Lhorizon · 20 décembre 2025 à 21:21 · 65 photos 21 messages · 6 participants · 1 658 affichages | | | | 20 décembre 2025 à 21:21 Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 1 de 21 · Page 1 de 2 · 1 537 affichages · Partager Bonjour à tous, J’ai longuement hésité à publier ce carnet puisque cela fait maintenant 8 mois que j’ai quitté Nisyros. Mais finalement, je l’ai trouvée trop belle pour la passer sous silence. Alors voilà, ce carnet, je finis par m’y coller. Nisyros est une petite île grecque somptueuse et heureusement, elle est bien cachée. Située à une bonne vingtaine d'heures de bateau d' Athènes, son éloignement des côtes grecques dissuade la plupart des touristes de s'y rendre. C'est ce qui en fait une île hors des sentiers battus. Voilà pour les généralités.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois préciser que je l’ai visitée à vélo (malgré son dénivelé volcanique sévère et permanent), dans le cadre d’un périple que j’ai fait de la France à la Turquie, en solo. Pourquoi cette précision ? Parce que, sur les dix pays traversés, et sur les dizaines et les dizaines de sites visités, Nisyros fait partie de mes trois gros coups de cœur (avec l’île de Pag, hors saison, en Croatie, et l’ Albanie pour l’ensemble de son œuvre : beauté de ses paysages naturels et hospitalité démesurée de ses habitants). Bref, bienvenue dans ce carnet consacré à la jolie petite île volcanique de Nisyros...
Je débarque un beau matin à Mandraki, le principal port de l’île. Les vingt heures de bateau depuis Athènes sont passées comme une lettre à la poste. J’ai dormi sur le pont pendant trois ou quatre heures, affalé sur une banquette plus ou moins abritée du vent. A cette période de l’année (nous sommes le 2 mai), les touristes ne se bousculent pas et le bateau est donc loin d’être plein. Ma première vision de Nisyros est typique des îles grecques : le soleil qui tape, un ciel couleur azur, et une mer encore plus profondément bleue. Le séjour commence bien. Je me trouve rapidement un petit hôtel excentré (je fais partie des gens qui fuient le plus possible la foule en voyage, ce qui devient au passage de plus en plus difficile) : alors que toutes les personnes qui descendent du bateau vont à droite à la sortie du port en direction du centre de Mandraki, moi, je prends à gauche ! Mon hôtel sympa est situé à cent mètres de là, face à une jolie petite église orthodoxe, dont le rouge tranche harmonieusement avec la Grande Bleue.
Je dépose mes sacoches dans ma chambre afin de pouvoir rouler léger pour une fois, puis je prends la direction du prochain hameau : Pali. Il s’agit d’un petit village de pêcheurs qui s’anime un peu l’été paraît-il, avec la venue de quelques touristes.
En pédalant sur le quai, je passe juste à côté d'un type assis sur une chaise en plein soleil. Impassible malgré son front ruisselant, il démêle son filet de pêche avec une minutie qui force le respect. Je lui lance le kalimera de rigueur (bonjour) auquel il a la même réaction qu'un sourd-muet : aucune. A l’inverse, son employé me répond gentiment, depuis le chalutier amarré juste à côté. Debout sur le pont, il démêle lui aussi des filets tout entortillés et il m'invite à le rejoindre à bord pour discuter. C'est Mohamed.
La communication n'est pas très facile car il ne parle que grec et moi pas, mais il est jovial et sa joie est communicative. Il exhibe fièrement leur pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives. Nous discutons ainsi pendant une quinzaine de minutes.
Quand vient le moment de reprendre ma route, je dis au revoir à Mohamed, qui me répond tout sourire. Mais cette fois, son patron, qui dégouline toujours autant sur sa chaise en plein cagnard, me salue lui aussi : il n'est ni sourd, ni muet.
Je poursuis ma route le long de la côte car c’est dans cette zone que se situent la plupart des plages de Nisyros. Elles commencent à s’aligner dès la sortie de Pali. Ce sont des plages de sable noir, qui ne peuvent nier leurs origines volcaniques.
