Jour 2 - Du Lac Blanc au refuge de Bellachat
Distance14,2 km
Dénivelée+837m / -1023m
3h30 - Heure à partir de laquelle je suis réveillé.. et je ne redormirai plus ! Il me faudra un petit temps d'adaptation au sommeil en dortoir apparemment :)
Je reste tout de même couché, je sais que dehors il fait très froid (on frôle les 0°C), et de toute manière le lever de soleil n'est qu'à 6h.
Un peu avant 5h, n'en pouvant plus de regarder l'heure tourner, je me lève. J'enfile mes vêtements les plus chauds (oui, j'en avais pas.. j'ai empilé tout ce que j'avais..), et sors dans le froid - effectivement, ça réveille ! La nuit est claire, la mer de nuages est bien plus bas, dans la vallée de
Chamonix. A 1h du lever de soleil, quelques lueurs commencent déjà à percer au loin.
Le silence est absolu. Le froid saisissant.
L'instant parfait.
Une autre randonneuse est là, assise dehors, face au massif du
Mt Blanc, juste à contempler.
Petit à petit, à l'approche de l'heure du lever, la lumière devient de plus en plus forte, et puis la mer de nuage monte d'un coup, nous mettant totalement dans le brouillard. J'ai la sensation que pour le lever de soleil, c'est raté !
Je rentre me mettre au chaud dans la salle commune du refuge. Mais ne tenant pas en place, je ressors. Les nuages sont passés, c'était passager. Je retourne alors sur les bords du petit
lac blanc, pour profiter d'un reflet quasi parfaite des sommets du massif du
Mt Blanc, qui commencent à s'embraser.
Puis je monte, pour profiter d'un point de vue sur le lac complet, et croise alors le chemin de quelques bouquetins.
Quelques instants plus tard, les uns après les autres, quelques randonneurs commencent à sortir, et découvrir la magie des premières lumières du jour dans un tel écrin.
Je ne suis pas le seul à profiter du moment, certains exultent, d'autres se ressourcent...
7h - L'heure de se retrouver autour d'un bon petit déjeûner, qui aura déjà le mérite de me faire remonter en température, car le soleil n'est pas là depuis suffisamment longtemps pour avoir fait remonter le mercure.. le café s'en chargera dans un premier temps !
Nous retrouvons la petite famille qui termine son TMB, et discutons ensemble de l'itinéraire du jour. L'objectif de la journée, c'est de rejoindre le refuge de Bellachat, qui se trouve de l'autre côté du Brévent. Deux options s'offrent à nous.
Option 1 : Descendre vers Flégère, et parcourir le balcon du bas, vers Planpraz,
Option 2 : Prendre l'itinéraire du haut, plus minéral, (beaucoup) moins fréquenté, mais demandant plus de dénivelée.
Les prévisions météo sont clémentes, bien que le massif du
Mt Blanc a déjà retrouvé son bonnet de nuages, nous décidons sans trop d'hésitation de passer par en haut, à savoir, le col de la Glière, le col du Cornu (non sans voir son lac homonyme), pour redescendre sur Planpraz. De là, il nous restera à remonter au col du Brévent, puis pousser jusqu'au sommet du Brévent, et enfin redescendre de l'autre côté jusqu'au refuge.
Nous nous mettons donc en route, sur un sentier étroit, bien balisé, et sécurisé par des cairns. Ce n'est pas trop agressif, on se met correctement en chauffe, avant d'attaquer le dur, la montée du col de la Glière. C'est raide, et l'objectif parait si loin, d'en bas. Finalement, la montée se fera d'une traite (pour certains), et sera récompensée par deux bouquetins nichés sur une falaise. Quelques mains courantes sécurisent les derniers mètres, et nous voila au col, offrant une vue plongeante sur le lac Cornu (à droite).
Au fond, le massif des Fiz (le massif qui surplombe notre destination du jour suivant), entre deux passages de nuages, on peut même apercevoir le désert minéral de Platé. En se tournant, on aperçoit le dôme du goûter, qui joue lui aussi à cache-cache avec les nuages. Et évidemment, toujours une vue imprenable sur les
Aiguilles Rouges, car n'oublions pas que le but de ce trek, c'est tout de même d'en faire le tour !
De là, nous prenons la direction du col du Cornu, pour repasser côté balcon, et redescendre sur Planpraz que l'on a en ligne de mire. La descente se fait face au
Mt Blanc, et la floppée de parapentes multicolors qui voltigent en contrebas. On aperçoit aussi le sentier du balcon en contrebas, beaucoup plus fréquenté que notre itinéraire, nous avons bien fait ! Pendant la descente, nous tombons à nouveau sur des bouquetins, une mère et une ribambelle de bébés. La mère m'offrira une jolie pose devant l'Aiguille Verte !
Nous arrivons donc à la gare de Planpraz, et ce n'est pas mon passage préféré. Des pylônes, des remontées mécaniques, de larges pistes qui arrivent de partout, et du monde ! Nous déjeûnons un peu en retrait, parce qu'il est l'heure et qu'il se fait faim.
Puis nous prenons le sentier qui monte au col du Brévent. Il est très agréable, et se fait facilement, une longue montée en faux plat pour se remettre en jambe, et une dernière partie plus raide avec quelques lacets qui nous amènent rapidement à la croix marquant le col.
Le col est lunaire, des rochers en vrac, s'ouvrant d'un côté sur les Fiz (à droite), de l'autre sur le
Mt Blanc.
Nous continuons donc de monter, puis le sentier contourne le Brévent par sa face nord. Deux échelles sont à passer, puis nous rejoignons la piste principale (qui vient de Plampraz), jusqu'au sommet. La vue est jolie, mais c'est aussi la gare du téléphérique du Brévent, avec ce que ça implique. Des flots de visiteurs, et beaucoup de métal et de béton. Nous ne nous y attardons pas, l'heure tourne, et il nous reste encore du chemin. La descente en direction du lac du Brévent n'est pas très agréable, c'est raide, ça glisse, c'est rocailleux, et la fatigue rend le pas moins précis. Arrivés en bas, l'itinéraire se dédouble, à gauche le refuge, à droite le lac. Nous prenons le chemin du refuge, sur un sentier qui a parfois des airs de voie romaine, jusqu'à surplomber de façon aérienne la vallée de
Chamonix, et face à nous, le glacier des Bossons (tristement haut).
Les mètres passent, et ce refuge, il est où ? On ne le voit vraiment qu'au dernier moment. Non sans une dernière descente pour le rejoindre. Sa terrasse offre une vue imprenable sur les glaciers en contrebas du
Mont Blanc, et l'accueil y est très chaleureux.
Profitant d'une petite pression pour se requinquer et trinquer à une belle journée, nous rencontrons de nouveaux randonneurs, dont des amis qui font le même tour que nous, et un couple de lyonnais avec qui nous partagerons le dîner, parlant de nos randonnées passées, et nos projets futurs. Et les sujets ne manquent pas !
Le refuge est très chaleureux, malgré son confort qui peut être considéré comme rudimentaire : un dortoir commun de 24 places, tous côte à côte, à l'ancienne. Un seul toilette, dehors évidemment, et pas de douche !
Et un bon dîner, à base de soupe (un incontournable, ça réchauffe !), de pâtes et d'omelettes.
Ce soir, pas de coucher de soleil magique, nous ne traînerons pas pour nous mettre au lit. Avec la stratégie de dormir tôt, et profiter des premières heures de sommeil profond. Et contre toutes attentes, malgré les 24 personnes et donc autant de ronfleurs potentiels, j'ai super bien dormi !