00Alex · 27 avril 2019 à 11:26 · 103 photos 86 messages · 20 participants · 9 404 affichages | | | | Je reviens à ton post 52 (j'étais en balade, je rattrape mon retard et je me fends la pêche comme d'hab). Grâce à toi je vais rajouter dans ma liste "à faire avant de mourir" : du snorkelling dans un lac du Malawi !! J'hallucine et je n'y avais jamais pensé mais je les vois bien les poissons des grands lacs Africains que vend l'animalerie de mon bled. Quel pied ce doit être de les voir dans leur milieu naturel... quand l'eau n'est pas couleur caca | | | ... Je me régale... Merciiii | | | Salut Maxou 😉 Je pense que notre cher Pierre est passé par le Malawi mais je ne sais plus si je l'ai vu depuis VF ou son blog perso 😕 Il avait rédigé un carnet intéressant avec de jolies photos, -comdab 🌸 Regarde un peu sur VF À bientôt, sur une autre planète 😉 Bisous Maxou. | | | Salut Michelle, 
Oui Pierre y est passé, mais de mémoire il avait supprimé tous ces carnets, je vais tout de même faire une recherche.
Belle journée à toi | | | Salut Maxou, Pierre, il nous suivra longtemps ! Qu'est ce qu'il a pu nous apporter comme infos, comme rêve avec toujours tant de simplicité et gentillesse. Si tu trouves, préviens moi via l'autre canal plus visible pour moi mais ce ne sera que dès petits morceaux de voyages. De mon côté je vais voir si par chance je n'aurais pas enregistré certains souvenirs. @ + grand voyageur 😉 | | | Pierre est certainement allé au Malawi et je me souviens avoir lu un de ses carnets de voyage relatant une visite à Livingstonia. En postant ce carnet, j'ai essayé de retrouver ses écrits. Je ne trouvais plus rien, c'était très étrange. Et d'un coup, au détour d'une discussion, j'ai découvert la terrible nouvelle. J'ai trouvé ça dur. C'est vraiment très triste. Je ne connaissait pas Pierre personnellement, mais comme beaucoup d'entre nous, je le suivais sur le forum, notamment la genèse de son projet de 4x4. C'était vraiment quelqu'un de rayonnant, sympathique, humain, pas avar de conseil, et aussi très curieux. Sa présence nous manque beaucoup... | | | Après un long temps d'absence, je reprends le cours du carnet. J'espère que vous ne m'avez pas oublié et ne m'en voulez pas trop. Dans tous les cas, c'est mérité. ..
25 Juillet : explorations intensives de Nyika
Réveil à 6h30. Thé rapide à base d’eau qui a passé la nuit dans le thermos. Le guide nous attrape au chalet et nous voilà partis pour une safari à pieds de deux heures. Le paysage est magnifique. Il s’agit d’une sorte de haut plateau recouvert d’herbe vert-jaune, vallonné à perte de vue.
En Afrique, ce paysage est unique et extrêmement couru pour son originalité. Pour des européens, et notamment des Français, il n’est en fait pas si orignal que ça. On pourrait se trouver par exemple dans le Cantal, si ce n’est la solitude et... les zèbres, bushbucks, reedbuks, antelopes et Roan. Ben ouais, c’est que l’herbivore ne manque pas dans le coin. Nous nous promenons dans ce paysage de rêve avec ces divers bestiaux au loin.
On se sent presque « petit » parfois. Dés que nous nous approchons, ils détalent au quart de tour, surtout le bushbucks. La ballade est très jolie et, disons le, le safari à pied, ça a un charme fou, même si quelques éléphants en goguette et un ou deux rhino ne seraient pas de trop.
Parlons un peu du lieu et de son histoire. Les colons anglais ont été, dès sa découverte, fascinés par Nyika. Ils ont vite décidé d’en faire une réserve naturelle, mais ont aussi eu à son égard un nombre incroyable de projets tous plus farfelus les uns que les autres. Notamment, le dernier gouverneur avant l’indépendance (1964), Sir Glyn Jones, a décidé d’introduire la truite à Nyika. Plusieurs petits barrages furent construits de façon à créer des lacs artificiels et des œufs de truites furent apportés d’ Afrique du Sud et acheminés dans la glace, par avions puis par la route. Mais ça n’est pas tout. Nos colons anglais ont aussi planté une forêt de pins pour en exploiter le bois. Ces pins ont été importés d’ Angleterre.
C’est assez décalé de voir ces très grands pins en ce lieu, on ne s’y attend pas, un peu comme si on se retrouvait avec une palmeraie en plein Paris ou des baobabs sur les quais de la Saône à Lyon. Le problème, c’est que les pins ne sont pas venus tous seuls. Il furent accompagnés de fougères, qui ont voyage en catimini, bien sûr. Et il y en a partout. Parfois, on se croirait dans la campagne berrichonne. Et la fougère, et bien c’est un peu toxique pour certains herbivores comme les zèbres. Et les problèmes commencent...
