lui fais remarquer que nous sommes devant un bâtiment officiel avec des hommes en armes, y aurait il des voleurs ? Non m’assure-t-il mais des méchants babouins qui dégradent tout. Appuyant ses dires, un gros babouins se ballade sur une remorque d’un camion stationné un peu plus loin. Serait-il de mèche avec notre démarcheur ? Mais bon, l’argument est imparable, j’accepte le gardiennage. Nous nous rendons à l’immigration et suivons les conseils reçus : nous demandons un « Gate pass » pour se rendre sur le pont qui enjambe la faille entre les deux pays. Ce laisser passer est gratuit. Il s’agit en fait d’un simple petit bout de papier avec un tampon et sur le lequel figure le chiffre 3 : le nombre de personne que nous sommes. En théorie ce papier permet juste d’aller sur le pont et donc de ne pas se faire tamponner le passeport en sortant de la Zambie. Sinon, au retour, il nous faudrait repayer un visa. Il ne faut surtout pas le perdre, car il est exigé au retour. Bien sûr, il ne faut pas dire que c’est pour aller au Zimbabwe mais juste sur le pont. Notre première étape franchie, nous allons sur pont. Là, nous sommes parmi de nombreux piétons locaux qui font des allers et retours entre les deux pays. Nous sommes les seuls étrangers. Rapidement nous sommes sollicités : guides, hôtel, taxi, marchandises, saut à l’élastique... Tout ce fait amicalement, et nos refus souriants ne froissent personne. La vue du pont est belle mais on ne devine qu’un petit bout des chutes, le reste est masqué par le relief. Au milieu du pont, un petit panneau indique qu’on entre au Zimbabwe. Arrivé au poste frontière, nous allons à l’immigration. Le visa coûte 30$ par personne, Junior aussi. Nous palabrons avec l’officier car le but est de pas avoir de tampon sur le passeport : car en cas de contrôle au retour en Zambie, il nous faudra re-payer le visa. Après l’avoir assuré que nous n’allons qu’aux chutes et que nous revenons dans quelques heures, il consent à nous laisser passer. Il nous donne un reçu pour les 90$, qu’il ne faut pas mettre dans le passeport (en cas de contrôle au retour). Pour sortir du Zimbabwe, il nous dit qu’il faudra demander un « gate pass ». Voilà, le tour est joué, nous entrons au Zimbabwe. On parcourt le petit kilomètre qui sépare la frontière de l’entrée du parc des chutes. Parmi les diverses personnes nous accostant, un homme utilisant un vélo de musée nous propose de monter dans sa remorque bricolée maison. Je suis sûr que la chose ne résistera pas à nos trois masses conjuguées. Il use de tous les arguments possibles et ses tarifs fondent au fur et à mesure. Je lui dis que peut être au retour.... sans conviction. Arrivés au parc, nous devons débourser encore 50$ pour payer nos 3 entrées (même prix qu’en Zambie).
Nous empruntons le chemin et commençons la visite. De Devil cataract à l’extrême gauche, au Danger Point qui borde la faille et fait face à la Zambie, nous ferons deux fois le chemin. C’est magnifique, splendide et inoubliable. Les chutes : Devil Cataract, Main Falls, Horse Shoe sont juste en face de nous et bien plus puissantes que côté zambien. La brume qui s’élève est vraiment palpable face à Main Falls. Nos K way ont été oubliés dans le 4x4. Qu’importe, nous prenons plusieurs douches, reçues comme des bouffées de fraîcheur car il fait chaud et le soleil tape. D’ailleurs nous sommes très vite secs. Parfois nous croisons d’autres visiteurs drôlement emmitouflés dans des vêtements de pluie aux couleurs criardes : mais de quelle planète viennent-ils ? Ils ne connaitront pas les sensations de ces bains de bruines. Au risque de me répéter : il faut ABSOLUMENT voir les chutes côté Zimbabwe. Repus des splendeurs de ce lieu mythique, nous quittons quand même avec regret le parc et prenons le chemin du retour. Le Poulidor à remorque est là. Dès qu’il nous voit, il nous accoste de nouveau. Junior s’est tordu la cheville et boitille : nous ferons deux heureux d’un coup. Notre retour à la frontière se fera en bavardant avec le cyclo-taxi. Comme prévu nous obtenons sans problème le « gate pass » pour sortir du Zimbabwe et entrons en Zambie en montrant le « Gate pass » obtenu le matin en y sortant. Nos passeports ne seront pas contrôlés. Nous récupérons le 4x4 intact de toute attaque de babouin félon. Notre gardien est toujours là et nous nous acquittons des « frais de gardes ». Nous retournons au parking des chutes pour y acheter des souvenirs. Les vendeurs nous reconnaissent et se souviennent de nos prénoms. J’ai également mémorisé ceux de nos interlocuteurs de la veille, ce qui leur fait plaisir. Il s’en suit de longs palabres. Chacun veut qu’on visite son échoppe. Nos objets choisis, on marchande un peu car ils annoncent des prix pour américains (ce sont eux qui me l’ont dit). Les français ont manifestement la réputation d’être dur en affaire. On s’accorde sur des prix qui sont tout à fait acceptables pour nous et grandement profitables pour eux. Quelques dollars de plus sont bien plus importants pour eux que quelques dollars de moins pour nous.
