C’est un sujet intéressant. Je vais régulièrement à Lombok et à
Bali, franchement de plus en plus à Lombok, de moins en moins à
Bali.
Bali l’île bénie des dieux ? Quels dieux seraient asez aveugles pour bénir encore cette île, ou alors il y a un sacré boulot.
Certains ont peut-être vu le reportage «
Bali en danger » diffusé il y a quelques mois sur France5. Il me semble que depuis longtemps déjà
Bali est en danger, la circulation y est anarchique, les infrastructures insuffisantes, les ordures non traitées, la nature saccagée par des constructions dans tous les sens. C’est bien simple un joli petit hôtel qui, il y a trois avait « vue sur rizières » dans
Ubud a aujourd’hui vue sur...le mur du voisin qui a acheté la rizière en face pour en faire un énième hôtel avec vue sur rizière. Et avec tout cet apport de touristes et cette mane financière les balinais ne sont même pas foutus de refaire leurs routes ou les trottoirs d’
Ubud pleins de trous et chausse-trapes dangereuses la nuit lors des fréquentes coupures d’électricité. Ils préfèrent s’en mettre plein les poches (ah il y a de la corruption dans ce pays ???). Les étrangers ne sont pas exempts de reproches, en particulier ces promoteurs sans vergogne qui font rêver des petits investisseurs en leur proposant des terrains de quelques mètres carrés et des maisons sommaires pour 5 fois leur valeur. Effectivement cela fait rêver le gogo qui imagine sa maison de carte postale, mais quelle désillusion à l’arrivée. Coincée entre quatre murs, leur maison ne bénéficiera d’aucun panorama sur la nature environnante (en reste-t-il d’ailleurs ?) et ne résistera guère au temps, surtout s’ils n’y habitent pas en permanence. Illusions, illusions.
Cela dit les touristes ne sont guère exigeants.
Je dînais l’autre soir dans un de ces innombrables restaurants sur la plage de
Jimbaran, tous bondés. Joli emplacement, les pieds dans l’eau mais les narines dans le kérosène. En effet, la piste d’envol de
Denpasar est située à quelques centaines de mètres à peine et lorsque les avions décollent en mettant plein gaz ils libèrent des quantites confortables de gaz d’échappement. Croyez-vous que cela trouble nos dîneurs ? Pas le moins du monde. Moi, cela m’écoeure.
Et puis faire autant de kilomètres pour se retrouver entre deux shopping-mall, un bar karaoke ou à gogo-dancer (coincé entre deux Russes) et une discothèque à péripatéticiennes de
Jakarta, très peu pour moi. J’aime trop la nature et le calme.
Heureusement il y a beaucoup de coins charmants dans
Bali si l’on sort de cette côte Sud et qu’on va se perdre dans les petites routes de campagne. Mais années apres années l’étau se resserre. Le tourisme marchand de sommeil l’emporte sur le tourisme respectueux de l’environnement.
Pour moi le sud de Lombok a encore ce charme désuet qu’avait le sud de
Bali il y a 30 ans (il suffit de voir les photos « d’époque » publiées régulièrement dans « La Gazette de
Bali », c’est à ne pas y croire). La mutation a eu lieu en moins de 20 ans.
Les paysages du Sud Lombok sont grandioses, les plages de sable blanc totalement désertes sur des kilomètres, les vagues de surf splendides, les paysages decouverts à cheval, époustouflants. Et elles sont à 20 minutes de vol à peine de
Bali. Encore faut-il savoir où aller et préférer le Sud au Nord. Ca c’est très personnel.
Mais pourquoi les touristes ont ce sens animal de l’attroupement et regroupement ? Auraient-ils peur de ce pays accueillant ? En se précipitant tous sur ces fragiles îlots, ils reproduisent aux Gilli’s les mêmes modèles qu’à
Bali : cosntructions partout, bars, discothèques et pas d’eau potable pour les innombrables piscines. Parle-t-on ici des ordures rejettées à la mer et qui finiront bien un jour par revenir sur la plage ou s’accrocher au corail ? Si on aime faire la fête, les stations balnéaires fréquentées, il faut aller aux Gilli’s, si on aime les coins sauvages et reculés, il faut clairement préférer le Sud. D’autant que le nouvel aéroport va rendre le sud plus accessible dans le courant de l’année prochaine.
Le tourisme n’est-il pas censé mettre en valeur en pays plutot que le détruire à petit feu ?
Moi je préfère la solitude de celui qui se recule pour mieux regarder. Les paysages sauvages et préservés du Sud Lombok me conviennent parfaitement pour me plonger dans un bon livre ou laisser mon regard flotter sur l’immensité.