Hier après-midi à Athènes, j’ai rencontré Peter et Michelle, un couple néerlando-français, alors que nous attendions le départ du ferry. Il faut dire que les marins grecs étaient en grève et que nous avons dû attendre une douzaine d’heures avant d’appareiller. Bref, nous avons eu le temps de discuter et Peter, qui vit depuis une vingtaine d’années sur Tilos, une petite île voisine de Nisyros, m’a expliqué que de nombreux migrants transitaient par ces deux îles. Ils viennent pour la plupart d’Afghanistan et de Syrie, dont ils fuient les régimes autoritaires ainsi que les massacres qui vont avec. Ils cherchent n’importe où ailleurs un avenir qui ne pourra de toute façon pas être pire. Peter m’a expliqué qu’on trouvait régulièrement leurs effets personnels sur les plages du coin. Et en effet, je n’ai pas besoin de chercher bien longtemps pour en apercevoir, vêtements, bouées de sauvetage...
Je jette un œil tout autour de moi en espérant voir l’un d’entre eux pour éventuellement pouvoir échanger un peu mais non, personne, je suis absolument seul.
Je remonte sur mon vélo et je passe le reste de la journée à flâner sans but précis, juste à visiter cette jolie partie de Nisyros. Je me procure également quelques provisions car demain, je partirai vers l’intérieur de l’île pour deux jours, au fin fond de sa caldeira de quatre kilomètres de diamètre, pour découvrir le volcan. Je dormirai sous la tente et il me faut donc prévoir de quoi manger. Après une nuit réparatrice dans un vrai lit, ce qui est rare pendant ce périple à vélo (et je n'ose même pas parler de la douche...), je pars enfin pour le volcan (je donnerai des infos sur ce charmant petit hôtel aux excellents petits déjeuners à la fin du carnet). Pour rejoindre Stefanos (c’est le nom du cratère principal), je dois monter au sommet de la caldeira. Il fait chaud, certaines pentes oscillent entre 10 et 15%, ce qui est beaucoup et avec un vélo de 54 kilos, je ne bats pas des records de vitesse. Mais qu’importe, j’admire le paysage et je dois dire que je suis surpris par tant de verdure. Plus je monte, plus la végétation est belle. Elle se détache sur le bleu de la mer et les paysages de l’intérieur de l’île sont vraiment jolis. Du coup, je m’arrête toutes les cinq minutes pour faire des photos. De temps en temps, je croise des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour en déguster les feuilles. Je n'arrive pas à les photographier car elles détalent toutes avant que je n'arrive près d'elles. C'est d'ailleurs tout le raffut qu'elles font en descendant qui me permet de détecter leur présence. Deux villages sont posés au sommet de la caldeira : Emporios et Nikia. Je passe devant le premier sans grimper jusqu’à lui, puis je poursuis ma route jusqu’au second. Et je dois dire que là, à Nikia, c’est le coup-de-foudre ! Je me retrouve en effet à pédaler dans de minuscules ruelles dont certaines sont à peine plus large que mon vélo, avec ses sacoches latérales. Les murs sont blancs et les portes de toutes les couleurs : vertes, bleues, rouges... Les rues sont vides et le silence règne. Mais ce n’est pas un silence de mort. C’est plutôt celui qu’on trouve dans les petits endroits secrets et paisibles. Le village respire la quiétude, la tranquillité et le bien-être. Je pose mon vélo avec tous ses bagages contre un mur sans l’attacher, c’est bien la première fois du périple que ça m’arrive. Bon, en même temps, son poids relève moins du vélo que du char d’assaut, il faudrait donc être sacrément motivé pour me voler cette enclume à deux roues mais ici, sans trop savoir pourquoi, je me sens en totale confiance. Ce n’est peut-être pas très prudent de le laisser ainsi mais je fonctionne beaucoup au feeling et ici, il est bon. Alors je laisse mon vélo là et je vais manger un peu plus loin, dans un petit resto posé sur la place principale du village : elle est réputée dans toute la Grèce pour la magnifique mosaïque qui recouvre et décore le sol. Une fois abreuvé et repus, j’enfourche mon vélo qui m’a attendu sagement sans se faire la malle. Et l’avantage, c’est qu’après avoir roulé dans le sens de la montée toute la matinée jusqu’ici au sommet de la caldeira, et bien il ne me reste maintenant plus qu’à descendre en roue libre et ce, jusqu’au volcan. Un pur bonheur dans de tels paysages. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Lhorizon · 20 décembre 2025 à 21:40 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 2 de 21 · Page 1 de 2 · 1 534 affichages · Partager Bon, fausse manip, j'ai posté un peu vite et j'ai oublié la moitié des photos ! Toutes mes excuses. Je répare ma boulette comme je peux, voici donc les images manquantes...
