Bonjour,
Maintenant pour AF:
Tarif Light: 6kg
(Rappel:
Easyjet bagage cabine plus grand et poids non limité)
Vu la concurrence féroce qui va déferler, nécessité pour AF d'afficher des prix d'appels bas, tout en dissuadant les clients de les choisir, en les obligeant à prendre un tarif un peu plus élevé!
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Comme prévu, n'en déplaise aux gourous du site qui prévoyaient son déclin suite aux grèves.....amusant :
Après huit ans d'absence,
Ryanair fait son grand retour sur le sol français : le leader du low cost vient en effet d'ouvrir deux bases, à
Bordeaux et
Marseille, et s'implantera cet automne à
Toulouse.
Pour l'heure, le retour se fait avec mesure : trois avions basés sur chaque aéroport et le lancement d'une cinquantaine de nouvelles lignes, principalement sur des destinations « loisirs » ou vers de grandes métropoles régionales d'Europe.
Mais l'impact concurrentiel de Ryanair sur le marché français pourrait bien se révéler redoutable demain.
Le paradoxe est que le retour de l'ultra-low cost est le résultat des turbulences internes subies depuis 2017 : alors que Ryanair avait construit sa stratégie salariale sur l'application d'un droit irlandais moins-disant, il a fini par céder à la revendication d'un contrat de travail basé sur le droit local et d'une reconnaissance des syndicats.
Il n'en fallait pas plus pour que la compagnie irlandaise se décide à revenir en
France. Avec un modèle d'une redoutable efficacité.
Le modèle Ryanair:
En premier lieu, Ryanair affiche depuis trente ans une marge nette supérieure à 15 %.
Il dispose ainsi d'un montant de revenus non distribués équivalent à 4,3 milliards d'euros, ce qui lui donne les moyens de participer à l'inéluctable consolidation du transport aérien en Europe et de renouveler sa flotte.
En second lieu, avec 450 appareils, 140 millions de passagers, Ryanair dispose d'une véritable taille critique, qui lui permet de quadriller toute l'Europe : les bases locales permettent à Ryanair de mieux remplir ses vols dans les deux sens - à l'import comme à l'export -, de proposer des horaires plus adaptés et même du connecting avec d'autres compagnies, comme sur
Madrid.
En troisième lieu, avec un coût au
siège-kilomètre (CASK) de l'ordre de 3,5 centimes, Ryanair affiche une performance inégalée, à l'exception de Wizz Air : par comparaison, easyJet est sur un CASK de
6,5 centimes, tandis que les compagnies historiques sont souvent
à plus de 10 centimes.Ce bas niveau de coût a permis à Ryanair de pratiquer en 2018 un prix moyen du billet de 54 euros, options payantes incluses : difficile pour les concurrents de résister.
Enfin, le réseau et la clientèle ciblés par Ryanair évoluent. Si la low cost continue de décoller d'aéroports secondaires, elle n'hésite plus à prendre pied sur de grandes plates-formes aéroportuaires, comme elle l'a fait sur
Rome,
Madrid,
Milan ou
Berlin.
Autant dire que Ryanair a de solides arguments pour monter en puissance en
France, où sa part de marché reste encore modeste, de l'ordre de 17 %.
Ryanair va sans doute tisser un réseau domestique et intra-européen au départ de notre pays, autour de quelques grandes villes de province.
Paris imprenable, pour l'instant...
On notera en particulier que Ryanair se positionne sur plusieurs liaisons domestiques « transversales », à l'image de
Bordeaux-
Marseille, ce qui aura un impact sur les concurrents.
Une fois installé et la ligne « testée », rien ne s'oppose à ce que Ryanair augmente ses fréquences, notamment pour cibler la clientèle affaires et pour détourner des clients du hub d'Air France à Roissy, au profit d'autres hubs européens.
Ryanair pourrait aussi s'attaquer demain aux hubs régionaux, comme
Lyon, ou prendre pied sur
Nantes, en venant concurrencer directement Transavia, EasyJet et Volotea.
Quant à la forteresse de
Paris, aucun projet n'est pour l'instant annoncé : la low cost reste centrée sur
Beauvais. Le niveau des redevances et les contraintes de créneaux dissuadent pour le moment la compagnie irlandaise de défier frontalement Air France et EasyJet.
Mais avec Ryanair, tout peut devenir possible, dans un délai très rapide. Les Italiens l'ont appris à leurs dépens : à la faveur des difficultés d'Alitalia, Ryanair est devenu... la première compagnie aérienne de la péninsule.
Emmanuel Combe, vice-président de l'Autorité de la concurrence (Les Echos).