Wow ! Plutôt déprimant comme vision de
Montréal ! À ce rythme, c'est encore étonnant que plus d'un million d'habitants y vivent, soit 1/7 de la population du
Québec (près de la moitié, en comptant les banlieues...).
Sincèrement, je crois qu'on peut faire la part des choses un peu plus raisonnablement.
Points négatifs: Système de santé en perte de vitesse. Les attentes sont longues pour voir des médecins spécialistes. Il est difficile de s'y trouver un médecin de famille (généraliste). Les urgences débordent. Les équipements hospitaliers sont désuets. Par contre, nous avons l'assurance-maladie d'état, contrairement à nos voisins du sud. Les employeurs offrent aussi souvent une assurance collective à laquelle on cotise pour se faire rembourser des frais (ex. lunettes, traitements chez le dentiste, médicaments, etc.). Infrastructure urbaine vieillissante: le climat comporte des variations de près de 60 degrés Celcius entre l'été et l'hiver. Ce fait, combiné au manque de financement du secteur public, rend les routes parfois carrément dangereuses; truffés de nids de poule, particulièrement au printemps. Une île une ville: en raison d'erreurs de politiciens, nous nous trouvons avec des services municipaux parfois dédoublés, parfois désuets, avec des taxes municipales à la hausse... Le système scolaire primaire et secondaire: on s'entend que le système a connu un échec retentissant au cours des 20 dernières années, particulièrement les écoles publiques. Tout en défendant leur culture francophone, la majorité des jeunes Québécois ne savent pas écrire leur langue. D'ailleurs, le décrochage scolaire est important, pouvant atteindre jusqu'à 40% des garçons, par exemple. Cela dit, il existe tout de même de bonnes écoles à
Montréal, dont Marie-de-
France, St-Stanislas, Jean-de-Brébeuf, etc. La revue "L'Actualité" publie annuellement un palmarès (d'ailleurs très controversé !) des écoles. Le transport en commun: À moins de demeurer près d'une station de métro, le transport en commun à
Montréal n'est pas à la hauteur d'une ville de sa taille. Personnellement, comme je vis dans un quartier bien desservi, je n'ai cependant pas de problèmes: les autobus passent environ aux 5-6 minutes aux heures de pointe, les métros, tout au plus aux 12 minutes le dimanche soir, par exemple. Certains autobus passent aux demi-heures. Des autobus de nuit desservent les grands axes après 1h, et passent aux demi-heures ou aux heures. Le métro ferme entre minuit trente et 1h, selon la ligne. Les taxis offrent des tarifs raisonnables. La neige dans les rues: c'est beau, la neige, mais c'est moins beau quand il en est tombé 35 cm (comme vendredi dernier), et que les camions et "grattes" passent à toute heure en klaxonnant pour les pauvres abrutis qui ont garé leur voiture au mauvais endroit. (En passant, si vous avez entendu les rumeurs ridicules que les Montréalais vivent dans la ville souterraine, l'hiver, c'est complètement faux ! Ces tunnels relient seulement les grands immeubles du centre-ville et la majorité des Montréalais font simplement s'emmitoufler dans des grandes "doudounes" à capuchons bordés de fourrure lors des journées de grand froid !) Les autos des banlieusards: une véritable plaie à
Montréal, des milliers de banlieusards en provenance de leurs banlieues aseptisées nous agressent de leurs émanations polluantes à tous les jours, sans parler des gros véhicules utilitaires sport qui occupent deux places de stationnement. Comme il est facile de vivre à
Montréal sans voiture, cette pratique est ennuyeuse et agressante. Heureusement qu'on augmente les tarifs de stationnement ! Encore faudrait-il améliorer le système de train de banlieue qui est carrément inefficace ! Il faut projeter d'acheter une voiture et d'y passer beaucoup de temps si vous choisissez la banlieue.
Montréal est une île, donc les ponts sont complètement engorgés à l'heure de pointe. Il est difficile de se trouver un emploi si on n'a pas au moins quelques rudiments d'anglais.
