Les voyages réservent bien des surprises, bonnes, mauvaises ou drôles.
Lors d'un voyage en
Indonésie, mon avion atterrissant à
Bali, je décide de rester 1 semaine pour visiter la région d'
Ubud; ma destination finale était Irian Jaya, mais disposant de 2 mois, je m'autorise après plusieurs séjours dans ce pays à visiter (un peu)
Bali.
Vite fatigué par la visite des temples et autres vieilles pierres (pardon aux amateurs), et juste avant de quitter l'île plus tôt que prévu, je me laisse tenter par le patron de la petite guest house dans laquelle je loge et qui me propose d'assister à des funérailles balinaises... à l'époque je croyais tout ce que racontait le GDR qui encourageait d' y assister à condition de se tenir comme ceci et ne pas faire comme cela.
Nous voila donc arrivés dans un village à quelques km d'
Ubud en compagnie de très nombreux "participants", beaucoup de locaux en tenue traditionnelle et aussi des "touristes-routards-voyageurs-visiteurs" qui me ressemblent comme deux gouttes d'eau ! Et vas-y que tout le monde rentre dans la demeure de la défunte, le cercueil est posé sur une estrade, un genre d'immense lit à baldaquin en plein air sur une terrasse intérieure et entouré de centaines d'offrandes; très mal à l'aise, je suis sorti rapidement sur le trottoir en attendant la suite...
Au bout de quelques minutes, la foule massée à l'intérieur sort de la maison avec de grands gestes... des cris... et juste derrière, l'énorme catafalque enrubanné porté à bout de bras par les hommes. Direction un grand pré à quelques centaines de mètres où doit se dérouler la crémation. Bien entendu en tant que "touriste-routard-voyageur-visiteur" armé de son camescope, j'ai suivi et filmé toute la procession., la pauvre défunte devait avoir le tournis après une dernière ballade si mouvementée ! Le catafalque est déposé sur l'emplacement du bûcher allumé par un gros lance flammes qui d'après l'odeur doit fonctionner au pétrole; lorsque le préposé aux feu juge que le brasier est suffisant pour faire son oeuvre, il stoppe le lance flammes et remue un peu le bûcher avec de longues tiges métalliques; à ce moment là, tout le décor de rubans et d'offrandes est rapidement englouti par le feu puisque tout doit disparaitre au cours de cette cérémonie. Toujours camescope au poing, je ne loupe rien de la scène quand j'aperçois dans le viseur un chien qui entre dans le champ de l'objectif, il s'approche du bûcher et renifle les cendres comme n'importe quel chien puis s'éloigne en passant entre les jambes des personnes présentes. Comme le bûcher ne présentait plus beaucoup d'intérêt cinématographique, j'ai zoomé le chien dans mon viseur et l'ai suivi d'un élégant mouvement de caméra jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière la foule.
De retour en
France, je visionne mes cassettes sur la télé et au moment de la fameuse scène du chien Balinais, je découvre le pot aux roses ou plutôt que le cabot n'est pas venu flairer pour des prunes... Il a dans la gueule un gros morceau (peut-être un tibia, un fémur, une épaule ?) qu'il emporte fièrement bien à l'écart afin de le déguster dans l'indifférence générale ! Au moment de l'action, je n'avais pas perçu ce "
détail" et le plus étonnant c'est que personne n'a courru après le chien pour récupérer les restes.
Voila le souvenir le plus marquant qui me reste de
Bali; heureusement que l'
Indonésie ne se réduit pas à
Bali !