Bonjour à tous,
Voici le récit d'une randonnée effectuée en août 2014 sur 4 jours/3 nuits en autonomie avec bivouac, avec Higloo berger blanc
suisse de 18 mois et Itoo jeune golden retriever de 8 mois.
Tout le récit en images en cliquant ici!
MONT THABOR AOUT 2014 AVEC HIGLOO ET ITOOJeudi 21/08/2014, J1 du refuge de Laval au lac du Peyron
Carte et profil altimétrique en cliquant ici (openrunner)
On démarre vers 8h, les nuages finissent de se dissiper alors que nous nous élevons au-dessus du refuge des Drayères vers l’est via le GR57.
Le sentier est bien cairné et balisé, de l’autre côté de la vallée la Pointe des Cerces se découpe sur un ciel de plus en plus bleu !
Higloo porte 3 kg de croquettes, ce qui lui fait un sac de 3,5 kg (Approach Pack Ruffwear).
Itoo est encore trop jeune pour porter...
12 kg pour moi avec 2 kg de croquettes+ les manteaux et matelas des chiens et de la bouffe pour 4 ou 5 jours.
Je me suis concocté un parcours évitant routes et pistes et je prévois de bivouaquer si bien que j’irai à mon rythme sans souci de l’étape du soir.
Je sais que les chiens sont endurants mais j’ai quelques inquiétudes quant à leurs pattes guère habituées à un milieu très caillouteux, il faudra les ménager autant que possible.
En cas de gros problème, j’ai une petite balise PLB1, à n’activer qu’en cas de risque vital. J’espère ne pas être confrontée au dilemme d’une blessure chez un chien...Higloo fait 36 kg et Itoo environ 25 (il grandit encore), autant dire que je ne pourrai pas les porter en cas de problème.
J’ai porté au maximum 1,5 l d’eau et souvent bien moins car il y a de l’eau presque partout sur ce parcours. Les chiens vont se régaler !
1ère trempette au lac Rond, assez circonspecte car le fond de l’air est frais et les chiens ne souffrent pas de la chaleur.
Nous continuons à monter, les chiens profitant du moindre ruisseau +/- parallèle au sentier.
Petite pause au lac des Muandes, abrégée par le chahut des chiens : ils ne sont pas du tout fatigués, alors on continue !
Un peu avant d’arriver au col des Muandes (2828m), les Ecrins enneigés (4102 m) font leur apparition.
Ici il reste tout de même quelques névés dont les chiens ne manquent pas de profiter.
Arrivés au col des Muandes, nous laissons le GR 57 pour prendre la variante via la Roche du Chardonnet et le col de Valmeinier.
Le sentier franchit quelques portions encore enneigées, qui offrent un répit bienvenu aux pattes !
Ils sont toujours devant mais m’attendent régulièrement en particulier aux intersections les malins !
Le sentier n’est pas bien balisé mais par beau temps, l’orientation ne pose aucun problème d’autant plus qu’il y a pas mal de monde : les chiens n’ont qu’à suivre la piste la plus odorante ! Et moi je les suis !
Les Aiguilles d’Arve (3500 m) apparaissent au loin...quelle allure !
Nous allons traverser ces longs névés mais la trace est bien marquée et c’est sans problème.
Encore un névé douillet qui n’a pas échappé aux chiens qui m’attendent confortablement installés.
Nous arrivons enfin au Col de la Chapelle. Je suis soulagée car je sais que la partie la plus escarpée du parcours se termine : les chiens ont été calmes et attentifs là où il ne fallait pas tomber.
D’un commun accord (!) nous décidons de snober le sommet du Mont
Thabor où il y a foule (la bonne excuse, en fait on en a tous un peu plein les « pattes »).
Longue descente caillouteuse vers le col des Méandes (ça fait mal aux orteils et aux coussinets) et nous retrouvons de l’herbe bien grasse aux Chances du Peyron où nous faisons une longue pause au soleil. Après tout rien ne nous presse...Itoo écrase ferme tandis qu’Higloo reste en permanence sur le qui-vive, en bon chien de berger qui surveille les quelques randonneurs qui passent un peu plus loin. Depuis que nous avons quitté les pentes du Mont
Thabor, il n’y a presque plus personne !
Encore une bonne descente vers le lac du Peyron que je passe rapidement afin d’éviter que les chiens ne s’y mouillent trop car l’heure du bivouac approche.
