| L'ile de Pelops UnaMilanese · 11 octobre 2024 à 22:43 · 48 photos 16 messages · 4 participants · 2 303 affichages | | | | 11 octobre 2024 à 22:43 · Modifié le 12 oct. 2024 à 11:15 L'ile de Pelops Message 1 de 16 · 2 303 affichages · Partager Le 7 octobre 2023 est une journée ensoleillée à Milan. Depuis le matin, dans cette lumière, je whatsappe avec Afrooz, à Téhéran, et décide de l'appeler. Une conversation vive, joyeuse, le français avec cet accent farsi devient une langue merveilleuse. Tout est soudain possible. Ispahan, Shiraz, le Damavand, Yazd, Yazd, Yazd, un mot délicieux savouré à l'infini, deviennent accessibles. L' Iran, tellement désiré, est là, enfin. Joie absolue, enthousiasme pur. Six mois pour bâtir et se délecter d'un voyage, avant de le vivre. Puis j'ouvre Le Monde. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa Figée. Vide. Non. Nous décidons d'attendre, de ne pas renoncer tout de suite, faisant semblant de croire, juste un peu, juste pour ne pas s'effondrer, qu'avec cette saloperie d'espèce humaine le pire n'est pas forcément sûr. Il l'est. Alors... bof, Madère ? Les Açores ? L' Ouzbékistan (erzartz pâle) ? La Nouvelle Zélande ? La Grèce. Encore, toujours. Se lover dans la seule annonce européenne qui nous ait été donnée. Se bercer d'illusions, pour le plaisir. Donc train Milan-Ancône (9h-12h), déjeuner tipicamente marchigiano (l' Italie est le paradis des gastronomes), balade dans la ville, puis à 16 h embarquement sur l'Olympic Champion, arrivée à Patras le lendemain en fin d'après-midi, la voiture, et hop, à Lépante, Nafpaktos de nos jours, histoire de se la raconter sur les glorieuses victoires et de saluer Cervantès qui y a perdu une main, avant d'écrire. Enfin, ça c'est le projet. Le train est exceptionnellement à l'heure. Le ferry, substitué entretemps par l'Hellenic Spirit (why not ? Meme si c'est moins adapté à l'année en cours) a, lui, 3 heures de retard, enfin 4, non 5, puis finalement 6, ah non 7. Et en plus, il tombe des cordes sur Ancone, et la salle d'attente du port ferme à 18 h. Bon...
A 23 h, les loupiotes du ferry se dessinent dans la nuit noire. Ça joue des coudes sous le déluge, embarque, dort, bien, dans une confortable cabine au bruit blanc des moteurs. Puis :
23 h de repos. D'oubli. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: UnaMilanese · 11 octobre 2024 à 23:31 Re: L'ile de Pelops Message 2 de 16 · 2 293 affichages · Partager 23 h, nuit noire de plus noire, de nuages, ce n'est pas possible, le ferry accoste à Patras. Les camionneurs albanais et turcs ont débarqué à Igoumenitsa, les motards aussi. Les groupes de lycéens et quelques campingcaristes français en vacances descendent ici. La Citroën, une C3 avec coffre d'un modèle jamais vu auparavant, glisse sur les autoroutes et ses bretelles désertes, prend le "Rion Antirion", le plus long pont à hauban du monde pendant 4 mois, avant que n'entre en fonction le viaduc de Millau, pour la modique somme de 15 €, et rejoint les pavés détrempés de l’héroïque et désormais très modeste bourg.
Lépante.... Une vague cité balnéaire avec ses boutiques touristiques anodines, un charmant très petit port encombré d'échafaudages, la statue de l'Espagnol, d'un mètre de haut (était-il si petit ce géant de la littérature ?), sous un ciel gris qui ne donne guère envie de s'attarder.
