Ola Gitanita de la pampa,
il y a un bail depuis le tarmac de l'aéroport d'Orly-Ouest,
donne nous de tes nouvelles plus souvent,
on parlera des rencontres de ce peuple qui voyage,
on t'a fait une place entre JORGE, MARIA et moi dans le compartiment 33:
Une nuit dans le PARIS-LISBONNE (9)
Certains lecteurs ont l'impression que je me suis trompé de forum et que je ferai mieux d'envoyer mes épreuves à feue « Francoise VERNY ». Je REITERE: tous les personnages de ce carnet existent dans la vraie réalité, les discours de DOLORES, d'AJUDA sont bien réels. D'ailleurs, je n'ai aucune imagination et je ne sais pas où j'irais prendre des descriptions vécues, du bon « vécu de chez vécu ».
Certes, il y en a qui doivent se demander comment on fait pour vivre tous ces événements en l'espace de 16 heures, le dieu des hasards, il n'y avait plus ni mexicaines, ni JOAO, ni australiennes, sur le chemin du retour, même billet, même trajet, le chef de wagon avait changé, le film se déroulait à l'envers.
Mais revenons à notre compartiment, déserté par les australiennes qui sont allées jouer avec les ados boutonneux et zurichois de la cabine d'à côté.
La perle du voyage, cerise sur le gâteau, fut sans doute JORGE qu'Amalia regretta. JORGE LOBO, fils d'Eduardo et de Lucia, né le 23 novembre 1990, à
Lisbonne, dans le
Baixa, calle san Fernando.
Je ne l'avais pas remarqué au début du voyage, sinon sa gentillesse et sa courtoisie, lorsqu'il avait chargé les sacs emplis de kangourous des deux australiennes dans le sas situé au 3ième niveau.
Il était à la fois souple, courageux, serviable et discret, qualités essentielles pour un compagnon de voyage.
Ce n'est qu'au fur et à mesure que le PORTUGESE-EXPRESS déroulait ses kilomètres dans les sierras que je me surpris à l'observer différemment.
D'abord, je l'avais pris pour un compatriote, il parlait mon français, un peu soutenu, sans affectation, et puis peu à peu, je l'entendis échanger en portugais avec MARIA, la dame en deuil de sa soeur, avec DOLORES, la vieille juive andalouse, en anglais avec les ados zurichois, et je le regardais d'un autre oeil.
Sur la couchette du pont supérieur, face à
AMMERSEE, il pianotait le clavier de son ASUS EEEPC série S, du moins pour la première partie du voyage.
Je vous passe l'épisode d'AMALIA ou vous renvoie notice 5 (épisode torride) et ne vous conterai pas leur disparition au delà de la cabine d'Augustinho, le chef de wagon, là où les bath-rooms sont en inox brossé...
je ne saurais jamais ce qui s'est passé entre Amalia et Jorge entre 2 heures et 3 heures du matin, vous non plus d'ailleurs. Peut-être dans le
PARIS-LE TOUQUET au mois d'Août ?
il ne me l'a jamais dit non plus, ses yeux brillaient pourtant d'une étrange lueur, on aurait dit qu'il avait « respiré plus profondément », quand il regagna le compartiment vers 3 heures du matin.
Quand DOLORES commenca la chronique de sa vie, il fut comme moi, attentif, posant des questions, relancant, curieux, et lorsque les deux vieux descendirent à POMBAL en nous laissant leur adresse et nous invitant sur le chemin du retour, il fut comme moi le plus touché du monde.
Nous n'étions désormais plus que 3 dans le compartiment dévasté, MARIA, la femme en deuil, JORGE et moi.
Il me brancha très vite sur la politique intérieure francaise, MARIA, silencieuse jusqu'à lors rentra dans le jeu, et nous échangeames (pas mal ce passé simple et de plus en plus inusité) des propos que le Canard Enchainé ne reproduirait pas ni même Charlie-Hebdo depuis SINE;
Et là, JORGE me bluffa, il venait de terminer une année en SORBONNE et avait décidé d'interrompre ses études françaises: ses études avaient été très perturbées par les grèves successives des étudiants français, ses démarches très ralenties par le fonctionnement de la bureaucratie universitaire francaise, et, faisant fi des conseils de sa famille (proche du président du conseil de la communauté euroéenne) il hésitait à les poursuivre soit aux
Etats-unis, soit à
LONDRES et n'avait pas encore fait son choix.
JORGE partit alors dans une description du fonctionnement des institutions francaises et de la
france en général, digne d'un journaliste averti, il faisait aussi sciences po parallèlement.
J'eus droit, en français et en anglais, à un apercu judicieux de la présence et de la perception qu'ont les élites internationales de la
France en général, digne d'un TED STENDER.
Il termina en me sortant un numéro du TIMES où il me forca à lire une chronique politique (en anglais) relevant la principale faiblesse de notre hyper-président...
Il avait pourtant passé une heure dans l'intimité avec AMALIA et en voulait toujours à la
FRANCE, il n'avait que I8 ans, celui-là, on le reverrait dans quelques années, nos élites mangeraient leur chapeau...
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