Je trouve un coin agréable un peu plus loin dans le vallon du Peyron, sous le Pic du
Thabor.
Comme d’habitude les marmottes sifflent tous azimuts et narguent les chiens.
A ma grande surprise ils ont encore de l’énergie pour jouer !
La tente se retrouve rapidement dans l’ombre du Pic et la température chute rapidement.
Avec ce ciel clair, la nuit promet d’être fraîche à 2500 m...
J’espère ne pas avoir froid avec le seul double-toit de mon tipi (Shangri La 3) : je n’ai pas pris la tente intérieure par soucis de poids et par commodité par rapport aux allées et venues des chiens.
En effet, j’ai fait l’amère expérience de la « délicatesse » de mes monstres en montant dans le jardin une toute nouvelle tente ultralight (Big Agnès Copper Spur UL2) que je destinais entre autres à mes rando avec chiens : en 2 secondes, en chahutant, ils ont brisé un arceau qu’heureusement Arklight Design chez qui j’avais acheté la tente m’a très efficacement remplacé, ce qui m’a permis de l’utiliser avec Fred-plus délicat que les chiens !- pour cette rando.
Je monte le tipi au ras du sol afin d’éviter tout courant d’air, ce qui occasionnera en début de nuit pas mal de condensation. Puis il commence à geler et la condensation disparait (ou se transforme en givre)
Les chiens dorment « en pyjama » ( (manteau pour chien
Avallon) oui bon...d’habitude ils dorment dans des canapés !) et je dors habillée avec une grosse doudoune et une couette (M500 wide de Chronique sans Carbon, 726g).
J’ai un matelas super isolant (Therm a rest Neoair X lite Women) et les chiens dorment sur un matelas de fitness Décathlon que j’utilise volontiers lors des pauses.
Sous mon matelas je place une feuille de polycree, plastique léger et résistant.
Bien que trrès frileuse, j’aurais presque eu trop chaud si la couette ne permettait pas une régulation si facile de la température (je ne pense pas pouvoir revenir un jour à un sac de couchage, sauf températures vraiment polaires !)
Bref, bonne nuit pour tous les trois ! Pas froid, pas d’insecte, pas d’humidité excessive.
Vendredi 22/08/2014 J2 Du lac du Peyron à Notre Dame des Neiges via le col des Bataillères et le col des Marches.
Carte et profil altimétrique en cliquant ici (openrunner)
Le tour « normal » du
Thabor fait passer par la station de Valmenier mais je préfère éviter voitures, routes et remontées mécaniques en coupant après le col des Marches par le lac de Rochenoire et le sentier qui mène via les Matonnes à la chapelle Notre-Dame des Neiges.
Il a légèrement gelé cette nuit et le soleil se lève sur un ciel parfaitement pur.
Nous partons vers 7h30, encore dans l’ombre de la Cime de la Planette.
Nous passons en contrebas d’un troupeau de génisses, qui curieuses, se mettent à galoper vers nous ! Il faut savoir que mon gros Nigloo a peur des vaches (et des chevaux) et c’est mon brave petit Itoo qui s’est mis à leur aboyer dessus avec conviction avec un effet immédiat sur leur trajectoire (et sur son ego !)
Un peu plus loin je croise des randonneurs qui viennent du refuge du Mont
Thabor et me prennent pour la bergère !
Le joli sentier continue à flanc jusqu’au col de la Vallée Etroite.
Ici il n’a pas gelé, simplement une forte rosée.
Le refuge du Mont
Thabor apparait, dominé par le Cheval
Blanc : je croise pas mal de randonneurs qui quittent tous le refuge en même temps !
Je fais une pause au bord du 1er des 2 lacs de Sainte Marguerite (le Lac Rond) afin de faire sécher tente et couette, tandis qu’Itoo essaie d’attraper de tout petits poissons et qu’Higloo est de plus en plus intéressé par le bouchon d’un pêcheur : bonne baignade pour tous les 2.
Je repars vers 9h, il n’y a plus personne, tous les autres randonneurs sont déjà loin, cool !
La montée vers le col des Bataillères est un véritable enchantement pour moi comme pour les chiens : vastes alpages verdoyants ponctués de lacs et ruisseaux.