Direction Olympie donc, une semaine après le passage de la flamme qui pour l'heure attire les journalistes au passage du Belem dans le canal de Corinthe. Olympie tranquille et printanière. Olympie qui donne envie de flâner dans le site, jouissant du temps révolu et de la douceur de l'air.
Olympie dans le musée de laquelle s'expose le parfait équilibre de l'art grec classique.
| | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 11:12 Re: L'ile de Pelops Message 3 de 16 · 2 265 affichages · Partager La ville moderne d' Olympie n'a aucun intérêt : une rue principale avec boutiques à touristes, hôtels et restaurants, des rues perpendiculaires avec la même chose.
Le premier objectif du jour est le temple d'Apollon Epicurios à Bassae. C'est, plus que la lourde monumentalité de ce monument dorique, le site, perdu dans les montagnes qui attire. La route tourne, beaucoup. Elle se faufile dans des paysages escarpés entrecoupés de vallées fertiles où le vert métallique de l'olivier le dispute au vert sombre et mat du maquis méditerranéen.
Le site est effectivement somptueux, rude dans ses chênes verts qui ponctuent l'herbe tendre du printemps où quelque Grec âgé est en train de cueillir des plantes sauvages, la délicieuse xorta des menus. Le temple, lui, est enveloppé d'une toile de plastique blanc, trop proche des colonnes pour qu'on puisse admirer la structure de l'édifice. Nous le laissons à sa solitude plastifiée et reprenons la route vers Messène.
Une toute petite route où les fleurs grignotent l'asphalte. Une halte sous un immense platane qui abrite les tables d'une gargote dans un village perdu dans la brume. La Grèce ne serait pas ce qu'elle est sans ces gigantesques platanes ombrageant ses places. Une plaisante conversation avec le restaurateur qui épluche des patates. Il a fait fortune à Athènes, dans le chaos touristique d' Athènes, avant d'aspirer à des lieux plus sereins et de venir ouvrir cette délicieuse auberge dans ce hameau reculé. Il est malheureusement trop tôt pour déjeuner, je suis sure qu'il cuisine à la perfection.
Plus nous allons vers le sud, plus la brume devient épaisse, et mystérieuse, car le vent souffle. C'est en arrivant à Messène que le cerveau pige enfin, aidé par la couleur jaunâtre : cette brume opaque qui nous entoure n'est pas due à l'humidité mais à de fines particules minérales en suspension dans l'air. Le Sahara nous envoie ses émissaires aériens.
Le site de la ville antique fondée par Epaminondas, le rival de Sparte, est impressionnant. Très vaste, et contenant des vestiges remarquablement conservés. Et puis, il n'y a pas foule, et celle qui y est est rendue fantomatique dans cette lumière jaune et trouble.
| | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 12:18 · Modifié le 18 nov. 2024 à 21:22 Re: L'ile de Pelops Message 4 de 16 · 2 248 affichages · Partager En fin d'après midi, alors que le vent forcit et que le sable en suspension devient sombre, nous atteignons par une plaine aux constructions moches de béton et de tôle, aux bambous flagellés par la bourrasque, la petite ville côtière de Petalidi. Elle a été choisie par commodité, se trouvant au début de la péninsule de Messénie qui est la destination du lendemain, prêts à enchainer ensuite par le Magne, mais le choix s'avère aussi judicieux par ce qu'elle est : rien, un lieu manifestement oublié du tourisme de masse qui abime tellement la Grèce, un endroit juste grec, sans fard, dégradé. Nous y logeons dans la résidence flambant neuve d'un couple de Roumains, nous y mangeons surtout, deux soir de suite, dans la seule taverne ouverte : une terrasse en bord de mer au mobilier hétéroclite, des montagnes de sardines grillées dans la musique du ressac et de la langue grecque, les seuls convives étant les habitants du lieu.
Le lendemain le soleil resplendit à nouveau, le sable a rejoint le sol, l'air est immobile. La journée commence par un bon café frappé metrio me gala sur le quai de Koroni où pétaradent triporteurs de livreurs et motos de messieurs. Le bourg est joli, fleuri, et bronze en bord de mer.
