Lettre à R. (Qui a franchi le pas et est allé y vivre.)
Tu dis vrai! Ma
ProvenceN'a plus rien de Byzance
Américanisée,
Presque "désanisée"
Peuplée de gens pressés
Je m'y sens oppressé
Mon beau païs meurt.
Des lavandes l'odeur
Je perdrais la senteur.
Toi qui a fait le pas
A épousé Gwada
Si parfois tu regrettes
De n'entendre les mouettes
Rêvant de mon patois,
Les grives que parfois
Tu mangeais de bon coeur
Tout ça n'est plus, se meurt
Et mon pays m'écoeure
Des bécasses l'oraison,
A tort ou à raison
Nous avons du chanter.
L'abeille a déchanté
Le champignon se cache
les paysans se lâchent
Et vendent c'est sinistre.
Seuls les taureaux subsistent
La Camargue résiste !
L'eau n'était pas profonde
Mais modernes les sondes.
Les sourciers sont partis...
Où sont nos réparties
Belottes ou Contrées
Dans des bars emportés
"Tu donnes! tu te magnes !"
Et le béton nous gagne
je reve de tes pagnes
Dame sainte victoire
N'est plus qu'une belle histoire
St Ser ou Prieuré
Qui alors qu'apeuré
En fugue m'ont hébergé
Ne seront plus bergers.
Aucun coup de mistral
Ne balaiera ce mal
Je viens et c'est égal
Ainsi si je ne puis
Profiter de ce puy
N'étant plus moi chez moi
j'épouserais Gwada
J'attends donc impatient
Inconscient, déficient
De venir aimer l'ile
Profiter de ces milles
Plaisirs forts et futiles
Je bois à ta santé
Et vous visiterais
De Clo accompagné
Dès le mois de janvier