Parlons mammifères. A Nyika, il y en a tout plein, mais nous n’y sommes pas à la meilleure saison, et ça nous frustre un tout petit peu. Fin juillet, la température commence tout juste à monter et les mammifères aussi commencent à grimper les flancs du plateau pour se réinstaller dessus. La saison mythique, c’est plutôt octobre, où les anteloppes forment de mythiques hordes allant jusqu’à plusieurs centaines de têtes. Il parait que c’est fantastique. Nous, en juillet, on s’est contenté de hordes de quelques dizaines, snirffff.
Retour au chalet. On se fait un petit déjeuner copieux avec œufs et saucisses, suivi d’une bonne séance de glandouille récupératrice. C’est qu’on n’est pas en vacances ! Et non : à 13h00, on va louer deux VTT et nous voilà partis sur les pistes de Nyika, non sans s’être fait expliqués le chemin. La ballade en vélo est sensationnelle. Faire du vélo avec des zèbres qui te regardent, l’ami, c’est magique. Quand nous approchons, les bushbucks courent de part et d’autre de la route et parfois, sautent au dessus de la route dès que nous somme trop près d’eux.
Après 45 minute, nous arrivons à un chouette point de vue sur le plateau. Nous longeons ensuite quelques petits lacs artificiels qui, en une autre saison, seraient entourés d’herbivores assoiffés. Néanmoins, je dois dire que le temps aurait pu être plus beau. Comme le vent est d’est, il charrie une brume venant du lac, laquelle maintient un léger voile gris qui est clairement de trop.
Retour pour un thé et quelques shortbreads, sous le regard narquois d'un sympathique puku.
Tels des châtelains, nous nous entretenons avec notre cuisinier et nous convenons ensemble du menu du diner : ce sera un poulet rôti au four avec des pommes de terre. Évidemment, on lui donne tous les ingrédients qu’il faut. Puis, départ pour un game drive mi-jour, mi-nuit. Le clou du game drive, c’est le léopard. Des léopards, on n’en a jamais vu, sauf un de loin à Savuti au Botswana. Donc, on est au taquet. On commence par une heure de game drive diurne au milieu des herbivores, c’est sympa, mais on fini pas se lasser un peu (pffff, c’est fou d’être blasés comme ça). Nous roulons jusqu’à un point avec une chouette vue appelé Viper Point, lieu de notre sundowner. Petit thé et part de cake au coucher du soleil, qui est magnifique. On se croirait dans le Cantal (je ne sais pas pourquoi je fais une fixation sur le Cantal mais, oui, encore, il faut un paysage bien vallonné sans trop d’humains, que voulez vous), à la fin du mois de septembre (pour que ce soit bien jaune mais qu’il fasse encore beau). Il ne manque plus qu’un petit clocher au loin.
Après cet instant de détente, on passe au choses sérieuses : notre guide, est au volant tandis que son assistant, emmitouflé, le haut du corps hors du toit et un projecteur à la main traque les animaux nocturnes. On est très excités. Alors, comment vous dire, plutôt que de vous faire vivre minute après minute cette heure de suspense intense, je préfère vous en donner le glorieux bilan, à savoir : deux chouettes, trois lièvres, deux chacals et un serval cat (magnifique, vu de près), mais point de léopard. L’expérience était amusante mais un peu pauvre, c’est la dure loi du game drive.
Nous sommes accueillis au chalet par notre cuisinier qui a préparé un bon feu, de l’eau chaude pour la douche et, point d’orgue, un poulet grillé, tendre, juteux et goûtu accompagné d’un gravy trop bon (n’est-il pas). Nous l’accompagnons d’un pinot noir gouleyant et sulfiteux (euh, attention, on est pas à Cape Town mais a Mzuzu, donc c’est pas le top de l’œnologie Sud-Af, hein, on calme sa joie). | | | 26 juillet : glandouille à Nyika
Lever très tôt pour un bird walk, au lever du soleil. La ballade dure une heure, autour du lac. Mais le temps est froid et venteux, les oiseaux sont planqués et la ballade est un peu un flop. On se rentre petit déjeuner : bacon et œufs au poêle à charbon.
J’ai omis de vous dire que nous avons encore crevé. C’est un détail, mais d’importance puisque nous n’avons qu’une roue de secours. Nous apportons donc la roue au mécanicien-garagiste du camp qui nous la répare.
