Article du vendredi 12 décembre 2008
Les tops et les flops de la Fête des Lumières Les Terreaux et la cathédrale Saint-Jean n’ont laissé aucun visiteur indifférent. Si 2008 était globalement une belle édition, demeurent quelques ajustements sur la programmation
Bellecour : peut mieux faire...
Autant le dire, les spectateurs du vendredi soir ont été déçus par l’animation de la place Bellecour. Deux artistes traçaient leurs graffs dans l’espace de la nuit à l’aide de leurs pinceaux de lumière. L’animation a évolué au fil des jours pour devenir plus intéressante en fin de fête. Rien à voir avec le « I Love
Lyon » de l’année dernière, cette immense bulle rose qui emprisonnait un Louis XIV ravi de son sort.
Pas de toile sur la grande roue : l’explication
Deuxième déception de la place Bellecour, l’une des animations phares de ce 8-Décembre n’a pas vu le jour. La grande toile qui devait s’appuyer sur la grande roue et recevoir les projections d’œuvre du musée Saint-Pierre n’a jamais été déployée. A cause de la météo ? Pas seulement. La toile a bel et bien été déployée le week-end précédent. Un fort vent a contraint les organisateurs à commander une nouvelle toile avec de nouvelles attaches. Quand celle-ci a été fixée, les organisateurs se sont rendus compte que la qualité de cette toile n’aurait pas permis d’obtenir le résultat attendu. Ce n’est que partie remise. L’animation devrait revenir l’année prochaine.
Aux Terreaux, le bonheur, la cohue et les sifflets
C’était peut-être l’œuvre majeure. « On dirait que... » a même été applaudi. Le principe : des façades animées et des bâtiments manipulés par une main d’enfant géant. Si la prestation artistique a conquis le public, la cohue aux abords de la place a parfois laissé craindre quelques débordements.
Si artistiquement, il n’y avait rien à redire, le public a réagi à la projection de logos de sponsors de la fête sur les édifices de la place. Devant le courroux collectif, ils se sont fait plus discrets au fil des jours. Mais comme dit Najat Belkacem, il faut choisir : les logos ou les impôts...
Autre grand bonheur, la cathédrale Saint-Jean. Certains visiteurs sont revenus chaque soir admirer l’œuvre éphémère.
Les TCL ont plutôt bien joué le jeu
Pas de grève. C’était déjà la bonne nouvelle de ces Fêtes des Lumières. Sur les quais, des métros et des tram, beaucoup d’agents pour accueillir et orienter les visiteurs, un bon point. En revanche, les néons des métros sont restés désespérément blancs - ils étaient colorés les années précédentes - et seul le samedi était gratuit. C’est déjà pas mal.
Les déambulations abyssales, la bonne surprise
Elles ont emmené le public jusqu’au
parc de la Tête d’Or pour un spectacle magnifique.
Elles ont aussi permis de désengorger le centre. Une réussite du point de vue des organisateurs.
Pour les internautes, Lyon est arrivée à saturation
Avec la Fêtes des Lumières,
Lyon est-elle arrivée à saturation. Pour près des 3/4 des internautes qui ont répondu à notre sondage, la réponse est clairement oui. « Je considère que la Fête des Lumières est nettement surfaite. Je n’y vais plus. C’était beaucoup mieux dans le temps où il n’y avait que des guirlandes lumineuses dans beaucoup plus de rues qu’aujourd’hui », indique un peu sèchement cet internaute. « Lyonnais d’adoption, je regrette que la Fête des Lumières soit devenue une espèce de gros machin invivable, limite sur le plan de la sécurité et de la convivialité, une sorte de
Disneyland, à la limite la fête de la fée électricité », commente gavroche69. « Les Lyonnais en ont assez de toutes ces animations à Bellecour, dans le
Vieux Lyon, ou ailleurs. La municipalité, ou plutôt les municipalités de droite, mais surtout de gauche, se gardent bien de demander l’avis des populations » indique Michel, de Craponne. « L’aspect populaire de la fête a été kidnappé. Son caractère religieux, originel et original, s’est estompé et les médias n’accordent plus qu’un entrefilet aux célébrations de cet ordre » indique Alain Di Folco.
André n’est pas du même avis : « Alors oui, c’est le casse tête pour se garer, circuler, le bain de foule est vite intolérable... mais il y a plein de trucs et astuces pour s en accomoder. Moi qui ai quitté
Lyon, je reviens ce week-end rien que pour ça ! Pourquoi ? Pour voir l’un des plus grands shows lumineux et redécouvrir une nouvelle fois la ville que j’aime tant », indique larcher.
« Je trouve que la Fête des Lumières est internationnale et il est normal qu’il y ait beaucoup de monde. La sécurité y est assurée, ce qui est rassurant » termine cet internaute.
Dans les années à venir, la fête pourrait davantage concerner les quartiers
Il restait quelques chambres d’hôtel le vendredi soir, également le dimanche. Pour le reste, les hôteliers lyonnais ont affiché complet. « Plus une seule place ! » se réjouit-on à l’
Office du tourisme.
Dans son pavillon de la place Bellecour, la structure a accueilli près de 25 000 personnes - dont 1/3 d’étrangers- pendant les festivités, une augmentation de 58 % !
Une hausse constante depuis plusieurs années qui pourrait conduire à développer l’accueil dans le cadre d’autres structures, comme un chapiteau ou davantage de chalets.
Dans le
centre-ville, la pression a pu se faire moins forte que lors de certaines éditions. Grâce notamment à une meilleure organisation des flux de population, et à des animations, notamment les déambulations abyssales, qui menaient au
Parc de la Tête d’Or, qui ont pu détourner les visiteurs de l’hyper-centre. Et encore une fois, malgré la la cohue - notamment place des Terreaux - pas de bobos majeurs enregistrés pendant ces quatre jours de festivités. Les forces de sécurité articulées dans le cadre d’un plan Orsec préventif ont joué leur rôle. Des animations plus courtes ont permis aux visiteurs de bouger davantage. Enfin, un fléchage particulier a permis aux Lyonnais, - et aux autres - de s’orienter plus naturellement.
Adjointe en charge des grands événements, Najat Belkacem tire de son côté un bilan positif de ces Fêtes des Lumières. Consciente de la possible saturation de l’événement, elle pourrait orienter les prochaines éditions vers davantage de grands événements localisés en dehors du centre « en ne perdant jamais le caractère populaire de cette fête, assure t-elle, et en associant toujours l’ensemble des acteurs, les habitants et les associations ».
Côté hôtellerie, Only
Lyon travaille sur le développement de la capacité hotelière de l’agglomération.
Une étude qualitative de la fête a été conjointement commandée par la Ville et l’
Office du tourisme. Résultats au premier trimestre 2009.
Fermer cette fenêtre
Tous droits réservés.
© Le Progrès 2007