IMPORTATION des voitures au
Senegal. Info trouvees sur le Bulletin N°53, du 24 Aout, de " Senegalaisement.com "
>>>> Que des 605 break et des limousines pour les taxis-brousse
Article 1
Depuis l'entrée en vigueur du décret 2001-72 du 26 janvier 2001 limitant à 5 ans l'âge des véhicules usagés importés, les importateurs multiplient les démarches pour se faire entendre des autorités. Ils ne sollicitent pas d'elles qu'elles reviennent sur la mesure, mais seulement qu'elles accordent un délai pour ceux d'entre eux qui avaient passé commande auprès de leurs fournisseurs bien avant le 14 juillet dernier. Les importateurs de véhicules automobiles usagés ont été pris au dépourvu par l'entrée en vigueur, depuis le 14 juillet dernier, du décret 2001-72 du 26 janvier 2001. La note de service du directeur général des Douanes, signée le 14 juillet dernier, porte à la connaissance des différents directeurs des services douaniers l'interdiction dans le territoire douanier de toutes mises à la consommation de véhicules dont l'âge est supérieur à cinq ans. Mais elle a provoqué l'ire des importateurs qui estiment que la mesure doit être revue. "Certains importateurs avaient déjà passé des commandes auprès de leurs fournisseurs établis en Europe, et ils risquent de se trouver confrontés à des problème financiers, d'autant plus que les voitures dont l'âge est supérieur à cinq ans sont interdites d'entrée dans le territoire douanier. Ce qui va engendrer un énorme manque à gagner pour nos camarades qui ont déjà des véhicules dans les différents ports européens", soutient Ibrahima Seck, importateur établi en face de la Banque de l'habitat du
Sénégal (Bhs). Pour cet importateur, les autorités doivent accorder un délai de grâce afin de permettre à ceux qui ont des commandes d'acheminer leurs marchandises au
Sénégal et de respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs. "Nous donnons des avances à nos clients européens qui ont confiance en nous et nous accordent des délais de paiement. Cette mesure peut tout chambouler en ce sens qu'elle ne prend pas en considération les véhicules déjà achetés en Europe et prêts à être embarqués", souligne Ibrahima Seck. Selon lui, l'application de la note de service du Dg des Douanes aura un impact sur le consommateur sénégalais. "Le pouvoir d'achat des Sénégalais est tel qu'acheter un véhicule dont l'âge est inférieur ou égal à cinq ans n'est pas à la portée de tout le monde. Beaucoup de véhicules que nous avions dans notre parc et dont l'âge est de cinq ans sont restés plus d'un an sans trouver acquéreur. Certaines marques se vendent à plus de 10 millions de francs Cfa", souligne Ibrahima Seck. A titre d'exemple, illustre-t-il, une Mercedes de classe C mise en circulation en 1994 est vendue à 8 millions de francs Cfa. La C220 fabriquée en 1997 est cédée à 12 millions. Si ces catégories de véhicules sont âgées de 5 ans, elles sont vendues à 20 millions de francs Cfa. "Cette 306, toutes options, montre-t-il du doigt, qui est en fin de série, mise en circulation en 1996, est cédée à 4 millions de francs. Un véhicule âgé de moins de cinq ans coûte donc plus cher", explique Ibrahima Seck. Son collègue, Khalifa Samb, abonde dans le même sens. "Que les autorités nous accordent un délai transitoire. Voilà tout ce que nous voulons, résume l'importateur du parc de la Bhs. Nous avons même introduit des demandes d'audience auprès des autorités compétentes pour discuter avec elles de l'application du décret", fait-il savoir. Selon Pape Mbaye, importateur ayant pignon sur la rue 25 x boulevard Général De Gaulle, par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des transports routiers, un délai de grâce est plus que nécessaire. "Nous avons les mêmes préoccupations par rapport à l'application du décret 2001-72. Si les autorités ne peuvent pas augmenter la moyenne d'âge des véhicules importés, qu'elles nous accordent alors un délai transitoire", martèle M. Mbaye. Quand bien même Babacar Gassama du parc de Liberté 6 partage l'avis que ses collègues, il n'en demeure pas moins qu'il est pour une limitation des véhicules importés. "Voilà des années que j'exerce dans l'importation de véhicules, mais nous devons nous dire la vérité. Le marché est aujourd'hui saturé du fait de l'importation tous azimuts", soutient-il. Pour étayer ses propos, l'importateur prend l'exemple du port de
Dakar. "Le port est transformé en un véritable parc où les opérateurs étrangers font la pluie et le beau temps. Ils se contentent de vendre leurs marchandises sous douane pour prendre ensuite l'avion et revenir quelques jours après. Tous ces véhicules dans le port ne peuvent pas circuler à
Dakar. Leur volume est égal à la population de la capitale. Tout cela mérite donc des mesures draconiennes", indique Babacar Gassama. A l'en croire, ce ne sont pas les véhicules importés qui contribuent à la pollution de l'environnement, comme le laissent croire certains personnes qui se réfugient derrière le nouveau Code de l'environnement. "Aucun importateur ne va en Europe avec plus de 35 millions de francs Cfa pour acheter des véhicules polluants. Ce sont les "cars rapides", ndiaga ndiaye et "clandos" qui en sont à l'origine", dit-il. Autre problème qui préoccupe les importateurs, celui lié à la mutation des véhicules. "Les responsables du Service des mines n'acceptent pas que nous leur présentons des certificats de perte pour muter nos véhicules importés. Alors que nous achetons en Europe ces véhicules avec les certificats de perte et les dédouanons ici avec ces mêmes pièces que le Service des mines récuse. Voilà un autre problème auquel nous aimerions que les autorités apportent des solutions", relève Khalifa Samb, importateur établi en face de la Bhs. Pour mieux s'organiser et défendre leurs intérêts, les importateurs et vendeurs de véhicules automobiles usagés et de pièces détachées organisent le jeudi 7 août prochain une assemblée générale dans les locaux de la commune d'arrondissement de la Médina.