Le reste de la matinée est occupé à écrire le carnet et à bouquiner sur la terrasse. L’après midi, on se fait un petit tour en voiture, on hésite à se faire la mythique piste jusqu’à un point de vue incroyable où on domine le lac, mais on se dit que finalement, on a pas envie de passer l’après midi dans la voiture.
On se fait une chouette séance photo sur les pistes sans trop s’éloigner.
On se rentre donc tranquillement et on clôt la journée par une promenade autour du lac. Bref, on se laisse un peu vivre. Après tout, c’est quand même un peu les vacances, non mais c'est vrai quoi.
Le soir, entrecôte de bœuf poêlée. | | | Bonjour Alex, Oui Pierre est bien allé au Malawi, j'ai retrouvé plusieurs courriers d'avant son voyage et d'après.Malheureusement il a supprimé tous ou quasi tous ses récits et son Blog perso "Dumela" 
C'était vraiment quelqu'un de rayonnant, sympathique, humain, pas avar de conseil, et aussi très curieux. Sa présence nous manque beaucoup...
C'est vraiment un très bel hommage que tu lui rends là ! Il est à espérer qu'il l'entende ?, le sente ? où qu'il soit. De toute manière un petit bout de lui est resté sur les pistes d'Afrique et nous continuerons anciens et nouveaux à puiser des infos géniales par le biais des différentes discussions où il est intervenu.. Je vais continuer à découvrir ton carnet avec plaisir | | | Très chouette carnet, tant par les photos que par le texte Concernant le game drive du soir, vous avez quand même eu la chance d'apercevoir un Serval et ça c'est quand même assez rare... | | | Merci pour le compliment. Je m'amuse bien en écrivant. Concernant le game drive, tu as absolument raison, apercevoir un serval, c'est beaucoup de chance. Et pour être très honnête, par ailleurs, je n'avais jamais vu de chouette en vrai avant ce game drive. | | | À: 00Alex · 2 juin 2019 à 23:25 · Modifié le 8 juin 2019 à 16:54 Re: Récidive en Afrique australe: deux semaines au Malawi en juillet 2016 Message 72 de 86 · Page 4 de 5 · 995 affichages · Partager 27 Juillet : en route vers Vwaza Marsh
Lever de bon matin, il fait beau et chaud, bien meilleur que les autres jours. C’est clairement notre plus belle journée depuis notre arrivée à Nyika. Le birding et les game walk auraient probablement été merveilleux. Dommage, on en a pas réservé, c’est bête hein... Ben oui, on doit partir. On empaquète, on règle l’addition et on donne les pourboires.
Puis nous voilà au volant, direction le petit park de Vwaza Marsh. Deux belles heures de piste jusqu’à la gate de Nyika, puis route vers Rumphi. En chemin, T4A nous indique un raccourci vers le parc de Vwaza Marsh, que nous atteignons vers 13h00.
Ce petit parc va être riche en expériences... pas celles que nous anticipions, pas du tout. Vwaza Marsh offre un paysage de savane assez classique, autour d’un petit lac habité par des hippos et réputé fréquenté par moult herbivores, parfois de belle taille, éventuellement même équipés d’une trompe. Voilà qui met l’eau à la trompe. En vrai ça ressemble à un truc un peu comme Babar ou le Roi Lion.
Le Camp est assez délabré, mais pas totalement. C’est un entre deux assez charmant. Il y a cinq chalets et un boma avec une grande table.
Le gérant semble absent et nous nous installons sous le boma où festoie une joyeuse bande de cinq Malawis. C’est un mélange de famille et de collègues de travail. Ils ont pris une journée de repos pour venir pique niquer ici. Et, ami lecteur, je dois te le dire tout de suite : ce sont de fichtrement bon vivants.
Dès notre arrivée, ils nous proposent à manger et à boire. On apporte nos maigres provision, histoire de contribuer à la ripaille clairement, nous ne faisons pas le poids, mais pas du tout nous somme des tous petits joueurs à côté. Côté boissons, c’est la grosse fête. Pas moins de trois glacières remplies de bières et de quelques soft permettant de diluer les multiples bouteilles de tequila et de whisky. Le cubi de rouge Sud Af’ s’ennuie tout seul. Ils sont tout déçu que je reste au soda à cette heure là : « Alex, we are not here to play ! » me dit le leader. Savante construction d’une margaritta, la constructrice, un peu éméchée conclut : « this margaritta misses something ».
On rigole tous bien. Ils bossent tous pour une ONG qui fait du conseil agricole. Au Malawi, bosser pour une ONG, c’est le méga jackpot. Les salaire, sans être totalement alignés sur les standards européens, sont très élevés eu égard au niveau de vie locale, ce qui garantit un pouvoir d’achat extrêmement haut.