Pour commencer, voici quelques photos de la végétation au fur et à mesure de la montée sur les hauteurs de l'île :
Ensuite, voici le petit village d'Emporios, perché sur la crête de la caldeira.
Puis un peu plus loin et un peu plus haut, le village coloré de Nikia.
Les ruelles de Nikia, si agréables...
La fameuse place avec la mosaïque au sol :
Et demain, ce sera le volcan...
| | | À: Lhorizon · 21 décembre 2025 à 8:12 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 3 de 21 · Page 1 de 2 · 1 507 affichages · Partager Bonjour
Très joli carnet! On attend la suite!! | | | À: Elenitsa · 21 décembre 2025 à 8:29 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 4 de 21 · Page 1 de 2 · 1 504 affichages · Partager Bonjour Elenitsa,
Merci beaucoup, j'y travaille !... | | | À: Lhorizon · 21 décembre 2025 à 10:13 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 5 de 21 · Page 1 de 2 · 1 485 affichages · Partager La suite...
Quand j’arrive au volcan, il est déjà assez tard. Résultat, le guichet d’entrée du site est fermé, et il n’y a plus qu’une seule voiture sur le parking : c’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il est en train de jouer de la musique avec un instrument que je n'ai jamais vu et quand j'arrive, un grand sourire aux lèvres, il m’accueille comme un chien. Je ne comprends pas pourquoi, peut-être suis-je en train de le déranger ? Je ne m’éternise pas dans son établissement et je me dirige directement vers ce cratère qui m’attire comme un aimant. Dès le début de la descente, un panneau met en garde les visiteurs et visiteuses, rappelant que le site est dangereux et qu’on y descend à ses risques et périls.
Les odeurs de soufre, si caractéristiques des volcans, se font de plus en plus présentes au fil de la descente. En bas, le chemin de pierres débouche sur un premier cratère, relativement petit : c’est Mikros Stefanos (le petit Stefanos). La végétation recouvre le sol, ce qui ne le rend pas spécialement impressionnant.
Le cratère Andreas (ou Mikros Stefanos)
Je poursuis mon chemin pour déboucher enfin sur le cratère principal : Megalos Stefanos (le grand Stefanos). Ses parois sont jaunies par le souffre, et carrément rouges par endroits à cause de l’oxydation de certaines roches.
Un peu partout s’élèvent des fumerolles qui proviennent des entrailles de la Terre.
Plus j’approche du centre du cratère, plus mes pieds s’enfoncent dans une sorte de boue.
Jusqu’à ce que j’arrive à une zone délimitée par des piquets et interdite d’accès car dangereuse. Là, par terre, de l’eau bouillonne au fond d’une multitude de petites marmites naturelles fumantes.
Ce cratère, sans être exceptionnel, montre sans ambiguïté tout ce dont les forces de la nature sont capables. Et pour que tout soit parfait, il se trouve que je suis désespérément seul au fond de ce volcan. J’ai une chance incroyable de vivre ce moment sans le moindre touriste autour de moi. Le moment est magique, il sera l’un des plus marquants de tout mon périple.
Mais les lieux finissent par s’assombrir, engloutis par l’ombre de la caldeira derrière laquelle le soleil descend.
Je dois quitter ce lieu mémorable car il me faut le temps de trouver un spot de bivouac puis de poser la tente.
