[02/02/2011 11:20:55]
Sophie à vous de voir, moi je préfère rester chez moi et allez a Disneyland
: Après les mouvements révolutionnaires qui ont agité la
Tunisie puis l'
Egypte, il semblerait que plusieurs pays du monde arabe suivent le même chemin. C'est en effet maintenant la
Jordanie – un autre régime autoritaire – qui se soulève contre le gouvernement. La contagion atteindrait désormais le Yémen, la Syrie, l'
Algérie et le
Maroc sans que personne ne puisse dire où elle s'arrêtera
Carte de localisation des mouvements de contestation dans le monde arabe depuis la révolution tunisienne (AFP)
Le départ précipité de Ben Ali en avion de la
Tunisie a fait rêver les populations des pays voisins. Ces dernières, étant également sous l'emprise de régimes autoritaires, qui mettent à mal leurs économies, imagineraient bien une fin "à la tunisienne" dans leurs pays respectifs. S'il semble clairement que l'
Egypte est le pays le plus prompt à pouvoir y parvenir, les autres pays arabes ne comptent pas en rester là. La
Jordanie vient se classer en tête de la contestation et vient d'obtenir que son Premier ministre soit limogé.
La
Jordanie prête à sa révolution
Afin de calmer les manifestants jordaniens descendus dans la rue pour protester contre la vie chère et réclamer des réformes, le roi Abdallah II de
Jordanie a limogé mardi 1er février son Premier ministre, Samir Rifaï. Ces manifestations avaient été organisées par l'opposition islamiste et de gauche ces derniers jours. Néanmoins, en nommant Maarouf Bakhit à la tête du gouvernement, le roi jordanien n'a pas réussi à satisfaire son peuple. En effet, le Front de l'Action Islamique (FAI) a fait savoir via un communiqué qu'il n'acceptait pas Bakhit et lui a demandé de se retirer "pour laisser la place à une personnalité nationale acceptable qui pourra conduire des réformes". Le FAI reproche au nouveau Premier ministre d'être "impliqué dans les fraudes électorales municipales et législatives" en 2007 et "dans des affaires de corruption". Maarouf Bakhit à quant à lui expliqué que son cabinet allait "prendre des mesures concrètes en vue de réformes politiques, économiques et sociales" en donnant "la priorité au dialogue avec toutes les parties concernées", même le FAI. Hamzeh Mansour, secrétaire général du mouvement islamiste, a soutenu que les manifestations des islamistes allaient se poursuivre, alors qu'une rencontre entre le roi et une délégation du FAI est prévue dans les prochains jours.
Yémen ? Syrie ?
Maroc ?
Algérie ?
Qui sera le prochain sur la liste ? C'est la véritable question que tout le monde se pose voyant des mouvements d'opposition émerger un peu partout dans le monde arabe.
Au Yémen, des manifestations ont eu lieu déjà depuis jeudi dernier afin de réclamer le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. En conséquence, celui-ci a organisé une réunion entre la Chambre de députés et le Conseil consultatif. "Je crains que cet appel au dialogue ne soit tardif (...). Le dialogue n'est plus une revendication" des Yéménites qui "réclament désormais un changement de régime et le départ du président (Saleh)" a affirmé Mohamed Al-Sabri, un dirigeant du "Forum Commun", une alliance de l'opposition parlementaire. Quatre personnes ont déjà tenté de s'immoler par le feu, dont un cas mortel le 20 janvier, pour témoigner de leur lassitude, comme l'avait fait un vendeur ambulant en
Tunisie.
En Syrie, pays reconnu comme l'un des régimes les plus répressifs de la région, c'est un appel à manifester contre la "monocratie, la corruption et la tyrannie" qui a été lancé sur Facebook. Vendredi après la prière, le mouvement invite les jeunes Syriens à manifester au cours de "la première journée de la colère du peuple syrien et de rébellion civile dans toutes les villes syriennes". Mardi, le groupe réunissait déjà 7.800 personnes ne pouvant "plus accepter l'injustice" et surtout prêtes à se soulever contre le président syrien, Bachar al-Assad.
En
Algérie et au
Maroc, des mouvements protestataires plus épars ont également commencé à se faire entendre. A
Alger, des grèves du personnel paramédical et de l'éducation réclamant des augmentations de salaires ont eu lieu. De leur côté, les chômeurs appellent à une manifestation le 6 février prochain devant le siège du ministère du Travail, alors que la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui regroupe des mouvements d'opposition et organisations de la société civile, a appelé à une marche le 12 février afin de réclamer "le départ du système". Au
Maroc, si les mouvements restent encore plus discrets, le prince Moulay Hicham, un opposant au roi du
Maroc Mohammed VI, a expliqué que si le pays "n'a pas été encore atteint", il ne fera "probablement pas exception".
Au vu de tous ces éléments, on peut donc se demander si la contestation populaire sera assez forte pour faire tomber les régimes les plus autoritaires ou si au contraire les gouvernements répressifs en ressortiront plus forts.
Marie Curci (
www.lepetitjournal.com
) mercredi 2 février 2011
En savoir plus:
Article Nouvel Obs :
Jordanie, Yémen, Syrie... le monde arabe contraint à l'ouverture
Article Les Echos: La contagion atteint la
Jordanie et même la Syrie