Arrivent trois blancs (je ne sais pas quel terme utiliser, je pourrais utiliser le terme « Européens », mais le problème c’est qu’ils ne l’étaient pas, deux étant sud-africains et le troisième, américain) qui demandent où se trouve la manager. Nos compagnons Malawi répondent qu’il devrait être là d’ici 30 minutes. « Ah », répondent nos trois blancs qui ne sont autre que des missionnaires, « alors cela signifie donc 2 heures... ».
Et là, cet affront à l’âme Malawi rend immédiatement l’atmosphère totalement électrique. On se croirait dans un film de Sergio Leone. Clairement, nos compagnons de pochtronnade n’apprécient pas ce préjugé qu’ils considèrent comme méprisant (« c’est un Africain noir, donc il ne maitrise pas l’heure... »). L’ambiance se tend... Les missionnaires pentecôtistes (c’est ce qu’ils sont, ils ont fait leur coming out entre temps) sont par ailleurs, nous le découvrons, abstinent en matière d’alcool. Tout ça s’annonce compliqué et nous, on se transforme doucement mai surement en casques bleus... Gromffff.
Arrive au bout de 20 minutes (plus vite que prévu) le manager. L’atmosphère se détend. Il nous indique notre chalet : un peu délabré mais propre, équipé d’une moustiquaire, douche froide...
Bref, un toit « sûr » mais sans chichis. Nous donnons au manager les aliments nécessaire à la préparation du dîner : ce sera des pâtes aux légumes.
A 15h00 arrive le ranger pour le game drive que nous avions réservé à la gate. Pas de véhicule du parc pour le game drive, ça se passe dans notre voiture personnelle. Il s’installe à l’avant, à la place du passager, fusil automatique entre les genoux, et nous voilà partis sur les pistes de Vwaza Marsh. A gauche... à droite... pas facile, le bush est assez épais et les pistes mauvaises.
Nos camarades Malawi-picolo-rigolot ont décidé de nous suivre au dernier moment et nous emboitent le pas. Évidemment, la conductrice qui baigne dans la téquila a un peu de mal. De plus, compte tenu du nombre de bières ingurgitées, des pauses pipi s’imposent. Donc, tu imagines, tu es au milieu d'un parc, et le 4x4 derrière toi s'arrête et hop, tout le monde sot faire pipi dans les fourrés, ni vu ni connu.
Franchement, le game n’est pas au rendez vous. Nous tombons sur une belle famille de Kudus avec certains individus d’assez grande taille, mais rien de très fou. Le retour se fait le long des berges du lac et est agrémenté de quelques pauses à pieds. Les vues sur le lac sont magnifiques. Comme je l'ai dit plus haut, on se croirait dans Babar (mais sans éléphants, alors disons que c’est nous les éléphants). Nous voyons quelques familles de d’impalas et de pukus, des hippopotames à foison, mais pas d’éléphants ni de buffles.
Retour au boma et apéro, à la grande déception des camarades missionnaires. On sort le vin, un Durbanville 2012 de bonne facture. Ne reculant devant rien pour faire monter la tension, ils demandent à nos camarades Malawi « qui est le conducteur ». Réponse par un regard désagréable qui signifie : « mêle toi de tes affaires et touche à ton arrière train ».
La discussion apéritive tourne autour du rôle essentiel des ONG au Malawi. Certes, elles ont parfois des actions contradictoires, certes, elles gaspillent de l’argent, certes, elles sombrent dans les affres de la corruption, mais ce qui fait consensus, c’est que sans elles, beaucoup plus de Malawis mourraient de faim.
On se dit au revoir après une photo de groupe et se dit qu’on a vraiment passé un bon moment ensemble. La photo est épique, l’un des camarades voulant poser avec le fusil du ranger, qui ne compte pas lâcher son arme. Vu les litres d’alcool ingurgités, je ne suis pas trop fâché qu’il ne s’en sépare pas.
Nous dinons ensuite en compagnie de nos camarades missionnaires originaires de la région de Cape Town qui nous exposent les motivation et objectifs. Bon, j’ai toujours un peu de mal avec la mission : pourquoi aller enquiquiner les autres alors qu’ils ne te l’ont pas demandé. Non, c’est vrai : commence par t'occuper de tes voisins avant de jeter ton dévolu sur des pauvres gens à 2000 kilomètres de chez toi. Après, s’il y a une œuvre humanitaire, c’est autre chose... Mais lire la bible, chacun peut le faire. Ce qu’il faut, c’est enseigner l'apprentissage de la lecture ? Non ? J’ai tort ?
Après le diner, il faut raccompagner le manager à son logement au campound du parc. Énorme : il n’a pas de voiture, ben non... Et il n’est pas question de le laisser marcher la nuit dans un parc national doté d’une faune non négligeable, même si nous n’avons malheureusement pas pleinement fait sa connaissance. Et nous voilà partis sur les pistes, la nuit. Je me concentre afin de me rappeler le chemin du retour... Le tout se fait sans encombre.