Retour au Zambeizi Waterfront. Nous prenons l’apéro sur la terrasse en bois qui surplombe le fleuve. Nous assistons à un magnifique coucher de soleil par delà les flots. Le soleil vire en une grosse boule rouge qui disparaît derrière les arbres en distordant les couleurs. De temps en temps un vol de gros oiseaux en formation serrée passant au- dessus des flots vient compléter le tableau. Dîner également au restaurant du lodge, même remarque qu’hier : peu de choix mais bonne cuisine.
Mercredi 20 août Après une bonne nuit, réveil de bonne heure. Nous avons un rendez vous spécial : la veille, nous avons réservé 3 vols en ULM au dessus des chutes. Nous avons rendez-vous à 07H00 au Lodge. Coup d’oeil sur la montre il est 06H55 ! argh encore le décalage horaire. Vite, nous nous dépêchons. On nous conduit au terrain d’aviation qui est en fait très proche du lodge. Nous sommes les premiers à décoller. On enfile chacun une combinaison, ce sont des tailles uniques : ma douce et Junior nagent dedans et moi je suis un peu serré. On ressemble au bibendum Michelin. A la queue leu leu nous décollons de la piste. Mon pilote est un allemand qui parle bien français. Il est sympa et son commentaire le long du vol sera très instructif. Au retour, il me laissera même les commandes. Je suis sur l’ULM de tête, par derrière mon épaule et le temps d’un virage, je distingue ma petite famille également en vol, curieuse impression... La vue et les sensations que procure ce vol sont intenses. D’abord on survole la rive du Zambèze pour arriver aux chutes, l’appareil décrit ensuite deux grandes boucles au dessus de celles-ci, avec une large incursion au Zimbabwe. Puis, il regagne l’aérodrome en survolant le Zambèze en son milieu, laissant découvrir plein d’îlots et de bancs de sable. La faible altitude au retour permet de bien admirer éléphants, hippopotames et même des crocodiles. Que vous dire sur le survol des chutes mêmes ? Ce qu’en a dit David Livingstone : « Scenes so lovely must have been gazed upon by angels in their flight » qu’on peut traduire par « de telles magnifiques scenes doivent avoir été contemplées par les anges en vol » Le seul regret est qu’on ne puisse embarquer d’appareil photo, sécurité oblige. Les images resteront seulement dans nos têtes. Le vol coûte 115$ US, même prix que l’hélico, mais à mon sens avec plus de sensations. De retour sur le plancher des buffles, nous devons sortir du rêve et revenir à la réalité : il nous faut plier bagages et partir pour le Botswana. Il ne faut pas trop tarder car nous attend l’épreuve de la traversée en bac : véritable roulette russe qui peut parait-il, durer des heures. Bye bye la « fumée qui tonne ».
En sortant de Livingstone, nous subissons deux barrages routiers. Le premier est fait par la Police. Les papiers sont contrôlés et surtout l’assurance Zambienne. On est en règle, tout va bien. Le second barrage est pour l’entrée dans le comté de Kazungula où il nous faut payer la « local tax ». Un peu plus loin, un énorme serpent jaune et noir gît sur la route, il mesure presque trois mètres. C’est le seul serpent que nous verrons durant notre voyage.
