Bonjour à toutes et tous, et à toi, Alexandra, qui peut-être lira cette lettre dont tu es l’objet.
Après avoir écumé nombre de sites de recherche, bataillant avec l’énergie incommensurable d’un cœur en émoi contre les forteresses du web, j’en ressors dépité de n’avoir rien trouvé, ne disposant que du seul et doux prénom de cette belle et rayonnante jeune femme.
C’est le 21 Juillet, dans le TGV
Bordeaux-
Lille Europe, assis de part et d’autre du corridor de la voiture 8, que nous nous sommes pour la première fois effleurés des yeux. Puis progressivement, nous nous sommes engloutis de courts instants dans des regards rieurs et pleins de gourmandes connivences. Le silence de nos œillades grondait de notes sensuelles.
De taille fine et élancée, les yeux bleu azur, portant par intermittence des lunettes à montures rectangulaires noires, les cheveux clairs, tantôt délicatement noués en queue de cheval, tantôt scellés dans un chignon chiquement négligé, ou bien savamment relâchés dans le creux de l’épaule, elle étudiait consciencieusement un ouvrage, crayon en main.
La mélodie secrète de ses beaux atours, caresse depuis lors mon cœur de battements de velours. Alexandra fut la muse de mon voyage épicurien, le temps d’une éternité.
En gare de Roissy CDG2, elle est descendue la première. Une fois sur le quai elle a semblé hésiter. Je l’ai suivi peu après, heureux d’être comme accueilli à ma descente de train par un nouveau sourire lumineux. J’ai pris l’escalier qui mène à la plateforme de correspondances. Elle a pris un peu plus loin l’escalator. D’un pas ralenti, j’ai pris l’un des escalators intermédiaires qui conduisent aux terminaux aéroportuaires. D’une âme alanguie, je me suis vu la perdre, dardant follement une foule d’où la jeune femme ne paraissait pas.
Elle m’a rejoint du haut d’un autre escalator alors que je marchais sur un palier intermédiaire.
Ivre d’émotions, pris d’un vertige jubilatoire suite à ces brèves retrouvailles, je me suis limité à des bienveillances et des paroles de circonstance.
Nous avons cheminé ensemble sur le dernier escalator.
Elle avait passé de superbes vacances en
Sardaigne, parcourant l’ile à Cheval. Elle devait à présent retourner ou aller à
Paris, je ne sais plus.
Nous nous sommes séparés, sans même connaître nos noms ou prénoms, errant alors dans des directions improbables, en attendant que quelque chose se produise sans notre entremise.
Le cœur feulant, je l’ai vu redescendre sur la plateforme de correspondance train/RER/Metro
Je suis moi-même redescendu comme un écureuil descend de son arbre, le cœur réjoui et tambourinant à l’idée d’aller saisir sa belle noisette.
Me baignant de ses sourires radieux, ses yeux étincelants, le teint rosissant, elle a semblé m’absoudre de mes maladresses pour m’inviter dans une rapide et tendre contemplation.
J’ai pourtant décidé, sur un coup de folie, d’interrompre cette frêle discussion en déclarant avoir été charmé d’avoir pu faire sa connaissance.
J’ai regagné mon terminal d’enregistrement, le cœur fondant comme de la glace, sous les feux hurlants de cette soudaine exaltante passion.
Après avoir enregistré, j’ai couru la retrouver. Elle était partie.
Voilà où j’en suis.
Si vous connaissez, croyez connaitre ou avoir rencontré cette personne, n’hésitez pas à me donner tous les renseignements que vous jugez utiles.
Je vous en serais infiniment reconnaissant.
Amicalement,
Benoit