Salut Kiloulou,
D'abord, règle numéro 1, ne jamais se séparer de son matériel. Celui-ci doit toujours être à portée de main. Aussi bien pour ne pas rater une scène ou un simple plan. Et puis pour ne pas se le faire voler ou tout simplement détruire par une erreur de manipulation de quelqu'un qui n'a rien à faire avec ton matériel dans ses mains. Qu'il s'agisse d'un petit camescope qui tient dans la main ou d'un Bétacam SX, comme celle que j'utilise et qui avec sa batterie affiche ses 11 kilos. Sans le pied qui à lui seul en pèse 8. Pour ma part en reportage, je dors avec le matos sous le lit et il m'accompagne du petit déjeuner au dîner. Au prix du matos, c'est pas la peine de penser à prendre une assurance. Alors on ne prend pas le moindre risque.
J'étais il y a un mois et demi à
Ouarzazate justement. À priori pas de problème avec les autorités pour tourner, ni de la part des habitants, si tu prends le temps de leur expliquer courtoisement ce que tu veux faire.
Le tout est de ne pas bloquer la circulation pendant une heure. Je ne pense pas que tu veuilles tourner une super-production hollywoodienne.
À ce propos, sache que
Ouarzazate et justement le Hollywood marocain. C'est là que sont régulièrement tournées de grandes productions européennes ou américaines, en raison de la présence de studios (à l'entrée de la ville quand tu viens de
Marrakech).
Ne jamais louer de matériel sur place, sauf en cas de casse et de nécessité absolue de pousuivre le tournage. Mais ça a un prix. Souvent prohibitif. Sans compter que le matériel proposé est rarement compatible avec le tien.
Pour la régularité des bus, il paraît qu'elle est bonne... À quelques heures près. Mais personnellement pour plus d'autonomie j'avais loué une voiture. À moins que ton documentaire ne porte sur les transports marocains.
Ne t'inquiètes pas pour ta "survie", la plupart des marocains parlent un excellent français. Et je suis même certain qu'ils l'écrivent mieux que certains d'entre-nous.
Enfin le conseil d'un vieux routard de l'image fixe et mobile : contre le sable et la poussière, rien ne vaut le film plastique alimentaire. Tu sais, le truc transparent que l'on met sur un plat avant de le passer au micro-ondes. Tu enroules ta caméra dedans, tu fais plusieurs tours et tu fais des trous pour pouvoir accéder aux boutons qui te sont indispensables. Avec ça, tu es paré pour traverser le Sahara.
Maintenant, une petite question : c'est quoi le sujet de ton documentaire ? Parce que tu n'en parle pas. Et puis à Ouerzazate, à moins d'avoir une idée très précise de sujet, je ne vois pas ce que tu vas pouvoir filmer. Si c'est le désert, il faudra aller au moins jusqu'à
Zagora.
Si tu me donnes le thème du doc, peut-être pourrais-je te donner quelques tuyaux.