Le temps de retrouver mon fidèle vélo en haut du volcan puis de rouler quelques centaines de mètres et je dégote assez vite ce que je cherche : un spot de bivouac juste au-dessus du cratère. Sitôt la tente installée, je mange un morceau en admirant les parois de la caldeira, qui rougissent face au soleil couchant.
A mes pieds se trouve Megalos Stefanos, ce vaste cratère béant d’où je viens et en arrière-plan, deux des quatre autres cratères du site sont visibles. Le panorama est superbe mais la nuit noire, en finissant de tomber, fait disparaître ce paysage volcanique jusqu’à demain. Je ne rêve pas, du moins pas encore : je vais bel et bien avoir la chance incroyable de dormir sur ce site d’exception.
La caldeira est inhabitée, je suis tout seul dans ses quatre kilomètres de diamètre. Un privilège. Pourtant, sitôt les yeux fermés, j'entends de petits bruits de pas dans les cailloux, à proximité de la tente. Il y a peu de chances que ce soit un humain, ce doit plutôt être un animal quelconque qui passe par là, sans doute une vache ou une chèvre. C'est l'heure de dormir. Demain, je poursuivrai ma visite de ce site volcanique qui m’a complètement séduit. | | | À: Lhorizon · 21 décembre 2025 à 18:31 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 6 de 21 · Page 1 de 2 · 1 449 affichages · Partager Passionnant ce carnet hors des sentiers battus. MERCI. j'attends la suite avec impatience | | | À: Yemen · 22 décembre 2025 à 6:31 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 7 de 21 · Page 1 de 2 · 1 425 affichages · Partager Bonjour Laurence et merci  normalement, la suite est pour ce soir... | | | À: Lhorizon · 22 décembre 2025 à 18:06 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 8 de 21 · Page 1 de 2 · 1 372 affichages · Partager Après avoir dormi comme un bébé toute la nuit, sans doute grâce à tous les efforts fournis pour grimper la caldeira, je passe le petit-déjeuner à réviser mes plans, face aux cratères.
Je me suis tellement régalé sur cette île hier, notamment dans ce volcan, que je décide d’y passer un jour de plus : au lieu de retourner sur Mandraki aujourd’hui comme initialement prévu, je vais passer ma journée à arpenter ces cratères. J’ai toujours adoré les volcans, qui me fascinent, alors il faut en profiter au maximum. Et ce soir, je passerai une nouvelle nuit tout seul, au fond de la caldeira.
Une fois la panse remplie, je prends donc la direction du guichet d’entrée qui, cette fois, est ouvert.
Là, j’apprends que l’entrée est gratuite pour les cyclistes (ainsi que ceux qui viennent à pied, d’ailleurs). Un bus arrive, à moitié vide, et déverse sur le parking sa vingtaine de passagers, qui descendent immédiatement au fond du cratère Stefanos. Je prends la direction opposée, celle des quatre derniers cratères que quasiment jamais personne ne prend le temps de visiter, m’a dit le type du guichet.
Tant mieux, j’aurai quelques volcans pour moi tout seul, aujourd’hui encore ! Bon, je ne voudrais pas non plus passer pour un sauvage à force de répéter que je suis souvent seul sur ce site depuis hier, mais les lieux sont tellement somptueux que m’y retrouver sans jamais personne autour de moi est une chance inouïe. Aujourd’hui, où que ce soit, les sites touristiques sont souvent envahis par la foule, alors pour une fois qu’il n'y a pas un chat, je savoure à fond cette aubaine rare.
J’abandonne encore une fois mon vélo au milieu de nulle part, car il faut marcher pour rejoindre les quatre cratères restants. Au bout d’une dizaine de minutes à avancer en plein cagnard, j’arrive aux deux premiers : le petit Mikros Polyvotis, et son magnifique voisin, Megalos Polyvotis.
Mikros Polyvotis (ci-dessus) et Megalos Polyvotis (ci-dessous)
Si le petit n’a rien d’exceptionnel à part quelques fumerolles, le grand offre un paysage où explosent les couleurs : les parois du cratère sont complètement jaunes, celles de la caldeira sont ocres mais tachetées çà et là de buissons verts. Le tout trône sous un ciel profondément bleu, avec quelques zones de blancs, gris et marrons pour compléter le paysage. Je me sens minuscule face à ce panorama.