Article N°2 :
Affolement sur le marché des "venant" : L'application du décret 2001-72 rendue effective par la note de service du directeur général des Douanes inquiète les consignataires, manutentionnaires, transitaires et... douaniers regroupés au sein de la Communauté des acteurs portuaires (Cap).
Dans sa correspondance en date du 24 juillet dernier adressée au Dg des Douanes, la Cap qui accuse réception de la note de ce dernier attire cependant l'attention de M. Boubacar Camara sur les difficultés d'application de telles dispositions qui risquent de porter préjudice à tous les importateurs et consommateurs. "En effet, explique la Cap, la formulation de ce décret ne nous semble pas claire et les âges limites requis pour la mise en consommation très bas compte tenu du pouvoir d'achat des Sénégalais et compte tenu des voitures déjà en circulation". Les dispositions du décret 2001-72 relatif à la réglementation de l'importation des véhicules automobiles usagés interdit, depuis le 14 juillet dernier, dans le territoire douanier, toutes les mises en consommation de véhicules de tourisme dont l'âge est supérieur à cinq ans (voir Walf du vendredi 25 juillet dernier). La décision ne vise pas les véhicules se trouvant avant le 14 juillet dernier dans le territoire douanier. "Conformément aux dispositions de l'article 9 du Code des douanes, bénéficient de la clause transitoire les véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés importés que l'on justifie avoir été expédiés directement à destination du territoire douanier avant la date d'application de la présente note de service", rappelle le patron de la douane sénégalaise.
Cependant, la Communauté des acteurs portuaires n'est pas enchantée par de telles dispositions dont la date d'application "ne tient pas compte de la réalité du transport maritime ni du projet de décret abrogeant et remplaçant le décret 2001-72 du 26 janvier 2001". Les manutentionnaires, transitaires, consignataires et transporteurs maritimes estiment que l'Administration douanière doit attendre l'entrée en vigueur du nouveau décret en cours d'élaboration. Mieux, les acteurs portuaires prient le Dg des Douanes de différer pour au moins trois mois sa note circulaire signée le 14 juillet dernier. Selon un transporteur maritime qui a préféré garder l'anonymat, les navires qui sont déjà en mer ne peuvent pas retourner à leurs ports d'attache avec leurs containers de véhicules. "Avant la signature de la note de service du Dg des Douanes, des navires étaient déjà chargés et des importateurs avaient aussi fini de remplir leurs formalités portuaires en Europe. Ce qui fait que les dispositions du décret vont causer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront. D'autant plus que les importateurs ont déjà payé tous les frais liés au transport de leurs marchandises", souligne-t-il. Les autorités, suggère le transporteur maritime, doivent faire comme tous les pays de l'Afrique de l'Ouest. "A savoir relever l'âge limite des véhicules importés entre 8 et 10 ans, instaurer une surtaxe pour les véhicules de plus de 10 ans, mettre sur pied une visite technique d'aptitude digne du nom. Il faut souligner que tous les véhicules importés ont leur visite technique en Europe. Alors que des véhicules en circulation à
Dakar complètement amortis sont aptes à la visite technique. Ce qui ne manque pas de poser problème au niveau de la mobilité urbaine et de la préservation de l'environnement. Il faut donc un renouvellement en interne du parc automobile, y compris les véhicules dits particuliers", propose-t-il. Le secrétaire général de l'Union nationale des commerçants et industriels du
Sénégal pour le développement économique et financier (Unacois-Def) est d'avis que des mesures d'accompagnement doivent être prises par les autorités compétentes. "Un véhicule âgé de cinq ans en
Europe est un véhicule neuf. Les Sénégalais ont besoin de véhicules pour assurer leur déplacement. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas mettre en application le décret 2001-72, mais il fallait accorder un délai aux importateurs pour leur permettre de dédouaner leurs véhicules qui sont en mer. En plus, l'Etat doit procéder au renouvellement de tout le parc automobile", indique Ibrahima Lô. Il n'appartiendra pas au patron des Douanes d'accorder un délai de grâce aux importateurs. "En principe, c'est le ministre du Commerce qui doit accorder des dérogations comme nous sommes dans le cas d'une restriction du commerce. Le Dg des Douanes ne fait qu'appliquer les droits de douane et la décision de restriction de telle ou telle autre marchandise importée. La note de service du Dg est fidèle au décret 2001-72, mais il appartient au ministre du Commerce d'accorder des délais", souligne un cadre de l'Administration douanière. Ce fonctionnaire des douanes reconnaît que limiter l'âge des véhicules importés à 5 ans est dur pour les consommateurs. "Même les jeunes douaniers qui veulent acquérir un véhicule seront touchés par la mesure. Nous sommes donc tous concernés ", relève-t-il.--