Soudain je vois les 2 chiens filer de concert à l’écart du sentier : ils ont repéré 2 randonneurs qui font une pause après avoir franchi le col et comme le fond de l’air est frais ils se sont réfugiés dans leurs sacs de couchage. Réflexe conditionné ou pas ? Les chiens se sont précipités vers eux avec force léchouilles (comme ils le font à la maison avec les enfants au réveil), ce qu’ils ont encaissé avec humour, engoncés dans leurs duvets : « Ah ! Nous voilà bien débarbouillés ! »
Les chiens ont eu un succès fou au cours de cette randonnée, même Higloo qui avec ses oreilles pointues suscite souvent un peu d’appréhension : sans doute ses sacoches lui donnaient-elles un air de brave chien discipliné ! Lui qui est d’habitude d’un naturel assez réservé (à la différence d’Itoo qui va systématiquement réclamer des caresses, de façon parfois un peu trop insistante) il a pris goût aux papouilles de tous ces « inconnus ».
Quand la pente s’accentue et que mon rythme ralentit, les chiens m’attendent régulièrement, de préférence sur un coin d’herbe.
Mais leur surface préférée est bien sûr la neige !
Une fois le col des Bataillères franchi (2787 m), nous entamons la descente assez minérale vers le lac des Bataillères.
Encore des montagnes très colorées, quel contraste avec les verts pâturages de ce matin !
Oui ! Oui ! J’arrive !
Higloo a repéré le lac des Bataillères et pense déjà à une petite baignade...
La descente est longuette pour les pattes et je vois les chiens tentés de filer tout droit vers le lac mais l’expérience aidant ils se ravisent et suivent sagement le sentier, qui longe à présent une jolie petite gorge où virevoltent quelques petits oiseaux qui intriguent les chiens.
Ça change des marmottes effrontées.
Voilà le déroulement systématique des opérations :
-une marmotte nous repère
-elle regagne prestement le bord de son trou
-alors seulement elle pousse son cri perçant
-les chiens se précipitent aussitôt
-elle attend l’ultime dernier moment pour filer dans son trou
Et ça marche à tous les coups !
Nous faisons une longue pause au bord du lac des Bataillères, il fait un temps délicieux, juste la bonne température avec une doudoune.
Puis nous passons rapidement le refuge des Marches avant de continuer vers le col des Marches.
Nous nous élevons au-dessus du lac (de barrage) de Bissorte,
Les chiens profitent du moindre ruisseau,
Il y a même un petit lac un peu plus haut,
Puis la pente s’accentue (névé rafraîchissant bienvenu) et nous parvenons enfin au col des Marches (2725m)
Pour une fois les chiens ont soif, mais le lac de Rochenoire n’est pas bien loin : c’est là que nous quittons le GR57. Nous allons poursuivre dans la vallée au-delà du lac.
Juste avant la bifurcation, je croise un jeune berger qui me met en garde contre son patou qui garde des moutons un peu plus bas. Sympa ! Mais en fait nous bifurquons avant si bien qu’au cours de cette rando nous n’aurons croisé aucun patou ni mouton, uniquement 1 ou 2 troupeaux de vaches un peu curieuses. Je suis d’ailleurs étonnée par le peu de bétail rencontré, c’est tout de même lui qui façonne ces si beaux alpages.
Bonne sieste au bord du lac de Rochenoire puis nous poursuivons plus loin dans la vallée : le sentier n’est plus balisé et je cafouille un peu pour changer de versant car je veux suivre un sentier marqué en pointillé sur la carte IGN, afin de ne pas perdre d’altitude.
Le sentier est en fait en grande partie abandonné et effacé mais ce « hors-piste » nous aura permis de voir un chevreuil détaler sous le nez des chiens. Il n’aura d’ailleurs aucun mal à les distancer en filant tout droit vers le bas de la vallée. Bien sûr les chiens mettront un bon moment avant d’abandonner leur poursuite, ce qui leur vaudra encore un bon dénivelé pour me rejoindre.
Belle santé ! Laborieusement nous rejoignons enfin un « vrai » sentier au-dessus des Matonnes et nous marchons encore un peu jusqu’à la chapelle Notre-Dame des Neiges (2200m) où je décide de poser le tipi.
Le temps de manger, le ciel se couvre de plus en plus, je réalise qu’en cas de pluie je suis en contrebas de la terrasse de la chapelle, dont les abords abritent d’ailleurs une souris.