Le sommeil sera bon, joyeusement agrémenté des grognements (ça s’appelle comme ça) d’hippopotames autour du chalet. C’est trop drôle, tu dors, c’est calme, et puis toutes les dix minutes, c’est parti, sous forme de mixture entre coassement de carpeau et grognement de cochon, le tout teinté d’hilarité moqueuse. | | | 28 Juillet : retour sur les bords du lac Nyassa
Réveil de bon matin pour un game walk réservé la veille. Hier soir, en me couchant, je savais que c’était une mauvaise idée, pas assez de gibier. D’ailleurs, ma moitié me dit : « ras le bol des game truc où on ne voit rien demain matin, je dors... ». Elle avait raison.
Pourquoi la faune est elle si peu exceptionnelle au Malawi ? Et bien, parce que faire cohabiter des animaux et des humains qui ont faim, c’est complexe. D’abord, les parcs naturels rognent sur les terres arables. Dans un pays très peuplé, cela pèse lourd. Chaque hectare non cultivé, c’est de la nourriture en moins. Ensuite, parce qu’un bushbuck, ça nourrit une famille et bien plus encore pendant assez longtemps.
Au Malawi, le braconnier ne cherche pas les mythiques défenses d’ivoire de l’éléphant, seigneur de la savane. Non, il cherche quelques kilos de protéines pour sa famille, le surplus sera vendu aux voisins et permettra d’acheter de l’huile et de la farine. Au Malawi, les braconniers sont pauvrement armés et les rangers nous ont affirmés qu’ils se rendent dès la première sommation, sans même négocier. Bref, le Malawi n’est pas en position de devenir un paradis de la faune africaine.
Me voilà néanmoins parti sur les chemins du parc. La ballade dure deux heures, la première moitié dans le bush et la seconde sur les rives du lac. En dehors d’une famille de pukus, de quelques kudus et d’une famille d’impalas, rien de bien fou. Mais que de belles lumières autour du lac. Quelques magnifiques aigrettes et hérons, de beaux hippos, mais point de grosses bêtes terrestres.
Retour au camp vers huit heures et petit déjeuner en compagnies des camarades pentecôtistes qui se préparent à faire leur tournée d’évangélisation des villages. Autour d’un thé et de quelques céréales, on leur demande un peu pourquoi ils veulent christianiser un pays presque totalement chrétien. Ils nous expliquent que malheureusement, tous ces Malawi ne sont pas des vrais chrétiens parce qu’ils n’ont pas compris le sens profond de la parole de Jésus. Ah, tiens ? D’ailleurs, ils ne sont pas vraiment chrétiens mais plutôt animistes nous disent-ils. Ah oui ? Développe camarade...
Par exemple, nous explique le camarade pentecôtiste chef, ils ont des croyances stupides, ben oui, à se taper sur le bide. Donne un exemple camarade : et bien par exemple, quand ils voient une chouette, et bien ils ont peur d’être touchés par le mauvais œil. Alors là, les bras me tombent. Non seulement, amis pentecôtiste, tu insultes les millions de mes compatriotes qui pensent la même chose d’un chat noir (c’est à dire d’une chouette à poils noirs, sans ailes et avec une queue poilue), mais en plus, je trouve ça gonflé de la part d’un gars qui pense qu’on peut marcher sur l’eau, démultiplier les pains, transformer l’eau en vin, voir même ressusciter. Je ne dis pas que tout ça n’existe pas, ben non (de nos jours, il faut faire hyper gaffe avec ce genre d’affirmation), mais si l’un est possible, alors pourquoi pas l’autre. Très fermé d’esprit le pentecôtiste...
Nous nous mettons en route vers Mzuzu via Rumphi. En chemin, un monsieur accompagné de son petit garçon fait du stop au bord de la piste. Pendant notre voyage, on aura pris pas mal de gens en stop, surtout des familles ou des gens âgés ou malades. De façon générale, les gens ne font du stop que quand c’est nécessaire. Et la, je comprends un peu tard pourquoi c’est nécessaire : le monsieur doit transporter deux sacs de 20-30 kg d’arachide qui viennent de sa ferme et qu’il compte écouler au marché. Un Jimny, c’est pas grand. En long, le premier sac occupe toute la banquette arrière. Le monsieur et son garçon peuvent s’asseoir dessus. Mais le hic, c’est qu’il y en a un autre. Et là, après avoir tout essayé, le Jimny est définitivement trop petit, ça ne rentre pas. Arghhhh... On propose au monsieur de lui déposer au marché à quelqu’un de confiance la cargaison : il refuse, trop précieux, c’est sa seule source de revenus en ce moment. On laisse tomber, il nous dit qu’il prendra le prochain camion qui passe par là.