La ville haute est occupée par une vaste citadelle qui abrite un monastère fleuri à profusion et donc charmant, enfin presque charmant...
l'orthodoxie et la mort... L'orthodoxie est la mort lorsque l'on regarde le Kirill russe.
Puis Modone, Methoni aujourd'hui et son immense citadelle franque, turque, vénitienne (ce sont toujours les mêmes mais j'ai des doutes sur l'ordre, qui m’indiffère), un vaste espace herbeux qui se conclut pas un petit fort s'avançant dans les vagues.
Déjeuner dans l'allemand bruyant et crachouillant sur le port avec des calamars frits datant de la période vénitienne puis nous rejoignons notre dernière destination du jour, le palais de Nestor voguant sur une mer d'oliviers.
Abrités sous un auvent métallique, il ne reste que la base des murs et quelques revêtements de sols, mais des panneaux explicatifs bien faits permettent de se représenter ce qu'était la demeure du vieux sage.
Il fait doux, frais même à l'ombre, le lieu est d'une paix absolue.
« Ô Nestor, fils de Nélée, vous la plus grande gloire des Achéens, vous nous demandez d'où nous sommes : je vais vous le dire. Nous arrivons d'Ithaque qu'ombrage le mont Néïus, et je viens ici dans mes propres intérêts et non pour affaire publique, ainsi que vous allez l'entendre. Je cherche à m'enquérir de la glorieuse destinée de mon père, le divin Ulysse, courageux dans la douleur, qui, dit-on, en combattant naguère avec vous, renversa la ville des Troyens. Quant aux autres guerriers qui assiégèrent Ilion, nous savons comment chacun périt par une mort cruelle ; mais Ulysse est le seul dont le fils de Saturne nous cache le trépas. Nul jusqu'à ce jour n'a pu dire où ce héros perdit la vie et s'il tomba sur le continent, frappé par les ennemis, ou s'il fut englouti dans les flots d'Amphitrite. Je me jette donc à vos genoux pour que vous veuillez bien me raconter la fin déplorable d'Ulysse, et me dire si vous l'avez vue de vos propres yeux, ou si vous l'avez entendu raconter par quelque pauvre voyageur ; car certainement sa mère l'enfanta pour souffrir ! Soit ménagement, soit compassion, ne me flattez pas ; dites fidèlement tout ce que vous avez vu. Si jamais mon père, le vaillant Ulysse, accomplit par le fait ou par la parole tout ce qu'il vous promit au milieu du peuple troyen, où les Achéens souffrirent tant de maux, gardez-m'en aujourd'hui le souvenir et dites-moi, je vous en supplie, toute la vérité. » | | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 13:13 Re: L'ile de Pelops Message 5 de 16 · 2 227 affichages · Partager Le temps est incertain, mais il est ainsi très assorti à la rudesse du Magne, la péninsule centrale du Péloponnèse, la plus sauvage, la plus austère.
Les cotes sont rocheuses, les plages rares et exiguës. Cela préserve cette région de l'envahissement des hordes estivales, et il ne s'y est développé qu'un tourisme haut de gamme, ce qui la rend chère, plus chère que le reste de la Grèce.
Elle est connue pour son architecture : des villages de massives tours, véritables donjons qui abritaient d'orgueilleuses familles, les indomptables chefs de clans se livrant des guerres sans merci.
Nous optons pour un hébergement de deux nuits à Gerolimenas (le vieux port en français), loin sur la cote occidentale. Les eaux turquoises invitent à la baignade, revigorante, très revigorante !
Marre de la voiture, après midi de lecture en terrasse, au soleil, et baladounette à pieds dans les environs.
Le lendemain est consacré à un tour dans les villages de l'extrémité de la péninsule, les plus caractéristiques.