Nous voilà à Kazungula. Une longue file de camion est arrêtée le long de la route en direction de l’embarcadère. Il y a plein de monde. Me souvenant des expériences lues, nous doublons les camions et nous arrêtons devant la grille, il est 09H55. A peine sortis de la voiture, nous sommes assaillis par des hommes qui nous proposent différents services : change, souvenirs et bien sûr une aide aux formalités. L’un d’eux parait très débrouillard et convaincant, il s’appelle Olifantsfontein, comme la ville précise-t-il. Nous nous accordons d’abord sur le tarif. Je lui dis qu’il ne me reste plus que 20000 kwatchas, rien de plus. Cela lui convient. Au pas de charge, il nous fait rapidement passer de guichet en guichet et de bâtiment en bâtiment. Il est efficace le garçon, prenant des raccourcis et passant devant les files. Un peu honteux, on se laisse mener. Après les formalités de sortie du territoire (pour nous et pour la voiture) et l’achat du billet du bac (20$ US), nous remontons dans le 4x4 à 10H15 !! Olifantsfontein reste à nos côtés, fait ouvrir la grille et nous dirige jusqu’au bout de la jetée, doublant tous les camions. Au final nous stoppons devant le fleuve, derrière 3 autres véhicules en attente de franchissement. Notre passeur a bien mérité son salaire. Alors que nous attendons sagement, un homme en chemise blanche tenant une espèce de cahier vient vers nous, pas content du tout. Il parle un très mauvais anglais et comme il est énervé, cela n’arrange rien. Il semble nous reprocher d’avoir eu recours à un passeur malhonnête car on aurait dû également passer par lui et payer une taxe. Il me demande où est le passeur, je lui assure qu’il est parti. Il note le numéro d’immatriculation du 4x4 et repart en fulminant. Je me dis que le malicieux Olifantsfontein l’a esquivé sachant que comme je n’avais plus que 20000 Kwatchas, son salaire aurait été amputé... Puis je remets dans l’ordre tout ce que le questeur local m’a dit et je réalise qu’il réclamait la county tax. Ici le county c’est Kazungula. Nous avons déjà été racketté et nous en avons gardé la preuve : un reçu. L’homme revient toujours gesticulant : je vais à sa rencontre et lui demande s’il réclame bien la Kazungula county tax. Il me le confirme. Petit moment de bonheur, je sors le reçu ainsi que mon meilleur sourire et lui démontre que nous l’avons déjà payé ce matin. Désarmé mais beau joueur, il repart en quête de nouveaux contribuables.
L’incident clos, nous observons le petit monde autour de nous. Apparemment, un seul bac fonctionne. Il se trouve de l’autre côte du fleuve. Le temps de décharger son contenu et de charger une nouvelle cargaison, le voilà qui revient. Après avoir largué ses passagers, il embarque les 3 véhicules devant nous, un camion, une centaine de piétons et il repart. On sera du prochain voyage. Olifantsfontein réapparaît, nous demandant si tout va bien. Il a changé de couleur de tee shirt, sans doute pour échapper au percepteur en colère...petit malin va !!! Une demi heure après c’est notre tour. Cette fois-ci, il prend deux 4x4 et deux camions. On serre au maximum ! Les roues avant du 4x4 sont presque hors limite du bac et le camion qui suit s’arrête à 15 cm de mon pare choc !!! On débarque au Botswana à 11H15 : belle performance. De l’autre côté, il y a plus de véhicules pour le passage dans l’autre sens. L’attente va être plus longue pour eux.
Les formalités d’entrée à la douane sont vites expédiées et nous payons seulement 50 pulas. Nous avions suivi le conseil donné par un Zambien : changer quelques pulas avant de quitter la Zambie pour en avoir à la douane en arrivant au Botswana. Nous faisons nos courses à Kasane, à l’incontournable Spar. Puis nous prenons la direction de Chobe pour trois jours et deux nuits en immersion complète dans le parc.
Chobe est véritable sanctuaire. Je me souviens d’une discussion avec un Namibien à Walvis Bay qui me disait que Etosha était très bien mais que Chobe était....il cherchait ses mots..et a finalement lâché un « piouuu » accompagné d’un grand geste d’impuissance à trouver le bon adjectif pouvant le décrire.
Nous entrons dans le parc : circulation en 4x4 uniquement. L’axe central est rapidement constitué de sable mou. Les pistes qui en partent pour longer le lit de la rivière le sont encore plus. Le camp d’Ihaha est situé à 24 km de l’entrée. Il faut une heure pour y arriver, sans traîner. Nous traînons, car rapidement, ayant pris le plus au près de la rivière, nous sommes bouche bée devant ces grands troupeaux d’éléphants. 20, 30, 40 voire plus, d’individus dans le même troupeau. Des gros et des tout petits, pataugeant dans la boue à quelques dizaines de mètres. Puis ce sera les hippos, puis les puissants buffles. Au premier buffle, Junior s’écrie « Big Five !! ». Et oui nous avons vu : Eléphants, Rhinos, Lions, Léopards et maintenant Buffles. Le fameux big five est réalisé et Junior en est ravi. Nous arrivons au camp et nous nous enregistrons auprès des Rangers. Nous avons l’emplacement N°3. Nous leur demandons ce qu’il y a comme animaux et ils nous rassurent de suite : ce matin ils ont remarqué des traces de lions au niveau de notre emplacement. Juste dans les buissons derrière le camp, un grand troupeau de buffles a élu domicile. Sinon la routine : passage d’éléphants et bande de babouins dont ils précisent qu’il faut se méfier car ils sont « naughty ». Bon ben nous voilà dans le bain !!!