Nous repartons vers Mzuzu. Plein d’essence et de billets, que nous écoulons, enfin pas moi, ma moitié, au marché, en échange de tissus. Sérieux, je crois qu’on est revenu du Malawi avec presque 20 mètres de tissus, principalement fait Tanzanie. On achète aussi un peu de musique et on se remet de toutes ces dépenses autour d’un poulet braisé dans un petit resto dont le nom m’a depuis échappé.
La suite de notre voyage n’est pas définie. Nous savons simplement qu’il nous faut être samedi 30 à midi à Lilongwe pour rendre l’auto. Il nous reste donc 48 heures. On hésite et on se dit qu’on retournerait bien voir le lac. On jette notre dévolu sur Sunga Moyo, pas loin de Chintheche. En voiture Simone ! En chemin, pause à l’intersection de Nkhata Bay pour acheter les cadeaux en bois pour la famille : plats, couverts, boites et un jeu de bao (variante locale du mancala).
Nous arrivons vers 16h00 à Sunga Moyo. La plage est magnifique, faite de sable blanc et fin.
Les bungalows sont chouettes, mais le camp n’est pas très bien tenu : un peu sale, quelque déjections canines sur la plage, douches pas chaudes, quelques pseudo-artistes locaux tentent de vendre leurs œuvres industrielles pas faites par eux du tout, etc... Il n’y a pas de restaurant sur place, nous étions prévenu, on reprend donc la voiture et on va diner au très chic Chintheche Inn, à 15 minutes. C’est très chic et pas si cher pour un service impeccable. Comme bien souvent, la bouffe est bonne sans qu’on se roule par terre. Clairement, quand je vois le prix des chambres, je n’irais pas y dépenser mon pognon. | | | À: 00Alex · 7 juin 2019 à 23:17 · Modifié le 7 juin 2019 à 23:34 Re: Récidive en Afrique australe: deux semaines au Malawi en juillet 2016 Message 74 de 86 · Page 4 de 5 · 908 affichages · Partager 29 juillet : escale à Bua
Le matin est consacré à une bonne séance de glande sur les bords du lac. De même qu’il n’y avait pas de diner, il n’y a pas de petit déjeuner, ben oui. Où avais-je la tête ? Et nous avons donné hier notre reste de lait aux missionnaires pour les remercier de tout le bien qu’ils font (non, mais en vrai, on allait pas gâcher). Il nous reste des céréales, mais c’est un peu sec. Pas grave, on négocie avec le manager de l’eau chaude, ce qui nous permet de faire un thé dans lequel on trempe le reste de nos biscuits.
Après cela, on loue un kayak et nous voilà à la conquête du lac. Et il faut dire qu’aujourd’hui, il est tout simplement magnifique. Ma-gni-fique. Lors de notre précédent passage, un petit vent l’animait et il était un peu frais. Maintenant, il est d’un calme plat, déguisé d’une très légère brume et parsemé de pirogues de pêcheurs une vraie carte postale.
Nous nous promenons entre les pêcheurs, sans toutefois les déranger. La côte est parsemée de villages dont nous ne nous approchons pas trop afin de ne pas déranger l’intimité des habitants (on rappelle que le lac, c’est leur salle de bain). Et on se rappelle à l’occasion qu’il faudra bien se décontaminer contre la bilharziose à distance de notre retour. Cet effort de pagayage insensé est suivi d’un peu de repos sur la plage et d’écriture du carnet
Vers 11h00, on est sur le goudron, direction Nkotakota et, plus précisément, la Nkhotakota Game Reserve et, encore plus précisément, le Bua River Lodge. Nous devions dormir ici le lendemain de notre arrivée, mais les retards d’avion nous on fait annuler cet étape. Et comme nous n’avions rien prévu comme étape ce 29 juillet, nous appelons le propriétaire, John, qui nous confirme qu’il reste une place : cool !
La route est sans grand intérêt, c’est la seconde fois que nous la parcourons. Sauf que la première était un dimanche et que les énooormes camions surchargés de canne à sucre ne circulaient pas. Et là, ils circulent. C’est un peu le flippe. Ils sont super surchargés et roulent au milieu de la route en faisant des appels de phares et en klaxonnant comme des dingos. Clairement, la route est à eux et si tu l’as pas compris, tant pis. C’est assez sportif.
