La BR 174 de
Manaus à
Santa Elena, c'est un peu plus de 1000 km. La grosse difficulté c'est la chaleur combinées aux grandes et nombreuses côtes, surtout avant Presidente Figueiredo.
Je m'enlignais pour la faire quand j'ai rencontré un espagnol qui l'avait fait en sens inverse. J'allais faire le choix de faire ce tronçon de route et prendre moins de temps au
Venezuela (il me restait un petit peu moins de 3 semaines pour reprendre l'avion à
Caracas). Il me suggérait de me garder du temps pour la
Gran Sabana et le
Vénézuela. Malgré le fait que j'avais plus le goût de découvrir le Brézil, j'ai fini par suivre son conseil quand j'ai passé près de m'évanouir dans une des innombrables côtes en sortant de
Manaus (mon thermomètre marquait 47°C). Pendant les 4 jours passés à
Manaus, il faisait au-dessus de 37°C.
J'ai donc fait le trajet en bus mais en gardant mon oeil de cycliste qui venait de pédaler 5 semaines en
Colombie à des températures entre 33 et 40°C et qui est habituée de faire des traversées de déserts avec des distances de 135km sans point d'eau (salar d'
Uyuni,
Nevada,
Utah, Baja
California,
désert d'Atacama).
J'ai quelques petits problèmes de mémoire mais ça ressemble à ce qui suit et ça correspond exactement à ce que l'autre cycliste m'avait décrit :
Sur tout le parcours, la route est super étroite, pas d'accottement, trafic très dense près de
Manaus. Les oreilles et le rétroviseur doivent être très utiles. Le paysage est désolant, relativement monotone, un peu déprimant : une large bande de forêt a été dévastée (brûlée) pour construire la route et aménager de petites fermes très modestes avec des sols trop pauvres. Pour faire le trajet, je conseillerais de transporter de l'eau pour au moins une journée et de la nourriture pour un minimum de 2-3 jours. Il n'y a pas de cours d'eau où s'approvisionner en chemin. Par contre, en cas de problèmes, à l'extérieur de la réserve, il y toujours, pas trop loin, une habitation où on peut demander de l'eau et des véhicules qui passent.
Il y a beaucoup de grosse côtes (incessantes surtout avant Presidente Figueiredo).
Ça se calme avant la réserve. Il est possible de la traverser en vélo à condition de le faire en une journée, de clarté. 125 km de route très abimée, elle semble n'avoir jamais été réparée ou entretenue depuis sa construction (±1995). Une section très plane, la forêt de chaque côté, pas d'habitation, pas de rencontre avec personne, pas de cours d'eau. Malgré tout ça, avoir eu du temps, j'aurais aimé la pédaler.
Avant la frontière, la route recommence à grimper, très raide pendant ±45 km. La température refroidit avec l'altitude. Il y a des virages très étroits pour la rencontre de 2 voitures + un cycliste.
Mon avis en résumé : faire cette route n'est pas un plaisir ni une manière d'expérimenter la vraie
Amazonie sauvage et naturelle (il y a d'autres endroits pour tripper
Amazonie). Ça peut même devenir dangereux à cause de la chaleur (on sent vraiment qu'on est en train de cuire sous le soleil qui plombe à l'
équateur).
J'espère que ces infos vont être utiles.
Martine