Avec pour finir une marche jusqu'au Cap Matapan, ou Ténare, le point le plus méridional de l'Europe continentale. C'est un sentier étroit, rocheux, souvent très escarpé en aplomb sur la mer, et il vaut mieux être convenablement chaussé. Mais la balade est merveilleuse, ample, parfumée d'aromates, silencieuse.
Au retour, l'envie prend d'acquérir l'une de ces solitaires tours qui hérissent le paysage, de doubler l'intérieur de ses murs de livres et de rester là, dans le vent, le scintillement de la mer, et le bourdonnement des pollinisateurs. Laissant le monde courir où il veut, sans moi. | | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 14:04 · Modifié le 18 nov. 2024 à 21:25 Re: L'ile de Pelops Message 6 de 16 · 2 219 affichages · Partager Souple coup de volant à gauche, la voiture glisse vers les genets ensoleillés qui s'accrochent dans la pierraille, souple coup de volant à droite, elle va à la rencontre de la mer scintillante. La route qui serpente le long de la cote orientale du Magne est un pur bonheur de conduite. Et si en plus on ouvre grand les fenêtres pour laisser l'air ébouriffer les cheveux et s'échapper les notes de la sirupeuse musique grecque mélo que diffuse l'autoradio, c'est un pur bonheur tout court, concentré comme un expresso.
Alors que les dernières tours disparaissent dans les rétros, la plage de Scoutari se dessine à l'horizon. Personne, une église, une taverne, et si nous nous arrêtions ? Pendant la baignade, encore revigorante, une barque de pêcheur accoste au mole, lequel pêcheur entre avec ses cageots dans la taverne. Une fois revêtus nous lui emboitons le pas, nous faisons présenter le produit de la pêche : petits thons, dorades, et autres. Dans la balance pour fixer le prix et hop, en terrasse avec ouzo et olives en attendant qu'ils soient grillés à point. Nous sommes les premiers clients de la saison, nous ne paierons que le poisson.
En fin d'après-midi, après une route fastidieuse qui traverse des champs d'orangers très étendus, nous atteignons Monemvasia. Ayant choisi un hôtel sur le continent, avec vue sur le rocher, le bourg s'atteint à pied. A peine franchi la porte du mur d'enceinte, il apparait évident que le choix de l’hôtel hors les murs a été très pertinent. La village est une véritable attraction à touristes, une succession de boutiques qui leur sont destinées dans ce dédale de ruelles étroites aux pavés rendus lisses à force d’être piétinés. Monemvasia est plaisante à l'aube, entre 5.30 et 7 h du matin.
L'aube silencieuse qui est aussi le moment propice à une conversation chuchotante avec le poète qui eut là sa première demeure, qui a là sa dernière.
De façon maladroite, avec une grosse aiguille, du gros fil, il coud les boutons du manteau. Il parle tout seul :As-tu mangé ton pain ? As-tu dormi tranquillement ?As-tu pu parler ? Tendre la main ?T’es-tu souvenu de regarder par la fenêtre ?As-tu souri lorsqu’on a frappé à la porte ?S’il y a toujours la mort, elle est seconde.La liberté toujours est la première. | | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 17:14 Re: L'ile de Pelops Message 7 de 16 · 2 187 affichages · Partager Toujours une si belle et désormais rare maitrise de la langue, tant et si bien que vous nous enchanteriez même d'un récit nocturne dans un port désert et envahi de brume ! Des images déjà variées et bien choisies.
En ce qui concerne la Grèce, en deux publications vous m'avez déjà rafraichi la mémoire. Vous m'avez d'ailleurs rafraichi tout court. | | | À: Sawadeebaht · 12 octobre 2024 à 18:23 Re: L'ile de Pelops Message 8 de 16 · 2 173 affichages · Partager Merci | | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 18:53 Re: L'ile de Pelops Message 9 de 16 · 2 164 affichages · Partager Sparte... Nous savons qu'il ne reste rien ou presque de la puissante Lacédémone mais comme elle a donné deux précieux adjectifs à notre langue, laconique et spartiate, essentielle sobriété et humble dépouillement, une halte de mémoire y est indispensable avant d'atteindre Mystras. Le site archéologique, très ruiné, est néanmoins agréable au printemps avec ses folles herbes, ses oliviers et ses pins. Et puis, on peut y admirer un bel exemplaire de statue martiale hyperkitsch !
