Salut,
La semaine s'est magnifiquement bien passé!
Arrivée samedi soir au gîte à 15 minutes de
Chamonix, dimanche 'farniente' (en fait, promenade, tartiflette et contrôle de l'équipement), puis de lundi à mercredi quelques sorties pour apprendre à utiliser cordes, crampons et piolets, un premier modeste sommet (3650m) pour mettre tout en pratique et vérifier qu'on est 'capable' de se lancer dans l'ascension sans trop de risque.
On s'est décidé pour la route des 3 Monts, plus technique que le Goûter, mais selon moi bien plus gratifiante :) Départ le jeudi pour le gîte des Cosmiques, juste sous l'aiguille du midi - les premiers 30 mètres de marche sont vertigineux, mais aucune difficulté particulière ce jour là. Ensuite, réveil à 00h45 (en fait de réveil, on ne dort pas vraiment...), puis démarrage aux alentours de 2h00.
Ascension en 3 étapes assez distinctes:
1) L'ascension du Tacul, que l'on a le temps d'apprécier pendant des heures la veille puisque le refuge se situe au pied de celui-ci: assez longue et pentue, on (un ami, le guide et moi: cordée de 3, l'idéal pour aller vite ^^) a mis 1h40 environ pour en voir le bout, a presque courir au début pour passer les quelques plus longues cordées parties un peu avant nous. Il était tombé de la neige fraîche en début de semaine, donc trace limite (et surtout en ligne quasi-droite...) et surtout pas mal de poudre, donc assez fatiguant... mais on se refait vite une santé une fois au dessus, tandis que le Mont Maudit se précise dans les ombres nocturnes...
2) L'ascension du Mont Maudit, avec en apothéose les derniers 50-60 mètres en mur de glace (c'est ici qu'on est content d'avoir des crampons et un piolet qui tiennent la route). Importantissime d'y arriver pas trop tard, parce que le vrai danger, ce sont les embouteillages... entre les cordées qui attendent en bas de se lancer dans l'escalade, celles qui sont en cours de grimpette et celles qui se reposent à mi-chemin, accrochés par quelques mousquetons fichés dans un petit nid de roches posté presqu'au milieu du mur, il faut avant tout éviter de prendre les blocs de glace qui dégringole de la paroi, voire les objets volants non-identifiés largués par quelques imprudents (il y a quand même un espagnol qui a lâché son piolet en pleine ascension - non seulement il aurait pu tuer quelqu'un, mais en plus son guide a du le hisser jusqu'au sommet...). Un fois parvenu à déjouer les pièges du Mont Maudit, on croit avoir fait le plus dur...
3)... et ce n'est pas tout à fait vrai. La dernière ascension, celle du
Mont Blanc en tant que telle, est longue... longue... longue... et très froide. Mais la faire alors que le soleil se lève au loin, que les étoiles faiblissent et s'éclipsent, que le vent souffle tant en plus fort des nuages de cristaux de glace scintillants, c'est juste magique; à ce stade, il faut surtout profiter de chaque pas. Ce que, fatigue aidant, on ne manque pas de faire ^^
Une fois au sommet (à 8h00 tapante), sentiment énorme. j'aurais eu les larmes aux yeux si elles n'avaient pas menacé de me geler la rétine ;-). Nous sommes descendus par les corniches de la voie du Goûter - très beau, mais très long: nous n'étions à la gare pour reprendre le petit train vers
Chamonix qu'à 16h, avec une pause unique de 45 minutes au refuge du Goûter. Ne pas sous-estimer la descente - principalement la partie juste après le refuge - parce qu'elle donne son lot d'adrénaline également :)
Voilà! Détail organisationnel: je suis parti avec
Chamonix Aventure - Patrick Anulliero, et tout était aux petits oignons, avec cette saveur artisanale que l'on ne peut pas retrouver dans les grosses organisations... et ça aussi, ça contribue au plaisir une fois sur place. Notre guide était Gianni Giuseppe Carbone: je le recommanderais 1000 fois: super expérimenté, très sérieux lorsqu'il devait l'être - surtout point de vue sécurité, et très sympa à côté de cela...
Bref: génial. L'année prochaine: Cervin et/ou Aconcagua !
PS: Désolé pour la réaction tardive, j'étais entre-temps reparti (
Île de Ré - un tout autre concept...)...