Luwi Camp-Jour 2 (suite et fin).
Comme hier, le rendez-vous est à 15 h 00 autour d’un verre ou d’une tasse et d’un gâteau pour un départ en vadrouille à 15 h 30, avec l’espoir de dénicher un léopard car Martine, très sobre, a promis de boire de l’Amarula et nous aimerions bien trinquer avec elle, mais plus encore admirer le joyau de la jungle ! Nous filons vers la rivière où pataugent des hippopotames, roupillent des crocodiles et gambadent des échassiers et des palmipèdes. Les impalas et les pukus dont un nouveau-né sont éparpillés partout
Bébé puku de quelques jours.
Bucorve du sud aussi appelé calao terrestre.
et notre phratrie léonine pionce toujours, ces Dames dans le sable et Monsieur allongé tel un sphinx en contre-haut de la berge : ils attendent la relative douceur du soir pour chasser. Deux éléphants, puis d’autres font leur entrée en scène, ces imposantes créatures sont des mâles gros-porteurs qui ont quitté les zones inaccessibles du parc où sévissent les massacreurs.
Cobes à croissant.
Dans ce secteur où les chasseurs ne sont que d’avides collectionneurs d’images, ils se sentent en sécurité mais la présence d’un véhicule est toujours inquiétante pour eux. En descendant la berge escarpée, nous surprenons un hippopotame broutant à l’ombre des acacias, il s’éloigne en trottinant et rejoint son refuge liquide, ce comportement sur la terre ferme n’est pas ordinaire pendant les heures torrides. Un petit kilomètre en aval, nous débouchons au pied d’une paroi à pic, haute de quatre à cinq mètres. Des guêpiers carmin y ont creusé des trous pour nicher, pondre, couver et élever leurs progénitures, j’en dénombre plus de six cents et constate qu’ils sont presque tous occupés. Sachant que chaque terrier abrite deux à cinq poussins, cette colonie doit dépasser les 2 000 sujets. Leurs ballets dans les airs et plus encore leurs alignements telles des brochettes sur les rameaux sont un véritable enchantement pour tous, leurs bavardages rauques fait de « tirrik-tirrik » ou cris d’alerte « rikrikrak » couvrant avec bonheur les centaines de déclenchements fusant autour de mes oreilles.
Guépiers carmin.
Trop rivés à leur lorgnette, les Nemrods du pixel ont-ils remarqué les adorables inséparables rosegorges qui eux aussi colonisent les anfractuosités et volent en groupe, perchés dans les branchages, ils se confondent avec le feuillage ! Un pygargue, juché à la cime d’un figuier observe ce remue-ménage, peut-être n’est-il pas qu’ichtyophage et aimerait-il mettre à son menu ces superbes méropidés ou encore ces délicieux perroquets nains ?
Pygargue vocifère ou aigle-pêcheur.
Guépiers carmin et inséparables rosegorges.
Je reviens sur mes écrits, Yolande les a vus !
Dans un marigot peu éloigné, une maman hippopotame manifeste son mécontentement de nous sentir si près de son territoire, mais surtout de son bambin blotti contre elle, elle simule une charge en grognant, au moment où nous remontons sur le plateau.
Nous longeons le coteau escarpé vers l’orient, nous venons nous garer au-dessus d’un arbre décharné richement décoré d’une myriade de guêpiers, c’est une place rêvée pour l’apéritif, dont le choix de chacun est maintenant enregistré dans les mémoires de Lawrence et Alex. Comme hier, sans rien demander, ce sera une ou deux doses, au risque de contrarier nos barmen, mon Gégé te voilà obligé à assumer ta différence, tant pis pour ton foie !
Retour nocturne sans événement marquant : un hippopotame en baguenaude, une mère avec des jumeaux, situation rarissime, des éléphants, des herbivores et très loin, grâce à la vue aiguisée de notre guide, une genette. Je me demande comment en conduisant, il discerne dans le lointain avec un projecteur instable et sautillant un animal à peine gros comme un lapin ?
Nous sommes de retour vers 19 h 25 et à table 30 minutes plus tard. Ce soir, le dîner est précédé de champagne offert par la Maison d’Anjou. Le barman, d’ordinaire si preste semble bien emprunté devant la bouteille. Gérard lui explique tout le cérémonial lié à ce divin breuvage : comment on ouvre, comment on sert et plus encore comment on fait les niveaux. Pour sûr qu’il retiendra la leçon ! Martine, privée d’Amarula puisque Madame la panthère n’a pas daigné se manifester, se venge sur une flûte. Ce repas sera le dernier servi à Luwi Bushcamp.
PS : les noms des animaux sont donnés pour les malheureux qui ne seraient pas encore allés en Afrique, pour les autres, c'est du commun !