C'était du temps où la devise de Léonidas était "Viens les prendre !" avant de devenir "Rendre la praline accessible à tous".
Il fait chaud, très, et les pentes escarpées sur lesquelles s'étagent les vestiges de Mystras ne font guère envie en ce début d'après-midi. Le choix est fait de s’arrêter pour la nuit dans un camping qui offre des chambres en bungalow digne d'un hôtel, et une grande piscine. Un restaurant sur la place à platane sert de succulentes feuilles de vignes farcies avec une sauce citron œuf (avgolemono) très gouteuse. Cela permettra de visiter la ville byzantine en fin d'après midi, quand la lumière devient plus douce.
Cela a été une très grande ville Mystras, 40 000 habitants au faite de sa splendeur, au XVème siècle. Une ville opulente aussi, au commerce florissant. Il n'en reste que le chateau franc qui domine le site, un énorme complexe palatial, de nombreuses églises et quelques monastères, ou presque. C'est surtout une très belle promenade dans les fleurs sauvages en ce début mai.
| | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 19:23 Re: L'ile de Pelops Message 10 de 16 · 2 159 affichages · Partager Aujourd'hui l'objectif est Nauplie. J'ai un peu peur, et j'ai raison.
Ça pourrait être joli Nauplie. C'est la première capitale de la Grèce moderne, du temps où Athènes n'était encore qu'une petite bourgade ottomane. Cela lui vaut une belle architecture monumentale du XIX° siècle, d'élégantes bâtisses avec leurs foulards de bougainvillées. Sauf que cette beauté attire du monde, beaucoup, au coude à coude, entassé dans les bars et restaurants. Et le monde attire un artisanat à la mord moi le machin, dont les boutiques éventrent le rez-de-chaussée des belles demeures. Juste le temps d'un gyros bien gras (slurp!) et courage fuyons.
Puisqu'on est là, on s’arrête tout de même pour jeter un œil à la citadelle franque qui domine la ville. Les points de vue sur le golfe de Laconie sont superbes.
| | | À: UnaMilanese · 12 octobre 2024 à 22:08 Re: L'ile de Pelops Message 11 de 16 · 2 151 affichages · Partager Pour la nuit, les deux nuits, nous jetons notre dévolu sur Tolo. Une calme station balnéaire en ce début de printemps, sans grand charme ne serait le joli golfe où elle est située. Si le choix du bled était relativement facile dans le secteur, celui de l’hôtel est plus compliqué : ils sont des dizaines à s'aligner en front de mer. Monsieur a le nez creux et choisit le Solon. C'est l'un des premiers de la station, construit à la fin des années 50. Y logeaient les acteurs du festival d' Epidaure nouvellement créé. Maria Callas avait sa suite au dernier étage. Il a un petit air suranné, vintage, qui n'est pas déplaisant du tout. Une terrasse, quelques marches et la mer est là. Et elle est moins revigorante que dans le Magne, pour notre plus grand plaisir. En quête de sustentation, la cité est arpentée et tout au bout, proche de l’embarcadère de miniferry qui appareillent pour je ne sais où, se trouve une taverne dont les tables sont disposées sur une jetée : la mer à droite, la mer à gauche et sur la table un pantagruélique "fritto misto", le triple des portions italiennes.
La matinée du lendemain est consacrée à Epidaure. Si je me souvenais de son théâtre qui avait indélébilement frappé ma mémoire d'enfant (j'étais déjà venue là, il y a 47 ans), j'avais en revanche complètement oublié qu'il se trouve dans un très vaste complexe archéologique, qui dilue la présence touristique.
