bonjour à tous
j’ai eu un peu l’impression que quelques uns d’entre vous ont pensé que je tentais de décourager les futurs visiteurs du
Canada à cause des moustiques
Ce n’était pas mon intention et j’ai souvent dit ou écrit que les circuits touristiques dans lesquels j’inclus les campings organisés ne présentent pas de soucis significatifs
J’ai eu une certaine expérience de la question ayant, dans un temps passé, soit à partir de
Québec soit à partir de
Vancouver, passé au moins 40 mois sous la tente dans le bois du
Québec, la wilderness de la
Colombie Britannique et accessoirement de la
Saskatchewan. Au
Québec il y a eu des secteurs oû nous n’étions pas plus incommodés que n’importe ou en
France (il y en maintenant partout en
France et ce parfois jusqu’à NOEL) et il y en a eu d’autres oû les les pestes nous rendaient la vie pénible tant au travail que le soir autour et même dans la tente
Ce que je sais c’est que
à l’échelle continentale, pour qui veut avoir une vue d’ensemble il n’existe pas, malgré leurs imprécisions, de meilleurs
documents de synthèse que les carte des zônes humides qui peuvent être celle de l’Atlas du
Canada (que j’ai présentée) ou une autre légèrement différente, pour qui veut avoir une vue d’ensemble: par exemple celle publiée par National Geography
CANADA.
Bien évidemment il y a les facteurs saisonniers qui commandent la prolifération du moustique (et de la mouche noire) ainsi que des facteurs locaux : une vasière, une mare au coeur d’une région peu ‘’ humide’’ au sens de la carte peut engendrer un biotope très local comme d’ailleurs la flaque d’eau dans mon jardin ! Il y a aussi les actions anthropiques telles que l’épandage de larvicides... Il y a encore la météo de la semaine, si la semaine est ventée on sera tranquille, si elle ne l’est pas on souffrira. C’est pour çà que le voyageur en canoe cherchera alors à poser sa tente sur une petite île au milieu du lac ou de la rivière à condition de penser à bien amarrer son esquif !
.... toutes ces choses étant considérées le lecteur comprendra vite - s’agissant d’une cartographie
régionale- que dans le blanc verdâtre et le vert clair de l’Atlas ou le jaune clair de National Geography sont celles oû le moustique n’est pas
réellement problématique. Il comprendra aussi (surtout s’il se donne la peine d’ouvrir le lien que j’ai donné) que les couleurs sombres sur chacune des deux cartes sont celles oû il vaut mieux s’équiper avant de partir comme en témoignent les récits depuis la fin du XVIIIème siècle jusqu’à ceux des années 2000.
Il y a trois ans deux jeunes Allemands se sont embarqués en canoe pour rejoindre la Baie d’Hudson à partir de
Winnipeg sans être équipés proprement tant du point de vue canoe, que du point de vue protection anti-moutisques. Leur canoe s’est déchiré dans un rapide et leur périple à travers le muskeg, à la boussole a failli leur coûter la vie. En 10 jours de marche à travers le muskeg ils ont perdu 10kg et ont été recueillis épuisés en bord de piste ‘’ couverts de piqûres de moustiques de la tête aux orteils’’
La distribution des zônes humides à l’échelle continentale et donc la carte sont le résultat de deux phénomènes :
- du Sud au Nord l’apparition progressive du permafrost qui produit une semelle imperméable au dessus de laquelle les eaux stagnent
- d’Est en Ouest une histoire géologique différente : le dépôt autour et à l’intérieur du Bouclier de roches à grain fin imperméables (Basses Terrres de la Baie d’Hudson et Plaines Intérieures) sur lesquelles l’eau stagne aussi.
Dans les deux cas il en résulte un gigantesque incubateur... et c’est pour çà que l’on peut dire que si sur le Bouclier (
Québec notamment) çà peut
parfois être pire côté moustiques...
...il y a pire que pire: il y a les Basses Terres (Nord de l’
Ontario....) et les Plaines intérieures (
Manitoba,
Saskatchewan, N E de l’
Alberta...) que mentionne Yvert à juste titre et ce que le lien donné illustre clairement