En chemin, nous nous arrêtons pour prendre en stop un vieux monsieur handicapé par une maladie Parkinson. En fait, c’est un jeune qui nous arrête. Le jeune ne connaît pas le vieux mais il l’a vu attendre sur le bord de la route. Alors il l’a aidé à arrêter une voiture... c’était nous. Compte tenu du handicap, il lui faut cinq bonnes minutes pour s’installer. Cinquante kilomètres plus loin, il nous demande de le déposer en rase campagne, à proximité d’une fermette. Est ce sa famille ou lui reste-t-il trois heures de marche à travers champs ? J’élude la question histoire de bien dormir.
Nous arrivons à Bua River Lodge vers 14h00. Bua River Lodge, c’est vachement beau comme site. On arrive par au dessus, puis on descend vers le grand boma (architecture très réussie) et la rivière. Seule ombre au tableau, je pensais que la rivière aurait un débit plus élevé, j’avais négligé la sècheresse de la saison et plus particulièrement la sècheresse de cette année. Les tentes sont en hauteur, très chics avec une très jolie vue.
John nous accueil très chaleureusement. Lunch rapide, trop bon, fait de crudités et de petits fromages exquis. On se pose, on bouquine tranquille, on est en vacances, quoi. Puis vers 16h00, c’est le moment du sundowner, la petite promenade vers le bord de la rivière pour admirer le coucher de soleil.
La ballade est jolie et les crocodiles dans la rivière sont assez sympathiques. Quelques singes passent, mais pas de gros mammifères et en tous cas pas de celui qui est passé il y a peu (déjections oblige), qui a une grande trompe et des défenses d’ivoires et qu’on a vu qu’une fois pendant le séjour.
Apéro autour du feu, arrosé de vin Sud-Af de facture modeste. Diner surréaliste de chez surréaliste. Comme c’est chic, le manger doit être d’exception, ce qui pourrait se définir par "un truc qu’on ne trouve pas dans le coin". Ce soir, ce seront des pâtes aux fruits de mer... sérieux, pour de vrai. Des fruits de mer surgelés, provenant d’ Afrique du Sud sans rupture la chaine du froid (ou alors pas méchante, je n’ai pas été malade), alors que le lac Nyassa regorge de poissons qui pourraient être utilisés à bon escient.
Tout cela ne nous empêche pas de faire connaissance d’un couple d’Allemands sexagénaires avec qui on décide finalement de diner. Lui est médecin retraité et passe plus de la moitié de l’année au Malawi dans l’hôpital d’une fondation Luthérienne où il soigne la population locale et forme des praticiens à sa spécialité.
Ce qu’il décrit du niveau de soin des hôpitaux n’est finalement pas surprenant après avoir passé deux semaines au Malawi. Néanmoins, il souligne que malgré les prix très bas proposé par son hôpital grâce aux dons, cela reste quand même très cher pour une partie non négligeable de la population. Ce qui le peine, c’est aussi de voir les médecins qu’il forme partir dés que possible dans le privé et prodiguer des soins à des prix très élevés alors qu’ils n’ont pu être formés que grâce à une fondation financée par des pays Européens.
Intéressant, on se ressert de vin et de bière, il ouvre grand les vannes. Oui nous dit-il, ce pays est corrompu et les grandes familles de "planteurs" du sud du pays (tabac, thé, café, canne à sucre) en usent et abusent et se servent largement. L’aide internationale est copieusement détournée et autorise une corruption massive qui se transmet à tous les niveaux. Finalement, une petite proportion de l’aide parvient à la population la plus pauvre et cette aide lui permet réellement de survivre et, à l’occasion, de ne pas se soulever. Notre allemand finit par : "ce que nos pays devraient financer, c’est plutôt une révolution...".
Sur ces paroles déprimantes, nous allons nous coucher. La nuit est égayée des bruits de la forêt. | | | Merci pour ces moments de rire. Le docteur est plus futés que les évangélistes, mais ça ne me surprend pas | | | 30 juillet : retour à Lilongwe
A Bua, le matin, on peut faire de jolies randonnées dans la réserve. Mais ce matin, on a décidé de ne pas en faire. Ras la casquette de marcher des plombes à la recherche de bestiaux qui n’existent pas ou qui se cachent pour me narguer. Rien ne vaut un bon zoo, tiens... Marcher quatre heures pour voir trois singes se balancer à un arbre et me piquer mes bananes, c’est non.
Donc, on se laisse vivre dans ce paysage joli comme tout. Petit déjeuner gargantuesque, puis retour à Lilongwe par la route moche de Salima, mais où il se passe toujours plein de choses.
Arrivée vers 13h00 chez le loueur dont le terminal visa fonctionne enfin. On cause un peu. SS rent a car est une entreprise familiale installée au Malawi longue date, fondée par des indiens installés ici depuis fort longtemps. Le boss me montre sa dernière acquisition : des roof top tents. Bon à savoir.