Notre emplacement est bien situé : non loin des bâtiments sanitaires, avec une belle vue sur la rivière. Chaque place est invisible de l’autre, assez distante et séparée par des hautes et épaisses haies. De l’autre côté de la rivière, c’est la Namibie. On distingue des parfois des petites embarcations en bois : des pêcheurs. La nuit des feux de camps sont visibles dans le lointain, preuve d’une présence humaine. A ce propos, je me suis aussi renseigné sur place quant à l’existence d’éventuels voleurs pouvant s’introduire dans le camp : c’est malheureusement confirmé, et par les rangers, et par un guide rencontré sur place. Ils viennent de la rive d’en face et peuvent voler dans la journée dans les remorques ou dans les voitures la nuit. J’ai prévu quelques contre-mesures (bombe lacry, gros gourdin, corne de brume et sifflet) mais nous n’aurons aucun désagrément d’origine humaine.
Alors que le soir s’annonce doucement, le camp est prêt. Nos réserves de bois sont garnies d’autant qu’il y a pas mal à glaner aux alentours. Junior et moi sommes afférer à préparer la table quand ma douce annonce d’une voix émue : « Venez voir les garçons » : un troupeau d’éléphants surgit du camp inoccupé d’à côté et prend le chemin de la rivière. Nous installons la table en conséquence et buvons l’apéro avec ce spectacle inouï qui se déroule devant nos yeux. Des gros babouins commencent leur ronde. Ils passent devant nous en nous fixant. Je me manifeste bruyamment, tentant une imitation plutôt burlesque du gorille. Ils dévient un peu de leur trajectoire, peut être craignent-ils que je sois contagieux...
Ce soir là, je ne suis pas très rassuré par les buffles. Avant la nuit, on en distingue quelques-uns à l’orée des buissons derrière nous. Au bruits et grognements qui s’en dégagent : ils sont nombreux. Je sais qu’ils sont puissants, sans peur et agressifs. Ma crainte est qu’ils aient la mauvaise idée de traverser subitement notre camp pour aller boire.
Dès la nuit, le feu fournit éclaire notre bivouac et maintient éloigné les buffles. De temps en temps, j’éclaire de ma torche puissante les buissons. Des dizaines de points vert fluo scintillent dans le noirs : les yeux des buffles.
Notre stock de bois épuisé, il est temps de regagner nos perchoirs et de se laisser bercer par les bruits de la nuit. La journée a été longue et riche.
Vers les 23H00, un cri nous réveille : c’est Junior. Il appelle maman car il à mal au ventre.....Misère, si il y a un endroit où je ne souhaitais vraiment pas descendre de la tente la nuit, c’était bien là. Avant de mettre pied à terre, je balaye avec ma torche à droite et à gauche : rien. Les buffles semblent partis. Ma douce aide Junior dans son combat contre la gastro, pendant que je monte la garde à l’écoute des bruits. Tout le monde se recouche à la recherche du sommeil. A 01H00, Junior se fait de nouveau entendre : La gastro demande un deuxième round. Je vérifie de nouveau les alentours et soudain des dizaines de points verts fluo s’illuminent...ouf, se sont des impalas. Rebelote, on se repartit les mêmes rôles. Cette fois, il faut des médicaments car l’affaire est sérieuse. Evidemment ils sont dans une valise au fond du cab. Ma douce se livre à des contorsions empoussiérées dans la cabine pour atteindre les précieuses pilules. Mentalement, j’espère que les lions n’auront pas la bonne idée de venir nous rendre visite. Junior se voit administrer la prescription d’urgence anti-tourista et tout le monde retourne au dodo. Cette fois la gastro est jugulée.
Jeudi 21 août Nous prenons notre petit déjeuner sereinement. Les « naughty Baboons » commencent leur approche. Nous les chassons à grand renfort de cris et de gesticulations diverses. Je travaille mon imitation de gorille en colère, je sens que le rôle rentre. Alors que ma douce est partie au point d’eau, Junior et moi replions les tentes. Nous ne voyons ni n’entendons le gros mâle s’approcher de nous, se glisser à l’arrière du 4x4 et nous voler un pain de mie. Le temps de réagir et le malandrin s’éloigne vite. Je le pourchasse pour la forme, avec mon gourdin. Il s’arrête tout les 15 mètres pour avaler des tranches. Je lui balance des cailloux histoire de troubler son plaisir. Junior est contrarié car il appréciait grandement les tartines de pain de mie au peanut butter. Heureusement, il nous en reste un qui fera l’objet d’une surveillance renforcée. On rigole encore de cette anecdote. Peu après, je discute avec un belge qui occupe également un camp qu’il partage avec un autre couple. Les babouins ont été bien plus indélicats avec eux. Ils ont mis leurs voitures sous un grand arbre feuillus : Les babouins en nombre dans l’arbre ont couvert de déjection véhicules et tentes. Pire, une des femmes s’est fait faire pipi dessus alors qu’elle sortait de sa tente. Conclusion : ne pas mettre la tente sous les arbres.
