« Au Voleur » (film) de Sarah Leonor : Nogent sur marne ou le bayou ?
Certes, on ne peut écrire de plus belle critique de ce film que celle publiée par Utopia. Mais on peut aussi avoir sa vision personnelle du chef d’œuvre filmistique de ce mois d’Octobre, bien loin de la sélection mensuelle de Télérama ou d’autres publications spécialisées...
Ce film est comme une sonate de Schubert, rafraîchissant, nostalgique, émouvant.Ne serait-ce que par la présence/absence de Guillaume DEPARDIEU, efflanqué, amaigri, mais combien présent...
Il mime ou joue, il pressent, ou bien est-ce le spectateur qui se projette en lui, son destin proche...
Cette petite musique, tout au long du film, fonctionne comme un prisme lumineux : on sait que ce sont les dernières images de Guillaume et son dernier amour de cinéma...
Florence LOIRET-CAILLE est à la hauteur, de sauvagerie, de luminosité, d’inconscience amoureuse...Elle qui récite au début du film de la poésie allemande (elle est prof d’allemand) comme RILKE et Alma MALHER, lui qui cambriole comme Fantômas, loin de la technique des loubards de banlieue, vont se trouver sans mot, puis dériver (seconde partie du film après une plongée dans l’univers glauque des banlieues) dans un « bayou magique »...
La bande son de musique cajun rajoute à cette étrangeté : le couple amoureux dérive en barque au fil de l’eau dans des espaces (canaux, étangs, univers aquatiques...) que l’on cherche constamment à identifier...
Le film a été tourné à Niederbronn-les-bains (67) et dans sa région. A la sortie du film, on ne peut s’empêcher de cliquer sur Google Earth pour retrouver cette sensation de bayou à la française et cette vision d’une lente dérive des sentiments d’un couple amoureux, hors du temps, hors du monde, si près de sa perte...
« le voleur qui s’enfuit loin de tout, on dirait que c’est Guillaume Depardieu » (Utopia)