Il est agréable de s'assoir sur les gradins du théâtre, de s’y amuser des tentatives vocales du touriste de passage qui en éprouve l’acoustique, de songer à Aristophane qui pourrait faire une savoureuse comédie de telles attitudes... Puis de se dégourdir les jambes dans ce beau parc, avant de reprendre la route pour Mycènes.
Mycènes....
Une colonne ininterrompue de chenilles processionnaires, pratiquant de temps en temps une halte pour faire un selfimimiquinstagram... Nous saluons les lionnes et nous éclipsons en vitesse. Retour à Tolo et à la baignade avant de retrouver la jetée.
Le voyage touche à sa fin. Monsieur a voulu rentrer en avion, et je saisis l'occasion pour lui faire vivre mon quartier favori d' Athènes : Exarchia, le quartier anarchiste, alternatif, intensément créatif, qui est voué à disparaitre. La police garde, casquée et empoignant matraque et bouclier, le chantier de la station de métro qui doit perforer la place, "revaloriser" les lieux et le airbnbiser. Il faut en profiter, et vite, d'Exarchia.
Ailleurs, des files infinies s'allongent devant les musées, la foule piétine à Plaka ou Monastiraki.
La journée complète que nous avons à Athènes permet d'aller jeter un œil à la fondation Niarchos, près du Pirée. Après tant d'antiquité, l'envie de la modernité de Renzo Piano est forte. Et c'est très réussi, vraiment, aérien, lumineux, plein de jardins. Et peuplé de Grecs, des étudiants pour la plupart.
A bientôt, chère Grèce.
Quand pourrai-je élaborer avec Afrooz un périple iranien ?! | | | À: UnaMilanese · 13 octobre 2024 à 20:00 Re: L'ile de Pelops Message 12 de 16 · 2 105 affichages · Partager Patientez un peu pour les commentaires, le temps que le surtourisme ressurgisse sur VF ! Et merci encore, j'ai tout aimé. | | | À: UnaMilanese · 31 janvier 2025 à 11:31 · Modifié le 31 jan. 2025 à 12:20 Re: L'ile de Pelops Message 13 de 16 · 797 affichages · Partager Carnet d'octobre. 2024. Je ne savais même pas que VF à nouveau existait, alors au fil des jours, maintenant, je reprends mes lectures. __
Tes mots décrivent, dessinent, colorient et parfument tes promenades, tes gourmandises, tes découvertes pour le plus grand bonheur de la lectrice que je suis, et parcourir ce récit ainsi fait un bien fou... | | | À: UnaMilanese · 1 février 2025 à 9:13 Re: L'ile de Pelops Message 14 de 16 · 760 affichages · Partager Merci pour ce récit qui m'a renvoyée 4 ans et demi en arrière.
Eté 2020, donc...J'avais fait un périple quasiment identique (mais inversé et mon récit était beaucoup moins poétique  ) avec le bonheur de voir tous ces sites quasiment désertiques ("grâce" aux incertitudes liées au Covid). | | | À: Muriel18 · 1 février 2025 à 11:23 Re: L'ile de Pelops Message 15 de 16 · 754 affichages · Partager Ciao à Dolma et toi,
Contente que vous ayez pris plaisir à la lecture de cette promenade grecque.
Muriel, je me souviens d'avoir lu ton carnet péloponésien dans ce lourd été. Tu étais aussi allée à Cythère - que nous n'avons vue que du continent malheureusement, même si à Neapoli l'envie d'embarquer que tenaillait, et dans les villages de montagne autour de Dimitsana - écartés eux à cause de la météo très mitigée en début de séjour, si ma mémoire ne me trahit pas.
Catherine | | | À: UnaMilanese · 1 février 2025 à 11:37 Re: L'ile de Pelops Message 16 de 16 · 750 affichages · Partager Bravo pour la mémoire! | Carnets similaires sur la Grèce: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 790 visiteurs en ligne depuis une heure! |