Avant de sortir du camp et pour rire, je m’adresse à un Ranger en lui disant que je veux porter plainte contre un babouin pour le vol d’un pain de mie et que j’ai son signalement. Nous partons pour une journée entière de safari dans Chobe. Nous nous émerveillons constamment à l’approche des grands troupeaux. Là encore, nous admirons éléphants, hippos, buffles, Sables, phacochères, girafes, grands oiseaux et grandes familles de babouins. Nous décidons de prendre une piste nommée Puku Flats. Selon la carte elle longe une grande boucle de la rivière et revient à son point de départ. Nous sommes seuls sur cette voie et finissons par aboutir dans une cuvette de sable très mou. Nous le traversons prudemment et on s’ensable dans une courbe. Aguerris mais inquiet, on essaye la première manoeuvre de dégagement : Junior et ma douce poussent. Différentiel bloqué, le vaillant rodéo s’extrait centimètre par centimètre et regagne un sable plus ferme. Ouf, c’est passé !!. On poursuit la route pour finalement arriver à un cul de sac : la piste se termine dans une zone marécageuse. Hors de question de continuer. Demi tour et retour à la cuvette. Cette fois, on examine le terrain, un autre passage en ligne droite est possible mais il y a des bosses sableuses et la dernière fait comme une petite dune : il faudra y aller franchement pour ne pas s’ensabler dedans. Je reste seul dans le 4x4 pour l’alléger, après s’être assuré qu’il n’y a pas d’animaux dans le coin. Je m’engage. Je mets la gomme et le Mitsubishi rebondi sur les bosses, ça secoue dur et voilà la dune. J’accélère de plus belle, ça passe ou ça casse me dis-je. Je franchis l’obstacle dans un rugissement de moteur, tout vole dans l’habitacle et dans le cab. Re « Ouf » c’est passé....A ne pas faire tous les jours... Par la suite, les multiples embranchements de pistes sans indication nous perturberont un peu, heureusement que nous avons une boussole, cela évite de tourner en rond.
Après une journée de safari bien remplie, nous retournons au camp. Nous renouvelons notre stock de bois, et préparons le bivouac. Les éléphants reviendront pour l’apéro, un grand merci à eux. Les babouins seront maintenus à distance : Junior est remonté et leur lance des cailloux. Les buffles ne semblent pas être revenus et c’est tant mieux. Notre soirée sera calme et reposante. La nuit sera particulièrement bruyante et inquiétante. Heureusement que la gastro est vaincue. Des cris perçants, rauques et puissants déchireront le silence relatif. C’est tout près de nous. Je n’arrive pas à en identifier les auteurs. Ce qui est sûr, c’est qu’un drame se joue : certains des cris sont emprunts de douleur et de terreur...Cette nuit, le sang a dû couler. La vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille.
Vendredi 22 août Alors que nous sommes en plein petit déjeuner, un gros babouin rôdeur s’annonce. D’habitude nous nous manifestions de suite pour les faire fuir. Là, par curiosité, nous décidons de ne pas bouger. Tranquillement, il s’approche et infléchit sa trajectoire vers nous, vers la table. Puis alors qu’il n’est plus qu’à 5-6 mètres, il accélère brutalement. Alors qu’il va manifestement bondir, je me dresse avec mon gourdin et imite, cette fois- ci assez bien, le gorille vraiment en colère. Il stoppe net sa course et recule mais pas trop. Sans doute enhardi par son approche, il sera particulièrement retors à éloigner. Je garde également mes distances tout en maintenant la pression hostile, car je sais qu’il peut être dangereux. Il se réfugie dans les haies et reste à proximité. Suivant un exemple qui nous a été narré la veille, nous remplissons un sac plastique de gros cailloux et le déposons sur la poubelle de fer. Le piège fonctionnera et dans les 10 minutes qui suivront, le gros babouin sera là contre la poubelle, la main sur le sac. Nous ne l’avions pas entendu venir. Nos regards croisent celui de la bête, nous nous dévisageons mais nous ne bougeons pas. Il se saisit du sac qui est bien lourd et le laisse choir à ses pieds. Il fouille dedans et découvre son contenu. Nous éclatons de rire. Au regard qu’il nous a lancé, je suis sûr qu’il a su que nous moquions de lui. Il est parti peu fier et nous ne l’avons pas revu. Nous passons une bonne partie de la journée dans le parc. Nous souhaitions revoir des lions ou des léopards mais nous n’en verrons pas. Par contre nous nous retrouverons plusieurs fois tout proche, à quelques mètres, de troupeaux d’éléphants. Nous devrons nous en éloigner un peu plusieurs fois, devant les injonctions de certains d’entre eux, qui, s’avançant oreilles décollées et trompes battantes nous adressent cet avertissement qui peut se traduire par « pousse toi de mon chemin ou je t’écrase ».
