bonjour,
Je ne suis pas exactement dans la situation que vous attendez, mais j'ai accueilli une jeune thailandaise de 18 ans pendant un an à la maison comme famille d'accueil.
Faisant partie du même programme d'échange, il y avait aussi d'autres jeunes thailandaises et elles avaient un peu toutes la même attitude.
Ce sont des personnes très très discrètes et extrêmement respectueuses des gens. A un tel point qu'elles "s'oublient" ou qu'elles ne réclameront jamais rien. Celà pose quelques problèmes au début, parce que nous proposons, elles sont toujours d'accord sur tout, ne font rien voir si celà ne leur plait pas, et, si quelque chose les choque ou les surprend, rien ne sera montré.
De ce fait, il arrive qu'on se demande si la personne veut vraiment s'insérer, partager quelque chose, à des désirs et des besoins personnels...
la confiance est un peu longue à s'installer parce que ce comportement est déroutant : en
France, on sait identifier assez vite si l'interlocuteur est content, faché, inquiet... avec un asiatique, non.
De plus, si on parle fort, ou vite, ou montre des signes d'impatience, on les voit entrer dans la coquille qu'ils ne semblaient pas avoir quitté pourtant..
Mais ce n'est qu'un immense respect (le même respect qui les fait s'excuser même lorsqu'ils chassent une mouche) et une extrême discrétion, qui ne doivent pas inquiéter : il faut simplement s'armer de patience et gagner la confiance du coeur.
Ce sont aussi des gens très sensibles, mais qui ne le montreront pas avant un certain temps. Notre Sirikanya de
Thaïlande a mis 3 mois avant d'oser nous dire qu'elle voulait aller dormir plutôt que regarder la TV, prendre le bus pour être avec les copines plutôt qu'on l'emmène au lycée, etc..
Ceci étant, ce sont des gens travailleurs, qui ont un immense respect pour l'argent, et c'est là qu'on devine que le pays est sous développé, que posséder un travail est très important parce qu'il apporte l'argent. (et, quand ils en ont, ils regardent toujours les prix, achètent des choses pas chères). Ils sont d'ailleurs ahuris de voir le niveau de vie en
France. Ma jeune Thailandaise pensait qu'avec 400 € elle allait pouvoir tenir un an, se payer le bus, la demi-pension au lycée, etc.
De même, la nourriture compte beaucoup pour eux. Leur nourriture leur manque, car elle est très épicée et les produits français leur semblent sans aucun goût.
Ils sont aussi fatalistes ("c'est comme ça!!".. : la religion ? l'impuissance liée aux difficultés qui sont plus nombreuses qu'en
France ?), mais paradoxalement ils sont tout a fait tenaces pour essayer de les surmonter.
Enfin, il faut lire des bouquins sur la culture bouddhiste, ou la culture tout court : ne pas toucher la tête ni les cheveux, ni les pieds (insulte suprême dans ce dernier cas). Ca évite des erreurs d'interprétation..
Ceci étant, ce sont des gens adorables, vraiment, qui sont faciles à vivre pour des européens (je ne sais pas si l'inverse est aussi facile..), et leur attitude est très agréable. Ils aiment rire..
Une grosse difficulté sera celle de la langue. C'est beaucoup plus long et difficile de maitriser la langue française pour des asiatiques : pas du tout la même organisation linguistique : quant à la maitrise de la langue écrite, je ne crois pas que ce soit possible (pas avant quelques années en tout cas). du coup, ça plombe un peu l'insertion par le travail sauf pour des emplois ou la langue écrite n'est pas utile..
Celà semble plus simple de parler anglais, ainsi que le faisait la famille de Sirikanya vivant en
Suisse francophone (!) depuis de nombreuses années...
Nous avons adoré notre Sirikanya ; elle a su - ses copines aussi - se faire plein d'amis.
Voilà. Bonne réussite dans cette intégration.
E