Pour rejoindre le troisième cratère du jour (c’est-à-dire le cinquième en tout, après le petit et le grand Stefanos hier), qui n’est indiqué nulle part mais qu’il me semble apercevoir non loin, il faut sortir du chemin. Ce que je fais donc.
Je traverse d’abord une zone de soufre où une multitude de petites bouches toutes jaunes crachent de la vapeur en fumant.
La progression est pénible car le sol est jonché de grosses pierres dans lesquelles il n’est pas facile de marcher tout en montant.
Une fois cette zone d’éboulis traversée, je me retrouve enfin sur la paroi nue du cratère. Très heureux dans un premier temps car c’est beaucoup plus facile de marcher là. Mais je déchante vite car j’entends mes premiers pas résonner. Je tape un peu le sol du pied pour vérifier et en effet, non seulement ça résonne vraiment mais en plus, le sol vibre. A quelques mètres de moi, les petites bouches de soufre évacuent des gaz bouillants, je sais donc que sous mes pieds, le sol brûle. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour.
| | | À: Lhorizon · 22 décembre 2025 à 18:29 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 9 de 21 · Page 1 de 2 · 1 359 affichages · Partager Honnêtement, je suis persuadé que le sol est solide mais on ne sait jamais, un accident est si vite arrivé. Des crevasses, des trous et des effondrements, des gens tombent dedans tous les jours un peu partout dans les montagnes et les volcans, alors, si je peux éviter d’allonger la liste... Et puis je suis tout seul par ici, alors en cas de problème, une chose est sûre : personne ne viendra me secourir. Tant pis pour les deux derniers cratères, je ne les verrai donc pas. Mais j’en ai pris tellement plein les yeux depuis deux jours que ce n’est pas bien grave.
Je termine ma journée en me baladant dans tous les recoins de cette caldeira où je me sens définitivement bien et le soir, je pose ma tente à l’autre bout de cette vaste dépression, dans un champ, pour dormir...
Au petit matin, des espèces de tremblements sourds du sol me réveillent : ce sont des vaches qui marchent et paissent pacifiquement tout autour de la tente.
Mes premiers kilomètres à vélo de la journée sont les plus durs puisqu’il me faut d’emblée remonter tout en haut de la caldeira. Tout en roulant à la vitesse d’un escargot, je surveille en permanence les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur le versant au-dessus de ma tête, car en trottinant habilement sur ces parois quasi-verticales, elles projettent une multitude de petits cailloux sur la route en contrebas. Parfois, et là les chèvres n'y sont pour rien, ce sont des avalanches de pierres qui dévastent tout sur leur passage mais heureusement, de solides grillages de protection assurent la sécurité des gens qui passent par là.
Une fois ces montagnes du centre de l’île franchies, j’arrive à Mandraki, le port par lequel je suis arrivé : je vais enfin visiter ce petit village réputé joli, auquel j’ai juste jeté un œil le premier jour.
La première chose qui me frappe, ce sont ses ruelles. Elles sont jolies, fleuries, poétiques. A peu près désertes aussi, et très étroites puisque dans certaines d'entre elles, aucune voiture ne peut passer en largeur. Du coup, elles sont extrêmement agréables pour se balader, que ce soit à pied ou à vélo.
Je quitte la ville pour monter à vélo sur ses hauteurs, où se trouve le Paleokastro. Il s’agit de la ville ancienne, alors fortifiée. Aujourd’hui, ses ruines dominent la ville actuelle, avec une vue agréable sur la mer et les îles voisines.
En fin de journée, je me rends au monastère Panagia Spiliani. De là aussi, la vue sur le village est jolie.
Comme le Paleokastro, il est situé lui aussi sur les hauteurs de Mandraki, mais nettement en dessous. Contrairement à ce que m’avait dit une habitante du village quelques minutes plus tôt, le monastère est encore ouvert quand j’y arrive.