Peu après, sur le chemin de la sortie, nous côtoierons de près un immense troupeau de buffles, plusieurs centaines de têtes en route pour la rivière. Dans l’après midi, nous regagnons le Kubu Lodge situé en sortie de Kasane sur la route menant au bac. Il est discrètement implanté le long de la rivière Chobe. Il est constitué d’un ensemble de chalets en bois surélevés avec petite terrasse en bois. Les chalets sont coquets et décorés avec goût. Le tout est implanté dans un vaste terrain paysagé et ombragé disposant d’une grande pelouse verte (sur laquelle les hippos se baladent la nuit). Le restaurant à l’écart présente une belle terrasse dominant la rivière. Nous dînerons sur place. La nourriture est bonne mais, là aussi, il y a peu de choix (un poisson ou une viande) et il ne vaut pas mieux être dans les derniers à table car il n’y a alors plus guère de choix. Une bonne nuit dans un vrai lit, après 9 jours de suite en tente sur le toit, est appréciée. Je n’ai pas eu le courage de me relever pour guetter les hippos.
Samedi 23 août Après quelques emplettes, nous repartons pour la matinée et le début d’après- midi dans le parc. Nous y voyons nos premiers crocodiles et lézards d’eau. Nous découvrons également un hippopotame allongé à l’ombre d’un buisson, sans aucun doute blessé. Il reste immobile bien que nous soyons à quelques mètres de lui. Nous pique-niquons devant une horde d’éléphants, également en plein casse croûte dans des petits buissons. Pas vu de félins à l’horizon.
Nous revenons à temps au Kubu Lodge pour participer à une « Cruise » sur la Rivière Chobe. Départ de la croisière à 15H00, jusqu’au coucher de soleil. Nous sommes dans une petite embarcation avec un couple de Canadien très sympa et leur fille du même âge que Junior... Notre capitaine connait bien son affaire et, s’il parait un peu austère au début, il se déride au fur et à mesure. Cette croisière est très prisée car nous ne sommes pas les seuls à naviguer. Il y a des bateaux bien plus gros et bondés. L’idéal est d’être dans un petit bateau comme le notre, bien plus rapide, bien plus maniable et surtout bien plus convivial. Son fond plat permet même de s’échouer sur la rive, approchant ainsi de très près les gros crocodiles en pleine sieste. Nous remontons la rivière, allant d’un point à l’autre. Tantôt pour des crocos, tantôt pour des oiseaux, des lézards et bien sûr pour des hippos. Ils sont tout proches, en famille, dans la boue ou dans l’eau. Là encore, quelques belles photos de gueules béantes et de « câlin animal » sont réalisées. La journée touche à sa fin, le soleil décline. Alors que la plupart des bateaux font demi- tour, notre guide nous offrira un fabuleux cadeau qui sera le point d’orgue de notre incursion en contrée sauvage. Il échoue le bateau contre une berge où, en léger surplomb, se prélasse un petit groupe d’éléphants. Lentement, le soleil se glisse entre eux, inondant d’or et de pourpre l’horizon. Bientôt, avant qu’il ne disparaisse, les silhouettes des éléphants se détachent en ombres chinoises devant un paravent de feu. Là, comme aux marquises, le rouge et le noir se s’épousent –ils pas ? Les seuls bruits qui filtrent de notre esquif sont le cliquetis des appareils, le clapotis de l’eau et nos souffles retenus. Le soleil désormais évanoui, sans se concerter, nous applaudissons. Le retour au ponton est rapide, le Capitaine met plein gaz. Nous le remercions chaleureusement et généreusement. Le dîner se fait sur la terrasse du Kubu lodge.
