Je devais séjourner deux nuits dans ce camp; je n'y ai dormi qu'une seule. Deux jeunes conducteurs nous ont conduits, sans grand enthousiasme, dans le désert; le bouquet final devait être le coucher de soleil; toutefois, pressés de rejoindre leur demeure pour se nourrir, après une rude journée de jeun, ils ont eu la judicieuse idée de me laisser, seul, dans le désert. Lorsque mes camarades de voyage, des Grecs très cordiaux, les ont interrogés à mon sujet, ces deux écervelés leur ont dit que j'étais retourné au camp par le biais d'un autre conducteur. Bien heureusement, un jeune Saoudien s'est engagé, avec joie, à me ramener. La tâche ne fut pas aisée car, je ne me souvenais plus du nom du camp, et la nuit était tombée. Lorsque nous sommes arrivés à bon port, les deux conducteurs se riaient de ma personne.
Je dois, donc, à ce camp, une impression calamiteuse du
Wadi Rum, qui méritait mieux.