On va ensuite faire un tour au supermarché chinois pour se fournir en matériel d’empaquetage. Ils sont étonnants ces supermarchés tenus par des Chinois et vendant des produits Chinois. En fait, beaucoup sont de Taiwan car, ne me demandez pas pourquoi, le Malawi a fait partie des rares pays à encore reconnaître Taiwan comme un état indépendant.
On va ensuite au marché central (Flee Market) où tout se trouve, de l’alimentation à la musique en passant par les pièces détachée d’automobile ou moto et, bien sûr, la confection.
Au centre du marché, il y a un atelier de confection immense où les couturiers créent de nouveaux habits à partir d’assemblages de morceaux de fringues d’occasion venus d’Europe. Les clients expriment leurs désires, le tailleur propose une esquisse, et hop, c’est parti. Je te mets le bas de cette robe avec le haut de cette autre et je te change les manches.
En contrebas du marché, au bord de la petite rivière qui traverse le centre de Lilongwe des dizaines de gars font leur lessive et lavent les multiples paires de chaussures d’occasion qui sont ensuite vendues au marché. La rivière est un peu craspouille, il faut le dire.
Plutôt que de prendre le pont routier pour traverser la rivière, ce qui serait un détour, nous empruntons l’une des multiples passerelles en bois qui la traversent. On traverse, et un gars nous dit « this is a private bridge, you have to pay ». Non, sérieux ? Et oui, sérieux, je regarde autour : tout le monde paie. C’est énorme...
Au retour, on va se promener dans le nouveau centre commercial. On s’arrête dans un fast food tout beau tout propre où on trouve des galces incroyables en terme de décos, des sandwich au poulet grillé et des crêpes incroyables. La clientèle est à plus de 60% européenne et indienne, comme quoi... Bonne glace qui ne me rendra pas malade. Quelques courses au Shoprite (ah, l’inoubliable Malawi gin...).
La fin de la journée consiste en de l’empaquetage des bagages, un rapide apéro, le carnet et trouver un resto sympa, ce qui ne s’avère pas si simple ce soir là. On doit être mauvais. | | | 31 juillet : le jour du retour
Dimanche, c’est le jour de ? De la messe pardi ! Nous voilà partis à la recherche d’une église à notre goût. Trouver une église, ce n’est pas compliqué le dimanche à Lilongwe : il suffit de suivre les bandes de gens bien habillés. On suit la foule et nous voilà dans un grand rassemblement en plein air de Catholiques charismatiques. Catholiques, c’est en soi-même assez original au Malawi on dit d’ailleurs « "roman" pour désigner ce type de chrétiens pas très nombreux dans ces contrées. Il y a une immense messe en plein air avec tout plein de chants religieux et d’interventions en diverses langues. On passe là un moment sympathique.
Puis c’est le moment du départ. Route pour l'aéroport puis vol Lilongwe- Paris via Johannesburg, sans encombres.
Au totalAu total, ce fut un très chouette voyage auquel on ne s’attendait pas, en tout cas pas sous cette forme.
On ne s’attendait pas à trouver un pays si peuplé (il aurait suffi de faire un bref calcul avant le départ), on ne s’attendait pas à ce qu’il y ait si peu de tourisme et au contraire autant d’expats. On n’avait pas anticipé le niveau de pauvreté si élevé (il aurait suffit de regarder le PIB moyen par habitant).
On pensait voir un peu plus de grosses bestioles même si ce n’était pas l’objectif central du voyage, on ne s’attendait pas à ce que ce soit si calme et sûr, on ne s’attendait pas à des rapports humains si faciles.
Le lac et notamment le voyage à Likoma furent réellement une expérience exceptionnelle. En tous cas, nous nous sommes délectés de ce voyage que nous ne modifierons pas s’il était à refaire. Si, peut-être une chose, un petit détour par South Luangwa, histoire d’assouvir ma soif de grosses bestioles.
Mais je crois qu’en matière de voyage, si c’était bien, il ne faut jamais regretter. Alors, ce sera pour une autre fois...
This is the end, my friend | | | Merci Alexandre,
C'est avec plaisir que je vous ai suivi jusqu'à la fin. 
Le Malawi sera peut-être au programme... 2021  . Mais certainement inclus dans un trajet du genre Tanzanie - Malawi - Zim ou Zam - Botswana. 
Encore bravo et... vivement le prochain voyage | | | Merci Alex pour ce récit qui m'a fait découvrir (de façon très agréable en plus  ) un pays dont on parle assez peu. Peut-être pas de grosses bestioles mais tes photos laissent imaginer une nature très paisible, sereine...ça donne envie  . Muriel | | | Bonjour Alexandre,
Merci pour ce retour qui nous fait envie de découvrir ce pays dans un futur voyage sous ces latitudes ! 🤩 | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 891 visiteurs en ligne depuis une heure! |