Dimanche 24 août Comme la veille, nous prenons le petit déjeuner en terrasse, de petits oiseaux verts et jaunes viennent quémander des miettes, jusque dans la main. Nous ne nous attardons pas car la route est longue Je devais laisser un petit message sur le livre d’or du Lodge avec un petit clin d’oeil à Francky04 mais le Lodge n’a pas de livre d’or.... Nous quittons Kasane en direction de Nata, Francistown et jusqu’à Palapye. La route goudronnée est bonne. A 70 kilomètres de Kasane, un grand troupeau d’éléphants marche non loin de la route, nous aimons à croire qu’ils sont venus nous saluer. Ils seront les derniers pachydermes de notre périple. A 130 kilomètres de Kasane et sur les 150 suivants, la route présente de très nombreux nids de poule. Certains pourraient être fatal à une berline. Par endroit, on dirait que la route a été bombardée. Quand les lignes droites sont bien dégagées, on slalome d’un côté à l’autre pour les éviter. Parfois, même en 4x4, il nous faut rouler au pas tant la chaussée est dégradée. Nous doublons un camion stationné moitié sur la route, moitié sur le bas côté. Manifestement les nids de poule (où plutôt d’autruche) ont eu raison de ses pneus. Nos franchissons des contrôles sanitaires au cours duquel le frigo est inspecté : pas de viande ou produit animal frais ne peut passer. Nous arrivons à Palapye dans l’après midi. Nous trouvons notre point de chute le camp Itumela qui fait camping et loue des chambres. Nous avons pris une chambre. L’arrivée est folklorique car on doit longer la voie ferrée et traverser une zone de stockage de fret. C’est moche et poussiéreux. Un petit panneau indique avec humour que bientôt la zone moche se termine et le paradis arrive.
Le camp est sympa, grand, fleuri mais assez rustique. Les chambres sont vraiment spartiates et la douche de la salle d’eau n’a rien à envier à celle d’Ihaha. Par contre le camp dispose d’un grand bar, de grands barbecues couverts, d’une cuisine également ouverte avec tous les ustensiles fournis, frigo, micro onde et plaques à gaz. Il n’y a que Junior pour oser faire quelques brasses dans la petite piscine froide. Nous sympathisons avec un couple de Sud Africain avec qui nous bavardons un long moment autour du braii. Dodo tôt, je sombre comme une masse.
Lundi 25 août Le réveil se fait également tôt à cause du train qui passe juste à côté et joue du klaxon. Nous prenons le temps de déjeuner tranquillement. On the road again, direction l’Afrique du Sud via Martin’s Drift. On franchit la frontière du Bostwana en 5 minutes et celle de l’Afrique du Sud en 10 minutes. Peu après la frontière, un panneau averti de la présence de phacochères. 3 mètres après celui ci se trouvent deux spécimens qui traversent la route : ils sont vraiment bien organisés ici !!! Par la suite, nous en verrons de nombreux autres au bord de la route. Nous avons remis le GPS en marche et faisons une étape pour les courses à Marken. C’est un bourg avec deux épiceries, une station service, un ATM et une boucherie. L’atmosphère est un peu tendue. Nous n’avons pas droit aux sourires. Finalement nous serons quand même bien reçus par la bouchère. En quittant Marken, on prend la direction des Waterberg : grandes montagnes plates qui se découpent en falaises et dont certains restes forment des pains de sucre un peu à l’instar de ceux de monument valley, avec plus de verdure. Nous arrivons enfin à l’embranchement de la ferme Mabote où nous avons réservé une hutte. 5 km de piste de sable séparent la ferme de la Gravel road. Nous sommes accueillis à bras ouvert par la maîtresse des lieux, une femme d’un certain âge (et d’un âge certain). Elle nous explique que les huttes sont en réfection et elle nous propose le chalet pour le même prix. Il a été construit en premier et servait au début de point de bivouac pour les réunions sa famille. Elle nous explique le fonctionnement du chalet, nous dit qu’il y a un petit lac non loin et que nous pouvons y faire du canoë : il suffit de se servir. Elle nous précise qu’elle viendra nous voir en fin de journée pour s’assurer que tout va bien. Enchantés, nous prenons la piste qui nous mène à 5 kilomètres de là au pied de la montagne. J’ai des doutes sur la faisabilité de la piste en berline.