Je déplace donc le tipi d’une centaine de mètres.
Pas de jeu pour les chiens ce soir, ils ont leur compte !
Higloo est cependant toujours sur le qui-vive, je ne sais pas comment il fait pour se reposer ?!
Hum...quel temps fera-t-il demain ?
Avec le ciel couvert, il ne gèle pas et Higloo va passer toute la nuit dehors malgré mes appels sur tous les tons...
Samedi 23/08/2014 J3, De la Chapelle Notre-Dame des Neiges au lac Rond via le Pas des Griffes et le col de la Plagnette.
Carte et profil altimétrique en cliquant ici (openrunner)
Réveil dans les nuages...
Je dois aller de l’autre côté de la vallée, coupée par la Neuvache qu’on ne peut franchir qu’en 2 endroits par une passerelle.
Je choisis de passer par les Barnettes afin de rester +/- à la même altitude. Je suis dans la soupe et une imprécision sur la carte IGN me fait faire un détour inutile sur le sentier vers le lac de Curtalès, dont je me rends heureusement assez vite compte.
Le sentier est très humide et défoncé par le bétail, mieux vaut regarder où l’on met les pieds, de toute façon on ne voit pas grand-chose du paysage.
J’aperçois tout de même 2 chevreuils qu’heureusement les chiens ne voient pas.
Je suis dans les nuages jusqu’au Pas des Griffes (2554 m) puis arrivent quelques éclaircies.
L’Aiguille Noire est dans les nuages et on devine à sa droite le col de la Plagnette où nous serons tout-à-l’heure.
Je profite d’une éclaircie prolongée pour une bonne pause-toilette-shampoing. Ca ravigote !
De l’autre côté de la vallée, les Rochers de la Grande Parée percent les nuages.
Grimpette pénible jusqu’au col de la Plagnette (2520 m), raide et minérale.
Nous sommes bien contents d’enfin découvrir la vue sur le lac Rond et le lac du Grand Ban dont la couleur émeraude nous est révélée par un fugace rayon de soleil.
Je pose la tente au 1er endroit propice près du lac Rond et donne à manger aux chiens que je croyais bien fatigués. Erreur ! Si Higloo ne demande pas son reste, Itoo va encore passer 2 heures à faire des trous dans la tourbe, jusqu’à ce que je le capture à l’aide d’un bout de saucisson, puis il va enfin s’effondrer !
Dimanche 24/08/2014, J4 Du lac Rond au refuge de Laval
Carte et profil altimétrique en cliquant ici (openrunner)
Toute petite étape pour rejoindre la voiture.
Le ciel est encore bien bas ce matin...
Itoo commence sa journée en reprenant son activité « trou » !
Lueur de beau temps vers le col des Cerces.
On passe le lac de la Clarée, en contrebas du Seuil des Rochilles.
Nous sommes à nouveau sur le GR57 et commençons à croiser les 1ers randonneurs qui quittent le refuge des Drayères.
Très belle lumière matinale.
Cette descente est un régal dont profitent aussi les chiens.
Nous flânons aussi lentement que possible afin de prolonger encore un peu cette magnifique randonnée.
Ils ne sont pas si nombreux les massifs où l’on peut randonner avec des chiens pendant plusieurs jours sans croiser ni route ni remontée mécanique, avec de l’eau partout et des paysages enchanteurs !
Encore à courir après les marmottes ! A la réflexion, je crois que c’est juste pour le fun et le plaisir de courir et qu’ils sont parfaitement conscients que leurs chances d’attraper une marmotte sont infimes (et d’ailleurs je suis sûre qu’ils seraient bien embêtés si cela arrivait !)
Nous descendons la vallée accompagnés par le joli ruisseau des Rochilles.
Itoo a un faible pour l’odeur de la tourbe !
Nous contournons l’élégante Pointe des Cerces.
Jolie cabane en contrebas du refuge des Drayères.
Les arbres réapparaissent et qui dit arbre dit bout de bois !
Higloo va gentiment en chercher un dans la rivière pour Itoo, trop mignon !
Ah ça croque mieux sous la dent que la tourbe !
Nous longeons la Clarée rive droite sur 3 km avant de rejoindre le parking du refuge de
Laval.
Colchique dans les prés...
Les champs commencent à jaunir un peu, c’est presque la fin de l’été.