J'en reviens et vais livrer quelques impressions à chaud.
Tout d'abord, un des grands mérites de cette exposition est de replacer les sociétés amerindiennes contemporaines du
Brésil dans un développement culturel. Elle ouvre donc sur une salle dédiée à l'archéologie de la basse
amazonie brésilienne, ce qui a pour objectif de montrer l'antiquité des productions indigènes, leur diversité, mais aussi leur permanence. Toutefois, malgré cet effort qu'il est important de souligner tant il est rare parfois, les exemples choisis sont assez restreints, au même titre que les explications (purement descriptives), et, de plus, se limitent à trois ou quatre groupes ethniques et manquent donc de diversité. C'est l'oeuvre qui est plus mise en avant au détriment de l'artiste et du contexte. Donc, malgré cette volonté d'inscription dans une continuité culturelle, on retombe sur une vision purement esthétique de l'oeuvre. Défaut aussi présent dans la petite vidéo présentant des exemples d'art rupestre, petite vidéo qui n'est accompagnée d'aucun commentaire ; on nous demande juste d'apprécier la "beauté" (terme très relatif) des peintures tout en sous entendant : regardez, ces peuples ont aussi un passé, une histoire. On est en droit d'en espérer un peu plus. L'impression qui s'en dégage est que le visiteur a été ménagé en évitant de lui présenter trop de détails relatifs à ce passé tout en l'alimentant d'une vision esthétique pour ne pas le décevoir. Ca n'a pas marché avec moi, et d'un point de vue tout à fait personnel, ce premier niveau de l'expo est assez décevant malgré la présence de quelques pièces archéologiques (telles que les urnes funéraires disposées au centre de la salle) extrêmement bien conservées, de grande qualité technique et décorative.
A l'étage est traité le monde moderne amazonien au travers de ses rites, de l'univers sonore et visuel. De splendides artéfacts en plumes (coiffes, bijoux, sceptres,...), en vanneries, en céramique,... y sont exposés. On peut aussi regarder la projection de quelques vidéos illustrant des rites de passages ou bien différentes techniques de façonnage de la céramique et de peinture corporelle. La scénographie est de qualité.
La visite ce fini par une petite salle exposant quelques pièces ethnographiques ramenées par C. Levi Strauss. On peut aussi y contempler quelques photos et vidéos des années 30 réalisées par l'ethnographe.
Pour les 2 ou 3 personnes qui auront lu jusqu'ici ce bref et incomplet résumé (je suppose donc que vous êtes intéressés) des impressions d'un neophyte dont le passe temps n'est pas d'être critique d'expo, je recommande d'aller y faire un tour car cette exposition a au moins le mérite d'essayer de rompre avec quelques a priori communs dont sont souvent affublés les peuples amazoniens.