Alors que je le filme, j’aperçois le pope à l’extérieur, en train de fumer une clope à une dizaine de mètres de moi. Il n’a pas vu que j’étais entré et quand je lui dis bonjour, il sursaute et en m'apercevant, il cache immédiatement sa cigarette dans son dos, un peu comme un gamin qui, les lèvres pleines de Nutella, dit qu’il n’a rien mangé. Je ne comprends pas pourquoi mais peu importe, nous discutons un petit moment. Il profite de ce que j’observe le monastère pour balancer discrètement son petit concentré de nicotine et de goudron par-dessus le mur de clôture, construit à flanc de falaise et qui domine la mer.
Je fais comme si je n'avais rien vu, en espérant simplement qu’il n’y ait personne en-dessous. Nous finissons par nous dire au revoir, sur quoi il ferme le monastère.
Je profite de ma dernière soirée sur cette île qui m’a enchanté pour l’immortaliser à la tombée de la nuit. Demain, je la quitterai pour la prochaine étape de mon périple à vélo : la Turquie (je quitterai Nisyros en bateau, hein, pas en pédalo...) | | | À: Lhorizon · 22 décembre 2025 à 18:38 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 10 de 21 · Page 1 de 2 · 1 354 affichages · Partager Merci pour ce carnet, très agréable et plein de bellles découvertes. J’attends la suite avec impatience. | | | Merci Bluequark. Par contre, je suis désolé mais c'est un carnet très court donc il est presque fini. J'ai juste quelques détails à ajouter, sans doute demain. Mais merci de l'avoir lu | | | À: Lhorizon · 23 décembre 2025 à 9:11 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 12 de 21 · Page 1 de 2 · 1 318 affichages · Partager Dommage. :)
J’attends les détails donc. N’hésite pas à ajouter quelques photos. ;) | | | C'est entendu Bluequark, la suite arrive, et OK pour les photos. Même si les plus sympas ont déjà été publiées, il m'en reste quand même quelques-unes... | | | À: Lhorizon · 23 décembre 2025 à 21:52 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 14 de 21 · Page 1 de 2 · 1 284 affichages · Partager Dans ce carnet, je n'ai pas encore répondu à la question posée dans le titre : " Nisyros : la plus belle île de Grèce ?..." Ce qui est normal : n'ayant pas visité chacune des 9.000 îles que compte le pays, difficile de les comparer !
Je me suis donc fié à l'opinion des locaux, car c’est un signe qui en général ne trompe pas. Et tous ceux que j'ai rencontrés ont été unanimes : selon eux, Nisyros est une superbe petite île dont ils sont souvent fiers, certains m’ont dit que c’était l'une des plus belles de leur pays selon eux. Alors bien sûr, les goûts et les couleurs... Mais je partage cette opinion : Nisyros est magnifique, c'est même la plus belle île de toutes celles que j'ai visitées en Grèce au fil des années, en cinq voyages au pays d'Aristote.
Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan, c'est pour moi une destination à ne pas rater...
Il ne vous reste donc plus qu'à vous y rendre pour vous faire votre propre opinion...
Il me reste quelques photos.
Merci d’avoir lu ce carnet 😊. Il est inspiré de mon blog (100% amateur !) derrière l'horizon ...
Je termine avec quelques infos pratiques, pour celles/ceux que ça pourrait intéresser. N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez, j’y répondrai si je peux avec plaisir... | | | À: Lhorizon · 23 décembre 2025 à 22:13 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 15 de 21 · Page 1 de 2 · 1 282 affichages · Partager QUELQUES INFOS PRATIQUESLe volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour. Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, ces visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ.
En effet, la plupart des touristes qui visitent Nisyros viennent en ferry depuis les îles voisines de Rhodes et de Kos.
En d’autres termes, ils ne visitent l’île qu’à la journée. Ils arrivent en bateau en début de matinée et repartent en fin d’après-midi. Il y a donc plus de touristes sur Nisyros, et notamment dans le volcan, entre 10h00 et 15h00-16h00 environ. Conclusion, idéalement, si vous voulez visiter le volcan aux heures creuses, il vaut mieux vous rendre au cratère Stefanos en début de matinée ou en fin de journée. En plus, dans les deux cas, la lumière est beaucoup plus belle à ces moments-là qu’en milieu de journée, où elle est plus dure.
