Revenu depuis peu du
Malawi et ayant emprunté le Ilala, voici quelques infos qui peuvent toujours servir à d’autres.
Se préoccuper (comme je l’ai fais) de contacter la compagnie qui gère le ferry afin d’avoir des infos sur les modalités pratiques avant de partir est une perte de temps. Ils ne répondent de toute façon pas aux courriels, que l’adresse mail soit bonne ou pas !
Sauf si vous envisagez de prendre une cabine (7 en tout), il n’y a aucune raison de leur téléphoner (mais bien pour les cabines où il faut en plus un acompte pour bloquer la réservation) et vous prendrez votre billet une fois sur le bateau (pour les escales où il n’y a aucune infrastructure comme Usisya) ou au port comme
Monkey Bay ou
Nkhata Bay, avant d’embarquer.
La « formule » prisée par l’immense majorité des occidentaux est de voyager sur le pont supérieur (upper deck) ou 1ère classe. Les ponts inférieurs (surtout la 3ème classe, sont réellement surchargés et on est d’office entassé) sont moins intéressants.
Le pont supérieur permet de dormir dehors, sur un matelas que l’on sait louer (400 kwacha/nuit), et vous avez au moins assez d’espace et de place. Le surcoût (pour le billet) par rapport aux 2ème et 3èmes classes est minime (pour un touriste il s’entend)
Il y a un restaurant où vous savez prendre vos repas. Cuisine tout à fait acceptable et prix corrects (petit-déjeuner dans la fourchette des 500 kwacha (plusieurs choix), déjeuner et diner à 800). Possibilités pour les végétariens et un petit-déjeuner adapté pour les juifs (israéliens)
Il y a deux toilettes et une douche accessibles aux passagers de la 1ère.
Avec la suie qui se dégage de la cheminée du Ilala, il est inutile de mettre vos plus beaux habits. Vous aurez vite un petit air de Germinal...
Pour dormir, le matelas (taché de suie) est suffisant mais essayez d’avoir au moins un sac à viande (ou de couchage) car, si le vent se lève, vous risquez d’avoir un peu froid.
Le bar, situé sur le pont des premières sert différentes boissons (soda 100 kwacha, eau 50cl 120 kwacha ou encore Green (pas de Kuche Kuche !) à 250 kwacha)
Il doit bien être clair que vous empruntez le ferry pour le lac, les îles et le voyage, pas pour la vitesse (moins de 15km/h) ni pour « gagner du temps »
Hormis
Monkey Bay et
Nkhata Bay, il n’y a pas de ponton et vous quittez/arrivez au bateau par chaloupe. Par temps de houle, cela peut être un peu sportif...
Si vous prenez le ferry au départ de
Monkey Bay, le prix de l’upper deck est le même entre
Nkhata Bay et Chilumba (la totalité du trajet est divisée en trois « zones » avec trois tarifs distincts)
Même si vous pensez descendre à une étape précise, une rencontre ou une discussion peut vous faire changer d’avis en route (la consommation de Green aussi) et auriez intérêt à demander au départ un billet jusqu’à Chilumba. Le coût sera de toute façon identique (9000 kwacha)
Le ferry part généralement « globalement » à l’heure (de
Monkey Bay) mais au fur et à mesure des escales, va prendre du retard. Il va en regagner un peu après
Nkhata Bay (vers Chilumba) s’il y a moins de passagers et de fret (moins de rotations des chaloupes et diminution du temps nécessaire aux manœuvres) ainsi que de Chilumba à Usisya pour les mêmes raisons.
La visite des îles (lors de l’escale) est en théorie possible. Maintenant, comme le bateau aura du retard, il se peut que vous y accostiez de nuit. Vous allez très vite vous rendre compte du challenge que consisiste à quitter (et à regagner) le Ilala à Likoma. Une armada de petits bateaux « jouent des coudes » pour apporter passagers et marchandises. C’est de la folie. On passe de bateau en bateau pour arriver à l’échelle du ferry.
Cela signifie concrètement que même si vous y arrivez de jour et que l’escale dure trois heures, vous avez intérêt à quitter rapidement le bateau et revenir impérativement dans les délais. Jouable mais potentiellement folklo !
Sauf si vous êtes mordu de bateau, je ne suis pas persuadé du bien fondé de parcourir la
totalité de la ligne. S’il est agréable de dormir sur le pont, lorsque le lac est calme, la houle peut tout changer. Après deux nuits sur le pont, vous sentez aussi le poney et avez l’air « peu frais » mais l’expérience mérite amplement d’être vécue.
Bon voyage.
Michel