et @ Ali3 c'est motivant si vous appreciez

Jour 7, départ pour le
Wadi Rum, où j’avais rendez-vous avec le Bédouin
Odeh al Zalabeh (son courriel pour les intéressés: odehrum1988@hotmail.com)pour passer 3 jours/2 nuits dans le désert. Accueil chaleureux d’Odeh dans sa maison où il m’a présenté sa femme, offert du thé, des fruits et l’utilisation de son internet. Après avoir échangé quelques gentillesses, Odeh m’a proposé d’assister au mariage d’un de ses frères, le jour de notre retour et d’être son hôte pour la nuit ensuite.
Bien que j’aie lu qu’en
Jordanie, il fallait refuser chaque invitation 3 fois et seulement l’accepter si elle était lancée une 4e fois. Au 2e tour j’étais déjà partante, ma curiosité et mon enchantement ayant pris le dessus.
Atallah, 25 ans, un frère d’Odeh, s’est présenté en tant que mon guide. Le tour a commencé par une promenade de 2 heures à chameau, activité que je n’ai pas beaucoup aimée. Atallah m’a rejointe en voiture et très vite, j’étais plongée dans la magie du
Wadi Rum. Mon jeune guide s’est avéré être un excellent cuisinier et un formidable compagnon de route. J’étais enchantée par ce qu’il m’a montrée. Nous avons fait des trajets en voiture et moi, plusieurs à pied. J’ai grimpé sur des rochers, traversé des gorges, glissé sur des dunes de sable.
Atallah m’accompagnait ou me donnait rendez-vous à des endroits faciles à retrouver. Que ce soit ainsi, j’aurais éventuellement pu l’imaginer, mais qu’Atallah qui parle d’ailleurs très bien anglais, m’enchante avec sa belle voix, était la surprise totale. Ses chants bédouins exprimaient une douce mélancolie qui permettait une fusion absolue avec ces terres et pierres et l’univers entier. Quel envoutement! Le premier soir, nous avons préparé le campement pour la nuit à la belle étoile et Odeh et sa femme sont venus nous rejoindre avec un délicieux repas bédouin, composé de riz et de poulet, de salade et légumes. Nous avons partagé le même plat à la lumière des bougies. Pour ceux et celles qui s’intéressent au
Wadi Rum, j’ajoute une description que j’ai trouvée sous le profil du membre Marguerite56 et qui correspond entièrement à mon ressenti: „
Une symphonie de formes extravagantes, sculptées par l'érosion dans des grès rouges et or, de lumières, de couleurs, qui changent d'instant en instant. Magie de la nuit, lorsque la lune répand sa lumière argentée sur les rochers et le sable.. les millions d'étoiles qui donnent le tournis.. Les dromadaires et leurs petits, nonchalants, passent.. des troupeaux de chèvres aussi, menés par les filles ou les grand-mères bédouines. Le but du voyage, c'est là. Au coeur des dunes et des immenses rochers, dont la présence tutélaire rassure infiniment. On s'allonge là, le ciel immense au-dessus de la tête. On ne bouge plus, on est bien.“
L’échange avec le jeune Atallah m’a beaucoup appris. Il pourrait être mon fils, or il m’a fait part de ses joies, de ses espoirs pour lui et sa tribu (il a 29 frères et soeurs de 3 différentes mères) mais aussi de ses inquiétudes et incertitudes.
Le dernier jour, Atallah était très joyeux pour assister au mariage de son frère, pour tirer en l’honneur des mariés, pour aller chercher la mariée dans sa maison (ce sont les hommes qui le font) mais aussi de savoir que lui était le prochain selon l’âge et la tradition familiale pour se marier, même s’il n’y avait pas encore de financée en vue. Il voulait se faire beau pour l’occasion, car – comme il m’a confié – il n’était pas le seul à savoir qu’après, c’était son tour. Il y avait donc des yeux partout...
Du mariage bédouin, j’étais un peu déçue. J’y suis allée avec la femme d’Odeh, qui était une des seules à être joliment habillée, dans la tente des femmes. Personne ne parlait anglais. J’étais la proie des adolescentes qui voulaient me faire répéter des choses probablement un peu idiotes. A mon grand étonnement, il y avait des femmes qui étaient très décoltées et en mini jupes. Quand la mariée est arrivée, empaquetée comme un cadeau de Noël et déballée dès son arrivée par sa mère et d’autres femmes, on l’a assise sur un fauteuil. Elle aussi, elle était très, très décoltée et devait avoir froid en fin d’après-midi. Son visage fort fardé était figé, au bord des larmes, bien qu’elle ait vers 24/25 ans et qu’on m’ait assurée qu’elle avait pu librement choisir son mari (un cousin). Quelques femmes ont dansé et chanté. Alors là, quelle dissonance! On aurait dit des corbeaux enroués. Plus tard, le jeune mari a pu venir dans la tente des femmes pour chercher la sienne (réempaquetée entre-temps) et s’asseoir pendant 5 minutes à côté d’elle, puis ils sont partis.
Le couronnement était un repas, riz/poulet servi dans de grands plats et posés par terre, après le départ des mariés. J’avais l’impression que pour certaines femmes, manger de la viande était réservé aux fêtes et qu’il fallait vraiment en profiter.
Atallah m’avait préalablement expliqué que les papiers du mariage avaient été faits auprès du Sheik et que le couple n’allait pas à la mosquée pour le mariage.
En quittant cette cérémonie, j’avais davantage l’impression que les Bédouins du
Wadi Rum se trouvaient en grand écart entre le modernisme et leurs traditions.
Ma décision était prise, je n’allais pas à
Aqaba mais ma prochaine station était
Dana.
A suivre...