Arrivés au « Koko chalet », nous découvrons un petit paradis. Ce sera notre derrière nuit en Afrique Australe et elle sera la synthèse de ce que nous attendions comme atmosphère. Le chalet est grand, bâti en bois et toit de chaume. Il est composé de deux grandes chambres séparées par un grand espace pourvue d’une cuisine américaine avec tous les ustensiles, évier et plaque à gaz. Il y a un frigo, un petit salon avec fauteuils et cheminée.Même le bois est fourni. Cette pièce est grande ouverte sur un ponton de bois surplombant une petite rivi��re qui serpente entre des rochers. Le tout est dominé par une haute falaise qui nous fait face. L’électricité fonctionne sur batterie et un chauffe eau invisible produit de l’eau chaude pour les deux salles de bains. Un peu en retrait du chalet, un espace est aménagé pour faire un braii géant avec des fauteuils tout autour. Nous regrettons déjà de n’y passer qu’une nuit. Nous allons faire un petit tour en canoë sur le lac. C’est calme. Deux montagnes côte à côte en perspective du lac donnent un tableau de carte postale. Retour au Chalet et Junior a encore le droit de tenir le volant, mode 4x4 enclenché. Il est fier de sa prouesse. A la nuit tombée, notre hôtesse nous rejoint. Elle nous offre des chocolats et s’assure que tout va bien. Elle précise à ma douce de ne pas faire la vaisselle car demain « ses gens » viendront faire le ménage. Nous dégustons notre dernier braii accompagné d’un vin sud africain. Ici nous sommes encore une fois seuls au monde. Tous les trois, nous irons nous blottir dehors dans les fauteuils. Dans la nuit noire, nous admirons une dernière fois et plus longuement que d’habitude, ce formidable ciel étoilé qui a accompagné nos nuits australes. Je suis sûr que vous devinerez quels furent nos voeux au passage des étoiles filantes.
Mardi 26 Août Petit déjeuner avant le grande préparation des valises pour l’avion. Quel bazar ! Puis nous faisons une balade en remontant la rivière. Par endroit elle s’élargit. De gros rochers plats permettent de la traverser sans difficulté. Quelques singes se sauvent dès notre approche. On se pose là, au pied de la montagne et sur une dalle au milieu de la rivière, pour contempler les alentours. Les meilleures choses ayant une fin nous devons quitter Mabote. Sur la table du salon, un livre d’or est posé. Déjà mélancolique je laisse ce petit mot ému, dans un anglais peut être pas très juste : « We have been driving through RSA, Namibia, Zambia and Botswana to discover this wonderful part of the world that is Southern Africa. Now it is our last stop. What a very good guess to end in this very nice, quiet and magic place. We had a very special time here, before being also “Out of Africa”. Thank you for your warm hospitality. Thank you to share your place. Mabote sounds like in French “ Ma beauté” wich means “my beauty.”
Nous traversons une partie du waterberg et arrivons à Naboomspruit. Puis nous rejoignons la N1, autoroute à péage. En approchant Prétoria, la circulation se fait dense. A Johannesburg, on tombe dans des bouchons. Heureusement que le GPS est là pour nous mener à bord, chez notre loueur. Le 4x4 est restitué, ils ne le vérifient même pas. Je montre juste une attache de hublot latérale qui a cédée et explique les rafistolages de la tente. Vers les 17H00 on nous conduit à l’aéroport. Les embouteillages sont denses et notre chauffeur prend la route des écoliers. On y est à 18H00 et l’avion décolle à 22H30...on a le temps. Petit moment de flottement à l’enregistrement : Nos bagages présentent un excès de 16 kilos et c’est 60 euros le kilos....Nous gardons en guise de bagage à amin, un sac à dos. A chaque embarquement, nous prions pour que cela passe car nous avons 3 gros sacs plus le sac à dos. Finalement, tout ira bien. Le reste n’a que peu d’intérêt sauf qu’Emirates est fidèle à elle même. Nous arriverons à Roissy le Mercredi 27 au soir comme prévu, sans encombre, cette fois-ci avec tous nos bagages et le coeur lourd.
EPILOGUE
Depuis notre retour, l’Afrique est dans nos têtes. Ma douce en a rêvé pendant plusieurs nuits d’affilées, se croyant encore dans la tente au réveil. Le tri des 8000 photos, la rédaction du carnet et la lecture du forum nous relient quotidiennement à elle. Je comprends maintenant la nostalgie des Vinnylove, Grisemote, Francky04 et autres voyageurs. L’année prochaine, dans deux ans ou plus tard, nous y retournerons, c’est certain.
En résumé
Nos coups de coeur :😎 Les sites de Fish River Canyon, Sesriem, des chutes Victoria et de Chobe. L’accueil de certains africains australs La faune riche et sauvage Les somptueux couchers de soleil Les nuits étoilées magiques Les camps de Koiimasis, Goabacca et Mabote
Nos coups de gueule :😠 Les grands groupes organisés, bruyants et indélicats L’accueil de certains africains australs La poussière omniprésente Le vent à Walvis bay
Nos regrets :😕 De ne pas y avoir été plus tôt D’en être déjà repartis De ne pas y retourner de si tôt