Points positifs: La vie de quartier:
Montréal est absolument géniale dans la diversité de ses quartiers. On y retrouve des rues résidentielles avec de jolis logements assez spacieux (surtout si vous connaissez
Paris et
New York !). Les commerces de quartier sont à proximité: fromager, boucher, poissonier, boulanger... Les espaces verts: pour une ville insulaire,
Montréal dispose de nombreux et très grands parcs qui sont généralement très bien entretenus. Il est possible pour les citoyens de contribuer directement au développement durable et à la propreté en assitant aux séances du conseil d'arrondissement et en s'impliquant auprès des nombreux Éco-quartiers et autres organismes verts de la ville. Les arrondissements ont d'ailleurs tous des jardins communautaires (quoiqu'ils ont souvent une liste d'attente). Le
Jardin botanique de Montréal est une véritable merveille (quoique cher si on le fréquente "à la pièce", moins cher si on devient un "ami du jardin"). La sécurité:
Montréal est une ville ou le taux de criminalité est très bas. On s'y promène en toute sécurité à toute heure dans la très grande majorité des quartiers de la ville. Des organismes de quartier (Tandem) oeuvrent activement avec le service de police pour signaler les irrégularités. Les événements culturels gratuits: la Ville de
Montréal a mis en place de nombreuses Maisons de la Culture ou on présente des spectacles de grande qualité qui sont gratuits pour les résidants. De nombreux festivals ont aussi un volet gratuit (jazz, Nuits d'Afrique,
Montréal en Lumière, Francopholies, etc.). Il y a toujours quelque chose à faire, pour tous les âges. Le vélo:
Montréal s'est récemment dotée d'un réseau de pistes cyclables qui sont agréables et relativement bien entretenues. Beaucoup de Montréalais se déplacent à vélo (même l'hiver, mais je recommande peu cette pratique...) Les organismes communautaires: ils sont nombreux à
Montréal, et permettent de tisser des liens dans la communauté. Un petit site génial pour tout connaître sur les organismes, ainsi que des nouvelles locales excentriques aux grands médias:
www.arrondissement.com
. La tolérance: les Montréalais sont très, très, très tolérants face aux minorités culturelles et ethniques. Si vous réussissez à capter des chaînes québécoises, la série "Pure Laine", à Télé-
Québec, est un regard humoristique sur cette situation (les personnages principaux sont un couple: lui est Haïtien, elle, Québécoise de la campagne installée à
Montréal, et ils ont adopté une petite Chinoise). Les loyers: le locataire est roi, à
Montréal. Quoique les loyers ont quelque peu augmenté ces dernières années, la ville reste néanmoins la plus abordable en
Amérique du Nord. On y retrouve des 4 1/2 et des 5 1/2 pour environ 600$ CAN à 800$ CAN par mois (ou environ 400 à 600 euros), selon le quartier - jusqu'à 1 300 $ parfois... (parenthèse ici pour exliquer: la 1/2, c'est la salle de bain. L'autre chiffre, c'est le nombre de pièces, mais pas nécessairement fermées. Par exemple, un 4 1/2 peut avoir un salon, une cuisine et deux chambres fermées, ou une très grande chambre; ce qu'on appellera une "pièce double"... Attention aux proprios qui voudront vous piéger !). La journée nationale du déménagement est le 1er juillet (qui est aussi la Fête du
Canada, donc la majorité des gens ont congé). La majorité des baux se terminent le 30 juin ou commencent le 1er juillet. Il existe des appartements disponibles en-dehors de ces dates, mais ils sont plus rares. La Régie du Logement
www.rdl.gouv.qc.ca/fr/accueil/accueil.asp
est un bon site pour connaître ses droits. L'accessibilité de la propriété: il est encore relativement facile d'acheter à
Montréal, et les prix sont encore très abordables par-rapport aux autres grandes villes nord-américaines. En 2003-2004, il y a eu une augmentation de 10%, mais ça semble se stabiliser. On prévoit qu'en 2010, le prix moyen d'une propriété à
Montréal sera de 224 600$. Le gouvernement et les banques offrent aussi des plans d'accès à la propriété. Il en vaut la peine de s'informer. Le bilinguisme: il existe moins d'hostilité contre les anglophones à
Montréal qu'en région, et il est donc plus facile d'apprendre l'anglais (ou toute autre langue !). Contrairement aux professeurs en région qui s'arrachent quelques syllabes déformées de la langue de Shakespeare pour la transmettre à leurs élèves, le professeur d'anglais de votre enfant aura probablement une meilleure maîtrise de cette langue. L'emploi et la formation: le taux de chômage est faible, et la formation est accessible et beaucoup moins rigide qu'en
France. Il est possible, par exemple, de retourner aux études à 40 ans, de suivre des cours de soir ou à la Télé-Université. Les employeurs sont aussi obligés d'investir un minimum de 1% de leur budget en formation des employés. Les frais de scolarité sont les moins élevés en
Amérique du Nord (même si les étudiants manifestent et se plaignent quand même !!!) Communauto: système génial ! On s'inscrit avec un dépôt de 500$, on contribue pour l'essence et le kilométrage, et on a accès à une voiture proprette et entretenue garée dans un stationnement près de chez soi lorsqu'on a besoin de faire des courses. (voir:
www.communauto.com/
). On évite alors les maux de tête de stationnement et de déneigement...
Voilà une vision un peu plus équilibrée de
Montréal, je crois. Il existe cependant de beaux coins pas très loin de
Montréal, mais comme vous avez vu, je suis plutôt anti-banlieue: elles contribuent à la pollution, ne favorisent pas la communauté et le partage, et bouffent nos terres agricoles et espaces verts, mais il s'agit, bien sûr, d'une opinion... :-)
Je vous souhaite bonne chance dans vos démarches, et bonne visite à
Montréal !