La traversée depuis Rhodes et Kos
Si vous faites partie des touristes qui viennent à la journée depuis l’une de ces deux îles, alors préparez votre visite à l’avance. Car les ferries n’opèrent pas la traversée tous les jours, en général il y a trois traversées par semaine seulement, mais cette fréquence peut varier selon la saison.
Ci-dessus, petite balade sur l'île de Kos en attendant le bateau...
En moyenne, la durée de la traversée est de 3h20 depuis Rhodes, et de 50 minutes depuis Kos. Inutile que je donne les prix, ils varient trop selon la saison (ainsi que selon d’autres paramètres).
La traversée depuis Athènes
Il y a en principe deux traversées seulement par semaine. Le site directferries indique que la traversée dure en moyenne 13h15, ce qui m’étonne d’ailleurs car quand j’y suis allé (mais c'était avec Blue Star Ferries), le bateau a mis une vingtaine d’heures ! Il est vrai que ce n’est qu’une moyenne, et que la durée peut varier selon la compagnie ou encore les conditions météo.
Et en plus, lors de mon voyage, les marins étaient en grève et cette ligne Athènes – Nisyros (avec des arrêts sur d’autres îles du Dodécanèse) était la seule à être maintenue : toutes les liaisons avec les Cyclades, notamment, étaient annulées...
Le volcanL’entrée coûte désormais 5 euros par personne (tarifs 2025), et non plus 3 euros, comme on peut le lire encore un peu partout sur Internet. Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent... à vélo ou à pied ! Mais je vous préviens, ça grimpe...
CommoditésIl y a un parking pour garer la voiture Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).
Hébergement
J’ai dormi au Romantzo Hotel à 100 m du port, et à l’écart du centre-ville de Mandraki, lequel reste accessible car situé à 500 mètres seulement. J’ai aimé sa terrasse du petit déjeuner, qui donne sur la mer, idem pour celle des chambres à l’étage.
Le petit déjeuner est varié et copieux. Le cadre fleuri est très agréable et le personnel est sympa.
Photo : la vue depuis la terrasse du petit déj'
Niveau prix, le tarif de base pour une chambre double est aux alentours de 35 euros, selon la saison bien sûr.
Voilà, c'est fini (sauf si vous avez des questions, remarques, suggestions...).
Merci et à bientôt | | | À: Lhorizon · 24 décembre 2025 à 10:34 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 16 de 21 · Page 1 de 2 · 1 264 affichages · Partager Merci pour toutes ces infos.... et les photos supplémentaires. Cela donne vraiment envie. | | | De rien, ce fut avec plaisir.
J'espère avoir pu faire naître l'idée d'aller là-bas chez une ou deux personnes et puis, je l'avoue, ça m'a égoïstement fait du bien de me replonger dans les excellents souvenirs que je garde de cette escapade à Nisyros... | | | À: Lhorizon · 25 décembre 2025 à 9:06 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 18 de 21 · Page 1 de 2 · 1 237 affichages · Partager Bonjour
Merci pour cette belle découverte... qui donne bien envie d'y aller | | | À: Muriel18 · 27 décembre 2025 à 11:03 Re: Nisyros: la plus belle île de Grèce?... Message 19 de 21 · Page 1 de 2 · 1 173 affichages · Partager Bonjour Muriel, merci, et oui, il faut y aller  : c'est une île un peu longue à atteindre mais elle en vaut la peine... | | | bonjour ;tes photos sont superbes ;merci de nous en avoir fait profiter. C'est vraiment trop beau ;oui ca donne envie pour mon prochain voyage. Ce qui m'interpelle c'est ton velo ;combien pese t'il avec tous tes bagages ;il a l'air d'etre lourd ? Bravo que du courage il faut le faire. Merci Gmy | Carnets similaires sur la Grèce: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 120 visiteurs en ligne depuis une heure! |